Publié en deux volumes à Madrid, Don Quichotte de Cervantes (1547-1616) conquiert l’Europe après avoir été traduit en anglais, en français et en italien. L’engouement pour ce roman ne cesse de croître au fil des siècles. De l’avis de certains, il s’agirait du roman le plus lu et le plus traduit au monde.

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Publié par Marie Lebert

Le titre du premier volume dans sa version originale en castillan (qui deviendra l’espagnol) est El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha, publié en 1605 par Juan de la Cuesta, imprimeur de son métier. Le titre du deuxième volume est El ingenioso caballero Don Quijote de la Mancha, publié dix ans plus tard par le même éditeur.

Cervantes n’aura de cesse d’avoir des difficultés financières au cours de sa longue et aventureuse existence, même avec la célébrité que lui apporte son Don Quijote, preuve que les challenges liés au métier d’écrivain ne datent pas d’hier.

Ses éditeurs n’ont pas le même souci. Le roman aurait été publié une trentaine de fois dans sa langue originale au XVIIe siècle, une quarantaine de fois au XVIIIe siècle, environ deux cents fois au XIXe siècle et au moins trois cents fois au XXe siècle.

Les aventures du chevalier errant sont disponibles en anglais dès 1612, en français dès 1614 et en italien dès 1622.

Shakespeare a-t-il lu Cervantès ?

La traduction de Thomas Shelton est publiée à Londres en 1612 (pour le premier volume) sous le titre The History of the Valerous and Wittie Knight-Errant Don Quixote of the Mancha. Shakespeare a-t-il lu cette traduction avant son décès le 23 avril 1616 (le lendemain du décès de Cervantes) ? On l’espère. Thomas Shelton traduit aussi le deuxième volume, publié en anglais en 1620.

Suit une traduction en français. Le premier volume, traduit par César Oudin, paraît à Paris en 1614 sous le titre L’ingénieux don Quixote de la Manche, un titre plus sobre que le titre anglais, une fois n’est pas coutume. Le deuxième volume, traduit cette fois par François de Rosset, paraît en 1618.

Vient ensuite une traduction en italien par Lorenzo Franciosini de Castelfiorentino, sous le titre L’ingegnoso cittadino don Chisciotte della Mancia, publié à Venise en 1622 pour le premier volume et en 1625 pour le deuxième volume.

Suivent des traductions en allemand et en hollandais, toujours au XVIIe siècle, en danois, en polonais, en portugais et en russe au XVIIIe siècle, et dans de nombreuses langues aussi bien majeures que minoritaires aux XIXe et XXe siècles.

Certains mettent la barre très haut, par exemple l’écrivain russe Alexandre Pouchkine, nous raconte Wikipédia. Au lieu de lire une traduction de « Don Quichotte » en russe, il décide d’apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les aventures du chevalier errant dans leur version originale.

Voir aussi notre enquête approfondie sur les tribulations éditoriales de “Don Quijote”.

[Source : http://www.actualitte.com]