À l’heure du numérique, le personnage inventé par Hergé est détourné par de nombreux internautes, y compris pour des motifs politiques, explique Numerama.

Les couvertures de Tintin inspirent de nombreux detournements. (Photo d'illustration)

Quand Hergé inventa le personnage de Tintin en 1929, il était loin d’imaginer à quoi ressemblerait le monde plus de 90 ans après. Mais alors que les aventures du journaliste à la houppette sont encore particulièrement populaires, ce dernier fait aussi l’objet de multiples détournements sur les réseaux sociaux, relève Numerama. Au-delà des « memes » souvent innocents, il fait aussi l’objet d’une véritable récupération de la part de mouvances de l’extrême droite.

« L’Affaire Tournesol » devient « l’Affaire Faurisson ». Des images du « Crabe aux pinces d’or », le neuvième album, qui se déroule en partie au Maroc, sont détournées pour donner naissance à de fausses couvertures « Tintin à Toulouse » ou « Tintin en France », censées illustrer la théorie du grand remplacement. Une stratégie appuyée par deux éléments. Tout d’abord, l’histoire d’Hergé, accusé de collaboration avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale et auteur de dessins antisémites, sous le couvert de la caricature. Mais surtout, c’est l’image même de son héros de bande dessinée qui est mise à profit. « Tintin est suffisamment connu de tous pour donner une image sympathique à nos idées », explique ainsi un internaute.

Quelle est la réaction de Moulinsart SA ?

Les récupérations de l’œuvre d’Hergé, qui sont légion sur les réseaux sociaux et les forums d’extrême droite, débordent aussi parfois dans le monde réel. Il y a quelques jours seulement, des affiches détournées de Tintin au Congo étaient même découvertes dans un commissariat de police de Nantes, comme le révélait Ouest-France.

Depuis des années, Moulinsart SA, la société qui gère les droits d’auteur du dessinateur, veille attentivement sur sa poule aux œufs d’or. Contactée par Numerama, l’entreprise confie accepter la parodie, « une exception autorisée par la loi », mais ne veut pas que « Tintin soit associé à certains thèmes, dont la politique ». Pour autant, sur une plateforme comme eBay, on découvre notamment en vente un détournement intitulé « Le jour viendra », imaginé dès 1995 par de jeunes militants du Front national alors dirigé par Jean-Marie Le Pen. Une situation connue par Moulinsart SA, qui assure « réagir auprès des personnes concernées ».

 

[Source : http://www.lepoint.fr]