Lilian Obligado, illustratrice argentine, est décédée le lundi 4 octobre 2021. Elle avait 91 ans, et est née dans une famille d’artistes — son grand-père, Rafael Obligado, était un poète prestigieux et sa grand-tante, María Obligado, l’une des premières femmes peintres reconnues en Argentine.

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Elle accompagne son père en Californie, en 1940, et y rencontre Walt Disney. Elle a 10 ans à peine et, lorsque le fondateur des fameux studios lui montre des dessins d’animaux en mouvement, crayonnés préparatoires pour le film Bambi, la fillette déclare tout de go : « Je veux dessiner comme ça. »

De retour à Buenos Aires, elle s’inscrit à l’académie du professeur Puig qui lui apprend les rudiments du crayon et du pinceau. Elle est une élève studieuse et déterminée. « J’avais seize ans, j’avais gagné un peu d’argent et j’ai publié mon premier livre, La historia de mi amiga Sara (L’histoire de mon amie Sara). » Les animaux des rives du fleuve Paraná près duquel Lilian Obligado vit avec sa famille se retrouveront, un peu plus tard, dans ses albums.

Elle s’installe seule aux États-Unis et devient rapidement une illustratrice très sollicitée, notamment par les éditeurs Simon & Schuster, Random House, Golden Press, Western Publishing, Holiday House, Guild Press, Doubleday. Elle effectue plusieurs déménagements ultérieurs, à Paris puis à Vevey, en Suisse.

Au cours de sa longue carrière, Lilian Obligado a illustré, parfois écrit, variant les techniques (crayon, fusain, aquarelle, pastel), près de 200 ouvrages pour enfants et adolescents dont de nombreux Little Golden books.

Parmi les quelques titres publiés en France : Tim et Pierrot (1961), Si j’avais un petit chien (1986), Le joli bébé tigre (1972), Le petit chien noir (1972, avec un texte de Charlotte Zolotov).

L’édition de 1962, chez ‎Golden Press, de The Golden egg book, album très aimé des petits lecteurs américains, est signée Margaret Wise Brown et Lilian Obligado. L’édition française, en 1969, sous le titre La découverte du petit lapin, est publiée dans la collection « Les petits livres d’argent » des éditions des Deux coqs d’or.

« Ma vie a été un conte de fées et de sorcières », soulignait l’auteure. Discrète, fuyant les mondanités, Lilian Obligado profite d’un séjour à l’hôpital, en 2017, pour transformer sa chambre en atelier, travaillant à une rétrospective personnelle pour le Museo Histórico Nacional (Musée d’histoire nationale) de Buenos Aires.

La plupart des visiteurs découvrent la richesse de son travail à cette occasion. Plusieurs des images montrées dans l’exposition avaient illustré The Gaucho Boy (Viking, 1961), texte que Jorge Obligado avait confié à sa fille.

« Pour celles et ceux d’entre nous qui la connaissaient, la regarder peindre était comme assister à une séance de magie : avec un crayon et une feuille de papier, en deux secondes, elle capturait le geste d’un enfant, dessinait un chat », témoigne Verónica Abdala, journaliste pour Clarin.

 

[Photographie : croquis de Paris par Lilian Obligado, via Instagram – source : http://www.actualitte.com]