Expression déjà largement utilisée par de nombreuses enseignes, le « click & collect » a été remis en avant par l’activité des librairies, contraintes, pour des raisons sanitaires, de se contenter de ce système commercial. Mais comment traduire cette expression ? La Commission d’enrichissement de la langue française et l’Académie française se sont toutes deux posé la question.

Click&Collect

Écrit par Antoine Oury

On savait que les anglicismes avaient la belle vie, à l’occasion de cette pandémie, avec la multiplication des « clusters », notamment, mais une expression connait actuellement un regain d’intérêt notable. Il s’agit bien sûr du « click & collect », un système commercial qui permet à un client de passer une commande auprès d’un magasin avant d’aller la retirer sur place, évitant ainsi le coût des frais de port.

Même le Syndicat de la librairie française (SLF), qui représente surtout les librairies de livres neufs, utilise l’expression « click & collect » dans ses communications : quant au gouvernement, il en use et abuse, sans surprise…

Pourtant, la Commission d’enrichissement de la langue française s’était penchée sur le sujet dès 2016, dans le Journal officiel du 5 août. Elle y indiquait que l’expression anglaise trouvait comme équivalent français « retrait en magasin ou cliqué-retiré », tout simplement.

Le 11 juin dernier, probablement agacée par le fait de voir cet anglicisme apparaître un peu partout, l’Académie française donnait elle aussi son avis. « Des formes françaises comme “retrait en magasin”, “retrait au volant” ou “service au volant” disent la même chose. Pourquoi ne pas les utiliser ? », s’interrogeait le service Dire, ne pas dire de l’institution.

Le Syndicat national de la Librairie Ancienne et Moderne (SLAM), de son côté, s’oppose vivement à l’utilisation de l’expression « click & collect ». « Nous incitons nos 230 membres à proposer le système du “clique & collecte” que nous avons volontairement décliné en langue française. Il me semble aberrant, voire même contre-productif, d’utiliser un tel anglicisme pour un secteur qui ne cesse de défendre la littérature, la francophonie et, nous concernant, le patrimoine écrit », souligne Hervé Valentin, le président du SLAM.

Le Syndicat a d’ailleurs conçu des pictogrammes, affichant bien sûr l’expression en français, pour que les libraires puissent communiquer sur cette offre.

Si le SLAM peut offrir des frais de port, c’est parce ce type de librairie n’est pas soumis à la législation en vigueur sur les ouvrages neufs.

[Photographie : illustration, Julien Maury, domaine public – source : http://www.actualitte.com]