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Después de 106 años de recorrido, la histórica Vermuts Miró de Reus aceptó el año pasado la oferta de compra del empresario reusense Xavier Martínez i Serra. El empresario posee una amplia experiencia en la gestión de compañías del sector de la alimentación, ya que también es propietario y presidente de TQ Tecnol S.A; y fundador, propietario y presidente del Consejo de Administración de GO Fruselva, una empresa alimentaria especializada en el ‘comanufacturing’ de productos de alimentación infantil y zumos frescos.

Desde entonces, la compañía ha incorporado muchas novedades, como la ampliación de sus instalaciones o la renovación de la fábrica. Todo, para atender a uno de sus principales objetivos: su apuesta por la expansión internacional, con un foco importante en Europa y Norteamérica.

De hecho, los planes de la compañía pasan por realizar una importante inversión económica en I+D para el desarrollo de nuevos productos, en nuevas tecnologías, procesos de envasado y elaboración, y en la ampliación de la logística.

El objetivo del nuevo propietario de Vermuts Miró es, sobre todo, posicionar la compañía a nivel internacional, ya que por ahora concentra las ventas en el mercado español. El otro reto es el de mantener su liderazgo en el ámbito nacional, preservando el mismo espíritu tradicional de una bebida elaborada con la receta original de 1914.

Otro de los objetivos de la compañía es vincular su marca a la cultura. De hecho, Vermuts Miró acaba de lanzar su campaña « Comienza lo bueno », para apoyar a las salas y a los artistas, en los que organizará conciertos en acústico por diferentes locales españoles.

El 50% de la producción de Vermuts Miró se comercializa bajo la marca Miró y el resto se produce para las principales casas de distribución. Su facturación ha rondado los últimos años los 5 millones de euros.

Desde sus inicios, en 1957, el vermut ha sido el principal producto elaborado de la compañía. Sus emblemáticos Miró Rojo, Miró Blanco o Miró Reserva conservan hoy las fórmulas originales creadas por la Familia Miró y cosechan numerosos premios y reconocimientos nacionales e internacionales, como uno de los mejores vermuts del mundo.

 

[Fuente: http://www.vinetur.com]

El bufet va fer constar en castellà a l’escriptura « que los poderes autorizados no están redactados en idioma oficial en Albaida ».

Al passat mes de febrer l’única notària d’Albaida, Ana Maria Cañada Martí, va intentar ajornar la signatura de la compravenda d’una casa, argumentant que alguns dels documents no estaven en « valencià » sinó en « català » i que l’operació no podia tirar endavant, fins que no s’aportés una « traducció oficial ». Tant la part venedora com la compradora van manifestar que volien seguir endavant amb l’operació i finalment Cañada va cedir. Tot i això, extralimitant-se en les seves funcions, a l’escriptura de la casa la notària va fer constar, en castellà, les seues reticències: « Yo la notario advierto de que los poderes autorizados no están redactados en idioma oficial en Albaida, mi residencia, por lo que no puedo dar FE (sic) ni respondo de su traducción ».

Els representants de la part venedora, els senyors Sempere Securun i els nebots, van acudir a la notaria de la localitat d’Albaida per la signatura de la venda d’una casa familiar. Tots els venedors vivien fora d’aquesta localitat (a França, Barcelona, València i Tarragona). Per aquest motiu van atorgar poders davant diferents notaris de Catalunya en favor de dos dels compareixents, que es van desplaçar a Albaida, per a realitzar la compravenda.

Plataforma per la Llengua ha presentat una reclamació a l’Oficina de Drets Lingüístics contra l’actuació de la notària d’Albaida i ha enviat una carta al Col·legi de notaris de València sobre les irregularitats de l’actuació de Cañada. Cal tenir en compte que hi ha 46 sentències dels tribunals que fonamenten legalment que valencià i català són dues denominacions de la mateixa llengua. Aquestes sentències no sols donen plena validesa a la unitat del valencià/català en l’àmbit universitari, sinó també en tots els altres, i en concret en l’àmbit jurídic i l’administratiu.

A més, tant l’article 142 de la Llei 1/2000 d’Enjudiciament Civil com l’article 231.4 de la Llei Orgànica 6/1985, del Poder Judicial donen validesa a un document redactat en una llengua oficial coincident en dues comunitats autònomes, com és el cas de Catalunya i del País Valencià. En concret, tots dos articles estableixen: « Les actuacions judicials realitzades i els documents presentats en l’idioma oficial d’una comunitat autònoma tindran, sense necessitat de traducció al castellà, plena validesa i eficàcia. D’ofici es procedirà a la seua traducció quan hagen de tenir efecte fora de la jurisdicció dels òrgans judicials de la comunitat autònoma, excepte si es tracta de comunitats autònomes amb llengua oficial pròpia coincident ».

És per això que l’entitat considera que l’actuació de la notària Cañada contra els drets d’ús del valencià-català era il·legal i contrària a la voluntat i interessos dels clients. De fet, el registrador de la propietat d’Albaida va inscriure normalment l’escriptura de compravenda de la casa, sense fer cap al·lusió al tema de la llengua dels poders notarials. L’actitud d’Ana Maria Cañada era negar i obstaculitzar l’exercici dels drets lingüístics per part dels venedors.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Pour de nombreuses familles israéliennes pauvres, acheter des légumes verts et des fruits est un luxe.

Écrit par  Katharina Höftmann

En Israël, le mois de septembre est placé sous le signe des fêtes juives. La saison des fêtes solennelles débute pendant le mois d’Eloul lorsque le shofar est sonné tous les matins des jours de semaine. La fête de deux jours de Rosh Hashana marque le début de l’année juive. Elle est suivie, une semaine plus tard, par Yom Kippour (jour de l’expiation ou Grand Pardon) qui marque l’apogée des fêtes solennelles. Pendant les 25 heures que dure la fête de Yom Kippour, nous ne mangeons ni ne buvons. Le Grand Pardon est immédiatement suivi par les festivités de Souccot : les Juifs construisent une sorte de cabane (ce logement provisoire est bâti en souvenir de la sortie d’Égypte) dans laquelle, pendant neuf jours, ils passent en famille la plus grande partie de leur temps, y mangeant et, souvent, y dormant.

Les dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour, appelés « jours redoutables », représentent une période très particulière au cours de laquelle chaque Juif réfléchit à ses actions durant l’année écoulée et peut demander pardon pour les fautes commises envers d’autres. Erev Yom Kippour, c’est-à-dire la veille de Yom Kippour, est un moment de partage consacré à pardonner à son prochain. Yom Kippour est le jour du Grand Pardon où les Juifs se repentent de leurs péchés envers D.ieu.  La croyance selon laquelle L’Éternel inscrit dans un livre comment sera pour chacun l’année à venir, s’il vivra ou mourra, s’il sera heureux ou malheureux, est si profondément ancrée dans l’esprit juif que même les moins religieux se souhaitent mutuellement « Gmar ’Hatima Tova » (une bonne signature). C’est une idée très juive de penser que le jugement de D.ieu sur chacun lors de la fête de Rosh Hashana n’est pas définitif. Que nous avons dix jours entiers pour réfléchir à nos actions, pour prendre conscience de nos erreurs et de nos fautes, pour demander pardon et pour pardonner nous-mêmes aux autres. Que D.ieu sera clément si nous reconnaissons nos errements et si nous prenons conscience que nos actions ont blessé des personnes. C’est également une période où il est crucial de faire des dons.

Une récente statistique de l’Institut national des assurances montre qu’en Israël de nombreuses personnes sont dans le besoin. En 2018, 21,2 pour cent de la population vivaient dans la pauvreté et 30 pour cent des enfants étaient concernés par cette situation. La pandémie a encore aggravé les choses. Au paroxysme de l’épidémie, plus d’un million d’Israéliens se sont retrouvés au chômage et quelque 155 000 personnes sont tombées dans la pauvreté. Chacune d’elles et près d’un enfant sur trois risquent de ne pas avoir suffisamment à manger pendant les fêtes. Ils seront dans l’incapacité de se concentrer sur la partie spirituelle des jours à venir, car trop occupés à lutter pour tout simplement survivre.

Les organismes de dons et de bienfaisance comme Leket, l’équivalent israélien de Tafeln qui récupère des aliments parfaitement comestibles et les distribue à des personnes dans le besoin, sollicitent particulièrement les citoyens durant cette période afin qu’ils aident les plus démunis et les plus faibles. Certes, Israël peut se targuer d’une réussite impressionnante. C’est le pays des start-up qui a conclu des contrats et obtenu des marchés se chiffrant en millions de dollars au plus fort de la pandémie. Ici aussi, les riches sont devenus encore plus riches au temps du coronavirus. Mais Israël est aussi le pays qui, par rapport aux autres États membres de l’OCDE, enregistre le plus fort taux de pauvreté chez les enfants. C’est le pays dans lequel 25 pour cent des rescapés de la Shoah vivent dans un complet dénuement. C’est le pays où le nombre de sans-abri ne cesse d’augmenter dans les grandes villes comme Tel-Aviv et Jérusalem, où de larges pans de la société, notamment chez les ultra-orthodoxes et dans les communautés arabes, se battent pour survivre face à l’exorbitant coût de la vie, où des parents qui cumulent parfois les emplois sont dans l’incapacité d’acheter le moindre jouet à leurs enfants.

C’est toujours terrible de vivre dans le besoin mais, pendant les fêtes juives où les repas ont une importance considérable, l’épreuve est particulièrement douloureuse.

 

[Photo : KHC – source : http://www.israelentreleslignes.com]

Le Lévitique condamne l’homosexualité masculine. Le judaïsme, quel que soit ses courants, accueille les Juifs homosexuels. Depuis 1977, des homosexuels français sont réunis dans l’association dynamique, Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu). Deux affaires récentes montrent leur situation paradoxale. Le 3 juin 2016, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire matinale sur Radio J. Une polémique s’en est suivie, mêlant postures « politiquement correctes », hypocrisie, crainte de s’aliéner un lobby particulièrement actif dans les milieux politiques et médiatiques, électoralisme – « vote homosexuel » dans certains arrondissements parisiens -, réactions liberticides, propos comminatoires, ignorance du judaïsme, silence rabbinique, mépris pour l’altérité, la norme et l’autorité spirituelle ou morale, clientélisme, etc. Le 17 août 2021, Fabien Azoulay a été transféré d’une prison en Turquie, où il effectuait sa peine résultant d’une condamnation pour importation d’une substance illicite, à une maison d’arrêt en France. Un transfert bénéficiant d’une mobilisation d’institutions juives françaises qu’elles ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Publié par Véronique Chemla

Le Lévitique, troisième des cinq livres de la Torah, présente la relation sexuelle entre hommes comme une « abomination » (« To’évah », en hébreu) :

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination« . (Lévitique 18:22)

Le Lévitique ajoute (20:13) : « L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux ».

Une exécution théorique car la peine de mort n’est pas appliquée : à partir de la chute du Temple, un sanhédrin ne peut pas se former pour l’énoncer.

Selon le rabbin libéral Gabriel Farhi, la prohibition de l’homosexualité masculine viserait la sodomie.” Delphine Horvilleur, rabbin du mouvement juif libéral, considère que « le texte n’est pas clair. Selon elle, il dénoncerait des relations sexuelles ayant un caractère humiliant entre hommes, mais pas la tendance homosexuelle. Quand à l’homosexualité féminine, elle serait “sans impact”.

« Gilles Berneim ancien grand rabbin de France, avait signé une déclaration contre l’homophobie, mais ce n’est jamais suivi par des actes », a déploré Alain Beit, président du Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu), association française créée en 1977 et regroupant des homosexuels juifs (Le Point, 25 septembre 2017).

Si l’homosexualité comme pratique est condamnée par le judaïsme orthodoxe, les divers courants du judaïsme s’accordent sur l’accueil des homosexuels. Le mouvement juif libéral américain ordonne des rabbins homosexuels. Et, en mai 2019, Daniel Atwood, âgé de 27 ans, a été le premier rabbin orthodoxe gay ordonné à Jérusalem, alors que la Yeshivat Chovevei Torah, séminaire juif libéral newyorkais, ait refusé sa semikha ou ordination après qu’il se soit fiancé à un homme.

En octobre 2020, Benny Lau, rabbin orthodoxe israélien influent du courant sioniste religieux, « a déclaré que la loi juive n’interdisait pas aux membres de la communauté LGBTQ de fonder une famille. Il a fait cette déclaration dans le cadre d’une série de directives, publiées sur sa page Facebook, à l’intention des Juifs pratiquants appartenant à la communauté LGBTQ et à leurs proches, sous l’intitulé « Être seul n’est pas une bonne chose pour l’Homme ».

Sur ce sujet large, j’aborderai deux affaires importantes : la polémique liée aux propos de Joseph Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France (1987-2008) sur Radio J en 2016, et la campagne d’institutions juives françaises unanimes visant le transfert de Fabien Azoulay, franco-américain quadragénaire gay, d’une prison turque à une prison française. Une mobilisation publique qu’ils ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Radio J
Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk, est un chroniqueur régulier de Radio J, une des quatre radios de la fréquence juive en Île-de-France, le vendredi matin, vers 7 h 50,

Le 3 juin 2016, il a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire radiophonique qui dure quelques minutes.

Cette chronique a suscité l’hostilité générale, d’abord dans la blogosphère juive, puis légèrement au-delà. Et en plus, Joseph Haïm Sitruk a osé viser une niche touristique israélienne. Donc aucun renfort à espérer d’outre-Méditerranée. Quant aux rares sites Internet ayant défendu Haïm Sitruk tout an avançant la maladresse dans l’expression, tels JSS News et Dreuz, malheur à eux : ce fut un hallali.

Le 5 juin 2016, Serge Hajdenberg, directeur de Radio J, a expliqué sur cette radio qu’il laissait toute liberté à l’ex-grand rabbin de France Haïm Sitruk, puis s’est désolidarisé des propos tenus le 3 juin 2016 et qu’il a condamnés. Le propre du journalisme, c’est d’autoriser des opinions différentes dans le cadre de la loi. Et l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk a le droit de ne pas être « politiquement correct », et de rappeler la position du judaïsme orthodoxe.

En enlevant cette chronique du site de la radio – pour éviter un procès ? -, Serge Hajdenberg a rendu difficile l’étude du contenu de la chronique. Tout un chacun a réagi sur les réseaux sociaux à partir d’un mot ou d’une phrase sortis de leur contexte. Sauf s’il est parvenu à trouver le podcast sur un autre site Internet.

Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio, a aussi évoqué des « propos dangereux » de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Quelle est l’audience de la chronique hebdomadaire de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk ? Alain Granat pense-t-il sincèrement qu’un internaute attentif et influençable se rendrait immédiatement à Tel Aviv pour ne serait-ce qu’exprimer son opposition morale à la Gay Pride ? Un acte violent a-t-il été commis lors de cette manifestation sous surveillance policière accrue ?

Jewpop

Dès le 4 juin 2016, sur Jewpop, le « site qui voit des Juifs partout », Alain Granat a fustigé cette chronique du 3 juin 2016, sur Radio J, de Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France, hostile à la Gay Pride. Cette chronique est absente du site de la radio de la fréquence juive francilienne.

Alain Granat a écrit :

« Le 3 juin, jour de la Gay Pride de Tel-Aviv, c’est un torrent d’homophobie qu’il a déversé en toute impunité à l’antenne de la fréquence juive, Radio J se métamorphosant alors en Radio CourtoiJ.

Une bonne chronique radio, tout comme le sermon d’un rabbin, se doit de démarrer par une accroche forte. Joseph Sitruk, malgré sa santé fragile après plusieurs AVC et la maladie qui le frappe, a conservé ses réflexes en la matière. Avec une introduction ne laissant nul doute sur la teneur à venir de ses propos, toute en empathie et compréhension pour les juifs homosexuels. L’esprit apaisant du shabbat s’annonce sur les ondes de la radio juive : « La Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité ». Vous nous rétorquerez que de telles paroles provenant de Joseph Sitruk n’ont rien de surprenantes. Tenant, durant ses mandats successifs de grand rabbin de France (de 1987 à 2008), d’une ultra-orthodoxie tranchant avec l’esprit d’ouverture de ses prédécesseurs les Grands rabbins Kaplan et Sirat, le contraire eût étonné.

La suite de son intervention est à l’avenant, axée sur la Gay Pride de Tel-Aviv, qui « rabaisse au rang le plus vil » Israël, « initiative de tentative d’extermination morale » de son peuple. Et concluant en beauté sur le mode djihad : « J’espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination ». On se souvient de l’assassinat l’année dernière d’une adolescente de 16 ans, Shira Banki, lors de la Gay Pride de Jérusalem, par un intégriste juif. Radical.

On se pose aussi légitimement la question de la responsabilité de la direction de l’antenne de Radio J, diffusant en direct sur ses ondes des propos d’une telle violence et les cautionnant de facto par son absence de réaction. Alain Beit, nouveau président de l’association juive LGBT Beit Haverim, s’en est indigné, soulignant à juste titre que si Joseph Sitruk est dans son droit d’exprimer son désaccord avec la Gay pride de Tel-Aviv, sa chronique déborde largement de ce cadre en incitant à la haine des homosexuels.

On passera sur la « mise en onde » surréaliste de cette chronique, offrant en spectacle aux auditeurs la voix d’un homme affaibli par la maladie, entre extrait sonore d’un épisode de Star Wars et parodie d’un discours de Bouteflika. Vous êtes bien sur une radio juive. On en sourirait presque si ces propos et leur diffusion irresponsable n’étaient aussi lamentables ».

À chaque élection au Grand rabbinat de France, on nous fait le même coup : le candidat « ouvert » contre le tenant de l’orthodoxie. Orthodoxie ? Je connais le sens de ce mot. Mais que signifie « ultra-orthodoxe » ? Existe-t-il des critères pour évaluer l’orthodoxie ? Si oui, lesquels ?

Pourquoi évoquer le djihad, spécifique à l’islam ? L’interprétation par Alain Granat du mot « radical » ne repose sur aucun mot. Aucun appel à l’assassinat dans cette formulation maladroite du grand rabbin Haïm Sitruk. Par un raccourci honteux, Alain Granat enchaîne sur l’assassinat de l’adolescente israélienne Shira Banki, en 2015, par un fanatique. Que signifie « radical » ? Il existe un Parti radical de gauche. Pourquoi dénigrer ce vocable « radical » ?

Avec Jewpop, aucune voix divergente ne doit s’exprimer, même maladroitement, même d’une voix quasi-inaudible, même émanant d’une personne atteinte de maladies graves ? Alain Granat aurait-il réagi ainsi si cette chronique avait été diffusée lors des mandats (1987-2008) de cet ancien grand rabbin Joseph Haïm Sitruk ? S’est-il indigné que celui-ci ait continué d’exercer sa fonction éminente malgré sa grave maladie ? Faut-il être « politiquement correct », donc de gauche, pour être publié sur Jewpop ?

Alain Granat qui évoque « RadioCourtoiJ », un jeu de mot évoquant Radio Courtoisie, média souvent classé à droite ou à l’extrême-droite.

Où est l’appel à la haine ? Il y a un appel à l’action, mais sans aucune précision sur celle à mener. Par contre, le texte d’Alain Granat est d’une rare agressivité. « On ne tire pas sur une ambulance », avait pourtant écrit la journaliste Françoise Giroud.

Et, dans un autre domaine, Alain Granat s’est-il indigné du discours de l’actuel grand rabbin de France Haïm Korsia, le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, invitant à un « sursaut civique et humain« , à « des gestes forts » en faveur de l’accueil des « migrants » ? En quoi était-il « civique » d’accueillir des immigrés en situation irrégulière, originaires d’États inculquant dès le plus jeune âge l’antisémitisme à leurs habitants ? Des « gestes forts », c’est moins grave qu’une « réaction radicale » ?

Gabriel Farhi
Gabriel Farhi a fondé l’AJTM (Alliance pour un judaïsme traditionnel et moderne) représenté par la synagogue parisienne Beth Yaacov. Il est le fils du rabbin Daniel Farhi, qui dirigea le MJLF (Mouvement juif libéral de France).

Le 5 juin 2016, sur Judaïques FM, Gabriel Farhi, rabbin de la communauté Beth Yaacov et aumônier israélite des hôpitaux, a exprimé son dégoût face aux propos de l’ancien grand rabbin de France et « une certaine clémence considérant l’état de santé de l’ancien grand rabbin de France en lui reconnaissant une certaine constance sur le sujet ». Dans l’article L’Homophobie n’est pas une opinion sur son blog :

Vous souvenez-vous de Shira Banki ? C’était cette jeune fille de tout juste 16 ans qui défilait le 30 juillet dernier lors de la Gay Pride à Jérusalem. Un homme, prétendument religieux, s’est jeté sur elle et l’a poignardée à mort. Elle a succombé à ses blessures trois jours plus tard. La veille de son passage à l’acte le meurtrier faisait part de sa haine à l’encontre des homosexuels sur les ondes d’une radio israélienne. Pourquoi ce rappel alors que nous n’avons pas encore atteint la date anniversaire ? Parce que d’autres propos, similaires, ont été entendus cette fois-ci sur les ondes françaises de nos voisins d’antenne Radio J. Le Grand Rabbin Sitruk, ancien Grand Rabbin de France, a exprimé avec « violence » je reprends ses propos toute sa désapprobation de la tenue le jour même de la Gay Pride à Tel Aviv vendredi dernier. Joseph Sitruk « crie son indignation dans des termes radicaux et violents ». L’homosexualité est une « abomination » et une « catastrophe ». C’est même une « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël ». Face à un tel péril, Joseph Sitruk en appelle aux auditeurs de Radio J en leur demandant de « réagir de façon radicale à une telle abomination »…

Comment un ancien grand rabbin de France pour lequel il nous est demandé de prononcer régulièrement des Psaumes face à son état de santé critique peut-il dans un sursaut, d’une voix chancelante, tenir de tels propos ? … On ne peut faire le reproche à Joseph Sitruk de son ultra-orthodoxie et de sa lecture littérale de la Torah. Mais a t-il vu le monde évoluer ? A t-il entendu parler de Shira Banki ? Sait-il qu’en tant que maître il a des disciples qui entendront cet appel à une réaction « radicale » comme un appel au meurtre des homosexuels. Sait-il enfin qu’en France les propos homophobes sont pénalement punis par la justice ?

Curieusement, Gabriel Farhi fuit le dialogue sur la position du judaïsme sur l’homosexualité pour se réfugier dans l’émotion vertueuse, voire dans la menace procédurière.


Delphine Horvilleur
Sur son compte Facebook, Delphine Horvilleur, femme rabbin du MJLF, a invité le 5 juin 2016 à relire le numéro de Tenoua sur l’homosexualité, tout en rappelant la mémoire de Shira.

Antoine Strobel-Dahan, rédacteur-en-chef de Tenouaa publié sur le site de la revue du (MJLF), un texte intitulé Homophobie condamnant la chronique objet de la controverse. Il consacre environ la moitié du texte à l’assassinat de Shira Banki en 2015 et de Rabin. Il oriente les lecteurs vers le numéro 60 de la revue consacré à la position du judaïsme sur l’homosexualité. Il publie l’enregistrement audio des interventions du grand rabbin, de Serge Hajdenberg et de Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio évoquant des « propos dangereux », sur Radio J.

Caroline Fourest

Dans sa chronique du 6 juin 2016 sur France Culture intitulée L’appel à haine du rabbin Sitruk, Caroline Fourest, journaliste qui ne cache pas son homosexualité, a fustigé le grand rabbin Sitruk qualifié d' »intégriste ». À tort, elle a allégué que l’homosexualité serait une « obsession » du chroniqueur, et l’homosexuel un « nouveau bouc émissaire ». Combien de textes sur ce thème par ce chroniqueur de Radio J ? 5, 10 sur des centaines ? Plus ? Moins ? Et Caroline Fourest de conclure sur l’impératif de condamner l’ancien grand rabbin. Les mêmes qui « sont Charlie » refusent la liberté d’expression à ceux ayant un avis distinct du leur ?! Ce « politiquement correct » conduit à la censure, à une société totalitaire.

« Le rejet de l’homosexualité est un classique des religieux conservateurs mais si on ne s’en n’émeut plus, on le légitime, et à force de le légitimer, il ne faut pas s’étonner que des fous de Dieu, (…) finissent pas exécuter ce qu’ils pensent être un ordre divin », a poursuivi la journaliste. N’importe quoi. Plus de huit millions d’habitants, dont 6,1 millions de Juifs, vivent en Israël, et aucun homosexuel n’y a été assassiné. C’est tellement plus facile, et prudent, de condamner un grand rabbin de France malade que la persécution des homosexuels par l’Autorité palestinienne, ou par divers pays musulmans.

« Ce sont les propos de Joseph Sitruk, qu’il faut abréger », a conclu Caroline Forest. Comment ? Par une réaction « radicale » ?

En 2014, Caroline Fourest avait déjà consacré une tribune au guet, divorce juif, mais en prenant une certaine liberté par rapport aux faits. En 2008, elle avait aussi publié dans Charlie hebdo un article à charge contre le grand rabbin Joseph Sitruk, sans lui donner la parole. En 2012, elle a allégué à tort que la France aurait exterminé « six millions de Juifs » (sic) lors de la Deuxième Guerre mondiale, et déplorait l’insuffisante culture générale en France. Elle souhaite limiter la liberté sur Internet, et précisait : « La haine raciste est la seule limitation à la liberté d’expression ». Apparemment, l’ex grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk ferait partie, selon elle, de ces « haineux » qu’il serait bon d’assigner en justice à fin de condamnation pénale. Et dire qu’elle enseigne à Sciences Po « Faire ou défaire société : différents modèles face aux contestations de la démocratie » !

Réseaux sociaux

Jean-Daniel Flaysakier, journaliste-médecin, l’AJC (American Jewish Committee) Paris représentée par Simone Rodan-Benzaquen, Raphaël Glucksmann, Yael Mellul, avocate, Frédéric Haziza, journaliste… La condamnation est unanime : « propos homophobes », « extrémiste », « inacceptables appels à la violence ». Combien ont entendu la chronique ayant suscité le controverse ? On ignorait l’audience si exceptionnelle de la chronique hebdomadaire sur Radio J, vers 7 h 50, de l’ex-grand rabbin de France.

Frédéric Haziza anime une des rares émissions de radios françaises juives à avoir atteint une dimension nationale : le Forum dominical de Radio J. Il collabore aussi au Canard enchaîné et à La Chaîne parlementaire. En mars 2011, il avait invité Marine Le Pen, présidente du Front national (FN). Ce qui avait suscité l’indignation de responsables communautaires et la division au sein de la direction de la radio. Radio J avait rapidement décidé de ne pas l’accueillir dans son Forum. Pour Frédéric Haziza, liberté devrait être donnée à Marine Le Pen, mais pas à l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Le 4 juin, Frédéric Haziza a twitté : « Propos du GR Sitruk inacceptables. L’homophobie est un délit, une forme de racisme ». On ignorait que les homosexuels constituaient « une forme de race ». Une phrase qui n’a pas choqué les « belles âmes ».

C’est curieux : les mêmes qui exhortent à accepter la différence, l’autre, sont les premiers à condamner celui qui affirme le même impératif, et au premier lieu de l ‘altérité, la différence sexuelle.

« En qualifiant la Gay Pride de Tel Aviv de « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël », et en appelant à réagir « de façon radicale à une telle abomination », l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruck a-t-il réalisé la gravité des paroles qu’il a tenues hier sur Radio J ? », s’est indigné Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, qui a dénoncé les propos de l’ancien grand rabbin de France. C’est le même qui a refusé de rencontrer Naftali Bennett, alors ministre d’un gouvernement issu d’élections démocratiques en Israël.

« Je préfère cette photo aux propos haineux prononcés par Sitruck. Elle rassemble alors les propos peuvent tuer », a twitté Gil Taieb le 4 juin  2016. Ce membre du Conseil du Consistoire israélite de Paris Île-de-France a refusé d’aider le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire juif français qui lutte contre sa mort socio-professionnelle. Tout comme l’AJC France. La solidarité avec les homosexuels prévaut sur celle avec les Juifs ? Gil Taieb entamera-t-il des démarches au sein du Consistoire contre Haïm Sitruk ?

Beit Haverim

« C’est bien l’unité de la communauté dans son ensemble que vous avez compromise », a déclaré Alain Beit, président de l’association juive LGBT, Beit Haverim, à Haïm Sitruk. Depuis quand « la communauté juive » est-elle unie ? Même pas pour défiler contre l’antisémitisme en 2002. Récemment, Serge Klarsfeld a manifesté son opposition à la conférence à laquelle participait l’essayiste Eric Zemmour car elle se tenait à la grande synagogue de la rue des Victoires. Jusqu’où ces dirigeants associatifs iront-ils dans des atteintes à nos libertés fondamentales ? La chronique du grand rabbin Joseph Haïm Sitruk a-t-elle été instrumentalisée dans une offensive impitoyable contre le judaïsme orthodoxe, consistorial ?

Alain Beit a l’intention d’assigner en justice Haïm Sitruk pour « incitation à la haine ». Alain Beit va-t-il assigner aussi Tenoua qui diffuse le podcast de la chronique litigieuse ou Frédéric Haziza pour son tweet ? Vraisemblablement non, en raison notamment de la proximité avec le MJLF, Et Alain Beit poursuivrait quels propos ? Un mot traduit en français ? Une opposition à la Gay Pride ? Vous imaginez une audience avec un septuagénaire respectable se déplaçant difficilement, arborant au revers de sa veste l’insigne de commandeur de la Légion d’Honneur, et peinant à répondre aux questions de magistrats ou d’avocats ? Et un juge de ces « territoires perdus de la justice« , si réjoui de voir des Juifs se disputer, oserait condamner la Bible, le judaïsme, ou la traduction d’un mot hébreu en « abomination » – vocable utilisé aussi pour désigner l’adultère -, voire le terme « radical » ? Est-ce ce que visent des homosexuels revendiqués et leurs soutiens ? Cette audience judiciaire risquerait de se tourner à leur désavantage dont il donnerait une image inquiétante. Leur vrai visage ? Entre deux identités – juif et homosexuel – laquelle prévaut au sein du Beit Haverim ?

Le ridicule tue aussi.

Le 18 décembre 2015, présidée par Alain Bourla, la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris a condamné Christine Boutin, ancienne ministre et ex-présidente du Parti chrétien démocrate, à 5 000 euros d’amende pour « incitation et provocation à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle », en l’occurrence envers les homosexuels. Le « tribunal correctionnel a été au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé à l’audience fin octobre une amende de 3 000 euros à son encontre. Christine Boutin a également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations, Mousse et Le Refuge, qui s’étaient constituées parties civiles ». Dans un entretien au magazine Charles (2 avril 2014) et intitulé « Je suis une pécheresse », Christine Boutin avait déclaré : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ». « Ce que l’on entend dans vos propos, c’est que les homosexuels sont une abomination », avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration ». Qui on ? Est-on condamnable en fonction de la perception, variable selon les individus, de ses propos ? L’avocat de Christine Boutin « avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour « une opinion ». Il lançait alors : « Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d’expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible ! » « Mon opinion s’inscrit dans la tradition chrétienne. Mais je suis une femme directe, j’essaye d’être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles. Je ne pensais pas blesser avec ce mot. Depuis, je ne l’ai pas redit », avait déclaré l’ancienne députée des Yvelines, en faisant part de ses regrets. Le procureur avait déclaré en audience devant un public essentiellement composé de soutiens des parties civiles : « Nous ne sommes pas dans la simple expression d’une opinion, c’est une stigmatisation publique. » En rappelant que la loi condamnant l’incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle avait été votée en 2004, il a ajouté : « Il n’y a pratiquement pas de jurisprudence, c’est la raison pour laquelle votre décision est attendue ». Un jugement inquiétant pour la liberté d’opinion et de culte.

Beit Haverim va-t-il ajouter une jurisprudence à ce jugement lourd ?

Haïm Korsia

Le 8 juin 2016, interrogé par Laetitia Enriquez pour Actualité juive hebdo, le grand rabbin de France Haïm Korsia a dit « comprendre que les propos du grand rabbin Sitruk aient pu choquer, plus particulièrement dans le contexte de l’horrible assassinat perpétré l’an dernier dans un même défilé qui se déroulait à Jérusalem… Mais je connais bien le grand rabbin Sitruk, et je peux vous assurer que ses propos ont largement dépassé sa pensée, et qu’ils ne correspondent pas à ce que le grand rabbin Sitruk a construit d’humanité tout au long de sa carrière ».

Et de poursuivre : « Il faut être autant rigoureux avec soi-même qu’il faut être généreux et bienveillant envers les autres. C’est là la grandeur du judaïsme et c’est ce que le grand rabbin Sitruk m’a lui-même appris tout au long de ces années que j’ai passées à ses côtés. Si le mot abomination est bien la traduction du mot qu’emploie la Torah au sujet de l’homosexualité, pour autant, la Torah ne parle pas de condamnation humaine. Chacun doit au contraire accueillir l’autre dans le respect de son intimité et, de façon plus générale, en œuvrant en faveur de la lutte contre les discriminations, y compris contre l’homophobie. Or, en matière de lutte contre les discriminations, le grand rabbin Sitruk a toujours été à l’avant-garde de tous les combats menés par la société française au cours de ces trente dernières années ».

Le grand rabbin Korsia « assure en outre que son prédécesseur n’avait pas mesuré le risque d’interprétation d’appel à la violence de ses mots sur d’éventuelles actions radicales de qui que ce soit », car « le grand rabbin Sitruk a toujours affirmé que celui qui commet un crime au nom de l’Éternel, commet un crime contre l’Éternel ».

D’un grand rabbin de France, de l’auteur d’un essai sur le judaïsme et la sexualité, on attendait une réaction d’une autre nature. Le long silence de Haïm Korsia sur la polémique née des propos du grand rabbin dont il a été le conseiller spécial intrigue et s’avère éloquent. Une piste explicative peut être trouvée dans un droit de réponse de Me Alex Buchinger publié par Actualité juive (n° 1394, 9 juin 2016). Cet avocat avait été pris à partie par le rabbin Gabriel Farhi dans cet hebdomadaire (1er juin 2016), dans un texte intitulé Le grand rabbin de France n’est pas libéral. Me Alex Buchinger écrit : « En tant que secrétaire rapporteur de l’ACIP » (Association consistoriale israélite de Paris), « je suis l’interlocuteur de ses salariés. Plusieurs rabbins consistoriaux m’avaient fait part de leurs préoccupations du fait de la place prise de plus en plus grande, par les dirigeants du mouvement libéral aux côtés du grand rabbin de France, et ce, au détriment de l’institution consistoriale ». Cet avocat affirmait sa conviction que le grand rabbin Korsia n’était pas libéral.

Même silence de la part du grand rabbin de Paris Michel Gugenheim.

Aucun rabbin, consistorial ou libéral, n’a indiqué, dans un communiqué de presse ou un post, la position du judaïsme sur l’homosexualité afin d’éclairer, d’informer, Juifs et non-Juifs. Aucun n’a fait ce travail indispensable de pédagogie. Ce qui aurait pu aussi mettre un terme à la polémique. Seul le rabbin Raphaël Sadin, Roch Kollel du Kollel Elicha dans le quartier de Bayit Vegan, à Jérusalem (Israël), a soutenu vers le 22 juin 2016, sur EspaceTorah.com, le grand rabbin Sitruk, et présenté de manière didactique la position du judaïsme sur l’homosexualité.

Rappeler la position du judaïsme sur l’homosexualité aurait également risqué de s’aliéner ce mouvement juif libéral et d’écorner l’image du grand rabbin de France Haïm Korsia.

L’affaire Bernheim a aussi marqué les rabbins français et les a incités à la prudence à l’égard de l’homosexualité. La position de Gilles Bernheim, alors grand rabbin de France, contre le mariage entre homosexuels, promu alors par le président François Hollande et le gouvernement socialiste, s’avère à l’origine de la découverte publique de sa fausse agrégation et de ses plagiats, ainsi que de la fin de sa fonction éminente. Nul Juif ne peut seul s’opposer au pouvoir politique en France. Une leçon bien comprise.

Pauline Bebe

Sur le Huffington Post, Pauline Bebe, première femme rabbin de France, a publié le 9 juin 2016 une lettre ouverte au grand rabbin Joseph Sitruk intitulée « J’ai été scandalisée lorsque j’ai pris connaissance des propos que vous avez tenus sur les ondes de la communauté à la veille de shabbath dernier » :

« Vous qui êtes rabbin, vous ne pouvez pas ignorer le pouvoir des mots, cette phrase des Proverbes (18, 21): « La vie et la mort sont entre les mains de la langue » et son interprétation talmudique (TJ Péah 1, 1) « Dites au médisant: il parle ici et il tue à Rome, il parle à Rome et il tue en Syrie ».
Ne croyez-vous pas que le fanatisme et les appels à la haine ont fait couler assez de sang sur la surface de la terre ?

Dois-je je vous rappeler ce que dit la tradition juive sur la responsabilité des dirigeants dont les propos ont une influence plus grande sur ceux qui les écoutent ? « Avtalion disait: Sages, mesurez vos paroles » (M. Avoth 1, 11).
Vous citez la Torah, mais cette même Torah ne dit-elle pas dans la même parasha kedoshim : « Ne reste pas indifférent au danger de ton prochain » (Lev.19, 16) ?
Alors je ne peux me taire en entendant vos propos qui incitent à la haine, et si Shira Blanki (de mémoire bénie) a été assassinée, vos propos sont aussi assassins !
Monsieur le grand rabbin, en proférant ces paroles monstrueuses contre la communauté homosexuelle, vous semblez vous prévaloir de la Torah, pourtant faudrait-il établir une hiérarchie dans le domaine de l’éthique ? Il semblerait que vous effectuez un choix dans cette Torah. Continuez-vous à mettre en pratique la lapidation par exemple du « fils rebelle et insoumis (Deut. 21, 18-21) pour lequel les sages rabbins de la Tossefta (Tos. Sanh. 11) ont dit « un fils rebelle et insoumis n’a jamais existé » ?
Continuez-vous à pratiquer la polygamie qui a été interdite par une takana, un décret de Rabbenu Guershom au XIIIème siècle, refusez-vous d’établir une ketouba, un acte de mariage sous prétexte qu’il aurait été inventé par Shimon ben Shétah au premier siècle pour protéger les droits de la femme et n’existait pas dans la « Torah » ? Continuez-vous d’appliquer la peine de mort alors qu’elle a été quasi-abrogée par les rabbins du Talmud (M. Makkoth 1, 10) ? Lorsque les rabbins ont trouvé une loi injuste, ils ont eu le courage de la faire évoluer parce qu’il fallait s’assurer que la halakha, la loi juive, reste éthique.
Ainsi aucun juif aujourd’hui ne peut se targuer d’observer la Torah à la lettre et heureusement ! Et le Deutéronome (17, 9) ne nous dit-il pas qu’il faut consulter les juges de notre temps ? Lorsque cela correspond à vos propres préjugés homophobes, il faudrait écouter un verset qui est marqué par son temps et ne correspond plus à notre sens de l’éthique aujourd’hui ?
Comme les rabbins ont fait évoluer la loi sur « le fils rebelle et insoumis », nous devons faire évoluer les esprits sur ce sujet.
Monsieur le grand rabbin, l’humiliation de la communauté homosexuelle est une ‘avera, une transgression du principe fondamental d’éthique de la Torah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev.18, 19) ainsi qu’une incitation à la haine. Rashi sur Berakhot (20a) disait : « Dans de nombreux cas les sages ont permis de déraciner les paroles de la Torah lorsqu’il s’agit de kevod habrioth, de l’honneur dû à toute personne créée par Dieu ».
Pensez-vous que la communauté homosexuelle n’a pas droit à ce kevod habrioth, à cet honneur, qui est dû à tout être humain quelles que soient ses origines, sa naissance, son orientation sexuelle ? Feriez-vous des différences entre les créatures de Dieu ?
Alors pour donner un autre visage au judaïsme, je veux vous dire que je suis fière de faire partie du mouvement religieux juif majoritaire dans le monde aujourd’hui, réunissant près de deux millions de juifs dans 50 pays du monde qui affirme la totale égalité de leurs fidèles et qui donne aux juifs homosexuels la même place qu’aux hétérosexuels.
Je suis fière que l’Etat d’Israël organise cette marche de fierté (gay pride) alors que d’autres pays continuent de persécuter, prôner l’exclusion et la violence envers cette communauté. Je suis fière de voir des drapeaux multicolores flotter dans le ciel d’Israël aux côtés des drapeaux bleus et blancs. Je suis fière de compter de nombreuses personnes gays dans ma communauté et qu’elles puissent accéder comme tous les autres juifs à tous les rites, transmettre le judaïsme et le vivre au quotidien en portant haut l’étendard de la kedousha, de la sainteté.
Comme tous les êtres humains, ils portent en eux l’étincelle divine car quelle que soit notre orientation sexuelle, nous avons tous « été créés à l’image de Dieu, betselem elohim » (Gen.1, 27) !
La Shekhina (Présence Divine) pleure dès qu’un être humain en humilie un autre et pire lorsqu’il incite à la violence. Monsieur le grand rabbin, vous faites pleurer la Shekhina.
Mais je sais que chaque fois qu’un être humain reconnaîtra la dignité d’un autre, différent de lui, en le regardant droit dans les yeux et qu’il ne niera pas son héritage de la Torah et sa place légitime, entière et juste dans la tradition juive, la Shekhina séchera ses larmes ». Ce texte riche en citations, et au ton violent, révèle la mission que s’est assignée Pauline Bebe : « Faire évoluer les esprits sur ce sujet » et « faire évoluer une loi injuste ». Quel programme !

Épilogue
Le 10 juin 2016, dans sa chronique matinale sur Radio J, l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk est revenu sur sa précédente chronique. Il a affirmé ne pas vouloir exclure. Puis, il a souhaité aux auditeurs de « vivre un Chavouot dans la sérénité ».

Le 16 juin 2016, sur Radio J, le grand rabbin Haïm Korsia a défendu son prédécesseur – « Il a toujours défendu les libertés individuels et ceux en situation de faiblesse, et contre les discriminations » – en se plaçant uniquement sur le terrain des libertés et de la lutte contre l’homophobie : « On est dans la protection des droits de chacun. L’honneur du judaïsme est qu’à coté de Martin Luther King, des Juifs ont porté son combat… L’horrible tuerie d’Orlando [attentat terroriste contre un club homosexuel en Floride et revendiqué par un terroriste au nom de l’État islamique, Nda] est motivée par la haine. On doit combattre cette haine d’où qu’elle vienne ».

Radio J a diffusé une annonce publicitaire sur un prochain événement du Beit Haverim. Le 19 juin 2016, Guy Rozanowicz a interviewé en direct le responsable de l’association fondée en 1975 qui a regretté le silence du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) sur la chronique controversée.

Cette polémique inutile a terni l’image du judaïsme, présenté comme rétrograde et dangereux, et de ses principaux protagonistes. À lire les réactions et gloses, souvent outrancières, des représentants du mouvement juif libéral, on s’interroge sur leur respect des textes juifs.

Débat communautaire

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a répondu favorablement à l’invitation du Beit Haverim et participa au débat Judaïsme contre toutes les discriminations, le 29 juin 2016, à 18 h 30, au Centre communautaire de Paris. Ce débat a été animé par Eva Soto et Pierre Gandus, journalistes respectivement sur Judaïques FM et Radio Shalom, et Jean-François Strouf, responsable de la communication et des projets au Centre et à l’ECUJE (Espace culturel et université juif d’Europe) et membre d’Avenir du judaïsme.

Organisée par le Centre communautaire de Paris et le Beit Haverim, le 29 juin 2016, cette réunion est ainsi présentée : « Dans la plus récente actualité comme dans les grandes tendances de la société, les questions de discrimination sont hélas à l’ordre du jour. On a parfois du mal à mettre des mots sur des actes. Après l’attentat d’Orlando, il aura fallu attendre plusieurs heures avant que soit prononcée l’expression « crime homophobe » – quid de l’absence du mot « islamiste » ? -, « aussi longtemps que pour l’expression « attentat antisémite » après l’attaque contre l’HyperCacher. Quel regard le judaïsme, comme doctrine, et ses dirigeants portent-ils sur ces discriminations ? À l’intérieur même de la communauté juive, les femmes sont-elles considérées avec équité par nos institutions ? Les homosexuels sont-ils réellement les bienvenus dans nos synagogues ? Dans quelle mesure l’orthodoxie juive dialogue-t-elle avec les autres courants du judaïsme ? « 

Selon le rabbin Farhi, ce débat avec Alain Beit, président de Beit Haverim, sera l’occasion de « réfléchir sur les discriminations, de présenter le regard du judaïsme sur les discriminations, de faire un tour d’horizon sur la place des femmes, les différents courants – loubavitch, conservateur, libéral, masorti – du judaïsme ». Une manière de noyer la question de l’homosexualité parmi des thématiques diverses. Le statut des femmes est-il comparable à celui des homosexuels ? Dans aucune synagogue on interroge les fidèles sur leur sexualité, et l’entrée à la synagogue n’est pas subordonnée à l’hétérosexualité.

L’AFP (Agence France Presse) publiait une dépêche intitulée La place des homosexuels dans le judaïsme français en débat. « C’est la première fois qu’un grand rabbin de France en exercice accepte notre invitation, qui sera aussi l’occasion de parler de plusieurs sujets qui fâchent », a expliqué à l’AFP Alain Beit, président de l’association de juifs homosexuels. Le grand rabbinat a tenu à « élargir le propos à d’autres discriminations, comme le sexisme », ainsi qu’aux relations entre le judaïsme incarné par le Consistoire israélite, traditionaliste et orthodoxe, et les courants progressistes (libéral ou massorti), confirme-t-on dans l’entourage du chef religieux de la première communauté juive d’Europe ».

L’AFP citait Jean-François Strouf qui considérait la déclaration de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk « en contravention avec la loi : en France, l’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit… Ma lecture, qui est celle de la très grande majorité des Juifs pratiquants, est que ce que dit la Torah n’est jamais au service de la stigmatisation. Si quelqu’un ne veut pas respecter le shabbat, par exemple, personne ne peut le stigmatiser. Cela doit s’appliquer à tous les sujets ».

L’AFP évoquait aussi le guet, divorce juif, la « candidature d’une femme à la présidence du Consistoire central qui a été contestée par des dayanim, les juges rabbiniques ». Sur l’homosexualité, « sujet pas vraiment abordé par le Consistoire », déplore Alain Beit, « les tabous demeurent. Est-ce que les juifs homosexuels sont des parias ? Ou bien sont-ils les bienvenus dans les synagogues, traités sur un pied d’égalité au niveau des rites, avec une possibilité de « monter à la Torah » par exemple ? » D’où l’idée d’un premier débat, dont le mouvement homosexuel espère qu’il ne sera « pas un rendez-vous unique ».

Le 29 juin 2016 à 18 h 24, la page Facebook de cet événement indiquait : 17 Internautes intéressés dont moi, 15 participants et quatre invités. Parmi les participants : le rabbin Gabriel Farhi, deux journalistes d’Actualité juive hebdo – Sandrine Szwarc et Pierre Regini – et Yaël Hirschhorn, conseillère en Communication du grand rabbin de France. Bigre ! L’événement passionne…

La rare photographie publiée sur Twitter révèle une faible assistance. Lors du débat, aucun post n’a été publié sur cette page Facebook. Sur Twitter, Mikael Zenouda, président d’Act Up-Paris, a twitté quelques citations des orateurs.

Exemples : « Les discriminations contre les femmes ne tuent pas en France et dans le monde occidental, ailleurs oui envers les jeunes filles » (Haïm Korsia) – or, le « 4 octobre 2002, Sohane Benziane, 17 ans, était brûlée vive dans une cave de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine » -, « Réprobation collective contre les maris qui ne remettent pas le guet à son ex femme, symbole d’asservissement de la femme » et « Place des femmes : aucune limitat° à l’accès à l’étude, mais pr rabbinat : posit° libérale non partagée par le judaïsme orthodoxe » (Korsia), « Il y a déjà un placard dans une synagogue, n’en rajoutons pas un 2eme » (Beit Haverim). Quoi de neuf ? Rien.

Ultime tweet de Mikael Zenouda à 20 h 54 à la fin du débat : « Rencontre korsia / beit : questions du public, aucune femme n’a eu la parole. @labarbelabarbe se frotterait les mains ». Puis, Mikael Zenouda s’est ravisé et a interpellé Haïm Korsia sur ce fait. À 23 h 54, il a interrogé : « Je n’ai tjrs pas compris votre conception différente de l’homophobie, condamnable et d’être contre l’homosexualité, acceptable ».

Par ce débat entre personnes partageant peu ou prou les mêmes idées, le grand rabbin Haïm Korsia a poli son image en « rabbin-prônant-l’ouverture-et-la-tolérance » par un discours convenu. Fiasco ?

Curieusement, Actualité juive hebdo (n° 1398, 7 juillet 2016) a publié un article d’une demi-page présentant de manière louangeuse ce débat. « Sans précédent également étaient à la fois la teneur et la fermeté des propos tenus car, avec audace, si ce n’est courage, la plus haute autorité religieuses du judaïsme français a martelé que l’homophobie est d’abord un délit pénalement condamnable et que « l’homophobie n’a absolument pas sa place dans le judaïsme, ni à la synagogue, ni à l’école juive », a écrit Sandrine Szwarc. Cette « plus haute autorité religieuse du judaïsme français » a-t-elle défini l’homophobie ? Où est son courage ? Le Code pénal définit-il l’homophobie ? Cet article illustre l’écart abyssal entre un média communautaire et un regard extérieur critique.

Ce « débat » est révélateur d’un manque ou d’un refus de lucidité de dirigeants communautaires sur l’urgence de défendre les Juifs spoliés sous un « gouvernement des juges », telle la sexagénaire Eva Tanger, qui affronte aussi des problèmes liés à son divorce religieux (guet), et sur laquelle pèse une menace d’expulsion alors que le fond du dossier est en cours d’examen. Au lieu d’affronter le pouvoir politique, le grand rabbin Korsia, qui n’a pas aidé le Dr Lionel Krief victime de spoliations et d’antisémitisme, a tenu des propos creux similaires à ceux énoncés lors de sa campagne électorale en 2014 et depuis son élection. Au mieux, aucun intérêt. Au pire : lamentable.

Décès

Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk (z »l) est mort le 25 septembre 2016, à 71 ans. J’adresse mes condoléances à sa famille.

En 1990, quelques jours après la profanation du cimetière juif de Carpentras, Joseph Sitruk, alors grand rabbin de France, s’était rendu dans un réunion qu’il avait conclue par ces mots : « Je perçois votre émotion. Je la comprends. J’y suis sensible. Permettez-moi de vous raconter une histoire que m’a relatée un de mes étudiants. Celui-ci a vu ces trois inscriptions sur un mur de l’université hébraïque de Jérusalem : « Dieu est mort », signé Nietzsche ». Au-dessous, quelqu’un avait écrit : « Nietzsche est mort », signé Dieu ». Et au-dessus de cette inscription, une troisième personne avait conclu : « Le peuple juif est vivant ! »

Radio J quarantenaire
Le 7 mai 2017, Radio J a invité le Beit Haverim à l’occasion du quarantenaire de sa création. A été notamment évoqué le refus du CRIF d’accepter l’association Beit Haverim comme association membre.

Pour cet anniversaire, le Beit Haverim a édité le livre Judaïsme et homosexualité. « Ce livre militant fait un bond en arrière de 40 ans pour expliquer comment une poignée de Juifs ashkénazes, en 1977, ont décidé de créer ce groupe embryonnaire qui deviendra le Beit Haverim. Traversant les décades, l’association n’a cessé de lutter pour la reconnaissance des droits des homosexuels. Quelles sont les clés qui permettent d’assumer son identité juive quand on est gay, lesbienne ou trans ? Comment la communauté juive, par l’intermédiaire de son grand rabbin de l’époque, a joué un rôle majeur pour tenter d’empêcher le mariage pour tous ? Malgré les pressions traditionnalistes, les couples de même sexe sont de plus en plus décomplexés et renouent avec une valeur chère au judaïsme, le désir de transmission, en devenant parents. Ces avancées ne peuvent malheureusement pas cacher l’homophobie d’une partie de la communauté (d’ailleurs dans le déni à ce sujet). Pourtant, le meurtre de Shira Banki à Jérusalem, puis les violents propos de l’ex-grand rabbin de France, Joseph Sitruk, interpellent. Face à tous ces tumultes, le Beit Haverim reste une oasis permettant à ses membres de maintenir un lien avec le judaïsme sans avoir à se cacher ou à craindre le regard des autres. Il n’existe pratiquement aucune bibliographie en langue française sur le thème Judaïsme et homosexualité. Cela n’est pas étonnant car les institutions juives pratiquent depuis des années une politique de l’autruche sur ce sujet en niant ou négligeant l’existence du problème. Cependant, notre position de double minorité demeure très inconfortable car nous, homosexuels juifs, « pesons » peu au sein de la communauté. De fait, très peu d’efforts sont faits pour notre inclusion ; les représentants de nos institutions semblent n’avoir tiré aucune leçon de notre statut de minorité, refusant de nous accorder un statut, ce dont ils ont eux-mêmes souffert. Pourtant, le judaïsme enseigne de ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’il nous fasse. Alors que les rabbins libéraux et massortis échangent avec nous depuis assez longtemps, les rabbins du Consistoire refusent pour la plupart de s’afficher avec nous. Il a été extrêmement difficile de trouver un rabbin du Consistoire qui accepte d’écrire pour le livre. Nous regrettons d’ailleurs que l’actuel grand rabbin de France ait décliné notre invitation alors qu’il est sensé représenter tous les Juifs. L’objet de ce livre est donc de réparer ces lacunes en présentant une analyse des rapports entre judaïsme et homosexualité, afin de favoriser l’émergence de pistes d’inclusion des personnes LGBT juives dans la communauté pour la prochaine décennie ».

Le Beit Haverim organise aussi une série d’événements en 2017 : conférence, etc.

S’il a participé à la Gay Pride à Paris lors de chabbat, le Beit Haverim défend l’État d’Israël accusé notamment de pinkwashing, c’est-à-dire de promouvoir par des actions de marketing son image gay-friendly, de tolérance à l’égard des homosexuels via la Gay Parade de Tel Aviv.

Fabien Azoulay

C’est un twitt publié le 10 avril 2021 par Mikaël Journo, rabbin de la communauté de Chasseloup-Laubat à Paris (75015) et alors candidat au poste de grand rabbin de France, qui a révélé à beaucoup d’Internautes et publiquement l’incarcération en Turquie du Franco-américain juif Fabien Azoulay, âgé de 43 ans.

Le 27 février 2018, Fabien Azoulay avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à 16 ans et 8 mois de prison, pour avoir acheté en 2017 du GBL, un produit rendu illégal en Turquie six mois auparavant. Un achat effectué sur un site Internet, par carte bancaire, depuis Istanbul où ce quadragénaire se trouvait dans le cadre d’un tourisme médical (opération d’implants capillaires).

Le GBL (gamma-butyrolactone) est un produit chimique utilisé initialement comme un solvant industriel. « Utilisé comme stimulant sexuel ou excitant dans les clubs parisiens, le GBL, une fois entré dans l’organisme, se change en GHB, un anesthésiant utilisé en médecine et surnommé « drogue du viol ». Si cette substance se fait plus discrète depuis 2018, lorsque les autorités et le milieu de la nuit parisienne ont tiré la sonnette d’alarme, cela n’empêche pas sa consommation de perdurer, principalement dans des cadres privés. » Une overdose de GHB induit un coma ou le décès du consommateur.

Depuis sa condamnation, le quadragénaire a « été transféré à la prison de Giresun, à huit cents kilomètres d’Istanbul, ce qui rend les visites de ses proches impossibles. Son isolement est total ».

« Incarcéré depuis le 16 septembre 2017, il a été victime de violences aggravées commises par un codétenu, qui lui a infligé des brûlures en raison de son homosexualité et de son appartenance à la religion juive. Il est constamment l’objet d’intimidations et de harcèlement en vue de sa conversion à l’Islam »

Les avocats de Fabien Azoulay, dont Me François Zimeray, ont souligné l’innocence de leur client. En mai 2019, ils ont demandé son transfert, « une procédure complexe ». « La demande de transfèrement de Fabien n’a connu aucune évolution depuis bientôt novembre 2019. Selon ses avocats, Maîtres Carole-Olivia Montenot et François Zimeray : « Nous ne méconnaissons pas ce qui fait que les relations sont distendues entre la France et la Turquie, mais il n’est pas admissible que Fabien Azoulay en fasse les frais. Nous appelons au sens des responsabilités de part et d’autre pour qu’une solution humanitaire soit trouvée et qu’il soit transféré en France. »

Des institutions juives françaises, dont le CRIF et le B’nai B’rith France, se sont mobilisées en faveur de Fabien Azoulay.

Dans une lettre au président de la République Emmanuel Macron, les avocats de la famille de Fabien Azoulay ont alerté sur la condition dramatique du condamné dans une geôle turque. Ils y ont dénoncé « une audience expéditive et une condamnation anormalement lourde. Fabien est désespéré et ses jours sont en danger ».

Lancée par David Benaym, la pétition « Transférez Fabien Azoulay incarcéré en Turquie, harcelé, torturé car français, Juif et gay » a recueilli 120 189 signatures au 18 août 2021. Sous-titre : « Le Midnight Express de Fabien Azoulay, incarcéré en Turquie ». Cette pétition rappelait les faits et exhortait à transférer Fabien Azoulay dans une prison française. « La famille considère que le risque que Fabien attente à ses jours est réel. Elle compte sur l’implication du président Macron, désormais personnellement informé de la situation, pour mettre un terme à cette situation ».

Les présidents français et turc se sont entretenus pendant 45 minutes en tête-à-tête avant le début du sommet de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique nord) le 14 juin 2021, à Bruxelles (Belgique). Le président de la République Emmanuel Macron a twitté :

« J’ai pu évoquer le cas de notre compatriote Fabien Azoulay. Les conditions d’un transfèrement rapide avancent et je l’espère nous permettront d’aboutir dans les meilleurs délais. La discussion de ce matin produit des résultats d’ores et déjà utiles ».

Le 17 août 2021, sa mise à l’écrou a été signifiée à Fabien Azoulay qui a été incarcéré à la maison d’arrêt de La Santé.

« Quand l’administration [Quai d’Orsay ou ministère des Affaires étrangères, Ndlr] se retrouve dans une situation d’inertie, il n’est pas de meilleure arme que la mobilisation de l’opinion publique. La mobilisation a permis que les deux présidents, français et turc, se parlent. Les choses ont pu s’améliorer très rapidement », a déclaré Me Carole-Olivia Montenot, avocate de Fabien Azoulay, sur Radio J, le 18 août 2021.

Elle a demandé pour son client un accompagnement psychologique et par l’aumônier de La Santé. Elle a déploré que le parquetier ait interdit à Xavier Azoulay de voir son frère revenu de Turquie. Elle a remercié ceux qui se sont mobilisés en faveur du transfèrement.

Elle a annoncé qu’elle allait déposer pour son client des demandes de permis de communiquer, et une requête en adaptation de la peine turque pour importation de produit stupéfiant au droit français : recel de vente de GBL, une infraction punie d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Devrait suivre la « libération quasi-immédiate » de Fabien Azoulay, compte tenu des quatre années d’emprisonnement déjà effectuées.

 

Cet article a été publié le 8 juin 2016, puis les 25 septembre 2016 et 8 mai 2017.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Peter Polewka, dono da Livraria Urânia, mandava vir livros e revistas principalmente para a comunidade alemã da cidade

Peter Polewka na sede da Urânia

[Fonte: http://www.plural.jor.br]

Sorprende que para comprar un electrodoméstico al contado haga falta firmar un contrato

 

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Se trataba de comprar un simple electrodoméstico que cocina con rapidez y eficacia, y que, extrañamente, no se vende en las tiendas. La vendedora cuyo teléfono facilita alguien que ya adquirió el aparato solicita por correo apellidos, dirección de facturación, domicilio, DNI y fecha de nacimiento. Podía entenderse la petición del domicilio, puesto que el electrodoméstico se iba a enviar por algún sistema de reparto. Incluso el número de DNI. La fecha de nacimiento ya empezaba a escamar, pero esto no tiene mucha importancia para la intimidad porque se hace difícil de esconder.

Remitida esa información, llegan al día siguiente el enlace y la clave para acceder a un contrato digital que debe de estar alojado por las nubes, como el precio. Sorprende que para comprar un electrodoméstico al contado haga falta firmar un contrato. Bueno, la tolerancia del aspirante a comprador aún disponía de un margen.

El texto articulado contiene un montón de cláusulas absurdas. Pero una de ellas establece que el cliente permite la utilización de sus datos personales a la compañía vendedora.

El interesado pide de inmediato suprimir ese punto. La comercial argumenta que nunca le van a molestar con publicidad. A lo cual el ya desconfiado candidato a cliente pregunta que por qué quieren su autorización para usar los datos si no tienen intención de usar los datos. La intermediaria responde que esta situación nunca se le había dado antes, y que el contrato lo firma todo el mundo. El cliente, ya menos cliente que el día anterior, asegura que si le exigen los datos no hará la compra. Tras ese diálogo por WhatsApp, la agente comercial responde que consultará al responsable de apoyo a ventas, cuyo nombre cita (si bien debe de coincidir con el de unos seis millones de españoles).

Un par de fechas más tarde, al pretendido comprador le llega un correo del supuesto departamento de Protección de Datos de la empresa, que dice: “La cesión no conlleva tratamientos de datos para ninguna finalidad distinta a la de posibilitar la relación que formalizamos con usted”. O sea, quieren que se les cedan los datos pero total para nada. El cliente, finalmente, cansado de una burocracia cuando menos incomprensible, responde: “Estimado señor Departamento de Protección de Datos. (…) Mi voluntad es no autorizar el uso posterior de mis datos para ningún fin. Solo necesito saber si eso es incompatible con la adquisición”.

Y a partir de ahí, se hace el silencio.

El voluntarioso comprador inicial se preguntará a continuación por qué hace falta firmar un contrato para adquirir un simple electrodoméstico; y, sobre todo, por qué los vendedores renuncian a una venta de un aparato ciertamente caro (bastante más que un buen frigorífico) solamente porque el cliente no quiere que se usen sus datos para nada ajeno a la compra misma. Y se responde: Ajajajá, ¡son nuestros datos, amigos! ¡Tienen mucho valor y los quieren gratis! ¡Lo demás es pura pantalla!

Y así están todavía: los unos sin los datos y el otro sin cocinar. A ver quién aguanta más.

 

[Foto: SIPHIWE SIBEKO / REUTERS – fuente: http://www.elpais.com]

Escrito por Silvia C. Carpallo        

La juguetería erótica se ha sofisticado. Ya no se trata de crear «penes de goma», sino objetos de diseño que puedan resultar no solo prácticos, sino también atractivos a la vista. Tanto que incluso se llegan a convertir en objetos de coleccionista.

Con esa idea, la de tener un objeto exclusivo y no solo un vibrador para desfogarse en un momento dado, las marcas han creado algunos diseños que solo son accesibles para los bolsillos más afortunados.

El vibrador del millón de dólares

Ya en 2010 la revista Forbes se hacía eco de la idea del joyero australiano Colin Burn, que pretendía crear el vibrador más caro del mundo. Nada más y nada menos que un dildo valorado en un millón de dólares.

Se trata del Pearl Royale y sus creadores lo definen como «un lujoso vibrador en platino, adornado con más de 1.000 diamantes blancos, auténticos zafiros azules, brillantes perlas del mar del Sur de China y los mejores diamantes de color rosa del planeta».

Por aquello de aprovechar la inversión realizada, la pieza que controla el vibrador es extraíble y puede ser insertada en un collar.

Colin Brun anunciaba en su página web que a finales de este año presentará su nueva colección El arte del consolador, en la que se conocerá una serie de piezas únicas elaboradas en oro o plata, con variedad de piedras preciosas, perlas y diamantes. En esta misma colección se podrá observar con detalle el Pearl Royale como pieza central.

Un anillo para el pene un tanto excesivo

No todos los juguetes eróticos están pensados para la mujer ni exclusivamente para la penetración. Es el caso de los anillos para el pene, cuya versión más exclusiva es sin duda el JCobra Ring by Velv’or, que según su página web está valorado en 110.000 euros.

Se trata de un anillo para el pene realizado en oro, doblado ergonómicamente con la forma de una cobra, que se fabrica de forma individual y por encargo. El objetivo del mismo, según sus creadores, es ser tan versátil como un regalo exclusivo para la noche de bodas o una herramienta perfecta para estimular el perineo y masajear el primer chakra.

Es posible escoger el grado de exclusividad del regalito: tener simplemente el anillo –con la cobra en oro liso– o adornarlo con un diamante, perla o piedras preciosas en la boca del reptil.

Bañados en oro

Si bien estos son algunos de los juguetes diseñados por joyeros, que casi sirven más de exposición que de compañero de cama, las marcas de juguetería erótica más conocidas también cuentan con sus diseños exclusivos. Entre ellos destaca el vibrador INEZ, de la marca LELO.

Tal y como lo describen en la web, se trata de «una pieza de artesanía hecha por encargo, en acero inoxidable o bañada en oro de 24 quilates». Su valor es de 12.000 euros si se escoge la versión en oro, pero existe también otra algo más económica en plata por 5.900 euros.

No es esta la única pieza exclusiva bañada en oro que ofrece LELO. Precisamente con motivo de su 15 aniversario, la marca de juguetería erótica sueca ha lanzado una edición especial de un maletín fetichista que contiene 12 juguetes exclusivos que no pueden comprarse por separado: látigos, esposas, dildos anales, vaginales, bolas chinas, antifaces, plumas, etc.

Hay dos ediciones diferentes de este maletín aniversario: una disponible en zinc negro y otra rosa, con baño de oro rosa de 18 quilates. De la colección negra se han realizado un total de 800 maletines que se venden por 2.000 euros, mientras que de la colección rosa, más exclusiva, solo se han realizado 200 ejemplares, con un precio de 10.000 euros.

Placer esférico

Betony Vernon se define a sí misma como «diseñadora, antropóloga sexual y autora estadounidense radicada en París», aunque sobre todo es conocida por fabricar joyería erótica.

En su amplia colección, en la que puede encontrarse multitud de joyería de diseño enfocada al mundo BDSM, destaca su línea de «esferas sensuales». En la misma, llaman la atención sus «anillos de masaje doble esfera», diseñados para «acariciar cualquier área del cuerpo que responda al contacto erótico», y que en su versión en oro se puede comprar por 6.710 euros. Otra posibilidad es optar por un anillo de masaje en cadena realizado con perlas por 4.370 euros.

Por su puesto, en este placer esférico no podían faltar unas bolas de geisha, también conocidas como bolas de Ben Wa, que pueden adquirirse en plata de ley de 925 por 835 euros en su tamaño pequeño, con un diámetro de 22 mm, o en oro de 18 quilates, en su tamaño más grande, con un diámetro de 30mm, por 3.330 euros.

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

Il n’y a pas d’autre sujet plus pertinent à aborder au Brésil aujourd’hui que celui de la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée dans le pays.

Écrit par Ivan de Sampaio

Un projet cohérent ?   

Il n’y a pas d’autre sujet plus pertinent à aborder au Brésil aujourd’hui que celui de la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée dans le pays. En général, la presse a abordé ce sujet en se concentrant sur l’incompétence du gouvernement fédéral à combattre l’avancée du virus. Dans cet article, nous entendons montrer non pas l’analyse négative de l’action ou la négligence de la puissance publique, mais bien plutôt sa dimension active ou positive. Il est possible d’observer ces événements de l’année dernière au Brésil, non pas comme un échec du gouvernement, mais comme son succès dans la réalisation d’un projet de nation cohérent et engagé dans les orientations politiques générales du Palais du Planalto (Le Palais du Planalto est le siège du bureau du président de la République du Brésil). Ainsi, nous espérons montrer dans ce bref article une ligne cohérente qui relie le projet politique de Jair Bolsonaro et les actions du gouvernement face à la pandémie, indiquant que la situation actuelle du Brésil n’est pas le résultat d’un défaut, mais plutôt du triomphe et de l’efficacité d’un programme extrêmement transparent.

«la situation actuelle du Brésil n’est pas le résultat d’un défaut, mais plutôt du triomphe et de l’efficacité d’un programme extrêmement transparent»

Le discours minimisationniste du gouvernement

Dans un premier temps, il convient de faire une brève rétrospective de la manière dont le gouvernement fédéral a agi face à la pandémie au Brésil. Dans la liste des actions gouvernementales, la première, et peut-être la plus révélatrice, se trouve dans le discours présidentiel lui-même. Depuis la première déclaration publique jusqu’à aujourd`hui, le discours présidentiel est resté pratiquement inchangé. Jair Bolsonaro est resté irréductiblement opposé aux gestes barrières et farouchement réfractaires aux confinements mis en œuvre par certains des États membres de la fédération. D’ailleurs, son discours et ses pratiques publiques convergent. Le refus de porter le masque, l’insistance à serrer la main sous la caméra, les accolades et les baisers dans les rangs des supporters sont des comportements fréquents du président de la République.

Cette attitude réitérée de Bolsonaro a également servi d’encouragement pour ses partisans. Les réseaux d’extrême droite ont agi contre toutes les mesures, menées par les gouverneurs des États-membres, visant à contenir la pandémie. En plus de la diffusion massive de fake news par des groupes WhatsApp idéologiquement alignés avec le président de la République, ces réseaux ont organisé plusieurs manifestations avec de nombreux participants contre les confinements au niveau des États-membres. Certaines de ces manifestations ont même vu la présence du président lui-même, des membres du premier niveau de son gouvernement ainsi que des parlementaires alliés.

«Les réseaux d’extrême droite ont agi contre toutes les mesures, menées par les gouverneurs des États-membres, visant à contenir la pandémie.»

Dans ce sens, on peut voir que le discours et l’exemple de Bolsonaro sont aussi des directives politiques générales pour les membres du gouvernement. Ainsi, cette attitude de refus aux gestes barrières est devenue le « protocole officiel » du gouvernement fédéral. À ce moment, l’un des rares à avoir refusé de suivre pleinement la directive du Palais du Planalto était le ministre de la Santé de l’époque, Luiz Henrique Mandetta. En allant à l’encontre des directives présidentielles, il n’est pas surprenant que le ministre ait été démis de ses fonctions à la mi-avril 2020, un moment critique de la pandémie au Brésil. Bolsonaro a nommé un autre médecin pour prendre en charge le ministère de la Santé, mais il n’a pas tenu 30 jours en fonction. Puis, le général Pazuello, un homme dont la spécialité est de suivre les ordres, a pris le poste.

La campagne de vaccination

Au cours de son service au ministère de la Santé, qui a duré près d’un an, le général Pazuello a refusé d’acheter la quasi-totalité des vaccins en cours de développement, obligeant les États à conclure des accords individuels pour acquérir les vaccins. Au même moment, les laboratoires de l’armée ont commencé à produire le médicament hydroxychloroquine, et le ministère de la Santé a lancé sa campagne de distribution du remède dans un paquet de « traitement précoce » de la Covid-19. À ce stade, le discours officiel de la présidence présente une contradiction apparente. Tout en refusant d’acheter des vaccins au motif qu’ils étaient encore en cours de développement et qu’il n’y avait aucune garantie de leur efficacité, il a distribué massivement un médicament dont l’efficacité pour traiter la maladie n’est pas scientifiquement prouvée. Le problème à ce stade n’a jamais été l’efficacité ou non du médicament ou des vaccins. L’insistance du gouvernement sur le traitement précoce est fondée sur l’effort de postuler l’existence d’un « remède » pour la maladie. Qu’elle existe ou non est moins pertinent, l’important est de créer une atmosphère favorable pour que les gens adhèrent au discours officiel de minimisation de la pandémie et fassent fi des mesures de confinement mises en place dans les états. Pour le gouvernement, l’hydroxychloroquine était le placebo immédiatement disponible, le vaccin n’était qu’une promesse future. De plus, la maladie que le gouvernement cherchait à guérir n’était jamais la Covid-19, mais plutôt le confinement.

Avec la promesse de l’arrivée des premières doses de vaccin, assurée par l’Institut Butantã à São Paulo, le gouvernement fédéral a commencé à agir de manière à entraver la campagne de vaccination, en soulevant des discours antivaccins et en mettant en doute la sécurité du sérum avec un discours xénophobe face à l’origine chinoise du laboratoire partenaire de l’institut à São Paulo. Parallèlement, l’administration fédérale a cherché à acheter n’importe quel vaccin dans le monde entier, dans le seul but de remporter la victoire symbolique de l’application de la première dose avant la campagne de vaccination du gouverneur de São Paulo.

Les efforts du gouvernement fédéral dans cette course à la première dose n’ont pas été fructueux. En tout état de cause, les actions visant à retarder la campagne nationale de vaccination ont été efficaces. Le Brésil possède l’un des plus grands systèmes de santé publique au monde, une tradition de campagnes de vaccination et une infrastructure installée capable d’appliquer 5 millions de doses de vaccin par jour. Mais, devant les efforts actifs du ministère de la Santé, qui a boycotté l’élaboration d’un plan national d’immunisation, jusqu’au début avril 2021, seulement un peu plus de 5 millions de personnes avaient reçu les deux doses du vaccin.

L’aide d’urgence

D’autre part, contrairement aux actions du gouvernement, à partir d’avril 2020, l’aide d’urgence fédérale est entrée en vigueur. La suspension des contrats de travail a été autorisée, et les personnes qui n’étaient pas protégées par la sécurité sociale ont commencé à recevoir une allocation mensuelle, dont les valeurs varient entre 600 R$ (85 €) et 1200 R$ (170 €). Ces actions ne sont pas nées de l’initiative du gouvernement fédéral, elles sont le résultat d’une imposition au gouvernement. Après une forte pression politique, le ministère de l’Économie a présenté une proposition d’aide de seulement 200 R$ (30 €) par mois. Le Congrès national, principalement à l’initiative des partis d’opposition, a imposé un montant plus élevé au gouvernement. Malgré cela, l’aide a pris fin en décembre 2020. Elle n’a pas été renouvelée en 2021. Le pays a vécu le pire moment de la pandémie sans soutien financier pour les plus défavorisés, poussant les travailleurs les plus vulnérables économiquement à s’exposer au virus. La nouvelle aide offerte par le gouvernement fédéral n’a commencé qu’en avril 2021, alors que le Brésil comptait déjà le plus grand nombre de décès par jour dû au Covid-19 dans le monde, en chiffres absolus et relatifs. De plus, dans cette deuxième édition, l’aide a été drastiquement réduite à un montant compris entre 150 R$ (22€) et 350 R$ (50€) par mois, somme insuffisante même pour garantir la sécurité alimentaire dans un pays où le coût moyen du panier-repas de base est de 640 R$ (91 €).

La stratégie de l’immunité grégaire

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses actions du gouvernement fédéral réalisées en rapport avec la pandémie. Notons qu’à aucun moment, il n’a été dit ici qu’il s’agissait d’actions pour combattre la pandémie. Ceci, pour une raison très simple, le but du gouvernement n’a jamais été d’empêcher la circulation du virus. Ainsi, nous arrivons au point crucial qui donne une cohérence et un sens précis aux actions du gouvernement brésilien au cours de l’année dernière. L’action efficace du gouvernement avait pour principal objectif de favoriser la circulation du virus. L’idée, lancée au début de la pandémie, d’une « immunité grégaire » n’a jamais disparu des ambitions du gouvernement fédéral. L’importance de cette insistance renvoie au projet politique plus large du gouvernement actuel. Tout d’abord, il convient de rappeler qu’il n’existe aucune preuve scientifique sûre permettant de postuler l’efficacité réelle de l’immunité générale après l’infection par le virus, et les cas de réinfection déjà documentés augmentent l’incertitude de cette hypothèse. Mais, même si ce doute n’existait pas, le fait est que les modèles mathématiques élaborés par l’Imperial College indiquent le chiffre de plus d’un million de décès au Brésil avant d’atteindre la supposée « immunité collective ». Ces mêmes modèles, qui ont effrayé d’autres politiciens de droite comme Boris Johnson, n’ont pas découragé Bolsonaro à mettre en oeuvre  son programme.

Des morts acceptés ?

«Pour le président, succomber à la maladie est une marque de faiblesse, une indication que la personne malade n’est pas un spécimen digne de figurer parmi son peuple.»

La raison principale de la résistance du gouvernement sur ce point n’est pas seulement un conformisme indifférent à l’égard des victimes. En effet, l’agenda fédéral effectif est une politique active d’extermination motivée par l’ambition de l’eugénisme. Ce n’est pas sans raison que le discours officiel du président parle du Covid-19 comme d’une « petite grippe » qui ne le menacerait pas au vu de son « record d’athlète » et que le Brésilien « doit être étudié, car il n’attrape rien ». Pour le président, succomber à la maladie est une marque de faiblesse, une indication que la personne malade n’est pas un spécimen digne de figurer parmi son peuple. Tout comme chercher à se protéger de la contagion est un signe de « lâcheté ». Cette trace d’instrumentalisation de la mort pour purger le peuple brésilien de ses maux endogènes n’est pas une nouveauté, mais plutôt une constante dans pratiquement toute la carrière politique de Jair Bolsonaro. La peine de mort, l’extermination des opposants, l’incitation à l’armement, l’ode à la guerre civile, sont des thèmes fréquents dans les manifestations de Bolsonaro, parfois même ensemble, comme dans une interview de 1999, où Bolsonaro déclare : « Cela ne changera malheureusement que lorsque nous partirons pour une guerre civile, en faisant un travail que le régime militaire n’a pas fait. Tuer quelque 30 000 personnes ».

Dans cette optique, l’esthétique même adoptée par le gouvernement, à plusieurs reprises, fait explicitement référence aux symboles suprémacistes. Les discours en direct de Bolsonaro avec ses conseillers où tout le monde prend un verre de lait pur, ou encore le cas le plus explicite, lorsque l’ancien secrétaire à la Culture du gouvernement a fait une annonce vidéo d’un programme national, reproduisant en détail un discours de Goebbels. Récemment encore, l’un des assistants présidentiels a fait, devant les caméras, un geste suprémaciste au Sénat. Ce sont des comportements, des gestes et des symboles fréquents et le gouvernement en est truffé et la gestion de la pandémie est la matérialisation pratique de ces symboles.

Des groupes défavorisés d’autant plus touchés par le virus

À contrario, il serait possible de postuler que la pandémie aurait un caractère aléatoire et que les décès ne pourraient être contenus ou dirigés vers des groupes sociaux spécifiques. Le Brésil a donné des preuves que ce n’est pas vrai. Même avec un virus à diffusion aérienne et qui circulait d’abord parmi les classes les plus aisées, les inégalités sociales dans le pays ont réussi à faire en sorte que les taux d’infection et de décès les plus élevés soient ceux des plus pauvres. Dans les études sur la prévalence du virus dans la population, il est étonnant de constater que les taux les plus élevés se trouvent précisément dans les quartiers les plus pauvres des villes. Comme si cela ne suffisait pas, même la campagne de vaccination pourrait être censitaire, puisque la Chambre des députés, avec le soutien des partis au pouvoir, a approuvé l’autorisation pour les entreprises privées d’acquérir des vaccins et de promouvoir leurs propres campagnes de vaccination. Ainsi, ceux qui peuvent payer le vaccin sont autorisés à sauter la ligne du système de santé publique. Les décès ne sont pas aléatoires.

Si d’une part les actions du président sont le signe à travers duquel on peut comprendre le projet qui guide la gestion de la pandémie au Brésil, d’autre part il faut reconnaître qu’il n’agit pas seul. Une bonne partie des églises évangéliques néo-pentecôtistes du pays, importante base de soutien du gouvernement, lorsque plus de 4 000 morts par jour étaient dénombrés par la Covid-19, ont même mobilisé le pouvoir judiciaire pour tenter de maintenir les temples ouverts. On ne peut que supposer qu’il s’agissait d’une tentative pour amener leurs fidèles à rencontrer Dieu plus vite. Les militaires, quant à eux, n’avaient jamais eu une participation aussi importante au gouvernement fédéral, même si l’on considère les deux décennies de dictature militaire entre les années 1960 et 1980. Pour reprendre les termes de Gilmar Mendes, ministre de la Court Suprême (STF) : « l’armée s’associe au génocide ». La phrase du ministre est si assertive qu’elle a provoqué une réaction immédiate des militaires, dans une indignation typique de ceux qui n’ont pas de défense.

Le fait est que le gouvernement a trouvé de nombreux partisans prêts à s’associer à ce crime contre l’humanité. Ce n’est qu’à la mi-avril qu’une réaction institutionnelle directe à ce programme d’extermination a commencé à se manifester. La « CPI da Covid » a été créé au Sénat fédéral pour enquêter sur les actions du gouvernement pendant la pandémie. En tout état de cause, le scénario concernant la responsabilité effective de ce crime n’est pas particulièrement encourageant. Le président lui-même a déjà accumulé plus de 100 demandes de destitution, dont le traitement est bloqué par la présidence de la Chambre des députés. L’histoire institutionnelle du Brésil elle-même regorge des crimes pour lesquels personne n’a jamais été tenu responsable et qui restent sans compensation, surtout si l’on pense à ces crimes qui ont fait des victimes non pas d’une seule personne, mais de tout un peuple. À titre d’exemple, il suffirait de rappeler que le Brésil est le pays qui a maintenu en esclavage le plus grand nombre de personnes noires dans toute l’histoire coloniale de l’Occident et que l’esclavage a pris fin sans aucune sorte d’initiative publique pour compenser les victimes directes ou leurs descendants.

«L’histoire institutionnelle du Brésil elle-même regorge des crimes pour lesquels personne n’a jamais été tenu responsable. À titre d’exemple, il suffirait de rappeler que le Brésil est le pays qui a maintenu en esclavage le plus grand nombre de personnes noires dans toute l’histoire coloniale de l’Occident et que l’esclavage a pris fin sans aucune sorte d’initiative publique pour compenser les victimes directes ou leurs descendants.»

Face à ce massacre, la première étape importante est de l’appeler par son nom. Le Brésil connaît aujourd’hui un crime contre l’humanité. Pas une figure rhétorique, pas une utilisation politique des morts de la pandémie, l’extermination est le seul terme qui nous permet de commencer à décrire ce qui se passe au Brésil. Il est impératif de ne pas hésiter à le dire en toutes lettres. La victoire sur la pandémie en dépend. Il n’est pas possible d’avoir un Brésil sain et un autre qui étouffe. Traverser la pandémie, la laisser derrière soi ne sera possible que face à cette reconnaissance. Le refus répété de réparer le passé conduit à une incapacité effective de le laisser passer, de telle sorte que l’extermination des peuples traditionnels, l’esclavage, les dictatures brésiliennes ne sont jamais complètement passés, leurs effets restent vivants et aujourd’hui tous se manifestent et se répètent dans le gouvernement de la pandémie. Sans reconnaissance de ce crime contre l’humanité en tant que telle, sans responsabilisation de tous ceux qui y ont été associés ou collaboré, la pandémie ne passera pas non plus. Le Brésil marche pour devenir une couveuse mondiale de variantes virales, pour éviter que le pays ne devienne ce grenier à épidémies, il est impératif d’empêcher que les crimes de l’actuel gouvernement deviennent une autre tombe commune de l’histoire.

 

[Photo de l’auteur – source : citeunie.org]

¿Sigue siendo importante la sostenibilidad del vino? Con esta pregunta Lulie Halstead, de Wine Intelligence, nos adelanta algunas de las claves del mercado del vino en Estados Unidos que se pueden extraer del informe « Opportunities for sustainable and organic wine in the US market 2021 », elaborado por la consultora británica.

La respuesta, según Halstead, es sí, aunque las percepciones de los consumidores sobre lo que constituye la ‘sostenibilidad’ en el vino están evolucionando desde la pandemia, e interrelacionándose con otras cuestiones de tipo ético.

La CEO de Wine Intelligence explica en un nuevo artículo publicado en su sitio web que el consumo sostenible es una tendencia que viene de la mano del consumo local, y se trata además de una corriente que ocurre no solo en los EE.UU. sino también en otros mercados.

« Los consumidores conocen bien los beneficios ambientales de comprar productos locales, como menos kilómetros y una cadena de suministro más pequeña y transparente », señalando que este cambio de hábito se ha manifestado especialmente a partir del año 2020.

Cuando se trata de saber quién está liderando esta nueva economía hacia la sostenibilidad, parece que « son los bebedores de vino masculinos quiénes tienen una mayor conexión con la sostenibilidad que las bebedoras de vino », añade, « con una mayor proporción de hombres que afirman que están dispuestos a gastar más en un producto sostenible ».

Por edades, « son las generaciones más jóvenes (Gen-Z y Millennials) los que están significativamente más conectados con la sostenibilidad en el vino », revela Halstead.

Ahora bien, el gran reto que plantea la consultora es como pueden hacer frente a este cambio los mercados del vino. Es decir, ¿cómo exportar y vender vino a miles de kilómetros, cuando los consumidores buscan precisamente lo contrario, vinos locales y con pocas emisiones que dañen al medio ambiente. « ¿Cómo puede un negocio del vino superar el localismo en los mercados de exportación? », señala la CEO.

La respuesta a este desafío podría estar en la propia naturaleza del vino. « Dadas las asociaciones positivas que los consumidores ya tienen con el vino y las asociaciones generales con el vino como producto natural, quizás una forma de que los exportadores superen el movimiento hacia el localismo sea reiterar los elementos ‘naturales’ de nuestra categoría », explica y añade para concluir que, « quizás un desafío clave, y una oportunidad, para el vino radica en el hecho de que los bebedores de vino creen actualmente que el vino, particularmente el vino en botellas de vidrio, ya es ‘sostenible’, en comparación con otras categorías de bebidas. De hecho, indicar que un vino es natural en la etiqueta frontal aumenta un 8% la probabilidad de compra entre los bebedores de vino de EE. UU ».

¿Cómo está afectando al mercado español el consumo sostenible?

A falta de informes concretos del sector del vino sobre el consumo sostenible, la consultora Accenture ha publicado recientemente algunos datos que pueden arrojar algo de luz al respecto.

En este sentido, 6 de cada 10 consumidores españoles realiza compras más ecológicas, sostenibles o éticas desde la pandemia, según esta firma de servicios.

En concreto, « el 60% de los consumidores afirma realizar compras de marcas socialmente responsables desde que estalló la pandemia del coronavirus, y es probable que 9 de cada 10 consumidores continúe haciéndolo después de la pandemia », aseguran desde Accenture. Unos datos muy similares a los del Informe de Wine Intelligence, en los que señalaban que el 58% de los bebedores habituales de vino dicen que se preocupan por el cambio climático y están tomando medidas para reducir su impacto personal, mientras que casi la misma proporción de bebedores habituales de EE. UU. (56%) eligen productos locales.

En cualquier caso, lo que parece claro es que el coronavirus ha cambiado las prioridades de los consumidores hacia productos más sostenibles, ecológicos y locales. « En muchos casos, los usuarios han aprovechado la pausa vital causada por la pandemia para reflexionar sobre el propio consumo, provocando una tendencia creciente hacia el consumo a nivel local, de forma consciente y con conciencia sobre los costes y el impacto medioambiental. En este sentido, el 56% de los usuarios compra en tienda de barrio o productos de origen local, y 8 de cada 10 personas encuestadas afirma tener la intención de continuar con estos hábitos de consumo cuando la nueva normalidad sea una realidad », revelan desde Accenture.

Además, desde la consultora señalan las cinco claves para mejorar la posición de las marcas ante esta nueva tendencia: « Tener un propósito de marca diferenciado, conocer a los clientes, humanizar las relaciones en la omnicanalidad, reinventarse o morir y rediseñar las dinámicas para orientarse al cliente, como son la nueva psicología de cliente y acercamientos más personalizados ».

 

[Fuente: http://www.vinetur.com]

 

 

Des godes aux plugs anaux en acier, de nombreux objets sexuels sont notamment fabriqués sur place dans le pays.

En façade, les entreprises suivent en effet des activités bien plus classiques. | Gwen Mamanoleas via Unsplash

En façade, les entreprises suivent en effet des activités bien plus classiques.

Repéré par Robin Tutenges 

Pas de magasin physique, des ventes en ligne, via les réseaux sociaux ou grâce au bouche-à-oreille, le commerce des jouets et objets sexuels au Pakistan se veut discret. Et pour cause, leur fabrication et leur vente sont interdites. Un marché noir s’est pourtant secrètement structuré, rapporte dans une enquête le média Vice USA.

En matière de sex-toys, c’est à Sialkot, une ville du nord du pays, que tout se passe. Dans la région et même dans le monde, Sialkot est surtout connue pour produire des instruments chirurgicaux en acier ainsi que des ballons de football en cuir. Et c’est justement ce savoir-faire dans le cuir et l’acier qui a poussé certains habitants de la ville à se lancer dans la confection et la vente d’objets destinés aux plaisirs sexuels.

Godes ou plug anal en acier, tenue ou accessoire en cuir: les petits fabricants et commerçants ne manquent pas d’imagination. Il faut dire que les bénéfices promis sont alléchants. Selon le média américain, ces commerçants peuvent même atteindre des revenus mensuels 5 à 10 fois supérieurs au revenu moyen du pays. Même son de cloche chez The Economiste qui, dans une enquête de 2017, expliquait qu’une petite entreprise pakistanaise pouvait faire jusqu’à 200% de bénéfice sur un corset ou un uniforme de policier pervers en cuir, contre seulement 25% sur des vestes et des gants classiques -son activité d’origine.

En façade, les entreprises suivent en effet des activités bien plus classiques, au point que certains des ouvriers ne savent même pas quel type de produit ils confectionnent en cachette. «C’est juste un autre morceau de métal pour eux», explique à The Economiste un chef d’entreprise pakistanais, en regardant ses employés lisser des tubes en acier, pensant fabriquer des instruments chirurgicaux. Ce sont en fait des godes.

Risque de prison

L’on pouvait s’y attendre, dans un pays tel que la République islamique du Pakistan, qui reste très conservateur, vendre des boules de geisha ou des cages à pénis cadenassables n’est pas très bien vu.

La fabrication, la vente, la publicité et l’achat de ce type d’objet sexuel est même passible d’une amende et d’une peine d’emprisonnement de trois mois, en vertu de la loi sur les objets obscènes, ajoute Vice. Un jeune étudiant avait notamment été arrêté en 2017 pour en avoir vendu.

Tout se passe donc en ligne, pour le commerce local comme pour les ventes à l’international. Des plateformes comme Alibaba et Amazon permettent de faire prospérer les affaires. Mais, là encore, la discrétion et la prudence sont de mise: de faux clients passeraient également des commandes pour, ensuite, se faire un malin plaisir à livrer le vendeur à la police. Une tout autre façon de prendre son pied.

[Photo : Gwen Mamanoleas via Unsplash – source : http://www.slate.fr]

Compre nuestro producto ‘prémium’, sea abonado ‘prémium’, usted ha sido elegido usuario ‘prémium’. ¿Qué puede ir mal?

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Las empresas ofrecen a sus clientes productos “premium”, palabra que no figura en el diccionario académico y cuyo uso ha experimentado un ascenso vertiginoso en español durante los últimos años, según se aprecia en la gráfica que ofrece el visor Ngram, de Google (una información con carencia de datos concretos pero aun así útil). Este aumento se debe seguramente a su proliferación en el mundo de los negocios, sola o en compañía de otras, casi siempre a partir de construcciones en inglés: premium (prima, bonus), installment premium (prima a plazos), return premium (prima de devolución), bond premium (prima de fianza), reinsurance premium (prima de reaseguro), premium-rate (máxima tarifa), premium deal (oferta extraordinaria).

A partir de esa influencia anglosajona se han formado locuciones nuevas que han venido a sustituir a las precedentes. Antes se decía “de alta gama” o “de primera clase”, “de lujo”, “superior”, “prioritario”, “privilegiado”, “para clientes oro”… Ahora nos ofrecen “canales [de televisión] premium”, ser “abonado premium”, “cliente premium”, comprar un “producto premium”, formar parte de un “segmento premium”…, incluso se anuncian “accesorios de cocina premium”.

Este adjetivo se oye en dos versiones en España: hay quien lo pronuncia prímium y quien prefiere prémium. En el primer caso se reproduce la palabra tal cual se usa en inglés. Pero quienes atisban en el término su origen latino eligen prémium (que debería llevar tilde, igual que “acuárium”, “álbum”, “critérium” o “péplum”).

Las vueltas que ha dado este vocablo hasta llegar a la economía actual y a las ofertas comerciales.

En la lengua de Roma se escribía praemium, y significaba “prerrogativa”, “ventaja”, “beneficio”, “premio”, “recompensa”. De aquel étimo latino deriva la palabra castellana “premio”, que significa más o menos lo mismo que su antecesora: recompensa, galardón, remuneración por algún mérito…, además de la cantidad que se gana en un sorteo. Y también “prima” (en el sentido no parental), que el español tomó del francés prime con un significado muy similar (tal vez idéntico) a “premio”: la prima se concede como recompensa. Por tanto, viene a coincidir con lo que ahora nos plantean en la publicidad, ya se trate de una suscripción televisiva o de un gimnasio: será usted premiado si acepta nuestra oferta.

Y sí, podemos elegir la pronunciación más afín a nuestro genio del idioma; es decir, la más próxima al latín: prémium. Pero aun así se estará empleando un anglicismo, pues el término nos llega desde el inglés. Por tanto, se trata de un latinismo en inglés y de un anglicismo en español. No pasa nada, no es grave si eso sirve para algo.

Pero ¿sirve para algo? Sí: a menudo sirve como anzuelo de incautos.

Compre nuestro producto prémium, sea un abonado prémium, lo hemos identificado a usted como usuario prémium. ¿Qué puede ir mal cuando nos regalan los oídos?: Esta palabra nos invita a imaginarnos clientes escogidos, la crema de la sociedad, la cúspide de los mortales… y, ojo, a relajar la guardia como consumidores, porque la adulación siempre ablanda el ánimo. A veces resultará que verdaderamente somos tan prémium para la compañía como nos habían dicho, y que por eso no consienten que nos demos de baja. El camino de rosas que hallamos al entrar se convierte en laberinto para salir. Habrá que tener las orejas tiesas, por si acaso. Aquellas famosas “acciones preferentes” se habrían llamado ahora “acciones prémium”.

[Imagen: PAVLO GONCHAR / SOPA / LIGHTROCKET / GETTY IMAGES – fuente: http://www.elpais.com]

Más educación nutricional, menos accidentes en el súper.

La presencia de semáforos nutricionales y el uso de aplicaciones para leer etiquetas alimentarias evidencian la complejidad que entraña comprar comida en ciertos espacios.

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Escrito por Laura Caorsi

En un lineal del supermercado, entre las cajas de cereales y galletas, hay juguetes que se ofrecen a los niños y que están a la altura de sus ojos. En otro, a la altura de los tuyos, hay snacks de maíz, arroz o patata con aroma a albahaca, a jamón o a mantequilla. Habías ido a comprar comida, pero de pronto estás eligiendo fragancias. El súper como perfumería. El súper como juguetería. El súper como paseo y como espacio de novedad. El súper como acto festivo y lugar de ocio familiar. Como ciudad de tentaciones en la que es muy fácil distraerse.

Manejarse en el supermercado se parece mucho a conducir por la ciudad: el ritmo del tráfico y la cantidad de estímulos que compiten por nuestra atención nos obligan a procesar mucha información en poco tiempo, a tomar decisiones con rapidez y a interpretar -con mayor o menor acierto- la infinidad de señales que aparecen en el camino. La diferencia es que para conducir un coche recibimos educación vial, mientras que a hacer la compra vamos confiados y expuestos.

Elegir alimentos en las grandes superficies se ha transformado en un acto complejo, muy diferente a la experiencia que nos ofrece una tienda tradicional. Esa complejidad puede apreciarse, por ejemplo, en las múltiples versiones que hay para un mismo producto, pero sobre todo se puede ver en las nuevas herramientas e instrumentos que utilizamos para comprenderlas compararlas entre sí, desde etiquetas nutricionales con advertencias o colores hasta aplicaciones para decodificarlas con el móvil. El calibre de las soluciones es un indicador del tamaño de los problemas, y un buen ejemplo de esto lo encontramos en la industria automotriz.

Del Ford T a las etiquetas de los procesados

El primer semáforo del mundo se instaló en Londres en 1868, pero su uso se popularizó en Estados Unidos en la década de 1910. La expansión de los semáforos coincidió con el auge del Ford T, el primer coche asequible de la historia para las clases trabajadoras. Ese coche, del que se vendieron más de 15 millones de unidades, fue un hito del diseño industrial y lo cambió todo para siempre: desde el concepto de producción en cadena hasta el aspecto de las ciudades y el movimiento de la población. La fabricación de vehículos barata y veloz modificó también el ritmo de vida en las calles, el tráfico, la frecuencia de los accidentes y la movilidad. Generó un problema que antes no existía y, con él, su consecuencia inmediata: la necesidad de poner orden en el caos.

Con los ‘semáforos’ nutricionales ocurrió algo parecido. Antes de 1989, no había. Y no había porque no eran necesarios. Sin embargo, la oferta masiva de productos procesados baratos, sabrosos, poco saludables y en formatos cada vez más grandes alteró por completo el panorama. Aumentó la variedad (y, con ella, nuestras dudas) e incrementó las tasas de obesidad, cuya prevalencia se ha triplicado desde 1975. Así, aunque los primeros modelos de etiquetado nutricional frontal se adoptaron antes del año 2000, su expansión se disparó en el siglo XXI, coincidiendo con el auge de la industria alimentaria.

Los semáforos -nutricionales o callejeros- son instrumentos pensados para ordenar un entorno dinámico y complejo. Pueden funcionar mejor o peor, estar más o menos visibles. Pueden tener defectos de fábrica o sustituirse por otros más modernos. Pero, más allá de sus mecanismos, de su funcionamiento concreto, es su presencia la que evidencia la complejidad. No hay semáforos nutricionales en las fruterías, del mismo modo que no hay semáforos de tráfico en los pequeños pueblos.

Del GPS al traductor nutricional 

Manejarse en el supermercado se parece mucho a conducir por la ciudad, sobre todo cuando la ciudad es desconocida y necesitamos orientarnos. La cartografía y los sistemas de navegación siempre han sido útiles para movernos en lugares que no controlamos o en vías con mucho tráfico donde todo pasa muy deprisa y no sabemos cuál es la decisión óptima para llegar a destino. En los viajes, esa labor la cumplen los mapas impresos, los dispositivos de GPS o nuestros teléfonos inteligentes.

En el supermercado también usamos mapas y guías. Las listas de la compra que hacemos en casa desempeñan esta función: nos sirven para trazarnos una ruta, seguir un orden concreto, no olvidarnos de nada y evitar algunos desvíos. Pero ahora tenemos más herramientas a nuestra disposición, como las apps nutricionales que escanean el etiquetado de los productos y nos muestran si son saludables o no.

Con más de diez millones de usuarios en apenas cuatro años de existencia, Yuka es la aplicación que lidera el mercado de la traducción nutricional. Le siguen otras, como My Real Food u Open FoodFacts, con un millón de usuarios cada una; El Coco, con cien mil; e Infood, con unos diez mil usuarios. Las aplicaciones nutricionales son herramientas de navegación y, más allá de su eficacia o de su grado de fiabilidad, su existencia y su éxito nos están contando lo vertiginoso y complejo que se ha vuelto elegir alimentos en ciertos espacios. Si las usamos es porque desconocemos el camino, porque tememos perdernos o porque nos sentimos perdidos.

El asunto abre un debate. Por un lado, podríamos sostener que estas apps ayudan a las personas a tomar mejores decisiones y que, por tanto, son una herramienta de poder al alcance de los usuarios. Por otro, podríamos afirmar lo contrario: que nos vuelven más dependientes y vulnerables, ya que delegamos la decisión y el manejo de la información en un sistema externo; un sistema que puede ser útil, pero que no fomenta nuestro aprendizaje.

¿Necesitamos hacer un curso para comprar alimentos cotidianos? El contexto y los especialistas sugieren que sí, que la educación nutricional es clave para tomar mejores decisiones, ya que la decisión última de compra es nuestra. Ahora bien, tampoco es justo depositar toda la responsabilidad en el consumidor; no vale culpar a las personas de su mala alimentación (y sus nefastas consecuencias) por no saber manejarse con soltura en un entorno obesogénico ni estar preparadas para distinguir entre publicidad e información.

Elegir alimentos en un contexto complejo, donde los envases muestran y esconden datos a conveniencia, es un acto de alto consumo energético: requiere tiempo, organización, reflexión… unos recursos que, muchas veces, nos faltan. La vorágine que nos arrastra muestra que toda acción tiene unos costes y que, cuando los costes son elevados, tendemos a delegar los esfuerzos. El sistema nos lo pone en bandeja.

Con todo, no hay que perder de vista que, una vez hecho el trabajo de comprensión y aprendizaje, la fricción y la incertidumbre se reducen, igual que cuando aprendes el camino de regreso a casa o dónde están los cruces peligrosos. En ese sentido, la educación nutricional es como la educación vial: ayuda a cometer menos imprudencias, a ganar seguridad y a reconocer y denunciar las temeridades ajenas, como las que cometen algunas empresas. Cuando el entorno es agresivo, aprender a defenderse es vital.

 

 

[Fuente: http://www.bitacora.com.uy]

¿Qué le debemos a Hernán Cortés, ese extranjero que tanto contribuyó a nuestro presente? Este ensayo bosqueja algunas posibles respuestas.


Escrito por Kyra Galván

Todavía en febrero del 2020 gozábamos de la vida como unos chiquillos. Recuerdo que unas de mis últimas salidas fueron dos días consecutivos a la Feria de Minería: una para presentar mi libro de poesía, Anatomía de la escritura, publicado por la UAM Xochimilco, y la otra, una presentación colectiva de escritoras organizada por Sara Sefchovich, en la que participé. La adrenalina que produce presentar un libro y pasear por las calles del Centro Histórico es exhilarante e inexplicable. Poco sabía yo que a la vuelta de la esquina nos acechaba un desastre, una tragedia. Tres semanas después nos preparábamos para una encerrona de cuarenta días, tratando de evitar los contagios de un virus nuevo y terrible, del que no sabíamos ni cómo defendernos. Los cuarenta días se convirtieron en cien y se han extendido un año entero. Al día de hoy han muerto más de 200 000 personas en México.

Lo que hemos vivido desde entonces apenas lo estamos digiriendo, pensando, analizando. El virus nos obligó a recluirnos en los hogares, a renunciar al contacto físico, a las reuniones de amigos, a las tertulias. Nos orilló a estar más en contacto con nosotros mismos y nuestra sombra, y aunque el uso de las plataformas digitales nos permitió seguir trabajando, discutiendo, enseñando y aprendiendo, la falta de contacto humano nos ha provocado un vacío, angustia, depresión.

La situación de incertidumbre hacia el futuro, la parálisis de la economía y su consecuente crisis, el miedo al contagio, a la enfermedad y a la muerte, que podemos encontrar en cualquier lugar cuando salimos a la calle, nos han traído una sensación de ahogo y asfixia.

Tampoco es casual que esta sensación esté relacionada con la enfermedad misma que provoca el SARS-covid-19. Curiosamente, en sus fases más graves, el coronavirus provoca tos, baja oxigenación, coágulos en los pulmones y asfixia, como más de un siglo antes provocaba la tuberculosis. En aquel entonces los doctores recetaban a los enfermos aire limpio del campo, cambio de escena. Quizá lo que este virus nos está diciendo y no queremos escuchar es que necesitamos un cambio de escenario, un nuevo sistema económico que no esté basado nada más en el consumo, una nueva manera de relacionarnos, de trabajar, de convivir. De adaptarnos a una economía de guerra virológica. La situación política de ineptitud ante la tarea de administrar un país de manera responsable, saludable y sin corrupción —aunada a la violencia del narcotráfico y el crimen organizado, la violencia hacia las mujeres y un sistema de salud colapsado— contribuye a aumentar esa sensación de opresión, sofocamiento y asfixia que los mexicanos sentimos todos los días.

Estamos indefensos ante un enemigo que no conocemos, contra el que nuestros cuerpos no tenían ninguna defensa. Estamos ante una situación de guerra que varias de nuestras generaciones nunca habíamos vivido. Lo vivieron los pueblos indígenas, cuando en el barco en que venía Pánfilo Narváez, procedente de Cuba en 1520, viajaba un negro llamado Francisco, que traía el virus de la viruela. La enfermedad se esparció como lumbre, sobre todo entre la población indígena, que no tenía resistencia alguna ante el virus desconocido. Según las crónicas, después de que brotaban las pústulas, la gente moría en tres o cuatro días, en un estado de fatiga tan grande que eran incapaces de cuidarse unos a otros, muriendo familias enteras. Estoy segura de que entre ellos recorría una sensación de miedo, angustia y ahogo, causada por la rara enfermedad y por la guerra que habían traído los extranjeros.

Es dentro de circunstancias parecidas que celebraremos el aniversario de quinientos años de la caída de Tenochtitlán, el próximo 13 de agosto de 1521. Por obvias razones, la conmemoración será deslucida y opaca. Me gustaría analizar aquí, sin embargo, no la guerra de conquista llevada a cabo por Hernán Cortés de 1519 a 1521, sino los primeros nueve años posteriores a la Conquista. Esto es porque considero que ese periodo fue fundamental para moldear la realidad y la idiosincrasia de un país mestizo, híbrido y desigual, donde se imprimió para siempre una manera de actuar, de gobernar, de pensar y de relacionarse con los demás, que es resultado de dos culturas diferentes pero a la vez parecidas, y que ha cambiado poco después de cinco siglos. Ahí está el origen y la semilla de lo que es el México actual con todos sus vicios y virtudes.

La figura de Hernán Cortés es central dentro de esta historia. Va creciendo desde que llega a costas mexicanas en 1519. Se va engrandeciendo, es casi imposible no admirarlo, no sentirnos atraídos hacia su persona. Cortés era ambicioso, persuasivo y tenía una gran labia. Era capaz de voltear al mismo diablo de su lado. Era valiente y decidido. Se levantó después de la gran derrota en Tenochtitlán y realizó la proeza de construir trece bergantines en Tlaxcala y llevarlos en partes a Texcoco, a pie, para armarlos y lanzarlos como ofensiva en el lago para sitiar Tenochtitlán.

También fue buen administrador y tuvo el buen juicio, sobre todo al principio de su gubernatura —que comenzó poco después de la caída de Tenochtitlán en agosto de 1521—, de dejar en sus puestos a los líderes indígenas locales, con los que se llevó bien y gobernó en armonía. Con un poco más de quinientos hombres —y con el apoyo de cientos de miles de guerreros indígenas procedentes de Tlaxcala y otros principados— mantuvo la paz. Tuvo el buen tino de reanimar la economía e integrar casi de inmediato la producción de ganado porcino, caballar y de lidia. Inició la producción de pólvora, de armamento y alentó la siembra de varios productos agrícolas, como el trigo, la uva para hacer vino, el olivo, la caña de azúcar y la cría del gusano de seda. Comenzó la explotación minera. Dirigió la reconstrucción de la ciudad de Tenochtitlán. Lo poco bueno que implementó Cortés, la idea de hacer este país independiente y autosustentable —a diferencia de las islas del Caribe—, le fue arrebatado por la Corona española pocos años después para hacerla totalmente dependiente del reino de ultramar, explotando al máximo su producción e imponiéndole la compra de mercancía importadas.

Pero, a diferencia de sus iniciativas económicas, en la cuestión política la perspectiva de Cortés era diferente. En su mente solo existía un gobernante obvio para todas aquellas tierras y pueblos que tanto trabajo le había costado subyugar: él mismo. Ser una especie de monarca indiscutible. Y por algunos años, lo fue.

Debo decir aquí que es por eso que “el Conquistador” conformó el molde del gobernante absolutista y cuasi monárquico que nos ha perseguido a lo largo de nuestra historia: desde virreyes y generales legitimados hasta políticos bananeros. Sin embargo, para el reino de Castilla, Cortés no era idóneo. Para ellos el conquistador era un soldado valiente, pero también arrogante y un poco vulgar. No era noble; era un arribista social y tenía en su contra una larga lista de peros, entre ellos reportes de su uso de crueldad y violencia, su abuso del poder y su rebeldía contra Diego Velásquez. A esto se sumó la sospecha del asesinato de su esposa, Catalina Suárez Marcaida, ocurrido el primero de noviembre de 1522.

 Se sabe muy poco de lo que sucedió entre el 13 de agosto de 1521 y el siguiente año, excepto que Cortés, mientras se alojaba en el altéptl de Coyoacán, se dedicó a organizar la administración del nuevo reino, a traer comida e implementos desde Cuba y Jamaica y a  comenzar la reconstrucción de la ciudad de Tenochtitlán. El conquistador aplaca revueltas y establece el repartimiento de encomiendas, que habría de fundar el patrón de tenencia de la tierra en México.

El nombramiento de Cortés como adelantado, gobernador y capitán general de las “tropas” llega de manera oficial el 15 de octubre de 1522. Dos años después, Cortés parte a un viaje a las Hibueras que resultará fatídico de muchos modos. ¿Qué sucede, pues, en el reino de la Nueva España entre 1522 y 1524?

Durante este periodo, el poder se les sube a la cabeza a Cortés y a sus cortesanos. El líder extremeño empieza a ser acusado de abusos, de enriquecimiento exagerado, de exabruptos de arrogancia, de sospecha de asesinatos. Llama o manda traer a varios de sus parientes para situarlos en puestos de influencia e importancia. Como mencionamos, el primero de noviembre de 1522 la esposa de Cortés muere en circunstancias incriminatorias. Solo unos meses después (aunque no se sabe con exactitud, aparentemente la fecha “oficial” se arregló para aparecer como que en realidad sucedió un año después, con el fin de asegurar que “la lengua” no hubiera estado embarazada cuando aún vivía la esposa) nace el hijo de Malintzin, el primer Martín Cortés.

Llegan los primeros frailes a territorio mexicano, entre ellos el padre Pedro de Gante, el padre Tecto y el padre Aora. Se tortura a Cuauhtémoc.  Muere Francisco de Garay, a los pocos días de convivir con Cortés. Se sospecha de envenenamiento. Muere Bartolomé de Olmedo, el párroco que acompañó a Cortés durante toda la aventura y el único que, a veces, podía controlarlo. En su ambición y afán de conquista, Hernán manda a Cristóbal de Olid a explorar y conquistar las Hibueras. Le entrega seis navíos, cuatrocientos hombres y oro para comprar provisiones.  Luego, Cortés va en busca de Cristóbal de Olid al enterarse de que este lo ha traicionado.

Mientras tanto, la Nueva España se ha convertido en el gran tesoro del que todos desean apoderarse. Hay muchas manos interesadas, tanto en las Indias como en España, y solo esperan a que Cortés dé un traspiés.

Cortés, en un acto que aún hoy día se cuestiona, parte para la Hibueras, arrebatado por la cólera que le provoca la traición de Olid, en contubernio con Diego Velásquez —según le informan—, su enemigo proverbial, justificando ante el rey, que ha estado ocioso y necesita encontrar el estrecho que comunica los dos océanos. Muchos se preguntan por qué, estando en el punto álgido de su posición como gobernador absoluto, sin nadie que cuestione su poder y sus decisiones, Cortés deja acéfalo el gobierno de la recién creada Nueva España para dirigirse a una aventura incierta. Quizás en su mente ya no había manera de que alguien pudiera poner en duda su poder supremo.

Cuán diferente resulta su nueva misión a su expedición de 1519. Viaja como un rey a recorrer sus dominios: con mayordomos, pajes, maestresalas, camareros, músicos, acróbatas, servicios de oro y plata, vinos, una piara de puercos y esclavos. Pero, perdido y avasallado por la geografía inhóspita de pantanos y manglares, de mayas que huyen quemando sus poblados, dejándolos hambrientos y perdidos, de falta de intención y de brújula, cuando llega a las Hibueras, debilitado y casi en los huesos, se entera de que Olid ya ha sido asesinado por Francisco de las Casas.

Cortés, a pesar de los ruegos y las cartas que recibe para regresar a la ciudad de México y poner orden en el gobierno, tarda aún dos años en regresar, quedándose meses en aquellos territorios, contempla una inverosímil conquista de Nicaragua, sin ejército, sin recursos, sus enemigos dándolo por muerto, la ciudad de México sumergida en el caos. Si a la salida de la expedición Cortés parece enloquecido por el poder, a su regreso está exhausto, desorientado y carga con la culpa del ajusticiamiento de Cuauhtémoc a sus espaldas.

  A la salida de Cortés a las Hibueras habían quedado a cargo del gobierno de la ciudad de México cuatro personajes oscuros: Alonso de Estrada, tesorero; Alonso Suazo, contador; el factor Gonzalo de Salazar y el veedor Peralmíndez Chirinos, quienes se pelean a muerte entre sí, como gatos rabiosos, permaneciendo el poder en manos de Salazar y Chirinos. A Cortés, mientras tanto, lo dan por muerto y expropian todos sus bienes. Matan a su primo y mayordomo Rodrigo de la Paz, exigiendo el oro que creían tenía Cortés escondido. Gonzalo de Salazar se autoproclamó gobernador y capitán general.

Cuando en enero de 1526 Cortés envía cartas para destituir a Salazar, el rey Carlos I de España —y Carlos V del Sacro Imperio Romano-Germanico—, ante tantas quejas y habladurías ya había ordenado un juicio de residencia para Cortés; y el juez, Luis Ponce de León llega a la ciudad de México a principios de julio de 1526, cancelando, en primera instancia, su nombramiento de gobernador. De manera increíble, Cortés obedece y se hace a un lado. El juez muere a los cuantos días sin proceder. El juicio de residencia queda pendiente y se nombra de nuevo al tesorero Estrada, junto a Gonzalo de Sandoval —el capitán más cercano a Cortés en ese entonces, quizá tratando de equilibrar las cosas—, como gobierno interino. A los pocos meses, Sandoval ha perdido el poco poder que tenía y Estrada decide desterrar a Cortés. Este último decide entonces ir a exponer su caso a España y cruza el océano en marzo de 1528.

 El rey decide entonces nombrar una Audiencia, que entra en funciones en diciembre de 1528. Al año siguiente, en 1529, Nuño de Guzmán, quien odiaba a Cortés, echa a andar de nuevo el juicio de residencia contra el conquistador, el cual se convirtió en una venganza política, independientemente de lo que pudiera haber de cierto en las acusaciones, pues se sabe que muchos testigos fueron comprados. El juicio finalmente quedará inconcluso, sin resultado alguno.

“La codicia y el desenfado del trío de oidores no se detenía ante nada”,1 nos dice Juan Miralles en su libro Hernán Cortés, el inventor de México, al referirse a la actuación de la Audiencia. Los abusos, las injusticias y las corruptelas estaban a la orden del día. Había fiestas y desmanes donde había varias mujeres, “las oidoras”, que tenían más poder que los propios oidores. Fue Juan de Zumárraga, obispo, quien a escondidas le envió una carta al rey en agosto de 1529, narrando los excesos del gobierno de Nuño de Guzmán, Juan Ortiz de Matienzo y Diego Delgadillo.

En enero de 1530 se nombró una segunda Audiencia que funcionó cinco años hasta la llegada del primer virrey. Estuvo presidida por Sebastián Ramírez de Fuenleal, un hombre que se caracterizó por defender a los indios y por restituirles mucho de lo que se les había despojado. Hubo relativa calma y justicia durante el periodo, pero ya se habían sentado las bases de la nueva sociedad y se habían moldeado prácticas y mentalidades que habrían de prevalecer hasta la fecha actual.

Entre estas características podemos nombrar, por ejemplo, la centralización del poder en una sola persona y en un solo lugar. Cortés fue prácticamente un monarca absoluto en los primeros años, concentrando el poder político en un lugar que reconstruyó, quizás sospechando el poder sagrado que representaba: la ciudad de Tenochtitlán, perpetuando así una práctica que venía del imperio mexica. La sacralidad de la fundación de México-Tenochtitlán en el lugar profetizado por sus dioses sigue afectando nuestro presente, nuestra manera de dictar órdenes, de concentrar el poder, de administrar la política y la demografía. Y, por supuesto, la importancia de que una sola figura contenga en sí misma toda la investidura del poder político y de facto, sin importar si dicha persona no está equilibrada mentalmente, es arrogante, abusiva o corrupta.

En segundo lugar, la práctica del nepotismo. Comenzó cuando Cortés les otorgó importantes puestos de confianza a sus familiares y les repartió riqueza a sus amigos más allegados. No es, sin embargo, práctica exclusiva de los españoles. Entre los mexicas también era común: Cuitláhuac era hermano de Moctezuma y Cacama, señor de Texcoco, su sobrino. Muchos de los gobernantes eran parientes consanguíneos.

Continuaremos nombrando prácticas de conducta que han marcado nuestra historia: como la de juicios políticos a los gobernantes anteriores, con afán más de venganza personal que de justicia verdadera. En la época colonial se daba en forma del juicio de residencia; actualmente, se encarcela a los enemigos por más o menos un sexenio. En general se trata de un sistema judicial guiado por vendettas personales, por el uso de sobornos y corruptelas de todo tipo y por vacíos legales que permiten toda clase de injusticias y abusos.

Tenemos también la desorganización administrativa y de justicia, que cambia de perspectiva según el grupo en el poder. Por ejemplo: el establecimiento de corruptelas tales como la obtención de favores, así como de  regalos de tierras y de privilegios sociales. Cuando Cortés llegaba a los pueblos, aliados o sometidos, le regalaban mujeres con más facilidad que el oro o las plumas. En los pueblos pequeños no pasaban de tres o cuatro. Los tlaxcaltecas le dieron trescientas. El desdén y la falta de respeto y de valoración por la vida y el cuerpo femenino sigue prevaleciendo: en los pueblos se regalan niñas por un cartón de cerveza o unas tierras. La práctica de “regalar o pasar” mujeres para el esparcimiento y el placer, las golpizas, los feminicidios, siguen siendo parte de la mentalidad de las dos sociedades machistas que se hicieron una.

La práctica del “paternalismo” y la “condescendencia” para con los indígenas, considerándolos siempre inferiores, ingenuos o siervos.

La toma de decisiones vertical y jerarquizada.

La idea y la práctica de idealizar a los extranjeros, a los que vienen de fuera, porque pueden, en un momento dado, compartir sus prebendas en la medida en que sean alabados e imitados.

El afán de “blanqueamiento” de la raza para mejorar condiciones económicas o sociales ha prevalecido desde la Conquista, grabado en la mentalidad del mexicano, quizás de manera inconsciente, pero constante, creando una especie de complejo de los piel oscura.

El influyentismo, la práctica de “arreglar o torcer” ciertas decisiones económicas, políticas, administrativas o de impartición de justicia a favor del interesado, si eras pariente, amigo, amante o conocido de algún funcionario público.

La burocracia gubernamental que dejaba las cosas a “medias” o inconclusas, por falta de pruebas, por exceso de trámites y papeleo, o por falta de voluntad, como el caso del juicio de residencia de Cortés, y actualmente, los juicios que no se persiguen o se les da carpetazo por no convenir políticamente, o porque se soborna a los jueces.

Se transparentó la codicia y el uso de falsos testimonios con tal de quedarse con tierras y propiedades.

A los españoles “se les olvidó” rápidamente repartirles los beneficios a los indígenas, a los desposeídos y a los aliados originales. Se evitó absorberlos dentro de la sociedad novohispana, para convertirlos en parias y alejados de la justicia.

De las costumbres sociales podemos decir que la hospitalidad y la diplomacia de los mexicas prevalecieron. Nuestras maneras son mucho más suaves y educadas que las de los extranjeros y el dicho de “ya has llegado a tu casa, estás fatigado, mi casa es tu casa”, nos distingue de manera inequívoca. Nos volteamos al revés para complacer a un invitado,  más si es extranjero. Pero la mala costumbre de excusarse con una mentira, como lo hizo Moctezuma con Cortés varias veces, aún existe. Cuántas veces el mismo día de una reunión, los invitados llaman para decir que se enfermaron súbitamente y no podrán asistir, o no contestan correos cuando la respuesta es negativa.

Pero hay algo más que quisiera mencionar para terminar. Me refiero a las virtudes del mexicano: la inventiva, la capacidad de aprender imitando, el trabajo duro. El mismo Cortés alabó a los totonacas que cargaban las partes de los barcos desmantelados y hacían todo tipo de trabajos, o a los tlaxcaltecas que, sin tener experiencia naval, construyeron trece bergantines bajo la guía de un carpintero español. O los canteros y albañiles que, de construir pirámides, pasaron a construir soberbios edificios europeos a partir de unos cuantos dibujos. Y la lista es larga, de todos los trabajos y oficios que de la nada aprendieron los indígenas.

Esta es pues, nuestra doble herencia, con sus vicios y virtudes. Reflexionar sobre ella, aceptarla y quizás tratar de mejorar algunos aspectos sería el mejor homenaje que podríamos hacer a nuestros antepasados que, hace quinientos años, se enfrentaron a una epidemia viral devastadora y a una guerra que habría de aniquilar su cosmogonía y sus dioses, mas no su espíritu, y que conformaría lo que somos ahora, cómo pensamos y cómo nos vemos a nosotros mismos.

 

Kyra Galván es poeta y escritora.


1 Miralles, Juan, (2009), Maxitusquets, México, p. 483.

[Ilustración: David e Izak Peón – fuente: http://www.nexos.com.mx]

La European Right to Repair Campaign, Halte a l’Obsolescence Programme i eReuse exposen iniciatives i demandes per augmentar la durabilitat dels productes electrònics al Mobile Social Congress.

"Dena doing repairs on her phone" de dam (CC BY 2.0) Font: Dam (CC BY 2.0)

Escrit per Carla Fajardo

Reparar els nostres dispositius electrònics, reutilitzar-los i exigir a les empreses un compromís contra l’obsolescència programada, abans de recórrer al reciclatge. El Mobile Social Congress organitzat per Setem recorda quins mecanismes tenim les organitzacions i la ciutadania per allargar la vida dels productes electrònics, que tenen un impacte en el medi ambient i en la situació de les persones treballadores als països d’extracció de minerals i de fabricació.

A la llarga, la reparació pot estalviar al consumidor uns 200 euros depenent del dispositiu, diu Chloé Mikolajczak, de European Right to Repair Campaign. Nascuda el 2019, la coalició d’organitzacions europees que lluiten pel dret a la reparació compta amb la participació de xarxes de reparació, persones reparadores professionals, ONGs i diversitat de membres.

Consideren que els productes han de ser dissenyats perquè durin i siguin reemplaçats quan sigui necessari de tal manera que permetin desmuntar i reparar els seus components. Mikolajczak assenyala el preu com una de les principals barreres de la reparació: « No té sentit reparar quan te’n pots comprar un de nou ». Per això, treballen en un fons de reparació per retallar despeses amb aportacions de les organitzacions col·laboradores.

Demanen que es reguli i s’abordi la reparació des de la política europea, que ho està començant a tractar des de l’ecodesign. « Sobretot la dels softwares que impedeixen reparar molts productes », explica.

D’altra banda, Laetitia Vasseur, de Halte a l’Obsolescence Programme (HOP), ha explicat que hi ha diversos tipus d’obsolescència programada, que qualifica de « crim jurídic »:

  • Tècnica. Per exemple, quan el xip de la impressora ens diu que no hi ha tinta encara que en quedi.
  • Software. Per exemple, quan et descarregues un nou sistema operatiu que detecta que un ‘software’ no està fet per la pròpia empresa o no pots actualitzar-lo.
  • Cultural i psicològica. És la que exerceix la pressió social de la publicitat, que ens transmet el missatge que « encara que funcioni ja no està de moda ». En aquest sentit, Vasseur reclama més control: « Té un discurs global d’economia circular, però diu que compris cada vegada més. La incitació al consumisme no és compatible amb un futur sostenible« .

HOP ha portat als tribunals Apple i Epson per aquest tipus de pràctiques i treballa en un índex de reparabilitat i durabilitat per incentivar la transparència de les empreses i donar detalls de sostenibilitat a les persones consumidores. « Per què no sabem les hores que hem passat davant de l’ordinador o els cicles que hem fet amb la rentadora? Aquesta transparència ens ajudaria a fer un millor manteniment dels productes », diu Vasseur.

A Catalunya, també volem saber quants anys poden durar els nostres dispositius. EReuse aplega entitats locals que treballen per donar una segona vida als dispositius, forma part de la campanya del dret a decidir i lluiten contra l’obsolescència programada. Està formada per centres federats de reparació com Solidança o Andròmines, que treballen a través d’una aplicació de programari lliure que monitoreja el trajecte dels productes.

David Franquesa, participant de l’organització, comença la ponència amb una imatge de la nau espacial Orion de la NASA que va utilitzar una tecnologia que va durar dotze anys basada en la fiabilitat. « Per què no veiem el planeta com una nau espacial on utilitzem els nostres finits recursos infinites vegades? », es pregunta Franquesa, després d’haver comprovat amb dades que les persones consumidores valorem més la durabilitat que les noves funcionalitats.

Per saber quan duraran els nostres dispositius investiga la durabilitat dels productes que s’han utilitzat fins ara a través d’observacions de les persones consumidores. L’objectiu és un etiquetatge que doni informació a les persones consumidores per tal que puguin premiar fabricants que en el passat han fet productes mes durables.

« Fins ara les dades ens parlaven del processador, el futur són etiquetes d’impacte: si s’ha reutilitzat, la qualitat, els materials que s’han fet servir i, ¿per què no? La durabilitat », afirma, i afegeix: « Això pot generar un canvi sistèmic ».

 

 

[Foto: CC BY 2.0 – font: http://www.xarxanet.org]

La biografía saldrá a la venta el 18 de mayo, en el medio de una disputa pública que tiene ribetes publicitarios.

La nueva biografía de Dylan se publicará el 18 de mayo.

La nueva biografía de Dylan se publicará el 18 de mayo.

« La doble vida de Bob Dylan », una biografía de Clinton Heylin que saldrá a la venta apenas unos días antes del 80 cumpleaños del poeta, cantautor y premio Nobel de Literatura Robert Zimmerman, plantea que el autor de « Hurricane » ficcionalizó partes de su vida privada o que construyó un personaje público falseando datos de su pasado, que fueron reproducidos por los mass media e internalizados por su público como ciertos.

Este libro saldrá a la venta el 18 de mayo -Dylan cumple el 24-, en el medio de una disputa pública entre biógrafos que tiene ribetes publicitarios. Los cruces sobre la veracidad de ciertos datos son entre Heylin -escritor obsesionado con el artista- y Howard Sounes, bestseller 2001 con la biografía « Por la autopista: La vida de Bob Dylan ».

La discusión que sirve de antesala para este lanzamiento -la plataforma Amazon promociona un descuento especial por la compra anticipada del libro- que lleva semanas en la prensa.

Heylin había definido a Sounes como un « excavador de suciedad profesional » que escribió un libro « semianalfabeto », y Sounes había reaccionado diciendo al diario británico The Guardian que Heylin es « un escritor torpe y autoindulgente » que hizo una biografía « increíblemente aburrida ».

Todo esto, en simultáneo con el lanzamiento de una edición actualizada de su libro « Por la autopista… », por parte de la editorial Doubleday, este mes, informa el sitio https://www.plasticosydecibelios.com/.

“Heylin parece estar muy molesto porque, en 2001, obtuve mucha publicidad al revelar que Dylan tenía un segundo matrimonio secreto, con una mujer llamada Carolyn Dennis, que llegó a los titulares de todo el mundo y ayudó a hacer mi bestseller », dijo Sounes, experiodista de The Mirror.

Heylin, quien escribió un libro sobre los primeros años de Dylan actualizado dos veces, otros dos analizando sus canciones y otros 10 tomos muy largos que parecieran ser sobre Dylan pero que hablan de su obsesión con él, dispuso de material hasta ahora inaccesible, guardado en el Instituto de Estudios de Bob Dylan, un archivo formado por documentos comprados al propio Dylan en 20 millones de euros, informó el diario El País, de España.

El Instituto de Estudios de Bob Dylan, creado en 2017 por la Universidad de Tulsa (Oklahoma, Estados Unidos) calcula que existen más de 2.000 libros escritos sobre el autor de « Desolation Row ».

En la biografía que publicará el sello Little, Brown y compañía, Dylan ficcionó su infancia dice Heylin: no fue a un reformatorio, ni fue criado por una familia de acogida, ni escapó de su casa a los 12 años. Lo crió su madre, una mujer que, contra toda mitología dylanesca, era « abierta, simpática y dicharachera ».

El autor relata un episodio tras un concierto en el Carnegie Hall de Nueva York, cuando Dylan le cuenta a un reportero que perdió todo contacto con sus padres. Ellos estaban sentados en el patio de butacas, recién llegados desde Hibbing, Minnesota, orgullosos de ver a su hijo triunfar.

Tampoco fue un solitario en la universidad, como él mismo relató dice Heylin, tenía un grupo de amigos cercanos, populares al el punto de que un primo suyo encabezaba una fraternidad.

La biografía habla de documentos que muestran « el carácter ambicioso y algo teatral » del músico. Relata con detalle « la ya conocida crueldad de Dylan con la gente de su círculo más cercano » que » quería seguir compartiendo micrófono con él »; y narra génesis de la canción « Like a Rolling Stone », compuesta tras una fiesta en Hotel Savoy de Londres, sorbiendo cócteles aliñados con LSD.

El libro termina en 1966, con Dylan subiéndose a su moto Triumph para dar una vuelta, y Heylin promete una segunda parte que comienza con ese viaje.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Enganam-se os que creem que suas vidas não serão expostas – e por isso admitem a vigilância na rede. Novo livro mostra como a captura em massa dos dados pessoais manipula a democracia, as economias e as próprias escolhas pessoais

O capitalismo de vigilância precisa ser reconhecido
como uma força profundamente antidemocrática.”1

Shoshana Zuboff

Escrito por Ladislau Dowbor

A invasão da privacidade é hoje avassaladora, mas as pessoas em geral ainda estão pouco informadas ou indiferentes. Na rotina e monotonia do nosso cotidiano, nos pequenos embates da vida, a quem interessará bisbilhotar o que conosco acontece? A realidade é que interessa, e muito. A pessoa comum vai sentir de repente o impacto das informações pessoais apropriadas por diversos sistemas ao buscar um emprego, ao abrir uma conta ou um crediário, ao pedir um visto, ao contratar um seguro ou um plano de saúde, ao tentar proteger-se de ataques online e bullying cibernético. E ainda poderá constatar que pagou mais caro, numa compra online, do que outras pessoas pagaram, simplesmente porque o algoritmo constatou que o produto lhe é mais necessário, e que provavelmente estará disposta a desembolsar mais: chamam isso de discriminação de preço. A informação detalhada sobre a nossa pessoa, com nome, endereço e detalhes íntimos, na mão de poderosas instituições ou simplesmente de irresponsáveis, pode afetar profundamente as nossas vidas. E o sistema não esquece. Qualquer imagem comprometedora da alguma bobagem de juventude ficará gravada no nosso perfil para sempre.

O primeiro ponto é que as tecnologias tornaram a invasão da privacidade simples e barata. Na era da informática, ter informações detalhadas sobre milhões de pessoas não representa nenhum problema técnico. Os algoritmos permitem o tratamento e cruzamento de dados de tal maneira que se torna fácil para agentes interessados, sejam governos, empresas ou organizações criminosas, individualizar as informações para focar apenas uma pessoa, ou uma família, ou um grupo de trabalhadores de uma empresa, ou um tipo de doente e assim por diante.

A invasão de privacidade pode igualmente ter caráter estratégico nas áreas política e econômica. A NSA gravar conversas privadas de Angela Merkel ou Dilma Rousseff constitui um instrumento de política internacional — inclusive permite repassar as informações para outras instituições interessadas de outros países, pequenos favores que se fazem. Acessar as conversas internas de governos antes de reuniões internacionais, para conhecer de antemão as propostas que virão à mesa em reuniões internacionais, constitui uma vantagem estratégica que provocou protestos de países da União Europeia. Invadir os computadores da Petrobrás para ter acesso aos dados sigilosos sobre reservas do Pré-Sal configura espionagem política e industrial com impactos evidentes. Não é apenas a privacidade individual e pessoal que está em jogo.

Por trás desse acelerado processo de transformação está, naturalmente, a tecnologia. Os avanços são absolutamente impressionantes, e as transformações ultrapassam radicalmente em ritmo os lentos passos da legislação, da regulamentação, da própria mudança cultural. Os envelopes podiam ser fechados e lacrados, os dossiês podiam ser guardados em cofres, as portas de uma reunião podiam ser trancadas, as fotos íntimas ou simplesmente familiares dormiam na paz dos álbuns. Hoje tudo são sinais magnéticos, informações imateriais acessíveis por toda parte e passíveis de serem armazenadas, tratados com tecnologias de Big Data, analisados por meio de algoritmos, transmitidos para todas as partes do planeta em instantes. As técnicas de reconhecimento facial por meio de câmeras instaladas nas ruas de numerosas cidades já estão causando indignação. O próprio George Orwell não imaginaria o que o Big Brother de 1984 poderia ser, que dirá com as tecnologias de 2020.

O processo é profundamente assimétrico. Enquanto indivíduos, somos radicalmente vulneráveis. Mas os gigantes que manejam o sistema, seja em níveis governamentais (como por exemplo a NSA nos Estados Unidos ou a GCHQ na Grã-Bretanha, por onde passa o essencial dos fluxos de informação do mundo), seja em gigantes da informação como Facebook, Alphabet (Google), Microsoft, Apple, Amazon, Verizon e poucos mais constituem, para o comum dos mortais, caixas pretas. A não ser em momentos de raros vazamentos heroicos como os arquivos revelados por Edward Snowden, ou as iniciativas de Julian Assange, a população em geral não tem ideia do que acontece com as informações, e encontra-se na realidade impotente. Só conhecerá a extensão do problema justamente, como vimos, quando for pedir um emprego, um visto e assim por diante.

Em grande parte, somos nós mesmos que alimentamos essas cadeias de informação, através das nossas conversas online, dos arquivos que guardamos nos nossos computadores, das inúmeras mensagens e fotos nas mídias sociais, dos likes que traçam o nosso perfil, de cada informação comercial quando pagamos com o cartão de crédito, de cada medicamento que adquirimos na farmácia, dos nossos registros nos hospitais. Hoje nada escapa, tudo deixa rastros que, uma vez cruzados, servem aos mais variados fins de instituições que estão acima de nós, e sobre as quais nossas informações são praticamente nulas.

Não há como não ver também os lados positivos da maior abertura de informações e de uma maior transparência. Com a pandemia do covid-19, ficamos impressionados com a capacidade dos algoritmos, que, ao identificarem uma pessoa contaminada, reconstituem em poucos minutos todos os contatos, locais, pessoas que o doente visitou, e criam uma bolha de quarentena de todos em situação de risco. As tecnologias de reconhecimento facial inclusive permitem localizar as pessoas até em lugares públicos.

Nos países nórdicos, as declarações de impostos são abertas e acessíveis, o que reduz radicalmente a dimensão da corrupção. As conversas gravadas e divulgadas pelo Intercept, demonstrando a deformação profunda dos procedimentos jurídicos no quadro da Lava-Jato, permitem evidenciar as manipulações. O acesso aos arquivos hospitalares e registros dos doentes permite realizar análises mais profundas sobre a eficácia de diversos tipos de tratamentos. A Amazon analisa as minhas compras de livros e me sugere obras de perfil semelhante.

Mas é isso que eu quero? A transparência maior nos países escandinavos leva os capitais a migrarem para paraísos fiscais, o Deep Mind da Google admitiu uso ilegal de informações pessoais de doentes nos hospitais britânicos, o fato de a Amazon empurrar-me livros semelhantes tende a trancar-me numa bolha de repetição de opiniões parecidas. O uso de informações individualizadas para fins eleitorais, tanto na eleição do Trump, como no Brexit da Inglaterra, e evidentemente no Brasil, levou a uma deformação profunda do processo eleitoral. O escândalo do Cambridge Analytica permite hoje entender a profundidade e amplitude do processo, e a ameaça que isso representa para a democracia. O reconhecimento facial em lugares públicos veio para ficar, com milhões de câmeras.

Imaginamos sempre, com otimismo, sociedades em que o uso das nossas informações seria de certa forma controlado e regulamentado. Não é mais o mundo em que vivemos. Há uns tempos em Tunis, encontrei-me com jovens que tinham participado da Primavera Árabe, tendo conseguido, inclusive com ampla comunicação pelas redes sociais, mobilizar-se para derrubar a ditadura. Voltando a vê-los alguns anos depois, com novo governo forte, relataram que hoje o regime tem todas as informações das redes, dos organizadores, das amizades, inclusive com o conteúdo das mensagens trocadas. Devemos pensar não só o que fazem com as nossas informações, mas também o que poderão fazer.

Na realidade, a explosão mundial de acesso às informações e de invasão de privacidade ainda anda à procura tanto das respostas técnicas, com criptografia, antivírus e semelhantes, como de um sistema de regulação, de codificação de limites. É um mundo novo que se descortina, com oportunidades e ameaças. Por enquanto, claramente, quem está ganhando são as ameaças.

Nesta sociedade vigiada para a qual avançamos a passos largos, entender as dinâmicas torna-se muito importante, inclusive para acompanhar os novos marcos legais que estão sendo desenhados para proteger-nos.

Neste pequeno livro, tentamos abordar alguns temas-chave, resultado de uma pesquisa que realizamos no quadro da pós-graduação em Administração da PUC de São Paulo, com o apoio de pesquisadores da USP. Não é um texto de grandes complexidades, mas que dará sim ao leitor uma dimensão básica dos aspectos técnicos e jurídicos, formas de proteger-se, a evolução das principais tendências, as novas legislações protetivas.

Waldir Mafra apresenta a dimensão geral do desafio, a privacidade como direito humano, inclusive inscrito na nossa Constituição: “São invioláveis a intimidade, a vida privada, a honra e a imagem das pessoas, assegurado o direito a indenização pelo dano material ou moral decorrente de sua violação.” (Art. 5º) Mas o que a Constituição proíbe, as tecnologias permitem, e em escala impressionante. O desequilíbrio é claro.

O capítulo de Vicente Argentino está centrado na evolução da base de regulamentação com a qual as sociedades buscam proteger-se, restabelecendo um certo equilíbrio entre os gigantes da informação e a nossa fragilidade individual. É essencial a definição do que constituem “dados pessoais”, e os limites da invasão. A análise da legislação recente nos EUA, na União Europeia e no Brasil mostra as dificuldades de controlarem-se plataformas mundiais com leis locais. Este capítulo interessará em particular a empresas que se terão de adaptar ao novo marco regulatório.

O trabalho de Pedro Kelson apresenta em termos simples os principais mecanismos de invasão da privacidade e manipulação dos dados, com uso de psicometria, análise de Big Data, publicidade segmentada e semelhantes. Fica explícita a visão de Inacio Ramonet, de que mais eficiente do que os cassetetes e jatos d’água das forças de segurança são as novas armas de vigilância, que permitem identificar as lideranças de grupos não hegemônicos e tirá-las de campo antecipadamente. Os diversos mecanismos utilizados em diferentes países dão ao leitor a dimensão dos desafios.

Arlindo Rodrigues discute os riscos envolvidos na perda do controle sobre as informações pessoais da sociedade civil e as ferramentas utilizadas nessa apropriação indébita pelas corporações e pelo Estado. Elenca desde as ferramentas de vigilância massiva até a formação de “bolhas” de opinião política. Detalha também as inúmeras atividades por meio das quais inadvertidamente alimentamos os bancos de dados que irão permitir desde sistemas individualizados de influência até ataques pessoais como o cyberbullying.

José Roberto de Mello Franco Júnior entra mais profundamente nas dimensões técnicas de como nos podemos proteger da invasão, quando somos todos os dias submetidos a uma barganha: qualquer produto que acessamos online nos sugere que o autorizemos a instalar cookies e a disponibilizar informações. Na falta de opções, e precisando avançar no que pesquisamos, não temos opção senão dar o nosso acordo, inclusive confirmando que “lemos e estamos de acordo” com o que o clique significa. Quem é que alguma vez leu as dezenas de páginas que definiriam com o quê estamos de acordo? Mas no essencial, o capítulo de José Roberto detalha as diversas formas de protegermo-nos, desde o elementar para amadores, até o sofisticado para quem se quer proteger de forma mais rigorosa. Links para as principais ferramentas de proteção darão ao leitor, seja pessoa física ou empresa, instrumentos práticos para defender-se.

Bruno Bioni e Rafael Zanatta fecham o volume com um estudo acadêmico, em profundidade, das transformações em curso na área do que é hoje a batalha mundial em torno da economia da informação. Apoiam-se inclusive no recente aporte fundamental de Shoshana Zuboff, sobre a sociedade vigiada. Revisando as discussões nos Estados Unidos, na União Europeia e no Brasil, inclusive sobre a nossa recente Lei Geral de Proteção de Dados Pessoais, os autores fornecem-nos um instrumental particularmente rico para aprofundar as pesquisas, com notas e links para os principais documentos internacionais.

No conjunto, visamos com o presente livro dar ao leitor instrumentos práticos, ou ferramentas, para situar-se neste campo essencial da economia da informação, que traz novos desafios e também novas ameaças. O que não podemos é deixar de entender do que se trata. Bibliografias muito ricas no final de cada capítulo asseguram que o presente texto constitui inclusive um ótimo instrumento para avançar para pesquisas ulteriores, segundo o interesse do leitor. Como os diversos autores tiveram acesso aos trabalhos uns dos outros, além das discussões em grupo, acreditamos colocar nas mãos da comunidade de interessados um texto coerente e articulado. Boa leitura.

1“Surveillance capitalism must be recokoned as a profundly antidemocratic social force” – Shoshana Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism, Public Affairs, New York, 2019, p. 515

 

Vénérés au Portugal, les azuléjos, ces carrés de faïence atteignent des prix tels que des trafiquants vont jusqu’à les desceller des murs des palais ou des églises. La riposte s’organise.

Portugal : au sein de la "brigade spéciale azulejos", ces petits carrés de faïence très convoités

Azuléjos à côté du marché de Bolhão à Porto.

 

Écrit par François Musseau

Domingos Lucas s’engouffre dans les entrailles du siège de la police judiciaire, bâtiment mastodonte de style soviétique dans le centre de Lisbonne. L’inspecteur en chef descend au deuxième sous-sol, s’aventure dans d’interminables couloirs, puis franchit trois lourdes portes s’ouvrant grâce à un digicode et une carte magnétique, avant d’accéder à la caverne d’Ali Baba : une succession de coffres-forts emplis de fausses toiles de maître, sculptures et masques africains et, surtout, d’innombrables azuléjos, ces carreaux de faïence peinte emblématiques du Portugal. Domingos Lucas se fraye un chemin dans le poussiéreux amoncellement d’objets d’art volés ou contrefaits que la police a récupérés, écarte du pied des caisses de céramiques non encore répertoriées et s’exclame :

Voici ma plus belle trouvaille de ces dernières années !

Il désigne quatre petits carrés aux motifs floraux datant du XVIIe siècle, arrachés aux façades d’un palais lisboète abandonné. « Ils ont été dénichés chez un brocanteur véreux que j’ai repéré à la Feira da ladra [le marché aux puces], explique l’enquêteur. Ce receleur se fournissait auprès d’une bande de truands et refourguait sa marchandise à prix d’or en Algarve. » Valeur estimée de ces quatre morceaux de carrelage de chacun quinze centimètres sur quinze : 6 000 euros.

C’est en 2007 qu’a été créée au sein de la police judiciaire la « brigade spéciale azuléjos ». Son rôle : juguler un vaste trafic, avec des moyens limités. « Je n’ai que cinq hommes à ma disposition pour tout Lisbonne, on est débordés, explique Domingo Lucas. La législation oblige les antiquaires à identifier l’origine des céramiques anciennes sous peine d’amende (3 700 euros), mais la plupart ne le font pas. De plus, lorsqu’on localise des azuléjos suspects, la loi ne nous donne que vingt jours pour enquêter : c’est trop peu ! »

Néanmoins, avec quelques autres enquêteurs dans le pays, Lucas et ses hommes ont réussi, en presque quinze ans, à faire chuter le trafic d’environ 80 %. Une statistique que l’inspecteur relativise car, de son propre aveu, certains vols restent sous le radar des autorités, faute de dépôt de plainte. Pire : d’après lui, ces méfaits ont repris de plus belle entre début 2017 et 2020 en raison de l’afflux de touristes, et donc d’acheteurs potentiels. Des milliers de pièces ont été descellées de murs d’églises, de palais… L’inspecteur a interpellé sept trafiquants en 2018, six en 2019 et cinq début 2020, avant que la pandémie de coronavirus ne vienne freiner les délinquants.

« La difficulté est que notre brigade doit non seulement fournir la preuve du vol mais aussi attester que telle faïence correspond à une série d’azuléjos signalée comme arrachée à tel mur, autrement dit résoudre d’inextricables puzzles ! », dit-il. Selon ses calculs, le trafic est lucratif : un seul carreau se négocie en moyenne 1 200 euros, s’il date du XVIe siècle ; de 250 à 500 euros, pour le XVIIe siècle ; de 100 à 125 euros, pour le XVIIIe siècle ; et 10 à 15 euros la pièce datant du siècle dernier. Difficile pour les acheteurs de s’y retrouver entre le circuit de contrebande et le marché légal alimenté par des donations ou des ventes à l’occasion de la rénovation ou la destruction de vieux édifices.

Cette chasse au trésor reflète la valeur de l’azuléjo pour le Portugal

Plus qu’un élément décoratif, c’est un symbole de son identité. « Chez nous, pas de Louvre ou de statue de la Liberté, mais nous avons cette céramique, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs avec une telle maestria », souligne Maria Antónia Pinto de Matos, conservatrice en chef du Musée national des azuléjos, qui est logé dans un ancien couvent donnant sur le port fluvial de Lisbonne. Au XVIe siècle, lors d’un voyage à Séville, le roi Manuel Ier du Portugal eut le coup de foudre pour les al zulaydj (littéralement; « petite pierre polie ») prisés par les Maures, eux-mêmes inspirés par les mosaïques romaines, raconte- t-elle. Des ateliers ne tardèrent pas à voir le jour à Lisbonne, croulant sous les commandes de la monarchie et du clergé.

En longeant les murs du couvent ornés de grandes fresques faïencées, Maria Antónia Pinto de Matos détaille les spécificités de chaque période : les azuléjos exclusivement blanc et bleu des origines ; l’introduction plus tardive d’autres couleurs et de thèmes profanes, comme la chasse ou la pêche, dans les palais au XVIIe siècle ; et surtout l’événement charnière que constitua le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, puisque la reconstruction de la ville alla de pair avec la production en série de carrelages résistants et faciles à laver. Au fil du temps, les artisans formés aux Beaux-Arts redoublèrent d’inventivité : motifs bibliques, figuratifs, géométriques ou symboliques, leur inspiration ne connut pas de limite. « Le succès des azuléjos tient à leur beauté, mais aussi aux histoires qu’ils racontent, telle, ici, celle de ce négociant du XIXe siècle dont on suit l’existence comme dans une BD », poursuit l’experte; en glissant son doigt sur un panneau de trois mètres de long.

 

[Photo : SOPA Images / Getty Images – source : http://www.geo.fr]

L’exposition orchestrée par Jérôme Sother des photographies de Madeleine de Sinéty (1934-2011), augmentées de la projection en continu de bon nombre de diapositives supplémentaires, a connu un franc succès à l’espace GwinZegal, dans l’ancienne prison de Guingamp, superbe bâtiment du XIXe siècle en cours de réhabilitation. Ces images et ces écrits, extraits d’un corpus de plus de 56 000 clichés (diapositives couleur et clichés noir et blanc) et d’un journal inédit, nous invitent à vivre une expérience paysanne enveloppante où s’enracinent encore bien des imaginaires urbains.

Famille Denoual (février 1975) © Madeleine de Sinéty

Écrit par Alban Bensa

Madeleine de Sinéty. Un village. GwinZegal, 188 p., 35 €


Ainsi, après l’étude pionnière dans les années 1950 de Laurence Wylie sur Un village du Vaucluse (1968), après les enquêtes menées à Plozévet en pays bigouden par une armada de chercheurs de disciplines différentes dont Edgar Morin entre 1960 et 1965, et au moment où Pierre-Jakez Hélias publie Le cheval d’orgueil (1974), où Susan Carol Rogers étudie une communauté rurale de l’Aveyron et où Ermanno Olmi obtient la Palme d’or à Cannes pour L’arbre aux sabots (1978), en marge donc de la vogue ruraliste de ces deux décennies, est accompli par Madeleine de Sinéty, de façon aussi solitaire que volontaire, un travail original de fond qui fait de l’art de l’image un outil indispensable à la méditation sur les sociétés rurales et leurs mutations.

Des chevaux de trait, des porcs élevés dans des soues, des vaches au pré et à l’étable, des poules, des chiens ; et alentour, partout, des oiseaux qui pépient, hululent, coassent, sifflent. Des halliers, des haies, des châtaigniers à l’ombre particulièrement fraîche, des champs cultivés ou en friche, des bois, des sentiers herbus ou boueux. De ces vies animales et végétales, les femmes, les hommes et les enfants du village doivent tirer leurs propres vies. Pour faire fonctionner ces vases communicants, bêtes, plantes et humains mettent en commun leur énergie.

Les ruraux bretons, il y a seulement un demi-siècle, déployaient une force considérable pour mener les bêtes dans les pâtures, les aider à s’accoupler, à mettre bas, les traire, les peser, les tuer, les découper, en cuisiner les morceaux, leur faire tirer les charrettes pleines de foin, de bois ou de pommes. Les tableaux photographiques de ce livre insistent sur la conjonction entre la force physique, le savoir-faire et la nécessité d’alors de mettre en commun muscles et connaissances pour parvenir à vêler, à charruer, à charger les tombereaux, à cueillir, récolter, désherber, dessoucher.

Et tous ces corps laborieux ainsi photographiés et magnifiés suscitent le respect et une étrange émotion picturale, comparable à celle qui se dégage des tableaux de Brueghel l’Ancien, de Le Nain, de Teniers ou de Van Gogh : en filiation avec ces œuvres peints, les clichés de Madeleine de Sinéty nous révèlent la puissance de mondes paysans disparus, leur persistance dans l’effort et dans le souci du collectif actuel et passé (la famille, la parentèle, le voisinage, la communauté villageoise des vivants et des morts).

Un village, de Madeleine de Sinéty : le monde d'hier

La fête au village (mai 1973) © Madeleine de Sinéty

Un humanisme à la fois réaliste et chaleureux habite le regard que la photographe a posé sur des gens que ses origines sociales n’auraient pas dû lui permettre de rencontrer : les fermes se voyaient du château de Valmer à Chançay (Indre-et-Loire) où elle a vécu jusqu’à l’âge de quatorze ans, mais les maîtres du lieu, ses parents, lui interdisaient de s’y rendre. Bien plus tard, en 1972, quand elle rencontre, au hasard d’un détour automobile, les habitants de Poilley (1 000 en 1793, 500 en 1975, 370 en 2018), dans le nord de l’Ile-et-Vilaine, c’est pour elle une sorte de coup de foudre. Elle ne les quittera plus pendant neuf années, vivant avec eux et les photographiant inlassablement.

Il faudra un jour s’interroger plus avant sur cette passion asymétrique des intellectuels et des artistes pour les paysans, ouvriers, indigènes, au point d’en faire des entités rédemptrices, tant sur le plan affectif qu’esthétique ou politique. De Claude Lévi-Strauss, soulignant qu’envers les Indiens des tropiques il a « contracté une dette dont il ne serait pas libéré, même s’il pouvait justifier [par ses enseignements] la tendresse qu’ils lui inspirent et la reconnaissance qu’il leur porte », à Alfred Métraux qui se disait « homme du Néolithique » et à Louis Althusser, exalté à Larochemillay (village de la Nièvre) par « la grande fête du battage : quelle splendeur et quelle communion devant le miracle du travail et de sa récompense ! », en passant par Pierre Bourdieu quand il décrit minutieusement Le bal des célibataires de son Béarn natal, bien des ethnologues et des sociologues d’hier et d’aujourd’hui ont puisé dans cette inclination vers des collectivités humaines pensées comme radicalement autres et/ou dominées l’énergie de leurs engagements scientifiques. Par son travail photographique empathique, Madeleine de Sinéty apporte une touche très personnelle à cet élan conjugué du cœur et de l’esprit. À l’interface de ces deux sources : l’image.

Une grosse botte de foin avec deux jambes en sabots qui avancent sur le chemin de terre. Le fardeau longe un mur de pierre puis des tas de branches et de bûches et enfouit son porteur sous un grand manteau hirsute en marche. L’herbe submerge l’homme, l’absorbe, mais il la soulève quand même, indice de l’équilibre entre les masses végétales et le corps humain. On retrouve plus loin dans le livre l’emprise du foin, ses crissements, sa chaleur, son odeur, au bout de la fourche qui dresse sur la tête d’une paysanne une imposante coiffure, ou encore en haut de la remorque où sont basculées les bottes. C’est en pleine fenaison qu’un couple s’embrasse. Et quand Madeleine va retourner le foin avec le vieil Eugène Ménard, elle chancelle de bonheur à l’heure de midi : « une vache fait comme nous, couchée sur le ventre, elle rumine à l’ombre, le pré brille de soleil… Mon Dieu, qu’on est bien père Eugène. Sa tête fléchit sur sa main, le père Eugène s’endort, je me tais ».

Un village, de Madeleine de Sinéty : le monde d'hier

La moisson, Famille Bodin, Bas Morand (août 1974) © Madeleine de Sinéty

Femme juchée sur le bois qui remplit haut la charrette, cueillette en famille de courgettes, pommes ramassées (sur lesquelles les enfants jouent) puis mises par la fermière dans des paniers d’osier, noix qu’on gaule… Ces figures de profusion bucolique ont un coût : le travail des champs et des vergers avec des outils manuels simples ou mécanisés mais sans moteur. Après la Grande Guerre, les collectivités rurales avaient dû en effet se recomposer et déjà se moderniser avec une main-d’œuvre moins nombreuse, dans le souci de perdurer au village en utilisant un outillage agricole certes en amélioration, mais encore très dépendant de la force des personnes et des bêtes. Ces techniques, caractéristiques de l’entre-deux-guerres, coexistent au moment où Madeleine de Sinéty en documente les derniers usages, avec l’arrivée du tracteur et des camions.

La faucheuse est tirée par deux chevaux et menée par une femme tandis que son homme marche à côté, une fourche à la main ; la charrue retourne une terre un peu rousse, au rythme coordonné des hommes et des bêtes. Une temporalité particulière transpire de ces photos. Les travaux et les jours se conjuguent pour étirer le présent. Les instantanés de Madeleine de Sinéty restituent cet élargissement du temps qu’impose la répétition des gestes agraires en phase avec le pas lent des saisons.

Au menu quotidien ou festif, beaucoup de viande. Porcs et veaux élevés et tués à la ferme passent au trapèze pour être vidés et équarris puis dépecés à la maison sur la table commune, dans la pièce où l’on mange, où l’on se lave et où l’on dort tous ensemble. Proximité de la bête, aucune opposition entre les êtres, absence de frontière entre les personnes animales et humaines. Cette délicieuse intimité est le leitmotiv prégnant de ce livre très charnel dont certaines photos retrouvent la lumière et l’intensité sensuelle du Caravage. Les mangés et les nourris, les occis et les riants, les attablés et les dormants, toutes les espèces de vivants et toutes les générations sous le même toit, font partie d’un seul monde, Madeleine incluse. L’œil de son Leica saisit de l’intérieur cette fraternité domestique donnée à sentir aussi dans ses carnets : « Le cochon pendu à une échelle face à la porte. On dîne, on rit. Père S. découpe un morceau de chair encore chaude et qui goutte son sang sur le plancher, on jette le morceau directement dans la poêle ».

Un village, de Madeleine de Sinéty : le monde d'hier

© Madeleine de Sinéty

Toilette des enfants, habillement, coucher, dans une seule pièce, devant la cheminée, la cuisinière (à bois puis à gaz) et la grande table, sont saisis à travers le travail des femmes qui portent avec énergie le souci du bien-être familial dans ce clair-obscur des intérieurs des demeures paysannes d’autrefois. Et Madeleine de Sinéty, conquise, de noter : « Le travail est dur et pourtant, cette maison, c’est la paix, je voudrais y vivre, bercée par le lent battement du cœur de la pendule ».

Ce livre enregistre un état daté de la condition paysanne qui va se transformer à partir des années 1970, celui de la ruralité française des années 1920-1970. Madeleine de Sinéty saisit cette transition qui s’amorce vers une nouvelle modernité. Sur un char fleuri tiré par un tracteur rouge rutilant, des fillettes toutes de blanc vêtues, sur un autre des animaux en stuc dans une verdure reconstituée. Puis vient la danse populaire qui souligne la diversité des tenues avec, chez les jeunes femmes, le souci de la mode tandis que leurs mères gardent leurs habits de tous les jours et que le costume des hommes plus âgés demeure inchangé, parfois d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui.

Des voitures des années 1950, mais dont les carcasses servent déjà d’espace de jeu pour les enfants. Alors que les chevaux sont encore utilisés, les Peugeot 403 puis 404 viennent remplacer les 203, des tracteurs, des bétaillères, une 2 CV camionnette, autant d’annonces du tout automobile. On perçoit également les prémices de ces changements avec le passage d’un football de village très physique dans des prés motteux à un football joué désormais avec des maillots ad hoc en voie de standardisation. Et quand la mariée reçoit en cadeau un moulin à café et un fer à repasser électriques, la nouvelle consommation avance encore son museau à Poilley avant de bientôt dévorer son économie paysanne, fondée jusque-là davantage sur l’entretien des choses que sur leur renouvellement rapide par achat dans les magasins.

Un village, de Madeleine de Sinéty : le monde d'hier

Extrait d’un cahier de Madeleine de Sinéty (13 novembre 1975) © Madeleine de Sinéty

Ce livre est moins nostalgique qu’inquiet. Si une époque se caractérise par une certaine façon d’« habiter le temps », comme le disait Jean-Marie Tjibaou, Madeleine de Sinéty souligne, durant sa longue présence au village, certes une propension au bonheur et à l’espérance, mais aussi un souci constant de l’avenir. Les enfants, très présents dans le livre, vivent la campagne comme une fête : sauter, jouer avec des poules, se baigner, rire et rire encore face à la belle diversité de sensations qui leur est offerte. Mais, en grandissant, leurs visages se tendent, et pointe alors comme une angoisse dans leurs regards. Quant aux femmes, elles semblent entièrement happées par l’inquiétude du destin incertain de la communauté villageoise. Leurs propos, notés par Madeleine de Sinéty, expriment d’ailleurs de la défiance à l’égard des autorités (le remembrement), à l’égard des paysans partis en ville pour y devenir ouvriers et leur laissant le travail de la ferme sur les bras, et à l’égard du « progrès » qui impose des ruptures au fond de soi, des renoncements, des incompréhensions.

La photographie nous emporte ici plus loin que ce qu’elle montre. Le regard rapproché enrichit l’image documentaire d’une esthétique méditative qui fait penser aux Primitifs flamands. Ce livre, par sa beauté, est bien davantage qu’un témoignage d’époque. Il s’agit d’une recréation du vrai qui autorise Pierre Guyotat (qui préparait la postface du livre au moment de sa mort, en février 2020) à juger que « ces photographies, c’est le monde tel qu’il est ». Tel qu’il fut, du moins, ou plutôt tel qu’il ne semblera plus être. Il n’est pas certain, en effet, à y regarder de près comme y invitent les photos de Madeleine de Sinéty, que les héritages sociaux et mémoriels du village aient, quitte à se transformer, totalement disparu.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

Les NFT (Non-Fungible Tokens = jetons non fongibles) sont le dernier cri dans le monde des arts. Quand on achète un NFT, on achète un jeton, un objet artistique, par exemple une œuvre numérique, des cartes à collectionner, des albums musicaux, un pays ou un vêtement virtuels dans des jeux vidéo. Les artistes israéliens se sont également ralliés à cette tendance et on a pu voir le montant de certaines enchères s’envoler, par exemple pour la collection d’environ 5 000 fichiers graphiques de Mike Winkelmann ou Beeple qui s’est vendue à près de 70 millions de dollars.

Yam Ben Adiva, un jeune designer israélien, veut avec son initiative Dissrup jeter une passerelle entre l’art numérique et l’art physique. Il pense que les NFT ne se distinguent pas fondamentalement du marché de l’art traditionnel. La valeur de l’œuvre est en effet également fonction de l’artiste l’ayant créée. Dissrup veut réunir artiste et designer et proposer une version physique de l’œuvre. Son premier projet Genesis Ox1 est une coopération sous son égide de la désigneuse chinoise Somei Sun et de l’artiste sonore allemand Jürgen Branz, et il montre la vidéo d’une femme virtuelle. Un acheteur de l’œuvre en recevrait le fichier. La question de savoir comment un artiste peut se protéger d’une reproduction non autorisée de son œuvre est actuellement au centre des réflexions. Le but, comme pour les fichiers musicaux, est d’empêcher les copies illégales et de permettre à l’artiste d’être payé pour chaque copie.

La bulle spéculative ainsi que l’empreinte carbone des transactions faisant régulièrement l’objet de vives critiques, l’artiste britannique Memo Akten a mis à disposition un calculateur en ligne pour déterminer les émissions de CO2 de chaque transaction.

 

Autres informations :
NFT et artistes israéliens (en anglais), Haaretz
https://www.haaretz.com/israel-news/tech-news/this-israeli-designer-wants-to-make-digital-art-physical-1.9694602

[Source : http://www.israelentreleslignes.com]