« Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l’horreur de la vie et l’extase de la vie. » (Mon coeur mis à nu) Ce 12 avril 2021, La Poste émettra un timbre à l’effigie du poète Charles Baudelaire, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. Dans les deux volumes, Les Fleurs du mal (1857) et Les Paradis artificiels (1860), il n’aura cessé d’explorer la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la beauté et la laideur, le ciel et l’enfer… 

ActuaLitté

Orphelin de père à six ans, le jeune Charles Baudelaire n’accepte pas le remariage de sa mère avec le futur général Aupick, symbole des valeurs bourgeoises qu’il déteste. Pour couper court à la vie dissipée qu’il mène après son baccalauréat, sa famille lui impose en 1841 d’embarquer sur un navire.

Il n’ira pas plus loin que l’île Maurice, mais ce voyage aura une résonance déterminante sur son œuvre : la mer, les parfums, l’exotisme, l’ailleurs inspireront à jamais le poète dans son insatiable et désespérée quête du beau. De retour à Paris en 1842, il se mêle à la bohème littéraire, mène une vie de dandy et flambe l’héritage paternel.

Tout en étant fin critique d’art et traducteur d’Edgar Poe, Baudelaire travaille depuis dix ans à un recueil de poèmes. À leur parution, Les Fleurs du mal font scandale. Baudelaire est condamné pour immoralité, ce qui l’affecte durablement. En proie à un spleen profond, à un mal-être que les stupéfiants calment et réveillent en même temps, sa santé se détériore. Après un exil en Belgique, il s’éteint à quarante-six ans.

Sur le fond comme sur la forme, Baudelaire a rompu avec la poésie traditionnelle. Précurseur du symbolisme, s’affranchissant du romantisme, il a ouvert la voie de la modernité. Deux cents ans après sa naissance, la voix envoûtante et désolée de ce poète majeur, qui transcende la réalité pour dire l’accablement des âmes et leur indéfectible espérance, n’a jamais été aussi vivante.

[Source : http://www.actualitte.com]