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Cela fait des années maintenant que les éditions bilingues yiddish-français de la Bibliothèque Medem publient des auteurs majeurs de cette littérature, sans pouvoir franchir les limites d’une diffusion réservée aux connaisseurs et autres usagers de la Maison de la culture yiddish.  L’année 2021 a été particulièrement faste puisque ont paru à très peu d’écart deux livres traduits à partir de l’œuvre foisonnante d’Aaron Zeitlin (1898-1973), l’un des grands poètes yiddish de la modernité, qui fut également dramaturge et romancier.

Deux livres d'Aaron Zeitlin, géant spirituel des lettres yiddish

Aaron Zeitlin (1929)

Écrit par Carole Ksiazenicer-Matheron

Aaron Zeitlin, Weitzmann II. Fantaisie en 14 tableaux. Trad. du yiddish par Evelyne Grumberg. Postfaces de Yitskhok Niborski, Evelyne Grumberg et Natalia Krynicka. Bibliothèque Medem, 243 + XLI p., 20 €

Aaron Zeitlin, Le dernier lointain. Poèmes choisis. Trad. du yiddish par Batia Baum. Choix, édition et présentation de Yitskhok Niborski. Bibliothèque Medem, 369 + XXXIX p., 20 €

La Maison de la culture yiddish propose également une exposition virtuelle autour d’Aaron Zeitlin.


La Maison de la culture yiddish organise, parallèlement à ses publications, des expositions et des cycles de conférences sur ces artistes ignorés par le grand public, trop souvent absents des rendez-vous hebdomadaires consacrés à la littérature dans la presse mainstream. À intervalles réguliers, et avec une impressionnante ténacité, toute une équipe unit ses forces et ses compétences pour faire paraître ces beaux volumes qui déroulent de droite à gauche, en sens inverse de nos habitudes de lecture occidentales, leurs versions en miroir, droite pour la traduction française, gauche pour le texte original en caractères hébraïques. Des couvertures aux facsimilés empruntant leurs motifs colorés aux avant-gardes du XXe siècle ont succédé plus récemment à la sobre couverture blanche des premiers ouvrages de la fin des années 1990.

Aaron Zeitlin est le fils d’Hillel Zeitlin, philosophe de la mouvance néo-hassidique des débuts du XXe siècle en Pologne, mort assassiné par les nazis en 1942. De l’héritage paternel tourné vers le bilinguisme hébreu-yiddish et l’activisme spirituel, Aaron a gardé une foi paradoxale et l’attrait pour la mystique ; mais il s’est aussi, à sa façon contradictoire et souvent sarcastique, à l’égal de son ami proche Isaac Bashevis Singer, frayé un chemin vers la littérature dans ses aspects les plus intramondains : teintés de complexité quant aux questions religieuses et de fidélité à l’invisible, mais aussi d’humour et de fiel quant à l’autosuffisance moderne. Tout ce parcours est minutieusement retracé dans les introductions de Yitskhok Niborski, auteur d’une thèse sur Zeitlin et médiateur de son œuvre en France.

Le premier ouvrage, Weizmann II. Fantaisie en 14 tableaux, traduit par Evelyne Grumberg, est une comédie grinçante aux accents tragiquement prémonitoires : écrite en 1934 (à part quelques remaniements datant de l’après-guerre qui sont pris en compte dans cette traduction), elle s’ouvre sur l’intervention toute-puissante du personnage de l’« Aryen » (dans la première version, il s’agit de Hitler en personne) qui, à l’orée de la Seconde Guerre mondiale, organise son programme d’émigration forcée de « l’élite juive » vers la Palestine ; le reste de la « marchandise juive » devra être « transporté plus tard ou détruit ».

Fantaisie bouffonne à la Ubu mais parfois aussi cruellement référentielle, la pièce déroule quelques lieux symboliques, entre diaspora et « terre promise », peuplés de personnages-marionnettes, représentant à gros traits, excessivement satirisés, les lieux communs d’un antisémitisme à la fois caricatural et outrancièrement ordinaire. Tous les poncifs antijuifs sont représentés par des noms propres-étiquettes, masques d’une histoire viciée par le poison de la propagande : le pouvoir de l’argent (Rothschild), de l’intelligence (Einstein), de la conspiration mondiale (les « sages de Sion », les dirigeants des différents congrès juifs et sionistes), les agitateurs politiques (Trotsky II, Jabotinsky, Simon Schwartzbard), la « belle juive » Alexandra, une actrice d’Hollywood, figure de la femme moderne et de l’amazone, les acteurs culturels (le metteur en scène de théâtre Reinhardt, le journaliste Abe Cahan, l’écrivain yiddish Sholem Asch), et jusqu’à Charlie Chaplin, « enjuivé » de force par les nazis et rebaptisé Kaplan, qui va être le caméraman de l’expédition.

Seule exception et « unique spécimen » représentant l’ancien monde, le chimiste Weizmann II (double grotesque de la figure bien réelle de Haïm Weizmann) est autorisé à rester en Angleterre au motif de ses trouvailles « géniales » en matière de « gaz ressuscitants ». C’est d’ailleurs grâce à cette « découverte », qui ranime les soldats morts, que l’Angleterre finit par vaincre l’Allemagne à la fin de la pièce. Nous sommes en 1934, il fallait à Zeitlin une certaine dose de courage pour imaginer un tel dénouement : dans la réalité, réfugié en 1939 aux États-Unis, il verra toute sa famille anéantie par l’Holocauste, ayant lui aussi l’impression, comme son personnage, d’être le « dernier juif ».

Deux livres d'Aaron Zeitlin, géant spirituel des lettres yiddish

Le motif du carnaval est explicitement relié à l’un des tableaux se déroulant à Tel Aviv, après une traversée mélancolique où les personnages ne cessent de regretter leur statut diasporique. De fait, la thématique carnavalesque englobe l’ensemble de la pièce, évoquant le purimshpil et reliant, là encore de façon prémonitoire, autocritique féroce de la société juive et rituels de réparation tels qu’on les voit fleurir dans les camps de DP’s après la guerre (voir l’ouvrage de Nathalie Cau sur ces performances symboliques et mémorielles qui réunissaient à la fois les véritables victimes de la déportation et des acteurs ou des figures en effigie revêtus des insignes nazies, évoquant précisément le personnage de Hitler : l’Aryen dans notre pièce ou l’ambassadeur Von der Boche, venu négocier la reddition allemande et ne pouvant réprimer, tels de véritables tics, ses automatismes grossièrement antisémites).

Au motif théâtral du dédoublement (Weizmann II, Trotzky II, et toute la galerie de portraits parodiant les « célébrités » du « peuple élu ») s’adjoint celui, carnavalesque, du renversement : la « nef des fous » juive transporte le chaos diasporique en « terre promise », faisant de l’État juif, dirigé de main de maître par Alexandra et ses amazones, la caricature des démocraties parlementaires impuissantes à empêcher la catastrophe mondiale. Un « parti du retour » s’organise, retour en diaspora, bien sûr, puisque « Sion n’est plus dans Sion » et que partout gronde la menace de la révolution.

C’est d’ailleurs pour parer à cette dangereuse éventualité, illustrée par un pays où « tous [sont] rouges de sang et blêmes de faim », que le concert des nations, à peine sorties de la guerre et sans s’attarder à tirer vengeance de l’Allemagne, s’accorde sur la nécessité du retour de « ses » juifs, boucs émissaires idéaux en période de crise, refondant l’unité générale à partir de leur exclusion même. On voit que, s’il utilise systématiquement le grotesque, Zeitlin s’avère par bien des côtés un redoutable polémiste, très au fait des rapports de force politiques de son temps. Mais, au lieu de se plier à une visée réaliste, il préfère jouer de la multiplicité des registres, ici presque uniquement satirique, dans d’autres pièces ou dans ses poèmes, comme dans son unique roman Terre brûlante, plutôt mystique et d’inspiration prophétique. Comme chez un Claudel, la fiction théâtrale autorise un irréalisme dévoilant les faux-semblants et tranchant au vif des illusions bien-pensantes.

Mais, comme chez Claudel aussi, la littérature chez Zeitlin est au service d’une instance supérieure, d’ordre transcendant et surplombant par son mystère le lieu du politique. Tel est sans doute le sens de l’apparition, dans la pièce, d’un niveau de sens métahistorique, représenté par le personnage du « Juif éternel », ainsi que du jeune zélote Sholem Ben-Khoyrn (« fils de la liberté »), et de la Sulamite, directement importée du Cantique des cantiques, qui semblent s’opposer à la fois à la perversion idéologique contemporaine et à l’humble revendication d’existence – ancrée dans l’affreuse misère quotidienne – du Juif ordinaire.

Celui-ci, représenté dans la pièce par des types culturels familiers au lecteur, s’obstine à vouloir revenir à son balluchon de « fripes » ou à son échoppe de soda, telle la réincarnation de ces types humains du shtetl, évoqués dans la plus grande ambivalence par la narration des « classiques » et pourfendus par la verve vengeresse des « modernes », les Bialik, Shapiro, Peretz Markish, Uri Zvi Grinberg, ainsi que par le message sioniste refusant ces figures de la victimisation traditionnelle. De notre point de vue, il est facile de voir dans cette conclusion (une royauté purement mystique des véritables « amants de Sion ») une dimension intégrée au contraste parodique ; à la lumière du contexte familial de Zeitlin, cependant, on peut y voir une référence directe aux idées de son père, qui appelait à la création de communautés utopiques sur une base spirituelle. À moins que le lecteur contemporain ne retienne plutôt la mise en abyme, ce film « tourné d’avance » par Charlie Chaplin, qui risque de ressembler fortement à la pièce que nous sommes en train de lire et qui nourrit peut-être quelques analogies immatérielles avec Le Dictateur, qui verra le jour six ans plus tard.

Deux livres d'Aaron Zeitlin, géant spirituel des lettres yiddish

Le second ouvrage, très différent par sa facture et son genre, est un choix représentatif de poèmes recouvrant toute la production de Zeitlin. La traductrice, Batia Baum, y déploie une fois de plus son admirable savoir-faire, depuis les premiers poèmes, d’inspiration plutôt lyrique, jusqu’aux poèmes de la période post-génocidaire, que Zeitlin lui-même avait répartis entre ses deux volumes intitulés « poèmes de l’Anéantissement et poèmes de la foi ».

Ce volume demanderait à lui seul une plus longue recension. Risquons une confidence : c’est en étudiant en cours avec Yitskhok Niborski le poème « Entre Plotsk et Varsovie » que s’est affermie la décision de l’auteure de ces lignes de se consacrer à l’étude de la littérature yiddish. Le souvenir de ce moment fondateur reste entier : le rythme, le balancement des vers évoquant le mouvement du bateau sur la Vistule, la strophe inaugurale, avec sa tristesse définitive : « En ces années sans Dieu d’après Maïdanek, / je revois les années écoulées. / Par un beau jour d’été nous sommes allés / à Plotsk voguant sur la Vistule, / à Plotsk voguant au fil de la Vistule. » Et puis cette autre strophe au milieu du poème, une fois que le souvenir radieux semble s’être replié devant la coupure infranchissable du temps :

« Moi, toi et la Vistule – vers Plotsk nous voguons.

Si je veux – cette heure demeure,

bien que tu ne sois plus, ni toi ni mon peuple,

et que la fin ait été Maïdanek.

Si je veux – cette heure demeure. »

Et finalement ces lignes, qui renvoient au Zeitlin lecteur du Livre de la Splendeur et du Cantique des cantiques :

« En esprit, Maïdanek n’est pas non plus la fin,

en esprit rien n’est voué à disparaître,

en esprit rien n’est éphémère. »

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

 

Si elle permet notamment de transmettre une information et de trouver un emploi, toute langue est aussi et avant tout un objet de culture et un moyen de penser différemment.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Vous le savez sans doute : la France – c’est l’une de nos fiertés – produit encore de grands mathématiciens. Mais en connaissez-vous la raison ? « Ce n’est pas parce que l’école de mathématiques française est influente qu’elle peut encore publier en français ; c’est parce qu’elle publie en français qu’elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents », souligne l’un de ses plus éminents représentants, Laurent Lafforgue. Ce qui fait dire au célèbre linguiste Claude Hagège : « Certains croient qu’on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c’est aussi imposer sa manière de penser. »
C’est là l’un des éléments essentiels qu’oublient ceux qui ne voient pas l’intérêt de sauver le tariana (Amazonie), le thouktche (Sibérie) ou le poitevin saintongeais : une langue ne permet pas seulement de transmettre une information ou de trouver du travail. Elle remplit d’autres fonctions, qu’il n’est pas inutile de rappeler ici.
· Commençons par le plus important, qu’illustre la réussite de l’école de mathématiques française : en parlant différemment, nous pensons différemment. En movima, une langue bolivienne, l’article devant le nom est différent si l’objet ou l’individu considéré est présent physiquement ou s’il est absent. En breton, il existe ainsi plusieurs manières de dire une phrase aussi banale que je mange du pain selon que l’on souhaite insister sur ce que l’on mange, sur qui mange ou sur l’action de manger. L’on pourrait multiplier les exemples.
· Le bilinguisme favorise la réussite scolaire. On a longtemps cru que, pour les aider à mieux maîtriser le français, il fallait empêcher les petits Flamands de parler flamand, les petits Catalans de parler catalan, les petits Martiniquais de parler créole, et ainsi de suite. Grave erreur : on sait aujourd’hui que le bilinguisme précoce est un avantage pour tous les apprentissages. C’est donc en parlant – aussi – flamand, catalan ou créole que l’on forme de meilleurs francophones.
· Une langue permet de mieux comprendre son environnement. Prenons l’exemple que je connais le mieux – celui de la langue d’oc (ou des langues d’oc, selon les points de vue). Quand on parle cette langue, on sait que La Madrague, la villa de Brigitte Bardot, à Saint-Tropez, désigne une madraga, un filet de pêche – et par extension un lieu de pêche. Que la gare de Matabiau, à Toulouse, provient d’un ancien abattoir (de matar : « tuer », et bueu : « bœuf »). Que Vieux-Boucau, dans les Landes, désigne l’ancienne embouchure (boca : « bouche » ; bocau : « embouchure », en gascon) de l’Adour. L’on pourrait d’ailleurs en dire autant des noms de famille. Christophe Hondelatte ? La fontaine large. Pierre Soulages ? Un terrain boueux. Martin Bouygues ? Une terre en friches. Et ainsi de suite (1).
· Parler une langue, cela sert à être soi-même. Notre langue maternelle est un élément essentiel de notre personnalité, au même titre que la forme de notre visage ou notre nom de famille. C’est en effet par le langage qu’un jeune enfant reçoit ses premières informations, exprime ses émotions, découvre le monde qui l’entoure. C’est pourquoi imposer par la suite à un individu une autre langue, plus « noble », c’est ipso facto présenter la sienne comme ignoble. C’est aussi dévaloriser sa famille, sa région, sa culture, donc son être profond. Les médecins l’ont montré : cette discrimination peut engendrer des problèmes psychologiques, voire des maladies organiques, comme des cancers de la face – le visage étant le siège de l’identité. (2)
· Mais une langue n’est pas tenue de servir à quelque chose pour mériter de vivre. Et cela pour une raison simple : toute langue est une oeuvre du génie humain. Il est aussi stupide de se débarrasser de l’alsacien, du shimaoré (l’une des langues de Mayotte) ou du normand parce que nous parlons français que de supprimer le pont du Gard, le château de Chambord ou la cathédrale de Reims sous prétexte que ces monuments se situent en dehors de l’Île-de-France. Parler une langue régionale « ne sert à rien » ? Ni plus ni moins que de réciter un poème, se recueillir dans une chapelle romane, écouter le chant des oiseaux ou admirer un tableau de Rembrandt.
Je le dis, je l’écris, je le crie comme je le pense : toute langue est une richesse et toute standardisation culturelle une régression. C’est pourquoi je préviens ceux de mes amis qui se réjouissent de voir le français supplanter peu à peu les langues minoritaires de notre pays. Parler notre idiome national est plus « utile » pour trouver du travail que de maîtriser l’arpitan ou le franc-comtois ? Sans doute. Mais la suite de ce beau raisonnement est évidente : si nous n’y prenons garde et ne jugeons les langues qu’à l’aune de « l’utilité », nous finirons tous par parler anglais. Ce jour-là, les partisans du tout-français percevront mieux ce qu’est la diversité culturelle. Mais il sera trop tard.
(1) Les termes en langue d’oc sont ici écrits en graphie dite classique.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

L’incident a provoqué une levée de boucliers de la part des Canadiens francophones, remettant sur la table la nécessité de protéger la langue française dans toutes les provinces francophones du pays.

Pour son premier discours au Québec, le PDG d’Air Canada Michael Rousseau a choisi de s’exprimer uniquement en anglais. | John via Flickr

Pour son premier discours au Québec, le PDG d’Air Canada Michael Rousseau a choisi de s’exprimer uniquement en anglais.

Écrit par Marie Haynes 

Ce devait être un discours comme un autre, prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Dans d’autres circonstances, il n’aurait sans doute pas fait l’objet de plus d’une brève dans la presse québécoise. Mais pour son premier grand discours au Québec, le 3 novembre dernier, le PDG d’Air Canada Michael Rousseau a choisi de s’adresser uniquement en anglais à la foule d’hommes d’affaires majoritairement francophones venus l’écouter.

Pire encore, le grand patron qui vit à Montréal depuis près de quatorze ans est resté interdit face aux questions qui lui ont été posées en français par les journalistes à l’issue de son discours. «Can you redo that in English?», leur a-t-il demandé, avant de justifier –en anglais– son unilinguisme assumé: «J’ai toujours pu vivre à Montréal sans parler français. C’est tout à l’honneur de la ville.»

Loin de l’excuser, sa réponse maladroite a eu l’effet d’une bombe. Comment un Montréalais, chef d’une entreprise dont la maison-mère est située au Québec, peut-il ne pas connaître un traître mot de français?

Langue et culture méprisées

En émoi, le gouvernement québécois a immédiatement réagi aux propos du PDG. «Je trouve ça insultant», s’est indigné le Premier ministre François Legault. «Le grand patron d’Air Canada exprime tout ce que nous avons rejeté il y a des décennies: le mépris pour notre langue et notre culture chez nous au Québec. Ces propos sont indignes des fonctions qu’il occupe», a renchéri le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, sur Twitter. La polémique s’est envolée jusqu’au plus au sommet de l’État fédéral, le Premier ministre canadien Justin Trudeau qualifiant la situation d’«inacceptable».

À l’image de toutes les entreprises publiques fédérales, Air Canada est soumise à certaines obligations en matière de bilinguisme. Société d’État à sa création, elle a été privatisée en 1988, mais est restée assujettie à la Loi sur les Langues Officielles (LLO) qui assure notamment l’égalité de l’anglais et du français dans les services publics.

«C’est un manquement à l’esprit de la loi, analyse François Larocque, professeur titulaire de la chaire de recherche sur le monde francophone, droits et enjeux linguistiques à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Air Canada est une organisation qui est légalement tenue d’être bilingue dans son service au public et qui devrait présenter un visage bilingue. L’exemplarité est importante, et elle doit venir d’en haut.»

À ce jour, plus de 2.000 plaintes ont été déposées auprès du Commissariat aux langues officielles du Canada, chargé de faire appliquer la LLO et donc d’assurer l’égalité du français et de l’anglais dans le pays. Un chiffre qui nous été directement fourni par le service de presse de cette autorité. Si la recevabilité de l’intégralité de ces plaintes doit encore être étudiée, ce record illustre à quel point le PDG d’Air Canada a touché une corde sensible chez les Canadiens francophones.

«Speak white»

«C’est un retour dans le passé pour eux, soupire Martin Pâquet, historien et auteur de Langues et politique au Canada et au Québec: une synthèse historique (publié en 2010 par les Éditions du Boréal). On leur dit que leur langue n’est pas importante, puisqu’un PDG qui vit à Montréal depuis quatorze ans n’a pas besoin de parler français au Québec.»

L’incident replonge en effet les francophones dans une période pas si lointaine où leur langue était écrasée sous le poids de l’anglais. À partir du XIXe siècle et avec l’émergence d’une bourgeoisie anglophone, le français est considéré comme une langue parlée par le bas de l’échelle sociale, et inutile pour évoluer socialement. «Cette supériorité des Canadiens anglophones se manifeste à l’époque par l’expression “Speak white”», ajoute l’historien. Jusque dans les années 1970 à Montréal, il était commun de se voir répondre «Speak white» lorsque l’on demandait un service en français dans les grands magasins de la ville québécoise. Entendez: ici, on parle anglais.

«Aujourd’hui, il y a des lois et un discours officiel en faveur du bilinguisme, mais dans la réalité celui-ci n’est que de façade.»   Martin Pâquet, historien

Depuis, la Révolution tranquille est passée par là. Initiée en 1960, elle correspond à une période de grands bouleversements pour le Québec. Dans la lignée des combats pour les droits civiques des Afro-Américains aux États-Unis, mais aussi en parallèle des soulèvements en France et en Europe, les Québécois demandent une réaffirmation de leur identité francophone et une redéfinition des rapports entre la province et le fédéral.

Il en découle une série de lois linguistiques tant pour la province québécoise qu’au niveau fédéral. C’est en 1969 que le Canada devient officiellement un État bilingue, avec la promulgation de la Loi sur les langues officielles, qui fait de l’anglais et du français les deux langues officielles du pays. Au Québec, en 1977, la Charte de la loi française impose le français comme la seule langue officielle de la province.

En 2021, la protection de la langue francophone reste toujours aussi fragile. «Bien sûr, aujourd’hui, il y a des lois et un discours officiel en faveur du bilinguisme, mais dans la réalité celui-ci n’est que de façade, dont Air Canada est un bel exemple, puisqu’il est soumis à la loi mais ne respecte pas ses engagements», commente Martin Pâquet.

En tendance de fond, le déclin de la francophonie au Québec et en particulier à Montréal inquiète. Selon une récente étude réalisée par Statistique Canada à la demande de l’Office québécois de la langue française, la part de la population québécoise parlant français à la maison pourrait passer de 82% en 2011 à 75% en 2036. Dans une étude similaire, on peut lire que 49% des francophones au Québec parlent anglais sur leur lieu de travail, un phénomène encore plus important à Montréal.

Vers une modernisation de la loi

La polémique Air Canada a remis sur la table un projet de loi très attendu par les Canadiens francophones. Enterrée par le déclenchement anticipé d’élections fédérales et la dissolution du Parlement, la modernisation de la Loi sur les Langues officielles, restée telle quelle depuis 1988, pourrait changer les choses.

La ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor s’est engagée à présenter ce nouveau texte au Parlement dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement Trudeau. «S’il est adopté tel quel, il pourrait imposer le bilinguisme aux juges de la Cour suprême, mais aussi à l’ensemble des entreprises privées du Québec et des zones de grande concentration francophone comme l’Est ontarien et le Nouveau-Brunswick», détaille le professeur de droit François Larocque.

Le commissaire aux langues officielles pourrait aussi se voir attribuer plus de pouvoir, avec la possibilité d’émettre des ordonnances plus contraignantes voire des sanctions pécuniaires, à l’égard des entreprises en faute. De son côté, le Québec planche aussi sur un projet de loi qui permettrait de réaffirmer la place du français dans la province.

En attendant, le PDG d’Air Canada a présenté ses excuses et annoncé qu’il avait commencé à suivre des leçons intensives de français. Nul doute que ses progrès seront suivis avec attention par la communauté francophone.

[Photo : John via Flickr – source : http://www.slate.fr]

El 72,2% tenen el català com la llengua habitual principal

La ciutat de Tortosa

La ciutat de Tortosa

Segons l’’Enquesta d’usos lingüístics de la població de Catalunya’ del 2018, el 62,0% dels habitants de les Terres de l’Ebre inicia les converses en català ‘sempre’, i el 19,2% ho fa ‘sovint’. És a dir, el 81,2% dels habitants d’aquestes comarques utilitza el català predominantment per començar les converses. Aquestes xifres contrasten amb les del conjunt de Catalunya, que indiquen que només el 23,6% dels habitants inicia les converses en català ‘sempre’, i només el 28,9% inicia les converses en català ‘sovint’.

Les Terres de l’Ebre són el territori de tot el domini lingüístic on el català es conserva més. El 66,7% dels habitants són catalanoparlants nadius (el 68,5%, si s’hi compten els bilingües nadius) i el 72,2% tenen el català com la llengua habitual principal (la xifra creix fins al 76,6% si s’hi inclouen els bilingües habituals), mentre que a Catalunya aquestes xifres baixen de mitjana fins al 31,5% i el 36,1%, respectivament. A més, una majoria d’ebrencs parla o bé en català exclusivament o bé més en català que en castellà en tota mena d’àmbits: als bancs i les caixes, als centres sanitaris, a les botigues, als grans establiments comercials i fins i tot a les seus de l’Administració estatal. En contrast, en el conjunt del país l’ús del català no és predominant en cap d’aquests àmbits.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Un llibre exposa els arguments del manifest que va ser atacat per l’espanyolisme i pel “foc amic”

Presentació de Llengua i República. El manifest Koiné argumentat, dijous al Campus de Comunicació de la UPF / R. G. A.

Escrit per Raül G. Aranzueque

El paranimf de la Universitat de Barcelona (UB) es va omplir, de gom a gom, el 31 de març del 2016, en la presentació del manifest Per un veritable procés de normalització lingüística a la Catalunya independent, més conegut com a manifest Koiné, pel nom del grup que el va elaborar. El text va ser rebut amb una gran expectació. En aquell moment, la independència de Catalunya era una possibilitat real (o si més no, així ho percebien molts) i el manifest va rebre atacs ferotges de l’espanyolisme, retrets d’una part de l’independentisme, que temien que s’espantés la població castellanoparlant del país, i l’aplaudiment de molta altra gent.

La iniciativa va tenir un gran impacte i el terratrèmol va tenir múltiples rèpliques molt temps després, molt sovint en forma de tergiversacions del manifest original, que els autors han cregut convenient rebatre. Ho han fet a través del llibre Llengua i República. El manifest Koiné argumentat (Nexum Edicions), presentat aquest dimarts al Campus de Comunicació de la Universitat Pompeu Fabra (UPF). Una obra que, entre altres coses, “explica el text i el context posterior a la publicació del manifest”, segons va dir Josep Gifreu, catedràtic de teoria de la comunicació i professor emèrit de la UPF, que va destacar l’“allau sorprenent d’agressivitat per part de bona part de l’opinió publicada” que va provocar el manifest Koiné.

“Mots opinadors no s’havien llegit ni el manifest i deien que érem monolingüistes, contraris al bilingüisme, al multilingüisme i als immigrants”, va recordar Àngels Folch, membre del grup Koiné. “Per això calia aquest llibre”.

Folch va recordar els orígens del manifest. “Les alarmes van sonar quan en les eleccions del 2012, els polítics donaven per fer que el castellà seria llengua cooficial a Catalunya”. Aleshores, un grup de catorze persones amoïnades per la situació del català es van organitzar per obrir el debat de les llengües en una eventual república catalana i per advertir de la necessitat de la preeminència de la llengua històrica del territori en el nou estat. El grup no es va definir, però, sobre si el català hauria de tenir l’estatus de llengua oficial. “Estem molt contents del resultat del manifest per la repercussió que va tenir. Havíem tocat la llaga”, va subratllar Folch.

Faltava, però, explicar els arguments de fons del text que el soroll mediàtic havia tapat. L’encarregat de posar-hi el suport va ser l’editor Oriol Orfila, que no sabia res del grup Koiné fins que va veure una piulada a Twitter del diputat d’ERC a Madrid Gabriel Rufián que demanava, en castellà, “més cançons de Rosalía i menys manifestos Koiné”. Orfila va investigar què deien aquella gent de Koiné i va trobar “que tenien tota la raó del món”. L’editor no entenia el perquè de tant “foc amic” i, un temps després, es va decidir a contribuir a treure’n l’aigua clara amb la publicació del llibre.

El context polític ha canviat molt d’ençà d’aquell març de 2016 en què, segons Lluís de Yzaguirre, president de Llengua i República, molts espanyolistes es van creure que la independència de Catalunya anava endavant. Com és sabut, l’estat independent no ha reeixit encara, tot i que Yzaguirre creu que arribarà abans del 2030. “Cal fer molta feina abans de la República”, avisa, però, el president d’aquest “subconjunt de Koiné” nascut per conscienciar la població sobre la delicada situació del català.

“La República no salvarà el català”, adverteix Yzaguirre, que admet, això sí, que tenir “un estat a favor” faria les coses menys difícils. L’objectiu -remarca- és “aconseguir que el català sigui necessari” com ho és -afegeix- l’alemany per als espanyols de tercera generació que viuen a Alemanya.

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Escrito por Renata Prati

Por mucho que la Real Academia Española se empeñe en negarlo, las lenguas cambian al calor de los usos y con el paso del tiempo, en gran medida a través de la comunicación y la contaminación de otras lenguas. Que todo esto suceda es inevitable y, además, como puntualiza Pascale Casanova en la apertura de este libro, es también digno de celebrar: la pluralidad de las lenguas, su vitalidad y su sensibilidad histórica son riquezas. Ahora bien, ese reconocimiento no debería obturar —si bien para ella muy a menudo lo hace— el “hecho fundamental” de que esa misma comunicación entre las lenguas es un vector crucial de la dominación lingüística. En La lengua mundial. Traducción y dominación, Casanova se ocupa de echar luz sobre estas dinámicas de poder mediante una reconstrucción de la cambiante posición de la lengua francesa en el sistema mundial de las lenguas. Haciendo gala de una gran erudición, esta historia abarca muchos siglos en relativamente pocas páginas: sigue al francés en sus derroteros entre el siglo IX y el XX, desde su dependencia del latín hasta su ascenso a lengua mundial y posterior derrocamiento por el inglés. Historizar estos procesos obedece, por supuesto, a una voluntad desenmascaradora: comprender el carácter arbitrario de la dominación es, afirma Casanova, el único modo de luchar con eficacia contra ella. De hecho, la elección del caso francés busca capitalizar en esta línea su posición en cuanto “exdominante”, para comprender, a partir de ahí, el lugar actual del inglés: “Nosotros los franceses conocemos esta especie de dominación justamente por haberla ejercido”.

Por otro lado, tal vez menos conocido, debe atenderse también al rol de la traducción en ese marco de desigualdad, así como a otros fenómenos que marcan el contacto entre lenguas, como los préstamos, el bilingüismo colectivo y la diglosia. Y es en este terreno donde radica el mayor aporte de La lengua mundial. El de los préstamos es un caso elocuente y siempre actual: aunque por lo general se los usa creyendo que ofrecen un aire de sofisticación y modernidad, en verdad son, argumenta Casanova, signo y mecanismo de la dominación. En una línea similar piensa el bilingüismo. Pero la traducción constituye un caso un poco diferente: en efecto, todo a lo largo del libro, la traducción no es solo índice y medida de la dominación lingüística, sino también forma de resistencia, arma crítica contra la dependencia, el silenciamiento y la desaparición. La traducción es una actividad antigua, ardua y en muchos sentidos apasionante. Pero, como se hace evidente en estas páginas, su signo no puede adivinarse nunca sin comprender el contexto en que se la practica. No hay por tanto consignas simples en este libro: la posición de quien traduce —así como de quien edita literatura traducida, e incluso tal vez de quien la lee— es una posición compleja, ambivalente, incómoda. Aun así, es una incomodidad tremendamente rica.

 

Pascale Casanova, La lengua mundial. Traducción y dominación, traducción de Laura Fólica, prólogo de Roberto Bein, Ethos Traductora, 2021, 160 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

 

De diglòssia, com de quasi tot, n’hi ha d’alta i de baixa intensitat, essent aquesta darrera el pa nostre de cada dia tant a la vida quotidiana com a les xarxes socials.

Escrit per Gerard Furest i Dalmau

Professor de Llengua Catalana a Secundària

 

L’any 1927, l’escriptor austríac Stefan Zweig va escriure una d’aquelles obres divulgatives que li són tan pròpies i que, sense ser la de més qualitat (aquest lloc caldria reservar-lo amb tota probabilitat al memorialisme de El món d’ahir), sí que n’és una de les més populars. L’obra en qüestió es titula Moments estel·lars de la humanitat, i l’autor hi tria catorze moments que, al seu parer, van marcar el devenir de l’ésser humà. Com que, a imitació del de Zweig, d’escrits que recopilen episodis inflexius de la història del país ja se n’han escrit a gavadals, us proposo de fer un repàs a quatre moments de la nostra soferta vida política que corprenen per la seva excelsitud diglòssica.

Són exemples que certifiquen que els partits treballen bé -amb argumentaris interns i tot- la Formació de l’Esperit Sectari, però que en canvi negligeixen la conscienciació sociolingüística de què sovint (i aquí excloem el PP valencià) fan gala els seus programes electorals. Traginen, en els casos que ens ocupen, una forta càrrega simbòlica, perquè de diglòssia, com de quasi tot, n’hi ha d’alta i de baixa intensitat, essent aquesta darrera el pa nostre de cada dia tant a la vida quotidiana com a les xarxes socials.

Estalviem-nos però els excursos i entrem en matèria.

1) Desembre del 2006Ernest Maragall, actual alcaldable fallit d’ERC a la ciutat de Barcelona i aleshores conseller d’Educació de la branca -en teoria- més catalanista del PSC, compareix al Parlament. Amb aquell visionarisme genialoide tan maragallià, que consisteix a prioritzar sempre i en tot cas l’ocurrència a l’oportunitat, anuncia a ses senyories parlamentàries la bona nova: cal fer una tercera hora setmanal de castellà a les escoles de primària. El motiu? Com veureu, d’allò més científic: l’honorable ha assistit a una exposició que han fet vuit nens olotins a Barcelona -on us pensàveu, si no?- i ha quedat espaordit del nivell de castellà que han gastat. Siguem equànimes i deixem-lo justificar-se amb veu pròpia: “Diumenge passat vaig constatar les dificultats d’uns nens d’Olot per fer una presentació pública en castellà en un concurs internacional del Museu de la Ciència. Aquesta llei és per al bé del català i Catalunya”.

No arrufeu el front, si és que n’heu tingut la temptació. Qui pot dubtar per un sol moment que, en una situació de bilingüisme depredador, fer més hores en la llengua dominant és en benefici de la llengua subordinada? A qui li pot passar pel cap de qüestionar que vuit nanos i llur accent heterodox són representatius de la sapiència del castellà en tota una comarca? I encara més: qui pot ser tan agosarat de posar en entredit (vade retro, filibusters parlamentaris!) que aquest fet anecdòtic, que revela la persistència de focus gals per civilitzar, ha de comportar un canvi en el sistema educatiu del país? Les desenes de milers d’alumnes -i milions de ciutadans- que amb prou feines saben enxampurrar un “bon dia” ja són tota una altra història. La minúcia que els incompetents alumnes d’Olot es classifiquin en cinquena posició estatal i primera de les comarques gironines al concurs, també. I ara ja ho sabeu: qui tercera hora proposa, país empeny.

2) Maig del 2021: Després de dur a terme una temporada futbolísticament brillant i de derrotar l’UCAM Murcia en el tercer partit del play off d’ascens, la U.D. Eivissa aconsegueix deixar enrere el pou sense fons que ha estat sempre la Segona Divisió B i posa un peu a la categoria de plata del futbol estatal. Com és natural, l’eufòria, tan necessària en temps de depressió pandèmica, es desborda a la major de les Pitiüses. Encara no quaranta-vuit hores després, el club esportiu fa una celebració pública al seu estadi i, per a solemnitzar l’acte, hi convida la primera insitució del país, na Francina Armengol. La presidenta, entre aplaudiments dels jugadors i del públic, s’encamina al faristol i comença el seu discurs en català. No passen ni cinc segons que una vociferació fendeix l’aire encalmat, primaveral: “En español!” La màxima representant dels illencs roman uns instants en estat de xoc per la brutalitat de la interrupció, fins al punt de demanar a la concurrència “un momentito” per a refer-se amb un parell de sospirs. Això sí, dòcil davant l’amabilitat vandàlica, i oblidant la representativitat del seu càrrec, passa a fer la resta del seu discurs en bon castellà. Encara avui no són fàcils de calcular les afectacions en el prestigi de la llengua d’aquesta renúncia al·legòrica, catalitzada per uns automatismes necrolingüístics que la pressió de l’entorn malda perquè adquirim des del bressol. Sí que sabem, però, que és una maçada -una més- a la línia de flotació de l’inconscient col·lectiu dels catalanoparlants.

No sempre és fàcil fer tabula rasa del propi passat, i no és en absolut sobrer recordar que la senyora Armengol va tenir una etapa juvenil d’allò més abrandada al Bloc d’Estudiants Independentistes (BEI). Tot i ser d’Inca, municipi de mida mitjana però de sociologia complexa, la seva família geneològica i política sempre ha estat de la branca més mallorquinista del PSOE. D’aquella facció que, en temps de Francesc Antich, sentenciava que “hem de ser més PSIB i menys PSOE”. Aital condició no ha impedit que, després de la legislatura catastròfica de Bauzá, la seva sigui una de les pitjors pel que fa a l’incompliment del marc legal d’autogovern i a la violació massiva dels drets civils, especialment en un àmbit tan sensible com el de la Sanitat. La resposta de la presidenta al menyspreu constant al català (no ho oblidem: la seva llengua familiar i pròpia de les illes) ha estat crear, després de la insistència collonera de Més per Mallorca, una Oficina de Drets Lingüístics. L’Oficina no té, però, una funció sancionadora, sinó una funció recordatòria i recomanadora. Que, si busqueu la definició d’ambdós adjectius al DIEC, significa nul·la. I això és tot (el que han fet en matèria de llengua) fins ara, amics!

3) Juliol del 2021: La consellera d’Acció Exterior Victòria Alsina acaba el curs polític organitzant una trobada amb el cos consular establert a Barcelona. Poques hores després, els mitjans de comunicació i les xarxes reprodueixen fragments, sempre en castellà, de la seva al·locució. La revolada, en aquest país afecte a tota mena de linguomàquies, està servida. Algú del seu partit, creat per a representar l’independentisme més octubrista, surt a la palestra i dona a entendre tant l’artificialitat de la polèmica com les bondats del trilingüisme. L’obús argumental que, suposadament, ho ha de desmuntar tot: l’honorable també ha emprat el català i l’anglès. Cronòmetre (és a dir, ciència) en mà, el minutatge de l’speech és el següent: 6 minuts i 30 segons en castellà, 1 minut i 18 segons en anglès, 40 segons en català i -atenció al pintoresquisme folklòric- 2 segons en francès.

Vistes les xifres, la descompensació és prou evident, i només poden respondre a dues explicacions. La primera, de caire simbòlic, seria que els usos lingüístics susdits responen a la representació mental -a la importància- que l’emissor concedeix a cada llengua. La segona, de caire més infraestructural, seria que el govern de la Generalitat, que ha pressupostat per enguany 42.179 milions d’euros, no pot disposar de traductors ni d’orelleres per a un acte d’aquestes característiques.

Fem un xic de política-ficció i d’anàlisi comparativa: us imagineu el ministre d’Afers Exteriors filipí afirmant que el Japó reprimeix els filipins i el seu patrimoni lingüístico-cultural de manera insofrible mentre s’adreça als ambaixadors en japonès, és a dir, amagant el tagal, marcant-lo com un idioma d’estar per casa? Tindria cap pàtina de credibilitat, un discurs que es vehiculés així? Doncs justament això és el que va fer la representant del govern català a l’exterior.

La senyora Alsina no és -heus aquí el drama- un bolet aïllat. De fet, què es pot esperar en matèria de promoció lingüística d’un govern i d’uns partits “independentistes” que dupliquen submisament al castellà les seves intervencions públiques en territori nacional i col·laboren amb els mitjans estatals en la seva croada per amagar el plurilingüisme real i constitutiu de l’estat espanyol? Aquesta contradicció flagrant intenta ser tapada pels clams d’uns polítics que denuncien que el govern espanyol impedeix l’oficialitat i l’ús normal -i normal vol dir no necessàriament bilingüe o trilingüe- del català a les institucions europees. Çò és, a les quimbambes. Que, com bé sabeu, és on es juga el futur de la llengua, i on aneu a comprar cada dia el pa.

4) Març del 2011: El fet de no respectar l’ordre estrictament cronològic dels esdeveniments pot ser vist com una mostra de desordre, però també com un recurs inestimable que propulsi el text cap al clímax. Comprovareu que, en el cas que ens ocupa, es tracta més aviat d’això darrer, perquè una cosa és un moment -per estel·lar que sigui- i una altra és un aquelarre amb totes les de la llei.

Situem-nos: som en una convenció que ha organitzat el PP del País Valencià -per als seus líders, Comunidazzz (allargat així, com els ofidis) o, simplement, Levante-. L’objectiu, presentar en públic les principals candidatures del partit per a les eleccions municipals del 2011. Tot transcorre amb normalitat -és a dir, en castellà- fins que l’alcalde de Vila-real, tan joliu ell, es posa davant del micròfon per a adreçar-se als seus correligionaris. “Deixeu-me que parle un poquet del meu poble, de Vila-real”, té temps de dir abans que un imperatiu “habla en castellano!” l’interrompi. L’alcalde Rubert, ràpid de reflexos, respon a l’andanada amb una teatralitat de xòuman que no deixa de recordar la de l’advocat expert en picaresca Saul Goodman, personatge cabdal de la mítica sèrie Breaking bad. Hablo en castellano. Como queráis, perfecto!”, diu amb llefiscositat abans d’assenyalar els concurrents amb el dit índex -”ahí la has dao, chaval”, ens sembla la traducció més aproximada del gest- i de fer-se mereixedor d’una ovació tancada.

Ja escarmentada, l’alcaldessa de Torrent, Maria José Català, s’excusa de bestreta per si en algun moment se li escapa res en valencià, perquè “el valenciano es mi lengua materna y tengo este defecto”. Atureu-vos en el nom, perquè les paraules són l’espill de l’inconscient: defecte. Un defecte que, es pot deduir, li deuen haver llegat uns irresponsables progenitors per via oral, potser cromosòmica i tot. Un defecte que, no en tingueu cap dubte, ella mateixa, com a bona conservadora valenciana, s’encarregarà d’extirpar si mai Déu la beneeix amb els fruits de la maternitat.

L’obligació d’un escriptor és no doblegar-se en l’àrdua lluita per a posar paraules a les imatges i conceptes, per enrevessats que aquests siguin. Tot i això, algunes vegades cal acceptar la derrota i reconèixer el poder reproductor de l’audiovisual. Si mireu aquest vídeo entendreu per què:

És incontestable que una cerca exhaustiva sobre la qüestió que hem tractat donaria per a una monografia voluminosa. Ens reservem, per tant, el dret d’escriure-la algun dia. Mentrestant, dels tastets tragicòmics que hem cuinat per a vosaltres se’n poden extreure dues conclusions inductives: la primera, que els qui haurien de ser l’avantguarda en la recuperació de la llengua catalana no només no ho són, sinó que a més són el reflex emmirallador de l’autoestima corcada de la comunitat lingüística; la segona, que el bipedisme no és necessàriament sinònim de consciència o d’intel·ligència situacional.

[Font: http://www.nuvol.com]

 

 

Les adversaires des écoles immersives en langues régionales s’inquiètent du niveau de leurs élèves en français. A ceci près qu’il est… meilleur que la moyenne.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Le Conseil constitutionnel en a ainsi décidé : les écoles immersives en langues régionales sont contraires à la Loi fondamentale. En cause : leur incompatibilité supposée avec cet alinéa de l’article 2 : « La langue de la République est le français » (adopté en 1992, je le mentionne au passage, pour lutter contre… l’anglais). Quant à Jean-Michel Blanquer, qui a téléguidé sa saisine, il s’inquiète officiellement pour le niveau en français de leurs élèves (1). Je n’étonnerais personne en écrivant que je conteste ces prises de position sur le fond dans la mesure où elles mettent en danger la diversité culturelle de notre pays. Mais c’est sur un autre terrain que j’aimerais me placer cette semaine, celui des simples faits.
Rappelons d’abord que l’enseignement immersif consiste à dispenser en langues régionales la plupart des cours, qu’il s’agisse de l’histoire, des sciences naturelles ou des mathématiques. À la maternelle et au CP, la langue régionale est même utilisée de manière exclusive car c’est l’âge auquel les enfants apprennent le plus facilement. Le français, lui, est intégré progressivement, à raison de trois heures en CE1, quatre heures en CE2, cinq heures en CM1 et six heures en CM2, par exemple, pour les calendretas (écoles immersives en occitan). Pourquoi ce choix ? Pour une raison évidente : en métropole, les enfants évoluent désormais dans une société totalement francophone. En famille, à la télévision, sur Internet, au foot ou au conservatoire, la majorité d’entre eux vit en français. Dès lors, seul un « bain linguistique » tel qu’il est pratiqué par l’enseignement immersif leur permet d’acquérir une certaine aisance dans la langue régionale. En sachant que ces vingt-quatre heures hebdomadaires restent largement inférieures à la totalité de vie éveillée d’un enfant (environ cent heures par semaine).
Y a-t-il néanmoins un risque de voir ces enfants ne pas maîtriser correctement le français ? C’est la crainte de Jean-Michel Blanquer, même si, de manière curieuse – à moins que ce ne soit très volontaire – le ministère de l’Éducation nationale n’a jamais réalisé d’enquêtes globales sur le sujet. On dispose en revanche de plusieurs études ponctuelles, que cite le rapport Euzet-Kerlogot, du nom des deux députés missionnés par le Premier ministre sur ce sujet.
La première a été réalisée dans le réseau Diwan (breton) en 2019 par les très sérieuses Inspections générales de l’Éducation nationale et de l’Administration, de l’Éducation nationale et de la Recherche (rapport Yves Bernabé- Sonia Dubourg-Lavroff). Voici ses conclusions : « Le réseau obtient aux évaluations d’entrée en sixième, au diplôme national du brevet, au baccalauréat, des résultats meilleurs que ceux de la moyenne nationale. Les résultats aux évaluations d’entrée en sixième montrent que les compétences attendues sont bien atteintes à la fin du CM2. » Les chiffres fournis par les inspecteurs concernant le brevet des collèges tournent carrément au plébiscite : 98,64 % de réussite pour Diwan en 2016 contre 87,9 % au niveau national ; 99,16 % en 2018 contre 87,30 %!
À l’inverse, enseigner le français et le breton à parité horaire, comme le souhaite Jean-Michel Blanquer, reviendrait à réduire l’exposition hebdomadaire des enfants à la langue régionale à seulement douze heures, ce qui ne permet pas de former de bons locuteurs. Ce que confirment d’ailleurs d’autres statistiques du rapport Bernabé-Dubourg-Lavroff : le niveau en breton des élèves qui suivent un enseignement à parité horaire est largement inférieur à celui de leurs camarades des écoles immersives Diwan. (2)
La seconde étude, menée par l’Office de la langue basque (où l’État est présent au côté des collectivités territoriales) concerne les élèves de CE1 – niveau où l’enseignement du français commence tout juste à être introduit. Verdict ? Lors des évaluations nationales, « les enfants ayant suivi l’expérimentation 100% basque à l’école maternelle ne présentent pas de déficit en français en CP (…), voire ont de meilleurs résultats sur la plupart des items évalués quant à la maîtrise de la langue que les élèves ayant suivi un enseignement exclusivement en français. »
Certes, ces données doivent être analysées avec prudence, dans la mesure où elles concernent de faibles effectifs et peuvent être influencées par la classe sociale des parents. Il demeure qu’à ce stade, rien, strictement rien, ne prouve que les élèves de ces établissements rencontrent de quelconques difficultés en français – bien au contraire.
Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant compte tenu des effets favorables bien connus du bilinguisme précoce sur la réussite scolaire. « Le fait de passer en permanence d’une langue à l’autre accélère le développement des fonctions cérébrales permettant la flexibilité cognitive », souligne ainsi la psycholinguiste Ranka Bijeljac-Babic (3).
Ces bons résultats sont d’ailleurs conformes à ce que l’on observe à l’étranger. Le rapport Euzet-Kerlogot rappelle ainsi que l’enseignement immersif en langues régionales s’inspire directement du Canada, où il a été mis en place pour sauver… le français, menacé par la prédominance anglophone ! Quant à moi, qui ai toujours eu l’esprit taquin, je ne peux m’empêcher d’ajouter que cette méthode supposée néfaste est appliquée avec les encouragements du même Jean-Michel Blanquer dans… les lycées français à l’étranger.
Peut-on enfin rappeler que la méthode immersive fut aussi celle utilisée sans ménagement par l’école publique depuis le début de la IIIe République au profit du français ? À une – grande – différence près : les fameux « hussards noirs » pratiquaient une immersion forcée, répressive et exclusive, puisque les enfants surpris à parler corse, breton ou basque étaient punis, voire humiliés. « Rien de tel dans les écoles immersives en langue régionale, qui reposent entièrement sur le volontariat, ne sanctionnent aucun élève désireux de parler français et visent le bilinguisme », souligne Jean-Louis Blenet, président de l’Institut supérieur des langues de la République française.
Qu’en conclure, sinon que Jean-Michel Blanquer comme les membres du Conseil constitutionnel semblent en l’espèce agir sous l’empire de l’idéologie, sans considération aucune pour les faits ? L’un des soi-disant « sages » l’a d’ailleurs confié au lendemain de la décision : « Franchement, nous étions plusieurs à ignorer totalement ce qu’était l’enseignement immersif. »
C’est le moins que l’on puisse dire.
(1) Il avait notamment déclaré au Sénat le 21 mai 2019 à propos des écoles Diwan : « D’un point de vue pédagogique, il y aurait beaucoup à discuter autour de ça. On pourrait arriver à dire que cognitivement, ce n’est pas si bon que ça, précisément si l’enfant est mis dans la situation d’ignorer la langue française. »
(2) Cela n’empêche pas ledit rapport de préconiser de manière paradoxale l’arrêt de la méthode immersive dans le réseau Diwan. Autre indice de l’idéologie hostile du ministère de l’Education nationale sur ce sujet.
(3) L’enfant bilingueRanka Bijeljac-Babic, Odile Jacob.

 

[Source : www .lexpress.fr]

L’executiu de Cardiff es proposa arribar a un milió de parlants de la llengua pròpia el 2050

Els candidats a treballar en l’administració de Gal·les hauran de tenir un coneixement mínim de la llengua gal·lesa, d’acord amb la nova norma que prepara el govern gal·lès. Els treballadors públics hauran de demostrar un nivell parlat de llengua de “cortesia”, com a mínim, la qual cosa vol dir que hauran de ser capaços de respondre les trucades telefòniques en anglès i gal·lès i pronunciar i entendre correctament paraules senzilles.

Els candidats hauran de demostrar el seu nivell de llengua en una entrevista o durant els primers sis mesos en el lloc de treball.

La mesura forma part del projecte del govern de Cardiff de convertir Gal·les en un país bilingüe. L’executiu s’ha proposat augmentar el nombre de parlants de gal·lès fins a un milió d’ara fins al 2050 i assolir aquesta fita passa perquè els servidors públics siguin, com a mínim, capaços d’entendre la llengua. Segons el cens del 2011, el nombre de parlants de gal·lès era aquell any de 562.000, 20.000 menys que el 2001. Això vol dir que un de cada cinc gal·lesos parla la llengua pròpia del seu país.

El pla del govern gal·lès té l’oposició del Partit Conservador que, tot i que diu compartir l’objectiu d’arribar al milió de parlants de la llengua, considera que l’administració ha de contractar “el millor candidat” per al lloc de feina al marge dels seus coneixements lingüístics. L’executiu gal·lès nega, però, que demanar el coneixement del gal·lès als candidats a treballar a l’administració sigui discriminatori com diuen els tories. De fet, la Comissió Senedd, l’organisme que gestiona el Parlament de Gal·les, demana un nivell bàsic de gal·lès des del 2018 als candidats a treballar-hi.

 

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Los argumentos de Fuerza Popular para intentar anular actas electorales «revelan su ignorancia completa y fortalecen sus consabidas maniobras de racismo, violencia y discriminación hacia los pobladores de zonas rurales».

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú, sostiene la lingüista María C. Chavarría.

No existe fundamento para invalidar actas electorales por que los miembros de mesa tienen apellidos similares, los ciudadanos firmaron de forma distinta a su documento de identidad o solo pusieron una huella digital.

«La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita», señala Chavarría, quién recopiló argumentos y testimonios de diversos especialistas.

Cita al historiador Agustín Enrique Bardales Padilla, quien sostiene que esas formas de rúbrica no son inconstitucionales, y así lo establece la Carta Magna y los reglamentos del Jurado Nacional de Elecciones.

A continuación reproducimos el ensayo escrito por María C. Chavarría publicado en el fanpage de Facebook: Lenguas y Sociedades Amerindias.

Tu apellido no vale, tu firma menos

Sobre apellidos, rúbricas  y huellas digitales: ignorancia y discriminación letrada  en el proceso electoral 2021

Escrito por María C. Chavarría*

La literacidad es un conjunto de prácticas sociales en torno a la escritura. De acuerdo a los nuevos estudios de literacidad, la lectura y escritura se deberían analizar desde una perspectiva etnográfica en atención a los sujetos y a sus coyunturas socioculturales.

Y este es el contexto en que tratamos de rechazar los ninguneos a las firmas de los ciudadanos de zonas rurales y su  desconocimiento de cómo se otorgan los apellidos en comunidades altoandinas, a tal punto que se ha tratado de acusar de fraude a tres miembros de mesa de apellido Catacora en Puno, quienes piden a la candidata Fujimori se retracten de haberles dado ese apelativo que mancha sus honras, bajo pena de llevarla a los tribunales, a lo que ella ya está acostumbrada.

Parece que se desconoce que dentro de la tradición aimara, antiguamente, los apellidos no existían como tales y lo que identificaba a los individuos era el nombre y la pertenencia al ayllu, al territorio del que forman parte. De modo que en una ciudad pueden figurar muchos Mamani, Wamán o Catacora, sin necesidad de ser “familia” término que también debe ser racionalizado a la luz de la organización social andina.

Si existe un estudio exhaustivo del sistema de parentesco, el aimara ha sido uno de los más investigados, tal como lo documentó la historiadora Ximena Medinaceli (2003) ¿Nombres o apellidos? El sistema nominativo aymara. Sacaca Siglo XVIII. Uno de sus aportes es que indaga en el valor simbólico del nombre desde una mirada trasnsdisciplinaria donde nos sorprende al decir que este no tenía trasmisión directa.

Por ser un tema más complejo y el espacio breve, invito a los especialistas del grupo Fujimori a documentarse más al acusar de autores de fraude a esos tres miembros de mesa que llevan el apellido Catacora y que fueron elegidos para ejercer esos cargos.

Desde el 9 de junio, Fuerza Popular, ha venido sosteniendo la invalidez de actas donde hay votantes que “supuestamente han incumplido al firmar de una manera extraña después de emitir su voto”. Fuerza Popular y su staff de abogados ha deslizado la sospecha de que en zonas rurales, las más alejadas del país: específicamente en zona amazónica, lugares en zonas de frontera y el sur andino se han producido irregularidades sistemáticas, llevadas a cabo por ciudadanos que no han firmado las actas debidamente o que han puesto solo su huella digital. Es decir, o han puesto una inicial o una firma diferente a la que aparecen en su DNI, o solo una huella digital. Esto obedecería a una forma de dolo sistemático que ha favorecido al candidato Castillo. Por lo tanto, estas firmas y los votos que suscriben serían observados y se impugnarían, usando los términos más adecuados de la contienda electoral.

Estos argumentos no tienen asidero legal y lo vamos a demostrar en este breve ensayo. Como profesionales tanto lingüistas como antropólogos y educadores, con amplia experiencia en zonas rurales, queremos hacer la siguiente exposición para advertir los varios errores que acompañan a este intento de que no se cumpla la voluntad de los votantes. Para ello pedimos a los lectores de nuestro blog Lengua y sociedades amerindias en Facebook su colaboración y este breve documento es el resultado desde nuestra convocatoria de ayer.

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú. Se intenta ignorar cómo es la vida en las zonas andinas o amazónicas, en esa ruralidad que hoy está en cuestión, donde pocos llegan a terminar su educación primaria por la falta de escuelas secundarias, se carece de bibliotecas, son zonas donde no hay materiales de lectura, diarios ni librerías que permitan seguir practicando la lecto escritura del castellano como segunda lengua, pues muchos no han recibido una educación bilingüe intercultural. En el campo o zona rural no hay escuelas suficientemente equipadas, bibliotecas escolares donde se pueda leer para no llegar al analfabetismo funcional que hoy aflige a miles de peruanos.

En esta contienda electoral, el tema medio ambiental, educativo y cultural han sido pasados por alto, no son de interés nacional. Ni hay lápices ni libros en las escuelas pues la ‘nueva normalidad’ obliga a usar tablets y teléfonos. Solo se escribe para mandar las tareas on line, si es que tienen celulares y conexión de internet. Solo se escribe en las escuelas  al hacer la tareas. La práctica de escribir es muy poca, incluso en las grandes urbes y capitales de provincia.

La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita

La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita. Una vez obtenido el DNI o la cuenta en el banco respectivo, la firma se usa pocas veces pues el DNI solo sirve para las elecciones o para contadas ocasiones. Los agricultores por ejemplo, hacen sus transacciones de venta con dinero efectivo y nadie tiene cheques que se tengan que firmar cada vez que se hace una compra o venta. Todo es circulante. Las asambleas comunales donde todos se conocen, se pasa lista y no necesariamente se firma asistencia con DNI en mano. Las votaciones se hacen a mano alzada y los únicos que usan firmas son los delegados o representantes, no toda la comunidad. Entonces, las ocasiones de firmar documentos es muy reducida y como no se practica con frecuencia, la firma o rúbrica no es exacta ni será 100% a la versión con la que se sacó el DNI. Hay ciencias como la grafotécnica que aunque un individuo varíe su rúbrica, puede detectar rasgos que todavía identifican al individuo, como la forma de realizar los círculos, semicírculos, verticales, puntos, etc. Estos peritos aparecen en las series de crímenes y detectives que nos llegan del extranjero y que van directo a los televisores, si los tenemos. Dudamos que estas pericias grafotécnicas hayan sido consideradas por el Jurado Nacional de Elecciones.

En medio de esta realidad, el mismo Estado peruano permite hacer salvedades ante la identidad de rúbricas de un mismo individuo. Es así que los funcionarios del MINEDU cuando tienen que hacer firmar las asistencias a sus eventos, talleres de capacitación, aceptan la huella digital en las hojas de asistencia e incluso cuando reciben las ansiadas tablets. Daniel Gonzáles, gentilmente, nos ha proporcionado el siguiente testimonio con una foto que ilustra lo que estamos diciendo.

 

“Estas son actas donde un padre de familia pone huella digital en vez de firma por no haber aprendido una firma. La original es la 23-33. adjunto otras donde pudieran diferir las firmas del padre en el acta y la del DNI. Se podría verificar con las firmas del DNI de RENIEC.”

Y comenta:

“Se están intentando invalidar los casos donde un votante rural solo deja su huella digital cuando emite su voto. Pero el uso de la huella digital es una práctica común para los ciudadanos que no aprendieron una firma o no saben escribir. Aquí vemos una prueba de esta costumbre”. Tomado de Facebook, 9 de junio de 2021.

Otra colega lingüista, quien ha participado de varios talleres donde asisten poblaciones amazónicas que recién van a discutir cómo tener un alfabeto, declara en el mismo medio de comunicación:

“Sí, es así,  además muchas de las de sus acuerdos las firman usando solo las huellas. Esto ocurre básicamente con las poblaciones monolingües de la selva peruana”. Tomado de Facebook el 9 de junio 2021.

Otra docente universitaria, formadora de maestros bilingües en la Amazonía, comenta: “La huella digital incluso tiene más valor que la firma”. Tomado de Facebook el 9 de junio 2021.

Pero todos estos testimonios tienen un origen, el post del lingüista y profesor de la PUCP Gonzalo Segura donde dice lo siguiente:

“A propósito de la no coincidencia de las firmas en las actas provenientes de la Amazonía peruana, la señora K no conoce la idiosincrasia ni la vida de los hermanos indígenas de nuestra Amazonía. La mafiosa no solamente tendría que anular las 503 actas, porque las firmas no concuerdan con las del DNI de los miembros de mesa, sino casi todas.

La señora y sus compinches realmente tienen que ser muy miserables para no conocer esta realidad. Urgente: ¡Educación Intercultural para todos en Lima!

Ellos y ellas casi nunca firman documentos. Por eso es que no están familiarizados con su firma, más si son personas del campo o viven lejos de las ciudades, nunca firman. Cuando se les pregunta por qué no firman igual que en su DNI, responden: « Nunca firmamos, profesor, solo ustedes nos hacen firmar, por eso no me acuerdo de mi firma ».

Un extrabajador del MED, encargado en las tareas de normalización escrituraria de lenguas indígenas, me cuenta: « Solo cuando le pedíamos que miren bien su DNI trataban de hacerlo igual, pero ni así… ..hacíamos los talleres del MED y les pedíamos que firmen las actas para devolverles sus gastos. Igual pasa también las zonas rurales donde la gente no tiene costumbre de firmar… y eran docentes… Eso lo sabemos todos del MED, las firmas de las actas eran diferentes… nunca firman igual ». Tomado de Facebook, 9 de junio de 2021.

Su post tuvo 869 likes y ha sido compartido muchas veces.

Este docente universitario, original de Puno, enseña en dos universidades limeñas y es un connotado profesional. Su reclamo de que haya una Educación Intercultural para todos en Lima obedece al descontento de ver que somos un país que no puede ver al otro sin menospreciarlo, ignorarlo o hacerlo desaparecer, como sugiere esta contienda electoral. Tenemos documentos y políticas de sobra que dignifican y exaltan el hecho de ser un país multicultural y lingüísticamente diverso. Pero que no tenemos la menor empatía por el Otro.

Otra colaboración que hemos recibido proviene del reconocido editor Dante González, de Pakarina Ediciones, quien tiene amplia experiencia en recorrer el Perú al asistir a ferias de libros durante todo el año. El subscribe este testimonio:

« Cuando distribuimos materiales por la sierra de Sánchez Carrión (Huamachuco), por ejemplo, en la zona de Calemar, punta de carretera, que pertenece a Sartimbamba, para cruzar el Marañón y trasladar el material a Bambamarca tuvimos que contratar porteadores de la zona. Para el pago tenían que firmar recibos, pero como no recordaban entonces con la huella digital y un garabato era suficiente.

El Huaytará, Huancavelica, algo parecido. En Casa Blanca, al frente de Cajabamba, Huaylas, en la cordillera Negra, también. Así, un listado ».

Y adscribe otro testimonio más:

« En la región Loreto, en la provincia de Datem del Marañón, conocida por ser una zona intercultural por contar con un porcentaje poblacional casi de 75% indígenas de diferentes etnias como la kandoshi, shawi, shapra, quechua, awajun, shiwilo, entre otras.

Esta población en casi el 80% las mujeres no firman (Reniec) solo colocan su huella digital y así cobran programas como juntos y cuna más, pero están aprendiendo a realizar garabatos, colocar sus iniciales o nombre por firma y se respeta la intención, sin actualizar en Reniec por no contar con los recursos económicos y lo lejana que es la comunidad donde viven (característico de la zona).

De igual forma los varones, si bien serán un porcentaje menor, también y en su mayoría colocan solo huella (Reniec) y los que están aprendiendo colocan garabatos o sus nombres por firma. Y aquí se respeta la intención de los hermanos indígenas.

Muy triste y lamentable que se quiera sacar ventaja de esta población ».

Creo que va quedando claro que en el Perú, no solamente en las zonas rurales, existen ciudadanos cuya práctica de literacidad no se puede comparar con la que tienen otros, habitantes de ciudad letrada que están expuestos a la necesidad de escribir con frecuencia o firmar, viven en grandes ciudades, donde la burocracia de las instituciones públicas o privadas así lo requieren. Y si tienen que firmar lo hacen con dificultad, con vergüenza, a veces, porque no tienen esa práctica y entonces se recurre a un grafismo que simula una firma o una simple inicial. El historiador Agustín Enrique Bardales Padilla sostiene que esas formas de rúbrica no son inconstitucionales, así lo establece en primer lugar la Carta Magna y los reglamentos del Jurado Nacional de Elecciones que han sido entregados a los personeros y a quienes han trabajado en el proceso electoral.

Tenemos el Compendio Electoral Peruano (edición actualizada al 2020 y que se encuentre en libre disponibilidad en el portal de la ONPE). Este documento señala en su artículo 4: De las actas no observadas, lo siguiente:

4.2.- El acta electoral de aquella mesa de sufragio que cuente con miembros de mesa iletrados, o que se encuentren en incapacidad de firmar, siempre que dichos miembros estén debidamente identificados, con la consignación de sus datos (nombre y número de DNI). En estos casos el miembro de mesa debe consignar su huella digital y se dejará constancia de las causas que le impidieron firmar en la parte de observaciones del acta electoral. Solo en este supuesto, la falta de firma no es causal de observación del acta.

A su vez, los manuales de la ONPE también señalan lo mismo, basándose en este artículo. En dicho manual se señala:

“¿Qué sucede si el miembro de mesa no puede firmar el acta de instalación por ser iletrado o por imposibilidad física? Respuesta. Se le pide colocar su huella en la línea para firmar. Luego, se escriben sus nombres, apellidos y número de DNI, y se escribe en el campo de observaciones del acta lo siguiente: El Sr. … no firmó porque… Finalmente, se solicita al personal de la ONPE traer láminas de protección para cubrir el campo de observaciones”.

La indignación de estos ciudadanos que han cumplido con emitir su voto al verse señalados con la posibilidad de ser parte de un fraude es totalmente justa, pues incumple el artículo 2 que garantiza los Derechos de la Persona, en varios aspectos.

Artículo 2.- Derechos fundamentales de la persona
Toda persona tiene derecho: 1. A la vida, a su identidad, a su integridad moral, psíquica y física y a su libre desarrollo y bienestar. El concebido es sujeto de derecho en todo cuanto le favorece.

Concordancia: LORENIEC: Arts. 2,7 incisos d), f) y j) 2. A la igualdad ante la ley. Nadie debe ser discriminado por motivo de origen, raza, sexo, idioma, religión, opinión, condición económica o de cualquiera otra índole.

3. A la libertad de conciencia y de religión, en forma individual o asociada. No hay persecución por razón de ideas o creencias. No hay delito de opinión. El ejercicio público de todas las confesiones es libre, siempre que no ofenda la moral ni altere el orden público.

Concordancia: LOE art. 188.

4. A las libertades de información, opinión, expresión y difusión del pensamiento mediante la palabra oral o escrita o la imagen, por cualquier medio de comunicación social, sin previa autorización ni censura ni impedimento algunos, bajo las responsabilidades de ley. Los delitos cometidos por medio del libro, la prensa y demás medios de comunicación social se tipifican en el Código Penal y se juzgan en el fuero común…”

Finalmente queremos terminar con un texto, gentilmente enviado por la escritora y poeta Gloria Cáceres y con esto creemos que hemos argumentado lo suficiente para defender a quienes no firman igual o no firman tal como lo dice el DNI.

“En mi pueblo Colta Ayacucho, los pobladores que vienen de los caseríos próximos, como Llamocpamapa o Vitama en busca de justicia por alguna eventualidad, después de la audiencia suelen sellar su compromiso con su huella digital y lo refrendan con un garabato. Ya sea porque están apurados o porque no existe la práctica de escribir, de estar escribiendo su nombre y firmando. Hay credibilidad entre los contrayentes, es más que suficiente. Esta práctica es común en muchos lugares del Perú”.

En conclusión:

Los argumentos de los abogados y/o representantes de FUERZA POPULAR solo revelan su ignorancia completa y fortalecen sus consabidas maniobras de racismo, violencia y discriminación hacia los pobladores de zonas rurales. Esas sí son formas sistemáticamente del accionar de FUERZA POPULAR contra el pueblo.

Lima, el 10 de junio de 2021.


* María C. Chavarría es profesora de Lingüística en la Universidad Nacional Mayor de San Marcos y una profesional comprometida y apasionada por la Amazonía.

[Publicado en el fanpage Lenguas y Sociedades Amerindias: https://www.facebook.com/groups/572061159505935 – reproducido en: http://www.resumenlatinoamericano.org]

Écrit par Michel Feltin-Palas

On aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. Le 21 mai correspondait, selon l’ONU, à la Journée mondiale de la diversité culturelle. Et c’est ce jour qu’a choisi le Conseil constitutionnel pour signer ce qui ressemble à l’arrêt de mort des langues dites régionales (1) en censurant l’essentiel de la loi Molac dans des conditions on ne peut plus troubles. Vous pensez que j’exagère ? Alors lisez ceci.
· Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission dans les familles s’interrompe (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs. Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale. Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : ikastolak au Pays basque, diwan en Bretagne, calendretas en Occitanie, bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée.
· Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales« , assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Éducation nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs.
· La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dis ans – ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre).
· Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer – il l’a reconnu – a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires – étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues !
· À l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’État pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le… 22 avril à 18 heures.
· Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées.
· Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme il le fait d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution.
· Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ». Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre… l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque (voir « Lire aussi »). Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires.
· Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction. « En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste.
Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régionales, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » – sans e – et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français.
Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer.
(1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

El libro más reciente de la lingüísta Yásnaya Elena Aguilar Gil nos recuerda el destino de discriminación que han sufrido las lenguas indígenas en México. No se trata, como nos aclara esta reseña, de sopesar que algunas lenguas son mejores que otras, sino de exigir que la sociedad valore la diversidad lingüística y su presencia como eje fundamental en la educación.

 


Sacrificamos México en aras de crear la idea de México
—Yásnaya Elena Aguilar Gil

 

Escrito por Patricia Córdova

La experiencia está siempre al servicio de la conciencia y de la imaginación; para no sucumbir ante el caos de la existencia, el ser humano acota ambas con relatos y moralejas de todo tipo.  Nuestras vidas —hemos aprendido— transcurren según la estructura de una narración: planteamiento, causas, consecuencias, nudos y desenlaces. Por ello, el sentido de lo vivido es  tan limitado como las historias y argumentos que interiorizamos.

Escribimos la historia de nuestra vida —e interpretamos la de los otros— al seleccionar los nudos con los que explicamos lo que acontece a nuestro alrededor. El sentido es siempre una selección que pone en evidencia nuestros alcances y nuestras limitaciones. Este sutil, pero poderoso hecho, propicia la madre de todas las batallas: la de las narrativas.

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No ha habido inocencia en la expansión del español en la propia península ibérica ni en América. Desde Antonio de Nebrija, el andaluz que escribió la primera gramática del español en 1492, quedó claro que si la publicaba y la dedicaba a la reina Isabel la Católica era porque “siempre la lengua fue compañera del imperio”. En las primeras páginas de Gramática de la lengua castellana, Nebrija explica la importancia histórica de lenguas como el hebreo, griego y latín y argumenta que la lengua es una pieza clave para extender la fe religiosa.

La primera gramática del español es un nudo lingüístico y político con el que España define una expansión económica, religiosa y sociocultural que marcó la historia de su colonia,  la posterior América Latina. Sin embargo, el proceso de evangelización y dominio que se extendió a lo largo de trescientos años de colonia llevó también a la escritura de las lenguas originarias, a la confección de sus gramáticas (artes de las lenguas primigenias) y al inventario de vocabularios concebidos de acuerdo a lo que los líderes religiosos y nuevos gobernantes necesitaban que nombraran los recién conquistados.

En 1820, justo antes de la consumación de la Independencia de México, el 65% de la población eran hablantes de alguna lengua indígena. Hoy solo el 6.5% de la población habla una de las 68 lenguas indígenas que existen en el país. La Independencia destituyó a los españoles, pero a la vez revictimizó a las comunidades indígenas. Fueron sometidas a un proyecto de nación en el cual se condicionó su existencia a la negación de sus lenguas, de sus territorios y de una autonomía política que ya había sido arrebatada. Este es el antecedente histórico y la situación glotopolítica que Yásnaya Elena Aguilar Gil aborda en Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística (Almadía, 2020).

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Desde el primer texto, “Ser o no ser: bilingüismos”, Yásnaya imprime su particular estilo: una mirada aguda sobre la política lingüística que se ha aplicado a las lenguas originarias, a partir del análisis de experiencias cotidianas. El contraste entre el bilingüismo en su comunidad Ayutla, Oaxaca, y en Ciudad de México, marcó su manera de narrar el mundo. Dos cosas sorprenden a la autora: en Ayutla se desdeña la educación bilingüe y se prefiere la “formal” (monolingüe en español) y en Ciudad de México se pondera el bilingüismo (no español-náhuatl, sino español-inglés). Su cierre es auténtico y espontáneamente irónico: “Entendí, en pocas palabras, que no es lo mismo ser bilingüe que ser bilingüe”.

Yásnaya es ayuujk jä’äy, mixe, y muestra una singular y permanente disposición al cuestionamiento. Le seduce pensar en la existencia de la lengua, la diversidad y la injusticia. La génesis de su lucidez y lucha las presenta, claramente, en Un nosotrxs sin Estado (Ona Ediciones, 2020). A Yásnaya la educaron con una disciplina rigurosa en la lectura de los clásicos. De niña sus tíos la hacían leer en voz alta, cada día, para que adquiriera un español sin acento. El libro rojo de Mao Tse-Tung, Los vedas, el PanchatantraLas mil y una noches, la Ilíada y la Odisea de Homero, las obras de Amado Nervo, Manuel José Othon, Sor Juana Inés de la Cruz, Alexander Pushkin, Ánton Chéjov, Fiódor Dostoievski, Walt Whitman y Lev Tolstói —el nombre de Yásnaya es, de hecho, un homenaje a este autor—, fueron lecturas, “edificios sonoros”, cuyo significado ignoraba, y que más tarde se iluminaron a la luz de sus estudios de preparatoria, licenciatura y posgrado en Ciudad de México.

Los textos que componen Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística son una compilación de ensayos breves publicados en la revista Este país entre 2011 y 2015. Los compiladores —Ana Aguilar Guevara,  Julia Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez— también han incluido  tuits y entradas de Facebook de la lingüista que aluden a los temas de tales ensayos.

El libro es evidencia del sincretismo lingüístico y cultural que ha sucedido a lo largo de 500 años, pero tiene el gran mérito de ser el primero escrito en su género por una mujer, una ayuujk jä’äy, y por alguien cuya agudeza analítica le permite exponer, de forma clara, las diversas aristas del asunto. Su empatía por el mundo la lleva a aprender de todo y de todos. De una amiga japonesa, compañera universitaria, aprende que es mejor sentirse contenta y no orgullosa de hablar una lengua, y sentencia: “El orgullo puede estrechar lazos con la dignidad pero también con la soberbia o, en el peor de los casos, se utiliza como un parche emotivo que cubre una herida amplia y profunda. Un relleno que trata de compensar una carencia”.

La dificultad de la convivencia entre lenguas que gozan con un mayor o menor prestigio también la lleva a anotar que para una niña que habla italiano, inglés y español en casa lo extraño es un entorno monolingüe, prebabélico. La también maestra en lingüística hispánica, Yásnaya Elena —cuya madre, por cierto, se llama Eneida— evoca, en otro ejemplo, el rechazo que provoca hablar español en ciertos contextos en Estados Unidos, de la misma manera en que han sido denostadas las lenguas originarias en México. Su conclusión es que no existen lenguas minoritarias, sino minimizadas al extremo de crear familias que rechazan que sus hijos sean educados en armonía con su lengua materna, sea esta una lengua originaria o el español hablado en México.

La censura sistemática, algunas veces casi invisible, con que se ha tratado a las lenguas originarias se manifiesta en la ignorancia y desprecio que despiertan más allá de los círculos de lingüistas cuyo interés no rebasa, en ocasiones, la obsesión por partículas morfológicas o por la construcción y crítica de una gramática. “¿Por qué la diversidad cultural y lingüística no es un eje temático importante en los contenidos educativos?”, pregunta la autora. En su histórico discurso “México. El agua y la palabra”, pronunciado en la Cámara de Diputados el 26 de febrero de 2019 y que forma parte del libro, la lingüista recuerda que, en promedio, una lengua muere cada tres meses. En un centenar de años se habrán extinguido la mitad de las lenguas del planeta. Causa pudor que no se sepa nombrar las lenguas habladas en México, causa desconcierto que se haga tan poco para preservar las del mundo. Con ello se niega el derecho a una vida propia y digna de estas comunidades. El monolingüismo, además, adelgaza la inteligencia, pues nos alejamos de la complejidad creativa y cognitiva que cada lengua entraña al nombrar el mundo. Aprender que en ayuujk el azul y el verde se mezclan en una sola palabra  —tsujxk—advierte que los colores pueden ser percibidos en un continuo cromático, sin las divisiones con que otras lenguas los definen. Asimismo, saber que täay puede significar “ser chistoso” en el mixe de Ayutla, pero “mentir” en el mixe de Tlahuitoltepec, puede disparar la creatividad si se imaginan los enredos comunicativos que dicha variante puede causar. Yásnaya Aguilar convive, precisamente, en ambas comunidades.

Los conflictos lingüísticos se convierten en conflictos identitarios, pero la seriedad con que Yásnaya los aborda no necesariamente implican una renuncia a su particular humor: “En Europa fui mexicana, en México soy oaxaqueña, en Oaxaca estoy siendo mixe, en la sierra suelo ser de Ayutla. En algún punto soy indígena, pero eso me lo dijeron o lo intuí en el contraste antes de que llegara el nombre. Durante un ataque de fuerzas extraterrestres seguro que seré terrícola, y lo seré con pasión.” La conciencia de esta multirreferencialidad contrasta con la sencilla elegancia con que en ayuujk se nombra a todo aquel que no sea mixe: akäts. La visión del mundo mixe se simplifica en este aspecto, así como en Harry Potter a todos aquellos que no pueden hacer magia se les llama muggles.

La fascinación que suscita conocer nuevas lenguas, sin embargo, no puede ser un hecho si el fomento de la diversidad no cuenta con el apoyo de un gobierno y de sus instituciones. Cuando la lingüista afirma: “Hay tantas razones para querer aprender nuevas lenguas, pero solo  una para querer dejar de hablarlas”, se refiere al racismo, maltrato y negación a que los pueblos originarios han sido sometidos a lo largo del tiempo.

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El proyecto de nación mexicana, que tuvo su origen a partir de la consumación de la Independencia en 1821, ha sido también el proyecto de la negación de los pueblos indígenas y su pluralidad. Una negación no sólo del reconocimiento de las lenguas, sino del derecho a las tierras, al agua, a los recursos naturales y a gobiernos autónomos: “La pérdida de una lengua no es un proceso pacífico en el que los hablantes abandonan una lengua por otra, es un proceso en el que median castigos, menosprecios y en la mayoría de los casos, colonialismo contra los pueblos que la hablan”. Llegada la discusión a este punto, la lingüista Yásnaya Elena Aguilar Gil se torna activista. No son solo lenguas las que se ignoran, sufren segregación y mueren, son naciones indígenas. En un tuit de 2017 apunta: “Nación mapuche dividida en dos Estados: Argentina y Chile; nación sami dividida en cuatro Estados: Suecia, Noruega, Finlandia y Rusia; nación cucapá dividida en dos Estados: México y Estados Unidos”.

En defensa de los pueblos originarios, Yásnaya parece recuperar la etimología de la palabra nación: del latín natio -ōnis, es decir,“lugar de nacimiento” -“pueblo”. Hablar desde la cultura mixe, desde su lengua materna de la familia otomangue, la coloca en un territorio discursivo que es también tierra, organización política y social, conocimiento y mitología ancestral, costumbres familiares y culinarias concretas. El ayuujk encarna el nacimiento, desarrollo y consolidación de un pueblo que sigue luchando por ser respetado y reconocido. Inspirada en el periodista mapuche Pedro Cayuqueo, Yásnaya Elena plantea, en su libro Un nosotrxs sin estado, que México es un Estado plurinacional y no una nación multicultural; critica la educación indígena impartida en español, los hospitales y juzgados sin intérpretes que conozcan la lengua de cada región. La idea de mexicanidad —reclama— los ha ignorado: “No hay penacho de Moctezuma ni mariachi ni huapango de Moncayo ni china poblana que pueda borrar ese hecho. La multiculturalidad niega la idea de nación tal y como fue pensada en sus inicios por los que la proclamaron”.

Si se ha construido una nación unívoca que niega la diversidad, solo hay una aparente salida para la autora: la conformación de un Estado plurinacional en el que se reconozca a las comunidades indígenas como naciones con derecho a la autodeterminación social, económica, lingüística y política. La idea es una seductora utopía. Sin embargo, el lector no puede dejar de preguntarse cómo, en un entorno global que encarna la competencia permanente, se podría legitimar geopolíticamente la existencia de 68 naciones bajo el lema de un país llamado México.

Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística pone sobre la mesa un conflicto social que cobró fuerza política, en 1994, con el levantamiento zapatista y, más tarde, en 1995, con los Acuerdos de San Andrés Larraínzar. A 25 años, el despojo de tierras y la extracción de recursos naturales a las comunidades indígenas sigue sucediendo. El Estado mexicano no ha incorporado un modelo que respete la riqueza cultural y geográfica del territorio. En la narrativa nacionalista promovida desde el Estado, la diversidad cultural de México no ha sido efectiva ni equitativamente incorporada. El sistema de castas se ha superado porque ya no se obliga a escribir la etnia o grado de pureza de la sangre en un acta de nacimiento. No obstante, como afirma la autora, aún existe el gesto disuasorio en los registros civiles para no darles a los recién nacidos nombres que no provengan del español o del inglés; aún se escriben notas periodísticas en que un problema judicial, de salud o de autoridad, se reporta como un problema originado por no saber hablar español. Si bien es cierto que el español mexicano hace tiempo que dejó de ser colonizante, en el sentido de que no representa valores y variantes de un lugar lejano llamado España, y en el sentido de que el español de México es ya patrimonio cultural del país, también es un hecho que las instituciones gubernamentales y la educación pública siguen aplicando prácticas colonizantes en los servicios institucionales que ofrecen a comunidades indomexicanas. De ahí el valor de Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística de Aguilar Gil, un libro que pone en evidencia las prácticas insuficientes e injustas con que se incorpora a estas comunidades y el discurso nacionalista que afirma lo contrario.

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En La vida contada por un sapiens a un neandertal (Alfaguara, 2020), el paleoantropólogo Juan Luis Arsuaga se esfuerza por explicarle al escritor Juan José Millás la razón por la cual los australopitecos se desplazan de la selva tropical a la pradera: buscan la luz. Al ver una frutería —porque la conversación ocurre en una caminata por el mercado—, Arsuaga rectifica y decide hablar mejor del Homo erectus. Seguramente, por su capacidad de coleccionar frutas. Millás expresa que así habrá más orden en la exposición. La indignación del paleontólogo es más que sugestiva: “–Oye, qué es eso del orden. Esto no es un cuento. Si quieres un cuento, te lees el Génesis. La evolución no tiene la estructura de un relato. No hay planteamiento, nudo ni desenlace. La evolución es el mundo del caos”.

El pasaje me hizo reflexionar en las anotaciones que hice al principio de este texto. La exuberancia de la existencia es, al margen de nuestro pensamiento, siempre caótica. Somos nosotros quienes, acorralados por la conciencia y la angustia connatural que esta desata, nos vemos en la necesidad de construir relatos sobre los hechos que experimentamos o de los cuales tenemos noticias. Los hechos están ahí, sueltos. Cada día salimos a la calle, o al espacio digital, a encontrarnos con los otros. Cada uno hilvana con palabras la historia que es capaz de construir. La madre de todas las batallas es la lucha entre estas narrativas porque ahí se define quién entra o quién sale de la escena; quién tiene derecho o quién no. Arsuaga sabe que los hechos pueden significar por un instante y en un contexto reducido, para luego seguir suspendidos en el espacio de lo no explicable o a merced de narrativas diversas.

En Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística se construye una narrativa sobre la historia indígena de México y de sus lenguas. ¿Fueron los indígenas de la era de la domesticación del maíz, hace 9000 años, los mismos sometidos durante 300 años por los españoles? ¿Es el mexicano una invención ilegítima del proyecto nacional de 1821? ¿Cómo integrar la existencia del español de México (la lengua) con la existencia de las lenguas originarias? Construir un territorio narrativo para luchar por una nación, o por un ideal social, tiene mucho más peso que la narrativa con la que recordamos nuestras vivencias cada noche. Sin embargo, ambas narrativas son brújulas capaces de guiar individuos y legiones. La narrativa de una nación y los hechos en que se fundamenta tendrán que ser siempre inclusivos, sin prejuicio de ningún grupo humano, o entidad natural que habita el territorio. Cuando Yásnaya Aguilar Gil analiza la coexistencia de las lenguas y de las culturas parece saber esto último. La narrativa de los ensayos que componen este libro es una defensa de las lenguas originarias de México y de los pueblos indígenas que las hablan. También es una genuina invitación a que dichas lenguas se incorporen al horizonte sociopolítico de los hablantes nativos del español de México.

• Yásnaya Elena  A. Gil, Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística, Ana Aguilar Guevara, Julio Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez (comps.), México, Almadía, 2020.

Patricia Córdova es profesora investigadora de Lingüística Hispánica y directora de la División de Estudios Históricos y Humanos de la Universidad de Guadalajara.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Denez (Prigent) chante – en breton – sur tous les continents, mais ne passe quasiment jamais à la télévision dans son propre pays. « Je n’ai rien contre le français, explique-t-il. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. » Entretien.

 

Écrit par Michel Feltin-Palas

Chanter en langue régionale n’est pas l’idéal pour faire carrière, sauf, apparemment, quand on a le talent de Denez. Cet artiste étonnant parvient à donner – en breton – des concerts à Paris, en Écosse, en Espagne, en Allemagne, au Québec, au Kazakhstan, en Chine… L’un de ses titres a même été repris par le réalisateur Ridley Scott (Alien, Blade Runner…) dans son film La chute du faucon noir.
Denez a sorti ce 16 avril son onzième album (1), mêlant chant d’inspiration traditionnelle, trame électro, musique acoustique, musiciens solistes, percussionnistes et sonneurs de bagad. Des compositions originales, souvent envoûtantes, dominées par sa voix singulière, qui contribuent à redonner ses lettres de noblesse à une culture souvent méprisée. Une fois n’est pas coutume : c’est sous forme d’entretien que se présente donc cette semaine cette lettre d’information. Pour laisser la parole à un homme rare.
Le breton est-il votre langue maternelle ?
Presque. Mes parents m’ont éduqué en français, mais je passais beaucoup de temps chez ma grand-mère, dans une petite ville du Léon où 95 % de la population parlaient breton. Je ressentais un lien entre cette langue que j’entendais, la force du vent et la beauté des paysages alentour. J’étais fasciné. À 10-12 ans, je parlais les deux langues.
Pourquoi chantez-vous en breton ?
Il n’y a qu’en France que ce genre de situations étonne… Si j’étais né au Tibet, je chanterais en tibétain ; Je suis né en Bretagne, il me paraît naturel de parler breton. Le français est une très belle langue, mais chaque langue a sa beauté. Je me souviens d’avoir été invité à une émission de radio avec un homme qui avait réalisé le tour du monde pour écrire un livre sur les odeurs. Je lui ai expliqué qu’en breton, on ne « respire » pas un parfum de fleurs mais qu’on « l’entend ». Il n’en revenait pas. « Je n’ai rencontré cela nulle part ailleurs », m’a-t-il dit, en avouant ne pas avoir enquêté en Bretagne. C’est typique : les Français ne savent pas voir l’étrangeté dans leur propre pays.
Votre carrière a-t-elle pâti du choix de cette langue ?
Sans doute. On m’a souvent dit : « Avec ta voix, si tu chantais en français, tu aurais beaucoup plus de succès. » J’ai toujours refusé car ce n’est pas dans mon ADN. Je n’ai rien contre le français. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. Le breton est ma langue de cœur.
Tout de même : cela ne vous ferme-t-il pas certaines portes ?
C’est certain. Mes disques ne passent en général que sur les radios bretonnes. Dans les télévisions et les radios nationales, on me dit : « C’est en breton ? Alors pas question : les gens ne comprendront pas. » Je leur demande alors pourquoi ils passent des chansons en anglais.
Et que vous répond-on ?
Rien. Ils se retrouvent face à leurs contradictions.
Sur votre dernier disque, l’un des titres est en trois langues : breton, français et anglais. Pourquoi ce choix ?
Je ne me suis pas posé la question. L’idée était simplement de réunir autour d’un style musical qui ne leur était pas familier trois artistes différents : Aziliz Manrow, qui vient de la country ; Oxmo Puccino, issu du rap français, et moi-même, habitué au chant en langue bretonne.
Vous replier sur le breton n’est-il pas une forme de communautarisme ?
Cet argument est incroyable ! En France, une petite caste parisienne a imposé sa culture à toutes les autres régions et c’est moi, qui suis bilingue, que l’on accuse de repli ! En réalité, les communautaristes, ce sont les partisans de la langue unique. Pour moi, la France est une grande prairie où s’épanouissent des fleurs différentes. La Bretagne est l’une de ses fleurs, le Pays basque une autre, l’Alsace une troisième, etc. Là est notre richesse. Et au lieu de s’émerveiller devant cette beauté, Paris veut transformer cette prairie en un champ de blé avec des épis identiques et tous alignés ! Pourquoi la France s’émerveille-t-elle de sa diversité dans la gastronomie et dans les paysages, et pas dans la culture ? La vie, c’est la différence !
Comment envisagez-vous l’avenir du breton ?
Avec pessimisme. L’Unesco le classe parmi les langues « sérieusement en danger » et c’est hélas la réalité. La plupart des locuteurs sont âgés et ne sont pas remplacés par les jeunes. Il y a encore un espoir, bien sûr, mais si l’on ne change rien à la politique linguistique actuelle, cela ne suffira pas. Or le breton n’est pas un patrimoine « régional », mais un patrimoine universel. C’est la seule langue présente sur notre territoire qui nous rattache à notre passé gaulois ! Laisser dépérir la langue bretonne n’est pas seulement un crime contre la Bretagne : c’est un crime contre la France !
Que faudrait-il faire ?
Il y a une mesure simple à prendre : généraliser dans toutes les écoles de la Bretagne bretonnante l’enseignement du breton – au côté du français. C’est la seule mesure efficace pour former de nouveaux locuteurs. Et c’est aussi une mesure de justice.
En quoi ?
Cette région a vécu un traumatisme. Pendant des décennies, on a interdit aux élèves de parler à l’école la langue qu’ils avaient entendue dans le ventre de leur mère et qu’ils entendaient dans leur famille. Pire : on les a punis à coups de règles en leur posant un objet humiliant autour du cou dont ils ne pouvaient se débarrasser qu’en dénonçant un autre enfant « coupable » de parler breton. Voilà comment on a convaincu les Bretons de « choisir » le français. Le retour au bilinguisme est le seul moyen de réparer ce qu’il convient d’appeler un crime contre l’humanité.
Vous n’exagérez pas un peu ? La France n’est tout de même pas l’URSS …
Non, mais il existe plusieurs formes de dictature. On peut tuer un peuple par des méthodes brutales – comme a tenté de faire Staline en russifiant les pays baltes. On peut aussi le tuer à petit feu, c’est la méthode française. C’est une dictature un peu sourde, mais c’est une dictature.
Avec un tel discours, n’êtes-vous pas tenté de vous impliquer en politique ?
Non. Ma vocation reste le chant. Beaucoup de gens me disent qu’ils se sont mis à apprendre le breton après m’avoir entendu. Certains d’entre eux l’enseignent aujourd’hui. C’est peut-être ma manière de faire de la politique.

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Fernando Lázaro Carreter (1923-2004), investigador, docente, divulgador y director de la Real Academia Española entre 1992 y 1998, es uno de los nombres más importantes de la filología hispánica contemporánea.

Nacido en Zaragoza, fue José Manuel Blecua Teijeiro, padre del actual director de la RAE, quien despertó en Lázaro Carreter su vocación por las Letras. Licenciado en Filología Románica en 1945, se inició en la investigación con Dámaso Alonso, y bajo su dirección elaboró su tesis doctoral, que defendió en 1947 obteniendo el Premio Extraordinario de Doctorado.

El portal sobre Fernando Lázaro Carreter que ofrece la Cervantes contiene una muestra de sus trabajos sobre distintos temas, desde Lope de Vega a Ortega y Gasset pasando por la novela picaresca y el problema del bilingüismo en el País Vasco.

Asimismo, ofrece un completo álbum de imágenes y los audios de las conferencias impartidas por Lázaro Carreter en el Curso Universitario Comunicación y lenguaje poéticos, celebrado en febrero de 1982 en la Fundación Juan March de Madrid.

 

[Fuente: blog.cervantesvirtual.com]

Segons el ministre, retolar les carretes en valencià « pot comportar distraccions”.

El valencià està exclòs de la retolació dels senyals de trànsit de les autovies A-31, A-7, AP-7 o A-70 que transiten per les comarques del sud del País Valencià i també circumval·len la ciutat d’Alacant.

Aquesta situació va en contra de la normativa que obliga al Ministeri de transports, titular de les vies, a complir amb el bilingüisme i incloure també el valencià.

Davant d’aquesta discriminació flagrant, Esquerra Republicana del País Valencià a l’Alacantí, a través de la diputada catalana Marta Rosiqué, va adreçar una preguntar escrita a la Direcció General de Carreteres del Ministeri de Foment, on demanaven explicacions de per què apareixien rètols només en castellà en aquestes carreteres alacantines.

La resposta de ministre titular, el torrentí José Luis Ábalos, obvia qualsevol propòsit d’esmena i justifica aquesta situació de desigualtat amb un seguit d’arguments que insulten la intel·ligència: « s’ha de tenir en compte que una de les característiques de la senyalització vertical de carreteres és que ha de ser senzilla d’interpretar i assimilar pels usuaris. Un excés d’informació per haver-hi inclòs massa text pot comportar distraccions als conductors que acabin resultant en accident. Aquest fet és necessari tenir-lo en compte especialment en les circumval·lacions de les grans ciutats, en les que habitualment hi ha molts destins a senyalitzar. Així mateix, una elevada quantitat d’informació podria comportar uns cartells de mida excessiva -i així mateix, reduir la mida de la lletra dificulta la seva percepció ».

Ábalos remarca al final de la seva contestació, la intenció de mantenir aquest greuge amb un « la Direcció General de Carreteres seguirà senyalitzant les seves carretes utilitzant, tal com recull la reglamentació vigent, tots els idiomes oficials del territori sempre que això sigui possible. Quan per motius de seguretat o constructius això no sigui factible, es tractarà d’aplicar criteris equilibrats ».

La rèplica d’ERC al País Valencià
Des d’Esquerra, es considera que la resposta donada pel govern espanyol « és un insult en tota regla als valencianoparlants de l’Alacantí i del País Valencià. Un insult més greu si atenem que el titular del Ministeri és el torrentí José Luis Ábalos, qui demostra un nul interès per vetllar pel bon ús de la llengua i per fer complir la normativa vigent ».

Arran d’aquesta resposta, els republicans han denunciat la greu situació que pateix el sud del país en protecció lingüística des de fa anys. A parer del seu president al País Valencià, Josep Barberà, aquesta desprotecció « hauria de fer que totes les administracions, locals, autonòmica i estatal, posaren més mitjans i esforços en la protecció del valencià en aquestes comarques. En canvi veiem com se segrega i es justifica el castellà. Ningú pot equivocar-se per llegir aeroport o recinte firal en valencià. Aquesta resposta només vol dir que els importem un rave, també a Ábalos ».

Escola Valenciana presenta una queixa oficial

La resposta d’Ábalos ha portat Escola Valencia a presentar una queixa a l’Oficina de Drets Lingüístics de la Generalitat, al Síndic de Greuges i al Ministeri de Transports, Mobilitat i Agenda Urbana”, a qui demana que “deixe de donar excuses i aplique l’oficialitat del valencià a tota la senyalització valenciana”.

L’entitat ha recordat que la Constitució Espanyola diu que “Les altres llengües espanyoles seran també oficials en les respectives Comunitats Autònomes d’acord amb els seus Estatuts”.

La resposta d’Ábalos

 

[Foto: Esquerra Republicana del País Valencià – font: http://www.racocatala.cat]

« Al-Kīmiyā », la revue de la faculté de langues et de traduction de l’université Saint-Joseph de Beyrouth (numéro 20)

Publié le mardi 09 février 2021 par Céline Guilleux

RÉSUMÉ

Le numéro 20 d’Al-Kīmiyā, la revue de la faculté de langues et de traduction de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, interroge les relations indéniables qu’entretiennent les concepts de langue, de traduction et de sociétés. Elles font référence à une certaine interdisciplinarité qui s’est manifestée par l’émergence, depuis assez longtemps, de nouvelles disciplines et domaines de recherche. La sociolinguistique date des années cinquante du siècle dernier et les appels à l’institution d’une sociologie de la traduction ou d’une sociotraductologie remontent déjà à une vingtaine d’années. En effet, l’ouvrage de Jean-Marc Gouanvic, Sociologie de la traduction, la science-fiction américaine dans l’espace culturel français des années 1950, fut publié en 1999. Il s’agit donc de revisiter ces domaines plus ou moins établis pour tenter de rendre compte de l’état actuel des recherches ou perspectives de recherche dans les contextes sociaux d’aujourd’hui.

ANNONCE

Argumentaire

La thématique choisie pour le numéro 20 d’Al-Kīmiyā, la Revue de la Faculté de langues et de traduction de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, est « Langues, traduction et société ».

Les relations qu’entretiennent ces trois concepts sont indéniables, voire évidentes. Elles font référence à une certaine interdisciplinarité qui s’est manifestée par l’émergence, depuis assez longtemps, de nouvelles disciplines et domaines de recherche. La sociolinguistique date des années cinquante du siècle dernier et les appels à l’institution d’une sociologie de la traduction ou d’une sociotraductologie remontent déjà à une vingtaine d’années. En effet, l’ouvrage de Jean-Marc Gouanvic Sociologie de la traduction, la science-fiction américaine dans l’espace culturel français des années 1950 fut publié en 1999.

Il s’agit donc de revisiter ces domaines plus ou moins établis pour tenter de rendre compte de l’état actuel des recherches ou perspectives de recherche dans les contextes sociaux d’aujourd’hui.

La sociologie a très tôt considéré la langue comme un fait social (Durkheim cité par Wald, 2012). De son côté, le linguiste E. Benveniste a adopté une vision inverse assurant que « la société n’est possible que par la langue » (1962, p.376), ou même que « seule la langue permet la société. La langue constitue ce qui tient ensemble les hommes, le fondement de tous les rapports qui à leur tour fondent la société » (1974, cité par Boulet et Heller, 2007, p.309). Les recherches se sont alors multipliées considérant la langue comme une pratique sociale non figée, soumise aux interactions entre les acteurs de cette pratique dans le temps et dans l’espace. Cette approche parfois ethnographique s’intéresse à divers phénomènes sociaux comme le bilinguisme et le plurilinguisme mais aussi aux variations au sein d’une même langue. Loin d’être dépassées, ces thématiques de recherche méritent d’être revisitées à l’infini, au regard d’un monde où les sociétés sont en continuelles mutations. À l’air du numérique et des communications à distance, ne serait-il pas intéressant de voir ou de revoir de plus près le métissage des langues ou même la transgression de toutes les normes linguistiques surtout chez les jeunes ? Quelle serait l’influence de l’émigration intensifiée ces dernières années ? Quelles en sont les complications à l’intérieur des familles ? L’enseignement/apprentissage des langues ne devient-il pas un défi encore plus grand ? Ces questions et bien d’autres pourraient être traitées dans ce numéro. À noter aussi l’apport de la pensée de Pierre Bourdieu qui suscite l’intérêt des chercheurs depuis la publication de son ouvrage illustre sur la langue Ce que parler veut dire en 1982 . Les études ne cessent de reprendre les concepts de base qu’il a forgés, tels que l’habitus, le champ, le capital symbolique entre autres.

Modalités de contribution

Les chercheurs désireux de soumettre leur contribution sont priés de l’envoyer à l’adresse suivante : may.haddad@usj.edu.lb,

avant le 10 avril 2021.

Des propositions d’articles traitant de problématiques diverses pour la section Varia et les comptes rendus d’ouvrages seront également reçues.

La mise en forme

La rédaction se chargera du stylage des articles. Toutefois, les auteurs sont priés de respecter les consignes formelles suivantes :

  • Police : Times New Roman, Titre : 14 points en gras (en lettres majuscules). Nom de l’auteur : 10 points, nom suivi du titre académique et fonction. Résumé : 10 points. Texte: 12 points avec interligne simple. Notes de bas de page: 10 points. Pour les textes en arabe: Simplified Arabic. Titre : 16 points en gras. Nom de l’auteur: 12 points, nom suivi du titre académique et fonction. Résumé : 12 points. Texte : 14 points avec interligne simple. Notes: 10 points.
  • Les mots-clés (3 à 5) sont séparés par une virgule.
  • Les titres secondaires sont marqués en caractère gras en tête de paragraphe.
  • Les citations courtes (moins de 3 lignes) dans le corps du texte entre guillemets, les citations longues en exergue du texte en 10 points.
  • Les références bibliographiques dans le corps du texte suivent les normes : (Nom de l’auteur, date, page)
  • Les notes de bas de page sont réservées aux commentaires substantiels et informations complémentaires. Elles sont numérotées en continu.
  • La bibliographie placée en fin d’article suit les normes APA, 7ème édition. Les références doivent être romanisées. La revue adopte les règles ALA-LC (American Library Association- Library of Congress): https://www.loc.gov/catdir/cpso/roman.html

Exemple pour les monographies :

Nom de l’auteur, Initiale du prénom. (Année). Titre du livre : sous-titre. Maison d’édition.

Exemples pour les articles :

Nom de l’auteur, Initiale du prénom. (Année). Titre de l’article. Titre de la revue, volume (numéro), page de début-page de la fin.

Exemple pour les articles en ligne :

Nom de l’auteur, initiale du prénom. (Année). Titre de l’article. Titre de la revue, volume (numéro), page de début-page de la fin. Adresse URL / DOI (le cas échéant)

Présentation de la revue

Al-Kīmiyā est une revue publiée par la Faculté de langues et de traduction (FdLT) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ).

La revue Al-Kīmiyā, fondée en 2001-2002 sous cette appellation à partir des annales de l’Institut de langues et de traduction (ILT), publie principalement les recherches en traduction, en interprétation et en langues : traductologie, terminologie, histoire de la traduction, communication interculturelle, enseignement de la traduction, enseignement des langues et sciences du langage.

C’est une revue biannuelle plurilingue recevant des articles originaux en français, en arabe, en anglais, en espagnol, en italien et en allemand. Chaque numéro comprend un dossier thématique centré sur un sujet spécifique pouvant être commun aux disciplines propres à la traduction et aux langues, une section Varia et une section de comptes rendus d’ouvrages récents dans les domaines de la revue.

Al-Kīmiyā se veut un espace de réflexion donnant la parole aux chercheurs, enseignants, doctorants et professionnels des métiers de traduction et de langues.

Type de support : papier

ISSN : 2410-3128

En ligne : https://journals.usj.edu.lb/al-kimiya

Comité scientifique

  • Bert Barry (Saint Louis University- USA)
  • Christian Balliu (ISTI- Université Libre de Bruxelles-Belgique)
  • Enrico Monti (Université de Haute Alsace- France)
  • Gina Abou Fadel Saad (FdLT- Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Hannelore Lee-Jahnke (Ex directrice de l’ETI, FTI- Université de Genève-Suisse)
  • Jean Soubrier (Université Lumière Lyon 2- Professeur émérite-France)
  • Julio Murillo (Universitat  Autónoma de Barcelona -Espagne)
  • Marianne Lederer (ESIT- Université Sorbonne Nouvelle-Paris3-Professeur émérite-France)
  • May Hobeika Haddad (FdLT- Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Nadine Riachi Haddad (FdLT- Université Saint-Joseph de Beyrouth, Liban)
  • Nicolas Froeliger (Université Paris Diderot-Paris7-France)
  • Stéphanie Schwerter (Université Polytechnique- Hauts-de-France- France)

Rédactrice en chef

May Hobeika Haddad

Politique éditoriale

Les appels à contribution pour le dossier thématique sont lancés deux fois par an. Cependant, les contributions traitant de problématiques diverses et originales peuvent être reçues à tout moment de l’année pour une publication éventuelle dans la section Varia.

Al-Kīmiyā n’accepte que les articles originaux en français, en arabe, en anglais, en espagnol, en italien et en allemand, non publiés et non soumis à une autre revue. Le plagiat aboutit à un rejet automatique de l’article.

Toutes les contributions sont soumises à un processus d’évaluation :

  • Les auteurs envoient leur texte par courriel comportant :
  • Le titre de la contribution
  • Deux résumés de l’article : l’un dans la langue de l’article et l’autre en anglais, de 600 à 800 signes chacun.
  • 3 à 5 mots-clés dans les deux langues des résumés
  • Le texte :
    • L’article : 25000 à 35000 signes, espaces compris
    • Les comptes rendus : 7000 à 10000 signes, espaces compris.
  • Une notice biobibliographique de l’auteur (500 à 800 signes)
  • L’article est examiné d’abord par le rédacteur en chef qui le soumet à l’évaluation en double aveugle par deux experts du comité de lecture.
  • Les experts complètent et signent un formulaire donnant leurs avis et recommandations.
  • Les auteurs sont avertis des résultats de l’évaluation dans un délai de 6 semaines et peuvent apporter les modifications demandées dans un délai de 20 à 30 jours.
  • Le manuscrit est réexaminé par le comité de rédaction et éventuellement par un troisième expert.
  • La décision finale prise par le comité de rédaction est transmise à l’auteur.

La liste des membres du comité de lecture formé des évaluateurs est clairement mentionnée à la publication de chaque numéro.

Références indicatives

Benveniste É. (1962). Coup d’œil sur le développement de la linguistique. Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 106ᵉ année, (2), 369-380. doi: https://doi.org/10.3406/crai.1962.11477

Boutet, J. & Heller, M. (2007). Enjeux sociaux de la sociolinguistique : pour une sociolinguistique critique. Langage et société121-122(3-4), 305-318. https://doi.org/10.3917/ls.121.0305

Flynn, P. (2018). Ethnography. Dans L. D’hulst et Y. Gambier (dir.), A history of Modern Translation Knowledge, (p. 325-330). John Benjamins Publishing.

Froeliger. N. (2018). Pergnier, Maurice (2017) : Fondements sociolinguistiques de la traduction. Paris :Les Belles lettres (Collection Traductologiques)- Compte rendu. Sociolinguistica, 32 (1), 285-288.

Gambier, Y. (2007). Pour une socio-traduction. Dans J, F. Duarte. A. Assis Rosa et T. Seruya (dir.), Translation Studies at the Interface of Disciplines, (p.29-42).  John Benjamins Publishing.

Gambier, Y. (2007). Y a-t-il place pour une socio-traductologie? Dans M. Wolf et A. Fukari (dir.), Constructing a Sociology of Translation, (p.205-217). John Benjamins Publishing.

Gouanvic, J-M. (1999). Sociologie de la traduction : La science-fiction américaine dans l’espace culturel français des années 1950. Artois Presses Université. doi: 10.4000/books.apu.6046

Grenfell, M. (2009). Bourdieu, Language, and Literacy. Reading Research Quarterly, 44 (4), 38-448. https://ezproxy.usj.edu.lb:2134/10.1598/RRQ.44.4.8

Hanks, W. (2005). Pierre Bourdieu and the Practices of Language. Annual Review of Anthropology, 34, 67-83. http://www.jstor.org/stable/25064876

Le Manchec, C. (2002). Le langage et la langue chez Pierre Bourdieu. Le français aujourd’hui139(4), 123-126. https://doi.org/10.3917/lfa.139.0123

Pergnier, M. (2017). Fondements sociolinguistiques de la traduction. Les Belles Lettres.

Wald, P. (2012). « La langue est un fait social ». Rapports entre la linguistique et la sociologie avant Saussure: Conférence à l’Université de Tunis (décembre 1999). Langage et société, 142(4), 103-118. https://doi.org/10.3917/ls.142.0103

Wolf, M. et Fukari, A. (dir.). (2007). Constructing a Sociology of Translation. John Benjamins Publishing.

CATÉGORIES

LIEUX

  • Université Saint-Joseph de Beyrouth. Campus des Sciences humaines, rue de Damas
    Beyrouth, Liban

DATES

  • samedi 10 avril 2021

MOTS-CLÉS

  • langue, traduction, société, culture

CONTACTS

  • Hobeika Haddad May
    courriel : may [dot] haddad [at] usj [dot] edu [dot] lb

SOURCE DE L’INFORMATION

  • Hobeika Haddad May
    courriel : may [dot] haddad [at] usj [dot] edu [dot] lb

POUR CITER CETTE ANNONCE

« Langues, traduction et société », Appel à contributionCalenda, Publié le mardi 09 février 2021, https://calenda.org/839545

El poeta Joan Puigdefàbrega i l’editorial Lleonard Muntaner han recuperat per al públic en llengua catalana el poeta gallec Manoel Antonio (1900-1929).

Manoel Antonio

 

Escrit per Josep Hernàndez Tresserras

Professor de llengua catalana i literatura. Impulsor del cicle Poesia als barracons.

De quatre a quatre i altres textos està format per l’únic recull de poemes de l’autor publicat en vida, De catro a catro, amb l’afegit d’una dotzena de poemes editats pòstumament i una prosa titulada Prólogo de un libro de poemas que ninguén escribeu“.

Afiliat des de ben jove al nacionalisme gallec i afí a l’anarquisme, Manoel Antonio és autor d’un manifest anomenat Máis alá [Més enllà], en què es desmarca dels corrents dominants a la poesia gallega (i dels autors que es decanten pel castellà o el bilingüisme) i rebutja la imitació de l’avantguardisme europeu del moment, en benefici de la llibertat creativa. La passió pel mar de Manoel Antonio el duu a estudiar nàutica i a embarcar-se en travessies transatlàntiques. Malalt de tuberculosi, mor abans de complir trenta anys.

Joan Puigdefàbrega, oceanògraf de professió, poeta i traductor, premi Gabriel Ferrater amb Deshora (Edicions 62, 2017), autor dels reculls Antilles (Lleonard Muntaner, 2010) i Casa Nostra (Tinta invisible, 2013), escrits arran de navegacions diverses, ja havia traduït obra d’un altre explorador d’amples horitzons, l’arqueòleg, etnògraf, metge naval, escriptor i poeta bretó Victor Segalen, l’Assaig sobre l’Exotisme: Una estètica de la diversitat (Lleonard Muntaner, 2015).

El postfaci de De quatre a quatre i altres textos ens informa de les primeres edicions de poemes de Manoel Antonio en llengua catalana: “El 1979 Joan Barceló i Cullerés [dibuixant, poeta i autor de narrativa juvenil, mort sobtadament el 1980 als 24 anys] en va publicar la primera versió completa en català, que avui és gairebé introbable. Abans havien aparegut versions d’alguns poemes en antologies de poesia gallega de la mà de Tomàs Garcés […] als anys cinquanta, i de Josep M. Llompart el 1976.”

De catro a catro. Follas sin data d’un diario d’abordo consisteix de fet en la crònica d’un viatge en clau al·legòrica, entès com la vida mateixa.

El títol De quatre a quatre fa referència possiblement a les guàrdies de quatre hores que calia fer en un vaixell. Un dels dinou poemes agrupats sota aquell títol s’anomena precisament ‘Guàrdia de 12 a 4’. Hi prenen protagonisme la nit i el cel estelat. Tot d’una, la foscor i la quietud poden arribar a ser de tal magnitud enmig de l’oceà que no queda cap més empara o guia que la dels astres, que sembla que menin a un enllà inconegut (“S’han extraviat les passes de la Mar / pels viaranys del vent desertor / I hem perdut per la popa / desamarrats els remels // Ens hem anat transbordant en el cabotatge de les constel·lacions.”

A propòsit de la paraula “remels”, és interessant la nota següent del traductor: “ha estat un repte trobar correspondència en català al vocabulari marítim gallec, més encara tenint en compte la precisió amb què l’empra Manoel Antonio. Per exemple, el gallec “ronsel” per dir el rastre d’una barca no té un sol equivalent en català. La gent de mar, sobretot la de més edat, no utilitzaven el castellanisme “estela” sinó diferents expressions (“les aigües”, “els remels”, “el llistar”…), i hem anat triant la que semblava més dient a cada vers.”

De catro a catro. Follas sin data d’un diario d’abordo, títol sencer del recull dels dinou poemes publicats en vida de Manoel Antonio, consisteix de fet en la crònica d’un viatge en clau al·legòrica, entès com la vida mateixa.

Al final del viatge, en el poema ‘Adeu’, es produeix un desdoblament: “aquell altre jo / que se’n va en el veler”. Desdoblament que és present també, en un to menys transcendent, més irònic, en el Pròleg a un llibre de poemes que ningú no ha escrit ” (i en un parell de poemes de Viladomar): “Vull al pròleg desprestigiar l’autor d’aquest llibre.” Publicat de primer com a article en un diari, aquest text en prosa és ple de perles. En cito unes quantes: “algú ja l’ha etiquetat de ‘separatista de l’acció literària’”; “la seva única pàgina romàntica és el suïcidi del seu sentimentalisme”; o aquesta altra: “la gent per a qui el ‘prestigi’ té prestigi no hauria de llegir aquest llibre”.

Celebrem, doncs, la publicació de De quatre a quatre i altres textos de Manoel Antonio en traducció catalana de Joan Puigdefàbrega. La poesia és una experiència estètica i la literatura és una forma de la felicitat.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

La obra de Bartomeu Melià S.j. (1932-2019) representa un aporte inconmensurable a la ciencia paraguaya en diversas disciplinas como la lingüística, la historia, la etnohistoria, la antropología, la etnología y muchos otros subámbitos de elaboración práctica y teórica. Basada en una particular aproximación a las realidades de las minorías étnicas y un sentido innovador del ejercicio religioso, la vida de Melià es recordada de manera cualitativa en una semblanza-homenaje a cargo de la antropóloga Gloria Scappini, de la cual reproducimos algunos extractos.

Por Gloria Scappini

¨La vida de un antropólogo es un exilio; comienza en un exilio y uno vive exiliado, de sus parientes, de su patria, mientras dura esa condición de por vida.

Esto no quiere decir que no se encuentre a sí mismo, por lo menos de vez en cuando, pero su propio territorio será siempre una frontera¨.

B.M. Sj.

Miembro mallorquín de la Compañía de Jesús, la actividad misionera de Bartomeu Melià se inscribe en el espíritu del Concilio Vaticano II, en la Lumen Gentium, y de la Populorum progressio, recogidos en el Decreto N°5 de la Congregación General de los Jesuitas en el año 1975. Estos conceptos se basan en una actividad misionera versada a descubrir los elementos de la vida de las poblaciones desde un lugar de igualdad, haciendo sentirlas ellas mismas, y que la doctrina llama “inculturación misionera”. La actitud revisada hacia ellos, el rechazo de la predicación, y la búsqueda del conocimiento profundo de esas otras estructuras de existencia, tanto prácticas como espirituales fue lo que llevó a Melià a estudiar la lengua guaraní y su historia, una vez llegado al Paraguay en el año 1954.

En las diferentes etapas de su desarrollo científico e intelectual, podemos ver una profunda evolución y adecuación cada vez más creativa de los temas principales de su obra, con un compromiso de difusión y comunicación amplia de los pensamientos gestados en la relativa soledad de su gabinete del barrio Trinidad de Asunción.

Desde las instalaciones del Instituto Superior de Estudios Humanísticos y Filosóficos de la congregación, Melià realizaba un permanente ejercicio para la apropiación de nuevos formatos de transmisión, acordes a la situación política, a contextos específicos, a las necesidades sociales en momentos precisos, a diferentes ámbitos de enunciación.

El campo del revisionismo en materia de procesos lingüísticos atrae a Melià, y en particular el que cruza con los procesos de relacionamiento cultural en tiempos de la colonia y la evangelización. Afirmar el hecho histórico de “creación” en el marco del contacto jesuítico con los guaraníes implica considerar a los actores como sujetos activos de un intercambio mutuo y único que vale la pena ser descrito.

Ya con el antecedente de los trabajos de Ruiz de Montoya, considerados como los primeros propiamente etnográficos en la historia del Paraguay, Melià fuerza la reflexión hasta divisar que a medida que los jesuitas integraban el mundo guaraní a través de su lengua para convertirlos, también se convertían a sí mismos, e iban modificando el lugar perceptivo que la misión religiosa en sus inicios le asignaba. Fundamental obra de relectura historiográfica, el autor se sumerge en nuevos postulados más allá de la lingüística, acercándose a la antropología y la etnolingüística, disciplinas que se destacan en la tradición académica francesa y que caracterizarán su tesis defendida en la Universidad de Estrasburgo en 1969, bajo el título “La Création d’un langage chrétien dans les réductions de Guarani au Paraguay” (La creación de un lenguaje cristiano en las reducciones de guaraníes en Paraguay).

A su vuelta a Paraguay, Melià conoce a su segundo maestro, encuentro que marcará de aquí en más su relación con sus objetos de estudio y su vivencia misionera. Amigo de Antonio Guasch, León Cadogan lo recibe, ya avanzado en años y con profundo conocimiento y experiencia en lo que respecta a los guaraníes. Muy rápidamente, deposita toda su confianza en el joven jesuita, volviéndolo su aprendiz y mayor colaborador. Ya no pudiendo siempre volver a las selvas y asientos de fogones que inspiran toda su obra, el maestro propiciará el nuevo noviciado de Melià, que tiene por eje el descubrimiento de la religión guaraní, las costumbres, los ritos, ese otro guaraní más misterioso, secreto y esotérico de los Mbya. Recordamos un extracto del prólogo del Ywyra Ñe’ery de Cadogan, escrito por Melià, evocándolo:

Para mi Don León ha sido y es che ramói, con toda la densidad de filiación, de dependencia, de docilidad y respeto que un guaraní da a esta palabra: mi mayor y primero, mi abuelo y mi padrino, mi maestro y mi patrón, mi iniciador y el que me dio la luz. Él ha guiado mis pasos, me ha hecho escuchar la palabra y un día me dijo que me podía considerar su paisano: che retãrã. Como aquel Mbya de Mbarigui que me hace sentar junto a su fogón. Sus palabras, mis palabras.” (Cadogan, 1971)

Esa relación llevará a Melià por los caminos del ser guaraní de forma constante y aplicada, ampliando cada vez más sus horizontes en términos de etnografía y etnología crítica, sensible y sobre todo comprometida. Los trabajos de campo se fueron multiplicando, sin enmarcarse en un estudio particular, sino con el objetivo de producir la máxima interacción con los pueblos indígenas.

De los Mbya que reenviaban a Melià a los guaraníes de las crónicas jesuíticas, habitantes del centro de la tierra o Mba´e Vera citado por Montoya, pasará luego al Alto Paraná junto a los ava chiripás, los aché guayakis del norte y sur de la región oriental, al Amambay junto a los paï tavyteräs y al Chaco con los chiriguanos.

Paralelamente a su producción en el campo de la antropología, Melià presenta de manera constante innovadores planteamientos sobre la realidad de las nociones de bilingüismo y diglosia paraguayos, elaborando sobre su relación con la escritura, las políticas de enseñanza y de la construcción del discurso estatal en diferentes periodos de la historia.

Habiendo recorrido tantos caminos entrelazando las ciencias sociales y humanas con la teología, la literatura, las artes visuales, la educación, la demografía, la política, la manera con la que se define a él mismo, y con la que se relaciona con los ambientes que le toca frecuentar, demuestran la impronta de una profunda humildad y una práctica total de la noción guaraní de existencia, a través de la palabra ofrecida y dada, sin esperar nada a cambio.

No se consideraba ni antropólogo, ni lingüista, ni teólogo, sino un autodidacta. De esa manera Melià se afilia subjetivamente a una gran tradición en la antropología paraguaya, carente de una figura definida, pero, como él mismo lo afirmara en el escrito “Antropólogos y antropología en el Paraguay” (1997), “considerablemente rica en méritos de hombres y mujeres”.

 

[Fuente: http://www.eltrueno.com.py – para leer artículo completo: http://www.nemityra.fil.una.py/nemityra/index.php/revn/article/view/36]

Une sélection de titres de médias anglophones montrant diverses pratiques éditoriales pour la transcription du nom de famille du dirigeant du Bélarus. Carte des provinces du Bélarus [1] par Golbez (CC BY-SA 3.0) [2]. Image d’Alexandre Loukachenko [3] par Serge Serebro [4], Vitebsk Popular News [5] (CC BY-SA 4.0 [6]). Image remixée par Georgia Popplewell (CC BY 3.0) [7].

É

Alors que la Bélarus fait la une des journaux du monde entier depuis les élections présidentielles controversées du 9 août, plusieurs orthographes du nom du président sont apparues dans la presse internationale anglophone. Loukachenka ou Loukachenko : lequel est exact ?

La réponse est : les deux. Le nom Loukachenko a deux orthographes différentes : en bélarusse, il s’écrit Аляксандр Лукашэнка, et en russe, Александр Лукашенко. Par conséquent, la translittération anglaise basée sur l’original bélarusse sera Alyaksandr Lukashenka, tandis que celle basée sur l’orthographe russe sera Aleksandr (ou l’équivalent anglais Alexander) Lukashenko.

Le russe et le bélarusse ont tous deux le statut de langue officielle [8] en République du Bélarus, où la population est majoritairement bilingue à des degrés divers. Alors que les deux langues sont souvent mutuellement intelligibles, comme toutes deux appartiennent à la branche orientale des langues slaves [9], elles sont néanmoins distinctes. Aujourd’hui, le bélarusse peut être vu et entendu lors des cérémonies officielles de l’État, sur les panneaux de signalisation et les ministères à travers le pays. Cependant, une grande partie de la vie quotidienne dans les grandes villes se déroule en russe et la présence du bélarusse a diminué ces dernières années, en partie en raison du déclin de son usage dans le système éducatif public [10] [en].

Alors que des médias tels que le Guardianle New York Times [11] [en] et la BBC [12] [en] ont utilisé la romanisation basée sur le russe (Lukashenko), Radio Free Europe [13], qui diffuse également en bélarusse, utilise la version bélarusse (Lukashenka). Fait intéressant, nous avons trouvé un article paru en 2006 dans le New York Times [14] [en], qui utilisait la version bélarusse Lukashenka.

Une distinction similaire peut être observée concernant le nom de famille de la cheffe de l’opposition : son nom est Sviatlana Tsikhanouskaya en anglais, romanisé à partir de l’orthographe bélarusse Святлана Ціханоўская. Mais elle devient Svetlana Tikhanovskaya lorsqu’elle est transcrite du russe, Светлана Тихановская.

Alors que les manifestations ont gagné tout le pays, nous pourrions également nous questionner sur l’orthographe de diverses villes bélarusses. Les travailleurs ont-ils fait grève à Grodno (russe) ou à Hrodna (bélarusse), les manifestations se sont-elles déroulées à Gomel ou à Homyel ? Les médias internationaux anglophones ont parfois orthographié les noms de lieux bélarusses de manière incohérente.

Pour compliquer les choses, le bélarusse, bien que maintenant écrit en cyrillique, possède également son propre alphabet latin, appelé Łacinka [15] [en], qui a été utilisé au 19e et au début du 20e siècle ainsi que pendant l’occupation nazie de la Biélorussie au début des années 1940. Une autre norme orthographique connue sous le nom de Taraškevica [16] est utilisée par certain·e·s locuteur·ice·s du bélarusse à l’étranger ; cette graphie utilise à peu près le même alphabet cyrillique que le bélarusse standard actuel, mais rejette certaines des réformes linguistiques introduites par le gouvernement soviétique en 1933.

De plus, à partir du XVe siècle, la minorité musulmane tatare vivant au Grand-Duché de Lituanie, qui comprenait le Belarus d’aujourd’hui, a également écrit le bélarusse en utilisant une forme adaptée de l’écriture arabe [17], appelée Кітаб [Kitab] ou ارابیصا [Arabitsa]. Cette population a progressivement abandonné sa langue turcique et adopté la langue slave bélarusse, tout en restant fidèle à l’islam.

Ce débat peut rappeler à certain·e·s lecteur·ice·s l’Ukraine, voisine méridionale du Bélarus. Après les événements de 2014 et la guerre qui a suivi dans l’est du pays, l’Ukraine a occupé de plus en plus d’espace dans les pages des journaux internationaux. Un débat houleux a conduit plusieurs publications à déclarer qu’elles épelleraient la capitale du pays, anciennement Kiev, avec la translittération ukrainienne Kyiv. Le russe est parlé couramment par des millions de personnes en Ukraine, dont beaucoup sont des Ukrainien·ne·s de souche, mais ce n’est pas une langue officielle – par conséquent, les villes orientales de Kharkiv et Louhansk sont par convention épelées dans leurs formes ukrainiennes, plutôt que Kharkov et Lougansk, comme beaucoup de leurs habitant·e·s les appelleraient.

La situation politique et sociolinguistique du Bélarus est très différente de celle de l’Ukraine. Mais ces problèmes continueront de tourmenter les rédacteurs et rédactrices en chef du monde entier. Une partie de la presse allemande continue de qualifier le pays de Weissrussland (littéralement « Russie blanche ») plutôt que de Bélarus, comme le préfèrent les Bélarusses. Le pays est largement appelé Белороссия (Biélorussie) dans la presse russe, malgré les objections des Bélarusses.

Des moments comme ceux-ci continueront de contraindre les rédacteurs en chef du monde entier à se demander à qui ils doivent rendre des comptes – à la politique linguistique de l’État, aux pratiques linguistiques des habitant·e·s d’un pays ou au public étranger qui connait souvent les contrées lointaines par des noms totalement différents, parfois archaïques ? Il n’y a pas toujours de réponses faciles. Mais lorsque l’attention du monde est fixée sur un pays inconnu, la transparence est la meilleure politique – permettant aux lecteurs et lectrices de comprendre l’importance d’une seule lettre.

Pour en savoir plus sur la crise que connaît le Bélarus, cliquer ici. [18]

 

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2020/09/24/256538/

URLs dans ce post :

[1] Carte des provinces du Bélarus: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Belarus_provinces_blank.png

[2] (CC BY-SA 3.0): https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en

[3] Alexandre Loukachenko: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alexander_Lukashenko_President_of_Belarus.jpg

[4] Serge Serebro: https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Silverrebel

[5] Vitebsk Popular News: http://news.vitebsk.cc/

[6] CC BY-SA 4.0: https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en

[7] (CC BY 3.0): https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

[8] statut de langue officielle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Bi%C3%A9lorussie#Langues

[9] branche orientale des langues slaves: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_slaves_orientales

[10] déclin de son usage dans le système éducatif public: https://belarusdigest.com/story/belarusian-language-declining-in-state-education-strengthening-in-civil-society/

[11] le New York Times: https://www.nytimes.com/topic/person/aleksandr-g-lukashenko

[12] BBC: https://www.bbc.com/news/topics/cjnwl8q4q28t/alexander-lukashenko

[13] Radio Free Europe: https://www.rferl.org/a/eu-leaders-election-crisis-belarus/30791276.html

[14] un article paru en 2006 dans le New York Times: https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/cfr/international/slot2_031606.html?_r=1&oref=slogin

[15] Łacinka: https://en.wikipedia.org/wiki/Belarusian_Latin_alphabet

[16] Taraškevica: https://fr.wikipedia.org/wiki/Orthographe_classique_bi%C3%A9lorusse

[17] forme adaptée de l’écriture arabe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_arabe_bi%C3%A9lorusse

[18] Pour en savoir plus sur la crise que connaît le Bélarus, cliquer ici.: https://fr.globalvoices.org/dossiers/le-belarus-dans-la-tourmente/

Escrito por Verónica Gómez / Revista Exlibris

El guaraní se caracterizó siempre por ser uno de los idiomas originarios que más se resistió a la colonización y a muchos intentos de su desaparición a lo largo de la historia. En este artículo haré un recorrido por los eventos históricos que atravesó este idioma y en consecuencia invitaré a una reflexión acerca de los mecanismos que se pusieron en juego para superar las dificultades que fue encontrando hasta llegar a un presente de vitalidad y crecimiento sistemáticos. Además, desde mi lugar como docente y hablante del avañe’ẽ (idioma guaraní), pondré especial atención al uso y transmisión de este idioma en la ciudad y en la provincia de Buenos Aires, donde tiene una importante presencia hace ya varias décadas y que además es enseñado en diversas instituciones educativas, incluso formando parte de la currícula de carreras universitarias.

∞ MOMBYKYKUE (resumen en lengua guaraní)

Avañe’ẽ ha’e peteĩ ñe’ẽte ymaite guivéma oime ha ojepytasova’ekue pytagua guahẽháme ha avei ombohavake, opa tembiasakue aja, umi yvypórare oipotáva avañe’ẽ topa yvy apégui. Ko moñe’ẽrãme aguatáta tembiasakue rapére ha ahecháta moõ rupi oiko guaraní ñe’ẽ ha jajepy’amongetáta mba’éicha rehe avañe’ẽ ikatu iñakãrapu’ã ha mba’éicharupi oguahẽkuaa ko’ãga oimeha peve, imba’eguasúva ha ojehayhu hetáva. Avei, che rendágui avañe’ẽ mbo’eháraramo ha ñe’ẽháraramo, ajesareko porãta mba’éichapa ojeporu ha oñembohasa ko ñe’ẽte tavaguasu Buenos Aires-pe ha ijerére, oñeñe’ẽ hetahápe yma guive, ha avei oñembo’éva heta mbo’ehaoguasúpe.

Por Verónica Gómez / Universidad Nacional de Quilmes
vero_gomez@live.com.ar

El guaraní en Buenos Aires

La Ciudad Autónoma de Buenos Aires y el Conurbano Bonaerense conforman una zona de Argentina donde es muy habitual el uso del idioma guaraní. El mayor número de guaranihablantes residentes en Argentina corresponde a los inmigrantes paraguayos, que según el Censo Nacional de Población de 2010 son 550.713 personas. Del total de estos inmigrantes el 14.6 % vive en la CABA y el 71.3 % en la provincia de Buenos Aires, lo que significa que el 85.9 % de los migrantes paraguayos de todo el país residen y trabajan en Capital y provincia de Buenos Aires. Esto explica por qué la variedad del idioma guaraní llamado guaraní paraguayo o guaraní jopará es tan escuchado en sus calles. Además no hay que olvidar que en las provincias argentinas de Corrientes, Misiones y Formosa lo habla gran parte de la población criolla (cf. Instituto Nacional de Estadística y Censos 2015).

Sin embargo, nos ubicaremos geográficamente en Buenos Aires para analizar el uso del idioma guaraní, en su variedad conocida como guaraní paraguayo o guaraní jopara. La particularidad de este dialecto es definido por el término jopara, que significa mezcla; es decir que esta variedad se caracteriza por mezclar palabras del idioma guaraní y el castellano, aunque es preciso aclarar que es predominante en ella no solo la cantidad de palabras sino la estructura gramatical del idioma. Esta variedad es la más hablada dentro del territorio paraguayo, a pesar de que hay siete dialectos de dicho idioma hablados dentro del vecino país (Zarratea 2009). Tadeo Zarratea refiere que “es una variedad derivada del dialecto karió, propio de los indígenas asuncenos de los siglos XV y XVI”, y agrega además que “este dialecto ya se hallaba diferenciado de los demás de la misma lengua cuando llegaron los españoles en 1536” (2009: 4).

El guaraní jopara o guaraní paraguayo es una mixtura idiomática donde, como ya hemos dicho, la estructura y los términos utilizados son predominantemente guaraníes, tomando del castellano palabras que en guaraní no eran conocidas o utilizadas, o que simplemente fueron incorporadas a pesar de tener su equivalente en el idioma originario. Algunos ejemplos son sevói (cebolla), cavaju (caballo), ovecha (oveja). Otra característica del guaraní jopara es la utilización de prefijos de conjugación cumpliendo con las reglas del idioma guaraní y adaptando las palabras castellanas, eliminando, por ejemplo, las consonantes finales, ya que en guaraní todas las palabras terminan en vocal. Algunos verbos que nos pueden servir como ejemplos son lee (leer), escrivi (escribir) o gusta (gustar), utilizándolos de la siguiente manera: che alee, nde relee, ha’e olee (yo leo, tú lees, él lee).

También es importante aclarar que esta manera de hablar el idioma guaraní varía según sea utilizada por personas de origen urbano o rural, teniendo menos presencia castellana en las zonas campesinas y más presencia en las citadinas.

Para muchos adultos, pero sobre todo para los niños que hablan esta variedad del guaraní, la llegada a un contexto donde el idioma predominante es el castellano representa un difícil obstáculo. Muchos de los inmigrantes paraguayos son bilingües, hablan y entienden tanto el guaraní como el español. Avellana y Brandani hablan de una situación especial de migración que “en muchas ocasiones, obliga a los hablantes bilingües español-guaraní a inclinarse de manera abrupta por el español, lengua que no siempre constituye su lengua materna ni la opción preferida para sus comunicaciones cotidianas” (Avellana y Brandani 2016: 80). Existen numerosos casos de gente proveniente del interior de Paraguay, alejados de Asunción, donde se habla casi de modo exclusivo el idioma guaraní. Y si bien se habla en todo el país, en las áreas rurales y en los sectores más desfavorecidos económicamente es donde su utilización es casi predominante (Hauk 2014). El español, sin embargo, está más asociado con la comunicación formal y a los sectores de las clases sociales más altas.

En la ciudad y en la provincia de Buenos Aires hay escuelas donde un número alto de alumnos tiene como lengua materna al guaraní, y en general no encuentran de parte del sistema educativo la asistencia necesaria para facilitarles la integración y de esa manera brindarles las mismas posibilidades que al resto de aprender los contenidos escolares. Esto los coloca en una posición de desventaja y los condena al fracaso escolar y posible deserción.

Si bien la dificultad respecto al manejo del castellano es tanto para niños como para adultos, son los niños los que tienen menos experiencia con el uso del castellano, ya que, como se dijo antes, es el idioma que se vincula con la formalidad, con lo extrafamiliar y, como dice Zarratea, “el guaraní es relegado al uso en las relaciones personales de intimidad, al seno familiar, a las relaciones de confianza, al ámbito rural, al ámbito del proletariado citadino, a las cuestiones no oficiales y a las conversaciones informales” (2009: 6). Por lo tanto estos niños, generalmente pertenecientes a las zonas rurales o urbanas de las clases más bajas del Paraguay, son los más impactados por este brusco cambio de ámbito no solo porque tienen que adaptarse a un entorno físicamente distinto y en la mayoría de los casos alejarse de seres queridos, sino que tienen la exigencia de usar un idioma que apenas conocen y de amoldarse a costumbres y códigos culturales diferentes.

Un poco de historia

El guaraní es uno de los idiomas originarios con más vitalidad en el continente americano. Si nos remontamos en la historia, puntualmente a los primeros contactos entre el invasor europeo y el nativo guaraní que habitaba las zonas selváticas desde el Caribe hasta la actual provincia de Buenos Aires, veremos que los extranjeros notaron en poco tiempo que el idioma de los guaraníes era en esta parte del continente lo que ellos definían como una lengua general. Un poco de tiempo más tarde, a mediados del siglo XVI, llegaron miembros de la orden religiosa de San Francisco de Asís, quienes se dedicaron a estudiar la lengua de los nativos con obvias intensiones de evangelizar a la población.

Según Bartomeu Melià “todos los testimonios coinciden en señalar a los frailes Luis Bolaños y Alonso de San Buenaventura como los primeros misioneros que se hicieron entender por los indios en su propio idioma” (Meliá 2003: 32). De hecho fue fray Luis de Bolaños quien escribió la primera gramática del idioma guaraní y un vocabulario, además de traducir el catecismo. Su trabajo fue de gran ayuda para los posteriores evangelizadores que llegaron a la zona guaranítica. A fines de 1607 los jesuitas se instalaron en lo que en ese entonces se llamaba la Provincia del Paraguay, que hoy corresponde al litoral argentino, sur de Brasil y Paraguay, y comenzaron una labor inmensa que incluyó la fundación de 30 pueblos donde se hablaba y se escribía exclusivamente en idioma guaraní. Allí circulaban textos que cumplían con la función de propagar el cristianismo aunque también fueron “elementos fundamentales de un proceso de transformación cultural y política de las áreas de acción misional en las fronteras sudamericanas” (Wilde 2014: 271). La permanencia de la Compañía de Jesús duró hasta su expulsión, que fue declarada en febrero de 1767. Durante esos años el arte, las creencias y costumbres de ambas culturas se fusionaron dando origen a los particulares pueblos jesuítico-guaraníes. Los rastros de esa mezcla son visibles tanto en las ruinas de las reducciones en Argentina, Paraguay y Brasil, como en las tradiciones de la actual población criolla de esas zonas.

Desde el año 1524 la ciudad de Asunción se desarrollaba como una ciudad colonial que no recibió tanta migración europea como se esperaba al principio, ya que en su territorio no se encontraron los metales preciosos que se suponía que habría. Los españoles llegaban sin mujeres, por lo que establecían pareja con varias mujeres guaraníes gracias al sistema de cuñadazgo que estaba vigente dentro de la parcialidad que habitaba ese territorio. Este era un sistema de reciprocidad en el que aquel hombre que se casaba con una mujer contraía también una relación con su familia que consistía en favores mutuos. En este sentido, Branislava Susnik señala que los caciques ofrecían a los españoles a sus hijas y sobrinas “en la seguridad de que este vínculo político sería el verdadero lazo de amistad y formalización del pacto” (Susnik 2017: 84). Muchos se refieren a esa época como la de “El Paraíso de Mahoma”, donde los españoles contaban con entre 30 y 40 mujeres cada uno, con quienes procreaban y rápidamente poblaban Asunción de mestizos. Según Bárbara Potthast, “Contrariamente a otros países latinoamericanos, donde estos descendientes ilegítimos eran socialmente marginados, en Asunción ellos pronto constituyeron la nueva clase dirigente.”(Potthast 2011: 25).

Podemos decir entonces que el proceso de mestizaje, tanto genético como cultural, y la vigencia, propagación y fortalecimiento del idioma guaraní fueron de la mano. Hay que remarcar que las formas lingüísticas de los pueblos jesuíticos y la de la provincia del Paraguay mantenían diferencias importantes. No obstante aquello, ambas organizaciones sociales y políticas posibilitaron el uso del idioma en las generaciones venideras en estos territorios. Por un lado, pueblos administrados por jesuitas donde tenían como única lengua al guaraní y sus habitantes en su mayoría eran alfabetizados en ese idioma; por otro lado, en la ciudad de Asunción donde las mujeres guaraníes transmitían el idioma a sus hijos mestizos, quienes a su vez podían llegar a ser personas influyentes en la vida política y social del Paraguay.

Sin embargo, luego de la expulsión de los jesuitas la vitalidad que tenía el idioma guaraní, sobre todo en su modo escrito, se fue perdiendo gradualmente producto de su prohibición por parte de las órdenes religiosas que administraron posteriormente esas reducciones. Se dejó de alfabetizar en ese idioma y se comenzó un proceso de castellanización de los guaraníes que habitaban aquellos pueblos. Además, varios grupos de originarios comenzaron a salir de las reducciones y se incorporaron a la sociedad criolla colonial. Por su parte, a principios del siglo XIX Paraguay llevó adelante su independencia tras lo cual eligió al español como idioma oficial en todas las instituciones del Estado.

A pesar de eso, ese territorio conformado por la ahora República del Paraguay y las antiguas reducciones jesuíticas siguió siendo eminentemente guaraniparlante. Con el correr del tiempo el mestizaje se extendió pero el idioma guaraní hablado mantuvo su vigencia a diferencia de su versión escrita, que prácticamente quedó en desuso. Entre las modificaciones que sufrió el idioma una fue fusionarse con el castellano adquiriendo las particularidades que tiene actualmente y por lo que se lo ha bautizado como jopara.

País bilingüe

Desde el comienzo de su historia como república, el Paraguay tuvo como rasgo característico el hecho de ser un país bilingüe por los motivos a los ya hemos hecho referencia. A pesar de considerar al español como idioma oficial, el guaraní seguía siendo el idioma utilizado por la inmensa mayoría de sus habitantes.

En las guerras en las que participó Paraguay el idioma guaraní jugó un papel muy importante. Fue utilizado estratégicamente ya que sus rivales, Argentina, Brasil y Uruguay en la Guerra de la Triple Alianza; y Bolivia en la Guerra del Chaco, mayoritariamente no entendían este idioma originario. Hay que recalcar que los soldados paraguayos, que pertenecían a las clases más populares, hablaban mucho más a menudo en guaraní que en castellano.

A pesar de su importancia estratégica en cuestiones relacionadas con la soberanía y con la identidad nacional, fue históricamente menoscabado por ser el idioma característico de las clases bajas del país. Durante décadas no se escribió en guaraní, solamente un sector relacionado con el arte lo mantuvo vigente en sus obras como los poetas y músicos, que continuaron escribiendo y leyendo en este idioma.1

Podemos encontrar entonces perspectivas contradictorias pero que a la vez conviven, respecto del idioma guaraní. Estas visiones parecen persistir en el tiempo, una de ellas es negativa: el guaraní nombrado como dialecto, considerándolo inferior a cualquier idioma europeo; por el otro lado, una consideración positiva respecto de su importancia no solo en las guerras sino como elemento identitario primordial para todos los paraguayos. Según Hauck, a raíz del significativo papel llevado a cabo por este idioma en la independencia, las guerras, la publicación de periódicos en las mismas, las arengas patrióticas, las canciones, etc., “el guaraní se convirtió en la lengua de la liberación nacional y un ícono de la identidad paraguaya” (Hauck 2014: 119).

Esta consideración ambigua que la población paraguaya tiene del idioma guaraní quizás sea una de las causas de la imposibilidad de poner en práctica, como país, un verdadero bilingüismo, donde ambas lenguas oficiales estén en igualdad de condiciones tanto en escuelas, hospitales y otras instituciones públicas del país, así como en los medios de comunicación u otro tipo de empresas. Es como si hubiera una puja constante, que muchas veces existe en una misma persona, respecto de si el guaraní es o no igual en importancia que el español.

Al no ser declarada lengua oficial de Paraguay desde su surgimiento como país en 1811, el idioma guaraní fue relegado, prohibido en las escuelas y no tuvo ningún tipo de atención por parte del Estado paraguayo en pos de su difusión y conservación. Probablemente la oficialización tardía del idioma guaraní en Paraguay –en 1992– haya dado lugar a que se extendiera aún más esta brecha entre ambos idiomas y a que el castellano ganara terreno y aumentara su status dentro de todo el país.2 La manera peyorativa de llamar a los guaranihablantes sigue teniendo vigencia y cualquier ciudadano paraguayo contemporáneo sabe perfectamente que el término “guarango” es utilizado para referiste a ellos.

A partir de la declaración del guaraní como idioma oficial junto al castellano, comienza una nueva etapa donde, paulatinamente, las representaciones sociales respecto de este idioma originario se van modificando. El status del guaraní se eleva en el ideario de las personas, el orgullo por tener un idioma propio, que los diferencia del resto del continente americano, comienza a relucirse. Empiezan las discusiones sobre qué guaraní se enseñaría en las escuelas y las rivalidades entre partidarios del guaraní jopara y el guaraniete, es decir, entre los que acuerdan con el uso del idioma guaraní con préstamos y “guaranización” de elementos incorporados desde el castellano, y los que prefieren un guaraní “limpio” de castellano, utilizando neologismos y recuperando palabras que estaban perdiendo vigencia.

Aquí aparece entonces una nueva pugna, la competencia entre un idioma guaraní “correcto” y uno “contaminado” o corrompido”. Nuevamente las clases populares, las que hablan el jopara, son menoscabadas justamente por su manera particular de comunicarse, de utilizar el idioma guaraní combinándolo con palabras castellanas. Frases como “yo no hablo bien el guaraní” son muy comunes por parte de hablantes nativos de este idioma. Este tipo de expresiones son, probablemente, producto de la descalificación y el menosprecio con el que repetidamente se hace referencia a este dialecto popular conocido como jopara. Es decir que la mayoría de la población paraguaya sigue siendo tildada de hablar de forma inapropiada, antes por hacerlo en guaraní en vez de en castellano y ahora por hablar en jopara en vez de guaraní “puro”.

En las publicaciones literarias que salen a la luz en los últimos años podemos observar que este enfrentamiento entre los partidarios del jopara y los puristas ha encontrado un equilibrio entre el uso de neologismos y préstamos del castellano. Quizás se hayan percatado de que un guaraní lleno de neologismos podría espantar a las personas que tienen como materno al idioma guaraní materno al idioma guaraní jopara, y que, al contrario de lo que se desea, los individuos, sobre todo en edad escolar, quizás terminen alejándose del idioma en vez de apropiarse de él y de fortalecer su uso.

Más adelante veremos cómo las nuevas tecnologías pueden ser buenas herramientas para difundir y dar a conocer los neologismos haciendo más ameno el aprendizaje y conocimiento de estos.

Cómo se trasmite el idioma en un contexto castellano

Casos diferentes a los de los niños guaranihablantes que se ven en la obligación de adaptarse a Buenos Aires y lidiar con las dificultades que ello les trae, es el de los hijos de hablantes bilingües castellano-guaraní que aprenden, en diferentes niveles de competencia, el idioma guaraní.

Aquellas personas que asimilan el idioma guaraní habiendo nacido y crecido en Buenos Aires, un lugar donde el predominante –y oficial- es el idioma castellano, son hijos de personas que usan muy cotidianamente dicho idioma dentro del entorno familiar. Lo más habitual es que ambos padres sean guaranihablantes y el diálogo permanente entre ellos en ese idioma facilite el aprendizaje a los niños, aunque no haya una conciencia clara de los primeros de estar transmitiéndolo a sus hijos, es decir que en general no hay una decisión de enseñar su idioma materno, simplemente lo hacen, sin demasiada premeditación. La competencia lingüística de los hijos respecto del guaraní suele ser solo de comprensión y no tanto de producción oral o escrita.

El concepto de “semihablante”, propuesto por Dorian (1992), hace referencia a las personas que tienen tal característica con respecto a su segunda lengua, aquellas personas que a pesar de no hablar esa lengua, en nuestro caso específico el guaraní, “comparten las normas sociolingüísticas con los otros miembros de la comunidad de habla, es decir, son comunicativamente competentes”, por lo que pueden “comportarse apropiadamente en situaciones en las que se usa la lengua indígena, devolver un saludo, entender un chiste o responder a una orden” (Messineo y Hecht 2007: 140). En mi experiencia personal, esta competencia fue adquirida desde mi niñez en el contexto familiar y desarrollada durante todas las etapas de mi vida.

Mi práctica como docente de idioma guaraní y una serie de entrevistas en 2019 en el sur del Conurbano Bonaerense tanto a hijos de paraguayos como a padres paraguayos con hijos nacidos en Argentina me han sido de gran ayuda para llevar a cabo algunas clasificaciones respecto del modo de transmisión/adquisición del guaraní en un contexto castellano. Sin olvidar que el uso del idioma originario que nos compete es desigual dentro de Paraguay, me centré en las familias con padres que tienen un uso muy frecuente del guaraní.

La primera distinción que pude hallar fue entre los padres que hablan guaraní en presencia de sus hijos y los que deciden reservar su uso para el ámbito más íntimo ya que algunos hablantes de este idioma confiesan que puede ser una forma de mantener en secreto algunas cosas, una especie de lenguaje secreto exclusivo de la pareja. En los casos en que la pareja habla muy frecuentemente en guaraní frente a sus hijos desde el nacimiento de estos, están los que se dirigen a los niños en guaraní y los que nunca les hablan a los niños en ese idioma.

He podido observar que quienes dicen entender total o casi totalmente una conversación en guaraní y responder a una pregunta o una orden son los que manifestaron que sus padres les hablaban en guaraní, se dirigían a ellos en dicho idioma. Otros elementos importantes son el entorno, amigos, parientes, clubes sociales donde frecuentaba o frecuenta la familia, la música, etc.

Los que encontraron, sobre todo en la niñez, al idioma de sus padres en todos estos ámbitos, tienen una comprensión más completa del mismo.

Las personas que entienden solo algunas palabras sueltas son las que escuchaban regularmente el guaraní en el entorno familiar pero que no eran destinatarias directas de preguntas u órdenes en este idioma, a ellas siempre se dirigían en castellano. “No sé por qué no le hablaba en guaraní a mis hijas, quizás tenía miedo de que se le mezclaran los dos idiomas, de que hablaran todo mal”, expresó una de mis entrevistadas, quien al final de la entrevista manifestó haberse arrepentido de no haberles enseñado su lengua y que le habría gustado que sus hijas hablaran y leyeran en guaraní.

Pude observar que la mayoría de quienes tienen ambos padres guaranihablantes cuentan con competencias lingüísticas para entender el idioma pero no para hablar, y son la minoría quienes no entienden ni hablan.

En el caso de mi familia, los cuatro hermanos mayores entendemos y hemos tenido la posibilidad de hablarlo, nuestros padres se dirigieron a nosotros siempre en guaraní y nuestro entorno fue, principalmente en la niñez, en su gran mayoría guaraniparlante. El hermano más chico, quizás por haberse socializado desde más temprano en ámbitos hispanohablantes y por haber tenido cuatro hermanos mayores que hablaban castellano, solamente entiende palabras sueltas en guaraní. Estas características coinciden con las incipientes conclusiones que he podido sacar a raíz de indagaciones que he realizado.

Por último, podemos agregar que tanto en la Ciudad Autónoma de Buenos Aires como en el Conurbano Bonaerense existe una cantidad considerable de emisoras de radio donde se comunica en guaraní y se difunde música, poesía y humor en este idioma, lo que también favorece a su presencia en la cotidianeidad de sus hablantes y de los “hablantes pasivos”.

Recuperación de la identidad por medio de la lengua

En los últimos años existe en Argentina y en el resto de Latinoamérica una tendencia a la reivindicación de las culturas originarias por parte de grupos de diferente índole. Hay un surgimiento o resurgimiento de la conciencia acerca de las raíces culturales de América y del genocidio llevado a cabo por la invasión europea, que va adquiriendo cada vez más visibilización. En consonancia con estos movimientos que revalorizan las culturas y las lenguas originarias, muchos jóvenes nos planteamos la necesidad de profundizar sobre nuestros propios orígenes y decidimos acercarnos a ellos a través del idioma. En mi caso, esa inquietud surgió luego de la adolescencia con la decisión de hablar el idioma que había aprendido al mismo tiempo que el castellano pero que no hablaba ni escribía.

Ser profesora de lengua y cultura guaraní en la Provincia y la Ciudad de Buenos Aires me permite afirmar que, según mi experiencia de casi diez años de docencia,3 todos los años hay personas que deciden iniciar sus estudios en lengua guaraní con este incentivo, el de recuperar la identidad por medio del idioma de sus ancestros. Si bien los intereses de quienes deciden aprender guaraní son variados, algunos son motivos laborales (antropólogos, lingüistas, etc.) y otros por simple curiosidad, la mayoría de los estudiantes están movidos por necesidades personales relacionadas a la pertenencia cultural. Producto de una larga reflexión en algunos casos y del imperativo de no perder aquello que los une a sus raíces, quienes tienen padres, abuelos o algún antepasado guaraniparlante llegan con inquietud y entusiasmo para aprenderlo. Varios están relacionados con el arte, la literatura, la música, etc., y anhelan poder escribir o cantar en su idioma ancestral. Hijos o nietos de paraguayos, correntinos, misioneros, chaqueños, formoseños, entran, a través del idioma, en el mundo de la cultura guaraní, lo que en muchos casos transforma su identidad saliendo un poco de la “paraguayidad”, “correntinidad”, etc., y mutando ese sentido de identidad a un grupo de pertenencia mayor, el de la Nación Guaraní.

Es decir que la certeza respecto de que los argentinos o los porteños somos herederos de la cultura europea se pone en crisis cuando se devela que los originarios guaraníes están en Buenos Aires desde su fundación (segunda fundación en 1580), y cuando asimismo se toma conciencia de que, además de las distintas oleadas de inmigrantes europeos, Buenos Aires recibió inmigrantes de todas las provincias argentinas y de los países limítrofes a lo largo de toda su historia. Además, tomar en consideración la invisibilización de la participación de los pueblos originarios no solo en la formación del Estado argentino, sino también en la formación del resto de los Estados latinoamericanos, refuerza la intención de reivindicar a las culturas indígenas por parte de las nuevas generaciones.

Específicamente, respecto del pueblo guaraní, la reflexión sobre su resistencia y la supervivencia de su idioma a pesar de los intentos de desaparición a los que fue sometido suele ser una constante y un motivo de orgullo de sus descendientes, al contrario de lo que se podía observar hace algunos años, cuando muchos hijos de paraguayos negaban su origen y en algunos casos prohibían a sus propios padres hablar en guaraní en público.

Respecto de mi labor enseñando mi propio idioma, puedo agregar que surgen varias dificultades acerca de cómo transmitirlo. Uno de ellos es la irregularidad en el nivel de manejo del idioma en los cursos, pasando por quienes empiezan de cero hasta los que entienden e incluso hablan guaraní. Otro elemento es el material didáctico a utilizarse, que se puede conseguir en Paraguay, pero que en general para su enseñanza en Buenos Aires hay que pensarlo como segunda lengua, cosa que en Paraguay no sucede. En mi caso, elaboro gran parte del material utilizado en las clases y selecciono algunos ejercicios, textos y juegos de libros y manuales de enseñanza de la lengua en Paraguay.

Las nuevas tecnologías, una herramienta para democratización de la palabra guaraní

Las nuevas generaciones, las que fueron escolarizadas y alfabetizadas en Paraguay después de la oficialización, tienen al menos algunos conocimientos respecto de cómo se escribe y cómo se lee en guaraní, a pesar de que suele ser una materia poco agraciada para los alumnos: “Cuando estamos en la escuela, muchos detestamos el idioma guaraní, debido a que no existe una didáctica atractiva para aprenderlo” (Revista Cultura Guaraní 2017). Sin embargo en los últimos años se puede observar el surgimiento de un nuevo fenómeno en el que el idioma guaraní cobra protagonismo: su uso en las redes sociales y en las nuevas tecnologías en general. Gracias a ello, personas de Paraguay, de Argentina y de todo el mundo tienen la posibilidad de acceder a la palabra escrita en guaraní. Plataformas como Duolingo, Firefox, Wikipedia, tienen sus versiones en este idioma.4 Existen infinidad de páginas de diferente índole, humor, noticias, música, lengua y cultura, etc., donde se utiliza principalmente el idioma guaraní. Además hay aplicaciones para celular con funciones muy variadas también, por ejemplo diccionario, textos y audios, entre otros. Y Facebook, y otras redes sociales, tienen la opción de configurar su idioma al guaraní.

A pesar de que en muchas ocasiones su uso escrito no cumple con las normas legitimadas desde la estandarización llevada a cabo en la década del 90, ya que el sistema de escritura del castellano tiene aún mucho peso, el guaraní escrito se está ganando un lugar y va adquiriendo una visibilidad de la que hace unos años carecía. Además, al ser un idioma que hace pocas décadas actualizó y estandarizó su grafía, está en una etapa donde el uso de la ortografía antigua y la actual conviven y en algunos casos se enfrentan.5

Estas nuevas páginas de Internet que hacen publicaciones en idioma guaraní también son favorables para afianzar su uso escrito de la manera estandarizada y además para difundir neologismos. La gente, alfabetizada o no en este idioma, se va acostumbrando a leer en guaraní con la grafía actualizada; es decir, basada en el alfabeto latino y con las adaptaciones requeridas por las características fonético-fonológicas propias del idioma, como las marcas de nasalidad, el apóstrofo, etc., aprendiendo nuevas palabras en su propio idioma.

De esta manera, si bien el uso del idioma guaraní sigue siendo primordialmente oral, la modalidad escrita se está expandiendo y es, en gran parte, gracias a las nuevas tecnologías combinadas con la creatividad que, junto con el surgimiento de los movimientos que revalorizan las lenguas originarias, dan un impulso importante para su uso en la actualidad.

Otro de los elementos que aportan a este fortalecimiento es el cine, un ámbito donde tampoco el guaraní era tenido en cuenta y que en este siglo XXI le da un lugar que nunca antes había tenido. Es preciso decir que Paraguay no tenía tradición en producciones cinematográficas, y que sus pocas producciones no se caracterizaron por el uso del idioma guaraní. Sin embargo en el año 2006 y en 2012 se estrenaron dos películas que significaron una bisagra para el cine paraguayo y donde el idioma guaraní tiene un papel central. En primer lugar, Hamaca Paraguaya,6 un largometraje hablado en guaraní donde una pareja de ancianos conversan sobre su hijo que está en la guerra. En segundo lugar, la película 7 Cajas,7 un thriller donde se habla principalmente en guaraní jopara y que transcurre en el popular Mercado 4 de Asunción. Esta última fue la más taquillera del país y recorrió varias salas de Argentina, EEUU y otros países, teniendo excelente recepción.

A estos recursos hay que sumarle la cantidad de publicaciones de libros en guaraní de variados géneros que se lanzaron en los últimos años, incluyendo las traducciones de clásicos como El Principito, Platero y yo y Mafalda,8 entre otros.

De esta manera el idioma guaraní adquiere, en la consideración de los hablantes, una imagen más positiva, reforzando al mismo tiempo el orgullo por este idioma tan preciado y representativo para la identidad paraguaya, correntina o formoseña. A su vez, el uso más frecuente de la palabra escrita en las diferentes redes sociales da la posibilidad a que, tanto en el caso del guaraní como en el de otras lenguas originarias, los hablantes, principalmente jóvenes, se puedan expresar genuinamente en su idioma.

La recuperación de la palabra es vehiculizada por varios medios que en general se complementan, como es el aprendizaje formal de la lengua conociendo su funcionamiento, reglas y estructura, poniéndose efectivamente en práctica a través de diferentes vías, como ya hemos dicho: redes sociales, obras literarias, cinematográficas, etc.

El aprendizaje formal tiene que ver con la tarea que vengo realizando hace casi una década en la provincia de Buenos Aires, mediante lo cual puedo observar la evolución de los alumnos tanto en el uso oral como escrito. También puedo dar cuenta de la efectividad, sobre todo de los posteos en redes sociales, ya que administro un grupo de Facebook donde comparto publicaciones en guaraní que registran una considerable participación de sus integrantes, muchos de los cuales han aprendido este idioma en mis clases.

Por otro lado, también puedo observar que ciertamente muchos alumnos llevan a cabo sus objetivos de cantar o escribir en guaraní, llegando incluso a grabar canciones o publicar poesías propias. Quizás la oralidad conlleve una dificultad un poco mayor o exija más tiempo de dedicación y exposición al idioma, lo que no todos los alumnos pueden hacer, ya que una vez adquirida, la práctica es lo fundamental para mantenerla viva en nosotros.

Finalmente, todos estos elementos se conjugan dando lugar al fortalecimiento de la identidad por medio del idioma y a un cambio de paradigma que se está llevando adelante respecto de las lenguas originarias.

Conclusión

Como toda lengua viva, el idioma guaraní llega al siglo XXI experimentando constantes modificaciones, entre otros factores por el contacto con el castellano. A pesar de las prohibiciones, estigmas y prejuicios, es hoy en día un idioma con mucha vitalidad. En el seno de la comunidad de sus hablantes existen varios debates respecto de su uso oral y escrito, lo que muestra la importancia que sigue teniendo tanto en Paraguay como en las provincias del litoral argentino y Buenos Aires.

Puntualmente en la provincia de Buenos Aires, donde principalmente se transmite de padres oriundos de Paraguay o el litoral a hijos nacidos en esta provincia, surgen nuevos movimientos, sobre todo artísticos, que realzan al guaraní y encuentran en él un camino hacia la reivindicación de las raíces latinoamericanas. Esta relevancia del avañe’ẽ reflejada en las producciones artísticas y comunicacionales llevadas a cabo en los últimos años en otros muchos puntos geográficos del mundo, son favorables a un proceso de cambio en la mirada negativa que solía tenerse no solo sobre el guaraní sino también sobre los demás idiomas originarios.

Para finalizar, teniendo en cuenta que, fuera del territorio eminentemente guaraniparlante, Buenos Aires es el lugar donde más vigor tiene este idioma, sería pertinente preguntarse si está en curso el surgimiento de una variedad dialectal del idioma guaraní con características bonaerenses o porteñas, cuestión que dejamos abierta a nuevas indagaciones.

VERÓNICA MABEL GÓMEZ es profesora de Lengua y Cultura Guaraní por el Ateneo de Lengua y Cultura Guaraní, Regional Buenos Aires, estudiante avanzada en la Licenciatura en Ciencias Sociales en la Universidad Nacional de Quilmes (UNQ), y docente desde 2012 en el Centro Universitario de Idiomas (CUI), en diversos centros culturales en la zona sur del Gran Buenos Aires, y desde 2016 en la cátedra de Lenguas Originarias de la Facultad de Periodismo y Comunicación Social de la Universidad Nacional de La Plata (UNLP).

Notas al pie

1 Algunos exponentes son: Natalicio de María Talavera, Juan Manuel Ávalos, Ángel Ignacio González, Ignacio Alberto Pane, Marcelino Pérez Martínez, entre otros.

2 Ley 4251/10. Asimismo, el artículo 140 de la Constitución de la República del Paraguay de 1992 establece que tanto el español como el guaraní son lenguas oficiales del país.

3 Cursos y talleres de idioma y cultura guaraní que he dictado y dicto actualmente en la Facultad de Periodismo y Comunicación Social (UNLP), cátedra de lenguas indígenas, en la ciudad de La Plata; en el Centro Cultural Don Carlos Antonio López, en la ciudad de Quilmes; en el Centro Universitario de Idiomas (CUI), en la ciudad de Buenos Aires, entre otros.

4 Algunas páginas de Internet disponibles en: https://gn.wikipedia.org/wiki/Ape, https://www.paraguay.gov.py/traductor-guarani, https://www.facebook.com/ndishtv/ y https://www.abc.com.py/especiales/remiandu/.

5 En la grafía estandarizada en la década del 90, algunos fonemas del idioma guaraní se expresan con letras como la J, la H o la G, que en castellano corresponden a fonemas diferentes, allí es donde surgen los usos conflictivos. Por ejemplo, antes de la oficialización del idioma guaraní en Paraguay, la palabra perro se escribía yaguá y ahora esa misma palabra se escribe jagua. Las reglas ortográficas establecidas a partir de la estandarización plantean cambios también en el uso de tildes por ser agudo el acento natural del idioma. En Misiones, gran parte de los escribientes de mbya guaraní utilizan las mismas reglas.

6 Hamaca paraguaya (2006) fue dirigida por Paz Encina. Obtuvo el premio FIPRESCI en el Festival de Cannes (2006) y fue nominada a mejor ópera prima en Premios Sur (2007).

7 7 Cajas (2012) fue dirigida por Juan Carlos Maneglia y Tana Schémbori. Obtuvo el Premio de la Juventud en el Festival de San Sebastián (2012) y fue nominada a mejor película hispanoamericana en los Premios Goya (2012). También fue ganadora del premio Nueva Visión a la mejor película latinoamericana en el Festival Internacional de Cine de Santa Bárbara (2013), entre otras muchas nominaciones y premios.

8 Principe’i es el nombre de El Principito en su versión guaraní traducido por María Gloria Pereira. Platero ha che es Platero y Yo, su traducción estuvo a cargo de Lino Trinidad Sanabria. Mafalda Guaraníme es el nombre de los diez tomos de Mafalda que fueron traducidos por María Gloria Pereira; a pesar de tener versiones en 27 idiomas, el guaraní es el primer idioma originario al que se los traduce.

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[Fuente: http://www.indymedia.org]