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La moitié au moins du vocabulaire de la langue de Shakespeare vient de ce côté-ci de la Manche. Authentic !

Écrit par Michel Feltin-Palas

Table, army, beef… Vous l’avez sans doute remarqué (ou alors courez chez votre opticien) : une grande partie du vocabulaire de l’anglais ressemble au français – quand il n’en est pas le calque exact. La raison ? Elle est simple à comprendre pour qui se souvient de ses cours d’histoire. En 1066, Guillaume le Conquérant a pris la tête de l’Angleterre et, comme d’habitude, le nouveau pouvoir en place a fait de son idiome la langue officielle du territoire passé sous sa coupe.

À la limite, on pourrait même poser la question autrement : pourquoi les Anglais ne parlent-ils pas tout simplement français ? Il y a à cela au moins deux raisons. En premier lieu, Guillaume et les siens n’étaient pas assez nombreux pour imposer leur idiome à l’ensemble de la population. Jusqu’au XIIIe siècle, ce que l’on appelle l’anglo-normand (le « français » d’Angleterre) est resté essentiellement la langue du pouvoir et de l’aristocratie. Le peuple et la petite noblesse, eux, ont continué de pratiquer le vieil anglais.
L’autre explication est que l’anglais est une langue essentiellement germanique. Après le départ des Romains, l’île a en effet été envahie par des peuples venus de l’Allemagne, du Danemark et des Pays-Bas actuels, notamment les Angles (d’où le nom d' »Angleterre »), les Saxons (d’où le vocable « anglo-saxon ») et les Jutes (d’où… rien du tout). Cette influence germanique fut d’ailleurs renforcée par la suite lors de l’invasion des Vikings, qui sont notamment à l’origine des pronoms they, their ou them.
D’un point de vue linguistique, tout change avec l’arrivée de Guillaume le Conquérant. Et pour cause : lui ne parle pas une langue germanique, mais une langue latine. Et, contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, il ne s’agit pas du français de Paris, mais du normand, ce qui n’a rien de surprenant pour un duc de Normandie. C’est donc cette langue d’oïl proche du français d’Ile-de-France, mais différente, qui va peu à peu prendre pied dans l’actuelle Grande-Bretagne. To catch (« prendre »), par exemple, est issu du normand cachier (capturer un animal) et non du « parisien » chacier (qui donnera « chasser »). C’est aussi la raison pour laquelle les Britanniques appellent leurs voitures des cars (terme normand) et non des chars (le vocable de l’ancienne Ile-de-France). C’est dans un deuxième temps seulement, sous les Plantagenêts (comtes d’Anjou et rois d’Angleterre de 1154 à 1485) que l’anglais s’inspirera de la langue de l’administration royale en usage sur les bords de Seine.
Le phénomène sera massif jusqu’au XIVe siècle. C’est bien simple : selon les estimations, la moitié environ du lexique anglais aurait pour origine ces deux langues d’oïl – et même les deux tiers si l’on y ajoute le latin, qui restait influent à l’écrit, selon la linguiste Henriette Walter. Cette prépondérance se vérifie en premier lieu pour le lexique ayant trait au pouvoir avec cardinal, court, dukejustice,masterminister ou sir. Cela est vrai aussi de certains termes abstraits comme variation ou virtue. Cela est vrai encore pour la vie quotidienne, avec to disturb, de destorber (« troubler », « déranger ») ; ticket, de estiquet (« marque fixée à un pieu ») ou précisément, de very (de « vrai »). Cela est vrai enfin de l’alimentation puisque toast est le rejeton de l’ancien français toster (« griller », « rôtir ») tandis que bacon – oui, même le bacon ! – est le descendant de l’ancien français bacun (« viande de porc », « flèche de lard salé »).
Pour autant, le français de cette époque doit aussi beaucoup à l’Angleterre. Qui le sait ? C’est dans ce pays qu’a été rédigé, en 1066, le premier acte juridique privé dans notre langue. Là encore qu’a été inventé le nom même de la langue française (franceis, plus exactement) dans le Bestiaire de Philippe de Thaon, rédigé au début du XIIe siècle). Là enfin qu’ont été publiées les premières grammaires de notre langue, le Donat français (1410) et L’esclarcissement de la langue francoyse, de John Palsgrave (1530).
Comme il fallait s’y attendre, les mots ont parfois évolué différemment de part et d’autre de la Manche : c’est là l’origine des fameux « faux amis », dont la liste fait transpirer tous les étudiants. Ainsi, en anglais, to cry ne veut pas dire « crier »,mais « pleurer », en référence sans doute aux cris que l’on émet parfois lorsque l’on pleure à chaudes larmes. Mêmes discordances entre library et « bibliothèque » ; journey et « voyage » ; actually et « en fait ». La liste est longue, très longue…
L’influence de notre langue sur l’anglais commence à s’infléchir à partir du XIVe siècle. La guerre de Cent ans a fini par provoquer une forme de « nationalisme linguistique » à Londres. Symboliquement, Henri IV (le leur, pas le nôtre), qui accède au trône en 1399, devient le premier roi anglophone depuis la conquête normande. La courbe des emprunts de l’anglais aux langues d’oïl parlées en France commence alors à décroître, passant de 306 mots au XIVe siècle à 59 quatre cents ans plus tard, selon le recensement de L’Oxford dictionnary (encore un mot d’origine française !).
Le mouvement s’inverse même pendant le siècle des Lumières. La démocratie britannique exerce en effet une influence déterminante sur nos révolutionnaires, qui lui empruntent une partie de leur lexique politique, de « constitution » à « motion » en passant par « jury ». Ce n’est qu’un début. A partir du XIXe et surtout du XXe siècle, le lexique français subit la domination du Royaume-Uni et des États-Unis, en particulier dans les domaines techniques où ces deux pays disposent d’une réelle avance. Il suffit de songer aux chemins de fer (railtunnelwagon…) et plus tard à l’informatique (bugblogcookiesWeb…).
Longtemps, toutefois, ces anglicismes furent arrangés à la sauce de chez nous. « Redingote », par exemple, est la francisation de riding coat, « habit pour monter à cheval », tout comme « paquebot » est celle de packet-boat et « dériver » (pour un navire) celle de drive. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, où cash devient « cash » ; burn-out « burn-out » et dealer « dealer »…
Il est vrai que le phénomène a pris une ampleur nouvelle. Après la Seconde Guerre mondiale, avec Hollywood, Disney, Netflix, Apple et les autres, les Américains misent sur la culture pour formater les esprits et, accessoirement, mieux écouler leurs marchandises. « Le jazz, disait le président Eisenhower, est le meilleur ambassadeur de l’Amérique. » De là leur volonté d’imposer l’anglais comme langue mondiale. « Les États-Unis ont compris qu’à côté de l’armée, de la diplomatie et du commerce, il existe aussi une guerre culturelle », souligne le linguiste Claude Hagège, qui s’agace devant l’aveuglement sur ce sujet d’une partie des « élites » françaises, lesquelles croient du dernier chic de multiplier les anglicismes. Hagège, encore : « Ils se croient modernes ; ils ne sont qu’américanisés. »
Et Guillaume doit se retourner dans sa tombe…
Sources
– Chronologie. L’histoire de la langue française, par Frédéric Duval, Jacques Dürrenmatt, Jean Pruvost, Gilles Siouffi, Agnès Steuckardt. Bescherelle, 322 p., 19,90 €.
– La story de la langue française, par Jean Pruvost. Editions Tallandier.
– Honni soit qui mal y pensepar Henriette Walter. Editions Robert Laffont.

 

[Publié sur http://www.lexpress.fr]

El reciente ataque a Salman Rushdie pone de nuevo sobre la mesa el debate sobre el islam, la radicalización religiosa y política y la libertad de expresión.

Escrito por Ezequiel Kopel

El viernes 12 de agosto Salman Rushdie, el escritor condenado por la República Islámica de Irán desde 1989 debido a la acusación de blasfemia por su libro Los versos satánicos, estaba por dar una conferencia en la tranquila ciudad de Chautauqua, al oeste de Nueva York. En ese momento, un hombre subió al escenario y lo apuñaló más de 10 veces en el cuello y abdomen. Un malherido Rushdie fue trasladado de emergencia en avión a un hospital; lo operaron y le colocaron un respirador. Las primeras informaciones luego de la operación indican que el escritor evoluciona favorablemente, pero tiene el hígado dañado, podría perder un ojo y vería afectado el movimiento de su brazo al tener sus nervios cortados. El moderador del evento, Henry Reese, de 73 años, cofundador de una organización que ofrece residencias a escritores que enfrentan persecución, también fue atacado.

El agresor fue arrestado de inmediato. Hadi Matar, de 24 años, oriundo de Fairview, Nueva Jersey, y descendiente de libaneses es –por lo que pudo verse en sus redes sociales (mientras estuvieron abiertas)– un ardiente fanático de los ayatolás y de los líderes políticos y militares iraníes. El acto de matar de alguien que ni siquiera había nacido cuando Rushdie escribió su controvertido libro y ya admitió que nunca lo leyó es otro ejemplo de la peligrosa radicalización de una juventud impresionable, muchas veces de confesión islámica, que glorifica la violencia.

Las autoridades iraníes tardaron en responder sobre el ataque: negaron tener participación alguna en el hecho, pero creyeron pertinente acusar al escritor como el verdadero culpable del intento de asesinato. En una vergonzosa declaración, Nasser Kanani, el portavoz del Ministerio de Relaciones Exteriores de Irán, sostuvo que había sido la víctima quien había cruzado «líneas rojas» y se había expuesto «a la ira de la gente». Vale recordar que el fundador de la República Islámica de Irán y por entonces su máxima e incuestionable autoridad, el ayatolá Ruhollah Jomeini, había ofrecido en 1989 –mediante una fatwa— una recompensa de 3 millones de dólares por la cabeza de Rushdie, tras acusarlo blasfemia.

Aunque el presidente reformista iraní Mohammad Jatami dijo que el asunto estaba «completamente terminado» en 1998, cuando Gran Bretaña se lo exigió para restablecer relaciones diplomáticas con Irán, la fatwa no fue rescindida formalmente. De hecho, el sucesor de Jomeini, Alí Jamenei, reiteró en 2017 que aún se encontraba en vigor. En 2016, por ejemplo, Irán boicoteó la Feria de Fráncfort por la presencia del escritor indio-británico y en 2019 reforzó la sentencia, tuiteando desde su cuenta oficial que la fatwa era irrevocable, lo que llevó a Twitter a limitar su cuenta, pero no a cerrarla (como sí lo hizo, por ejemplo, con la del expresidente estadounidense Donald Trump).

Las reacciones en la prensa iraní fueron unánimes y dejaron de lado toda diferencia entre conservadores y moderados. Una editorial del diario Irán, órgano oficial del gobierno, afirmó de forma orgullosa que «33 años después de que su excelencia el imam Jomeini dictaminara sobre la apostasía de Salman Rushdie, un no iraní en el corazón de Estados Unidos cometió el acto más sagrado de Dios» y que esto demostraba que «en el corazón del mundo moderno, las órdenes de Dios todavía están vivas en los corazones de las personas». El diario de línea dura Kayhan, cuyo jefe es designado por el actual líder supremo, saludó «a este valiente hombre que atacó al apóstata y cruel Salman Rushdie en Nueva York y besamos sus manos que acuchillaron y desgarraron el cuello de un enemigo de Dios». El periódico Jame-Jam, propiedad de la Radio y Televisión Nacional, publicó una defensa del atentado tras la información de que Rushdie perdería un ojo, publicando una caricatura de él, con cuernos y sin un ojo, con la leyenda: «Satanás perdió un ojo». Etemad y Arman-e Melli, periódicos supuestamente moderados y «reformistas», señalaron que todo podía ser una conspiración de Occidente e Israel, que utilizando «falsas afirmaciones antiiraníes» buscan descarrilar las nuevas conversaciones nucleares. Irónicamente, a principios de la década de 1980, las traducciones al persa de Hijos de la medianoche y Vergüenza, dos de sus primeros libros, hicieron que (junto con su posición favorable al nacionalismo palestino) Rushdie fuera admirado por su «antiimperialismo» durante años en el Irán revolucionario.

La idea de que Irán no estuvo físicamente detrás del ataque contra Rushdie no solo es una manipulada elucubración, sino que, además, olvida las acciones pasadas de la República Islámica contra críticos y opositores. Hadi Matar pudo haber tomado la decisión individualmente. Es decir, sería otro mal llamado «lobo solitario» al que se le imputa una suerte de radicalización por generación espontánea. Pero pocos días después del ataque ya existen informaciones, citadas por VICE News, de que mantuvo contactos con miembros de la Guardia Revolucionaria iraní. Dado que el incidente se encuentra en etapa de investigación temprana, todavía se sabe demasiado poco sobre esas comunicaciones.

En estos días suele soslayarse que Irán cuenta, en su historia contemporánea, con una numerosísima lista de opositores asesinados en el exterior, algunos por orden directa y otros de manera indirecta. En 1980, un seguidor extranjero de la República Islámica, Dawud Salahuddin, disparó y mató al antiguo agregado de prensa de la embajada iraní Ali Akbar Tabatabaei en la puerta principal de su casa en Bethesda, Maryland. Los magnicidios –dirigidos o inspirados- aumentaron considerablemente en la década de 1990. Las estimaciones indican que solo hasta 1997 se cometieron 50 asesinatos de disidentes políticos en el extranjero.

La década se inauguró con el asesinato en Suecia de dos disidentes kurdos, Karim Mohammedzadeh y Efat Ghazi, el 6 de abril y 1 de septiembre respectivamente. El 6 de agosto de 1991 fue asesinado con cuchillos de cocina Shapour Bajtiar, el liberal y último primer ministro iraní previo a la Revolución islámica, en su casa del suburbio parisino de Suresnes. El 8 de agosto de 1992 encontraron el cuerpo del artista Fereydoun Farrokhzad en su apartamento en Bonn, Alemania, apuñalado repetidamente en la cara y la parte superior del torso. Farrokhzad se había burlado de la obsesión mostrada por Jomeini por el sexo en su libro Tahrir al-Wasilah. Ya más cerca en el tiempo, en 2017, el creador de un medio opositor al actual gobierno de Irán, Saeed Karimian, fue baleado en Estambul. Incluso el año pasado Francia condenó a un diplomático que trabajaba en la embajada iraní en Viena a 20 años de prisión por un complot para poner una bomba en una manifestación de un grupo opositor en Francia. Y en julio de este año la policía estadounidense detuvo a un hombre armado con un rifle AK-47 frente a la casa de Brooklyn de la disidente iraní (y destacada militante contra el uso obligatorio del velo islámico) Masih Alinejad. La acción se suma a la trama descubierta el año pasado por el FBI, que arrestó a cuatro agentes iraníes que pretendían llevar a Alinejad de contrabando a Irán para silenciar sus críticas.

Luego del atentado contra Rushdie reaparecieron las voces que matizaban el intento de magnicidio como una reacción entendible por ofender a los fieles de una religión, bajo la idea de que sentirse ofendido es una razón válida para matar o perseguir a una persona. Esto recordó la posición adoptada por diferentes personalidades tres décadas atrás cuando se sancionó la fatwa contra el escritor indio de origen musulmán hoy herido. Road Dahl, autor de Charlie y la fábrica de chocolate, lo calificó de «peligroso oportunista»; el maestro del espionaje John le Carré (quien en 1997 sería a su vez acusado de antisemitismo por su caracterización de un personaje en la novela El sastre de Panamá) dijo que «no hay ley en vida que sostenga que las grandes religiones pueden ser insultadas con impunidad»; el escritor de izquierdas John Berger exigió que la obra fuese sacada de las librerías ante la posibilidad de «una guerra santa», y el músico Cat Stevens, quien adoptó el nombre Yusuf Islam cuando se convirtió al islam, llegó a afirmar que si Rushdie golpease su puerta pidiendo ayuda «trataría de llamar al ayatolá Jomeini y decirle exactamente dónde está este hombre».

En tanto, Kalim Siddiqui, director del Instituto Musulmán de Londres y uno de los organizadores de las manifestaciones contra el libro de Rushdie, sentenció: «Yo no lo mataría, pero estoy seguro de que hay mucha gente en este país preparada para eso en este momento. Como ciudadano británico, tengo el deber, por así decirlo, de no infringir la ley británica. Pero no somos una religión pacifista. No ponemos la otra mejilla. Devolvemos el golpe». Asimismo, vale rememorar que el por entonces gran rabino (askenazi) israelí Avraham Shapira quiso prohibir la publicación de Los versos satánicos en Israel, argumentando que ofendía las sensibilidades religiosas, a pesar de que no había leído la novela, que ni siquiera se había publicado al hebreo. Su contraparte sefardí en el Estado hebreo no se quedó atrás y en una especie de «ecumenismo a la inversa» –como lo define muy bien Christopher Hitchens en su autobiografía-, dijo que el principal problema no era bajo ningún concepto la oferta de pago por el asesinato de un escritor, sino el delito de blasfemia. En cambio, el gran rabino de Inglaterra Immanuel Jakobowitz trató de esgrimir una extraña solución salomónica cuando agregó que «tanto Rushdie como el ayatolá Jomeini han abusado de la libertad de expresión». Otro de los efectos secundarios más extraños del caso ocurrió en Rávena (Italia), donde un grupo llamado Guardianes de la Revolución amenazó con volar la tumba de Dante Alighieri a menos que el alcalde rechazara la descripción que Dante hizo del profeta Mahoma, a quien define como condenado a uno de los círculos inferiores del infierno, partido en dos, por haber promovido cismas.

Sin embargo, hubo quienes respaldaron vigorosamente a Rushdie desde un principio. Además de la conocida anécdota de Susan Sontag poniéndose al hombro el caso como presidenta del club literario PEN (llegó a ir hasta el Congreso estadounidense para exigir una fuerte posición nacional ante la declaración del presidente George Bush de que la fatwa «no nos afecta» y debió imponerse ante los importantes rechazos de solidaridad, como cuando Arthur Miller, el prestigioso autor de Las brujas de Salem, se negó a participar en una lectura de apoyo con su colega perseguido) existieron también significativas defensas de intelectuales musulmanes o árabes. Una de las menos conocidas fue del intelectual sirio Sadiq Jalal Al-Azm, quien en 1991 criticó a los liberales occidentales por brindar un robusto apoyo a los disidentes soviéticos en ese momento, al tiempo que dudaban a la hora de sostener a Rushdie, haciendo gala de un orientalismo travestido, cuando la persecución viene desde Oriente. Algunas de sus palabras fueron: «Quizás la suposición silenciosa y profundamente arraigada en Occidente sigue siendo que los musulmanes simplemente no son dignos de disidentes serios, no los merecen y, en última instancia, son incapaces de producirlos». A propósito del orientalismo, el mismo autor del famoso libro que popularizó el término en la actualidad, el palestino Edward Said, escribió: «Rushdie es todo aquel que se atreve a hablar en contra del poder. Él, su libro y su vida se encuentran en la frontera donde la tiranía se atreve a pronunciar y exigir sus atroces decretos. Rushdie es la intifada de la imaginación».

Otro valiente con mucho que perder fue Naguib Mahfouz, el único escritor árabe en ganar un Premio Nobel de literatura, quien, a pesar de reconocer que Los versos satánicos podía ofender a musulmanes piadosos, inició un encendido respaldo a la libertad de expresión de su colega a solo un año de ser distinguido por la Academia sueca. Su acción motivó que su obra fuese escudriñada por extremistas islámicos y él mismo fuera condenado por blasfemo por su novela Los niños del callejón. La obra habla de Dios y los profetas y trataba de explicar creativamente la filosofía de la religión a través de la historia de un barrio de El Cairo. Un día después de que se cumpliese el sexto aniversario de su premiación con el Nobel en 1994, fue acuchillado en el cuello al salir de su casa. La elección de acuchillar el cuello no es fortuita para los fundamentalistas, sino que busca resaltar la intención de callar la voz del denunciado. Mahfouz nunca más fue el mismo y una competencia de fatwas denunciatorias empezó a surcar el mundo musulmán. A pesar de todo, ese mismo año 91 escritores árabes y musulmanes de todo el mundo publicaron una colección de ensayos en solidaridad con Salman Rushdie.

Independientemente de la libertad de poder opinar sobre figuras religiosas y sus actos o la posibilidad de representarlos en obras de ficción, es pertinente un análisis real de si Los versos satánicos presenta una visión profundamente herética del islam. Reza Alsan, un estudioso de la sociología de la religión, crítico de lo que hoy se conoce como «nuevo ateísmo» y una especie de «pariente lejano» de Rushdie para los fundamentalistas cristianos por su libro Zelote –donde humaniza la historia de Cristo–, asegura que «para cualquiera que tenga algún conocimiento del Corán, la sorpresa es cuán ortodoxa es la novela en su tratamiento del islam. Los pasajes sobre los llamados ‘versos satánicos’ (las secuencias de sueños que involucran al profeta) están perfectamente en línea con lo que dicen muchos comentaristas tradicionales del Corán (…). La verdad es que una ofensa contra el islam temprano no fue la razón de la fatwa. Lo que parece haber resultado ofensivo para Jomeini fueron los pasajes que narran a los ayatolás iraníes con turbante negro, abriendo sus fauces para tragarse a personas inocentes».

Para comprender qué enoja hasta la violencia a muchos piadosos musulmanes, es necesario entender a qué se refiere el término «versos satánicos». En la tradición islámica, el incidente de los versos se conoce como la «historia de las grullas». Allí se narra la ocasión en que el profeta Mahoma (fallecido en 632 d.C.) confundió los susurros de Satanás con la revelación divina y, de esa manera, las intrusiones satánicas llevaron a Mahoma a pronunciar versos de alabanza a ídolos paganos de la Meca del siglo VII. Ahab Aiwi, un académico estudioso del islam temprano en la Universidad de Leiden, agrega: «Las fuentes históricas musulmanas que recopilan, transmiten y preservan las memorias culturales de la primera comunidad musulmana han registrado e informado el incidente de los denominados versos satánicos y por eso tenemos al menos 50 informes históricos de los primeros 200 años del islam (aproximadamente 610-810 d.C.) que describen en detalle la ocasión en que el profeta Mahoma supuestamente confundió el engaño de Satanás con el mandato de Dios. (…) Los musulmanes posteriores descartaron el incidente como espurio y teológicamente abominable basándose en una consideración: Mahoma estaba protegido por Dios, es decir, era infalible y no propenso a cometer errores en su entrega de la revelación».

Para explicarlo de manera simple –y por supuesto reducida–, los primeros musulmanes trataron de relatar la epopeya histórico-moral de la vida de Mahoma en una heroica lucha por establecer la religión divina, ergo, un intento deliberado de retratar a un Mahoma humanizado que se impone contra las vicisitudes de la vida para hacer que el monoteísmo triunfe por encima de todo. Sin embargo, los posteriores musulmanes que recopilaron las colecciones canónicas de los Hadiths lo consideraron incongruente con su proyecto teológico, que requería que el profeta fuera infalible y, por lo tanto, consideran los «versos» inauténticos. Lo que no muchos saben es que incluso el incidente de los «versos satánicos» es aceptado como auténtico por Ibn Taymiyya, el antiguo predicador fundamentalista al que denominan como padre moderno del wahabismo saudí.

Hay diferentes teorías de por qué Jomeini decidió promulgar una fatwa contra el escritor indio musulmán y Los versos satánicos (un libro que él nunca habría leído, según dijo su propio hijo), que van desde la intención de ocasionar un levantamiento musulmán en India, Pakistán y Europa, hasta el deseo de que su población olvidase el cese al fuego firmado con Saddam Hussein al final de la fratricida guerra entre Irán e Iraq, un arreglo que el ayatolá había prometido no realizar nunca si no era por orden divina. Lo cierto es que casi nadie ha leído realmente la novela, y la mayoría de quienes la condenan se sorprenderían al saber que no sugiere que el Corán fuera inspirado por el Diablo. En el presente se puede conseguir La Divina Comedia –que coloca a Mahoma en el octavo círculo del infierno con las entrañas colgando– en cualquier capital del mundo musulmán, pero el solo rumor del nombre de Rushdie puede producir actos de violencia en esos mismos lugares.

Es preciso sostener que no es igual la representación ficcional de una figura religiosa que el odio a una religión. Incluso la crítica de ideas no es simétrica al ataque a las personas que practican una fe. Asimismo, apuñalar en el cuello a un escritor que no te gusta no es un comportamiento que haga pensar a nadie –que no sea un fanático– que una religión tiene algo admirable que ofrecer al mundo. Hoy la crítica hacia una religión ha dejado de ser un crimen en la mayoría de los países y se puede cuestionar, por ejemplo, al cristianismo o al papa, sin que eso signifique una expresión de «cristianofobia». No se trata de criminalizar al islam, tampoco de pensar que la ideología no tiene ninguna importancia (en la escuela predominante del islam chiita en Irán se requiere que los laicos obedezcan ciegamente las normas de los clérigos sobre la ley islámica) sino comprender que hay una disputa en el seno de una religión para lograr la hegemonía dentro de ella. Y el escenario principal de esta conflagración no es Occidente, sino latitudes donde el islam reina como la religión del Estado y escritores, caricaturistas y artistas, muchísimo más valientes que Rushdie, son reprimidos, día a día, de modo habitual.

Hoy, mientras la idea de que es válido censurar obras artísticas si ofenden a ciertos grupos gana cada vez más tracción en las sociedades modernas. Vale recordar las palabras del vilipendiado Salman Rushdie, quien pasó por todo lo que pasó y no emergió como un psicópata reaccionario deseoso de prohibir el islam: «El respeto por la religión se ha convertido en una frase que significa miedo a la religión. Las religiones, como todas las demás ideas, merecen la crítica, la sátira y, sí, nuestra falta de respeto sin ningún miedo».

[Fuente: http://www.nuso.org]

La comunidad judía de Marruecos es la mayor del mundo árabe, con 3000 miembros. Sus instituciones, ahora obsoletas, van a ser reformadas, especialmente para dar cabida a los judíos marroquíes del extranjero, mientras que Marruecos e Israel han realizado un acercamiento espectacular.

Sinagoga en Casablanca

Escrito por Rémy Pigaglio

La comunidad judía de Marruecos está a punto de vivir una pequeña revolución. El 13 de julio, el gabinete del rey Mohammed VI anunció una reforma de las instituciones judías del país. Creadas en la época del protectorado francés, no habían sido reformadas desde 1945. « Evidentemente, ya no respondían a las necesidades de la comunidad: era necesario un cambio », dijo Jacky Kadoch, presidente de la comunidad judía de Marrakech-Essaouira.

La comunidad más grande del mundo árabe

Hasta finales de la década de 1940 vivían en Marruecos cerca de 250 000 judíos, pero la gran mayoría abandonó el país con destino a Israel, Francia o Canadá. Hoy en día, hay unos 3000 judíos viviendo en el reino. Siguen siendo la comunidad más numerosa del mundo árabe, dirigida por un Consejo de Comunidades Judías en Marruecos que tiene un papel representativo y se ocupa de cuestiones de culto y asistencia social. No se ha llevado a cabo ninguna elección desde los años 60, señal de que las instituciones tienen dificultades para cumplir su función.

La reforma, descrita en un comunicado de prensa, prevé la creación de un Consejo Nacional de la comunidad judía marroquí que deberá garantizar « la gestión de los asuntos de la comunidad y la salvaguarda del patrimonio y la influencia cultural y religiosa del judaísmo y sus auténticos valores marroquíes ».

Casi 800 000 judíos marroquíes en Israel

La principal novedad radica en la creación de una comisión para los judíos marroquíes en el extranjero. « Había que tener en cuenta los cambios demográficos, pero también las recientes aperturas », describe un responsable de la comunidad, en referencia a la normalización de las relaciones entre Marruecos y el Estado hebreo desde finales de 2020. Cerca de 800 000 judíos marroquíes viven en Israel. « Los judíos de Marruecos, sus hijos y nietos siguen practicando los ritos marroquíes allí donde viven. Participan en la vida de la comunidad », dice Jacky Kadoch.

Las nuevas instituciones tendrán que responder a muchos desafíos, desde el acelerado envejecimiento de los judíos marroquíes hasta los retos de acoger al creciente número de turistas judíos que llegan al reino, especialmente desde Israel. « Tendremos que hablar de kosher si, dentro de poco, entre 200 000 y 300 000 judíos visitan el país cada año », anticipa el dirigente comunitario. « ¡No es lo mismo que asegurar esto para una comunidad de 3.000 personas! ». Por su parte, el secretario general de la comunidad judía de Fez, Jacob Pinto, espera que « el nuevo consejo disponga de medios para controlar el destino del inmenso patrimonio judío del país, que a menudo ha sido víctima de abusos o de una mala gestión ».

Parte integrante de la historia del país

Los judíos han estado presentes en Marruecos desde la antigüedad y son parte integrante de la historia del país. A veces han sido perseguidos y en otras ocasiones han vivido épocas doradas. Si la gran salida de los años 50 y 60 provocó su práctica desaparición del reino, sus miembros trabajan desde los años 70 para devolver un lugar a la comunidad en un país cuya población es casi totalmente musulmana. La Constitución de 2011, que consagra el « tributario hebreo » de la identidad marroquí, garantiza la libertad de culto pero no la de conciencia.

Esta reforma de las instituciones es el resultado de varios años de debates de las autoridades con la comunidad, y dentro de la propia comunidad. « Las instituciones anunciadas no son totalmente nuevas, sino que revitalizan lo que ya existe. Desde los años 90, el rey Hassan II ha comenzado a integrar a los judíos marroquíes en el extranjero en su diplomacia de influencia, en particular en el conflicto palestino-israelí », dijo Aomar Boum, profesor de la Universidad de California en Los Ángeles (Ucla), especialista en judíos marroquíes. Las nuevas instituciones también podrían dar cabida a las mujeres, casi ausentes en las instituciones actuales.

Al decidir esta reforma como Comandante de los fieles, el rey Mohammed VI subraya su papel con la comunidad judía. Para Aomar Boum, « existe una especie de vínculo sagrado entre los judíos marroquíes y la monarquía alauita ». Es difícil decir cuándo se aplicará la reforma. Para Jacky Kadoch, « en cualquier caso se ha puesto en marcha, y vamos a seguir muy de cerca la forma en que se aplicará ».

[Foto: Adobe Stock – fuente: es.la-croix.com]

 

Le président colombien nouvellement élu Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez célèbrent leur victoire à l’élection présidentielle, le 19 juin 2022, à la Movistar Arena de Bogota, le 19 juin 2022. Daniel Munoz/AFP

Écrit par Claire Nevache

Doctorante en sciences politiques, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Dimanche 19 juin était un jour d’élections. Si en France, le second tour des législatives a causé une secousse dans le paysage politique, en Colombie l’élection du nouveau président Gustavo Petro constitue un véritable tremblement de terre, annoncé toutefois par la progression de la gauche depuis une vingtaine d’années.

Alors que la menace de violences politiques avait pesé sur toute la campagne (cinq candidats à la présidence ont été assassinés depuis 1948 en Colombie), Gustavo Petro, le candidat du parti Colombia Humana, candidat pour la troisième fois et qui avait été battu au second tour en 2018, a finalement été élu, accompagné de sa vice-présidente, la très populaire Francia Márquez, militante des droits humains et de l’environnement, féministe et surtout la première vice-présidente afrodescendante de ce pays.

Une gauche longtemps déconsidérée

L’Amérique latine a connu de nombreux présidents de gauche aujourd’hui et par le passé, mais la Colombie constituait jusqu’au 19 juin dernier un véritable bastion de la droite continentale, la gauche n’ayant jamais gouverné le pays.

Plusieurs éléments avaient contribué à la marginalisation et à la diabolisation de la gauche dans le pays. D’une part, le conflit armé qui se prolonge depuis bientôt soixante ans, et dont le nombre de victimes civiles, de disparus et de déplacés ne cesse d’augmenter, avait contribué à associer la gauche aux mouvements insurgés, au premier rang desquels les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Malgré les nombreuses exactions commises par l’armée officielle, la rhétorique officielle a toujours fait peser sur les guérillas marxistes la responsabilité entière du conflit. Après la courte victoire du non au référendum sur les accords de paix en octobre 2016, de nouveaux accords remaniés ont été ratifiés fin 2016 par le Congrès. La situation n’est toutefois pas totalement stabilisée : l’ancienne guérilla des FARC, mais aussi des observateurs internationaux dénoncent régulièrement les manquements aux accords de la part du gouvernement, tandis qu’un certain nombre de groupes armés continuent à opérer dans la clandestinité.

Homme de dos portant une veste sur laquelle il est écrit « Je crois en l’ingénieur Rodolfo et je ne crois pas en Petro et son groupe de guérilleros »

Un partisan du magnat de la construction Rodolfo Hernandez, l’adversaire de Gustavo Petro au second tour, porte une veste sur laquelle on peut lire « Je crois en l’ingénieur Rodolfo et je ne crois pas en Petro et son groupe de guérilleros » à Bogota, le 16 juin 2022. Ophélie Lamard/AFP

D’autre part, les États-Unis ont longtemps accordé une attention particulière à la Colombie. Dans le cadre de la guerre froide, Washington a massivement soutenu Bogota dans sa répression des groupes insurrectionnels et plus tard dans la « Guerre contre la Drogue ». En retour, la Colombie s’est positionnée comme un allié solide des États-Unis à l’international (notamment dans ses votes à l’ONU et en devenant partenaire de l’OTAN) et dans la région, en particulier en ce qui concerne l’isolement du Venezuela.

L’évolution du Venezuela, dirigé de 1999 à 2013 par Hugo Chavez et depuis 2013 par son successeur Nicolas Maduro, est l’élément le plus récent ayant contribué à faire de la gauche un véritable repoussoir dans la région. Pour la Colombie, qui partage avec le voisin bolivarien une frontière de plus de 2 000 km de long, traversée par d’innombrables trafics mais surtout par des flux migratoires sans précédent (la Colombie accueille deux des cinq millions de Vénézuéliens exilés), cette relation s’est traduite par des crises diplomatiques successives, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques et la fermeture de la frontière en 2019.

Les raisons de la victoire

Dans ce contexte, comment expliquer cette victoire de la gauche ? D’une part, le contexte socioéconomique du pays est très marqué par une recrudescence des inégalités (la Colombie est aujourd’hui le pays le plus inégal du continent, lui-même le plus inégal du monde) et de la pauvreté.

Ainsi, la pandémie a entraîné un recul d’une décennie en termes de lutte contre la pauvreté, avec 3,6 millions de nouveaux pauvres. Dans certains départements comme la Guajira ou le Chocó, c’est environ 65 % de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Ces régions ont massivement voté pour Petro, dont la promesse de mettre en place des politiques sociales universelles et, surtout, de gouverner pour tout le pays, et pas uniquement depuis et pour les grands centres urbains du centre de la Colombie, a séduit en priorité les zones côtières et périphériques.

Le mandat d’Iván Duque, président sortant élu en 2018, avait également été émaillé de manifestations massives, liées au mécontentement de la population quant aux politiques économiques, sociales et environnementales et au manque de volonté politique d’appliquer les accords de paix. Ces manifestations avaient été brutalement réprimées, l’ONU parlant d’au moins 28 morts pour le seul mois de décembre 2021. L’usage de la force de la part du gouvernement, la quasi-disparition de la guérilla avec les accords de paix, qui prive le camp de la droite de son épouvantail, l’incapacité de mettre fin aux assassinats de leaders sociaux et de militants environnementaux sont autant d’éléments qui ont fini de miner la crédibilité de la droite colombienne.

                   Colombie : une semaine de manifestations meurtrières, France24, 6 mai 2021.

Les accords de paix et la sortie progressive du conflit armé ont obligé les candidats à se positionner sur d’autres thèmes, économiques, sociaux en environnementaux, sur lesquels Petro et Márquez jouissaient d’un avantage face à la droite. Lors de son discours de victoire électorale, ses sympathisants scandaient ainsi « ¡No más guerra ! » (plus de guerre !), confirmant également que le camp de la droite, historiquement opposé aux accords de paix et traînant des pieds pour mettre en œuvre les mesures de réparation, n’a pu offrir aux Colombiens une transition convaincante vers la paix.

Gustavo Petro a donc été élu avec une participation historique, dans les provinces les plus touchées par la pauvreté et les plus périphériques, mais aussi massivement à Bogota. La carte du vote en faveur de Petro rejoint ainsi presque parfaitement le vote du oui au référendum sur les accords de paix d’octobre 2016.

L’influence des Églises évangéliques sur la politique colombienne avait été largement commentée au moment de ce référendum sur les accords de paix. Certaines méga-Églises (ces dénominations évangéliques dont l’assistance compte des milliers de fidèles) avaient en effet fait campagne en faveur du non, notamment en raison des positions réelles ou supposées contenues dans le texte des accords sur la question du genre.

Cependant, le plus ancien parti évangélique du continent, le Mouvement indépendant de rénovation absolue (MIRA), avait fait campagne pour le oui. Ainsi, le caractère décisif de leur influence est loin d’être établi. Les fidèles évangéliques ne suivent pas nécessairement en masse les instructions de leur pasteur sur les questions électorales, et celles-ci ne sont d’ailleurs pas forcément les mêmes d’une Église à une autre. Ainsi, les deux partis évangéliques étaient au premier tour divisés entre une candidature propre, obtenant à peine 1,29 % des votes (alors que le secteur représente environ 18 % de la population).

Un ancien guérillero au pouvoir… comme dans plusieurs autres pays du continent

Les adversaires de Petro ont bien tenté de le délégitimer pendant toute la campagne en insistant sur son passé de guérillero, pourtant relativement limité et abandonné il y a plus de trente ans.

En se détournant de la voie des armes pour se lancer dans le combat politique électoral, Petro a rejoint un certain nombre d’autres personnalités majeures du continent, socialisés politiquement à une époque où la gauche n’existait que dans la clandestinité et qui, avec les transitions démocratiques, ont elles-mêmes opéré une transition vers la politique électorale et institutionnelle. Avant d’accéder à la présidence, il avait élu député à trois reprises, maire de Bogotá à deux reprises et sénateur à deux reprises ; en étant élu à la tête de l’État, il intègre un groupe où l’on retrouve déjà des figures comme Pepe Mujica en Uruguay (2010-2015), Dilma Rousseff au Brésil (2011-2016), ou encore Salvador Sánchez Cerén au Salvador (2014-2019), tous venus de la gauche clandestine et armée avant de finir par diriger démocratiquement leur pays.

Les défis qui l’attendent sont majeurs : la lutte contre la pauvreté et les inégalités requièrent la mise en place de programmes sociaux ambitieux, et donc d’une importante réforme fiscale (la fiscalité rapportée au PIB est de presque 15 points inférieure à la moyenne de l’OCDE). La poursuite du processus de paix et l’amélioration de la protection des droits humains se heurteront à une opposition et des intérêts réticents ; mêmes problématiques en ce qui concerne tout comme la question persistante du trafic de drogue, le rétablissement des relations diplomatiques avec le voisin vénézuélien ou encore l’adaptation au changement climatique, aspect fondamental pour un pays qui y est particulièrement vulnérable.

Gustavo Petro devra composer avec une dette qui a fortement augmenté depuis la pandémie, un peso largement dévalué et la nécessité d’une réforme fiscale toujours délicate. En plus de ces difficultés économiques et budgétaires, Petro devra tenter d’appliquer son programme alors qu’il ne dispose pas de majorité claire au Congrès. Il faudra donc probablement modérer les réformes pour convaincre l’opposition – fragmentée et dénuée de leadership – de les voter. Les prochaines années constitueront probablement une jeu d’équilibriste difficile, entre des négociations obligées avec l’opposition et l’impératif de ne pas décevoir l’espoir de changement.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

El Samuray ke salvo a miles de Djudios de los Nazis

Prezentado por Isak ESKİNAZİ

En jeneral, kuando afita una trajediya, munchos bushkan a deskuvrir un lado pozitivo, miran a topar eroes i sus sakrifisyos. En el panteon de eroes durante la Shoah (el Olokosto) se topa Chiune Sugihara, ke era el konsul jeneral de Japonya en la sivdad de Litvanya de Kaunas (tambyen konosida komo Kovno). Sugihara paso a este posto en marso de 1939, sesh mezes antes de la invazyon almana de la vizina Polonya. Los djudios polakos i almanes empesaron a fuyirsen a la Litvanya. Ma, el estado de Litvanya komo refujyo se eskapo abruptamente el 15 de junyo de 1940, kuando la Union Sovyetika okupo la Litvanya. Los sovyetikos permityeron ke los djudios polakos salyeran de Litvanya pasando por la Union Sovietika. Ma, en julyo de 1940, kon la avansa de los almanes verso la Litvanya, los sovietikos ordenaron ke todos los postos diplomatikos etranjeros salgan de Kaunas. Sugihara demando i resivyo una ekstansyon. El uniko otro diplomat ke kedo en Kaunas fue Jan Zwartendijk, el konsul interimo de la Olanda.

Syertos refujyados djudios se ambezaron ke dos izlas olandezas en los Karaibes, Curaçao i la Guyana Olandeza (oy konosida komo Surinam), no demandavan vizas de entrada formales. El konsul Zwartendijk fue otorizado a stampar pasaportes kon permisos de entrada. Ma, para yegar a los Karaibes se nesesitava pasar por la URSS. Komo kondisyon para obtener vizas de salida sovietikas, el konsul sovietiko estava demandando vizas de tranzito japonezas, porke se deviya de pasar por la Japonya para arivar a las izlas olandezas, kaji medyo mundo de leshor.

kAmbezandosen de esta nesesidad, refujyados djudios dezesperados se incheron delantre la puerta del Konsulado japoneza de Kaunas. La demanda de Chiune Sugihara al Ministeryo de Relasyones Eksteryores de Japonya para embiyar vizas de tranzito fue refuzado inkondisyonalamente. Sugihara tuvo ke tomar una desizyon muy difisil. Tuvo ke pezar entre su disiplinada obediyensa japoneza tradisyonal de una parte kon su vokasyon de samuray para ayudar a los nesesitados de la otra parte. Sugihara i su famiya preferaron desfiar a su governo i ayudar a tantas personas komo sea umanamente posivle.

Durante los sigientes 29 dias, del 31 de julyo asta al 28 de agosto de 1940, los Sugihara pasaron todas sus oras sin durmir eskrivyendo vizas a mano, kon un averaje de 300 vizas al dia, lo ke es el ekivalante a un lavoro mensual del konsulado de Kaunas. El propyo Chiune refuzo deskansarse afilu unas kuantas oras i subzistyo kon sandviches, i Yukiko, la sinyora Sugihara, masajeava las manos endoloradas de su marido todas las noches. Afilu durante sus ultimos momentos komo konsul japonezo en Kaunas, myentres suvyendo al treno yevandolo a Berlin el 1 de septembre de 1940, Chiune eskriviya vizas i los entregava a los ke viya de la ventana del treno. Afilu kuando el treno empeso a alesharse, echo la stampa de viza de konsul a un refujyado para ke pueda eskrivir unos kuantos mas vizas de tranzito. Komo rezultado direkto del eroizmo de Sugihara, se salvaron las vidas de 6000 refujyados de la barbariya nazi, los ke pudyeron ansi suvir al treno transiberyano kon destino a Kobe, Japonya.

Despues de la Segunda Gerra Mundial, Sugihara fue arrondjado del puerpo diplomatiko japonez por su insubordinasyon. Para mantener su famiya lavoro komo tresladador i, finalmente, lavoro komo emprezaryo. No fue asta 1969 ke el inkreivle eroizmo i sakrifisyo de Sugihara fue deskuvyerto por un sovrebivyente ke aviya salvado. Chiune nunka avlo de sus aksyones. Chiune Sugihara muryo el 31 de julyo de 1986, a la edad de 86 anos.

En el aniversaryo de su muerte vos kije akodrar su eroizmo.

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

Nesta sucessão de evocações e descrições de teatros atuais e teatros históricos de tradição cultural e arquitetónica, recorremos em primeiro lugar a um livro de Luis Norton, editado em 1936, sobre “A Corte de Portugal no Brasil”, assim mesmo denominado.

Trata-se efetivamente de um denso e vasto estudo histórico, amplamente fundamentado em numerosos documentos inéditos, designadamente do Arquivo Histórico do Ministério das Relações Exteriores brasileiro, aí incluindo ou complementando-o com vasta correspondência diplomática relativa às negociações do casamento da arquiduquesa Dona Leopoldina com D. Pedro de Bragança, como bem sabemos futuro imperador do Brasil e rei de Portugal.

Para além do interesse histórico-diplomático em si, o estudo evoca e descreve a realidade cultural do Rio de Janeiro na época, vista tanto no ponto de vista de criatividade, como de atividades diversas e ainda pelo património subjacente. E é extremamente interessante, na perspetiva cultural e de infraestrutura, a referência vasta e devidamente documentada aos teatros e espetáculos, bem como da vida da corte e da cidade.

E mais: quando a Família Real ainda se encontrava no palácio denominado Real Quinta da Boa Vista, o próprio D. Pedro cantou uma área de ópera, dirigido por Marcos Portugal, a quem se deveu a revisão de musica original ali executada para a corte. Sobre Marcos Portugal esclarece Luis Norton que “o rei e toda a família real apadrinharam o novo maestro que passara a ser um elemento indispensável na orquestração musical da nova corte brasileira” (pág. 93).

E mais acrescenta que D. Pedro foi ele próprio compositor de mérito, com obras que se destacaram na época e ainda hoje se destacam: cita designadamente “o te deum que foi composto para as suas segundas núpcias, uma ópera em português executada em 1832 no Teatro Italiano de Paris, uma sinfonia para grande orquestra, as músicas para o hino constitucional português e para o hino da independência brasileira” (pág. 95).

No que respeita a teatros-espaços/edifícios, temos no livro de Luís Norton a descrição detalhada dos festejos da aclamação de D. João VI como rei de Portugal, ocorridos na corte então sediada no palácio do Rio de Janeiro, em fevereiro de 1819. E nesse contexto, o autor refere o Real Teatro do Rio de Janeiro, citando e descrevendo um “painel monumental”, em que figurava a rainha D. Carlota Joaquina.

E transcreve um curioso documento da época, que se refere a D. Carlota Joaquina “com dois génios coroando-a de louro e sustentando outras tantas coroas de louro, quantas são as augustas princesas com que sua majestade tem esmaltado o trono português e que fazem hoje as delícias de duas nações poderosas”, assim mesmo! (pág. 79).

A bibliografia sobre este tema é vastíssima.

Acrescente-se ainda que J. Galante de Sousa refere a existência de mais seis teatros no Rio de Janeiro e mais 11 espalhados pelo imenso território brasileiro, isto ao longo da primeira metade do século XIX. (cfr. “O Teatro no Brasil” ed. Ministério da Educação e Cultura” Rio de Janeiro 1960).

E finalmente, remete-se para o vasto estudo sobre a “História do Teatro Brasileiro”, dirigido por João Roberto Faria, e que precisamente assinala e descreve uma vasta atividade de teatro e de teatros, nesta época, e ao longo da vastíssima extensão do Brasil! (ed. SESCSP e Perspetiva – São Paulo 2012).

E muito mais haveria a dizer sobre este tema!

DUARTE IVO CRUZ

[Fonte: e-cultura.blogs.sapo.pt]

« Un consul en résistance », jusqu’au 2 octobre au musée d’Aquitaine, retrace le courage d’un fonctionnaire, pour qui « les valeurs de moralité ont été plus fortes que les ordres »

Vue générale de l’exposition « Candélabre » Aristides de Sousa Mendes, un consul en résistance » qui se tient au musée d’Aquitaine jusqu’au 2 octobre 2022.

Si la « Liste de Schindler » est mondialement connue, le sacrifice d’Aristides de Sousa Mendes l’est beaucoup moins : Bordeaux consacre une exposition à son consul portugais, héros « oublié » de juin 1940, qui sauva des milliers de réfugiés de la guerre en distribuant de précieux visas.

« Un consul en résistance » (jusqu’au 2 octobre au musée d’Aquitaine), retrace l’ « acte de courage » d’un haut fonctionnaire, « catholique fervent » pour qui « les valeurs de moralité ont été plus fortes que les ordres », résume Laurent Védrine, conservateur en chef du musée.

En juin 1940, en dépit des consignes du dictateur Antonio Oliveira Salazar, qui interdisaient l’entrée du Portugal aux « juifs », étrangers sans raison « satisfaisante » et aux « apatrides », il avait distribué des visas aux réfugiés, de toute nationalité ou religion, sauvant ainsi plus de 30 000 personnes, dont 10 000 Juifs. Une désobéissance qui lui valu d’être mis au ban de la société portugaise.

Démis de ses fonctions à l’issue d’un procès disciplinaire, il meurt en 1954 dans la misère dans un hôpital de Lisbonne à 69 ans. « Il est mort seul, et il est surtout mort dans l’oubli », souligne M. Védrine.

Aristides de Sousa Mendes (Capture d’écran : YouTube)

Parfois comparé à l’industriel allemand Oskar Schindler, qui a arraché des centaines de juifs de la déportation, M. Sousa Mendes connaît une réhabilitation tardive. Il a été reconnu en 1966 « juste parmi les nations » par le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Puis au Portugal, 20 ans plus tard, il est décoré de la croix du mérite avant son entrée au Panthéon national en octobre 2021.

Depuis, l’invasion de l’Ukraine donne une nouvelle résonance au parcours du consul rebelle, « un modèle universel » car « il y a encore des réfugiés qui fuient la guerre, et des hommes et des femmes courageux qui les aident à leurs risques et périls », souligne son petit-fils Gerald Mendes, qui vit à Montpellier.

« Cette exposition fait un pont entre passé et présent, elle nous interroge sur l’accueil des réfugiés et sur ces notions de désobéissance et d’action citoyenne », ajoute Laurent Védrine.

« Course contre la montre » 

Grâce à plusieurs fonds documentaires, le musée retrace ces semaines cruciales à Bordeaux après l’invasion de la Belgique, des Pays-Bas et du Nord de la France par l’Allemagne, le 10 mai 1940. Alors que 4 millions de personnes se jettent sur les routes de l’exil, des milliers cherchant à fuir l’Europe affluent à Bordeaux, où le gouvernement français se replie le 14 juin.

Vue générale de l’exposition « Candélabre » Aristides de Sousa Mendes, un consul en résistance » qui se tient au musée d’Aquitaine jusqu’au 2 octobre 2022.

 

Le chaos puis sa rencontre avec le rabbin Kruger, parti de Pologne, font vaciller Sousa Mendes. « Tenaillé entre le devoir d’obéissance et celui d’humanité, il va s’enfermer trois jours avant de prendre la décision de désobéir », relate Laurent Védrine.

À l’entrée de l’exposition, le « Candélabre », une sculpture-vidéo métallique en forme de chandelier, symbolise ce dilemme intérieur. Sur l’œuvre, conçue par l’artiste Werner Klotz sur une idée de Sebastien Michael Mendes, petit-fils du consul, des écrans font défiler des images qui ont pu tourmenter le consul, père de 15 enfants – sa famille, sa carrière, les réfugiés – tandis qu’une bande sonore égraine des noms de familles qui a obtenu le sésame. « À la fin, il les signe sur un coin de table à même la rue à Bayonne, c’est une course contre la montre », retrace le conservateur en chef.

Entre les journaux d’époque et des images du Pont de Pierre sur la Garonne envahi par une marée humaine, des objets prêtés par la Fondation Sousa Mendes plongent le visiteur dans ces bribes de vie : le nounours d’une Néerlandaise réfugiée, des passeports tamponnés par le consul, des étoiles jaunes…

Vue générale de l’exposition « Candélabre » Aristides de Sousa Mendes, un consul en résistance » qui se tient au musée d’Aquitaine jusqu’au 2 octobre 2022.

Comme d’autres descendants de bénéficiaires des visas, dispersés dans le monde, Jennifer Hartog n’a appris que tardivement en 2013 l’action de Sousa Mendes, grâce au travail d’identification de la fondation. « Ils ne savaient pas que Sousa Mendes faisait un acte de courage en mettant un tampon », souligne émue cette Canadienne dont la famille fuyait les Pays-Bas.

Sa cousine de Jerusalem Beatrice Brom a bien tenté de connaître le parcours de sa mère. Mais « elle disait simplement: ‘Nous avons eu de la veine’ ».

[Photos : Thibaud MORITZ / AFP, sauf quand mentionné – source : http://www.timesofisrael.com]

El Cervantes de Nueva Delhi, el de mayor número de matrículas de la red de centros, abrirá en 2023 una extensión en la ciudad de Bangalore

Óscar Pujol; José María Ridao; el editor de la Universidad de Pune, Mashesh Deokar; S. N. Pandita, y el director del Instituto Cervantes, Luis García Montero

Escrito por JOSÉ ANTONIO SIERRA

El director del Instituto Cervantes, Luis García Montero, de viaje en Nueva Delhi, ha presentado hoy la primera traducción al sánscrito de «El Quijote», un volumen que recupera y publica por primera vez esta obra en la lengua clásica india. Además, García Montero se ha reunido esta mañana con el director del Consejo Indio de Relaciones Culturales (ICCR), Kumar Tuhin, entidad con la que el Cervantes colaborará para intensificar las relaciones culturales con la India, y finalizará mañana jueves su agenda con un encuentro con escritores indios.

La traducción de El Quijote ha sido calificada por García Montero como «una aventura que empezó en los años 1930 con dos eruditos de Cachemira» de gran significación pues «es un reconocimiento a la tradición cultural y a una de las lenguas más antiguas del mundo».

Por su parte, el embajador de España en la India, José María Ridao, que también ha participado en el acto, expresó que «cada vez que El Quijote es traducido vuelve a su origen» en lo que supone «una lección permanente de tolerancia, en cualquier lengua y a través de cualquier lengua».

Este proyecto de traducción fue impulsado por el coleccionista de libros estadounidense Carl Tilden Keller (1872 – 1955) y realizado por los brahmanes Jaghdar Zadoo y Nityanand Shastri a partir de una traducción de El Quijote al inglés realizada en el siglo XVIII por Charles Jarvis. Tras años de indiferencia, el manuscrito escrito en Cachemira en 1936 y conservado actualmente en la Biblioteca Houghton de la Universidad de Harvard, fue rescatado por el profesor Dragomir Dimitrov, responsable de editar el libro presentado.

La primera novela moderna, en el idioma más antiguo

El director del Cervantes de Nueva Delhi, Óscar Pujol Riembau, subrayó que se trata de «la primera novela moderna del mundo —uno de los libros más leídos y publicados del mundo—, transcrito a uno de los idiomas más antiguos del mundo». A lo que se suma la importancia del propio manuscrito, por ser «muy frágil y, especialmente, si nadie sabe que existe», señaló.

Editado por la Universidad de Pune, el volumen, contiene la traducción de ocho capítulos de la primera parte del Quijote y presenta, en páginas enfrentadas, las traducciones al inglés y al sánscrito. El texto, elaborado a partir del manuscrito, incluye una descripción de cómo fue la recepción del clásico de Cervantes en la India, un estudio sobre la historia de su traducción y un audiolibro, leído por el profesor Shrikant Bahulkar.

Al acto también han asistido Surindar Nath Pandita, nieto de uno de los traductores de la obra —Pandita Nityanand Shastri— quien señaló que «esta traducción es la prueba de una gran amistad entre Cachemira y Occidente» y el profesor de sánscrito y pali Mahesh Deokar, editor jefe del Consejo Editorial. Además, han participado con intervenciones en línea el diplomático y profesor Karan Singh, hijo del último marajá de Cachemira; y el editor, el profesor alemán Dragomir Dimitrov, quien explicó los detalles del proyecto.

Programas de cooperación e impulso a la cultura

En la reunión celebrada esta mañana con el director del ICCR, el principal instrumento de la diplomacia del Estado, García Montero manifestó la voluntad de «consolidar la presencia del Cervantes en la India», país que señaló «cuenta con un grupo importante de hispanistas y en el que cada vez hay más interés por el español, que empieza a introducirse de manera natural en los estudios» —recientemente el español ha pasado a formar parte de las lenguas que se ofrecen en la enseñanza secundaria en la India—.

Los directores, García Montero y Kumar Tuhim, han abordado propuestas para los futuros programas de cooperación indo-española, entre los que destacan, además del fomento de la enseñanza del español, la puesta al servicio de la red de centros del Cervantes, la realización de un estudio sobre la repercusión del cine y la televisión en la cultura en la India y la posible creación de una Asociación India de Hispanistas.

La agenda ha continuado posteriormente con un encuentro con hispanistas en el que se han tratado temas como las ayudas para la traducción, becas para estudiantes indios en España y la publicación de trabajos de hispanistas de la India en nuestro país.

El programa de actividades del director del Instituto Cervantes en la India finalizará mañana jueves 7 de julio con la reunión con la delegación de la Feria del Libro de Calcuta y, por la tarde, con un encuentro literario con escritores indios organizado por Sahitya Akademi, la Academia Nacional India de las Letras, entidad dedicada a la promoción de la literatura en los idiomas del país surasiático.

India: gran mercado en la enseñanza del español

Esta visita contribuye a fortalecer las relaciones con la India, un país con una elevada demanda de clases de español como demuestran las cifras del centro de Nueva Delhi; inaugurado en 2009, es en la actualidad el centro con mayor volumen de actividad docente de la red, con casi 300.000 horas/alumno y más de 6.000 matrículas en el curso académico 2021/2022.

Por ello, el Instituto Cervantes abrirá en Bangalore, cuarta urbe en población y considerada el Silicon Valley del país por sus numerosas compañías tecnológicas e instituciones de investigación, una extensión del Cervantes que impartirá cursos de español a partir de 2023.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

O presidente mais popular de Portugal, reage com indiferença a cancelamento de almoço por brasileiro e mantém sua agenda no país e encontros com ex-presidentes.

O ex-presidente Lula se reúne com o presidente de Portugal, Marcelo Rebelo de Souza, na residência oficial do Cônsul-Geral de Portugal em São Paulo. — Foto: Victor Cinzento/g1

Escrito por Sandra Cohen

Especializada em temas internacionais, foi repórter, correspondente e editora de Mundo em ‘O Globo’

“Ninguém morre.” Simples assim foi a reação do presidente de Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, ao ser desconvidado para almoçar com o seu homólogo brasileiro. Mordido pela informação de que o português se reuniria também com o ex-presidente Luiz Inácio Lula da Silva, Jair Bolsonaro cancelou o encontro, sem maiores explicações.

Marcelo, como ele prefere ser chamado pelos portugueses, mostrou que a indiferença também pode ser um prato que se come frio. Desdenhou a desfeita do atual mandatário e manteve a agenda no país, que abrange ainda os encontros com os ex-presidentes Fernando Henrique Cardoso e Michel Temer.

O presidente português deixou claro que a relação entre Portugal e Brasil ultrapassa um aperto de mão protocolar em Brasília e que o fundamental é “olhar para os povos”: a forte presença brasileira em Portugal e vice-versa.

Esta é a sexta vez que o presidente de centro-direita, filiado ao Partido Social-Democrata, visita o Brasil desde que assumiu o cargo, em 2016. Esteve três vezes com Bolsonaro e, no ano passado, também se encontrou com os três ex-presidentes brasileiros.

Marcelo Rebelo de Sousa, presidente de Portugal, em foto de 18 de março de 2020 — Foto: Miguel Figueiredo Lopes/Pool via Reuters/Arquivo

Aos 73 anos, Marcelo, ou simplesmente “Professor”, tem a seu favor a popularidade, o traquejo e a experiência política. Não se deixa levar facilmente pelas armadilhas diplomáticas que lhe jogam.

Reeleito presidente em 2021, sem apoio de qualquer partido, já no primeiro turno com 60,7% dos votos, ele mantém o prestígio em alta. Os portugueses se acostumaram a vê-lo, sempre discreto, aguardando a vez na fila do supermercado ou consolando vítimas de alguma tragédia.
O presidente abraça de verdade, sem pieguice ou à caça de votos.
Presidente de Portugal é figurinha fácil nas ruas e nas praias do país
Presidente de Portugal é figurinha fácil nas ruas e nas praias do país | Fantástico | G1

Nas pesquisas, os portugueses corroboram a sensação de confiança no chefe de Estado. Prova disso é a sondagem realizada mês passado pela Intercampus para o “Jornal de Negócios”: Marcelo foi considerado o melhor presidente entre cinco da história recente do país, seguido, na ordem de preferência, por Ramalho Eanes, Jorge Sampaio, Mário Soares e Aníbal Cavaco Silva.

À vontade em solo brasileiro, Marcelo Rebelo de Sousa reforça a imagem de estadista, demonstrando que não será ele a contribuir para isolar ainda mais o Brasil no cenário internacional.

[Fonte: g1.globo.com]

La minceur de ce recueil de poèmes de João Cabral de Melo Neto, le fait que sa publication soit soutenue par le ministère des Affaires étrangères de Bolsonaro, ne font pas croire en son importance. En commençant au hasard la lecture par les « Études pour une danseuse andalouse », on change immédiatement d’avis.

Poèmes choisis de João Cabral de Melo Neto : un grand poète révélé

João Cabral de Melo Neto (1970) © Domaine public/Archives nationales du Brésil


João Cabral de Melo Neto, Poèmes choisis. Trad. du portugais (Brésil) par Mathieu Dosse. Gallimard, 112 p., 12,50 €


Propos recueillis par Gérard Noiret

« On dirait, lorsqu’elle surgit, / dansant des siguiriyas, / qu’elle s’identifie entièrement / à l’image du feu. » Les quarante-huit quatrains répartis en six séquences, dont la première sert de fil rouge à cet article, manifestent une telle singularité qu’on retourne à la préface pour en savoir un peu plus… Vingt-huit poèmes plus loin, la conclusion est de taille ! Si les dix-neuf livres qu’il a publiés entre 1947 et 1999 sont de ce niveau, leur auteur, João Cabral de Melo Neto (1920-1999), est l’égal d’un Carlos Drummond de Andrade et de ceux qui, en Amérique du Sud, ont marqué la littérature de la fin du XXe siècle.

Tous les gestes du feu,

elle les possède alors, dirait-on :

les gestes des feuilles du feu,

de ses cheveux, de sa langue ;

les gestes du corpàs du feu,

de sa chair au supplice,

chair de feu, qui n’est que nerfs,

chair tout entière chair à vif.

Né dans une famille riche, attentif à la condition des habitants pauvres du Brésil, diplomate longtemps en poste en Espagne (d’où la danseuse andalouse), cet ami de Miró a su utiliser ses contradictions, son sens de l’observation, ses connaissances en matière d’architecture et son goût du baroque pour élaborer une poétique qui s’est démarquée des courants dominants de son pays (le sentimentalisme, le confessionnalisme et la « poésie dite profonde »).

Populaire mais savante, critique de la réalité sociale mais sans recouvrement de la parole par le politique, mise en chanson mais sans rien céder de ses exigences, elle a vite rayonné dans le monde lusophone où elle a été couronnée par le prix Camões.

Alors, le caractère du feu

se devine aussi en elle :

le même goût pour les extrêmes,

d’une nature affamée,

le goût de voir finir

tout ce qui s’approche de lui,

le goût de se voir finir,

de parvenir à sa propre cendre.

Poèmes choisis de João Cabral de Melo Neto : un grand poète révélé

Pour le lecteur de poésie français, il y a un véritable intérêt à voir comment Cabral apporte une autre idée de la composition des images. Là où, depuis le surréalisme, régnait le comme du « stupéfiant image » qui rapproche à la vitesse de l’éclair deux réalités éloignées, il les éloigne et les relie. À grand renfort de répétitions servies par les sonorités du portugais, mais aussi en ciselant son texte, en utilisant le blanc des coupes et les signes de ponctuation, il déplie les possibles de chacun des deux pôles. Il n’est dès lors pas étonnant qu’on ait pu le qualifier de poète architecte.

Pourtant, l’image du feu

est en un point démentie :

car le feu n’est pas capable

comme elle l’est, dans les siguiriyas,

de s’arracher de soi-même

dans une première étincelle,

celle qui, lorsqu’elle le veut,

vient l’allumer fibre après fibre,

car elle seule est capable

de s’allumer en étant froide,

de s’incendier à partir de rien,

de s’incendier toute seule.

Si les livres encore à traduire sont du niveau de ce choix qui, par définition, fait l’impasse sur leurs architectures, il y a de fortes chances pour que cette œuvre parle avec force à ceux qu’indiffèrent la religiosité sans foi, le retour à une nature inexistante, les redites dadaïstes et les rimes d’une restauration dissimulant son nom. On espère donc la prochaine publication d’un volume réunissant plusieurs titres et, quitte à émettre des souhaits, en bilingue.

Trois questions à Mathieu Dosse

Poèmes choisis de João Cabral de Melo Neto : un grand poète révélé

Mathieu Dosse © D.R.

Mathieu Dosse (né en 1978) est traducteur littéraire depuis 2013. Grand Prix de la traduction d’Arles et prix Gulbekian-Books pour sa traduction de Mon oncle le jaguar & autres histoires de João Guimarães Rosa, il a également traduit Graciliano Ramos (Vies arides, Chandeigne, 2013), Geovani Martins (Le soleil sur ma tête, Gallimard, 2019) et Augusto Boal (Miracle au Brésil, Chandeigne, 2020).

Depuis 2013, on vous doit la traduction d’auteurs tels que João Guimarães Rosa, Graciliano Ramos ou Augusto Boal… Cette fois, vous avez eu une lourde charge : donner envie de lire pour la première fois un poète disparu depuis plus de vingt ans.

Pour le présent volume, afin de respecter le cahier des charges, cent pages maximum, j’ai dû faire des choix terribles qui m’ont causé bien des nuits d’insomnie. L’attention portée aux recueils (et parfois même aux recueils de recueils) fait qu’il est souvent délicat de séparer un poème de l’ensemble dans lequel il se trouve. J’ai malgré tout choisi de présenter un choix de poèmes sans date ni référence aux recueils, afin que le lecteur français puisse, d’une certaine manière, se perdre dans cette poésie si originale et si émouvante. Mais j’ai gardé l’ordre chronologique : le lecteur pourra ainsi suivre le parcours poétique de Cabral, depuis ses premiers vers d’inspiration surréaliste jusqu’aux derniers poèmes d’une grande originalité. Cabral est le poète du dénuement, de la mort, de la dureté (« poème(s) de la chèvre » est évocateur) ; ce n’est pas le poète de la luxure, du faste. Il emploie des mots simples, des mots quotidiens, des mots réputés « non poétiques » ; pour autant, il sait aussi être un poète sensuel, presque érotique. J’ai essayé de montrer ces différents aspects avec ce recueil.

Cabral a été chanté par Chico Buarque et cela explique pour une part sa popularité au Brésil. Mais on ne trouve pas trace dans ses poèmes d’une quelconque attirance pour la chanson.

Bien qu’il ait été mis en chansons, Cabral était connu pour ne pas aimer la musique (à l’exception du flamenco, qui le fascinait). Pourtant, il y a d’évidence, dans sa poésie, une grande attention portée au rythme et aux sonorités. Dans le recueil Duas águas (Deux eaux), il sépare ses poèmes faits pour être dits à voix haute et ceux faits pour être lus en silence. La répétition, surtout, est très présente dans plusieurs vers. Pour un poète qui n’aimait pas la musique, ses vers sont très musicaux.

Peut-on penser qu’une traduction plus complète de l’œuvre accentuera sa dimension sociale ?

Cabral est issu d’un milieu favorisé, il vient d’une famille de sucriers du Nordeste. Lorsqu’il est envoyé en Europe après avoir passé le concours de l’Itamaraty (équivalent du Quai d’Orsay), il s’intéresse au marxisme. Il découvre que la mortalité dans l’État du Pernambouc, où il était né, est plus élevée qu’en Inde. Imprudemment, il écrit des lettres à ses amis où il défend ses nouvelles idées. Accusé de communisme dans les années 1950, il doit revenir à Rio de Janeiro. Après un procès, Cabral et d’autres diplomates sont expulsés de l’Itamaraty. Il devient alors un temps journaliste, traducteur… La dimension sociale est évidemment présente dans plusieurs poèmes de Cabral (par exemple dans « Chien sans plumes », qui évoque la vie misérable des « hommes-crabes » le long du fleuve Capibaribe, mais également dans d’autres poèmes qui évoquent le Sertão). Une anecdote résume bien cela : lorsqu’il était enfant, Cabral rencontrait en secret, le soir, les employés analphabètes de ses parents pour leur lire des histoires. Lorsque son père le découvrit, il lui interdit formellement de continuer.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Au Maroc, l’homosexualité reste punie pénalement, et la société est encore très loin d’accepter la liberté sexuelle et de genre. L’annonce du ministère de la Culture marocain d’interdire le livre Mémoires d’une lesbienne, de Fatima Zahra Amzkar, au sein du Salon international de l’Édition et du livre (SIEL) de Rabat, en est une nouvelle illustration.

ActuaLitté

Publié par Antoine Oury

Depuis plusieurs semaines, l’autrice Fatima Zahra Amzkar et la maison d’édition Dar Agora préparaient la présentation de l’ouvrage Mémoires d’une lesbienne au Salon international de l’Édition et du livre (SIEL), un des événements littéraires les plus importants du pays. Une séance de dédicaces avait été annoncée : le roman aborde notamment le poids social de l’homosexualité au Maroc, où les autorités et une partie de la population considèrent l’homosexualité immorale, à travers le parcours d’une jeune lesbienne.

Le titre avait pour objectif, selon l’autrice, de rectifier des idées reçues sur l’homosexualité, mais aussi d’évoquer le rapport de la société marocaine à la sexualité, au mariage et aux droits des femmes.

Passible de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement, assortis d’une amende, l’homosexualité est punie par l’article 489 du Code pénal marocain. Les personnes homosexuelles subissent également tous types de discriminations — ces dernières n’étant bien sûr pas interdites par la loi — ainsi qu’un regard de la société particulièrement réprobateur.

Fatima Zahra Amzkar et son livre en ont d’ailleurs été les victimes, peu après l’annonce de la séance de dédicaces. Sur les réseaux sociaux, un mot d’ordre a circulé, appelant à boycotter le SIEL et menaçant l’autrice comme sa maison d’édition. S’exprimant auprès du Site Info, Fatima Zahra Amzkar a assuré avoir reçu plus d’une centaine de menaces de mort.

Le ministère de la Culture marocain a tenté de justifier l’interdiction du livre en indiquant que ce dernier n’avait pas été validé par les autorités, ce que dément l’autrice : « Il n’a été retiré qu’après la campagne de haine dont j’ai été la cible », indique-t-elle.

Ministère de la censure

Décidé la veille de l’ouverture du Salon international de l’Édition et du livre, qui se déroule du 2 au 12 juin, le retrait de l’ouvrage a été vivement critiqué à l’international. Pour l’organisation PEN America, il s’agit d’une « violation de la liberté d’expression et de la liberté artistique de Fatima Zahra Amzkar, mais aussi d’un déni du droit à l’égalité et à la dignité des personnes LGBTQ+ », selon les mots de Liesl Gerntholtz, directrice du Centre pour la liberté des écrivains PEN/Barbey.

L’aspect soudain de la décision n’a pas permis à l’autrice et à la maison d’édition de la contester, mais l’autrice a annoncé saisir la justice pour les menaces de mort qui lui ont été adressées.

Selon la maison d’édition Dar Agora, « [l]e ministère de la Culture a demandé un rapport préliminaire sur le livre afin de statuer sur sa présence lors du SIEL. Nous n’avons aucune visibilité sur le moment où la décision finale sera prise. »

La diplomatie française n’a pas réagi au retrait de l’ouvrage, et a inauguré le salon comme à l’accoutumée…

 

[via Morocco World NewsMedias24 – reproduit sur actualitte.com]

 

La historia del diplomático que dedicó su vida a salvar personas durante la Shoá y hoy es reconocido por Yad Vashem.

Souza Dantas

Lamentablemente los países latinoamericanos tuvieron escasos diplomáticos que asistieron a las víctimas del régimen nazi. Entre este pequeño y noble colectivo se destaca el quehacer del diplomático brasileño Luis Martins de Souza Dantas, de quien en estos días se cumplieron 68 años de su fallecimiento.

Souza Dantas nació en Río de Janeiro el 17 de febrero de 1876 en el seno de un familia tradicional que a la sazón mantuvo buenas relaciones con la monarquía brasileña.

Con apenas 21 años se gradúa como abogado y posteriormente y ya en la etapa republicana se incorpora al Ministerio de Relaciones Exteriores de Brasil. Sirvió a su país en Suiza, Argentina, Italia, así como en la Unión Soviética. Durante la Primera Guerra Mundial se desempeñó en calidad de ministro interino de Relaciones Exteriores de Brasil e integró la delegación de su país a la Conferencia de Paz celebrada en París en 1919.

Posteriormente es designado embajador de Brasil en Francia y también en Vichy durante la ocupación nazi, cargo que detentó desde 1922 hasta 1944, y desde 1931 se convierte en  el decano del cuerpo diplomático acreditado en París. Paralelamente entre 1924 y 1926  se desempeña en calidad de representante de Brasil ante la Sociedad de Naciones, organismo que precedió a las Naciones Unidas de nuestros días.

En 1940 y animado por «un sentido cristiano de misericordia» -según sus propias palabras- Souza Dantas  promueve y obtiene la autorización de sus superiores para el otorgamiento de un número limitado de  visas para ciudadanos franceses. Interviene directamente en esta tarea, no siempre ajustada a las formalidades requeridas, de tal suerte que otorga numerosas visas que no solo beneficiaron a ciudadanos judíos sino también a comunistas, homosexuales y  a todo colectivo perseguido por el nazismo.

Entre junio de 1940 y el 12 de diciembre del mismo año, Souza Dantas recibe instrucciones de su gobierno de cesar de emitir nuevas visas, así como permisos de inmigración. Hasta esa fecha ya se habían expedido y entregado unas 500 visas de salvataje.

Según señala el doctor Lauro Arruda Camara Filho analizando la trayectoria de Souza Dantas, desde 1930 Brasil adoptó una serie de medidas y exigencias  que en aquellas circunstancias los migrantes de la «raza semita» no podían cumplir de ningún modo y que apuntaban a impedir  de hecho el acceso a su territorio. En círculos gubernamentales e intelectuales de Brasil, los judíos fueron considerados un colectivo indeseable. Aun así, continuaron llegando y radicándose en Brasil. En 1930 residían en Brasil 40.000 judíos, mientras que en 1940 su número alcanzó a 55.000.

Inclusive después de haber recibido las antedichas instrucciones y hasta bien entrado el año 1941, Souza Dantas continuó emitiendo visas retroactivas, es decir, previo al 12 de diciembre de 1940, a sabiendas de la ilegalidad de sus acciones y proceder y de los perjuicios que le podía acarrear. Actuó únicamente animado por sus convicciones democráticas y mero altruismo, nunca buscó o requirió remuneración o beneficio alguno.

En misiva dirigida al ministro de Relaciones Exteriores de Brasil, Osvaldo Aranha, Souza Dantas precisó que los campos instalados por los nazis eran una suerte del Infierno de Dante en los cuales los judíos eran esclavos y exterminados.

En 1941, Souza Dantas intervino personalmente para salvar la vida de los pasajeros del navío Alsina mediante visas falsificadas. El bloque naval británico impidió a los pasajeros arribar a Senegal, de tal suerte que estuvieron varados durante 4 meses hasta que el buque fue desviado a Casablanca. Souza Dantas se encargó de renovar las antedichas visas vencidas y finalmente los pasajeros judíos pudieron continuar camino salvándose y radicándose en Brasil.

Por su quehacer y denunciado por sus propios colegas, Souza Dantas fue convocado a Brasil por el presidente Getulio Vargas y sometido a un juicio administrativo por «la irregularidad de sus acciones». Pese a ser encontrado culpable por trasgredir la ley brasileña de inmigración, pudo evitar la pertinente sanción gracias a un tecnicismo.

Entre las numerosas personas que le deben la vida, cabe mencionar al extinto banquero y diplomático Félix Rohatyn, quien en aquella época era apenas un niño. Posteriormente Rohatyn cobró notoriedad mundial al haber salvado a la ciudad de Nueva York de la bancarrota y por los años en los cuales se desempeñó como embajador de Estados Unidos en París.

En el año 2003 la Fundación Internacional Raoul Wallenberg realizó una ceremonia en la ciudad de Nueva York en la cual se rindió un merecido homenaje a Luis Martins de Sousa Dantas, así como al diplomático portugués Aristides de Souza Mendes, quien igualmente salvó a numerosos judíos durante la Segunda Guerra Mundial. En este homenaje Rohaytan describió cómo fue salvado por este noble brasileño.

Posteriormente Souza Dantas fue de hecho rehabilitado por el Gobierno brasileño. El 21 de diciembre de 1944 el presidente Getulio Vargas inscribió su nombre  en el de Honor Nacional. Pese a que se había retirado del quehacer diplomático, fue invitado por el Gobierno para encabezar y presidir la delegación brasileña a la primera reunión celebrada por la Asamblea General de las Naciones Unidas.

Después de la guerra, Souza Dantas pasó la mayor parte del tiempo en París y falleció el 16 de abril de 1954 sin dejar descendiente alguno. El 10 de diciembre de 2003 fue reconocido póstumamente como Justo entre las Naciones por el Instituto Yad Vashem de Jerusalén. El doctor Fabio Koifman ha escrito una biografía de este héroe brasileño rotulada Quixote nas Trevas (Quijote en la oscuridad) e igualmente colaboró  en un capítulo de un  coeditado por la Embajada de Brasil en Londres y la Fundación Wallenberg. En el año 2018, Globo Filmes lanzó la película rotulada «Querido Embajador » basada precisamente en el libro Quijote en la oscuridad.

[Foto: Yad Vashem – fuente: http://www.aurora-israel.co.il]

Contra la dinámica habitual de unas presidenciales, la guerra domina todo el debate de las elecciones y Emmanuel Macron es el único que puede mostrar un currículum internacional

El presidente de Francia, Emmanuel Macron (izquierda), con el presidente de Ucrania, Volodímir Zelenski, el pasado 8 de febrero en Kiev.

El presidente de Francia, Emmanuel Macron (izquierda), con el presidente de Ucrania, Volodímir Zelenski, el pasado 8 de febrero en Kiev.

Escrito por Tara Varma

La política exterior y las cuestiones de seguridad y defensa suelen ser el pariente pobre en las campañas electorales presidenciales francesas. Los debates giran normalmente en torno a las diferencias de los programas sobre economía, justicia social, educación y transporte, en una palabra, cuestiones de política más nacional. Esta campaña está alterando el esquema descrito anteriormente: la guerra de Ucrania, provocada por Rusia, ha irrumpido en el debate político no solo interno sino también externo en Francia en un momento crucial, ya que la primera vuelta de las elecciones presidenciales francesas tendrá lugar el 10 de abril. Además, Francia ostenta la presidencia del Consejo de la Unión Europea desde el 1 de enero de 2022. Como tal, su posición sobre la crisis ruso-ucraniana es doblemente examinada, incluso triplemente por el papel especial que Emmanuel Macron se ha asignado a sí mismo en los últimos dos años al querer tender la mano a Vladímir Putin cuando lo invitó a Brégançon en agosto de 2019. En su discurso de apertura de la conferencia anual de embajadores del 27 de agosto de 2019, instó a la diplomacia y la Administración francesas a no dejar que el Estado profundo socave sus ambiciones de construir una “nueva arquitectura de confianza y seguridad en Europa, porque el continente europeo nunca será estable, nunca será seguro, si no pacificamos y aclaramos nuestras relaciones con Rusia”.

Este giro a favor de Rusia fue objeto de críticas más o menos veladas por parte de los socios europeos de Francia, especialmente en el Este, que la acusaron de vender su seguridad. El método de Macron para sacudir a los europeos también fue criticado y a veces malinterpretado. Tres años después, lo que era una vulnerabilidad para Emmanuel Macron, la falta de confianza que algunos europeos tenían en él, se ha convertido en una fortaleza: ha sido el único líder europeo con el que Vladímir Putin ha aceptado hablar. Aunque esto aún no se haya traducido en hechos, el diálogo no está del todo roto. Emmanuel Macron no necesita jugar con esta ventaja en la campaña presidencial francesa: la guerra domina todos los debates y es el único de los 11 candidatos que ha participado en la política exterior y conoce a los dirigentes de las instituciones europeas, a los de los otros 26 Estados miembros de la UE, a Estados Unidos, a China y, por supuesto, a Rusia.

Aunque la política exterior no suele estar en el centro del debate nacional francés —en particular debido a los poderes que la Constitución de la V República confiere al jefe del Estado y al ámbito reservado de la política exterior, que, aunque no depende únicamente del jefe del Estado, reconoce su preeminencia en el proceso de toma de decisiones—, Rusia es una excepción, ya que es un tema que anima a la extrema izquierda y a la derecha, que antes de la guerra abogaban por un acercamiento a Putin. Ahora están muy avergonzados y su (antiguo) apoyo al amo del Kremlin les ha costado puntos en las encuestas: el cambio de rumbo está en marcha y el apoyo al pueblo ucranio es alto y claro. Esto parece estar funcionando para Marine Le Pen, que sube en las encuestas hasta el 23%, así como para Jean-Luc Mélenchon, que espera unir a la izquierda y quizás clasificarse para la segunda ronda de las elecciones presidenciales del 24 de abril.

Desde hace un lustro, el paisaje político está patas arriba con la creación de la República en Marcha por Emmanuel Macron, la decadencia —que parece confirmarse— de los partidos tradicionales de gobierno de la derecha y la izquierda, y una abstención récord en las elecciones municipales de 2020 y regionales de 2021. Este último elemento será especialmente importante para las elecciones presidenciales.

En una encuesta realizada por el European Council of Foreign Relations en enero y febrero de 2022 en 12 Estados miembros y entre 15.000 ciudadanos europeos, estos indican que tienen una opinión bastante favorable del liderazgo diplomático de Francia en los últimos años. Sin embargo, el estudio pone de manifiesto una paradoja francesa: aunque el Gobierno francés ha defendido la soberanía europea en los últimos años, los franceses forman parte de una minoría de europeos en la encuesta (junto con griegos, italianos y daneses) que tienen una visión más negativa que positiva de la soberanía europea. Esto podría deberse a que Emmanuel Macron y su equipo han estado tan centrados en convencer a otros europeos que no han dedicado suficiente energía a defender y encarnar la narrativa de la soberanía europea en Francia. La opinión de los franceses sobre la UE es una de las más negativas de todos los encuestados. Los expertos han advertido del peligro de etiquetarlos como “euroescépticos” por varias razones. Los franceses son más favorables a la idea de Europa que al apoyo a las instituciones y estructuras europeas. Son relativamente escépticos sobre la integración europea, pero muestran un fuerte apego a la UE, su apertura a los demás, su adhesión a los principios europeos, las políticas comunes y su papel en el mundo. Para superar la desconfianza de los franceses hacia la UE, será necesario, entre otras recomendaciones, que los medios de comunicación y los programas escolares franceses den mucha más importancia a los asuntos europeos, lo que exigirá un cambio profundo en el funcionamiento del debate sobre política exterior francés: habrá que hacerlo más democrático y abierto. Se trata de todo un programa para el futuro presidente.

Tara Varma es directora de la oficina en París del European Council of Foreign Relations y colaboradora de Agenda Pública.

 

[Foto: SERGEI SUPINSKY (AFP) – fuente: http://www.elpais.com]

Les préjugés dont souffrent les langues dites régionales sont souvent les mêmes que ceux dont a pâti le français du temps où il était jugé inférieur au latin.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Mettons tout de suite les choses au point : je ne suis pas devenu mégalo. Et si je m’inspire pour le titre de cette chronique de la Défense et illustration de la langue française de Joachim du Bellay, je ne me prends pas pour autant pour le grand poète. Simplement, il me semble que les arguments qu’il utilisait pour le français s’appliquent tout à fait aux autres langues de France.

Reprenons. Avant le XVIe siècle, la plupart des lettrés l’affirment haut et clair : on ne peut écrire de grandes œuvres qu’en latin. Le français ? Pouah ! Un parler misérable tout juste bon à évoquer la vie quotidienne. Un idiome vulgaire, qui suffit peut-être pour dire « passe-moi le sel » et conduire les chèvres à l’enclos, mais qui ne saura jamais évoquer les tourments de l’âme, narrer les exploits des héros et moins encore célébrer Dieu le Père, le Fils, le Saint-Esprit, les apôtres et tous les Saints.
Et que répond en 1549 le grand Joachim auxdits lettrés ? Qu’ils se trompent sur toute la ligne ! Certes, reconnaît-il, le français est encore une langue en devenir et ne possède pas toute la richesse des langues antiques, mais qu’à cela ne tienne : il suffit d’enrichir son lexique en créant des mots composés ; en recourant aux racines anciennes ; en inventant des abréviations ; en puisant dans les « vieux mots » ; en empruntant aux autres langues… Lui et ses amis de La Pléiade en sont persuadés : le français possède toutes les qualités pour rivaliser avec le latin et le grec. Et ils le prouvent en multipliant les chefs-d’œuvre.
La finesse de mon raisonnement étant à la subtilité ce que la tartiflette est au régime minceur, vous avez compris où je veux en venir : les langues dites régionales font aujourd’hui l’objet du même mépris que celui qu’a subi le français jusqu’à la Renaissance. Mépris né d’ailleurs du même mal : une absence quasi-totale de culture linguistique, y compris chez les prétendues « élites ». D’où l’utilité des succincts rappels que voici.
· Au XIIe et au XIIIe siècles, ce sont des troubadours comme Jaufré Rudel, Bernat de Ventadour, Bertran de Born ou Raimbaut d’Orange qui dominent l’Europe littéraire. Et bien sûr, ces poètes s’expriment en langue d’oc, et non en français. Les autres cours du Vieux Continent – y compris celle du roi de France – subissent leur influence et cherchent à les imiter.
· Plus au nord, à la même époque, le normand, le champenois et surtout le picard dominent la littérature en langue d’oïl. « Dialecte employé dans la littérature, le droit, l’économie et la diplomatie, le picard n’est pas une simple variation géographique et régionale, mais une des formes du français fondamentale dans les actes publics écrits », soulignent par exemple Joëlle Ducos et Olivier Soutet (1).
· Le ministère de l’Éducation nationale refuse que l’on désigne le normand comme une « langue » et exige que l’on emploie à son propos le vocable « parler » (je n’invente rien). Ce qui n’empêche pas nos officiels de s’enorgueillir en évoquant la forte influence qu’aurait exercée le « français » sur le vocabulaire anglais, d’army à car en passant par history. Or, Guillaume le Conquérant oblige, c’est bien le normand – et non le dialecte qui allait devenir le français – qui a légué à nos voisins d’outre-Manche environ la moitié de leur lexique.
· Il existe en gascon un temps qui n’existe pas en français : le « futur du passé ». Dans la phrase : « il savait que la nuit tomberait bientôt », le français recourt en effet à un conditionnel, « tomberait ». Le gascon, lui, possède un temps spécifique pour cette situation.
· Le francique mosellan (ou platt) est considéré comme la langue la plus proche de celle que parlait Clovis, comme le souligne la linguiste Henriette Walter dans son ouvrage Aventures et mésaventures des langues de France.
· Les deux langues autochtones de Mayotte, le shimaore et le kibushi, sont écrites depuis au moins cinq siècles (avec une graphie arabe).
· La quasi-totalité des langues d’Europe sont issues du même rameau : l’indo-européen, lequel s’est ensuite peu à peu différencié pour donner naissance aux langues slaves, germaniques, celtes, latines, etc. Le basque, pour sa part, a pour particularité d’être plus ancien encore (il s’agit d’une langue pré-indo-européenne) et de ne pouvoir être rattaché à aucune de ces familles linguistiques. À ce titre, il fascine la plupart des scientifiques.
On pourrait continuer longtemps encore cette énumération (2), mais on aura compris l’essentiel : d’un point de vue linguistique, il n’y a pas de langue supérieure aux autres. Contrairement à une idée reçue, toutes, sans exception, peuvent absolument tout exprimer : la colère, la peur, la joie, la terreur, l’amour, la haine, le désir, la beauté, la tendresse, la cupidité, les pensées les plus subtiles comme les plus triviales. Toutes, sans exception, sont des créations culturelles de l’humanité. Toutes, sans exception, méritent d’être défendues et respectées et pas seulement celles qui, par les hasards de l’Histoire et souvent le simple jeu du rapport de force, sont devenues langues officielles d’un État.
Terminons par une question volontairement mal intentionnée : combien d’heures sont consacrées à enseigner ces notions au collège et au lycée ?
(1) Joëlle Ducos et Olivier Soutet, L’ancien et le moyen français, Que sais-je ? (PUF), p. 25.
(2) Je prie les locuteurs des langues de France que je n’ai pas citées ici faute de place et/ou de connaissances de ne pas m’en vouloir. Les informations qui précèdent ont bien entendu simple valeur d’illustration.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

 

 

 

On peut légitimement se demander si ces deux mots de la devise nationale caractérisent le mieux les valeurs du Brésil. J’en doute !

Le drapeau du Brésil

Écrit par Christian Pouillaude

Peu de pays font figurer leur devise nationale sur leur drapeau. Mais c’est le cas du Brésil avec son « Ordem e progresso » (« Ordre et progrès »), écrit bien visiblement en vert sur fond blanc au milieu d’une mappemonde. Mais quelle est l’origine de cette devise ? Elle est française et vient plus précisément de la philosophie positiviste d’Auguste Comte (1798-1857), forte inspiratrice des fondateurs de la République brésilienne en 1889. Elle est extraite des valeurs fondamentales du positivisme : « L’amour pour principe, l’ordre pour base, le progrès pour but. » Nos républicains brésiliens vont simplifier et n’en garder que deux : l’ordre et le progrès.

Amour

Je ne suis certainement pas le seul que ce choix laisse perplexe. Ce ne sont pas spontanément les deux mots qui viennent à l’esprit quand on pense au Brésil ! Quitte à faire dans le raccourci, le mot « amour » aurait eu toute sa place, et même la première : il aurait mieux convenu à ce pays profondément religieux, tellement attaché à la famille et terriblement émotif et romantique. Il aurait servi d’antidote à la violence latente. Il aurait même pu être un trait d’union dans ce pays si divers et souvent si divisé. Bien dommage qu’on l’ait écarté !

Ordre

Mais franchement l’ « ordre » ? Comme l’a dit le Barão de Rio Branco, le père de la diplomatie brésilienne (1845-1912) : « Il n’y a que deux choses bien organisées au Brésil : le désordre et le carnaval ! » Tout est dit ! Ce que l’on apprécie en général chez les Brésiliens, ce sont plutôt leurs qualités de créativité, de spontanéité, d’improvisation, de flexibilité ou de réactivité. Je doute fort que l’on réussisse à les motiver et les mobiliser sur un mot d’ordre… d’ordre !

Progrès

Et le progrès ? Pas vraiment une préoccupation dominante dans ce pays hédoniste, court-termiste et consumériste. Le Brésil reste « ce pays d’avenir et qui le restera longtemps », selon le bon mot de Georges Clemenceau. Pour preuve, son taux d’investissement est depuis longtemps l’un des plus faibles parmi les grands pays : difficile de générer le progrès sans investissement, que ce soit en infrastructures, dans la recherche ou l’éducation. Dans la hiérarchie des valeurs, le bonheur individuel et collectif, ici et maintenant, passe largement avant le progrès potentiel pour demain.

Vous me direz : une devise décrit un idéal, pas forcément une réalité. Mais justement, je ne suis pas sûr qu’ « ordre et progrès » correspondent à des aspirations fondamentales du peuple brésilien ! Ni même souvent de ses responsables politiques. Lula avait choisi comme slogan de ses présidences : « Brésil, un pays pour tous », affirmant ainsi sa volonté d’unité et d’intégration sociale. Bolsonaro, lui, proclame : « Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous », traduisant sa fibre nationaliste et religieuse. On est loin de « l’ordre et [du] progrès ». Il faut dire que le Brésil a oublié le positivisme depuis un bon bout de temps.

 

[Photo : PIXABAY – source : http://www.courrierinternational.com]

 

El colaborador de los nazis fue acusado de matar a sangre fría cerca de 30.000 judíos cuando su país, Letonia, fue ocupado por las tropas de Hitler.

Cukurs llegó a Brasil el 4 de marzo de 1946, procedente de Francia, a bordo del vapor español Cabo de Buena Esperanza. Archivo Nacional de Brasil

Escrito por André Bernardo 

El aviador letón Herberts Cukurs (1900-1965) llegó a Brasil el 4 de marzo de 1946, un lunes de carnaval, a bordo del vapor español Cabo de Buena Esperanza.

Procedente de Marsella, Francia, donde se embarcó el 5 de febrero, lo acompañaban su esposa, Milda, de 38 años; sus tres hijos, Gunnars, de 14, Antinea, de 12, y Herberts, de 4; su suegra, Made, de 64, y una joven judía llamada Miriam Kaicners, de 23 años.

Desde el puerto, Cukurs y su familia se dirigieron a una casa en Sao Cristóvao, en la Zona Norte de Río. Miriam se fue a vivir con una familia judía de apellido Chapkosky.

« Cukurs no ingresó a Brasil por las vías de escape utilizadas por criminales nazis después de la guerra. Ingresó legalmente, beneficiándose de la política de inmigración racista que imperaba en nuestro país: era blanco, europeo y cristiano », explica el historiador Bruno Leal, profesor de Historia Contemporánea de la Universidad de Brasilia (UnB) y autor del libro « El hombre de los hidropedales. Herbert Cukurs: La historia de un presunto criminal nazi en el Brasil de posguerra » (FGV Editora).

« Incluso si el gobierno brasileño hubiera llevado a cabo una investigación más profunda, difícilmente habría encontrado, en ese momento, acusaciones de crímenes de guerra contra Cukurs ».

Para sobrevivir en Río de Janeiro, Cukurs vendió una cámara Leika a Izaks Bojarskis, un empleado de los grandes almacenes Mesbla, por 8.500 CR$ (cruzeiros) -el salario mínimo en ese momento era de 380 CR$-.

En su país de origen fue considerado un héroe nacional de la Fuerza Aérea de Letonia. Con vasta experiencia, diseñó, construyó y mantuvo los aviones que pilotaba. Entre otras hazañas, viajó a Gambia en 1933 y a Japón en 1936.

En Río, el supuesto refugiado de los horrores de la Segunda Guerra Mundial se ganaba la vida como empresario. Uno de sus primeros emprendimientos fue alquilar hidropedales (pequeños vehículos acuáticos a pedal para uso recreativo) en la Laguna Rodrigo de Freitas, en la Zona Sur de la ciudad.

Poco o nada se sabía sobre su papel en la ocupación nazi de Letonia.

« La estancia de Cukurs en Brasil no tuvo nada que ver con la acción de redes secretas nazis, ni con una política de encubrimiento del gobierno brasileño », explica Leal.

« La idea de que América del Sur era un ‘paraíso’ para nazis y criminales nazis y que los países de la región recibieron ‘un gran número’ de ellos surge de una narrativa indocumentada y muchas veces sensacionalista, difundida por muchos medios y la cultura de masas. Quizás el gran ‘paraíso nazi’ en el período de posguerra fue la propia Europa ».

De padre de familia a criminal de guerra

En julio de 1949, Cukurs y su familia solicitaron la naturalización brasileña. En ese momento, su empresa, Herberts Cia. Ltda, con sede en el municipio vecino de Niterói, contaba con 20 hidropedales, dos lanchas rápidas, cinco kayaks, un velero y un hidroavión, entre otras embarcaciones.

Pero el 30 de junio de 1950, su vida dio un vuelco. La Federación de Sociedades Israelíes en Río de Janeiro, con base en los testimonios de cinco sobrevivientes del Holocausto, convocó una conferencia de prensa para acusar al inmigrante letón de ser un criminal de guerra.

Cukurs fue responsabilizado del asesinato a sangre fría de unos 30.000 judíos durante la ocupación nazi de Letonia. También fue acusado de haber expropiado inmuebles, profanado cementerios y quemado sinagogas.

Entre 1940 y 1945, Letonia fue ocupada en dos ocasiones. La primera vez, en junio de 1940, por la extinta Unión Soviética, y la segunda, en julio de 1941, por Alemania.

Durante la ocupación nazi, Cukurs formó parte del Comando Arajs, el principal grupo colaboracionista de Letonia.

« Letonia se independizó en 1918. Pero su libertad duró poco: en 1940 la invadieron los soviéticos y, un año después, los nazis », cuenta la periodista y escritora Heliete Vaitsman, directora del Museo Judío de Río de Janeiro y autora de la novela histórica « El cisne y el aviador » (Rocco), libremente inspirada en la biografía de Herberts Cukurs.

« Entre 1941 y 1945, la comunidad de 80.000 judíos letones casi se extinguió. Miles de judíos alemanes y austríacos transportados a Letonia en trenes también fueron ejecutados, generalmente mediante fusilamientos masivos. Sus cuerpos fueron arrojados a fosas comunes ».

Con motivo de las denuncias de la Federación de Sociedades Israelitas de Río de Janeiro, Cukurs admitió que colaboró con la ocupación nazi, pero negó las acusaciones. Esto no sirvió de nada. El escándalo llegó pronto a las páginas de los periódicos.

« Famoso asesino », publicó el diario Folha do Rio, en la edición del 30 de junio de 1950.

« Indeseable », tituló la Tribuna da Imprensa, del 13 de julio de 1950.

Para el diario Tribuna da Imprensa, Cukurs se convirtió en « el nazi de los hidropedales ».

Indignada, la población de la entonces capital federal del país pidió la expulsión inmediata de Herberts Cukurs del país.

« ¡Mírame! ¿Parezco un verdugo? »

A la rueda de prensa asistieron algunos de los reporteros más importantes de la época, como Joel Silveira (1918-2007), del Diário de Notícias, y Austregésilo de Athayde (1898-1993), del Diário da Noite.

La Federación de Sociedades Israelíes en Río de Janeiro distribuyó copias mecanografiadas de los testimonios de cuatro sobrevivientes: David Fischkin, Max Tukacier, Abram Shapiro y Rafael Schub.

Bajo juramento, los testigos relataron episodios desgarradores, que ellos mismos presenciaron o sufrieron, llevados a cabo por Cukurs.

Fischkin describió al letón como « un criminal de guerra » que, el 30 de noviembre de 1941, disparó a 16.000 judíos, hombres, mujeres y niños, en el bosque de Bikernieku.

« Cuando un niño comenzó llorar, lo separó de su madre y le disparó ahí mismo« , dijo.

Según los relatos de los supervivientes, a Cukurs le gustaba disparar a sus víctimas en los talones mientras huían. Tan pronto caían indefensos, les apuntaba a la nuca y apretaba el gatillo.

Tukacier dijo que lo llevaron al número 19 de la calle Waldemar en Riga, la capital del país. En ese edificio funcionaba el principal centro de interrogatorios, detenciones y torturas para judíos y opositores de los nazis en Letonia.

En los « cuarteles de la Gestapo », como le llamaban los judíos, Tukacier sufrió palizas y malos tratos.

« Recibí golpes horribles que hicieron saltar casi todos mis dientes. Ahora uso una dentadura postiza ».

En ese centro, Tukacier fue testigo de innumerables atrocidades: desde trabajos forzados hasta ejecuciones sumarias. Cualquiera que se atreviera a llorar o desmayarse durante una sesión de tortura era fusilado.

En una de esas sesiones, Cukurs obligó a un hombre de 60 años y a una chica de 20, ambos de origen judío, a quitarse la ropa y tener relaciones sexuales. Ante la negativa del hombre, Cukurs le dio una paliza.

Shapiro dijo que, en la oscuridad de la noche, muchos judíos fueron sacados de sus celdas en Waldemar Street y llevados a un destino desconocido.

Una vez, cuando se atrevió a preguntarle a un centinela qué estaba pasando, le respondió con sarcasmo: « Se fueron a cazar conejos ».

En otra ocasión, Shapiro se vio obligado a tocar el piano toda la noche en un apartamento en Riga.

En cierto momento, Cukurs y otros oficiales de la Policía de Seguridad, totalmente embriagados, mandaron a buscar a una joven judía, que había estado prisionera durante varias semanas.

« Sentado al piano, fui testigo presencial de cómo los letones violaron a la joven, uno tras otro », describe.

Uno de los testimonios más aterradores fue el de Schub. Relató que en la madrugada del 4 de julio de 1941, Cukurs y sus hombres acorralaron a 300 judíos lituanos que habían huido de su país en la sinagoga de Gogolstrasse en Riga.

Al principio los obligaron a tirar los pergaminos sagrados de la sinagoga en el piso. Como se negaron a cometer tal sacrilegio, Cukurs echó gasolina por el suelo y, con granadas de mano, le prendió fuego.

« Los judíos corrieron hacia las puertas y ventanas, pero los centinelas que estaban afuera les dispararon », informó el sobreviviente. « Las 300 personas fueron quemadas vivas, incluidos muchos niños« .

En otra ocasión, Cukurs ordenó que 2000 judíos se ahogaran en el lago Venta en Kuldiga, Courland. Los que se negaban a entrar al agua eran fusilados allí mismo, a la orilla del lago.

Con la repercusión desfavorable del caso, la ciudad de Río no renovó la licencia de los hidropedales, el Ministerio de Aeronáutica revocó su licencia de piloto y el Ministerio de Justicia no procedió con su pedido de naturalización.

Cukurs delante del avión que construyó él mismo y con el que voló de Riga a Tokio en 1937

Cukurs delante del avión que construyó él mismo y con el que voló de Riga a Tokio en 1937. Getty Images

Una multitud, con pancartas y gritando consignas, realizó una protesta en la Laguna Rodrigo de Freitas. Abordado por un equipo del periódico O Globo, Cukurs prefirió no dar una entrevista.

Solo dijo que pronto probaría su inocencia. « ¡Mírame! ¿Parezco un verdugo? », le preguntó a un reportero, según la edición del 25 de julio de 1950.

En 1951, Cukurs y su familia se mudaron a Niterói, en 1953 a la ciudad de Santos y, tres años después, a Sao Paulo. En Sao Paulo el inmigrante montó una empresa de taxis aéreos en la represa de Guarapiranga.

« Un aspecto que contribuyó mucho a que Cukurs nunca fuera expulsado del país fue la inoperancia de ciertos gobiernos extranjeros. El caso más importante involucra al gobierno británico », cita Leal.

« En la década de 1950, la embajada de Brasil en Londres se puso en contacto con el Ministerio de Relaciones Exteriores, el Foreign Office, para comprobar las acusaciones contra Cukurs. Pero había una gran mala voluntad por parte de la diplomacia británica. El Foreign Office estaba más preocupado por la Guerra Fría que por el pasado nazi ».

Cazadores de nazis

La vida de Cukurs dio otro giro el 23 de mayo de 1960, cuando Adolf Eichmann (1906-1962), uno de los criminales de guerra más buscados del mundo, fue capturado en Argentina por agentes del servicio secreto israelí, el Mossad, y llevado a Israel, donde fue juzgado por su participación en el exterminio de judíos.

Declarado culpable, Eichmann fue ahorcado el 1 de junio de 1962.

Temeroso de ser el siguiente en la lista de los israelíes, Cukurs incluso pidió una licencia para portar armas —una pistola italiana Beretta de 6,35 mm— y solicitó protección policial. « Consiguió ambas », dice Leal.

El 12 de septiembre de 1964 llegó a Brasil un supuesto empresario austríaco llamado Anton Kuenzle.

Buscando nuevas oportunidades de negocios en la industria del entretenimiento, se puso en contacto con Cukurs. Kuenzle era en realidad el nombre en clave de Yaakov Meidad (1919-2012), el agente del Mossad responsable de capturar a Eichmann en Argentina.

En poco tiempo, los dos se hicieron amigos. Meidad se ganó la confianza de Cukurs y lo convenció de expandir su negocio a Uruguay.

Fue así como, el 23 de febrero de 1965, los dos se embarcaron rumbo a Montevideo. Allí, Kuenzle le mostraría a Cukurs la casa que alquilarían como sede de su empresa de turismo. Estaba ubicada en el balneario de Shangrilá, a 18 kilómetros del centro de Montevideo.

Cuando Cukurs descubrió que había caído en una trampa, ya era demasiado tarde.

« El gobierno brasileño, aunque no expulsó a Cukurs, nunca le concedió la naturalización brasileña. Eso lo dejó vulnerable a la extradición », explica Leal.

« Resulta que ningún país la había pedido a Brasil. Alemania intentó, a principios de la década de 1960, abrir un proceso de extradición, pero la acción terminó tardando mucho y Cukurs murió. Si eso hubiera sucedido antes, tal vez el desenlace hubiera sido otro, bastante diferente ».

« Los que no olvidarán« 

Dentro de la casa, cuatro agentes del Mossad se abalanzaron sobre Cukurs. El plan original era inmovilizar al criminal, leer su veredicto y luego ejecutar la sentencia. Pero a pesar de sus 64 años, Cukurs resistió.

« El miedo a la muerte le dio una fuerza increíble », escribió Meidad en « La ejecución del verdugo de Riga » (The Execution of the Riga Executioner, 2004), coescrito con el periodista israelí Gad Shimron. « Luchó como un animal salvaje y herido ».

Durante la pelea, Cukurs gritó en alemán: « ¡Déjenme hablar! ». Pero nadie lo escuchó.

Uno de los agentes tomó un martillo y asestó un golpe tan violento en la cabeza de Cukurs que la sangre salpicó por todas partes. Luego otro le colocó una pistola en la cabeza y disparó dos tiros.

« Las dos balas acabaron con la vida de Cukurs. Era el martes 23 de febrero de 1965, 12:30 horas », afirma Meidad en su libro.

El baúl donde fue encontrado el cuerpo de Herberts Cukurs

El baúl donde fue encontrado el cuerpo de Herberts Cukurs. Colección personal

El cuerpo de Herberts Cukurs fue encontrado por Alejandro Otero, comisario de policía de Montevideo, el 6 de marzo de 1965. Estaba dentro de un baúl de madera, en avanzado estado de descomposición.

Otero había recibido un aviso anónimo. Sobre el cadáver había una nota que decía: « Considerando la gravedad de los delitos de los que se acusa a Herberts Cukurs, especialmente su responsabilidad en el asesinato de 30.000 hombres, mujeres y niños, lo condenamos a muerte ».

El grupo que firmó la nota se autodenominaba « Los que no olvidarán ».

« Hasta el día de hoy, personas como Efraim Zuroff, director del Centro Simon Wiesenthal en Estados Unidos, lamentan la forma en que ejecutaron a Herberts Cukurs », pondera la periodista y escritora Heliete Vaitsman.

« Según Zuroff, los procesos ante los tribunales son más útiles para la historia y la justicia que las ejecuciones sumarias. Si el piloto hubiera sido juzgado, y si se hubieran producido pruebas, esto habría obstaculizado las afirmaciones de inocencia que sus defensores insisten en hacer. En 2011, los nacionalistas letones reclamaron su inclusión en el Panteón de los Héroes Nacionales ».

 

 

[Fuente: http://www.elimparcial.com]

Poderíase dicir que a seguinte reportaxe foi devorada pola desapiadada actualidade. Foi escrita sobre o terreo tan só unha semana antes do comezo da invasión de Ucraína por parte de Rusia, polo que haberá quen considere que non ten moito sentido publicala despois de que a caprichosa realidade tumbara unha das hipóteses principais que introduce. Nada máis afastado da realidade. Esta peza serve para dar contexto a unha guerra evitable (coma todas), e na que a información é a primeira vítima. Neste caso, esta frase feita faise aterradoramente real: un dos seus autores, Pablo González, leva preso nunha prisión polaca dende o pasado 28 de febreiro, totalmente incomunicado e sen que ninguén saiba nada do seu estado, acusado de ser un «axente ruso».

Por Pablo González e Juan Teixeira

Segundo veñen informando nos últimos meses gran parte dos medios de comunicación occidentais, Rusia estaría a piques de invadir militarmente Ucraína. A día de hoxe, este grave feito segue sen producirse. Con todo, esta antiga república soviética leva inmersa nos últimos oito anos nunha tremenda crise que tampouco ten vistas de solución. Viaxamos ao centro e leste do país para intentar entender mellor este complicado escenario. 

Tras varios anos de silencio mediático internacional, Ucraína volveu ás cabeceiras da maior parte dos medios de comunicación. E a razón é potencialmente crítica: unha invasión militar rusa. As razóns que explicarían este conflito son tan diversas como o choque Rusia-Occidente, a división interna do país, os prezos do gas ou a degradación dos esquemas xeopolíticos reinantes dende o fin da Guerra Fría. Porén, o sentido común e a lóxica non abondan para comprender o crebacabezas social no que se converteu o país na última década.

Un membro do batallón de extrema dereita Azov ensina a utilizar un lanzafoguetes a un civil durante unhas xornadas de portas abertas en Kiev.

Hai xa oito anos, Ucraína virou violentamente cara a Occidente. Fíxoo a través das coñecidas como protestas do Maidán (praza en ucraíno), que fixeron caer o goberno lexítimo de Viktor Yanukovich despois de que este rexeitara asinar un acordo de cooperación coa Unión Europea. Para unha parte da poboación ucraína e a maioría dos socios occidentais esta foi a «revolución da dignidade», na que «o desexo de liberdade» dos ucraínos prevaleceu ao achegamento coa autoritaria Moscova. Para outros foi un golpe de Estado en toda regra, no que unha activa minoría nacionalista (apoiada fortemente dende o exterior) impuxo a súa axenda de ruptura dos lazos centenarios con Rusia e achegamento a occidente.

En todo este tempo, Ucraína perdeu importantes partes do seu territorio: a península de Crimea anexionada por Rusia, e parte da rexión do Donbass onde os separatistas locais apoiados por Moscova autoproclamaron dúas repúblicas independentes en Donetsk e Lugansk. Neste recuncho do mundo vivíronse uns arrepiantes combates entre o verán de 2014 e o inverno de 2015, deixando máis de trece mil mortes tras de si. Dende entón a rexión vive unha guerra de desgaste, con mortos practicamente cada semana, aínda que sen movementos da liña de fronte, á espera de que se cumpran os ignorados Acordos de Minsk.

Xudeus rezando na sinagoga de Dnipro, a maior do mundo e financiada por dous coñecidos oligarcas ucraínos.

Con este dantesco panorama, non é de estrañar que os ucraínos atendan ás azueiras de guerra que chegan dende occidente con escepticismo. É o conto de Pedro e o lobo, aínda que na versión de Putin e os tanques. O goberno de Kiev leva tanto tempo anunciando a invasión rusa que a meirande parte da xente xa non cre o conto. E aínda así, neste inverno de 2021-2022 de súpeto a tensión aumentou, coas cancelarías de Moscú, Washington, Berlín ou París facendo horas extra para evitar un conflito que, por momentos, parecía inevitable. Así o venderon incesantemente nos grandes medios occidentais. E así o entendeu boa parte da cidadanía. Lembremos que as guerras de hoxe en día non se deciden tanto nas trincheiras como nas mentes da poboación. Para vencer hai que convencer, de aí a intensa guerra mediática que acompaña a cada conflito nesta era da desinformación. Esta contradición entre o que venden os grandes conglomerados de información e a caprichosa realidade pode observarse con nítida transparencia cando un recompila información de primeira man.

No caso do conflito ucraíno, as contradicións son múltiples e enganosas. Unha delas vívese, por exemplo, en Dnipro. A cidade anteriormente coñecida como Dniepropetrovsk foi, na época soviética, un dos principais centros de produción de mísiles, tanto militares como os destinados ao programa espacial. Agora a fábrica de Yuzhmash non é máis que unha serie de inmensos hangares baleiros. E se antes de 1986 os estranxeiros tiñan prohibido entrar incluso na cidade, agora pódese conseguir o permiso mesmo para visitar a propia fábrica. Un complexo que nos seus mellores tempos daba traballo a máis de cen mil persoas, e que agora non é mais que unha sombra dese pasado.

Cemiterio de Dnipro, onde hai enterrados máis de 300 soldados caídos na guerra no leste de Ucraína.

Os poucos traballadores que quedan, moitos en idade de xubilación ou próximos a ela, estrañan a época soviética, cando facían mísiles para conquistar o espazo, algo que cualifica como «o noso orgullo» un dos enxeñeiros, e engade que agora non é que non queiran amosar aos visitantes algo dos seus desenvolvementos militares, é que simplemente «non hai nada que amosar». Todos os seus programas, dedicados ao espazo civil, están conxelados. A ausencia do seu histórico socio principal, Rusia, fai que este termo de «conxelación» soe realmente máis a cancelación. Só uns poucos encargos por parte dos Estados Unidos lles dan algo de traballo, pero incluso iso vai acabar cos novos desenvolvementos de Elon Musk.

Pero non a todos lles vai mal en Dnipro. Unha comunidade renacida e en auxe é a xudía. En Dnipro contan co maior centro xudeu do mundo: sete torres que dominan a silueta da cidade, onda á sinagoga. Neste centro teñen hotel, restaurantes, salas de exposicións, unha clínica, un museo do holocausto e numerosas instalacións adicionais, todo forrado en mármore traído dende o mesmísimo Israel. Son ademais os responsables da vacinación de máis dun terzo da poboación de Dnipro. Falando co presidente desta comunidade, Zelig Brez, pódese ver outra das múltiples contradicións da Ucraína actual.

Un traballador da fábrica Yuzhmash onde antigamente traballaban miles de empregados fabricando alta tecnoloxía espacial. Hoxe en día apenas teñen encargos e as instalacións languidecen.

Brez defende a xestión do presidente Zelenskiy, a quen cualifica como unha persoa moi sabia (casualmente tamén é de orixe xudía) e engade que a súa comunidade tomará as armas para defenderse en caso dun ataque ruso. Á pregunta de como se sente a comunidade xudía convivindo cun nacionalismo ucraíno que glorifica aos colaboradores dos nazis, como o foron os ucraínos da División Galitsina das SS, Brez móstrase preocupado polo aumento das simpatías filonazis en moitos países, pero opina que son unha minoría que non representa o país.

É rechamante ademais que a cidade e a rexión de Dnipro, historicamente de ampla maioría rusofalante, sexan a orixe dunha gran parte de voluntarios que foron á guerra contra o separatistas prorrusos en 2014-2015. Só no cemiterio militar da cidade atópanse soterrados aproximadamente 300 combatentes, parte dos cales aínda están sen identificar, e outros, a pesar de que están identificados mediante probas de ADN, non son recoñecidos polos seus familiares. Un caso que, segundo explica Yulia, traballadora do concello de Dnipro, é unha medida de protección psicolóxica das propias familias, á espera de que un milagre lles devolva ao seu fillo, ou a que o tempo lles faga aceptar a súa perda definitivamente.

Interior dun búnker soviético nos arredores de Dnipro, acondicionado na actualidade para albergar a máis de 200 persoas en caso de guerra con Rusia.

Esta é outra das realidades contraditorias que se mesturan na Ucraína actual e que é de difícil explicación: como cidadáns rusofalantes colleron as armas contra outros cidadáns rusofalantes. Hai quen o explica mediante a educación patriótica dos tempos soviéticos, outros mediante a mobilización que practicaron os medios de comunicación. Outros achácano a unha potente onda nacionalista que percorreu o país, quitando os referentes soviéticos por outros de ultradereita.

Precisamente esa importancia dos elementos de ultradereita na sociedade ucraína foi obxecto de debate entre os especialistas no tema dende 2014. Así, uns defenden que o seu peso é marxinal, que non teñen representación parlamentaria e que as simpatías por estas ideas son mínimas entre os ucraínos. Con todo, tamén é certo que foron eses elementos os que participaron máis activamente no Maidán e fixeron posible a caída do presidente Yanukovich, e que foron eses elementos os responsables de masacres como a de Odessa en maio de 2014, onde queimaron vivas a máis de corenta persoas, ucraínas todas que simpatizaban con Rusia.

Dúas persoas pasan ante un edificio alcanzado en múltiples ocasións por fogo de artillería en Avdeevka. O artista australiano Guido Van Helten pintou hai anos o rostro da famosa profesora local Marchenko para que os soldados da República Popular de Donetsk o visen ao disparar.

Tamén é parte deses elementos de ultradereita o denominado Corpo Nacional. Unha organización neonazi cuxo líder, Andriy Biletski, combateu no Donbass, os que organizan nas últimas semanas multitude de adestramentos paramilitares para a poboación civil na capital, Kiev. Uns adestramentos nos que ensinan a interactuar con vehículos blindados, orientarse sobre o terreo, seguir mandos básicos, nocións de combate urbano, primeiros auxilios ou a utilización de material explosivo ou lanzagranadas.

Todos estes adestramentos parecen de escasa utilidade en caso de enfrontarse a un inimigo real, como o sería potencialmente o exército ruso. Obviando o feito de que a maioría de baixas nas guerras actuais son producidas pola artillería e a aviación, e que a maioría de combatentes falecidos ou feridos seguramente nin viron ao inimigo antes de ser alcanzados, estes adestramentos simplemente serven para militarizar a cidadanía e captar adeptos para a ultradereita, especialmente entre os máis novos. Unha xeración enteira cunha grave falta de recursos e alternativas e que pasa a fin de semana rodeada de armas, combatentes e folletos ideolóxicos de extrema dereita. Que pode saír mal?

Mozos ucraínos reciben información dun mando do batallón Azov. Fóra de Ucraína, Azov ocupa un importante papel nunha rede global de grupos extremistas de extrema dereita.

Algunhas das persoas que acoden a estes cursos opinan que a invasión rusa é posible, e que nese caso fará falta tomar as armas para defenderse. Porén, a maioría simplemente van para ocupar unhas horas nun «campamento de guerra» impartido por uns «patriotas de verdade». Un plan para a fin de semana no que un pode ir cos amigos, só e coñecer xente ou en parella. Algo que dende fóra parece un tanto surrealista, sobre todo porque moitos dos participantes corren de aquí para alá con maquetas de AK-47 feitas de madeira mentres fan onomatopeas armamentistas coa boca, como os pequenos. Estes adestramentos, ademais, fanse nun vello e abandonado complexo industrial, onde a estatua dun soldado soviético mira muda o que sucede ao seu redor.

Hai que viaxar practicamente á liña da fronte, á cidade de Avdiivka no Donbass, para poñer aínda máis de relevo a estraña situación que vive Ucraína. Este núcleo urbano está situado ao norte de Donetsk, e polas súas aforas pasa a liña da fronte. Con todo, en Avdiivka a poboación civil non adestra e poucos toman en serio mesmo os rumores de guerra. Dos corenta mil habitantes que tiña antes da guerra, agora quedarán, no mellor dos casos, apenas a metade, na súa maioría traballadores da planta de coque, xubilados que non teñen onde ir e soldados.

Soldados ucraínos prepáranse para un desprazamento en camión a poucos quilómetros da fronte. Actualmente Ucraína dispón duns 250.000 efectivos en servizo activo, ademais de case 300.000 reservistas e 50.000 unidades paramilitares.

A xente afíxose ao ruído da artillería de lonxe e aos disparos esporádicos, ou non tanto, de metralladoras durante a noite. Non cren que Putin vaia atacar. A maioría repite como un mantra «para que o ía facer?», e engaden case sempre «oxalá todo isto acabe pronto». Quizais se o conflito acaba dunha vez podería solucionarse o maior problema da rexión, o demográfico: a xente nova vaise para non volver. Van traballar a Rusia ou a países da Unión Europea como Polonia.

Do pouco que funciona, e ademais segue dando unha inxección económica á zona, son as minas de carbón e a industria. Así, en Avdiivka segue funcionando a planta de coque propiedade do oligarca Rinat Ajmetov. En toda a guerra, e a pesar de que os combates transcorreron nas súas proximidades, non recibiu nin un só impacto. Algo que non é tan raro no Donbass, onde escolas, estacións de autobuses ou simples barrios dormitorio seguen estando nas miras dos artilleiros, pero as propiedades dos oligarcas non, estean no bando que estean.

Un civil durante unhas manobras militares organizadas polo batallón paramilitar de extrema dereita Azov nos arredores de Kiev.

Esta, a realidade oligárquica, é outro dos elementos que se mesturan en Ucraína para crear a estraña situación actual. Por unha banda, Ucraína declara que está en guerra con Rusia, pero segue sendo un dos seus socios principais para o comercio e non romperon as relacións diplomáticas en ningún momento. Por outra banda, o país, mediante o presidente Zelenskiy, di estar en guerra cos oligarcas, pero estes seguen controlando a economía, os medios de comunicación e mesmo boa parte da clase política.

Un presidente de orixe xudía preside un país onde milicias neonazis adestran a poboación para enfrontarse ao exército ruso nunha invasión inminente que non acaba de chegar máis aló de Crimea e Donbass. O país declara o seu obxectivo de integración na UE e a OTAN, pero a policía secreta segue arrestando persoas por publicar imaxes soviéticas en redes sociais. É a contradición ucraína en estado puro.

Ensaio dunha obra de ballet no Teatro-Ópera de Dnipro. A vida segue en Ucraína allea ao conflito.

Ucraína vive inmersa nesta contradición sen fin dende hai oito anos, dos que sete e medio foron acompañados de guerra. A paz, aínda así, semella difícil de lograr. Os acordos diplomáticos asinados en 2014 e 2015, os chamados acordos de Minsk, seguen sen cumprirse. Ucraína non fai as reformas necesarias para darlle ao Donbass a autonomía que eses acordos lle deben proporcionar e, mentres iso non suceda, Rusia non vai retirar o seu armamento dese territorio nin vai devolver a Ucraína o control da fronteira. Por todo isto e moito máis, non parece que a situación se vaia solucionar nun futuro próximo. E seguiremos con rumores de guerra cada certo tempo. Unha preocupación que se vive moito máis nos medios occidentais que nas rúas dunha Ucraína cansa de non estar en paz, pero tampouco en guerra.

 

[Fonte: http://www.revistaluzes.com]

El lingüista, filósofo y politólogo estadounidense ha concedido una entrevista a Truthout en la cual ha abordado el tema de la invasión rusa de Ucrania, algo que considera un ataque no provocado e injustificado que pasará a la historia como uno de los mayores crímenes de guerra del siglo XXI

Noam Chomsky: "Estamos en un momento crucial de la historia de la humanidad"

Publicado por Luna Izquierdo

Para el lingüista, filósofo y politólogo estadounidense las motivaciones políticas no pueden utilizarse como argumento para justificar el inicio de una invasión contra una nación soberana y considera que “Estados Unidos debe optar por la diplomacia de modo urgente en lugar de la escalada militar, ya que esta última podría constituir una sentencia de muerte para la especie, sin vencedores”.

Respecto a por qué cree que Putin ha decidido iniciar la invasión de Ucrania en este momento, Chomsky cree que no hay ninguna justificación ni atenuante y la ha comparado con la invasión estadounidense de Irak y a la invasión de Polonia por parte de Hitler-Stalin en septiembre de 1939.

Según el politólogo, «hay un despliegue de invectivas plenas de convencimiento acerca de la mente de Putin. El relato habitual es que está atrapado en fantasías paranoicas, que actúa solo, rodeado de cortesanos rastreros como los que conocemos aquí en lo que queda del Partido Republicano que viaja hasta Mar-a-Lago buscando la aprobación del Líder».

Quizá habría que considerar otras posibilidades, ha señalado Noam Chomsky, recordando unas palabras escritas poco antes de la invasión por Jack Matlock, exembajador de Estados Unidos en Rusia: «Quizá Putin quiso decir lo que él y sus aliados han estado diciendo alto y claro durante años, como, por ejemplo, que dado que la principal exigencia de Putin es la garantía de que la OTAN no aceptará a más miembros, y en concreto a Ucrania o Georgia, obviamente no habría existido ninguna motivación para la crisis actual si no hubiera habido una expansión de la alianza atlántica tras el final de la Guerra Fría, o si la expansión hubiera tenido lugar de acuerdo con la construcción de una estructura de seguridad en Europa que incluyera a Rusia”.

Y continúa diciendo que la crisis “puede resolverse fácilmente aplicando el sentido común… Desde cualquier punto de vista, el sentido común apunta que a Estados Unidos le interesa promover la paz, no el conflicto. Tratar de desprender a Ucrania de la influencia rusa, el objetivo declarado de los que agitaron las “revoluciones de colores, fue una misión absurda y peligrosa. ¿Tan pronto hemos olvidado la lección de la crisis de los misiles de Cuba?”.

Chomsky señala que los documentos internos de Estados Unidos publicados por WikiLeaks revelan que la imprudente oferta de Bush II a Ucrania para entrar en la OTAN provocó enseguida duras advertencias por parte de Rusia, indicando que la expansión de la amenaza militar era intolerable.

«La crisis se ha estado gestando durante 25 años»

Sin embargo, no sabe por qué se tomó la decisión ni si la tomó solo Putin o el Consejo de Seguridad ruso, lo que sí se sabe es que la crisis se ha estado gestando durante 25 años mientras Estados Unidos menospreciaba de un modo despectivo las inquietudes rusas en materia de seguridad, en particular sus claras líneas rojas: Georgia y especialmente Ucrania.

El filósofo también cree esta tragedia podría haberse evitado hasta el último minuto y ha recordado una lección que aprendió cuando a finales de la década de 1960 participó en una reunión en Europa con algunos representantes del Frente de Liberación Nacional de Vietnam del Sur. Algunos jóvenes pensaban que la reacción violenta era la respuesta adecuada a los espantosos crímenes de Estados Unidos en Indochina mientras los vietnamitas se opusieron a todas esas medidas y presentaron su modelo de protesta efectiva: unas cuantas mujeres de pie, rezando en silencio, ante las tumbas de los soldados estadounidenses muertos en Vietnam.

«Es una lección que deberíamos tomar en serio, adaptada a las circunstancias. Hoy eso significa un esfuerzo por comprender por qué ha ocurrido esta tragedia y qué se podría haber hecho para evitarla, y aplicar estas lecciones a lo que viene después», ha señalado Chomsky.

«La reacción ante una crisis real o imaginaria ha sido sacar la pistola en lugar de la rama de olivo. Es casi un acto reflejo, y las consecuencias han sido generalmente espantosas para las víctimas tradicionales. Siempre vale la pena tratar de entender, anticiparse un poco a las posibles consecuencias de la acción o la inacción», ha añadido.

Opciones

Preguntado sobre las opciones que hay, Chomsky ha respondido que «la menos mala es el apoyo a las opciones diplomáticas que aún existen con la esperanza de lograr un resultado parecido al que era muy probable alcanzar hace unos días: la neutralización de Ucrania al estilo austriaco, una versión del federalismo de Minsk II. Mucho más difícil de lograr ahora. Y, necesariamente, con una vía de escape para Putin, o el resultado será aún más nefasto para Ucrania y para todo el mundo, quizá más allá de lo inimaginable».

El politólogo lamenta que las opciones se reducen «a un feo desenlace que premia en lugar de castigar a Putin por el acto de agresión o la fuerte posibilidad de una guerra terminal» y cree que mientras tanto deberíamos apoyar a quienes están defendiendo su patria contra los crueles agresores.

También considera que deberíamos encontrar formas de ayudar a todas las especies que habitan la Tierra ya que se está produciendo una gran destrucción medioambiental que se está cobrando un gran precio y que será peor si no se hace nada, ya que nos dirigimos hacia una catástrofe.

«Las medidas necesarias están estancadas, incluso en retroceso, ya que se dedican recursos muy necesarios a la destrucción y ahora el mundo se encamina a ampliar el uso de los combustibles fósiles, incluido el más peligroso y convenientemente abundante, el carbón», ha advertido Chomsky.

Fundamentos jurídicos de Putin para la invasión de Ucrania

En relación a los fundamentos jurídicos de Putin para la invasión de Ucrania, el politólogo lo tiene claro: «No hay nada que decir sobre el intento de Putin de ofrecer un fundamento jurídico a su agresión. Su mérito es nulo».

Putin trató de ofrecer fundamentos jurídicos para la invasión y Rusia cita a Kosovo, Irak, Libia y Siria como prueba de que Estados Unidos y sus aliados violan el derecho internacional repetidamente, algo que es cierto según el filósofo, pero que no ofrece ningún atenuante para los crímenes de Putin. Sin embargo, tal y como explica, Kosovo, Irak y Libia tuvieron influencia directa en el conflicto de Ucrania.

El expresidente de Estados Unidos Bill Clinton dejó claro que Estados Unidos no tenía intención de respetar el derecho internacional. La Doctrina Clinton declaró que Estados Unidos se reservaba el derecho a actuar “unilateralmente cuando fuera necesario”, incluido el “uso unilateral del poder militar” para defender intereses vitales como “garantizar el acceso sin trabas a mercados clave, suministros energéticos y recursos estratégicos”.

Sanciones económicas a Rusia

Noam Chomsky cree que las sanciones económicas a Rusia la llevarán a depender aún más de China. «No está claro si su sistema financiero puede resistir un ataque fuerte, mediante sanciones u otros medios», ha manifestado el filósofo.

Para finalizar, el politólogo preguntado sobre si cree que la invasión dará inicio a una nueva era de confrontación continua entre Rusia (y posiblemente en alianza con China) y Occidente, ha respondido que, «hasta ahora, China está actuando con cautela y es probable que intente llevar adelante su amplio programa de integración económica de gran parte del mundo dentro de su sistema global en expansión, en el cual, hace unas semanas, incorporó a Argentina dentro de la iniciativa Cinturón y Ruta, mientras observa cómo los rivales se destruyen entre ellos».

«Estamos en un momento crucial de la historia de la humanidad. No se puede negar. No se puede ignorar», ha zanjado.


[Fuente: http://www.contrainformacion.es]

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Pegatinas de izquierda a derecha: Shalom, jaber (paz, amigo), Shalom, ata jaser (paz, haces falta), Dor shalem doresh shalom (una generación entera pide la paz).

Publicado por Berta Ares Yáñez

Aterricé en el aeropuerto de Ben Gurion una madrugada de julio de 1996. Había recibido una beca MAEC para estudiar en la Universidad de Tel Aviv y desarrollar un proyecto de investigación. Este consistía en bucear en diferentes archivos del país para establecer una relación de la prensa en judeoespañol, y luego analizar la función que una parte determinada de esta prensa había desempeñado durante la creación del Estado. En aquel entonces, este país todavía no tenía medio siglo de existencia.

Lo que más me llamó la atención nada más llegar fue el afán absoluto de expresión que se vivía en sus calles, donde todo se discutía y matizaba. Cualquier tema de actualidad era causa de debate en el que cada cual marcaba su línea ideológica. Prueba de ello eran las innumerables pancartas expuestas en los comercios y en los balcones de las casas, o las pegatinas que se exhibían en todo tipo de vehículos, en los cascos de moto o en las carpetas de los universitarios. Antes de Twitter, pancartas y pegatinas eran los soportes ideales para el eslogan.

Cuando llegué, el país estaba de luto. Isaac Rabin había sido asesinado hacía apenas unos meses por un ultranacionalista opuesto al proceso de paz y a los Acuerdos de Oslo. A su entierro había acudido Bill Clinton, quien en su discurso de despedida acabó con un «Shalom, jaber» (Adiós y paz, amigo). Esta frase se convirtió en el eslogan mayoritario de los pacifistas y de los que querían mantener vivo el proceso de paz. A esta consigna le siguieron «Jaber, ata jaser» (Amigo, haces falta) y «Jaber, ani zojer (Amigo, yo recuerdo). Algunos recortaban las frases y hacían collage con las pegatinas: «Shalom, ata jaser» (Paz, haces falta).

Tras estos eslóganes iniciales hubo muchos más, que cada uno argüía desde su posición ideológica. Los tres más claros eran el izquierdista «Un pueblo fuerte hace la paz», el conservador «Paz, con prudencia», y el ortodoxo «Una generación de arrepentimiento traerá la paz». Al final, todo derivaba en dos modelos de redención: el laico «Una generación entera pide la paz», y el ortodoxo «Generaciones enteras solicitan al Mesías». Se temía entonces la existencia de una guerra civil, y las instituciones colgaban carteles en los que se leía «Opiniones diferentes sí, guerra de hermanos no».

También los problemas caseros se aireaban en pegatinas y pancartas. La compañía nacional de autobuses Eged —creada en su día por fuerzas sindicales y a cuyo volante estaban, al menos así me dijeron, curtidos soldados— expresaba sus desacuerdos con el entonces presidente Benjamin Netanyahu, a quien todos llaman «Bibi»: «Bibi no respeta pactos», «Eged en tu camino, Bibi en el camino que no».

Como ahora sucede con las redes sociales, entonces las consignas avivaban debates que parecían inaplazables, pero que tarde o temprano se desvanecían sin pena ni gloria. Veinticinco años después, el proyecto de paz está completamente abandonado, dejado a la lógica del capitalismo.

La diversidad de opciones e ideologías existentes antes de la fundación de Israel como Estado moderno en 1948 también es mucho mayor de lo que cabe suponerse en la actualidad. Es algo evidente cuando se lee la prensa de la época, en la que también se observa la continua metamorfosis que experimenta el país —y las variaciones de voto en las urnas— a medida que llegan diferentes oleadas de inmigrantes judíos, especialmente desde la creación del Estado y hasta finales de los noventa, tras la caída del muro de Berlín.

Llegan de Alemania, Polonia, Rusia, Ucrania, Rumanía, Grecia, Bulgaria, Yemen, Etiopía, Argentina, México, Irak, Marruecos, Francia, Estados Unidos, y un largo etcétera de países. A modo de ejemplo diré que durante mi estancia allí, la televisión pública subtitulaba simultáneamente en los dos idiomas oficiales, el hebreo y el árabe, pero también en ruso, cuya población era entonces mayoritaria.

He escrito inmigrante y es un error llamarlo así. El término adecuado es olé (en masculino; olá, en femenino; olím, masculino plural; olot, femenino plural), pues no es un movimiento migratorio al uso, sino una aspiración sionista. Significa «el que sube a Israel».

Si sumamos a la necesidad de expresión y comunicación, la diversidad ideológica existente, podemos comprender la abundantísima cantidad de publicaciones periódicas surgidas durante los años de fundación del Estado.

Sin embargo, cuando empecé mi trabajo no existía una bibliografía que las reuniera, más allá del extraordinario trabajo que entonces desarrollaba el centro asociado a la Universidad de Tel Aviv, el Institute for the Study of Jewish Press; pero no tenían casi referencias de la prensa sefardí.

Seguí buscando, pues sabía que miembros de la comunidad judía expulsada de Sefarad habían sido los encargados de introducir la imprenta en tierras del Imperio otomano. Contaba al menos con la referencia del primer periódico en ladino del que entonces había constancia: el Shaare Mizrah, fundado en 1845 por Raphael Uziel.

El Big-Bang de mi investigación, por así llamarlo —meses después de búsqueda de diarios en la Biblioteca Nacional y otros centros culturales, sin apenas éxito—, tuvo lugar cuando me lancé de lleno a investigar los archivos del Ben-Zvi Institute. Allí había un montón de información dispersa sobre publicaciones periódicas en judeoespañol y también ejemplares físicos procedentes de diversos lugares de la diáspora sefardí: especialmente de Bulgaria, de Nueva York, de la antigua Yugoslavia y de los territorios que formaban o estuvieron sometidos al Imperio otomano, como Salónica (Grecia), Estambul e Izmir (Turquía), y también de territorios de la llamada Erez Israel, especialmente en Jerusalén.

Los periódicos impresos en Estambul a veces llevaban el nombre de la ciudad en españolico «Istambul», pero tampoco era raro encontrarlos con el topónimo «Costa», que es como los sefardíes de origen griego se referían a la antigua Constantinopla.

Una vez hallado y ordenado el material, delimité la investigación a las publicaciones distribuidas en Israel y a un país de diáspora, el elegido fue Turquía. En total, analicé una veintena. Explicaré brevemente lo que hallé. Dividiré mi exposición en dos partes: una primera parte dedicada a la descripción de la prensa en judeoespañol distribuida en Turquía, y una segunda parte dedicada a la descripción de la prensa en judeoespañol distribuida en Israel.

Esta segunda parte tiene como colofón un aliciente especial: está traducida al judeoespañol por el académico de la RAE en Israel Moshe Shaul, una de las personas vivas que mejor conocen y más ha cuidado este tesoro lingüístico.

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La gran pegatina reza: «No tenemos en quien apoyarnos, solo en nuestro Padre que está en los cielos».

Los medios en Turquía: del drama de la guerra mundial a la asimilación

Una publicación será clave en la historia de la comunidad sefardí que decide no emigrar y prefiere quedarse en Turquía durante el delicadísimo periodo que comprende la Segunda Guerra Mundial y la posguerra: La Boz de Türkiye.

Bajo la dirección de Albert Cohen, esta publicación periódica de frecuencia quincenal comienza a publicarse el 1 de agosto de 1939, y de forma ininterrumpida hasta su cierre en 1949. Con sede en Estambul, mantuvo diversas corresponsalías y tuvo acceso a información internacional de calidad procedente de fuentes sobre el terreno, a través de la Agencia Telegráfica Judía —de la que el director de esta publicación era representante en Turquía— y de la Overseas News Agency, ambas dirigidas por Jacob Landau.

Esta publicación hace un repaso del estado de los judíos en diferentes lugares en los que el nazismo se ensaña. El que expongo a continuación es un fragmento del suplemento especial titulado «Israel en el Galouth» (Israel en la diáspora), publicado el 15 de febrero de 1944:

La aniada 1943 fue un anio de destruccion y de ruinas, de muerte y de exterminacion. Miles y milarias de nuestros hermanos fueron hundidos en mares de miserias, angustias y matansas, cienes de comunidades judias fueron enteramente destruidas; cienes de miles de seres humanos fueron integrados en manos de persecutores sin que sus hermanos en los paises liberos puedan hacer nada por salvarlos. El Judaismo en Europa ocupada fue enteramente destruido. Esta destruccion fue el mas grande golpe dado a nuestra nacion en el mundo entero. La entera elita de sus hijos y de sus aglomeraciones, las mas mejores intelligencias, las mas grandes fuerzas creaderas del Judaismo Occidental, fueron atemados. En algunos paises los Judios fueron literalmente atemados fisicamente; en otros paises, ellos fueron deportados, exilados y matados. La mas grande parte de los exilados murieron en los wagones, otros no yegaron mismo a la frontera, siendo ellos fueron torturados y asasinados. Los jovenes fueron tomados a los travajos forsados, en fabricas o en fraguas, de fortificaciones en la Francia o en el fronte oriental. Los que no pueden travajar fueron matados sin otra forma de proceso.

La Boz de Türkiye desempeñó una función esencial para la seguridad de las comunidades judías en la todavía joven república turca, inmersa en un intenso proceso nacionalista y cuya posición durante la guerra fue inicialmente de neutralidad, luego de relaciones diplomáticas con la Alemania nazi y finalmente su posición se decantó por los aliados.

Esta publicación desempeñará un papel de mediador y portavoz entre el Estado, la sociedad turca y las comunidades judías dispersas por el país. Con un estilo sencillo y claro, el contenido se distribuye entre noticias y reportajes sobre las comunidades judías asentadas a lo largo y ancho del planeta. Al igual que se hace eco de las principales noticias sociales y políticas de carácter mundial, tampoco descuidan el contenido dedicado a la tradición.

Sin embargo, el movimiento nacionalista de la joven república no ve con buenos ojos estas actividades cosmopolitas y de singularidad cultural. De hecho, durante estos años se prohíbe a la ciudadanía mantener cualquier actividad independiente o asociación afiliada al extranjero.

Algunos miembros de la comunidad judía tienen que enfrentarse a acusaciones de otros ciudadanos. Comienza a extenderse el rumor de que los judíos «mantienen una postura de indiferencia ante los hechos del país». Se les critica que empleen el judeoespañol en detrimento del turco. En este difícil contexto, el equipo editorial decide poner en marcha una campaña de difusión con un doble mensaje:

El primero es: «Somos turcos, hablemos el turco». Tratan de mentalizar a sus lectores de que en la calle solo deben hablar turco, incluso entre ellos. Les avisan que no deben automarginarse ni diferenciarse hablando otras lenguas.

El segundo mensaje es: «Formamos parte del pueblo judío». A través del contenido se fomenta el sentido de pertenencia a esta comunidad milenaria y se sugiere que se hable judeoespañol en casa.

Entre los colaboradores de La Boz de Türkiye destacan Abraham Galante —un reputado escritor y periodista admirado por Atatürk—, quien defendió la lealtad de las autoridades judías como elemento indispensable en la construcción del Estado turco; y Abraham Elmaleh, quien años después será dirigente de la comunidad sefardí en Jerusalén.

Como señalé, esta publicación da cuenta de lo que acontece en el mundo. Tiene a sus lectores bien informados. El tono no es sensacionalista, sino que procura el análisis reposado. La situación de los judíos en Europa se agrava de día en día, por tanto, la situación es muy delicada.

Se hacen eco de las noticias trágicas relativas a la guerra en Europa, pero también de las procedentes de Palestina, muchas de las cuales dan cuenta del desarrollo social y comercial del yishuv (asentamiento en Eretz Israel).

El periódico hace una amplia cobertura de la guerra y de la dramática situación de sus correligionarios. Parecen llegar a casi todos los rincones. Veamos, por ejemplo, lo que escriben sobre los judíos en Finlandia, en una noticia de mayo de 1944:

La situacion de los Judios resfuidos en Finlandia se amejoro considerablemente desde el trocamiento del governo en Marso ultimo segun un raporto de stokcholm. Algunos resfuidos que se topaban en un campo de concentracion en una isla del golfo de Finlandia, mientras la perioda del gobernamiento precedente, fueron transferados en ariendas agricoles en Tavastland. El campo fue serrado a precipio del autonio y los Judios fueron autorisados a establecerse en dos communas de la region onde ellos se topavan en mesura de ganar su vida, independientemente de los reglamientos del servicio del Travajo. Los resfuidos judios en cuenta de 117, fueron autorisados desde el mez de Deciembre a vivir en no importa cuala partida del pais onde los extranjeros tienen la permision de morar sin restricciones.

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Peores noticias, noticias fatales, llegan de la vecina Salónica. Al leer el fragmento que destacaré a continuación, no puedo sino preguntarme si Hannah Arendt estaba informada del proceso que había tenido lugar en Grecia, quince años antes de que ella misma atendiera el juicio de Eichmann para escribir su artículo en The New Yorker en 1963, y que tantas pesadumbres le acarreó. Quizá ella no, pero sí los lectores de La Boz de Türkiye, quienes debieron de leer con una enorme tristeza la crónica del corresponsal Baruch Schiby con fecha 1 de octubre de 1946. Se titula, «El judaísmo exterminado en Grecia. Un proceso histórico». Algunos fragmentos:

Los evenementos de Palestina no permitieron a la prensa Judia mundiala de prestar toda la atencion querida a un proceso unico en la historia del pueblo judio que se desarrollo en el empesijo de este mez en Salonique. Se trata del proceso de los Judios que se avian metido al servicio de los Allemanes mientras la ocupacion nazi. Vital Hasson, Leon Simon (Tipouz), Jacques Alabala, Edgar Cugue, etc y que servieron el enemigo mortal de nuestro pueblo con mas ardor que los mas feroces S.S. […] La prensa greiga locala entendio toda la importansa historica del proceso. Es por cualo antes y despues de este, los journales de Salonico le consacraron colonas entereras. La “Makedonia”, el mas grande journal de la Maccedonia, le consacro mismo medias paginas enteras. […] Fue establecido en el tribunal que si los acusados no se uvieren metido al servicio de los nazis de la manera que ellos lo hicieron, la mitad o al menos 20.000 judios de Salonica pudieren ser salvados. Los acusados provocaron dunque la muerte gracias a sus sola actividad de estos 20.000 Judios.

A diferencia de la prensa escrita en hebreo que entonces se publica en Palestina, La Boz de Türkiye no participa activamente de la teoría de que el yishub o asentamiento en Eretz Israel —«Tierra de Israel» en relación al territorio israelita bíblico— podría ejercer una presión moral sobre las naciones del mundo para salvar a la judería europea durante la guerra. También hay una especie de silencio administrativo en torno a temas candentes como los actos de violencia cometidos por algunos correligionarios bajo el mandato británico o las medidas políticas tomadas por los mandatarios contra la inmigración que llegaba a Palestina.

No hicieron suyo el eslogan entonces extendido «Inmigración, defensa y asentamiento»; pero tampoco descuidaban la necesidad de consejo que podrían necesitar los conciudadanos que tenían el deseo de «subir» a Eretz Israel.

Escribían con mucha diplomacia y cuidado para mantener las relaciones con su país anfitrión, Turquía; para «cimentar la unión y predicar la harmonía», como ellos mismos señalan entre sus objetivos. Y podemos decir que lo lograron. Hacia finales de la década de los cuarenta, y gracias a las buenas relaciones que la comunidad ha ido forjando con las autoridades turcas, puede observarse una mayor apertura en materia de libertad de expresión que a su vez provocará una verdadera explosión de publicaciones en ladino. Precisamente, esta nueva oleada de publicaciones acabará arrinconando a La Boz de Türkiye, que deja de publicarse en 1949.

La primera publicación en aparecer fue Atikva (1947), cuyo nombre de cabecera en hebreo significa «Esperanza», como el himno nacional de Israel, y es el primer periódico judeoespañol distribuido en Turquía esencialmente sionista. Su director, Sabetay Leon, emigrará a Israel en 1949, donde se incorpora al partido presidido por Ben Gurión (Mapai). Le sigue Salom (1948), fundado por Abraham Leon, que todavía se publicaba cincuenta años más tarde. Otras cabeceras son Sabat (1947) reconvertido tres años más tarde en La Vara (1950), ambos bajo la dirección de Mose Benbassat, de carácter laico y modernizador.

Otro semanal político e independiente es La Luz (1950), creado bajo la dirección de Eliezer Menda y Robert Balli. Luego, ambos se separan y el primero funda La Vera Luz (1953), y el segundo La luz de Turkiya (1953). Ambos se describen como continuadores de La Luz para adjudicarse a sus lectores.

La Vera Luz es un periódico conservador, dirigido por el talmudista Eliezer Menda. El gran Rabinato, la comunidad, las noticias que llegan de la creación del Estado de Israel y la política internacional son los temas que definen el carácter del periódico, cuyo interés principal es el de contener al máximo el deseo de asimilación de los correligionarios que quedaban en Turquía. Por otro lado, La luz de Turkiya se apoya más en sostenes comerciales y sus noticias son más variadas, con especial atención a las informaciones que llegan de Israel. Su línea editorial se apoya prácticamente en su totalidad en la cuestión del antisemitismo.

Finalmente, otros dos periódicos son: La Boz (1952), que tuvo una breve duración y reducida plantilla; lo dirigía M. Levi-Belman, un periodista mordaz que utilizaba este medio para criticar las decisiones tomadas por los dirigentes de la comunidad. Y El Tiempo (1957) del ortodoxo Levi Belman: conservador, antisionista, crítico con la gestión de la comunidad y observante estricto de la ley, denuncia toda reforma o ápice de liberalismo ante una comunidad que a sus ojos se torna abiertamente laica y asimilada.

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«Opiniones diferentes sí, guerra de hermanos no» (la pegatina del gato que alguien puso encima dice así: (¡Hay un gato nuevo en la ciudad! Y la verdad, tanto Tel Aviv como Jerusalén eran ciudades muy gatunas).

Los medios en Israel. La forja de un Estado

Buena parte de los periódicos en judeoespañol que se publican en Israel durante la creación del Estado son dirigidos por y para sefardíes recién llegados de Turquía. Tres ejemplos de periódicos, independientes pero efímeros, son La Boz de IsraelLa Boz de Jerusalaim y La Unión. Otros recibieron ayudas de grupos políticos con los que simpatizaban, así sucede con Libertad, afín al partido Herut; y El AvenirDeretcho al Buto y Faktos afines al Mapai, los dos últimos explícitamente propagandísticos. Dos periódicos de mayor duración fueron apoyados parcialmente por partidos políticos: La Verdad, por el centrista General Zionists, y El Tiempo, por Mapai.

El denominador común de estas publicaciones es el de facilitar a la vez que influir en el proceso de absorción de los inmigrantes (olím) sefardíes en Israel, al proporcionar la máxima información sobre su nueva patria, incluidas las explicaciones de problemas tan complejos que enfrenta el nuevo país como la internacionalización de Jerusalén, la educación secular en clara confrontación con la religiosa, las diferencias no superadas entre askenazis y sefardíes, y el contexto político en el Oriente Medio.

El periódico que gozó de un mayor protagonismo en la orientación de esta comunidad inmigrante fue El Avenir, subvencionado por Mapai o Partido de los Trabajadores de la Tierra de Israel, que lideraba Ben Gurion. Este periódico se publica, además de en ladino, en otros cinco idiomas simultáneamente: yidis, francés, húngaro, búlgaro y rumano.

Su oponente fue La Verdad, un periódico crítico con la administración laborista, especialmente con el sistema de favoritismo, amiguismo y clientelismo que, señalan, campaba en la política. El término empleado, de origen ruso, y que se ha incorporado al hebreo para describir esta práctica es «proteksia».

Este extendido uso de la «proteksia» —el libro Israel: Pluralism and Conflict del sociólogo Sammy Smooha trata esta cuestión—, desmoralizó a un buen número de inmigrantes hasta el punto de que hubo quien regresó a su país de origen, o cambió la dirección de su migración hacia Estados Unidos. El hecho de que judíos decidan «bajar» de Israel, es decir, irse del país y abandonar la idea del yishuv es una preocupación constante del nuevo Estado, desde entonces y todavía hoy.

Como en toda la prensa mundial, pero quizá con mayor importancia en un contexto de continuo conflicto bélico como el que viven los israelíes al arrancar su Estado, las columnas de humor y las novelas por entregas o folletín, fuente la primera de catarsis y la segunda de evasión, son decisivas.

Solo el periódico Libertad —afín al partido Herut, procedente del movimiento paramilitar Irgun—prescinde del humor: mecanografiado y con grapas, austero, sin fotografías, este semanal dirigido expresamente a los inmigrantes recién llegados a Israel busca minar el trabajo del partido en el gobierno y suele incidir en el aumento de discriminación sobre los sefardíes en todos los ámbitos de la vida política, profesional y cotidiana.

El partido en el poder subvenciona otras publicaciones menores, también en judeoespañol y también dirigidas al olé procedente de Turquía: Deretcho al buto, que significa «directo al grano», aparece en 1959, y Faktos en 1961. Ambas tienen muy buena calidad de impresión y son gratuitas. Con ellas pretenden hacer sordina para las voces críticas.

Pero lo mejor es reproducir el texto resumen de mi investigación y que el erudito Moshe Shaul tradujo al judeoespañol para su publicación en 1998 en Aki Yerushalayim, la más importante revista cultural en ladino, que se editó en papel desde 1979 a 2016. Valga a modo de resumen y conclusión. Espero que disfruten del color y musicalidad de este precioso lenguaje.

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La prensa en djudeo-espanyol. La kreasion del estado de Israel 

Kuando el eskritor espanyol Miguel de Unamuno oyo avlar por primera vez de la existensia del djudeo-espanyol, el se maraviyo al deskuvrir ke esta lengua pudo mantenerse biva, malgrado la falta de kontakto fiziko de los djudios sefaradis kon Espanya. El yego a la konkluzion ke una lengua ke proviene del rekuerdo i de la nostaljia devia poseder una ermozura espesiala i romantika. Otra konkluzion suya, aun ke yerrada, fue ke el djudeo-espanyol meresia ser alavado por no ser uzado para la redaksion de periodikos.

El se yerro siendo ke ya avia desdel siglo XIX una muchidumbre de periodikos en djudeo-espanyol, publikados en Saloniko, Estambol, Izmir, Sofia i Viena i mas tadre en New York i Tel Aviv, por dar algunos eshemplos solo. No en vano fueron los ekspulsados de Espanya i Portugal los ke yevaron la imprimeria al Imperio Otomano. Eyos fueron tambien los primeros en este imperio a imprimir livros, aun ke al prinsipio sovresalieron los djeneros rabinikos i relijiozos i es solo en el siglo 19 ke se empeso a publikar romanes i livros de otros djeneros literarios ansi ke periodikos tambien en djudeo-espanyol. Desde su prinsipio la prensa djudeo-espanyola okupo un lugar importante en la vida kulturala de los sefaradis, sigun lo prova el echo ke en Saloniko onde los sefaradis resivian edukasion i kultura en fransez, italiano i alman, la lektura del djudeo-espanyol era embezada solamente para poder meldar los jurnales i algunas orasiones en ladino.

Es posible ke kon la prensa eskrita, el djudeo-espanyol se alesho del kamino romantiko imajinado por Unamuno a kaminos mas pragmatikos, ma esta fue una eleksion de los ke no kijeron enmudeser frente a la istoria. Ansi fue despues del establesimiento del Estado de Israel onde de 1948 i asta los anyos 60, uvo a lo menos una diezena de periodikos redaktados enteramente en djudeo-espanyol, kon karakteres latinos, organizados i redaktados en sus mayoria por jurnalistas i colaboradores de orijin turko.

Algunas de estas publikasiones partieron de inisiativas privadas i se mantuvieron independientes, del punto de vista politiko i ekonomiko, de kualker partido. Ansi fue kon «La Boz de Israel» (1949) i «La Boz de Yerushalayim» (1953-1954). Otras publikasiones fueron finansadas por partidos politikos i redaktadas i dirijidas por sus miembros. De este modo nasio el jurnal «Libertad» (1950) del partido Herut enkavesado por Menahem Bejín, i los ke eran finansados por el MAPAI, enkavesado por David Ben Gurion: «El Avenir» (1949-1950), «Deretcho al Buto» (1959) i «Faktos» (1961). Djuntos kon esto los dos periodikos kon mas grande tiraje i durasion eskojeron el kamino de en medio: no fueron prensa de partido aun ke eran partidistas; no estuvieron finansados yenamente por sus partidos ma resivieron de eyos ayudo ekonomiko. Estos son: «La Verdad» (1950-kontinua en 1965) ke apoyava la politika de lo Sionistas Jenerales i «El Tiempo» (1950-1967), ke fue todo el tiempo portavoz de la politika del Mapai, el partido socialista al poder.

Al marjen de los argumentos kontra i en favor de una prensa en djudeo-espanyol o en otra lengua afuera del ebreo –tema sovre el kual uvo una fuerte polemika en los primeros anyos despues de la kreasion del Estado- se puede afirmar kon yena seguridad ke la prensa dirijida a los sefaradis, i mas konkretamente a los orijinarios de Turkia, a la fin de los anyos 40 i durante toda la dekada de los 50, kumplio una importante funksion, esensiala para la buena marcha del paiz: ayudar al ole (imigrante) a integrarse en su mueva vida en Israel. Komo? Ofresiendo kursos de ebreo, dando a konoser al ole el programa sionista, manteniendolo informado sovre todo tema de interes a la vida en Israel, i aziendolo partisipar en los diversos debates politikos ansi ke en los prinsipales akontesimientos ke tenian lugar adientro i afuera de las frontieras de Israel.

Komo prensa dedikada a la formasion i integrasion del ole, eya no kijo i no pudo tener una influensa direkta en la politika nasionala. Ma los jurnales djudeo-espanyoles reflektaron en sus pajinas los prinsipales debates ke tuvieron lugar al seno del publiko israeli, ofresiendo a sus lektores diferentes pozisiones i opsiones politikas. Eyos denunsiaron tambien a traves de sus pajinas las difikultades ke enfrentavan a los olim, para ke el governo i los lideres politikos tengan yena konosensia de la situasion a traves de la prensa. De este modo, fueron munchas las linyas dedikadas a la internasionalizasion o no de Yerushalayim, a la edukasion laika o relijioza en las eskolas, a las diferensias entre eshkenazis y sefaradis, a la politika internasionala, sovre todo en el Oriente Medio, i fundamentalmente a los problemas atados al yishuv i al aresentamiento de los imigrantes en el nuevo Estado.

Es interesante sinyalar las diferentes pozisiones de los dos prinsipales periodikos: «El Tiempo», dirijido por Yitshak Ben Rubi, i «La Verdad», dirijido por Yitshak Yaesh. Los dos se preokuparon enormemente de elevar el moral de los olim i fasilitarles sus integrasion sosial: ma mientres ke «El Tiempo» apoyo siempre la politika del governo dirijido por Ben Gurion, «La Verdad» adopto kontinualmente una pozision de kritika enverso esta politika. Uvo entonses en la prensa opiniones diferentes i mizmo kontrarias i no solo un uniko punto de vista, lo ke kreo una situasion de rikeza komunikativa i ekspresiva.

El premio Nobel de literatura Gabriel García Márquez, apuntava ultimamente ke la fleksibilidad de la lengua espanyola desde hace tiempo no cabe en su pellejo. Ke diria el gran eskritor kolombiano frente a la rikeza i fleksibilidad del djudeo-espanyol en su larga trajektoria? Ke diria del karakter umano ke esta lengua estuvo dezvelopando? El djudeo-espanyol no enmudesio en Israel sino ke al kontrario: si en un primer momento esta prensa kumplio una importante funksion sosiala, formando i ayudando a los olim, sin pedrer el karakter periodistiko propio, al pasar los anyos esta prensa se esta konvertiendo ademas, en un dokumento istoriko de imenso valor. No solo porke en eyos se arekojeron para siempre los artikolos i las opiniones de tantos jurnalistas i kolaboradores, ke las muevas jenerasiones podran meldar, sino tambien porke en eyos se reflektan los akontesimientos de kada dia en la konstruksion del Estado de Israel.


Notas

(1) En farsi, la lengua de los persas, «bustan» hace referencia al huerto doméstico, compuesto por árboles frutales y hierbas aromáticas. Una importante obra de teatro en judeoespañol representada en las últimas décadas en el Teatro Nacional de Israel con gran éxito se titula Bustan sefaradí, del escritor y político Yitzjak Nabon, y recrea los años treinta del pasado siglo en uno de los barrios sefardíes de Jerusalén.

(2) Publicado originalmente en «AKI YERUSHALAYIM» Revista Kulturala DjudeoEspanyola, Anyo 19, 1998, nº 57, pp. 27-29.

 

[Fotos: Berta Ares Yáñez – fuente: http://www.jotdown.es]