« Tunisie, une mémoire juive » est un documentaire partial réalisé par Fatma Cherif et Saïd Kasmi. Des témoignages émouvants sur la vie de Juifs en Tunisie sous et après le protectorat français. La période de la Deuxième Guerre mondiale aurait gagné à être plus développée.  Lpogrom commis par des Arabes à Gabès (Tunisie) est survenu le 20 mai 1941 ; sept Juifs ont été assassinés sur la place de la synagogue.

Publié par Véronique Chemla

La « population juive de Tunisie n’a cessé de décroître au cours du XXe siècle. Pourquoi ? »

« Cette minorité établie depuis l’antiquité a toujours intériorisé un sentiment d’insécurité et a migré en fonction des événements historiques ».

« À l’avènement du Protectorat français, porteur d’un accès à la modernité, sa situation économique, sociale et culturelle s’améliore fortement. Mais cette relation privilégiée avec la France creuse un fossé de plus en plus profond en Juifs et Musulmans de Tunisie ». C’est oublier que le mouvement nationaliste arabe tunisien portait en lui les germes de l’exclusion des Juifs de la future Tunisie indépendante.

La partie sur la Deuxième Guerre mondiale aurait gagné à être plus développée. Ce documentaire montre l’exubérant enthousiasme de jeunes Tunisiens à l’égard des Nazis qui ont occupé la Tunisie pendant six mois.

Le pogrom commis par des Arabes à Gabès (Tunisie) est survenu le 20 mai 1941 ; sept Juifs ont été assassinés par des musulmans sur la place de la synagogue. Un gendarme a aussi été tué. Le site Harissa présente des témoignages bouleversants de ce pogrom.

La « création de l’État d’Israël et la montée du sionisme déclenchent une première vague d’émigration ».

« S’ensuivent l’indépendance du pays, les guerres israélo-arabes, une déferlante d’actes antisémites, et, naturellement, une seconde vague d’émigration. Quelques familles, seulement, demeurent ».

« Aujourd’hui cet héritage est presque oublié, écarté, voire nié ».

« Dans ce documentaire, il s’agira de partir sur les traces de cette communauté avant qu’elles ne s’effacent, de comprendre les raisons de la diaspora, de révéler l’apport culturel des juifs dans la société tunisienne et immortaliser un patrimoine ».

Cimetières

Le 11 mars 2018 de 14 h à 17 h, Kinereth – B’nai B’rith a organisé à la Salle des fêtes d’Enghien-les-Bains la conférence « Les cimetières juifs du Borgel et de Sfax« , avec Marc Fellous. « Les cimetières du Borgel à Tunis et celui de Sfax, sont considérés comme le miroir de la communauté juive de Tunisie dès 1890 à nos jours. On peut y lire son histoire, son évolution de la régence de Tunis au protectorat et à indépendance de la Tunisie; chaque tombe est une page. La projection du film « Les cimetières du Borgel à Tunis et celui de Sfax » et la présentation du livre d’Albert Maarek, Michèle Fellous, Nicole Fellous, Marc Fellous, Le cimetière du Borgel, patrimoine en péril étaient suivies de la conférence « En quoi la génétique raconte notre histoire ? » par Marc Fellous, docteur en médecine, interne des hôpitaux de Paris, professeur de génétique, chef de l’unité d’immunogénétique humaine à l’institut Pasteur, Grand Prix de l’Académie des sciences.

« Franchir la grille du cimetière du Borgel, c’est entrer de plain-pied dans l’histoire de la communauté juive de Tunis. On peut y lire, comme en négatif, sa structure, son évolution de la Régence au Protectorat et à l’indépendance de la Tunisie. Des chercheurs venus de France et de Tunisie se sont associés pour déchiffrer cette histoire à travers l’étude des tombes et de leurs épitaphes, de l’art et des monuments funéraires. Un mouvement, non linéaire certes, s’y dessine : celui de l’émancipation d’une culture ancrée dans des traditions millénaires qui s’ouvre au fil des ans à une modernité et à ses modèles venus d’Europe. Une histoire étonnamment vivante jaillit ici : ces êtres disparus forment une série de portraits qui défilent devant nous et nous captivent ; nous percevons le murmure de morts qui, au travers de récits gravés dans le marbre, invitent celui qui passe au dialogue… La communauté juive tunisienne s’est dispersée aux quatre vents. Le cimetière du Borgel est devenu un lieu patrimonial. Il témoigne de l’histoire de cette communauté, mais aussi de celle de la Tunisie. Les auteurs : Bernard Allali, Jean-Pierre Allali, Sonia Ben Hadj Brahim, Sophie Bessis, Arlette Fellous, Marc Fellous, Nicole Fellous, Michèle Fellous, Claude Hagège, Pascal Julien, Habib Kazdaghli, Joseph Krief, Albert-Armand Maarek, Sophie Nizard, Iness Ouertani, Haïm Saadoun, Lucette Valensi ».

Patrimoine
Dans le cadre des Journées européennes de la Culture et du Patrimoine juifs en France sur le thème « Raconter… » – un programme bien mince cette année -, le 2 septembre 2018, de 10 h à 18 h, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) « consacra une journée à la découverte de l’histoire et du patrimoine culturel des Juifs tunisiens. De nombreuses activités gratuites à destination des adultes et du jeune public sont proposées : salon du livre, dédicaces, rencontres, discussions, présentation de photographies, atelier généalogie et « goûters contés ». Pourquoi si peu de publicité, notamment dans les médias juifs, et une communication si tardive, sur cet événement important ? Programme :

« Lettres du pays du Jasmin : raconter les juifs de Tunisie« 
Conférences sur les Juifs de Tunisie
11 h – 12 h
« Auteure de nombreux ouvrages, dont Janet (Lattès, à paraître), longtemps éditorialiste au magazine « Elle », Michèle Fitoussi (née à Tunis) est aussi concernée par les droits des femmes en France et dans le monde. En portant son regard sur une robe de mariée tunisienne, exposée au sein du parcours permanent, elle nous emmène en voyage dans le pays de son enfance pour revenir aux combats des femmes d’aujourd’hui ».

Rencontres et conférences 13 h – 17 h 30
« Autour des juifs livournais de Tunis, du patrimoine juif de Tunisie, de la communauté juive de Kairouan, des souvenirs d’enfance d’écrivains juifs de Tunisie. »
13 h
La communauté juive portugaise de Tunis, dite livournaise ou Grana : registres matrimoniaux (Cercle de Généalogie Juive, 2016)
Par Gilles Boulu, radiologue et Alain Nedjar, ancien chef d’entreprise, membres du Cercle de Généalogie Juive de France
« La communauté juive portugaise de Tunis, dite livournaise, était composée de Juifs en provenance d’Italie, majoritairement des descendants de marranes portugais ayant fui l’inquisition. Gilles Boulu et Alain Nedjar présenteront un corpus exceptionnel de ketoubbot, datées entre 1788 et 1881. »

14 h
Le patrimoine juif tunisien
Avec Sonia Fellous, chargée de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT), auteur d’« Histoire du judaïsme » et « Histoire de la Bible de Moïse Arragel – Quand un rabbin interprète la Bible pour les chrétiens (Tolède 1422-1433) », Dominique Jarrassé, professeur d’histoire de l’art contemporain (Université Bordeaux – Montaigne) et Colette Bismuth-Jarrassé, professeur de lettres.
« Rencontre modérée par Claude Nataf, président de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT)
Colette et Dominique Jarrassé présenteront les objectifs et les résultats de leur inventaire des synagogues et le devenir actuel de ces édifices, tandis que Sonia Fellous s’attachera à exposer la richesse de l’ensemble du patrimoine matériel et documentaire. »

 

15 h 30
Paris-Tunis-Kairouan : un retour aux sources (Hémisphères, 2018)
Par Danielle David-Setbon, chercheuse sociologue
« Danielle David est née et a grandi en Tunisie. À 18 ans, elle émigre avec ses parents en France. À partir de 2007, elle entreprend un travail de recherche sur les Juifs de Kairouan à l’époque coloniale et sur l’histoire de sa famille originaire de cette ville. Entre mémoire personnelle, familiale et mémoire des Juifs de Kairouan, entre histoire de la Tunisie d’hier et d’aujourd’hui, Danielle David invite à un voyage entre le passé et le présent. »

16 h 30
Une enfance juive tunisienne
Avec Chochana Boukhobza, romancière, scénariste et documentariste, Hubert Haddad, poète, romancier, dramaturge, historien d’art et essayiste, Ida Kummer, directrice du département de français à l’UNIS (New York), Nine Moati, romancière et journaliste, Guy Sitbon, journaliste et romancier.
« Rencontre modérée par Leïla Sebbar, écrivaine et coordinatrice des recueils Une enfance juive en Méditerranée musulmane (Bleu Autour, 2012) et Enfances tunisiennes (Elyzad, 2010)
« Les récits d’une enfance juive en Méditerranée musulmane racontent le passage d’un monde familier à un monde inconnu. L’histoire d’un exil imposé à la dernière génération. La nôtre. »
Leïla Sebbar »

Braderie de livres- Salon du livre juif tunisien

14 h 30 – 17 h 30
Cour d’honneur
« Plusieurs centaines de livres d’occasion proposés à des prix modiques dans la cour d’honneur. Évoquant la richesse de la culture et du patrimoine juifs tunisiens, une trentaine d’auteurs d’essais, de romans, de récits autobiographiques, de recueils de contes, de livres pour la jeunesse et de livres de cuisine seront présents en dédicace pour rencontrer leurs lecteurs. En présence de  Bernard Allali, Jean-Pierre Allali, Danielle Barcelo-Guez, Diana Barcelo-Guez, Thomas Bilanges, Charles Bilas, Henri-Michel Boccara, Chochana Boukhobza, Gilles Boulu, Emile Brami, Denis Cohen-Tannoudji, Danielle David-Setbon, Michèle Fellous, Frédéric Gasquet, Monique Goffard, Hubert Haddad, Dominique Jarrassé, Colette Jarrassé, Sonia Koskas, Ida Kummer, Albert-Armand Maarek, Michèle Madar, Nine Moati, Claude Nataf, Alain Nedjar, Liliane Nedjar, Claire Rubinstein-Cohen, Thierry Samama, Gisèle Sarfati, Corine Scemama-Ammar, Guy Sitbon, Andrée Zana-Murat, Bernard Zarca ».

Rencontre généalogique
Juifs de Tunisie
14 h – 17 h30

Contes juifs de Tunisie
à 15 h 30 et à 16 h 30
Goûters contés pour les enfants de 4-7 ans et 8-12 ans
Séances « goûter conté » et dédicaces pour les enfants (accompagnés d’adultes)
Sonia Koskas et Michèle Madar conteront leurs plus belles histoires pour les jeunes oreilles et dédicaceront leurs ouvrages
Les deux séances seront accompagnées d’un goûter.
À la librairie, salle à manger du duc de Saint-Aignan
15 h 30

Contes judéo-arabes de Tunis par Michèle Madar
Enfants de 4-8 ans (accompagnés d’adultes)
16 h 30
Pour 500 rials d’or – La fortune de Ch’ha et deux autres livres de contes
par Sonia Koskas
Enfants de 8-12 ans (accompagnés d’adultes)

Les synagogues de Tunisie
10 h – 18 h
À la librairie
Présentation de photographies de Colette Bismuth-Jarrassé et Dominique Jarrassé. À la redécouverte d’un patrimoine juif en terre d’Islam. « Une vingtaine de photographies originales de Colette Bismuth-Jarrassé et Dominique Jarrassé retracent leur parcours de recherches pendant sept ans à travers les synagogues de toute la Tunisie« .
Des synagogues dont la plupart demeurent à l’état de vestiges d’une civilisation disparue car ayant été contrainte à l’exil, parfois vandalisés.

« Du 10 au 16 février 2020 au Centre Hillel de Fontenay Sous Bois, « La semaine du Judaïsme tunisien », une exposition exceptionnelle de photographies de documents rares et d’objets d’art, sur la communauté juive tunisienne, est organisée par L’Association des Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie ». Un chabbat tunisien était prévu.

« Président de l’ATPJT (l’Association des arts et traditions populaires des juifs de Tunisie), association membre du CRIF, Bernard Allali est un collectionneur passionné de tout ce qui touche au patrimoine de sa communauté d’origine : cartes postales anciennes, livres, enveloppes commerciales, objets du culte, vêtements… Bernard Allali est LE spécialiste de la mémoire juive tunisienne. Avec des dizaines de livres à son actif, il a largement contribué à retrouver, sauvegarder, diffuser et faire aimer la culture judéo-tunisienne. En publiant son bel ouvrage, il se propose de mettre à la disposition de chacun des éléments remarquables de son trésor personnel. Il nous offre ainsi une riche iconographie assortie de textes portant souvent sur des sujets rarement abordés : la philatélie, les correspondances postales entre la Tunisie et Israël, les techniques photographiques d’époque, les caricatures, les relations entre Juifs et Noirs, la publicité, les assiettes de collection, les céramiques Chemla, le personnage du Bou Saadia… Il a fait appel la jeune Margaux Fitoussi, dans le cadre de son projet de recherche à Harvard, pour qu’il prête une quarantaine de photos de ses collections pour les besoins d’une exposition. La collection de photos, permet de se retremper dans le vécu des juifs tunisiens ».

« À la fin des années 1940, la population juive était estimée à plus de 100 000 personnes. L’année 1967 marque un moment décisif dans le lent processus d’extinction de cette minorité dont la présence en terre tunisienne est attestée depuis environ deux millénaires. Après la guerre de juin 1967, seuls quelques milliers de juifs continuent de vivre sur leur terre ancestrale, leur nombre diminuant au fil des ans avec le vieillissement démographique d’une population qui ne se renouvelle plus. Les jeunes générations tunisiennes ignorent cette dimension dorénavant disparue de leur histoire. »

Bernard Allali

Le 15 décembre 2020 à 20 h 30 (heure de Paris), a eu lieu la conférence passionnante via ZOOM organisée par Harif « Juifs de Tunisie : un autre regard » de Bernard Allali, auteur, collectionneur et passionné de la mémoire juive de Tunisie. Comment peut-on préserver le patrimoine juif ? Bernard Allali nous emmènera en voyage virtuel, depuis les synagogues antiques jusqu’à nos jours. La vidéo est visible sur Youtube.

Pour détails, contactez Harif (info@harif.org).

7:30 pm UK time/ 11:30 am PT/ 2:30 pm ET/ 8:30 pm Europe/ 9:30 pm Israel

« Veuillez noter qu’il n’y a pas d’inscription nécessaire, mais pour raisons de sécurité, vous devriez vous identifier par votre nom. Nous avons une limite sur le nombre des participants mais vous pouvez suivre la conférence en direct sur la page Facebook de Harif. Il y aura un enregistrement. Des questions pourraient être envoyées à l’avance à info@harif.org »

REPÈRES HISTORIQUES DE LA TUNISIE DU XVIIIE SIÈCLE A NOS JOURS

Les Juifs vivent en Tunisie depuis plus de deux mille ans – leur présence est attestée dès le IIe siècle.

1705

La monarchie beylicale est établie. On distingue les Juifs tunisiens (Touansa) et Granas, originaires de la ville toscane Livourne (Leghorn en hébreu) et plus généralement de l’ensemble de la péninsule italienne.

1857

24 juin. Exécution de Samuel « Batto » Sfez, jeune Juif décapité : il venait d’être condamné pour avoir blasphémé après avoir accidentellement renversé un enfant musulman et l’avoir tué (blood libel ?)

10 septembre. Le bey Mohamed proclame le Pacte Fondamental qui accorde à tous ses sujets l’égalité des droits, supprimant ainsi le statut de dhimmis.

1881

12 mai. Signature du traité du Bardo qui place la Régence de Tunis sous protectorat français. La France assume la responsabilité de la défense et des relations extérieures soumises à l’autorité du résident général de France.

1883 8 juin. La convention de La Marsa complète le traité du Bardo.
1940




1941

Juin. Appel du général de Gaulle à Londres. Le gouvernement dirigé par le maréchal Pétain signe la convention d’armistice avec le représentant du IIIe Reich.

Novembre. statut des Juifs de Tunisie à l’instar de celui édicté en France en octobre 1940. Il est compété le 26 juin 1941.

20 mai. Pogrom contre les Juifs à Gabès – sept Juifs assassinés et vingt Juifs blessés, maisons saccagées, magasins pillés – commis par des Arabes tunisiens.

1942

8 décembre. les armées de l’Axe occupent la Tunisie. Persécutions contre les Juifs : amendes collectives, prise d’otages, camps de travail forcé, rafle, amendes collectives, déportations, etc.

9 décembre. Rafle des Juifs de Tunis par les SS.

« À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie.

L’établissement du régime de Vichy en France a des conséquences jusqu’en Tunisie, où les mesures discriminatoires à l’encontre des Juifs sont également appliquées aux « israélites tunisiens ». Certaines professions leurs sont notamment interdites.

Sous l’autorité du Colonel S.S. Walter Rauff, l’inventeur des camions à gaz (chambres à gaz mobiles utilisées sur le front de l’Est), les nazis ont persécuté la population juive de Tunisie de novembre 1942 à la libération de Tunis par les Forces alliées, le 8 mai 1943.

En 1941, un recensement des juifs et de leurs biens est effectué. Le 9 novembre 1942, les nazis envahissent le pays. La population juive est alors réquisitionnée pour le travail forcé. Ils organisent des rafles, dont la plus importante se déroule à Tunis le 9 décembre 1942.

Le matin du 9 décembre 1942, 3 000 hommes âgés de plus de 18 ans doivent se présenter pour travailler au service des nazis, mais seuls 125 hommes se présentent.

Le Colonel S.S. Walter Rauff se rend alors à la Grande synagogue de Tunis, où il fait irruption et arrête tous ceux qui s’y trouvent, ainsi que tous les Juifs qui se trouvent à proximité. Les arrestations de juifs continueront tout au long de la journée, y compris aux alentours de l’école de l’Alliance israélite universelle. Le Comité d’administration (organe représentatif de la communauté juive de Tunis) décide donc d’appeler au travail les Juifs âgés de 18 à 27 ans.

Dans l’attente, le Colonel Walter Rauff décide d’arrêter 100 notables juifs pour servir d’otages et être fusillés en cas de désobéissance. Dans l’après-midi, un millier de Juifs se présentent avant d’être répartis puis embarqués vers les camps de travail.

Sur la photo ci-contre, des Juifs sont réquisitionnés par l’administration nazie pour le travail forcé, à Tunis. (Tunisie, décembre 1942) »

Au total, près de 5 000 Juifs sont envoyés aux travaux forcés dans 32 camps éparpillés dans le pays. C’est la communauté juive tunisienne qui finance ces camps et subvient aux besoins des plus de 5 000 hommes (âgés entre 15 et 45 ans) capables de travailler.

À partir d’avril 1943 commenceront les premières déportations vers les camps en Europe. Par manque de moyen, un seul convoi, et par voie aérienne, aura lieu vers les camps de concentration et d’extermination en Europe.

17 déportés juifs tunisiens ne sont pas revenus. Parmi eux, le boxeur Young Perez, arrêté en France, déporté à Auschwitz-Birkenau et décédé pendant la Marche de la mort en janvier 1945.

En Tunisie, l’objectif était également de mettre en œuvre la « Solution finale ». L’avancée des Alliés et leur domination militaire ont heureusement contrarié les plans nazis. »

1943 7 mai. Les troupes Alliées libèrent Tunis.
1948

1949

Lors de l’indépendance d’Israël, environ 105 000 Juifs vivent en Tunisie.
A la suite de l’application du plan Arabe visant l’exil forcé des Juifs de pays arabes, et d’émeutes antisémites dans le quartier Juif de la Hara (Tunis), la plupart d’entre eux quitte ce pays essentiellement de 1948 (recréation de l’Etat d’Israël) aux années 1960.

20 novembre. Un avion, transportant 27 enfants juifs tunisiens, leurs trois accompagnatrices et les quatre membres de l’équipage néerlandais, s’écrase à Hurum, près d’Oslo (Norvège). Âgé d’une dizaine d’années, Itzhak Allal est le seul rescapé de cette catastrophe aérienne. Des monuments à la mémoire de ces victimes ont été érigés en Tunisie, en Norvège et en Israël, notamment à Jérusalem et Netanya. Le gouvernement norvégien avait invité des enfants juifs tunisiens issus de milieux pauvres. Ces enfants ont pris deux avions pour s’y préparer à leur aliyah, encadrés par l’Agence juive. L’un des avions s’était écrasé.

1954

31 juillet. Le président du Conseil Pierre Mendès France annonce à Carthage l’octroi de l’autonomie interne à la Tunisie et la formation d’un gouvernement tunisien chargé de négocier l’autonomie interne de la Tunisie.

1955

Septembre. Les conventions d’autonomie interne sont appliquées. Albert Bessis est ministre de l’Urbanisme du gouvernement de Tahar Ben Ammar.

1956

20 mars. La Tunisie obtient son indépendance.

8 avril. L’Assemblée constituante élit Habib Bourguiba à sa présidence.
L’administration est « tunisifiée ».
L’économie tunisienne est mise en coopérative. Les entrepreneurs Juifs sont contraints de se doter d’un associé musulman.
Les relations postales avec l’Etat d’Israël sont rompues.

1957




1958

25 juillet. L’Assemblée constituante, élue le 25 mars, vote l’abolition de la monarchie beylicale et proclame la république. Elle élit Habib Bourguiba, Premier ministre sortant, président de la république.
La communauté Juive est expropriée du vieux cimetière de Tunis.

11 juillet 1958. « Loi spécifique au judaïsme : Remplacement des communautés juives par des commissions provisoires du culte israélite et suppression du statut personnel des Juifs ».

1961


1961-      1962

Après des mois de crise, et des combats (entre 600 et 2 000 morts côté tunisien), la France évacue sa base militaire dans le port de Bizerte, près de Tunis. Violences.

Les Juifs fuyant la Tunisie ne peuvent emporter « qu’un dinar (2 euros)« .

1967



1982

Juin. Lors de la guerre des Six-jours (5-10 juin), des exactions antisémites ont lieu à Tunis le 5 juin : grande synagogue profanée, magasins pillés, etc. Le président Bourguiba condamne ces actes. Nouvel exode des Juifs.

Tunis accueille Arafat et le QG de l’OLP.

1987 Fin de la présidence de Bourguiba. Zine Ben Ali est élu président.
2002

11 avril. Un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs saute devant de la synagogue de la Ghriba (île de Djerba), tue 21 personnes et en blesse 30.

2003 Environ 1 500 Juifs demeurent en Tunisie.
2010

17 décembre. Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de fruits et légumes, s’immole à Sidi Bouzid. Des manifestations et des émeutes se multiplient ; c’est le début de la « révolution du jasmin » émaillée d’actes antisémites et du « printemps arabe ».

2011

14 janvier. Le président Ben Ali et sa famille fuient en Arabie saoudite.

17 janvier. Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi nomme un gouvernement d’union.
1er février. Des responsables de la communauté juive de Gabès informent que la synagogue d’el Hamma, récemment restaurée et sise à 15 km de cette ville, a été incendiée, des rouleaux de la Torah brûlés et des tombes saccagées le 31 janvier 2011.
3 mars. Annonce de l’élection d’une Assemblée constituante de 217 membres.

23 octobre. Le mouvement islamiste Ennahdha est vainqueur de ces élections.

Hamadi Jebali, secrétaire général d’Ennahda, est nommé Premier ministre du gouvernement de coalition réunissant le Congrès pour la République (ou Al Mottamar) et Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol).
12 décembre. Moncef Marzouki élu président par l’Assemblée constituante.

2012

5 janvier. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement du mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas, dont la charte vise à la destruction d’Israël, est reçu à Tunis par Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi. Une foule l’accueille en brandissant des drapeaux tunisiens et palestiniens et en scandant : « Mort aux Juifs », « Avec notre esprit et notre sang nous libérerons la Palestine ».

Mars-avril. Manifestations violentes d’islamistes.

3 mai. Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Nabil Karoui, patron de la chaîne de télévision Nessma, à une amende de 2 400 dinars (environ 1 200 euros) « pour la diffusion au public [en octobre 2011] d’un film troublant l’ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs », en l’occurrence Persepolis, film d’animation de Marjane Satrapi. Une scène de ce film représente Allah. Elle n’avait suscité aucun trouble lors de la diffusion du film dans les salles de cinéma, mais des islamistes s’en étaient indignés.

2013



2014

2015














































2016

2017

25 juillet. Rached Ghannouchi, chef du mouvement islamiste Ennahdah, annonce l’avènement du califat et d’une « constitution islamique« .

2 octobre. Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l’île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement », tout en déplorant le laxisme.

26 janvier. Elue le 23 octobre 2011 après la révolution ayant renversé le président Zine el-Abidine Ben Ali, l’Assemblée constituante adopte la Constitution par 200 voix pour, douze contre et quatre abstentions.
27 janvier. Ce texte fondamental « est signé par le président de la République, Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar, et le chef du gouvernement, Ali Larayedh, au cours d’une cérémonie au siège de l’Assemblée ».

Le préambule de cette Constitution « affirme l’attachement du peuple aux droits de l’homme et à son identité arabo-musulmane« . Il souligne notamment « que la Tunisie doit participer à l’unification du monde arabe et appuyer les mouvements de libération, dont le mouvement palestinien« . L’article 1 de la Constitution précise : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime ».

18 mars. Attentat islamiste au musée du Bardo (Tunis), ayant causé la mort de 24 personnes, dont 21 touristes.

26 juin. Attentat islamiste revendiqué par l’Etat islamique dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui près de Sousse, et ayant fait 39 morts et 39 blessés.
24 novembre. Attentat contre un bus de la garde présidentielle qui a fait au moins 13 morts et 20 blessés, dont trois grièvement, au centre de Tunis. Levé en octobre 2015, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu mis en place de 21 heures à 5 heures du matin.

10 décembre. Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix 2015 au Quarter du dialogue national tunisien « pour sa contribution décisive à l’édification d’une démocratie pluraliste en Tunisie à la suite de la Révolution de Jasmin en 2011″, ce Quartet, constitué de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, du Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, a exprimé sa « douleur et son indignation à propos de ce qui s’est passé dans de nombreux lieux dans le monde. Voici quelques jours, notre capitale Tunis, et avant cela, Sousse, le musée du Bardo, Beyrouth, Paris, Sharm el-Sheikh et Bamako ont témoigné des incidents barbares et atroces dans lesquels des centaines de gens innocents ont été tués. Les sentiments de compassion et sympathie ne peuvent pas empêcher le chagrin et la souffrance des familles de victimes et autres qui sont tombées dans d’autres villes du monde… Aujourd’hui, nous avons un urgent besoin de dialogue entre civilisations, et de coexistence pacifique dans le contexte de diversité et de variation. Aujourd’hui nous avons un urgent besoin de faire du combat contre le terrorisme une priorité absolue, ce qui signifie la coordination constante et la coopération parmi toutes les nations pour assécher ses ressources et les détacher de leur environnement incubateur. Aujourd’hui, nous avons besoin d’accélérer l’élimination des zones sensibles dans le monde, et particulièrement afin de trouver une solution à la cause palestinienne et permettre au peuple palestinien l’exercice de son autodétermination sur sa propre terre et construire leur Etat indépendant ». Il est significatif que ce Quarter n’ait pas évoqué Jérusalem parmi les villes ciblées par le terrorisme, et n’ait pas dénoncé le terrorisme palestinien. L’UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et l’Ordre des avocats tunisiens sont particulièrement virulents dans leur anti-israélisme.

7 mars. Attentat islamiste de  l’État islamique (EI) à Ben Gardane contre les forces de sécurité tunisiennes.

Juillet. La programmation de l’humoriste juif français d’origine tunisienne Michel Boujenah au festival de Carthage, le 19 juillet 2017, a suscité une polémique. Le syndicat UGTT avait demandé par courrier au ministère de la Culture d’annuler la soirée du spectacle du comédien à qui certains ont reproché son sionisme. Le spectacle a été maintenu.

« Tunisie, une mémoire juive », par Fatma Cherif et Saïd Kasmi
France, 2016, 90 min
Voic Nathalie richard
SK Médias 2016

Sur Histoire les 11 juin à 7 h 55, 19 juin à 2 h 45, 25 juin à 2 h 35, 1er juillet 2017 à 2 h 15, 3 juillet 2017 à 9 h 40, 30 janvier 2019 à 7 h 15

Cet article a été publié le 19 juin 2017, puis les 12 mars et 2 septembre 2018, 30 janvier 2019, 15 février 2020.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]