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Panier, viande, poulain, pommade… Bien des termes que nous utilisons aujourd’hui avaient jadis une tout autre signification. Pourquoi ne l’ont-ils pas gardée ?
Écrit par Michel Feltin-Palas
Avouez-le. Vous pestez régulièrement contre votre neveu lorsqu’il emploie un mot dans un sens « fautif ». « Conséquent », par exemple, au lieu d' »important ». Ou « trop » à la place de « très ». Alors un conseil : arrêtez de lui adresser des remarques dans ce domaine car si, par manque de chance (pour vous), il suit plus tard des études de linguistique, il vous expliquera que tout le monde fait pareil depuis la nuit des temps, vous compris. Et il aura raison.
Par exemple, il m’étonnerait que vous ne partiez pas faire le marché avec votre panier alors que, stricto sensu, celui-ci ne servait au départ qu’à transporter du pain… Le cas est loin d’être isolé. « Il arrive en effet souvent que nous ne connaissions qu’une seule des acceptions d’un mot que nos ancêtres utilisaient ou que nous utilisions ce mot avec sens différent », souligne le linguiste André Thibault en citant cet autre exemple : »Saoul voulait dire autrefois « rassasié, repu » (appliqué à quoi que ce soit, c’est-à-dire autant à de la nour­ri­ture qu’à une boisson quelconque ou à une boisson alcoolisée) ; à force de l’entendre surtout en référence à l’alcool, on a fini par interpréter ce mot comme signifiant uniquement « ivre » » .
C’est ainsi : au fil du temps, de nombreux termes changent de sens. Il suffit pour le constater de plonger dans un livre écrit voilà quelques siècles. Chez Molière, par exemple, tout à l’heure signifie « immédiatement » ; bailler veut dire « donner » et la fortune correspond au sort, propice ou funeste, comme le souligne le linguiste Jean Pruvost dans un ouvrage que j’ai déjà chroniqué et que je recommande vivement (1).
Les linguistes se sont efforcés de classer ces évolutions en plusieurs catégories.
· Les restrictions de sens. Comme saoul, bien des termes ont vu leur emploi se spécialiser. Viande, comme son nom l’indique, désignait originellement tous les aliments servant à entretenir la vie. Traire signifiait « tirer » de manière générale, avant qu’il ne finisse par désigner uniquement l’extraction du lait des animaux domestiques. Conformément au latin pullus (« jeune animal »)poulain s’employait pour les petits de tous les animaux, et pas seulement pour celui du cheval (poulet a d’ailleurs la même origine). Le verbe trépasser ne fait plus aujourd’hui référence qu’à la mort alors qu’il signifiait simplement « aller au-delà ». Quant à accident, il a longtemps eu le sens d' »événement », heureux ou malheureux, avant de n’être utilisé que dans les circonstances néfastes.
· Les extensions de sens. À l’exemple de panier, d’autres termes ont vu inversement leur emploi s’élargir. La pommade n’était au départ qu’une pulpe de pomme ; un épicier ne vendait que des épices ; on arrivait exclusivement sur une rive tandis qu’un boucher tuait uniquement les boucs…
· Les affaiblissements de sens. Certains mots n’ont pas vraiment changé de signification, mais ont perdu leur intensité initiale. À l’origine, un ravissement était un enlèvement au ciel. Charmer était l’équivalent de ensorceler (d’où l’expression jeter un charme). Être étonné signifiait que l’on semblait avoir été frappé d’un coup de tonnerre. Gâter avait la force de dévaster. L’inquiétude désignait une forte agitation ; le déplaisir, une profonde douleur ; l’ennui, un chagrin violent… Formidable signifiait « qui inspire la crainte » et terrible renvoyait à la terreur.
· Les mots qui ont acquis une connotation péjorative. L’expression art nègre en témoigne : originellement, cet adjectif n’avait pas une valeur péjorative. C’est à force d’être utilisé dans les discours racistes qu’il a fini par l’acquérir. C’est d’ailleurs aujourd’hui au tour du mot noir de subir le même sort, si bien que certains préfèrent recourir à la formule personne de couleur ou à l’anglicisme black.
· L’influence des langues étrangères. Précisément, une partie de notre lexique subit l’influence de l’anglais. Ainsi, réaliser est souvent utilisé pour « se rendre compte » alors qu’il signifie théoriquement « faire, élaborer ». Supporter prend la place de « soutenir » alors que ses sens premiers étaient « recevoir le poids », « endurer », « tolérer ».
· Les évolutions technologiques. Une invention donne souvent naissance à un nouveau mot, mais, parfois, on se contente de recycler un objet proche qui lui ressemble. La voiture était un mode de transport tiré par des chevaux ? Elle désigne aujourd’hui une automobile bénéficiant de la force d’un moteur.
· Les inversions de sens. De manière plus surprenante, quelques termes signifient aujourd’hui le contraire de ce qu’ils voulaient dire primitivement. Une personne énervée était celle qui avait subi une énervation et était donc dénuée de nerfs ? L’adjectif s’applique aujourd’hui à celle qui se trouve dans un état de nervosité inhabituel. Du temps où l’Espagne était occupée par les Arabes, les laquais étaient de hauts fonctionnaires. Ce n’est qu’à la suite de la Reconquista qu’ils ont été ravalés au rang de « valets d’armée », puis de « valets » tout court, et c’est ce sens qui s’est imposé en français, comme le souligne Henriette Walter (2). Autre exemple frappant avec rien – issu du latin rem, c’est-à-dire « chose ». À force d’être utilisé dans des formules négatives, pour renforcer ne, ce nom signifiant « chose » a fini par être senti comme un pronom signifiant « aucune chose » !
· Les erreurs. Terminons cette liste par la catégorie qui m’amuse le plus : les bévues. Celles-ci peuvent provenir d’une fausse étymologie, comme je l’ai déjà évoqué dans une lettre précédente. Souffreteux, par exemple, se rapportait à l’origine aux indigents, considérés comme des personnes en rupture avec la société, conformément à son origine latine suffringere, « rompre par le bas ». Mais sa ressemblance avec souffrir l’a conduit peu à peu à désigner un individu de santé fragile… Même attraction fatale pour rustre sur fruste alors que ces deux termes n’ont pourtant rien à voir. Frustum en latin, voulait dire « mis en morceaux » alors qu’un rustre est un homme grossier et brutal. Mais voilà : à l’oreille, les deux mots se ressemblent et fruste a fini par signifier « rude, inculte, lourdaud, primitif ».
Comme quoi, même les dictionnaires recèlent leur lot d’injustices…
(1) Jean Pruvost, Les secrets des mots, La librairie Vuibert

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Imposer sa langue est aussi une manière d’imposer sa vision du monde et d’écouler ses marchandises. Les États-Unis l’ont parfaitement compris. Les Européens et les Français, beaucoup moins…

Écrit par Michel Feltin-Palas

De La Fontaine à Hugo en passant par Marivaux, les enseignants de France et de Navarre s’efforcent de faire découvrir à nos chères têtes blondes les oeuvres de nos grands écrivains et c’est très bien ainsi. En revanche, ils ne leur dispensent aucune culture linguistique, ce qui est plus regrettable, y compris sur le plan géopolitique. Car la langue, on l’oublie souvent, est aussi un instrument d’influence des États. Le latin du temps de l’Empire romain ; l’espagnol et le portugais en Amérique latine ; l’arabe au Proche-Orient ; le français au Maghreb et en Afrique de l’Ouest… Dans l’Histoire, langue et expansion territoriale sont souvent allées de pair.
Cette règle profite aujourd’hui principalement à l’anglais, qui a commencé à se répandre dans des pays bien éloignés des îles britanniques au fur et à mesure des conquêtes coloniales de l’Angleterre. La langue de Shakespeare profite aujourd’hui de la puissance des États-Unis, dont l’impérialisme a connu trois grandes phrases : d’abord, la conquête de l’Ouest ; puis l’annexion de territoires plus ou moins éloignés, comme Hawaï, l’Alaska et Porto Rico, avant qu’une rupture ne s’opère après la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1945, en effet, l’impérialisme linguistique américain ne dépend plus de l’extension géographique des États-Unis, mais de trois autres éléments : la technologie, la puissance militaire et la domination linguistique, comme le souligne l’historien Daniel Immerwahr (1). Winston Churchill l’avait bien compris : « Contrôler la langue offre bien plus d’avantages que prendre des provinces ou des pays pour les exploiter », déclarait en substance l’ancien Premier ministre britannique. Avant d’ajouter avec son sens bien connu de la formule : « Les empires du futur seront spirituels ». Un précepte que complète Donald Lillistone – un Anglais – dans un excellent article de la revue Défense de la langue française, en écrivant : « Les langues façonnent les sociétés et le statut privilégié dont jouit actuellement l’anglais est donc lourd de conséquences profondes » (2).
Les États-Unis en ont parfaitement conscience, comme l’a spectaculairement révélé un autre universitaire, Robert Phillipson, professeur au département d’anglais de la Copenhagen Business School (3) dans un ouvrage tout bonnement intitulé Linguistic Imperialism (Impérialisme linguistique) publié en 1992. Il y dévoilait un rapport confidentiel établi après une conférence anglo-américaine sur l’enseignement de l’anglais qui s’était tenue en 1961, à Cambridge. Les choses y étaient énoncées clairement dès le discours d’ouverture : « L’anglais doit devenir la langue dominante et remplacer les autres langues et leurs visions du monde ». Une uniformité culturelle qui s’oppose directement à notre modèle européen fondé sur l’enrichissement par la pluralité, dont témoigne sa devise : « Unie dans la diversité ».
Aussi néfaste soit-elle, la politique américaine a pour elle le mérite de la cohérence : tout Empire, fût-il spirituel, cherche à défendre ses intérêts. Washington sait pertinemment que Disney, Netflix, Apple et les autres constituent les meilleurs moyens pour conquérir les esprits et écouler ses marchandises. On ne peut en dire autant de l’Union européenne qui, malgré le Brexit, s’emploie au contraire à dérouler le tapis rouge devant l’anglais, la langue du pays qui vient de la quitter et de la puissance qu’elle prétend concurrencer ! On ne peut pas non plus en dire autant de la France, dont une grande partie des « élites » croient du dernier chic de multiplier les anglicismes, jouant ainsi le rôle d’idiots utiles de l’impérialisme américain. Joe Biden, Google, Amazon et les autres n’en demandent pas tant.
(2) L’empire spirituel, par Donald Lillistone, Défense de la langue française n° 279
(3) Linguistic Imperialism, par Robert Phillipson, Presses universitaires d’Oxford, 1992.

[Source : http://www.lexpress.fr]

Con motivo de la celebración en Barcelona del Mobile World Congress (MWC) se ofrecen a continuación algunas claves para una buena redacción de las informaciones relacionadas con ese sector.

1. Teléfono y reloj inteligente

Teléfono inteligente y reloj inteligente son, respectivamente, alternativas adecuadas en español a las voces inglesas smartphone y smartwach.

2. Flagship equivale a buque insignia

Según los principales diccionarios, flagship puede traducirse en español por buque insignia. Esta última voz se aplicaba originalmente al buque que comandaba una escuadra y está asentada en español para aludir, de modo figurado, a un elemento muy representativo y distintivo de una serie de personas, objetos, etc. Así, del mismo modo que se habla de equipo, edificio tienda insignia, puede emplearse para aludir a los modelos más destacados de teléfonos que las empresas suelen presentar en esta clase de eventos.

3. Tecnología táctil

Tecnología táctil es un equivalente adecuado en español a tecnología touch para referirse a los aparatos electrónicos que se manejan con el contacto directo de los dedos sobre la pantalla, sin necesidad de un teclado.

4. Cámara selfi, mejor que cámara selfie

La grafía selfi, plural selfis, es la adaptación de la forma inglesa selfie que recoge el diccionario académico. Es un término empleado para referirse a las fotografías que uno toma de sí mismo, solo o en compañía de otros, y, por extensión, a las cámaras frontales de los dispositivos con los que se hacen estas fotografías.

5. Empresa emergente, mejor que start-up

Con el anglicismo start-up se conoce en el mundo de los negocios y la innovación a aquellas sociedades que, pese a su juventud y falta de recursos, consiguen obtener buenos resultados en el mercado y pasan a ser impulsadas por otros inversores o absorbidas por empresas ya consolidadas. Se recomienda emplear la traducción empresa emergente.

6. Tecnología ponible, mejor que wearable technology

Es preferible la traducción tecnología ponible a la denominación inglesa wearable technology y a la fórmula mixta tecnología wearable. Para aludir en general al conjunto de estos dispositivos se empieza a usar, y es adecuado, el término ponibles: «Es probable que las compañías introduzcan innovaciones en los ponibles».

7. El internet de las cosas y el internet de los datos

Las expresiones internet de las cosas, que se emplea para referirse a la conexión digital de objetos cotidianos con internet, e internet de los datos son denominaciones comunes que no necesitan comillas ni cursiva y que se escriben con minúscula inicial en cosas y datos. Respecto al sustantivo internet, la Academia admite tanto la mayúscula como la minúscula; además, puede emplearse en masculino y en femenino. La sigla IdC es una alternativa adecuada en español a IoT, con la que frecuentemente se abrevia la denominación internet de las cosas.

8. 5G 3D, mejor sin guion

La forma 5G, que se usa para aludir a la quinta generación de tecnología móvil, se escribe preferiblemente sin guion entre la cifra y la letra. Esta recomendación también se aplica a otras siglas como 3D, por ejemplo, en comunicación 3D.

9. Pantalla, mejor que display

La voz inglesa display puede sustituirse en español por pantalla (de visualización) o visualizador.

10. Píxel pixel, ambas válidas

Tanto píxel (llana) como pixel (aguda) son válidas para aludir al elemento mínimo de ciertos tipos de imágenes. La primera es habitual en España y la segunda es la mayoritaria en muchos países de América. El plural se forma añadiendo -es, es decir, píxeles y pixeles. Los de megapíxel y megapixel (escritos en una sola palabra) son megapíxeles y megapixeles.

11. Teléfono básico, mejor que feature phone

Las expresiones teléfono básico/común terminal sin conexión son alternativas en español a feature phone. Coloquialmente, también se utiliza con este sentido teléfono tonto, traducción de la variante informal inglesa dumb phone.

12. Light, en cursiva

La ausencia de algunas empresas grandes en el congreso hace que los medios empleen con frecuencia la voz inglesa light como calificativo de esta edición. Esta palabra está recogida en letra cursiva en el diccionario académico, por lo que adecuado es escribirla con este tipo de letra o, si no fuera posible, entrecomillada. Además, el Diccionario panhispánico de dudas ofrece algunas alternativas como livianoligero o descafeinado, que pueden ser más o menos adecuadas en función del contexto y del distinto matiz que se quiera comunicar.

 

[Foto: archivo Efe/Andreu Dalmau – fuente: http://www.fundeu.es]

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Escrito por Mariángeles García          

Hablar ya no es solo una capacidad humana. También lo hacen las máquinas y cada vez mejor. En este nuevo espectro que se abre ante la inteligencia artificial, enseñar a hablar a una máquina no puede recaer solo en los programadores e ingenieros. Que las máquinas hablen y sean capaces de entendernos es gracias, entre otras cosas, a los lingüistas computacionales

Leticia Martín-Fuentes trabaja como lingüista computacional de Adecco para Google y da clases en línea de introducción a la programación. Es una de las personas que enseña a entender y a hablar a las máquinas como un humano. En eso consiste el procesamiento de lenguaje natural (PLN). Y lo hace en español.

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

«Si hablamos de PLN en IA, siempre hay dos vertientes: el natural language generation (NLG) o producción de lenguaje natural, y el natural language understanding (NLU) o comprensión del lenguaje natural. Para los humanos parece parte de lo mismo: hablar, porque pasamos de una a otra tarea en cuestión de milisegundos. Pero constantemente estamos mandando y recibiendo mensajes, que son tareas muy distintas».

Para tratar de lograr que esos mensajes sean entendidos por la mayor parte de los hablantes cuando hablan las máquinas, los lingüistas computacionales utilizan el lenguaje normativo. Dentro de esa norma, explica Martín-Fuentes, se busca que los mensajes sean naturales, que huyan de expresiones esquemáticas como «Salida programada para el vuelo: 17.00» y usen otras más fluidas como «El vuelo saldrá a las cinco de la tarde». El objetivo es que una máquina no diga nada que no diría un humano. De ahí que se busque un español lo más neutro y sujeto a las reglas posible.

Sin embargo, afirma, también se busca que esos sistemas de inteligencia artificial sean capaces de entender a la mayor cantidad posible de hablantes, por lo que deben entrenar a ese NLU con ejemplos tanto normativos como no normativos. «Los asistentes están pensados para acompañarte en el día a día, así que están presentes en todo tipo de ámbitos. Así, tenemos que tener en cuenta rasgos de la lengua informal como leísmos, laísmos, anacolutos, redundancias… ¡incluso el lenguaje keyword! [usar frases del estilo: “activación subtítulos español”]». Es decir, transmitimos nuestros propios sesgos lingüísticos a las máquinas para que sean capaces de entendernos hablemos como hablemos.

Cuenta Leticia Martín-Fuentes que lo más difícil de enseñar a hablar a una máquina son las ambigüedades. El ejemplo más divertido lo aportó el escritor Juan José Millás en un programa de la Cadena SER cuando contaba que Siri le llamaba Mañana porque la IA había entendido que lo que le pedía no era que hiciera una llamada telefónica (un intent –lo que el usuario quiere que haga la máquina– que seguramente no debía existir en su programación), sino que lo que le estaba solicitando es que cambiara la forma en que debía dirigirse a él.

«Los problemas más grandes provienen de que la máquina no sabe lo que es hablar, porque los humanos tampoco sabemos absolutamente todo lo que ocurre en el acto de habla. Pero la buena noticia es que, gracias a este desarrollo en la industria y en la investigación, cada vez estamos más cerca de ello».

IA, TIENES EXAMEN DE LENGUA

Santiago Muñoz Machado, actual director de la RAE, abogaba en una entrevista publicada conjuntamente en Archiletras y en Telos por que la inteligencia artificial hable «un español correcto, adecuado a las normas, que no lo diversifiquen ni lo fragmenten». En este sentido, la Academia ha impulsado junto con grandes empresas tecnológicas como Telefónica, Facebook, Microsoft, Google, Twitter y Amazon el proyecto LEIA (Lengua Española e Inteligencia Artificial). Con él, esas empresas se comprometen a velar por el buen uso del idioma siguiendo los criterios aprobados por la RAE y a que el español esté disponible como lengua de uso de sus productos y servicios.

Pero Martín-Fuentes no comparte con el director de la RAE ese miedo a la diversificación ni a quienes pronostican un empobrecimiento lingüístico. «A mí, en realidad, me da más miedo que con los asistentes virtuales la lengua tienda a la unidad y la homogeneidad, ya que las máquinas no poseen (de momento) la creatividad lingüística que tenemos los humanos, que nos lleva a crear nuevas palabras cada día». Basta pensar, dice, en los SMS y en cómo nos llevábamos las manos a la cabeza con la forma y el estilo en el que se escribían. «El legado que nos han dejado es un puñado de acortamientos y abreviaturas nuevas, así que, si hacemos balance, más bien hemos ganado algo».

El peligro real, sin embargo, podría estar en la falta de contenidos tecnológicos y científicos creados en español. Según el estudio El español, una lengua viva, de Daniel Fernández Vítores, profesor de la Universidad de Alcalá de Henares, realizado en 2018 para el Instituto Cervantes, el español es la segunda lengua más utilizada en redes sociales, pero ocupa el noveno lugar en las entradas de Wikipedia, por debajo de otras lenguas como el inglés, el alemán, el ruso o incluso el sueco.

Y eso, para expertos y periodistas como Arsenio Escolar, director de Archiletras, supone una amenaza para el futuro de nuestro idioma. «Hay un déficit de contenidos científicos, desde la medicina a la neurociencia, donde nos superan lenguas que en hablantes totales son muy inferiores, como, por ejemplo, el ruso o el alemán», afirmaba en un artículo de El Cultural. «Hay que intentar convencer a los científicos de que publiquen también en su lengua materna. Ese es el reto, y a ver si somos capaces de afrontarlo».

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

En ese sentido también se pronunció Muñoz Machado en la presentación del proyecto LEIA durante el acto de clausura del XVI Congreso de la Asociación de Academias de la Lengua (ASALE) que tuvo lugar en Sevilla a principios de noviembre. «Su lengua [la de las máquinas y la IA] tiende a diversificarse y hay que tomar medidas. La IA habla inglés, fundamentalmente, y tenemos que procurar que, poco a poco, el español coja una posición eminente en el mundo de la IA, pero también en el mundo general de las redes».

Mientras eso llega, Mario Tascón, presidente de la Fundéu, ve un problema derivado de esa falta de terminología en español para denominar nuevas realidades: la traducción y adaptación a nuestro idioma de esas palabras que no deja de crear la tecnología. «Un smart speaker es un altavoz inteligente, pero también es un micrófono con altavoz, ¿cómo lo traducimos?», se preguntaba en una entrevista para El País. «Nos cuesta, pero usamos sin problema los anglicismos crudos», concluía Martín-Fuentes. Sin embargo, ve más problemático que al estar escrita en inglés, esa documentación e información no pueda llegar a quienes no dominen ese idioma. «Además, el problema no es solo que la ciencia y la tecnología se estén documentando prácticamente en un idioma, sino que el procesamiento del lenguaje natural también tiende a trabajar únicamente en un idioma. Coincido con Rodrigo Agerri en que en español hacen falta corpus anotados al nivel de los que están disponibles en inglés; por ejemplo, sería estupendo poder descargar el CORPES o el CREA anotados, pero ahora mismo solo se pueden consultar».

Agerri es investigador en procesamiento de lenguaje natural y trabaja actualmente en el Centro para el Lenguaje Tecnológico de la Universidad del País Vasco. Fue uno de los participantes, junto con Leticia Martín-Fuentes, en el XIV Seminario de Lengua y Periodismo organizado por la Fundéu y la Fundación San Millán el pasado mes de octubre, que llevaba como lema El español y las máquinas: lenguaje, ética y periodismo.

Los corpus a los que hace referencia la lingüista computacional se crean a través del etiquetado de palabras y se incorporan parámetros para detectar ambigüedades, diferentes significados y usos. Esos corpus son la herramienta básica de la que se valen los lingüistas computacionales para entrenar a los sistemas de PLN. Y en opinión de Agerri, debido a que no existe ninguno de calidad en español, las herramientas acaban desarrollándose en inglés, puesto que en España no hay interés en desarrollarlos, ya que implica un proceso muy costoso.

«Todas esas aplicaciones necesitan elementos básicos para su desarrollo y en eso no estamos avanzando en el español, aunque debería ser una cuestión estratégica que nos afecta a todos», afirmó en el seminario. «Si no lo hacemos nosotros, lo harán otros, en China o Estados Unidos, y seremos tecnológicamente dependientes».

AMENAZAS DE CIENCIA FICCIÓN

Cada vez es más frecuente encontrar noticias en diarios cuyo autor no es humano. La existencia de robots periodistas está dejando de ser un fenómeno de la ciencia ficción para convertirse en una realidad. Dail Software, empresa española experta en inteligencia artificial, PLN y machine learning ha creado LeoRobotIA, una herramienta que nace de la colaboración entre expertos en IA, lingüistas computacionales y periodistas especializados en tecnología. Leo es capaz de escribir textos en lengua castellana de miles de palabras en milésimas de segundo partiendo de datos estructurados y convertirlos en escritos que sean perfectamente comprensibles para el lector.

«Con los datos que nos proporciona un proveedor, enseñamos a la máquina a escribir de fútbol, de smartphones, de coches, de resultados financieros… y le enseñamos a escribir, además, como quiere el cliente», explica Juan Carlos F. Galindo, cofundador de LeoRobotIA en el blog de Dail Software. Sus creadores presentan la herramienta como una ayuda al periodista y no como una amenaza, ya que le permitirá dedicar su tiempo a la creación de contenidos de valor, más creativos, dejando el rutinario análisis de datos, que es donde más efectivo se presenta Leo, en manos de esos robots.

Pero el miedo es libre y no todos lo ven de una manera positiva. ¿Llegarán estos sistemas de inteligencia artificial a sustituir a los humanos en la tarea de creación de textos? Leticia Martín-Fuentes no lo tiene tan claro. «Se necesitaría una máquina que no solo procesara datos estructurados, como ahora, sino que hiciera tareas complejísimas como leer entre líneas lo que quiere decir una persona, entender su actitud, tener una visión de cómo funciona el mundo… para que pudiera producir textos complejos de la misma forma que un periodista. Y para eso queda mucho, pero, por qué no, podría llegar».

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

Y ya puestos a imaginar, supongamos que un día los humanos desaparecen de este mundo y solo las máquinas habitaran la Tierra. ¿Seguirían ellas haciendo evolucionar los idiomas? ¿Acabaría el español estancado, sonando a circuito y metal? Como diría don Juan, cuán largo me lo fiais. Dependería, dice Martín-Fuentes, de cuánta creatividad humana hubiéramos conseguido enseñarles antes.

«A los lingüistas nos interesa el lenguaje humano, las innovaciones que las personas vamos introduciendo en la lengua, porque es donde se deja ver su funcionamiento interno». Esa clase de innovación, se pregunta, ¿nos interesa enseñársela a las máquinas?

«Y aunque nos interesara y lo hiciéramos, y pudiéramos hablar de creatividad real porque las máquinas hayan inventado sus propias normas nuevas, mucho descontrol tendríamos que tener sobre ellas para que los que las hayan programado no sepan a qué se debe esa innovación. Así que, resumiendo, puede que evolucionen en la misma dirección que si las hablaran también humanos, o en una distinta, dependiendo de lo que les enseñemos, pero creo que nunca serían objeto de estudio de la lingüística».

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

Compre nuestro producto ‘prémium’, sea abonado ‘prémium’, usted ha sido elegido usuario ‘prémium’. ¿Qué puede ir mal?

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Las empresas ofrecen a sus clientes productos “premium”, palabra que no figura en el diccionario académico y cuyo uso ha experimentado un ascenso vertiginoso en español durante los últimos años, según se aprecia en la gráfica que ofrece el visor Ngram, de Google (una información con carencia de datos concretos pero aun así útil). Este aumento se debe seguramente a su proliferación en el mundo de los negocios, sola o en compañía de otras, casi siempre a partir de construcciones en inglés: premium (prima, bonus), installment premium (prima a plazos), return premium (prima de devolución), bond premium (prima de fianza), reinsurance premium (prima de reaseguro), premium-rate (máxima tarifa), premium deal (oferta extraordinaria).

A partir de esa influencia anglosajona se han formado locuciones nuevas que han venido a sustituir a las precedentes. Antes se decía “de alta gama” o “de primera clase”, “de lujo”, “superior”, “prioritario”, “privilegiado”, “para clientes oro”… Ahora nos ofrecen “canales [de televisión] premium”, ser “abonado premium”, “cliente premium”, comprar un “producto premium”, formar parte de un “segmento premium”…, incluso se anuncian “accesorios de cocina premium”.

Este adjetivo se oye en dos versiones en España: hay quien lo pronuncia prímium y quien prefiere prémium. En el primer caso se reproduce la palabra tal cual se usa en inglés. Pero quienes atisban en el término su origen latino eligen prémium (que debería llevar tilde, igual que “acuárium”, “álbum”, “critérium” o “péplum”).

Las vueltas que ha dado este vocablo hasta llegar a la economía actual y a las ofertas comerciales.

En la lengua de Roma se escribía praemium, y significaba “prerrogativa”, “ventaja”, “beneficio”, “premio”, “recompensa”. De aquel étimo latino deriva la palabra castellana “premio”, que significa más o menos lo mismo que su antecesora: recompensa, galardón, remuneración por algún mérito…, además de la cantidad que se gana en un sorteo. Y también “prima” (en el sentido no parental), que el español tomó del francés prime con un significado muy similar (tal vez idéntico) a “premio”: la prima se concede como recompensa. Por tanto, viene a coincidir con lo que ahora nos plantean en la publicidad, ya se trate de una suscripción televisiva o de un gimnasio: será usted premiado si acepta nuestra oferta.

Y sí, podemos elegir la pronunciación más afín a nuestro genio del idioma; es decir, la más próxima al latín: prémium. Pero aun así se estará empleando un anglicismo, pues el término nos llega desde el inglés. Por tanto, se trata de un latinismo en inglés y de un anglicismo en español. No pasa nada, no es grave si eso sirve para algo.

Pero ¿sirve para algo? Sí: a menudo sirve como anzuelo de incautos.

Compre nuestro producto prémium, sea un abonado prémium, lo hemos identificado a usted como usuario prémium. ¿Qué puede ir mal cuando nos regalan los oídos?: Esta palabra nos invita a imaginarnos clientes escogidos, la crema de la sociedad, la cúspide de los mortales… y, ojo, a relajar la guardia como consumidores, porque la adulación siempre ablanda el ánimo. A veces resultará que verdaderamente somos tan prémium para la compañía como nos habían dicho, y que por eso no consienten que nos demos de baja. El camino de rosas que hallamos al entrar se convierte en laberinto para salir. Habrá que tener las orejas tiesas, por si acaso. Aquellas famosas “acciones preferentes” se habrían llamado ahora “acciones prémium”.

[Imagen: PAVLO GONCHAR / SOPA / LIGHTROCKET / GETTY IMAGES – fuente: http://www.elpais.com]

Comment encourager l’industrie du jeu vidéo à s’intéresser davantage à l’emploi de la langue française ? La Guilde du jeu vidéo prend le pari des jeux-questionnaires et des outils numériques en lançant samedi la plateforme ludique Ludmo.

Vue aérienne de trois personnes avec une manette de jeux vidéo en main.

Un Programme de soutien à l’innovation dans l’industrie du jeu vidéo a été annoncé la semaine dernière et pourrait être bénéfique aux régions. Photo : BEN NELMS

Exit les anglicismes esportgamers ou encore split screen, bonjour le sport électronique, les joueurs et joueuses et les écrans partagés. Promouvoir l’usage du français dans l’industrie vidéoludique, dominée par l’anglais, est un sacré défi. Mais Nadine Gelly, directrice de la Guilde du jeu vidéo, saute à pieds joints dans l’aventure.

Le français est une langue riche, poétique et vivante […] et a le potentiel d’ancrer davantage notre position de chef de file dans la francophonie et dans le monde en ce qui concerne la conception de jeux vidéo.

Une citation de : Nadine Gelly

Le caractère immatériel [des jeux vidéo] et sa portée internationale, combinés à une culture en ligne émergente, ont fait de l’anglais la langue par défaut de cette jeune industrie, où tout est à créer, même le vocabulaire, souligne-t-on dans le communiqué.

La Guilde travaille depuis plusieurs mois aux côtés du studio montréalais Affordance et de l’Office québécois de la langue française pour construire le site Ludmo, qui inaugure ses deux premiers jeux éducatifs sur le thème.

[Le jeu vidéo] est le médium parfait pour renforcer l’usage du vocabulaire francophone dans l’industrie, croit Avery Rueb, le cofondateur et directeur d’Affordance Studio.

Jouer pour apprendre

Le premier titre suggéré par la plateforme, Mots de jeux, vise à aider les artisans et artisanes du vidéoludique à trouver les mots justes en français pour parler des étapes de conception ou encore des différents emplois de l’industrie.

Jeu questionnaire en ligne.

«Mots de jeux» permet aux internautes d’apprendre les bons termes à utiliser en français pour décrire leur univers vidéoludique. Capture d’écran

Par exemple, dans un mini-jeu par association et un questionnaire en course contre la montre, l’internaute doit trouver l’équivalent francophone du poste de community manager (gestionnaire de communauté).

Le joueur y est opposé à un personnage qu’il ou elle devra battre à chacune des villes sur la carte virtuelle pour progresser dans son acquisition de connaissances sur l’industrie, précise-t-on dans le communiqué.

Le second titre, Défi Québec, teste plutôt les connaissances générales liées aux enjeux linguistiques de la province à travers un jeu-questionnaire. Les internautes se font interroger notamment sur l’année où le français est devenu une langue officielle, ou encore la proportion de la population québécoise qui travaille dans la langue de Miron.

Jeu questionnaire en ligne.

«Défi Québec» teste les connaissances générales liées aux enjeux linguistiques de la province à travers un jeu-questionnaire. Capture d’écran

Un lexique ludique en construction

Toute la recherche de vocabulaire qui a servi pour Défi Québec et Mots de jeux ne sera pas perdue. L’OQLF compte ajouter les mots à son lexique de l’industrie du jeu vidéo, qui demeurait inchangé depuis 2012. Et la Guilde, qui a plus d’un tour dans son sac, compte lancer prochainement sur la plateforme Ludmo Lexique ludique, une version interactive et collaborative de ce guide pour inciter les studios, par exemple, à participer aux efforts.

C’était important pour nous que les développeurs de jeux vidéo québécois soient au cœur de ce projet, affirme Nadine Gelly.

Bien que Ludmo s’adresse principalement aux personnes qui travaillent dans l’industrie du jeu vidéo, la Guilde estime que tous les francophiles ou adeptes du vidéoludique peuvent y trouver leur compte.

 

[Source : http://www.radio-canada.ca]

Con motivo de la celebración del Día del Libro, se expone a continuación un decálogo de expresiones y términos relacionados con el mundo del libro y la edición que suelen plantear dudas.

1. Día del Libro, con mayúsculas iniciales en los sustantivos

El nombre oficial es Día Mundial del Libro y del Derecho de Autor, con mayúsculas iniciales en las palabras significativas. También la denominación Día del Libro se escribe con mayúscula inicial en los dos sustantivos que la forman.

2. E-book e e-reader, en español, libro electrónico

Para aludir tanto al texto como al soporte en el que se lee, en español se ha impuesto la forma libro electrónicoaunque para el segundo también se usan las expresiones lector electrónico y lector de libros electrónicos. En cualquier caso, se desaconsejan los extranjerismos e-book e e-reader.

3. DRM

La sigla DRM, proveniente de la expresión inglesa digital rights management, se corresponde en español con las expresiones gestión de derechos de contenidos digitales programa anticopias, dependiendo del contexto.

4. Regalía, canon o derechos, alternativas a royalty

Tal como queda recogido en el Diccionario panhispánico de dudas, el término royalty designa la ‘cantidad que se paga al propietario de un derecho a cambio del permiso para ejercerlo’, concepto para el que se pueden emplear en español términos como regalía, canon o derechos.

5. Copyright, anglicismo innecesario

 El anglicismo copyright, que significa ‘derecho de explotación y reproducción de una obra intelectual, artística o científica’, puede traducirse al español por derechos de autor o derechos de edición.

6. Traducciones de stock

Formas genuinamente españolas como existenciasreservas o sobrantes pueden suplir a la voz inglesa stock.

7. Estandcasetaexpositor…, alternativas a stand

La palabra estand (plural, estands), adaptación hispanizada de stand, que se emplea con frecuencia en las noticias sobre las ferias y congresos relacionados con el libro y la edición, ya está recogida en el diccionario académico con el significado de ‘instalación dentro de un mercado o feria, para la exposición o venta de productos’. Otras alternativas a stand pueden ser caseta, puesto expositor.

8. Paperback significa de tapa blanda

La voz inglesa paperback, que alude al material con el que se fabrican las tapas de los libros, equivale en español a edición en rústica o a libro de tapa blanda, aunque a veces también se traduce por edición de bolsillo, ya que este tipo de ediciones casi siempre presentan encuadernaciones de tapa blanda.

9. Superventas, mejor que best seller

Best seller (o sus variantes best-seller, con guion, y bestseller, todo junto) es un anglicismo del que se puede prescindir, pues el término español superventas significa exactamente lo mismotal como queda recogido en el diccionario académico: ‘Dicho de un libro, de un disco, etc.: Que ha alcanzado un extraordinario número de ejemplares vendidos’.

10. Bibliotráiler, opción válida para booktrailer

El término bibliotráiler es una alternativa adecuada en español al anglicismo booktrailer, que se utiliza para referirse a los vídeos promocionales de libros.

11. Exlibris, en una sola palabra y en redonda

El exlibris es la etiqueta o sello grabado que se estampa normalmente en las primeras páginas y en el que consta el nombre del dueño o el de la biblioteca a la que pertenece el libro. Según la última edición de la ortografía académica, al ser un latinismo plenamente asentado en español, se escribe sin resalte tipográfico y en una sola palabra: «exlibris».

12. Fe de erratas no es lo mismo que fe de errores

Fe de erratas hace referencia a la lista de errores tipográficos que aparecen en un libro, mientras que fe de errores suele aludir a las informaciones erróneas que aparecen en los periódicos.

13. Librerías de lance

Las librerías de lance, también conocidas como librerías de viejo, librerías de anticuario y librerías para bibliófilos, son los establecimientos que se dedican a la venta de libros usados o raros.

14. Incunable

El término incunable se aplica solo a los libros que fueron imprimidos entre la fecha del nacimiento de la imprenta en Occidente, en 1453, y el 1 de enero de 1501.

 

No obstante, si por alguna razón en alguno de los puntos anteriores se prefiere usar los términos ingleses, ha de hacerse en cursiva, o entre comillas cuando no se disponga de ese tipo de letra.

 

[Foto: archivo Efe/Marta Pérez – fuente: http://www.fundeu.es]

Escrich per Joan-Marc Leclercq

Es interessant d’espiar com cada lenga resistís o reagís a l’omnipreséncia deus mots angleses (o globish) dens lo mitan professionau o jornalistic. Segon son estructura o son grad de capacitat de creacion, cada lenga guardarà son originalitat … o pas.

L’exemple mès simple es lo deu mot computer. Lo japonés l’adoptat d’un biaish fonetic dambe コンピューター [Konpyūtā], que benlèu un anglofòne reconeisheré pas obligatòriament a l’escota, quan lo chinés creèc lo mot 电脑 [Diànnǎo] que vòu díser “cervèth electric” (电 = electricitat 脑 = cervèth).

Si lo catalan e l’espanhòu an causit la solucion latina ordinador e ordenador, l’italian, mès anglicizat, a cedit a computer quan lo portugués a creat lo mescladís risolièr computador. De notar tanben lo roman dambe son drin susprenent calculator, e lo prèmi de la concision reveng au suedés dambe dator que m’agrada fòrça.

Mes existís un nivèu superior a l’acceptacion de mots anglosaxons, es lo de’n crear autes que son quitament pas en usatge ni dens las isclas britanicas ni aus USA. Lo siti La culture générale n’a trobats 41 en francés. N’an hèit la lista. Podèm doncas comparar dambe l’usatge de l’occitan qu’es una lenga que resistís mès a l’envasida de l’anglés gràcia a son esperit creatiu. Vaquí doncas una seleccion personala:

Purmèr podèm remercar un beròi grop de mots en -ing que son sovent inventats o lavetz sonque la purmèra part d’una expression, que tot solets vòlon pas díser gran causa en anglés:

Brushing (blow-dry) Camping (campsite / campground) Dressing (wardrobe / closet) Forcing (-) Footing (jogging) Lifting (face lift) Parking (car park / parking lot) Pressing (dry cleaner’s) Relooking (makeover) Shampooing (shampoo) Smoking (dinner-jacket / tuxedo) Travelling (tracking shot / dolly shot / trucking shot) Warning (hazard lights, flashers).

L’occitan perpausa fòrça simplament las reviradas:

Brossatge, campatge, vestider, lo tot, corruda, tibapèth, parcatge/pargue, netejader, cambiamustra, lavacap, vèsta de serada, plan sus via, lutz de destressa (en francés tanben).

Puèi lo dusau grop es lo deus mots en -man e -woman qu’existissen pas tanpauc:

Perchman (boom operator) Recordman (record holder) Rugbyman (rugby player) Tennisman (tennis player).

Mercés a sas numerosas terminasons (-aire, -ista, -ador) l’occitan fòrma aisidament:

Perjaire, recordaire, jogador de rugbí, tenista.

E vaquí qu’arriba una tièra de mots que cadun per aicí crei de la lenga de Shakespeare mes qu’ac son pas brica:

Baby-foot (table football / table soccer) Baskets (sneakers) Catch (wrestling) Open space (open plan) Pin’s (lapel pin / enamel pin) Pompom girl (cheerleader) Slip (briefs).

L’occitan se trufa de tot aquò dambe:

Butabala de taula, solièrs d’espòrt, luta liura, burèu obèrt, espingleta, clapateras, culòta.

De notar tanben los risolièrs “Book” que los anglofònes disen portfolio (!), lo mot de soca gascona “Caddie” (trolley / shopping cart) vengut de “capdèth” (èi escrit un article suu caminament mondiau d’aqueste mot) e l’inexplicable Talkie-walkie qu’es en vertat walkie-talkie.

Dens un filme de Woody Allen, vesoi un còp que l’expression anglesa the daylies èra revirada “les rushes”.

Lo nivèu de penetracion deus anglicismes dens una lenga seguís reglas que son pas fòrça regularas. Se lo francés n’es victima, se lo shuc de “canneberge*” es vengut cranberry sus la botelhas, se lo “doubeurre[1]” estoc abandonat per butternut, la lenga de Coluche a totun resistit per çò qu’es de l’embarrament, sia “confinement”, que fòrça paises sequenon an adoptat devath la fòrma lockdown.

Çò qu’es meslèu rassegurant, es que, a còps, anglicismes pòden desaparéisher deu vocabulari. En tot huelhetar un vielh diccionari, èi trobat los mots macadam macintosh (per un manto de ploja) qu’èi pas ausits dempuèi … longtemps.


[1] Èi pas trobat de revirada en occitan d’aquestes plantas.
[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Alguien habrá pensado que con el inglés se atrae más inversión extranjera, como si al dinero le importara eso

El presidente del Gobierno, Pedro Sánchez, durante la presentación del Plan Spain Audiovisual Hub, este 24 de marzo.

El presidente del Gobierno, Pedro Sánchez, durante la presentación del Plan Spain Audiovisual Hub, este 24 de marzo.

Escrito por Álex Grijelmo

España va a disponer de un Hub Audiovisual. Me pregunto qué habrán entendido millones de españoles al enterarse. Incluidos, claro, los que saben inglés.

No me imagino al Gobierno francés o al alemán buscando palabras inglesas para dar nombre a un proyecto similar impulsado por ellos. Cuando un país cree en sí mismo y en su cultura, evita esas merluzadas; y además las elude sin darse cuenta, sin proponérselo, por la simple acción de utilizar su lengua con naturalidad y sin acogotamientos.

El presidente Sánchez aseguró el 24 de marzo al presentar el proyecto, denominado en su total extensión España, Hub Audiovisual de Europa: “La industria audiovisual es clave por su peso en el empleo y en la economía, pero también por su peso en nuestras identidades culturales y en nuestra proyección internacional”. Pues vaya, no hemos empezado muy bien con nuestras identidades culturales.

De hecho, la nota oficial señala que se creará el Spain Audiovisual Hub Bureau. En su calidad de lenguaje identitario, deja mucho que desear, pero alguien habrá pensado que el inglés atrae más inversión extranjera (como si al dinero le importara eso).

El presidente usó términos como “nuestros creadores” y “nuestra industria”, hipotéticos destinatarios de la cuantiosa inversión. Pero precisamente el uso de palabras en inglés invita a deducir que en realidad están buscando otra cosa, tal vez que llegue la típica multinacional y pique en el anzuelo, sin imaginar que con el primer mordisco puede llevarse el cebo y también la caña.

La palabra hub no forma parte del léxico común de los españoles; ni siquiera de su amplia colección de anglicismos. Este vocablo significa “cubo”, “centro” o “eje”, pero su uso en determinados contextos le ha otorgado otros valores. Por ejemplo, si decimos “hub aéreo” nos referimos al aeropuerto que conecta unos vuelos con otros; o sea, lo que a ras de tierra, y si se tratara de autobuses, llamaríamos “intercambiador” (o “nudo ferroviario” si se hablara de trenes). ¿Es muy largo “intercambiador”? Puede, pero entonces en nuestro almacén disponemos del vocablo “nodo” (lugar que es origen de distintas ramificaciones).

Por su parte, el “hub de empresas” se denominó antaño “polo” (polo de promoción, polo industrial): un lugar que atrae como un imán las inversiones gracias a ventajas fiscales o subvenciones.

Y si se reforma la Redacción de un diario saldrá a relucir como modelo el diseño hub and spokes (“eje y radios”), locución acuñada hace unos 13 años por el británico The Daily Telegraph cuando se reorganizó en forma de rueda de bicicleta.

En el caso que nos ocupa, a este hub audiovisual lo podríamos llamar “centro de atracción”, “núcleo”, “polo”, “nodo”… O, simplemente, “ventanilla”.

Porque al final, en España todo pasa por una ventanilla, sea virtual o física. Presumiremos de inglés y de globalización, pero aquí cualquier ayuda debe tramitarse en una racial ventanilla donde se exigirá presentar papeles, rellenar formularios, soportar la burocracia y volver mañana. Me temo que la palabra hub es en realidad un eufemismo.

 

[Foto: Fernando Alvarado/EFE – fuente: http://www.elpais.com]

Parlem amb Pere Rovira i Andreu Jaume sobre la vigència de l’autor de ‘Les flors del mal’.

 

Charles Baudelaire el 1861

Escrit per Gerard E. Mur

Poeta sublim, crític amb vocació estètica, explorador incansable de les transformacions urbanes, provocador visionari, referent fonamental dels aspirants a enfant terrible i artista elementalment melancòlic, encaboriat; Charles Baudelaire va reunir en un sol cos —i una sola ànima— totes les actituds definidores de la modernitat. La plenitud conceptual de l’autor d’Els paradisos artificials és fonda i exuberant; estudiada minuciosament fins als nostres dies. Avui, Baudelaire és, encara, plenament contemporani. El poeta ocupa la primera casella del nostre temps modern. Enguany se’n celebra el bicentenari del naixement i la seva obra vivifica en reedicions, noves traduccions, cursos i tota mena de moviments commemoratius. A Catalunya, dos episodis importants de la celebració són la nova traducció de Les flors del mal (versió de Pere Rovira) i un curs de l’Institut d’Humanitats de Barcelona (coordinat per Andreu Jaume), que analitza el poeta des del present.

Diu Pere Rovira, traductor i poeta, que de necessitat de traduir, novament, els clàssics “sempre n’hi ha, cal revisar-los. Les traduccions necessiten, de tant en tant, tornar-se a fer”. De versions en català de Les flors del mal en teníem un grapat, completes i parcials; de Joan Capdevila, Xavier Benguerel o Jordi Llovet, l’última. Rovira destaca la “bona traducció” de Benguerel, publicada el 1985. “Sempre m’ha semblat una traducció interessant, però jo volia fer la meva, des de la noció de la poesia i del llenguatge que pugui tenir un poeta d’ara”.

Precisament, l’inconvenient que subratlla el traductor de la feina de Benguerel és que aquest no era poeta: “Va ser el primer traductor que es va plantejar fer Les flors del mal completes. I les va fer amb vers i amb rima, la qual cosa és molt meritòria. Si hagués de posar alguna pega, però, seria que Benguerel no era poeta. Malgrat que la traducció és bona, se li podia demanar una mica més per aquí. És un precedent que s’ha de tenir en compte, però”. Les flors del mal que Rovira publica ara, completes, a Proa (amb il·lustracions de Juan Vida) no són els primers treballs del poeta amb Baudelaire. Fa uns anys, Rovira ja va traduir vint-i-cinc ‘flors’; en aquella ocasió, però, el traspàs el va fer en rima assonant i ara el llibre sona en “rima consonant i mètrica estricta, que és com crec que s’han de traduir aquests poemes”.

La versió de Les flors del mal que ha fet Rovira s’ajusta al que Baudelaire volia que fos l’obra. “Sobre les versions completes de Les flors del mal hi hauria molt a dir. Sota el pretext de fer una versió completa, moltes edicions han incorporat coses que ell no volia que hi fossin”. Oferir una versió fidel de l’obra, diu Rovira, és “una cosa molt senzilla; només cal llegir el que Baudelaire va proposar, el que desitjava”. Benguerel i Llovet, per exemple, van fallar en aquest aspecte. Les seves versions inclouen Les despulles, un llibre independent que moltes edicions col·loquen al tancament de Les flors del mal. “Baudelaire va deixar ben clar que no volia que cap poema de Les despulles formés part de Les flors del mal i moltes edicions completes incompleixen aquest desig. És un defecte no s’hauria de reproduir. Quan s’edita un clàssic s’ha de ser fidel als designis de l’autor”.

Pere Rovira: “La meva intenció era fer una traducció en la qual es poguessin llegir els poemes sense pensar que eren peces traduïdes; havien de funcionar en català”

La confusió, diu Rovira, es pot deure a l’edició pòstuma que van fer els amics del poeta; amics que van sumar a Les flors del mal molts poemes que Baudelaire no hauria volgut que hi fossin. “Els grans editors, afortunadament, se n’han adonat i no han integrat Les despulles al llibre o han deixat molt clar que és tota una altra cosa”. L’edició de La Pléiade o la clàssica de Jacques Crépet i Georges Blin són òptimes. Rovira també creu que pot haver-hi hagut un problema de lectura: “Cada època entén els clàssics a la seva manera. Cervantes, Shakespeare o Carner han estat reinterpretats i cada època els ha entès d’una manera”. En qualsevol cas, Les despulles no s’han de cordar a Les flors del mal.

Rovira explica que ha treballat l’obra “amb molta paciència”. “He traduït per gust; no era cap encàrrec, no tenia pressa; he anat fent al meu aire, molt meticulosament; m’he pogut passar una tarda per trobar una paraula. La meva intenció era fer una traducció en la qual es poguessin llegir els poemes sense pensar que eren peces traduïdes; havien de funcionar en català. Aquest propòsit requereix el seu temps d’elaboració”. “La traducció”, diu, “ha coincidit amb l’efemèride; era un bon gest fer-la sortir ara”. “Sempre he estat un fervent partidari de Baudelaire. Sempre he pensat que un dia o altre traduiria el llibre”, afegeix.

Baudelaire

El poeta retratat per Gustave Courbet el 1848.

Al text de presentació de la traducció, Rovira escriu que a la seva edat —una edat “provecta”— Baudelaire “encara” li diu coses. “Tinc 73 anys i arriba un moment en què vas llegint cosetes que no et diuen res. Les poesies de Baudelaire són sempre colpidores, impactants. És un poeta que és artista, toca l’instrument com vol. Diu coses que, al seu temps, no s’havien dit mai. Ningú les havia dit mai. Només cal llegir La cabellera, Una carronya o Les velletes. I aquestes coses que no s’havien dit mai les diu a partir dels motlles del gran vers clàssic francès; té aquesta gran qualitat. Baudelaire no renuncia a les formes clàssiques. Diu coses revolucionàries amb motlles absolutament clàssics. És un poeta refinat, aspira a la perfecció estètica. Després d’ell hi haurà gent que voldrà trencar coses, però potser no en trencarà tantes”.

D’existir avergonyides, com ombres arrugades,
us arrambeu els murs amb por i posat d’intrús;
i ningú no us saluda, estranyes oblidades!
parracs d’humanitat per l’altre món madurs!

Fragment de Les velletes

A continuació de la presentació —minuciosa, ben nodrida—, Rovira inclou una secció on aplega opinions de Baudelaire sobre Les flors del mal. N’hi ha una que destaca. El 1966, un any abans de la seva mort, el poeta escriu el següent a la mare: “No conec res més comprometedor que els imitadors i res no m’agrada tant com estar sol. Però ja no és possible; sembla que ‘l’escola Baudelaire’ existeix”. “Li faltava poc per caure malalt. En aquell moment, Baudelaire ja tenia admiradors joves. Verlaine era un dels més fervents, però al poeta ja no necessitava que els joves l’afalaguessin. Està dient la veritat. Ja era tard, crec”, apunta Rovira. “A l’enterrament, de fet, l’únic poeta que es va poder veure va ser Verlaine, el gran continuador de Baudelaire, juntament amb Rimbaud”.

Rovira recorda que sovint s’ha presentat Baudelaire com un personatge “retrògrad, intractable”. La dimensió política del poeta, però, cal matisar-la: “De jove va participar en les revoltes de París; podríem dir que va tenir una actitud d’esquerres, però de mica en mica va evolucionar cap a un pensament conservador, tot i que el nostre llenguatge no sé si funciona aplicat al temps de Baudelaire. El cas és que, des del punt de vista polític, es va tornar un home més aviat reaccionari; això, és clar, no es replica en la faceta poètica, que és el que ens importa realment”. “De vegades”, continua, “les opinions de Baudelaire són fruit d’un esperit de provocació. Va llegir pensadors antimoderns, com ara Joseph de Maistre [representant del tradicionalisme]. Ell, el gran modern, s’oposava a moltes coses de la modernitat. No era partidari, per exemple, de la fotografia. I ha estat un dels poetes més fotografiats. Amb Baudelaire no es pot dir blanc o negre; t’has de situar en la contradicció. És d’esquerres? Sí, però no. Aquesta contradicció ens permet entendre’l millor”. Rovira, per cert, també va editar i traduir, el 2018, els quaderns íntims de Baudelaire, recollits a El meu cor despullat (Proa). El seu últim poemari és El joc de Venus, editat també per Proa aquest any.

Andreu Jaume: “El món que Baudelaire va començar a cartografiar ha arribat ara a la seva consumació; moltes de les coses que ell va veure ja estan plenament desenvolupades”

Hem dit que un dels altres moviments commemoratius del bicentenari és el curs que l’Institut d’Humanitats de Barcelona dedica al poeta. L’editor Andreu Jaume, coordinador de la formació, diu que es vol “reivindicar el llegat i la vigència de Baudelaire; es farà un repàs de tota la vida i l’obra, no només del poeta; també subratllem la importància del Baudelaire prosista, el crític literari i el crític d’art, una faceta menys coneguda, però molt important en la seva obra”. Per a Jaume, és fonamental “donar a entendre que al segle XXI segueix sent un autor molt important; Baudelaire ens dona les claus per entendre la modernitat; el món que ell va començar a cartografiar ha arribat ara a la seva consumació; moltes de les coses que ell va veure ja estan plenament desenvolupades; coses com ara la massificació, el domini hegemònic de la publicitat o la conversió del flâneur, que avui és l’internauta”.

Baudelaire, crític d’art: “Abans de començar a publicar poesia, Baudelaire va fer de crític d’art als salons de l’època, que era on s’exhibia la pintura convencional per una banda i on, de l’altra, també es començaven a exposar els pintors no tan convencionals, com ara Delacroix, que va merèixer l’atenció de Baudelaire quan encara era un pintor refusat per la burgesia. Més endavant, el poeta va centrar-se en pintors més revolucionaris com ara Constantin Guys, artista avui oblidat, però considerat per Baudelaire el pintor de la vida moderna; o Manet, el gran pintor revolucionari de l’època. Més enllà d’això, però, Baudelaire, com a crític d’art, com a persona que s’enfronta als tòpics del gust del segle XVIII, va ser un precursor de l’avantguarda, de l’avantguarda crítica”.

Ha envellit bé el poeta? “No ha envellit ell, de fet; hem envellit nosaltres. Baudelaire ha tingut una influència tremenda en la poesia moderna, una influència que gairebé costa destriar. Tota la poesia urbana moderna, que és gairebé tota la poesia del segle XX, incorpora la influència del poeta. Eliot, Auden, Larkin, Ashbery, Stevens, Carner, Ferrater o Gil de Biedma; qualsevol gran poeta del segle XX ha rebut la influència directa o indirecta de Baudelaire, a través de Les flors del mal o dels Petits poemes en prosa, o a través també dels seus deixebles immediats com Verlaine o Rimbaud. Una primera lectura de Baudelaire pot fer la sensació que és un poeta superat o envellit, que no té res a dir, però no és així; de seguida es detecta el seu atreviment. Com inclou, per exemple, paraules noves, llenguatge periodístic, tan inusual en la poesia de la seva època. I es detecta també la seva pupil·la, com registra l’ecosistema de la ciutat. La seva influència la tenim molt incorporada”.

Finalment, cal destacar encara noves traduccions que circulen en aquesta primavera baudelairiana. Adesiara acaba de publicar una nova versió de les proses poètiques del nostre home. Els textos de Petits poemes en prosa han estat traduïts per Joaquim Sala-Sanahuja, que en un text introductori repassa la influència de Poe en el poeta (“Poe tindrà […] una presència determinant en l’escriptura de Baudelaire, la llengua del qual, per començar, és un francès renovat, trasbalsat en molts aspectes per aquest contacte. No tan sols hi abunden les anglicismes, sinó també unes estructures, una argumentació i uns registres més lliures que s’adiuen amb el nou estil de Poe”), la seva faceta de flâneur (“el flâneur entra a la literatura amb Baudelaire, però és més aviat una figura real del moment, un corol·lari de la ciutat moderna. Va a la percaça de tot allò que el pugui fer somniar, exaltar”) i la relació de la literatura catalana amb l’autor de Pauvre Belgique: “Baudelaire ha tingut una presència constant i molt influent en la literatura catalana des de fa gairebé un segle i mig. Sembla com si hi hagués una llei secreta que ens obliga, als catalans, a traduir i retraduir Baudelaire”. Flâneur publicarà pròximament L’Spleen de París, traduït per David Cuscó. I en castellà, Nórdica ha reeditat la versió de Las flores del mal de Carmen Morales i Claude Dubois, amb il·lustracions de Louis Joos.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

À l’occasion de la semaine de la Francophonie, qui s’est achevée dimanche (21 mars), le secrétaire d’État chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie Jean-Baptiste Lemoyne, a rappelé que le plurilinguisme sera l’une des priorités de la présidence française de l’UE au premier semestre 2022.

Le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie Jean-Baptiste Lemoyne.

Écrit par Mathieu Pollet

« Renforcer le statut, l’usage, le rôle d’une langue, c’est renforcer son influence et son pouvoir », explique Olga Turcan, chercheure en sociolinguistique au sein du groupe d’étude sur le plurilinguisme européen de l’Université de Strasbourg et anciennement spécialiste de programme à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à EURACTIV.

La semaine dernière avait lieu la semaine de la Francophonie, l’occasion pour le gouvernement français, par la voix du secrétaire d’État Jean-Baptise Lemoyne notamment, de réitérer son souhait de promouvoir le plurilinguisme, et le français, en amont de la présidence de l’UE par la France en 2022.

Si les actions concrètes qui seront mises en place restent à être clarifiées – à ce jour, les sollicitations d’EURACTIV auprès de l’exécutif sont restées sans réponse -, l’ambition d’élargir la place et le rôle de la langue française dans le monde n’est pas nouvelle.

Le 20 mars 2018, le président de la République Emmanuel Macron avait présenté une feuille de route, s’appuyant sur des consultations publiques, afin de mener à bien cet objectif.

« L’effort de soutien aux systèmes éducatifs des pays francophones d’Afrique s’est poursuivi avec 356 millions d’euros engagés en 2020 », note par exemple l’Elysée dans une communication publiée vendredi dernier (19 mars).

« Est-ce qu’on parle d’une politique linguistique au sein de l’UE et de ses institutions ou on parle d’une politique linguistique qui concernerait les États membres et leur système éducatif ? » s’interroge Mme Turcan, face à la volonté française à l’horizon 2022, qui précise sa réflexion : « Est-ce que la France souhaite renforcer son pouvoir, son influence, sa capacité de décision dans le cadre d’une organisation internationale ? »

Halte au « Brexit », « taskforce » et autres anglicismes ?

S’il ne fait aucun doute que la France souhaite augmenter son rayonnement par un meilleur enseignement du français en dehors de l’hexagone, la question du statut de la langue dans les instances internationales, notamment européennes, se posent.

« Il y a quelques semaines, c’était le Brexit. Le Royaume-Uni nous a quittés et beaucoup d’anglophones avec. Et puis ce sera, dans quelques mois, la présidence français de l’UE. On doit donner un coup d’accélérateur et pas de ‘booster’, d’accélérateur, pour la pratique du français en Europe », expliquait le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune la semaine dernière dans une vidéo sur Twitter.

Et d’ajouter : « On doit le faire en défendant les règles, la pratique du français dans les réunions, dans les sommets, et on doit le faire aussi de manière plus offensive (…) On va le faire tout au long des prochains mois en Europe, pour qu’on ne parle plus seulement de ‘task force’, de ‘Brexit’ ou d’ ‘adresser’ un problème ».

Même son de cloche du côté de son collègue Jean-Baptise Lemoyne : « Il y a un combat qui reste à mener. Notamment au sein des institutions internationales. Je pense par exemple à l’UE parce que, il faut se le dire, on assiste quand même à une sorte d’émergence de l’anglais comme espéranto et moi je ne m’y résous pas », s’est-il plaint sur TV5 Monde la semaine dernière.

« Utiliser uniquement l’anglais est un appauvrissement total », a-t-il déclaré, évoquant un « sabire » – une langue composée d’un mélange de plusieurs langues – qui n’est « pas satisfaisant » et soulignant que pouvoir parler dans sa propre langue est « une clé de la démocratie ».

Les règles de l’UE

Dans les faits, la législation européenne est fondée sur le principe du multilinguisme et reconnaît les 24 langues officielles des États membres comme langues officielles de l’UE. « Les textes adressés aux institutions par un État membre ou par une personne relevant de la juridiction d’un État membre sont rédigés au choix de l’expéditeur dans l’une des langues officielles. La réponse est rédigée dans la même langue », précise l’article 2 du Règlement portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne de 1958.

Mais seuls l’anglais, l’allemand et le français sont les langues de travail effectives au sein de la Commission européenne. Le départ du Royaume-Uni de l’UE a relancé le débat sur la place de l’anglais dans les institutions, alors qu’elle n’est plus que la langue officielle pour deux pays désormais : l’Irlande et Malte.

Un document du Secrétariat général des affaires européennes rappelle d’ailleurs que tous les agents publics français « doivent toujours privilégier l’usage du français, et veiller à ce que son statut de langue officielle et de langue de travail soit respecté ».

« Il n’y a pas de doute sur le fait que, si on peut utiliser notre propre langue, il ne faut pas rater cette occasion », se réjouit Mme Turcan, qui note néanmoins que « remplacer l’anglais par une langue neutre, et donc s’en tenir à l’unilinguisme, ce n’est pas la solution », en référence à une consultation de 2018 lancée par le Médiateur européen où une partie des répondants appelaient à la mise en place « d’une langue commune mais neutre, à l’image de l’espéranto ».

La présidence tournante de l’UE par la France présente donc une opportunité pour réaffirmer la place de la langue français dans les instances européennes. Sans compter qu’ « au Conseil de l’UE, par exemple, lorsqu’il s’agit des langues de rédaction des documents selon les présidences tournantes, on observe une corrélation entre la production de textes en français et celle des textes multilingues. Autrement dit, l’accroissement de l’usage du français va de pair avec une progression d’autres langues », souligne Mme Turcan.

Elle s’appuie sur un rapport auquel elle a elle-même participé lorsqu’elle était à l’OIF et qui révèle que la présidence française, en 2008, a doublé « le taux des documents rédigés en français par rapport aux présidences précédentes, taux qui reste le plus élevé pour la période mentionnée ».

[Photo : LUDOVIC MARIN/EPA – source : http://www.euractiv.fr]

Profesores, lexicógrafas, investigadores, académicas han propuesto algunos vocablos que han caído en desuso. ¿Alguien los conoce?

Burros en Atacama (Chile). GETTY IMAGES | EPV

Escrito por CARMEN MORÁN BREÑA

De la oveja, el cordero, de la yegua, el potro, de la vaca, la ternera. De pequeños aprendemos a la madre y a la cría: el jabato, el lobezno, el pollito… ¿Por qué no incluimos en esta lista al pequeño buche?, propone Concha Maldonado González, autora de El uso del diccionario en el aula y profesora interina en la Complutense.

Se le ha propuesto que elija alguna palabra en desuso que no quiera perder y propone esta para llamar a la cría de la burra en el periodo en que está amamantando. “Con esta palabra quiero, además, rendir homenaje a mi padre, Francisco Javier, que cada Navidad, acompañándose solo del sonido de una cuchara contra una botella de anís, cantaba a la mesa este villancico manchego cuyo íntimo espíritu navideño, tengo que admitirlo, jamás conseguimos captar ninguno de los que le escuchábamos”.

Ahí va esa coplilla: Cuando lo vi de venir /dije: a por la burra viene/ La burra no te la llevas/ porque está mamando el buche/

Imagen de la película 'Los santos inocentes', basada en la novela de Miguel Delibes.

Imagen de la película ‘Los santos inocentes’, basada en la novela de Miguel Delibes.

Menciona también la profesora Maldonado González el término colodrillo, donde Miguel Delibes dejaba caricias a la Niña Chica. ¿Dónde? « En la parte posterior de la cabeza que tanto gusto da arropar cuando te arrebujas en la cama, bien encogidito, de lado… », describe Maldonado González, que también es responsable editorial de Lexicografía de SM. « Ese remolino de pelo en el que damos a nuestros hijos el último beso del día, ese lugar secreto en el que nuestros padres nos soplaban para hacernos cosquillas… ».

Este mismo entretenimiento se le ha planteado a otros conocedores y amantes del lenguaje. Estas son las preferencias que nos han dejado:

GAYO

Entre las palabras olvidadas de la lengua, la nueva Académica de la RAE Paz Battaner sugiere algunos adjetivos como gayo (alegre, agradable) que “bien podría sustituir al vocablo inglés cool, que hoy se oye por todas partes”, dice.

Mis sentidos como gayos tamboriles/cantan en la entraña del azul cristal, se lee en un poema de Valle Inclán.

Tamborileros de todas las edad, durante la Semana Sana en Barcelona.

Tamborileros de todas las edad, durante la Semana Sana en Barcelona. HORACIO VILLALOBOS GETTY

“Entre los anglicismos que oímos en cualquier situación actual, encontramos generalmente muchos usados como adjetivos aunque no lo sean propiamente en la lengua de la que provienen, como kitschfriquiindiecrackfashionvintage, full. Sus usos en español son netamente de adjetivos: cine underground, cultura mainstream”, prosigue Battaner, filóloga y lexicógrafa, encargada de llevar el diccionario a la era digital.

“Dado que parecemos necesitar nuevos adjetivos, podríamos buscar entre los olvidados alguno que podamos revitalizar como hacino (avaro, miserable), infintoso (afectado, fingido); al teclear en el buscador este último adjetivo las primeras entradas son todas de diccionarios, no remite a un texto, jamás a un titular de un periódico. ¿No hay entre nuestros políticos un infintoso, entre nuestros escritores, periodistas, actores? Y más de un gofo, contestaría la propia Battaner, que recuerda que Góngora lo utiliza en un soneto y que hoy se aplicaría al ignorante o necio.

REMOSTOSO

El profesor de Filosofía de la Universidad de Extremadura Isidoro Reguera se ha salido del diccionario en busca de una palabra en desuso y ha elegido dos: como la primera es remostoso la segunda ha venido pegada a ella: escachapado. “Remostoso suena y recuerda a mosto, remosto, a vino añejo, incluso a racimos podridos, maltratados, todo esto sí está en el diccionario”. El mosto es dulce y si se toca, las manos se quedan pegajosas, o sea, remostosas. El filósofo recuerda que “es palabra extremeña, como escachapado (roto), que es como escachar, escacharrar, despachurrar, cacharro (también todas ellas en el diccionario)”. Son, dice, “palabras libres, irreverentes, antiacadémicas, populares, auténticas. Su semántica es más general y con más matices, no está definida, delimitada, ni encorsetadas”. Tan es así que en algunos lugares de Extremadura escachapado significa de hermosa o abundante presencia, saludable, de buen año.

Niños comiendo uvas y melón, de Murillo.

Niños comiendo uvas y melón, de Murillo.

“Suenan bien, recuerdan a otros tiempos memorables y, pronunciadas con respeto tienen mucha gracia (cuidado, no chiste, no se puede hacer chiste o broma de ellas, hay demasiada historia, antropología y sabiduría popular detrás, demasiada sonoridad originaria para hacer eso)”, advierte Reguera.

ALCANCÍA

Hay que viajar más al sur para ubicar la palabra que ha elegido Pilar García Mouton: alcancía, una de las muchas heredadas del árabe, del árabe andalusí. “Alkanzíyya significa la ‘caja’ del tesoro, del árabe clásico kanz (tesoro). ¿Han caído ya? Pues una hucha. Alcancía es para García Mouton “palabra más sonora que el galicismo hucha, definido por el primer diccionario académico en 1934 como “cierta vasija de barro para guardar el dinero, que por otro nombre se llama alcancía”, recuerda la profesora de Investigación del CSIC.

García Mouton, autora de Cómo hablan las mujeres, reconoce que la palabra solo está en desuso al norte de La Mancha, por eso, suele sonar alcansía, más propio de Andalucía, Canarias y América. “Algunas personas recordarán alcaucil (alcachofa), aljofiya (bayeta) y les traerá recuerdos de su niñez; a otras, ecos literarios. Una buena herencia”.

TALCUALILLO

El poeta David Leo, que ganó el mayor bote del concurso televisivo Pasapalabra propone tres vocablos raros, dos de ellos de formación compuesta. Talcualillo, dicho de un enfermo, es aquel que inicia el camino de la mejoría. Ya no está tan cual estaba, pero apenas alcanza la categoría de talcualillo. « La riqueza de nuestro lenguaje es la riqueza de nuestro mundo. Pese a que la concepción utilitarista y mercantilista de la existencia haya permeado todos los ámbitos (incluso se habla de “economía lingüística”), se puede combatir con la conciencia de que la lengua también tiene peso, sabor y una precisión infinita. Así, se puede incluso ser impertinente con propiedad llamando a alguien fodolí (“entrometido”) o menospreciar algo con el vocablo ciegayernos (“cosa de poco valor que aparenta tenerlo grande”).

LEALTAD

Esta es la palabra poco utilizada que cree el traductor Miguel Sáenz que « debiera volver a utilizarse ». Le vale con la primera acepción, dice: « Cumplimiento de lo que exigen las leyes de la fidelidad y las del honor y hombría de bien ».  Por sus apariciones en el medidor de la RAE, el Corpes, « no parecería exacto llamarla desusada, pero casi nunca me tropiezo con ella », ironiza.  « Quizá porque a la gente se le cae la cara de vergüenza ».

« Y además, se podría preguntar: ¿lealtad a qué? ¿A la Constitución,  a una persona, a símbolos e ideas, a principios? A principios no, porque Groucho Marx no estropeó el vocablo para siempre. Yo diría, aunque quizá parezca demasiado egocéntrico, que lealtad a uno mismo ».

[Fuente: http://www.elpais.com]

La Commission d’enrichissement de la langue française, placée sous l’autorité du Premier ministre et coordonnée par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), propose régulièrement des équivalents français aux termes étrangers, le plus souvent des anglicismes, présents dans nos discours. Et règle aujourd’hui son compte à digital et webinar, entre autres…

ActuaLitté
Publié par Antoine Oury

Devenus des lieux communs de la vie professionnelle, les conférences et autres séminaires en ligne ne sont toutefois pas une nouveauté. À ce titre, le terme webinar est utilisé depuis une vingtaine d’années dans les entreprises, assure la Commission d’enrichissement.

Est-ce une raison pour négliger un terme français ? Pas vraiment, d’après cette dernière, puisque webinar est un mot-valise réunissant web et seminar. Il devient assez simple, dans ces conditions, d’en proposer un équivalent — et non un calque comme webinaire, que la commission écarte : « conférence (en ligne), cyberconférence, visioconférence, voire audioconférence, téléconférence, ou encore séminaire (en ligne) » sont adaptés.

Parallèlement à ce cas particulier, la Commission publie une liste d’équivalents, en restant dans le domaine de l’informatique. On y trouve notamment le terme digital, régulièrement utilisé comme calque dans plusieurs expressions, comme « révolution digitale » : la commission propose l’équivalent « numérique », simple et précis.

On note également la présence de « backdoor » et « trapdoor », des termes de plus en plus connus avec l’émergence de la cybercriminalité : il s’agit d’un « point d’entrée d’un logiciel, mis en place lors de la conception ou résultant d’une erreur survenue lors du développement, qui permet aux spécialistes d’agir sur ce logiciel ». La Commission indique comme équivalents « poterne logicielle », « poterne » ou encore « porte dérobée ».

Les autres termes pourront être trouvés ci-dessous ou à cette adresse.

 

[Photo : NASA Goddard Space Flight Center, CC BY 2.0 – source : http://www.actualitte.com]

¿Qué induce a alguien a utilizar una palabra que no será entendida por la mayoría de quienes la oyen?

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Muchos españoles se habrán extrañado ante una palabra de Pablo Casado leída con toda solemnidad el pasado martes y contenida en esta frase: “Cambiaremos la sede nacional de ubicación y crearemos un nuevo departamento de compliance”.

Ésa es la palabra, pronunciada compláyans.

Dejemos de lado el pleonasmo “crearemos un nuevo departamento” (si se crea, habrá de ser nuevo), para observar que el presidente del PP no se molestó en explicar ese término inglés inusual en el lenguaje común; si bien informó acerca de la misión de esa oficina: establecer “a semejanza de lo que sucede en las grandes empresas”, mecanismos de transparencia y de rendición de cuentas, así como un canal anónimo de denuncias.

Esas palabras que siguieron a compliance habrán llevado a mucha gente a deducir que el vocablo inglés equivale a “vigilancia”. Sin embargo, puede significar, dependiendo de los contextos, “sumisión”, “conformidad”… o “cumplimiento”.

Compliance procede de la raíz latina complere (llenar, completar). En la Edad Media todavía se usaba en castellano el verbo “complir”, forma más próxima entonces a sus parientes ingleses completely compliments, por ejemplo, según recogen Corominas y Pascual. Y dentro de todas esas palabras pervive la idea de poner algo que falta (es decir, “completar”, “complementar”, siempre con la misma raíz). Y en el fondo, eso es lo que significa “cumplir”: redondear con hechos lo que se ha anunciado con palabras.

El Diccionario LID de economía y empresa (2003) traduce compliance department como “departamento de control”. Pero hay otras opciones. La Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia publicó en 2020 un documento donde señalaba: “Los programas de cumplimiento normativo o programas de compliance (en adelante, ‘programas de cumplimiento’) han experimentado un auge significativo en España”. Esos programas se conciben para establecer modelos de gestión que alerten ante la comisión de infracciones administrativas y reduzcan las posibilidades de incurrir en delitos. Es decir, sirven para vigilar que se cumplen las normas.

Todos podemos caer en desatinos cuando hablamos o escribimos con prisa. Faltaría más. Pero Casado leyó (mediante un sistema de sobreimpresión en cámara) un discurso preparado; muy preparado. El uso del anglicismo fue por tanto muy consciente.

¿Qué lleva a alguien a utilizar una palabra que no será entendida por una inmensa mayoría de quienes la oyen, ni siquiera por muchos que hablan inglés? Nunca lo sabremos, porque no estamos dentro su cerebro, pero sí podemos imaginar qué pensarán los que se hallen a la escucha. Por ejemplo, quizás crean que quien usa el anglicismo no sabe cómo traducirlo. O también que tal vez esté latiendo en el autor el mismo intento de aquellos conquistadores de América que escribían en sus cartas determinadas palabras indígenas aunque supieran de sobra que sus superiores las desconocerían cuando las leyesen. No las usaban para significar, sino para significarse: pretendían transmitir subliminalmente su gran conocimiento del terreno, su experiencia en la conquista. Y puede que la gente perciba eso mismo hoy en día ante políticos, periodistas o expertos de distinta condición que presumen de su léxico en inglés como si no se supiera ya que también existen los ignorantes en varios idiomas.

 

[Foto: ANDREA COMAS/AP – fuente: http://www.elpais.com]

La voz bromance está bien formada para referirse a una amistad íntima, no sexual, entre hombres, y no necesita comillas ni cursiva.

En las noticias se puede encontrar esta palabra escrita de diversas formas, como en los siguientes ejemplos: «El ‘bromance’ de Brad Pitt y Leonardo DiCaprio ha sido lo mejor de la temporada de premios» o «Este nuevo Bromance aún no se estrena y ya está dando que hablar».

El Diccionario de americanismos recoge brother como anglicismo crudo, al igual que la adaptación bróder, con el sentido de ‘amigo íntimo, compañero inseparable’, al tiempo que señala que se emplea en países como Estados Unidos, Honduras y Bolivia. En su lengua original, brother es el hermano varón en sentido amplio, ya sea por vínculo familiar o por hermandad.

De esta voz y el término romance se ha formado por acronimia bromance para referirse a una amistad muy estrecha entre hombres sin carácter sexual. Dado que se adapta sin problemas a las pautas ortográficas del español, no necesita cursiva, aunque no sea incorrecto añadirla para destacarle su novedad al lector. Tampoco es necesaria la mayúscula, pues se trata de un nombre común.

Por ello, en los ejemplos anteriores habría sido preferible escribir «El bromance de Brad Pitt y Leonardo DiCaprio ha sido lo mejor de la temporada de premios» y «Este nuevo bromance aún no se estrena y ya está dando que hablar».

Aunque esta voz no sea censurable, conviene recordar alternativas como amistad del alma, que resulta menos precisa porque no se restringe a los hombres, pero que puede transmitir una idea similar a la de bromance.

 

[Foto: Freepik – fuente: http://www.fundeu.es]

imatge de menjar per emportar

Com si no hi hagués hagut estiuet de Sant Martí, estem vivint una tardor tan reclosa que no és que no sortim gaire de casa, és que no sortim de les tecles i les pantalles. Aquesta immobilitat ho ha envaït tot, i fins i tot un acte tan quotidià com anar a comprar o fer el dinar ens costa, ens fa mandra. Si a la mandra de posar-se el davantal hi sumem l’esperit positiu de donar negoci als restaurants que han hagut de tancar tantes setmanes aquest fatídic i covídic any, ho tenim servit en safata: demanem menjar per emportar.

Ja fa anys que els del TERMCAT baixem al bar de sota i demanem a la Marina un cafè o un entrepà per emportar-nos, però aquest 2020 és l’any de la gran expansió de la plaga de l’anglicisme takeaway. Quan un menjar o una beguda se serveix expressament perquè es pugui consumir fora de l’establiment on es ven, diem que és un menjar o una beguda per emportar o per emportar-seper endur o per endur-se. I si necessitem especificar què s’ofereix per ser emportat o què ens emportem, les possibilitats es multipliquen: menú per emportar-se, esmorzar per endur-se, cafè amb llet per emportar o sucs acabats d’esprémer per endur.

I un altre dia ja parlarem dels residus que genera aquest sistema i la manera de reduir-ne l’impacte ambiental.

Trobareu la fitxa d’aquest terme, amb la definició i equivalents en altres llengües, al Cercaterm i a la Consulteca.

 

[Imatge: CC-BY 4.0 – font: http://www.termcat.cat]

À l’heure où les 88 pays membres de la francophonie célèbrent leurs 50 ans d’existence, chacun peut aussi observer la multiplication des anglicismes dans nos échanges quotidiens.

Depuis le milieu des années 2010, les consommateurs français ont découvert les opérations commerciales du « Black Friday » (vendredi noir) qui, aux États-Unis, lancent chaque année fin novembre la période des achats de fin d’année (ici, dans les rues de Rennes).

Écrit par Jean-Michel DJIAN

La langue de Molière a du souci à se faire. Pas une année ne se passe sans que de nouveaux anglicismes surgissent dans notre vocabulaire commun ; pas un jour sans que des animateurs du petit écran ou des réseaux sociaux ne s’en fassent les praticiens zélés pour dire dans un « globish » très tendance ce que nous pourrions exprimer en français : « cluster », « click and collect », « food trucks », « black friday », « crowfunding »… Et c’est sans compter sur le PDG de la SNCF qui surprend ses interlocuteurs en déclarant à la radio attendre le « go sanitaire » du gouvernement avant d’avoir à décider de la reprise normale du trafic ferroviaire.

Que cache notre propension naturelle à emprunter à l’anglo-américain des mots qui semblent résonner mieux que les nôtres dans l’usage quotidien ? Une question à laquelle bien peu de responsables politiques se sentent à l’aise pour répondre. Et pour cause, ils sont les premiers à penser que leur non-emploi les pénalise s’ils veulent être entendus. Est-ce parce que l’anglo-américain fait toujours moderne et branché, jeune et universel ; qu’il répond à une exigence sonore ou musicale simplificatrice ou qu’il fleure bon le raccourci ou l’onomatopée ? Toujours est-il que, pour de bon, le pli est pris.

Il fut pourtant un temps où défendre la langue française était une affaire d’État. Pour faire barrage à l’anglais ou contenir les résurgences de langues régionales effervescentes une disposition fut même ajoutée en 1992 dans la Constitution pour rappeler que « la langue de la république est le français » (article 2). Une loi complémentaire, dite loi Toubon, votée le 4 août 1994, fut même votée dans la foulée pour protéger le patrimoine linguistique français mais surtout créer l’obligation d’utiliser le français dans l’usage commun.

Éternelle opposition

C’était sans compter sur Google qui allait, quelques années plus tard, accélérer le phénomène, mais surtout sur le Conseil constitutionnel qui avait, à juste titre, estimé que la liberté de pensée et d’expression inscrite à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen s’opposait à ce que la loi fixe la terminologie précise à employer (hormis celle intéressant directement le service public). Comment dépasser l’éternelle opposition entre une langue qui entend toujours cultiver son génie national tout en protégeant son lexique, et la même qui prend le risque de mourir en se fermant à la créativité langagière de celles et ceux qui la pratiquent ?

À l’heure où, dans la plus grande indifférence, les 88 pays membres de la Francophonie célèbrent cette année leurs 50 ans d’existence, personne n’a de réponse. Et probablement que plus personne n’en aura, tellement toute réglementation ou menace en la matière a désormais quelque chose de surréaliste. Vouloir, par exemple, imposer dans une terminologie officielle « syndrome d’épuisement professionnel » en lieu et place de « burn out » semble linguistiquement logique, mais qui peut encore dire que la traduction anglaise doit répondre à ce même critère, surtout si sa consonance vocale fait la différence ? D’ailleurs notre ministre de la Culture Roselyne Bachelot l’a compris, qui préfère installer sur son bureau un petit cochon rose en guise de tirelire pour pénaliser symboliquement tous ses visiteurs en flagrant délit d’usage intempestif d’anglicismes.

Heureusement qu’en France ou en Angleterre il reste l’humour pour botter en touche quand des mots, dussent-ils être français, ne suffisent plus à dire les choses ou se raconter.

 

 

[Photo : MARC OLLIVIER – source : http://www.ouest-france.fr]

Confinamiento es la palabra del año 2020 para la Fundación del Español Urgente (FundéuRAE), promovida por la Agencia EFE y la Real Academia Española.

Definido como ‘aislamiento temporal y generalmente impuesto de una población, una persona o un grupo por razones de salud o de seguridad’, este término ha marcado buena parte de los meses del año que ahora acaba. La crisis sanitaria derivada de la pandemia de la COVID-19 es, sin duda, la protagonista del 2020 y las medidas implementadas para frenarla han cambiado radicalmente nuestra forma de vivir y de hablar.

La Real Academia Española, en su más reciente actualización del Diccionario de la lengua española (DLE) de noviembre del 2020, ha modificado la entrada de la voz confinamiento para ajustarla a la realidad que millones de personas en todo el mundo han vivido con motivo de la pandemia del SARS-CoV-2.

Asimismo, confinamiento es la mejor alternativa frente al anglicismo lockdown para designar la reclusión forzosa de la población en sus domicilios.

La ganadora ha sido seleccionada entre una lista de doce candidatas en la que se encontraban otras palabras que han marcado el año que termina. El listado de aspirantes a palabra del 2020 propuesto por la FundéuRAE incluía además coronavirus, infodemia, resiliencia, COVID-19, teletrabajo, conspiranoia, (un) tiktok, estatuafobia, pandemia, sanitarios y vacuna.

Esta es la octava ocasión en la que la FundéuRAE elige, de entre los más de 250 términos a los que ha dedicado algunas de sus recomendaciones diarias sobre el uso del idioma, su palabra del año. La primera de ellas fue escrache, en el 2013, y la siguieron selfi (2014), refugiado (2015), populismo (2016), aporofobia (2017), microplástico (2018) y los emojis (2019).

 

[Fuente: http://www.fundeu.es]

La actual presidenta de la Academia Argentina de Letras acaba de publicar Sueltos de lengua, en el que repasa con una gran dosis de humor los errores y horrores que los argentinos cometen diariamente en el uso del español.

Alicia María Zorrilla, autora de"Sueltos de lengua" que editó Libros del Zorzal.

Alicia María Zorrilla, autora de »Sueltos de lengua » que editó Libros del Zorzal.

Escrito por Eva Marabotto

Como don Quijote de la Mancha, el héroe máximo de la literatura española, en Sueltos de Lengua, la lingüista Alicia María Zorrilla emprende una batalla desigual. Pero no enfrenta a molinos de viento, sino a los errores y horrores en el uso del español que escucha o lee cada día. Para delicia del lector, decide hacerlo con humor y transformar su pesquisa de incorrecciones sintácticas y léxicas en una sucesión de anécdotas desopilantes de la vida cotidiana: un diálogo en un taxi, un trámite bancario, los avisos clasificados de una inmobiliaria.

«Si le late un párpado, aunque sea en forma leve, al oír un «haiga». Bienvenido. Póngase cómodo», invita desde el prólogo del ensayo, publicado por Libros del Zorzal, el escritor Roberto Gárriz. Lo que sigue es un repertorio de muletillas exasperantes; diatribas contra la coma entre sujeto y predicado; los pronombres posesivos repetidos hasta el hartazgo, como calco del inglés; desórdenes sintácticos varios y recopilaciones de zócalos televisivos que hablan de cadáveres no tan muertos y de carteles que anuncian: «Prohibido defecar perros».

La doctora Alicia María Zorrilla es presidenta y miembro de número de la Academia Argentina de Letras, y miembro correspondiente hispanoamericana de la Real Academia Española. Se doctoró en Letras en la Universidad del Salvador y obtuvo la licenciatura en Filología Hispánica por la Universidad Complutense de Madrid. Es, además, profesora especializada en Castellano, Literatura y Latín. Es autora de Retrato de la novela, La voz sentenciosa de Borges, Diccionario de las preposiciones españolas. Norma y uso, Dudario. Diccionario de consultas sobre el uso de la lengua española, Diccionario gramatical de la lengua española. La norma argentina y Diccionario normativo del español de la Argentina.

La tapa del ensayo.

La tapa del ensayo

-Télam: Luego de escribir gramáticas y diccionarios, encara un texto en clave de humor, ¿ya perdió las esperanzas de lograr que se hable y se escriba mejor?

-Alicia Zorrilla: Jamás perderé las esperanzas de que se hable y se escriba mejor. De hecho, mis alumnos así me lo demuestran, y también otras personas que me manifiestan la voluntad de lograrlo. Hablar y escribir con decoro significa respetar la propia identidad y a los demás hablantes que deben entender nuestros mensajes. Mi libro Sueltos de lengua no es un divertimiento, sino un llamado a que se reflexione sobre la lengua, sobre lo que tantas veces se dice sin pensar y provoca hilaridad. El humor no se opone nunca al aprendizaje y es tan serio como este; al contrario, sonriendo se fijan los conceptos, se enderezan los usos. Mi objetivo es que cada ejemplo permita aprender con una sonrisa y tomar conciencia de los dislates.

-T.: ¿Cuánta culpa tienen las redes sociales de que nuestro idioma goce de buena salud, pero nosotros estemos enfermos?

-A. Z.: Las redes sociales no son culpables de nada ni enferman a nadie. El que conoce bien su lengua sabrá usarla en sus escritos formales y en los que no lo son, y no recibirá influencias adversas.

-T.: ¿Cuál cree que es el principal vicio o el más generalizado en el habla de los argentinos?

-A. Z.: El vicio más generalizado es no demostrar interés en no tener vicios lingüísticos (ausencia de preposiciones cuando los verbos o los sustantivos las requieren; dequeísmo; queísmo; oraciones inconclusas; anglicismos, galicismos e italianismos que tienen sus equivalentes en español; redundancias; gerundios apabullantes, etcétera). La lengua es para algunas personas algo que llevan puesto desde su nacimiento y no reparan más en ella. Los seres humanos debemos comprometernos con los valores y no ignorarlos como un impedimento en el camino. La lengua es un valor tan grande que nos convierte en personas.

-T.: Entonces, ¿cree que es posible desterrar las muletillas?

-A. Z.: ¡Por supuesto! Todo depende de proponérselo. ¿Cómo puede ser que una misma persona lance un «digamos» y lo repita hasta el cansancio matizado con un «esteee»; después, un «¿me explico?», como si su interlocutor careciera de entendimiento; más tarde, un «¿me entiende?», rematado con un «¿sí?» para verificar la claridad de su discurso o el estado cerebral del que lo escucha, o comience cada oración con el poco sesudo «a ver» entonado con solemnidad? A veces, agrega un «¡dale!» adornado con «nada», el bastón más deseado para sortear los baches que crea la pobreza léxica.

-T.: ¿Cómo recolectó tantos ejemplos? ¿Buscó deliberadamente que recorriesen todos los campos de la comunicación y, en algunos casos, proviniesen de productos populares como la serie Alf o la comedia del Chapulín Colorado?

Siempre centro mi búsqueda en la realidad lingüística argentina. Aprovecho los programas periodísticos; los zócalos televisivos, que me sorprenden cada día más; esos diálogos que parecen retazos que nunca pueden unirse; los titulares y las noticias de los diarios, y mucho más. Vivo atenta en espera de un milagro: que todos hagan el esfuerzo de hablar mejor. Tal vez, un día, las palabras sean consideradas obras de arte.

-T.: ¿Cree que el desorden sintáctico, en algún caso, es metáfora del desconcierto en que se vive?

En muchos casos, es, sin duda, espejo del desconcierto en que vivimos, de estos tiempos «líquidos» —como diría Zygmunt Bauman—, en que, muchas veces, la gran preocupación reside en que no falte lo superfluo, pero esas oraciones que sufren tantas fracturas y no hay yeso que las componga también revelan carencia de estudio y de lecturas. Está muy bien estudiar inglés u otros idiomas, pero mejor sería que primero se sintiera la necesidad de estudiar profundamente el nuestro.

-T.: El libro omite una tendencia creciente en el lenguaje de los argentinos, que es el uso del inclusivo. ¿Cree que es un error o una variante de la lengua?

-A. Z.: Como ya he escrito y hablado sobre el tema, no me pareció pertinente repetir mi posición lingüística en este libro. El lenguaje inclusivo no responde a la morfología española, sino a una actitud sociopolítica. Considero que no es necesario reemplazar vocales o elegir consonantes como la x para referirse a la diversidad sexual. Lo importante es reconocer que existe esa diversidad y respetarnos mutuamente, ya que el respeto es amor. Demostremos que podemos darlo sin discriminarnos. Recuerdo ahora las sabias palabras del autor de El Principito, el escritor francés Antoine de Saint-Exupéry: «Lo esencial es invisible a los ojos».

-T.: Los distintos apartados recorren vicios y malas costumbres de algunas profesiones o rubros: periodistas, agentes inmobiliarios, taxistas, pero deja afuera a los abogados, ¿tiene alguna predilección por el sector?

-A. Z.: En este libro, no hablo de ellos, pero ya lo hice en obras anteriores. No obstante, diré que algunos abogados cometen errores y lo saben. No son amigos del gerundio, pero lo usan sin culpa; se abstienen de la puntuación o la desparraman en los textos libremente; se les pide una sintaxis concreta, un lenguaje claro, y redactan oraciones de más de treinta líneas. De cualquier modo, otros hoy tratan de enmendarse para que sus escritos sean comprendidos por todos. El esfuerzo es promisorio.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

 

 

Expression déjà largement utilisée par de nombreuses enseignes, le « click & collect » a été remis en avant par l’activité des librairies, contraintes, pour des raisons sanitaires, de se contenter de ce système commercial. Mais comment traduire cette expression ? La Commission d’enrichissement de la langue française et l’Académie française se sont toutes deux posé la question.

Click&Collect

Écrit par Antoine Oury

On savait que les anglicismes avaient la belle vie, à l’occasion de cette pandémie, avec la multiplication des « clusters », notamment, mais une expression connait actuellement un regain d’intérêt notable. Il s’agit bien sûr du « click & collect », un système commercial qui permet à un client de passer une commande auprès d’un magasin avant d’aller la retirer sur place, évitant ainsi le coût des frais de port.

Même le Syndicat de la librairie française (SLF), qui représente surtout les librairies de livres neufs, utilise l’expression « click & collect » dans ses communications : quant au gouvernement, il en use et abuse, sans surprise…

Pourtant, la Commission d’enrichissement de la langue française s’était penchée sur le sujet dès 2016, dans le Journal officiel du 5 août. Elle y indiquait que l’expression anglaise trouvait comme équivalent français « retrait en magasin ou cliqué-retiré », tout simplement.

Le 11 juin dernier, probablement agacée par le fait de voir cet anglicisme apparaître un peu partout, l’Académie française donnait elle aussi son avis. « Des formes françaises comme “retrait en magasin”, “retrait au volant” ou “service au volant” disent la même chose. Pourquoi ne pas les utiliser ? », s’interrogeait le service Dire, ne pas dire de l’institution.

Le Syndicat national de la Librairie Ancienne et Moderne (SLAM), de son côté, s’oppose vivement à l’utilisation de l’expression « click & collect ». « Nous incitons nos 230 membres à proposer le système du “clique & collecte” que nous avons volontairement décliné en langue française. Il me semble aberrant, voire même contre-productif, d’utiliser un tel anglicisme pour un secteur qui ne cesse de défendre la littérature, la francophonie et, nous concernant, le patrimoine écrit », souligne Hervé Valentin, le président du SLAM.

Le Syndicat a d’ailleurs conçu des pictogrammes, affichant bien sûr l’expression en français, pour que les libraires puissent communiquer sur cette offre.

Si le SLAM peut offrir des frais de port, c’est parce ce type de librairie n’est pas soumis à la législation en vigueur sur les ouvrages neufs.

[Photographie : illustration, Julien Maury, domaine public – source : http://www.actualitte.com]