Avez-vous déjà jardiné ? En ville ? En effet, nombreux sont les citadins constatant le manque de verdure en ville. Pourtant on le sait, le contact avec la nature regorge de bienfaits pour l’Homme et son environnement. Heureusement, depuis quelques années maintenant, notre environnement bétonné commence à reprendre des couleurs avec le jardinage urbain.

J’ai personnellement, comme d’autres citadins, que ce soit en toit, en terrasse ou en appartement, décidé de m’offrir un peu de verdure sur mon balcon. Bien que les débuts ne fussent pas aussi fructueux que je l’imaginais, je ne regrette pour rien au monde de m’être lancé dans cette belle aventure. Et je vais vous expliquer ce qui m’a donné envie de continuer dans cette voie. À domicile ou en entreprise, en jardins partagés ou individuels, quels bienfaits nous procurent le jardinage urbain ?

Note : Cet article invité a été écrit par Fahima du blog PotagerBalcon

le jardinage urbain un moment de détente

1. Un moment de détente

Il est vrai que le jardinage urbain a parfois des côtés contraignants, mais c’est surtout un véritable moment d’évasion. Mettre les mains à la terre, sentir son odeur de sous-bois, observer ses plantes admirer leur évolution et la vie autour, puis les récolter est un véritable voyage des sens qui s’offre à nous ! Une étude (1) à même montré qu’un jardin intérieur a conduit à une réduction des agressions verbales de 59% chez un groupe de patients.

Personnellement, quand je jardine le contact avec la nature (même dans un espace aussi petit soit-il) me vide la tête. Je dirais même que cela me ressource. Cela me permet de réfléchir (ou pas) et parfois de faire une introspection. Aussi, chaque nouvelle pousse ou nouvelle fleur m’émerveille toujours autant. Je suis fascinée quand je m’aperçois d’une évolution, car parfois, elle s’opère du jour au lendemain.

Certaines fleurs s’ouvrent simplement le temps d’une journée. Celles-ci deviennent précieuses tellement je souhaite profiter du temps qui m’est accordé à les admirer, mais également à les prendre en photo pour les partager avec la communauté des jardiniers urbain. Analyser la couleur de leurs pétales, qui parfois change au fil du temps comme avec la bourrache, mais aussi leur fragilité, les abeilles qui viennent les visiter est un beau spectacle sur mon balcon.

Le sentiment d’avoir modestement contribué au développement de la végétalisation d’un espace est d’autant plus précieux lorsque l’on part d’une graine, car cela nous permet de constater les différents stades d’une plante, de méditer… Le fait de savoir qu’une toute petite graine peut donner une plante de parfois quelques mètres et plusieurs récoltes est simplement magique.

2. En prendre plein les yeux

Le plaisir de jeter un œil vers sa fenêtre et de pouvoir contempler la végétalisation est sans pareil. À chaque fois que je tourne la tête vers celle-ci et que j’aperçois toutes ces couleurs, j’en prends plein les yeux. Fleurs, plantes grimpantes, fraises, framboises… Les possibilités et les variétés sont infinies. Même sur un balcon ou une fenêtre ! Imaginez : vous rentrez d’une dure journée de travail, stressante ou enfermé dans un bureau, devant votre écran d’ordinateur et en arrivant chez vous, vous apercevez une jolie jungle urbaine. Vous pouvez profiter de votre petit havre de paix pour bouquiner, méditer, déjeuner ou prendre l’apéro…

Depuis que je fais du jardinage urbain et que mon balcon est végétalisé, je prends beaucoup plus de plaisir à m’y installer pour lire, réfléchir… et les repas, seuls ou à plusieurs se passent dans une tout autre ambiance. Je vois malheureusement trop peu de gens profiter de leur balcon. C’est pourtant un moyen agréable et simple de prendre du temps pour soi à portée de main.

contempler la végétalisation urbaine

3. Faire une activité ludique

Faire pousser ses propres noyaux d’avocat, semer des radis, les voir pousser à vue d’œil et les récolter en trois semaines, ou observer les butineurs sont autant de choses ludiques qui ramènent plus de nature en ville. C’est simple à faire et c’est un vrai moment de récréation autant pour les adultes que pour les petits.

Quand les enfants ont vu que j’avais fait germé des noyaux de fruits que j’avais mangés, ils ont tout de suite voulu essayer ! Cela leur apprend d’une façon récréative à prendre soin de quelque chose et cela les responsabilise. De plus, ils peuvent voir concrètement comment pousse une plante. Parfois, cela va tellement vite, comme avec les lentilles, que c’est impressionnant ! Il suffit simplement de mettre quelques lentilles dans un coton humide et attendre quelques jours en veillant à maintenir l’humidité du coton. Au bout de quelques jours, on peut les mettre en pot. On peut également réaliser cette expérience avec des pois chiches ou d’autres légumineuses.

faire une activité ludique

4. Découvrir ou redécouvrir ce qui nous entoure

En jardinant sur un balcon, on découvre ou redécouvre toutes ces choses que l’on avait mises de côté avec le quotidien en milieu urbain. Fruits et légumes, mais aussi fleurs de saison, insectes utiles, cycle des plantes… sont des choses qui font pourtant partie de la vie, mais dont on a peu ou plus conscience lorsque le contact avec la nature est pauvre.

Avec le jardinage urbain, même sur un simple rebord de fenêtre ou de balcon, j’ai réappris la valeur d’un fruit et d’un légume tant j’en ai pris soin des semaines durant avant de pouvoir le déguster. D’autant plus sur un balcon, petit espace ou chaque récolte est précieuse. Mais ne vous méprenez pas, cette espace à beaucoup plus de potentiel que l’on croit.

5. Jouir de meilleures conditions de vie

Les zones urbaines sont un concentré de pollution et de chaleur en été. Mais saviez-vous que certaines plantes ont un effet dépolluant (2) ? Et grâce à la végétalisation de vos fenêtres et balcons, l’effet barrière que celle-ci procure diminuera la chaleur entrante dans vos pièces en été (3). Les plantes grimpantes et hautes, de par leur capacité de croissance grimperont où vous voudrez les inviter et revêtiront ainsi une jolie parure végétale qui fera un peu d’ombre à votre fenêtre plein soleil.

6. La fierté de produire ses propres récoltes

Jardiner c’est aussi produire de la graine à l’assiette. Et quelle fierté de pouvoir récolter le fruit de son “travail” et déguster ce que l’on a fait soi-même pousser ! Surtout quand on n’a pas grand-chose sous la main et que l’on s’aperçoit que notre petit jardin d’aromatiques est sur le balcon ou le rebord de la fenêtre à attendre d’être récolté. Ajouter son persil en touche finale, faire une tomate-mozza-basilic made in chez soi n’a pas de prix. Et la saveur est incomparable ! Les aliments sont récoltés à maturité et dégustés sur le champ ce qui en fait des produits on ne peut plus frais.

Cette année, j’ai eu la chance de déguster mes premières tomates-cerises du balcon. Bien que les tomates cerises soient généralement plus goûteuses que les tomates classiques, je ne m’attendais pas, en goûtant aux tomates que j’avais cultivées sur mon balcon, à autant de saveur. Je n’avais jamais mangé une tomate-cerise aussi sucrée, car je n’ai jamais goûté une tomate-cerise récoltée à maturité, comme tous nos fruits et légumes devraient l’être. J’ai également ressenti cela avec les fraises du balcon. Je n’en avais jamais gouté d’aussi sucrée. Rien que pour cela, cela vaut le coup. Maintenant, j’ai envie de faire pousser tout plein d’autres variétés l’année prochaine et pourquoi pas des grosses tomates qu’il est tout à fait possible de faire pousser sur un balcon !

produire ses propres récoltes

7. Développer sa créativité

Jardiner sur un petit espace est tout à fait possible. Et cela permet de développer sa créativité. L’espace étant limité, il faudra user d’astuces et varier les compositions pour obtenir un rendu unique qui vous ressemble et conçu spécialement pour vous et votre espace.

Parfois, je me surprends à rêver éveillé du prochain agencement de mon balcon et de l’association des plantes tellement les possibilités sont multiples. J’aime en faire des croquis et tenter de tout “caser” dans mes pots et jardinières pour imaginer le résultat le plus intéressant. Même si je ne respecte pas toujours le plan. Il peut toujours y avoir une plante qui va mourir ou une autre qui ne sera pas prévue au programme, mais ce n’est pas grave. J’aime aussi faire preuve d’improvisation et faire avec ce que j’ai sous la main.

8. Se souvenir

Le parfum de la lavande du Sud, le jardin de campagne de mamie et papi ont laissé en vous de magnifiques souvenirs qui ne demandent qu’à être ravivés ? Cultiver des fleurs ou des aromates au balcon, c’est aussi se rappeler visuellement, mais surtout les goûts et les odeurs des bons souvenirs d’antan.

En effet, certains d’entre nous ont des souvenirs de maisons de vacances où ils partaient enfant, mais pas que. Personnellement, je n’avais jamais jardiner avant l’âge adulte. Mes souvenirs ne se portent donc pas vraiment sur les plantes, mais surtout sur la vie qui les accompagne. Les coccinelles qui nous émerveillent de par leurs motifs à pois, mais aussi les gendarmes et les fourmis avec lesquelles nous jouions dans la cour de récréation avec les copains… Quand je les vois, je redeviens enfant un instant.

9. Cultiver du lien

En jardin partagé, en entreprise ou ailleurs vous pourrez profiter d’un bon moment avec vos amis ou faire connaissance avec de parfaits inconnus dans un contexte atypique en milieu urbain. Entre partage d’expérience et de récolte, c’est une véritable bulle d’oxygène qui s’offre à vous ! Dernièrement, j’ai eu l’occasion de faire du bénévolat dans une pépinière près de chez moi que j’ai trouvé grâce à la plateforme J’agis pour la nature. Celle-ci répertorie toutes les activités en lien avec la nature par zone géographique. Vous n’avez plus qu’à vous inscrire en ligne à la date qui vous convient. C’est totalement gratuit !

Par ailleurs, les jardiniers aiment le troc, mais se feront également un plaisir de vous offrir quelques graines ou boutures. Même si vous n’êtes pas adhérent, vous pouvez aller visiter certains jardins partagés près de chez vous (s’il sont ouverts au public) et peut-être même récupérer du compost !

Il y a aussi une communauté de jardiniers urbains sur les réseaux sociaux qui ne fait que croître, et qui partage tout plein d’astuces et de conseils. J’ai, d’ailleurs, grâce à cela, pu faire du troc à plusieurs reprises. Moi qui ai énormément de graines potagères et peu de plantes vertes, j’ai pu reverdir mon appartement grâce à des boutures troquées avec une abonnée sur les réseaux sociaux. L’expérience est tellement intéressante que nous l’avons même renouvelée. À chaque fois que je recevais mon petit colis, j’étais en pleine excitation. Et le fait de savoir que ces boutures ont été faites maison, me donne davantage envie de bien m’en occuper.

J’aime également l’idée que des balcons seront végétalisés grâce aux graines que j’ai partagées et demander des nouvelles des petites plantes qui en sont nées.

cultiver et partager la passion du jardinage

Le saviez-vous ? Demander un permis de végétaliser votre commune au pied des arbres, en bac ou au pied des trottoirs est totalement gratuit et souvent possible en ligne. Renseignez-vous sur le site de la mairie de votre commune. Vous pouvez également rejoindre un jardin partagé près de chez vous en prenant directement contact avec celui-ci. Vous trouverez facilement les coordonnées des jardins partagés de votre ville sur Internet.

Pour conclure sur les bienfaits du jardinage urbain…

On pourrait citer encore énormément d’avantages au jardinage urbain. Comme :

  • Le fait d’avoir ses propres récoltes à portée de main permet non seulement de consommer ultra frais et donc d’assimiler plus de nutriments, mais en plus limite l’empreinte carbone,
  • Se dépenser (oui, même sur mon balcon il m’est arrivé d’avoir des courbatures!),
  • Favoriser la biodiversité, notamment en attirant les insectes utiles à notre écosystème, mais aussi les oiseaux,
  • Reverdir et embellir la ville et nos habitations,
  • Valoriser ses déchets végétaux en les utilisant comme engrais.

“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” ce n’est pas pour rien que cette citation est tellement connue aujourd’hui.

Finalement, jardiner c’est bénéficier d’une meilleure qualité de vie, autant d’un point de vue physique et psychologique, qu’au niveau social (4). Alors bien sûr, si vous n’y connaissez rien, pas simple de s’y retrouver. Sachez toutefois qu’il y a des plantes pour tous les goûts, et pour toutes les mains, qu’elles soient vertes ou non ! Gauches ou pas ! Les fraises, les radis, le lierre, mais encore la sauge, la menthe et j’en passe sont parmi les nombreuses plantes faciles à cultiver ! Le jardinage urbain est une activité dont on ne compte plus les bienfaits. Les bénéfices sont innombrables, les méthodes multiples, les plantes infinies et pas besoin d’un jardin pour jardiner bref… essayer le jardinage en milieu urbain, c’est l’adopter.

Fahima du blog PotagerBalcon

Sources :

(1) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27440369/?from_term=garden&from_pos=6

(2) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26516837/?from_term=pollution+plant&from_pos=2

(3) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27894802/

(4) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2808509

[Photos : Cottonfioc, Daphné Be Frenchie, Mkovalevskaya, Kwangmoozaa, Cathy Yeulet – source : http://www.habitudes-zen.net]