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El BCN Film Fest 2023 entregarà el premi d’honor al cineasta alemany

Escrit per Oriol Rodríguez

Wim Wenders és una de les figures més influents del cinema del segle XX, director de films icònics com El cielo sobre Berlín o París Texas. Un cineasta únic que veurà reconeguda la seva trajectòria amb el premi d’honor de la pròxima edició del BCN Film Fest, festival que se celebrarà del 20 al 28 d’abril d’aquest 2023, sumant així un nou guardó a un palmarès on destaquen set premis al Festival Internacional de Cine de Canes, quatre al Festival Internacional de Cine de Venècia i un al Festival Internacional de Cine de Sant Sebastià.

Un director sempre a l’avantguarda

Avui s’ha presentat als cinemes Verdi de Barcelona l’edició d’aquest 2023 del BCN Film Fest, festival que tindrà com a principal protagonista el cineasta Wim Wenders. El director alemany rebrà el premi d’honor d’un certamen que també dedicarà una retrospectiva dins de la seva secció #Imprescindibles a l’autor de films com Paris Texas, El cielo sobre BerlínTan lejos, tan cerca o La sal de la tierra. Conxita Casanovas, directora del BCN Film Fest, ha manifestat que és un dels directors més emblemàtics i importants del cinema europeu, reconegut a nivell mundial. “Un home que representa el cinema d’art i assaig dels 80 i que no ha deixat d’actualitzar-se, sempre a l’avantguarda a la cerca de noves possibilitats i gèneres”, ha destacat Casanovas, afegint que hi haurà més convidats destacats aquest any.

El BCN Film Fest 2023 entregarà el premi d’honor al cineasta Wim Wenders, director de Paris Texas.

Més reclams

Wenders, però, no és l’únic reclam del BCN Film Fest 2023, destacant entre la programació que s’ha desvelat aquest matí, títols com Alma & Oskar de Dieter Berner; El colibrí de Francesca Archibugi; El primer día de mi vida de Paolo Genovese, protagonitzat per Toni Servillo; Father & Soldier de Mathieu Vadepied; La uruguaya d’Ana García Blaya; Le voyage de Talia, de Christophe Rolin, o La impaciencia del corazón, adaptació de la novel·la homònima d’Stefan Zweig, dirigida per Bille August. Fora de competició s’ha anunciat els films El caso Padilla de Pavel Giroud i No bears de Jafar Panahi. Sica, de Carla Subirana, cinta que formarà part de la selecció de la 73a edició de la Berlinale, ha estat el títol seleccionat per cloure un festival en què també es podrà veure un avançament de Terenci, la fabulació infinita, una sèrie documental de Filmin, dirigida per Marta Layana, sobre el novel·lista coincidint amb el vintè aniversari de la seva mort.

 

[Font: http://www.elnacional.cat]

Sur le fil du rasoir. Voilà comment l’on pourrait résumer le rôle de Cate Blanchett dans le nouveau film de Todd Field, Tár. Elle y incarne une cheffe d’orchestre installée à Berlin. Le génie a sa part d’ombre. Il suffit de gratter la couche de vernis.

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Dans les coulisses, Lydia Tár prépare son arrivée sur scène. Pas de concert pour cette fois. Mais orchestrer, toujours. On l’attend pour une rencontre publique à l’occasion de la sortie de sa biographie. Le journaliste présente sa carrière, longue comme le bras: elle a dirigé les plus grands orchestres symphoniques, enseigné dans des conservatoires prestigieux.

En coulisse, son assistante (Noémie Merlant) s’assure que tout se déroule comme prévu. La séquence s’étend sur une dizaine de minutes. Les réponses de Lydia semblent spontanées, perspicaces. Mais plus on plonge dans la vie intime de Tár, plus on comprend qu’avec elle, rien n’est jamais laissé au hasard.

Un pendant féminin à Weinstein?

Actuellement en lice pour les Oscars, le film a déjà été salué par la critique. Cate Blanchett a obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine à la Mostra ainsi que le Golden Globe de la meilleure actrice. Une reconnaissance loin d’être surcotée, tant Cate Blanchett fait corps avec cette femme brillante, et pourtant si proche du point de rupture.

Mais une reconnaissance qui en a aussi fâché plus d’un, notamment Marin Alsop: cette cheffe d’orchestre bien réelle s’est reconnue dans les différentes étapes de vie de Lydia Tár. Coïncidence des événements ou véritable inspiration libre? Le problème ne se poserait peut-être pas, si le personnage de fiction n’érigeait une femme abusant de son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles et briser des carrières.

De plus, cette femme étant lesbienne, Marin Alsop – qui se reconnaît dans cette protagoniste – et d’autres voix se sont élevées pour accuser le réalisateur Todd Field… de lesbophobie. Selon elles, pour résumer, si le réalisateur a fait de son personnage lesbien une tyran, c’est parce qu’en fait, il n’aime pas les lesbiennes. Et la réflexion de se généraliser au genre féminin: on ne devrait pas représenter une femme abusant de sa position au lieu d’un homme dans l’ère post #MeToo.

Si le rôle principal est attribuée à une femme, il est inconcevable – toujours selon cette logique – qu’il s’agisse d’un personnage aussi ambigu. Alors que tout l’intérêt de ce film réside précisément dans cette complexité.

Nouvelle génération

Pourtant, ce n’est pas le genre ou l’orientation sexuelle qui est au centre du récit, mais la manipulation. Celle qui échappe aux évidences, celle que l’entourage préfère cautionner, sous le prétexte du génie colérique. Lydia Tár a une vie de couple, se consacre entièrement à sa musique. Rien ne semble dysfonctionner, sinon quelques refus de répondre à des mails, ou son franc parlé.

C’est par exemple le cas lorsque, lors d’un cours au conservatoire, elle recadre un étudiant qui renie les partitions de Bach pour ses choix de vie. La rhétorique de la cheffe d’orchestre fait mouche, mais c’est elle qui, quelque temps après, en subira les conséquences. Elle est filmée à son insu pendant la discussion. Les rushs feront l’objet d’un montage présentant des propos rafistolés, hors contexte, et finissant sur le Net.

C’est aussi à cette occasion que l’on comprend comment Lydia Tár, dans sa position de cheffe d’orchestre exigeante (elle n’est pas sans rappeler le personnage de Terence Fletcher dans Whiplash), ne peut que s’écrouler face à la nouvelle génération. Une génération qui refuse de céder aux caprices d’une hiérarchie sans morale et sans limites. À l’image de sa dernière proie, une jeune contrebassiste russe (Sophie Kauer), qui n’a que faire des appels du pied de la réputée cheffe d’orchestre ni de ses invitations à moitié voilées.

Hasard du calendrier, Divertimento, biographie d’une cheffe d’orchestre française, est également en salle actuellement. Le film s’ouvre sur le constat suivant: seulement 6% des chefs d’orchestre sont des femmes. Voilà, en tout et pour tout, la seule vérité que véhicule ce long métrage sur le métier, se noyant dans un optimisme gluant. Tár en est l’envers: rêche et rugueux sur le milieu. Todd Field réalise un véritable exploit.

 

[Images : Universal Pictures International Switzerland – source : http://www.leregardlibre.com]

Marc Dugain réussit, avec une économie de moyens, une admirable et crépusculaire adaptation du roman de Balzac. Olivier Gourmet et Joséphine Japy composent, avec subtilité, deux magnifiques personnages, autour de la soif de possession et du désir d’émancipation.

« Eugénie Grandet », le lent poison de l’avarice

Écrit par Jean-Claude Raspiengeas

Quoi de neuf ? Balzac ! En moins d’un mois, deux films passionnants atterrissent sur grand écran, deux belles adaptations du romancier de La Comédie Humaine. Le 20 octobre, Illusions perdues, de Xavier Giannoli, et cette semaine, Eugénie Grandet, de Marc Dugain. Deux visions et deux mises en scène radicalement différentes. Grand spectacle pour le Giannoli ; économie de moyens et sobriété pour le Dugain. L’un et l’autre dans un style conforme à leur sujet.

Dans le riche et foisonnant univers de Balzac, le père Grandet, ancien tonnelier, ancien révolutionnaire, ancien maire de Saumur, personnifie l’avarice obsessionnelle, la spéculation opportuniste, le patriarcat étouffant. Pour ne point dépenser, il condamne à la réclusion domestique sa servante, sa femme et sa fille, Eugénie, beau parti à marier que convoitent deux familles aisées de la ville. Il lui a constitué une dot enviable et, roué, laisse les prétendants s’enliser dans une espérance sans cesse déçue, tout en s’ingéniant à faire habilement monter les enchères. Tout, chez Grandet, n’est que ruse et brutalité, froideur et dissimulation. Il n’a pour religion que celle de l’argent. D’Eugénie, à sa main, il n’escompte que le retour sur investissement que constituera son mariage.

L’oppression permanente de l’avaricieux

Enfermée, écrit Balzac, dans « une maison sans soleil, sans chaleur, sans cesse ombragée et mélancolique », Eugénie, qui s’en ouvre à son confesseur, rêve de l’amour. Ce sentiment, qu’elle imagine libérateur, croît à la faveur de quelques promenades dans la campagne, quand elle accompagne son père qui ne s’y rend que pour échafauder les moyens d’augmenter ses profits. Intransigeant, il ne desserre qu’avec parcimonie les cordons de sa bourse et maintient sa famille dans cette oppression permanente. « Son esprit de despotisme avait grandi en proportion de son avarice », écrit Balzac.

Grand amateur d’Histoire, Marc Dugain, scénariste, réalisateur et coproducteur, s’engouffre dans ce tableau de la vie provinciale que vient troubler l’arrivée inopinée du neveu de Grandet, dépêché de Paris. Son frère, ruiné, vient de se suicider. Le gandin mesure l’écart entre les élégances parisiennes et l’étroitesse de ces existences que le père Grandet obscurcit par la rudesse de ses manières. La présence de ce beau jeune homme, si différent, venu d’ailleurs, ne peut que troubler le cœur solitaire d’Eugénie…

Fidèle à l’environnement, aux vêtements, aux mœurs de l’époque, scrupuleux sur les détails et les atmosphères, Marc Dugain modernise le roman, lui insuffle, par petites touches, des accents très actuels, avec une coloration romantique et féministe. Ce film à costumes, tourné dans les décors naturels et les intérieurs sombres que décrit Balzac, baigne dans une symphonie de clairs-obscurs d’automne, de teintes d’enfermement, que rehausse le travail sur les lumières, très pictural, de Gilles Porte, le chef opérateur.

Un art de la suggestion

Cet art de la suggestion se retrouve dans le jeu magistral, tout en retenue, d’Olivier Gourmet, imposant, solide et stable, contenant sous un grand calme apparent une fureur épidermique. Il se détourne de la figure habituelle de l’avare pour composer un caractère subtil et complexe dévoré par la folie de la possession, l’or autant que les êtres.

Prisonnier de sa névrose, il ne raisonne et n’agit qu’en termes de force et de calculs, indifférent aux effets dévastateurs de ses compulsions. La pureté du visage de Joséphine Japy, dans ses attentes comme dans ses désillusions, illumine, merveilleux contrepoint d’ouverture, ce drame social et sentimental. Autour de ces deux comédiens gravitent les autres personnages servis par une distribution exemplaire : Valérie Bonneton, Nathalie Bécue, François Marthouret, Bruno Raffaelli, César Domboy.

Dans sa propre étude de mœurs, Marc Dugain s’éloigne de la conclusion du roman. Il offre à Eugénie Grandet, trahie et abandonnée, condamnée par Balzac à la résignation, une évasion, une émancipation, une liberté souveraine, aux résonances très contemporaines, qui l’arrachent à l’asservissement de son père, de ses origines, et de sa condition de femme.

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Marc Dugain, écrivain et cinéaste à succès

♦ Romancier, auteur d’une quinzaine de livres, dont :
2001. La Chambre des officiers, plus de vingt prix littéraires, dont le prix Roger-Nimier, adapté au cinéma par François Dupeyron
2002. Heureux comme Dieu en France
2005. La Malédiction d’Edgar
2007. Une Exécution ordinaire (grand prix RTL Lire)
2010. L’Insomnie des étoiles
2012. Avenue des géants
2014-2015-2016. L’Emprise (trilogie)
2017. Ils vont tuer Robert Kennedy
2021. La Volonté

♦ Réalisateur
2010. Une exécution ordinaire
2011. La Bonté des femmes
2013. La Malédiction d’Edgar
2018. L’Échange des princesses

 

[Source : http://www.la-croix.com]

 

Relocalisé en Corée du Sud, le réalisateur cambodgien dessine à sa jeune héroïne une trajectoire elliptique en quatre temps – et surpasse les espoirs suscités par ses projets précédents.

Écrit par Bruno Deruisseau

“Vous voyez ce que c’est le déchiffrage en musique, c’est quand on joue une partition pour la première fois sans l’avoir étudiée avant. Ce n’est pas facile, parce qu’il faut savoir analyser la situation en un seul coup d’œil, évaluer les dangers et, paf, se jeter à l’eau […] Il y a des signes partout, qu’on ne voit pas parce qu’on ne sait pas les reconnaître. Mais si on apprend à les lire, on peut les saisir quand ils apparaissent”, est la réponse énigmatique que fait Freddie, l’héroïne de Retour à Séoul, lorsqu’on lui demande la raison pour laquelle elle ne profite pas des deux semaines de vacances qu’elle passe dans son pays natal pour retrouver ses parents biologiques. Clé de voûte, autant que de sol, du film, cette réponse donne son rythme et sa construction à un récit qui se réinvente en permanence. Il avance à tâtons, par saccades, prêt à saisir le moindre indice et à s’y engouffrer la tête la première.

De quel déchiffrage est-il question dans Retour à Séoul ? Celui des origines de son héroïne adoptée en France alors qu’elle était encore bébé, mais aussi celui, plus vaste, d’un rapport à soi et aux autres. Freddie, incarnée par Park Ji-min, incandescente révélation, est une jeune femme aventurière, farouche et imprévisible, qui vit sa vie comme on suit un jeu de piste. Plus que par les mots, c’est donc par la musique que transitent ces signes. Le film s’ouvre et se clôt par une scène miroir (il est d’ailleurs truffé de jeu de correspondances) : Freddie se présente à la réception d’un hôtel et crée du lien par le truchement d’une mélodie, au début en attrapant les écouteurs de la réceptionniste qui deviendra son amie et sa traductrice pendant le reste du film, à la fin en déchiffrant elle-même un morceau sur le piano du hall d’accueil.

Le monde tel qu’elle le découvre et le monde tel qu’elle l’habite

La musique cadence la totalité du récit. Minimaliste dans les rues de Séoul, jazzy dans une scène de repas, techno dans une autre de clubbing, electro-pop lors d’un plan de danse absolument sublime, elle est partout. À tel point qu’on a parfois le sentiment que Retour à Séoul est une comédie musicale dépouillée de ses chants. Cette impression est renforcée par la colorimétrie pop de l’image, l’artificialité de son univers, la bisexualité de Freddie, la noirceur qui l’habite sous son vernis solaire et la façon dont le long métrage est hanté par la figure des parents absents, autant de caractéristiques qui rappellent l’univers de Jacques Demy… jusqu’à ce que le film voie passer un signe et change complètement de direction.

Symphonie en quatre mouvements, Retour à Séoul s’ouvre sur une partie qui se déploie à un rythme piano. Au bout d’une heure, le récit s’interrompt abruptement et l’on fait un bond de deux ans dans le temps. Freddie a changé, et le film aussi. Elle a troqué ses pulls colorés contre un manteau en cuir noir façon Trinity dans Matrix, tandis que sa déambulation dans le Séoul interlope rappelle celle du personnage interprété par Shu Qi dans Millennium Mambo. Délaissant Demy, le film fait cette fois penser à un thriller finchérien mené à un rythme soutenu. Partie la plus enlevée du récit, elle correspond au monde tel que Freddie l’habite, alors que la première le montrait tel qu’elle le découvre. On a à peine le temps de s’y installer que son héroïne le fait encore bifurquer cinq années plus tard, à un rythme cette fois mezzo. Le film s’achève par une dernière bifurcation, un mouvement en forme d’épilogue apaisé qui fait penser au cinéma de David Lean.

La densité du temps

Davy Chou mène l’épopée virevoltante de cette jeune femme avec une époustouflante virtuosité, transcendée par les qualités de soliste de son actrice Park Ji-min. Malgré la délocalisation de son cinéma en Corée du Sud, on retrouve dans Retour à Séoul les qualités d’envoûtement de ses deux premiers films cambodgiens. Du Sommeil d’or (2011), ce troisième long hérite d’une capacité à rendre compte de la densité du temps, comme une sonde qu’on plonge dans une épaisse couche de sédiments. Tandis que, comme Diamond Island (2016), il raconte la façon dont les êtres tentent d’habiter un lieu, à la recherche d’une forme d’harmonie tout en devant constamment se débattre avec un profond sentiment d’exil. Ici, Davy Chou signe son film le plus accompli. Il y confirme et dépasse avec éclat les attentes qu’avaient suscitées ses précédentes réalisations.

Retour à Séoul de Davy Chou, avec Park Ji-min, Oh Kwang-rok, Guka Han (Cor., 2022, 1 h 59).

 

[Source : http://www.lesinrocks.com]

Disparu à l’âge de 81 ans, le chanteur et musicien californien est le premier à partir du super-groupe Crosby, Stills, Nash & Young. Et laisse une empreinte indélébile sur le folk-rock américain.

Écrit par Francis Dordor

Imaginons un instant que l’une des figures du mont Rushmore, ce gigantesque bas-relief sculpté à même la roche réunissant quatre présidents des États-Unis (Lincoln, Washington, Roosevelt et Jefferson), vienne soudain à s’effondrer. C’est à peu près, à l’échelle de l’histoire récente de la musique américaine, ce que symbolise aujourd’hui la disparition de David Crosby à l’âge très vénérable de 81 ans, après une vie d’artiste bien remplie l’ayant conduit au sommet, mais aussi au fond du trou, au sens pénitentiaire du terme.

Fer de lance du folk-rock avec les Byrds, membre de Crosby, Stills, Nash & Young, peut être le seul quatuor à mériter, par la notoriété du moins, le tag “Beatles américains”, il traversa le demi-siècle écoulé avec un appétit d’ogre pour ce qui relève des plaisirs comme des aléas inhérents à la Sainte-Trinité “sex, drugs and rock’n’roll”. Et bien qu’il n’ait jamais été un compositeur de l’envergure d’un Neil Young ni même un musicien aussi doué techniquement qu’un Stephen Stills, sa contribution à l’histoire musicale universelle n’en reste pas moins inestimable.

Ces dix dernières années l’avaient même vu redevenir étonnamment prolixe et inspiré avec la parution de cinq albums consécutifs, fruit d’une association avec James Raymond, un fils longtemps négligé, confié à l’adoption dès la naissance à une époque où Crosby se sentait incapable d’assumer la contrainte d’une paternité. Loin d’en nourrir le moindre ressentiment, ce fils allait offrir en guise d’absolution à ce père jadis si ingrat de forts beaux écrins prêts à recueillir une veine créative revivifiée sur le tard, avec un sens mélodique toujours alerte et une voix, compte tenu des excès infligés, miraculeusement préservée. Dans Croz, premier de la série paru en 2014, Crosby signait un touchant autoportrait à la Rembrandt, sans rien cacher de son vieillissement, sans éluder le vertige propre à toute méditation sur notre commune condition de mortel, sans sous-estimer non plus la valeur qu’ajoutait celle-ci au temps qu’il lui restait à vivre. Lui qui fut longtemps le parangon du rocker impénitent, au comportement excessif voire irresponsable, aura ainsi coulé ces derniers jours sur terre, baigné dans une quiétude quasi inespérée. Celle que par leurs conduites vertueuses se garantissent généralement les âmes les plus sages.

Rebel without a cause

Or, de sagesse il n’est guère question dans le parcours rocambolesque, frénétique, de David Van Cortlandt Crosby, né à Los Angeles le 14 août 1941. Après le divorce de ses parents, l’absence d’un père devenu une pointure dans l’industrie du cinéma – c’est lui qui assure notamment la photographie de films signés F.W. Murnau (Tabou), Fred Zinnemann (Tant qu’il y aura des hommes, Le train sifflera trois fois) ou Roger Corman – l’amertume d’une mère abandonnée, le jeune David devient au fil des ans à peu près incontrôlable. Fugues en série, vols de voitures, cambriolages, grossesses infligées à des petites amies prestement larguées, rien ne manque au “casier” de ce “rebelle sans cause”, pour citer son modèle d’alors, James Dean.

Irrécupérable donc, sauf lorsque lui prend l’envie de chanter. On dit alors de la voix de ce diable qu’elle est celle d’un ange. Ce qui suffirait à résumer toute une ligne de vie en gestation. Ses premières apparitions publiques avec un ensemble scolaire, les Cuttin’ Capers, lui gagnent les faveurs d’une partie du lycée. Quand une autre persiste à lui vouer mépris, voire haine, en raison de cheveux trop longs, de mises négligées, d’un manque de goût pour le sport, et d’une tendance un rien embarrassante à imiter la moue des voyous qu’on voit dans les films. Après avoir brièvement caressé le projet d’une carrière d’acteur, pris quelques cours à UCLA, il se lance dans un long périple en mode bohème à travers les États-Unis, avec pour seul viatique sa guitare sur laquelle il égrène les chansons de Woody Guthrie, maître ès protest songs, apprises par cœur. On le retrouve au début des années 1960 à New York, écumant les clubs de Greenwich Village, le Gaslight Café, le Bitter End, le Dugout, le Café Wha?, il y croise les figures tutélaires du renouveau folk, Dave Van Ronk, Tom Paxton, Doc Watson. Il assiste surtout aux débuts d’un jeune happy traveler comme lui, Bob Dylan, dont il se prend la poésie en pleine poire. À défaut d’en goûter la voix nasillarde. Véritable game changer, comme on dit aujourd’hui, Dylan va profondément affecter la façon dont Crosby conçoit son rôle d’interprète. À un degré qu’il ne peut encore soupçonner.

Après New York, direction Miami, les premiers joints, les premières capsules de Dexedrine. Il se produit dans les coffee-houses de Floride en duo avec Terry Callier, aujourd’hui légende quelque peu effacée des mémoires d’une folk-soul dont il est pourtant l’inventeur. Le trip se poursuit à Chicago. Crosby y croise Muddy Waters, Buddy Guy, Willie Dixon et autres légendes du blues. Assiste à un concert du quartet de John Coltrane qui, comme pour Dylan, mais d’une toute autre façon, lui retourne la tête. À San Francisco, il se lie d’amitié avec Dino Valenti, futur chanteur de Quicksilver Messenger Service, auteur de Get Together, bientôt l’hymne de toute une génération pas encore étiquetée “hippie” ni même “psychédélique”.

Le son de Laurel Canyon

C’est ainsi que de retour à Los Angeles il vient d’effectuer un parcours initiatique complet, géographique, musical, existentiel. En 1964, le “strip”, diminutif donné à la partie ouest de Sunset Boulevard à Hollywood, devient l’épicentre d’une scène musicale accaparée par une faune de mutants culturels qui empruntent idéaux et codes vestimentaires aux beatniks et se soumettent aux sonorités chavirantes de la British Invasion, The Beatles et The Rolling Stones en tête. Crosby emménage à Laurel Canyon, spot “cool” par excellence, et épicentre de ce renouveau, que fréquentent déjà Roger McGuinn et Gene Clark. Bientôt rejoint par Chris Hillman et Michael Clarke, le quintet se fait d’abord appeler The Jet Set. Puis The Byrds, en évitant le doublon avec les Birds anglais (où sévit le futur Faces et le Rolling Stone Ron Wood). Même lesté d’un “y” le décollage est fulgurant, grâce en partie aux bons offices de leur manager, Jim Dickson, qui négocie avec Albert Grossman, ci-devant imprésario de Dylan, l’autorisation de puiser à volonté dans le répertoire de son poulain.

Leur premier album, paru chez Columbia en juin 1965, ne compte pas moins de quatre covers de Dylan dont un Mr. Tambourine Man qui largue aussitôt l’original et se hisse tout en haut des classements de ventes. Un an plus tard les Byrds est le groupe américain le plus diffusé sur les ondes du pays. Si la voix splendide et les compositions élégiaques de Gene Clark, ainsi que la carillonnante Rickenbacker 12 –cordes de Roger McGuinn –, définissent bien l’identité folk-rock des Byrds, l’apport de Crosby se fait en revanche sentir au travers de structures héritées du jazz de Coltrane et de la musique modale indienne de Ravi Shankar. Une empreinte qui va s’exercer sur les compositions les plus aventureuses du groupe tels Eight Miles High ou Everybody’s Been Burned.

En 1967, au lendemain du festival Monterey Pop, Crosby quitte pourtant les Byrds. Les versions divergent sur l’origine du clash. Le refus d’inclure Triad, chanson où Crosby, en bon sex addict, fait ouvertement l’apologie du triolisme, sur l’album The Notorious Byrd Brothers, ou les propos complotistes qu’il tient en public à Monterey au sujet de l’assassinat de Kennedy ? Qu’importe. Crosby, en couple avec Joni Mitchell (très libéré le couple, rassurez-vous), dont il s’apprête à produire le premier album, prépare déjà la suite avec Stephen Stills du Buffalo Springfield et un Anglais en exil, ex-membre de The Hollies, Graham Nash. Soit un ménage à trois (et bientôt à quatre) et un sacré coup fumant.

Le plus grand groupe du monde

L’avènement de Crosby, Stills & Nash dans le paysage de la pop mondiale peut se lire comme la mise en jeu d’une martingale parfaite : l’addition de talents suffisamment mûris pour devenir complémentaires et engendrer des millions de dollars dès le premier tour de table. Ou alors être comparé à une épiphanie : trois rois mages apportant en offrande à toute une génération, celle qui déserte les campus, les bureaux, les casernes, un album censé la consoler du désastre en devenir, alors que la guerre du Vietnam atteint son paroxysme, que les ghettos s’enflamment et que le rêve américain n’a jamais été autant remis en cause par les enfants de ceux qui l’ont construit.

Avec ses titres phares, Long Time Gone, Guinnevere et Wooden Ships, écrits ou coécrits par Crosby, le disque fait date par sa qualité quasi évangélique. Et propulse le trio à des hauteurs christiques jamais atteintes. Quelques mois plus tard Neil Young, sollicité par son pote Stills pour suppléer aux limites de Crosby en tant que second guitariste, va faire du brelan un carré d’as, remportant aussi sec la mise avec Déjà Vu (10 millions d’exemplaires vendus). D’autres hymnes s’ajoutent alors à la liturgie comme Woodstock, écrit par Joni Mitchell, d’après un lieu-dit situé près de la côte est où une infime, bien que considérable, partie de ladite génération a convergé au cours de l’été 1969 pour écrire l’une des pages les plus extravagantes de l’histoire. Le festival au demi-million de spectateurs va ainsi consacrer Crosby, Stills, Nash & Young, et probablement certifier aussi le début de la fin d’une entente cordiale entre quatre égos devenus monstrueux à force de tout, richesses, sexe mais surtout dope.

Addictions solitaires

Après un premier album au titre un peu décourageant, If I Could Only Remember My Name (1971), où alternent le sublime et l’erratique, après quelques collaborations et de fructueuses tournées en duo avec Graham Nash, ou avec les autres compères, Crosby va peu à peu sombrer dans une dépendance dont beaucoup se demande encore aujourd’hui comment il a pu en sortir vivant, du moins aussi longtemps. La cocaïne, l’héroïne, l’alcool mais surtout le free base – ancêtre haut de gamme du crack – vont devenir pendant plus de dix ans sa seule raison d’être. Pour satisfaire son addiction, il va tout perdre, ses propriétés, son bateau, ses voitures. Il va même vendre ses guitares. Il va se faire dealer. Il va aussi entraîner sa femme, Jan, dans la spirale infernale qu’il a initiée. Ce que certains de ses proches, Graham Nash en tête, ne lui pardonneront jamais.

En 1985, il connaît une première arrestation consécutive à l’emplafonnage d’un rail de sécurité sur une highway alors qu’il s’est endormi au volant. Relâché sous caution, il sera à nouveau arrêté trois ans plus tard au Texas en possession de cocaïne, d’héroïne et d’une arme non déclarée. Au pénitencier de Huntsville, il purge une peine de prison de neuf mois et suit un sevrage sans assistance. Il y amorce aussi sa réhabilitation en dirigeant un groupe de rock composé d’autres détenus. De ce chemin, improbable entre firmament et puits sans fond, il tirera Long Time Gone, autobiographie sans concession. En 1994, Crosby avait dû subir une greffe du foie intégralement payée par son ami Phil Collins. Depuis il vivait sous traitement pour différentes affections, dont une hépatite C et deux types de diabète.  Si le rêve éveillé de Woodstock qui vire au cauchemar devait se résumer en une seule et unique trajectoire, c’est bien celle de David Crosby qu’il faut suivre. Celle d’un musicien devenu un phare pour des millions de gens qui peu à peu va s’éteindre pour ne plus faire clignoter qu’un lugubre S.O.S., comme ceux que lancent les rafiots en perdition. Assez logiquement l’un de ses derniers albums, en 2016, s’intitulait Lighthouse, Le Phare, comme si quelque chose était bel et bien resté allumé en lui jusqu’à la fin.

 

[Source : http://www.lesinrocks.com]

Navona Editorial recupera les aventures del cèlebre detectiu francès amb la publicació de ‘Maigret i la jove morta’, amb traducció al català a càrrec d’Emili Manzano

Georges Simenon

Escrit per Marc Mata Pujol

Hi ha quelcom que ens atrau a endinsar-nos en la cara fosca de la condició humana. A situar-nos en els terrenys de l’horror quotidià per descobrir que, en el fons, l’home és el pitjor dels monstres i s’amaga sota tota mena de màscares. El crim ens genera una mena de fascinació morbosa que, d’ençà que Poe va fixar les convencions del relat detectivesc a mitjan segle XIX, ha anat atraient lectors i escriptors per tal d’entendre el propòsit d’aquesta violència.

Malgrat que després de l’edat daurada del cine noire i la literatura hard-boiled semblava que no es pogués aportar cap nou prisma del món criminal, el gènere detectivesc es troba avui dia més viu que mai gràcies a la incorporació de noves veus d’arreu del Vell Continent i, especialment, dels països nòrdics, que han desplaçat el focus de la perspectiva estatunidenca. No ens enganyem, a Europa també sabem matar (literàriament) i resoldre crims, i ho fem molt bé. L’evidència la trobem en el sanguinolent llegat d’obres que ens han deixat alguns dels detectius més famosos de la ficció.

Un d’aquests referents és Jules Maigret, comissari de la policia judicial francesa creat per l’escriptor Georges Simenon (Lieja, 1903 – Lausana, 1989), el qual compta amb gairebé un centenar d’obres que ens narren la seva lluita contra el crim. Si bé, fins ara, el pas del cèlebre comissari per les nostres llibreries ha estat irregular, Navona recupera el personatge i pretén fer-li justícia amb la publicació de dues de les seves novel·les: Les vacances de Maigret i Maigret i la jove morta, obra que ens ocupa en aquesta ressenya.

Maigret i la jove morta, publicada originalment l’any 1954, presenta una trama senzilla: una noia apareix morta en una plaça del barri de Montmartre, el barri d’oci nocturn més famós de París. Vestida amb roba de nit, tot indica que es tracta d’una jove de vida llicenciosa que freqüentava els cabarets de l’època, però ningú dels habituals sembla conèixer-la. És un personatge anònim, sense connexions ni cap documentació que permeti establir-ne una identitat. Amb tan pocs fils dels quals estirar, el comissari Maigret haurà de col·laborar amb l’inspector Lognon, el seu rival, per tal de resoldre un cas aparentment irresoluble que anirà guanyant en complexitat a mesura que es va definint la identitat de la víctima.

Simenon ens ofereix una novel·la àgil i entretinguda, fàcil de llegir per l’estil concís amb què està escrita. Si bé la trama no resultarà sorprenent als aficionats al gènere, cal destacar l’enfocament que adopta per desenvolupar l’obra. Segons l’autor, per a Maigret “un cas criminal mai és un cas més o menys científic, un problema abstracte. Tan sols és un cas humà”.

Així, a diferència d’altres detectius del gènere que adopten el mètode del raonament deductiu de Holmes per tal de descobrir la identitat de l’assassí, Maigret focalitza la investigació al voltant de la víctima. Necessita conèixer-la fins al més petit detall i endinsar-se en el seu ambient per tal d’esbrinar què és el que no encaixa en el problema que té entre mans.

En aquest sentit, podríem considerar que Maigret i la jove morta és més una novel·la de personatges que no una novel·la detectivesca pura, ja que l’acte d’endinsar-se en el modus vivendi de la víctima és, de vegades, un pretext per contar-nos històries humanes de tota mena i retratar la París dels anys cinquanta. Això queda especialment palès en la resolució del cas, moment en què l’obra es desinfla una mica. Tanmateix, el misteri que planteja és addictiu i es va desplegant a poc a poc com una nina russa, mostrant nous matisos que se segueixen amb interès. És una lectura lleugera molt recomanable per tots aquells qui busquin una mica de suspens per passar el fred.

 

 

[Font: http://www.nuvol.com]

A UDC edita en galego o libro da profesora francesa Béatrix Dussane.
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A actriz coruñesa María Casares, fotografada no ano 1989 (Foto: Eric Robert / SYGMA).

Escrito por Elvira Branco  
Cando coñece María Casares, Béatrix Dussane era unha recoñecida actriz de 51 anos, ligada desde moi nova ao teatro Comédie-Française, tamén coñecido como Théâtre Français, un dos poucos teatros nacionais de Francia. Dussane estivo entregada, após a súa retirada dos escenarios dez anos antes, ás aulas do Conservatoire d’Art Dramatique de París.

A esta prestixiosa escola de teatro chegaba en 1941 Casares, unha moza refuxiada polo golpe de Estado de Francisco Franco. Tivo Dussane como mestra e logo como amiga. A actriz francesa plasmou esta amizade nun libro, titulado María Casares, que a Universidade da Coruña (UDC) vén de traducir e publicar, coincidindo co centenario do nacemento de María Casares.

A vicerreitora de Igualdade, Cultura e Deporte da UDC, Cristina López Villar, explica en declaracións a Nós Diario como a universidade coruñesa chegou a facer a primeira tradución, neste caso ao galego, do libro francés no que Dussane retrata a súa amizade con Casares. « Sendo o centenario de María Casares no ano 2021, e habendo actos do Concello da Coruña e da Xunta da Galiza, na UDC xurdiu a idea de traducir este libro », explica López. A UDC sumouse así ás conmemoracións institucionais á actriz de renome no Estado francés durante o século pasado.

María Casares tamén estivo « presente fisicamente » nas facultades da universidade cunhas siluetas coas que a institución pretendía difundir tanto a biografía da actriz como a propia tradución inédita a través de códigos QR que enlazan coa historia de Casares.

María Casares desde outro punto de vista

Ademais de ser a primeira vez que se traduce este María Casares do francés, o libro ten, segundo a vicerreitora, unha importancia engadida. A tradución editada pola UDC permitirá ás lectoras e aos lectores coñecer a traxectoria profesional de María Casares desde o punto de vista da súa profesora, pero de maneira máis significativa desde o punto de vista da súa amiga. « Béatrix Dussane permítenos coñecer diferentes aspectos da vida de María Casares como actriz », explica López.

A vicerreitora destaca unha reflexión da profesora francesa, cando Casares xa dera o paso á actuación cinematográfica. Dussane mostra en María Casares como ten nostalxia dos días da actriz galega sobre os escenarios dos teatros franceses e devece por volver compartir con ela eses espazos.

« Pasado o tempo, desde o momento actual podemos ver que isto si aconteceu », explica López a Nós Diario. « María Casares fixo algunhas películas pero a súa gran paixón e o que sempre tivo como prioritario foi o teatro », engade.

A través das verbas de Dussane podemos coñecer, agora tamén en galego coa tradución da UDC, a historia desa moza da Coruña que chegou a Francia logo do exilio do seu pai, o político Santiago Casares Quiroga (que fora ministro e xefe de Goberno da Segunda República española baixo a Presidencia de Manuel Azaña).

Unha moza galega que chegou a converterse nunha das actrices, tanto de teatro como de cinema, de máis prestixio do Estado francés.

« A unha Galiza que atopo a milleiros de légoas do Miño »

A UDC agasallou o público asistente á presentación do libro, en colaboración coa Fundación Luis Seoane, o faxsímil dunha postal da revista Galicia Emigrante na que Casares asina « Un saúdo agarimoso a unha Galiza que atopo a milleiros de légoas do Miño ». Aínda que exiliada desde moi nova por mor da ditadura franquista, María Casares « nunca esqueceu o país que acolleu os seus primeiros anos », explica Cristina López Villar.

[Foto: Eric Robert / SYGMA – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Le roman érotique français le plus célèbre au monde va connaître une nouvelle adaptation au cinéma. Après le succès du film Emmanuelle avec Sylvia Kristel en 1974, Audrey Diwan, auréolée d’un Lion d’or à la Mostra de Venise pour L’Événement, réalisera un film avec Léa Seydoux dans le rôle-titre. 

Écrit par Chloé Bergeret et Violaine Schütz

Léa Seydoux en Emmanuelle

C’est l’une des actrices les plus bankable du cinéma français. Et elle a réussi à séduire également l’étranger. Après avoir été vue dans Les crimes du Futur (2022) de David Cronenberg et Un beau matin (2022) de Mia Hansen-LøveLéa Seydoux se prépare à interpréter Emmanuelle, la célèbre héroïne du roman du même nom, paru en 1967. Publié sous le nom de plume d’Emmanuelle Arsan, Emmanuelle est l’un des romans érotiques modernes les plus célèbres de France, aux côtés d’Histoire d’O, de Dominique Aury. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui se lance dans une série d’aventures sexuelles avec plusieurs hommes et femmes sur fond de vie d’expatriée à Bangkok. Suscitant un scandale à sa publication mais une fascination immédiate, le roman s’est vu adapté de nombreuses fois, que ce soit au cinéma par Just Jaeckin en 1974, mais aussi à la télévision par Alain Siritzky dans les années 80 et 90.

Emmanuelle vue par Audrey Diwan

Et ce sera la réalisatrice française Audrey Diwan qui signera la nouvelle adaptation de ce roman dont le tournage débutera dans quelques mois. L’ex-journaliste a réalisé en 2019 L’Événement, tiré de l’ouvrage d’Annie Ernaux, film choc qui retrace le parcours du combattant des femmes qui voulaient avorter avant la légalisation de l’IVG en 1975. C’est une nouvelle fois une oeuvre écrite par une femme qu’elle a décidé de porter à l’écran, accompagnée dans l’adaptation du scénario de la réalisatrice française Rebecca Zlotowski. Si en 1974, le film avec Sylvia Kristel était en français, c’est une Emmanuelle en anglais qui devrait voir le jour. Interviewée par le Journal de Montréal le 16 janvier 2023, lors d’un événement Unifrance dédié à la promotion des films français, Léa Seydoux a déclaré que le long-métrage ne ressemblerait pas aux autres adaptations du livre d’Emmanuelle Arsan. Elle explique en effet : « Ce sera très différent et ça n’aura rien à voir avec les films Emmanuelle qui ont été faits dans le passé. Ce sera vraiment une Emmanuelle de 2023. Il y aura de l’érotisme mais ce sera abordé à travers un prisme féminin et à partir de son regard à elle. »

L’influence d’Emmanuelle dans la pop culture

L’influence du film Emmanuelle (qui avait réuni neuf millions de spectateurs dans les salles françaises à sa sortie en 1974) n’est plus à prouver et son impact dans la pop culture témoigne de la modernité du long-métrage. Une femme qui exprime son désir, l’assume et surtout le vit comme elle l’entend : un sacré choc pour la société des années 70. Malgré l’ouverture d’esprit à l’œuvre au moment de la sortie du film –  l’année 1974 est celle du remboursement de la pilule par la Sécurité sociale, et la promulgation de la loi Veil sur le droit à l’avortement date de janvier 1975 –Emmanuelle de Just Jaeckin porte encore les traces du male gaze et les influences d’une société patriarcale qui empêche les femmes de disposer de leur corps comme elles l’entendent. Espérons que l’adaptation d’Audrey Diwan offre enfin à l’héroïne Emmanuelle toute la liberté qu’elle mérite.

L’adaptation d’Emmanuelle par Audrey Diwan n’a pas encore de date de sortie mais devrait sortir au cinéma en 2024.

 

 

[Source : http://www.numero.com]

A mediados de los años 70 del siglo XX, grupos de jóvenes vivieron experiencias de cariz transformador en todos los órdenes de la vida: las relaciones personales, el sexo, la música y el resto de las artes, sobre todo las plásticas, el cine, la manera de vestirse y peinarse, sus lecturas, la política y unos nuevos estados de conciencia mediados por las drogas para vivir más allá de lo percibido hasta entonces.

Escrito por EVARISTO AGUADO

Crítico de cine, director y guionista, y periodista con una importante trayectoria en Valencia, Juan Lagardera narra en esta novela (publicada por Contrabando) una serie de episodios que tienen lugar en la ciudad de Turiápolis, el topónimo imaginado por su autor para referirse a Valencia, donde presumiblemente ocurrieron o se inspiraron los argumentos de la obra Psicodélica. Un tiempo alucinante. La novela, por la que desfilan protagonistas muy conocidos de aquella Valencia y de la de nuestros días, mezcla personajes reales e imaginarios, sucesos verídicos e inventados, agitándolo todo como en un caleidoscopio hasta el punto de hacer imposible discernir categoría alguna de la realidad, incluida la escena de la cubierta, extraída de un collage pictórico del artista Gino Rubert al que se le han añadido nuevos personajes, de Carmen Alborch a Julie Christie pasando por Jacques Lacan, Rod Stewart, Sigmund Freud o Antonio Vega.

« Psicodélica«  describe un ambiente de época a modo de fábula, tan eufórica como atrabiliaria. Su autor, Juan Lagardera, ha publicado numerosos textos, pero esta es su primera novela tras varios borradores extraviados a lo largo de unos cuantos lustros y de centenares de artículos previos.

Tras su paso por la Barcelona agitada de los años 70, Juan Lagardera se inicia en la escritura como crítico de cine para, poco más tarde, desarrollar una amplia carrera periodística en la ciudad de Valencia. Experto en temas urbanísticos y culturales, fue director del Club Diario Levante donde llevó a cabo una ingente labor como productor y comisario de exposiciones artísticas. Ha sido responsable también del suplemento literario Posdata, así como director y guionista de varios cortometrajes y performances. Activo en tertulias y en docenas de proyectos editoriales y mesas redondas sobre los temas más dispares, que abarcan desde la arquitectura al fútbol o la gastronomía.

Entre otros análisis y relatos suyos editados, cabe mencionar “Del asfalto a la jungla” (Arte y biografía, Elástica variable, U. Politécnica, 1994), La ciudad moderna (IVAM, 1998), “Fragmentos de la derrota del urbanismo” (Pasajes, revista de pensamiento contemporáneo, 2000), “La fotografía de Julius Shulman” (en Los Ángeles Obscura, MUA, 2001), Álvaro Siza y la arquitectura universitaria (PUV, 2003), El ojo de la arquitectura (Travesía 4, Madrid, 2003), “Invitado accidental. El viaje relámpago en aerotaxi de Spike Lee colgado de Naomi C.” (en Ocurrió en Valencia, Ruzafa Show, 2012) o su recopilación de artículos periodísticos No hagan olas (Elca, 2021).

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Os Fabelmans, novo filme do diretor, esbarra no melodrama, mas é uma carta de amor ao cinema. A saga do menino com câmera na mão mostra: diante do universo em desarranjo, a Sétima Arte transforma o caos em espetáculo catártico.

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Os Fabelmans, de Steven Spielberg, é três coisas ao mesmo tempo: romance de formação, melodrama familiar e reflexão sobre a natureza do cinema. É sobretudo este último aspecto que nos interessa aqui.

O cinema marca presença em outros grandes filmes de inspiração autobiográfica, como Amarcord, de Fellini, Os incompreendidos, de Truffaut, ou Esperança e glória, de John Boorman. Mas em Os Fabelmans seu papel é de protagonista: da primeira à última cena, tudo passa por ele.

Na saga pessoal do menino judeu Sammy Fabelman (Mateo Zoryan/ Gabriel LaBelle), dos sete aos dezessete anos, do Arizona a Hollywood, o cinema desdobra suas inúmeras dimensões e possibilidades.

Tudo começa com um trauma de infância: na tela grande, as imagens de um desastre de trem em O maior espetáculo da terra (1952), de Cecil B. De Mille, lançam o pequeno Sammy num estado de perturbação que produz febre e pesadelos. Se o cinema ocasionou o choque, é também o cinema que propicia a cura. Munido de sua câmera super-8 e de seu trenzinho de brinquedo, Sammy reproduz o desastre e, ao filmá-lo, acaba por “domesticá-lo”, apaziguando seu espírito.

A montagem de um mundo

O cinema reorganiza um universo em desarranjo, transforma o caos em espetáculo catártico. Se olharmos bem, muito da cinematografia de Spielberg nasce dessa ideia.

Mas ao longo do filme a câmera de Sammy, trocada alguns anos depois por uma de 16 milímetros, vai cumprir outras funções e desvendar outras realidades, sobretudo depois de ganhar a companhia de uma pequena moviola. No cinema de Spielberg, a montagem é essencial. É o contracampo que confere a cada imagem seu peso dramático ou cômico, ou até mesmo seu sentido. A reação do personagem que vê é tão importante quanto o que é visto. A montagem cria um mundo.

A profundidade de campo também pode ser reveladora. Um filme caseiro de acampamento da família expõe inadvertidamente o caso extraconjugal de Mitzi Fabelman (Michelle Williams), a mãe de Sammy. Mais um trauma, mas desta vez o cinema, sozinho, não o será capaz de curar. As imagens em movimento podem muito, mas não podem tudo.

A moviola citada acima ganhará papel de destaque alguns anos depois, quando o tímido e franzino Sammy sofre com o bullying dos colegas valentões e o antissemitismo reinante no colégio. A filmagem de uma excursão de final de curso, na praia, converte-se, mediante a montagem, numa sátira que expõe o ridículo de cada um.

Talento e sentimentalismo

Escrevi uma vez, décadas atrás, que os filmes de Spielberg são sempre uma queda de braço entre o imenso talento do diretor e sua propensão para o sentimentalismo e a pieguice, com resultados diversos. Em Os Fabelmans o talento leva grande vantagem, embora o sentimentalismo esteja presente no modo enfático e redundante como é tratado o drama familiar.

O que equilibra o melodrama é a presença pontual de personagens cômicos, como o excêntrico tio Boris (Judd Hirsch) e a avó paterna de Sammy (Jeannie Berlin), espécie de protótipo da mãe judia dominadora. Ambos parecem saídos de um filme de Woody Allen.

Se, em suas duas horas e meia, Os Fabelmans nunca chega a aborrecer, é porque há sempre ideias e soluções visuais brilhantes, puramente cinematográficas, desde as imagens projetadas na mão do pequeno Sammy até o magnífico plano final, em que um sutil movimento de câmera responde ao conciso conselho dado por John Ford (David Lynch, num grande achado de casting) ao jovem aspirante a cineasta.

Assim como John Ford, o nome Steven Spielberg, goste-se dele ou não, é sinônimo de cinema. Em vista disso, o vídeo que antecede o longa-metragem, em que o cineasta agradece a presença do público e enaltece a “experiência única” de ver filmes coletivamente na sala escura, soa como um lamento e um pedido de socorro. Se, tomado isoladamente, Os Fabelmans é uma ode ao cinema, em conjunto com esse prólogo ele adquire o peso de um réquiem.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Es importante mostrar varios puntos de vista sobre la problemática en Israel, señala el realizador.

Escrito por Juan Ibarra

El cineasta Amos Gitai, originario de Israel –país situado en una región con constantes conflictos bélicos, políticos, sociales y culturales–, señala que tiene un profundo compromiso con su entorno, pero también observa su labor consciente de su posición.

“Considero que es un gran privilegio poder hacer una pregunta en el aire –tal como un matemático plantearía una ecuación– y luego trato de construirla desde una película, algo que logro gracias a un grupo de amigos que han apoyado mis trabajos tanto artísticamente como en la producción, para poder seguir haciendo cada vez otro proyecto”, señaló en entrevista.

El cine de Amos está profundamente inspirado en el contexto israelí, a pesar de que el reconocimiento con que cuenta le ha permitido hacer rodajes fuera de su país.

Se trata de un ejercicio de honestidad, considera, “pero no siento que haya algo que implique obligación. Creo que debemos decir la verdad, tanto como sea posible y como sepamos, pero debemos ser prudentes, no adoctrinados o demagógicos”.

Su visión es una suerte de respuesta a la manera en que es retratada su región. “Creo que Medio Oriente está sufriendo de opiniones muy binarias. Así que es bueno mostrar varios puntos de vista en una película”, explicó. “Me conmueve mucho, a veces me perturba, lo que está pasando en Israel, y creo que se trata de una historia muy fuerte y dramática que merece un cine de la misma proporción, así que he tratado de mostrar algunas opciones de este cine, no solo de entregar tendencias comerciales, sino estar abierto a otras opciones”.

Su visión también ha implicado que las contradicciones convivan en la filmografía del israelí como lo que él mismo procura mostrar. “El conflicto en Medio Oriente no es entre ángeles y cazadores; es sobre ángeles y cazadores que están en ambos lados, en distintas proporciones. No hay pureza en este conflicto, si la gente lo pensara así, no habría progreso”, destacó.

A lo largo de su carrera ha desarrollado temas de complejidad. Hablar de religión, fronteras, la condición de las mujeres o la guerra lo ha ayudado a comprender la realidad de forma distinta a la planteada en los medios de comunicación, “que en muchos casos está pintado de una manera o de otra, porque apuesto por la complejidad y me gustan las contradicciones”, detalló el director.

Su manera de hacer cine también le ha valido ser censurado en su propio país, pero eso más que orillarlo a cambiar su perspectiva lo ha motivado. “De alguna manera el hecho de que hubiera censura fue una de las cosas que me hizo convertirme en cineasta, porque había cosas que me molestaban y decidí refutarlo. Siempre hay dos lados de una situación”, puntualizó Gitai.

Veinticinco títulos del realizador se podrán ver en una retrospectiva en la Cineteca Nacional a partir de esta semana.

Incluye algunos de sus trabajos más recientes como Laila en Haifa o Un tranvía a Jerusalén; también se podrán ver obras representativas como Kippur, Esther, Golem: el espíritu del exilio y Golem: el jardín petrificado.

[Foto: cortesía de la Cineteca Nacional – fuente: http://www.jornada.com.mx]

A Fundación Barrié exporá na súa sede da Coruña máis de 300 pezas coa popular cámara como eixo

Oliviero Toscani Andy Warhol, 1974

Por H.J.P.

Agora que se fala tanto de Intelixencia Artificial asociada á creación, mesmo literaria ou artística, hai que dicir que o debate na raíz vén de lonxe. As alarmas saltaron moito antes, noutras etapas. E nestas tensións coa tradición houbo fitos —en realidade, non tan lonxe no tempo— como a teoría expresada por Walter Benjamin no seu ensaio A obra de arte na época da súa reproducibilidade técnica (1936), onde expresaba a súa preocupación pola perda da aura da obra artística. Aínda que para entón facía séculos que os gravados puñan en cuestión o concepto de peza orixinal, era o auxe de medios (mozos) masivos como a fotografía e o cine o que agravaba o problema. Creadores como Andy Warhol puxeron despois o dedo na chaga ao facer arte precisamente sobre a sublimación de imaxes (ata seriadas) que difundiran o cine, a televisión e a publicidade.

Hoxe ninguén discute a presenza entronizada nos museos desas obras, como tampouco se cuestiona a lexitimidade artística da fotografía, nin sequera da realizada con cámaras automatizadas, de manipulación moi reducida grazas á tecnoloxía e en pos do consumo de masas. Un dos fitos desta carreira comercial é a Polaroid, cuxo deseño facíaa proverbial para lograr a obra instantánea, tanto é así que o cualificativo se sustantivizó e fai moito que se utiliza como sinónimo de fotografía.

O impacto da Polaroid foi no seu día case equivalente (aínda que non tan universal) ao da cámara no teléfono móbil, que practicamente acabou coas máquinas compactas. Aquela forza non só se moveu no terreo do puramente doméstico —ah, as fotos familiares—, tamén provocou unha potente corrente creativa da que se ocupará a Fundación Barrié na súa sede coruñesa na exposición Proxecto Polaroid. Na intersección da arte e a tecnoloxía, que se inaugurará o próximo 11 de marzo (e poderá visitarse ata o 9 de xullo). Comisariada por William Ewing, Barbara Hitchcock, Deborah G. Douglas, Rebekka Reuter e Gary van Zante —da Foundation for the Exhibition of Photography e o MIT Museum de Massachusetts—, a mostra desembarca en Galicia en primicia para España e procedente de cidades como Viena, Hamburgo, Berlín, Singapur e Montreal.

A proposta reúne máis de 300 pezas que trazan un percorrido que comeza nos anos 40 e acada os días actuais, e que comprende desde imaxes elaboradas con toda a gama de papel e películas da marca ata prototipos, recreacións, modelos, papel e películas experimentais, debuxos e materiais relacionado cos aspectos técnicos.

A Barrié convoca así a unha infinidade de autores como Ansel Adams, André Kertész, Andy Warhol, Dennis Hopper, George Silk, Philippe Halsman, Richard Hamilton, Robert Mapplethorpe, Sandi Fellman, Edward Steichen, Javier Vallhonrat, Gus van Sant, Joan Fontcuberta, Peter Beard, Bill Eppridge, Shelby Le Adams, Fazal Sheikh, Anna Tomczak, Oliviero Toscani, Hiromitsu Morimoto, Peggy Hartzell, Sue Doyle, Barbara Crane e Wendy Ewald.

Estas instantáneas conforman en boa medida un mapa emocional do discorrer sociolóxico (especialmente en Occidente) a partir de mediados do século XX e ao que a vangarda industrial de Polaroid contribuíu co «máis doado» e «máis rápido» que reinou avanzada éraa posbélica.

[Foto: cortesia de Oliviero toscani Studio – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Décédé à l’âge de 78 ans des suites d’une méningite bactérienne, le guitariste britannique a redéfini les contours de la pratique du rock. Du psychédélisme au hard rock, retour sur une vie faite de révolutions et de rendez-vous manqués.

Écrit par Francis Dordor

Quelques semaines après la disparition de l’ex-mitrailleur épileptique de Dr. Feelgood, Wilko Johnson, c’est à un autre guitar hero qu’il nous faut rendre hommage aujourd’hui, Jeff Beck, qui vient de succomber à une méningite à l’âge de 78 ans. À ne surtout pas confondre avec Beck (Hansen), tant il est vrai que le farfadet pop de Californie s’est malencontreusement arrogé la primauté du patronyme, notamment auprès d’un public pour qui les années 1960 sont synonymes de préhistoire et les virtuoses de la gratte électrique des entités dignes d’être remisées dans les grottes de Lascaux.

C’est là l’une des nombreuses incohérences d’un destin, ou peut être la conséquence d’un caractère réputé retors, qui fait que celui que ses pairs considèrent comme le plus doué de leur génération puisse au bout du compte ne baigner que dans une lumière rendue indécise par l’éclat de la renommée accaparée par d’autres. C’est ainsi qu’à l’issue de n’importe quel sondage réalisé en micro-trottoir, dans la hiérarchie des guitaristes ayant contribué à écrire la grande légende du rock anglais, Jeff Beck se retrouvera forcément derrière les Keith Richards, Pete Townshend, Eric Clapton, Jimmy Page et autres Ritchie Blackmore. Alors que question talent, audace et inventivité, il leur met sa race à tous et à tous les coups. Haut la pogne !

Le rock sans les paillettes

À l’époque préhistorique (les années 1960 et 1970), quand les murs de la chambre d’un ado lambda – c’est-à-dire ayant échappé à l’austérité d’un dortoir de pensionnat catholique – étaient forcément recouverts de posters, la photo de tous les musiciens précités avait l’honneur d’être punaisée entre celles de filles à poil arrachées au cahier central de Lui ou de Playboy. Mais rarement Jeff Beck. Pourtant, avec son profil en silex, son heaume de cheveux raides, ses crucifix en pendentif et son goût pour le cuir, il cochait tous les critères du bon look rock. Seulement voilà, pendant longtemps, le rock n’a guère eu à voir avec la musique. Or Jeff Beck, c’est un peu comme Thelonious Monk en jazz, Glenn Gould en classique ou Maurice Merleau-Ponty en philo, c’est du sérieux, de l’incorruptible. Qui inspire le respect, pas forcément l’adulation. Sinon dans le cercle élitiste de ceux qui font exactement la même chose : de la musique.

Pour Jeff, tout a commencé à Wallington, dans le Surrey, où il naît le 24 juin 1944. Pas forcément sous les meilleurs auspices d’ailleurs. À 8 ans, sa mère le soumet à deux heures de piano quotidiennes. Puis renonce quand son fils, plutôt que de faire ses gammes sur La Lettre à Élise, préfère arracher les touches noires de l’instrument qu’il juge “encombrantes”. D’autres tentatives, au violoncelle, au violon, suivront, aussi peu concluantes. Puis au milieu des antédiluviennes années 1950, un son venu d’outre-Atlantique s’entête à mettre en surchauffe les circuits des postes à galène qui trônent dans le salon des intérieurs britanniques.

L’oreille de Jeff est particulièrement alertée par celui que produit un certain Cliff Gallup, le guitariste des Blue Caps, le groupe du bad boy Gene Vincent, dans Be-Bop-A-Lula. Une sorte de stridulation chargée de désir et gorgée d’innocence, qui ne se contente pas de le traverser de part en part mais lui dessine carrément une ligne de vie. D’autres démiurges tisonnent les braises de ce premier émoi : Hank Marvin des Shadows et James Burton (guitariste de Ricky Nelson) notamment. Quand on lui offre sa première vraie guitare, Jeff s’est déjà forgé une solide technique avec celle fabriquée artisanalement dans sa chambre qu’il amplifie en la branchant sur la radio familiale. C’est un point essentiel : Beck appartient à la race des bricoleurs de génie (il le prouvera en s’adonnant à son autre passion, les bolides de course, qu’il monte et démonte dans son garage).

Cet attrait pour l’innovation, plus encore pour l’inouï, va se focaliser sur le son, inspiré par les trouvailles technologiques du guitariste Les Paul qui, avant de donner son nom à l’un des instruments parmi les plus célèbres au monde, en aura considérablement élargi les possibilités de résonance. De sorte que Les Paul est un peu à Jeff Beck et Jimi Hendrix ce que Youri Gagarine est à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de la mission lunaire Apollo 11 : un pionnier dans une conquête spatiale dont la fusée est cette guitare élue reine d’un sabbat où sera entraînée toute une génération. De facto, la diablesse sera bientôt soumise aux fantaisies pyrotechniques de quelques sorciers qui, aidés d’effets spéciaux (pédales, compresseurs, vibratos, phasers, harmoniseurs…), vont en exploser les limites au point d’en faire, plus qu’un simple instrument, un symbole, un puissant phare sonore illuminant toute la musique de la fin du XXe siècle, élevant ses meilleurs serviteurs au rang de ce que l’on appellera des guitar heroes.

Hara-kiri

Ce rôle quasi prométhéen, Jeff Beck va l’assumer à fond, musicalement du moins. D’abord avec un premier groupe, The Tridents. Mais surtout avec les Yardbirds qu’il rejoint en 1965, après le départ de Clapton pour les Bluesbreakers de John Mayall. Avec les Yardbirds, il contribue à éventrer la boîte de Pandore des sixties. Heart Full of Soul, Shapes of Things, Over Under Sideways Down, Happening Ten Years Time Ago, la liste est longue des tubes dus en grande partie à son jeu incandescent. Tout y est : des premiers ébats du psychédélisme aux ruades inaugurales du heavy metal, des langueurs d’un blues urbain déconstruit au baroque sophistiqué de la pop. Ce Beck-là, sauvage, pyromane, futuriste, démiurgique, sera immortalisé dans une scène d’anthologie du Blow-Up d’Antonioni, où le groupe interprète Stroll On avant que le guitariste ne pète les plombs. Un accès d’autodestruction qui préfigure le sabordage de la tournée américaine qui va suivre, pourtant annonciatrice d’un colossal succès.

Deux versions coexistent pour expliquer le hara-kiri. 1 : il aurait rejoint sa girlfriend et par conséquent viandé un concert. 2 : il s’est cassé au beau milieu du Kansas parce que la clim de sa chambre d’hôtel est tombée en panne. Troisième hypothèse, vérifiable aussi sec : Beck a beau être un incendiaire, une véritable torche vivante, son goût pour les feux de la rampe n’en demeure pas moins limité. Ainsi, après les Yardbirds et quelques tentatives en solo (Hi Ho Silver Lining, seule exception où il prend le chant à son compte), il fonde un nouveau groupe fait de pièces rapportées : un certain Rod Stewart au chant, un certain Ron Wood à la rythmique, un certain Nicky Hopkins aux claviers. Bref, un supergroup qui s’ignore mais enregistre quand même deux fabuleux albums, Beck-Ola et Truth. Qui cartonnent. Surtout aux États-Unis. Au point d’intéresser en 1969 les organisateurs d’un festival prévu dans les environs de New York. Et là, Beck dit non. Il a plus envie, veut changer d’air, de musique, de musiciens. Ce à quoi il vient de poser les fondements avec le Jeff Beck Group – le hard rock –, il en a déjà soupé. Manque de bol, ou de jugeotte, le festival en question s’appelle Woodstock, réunit un demi-million de baba cools extatiques dans la boue et rend immortels des musiciens bien moins passionnants (Alvin Lee de Ten Years After).

Rendez-vous manqués

Après les mauvaises décisions viendra la malchance. Son grave accident à bord de l’un de ses bolides. Surtout, son rendez-vous manqué avec le succès. Début des années 1970, il joue les utilités en studios. Cela l’amène à enregistrer avec Stevie Wonder, qui en échange de ses services lui promet l’exclusivité d’une chanson. Ce sera Superstition, que Beck met en boîte avec un nouveau trio, Beck, Bogert & Appice. C’est alors que Wonder se ravise et décide de l’inclure sur son nouvel opus Talking Book. Le titre devient un tube planétaire et la version de Beck passe aux oubliettes. Bad luck.

Consciencieusement, stoïquement, obstinément, il poursuivra son œuvre, s’orientant tantôt vers le jazz avec Blow by Blow (produit par George Martin en 1975) ou revenant aux racines du rock’n’roll sur Crazy Legs (1993), où il rend hommage à son idole de jeunesse Cliff Gallup. Jeff aura aussi été l’invité VIP des albums de prestigieux congénères, comme sur She’s The Boss de Mick Jagger (qui voulait l’engager dans les Stones suite au départ de Mick Taylor avant de choisir Ron Wood, bad luck again), d’Ozzy Osbourne ou de Roger Waters. L’année dernière, il avait sorti un ultime témoignage de l’incroyable finesse de sa technique, de l’inépuisable sensibilité d’un jeu sans pareil, un album 18 enregistré avec son pote et fan le plus fervent : Johnny Depp. Beck disait à propos de sa musique : “Je joue la musique de l’orgasme.” Il nous aura bien fait jouir.

 

[Source : http://www.lesinrocks.com]

Foto de cabecera del blog de Claudio Ferrufino-Coqueugniot

 

Por Fadrique Iglesias Mendizábal 
 
La foto de un gallo ilustra la parte superior, con fondo oscuro. Un gallo formado por motosas hojas que pudieran ser pedazos de espadas u hoces, dispuestas a segar todo aquello que consideran maleza. El gallo, que podría ser de pelea, de raza malaya, está formado por trozos de latas de conservas viejas, por despojos. Tiene patas de alambres doblados, y clavos otrora oxidados, ahora barnizados. El animal, aun siendo frágil, apunta su alarido al cielo, en forma de queja, con la cola abierta, pavoneándose y pretendiendo amedrentar, pero, debajo del plumaje, es delicado.
 
Esa foto encabeza el blog de Claudio Ferrufino-Coqueugniot, Le Coq en Fer, el gallo de hierro en francés, bitácora literaria de uno de los más talentosos y polémicos narradores y poetas bolivianos de la actualidad. El último escritor pendenciero de las letras nacionales, esas grandes desconocidas más allá de los Andes, que retoma uno de los motivos más repetidos por el conocido pintor cochabambino Gíldaro Antezana.
 
Son más de mil doscientas notas las que abordan temas tan dispares como la revolución rusa, la pintura de Kazimir Malévich, feroces críticas al gobierno de Evo Morales y relatos de personajes marginales, amorales, a través de su daguerrotipo mental, aquel que va dejando efigies filtradas por su imaginación y una prosa rotunda y robusta, publicada a lo largo del último cuarto de siglo en muchos de los periódicos más importantes del país, bajo las columnas EclécticaMonóculo y Mirando de abajo.
 
Por otro lado, su Facebook está poblado de fotos clásicas de torsos femeninos semidesnudos –lo que ya le ha valido un par de suspensiones de la cuenta– y por cromos de boxeadores de principios de siglo como Tommy Burns, Jack Johnson, Harry Wills, Joe Jeannette y Sam McVey, esa casta de pugilistas previos a la testosterona sintética y a los anabólizantes, luchadores de nervio y orgullo, aficionados al deporte pero profesionales de la gresca dentro del ring, como Claudio en sus cuadernos. Y en algunas parrandas también.
 
 
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Sus letras, además de ser pendencieras, contienen flashes, sensaciones, ruidos e imágenes de parcelas específicas, que juntas tienen un significado coral de una vida entregada al oficio artístico, reflexivo, sensible. Precisamente con esas ideas describe su penúltima novela, Diario secreto (Alfaguara, 2011), que le valió ese mismo año el máximo galardón de las letras bolivianas, el Premio Nacional de Novela, y en la que describe el retrato de un psicópata, potencial asesino en serie que no tiene compasión por los insectos que descuartiza, ni por la madre a quien tiene toda una vida en vilo, ni mucho menos por una pareja a la que desprecia con una importante dosis de misoginia.
 
Llama la atención que esta novela precisamente haya sido escrita en su morada de Aurora, ciudad dormitorio de Denver, en Colorado, un año antes de la masacre del caballero oscuro.  
 
Aurora sonó en los noticieros de todo el mundo en 2012, cuando el desquiciado James Holmes abrió fuego contra el público que abarrotaba el estreno de una de las películas de la saga de Batman, El caballero oscuro, narración que podría ser perfectamente la segunda parte de Diario secreto, el corolario alternativo, un ensayo al estilo del libro juvenil Elige tu propia aventura: “si eliges al descarnado emboscando a su esposa, a la postre autora del crimen y de su propia condena, dando un tiro al protagonista, lee el final de la novela premiada el 11 de octubre de 2011, Diario secreto; si eliges al protagonista entrando a una película de superhéroes y desollando a tiros al público asistente, dirígete al New York Times del 26 de agosto de 2012”. 
 
Allí precisamente, en Denver, Claudio parece haber encontrado un gallinero tranquilo, donde puede trabajar en la parte administrativa del Denver Post durante el día y dedicarse a escribir al ritmo frenético al que tiene acostumbrados a sus lectores en los últimos años por la noche.
 
En Denver también, pero dos décadas atrás, a los pocos años de haber emigrado de Bolivia, en 1992, Claudio abrió un pequeño restaurante de delicatessen en el pueblo minero de Lakewood, morada de forajidos, truhanes y bandidos al más puro estilowestern, por donde pasó hasta Oscar Wilde desparramando relatos.
 
El poblacho aquel de las montañas de Colorado, que conserva una imagen decimonónica de cowboy de bota y flequillos en el chaleco, de saloon y escupideros de tabaco, con hombres de gruesos cinturones en los que cuelgan pistolas que salvaguardan los riñones como en las películas de John Wayne, es un espacio hostil, proclive al enfrentamiento. Así lo recuerda Ferrufino:
 
“Un mexicano, como nos califican a todos, en un ambiente así, huele a víctima. Pero me senté con ellos y, a partir de sus apellidos, hablamos de sus orígenes: alemán, irlandés, galés, etc., abriendo un espacio que podíamos compartir. La mayoría eran tipos rudos, ignorantes, no con un esquema ideológico sólido, llenos de lugares comunes, maleables. Terminaban abrazándote y secando vaso tras vaso de cerveza contigo. ¿Don de gentes que tengo? Tal vez, pero ha sido mi experiencia”.
 
Más adelante abrió un restaurante más efímero todavía en otro pueblo vecino: Leadville. El establecimiento, llamado The New West Café, tuvo un éxito moderado en un principio, pues aquellos cowboys no sabrían qué esperar de aquel plato de chupe de maní que servía, distinto de la peanut soup tan tradicional del colonial pueblo de Williamsburg, en su añorada y lejana Virginia. Con el tiempo amplió la oferta a una sopa de quinua, luego evolucionada en forma de chaque, hasta tomarle el pulso a lo que sería su mina de oro: sus fideos uchu, especialidad de la casa, que vendía en dosis importantes puesto que lo tenía listado como Latin American Stew o guiso latinoamericano.
 
La aventura emprendedora acabó con Claudio entre rejas, luego de tener diferencias –de haberlas ajustado– con el socio propietario.
 
Según Ferrufino, la marihuana desquició al accionista protagonista de su ira, dejándolo en un permanente estado, no ya de felicidad, ni de relajación, mucho menos de excitación, sino más bien de ansia constante:
 
“Mi socio chocó con la férrea voluntad y responsabilidad que con los años desarrollé en Estados Unidos. Discrepábamos en muchas cosas. Exploté porque a pesar de la mesura que uno adquiere sigo siendo un individuo belicoso. Estaba todo tendido para el escenario que vino después: la ruptura, la pérdida, la detención, dormir entre rejas, asegurar a la sociedad que te comportarías acorde con las reglas”.
 
“El estado policial y sus recursos”, llama Ferrufino a las normas impuestas, atribuyéndole virtud muy excepcional y no universal, dejando salir a flote su sentido anarquista, casi como inspirado en una obra dramática de Darío Fo.
 
Luego el The New West Café le daría una oportunidad más a su voluntad emprendedora y decidió asociarse esta vez con un bosnio emigrado de la guerra, de esos que dejaron a sus mujeres haciendo crêpes en los campos de refugiados, para intentarlo en aquella ocasión con sándwiches y sopas neoyorquinas. El negocio quedó atrás en la memoria, pero el acercamiento a la cultura eslava, bosnia y croata permaneció con Claudio.
 
El roce con los clientes, gringos y cowboys, ayudó a Claudio a conocer más la esencia del norteamericano, si es que ese individuo-tipo existe. Aún hoy se sorprende al ver los contrastes que emanan del arquetipo gringo. Aunque pueda mostrar su faceta más reaccionaria, conservadora, prejuiciosa y racista, al conversarle de igual a igual las figuras predispuestas se diluyen.
 
 
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Claudio es un tipo que admira la calle y desconfía de aquellos que todavía no han sido capaces de abandonar las faldas de madres y abuelas en busca de una o varias historias vitales. Se trata de una persona que encarna el sueño americano y también la pesadilla.
 
En aquel país lidió y aprendió de lo profundo del gueto, especialmente de un personaje al que recuerda con especial cariño: Big Mike, amigo que conoció mientras trabajaba de estibador, cargando quintales de fruta cual aparapita, con algunos grados bajo cero y que sazona las páginas de El exilio voluntario.
 
Luego trabajó como traductor, administrador de restaurante, frutero, escritor de cuentos infantiles, albañil, profesor, panadero, canillita y verdulero, entre otros oficios.
 
Cuando se le pregunta qué motivó su precipitada migración a Estados Unidos sin un proyecto claro de vida, explica:
 
“Es raro lo que pasó. Una decisión clara que a veces creo fue errada pero de la que no me arrepiento. Quise ir contra todo lo que era y podía ser. Tenía que probarme que incluso descendiendo al fondo sería capaz de salir sin ayuda de nadie, con mis manos. Creo que esa victoria se transmitió al carácter de mis hijas, y al sosiego que en el fondo me habita y me hace pensar que la modestia no es una mala opción. He vivido y puedo escribir. Escribía antes también, pero pienso que como ser humano aquello me sirvió de mucho. A ratos creí que debía alterar el rumbo y dedicarme a la docencia o algo similar, pero, igual que le sucedía a Isaak Babel, me gustaba –y me gusta– compartir con gente simple. Allí están las historias. Tarde para volverse atrás. Ahora hay que recordar, analizar, sopesar las experiencias y escribir”.
 
Estos lances motivaron al escritor a largarse a Miami, primera parada en el norte, hace 24 años, enfundado en un añoso terno gris de corte inglés que usó en la fiesta de promoción en la secundaria. El detonante del autoexilio fue una decepción amorosa poco relevante, asunto potenciado por una afición al viaje que ha ido perdiendo. La opción norteamericana llegó por azar, para buscar bálsamo y dinero, aquel que en Bolivia le era escaso y que ya se había gastado en chicherías y buenos libros, para apaciguar ánimos extravagantes y una ruinosa vida de vago, como él mismo la define.
 
Con un ticket de ida solamente, aterrizó con una vieja maleta, una mochila militar y cuatro billetes de cien dólares otorgados por sus padres y hermano, que dilapidó en putas y alcohol en menos de una semana.  
 
 
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Las novelas de Claudio, así como las crónicas que va publicando, suelen dar saltos temporales muy bien hilvanados, con menciones y referencias frecuentes a una época que parece haberle marcado profundamente: sus años alrededor de la capital de Estados Unidos, principalmente en el Estado de Virginia.
 
Claudio llegó al área metropolitana de Washington D.C. el otoño de 1988, con las hojas todavía en los árboles, doradas, rojizas, a punto de caer. En tan solo un par de años ya era un virginiano más.
 
Con los ojos muy abiertos, Ferrufino parece haber explorado profundamente el lenguaje subyacente de los barrios bajos que circundan Washington D. C., una ciudad muy distinta a la actual, donde la población hispana ha crecido de un 2 % a un 14% entre los años 80 y esta década. A Arlington, ciudad- condado por la que desfilan los personajes de su libro de relatos Virginianos (Los amigos del libro1992) y de la novela El exilio voluntario (El País2009), llegaron muchos pobladores del Valle Alto cochabambino que emigraron tras un peculiar auge de la construcción.
 
En sus textos poco rastro hay de los monumentos nacionales y de las happy hours de los burócratas de la capital. Mucho de las casas postindustriales de ladrillo, donde yacen hacinados aquellos ciudadanos oriundos de Arbieto, de Punata, de Esteban Arce, de Tiraque, que han cambiado el quechua por el inglés.
 
Más bien Claudio se remanga la raída camisa y se sumerge sin miedo a mancharse en el fango de las miserias de los inmigrantes que habitan a la sombra y a espaldas del Capitolio. Ese lugar paradójico que aguanta la coexistencia de prostíbulos –callejeros o albergados en bares– con lujosos hoteles para dignatarios de estado, polígonos industriales donde los domingos bailan caporales muy cercanos a barrios de embajadores que no pierden su condición una vez perdido el cargo, almacenes de bancos de alimentos para indigentes alternando al otro lado de la carretera con lujosos centros comerciales.
 
A fines de los años 80, Washington, D. C. era la ciudad más peligrosa del país. Por  la llamada “epidemia del crack” en 1990 era considerada la capital del crimen, aun siendo la sede del FBI y la CIA.
 
Incluso hoy día, casi tres de cada cien habitantes en D. C. está infectado con HIV, mayoritariamente entre la población afroamericana que, por lo general, vive poco integrada con la población blanca. Algo similar pasa con los hispanos y asiáticos, aunque no tan marcadamente.
 
A causa del sida precisamente algunos de los amigos de Ferrufino se dejaron la vida. Otros fueron tragados por sus propias adicciones –crack seguramente–, por sus propias miserias, cansados de pasar noches en vela mendigando trabajo en esos mercados donde fungían como estibadores, esperando un reducido jornal que al final del día, después de comer un plato de pasta o un burrito, de pagar diez dólares por el servicio de una prostituta y de pasar por un comedor social para completar la incompleta dieta, les permitiese comenzar un nuevo día al terminar la precedente jornada.
 
Uno de los lugares que precisamente frecuentaba Ferrufino era Morse Street para ganarse el plato de comida. Así lo recuerda:
 
“En el mercado de abasto de Washington era así. Willy, chofer negro, había asesinado a su madre siendo casi un niño, ofuscado en droga. Tyronne pasó trece años en prisión por robo con ‘asalto’. En las noches de la calle Morse se contaban historias; ron y licor malteado entre los dientes. Olor a mariscos; húmedas paredes y autos policías que cruzan lentos sin parar. Cada hombre hundido en su miseria. Olvidado ya el tiempo en que se preguntaba ¿qué hago aquí? Cuando las esperanzas brillan mal. Wayne y yo caminamos hacia la esquina de los mendigos. Allí hay droga fácil y prostitutas de a diez dólares. Un amigo cuyo nombre me es borroso se sentaba en un desvencijado sillón, en medio de la calle: el trono de la oscuridad. Wayne compra piedrecillas blancas, opacas: cocaína adulterada. Al lado de una reja de amontonada basura, fuma. Medianoche de verano, sin sueños ni futuro. No está la luna, se oculta en las callejas. Los pobres no tienen sombra, son pálida oscuridad”. 
 
 Cuando lo recuerda, se atreve a decir que está seguro de que pocos de los amigos negros que conoció en aquellas épocas estarán vivos ahora:
 
“Trabajé dos años y medio en los mercados. El primer día era para llorar, con los guantes mojados y el hielo punzando la cara. ¿Qué hago aquí? Quise retornar al café con leche de casa, a mi mullida y caliente cama, pero no lo hice, aguanté en medio de hombres toscos, negros, entonces nada simpáticos y con otra lengua. Pequeña épica de humanidad”.
 
En sus escritos y crónicas aparecen muy poco las placas de mármol de la calle K, del Banco Mundial y el FMI. Sobresalen más bien las penurias de los alrededores de Gallaudet, barrio afroamericano conocido por una universidad.
 
Ferrufino no le teme a los desprecios de gringos ignaros y limitados. Los asume gallos de pelaje no intimidante. No se amilana ante los pergaminos de la docta y jesuítica Georgetown, no se achica ante casas estudiantiles como la de Maryland, donde dictara cátedra Borges o la propia universidad de Virginia, donde fue un virginiano más –por un tiempo– Edgar Alan Poe. Claudio no se acompleja para hablar de ideas, no lo hizo en su juventud en Francia, donde retaba a sus condiscípulos a debatir sobre literatura gala dejando patente lo que llama racismo cultural. No se inhibe al ser identificado como parte de las márgenes, porque es su mundo también, tanto los extremos superiores como los inferiores.
 
Los días, o la noche que tenía libre –en el sentido más literal del término–, la de los sábados, eran destinados a probar un poquito del manjar que a la mayoría de sus compañeros se le tenía vedado: la visita a los pasillos gratuitos del museo más profundo y diverso del mundo, el Smithsonian, en Hispania Books –hoy sucedida por la librería Pórtico y Politics and Prose–, y horas perdidas en Common Grounds, probablemente lo que hoy se llama Krammer Café, de las primeras cafeterías literarias, lugar chic que tiñe sus paredes con multicolores lomos de libros y que sirve café y comida americana, en el barrio burgués de Dupont Circle.
 
Esas épocas virginianas de Claudio eran de triple vida. Por el día de gallo fino, por la noche de gallina ponedora que se aboca al trabajo, y al amanecer de gallo de peleas, todo para sobrevivir.
 
En esos años salió por algún tiempo con una mujer que entonces era presidenta de la asociación de antropólogos norteamericanos, PhD con tesis en Teresina, Brasil, ese primer engendro de laboratorio que luego se cristalizaría en Brasilia: la ciudad de la teoría. Así recuerda esas citas:
 
“Nada más dispar, pero que me permitía un amplio espectro de aprendizaje, sufrimiento y gozo. Era joven, fuerte, casi no dormía, y lleno de interrogantes acerca de un mundo nuevo, en extremo diverso”.
 
 
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La imaginación de este cochabambino y sus fuertes emociones evocan a una vibrante movida cultural en la ciudad. Si a fines de los 80 Ferrufino disfrutaba de conciertos de aquel surgente rock alternativo, mezclados con asistencias a ver Rubén Blades y Seis del Solar, hoy en día se puede disfrutar del apabullante influjo de la música electrónica, de las mezclas bastardas del grupo narcoelectro Mexican Institute of Sound o del ya famoso matrimonio entre los samples y bandoneón de Bajofondo.
 
Aquellas  exposiciones de arte que recuerda como impresionantes, algunas de Malévich, Matisse, Rembrandt, entre las que más le marcaron, se suceden año tras año, de la mano de millonarias fundaciones como la Colección Philips o la elitista Dumbarton Oaks.
 
Ferrufino nunca fue una persona de cultura de gueto apartado, sometido al cacique. No era un tipo de sindicarse a los “suyos”. Fue y quiso ser un alma libre que salía solo, llevando una vida de completa independencia. Aunque se juntaba con amigos bolivianos, no lo hacía con la frecuencia que ellos demandaban. Así lo recuerda:
 
“Entraba al mundo de los otros y me desenvolvía con soltura; mientras mis amigos jugaban fútbol los sábados, con las consabidas cervezas nuestras que vienen detrás, yo andaba en el National Mall, el centro de los museos de la ciudad, flirteando con hermosas muchachas anglosajonas y escribiendo mis Virginianos en papelitos, debajo de fotos de Lee Miller o de Man Ray. Culturalmente fue para mí un mundo insólito y exuberante. Lo recuerdo bien, dichoso. Por otro lado, en el mundo paralelo, visitaba las casas de mis amigos negros en el North East y South East, un mundo prohibido para blancos o gente como yo (nunca nos han considerado blancos, ni siquiera a los españoles). Fumaderos de crack, muchachas negras que se abrían de piernas con facilidad; deliciosas y viciosas. Sexo en autos, borrachera en las calles, recostados contra la pared, bebiendo Cisco, un licor de variadas frutas y colores que luego sacaron de circulación por ser letal. Detestábamos la cerveza normal; bebíamos licor malteado, con mayor grado de alcohol: Colt 45 y otros. Iba de ayudante de los choferes negros en los camiones de la empresa. Repartíamos productos a los hoteles y restaurantes de DC, Virginia y Maryland. Al terminar el día, antes de regresar al warehouse, alcohol y droga, sexo y droga. E historias inverosímiles que me contaban como a un hermano. He sido afortunado en oírlas y recordarlas. Y en sobrevivir también”.
 
Ferrufino vivió allí durante la década siguiente a los años de explosión psicotrópica. “Había mucha, excesiva, demasiada droga”, recuerda y apunta:
 
“Esta empresa de verduras en la que trabajaba era la mayor del mercado, dirigida por tres hermanos de origen irlandés. El mundo de ellos era la marihuana, que compartían en los gigantescos refrigeradores con algunos cargadores negros, que eran, a su vez, proveedores. Crack, hachís con profusión. La labor nocturna era febril, con camiones de 21 metros trayendo cosas desde California, México, cangrejos vivos desde Maine, frambuesas y moras desde Chile. Cualquier instante de descanso: droga. Dos, diez veces por noche. Cuando el día terminaba, ya casi a mediodía, los managers se encerraban en uno de los autos y… droga. Sin parar, seis días por semana. Yo no era afecto a ella, pero no evitaba compartirla de cuando en cuando. Me sorprendía que tipos muy ricos, duros trabajadores tengo que reconocer, no deseaban volver a sus mansiones, a sus hermosas mujeres que a veces visitaban el almacén y deslumbraban a los miserables estibadores. Preferían quedarse a hablar mierda, con las ventanas cerradas, en el mundillo de la droga. Los imagino llegando al hogar, tirándose en la cama, recuperando unas horas para volver a aquel frenesí. No tenían más de 30 años y confesaban que tenían sexo con sus mujeres una o dos veces al mes. ‘White boys’, decían los negros con desprecio”.
 
Al calor idealizante, Ferrufino recuerda esos años suyos como un elixir creativo. Se recuerda como con una cámara en el hombro, como filmando para sus adentros lo que observaba, y aquello que miraba, lo veía como fotógrafo. Le hubiese gustado filmar una película de David Lynch o algo similar. ¿Una actriz? Alguna de las de Fassbinder, responde, a quien idolatraba entonces –y hoy– pero en un escenario ya lleno de muchos otros. Quizás actrices como Barbara Sukowa, Jeanne Moreau, Hanna Schygulla, Brigitte Mira quizás, Ferrufino no lo especifica. Sí abunda en el plató imaginado:
 
“Imaginaba exhibiciones de fotografías sobre el universo de las frutas y las verduras. Increíbles colores, escenas, depósitos llenos de naranjas de distintos tonos, el contraste entre las papas de Idaho y las verdes paltas, aguacates, californianos. Los tomates ni qué decir, que eran la élite de los productos, con una sección especial de empaque por tamaños y colores. En esa gran bodega de DC, de noche, negros borrachos y perdidos, algún turco, algún latino, manipulaban lo que se serviría en las reuniones de embajadores, del jet set, de la CIA en Langley, a donde llevábamos cargamentos sin que jamás nos pidiesen identificación. Eran otros tiempos”.
 
 
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A esos días virginianos vuelve una y otra vez. Su prosa fluida sugiere muchos adjetivos, el más suave, sorprendente. Se mueve muy bien entre el ensayo, la crítica de arte, la opinión política, la ficción y también la crónica periodística. Precisamente en su antología Crónicas de perro andante (La Hoguera, 2012), escrita a cuatro manos con Roberto Navia, premio de periodismo Ortega y Gasset, y en otras piezas publicadas en los años 80 y 90, aparecen intensos relatos en los que describe Mizque, Tiquipaya, Pairumani y Suticollo, lugares donde quizás tomó afición por la chicha, y en las que lamentó no haber atendido las enseñanzas de la lengua quechua de su padre.
 
Una parcial autoficción de aquellos años en Arlington le ha valido el Premio Casa de las Américas de Literatura en Cuba. El rito de entrega no es precisamente la ceremonia de los Oscar. No hay alfombra roja, pero sí una rica historia de más de medio siglo.
 
Ferrufino es uno de los escasísimos casos de escritores bolivianos reconocidos internacionalmente, que ha ganado en 2009 el premio, sucediendo en el palmarés a personajes como Jorge Ibargüengoitia, Eduardo Galeano, Marta Traba o Gioconda Belli, e incluso a escritores bolivianos como Renato Prada, Wolfango Montes y Pedro Shimose. El jurado de la edición 2009, conformado por gente como la mexicana Carmen Boullosa, el venezolano Carlos Noguera, el chileno Grínor Rojo, el argentino Héctor Tizón y la cubana Lourdes González Herrero, se decidió a separar la paja del trigo entre casi 700 trabajos provenientes de América Latina y España, justificando su decisión en la capacidad de observar el “sueño americano” de una forma vertiginosa, vital y dominando el oficio, desplegando en su narración diversos planos a lo largo de tres décadas, con humor y referencias literarias, culturales y políticas”.
 
Claudio ya había logrado una mención en este premio en 2002, por El señor don Rómulo (Nuevo Milenio, 2002). Durante su discurso en 2009, recordó, cómo no, a la gente del gueto. A aquellas personas que seguramente nunca escribirían y publicarían sus historias y que tampoco se enterarían de que su colega, broderpana y cuate, aquel latino de ojos achinados y de bigote poblado, lo haría. Aquella noche en La Habana, recordó su llegada a Washington, las dificultades iniciales con el idioma, la excusa que le diera a su hermana para financiarle algo de comida y no morir de hambre –alegando atraco– que luego interpretaría como robo de alma: la transición de la plácida vida en el valle cochabambino hacia el crudo invierno en el que las noches transitaban en el viejo sillón desvencijado que le alquilaba un conocido temporalmente. Ya no estaría el calor del hogar, recuerda Ferrufino, sólo le quedaría esa cuadrilla que le rodea con las manos encalladas, ahogada en adicciones. Del intelectual de clase media bien vestido, quedaría menos aún.
 
Aquella noche en Cuba mencionó también el lugar de donde salían los vectores radiales de los trenes que llevaban la carga hacia Nueva York, los alrededores de la vieja Union Station, epicentro de su exilio, que aunque voluntario y reconocido aquella noche por funcionarios cubanos, que comparten el régimen con un político al que desprecia, Fidel Castro, no fue por ello menos exilio.
 
Tras el paso del Che Guevara por Bolivia, con los coletazos que dejaron los tupamarosy luego de las desapariciones de posibles herederos como los hermanos Peredo o Monika Ertl, la izquierda de los 70 se encontraba en proceso de segmentación en la universidad pública boliviana, reducto de las ideas progresistas durante la dictadura banzerista. Había divisiones internas entre trotskistas, maoístas, leninistas, hasta los más independientes anarquistas.
 
A esta subespecie pertenecía Ferrufino. Seguidor riguroso de las enseñanzas de Bakunin, Durruti y Malatesta, defendía cáustica y violentamente sus ideas ácratas por los pasillos de la carrera de sociología, más con los puños y a la gresca que con las ideas, recuerda su amiga Estela Rivera, hoy jefa de la Unidad de Cultura de la Gobernación de Cochabamba.
 
Se recuerda de Claudio su muy particular resistencia al alcohol, lo que hacía que bebiera como cosaco, generalmente ingentes cantidades de chicha, aguante que permitía que se mantuviera en sus cabales más que el resto, asunto que lo cubría de cierta mística en aquellos círculos.
 
Luis René Baptista, editor de opinión del periódico Los Tiempos, recuerda cierta vez en la que Claudio estuvo a punto de clavarle un cuchillo de carnicero, a causa de discrepancias ideológicas y de pactos incumplidos en las andanzas universitarias, detenido in extremis, cuando ya se veía ensartado y resignado, por un grupo de compinches anarcos que bloquearon la inminente faena.
 
Aquella misma vez, recuerda Rivera, Ferrufino y sus amigos anarquistas amenazaron también al propio rector electo y, luego de dedicarle furiosos insultos, procedieron a incendiar contenedores y papeleras con basura dentro del edificio.
 
Aun así, la violencia no era exclusiva. Se alternaba con guitarras y huayños en las chicherías aledañas, música campesina del Norte de Potosí, boleros centroamericanos y largas tardes de borracheras, para luego recogerse por la noche rompiendo letreros de neón y cabinas públicas, como forma de resistencia al sistema, siguiendo al caudillo bravucón y amenazante anarquista de fama algo contradictoria a la vez que ambivalente, dada su otra faceta, la de amigo fiel y cariñoso.  
 
En esos ambientes se movía Ferrufino nada más salir bachiller del colegio Maryknoll de Cochabamba en 1977, ya acabada la dictadura de Bánzer, y lo recuerda:
 
“Mi hermano Armando y yo fuimos muy peleadores en  la escuela. ‘Nos vemos a la salida’ fue parte de nuestro crecimiento. Dimos palizas y nos las dieron. Muchísimas. Eso paró luego de los tres primeros años aquí. El Estado policial. Aquí no se podía hacer lo mismo y lo acepté. Aunque de boca todavía me peleo mucho cuando conduzco. Hay que provocar cuando se debe provocar, como es el caso ahora con el gobierno de Morales, como fue el caso con el gobierno de G. W. Bush. Un hombre tiene que decir lo que piensa, le duela a quien le duela. Y si es contra el poder, mejor”.
 
 
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Ramón Rocha Monroy, cronista de Cochabamba y también Premio Nacional de Novela, conoció a Claudio en una habitación del psiquiátrico de Sumumpaya, a ocho kilómetros de Cochabamba hacia La Paz, a las órdenes del doctor Argandoña. Estuvieron todo un día, pero ni cruzaron palabra. “Aquel era un Claudio enamoradizo, exitoso con las mujeres, amigo de la chicha y de la noche cochabambina y alguna vez bordeó el suicidio”, en palabras de Rocha.
 
El Ferrufino de aquellos años, los previos a su viaje, era lo más parecido a los poetas inventados por Bolaño en Los detectives salvajes, esos trepidantes real visceralistas.
 
Sí hablaron y hasta se hicieron amigos años después, en el contexto de los bares, cafés y la noche cochabambina. Dice Rocha:
 
“Teníamos el ánimo inestable y ahogábamos nuestras penas en trago. Ni adicciones a drogas ni problemas mentales, sino excesos… Las cosas que cuenta Claudio tienen la identidad de lo vivido… Él no mira, sospecha. Tiene astucia y sus reacciones a veces son desconcertantes. Es agua mansa, pero puede alborotarse y estás perdido. Es un valluno bravo pero de ningún modo malo”.
 
Claudio por su parte, recuerda este episodio con su propio lente:
 
“Siempre nos acordamos de eso con Ramón. Un día o dos, alcoholes y sentimentalismos. No jugábamos a la ‘maldición privilegiada’, no. Sucedió porque creo que ambos somos apasionados con lo nuestro. Yo tenía una hermosa chica inglesa entonces, que me visitó una tarde, y Ramón, al verla, puso lo mejor que tenía de su acento inglés para flirtear con ella. Divertidas memorias hoy, tristes entonces”.
 
Ferrufino hoy es considerado un escritor preclaro en Bolivia, y se lo ha ganado a pulso. Un país en el que la vida rosa a veces parece más importante que lo que escribe, y donde los licenciados son más valorados por sus títulos académicos y premios ganados. Después de varias décadas ejerciendo, recién es en este siglo, cuando se ha titulado en la universidad pasados los cuarenta años, luego de estudiar lenguas modernas en la Universidad de Denver en Colorado graduándose cum laude y tras dejar atrás lo que parecía en Bolivia una maldición: el abandono de las carreras de química, idiomas y sociología, lugares en los que acuñó algunos amigos y enemigos que le duran hasta hoy.
 
Trofeos tardíos también serán, ya pasados los cincuenta años, los mencionados premios Casa de las Américas y Nacional de Novela, algo así como una justicia poética con su tenacidad.
 
Tenacidad y empeño que lo han acompañado durante su proceso creativo, que emergen espontáneamente cuando pueden y donde pueden, pues es de esos narradores que son capaces de protegerse con una escafandra que lo aísla del mundo exterior en beneficio de su planeta inventado. Tampoco es supersticioso ni caprichoso en el ambiente, ya que guarda las manías para la estética no lineal de sus textos. Claudio no necesita andar de boina y barba crecida de dos días, ni flores amarillas como las que dice que requiere Gabo para acceder a las musas. “Me parecen pajas que les sirven a unos; no a mí”, subraya.
 
En contraste con el mito del psicodelismo creativo de las épocas de Hendrix, Morrison y Joplin, Ferrufino no considera el alcohol como aditivo urgente, ni siquiera necesario y siente que la maldición de algunos poetas está en su escritura y no en sus catalizadores:
 
“Maurice Utrillo, el pintor, importa por sus colores de París más que por sus tragedias de beodo. Hacer de algo así el punto de partida de una leyenda, tu leyenda, a no ser que suceda inevitable por las circunstancias, es un paso en falso”.
 
Sin llevar vida de cartujo, admite que ya casi no sale, aclarando que tampoco era tan amigo de los bares en sus etapas pasadas. En Colorado se ha vuelto un tipo casero de vida intensa puertas para adentro. Sí admite que era de beber en las calles, con sus amigos negros, pero que ninguno de ellos supo jamás dónde y con quién vivía. Lo mismo las mujeres que pueblan sus recuerdos: “de pronto, en algún momento, retornaba a la caverna y desaparecía sin rastro. Así, simple”.
 
La simpleza es un rasgo que magnetiza a este hombre, sencillez que busca tanto en amigos gringos como latinos y de otros varios orígenes, destacando el colectivo ruso, quizás por esa propensión a admirar a Tarkovski, Tolstoi o Chéjov. Suele invitarlos a casa a disfrutar de comilonas con bebida abundante, bailando cumbias, escuchando kaluyos antiguos o canciones revolucionarias del Ejército Republicano Irlandés. Inclusive clásicos rusos: Kalinka, Ojos negros, además de tangos y corridos norteños y rancheras. Una frase lo define: “En casa se come y se bebe bien. Eso casi diría que te impide salir”.
 
Es un tipo familiar que ya comparte lecturas con sus hijas, aunque ellas han tomado caminos propios. Su relación es estrecha. No es enemigo de su primera esposa, aunque tampoco tiene contacto. “Mi mujer actual, me parece atractiva, interesante, pausada”, resalta.
 
Y tanto en cuanto se nutre de experiencias de la calle por inclinación natural, complementa sus fantasías con poesía y sobre todo con novela, placer que le suele ocupar la mayor parte de su tiempo de lectura. No tiene referentes literarios, sino gustos, placeres. Vicios quizás. Algunas de las fuentes de las que ha bebido son Borges, César Vallejo, Carpentier, Güiraldes, Arlt, Rulfo y en su juventud de los peruanos Ciro Alegría, Manuel Scorza y José María Arguedas.
 
Y si su espectro literario es francamente amplio, no lo es tanto el del estado del arte, moda o novedad, ahora llamado trend, en perjuicio de clásicos, muchos de ellos polemistas de distinta índole, aunque considera que se los lee poco, en detrimento de aquellas historias que evocan un mundo de aventura, de rebelión, de bravura.
 
 
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Claudio Ferrufino-Coqueugniot responde pacientemente a las preguntas de este cronista desde su casa en Colorado. Tiene ya 54 años, y una vida llena de historias. Han pasado ya varios lustros desde que obtuvo su green card poco tiempo después de casarse con su primera mujer, aunque ese no fue el motivo para hacerlo.
 
Se considera un librepensador que bebió en fuentes anarquistas clásicas, pero detesta ser orgánico o gregario, y añade: “Soy demasiado individualista para pertenecer a ningún núcleo, social, político, literario… No podría asociarme con los republicanos, ni siquiera en simpatía. Con muchos peros, prefiero a los demócratas”. Pocos políticos le causan simpatía. Uno de ellos es un exalcalde de Cleveland, Dennis Kucinich, demócrata, minoritario, una voz perdida en el desierto –así lo califica Claudio–, conocido por ser partidario de la no intervención en Irak, en beneficio de la negociación.
 
Ya no pelea en las calles, aunque tampoco es un tipo mesurado. Acuña cada vez que puede rabiosas –y cáusticas– críticas a Evo Morales y Álvaro García Linera, según él escritas no desde una perspectiva racista o elitista sino a partir de lo que el autor es, de su sangre:
 
“Me entiendo y comprendo a mi gente y sé bien cómo de pelotudos y cobardes somos, y cómo de sufridos y valientes también. Y al poder, a los jerarcas de cualquier tendencia o color, no les hago el juego, nunca. No orino delgado por el poder ni las charreteras; seguro que no…
 
No comparto ese lugar común del pueblo enfermo. Que somos uno llorón y malacostumbrado, sí. Es más sencillo dejarse guiar que decidirse por un camino. Y a eso apuntan los populistas, a hacerte confortable en su medida la existencia, coartar tu capacidad de reacción, de crítica”.
 
 
*     *    *
 
Claudio al salir de Bolivia le prometió a su padre que volvería al cabo de un año. Todavía no lo ha hecho, aunque asegura que sucederá aunque ello ni es ni fue motivo de sufrimiento, puesto que vive feliz donde está. Quizás con el tiempo le llegue la hora de pensar en la muerte más frecuentemente. De momento, la percibe como un hermoso destino, querido y cercano. “La tomo como es, presente. Me refiero a la delicia de saberse efímero, en contraposición a la pesadilla de sentirse eterno”.
 
Pasadas las 4 de la madrugada, hora de Denver, y tras una larga entrevista, Ferrufino responde a la última pregunta.  
 
“Le pregunté a Ligia, mi esposa, ¿crees que soy un tipo violento? Respondió con una carcajada. Habrá que analizarlo. Al meterme en un mundo que por nacimiento no me pertenecía, en Bolivia, en Argentina, en España, en Francia, en Estados Unidos, observé y compartí la peor violencia que existe, que es la de ser pobre. Una violencia que se dirige y esgrime desde arriba con saña contra los de abajo. Eso me irrita y me hace reaccionar con mayor violencia. Por eso soy vehemente y feroz cuando escribo de asuntos sociales o políticos. Sin aliento y sin concesiones”.
 
 
 
 
Fadrique Iglesias Mendizábal fue atleta olímpico y es especialista en gestión cultural y desarrollo local con estudios de licenciatura y maestría por la Universidad de Valladolid. Ha colaborado con columnas en varios medios de comunicación como Los Tiempos -desde su columna ‘El clavo en el zapato’- y Página Siete (Bolivia), así como con El País, Noticias Culturales Iberoamericanas (NCI) y FronteraD, donde ha publicado Afilando los cuchillos del Carnicero de Lyon en Bolivia y Del Gran Sueño a la somnolencia: la decadencia del deporte profesional. Ha publicado un libro junto a Peter McFarren, Klaus Barbie en Bolivia, que se publicará este año en español.
 
[Fuente: http://www.fronterad.com]

Holy Spider

 

Escrit per Esteve Plantada

Meixad és una de les ciutats santes de l’islam i és l’indret on, entre els anys 2000 i 2001, un home, Saeed Hanaei, va assassinar setze prostitutes que contactava al carrer i que considerava moralment corruptes. Vet-ho aquí un dels quids de la pel·lícula: a ulls dels seus conciutadans, Saeed és un justicier o un assassí? Un psicòpata o algú que se sacrifica per complir un deure? El director danès d’origen iranià Ali Abbasi s’inspira en aquests fets a Holy Spider, obra que arriba quatre anys després de la sorprenent Border, on portava l’espectador a repensar els límits —i la percepció— d’allò que ens determina com a humans.

Abbasi va viure de primera mà els cas, quan estudiava a la universitat de Teheran. I tot plegat el va impactar, especialment la reacció de part de la població, expressada en manifestacions que reclamaven la llibertat de l’assassí. És la mostra d’una societat fracturada entre qui volia l’obertura i qui volia el tancament, emparat en la fe i la integritat religiosa. Els fets passen l’any 2001, però sonen rotundament oportuns i actuals, amb tot el que ha passat a l’Iràn al llarg dels darrers mesos i la reivindicació de les dones que es treuen el vel, en un passat que explica el present, excel·lentment relatat pel director de principi a fi, amb tots els matisos i ambigüitats necessàries. Tal com veiem ben clarament a l’inici, quan Rahimi, la periodista que s’infiltrarà per investigar el cas, arriba a l’hotel on ha reservat una habitació i no la volen acceptar perquè va sola i no és casada. La interpretació de Zar Amir-Ebrahimi li va valer el premi a Millor actriu a l’últim festival de Canes.

Coproduïda entre Dinamarca, Alemanya, Suècia i França, i rodada en persa, Holy Spider és una barreja de thriller, drama judicial i retrat social on llueix la misògina i el fanatisme en pro d’un suposat bé regulador. També mostra un sistema judicial corrupte, símptoma d’una justícia —i d’un estament policial que tampoc no en surt immune— que vol amagar la psicopatia d’un home que utilitza la religió com a excusa per saciar les ganes de matar. Per a molta gent, Saeed és qui ha deslliurat del pecat les prostitutes que “embrutaven” els carrers. Però també, és cert, encara hi ha qui se subleva per la igualtat i la llibertat, per tenir el dret a alçar la veu i exposar la injustícia que viu instal·lada als fonaments d’algunes societats que justifiquen l’injustificable.


Holy Spider

Direcció: Ali Abbasi

Guió: Ali Abbasi i Afshin Kamran Bahrami

 

[Font: http://www.eltemps.cat]

El director del biopic sobre Edith Piaf (‘La vida en rosa’) y Gracia de Mónaco rinde tributo a Simone Veil, que después de sobrevivir a Auschwitz tuvo un papel central en la reconciliación de la memoria y los pueblos de Europa

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Olivier Dahan. Foto: Georges Biard

Escrito por Juan Sardá

La mujer del siglo se titula este biopic de Simone Veil y, en este caso, puede decirse que no hay exceso de entusiasmo en tan desaforado adjetivo. Hija de una familia de judíos conservadores con un padre de derechas, Veil nació en 1927 y antes de cumplir la mayoría de edad dio con sus huesos en el infierno de Auschwitz. Milagrosamente, ella y su hermana sobrevivieron, no así su madre, su padre y su hermano.

Veil se quedó en Francia, ya que se consideraba francesa a todos los efectos. Lejos de derrumbarse o envilecerse después de una experiencia casi indescriptible en su horror, convirtió su dolor en fortaleza y desarrolló una casi inhumana compasión y empatía. El director del filme, Olivier Dahan (La Ciotat, 1967), no oculta la importancia del momento en el que rueda esta película: “De alguna manera”, dice muy crítico en general con su país, “da la impresión de que los franceses quieren un gobierno de extrema derecha. Creo que sucederá”.

Frente al auge del totalitarismo, Veil es una heroína de la democracia liberal. Lo hizo todo, o casi: reformó el sistema de prisiones para hacerlo más humano, defendió los derechos de los argelinos que luchaban por su libertad en tiempo del colonialismo, logró que se aprobara en los años 70 la ley que permitió a las mujeres abortar de manera legal, se desvivió por los enfermos de SIDA cuando la enfermedad aniquiló a cientos de personas en los años 80 y se consideraba vergonzosa. Además, fue la primera mujer que presidió el Parlamento Europeo en 1979. Como ministra, colaboró siempre con gobiernos conservadores, ya que nunca perdió las raíces políticas de su padre.

Por si todo esto fuera poco para una sola vida, como nos recuerda la película, Veil también rompió con el pacto de silencio sobre el Holocausto utilizando su prestigio y su celebridad para que muchos conocieran la verdadera dimensión de la brutalidad y la tragedia. Finalizada la II Guerra Mundial, el genocidio judío fue, durante décadas, un tema tabú que un continente cubierto por la vergüenza prefería enterrar. Según Dahan, no solo en este asunto, el país vecino tiene “problemas para asumir la verdad de su historia”.

Esta peripecia vital la cuenta el cineasta en una película melodramática e incluso sentimental, con un tono que ya vimos en la célebre La vida en rosa (2007), biopic de la cantante Edith Piaf que le dio un Oscar a Marion Cotillard. Dahan dice que quiere “conmover para desarmar”.

Aficionado a retratar a mujeres históricas, también consiguió el éxito con Grace de Mónaco (2014). El director, que pasaba de niño todos los veranos en la Costa Brava catalana y dice tener un enorme afecto por nuestro país, nos cuenta entre muchas otras cosas por qué considera sus biopics películas de ficción con personajes reales o las raíces de su peculiar feminismo, basado en la frustración por la tortuosa relación con su madre.

Pregunta. ¿Fue Simone Veil una verdadera heroína?

Respuesta. Fue una persona excepcional sin lugar a dudas, no hay muchas como ella. En la política francesa ha habido pocos casos o ninguno de tanta exigencia personal y de respeto por la gente. No creo que fuera una política, más bien era una persona que utilizaba la política para avanzar las cosas, pero no como una política convencional. Hago una diferencia entre hacer política y utilizarla como instrumento para alcanzar un fin colectivo. Da igual que sea de derechas o de izquierdas, es una política en el orden de lo humano, lo más humano posible, con unas convicciones muy fuertes. Eso hizo que fuera muy tenaz, nunca intentó escalar en los peldaños del poder; cuando se comprometía con una causa, no tenía miedo de perder su puesto. Iba hasta el final de lo que había decidido hacer. Eso no lo hacen los políticos.

P. ¿El horror de Auschwitz le hizo desarrollar una gran capacidad de empatía?

R. Lo que trato de mostrar en esta película sobre todo es esa capacidad de empatía. Es cierto que tiene un lado frío y distante pero comprende muy bien lo humano, hay una gran identificación con el sufrimiento de los demás. Aplicó esa humanidad, esa verdadera humanidad, a las leyes, a los textos, es extraordinario. Hizo todo tipo de cosas para mejorar la vida de las mujeres, no solo la ley del aborto. Avances que cambiaron de una manera real y significativa la vida corriente de la gente. Tenía una fuerza impresionante. Era una persona que no tenía miedo a batirse en una época muy distinta a la nuestra, donde la política era totalmente masculina. Eso fue una lucha enorme porque esos hombres imponían esas ideas por la fuerza.

« La extrema derecha siempre ha tenido un papel importante en Francia desde el final de la II Guerra Mundial« 

P. Veil explica sin tapujos el horror de los campos de exterminio, también la colaboración de franceses en el mismo. ¿Rompió un tabú?

R. Francia ha tenido con frecuencia un problema para reconocer su historia, no solo en este caso. Efectivamente, después de la Shoa en Francia estaba mal visto hablar sobre eso y duró mucho tiempo. El silencio estaba impuesto por la política, por el Estado y la propia sociedad. Esta situación, no poder hablar de lo que pasó en la guerra, incluso hoy sigue vigente de alguna manera, no es algo que está resuelto. En Francia hay un gran problema para enfrentarse a la verdad de la historia, ya sea el Holocausto y la colaboración francesa como la guerra en Argelia como muestro en la película. Son asuntos que no han sido digeridos.

P. Veil recibe constantes ataques de la extrema derecha. ¿Ya tenía un papel importante el partido de Le Pen padre en esa época?

R. La extrema derecha siempre ha tenido un papel importante. Nunca ha dejado de tenerlo después del fin de la guerra. En España habéis conocido la dictadura, eso en Francia no ha sucedido, pero en todo momento ha habido y sigue existiendo una tentación totalitaria.

P. ¿Quería hablar ahora para contrarrestar de alguna manera ese ascenso del Frente Nacional?

R. Sí, por supuesto, Francia juega con fuego y no creo que sea lejano el día en que la extrema derecha gobierne en Francia. De alguna manera, sinceramente pienso que es lo que los franceses quieren. Vamos adelante y atrás, así todo el rato, pero siempre en torno a esta tentación francesa de reensayar la extrema derecha. Por eso el Frente Nacional no ha hecho más que mejorar sus resultados de elección en elección.

« No utilizo las emociones para hacer llorar, sino para desarmar al espectador« 

P. En una vida tan rica y compleja, ¿cómo escoge qué partes quiere mostrar?

R. Quería mostrar lo que me interesaba. Yo comunico a través de Veil cosas que me emocionan. Es una selección muy subjetiva. Quería hablar de la guerra de Argelia. Y quería que se vieran los campos de concentración en todo su horror pensando sobre todo en los jóvenes, quienes ahora tienen entre quince y veinte años y quizá tienen un conocimiento más lejano.

P. En su visita a Israel, Veil lo deja claro, ella es francesa. ¿Supuso un ejemplo que decidiera no abandonar el país a pesar de los muchos motivos para el rencor que podría haber tenido?

R. Ella tiene una cultura judía pero no es una persona religiosa, es laica. El laicismo en Francia significa que cada uno tiene sus propias convicciones, pero a nivel de grupo hay unos valores comunes que son laicos. La laicidad es algo que tiene que ver con lo colectivo y la religión con lo personal.

P. Sorprende un poco que la mujer que legalizó el aborto en Francia o defendió a los combatientes argelinos, llamados terroristas por gran parte de la sociedad, trabajara siempre con gobiernos de derechas. Su propio marido era un miembro del partido conservador. ¿El problema son nuestros prejuicios?

R. Veil creció en una familia en la que su padre era de derechas y su madre de izquierdas. Creo que cogió lo mejor de ambos mundos. Comenzó como magistrada y cuando empezó en política fue en un gobierno de derechas. Es una opción muy pragmática también porque; como he dicho antes, ella utiliza la política para hacer avanzar las cosas. Simone Veil buscaba resultados en la vida cotidiana.

Simone Veil hacia finales de los años 70 del siglo XX. Foto: Pietro Naj-Oleari / Parlamento Europeo

Simone Veil hacia finales de los años 70 del siglo XX. Foto: Pietro Naj-Oleari / Parlamento Europeo

P. ¿Por qué opta por un tono de melodrama?

R. He querido ser lo más orgánico posible. Hay una especie de melodrama, efectivamente, pero no utilizo las emociones para hacer llorar sino para desarmar al espectador y hacer que el mensaje pase mejor. Todo aquello que sea conmovedor no es gratuito, yo quiero conmover para desarmar.

P. Casi todas sus películas tienen como protagonistas a mujeres. ¿Se considera un director feminista?

R. Eso viene de mi relación con mi madre. Era una mujer complicada, no tuve una infancia fácil, y creo que tiene que ver más con mi curiosidad por saber cómo son las mujeres que puro feminismo. En mi experiencia personal hubo una incomprensión respecto a ella que me ha llevado a reflexionar a fondo sobre esa naturaleza femenina. Desde luego hay un lado feminista, hoy en día no se puede ser otra cosa que feminista. Hay una desigualdad evidente y una explotación de las mujeres que es real. Pero en mi caso ese feminismo también viene de esa frustración respecto a mi madre en mi infancia, con lo cual surge de algo doloroso.

>>No creo que sea, por tanto, un feminismo que en su punto de partida sea político. Hablando de las mujeres indago en mí mismo. Con mis películas, sobre todo me pregunto si no fue ese sistema machista que no dejaba respirar a las mujeres ni desarrollarse como personas lo que hizo que mi madre fuera como fue. Es una reflexión feminista, pero el arranque es una frustración.

« Hay muchas chicas jóvenes en Francia que utilizan TikTok para hablar de Simone Veil« 

P. A la hora de abordar personajes históricos, ¿busca ser lo más fiel posible a la realidad o crear su propia versión?

R. Es un pretexto. Cuando hago una película con un personaje que ha existido es ficción. Cojo a un personaje que todo el mundo conoce y hago una ficción, aunque los hechos que narro sean reales. Yo no conocí a Edith Piaf, ni a Gracia de Mónaco, ni a Simone Veil. Son arquetipos de los que me sirvo de una manera ficcional. A través de ellas trato de decir algo que para mí es importante.

P. ¿Permanece en Francia el recuerdo de Simone Veil?

R. Ahora mismo sucede una cosa muy curiosa y es que hay muchas chicas jóvenes que utilizan TikTok para hablar de Simone Veil y la película. Se ha convertido en viral y es fantástico ver cómo descubren el feminismo y la historia del siglo XX gracias a ella. Para mí es una satisfacción, porque cuando hice esta película sobre todo estaba pensando en la gente joven. La película está funcionando muy bien en Francia y me hace muy feliz.

[Fuente: http://www.elespanol.com]

  • Shirampari, herencias del río fue grabado completamente en lengua ashéninka, en una de las zonas más remotas y mejor conservadas de la Amazonía peruana. Documental compitió contra 10 980 cortos para ser parte del prestigioso festival internacional de cine independiente.
  • Documental compitió contra 10 980 cortos para ser parte del prestigioso festival internacional de cine independiente.

Un reconocimiento más para el cine peruano. Shirampari: herencias del río, documental dirigido por la directora peruana Lucía Flórez, fue seleccionada para su proyección en el Festival de Sundance 2023, a realizarse del 19 al 29 de enero, en Park City, Utah (EE. UU).

Este corto documental –que aborda temas como la transmisión de conocimientos esenciales para la vida en la Amazonía, la importancia del territorio y la identidad– cuenta el viaje de Ricky, un niño de once años que debe superar sus miedos y atrapar un bagre gigante para emprender su viaje a la adultez.

Tras este nuevo reconocimiento de Shirampari, la cineasta Lucía Flórez señaló que este documental también representa una oportunidad para conocer las diversas manifestaciones culturales que existen dentro de nuestro territorio.

“En momentos en donde el país se siente tan fraccionado como ahora, son importantes las historias como la de Ricky, que nos recuerdan lo que nos hace iguales. Todos podemos conectar con esa inercia que lo lleva a hacerse mayor y la necesidad que tiene Arlindo (su padre) por dejar un legado”, afirmó.

Naturaleza y cultura en su máxima expresión

La producción que participará en uno de los festivales de cine independiente más importantes del mundo está hablada en su totalidad en idioma ashéninka, y fue filmada en la comunidad nativa Dulce Gloria, ubicada en el río Alto Yurúa, provincia Atalaya (Ucayali), cerca de la frontera con Brasil.

La comunidad se encuentra en el corazón de la Amazonía peruana, en uno de los bloques de áreas protegidas y territorios indígenas más grande y mejor conservado del Perú y el mundo, en la zona de influencia del Parque Nacional Alto Purús y de la Reserva Territorial Murunahua.

Para Chémi Pérez, productor de la película, “rodar en la Amazonía es uno de los mayores retos a los que un equipo de cine puede enfrentarse, pero a pesar de la situación pandémica y de las muchas complicaciones que encontramos por el camino, la comunidad de Dulce Gloria y la destreza de los miembros del equipo técnico hicieron posible que encontrásemos esos espacios mágicos en los que se rodó Shirampari”.

Por su parte, Diego Pérez, director de fotografía del cortometraje, comentó que grabar en estas áreas de alta biodiversidad significó una experiencia única, pero alertó que estos lugares viven en una constante amenaza debido a las actividades ilegales.

“Es un privilegio poder recorrer el Perú que casi nadie llega a conocer. Se trata de espacios que forman parte de inmensos bosques y culturas milenarias. Sin embargo, estas zonas están en riesgo porque hay carreteras que se acercan a la zona, las amenazas cada vez serán mayores, y personas como Arlindo, que son líderes de sus comunidades, ya están sintiéndose amenazados”, explicó.

Reconocimientos y recorrido internacional

Hasta el momento Shirampari: herencias del río ha sido seleccionado para ser parte de la programación oficial de una decena de festivales de cine de todo el mundo, en países como Alemania, Polonia, México, España, Brasil y EE. UU. Además de Sundance, figuran festivales de renombre como DOc NYC, Dok Leipzig, y CICFF. Vale resaltar que la película ha sido premiada como mejor cortometraje en Lima Alterna (Perú) y en Amazonia (Fi)Doc (Brasil).

La realización de Shirampari fue posible gracias a un fondo otorgado por la National Geographic y el apoyo de la Sociedad Peruana de Derecho Ambiental (SPDA), el Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD), 10 Arts Foundation y el Servicio Nacional de Áreas Naturales Protegidas por el Estado (Sernanp).

Shirampari es una coproducción de El Taller.pe (Perú) y Cabo Sur (España).

 

[Fuente: http://www.spda.org.pe]

Pasan a dominio público ademais en EE.UU. as tres últimas novelas de Holmes, e libéranse así todas as obras do detective creado por sir Arthur Conan Doyle

A película de Fritz Lang «Metrópolis» queda libre de dereitos en EE.UU.

Escrito por MIGUEL LORENCI

Como cada xaneiro, a Biblioteca Nacional de España (BNE) publica a lista dos autores cuxas obras pasan ao dominio público. As que calquera pode xa editar, distribuír, vender ou alterar sen contar co permiso dos titulares dos dereitos do autor ou os seus herdeiros. Entre os liberados este 2023, están o poeta Miguel Hernández ou o artista Julio González. No ámbito intencional, Stefan Zweig e todo Sherlock Holmes en EE.UU.

A lexislación e os anos transcorridos desde a morte do autor para que unha obra pase a dominio público varía en cada país. En España o prazo é de 70 anos, aínda que para os autores falecidos antes de 1987 aplícase unha lei anterior, de 1879, cun prazo de 80 anos. Pasan así ao dominio público as obras dos creadores falecidos en 1942. En EE.UU. opera a regra dos 70 anos e toca aos de 1952, pero considérase libre toda obra creada en 1927. Hai excepcións, como os dereitos de Peter Pan no Reino Unido, destinados de forma permanente ao Hospital Great Ormond de Londres, ou do Diario de Ana Frank, que goza de consideración especial en Holanda e Francia, xa que se considera coautor ao pai de Ana, Otto Frank, falecido en 1980, o que prologa a súa protección ata o 2051.

A listaxe da BNE inclúe 177 escritores, xornalistas e artistas. Entre todos destaca o poeta e dramaturgo Miguel Hernández (Orihuela, 1910-Alacante, 1942), autor do raio que non cesa e da cabalo entre as xeracións do 27 e o 36. Autodidacta e apaixonado lector, con vinte anos publicou Perito en lúas. As súas famosas Nanas da cebola, escritas en anacos de papel hixiénico no cárcere e dedicadas ao seu segundo fillo polo poeta, pechan o Cancionero e romancero de ausencias, o seu último e desgarrado poemario, publicado en Arxentina tras a tráxica morte de Hernández nun penal franquista o 28 de marzo de 1942.

Tamén se liberan as obra de Stefan Zweig (1881-1942) —non as traducións máis recentes—, o prolífico, versátil e apreciado escritor austríaco que adquiriu a nacionalidade británica e que, tras fuxir do terror nazi, puxo fin á súa vida na cidade brasileira de Petrópolis. Nos anos 30 Zweig foi o escritor máis traducido do mundo, e é hoxe un longseller. Autor de ensaios, biografías e novelas como O mundo de onteCarta a unha descoñecidaVinte e catro horas na vida dunha mullerCastellio contra CalvinoFouché, o xenio tenebrosoNovela de xadrez e Momentos estelares da humanidade. Alianza reeditará as dúas últimas e Páxinas de Espuma os seus Contos completos.

Na lista da BNE aparece Julio González, influente e relevante escultor e pintor, amigo de Picasso no París das primeiras vangardas. Tamén a escultora Julia Casagemas, autora de ópera e irmá de Carlos Casagemas, outro pintor moi amigo de Picasso. Tamén quedan libres de dereitos Robert Musil, outro relevante escritor austríaco de corte máis filosófico e autor do home sen atributos; Roberto Arlt, narrador, dramaturgo, xornalista e inventor arxentino autor de novelas como O xoguete rabioso e recompilacións de artigos como Aguafuertes españolas.

Todo Holmes en EE.UU.

Pasan a dominio público en EE.UU. as tres últimas novelas de Holmes, e libéranse así todas as obras do detective creado por sir Arthur Conan Doyle. Calquera pode xa escribir as súas propias historias de Holmes e Watson ou usalos noutros contidos sen infrinxir dereitos.

En EE.UU. se desprotexen todas as obras publicadas en 1927, como a lendaria e influente Metrópolis, anticipadora película muda de ciencia ficción dirixida por Fritz Lang. Tamén O cantor de jazz, de Alan Crosland, tida pola primeira película sonora, aínda que en realidade non o é. Catro anos antes Concha Piquer aparecía no documental sonoro From far Seville. Tamén se liberan Amencer, a primeira cinta americana de Murnau; O inimigo das louras, filme mudo dirixido por Hitchcock e primeiro en que o director británico aparece nun cameo; O rei de reis, de Cecil B. DeMille, sobre a vida de Jesús de Nazaret; e O sétimo ceo, dirixida por Frank Borzage, unha das primeiras películas nomeadas ao Óscar e inspiradora do final da A Land.

A web Public Domain Day sinala que tamén quedan libres obras como ‘Ao faro‘, de Virginia Woolf, os relatos Homes sen mulleres, de Ernest Hemingway; ou Mosquitos, de William Faulkner.

Un galaxia de libros libres

Internet ofrece aos lectores páxinas web e repositorios dixitais con obras de moitos de autores recentemente liberados que son de acceso universal e gratuíto.

-Internet Arquive. Un dos mellores recursos dispoñibles en liña para atopar case calquera obra, ademais de software, música e sitios web históricos. A súa sección Open Library conta con máis de 55.000 obras publicadas ata 1927 en varios idiomas. A maioría está en inglés, pero máis de 700 documentos atópanse en español. (arquive.org).

-Biblioteca Dixital Hispánica. É o portal libre e gratuíto da Biblioteca Nacional de España. Creado no 2008 cun unhas 10.000 obras, suma hoxe máis de 222.000 títulos dixitalizados que se poden descargar gratis ou ver en liña. (bne.é).

-Project Guntenberg. Biblioteca de libros electrónicos con máis de 60.000 orixinais dixitalizados que se poden descargar en diferentes formatos, como ePub ou os compatibles con Kindle. (gutenberg.org).

-Hathi Trust. É unha xigantesca biblioteca dixital que conta con 54.865 libros publicados ata 1927 en EE.UU. Deles, 2.667 están dispoñibles en español. (hathitrust.org).

-Standard Ebooks. Acolle libros electrónicos de fontes como Project Gutenberg e outórgalles un formato máis renovado. De pequena dimensión, acolle os títulos máis populares. (standardebooks.org).

-LibriVox. Biblioteca dixital de audiolibros na que voluntarios de todo o mundo len obras de dominio público. Pódense descargar gratis para que calquera poida acceder a eles e escoitalos. (librivox.org).

-Dominio Público. Recurso imprescindible para acceder a obras sen dereitos de autor, esta web conta con moitas ligazóns a diferentes institucións e organizacións que tamén recompilan e ofrecen libros para o seu uso libre. (dominiopublico.org.é).

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]