Comment encourager l’industrie du jeu vidéo à s’intéresser davantage à l’emploi de la langue française ? La Guilde du jeu vidéo prend le pari des jeux-questionnaires et des outils numériques en lançant samedi la plateforme ludique Ludmo.

Vue aérienne de trois personnes avec une manette de jeux vidéo en main.

Un Programme de soutien à l’innovation dans l’industrie du jeu vidéo a été annoncé la semaine dernière et pourrait être bénéfique aux régions. Photo : BEN NELMS

Exit les anglicismes esportgamers ou encore split screen, bonjour le sport électronique, les joueurs et joueuses et les écrans partagés. Promouvoir l’usage du français dans l’industrie vidéoludique, dominée par l’anglais, est un sacré défi. Mais Nadine Gelly, directrice de la Guilde du jeu vidéo, saute à pieds joints dans l’aventure.

Le français est une langue riche, poétique et vivante […] et a le potentiel d’ancrer davantage notre position de chef de file dans la francophonie et dans le monde en ce qui concerne la conception de jeux vidéo.

Une citation de : Nadine Gelly

Le caractère immatériel [des jeux vidéo] et sa portée internationale, combinés à une culture en ligne émergente, ont fait de l’anglais la langue par défaut de cette jeune industrie, où tout est à créer, même le vocabulaire, souligne-t-on dans le communiqué.

La Guilde travaille depuis plusieurs mois aux côtés du studio montréalais Affordance et de l’Office québécois de la langue française pour construire le site Ludmo, qui inaugure ses deux premiers jeux éducatifs sur le thème.

[Le jeu vidéo] est le médium parfait pour renforcer l’usage du vocabulaire francophone dans l’industrie, croit Avery Rueb, le cofondateur et directeur d’Affordance Studio.

Jouer pour apprendre

Le premier titre suggéré par la plateforme, Mots de jeux, vise à aider les artisans et artisanes du vidéoludique à trouver les mots justes en français pour parler des étapes de conception ou encore des différents emplois de l’industrie.

Jeu questionnaire en ligne.

«Mots de jeux» permet aux internautes d’apprendre les bons termes à utiliser en français pour décrire leur univers vidéoludique. Capture d’écran

Par exemple, dans un mini-jeu par association et un questionnaire en course contre la montre, l’internaute doit trouver l’équivalent francophone du poste de community manager (gestionnaire de communauté).

Le joueur y est opposé à un personnage qu’il ou elle devra battre à chacune des villes sur la carte virtuelle pour progresser dans son acquisition de connaissances sur l’industrie, précise-t-on dans le communiqué.

Le second titre, Défi Québec, teste plutôt les connaissances générales liées aux enjeux linguistiques de la province à travers un jeu-questionnaire. Les internautes se font interroger notamment sur l’année où le français est devenu une langue officielle, ou encore la proportion de la population québécoise qui travaille dans la langue de Miron.

Jeu questionnaire en ligne.

«Défi Québec» teste les connaissances générales liées aux enjeux linguistiques de la province à travers un jeu-questionnaire. Capture d’écran

Un lexique ludique en construction

Toute la recherche de vocabulaire qui a servi pour Défi Québec et Mots de jeux ne sera pas perdue. L’OQLF compte ajouter les mots à son lexique de l’industrie du jeu vidéo, qui demeurait inchangé depuis 2012. Et la Guilde, qui a plus d’un tour dans son sac, compte lancer prochainement sur la plateforme Ludmo Lexique ludique, une version interactive et collaborative de ce guide pour inciter les studios, par exemple, à participer aux efforts.

C’était important pour nous que les développeurs de jeux vidéo québécois soient au cœur de ce projet, affirme Nadine Gelly.

Bien que Ludmo s’adresse principalement aux personnes qui travaillent dans l’industrie du jeu vidéo, la Guilde estime que tous les francophiles ou adeptes du vidéoludique peuvent y trouver leur compte.

 

[Source : http://www.radio-canada.ca]