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Le 25 janvier dernier, le ministre de l’Éducation nationale a pris un arrêté modifiant les modalités du concours externe au Capes pour différentes matières, dont la langue corse. Désormais, les coefficients donnent une part plus importante à la langue française.

Le 25 janvier dernier, le ministre de l'Éducation nationale a pris un arrêté modifiant les modalités du concours externe au Capes pour différentes matières dont la langue corse.

Le 25 janvier dernier, le ministre de l’Éducation nationale a pris un arrêté modifiant les modalités du concours externe au Capes pour différentes matières dont la langue corse.

« On commençait à aménager un espace de plus en plus digne pour la langue corse« , regrette Ghjiseppu Turchini, enseignant de langue et culture corses à Bastia.

Fervent défenseur de la langue corse, il reste circonspect face à l’arrêté du ministre de l’Éducation nationale, pris le 25 janvier dernier, fixant les nouvelles modalités au concours externe du Capes (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) pour différentes matières, dont la langue corse.

Le changement est majeur : une inversion des coefficients. Si jusqu’à présent il était de 7 pour la langue corse et de 4 pour le Français, à partir de 2022 le système de notation passe à un coefficient 4 pour la langue corse et 8 pour le Français.

« Cela nous donne l’impression que la compétence en langue devient secondaire. Comme si on disait : ‘si ce professeur ne donne pas de cours de langue, il fera autre chose’« , analyse Ghjiseppu Turchini.

« Des coups répétés de plus en plus forts »

Pour Romain Colonna, maître de conférences en sociolinguistique et en études corses, cet arrêté, couplé aux différentes réformes menées par Jean-Michel Blanquer relève d’une « remise en question de l’ensemble du système éducatif dédié à la langue corse« .

Car la réforme du bac défendue par le ministre de l’Éducation nationale a donné un coup dur à l’enseignement des langues régionales. Si la matière est prise en option par les lycéens [le plus gros des effectifs pour la langue corse] le coefficient passe de 2 à 0,6 alors que pour d’autres options, comme les langues anciennes, il reste le même. « Que ce soit au collège ou au lycée, les coefficients sont de plus en plus faibles et, par conséquent, les élèves s’inscrivent moins. Ce sont des coups répétés de plus en plus forts [envers l’enseignement du corse] et cela devient préjudiciable« , estime Ghjiseppu Turchini.

Fin d’une dynamique de progression ?

Les deux professeurs vont jusqu’à questionner le « rapport que l’on entretien avec cette langue dans la société.« 

C’est presque désabusé que Ghjiseppu Turchini évoque « la dynamique de progression de l’enseignement de la langue corse« , établi depuis peu dans les établissements scolaires du second degré dans l’île. « On commençait à convaincre de plus en plus d’élèves et maintenant on rogne le peu que l’on avait« , se désole l’enseignant.

S’il s’est battu en 1990, date de la création d’un Capes monovalant en langue corse, c’est en faveur de la « diversité » des langues dans la société. Un credo pour lequel il continuera de se mobiliser. « Nous sommes dans une société où le monolinguisme est dépassé. En plus d’apprendre la langue corse, on conserve aussi tout le patrimoine qui va avec« , lance-t-il.

Actuellement, en Corse, 108 personnes sont titulaires du Capes langue corse, seuls trois enseignants sont titulaires de l’agrégation.

 

[Photo : Martin Bureau / AFP – source : france3-regions.francetvinfo.fr]

Écrit par Alain Girodet

« Comment peut-on être persan ? », se demandait Montesquieu, ce à quoi Hitler, sans doute inconsciemment, répondait : Comment peut-on être juif ? »

C’est un peu la question sans réponse à laquelle se trouve confronté le triste héros quasi anonyme — un anonyme parmi les anonymes que malmena la barbarie nazie durant la Seconde Guerre mondiale — dans Les leçons persanes, le film de Vadim Perelman.

Parce qu’il a échangé un quignon de pain contre un vieil ouvrage persan, il va tenter d’échapper aux fusils nazis en reniant sa judéité pour se prétendre persan. Tout plutôt que mourir.

Le hasard veut qu’un officier du camp de travail se soit mis en tête d’apprendre le farsi. Il veut, après la guerre, rejoindre son frère à Téhéran pour y ouvrir un restaurant. Projet fou qui ne prend naturellement en compte que la victoire finale de la cause nazie. On lui amène l’homme qui se prétend persan, et l’officier lui offre des conditions de vie décentes à la condition qu’il lui enseigne la langue.

Et voilà notre homme contraint, pour survivre, d’inventer de toute pièce une langue dont il ne connaît, en tout et pour tout, qu’un seul mot, celui qu’il s’était fait traduire en obtenant son livre.

Tel Shéhérazade inventant des récits pour adoucir le Pacha, lui, le petit juif, invente une langue, toute une langue, une grammaire, une syntaxe, un vocabulaire.

Alors, se pose l’épineux problème d’inventer en se souvenant, de ne pas se prendre les méninges et les pieds dans ses propres mensonges, de demeurer cohérent dans le faux. Ainsi, le petit juif terrorisé se met à donner des leçons à l’officier de la Wehrmacht, la tête désormais en permanence farcie d’un farsi d’opérette.

Il ne lui reste pour solution que d’utiliser, mêler, transformer les noms de ses congénères, ces milliers d’humains qui défilent, travaillent, s’épuisent et meurent sous les coups des S.S. Leurs noms d’êtres humains rejetés et sacrifiés se feront langue vivante et symbole de vie.

Magnifique et magique métaphore de la Mémoire triomphant de la barbarie, ce film, étrange et fort, garde tout du long une sorte d’équilibre absolument parfait entre la farce grotesque et le récit d’édification tragique, entre le rire grinçant et la démonstration de l’horreur.

Son final ne peut que nous mener aux larmes.

Excellemment interprétée, toujours sensible et forte, proche de l’humain et de sa tragédie intime, cette magnifique parabole est un grand moment de cinéma.

Les leçons persanes, de Vadim Perelman, en salle le 31 mars 2021.

 

[Source : http://www.cultures-j.com]

 

Escrito por Alexandra Lucas Coelho

1. A duas portas da minha há lâmpadas de Casablanca, taças de Essaouira, bules, tapetes, sobretudo peles (cor de pele, carmim, esmeralda, laranja, azul-real), porque tudo o mais são trabalhos de longe e as peles o ofício do meu vizinho. De resto, esse longe fica muito perto deste extremo da Europa onde agosto tem um vento atlântico mas a forma de guardar o interior é mediterrânea.

2. Há oito anos que eu não vinha ao Algarve. O meu vizinho estava a coser uma sandália quando entrei no bazar dele (metade loja, metade oficina, mas bazar é o que está escrito no toldo). Falou-me em português com sotaque, não pensei que fosse marroquino, não tinha cara de árabe. Claro que não tinha cara de árabe porque era berbere, foi a primeira coisa que disse quando perguntei de onde vinha, sou berbere, só depois acrescentou que era de Casablanca. Perguntei se viviam muitos marroquinos aqui, e ele enumerou, um, dois, três, quatro, depois explicou, o meu sobrinho, a mulher dele e os dois filhos. Tudo porque certa noite lá em Marrocos conheceu um português daqui. Mas se calhar Portugal já lhe estava no sangue, sugeriu, contando como desde criança se sentia tão bem em Mazagão, entre os vestígios portugueses. Dizer Mazagão (em berbere) no lugar de El Jadida (em árabe) faz parte da corte. Todo o mercador é uma xerazade cosendo-nos na sua história. É ou era? Alguém ainda viaja para o Norte de África este verão? O medo vai só da Tunísia a Luxor ou começa logo em Casablanca?

Todo o mercador é uma xerazade cosendo-nos na sua história. É ou era? Alguém ainda viaja para o Norte de África este verão? 
3. Na véspera de conhecer o meu vizinho eu jantara com amigos no Barrocal, interior o bastante para brilharem estrelas, lua finíssima, alguém disse que aquele era o concelho de Portugal com mais moradores estrangeiros, e depois alguém falou nesse novo turismo de massa, o que antes enchia resorts na Tunísia, na Líbia. Só conheço os dois extremos do Norte de África, então não imagino bem os ex-resorts na Líbia, onde o mais difícil agora não é chegar e sim partir. Nessa tarde mesmo eu lera sobre os magrebinos, talvez berberes, torturados e mortos por traficantes e outras gangues líbias antes de chegarem à tortura e morte no Mediterrâneo.
4. Quando foi a última vez que esteve em Marrocos, perguntei ao meu vizinho, há três meses, respondeu. Percorre várias cidades, vem com tudo às costas, metais, loiças, tecidos, mas só trabalho bom, disse, sem deixar de coser. Nesse momento entrou uma rapariga com as sandálias que lhe comprara dias antes, ele cumprimentou-a em francês como se fosse uma velha amiga, ela disse-lhe em francês que tinha os pés frágeis, descalçou uma sandália, mostrou-lhe a ferida no dedo grande, ele exclamou, oh, vamos resolver isso, e trabalhou o couro para o alargar. Depois um rapaz encostou a bicicleta à porta, entrou, pôs em cima do balcão uma bolsa de couro escurecida do uso, disse-lhe que aquela bolsa era dali mesmo, mas agora queria uma correia para a usar a tiracolo, então o meu vizinho agarrou na fita métrica, mediu o rapaz do pescoço ao quadril, o rapaz perguntou se a alça seria cosida, ele disse, deixe isso comigo, amigo, o rapaz sorriu, e o orçamento, ele disse, depois vemos, marcou a entrega para dois dias depois, apertou-lhe a mão, e quando o rapaz saiu é que o meu vizinho contou como chegou aqui.
5. Primeiro saiu de Casablanca para Bagdad. Era a arabização em Marrocos, ele ia fazer o último ano do liceu em árabe, o árabe de Bagdad tinha uma reputação, meses depois começou a guerra Irão-Iraque, então ficou retido no racionamento da guerra. O segundo país em que morou foi França: Marselha, Avignon, Perpignan, a fazer o que calhava para ganhar dinheiro, porteiro, homem-a-dias. Segue-se uma longa temporada de Alemanha, uma mulher alemã, arredores de Frankfurt. E pelo meio aquela noite em Chefchaouen, um homem à chuva, português, daqui mesmo, abrigou-o, tomaram chá. Anos depois, a sua mulher alemã veio com uma bolsa para Lisboa e ele foi aprender português na Universidade Nova. Fazendo contas aos anos, é possível que nos tenhamos cruzado no pátio da faculdade.
6. Só faltava a cidade-natal do português à chuva, esta onde estamos e o vento se divide em pelo menos dois, ensinou-me entretanto um pescador (há o vento frio do Atlântico, que neste meio de agosto soprou a sessenta quilómetros por hora, e há o vento quente marroquino, o do deserto, de que ainda estou à espera). Quando o meu vizinho aqui pôs o pé achou que podia ficar, e isso já foi há tempo bastante para parte da família também ter vindo. Hoje mora por trás do bazar, o que quer dizer que sai de casa às nove para estar às nove no trabalho, o que não tem preço, diz. Fala berbere, árabe, francês, inglês, alemão e português, não mencionou espanhol, mas aposto que também. Enquanto entravam e saíam turistas ouvi-o dizer, há que aproveitar só as partes boas, ou então, não há experiência má, ou então, a religião é uma coisa íntima. No caso dele, no fim das frases por vezes diz, se deus quiser, assim em português.
7. Só depois de tudo isto falámos do “Estado Islâmico”, que acabava de decapitar o arqueólogo octogenário responsável por Palmira. Não falámos sobre isso, o arqueólogo, Palmira, mas sobre o “Estado Islâmico” em geral. O meu vizinho acha que o “Estado Islâmico” é uma criação de quem o armou, porque o mundo não é realmente governado pelos governos e sim por poderes paralelos, como o mercado de armas. E como explicar os voluntários vindos de todo o mundo, perguntei, lavagem cerebral, respondeu, porque as pessoas são fracas, vejo todos os dias aqui como é fácil manipulá-las, em meia hora vão atrás de alguém. E, talvez porque eu continuava em silêncio, repetiu, as pessoas são fracas.
8. Na manhã seguinte, passei a cumprimentar, disse-lhe que o meu trabalho era escrever, perguntei se podia escrever sobre ele sem dizer o nome. Ele disse que sim. Depois, na manhã seguinte a essa chamou-me quando lhe acenei da rua, e quando entrei escreveu no cartão o seu email para que lhe mandasse o que ia escrever antes de publicar. Já sabia o meu nome completo, e onde escrevia, tinha amigos, tudo se sabe, disse. Portanto, a última frase desta crónica, enquanto o sino toca entre os pinheiros, é para dizer que ela será mostrada ao vizinho.

 

 

[Fonte: http://www.publico.pt]

 

Escrito por Anel Torres

Felipe de Jesús Pedro Zarate y Hernán Narciso Ronquillo son dos jóvenes de origen chinanteco, de San Lucas Ojitlán, quienes crearon la aplicación Gente de Palabra Antigua, la cual realiza la traducción del chinanteco al español.

Dicha aplicación ya se encuentra disponible en la Play Store desde el pasado seis de diciembre, alcanzando varias descargas y que en los últimos días tomó fuerza por la difusión que se le da en diferentes medios de comunicación.

En una entrevista transmitida por la radiodifusora XEOJN La Voz de la Chinantla, los jóvenes explicaron que la aplicación se generó tras participar en un concurso que fue convocado por el COBAO; desde el 2019 trabajan en él y han participado en diferentes concursos a nivel regional y estatal para subsidiar los gastos que genera.

Durante su desarrollo contaron con el apoyo de su asesor de proyecto, Sixto González Rey, y otros colaboradores que lo apoyan en la traducción de las palabras y audios que vienen en la aplicación, Rosa

María Montero, Eleuterio Baltazar y Claudia Cabrera.

Hernán destacó que tras dar a conocer la aplicación notaron un impacto positivo, ya que muchas personas se muestran interesadas por aprender la lengua, lo que se refleja en las más de 2 mil descargas hasta esta semana.

Mismas que se focalizan en el país y algunas en Estados Unidos, Alemania, Canadá Japón e Irak. Cabe destacar que la aplicación es totalmente gratuita, con el objetivo de que todas las personas tengan acceso a ella, ya que la meta principal de este proyecto es divulgar y preservar sus raíces.

Los interesados pueden entrar en a la Play Store y buscar Gente de palabra antigua, donde aparecerá el traductor, mismo que es fácil de instalar en cualquier aparato Android. Felipe de Jesús enfatizó que hasta el momento no cuentan con el apoyo de ninguna institución gubernamental, sin embargo se encuentran revisando algunos programas para participar en ellos y acceder a recursos para continuar con los proyecto.

Actualmente buscan acceder a convocatorias emitidas por el INPI.

 

[Fuente: http://www.nvinoticias.com]

Sur fond blanc, il y a écrit une insulte en russe, sa traduction littérale anglaise et la bonne traduction, et la prononciation russe

Capture d’écran du compte Instagram Curselikearussian [1]. Sur fond blanc, il y a écrit une insulte en russe, sa traduction littérale anglaise, la bonne traduction et la prononciation russ.

Écrit par Filip Noubel – traduit par Ophélie Guenaud

[Sauf mention contraire, tous les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

Essayer de jurer dans une langue que vous ne parlez pas couramment peut être compliqué [2], mais pour ceux qui veulent prendre le risque, il existe désormais un compte Instagram [3] qui apprend aux anglophones à jurer en russe.

curselikearussian [3] s’est proposé d’enseigner aux utilisateurs l’usage du « мат [4] [fr] », qui désigne cette véritable mine de jurons en russe et dans d’autres langues slaves. Le terme « мат » provient de l’expression russe « Ёб твою мать », qui signifie « n**** ta mère ».

Bien que largement utilisé au quotidien, мат a été passé sous silence pendant l’ère soviétique, puis accepté à nouveau après la chute de l’URSS en 1991. Ce concept a fait l’objet de nombreuses études par des universitaires et des lexicographes. En Russie, l’utilisation de мат a été interdite dans les espaces publics en 2014, sous l’article 20.1.1 [5] [ru] du Code des infractions administratives [6], qui considère cette pratique linguistique comme une forme de hooliganisme, et impose des amendes ou des arrestations administratives aux contrevenants. Cela signifie en grande partie que les cas de мат sont censurés dans les films, à la télévision et à la radio, et dans les débats ou discours publics.

Rien de tout cela n’a empêché le blasphème de prospérer en Russie et dans d’autres contextes multilingues : les locuteurs du kirghiz, par exemple, utilisent les injures russes dans des conversations en langue kirghize, juste pour le style.

Dans un entretien avec Global Voices, les créateurs de curselikearussian [3], la journaliste russe Elmira Kuznetsova et le dessinateur de BD et de dessins animés Jess Pollard, ont déclaré que leur but était d’honorer la richesse et la créativité des injures russes, mais aussi de souligner leur complexité. Kuznetsova explique comment tout a commencé :

Jess is learning Russian and one night I was trying to translate to her the Russian curse “На хую я вертел.” The phrase translates as “I don’t care” but the literal meaning is “I spun it on my dick”. Just for laughs, Jess drew a sketch depicting random things being spun on male genitalia. We laughed so hard both at the image and at the absurdity of the literal translation, we decided to make more illustrations. This turned into a comic magazine that we called “An Illustrated Treasury of Russian Curses” that was printed in a batch of 50 copies and sold to our friends.

Jess apprend le russe et un soir j’essayais de lui traduire l’injure russe « На хую я вертел.» L’expression se traduit comme « j’en ai rien à foutre », mais le sens littéral est « Je l’ai fait tourner sur ma bite ». Juste pour rire, Jess a dessiné un croquis illustrant des choses au hasard tournant sur les organes génitaux masculins. Cela a fini en BD que nous avons appelée Un trésor illustré des injures russes et que nous avons imprimée en 50 exemplaires et vendu à nos amis.

Ils ont créé le compte Instagram [3] en octobre 2020 pour faire la promotion du fanzine. Ensuite, encouragés par des amis et collègues, ils se sont mis à ajouter des choses à leur collection. Le compte a désormais plus de 50 000 abonnés.

À la question de savoir quelles étaient ses expressions préférées, Pollard a répondu :

My Russian teacher explained that “Я скучаю по тебе” does mean I miss you, but it is also connected to the word “bored”: in a way, we are almost saying “I have lost my zest for life without you.” While learning Russian has resulted in many laughs, I also find it an extremely beautiful and complex language.

Ma professeur de russe m’a expliqué que « Я скучаю по тебе » veut bien dire « Tu me manques », mais c’est également lié au verbe « s’ennuyer » : d’une certaine façon, c’est comme si on disait « J’ai perdu goût à la vie sans toi. » Même si mon apprentissage du russe a provoqué beaucoup de rires, je trouve également que c’est une langue très belle et complexe.

Pour Kuznetsova, la meilleure insulte russe est « сказочный долбоёб », qu’elle traduit comme « un merveilleux branleur ». Elle aime également cette expression car elle a fait l’objet de plusieurs procès ridicules en Russie.

Interrogés sur leurs stratégies face au défi de traduire des expressions très idiomatiques, Kuznetsova et Pollard ont répondu :

We go with the most literal, word-by-word translation of the curse. So there’s no need to borrow. The process is usually pretty quick, although there are cases when even basic words or grammatical constructions in Russian require some adaptation to retain their meaning in English. Once we were stuck for an hour working on the phrase “Хуем груши околачивать”. We couldn’t decide whether it was “to knock off” or “to knock from” that preserved the meaning of the verb better. The consensus was reached only after a Canadian friend with a Master’s degree in English was invited to join this most heated discussion.

Nous utilisons la traduction la plus littérale, mot-à-mot, de l’insulte. Donc pas besoin d’emprunter. D’habitude, le processus est plutôt rapide, bien qu’il existe des expressions ou même des mots simples ou des constructions grammaticales en russe qui demandent une certaine adaptation pour garder le sens en anglais. Une fois, on est restés bloqués une heure sur l’expression « Хуем груши околачивать ». On n’arrivait pas à choisir entre « to knock off » ou « to knock from » pour préserver au mieux le sens du verbe. Nous sommes parvenus à un accord seulement après avoir invité un ami Canadien titulaire d’un master en anglais à prendre part à cette discussion animée.

Pollard a remarqué que les traductions peuvent combiner à la fois des éléments linguistiques et visuels :

There are so many aspects to consider when translating: flow, comedy, meaning, and the emotional aspect. The illustrations are themselves a kind of translation that supports the phrase. Should this character look happy? Angry? Amazed? A further layer is added when we connect the two languages together: sometimes curse translations can be “supported” by existing English phrases, as in the case of “whackerfucker” (which mirrors the construction of “motherfucker.” This is why we chose to not add a dash between “whacker” and “fucker.”) While this makes the translation both accurate and easily understandable to English speakers, some of our Russian fans were convinced “whackerfucker” is a real English word. Perhaps, the translation was too good… This is the most swearing I’ve ever done in an interview. My hands are shaking!

Il existe tellement d’éléments à prendre en compte quand on traduit : le flux, l’humour, le sens, et l’aspect émotionnel. Les illustrations sont elles-mêmes une sorte de traduction qui appuie l’expression. Ce personnage devrait-il avoir l’air heureux? énervé? émerveillé? Une couche de plus s’ajoute quand on fait le lien entre les deux langues : parfois, la traduction d’injures peut être « soutenue » par des expressions anglaises existantes, comme c’est le cas pour « whackerfucker » [branleur] (qui reflète la construction de « motherfucker » [fils de pute] C’est pourquoi on choisit de ne pas ajouter de tiret entre « whacker » et « fucker».) Tandis que cela rend la traduction à la fois exacte et facile à comprendre pour les locuteurs anglophones, certains de nos fans Russes étaient convaincus que « whackerfucker » était un vrai mot anglais. Peut-être que la traduction était trop bonne… Je n’ai jamais autant juré dans une interview. Mes mains tremblent!

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/01/26/261058/

URLs dans ce post :

[1] Curselikearussian: https://www.instagram.com/p/CG6f1KXnMZh/

[2] compliqué: https://www.babbel.com/en/magazine/why-swearing-in-a-different-language-is-so-unsatisfying

[3] compte Instagram: https://www.instagram.com/curselikearussian/

[4] мат: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mat_(russe)

[5] 20.1.1: https://ru.wikipedia.org/wiki/Русский_мат#Ответственность_за_употребление_мата

[6] Code des infractions administratives: https://en.wikipedia.org/wiki/Code_of_the_Russian_Federation_on_Administrative_Offenses

[7] A post shared by Chto, blya? (@curselikearussian): https://www.instagram.com/p/CIzh48-Hick/?utm_source=ig_embed&utm_campaign=loading

 

Publié en deux volumes à Madrid, Don Quichotte de Cervantes (1547-1616) conquiert l’Europe après avoir été traduit en anglais, en français et en italien. L’engouement pour ce roman ne cesse de croître au fil des siècles. De l’avis de certains, il s’agirait du roman le plus lu et le plus traduit au monde.

ActuaLitté

Publié par Marie Lebert

Le titre du premier volume dans sa version originale en castillan (qui deviendra l’espagnol) est El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha, publié en 1605 par Juan de la Cuesta, imprimeur de son métier. Le titre du deuxième volume est El ingenioso caballero Don Quijote de la Mancha, publié dix ans plus tard par le même éditeur.

Cervantes n’aura de cesse d’avoir des difficultés financières au cours de sa longue et aventureuse existence, même avec la célébrité que lui apporte son Don Quijote, preuve que les challenges liés au métier d’écrivain ne datent pas d’hier.

Ses éditeurs n’ont pas le même souci. Le roman aurait été publié une trentaine de fois dans sa langue originale au XVIIe siècle, une quarantaine de fois au XVIIIe siècle, environ deux cents fois au XIXe siècle et au moins trois cents fois au XXe siècle.

Les aventures du chevalier errant sont disponibles en anglais dès 1612, en français dès 1614 et en italien dès 1622.

Shakespeare a-t-il lu Cervantès ?

La traduction de Thomas Shelton est publiée à Londres en 1612 (pour le premier volume) sous le titre The History of the Valerous and Wittie Knight-Errant Don Quixote of the Mancha. Shakespeare a-t-il lu cette traduction avant son décès le 23 avril 1616 (le lendemain du décès de Cervantes) ? On l’espère. Thomas Shelton traduit aussi le deuxième volume, publié en anglais en 1620.

Suit une traduction en français. Le premier volume, traduit par César Oudin, paraît à Paris en 1614 sous le titre L’ingénieux don Quixote de la Manche, un titre plus sobre que le titre anglais, une fois n’est pas coutume. Le deuxième volume, traduit cette fois par François de Rosset, paraît en 1618.

Vient ensuite une traduction en italien par Lorenzo Franciosini de Castelfiorentino, sous le titre L’ingegnoso cittadino don Chisciotte della Mancia, publié à Venise en 1622 pour le premier volume et en 1625 pour le deuxième volume.

Suivent des traductions en allemand et en hollandais, toujours au XVIIe siècle, en danois, en polonais, en portugais et en russe au XVIIIe siècle, et dans de nombreuses langues aussi bien majeures que minoritaires aux XIXe et XXe siècles.

Certains mettent la barre très haut, par exemple l’écrivain russe Alexandre Pouchkine, nous raconte Wikipédia. Au lieu de lire une traduction de « Don Quichotte » en russe, il décide d’apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les aventures du chevalier errant dans leur version originale.

Voir aussi notre enquête approfondie sur les tribulations éditoriales de “Don Quijote”.

[Source : http://www.actualitte.com]

 

 

François Rabelais, premier des très grands écrivains de langue française, fut d’abord et aussi un médecin de bonne réputation…

Écrit par Camille Vignolle

Un moine turbulent

L’écrivain naît à la Devinière, dans le val de Loire. Cette métairie de la ravissante campagne de Chinon se situe « à deux portées de fusil » de l’abbaye bénédictine de Seuilly, une dépendance de l’abbaye de Maillezais (Bas-Poitou).

C’est là que François Rabelais va entamer de longues études monastiques. Elles vont le dégoûter à tout jamais de l’enseignement scolastique décadent du Moyen Âge finissant.

Devenu moine au couvent franciscain de Fontenay-le-Comte, en 1520 (il a déjà 26 ans), il découvre avec bonheur les auteurs de l’Antiquité et correspond avec l’humaniste Guillaume Budé. Mais les franciscains, à l’instigation de la Faculté de théologie de Paris (la Sorbonne), interdisent l’apprentissage du grec. Ils retirent à Rabelais ses livres.

Le moine, dépité, change d’ordre et passe chez les bénédictins grâce à la protection de l’évêque Geoffroy d’Estignac. Il entre à l’abbaye de Maillezais puis suit son protecteur jusqu’à Rome.

En 1528, alors âgé de 35 ans, il se rend à Paris où il loge rue Saint-André-des-Arts et fréquente l’université. Il jette son froc aux orties et prend l’habit de prêtre séculier. Désormais libre de ses mouvements, il entame un tour de France et étudie la médecine dans les livres. C’est ainsi qu’il se fait immatriculer le 17 septembre 1530 à la très réputée Faculté de médecine de Montpellier. Devenu docteur en médecine, il s’illustre comme professeur à l’Hôtel-Dieu de Lyon.

Connu comme humaniste (dico) autant que comme médecin, Rabelais correspond avec le célèbre Érasme et se lie avec Étienne Dolet. Mais ces nourritures spirituelles ne compensent pas la médiocrité de son revenu de professeur (quarante livres par an).

Une oeuvre littéraire tardive

Un jour, le savant découvre sur un marché un roman à succès : Les Grandes chroniques du grand et énorme géant Gargantua. L’idée lui vient d’écrire une suite à ce récit qui semble très bien se vendre, et ainsi d’arrondir ses fins de mois.

C’est ainsi qu’à près de 40 ans, l’humaniste publie les Horribles et Espouvantables Faicts et Prouesses du très renommé Pantagruel, roy des Dipsodes, fils du grant Gargantua sous le nom d’Alcofribas Nasier (un anagramme de François Rabelais).

Son livre, qui se veut seulement drôlatique, est mis en vente le 3 novembre 1532 à la foire de Lyon. Il recueille de suite un grand succès auprès du public populaire.

L’auteur est comblé. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, voilà que son nouveau protecteur, l’évêque de Paris Jean du Bellay, oncle du poète Joachim du Bellay, est envoyé par le roi François Ier en ambassade auprès du pape. Il engage Rabelais en qualité de médecin personnel. L’humaniste entreprend ce deuxième voyage à Rome avec plein d’enthousiasme.

Gargantua et la « la substantifique moelle »

À son retour à l’Hôtel-Dieu de Lyon, Rabelais se met à l’écriture d’un nouveau livre : La Vie très horrifique du grant Gargantua, père de Pantagruel.

Comme le précédent, publié deux ans plus tôt, ce livre est une énorme farce, « pource que rire est le propre de l’homme ». Il est écrit dans un style parlé inhabituel pour l’époque. Il est également servi par une langue d’une richesse incomparable où l’auteur réussit la synthèse des parlers populaires et de sa propre érudition.

C’est aussi une critique acérée des mœurs éducatives, politiques et religieuses de son temps. Et l’auteur lui-même nous invite à dépasser le stade de la farce, « mordre l’os et sucer la substantifique moelle ».

À la fin de Gargantua, l’humaniste développe l’utopie d’une éducation libérée de toute contrainte en faisant la description de l’abbaye idéale de Thélème dont la devise est : « Fays ce que voudras ».

La Sorbonne contre Rabelais

La publication de Gargantua survient en pleine « affaire des placards ». Le roi François 1er, indigné que des protestants aient pu placarder des protestations antipapistes jusque sur la porte de sa chambre, sévit contre les impudents. La Sorbonne en profite pour dénoncer et pourchasser les esprits anticonformistes.

Rabelais, prudent, s’éloigne de Lyon et se rend auprès de l’évêque de Maillezais. Puis il retrouve à Lyon l’évêque Jean du Bellay et en profite pour un nouveau voyage en Italie.

Gargantua et Pantagruel l’ont entre-temps rendu célèbre. Toujours prudent, l’auteur réédite ses livres en les expurgeant de quelques tournures ironiques à l’adresse des théologiens de la Sorbonne (Sorbonicole par exemple)… Mais ne voilà-t-il pas qu’Étienne Dolet, devenu imprimeur à Lyon, les réédite de son côté avec lesdites tournures !

Rabelais, qui n’a cure du martyre, désavoue l’initiative et se fâche avec son ami. Ses deux livres n’échappent pas malgré tout à une condamnation par la Sorbonne le 2 mars 1543. Ils sont inscrits l’année suivante sur la première liste de livres interdits, l’Index de la Sorbonne !

Après quelques pérégrinations, l’auteur publie en 1546 Le Tiers Livre, un ouvrage plus recherché que les précédents dans lequel il raconte le projet de mariage de Panurge et disserte longuement sur les femmes et le mariage. L’ouvrage est à son tour condamné et Rabelais doit s’enfuir cette fois à Metz.

Après la tempête, il retrouve le cardinal Jean du Bellay pour un quatrième voyage à Rome et, au retour, à Lyon, publie le Quart Livre. Ce sera le dernier de ses livres. C’est l’époque où l’on se passionne pour la recherche d’un « passage du Nord-Ouest » qui permettrait de gagner la Chine en contournant le continent américain. Le Quart Livre en est une parodie. Il raconte la quête par Pantagruel de la Dive Bouteille qui contient la réponse au projet de mariage de son ami Panurge !

Le cardinal Jean du Bellay octroie à Rabelais, toujours à court d’argent, les revenus de deux cures, Saint-Martin de Meudon, près de Paris, et Saint-Christophe-du-Jambet, près du Mans. Rabelais poursuit par ailleurs l’exercice de la médecine mais il perd ses cures en 1551 et finit sa vie dans l’oubli et la solitude deux ans plus tard, dans sa maisonnette des environs de Paris.

D’une personnalité attachante, curieux et avide de voyages, non dépourvu de courage, François Rabelais est un parfait représentant de la Renaissance, contemporain des poètes Clément Marot, Pierre Ronsard, Joachim du Bellay.

À la différence des autres humanistes de son temps, comme Guillaume Budé et Érasme, c’est en français et non en latin qu’il a choisi de s’exprimer.

 

[Source : http://www.herodote.net]

Eleanor Marx (1855-1898) parle couramment plusieurs langues. Elle est traductrice de l’allemand, du français et du norvégien vers l’anglais. Elle a traduit non seulement les œuvres de son père Karl Marx, mais aussi d’autres œuvres politiques et littéraires. Elle est notamment la première traductrice de Madame Bovary en anglais..

ActuaLitté
Écrit par Marie Lebert

Née à Londres et connue dans sa famille sous le nom de Tussy, elle est la fille cadette de Karl Marx et joue souvent dans le bureau de son père pendant qu’il écrit le Capital, texte fondateur du marxisme.

Selon Rachel Holmes, la biographe d’Eleanor Marx, l’intimité de Tussy avec Marx pendant l’écriture du Capital est le prélude d’une connaissance approfondie de l’histoire économique, politique et sociale britannique dès son plus jeune âge. Tussy et le Capital grandissent ensemble, écrit sa biographe dans Eleanor Marx : A Life (Bloomsbury, 2014).

Eleanor Marx devient la secrétaire de son père à l’âge de 16 ans et l’accompagne dans ses conférences à travers le monde. Elle traduit certaines parties du Capital de l’allemand vers l’anglais. Elle révise les traductions des conférences de Marx sur le profit capitaliste et les salaires des travailleurs pour que celles-ci soient publiées dans ses livres. Après la mort de Karl Marx en 1883, elle publie les manuscrits inachevés de son père puis l’édition anglaise du Capital en 1887.

Elle rencontre le socialiste révolutionnaire français Prosper-Olivier Lissagaray, qui a fui en Angleterre après avoir participé à la Commune de Paris en 1871. Elle traduit en anglais son Histoire de la Commune de 1871 (History of the Paris Commune of 1871), avec publication de l’édition anglaise en 1876. Elle participe à la fondation de l’Internationale ouvrière à Paris en 1889.

Elle est l’auteure d’écrits politiques, seule ou avec le marxiste anglais Edward Aveling, et elle traduit aussi des œuvres littéraires, par exemple Madame Bovary, roman de Flaubert, dont elle assure la première traduction en anglais, publiée en 1886.

Elle apprend expressément le norvégien pour traduire en anglais les œuvres du dramaturge Henrik Ibsen. Elle traduit par exemple Un ennemi du peuple ( An Enemy of the People) en 1888 et La Dame de la mer (The Lady from the Sea) en 1890.

Elle se suicide à l’âge de 43 ans après avoir découvert qu’Edward Aveling, devenu son compagnon, a secrètement épousé une jeune actrice l’année précédente.

[Source : http://www.actualitte.com]
Ce n’est pas évident de lire l’hébreu, d’autant plus que généralement les textes sont écrits sans les points ou les traits qui indiquent les voyelles (titre du journal Haaretz)  

Ce n’est pas évident de lire l’hébreu, d’autant plus que généralement les textes sont écrits sans les points ou les traits qui indiquent les voyelles (titre du journal Haaretz)

Un groupe de nouveaux immigrants a gagné la cinquième édition de Great Minds Hackathon du collège technologique de Jérusalem avec un logiciel devant faciliter l’apprentissage de l’hébreu. Cent étudiants en ingénierie et en gestion d’entreprise ont participé à cet événement virtuel qui a duré deux jours. Les étudiants sont tous des ultra-orthodoxes – de même que les participants du Hackathon auquel des entreprises comme Amazon Web Services, Elbit Systems et Ex Libris ont lancé de véritables défis en leur présentant des tâches à accomplir.

L’équipe gagnante était composée de quatre immigrants en provenance des États-Unis et du Canada. La technologie qu’ils ont développée permet, d’une part, de corriger automatiquement des textes écrits en hébreu, par exemple sur son portable, et d’autre part elle facilite la lecture de l’hébreu en faisant des propositions de voyelle.

L’autre idée a été la présentation d’un logiciel pouvant être téléchargé par les services d’ambulance et permettant d’enregistrer les symptômes des patients et ainsi de poser un diagnostic potentiel permettant de choisir l’hôpital le mieux adapté au traitement de ces symptômes. Les étudiants ont eu l’idée de ce logiciel en réponse à un défi lancé par Amazon Web Services. Le représentant de l’entreprise avait en effet pu observer avec son propre père à quel point le traitement adéquat est important en cas d’attaque cérébrale et qu’il est parfois préférable de transporter le patient à l’hôpital le mieux à même de le traiter plutôt qu’à l’hôpital le plus proche.

 

Autres informations :
Un logiciel pour l’apprentissage de l’hébreu remporte l’Hackaton (en anglais), Israelnationalnews
https://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/293398

[Source : http://www.israelentreleslignes.com]

Placa en el edificio administrativo de la comunidad karaim de Trakai (Lituania) con inscripciones en karaim (arriba) y lituano (abajo), y el escudo de armas de los karaim. Foto del autor

 

Escrito por Filip Noubel  – traducido por Gabriela Garcia Calderon Orbe

Se estima que los idiomas turcos [1] tienen unos 200 millones de hablantes en países y territorios que se extienden desde Siberia, China, Asia Central hasta Turquía, el Oriente Medio y los Balcanes.

Pero quizás sorprendentemente, hay uno que vive en el corazón de Europa. El karaim todavía se habla en pequeñas comunidades de Lituania, Polonia y Ucrania, pero por poco tiempo. Según Ethnologue [2], tal vez hay menos de cien hablantes de karaim en todo el mundo.

Históricamente, la lengua karaim era la lengua vernácula del pueblo karaim, grupo etnorreligioso que practica una variante del karaísmo [3], una fe cercana pero distinta de las formas principales del judaísmo. Los orígenes del pueblo karaim son ampliamente debatidos; a principios del siglo XX, su líder, Seraya Shapshal [4], propuso la teoría de que los karaim eran de origen turco. En parte sobre esta base, los karaim se salvaron del destino de sus vecinos judíos durante la ocupación nazi de Lituania.

Para hacer esta historia aún más compleja, no todos los que practican el judaísmo karaíta son de origen étnico karaim, ni son hablantes de karaim. En este sentido, el karaim es sociolingüísticamente similar a las lenguas judías como el ladino [5], el judeo-tayiko [6] y el yiddish [7], que contienen muchas palabras hebreas pero no forman parte de la familia de las lenguas semíticas.

Lituania alberga una de las mayores comunidades de karaims, cuyo nombre significa “los que leen [8]“. Se estima que unos 300 karaims se han establecido aquí desde el siglo XIII [9], muchos en la antigua ciudad fortaleza de Trakai. Actualmente se les reconoce como una de las minorías nacionales [10] de Lituania.

Para saber más sobre el estado actual del karaim y sus posibilidades de supervivencia, hablé con Romuald Čaprockij, uno de los pocos hablantes nativos de karaim que quedan. Čaprockij, sinólogo, lingüista y traductor, tiene su sede en la capital lituana de Vilnius.

Romuald Čaprockij (derecha) en Trakai, Lituania. Foto del autor

Filip Noubel (FN): ¿Puedes explicar el origen del karaim? 

Ромас Чапроцкис (РЧ): Караимский язык (къарай, карай тили; karaj tili) – относится к кыпчакско-половецкой подгруппе тюркских языков. Исторически караимский язык использовался носителями на Украине – в Луцке, в Галиче Львовской области и в Крыму,  в Литве (Вильнюс, Паневижис, Тракай) и в Польше. Генетически связывают караимов с той частью тюркоязычных хазар, которые исповедовали иудаизм караитского толка. 

Караимский язык имеет три диалекта: крымский, который полностью совпадает со средним (орта йолакъ) диалектом крымскотатарского языка, за исключением иудаизмов, тракайский (диалект литовских караимов) и галицко-луцкий (галичский).

Все диалекты караимского языка использовались в трёх регистрах: 1) разговорный язык; 2) литературный язык; 3) книжный язык — язык переводов Библии [11]. Библия переводилась на караимский язык до 19 в., а печатный перевод Танаха [12] появился впервые в 1841 г. в Гезлёве (Евпатория [13]). На всех диалектах караимского языка имеется обширная литература, включая периодические издания. Караимский язык ранее пользовался еврейским алфавитом [14], затем — латинским. В последние столетия (в русскоязычных изданиях) использовался русский алфавит.

Караимский язык содержит значительное количество слов, характерных только для древних тюркских языков. Поэтому, для обогащения словарного запаса турецкого языка в 1924 г. по инициативе президента Турции Мустафы Кемаля Ататюрка специально созданная комиссия, Türk Dil Kurumu, прибыла в Тракай, а результатом работы данной комиссии было введение 330 караимских слов в турецкий академический словарь.

Первые знания о караимском языке появились в Европе в XVII веке. Уже на рубеже XVI-XVII веков немецкий востоковед пастор Буксторф впервые сообщил, что крымские караимы читали Ветхий Завет на тюркском языке.

Romuald Čaprockij (RČ): El karaim, llamado къарай, карай тили o karaj tili en karaim es un idioma turco del subgrupo kipchak-polovets. Históricamente, se hablaba en Lutsk y Galich en la región de Lviv de Ucrania, en la península de Crimea, en Lituania (en las ciudades de Vilnius, Panevėžys y Trakai) y en Polonia. Genéticamente, los karaim están conectados con kazares de habla turca que practicaban el judaísmo karaíta.

Hay tres dialectos karaim: el de Crimea, que es similar al dialecto medio de la lengua tártara de Crimea, excepto por las palabras relacionadas con el judaísmo; el dialecto trakai (tal como lo hablan los karaim lituanos), y el dialecto karaim gallego.

Todos los dialectos karaim se han utilizado en tres registros diferentes: como lengua hablada, como lengua literaria y como lengua religiosa para la traducción de la Biblia. En el siglo XIX la Biblia ya había sido traducida al karaim, mientras que la primera traducción de la Biblia [11] en tanakh [12] o hebreo se hizo en 1841 en Yevpatoria [13], Crimea. Se puede encontrar una gran cantidad de literatura impresa en todos los dialectos de karaim, incluidas publicaciones periódicas. Antes, el karaim utilizaba el alfabeto hebreo [15], y luego el latino. En el último siglo, el cirílico también se usó para el contenido impreso en Rusia.

El karaim contiene una cantidad significativa de palabras que son típicas de los antiguos idiomas turcos. Por eso, cuando en 1924 el presidente turco Mustafa Kemal Atatürk fundó la comisión Türk Dil Kurumu para enriquecer el vocabulario de la nueva lengua turca, sus especialistas visitaron Trakai y terminaron añadiendo 330 palabras karaim al diccionario académico de turco.

Las primeras menciones del karaim aparecieron en Europa en el siglo XVII. A finales del siglo XVI y principios del XVII, el pastor y orientalista alemán Johannes Buxtorf [16] fue el primero en señalar que los karaim de Crimea leían el Antiguo Testamento en un idioma turco.

Este video en ruso detalla la herencia cultural de los karaim de Crimea, incluida su vestimenta, arquitectura y comida:

FN: ¿Cuál es la situación actual del karaim en Lituania? ¿Qué esfuerzos se están haciendo para salvar el karaim?

РЧ: С 2002 года традиционно в июне или в июле проводится летняя школа караимского языка и культуры в Тракай. На школу собираются караимы не только из Литвы, но и представители из других стран Европы, главным образом из Польши, Украины, России. Караимскому языку уделяется очень мало внимания и времени. Отсутствие надлежащих пособий, методов преподавания и другие причины, полнейшая немотивированность – не дали ощутимых результатов по развитию и сохранению караимского языка. На сегодняшний день живым считается тракайский диалект на котором и ведутся занятия по языку во время летней школы. Примечательно и то, что с конца 80-х и начала 90-х годов попытки организовывать воскресные школы или же индивидуальные занятия с носителем языка не увенчались успехом. В настоящее время отмечено немногим более 20 носителей родного языка в разной мере или по уровню владения в Литве. Язык не сохраняется, и  никакие меры ни кем не принимаются. Язык не исследуется, а состояние дел с К.Я. Вообще не обсуждается общиной. Одной из последних работ по караимскому языку является учебник караимского языка “Mien karajče ürianiam”, изданный в 1996 году и составленный покойным председателем литовской караимской общины Миколасом Фирковичюсом. Недавно также перевели Маленького Принца Антуана де Сент-Экзюпери на караимский язык. [17]

Конечно на караимском языке всё ещё ведутся богослужения в Кенасах в Тракай либо в Вильнюсе где читаются молитвы. Но понимающих суть слов увы можно сосчитать на пальцах, так как молитвенный язык имеет его литургическое содержание, а не разговорную речь.

: Cada junio y julio desde 2002, se ha realizado en Trakai una escuela de verano de lengua y cultura karaim. Asisten karaims de Lituania, Polonia, Ucrania, Rusia y otros países europeos. Pero se dedica poco tiempo al karaim. La falta de material didáctico y de motivación tiene resultados visibles cuando se trata del desarrollo y la protección del idioma karaim. Hoy en día el dialecto vivo es el de Trakai, que se utiliza durante la escuela de verano. Es interesante observar que los intentos que se remontan a finales de la década de 1980 y principios de la década de 1990 de organizar escuelas dominicales o clases individuales con hablantes nativos han fracasado. Hoy en día quedan unos 20 hablantes nativos en Lituania. La lengua no se mantiene y no se toman medidas [para preservarla]. No se está investigando y la comunidad no discute el estado de la lengua. Uno de los últimos trabajos sobre el karaim es un manual de la lengua llamado “Mien karajče ürianiam”, publicado en 1996 por el difunto líder espiritual de la comunidad karaim de Lituania, Mikolas Firkovičius. Más recientemente, El Principito de Antoine de Saint-Exupéry también se tradujo al karaim [17].

Por supuesto, el karaim todavía se usa durante las oraciones en las kenasas [casas de oración caraíticas] en Trakai y Vilnius. Pero se puede contar con los dedos de una mano cuántos realmente entienden las palabras, ya que el lenguaje de las oraciones es principalmente litúrgico y tiene menos en común con el lenguaje hablado.

Sin embargo, ha habido un resurgimiento del interés por el karaim entre algunos artistas y estudiosos de Europa Central y Oriental. Este año, la cantante y compositora polaca Karolina Cicha, cuya obra rinde homenaje a las minorías étnicas de Polonia, publicó un álbum virtual [18] de canciones tradicionales en karaim. Esta es una canción tradicional de banquetes karaim:

FN: ¿Cómo describirías tus experiencias como uno de los últimos hablantes de karaim?

РЧ: Родился я в Паневежисе в караимской семье. С малых лет слышал родную речь не только дома, но и во время посещений караимами из местной общины нашей семьи, или приезжающих из др. городов Литвы родственников или земляков. Так как все они были старше меня или пожилого возраста, то все владели родным языком. По свидетельству и рассказу моей же матери, когда меня отдали в детский сад, то воспитатель спросила у моей мамы – а ребёнок он у вас не литовец? он разговаривал на непонятном нам языке. Ответ матери был – да он не литовец, он – караим.
До конца 90-х лично ещё мог разговаривать на родном со старшими родственниками и соплеменниками. Сейчас почти такой возможности почти не имею. Факт личного интереса тюркскими языками и вместе с тем родным – не даёт в сознании предать забвению тувгъан тиль (родной язык).  в настоящее время начиная с лета 2020 г. по инициативе активистов веду он-лайн уроки Тракайского диалекта на английском языке.

: Nací en una familia karaim en Panevėžys, Lituania. Desde muy niño escuché karaim en casa, y durante las visitas de los miembros de nuestra comunidad local karaim y de los de otras ciudades de Lituania. Como todos eran mayores que yo o ya eran mayores, todos hablaban en su lengua materna. Según mi madre, cuando me enviaron a la guardería, la maestra le preguntó: “¿Su hijo no es lituano? Hablaba en un idioma que no podíamos entender”. Mi madre respondió: “En verdad, no es lituano, es karaim”.

Hasta finales de la década de 1990, podía hablar karaim con mis familiares mayores y la comunidad. Ahora casi no tengo esa oportunidad. Pero como me interesan personalmente las lenguas turcas y el karaim, no puedo traicionar тувгъан тиль [tuvgan til’] – mi lengua materna. A mediados de este año, empecé a enseñar la versión del dialecto trakai del idioma en línea en inglés, gracias a una iniciativa lanzada por activistas.

FN: ¿Dónde puede encontrar recursos en línea de karaim?

РЧ: На данный момент никаких цифровых платформ по караимскому языку как таковых не существует кроме как на странице [19] общины польских караимов и на странице караимско-русского словаря [20].

: Por ahora, no hay plataformas en línea para [aprender[ karaim, salvo la página de la comunidad de polacos karaims [19] y dos páginas  [21] de un diccionario karaim-ruso [20].

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2020/11/21/en-el-corazon-de-europa-hay-una-lengua-turca-en-peligro-de-extincion/

URLs en este posteo:

[1] idiomas turcos: https://es.wikipedia.org/wiki/Lenguas_t%C3%BArquicas

[2] Ethnologue: https://www.ethnologue.com/18/language/kdr/

[3] karaísmo: https://es.wikipedia.org/wiki/Cara%C3%ADsmo

[4] Seraya Shapshal: https://en.wikipedia.org/wiki/Seraya_Shapshal

[5] ladino: https://es.wikipedia.org/wiki/Idioma_judeoespa%C3%B1ol

[6] judeo-tayiko: https://www.jewishlanguages.org/judeo-tajik

[7] yiddish: https://es.wikipedia.org/wiki/Yidis

[8] los que leen: https://eleven.co.il/judaism-trends/karaites-medieval-sects/11972/

[9] desde el siglo XIII: https://en.wikipedia.org/wiki/Crimean_Karaites#Grand_Duchy_of_Lithuania_and_Polish%E2%80%93Lithuanian_Commonwealth

[10] minorías nacionales: https://lrkm.lrv.lt/en/activities/national-minorities#:~:text=National%20minorities%20in%20Lithuania&text=Lithuanians%20made%20up%2084.2%20per,per%20cent%20(19.3%20thousand).

[11] переводов Библии: https://eleven.co.il/bible/general-information/15447/#02

[12] Танаха: https://eleven.co.il/bible/general-information/14033/

[13] Евпатория: https://eleven.co.il/diaspora/communities/11500/

[14] еврейским алфавитом: https://eleven.co.il/jewish-languages/general-info/10169/

[15] alfabeto hebreo: https://es.wikipedia.org/wiki/Alfabeto_hebreo

[16] Johannes Buxtorf: https://en.wikipedia.org/wiki/Johannes_Buxtorf

[17] на караимский язык.: http://www.verlag-tintenfass.de/HTM/281%20Der%20Kleine%20Prinz%20Karaim.html

[18] publicó un álbum virtual: https://muzykoholicy.com/karolina-cicha-odkrywa-kulture-karaimow-mapa-muzyczna-najmniejszej-mniejszosci-w-polsce/

[19] на странице: https://e-tilimiz.karaimi.org/

[20] караимско-русского словаря: https://www.dnathan.com/language/karaim/dic/karaim-russian/index.html

[21] páginas : https://kdr_rus.academic.ru/

 - © Aimablement prêtée par Irène Bonnand

Écrit par Irène Bonnand

L’Alliance française de Bethléem, en Palestine, c’est 400 étudiantes et étudiants de 5 à 59 ans et c’est une petite équipe composée de salariées et de volontaires en service civique. Elle propose des cours de français, d’arabe, de théâtre, de danse traditionnelle palestinienne et diverses activités culturelles ainsi que l’accès à une belle médiathèque.

L’AFB a été créée en 2003. Association à but non lucratif de droit palestinien, ses statuts ont été approuvés par l’Alliance française de Paris pour faire partie du réseau culturel international des 800 Alliances Françaises, actives dans plus de 131 pays. Elle appartient au réseau régional des Alliances françaises du Proche-Orient avec Dubaï, Abu Dhabi, Riyad, Bahreïn et Port Saïd.

Bethléem est une ville vouée au tourisme, 60% des emplois lui étant lié. Dès lors, la maîtrise du français y revêt une importance particulière, les francophones étant nombreux à la visiter. Apprendre le français représente également pour de nombreux jeunes la possibilité de pouvoir étudier à l’étranger et d’échapper ainsi durant quelques années aux conditions de vie difficiles auxquelles est confronté tout palestinien de Cisjordanie.

Actuellement, nous développons deux projets autour du tourisme et de la langue française. Le premier offre aux étudiants de Palestine une formation au Diplôme de français professionnel (DFP) Tourisme-Hôtellerie-Restauration de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), un diplôme reconnu internationalement dont les épreuves finales se déroulent en ligne. L’année dernière, cinq de nos étudiants ainsi que trois étudiants de Gaza ont passé cet examen avec succès. Le prochain cours commencera cet été. Dans ce contexte, l’Alliance Française de Bethléem a signé en 2019 un partenariat avec la Chambre de Commerce de cette ville et nous travaillons avec le ministère du Tourisme palestinien pour obtenir l’équivalence du DFP avec le diplôme palestinien de guide touristique.

Notre second projet qui a démarré au mois de juin dernier est intitulé Mashrou’ Mariam. Il s’agit d’offrir à des femmes de Bethléem et ses alentours qui tiennent des chambres d’hôtes, une mise à niveau en langue française ainsi qu’une formation en communication et interculturalité. C’est un projet enrichissant où chacune des huit femmes qui en bénéficient apporte son expérience au groupe.

Nous espérons pouvoir développer ce projet en tissant un réseau des hébergements touristiques francophones à Bethléem qui bénéficient d’un personnel formé à la langue française et aux attentes du public parlant notre langue.

Nous avons été placés en confinement pendant trois mois à compter du 5 mars et nous retournons en confinement pour une période indéterminée, les cas augmentant de jour en jour. Toutefois, tous nos cours donnés « en présentiel » peuvent passer en ligne sans difficulté, du jour au lendemain, grâce aux webinaires IF profs suivies par les enseignants. Pendant la première période de confinement, nous avons maintenu tous nos cours et dispensé plusieurs « cours solidaires », à savoir un cours en échange de bénévolat. Nous avons même inscrit de nouveaux étudiants.

Nos étudiants ont la parole !


Nassri, 17 ans, lycéen et violoniste
« L’alliance française de Bethléem donne une opportunité d’apprendre la belle langue et la culture françaises ! En tant que lycéen et citoyen de Bethléem, l’Alliance française m’a vraiment aidé à continuer l’apprentissage du français pour atteindre mon objectif : aller en France pour y faire mes études supérieures. Grâce à l’Alliance, je me sens capable de m’exprimer facilement et correctement en français. J’ai tellement progressé ! Je trouve que la France me convient plus que d’autres pays car elle a une richesse diverse dans tous les domaines, par exemple : la musique, l’architecture, les sciences, le patrimoine, l’histoire, etc… L’Alliance française offre une grande variété de stages culturels ou linguistiques qui attirent non seulement les habitants de Bethléem, mais aussi les étrangers. Je crois que s’il n’y avait pas une Alliance française, mon rêve d’étudier en France serait impossible ou même n’existerait point…
Merci à ce centre culturel et éducatif iconique de Bethléem !
Vous avez d’une façon formé mon futur !
 »

Somaya, 28 ans, professeure d’anglais et d’arabe
« L’Alliance française de Bethléem n’est pas juste l’endroit où j’ai appris le français, mais c’est aussi là où j’ai eu l’opportunité de travailler pour la première fois, comme professeure d’arabe pour les étrangers. Ce job a été la clé de mon amour pour l’enseignement en général. Enfin, ce que je peux dire, c’est que cette petite porte de ce petit bâtiment a ouvert d’autres grandes portes devant moi pour continuer mon voyage dans l’apprentissage. »

Mohanad, 31 ans, commerçant
« J’ai commencé par être attiré par l’accent français, puis j’ai étudié le français quelques années afin d’avoir une bonne connaissance pour voyager en France, le français est une partie incontournable de ma vie ! D’ailleurs, je poursuis actuellement mes cours de DFP (Diplôme de français professionnel option tourisme) avec l’Alliance française de Bethléem pour travailler dans le domaine du tourisme en français ! »

Arige, 42 ans, mère de 4 enfants
« Le français a commencé à entrer dans mes veines à l’âge de 4 ans, grâce à mes parents qui m’ont donné la chance d’entrer dans une école francophone. Le français a grandi dans mon cœur comme une jolie fleur qui se remplit chaque année d’amour et de bonheur pour la langue, la culture et la tradition françaises, avec l’espoir de visiter la France un jour.
Oui ! La langue française est ma vie !
Mes enfants participent à tous les évènements de l’Alliance depuis plus de 4 ans, et je suis totalement heureuse d’avoir eu la chance d’être avec l’Alliance, qui est devenue une partie de ma vie ! Merci également à l’Alliance française de Bethléem et à leurs professeurs professionnels de m’avoir donné confiance et de m’avoir aidée à passer le DELF B1 et B2
 »

Aseel, 22 ans, étudiante en cinquième année d’ingénierie architecturale
« J’ai toujours été intéressée par les langues, j’ai commencé à apprendre le français quand j’étais à l’école. J’ai obtenu mon diplôme du DELF B1 en 2015, ce qui m’a donné la chance de visiter la France. J’ai pu suivre un stage linguistique au CAVILAM Alliance Française à Vichy, et vivre chez une famille d’accueil française très gentille. J’écoute toujours de la musique française que j’adore ! Je crois que la langue française est la langue de l’élégance et de l’art. C’est un excellent moyen pour explorer et être proche d’une culture différente.
Je kiffe le français et j’espère avoir une autre chance de visiter la France dans un futur proche !
 »

Pour donner une image plus vivante des activités de l’Alliance Française de Bethléem, voici deux interventions radiophoniques de ses étudiants :

Dans le « journal transnational et sonore au temps du corona » de l’émission Foule Continentale sur la radio France Inter
Mohanad est un jeune entrepreneur de 31 ans, il a quitté sa famille pour s’installer à Hébron, au sud de la Cisjordanie. Il y a monté une entreprise d’achat et de vente de matériel électronique. Il raconte comment son quotidien de chef d’entreprise a été ébranlé par la pandémie.


Réalisé par la radio France Inter
Helen confinée à Bethléem prépare son bac, joue au piano et raconte l’histoire de la PalestineJe m’appelle Hélène, j’ai 17 ans, je suis palestinienne.
Je vis en Cisjordanie, dans une ville qui s’appelle Beit Jala, et j’habite dans une appartement avec mes parents, ma sœur et mon frère.
Je suis étudiante, je prépare mon bac, donc ma vie est simple, puis je suis une guide dans une troupe de scouts à Bethléem.

 

 

[Photo de l`auteure – source : http://www.agora-francophone.org]

Plaque accrochée sur la façade du bâtiment administratif destiné à la communauté karaïme de Trakai (Lituanie), figurant leur blason accompagné d’inscriptions en karaïm (au-dessus) et lituanien (en dessous). Photo de l’auteur

 

Écrit par Filip Noubel – traduit par François Noverraz

[Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages web en français]

On estime que près de 200 millions de personnes parlent une langue turcique [1], réparties sur un territoire allant de la Turquie, du Moyen-Orient et des Balkans jusqu’en Asie centrale, en Chine et en Sibérie.

Mais l’une de ces langues vit, étonnamment peut-être, au cœur de l’Europe. Le karaïm est en effet encore présent dans de petites communautés de Lituanie, de Pologne et d’Ukraine, bien qu’il ne soit plus guère parlé. Selon le site Ethnologue [2] [en] [lien payant, ndt], il compterait actuellement moins d’une centaine de locuteurs et locutrices dans le monde.

Historiquement, le karaïm est la langue vernaculaire des Karaïmes, un groupe ethnoreligieux pratiquant une variante du karaïsme [3], une foi proche mais néanmoins distincte des formes judaïques plus conventionnelles. L’origine des Karaïmes est sujette à controverse. Au début du siècle dernier, leur dirigeant religieux, Sheraya Szapszal [4]a avancé la théorie selon laquelle ils seraient d’origine turcique. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi ce peuple a échappé au sort de leurs voisins juifs lorsque la Lituanie a été occupée par les Nazis.

Pour ne pas simplifier les choses, les personnes qui pratiquent le karaïsme ne sont pas toutes et tous d’origine karaïme ni ne parlent toutes et tous cette langue. Sociolinguistiquement, on peut dire que cette dernière s’apparente aux langues juives, comme le ladino [5], le judéo-tadjik [6] [en] et le yiddish [7], qui comprennent de nombreux termes hébraïques sans toutefois appartenir à la famille des langues sémites.

La Lituanie est la patrie de l’une des plus grandes communautés karaïmes, dont le nom signifie « ceux et celles qui lisent [8] » [ru]On estime qu’environ trois cents Karaïmes s’y sont installé·es depuis le XIIIe siècle [9], principalement dans la vieille ville fortifiée de Trakai. Cette communauté est désormais comptée parmi les minorités nationales [10][en].

Afin de mieux comprendre le statut actuel de la langue karaïme et ses chances de survie, je me suis entretenu avec l’un des rares locuteurs natifs restants, Romuald Čaprockij, sinologue, linguiste et traducteur établi dans la capitale lituanienne de Vilnius.

Romuald Čaprockij (à droite) à Trakai, en Lituanie.

Filip Noubel (FN) : Pouvez-vous expliciter les origines de la langue karaïme ?

Ромас Чапроцкис (РЧ): Караимский язык (къарай, карай тили; karaj tili) – относится к кыпчакско-половецкой подгруппе тюркских языков. Исторически караимский язык использовался носителями на Украине – в Луцке, в Галиче Львовской области и в Крыму,  в Литве (Вильнюс, Паневижис, Тракай) и в Польше. Генетически связывают караимов с той частью тюркоязычных хазар, которые исповедовали иудаизм караитского толка. 

Караимский язык имеет три диалекта: крымский, который полностью совпадает со средним (орта йолакъ) диалектом крымскотатарского языка, за исключением иудаизмов, тракайский (диалект литовских караимов) и галицко-луцкий (галичский).

Все диалекты караимского языка использовались в трёх регистрах: 1) разговорный язык; 2) литературный язык; 3) книжный язык — язык переводов Библии [11]. Библия переводилась на караимский язык до 19 в., а печатный перевод Танаха [12] появился впервые в 1841 г. в Гезлёве (Евпатория [13]). На всех диалектах караимского языка имеется обширная литература, включая периодические издания. Караимский язык ранее пользовался еврейским алфавитом [14], затем — латинским. В последние столетия (в русскоязычных изданиях) использовался русский алфавит.

Караимский язык содержит значительное количество слов, характерных только для древних тюркских языков. Поэтому, для обогащения словарного запаса турецкого языка в 1924 г. по инициативе президента Турции Мустафы Кемаля Ататюрка специально созданная комиссия, Türk Dil Kurumu, прибыла в Тракай, а результатом работы данной комиссии было введение 330 караимских слов в турецкий академический словарь.

Первые знания о караимском языке появились в Европе в XVII веке. Уже на рубеже XVI-XVII веков немецкий востоковед пастор Буксторф впервые сообщил, что крымские караимы читали Ветхий Завет на тюркском языке.

Romuald Pibrock (RČ) : Le karaïm, appelé karaj tili dans cette langue, ou encore къарай ou карай тили, est une langue turcique faisant partie de la sous-branche kipchak. Historiquement, elle était parlée dans la région ukrainienne de Lviv (à Lutsk et à Galich), dans la péninsule de Crimée, en Pologne et en Lituanie (dans les villes de Trakai, Panevėžys et Vilnius). Génétiquement, le peuple karaïme est lié aux Khazars, qui parlaient une langue turcique et pratiquaient le judaïsme karaïte.
On distingue trois dialectes karaïmes : celui de Trakai (parlé par les Karaïmes de Lituanie), le dialecte galicien, et le criméen. Ce dernier est semblable au dialecte central parlé par les Tatars de Crimée, à l’exception du vocabulaire judaïque.
Tous ces dialectes ont un triple usage : à la fois langue de communication, langue littéraire et langue religieuse (dans la Bible traduite). Les traductions de la Tanakh [15] et de la Bible hébraïque ont été réalisées à Yevpatoria [16] (Crimée) en 1847, alors que la Bible était déjà traduite [11] [ru] depuis la fin du siècle précédent. De nombreux ouvrages, dont des magazines, ont été imprimés dans chaque dialecte. Le karaïm s’écrivait auparavant avec l’alphabet hébreu [17], puis latin. Mais au siècle dernier, le cyrillique a aussi été employé dans des ouvrages imprimés en Russie.
La langue karaïme a intégré un nombre important de mots caractéristiques des anciennes langues turciques. Quand le président turc Mustafa Kemal Atatürk a mis en place, en 1924, la Türk Dil Kurumu (institut de la langue turque), une association chargée d’enrichir le lexique de la nouvelle langue turque, ses linguistes ont visité Trakai et ont donc incorporé trois cent trente mots karaïms au dictionnaire académique de la langue turque.
Le karaïm est mentionné en Europe pour la première fois au XVIIe siècle. Le pasteur allemand et orientaliste Johannes Buxtorf [18] a été le premier, fin XVIe début XVIIe, à remarquer que les Karaïmes de Crimée lisaient l’Ancien Testament dans une langue turcique.

Cette vidéo russe sur l’héritage culturel des Karaïmes de Crimée en détaille plusieurs éléments, telles les tenues, l’architecture et la nourriture :

FN : De nos jours, quelle est la situation du karaïm en Lituanie ? Quels efforts sont faits pour le préserver ?

РЧ: С 2002 года традиционно в июне или в июле проводится летняя школа караимского языка и культуры в Тракай. На школу собираются караимы не только из Литвы, но и представители из других стран Европы, главным образом из Польши, Украины, России. Караимскому языку уделяется очень мало внимания и времени. Отсутствие надлежащих пособий, методов преподавания и другие причины, полнейшая немотивированность – не дали ощутимых результатов по развитию и сохранению караимского языка. На сегодняшний день живым считается тракайский диалект на котором и ведутся занятия по языку во время летней школы. Примечательно и то, что с конца 80-х и начала 90-х годов попытки организовывать воскресные школы или же индивидуальные занятия с носителем языка не увенчались успехом. В настоящее время отмечено немногим более 20 носителей родного языка в разной мере или по уровню владения в Литве. Язык не сохраняется, и  никакие меры ни кем не принимаются. Язык не исследуется, а состояние дел с К.Я. Вообще не обсуждается общиной. Одной из последних работ по караимскому языку является учебник караимского языка “Mien karajče ürianiam”, изданный в 1996 году и составленный покойным председателем литовской караимской общины Миколасом Фирковичюсом. Недавно также перевели Маленького Принца Антуана де Сент-Экзюпери на караимский язык. [19]

Конечно на караимском языке всё ещё ведутся богослужения в Кенасах в Тракай либо в Вильнюсе где читаются молитвы. Но понимающих суть слов увы можно сосчитать на пальцах, так как молитвенный язык имеет его литургическое содержание, а не разговорную речь.

RČ : Chaque été depuis 2002, en juin-juillet, des stages de langue et culture karaïmes sont donnés à Trakai. Ils sont suivis par des Karaïmes qui viennent de Lituanie, Pologne, Ukraine, Russie ou encore d’autres pays européens. Mais peu d’heures sont consacrées à la langue. Le manque de motivation et de matériel pédagogique a des conséquences évidentes sur la préservation et le développement du karaïm. Le seul dialecte encore vivant actuellement est celui parlé à Trakai, enseigné pendant le stage estival. Il est intéressant de constater que les tentatives visant à mettre en place des cours individuels ou dominicaux en compagnie de locutrices et locuteurs natif·ves, dont les premières remontent à la fin des années quatre-vingts / début des années quatre-vingt-dix, ont échoué. Il ne reste aujourd’hui qu’une vingtaine de locutrices et locuteurs natif·ves en Lituanie. La langue n’est pas défendue et aucune mesure n’est prise [pour la préserver]. Elle ne fait pas l’objet d’études et sa situation est passée sous silence au sein de la communauté. L’un des derniers travaux sur le karaïm est un manuel de langue intitulé Mien karajče ürianiam, publié en 1996 par Mikolas Firkovičius, qui était de son vivant le chef spirituel de la communauté karaïme lituanienne. Plus récemment, le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a aussi été traduit en karaïm [19] [kaa].

Cette langue est bien sûr toujours entonnée lors des litanies dans les Kenasas [lieux de prières karaïtes] de Trakai ou de Vilnius. Mais le nombre de personnes comprenant réellement ces mots se compte sur les doigts d’une main, puisque le vocabulaire de ces prières est surtout liturgique et n’a que peu à voir avec la langue parlée.

Il y a néanmoins eu un regain d’intérêt pour cette langue parmi certain·es artistes et chercheur·es d’Europe centrale et de l’Est. La chanteuse et compositrice polonaise Karolina Cicha, dont les œuvres rendent hommage aux minorités ethniques de son pays, a sorti cette année un album en ligne [20] [pl] de chansons traditionnelles en karaïm. En voici une, entonnée lors de banquets :

FN : Pourriez-vous raconter votre parcours, vous qui êtes l’un des derniers locuteurs natifs du karaïm ?

РЧ: Родился я в Паневежисе в караимской семье. С малых лет слышал родную речь не только дома, но и во время посещений караимами из местной общины нашей семьи, или приезжающих из др. городов Литвы родственников или земляков. Так как все они были старше меня или пожилого возраста, то все владели родным языком. По свидетельству и рассказу моей же матери, когда меня отдали в детский сад, то воспитатель спросила у моей мамы – а ребёнок он у вас не литовец? он разговаривал на непонятном нам языке. Ответ матери был – да он не литовец, он – караим.
До конца 90-х лично ещё мог разговаривать на родном со старшими родственниками и соплеменниками. Сейчас почти такой возможности почти не имею. Факт личного интереса тюркскими языками и вместе с тем родным – не даёт в сознании предать забвению тувгъан тиль (родной язык).  в настоящее время начиная с лета 2020 г. по инициативе активистов веду он-лайн уроки Тракайского диалекта на английском языке.

RČ : Je suis né dans une famille karaïme à Panevėžys, en Lituanie. Dès mon plus jeune âge, j’ai entendu cette langue non seulement dans ma famille, mais aussi lorsque des membres de la communauté locale karaïme ou d’autres villes lituaniennes nous rendaient visite. Toutes et tous étaient mes aîné·es, parfois même d’un certain âge, et employaient donc leur langue maternelle. Ma mère m’a raconté que, quand j’avais été envoyé à l’école maternelle, l’instituteur·trice lui avait demandé si j’étais lituanien, car je parlais une langue qu’à l’école on ne pouvait comprendre. Elle lui avait alors répondu qu’effectivement, je n’étais pas lituanien, mais karaïme.

Jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, je pouvais parler karaïm avec les membres plus âgés de ma famille et de la communauté. Mais je n’en ai désormais quasiment plus l’occasion. Toutefois, comme je m’intéresse personnellement aux langues turciques et au karaïm, je ne peux renier le тувгъан тиль [tuvgan til’], ma langue maternelle. Cet été, j’ai commencé à enseigner en anglais le dialecte de Trakai sur internet, grâce à un projet élaboré par des activistes.

FN : Où peut-on trouver des ressources en ligne sur le karaïm ?

РЧ: На данный момент никаких цифровых платформ по караимскому языку как таковых не существует кроме как на странице [21] общины польских караимов и на странице караимско-русского словаря [22].

RČ : Il n’y a pour le moment aucune plateforme d’apprentissage, exception faite du site de la communauté karaïme polonaise [21] [pl] et de deux pages [23] [ru] d’un dictionnaire karaïm-russe [22].

 

Photos de l’auteur

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2020/12/08/259118/

URLs dans ce post :

[1] langue turcique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_turques

[2] Ethnologue: https://www.ethnologue.com/18/language/kdr/

[3] karaïsme: https://fr.wikipedia.org/wiki/Kara%C3%AFsme

[4] Sheraya Szapszal: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sheraya_Szapszal

[5] ladino: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jud%C3%A9o-espagnol

[6] judéo-tadjik: https://www.jewishlanguages.org/judeo-tajik

[7] yiddish: https://fr.wikipedia.org/wiki/Yiddish

[8] ceux et celles qui lisent: https://eleven.co.il/judaism-trends/karaites-medieval-sects/11972/

[9] depuis le XIIIe siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Kara%C3%AFmes#De_l

[10] minorités nationales : https://lrkm.lrv.lt/en/activities/national-minorities#:~:text=National%20minorities%20in%20Lithuania&text=Lithuanians%20made%20up%2084.2%20per,per%20cent%20(19.3%20thousand).

[11] переводов Библии: https://eleven.co.il/bible/general-information/15447/#02

[12] Танаха: https://eleven.co.il/bible/general-information/14033/

[13] Евпатория: https://eleven.co.il/diaspora/communities/11500/

[14] еврейским алфавитом: https://eleven.co.il/jewish-languages/general-info/10169/

[15] Tanakh: https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanakh

[16] Yevpatoria: https://fr.wikipedia.org/wiki/Eupatoria

[17] alphabet hébreu: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_h%C3%A9breu

[18] Johannes Buxtorf: https://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Buxtorf

[19] на караимский язык.: http://www.verlag-tintenfass.de/HTM/281%20Der%20Kleine%20Prinz%20Karaim.html

[20] un album en ligne: https://muzykoholicy.com/karolina-cicha-odkrywa-kulture-karaimow-mapa-muzyczna-najmniejszej-mniejszosci-w-polsce/

[21] на странице: https://e-tilimiz.karaimi.org/

[22] караимско-русского словаря: https://www.dnathan.com/language/karaim/dic/karaim-russian/index.html

[23] deux pages: https://kdr_rus.academic.ru/

 

Faire connaissance en apprenant les langues étrangères, c’est la recette de Corinne Desarzens pour sortir de l’entre-soi qui trop souvent nous étouffe. En une quarantaine d’histoires foisonnantes, elle invite à redevenir poreux au monde

 

Écrit par Julien Burri

Corinne Desarzens aime les mots, elle les collectionne, les échange, en use comme de talismans dans ses voyages; elle les lance dans la conversation, par surprise, au moment opportun, pour produire de petites épiphanies. On a l’impression qu’elle vit pour cela: ouvrir sans cesse de nouvelles portes d’une culture à l’autre, créer des appels d’air. Que ce soit dans une rue sombre de Zanzibar, au bord du Bosphore ou lors d’une réunion de la communauté albanophone suisse romande à Lausanne: elle sait à chaque fois faire des étincelles.

Dans un café grec, l’écrivaine demande à des hommes attablés en solitaires: «Τι είναι ομορφιά», «Qu’est-ce qu’est la beauté?» Un pope lui répond par ce petit poème calligraphié: «Quatre yeux deux cœurs/s’ils s’aiment/mieux vaut l’enfer/que les séparer.» À chaque fois, un monde s’ouvre.

Elle éprouve le même plaisir à la découverte des mots écrits par d’autres ‒ romans, poèmes, en français ou pas, d’Ossip Mandelstam à Hemingway. Pour la romancière, vient ensuite le temps de l’écriture: la transposition de ces rencontres inattendues dans des récits foisonnants et généreux.

Corps célestes

Les hommes sont des corps célestes dérivant dans leur solitude. Parfois les orbes des planètes se frôlent, une seule fois peut-être, et un contact devient possible, de mystérieuses intersections se dessinent; ce sont ces brefs instants vertigineux que raconte La lune bouge lentement mais elle traverse la ville.

Lire ces 34 chapitres (auxquels s’ajoutent une préface et une postface regorgeant elles aussi d’anecdotes), c’est accéder à une somptueuse bibliothèque contenue dans un seul volume. En plus de pépites en roumain, en swahili, en suisse-allemand, en géorgien, etc., le livre offre quelques pages de dessins croqués par l’écrivaine, parce que le dessin permet de «réveiller les fantômes».

Question de survie

Corinne Desarzens a étudié l’anglais, le russe, l’arabe, le japonais, le romanche, entre autres, pour le plaisir. Il ne faut pas y voir une recherche d’exotisme, c’est une question de survie: les mots permettent de créer du champ pour ne pas suffoquer, d’opérer une petite greffe de peau «pour réparer une gueule cassée qu’on ne soupçonnait même pas d’avoir». Il ne s’agit pas de fuir l’ennui, mais de maintenir son âme en vie, parce que «chaque mot est une pierre pour traverser la rivière à gué».

Son mot préféré, mamihlapinatapei, vient du tehuelche, parlé en Terre de Feu, utilisé pour décrire l’instant où deux personnes échangent un regard, «un moment de complicité, de silence très expressif. De solitude partagée.» Une question d’intersection entre les astres.

Ce livre prouve qu’il est encore possible de voyager hors des autoroutes du tourisme de masse. Il propose une nouvelle façon d’être au monde. Il s’agit de rejoindre «le sauvage, le décapé, l’ordinaire, toujours si mystérieux», de percevoir l’autre dans sa différence, de l’honorer, d’activer et de réveiller les potentiels du hasard. De créer, avec l’autre, un lien particulier, unique, même fugace, en renonçant au globish, l’anglais du tourisme planétaire simplifié et insipide. D’écarter les flux d’images de voyages trop lisses des réseaux sociaux pour retrouver la magie de l’inconnu, du rugueux, de l’effort. De s’effacer, de devenir invisible pour se rendre poreux au monde. Sans oublier de glisser une goutte d’amertume, dans la douceur, «pour la faire durer plus longtemps».

Portrait en creux

Être touché par les mots est une question de désir: «Quelque chose de savoureux qui vous sature», confie l’auteure. «Une densité qui ne reviendra peut-être plus jamais: ça a été. Qui vous emplit à ras bord, jusques au bord ‒ j’aime cette liaison qui amène vraiment au point ultime. Qui stupéfie et euphorise autant que de savoir nager en eau profonde, de tomber amoureux, de mettre au monde.»

À la fin, au fond des yeux de l’autre, c’est son propre reflet qui est révélé: «Ce sont toujours les étrangers qui connaissent, qui ressentent le mieux notre propre pays d’origine.» Et au fil de ses pages tissées d’histoires, formant des motifs aussi beaux que ceux d’un tapis persan, c’est son propre portrait que Corinne Desarzens esquisse en creux, celui d’une voyageuse, un carnet à la main. Regardez sa façon élégante de se glisser, de traverser le monde, les villes, les livres et les époques. Mystérieuse, elle ouvre des portes là où il n’y a pas de porte.


 

Récits
Corinne Desarzens
La lune bouge lentement mais elle traverse la ville
La Baconnière, 343 p.

 

 

 

[Illustration : Corinne Desarzens/Ed. La Baconnière – source : http://www.letemps.ch]

En aquellos años de los mandilones azules y la leche en polvo el tiempo se alargaba hasta dormírsenos encima, y las canciones de la radio se ensanchaban y se incrustaban por toda la casa para ser el preludio de la eternidad.
En aquel tiempo en que nadie envejecía había una lengua que estaba prohibida.
Era la mía, aquella con la que me habían enseñado a hablar. (Escribía Gayo Suetonio Tranquilo, en sus Vidas: In civitate libera lingua et mens liberae esse debent: En una tierra libre, lengua y mente deben ser libres.)
En mi pueblo no había libertad.
El maestro, que era gallego y tenía cara de pan recién hecho, nos daba en las uñas con la vara de saúco cuando se nos escapaban expresiones como: Ta lliento asgaya, toi anoxáu, faime rebulguinos, duelme un deu, aterecióse, atapez, ñeva quel pinga’l mocu, méxase pela nueche, manquéme nel calcañu, ye llistu comu la fame, fála-y a la oreya y nun retruca, to rixu de dir vela, nun entamo, escaézseme o nun hai llibertá.
Él gritaba, señalando a la foto de un gordito con bigote que era más que general (algo así como un militar superlativo), que el único idioma admisible en aquella escuela (xelada de cutiu) y en todas las demás escuelas posibles era el idioma del imperio (…que siempre la lengua fue compañera del imperio, dice Nebrija en su Gramática castellana), y al pronunciar don Manuel esta última palabra se le inflaban tanto los carrillos (papiellos, decíamos nosotros en nuestra lengua maltrecha) y la cara entera se le ponía tan roja que talmente parecía el fuelle de una gaita.
Después de ejecutar los castigos, los cuales, dado el apego que aún teníamos a nuestras palabras, eran tenaces y perseverantes, después de azotarnos las uñas con la vara de saúco (también las usaba de avellano), tocaba con ella el mapa y decía, con la voz transformada (atiplada y lenta como un susurro de consagración), que España, lo que se dice España, no había más que una.
Yo no alcanzaba a entender qué tenía que ver aquello con el hecho de que nosotros a los nidos les llamáramos niales, a la babosa llimiagu y xabú al árbol del cual cortaba las varas el maestro. Tampoco entendía aquella proclamación imperativa y casi sagrada de unidad para un mapa que estaba decorado con tantos colores diversos.
Yo, en la clase, apenas hablaba, y prefería pasar por tonto (panguatu, decían en mi casa) y no responder a las preguntas del maestro antes que sufrir la flagelación de las yemas de los dedos. Pero una vez don Manuel me preguntó: «A ver, tú, mosquita muerta, ¿dónde queda este pueblo?» «Onde’l diañu punxo la pata», le dije yo. Las uñas me estuvieron doliendo una semana. Pero peor fue lo de aquel compañero a quien el maestro interrogó sobre cuál era la profesión más digna, y la respuesta fue:
«Trabayar nel alambre».
Aquel día, en clase hubo truenos y relámpagos (restallos y esclarones, que decía mi abuela).
Fui creciendo y aprendiendo nuevas palabras de aquel idioma que nos imponían los maestros, y también fui olvidando muchas palabras de las que consideraba mías porque con ellas había aprendido a relacionarme por primera vez con todo lo que me rodeaba y con ellas había expresado mis primeros sentimientos.
Me dolía perderlas (algunas ya nunca las he recuperado), pero era un asunto de supervivencia.
Mi padre me decía (en asturiano, claro) que la diversidad de las lenguas no está en los diferentes sonidos o signos, sino en una forma distinta de comprender el mundo.
Yo ya iba entendiendo un poco la maniobra política del supuesto imperio. «Esta desigua nun pue allargase muncho», me decía mi padre, quien, además de ser optimista preceptivo, era un hombre instruido que sabía, entre otras muchas cosas, arameo y latín (lo digo para que alguno no se confunda, vamos, que nun trafulque los sos camientos).
Un día, los Reyes Magos me trajeron un diccionario de castellano, una escopeta de corcho y bramante, y un par de naranjas. «Pa que persepas falar comu ellos si algames la Universidá, y escopeties a tiru fiju coles sos propies pallabres, y te dexe, sin embargu, too esto bon tastu na boca». Siempre que como naranjas me acuerdo de mi padre.
El año que entré en el internado, en las vacaciones de Pascua, encontré al maestro en el bar de la bolera. Estaba borracho y hablaba en gallego. «Cuandu ta chispa fala na so llingua», me dijo alguien. Yo no me emborrachaba, pero soñaba (que pal casu ye lo mesmo), y lo hacía en asturiano.
Pero con el tiempo hasta los sueños aprendieron el castellano. En el internado había profesores que restaban puntos a quienes, en los exámenes, se les escapaba alguna palabra asturiana. Otros no. Otros incluso dejaban escapar de vez en cuando alguna expresión en la lengua de mi infancia. Y entonces yo pensaba que había profesores que creían en eso de la unidad de España como argumento para correr hacia no sé qué destino en lo universal (como enrollar el mapa de don Manuel en la bandera del Ayuntamiento y viajar con él a la luna), y que había otros (mucho más entrañables) que hablaban como se soñaba.
Llegaron los años de Universidad en Madrid y ya fui entendiendo yo aquel asunto de las lenguas. El profesor de Lengua, en primero de Psicología, habló un día con mofa o ludibrio de los dialectos de España (deformaciones rústicas del lenguaje, decía él). Los asturianos respondimos con ímpetu y eficacia a sus argumentos. Tanto, que nos lanzó un desafío: «Si me construís una gramática de esa lengua vuestra, tenéis un notable sin examen final».
Se reía, pero trabajamos duro, y en el mes de junio tuvo encima de su mesa una gramática completa del asturiano. Con mucho estupor y algo de fascinación cumplió su promesa. «Quedó-y la tablica más retorcía que’l rau d’un gochu», dijo alguien.
Ahora yo escribo en castellano, que es una lengua noble –exenta de culpas–, y lloro por aquella lengua maravillosa (sonora y atrevida como los rabiones de los ríos de la tierra que la parió), lengua que sigo estudiando y en la que también escribo porque es mía y porque me siento culpable con respecto a ella. «Cuando un pueblo es hecho esclavo, mientras conserve su lengua, es como si tuviera la llave de su prisión», escribe Daudet en La dernier classe (Contes du lundi). Ejemplos tenemos muy actuales.
Se me ocurrió este escrito por varios acontecimientos recientes. Por un lado, unos políticos (casi todos de aquellas familias que creían en la extraña consigna del destino en lo universal y despreciaban la lengua de la tierra por ser asunto de pobres y aldeanos ignorantes) han salido a la palestra (sitio donde se controvierte sobre cualquier asunto) proclamando la no existencia del asturiano como lengua.
Y entonces a mí me dio mucha lástima y me acordé de la vara de saúco de don Manuel.
«Hay muchos que siempre tienen en la boca el no, con que todo lo desazonan; el no es siempre el primero en ellos, y, aunque después todo lo vienen a conceder, no se les estima, porque precedió aquella primera desazón», apunta Gracián, en Oráculo manual y arte de prudencia.
Otro hecho reciente fue la noticia esa de unos muchachos (probes guajes) castigados a llevar piedras en las mochilas por no hablar vasco (que es un asunto como aquél del maestro, pero a la inversa). Y del mismo modo me apesadumbró (mancóme enforma), por idénticos fundamentos, el abucheo, en un acontecimiento público, a un artista catalán, de los que siempre defendieron la libertad, por cantar en la lengua de su tierra.
¿Será verdad aquello que escribía Morales en Ardor con ardor se paga de que España es una suma de intolerancias? A causa de la intransigencia yo ahora debo esforzarme en aprender mi propia lengua. Confieso que, al hacerlo, siento como que vuelvo a nacer. Puede que algún día los personajes de mis sueños se vuelvan a expresar en asturiano.
Pero será despacio (adulces, pasín a pasu…), y, mientras, que cada uno se entienda consigo mismo como mejor le parezca, y que cada uno descubra en esa palestra (reparada y apuntalada tantas veces) al político que más disimuladamente le mienta, o a su maestro perdido de la infancia, o a su filólogo más incauto y confidencial. Cometimos un error muy grave: el de hablar a medias para que todos nos pudieran entender, y ahora vienen diciendo que no sabemos hablar. ¡Ye comu pa mexar y nun char gota!

Escribió esta maravilla Fulgencio Argüelles, en el diario La Nueva España, el 2 de octubre de 1997. Es un texto que atesoré todos esos años, que sobrevivió a una docena de ordenadores y al doble de formateos. Aun así, lo había perdido hace un par de años y hoy lo he buscado y vuelto a disfrutar. Rara mezcla de corazón, lógica, bondad y sabiduría. Las lenguas son inocentes, no necesariamente así sus hablantes.

 

 

[Fuente: golemp.blogspot.com]

 - © Edgar Fonck

Écrit par Anne-Françoise Counet

Israël est un pays bilingue. Dans les faits, cependant, l’hébreu domine assez largement. L’hébreu et l’arabe sont les deux seules langues officielles. L’affichage se fait dans ces deux langues et dans le secteur commercial, parfois aussi en anglais, russe ou français. Au parlement, les députés peuvent s’exprimer dans la langue de leur choix mais il n’y a de traduction automatique que de l’arabe vers l’hébreu. Dans l’administration, l’hébreu reste la langue la plus utilisée bien que la plupart des documents soient, en principe, publiés en deux langues. Dans les tribunaux, on utilise l’hébreu. Il est toutefois possible de s’exprimer en arabe ou en anglais.

Société multilingue

Au niveau de l’enseignement, il existe deux systèmes éducatifs différents. Dans le système arabe, les cours se donnent en arabe classique (à la maison, les enfants parlent l’arabe palestinien) et les élèves apprennent, à partir de la 3ème année primaire, l’hébreu comme langue seconde et ensuite, l’anglais comme langue étrangère. Dans le système juif, les enfants doivent apprendre au moins une langue étrangère. L’anglais est obligatoire et en fonction des écoles, l’arabe et/ou le français sont proposés comme autre langue étrangère.

La francophonie en Israël est importante. Le pays comprendrait entre 850.000 et 1.000.000 de francophones, soit environ 10% de la population. Il s’agit principalement de Juifs d’origine d’Afrique du Nord, arrivés en Israël dans les années 50-60, de francophiles venus de l’Europe de l’est après la chute du Mur et plus récemment de Juifs ayant quitté la France ou d’autres pays francophones suite aux attentats islamistes et à la montée de l’antisémitisme. Les Français sont de loin les plus nombreux (environ 150.000 personnes). Un bon nombre d’entre eux se regroupent dans certaines villes comme Netanya, au nord de Tel-Aviv où l’on compte près d’un habitant sur trois. Ils ont leurs commerces, activités culturelles, médecins, … en français car, souvent à la retraite, ces immigrants ont du mal à apprendre l’hébreu.

Malgré ce grand nombre de francophones et le soutien de la France, Israël n’est pas membre de l’Organisation internationale de la Francophonie. Les raisons ne sont pas d’ordre linguistique (de nombreux pays membres de l’OIF comptent bien moins de personnes parlant le français) mais plutôt d’origine politique.

Soutien de la France

Le dispositif culturel et linguistique mis en place par la France est particulièrement développé. Cinq établissements scolaires offrent un cursus conforme au système français. L’Institut culturel français possède cinq antennes dans tout le pays ainsi que plusieurs en territoires palestiniens, ce qui multiplie les offres de cours et d’activités culturelles. Le réseau des associations FLAM permet aux enfants franco-israéliens scolarisés en hébreu de maintenir leurs compétences en français. Serge Borg, attaché de coopération éducative et linguistique de l’Ambassade de France épingle quelques initiatives : la Semaine de la langue française organisée en synergie avec 15 autres ambassades de pays membres de la Francophonie, le travail de promotion du français réalisé par le Groupe des Ambassadeurs Francophones, le projet Saison-Croisée France-Israël (moments d’échanges privilégiés entre artistes, intellectuels, scientifiques et entrepreneurs), sans compter le soutien à la promotion du français en collaboration avec les universités et les professeurs de français du secondaire. La France a également investi dans la recherche avec la création en 1952 du Centre de Recherche Français à Jérusalem (CRFJ). Sa vocation initiale était la recherche archéologique avant de s’élargir à des disciplines des sciences humaines, selon trois axes  : - archéologie, - histoire, traditions, mémoire, - sociétés et cultures d’Israël et Palestine. Le CRFJ possède une très intéressante chaine Youtube.

Enseignement secondaire

Si le français n’est pas la première langue étrangère étudiée, le nombre d’apprenants est en progression de 15% ces cinq dernières années explique Doris Ovadia, inspectrice générale de français au ministère de l’Éducation israélien. Et c’est sans aucun doute grâce au dynamisme de cette ancienne professeure épaulée par une équipe d’enseignants motivés, regroupés au sein de l’Association des professeurs de français israéliens (APFI). Les élèves sont attirés par des activités originales et variées : – soirées théâtre entre Israéliens et olims (immigrants juifs français) ; – journées du cinéma français ; – projets sur des thèmes spécifiques comme le sauvetage des enfants juifs en France pendant la Shoah avec projection de films, conférences et témoignages en direct ; – concours de recettes de pâtisseries en capsules-vidéo dont le vainqueur aura la chance de se retrouver aux côtés du chef pâtissier de l’ambassade ; – concours culturels type « questions pour un champion » avec à la clé des voyages en France.

Le nombre de francophones de langue maternelle étant élevé (10% environ), le recrutement de professeurs de français ne pose pas vraiment de problèmes. Il y a par contre, assez peu de candidats pour apprendre le français en tant que langue étrangère. Ceux qui choisissent le français, le font par goût pour la culture mais pas à des fins professionnelles. Il y a assez de candidats sur le marché du travail qui ont les diplômes requis et parlent le français à la maison.

 

 

 

Enseignement universitaire

Dans les universités, le nombre d’étudiants de français diminue pour les raisons qu’on vient d’évoquer. À l’université religieuse Bar-Ilan, «  en 25 ans, les effectifs ont été divisés par trois, au niveau du nombre de professeurs et d’étudiants mais les chiffres restent stables depuis quelques années   », précise le professeur Gary Mole, directeur du département de culture française. Deux filières sont proposées : – la filière culture française, avec des cours dispensés en hébreu puis en français, quand le niveau de langue est suffisant ; – la filière de français, destinée aux étudiants francophones et à ceux qui ont passé le bac en français. Ces filières offrent des débouchés professionnels en traduction, communication ou journalisme. Quant aux doctorants, la plupart partent à l’étranger. Selon Gary Mole, il serait intéressant de penser à développer un troisième programme destiné à ceux qui parlent le français à la maison qui sont très bons à l’oral mais ont des lacunes pour s’exprimer par écrit. Notons que cet établissement scolaire tourné vers la francophonie possède une bibliothèque riche de plus de 35.000 ouvrages en français, la plus grande du Moyen-Orient.

L’université de Tel-Aviv a ouvert un département de français dans les années soixante grâce aux excellentes relations qu’entretenaient Israël et la France. Actuellement, la situation est moins favorable. L’université ne propose plus qu’un programme de français qui compte entre 60 et 80 étudiants. Ce programme consiste en 3 années de licence plus éventuellement 2 années de maitrise. Le français doit être associé à une autre discipline telle que l’histoire, par exemple. Comme à l’université Bar Ilan, ce cursus attire aussi des adultes à la retraite, en élèves libres. Comme l’explique Nadine Kuperty-Tsur, directrice du programme, des projets sont développés en collaboration avec d’autres universités francophones, comme en Côte d’Ivoire. Plus rien depuis quelques années, avec la Belgique mais Wallonie Bruxelles International continue à financer un abonnement au portail CAIRN. Cette importante base de données regroupe un ensemble de revues de sciences humaines et sociales en français. « Cette ouverture vers une autre culture est essentielle pour notre université plus orientée vers la culture américaine », souligne la directrice.

Les jeunes qui s’installent en Israël peuvent être accompagnés dans leur projet d’alya (« montée » au sens religieux, c’est-à-dire l’immigration pour un Juif vers Israël) par le Centre national des étudiants francophones (CNEF) dirigé par Sam Kadosh. « Nous aidons principalement les étudiants à connaitre le système israélien, qui est différent du système français. » Pour ces jeunes, choisir de vivre en Israël est une démarche qui demande de la persévérance puisqu’ils doivent apprendre l’hébreu et faire deux ans de service militaire quand ils obtiennent la citoyenneté.

Médias

Au niveau de la presse, pas de journaux en français dans les kiosques mais quelques titres en version électronique comme la parution française de « Times of Israël  » ou « le Monde juif  ». Plusieurs revues sont publiées en français  : « Le P’tit Hebdo  », les mensuels «  Mosaïques  » et « Israël magazine » ou la revue culturelle annuelle « À la Page ». Sans oublier la revue « Continuum », créée il y a près de vingt ans, entre autres, par Marlena Braester, écrivaine et poétesse d’origine roumaine. « Nous voulions faire entendre la voix des écrivains israéliens francophones, mais aussi des écrivains israéliens de langue hébraïque ou arabe, en traduction, ainsi que des auteurs français en traduction hébraïque.  » La revue présente chaque année au Salon de la revue à Paris, est distribuée à Paris et même en Belgique. Enfin, la radio et télévision nationales proposent quelques heures d’informations en français par jour. i24News, chaine d’informations internationales en continu, qui diffuse ses programmes en anglais, en arabe et en français, a lancé sa chaine TV en Israël en 2018, doublée d’un portail internet.

Les francophiles amateurs de littérature ne sont pas en reste. La libraire « Le Foyer » à Tel-Aviv et la librairie «  Vice Versa » à Jérusalem proposent livres et revues en français ainsi que club de lecture ou rencontres avec des écrivains, avec une véritable envie de faire rayonner la culture française. La dynamique nouvelle propriétaire de Vice Versa, Nathalie Hirschsprung, ne manque pas d’idées pour mettre en valeur les sorties littéraires.

 

 

 

[Photos : Edgar Fonck – Source : http://www.agora-francophone.org]

“Los lectores se lo debemos todo a los traductores literarios”, confiesa Patricio Pron

Fotograma de ‘Il traditore’ (2019), de Marco Bellocchio

Escrito por PATRICIO PRON

Aunque existe una pequeña tradición literaria cuyo tema central es el denuesto de los traductores y cuyo lema habitual es la frase italiana “traduttore, traditore” [traductor, traidor], lo cierto es que algunos lectores se lo debemos todo. Yo fui uno de ellos y conocí a muchos así: éramos pobres como ratas pero amábamos unos libros que no podíamos leer en el original porque no teníamos dinero para aprender ningún idioma extranjero. Yo creía con devoción en Francisco Porrúa, Enrique Pezzoni, Juan José del Solar, Miguel Sáenz, Elvio E. Gandolfo, Marcelo Covián, Gabriel Ferrater, Francisco Abelenda, Jorge Berlanga y Marcial Souto; estaba convencido de que estos traductores solo traducían a escritores que valieran la pena, y a menudo su nombre en las primeras páginas interiores de un libro (injustamente, nunca en su portada) era razón suficiente para pedir prestado el libro en alguna biblioteca pública o robarlo en alguna librería, incluso aunque no supiera nada de su autor.

A menudo también, esos libros eran un descubrimiento, que no hubiera podido hacer sin los ejercicios de ventriloquía de los mencionados: Jorge Berlanga “era” para mí Charles Bukowski, Francisco Abelenda y después Marcial Souto “fueron” creo que todo Ray Bradbury, Enrique Pezzoni “fue” Herman Melville, sin Elvio E. Gandolfo probablemente jamás hubiera sabido quiénes eran los beats, Miguel Sáenz “fue” Thomas Bernhard y W. G. Sebald entre otros. Una vez más, a menudo estos traductores eran también excelentes escritores ellos mismos y, como en el caso de Guillermo Cabrera Infante, Elvio E. Gandolfo y Enrique Pezzoni, les leí como autores poco después de haberles leído como traductores y resultaron tan importantes para mí como los autores que ellos mismos habían traducido.

No sé absolutamente nada sobre teoría de la traducción, pero conozco a algunos traductores cuyo trabajo disfruto como lector y de los cuales aprendo, como Javier Calvo, Eduardo Hojman, Marcelo Cohen, Helena Cortés, Cé Santiago. A veces también soy traducido: Christian Hansen me ha prestado su voz en alemán, Claude Bleton en francés y Francesca Lazzarato en italiano. Janet Hendrickson y Kathleen Heil me han traducido al inglés y, a todos los efectos, considero mi traductora a ese idioma a la extraordinaria Mara Faye Lethem. A veces, también, traduzco yo mismo, y lo hago todas las veces con más dudas que certezas y con el temor de convertirme yo mismo en un traidor pese a haber sido tan felizmente traicionado tantas veces en el pasado. Un mundo sin traductores sería un mundo donde las diferencias de procedencia, de ingresos y de clase social que determinan el acceso a la literatura serían aún más notables y, por lo tanto, un mundo un poco más injusto.

Sería un mundo, también, donde yo nunca hubiera descubierto a escritores como Arno Schmidt, Ernest Hemingway, James Joyce, Raymond Carver, Alain Robe-Grillet, Flannery O’Connor y muchos otros. Naturalmente, y por esto, también sería un mundo donde yo no escribiría. Creo que hay un “día del traductor”, pero desconozco cuál es y prefiero mantenerme al margen de la tontería de los aniversarios. Aprendí algunos de los idiomas que no podía leer cuando era un adolescente pobre y debía robar libros; sin embargo, sigo leyendo traducciones con entusiasmo y sin ningún interés particular en cotejarlas con sus originales, que a veces también leo. Supongo que la traducción es un ejercicio de ventriloquía y carece de importancia que, de alguna manera, y para muchos puristas, sea un engaño. Algunos preferimos ser engañados, y llamamos a eso literatura. Aquí, una vez más, hay un adolescente pobre que vuelve a maravillarse ante su descubrimiento.

 

[Fuente: http://www.latempestad.mx]

 

 

El peronismo, el cine, la publicidad, la familia, su parentesco con Belgrano, las mujeres

Escrito por Juan Ignacio Boido

Hay dos cosas que Pino Solanas no aguanta. La primera: estar dotado de una incapacidad casi genética para aprender inglés. Algo que él llama “la tara”. Dice que la familia de su madre lo convierte en descendiente directo de Manuel Belgrano y Juan José Castelli, pero lo del inglés encuentra una explicación no del todo descabellada en otro pariente menos ilustre: un tal capitán Saldarriaga, que formó parte de la resistencia argentina durante las primeras invasiones inglesas. Desde que se enteró de eso -y se enteró de muy chico-, Solanas se resistió a hablar en inglés.

Antes de seguir, una consideración: Solanas quiere hablar todo el tiempo de cine. Detalles técnicos, apreciaciones varias a propósito de luces, tomas, cámaras, música, etcétera, etcétera. Solanas habla como si quisiera recorrer, con cada uno que lo escucha, la distancia que hay entre lo que tuvo en la cabeza y lo que se ve en la pantalla. Quizá por eso -la necesidad transformándose en acto reflejo traducido al castellano neutro-, después de enhebrar tres, o dos, o a veces una sola frase, Solanas repite: “¿Me entiendes?” Y, si se le pregunta qué es lo que hay que entender, contesta:

“Siempre me pregunto lo mismo: ¿qué tengo que decir para que la gente venga y no crea que todo esto que estoy diciendo es un panfleto? Me parece que están las películas que no son más que la continuación de lo que sucede en la televisión, incluso con peor calidad; y después está el cine en serio, que es el que intento. Pero si Armageddon recauda 180 mil espectadores en un fin de semana, qué podés decir”.

AGUANTAR LA LECHE Solanas dice: “Yo aguanté, y no solo con mis películas”. La primera película de Solanas, La hora de los hornos, se estrenó en 1968, pero cinco años antes de su ópera prima ya había tenido cientos de miles de espectadores -más que Armageddon– gracias a los sugestivos encantos de la publicidad. Una breve explicación Solanas del affaire: “Empecé escribiendo historietas con mi hermano, que había inventado al Cabo Savino, por ejemplo, y que era un muy buen publicista. Además, tenía familiares publicistas, mi cuñado Hugo Casares entre ellos. Como sabían que yo hacía música, me empezaron a encargar algunos jingles. Mi primer arreglador fue Horacio Malvicino: uno de los tipos con más talento que conocí en mi vida, pero llegaba al estudio y uno se daba cuenta de que se había olvidado la guitarra. Después apareció el Baby López Furst. Al principio yo componía solamente, pero me di cuenta de que los tipos que me encargaban el jingle no tenían todavía el comercial para acompañarlo: ahí se me ocurrió venderles el paquete entero, así empecé a filmar. Para todas las marcas de aquel entonces, como La Martona, Armour, Swift. Y para todas las agencias de Buenos Aires, todas. Me metí de lleno en el mundo de la publicidad. Pero era tan ingenuo que, cuando filmé mi primer comercial, para Leche Prima, me casé con la modelo”.

Al de Leche Prima le siguió uno de bronceador Suisán. A la semana, Solanas ya tenía catorce publicidades en marcha, y ocho meses después “ya era el número uno”: acumulaba cantidades increíbles de dinero y aprendía cine filmando, con todo pago a cargo de las empresas para las que trabajaba. “Pero estuve meses sin escribir una línea. Ya no aguantaba. Y al final tenía pavor de terminar arriba de un Porsche. Así que llamé a mis clientes, les expliqué esto y me fui por unos meses de viaje. Nunca más me llamaron”.

PARA QUE LA GENTE AGUANTE Apenas volvió, en 1965, empezó a dosificar sus incursiones en la publicidad y a sincronizar relojes con Octavio Getino para largar con la filmación de La hora de los hornos. Desde 1963 se habían dedicado a recopilar noticieros y documentales sobre la Argentina, y ahora iban a filmar escenas propias a lo largo y ancho del país (de manera clandestina, después del golpe de Onganía en el ‘66) con la precariedad de una cámara de 16 milímetros. La idea era ensamblar todo eso, con un ímpetu exacerbado de producir una alternativa a los documentales tradicionales: uno que, en la línea del agit-prop soviético, pusiera imágenes al país, explicara su pasado y moldeara su futuro. “Con La hora de los hornos salí a buscar la verdad de un país. Eso fue el momento más épico del proyecto. La discusión de entonces era la del huevo y la gallina: ¿qué venía primero, la revolución o el cine revolucionario? La hora… abrió la tercera vía. Y hoy es muy difícil transmitir el fervor con el que por aquel entonces íbamos a proyectar la película de manera clandestina. Circulaban más de sesenta copias para pasar a escondidas, en todas partes, desde unidades básicas a fábricas, pasando por iglesias incluso”.

A escondidas o a plena luz del día, según la asincopada intermitencia con que se turnaban las elecciones y los golpes de Estado, La hora de los hornos podía durar hasta doce horas, sumando proyección y los más enardecidos debates, arengados deliberadamente desde la pantalla. La explicación Solanas: “Como había que cambiar los rollos y no queríamos que la gente se aburriera durante la espera, y que aguantara hasta el final, se nos ocurrió meter unos cartelitos que decían «Espacio abierto para el debate», y ver qué pasaba. Al final, no solo la gente terminó debatiendo, sino que había algunos que entraban a discutir solo cuando se terminaba un rollo”.

AGUANTAR AL PERONISTA “¿Cómo me llevaba con mi familia? Mal, por supuesto. Mi padre era un médico católico y apolítico, lo que es decir conservador y antiperonista. Por eso no hay un día en el que me hice peronista. En mi casa, mis padres siempre hablaron pestes de Evita. De joven empecé a leer a gente como Scalabrini Ortiz y Jauretche, y descubrí el lado oculto de Billiken. Ahora aparece hasta en la televisión. Pero era algo enterarse por aquel entonces de que desde Buenos Aires se oponían a la campaña de los Andes, que Rivadavia espiaba a San Martín, y que el mismo año en que se ganaba en Ayacucho la última batalla contra los españoles, Rivadavia firmaba la estafa de la Baring Brothers. Además, durante mi juventud yo vi el bombardeo a la Plaza de Mayo, la represión después del golpe del ‘55, los fusilamientos, los allanamientos, las movilizaciones con camiones militares en los que cargaban a cualquiera que hiciera huelga, los cortes de pelo y el todo prohibido. Que todo eso se diera contra la clase obrera que resistía a la dictadura, sumado a ciertas simpatías que no se pueden explicar, me hizo peronista”.

AGUANTAR A LOPEZ REGA Un día Perón vio La hora de los hornos, y decidió desde Puerta de Hierro que había llegado la hora de hacer una película, o en realidad dos: La actualización política y doctrinaria para la toma del poder y Perón, la revolución justicialista. Después del “Llamen a ese muchacho”, Solanas se trasladó durante un par de semanas a España con cámara y equipos: “Todo el país desfilaba por Puerta de Hierro, y nunca sabíamos cuándo íbamos a filmar, porque Perón se la pasaba recibiendo gente. Pero con López Rega era la guerra permanente: el tipo nos quería hacer la vida imposible. Hasta que una vez Perón tuvo que ponerlo en vereda: nosotros -los muchachos, como decía- podíamos entrar cuando quisiéramos, como si fuera nuestra casa. Y López Rega, a guardar. ¿Me entiendes?”

AGUANTAR A LA BEMBERG En 1972 filmó Los hijos de Fierro, basada libremente en el Martín Fierro de José Hernández. El enfoque elegido funcionaba como excusa y alegoría perfectas “para narrar la historia contemporánea”: los hijos del gaucho separándose cada uno hacia un punto cardinal como metáfora de fin de fiesta y del comienzo de la dictadura. Cuando Perón volvió en el ‘73, firmó la repatriación de las copias originales de La hora de los hornos. Pero en 1974 ya habían matado a Julio Troxler, el protagonista de Los hijos de Fierro, y a los pocos meses Solanas tuvo que irse a París, exiliado.

Durante sus diez años europeos quedaron en el camino una adaptación de Los premios, la novela de Cortázar, Viento del pueblo -una vida de Miguel Hernández- y Adiós Nonino, con Piazzolla en uno de los protagónicos. Solanas solo filmó en esos años un documental sobre discapacitados, por encargo de la Universidad de París. Diez años después, ya sin el ímpetu histórico y aglutinador, y como contracara del optimismo general del retorno de la democracia, decidió hacer El exilio de Gardel. Ironías argentinas: Solanas, que había filmado con Perón, vivió su apogeo durante la primavera radical. “Tendría que haberla filmado en el ‘80. Para cuando la terminé, ya había democracia, y la película no tenía el tono melancólico y depresivo que yo hubiese querido, ¿me entiendes? Además, yo no había hecho un cine clandestino por vocación de misterioso. Es más, no me gustan nada las películas sobre exiliados, como esas de los republicanos españoles, tan solemnes y heroicas. Yo quería desacralizar eso: hacer el Gran Cine Nacional que compitiera con lo mejor del mundo. Y ese momento fue raro, porque hasta entonces me habían dado por muerto cinematográficamente, no se tomaban en serio mis películas, los héroes eran gente como María Luisa Bemberg”.

AGUANTAR DE RODILLAS “De todos los tipos de argumentos que se filman, no hay ni uno que se corresponda con lo que está pasando: ¿quién filma el Yomagate, la droga que entra por todos lados, el Yabrán? Muy pocos arriesgan. Y yo, bien o mal, hago cine de riesgo. En El viaje pongo a Menem y a Bush jugando al tenis de rodillas. Y a la Argentina como líder de la OPA (la Organización de Países Arrodillados). Hago bajar a Gardel de un auto en París y cantar “Anclao en París”, y la gente se lo cree sin cagarse de risa. Después entra San Martín y se arma una mateada. Ahí hay riesgo. Algunas de esas escenas fueron las más celebradas en países en que no saben quién mierda es Menem. Porque, en definitiva, todo se reduce a si la escena está lograda o no. Con buenas ideas solamente, mejor nos quedamos en casa”.

QUE SE PUEDE HACER SALVO AGUANTAR PELÍCULAS Solanas dice: “Yo no sé por qué la gente no quiere una propuesta distinta”. No se entiende si habla de Menem o del cine argentino. “De los dos”, dice él. Y, en una línea mucho menos näif que el dilema huevo/gallina, Solanas desparrama culpas en la ecuación chancho/el que le da de comer: “Es raro; si hablás con los directores, por lo general son personas lúcidas. Pero lo que piensan y lo que dicen no siempre se condice con lo que hacen. No hay riesgo. Por eso rescato películas como Pizza, barro y faso (sic). Aunque Plaza Mayor (sic, por Plaza de Almas), no me gustó; la vi un poco acartonada. Me parece que hoy en día hay una fuerte creencia en las escuelas de cine de que sin una carísima tecnología no se pueden construir imágenes potentes. Pero no todo es dinero: por la misma cantidad con que Fellini construyó Cinecitá y otro arma Disneylandia. ¿Me entiendes?” Al que no entiende es a Subiela. Solanas lo desprecia precisamente porque Menem le da de comer: “Lo seguí hasta Hombre mirando al sudeste. Y me interesó esa del corazón (El lado oscuro del corazón). En esas películas hay algo de Sur, ¿no? La mía está punteada con tangos, la de él con boleros; la imagen de la muerte que aparece en la mía después está en la de él; o esas metáforas visuales que empecé a usar en El exilio. Lo que no me cae bien es su viaje a Anillaco: quién le puede creer que se hizo menemista después de conseguir un presupuesto para filmar no sé qué”.

Enseguida asoma la posibilidad de juntar parejas, armar fórmulas. Ejemplos: Perón-Solanas y Menem-Subiela. “Yo fui a filmar al líder político mientras estaba prohibido en el país, e hicimos una película de resistencia en la que se abogaba por un país completamente distinto al que hizo Menem. Ahora, si de ese paralelo se deduce que Subiela es el director de Menem, lo que él tiene que asumir es todo lo que el presidente significa: Menem no es solo un crédito para filmar. No es el caso de Favio, que me parece muy interesante, desparejo pero con fuerza”.

AGUANTAR A MENEM “Tiene razón Charly García cuando vaticina que la nada avanza. Y en este país es una nada muy terrible. Una cosa es la inundación y otra mucho peor es inundarse de mierda. Exactamente eso es lo que sucedía en El viaje. Yo sé que es mi película más criticada: ja, la hicieron mierda. Justo antes de empezar a montarla, sufrí el atentado y me quedé sin ganas de terminarla. Pero fue la única película que, en pleno auge de este modelo, atacó al menemismo. Desde que asumió este presidente yo viví todas las mañanas con unas náuseas terribles. Ahí se me ocurrió la idea de un país en el que se traga mierda todos los días y que, mientras se inunda, cree que es la Venecia del sur”.

Entre El viaje y La nube, Solanas se hundió en la política, y casi se ahoga. Ahora memora así esos años: “De la política me cansé porque me tomo las cosas con responsabilidad, y es insoportable escuchar a la oposición y no saber si está hablando el oficialismo. Y ni hablar de los funcionarios de cultura, que te hablan siempre con ese tono confesional del tipo Estoy haciendo lo posible, creéme. Y después te das cuenta de que todos los que llegan a ocupar cargos en la Secretaría de Cultura son personas conocidas, pero fundamentalmente es gente que termina pidiéndote disculpas por no poder hacer nada. El balance de ese período sería más o menos así: junto con el exilio, fueron los años durante los que más me llené de ideas y de temas para mis películas”.

AGUANTAR HASTA QUE PARE Si El viaje fue una premonición bastante evidente de cómo la barbarie menemista lograría ganar terreno y la mierda subir hasta el nivel del cuello, La nube es la continuación de la barbarie por otros medios. La nube empieza donde termina El viaje: primero fue la inundación, y Buenos Aires se tapó de mierda. Después bajaron las aguas; la mierda sedimentó hasta volverse costumbre, llegó la nube y hace 1700 días que no para de llover. Por la calle, la gente y los autos andan literalmente marcha atrás, en uno de los hallazgos notables de la película. Solanas filma Buenos Aires como pocos, y con la misma enajenación crispante que Wong Kar-Wai consiguió en Happy Together. Con la historia de un teatro cuyo director se resiste a que la Municipalidad lo demuela para construir un shopping, la película se aleja de la sátira grotesca de El viaje para volverse a la vez diatriba y arenga antimenemista. Solanas dice que podría haber situado la historia de La nube en algún yacimiento, en un pueblo fantasma como Sierra Grande: “Pero la ambienté en un teatro independiente porque ahí está lo más puro. Cualquiera que decida dedicarse al arte parece un loco. Cuando a Max, el director del teatro que amenazan con demoler para poder construir un shopping, le ofrecen una sala nueva, mejor equipada, pero con una programación que garantice un mínimo indispensable de público, él jura que va a tirarse de cabeza por la ventana: porque habría resistido al pedo toda la vida”. Esa es la resistencia obstinada de la que Solanas hace un ejercicio. “En la vida descubrí que había básicamente dos asuntos: tiempo y dinero. Para aprender todo lo que quería, necesitaba tiempo. E, hiciera lo que hiciere, necesitaba dinero. Pero por lo general, el dinero se opone al aprendizaje. Yo no trabajo por ganas. El 98 por ciento del trabajo de una película me parece repugnante. Pero no hay que dejarse atropellar por la aplanadora del cinismo. El cine no es una puesta en escena, ni la vida. El cine es un rectángulo en el que hay que meter todo. Esa es la verdad. Y la verdad generalmente es lo que se ve detrás de la cámara. Por eso tiene que haber riesgo. Andar para atrás, por ejemplo. El desafío es cómo hacerlo”. Conclusión Solanas de todo el asunto: “Aguanten, falta menos”.

AGUANTAR A SOLANAS “Puede ser que mis películas no sigan una estructura lineal. Puede que sean demasiado corales y que pasen demasiadas cosas en ellas. Pero así somos: lo que en cualquier otro país es una disgresión, un psicólogo argentino lo explica diciendo que todo lo que uno trae es importantísimo”. Importantísimo o no, las películas de Solanas siempre traen tangos: “En Los hijos de Fierro había candombes, murgas. Después sí, largué con el tango, especialmente con el que inventó Piazzolla. No es que tenga en mente el tango for export, pero tampoco vas a ser tan boludo de querer venderles perfume a los franceses y un western a los yanquis”.

HASTA QUE EL CUERPO AGUANTE “Para la película pusieron plata los franceses y los alemanes, pero acá no interesó. Es increíble que, después de haber metido más de un millón de personas en los cines, si me va mal con esta película pierdo hasta la casa. Es siempre lo mismo, pero cada vez peor. Cuando tenía que empezar con El exilio…, Charo López, que iba a ser la protagonista, avisó que no llegaba a tiempo: postergamos un mes y eso significó la quiebra de la productora. Una semana antes de que empezara el rodaje de Sur tuve un infarto. Y cuando terminé El viaje sufrí el atentado en el que me balearon. Pero voy a seguir filmando, hasta que aguante”.

PARA QUE EL CUERPO AGUANTE Hay algo más. Solanas siempre tuvo mujeres lindas: Trixie Amuchástegui, Chunchuna Villafañe, Dominique Sanda y, ahora, la despampanante Angela Correa (una de las protagonistas de La nube). Cuando se le dice que así es más fácil, Solanas se ríe y por primera vez parece dejar de ser un tipo al que las cosas, más que gustarle, apenas no le dan náuseas: “Bueno, sí, las mujeres son esenciales. Pero la verdad es que no sé cómo hago”.

EL AGUANTE La otra cosa que Pino Solanas no aguanta es no saber exactamente por qué le dicen Pino. Hay versiones. Que se debe a la iluminación poco afortunada de una tía. Que no fue esa tía sino otra. Que fue en el colegio. Que ni su madre se acuerda. Que algún día de estos se va a saber. Como la tara que le impide aprender inglés, es uno de esos raros misterios que nunca nadie le explicó. O, como alguna vez le explicó su madre: “Si no te gusta, te la aguantás”.

 

 

[Fuente: http://www.pagina12.com.ar]

 - © Flickr - Ine © Edgar Fonck

Propos recueillis par Anne-Françoise Counet

 

Pouvez-vous nous expliquer vos origines ?

Ma mère était originaire de Katowice en Silésie qui, à cette époque, faisait partie de l’Allemagne avant de devenir plus tard une région de Pologne. Pendant la guerre, elle et sa famille ont erré en Europe à la recherche d’un endroit où s’établir. Ma grand-mère est décédée de faim à Budapest et mon grand-père a fini par s’installer à Vienne, après la guerre. Ma mère, qui avait des amis à Liège, est partie s’installer en Belgique.

Et du côté de votre père ?

Mon père est né à Łódź, en Pologne aussi. Lui, il a été déporté dans les camps de concentration  : deux ans à Dachau et puis trois ans à Auschwitz. Il n’a jamais voulu parler de cette époque sauf à la fin de sa vie, où il a commencé à « avouer » quelque chose qui paraissait comme une honte pour lui : dans les camps, pour éviter la chambre à gaz, il fabriquait des képis pour les Allemands. Après la guerre, mon père a aussi décidé de partir en Belgique. Il n’avait plus rien et a dû se débrouiller pour survivre. Il s’est installé dans une cave et comme il était bon couturier, il a commencé à confectionner des manteaux. Peu à peu, son petit commerce s’est développé. Ses manteaux et tailleurs qui étaient de très bonne facture, ont eu beaucoup de succès. Mon père les vendait dans de très beaux magasins. L’entreprise a compté jusqu’à 160 employés.

Vous avez toujours vécu en Belgique ?

Oui, mes parents se sont rencontrés en Belgique. Ma famille s’est installée à Bruxelles. J’ai fait mes études à l’école communale des filles à Schaerbeek et mon frère à l’école communale des garçons. Nous n’avons donc pas été élevés dans la religion mais dans le respect de la tradition. Nous fêtions la Pâque et d’autres fêtes juives mais sans plus. Je me suis mariée assez jeune, à 20 ans et j’ai eu trois enfants mais mon mariage n’a pas tenu. J’ai divorcé et je me suis remariée avec Joseph Wybran.

Votre mari était quelqu’un de connu ?

C’était un médecin spécialisé en immunologie et en hématologie, chef de service à l’hôpital Érasme. Il était aussi directeur du service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge. Joseph avait été éduqué dans une famille très religieuse, originaire de Lituanie. Sa famille était très modeste. Il a fait ses études en travaillant sur un coin de table dans la cuisine. Pendant la guerre, il a été un enfant caché. Il a vécu dans une famille dans les Ardennes. Pendant toute sa vie, il est retourné tous les 15 jours voir le monsieur qui l’avait caché. C’était aussi un grand sioniste. Il a beaucoup aidé l’État d’Israël, en récoltant des fonds pour améliorer les services de transfusion sanguine ou d’autres nécessités médicales.

Joseph Wibran s’impliquait aussi pour la communauté juive de Belgique ?

Oui, il est devenu président en Belgique, du B’nai B’rith « Les fils de l’Alliance », la plus vieille organisation juive, fondée à New York, en 1843, par des juifs émigrés d’Allemagne qui voulaient fonder un système d’entraide pour les juifs. Ensuite, mon mari est devenu également président du CCOJB, l’association qui regroupe toutes les associations juives de Belgique. Il assumait donc ces deux présidences. Il était très actif. Il a mené différentes actions comme par exemple, à Auschwitz. Des Carmélites voulaient ouvrir un supermarché sur le site du camp de concentration. Les juifs se sont, bien entendu, indignés. Joseph qui était connu comme médecin et comme leader juif influent, est parti rencontrer un cardinal en Pologne. À son retour, les juifs de Belgique ont organisé une manifestation devant l’ambassade de Pologne. Quelques jours plus tard, le 3 octobre 1989, Joseph a été assassiné. Après sa journée de travail, il a été abattu de 2 balles dans la tête alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans sa voiture qui était garée sur le parking de l’hôpital Erasme.

Quelle a été la réaction en Belgique ?

Suite à cet assassinat, beaucoup de personnalités politiques belges ont fait de grandes déclarations. Il y avait 5.000 personnes à son enterrement. Par contre, l’enquête policière n’avançait pas. Au départ, on a cherché à savoir si mon mari ou moi-même avions une maîtresse ou un amant. L’enquête s’est perdue au lieu de se tourner vers l’assassinat antisémite. Je n’ai été mise au courant de rien. Jamais personne ne s’est tourné vers moi. C’est seulement 20 ans plus tard que j’ai appris par un journaliste, qu’un certain Abdelkader Belliraj avait été arrêté au Maroc. Il a été condamné deux ans plus tard, à Rabat, à la réclusion à perpétuité pour appartenance à une organisation visant à déstabiliser le régime marocain.

Quel rapport avec l’assassinat de Joseph Wibran ?

Après son arrestation, Belliraj est passé aux aveux devant les policiers marocains. Il a évoqué «  l’opération de liquidation de Belges d’origine juive  » qu’il menait, avec ses complices, pour le compte des « Soldats du droit », un groupe lié à l’organisation palestinienne Abou Nidal. Il évoquait six assassinats et expliquait notamment comment il avait organisé, le 3 octobre 1989, sur le parking d’un hôpital de Bruxelles, celui qui visait mon mari. Je me suis constituée partie civile pour éviter que cette affaire ne soit oubliée mais le magistrat fédéral a, non seulement, estimé que ma démarche était irrecevable, mais qu’il n’y avait pas de charge à l’encontre de Belliraj. Le parquet se retranchait derrière le fait que les aveux de Belliraj avaient pu être obtenus sous la torture, ce qui les rendait inutilisables. En fait, Beeliraj était un informateur de l’État belge. Il a notamment donné des informations à la Belgique concernant un attentat en Grande-Bretagne. L’État belge a donc refusé l’extradition de Belliraj. Il n’a jamais été jugé en Belgique et il n’y a jamais eu de procès suite à l’assassinat de Joseph Wibran.

Quand et pourquoi avez-vous décidé de quitter la Belgique ?

En 2011, mon fils a retrouvé une inscription peinte sur la grille d’entrée de notre immeuble : « Emmy Wibran assassin de Joseph Wibran ». Mon fils et mon avocate sont allés à l’ambassade d’Israël qui nous a mis sous protection. Mais pour moi, cela a été la goutte qui a fait déborder le vase. J’ai décidé de quitter Bruxelles pour vivre tranquillement. En Belgique, il n’y a pas eu de justice. Je n’ai jamais reçu une seule lettre d’un quelconque membre de la justice pour me donner une explication ou simplement un mot gentil, une simple attention. J’estime que par respect, par considération, on aurait pu me convoquer pour, au minimum, reconnaître qu’il s’agissait d’un dossier délicat. Je ne veux pas m’opposer à l’État car je suis reconnaissante à la Belgique d’avoir accueilli mes parents juifs après la guerre. Cependant, je me suis sentie abandonnée en tant que belge. Mon mari n’a pas été reconnu alors qu’il avait beaucoup œuvré pour la Belgique, notamment au niveau médical. Il a toujours été un homme honnête et droit. Un contact humain de la part de la justice aurait eu sa place…

La vie en Israël, c’est un fameux défi…

À 62 ans, j’ai décidé de recommencer une nouvelle vie, en quittant la Belgique. C’est effectivement tout un changement. J’ai dû apprendre l’hébreu, en suivant des cours 4h30 par jour, quatre fois par semaine. Il est indispensable de comprendre la langue, autrement on est incapable de se débrouiller en Israël. J’ai dû m’adapter à un nouveau système médical, un nouveau système judiciaire, un nouveau style de vie. À l’Oulpan, l’école d’hébreu pour les immigrants, j’ai fait connaissance avec d’autres personnes dans la même situation. Je fais du bénévolat. Je suis très heureuse ici mais je regrette l’éloignement de mes enfants et petits-enfants.

Au cours de votre vie, avez-vous perçu de l’antisémitisme ?

Dans ma jeunesse, je n’ai jamais senti d’antisémitisme. Par contre, j’ai conservé un souvenir qui m’a beaucoup marquée  : mon petit garçon de six ans voulait inviter un copain de classe. À plusieurs reprises, j’ai fait une demande à la maman du copain mais il y avait toujours une raison de refuser, jusqu’au jour où mon fils m’a dit : « Tu sais maman, il ne viendra jamais, il est Palestinien ». J’étais choquée que les adultes puissent faire porter ce poids à des enfants. Peu à peu, il y a eu des incidents de plus en plus fréquents, un antisémitisme latent porté par l’extrême droite. Mais à cela s’est ajouté le problème des musulmans endoctrinés qui sont devenus de plus en plus nombreux en Belgique. Un de mes enfants a mis son fils dans une école juive à cause des actes antisémites, alors que moi je ne me suis jamais posé cette question pour mes propres enfants. Quand j’ai quitté la Belgique, j’étais en rage et dans l’avion, j’étais triste. J’ai pensé à mes parents. Je me suis rendu compte qu’en fait, je devais faire comme eux. Je devais fuir mon pays d’origine à cause de cette haine des juifs. Je me pose une question : pourquoi une telle haine ? …

 

[Photos :  Flickr – Ine et Edgar Fonck- source : http://www.agora-francophone.org]

O músico navarro, de 91 anos, era un dos grandes mestres

Pedro Iturralde, saxofonista, clarinetista y compositor.

Pedro Iturralde, saxofonista, clarinetista e compositor

Por IÑAKI ESTEBAN

O saxofonista, clarinetista e compositor navarro Pedro Iturralde faleceu onte aos 91 anos de idade. Natural de Falces, iniciouse no saxo moi pronto para consolarse do seu exilio do «paraíso», que para el estaba no muíño do seu pai —saxofonista como el— e do seu avó, en Vergalijo, situado xunto ao río Arga. A aquela época dedicou unha das súas composicións máis coñecidas, que aínda seguía tocando, O muíño e o río. Considerado xunto a Tete Montoliú, un dos históricos valedores do jazz español, Iturralde foi profesor do Conservatorio de Madrid e colaborador da Orquestra Sinfónica de RTVE. En 1967, gravou o disco Jazz Flamenco, no que colaborou co guitarrista Paco de Lucía; e en 1968 colaborou co pianista Hawpton Hawes para gravar, xunto ao seu cuarteto, Pedro Iturralde Quartet Featuring Hawpton Hawes. En 1972 trasladouse a Estados Unidos para estudar no Berklee College of Music, de Boston, polo que foi bolseiro.

Nese mesmo ano foille concedido o primeiro premio nun concurso de composición na cidade de Mónaco, coa peza Like Coltrane. En 1978 gañou de novo un premio, esta vez o segundo premio de composición, no Festival de Mónaco, coa composición ToyTamén destacou o seu labor como compositor de bandas sonoras de películas, entre as cales podemos apuntar a súa dirección musical e composición na viaxe a ningunha parte de Fernando Fernán Gómez.

Iturralde atribuía a súa boa saúde a que só bebía un pouco de Cointreau porque lle viña ben para a garganta. Polo demais, nin tabaco nin drogas nin abuso dos licores, ao contrario que a imaxe do mito romántico do jazzman construído a partir das adiccións de Charlie Parker e Chet Baker. Iso fíxolle tocar ata ben pouco no seu querido club Bogui Jazz de Madrid. «É que tocando, entre a xente, é como mellor me atopo», confesaba.

A partir daquelas primeiras notas dadas con 9 anos, na Banda Municipal de Falces, o saxofonista máis soado que deu o jazz español foise facendo o seu propio camiño co empuxe da súa tenacidade e do seu talento innato. Paso a paso ata chegar aos concertos internacionais, a ser o xefe da banda de músicos do Hotel Praza de Madrid, cando na Gran Vía abundaban os locais dedicados ás big bands. Co saxofón chegou á mestría. Con todo, defendía o clarinete. «Gústame. Soa moi ben. Ten un timbre moi diferente ao saxo, e o timbre no jazz é algo fundamental. Sérveme tamén para lembrar no escenario o vello dixieland. Nos concertos adoito tocar standards, por exemplo de Sonny Rollins, que ten a mesma idade que eu, ademais do meu repertorio».

Conexión con Paco de Lucía

Unha estancia dun ano en Atenas, de 1958 a 1959, serviulle de inspiración para compor a súa Suite Hellenique. En 1966, Joachim E. Berendt, decatado dos experimentos de Iturralde coas músicas populares gregas e o jazz, proponlle actuar no Festival de Jazz de Berlín incorporando unha guitarra flamenca ao seu entón quinteto. Así o fixo e á hora de gravar esa nova fusión de estilos pensou primeiro en Paco de Antequera. Como non podía, porque tiña compromisos con outras discográficas, substituíulle Paco de Lucía, co pseudónimo de Paco de Alxeciras. Destas sesións, gravadas en Alemaña en 1967 e 1968, edítanse varios discos baixo o título de Jazz Flamenco. En España non sairían ata 1974. O estilo aínda segue vivo en músicos como Jorge Pardo.

«Coñecía ben aos clásicos como Falla, Granados e Turina da miña época na banda de Falces, cando tocaba polos pobos. Cando acababamos de tocar, quedaba eu só no kiosko e empezaba a improvisar», lembraba o mestre, que, entre outras moitas cousas, aprendeu ao longo da vida grego, inglés e francés, pero morreu co desexo pendente de ter aprendido a súa lingua, o eúscaro. «Amo o País Vasco. O meu apelido significa ‘á beira da fonte’, e o segundo, Ochoa, ‘lobo’» confesaba.

[Imaxe: ÓSCAR VÁZQUEZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es ]