Depuis plusieurs années, Bruno Dray s’attache à découvrir les similitudes entre la langue hébraïque et diverses langues européennes. Le français, bien sûr, mais aussi l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol et même le russe. En suivant les conseils du célèbre linguiste Claude Hagège, qui considère, pour sa part, que « les communautés juives ont truffé d’emprunts hébraïques les pays où elles ont été reçues », il tisse sa toile et nous propose régulièrement ses découvertes. En montrant ce que les langues européennes doivent à l’hébreu, il considère qu’il peut, à sa manière, tout en nous édifiant, lutter contre l’antisémitisme.

Dans ce petit livre, on va de surprise en surprise. C’est ainsi qu’au fil des pages, on apprend qu’un lien peut être établi entre l’hébreu PARACHA, section hebdomadaire du Pentateuque et APHÉRÈSE qui renvoie à « ôter, enlever ». Ou encore que des corrélations consonantiques existent entre le verbe anglais TO CUT, et les vocables hébraïques KITA (section) et QATAN (court), le SÉCATEUR et le COUTEAU (en hébreu SAQIN).

Autres exemples : Le SAVON, en allemand SEIFE et l’hébreu ZEFET, résine ou encore ZIV, couler.

Le français GAMELLE peut être rapproché de l’hébreu GAMOUL, sevrer. Le prénom CATHERINE fait penser à l’hébreu QETORET, encens et JORDAN c’est, bien sûr, YARDEN, le Jourdain. Quant à CHOCHANA, la rose, on la retrouve tout simplement dans SUZANNE.

Bruno Dray n’hésite pas à rapprocher la GIBOULÉE de YAVAL, le fleuve, SOVIET et SOVIÉTIQUE de l’hébreu CHEVET qui signifie tribu, BACHELIER du verbe BACHAL, amener à maturité, l’arabe KHÔL de l’hébreu KAKHHOL, bleu, MINUTER de MANA, compter et de MINYAN, le quorum pour certaines prières.

L’adjectif français PETIT renvoie à l’hébreu PETI, simplicité, naïveté, QEREN à COURONNE, HERSE à HARACH, labourer. GALERIE c’est GALIL, cylindre, cercle et la fameuse région d’Israël Galilée et, pourquoi pas, GALGAL, la roue.

Bruno Dray, en fin d’ouvrage, laisse la place à un confrère, André Gagnoud, qui, de son côté, propose des accointances originales : l’allemand ICH (Je) avec l’hébreu ICH (homme), l’allemand KOMMEN, venir avec l’hébreu ANI KAM, je me lève, et, cerise sur le gâteau qui plaira aux Bretons : KÉNAVO, c’est KEN, AVO, en hébreu, Oui, je viendrai. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Original et sympathique.

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions Valensin. David Reinharc. Décembre 2020. 80 pages. 12,50 €.

[Source : http://www.crif.org]