« Philip Roth, sans complexe » (2011) est un documentaire de William Karel et Livia Manera. Un portrait de l’écrivain juif américain septuagénaire interviewé à son domicile à New York et dans sa maison dans la forêt du Connecticut, peu avant la publication du Rabaissement (Gallimard).  Le 18 février 2021 à 18h30, dans le cadre des « Jeudis d’Hebraica, le rendez-vous culturel en ligne », Maurice Lugassy donnera la visioconférence « Philippe Roth , un auteur complexe« . Participation libre.

L’écrivain américain Philip Roth

Publié par Véronique Chemla

« Philip Roth nous a quittés le 22 mai 2018. Sa méfiance à l’égard des micros était proverbiale. Pourtant, face à William Karel et Livia Manera, le grand écrivain américain (« Indignation », « La tache », etc) avait accepté de retracer le chemin de sa vie et de son œuvre. Un portrait exclusif réalisé en 2010 lors de la sortie de son roman « Le rabaissement ».

La création littéraire – « Je ne me vois pas arrêter d’écrire. Quand je n’écris pas, je suis dépressif, anxieux. Écrire me tient à distance de la dépression » -, sa famille, sa judéité, le sexe, l’amour, la psychanalyse, la politique, la renommée, les États-Unis, la mort…

Le romancier légendaire Philip Roth (1933-2018) les évoque avec bonne volonté en révélant ses archives personnelles : photographies, lettres, manuscrits, etc. Et lit des extraits de ses œuvres.

En contre-point, ses amis, telle l’actrice Mia Farrow, une des premiers lecteurs à qui il confie ses manuscrits achevés après un à trois ans d’écriture pour solliciter des avis, s’expriment.

Quand Philip Roth prévient ses parents du futur succès de l’un de ses romans, ses parents l’écoutent attentivement, puis s’éloignent. Sa mère éclate en sanglots et confie à son mari : « Mon fils a la folie des grandeurs ! »

S’il a des inhibitions, Philip Roth refuse l’autocensure et se libère en écrivant.

« Un style américain » satirique

Philip Roth est né en 1933 à Newark dans une famille juive originaire de Galicie ayant immigré aux États-Unis à la charnière des XIXe-XXe siècles.

Professeur de littérature à l’université de Chicago, il s’installe dans les années 1960 à New York. Parallèlement à son activité de romancier, il enseigne notamment à Princeton, et dirige une collection chez l’éditeur Penguin. Il fait découvrir au public américain des écrivains d’Europe de l’Est, tel Bruno Schulz.

Goodbye, Columbus (1960) et surtout le best-seller Portnoy et son complexe (Portnoy’s Complaint, 1969) le rendent célèbre dans le monde entier. Nombre de lecteurs identifient le héros à son auteur. Cet auteur se défend aussi de ressembler à Kepesh, « séducteur compulsif », ou à Nathan Zuckerman (Pastorale américaine, Prix Pulitzer en 1998).

« D’ordinaire, il fuit les entretiens, et le laconisme de ses réponses fait désormais partie de sa légende. En septembre 2010, Philip Roth a pourtant reçu William Karel et la journaliste Livia Manera pour une interview au long cours. Quelque douze heures d’une conversation à bâtons rompus où l’auteur de Pastorale américaine, inlassable entomologiste de son pays, se raconte avec fluidité, analysant le processus de sa propre création littéraire. L’occasion de constater, comme il le rappelle avec force, que ses avatars de papier (de Portnoy, qui lui a valu la célébrité, à Kepesh, le séducteur compulsif, en passant par les différents âges de Nathan Zuckerman) ne sont pas ses alter ego ».

« Dans ce portrait intime et entier, l’écrivain ouvre ses archives personnelles – photos, lettres et manuscrits. Il fait même exceptionnellement la lecture d’extraits de ses romans, lui, le candidat à l’amnésie, qui ne veut jamais se souvenir que du prochain. Et s’il se qualifie finalement face à la caméra de « pauvre vieux type qui va bientôt mourir et dont tout le monde se fout », la conclusion ressemble davantage à de la coquetterie qu’à du désespoir. Avec le renfort de quelques proches amis, dont Mia Farrow, sa voisine du Connecticut, l’écrivain a parcouru à nouveau le chemin de sa vie et de son œuvre, de son enfance à la traversée du siècle, de Newark à New York, de Good bye, Columbus (1960) à Nemesis (2010) – son dernier-né ».

Le  5 novembre 2018, à partir de 19h30, le Centre Culturel André Neher (CCAN) de Nantes proposera l’apéro-livre « Roth, un juif américain intranquille« . « Philip Roth a quitté son monde mais pas celui de ses lecteurs. L’apéro-livre proposera un échange « d’impressions de lecture »  inspirées par l’un ou l’autre roman du grand écrivain juif américain. Même les non-lecteurs de Roth sont conviés à cet Apéro-Livre pour boire, comme les autres, bonnes paroles et liquides agréables. Sera plus particulièrement évoquée « la trilogie américaine » : La Pastorale américaine, J’ai épousé un communiste et (inévitablement) La Tache. Mais n’importe quel autre de ses livres lus pourra nourrir l’échange. Jean-Pierre Hanel  et Stanislas Mahé  se font un plaisir d’animer ensemble cette rencontre littéraire. Vite ! À vos livres ! »

Le 18 février 2021 à 18h30, dans le cadre des « Jeudis d’Hebraica, le rendez-vous culturel en ligne », Maurice Lugassy donnera la visioconférence « Philippe Roth , un auteur complexe« . Participation libre. Les vidéos des visioconférences sont sur Youtube.

« Philip Roth, sans complexe » de William Karel et Livia Manera

France, 2011, 52 minutes

Diffusions sur Arte les 19 septembre 2011 à 22 h 05,  22 septembre 2011 à 16 h 05,  2 octobre 2011 à 5 h, 27 mai 2018 à 17 h 40

Visuels : © François Reumon

Article publié le 19 septembre 2011, puis les 27 mai et 5 novembre 2018.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]