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Escrich per Joan-Marc Leclercq

Aquò’s la vida. Totas las lengas deu monde son influenciadas, a un moment, per una(s) auta(s). La quita lenga islandesa, coneishuda coma una de la mès plan conservadas, a totun recebut apòrts deu danés.

Dens nòste parçan, vesèm que lo francés engolís fòrça mots e expressions anglesas (o meslèu americanas), que l’occitan patís a còps d’una francizacion evidenta, mes tanben que daubuns pòden càder dens l’aute tròp en guardar “la mès grana distància de l’occitan per rapòrt au francés” en utilizar mots que son pas fòrça naturaus. N’èi ausit parlar, mès que me’n sap pas vertadèrament mau, pensi qu’es la vida de las lengas.

Per çò de l’anglicizacion deu francés, èi ausit a la ràdio quauqu’un, una ciclista deu Torn de França femenin, qu’uzèc d’un mot “a la mòda” en acabar per díser lo contrari de çò que volèva díser.

Es cool uei lo dia de díser juste au lòc de díser très. Es un anglicisme. Mes quan la hemna voloc díser que lo Torn de França èra, per astre, una enòrma reclama peu ciclisme femenin, quicòm doncas de positiu, digoc “… c’est juste une énorme publicité pour nous …”, çò que pareish pro negatiu, e se pòt comprénguer coma, “es pas una corsa vertadièra, i a pas nat interés esportiu, es pas qu’una operacion comerciala”.

Lo francisme mès important qu’ausiscoi recentament en occitan es “del còp …”, copiat-pegat diréctament de l’expression fòrça fòrça utilizada, especialament peus joens, lo du coup, que servís de ganhar un pauc de temps per soscar a çò que vam díser, e qu’a perdut complètement sa valors de “per consequéncia …” o “doncas …”

E se cau que l’occitan se defena d’una francizacion tròp importanta, cau pas càder dens l’excès contrari, segon daubuns.

Mes s’i a mots navèth qu’entran dens lo vocabulari per error, per jo es pas tròp grèu. Es la vida de cada lenga e la lista deus mots arribats pr’amor d’una deca, a còps pr’amor d’un monge-copista o de la marrida interpretacion deu public, es pro longa.

Ara totis dison “programa” per “emission” o “oportunitat” per “ocasion, parat, escasença”. La significacion an doncas evoluit.

Coma quauqu’un d’estonat es pas mès tustat peu pericle e un pedagògue es pas mès l’esclau que mia los dròlles a l’escòla …

 

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Avec talent, l’humoriste porte un regard acéré sur le langage de l’entreprise et ses travers.

Écrit par Michel Feltin-Palas

C’est exceptionnellement sous la forme d’un entretien que se présente ma lettre d’information cette semaine. Une exception justifiée tant l’humoriste Karim Duval a l’art d’interroger avec humour la novlangue en usage dans les entreprises- un univers que cet ingénieur diplômé de l’École Centrale connaît bien – et notamment son recours névrotique au franglais. On pourra notamment le constater au Théâtre libre, à Paris, les 28 et 29 juin, avant qu’il ne parte en tournée jusqu’en 2023.

Vous vous présentez comme « Franco-Sino-Marocain ». Qu’entendez-vous par là ?
Ceci : mon père est franco-marocain. Ma mère est chinoise, originaire d’une famille qui avait immigré en Polynésie française. Cela fait donc de moi un Franco-Sino-Marocain. Ce n’est visiblement pas banal, et cela m’a permis d’en faire un premier spectacle : « Melting Pot ».
Où avez-vous grandi et quelle est votre langue maternelle ?
J’ai grandi à Fès, au Maroc. Mes parents me parlaient français tandis que ma grand-mère et ma nounou me parlaient en arabe, ou plus exactement le darija, un dialecte marocain. Si bien que je suis devenu bilingue.
Cela ne vous a visiblement pas empêché de réussir de très bonnes études…
J’étais en effet assez bon élève à l’école et au lycée français, au Maroc. À 18 ans, je suis venu en France pour entrer dans une classe préparatoire à Versailles, puis j’ai intégré l’école Centrale, à Paris. Un vrai premier de la classe !
C’est alors que vous êtes devenu ingénieur et que vous avez découvert le monde étonnant de l’entreprise – et notamment sa novlangue…
Je me suis en effet retrouvé dans une société d’informatique de Sophia-Antipolis, spécialisée dans les réservations pour les compagnies aériennes, un secteur qui recourt beaucoup à l’anglais. Mais comme nous étions une majorité de Français, c’est en réalité une espèce de franglais épouvantable que nous pratiquions au quotidien. C’était déjà assez drôle, mais j’ai trouvé mieux encore en effectuant une mission chez Airbus pour Accenture, le cabinet de … consulting (désolé, ça s’appelle comme ça !) Là, c’était la double dose ! À mon insu, j’ai stocké de la matière pour des sketches pendant des années…
Est-ce ainsi qu’a commencé votre prise de conscience linguistique ?
Sans doute. Avant cela, je n’avais aucun recul sur la novlangue. Cela est venu par la suite. Pour mon second spectacle (l’actuel, « Y »), je me suis intéressé à la génération Y (la mienne, née entre les années 1980 et 2000), soucieuse de trouver du sens à un travail qui, du moins au bureau, fait souvent appel à cette novlangue et plus généralement à des concepts abscons. Cela donne parfois un côté risible à ces postes, mais révèle surtout un phénomène sociologique souvent observé par le passé…
Lequel ?
Ce recours au franglais marque évidemment une volonté de distinction : en employant des mots anglais, on cherche à montrer qu’on est au-dessus des autres. C’est du Pierre Bourdieu ! C’est d’ailleurs pour cela que le franglais se renouvelle tout le temps. Par exemple, j’ai l’impression qu’en 2022, « debriefing » ou « je te rappelle asap » (ndlr : abréviation de as soon as possible, « dès que possible ») sont déjà dépassés ! Un « metaverse-compliant » ferait davantage son petit effet en réunion, même si – surtout si – tout le monde ne comprend pas ce que vous voulez dire. C’est le but dès lors que vous cherchez à vous distinguer ! Il faut savoir que certains cabinets de conseil organisent des réunions dont l’objectif est de se mettre d’accord sur la définition de termes anglais ou franglais !
Comment quelqu’un comme vous, qui aviez le CV, l’expérience et le salaire d’un cadre supérieur, avez décidé de critiquer ce type de comportements, au risque de paraître ringard ?
D’abord parce que j’y ai trouvé une source d’inspiration, mais aussi parce que cette prétendue sophistication du langage, sous couvert de bienveillance, masque parfois une véritable violence, sans même avoir recours aux anglicismes. Désormais, on ne licencie plus quelqu’un, on lui permet de « donner un nouvel élan à sa carrière ». Quel cynisme !
Il y a aussi une forme de mépris social derrière ces comportements car ce sont toujours ceux qui n’ont pas réussi dont on se moque : les campagnards, les étrangers, ceux qui « parlent mal ». On sent une forme de suffisance chez certaines personnes qui, à travers le franglais, croient incarner la réussite, le « bien »… ce fameux « bon goût » ! J’ai eu envie de remettre en question ces personnes-là et de dire à ceux qui ne maîtrisent pas ce langage : « N’ayez pas de complexe d’infériorité. Ceux qui prétendent bien parler ne sont pas moins ridicules que vous, au contraire. C’est vous qui parlez normalement ! » Comme le dit mon professeur de franglais : « On est fluent en franglais … quand on ne sait plus ce qu’on raconte ».
Votre origine familiale vous rend-elle plus sensible que d’autres à la diversité culturelle ?
Comme toute personne bilingue, probablement. D’autant qu’en dehors de l’arabe et du français, j’éprouve un réel plaisir à parler l’espagnol, car j’ai vécu en Espagne pendant quelques mois, et l’anglais, bien sûr (surtout en réunion !)
Pas le mandarin ?
Non, car ma mère parle une autre langue chinoise (le « haka »), qu’elle n’a pas pu nous transmettre, loin des siens. J’ai bien pris quelques cours et suis allé à Beijing, mais ce n’est pas suffisant. En revanche, mon père était professeur d’anglais et il était très exigeant, notamment en matière d’accents. Avec lui, il fallait distinguer celui de Londres, celui d’Écosse, celui d’Irlande, etc. C’était plus important que de bien connaître les verbes irréguliers ! À ce propos, je suis étonné par le manque total d’efforts dans ce domaine de la plupart des Français, y compris ceux qui recourent aux anglicismes. Pour moi, cela traduit un manque total d’ouverture culturelle. J’en ai fait une vidéo d’ailleurs (« I speak english. Bullshit english« )
D’où une autre terrible formule de votre professeur de franglais : « Be french, be authentic ! » (soyez français, soyez authentique !)…
Oui. Car je suis également frappé par le recours systématique à l’anglais de la part de ceux qui cherchent à se donner une dimension internationale qu’ils n’ont pas. Combien de start-up donnent à leur société un nom anglais alors que la boîte n’est même pas certaine de faire ses preuves dans le Poitou ? Cette attitude traduit un complexe d’infériorité que je trouve affligeante. Car ce que l’on ne voit pas, c’est que cela nous conduit vers une forme de standardisation culturelle. Et ce constat ne vaut pas seulement pour le français face à l’anglais ; le phénomène est le même pour les langues régionales réprimées par la France – je ne vous apprends rien ! Uniformiser les langues est toujours une forme de régression… Mais une régression… innovante (on est sauvés !)

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Les milieux prétendument modernes croient malin de parler franglish, sans savoir que ces mots sont souvent issus du français ou du normand.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Selon eux, le débat serait clos : l’anglais serait définitivement moderne ; le français incurablement ringard. « Eux « ? Les branchés, les vrais, et tous ceux qui espèrent l’être. Les professionnels de la pub, de la com, de la mode, du cinéma ; les dirigeants d’entreprise, les commerciaux et les informaticiens. Et, de proche en proche, les autres : les commerçants qui essaient de suivre le mouvement ; les ados paniqués à l’idée de manquer le dernier train; les artistes amateurs qui voudraient avoir l’air; vous, moi (euh, non, ni vous ni moi).
Les pôôôvres : s’ils savaient ! S’ils savaient qu’une bonne partie de ce vocabulaire qu’ils croient anglo-saxon est en réalité d’origine… tricolore. Eh oui, ces vocables teintés de globish sont bien souvent des petits mots bien de chez nous, exportés outre-Manche voilà quelques siècles (merci, Guillaume le Conquérant). Ils ont été puisés dans le lexique français – ou plus exactement normand – et nous reviennent aujourd’hui, généralement mal prononcés, d’ailleurs. En voici un florilège (« eux » diraient best of).
Pass. Dans le genre « anglicisme qui n’apporte rien », celui-ci est bien placé pour décrocher le pompon, d’autant qu’il est officiellement promu par les plus hautes autorités de la République. Depuis quelque temps, en effet, le « passe », pourtant solidement attesté (passeport, passe-partout, etc) est écrit à la mode globish, que ce soit par la région Ile-de-France (le pass navigo) comme par l’État, du pass sanitaire au pass vaccinal en passant – horresco referens ! – par le pass culture.
E-mail. Que les branchés qui, par inadvertance, auraient commencé à parcourir cet article cessent ici leur lecture car ce qui suit risque de leur paraître par trop violent. Le sacro-saint e-mail, parfois prononcé mail, est le lointain descendant de… la malle-poste, cette voiture tirée par des chevaux servant à transporter le courrier. Ce mot-valise sera plus tard abrégé en « malle », puis gagnera au XIIIe siècle l’Angleterre, où il sera déformé en mail. Et c’est elle, évidemment, qui est à l’origine du verbe contemporain to mail lequel signifie tout bonnement « poster ». Aussi les Québécois – et un certain nombre de francophones – lui préfèrent-ils « courriel ».
Glamour. Nos précieux ridicules du XXIe siècle le savent-ils ? Glamour vient de… grammaire, qui ont de fait la même origine. On comprend facilement que le grec grammatikê, c’est-à-dire l’art de lire et d’écrire, ait abouti à l’ancien français gramaire (avec un seul m), puis au français moderne « grammaire » (avec deux m). Plus complexe est le cheminement qui a conduit de gramaire à glamour. Pour le saisir, il faut savoir que la gramaire désignait originellement l’étude du latin, soit une science réservée aux initiés, incompréhensible pour le commun des mortels. Une acception que l’on retrouve dans « grimoire » (livre de magie). C’est cette acception qui s’est exportée outre-Manche pour donner dans un premier temps l’écossais gramarye avec le sens de « sortilège permettant de changer d’apparence ». Et c’est cette modification d’apparence un peu magique qui a abouti à l’anglais glamour.
Interview a été introduit en France au XIXe siècle, sous l’influence britannique, pour désigner un entretien publié dans un journal. Le terme anglais n’est pourtant que la simple altération du terme de moyen français (XIVe-XVe siècles) entreveue, devenu notre moderne « entrevue ».
Challenge. Voilà sans doute le comble de la cuistrerie. Challenge est un mot français qui se prononce évidemment « chat-l’ange » mais que beaucoup articulent… à l’anglaise ! Issu du latin calumnia, « accusation », il a pris au fil du temps la signification d’épreuve sportive, de défi à relever (les amateurs de rugby se souviennent peut-être du « challenge Yves du Manoir »). Je propose donc à ceux qui préfèrent dire tchallènge d’appliquer cette règle à tous les mots français exportés dans les langues étrangères. D’énoncer « douche » à la norvégienne [dusj] ; « costume » à la grecque [koustoumi] ou « béchamel » à la polonaise [beszamel]. Bon courage !
Randomisé. Ce terme a connu un certain succès lors de l’épidémie de Covid pour désigner « un essai thérapeutique dont les participants sont répartis aléatoirement ». Or, ce dérivé de l’anglais random est l’héritier des locutions d’ancien français at randon, de randon (à toute vitesse, avec force). De là notre bon vieux verbe « randonner » qui, au XIIe siècle, avait le sens de « courir rapidement, impétueusement » – d’où la notion de hasard.
Briefing. On le devine : briefing est l’héritier direct de « bref », un terme d’ancien normand employé au Moyen Age pour désigner un court récit, un résumé, une liste, etc. Bien plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été utilisé pour décrire une courte réunion pendant laquelle les aviateurs anglo-américains recevaient leurs dernières instructions avant une mission. Domination culturelle anglo-saxonne aidant, il a été repris par la suite dans le monde des affaires.
On se rassurera (peut-être) en se souvenant qu’au cours de l’Histoire, bien des anglicismes ont fini par disparaître corps et biens. Si vous souhaitez briller dans une soirée parisienne, je vous déconseille ainsi fortement de vous présenter comme un sporstman accompli, adepte du body-building et parfois tenté par le doping. Autre conseil d’ami : préférez le covoiturage au car-pooling et la navette au shuttle, même pour vous rendre au smallsupermarket. Croyez-moi : après avoir connu leur heure de gloire, ces anglicismes sont aujourd’hui complètement has been. Et c’est tant mieux.
SOURCES
· La story de la langue française, par Jean Pruvost, Editions Tallandier
· Honni soit qui mal y pense, par Henriette Walter, Editions Robert Laffont
[Source : http://www.lexpress.fr]

Malgré la loi Toubon et le pouvoir de sanction dévolu au CSA (devenu l’Arcom), la langue nationale est bien mal défendue sur le petit écran.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Cash Investigation, Grey’s Anatomy, Cold Blood Legacy, Captain America civil wars, Red Light, Wheeler Dealers France, Le Paname Comedy club, the Voice la plus belle voix, Young Sheldon, Lego Masters… Non, il ne s’agit pas des titres des émissions d’une chaîne de télévision américaine ou britannique, mais des programmes de la télévision française en début de soirée relevés lors d’une semaine ordinaire (1). Et encore, je vous épargne la liste des films dont les titres sont présentés en anglais sans la moindre traduction.
Je sais bien que les journalistes ont l’esprit mal tourné (pléonasme ?), mais quand même : l’article 12 de la loi Toubon sur la langue française, reprenant une loi précédente de 1986, ne dit-elle pas ceci : « L’emploi du français est obligatoire dans l’ensemble des émissions et des messages publicitaires des organismes et services de radiodiffusion sonore ou télévisuelle, quel que soit leur mode de diffusion ou de distribution, à l’exception des œuvres cinématographiques et audiovisuelles en version originale » ? Et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (désormais Arcom) n’est-il pas « chargé de veiller à la défense et à l’illustration de la langue et de la culture françaises » ?
Cette semaine de la langue française m’a donc semblé l’occasion idéale pour me pencher sur ce fâcheux paradoxe. Dans ce but, j’ai interrogé la conseillère chargée de ce sujet au sein de l’organisme de régulation, Carole Bienaimé-Besse. Et j’ai compris assez vite d’où provenait ce laxisme généralisé. « Notre pouvoir dans ce domaine est limité, m’a-t-elle aussitôt expliqué. En 1994, le Conseil constitutionnel a en effet estimé que la loi Toubon était sur ce point contraire à « la liberté de pensée et d’expression ». Dès lors, il ne nous est pas possible d’obliger France Télévision à transformer The Artist en « L’Artiste », par exemple. » La même décision bride au demeurant l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, l’organisme chargé de veiller au respect de la loi Toubon dans ce domaine.
Certains d’entre vous s’étonneront sans doute de l’étrange logique du Conseil constitutionnel. À ceux-là, je ne saurais trop recommander de lire l’analyse qu’avançait Jacques Toubon lui-même dans un entretien accordé à l’Express à l’occasion des 25 ans de sa loi. L’ancien ministre de la Culture y évoquait clairement la « pression des milieux publicitaires » – allusion transparente aux intérêts personnels du président de l’institution de l’époque, Robert Badinter, dont l’épouse, Elisabeth, est la fille de Marcel Bleustein-Blanchet, le fondateur de Publicis…
De ce fait, le gendarme de l’audiovisuel s’estime fondé à renvoyer la balle du côté des politiques. En substance : si la loi est mal faite, il appartient aux élus de la changer. Sauf que.
S’il est incontestable que l’action de l’Arcom est entravée par la décision des « Sages », cet argument ne met cependant pas un terme au débat. Car le régulateur pourrait, s’il le souhaitait vraiment, agir par d’autres moyens. « En cas de constatation d’infractions dans ce domaine, le Conseil [supérieur de l’Audiovisuel] peut prendre les sanctions prévues par la loi du 30 septembre 1986 », indique en effet l’article 2.5 de la circulaire du 19 mars 1996 concernant l’application de la loi Toubon. Or, « ce pouvoir de sanction n’a jamais été utilisé », convient la conseillère. En cas d’écarts manifestes, l’Arcom s’en tient à de simples « recommandations » qui restent sans effets. « Si les journalistes, les rédacteurs en chef et les chargés de programmes n’ont pas la volonté d’éviter les anglicismes, il nous est difficile d’agir. Il faudrait une volonté collective », commente, résignée, Carole Bienaimé-Besse. Résultat : le gendarme de l’audiovisuel se contente de publier sur son site internet des « exemples de bonnes pratiques destinées à limiter le recours aux anglicismes ». Jusqu’à plus ample informé, il ne semble pas que son taux de consultation ait jamais fait surchauffer les serveurs informatiques de l’institution…
Les esprits les mieux disposés se rassureront en apprenant qu’il existe dans les chaînes privées un « référent langue française ». Au sein du groupe TF1, par exemple, ce poste est confié à une ancienne gloire du petit écran, Jean-Claude Narcy, âgé aujourd’hui de 84 ans, qui se déclare… « très satisfait « de la situation. « Dans l’ensemble, cela se passe bien, même s’il faut rester vigilant », m’a-t-il assuré très sérieusement. Je lui ai fait remarquer que sa chaîne multipliait pourtant les anglicismes, que ce soit dans ses journaux, dans ses programmes et même sur son site, baptisé MyTf1. « Oui, cela m’énerve ! », a-t-il alors reconnu. Je lui ai également demandé si son groupe avait été fréquemment la cible des fameuses « recommandations » de l’ex-CSA. « C’est arrivé une fois en 10 ans, à propos de l’émission 50 ‘ Inside« , m’a-t-il précisé. « Et que s’est-il passé ? », l’ai-je relancé. Sa réponse m’a sidéré : « Ils nous ont dit que c’était un péché véniel et l’émission a pu garder son titre. »
Avec ça, pas de doute : la langue française est bien défendue.
(1) Du 28 février au 6 mars 2022, chaînes de la TNT.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Dans un rapport rendu public mardi, l’Académie française dénonce une « envahissante anglicisation » du français dans les communications des entreprises, mais aussi des institutions.

Le siège de l’Académie française, à Paris.

Écrit par SUZANNE COLPRON

Les exemples sont nombreux. Air France a sa « skyteam » ; Citroën, sa « Connect Box » ; Canal+, son « My Canal » et les meilleurs programmes en « live » et en « replay » ; les magasins Carrefour ont leurs « drive piéton » ; Ma French Bank utilise des « cookies » et offre le service « Let’s Cagnotte ».

Il y a en effet, de l’autre côté de l’Atlantique, une invasion surprenante de l’anglais dans la langue courante qui étonne toujours les Québécois qui mettent les pieds en France. Cela tient en partie au fait que ce pays ne dispose pas d’outils pour contrer l’invasion du franglais comme l’Office québécois de la langue française.

C’est dans ce contexte que l’Académie française a créé, en janvier 2020, une commission composée de six académiciens – Gabriel de Broglie, Florence Delay, Danièle Sallenave, Dominique Bona, Amin Maalouf et Michael Edwards – pour étudier la communication institutionnelle depuis 15 ans. Le résultat tient en une trentaine de pages.

« La syntaxe est bousculée »

Première observation : si l’ajout de vocables étrangers se faisait à travers un processus de francisation progressive jusqu’au XXsiècle, c’est le contraire qui se produit actuellement.

L’entrée « quasi immédiate d’un nombre sans cesse croissant d’anglicismes rend désormais difficile leur assimilation et produit des effets sur la structure même de la phrase : la syntaxe est bousculée, ce qui constitue une véritable atteinte à la langue, en ce que la logique même de la pensée en est affectée, la structure analytique de la phrase française étant supplantée par celle, synthétique, de l’anglais », s’inquiète l’Académie, gardienne de la langue de Molière.

Cela se traduit notamment par la disparition des prépositions (ex. : le Manager Travaux) et par l’inversion de l’ordre des mots (ex. : un QR code).

L’amalgame qui s’effectue insensiblement entre français et “anglais” crée aujourd’hui un véritable flou grammatical qui nuit à la clarté de l’expression, occasionnant une perte de repères susceptible de mener jusqu’à une forme d’insécurité linguistique chez les locuteurs francophones.

Extrait du rapport de l’Académie française

L’Académie ajoute que cela risque de causer une double fracture linguistique, sociale et générationnelle, dans la société.

Des slogans utilisés pour attirer l’attention (« I Love Nice » ou « Only Lyon », « Maubeuge, Creative Cities », « My Loire Valley », « Alpes IsHere ») ne sont pas toujours bien compris par le public. « Sarthe me up », par exemple, est la marque de la Sarthe, dans la région Pays de la Loire. Et « Made for Sharing » est le slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024.

Il y a aussi des jeux de mots retenus par des entreprises ou des institutions pour leur sonorité, mais dont la signification n’est pas évidente : « CY (« See Why »), nom donné à l’Université Cergy Paris, FUN (France Université Numérique) ou Saikle (recyclage de cycles).

L’internet et le numérique

Sans surprise, le domaine le plus fortement « anglicisé », après la mode et le sport, est celui de l’internet et du numérique.

En France, un gestionnaire de communauté est devenu un « community manager ». L’analyste de données est un « data analyst ». Le concepteur de jeu, un « game designer » et les compétences générales, des « soft skills ».

L’usage de certains mots anglais est généralisé : blog, booster, coach(ing), live, miles, smartphone, tag, cookies, hashtag, mail, newsletter… D’autres sont employés très fréquemment : box, cloud, collector, follower, low-cost, playback, podcast, tech, web, workshop, top ten, gamer/gaming, playlist, teaser. Et d’autres sont d’apparition plus récente, mais largement répandus : big data, blockchain, Fab Lab, fake news, millennials et pitch.

On constate aussi que des mots français perdent du terrain par rapport aux anglicismes correspondants, dont l’emploi n’est justifié par aucune nécessité. C’est le cas de « matcher » au lieu de concorder ou correspondre, « dispatcher » à la place de déployer ou répartir, « packaging » pour emballage, « mix » pour mélange, « fake » pour faux ou mensonger, ou encore « implémenter » pour réaliser.

Au surplus, une grande partie de ces anglicismes n’a aucune cohérence orthographique (start-up ou startups, data ou Data).

En conclusion, les académiciens notent qu’« il importe de ne pas s’accommoder complaisamment d’une uniformisation et d’une simplification excessives, de ne pas entrer dans un moule unique, se laisser entraîner vers une pensée unique ».

Consultez le rapport de l’Académie française

QUELQUES EXEMPLES SOULEVÉS PAR L’ACADÉMIE FRANÇAISE

Acces-4-All

Ce terme est utilisé dans les établissements recevant du public par la Fabrique numérique, incubateur de services numériques du pôle ministériel.

One Health

Le ministère français des Solidarités de la Santé propose le concept de One Health : « une vision unifiée de la santé publique, animale et environnementale ».

Zenway

L’application Zenway (façon zen) de la SNCF propose une recherche d’itinéraire plus intuitive.

Pickup Station

La Poste française offre une consigne « Pickup Station », qui propose une gamme complète de services pour les expéditions et les envois de colis, le « Pickup ».

Easy Life

La marque Renault facilite la vie de ses clients avec les technologies Renault EASY DRIVE et Renault EASY CONNECT, son application Renault MOBILITY et son « Showroom Digital ».

French Days

Ce sont « les jours imbattables du e-commerce français ».

Bleisure

Un mélange entre les termes « business » (affaires) et « leisure » (loisirs).

EN SAVOIR PLUS

  • 9
Nombre de mois pendant lesquels s’est déroulée l’enquête sur les usages linguistiques, de mars à novembre 2020.
SOURCE : ACADÉMIE FRANÇAISE

[Photo : WIKIPÉDIA – publié sur http://www.lapresse.ca]

L’hégémonie de la langue de Shakespeare constitue une menace pour la diversité culturelle de la planète et… c’est un Anglais qui le dit.
Écrit par Michel Feltin-Palas
On n’est parfois jamais si bien servi que par les autres… Donald Lillistone est un Anglais, par ailleurs francophone et francophile. Et parce qu’il parle au moins deux langues, il apprécie la diversité culturelle et ne résout pas à voir un seul idiome, fût-il le sien, devenir hégémonique. Dans un essai rédigé – en français – d’une plume alerte et claire, il alerte donc ses compatriotes de cœur sur les dangers du tout-anglais (1). Et en profite pour démonter avec brio quelques idées reçues. Démonstration.
– « L’anglais est une langue simple ». C’est tout à fait inexact. « Le seul son [k] s’écrit de neuf manières différentes », rappelle Lillistone. C’est l’anglais d’aéroport qui est simple, mais celui-ci n’a pas grand-chose à voir avec la véritable langue de Shakespeare.
– « J’utilise des mots anglais parce qu’ils sont plus courts ». En soi, le postulat de départ est exact – la traduction française d’Harry Potter comprend plus de pages que l’original – mais ce n’est pas la raison du succès des anglicismes. En réalité, ceux qui y recourent à foison le font pour une tout autre raison : ils cherchent à bénéficier de l’image de modernité des États-Unis, la puissance dominante de l’époque. Sous la Renaissance, dominée par Venise, Gênes et Florence, les mêmes auraient sans doute multiplié les italianismes.
– « Une langue n’est qu’un outil de communication ». Quelle naïveté ! Imposer sa langue, c’est en réalité imposer sa pensée et sa vision du monde. Le Royaume-Uni et les États-Unis le savent très bien, qui ont déclaré ceci dans une conférence tenue en 1961 à Cambridge : « L’anglais doit devenir la langue dominante, remplaçant les autres langues et leurs visions du monde. » Aussi Lillistone lance-t-il cet avertissement : « Quoi qu’en disent les partisans du tout-anglais, la prédominance actuelle de l’anglais en Europe ne sert finalement que les intérêts commerciaux, culturels et politiques des États-Unis ».
– « Si tout le monde parlait anglais, il n’y aurait plus de guerre ». La diversité linguistique est souvent perçue comme une menace pour la paix. Donald Lillistone rappelle utilement aux distraits quelques menues anicroches survenues dans des pays monolingues telles la guerre de Sécession aux États-Unis (1861-1865) ou la guerre civile en Angleterre (1640-1649). En réalité, la diversité linguistique est l’un des aspects de la richesse culturelle de l’Humanité, note Lillistone, qui interroge : « Voulez-vous vraiment visiter Rome, Berlin ou Madrid pour prendre un café dans un Starbucks, dîner dans un McDo avant d’aller au cinéma regarder un film hollywoodien tout en échangeant partout en globish ? ». Vous, je ne sais pas, mais moi, non.
– « La planète entière parle anglais ». Cliché, là encore. Les trois quarts de l’humanité n’en utilisent pas un traître mot.
– « Tout le monde veut parler anglais ». Non plus. Dans le monde, beaucoup le voient comme la langue de la « modernité » et des « nouvelles technologies. » Mais pour d’autres, l’anglais reste la langue de « l’impérialisme » et du « capitalisme sans foi ni loi ».
– « La domination de l’anglais va croissant ». Au contraire, la dynamique est défavorable à la langue de Shakespeare. Le Brésil a ainsi rendu obligatoire en 2005 l’enseignement de l’espagnol tandis que la Chine développe l’enseignement du mandarin en ouvrant un peu partout des instituts Confucius. Quant au russe, à l’hindi, à l’arabe, à l’allemand et au français, ils gagnent sans cesse de nouveaux locuteurs. Le gouvernement britannique l’a d’ailleurs compris, qui a rendu obligatoire en 2012 l’enseignement d’une langue étrangère dans les écoles primaires. Même le ministère des Affaires étrangères britannique a rouvert l’école de langues étrangères qu’il avait fermée en 2007 !
– « L’anglais est la langue des affaires ». Nuançons : l’anglais est aujourd’hui la langue principale des affaires, ce qui est très différent. Selon les études, cette langue représente certes 30 % du PIB mondial, mais ce pourcentage va mécaniquement baisser avec la montée en puissance de la Chine et des pays émergents. Les jeunes Espagnols sont ainsi de plus en plus nombreux à apprendre l’allemand pour une raison simple : ce n’est pas avec l’anglais qu’ils vont trouver du travail en Allemagne !
La conclusion est évidente : puisque la domination de l’anglais va reculer, la priorité devrait être donnée au plurilinguisme. La solution d’avenir ne consiste donc pas à ce que chacun parle seulement deux langues – la sienne et l’anglais – mais trois. Corollaire : la France dispose là d’un atout formidable puisque le français est, rappelons-le, la seule langue avec l’anglais à être pratiquée sur les cinq continents. Encore faut-il que nos élites en prennent conscience.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Puede haber neologismos bien formados con los recursos del español y que sin embargo nos parezcan feos

Prueba de antígenos de covid-19, gripe B, SARS-CoV-2 y gripe A.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

La posibilidad de que la covid se aborde pronto como una simple gripe nos ha traído los neologismos “gripalizar” y “gripalización”. Se oyen críticas al respecto.

El sufijo -izar sirve para añadirlo a sustantivos o adjetivos y convertirlos en una acción: “normalizar”, “carbonizar”, “españolizar”… Y por ese carril discurre “gripalizar”; es decir, que la covid se vuelva como una gripe; que se gripalice. Y que con ello se produzca una gripalización.

En este tipo de debates sobre un neologismo, conviene distinguir entre palabras bien o mal formadas y palabras que a uno le gusten o no. Es decir, puede haber palabras correctas que nos parezcan feas.

“Gripalizar” y “gripalización” podrán parecerles un engendro a muchos, pero se trata de un engendro bien engendrado. Se ha montado con piezas disponibles (el adjetivo “gripal” y del sufijo -izar) que se ensamblan con eficacia objetiva. Pero el estilo –lo desagradable y lo grato– concierne ya al gusto de cada cual. Eso sí, a partir de innumerables gustos individuales coincidentes se conforma una idea general del buen estilo, basado (entre otros factores) en palabras comprensibles para el público previsto y que en su contexto ofrecen armonía y ritmo. El mal estilo, por el contrario, suele incurrir en imprecisiones, reiteraciones, cacofonías, pleonasmos, cursilerías… Los viejos libros de retórica ya analizaban todo eso.

Otro término alumbrado ahora sirve como contraste frente a la formación adecuada “gripalizar”: “flurona”, que salta ya de un periódico a otro para nombrar la infección simultánea de gripe y covid.

Cualquier hablante del español puede mirar con su lupa dentro del verbo “gripalizar” y hallar en él tanto el sustantivo “gripe” como su derivado adjetival “gripal” y el sufijo -izar. Pero el anglicismo “flurona” le resultará opaco salvo que conozca previamente que flu se usa en inglés como abreviamiento de influenza para nombrar la gripe, y que -rona sale de “co-rona (virus)”. El sistema morfológico del español ofrecía opciones más deducibles: “griperona”, “gripona”, “gricorona”… y “coronagripe”. Todas ellas estarían bien formadas. Pero seguramente a usted y a mí nos agrada más la última. ¿Por qué? Por cuestión del gusto general, que condiciona el estilo.

Y llaman la atención aquí dos hechos curiosos.

1. El término “flurona” llegó al mundo el 2 de enero en el diario The Times of Israel, que informó sobre esa supuesta novedad. Sin embargo, la infección conjunta de gripe y covid había sido advertida en España en mayo de 2020, cuando la revista The Lancet recogía una comunicación del Hospital Clínic de Barcelona, cuyos médicos la habían observado en cuatro pacientes. Pero claro, ese texto se escribió en inglés y habla de “covid 19 and influenza coinfection”. Su derrota ante el más sintético “flurona” estaba cantada.

2. “Coronagripe” ya circulaba por aquí antes. La hallo por ejemplo en un artículo del 25 de abril de 2021 en Granada hoy firmado por Magdalena Trillo, quien explicaba que la covid se convertiría en una coronagripe (o sea, que se gripalizaría).

Ahora bien, ¿por qué escribimos ahora “flurona” si está a nuestro alcance “coronagripe”? Volvemos al camino andado: el complejo de inferioridad. The Times of Israel aportó “flurona” en inglés y se extendió… en español. Pero bien podemos imaginar que si a ese mismo diario le hubiera llegado desde aquí el vocablo “coronagripe”, lo habría traducido como “flurona”, al imaginar que casi ninguno de sus lectores entendería la palabra en español.

 

[Foto: MYUNG J. CHUN (LOS ANGELES TIMES VIA GETTY IMAG) – fuente: http://www.elpais.com]

Entraînée par le snobisme des élites parisiennes, la France devient l’ennemie de sa propre langue. 

Écrit par GUY FOURNIER

Cette langue que nous défendons bec et ongles, que notre gouvernement protège à coup de lois qui nous attirent des accusations de racisme, les médias français – la télévision en particulier – ne cessent de la gangrener de mots anglais.

Au Québec, nous avons créé une « police de la langue » pour que magasins, restaurants et autres établissements ayant pignon sur rue s’affichent d’abord en français. Un office qui compte plus de 200 fonctionnaires et pour lequel nous dépensons 25 millions $ par an veille aussi sur notre langue.

Pendant ce temps, la France semble abandonner sa langue – qui est aussi la nôtre – au snobisme des publicistes, des journalistes, des animateurs et des commentateurs, tous trop heureux d’afficher leurs connaissances de l’anglais, si minces soient-elles.

Des dizaines de chaînes de télévision française s’identifient uniquement en anglais. Notre chroniqueur Mathieu Bock-Côté, par exemple, anime à CNews une émission hebdomadaire dont au moins le titre est en français. Sur BFMTV, non seulement on a les actualités en continu, mais on a aussi l’info « en replay » ! Quant aux maniaques de l’info, ils peuvent toujours syntoniser Euro News.

DES CHAÎNES AUX NOMS ANGLAIS

Difficile à imaginer par leurs noms, mais la chaîne CSTAR HITS se consacre uniquement à la musique française de 1980 à nos jours, la chaîne FASHION TV est dédiée à la mode, MY ZEN TV à la détente, Ciné Classic aux vieux films, BFM Business à l’économie, Canal+Family aux émissions tout public, Cartoon Network et J-One à la jeunesse, Museum TV à l’art, MCM TOP à la musique des 15 à 24 ans, MEZZO LIVE au jazz et à la musique classique, NON STOP PEOPLE à l’actualité des célébrités et SEASON à la chasse et à la pêche…

Animateurs et invités de toutes ces chaînes font mille détours pour montrer qu’ils connaissent des mots anglais. Ils brandissent tous ceux qui sont à la mode. Sur France Info, le 29 septembre, mon ami Claude Bédard a recensé en 20 minutes les mots anglais qui suivent : trending survey, le inside home, la quick connect, le hard shopping, les spécialistes du net surfing et du networking.

Au journal de France 2, depuis l’épidémie de COVID, on n’a pas cessé de parler de clusters. Comme si le mot « éclosion » n’existait pas. À ce téléjournal que diffuse TV5, on parle régulièrement de benchmark, de branding, d’esprit corporate et de smartphones.

LA DRÔLE DE VITRINE DE CANNES

La semaine prochaine, du 11 au 14, s’ouvrira à Cannes le plus gros événement annuel du monde consacré à la télévision : le MIPCOM. Sans surprise, le site internet principal de l’événement est en anglais. Il y a aussi, pour la forme, un site français qui comporte uniquement l’essentiel de l’événement. On a cru nécessaire d’y ajouter des vidéos de promotion en… anglais.

Une vingtaine de sociétés de production québécoises, dont Encore Télévision, Zone 3 et Babel Films, seront présentes à Cannes. La série jeunesse Six degrés de Simon Boulerice est finaliste dans la catégorie « Disability » et la docusérie de Yohanne Cassabois, L’effet secondaire, dans la catégorie « Diversity in Kids Programming ». La websérie Je voudrais qu’on m’efface est finaliste au festival CANNESERIES (comme notre ancienne CSERIES !) qui se déroule du 8 au 13 octobre.

Appelé « Québec créatif », notre pavillon sera l’un des rares à donner du MIPCOM une image un tant soit peu française. Ce MIPCOM n’a pas de quoi pavoiser.

 

[Photo : AFP – source : http://www.journaldemontreal.com]

La expresión inglesa dark kitchen, que alude a cocinas industriales que solo sirven a domicilio, puede reemplazarse por cocina fantasma.

En los medios de comunicación es frecuente ver empleado el anglicismo en preferencia al giro español, como en «Las ‘dark kitchen’ desesperan a los vecinos», «Un 10 % de los pedidos a domicilio ya procede de dark kitchens» o «Las nuevas tecnologías impulsan a las dark kitchens».

Este modelo de negocio recibe diferentes nombres en inglés, como dark kitchen, cloud kitchen, shadow kitchen o ghost kitchen, entre otros, y en español se ha optado mayoritariamente por una traducción basada en la última de esas formas, en la que fantasma se emplea figuradamente, porque no funcionan como restaurantes reales, con servicio de mesa.

Su plural puede ser cocinas fantasma o cocinas fantasmas. Tal como se explica en la Nueva gramática de la lengua española, el término fantasma se puede interpretar como un sustantivo en aposición invariable (cocinas fantasma) o como un adjetivo que admite el plural (cocinas fantasmas).

Por ello, en los ejemplos anteriores habría sido más adecuado escribir «Las cocinas fantasma desesperan a los vecinos», «Un 10 % de los pedidos a domicilio ya procede de cocinas fantasma» y «Las nuevas tecnologías impulsan a las cocinas fantasma», aunque también habría sido válido «cocinas fantasmas».

Finalmente, se recuerda que, si se opta por la forma inglesa, lo adecuado es escribirla en cursiva o, cuando no es posible emplear este tipo de letra, entre comillas.

 

[Foto: archivo EFE / Víctor Lerena – fuente: http://www.fundeu.es]

Halloween, fêtée dans un village des Vosges comme si c’était au Colorado, est l’occasion pour notre chroniqueur Benoît Duteurtre de revenir sur les débats fiévreux sur la question des prénoms. Le phénomène le plus frappant, n’est pas que des parents d’origine maghrébine donnent à leurs enfants des prénoms arabes pour proclamer leur identité… mais que ces mêmes parents et beaucoup d’autres Français « de souche » choisissent des prénoms qui, sans renvoyer à leurs racines, traduisent un projet et une vision du monde massivement tournés vers les États-Unis.

"Même sans le savoir, les nouvelles générations pensent à l’unisson de Hollywood"

Le 31 octobre est le jour de Halloween, non seulement pour les habitants des États-Unis, mais pour tous leurs partenaires de la planète mondialisée.

 

Écrit par Benoît Duteurtre

Le premier incident s’est produit dès mon réveil, ce 31 octobre. Alors que mon smartphone capte mal au village, il avait retrouvé tous ses moyens pour me narguer en affichant dans la barre de recherche Google… une citrouille qui clignotait et semblait me faire de l’œil ! L’entreprise la plus puissante au monde, celle qui accompagne nos jours et nos nuits, me le rappelait au cas où je l’aurais oublié : le 31 octobre est le jour de Halloween, non seulement pour les habitants des États-Unis, mais pour tous leurs partenaires de la planète mondialisée.

Même en cette fin d’octobre, où, traditionnellement, les habitants de la contrée vont poser une gerbe de fleurs au cimetière pour la Toussaint, l’objet du jour était cette citrouille affublée d’un nom anglais. Google me priait de vivre à l’heure de son pays, exerçant ainsi son pouvoir souriant, discret autant que démesuré – tout comme Windows, dès que j’ouvre mon PC, me propose d’admirer de superbes paysages majoritairement nord-américains qui refaçonnent peu à peu ma vision du globe.

« J’invite les commentateurs professionnels et les spécialistes de l’air du temps à réfléchir à la façon dont eux-mêmes s’expriment sur les ondes, à leurs titres d’émission en anglais, à leurs phrases truffées d’anglicismes… »

Les choses ne se sont pas arrêtées là. Car, si j’avais pu croire l’affaire réglée par cet agacement matinal, j’ai eu la surprise, au cours du dîner chez une amie du village, d’entendre sonner à la porte et de voir débarquer une demi-douzaine de bambins déguisés en sorcières qui venaient chercher… les bonbons préparés par la maîtresse de maison. Ce n’était plus seulement une alerte sur mon téléphone, mais une pure scène de la vie outre-Atlantique qui se déroulait sous mes yeux, au cœur des Vosges.

Ces enfants, dont les aïeux avaient appris l’histoire de France, reproduisaient un rituel emprunté aux gosses du Colorado, comme si c’était la chose la plus naturelle. Elle l’était d’ailleurs, pour eux. Le commerce et la publicité avaient bien travaillé, depuis leur naissance, pour répandre l’imagerie de Halloween assortie d’un juteux marché et d’une origine celtique (argument ultime pour justifier l’importation de cette fête). Des années de séries télévisées et de soft power révélaient leur fabuleuse efficacité à force de glisser dans les petites têtes un style de vie importé, bien plus efficacement que ne le fit jamais une politique d’assimilation.

GLISSEMENT CULTUREL

J’y songe en entendant ces débats fiévreux sur la question des prénoms. Et je dois souligner à ce propos que le phénomène le plus frappant, selon moi, n’est pas que des parents d’origine maghrébine donnent à leurs enfants des prénoms arabes pour proclamer leur identité… mais que ces mêmes parents et beaucoup d’autres Français « de souche » choisissent des prénoms qui, sans renvoyer à leurs racines, traduisent plutôt un projet et une vision du monde massivement tournés vers les États-Unis.

Je m’étais déjà amusé, voici plus de vingt ans, à comparer, dans une petite ville normande, la rubrique des décès (Marcel Delalande, Odette Antoine, Albert Dubreuil…) avec celle des naissances (Kevin Durand, Jimmy Ledantec, Cindy Boucher…). Même sans le savoir, les nouvelles générations pensent à l’unisson de Hollywood, de Netflix, de CNN et, désormais, des Gafam. Telle est la véritable identité collective de nombreux citoyens de toutes origines.

On me reprochera de lutter contre des moulins à vent. On me demandera en quoi ça me dérange. On pointera un « antiaméricanisme » primaire et dépassé. On ajoutera que ces tendances n’empêchent pas la France de conserver son style… J’invite néanmoins les commentateurs professionnels et les spécialistes de l’air du temps à réfléchir à la façon dont eux-mêmes s’expriment sur les ondes, à leurs titres d’émission en anglais, à leurs phrases truffées d’anglicismes, à leur frénésie devant toute information venue de Los Angeles ou de New York, aussitôt relayée comme aucune autre sur la planète.

Et s’ils m’assurent que l’Europe, justement, doit protéger notre spécificité dans le concert des nations, je rétorquerai qu’une Europe qui s’exprime continuellement en anglais, s’abrite derrière l’Otan et a transformé le concours Eurovision en song contest, ne saurait freiner ce glissement culturel qu’elle encourage au contraire. Plein de ces réflexions, j’ai marché dans les feuilles mortes jusqu’au cimetière où les fleurs habituelles étaient posées sur les tombes. Nul ne les avait encore remplacées par des citrouilles.

 

[Photo : AFP – illustration : Lacombe – source : http://www.marianne.net]

https://www.ledevoir.com/culture/648207/langue-francaise-ce-iel-qui-derange-et-qui-degenre?jwsource=cl

 

 

Écrit par Catherine Lalonde

L’entrée du pronom neutre de troisième personne « iel » dans l’édition en ligne du dictionnaire Le Robert provoque depuis mardi des débats très binaires en France. On y est radicalement contre, ou radicalement pour. Et ici ? Des discussions aussi, mais bien moins clivées. Certains lexicographes estiment que Le Robert sort de sa fonction, en précédant l’usage plutôt qu’en le suivant. Petit tour de piste des réactions à ce « iel » au Québec.

« Nommer une chose, c’est la faire exister », nomme l’autrice et professeure à l’UQAM Lori Saint-Martin, pour saluer l’importance à ses yeux du choix du Robert de suivre les mouvements très rapides qui agitent, depuis deux ou trois ans, la langue et ses réflexions entourant la diversité raciale et d’identité sexuelle.

Or, pour de nombreux lexicographes québécois, le travail d’un dictionnaire, c’est de « nommer ce qui existe » plutôt que « de nommer pour faire exister ». « Ce n’est pas à un dictionnaire d’être le premier sur la ligne de front, estime la lexicographe Nadine Vincent. Quand j’étudiais, on disait que le dictionnaire était toujours dix ans en retard sur l’usage ; maintenant, les entrées sont plus rapides. Mais quand même… »

Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue, est du même avis. « Au Québec, en France, en Suisse, en Belgique, dans les pays francophones d’Afrique, en Haïti, le terme “iel” me semble extrêmement rare. C’est comme s’il fallait l’introduire — c’est ma deuxième réserve — parce qu’il y a un débat de société sur un enjeu beaucoup plus large. »

Pour lui, le combat des personnes non binaires, « ou le combat de la société pour que leurs droits soient respectés et compris dans le grand ensemble des droits citoyens[,] ne peut se ramener à une espèce de naissance aux forceps par l’introduction d’un “iel” qui n’apporte, sur le plan linguistique, aucun éclairage particulier du point de vue de l’efficacité de la communication ».

Un pronom, pas un mot

Pour Nadine Vincent, « entrer un nouveau mot dans un dictionnaire, quand c’est un mot plein (nom, verbe, adjectif), ça se gère assez bien. On sait comment l’intégrer dans le système de la langue. Entrer un nouveau pronom qui suppose la création d’un nouveau genre neutre en français est une tout autre histoire », poursuit la professeure de communications à l’Université de Sherbrooke.

« Comment s’accorde-t-il ? Iel est arrivé/arrivée/arrivae ? Quel est le pronom complément direct ? Je le/la/lae/lu vois ? Et le démonstratif ? Cellui, céal ? Et Le Robert ne donne aucun exemple d’accord. » Pour la spécialiste, Le Robert prétend ici à l’inclusion, mais « c’est plutôt un acte de marketing, puisqu’aucune des missions du dictionnaire n’est ici respectée. L’usager se retrouve face à un mot qu’il ne sait pas comment utiliser dans la langue, et on lui soumet même une autre forme possible : “ielle”, qui, pour la majorité des gens, aura l’air d’un féminin, ce qui est le comble de l’absurde pour un pronom neutre ! »

Un acte de marketing ? Le Robert en ligne, précise Mme Vincent, « c’est le terrain de jeu du Robert. C’est comme un ballon en politique : ils lancent un mot là et observent. La vraie question, c’est si “iel” va être dans la version papier au mois de mai ». Les ventes de dictionnaires traditionnels sont en chute libre depuis quelques années. « Il y a de plus en plus de concurrence avec les dictionnaires gratuits en ligne », indique Mme Vincent. Et « iel » est déjà dans le Wiktionnaire, depuis avril 2015. « Le Robert doit se vendre. C’est un produit commercial, et ça explique pourquoi le Larousse réagit de façon si violente à l’arrivée du “iel” au Robert. Ce sont deux concurrents commerciaux qui s’affrontent. Que Le Robert se positionne comme plus ouvert, inclusif, certes ; mais je ne comprends pas qu’ils osent aller jusque-là. »

Habitudes des dictionnaires

Pour M. Berrouët-Oriol, « Le Robert est d’habitude beaucoup plus nuancé, prudent et surtout beaucoup plus scientifique dans le choix des termes à retenir. Le Larousse est un petit peu plus tolérant que Le Robert, beaucoup plus méthodique et strict. Le Larousse par exemple va laisser plus facilement passer des anglicismes. Dans le cas précis du “iel”, je crois que Le Robert a cédé à un effet de mode et un appétit marketing ».

Mais qu’est-ce qui constituerait un usage suffisant pour justifier l’entrée du terme dans le dictionnaire ? « Normalement, c’est la fréquence et la dispersion ; ce mot-là est encore très limité dans ses usages, estime Nadine Vincent. Même dans les milieux militants, l’usage est encore en discussion. »

Loïs Cremier, doctorant en sémiologie à l’UQAM, voit là de son côté un problème propre à la langue française. « C’est cette notion de la Langue, avec une majuscule, ayant un répertoire qui doit évoluer plus lentement que tous les usages du domaine de la parole. »

« Cette distinction entre la diversité des discours de la parole et un répertoire qui serait plus immuable, intouchable… mais qu’est-ce qui permet ce passage du discours à la Langue ?, demande Loïs Cremier. Qu’est-ce qui fait que le seuil est franchi ? Ce n’est pas que je ne suis pas d’accord avec les lexicographes », précise celui qui applaudit l’arrivée du « iel », et si rapidement, au Robert, « mais j’ai peut-être une autre vision de ce qui constitue la langue ».

Iel poursuit : « Le Robert a très sagement évité toute trace politique en choisissant le sens comme pronom inclusif. C’est un de ses multiples usages ; mais l’un des premiers, c’est de désigner des gens non binaires, non conformes. Déjà, sa définition est partielle, et semble témoigner d’une volonté de mettre le moins d’huile sur le feu possible. » C’est aussi cet usage, poursuit le doctorant, « qu’on voit de plus en plus en littérature, et en traduction. Les éditions Cambourakis, par exemple, dans certaines traductions, choisissent le pronom “iel” de manière générique, et non spécifique à des personnes queers. C’est intéressant que ce soit cet usage qui soit retenu pour la normalisation ».

Et dans les dictionnaires québécois ? L’entrée de « iel » n’est pas pour demain. À l’Office québécois de la langue française (OQLF), on ne conseille pas de recourir à ce pronom, mais plutôt à la rédaction épicène. Simon Jolin-Barrette, ministre responsable de la Langue française, estime que c’est au choix de chacun d’utiliser « iel ». « Ça se retrouve dans Le Petit Robert. Moi, je vais me conformer à ce qui est indiqué par l’OQLF. » « “Iel” va entrer dans le dictionnaire Usito quand il va être prêt à entrer, indique Mme Vincent, membre du comité de rédaction. Là, on est dans les premiers pas, les tentatives d’implantation de quelque chose, et pas du tout rendus au dictionnaire. »

https://www.ledevoir.com/culture/648207/langue-francaise-ce-iel-qui-derange-et-qui-degenre?jwsource=cl

Avec Alexandre Robillard

Más bien se trata del deseo irrefrenable de ser americanos y de vivir como en su país, convertido en estúpido en este siglo.

Escrito por JAVIER MARÍAS
Que la lengua española está destrozada por sus periodistas y hablantes salta a la vista y al oído desde hace ya décadas, y el estropicio va siempre en aumento. A él se han unido demasiados latinoamericanos: reinó el tópico de afirmar que su castellano era muy superior, con más vocabulario, más correcto y elocuente que el de nuestro país. Puede que así fuera en el pasado, ya no. Han abrazado de manera tan acrítica y con tal fervor los anglicismos de los Estados Unidos, que hoy hablan y escriben una especie de traslación literal del inglés. Los subtítulos de las películas y series traducidas por ellos son buena muestra de ese calco perezoso o ignorante. En España, desde luego, se sigue hablando y escribiendo cada vez peor, y también aquí los anglicismos nos han colonizado sin oposición. Hay millares de ejemplos, pero me llama la atención uno reciente y que he visto emplear hasta a escritores de prestigio: ahora todo “exuda”, en sentido figurado. Una película “exuda brío”, una novela “exuda ironía”, y así hasta el infinito. No es difícil deducir que ese verbo está emparentado con “sudar”, y, que yo sepa, lo único de lo que se puede decir que “exuda” son los cuerpos y los quesos y similares. Han caído en el olvido vocablos más adecuados y no tan malolientes, como “destilar”, “rezumar”, “rebosar” o “desprender”, según el caso.

Otro galimatías es el de las frases hechas. Hace poco oí a un periodista de TVE (gran fábrica de atentados lingüísticos) que el presidente del Barça “desgranaba la margarita” de si despedir o no al entrenador. Hasta donde alcanza mi conocimiento, las margaritas no tienen granos, sino hojas o pétalos, y la expresión siempre ha sido “deshojar la margarita”. Hace no mucho la conocían hasta los más ignaros del lugar.

Pero, más allá de la destrucción, observo las insistentes tentativas de expulsar al castellano, y no me refiero a los territorios cuyas autoridades se aplican con denuedo a ello (Cataluña, País Vasco, las copionas Baleares y Valencia), sino al resto del país, que en principio no dispone más que de esa lengua. Primero fueron los carteles de las tiendas y de los anuncios fijos: “vintage”, “bargain” (por “ganga”), “sold out”, por “vendido” o “agotado” o “no quedan entradas”), y un etcétera interminable. Esta catetada de recurrir a términos ingleses porque quienes los usan creen que suenan a cosmopolita y mejor, ha llegado también a lo oral, lo cual ya tiene el mérito de lo incomprensible. A la mayoría de nuestra población le resulta muy arduo aprender idiomas (como, por lo demás, a casi todas las poblaciones: la excepción serían las nórdicas y las balcánicas), así como su pronunciación. Más dificultad hay aún en entender. Sin embargo, muchos spots televisivos ya no están en español, sino en inglés. Algunos aparecen absurdamente subtitulados, para ayudar a la comprensión (¿no sería más lógico que estuvieran directamente en español?), otros ni siquiera, y otros hay que caen en la horterada máxima, como uno de desayunos y meriendas que no puede resistirse a terminar con la siguiente idiotez: “¿Estás ready?” A saber qué les impide decir “¿Estás listo?” La mezcla resulta pueblerina, si no patética.

Incurren en esta práctica productos extranjeros y nacionales, marcas cutres y elegantes (casas de moda finolis), de coches y de embutidos, de perfumes carísimos y de fabadas, se apuntan todas sin distinción. A menudo el espectador no entenderá qué se le dice ni tal vez qué se le vende. Pero como el objetivo de todo anunciante es vender más, hay que inferir que acaso la tendencia pedante-cateta tiene éxito. En tal caso, ¿qué le pasa a nuestro país con su lengua, por qué la ve tan inferior al inglés de América (nunca es el de Gran Bretaña), qué extraño complejo se ha instalado en nuestra sociedad? Quizá sea cultural, y, dados los planes de Educación en la Burricie de los Gobiernos socialistas y populares, es bien posible que un alto número de españoles desconozcan hoy a Cervantes, Lope, Quevedo, Clarín, Larra, Baroja, Machado, Pardo Bazán, Valle-Inclán y Lorca, por no mencionar contemporáneos. Pero yo creo que más bien se trata del deseo irrefrenable de ser americanos y de vivir como tales (algo que cuesta aceptar visto el país estúpido en que han convertido el suyo en este siglo). Todo nos lo han exportado mediante sus películas y series: desde su caricaturesca obsesión con el mal llamado “género” hasta sus zafias despedidas de soltero Halloween, desde el desmedido amor a los perros hasta los discursitos en las bodas y eso de que las novias lleven “something old, something new, something borrowed, something blue”, cuya versión española ni siquiera rima. Hace tiempo que no veo partidos de fútbol en grupo, pero me imagino que muchos futboleros patrios los contemplarán ahora entre eructos cerveceros (de Budweiser) y enormes conos de palomitas. Para satisfacer tamaño anhelo, el castellano es un gran incordio. Descuiden: la publicidad, escuela de lelos y cursis desde 1960, podrá añadirse otra muesca: la de boicoteadora de la lengua, sin ofrecer para ella recambio ni sustitución.

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

L’école dispense aux élèves une certaine culture littéraire, mais aucune culture linguistique. D’où les nombreuses bourdes proférées sur le sujet. Florilège.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Ce fut dit sur un ton sympathique, mais sans l’ombre d’une hésitation. En septembre 2017, Emmanuel Macron affirme à propos de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en 1539 : « À ce moment-là (…), le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français ». Incroyable bévue ! En réalité, cette fameuse ordonnance s’est contentée de chasser le latin des actes de justice (1). En revanche, elle se moquait comme de colin-tampon de savoir quelle langue utilisaient les Français pour converser.

Imaginez maintenant que notre chef de l’État commette la même bourde dans des domaines comme l’économie ou la diplomatie : cela ferait à coup sûr les gros titres des journaux et le déconsidérerait pour la fonction présidentielle. Là ? À peine un entrefilet en page 32, et encore. Car, en la matière, l’ignorance est généralisée. Il est vrai que, si l’école s’efforce d’initier les élèves à Molière, Voltaire et Balzac – ce en quoi elle a bien raison – elle ne dispense à ses élèves aucune culture linguistique. La preuve avec ces quelques idées reçues qui circulent à propos de notre langue nationale.

« Les rois de France ont toujours parlé français. » Evidemment pas. Sans remonter à Vercingétorix, qui s’exprimait en gaulois, les premiers « rois de France » furent les Mérovingiens et des Carolingiens. Or ceux-ci avaient pour langue maternelle des idiomes germaniques : le francique pour Clovis et le tudesque pour Charlemagne. Le premier monarque à parler « français » (ancien français, plus exactement) fut Hugues Capet, qui monta sur le trône en 987.

« C’est à Tours qu’on parle le français le plus pur. » Voilà l’une des affirmations que l’on entend le plus souvent en cette matière. À tort. Le mythe est né au XVIe siècle quand un grammairien… anglais, Jehan Palsgrave, asséna cette « vérité » dans un traité intitulé L’esclarcissement de la langue françoyse. L’explication ? Sous la Renaissance, la cour est itinérante et passe une grande partie de son temps dans les châteaux de la Loire. C’est donc évidemment la prononciation des aristocrates venus de Paris et non celle des paysans tourangeaux que Palsgrave juge la « meilleure ». Car hier comme aujourd’hui, la règle est toujours la même : l’accent prétendument « neutre » est celui de la classe sociale au pouvoir.

« Le français est une langue en danger. »Aucunement. Certes, sur la planète, notre langue nationale est dominée par l’anglais. Certes encore, une partie de ses « élites » recourt à qui mieux mieux aux anglicismes. Mais cela ne doit pas tromper. Avec quelque 270 millions de francophones, jamais le français n’a compté autant de locuteurs. Mieux encore : ce nombre devrait doubler dans les décennies qui viennent. Ce qui vaut mieux, on l’admettra, que de figurer dans la liste des quelque 2000 langues menacées de disparition.

« Ce qui n’est pas clair n’est pas français » (Antoine de Rivarol). J’ai déjà consacré une chronique à ce sujet. Citons ici simplement des phrases comme « Je loue mon appartement » ; « Je suis votre hôte » ou « Cet avocat est pourri » et l’on admettra que cette affirmation est pour le moins sujette à débat.

« Le français assure l’égalité entre les citoyens ». Que penseriez-vous si je vous disais que « l’alsacien assure l’égalité entre les citoyens » ? Il est probable que vous trouveriez ce postulat outrageusement avantageux pour les Alsaciens – et vous n’auriez pas tort. Curieusement, la France est donc parvenue à doter une seule de ses nombreuses langues – celle de Paris, le siège du pouvoir – de toutes les fonctions de prestige (administration, études, médias, etc.) ; à en priver les autres et à présenter cette mesure fondamentalement inégalitaire comme une mesure d' »égalité ». Merveille de la rhétorique…

« Le français est la langue de la liberté. » Encore une erreur ! Certes, le français fut la langue de la Révolution et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mais dois-je rappeler qu’elle fut aussi la langue… de l’Ancien Régime ? De même, notre idiome national fut par la suite à la fois la langue du colonialisme et de l’anticolonialisme, des dreyfusards et des antidreyfusards, de la Résistance et de la collaboration… En réalité, les langues ne portent aucune valeur. Chacune peut être mise au service de n’importe quelle idée, des plus fraternelles aux plus détestables.

« L’Académie française est composée de linguistes ». Pas du tout ! On y compte pour l’essentiel des écrivains, des historiens, des philosophes, des hauts fonctionnaires, sans oublier un ancien ministre, un biologiste et un évêque. Seuls deux philologues disposent de solides connaissances linguistiques : Barbara Cassin et Michel Zink.

« Le français se dégrade. » Non, le français évolue, ce qui est très différent. Bien sûr, ces évolutions résultent parfois de véritables erreurs (j’ai déjà expliqué dans cette lettre comment un « ombril » est devenu fautivement un « nombril »). Mais tel est le propre de toutes les langues vivantes. C’est d’ailleurs le latin tardif de nos ancêtres, c’est-à-dire un latin truffé d' »erreurs » par rapport au latin classique de Cicéron, qui a fini par déboucher sur l’ancien français. Et c’est cet ancien français qui, à la suite de multiples modifications, a abouti à notre français actuel. Lequel évoluera encore dans les siècles à venir…

« Les Français ont toujours parlé français. » Si cela est aujourd’hui le cas (à l’exception des immigrés de fraîche date et de quelques régions de Mayotte ou de Wallis-et-Futuna), ce phénomène est tout à fait nouveau, et même inédit dans la longue histoire de notre pays. Du temps de François Ier – élève Macron, soyez attentif ! – seuls 10 % à 20 % des sujets du roi maîtrisaient la langue du roi. Un pourcentage qui atteindra péniblement 20 % sous la Révolution et qui n’aurait franchi la barre des 50 % qu’aux alentours de la Première Guerre mondiale. Ce qui permet de rappeler que la France est un pays multilingue.

Concluons. Loin de moi l’idée de dénigrer le français, qui est ma langue maternelle et que j’adore. Simplement n’est-il pas inutile de distinguer la vérité scientifique du simple chauvinisme linguistique. Un défaut au demeurant largement répandu sur la planète…

(1) Pour le reste, les spécialistes sont divisés : certains considèrent qu’il s’agissait de remplacer le latin par le français, d’autre part les langues comprises par le peuple, quelles qu’elles soient.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Bien mirado, ‘offshore’ se puede traducir como “escaqueo”. “Países de escaqueo”, “tiene dinero escaqueado”

Corinna Larsen en Moscú en febrero de 2019.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Los Papeles de Pandora han reanimado algunas palabras curiosas.

Corinna. Nombre de origen griego, derivado de Kore. Significa “mujer joven” (doncella, muchacha). Hay que recordar a algunos periodistas que las mujeres también tienen apellido. En este caso, Larsen.

compliance. Los bufetes de los refugios fiscales cuentan con programas de compliance. Pero “ningún programa de compliance es infalible”, se justificaron en uno de ellos. Procede del latín complere, y puede traducirse por “cumplimiento”. En definitiva, se trata de controlar. De controlar que no venga la policía.

fideicomiso. También ha aparecido en inglés: trust (a partir de to trust, confiar). Consiste en dejarle a otro unas propiedades para que haga lo que su dueño diga. O sea: ponte tú que a mí me da la risa.

magnate. “Mangante”, qué gran errata.

offshore, off shore. Literalmente, “fuera de la playa”. Para un inglés, fuera de la isla, en el exterior. (On shore significa “en tierra”; y shoreline, “línea de costa”). Ni quienes saben inglés entenderán su sentido fiscal a la primera si nadie se lo explica. Porque este término se refiere, sí, a países ajenos al contribuyente, pero también de escaso o nulo control fiscal. Bien mirado, offshore puede traducirse como “escaqueo”. “Lo llevó a un país de escaqueo”, “ese millonario escaquea impuestos”, “tiene dinero escaqueado”.

paraíso fiscal. Desde el punto de vista del escaqueador, sí se trata de paraísos, porque lo último que espera uno encontrarse en un paraíso es un inspector de Hacienda. La idea se refuerza con las evocaciones que traen sus nombres: islas Vírgenes, islas Caimán, las Seychelles, Suiza… Pero el nombre “paraísos” procede de un error de traducción. En francés se confundió el original tax haven (refugio fiscal) con tax heaven (paraíso fiscal). Y del erróneo francés paradis fiscaux copiamos nosotros “paraísos fiscales”. Como se trata de lugares que acogen todo tipo de dinero sucio, mejor podríamos llamarlos “países vertedero”, según propuso Baltasar Garzón en 2016. A eso se une que todo lo que se vierte en ellos no huele nada bien.

penthouse. Más usado en el español de América, aparece al hablar de inmuebles en Miami. Antes se traducía como “ático” o “azotea”; pero cuando un anglicismo entra en el español suele hacerlo con un halo de prestigio. Por eso en este contexto equivale a “apartamento de lujo en la última planta”. La palabra se forma con dos elementos: pent house. Este último significa “casa”, como mucha gente sabe. Y el primero, pent, emprendió su largo camino a partir del latín appendix (aditamento), adonde llegó desde el indoeuropeo *(s)pen, “estirar” (Roberts y Pastor). Por tanto, se trata de algo agregado a un edificio. Una famosa revista erótica británica se llamó precisamente Penthouse, en referencia al ático del varón soltero rico que llevaba allí a sus ligues. O sea, el “picadero” de toda la vida. La edición para España se tituló también Penthouse. Si la revista se hubiera creado aquí, nunca la habrían denominado El Picadero. Mejor algo en inglés, que en ese idioma todo se puede vender más caro.

Pandora. Mito griego. Lo que ahora llamamos “caja de Pandora” no tenía forma de caja sino de tinaja. Zeus hizo crear una mujer superdotada, Pandora, y le dio una tinaja donde se hallaban todos los males, con la advertencia de que no la abriera. Pero Epimeteo, su marido, que era un idiota (ese nombre ya significa “retrasado”), abrió la tinaja y todos los males salieron de fiesta. Los Papeles de Pandora también han destapado todos los males. (Bueno, lo del kilovatio ya venía de antes).

[Foto: VALERY SHARIFULIN/TASS – fuente: http://www.elpais.com]

Bien mirado, ‘offshore’ se puede traducir como “escaqueo”. “Países de escaqueo”, “tiene dinero escaqueado”

Corinna Larsen en Moscú en febrero de 2019.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Los Papeles de Pandora han reanimado algunas palabras curiosas.

Corinna. Nombre de origen griego, derivado de Kore. Significa “mujer joven” (doncella, muchacha). Hay que recordar a algunos periodistas que las mujeres también tienen apellido. En este caso, Larsen.

compliance. Los bufetes de los refugios fiscales cuentan con programas de compliance. Pero “ningún programa de compliance es infalible”, se justificaron en uno de ellos. Procede del latín complere, y puede traducirse por “cumplimiento”. En definitiva, se trata de controlar. De controlar que no venga la policía.

fideicomiso. También ha aparecido en inglés: trust (a partir de to trust, confiar). Consiste en dejarle a otro unas propiedades para que haga lo que su dueño diga. O sea: ponte tú que a mí me da la risa.

magnate. “Mangante”, qué gran errata.

offshore, off shore. Literalmente, “fuera de la playa”. Para un inglés, fuera de la isla, en el exterior. (On shore significa “en tierra”; y shoreline, “línea de costa”). Ni quienes saben inglés entenderán su sentido fiscal a la primera si nadie se lo explica. Porque este término se refiere, sí, a países ajenos al contribuyente, pero también de escaso o nulo control fiscal. Bien mirado, offshore puede traducirse como “escaqueo”. “Lo llevó a un país de escaqueo”, “ese millonario escaquea impuestos”, “tiene dinero escaqueado”.

paraíso fiscal. Desde el punto de vista del escaqueador, sí se trata de paraísos, porque lo último que espera uno encontrarse en un paraíso es un inspector de Hacienda. La idea se refuerza con las evocaciones que traen sus nombres: islas Vírgenes, islas Caimán, las Seychelles, Suiza… Pero el nombre “paraísos” procede de un error de traducción. En francés se confundió el original tax haven (refugio fiscal) con tax heaven (paraíso fiscal). Y del erróneo francés paradis fiscaux copiamos nosotros “paraísos fiscales”. Como se trata de lugares que acogen todo tipo de dinero sucio, mejor podríamos llamarlos “países vertedero”, según propuso Baltasar Garzón en 2016. A eso se une que todo lo que se vierte en ellos no huele nada bien.

penthouse. Más usado en el español de América, aparece al hablar de inmuebles en Miami. Antes se traducía como “ático” o “azotea”; pero cuando un anglicismo entra en el español suele hacerlo con un halo de prestigio. Por eso en este contexto equivale a “apartamento de lujo en la última planta”. La palabra se forma con dos elementos: pent house. Este último significa “casa”, como mucha gente sabe. Y el primero, pent, emprendió su largo camino a partir del latín appendix (aditamento), adonde llegó desde el indoeuropeo *(s)pen, “estirar” (Roberts y Pastor). Por tanto, se trata de algo agregado a un edificio. Una famosa revista erótica británica se llamó precisamente Penthouse, en referencia al ático del varón soltero rico que llevaba allí a sus ligues. O sea, el “picadero” de toda la vida. La edición para España se tituló también Penthouse. Si la revista se hubiera creado aquí, nunca la habrían denominado El Picadero. Mejor algo en inglés, que en ese idioma todo se puede vender más caro.

Pandora. Mito griego. Lo que ahora llamamos “caja de Pandora” no tenía forma de caja sino de tinaja. Zeus hizo crear una mujer superdotada, Pandora, y le dio una tinaja donde se hallaban todos los males, con la advertencia de que no la abriera. Pero Epimeteo, su marido, que era un idiota (ese nombre ya significa “retrasado”), abrió la tinaja y todos los males salieron de fiesta. Los Papeles de Pandora también han destapado todos los males. (Bueno, lo del kilovatio ya venía de antes).

[Foto: VALERY SHARIFULIN/TASS – fuente: http://www.elpais.com]

Con motivo de la 80.ª Feria del Libro de Madrid, que se celebrará del 10 al 26 de septiembre, se expone a continuación un decálogo de expresiones y términos relacionados con el mundo del libro y la edición que suelen plantear dudas.

1. Feria del Libro de Madrid, con mayúsculas iniciales en los sustantivos 

El nombre completo del acontecimiento es Feria del Libro de Madrid, con mayúscula inicial en todas las palabras significativas, como recoge la ortografía académica

2. E-book e e-reader, en español, libro electrónico

Para aludir tanto al texto como al soporte en el que se lee, en español se ha impuesto la forma libro electrónicoaunque para el segundo también se usan las expresiones lector electrónico y lector de libros electrónicos. En cualquier caso, se desaconsejan los extranjerismos e-book e e-reader.

3. DRM

La sigla DRM, proveniente de digital rights management, se corresponde en español con las expresiones gestión de derechos de contenidos digitales y programa anticopias, dependiendo del contexto.

4. Regalíacanon o derechos, alternativas a royalty

Tal como queda recogido en el Diccionario panhispánico de dudas, el término royalty designa la ‘cantidad que se paga al propietario de un derecho a cambio del permiso para ejercerlo’, concepto para el que se pueden emplear en español términos como regalía, canon o derechos.

5. Copyright, anglicismo innecesario

El anglicismo copyright, que significa ‘derecho de explotación y reproducción de una obra intelectual, artística o científica’, puede traducirse al español por derechos de autor o derechos de edición.

6. Traducciones de stock

Formas genuinamente españolas como existenciasreservas o sobrantes pueden suplir a la voz inglesa stock.

7. Estand, caseta, expositor…, alternativas a stand

La palabra estand (plural, estands), adaptación hispanizada de stand, que se emplea con frecuencia en las noticias sobre las ferias y congresos relacionados con el libro y la edición, ya está recogida en el diccionario académico con el significado de ‘instalación dentro de un mercado o feria, para la exposición o venta de productos’. Otras alternativas a stand pueden ser caseta, puesto expositor.

8. Paperback significa de tapa blanda

La voz inglesa paperback, que alude al material con el que se fabrican las tapas de los libros, equivale en español a edición en rústica o a libro de tapa blanda, aunque a veces también se traduce por edición de bolsillo, ya que este tipo de ediciones casi siempre presentan encuadernaciones de tapa blanda.

9. Superventas, mejor que best seller

Best seller (o sus variantes best-seller, con guion, y bestseller, todo junto) es un anglicismo del que se puede prescindir, pues el término español superventas significa exactamente lo mismotal como queda recogido en el diccionario académico: ‘Dicho de un libro, de un disco, etc.: Que ha alcanzado un extraordinario número de ejemplares vendidos’.

10. Bibliotráiler, opción válida para booktrailer

El término bibliotráiler es una alternativa adecuada en español al anglicismo booktrailer, que se utiliza para referirse a los vídeos promocionales de libros.

11. Exlibris, en una sola palabra y en redonda

El exlibris es la etiqueta o sello grabado que se estampa normalmente en las primeras páginas y en el que consta el nombre del dueño o el de la biblioteca a la que pertenece el libro. Según la última edición de la ortografía académica, al ser un latinismo plenamente asentado en español, se escribe sin resalte tipográfico y en una sola palabra: «exlibris».

12. Fe de erratas no es lo mismo que fe de errores

Fe de erratas hace referencia a la lista de errores tipográficos que aparecen en un libro, mientras que fe de errores suele aludir a las informaciones erróneas que aparecen en los periódicos.

13. Librerías de lance

Las librerías de lance, también conocidas como librerías de viejo, librerías de anticuario y librerías para bibliófilos, son los establecimientos que se dedican a la venta de libros usados o raros.

14. Incunable

El término incunable se aplica solo a los libros que fueron imprimidos entre la fecha del nacimiento de la imprenta en Occidente, en 1453, y el 1 de enero de 1501.

 

[Foto: archivo Efe/Marta Pérez – fuente: http://www.fundeu.es]

Panier, viande, poulain, pommade… Bien des termes que nous utilisons aujourd’hui avaient jadis une tout autre signification. Pourquoi ne l’ont-ils pas gardée ?
Écrit par Michel Feltin-Palas
Avouez-le. Vous pestez régulièrement contre votre neveu lorsqu’il emploie un mot dans un sens « fautif ». « Conséquent », par exemple, au lieu d' »important ». Ou « trop » à la place de « très ». Alors un conseil : arrêtez de lui adresser des remarques dans ce domaine car si, par manque de chance (pour vous), il suit plus tard des études de linguistique, il vous expliquera que tout le monde fait pareil depuis la nuit des temps, vous compris. Et il aura raison.
Par exemple, il m’étonnerait que vous ne partiez pas faire le marché avec votre panier alors que, stricto sensu, celui-ci ne servait au départ qu’à transporter du pain… Le cas est loin d’être isolé. « Il arrive en effet souvent que nous ne connaissions qu’une seule des acceptions d’un mot que nos ancêtres utilisaient ou que nous utilisions ce mot avec sens différent », souligne le linguiste André Thibault en citant cet autre exemple : »Saoul voulait dire autrefois « rassasié, repu » (appliqué à quoi que ce soit, c’est-à-dire autant à de la nour­ri­ture qu’à une boisson quelconque ou à une boisson alcoolisée) ; à force de l’entendre surtout en référence à l’alcool, on a fini par interpréter ce mot comme signifiant uniquement « ivre » » .
C’est ainsi : au fil du temps, de nombreux termes changent de sens. Il suffit pour le constater de plonger dans un livre écrit voilà quelques siècles. Chez Molière, par exemple, tout à l’heure signifie « immédiatement » ; bailler veut dire « donner » et la fortune correspond au sort, propice ou funeste, comme le souligne le linguiste Jean Pruvost dans un ouvrage que j’ai déjà chroniqué et que je recommande vivement (1).
Les linguistes se sont efforcés de classer ces évolutions en plusieurs catégories.
· Les restrictions de sens. Comme saoul, bien des termes ont vu leur emploi se spécialiser. Viande, comme son nom l’indique, désignait originellement tous les aliments servant à entretenir la vie. Traire signifiait « tirer » de manière générale, avant qu’il ne finisse par désigner uniquement l’extraction du lait des animaux domestiques. Conformément au latin pullus (« jeune animal »)poulain s’employait pour les petits de tous les animaux, et pas seulement pour celui du cheval (poulet a d’ailleurs la même origine). Le verbe trépasser ne fait plus aujourd’hui référence qu’à la mort alors qu’il signifiait simplement « aller au-delà ». Quant à accident, il a longtemps eu le sens d' »événement », heureux ou malheureux, avant de n’être utilisé que dans les circonstances néfastes.
· Les extensions de sens. À l’exemple de panier, d’autres termes ont vu inversement leur emploi s’élargir. La pommade n’était au départ qu’une pulpe de pomme ; un épicier ne vendait que des épices ; on arrivait exclusivement sur une rive tandis qu’un boucher tuait uniquement les boucs…
· Les affaiblissements de sens. Certains mots n’ont pas vraiment changé de signification, mais ont perdu leur intensité initiale. À l’origine, un ravissement était un enlèvement au ciel. Charmer était l’équivalent de ensorceler (d’où l’expression jeter un charme). Être étonné signifiait que l’on semblait avoir été frappé d’un coup de tonnerre. Gâter avait la force de dévaster. L’inquiétude désignait une forte agitation ; le déplaisir, une profonde douleur ; l’ennui, un chagrin violent… Formidable signifiait « qui inspire la crainte » et terrible renvoyait à la terreur.
· Les mots qui ont acquis une connotation péjorative. L’expression art nègre en témoigne : originellement, cet adjectif n’avait pas une valeur péjorative. C’est à force d’être utilisé dans les discours racistes qu’il a fini par l’acquérir. C’est d’ailleurs aujourd’hui au tour du mot noir de subir le même sort, si bien que certains préfèrent recourir à la formule personne de couleur ou à l’anglicisme black.
· L’influence des langues étrangères. Précisément, une partie de notre lexique subit l’influence de l’anglais. Ainsi, réaliser est souvent utilisé pour « se rendre compte » alors qu’il signifie théoriquement « faire, élaborer ». Supporter prend la place de « soutenir » alors que ses sens premiers étaient « recevoir le poids », « endurer », « tolérer ».
· Les évolutions technologiques. Une invention donne souvent naissance à un nouveau mot, mais, parfois, on se contente de recycler un objet proche qui lui ressemble. La voiture était un mode de transport tiré par des chevaux ? Elle désigne aujourd’hui une automobile bénéficiant de la force d’un moteur.
· Les inversions de sens. De manière plus surprenante, quelques termes signifient aujourd’hui le contraire de ce qu’ils voulaient dire primitivement. Une personne énervée était celle qui avait subi une énervation et était donc dénuée de nerfs ? L’adjectif s’applique aujourd’hui à celle qui se trouve dans un état de nervosité inhabituel. Du temps où l’Espagne était occupée par les Arabes, les laquais étaient de hauts fonctionnaires. Ce n’est qu’à la suite de la Reconquista qu’ils ont été ravalés au rang de « valets d’armée », puis de « valets » tout court, et c’est ce sens qui s’est imposé en français, comme le souligne Henriette Walter (2). Autre exemple frappant avec rien – issu du latin rem, c’est-à-dire « chose ». À force d’être utilisé dans des formules négatives, pour renforcer ne, ce nom signifiant « chose » a fini par être senti comme un pronom signifiant « aucune chose » !
· Les erreurs. Terminons cette liste par la catégorie qui m’amuse le plus : les bévues. Celles-ci peuvent provenir d’une fausse étymologie, comme je l’ai déjà évoqué dans une lettre précédente. Souffreteux, par exemple, se rapportait à l’origine aux indigents, considérés comme des personnes en rupture avec la société, conformément à son origine latine suffringere, « rompre par le bas ». Mais sa ressemblance avec souffrir l’a conduit peu à peu à désigner un individu de santé fragile… Même attraction fatale pour rustre sur fruste alors que ces deux termes n’ont pourtant rien à voir. Frustum en latin, voulait dire « mis en morceaux » alors qu’un rustre est un homme grossier et brutal. Mais voilà : à l’oreille, les deux mots se ressemblent et fruste a fini par signifier « rude, inculte, lourdaud, primitif ».
Comme quoi, même les dictionnaires recèlent leur lot d’injustices…
(1) Jean Pruvost, Les secrets des mots, La librairie Vuibert

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Imposer sa langue est aussi une manière d’imposer sa vision du monde et d’écouler ses marchandises. Les États-Unis l’ont parfaitement compris. Les Européens et les Français, beaucoup moins…

Écrit par Michel Feltin-Palas

De La Fontaine à Hugo en passant par Marivaux, les enseignants de France et de Navarre s’efforcent de faire découvrir à nos chères têtes blondes les oeuvres de nos grands écrivains et c’est très bien ainsi. En revanche, ils ne leur dispensent aucune culture linguistique, ce qui est plus regrettable, y compris sur le plan géopolitique. Car la langue, on l’oublie souvent, est aussi un instrument d’influence des États. Le latin du temps de l’Empire romain ; l’espagnol et le portugais en Amérique latine ; l’arabe au Proche-Orient ; le français au Maghreb et en Afrique de l’Ouest… Dans l’Histoire, langue et expansion territoriale sont souvent allées de pair.
Cette règle profite aujourd’hui principalement à l’anglais, qui a commencé à se répandre dans des pays bien éloignés des îles britanniques au fur et à mesure des conquêtes coloniales de l’Angleterre. La langue de Shakespeare profite aujourd’hui de la puissance des États-Unis, dont l’impérialisme a connu trois grandes phrases : d’abord, la conquête de l’Ouest ; puis l’annexion de territoires plus ou moins éloignés, comme Hawaï, l’Alaska et Porto Rico, avant qu’une rupture ne s’opère après la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1945, en effet, l’impérialisme linguistique américain ne dépend plus de l’extension géographique des États-Unis, mais de trois autres éléments : la technologie, la puissance militaire et la domination linguistique, comme le souligne l’historien Daniel Immerwahr (1). Winston Churchill l’avait bien compris : « Contrôler la langue offre bien plus d’avantages que prendre des provinces ou des pays pour les exploiter », déclarait en substance l’ancien Premier ministre britannique. Avant d’ajouter avec son sens bien connu de la formule : « Les empires du futur seront spirituels ». Un précepte que complète Donald Lillistone – un Anglais – dans un excellent article de la revue Défense de la langue française, en écrivant : « Les langues façonnent les sociétés et le statut privilégié dont jouit actuellement l’anglais est donc lourd de conséquences profondes » (2).
Les États-Unis en ont parfaitement conscience, comme l’a spectaculairement révélé un autre universitaire, Robert Phillipson, professeur au département d’anglais de la Copenhagen Business School (3) dans un ouvrage tout bonnement intitulé Linguistic Imperialism (Impérialisme linguistique) publié en 1992. Il y dévoilait un rapport confidentiel établi après une conférence anglo-américaine sur l’enseignement de l’anglais qui s’était tenue en 1961, à Cambridge. Les choses y étaient énoncées clairement dès le discours d’ouverture : « L’anglais doit devenir la langue dominante et remplacer les autres langues et leurs visions du monde ». Une uniformité culturelle qui s’oppose directement à notre modèle européen fondé sur l’enrichissement par la pluralité, dont témoigne sa devise : « Unie dans la diversité ».
Aussi néfaste soit-elle, la politique américaine a pour elle le mérite de la cohérence : tout Empire, fût-il spirituel, cherche à défendre ses intérêts. Washington sait pertinemment que Disney, Netflix, Apple et les autres constituent les meilleurs moyens pour conquérir les esprits et écouler ses marchandises. On ne peut en dire autant de l’Union européenne qui, malgré le Brexit, s’emploie au contraire à dérouler le tapis rouge devant l’anglais, la langue du pays qui vient de la quitter et de la puissance qu’elle prétend concurrencer ! On ne peut pas non plus en dire autant de la France, dont une grande partie des « élites » croient du dernier chic de multiplier les anglicismes, jouant ainsi le rôle d’idiots utiles de l’impérialisme américain. Joe Biden, Google, Amazon et les autres n’en demandent pas tant.
(2) L’empire spirituel, par Donald Lillistone, Défense de la langue française n° 279
(3) Linguistic Imperialism, par Robert Phillipson, Presses universitaires d’Oxford, 1992.

[Source : http://www.lexpress.fr]

Con motivo de la celebración en Barcelona del Mobile World Congress (MWC) se ofrecen a continuación algunas claves para una buena redacción de las informaciones relacionadas con ese sector.

1. Teléfono y reloj inteligente

Teléfono inteligente y reloj inteligente son, respectivamente, alternativas adecuadas en español a las voces inglesas smartphone y smartwach.

2. Flagship equivale a buque insignia

Según los principales diccionarios, flagship puede traducirse en español por buque insignia. Esta última voz se aplicaba originalmente al buque que comandaba una escuadra y está asentada en español para aludir, de modo figurado, a un elemento muy representativo y distintivo de una serie de personas, objetos, etc. Así, del mismo modo que se habla de equipo, edificio tienda insignia, puede emplearse para aludir a los modelos más destacados de teléfonos que las empresas suelen presentar en esta clase de eventos.

3. Tecnología táctil

Tecnología táctil es un equivalente adecuado en español a tecnología touch para referirse a los aparatos electrónicos que se manejan con el contacto directo de los dedos sobre la pantalla, sin necesidad de un teclado.

4. Cámara selfi, mejor que cámara selfie

La grafía selfi, plural selfis, es la adaptación de la forma inglesa selfie que recoge el diccionario académico. Es un término empleado para referirse a las fotografías que uno toma de sí mismo, solo o en compañía de otros, y, por extensión, a las cámaras frontales de los dispositivos con los que se hacen estas fotografías.

5. Empresa emergente, mejor que start-up

Con el anglicismo start-up se conoce en el mundo de los negocios y la innovación a aquellas sociedades que, pese a su juventud y falta de recursos, consiguen obtener buenos resultados en el mercado y pasan a ser impulsadas por otros inversores o absorbidas por empresas ya consolidadas. Se recomienda emplear la traducción empresa emergente.

6. Tecnología ponible, mejor que wearable technology

Es preferible la traducción tecnología ponible a la denominación inglesa wearable technology y a la fórmula mixta tecnología wearable. Para aludir en general al conjunto de estos dispositivos se empieza a usar, y es adecuado, el término ponibles: «Es probable que las compañías introduzcan innovaciones en los ponibles».

7. El internet de las cosas y el internet de los datos

Las expresiones internet de las cosas, que se emplea para referirse a la conexión digital de objetos cotidianos con internet, e internet de los datos son denominaciones comunes que no necesitan comillas ni cursiva y que se escriben con minúscula inicial en cosas y datos. Respecto al sustantivo internet, la Academia admite tanto la mayúscula como la minúscula; además, puede emplearse en masculino y en femenino. La sigla IdC es una alternativa adecuada en español a IoT, con la que frecuentemente se abrevia la denominación internet de las cosas.

8. 5G 3D, mejor sin guion

La forma 5G, que se usa para aludir a la quinta generación de tecnología móvil, se escribe preferiblemente sin guion entre la cifra y la letra. Esta recomendación también se aplica a otras siglas como 3D, por ejemplo, en comunicación 3D.

9. Pantalla, mejor que display

La voz inglesa display puede sustituirse en español por pantalla (de visualización) o visualizador.

10. Píxel pixel, ambas válidas

Tanto píxel (llana) como pixel (aguda) son válidas para aludir al elemento mínimo de ciertos tipos de imágenes. La primera es habitual en España y la segunda es la mayoritaria en muchos países de América. El plural se forma añadiendo -es, es decir, píxeles y pixeles. Los de megapíxel y megapixel (escritos en una sola palabra) son megapíxeles y megapixeles.

11. Teléfono básico, mejor que feature phone

Las expresiones teléfono básico/común terminal sin conexión son alternativas en español a feature phone. Coloquialmente, también se utiliza con este sentido teléfono tonto, traducción de la variante informal inglesa dumb phone.

12. Light, en cursiva

La ausencia de algunas empresas grandes en el congreso hace que los medios empleen con frecuencia la voz inglesa light como calificativo de esta edición. Esta palabra está recogida en letra cursiva en el diccionario académico, por lo que adecuado es escribirla con este tipo de letra o, si no fuera posible, entrecomillada. Además, el Diccionario panhispánico de dudas ofrece algunas alternativas como livianoligero o descafeinado, que pueden ser más o menos adecuadas en función del contexto y del distinto matiz que se quiera comunicar.

 

[Foto: archivo Efe/Andreu Dalmau – fuente: http://www.fundeu.es]

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Escrito por Mariángeles García          

Hablar ya no es solo una capacidad humana. También lo hacen las máquinas y cada vez mejor. En este nuevo espectro que se abre ante la inteligencia artificial, enseñar a hablar a una máquina no puede recaer solo en los programadores e ingenieros. Que las máquinas hablen y sean capaces de entendernos es gracias, entre otras cosas, a los lingüistas computacionales

Leticia Martín-Fuentes trabaja como lingüista computacional de Adecco para Google y da clases en línea de introducción a la programación. Es una de las personas que enseña a entender y a hablar a las máquinas como un humano. En eso consiste el procesamiento de lenguaje natural (PLN). Y lo hace en español.

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

«Si hablamos de PLN en IA, siempre hay dos vertientes: el natural language generation (NLG) o producción de lenguaje natural, y el natural language understanding (NLU) o comprensión del lenguaje natural. Para los humanos parece parte de lo mismo: hablar, porque pasamos de una a otra tarea en cuestión de milisegundos. Pero constantemente estamos mandando y recibiendo mensajes, que son tareas muy distintas».

Para tratar de lograr que esos mensajes sean entendidos por la mayor parte de los hablantes cuando hablan las máquinas, los lingüistas computacionales utilizan el lenguaje normativo. Dentro de esa norma, explica Martín-Fuentes, se busca que los mensajes sean naturales, que huyan de expresiones esquemáticas como «Salida programada para el vuelo: 17.00» y usen otras más fluidas como «El vuelo saldrá a las cinco de la tarde». El objetivo es que una máquina no diga nada que no diría un humano. De ahí que se busque un español lo más neutro y sujeto a las reglas posible.

Sin embargo, afirma, también se busca que esos sistemas de inteligencia artificial sean capaces de entender a la mayor cantidad posible de hablantes, por lo que deben entrenar a ese NLU con ejemplos tanto normativos como no normativos. «Los asistentes están pensados para acompañarte en el día a día, así que están presentes en todo tipo de ámbitos. Así, tenemos que tener en cuenta rasgos de la lengua informal como leísmos, laísmos, anacolutos, redundancias… ¡incluso el lenguaje keyword! [usar frases del estilo: “activación subtítulos español”]». Es decir, transmitimos nuestros propios sesgos lingüísticos a las máquinas para que sean capaces de entendernos hablemos como hablemos.

Cuenta Leticia Martín-Fuentes que lo más difícil de enseñar a hablar a una máquina son las ambigüedades. El ejemplo más divertido lo aportó el escritor Juan José Millás en un programa de la Cadena SER cuando contaba que Siri le llamaba Mañana porque la IA había entendido que lo que le pedía no era que hiciera una llamada telefónica (un intent –lo que el usuario quiere que haga la máquina– que seguramente no debía existir en su programación), sino que lo que le estaba solicitando es que cambiara la forma en que debía dirigirse a él.

«Los problemas más grandes provienen de que la máquina no sabe lo que es hablar, porque los humanos tampoco sabemos absolutamente todo lo que ocurre en el acto de habla. Pero la buena noticia es que, gracias a este desarrollo en la industria y en la investigación, cada vez estamos más cerca de ello».

IA, TIENES EXAMEN DE LENGUA

Santiago Muñoz Machado, actual director de la RAE, abogaba en una entrevista publicada conjuntamente en Archiletras y en Telos por que la inteligencia artificial hable «un español correcto, adecuado a las normas, que no lo diversifiquen ni lo fragmenten». En este sentido, la Academia ha impulsado junto con grandes empresas tecnológicas como Telefónica, Facebook, Microsoft, Google, Twitter y Amazon el proyecto LEIA (Lengua Española e Inteligencia Artificial). Con él, esas empresas se comprometen a velar por el buen uso del idioma siguiendo los criterios aprobados por la RAE y a que el español esté disponible como lengua de uso de sus productos y servicios.

Pero Martín-Fuentes no comparte con el director de la RAE ese miedo a la diversificación ni a quienes pronostican un empobrecimiento lingüístico. «A mí, en realidad, me da más miedo que con los asistentes virtuales la lengua tienda a la unidad y la homogeneidad, ya que las máquinas no poseen (de momento) la creatividad lingüística que tenemos los humanos, que nos lleva a crear nuevas palabras cada día». Basta pensar, dice, en los SMS y en cómo nos llevábamos las manos a la cabeza con la forma y el estilo en el que se escribían. «El legado que nos han dejado es un puñado de acortamientos y abreviaturas nuevas, así que, si hacemos balance, más bien hemos ganado algo».

El peligro real, sin embargo, podría estar en la falta de contenidos tecnológicos y científicos creados en español. Según el estudio El español, una lengua viva, de Daniel Fernández Vítores, profesor de la Universidad de Alcalá de Henares, realizado en 2018 para el Instituto Cervantes, el español es la segunda lengua más utilizada en redes sociales, pero ocupa el noveno lugar en las entradas de Wikipedia, por debajo de otras lenguas como el inglés, el alemán, el ruso o incluso el sueco.

Y eso, para expertos y periodistas como Arsenio Escolar, director de Archiletras, supone una amenaza para el futuro de nuestro idioma. «Hay un déficit de contenidos científicos, desde la medicina a la neurociencia, donde nos superan lenguas que en hablantes totales son muy inferiores, como, por ejemplo, el ruso o el alemán», afirmaba en un artículo de El Cultural. «Hay que intentar convencer a los científicos de que publiquen también en su lengua materna. Ese es el reto, y a ver si somos capaces de afrontarlo».

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

En ese sentido también se pronunció Muñoz Machado en la presentación del proyecto LEIA durante el acto de clausura del XVI Congreso de la Asociación de Academias de la Lengua (ASALE) que tuvo lugar en Sevilla a principios de noviembre. «Su lengua [la de las máquinas y la IA] tiende a diversificarse y hay que tomar medidas. La IA habla inglés, fundamentalmente, y tenemos que procurar que, poco a poco, el español coja una posición eminente en el mundo de la IA, pero también en el mundo general de las redes».

Mientras eso llega, Mario Tascón, presidente de la Fundéu, ve un problema derivado de esa falta de terminología en español para denominar nuevas realidades: la traducción y adaptación a nuestro idioma de esas palabras que no deja de crear la tecnología. «Un smart speaker es un altavoz inteligente, pero también es un micrófono con altavoz, ¿cómo lo traducimos?», se preguntaba en una entrevista para El País. «Nos cuesta, pero usamos sin problema los anglicismos crudos», concluía Martín-Fuentes. Sin embargo, ve más problemático que al estar escrita en inglés, esa documentación e información no pueda llegar a quienes no dominen ese idioma. «Además, el problema no es solo que la ciencia y la tecnología se estén documentando prácticamente en un idioma, sino que el procesamiento del lenguaje natural también tiende a trabajar únicamente en un idioma. Coincido con Rodrigo Agerri en que en español hacen falta corpus anotados al nivel de los que están disponibles en inglés; por ejemplo, sería estupendo poder descargar el CORPES o el CREA anotados, pero ahora mismo solo se pueden consultar».

Agerri es investigador en procesamiento de lenguaje natural y trabaja actualmente en el Centro para el Lenguaje Tecnológico de la Universidad del País Vasco. Fue uno de los participantes, junto con Leticia Martín-Fuentes, en el XIV Seminario de Lengua y Periodismo organizado por la Fundéu y la Fundación San Millán el pasado mes de octubre, que llevaba como lema El español y las máquinas: lenguaje, ética y periodismo.

Los corpus a los que hace referencia la lingüista computacional se crean a través del etiquetado de palabras y se incorporan parámetros para detectar ambigüedades, diferentes significados y usos. Esos corpus son la herramienta básica de la que se valen los lingüistas computacionales para entrenar a los sistemas de PLN. Y en opinión de Agerri, debido a que no existe ninguno de calidad en español, las herramientas acaban desarrollándose en inglés, puesto que en España no hay interés en desarrollarlos, ya que implica un proceso muy costoso.

«Todas esas aplicaciones necesitan elementos básicos para su desarrollo y en eso no estamos avanzando en el español, aunque debería ser una cuestión estratégica que nos afecta a todos», afirmó en el seminario. «Si no lo hacemos nosotros, lo harán otros, en China o Estados Unidos, y seremos tecnológicamente dependientes».

AMENAZAS DE CIENCIA FICCIÓN

Cada vez es más frecuente encontrar noticias en diarios cuyo autor no es humano. La existencia de robots periodistas está dejando de ser un fenómeno de la ciencia ficción para convertirse en una realidad. Dail Software, empresa española experta en inteligencia artificial, PLN y machine learning ha creado LeoRobotIA, una herramienta que nace de la colaboración entre expertos en IA, lingüistas computacionales y periodistas especializados en tecnología. Leo es capaz de escribir textos en lengua castellana de miles de palabras en milésimas de segundo partiendo de datos estructurados y convertirlos en escritos que sean perfectamente comprensibles para el lector.

«Con los datos que nos proporciona un proveedor, enseñamos a la máquina a escribir de fútbol, de smartphones, de coches, de resultados financieros… y le enseñamos a escribir, además, como quiere el cliente», explica Juan Carlos F. Galindo, cofundador de LeoRobotIA en el blog de Dail Software. Sus creadores presentan la herramienta como una ayuda al periodista y no como una amenaza, ya que le permitirá dedicar su tiempo a la creación de contenidos de valor, más creativos, dejando el rutinario análisis de datos, que es donde más efectivo se presenta Leo, en manos de esos robots.

Pero el miedo es libre y no todos lo ven de una manera positiva. ¿Llegarán estos sistemas de inteligencia artificial a sustituir a los humanos en la tarea de creación de textos? Leticia Martín-Fuentes no lo tiene tan claro. «Se necesitaría una máquina que no solo procesara datos estructurados, como ahora, sino que hiciera tareas complejísimas como leer entre líneas lo que quiere decir una persona, entender su actitud, tener una visión de cómo funciona el mundo… para que pudiera producir textos complejos de la misma forma que un periodista. Y para eso queda mucho, pero, por qué no, podría llegar».

Lingüística computacional: el español que hablarán las máquinas

Y ya puestos a imaginar, supongamos que un día los humanos desaparecen de este mundo y solo las máquinas habitaran la Tierra. ¿Seguirían ellas haciendo evolucionar los idiomas? ¿Acabaría el español estancado, sonando a circuito y metal? Como diría don Juan, cuán largo me lo fiais. Dependería, dice Martín-Fuentes, de cuánta creatividad humana hubiéramos conseguido enseñarles antes.

«A los lingüistas nos interesa el lenguaje humano, las innovaciones que las personas vamos introduciendo en la lengua, porque es donde se deja ver su funcionamiento interno». Esa clase de innovación, se pregunta, ¿nos interesa enseñársela a las máquinas?

«Y aunque nos interesara y lo hiciéramos, y pudiéramos hablar de creatividad real porque las máquinas hayan inventado sus propias normas nuevas, mucho descontrol tendríamos que tener sobre ellas para que los que las hayan programado no sepan a qué se debe esa innovación. Así que, resumiendo, puede que evolucionen en la misma dirección que si las hablaran también humanos, o en una distinta, dependiendo de lo que les enseñemos, pero creo que nunca serían objeto de estudio de la lingüística».

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]