Le Canal Saint-Martin

Des personnes au bord du Canal Saint-Martin, à Paris, le 21 février 2021. Anne-Christine Poujoulat/AFP

 

Écrit par Michelle Lecolle

Linguiste, Université de Lorraine

Organisation de la vie publique, projets de loi en débat, problèmes écologiques : tout nous ramène à la question collective et sociale – au politique en définitive. Chaque jour, les mots que nous utilisons parlent aussi de ce qui fait que nous (humains) vivons en société et comment.

Lien social, solidarité et « vivre ensemble », « communs », regroupement, identité et altérité, inclusion et exclusion, ségrégation, classification et hiérarchie : au sein des sociétés, ces questions sont omniprésentes, dans nos pratiques, nos réflexions et les discours auxquels nous sommes confrontés, que ce soit dans notre vie quotidienne ou dans les médias.

Ainsi avec la publicité : par exemple, sur les quais du métro parisien en 2021, cette opposition seul/ensemble, appuyée par l’opposition (choc) entre les photos, dans laquelle le deuxième terme (ensemble) est valorisé.

Affiche dans le métro de la Fondation Abbé Pierre. Photo : M. Lecolle

Ou, dans l’affiche suivante, où l’addition d’individualités (« je », « tu ») ouvre vers un autre possible, avec un pluriel (« ils »), lui aussi positif.

Sur le plan de la langue, le français offre un large éventail de formes linguistiques traitant plus ou moins directement de la vie en société.

Affiche dans la rue, « Je donne, tu donnes, ils nagent ». Photo : M. Lecolle

Parmi ces dernières, les noms supposés désigner le collectif – les noms de groupes humains. Aussi usuels et communs soient-ils, ces noms présentent des propriétés spécifiques sur les plans sémantique et rhétorique, opposant et parfois associant la cohésion et la dispersion, le singulier et le multiple, l’identique et le différent.

Vie et relations en société : lexique, grammaire, expressions

Dans le champ du lexique et de la phraséologie, on trouve plusieurs expressions se rapportant aux relations et structurations sociales : tout d’abord, le mot ensemble – adverbe (être ensemble), déterminant (l’ensemble des gens), nom (créer un ensemble).

Ensuite, plusieurs expressions portent sur la constitution elle-même de groupes : constituer, créer un groupe, un mouvement, une association ; fonder une famille, une communauté, une confrérie, un mouvement ; sur le regroupement : se regrouper en associationêtre, se retrouver en famille(mettre) en commun ou encore (escroquerie) en bande organisée.

La référence à la vie sociale est également présente dans des mots composés et des locutions : intérêt généralbien communbien publiccontrat socialcorps constituécorps socialle « vivre ensemble » ; (avoir) l’esprit d’équipefaire équipefaire société.

Des noms de groupes

Le français, comme de nombreuses autres langues, possède des noms qui, avec une forme au singulier, désignent un groupe, c’est-à-dire une pluralité d’individus isolables mais similaires à certains égards (forêtbouquetbétailhordeargumentairefamillejeunesse).

On les nomme des « noms collectifs », et ils intéressent le grammairien et le linguiste, à plusieurs titres : à cause de la discordance entre la forme (singulier) et le sens (pluriel) et ses conséquences sur l’accord grammatical, sur les jeux de mots qu’elle rend possibles ; à cause du flou attaché à certains d’entre eux (quelles sont les limites d’une forêt, d’une foule, d’une multitude ?) ; à cause aussi des modes d’appréhension différenciés qu’ils permettent (appréhension globale comme un groupe constitué, ou pointant vers les individus), comme ce qui apparait dans la comparaison des deux titres suivants (la jeunesseles jeunes) :

« Manuel Valls a annoncé hier différentes mesures. La jeunesse a été écoutée. » (titre, Direct Matin, 12 avril 2016)

« Le gouvernement sort le grand jeu pour tenter d’apaiser les jeunes. » (titre, Médiapart, 11 avril 2016)

Ou dans cet extrait d’une interview de la philosophe Catherine Larrère (l’humanité/les hommes) :

« Aux XVIIIe ou XIXe siècles, l’humanité était encore une abstraction ; aujourd’hui, c’est devenu une réalité : tous les hommes sont sur le même bateau. Ils sont condamnés à l’intérêt général ! »

Se regrouper autour d’un « faire »

Parmi les noms collectifs, certains désignent spécifiquement des humains : les « noms collectifs humains » par exemple : peuplepopulationmouvement ou encore arméecommunautéassociationcomitégouvernementhumanité.

Ils renvoient, en particulier, à des modes ou objectifs de regroupement, à des relations humaines, à des identités communes, réelles ou supposées.

La société se structure par le biais de l’activité humaine (loisirs, travail) ; dans ce cadre, le regroupement des individus se base sur un « faire ». D’une manière générale, beaucoup de noms d’humains relèvent du « faire » (par exemple, pour les individus, les noms de professions et de statuts sociaux) ; mais, pour les noms collectifs humains, il s’agit plutôt d’un « faire ensemble ».

Voici quelques exemples : compagnieconseilcorporationsyndicatpartigangbandejuryrédactionstafforchestrechoraleéquipeexpéditionassociation

L’observation montre qu’ils ne se répartissent pas harmonieusement sur les réalités à nommer, mais présentent des zones de condensation voire des redondances lexicales, et aussi des manques.

En effet, ils sont plus ou moins nombreux et diversifiés selon les types de milieux et de regroupements sociaux (famille, école, monde du travail, monde politique, justice, religion, loisirs), mais particulièrement abondants dans certains domaines comme l’armée ou l’Église (détachementbataillongarnisonlégionrégimentbrigadepatrouille ; conclavecongrégationsynode, et quelques autres).

Dans le cadre des sociétés humaines, les relations entre humains peuvent être de solidarité ou de filiation, d’amitié, ou encore de hiérarchie, de division ou de conflit. Certains noms collectifs humains sont fondés sur ces relations. En voici quelques-uns : cellulecommunautéconfrériecouplefratriefamilleguildecoterieliguevoisinage.

À partir de ceci, plus spécifiquement encore, certains, comme cellulecouplefamille allient les traits d’/unité interne/du groupe et de/partie d’un tout/, participant d’une structuration de la société.

Le fractionnement en parties peut également relever de l’antagonisme, ce qu’illustrent plusieurs noms collectifs : factionclansectefront.

Un lien entre l’appartenance au groupe et l’identité des membres

D’autres noms collectifs humains posent un lien entre l’appartenance au groupe et l’identité entre les membres du groupe (« être comme » – d’un certain point de vue) : fratriegénérationpublicsociété civileopinion (publique).

Cette identité dessine une appartenance à une même classe (au sens logique) : paysanneriehumanitéjeunessepatronatmagistrature, ou, de manière plus lâche, une appartenance à un même groupe : faire partie d’un orchestre, c’est être musicien, et un orchestre est constitué d’éléments semblables en ce qu’ils sont musiciens.

Musiciens de l’orchestre de Paris qui jouent au Musée d’Orsay le 26 mars 2021. Photo : Stephane de Sakutin/AFP

D’une autre manière, faire partie de la droite, de la gauche, c’est être de droite, de gauche. Et l’opinion publique, comme nom collectif, désigne un ensemble fondé sur une appartenance de ses éléments à… l’opinion publique.

Flou, double sens et problèmes d’identification

On terminera par une illustration succincte de faits d’ambiguïté avec les noms collectifs humains.

D’un point de vue sémantique, ceux-ci présentent, on l’a vu, une prédisposition au flou, mais aussi aux phénomènes de double sens, et ceci en particulier à cause de leur structuration en double niveau (celui du groupe et celui des éléments) évoquée plus haut, à quoi s’ajoute souvent la polysémie (propriété pour un mot d’avoir plusieurs sens, différents mais liés entre eux).

Ainsi dans l’exemple suivant :

« Les voix du peuple : l’espace public sonore au XVIIIᵉ »

Ce titre réfère à un entretien de l’historienne Arlette Farge, 23 mai 2012, à propos de l’ouvrage Essai pour une histoire des voix au XVIIIe siècle (Bayard, 2009). Ici, peuple a deux acceptions possibles : « classe populaire » ou « totalité des individus composant une nation », et les voix peut s’interpréter comme « distribué » sur chaque membre du peuple, ou se rapporter au groupe.

L’exemple suivant (avec société) présente le même type d’ambiguïté (qualification des individus ou du groupe), à quoi s’associe la pratique professionnelle (recours aux statistiques, moyennes) de l’énonciateur – chercheur en sciences sociales.

« On a une société vieille. » (France Culture, 20 mars 2006)

C’est, avec société aussi, de cette même ambiguïté que joue le titre de l’ouvrage de Pierre Le Goff La société malade (paru chez Stock en 2021) ; si l’auteur explique bien dans le descriptif que c’est de la société en tant que telle qu’il est question (« je voudrais montrer en quoi cette crise sanitaire est révélatrice d’un état problématique de notre société »), le lecteur ne peut pas ne pas envisager, en temps de pandémie, la maladie des individus, membres de la société.

Un dernier exemple avec le nom opposition, tiré d’une chronique politique radiophonique, illustrera la difficulté, pour peu qu’on y regarde de près, à circonscrire le référent d’un nom collectif humain (l’opposition) :

« Renseignement pris auprès du gouvernement et de l’opposition, un consensus semble se dégager autour d’un report de quelques mois, un report au mois de juin. » (France Culture, novembre 2020, à propos des élections départementales et régionales, 2021)

Alors que, avec le gouvernement, on sait parfaitement de qui il est question, l’opposition ne reçoit pas la même interprétation : étant donné la pratique journalistique, étant donné aussi le caractère composite de ladite opposition (qui comprend des groupes de tendances diverses, de la droite à la gauche jusqu’à la France Insoumise), la désignation peut valoir pour la totalité ou pour une partie, jugée représentative – et dans ce cas, laquelle ? La question n’est pourtant pas anodine. Parce que routinisée, la pratique de désignation du tout pour la partie n’est ici sans doute pas consciente, et c’est bien l’observation des noms collectifs qui permet de la déceler.

Les groupes humains présentent une réalité composite sur le plan politique et social. Mais la réalité n’en est pas moins riche et complexe sur le plan linguistique, celui des noms collectifs humains. Au-delà de la simple désignation de groupes humains, ceux-ci, comme outils lexicaux et discursifs, interrogent le rapport du groupe aux sous-groupes et à l’individu, et participent de la représentation de ces groupes, voire de leur constitution – langagière.

 

 

[Source : http://www.theconversation.com]

A esquerda equatoriana e toda a esquerda latino-americana têm de aprender com essa dolorosa derrota, valorizar ainda mais sua unidade interna e a centralidade do enfrentamento ao neoliberalismo.

Guillermo Lasso, presidente eleito do Equador

Guillermo Lasso, presidente eleito do Equador

 

Escrito por EMIR SADER*

A esquerda equatoriana ficou profundamente dividida no segundo turno eleitoral presidencial. Os três candidatos (três antineoliberais) obtiveram 66% dos votos: Arauz 32%, Yaku 19%, Xavier 15%. No segundo turno, Arauz subiu apenas 17 pontos, chegando a 47%. Os demais candidatos não apoiaram formalmente ninguém, mas em vez disso concentraram suas críticas em Arauz, que consideravam o principal inimigo.

Enquanto isso,  Lasso tinha 19% no primeiro turno, mas subiu 33% no segundo turno – quase igual à soma dos votos de Yaku e Xavier: 34%. O certo é que a esquerda, com essa transferência de votos, perdeu a maioria do primeiro turno, sendo derrotada no segundo. A análise das regiões de concentração de votos da Conae aponta para onde Lasso acaba ‘conquistando’ mais votos no segundo turno.

Assim, a esquerda, majoritária no país, terminou perdendo a eleição. E a direita, claramente minoria no primeiro turno (19%), por causa da divisão da esquerda, acabou elegendo o seu candidato.

Por que isso se deu? Em primeiro lugar, é claro, pela falta do sentido de unidade dos candidatos de esquerda, Yaku e Xavier. Porque eles privilegiaram contradições secundárias privilegiadas com o governo de Rafael Correa – conflitos com o movimento indígena, questões de preservação ambiental – em face da contradição fundamental de nosso período histórico, aquele entre o neoliberalismo e pós-neoliberalismo. A Conae propôs um estranho “voto nulo ideológico”. Esse fluxo de votos -1.600,00, que no segundo turno de 2017 foram 980.000 –  teve peso decisivo no resultado final, pois Lasso acabou vencendo por cerca de 400.000 votos.

A esquerda majoritária no partido não conseguiu restaurar a unidade de seu campo no segundo turno e foi derrotada. Também tem a ver com a forma como o governo de Rafael Correa – o mais importante da história do Equador – abordou as questões de divergência no campo popular.

A oposição, tanto de direita quanto de esquerda, explorou, de forma priorizada, o ‘anticorreísmo’. De forma consciente, pela direita. De forma irresponsável por setores da esquerda, que acabaram fazendo dessa questão a central na campanha, justificando o jogo que acabaram por fazer e que decidiu o resultado final da eleição a favor da direita.

Às vezes confessavam que preferiam Lasso – o maior banqueiro do país, um neoliberal ortodoxo -, às vezes de má-fé, favorecendo-o, erigindo o retorno do correísmo como seu inimigo fundamental.

O problema da falta de unidade da esquerda e da ascensão de Lasso vem já da eleição presidencial anterior, em 2017. Lenin Moreno, escolhido pelas eleições internas da Aliança País como o candidato da continuidade da Revolução Cidadã, de Rafael Correa, venceu com apenas pouco mais de dois pontos a Guillermo Lasso, após 10 anos do governo que fez mais transformações na história do Equador. Algo estava errado. Mas não foram feitas as análises correspondentes. A esquerda costuma aprender mais com as derrotas do que com as vitórias.

Decisiva pela divisão do campo correísta foi a traição de Lenin Moreno, que acabou praticamente por liquidar a Aliança País, o partido da Revolução Cidadã, e enfraqueceu esse campo pelo desconcerto que provocou e também pela repressão direta dos dirigentes do correísmo e do próprio Rafael Correa, que precisou pedir asilo para não ser preso, por meio de um processo de judicialização, característico da direita latino-americano contemporânea.

Enquanto isso, setores do movimento indígena consolidaram-se como um campo político próprio –  a Conae e Pachakutik -, com forte oposição ao correísmo. Outros setores da esquerda – como a candidatura de Xavier – também contribuíram para essa posição.

Ao contrário da Bolívia, onde, apesar de alguns conflitos com o movimento indígena, o governo do Evo continuou contando com o apoio massivo desse movimento, que acabou sendo decisivo na grande vitória do MAS no primeiro turno das últimas eleições. A Aliança País e o governo de Rafael Correa tiveram muitos conflitos com o movimento indígena, que se autonomizou e passou a opor-se, na sua grande maioria, ao governo. O MAS reunificou todo o campo popular e reafirmou-se como a força hegemônica, mantendo no seu interior as diferenças e conflitos dentro do campo da esquerda.

O conjunto desses fenômenos levou à incapacidade do correísmo de restabelecer a unidade da esquerda e afirmar-se como força hegemônica no campo popular, fez com que uma esquerda majoritária no Equador fosse derrotada por uma direita minoritária, que irá governar o país pelos próximos quatro anos, restabelecendo seu modelo neoliberal, que recomeça com a privatização do Banco Central do Equador.

A esquerda equatoriana e toda a esquerda latino-americana têm de aprender com essa dolorosa derrota, valorizar ainda mais sua unidade interna e a centralidade do enfrentamento ao neoliberalismo.

 

[Foto: REUTERS/Maria Fernanda Landin – fonte: http://www.brasil247.com]

Les NFT (Non-Fungible Tokens = jetons non fongibles) sont le dernier cri dans le monde des arts. Quand on achète un NFT, on achète un jeton, un objet artistique, par exemple une œuvre numérique, des cartes à collectionner, des albums musicaux, un pays ou un vêtement virtuels dans des jeux vidéo. Les artistes israéliens se sont également ralliés à cette tendance et on a pu voir le montant de certaines enchères s’envoler, par exemple pour la collection d’environ 5 000 fichiers graphiques de Mike Winkelmann ou Beeple qui s’est vendue à près de 70 millions de dollars.

Yam Ben Adiva, un jeune designer israélien, veut avec son initiative Dissrup jeter une passerelle entre l’art numérique et l’art physique. Il pense que les NFT ne se distinguent pas fondamentalement du marché de l’art traditionnel. La valeur de l’œuvre est en effet également fonction de l’artiste l’ayant créée. Dissrup veut réunir artiste et designer et proposer une version physique de l’œuvre. Son premier projet Genesis Ox1 est une coopération sous son égide de la désigneuse chinoise Somei Sun et de l’artiste sonore allemand Jürgen Branz, et il montre la vidéo d’une femme virtuelle. Un acheteur de l’œuvre en recevrait le fichier. La question de savoir comment un artiste peut se protéger d’une reproduction non autorisée de son œuvre est actuellement au centre des réflexions. Le but, comme pour les fichiers musicaux, est d’empêcher les copies illégales et de permettre à l’artiste d’être payé pour chaque copie.

La bulle spéculative ainsi que l’empreinte carbone des transactions faisant régulièrement l’objet de vives critiques, l’artiste britannique Memo Akten a mis à disposition un calculateur en ligne pour déterminer les émissions de CO2 de chaque transaction.

 

Autres informations :
NFT et artistes israéliens (en anglais), Haaretz
https://www.haaretz.com/israel-news/tech-news/this-israeli-designer-wants-to-make-digital-art-physical-1.9694602

[Source : http://www.israelentreleslignes.com]

Professor e sindicalista do planalto andino de Cajamarca chega ao segundo turno. De retórica áspera, emergiu contra a violência no campo e nas grandes mobilizações pela educação em 2017 – e promete reverter duas décadas de neoliberalismo

O candidato presidencial do Peru Pedro Castillo monta a cavalo no fechamento de campanha, em 8 de abril.

O candidato presidencial do Peru Pedro Castillo monta a cavalo no fechamento de campanha, em 8 de abril.

Escrito por Inés Santaeulalia e Jacqueline Fowks

A mil quilômetros de Lima, montado em um cavalo e sob um chapéu de palha de aba larga, um professor de escola rural desafia o status quo peruano. Pedro Castillo segue de Chota (Cajamarca) ao Palácio do Governo como vencedor do primeiro turno das eleições presidenciais do Peru, realizadas no domingo. As elites da sociedade de Lima, berço do poder do país sul-americano e origem dos cinco últimos presidentes, acordaram na segunda-feira de ressaca eleitoral nocauteadas pela presença do mais incômodo de todos os candidatos ao seu ecossistema. O professor sindicalista de viés radical, que não liderou as pesquisas até a última semana, chega às portas da presidência com o lema “Já basta de pobres em um país rico”.

Pedro Castillo Terrones, de 51 anos, nasceu em Cajamarca, uma região andina das mais pobres do Peru. O professor, terceiro de uma família de nove irmãos, conseguiu em 1995 sua vaga como professor de ensino primário em uma escola de sua região, mas sempre teve pretensões políticas. Como líder regional do partido Peru Possível desde 2005, era um completo desconhecido no restante do país até 2017. Nesse ano, um enorme protesto de professores, que exigiam aumentos salariais pela instalação da avaliação periódica dos docentes, paralisou as aulas durante 75 dias em quase todo o Peru. Castillo colocou-se à frente das mobilizações e desde então mais ninguém voltaria a esquecer seu nome.

O professor navega sobre águas ideológicas complexas. “Tem uma retórica reivindicativa, um discurso basicamente radical, que pode se encaixar à esquerda e à direita”, diz o analista José Carlos Requena. Em seu ideário utiliza muitas vezes os exemplos do Equador e da Bolívia, mas também destaca a nacionalização do petróleo na Venezuela: “Frequentemente nos dizem que a nacionalização é ruim. Mas temos exemplos que desmentem essa teoria absurda”. Castillo promete nacionalizar o gás da Camisea, o projeto energético mais importante do país. Também quer aumentar o orçamento público em saúde e afirma que aumentará o da educação em até 10% ―atualmente está em 4% do PIB―. Os analistas e adversários consideram seus planos inviáveis.

Se conseguir levar a chave do Palácio do Governo promete revogar a Constituição de 1993 (promulgada durante o Governo de Alberto Fujimori) e ameaça fechar o Congresso se não o permitirem. A lista de propostas causa autêntico pânico nas elites peruanas, que sempre recusaram qualquer manifestação de esquerda. Em Lima, o voto conservador (grande parte dele ultraconservador) superou 50% no domingo, apoiado em um discurso que sempre relacionou a esquerda ao terrorismo do Sendero Luminoso, que causou milhares de mortes nos anos 80, e com o chavismo. Em Castillo veem refletido os dois lados.

O professor, desde a greve de 2017, é relacionado a grupos políticos formados por membros do Sendero Luminoso, em liberdade após cumprir condenação. Ele sempre se desvinculou, mas sua sombra o perseguiu até as urnas. O jornal Perú 21 alertou um dia antes da votação em uma manchete de página inteira em primeiro plano: “Cuidado, o Sendero Luminoso estará presente nestas eleições”. Uma capa que, de qualquer modo, não chegou aos seus eleitores, em sua maioria divididos entre o sul e as regiões mais pobres. No Peru, 20% da população vive na pobreza, de acordo com os últimos indicadores oficiais, ainda que se estime que a porcentagem tenha crescido durante a pandemia. Castillo foi ao segundo turno com 18% dos votos.

Apesar da enorme distância ideológica, o líder do Peru Livre compartilha uma parte de seu ideário com os políticos conservadores mais votados na capital, como Keiko Fujimori, Hernando de Soto e o candidato de extrema-direita Rafael López Aliaga. A agenda social, uma questão rara na política peruana, resume em uma emenda todos os avanços sociais que preocupam tão pouco da maioria dos arranha-céus de Lima ao grosso das montanhas andinas. Rejeição ao aborto, rejeição ao casamento homossexual, rejeição a incluir a igualdade de gênero no currículo escolar, rejeição à eutanásia.

Castillo promete lutar contra o poder estabelecido de seu passado como rondero, uma organização social criada em Chota na década de 70 por agricultores e camponeses para se defender do roubo de gado e da violência. O regime próprio dos ronderos, à margem da lei, inclui chicotadas e o escárnio público contra ladrões e malfeitores. Nas duas décadas em que o Peru sofreu a violência do Sendero Luminoso (1980-2000) a vigilância e força das rondas de Cajamarca deteve a entrada na região do terrorismo que semeava atentados e morte na maior parte dos Andes.

Restam dois meses ao segundo turno das presidenciais. Na espera da finalização da votação, tudo leva a crer que será a líder do fujimorismo a encarregada de representar um setor do Peru que não quer Castillo nem pintado de ouro. Ela também não cai no gosto da maioria. Keiko Fujimori é a candidata de maior rejeição entre os eleitores, mas em eleições tão fragmentadas, a porcentagem de fujimoristas acérrimos que ainda mantêm a levaram à segunda posição com apenas 14% dos votos.

As elites de Lima continuam procurando nesta segunda-feira no Twitter respostas a resultados que não entendem. Na escola 10465, no centro do povoado de Puña, na província de Chota, o professor de ensino primário às vezes leva seus alunos ao campo, levanta seu celular e caminham em silêncio procurando um ponto de internet para acessar o Google pela primeira vez.

 

[Foto: Aldair Mejía/EFE – fonte: http://www.elpais.com]

 

 

 

Convocante: Associação Brasileira de Hispanistas
Tipo de convocatoria: Contribuciones (call for papers)
Materias de especialidad: 

Lingüística, Lingüística aplicada, Lingüística textual, Literatura contemporáneaLiteratura contemporánea, Literatura española, Literatura hispanoamericana

Fecha límite de solicitud: Sábado, 31 de julio de 2021
Descripción: 

La Revista Abehache de la Associação Brasileira de Hispanistas invita a participar en este nuevo número que versará sobre estudios generales en letras hispánicas de lingüística, literatura, artes, política, historia en español o portugués. El plazo para el envío de propuestas termina el 31 de julio de 2021.

Toda la información puede consultarse en la página web de la revista.

País: Brasil
Dirección postal completa: Revista Abehache, Associação Brasileira de Hispanistas (Brasil)
Correo electrónico: revista.abh@gmail.com
Página de Internet:  https://revistaabehache.com/ojs/index.php/abehache

 

 

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

 

 

Le vendredi 9 avril est lancée Nutrisco, la bibliothèque numérique patrimoniale du Havre, qui vient rejoindre le programme « Gallica marque blanche » proposé par la Bibliothèque nationale de France. Ce dispositif de coopération numérique permet de partager les savoir-faire et l’expertise technique de la BnF avec ses partenaires afin de mieux valoriser leurs collections en ligne.

ActuaLitté

Ce sont ainsi 15.000 documents conservés à la Bibliothèque municipale du Havre – qui fait partie du réseau des Bibliothèques numériques de référence – et dans d’autres institutions havraises, qui sont rendus accessibles au plus grand nombre, témoignant de la richesse du patrimoine local. Nutrisco est enrichie de nombreux documents relatifs au Havre issus de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, qui réunit aujourd’hui plus de 8 millions de documents.

De même, cette collaboration entre les deux bibliothèques permet d’intégrer la richesse du patrimoine havrais à Gallica, et de réunir numériquement les ressources issues de la BnF et celles de la ville du Havre dans une même bibliothèque.

Une mise en valeur du fonds remarquable du patrimoine havrais

Le nom Nutrisco, « Je me nourris » en latin, est inspiré de « Nutrisco et extinguo », la devise du Havre et de François Ier, fondateur de la ville en 1517, et annonce la richesse des collections dévoilées dans la bibliothèque numérique. Cette dernière rassemble les collections numérisées issues de la Bibliothèque municipale du Havre et de différentes institutions havraises, telles que les Archives municipales du Havre, le Centre havrais de recherches historiques, la Société havraise d’études diverses, etc. S’y trouvent des images, des cartes, des livres, des manuscrits et des journaux concernant Le Havre et la Normandie, mais aussi des documents tournés vers le reste du monde, témoignages du rayonnement international du Havre et de son port à travers l’histoire.

Nutrisco met en valeur de nombreuses images, notamment des représentations de la ville au fil des époques (dessins, estampes, photographies) et permet de redécouvrir Le Havre d’autrefois, presque totalement disparu depuis les bombardements de 1944. Parmi ces images se trouve un des célèbres Soleil au zénith du photographe Gustave Le Gray.

La bibliothèque numérique patrimoniale contient également de nombreux documents relatifs à l’ouverture du Havre vers la mer et le reste du monde, comme un Atlas nautique ou Atlas portulan de l’Europe, de l’Afrique et des Amériques, exécuté entre 1535 et 1547, peu de temps après la découverte de l’Amérique, ou encore un recueil manuscrit de sourates de 1835 trouvé dans la poche d’un esclave brésilien.

Les collections patrimoniales du Havre sont également riches de nombreux trésors manuscrits désormais consultables, tels la Chronique de Fontenelle (1050) – le plus ancien document conservé -, mais aussi le journal d’un jeune Havrais de 14 ans sous le Second Empire, Armandus Roessler, en 11 volumes abondamment illustrés par l’auteur.

Par la suite, Nutrisco sera alimentée de manuscrits d’écrivains havrais conservés par la Bibliothèque municipale du Havre, notamment ceux de Raymond Queneau et de Bernardin de Saint-Pierre.

Les collections numérisées sont présentées selon six grandes thématiques pour proposer la plus large représentation des fonds et satisfaire tous les publics : Le Havre en images (avec différents sous-chapitres illustrant les bains de mer, le Havre avant 1944, le Havre bombardé, etc.) ; Le Havre en cartes depuis la Renaissance ; Le Havre : port, commerce, industrie ; Histoire du Havre (manuscrits et imprimés) ; Culture, science et sport havrais ; Trésors et curiosités.

Dès son ouverture, Nutrisco donne accès à près de 15.000 documents de la Bibliothèque municipale du Havre et autres institutions havraises, soit plus de 11.500 photographies, une centaine d’estampes, 700 cartes, 290 imprimés relatifs à l’histoire du Havre, 35 manuscrits, 2.200 fascicules de périodiques. Mais c’est aussi plusieurs centaines de documents sur Le Havre provenant de la Bibliothèque nationale de France, dont d’étonnants enregistrements du début du XXe siècle de patois normand.

Un partenariat entre Le Havre et la BnF

Fruit du partenariat entre la BnF et la ville du Havre, Nutrisco est la treizième bibliothèque numérique réalisée dans le cadre du programme « Gallica marque blanche ». Le site bénéficie ainsi de l’infrastructure et des fonctionnalités de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, tout en déployant sa propre identité graphique et ses axes d’éditorialisation.

Le principe de la marque blanche permet à la fois une mutualisation des investissements techniques et informatiques réalisés par la BnF et la constitution d’une collection numérique nationale. Les collections havraises viennent enrichir les plus de 8 millions de documents réunis sur Gallica. Réciproquement, les collections du Havre seront complétées dans Nutrisco par des fonds de la BnF pour une diffusion toujours plus large du patrimoine.

Le dispositif “Gallica marque blanche” de la BnF

Outre Nutrisco, douze bibliothèques numériques ont déjà été réalisées grâce au dispositif « Gallica marque blanche » dont une en accès réservé pour des documents sous droit et onze accessibles en ligne, dont notamment Yroise, bibliothèque numérique patrimoniale de la ville de Brest (2021), mais aussi Pireneas, la bibliothèque numérique de la Communauté d’Agglomération Pau Béarn Pyrénées (2020), Rosalis, la bibliothèque numérique patrimoniale de Toulouse (2020) et bien d’autres.

 

[Source : http://www.actualitte.com]

Se lanza el nuevo álbum del Quinteto liderado por el pianista, referente del tango actual. Inspiradas en la canción POR del legendario disco Artaud, las composiciones fluyen entre distintos géneros.

Schissi lidera el grupo conformado por Santiago Segret (bandoneón), Guillermo Rubino (violín), J.Pablo Navarro (contrabajo) e Ismael Grossman (guitarra).  Foto: Anita Kalikies

 

Escrito por Facundo Arroyo

Cuando Diego Schissi comenzó a imaginar que podía componer canciones a partir de las 47 palabras de la canción “POR” de Luis Alberto Spinetta, no creyó que colaboraría en un libro casi con el mismo fin. El pentagrama que contiene POR, con ensayos de Eduardo Berti (Gourmet Musical, 2019) fue escrito por el propio Schissi, que tampoco pensó que algún día terminaría Te, el disco hecho con su Quinteto e inspirado en aquella perla incluida en Artaud, el LP más importante de la historia del rock argentino. Pero la vanguardia siempre incluye una cuota de imaginación.

En el medio, pasaron varios años y algunos otros materiales: el premiado y trascendental Timba (2016) y el renovador Tanguera (2018), inspirado en la música de Mariano Mores. De Spinetta ni noticias hasta que la pandemia frenó al mundo y a la vitalidad del Quinteto. Su parada fija de los martes en el bar Virasoro se esfumó y la bestia musical que parte del tango pero que suena más contemporáneo que cualquier artista de música urbana se recluyó en la composición. Y ahí sí, Te ensambló 19 canciones que prometen ser uno de los grandes acontecimientos de la música popular argentina en 2021.

–Una vez afirmaste que Luis Alberto Spinetta funciona como un elemento ético de la música y que el rock argentino le queda chico. ¿Esa fue la razón para traerlo a tu terreno estético?

–Era una vieja deuda. Spinetta nos hizo músicos. En cuanto a él como modelo, y como una ética musical. Y el hecho de recalar en “POR” como una especie de fuente de títulos, al principio fue solo un juego y luego se volvió algo más. Era como acercarse de una forma simbólica desde nuestro mundo. Siento que también es el juego que propone ese tema: la multiplicación. El libro de Eduardo Berti basado en “POR” también funciona como un artefacto de juego. Decidimos continuar ese juego en términos artísticos. Tiene su lado emocional y su lado concreto. Un circuito en el cual las canciones surgen de esas palabras y también a partir de Spinetta como un artista integral.

Luis Alberto Spinetta.

Luis Alberto Spinetta

 

 

–Finalmente el proyecto le llevó al Quinteto varios años de maduración. ¿Cómo fue el proceso de selección final?

–Está todo lo que veníamos laburando. No dejamos de ser un grupo argentino que hacemos un poco lo que queremos y un poco lo que podemos. Y esto lo digo con la cuota artística que tiene cualquier proyecto. Todo el material que venía dando vueltas fue incluido. Algunos generados para redondear la unidad del disco y algunas relecturas que yo hice en su momento para otros trabajos más por encargo. Sobre todo en el ámbito de la música de cámara. La vida, eso azaroso, dijo que estos eran los temas que tenían que estar en el disco y entonces fuimos y los grabamos. Por supuesto que a la hora de hacer el corte final, hubo una selección. Sabiendo siempre que iba a ser un objeto complejo, tenso, absolutamente a contrapelo de los minutos de Instagram. Responde a una de las ideas de trabajo del grupo.

–A priori no suena, por su complejidad, como un disco con una sola línea estética. ¿Qué hilos interiores le encontrás ahora que el disco está llegando a los oyentes?

–Son hilos conductores a pesar de uno mismo, me trascienden. Recién lo sentí como un disco entero cuando estaba terminado y masterizado. En su momento eran piezas autónomas y después, ya con una copa de vino en la mano y el disco completo, lo fui sintiendo como unidad. Luego hay diferencias con lo anterior que se presentan como hilos nuevos dentro de esta obra. Por ejemplo: nosotros somos un grupo acústico y en este caso hubo más intervención del aspecto digital. Sobre todo en la edición del sonido. El uso de cámaras, determinados efectos, algunos loops, regrabaciones. Y es algo que nos abrió una idea de trabajo a futuro. Quizás aquí no esté tan explotado pero fue un primer intento que otorga un horizonte.

–Por momentos hay pasajes musicales que abandonan la furia de lo urbano, ¿lo escuchás así?

–Quizás tenga que ver con que estos temas llegan con más aire. En eso hay algo deliberado: queríamos descomprimir un poco el disco por darnos cuenta de su densidad. De digestión lenta. Y por otro lado, tiene que ver con la madurez del Quinteto y sus experiencias en el estudio. No queríamos sobrecargar, buscábamos poder respirar un poco más. Nosotros hacemos una música densa por naturaleza y ahí tenemos un desafío. Eso quizás genere una fuga de lo urbano. Paisajes más bucólicos.

–¿Fue deliberado que Santiago Segret en bandoneón y Guillermo Rubino en violín tuvieran más presencia?

–Hay más intenciones solistas. Por eso parece que Santiago tiene más protagonismo, por ejemplo. Siendo un quinteto, encima, somos todos solistas. Pero en esta ocasión hubo más solos, momentos en donde se escuchan más los instrumentos en vez de trabajar todo en equipo sonoro. En vez de doblar violín y bandoneón, como antes, ahora se largaron de a uno.

–Eso sirve un poco para entender los pasajes sonoros (la mayoría solos de improvisación) que aparecen como tracks en Te y que dan una sensación de estar escuchando una obra conceptual. ¿Se contradice con haber hecho el disco a retazos como explicaste anteriormente?

–Debería volver al principio porque esta pregunta demuestra que en realidad, aunque haya sido hecho de a partes, también se puede pensar como obra conceptual. Sobre todo porque es real que estos pasajes cortos, que son solos principalmente, conectan el sonido a lo largo de todo el disco. De hecho hay tracks que están montados. No sé si será por una calamidad de haber sido criado por los discos conceptuales de los 70, como si no pudiera sacarme de la cabeza que los discos se escuchan enteros, y que está todo relacionado. Que todo puede venir de una misma idea.

–Varias canciones están dedicadas. Entre los agradecimientos aparecen Egberto Gismonti, Víctor Lavallén y Franz Kafka. ¿Qué significan ellos en el mundo simbólico del Quinteto?

–Son deudas que uno siempre quiere pagar. Tiene que ver con los afectos, musicales y de la vida privada. Lo de Kafka entra porque el tema “Hijo” no está pensado en mis hijos sino que viene inspirado por la carta que Kafka le escribe a su padre. Está pensado en el hijo como una persona que sufre. Y esa representación es perfecta en la carta de Kafka. Es un tema melancólico, a mí me produce cierta incomodidad, carga cierta tristeza.

« Te »: fragmentos del folclore local

En tono con el disco Artaud, y más profundamente con “POR”, Te, el nuevo álbum de Schissi, puede estar en un marco surrealista. Una obra conceptual, con pasajes sonoros (o solos de instrumentos), sin la necesidad de un sintagma conductor. Un disco hecho de a pedazos que conforman sonoridad cada uno desde su lugar. Y esto es una observación, o casi una sensación. No hay posibilidad de planificación. Fue más la musa que la intención. A Rimbaud le gusta(ría) esto.

47 palabras son las que tiene “POR”, canción compuesta por Luis Alberto Spinetta y Patricia Salazar e incluida en el trascendental disco Artaud (1973). Forman entre sí un rompecabezas sin sintaxis posible que inspiraron a Schissi a pensar una obra en relación a 20 de esas palabras. 19 canciones y un título. Estos retazos de música instrumental corresponden a distintos estados de ánimo del compositor con fuga definitiva hacia la obra conceptual. Densa, compleja y de largo aliento. Con suspiros de Spinetta que apenas salen a la superficie como en “Nube”, alternando composición y melodía de referencias hechas por el fundador de Pescado Rabioso.

“Árbol”, que sirvió de corte de difusión, es una perla del Quinteto que completan Santiago Segret (bandoneón), Guillermo Rubino (violín), Juan Pablo Navarro (contrabajo) e Ismael Grossman (guitarra). Corta y espaciada, el primer tema pop de la historia de la agrupación y, sobre todo, disparada del mundo de Timba (2016). Esto es: un paso hacia adelante luego de la revolución tímbrica que significó el último disco de composiciones propias y que se llevó un Gardel por el ensamble de orquesta, un reducido a cinco, la dialéctica preferida de Astor Piazzolla.

Un quinteto de solistas que forman una avanzada en la música popular argentina partiendo desde el tango y que, en esta ocasión, despliegan la angustia en “Hijo”, la efervescencia en “Aproximación” y la calma profunda en temas como “Insolación” y “Hoja”. Es como un escape de la ciudad tan solo por un fin de semana. Un rato de música desde una isla y luego la vuelta a la densidad urbana.

El arte gráfico de Te pareciera salir del interior del corazón del compositor. Una radiografía musical de Schissi. Esa tecla de piano aislada formando el tronco de un árbol en la tapa del nuevo material es creación de Fran Pontenpié, un gesto que refleja la importancia de la raíz en la música del Quinteto. Una presencia fuerte que, en esta ocasión, queda reflejada en la canción “Rey”, dedicada a Víctor Lavallén. Porque así es la historia de los folclores nacionales: del tango al rock, de Lavallén a Spinetta, tocado por Schissi.

[Fuente: http://www.clarin.com]

Escrich per Joan-Marc Leclercq

Es interessant d’espiar com cada lenga resistís o reagís a l’omnipreséncia deus mots angleses (o globish) dens lo mitan professionau o jornalistic. Segon son estructura o son grad de capacitat de creacion, cada lenga guardarà son originalitat … o pas.

L’exemple mès simple es lo deu mot computer. Lo japonés l’adoptat d’un biaish fonetic dambe コンピューター [Konpyūtā], que benlèu un anglofòne reconeisheré pas obligatòriament a l’escota, quan lo chinés creèc lo mot 电脑 [Diànnǎo] que vòu díser “cervèth electric” (电 = electricitat 脑 = cervèth).

Si lo catalan e l’espanhòu an causit la solucion latina ordinador e ordenador, l’italian, mès anglicizat, a cedit a computer quan lo portugués a creat lo mescladís risolièr computador. De notar tanben lo roman dambe son drin susprenent calculator, e lo prèmi de la concision reveng au suedés dambe dator que m’agrada fòrça.

Mes existís un nivèu superior a l’acceptacion de mots anglosaxons, es lo de’n crear autes que son quitament pas en usatge ni dens las isclas britanicas ni aus USA. Lo siti La culture générale n’a trobats 41 en francés. N’an hèit la lista. Podèm doncas comparar dambe l’usatge de l’occitan qu’es una lenga que resistís mès a l’envasida de l’anglés gràcia a son esperit creatiu. Vaquí doncas una seleccion personala:

Purmèr podèm remercar un beròi grop de mots en -ing que son sovent inventats o lavetz sonque la purmèra part d’una expression, que tot solets vòlon pas díser gran causa en anglés:

Brushing (blow-dry) Camping (campsite / campground) Dressing (wardrobe / closet) Forcing (-) Footing (jogging) Lifting (face lift) Parking (car park / parking lot) Pressing (dry cleaner’s) Relooking (makeover) Shampooing (shampoo) Smoking (dinner-jacket / tuxedo) Travelling (tracking shot / dolly shot / trucking shot) Warning (hazard lights, flashers).

L’occitan perpausa fòrça simplament las reviradas:

Brossatge, campatge, vestider, lo tot, corruda, tibapèth, parcatge/pargue, netejader, cambiamustra, lavacap, vèsta de serada, plan sus via, lutz de destressa (en francés tanben).

Puèi lo dusau grop es lo deus mots en -man e -woman qu’existissen pas tanpauc:

Perchman (boom operator) Recordman (record holder) Rugbyman (rugby player) Tennisman (tennis player).

Mercés a sas numerosas terminasons (-aire, -ista, -ador) l’occitan fòrma aisidament:

Perjaire, recordaire, jogador de rugbí, tenista.

E vaquí qu’arriba una tièra de mots que cadun per aicí crei de la lenga de Shakespeare mes qu’ac son pas brica:

Baby-foot (table football / table soccer) Baskets (sneakers) Catch (wrestling) Open space (open plan) Pin’s (lapel pin / enamel pin) Pompom girl (cheerleader) Slip (briefs).

L’occitan se trufa de tot aquò dambe:

Butabala de taula, solièrs d’espòrt, luta liura, burèu obèrt, espingleta, clapateras, culòta.

De notar tanben los risolièrs “Book” que los anglofònes disen portfolio (!), lo mot de soca gascona “Caddie” (trolley / shopping cart) vengut de “capdèth” (èi escrit un article suu caminament mondiau d’aqueste mot) e l’inexplicable Talkie-walkie qu’es en vertat walkie-talkie.

Dens un filme de Woody Allen, vesoi un còp que l’expression anglesa the daylies èra revirada “les rushes”.

Lo nivèu de penetracion deus anglicismes dens una lenga seguís reglas que son pas fòrça regularas. Se lo francés n’es victima, se lo shuc de “canneberge*” es vengut cranberry sus la botelhas, se lo “doubeurre[1]” estoc abandonat per butternut, la lenga de Coluche a totun resistit per çò qu’es de l’embarrament, sia “confinement”, que fòrça paises sequenon an adoptat devath la fòrma lockdown.

Çò qu’es meslèu rassegurant, es que, a còps, anglicismes pòden desaparéisher deu vocabulari. En tot huelhetar un vielh diccionari, èi trobat los mots macadam macintosh (per un manto de ploja) qu’èi pas ausits dempuèi … longtemps.


[1] Èi pas trobat de revirada en occitan d’aquestes plantas.
[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Escrito por Gabriel Ruiz Ortega

Si hay un nombre axiomático en la cultura peruana, digamos una presencia inagotable, no lo pensaríamos mucho: se habla, se estudia y se sigue escribiendo de José María Arguedas (1911 – 1969). A estas alturas no debe sorprender la resonancia, puesto que el universo JMA no solo es inagotable como conocimiento, sino también estimulante para ingresar a los senderos ocultos e hirientes de la aún más inagotable cultura peruana.

En este universo encontramos de todo: literatura, política, historia, antropología, sociología y psicología en función a pensar el Perú. El tema que los une: la fisura emocional de la identidad nacional. Además, y no es para nada poca cosa, este apego lo honró mediante la consecuencia de sus postulados. No era, ni por asomo, un oportunista temático a la caza del rédito académico y el inmediato prestigio. Al respecto, una cualidad de los hombres y las mujeres del país es la de poder detectar la “mentira” del discurso (oral y escrito), esa efervescencia de posería que corroe a no pocos de nuestros autodenominados pensadores. Esta impresión popular se manifiesta en una fuerza solo comparable a la de José Carlos Mariátegui, al punto que JMA se ha convertido en una marca de identidad incluso para peruanos que no lo han leído.

De niños escuchamos hablar de JMA. Hasta llegamos a conocer su legado sin conocerlo en la experiencia de la lectura. ¿A qué se debe esto? ¿Cuáles son las razones de este fenómeno? Preguntas que nos hacemos a medida que maduramos, inquietudes que a muchos nos ha llevado a leerlo en la totalidad de sus libros.

* * *

Verdad de Perogrullo: JMA es un gran escritor. Pero ello no es garantía para que nos gusten todos sus libros. Hay quienes prefieren su poesía a sus ensayos antropológicos, del mismo modo sus cuentos a novelas. Cuando comenzamos a recorrer sus páginas, sentimos un enfrentamiento que depara el descubrimiento, de esta resonancia no se libran ni los lectores más entrenados. Esta conexión va ligada a las profundas heridas con la que el autor tejió su personalidad. Sabemos de sobra lo que sufrió directamente (el maltrato y el racismo) y siendo testigo (la violación de una campesina a cuenta de su hermanastro), inevitables insumos, entre muchos más, que hizo transitar por todos los registros que exploró. La personalidad sensible e indignada fue lo que signó el tono y fin de su escritura, así sintonicemos con la naturaleza de esta o no. Este es pues el triunfo de la epifanía, que se impone a nuestras preferencias literarias e intelectivas. Esa es la razón por la que leer a JMA no se detiene en la reflexión y la contemplación. Leerlo obliga a hacer algo, impulsa una acción, es decir, reconfigura violentamente los conceptos que tenemos de Perú, con mayor razón cuando los puntos temáticos que abordó lamentablemente siguen vigentes (ya los señalamos, pero no está demás repetir, más cuando en la actualidad son los flagelos de nuestra sociedad): el maltrato a la mujer y el racismo.

De los títulos de JMA que frecuento, uno se ha convertido en una suerte de biblia. En él hallamos a un JMA visceral y mucho más expuesto que en su ficción, poesía y ensayística. En mi opinión, es el libro que lo va a sobrevivir en lo literario. En El zorro de arriba y el zorro de abajo (1971) somos partícipes de una voz para aquel entonces del futuro (registro discursivo que no es nada nuevo, claro está). Lo que deseaba transmitir no lo podía hacer por los cauces formales de la narración convencional, debía pues quebrar el curso y lo hizo porque era la única manera de poder amainar su pesadilla existencial. Más de una vez he pensado que lo relatado sobre el auge pesquero en Chimbote y su repercusión en sus habitantes no eran más que un pretexto para lo que buscaba: la divulgación de su intimidad a través del diario, su grito de ayuda convertido en profecía. El zorro… es pues un texto genéricamente plástico e híbrido, rico en su indefinición y que suscita no pocas interpretaciones multidisciplinarias y en especial conexión con quienes aún no lo leen.

 

[Fuente: http://www.elbuenlibrero.com]

La directora de la Fundació Cuberes-Donlo destaca que el domini de les TIC aporta confiança a la gent gran i els ajuda a entendre millor el món que els envolta.

Escrit per Dani Sorolla

Grans i actius’ és el lema de la Fundació Cuberes-Donlo, una entitat que fa més d’una dècada que promou l’envelliment actiu per millorar la qualitat de vida de la gent gran. Per assolir aquest objectiu, les tecnologies de la informació i la comunicació (TIC) juguen un paper important per a la fundació.

La Patricia Ferré, la seva directora, té clar que les noves tecnologies poden ser un gran antídot contra dues de les problemàtiques que més afecten la gent gran: la soledat no desitjada i el risc d’exclusió social. Parlem amb ella sobre els orígens de la fundació i la tasca que desenvolupa per fer realitat l’anhel del matrimoni Cuberes-Donlo.

La Fundació és el projecte personal d’un matrimoni.

Els Cuberes-Donlo eren una parella que no tenia família i van decidir destinar tots els seus béns a crear un projecte per millorar la vida de la gent gran de veïnatge català. Volien posar el seu gra de sorra perquè creien que la gent gran mereix envellir amb dignitat. La fundació que porta el seu nom es va crear el 2008, després de la mort del matrimoni.

L’entitat ha evolucionat i ha dut a terme projectes centrats en la prevenció de la dependència, la lluita contra la soledat no desitjada i sobretot la promoció de l’envelliment actiu, problemàtiques comuns entre la gent gran.

Què entenem quan parlem d’envelliment actiu?

La soledat no desitjada sovint porta a la gent gran a patir situacions d’exclusió social, són problemàtiques que van de la mà i fan que les persones envelleixin pitjor. L’envelliment actiu, un concepte que es va posar molt de moda fa un temps, tracta d’evitar aquestes situacions que atempten contra els drets de la gent gran. Per pal·liar-ho, intentem que la gent gran es relacioni, s’integri socialment i així aconseguim millorar la seva qualitat de vida. Treballem per un món en què la gent gran visqui acompanyada, integrada i activa.

És a dir, que no es tracta només que la gent gran faci activitats, va més enllà.

Exacte. Les persones grans han d’estar actives en totes les esferes de la vida: la social, la cultural, l’esportiva, la tecnològica i tantes altres, forma part d’un tot. Si una persona està ben integrada a la societat, faci activitats o no, està en contacte amb el món que l’envolta i no se sentirà tan sola.

En aquest món que els envolta cada cop tenen més importància les tecnologies de la informació i la comunicació (TIC).

Sí, i són una part important de l’envelliment actiu i afavoreixen molt la salut de les persones grans. Ajuden al fet que la persona es desenvolupi individualment i a nivell social, que estiguin actius, quelcom que és molt bo per a ells. En aquest sentit, el que hem vist nosaltres és que la seva autoestima creix molt quan entenen i poden moure’s en aquest món tecnològic. També els ajuda a informar-se i entendre millor el món en què viuen. Mai és tard per aprendre, i això és un gran repte per a ells.

Un repte que val molt la pena afrontar.

Això és claríssim. Quan hem fet tallers sobre noves tecnologies amb gent gran veiem l’emoció que els provoca descobrir aquesta finestra oberta al món. Tenen al seu abast tot un seguit de coses que molts d’ells ni tan sols es podien imaginar. Tot plegat millora molt la seva qualitat de vida perquè els permet accedir a temes culturals, formatius, a comunicar-se amb persones amb qui havien perdut el contacte.

Les noves tecnologies poden ser un bon antídot contra la soledat no volguda, són una porta oberta al món, com abans era la televisió i ara són el WhatsApp o Facebook. Imaginem, per exemple, el cas d’una persona amb la mobilitat molt reduïda: totes les opcions que posen al seu abast les noves tecnologies poden millorar la seva vida de manera espectacular.

Un dels problemes és que les noves tecnologies no estan pensades per la gent gran?

Realment aquest és un tema que encara necessita desenvolupar-se. Des de la fundació esperem que després de la Covid aquest sigui un dels temes que es posi sobre la taula i es treballi a nivell institucional. La gent gran ha de poder tenir més accés a les noves tecnologies i aquestes han d’estar pensades per a ells també. Ara bé, durant el confinament hem vist que hi ha un tema important sobre això: per accedir a les noves tecnologies cal tenir les eines, com internet a casa o material tecnològic, i tot plegat encara s’ha de treballar més a fons.

La bretxa de coneixement també és important.

És que ningú neix ensenyat, tots hem hagut d’aprendre a usar les noves tecnologies en algun moment i la gent gran que no va tenir l’oportunitat també ha de poder fer-ho, és un dret que tenen. I et sorprendries les ganes amb què ho agafen i com els estimula, en poc temps ja dibuixen amb tauletes, s’aficionen a escriure, a banda que els ajuda a comunicar-se amb els seus fills o néts, els apropa a la seva família i redueix la bretxa intergeneracional. I és clar, molt més amb el tema de la pandèmia. El cert és que tot aquest món els estimula molt.

És un tòpic o part de la gent gran veu aquestes tecnologies inaccessibles i d’entrada creu que no podran aprendre a dominar-les?

El cert és que amb això ens hi trobem molt. La gent gran, de primeres, sovint pensa que són eines que no podran dominar. La postura inicial, normalment, és de negació. Nosaltres sempre insistim que són a temps d’aprendre. Per això són tan necessaris projectes que vagin encaminats al fet que ells entenguin que ho poden fer.

Si donem un cop d’ull a les dades veiem que, en l’àmbit estatal, un 51% de les persones d’entre 65 i 74 anys es connecta diàriament a la xarxa, i això encara no és suficient. S’ha millorat molt, però queda molt de camí per recórrer. Creiem que això es replantejarà arran de tot el que ha passat amb la Covid.

És un dels col·lectius que ho ha passat pitjor amb la pandèmia.

La problemàtica de la Covid ha fet aflorar dos problemes que afecten la gent gran molt més del que ens pensem: la pobresa i la soledat. Les dades deixen clar que la pobresa derivada de la Covid és un problema que afecta molts sectors de població, però cal posar l’accent en la gent gran, que hem vist patir molt per aquesta situació.

Des de la fundació hi heu intentat posar remei.

Sí, hem hagut de repensar i redirigir part de la nostra activitat per pal·liar aquesta pobresa que ha aflorat entre la gent gran. Una de les coses que hem fet i no havíem fet mai és repartir lots d’aliments, per exemple. Vam tenir clar que havíem de posar de la nostra part per ajudar a cobrir les necessitats més bàsiques de les persones.

El projecte ‘Envellir a casa’, que heu posat en marxa aquest any, també té a veure amb la situació derivada de la Covid.

Sí, és un projecte que hem engegat en col·laboració amb Avismón i ens fa molta il·lusió. L’objectiu és pal·liar la soledat no volguda i la pobresa, que han augmentat molt en el context de pandèmia, i se centra bàsicament en dues línies principals d’actuació: l’acompanyament i suport emocional a les persones grans a través de persones voluntàries i serveis assistencials a domicili gratuïts per a persones grans sense recursos.

Proporcionem serveis que van des de l’àmbit de la fisioteràpia, la podologia o la psicologia fins a la neteja de les seves llars o serveis de perruqueria.

Com podem col·laborar amb la Fundació Cuberes-Donlo?

Bàsicament de dues maneres, fent una donació a través del nostre web o mitjançant una acció de voluntariat que nosaltres vehiculem. Des d’aquí convidem a tothom que ho vulgui a conèixer la fundació i els projectes que duem a terme.

[Fotos: Fundació Cuberes-Donlo – font: http://www.xarxanet.org]

Para o autor de bestsellers, a experiência com a covid-19 levanta um alerta sobre o enfrentamento às mudanças climáticas

"Muitos líderes que se dizem nacionalistas, como o presidente americano, não o são", disse Yuval Harari (Foto: Leo Orestes)

Escrito por Daniela Frabasile

A pandemia de covid-19 revelou um grande sucesso da ciência no mundo. “A humanidade nunca foi tão capaz de lutar contra um vírus como hoje”, diz Yuval Noah Harari, professor de história israelense, autor de Sapiens: uma Breve História da Humanidade e Homo Deus. Em pandemias anteriores, como a peste negra, os cientistas não sabiam como parar a doença ou sequer o que a estava causando. Nem é preciso ir tão no passado. “Mesmo em 2018, com a H1N1, os cientistas não foram capazes de desenvolver vacinas tão rapidamente”, diz ele. “Em contraste, com a covid-19, demoramos apenas duas semanas para identificar o vírus corretamente, sequenciar seu código genético. Meses depois os cientistas descobriram como reduzir e parar a transmissão da doença. Um ano depois dos primeiros casos, já temos vacinas sendo produzidas em massa.”

Mas tal êxito da ciência não foi capaz de prevenir as milhares de mortes por covid-19 ao redor do mundo, o que nos revela um fracasso: o da política, diz Harari. “É trabalho dos políticos tomar as decisões com base no conhecimento científico. Tivemos alguns países que foram um sucesso, como a Nova Zelândia, mas outros foram fracassos, como Estados Unidos e Brasil”, afirma o pensador. “E nenhuma liderança global emergiu com o intuito de proteger a humanidade como um todo. Tínhamos o entendimento, tínhamos as ferramentas, mas não a sabedoria política”, lamenta. Harari participou no último 02/03 do evento online Expert ESG, promovido pela XP Inc. Segundo ele, foram poucas as tentativas de assegurar uma distribuição racional de equipamentos médicos e vacinas. “O que vimos foram países competindo entre si e muito nacionalismo”.

Para Harari, a falta de cooperação global prejudica a todos. Israelense, ele lembra que seu país é o mais avançado do mundo na vacinação contra a covid-19. “Mas enquanto a doença continuar a espalhar-se, nenhum país pode sentir-se seguro.” Isso porque enquanto houver a transmissão do Sars-CoV-2, há a chance de que uma mutação supere a vacina, o que causaria mais uma onda de transmissões em todo o globo. “Se você quer proteger seu próprio país, tem de proteger todos os países”.

Para Harari, reduzir a globalização não é uma solução para evitar novas pandemias no futuro. “Quanto mais conexões, maior a velocidade em que vírus e bactérias podem viajar ao redor do mundo e infectar mais pessoas, mas as pandemias não começaram no estado atual da globalização”, diz. “Tome a peste negra, por exemplo. Ela espalhou-se em uma época em que não havia aviões nem grandes cruzeiros, e mesmo assim matou um terço da população.”

O que se pode fazer, diz Harari, é ter uma globalização “melhor” do que a que temos hoje. “A globalização não é razão para pandemia, é potencialmente a real solução. A solução não é se isolar, mas cooperar com outras pessoas e compartilhar informações. Se a globalização é só sobre competição, pode piorar as coisas. A solução é ter uma globalização focada em cooperação.” Segundo ele, a única defesa contra pandemias é criar um sistema global de monitoramento e controle de patógenos, presente em todo o mundo, inclusive em pequenas vilas em países pobres. A Organização Mundial da Saúde (OMS), diz ele, precisa de mais dinheiro e mais poder político para ser efetiva.

Meio ambiente

A experiência com a covid-19 levanta um alerta sobre o enfrentamento às mudanças climáticas. “Se a humanidade não se pode unir frente a um inimigo óbvio, que é o vírus, como nos vamos unir em outras frentes, como as mudanças climáticas”, diz Harari. Pior: segundo ele, não há liderança global capaz de lidar com essa crise. “Nos últimos anos, os Estados Unidos deixaram o papel de líder global, ao mesmo tempo em que prejudicaram a ascensão de entidades multilaterais globais.”

O problema das mudanças climáticas e do colapso ecológico é muito mais complexo, diz ele, e requer ainda mais cooperação global. “Não estou muito otimista, mas o lado bom é que nada está determinado. Está em nossas mãos, e a pandemia pode servir de alerta: se um único vírus é capaz de mudar o mundo como mudou, imagine qual seria o efeito de um colapso ecológico.”

De acordo com Harari, a covid pode ensinar aos líderes políticos e às empresas que é do interesse de todos prevenir pandemias e as mudanças climáticas, evitando assim consequências que poderiam ser catastróficas. “É uma decisão política, uma questão de prioridade. Eu espero que tomemos melhores decisões no futuro.”

 

[Foto : Leo Orestes – fonte: http://www.epocanegocios.globo.com]

Un novo estudo de profesores da Universidade de Vigo mostra a clara diferenciación que fixeron os medios norteamericanos entre os traballadores de Galicia e os do resto de España.

Un grupo dos milleiros de galegos que traballaron na construción da canle de Panamá. Imaxe do libro ‘Pro Mundi Beneficio: os traballadores galegos na construción da canle de Panamá (1904-1914)', obra de Juan Manuel Pérez.

Un grupo dos milleiros de galegos que traballaron na construción da canle de Panamá. Imaxe do libro ‘Pro Mundi Beneficio: os traballadores galegos na construción da canle de Panamá (1904-1914)’, obra de Juan Manuel Pérez.

O 15 de agosto de 1914 inaugurábase a canle de Panamá, unha vía de navegación de 82 quilómetros entre os océanos Atlántico e Pacífico para aforrar tempo de viaxe aos barcos e acelerar o comercio marítimo internacional. Estímase que na súa construción participaron uns 80.000 obreiros, uns 8.000 de nacionalidade española, dos cales arredor de 6.000 eran galegos (oficialmente, pero calcúlase que puido haber uns 2.000 galegos máis ‘ilegais’ traballando nesta obra). Os obreiros de orixe galega eran considerados unha sorte de ‘casta’ entre o resto de traballadores, especialmente entre os españois, e foron recoñecidos mesmo polo presidente estadounidense Theodore Roosevelt, impulsor desta obra, considerada unha marabilla da enxeñaría.

O enxeñeiro civil John Frank Stevens foi o director de orquestra desta magna obra. Stevens fora o responsable da construción do Gran Ferrocarril do Norte nos Estados Unidos e, logo, nomeado enxeñeiro xefe para a construción da canle de Panamá, obra que dirixiu entre 1905 e 1907. Cóntase que entre as súas peticións estivo a incorporación de miles de obreiros galegos, dos que era admirador pola súa capacidade de traballo tras coñecelos nas obras do ferrocarril en Cuba. Stevens chegou dicir daqueles galegos cousas como que “a súa eficacia non só é máis do dobre que a dos negros, senón que resisten mellor o clima” ou que “cada galego vale por tres” traballadores doutros lugares.

Así foi como comezou o recrutamento de milleiros de galegos para a construción da canle de Panamá, non só dos que xa estaban en América, tamén de moitos captados por axentes recrutadores enviados a Galicia. E foron os mellor pagados e tamén os que mellor trato recibiron, non só dos empregadores, tamén da prensa estadounidense, que os utilizou con fins propagandísticos.

« O perfil dos galegos que representaron a maioría dos xornais tentaba evitar o estigma negativo que, en xeral, se lle atribuía aos españois »

Os profesores da Universidade de Vigo Alberto Pena Rodríguez e David Formoso veñen de publicar no Monográfico 79 de Revista Latina de Comunicación Social un estudo no que analizan a imaxe na prensa estadounidense dos obreiros galegos na canle de Panamá. O seu obxectivo principal foi pescudar cales foron os aspectos máis relevantes da súa caracterización étnica e en que medida os xornais norteamericanos reproduciron ou se apartaron dos estereotipos que había dos galegos, tanto en España como en Latinoamérica.

Ao mesmo tempo, indagaron as causas destas caracterizacións étnicas e posibles intereses propagandísticos, xa que, como lembran, “a construción desta vía marítima xurdiu, non só por unha necesidade de comunicación entre dous océanos, senón tamén como un proxecto de imaxe de Estados Unidos como nova potencia mundial”, logo da icónica Guerra de Independencia de Cuba, punto e final do decadente Imperio español e inicio dunha nova era dominada polos incipientes Estados Unidos.

Os resultados das súas análises, din, “demostran que o perfil dos galegos que representaron a maioría dos xornais tentaba evitar o estigma negativo que, en xeral, se lle atribuía aos españois tras o enfrontamento militar en 1898, como xente atrasada e folgazana”.

É máis: “Influída por unha campaña dirixida pola empresa construtora da canle e o Goberno norteamericano, algúns xornais estadounidenses recoñeceron nos inmigrantes galegos amplas calidades laborais, co fin de evitar que a opinión pública os relacionase coa imaxe decadente de España que a propaganda antiespañola difundira a finais do século  XIX”, explican.

Para chegar a estas conclusións, os investigadores recompilaron e analizaron as informacións publicadas sobre os traballadores galegos na canle de Panamá nunha ampla mostra de xornais estadounidenses entre 1906, cando se iniciou o recrutamento destes obreiros, e 1915, pouco despois de finalizadas as obras, aínda que, como salientan os profesores, “é nos dous primeiros anos cando se concentra o maior número de noticias sobre o tema”.

« Os galegos foron obxecto dunha campaña de imaxe que destacaba as súas virtudes laborais por razóns ideolóxicas e estratéxicas”

Esa recompilación fíxose a través do catálogo da Biblioteca do Congreso de Estados Unidos e da base de datos Newspaper Arquive, complementada coa consulta dos repositorios dos grandes periódicos da época. As novas foron tomadas dos seguintes xornais: The New York Times, New York Tribune, The News-Herald, Tazewell Republican, The Holt County Sentinel, Coffeyville Daily Record, The Louisburg Herald, Suburbanite Economist, The Burlington Free Press, The Portsmouth Herald, The Washington Post, The Outlook, The Washington Herald, San Francisco Call, Oakland Tribune, The Outlook, The Charlotte News, The Daily Telegram, Boston Evening Transcript, The New York Times, The Sun, The Canal Record, The Pittsburgh Press, The Washington Herald, The Wichita Daily Eagle, The Boston Globe, Dayton Daily News e St. Louis Post-Dispatch.

Ao comparar o relato mediático en España e Estados unidos, observaron que “fronte á cobertura da prensa española, que centrou o seu discurso nas pésimas condicións de traballo dos emigrantes, os xornais norteamericanos realizaron unha cobertura moi diferente, na que os galegos foron obxecto dunha campaña de imaxe que destacaba as súas virtudes laborais por razóns ideolóxicas e estratéxicas”.

Así, conclúen que, “de forma xeral, a imaxe que ofreceron os principais xornais estadounidenses sobre os inmigrantes galegos que traballaron no istmo foi positiva”.

Esa visión favorable dos galegos, segundo os investigadores, “entra en contradición con algúns estereotipos pexorativos que a prensa norteamericana creara dos españois, sobre todo por mor da intensa propaganda antiespañola despregada durante a guerra hispano-estadounidense de 1898”, que presentaba España como “un país  subdesenvolvido e  colonialista” e “cuxa decadencia era a antítese da modernidade norteamericana, tanto desde o punto de vista tecnolóxico ou económico, como no contexto do desenvolvemento social e humano”, explican.

ANTIESPAÑOLISMO

O “antiespañolismo norteamericano” difundido pola prensa formaba parte dun “discurso racista” que situaba os españois “nunha categoría inferior, por baixo dun ideal racial superior e de mentalidade emprendedora vinculado aos cidadáns de Estados Unidos”, e que estaba “trufado de clichés e prexuízos negativos sobre o carácter supostamente indolente e atrasado” dos cidadáns de España, proseguen.

Detrás disto, argúen, había enormes intereses xeoestratéxicos para a potencia emerxente: “O imaxinario antiespañolista estaba esencialmente alimentado por un marcado sentimento de deslexitimación cara a España como potencia colonial e modelo cultural para Hispanoamérica, nunha clara pretensión por desprazar a influencia de España do continente americano e asumir unha posición de liderado político e económico á vez que unha progresiva preponderancia sociocultural desde o terreo do discurso simbólico e a representación mediática”, comentan.

« Para desvinculalos da súa negativa orixe española, a Istmian Canal Commission decidiu afirmar e publicitar a súa identidade galega”

Pero os galegos foron apartados dese discurso xenófobo e racista: “A prensa norteamericana estableceu unha curiosa diferenciación étnica en relación cos españois”, difundindo unha “imaxe favorable cara aos inmigrantes galegos do istmo panameño”, algo que, en opinión destes expertos, “debe ser visto como unha singularidade, sobre todo se se ten en conta que os galegos, tradicionalmente, foran obxecto dunha vulgarización  estereotipada do seu carácter, comportamento e calidades, asociados a unha escasa socialización, analfabetismo e a súa procedencia rural, portando un estigma negativo que se estendeu aos destinos da emigración galega en América”.

En realidade, o que había detrás desa diferenciación entre galegos e españois era “unha estratexia propagandística e oportunista no contexto da propia xestión que as autoridades estadounidenses fixeron da construción da canle de Panamá”, exponen os investigadores.

E profundan: “A imaxe virtuosa que se difundiu dos traballadores galegos debe encadrarse na campaña de imaxe que impulsou o goberno de Estados Unidos desde mediados de 1905, tras o seu fracaso durante o primeiro ano e medio de xestión nas obras do istmo. Para cambiar a percepción negativa da opinión pública do seu país, o presidente Theodore Roosevelt tentou crear un clima de opinión favorable ao desenvolvemento do proxecto. A imposibilidade política de contratar a obreiros asiáticos motivou o recrutamento de centos de inmigrantes galegos en Cuba e, posteriormente, en Galicia, cuxo resultado foi satisfactorio. Con todo, para desvinculalos da súa negativa orixe española, a Isthmian Canal Commission [encargada da construción] decidiu afirmar e publicitar a súa identidade galega”.

“SANGUE DO NORTE”

Os profesores da UVigo subliñan que para diferenciar etnicamente os galegos doutros cidadáns do Estado español, algúns medios referíronse a eles como “North Spanish blood” (sangue do norte de España), unha cualificación que consideran propia do “imaxinario racista da época, que situaba ás razas ‘virtuosas’ no norte” e coa que se pretendía separar os obreiros galegos do “estereotipo negativo dos españois existente en Estados Unidos”.

“Os españois eran descualificados como decadentes e preguiceiros, mentres os galegos eran vistos como traballadores fortes, manexables e con suficiente intelixencia”

“A maioría das cabeceiras analizadas incidiron nas súas diferenzas étnicas cos demais españois, descualificados xeralmente como decadentes e preguiceiros, mentres os galegos eran vistos como traballadores fortes, manexables e con suficiente intelixencia”, clarifican.

Ao repasar as novas publicadas na prensa estadounidense, identificaron dous momentos claves concretos na representación do “arquetipo étnico dos galegos”. O primeiro sitúano entre xaneiro de 1906 e mediados de 1907, un “período de intensa necesidade de contratación de operarios” no que a prensa estadounidense describe a man de obra galega como “excelentes e incansables traballadores”. O segundo sitúano no período final das obras e con ocasión da Feira San Francisco de 1915, cando a prensa estadounidense “rememorou o traballo útil e eficiente dos galegos, cuxa imaxe seguiría aínda proxectándose con ese mesmo ton laudatorio en libros publicados entón e en anos posteriores”, engaden.

Con todo, conclúen, “os traballadores galegos preferiron manter unha identidade fluída ou binaria, inclinándose xeralmente por asumir a súa nacionalidade española, motivados sobre todo pola política racial do Goberno norteamericano cara á masa laboral, que relegaba a todos os peninsulares e, en xeral, aos europeos a unha posición subordinada fronte aos brancos de Estados Unidos”.

DEREITOS LABORAIS

Á marxe desta análise, contan as crónicas daquel tempo que os obreiros galegos da canle de Panamá, case todos entre 25 e 45 anos de idade, non só foron denodados traballadores, tamén pelexaron dereitos que hoxe nos semellan escasos pero que na época eran vitorias do proletariado. Por exemplo, conseguiron que se fretaran barcos desde Galicia cargados de comida da terra e cociñeiros locais. Tamén lograron, coas súas protestas e paros, dez minutos de descanso para comer nas súas extenuantes xornadas de mínimo nove ou dez horas.

Na exposición permanente no Museo da Canle de Panamá recórdase a aqueles miles de galegos coma “heroes”

Moitos deles, tras finalizarse a obra, quedaron en Panamá e algúns pasaron a converterse en empresarios. Pero outros, calcúlase que uns 500 daquel continxente, morreron, aínda que non hai cifras oficiais. Estímase que dos arredor de 80.000 obreiros de diversas orixes (asiáticos, africanos, europeos e americanos) que construíron a canle, finaron uns 27.500 por accidentes e diversas enfermidades relacionadas coas precarias condicións laborais e de salubridade e polo tremendo esforzo que facían. A malaria, a febre amarela, o tifo, a disentería a tuberculose ou a pulmonía arrasaron a moitos daqueles homes.

HEROES

En 2007, a Fundación Pedro Barrié de la Maza e o Consello da Cultura Galega editaron un libro sobre os traballadores galegos na construción da canle de Panamá para abrir a colección ‘Galicia Exterior’.

O libro, titulado ‘Pro Mundi Beneficio: os traballadores galegos na construción da canle de Panamá (1904-1914)’, é obra de Juan Manuel Pérez, especialista en Historia de América Latina e empregado na Biblioteca do Congreso dos Estados Unidos. Nel xa relataba que aos galegos “se lles pagaba o dobre que ao resto pola súa enorme labor”.

Na exposición permanente que se instalou no Museo da Canle de Panamá recórdase a aqueles miles de galegos coma “heroes”. E así quedará nos libros de historia.

 

[Fonte: http://www.galiciaconfidencial.com]

Quando as fórmulas infantis chegaram, nos anos 60, a empresa não sabia o que fazer com o leite condensado, até então indicado para bebês. Foi então que decidiu “reler” os doces brasileiros, forjando uma relação de afeto com as donas de casa

Escrito por Luisa Coelho e João Peres

“É um mea culpa aqui que eu vou conversar com São Pedro quando chegar a hora.” Débora Fontenelle carrega um sabor agridoce. Três décadas de trabalho à frente do Centro Nestlé de Economia Doméstica trazem boas recordações, mas um sentimento de culpa que volta a todo instante. Um período de ideias simples, porém geniais, que moldaram para sempre a culinária brasileira.

Pudim de leite, beijinho, papo de anjo: o trabalho da corporação suíça foi tão habilidoso que, hoje, a versão “tradicional” dos nossos principais doces é feita com leite condensado. Ou melhor, com Leite Moça. O Prêmio Top of Mind, do jornal Folha de S. Paulo, pergunta todo santo ano: “Qual a primeira marca que vem à cabeça?”. A Nestlé ficou em primeiro lugar em dez anos, num total de 27 edições, disputando cabeça a cabeça com Omo e Coca-Cola.

O Brasil é o maior consumidor de leite condensado do mundo. De acordo com dados da própria empresa divulgados em 2020, são sete latas de Leite Moça por segundo, o que dá 220 milhões de latas por ano. É mais ou menos uma lata por brasileiro. Isso sem contabilizar as outras marcas.

O país sempre teve predileção pelos doces, o que se explica pela abundância de açúcar graças às imensas plantações dos tempos das colônias. Quando chegou ao Brasil, na segunda metade do século 19, a Nestlé encontrou um campo fértil por onde avançar. O leite condensado, recém-criado para alimentar soldados nas trincheiras, precisava seduzir novos consumidores.

propaganda-leite-moça-nestle-1917

O leite condensado chegou ao país com nome gringo. Milkmaid era difícil de pronunciar e, então, a turma apontava para a moça da lata e pedia o leite da moça. Em 1921, quando a Nestlé abriu uma primeira fábrica por aqui, em Araras, no interior de São Paulo, adotou de vez esse nome.

Nesses tempos, a corporação já ensaiava aquilo que faria à perfeição nas décadas seguintes: tocar o terror. “Seria capaz de arriscar a vida de seu filhinho sentando-o na janela de um arranha-céu? Certamente que não! Entretanto, dando-lhe leite de procedência duvidosa, está pondo-o em perigo da mesma forma”, diz um de muitos anúncios.

A Nestlé, pelo menos a Nestlé do Brasil, talvez tenha sido a empresa mais habilidosa na exploração dos medos surgidos da urbanização e do discurso científico. A ideia de que uma alimentação industrial é superior e de que existe um corpo constantemente em risco (especialmente o corpo do bebê) foi nutrida com carinho e dinheiro.

Para isso, a corporação ensaiou uma relação direta com as consumidoras: cupons para receber produtos gratuitamente, cartilhas que ensinavam sobre essa admirável vida urbana e livretos de receitas começaram a tornar-se uma prática. Em 1942 foi criado o Serviço de Colaboração Familiar, ao lado de uma invenção que, vista hoje, é realmente vanguardista: a elaboração de uma personagem, Ruth Beatriz, que dava conselhos às mães sobre a alimentação dos bebês.

Um bode na sala

“O caderno de receita era assim toda a vida emocional que a mulher podia ter”, diz Débora Fontenelle, nutricionista que hoje tem 83 anos. Poderia ser apenas mais uma pessoa aposentada com suas recordações da juventude, mas o irônico da história é que Fontenelle é a pessoa que mudou para sempre a vida do caderno de receitas. Também não deixa de ser irônico que o início do trabalho dela marque também o fim dos tempos mais glamourosos do caderno.

“Era ali que a dona de casa anotava a receita que ela fazia. Ao mesmo tempo contava que naquele dia o marido não tinha falado com ela ou que a tinha tratado mal. Tinha toda uma parte de emoção da mulher, mas muito fechado.”

Como explicar quem é Débora? A primeira coisa a saber é que é uma pessoa central numa mudança enorme na vida de muitos brasileiros. A segunda é que ela é estranhamente desconhecida do público em geral. Nós sabemos muito sobre doces. Todo brasileiro conhece o pudim de leite (condensado) que ela inventou. Mas Débora é uma desconhecida.

Há quatro ou cinco anos queríamos entender como a Nestlé havia assumido o papel de educadora das brasileiras. Encontrar Débora, no final de 2020, foi como encontrar o mapa do tesouro.

Em 1959, ela estava no final do curso de graduação na Faculdade de Saúde Pública da Universidade de São Paulo quando um professor a indicou para uma vaga na corporação. “Eu perguntei para ele por que tinha sido eu. Não achava que tinha o perfil. Ele respondeu: ‘Ah, porque você tem umas perguntas muito loucas’.”

No lugar de vacas suíças, ela se deparou com um bode na sala: as recém-criadas fórmulas infantis prontas para consumo. Se a empresa esperava lucrar horrores ao desestimular ainda mais o aleitamento materno, de outro lado projetava uma redução grande nas vendas de leite condensado. E, então, tudo mudou.

Quando se propõe que o Estado crie políticas públicas para promover a alimentação saudável – e, em particular, quando se propõe restringir a publicidade direcionada a crianças –, as empresas alegam que simplesmente atendem a demandas da sociedade. Dizem que elas não criaram nenhum hábito. Não moldaram nossas atitudes. Não influenciaram nossa conduta.

A maneira como a Nestlé reescreveu a doçaria brasileira joga tudo isso por terra. Em coquetéis, tapiocas, doces, saladas de frutas: o Leite Moça e suas imitações se inscreveram como um amálgama capaz de conectar quaisquer ingredientes. Uma estranha liga que, com uma quantidade hedionda de açúcar, torna agradável qualquer preparação.

Durante as eleições de 2018, Jair Bolsonaro acrescentou uma camada de estranheza – entre tantas outras – quando apareceu no maior telejornal do país comendo pão com leite condensado. Ficamos pensando qual terá sido a reação dos diretores da Nestlé: ganharam mais uma receita? Odiaram ter a imagem tão doce associada a essa indócil criatura?

Uma dissertação de mestrado apresentada em 2010 à Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas da USP concentra-se sobre a transmissão do conhecimento culinário no Brasil do século 20 e dá especial atenção para o caso de sucesso da Nestlé. A autora, Débora Santos de Souza Oliveira, conta que Débora Fontenelle visitou cursos de culinária Brasil afora e constatou que nem 10% das receitas eram feitas com Leite Moça.

A Nestlé começou um trabalho de persuasão das professoras de culinária, enviando receitas, materiais, cursos e produtos. Mais ou menos como hoje em dia as marcas fazem com influencers. Segundo a dissertação de Oliveira, as vendas de Leite Moça cresceram 25% entre 1960 e 1962.

A gente olhou os dados da Organização das Nações Unidas para a Alimentação e a Agricultura (FAO). Em 1961, o Brasil produzia 16 mil toneladas de leite condensado por ano. Uma década mais tarde, era o dobro. E em 2018 foram 64 mil toneladas, ou quatro vezes mais em relação ao início do trabalho de Débora Fontenelle. Hoje, a empresa diz que 70% das receitas de doces no Brasil levam leite condensado, uma informação difícil de ser checada.

Um ombro amigo

Mulheres urbanas de classe média: esse era o público-alvo da Nestlé nos anos 1960 e 1970. “Antes (da urbanização do país) você tinha elite e população à beira da miséria”, recorda Débora Oliveira, a autora da dissertação. “A partir do momento em que se começa a formar a classe média, vários estratos, e o Brasil torna-se mais urbano, vem essa noção de identidade e de me diferenciar de quem está abaixo. De dizer: ‘Oba, eu sou elite’. Então, se eu sou elite, não vou comer comida de fazenda, não vou comer farofa, farofa é comida de pobre.”

Uma elite que, no entanto, já não tinha escravos nem dinheiro para manter uma trupe de serviçais. A Nestlé entendeu perfeitamente essa janela histórica de oportunidades:

  • Essas mulheres continuavam a sofrer uma enorme pressão para serem donas de casa exemplares;
  • Elas queriam ou precisavam começar a trabalhar fora de casa, mesmo que em ocupações mal remuneradas e de meio período;
  • As receitas das mães não eram tão úteis, porque demandavam um tempo de que já não dispunham;
  • Elas queriam diferenciar-se das classes baixas, o que passava por aceitar e valorizar elementos “modernos” da vida urbana.

Doces brasileiros de verdade foi um dos primeiros livros lançados depois da formação do Centro Nestlé de Economia Doméstica – a publicação não traz a data de impressão. Logo na contracapa do volume havia uma mensagem clara: os doces brasileiros de verdade eram feitos com Leite Moça. “E foi a hora que a gente entrou na cozinha para substituir aqueles bons doces brasileiros”, recorda Débora Fontenelle. “A gente viu toda aquela complexidade das caldas e tudo isso podia ser substituído pelo leite condensado.”

A doçaria brasileira tem alguns elementos centrais, em parte herança das tradições portuguesas: açúcar, ovos, coco e leite. A Nestlé poderia ter reescrito as receitas sem reescrever as histórias. Mas, então, talvez ela não tivesse se inscrito de vez no imaginário nacional.

Um trecho do livro dizia:

Sinhazinha mostrava ser prendada ao retirar do forno a assadeira com um bolo perfumado, ou do tacho uma irresistível cocada de colher. Mas acontece que ela gastava tanto tempo ao redor do fogão que acabava perdendo o bem amado.

Em Doces brasileiros de verdade, a empresa testa um discurso que depois incorporou em definitivo. Para essa mulher aflita, a Nestlé oferece um reforço dos piores medos, mostrando como era sofrida a vida das sinhás nos tempos da fazenda. É para o Brasil do século 19 que se aponta: um Brasil escravista. E, entre a sinhá e a escrava, a empresa, que mirava nas consumidoras de classe média, não teve dúvidas: abraçou a classe alta como protagonista.

Acabou aí o sonho de amor da moça do Solar. Nunca mais quis ver o namorado, que voltou à Corte sem entender o que havia acontecido. Jamais veio a saber que, para Sinhazinha, preparar o doce perfeito era como preparar a própria vida, a própria felicidade.

O resumo da ópera é: você é uma herdeira das sinhás, mas não precisa sofrer tanto quanto elas. Basta usar os produtos da Nestlé. “Como se transferissem para a empresa a imagem de uma amiga, de uma professora que está muito perto, orientando essas tarefas”, conta Débora Oliveira.

Uma enorme rede social – e bem antes do Facebook

Olhando hoje, a gente só consegue oferecer uma expressão para aquilo que foi feito na segunda metade do século passado: a criação de uma enorme rede social. Sim, porque a Nestlé distribuía muitos livros e livretos, reescrevia receitas, mas acima de tudo criava articulação entre as donas de casa. Milhares de cartas eram enviadas todos os meses, e repassadas por meio de uma rede que se foi criando.

Muito antes que o Facebook, a fabricante do Leite Moça teve acesso a informações valiosas sobre as aflições das mulheres e o que poderia ser feito para lucrar em cima disso. “Então ela formou toda uma geração de mulheres divulgando receitas em embalagens ou em folhetos que iam para a casa dessas pessoas, as quais ligavam para o Centro Nestlé para pedir receita e ela mandava, ela formou todo o contingente”, conta a pesquisadora.

São pequenas sacadas que valem fortunas. Colocar uma receita no rótulo. Criar um serviço de atendimento (primeiro por carta, depois por telefone). Escrever livros de receitas que se vão tornando impecáveis sob o ponto de vista gráfico.

“Os livros de receita eram muito poucos, muito poucos”, recorda Débora Fontenelle, ex-Centro Nestlé. “Tinha a Dona Benta, mas eram receitas nas quais nem sempre as mulheres acreditavam. A coisa começa a mudar apelando para a praticidade e para a imagem. E a Nestlé também foi pioneira nos primeiros fotógrafos, que se vão esforçando e começando a pegar o caminho.”

Antes, as receitas podiam ser uma espécie de segredo familiar, um traço típico de uma cidade, uma recordação dos tempos dos avós, um retrato cultural. Mas agora as donas de casa estavam mais abertas a compartilhar receitas, e a Nestlé soube estimular isso como ninguém.

Cartas podiam ser enviadas gratuitamente ao pioneiro serviço de atendimento ao consumidor. E havia um mural de receitas no qual dúvidas e soluções eram trocadas entre as mulheres – de novo, algo muito à frente de um mural de Facebook. “Nos anos 80, a gente tinha um movimento de 20 mil, 30 mil cartas por mês, e vinha carta do Brasil inteiro”, recorda Fontenelle.

A corporação conseguia manter-se sempre atualizada sobre os desejos e as aflições das consumidoras, criando produtos e receitas sob demanda para o espírito de cada época. “Eu vi isso em cidades do Nordeste. Em pequenas cidades de repente aquela receita pegava uma fúria danada de divulgação, através de uma única mulher que tinha pedido a receita pela carta.”

Entre tantas correspondências, a gente separou uma que tem o poder de sintetizar o que era o Centro Nestlé de Economia Doméstica:

Sou a Joelma Costa Lima e tenho 12 anos. Minha tia, Francineide, faz tortas e bolos para fora e foi assim que juntou as embalagens para a promoção Nestlé 80 Anos e agora o Show do Milhão. Ela vende cachorro-quente e o carteiro até chorou quando foi entregar o telegrama dizendo que ela ganhou uma casa e viu onde a gente morava. Os vizinhos ficaram na maior alegria e agora todos a chamam de « a mulher da Nestlé ». Com o dinheiro, ela comprou três casas, uma para ela, uma para minha mãe e outra para meu irmão. São muito pequenas, mas, para quem não tinha nada, são três palácios.

A todo momento da conversa, quando Débora Fontenelle começava a fazer um balanço desse período da Nestlé, trazia à tona sentimentos contraditórios, como se houvesse uma luta interna. Ela se recordou de um encontro com Carlos Alberto Dória, pesquisador sobre culturas alimentares.

“Quando nós nos conhecemos, ele disse: ‘Eu queria conhecer você porque você foi a assassina do doce brasileiro de antigamente. E você sabe o que você fez?’”, ela conta. “E eu dei um suspiro e disse: ‘É, eu sei, e eu vou pagar no inferno por esse preço de ter transformado, de ter matado, de ter popularizado uma versão assim do doce.”

A fala de Débora nesses momentos assumia um tom vacilante. Ela ia e voltava: o que fez foi bom, mas teve consequências ruins. E o que fez teve consequências ruins, mas foi importante. Quando mencionou a saudade do beijinho tradicional, que tinha uma casquinha, nós nos perguntamos: mas que beijinho era esse? Se você jogar no Google a expressão “receita de beijinho tradicional”, todos os primeiros resultados trarão a receita com leite condensado.

Para a Nestlé, sentimento de culpa não existe. Hoje, a corporação mima influenciadores digitais com muitos brindes. Lança livros de receita virtuais e impressos. E mantém uma equipe própria de cozinheiros que escreve e reescreve a doçaria brasileira para garantir que o Leite Moça siga reinando. Os bebês, claro, nunca foram esquecidos: hoje, a corporação promove biscoitos – ou melhor, NutriSnacks – com a sugestiva mensagem de que “A natureza sabe o melhor”. A menos que a natureza tenha produzido banana em pó, a Nestlé está mentindo de novo. Mas quem se importa?

 

[Fonte: http://www.ojoioeotrigo.com.br]

Escrito por RAFAEL CONTE

«La letra mata», puso como epígrafe Thomas Hardy a su penúltima novela, Jude, el oscuro, que fue precisamente la que más críticas adversas le acarreó. Corría el año 1895 de la Inglaterra victoriana, y al viejo novelista, que llevaba ya más de un cuarto de siglo de ascensión lenta e implacable, ya solo le quedaba cuerda para otra novela más, La bien amada, que publicó dos años después. Hardy falleció en 1928, pero solo publicó, durante los últimos treinta años de su vida, poemas, dramas y un monumental poema dramático que volvió a reconciliarle con el público y la crítica -Los Dinastas- hasta el punto de que fue repetidamente candidato al Premio Nobel de Literatura. Pero su potente manantial narrativo se había secado para siempre. Y, sin embargo, su vocación apareció desde los primeros tiempos como algo incontenible y poderoso, como una fuerza de la naturaleza que se abría paso contra viento y marea. Hijo de una familia modesta -su padre fue maestro albañil-, aprendiz de arquitecto, originario de Dorchester, capital de la comarca real que le sirvió de escenario imaginario a todas sus novelas, para el que resucitó su viejo nombre de Wessex, lo abandonó todo por la literatura, Publicó su primer libro en 1871, justo al año siguiente de la muerte de Dickens. Por aquel entonces, la tradición narrativa victoriana -que no fue grande más que en lo que tuvo de antivictoriana- la representaba George Meredith, que ayudó al joven escritor en sus comienzos. El éxito empezó a llegar a partir de su segunda novela, publicada al año siguiente, y a partir de entonces Thomas Hardy, desde su Dorchester natal, va a edificar una prolongada carrera de escritor: poemas al principio, catorce novelas largas y otros libros de relatos en la época central, con vuelta final a la poesía y el teatro.

Hardy ha legado sobre todo seis grandes obras a la posteridad, que, tras largos lustros de relativo olvido, ha vuelto sus ojos hacia él: junto a la citada Los Dinastas -magno drama histórico en verso, en 3 partes, 19 actos y 130 escenas, donde recogió, ya al final de su carrera, su pensamiento y obsesiones- vienen cinco novelas muy leídas, varias de ellas adaptadas al cine y la televisión: Lejos del mundanal ruido, El regreso del nativo, El alcalde de Castebridge, Tess de los d’Urbervilles y Jude, el oscuro.

Sus novelas no son obras maestras, pero imponen por su solidez, por la potencia de su estructura, por su grandiosa construcción. Al fin y al cabo, sus orígenes fueron de estudiante de arquitectura y dibujante de iglesias para su reconstrucción, y lo primero que publicó en su vida fue un artículo titulado precisamente «Cómo se hace una casa». Virginia Woolf tenía por Hardy sentimientos encontrados: reconocía su genio, pero le molestaban el esquematismo de sus personajes y el determinismo de sus argumentos. En gran medida, Hardy carecía de humor, y esto es demasiado grave para ser un típico escritor británico. La naturaleza que tanto amó y tan excelentemente describió es la misma que atenaza misteriosamente a sus personajes, la que alumbra al mal universal. Sus obras son dramas y tragedias felizmente desprovistas de sentimentalismo.

Pues Hardy fue un fatalista, un griego victoriano que describe la lucha de la carne contra el espíritu en una naturaleza hostil. Su sentimiento de lo telúrico llega a extremos misteriosos y fantásticos. Sus personajes, por lo general, terminan mal: o en la muerte o en el fracaso. Sus denuncias, de las injusticias sociales, del matrimonio, de la desigualdad femenina, de la dificultad en acceder a la instrucción, en los años donde se extendía la democracia en Gran Bretaña, le acarrearon graves problemas. Tess y Jude levantaron escándalos que hoy nos hacen sonreír, como algunas de sus más trágicas escenas. Fue un moralista, no un satírico. Y cuando Tess, la «mujer pura», es sacrificada, Hardy exclama: «La justicia estaba satisfecha y Dios había terminado con Tess su siniestro deporte».

 

[Publicado en EL PAÍS – reproducido en sugieroleer.blogspot.com]

O escritor publica a terceira entrega das aventuras protagonizadas por Rufo Batalla

Escrito por ENRIQUE CLEMENTE

Eduardo Mendoza (Barcelona, 1943) publica Transbordo en Moscova (Seix Barral), que pecha a triloxía protagonizada por Rufo Batalla, tras O rei recibe e O negociado do yin e o yang. Coa súa habitual mestría narrativa e facendo gala desa mestura de humor, ironía e parodia tan propios do autor, narra as aventuras do peculiar xornalista reconvertido en axente secreto. Faille viaxar por Londres, Nova York, Viena e Moscova, co pano de fondo das grandes transformacións sociais e os acontecementos decisivos de finais do século XX, que culminaron coa caída do Muro de Berlín e a disolución da URSS. Esta terceira novela é, segundo o autor, máis autobiográfica, «porque o personaxe evoluciona cara á madurez e polo tanto vaise parecendo máis á persoa que está escribindo o libro». «Nas dúas primeiras evoco unha época de bohemia, aventuras, incertezas, fantasías e nesta falo de algo que coincide máis coa miña vida real, coa formación dunha familia e a aceptación de compromisos persoais», explica o gañador do Premio Cervantes. Mendoza asegura que Transbordo en Moscova é unha homenaxe ás novelas de espías, das que se declara un gran lector.

-¿Pódese dicir que Rufo Batalla é unha especie de «alter ego» seu? ¿Que ten del e da súa visión do mundo?

-O meu alter ego si, aínda que non eu. A parte anecdótica é inventada; as vivencias son as mesmas. E a miña visión do mundo, parecida. Eu son menos crítico, talvez porque son máis vello que Rufo.

-¿Como evolucionou Rufo Batalla desde as dúas primeiras novelas a esta, na que casa cunha moza da alta burguesía catalá?

-Concibín a triloxía como unha peza de música en tres tempos. Primeira mocidade, plenitude e madurez. Fixen que Rufo se fose adaptando aos compromisos da vida. Sen perder o compoñente fantasioso que arrastra desde a súa etapa formativa. Tamén niso parécese a min.

-¿Que papel xogan o humor e a ironía en gran parte da súa obra e en particular nesta triloxía?

-Nacín co humor incorporado, como o nariz. Está na raíz de toda a miña obra e, naturalmente, tamén nesta triloxía, aínda que aquí, salvo algunha excepción, prescindín da farsa. O humor é máis subterráneo.

-¿Cal é o proceso de escritura das súas novelas? ¿Ten claros a estrutura, os personaxes e a trama antes de pórse a escribir ou se van desenvolvendo segundo vai escribindo?

-Non me gusta ter nada claro. Parto dunha idea, que ás veces acabo refugando, e a partir de aí déixome levar pola lóxica dos acontecementos, aínda que sexan disparatados. Cada día penso no que vai suceder ese día. Ao final, está claro, poño un pouco de orde no caos.

-¿Como consegue unha prosa tan transparente, que parece que flúe soa?

-Eu se o que me custa. Corrixo bastante, reescribo a miúdo. Traballo rodeado de dicionarios. E non dou por boa unha oración se creo que podo facela máis clara, máis sinxela e máis informativa.

-Coincide a publicación de «Transbordo en Moscova», coa estrea teatral de «Se alguén me dixo». ¿Poderiamos dicir que esta obra é «un Mendoza» en estado puro?

-Creo que todo o que dou ao público, por escrito ou no escenario, son produtos con denominación de orixe. Que aparezan ao mesmo tempo novela e teatro é pura coincidencia, aínda que as dúas están escritas na mesma época. Os propósitos son moi distintos. A peza teatral escribina a petición de Patricia Jacas; a idea é miña, pero tratei de facer un traxe a medida. Non demasiado estreito. En teatro é importante deixar marxe aos intérpretes. Nunha novela, como dixen antes, hai que procurar dar un produto ben acabado.

-¿Cal é para vostede a súa mellor novela ou, mellor devandito, a que máis lle gusta e por que?

-Como adoita suceder, as novelas que máis me gustan son as que menos éxito tiveron. Sinto debilidade por Unha comedia lixeira e polo ano do diluvio. Non as volvín a ler. Nin esas nin ningunha outra, pero as recordo con cariño.

«O “procés” ensombreceu as nosas vidas cotiás»

Mendoza afirma que o procés «sementou a discordia».

-Vostede publicou no 2017 «Que está a pasar en Cataluña». ¿Que supuxo o «procés? ¿Gustaríalle escribir unha novela sobre este proceso?

-Non me propuxen escribir sobre a situación en Cataluña, salvo o que xa escribín, influído pola ignorancia que cría ver en quen observaban o procés desde fóra. Eu residía en Londres e alí cada cal deixaba voar a imaxinación cara a onde se lle antollaba. Quixen expor algúns elementos de xuízo e, de paso, tratar de entender eu mesmo o que sucedía. O procés foi, e en parte segue sendo, un feito doloroso para todos os cataláns, na medida en que sementou a discordia e ensombreceu as nosas vidas cotiás. Por todas estas razóns, téñoo demasiado preto como para convertelo en obxecto de ficción.

-¿Cre que Isabel Díaz Ayuso sería un bo personaxe dunha das súas novelas? ¿Que lle parece a presidenta de Madrid?

-Son un cidadán común e corrente. O pouco que sei é o que vexo nos medios de información. Non é un personaxe que me inspire admiración. Paréceme que pertence ao grupo maioritario dos políticos dedicados á estratexia e despreocupados dos problemas reais.

-¿Como lle influíu este ano de pandemia persoalmente e na súa obra literaria? ¿Que papel xogou a literatura e a cultura en xeral neste período?

-Pola miña idade e as miñas circunstancias, non sufrín especialmente co confinamento. Morreron persoas próximas e heime angustiado moito pola situación en xeral. Ao principio non me podía concentrar en nada. Logo, como todo o mundo, funme adaptando. Para o meu traballo, as condicións foron óptimas. Tranquilidade e regularidade de horarios. Non hei viaxado e hei aproveitado para ler dun modo máis sistemático, como todo o mundo. E tamén como todo o mundo, cumprín os propósitos a medias. Parece ser que nestes meses a lectura aumentou, aínda que non de forma rechamante. Eu son un lector empedernido, así que non batín marcas.

«Xa ninguén cre que unha ideoloxía vaia a resolver todos os problemas»

Para o autor do misterio da cripta enmeigada e Sen noticias de Gurb, «unha das cousas para as que serve a ficción, se é que serve para algo, que supoño que si, á parte do entretemento e o enriquecemento cultural, é para deixar constancia de como se viviron os momentos históricos por parte dos que foron testemuñas». Mendoza quería facelo respecto do que viviu, por exemplo os anos 70 e 80, «que para moitos son a infancia e para outros historia». Asegura que é unha época «que agora está moi sobre o tapete, estamos a reflexionar moito sobre aqueles anos, que foron de grandes cambios e moi rápidos». En España, engade, «produciuse unha transformación moi positiva, aínda que agora se faga a reflexión que se queira e que, por suposto, todo é susceptible de análise e contradición».

O presente condiciona o pasado

O escritor barcelonés lembra que se saía «dunha época cunha gran incerteza despois do franquismo e en moi pouco tempo solucionáronse moitos problemas, houbo moito acordo, unha coalición absoluta, a todos os niveis, para que o cambio fose pacífico e España púxose á cabeza dos países máis adiantados politicamente». Con todo, inmediatamente despois chegou a época de «a corrupción, o enriquecemento, o malgasto, a desorganización, os enfrontamentos internos, a atomización do país, e agora estamos vivindo a resaca desta segunda transformación que fai que vexamos a primeira parte desde o espello retrovisor; o presente condiciona o pasado e vaino transformando».

Á sombra do comunismo

«A miña xeración creceu á sombra da promesa do comunismo, que era a solución das inxustizas sociais, a igualdade entre todos os seres humanos, a solidariedade internacional, todo iso se derrubou e agora comunista vén ser un insulto parecido ao de fascista e contraposto a liberdade, cando antes era o oposto a capitalismo, a explotación, o sálvese quen poida», sinala. Explica que «o século XX viu desaparecer as grandes ideoloxías, as grandes ideas sobre como debía funcionar a sociedade». «Agora vivimos unha época en que non sabemos como funciona a sociedade, e xa ninguén cre que unha ideoloxía vaia a solucionar todos os problemas nin ningún problema. Volvémonos moi pragmáticos, salvo que están a rexurdir, por exemplo, os grandes movementos de carácter relixioso, que non dan solucións prácticas», advirte.

 

[Imaxe: TONIO ALBIR – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

 

Écrit par Bernadette Beyne

Eduardo del Pueyo est né le 29 août 1905 à Saragosse où il entreprend ses études musicales. A 12 ans, il donne son premier concert public, engagé par le Cercle des Beaux-Arts de Madrid où il poursuivra ses études avec José Balsa. A l’âge de 15 ans, il reçoit une bourse pour se perfectionner à l’étranger. Il choisit Paris où il s’installe avec sa mère. Paris, 1921, capitale mondiale des arts. Il y rencontre Stravinsky, Ravel, suit assidûment les conférences du philosophe Alain, joue pour Madame Debussy, côtoie les peintres et les hommes de lettres. Une anecdote montre bien la détermination de l’adolescent : alors que Marguerite Long régnait en maître dans la capitale, le peintre espagnol Zuloaga lui présente le jeune pianiste à qui elle propose de devenir son élève. Le jeune pianiste ayant répondu négativement, Zuloaga, fort embarrassé, bredouille que le jeune homme ne parle qu’imparfaitement le français et n’a pas saisi le sens de la question. Mais l’intéressé confirme : « En espagnol ou en français, c’est non ! ». C’est avec Raoul Lapara qu’il travaillera le piano, et l’écriture avec Montrichard. « Je pose en principe que pour réaliser une bonne interprétation, il faut savoir composer », dira-t-il. La renommée de Del Pueyo fait très vite florès à Paris où il joue dans les plus grandes salles et réunit les critiques les plus enthousiastes.

Mais ce ne sont pas les honneurs que recherche del Pueyo. A 22 ans, il se retire du monde des concerts pour approfondir son art. Cette parenthèse durera dix années, passées à la maîtrise des Sonates de Beethoven, des grands cycles de Granados et d’Albeniz, les Tableaux d’une exposition de Moussorgsky, l’œuvre pianistique de Debussy et un répertoire concertant réduit mais parfaitement maîtrisé. Jean-Claude Vanden Eynden, un de ses disciples les plus renommés, nous rapporte aujourd’hui des propos de son Maître: Bartok, je ne connais pas ce langage et après, pour moi, il n’y a plus de musique. […] A Bartok, il préférait Prokofiev, un de ses préférés du XXe siècle avec Debussy -dont il réalisa d’ailleurs une intégrale. Mais son répertoire favori restait le grand piano romantique associé à Beethoven, Haydn, Mozart, Bach, poursuit Jean-Claude Vanden Eynden. L’intégrale des Sonates de Beethoven, c’était comme la « marque » d’Eduardo del Pueyo et à plusieurs reprises il la donna en cinq ou six soirées. A ma connaissance, il était le premier à relever cette gageure.

Approfondir son art, c’était aussi pour del Pueyo élaborer une méthode, une philosophie de l’instrument. Il a l’heureuse opportunité de rencontrer, peu après son dernier concert parisien, Jeanne Bosch Van’s Gravemoer, une disciple de Marie Jaëll, elle-même élève de Liszt dont elle avait patiemment analysé le geste pianistique. Alsacienne, amie de Saint-Saëns, Marie Jaëll avait élaboré une méthode, une philosophie qui dépassait largement le piano, cherchant, avec l’aide de psychophysiologistes, à mettre en évidence l’influence du mouvement sur le cerveau et le développement de celui-ci à travers les sensations subtiles éprouvées par les papilles de la pulpe des doigts. J’avoue que cette définition de la « méthode Jaëll » est assez réductrice, mais la développer prendrait des pages et des pages ! Signalons, pour ceux que la méthode intéresserait, que l’ouvrage de Jeanne Bosch à propos de la méthode Jaëll est actuellement en cours de réédition et sera bientôt à nouveau disponible, tout en considérant que c’est avant tout par la pratique que ses adeptes en réalisent les bienfaits.

Avec Jeanne Bosch, Del Pueyo travaillera pendant deux ans. Il n’est pas homme à s’inféoder. Il poursuivra seul ses recherches, en contact avec un psychophysiologiste hollandais.

En 1935, il a alors juste trente ans, Del Pueyo s’installe à Bruxelles : « J’avais toujours, dès mon enfance, entendu tant et tant parler de la Belgique et de Bruxelles, la grande cité de la musique. J’y fus en 1935, année de l’Exposition Universelle, et j’y découvris un climat tellement particulier que j’en fus séduit. C’était une atmosphère de liberté palpable que je n’avais rencontrée nulle part ailleurs, si bien que ma vie se fixa là ». Deux ans plus tard, la Société Philharmonique l’engage sur la recommandation de Hermann Scherchen ; il y interprète le 3e Concerto de Beethoven avec l’Orchestre National de Belgique et emporte d’emblée l’adhésion du public bruxellois. Commence alors une longue et fructueuse collaboration avec la Société Philharmonique de Bruxelles puisqu’en 1943, il y fêtera déjà son 50e concert ! En 1948, il est nommé professeur au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles où il dispensera son enseignement jusqu’en 1976. Il sera également professeur extraordinaire à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, participera à de multiples reprises au jury du Concours éponyme. Il sera également invité de par le monde à donner des master classes. S’il s’y soumettait parfois, ce n’était pas toujours de bonne grâce, considérant que pour pouvoir se dire « élève de Del Pueyo », il fallait avoir travaillé au minimum trois ans avec lui. Les pianistes, par contre, n’hésitaient pas à venir du monde entier pour travailler avec le Maître et on retrouva nombre d’entre eux parmi les lauréats du Concours Reine Elisabeth : on se souvient des noms de Jo Alfidi, Jean-Claude Vanden Eynden, André de Groote, Evelyne Brancart,… j’en oublie certainement… et nombre de pianistes au talent confirmé, tels ceux que nous pourrons entendre le 6 décembre lors de la soirée d’hommage.  

Chacun d’eux nous dit ce qu’il garde de plus précieux de l’enseignement du Maître.

Jean-Claude Vanden Eynden : J’ai travaillé avec lui pendant cinq ans, entre 12 et 18 ans. En fait, c’est comme si nous avions vécu cinq ans ensemble. Il m’est un Maître à penser qui continue beaucoup plus tard à vous enseigner. Après ces cinq années de travail, il m’a laissé voler de mes propres ailes, comme si le message était : j’ai dit tout ce que tu devais savoir. Il avait le sens d’une pédagogie complète. En dehors de sa pédagogie, j’ai toujours admiré son intégrité intellectuelle sous la moindre concession. Dans le travail, il exigeait l’ordre qui permettait d’être libre au moment du jeu.

André Grignard : J’ai commencé à travailler avec Del Pueyo quand j’avais 14 ans, et notamment pendant trois ans à la Chapelle Musicale, et puis j’ai continué à être son disciple jusqu’en 1983. Chez lui, il n’y avait pas de « peut-être » ou de « hasard »; ce n’était pourtant pas une pédagogie dogmatique et on comprenait beaucoup de problèmes longtemps après. En fait, Del Pueyo fascinait bien après. Son honnêteté pédagogique n’était pas toujours bien perçue. Il avait une nature et une richesse secrètes. Ses cours de piano ouvraient d’autres horizons; il parlait longuement d’Ignace de Loyola, d’Alain, de Micia Sert, des Polignac,… ». Il était têtu aussi! Je pense à ses doigtés et sa notion d' »oreille des doigtés ».

Burkart Spinnler : Ce que je retiens surtout, c’est son humour. Parlant d’Alain, il disait: « Il a une façon intelligente d’enlever ses lunettes »; à propos de Bach: « Toutes les Suites françaises commencent comme une Allemande »; à propos de sa mère qu’il vénérait: « elle était d’une bienveillante sévérité et nous offrait le don complet de son cœur.

Michel Scohy : Avec lui, on avait le sentiment d’être invité à quelque chose ; on se réunissait autour d’une œuvre, du piano et de la culture. On était happé dans un monde. C’est comme s’il disait: « tu le veux, c’est possible; si tu le veux, tu prends ton bâton de pèlerin » et il donnait les stimulants qui permettaient d’y arriver. Il reprochait gentiment à Jeanne Bosch de privilégier le mot au jeu. Del Pueyo, péremptoire, disait: « après tout, il faut jouer! ».

Saragosse vénère l’enfant qu’elle a vu naître et le grand Auditorium du Conservatoire de la ville porte son nom. A Bruxelles, Jean-Claude Vanden Eynden poursuit l’enseignement du Maître à travers son école, le Centre Musical Eduardo del Pueyo.

 

[Source : http://www.crescendo-magazine.be]

Ne subsiste bien souvent de certains livres, dans nos esprits assommés par la « nouveauté » , qu’une vague idée, que le souvenir lointain (et bien souvent déformé) de commentaires.  N’en surnage que l’impression d’un déjà connu, d’un déjà lu, qui les fait irrémédiablement verser dans les limbes de ce qui n’est définitivement plus à lire.  D’où l’idée de cette série de chroniques de retours aux textes lus.  Sans commentaires.

Ces lèvres s’entr’ouvraient fréquemment, laissaient passer un murmure. La jeune fille semblait créée pour inspirer un poète : la bien décrire eût été la chanter.

Comme tout arrive autrement!

C’est parce que je m’ennuyais que j’ai allumé ce feu, déclara-t-elle alors ; parce que je m’ennuyais et que j’ai pensé qu’il serait amusant de vous attirer ici et de triompher de vous, j’ai décidé que vous viendriez et vous êtes venu. J’ai constaté le pouvoir que j’ai sur vous : un mille et demi pour venir et un mille et demi pour vous en retourner : trois milles dans la nuit pour l’amour de moi! Ne l’ai-je pas bien montré, mon pouvoir?

en apparence inerte et tranquille, la lande était en réalité frémissante de forces actives.

Je ne suis pas le seul, tu sais. Vous autres, petits enfants, vous vous imaginez qu’il n’y a qu’un seul coucou, un seul renard, un seul diable et un seul homme au rouge, tandis que nous sommes tous très nombreux.

Ah! soupira-t-elle, si j’avais une raison de vivre! Voilà ce qui me manque!

Yeobright aimait son prochain. Il était convaincu que la plupart des hommes manquent d’un savoir qui ferait passer la sagesse avant la prospérité matérielle. Il souhait d’élever une classe sociale aux dépens des individus, plutôt que les individus aux dépens d’une classe sociale. Mieux : il était prêt à être la premier individu sacrifié.

Il était un simple point brun dans une étendue vert olive.

Au lieu d’avoir, en face de lui, le pâle visage d’Eustacia et la silhouette d’un homme inconnu, il avait la lande – cette lande impassible qui, depuis le commencement des siècles, défiait les catastrophes et dont les traits couturés et antiques réduisaient l’insignifiance les plus sauvages tumultes d’un cœur humain.

On dit qu’il vient un temps où l’homme, à force d’avoir souffert, finit par rire de sa souffrance…

 

Thomas Hardy, Le retour au pays natal, 2019, Corti, trad. Marie Canavaggia

 

[Source : http://www.librairie-ptyx.be]

Eduardo Mendoza, Barcelona

Transbordo en Moscú’ (Seix Barral) es la tercera entrega del personaje Rufo Batalla, en la que Eduardo Mendoza (Barcelona, 1943) nos traslada al año 2000, la época del crecimiento y pelotazo económico, y la de la masificación definitiva del turismo mundial.

Con este libro, termina la trilogía de Rufo Batalla, se acaba la aventura porque hacerlo en el último día del siglo XX cumplía mis objetivos”, explica el autor, que detalló que “la ficción sirve para dejar constancia de cómo se han vivido los momentos históricos por parte de los que han sido testigos, y me parecía importante dejar constancia de los años 70 y 80, un momento de grandes cambios y rápidos”. Mendoza aseguró que “en España, se produjo una transformación rápida y positiva, salíamos de una época incierta. Después hubo una segunda transformación, protagonizada por la corrupción, la atomización del país y la desorganización. Ahora estamos viviendo la resaca de esta segunda época, que hace que veamos la primera época por el espejo del retrovisor”.

Del argumento, afirmó que “esta tercera novela es bastante autobiográfica, con un personaje que se parece mucho a mí, resultado de la evolución del personaje hacia la madurez”. Mendoza recordó que “dos generaciones anteriores a la mía, crecieron a la sombra del fascismo, visto como promesa de salvación, y aquello acabó fatal, ahora fascista es el peor de los insultos”. Prosigue el narrador: “mi generación creció a la sombra del comunismo, que era la promesa de la solución a las desigualdades, todo eso se derrumbó, y comunista se ha convertido también en un insulto, contrapuesto a libertad”. El novelista contó que “el siglo XX vio desaparecer las grandes ideas sobre la sociedad, en cambio ahora ya no sabemos cómo funciona, nadie cree que una ideología pueda solucionar los problemas, de hecho, pensamos que no puede arreglar ningún problema. Surgen grandes movimientos de carácter religioso que mueven las fuerzas sociales. En el XX, las ideologías movían masas, pero fue un siglo de pérdida religiosa”.

El literato apuntó que “la Expo de Sevilla fue uno de los últimos coletazos de la voluntad de resumir el mundo entero y un intento de transformación de la ciudad. Paralelamente, en Barcelona, coinciden una serie de factores y la ciudad se transformó de manera extraordinaria, pasó de ser una ciudad normal a un referente mundial, una meca del turismo, es un fenómeno inesperado”, y asumió que “he disfrutado rememorando esos momentos, como si los contara a mis nietos”.

Los espías, en paro

Sobre los referentes de ‘Transbordo en Moscú’, Mendoza asintió que “la evolución personal conlleva una evolución literaria de mis gustos y aficiones. En mi entrega anterior, había un homenaje a las novelas de aventuras. En esta, hay un homenaje a la literatura de espías”. El autor confirmó que “soy un gran lector de novelas de espías, y lo soy angustiado porque es una literatura muy escasa. La época de los espías es corta y termina. En cambio, la novela de crímenes no se acabará nunca, porque siempre habrá alguien que maté a otro. Los espías se acabaron quedando en el paro. Por eso, hay pocos grandes escritores de novelas de espionaje”. 


NOTA DEL EDITOR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Las aventuras de Rufo Batalla parecen encaminarse al remansamiento cuando contrae matrimonio con una rica heredera, pero no consigue olvidar al príncipe Tukuulo y a su exquisita esposa. La agitada transición política española ha dado paso a una prosperidad económica que parece destinada a no tener fin. Mientras, la caída del muro de Berlín culmina un proceso de transformación que presagia el descalabro de la URSS, y de repente lo que parecía una locura, la conquista del reino de Livonia, se vuelve posible.

Siempre por razones ajenas a su voluntad, Rufo Batalla viaja a Londres, Nueva York, Viena y Moscú, y se enfrenta a situaciones insólitas, obligado a desempeñar papeles que nunca habría elegido. Pero cuando descubre que el servicio de inteligencia soviético anda tras el príncipe, Rufo se dará́ cuenta de que la vida familiar y la de agente secreto no son fáciles de compaginar

Asiste el lector a los fenómenos sociales de la etapa final del siglo XX a través de la mirada de un Rufo Batalla dividido entre una plácida existencia y su compromiso con el pretendiente a un trono de opereta. El nuevo siglo presagia cambios irreversibles, pero siempre quedarán algunas certezas: la fe en la razón, el arte y la prosa chispeante y aguda del gran narrador Eduardo Mendoza.

 

[Foto: Carles Domènec – fuente: http://www.revistabearn.com]

Gabriel Byrne à une projection de « Hérédité » le 5 juin 2018 à New York.

Écrit par François Forestier

Son village est devenu un parking, sa maison a disparu, ses voisins se sont dissous, et les nuages, qui évoquaient autrefois « des chameaux ou le visage de Dieu », ne ressemblent plus à rien. Il n’y a que des fantômes, dans « Walking with ghosts », étrange livre de Gabriel Byrne, acteur, poète, paumé, où celui-ci rassemble ses souvenirs d’Irlande, ses impressions du temps passé, ses clichés de tournages de films, ses regrets, surtout ses regrets. Notre homme a une sacrée plume, trempée dans l’encre de la nostalgie, aiguisée au tranchet de l’humour bluesy, et il est difficile de réconcilier l’interprète de « Usual Suspects » et cet auteur, dont le style est né dans les rues de Dublin, dans la cour du boucher et dans les cauchemars (« celui-ci découpait les bad boys et les transformait en pâtée pour chiens : graisse, os, organes, tout »). Mais, dans les années 1950, le gamin a un ange gardien, agenouillé sur le linoléum froid près du lit, qui le protège de ses ailes, la nuit…

L’école sentait l’œuf pourri, les désosseurs tuaient des animaux pour en faire des grains de chapelets, les fusillés hantaient les abords des tavernes, et Jésus, crucifié, nu, mais avec une couche-culotte, saignait là où les clous avaient pénétré. L’Irlande baignait dans le péché, la Guinness, la haine des Anglais.

« La première fois que je suis arrivé à Hollywood, il y avait des carpes koi, des buissons de flamboyants, Richard Harris en polo de rugby et en pantalon souillé de pisse ».

Gianni Versace sollicite Gabriel Byrne pour un défilé de mode. De Dublin à Hollywood, une galaxie à traverser. John Boorman engage Byrne pour « Excalibur » : « Savez-vous monter à cheval ? » Non, mais Byrne dit oui (évidemment). Il se retrouve à galoper avec des acteurs, en cuirasse authentique (pesant une tonne). Pas de braguette. Il faut se soulager en selle (avec des grimaces de satisfaction), sous les cuissardes de ferraille, sur une selle trempée. Du coup, notre homme prend des leçons d’équitation, accompagné par une Américaine sympathique, qui avoue n’avoir jamais porté de chaussures dans son enfance. Au retour, le maître de manège demande : « Ça a été, avec Ava ? » C’est le nom du cheval ? « Non. La dame, c’était Ava Gardner ».

« Ne vois-tu pas la terreur qui me consume ? »

Garbriel Byrne joue dans « Wagner », feuilleton international avec Richard Burton, John Gielgud, Laurence Olivier. « J’ai dix répliques dans six pays », écrit-il. Il aperçoit Olivier, 76 ans, qui marmonne, seul, dans un couloir, n’ose l’aborder, intimidé par l’aura du « plus grand acteur du monde ». Puis, enhardi, il lui demande l’heure, faute de mieux. L’autre, rogue : « Achetez-vous une montre, mon vieux ! ». Quelques jours plus tard, un petit mot : « Excuses, j’ai été brusque mais je n’arrivais pas à mémoriser mes répliques dans ma vieille caboche. J’ai repensé à votre question, quant à l’heure. J’y pense souvent, à vrai dire, maintenant. Laissez un plus grand esprit que moi vous répondre… » Laurence Olivier cite le sonnet 60 de Shakespeare (« Comme les vagues se jettent sur les galets de la plage, nos minutes se précipitent vers leur fin… ») Et conclut : « Affectueusement, Larry ».

Byrne songe à sa grand-mère qui a vu des gens manger de l’herbe pendant la Grande Famine, à sa fiancée de jeunesse (« Les chansons que vous aimez quand vous êtes jeunes briseront votre cœur quand vous serez vieux »), à ses péchés sans pardon, à l’odeur de laine mouillée et de cire fondue dans les églises. Persuadé qu’il n’y a pas de rédemption pour le succès, il s’enferme dans une chambre d’hôtel, seul, lors du Festival de Cannes 1995. Envahi par les ténèbres, il prie le Père, auquel il ne croit pas. Il prie quand même :

« Aie pitié de mon égarement. Ne laisse pas mes jours se dissoudre dans d’autres jours. Je me défais. Ne vois-tu pas la terreur qui me consume ? Je suis épuisé par l’acte de vivre, usé par la plus simple tâche ».

Tout le passé remonte. Violé par les prêtres de son enfance, enfant de chœur voleur de vin de messe, tenté par le séminaire dans son adolescence, plombier, trafiquant, laveur de vaisselle, monsieur-pipi dans un grand hôtel, alcoolique persuadé que la vie éternelle est pire que la vie terrestre, Byrne est devenu acteur par hasard : « Mon premier rôle devant une caméra a été d’être un buveur dans une boîte de travelos… » Il a joué dans « Miller’s Crossing », « Dead Man », « Ennemi d’État », « La Guerre des Mondes », « En analyse ». Il a eu le nez cassé (trois fois), l’âme aussi (mille fois). Il est athée, mais lit la Bible. Et trimballe ses fantômes bien-aimés sur les bords de la Liffey, de la Seine ou du Tibre. Son livre est formidable, empreint d’une poésie terreuse et obsédante. S’il y a une rédemption pour lui, elle est dans ces pages, dans cette brûlante leçon des ténèbres.

Walking with Ghosts, A Memoir, par Gabriel Byrne, Picador, 198 p., 16,99 £

[Photo : Andy Kropa/AP/SIPA – source : http://www.nouvelobs.com]