« Chacun a une idée confuse d’un bien où son âme puisse se reposer ; il le désire, par suite, il s’efforce d’y atteindre », écrivait l’auteur italien Durante degli Alighieri, dit Dante, dans son poème La Divine Comédie. Pour commémorer le 700e anniversaire de sa mort, l’œuvre est remise au goût du jour à travers des traductions plus contemporaines. 

Publié par Marion Clousier

Né en 1265 à Florence, Durante degli Alighieri, surnommé Dante, est un poète majeur du Moyen Âge. Il est l’auteur de La Divine Comédie, considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature. Rédigé entre 1303 et 1321, il est décomposé de trois parties : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Ce texte demeure l’un des plus précieux témoignages de la civilisation médiévale.

EBOOKS GRATUITS : Télécharger les livres de Dante

À l’occasion du 700e anniversaire de la mort de Dante, le 14 septembre 1321, de nombreuses célébrations ont lieu sous plusieurs formats. Alors que la journée du 25 mars est désormais consacrée à Dante sous l’appellation DantedÍ en italien et que L’Enfer a déjà été transposé musicalement, Gallimard et Actes Sud se lancent dans de nouvelles traductions de l’intégrale de La Divine Comédie.

Jacqueline Risset, pour la Pléiade 

Les éditions Gallimard ont annoncé lundi 28 juin que la Bibliothèque de la Pléiade a décidé de publier une nouvelle traduction du poème de La Divine Comédie. La première version de ce dernier avait été intégrée dans la traduction des Œuvres complètes de Dante, publiées en 1965, qui avait été réalisée par l’universitaire André Pézard.

La nouvelle traduction, proposée par la Pléiade, sera le fruit du travail de Jacqueline Risset, poétesse, critique, universitaire, reconnue comme l’une des spécialistes de l’œuvre, décédée en 2014 à l’âge de 78 ans.

Elle est initialement parue entre 1985 et 1990 chez Flammarion, propriété de Gallimard : la nouvelle traduction sortira en édition bilingue le 30 septembre prochain.

Dans un programme de parution de la Pléiade, Gallimard a affirmé : « La traduction de Jacqueline Risset, d’une limpidité sans égale, voisine avec le texte original et bénéficie d’un appareil critique nouveau qui prend appui sur sept siècles de lectures aussi bien que sur les recherches les plus récentes » (propos rapportés par l’AFP).

Pour rappel, plusieurs traductions d’illustres auteurs de la littérature internationale avaient déjà été réalisées. Parmi ces derniers, William Shakespeare avait fait l’objet dans la Pléiade de plusieurs traductions successives, dont la première était parue en 1938. Mais aussi le romancier espagnol Miguel de Cervantès, dont l’œuvre Don Quichotte, avait été traduite une première fois en 1934, puis une seconde en 2001.

Actes Sud sollicite Danièle Robert

Les éditions Actes Sud publieront l’intégralité de l’œuvre, dans la nouvelle traduction proposée par Danièle Robert. Écrivaine, critique et traductrice littéraire, membre de la Société Dantesque de France, cette dernière a déjà traduit pour la maison l’ensemble des œuvres poétiques de Paul Auster, Catulle et Ovide. Récompensée à plusieurs reprises, elle a obtenu le Prix Laure-Bataillon classique et le prix Jules-Janin de l’Académie française pour ses traductions d’Ovide.

Selon l’éditeur, « La Divine Comédie sonde l’âme humaine dans les aspects les plus divers de ses questionnements. Et par la puissance du langage, par la magie des images qui scandent le récit, elle nous rappelle à quel point l’art est au centre de toute vie ».

Pour commémorer l’œuvre de Dante, Danièle Robert a réalisé une traduction novatrice qui a été unanimement saluée par la critique. Selon Actes Sud, « cette traduction neuve par Danièle Robert s’attache à respecter dans notre langue l’intégralité de la structure élaborée par Dante. Au cœur de celle-ci : la terza rima, qui constitue, avec la terzina, un véritable moteur pour le poème selon une rythmique créatrice de sens ». La traductrice s’est attachée à produire une traduction « animée d’un souffle constant, ne se départant jamais du souci de fidélité au texte ».

Les éditions Actes Sud proposeront en octobre 2021, une version illustrée de L’Enfer, par Miquel Barceló, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et céramiste espagnol associé au mouvement néo-expressionniste.

En somme, ce qui fait la beauté de cette œuvre rend sa traduction d’autant plus ardue car à la difficulté d’expression de sentiments intimes s’ajoute la complexité du langage, qui ne permet pas toujours de trouver des équivalents poétiques suffisants.

 

[Illustration : portrait de Dante, par Botticelli (domaine public) ; photo de Barceló : Ramón Pérez Niz, CC BY-SA 2.0 – source : actualitte.com]