« Que la littérature africaine reste largement à connaître, c’est aussi une chance pour elle », explique Mohamed Mbougar Sarr. AFP

« Que la littérature africaine reste largement à connaître, c’est aussi une chance pour elle », explique Mohamed Mbougar Sarr.

 

Pourquoi parle-t-on de lui ?

Goncourt, Médicis, Femina, Renaudot : les quatre jurys l’ont inclus dans leur première sélection. Cela ne garantit en rien d’être couronné fin octobre ou début novembre, mais cela attire beaucoup d’attention des lecteurs, des libraires et… des journalistes.

Qui est-il ?

Cet homme modeste n’attendait certainement pas un tel succès pour La Plus Secrète Mémoire des hommes, paru en août. Et il tâche de le vivre avec détachement. « Ces histoires de prix, j’ai toujours regardé ça d’un peu loin, tout en m’y intéressant. Je ne savais pas comment ça fonctionnait. Évidemment, ça m’a réjoui, j’ai été très honoré, très touché, mais je comprends que ce ne sont que des premières listes », dit-il.

L’affaire l’a même mis dans un certain embarras, puisqu’à son éditeur Philippe Rey, grand amateur de course à pied, il avait fait la promesse de courir un marathon s’il était sur trois listes. Il croyait prendre peu de risques. Footballeur est l’une des nombreuses carrières qu’a envisagées Mohamed Mbougar Sarr, comme médecin, militaire, journaliste, avocat, professeur… jusqu’à ce que l’écriture s’impose.

Que faut-il en penser ?

« J’ai envie de, simplement, donner le meilleur exemple qui soit à mes frères », explique-t-il aujourd’hui. Son quatrième roman raconte l’histoire de deux écrivains sénégalais, l’un contemporain, à la recherche de lui-même, qui ressemble à l’auteur, l’autre qui a eu son heure de gloire en 1938, avant une déchéance rapide.

« J’ai eu beaucoup de chance, d’avoir été soutenu : ce n’est pas le cas de tous les écrivains africains. Ni de tous les écrivains tout court ! Je suis bien conscient qu’être un écrivain africain publié en France peut être compliqué, comme pour tous ceux qui viennent d’une marge. Mais c’est en train de changer ». Mohamed Mbougar Sarr déborde de modestie et ne court pas après les prix littéraires. Pour l’instant, ce sont plutôt eux qui lui courent après.

Bio express

Mohamed Mbougar Sarr est né en 1990 à Dakar au Sénégal. Fils de médecin, grandit au sein d’une famille nombreuse.

Il fait ses études secondaires au prytanée militaire de Saint-Louis-du-Sénégal avant de venir en France faire des classes préparatoires à Compiègne puis d’intégrer l’École des hautes études en sciences sociales.

Son premier romanTerre ceinte, reçoit en 2015 le prix Ahmadou-Kourouma au salon du livre de Genève.

 

 

[Photo : AFP – source : http://www.lest-eclair.fr]