Le musée Cognacq-Jay présente l’exposition « L’art en prise avec son temps« . Peintre, graveur, miniaturistes, caricaturiste, inventeur du trompe-l’œil, Louis-Léopold Boilly a peint les petits métiers de Paris, les Parisiens, issus de la noblesse ou du peuple, sous l’Ancien Régime, la Révolution française, l’Empire et la Restauration.

Publié par Véronique Chemla

« Oh ! Errer dans Paris ! Adorable et délicieuse

existence ! Flâner est une science, c’est la

gastronomie de l’œil. Se promener, c’est végéter ;

flâner c’est vivre. […] Flâner, c’est

jouir, c’est recueillir des traits d’esprit, c’est admirer

de sublimes tableaux de malheur,

d’amour, de joie, des portraits gracieux ou grotesques ;

c’est plonger ses regards au fond de mille existences […]. »

Honoré de Balzac, Physiologie du mariage, 1829, T. 1, P. 39-40
 

« Artiste virtuose, prolifique et inclassable, Louis-Léopold Boilly (1761-1845) se fait le chroniqueur enthousiaste de Paris pendant soixante ans, d’une révolution à l’aube d’une autre (1789 et 1848) ».

« Il est à la fois le portraitiste des Parisiens, le peintre de scènes urbaines, l’inventeur de trompe-l’œil saisissants et l’auteur de caricatures piquantes. »

« Originaire du Nord de la France, Boilly part à la conquête de la capitale à l’âge de 24 ans, en 1785, pour ne plus jamais la quitter. Peu intéressé par la grande histoire de Paris, il est fasciné par la modernité de la ville, son effervescence et ses spectacles. Boilly, en chroniqueur de la vie quotidienne, dresse le portait intime d’une génération. »

« L’artiste aime scruter les lieux comme les visages de Paris. Il s’illustre dans l’art du portrait en fixant les visages des Parisiens et des Parisiennes sur des petits formats qui deviennent sa marque de fabrique. Le portraitiste se double volontiers du caricaturiste, posant sur ses concitoyens un regard amusé, voire mordant. Son goût pour la provocation comme pour la virtuosité technique se retrouve dans ses Trompe-l’œil, à l’éblouissante qualité illusionniste. »
« Cette exposition monographique explore la carrière foisonnante de Boilly au travers de 130 œuvres qui invitent à découvrir la singularité de l’artiste, son brio, son humour et son inventivité. »
« Organisée dans le prolongement de la publication du catalogue raisonné de l’artiste rédigé par Etienne Bréton et Pascal Zuber (édition Arthena, 2019), cette exposition est l’occasion de découvrir plusieurs chefs-d’œuvre présentés pour la première fois en France et provenant de prestigieuses institutions et de collections particulières, dont l’une des plus importantes, aujourd’hui conservée au Ramsbury Manor Foundation, au Royaume-Uni. »
Elle « dévoile également le jeu raffiné auquel se livre l’artiste pour se mettre lui-même en scène. Il brosse des autoportraits pleins de dérision, multiplie les signatures et se glisse parmi les protagonistes de ses scènes de foule, à l’image d’un Alfred Hitchcock dans ses films. Ces stratagèmes instaurent une relation complice entre l’artiste et le spectateur. Tout au long du parcours de l’exposition, le visiteur est invité, dans un jeu de piste ludique, à retrouver le visage ou les indices de la présence de Boilly. »
« Le parcours de l’exposition prend une ampleur supplémentaire en se déployant dans huit salles du musée, à l’image de l’exposition passée « L’Empire des sens, de Boucher à Greuze », sur deux niveaux, en se poursuivant dans deux salles des collections permanentes du musée. »
« En préambule à l’exposition, un dispositif numérique original met en lumière l’omniprésence de la figure de Boilly dans ses œuvres. Sur un grand écran, un dispositif multimédia fait apparaître successivement ses autoportraits et ses signatures, évidentes ou dissimulées dans ses peintures et dessins. En regard de cette animation, une série de reproductions en grand format des petits portraits de Parisiens et de Parisiennes offre une première immersion dans l’univers de l’artiste. »
« En fil rouge, un ensemble de cartels illustrés invite le visiteur à deviner la présence de Boilly, acteur et chroniqueur de son temps dans ses compositions monumentales réunissant une foule de personnages, à la manière d’un jeu de piste. Les autoportraits de l’artiste et et les portraits de ses proches glissés dans les scènes de foule ou les autocaricatures sont ainsi mis en évidence tout au long du parcours de l’exposition. »
« Un Boilly atypique et décalé : c’est ce que proposent de découvrir les étudiants de master en médiation numérique de l’École du Louvre qui ont créé des contenus pour les réseaux sociaux du musée Cognacq-Jay à l’occasion de l’exposition. Trois séries thématiques seront publiées sur Instagram, Facebook et Twitter : des scènes de foules animées sous forme de BD, une promenade dans un Paris historique et une biographie romancée au travers des autoportraits de l’artiste. »
« Un plan de Paris au début du XIXe siècle indique à la fois les adresses des domiciles successifs de Louis-Léopold Boilly et les lieux identifiés dans les œuvres de l’artiste. Ces localisations illustrent la proximité entre les lieux de vie et les lieux représentés par Boilly, autant que les principaux espaces de sociabilité de l’époque. »
Le commissariat général est assuré par Annick Lemoine, directrice du musée Cognacq-Jay, et Sixtine de Saint-Léger, attachée de conservation du musée Cognacq-Jay, et le commissariat scientifique par Étienne Bréton, historien de l’art, directeur d’un cabinet de conseil et d’expertise en art, Pascal Zuber, historien de l’art, directeur d’un cabinet de conseil et d’expertise en art. La scénographie de l’exposition a été réalisée par Cécile Degos.

 

 

 
Du 16 février au 26 juin 2022
Au musée Cognacq-Jay
8 rue Elzévir. 75003 Paris
Tél : 01 40 27 07 21
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Visuels :
Louis-Léopold Boilly (1761-1845),
Jean qui rit, vers  1808-1810.
Huile sur toile, 21,5 × 17 cm
Collection particulière
© Guillaume Benoît
Louis-Léopold Boilly (1761-1845),
Autoportrait en sans-culotte, vers 1793.
Huile sur carton, 23 × 17 cm
Collection particulière
© Guillaume Benoît
Louis-Léopold Boilly (1761-1845),
Le Spectacle ambulant de Polichinelle, 1832.
Huile sur toile, 33 × 41 cm.
Wiltshire, The Ramsbury Manor Foundation
© The Ramsbury Manor Foundation
Louis-Léopold Boilly (1761-1845),
Trompe-l’oeil aux cartes et pièces de monnaie, vers  1808-1815. Huile sur vélin
marouflé, enchâssé sur le plateau d’une table en acajou, 48 × 60 cm (table : H. 76 cm).
Lille, Palais des Beaux-Arts. © RMN-Grand Palais / Stéphane Maréchalle
© RMN-Grand Palais / Jacques Quecq d’Henripret

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]