Jusqu’au lundi 4 juillet 2022, Mairie de Paris Centre

L’exposition itinérante La diaspora juive portugaise présente, en 20 panneaux richement illustrés, la spécificité de cette histoire – moins connue que celle des juifs espagnols – depuis ses origines au XVe siècle jusqu’aux résurgences contemporaines des « mémoires marranes ».

Si les juifs d’Espagne sont expulsés en 1492, ceux du Portugal sont convertis de force en 1497. Pour ces « nouveaux chrétiens » commence alors une longue période d’émig

ration qui ne fera que s’intensifier avec l’instauration de l’Inquisition portugaise en 1536. Ces vicissitudes donnent naissance à la diaspora judéo-portugaise.

Les plus aisés partent pratiquer plus ou moins librement le judaïsme et se lancent sur les nouvelles routes commerciales en pleine expansion. Du XVIe au XVIIIe siècle, ils participent aux profonds bouleversements socio-économiques, religieux et intellectuels qui font entrer l’Occident dans la modernité. Tantôt solides, tantôt précaires, leurs réseaux familiaux, commerciaux et financiers se déploient à l’échelle planétaire.

Les situations individuelles de cette diaspora sont complexes, si bien que, dans une même famille, des chrétiens sincères côtoient ceux qui reviennent ouvertement à la foi ancestrale et des « crypto-juifs », ou marranes, qui pratiquent secrètement le judaïsme. Aspirations messianiques ou esprit critique et idées de tolérance les animent diversement.

Malgré la dispersion géographi

que et religieuse, une certaine cohésion demeure à travers la langue, la littérature, la liturgie, l’architecture, les patronymes ou encore l’art funéraire. Bien que composite, cette diaspora engendre une forme inédite d’appartenance collective, désignée par le terme A Nação (La Nation).

L’île de Sao Tomé, Ferrare et Livourne en Italie, Tunis, Bayonne dans le pays Basque français où les Juifs portugais développèrent la fabrication du chocolat, Amsterdam et les Pays-bas d’où rayonne la pensée de Spinoza, jusqu’aux Caraïbes où s’illustrent des Juifs pirates, au Pérou où au Brésil, cette exposition et ses prolongements numériques font voyager le spectateur dans le monde entier.

Cette exposition, proposée par les éditions Chandeigne, a été conçue par l’historienne et spécialiste de l’histoire du judaïsme portugais et du marranisme, Livia Parnes.

Elle a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Exposition

Du mardi 14 juin au lundi 4 juillet 2022  à la mairie du 3e arrondissement de Paris dans le cadre du Festival des cultures juives.

Entrée libre aux horaires d’ouverture de la mairie

Mairie de Paris Centre
2, rue Eugène Spuller
75003 PARIS

Du samedi 10 septembre au mercredi 5 octobre 2022

Maison du Portugal-André de Gouveia
Cité universitaire
75014 Paris

 

[Source : http://www.fondationshoah.org]