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Classe business pour les hommes, éco pour les femmes. Au-delà de l’évidente injustice, ce choix opéré par la Fédération française de cyclisme pour se rendre en Australie illustre une certaine vision du sport féminin ancrée dans l’inconscient collectif.

Sur le podium du contre-la-montre féminin des Mondiaux de cyclisme d'Australie, le 18 septembre 2022 : l'Australienne Grace Brown, médaille d'argent, la Néerlandaise Ellen Van Dijck, médaille d'or, et la Suissesse Marlen Reusser, médaille de bronze. | Dirk Waem / Belga via AFP

Sur le podium du contre-la-montre féminin des Mondiaux de cyclisme d’Australie, le 18 septembre 2022 : l’Australienne Grace Brown, médaille d’argent, la Néerlandaise Ellen Van Dijck, médaille d’or, et la Suissesse Marlen Reusser, médaille de bronze.

Écrit par Pierre Rondeau — édité par Sophie Gindensperger 

Ça partait pourtant tellement bien. Pour les championnats du monde de cyclisme, qui ont commencé ce dimanche 18 septembre à Wollongong en Australie, la fédération française a décidé d’envoyer sa plus grande délégation de l’histoire, avec 32 coureurs au total: 20 hommes, répartis dans les sélections élite, espoir et junior, et 12 femmes. Cela avait été affiché très tôt et les spécialistes se félicitaient de cette nouvelle ambition. La France voulait marquer de son empreinte la compétition et conserver le titre mondial élite détenu par Julian Alaphilippe.

Pourtant, très vite, cette annonce s’est effritée au profit d’une polémique que la fédération aurait pu s’éviter: pour le voyage vers l’Australie –plus de vingt-deux heures de vol– il a été décidé que la sélection masculine se déplacerait en business et la sélection féminine en éco. La fédération, qui a eu l’aval de tous les coureurs, a justifié ce choix par des raisons économico-sportives. D’abord, cela aurait coûté très cher de payer des billets business pour l’ensemble de la délégation. «Ce déplacement étant très lointain, cela coûte énormément. Et si l’on voulait emmener tout le monde, il fallait faire des choix. Et si tout le monde avait été en business, plein de personnes seraient restées à la maison», a affirmé un membre de la fédération, interrogé par Ouest-France.

Ensuite, il fallait défendre le titre d’Alaphilippe et donc lui offrir les meilleures conditions pour prétendre à un nouveau sacre mondial. En effet, «les hommes vont défendre leur titre cette année, encore une fois». Donc tout pour les hommes, qui seraient jugés meilleurs, et des miettes pour les femmes, qui ne seraient que des outsiders dans cette compétition. Malheureusement, ce choix, totalement assumé par la fédération, dénote encore une fois un caractère misogyne et arriéré du sport français. Les hommes seraient les grands héros du cyclisme, les femmes de simples seconds couteaux, des seconds rôles sans envergure ni projet.

La question du coût, un mauvais calcul

C’est un immense pas en arrière qui a sciemment été fait par la fédération et qui peut avoir des conséquences néfastes pour la suite du cyclisme français. D’abord, ce choix va illustrer, dans l’inconscient collectif, l’idée que le sport féminin ne serait qu’amateur, que les athlètes auraient déjà la chance de participer à une compétition mondiale, avant de prétendre réellement la remporter. On risque ensuite de voir s’enclencher un cercle vicieux dans l’esprit des individus: si les femmes sont reléguées en classe éco, c’est qu’elles ne peuvent pas gagner un titre, qu’elles ne peuvent pas faire bonne impression. Aucune raison, dans ce cas, de faire des efforts pour elles. Mais sans développement accéléré, sans mise en avant, pas de médiatisation, pas de starification, pas de modèle pour les téléspectateurs et donc pas de possibilité de voir débarquer une nouvelle génération de petites filles admiratives des athlètes en puissance.

Du côté des courses masculines, parce qu’Alaphilippe a été mis en avant, et avant lui, des Pinot, Vœckler ou Jalabert, on les a médiatisés, on les a starifiés, mis sur le devant de la scène, on a voulu les copier. Mais quel modèle chez les féminines? Qui pour représenter l’avenir du cyclisme français? On pourrait dire que c’est anecdotique, un voyage en classe éco, mais ça veut dire beaucoup de choses. Les femmes vont arriver dans des conditions compliquées et difficiles, alors que les hommes seront reposés et alertes. Et puis surtout, on va donner l’impression que les femmes ne pourront prétendre à rien.

Sans compter que l’explication économique est une fausse excuse. Dire que payer le voyage pour trente-deux participants nécessitait de faire des choix est un abus de langage. Parmi les sélectionnés, il y a des professionnels et des amateurs, les premiers auraient pu payer la différence entre la classe éco et la classe business. Cela a été, notamment, le choix de la fédération belge qui a envoyé tout le monde en éco et donné le choix d’être surclassé, si le sportif ou la sportive payait la différence. Alaphilippe, dont le salaire est estimé à 2,3 millions d’euros par an, aurait très bien pu payer de sa poche la différence entre la classe éco et la classe business.

Au contraire, ce choix maintient l’idée d’une distinction entre l’élite masculine et les amatrices féminines, entre ceux qui vont prétendre remporter un titre et celles qui ont seulement la chance de participer. Mais comment se donner l’ambition de glaner un titre féminin si les femmes voyagent vingt-deux heures en éco, collées-serrées dans des sièges exigus et nourries à base de sandwichs froids et gâteaux surgelés?

L’intériorisation des inégalités de genre

Pire encore, selon la fédération, les Françaises sélectionnées n’ont pas été opposées à ce choix et ont validé la différence de traitement. C’est la démonstration d’une intériorisation et d’une acceptation des inégalités de genre. Interrogée sur la question, la sociologue Béatrice Barbusse, ancienne directrice du Centre national du développement du sport (l’ancien nom de l’Agence nationale du sport) et autrice du livre Du sexisme dans le sport (Anamosa, 2016), plussoie. «Le fait que les filles n’aient rien dit et soient d’accord en dit long sur la position dans laquelle elles sont: piégées. Et surtout, comme dans d’autres sports comme le foot, elles ont bien intériorisé leur statut d’inférieures. Voilà pourquoi le système perdure.»

Rien ne pourra changer si elles ne décident pas de s’opposer à ces décisions, si elles ne les boycottent pas. Elles voient d’abord la chance de participer à un championnat du monde et comprennent parfaitement l’idée d’une différenciation économique. C’est d’ailleurs le principal argument relevé quand on regarde la teneur des commentaires. Si les femmes sont moins bien traitées, c’est qu’elles génèrent un chiffre d’affaires plus faible. Les hommes font de l’audience, les femmes juste de la figuration. N’en jetez plus, c’est normal qu’elles soient moins bien payées.

C’est le même argument qui est avancé dans le football lorsqu’on parle des inégalités salariales, parfaitement acceptées par l’ensemble des acteurs, footballeuses comme footballeurs: puisqu’il y a 100 fois plus de personnes qui s’intéressent au foot masculin qu’au foot féminin, il est normal que les premiers soient 100 fois mieux payés que les secondes. Idem dans le cyclisme, si les coureurs prétendent remporter un titre lorsque les coureuses vont seulement tenter de faire bonne figure, il est normal que les premiers voyagent en business et les secondes en éco.

Oui, mais pourquoi les footballeurs sont-ils plus médiatisés que les footballeuses? Parce que pendant cinquante ans, entre 1920 et 1972, le football féminin a tout simplement été interdit par les instances internationales. Il avait été injustement décidé que les femmes n’avaient pas le droit de jouer au foot. Ainsi, pas de développement et pas de médiatisation, d’acceptation dans les esprits. Et en cyclisme, aucune course féminine d’envergure n’a été jusqu’ici organisée. Il a fallu attendre 2022 pour voir se faire le Tour de France féminin, sous l’impulsion de Marion Rousse, et encore, il s’est tenu derrière l’édition masculine, pour profiter d’un tremplin médiatique. Et quid des courses internationales, jamais ou trop peu diffusées et médiatisées par la télévision et la presse spécialisée.

Enfin et surtout, comment espérer mettre en avant le cyclisme féminin, avec une star et une championne, comme l’ont été autrefois Jeannie Longo ou Marion Rousse, si les filles débarquent en classe éco avec vingt-deux heures de vol dans les jambes? Clairement, la fédération a fait une erreur et s’est tiré une balle dans le pied. Malheureusement, avec un petit peu plus de réflexion, elle aurait pu s’éviter une telle polémique.

 

[Photo : Dirk Waem / Belga via AFP – source : http://www.slate.fr]

A partir de numerosas anécdotas y personajes históricos, la autora de este ensayo cae en cuenta que los puños no son tan importantes en el cuadrilátero como parecen. Mayor peso tienen la palabra y la narrativa, no solo al apreciar la grandeza o miseria de las peleas, sino porque el lenguaje de este deporte es parte de nuestra vida cotidiana.

Escrito por Marina Porcelli

Nació en 1911, en Mazatlán, a los 16 años eran tantos los antecedentes, que de casualidad fue a parar a un gimnasio. Dicen que en la calle era un demonio, que seguido iba preso por pelearse en las cantinas y en los cabarets, contra cualquiera “que lo haya mirado mal”. Bar al que llegaba, bar que se convertía, dicen, en un campo de batalla. José Alejandro Petre Conde debutó en la Arena Nacional en 1932, según cuenta ese libro extraordinario sobre la historia del box en México: Pasión por los guantes, de Marco A. Maldonado y Rubén A. Zamora (1999). Dicen que después de esa primera función se dividieron las aguas: hubo bandos procondistas, y bandos anticondistas. Que Conde, tan pendenciero en cualquier galpón, era una figura sin chiste cuando subía al cuadrilátero. Que se esmeraba en el ring, cierto, pero con un esfuerzo improductivo, que parecía huir del contrincante, que perdía fuerza y aplomo, ganas de estar ahí. Cosa distinta a cuando se bajaba: nomás pisaba la calle, entraba derecho a la lucha tupida. Conde conquistó el campeonato nacional peso pluma en 1933 y le llovieron reproches. Le decían “el inventor de bicicletas”, por su intención de fugarse en cada pelea, mientras otros opinaban que era una demostración de cautela, de astucia, de inteligencia. Francamente, nunca se supo. Cuál de sus caras, o si las dos a la vez, eran su verdadera personalidad.


Jueces que discrepan, aficionados que cuentan la pelea como un encuentro formidable, y otros, como una vuelta aburridísima, leyendas de boxeadores que nunca ganan, perdedores heroicos. El caso es que el boxeo es un deporte de apreciación. O por lo menos así me comenta Federico Devesa, en su gimnasio, en Buenos Aires, en 2018. Devesa, que además es egresado de administración de empresas, fue campeón sudamericano y tuvo su período de actividad entre 2002 y 2014. La palabra articula resultados y definiciones. O estrategias de prensa. Hay otro pasaje, en este libro de Maldonado y Zamora, en el que luego de un debate en un periódico sobre cómo estuvo el encuentro, uno de los reporteros se pregunta: “¿El señor ha ido al Municipal Auditórium a ver la pelea, o solo se la habrán contado por teléfono?” Y escribe José Sulaimán, en el prólogo justamente sobre la historia de este deporte: “Si el boxeo no existiese, la televisión lo inventaría”.

Así, no deja de ser curioso que la narrativa sea clave de una de las disciplinas en las que el cuerpo es rotundamente explícito, enfatizado —y lo que sigue es una cita clásica de Joyce Carol Oates, al comienzo de On boxing (1987), cuando dice que el boxeador, como el bailarín, no usa su cuerpo sino que “el boxeador ‘es’ su cuerpo y está totalmente identificado con él”. Entonces esto parece una obviedad: la narrativa construye nuestra apreciación del box, y nuestra apreciación del box es todo lo que tenemos a la hora de mirar una pelea. Claro que sucede con otros deportes, también. Juan José Becerra, en una entrevista radial sobre cómo era escribir sobre fútbol (Era por abajo, 2021), reparó que, de alguna manera, “cada uno ve su propio partido”. A eso voy. Pero en el boxeo, pienso, los relatos se acentúan.

Un artículo del 13 de julio de 1921 registra la primera transmisión de boxeo por una radio mexicana. Ahí se relata que el público se ha quedado de pie, ante las puertas de El Universal, para escuchar “mediante unos altavoces colocados en cada una de las esquinas del edificio” la pelea de pesos pesados en Estados Unidos: Jack Dempsey contra George Carpentier. Al locutor le llegaba la transmisión justamente desde Estados Unidos, y la repetía en español sobre las bocinas, vale decir, el relato del encuentro se construía sobre una suerte de encadenamiento: el relato de allá se replicaba acá y cuando la gente la escuchaba acá, lo comentaba en la calle. Y el artículo del diario termina declarando: “Por primera vez en la historia del periodismo mexicano [se tuvo la] información precisa y directa de lo que sucedía en el ring instantes después de pasar”.

Hay, por supuesto, situaciones más inmediatas. Pensemos en las declaraciones de los boxeadores durante los promocionales, en el nivel mediático de la pelea, el espectáculo, el show. O en las huellas que, según señaló Jorge Lera, en Eso no estaba en mi libro de la historia del boxeo (2021), el boxeo deja en el lenguaje cotidiano. Giros tan omnipresentes —nos recuerda Lera— como “levantar la guardia”; “estar contra las cuerdas”; “tirar la toalla”; “que te salve la campana”; “recibir un golpe bajo” o “gancho al hígado”.

Pero quizá lo paradójico reside en que esta práctica deportiva hace presente el cuerpo en una dimensión a la que la narrativa nunca llega. A cómo se narra un sueño, a eso me refiero concretamente, o a la música, o a un orgasmo. O al dolor. La complejidad y la subjetividad que implica narrarlos. Porque es el propio cuerpo, dice Frantz Fanon (y esta frase yo se la leí a Alejandro de Oto), el que te obliga a una interrogación constante: el que hace que nos preguntemos quiénes somos. En esta relación entre cuerpo y palabra que el boxeo —uno de los deportes más populares de México, y el que, después de los clavados, ha dado más medallistas olímpicos—, va construyendo su historia.

Voces sobre el cuerpo que boxea

Maldonado y Zamora dan como fecha de origen 1893, cuando lo empezaron a practicar varones de clase alta, con intenciones de imitar las modas europeas. Resultaba útil, decían, para dirimir cuestiones de honor. A fines del porfiriato, y en Ciudad de México, se crea una serie de clubs, gimnasios y academias, lugares de entrenamiento, como el Club Olímpico, la Academia Metropolitana o el Colegio Militar. Otra narrativa de origen lo ubica en Tampico, como deporte que traen y practican los marineros ingleses en los tugurios del puerto. Y muchos críticos señalan que también se adopta el boxeo entre las filas del ejército de Álvaro Obregón, para instrucción militar.

Pronto este deporte crece y cambia: sucede una oscilación, se vuelve regular en las clases populares, y construye otro tipo de relato. El género del boxeo es la biografía, pienso. La posibilidad, para voces que nunca son escuchadas, de contar una historia. Se supone, de hecho, que las primeras memorias de un deportista moderno se publican en Inglaterra en 1816, y son, justamente, las Memorias de Daniel Mendoza (The Memoirs of the Life of Daniel Mendoza), las peleas sistemáticas en la calle, a nudillo pelado (bare knuckle).

Además de los títulos clásicos —pienso en los libros de Norman Mailer y en las muchas biografías sobre Alí, pienso también en Yo soy el boxeo (1981), el libro de Kid Chocolate, el púgil cubano de comienzo del siglo xx, o en el de la vida novelada de Panamá Al Brown, de Eduardo Arroyo, y en ese volumen de Ezequiel Fernández Moores sobre la figura de Ringo Bonavena, el peso pesado argentino, que construye su propio show, y termina enfrentándose a Alí en el Madison Square Garden en 1970—, pienso que la mayoría de estos libros son relatos de vida. La literatura sobre la disciplina en México se arraiga principalmente en crónicas deportivas, en los escritos de José Ramón Garmabella, y en la reedición en el país de los cuatro tomos compilados en Cuba, A puño limpio, que reúnen veinte autores variados, desde Nat Fleischer y sus crónicas sobre la fundación de The ring, hasta la poesía sobre el tema de Nicolás Guillén. A esta lista se suman, claro, las Memorias del Gran Púas de Ricardo Garibay, y Golpe a Golpe de Mauricio Mejía (retratos publicados por Proceso). Gran parte de estos libros recuperan la tradición inglesa, los cuentos de Jack London, las historias de Conan Doyle y las de Hammet.

Sin embargo, a pesar de la lista —y, sobre todo, si la comparamos con la producción caudalosa sobre fútbol— la bibliografía sobre boxeo no es abundante. Con excepción de algunos sectores casi de culto, y especializados del periodismo deportivo, es una disciplina sobre la que se ha reflexionado poco. Y vale preguntarse por qué esta resistencia de las academias, de las escrituras, a pensar el boxeo, a hablar tan frontalmente del cuerpo, de ese lugar tan huidizo y tan real a la vez, y feliz y dramático.

Una excepción brillante son los trabajos de Hortensia Moreno sobre boxeadoras. Sabemos que el boxeo femenil fue prohibido por decreto presidencial, acá en México, el 5 de diciembre de 1946. Que Laura Serrano, al interponer una demanda, consigue hacer la primera pelea en 1999. En Género, nacionalismo y boxeo, Hortensia Moreno propone que la mera presencia de las mujeres en los deportes cuestiona y reconstruye las maneras en que se representa el cuerpo humano para retratar la nación. Así, lo que hacen las boxeadoras es centralmente romper con los supuestos, con lo esperado, con lo que dictamina el imaginario para ellas. Y en la paráfrasis de Chatherine Mackinnon, teórica estadounidense: “El desafío de una boxeadora, de cualquier deportista, entraña en poseer una fisicalidad propia que le permita tener una relación con su cuerpo y con la violencia, en este caso regulada, diferente a los que la sociedad le permite tener a una mujer”.

Ilustración: Guillermo Préstegui

La palabra como réferi

Se cuenta (en el libro señalado arriba de Jorge Lera) que Conan Doyle recibió, en 1910, una propuesta insólita. Tex Richard, el promotor inglés, que en su historial tiene el haber organizado el campeonato mundial de pesos pesados entre Jack Jackson y Jim Jeffries, propuso a Arthur Conan Doyle, “por su prestigio y sus acreditados conocimientos”, como réferi de un encuentro que llevaba meses dilatándose. Los boxeadores aceptaron. Dicen que Conan Doyle dio el sí de inmediato, ilusionado, feliz por semejante reconocimiento, “pese a la oposición de amigos y familiares”. Y aunque finalmente la pelea no se hizo, porque Conan Doyle tenía otros compromisos y no pudo viajar para oficiar de árbitro, yo quiero dar cuenta de esa dimensión totalmente humana y existencial que construye el boxeo: en las declaraciones, Conan Doyle habla del honor que hicieron al elegirlo.

Ya dije que el libro de Maldonado y Zamora es extraordinario. Y lo digo por las historias que encierra, las narrativas que recopila, además de la semblanza de José Petre Conde. Está el caso, por ejemplo, de un boxeador que gana el título el día de su cumpleaños, y lo pierde después, también en su cumpleaños. Personajes que se golpean la cabeza con los micrófonos verticales que caen sobre el ring, y tienen hemorragias gravísimas, boxeadores que toman litros de café y lonchas de jamón para recuperar fuerzas en los break de un minuto, o la noche de un réferi armado, que se enoja, dispara sobre los jueces, lastima a alguien, llega la policía, se lo lleva preso, y después sigue la pelea. Siempre sigue, siempre continúa. Quién cuenta la historia y cómo se cuenta son marcas profundas de esta disciplina de apreciación. El primer nocaut documentado de la historia está en Homero. Reparemos, entonces, en todo lo que se sigue escribiendo y en todo lo que queda por escribir.

Marina Porcelli
Narradora, ensayista. Obtuvo el Premio Edmundo Valadés (2014) y el Premio Nacional de Ensayo Eduardo Mallea por su obra Nausicaa. Viaje al otro lado de la otredad.

 

[Ilustración: Guillermo Préstegui – fuente: http://www.nexos.com.mx]

La Garçonne vue par le dessinateur Edouard Chimot en 1939. Collection particulière, fourni par l’auteur

 

Écrit par Christine Bard

Professeure d’histoire contemporaine, Université d’Angers

À l’heure de la mode unisexe et des identités fluides, la figure de la garçonne nous donne à penser sur les transgressions de genre et les paniques morales qu’elles provoquent.

La garçonne est à la fois une mode – le look années 1920 – et une figure mythique – la jeune femme moderne et affranchie sexuellement – prise dans un autre mythe, celui des Années folles. Inventé par Joris-Karl Huysmans, écrivain et critique d’art, le terme évoque à la fois la « garce », la féminisation inédite et oxymorique de « garçon » et la « garçonnière ». Sa popularité vient du roman éponyme de Victor Margueritte publié il y a cent ans, en 1922. La garçonne, dans la France d’après-guerre, naît sous le signe du scandale. L’auteur est notamment radié de la Légion d’honneur, à la suite de plaintes venant des milieux conservateurs, catholiques et natalistes agissant au nom de la défense de la morale publique.

Puis les journaux, les livres, les films, les caricatures, les pamphlets vont faire de cette garçonne une figure-repoussoir, responsable du désordre des mœurs. C’est un mythe qui s’ancre à Paris, lieu à la fois fascinant et effrayant, où la charge sexuelle est très forte, mais qui est aussi présent dans d’autres grandes villes comme Berlin, Londres et New York, Le Caire ou encore Tokyo. Le mot, bien que difficile à traduire, s’exporte bien. En Allemagne, dans les années 1920, une revue lesbienne porte ce nom. Et en Roumanie, les salons de coiffure adoptent la coupe « à la garçonne » en français. C’est la première fois que les femmes portent les cheveux courts : une révolution.

Émancipation corporelle et sexuelle

La garçonne qualifie une allure un peu garçonnière. La presse de mode de nos jours emploie encore régulièrement ce terme délicieusement rétro et très évocateur. Dès les années 1920, la garçonne apparaît paradoxale et multiple.

L’actrice Vilma Bánky portant un chapeau cloche, 1927. Wikimedia

Le terme peut désigner simplement une femme à la mode. Une mode qui est révolutionnée par Paul Poiret, Chanel, parmi d’autres. Porter la petite robe noire qui découvre bras et jambes, avec un long sautoir en perles et un chapeau cloche, c’est déjà être une garçonne. Mais il y a aussi la garçonne plus androgyne ou masculine, aux cheveux gominés, qui porte le costume d’homme et fume en public. Sans oublier les sportives, de plus en plus nombreuses, adeptes du short et du pantalon.

La footballeuse brune, 1926, Ángel Zárraga

La garçonne incarne une émancipation corporelle et sexuelle. Elle ne se soumet plus aux contraintes et rejette le corset, symbole des entraves qui caractérisent les apparences féminines. Son corps est androgyne, mince, filiforme. La poitrine est effacée : bandée, aplatie par les robes à taille basse, voire éradiquée par le bistouri. C’est une rupture esthétique considérable, que l’on interprète comme un refus des rondeurs maternelles. Dans l’imaginaire collectif, nourri par le roman de Victor Margueritte, la garçonne est bisexuelle, nymphomane et rejette la maternité. Elle ne respecte plus l’ordre des sexes. Elle ignore l’ordre des races. Elle ne reconnaît pas non plus les frontières entre les classes : sous le chapeau cloche, la bourgeoise et la crémière se ressemblent.

Il s’agit bien d’un mythe même si, dans la vraie vie, des femmes réelles ont pu inspirer telle ou telle facette de cette figure : Chanel, Mireille HavetJoséphine BakerMarthe Hanau, Violette Morris… Mais, dans la vraie vie, les femmes des années 1920 n’ont ni le droit de vote, ni le droit de porter le pantalon. Et la France, avec une majorité bleu-horizon à la Chambre des députés, accroît la répression de l’avortement tout en interdisant les discours attentatoires à la natalité.

Gabrielle Chanel en 1928. Wikimedia

Un sujet piège pour les féministes

Pourtant, les transgressions accomplies par la garçonne construisent la modernité. Cela passe par une rupture jugée violente, à l’époque, avec les traditions. C’est ce que l’on peut dire avec le recul du temps et nos mots à nous. Mais il faut se méfier de l’anachronisme. Et donc comprendre comment le phénomène a été perçu à l’époque. Cette exploration historique nous réserve quelques surprises. Par exemple sur le positionnement des féministes. La réforme vestimentaire n’a jamais été leur priorité. En 1922, le Sénat rejette le suffrage des femmes. Et puis la plupart des féministes veulent l’égalité tout en cultivant la différence des genres, qui passe aussi par les apparences.

Tous les changements vestimentaires des femmes étant perçus comme les étapes d’une masculinisation fatale, les féministes craignent une indifférenciation des sexes, qui leur est justement déjà reprochée par les antiféministes. C’est donc pour elles un sujet piège. D’autant plus qu’elles se méfient d’une mode qui dévoile le corps. La féministe Madeleine Vernet parle même « d’incitation au viol » à propos des bas couleur chair appréciés des garçonnes. Les féministes veulent « une seule morale pour les deux sexes », mais en alignant la morale sexuelle des hommes sur celle des femmes, et non l’inverse.

L’artiste Claude Cahun, Autoportrait, 1927.

 

De son côté, Colette estime que la garçonne crée une nouvelle norme. La garçonne est, certes, libérée du corset, mais elle doit avoir un corps de jeune adolescent, et donc se bander les seins, faire des régimes, se mettre au sport… Cette pression des nouveaux diktats de la mode et cette exigence d’androgynie qui déplaisent à l’écrivaine. Elle avait pourtant coupé ses cheveux dès 1902 et était experte en libération des mœurs…

Autre trouble : la dimension homosexuelle de la garçonne. Les années 1920 représentent un moment de visibilité important dans l’histoire de l’homosexualité féminine. La lesbienne masculine est en quelque sorte une « garçonne accomplie », avec des cheveux très courts, et parfois un pantalon. Garçonne est un euphémisme pour dire le lesbianisme, lequel est toujours considéré comme une déviance contre-nature, mais aussi comme une pathologie sociale liée au désir d’indépendance des femmes. Les garçonnes bisexuelles et homosexuelles sont très présentes sur la scène du Paris nocturne et hédoniste. Le sport, avec la célèbre figure de Violette Morris, diffuse également des images de garçonnes.

Violette Morris devant son magasin d’accessoires automobiles parisien, porte de Champerret, en 1928. Wikimedia

C’est certainement avec les stars androgynes du cinéma au tournant des années vingt et trente, avec Marlène Dietrich, Greta Garbo et Louise Brooks, que l’androgynie gagne en légitimité esthétique. Ces actrices attirantes, mystérieuses et un peu dominatrices séduisent les hommes et les femmes. Elles créent du « trouble dans le genre », pour reprendre l’expression de Judith Butler. Ce qui prend, évidemment, une tournure politique.

Un mythe qui penche à droite

Aussi peut-on se demander si « la garçonne » est un mythe de gauche ou droite. À première vue, c’est un peu embrouillé. Le « père » de la « garçonne », Victor Margueritte, est en 1922 un homme de gauche qui défend le droit des femmes à disposer de leur corps.

Louise Brooks en 1927. Wikimedia

De quoi ancrer ce mythe à gauche ? Pas vraiment. Les forces de gauche condamnent l’immoralité du roman, jugé pornographique. L’héroïne a lu Du mariage de Léon Blum. C’est embarrassant… Si le début du roman semble valoriser l’émancipation sexuelle des femmes – l’héroïne est bisexuelle, fréquente des prostituées, multiplie les amants, se drogue –, sa fin consacre un retour absolu à la norme puisque Monique se laisser pousser les cheveux, se marie, et deviendra mère dans la suite du roman.

La Garçonne envoie donc, politiquement, des messages contradictoires. De plus, même si son auteur prend la pose de l’écrivain social attaché à l’émancipation humaine, son roman se rattache à un imaginaire croisant l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme.

La garçonne obsède les conservateurs : la dénigrer, c’est une façon d’activer un autre mythe, celui de l’éternel féminin, tout en douceur maternelle et en soumission. Des écrivains comme Paul Morand ou Maurice Sachs décrivent alors une société qui a perdu ses repères, menacée de toutes parts. Dans ce chaos, la garçonne joue sa partition. Incarnation de la masculinisation des femmes, elle est accusée de déviriliser les hommes. Les discours anti-garçonne dépeignent une société en perdition à cause de « l’inversion des sexes » et de la « prolifération de l’homosexualité » ; ils fabriquent un contre-modèle dont on a un bon exemple dans la série des Brigitte, de Berthe Bernage. Créer des peurs pour réclamer le retour à l’ordre : le procédé ne date pas d’aujourd’hui. Son efficacité a de quoi nous faire réfléchir.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

 

Publicado por Rafael Amaral

Escrito por Ingmar Bergman

No verão em que completei dezesseis anos fui mandado para a Alemanha como estudante de intercâmbio. Isso significava que permaneceria seis semanas na casa de uma família alemã, junto com um garoto da minha idade. Quando suas férias de verão começassem, ele me acompanharia à Suécia, onde ficaria durante o mesmo período.

Fui recebido pela família de um pastor em Turíngia, numa pequena localidade que se chamava Haina, entre Weimar e Eisenach. A aldeia ficava em um vale e era cercada de belas construções. Entre as casas insinuava-se um riacho indolente e turvo. Na aldeia havia uma igreja exageradamente grande, uma praça com um monumento de guerra e uma estação de ônibus.

A família era grande: seis filhos e três filhas, o pastor e sua mulher, além de uma parenta mais velha, que era diaconisa ou freira auxiliar. Ela tinha bigode, suava a cântaros e dirigia a família com mão de ferro. O pai era um homem esbelto, com barba de bode, olhos azuis carinhosos, chumaços de algodão nos ouvidos e uma boina preta bem puxada sobre a testa. Era lido e musical, tocava vários instrumentos e cantava com voz suave de tenor. A mulher era gorda, maltratada e submissa, ficava a maior parte do tempo na cozinha e me dava tapinhas tímidos na bochecha. Talvez estivesse pedindo desculpas pelo fato de a casa ser tão pobre.

Meu companheiro, Hannes, parecia recortado de um jornal de propaganda nacional-socialista: louro, esbelto e de olhos azuis, com um sorriso saudável, orelhas muito pequenas e uma barba incipiente. Nós nos esforçávamos para entender um ao outro, mas não era fácil. Meu alemão era o resultado do estudo de gramática daquele tempo: não estava no plano do curso que a língua teria de ser falada.

Os dias eram tristes. Às sete horas, as crianças iam para a escola e eu era deixado sozinho com os mais velhos. Lia, perambulava, sentia saudade de casa. De preferência ficava no gabinete de trabalho do pastor ou o acompanhava nas visitas às famílias. Ele dirigia uma velha banheira de capota alta, levantando poeira pelas estradas, no calor imóvel; por toda parte desfilavam gansos gordos e zangados.

Perguntei ao pastor se devia estender a mão e dizer Heil Hitler como todas as outras pessoas. Ele respondeu: “Meu caro Ingmar, isso seria considerado mais do que mera educação”. Levantei a mão e disse Heil Hitler, foi engraçado.

Depois, Hannes sugeriu que eu o acompanhasse à escola e às aulas. Dada a escolha entre a peste e a cólera, escolhi a escola, que ficava numa localidade maior, a alguns quilômetros, de bicicleta, de Haina. Fui recebido com efusiva cordialidade e me sentei ao lado de Hannes. A sala de aula era espaçosa, maltratada e fria pela umidade, apesar do calor de verão do lado de fora da alta janela. O assunto era religião, mas Mein Kampf [Minha Luta], de Hitler, estava sobre as carteiras. O professor leu algo de um jornal que se chamava Der Stürmer. Só me lembro de uma frase, que me pareceu estranha. Ele repetia insistentemente, em tom objetivo: “envenenado pelos Judeus”. Perguntei mais tarde de que se tratava. Hannes riu: “Ingmar, tudo isso não é para estrangeiros”.

No domingo a família ia ao culto solene. O sermão do pastor era surpreendente: ele não falava baseado nos evangelhos, e sim no Mein Kampf. Depois da igreja havia o café no salão da paróquia. Muitos usavam uniformes e eu tive numerosas oportunidades de levantar a mão e dizer Heil Hitler.

Todos os jovens da casa pertenciam a alguma organização, os meninos à Juventude Hitlerista, as meninas à Juventude Feminina Alemã. À tarde fazia-se exercício com espada em vez de revólver ou se praticava esporte nas quadras; à noite assistíamos a conferências com exibição de filmes ou cantávamos e dançávamos. Com dificuldade nos banhávamos no riacho, cujo fundo era puro lodo e cuja água cheirava mal. Os panos de menstruação das moças, tecidos de algodão grosso, estavam pendurados na lavanderia primitiva, sem água quente ou outras comodidades.

Era dia de parada em Weimar, uma gigantesca marcha com Hitler à frente. Na casa paroquial havia pressa, camisas eram lavadas e passadas, botas e cinturões lustrados, os jovens partiram ao amanhecer. Eu e a família do pastor seguiríamos depois, no carro. A família mencionava com certa ênfase que havia conseguido lugares perto da tribuna de honra. Alguém brincou dizendo que minha presença era o motivo da localização vantajosa.

Nessa manhã irrequieta, o telefone tocou, era uma ligação de casa. Muito longe escutei a bonita voz de tia Anna, pois sua imensa riqueza lhe permitia fazer essa ligação tão cara. Ela nem sequer se incomodava em apressar-se, só aos poucos chegava perto de seu objetivo principal. Mencionou uma amiga que vivia em Weimar e era casada com um diretor de banco: ela soubera por intermédio de minha mãe que eu me encontrava perto e logo telefonara à sua amiga sugerindo que eu fosse visitar sua família. Depois, tia Anna falou com o pastor em alemão fluente, voltou a falar comigo e mostrou seu contentamento em saber que eu me encontraria com sua amiga e suas lindas crianças.

Chegamos a Weimar por volta do meio-dia. A parada e o discurso de Hitler começariam às três. A cidade fervilhava numa excitação festiva, com as pessoas passando pelas ruas em seus trajes domingueiros ou em uniformes. Por toda parte orquestras tocavam, as casas estavam cobertas de guirlandas de flores e bandeirolas. Os sinos das igrejas tocavam, tanto os sombrios tons protestantes como os alegres tons católicos. Um grande parque de diversões tinha surgido numa das velhas praças. No Opera House anunciava-se Rienzi, de Wagner, apresentação que seria seguida de fogos de artifício, à noite.

Eu e a família do pastor ficamos próximos à tribuna de honra. Enquanto esperávamos na soalheira pesada que anunciava um temporal, bebemos cerveja e comemos sanduíches de um embrulho engordurado que a mulher do pastor, durante a viagem, trouxera apertado contra o seu peito inchado.

Às três em ponto ouviu-se alguma coisa parecendo um furacão que se aproximava. O ruído surdo e amedrontador se espalhou pelas ruas e foi de encontro às paredes das casas. Lá longe, no prolongamento da praça, avançava devagar um cortejo de carros pretos abertos. O barulho cresceu e se sobrepôs aos trovões, que se desencadeavam; a chuva caiu como uma cortina transparente, enquanto os estrondos se precipitavam sobre o local da festa.

Ninguém se importou com a tempestade; toda a atenção, todo o êxtase, toda a glória se concentravam numa só figura. Ele estava de pé, imóvel, no enorme automóvel preto que contornou a praça lentamente. Voltou-se e olhou para todas aquelas pessoas possuídas, gritando e chorando. A chuva banhava seu rosto e o uniforme, que a água embebía, estava escuro. Aí ele saltou devagar, pisou o tapete vermelho e desfilou sozinho até a tribuna de honra. Seus seguidores se mantiveram a distância.

De repente, tudo ficou em silêncio, somente a chuva tamborilava nas pedras das ruas e nas balaustradas. O Führer falava. Foi um discurso curto. Não entendi muito, porém a voz era às vezes solene, às vezes burlona, os gestos sincronizados e bem ajustados. Quando o discurso acabou, todos gritaram seus Heil, o temporal cessou e a luz quente irrompeu por entre as formações de nuvens negro-azuladas. Uma enorme orquestra tocava e a parada surgiu das ruas laterais em direção à praça, passou pela tribuna de honra e, depois, em frente ao teatro e à catedral.

Eu nunca, jamais, tinha visto algo parecido com aquele arrebatamento, tal manifestação de força. Gritei como todos os outros, estendi a mão como todos os outros, bradei como todos os outros, amei como todos os outros.

Em nossas conversas noturnas, Hannes explicara a guerra da Abissínia, como fora importante que Mussolini finalmente cuidasse dos indígenas que viviam na escuridão e com mãos generosas lhes transmitisse a milenar cultura italiana. Tinha dito também que nós, lá longe na Escandinávia, não entendíamos como os judeus, após o colapso, tinham explorado o povo alemão. Esclareceu que os alemães construíram um baluarte contra o comunismo, que fora consequentemente sabotado pelos judeus, e afirmou que todos nós devíamos amar o homem que formara nosso destino comum, e com decisão nos unira para juntos sermos uma vontade, uma força, um povo.

No meu aniversário, ganhei um presente da família: uma fotografia de Hitler. Hannes pendurou-a sobre a minha cama para que “sempre tivesse esse homem diante dos olhos”, para que aprendesse a amá-lo da mesma forma que Hannes e a família Haid o amavam.

Eu o amei também. Durante muitos anos estive do lado de Hitler, alegrando-me com suas vitórias e entristecendo-me com as derrotas.

Meu irmão foi um dos diretores e organizadores do partido nacional-socialista sueco; meu pai votou diversas vezes nos nacional-socialistas. Nosso professor de história tinha entusiasmo pela “velha Alemanha”, o professor de ginástica viajava todo verão para os encontros de oficiais na Baviera, alguns pastores da paróquia eram criptonazistas, amigos próximos da família expressavam forte simpatia pela “nova Alemanha”.

***

Quando as declarações das testemunhas dos campos de concentração me alcançaram, não compreendi e não aceitei o que meus olhos registravam. Como muitos outros, chamava as fotos de montagens propagandísticas mentirosas. Quando a verdade finalmente venceu minha resistência, fui tomado de desespero, e o desprezo por mim mesmo, que já era uma carga pesada, cresceu até os limites do insuportável. Não percebi senão muito mais tarde que apesar de tudo era inocente.

Como estudante de intercâmbio, não vacinado, despreparado, mergulhei de cabeça numa realidade reluzente de idealismo e culto ao herói. Além de tudo, estava entregue, indefeso, a uma agressividade que em grande parte coincidia com a minha. O brilho exterior me ofuscou. Não enxerguei o escuro.

Quando, no ano seguinte, com o fim da guerra, cheguei ao Teatro Municipal de Göteborg, havia um corte profundo e sangrento dividindo o foyer dos artistas. Lá estavam o locutor do cinejornal da UFA, os produtores de filmes de propaganda nacionalista e seus partidários incondicionais de sempre, de um lado. Do outro lado: os judeus, os seguidores de Segerstedt, atores com amigos noruegueses e dinamarqueses. Todos estavam lá sentados, mastigando seus sanduíches trazidos de casa, tomando a repugnante bebida da cantina. O ódio era visível, palpável.

Quando soava a campainha, entrava em cena e se apresentava a melhor companhia de teatro do país.

Eu me calava sobre os meus extravios e meu desespero. Uma estranha resolução amadurecia devagar. Política nunca mais! Naturalmente, deveria ter tomado uma decisão bem diferente.

Trecho de Lanterna Mágica, autobiografia de Ingmar Bergman (Cosac Naify; pgs. 131-136; tradução de Marion Xavier).

[Imagem do cabeçalho: Ingmar Bergman no início de carreira – fonte: palavrasdecinema.com]

O gran amigo do ferro, aliado do lume, a terra e o vento, mantén firme a súa cotización como un dos escultores máis influentes do século XX

Eduardo Chillida, retratado traballando en fórxaa en 1952.

Escrito por MIGUEL LORENCI

Eduardo Chillida Juantegui (San Sebastián, 1924-2002) foi un mago do volume e o silencio. O mellor amigo do ferro, aliado co lume, a terra e o vento. Este venres cúmprense vinte anos da morte do xenial arquitecto do baleiro, un dos escultores máis influentes do século XX, amante tamén da palabra na incesante procura que foi a súa vida.

«O profundo é o aire», era a súa lema. Tomouno prestado dun verso de Jorge Guillén e resume o seu afán de alcanzar a etérea esencia das cousas na súa cordial batalla cos materiais. Xenio parello aos de Brancusi, Calder ou Giacometti, a súa obra está nos mellores museos e coleccións do mundo, e mostrouse en máis de 500 exposicións individuais. Con máis de corenta grandes pezas repartidas por espazos públicos do globo, o seu legado brilla en Chillida Leku, en Hernani. Acolle o mellor dunha obra universal, viva e puxante que non perdeu un chisco da súa elevada cotización. A súa mellor ferramenta foi a sinxeleza que transmutó en maxia e cosmopolitismo.

A súa infancia xunto ao mar na baía donostiarra marcou a súa relación coa paisaxe e o espazo. De neno ensimesmábase vendo romper as ondas no lugar onde anos máis tarde colocou o seu popular Peite do vento (1976) como unha homenaxe á súa cidade.

O fútbol foi a súa primeira paixón. Con 18 anos era porteiro da Real Sociedade. A afección txuri urdin alcumáballe o gato pola súa axilidade. Unha lesión de xeonllo apartouno do deporte. Cambiou as botas e as luvas por unha mans espidas en busca de volumes, incitado pola súa tardía vocación artística. Optou por estudar arquitectura en 1942, pero abandonou para debuxar no Círculo de Belas Artes de Madrid. Sempre tería presente os principios da arquitectura e se autodenominó «arquitecto do baleiro».

Cunha bolsa chegou a París en 1948. Realizou as súas primeiras esculturas figurativas en yeso influenciadas polas da Grecia arcaica do Louvre. Recoñecido no Salón de Maio de 1949, un ano despois expuña nunha colectiva da Galerie Maeght dedicada a artistas emerxentes. Aimé Maeght fichouno para incluílo na súa potente nómina xunto a Chagall, Mirou, Calder ou Giacometti.

Crise creativa

Unha crise creativa fíxolle regresar ao País Vasco en 1951. Reencontrouse coas súas raíces e descubriu o ferro. Xa se casou con Pilar Belzunce, con quen tivo oito fillos. O retorno propiciou o achado da súa linguaxe máis persoal. Ilarik foi a súa primeira escultura abstracta, na que reinterpreta os ronseis funerarios vascas. As súas obras posteriores, inspiradas na natureza, a música e o universo, parten dunha inquietude filosófica. Coas portas para a Basílica de Aránzazu iniciouse na obra pública en 1954. Os seus máis de 40 pezas para espazos públicos aluden a valores universais como a tolerancia ou a liberdade.

Tíñase a si mesmo por «un especialista en preguntas». E non só nas súas obras ensaiaba respostas. «Non hai nada que teña feito máis pola cultura que o desexo de saber do que non sabe», escribiu un creador tan xenial como dubitativo. «A miña vida consistiu en facer sempre o que non sei facer, porque o que sei facer xa o fixen, de modo que toda a miña vida pasa polos verbos buscar, dubidar e preguntar», dicía en 1998, cando o centro Reina Sofía presentou a mostra que percorría toda a súa carreira. «Teño as mans de onte, fáltanme as de mañá», repetía.

Gran lector, tivo na poesía uno dos seus faros e buscou a irmandade de grandes poetas e narradores como San Xoán da Cruz, José Anxo Valente, Neruda, Goethe e Edmond Jabés para compor os seus poemas tridimensionais.

En setembro do 2000 inaugurouse Chillida Leku [o lugar de Chillida], un parque de 12 hectáreas en torno ao caserío de Zabalaga, xoia do século XVI que Chillida comprou en 1983 e salvou da ruína. Elixido polo artista para perpetuar o seu legado e mostrar a súa obra en diálogo coa natureza, a súa azarosa historia, con crise e desencontros entre a familia e o Goberno vasco, levou ao seu peche no 2010.

Reapertura do Chillida Leku

Reaberto no 2019, xestiónao hoxe a poderosa galería suíza Hauser & Wirth, xigante do negocio da arte que comandan Manuela Hauser e Iwan Wirth. A parella máis influente do mercado mundial da arte, segundo a revista Art Review, fíxose en exclusiva coa administración da Sucesión Chillida e a xestión de Chillida Leku. Alí repousan os restos do escultor falecido con 78 anos na súa casa do Monte Igueldo de San Sebastián, derrotado polo alzhéimer e sen poder culminar un dos seus máis grandes (e polémicos) proxectos: un gran monumento á tolerancia no corazón da montaña Tindaya en Forteventura.

Facer vangarda desde o máis ancestral

O maxisterio de Eduardo Chillida, cimentado na súa capacidade de facer vangarda en grao sumo ancestral, recoñeceuse desde os anos sesenta. A súa primeira gran retrospectiva ofreceuna o Museo de Belas Artes de Houston en 1966 e a finais dos setenta consagrouse como un dos escultores máis importantes do século XX. En 1980 expuxo no Guggenheim de Nova York, no Palacio de Cristal de Madrid e, por primeira vez no País Vasco, no Museo de Belas Artes de Bilbao. O Reina Sofía acolleu a súa maior retrospectiva en 1998. O Guggenheim de Bilbao fíxoo en 1999, o Jeu de Paume de París no 2001, o Hermitage de San Petersburgo no 2003, o xaponés Mie Prefectural Art Museum de Tsu-Shi no 2006, o Graphikmuseum Pablo Picasso de Münster no 2012 e o Rijksmuseum de Ámsterdam no 2018. O Gran Premio de Escultura da Bienal de Venecia e o da Fundación Graham de Chicago abrían en 1958 un palmarés ao que se sumaron galardóns como o Kandinsky (1960), o Wilhelm Lehmbruck (1966), o Kaissering (1985), o Príncipe de Asturias das Artes (1987) ou o Praemium Imperiale do Xapón (1991). Chillida era membro da Real Academia de Belas Artes de San Fernando desde 1989.

[Imaxe: Sucesión Eduardo Chillida | Hauser & Wirth – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Le sport et la politique entretiennent des liens ambigus. La pratique sportive et les compétitions peuvent être des lieux de lutte et d’émancipation mais aussi de contrôle social. Notre série d’été « Sport et politique : liaisons dangereuses ? » explore et décrypte la place qu’occupe aujourd’hui le sport dans nos sociétés.

Après nous être penché sur les Jeux Olympiques, sur le façonnement de la citoyenneté dans les piscines publiques, sur la manière dont le sport est parfois utilisé directement par les politiques, nous revenons dans ce quatrième épisode sur les débats à propos de la nudité dans les piscines.

Nageur nu dans la piscine

Nageur naturiste à la piscine Roger Le Gall à Paris dans le 12e arrondissement. Geoffroy Van Der Hasselt / AFP


Écrit par Sylvain Villaret

Maître de conférence en histoire du sport et de l’éducation physique, Le Mans Université

Depuis le premier mai 2022, la ville allemande de Göttingen autorise à titre d’essai les femmes à se baigner la poitrine nue dans les piscines municipales. À quelques jours de cette décision, le 16 mai précisément, c’est au tour de la ville de Grenoble de légiférer à propos du costume de bain. Cette fois, c’est le port du burkini, un maillot de bain couvrant intégralement le corps, qui fait l’objet d’un vote favorable. L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais les esprits s’échauffent.

En France, le vote du conseil municipal de Grenoble nourrit le débat politique sur la laïcité dans le contexte des élections législatives de juin 2022. Le tribunal administratif de Grenoble en suspend l’application, ce qui conduit la ville à porter l’affaire devant le Conseil d’État.

Ces deux exemples laissent entrevoir les enjeux de premier plan, relatifs au contrôle social des apparences et à la mise en scène du genre notamment, qui se cachent derrière la plus ou moins grande nudité des corps dans l’espace public. Car c’est bien de nudité, féminine en l’occurrence, dont il est question ici. D’un côté, face à la pression des usagers, les pouvoirs publics autorisent son extension, de l’autre sa réduction.

Pour aller plus loin, ces choix divergents interrogent sur la place et le rôle conférés à la nudité dans nos sociétés, en fonction du genre des individus notamment. Comment expliquer la puissance transgressive de la nudité féminine encore de nos jours ? Enfin, quelle position les municipalités ont-elles adoptée au cours du temps pour faire face aux différentes formes de maillot, et donc de nudité, qui ont trouvé leur place dans les piscines publiques ?

La nudité : une question de regard

Comme on a pu s’en rendre compte, la nudité est avant tout une question de perception, de représentations qui se construisent au travers d’un cadre politique et socioculturel précis. Dans des sociétés de plus en plus individualiséesfragmentées, cette donnée explique la diversité des positions défendues et les affrontements qui en résultent.

En 2004, la création du burkini par la créatrice australienne Aheda Zanetti est venue ainsi répondre à la demande d’une partie de la communauté musulmane. L’objectif revendiqué était de permettre aux femmes musulmanes « actives » d’accéder à des espaces auxquels elles avaient renoncé en raison d’un dévoilement du corps jugé contraire aux valeurs islamiques.

À Grenoble, s’affrontent ainsi dans les piscines nudité « religieuse », limitée aux visages et aux mains avec le burkini, et nudité « républicaine », séculaire. Face à la polémique, la réponse de la mairie est de faire valoir le respect de la liberté individuelle : burkini et seins nus doivent ainsi cohabiter dans les piscines communales. Ce respect s’inscrit également dans la volonté d’œuvrer en faveur de l’égalité hommes femmes, en s’émancipant d’injonctions différenciées de genre.

Naturaliser la nudité

On déduit de cet exemple que c’est le regard qui, in fine, habille ou déshabille le corps, même s’il est déjà dépourvu de vêtement. Et, pour aller plus loin, c’est le regard qui « sexualise » ou non la nudité, cette sexualisation motivant l’injonction à la cacher plus ou moins.

Ce fait met en lumière le combat mené par les mouvements naturistes depuis le XIXe siècle pour « naturaliser » la nudité, c’est-à-dire la normaliser dans un cadre collectif voire public, en l’émancipant des considérations sexuelles.

Ce raisonnement nous amène donc à un second constat : la nudité est plus qu’une perception, elle est aussi une sensation qui renvoie à la pudeur, un sentiment de soi se construisant dans la relation aux autres et à soi-même. C’est ce qui fait dire à Francine Barthe Deloisy que la nudité est « toujours en situation », en contexte. Se sentir nu est donc à la fois subjectif et social. Au vu de ses éléments, il est d’ailleurs plus juste de parler de nudité au pluriel qu’au singulier.

Le pouvoir de la nudité

La nudité est donc, avant tout, un construit culturel témoignant de l’évolution des sociétés. Comme le souligne Claire Margat, c’est finalement le port du vêtement qui est naturel car, « quelle que soit la culture, un vêtement même minime se superpose au corps […] ». Et :

« plus nos vêtements s’interposent entre nos corps nus et la bienséance qu’exige notre apparence sociale, plus la nudité fait scandale ».

Hormis dans la sphère artistique, le fait qu’elle soit le plus souvent cachée au quotidien, en particulier du XIXe siècle aux années 1960, lui confère une forte puissance transgressive. Cette dernière s’apprécie également au regard d’un cadre juridique qui la sanctionne lourdement lorsqu’elle est en public en la qualifiant d’outrage à la pudeur, d’atteinte aux bonnes mœurs, ou, plus récemment, d’exhibition sexuelle. La nudité s’est ainsi constituée en attrape-regard, en attrape-rêves, plus encore en attrape-fantasmes.

Ce faisant, elle se prête non seulement aux polémiques mais aussi à des usages militants. C’est parce qu’elle suscite le scandale qu’elle peut être mise au service d’une cause et devenir le support d’un message politique interpellant les pouvoirs publics. Les Femen en ont fait ainsi le pilier de leurs actions « sextrémistes » visant notamment à dénoncer les violences faites aux femmes et les stéréotypes de genre). Les manifestations écologistes jouent régulièrement de cette corde. On pensera encore à l’usage qu’en fait Corinne Masiero, lors de la 46e cérémonie des Césars, afin de dénoncer la situation dramatique que traverse le secteur culturel.

Corinne Masiero est nue sur scène

L’actrice Corinne Masiero manifeste nue lors de la 46ᵉ cérémonie des Césars à l’Olympia concert le 12 mars 2021 pour protester contre les coupes drastiques infligées au secteur culturel. Bertrand Guay/AFP

Rompant avec le sentiment de honte et donc de fragilité, la nudité devient le symbole et le moyen d’un empowerment. Les féministes y trouvent le biais pour rompre avec un corps féminin érotisé, assigné à la sexualité, au profit d’un corps avant tout politique qui prend en otage le regard du public.

Ces derniers éléments viennent éclairer les enjeux et usages de la nudité, notamment transgressifs, qui se déploient dans les piscines au travers du choix du costume de bain.

La piscine, miroir de l’évolution des mœurs

Du point de vue de la nudité, la piscine est un lieu à part. Elle autorise et rend naturel un dévoilement public des corps relevant habituellement du domaine privé ou de la médecine. Dès lors, en tant qu’espace organisant des formes diverses de nudités collectives, elle se présente comme un point d’observation privilégié pour saisir les évolutions d’une société, que celles-ci concernent les loisirs, la mode, le genre mais aussi la politique. Cet intérêt ne fait que se renforcer avec le XIXe siècle et l’essor des bassins municipaux. Leur vocation hygiénique, héritière d’une longue tradition, est première. Pour autant, elle se voit progressivement concurrencée par une perspective sécuritaire, liée à l’apprentissage de la nage, puis sportive à partir de 1898.

Les bassins de natation succèdent aux bains publics. D’espaces le plus souvent aménagés dans un cours d’eau, on en vient à des structures fermées aux dimensions strictement définies (25m, 50m). Depuis les années 1960, les espaces aquatiques n’ont de cesse de diversifier et de se spécialiser. Les piscines deviennent des complexes aquatiques, disposant de multiples bassins (ludique, sportif, balnéo, etc.) mais aussi de « plages extérieures ».


Différents types d’usagers et d’usages se côtoient donc dans les piscines au fil du temps. Différents enjeux et pouvoirs s’y expriment, comme en témoignent les multiples réglementation dont elles font l’objet. Soumis à la norme sociale, les piscines sont non seulement régies par les lois de la République française, notamment celle du 24 août 2021, le code du Sport, le code des collectivités territoriales, mais sont aussi soumises à des arrêtés préfectoraux et municipaux. Elles sont, par là même, des lieux où s’exerce de façon renforcée le contrôle social des apparences et où se manifeste, au travers des tenues autorisées, l’ordre social et moral. En conséquence de quoi ces espaces aquatiques sont aussi des lieux de contestation et de renégociation des normes, notamment celles relatives aux identités sexuées.

Cacher ce corps que je ne saurai voir

L’évolution du costume de bains féminins au sein des piscines, et les polémiques qui l’accompagnent, témoignent ainsi de l’émancipation progressive des femmes vis-à-vis de normes de genre différentialistes, structurant la hiérarchisation des sexes.

À un corps empêché et quasi intégralement dissimulé par un costume de bain aux multiples couches lors du XIXe siècle succède, principalement à partir de l’entre-deux-guerres, un corps « actif », caractérisé par un maillot dévoilant bras et jambes tout en épousant les formes afin de faciliter la nage. Ce maillot féminin se rapproche alors de la tenue des hommes, couvrant également la poitrine jusqu’aux aisselles. Pour autant, avec les années 1930, les maillots masculins sans haut et les maillots deux pièces féminins font irruption sur les plages.

Une famille entre dans l’eau en maillot de bain une pièce en 1937

Le XXᵉ siècle a vu de nombreuses évolutions quant aux longueurs du maillot de bain et le dévoilement progressif du corps. Une famille se met à l’eau à Deauville en 1937. AFP

Ces évolutions ne manquent pas de susciter la réprobation des représentants de l’Église catholique soutenus par les ligues de défense de la famille et de la moralité publique. À l’instar de l’abbé Bethléem, celles-ci font pression sur l’état et les municipalités afin d’en finir avec le « libertinage des costumes » (Revue des lectures, 15 avril 1934, p. 521-528) laissant apparaître toujours plus de chair.

Dans les communes « réactionnaires », comme à la Rochelle dans les années 1930, les agents municipaux veillent donc à ce que les maillots de bain remontent jusqu’aux aisselles. À Deauville, ils vérifient même qu’un peignoir est bien enfilé une fois sorti de l’eau. Comme le rapporte Audrey Millet, entre 1925 et 1935, près de 250 règlements sont promulgués pour codifier les comportements balnéaires).

Outre-Atlantique c’est la politique du « mètre mesureur » qui est appliquée. En effet, sur certaines plages, comme au bord du bassin de Tidal (Washington) ou à Coney Island (New-York), la législation locale définit précisément l’écart autorisé entre le costume de bain et le genou, 15 centimètres maximum. Les représentants de l’ordre ont dû ainsi ajouter un nouvel accessoire à leur panoplie afin que force reste à la loi : un mètre ruban.

Bikini et rififi

La commercialisation à grande échelle du bikini dans les années 1950 est loin de mettre fin aux polémiques. Le bikini se déploie alors avant tout dans les piscines privées qui échappent aux arrêtés municipaux. Le corps des femmes reste donc sous contrôle dans l’espace public alors que celui des hommes s’expose toujours plus : le slip de bain masculin est désormais légitime. Il faut attendre la libération des corps et des mœurs qui accompagne les sixties pour que les seuils de pudeur se décalent sensiblement concernant les femmes.

Extrait du « Gendarme de St Topez » 1964, Un film de Jean Girault, musique composée par Raymond Lefevre.

L’essor des seins nus à partir des plages tropéziennes vient ainsi banaliser le bikini dans les espaces aquatiques tout en signifiant la perte d’influence de la morale chrétienne sur la société française. Il témoigne de la volonté des femmes de reprendre le pouvoir sur leur corps. Reste que la pratique des seins nus ne franchit pas la porte des piscines municipales couvertes en tant que régime normal. Une exception cependant : avec la reconnaissance d’utilité publique de la Fédération Française de Naturisme en 1983, certaines associations naturistes locales bénéficient de créneaux réservés. En 2022, cette offre concerne 24 piscines urbaines en France.

Quoi qu’il en soit, perdure dans les piscines une notable disparité entre hommes et femmes. Celle-ci est entretenue par la mode qui tend à sexualiser à outrance les maillots féminins et donc à érotiser les corps qu’ils recouvrent. De fait, alors que le maillot masculin se voit réglementé par souci d’hygiène, avec l’interdiction des shorts de bains, ce sont des préoccupations morales qui président, principalement, à la codification des maillots de bains féminins par les municipalités.

Le topless : nouvelle étape dans la mobilisation féministe

Les polémiques accompagnant les arrêtés de Göttingen et de Grenoble ne sont finalement que les derniers avatars d’une histoire déjà étoffée des réactions épidermiques accompagnant l’évolution du maillot de bain autorisé dans les espaces aquatiques. Ces épisodes réactualisent les débats et les enjeux qui ont jalonné cette transformation.

Ils témoignent ainsi d’une nouvelle étape de la mobilisation féministe, dans un contexte marquée par la dénonciation des violences faites aux femmes (#me-too et #balance ton porc, etc.). La revendication du droit pour les femmes à ne porter qu’un bas de maillot s’inscrit dans une perspective plus large d’égalité entre les sexes. Il s’agit également, point nouveau, de rompre avec la bicatégorisation des genres qu’impose les règlements, afin de s’ouvrir à la diversité sans discrimination aucune.

À Göttingen, le changement est intervenu après que soit dénoncée l’exclusion d’une personne non binaire, mais assimilée par le personnel de la piscine à une femme, pour ne pas avoir voulu mettre un haut de maillot.

Pris entre hypersexualisation et décence, entre émancipation des normes de genre et respect de valeurs religieuses, entre pratique sportive et loisirs, le costume de bain est au carrefour d’injonctions et de motivations contradictoires conduisant les municipalités à chercher en permanence le point d’équilibre, dans le respect du cadre républicain.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

far

Primera documentació: 21/07/1997

Tipus semàntic
Contextos
A Guardiola se l’espera amb admiració, malgrat que Alemanya, i el Bayern de Heynckes, sobretot, s’ha convertit aquesta temporada en el far del futbol europeu perquè ha destronat, precisament, els blaugranes amb un cruel 7-0 en la semifinal europea, encadenant Lliga, Copa i Lliga de Campions. [El Periódico, 24/06/2013]
Malgrat que el president Donald Trump sosté ferma la seva mà de ferro al seu Twitter, intimidant qualsevol del seus que gosi criticar-lo, alguns càrrecs republicans han començat a plantejar-se el futur del partit sense el far de Trump. [La Vanguardia, 4/08/2020]
Observacions
A partir de la primera accepció de far, ‘torre amb una llanterna al cim edificada en indrets ostensibles de les costes, o en un escull, perquè serveixi de referència als navegants tant de nit com de dia’ (DIEC2), els parlants han generat una ampliació de significat en què el far esdevé metafòric i s’aplica a la persona que serveix de guia o que il·lumina, figuradament, una situació complexa. Per tant, el far és la referència que prenen els altres a l’hora de comportar-se, prendre decisions o actuar.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

La 10e étape de la 109e édition du Tour de France, 148,1 km entre Morzine et Megève, dans les Alpes françaises, le 12 juillet 2022. AFP

Écrit par Fabrice Raffin

Maître de Conférence à l’Université de Picardie Jules Verne et chercheur au laboratoire Habiter le Monde, Auteurs historiques The Conversation France

L’histoire traverse le peloton, tandis que le peloton traverse l’Histoire : le Tour de France est une entreprise patrimoniale totale. Mais il n’est pas de ces patrimoines muséifiés, intellectualisés, imposés. Chaque Français le croise un jour, au bord d’une route, au détour d’un article, d’un reportage, sur un écran de télévision, sur une application, un jeu vidéo. Repère national, de plus en plus européen, il vient à chacun, comme chacun vient à lui, dans un espace-temps ensoleillé chaque début du mois de juillet.

Dispositif patrimonial bien vivant, le Tour articule et met en scène chaque année une diversité quasi exhaustive de patrimoines (architecturaux et artistiques, naturels, techniques, immatériels), au cœur d’un évènement sportif. Il réussit là où les artefacts patrimoniaux politiques peinent à établir le lien subtil entre les mémoires collectives les plus locales, du fond des plaines aux confins des vallées, et celles des grandes dates qu’il réactive sans cesse, sommets de la grande Histoire. Comme le dit le commentateur Franck Ferrand ce dimanche 3 juillet 2022 sur France 2, rarement il est possible de parler d’histoire à autant de personnes en même temps.

L’émergence d’un événement mythique

Objet patrimonial en lui-même, l’histoire du Tour s’écrit en majuscules depuis 120 ans. Sa dramaturgie avant d’être sportive, fut initialement économique. En 1903, il est créé à partir d’une rivalité pour augmenter les ventes du journal L’Auto – qui deviendra l’Equipe en 1946 – par rapport à son concurrent, Le Vélo. Rivalité de ventes et enjeux politiques, le Tour de France né sur fond d’affaire Dreyfus, Henri Desgranges fondateur de l’Auto et du Tour défendant un magazine sportif « neutre » à la différence de son concurrent, fervent dreyfusard, qui dérange certains industriels.

Si l’apolitisme fait question, la dimension économique a perduré pour devenir aujourd’hui le succès et l’évènement mondial que l’on sait.

La Caravane publicitaire en 1958.  Wikimedia

Au-delà de la course, on notera que le Tour construit lui-même du patrimoine économique. Par la Caravane Publicitaire créée en 1930, véritable carnaval qui précède le peloton et distribue quantité d’objets promotionnels au public, par la publicité sur les maillots également, il a participé à l’affirmation de grandes marques nationales comme Peugeot, Ricard, Meunier…

Le Tour naît dans la presse qui en construit la légende au début du XXe siècle, avec des journalistes à la plume complice, tels Albert Londres ou le plus sulfureux Antoine Blondin), plus récemment Jacques Chancel ou Eric Fottorino.

Leurs textes génèrent un imaginaire, créent les héros, mythifient ses grands moments et déjà, les paysages. Ces journalistes auteurs font désormais partie du patrimoine littéraire, aux côtés d’autres noms célèbres qui écrivirent sur le Tour comme Colette, Louis Nucera, Michel Tournier, ou Philippe Delerm.

Albert Londres écrit dans Le Petit Parisien le vendredi 27 juin 1924 :

« Vous n’avez pas idée de ce qu’est le Tour de France […], c’est un calvaire. Et encore le chemin de croix n’avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons du départ à l’arrivée. »

Une expérience collective

À la mise en scène de la course par la presse succèdent les retransmissions radiophoniques, puis à la télévision et sur Internet où aujourd’hui durant les étapes, chacun peut contrôler les caméras.

Ce sont bien les retransmissions en direct par la télévision qui concrétisent l’expérience patrimoniale collective qu’est le Tour, à partir des années 1970. De plus en plus, la mise en scène sur le petit écran s’effectuera à grand renfort de technologies, pour être toujours plus près de la course, valoriser les paysages : de la multiplication des motos à celles des hélicoptères, de l’apparition des caméras loupes aux drones. Aujourd’hui, le Tour, c’est 2 400 véhicules, 294 accompagnateurs pour les équipes, 43 motards de la garde républicaine, 2 avions, 5 hélicoptères, 647 médias et 2 269 journalistes. La course en devient presque secondaire. Elle reste néanmoins le socle, le motif, d’un Tour vécu sur le mode de l’épopée, comme le disait déjà Roland Barthes en 1957.

Une expérience des paysages

La compétition, pourtant, n’est pas toujours intense. Et l’épopée puise aussi son intérêt, dans les temps morts, de la géographie française. Une épopée des patrimoines naturels où se côtoient à travers la course et de manière paradoxale, le mythe de la conquête et la contemplation des paysages. Autant qu’une relation aux paysages c’est une relation à la « nature » qui est proposée.

Durant la course se renforce le sens que les « Modernes » que nous sommes (au sens de Bruno Latour) y donnent. C’est-à-dire,

une nature à maîtriser, qui ne saurait arrêter l’Homme, le coureur, qui, par monts et par vaux, la domestique toujours un peu plus par l’effort, la souffrance. Une nature personnifiée, mise en paysage par la télévision, mythifiée par la course, surtout dans la montagne grandiose, ses cols : le Tourmalet, le Galibier, l’Isoard, l’Aubisque, ses sommets, le Mont Ventoux, l’Alpes d’Huez. La course chaque année commémore les précédentes, comme une actualisation patrimoniale récurrente, depuis 120 ans.

Nivellement des mémoires

Durant les nombreuses phases de trêve sportive, la plupart du temps en fait, lorsque le peloton musarde, une fois « l’échappée du jour partie », pendant les étapes de transition ou dans l’attente interminable du dénouement d’une étape pour sprinter, le dispositif patrimonial fonctionne à plein pour pallier l’ennui. Et là se produit le tour de force à nul autre pareil, une sorte d’avènement égalitariste par le nivellement social des mémoires.

Ce dimanche 3 juillet par exemple, durant l’étape de Dunkerque à Calais, le commentaire s’arrête sur la fête de la Dinde à Licques, les batailles de la Grande Guerre, les procédés industriels d’une gravière locale, la figure de Charles de Gaulle, les Beffrois du Nord.

La course matérialise ainsi un patchwork patrimonial en mettant sur un même plan des patrimoines artistiques, architecturaux, historiques, jugés habituellement supérieurs et les plus humbles, le petit patrimoine, patrimoine vernaculaire, traditions, folklores.

Tout au long du parcours, à travers les villes et les villages, les commentaires mêlent la grande Histoire aux mémoires locales.

De la profondeur historique la plus lointaine, on passe sans transition à des faits divers sordides contemporains, comme l’Affaire Grégory lors du passage dans la la vallée de la Vologne cette année. D’un arrêt sur image sur des patrimoines classés, une abbaye, une cathédrale, on poursuit par l’évocation d’une obscure tradition rurale ou d’un fromage local. Le patrimoine ouvrier est également valorisé lorsque le peloton passe par les régions industrielles, des carreaux de mines aux techniques de productions, le patrimoine immatériel n’est pas en reste.

Les clivages sociaux semblent s’estomper durant trois semaines. Il y a dans cette égalité de traitement quelque chose de profondément démocratique porté par le Tour de France.

Cette mise en avant du « petit » patrimoine enfin considéré pour sa réelle importance montre ainsi, par un processus/dispositif rodé durant un siècle combien les évènements du sport de masse sont éminemment politiques.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Escrito por Horacio Otheguy Riveira

Jorge Luis Borges se convierte en un cálido personaje de ficción, protagonista en la sombra, invitado especial en un recorrido por el pasado de otros personajes ficticios y algunos con ficha en el histórico deportivo, como el polémico astro boxístico Josep Gironés, alrededor del cual gira la acción principal, aunque hay muchas vertientes en un caudaloso río novelístico que comienza en una peluquería de un amante del cine y de la buena conversación, donde recibe a un amigo que reside en París desde hace años. Un encuentro con recuerdos grises y luminosos en el que a poco de empezar la feliz conversación aparece Jorge Luis Borges en 1980.

Fatigado de un largo día, logra que su secretaria María Kodama —poco después se casarían— resuelva con habitual eficacia un encuentro con editores, para quedarse en el taxi conversando con el chófer, precisamente el amigo del peluquero que acaba de llegar de Francia por unos días. Todo ocurre en Barcelona. El autor de El Aleph, que pronto recibiría el Premio Cervantes (junto con el poeta Gerardo Diego), habla con su característica voz pausada, envolvente, como si recuperara el arte de las narraciones orales…

Un coche en la gran ciudad y dos hombres muy distintos, un conductor profesional exboxeador, y el pasajero ciego, considerado entonces uno de los más grandes escritores vivos en lengua castellana:

«[…] Germán recordaba aquellos primeros instantes a solas con Borges, cuando aquella mujer menuda y poco habladora acababa de descender resignada del coche, rumbo a aquella cita. Al escritor se le despertó de pronto una afabilidad inesperada, como un niño que hubiera escapado durante un rato de la escuela. «Le propongo que elija usted mismo el recorrido —dijo—. Si decide simplemente dar vueltas a la manzana, como un tiovivo de feria, yo no lo sabré, como puede suponer, o fingiré no saberlo. En cualquier caso, no me opondré ni se lo recriminaré después. Pero si decide recorrer una parte de la ciudad, le agradecería que me fuese describiendo a su manera lo que vea y considere de interés. Sea lazarillo y chófer a un tiempo. No descarto dormirme, como ya he dicho. Si es así no se preocupe, continúe y despiérteme cuando toque regresar para recoger a María. ¿Es usted buen conversador? ¿Siempre fue chófer?»[…]».

Y como Germán también fue boxeador, el duro deporte se introduce en la conversación con la elegancia de los grandes estilistas y la curiosidad siempre viva de quien ya había cumplido 80 años: «Pero, dígame, ¿cómo comenzó todo?, ¿cómo se hizo usted boxeador?».

A partir de este viaje, una novela que fusiona diversas historias para narrar lo que, por momentos, es una crónica deportiva de profundo enlace con acontecimientos sociales y políticos, guerra civil de por medio, a tal punto que entra en la Biblioteca Mundial de Obras del a menudo denostado deporte del boxeo.

Este Combate interminable pertenece ya al admirado anaquel donde se aglutinan obras como Rey del mundo, de David Remnick; El combate, Norman Mailer; Contra las cuerdas, Sergio Núñez Vadillo;  Fat City, Leonard Gardner; Knock Out: tres historias de boxeo, de Jack London; Besos a la luz de la lona: Historias de boxeo, de Ignacio Aldecoa. En todas ellas (y hay muchas más) lo que fue bárbaro y cruelmente explotado «ejercicio de ataque y defensa con los puños», encuentra su vertiente tan poética como vitalista. Como dejó constancia una gran escritora como Joyce Carol Oates en Del boxeo: «ocurre tanto, tan rápidamente y con tal sutileza de infarto que no puede absorberse sino para saber que algo profundo está aconteciendo».

Si el eje de la novela El combate interminable gira alrededor del Crack de Gràcia, Josep Gironés (1904-1982), y la participación activa de Borges como inesperado escucha, su mayor acierto reside en todo lo que desarrolla paralelamente con muy interesantes personajes y situaciones hacia un tramo final urbanita por excelencia, vibrante, amorosamente nostálgico para dejarnos con una enigmática sonrisa, dispuestos a completar nuestro propio e incesante combate.

*** *** ***

He aquí un apretado extracto, a partir del momento en que Borges se siente mal dentro del coche… Ocurre en las páginas 92-93 (de 198).

«— … maestro, no conviene caer a la lona antes de tiempo. A la lona no. Hágalo por mí. Ya sé que ahora le parece estar dentro de una pecera de agua turbia. Alguna vez he tenido yo que aguantar más de un asalto y de dos en semejante estado. Es una borrachera rara, lo sé. Venga, que le doy aire. —Le aflojó el nudo de la corbata, le desabotonó la camisa—. Basta con que mantenga la guardia en su sitio y recuerde la táctica de defensa como un bailarín recordaría los pasos de un tango. ¿Qué tal se le ha dado el baile en la vida, maestro? Vamos, yo le marco el ritmo: un, dos, tres…, un, dos, tres.

— El problema…, ya se imaginará, es que no consigo ver a mi rival. Sé que está ahí, pero no lo veo. ¿Cómo se defiende uno de alguien a quien no se ve?

—Le entiendo. Alguna vez, por culpa de las brechas en las cejas, de la hinchazón de los pómulos, he tenido que pelear muchos minutos prácticamente a ciegas. Pero para eso está aquí su segundo, maestro. Yo le guío, soy su lazarillo. Vamos a cubrirnos bien el flanco izquierdo, que le he visto descuidado y por ahí puede arremeter de nuevo el rival, y ya sabemos que es marrullero, tiene prisa por ganarnos. Pero no le vamos a dar ese gusto…

—Me parece intuírle… Creo que es un muchacho.

—Exacto, maestro. Casi siempre es así el boxeador que creemos que nos tumbará, que acabará con nuestra carrera. Un niñato que no sabe más que arremeter en tromba, que alardea de facultades cuando las nuestras empiezan a flojear. Pero usted protéjase y aguante hasta que el otro se canse. Respire lenta pero profundamente. (…) En cualquier caso, amigo, no dejaré que le hagan daño, de veras. No sería un buen segundo si lo permitiera. Si no puede seguir, dígamelo y tiraré la toalla. No pasa nada por eso. ¿De veras no quiere que llame ahora mismo a una ambulancia? Hay una cabina telefónica ahí mismo y…

—No, eso no. La toalla no se tira, che… Eso nunca… ¿Alguna vez la tiró ese Gironés, ese Crack de Gràcia?

—¡Jamás!

—¿Y usted?

—La duda ofende, maestro.

—Pues nosotros tampoco. La toalla no se tira».

*** *** ***

Dentro de pocos días me entregarán el premio Cervantes. Eso certifica que he sido leído en alguna medida, contra todo pronóstico, que perduraré en muchas memorias, aunque no sea más que por algunos años…

Borges recreado por Iñaki.art (Iñaki Massini Pontis) que ilustra este reportaje, pero no está en la edición del libro. Muy recomendable visitar la web de este artista: https://inakiart.blogspot.com/2010/11/jorge-luis-borges.html

 

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Publicado por Álvaro Corazón Rural

Pese a que no hay fecha de ingreso en la Unión Europea a la vista, es apreciable cómo va cambiando Belgrado. La situación del país, en una especie de vía muerta hacia Bruselas, se define por la ambigüedad. Basta ver cómo el presidente Vucic tiene que sumarse a las acciones europeas contra Putin, pero tampoco mucho, ya que el ruso no deja de ser el hermano fraternal al que se han dedicado toneladas de propaganda para sostener la arquitectura nacionalista del actual gobierno. Se está nadando entre dos aguas.

Sin embargo, viendo como el país va creciendo (en 2020 recuperó el PIB de 2008, año de la crisis y de la declaración de independencia de Kosovo) en esa situación periférica, con aspiración a ingresar en la UE sine die, se podría decir que han puesto en marcha un innovador experimento: la eterna candidatura a la UE como sistema político en sí mismo. Un posicionamiento que recuerda a la época de los no alineados y la autogestión yugoslava.

En su día, esta tercera vía comunista era muy admirada en sectores de la izquierda occidental. Se ponía frecuentemente como ejemplo, sobre todo a raíz de las vergüenzas soviéticas que podía percibir cualquiera que tuviera ojos y orejas. Cuando, desde 1980, la autogestión se reveló como un cascarón vacío que no podía afrontar la crisis de deuda que el propio sistema había generado, ya no resultó tan sexi el ejemplo. Un poco más adelante, después de la guerra civil que dividió la federación en siete nuevas repúblicas, nada menos, se siguió poniendo de ejemplo a Yugoslavia, pero para comparaciones menos atractivas.

En un libro recientemente publicado por Capitán Swing, Paisajes del comunismo, de Owen Hatherley, el autor señala Nuevo Belgrado como el gran ejemplo en el campo socialista tanto de cómo debe desarrollarse una nueva ciudad como de lo que no hay que hacer. Este barrio en la ribera izquierda del río Sava iba a concentrar todo el simbolismo de la federación. Es decir, tenía que demostrar el éxito del sistema y reflejarlo. Desde el primer momento, fue concebido como un lugar representativo. A juicio del autor, si queremos entender qué fue la autogestión, habría que empezar por aquí. El problema que tuvo la uniformidad y coherencia del nuevo barrio es que hubo muchas fases políticas en ese periodo y, algunas de ellas, en franca contradicción entre sí.

Hasta 1950, lo que ahora es un barrio enorme, antes no era más que un pantano. Inicialmente, se planteó como un eje cívico, pero este no llegó a construirse. Conforme el Estado se fue descentralizando a todos los niveles, al menos a escala formal, se cambió la idea de una gran administración central para toda Yugoslavia y se fueron incluyendo viviendas, cuya escasez tras la guerra era notoria, en lugar de unas oficinas gubernamentales que se quedaron en las capitales de las respectivas repúblicas. Así, el barrio se convirtió en «un curioso híbrido entre pancarta política y dormitorio gigante».

Hatherley destaca que el único nexo de todo Nuevo Belgrado es su red de carreteras, hostiles para el viandante, que convierten cada edificio en una isla. Esta impresión suya es relativa, pues es bien necesario que entre el sol gracias a esas amplias avenidas en un país con un invierno tan duro y, en cada manzana, hay zonas verdes que comparten los edificios con canchas deportivas, parques infantiles y pequeños comercios que se encuentran a salvo del tráfico. Lo que demuestra que por muy arquitecto que sea uno no basta con un visitar un lugar para analizarlo, a veces también hay que vivirlo.

Sin embargo, el autor remata «si esta es la ciudad autogestionada —o, más bien, los restos de la ciudad autogestionada—, tal vez sea apropiado decir que se trata de una combinación de dirigismo y caos». Lo cierto es que, salvando las distancias, en la división entre bloks de Nuevo Belgrado hay ecos del concepto de arquitectura urbana leninista de los microdistritos. Precisamente, un modelo cuyo mejor ejemplo es Pyongyang —porque tuvo que construirse de cero tras los bombardeos— basado en la autosuficiencia de los barrios. Una idea nada alejada de la 15 minutes city que se intenta implantar actualmente.

Aquí, el edificio administrativo más grande, el antiguo Palacio de la Federación, ahora de Serbia, fue pensando con mentalidad estalinista. Tito exigió a los arquitectos en los requisitos del concurso que pareciera «un barco que se abre paso entre las olas» y que tuviera «la belleza eterna de las columnas griegas», pero tras la ruptura con los soviéticos, Mihailo Jankovic lo rediseñó con menos pompa, aunque siguiera siendo monumental. Dentro, al entrar hay un mural picassiano con una batalla partisana, el mito fundador de la nación. Cada república tenía una sala decorada ad hoc. Uniéndolas todas, estaba la de Yugoslavia, con pinturas expresionistas abstractas de Petar Lubarda y Lazar Vujalklija y más mosaicos relativos a los partisanos.

Nuevo Belgrado

Palacio de Serbia

No obstante, el quid de la cuestión está en las viviendas. Por ley, las tenían que proporcionar las empresas autogestionarias a cada trabajador. Esto condujo a una situación grave porque el Estado no era intervencionista como en los otros países comunistas. De hecho, en Yugoslavia había paro, algo impensable en los demás modelos de socialismo real. En consecuencia, la escasez de vivienda fue un problema crónico. Al otro lado del Sava, en la periferia este de Belgrado, apareció el barrio de Kaludjerica, que era el mayor asentamiento de chabolas de todos los Balcanes. Una verdadera favela. Otro problema derivado de la falta de inversión en infraestructuras fue que Belgrado fue, y sigue siendo, la única gran capital socialista sin metro.

En contraposición, en el escaparate de Nuevo Belgrado estaban las mejores viviendas de toda la federación. Sigue siendo, de hecho, un barrio muy cotizado. Obtener un apartamento aquí dependía de la empresa en la que se trabajase, aunque ahora abundan familias en las que el abuelo fue militar o diplomático. Si llegamos desde el aeropuerto Nikola Tesla, la torre Genex preside la entrada al distrito, un monumento al brutalismo kitsch de la era espacial diseñado por Mihailo Mitrovic. Ha aparecido en cuentas de brutalismo de redes sociales hasta la saciedad. Es un rascacielos de hormigón visto de treinta y cinco pisos formado por dos torres conectadas por una pasarela. Arriba, tenía previsto un restaurante giratorio, pero nunca llegó a girar. Una de las torres es residencial y la otra estaba prevista para oficinas. Iba a ser el símbolo de las cotas de desarrollo alcanzado por el socialismo, pero ha atravesado periodos de semiabandono y ahora básicamente sirve para colocar anuncios de grandes dimensiones.

Pasada esta puerta, se entra en lo que durante muchos años fue un enorme descampado por fuerza mayor. Hay que tener en cuenta que los comunistas nunca tuvieron claro del todo si debían mantener la capital en Belgrado. Era una ciudad estrechamente ligada a la dinastía de los Karadjordjevic, los reyes del Reino de Yugoslavia que, aunque reventara por la doble invasión fascista, también lo hizo porque las tensiones interétnicas abrieron la puerta a nazis e italianos.

Para simbolizar que ya había llegado la reconciliación y se iniciaba una era que dejaba atrás el pasado, que se estaba en el tiempo del nuevo hombre, el que nacería del socialismo, el lugarteniente de Tito, Milovan Djilas, propuso llevar la capital a Sarajevo. Bosnia era un territorio multiétnico, pero incluso hoy sigue siendo una ciudad de difícil acceso situada entre montañas y se rechazó la idea. Del mismo modo, Belgrado también era simbólica. Sus ríos marcaban la separación entre el Imperio austrohúngaro y el otomano, frontera que separaba en dos al pueblo eslavo. Yugoslavia simbolizaba su unión, la capital ahí también tenía un sentido. A una orilla de la confluencia del Sava y el Danubio estaba Zemun, la austrohúngara, y al otro, la vieja Belgrado, dominada por los turcos. Entre ambas, fundamentalmente intercambiaban cañonazos. Por eso, entre medias, había una tierra de nadie.

Los comunistas heredaron esa húmeda explanada. En 1930, se construyó ahí la feria de Belgrado, pero era como una gota de agua en el mar. Durante los años 40, los nazis aprovecharon las instalaciones para montar sus campos de exterminio en los que fueron asesinadas miles de judíos y serbios. Era una buena ocasión para que la infamia fascista fuese sucedida por el desarrollo de la civilización socialista. Por eso se quiso situar ahí el corazón de Yugoslavia. Así lo narraba en 1948 el escritor Jovan Popovic, el mayor exponente del realismo yugoslavo:

La ciudad de nuestro socialismo, (…) Nuevo Belgrado, surge de las riberas desoladas, en el lugar donde los enemigos fascistas mantuvieron uno de sus campos de exterminio, encarnando el significado de la nueva Yugoslavia en esa parte de Europa en la que la democracia popular ha sido alcanzada. Nuevo Belgrado debería ser un ejemplo de lo que es independiente y libre y los pueblos pueden lograr… pueblos guiados por el Partido Comunista y Tito.

El propio Djilas supervisaba su construcción. Los terrenos fueron drenados por trabajadores, pero sobre todo por voluntarios, un término muy relativo, aunque de nuevo seguía siendo simbólico que se hiciera así, con la «alegría» del pueblo, no solo con obreros remunerados. La mayor parte de las tareas fueron durísimas y se hicieron manualmente por falta de maquinaria. No obstante, cuando mayor era el entusiasmo, cuando se trabajaba al son de canciones que aludían a construir de nuevo Belgrado a imagen de Moscú, se produjo la ruptura con Stalin. No es objeto de este artículo explicar sus complejas razones, pero sí que el país perdió los lazos que le unían a sus socios comerciales naturales, los países comunistas, entró en una profunda crisis y las obras se detuvieron en 1951. Uno de los esqueletos más visibles que quedaron a la vista fue el del inacabado hotel de Nuevo Belgrado. Estaba previsto como instalación de lujo para recibir a las delegaciones extranjeras y que admirasen la transformación yugoslava. En ese momento, solo era unas vigas rodeadas por un andamio muerto de risa. Hasta 1969 no pudo inaugurarse, aunque ahora sigue a pleno rendimiento. Es el Hotel Jugoslavija.

Nuevo Belgrado

Hotel Jugoslavija

Cuando a mediados de los 50 se reanudaron las obras de Nuevo Belgrado, el país era otro. La enemistad con el mundo capitalista ya no era tan acentuada. El propio socialismo era mucho más light, de hecho se llamaba autogestión. El plan de Nuevo Belgrado, como espacio aislado y glorioso, símbolo del paneslavismo, se tuvo que dejar atrás. La administración federal estuvo muy descentralizada y este espacio urbano se trató de integrar con naturalidad en la capital. El nuevo modelo dejó de ser la monumentalidad de Moscú y pasó a ser la modernidad de Brasilia, también obra de un gobierno socialista. Además, los nuevos edificios administrativos elevados, como las oficinas del Comité Central, ahora tomarían los neoyorquinos como ejemplo. El toque comunista se redujo a que con las luces de las ventanas se podían escribir eslóganes políticos en toda la fachada como si fuera una gran pantalla.

Así se llega a otro de los que iba a ser edificios emblemáticos del barrio, el museo, que iba a ser de La Revolución de los Pueblos y Nacionalidades de Yugoslavia. Fue diseñado por el croata Vjenceslav Richter, su objetivo era mostrar ahora la «seriedad, optimismo y orgullo» de la revolución yugoslava. El problema fue que quedó inconcluso. Solo se veían las columnas. Durante años, no hubo fondos para acabarlo. Lo simbólico empezó a ser la situación. La federación no tenía dinero para acabar uno de sus edificios más emblemáticos y que mostraba, precisamente, la unión de sus pueblos.

Sí se acabó el Museo de Arte Contemporáneo entre 1959 y 1965, de Ivan Anjtic e Ivanka Raspopovic. Un espacio cerrado hasta hace muy poco, pero que recientemente ha vuelto a la vida. En esos años, la federación ya estaba completamente inmersa en la política exterior de los no alineados. El papel ahora de la nueva ciudad era recibir mandatarios extranjeros y organizar grandes conferencias internacionales, como las de la OSCE del Consejo de Seguridad y Cooperación Europea. Para este tipo de saraos, se concibió el Centro Sava. Un equipo de arquitectos dirigidos por Stojan Maksimovic dio la vuelta al mundo recogiendo influencias para el gran pabellón. Las referencias más notables fueron las de la arquitectura hi-tech del Centro Pompidou de París.

La intención esta vez era mostrar la modernización de Yugoslavia. Y efectivamente, el edificio parece de otro planeta. Por ahí pasaron encuentros del Banco Mundial, el FMI, la UNESCO y tocaron desde Miles Davis a la Filarmónica de Moscú… Los belgradenses de entonces tenían motivos para sentirse el centro del mundo. Entretanto, las constructoras yugoslavas importaron las ideas que los gobernantes extranjeros podían ver en el escaparate de Nuevo Belgrado a países como Liberia, Irak, Indonesia… Fueron los años de mayor estabilidad del sistema y los que ahora echan de menos las generaciones castigadas por la guerra y la juventud que no los vivió.

Nuevo Belgrado

Torre Comité Central

Residencialmente, los edificios de apartamentos, que en teoría tenían todas sus necesidades satisfechas, habían estado aislados unos de otros por la falta de infraestructura básica. En la década de los 70, los programas de construcción de vivienda se pusieron delante de las prioridades económicas, como pasó en muchos otros países comunistas, como la RDA, y en los 70 se construyeron catorce mil viviendas. La guinda del pastel sería la construcción de un gran polideportivo en el centro de Nuevo Belgrado. La intención era que se inaugurase celebrando el Mundial de Baloncesto de 1994, pero no llegó a estar terminado. Además, la ONU vetó la participación de Yugoslavia en competiciones internacionales y el campeonato se fue a Toronto. Cuando iba a acabarse, fue la guerra de Kosovo la que impidió que se inaugurara con el campeonato del mundo de tenis de mesa. No fue hasta 2004 que estuvo operativo y, por fin, pudo acoger el EuroBasket, la Final Four, la Copa Davis… hasta Eurovisión.

La crisis se cebó con los restos de Yugoslavia hasta bien entrado el siglo XXI. La degradación de las fachadas por falta de mantenimiento se hizo evidente. Los vecinos, siempre que pudieron, alquilaron sus grandes edificios para publicidad en neón. Es contradictorio decirlo, pero las farolas blancas, las fachadas brutalistas y el neón tienen un encanto especial. Parece sonar «Heroes» de David Bowie en cada esquina si caminas de madrugada. Actualmente, las que eran las oficinas del Comité Central, lo que tienen detrás es un centro comercial enorme, el USCE. Los 90 fueron los años de la De-socialisation, un periodo que, como tantos otros en la región, volvieron a arrojar al país a un limbo. La llegada del consumismo convivía con viejas estructuras comunistas que se negaban a desaparecer, unas por fundamentales para la cohesión social, otras por expresión burocrática del poder. Ese fue el remate final para la ensalada de Nuevo Belgrado, un lugar en el que cada calle no solo explica la historia de un país, sino la geopolítica mundial. Sin duda, un espacio único en el mundo para pasear.

Nuevo Belgrado

Sava Center

[Fuente: http://www.jotdown.es]

 

 

Notre contributeur Michaël de Saint Cheron a lu « le Nageur d’Auschwitz », qui honore la mémoire de l’athlète Alfred Nakache, déporté durant la Seconde Guerre mondiale.

Photo prise en 1946 d'Alfred Nakache (1915-83), champion français de natation. (AFP)

Photo prise en 1946 d’Alfred Nakache (1915-83), champion français de natation.

Par Michaël de Saint Cheron

Romancier et grand amateur de sport, Renaud Leblond fait acte de mémoire en publiant aujourd’hui « le Nageur d’Auschwitz » (L’Archipel), sous-titré « roman » pour les quelques licences qu’il s’octroie avec l’Histoire. Il y parle de la vie de l’enfant juif de Constantine, qui défendit les couleurs de la France aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 et qui pulvérisa le record du monde du 200 mètres brasse papillon en 1941, sous le régime de Vichy. Deux ans plus tard, il sera interdit des championnats de France. Le journaliste collaborationniste Jean Dauven publia à l’époque un papier titré « L’idole des bassins enjuivés », dans lequel il écrivait : « Il faut en finir. Il importe d’épurer le sport français de ses juifs. »

Il ne faudra pas six mois pour qu’Alfred Nakache soit arrêté par la police française dans son appartement de Toulouse, au petit matin. Fait-il l’inimaginable erreur de s’écrier dans un incontrôlable désarroi : « Et ma femme ? Et ma fille ? » « – Elles partent avec vous », répond celui qui est chargé de l’immonde besogne. De Drancy, ils sont déportés par le convoi 66 qui transporta 1153 personnes, dont 144 enfants de moins de quatorze ans et 81 de moins de neuf ans. Le voyage arrive en enfer dans la nuit du 22 au 23 janvier. À la descente du wagon à bestiaux, il prend la main de Paule, qui porte leur petite Annie. « Leurs regards s’aimantent comme s’ils faisaient l’amour, ils se parlent en sachant que ni elle ni lui, dans ce concert de cris et de pleurs, ne peuvent distinguer le moindre son. » Ils s’étaient mariés en février 1939 dans la belle synagogue de la rue des Tournelles.

La force de l’auteur est d’avoir réussi à décrire la vie du champion de natation et l’insondable tragédie qui emporta sa femme et leur petite fille de trois ans – oui de trois ans ! – sans aucune recherche de pathos, et surtout en entremêlant un chapitre sur les camps et un chapitre sur l’avant, puis sur l’après. Leblond met en scène ici et là, Marcel Cerdan mais surtout Young Perez, qui fut lui aussi déporté à Auschwitz et assassiné par un SS lors des marches de la mort, pour avoir ramassé de la nourriture. Ce récit est une quête de l’étincelle de vie où qu’elle se trouve, dans les petites choses comme dans les grandes.

« Sauver sa peau, penser uniquement à soi, pas à eux »

Renaud Leblond explique comment le jeune Alfred, qui avait peur de l’eau, a été remarqué au bord de la piscine Sidi M’Cid, à Casablanca, en mai 1929 par Fabien, capitaine de l’équipe militaire venue s’entraîner. Il ne va plus lâcher sa passion pour la natation.

À son arrivée à Auschwitz, les nazis l’attendent. Sur la dizaine de courts chapitres consacrés à sa déportation parmi la cinquantaine que compte ce livre de 230 pages, Leblond ne décrit qu’une seule scène où Nakache est mis à l’épreuve par le commandant d’Auschwitz III, l’Obersturmführer Schwartz. Lui et sa bande de tortionnaires vinrent le chercher à l’infirmerie, où il est protégé de la vie du camp, pour le conduire, par un dimanche glacial de février 1944, peu après son arrivée, devant un immonde « bassin dont l’eau maronnasse est tapissée d’algues vertes, d’environ quinze mètres de long sur six de large ». La consigne est simple : dix longueurs de papillon et s’il descend sous la barre de son dernier exploit, il aura droit à davantage de nourriture et à rester à l’infirmerie, sinon…

« Sauver sa peau, penser uniquement à soi, pas à eux. Ils n’existent pas. » Après son succès, Schwartz envoie au fond du bassin putride son poignard avec pour consigne que Nakache aille le chercher et le lui rapporte dans la bouche, comme un chien. On se souvient que ce sont les derniers mots du « Procès » de Kafka : « Comme un chien. Comme si la honte dût lui survivre. » La honte éternelle, cette fois, est sur les criminels nazis et l’honneur obombre à jamais le nom de Nakache.

Le récit insiste sur la volonté incroyable de Nakache qui, au risque de sa vie, avec un jeune détenu de seize ans, Noah Klieger, a trouvé un « bassin de rétention d’eau utilisé pour les incendies », où le dimanche à partir de juillet 1944, ils vont s’entraîner, avec un réseau de guetteurs très aguerri, en cas de danger.

« Le moral est touché »

Nakache survit à la marche de la mort et aux trois mois d’enfer à Buchenwald, dans un camp surpeuplé, où la quasi-famine des dernières semaines et les maladies ont fait des hécatombes.

Il rentre à Paris anéanti par la disparition de sa femme et de sa fille. Par quelle volonté participe-t-il encore au championnat du monde à Marseille le 8 août 1946 ? Avec ses deux complices Alex et Yoyo, ils remportent le trois fois 100 m nage libre. Il dit à la presse : « Physiquement, j’ai repris le dessus, mais le moral est touché. » Il remporte donc ce dernier record du monde « pour vous mes deux amours. »

En 1948, il représente pour la dernière fois les couleurs de la France mais « son corps le lâche. Ni podium ni médaille, mais un public ébloui et le respect unanime de la presse. »

Il refit sa vie avec Marie, qui l’entoura de son amour et de sa tendresse, et ensemble ils s’installèrent à Sète. Chaque matin, il traversait la baie de Cerbère à la brasse ou en crawl. Le 4 août 1983, une crise cardiaque le frappa en pleine traversée. Il a soixante-sept ans.

Leblond, dans sa conclusion, nous rappelle qu’en 2021, Alfred Nakache a fait partie des 318 personnalités françaises les plus représentatives de la diversité de notre nation.

Cet hommage au grand sportif que fut Alfred Nakache, nous arrive en cette année du 80e anniversaire de la conférence de Wannsee programmant la « solution finale » et, de la rafle du Vel d’Hiv, ineffaçable crime dans les annales de notre histoire nationale. Il était temps de raviver la mémoire de cette si noble figure.

 

Le Nageur d’Auschwitz, par Renaud Leblond, L’Archipel, 240 p., 18 euros

[Photo : AFP – source : http://www.nouvelobs.com]

L’affrontement qui a opposé l’Argentine au Royaume-Uni d’avril à juin 1982 a eu des conséquences indirectes sur le milieu du «rock nacional».

Charly García, légende de la musique argentine, lors d'un concert donné à Buenos Aires le 30 septembre 2013. | Daniel Garcia / AFP

Charly García, légende de la musique argentine, lors d’un concert donné à Buenos Aires le 30 septembre 2013. | Daniel Garcia / AFP

Écrit par Fabien Palem — édité par Thomas Messias

À Buenos Aires (Argentine).

Voilà quatre décennies qu’à Buenos Aires, le rock se chante en argentin. Tout droit importé du monde anglo-saxon, ce rythme s’est fait, depuis, à l’accent et au jargon des «Porteños», les habitants de la capitale argentine.

Les Argentins revendiquent sans cesse leur dévotion pour la plus British des mélodies, musique populaire par excellence –davantage que le tango, qui a pris quelques rides, la cumbia et les musiques traditionnelles, souvent cantonnées à leurs caractères festif ou régional. «El rock nacional», tel qu’on le désigne ici, dépasse les classes sociales et mobilise les générations. Un véritable pilier identitaire national, brandi par Diego Maradona, le président Alberto Fernández et même le pape François.

Quarante ans, c’est aussi le temps qui s’est écoulé depuis la capitulation de la dictature argentine (1976-1983) lors de la guerre des Malouines, qui l’opposa d’avril à juin 1982 au Royaume-Uni de Thatcher. Le régime, installé sept ans plus tôt à la suite d’un coup d’État militaire, est coupable de crimes de lèse-humanité (30.000 disparitions, selon les estimations actuelles).

À cela s’ajoute une situation économique calamiteuse qui a mis la dictature à bout de souffle. Le général Galtieri, alors aux commandes, tente de toucher la fibre nationaliste en envahissant ces îles de l’Atlantique Sud, qui ont le statut de sous-bastion britannique mais qui sont historiquement revendiquées par l’Argentine.

Jusqu’ici, à en croire l’incontournable Charly García, une sorte de John Lennon argentin version border, «c’était bien de chanter en anglais et c’était vulgaire de chanter en espagnol». Avec la guerre, tout change. Le rock made in Buenos Aires, perçu depuis les années 1960 comme le vecteur d’une contre-culture d’importation et d’aspirations individualistes, va s’adapter au moule de la jeunesse nationale. Son explosion sera en partie permise par la fièvre nationaliste qui gagne la société argentine.

Doit-on y voir une première revanche contre l’impérialisme, avant même les buts de Maradona au Mondial de 1986? Ou plutôt une assimilation à la sauce gaucha de l’élément le plus efficace du soft power britannique? La question s’avère d’autant plus complexe quand on sait la sensibilité des Argentins vis-à-vis de la présence passée des Britanniques, à l’origine des voies ferrées et de nombreuses industries de ce pays du bout du monde.

Inspirations extérieures

L’importance alors donnée au rock nacional explique sa place au milieu des événements organisés, quarante ans plus tard, en souvenir du conflit. Notre pérégrination musicale fait une escale obligatoire au musée des Malouines et des Îles de l’Atlantique Sud. Logé dans l’enceinte de l’ancienne École mécanique de la marine (ex-Esma), centre de torture pendant la dictature qui fut transformé depuis en lieu de mémoire, le musée s’inscrit dans la politique de revendication de la souveraineté argentine sur ces îles des eaux lointaines et froides.

Pendant près de cinq mois, le site a accueilli une exposition photo intitulée «Les Malouines et le rock, d’Ushuaia à La Quiaca», en référence à une tournée réalisée par l’artiste León Gieco et le producteur Gustavo Santaolalla, deux figures du rock argentin, d’un bout à l’autre du pays.

Si l’expo s’est concentrée sur cette odyssée dans l’Argentine de l’«intérieur», personne ne nie que la principale source d’inspiration du rock nacional est ailleurs… À savoir, à l’«extérieur», comme on désigne ici les pays étrangers.

«Le rock en anglais était très présent à l’époque de la guerre des Malouines, confirme le directeur du musée, Edgardo Esteban. Un an avant, en mars 1981, Queen était venu donner un concert qui avait connu un franc succès! Ensuite, 1982 a vraiment constitué une année charnière pour le rock nacional

Dans un article annonçant cette exposition, le quotidien Página 12, aligné sur l’actuel gouvernement péroniste, assurait: «Avant et pendant le conflit guerrier de 1982, le rock argentin s’est prononcé sur la guerre des Malouines.» La réalité semble pourtant plus nuancée, paradoxale. 1982 marque une «année charnière» en raison de la rupture faite par l’ensemble de la société avec le rock non argentin, à savoir anglo-saxon.

L’anglais bouté hors des ondes?

Ce retournement de veste est-il à imputer à la dictature? Si la musique en anglais a disparu des ondes, le régime en aurait seulement déconseillé la diffusion. «Ce fut une sorte de mesure tacite, une suggestion», précise Sergio Pujol, historien argentin spécialiste du rock et des musiques populaires de son pays.

«Les radios ont pratiqué une sorte d’autocensure, en partie sous l’influence des auditeurs qui appelaient pour vous insulter si vous passiez de la musique en anglais», confirme Marcelo Gasió, journaliste à El Expreso Imaginario durant les années 1980. Dans un article écrit pour cette revue culturelle branchée, disparue depuis, Gasió interviewe les responsables des radios FM. Tous le lui confirment: il n’y a pas eu d’interdiction explicite.

Les îles Malouines à peine envahies, un sentiment anti-anglais se propage dans la société.

Exit, le rock en anglais. Bienvenidas, les autres expressions musicales: instrumentales, en espagnol, en français… Le rock argentin, musique d’un mouvement, n’est pas dans le viseur du régime et peut se propager sur les ondes. «Dans un premier temps, le rock est vu comme une menace mineure pour la dictature, résume Sergio Pujol. Après le coup d’État de 1976, c’est le folklore qui est clairement censuré, car contrairement au rock, il est associé aux cercles militants de gauche. La grande chanteuse folkloriste, Mercedes Sosa, s’est rapidement exilée à l’étranger [en 1979, à Paris].»

Les îles Malouines à peine envahies, un sentiment anti-anglais se propage du jour au lendemain dans la société. Les messages qu’affichent certains magasins dans la langue de Shakespeare sont traduits dans celle de Borges. «Avec la guerre, tous les problèmes économiques, de répression, de droits humains… étaient au second plan. C’était une situation étrange», poursuit Gasió, qui craignait lui-même d’être appelé au front si le guerre durait.

Malaise au festival

Le 16 mai 1982, en plein milieu du conflit, s’organise le festival dit «de solidarité latino-américaine». Les trois grands producteurs musicaux d’alors mobilisent leurs artistes, et la quasi-totalité de la scène rock argentine se retrouve sur la scène montée dans le stade du club Obras Sanitarias, à Buenos Aires.

Le «rock nacional» est-il coupable d’avoir collaboré avec la dictature?

Le régime est coorganisateur de l’événement. Mais les artistes et le public s’y rendent pour exprimer leur solidarité envers les soldats, des jeunes hommes peu préparés, envoyés affronter dans un froid glacial une des plus grandes armées du monde. Pour éviter de donner le moindre peso (la monnaie nationale) à la dictature, le public du festival paie l’entrée au concert en donations. Des aliments non périssables, des couvertures et des vêtements sont collectés à destination des troupes mobilisées, mais n’arriveront jamais à bon port.

Le malaise des artistes, déjà palpable à l’époque, ressurgit aujourd’hui. Avec du recul, le chanteur folk León Gieco revient sur cet épisode dans la série dédiée à l’histoire du rock latino sur Netflix, Rompan Todo«Nous avons été utilisés dans un concert en hommage aux soldats. Pil Trafa a dit que c’était une connerie d’y avoir participé, et il avait raison.»

Ligne de front

Le nom de Pil Trafa renvoie au groupe punk Los Violadores, dont il était le leader. Los Violadores et Virus sont les deux seuls groupes à ne pas avoir répondu à l’appel du festival. «Los Violadores commençaient à peine. Ils ne mobilisaient pas plus de cinquante personnes, et le groupe Virus en était à son deuxième album mais n’avait pas encore complètement explosé», détaille Gasió, instigateur d’un face-à-face entre ces artistes à quelques semaines du festival. «Nous n’avons pas vraiment parlé du festival. Il s’agissait surtout d’évoquer les nouveautés qu’apportaient en Argentine le punk et la new wave.»

De l’eau a coulé sous les ponts. Mais dans un pays où la politique mémorielle occupe une partie importante des agendas politiques, ce festival fait tache. Alors, le rock nacional est-il coupable d’avoir collaboré avec la dictature? Pujol nuance: «Le débarquement des troupes dans les îles Malouines a mobilisé un discours nationaliste et anti-impérialiste. Même les Mères de la place de Mai ou encore Fidel Castro, depuis La Havane, clamaient leur soutien aux Malouines argentines!»

Quelques mois plus tard, en décembre 1982, Charly García, le plus talentueux des rockeurs latino-américains, organise un grand récital à Buenos Aires. Au moment d’interpréter son titre «No bombardeen Buenos Aires» («Ne bombardez pas Buenos Aires»), il surprend son public avec une simulation sonore de bombardement. Une manière de faire oublier sa participation au festival?

«Non, réplique Pujol, Charly García avait déjà exprimé son malaise en marge du festival. Cette chanson est plutôt une forme de satire dirigée vers la société “porteña” et son hypocrisie.» L’historien rappelle ainsi que la capitale argentine se trouve si loin de la ligne de front (1.900 kilomètres) que «les théâtres et cinémas n’ont pas fermé le rideau un seul jour pendant la guerre». Touché.

 

 

[Source : http://www.slate.fr]

Soviet Supremo de Transnistria

Escrito por Moncho Iglesias Míguez

A Unión Soviética extinguiuse en 1991, pero permaneceu tallada no imaxinario dunha rexión de Moldavia que se recoñece independente dende 1990, Transnistria. Aínda que ningún país admite dita soberanía, agás outras nacións só aceptadas entre elas (Artsaj, Osetia do Sur e Abkhazia), Transnistria foi un dos primeiros Estados en independizarse dentro da Unión Soviética, malia ser o último en saír da órbita ideolóxica da URSS.

A chispa que provocou as ansias secesionistas prendeu en 1989, cando Moldavia adoptaba o alfabeto latino do romanés como lingua propia. Dese xeito, o cirílico ruso, que ata o daquela fora o oficial, quedou reducido a un papel secundario. Isto provocou a inmediata reacción da poboación rusófona, asentada na beira leste da república, que proclamou a independencia de Moldavia o 2 de setembro de 1990.

Monumento da Guerra en Transnistria

Durante dous anos, as comunidades rusas e moldavas loitaron nunha guerra que rematou cun cesamento de fogo en 1992. Dende aquela, a República Socialista Soviética Moldava Pridnestroviana ten un parlamento propio, amais de todo o que se considera indispensable para existir como nación: un territorio con fronteiras definidas, unha poboación estable, e pasaporte e moeda propia. Con todo, a falta de validez destes dous últimos fai que sexa habitual que haxa xente con pasaportes ucraínos e rusos, e que non sexa complicado topar lugares onde cambiar cartos, xa que o rublo transnistrio só pode trocarse no propio territorio.

Transnistria, ou Pridnestrovia, é unha faixa de terra do tamaño da provincia de Pontevedra, fronteiriza con Ucraína pola beira oriental e co río Dniester polo occidental, de onde lle vén o nome, que significa alén do Dniester. Dun lado quedan os vestixios latinos, do outro os eslavos; no medio, como ponte de unión entre imperios e realidades, esta extensión de terra. Os puntos de control militar son só un engadido tramado polo home para definir esta área xa delimitada pola natureza. O verdor dos viñedos moldavos e romaneses, dos seus montes e vales, contrasta coa vexetación seca das chairas rusas e ucraínas. A combinación pasaxeira de ambas constitúe a nación do río Dniester.

Transnistria perde habitantes de xeito gradual debido á situación económica e política, que debilitan as ansias de futuro da súa xente. Na actualidade ten unha poboación de arredor de medio millón de habitantes diseminados en núcleos rurais e aldeas amais de na capital, Tiráspol, que apenas chega aos 150.000 habitantes. A cidade do Tiras, nome grego orixinario da urbe, é a sede do equipo de fútbol Sheriff. Este non só bautiza o grupo de deportistas máis famosos do país, senón tamén ao conxunto de empresas máis prósperas do país. Alén disto, o seu poder ten pactos coa política, e dela saen os dirixentes do goberno. 

O club de fútbol de Tiráspol, o Sheriff, é unha das imaxes máis visibles de Transnistria. Tras o seu nome atópase un conglomerado de negocios dirixidos por un ex-oficial de policía soviético, Viktor Gushan. A economía e a política xiran arredor deste empresario, dono de supermercados, gasolineiras, criadeiros de caviar e dunha destilería, Kvint, icona do país que, con todo, etiqueta as súas bebidas co certificado «Feito en Moldavia». Kvint, acrónimo de coñacs, viños e bebidas de Tiráspol creouse en 1897 e dende aquela conseguiu sona internacional nos mercados chino e ruso, amais do prestixio nacional, o que levou a que a imaxe da fábrica apareza estampada nos billetes de cinco rublos transnistrios.

Universidade Estatal de Transnistria CC-BY-SA

Tiráspol non só é fútbol. É a capital do país e, como tal, amosa os atractivos de toda cidade onde reside un goberno. Non hai edificios fachendosos nin luces abraiantes, mais si datos históricos feitos figura e memoria. Nas rúas é posible facer un repaso á historia rusa e ver o monumento á nai que chora, co nome das vítimas e dos soldados que morreron na guerra de 1990-1992. Ao seu carón está a igrexa de San Xurxo, gardián dos soldados, e o tanque número 34, que apunta cara a Alemaña nazi e que lembra a chamada Gran Guerra Patriótica, a Segunda Guerra Mundial. Non lonxe está a estatua ecuestre de Suvorov, heroe fundador da cidade e de quen se conta que nunca perdeu unha batalla. A pouca distancia desta está o busto do químico orgánico Zelinsky, inventor da máscara de gas, e entre rúas anchas e edificios de corte comunista, hai xardíns e un paseo a beiras do río, zona da movida nas noites máis calorosas.

Un dos edificios sobranceiros ocúpao a universidade estatal. Herdeira da institución fundada en 1930, segue o currículo ruso e ofrece clases en diferentes graos e mestrías e, como en case todo no país, aposta polo trilingüismo: transnistrio, ruso e ucraíno. Amais, mantén relacións con outras universidades, o que permite que parte do alumnado escolla Alemaña como lugar de formación. As paredes da Universidade Nacional Pridnestroviana recollen fotos e imaxes do país, a letra do himno nacional e unha vidreira que amosa a industria e a agricultura como emblemas do centro de ensino.

A habitual tranquilidade da cidade e do país en xeral, sempre en silenciosa alerta, rómpese nas celebracións oficiais. O 9 de maio festéxase o día da vitoria contra Alemaña na Segunda Guerra Mundial. O 2 de setembro conmemórase o día da independencia. Nestes primeiros meses do ano 2022, o frío e a posición case invisible entre o conflito ruso-ucraíno fan que a calma só sexa unha suposición.

A maior parte da poboación transnistria séntese rusa. No referendo de 2006, o 98% dos votos emitidos mostráronse a favor da unión a Rusia. Semella que o propio goberno cre que a independencia pasa pola unión á federación rusa e alixeira o camiño dun posible e sempre ansiado escenario, pois no devandito referendo só había dúas opcións: a favor da independencia da República Moldava Pridnestroviana e a subsecuente libre incorporación de Pridnestrovia á Federación Rusa ou contra a independencia da República Moldava Pridnestroviana e a subsecuente incorporación á República de Moldavia.

Tren de Odesa a Tiraspol CC-BY-SA

As fronteiras de Transnistria fan que sexa un Estado tapón entre Europa e Rusia. Por iso o conflito entre esta última e Ucraína é de indubidable valor. Por unha banda, Rusia non recoñece a independencia do enclave; porén, mantén máis de 1000 soldados na zona, prové a poboación de gas e axuda a conservar as pensións. Así a todo, considera que Moldavia é a responsable de dirimir o futuro da zona. Pola outra banda, Ucraína serve de porta de acceso e saída, sobre todo para a xente que é de orixe ucraína. Alén disto, Ucraína defende a unión de Moldavia, un país que estuda a súa adhesión á OTAN, máxime despois da crise de Crimea en 2014 e a alerta de que Rusia podería anexionar Transnistria, onde se topan as estacións eléctricas que subministran a Moldavia.

A idea da guerra preocupa e sorprende, confirma Nata Scurtul, xornalista independente transnistria. Para ela, como para a súa xente, é difícil entender como dous países irmandados poden rematar así. Na propia Transnistria hai moitas familias mixtas e temen que se repitan as escenas de hai 30 e 75 anos, pero con consecuencias aínda máis devastadoras. «Sería unha guerra híbrida, con armas químicas e nucleares. Curta, pero que eliminaría a toda a xente». Calquera tipo de provocación pode provocar unha escalada militar perigosa e por iso se respira tensión en cada instante.

O eco da guerra latexa incesante á vez que continúa a construción deste museo de historia que é Transnistria, un lugar onde a figura de Lenin segue a presidir a entrada do parlamento, chamado Soviet Supremo. Porque a imaxinería soviética impregna todo o país e é visible nos nomes das rúas, como a 25 de outubro, ou a Gagarin, en memoria do glorioso pasado soviético.

A estabilidade que concede a presunta indiferenza europea e o silandeiro apoio ruso semellan conformar a Transnistria. Con todo, a inestabilidade murmura incesante e o equilibrio da ponte entre Europa e Rusia pode desnivelarse en calquera momento. O presente é incerto, depende das ideas e opinións que se diriman entre montes e chairas, entre fronteiras naturais e lindes humanos.

Monumento da nai chorando en Transnistria CC-BY-SA

[Fotos do autor – fonte: http://www.praza.gal]

 

Escrito por

¿No está la poesía quizás algo sobrevalorada? O, aun a riesgo de ser algo hiriente, ¿no están sobrevalorados los poetas? En fin, no es solo una idea mía, sino también lo que parece desprenderse de la obra de un poeta profesional, el chileno Alejandro Zambra, autor en este caso de una novela significativamente titulada Poeta chileno, uno de cuyos temas principales es, claro, la poesía chilena o, más bien, como indica bien el título, los poetas chilenos. Afortunadamente (al menos para los que tenemos una relación estrecha con el arte y la literatura ciertos afanes trascendentes pueden ser fatigosos), Zambra huye de la seriedad de la reflexión poética, de honduras estéticas y del irritante defecto de creerse importante, algo muy de admirar en un poeta porque, si hay que juzgar por esta novela, los poetas tienden a sufrir delirios de grandeza cuando, en realidad, su labor no tiene mayor relevancia que un torneo de fútbol.

Es más, buena parte del tratamiento del tema de la poesía en la novela podría resumirse con esa máxima: la poesía es como el fútbol; y los poetas, por mal que sepa decirlo, muchas veces son como los futbolistas: vanidosos, ambiciosos, algo infatuados y, sobre todo, muy competitivos, más preocupados de su éxito en los ambientes literarios y de su ganancia de prestigio que del valor real de su obra. Así lo muestra que Vicente, uno de los protagonistas de la obra, incipiente e inseguro poeta de dieciocho años, piense precisamente esto al elegir en una librería “tres libros muy baratos de poetas que tienen quince o veinte años más que él, y que si fueran futbolistas en lugar de poetas serían considerados futbolistas acabados, […] pero como son poetas todo el mundo los sigue llamando poetas jóvenes, porque el ejercicio de la poesía no da dinero pero prolonga notablemente la juventud”. Debe ser la única ventaja en la comparación, por supuesto, si de lo que se trata es de prestigio y reconocimiento, salvo en alguna excepción insigne dentro de la gran tradición chilena, como Zurita, “una especie de Maradona”, Gabriela Mistral o Pablo Neruda, ganadores para Chile de “dos campeonatos mundiales de poesía”, como celebra orgulloso otro joven poeta: “Somos bicampeones mundiales de poesía, es lo único en que somos probadamente buenos”.

La competitividad del ambiente poético chileno lo hace a veces irrespirable, como observa Pru, una periodista estadounidense que redacta un reportaje sobre ello para una revista cultural: “Los poetas chilenos son extraordinariamente competitivos, parecen neoyorquinos”; o se parecen más bien a “un chef peruano o un futbolista brasileño o una modelo venezolana”, como dice un poeta entrevistado recogiendo a un tiempo el aspecto folklórico, competitivo y prestigioso del ejercicio (nunca mejor dicho) de la poesía en Chile, triple faceta que hace a algunos de ellos “capaces de liderar una secta si se lo propusieran”. Priman los egos, por supuesto, y no solo entre los poetas, sino en la imaginación de los lectores y estudiosos, que miran la escena como si fuera “una lucha de titanes, con esos machos heterosexuales peleándose el micrófono como únicos protagonistas”. Más que una tradición poética, parece, en efecto, un torneo deportivo, y por eso no es de extrañar que Pru prefiera los poetas aficionados a los profesionales, más alejados, paradójicamente, de la ingenuidad de la creación artística sin otro objetivo. Quizás contribuya también a esta preferencia particular la tangana, dicho con términos futbolísticos, que se organiza en una fiesta poética entre Sergio Parra, un poeta parecido a Bob Dylan, y un homólogo gordísimo que se acerca a un palmo de su cara y “le dice, o más bien le espeta, salivando: «Tus libros valen campalla»”. Afortunadamente, la cosa no va más allá de unos cuantos empujones y la huida algo adolescente de un indignado “Parrita” con las cervezas sin alcohol que había llevado como aportación a la fiesta. Justo entonces, sin embargo, de los rescoldos de la escaramuza anterior se forma un nuevo conflicto que esta vez se convertirá en batalla campal, que comienza por acusar a un poeta que, por otra parte, “habría intentado cagar sobre la cama del dueño de la casa” de haber robado a otro un libro de Nikos Kazantzakis. “A los pocos segundos parece que pelearan todos contra todos” sin que Pru consiga ni entender la razón ni distinguir los bandos. Lo mismo vale como acusación robar un libro que haber ensayado una obra de arte excrementicia o haber acaparado a José Emilio Pacheco en su visita a Santiago en 1999, pecado al parecer el más grave que acaba con uno de los autores noqueado y recibiendo el auxilio del boca a boca por parte de un poeta gay, “lo que no parece necesario”. Ya se ve que las reuniones poéticas chilenas son, si bien accidentadas y a veces traumáticas, variadas y entretenidas.

Pero ¿es que acaso es esto todo lo que ofrece la poesía en Chile? No, por cierto, y es que igual que el fútbol la poesía tiene también sus luces, relacionadas las más de ellas no tanto con sus logros artísticos como con las relaciones que ofrece. Pero centrémonos en este caso en el fútbol y en el tema verdaderamente central de la novela: la paternidad o, para precisar, la relación entre Gonzalo Rojas (no el poeta chileno, sino un mínimo poeta chileno que casualmente comparte nombre con él) y su hijastro Vicente, hijo de su novia Carla con otro hombre, León. Comprensiblemente, Gonzalo pasa una buena parte de la novela preocupado por cómo forjar una relación que seriamente se pueda llamar paterna con Vicente. La respuesta pasa, como en tantos otros casos, por el fútbol, e incluso desde antes de conocerlo en persona:

Qué idea tan típicamente masculina: un padre y su hijo o alguien que parece ser su hijo jugando a la pelota en la plaza. El hijo trata de hacerlo bien pero la pelota salta para cualquier lado, el padre celebra los supuestos progresos, practica la estimulación positiva; el niño no ha marcado ningún gol, el niño no podría marcar ningún gol, el niño no domina todavía el concepto de gol, y de todos modos el padre dice o grita o proclama que el niño ha marcado un gol y lo celebra aparatosamente. El padre señala con sutileza y autoridad la forma correcta de patear la pelota, porque el padre sabe de esas cosas. El padre se deja ganar, porque para ser un buen padre hay que dejarse ganar. Ser padre consiste en dejarse ganar hasta el día en que la derrota sea verdadera;

y también como proyecto de futuro: “Imaginó que se acompañaban, que a veces hablaban de fútbol o de literatura o de líos amorosos”.

Y, en efecto, durante algunos años Gonzalo consigue, fútbol mediante, convertirse en el padre putativo de Vicente, al que lleva frecuentemente al estadio a ver al Colo-Colo felices y familiares en contraste con otros padres, quizás más biológicos pero sin duda peores, con los que los niños “se aburren como ostras en el estadio mirando unos partidos tristones y lentos” comiendo dulces, hamburguesas y patatas fritas del McDonald’s mientras sus progenitores, sin prestarles apenas atención, “se desgañitan puteando a los árbitros”. Pero la vida no siempre respeta las afinidades que forman el fútbol y la poesía y un absurdo malentendido da al traste repentinamente con la relación de Gonzalo y Carla (y por tanto de Gonzalo y Vicente). Sus vidas se separan y, tarde y mal, es León quien intenta ocupar el papel vacante de padre cuando Vicente es ya casi adulto y, aunque León no lo sepa, no se interesa ya por el fútbol sino por la poesía.

Pero por ahí precisamente retomarán años después una suerte de camaradería Gonzalo, el verdadero padre, y Vicente, cabalmente su hijo, en una larga charla sobre poesía en un bar en el que el resto de la concurrencia presta atención a un partido de la Copa Libertadores. Me gusta esta unión de fútbol y poesía justo en el final de la novela porque creo que sintetiza bien la base de la relación entre ambos: el compartir bien el fútbol, bien la poesía. Y quizás por eso, y no por otra razón, sean importantes el deporte y la literatura, sencillamente porque, a veces, unen a las personas.

 

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Extraía frases e ideas que lle chamaron a súa atención ou expresaba a súa opinión sobre o contido e escribíaas en pequenos papeis que logo metía entre as páxinas dos libros unha vez lidos

Mario Benedetti en el año 2003

Mario Benedetti no ano 2003

 

Escrito por GUZMÁN ROBADOR

A biblioteca persoal madrileña do uruguaio universal Mario Benedetti, integrada por máis de 6.000 exemplares e depositada nas instalacións do Centro de Estudos Literarios Iberoamericanos que leva o seu nome (CeMaB), na Universidade de Alacante (UA), atesoura entre as páxinas dos libros que a conforman anotacións manuscritas do autor da tregua que revelan a súa faceta tanto de lector como de crítico literario.

Mario Benedetti (1920-2009), quen viviu parte do seu exilio na capital de España, doou en 2006 á UA, coa que mantiña un estreito vínculo, esta biblioteca que alberga, dentro do seu abundante material, obras de escritores coetáneos, moitos deles amigos seus: Juan Gelman, Gonzalo Vermellas, Roberto Fernández, José Luis Sampedro, Gabriel García Márquez, Julio Cortázar ou Mario Vargas Llosa, entre outros.

Da lectura deses e outros autores extraía frases e ideas que lle chamaron a súa atención ou expresaba a súa opinión sobre o contido e escribíaas en pequenos papeis que logo metía entre as páxinas dos libros unha vez lidos, segundo explicaron, nunha entrevista a EFE, a directora e a secretaria académica do CeMaB, as profesoras da UA Beatriz Aracil Home e Mónica Ruiz Bañuls, respectivamente.

Estas anotacións, que agora están a ser catalogadas e dixitalizadas para que sexan obxecto de investigación, desvelan «o Benedetti lector-crítico da obra doutros autores», sobre todo dese «grupo de amigos que escribían cunhas inquietudes semellantes e que estaban explorando unha forma de escritura que a un lector externo pódelle parecer moi sinxela, pero que no fondo tiña un traballo enorme de reflexión e depuración», subliñou Aracil Home.

Como botón de mostra, expuxeron Aracil Home e Ruiz Bañuls, hai anotacións de Benedetti sobre o libro «Se dulcemente», de Juan Gelman, conservadas dentro do exemplar. Ademais deses apuntamentos, nos que destacaba que versos interesábanlle especialmente, introduciu nas súas páxinas dous recortes de xornal sobre esta obra: unha recensión redactada polo propio poeta uruguaio e un artigo alleo publicado nun diario da época.

Comprometido coa súa época

A súa fonda visión reflexiva plásmase igualmente noutros dos volumes que forman parte da súa biblioteca madrileña, a do exilio, como, por exemplo, os apuntamentos atopados en dous libros de Gonzalo Vermellas, un dos seus «moi queridos» autores, As fermosas. Poesía de amor e Materia de testamento; os gardados en Poesía, hoxe, de Gabriel Celaya, representativo dun estilo poético como «arma de combate».

Tamén, os achados na encrucillada salvadoreña, de Claribel Alegría, nos que incorpora a morte do arcebispo de San Salvador Óscar Arnulfo Romero, asasinado en 1980 mentres celebraba misa.

Mesmo as súas inquietudes, de amplo espectro e diversidade temática, céntranse tamén nunha das súas grandes afeccións, o fútbol, xa que apareceron anotacións escritas por Benedetti sobre o libro «Os silencios do traveseiro», de José Ramón da Morena, dentro do exemplar da súa biblioteca.

Todos os breves manuscritos recompilados por CeMaB reflicten «o Benedetti lector» que despois envorcaba parte das reflexións xurdidas tras a lectura dos libros na súa propia creación literaria e, ao mesmo tempo, fálannos dos intereses literarios e culturais do momento e del mesmo, un poeta perfeccionista coa súa obra ao máximo e un intelectual comprometido coa súa época: defensor da liberdade de expresión, apoiou a revolución cubana de Fidel Castro como parte dunha utopía política e cultural.

O CeMaB está realizando agora a catalogación e dixitalización de todas estas anotacións do autor uruguaio sobre as obras destes literatos que forman parte da súa «viva» biblioteca co obxectivo de que sirvan de material de estudo para investigadoras e investigadores de España e outros países, unha tarefa que podería estar rematada nun ano e medio.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Ministério da Educação sofre no governo Bolsonaro o maior cerco já visto para a busca de uma “purificação”. Dessa sanha não escaparam as universidades federais, Inep e Capes, afastando diversos servidores com experiência na educação brasileira. Depois de quatro ministros, o que virá?

 

Escrito por Luciana Alvarez

Não surpreendeu que em agosto de 2021 o pastor e então ministro da Educação até março deste ano, Milton Ribeiro, tenha dito na TV que a universidade deveria ser para poucos. Já o primeiro ocupante do Ministério da Educação (MEC) na gestão Bolsonaro, o colombiano naturalizado brasileiro Ricardo Vélez Rodrigues foi o autor da mesma frase em seu mandato que durou menos de 100 dias. É do mesmo Vélez a determinação para que as escolas filmassem os alunos cantando o Hino Nacional e proclamando o slogan da campanha do presidente “Brasil acima de tudo, Deus acima de todos”. Abraham Weintraub, o segundo a ocupar a pasta, destravou a língua com vários impropérios: “Tenho ódio do termo povos indígenas” e “Há uma série de fake news envolvendo meu nome, algumas calúnias nas quais eu insitaria (sic) a violência”, trocando o c pelo s.

Carlos Alberto Decotelli foi um quase ministro que não assumiu quando incluiu no currículo um doutorado na Universidade de Rosário, na Argentina, e um pós-doutorado na Universidade de Wuppertal, na Alemanha. Ambas as instituições manifestaram-se alegando que as informações eram inverídicas.

“Nefasta” é o adjetivo que o ex-ministro no governo petista Renato Janine Ribeiro usou para descrever a administração do MEC do atual governo. Não se trata apenas de divergência política, garante o presidente da SBPC (Sociedade Brasileira para o Progresso da Ciência). “No governo Temer houve corte de verbas para o ensino superior, mas a autonomia das universidades foi mantida. Na educação básica, nessa época, havia pessoas comprometidas, que queriam melhorar a educação, ainda que eu não concordassem com os caminhos”, afirmou, citando que nesse período foram continuadas pautas importantes para a educação, como a Base Nacional Comum Curricular (BNCC) e a Reforma do Ensino Médio.

Um MEC sem ação e instrumentalizado para concretizar a ideologia de um governo que é, muitas vezes, antieducação: é assim que especialistas em políticas públicas de educação avaliam a gestão da pasta durante os anos de Jair Bolsonaro.

Entidades não governamentais, especialistas, todos criticam a falta de um projeto que aproveitasse a evolução no ensino. “Desde que Murílio Hingel foi ministro no governo Itamar Franco, houve um caminho para a educação, com bastante convergências entre os diferentes governos. Com Bolsonaro, foi a primeira vez que um governo se elegeu sem projeto para a educação no plano de governo. Não ter ações na educação está no ADN deste governo”, critica Renato Janine Ribeiro.

A falta de projeto para a educação provocou situações como o alheamento a tudo que se passava nas escolas durante os dois anos de pandemia. A doença afetou a educação global, fechando escolas no mundo inteiro. A crise, contudo, parece não ter mobilizado o governo federal. “Não houve nenhuma orientação do MEC. Se a União não entrar na educação básica, ela não funciona direito só com os estados e municípios”, alerta Janine Ribeiro, explicando que a coordenação deveria ter sido semelhante ao esquema de distribuição dos livros didáticos, em que o governo federal, com mais recursos e expertise, elenca uma lista de materiais adequados e faz a compra, mas cada escola tem a autonomia para escolher quais vai usar.

Mais do que simples “frases mal colocadas”, são ações graves, acredita Janine Ribeiro. “Quando se sai de uma crise econômica, a primeira coisa que falta são profissionais bons. A solução é melhorar a economia, não fechar vagas de universidades. Há falas preconceituosas, mas além disso, erradas.”

Milton Ribeiro pediu exoneração do MEC no final de março de 2022, após divulgação pelo jornal O Estado de S.Paulo de um gabinete paralelo que favorecia pastores evangélicos na liberação de verbas para as prefeituras – a polícia federal abriu inquérito para investigação. Victor Godoy Veiga, então secretário-executivo da pasta, foi nomeado como ministro da Educação interino.

Milton Ribeiro, último a assumir a pasta, pediu demissão após um escândalo de favorecimento de municípios a pedido de pastores. Foto: Fabio Rodrigues Pozzebom/ Agência Brasil

O ex-ministro Milton Ribeiro também responde na Justiça à acusação de homofobia por dizer em uma entrevista também ao Estadão que “homossexualismo” é fruto de famílias desajustadas. Novamente, em agosto de 2021, disse que há crianças com “grau de deficiência que é impossível a convivência” e que, como citado no início, as universidades deveriam ser para poucos. “Tenho muito engenheiro ou advogado dirigindo Uber porque não consegue colocação devida (…) De que adianta você ter um diploma na parede, [se] o menino faz inclusive o financiamento do Fies, que é um instrumento útil, mas depois ele sai, termina o curso, fica endividado e não consegue pagar porque não tem emprego?”, questionou.

Quando encampava alguma agenda, a administração de Milton Ribeiro acabava caindo em questões insignificantes para a sociedade. “Quando tivemos de fechar as escolas por causa da covid, como poderíamos ter garantido aulas para os alunos mais pobres, sem banda larga, sem tablet? O governo federal deveria ter usado os recursos do Fust [Fundo de Universalização dos Serviços de Telecomunicações] para comprar e distribuir. Além de não tomar a iniciativa, o presidente ainda vetou o projeto de lei”, lembra Janine Ribeiro.

Depois de mais de um ano de pandemia, Bolsonaro de fato vetou o projeto de lei da conectividade, que previa internet gratuita a alunos e professores da rede pública. O Congresso, contudo, derrubou o veto e estados deverão receber, ao todo, R$ 3,5 bilhões para investir em ações de conectividade escolar, como compra de chips, tablets e pacotes de dados.

Para muitos estudantes, a espera pode ter sido longa demais. “A marca deste governo é o abandono e a evasão escolar. Foi um MEC que, no meio de uma pandemia, não gastou um centavo para estruturar as escolas, garantir o acesso à internet. Não é uma omissão, é uma ação: o governo resolveu dessa forma tirar milhões de adolescentes e crianças da escola”, afirma Rozana Barroso, presidente da União Brasileira dos Estudantes Secundaristas (Ubes).

Descaso com a educação, critica a presidente da Ubes, Rozana Barroso

Olavo Nogueira Filho, do Todos Pela Educação, destaca: “É um MEC que lavou as mãos. Em 2021, com os impactos brutais da pandemia, o governo elenca como prioridade a agenda do ensino domiciliar. Algo que serve apenas para alimentar a agenda ideológica de costumes que mantém a base ativa. Um MEC inerte é parte do projeto bolsonarista”. O Brasil tem 56 milhões de estudantes no ensino básico, sendo que 26% na rede particular. O ensino domiciliar é uma questão relevante para apenas 5 mil, segundo estimativas.

Se de um lado atende a interesses políticos, a regulamentação do ensino domiciliar é considerada prejudicial por muitos, contrária aos interesses das crianças. “Em termos mais filosóficos e dialogando com as ciências sociais, os seres humanos constroem a sociedade em que vivem e os Estados modernos são consolidados e funcionam através de pactos e de uma estrutura de governança institucional. Até aqui, o papel da escola enquanto instituição de convivência, de aprendizado sobre a vida em sociedade e sobre valores democráticos, sobre alteridade, sobre respeito ao diferente e da promoção da diversidade e da não discriminação já é insubstituível”, afirma Andressa Pellanda, coordenadora-geral da Campanha Nacional pelo Direito à Educação.

Outro tema “marginal”, com peso pequeno para a realidade, mas tratado com grande entusiasmo retórico, é a militarização das escolas. Marginal porque se dirige a um universo reduzido dentro do sistema educacional brasileiro. Escolas militares, há apenas 14 no país, de 184 mil escolas. A meta para as cívico-militares era chegar a 216 unidades até o fim do mandato de Bolsonaro.

É fato que as escolas militares do Brasil costumam oferecer um ensino de maior qualidade. Mas se deve aos investimentos maiores, e não ao fato de serem militares. Os colégios militares, parte da rede federal, têm mais verbas que escolas estaduais ou municipais; há um investimento direto federal e um indireto que é a utilização de estrutura e recursos humanos do Ministério da Defesa. Os professores dos colégios militares do Brasil ganham um bom salário e têm condições de trabalho melhores, especialmente por serem concursados federais, segundo explica Andressa, que estudou no Colégio Militar do Rio de Janeiro, do 6º ano do fundamental ao 3º ano do ensino médio.

Andressa Pellanda sobre o Enem: tentativas de censura, interferência nas provas e uso do exame para aparelhamento ideológico.

“Sempre que conto sobre minha experiência, lembro-me de que tínhamos a oportunidade de escolher durante as aulas de educação física entre uma dezena de esportes – da natação em piscina olímpica à esgrima e equitação –, de que tínhamos aulas de química e física em laboratórios bem equipados, e de que nossos professores tinham condições de trabalho muito melhores do que em outros colégios públicos. Mas a qualidade da rede de colégios militares não acontece porque é gerida por militares. Acontece porque tem investimento adequado. Inclusive, nossos melhores professores eram, geralmente, aqueles concursados civis”, lembra.

MEC e os atritos do jogo

“Estamos diante de um governo que tem na promoção da guerra cultural um objetivo prioritário de ação. A educação, junto com outros setores, foi absolutamente engolida por essa lógica”, afirma Olavo Nogueira Filho, diretor executivo do Todos Pela Educação, citando o livro Guerra cultural e retórica do ódio: um Brasil pós-político (ed. Caminhos) de João Cezar de Castro Rocha. “Sem essa guerra, o bolsonarismo não consegue manter seus fiéis mobilizados. Isso implica a negação de dados e da realidade, a busca constante e até a invenção de inimigos a serem combatidos, a violência retórica.”

“Um MEC inerte é parte do projeto bolsonarista”, diz Olavo Nogueira Filho

Sob essa lógica, qualquer governo se torna ineficiente quando se trata da educação brasileira, que tem responsabilidades compartilhadas entre as esferas federal, estadual e municipal. Todo avanço na área depende de grande articulação, mas o que tem sido visto é o confronto.

Talvez o melhor exemplo da guerra cultural na educação seja o Enem (Exame Nacional do Ensino Médio). Desde a campanha presidencial, Bolsonaro atacava o exame, dizendo que havia “questões esquisitas” e de “ativismo comportamental”. Quando foi eleito, mas ainda antes de tomar posse, criticou a prova durante live no Facebook. “Podem ter certeza e ficar tranquilos. Não vai ter questão desta forma ano que vem, porque nós vamos tomar conhecimento da prova antes. Não vai ter isso daí”, afirmou, referindo-se a uma questão sobre expressões da comunidade LGBTQIA+.”

Até onde se sabe, o presidente nunca chegou a ver a prova antes, mas disse em 2021 que o Enem começaria a ter a cara do governo. “A frase do Bolsonaro colocou a educação em alerta. Havia tentativas de censura e interferência nas provas, mas agora há uma sinalização de que, mais grave, há tentativa de uso do Enem para aparelhamento ideológico. O Enem é a principal porta de entrada do acesso ao ensino superior e deveria ser uma avaliação científica”, afirma Andressa Pellanda.

O Inep informou à reportagem que aplica, pelo segundo ano consecutivo, o questionário Resposta educacional à pandemia de covid-19 no Brasil. “O levantamento, feito pela primeira vez na edição de 2020, tem o objetivo de apurar informações sobre as estratégias de ensino e aprendizagem das escolas no contexto da pandemia durante o ano letivo de 2021.”

Nota: a repórter Luciana Alvarez entrou em contato com o Ministério da Educação, mas não obteve retorno.

[Fonte: http://www.revistaeducacao.com.br]

Deux footballeurs retraités s’attardent au fond d’un bistrot vaudois et parlent du bon vieux temps dans «Old Boys», un impromptu tendre et nostalgique de Jean-François Amiguet

Face-à-face générationnel entre Bobby (Zoé) et Bibi (Janine Piguet). 

Écrit par Antoine Duplan

C’est Dédé, le roi du ballon rond, eh ben il est mort. En sortant de l’enterrement, M. Paul (Bernard Verley) et Bobby (Zoé) vont s’en jeter un au troquet du coin, là, à côté du stade. Les tables en bois, le juke-box, le baby-foot, sur les murs les fanions fanés des clubs, des photographies en noir et blanc… Rien n’a changé. Mais dans le temps, l’établissement ne désemplissait pas; aujourd’hui, il est désert, juste peuplé de fantômes et ne résonnant que du brouhaha des jours anciens. Les souvenirs affleurent.

Jean-François Amiguet s’est imposé dans le paysage du cinéma suisse avec des comédies sentimentales d’obédience rohmérienne, que tempère une rondeur vaudoise – Alexandre, La Méridienne, L’Écrivain public. Il a réalisé son odyssée, le transsibérien en compagnie d’un paysan valaisan parti Au sud des nuages pour faire le deuil de son troupeau.

Il a aussi signé de nombreux documentaires, dont Au 10 Août, évocation d’un bistrot veveysan traditionnel qui par la suite a vendu son âme à une chaîne américaine, ou Le Paradis perdu du foot romand, qui se souvient du temps bienheureux où le sport était un loisir et non une industrie. D’une certaine façon, Old Boys – qui se fonde sur Paul Garbani et Gégène Parlier, légendes du football suisse, et montre quelques archives de leurs exploits – articule ces deux hommages.

Blanquette de veau

Comme il n’y a pas de film sans intrigue amoureuse, Old Boys en décline une: Bibi (Janine Piguet), la serveuse, rappelle aux deux septuagénaires Lola (Bérangère Mastrangelo), la patronne des lieux, qu’ils ont jadis tous deux aimée… Et si l’un des deux était le père de Bibi? Ce ressort dramatique est sans grande importance. Le charme de Old Boys tient dans l’environnement d’un bistrot vaudois traditionnel (situé à Mollens et condamné dans la fiction à devenir un parking), dans la touche citronnée de la blanquette de veau, dans l’évocation d’une douceur de vivre qui n’a plus cours.

«Un film de has been… sur des has been… pour… tout public!» Tel est l’argument promotionnel de Old Boys – peut trouver mieux. Ce film, que son auteur qualifie de «mineur», compte certes moins de figurants que Les Dix Commandements et moins d’engins spatiaux que Le Retour du Jedi, mais il a le don rare d’exprimer une forme d’ataraxie «bien de chez nous». M. Paul et Bobby, c’est Ouin-Ouin et M. Milliquet dans un aggiornamento du Quart d’heure vaudois, sur Sottens. La nostalgie fait du bien à l’âme.

 

Old Boys, de Jean-François Amiguet (Suisse, 2022), avec Bernard Verley, Zoé, Janine Piguet, Bérangère Mastrangelo, Bernard Constantin, 1h10.

[Photo : Zagora Films – source : http://www.letemps.ch]

 

En ces temps de guerre, est-il encore possible de séparer l’art de la politique? Oui, à quelques détails près.

Les danseurs du ballet du Bolchoï, lors d'une répétition du ballet "Le lac des cygnes" de Piotr Tchaïkovski, au théâtre Bolchoï de Moscou, le 28 février 2001. |  Alexander Nemenov / AFP

Les danseurs du ballet du Bolchoï, lors d’une répétition du ballet « Le lac des cygnes » de Piotr Tchaïkovski, au théâtre Bolchoï de Moscou, le 28 février 2001. | Alexander Nemenov / AFP

Écrit par Hélène Pagesy — édité par Yann Guillou

Alors que l’Europe a enclenché une nouvelle vague de sanctions envers la Russie, la culture et le sport, puissants outils de «soft power» russe, sont devenus un point de mire des pays occidentaux. Depuis l’arrivée des chars russes en Ukraine le 24 février, la pression pèse sur les artistes russes, notamment les jeunes: annulation de concerts et d’opéras, évincement de concours internationaux, sommations à se positionner, etc.

Début mars, les festivals de cinéma de Stockholm et de Glasgow ont annoncé avoir retiré les films russes de leur programmation, en précisant que cette décision ne reflétait en rien la prise de position politique de leurs réalisateurs, mais parce que les productions avaient reçu des subventions de l’État. Le réalisateur Kirill Sokolov, qui devait présenter son film No Looking Back en Écosse et dont la moitié de la famille est ukrainienne, a pourtant signé deux pétitions pour prendre position contre l’invasion russe.

L’Orchestre symphonique de Montréal a aussi pris la décision d’annuler les trois représentations du jeune pianiste russe Alexander Malofeev, prévues les 9, 10 et 13 mars, alors même que celui-ci s’est exprimé publiquement contre la guerre en Ukraine. Peu avant, c’est un autre jeune pianiste, Roman Kosyakov, qui a annoncé dans un post Facebook avoir été exclu de la Dublin International Piano Competition.

Les sportifs russes aussi payent les pots cassés. Ces derniers ont été notamment privés de participation aux Jeux paralympiques qui se sont tenus à Pékin, ainsi que des Mondiaux de patinage artistique qui ont débuté le 23 mars, alors que la Russie est la nation dominante de la discipline.

«Des choses inadmissibles sont en train de se passer. Que l’on s’indigne de soutiens que certaines personnalités russes ont porté à Poutine, c’est une chose, mais que l’on boycotte n’importe qui sous prétexte qu’il porte l’étiquette russe, notamment des jeunes qui n’ont rien à voir avec tout ça, c’est insupportable», réagit Cécile Vaissié, chercheuse française spécialiste de la Russie, qui s’inquiète de voir émerger «une sorte de culpabilité collective contraire au droit international».

Phénomène d’essentialisation

Pourquoi certaines institutions prennent-elles aujourd’hui des positions aussi radicales? Selon la chercheuse, autrice du livre Les réseaux du Kremlin en France, il s’agit d’une «façon de se démarquer brusquement après des années de grande tolérance à l’égard des artistes pro-Poutine».

Elle cite notamment l’exemple du cinéaste Nikita Mikhalkov, un ami proche de Vladimir Poutine dont la famille entretenait déjà l’époque des relations étroites avec le pouvoir avant et après la chute de l’Union soviétique, et dont le film Soleil trompeur a reçu le Grand prix du jury à Cannes en 1994 et l’Oscar du meilleur film étranger.

«Personne ne peut forcer quelqu’un à prendre position politiquement, c’est un principe intangible.» Cécile Vaissié, autrice du livre Les réseaux du Kremlin en France

«En partie par ignorance, on a laissé ces représentants du Kremlin répandre des discours de propagande poutiniens un peu partout. On s’en rend compte aujourd’hui, et on voudrait punir aussi ceux qui n’ont rien à voir avec tout ça, demander au moindre acteur ou au moindre cinéaste de prendre position à un moment où non seulement il risque jusqu’à quinze ans de prison, mais où cela peut avoir des conséquences extrêmement violentes sur sa famille.» En effet, depuis le 4 mars, un amendement interdit en Russie la propagation d’informations visant à «discréditer» les forces armées.

À cela s’ajoutent «des menaces verbales et physiques à l’encontre des personnalités de la culture. Cela existe depuis des années, mais on craint que ça s’amplifie», explique la spécialiste. Le fondateur de la revue de cinéma Iskusstvo Kino, Anton Dolin, qui a pris position publiquement contre l’invasion en Ukraine et a décidé de quitter le pays, a publié un post Facebook avec une photo de sa porte taguée. Pour lui, le message est clair: «Nous savons où vit votre famille, soyez prudents.»

Peut être une image de interior e porte

C’est notamment pour ces raisons que personne n’est en droit d’exiger d’un artiste russe qu’il critique publiquement son pays et ses gouvernants, selon Cécile Vaissié. «Ceux qui le font sont admirables, mais on n’a pas à mettre le couteau sous la gorge à ceux qui ne le font pas», estime-t-elle.

Mais en ces temps de guerre, est-il encore possible de séparer l’art de la politique et de ne pas prendre position? «Je pense que oui. Même si le pouvoir a cette capacité d’instrumentaliser les artistes, il y en a aussi qui vont se plonger dans la création pour justement échapper à la politique et au pragmatique», répond la spécialiste.

Et d’ajouter: «Aujourd’hui, il y a un phénomène d’essentialisation. Un artiste russe va être considéré avant tout comme un Russe qui doit rendre des comptes sur la politique de Poutine, au lieu d’être considéré comme un artiste qui fait partie d’une communauté d’artistes. Or, personne ne peut forcer quelqu’un à prendre position politiquement, c’est un principe intangible.»

Contre-productif

Et cela est d’autant plus vrai quand il s’agit de jeunes artistes qui n’ont jamais exprimé de position politique particulière. Pis, ça peut s’avérer contre-productif. Face à cette pression, certains d’entre eux pourraient ressentir comme une forme de rejet de la part de l’Occident, ce que la Russie pourrait retourner à son avantage. «Poutine peut s’en servir à des fins propagandistes, en arguant “vous voyez, l’Occident nous en veut”», appuie la spécialiste. «Ils cherchent à dresser la population russe contre l’Occident, et ça depuis des années.»

Ce qui s’est passé fin février donne un aperçu de ce dont sont capables les autorités russes. Le 28 février, la commissaire russe aux droits de l’homme Tatiana Moskalkova a publié un post sur son compte Instagram en affirmant que les étudiants russes inscrits dans des universités de l’Union européenne, notamment en France, commençaient à être expulsés. Cette fake news a été ensuite reprise par plusieurs médias russes, semant un vent de panique chez les étudiants, avant d’être démentie par les universités en question. «Plusieurs d’entre eux m’ont contactée car ils croyaient qu’ils allaient être virés du pays», rapporte Cécile Vaissié, qui est professeure à l’université Rennes 2.

S’il y a bien d’autres personnes qui ne méritent pas de voir leurs œuvres boycottées en Occident, ce sont les artistes russes qui ont pris le risque de se positionner contre le régime de Poutine, souvent avant même le déclenchement de la guerre en Ukraine. C’est le cas du metteur en scène Kirill Serebrennikov (La fièvre de Petrov), assigné à résidence durant près de deux ans et condamné en juin 2020 à trois ans de prison avec sursis, avec interdiction de sortie du territoire. L’artiste ouvrira la 76e édition du festival d’Avignon en juillet 2022 avec Le Moine Noir adapté d’une nouvelle d’Anton Tchekhov, mais sans avoir la certitude de pouvoir s’y rendre.

Citons aussi le réalisateur Andreï Zviaguintsev, accusé d’être «anti-russe» par le ministre de la Culture de son pays, après la sortie de son film Léviathan (prix du scénario à Cannes en 2014 et nommé aux Oscars l’année suivante).

Prendre des sanctions contre les propagandistes

Ces musiciens, réalisateurs ou metteurs en scène sont cependant minoritaires face à l’écrasante majorité d’artistes qui ont préféré se ranger du côté du pouvoir. «En Russie, comme dans n’importe quel État très centralisé, si tu veux survivre, tu dois soutenir le chef, explique Cécile Vaissié. Certains l’ont fait un petit peu, d’autres se sont totalement engagés, parce que ça leur permet notamment d’avoir des aides de l’État et du pouvoir.»

C’est notamment le cas du réalisateur Nikita Mikhalkov, mentionné plus haut dans l’article, qui s’est réjoui en 2018 de la réélection très contestée de Vladimir Poutine. «Mikhalkov fait partie de ces personnalités de la culture qui se sont rapprochées du pouvoir parce qu’il sait l’argent et les possibilités que ça représente. C’est grâce à ça qu’il est à la tête de l’Union du cinéma depuis plus de vingt ans», fait remarquer la spécialiste.

«L’Occident doit faire la différence entre ceux qui ont collaboré au régime poutinien et ceux qui se sont toujours tenus en dehors de la politique.» Cécile Vaissié

Quelle posture devrait adopter l’Occident dans ce type de cas? Là aussi, faudrait-il respecter la position politique de chacun? «Non, on est dans un cas totalement différent du jeune pianiste évincé d’un concours de musique, tranche Cécile Vaissié. Là on parle de gens qui ont un talent incontestable, qui auraient pu ne pas s’engager auprès de Poutine à ce point, et qui s’y sont engagés au point de porter la parole de Poutine. Que l’Occident prenne des sanctions contre ce type de propagandistes ne me choque pas.»

Il est donc très important de bien distinguer les différentes situations. «Les Russes vivent dans un gouvernement contrôlé par la propagande. C’est en ça que l’Occident doit être plus généreux et plus intelligent, en faisant la différence entre ceux qui ont collaboré au régime poutinien et ceux qui se sont toujours tenus en dehors de la politique, ou qui font des choses contre le régime. Pourquoi eux, on les sanctionnerait?»

Dans cette situation de tension, la position de la France est claire: les artistes russes déjà programmés ne seront pas sommés de prendre position, pour leur éviter quelconque danger. En revanche, tout artiste ayant déjà pris position publiquement pour soutenir le régime actuel, et n’ayant pas démenti depuis, se verra privé de représentation, a annoncé Roselyne Bachelot le 4 mars. Le chef d’orchestre Valery Gergiev, soutien avéré de Vladimir Poutine, a ainsi été limogé du Philharmonique de Munich dont il était directeur musical depuis 2015 et a été déprogrammé de la Philharmonie de Paris, tout comme le pianiste Denis Matsuev.

Si la décision est salutaire, elle semble avoir peu d’impact sur les soutiens de Poutine: quelques semaines après son éviction des scènes internationales, Valery Gergiev se serait vu proposé par Vladimir Poutine la direction du Bolchoï et du théâtre Mariinsky, les deux plus grandes institutions musicales russes.

[Source : http://www.slate.fr]

En un acto presidido por la escritora española Milena Busquets y que contó con la participación del escritor y crítico literario francés, Pierre Assouline, en representación de la Academia Goncourt, el jurado seleccionó la novela Milwaukee Blues de Louis-Philippe Dalembert.

Eric Tallon, Consejero de Cooperación y de Acción Cultural de la Embajada de Francia en España, Director General del Institut français de España

Eric Tallon, consejero de Cooperación y de Acción Cultural de la Embajada de Francia en España, director general del Institut français de España

Escrito por FRANCISCO JIMÉNEZ DE CISNEROS

La muerte de George Floyd en mayo de 2020 inspiró esta conmovedora novela de Louis-Philippe Dalembert, quien pone en escena a un héroe imaginario, Emmett, un niño originario de un gueto negro, cuyo prometedor talento para el fútbol americano le augura un futuro brillante. La vida, sin embargo, le lleva por otro camino hasta el trágico final de esta novela. Louis-Philippe Dalembert, escritor de habla francesa y criollo haitiano, nació en Puerto Príncipe (Haití) en 1962. Su obra ha sido traducida a varios idiomas, entre los cuales el español. Tras formarse en literatura y periodismo, trabaja primero en su país natal como periodista, antes de viajar a Francia en 1986, donde prosigue sus estudios en Paris 3 – La Nueva Sorbona, doctorándose en literatura comparada.

Pierre Assouline

Pierre Assouline

En el transcurso del evento, seis estudiantes, portavoces de las universidades españolas seleccionadas (Universidad de Oviedo, Universidad de Salamanca, UCM, Universidad Pompeu Fabra, Universidad de Sevilla, Universidad de Valencia), han formado el jurado del Premio Goncourt 2021: la Elección de España. Para esta edición, Milena Busquets, autora de Hoy he conocido a alguien (Anagrama), También esto pasará, traducido en más de treinta países, ha presidido el jurado español. Para la quinta edición española las novelas en competición eran: La plus secrète mémoire des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey et Jimsaan); Le voyage dans l’Est, de Christine Angot (Flammarion); Milwaukee Blues, de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser) y Enfant de salaud, de Sorj Chalandon (Grasset).

Las novelas Le voyage dans l’Est y La plus secrète mémoire des hommes han sido adquiridas por la editorial Anagrama y Enfant de salaud por Seix Barral.

La quinta edición del del Premio Goncourt: la Elección de España, organizada por la Embajada de Francia en España y el Institut français de España, tuvo lugar el 31 de marzo de 2022 por la mañana a puerta cerrada en el Institut français de Madrid.

En un acto presidido por la escritora española Milena Busquets y que contó con la participación del escritor y crítico literario francés Pierre Assouline, en representación de la Academia Goncourt, el jurado seleccionó la novela Milwaukee Blues de Louis-Philippe Dalembert.

GONCOURT 2022 NOVELAS EN COMPETICION 1

Tras las deliberaciones del jurado, Eric Tallon, consejero de Cooperación y de Acción Cultural de la Embajada de Francia en España, director general del Institut français de España, ha introducido los discursos de la ceremonia, citando a Didier Decoin, el actual presidente de la Academia Goncourt: « Los Premios Goncourt son sobre todo « libros que están en contacto con la actualidad, bien escritos y cincelados ».

El Premio Goncourt, el galardón más importante de la rentrée littéraire en Francia

El Premio Goncourt es el premio literario más importante de la rentrée littéraire en Francia. Desde 1903, la Academia Goncourt se reúne todos los años para premiar una novela publicada en el año en curso de un autor de expresión francesa.

La Academia Goncourt fue fundada por los hermanos escritores Edmond y Jules de Goncourt, que decidieron crear una sociedad literaria, complementaria de la Academia Francesa, que premiara una gran novela francesa, un género que carecía de reconocimiento en la época. La deliberación del jurado se celebra cada año durante un ceremonioso almuerzo en el restaurante Chez Drouant en París. El autor premiado recibe un cheque simbólico de 10 euros. El valor del premio, en realidad, no reside en su atribución pecuniaria sino en el prestigio que aporta y que conduce a la impresión de cientos de miles de ejemplares del título galardonado. André Malraux, Marguerite Duras, Roman Gary, Simone de Beauvoir, Julien Gracq, Amin Maalouf, Mathias Énard o Leïla Slimani son algunos de los autores premiados desde el origen del galardón. Su última edición se celebró el 3 de noviembre de 2021. En ella, el escritor Mohamed Mbougar Sarr se alzó con el premio por su novela La plus secrète mémoire des hommes, (Philippe Rey/Jimsaan).

El « Premio Goncourt: la elección de… » en el extranjero nació en 1998, por iniciativa del Institut Français de Cracovia. En 2017, con la incorporación de España, fueron nueve los países o zonas geográficas implicadas: Bélgica, Italia, Rumanía, Polonia, Serbia, Eslovenia, Bulgaria y Suiza. Desde entonces, una veintena de países se han sumado a la iniciativa. Para esta edición, Milena Busquets Barcelona autora de “Hoy he conocido a alguien” (Anagrama), “También esto pasará”, traducido en más de treinta países ha presidido el jurado español.

« Premio Goncourt: la elección de España »

El «Premio Goncourt : la elección de…» en el extranjero inicia sus pasos en 1998 a iniciativa del Institut français de Cracovia. En 2017 España se une a la lista de países que adoptan este prestigioso premio en su territorio, compuesta actualmente por casi treinta países.

El jurado del «Premio Goncourt: la elección de España» está compuesto por representantes de los departamentos de francés de universidades españolas de todo el territorio nacional.

Cada año, las universidades que desean participar presentan sus candidaturas y l@s estudiantes de las universidades seleccionadas trabajan en grupo sobre las cuatro novelas finalistas del último Premio Goncourt francés. Sus representantes se reúnen cada año en Madrid para escoger la novela premiada, en una ceremonia presidida por un@ prestigios@ escritor@ español@. El escritor y académico francés Pierre Assouline asiste también cada año a las deliberaciones del jurado español, en representación de la Academia Goncourt.

En 2020, fue Hervé Le Tellier quien se alzó con el galardón español por su novela La anomalía (Seix Barral), coincidiendo con la elección de la Academia Goncourt en Francia. En 2019, la novela escogida por el jurado español coincidió igualmente con el Goncourt francés: No todos los hombres habitan el mundo de la misma manera (AdN) de Jean-Paul Dubois. El año anterior, los estudiantes escogieron la novela Hermanos de alma (Anagrama), de David Diop, y en 2017 la novela premiada fue El arte de perder (Salamandra) de Alice Zeniter.

Los presidentes del jurado de cada una de estas ediciones han sido los escritores Arturo Pérez-Reverte (2017), Antonio Muñoz Molina (2018), Carmen Posadas (2019) y Javier Cercas (2020).

Una vez la novela traducida al español, el autor galardonado es invitado a presentar su obra en España, donde recibe el premio de la mano de un representante de los estudiantes del jurado.

El objetivo de este proyecto, organizado por el Institut français y la Embajada de Francia en España, es promover la literatura y cultura francófona contemporánea en España y fortalecer la cooperación educativa y universitaria.

[Fotos: Javier Velasco Oliaga – fuente: http://www.todoliteratura.es]