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Une femme marche le long d'une rue en terre battue dans la zone suburbaine de Rio de Janeiro, au Brésil, une ville qui se caractérise par de fortes inégalités sociales.

Une femme marche le long d’une rue en terre battue dans la zone suburbaine de Rio de Janeiro, au Brésil, une ville qui se caractérise par de fortes inégalités sociales.

Écrit par Jorge Jacob

Professor of Behavioral Sciences, IÉSEG School of Management

Depuis de nombreuses années, la recherche montre que les consommateurs à faibles revenus ont tendance à être plus sensibles aux prix que leurs homologues à revenus élevés. Cette sensibilité désigne le poids que nous accordons au prix par rapport à d’autres attributs lorsque nous formons des impressions sur les produits et services et que nous prenons des décisions d’achat. On peut dire que c’est le degré auquel le prix détermine la propension d’un client à acheter votre produit ou votre service.

Cette sensibilité plus forte chez les moins aisés s’explique par différentes raisons et dans diverses circonstances. La rareté financière rend les personnes défavorisées plus conscientes des prix, plus sensibles aux remises et plus préoccupées par le prix de toute expérience de consommation. Pour cette raison, les consommateurs à faible revenu finissent par se rappeler les prix des produits avec plus de précision et sont moins sensibles aux effets du contexte du magasin. Seuls des coûts élevés et une capacité de stockage limitée peuvent entraver la capacité des consommateurs à faible revenu à exercer leur forte sensibilité aux prix.

Cependant, les mégapoles du monde entier (Rio de Janeiro, New York, Paris, Madrid, Mexico, Johannesburg, par exemple) combinent deux éléments uniques : une forte densité de population et des disparités économiques importantes. Cette combinaison pose des défis uniques aux consommateurs à faible revenu. Souvent marqués par la stigmatisation et la discrimination, ils doivent non seulement faire face aux défis financiers inhérents à la pauvreté, mais aussi développer des stratégies pour naviguer dans les interactions avec les consommateurs plus aisés.

« Taxe psychologique du ghetto »

Dans une recherche récemment publiée dans des plus importantes revues internationales sur le comportement des consommateurs, nous révélons notamment que la peur de la discrimination pousse ceux à faible revenu à préférer faire leurs achats dans des magasins avec des consommateurs de la même classe sociale, même s’ils doivent payer plus cher.

Ainsi, la discrimination perçue basée sur le revenu constitue une « taxe psychologique du ghetto », qui peut également réduire la sensibilité aux prix chez les consommateurs à faible revenu. Par conséquent, cela montre que les consommateurs à faible revenu ne sont pas seulement sensibles à l’argent ; ils sont également particulièrement sensibles aux signaux du marché qui signalent une discrimination potentielle.

Pour comprendre ce phénomène, notre recherche a mobilisé cinq études à Rio de Janeiro au Brésil, ville caractérisée de fortes inégalités sociales, pour évaluer dans quelle mesure les consommateurs à faible revenus étaient prêts à renoncer à des opportunités d’achat financièrement avantageuses dans des environnements commerciaux haut de gamme.

Ces études, menées par l’IÉSEG School of Management en partenariat avec FGV EBAPE, révèle en effet que les consommateurs à faibles revenus préfèrent effectuer leurs achats dans des environnements où se rendent d’autres consommateurs d’un statut social équivalent. Cet effet est dû aux attentes élevées de discrimination des consommateurs à faible revenu dans des environnements commerciaux plus sophistiqués, une préoccupation pratiquement inexistante chez les consommateurs aisés.

Autrement dit, les consommateurs à faibles revenus préfèrent effectuer leurs achats dans des magasins où ils n’anticipent pas de sentiments de discrimination, même s’ils doivent payer plus cher pour cela. Et les consommateurs plus aisés, quant à eux, finissent par acheter le même produit dans l’endroit le moins cher, puisqu’ils ne prévoient pas la possibilité d’une discrimination, quel que soit l’environnement d’achat.

Une situation contournable

Par exemple, dans l’une des études, les chercheurs ont donné une somme d’argent fixe aux résidents des favelas de Rio de Janeiro à faibles revenus pour qu’ils achètent une paire de tongs et ils pouvaient garder la monnaie. Les chercheurs leur avons proposé deux options : soit acheter des tongs plus cher dans un kiosque à journaux dans la rue devant un centre commercial haut de gamme pour la valeur presque totale de l’argent qu’ils ont reçu, soit les acheter pour un coût beaucoup moins élevé dans un magasin de ce centre commercial et garder la monnaie.

Le résultat : dans leur grande majorité, les consommateurs à faibles revenus ont préféré éviter d’entrer dans le magasin du centre commercial haut de gamme, même s’ils avaient été informés qu’ils pouvaient y trouver un prix plus bas. Le même schéma ne s’est pas produit pour les participants qui avaient été informés que le centre commercial n’était pas haut de gamme.

Cependant, cette recherche adresse un message clair aux entreprises et aux détaillants : ils perdent un grand nombre de consommateurs importants simplement parce que leurs magasins et leur service client pourraient rappeler l’idée que leurs magasins ne sont pas faits pour tous les consommateurs, quel que soit leur niveau de revenu.

Elle montre aussi qu’il est possible de contourner cette situation : en mettant l’accent sur les valeurs liées à l’égalité de traitement de tous les consommateurs et/ou à l’appréciation de la diversité, il est possible de réduire les craintes de discrimination chez les consommateurs à faible revenu, qui se sentent alors plus à l’aise pour effectuer des achats dans des environnements commerciaux traditionnellement considérés comme ciblant uniquement les consommateurs plus aisés.

 

[Photo : Antonio Scorza/AFP – source : http://www.theconversation.com]

La littérature, ce stéthoscope ultrasensible, permet d’explorer de nouveaux imaginaires et nous renseigne aussi sur l’état de notre société, son passé, ses rêves, ses aspirations. À travers cette série, « Imaginer le réel  », on a ainsi observé comment le grand âge est représenté en fiction. Ce troisième épisode revient le succès du bovarysme.

Ramon Casas y Carbó, Après le bal, Art renewal

Écrit par Sandrine Aragon 

«Rêver d’un autre destin plus satisfaisant»: telle est la définition du verbe «bovaryser». Il est entré dans le Grand Robert en 2013. Un verbe de base anthroponymique, dérivé du nom de l’héroïne du roman de FlaubertMadame Bovary, paru en 1856 dans le journal La Presse. Sa description d’une épouse insatisfaite cherchant le bonheur auprès de ses amants a été condamnée pour non-respect des bonnes mœurs et de la morale en 1857. Cependant, son succès ne se dément pas: le roman a donné lieu à de nombreuses adaptations au cinéma ou en bande dessinée, comme Gemma Bovery de Posy Simmonds.

Dès le XIXe siècle, Barbey d’Aurevilly utilise, par dérivation, le nom «bovarysme» pour évoquer cette insatisfaction qui pousse à rêver d’une autre vie et à chercher l’évasion dans le romanesque. Le verbe «bovaryser» connaît aujourd’hui un regain de popularité. La propension à la rêverie amoureuse est-elle plus que jamais actuelle? Et surtout, est-elle typiquement féminine?

Emma, femme d’aujourd’hui

Fille de paysans, Emma Bovary a reçu une éducation supérieure à celle de sa classe sociale au couvent: elle y a appris la musique, la danse et la lecture. Elle a lu Paul et Virginie, puis Chateaubriand, mais surtout les romans d’amour de la lingère du couvent, lus en cachette dans son lit. «Elle frémissait en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures […] c’était derrière la balustrade d’un balcon, un jeune homme en court manteau qui serait dans ses bras une jeune fille en robe blanche.»

Une fois mariée à Charles Bovary –un veuf, médecin de campagne–, elle continue à se nourrir d’histoires romantiques en souscrivant à des cabinets de lecture, ancêtres des bibliothèques. Avec Walter Scott ou Hugo, elle rêve d’amours dans des châteaux. Avec Eugène Sue, auteur réaliste, elle imagine le décor d’un bel appartement parisien.

Elle dévore tous les magazines qui parlent de la vie culturelle des Parisiennes«Elle s’abonna à La Corbeille, journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus des premières représentations, de courses et de soirées, s’intéressait aux débuts des chanteuses, à l’ouverture d’un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l’adresse des bons tailleurs, les jours de bois ou d’opéra.»

Emma vit donc sa vie par procuration. La lecture romanesque distille un puissant «poison» dans l’esprit des femmes, une sorte d’opium, diront les juges lors du procès du roman.

L’identification du lecteur, qui est au cœur des analyses d’Umberto Eco dans Lector in fabula ou de Vincent Jouve, a été souvent considérée comme un trait de la lecture féminine. Les médecins du XVIIIe évoquent la délicatesse de l’esprit, la sensibilité exacerbée voire l’hystérie des lectrices; tandis que les censeurs mettent les maris en garde contre la comparaison avec des héros de romans.

Aujourd’hui, les femmes lisent toujours plus de littérature que les hommes et elles sont même majoritaires quand il s’agit de romans sentimentaux. Les jeunes Emma contemporaines lisent des romans de «chick lit»les collections Harlequin modernes.

Elles plébiscitent des romans qui font rêver d’amour, signés Marc Lévy ou Aurélie Valognes. Elles regardent des séries et des films romantiques sur leur ordinateur, dans leur lit, à l’instar de Bridget Jones. En couple, elles continuent avec de l’erotic romance, comme Cinquante nuances de Grey, dissimulé dans leurs liseuses. Elles suivent les célébrités –dans des magazines, sur Instagram ou TikTok–, et rêvent d’amour devant les émissions de téléréalité (43% de femmes regardent ces programmes, contre 18% des hommes).

Une femme qui cherche l’amour

Cependant, après avoir vécu par procuration, Emma sombre dans la dépression. Elle croyait trouver le bonheur dans la maternité, mais la réalité est décevante, et elle cherche le réconfort auprès de ses amants, Rodolphe, puis Léon, qui la délaissent à leur tour quand elle devient trop romanesque.

Le constat de Flaubert est là encore d’une extrême modernité. La quête éperdue de l’amour se fait aujourd’hui à travers des sites de rencontres, qui mêlent modèles de consommation et quête d’idéal, et aboutissent souvent à des désillusions. De même, les langues commencent à se délier sur la maternité et le post-partum, comme celle d’Illana Weizman, créatrice du hashtag #Monpostpartum, ou les témoignages liés au hashtag #RegretMaternel réunis en 2021 dans Mal d’être mère, de Stéphanie Thomas.

Une femme qui consomme pour compenser

Enfin, Emma Bovary, pour combler ses manques affectifs, se livre à des achats qui la mènent à la ruine. Elle commande les accessoires nécessaires pour jouer le rôle de ses rêves: écharpes, robes, et même «une papeterie, un porte-plume et des enveloppes, quoiqu’elle n’eût personne à qui écrire». Elle se rêve en héroïne de roman écrivant son histoire jusqu’au grand final: son suicide, en avalant de l’arsenic qui a «l’affreux goût de l’encre».

Dans son essai Beauté fatale, paru en 2012, Mona Chollet étudiait comment les médias poussent les femmes à dépenser toujours plus pour être conformes au modèle dominant de séduction féminine. Eva Illouz, dans La Fin de l’amour–Enquête sur un désarroi contemporain, publié en 2020, constate quant à elle que nos contemporains idéalisent la relation amoureuse tout en revendiquant leur liberté. C’est l’ère de ce qu’elle appelle les «emodities» (marchandises émotionnelles), qui compensent le manque d’émotions dans les relations: des petits cadeaux, des moments feel good (voyages, moments de bien-être) pour se sentir –ou se dire– heureux.

Emma Bovary est donc toujours parmi nous: c’est une lectrice en quête d’amour et victime de la mode, comme le disait Jean Rochefort.

Le bovarysme est-il typiquement féminin ?

Évidemment, ni le désir d’amour ni la rêverie ne sont proprement féminins. Flaubert aurait d’ailleurs déclaré «Madame Bovary, c’est moi», car adolescent, il cultivait ce goût du romanesque, s’identifiant à Don Quichotte rêvant d’idéal.

Julien Sorel, dans Le Rouge et le Noir, lit Le Mémorial de Sainte-Hélène et s’identifie à Napoléon. Il rêve d’action, il est «ambitieux», ce qui est connoté positivement contrairement au bovarysme, assimilé à une forme de passivité. S’ils ne réussissent pas, on parle, pour les hommes, d’Illusions perdues. Le roman de Balzac a été adapté au cinéma, tout comme Eugénie Grandet, l’histoire d’une fille unique très riche rêvant d’amour et se sacrifiant pour son cousin. Les femmes ne pouvaient avoir d’autre ambition au XIXe que de soutenir un homme, mais –heureusement– ces modèles littéraires sont datés.

Les femmes aujourd’hui ont bien d’autres moyens de se réaliser, mais on les invite encore à penser que l’amour serait la seule aventure qui leur permettrait d’exister. Mona Chollet, dans Réinventer l’amour–Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, analyse comment l’amour est toujours idéalisé dans les films, les livres, les magazines ou la publicité. Au nom de l’amour, les femmes sont invitées à se dévouer, à se faire petites et à se taire pour être aimées, à tenir pour normal d’être seules dépositaires de la charge mentale du couple.

Elles acceptent d’aider leur conjoint à progresser, d’offrir leur amour, parfois jusqu’à la violence morale ou physique. L’homme viril est, lui, invité à se méfier de l’amour et à garder son argent, tel Rodolphe, le séducteur d’Emma qui refuse de l’aider. Pour Mona Chollet, les femmes modernes ne trouvent plus leur compte dans ces relations trop souvent inégales: à l’homme l’action, à la femme le soutien inconditionnel.

Des modèles de femmes d’action plutôt que d’amoureuses

Rêver d’idéal et de succès est tout à fait louable. Daniel Pennac parle à ce propos, dans Comme un roman, d’une «maladie textuellement transmissible» et d’un droit au bovarysme. Mais il faut ensuite pouvoir se battre pour réaliser ses rêves. Emma rêvait d’accomplissement à travers Charles, qui se révélait être un docteur médiocre lors de son opération du pied bot et un mari hors des codes classiques de la virilité (non binaire, dirait-on aujourd’hui), mais aimant et dévoué.

Emma Bovary était en lutte pour son «agentivité», autrement dit sa capacité d’action en tant que femme. Mais elle n’avait pas de modèle féminin actif, pas de Napoléon dans ses lectures. C’est en redonnant leur place à toutes les femmes qui ont agi dans l’histoire que l’on permettra aux jeunes lectrices du XXIe siècle d’avoir des modèles forts et inspirants.

Disney a fait évoluer ses héroïnes avec Elsa, Vaiana, Tiana, Mérida dans Rebelle, Raiponce ou Mulan. Désormais, les héroïnes prennent leur destin en main. Dans la littérature jeunesse, la série Mortelle Adèle met en valeur une antihéroïne qui n’aime pas l’amour, mais l’action. Elle a beaucoup de succès chez les jeunes garçons et filles, qui s’identifient à Adèle.

L’Anglaise Posy Simmonds a donné, avec Gemma Bovary, une version du roman dans laquelle les rôles sont inversés: c’est le boulanger normand qui rêve de sa belle voisine anglaise Gemma, avec ses souvenirs de Flaubert. Gemma est une femme moderne, qui prend l’Eurostar et retrouve son amant dans son van aménagé… tandis que Raymond rêve et lit dans sa chaumière.

Lire des autrices qui ont fait de leurs rêves et idéaux des créations puissantes permet de sortir également des représentations éculées. Maryse Condé, Margaret Atwood ou Annie Ernaux comptaient parmi les autrices pressenties pour le prix Nobel de littérature en 2021, finalement décerné à Abdulrazak Gurnah. Le prix Nobel doit être attribué à un auteur «qui a fait la preuve d’un puissant idéal» dans sa réflexion sur le monde, selon les directives d’Alfred Nobel. Toutes trois portent une réflexion nouvelle sur le monde et les femmes, avec des héroïnes modernes, inscrites dans les réflexions féministes du XXIe siècle.

[Source : http://www.theconversation.com]

Escrit per

El dia que vaig comprar una rèplica de la Venus de Willendorf no la vaig mirar. Vaig guardar la petita figura a la butxaca i vaig esperar a asseure’m en un lloc tranquil. Aquell lloc va resultar ser una sala d’actes en què es projectava la pel·lícula de 1962 The miracle worker, sobre el despertar cognitiu de la xiqueta sordcega Helen Keller (El milagro de Ana Sullivan en la versió en castellà). Feia uns quants dies que li pegava voltes al que Helen Keller havia escrit sobre la seua percepció del món a través de les mans: «A través del tacte conec l’exuberància del sòl, les delicades figures de les flors, les nobles formes dels arbres i la varietat dels vents forts.» Llavors se’m va acudir explorar i memoritzar una figura amb el tacte, prescindint per complet de la vista. Mentre veia la pel·lícula vaig estar més d’una hora explorant aquella figura amb els dits, sense mirar-la en cap moment.

A poc a poc, en algun lloc del meu cervell (en l’escorça somatosensorial?, en l’escorça visual?, en ambdues?, en una altra part?) es va anar configurant la imatge tridimensional d’aquella coneguda mostra d’art del paleolític. Encara que tenia una idea de com era el seu aspecte bàsic, resultat del que pot ser una cultura general (una escultura menuda, rabassuda, d’una dona amb els pits molt grans), abans de la meua exploració tàctil seria incapaç de fer-ne un dibuix fidel. D’igual manera que si ara em demanen que dibuixe, de memòria, sense mirar un mapa, el perfil de les illes Canàries i la situació d’unes illes respecte a les altres.

«Som animals visuals i, de manera comprensible, la majoria de les persones a penes exercitem la memòria tàctil»

Les paraules de Helen Keller havien estimulat la meua curiositat: «No em correspon a mi dir si veiem millor amb la mà o amb l’ull. Només sé que el món que veig amb els meus dits és viu, rubicund i resulta satisfactori. El tacte proporciona a les persones cegues moltes certeses agradables que els nostres companys més afortunats es perden, ja que el seu sentit del tacte roman sense cultivar. Quan miren les coses, es fiquen les mans a les butxaques.» Em vaig preguntar com seria la imatge que generaria la meua ment després d’explorar una figura amb el tacte. Seria més fidel, més contundent, que la que podria obtindre en explorar-la amb la vista?

Lorenzo Ghiberti, després de veure a Roma una escultura d’Hermafrodit, va escriure: «La perfecció de coneixement, mestratge i art que mostra està més enllà de les capacitats del llenguatge. Les seues belleses més exquisides no poden descobrir-se amb la vista, només amb el tacte de la mà.» Recordava aquestes paraules mentre Mme. Willendorf feia voltes entre les meues mans. Vaig descobrir que la percepció tridimensional és molt més eficaç en usar les dues mans que només una. No sols hi ha més receptors sensorials treballant, sinó que el sistema propioceptiu –que s’encarrega de detectar la posició del nostre cos en l’espai– subministra informació sobre les posicions relatives de dits i mans.

Per a rematar el meu petit experiment, encara sense haver mirat a la cara ni una sola vegada la venus, vaig agafar un llapis i vaig tractar de dibuixar-la en un quadern, de memòria. Vaig fer tres dibuixos: de front, per darrere i de perfil. La memòria tàctil és clarament tridimensional: amb la informació que havia obtingut podia dibuixar-la des de qualsevol angle. El resultat em va semblar satisfactori. Ara faltava confrontar la meua memòria amb la figura; a aquelles altures tenia unes ganes boges de mirar-la. La vaig observar amb els ulls i la vaig trobar una mica més voluptuosa que com l’havien construïda en el cervell les meues mans, i amb el cap una mica més gros, però en essència el que havia arribat a la meua ment era una imatge acceptablement fidel.

Som animals visuals i, de manera comprensible, la majoria de les persones a penes exercitem la memòria tàctil; no obstant això, seria meravellós poder recórrer amb les puntes dels dits una escultura de Canova, de Donatello, o la Porta del Paradís de Ghiberti, i recordar aquella sensació anys més tard.

 

[Foto del autor – font: http://www.metode.cat]

O Goberno galego retirou un dos criterios nas axudas ás compras de bibliotecas que estabelecía que un mínimo de 25% das adquisicións debían ser en galego. Na última convocatoria, ese criterio foi cambiado por outro que indica que cando menos 50% das obras compradas deben estar escritas en castelán.

Interior da Biblioteca Ánxel Casal de Compostela

A Mesa Pola Normalización Lingüística denunciou esta segunda feira que as axudas para a adquisición de novidades editoriais e para a mellora das coleccións das bibliotecas das entidades locais convocadas este 2022 pola Xunta da Galiza « prexudican gravemente a lingua galega » en favor do castelán, xa que « non existe un mínimo obrigatorio de compra en galego ».

Nunha nota remitida aos medios, a entidade critica que a convocatoria para a compra de libros por parte das bibliotecas de entidades locais recolle que, « como mínimo », 50% do importe dos fondos Next Generation da Unión Europea (UE) « debe destinarse a fondo bibliográfico editado en castelán », mais non estabelece ningún mínimo para os libros editados en galego.

Aliás, de 50% restante, 10% poderase dedicar a adquirir fondos editados en linguas oficiais no resto do Estado español e en linguas estranxeiras.

A entidade censura que, até 2021, cando menos 25% dos libros comprados con cargo a estas axudas debían ser en galego. Porén, nesta última convocatoria ese criterio foi eliminado.

Risco de discriminación « noutros campos »

Segundo detallou a Mesa, a Xunta xustifica este « ataque ao galego » porque esta axuda conta con fondos europeos, polo que as porcentaxes mínimas ou máximas que corresponden ás distintas linguas estabelecéronse nunha conferencia sectorial de Cultura que decorreu o 23 de xullo de 2021.

Para o presidente da entidade, Marcos Maceira, esta argumentación do Goberno galego resulta « aínda máis preocupante » porque « parece que non vai ser o único campo no que o galego se vexa gravemente prexudicado fronte ao español na repartición de fondos europeos ».

« A peaxe que ten que pagar a sociedade galega pola chegada dos fondos europeos é a cesión ao castelán dos espazos de protección que tiña », lamenta o voceiro da entidade.

[Imaxe: B. Ánxel Casal – fonte: http://www.nosdiario.gal]

 

Em Sintra não faltam palácios de contos de fada e cenários de sonho. Escolher o mais bonito é tarefa quase impossível, mas Monserrate, uma obra prima do romantismo, com certeza, é um concorrente sério ao primeiro lugar.

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Assim que entramos na propriedade percebemos que estamos num local especial. No caminho que vai dar ao palácio chama-nos logo a atenção um arco ornamental indiano e uma escadaria que conduz ao interior dos jardins.

Aos poucos avistamos o palácio… um edifício extremamente belo, de estilo romântico que nos transporta para outra época e nos recorda que a história de Monserrate é muito antiga.

Conta a lenda que este lugar remonta aos tempos de Afonso Henriques, o primeiro rei de Portugal, que nesta propriedade terá mandado erigir uma capela dedicada à Virgem Maria. Sobre as suas ruínas (das quais não existe nenhuma evidência histórica), foi construída, em 1540, outra capela, esta por iniciativa de Frei Gaspar Preto que, após uma viagem à Catalunha se maravilhou com o mosteiro de Montserrat, perto de Barcelona, e decidiu usar a propriedade que pertencia então ao Hospital de Todos os Santos de Lisboa — do qual era reitor — para construir uma capela dedicada a Nossa Senhora de Monserrate.

No século XVII, a família Mello e Castro tomou a Quinta de Monserrate e, em 1718, D. Caetano de Mello e Castro, comendador de Cristo e vice-rei da Índia, tornou-se o novo proprietário. Poucos anos mais tarde, em 1755, o grande terramoto de Lisboa destruiu o local, mas apesar do seu mau estado, a propriedade chamou a atenção de Gerard de Visme (um comerciante inglês que teria feito fortuna com diamantes) e este, em 1789, decide arrendá-la e mandar construir ali um edifício de estilo neogótico, onde habitou por poucos anos.

Monserrate encontra então um novo arrendatário — o escritor inglês William Beckford, que realiza obras de restauro no edifício e nos imensos jardins que o rodeiam, até deixar o local ao abandono em 1799.

Foi ainda em ruínas que Lord Byron encontrou Monserrate quando visitou a propriedade em 1809. A sua aparência magnífica, porém, inspirou o poeta, que escreveu sobre ela e atraiu o interesse de mais viajantes estrangeiros. Um deles foi Francis Cook, outro rico comerciante inglês que acabou por comprar a propriedade em 1863 e a transformou naquilo que ela é hoje — uma obra prima do romantismo!

Para materializar o seu sonho, Francis Cook contou com a ajuda do arquiteto James Knowles Jr., que projetou um palácio onde se combinam as influências góticas, indianas e mouriscas; e com as ajudas preciosas do paisagista William Stockdale, do botânico William Neville e do mestre jardineiro James Burt que nos jardins prolongaram harmoniosamente os motivos exóticos da decoração interior.

O Parque de Monserrate recebeu espécies vindas de todo o mundo, que foram organizadas por áreas geográficas, refletindo as diversas origens das plantas e compondo cenários românticos ao longo de caminhos, por entre ruínas, recantos, lagos e cascatas.

Neste cenário paradisíaco, foram passadas as férias de verão da família Cook e organizadas grandes festas até 1949, ano em que o governo português adquiriu a propriedade.

Nas últimas décadas o palácio e jardins foram totalmente restaurados e apresentam-se hoje em toda a sua gloria e exuberância.

Ao entrar pela porta lateral, a primeira coisa que vemos é a bela fonte no centro do palácio, localizada diretamente sob uma cúpula de vitral vermelho rosado. Os detalhes são impressionantes: todas as paredes e tetos têm diferentes padrões de gesso refletindo a natureza e a folhagem.

Os corredores, a sala de música, a biblioteca, os quartos, escadarias, varandas, os tetos hipnóticos… tudo parece fazer parte de um bonito sonho do qual não queremos acordar. Um passei pelos jardins só reforça essa ideia, principalmente quando chegamos à ruína criada a partir da capela edificada por Gerard de Visme em substituição da antiga capela de Nossa Senhora de Monserrate.

Engolida pela vegetação, a ruína é já indissociável da árvore da borracha australiana, que sobre ela cresceu e lhe dá um aspeto incrível e surreal.

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É um lugar maravilhoso, que quem visita Sintra não deve perder!

Como chegar

De automóvel:

Pode chegar à Vila de Sintra seguindo:

  • IC19 (desde Lisboa)
  • IC30 (desde Mafra)
  • EN9 (desde Cascais, pela A5)

O Parque e Palácio de Monserrate localiza-se na estrada que liga o centro da Vila de Sintra a Colares (EN375).

Coordenadas GPS – 38º47’38.515″N 9º25’15.413″W

Há pouco estacionamento dentro do Parque Monserrate. Se vier de carro chegue cedo para garantir uma vaga.

De transportes públicos:

Apanhe o comboio (CP) Lisboa > Sintra – Linha de Sintra

Estações de origem:

  • Estação de Oriente
  • Estação do Rossio
  • Estação de Entrecampos

Em SINTRA (na estação ferroviária) apanhe o autocarro n.º 435 (Scotturb)

Horários

Horários (parque) 09h00 — 19h00 (último bilhete e última entrada 18h00)
Horários (palácio) 09h30 — 18h30 (último bilhete 17h30 e última entrada 18h00)
A bilheteira encerra entre as 12h00 e as 13h00, mas há pontos de venda automática de bilhetes disponíveis.

Preços:

  • Bilhete adulto (de 18 a 64 anos) — 8 €
  • Bilhete jovem (de 6 a 17 anos) — 6,5 €
  • Bilhete sénior (maiores de 65 anos) — 6,5 €
  • Bilhete família (2 adultos + 2 jovens)  — 26 €
  • Bilhete gratuito aos domingos para quem vive no concelho de Sintra

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Tchau!

Travellight

 

 

[Fotos: Travellight e H. Borges – fonte: thetravellightworld.blogs.sapo.pt]

Escrito por JOSÉ CRESPO ARTEAGA

Oruro era décadas atrás la capital del pejerrey. En las riberas de su alargado lago Poopó, un verdadero mar interior, comunidades uru-chipayas y aymaras vivían enteramente de la pesca. Bien recuerdo que cajonadas de pescado fresco enviaban a ciudades como Cochabamba y La Paz, e incluso llegaban hasta el pueblo de mi niñez, a buenos centenares de kilómetros. Los jueves de madrugada arribaban los comerciantes orureños con mercaderías diversas, entre estas algunas cajas de madera con pescaditos plateados de olor sumamente penetrante. Yo deploraba toda aquella peste en la casa. Pero en cuanto mi madre, luego de un moroso descamado, los sumergía en la sartén y nos servía a la mesa, comía sin rechistar hasta chuparme los dedos. Crocantes frituras de suave corazón tan blanco que no tenían parangón.

Muchos recuerdos todavía guardo de mis viajes juveniles a Oruro. Espléndidas meriendas en casa de mis tíos, en las que era normal que sirvieran pejerrey casi todas las noches, preparado de mil maneras por su hábil cocinera, de trenza larga y perenne sonrisa, una extrañeza entre las cholitas aymaras de rostro mayormente adusto. El estómago agradecía aquellas sobrias degustaciones de carne magra y de fácil digestión, considerando la altura y la climatología fría de la urbe orureña.

Como se sabe, hoy el Poopó es un erial de arena, tierra resquebrajada y desolación. Barcas volcadas en las resecas orillas de blanco salitroso, testimonian que el agua ha retrocedido para quizás nunca más volver. Como huyeron los patos y flamencos, la gente abandonó paulatinamente sus comunidades lacustres. El pescado, prácticamente ha desaparecido de los mercados de la ciudad altiplánica, ahora se lo trae desde el Titicaca y los ríos tropicales de tierras orientales. Acompañando a mi primo esos días de Semana Santa a efectuar la compra, se me iban silbidos de sorpresa al ver los precios en la pizarra: tan elevados que consumir pescado se ha vuelto un asunto privativo, cuando antaño la abundancia permitía que lo consumiese todo el mundo. Y lo peor, que cuando fuimos a buscarlo el sábado, casi todo se había esfumado para el Viernes Santo. No había dónde escoger.

Menos mal que el primo había comprado con anticipación una docena de filetes medianos. Una cantidad rácana, posiblemente llegada del lago Uru-Uru, un lago menor también en serio riesgo de secarse, a las puertas mismas de la ciudad por el lado sur. Como su afilado ojo de chef aficionado estimaba que la provisión no alcanzaría fuimos a por más a un mercado céntrico, donde además aprovechamos para adquirir verduras y otros ingredientes necesarios para un suculento pescado al horno. Fracasamos en nuestro intento de hallar pejerrey -no había ni rodajas del soso surubí para disimular el asunto-, así que compramos unas pechugas de pollo. Total eran carne blanca, pensábamos.

Con los ingredientes a bordo, el chef dio inicio a la faena. Su mujer desapareció de la cocina, diciéndome que cuando él cocinaba no se metía para nada. Yo no me lo creía todavía que mi primo, el ingeniero civil, fuese un consumado entusiasta de los fogones y sus secretos. Con razón no había ahorrado detalle en el diseño de su amplia cocina, un conjunto de aire minimalista, con los elementos (fogón, horno, microondas, estanterías) estratégicamente distribuidos que hacían perfecto juego con el mesón de granito negro. Y la iluminación ambarina sutilmente desplegada en el cielo raso aumentaba la sensación de calidez. Daba gusto cenar allí, seguro que sí.

Pues bien, mientras el pejerrey marinaba media hora en caldo de limón, que yo mismo contribuí a prensar, el cocinero cortó aros de inmensas cebollas blancas que junto con tiras de pimentones rojos se puso a sofreír en mantequilla, esperando que soltaran el jugo, al que añadía unos toques de vino blanco para que se impregnara de su bouquet. A continuación añadió los trozos de tomate que con gran esfuerzo había yo pelado. Hervían las papas waych’as de reciente cosecha, con cáscara, que unos minutos más de cocción y se nos deshacían de lo harinosas que eran. Escurrido el limón, sobre una capa de las verduras sofritas se depositaron cuidadosamente uno a uno los delgados filetes del preciado pescado, salpimentado con moderación. Lo mismo, se lo cubrió por encima con otra capa a la que se añadió unas ramitas de cilantro. A esperar veinticinco minutos, entonces.

Mientras tanto, pelamos las papas cocidas y las cortamos en rodajas. Junto al pollo asado, cortado en cachitos que, para ahorrar el trabajo habíase comprado en una rosticería, el chef las puso en otra bandeja, regándolas con queso rallado para que se derritiera con el gratinado. Eran las nueve de la noche cuando llamaron a cenar. Los chicos pusieron la mesa y se los veía entusiasmados con el trabajo del padre, que fue puntilloso hasta con servir personalmente para que a nadie le faltara. A punto de iniciar el ritual, uno de los muchachos preguntó por esa rara carne desmenuzada que acompañaba el pescado; al instante reaccioné diciéndole que era faisán, algo que solo se degustaba en mesas de reyes y nobles, añadí para pillarle en su inocencia. Pero parece pollo, replicó después de probar; bueno, comételo como si fuera auténtico faisán, le respondí ocultando una sonrisa burlona. Nos echamos unas risas mientras devorábamos bocado a bocado aquel inédito plato de autor, que por razones merecidas bauticé como Pejerrey a la Luchín. Juro por mis andanzas culinarias que jamás he probado carne más delicada, tierna y sabrosa que un buen filete de pejerrey horneado.

Mi primo me dio el tiro de gracia sacando un riesling de la nevera, varietal desarrollado por la casa Campos de Solana, quedándome gratamente pasmado de que nuestro paisito produjese tal cosa. Desde ya su tonalidad amarilla tirando a dorado y su aroma intenso a frutas me despertaron las ansias de probarlo. Delicioso elixir con toque ácido que me recordaba a gallardos cavas de la lejana Cataluña. Al día siguiente, domingo a mediodía, me despedí con dolor de mis solícitos anfitriones. Que me dejaba el bus, y que no había tenido tiempo para dar fin a los últimos rescoldos de esa inolvidable cena. Por eso era el dolor.

[Fuente: perropuka.blogspot.com.]

Des outils permettent désormais d’estimer le «juste prix» à payer pour une bouteille. Pour l’instant réservés aux grands crus, ils pourraient rapidement influencer le marché grand public.

Cette année, le célèbre château Cheval Blanc a été lancé au prix de 390 euros la bouteille. Nicolas Tucat/AFP

Écrit par Philippe MassetJean-Philippe Weisskopf et Jean-Marie Cardebat 

Tous les ans, entre avril et juin, Bordeaux entre en effervescence. C’est la campagne des primeurs. Ce moment où les vins, encore en élevage dans leurs fûts de chêne, sont goûtés par les professionnels, les journalistes et les grands experts. Tous pourront se faire une opinion sur la qualité des vins présentés.

Les grands experts noteront les productions de chaque château, tandis que les châteaux annonceront les prix en primeur de leurs vins. Ce prix auquel les négociants pourront immédiatement acheter les vins et les revendre dans la foulée, aux professionnels comme aux particuliers. La livraison effective n’aura lieu que l’année suivante, lorsque le vin aura terminé son élevage et aura été mis en bouteille.

Lorsque les premiers prix «sortent», une grande fébrilité s’empare de la filière. Quelle va être la tendance du marché? Quel château va se montrer raisonnable ou, au contraire, déraisonnable en augmentant fortement ses prix, au risque de mal vendre ses vins? Quelles sont les «bonnes affaires»? La sortie des prix primeurs est abondamment commentée sur toute la planète vin. Et acheteurs et vendeurs s’entendent finalement rarement sur la notion de juste prix: c’est ici que les économistes interviennent.

Définir le «juste prix»

La notion de «juste prix» est une des plus anciennes questions économiques. Introduite par Aristote, développée par saint Thomas d’Aquin, elle sera au centre des ouvrages économiques d’Adam Smith, de David Ricardo et de biens d’autres encore. En dehors de sa dimension morale, elle renvoie à un prix qui reflète les déterminants économiques fondamentaux et qui, par définition, ne doit être ni sur ni sous-évalué, ne lésant ainsi ni l’acheteur ni le vendeur.

Décomposer le prix d’un vin en fonction de l’ensemble de ses caractéristiques, tout en prenant en compte les cycles du marché et les déterminants économiques de la demande, permet d’évaluer précisément le juste prix d’un vin. Ce juste prix est donc issu de facteurs idiosyncratiques et de facteurs communs influençant le marché du vin.

Dans une étude à paraître, nous nous sommes livrés à cet exercice. Nous avons cherché à estimer le «juste prix» des primeurs bordelais de ce printemps 2022 sur la base de la dynamique des prix depuis le milieu des années 2000 sur le marché secondaire sur lequel s’organise la revente des bouteilles, les variables économiques influençant la demande. Partant du fait que les marchés primaires et secondaires sont forcément reliés, nous avons construit un modèle d’estimation du prix des vins sur le marché secondaire, que nous appliquons ensuite aux vins sortant sur le marché primeur.

Des participants à la « semaine des Primeurs » en pleine séance de dégustation, le 25 avril 2022 à Bordeaux. Philippe Lopez/AFP

Ainsi, le prix d’un vin va dépendre de sa réputation (la prime liée à la marque telle que repérée sur le marché secondaire), de son âge (un an de plus ou de moins donne un prix plus élevé ou moins élevé de 3%), de la qualité du millésime (repérée par les grands experts) et de la qualité intrinsèque du vin (donnée par de grands experts, également sous forme de notes). Ce modèle a un pouvoir explicatif très fort (98%) de la variance des prix expliqués.

Un calcul plutôt fiable

Appliqué aux primeurs, il fonctionne très bien. Les premières sorties révèlent que la plupart des châteaux, au moment où nous écrivons, sortent à un prix conforme à leurs fondamentaux issus du modèle. À titre d’exemples, le célèbre château Cheval Blanc a été lancé au prix de 390 euros, quand le modèle donnait un prix fondamental de 384 euros; le cinquième cru, classé 1855 de Médoc, Château Cantemerle, est sorti à 18 euros, pour un prix fondamental de 18,90 euros. En moyenne, le taux de divergence entre le modèle et les dix premières sorties est de 2,27%.

Trois châteaux seulement s’écartent significativement de leur prix fondamental (en les excluant, le taux de divergence du modèle passe à 0,41%), à la hausse comme à la baisse. Cette différence peut s’expliquer par des stratégies commerciales particulières, avec des arbitrages opposés entre la création de valeur, liée à un prix élevé, et l’écoulement rapide des volumes, lié à un prix mesuré. Cet écart peut aussi s’expliquer par une lecture particulière de l’évolution à venir du marché ou encore une volonté de positionnement différent du vin (volonté de montée en gamme par exemple).

Mais l’enjeu est ailleurs. Pour intéressante que soit l’étude des prix des primeurs bordelais, c’est l’extension de cette étude aux vins «grand public», disponibles dans les canaux de distribution standards qui pourrait impacter le marché de masse (mass market).

Bientôt des sommeliers virtuels?

Au regard de l’ampleur des bases de données disponibles sur le web concernant le vin, cette méthodologie peut en effet être étendue à des dizaines de milliers d’autres vins. Rappelons que la seule application Vivino revendique plus de 50 millions d’utilisateurs et compile de l’information (y compris des notes sur les vins données par les utilisateurs) pour, justement, plusieurs dizaines de milliers de vins. Modéliser le juste prix de ces vins apparaît donc possible, toute l’information étant disponible.

Modéliser le juste prix des vins « grand public » apparaît désormais possible. Denis Charlet/AFP

Un chercheur australien a d’ailleurs déjà créé un petit algorithme permettant de sortir le «juste» prix d’un vin en fonction des caractéristiques rentrées par l’utilisateur.

Nul doute que de nouveaux algorithmes, plus performants et, surtout, brassant beaucoup plus de vins, vont fleurir. Le développement des notes et des commentaires issus des consommateurs eux-mêmes sur les applications dédiées aux vins enrichira en données ces algorithmes qui délivreront des prix «fondamentaux», ou «juste prix», pour éclairer les consommateurs dans leurs choix.

De la même façon que l’intelligence artificielle est largement utilisée dans le conseil pour le choix des vins (en fonction de vos, goûts, de vos achats précédents, de ce que vous aimez manger, etc.), les sommeliers virtuels seront certainement capables très bientôt de vous dire à quel prix acheter un vin. Devant un rayonnage, il vous suffira sans doute de scanner des prix et des bouteilles pour savoir si vous faites une affaire ou s’il vaut mieux passer son chemin.

Cet outil d’aide à la décision, amené à se développer, conduira à une meilleure efficience du marché en réduisant l’asymétrie d’information qui pèse sur le consommateur, confronté à un choix délicat face à des centaines de vins. On ne peut que s’en réjouir.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. L’alcool ne doit pas être consommé par des femmes enceintes.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Bienvenidos a San Baltazar Guelavila, localidad en la que inicia la historia y producción de un mezcal auténticamente oaxaqueño.
 
Son las ocho de la mañana y la Alameda de León en Oaxaca comienza a ver movimiento en forma de vendedores de globos, bicicletas de raspados, puestos de ropa, organilleros, boleros y creyentes que se enfilan a recibir la bendición mañanera en la catedral. También hay algunas parejas disfrutando de las bondades del verano, un par de señoras planeando su ruta turística desde la comodidad de una banca y algunos charcos que decoran el paso peatonal como prueba de la tormenta de la noche anterior. Una hora más tarde —y después de la parada obligada en la tienda de autoservicio que da por iniciado cualquier roadtrip— hemos cambiado la ciudad por el paisaje color verde y el olor a tierra mojada de la región de los valles centrales del estado, donde, en compañía de Mezcal Unión, nos acercaríamos al proceso de elaboración detrás del destilado más popular del momento.
 
Un arco color azul con letras negras y la leyenda “Bienvenidos a San Baltazar Guelavila” marca la llegada a nuestro destino. A partir de este punto, la carretera se convierte en una pequeña calle que a su vez se convierte en un camino de terracería que conduce a uno de los 14 palenques involucrados en la producción de Mezcal Unión. Estos lugares son manejados por distintas familias oaxaqueñas y pueden aportar desde mil hasta cinco mil litros mensuales de líquido, según su capacidad. El palenque de San Baltazar es el principal de la marca, un pequeño oasis natural en medio de la nada donde el sonido del agua de un riachuelo se combina con el del mezcal recién destilado que cae en pequeñas garrafas de plástico.
Mezcal Unión nace en 2009 con la intención de generar un cambio positivo en el país por medio de la colaboración, apoyando la producción artesanal y creando puentes con las comunidades. Este es un mensaje que lleva cada botella de mezcal joven y viejo de la marca. El primero, elaborado con maguey espadín y cirial; y el segundo, con espadín y tobalá, considerada como una de las plantas más complejas de la familia Agavoideae   
 
 
El proceso de elaboración de mezcal comienza en el campo, donde la división agrícola de Unión opera como una sociedad que beneficia a más de 15 familias magueyeras, cuyos integrantes reciben el título de socios productores, jamás empleados. Las plantaciones de maguey se distribuyen en las poblaciones de San Juan del Río, Matatlán, Santa Ana Tavela, Santa María el Palmar y San Baltazar. En estos predios, la producción se realiza libre de fertilizantes y pesticidas, y con un cuidado manual durante los primeros y últimos dos años de vida de cada planta. Esto resulta en magueyes de buen tamaño y con una gran concentración de azúcar y sabores naturales, que, después de seis o siete años de maduración, están listos para desprenderse de sus hojas en el proceso de la jima con ayuda de afilados machetes para, literalmente, quedarse con el corazón expuesto (también conocido como piña).
Cuando llegamos al palenque de San Baltazar, cientos de piñas acababan de arribar provenientes de una plantación en San Juan del Río. Una parte del equipo de don Pedro Hernández, maestro mezcalero de Unión, afilaba las hachas para partir cada piña en dos o cuatro pedazos (dependiendo del tamaño), mientras que otra se encargaba de la preparación del horno, donde posteriormente terminarían 12 toneladas de corazón de maguey listas para la cocción. Motivada por la curiosidad, me aventuré a partir un par de piñas (o al menos lo intenté) mientras los integrantes del equipo de don Pedro se encargaban de hacer lo propio en no más de tres hachazos perfectos. Es un movimiento tan natural que parece más heredado que aprendido.
La palabra mezcal significa “corazón de maguey cocido” en náhuatl, y aunque nos encontrábamos en territorio zapoteco, el misticismo del horno es más grande que cualquier clasificación cultural. Primero se encienden los troncos, luego va la piedra de río y, después de varias horas, el humo sale del enorme hueco en la tierra indicando que todo está listo para recibir a las piñas en un proceso de cocción lenta. En esta ocasión, la mano de obra del palenque se llenó de curiosos que, poco a poco, dejamos a un lado las cámaras y los celulares para unirnos a lo que parecía una ceremonia semisilenciosa de esfuerzo colectivo, únicamente interrumpida por el ocasional gruñido que resulta de cargar las piñas más pesadas. Una vez llenado el horno, todo se cubre con costales y tierra, y se deja reposar durante tres o cuatro días. Después de este tiempo, la piña —ahora cocida— pasa al proceso de molienda realizado en la tahona, un espacio circular donde una gran rueda de piedra jalada por un caballo se encarga de extraer el jugo azucarado del agave. Esta mezcla se deja fermentar de cinco a siete días, dependiendo de la época del año y la temperatura del ambiente.
 
Mientras celebramos el exitoso tapado del horno con cervezas y vasitos de mezcal, don Pedro Hernández se pasea entre los tanques de acero inoxidable para supervisar el destilado de sus creaciones. “Aquí se está haciendo el primer destilado, del que va salir un mezcal ordinario de 20 grados de alcohol”, explica don Pedro mientras da un sorbo a su jícara como parte del control de calidad del proceso. En el segundo destilado, la concentración alcohólica se eleva hasta los 55 grados. Después de darle el visto bueno, don Pedro rellena su jícara para darme a probar del transparentísimo líquido en lo que me pareció un gesto de confianza para el que no estaba preparada, pues el segundo destilado es solo para valientes y locales acostumbrados a su potencia. Esto me lo confirma don Pedro con una carcajada y agrega: “Hay que rectificarlo pa´que no se ahogue”. Él se refiere al proceso de mezcarlo con agua para llegar a la graduación comercial deseada.
Son las cinco de la tarde y el palenque de San Baltazar está en silencio después de la jornada. Filgoño, Teodoro, Aurencio, Armando, Francisco y el tío Joel (apodado así por ser el más grande del grupo) han terminado sus actividades del día y se disponen a volver a casa. Antes de despedirnos, me comparten algunas historias acerca de sus amigos en Estados Unidos, presumen las artesanías con palma que venden sus esposas en las ferias cercanas, y aseguran que las mejores piñas siempre son las que crecen en las laderas, por como les llega el agua, y las que se plantan al lado de la casa, porque son como familia. Y es que para apreciar y conocer un mezcal hay que ir mucho más atrás del producto final. 
Básicos gastronómicos en Oaxaca
Para desayunar: Itanoni – nada como empezar el día con una taza de chocolate caliente —ya sea en leche o en agua— de esta antigua tortillería que rinde homenaje a las distintas variedades de maíces nativos de la región con las mejores quesadillas, memelas, tetelas, gorditas y un pozole delicioso.¿Qué pedir? el taco con hoja santa, frijol y quesillo.
Para comer: Mercado 20 de Noviembre – en el icónico pasillo de humo del mercado más popular de la ciudad, decenas de marchantes ofrecen cortes de carne que puedes comprar para llevar o pedir que te preparen al momento. Para complementar: una cerveza bien fría, un par de tlayudas y un guacamole con mucho limón y jitomate.¿Qué pedir? tasajo al carbón, siempre.
Para cenar: Casa Oaxaca – además de su espectacular vista hacia el templo de Santo Domingo, el restaurante del chef Alejandro Ruiz es conocido por reinventar recetas tradicionales con un ligero toque de fine dining en cada plato. Los postres y las tortillas hechas a mano también son para morirse. ¿Qué pedir? la tlayuda con rib eye y el mole de temporada.
El extra: Casa Estambul – decorado con murales de Ramón Sanmiquel, Toño Camuñas y Dr. Lakra, este lugar —mitad bar, mitad galería— es uno de los imperdibles en una noche de fiesta oaxaqueña. Aquí nunca falta la música en vivo, el baile, la buena vibra y el mezcal.¿Qué pedir? el rosemary, un coctel preparado con ginebra, limón, licor de melón y aromatizado con romero.
[Fuente: www.travesiasdigital.com]

Motoboys fazem refeições alheias circularem pelas cidades, mas amargam uma dieta deletéria à saúde: ultraprocessados, sal e açúcar – quando há. Enfrentar o inferno precarização também requer uma urgente virada agroecológica

Escrito por Susana Prizendt

Maio é o mês em que se recorda a abolição da escravidão no Brasil. Em um dia 13 deste mês, no ano de 1888, foi assinado o documento que “libertava” a população escravizada das senzalas. A nova condição de “liberdade” das mulheres e dos homens que faziam parte dessa população foi acompanhada de uma total negação de acesso à terra ou aos meios de subsistência para que pudessem exercer uma verdadeira cidadania no país. A partir daí, a marginalização dos ex-escravizados e seus descendentes foi enraizando-se em uma sociedade que se tornava mais e mais regida pelo capital.

Passaram-se 134 anos e as feridas da desigualdade seguem expostas – como seguem abertas as veias da nossa América Latina. O sangue continua sendo drenado da população negra para a elite branca do país e de nosso território miscigenado para os países brancos do Norte global.

se Novas formas de assujeitamento seguem em curso. Nos últimos anos, a precarização do trabalho vem intensificando-se em um ritmo avassalador e é um dos fatores responsáveis pela ampliação de uma dor que vinha sendo ao menos tratada nas últimas décadas: a dor da fome. Talvez o símbolo mais intrigante para representar esse tema nos dias atuais seja o dos entregadores de comida por aplicativo, atividade que se multiplicou após o desmonte da legislação trabalhista e da chegada da pandemia.

Na cidade de São Paulo, um dos postos em que os motoboys retiram alimentos e bebidas – para levá-los imediatamente às pessoas que pagaram pela encomenda – instalou-se ao lado do prédio onde moro. Quando passo por ali, no começo da noite, em meio à penumbra da rua mal iluminada, vejo corpos estendidos na calçada, com as cabeças apoiadas em pedaços de papelão. Às vezes estão dormindo, às vezes estão com os olhos nas telas de seus celulares, em uma espera contínua de que sejam chamados a subir em suas motos e sair em disparada pela cidade, garantido que a comida chegue quente ao seu destino. Se a própria barriga desses entregadores está vazia, não interessa aos clientes, muito menos aos seus “empregadores”, entidades que parecem abstratas, pois se manifestam desde um não lugar, via celular.

Fico pensando em como, há mais de um século, os escravizados ficavam deitados no escuro do chão das senzalas, sempre sujeitos a ter que levantar ao primeiro sinal de que seus senhores precisassem de algum serviço – ou desejassem satisfazer algum capricho.

A alimentação nas senzalas de ontem

É difícil estabelecer uma comparação precisa entre a alimentação dos trabalhadores precarizados de hoje e dos escravizados do século XIX. Mas mesmo uma breve aproximação evidencia um dos dados perversos da abolição tal como se deu no Brasil: o abandono dos trabalhadores e trabalhadoras negros e negras à sua própria sorte.

Para se ter uma ideia, encontrei uma orientação detalhada sobre a maneira que os senhores de terras deveriam alimentar as pessoas que consideravam seus escravos. Ela faz parte do livro Manual do Agricultor Brasileiro, publicado em 1839 pelo fazendeiro, militar e jornalista Carlos Augusto Taunay, filho de Nicolas Antoine Taunay, pintor de destaque que veio ao Brasil, em 1816, como membro da Missão Artística Francesa, trazendo toda a família. Segue abaixo um pequeno trecho:

“Um negro não deveria receber por dia menos que um décimo da quarta parte do alqueire raso de farinha de mandioca, meia libra de carne fresca ou quatro onças de carne salgada ou peixe, e duas onças de arroz ou de feijão, subentendendo-se que, segundo as localidades, se admitiriam os equivalentes em fubá, arroz, toucinho, peixe, etc.”

E o autor ainda menciona a inclusão de bolo de milho e fruta pela manhã; carne ou peixe com pirão no almoço e feijões, legumes, carurus e arroz à noite.

É claro que o que está escrito no texto era mais uma recomendação, que não corresponde plenamente à realidade da época. De fato, a alimentação nas senzalas era muito mais rude, pobre e irregular. Mas não deixa de ser aterrador comparar com fatos recentes nesta mesma cidade de São Paulo. Como imaginar que essa recomendação efetivamente passava pelas mentes das elites escravocratas quando, não faz muitos anos, o então prefeito de São Paulo e ex-governador do estado, João Dória, quis transformar a tal da “Farinata”, um ultraprocessado que ninguém sabia exatamente o que era, na alimentação básica das crianças, filhas de trabalhadores e trabalhadoras, nas escolas públicas da maior cidade do país?

Igualmente revoltante é a indiferença dessa mesma elite em relação ao que os trabalhadores precarizados de hoje têm conseguido comer. Alimentos produzidos localmente, condizentes com a cultura regional, sem substâncias tóxicas, incluindo grãos, cereais, hortaliças, frutas e carne ou peixe diariamente: quantos brasileiros e brasileiras, nos dias de hoje, têm acesso à dieta que um dia foi recomendada aos escravizados?

Voltemos aos motoboys…

Ultraprocessados nas ruas de hoje

Imensas garrafas plásticas de refrigerantes são compartilhadas, com bastante frequência, pelos entregadores do posto de retirada que abriu na minha vizinhança. Ficam apoiadas em muretas, expostas ao efeito do calor e, quando o tempo está muito quente, imagino que o gosto desse líquido aquecido seja mais parecido com um purgante do que com algo capaz de matar a sede. Do ponto de vista nutricional, além de não ter nada que nutra o organismo, trata-se de veneno, tanto pela fórmula cheia de açúcar e aditivos, como pela contaminação que sofre pelas toxinas emitidas pela garrafa plástica, quando sujeita ao aquecimento.

E se a bebida esquenta nos dias quentes, a comida, em geral já fria, fica gelada nos dias de baixa temperatura. São, em sua grande maioria, lanches com ingredientes ultraprocessados, como salsichas e embutidos, pães de baixa qualidade, molhos gordurosos e artificiais. Ou seja, tudo o que de pior foi inventado pelo modo de produção capitalista que rege nossa indústria alimentícia. E tudo engolido na calçada, entre uma entrega e outra, quando dá tempo.

Seria uma triste ironia se o tipo de alimento que esses motoboys entregassem fosse predominantemente de comidas saborosas, bem feitas, saudáveis e nutritivas – totalmente inacessíveis a eles. Mas, embora entreguem encomendas de cardápios assim; em uma grande parte das viagens que fazem pela cidade as comidas que eles entregam são bem semelhantes às que ingerem – mesmo considerando que os cuidados no preparo, na apresentação e na origem dos ingredientes possam apresentar variações bem expressivas e que é provável que os clientes que as encomendaram não terão que comer apressadamente nas calçadas.

Espio o pequeno compartimento frontal do posto de retirada da minha rua: pelo buraco retangular na parede por onde passam os produtos que são entregues aos motoboys é possível ver grandes garrafas plásticas de refrigerante e embalagens de lanches, que são organizadas em sacolas de papel. Dá para deduzir que a comida encomendada pelos fregueses ali não é nada saudável nem sofisticada e tem um teor “antinutritivo” e um potencial tóxico bem semelhantes aos que já mencionamos em relação às “refeições” feitas pelos próprios entregadores.

Fastfood, doenças e desnutrição a jato

Sim, o domínio do fastfood é inquestionável e tanto aqueles que entregam quanto aqueles que recebem comida por aplicativo costumam ser desalimentados nesse processo. Sal, gordura de baixa qualidade, açúcar e uma mistura química que dá “sabor”, durabilidade, textura, homogeneidade e outras características “desejáveis” a quem vende e a quem compra, são os ingredientes de combinações mágicas que viciam as papilas gustativas presentes em nossas bocas.

Não é à toa que tanta gente sente desejo ou até necessidade por algo completamente antinutritivo como um refrigerante ou um pacote de salgadinhos. Nosso paladar e nossa imaginação, via ação abusiva dos departamentos de marketing, vêm tornando-se escravos de um sistema alimentar baseado em produtos alimentícios ultraprocessados, responsável por ampliar a ocorrência de doenças não transmissíveis, a carência de nutrientes, a injustiça social e a destruição da natureza.

São tempos em que assistimos ao fenômeno da obesidade conjugado com o fenômeno da desnutrição, muitas vezes ambos estando presentes na vida de uma mesma pessoa. E quem seria essa pessoa?

Ultimamente, os alimentos industrializados vêm tornando-se mais baratos do que os alimentos in natura ou minimamente processados. A inflação, que tem sido um outro pilar do aumento da dor da fome no país, atingiu com muita força a comida básica que costuma nutrir nossa população. Arroz, feijão, carne, legumes… seus preços deram um salto em relação aos preços habituais e eles foram trocados por salsichas e macarrão instantâneo.

Se a elite brasileira – que tem acesso à informação nutricional e tem dinheiro para comprar os alimentos que aumentaram de preço –, segue postando receitas e dicas de preparações saudáveis nas redes sociais; as periferias, habitadas por desempregados e mal-empregados – entre eles os entregadores de comida por aplicativo –, tornam-se reféns do que a indústria alimentícia pode produzir de forma mais barata e têm que se virar como puderem para encher a barriga com o que está ao alcance do bolso. É uma dieta que não nutre minimamente o organismo, mas que, muitas vezes, é capaz de enganar o estômago faminto, corresponder ao paladar viciado e atender ao desejo emocional, colonizado pelo marketing corporativo, que perturba a mente de seus indivíduos.

E tais indivíduos têm cor. A periferia é majoritariamente negra. A fome e a má alimentação atingem sobretudo aqueles que têm raízes africanas. Os que descendem das pessoas “libertadas” pela famosa Lei Áurea. São netos, bisnetos e tataranetos dos que foram privados do direito à terra, à educação acadêmica e à cidadania, quando “libertados”.

Assujeitados pela indústria alimentícia

Como escrevem Douglas Belchior e Sheila de Carvalho: “O ato formal que fez do Brasil o último país a abolir a escravidão não rompeu com a lógica de servidão racializada da sociedade. Vivemos desde então um contínuo processo de reivindicação da cidadania à população negra para que também sejamos considerados sujeitos de direitos.” Em seu artigo, publicado na sessão chamada “Opinião” da Folha de São Paulo, eles mencionam a ADPF (arguição de descumprimento de preceito fundamental) que foi apresentada ao Supremo Tribunal Federal, denunciando o genocídio da população negra e reivindicando reconhecimento, justiça e reparação.

Como a ADPF explicita, cabe ao Estado agir vigorosamente para extinguir as desigualdades decorrentes da escravidão dos povos negros. Mas também cabe ao Estado – e a toda a sociedade – a atuação efetiva para botar um freio na exploração brutal dos trabalhadores de hoje. Estes são tão vítimas da estrutura injusta que nossa história nos legou, quanto das novas investidas inescrupulosas do capitalismo ultraneoliberal, que lhes vem negando, nestes últimos tempos, o direito básico a uma vida livre da fome e com uma alimentação adequada e nutritiva.

Quando a falta de comida (sobretudo da comida que nutre) no prato torna-se uma realidade atual para quem trabalha duramente – mesmo que não tenha contrato formal ou direitos trabalhistas – é porque chegamos a um nível de degradação social que restringe aos trabalhadores de hoje aquilo que nem aos escravizados e escravizadas de ontem era negado. Quando tais trabalhadores são justamente os que passam o dia entregando comida via aplicativos, podemos verificar como o desenvolvimento tecnológico pode ser cruel e como vem criando novas formas sofisticadas de precarização, que se chegam a aproximar das formas contemporâneas de escravidão.

Por fim, quando a própria indústria alimentícia busca viciar nosso paladar para que sejamos consumidores dependentes dos produtos – não nutritivos e repletos de substâncias prejudiciais à saúde – que ela fabrica, constatamos que mesmo as pessoas que conseguem adquirir alimentos para suas refeições diárias, muitas vezes, também são vítimas de um aprisionamento que as condena a uma vida doentia, sem nutrientes e desvinculada de uma cultura alimentar que as integre à natureza de seus territórios e às tradições de seus povos de origem.

Virada agroecológica

O fato é que precisamos, urgentemente, virar essa mesa e romper de vez os laços entre a comida (ou a falta dela) e as muitas formas de assujeitamento e precarização, sejam remanescentes do passado ou sejam criadas hoje em dia. Somente um modelo de sociedade baseado em relações justas, solidárias e em harmonia com a natureza é capaz de nutrir todas as pessoas que habitam nossa Gaia e trazer a libertação das amarras que nos seguem aprisionando a uma vida de exploração e privação. E nesse modelo libertário alguns dos principais pilares são a reforma agrária e a agroecologia.

Democratizar o acesso à terra, depois de mais de 500 anos de privilégio de uma minoria de homens brancos – que apenas sugam sua fertilidade em função dos interesses da elite internacional –, é fundamental para vencer a crise de fome e má alimentação que nos assola.

Cultivar de modo agroecológico em uma terra distribuída com justiça é o único modo de sair do caminho genocida, ecocida e suicida que o capitalismo inescrupuloso nos colocou. Emergência climática, emergência alimentar, emergência hídrica, emergência sanitária, o que mais precisa acontecer para que a transformação desse modelo social e produtivo insustentável se efetue?

Enquanto os entregadores de comida por aplicativo seguem acelerando suas motos pelas ruas e avenidas, eu fico perguntando-me se seguiremos acelerando a destruição de um futuro viável com a mesma intensidade.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

En 2021, Carime Morales décida d’ouvrir sa propre librairie, dans le quartier de Parque Chas, où elle réside. Espace verdoyant, résidentiel, au cœur de Buenos Aires, elle a connu un succès immédiat. Mala Testa – de même que d’autres établissements de quartiers – a vécu une embellie post-pandémie. Et la capitale de l’Argentine se redécouvre une passion pour la lecture. 

ActuaLitté

Mala Testa

Publié par Clément Solym

Un reportage du New York Times nous transporte ainsi dans la vie de cette commerçante de Buenos Aires, une des villes qui compte le plus grand nombre de librairies par habitant au monde. Cecilia Fanti, propriétaire de Céspedes Libros, créée en août 2017, observe avec un réel plaisir cette prospérité : elle-même a dû agrandir son établissement, trois ans après l’ouverture, pour répondre à la demande.

Car, une fois n’est pas coutume, si les boutiques en ligne proposent tout ce qui peut exister de livres ou presque, les libraires savent proposer un conseil que le point-and-click ne permet pas. Et que les clients sont rapidement venus chercher : « Il est juste qu’en ligne se retrouve absolument tout, mais on n’achète que ce que l’on sait chercher », souligne Victor Maumián, éditeur chez Godot, maison indépendante — et cofondateur d’un salon du livre pour éditeurs indépendants. « Les petites librairies vous accompagnent dans la découverte de ce que vous ignoriez chercher », poursuit-il.

Manifestement, cette connexion aura fait toute la différence, et la proximité avec les habitants du quartier devient fondamentale, explique Carime Morales. Résidente et commerçante, elle vit à la jonction des deux mondes. « Mes voisins sortent acheter une laitue puis s’arrêtent au magasin pour un livre », raconte-t-elle. La réussite de Mala Testa est telle qu’elle a même cessé son activité d’éditrice indépendante, se consacrant à temps plein à la vente des livres.

L’engouement… et l’avenir

Après trois années consécutives de récession, entre 2018 et 2020, l’Argentine et ses industries ont souffert de la pandémie Covid. Le confinement de mars 2020 n’a pas amélioré les choses pour l’édition. La célèbre avenue Corrientes, connue justement pour ses grandes boutiques de livres, se désertait totalement… Il ne restait aux Porteños, comme on appelle les habitants de Buenos Aires, qu’à dénicher leurs lectures dans les librairies de quartier.

Nurit Kasztelan, propriétaire de Mi Casa, dans le quartier de Villa Crespo, se souvient qu’à cette époque, elle n’avait « même plus le temps de lire. Les gens se sont mis à acheter quatre ou cinq livres par mois ». Ce volume de lecteurs, que les professionnels du livre qualifient d’unique en Amérique latine, aura permis aux petites librairies de prospérer, malgré les temps difficiles.

« L’Argentine est peut-être toujours en crise, mais elle compte bon nombre de lecteurs. Et pas n’importe lesquels : ceux qui sont toujours à la recherche de nouveautés », analyse Cristian De Nápoli, auteur et propriétaire d’Otras Orillas, basée dans le quartier de Recoleta.

Pour un éditeur indépendant, le tirage moyen va de 500 et 2000 exemplaires imprimés : les grands éditeurs peuvent grimper jusqu’à 10.000 exemplaires. Sans ces partenaires, les petites structures n’auraient donc aucune chance de s’en sortir — d’autant que les grandes chaînes de librairies impliquent des campagnes marketing coûteuses. Chose que les indépendants ne peuvent se permettre…

Ana López, qui dirige Suerte Maldita à Palerme, le souligne : « Nous avons les mêmes livres que tout le monde, mais la clef c’est que nous ne présentons pas les mêmes livres. Bien sûr, si quelqu’un demande le dernier best-seller je peux lui obtenir, mais ce n’est pas lui que je choisis de mettre en vitrine. Plutôt les petits éditeurs. »

Toute la question demeure pourtant de savoir comment de boom de la librairie sera vécu dans les prochaines années, et quelle pérennité pour ces entreprises. « Il y a vraiment une sursaturation des librairies, en particulier dans certains quartiers », note Nurit Kasztelan. Si le livre peut encore s’avérer un commerce prospère, reste à voir ce qu’il en sera pour l’avenir.

 

[Source : http://www.actualitte.com]

Ville dans la ville, l’Eixample est sans doute le quartier le plus original de Barcelone, et aussi l’un des plus agréables à vivre.

Carte des environs de la ville de Barcelone et projet d'amélioration et d'aggrandissement, 1859. | Museu d'Historia de la Ciutat, Barcelona via Wikimedia

Carte des environs de la ville de Barcelone et projet d’amélioration et d’agrandissement, 1859. | Museu d’Historia de la Ciutat, Barcelona via Wikimedia

 

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d’autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour«Quelles sont les villes profondément modifiées par les œuvres ou les idées d’un seul architecte?»

La réponse de Patrick Crosset, économiste:

Cerdà et Gaudi ont modelé Barcelone pour plusieurs centaines d’années. Ildefons Cerdà est l’inventeur du quartier le plus connu de Barcelone, l’EixampleAntoni Gaudí i Cornet est le génie architectural que tout le monde connaît.

La Barcelone moderne est née à L’Eixample, quartier conçu au XIXe siècle par l’ingénieur et urbaniste Ildefons Cerdà. Ville dans la ville, l’Eixample est sans doute le quartier le plus original de Barcelone, mais aussi l’un des plus agréables à vivre. Cerdà a voulu concevoir une ville ouverte, égalitaire et verte, où tous les services publics étaient répartis uniformément. L’Eixample est construit pendant les années de l’industrialisation de la Catalogne à la fin du XIXe et au début du XXesiècle. C’est la consécration et le moteur de la Catalogne contemporaine, rompant avec le passé médiéval. La partie centrale (la plus ancienne), la Dreta de l’Eixample est le quartier de la bourgeoisie catalane qui y a introduit un nouveau style, le modernisme catalan.

L’Eixample est aujourd’hui le centre et le symbole architectural de Barcelone. Un quartier où les opportunités d’achat immobilier n’ont jamais été aussi nombreuses. Le mot «eixample» provient de l’espagnol «ensanche», qui aurait dû se traduire «eixamplada» ou «eixamplament» en catalan. En français, ce serait élargissement ou extension ou agrandissement… et non exemple comme le croient nombre de de francophones.

Barcelone au XIXe siècle, un danger sanitaire

En raison de l’industrialisation, la population de la ville était passée de 104.000 (1798) à 187.000 habitants (1850). Mais la ville était confinée à l’intérieur des mêmes murailles qu’en 1714. Elle n’occupait qu’une superficie de 2 kilomètres carrés (l’actuel «Gotico»). Barcelone (93.000 habitants au kilomètre carré) avait alors le triple de la densité de population de Paris (31.000 habitants au kilomètre carré).

Il n’y avait pas de réseau d’eau potable ou d’égouts, les eaux souterraines étaient polluées. La fièvre jaune de 1821 et deux épidémies de choléra (1834, 1854) avaient tué plus de 10% de la population, surtout dans les classes populaires. La mortalité infantile était très élevée et les conditions de santé et d’hygiène étaient très mauvaises. L’espérance de vie ne dépassait pas 36 ans pour les riches et 23 ans pour les pauvres, comme à l’époque médiévale.

Un projet imposé par Madrid

En 1841, Barcelone lance un appel d’offres public pour un plan d’urbanisation. Les premiers projets sont rejetés par le gouvernement de Madrid. Enfin, en 1859, le gouvernement central approuve le Plan Cerdà, du nom de son concepteur, Ildefons Cerdà. Les notables barcelonais, refusant la décision de Madrid, organisent un concours entre les architectes les plus réputés de Catalogne. Antoni Rovira i Trias l’emporte en proposant un plan de ville radioconcentrique. Le gouvernement central d’Isabelle II persiste cependant à considérer son plan comme nettement plus moderne et ouvert. Il impose, non sans difficultés, le projet Eixample de Cerdà aux Barcelonais.

Projection du module de 10×10 utilisé par Cerdà pour le tracé des voies principales et diagonales. En rouge, certains anciens chemins qui ont survécu à la trame de l’architecte. | ca:user: amadalvarez via Wikimedia

Cerdà a un plan ambitieux: transformer la Barcelone de 1850 en une ville dix fois plus grande. L’architecte se concentre sur les besoins primordiaux. Avant tout, la nécessité de l’éclairage naturel (la lumière du soleil), la ventilation dans les foyers (il est fortement influencé par le mouvement hygiéniste), les espaces verts à proximité de la population avec 100.000 arbres prévus (écologiste avant l’heure), un traitement convenable des déchets, un système efficace d’égouts et une possibilité de mouvement homogène des personnes, des biens, de l’énergie et des informations.

Ce projet est basé sur une répétition sérielle homogène d’îlots d’habitation. Ils sont vastes et carrés (113,3 mètres sur 113,3 mètres) avec pour particularité des coins à 45 degrés. La trame de la ville est par conséquent à angle droit.

Cerdà travaille avec des «districts» formés de 10 fois 10 îlots dont les intersections correspondent aux principaux croisements de la ville.

Le biseautage des îlots permet la constitution de placettes à chaque angle de rue et cela était également conçu pour faciliter les virages pour les «machines à vapeur mobiles» qu’imaginait Cerdà. Les îlots sont appelés les «manzanas».

L’ingénieur conçoit son plan autour d’une avenue majeure qui lui sert d’axe directeur: la Gran Via de las Corts Catalanes. Il travaille avec des «districts» formés de 10 fois 10 îlots dont les intersections correspondent aux principaux croisements de la ville: plaça des Glòries Catalanes, place Tétouan, place de l’Université. Une rue plus large est disposée toutes les cinq rues. Il s’agit de la rue Marina, de la rue Urgell, et de la via Laietana terminée cinquante ans plus tard. Ces proportions –conséquences de la largeur des îlots– lui permettent de créer des rues larges qui descendent de la montagne à la mer de chaque côté de la ville: la rue Urgell et le Passeig de Sant Joan. Celles-ci sont séparées de quinze îlots.

Une ville en réseau

La plupart des rues sont larges de 20 mètres, mais les principales font 30 voire 50 mètres de large. Seuls quelques axes majeurs traversent la ville sans respecter la trame orthogonale, mais toujours en ligne droite. Ce sont l’avenue Diagonale, l’avenue Méridienne et l’avenue du Parallèle.

Les créations de Cerdà dénotent une conception de la notion de réseau très avancée pour son époque. Ses plans de rues en damier, avec ses blocs d’habitat carrés identiques, sont conçus pour faciliter le déplacement des piétons, des voitures, de tramways tirés par des chevaux, des réseaux de chemin de fer urbain (qui sont une innovation pour l’époque), du réseau de gaz, des égouts suffisamment importants pour prévenir toute inondation, et ce sans négliger les jardins publics et privés ainsi que les autres équipements clés.

Les dernières innovations techniques sont intégrées, pourvu qu’elles contribuent à un meilleur fonctionnement urbain. Mais il fait également appel à ses propres concepts innovants, comme un système logique de nivellement du terrain indispensable à la bonne réalisation de son projet. Cerdà dépasse les visions partielles que représentent pour lui les «villes utopiques», «villes culturelles», «villes monumentales», «villes rationalistes», etc. pour se consacrer à la recherche d’une «ville intégrale».

Un plan amendé par la spéculation

Les plans de Barcelone de Cerdà subissent deux principales révisions. La seconde version, approuvée par le gouvernement espagnol de l’époque, est celle de l’Eixample actuel. Cerdá est un précurseur de l’architecture écologique. Sa théorie générale de l’urbanisation commence par: «Ruralisons ce qui est urbain, urbanisons ce qui est rural».

Vue aérienne de l’Eixample et de l’avenue Diagonale. | Alhzeiia via Wikimedia

Il a prévu de vastes espaces verts et ouverts, permettant le passage des piétons et de la lumière: les blocs carrés aux angles biseautés ne devaient initialement être construits que de deux côtés, avec seulement 5.000 mètres carrés sur les 12.500 mètres carrés d’îlots construits. Mais pour résoudre les pressions foncières spéculatives, les responsables politiques modifient le schéma initial, pour aboutir à une construction des quatre côtés à 28 mètres de hauteur et 28 mètres de profondeur, de sorte que le jardin initial imaginé par Cerdà se réduit à une cour intérieure carrée et fermée. Seule l’une des deux avenues diagonales est réalisée, l‘avenue Diagonale d’aujourd’hui.

Cerdà souhaitait que l’Eixample soit un lieu de mixité sociale. Mais ce sont les classes aisées qui y vivront. Nombreux sont les architectes catalans de l’époque qui combattent les idées de Cerdà. Mais ils finissent malgré tout par y concevoir les bâtiments phares du modernisme catalan. Antoni Gaudí y réalisera une grande partie de ses œuvres, notamment la Sagrada Família, la Casa Milà et la Casa Batlló. Mais on peut citer aussi la Casa Amatller et la casa de les Punxes de Josep Puig i Cadafalch ou la Casa Lleó Morera et l’Hospital de la Santa Creu i Sant Pau de Lluís Domènech i Montaner.

Cerdà souhaitait que l’Eixample soit un lieu de mixité sociale. Mais ce sont les classes aisées qui y vivront.

Cerdà a fait face à de nombreux problèmes, notamment le manque de financement et l’opposition d’une grande partie de la population de Barcelone. Il n’a jamais été payé pour son chef-d’œuvre et il est mort ruiné en 1876. Ildefons Cerdà a transformé un piège mortel en l’une des plus belles villes modernes d’Europe.

Les noms de rue: L’écrivain Víctor Balaguer i Cirera est chargé en 1864 de concevoir la nomenclature des rues de l’Eixample. Il utilise les noms des territoires de la Couronne d’Aragon: Aragó (Aragon), València (Valence), Mallorca (Majorque), Rosselló (Roussillon), Còrsega (Corse), Sardenya (Sardaigne), Sicília (Sicile), Nàpols (Naples), etc. Mais aussi des institutions catalanes (Les Corts Catalanes, la Diputació, le Consell de Cent) ou des personnalités (Pau ClarisRoger de LauriaRoger de Flor…).

Les quartiers de l’Eixample

Aujourd’hui, les 270.000 habitants de l’Eixample se répartissent dans 6 quartiers et 350 manzanas (îlots ou blocs) sur 7,5 kilomètres carrés:

  • La Dreta de l’Eixample.
  • La Antiga Esquerra de l’Eixample.
  • La Nova Esquerra de l’Eixample.
  • Le Fort Pienc.
  • La Sagrada Família.
  • Sant Antoni.

La Dreta de l’Eixample

La Dreta de l’Eixample (c’est-à-dire la partie droite de l’Eixample) est le secteur de la ville où le projet de Cerdà a démarré. Il s’agit de l’extension naturelle de Barcelone au-delà des murs démolis au milieu du XIXe siècle.

Le Plan Cerdà est approuvé en 1859 et, un an plus tard, la reine Isabelle II pose la première pierre de ce qui allait devenir l’un des quartiers les plus riches de Barcelone. Le premier groupe de maisons est construit à l’intersection actuelle de la rue du Consell de Cent et de la rue Roger de Lauria. La Dreta de l’Eixample abrite d’abord quelques industries importantes, comme l’usine Elizalde, l’une des premières en Espagne à fabriquer des voitures.

Dans le Passeig de Gràcia, la Casa Battló est représentative du du Modernisme. | ChristianSchd via Wikimedia

Avec le temps, il devient peu à peu le quartier où l’on trouve les résidences bourgeoises, surtout au moment de l’explosion artistique du Modernisme représentée par des bâtiments aussi remarquables que Casa MilàCasa Batlló et Casa Ametller.

En plus des résidences, l’activité économique tertiaire s’y est déplacée: commerces, bureaux, sièges sociaux d’entreprises, cinémas, théâtres, etc., en particulier dans la zone la plus centrale (entre Lauria et Balmes) et autour de l’axe du Passeig de Gràcia, qui suit l’ancienne route qui reliait la ville fortifiée à la municipalité de Gràcia. Cette avenue est encore, aujourd’hui, le cœur du dynamisme économique et commercial de la ville.

La Dreta de l’Eixample, dans sa partie ouest, est le quartier le plus chic de Barcelone.

Notons que la Plaza de Catalunya n’était pas été incluse dans le Plan Cerdà. Cet «oubli» a été corrigé par la force des faits: sa position privilégiée entre la vieille ville et le nouvel Eixample en a fait le centre nerveux naturel de la ville. Le passage du temps n’a fait que la renforcer.

Aujourd’hui, la Dreta de l’Eixample, dans sa partie ouest, est le quartier le plus chic de Barcelone, celui qui regroupe les plus beaux bâtiments modernistes catalans, les plus belles boutiques et les meilleurs cafés et restaurants.

La Antiga Esquerra de l’Eixample

La Antiga Esquerra de l’Eixample (l’ancienne partie gauche de l’Eixample) comprend la partie urbanisée et peuplée dès la fin du XIXe siècle de l’ancien quartier Esquerra de l’Eixample. L’ouverture de l’Hospital Clínic et de la Faculté de médecine en 1906, du Marché del Ninot en 1935, et l’enfouissement des voies ferrées ont permis de promouvoir le quartier et d’attirer, surtout à partir des années 1930, des promoteurs immobiliers intéressés par la construction de logements d’habitation destinées principalement aux classes moyennes.

De son histoire plus récente, il faut souligner la rénovation complète de la rue Enric Granados, qui a réactivé le tissu commercial et de restauration de la zone. De nos jours, la Antiga Esquerra de l’Eixample rassemble de multiples activités commerciales, de services et de restauration. Mais c’est aussi un lieu de culture avec l’université de Barcelone, et de santé avec l’Hospital Clinic, l’un des quatre plus grands services hospitaliers d’Espagne. Leur présence en fait aujourd’hui le quartier le plus recherché d’Eixample.

La Nova Esquerra de l’Eixample

La Nova Esquerra de l’Eixample (la nouvelle partie gauche de l’Eixample), à part les trois grands bâtiments de Can Batlló (aujourd’hui l’École industrielle), la Modelo (l’ancienne prison) et l’Escorxador (aujourd’hui le Parc Joan Miró), n’a commencé à se développer qu’à partir des années 1930. La présence du chemin de fer et de l’usine Batlló a fait qu’il n’était pas possible de créer un environnement urbain avant la fermeture de cette dernière en 1910.

Sculpture Dona i Ocell (Femme et oiseau) de Joan Miró avec la collaboration de Gardy Artigas au Parc Joan Miró. | Maksim via Wikimedia

L’usine était principalement constituée de groupes de cabanes dispersées, occupées par des personnes venues travailler pour l’Exposition internationale de 1929. C’était un habitat quasi rural qui l’est resté dans certaines zones jusqu’à l’après-guerre.

Ce n’est qu’en 1972-1973 que les voies ferrées ont été enterrées. Et certains des bâtiments du quartier ont été démolis pour construire l’avenue Diagonale.

Le Fort Pienc

Le Fort Pienc est né comme une zone de fortification. Lorsque Felipe V a établi le système de surveillance de la ville, il a construit la Citadelle et un fort avancé. Tous deux furent démolis en 1869.

La Estación del Norte

La Estación del Norte (la Gare du Nord) a donné de la personnalité à un quartier situé entre la voie ferrée et la Gran Via. De nombreux transporteurs étaient alors localisés autour d’une ancienne voie de sortie de la ville depuis l’époque romaine et jusqu’au développement de l’Eixample.

Après la fermeture de la gare dans le dernier quart du XXe siècle, la physionomie du quartier s’est transformée. L’ancienne gare ferroviaire est devenue la principale gare routière de la ville. Un important parc urbain a été construit à proximité et, de l’autre côté, un grand ensemble d’équipements (jardins d’enfants, appartements surveillés pour personnes âgées, marchés, bibliothèques…) qui est devenu la référence pour un nouveau modèle d’intégration des équipements et des espaces publics dans le but de rapprocher la vie des quartiers.

On y trouve aussi des points culturels très importants, comme L’Auditori et le Théâtre national de Catalogne.

La Sagrada Família

Au nord de la Dreta de l’Eixample, dans la partie haute, se trouve le quartier de la Sagrada Família, anciennement connu sous le nom de El Poblet (le petit village). Au XIXe siècle, el Poblet était un quartier fait de champs et de quelques maisons. Ce n’est que dans les premières années du XXe siècle que le quartier s’est urbanisé, comme quartier ouvrier autour de nombreuses industries.

La Sagrada Família (2010), couverture et ébauches de la façade de la Gloire. | Bernard Gagnon via Wikimedia

Ce qui lui donne aujourd’hui de la personnalité est la basilique de la Sagrada Família. Le projet démarre en 1881 avec l’acquisition d’un terrain dans le quartier de Sant Martí, au milieu des champs. Le projet est d’abord confié à l’architecte Francesco de Paula del Villar. Il est poursuivi en 1883 par un jeune architecte de 31 ans, alors peu connu, du nom d’Antonio Gaudí. Il prend en charge les travaux alors que la construction de la crypte de style néo-gothique commence à peine. Aujourd’hui, la Sagrada Família est l’œuvre la plus célèbre de Gaudí. C’est le monument le plus visité d’Espagne, le sixième en Europe et le douzième dans le monde.

​Au XIXe siècle, el Poblet était un quartier fait de champs et de quelques maisons.​

L’avenue de Gaudí traverse le quartier et relie la Sagrada Família à une autre œuvre majeure du modernisme catalan: l’Hôpital de la Santa Creu i Sant Pau, de Lluís Domènech i Montaner. Les deux bâtiments sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le quartier de la Sagrada Família comprend, à son extrémité sud, le quartier des Encants, avec le populaire marché Bellcaire ou marché des Encants. Cette zone sera complètement transformée dans un futur proche par le réaménagement urbain autour de la Place des Glòries.

Sant Antoni

Le nom du quartier tire son origine du couvent à proximité de la muraille de Barcelone. Lorsque Rovira i Trias a construit le marché Sant Antoni dans la période 1872-1882, il n’y avait pratiquement pas d’habitations. C’était le marché du quartier ouvrier du Raval. Peu à peu, ce marché et les étals qui l’entourent se sont étoffés comme une grande foire. Ils ont donné de la personnalité et de la vie au quartier qui s’est développé autour de lui. Cette tradition commerciale populaire est encore forte aujourd’hui. La réhabilitation et la rénovation récente du bâtiment historique du marché l’a encore accentuée.

Entre chaque bloc, ce sont plus de 2.000 mètres carrés de terrain qui peuvent être récupérés sur l’espace réservé aux voitures.

La physionomie du quartier est aussi le résultat des réformes liées à l’Exposition internationale de 1929, qui ont conduit à son urbanisation et à l’aménagement des accès à Montjuïc, avec l’élimination des bidonvilles entre les avenues Parallel et Gran Via et l’aménagement de l’avenue du Mistral. Cette ancienne voie médiévale de sortie de la ville est aujourd’hui une voie piétonne qui rassemble la vie du quartier. C’est l’une des zones commerciales et de restauration les plus importantes de Barcelone.

Les mini-Eixample de Valence et de Lyon

Au XIXsiècle, le plan Cerdà a servi d’exemple à d’autres extensions de villes en Espagne et Europe occidentale. C’est notamment le cas de Valence en Espagne et de l’extension à l’est du Rhône de Lyon en France. Parions que l’approche écologique du projet original du visionnaire urbaniste Cerdà sera restaurée dans un futur proche. Mais avec des espaces verts non plus à l’intérieur des bâtiments mais dans les rues.

Des associations de quartier d’Eixample militent déjà pour interdire la circulation dans certaines rues et pour les transformer en espace de vie, de loisirs, ou espaces verts. Pourquoi ne pas imaginer redonner à ces espaces la vocation que leur avait destinée Cerdà dans son projet initial? Entre chaque bloc, ce sont plus de 2.000 mètres carrés de terrain qui peuvent être récupérés sur l’espace réservé aux voitures.

Sources:

 

[Publié sur http://www.slate.fr]

 

 

 

Plusieurs grandes marques, dont Tiffany, Pandora et Chopard, annoncent une pause dans l’achat de matières premières d’origine russe en raison de la guerre en Ukraine.

La Russie est le plus gros producteur de diamants du monde. | Edgar Soto via Unsplash

La Russie est le plus gros producteur de diamants du monde.

Repéré par Tom Kuntz

Fini le diamant russe, du moins tant que la guerre fait rage en Ukraine. Après une enquête sur la manière dont le monopole du diamant contrôlé par l’État russe pouvait financer cette invasion, les marques les plus influentes de bijoux ont déclaré qu’elles cesseraient d’acheter des diamants russes.

Mi-mars, Le Guardian s’est penché sur la façon dont le commerce issu des mines de diamants en partie détenues par l’État russe pourrait remplir les coffres du Kremlin et financer l’invasion russe de l’Ukraine. Grâce à ses recherches, le média avait également découvert que les bijoutiers pouvaient facilement –et légalement– contourner les sanctions occidentales en achetant des pierres russes transformées en Inde.

Dans les jours qui ont suivi cette parution, plusieurs grands détaillants ont déclaré qu’ils n’achèteraient plus de diamants d’origine russe. Parmi eux, la marque américaine Tiffany & Co, l’horloger suisse Chopard, Pandora ou encore Signet, le plus grand détaillant de bijoux en diamant.

La Russie produit environ 30% des diamants dans le monde –ce qui la place en tête du classement mondial–, dont 98% sont extraits puis vendus par le monopole minier Alrosa. Ce dernier est en partie lié aux activités du Kremlin, puisqu’un tiers de l’entreprise est détenu par le gouvernement central et un autre tiers par les gouvernements régionaux. Ses ventes cumulaient environ 4,16 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) en 2021, pour un bénéfice net de 91 milliards de roubles (près d’un milliard d’euros).

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont introduit des sanctions interdisant aux entreprises de faire des affaires directes avec Alrosa. Cependant, le flux de l’est vers l’ouest ne sera pas stoppé pour autant, parce que la majorité des pierres précieuses sont exportées en Inde pour être taillées et polies. D’après les règles des douanes américaines, il s’agit d’une transformation significative, si bien que le produit n’est plus considéré comme russe mais indien.

RJC coupable?

Le Responsible Jewellery Council (RJC), l’un des principaux organismes de surveillance de la joaillerie, s’attèle à réglementer le secteur, améliorer sa réputation, promouvoir l’approvisionnement responsable et éliminer les «diamants de conflits», parfois aussi appelés «diamants de sang». Sur ce dernier point, l’organisme a été accusé de fermer les yeux, bien qu’il ait émis des directives selon lesquelles les entreprises devraient se conformer aux sanctions en cas d’achat de diamants russes.

Depuis, le conseil fait face à une vague de départs. Parmi eux figurent la marque Pandora, Richemont (Cartier), et Kering (Gucci, Saint Laurent). «Richemont et ses maisons ne souhaitent pas être membres d’une organisation qui contribue au financement des conflits et des guerres», indique le propriétaire de Cartier dans un communiqué de presse.

Le directeur général de Pandora, société membre du RJC depuis douze ans, déclare: «La guerre exige que toutes les entreprises agissent avec la plus grande responsabilité concernant toute interaction ou transaction commerciale avec la Russie et la Biélorussie. Pandora ne peut pas rester membre d’une association qui ne partage pas nos valeurs.»

[Photo : Edgar Soto via Unsplash – source : http://www.slate.fr]

Nos encantan los cómics del ilustrador isrealí Yehuda Adi Devir. Continuando donde lo dejamos en nuestras anteriores publicaciones, sigue ilustrando su adorable relación con su esposa Maja, compartiendo más momentos adorables e identificables de su vida doméstica.

¿Quién imaginaba que el matrimonio podía ser tan divertido? Nos presentan la relación que hay antes de casarse como el summum del romance, pero pensamos que el amor diario que comparte esta talentosa pareja, desde sus extraños hábitos y manías a cosas sencillas como ayudarse mutuamente a llevar la compra, es mucho más romántico. Aquí debajo tienes los últimos cómics de Yehuda, ¡vota por tus favoritos!

Más información en: Facebook | Instagram Website

#1 – Mi otra mitad

Mi Otra Mitad

#2 -Todo lo que yo hago, ella lo hace mejor

Todo Lo Que Yo Hago, Ella Lo Hace Mejor

#3 – ¡El amor duele!

¡El amor duele!

#4 – Nadie es perfecto

Nadie es perfecto

#5 – Ella me cubre las espaldas

Ella Me Cubre Las Espaldas

#6 – Llamando a las puertas del cielo

Llamando A Las Puertas Del Cielo

#7 – Doctora Frankenzumo

Doctora Frankenzumo

#8 – Yehuda maduro…

Yehuda maduro...

#9 – Adicta al trabajo

Adicta Al Trabajo

#10 – Levantamiento de peso

Levantamiento De Peso

#11 – ¡Feliz cumpleaños a mi!

¡Feliz cumpleaños a mi!

#12 – ¡Karaoke en el coche!

¡Karaoke en el coche!

#13 – Feliz año nuevo zzz…

Feliz año nuevo zzz...

#14 – ¡Hora de la fiesta!

¡Hora de la fiesta!

#15 – Me ha comprado un regalo

Me Ha Comprado Un Regalo

[Fuente: http://www.boredpanda.es]

No keremos una Gerra

Prezentado por Silvyo OVADYA

Oy noche de Alhad esto eskrivyendo mi artikolo despues de asistir a dos zoomes. El primer de los Enkontros de Alhad i un segundo ande Rachel Bortnick avlo serka de una ora, esta vez en turko. Reelmente fue un diya muy kargado. I diya entero esto sigiendo la televizyon ande kada punto estamos oyendo novedades sovre la gerra entre la Rusia i la Ukrania. En esta epoka, una gerra asemejante es reelmente muy danjoroza. Kon esto todos mos embezamos ke el prezidente de la Republika Ukrayneza, el sinyor Volodimir Zelenski, es djudyo i ke los ermanos del granpapa fueron matados en los kampos de eksterminasion. I su granpapa es el solo ke reusho a sovrebivir. Es kazado kon una amiga de la eskola i kreo ke no es djudia. I mos ambezimos ke izo vaftizar sus kriaturas komo kristianos.

I savemos ke la Ukrania tyene una komunidad djudia bastante ancha i savemos ke fueron las personas ke partisiparon a la komunidad djudia de Alemanya. Oy en diya, la Alemanya tyene una komunidad djudia bastante ancha es kon la prezensia de los Djudios rusos i ukraniesos.

De la otra vanda todos estamos kontra Putin porke es el ke empeso esta gerra, i no kere ke Zelenski esté en el poder, porke es un ombre liberal i demokrato. I Volodimir no kere un rejim komo la Rusia.

Agora empesaron a kontar otras konsejas sovre Putin. La primera es ke un soldado tornando de la Segunda Gerra Mondial a la Rusia, serka de su kaza ve una araba ande estan transportando muertos en un kamyon. I el soldado ve en los pyezes de una mujer los kalsados ke avia merkado a su mujer. Pensa! Ke me vaya a kaza para mirar a mi mujer?  I dize al ombre: kreo ke esta mujer muerta es la miya. Me la das para ke la enterre kon mis manos? El ombre acheta. I reelmente es su mujer. I la toma. I ve ke esta respirando. Immediatamente la yeva al ospital. I esta mujer va ser la madre de Vladimir Putin.

En el livro de Hilary Clinton, kontan otra konseja. La famiya de Vladimir eran muy proves i lavoravan munchas oras para mantenersen i mantener sus kriaturas. Vladimir nasio en el 1952 i kuando era chiko no teniya pan para komer. Tenian vizinos djudios i kada diya la mujer de la kaza dava a komer a Vladimir. Le demandavan si tenia ambre? I nunka disho ke teniya ambre, ma komiya lo ke le davan. Un diya asendyendo las kandelas de la Hanukiya kuando era presidente konto esto todo, mizmo disho a los ke se topavan ke se akodra mizmo de la beraha de Şabat.

Lo ke no esta eskrito en el livro es ke esta mujer despues ke se muryo, el marido izo su aliya a Israel. I Putin una vez ke se fue a Israel lo vijito i le merko una kaza en Israel. Es djusto o es una mitolojia, no lo se. Ma me esta viniendo muy umano este akto espesyalmente para Putin.

Dingunos no pensavan ke un komedyeno komo Zelenski va ser tan korajozo para protejar su pais i dar koraje al puevlo. Oy despues de midi dyeron karar de asentarsen en una meza i sin dinguna kondision. Reelmente esto es la viktorya de Zelenski i de la Ukrania.

Auguramos PAS entre los dos payises. Si no, va ser una dezgrasia para el mundo entero.

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

Por elección personal o por circunstancias de la vida, en lo que va de siglo, el número de hogares unipersonales en Galicia creció en más de cien mil. Los expertos reclaman que la sociedad adopte la costumbre de estar pendientes de su día a día. «Paso semanas sen ver a ninguén, a miña compañía son o can e o gato», dice un vecino solo en una aldea de Os Ancares.

Manfred, que es arquitecto especialista en rehabilitaciones, en la casa que restauró una aldea y donde vive solo. RAMON LEIRO

Escrito por CARLOS PUNZÓN / CRISTINA VIU / M. GUNTÍN / MARÍA HERMIDA

Quien nazca hoy en Galicia tiene una esperanza de vida diez años mayor que los vieron la luz a mediados de los setenta: 83,3 años frente a los 72,9 de entonces. Ese cambio en el perfil de la longevidad de los gallegos, sumada a la tasa de natalidad más baja de la historia, deja el futuro sembrado: crecerá el número de personas que viven solas. Lo ha hecho ya en lo que va de siglo de manera notable. De los 177.476 gallegos que no tenían compañía en sus casas cuando arrancó el siglo XXI, se ha pasado hoy a 285.400, y lo que dibujan las proyecciones demográficas para el 2035 auguran que serán 332.564 los que vivan sin compañía.

Los hogares unipersonales eran el 17,3 % de los que había en la comunidad en el 2001, son ahora el 24,5, y serán en década y media un 30,3, o lo que es lo mismo, tras una de cada tres puertas de las viviendas gallegas solo habrá una persona. Galicia se situaba por debajo de la media estatal hasta la pasada década, pero el mayor avejentamiento de la población le ha puesto ya por encima. Y es que en más de la mitad de los hogares de un solo componente estos tienen más de 65 años.

En el barrio de la Tinería de Lugo, en el de Ourense ubicado junto a la rúa Progreso e Irmáns Villar, o en zonas de Larouco, Cartelle, A Lama, Salvaterra, Parada de Sil, Quiroga y siete pueblos más, los singles conforman más de la mitad de sus hogares. Las ciudades gallegas no son ajenas a esa deriva, pues en 46 distritos de las siete principales urbes más del 40 % de las viviendas son unipersonales.

Además de asegurar que para el 2060 Galicia puede llegar a tener una población similar a la de 1900 (2 millones de personas), el sociólogo y analista demográfico Santiago González Avión estima que la proliferación de hogares de una persona y su peso en el total traerá cambios determinantes para Galicia. «Zonas con grande declive demográfico como a Montaña lucense ou a Baixa Limia e o Ribeiro serven de laboratorio e exemplo do que esta a ocorrer: medra o envellecemento e a diseminación poboacional dos fogares dun único membro, que ademais quedan sen vinculación produtiva ca súa terra», apunta aludiendo a que son empresas las que se están haciendo cargo de las explotaciones agrícolas, cuando no quedan abandonadas. «Xa non hai tampouco o ritmo de celebracións doutros tempos, como as misas. En moitos sitios é o panadeiro ou o peixeiro son o único contacto externo que queda», reflexiona.

En la actualidad hay casi tantos hogares de un solo miembro en Galicia como los compuestos por tres, e incluso más que la suma de los que cuentan con cuatro o más integrantes, lo que da cuenta de una situación que José Ángel Palacios, portavoz de la oenegé Grandes Amigos, advierte que hay que valorar para buscar una nueva relación social. Centrada en las ciudades y con sede en Vigo, la organización de la que forma parte apoya a personas que viven solas a través de un centenar de voluntarios que, ahora por la pandemia han sustituido las visitas por llamadas para dar apoyo emocional, cerciorarse de que todo va bien y ayudar si es necesario. «No tiene sentido seguir dando la espalda como sociedad a esta realidad. No es como antes. Cada vez hay menos hijos, están lejos o la conciliación familiar no les resulta fácil. Por ello hay que mirar a lo cercano, a lo vecinal, al barrio de siempre, a las relaciones de toda la vida para que las personas solas tengan una red social de apoyo», reclama Palacios.

La Organización Mundial de la Salud advierte que la soledad no deseada es uno de los mayores focos de riesgo para el deterioro de la salud, y un factor determinante para la entrada de estas personas en situaciones de dependencia. Para Grandes Amigos hay una clave: «mantenerse activos», lo que la pandemia no ha permitido, incluso ha agravado dolencias y la salud física y mental de mucha gente. «Se necesita comida, ropa… pero más que nunca ayuda para la cabeza», mantiene Ricardo Misa, presidente de la oenegé Vida Digna.

José Ángel Palacios alerta de los mensajes subliminales que se reciben todos los días contra la vejez, «cuando esta sociedad debería ir pensando cómo le gustaría que le trate cuando sea mayor». «Como con las causas en favor del medio ambiente o la igualdad, tendríamos que implicarnos en variar la manera de ver la vejez, de cómo la atendemos y cómo la ayudamos», añade.

La red de alerta de la Cruz Roja

«Son cosas muy simples a veces, como no tener quién te cambie una bombilla porque estás solo y no tienes ya agilidad para ello», advierte Joaquín Varela, coordinador en Galicia de Cruz Roja. Su organización acaba de implantar en las cuatro capitales gallegas un plan piloto, el proyecto antenas, que básicamente pretende generar a través de voluntarios una red de alerta y atención a las personas mayores que viven solas. «La sociedad ha cambiado y queremos llamar la atención de ello con este proyecto comunitario no invasivo con el que pretendemos generar una reflexión y que se imite», dice Varela. «Esa red la constituían antes los vecinos, los tenderos, una vinculación que se ha perdido y que falla, no por las administraciones, sino en la propia sociedad», apunta el coordinador de Cruz Roja, que pretende comenzar a tejer una malla de solidaridad que esté pendiente de los mayores que viven solos.

El sociólogo Santiago González atisba un nuevo riesgo: la presión urbanística que se ejercerá sobre los mayores que viven solos. «Hay fogares das aforas nos que viven dúas ou tres familias de inmigrantes, pegados a outros dunha soa persoa», indica. «Haberá moita presión neses casos, polo que daranse agrupacións voluntarias de xente maior con outras idades», augura.

¿Qué se ha de hacer si se vive solo para evitar una emergencia?

La soledad no deseada propicia el aislamiento y da lugar a situaciones a sus protagonistas en las que una dolencia puede llegar a generarles un final fatal ante la falta de ayuda para hacerles frente. Las oenegés de atención a los mayores tratan de concienciar a los vecindarios donde han empezado a informar de las pistas que pueden encontrarse para detectar si un mayor se siente solo.

Señales de alarma. Grandes Amigos resume en diez puntos esa escala de atención. Si hace tiempo que no se ve a su vecino mayor con el que coincidía en el edificio, en el barrio o la tienda «no cuesta nada interesarse y saber que se encuentra bien». Fijarse si quién hacía sus rutinas solo, ha dejado de pasear, quedar con amistades o hacer recados. El deterioro en la imagen, en el autocuidado y en el aspecto físico pueden ser indicios de situaciones de soledad, así como muestras de desánimo, como expresar más quejas de lo habitual, o dar muestras de no disfrutar ya del ocio. Otra señal es si el mayor se extiende en las conversaciones más de lo normal.

Herramientas de ayuda. Preguntar en su comunidad si tiene relación de confianza con algún vecino. Ofrecer el teléfono propio para que llame si necesita hablar de algo que le preocupe o recibir ayuda. Preguntarle qué cosas echa de menos y en qué se le puede ayudar.

Rutinas. Quien viva solo debe establecer, si puede, rutinas como llamar a algún allegado de manera cíclica para que ante cualquier falta puedan activarse las alertas. Acudir a los mismos puntos de manera regular, para que se detecte igualmente su ausencia. Contar con servicios de teleasistencia, que incluso ya detectan si no hay movimientos en el hogar. Formar parte de las antenas que instituciones como Cruz Roja van generando tejiendo una red de colaboradores que se dedican a dar apoyo a los mayores que viven solos y detectar situaciones de riesgo.

Lola, viuda y con sus hijos fuera, admite que prefiere vivir sola

Lola, viuda y con sus hijos fuera, admite que prefiere vivir sola. ANA GARCIA

«Máis que soa, eu considérome independente»

Con sus hijos fuera y viuda desde hace 30 años, Lola Rodríguez admite que prefiere vivir en soledad

A sus 72 años, la única compañía de Lola Rodríguez es su mascota. A pesar de que enviudó hace tres décadas y no comparte su casa con ninguna otra persona, no se define en absoluto como solitaria. «Máis que soa, eu considérome independente», explica. Se recupera de una operación, pero reconoce que se encuentra muy a gusto en su piso de Carballo. Tiene a sus hijos cuando los necesita, pero, señala, prefiere ir a su aire. «Eles teñen as súas cousas e non quero meterme. Ademais, gústame facer a miña vida», señala. Su autonomía es total también en movilidad: tiene carné de conducir y coche. Lola no es dependiente en ningún sentido, y así tiene la intención de continuar mientras pueda.

Vivir sola no significa que esta mujer no mantenga relaciones de amistad, o que en un momento dado no pueda quedarse tranquilamente en casa de algún hijo por algún motivo. También va habitualmente con amigas a tomar café y a dar un paseo, aunque matiza que últimamente el tiempo no acompaña demasiado e indica que tiene que cuidarse especialmente, por lo que sale menos para resguardarse del frío. Aun así, confiesa que el mejor plan para ella es estar en su casa.

Lola todavía está convaleciente, pero hace las tareas sin ninguna dificultad. Se ha adaptado a vivir de este modo, y asegura que ahora le costaría mucho tener que cambiar su rutina. Reivindica, de algún modo, la idea de que las personas mayores también pueden tener su independencia y, sin duda, es una prueba de que sí.

Manfred, caminando por la aldea de Trebello

Manfred, caminando por la aldea de Trebello. RAMON LEIRO

 

«En la crisis, mi mujer se marchó a trabajar a Alemania y desde entonces vivo solo en la aldea»

Manfred, de 63 años, llegó a Galicia hace un lustro huyendo de la contaminación provocada por el desastre de Chernóbil y la química Sandoz. Se quedó en O Cotobade, donde durante mucho tiempo fue el único habitante de un lugar llamado Trebello.

En una sociedad enferma de prisas, es difícil encontrar personas que a media mañana hablen con calma y siempre logren hacerle un hueco a una llamada de teléfono o una visita inesperada. Pero hay excepciones. Y una de ellas es Manfred Oehri (Constanza, Alemania, 1958). Calmado, paciente y empático, Manfred comienza diciendo: «Aquí estoy, sigo por la aldea, todo va yendo bien». Porque Manfred, natural de Alemania, es un hombre pegado a una aldea pontevedresa, del municipio de Cerdedo-Cotobade, desde 1996. Fue entonces cuando desembarcó en Galicia.

Manfred nació y vivió en la ciudad de Constanza. Hace 25 años, la contaminación que asolaba Europa tras el desastre de Chernóbil o el de la química Sandoz, que provocó un enorme vertido en el río Rin, le hicieron huir.  El dolor que le supuso aquel horror a una persona tan sensible y concienciada medioambientalmente como Manfred fue tal que buscó un lugar en el mundo apartado de la mundanal contaminación. Fue entonces, en 1996, cuando él y su mujer desembarcaron en Galicia. Se dejaron caer por los municipios pontevedreses de A Lama y Cotobade, donde algunos otros alemanes, literalmente, se habían echado al monte, comprando o alquilando casas en ruinas y viviendo en pleno rural o incluso estableciendo comunas hippies.

Manfred, de profesión arquitecto, y su mujer acabaron comprándose una casa en la aldea de Trebello, un lugar bien apartado del municipio de Cotobade donde los numerosos hórreos que aún se mantienen en pie recuerdan el esplendor que debió tener algún día el lugar. Allí, en una casa cuya rehabilitación tiene detrás el sello de Manfred, fueron testigos de cómo la aldea se iba apagando. Algunos vecinos se murieron y otros acabaron corriendo hacia las ciudades en busca de empleo. Ellos, con sus perros y una vivienda que conjuga piedra y madera, resistieron. Hasta que llegó la crisis económica, el batacazo del ladrillo, y las cosas cambiaron. Manfred explica que hace una década su mujer tuvo que regresar a Alemania: «Aquí no había manera de que encontrase trabajo. Ella es enfermera y se fue para allí y enseguida empezó a trabajar», explica.

Desde entonces, y van ya diez años, Manfred vive en solitario en su casa de Trebello y recibe la visita de su mujer alguna que otra semana al año, cuando puede viajar desde Alemania. Lo curioso es que no solo se quedó como único morador de su casa. Es que llegó un momento que en Trebello no había nadie más que él. Dice que no le importó demasiado: «Me gustaría que hubiese más gente, pero ya me he acostumbrado a la soledad y a vivir aquí tranquilo, respirando aire puro. Además, salgo a trabajar, rehabilito casas en muchos sitios y voy y vengo con el coche», indica. Hace un tiempo, desembarcó en la aldea un matrimonio que, aunque se marcha a diario a trabajar fuera, regresa por la noche. Son sus dos únicos vecinos, con los que solo coincide algunas veces.

Se ríe cuando se le pregunta por el confinamiento. «Es que aquí vivimos aislados siempre, no hizo falta que nadie nos confinase, me da la risa eso. Estamos siempre solos», indica. Sí echó de menos, en lo peor de la pandemia, ir a los bares a ver los partidos o a tomar algo. A veces, un furgón con ultramarinos le visita. Y, otras, como el viernes, conduce hasta Pontevedra (más de media hora) para hacer toda la compra que necesita.

Una vez provisto de víveres, Manfred vuelve siempre a Trebello, su lugar en el mundo. Porque tiene claro que él no piensa marcharse, ni a Alemania ni a ningún otro sitio: «No lo tengo previsto, estoy bien aquí», sostiene. Y ni siquiera teme que le pueda pasar algo en una aldea apartada y viviendo solo. Se agarra a que eso nunca le sucedió: «De momento, nunca he estado tan mal para tener miedo por estar solo. A ver cómo va todo», indica. Y se despide con su calma habitual; con su forma de estar en el mundo reposada y agradable con cada persona que se cruza.

«Paso semanas sen ver a ninguén, a miña compañía son o can e o gato»

A sus 89 años, José Fernández lucha contra la soledad en Os Ancares

—E como é a súa vida só na montaña?

—E como che parece que pode ser? Aquí paso semanas sen ver a ninguén, a miña compañía son o can e o gato.

Así empieza la conversación con José Fernández Álvarez (1932), que puede presumir a sus 89 años de ser autosuficiente y de llevar la vida, como bien dice él, «ao ritmo que toca». Desde su casa en Murias do Camín, una aldea de Os Ancares en la que sobreviven él y otro vecino al que apenas ve, habla de su día a día, pero también de la forma que él tiene de convivir con la soledad.

Sin embargo, para luchar contra el aislamiento, viaja con frecuencia hasta A Proba (Navia de Suarna). Tras 20 minutos de coche, en el pueblo puede entablar conversación que los vecinos ya que, asegura, los conoce a todos. Se toma un café, pasea y realiza las compras. Y así una semana tras otra, desde hace años. Por las mañanas, el ancarés se levanta «sen présas, porque para que?» y desayuna. También tiene por costumbre acostarse temprano, para combatir así el frío invernal: «Non teño calefacción na casa, só unha cociña de leña e cada vez cústame máis carrexala. Por outra banda, os radiadores intento non conectalos, porque tal e como está de cara a luz..», confiesa.

José cobra 600 euros de pensión que «chegan a pouco, hai moitos impostos» y tiene dos coches que mantener. Sin embargo, se muestra optimista: «Un tense que amañar co que ten», cuenta desde su casa de Os Ancares y con una capa de nieve de unos 20 centímetros.

José Fernández nació en Murias do Camín, aunque a los dos meses de vida se trasladó a Quintá de Moia, a apenas 6 kilómetros de distancia. Regresó a su casa natal en 1939, cuando aún era un niño.

Aunque trabajó como labrador, pasó antes por la escuela agraria de A Coruña e incluso estuvo en Navarra. «Pero ao final volvín para a casa. Cheguei a ter 20 vacas, aínda que hoxe só teño unha, que tamén me fai compañía». Sus labores en el campo incluyeron la cría de cerdos y gallinas, así como el cultivo de la tierra.

Sin embargo, la vida en la montaña no es fácil, admite, «pero eu estou contento, e que lle hei facer? Teño que arranxarme co que teño», dice. Él, que a sus casi 90 años aún conduce, cuenta que «vivín unha guerra e temporadas moi malas, nas que se pasaba fame e só había miseria».

Aunque las compras las hace en Navia, confiesa que buena parte de su alimentación se basa en los manjares que él mismo produce e incluso tiene una buena despensa en la que guarda desde patatas a vino hecho en las comunas de Negueira de Muñiz: «De momento, vállome por min mesmo para todo, e vou case todos os días a Navia por distraerme», confiesa.

Por el momento, José Fernández seguirá viviendo en la casa que él mismo ayudó a construir cuando era más joven, ya que se crió en una de las construcciones típicas de Os Ancares: las pallozas.

 

[Fuente: http://www.lavozdegalicia.es]

Grâce au visa spécial nomades numériques qu’elle se prépare à lancer, l’Argentine espère séduire 22 000 travailleurs à distance d’ici 2023. En attendant, la ville de Buenos Aires fait campagne sur “le taux de change le plus avantageux” d’Amérique du Sud.

Pour compenser l’absence des touristes, Buenos Aires suggère aux nomades numériques de profiter durant plusieurs mois du taux de change du peso.

Au Don Julio, l’un des restaurants les plus prestigieux de Buenos Aires, classé 13e meilleur restaurant du monde, un plat de viande ne coûte que 3 950 pesos, soit environ 18 dollars (ou 16 euros) selon l’actuel taux de change non officiel du peso, la monnaie argentine. Et dans les cafés les plus chics de la capitale, le petit crème est à 220 pesos, soit 1 dollar.

Le taux de change “particulièrement avantageux” du peso est l’argument choc choisi par la ville de Buenos Aires pour tenter de convaincre les travailleurs à distance de venir dépenser leurs devises en Argentine, rapporte Bloomberg Businessweek :

Une campagne marketing lancée la ville pour attirer les travailleurs à distance payés en dollars, en livres sterling ou dans d’autres devises affirme que l’Argentine a ‘le taux de change le plus compétitif de la région’ ‘Buenos Aires une ville très bon marché !’ Le message évoque le futur visa d’un an réservé aux nomades numériques, ainsi que les avantages de Buenos Aires – le climat agréable, les boulevards arborés, la gastronomie et le bon niveau de sécurité comparé à celui des autres villes d’Amérique latine.”

Escrito por Mario Vargas LLosa

Doscientos años

En algún momento del siglo pasado, llegué a París y ese mismo día compré en una librería del barrio latino llamada Joie de lire un ejemplar de Madame Bovary. Después de pasar casi toda la noche leyéndola, al amanecer sabía la clase de escritor que quería ser y, gracias a Flaubert, comenzaba a conocer todos los secretos del arte de la novela.

Nadie dio tanto impulso al género novelesco como el solitario de Croisset. Él descubrió que el narrador era el más importante personaje que creaba el novelista, y que este podía ser un narrador impersonal que lo sabía todo —una imitación de Dios Padre— o un narrador personaje; y que estos podían ser varios y diversos. De este modo, Flaubert creó la novela moderna y sentó las bases de lo que, años después, serían las infinitas disposiciones y figuras inventadas por James Joyce para dotar a la novela y diferenciarla del pasado, la clásica. Sin embargo, el novelista que aprovechó mejor los inventos de Joyce, el irlandés, no fue un europeo, sino un norteamericano perdido en la región del Misisipi, en cuyas manos el género novelesco alcanzó una flexibilidad en el tiempo y el espacio que le permitió todos los excesos: William Faulkner. Lo más extraordinario de Faulkner, no fue, sin embargo, la fantástica osadía que le permitió escribir novelas como As I Lay Dying y The Sound and the Fury, las más difíciles de la creación novelesca, sino los engaños a los periodistas a quienes se presentaba “como un granjero que amaba los caballos” y se negaba a hablar de las técnicas de la novela porque, según él, “no sabía nada de eso”. Gracias a Flaubert, Joyce y Faulkner la novela moderna sería una realidad nueva y singularmente distinta de la novela clásica.

En el caso de Flaubert, la preocupación por la estructura de la novela vino en las cartas que escribía cada noche a su amante Louise Colet, en buena parte de los cinco años que le tomó escribir Madame Bovary. De modo que pasaron buen número de años antes de que estas cartas se pudieran reunir en un libro, acaso el más importante que se haya escrito fijando los límites de la novela moderna, como una forma perfectamente establecida y distinta de todo lo que se hubiera hecho hasta entonces en unas historias que tendrían el nombre de “novela”. La ruptura con el pasado fue flagrante y, sin embargo, misteriosa. Consistió en explicar que el ordenador de una historia podía ser la imitación de “Dios Padre” que lo sabe todo de todo, o de un simple personaje que no puede saber más que lo que sabemos los seres ordinarios de los demás, con la falibilidad implicada en aquel conocimiento. En una novela, como en Madame Bovary, puede haber un narrador “Dios Padre” y varios narradores personajes, a condición de que se respeten los límites de cada cual.

A nivel de la prosa, Flaubert creyó siempre que la excelencia de la frase dependía de su música y que bastaba una sílaba que desentonara para que se perdiera aquella perfección musical de la frase, a la que Flaubert atribuía virtudes encantatorias. Los cinco años que se pasó escribiendo Madame Bovary fueron los más ricos y creativos desde el punto de vista de la estructura novelesca. Pues, la verdad sea dicha, el verdadero creador de la novela moderna fue Flaubert.

La historia de Emma Bovary y las cartas casi diarias a Louise Colet fueron la fundación de la novela moderna, aunque esto tomó algún tiempo para que se advirtiera. El narrador invisible es la creación más importante de Flaubert: ahí está el que todo lo sabe de la historia que cuenta, pero no es una presencia sino una ausencia, que sabe todo lo que ocurre pero no se muestra y más bien oculta su presencia fingiendo la impersonalidad, siempre interrumpida por los otros personajes de la historia, a los que se permite mostrarse y sentir una limitada presencia y existencia, a condición de que no se exceda más allá de lo que una persona debe y puede saber. El ángulo del enfoque es siempre obra del narrador “Dios”, quien distribuye las apariciones y reapariciones de los personajes de acuerdo a las distintas fluctuaciones de la historia. Dentro de este esquema todo se puede saber y contar, también los sabios silencios que el narrador impone en la narración.

La “nueva novela” que inventó Flaubert en Madame Bovary todo lo permite, dentro de ciertos límites. Por ejemplo, crear un personaje colectivo, momentáneo, como esa clase en la que irrumpe el nuevo alumno al comienzo de la novela, cuando el profesor presenta a ese auditorio al nuevo estudiante, Charles Bovary. Este auditorio es un solo personaje, que se descompondrá en seres distintos a medida que los alumnos de la clase recobren su personalidad y comiencen a diferenciarse unos de otros. Dentro del esquema creado por Flaubert, todo es posible y coherente, siempre que el novelista respete las reglas y no se distraiga, de modo que un accidente ocurra y se desmorone la rigurosa trabazón de la novela.

Flaubert no llegó fácilmente a ser aquel que podía tomarse cinco años de su vida escribiendo de la mañana a la noche, siete días por semana, Madame Bovary. Tuvo antes que inventarse una enfermedad que convenciera a su padre, el Doctor, que quería, como era lógico, que su hijo Gustave siguiera una carrera, como había hecho él. Los críticos y los médicos han discutido mucho sobre la famosa enfermedad de Gustave Flaubert, esas crisis que lo acometían y lo derribaban por el suelo, viendo luces extrañas. Yo creo que esta enfermedad se la inventó para poder trabajar en paz, dedicando todo su tiempo a la escritura, lo cual no significaba en absoluto que no cayera a veces al suelo y viera luces raras y tuviera vómitos y todo lo demás. Menos mal que sus cartas a Louise Colet se han conservado. Ella las guardó, bendita sea su memoria. En cambio, las de Louise Colet a Flaubert, una infame sobrina las quemó porque eran demasiado pornográficas, con lo que se ganó todo el odio de los flaubertianos (también el mío, por supuesto).

¿Supo Flaubert la revolución que desencadenaría con Madame Bovary? No es muy seguro. Él creía, en esos cinco años, que estaba trabajando en Madame Bovary, y probablemente no fue consciente de la extraordinaria difusión que tendría su descubrimiento ni la revolución que provocaría el narrador invisible y total, que crearía una cesura entre la nueva novela y la antigua, es decir, la clásica. No es la primera vez en la historia de la literatura que alguien, como de casualidad, descubre un nuevo sistema de narrar, provocando con esto una revolución (por ejemplo, Borges en sus cuentos).

A Flaubert le he tenido siempre admiración y cariño, como a un tío o un abuelo. Fui a Croisset no sé cuántas veces, a revivir sus paseos dando alaridos en la “alameda de la gritería” donde iba él a probar la perfección de sus frases rítmicas, y le he llevado flores no sé cuántas veces a ese cementerio lleno de tumbas y de cruces, y he visitado el hospital de su padre, el médico al que obligó a mantenerlo mientras escribía esa novela-río.

Ha cumplido doscientos años, y la manera de escribir novelas que inventó se mantiene siempre viva y joven. Tengo la sensación de que en los doscientos años que vendrán, su manera de escribir seguirá operando en su eterna juventud.

 

[Ilustración: FERNANDO VICENTE – fuente: http://www.elpais.com]

Une plage de Tel-Aviv en décembre. Le beau temps ne peut toutefois pas compenser le fait que le jour est proche où plus personne ne pourra s’offrir le luxe de vivre dans cette ville.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : la métropole israélienne bordée par la Méditerranée est la ville la plus chère du monde selon le magazine The Economist, qui établit chaque année le hit-parade des villes les plus chères, où Tel-Aviv figure régulièrement en bonne place. De cinquième en 2020 elle a gravi cette année le sommet, ce qui n’a pas manqué d’être abondamment commenté par les media. Certes, il était déjà de notoriété publique que l’immobilier, tant à l’achat qu’à la location, ainsi que les produits alimentaires coûtaient une fortune, mais apprendre que Tel-Aviv est plus cher que New-York, Paris, Londres et Zurich a causé un véritable choc à de nombreux Israéliens, surtout si on considère que, d’après Average Salary Survey, le salaire moyen à Tel-Aviv n’excède pas 232 799 shekels (environ 65 250 euros, 68 000 CHF), étant toutefois précisé que de nombreux jeunes entrants sur le marché du travail gagnent nettement moins.

Israël devient de plus en plus cher : surtout te prix de l’habitat

Globalement, Israël devient de plus en plus cher. Le prix de l’habitat, des produits alimentaires, de la santé, de la formation et de la culture n’a cessé d’augmenter ces onze dernières années. Depuis 2010, se loger est devenu une gageure avec une progression des prix de 32,7 pour cent. Le nombre d’habitants est en hausse constante mais, sous prétexte que le marché va s’autoréguler, l’État refuse d’investir dans des projets de construction de grande ampleur comme il l’avait fait dans les années 90, quand près d’un million d’immigrants sont arrivés en provenance de l’Ex-Union Soviétique. Or, il est impératif que le gouvernement israélien lance de tels projets afin de ramener le coût de la vie à un niveau acceptable. Par ailleurs, bien que le pays soit un gros producteur de fruits et de légumes, le prix de ces articles a également augmenté de 25,9 pour cent depuis 2010.

D’aucuns reprochent au magazine The Economist de n’avoir pas pris en compte la forte progression du shekel en raison de laquelle les produits achetés par les Israéliens à l’étranger leur paraissent moins chers. Le shekel fort a toutefois aussi pour effet que les Israéliens en affaires avec l’Europe ou les États-Unis (et il est clair que cela concerne de nombreux Tel-Aviviens, la métropole israélienne étant la ville la plus cosmopolite de tout le pays) souffrent d’un réel manque à gagner ou d’une importante perte de compétitivité en raison de la parité actuelle shekel-euro ou shekel-dollar. Ron Huldaï, maire de Tel-Aviv depuis 20 ans, estime que l’État est le principal responsable de cette situation. Dans une interview accordée au journal Haaretz il a déclaré que Tel-Aviv va droit vers l’« explosion ». « Pour que les prix baissent à Tel-Aviv, il faut que l’État parvienne à les diminuer dans tout le pays, sinon, le fossé continuera à se creuser dans la société israélienne.  Le problème fondamental est l’absence d’alternative à l’agglomération de Tel-Aviv (…) et de réflexion à long terme de l’État. Par ces propos, Ron Huldaï pointe du doigt un problème généralement passé sous silence dans les discussions.

Tel-Aviv est unique de par son atmosphère, sa liberté

Où en effet doivent vivre les enseignants, les vendeurs, les infirmiers, les policiers travaillant à Tel-Aviv ? Surtout si l’on considère l’absence de transports publics adaptés dans les banlieues et villes périphériques moins chères comme Bat Yam, ’Holon ou Rishon le Tzion. Et quel sera l’attrait de Tel-Aviv une fois que les artistes ne pourront plus se permettre d’y habiter ? Qui travaillera dans les centaines de restaurants, de bars et de cafés quand le prix d’une chambre dans une colocation dépasse les 1000 euros/CHF ? Il est vrai que Tel-Aviv est à Israël ce que New-York est aux États-Unis, Londres à la Grande-Bretagne, Paris à la France et Berlin à l’Allemagne. La ville est unique de par son atmosphère, sa liberté, son libéralisme. C’est un monde différent du reste du pays mais il est du ressort des politiques israéliens de préserver ces précieuses caractéristiques, tant pour les Israéliens eux-mêmes que pour les touristes qui risquent d’aller voir ailleurs si un week-end à Tel-Aviv leur coûte le quintuple d’un week-end à Paris ou à Londres.

À la lumière de ces faits on est en droit de se demander pourquoi les Israéliens et notamment ceux vivant à Tel-Aviv ne sont pas plus furieux et mécontents ? Probablement parce que la pandémie et les élections à répétition jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement les ont épuisés.

Autres informations :
« Tel-Aviv est proche de l’explosion » (en anglais), Haaretz : https://bit.ly/33GyulN

 

[Photo : KHC – source : israelentreleslignes.com]

Escrito por Julio Pompeu

Ser brasileiro não é fácil. Não gostamos de ser quem somos. Nos imaginamos orgulhosos como descendentes de uma Europa imaginária. E nos mantemos submissos e bajuladores mesmo com a Europa de verdade nos querendo só como turistas e olhe lá! Tal como escravos voluntários pela falta de vontade de ser quem se é.

Admiramos os americanos e achamos que tudo que vem de longe é melhor que o que vem daqui. American é mais cool e mais pop e mais tech até que o nosso agro. Damos nomes em inglês para as lojas e eventos parecerem chiques – em outros tempos, eram nomes franceses – e achamos terrivelmente bregas e até ridículas palavras mais nossas mesmo. Escravos da vergonha de ser quem se é.

A economia daqui é um suplício! Tem inflação. Igual quando eu era criança. Quando a gente tinha dinheiro, corria para comprar com medo de o preço subir no dia seguinte. E sempre subia. Você trabalha do mesmo jeito, no mesmo lugar, com as mesmas pessoas, ganha a mesma coisa, mas dia após dia não consegue comprar o mesmo. Sente o empobrecimento aos poucos. Escravos da miséria.

Mas isso só vale para brasileiros, que são a maioria, não para os brazilians. Aquele 1% dos que vivem aqui, são donos de 28,3% de toda riqueza e lamentam não serem donos de mais. Os 99%, brasileiros, disputam o que sobra. E sobra cada vez menos. Escravos da escassez.

Brasileiro não é que nem seu ministro da Economia que tem dólar em paraíso fiscal. Brasileiro não tem dólar. Nem dinheiro. Tem dívidas. Além de comida e imposto, paga juros por causa de empréstimo que fez para pagar imposto, comida e outros juros.

Brasileiros querem dinheiro, sim. Mas também e mais e muito, querem liberdade. Presos a uma vida sem outra perspectiva que não a do lento empobrecimento. À raiva de ver gente picareta posando de santa. Ao ressentimento de uma gente violenta que não gosta de quem pensa diferente. A um futuro que quer ser como o passado, só que piorado. Cativos da miopia de uma elite que para resolver os problemas brasileiros do século XXI, só encontra respostas vindas da Europa do século XIX.

Ser livre não é fazer o que se quer. É andar na rua sem medo de tomar uma porrada do guarda. É dormir tranquilo, sabendo que há uma justiça capaz de garantir justiça e não apenas bons salários para quem diz fazer justiça. É poder entrar em um ônibus sem medo de ser adoecido por quem acha que suas fantasias o autorizam a colocar a vida dos outros em perigo. É viver em uma terra onde lei é a lei e não a vontade do sujeito poderoso, popular ou rico, a quem falta quem lhe aplique as leis.

Sem respeito pela lei, por si mesmo e pelos outros, não há liberdade. Só há servidão pela cultura, contrato ou tiro. E morte. Lenta. De fome, de sede e de raiva. E não falta quem prefira morrer a viver sem liberdade nesta terra em que uma gente ressentida confunde a liberdade de viver com a liberdade de matar.

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[Ilustração: Mihai Cauli  – fonte: http://www.terapiapolitica.com.br]

Rezero, amb el suport de l’Agència de Residus de Catalunya, entre altres ens, elabora el Protocol per la Reutilització per reforçar el compromís de grans superfícies que operen a Catalunya en la lluita contra l’usar i llençar.

El Protocol per la Reutilització dona visibilitat als establiments signants i ofereix solucions per avançar en la venda de productes alimentaris, d’higiene i neteja sense generar residus. Font: Llicència CC (Pexels)

Escrit per Carlos Faneca

Entitat redactora: LaviniaNext

La reutilització d’envasos és un dels mètodes més estesos amb els quals la ciutadania, en el seu dia a dia, tracta de reduir l’ús dels plàstics, i altres elements d’un sol ús, una acció que arriba a diversos àmbits de la vida quotidiana, com ara la compra de productes. Moltes persones conscienciades promouen aquesta sostenibilitat, reutilitzant envasos propis durant la compra, un gest que, fins ara, només era possible en establiments especialitzats o al petit comerç de proximitat, quelcom que limitava molt l’aposta per la reducció del plàstic.

Ara, gràcies a Rezero, una entitat que treballa perquè les empreses, les administracions públiques i la ciutadania puguin tenir la possibilitat de gaudir d’un model de producció i de consum cap al Residu Zero, s’amplien les opcions de fer la compra sense generar residus. L’entitat ha elaborat un Protocol de Reutilització per garantir el dret de les persones consumidores a comprar amb elements reutilitzables en supermercats, hipermercats i grans superfícies que operen a Catalunya.

El Protocol per la Reutilització garanteix el dret de les persones consumidores a comprar amb elements reutilitzables. Font: Llicència CC (Pexels)

El document, a més d’estar adreçat a supermercats i cadenes de supermercats, també es dirigeix a gremis i associacions de comerciants d’alimentació o altres productes de consum quotidià. La idea del nou protocol és facilitar que els establiments signants acceptin i fomentin l’ús d’envasos de les persones consumidores. Les organitzacions també es comprometen a aplicar altres pràctiques de reutilització en la seva activitat, el que suposa un pas endavant més en el compromís d’organitzacions i empreses en la prevenció de residus.

Les persones consumidores tindran al seu abast la llista d’establiments en els quals és possible fer la compra fent ús dels seus propis envasos reutilitzables, quelcom que aporta visibilitat als supermercats conscienciats amb la sostenibilitat. Tal com assenyalen des de Rezero, el Protocol per la Reutilització també ofereix solucions, a les empreses i organitzacions, per avançar en la venda de productes alimentaris, d’higiene i neteja sense generar residus.

L’elaboració d’aquest Protocol de Reutilització, per part de Rezero, ha estat possible gràcies al suport de diversos ens, com ara l’Agència de Residus de Catalunya, l’Agència Catalana de Seguretat Alimentària, l’Agència Catalana del Consum, la Direcció General d’Empreses Agroalimentàries, Qualitat i Gastronomia, la Direcció General de Comerç de la Generalitat de Catalunya, l’Agència de Salut Pública de Barcelona, l’Institut Municipal de Mercats de Barcelona i l’Àrea Metropolitana de Barcelona.

Cadascun d’aquests ens han pogut posar el seu gra de sorra en l’elaboració d’un protocol transversal que permeti caminar, amb fermesa, cap a la sostenibilitat i la prevenció de residus. Aquesta gran notícia arriba durant la celebració de la Setmana Europea de la Prevenció de Residus.

Condicions dels envasos reutilitzables

El Protocol per la Reutilització estableix una sèrie de condicions en les quals han d’estar els envasos reutilitzables que utilitzaran les persones clients per realitzar la compra, amb unes mesures higièniques necessàries i protocols d’actuació per evitar la possible contaminació creuada entre els envasos de les persones consumidores i les superfícies de treball.

Presentació del Protocol per la Reutilització en el qual, Isaac Peraire, director de l’Agència de Residus de Catalunya sosté el cartell. Font: Agència de Residus de Catalunya

Així, les bosses reutilitzables han de ser de tela o malla, de silicona o de plàstic reutilitzable i disposar d’un mecanisme de tancament incorporat, ser rentables i estar netes i seques. Quan el tipus de producte ho permeti, s’ha d’oferir la possibilitat de posar a la mateixa bossa productes diferents, pesats per separat. També quan el tipus de producte ho permeti, s’ha d’oferir la possibilitat de no utilitzar bossa.

En el cas d’altres tipus d’envasos reutilitzables, han de ser de material apte per ús alimentari i fàcil de netejar, estar nets, sense esquerdes, taques i òxid, i disposar de tapa o d’un mecanisme de tancament. Els envasos que hagin de contenir líquids, hauran de ser estancs, suportar els esforços d’operacions normals de manipulació, sense obrir-se o trencar-se i poder tornar a tancar-se un cop oberts sense perdre la seva estanquitat.

Si les persones consumidores no duen un envàs reutilitzable per fer la compra de productes, els establiments poden posar a disposició de les persones consumidores envasos reutilitzables propis dels comerços. Els establiments poden rebutjar aquells envasos que no consideri adequats.

[Font: http://www.xarxanet.org]