Il y a de ça 25 ans, naissait une filiale du PEN international, le PEN club des écrivains cubains en exil. Ce samedi, pour marquer l’évènement, un livre sortira sur l’histoire de l’organisation. Un anniversaire qui réveille les « stigmates » liés à son statut « d’organisation politique » financée par les États-Unis. D’après le poète Luis de La Paz, son président; cette situation « est un sophisme ».

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Écrit par Fasseur Barbara

Luis De La Paz l’explique à l’agence EFE : « Notre organisation répond aux statuts du PEN international des écrivains, mais ces 25 dernières années, nous avons dû lutter contre une agressive campagne du gouvernement cubain : il nous qualifie d’écrivains de “seconde classe”, d’organisation politique et d’être financé par la CIA ainsi que le gouvernement américain. »

Une histoire riche

« C’est lors du 64e Congrès international du PEN, qui s’est tenu en 1997 à Édimbourg en Écosse, que par un vote unanime, la création du PEN Club des écrivains cubains en exil dont le siège est à Miami, la capitale de l’exil cubain, a été approuvée », se souvient de La Paz, également journaliste basé en Floride.

Pour l’auteur cubain Rolando Morelli, « le PEN Club en exil doit être considéré, à proprement parler, comme la prolongation de celui fondé par [Jorge] Manach ». Le journaliste aurait en effet amorcé en 1945 un regroupement des auteurs de l’île. Auteur de l’une des biographies les plus controversées sur la figure politique de José Marti, intitulé Martí el apóstol, il développa cette branche, dont l’action fut interrompue durant de « longues années », assure De La Paz.

Et pour cause : le gouvernement de Fidel Castro s’installa et mis sur pied des institutions culturelles, telles que la Casa de las Américas, propriété de l’État, ou encore l’Union des écrivains et artistes de Cuba. Des structures qui auront « remplacé » la branche cubaine du PEN Club. « La censure a commencé et beaucoup ont pris le chemin de l’exil » , explique son président.

Le PEN cubain, selon De la Paz, cessa ses activités en raison des mesures prises par le gouvernement sur la base des Paroles des intellectuels. Ce discours prononcé par Castro à la Bibliothèque nationale en 1961, peu après son arrivée au pouvoir, contient notamment la phrase : « Dans la révolution tout, contre la révolution rien. »

Défendre l’avenir

En septembre prochain, De La Paz et Morelli se rendront à Uppsala, en Suède, à l’occasion du 88e Congrès du PEN international – du 27 au 1er octobre. Ils y présenteront une résolution où « l’emprisonnement arbitraire d’écrivains et d’artistes plasticiens et la persécution croissante des intellectuels seront dénoncés ».

Luis De La Paz  précise : « En exil, nous n’avons pas de problèmes majeurs avec la liberté d’expression, mais nous plaidons pour son absence sur l’île. Des artistes comme Tania Bruguera et Yunior García Aguilera sont contraints à l’exil. Le gouvernement cubain essayait de vous empêcher de partir ; maintenant il vous invite à quitter l’île et ne vous laissera pas revenir, c’est ce qui se passe aujourd’hui. »

En attendant, De La Paz présentera ce samedi à Miami un livre qui rassemble toute l’histoire du PEN Club en exil, intitulé, Patrie et culture, 25 ans de PEN, écrit par la poète Sara Martínez.

 

[Photo : Alexander Kunze / Unsplash – source : http://www.actualitte.com]