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Cette 74e édition montre les hommes sous leur côté sombre à travers des récits d’artistes toxiques, de virilité douloureuse et de personnages masculins violents ou décevants.  

Dans Titane, Palme d’or 2021, le personnage en apparence viril de Vincent Lindon lutte avec ses émotions et son corps vieillissant. Mais alors que le film plonge dans un univers de plus en plus masculin, il devient aussi de plus en plus froid et oppressant. | Capture d’écran Diaphana Distribution via YouTube

Écrit par Anaïs Bordages

Il doit y avoir quelque chose dans l’air: si l’on devait résumer très grossièrement le Festival de Cannes 2021, on pourrait dire qu’il s’agissait de l’édition «men are trash». Lors du dernier festival en 2019, on avait noté et salué la multiplication d’œuvres plus focalisées que jamais sur l’expérience féminine. Cette année, le Festival de Cannes a une nouvelle fois brillé par la diversité de ses récits initiatiques féminins, avec des films comme Robuste,Rien à foutre, ou Compartiment n°6(qui a remporté le Grand Prix du jury, voir le palmarès complet de la compétition).

Mais une autre tendance semble clairement se dégager de la sélection: une remise en question, parfois brillante, d’autres fois moins aboutie, du rôle des hommes dans la culture et dans la société.

Artistes toxiques

Le premier constat, c’est une multitude de films centrés autour de créateurs masculins, en proie aux doutes sur la valeur de leur art, et la toxicité de leurs comportements. En ouverture du festival, Leos Carax, également primé, nous interrogeait avec Annette sur la séparation entre l’œuvre et l’artiste.

Cette sombre comédie musicale suit un humoriste charmant et subversif, qui cache en fait un comportement violent avec les femmes. En créant la confusion entre le personnage d’Adam Driver et le sien, Leos Carax semble lui-même se questionner sur son image d’enfant maudit, et sur sa responsabilité en tant qu’artiste –«C’est ma vision de (…) ce que le cinéma met en scène, condamne, pardonne… les films étant faits en grande majorité par des hommes», avait-il observé pendant la conférence de presse.

Le Genoud’Ahed,film israélien de Nadav Lapid (récompensé lui aussi), présente quant à lui un réalisateur antipathique, dévoré par la colère contre son pays. Après avoir passé une bonne partie du film à mansplainer la vie à une jeune femme qui l’admire, il la manipule et doit faire face à la vindicte populaire. Dans Tromperie d’Arnaud Desplechin, adapté d’un livre de Philip RothDenis Podalydès incarne un auteur arrogant qui puise son inspiration dans les conversations qu’il partage avec sa maîtresse (Léa Seydoux). Dans une séquence qui semble déconnectée du reste de l’intrigue, l’homme se retrouve jugé au tribunal pour ses écrits sexistes, et se défend en râlant que «ce n’est pas parce que j’écris sur une femme, que j’écris sur toutes les femmes».

On retrouve une scène similaire dans Julie (en 12 chapitres), charmante comédie romantique du Norvégien Joachim Trier, où l’un des personnages masculins est dessinateur de BD graveleuses. Sa plus grande réussite? Avoir créé «un des trous de balle les plus iconiques» de la pop culture. Dans une séquence un peu maladroite, l’homme se retrouve sur un plateau de télévision, à débattre du supposé sexisme de son œuvre avec deux présentatrices qui lui sont hostiles, et semble à deux doigts de se plaindre qu’on ne peut plus rien dire. Dans une autre scène, l’héroïne du film (dont l’actrice a reçu le prix d’interprétation) se demande s’il est possible d’être féministe et d’apprécier «la fellation à l’ère #MeToo»,illustrant un peu plus les ruminations du cinéaste sur l’époque actuelle.

Hommes décevants

Cannes 2021, c’était aussi l’édition des hommes décevants. Toujours dans Julie (en 12 chapitres), le personnage éponyme tombe sous le charme d’un jeune homme tendre et rassurant. Mais au fil de leur relation, Julie commence à s’ennuyer et à nourrir un certain ressentiment envers lui. Cependant, le film s’intéresse moins aux défauts des hommes avec lesquels Julie se met en couple, et plutôt à son profil d’anti-héroïne, trentenaire, paumée et indécise.

«Avec “L’Histoire de ma femme”, j’invite tous les hommes tendres et honnêtes à rafraîchir et à réinventer leurs méthodes.»

Ildikó Enyedi, cinéaste

Dans Bergman Island, Mia Hansen-Løve s’inspire de sa propre relation avec le réalisateur Olivier Assayas pour raconter le déséquilibre entre un couple de cinéastes, incarnés par Vicky Krieps et Tim Roth. Elle est plus jeune que son mari, et manque d’assurance. Lui est célèbre, très charmant, et ne lui offre aucun soutien. Pour renforcer un peu plus le thème, Mia Hansen-Løve nous livre un récit dans le récit: en parallèle de l’histoire d’amour entre les deux cinéastes, on plonge dans le film conçu par l’héroïne. On y découvre une romance désenchantée entre Mia Wasikowska et Anders Danielsen Lie –qui jouait aussi le dessinateur dans Julie (en 12 chapitres), preuve que les échos entre les œuvres sont plus nombreux que jamais cette année à Cannes.

Les amours déçues sont aussi centrales dans Olympiades de Jacques Audiard, avec un personnage masculin qui ne sait pas se montrer à la hauteur de l’affection que sa colocataire lui porte… Mais aussi et surtout dans L’Histoire de ma femme, un film que la réalisatrice Ildikó Enyedi dit avoir abordé d’un point de vue masculin. On y suit un capitaine de navire effacé et de plus en plus jaloux de sa femme (incarnée par Léa Seydoux). «Avec ce film, j’invite tous les hommes tendres et honnêtes à rafraîchir et à réinventer leurs méthodes», affirmé la cinéaste, même si le récit lui-même aurait sans doute mérité un peu plus de fraîcheur.

Quand ce ne sont pas les amants qui nous laissent tomber, ce sont les pères. Dans Flag Day de Sean Penn, l’acteur et réalisateur incarne un charmant criminel qui ne parvient jamais à être à la hauteur pour sa fille.

Culture du viol et masculinité nocive

Enfin, on a aussi croisé à Cannes de nombreux récits qui explorent une certaine violence masculine et font la peau à la culture du viol. Dans le puissant Rehana Maryam Noor, premier film du Bangladesh à être sélectionné à Cannes, une prof de fac de médecine vient en aide à une étudiante violée par un enseignant –et paiera un lourd tribut pour avoir osé le dénoncer.

On suit aussi un personnage toxique dans Red Rocket de Sean Baker (qui avait auparavant réalisé Tangerine et The Florida Project). Superbement incarné par Simon Rex, Mikey est un ancien acteur porno d’abord très attachant. Mais plus le film progresse, plus il révèle une personnalité détestable, obnubilé par sa survie et son propre succès au détriment de tous ceux qui l’entourent. Situé dans l’Amérique de Trump, le film explore la dégringolade du rêve américain, rongé par le narcissisme et la violence désinvolte.

Julia Ducournau souligne que la virilité est un piège tendu à la fois aux femmes et aux hommes en les aliénant.

Mais la proposition la plus forte sur la question du genre (et peut-être la plus forte, tout court, du festival), c’est Titane de Julia Ducournau, Palme d’or de cette 74e édition. Dans ce drame fantastique, l’héroïne se transforme progressivement en personnage a-genre, adoptant une identité masculine tout en cachant une grossesse inquiétante et surnaturelle. À travers les injections de testostérone (chez le personnage de Vincent Lindon), le binding ou les scènes de sexe entre lesbiennes, Titane explore clairement l’identité queer.

Mais elle souligne aussi que la virilité est un piège tendu à la fois aux femmes et aux hommes en les aliénant. Alors que le film plonge dans un univers de plus en plus masculin, il devient aussi de plus en plus froid et oppressant. Dans une scène remarquable, un groupe de jeunes pompiers se défoulent sur une musique assourdissante, traduisant toute la tristesse d’une masculinité qui ne sait s’exprimer autrement que par la violence. Lorsque Alexia/Adrien, sans cheveux ni sourcils, et en tenue de pompier, se met à danser de manière lascive, renversant la scène d’ouverture où elle se déhanchait superbement en lingerie, c’est l’absurdité de la sexualisation féminine à outrance qui est soulignée. Que les partisans du #NotAllMen se rassurent: le festival nous a malgré tout offert une poignée d’hommes honorables et bouleversants.

C’est notamment toute la problématique d’Un Héros (primé), nouveau film d’Asghar Farhadi dans lequel un personnage masculin tente coûte que coûte de conserver son honneur. Dans Titane, le personnage en apparence viriliste de Vincent Lindon lutte avec ses émotions et son corps vieillissant. Dans La FracturePio Marmaï crève l’écran en «gilet jaune» rustre mais généreux, qui vient sans cesse au secours des autres personnages et se bat pour conserver son travail. Et dans Compartiment n°6, Iouri Borissov incarne un jeune Russe qui, derrière ses airs de voyous, révèle une vulnérabilité touchante, et accompagne l’héroïne du film dans un voyage initiatique plein de tendresse. À Cannes, 2021 aura été l’année de la déconstruction: du genre, du sexe, et même des vaches. Le résultat, c’est un cinéma riche et divers, qui signale son grand retour après plus d’un an d’arrêt imposé.

 

[Source : http://www.slate.fr]

Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

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La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

Colau farà un ‘mapeig’ de l’ús del català a la Ciutat Comtal davant del retrocès de l’ús social de la llengua.

El grup d’Esquerra Republicana a l’Ajuntament de Barcelona ha demanat aquest dimarts que el govern municipal faci una auditoria sobre l’ús del català a Barcelona i un pla d’acció per augmentar-lo.

« Les dades que tenim són les del Consorci de cada cinc anys -les últimes són de 2018-, però tracten Barcelona com una unitat. Ens calen dades de l’ús del català per col·lectius, sectors, barris i districtes », ha defensat la regidora republicana Gemma Sendra a la comissió de Drets Socials.

Els republicans han presentat la proposta en format prec, que el govern municipal ha acceptat, i per tant ara haurà de presentar, abans que acabi l’any, un ‘mapeig’ de l’ús de la llengua per zones i sectors de la ciutat, sota la coordinació del Centre de Normalització Lingüística de Barcelona.

« Cal un informe sobre la situació en aquest moment per poder fer un pla d’acció », ha reiterat Sendra, posant en relleu el convenciment d’Esquerra Republicana que el català ha de ser eix vertebrador i punt de trobada de la diversitat social, ètnica i cultural de Barcelona i Catalunya, així com de la necessitat de defensar-lo i promoure’l des de les institucions: també des de l’Ajuntament de Barcelona, del qual n’és llengua pròpia.

Aquest estudi pot ser clau en un moment en què l’ús social del català, sobretot a Barcelona, està retrocedint. És una percepció que tenen els catalanoparlants que resideixen a la ciutat quan comproven quotidianament la impossibilitat de viure únicament en català, tal com fan molt monolingües castellanoparlants. Anar a comprar el pa, prendre un tallat, comprar fruita, agafar un taxi i indicar-li la direcció i per on anar, totes aquestes tasques que algú que només parla el castellà pot realitzar sense cap mena de dificultat a la Ciutat Comtal són ara com ara impensables per un català. Sempre trobarà algú que no entengui el català, treballant de cara al públic, i en alguns casos, personal que més enllà de la falta de temps o incapacitat -no tothom està dotat- per aprendre idiomes no fa cap esforç per intentar entendre’l.

Les proves? Les denúncies cada cop més freqüents que fa públiques Plataforma per la Llengua sobre vulneracions dels drets lingüístics, sempre a catalanoparlant, mai hi ha cap víctima castellanoparlant. Per si algú li queda algun dubte, la persecució del castellà a Catalunya és una mentida. Un drets trepijats dels que també n’ha alertat l’Ajuntament de Barcelona a l’Informe de l’Observatori de les Discriminacions; parlar català és el quart motiu de discriminació a la ciutat.

La impossibilitat de viure plenament en català a Catalunya és una realitat. I els pitjors, els funcionaris i personal de l’Estat, sobretot policies i guàrdies civils. Malgrat haver quedat palès, fins i tot en gravacions, els abusos de poder d’aquest col·lectiu cap a ciutadans que l’únic ‘crim’ que havien comès era intentar parlar en el seu idioma en el seu país, la Delegada del govern espanyol, la lleidatana Teresa Cunillera, els excusa atribuint aquests comportaments intolerables a la gran rotació d’agents dels cossos policials.

[Font: http://www.racocatala.cat]

La elección de una activista mapuche Elisa Loncon como presidenta de la Convención Constitucional da cuenta de los cambios sociales que atraviesa Chile. A la marea feminista se suma el uso de la bandera mapuche como símbolo de resistencia más allá de las poblaciones indígenas.

Escrito por Noam Titelman*

En octubre de 2019, Chile vivió un inédito estallido social que llevó a millones a la calle. El movimiento social que nació en esas manifestaciones no tenía un programa único, voceros ni organización nacional. Sin embargo, a lo largo y ancho del país, algunas cosas se repetían. Primero, no había banderas partidarias. No podía ser de otro modo, pues el movimiento reflejaba un fuerte rechazo a la institucionalidad política de los últimos 30 años, que se expresaba sobre todo en un sentimiento antipartidos. Segundo, abundaban íconos que hacían referencias a las mareas feministas, incluido el pañuelo verde, símbolo de la lucha por la despenalización del aborto.

Por último, dos banderas ocupaban un rol protagónico en las protestas: la bandera chilena en blanco y negro, y la bandera mapuche. No en vano, varios declaraban que el estallido social había hermanado las demandas históricas del pueblo mapuche con la diversidad de malestares que aquejaban a la sociedad chilena en su conjunto. Demandas vinculadas a mejoras en el sistema de pensiones, la educación y la salud, o las luchas feministas o regionales encontraron en la bandera mapuche un símbolo potente de la incapacidad de la política para responder al nuevo Chile que estaba emergiendo.

En noviembre de 2019, en un intento de canalizar institucionalmente el descontento, un acuerdo transversal de la política chilena acordó iniciar un proceso constituyente. Se decidió también que este estuviera a cargo de una convención constitucional. Un órgano que, a diferencia del Congreso, tuviera reglas de paridad de género, facilitara la incorporación de candidaturas independientes y, por cierto, tuviera cupos reservados para pueblos originarios. El pasado domingo 4 de julio, marcado por la pandemia que obligaba a mantener protocolos de distancia social y uso de mascarillas, se conformó la Convención. En su primer acto oficial, el cónclave eligió a su presidencia. La persona electa para el cargo fue la académica mapuche Elisa Loncon, quien contó con una holgada cantidad de votos de diferentes fuerzas políticas. Justamente, Loncon fue una de las que participaron en la creación de la bandera mapuche a comienzos de la década de 1990.

Como explica el historiador Fernando Pairrican, la bandera Wenüfoye nació en un esfuerzo colectivo, en octubre de 1992, y desde que apareció fue reprimida. El movimiento mapuche generó este emblema como símbolo de sus demandas por derechos fundamentales y de autodeterminación. Los gobiernos de la Concertación de la época enfrentaron los intentos de recuperación de tierras, las marchas civiles y a la Wenüfoye como una amenaza terrorista, aplicando leyes de excepción como la Ley de Seguridad Interior del Estado. Como explica Pairrican: «La Wenüfoye representó un paso en el proceso de descolonización ideológica. Acompañada de ellas vendrían la reconstrucción política de la nación mapuche, que posicionó a sus autoridades tradicionales como las conductoras del proceso de Liberación Nacional».

Según el censo de 2017, los pueblos originarios representan un segmento importante de la población chilena, con 12,8% que se autoidentifica en este grupo (aproximadamente 2.185.792 de personas). Lo que hace particularmente compleja la relación del Estado chileno con el pueblo mapuche, que cuenta con más de 1.700.000 personas, es que, a diferencia con lo ocurrido con otros pueblos, su dominación no fue en la era colonial sino que su conquista fue obra del Estado chileno independiente. Este anexó sus territorios en el Wallmapu a mediados del siglo XIX. Asimismo, a lo largo de la historia de Chile, pertenecer a un pueblo originario y, en particular, mapuche, ha estado asociado una serie de marginaciones y exclusiones.

Así, mientras que en la población no indígena la pobreza multidimensional alcanza 20,9%, en la población indígena este llega a 30,8%, según datos del Banco Interamericano de Desarrollo. Más aún, las clases altas chilenas se han visto marcadas por su ascendencia predominantemente blanca, mientras que los individuos de ascendencia indígena se han encontrado sistemáticamente marginados de las profesiones más prestigiosas y mejor remuneradas. Esto se refleja en que los apellidos más frecuentes entre médicos, abogados e ingenieros son de ascendencia castellana, vasca, inglesa, francesa, italiana y alemana, y los indígenas son escasos o marginales.

La historia de este fenómeno de exclusión es larga y compleja. Como explica Pablo Marimán en su artículo «Los mapuche antes de la conquista militar chileno-argentina» (2019), al menos una parte de esta diferencia socioeconómica se explica por una política deliberada de usurpación del territorio mapuche que tiene sus orígenes en la llamada «Comisión Radicadora de Indígenas» de 1883. A través de esta, las 10 millones de hectáreas de territorio mapuche reconocidas por España se vieron reducidas a tan solo 536.000 hectáreas para 150.000 personas, lo que dejó a la enorme mayoría sin tierras.

Las tierras mapuche tienen una importancia fundamental para el sustento económico de este pueblo, pues la agricultura había sido tradicionalmente el eje central de su actividad productiva. A esta usurpación historia se ha sumado el desarrollo, en los últimos 30 años, de una industria extractivista que ha pauperizado aún más las vidas de las comunidades. Este ha sido el caso de empresas forestales y salmoneras que han ocupado sus territorios y recursos marítimos. Dos hitos significativos de este proceso fue la instalación de la represa de Ralco en 1993, que inundó terrenos ancestrales mapuches, y la quema de tres camiones de la forestal Arauco en 1997. La historia de abusos por parte del Estado y las empresas desde aquella época está jalonada de hechos similares. El reclamo contra las políticas de los últimos 30 años, sello del estallido del 2019, podía verse con claridad en el movimiento mapuche.

Estas marginaciones económicas y culturales a los pueblos originarios se replican con notoria profundidad en el ámbito político. Con el fin de la dictadura de Augusto Pinochet en 1990, la democracia chilena no ha revertido sustancialmente la desigualdad política. La presencia indígena en el Congreso ha sido mínima y, prácticamente, inexistente en la primera línea del Poder Ejecutivo.

En este sentido, la llegada de Loncon a la presidencia de la Convención Constitucional es un hecho inédito en la historia nacional. Con ella se alza una voz que nunca había podido tener el podio para sí. Pero, más aún, llega una voz que puede reflejar a millones en el país, incluso más allá de las demandas mapuche. El apoyo transversal que ha concitado es notorio. Más allá de lo que ha dicho, su presencia encarna la demanda de presencia de esta voz. Así, lo que las encuestas muestran que Loncon cumple con el perfil exigido por la ciudadanía. 91% afirma que buscaba una presidencia sin militancia política, 67% que no fuera de Santiago, 56% experta/ académica (Loncon tiene dos doctorados) y 47% que sea mujer. En este sentido, la referente mapuche ya se ha constituido en una figura política que puede hablar con una legitimidad de la que carece gran parte de la dirigencia chilena.

Por otro lado, el gran apoyo que ha generado viene acompañado de elevadas expectativas y será un desafío no menor estar a la altura. Un elemento que permite cierto optimismo respecto a la ardua labor que tendrá en su tarea de liderar una Convención Constitucional extremadamente plural es que ha mostrado una notoria conciencia del rol que le ha tocado jugar. Así lo mostró en su discurso inaugural, al momento de ser electa: «Hoy se funda un nuevo Chile plural, plurilingüe, con todas las culturas, con todos los pueblos, con las mujeres y con los territorios, ese es nuestro sueño para escribir una Nueva Constitución». Además, en un gesto que indudablemente recuerda el estallido de 2019, le dedicó su triunfo a todo el pueblo de Chile, a todos los sectores, regiones, pueblos y naciones originarias, a la diversidad sexual y a las mujeres que marcharon contra todo sistema de dominación. Sea cual sea el resultado de la convención, el nuevo Chile, por fin, tiene rostro. Y es mujer. Y también es mapuche.

[Fuente: http://www.nuso.org]

La pressió del mercat sobre les llengües minoritàries genera cada cop més moviments de protecció

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Escrit per RUDOLF ORTEGA
El moviment globalitzador dels darrers anys, a cavall d’un liberalisme desacomplexat, ha definit un nou marc de relacions entre llengües que ha servit, sobretot, per fer que les llengües grans siguin encara més grans i que les petites, en un horitzó de mitjà o llarg termini, es vegin abocades a la desaparició; ja no ens sorprenen les projeccions que diuen que al llarg del segle XXI desapareixerà el 95% de la diversitat lingüística mundial. L’expansió d’internet des de primers de segle i la democratització del turisme han estès encara més les llengües de privilegi —aquelles que compten amb desenes de milions de parlants, que tenen una sòlida presència al mercat i capacitat d’irradiació fora del seu domini lingüístic com a llengua estrangera—, fins al punt que possiblement, avui, seria difícil trobar al món un percentatge de població significatiu que no parlés una d’aquestes llengües, ni que fos a un nivell bàsic. Ens referim per descomptat a anglès, castellà, francès, alemany, italià, portuguès, rus, àrab, urdú, xinès, japonès, i potser alguna altra.

El mercat és implacable i no té gaires manies a escombrar el que no es pot vendre de manera massiva. I les llengües minoritàries no són precisament gaire atractives en aquest sentit. Ja ens hem acostumat a trobar paquets de galetes etiquetats no ja en més d’una llengua de l’estat, cosa que reflectiria una determinada realitat sociocultural —i política—, sinó directament en castellà i portuguès, cosa que reflecteix la prevalença dels interessos logístics i la distribució a gran escala. Com ens hem acostumat a servir els turistes que ens visiten en la més variada poliglòssia però amagant la llengua d’aquí, fet que desemboca en la paradoxa de voler donar a conèixer el país com si estigués mancat de llengua pròpia.

El panorama, doncs, no és especialment encoratjador, però cal destacar els moviments de flux contrari, que en percebre la pressió de les llengües hegemòniques estan construint un nou relat de defensa de les llengües petites al voltant de la idea de revolta. Així com, des del privilegi, el fet de parlar una llengua no hegemònica ha estat sempre malvist com un acte de provincianisme, d’incultura o de curtesa de mires, avui ja són molts els parlants d’aquestes llengües que n’entenen l’ús com un acte antisistema, com una espurna de rebel·lia, com un defecte a Matrix que pot fer petar el sistema. Tant pot ser pujar a un taxi i engegar d’entrada un ‘bon dia’ com fer sistemàticament les cerques a internet en català tot qüestionant les previsions dels algoritmes.

Potser el pes abassegador del mercat ha acabat provocant la necessitat d’agafar-se a elements que proporcionin, encara, un mínim de pertinença en un entorn en què la globalització ha difuminat els límits de les identitats conegudes. I no és estrany que en els marges del corró de les llengües hegemòniques apareguin resistències a la uniformitat. A Aragó, per exemple, algú com Jorge Pueyo s’ha servit de les eines de la globalització per donar a conèixer una llengua que deien que només parlaven la gent gran, i buscant-los als pobles. A França ja hem vist com les gasta d’estat per tirar enrere una llei que consagrava l’ensenyament en les llengües pròpies, però en lloc de tancar el tema ara s’han trobat les demandes de canviar fins i tot la constitució. I a Irlanda del Nord el Sinn Féin va bloquejar la formació del nou executiu autonòmic fins que els unionistes no tiressin endavant la llengua que hi protegeix l’irlandès, cosa que aquests no han fet i que ha provocat la intervenció de Londres. Fins i tot algunes comunitats indígenes nord-americanes van veure en la vacunació de la covid una manera de protegir els seus parlants de més edat.

És clar que no està tot perdut per a la diversitat, però les mesures que es prenguin des de les llengües petites les han de prendre els seus usuaris mateixos. Ningú des del privilegi mourà un dit per apuntalar el que pretén allisar.

[Imatge: ALBERT GARCIA – font: http://www.elpais.com]
Imposer sa langue est aussi une manière d’imposer sa vision du monde et d’écouler ses marchandises. Les États-Unis l’ont parfaitement compris. Les Européens et les Français, beaucoup moins…

Écrit par Michel Feltin-Palas

De La Fontaine à Hugo en passant par Marivaux, les enseignants de France et de Navarre s’efforcent de faire découvrir à nos chères têtes blondes les oeuvres de nos grands écrivains et c’est très bien ainsi. En revanche, ils ne leur dispensent aucune culture linguistique, ce qui est plus regrettable, y compris sur le plan géopolitique. Car la langue, on l’oublie souvent, est aussi un instrument d’influence des États. Le latin du temps de l’Empire romain ; l’espagnol et le portugais en Amérique latine ; l’arabe au Proche-Orient ; le français au Maghreb et en Afrique de l’Ouest… Dans l’Histoire, langue et expansion territoriale sont souvent allées de pair.
Cette règle profite aujourd’hui principalement à l’anglais, qui a commencé à se répandre dans des pays bien éloignés des îles britanniques au fur et à mesure des conquêtes coloniales de l’Angleterre. La langue de Shakespeare profite aujourd’hui de la puissance des États-Unis, dont l’impérialisme a connu trois grandes phrases : d’abord, la conquête de l’Ouest ; puis l’annexion de territoires plus ou moins éloignés, comme Hawaï, l’Alaska et Porto Rico, avant qu’une rupture ne s’opère après la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1945, en effet, l’impérialisme linguistique américain ne dépend plus de l’extension géographique des États-Unis, mais de trois autres éléments : la technologie, la puissance militaire et la domination linguistique, comme le souligne l’historien Daniel Immerwahr (1). Winston Churchill l’avait bien compris : « Contrôler la langue offre bien plus d’avantages que prendre des provinces ou des pays pour les exploiter », déclarait en substance l’ancien Premier ministre britannique. Avant d’ajouter avec son sens bien connu de la formule : « Les empires du futur seront spirituels ». Un précepte que complète Donald Lillistone – un Anglais – dans un excellent article de la revue Défense de la langue française, en écrivant : « Les langues façonnent les sociétés et le statut privilégié dont jouit actuellement l’anglais est donc lourd de conséquences profondes » (2).
Les États-Unis en ont parfaitement conscience, comme l’a spectaculairement révélé un autre universitaire, Robert Phillipson, professeur au département d’anglais de la Copenhagen Business School (3) dans un ouvrage tout bonnement intitulé Linguistic Imperialism (Impérialisme linguistique) publié en 1992. Il y dévoilait un rapport confidentiel établi après une conférence anglo-américaine sur l’enseignement de l’anglais qui s’était tenue en 1961, à Cambridge. Les choses y étaient énoncées clairement dès le discours d’ouverture : « L’anglais doit devenir la langue dominante et remplacer les autres langues et leurs visions du monde ». Une uniformité culturelle qui s’oppose directement à notre modèle européen fondé sur l’enrichissement par la pluralité, dont témoigne sa devise : « Unie dans la diversité ».
Aussi néfaste soit-elle, la politique américaine a pour elle le mérite de la cohérence : tout Empire, fût-il spirituel, cherche à défendre ses intérêts. Washington sait pertinemment que Disney, Netflix, Apple et les autres constituent les meilleurs moyens pour conquérir les esprits et écouler ses marchandises. On ne peut en dire autant de l’Union européenne qui, malgré le Brexit, s’emploie au contraire à dérouler le tapis rouge devant l’anglais, la langue du pays qui vient de la quitter et de la puissance qu’elle prétend concurrencer ! On ne peut pas non plus en dire autant de la France, dont une grande partie des « élites » croient du dernier chic de multiplier les anglicismes, jouant ainsi le rôle d’idiots utiles de l’impérialisme américain. Joe Biden, Google, Amazon et les autres n’en demandent pas tant.
(2) L’empire spirituel, par Donald Lillistone, Défense de la langue française n° 279
(3) Linguistic Imperialism, par Robert Phillipson, Presses universitaires d’Oxford, 1992.

[Source : http://www.lexpress.fr]

Da aspirina à morfina, nossa vasta farmacopeia deriva do saber indígena e da biodiversidade. Estima-se que 30% das línguas originárias estão sob o risco de extinção – e junto, curas para uma civilização ameaçada por vírus e ignorância

 

Por Nurit Bensusan

As lendas e histórias sobre a magnitude da Biblioteca de Alexandria, no Egito, e a tragédia de sua destruição, por ordem do califa Omar, em 641 da era cristã, habitam corações e mentes há séculos. Dizem que é incomensurável o conhecimento perdido nos rolos que foram incendiados para alimentar, por cerca de seis meses, as caldeiras dos quatro mil banhos públicos da cidade. Talvez parte dos rolos perdidos tivesse cópias em outras bibliotecas, como a de Pérgamo ou em coleções particulares. Nunca vamos saber se o que se perdeu ali nos poderia ter conduzido, como espécie, a um caminho melhor, mais justo e mais feliz.

É quase certo que houve perdas monumentais de conhecimentos acumulados em diversos momentos da história da humanidade: cidades destruídas e povos exterminados pontuam nossa trajetória. Mas há outro tipo de perda, não tão visível, não tão notável, mas talvez ainda mais deletéria. Trata-se do desaparecimento do conhecimento vinculado ao uso das plantas, animais e outras espécies.

Inúmeros povos indígenas possuem vastos conhecimentos sobre usos medicinais de plantas, animais e fungos. Esse conhecimento, em geral, está vinculado a um povo ou a um pequeno conjunto de povos que compartilham uma geografia. Em uma pesquisa recente da Universidade de Zurique, na Suíça, cientistas analisaram 3.597 espécies vegetais e 12.495 usos medicinais associados a 236 línguas indígenas na América do Norte, Nova Guiné e noroeste da Amazônia e estimaram que 75% dos usos de plantas medicinais no mundo são conhecidos em apenas um idioma. A tradução imediata e preocupante disso é que se tal idioma desaparece, leva com ele esses saberes à morte.

Muitos desses povos, detentores de tais conhecimentos e falantes dessas línguas, repassam seus conhecimentos via oral e, além disso, seus idiomas não têm registro escrito. Linguistas estimam que haja atualmente no mundo cerca de 7,4 mil línguas e que 30% delas desaparecerão até o final deste século. A pesquisa da Universidade de Zurique também apontou um dado alarmante: as línguas ameaçadas sustentam mais de 86% dos saberes únicos – presentes em apenas um idioma – da América do Norte e da Amazônia e 31% dos saberes únicos da Nova Guiné.

Vale lembrar que muitas das substâncias que usamos hoje na nossa farmacopeia vieram do conhecimento indígena da biodiversidade: a aspirina, derivada da casca do salgueiro; a morfina, das sementes da papoula; relaxantes musculares e venenos poderosos, como a estricnina, derivados do curare, usado por povos indígenas sul-americanos na ponta de suas flechas como arma letal nas atividades de caça, entre inúmeros outros exemplos.

Crise dos antibióticos

Com a pandemia da Covid-19 e a presença insistente de doenças sem cura na nossa sociedade, a busca por novas substâncias ativas é uma atividade incessante. A crise dos antibióticos – que não fazem mais efeito sobre seus alvos – e das drogas contra a dor agrega a esse cenário uma urgência ainda maior. Numa entrevista recente, a diretora-geral do Laboratório Europeu de Biologia Molecular, Edith Heard, declarou que, em 10 ou 20 anos, estaremos morrendo de infecções de bactérias resistentes aos antibióticos. A geneticista aponta que a crescente resistência a esses medicamentos não acontece apenas nos hospitais, mas há resistência aos antibióticos em bactérias do oceano e ainda não se sabe explicar o porquê. Vale lembrar que dobramos nossa expectativa de vida nos últimos 100 anos graças aos antibióticos. Urge que novas soluções surjam para cobrir essa lacuna e parte delas pode passar pela identificação de novas substâncias efetivas contra os micro-organismos resistentes.

A inspiração da natureza na busca por esses novos princípios ativos é um ponto fundamental e, onde há mais biodiversidade, maior chance de encontrar algo interessante. Porém, como procurar uma agulha num palheiro? Ou uma substância ativa, interessante por suas propriedades farmacológicas, no meio de uma floresta como a amazônica? É nesse momento que o conhecimento dos povos indígenas sobre plantas e animais pode fazer a diferença. Apontar a utilização de uma planta ou de uma mistura de plantas no combate a uma doença pode funcionar como um atalho relevante na identificação de novas curas.

Novas doenças

Vale ressaltar aqui, ainda, duas outras dimensões do problema. A primeira é a emergência de novas doenças humanas, inclusive com potencial pandêmico, a cada ano. Segundo a Plataforma Internacional sobre Biodiversidade e Serviços Ecossistêmicos (IBPES), a maioria das doenças humanas infecciosas que surgiram, nas décadas recentes, teve sua origem na vida silvestre, e 65% de todos os patógenos humanos descobertos, desde 1980, foram identificados como vírus zoonóticos.

Além disso, as mudanças climáticas e o descongelamento de áreas que estavam congeladas há milhares de anos estão trazendo à tona milhares de micro-organismos. Em 2005, pesquisadores da Nasa ressuscitaram bactérias que estavam congeladas há 32 mil anos em um lago no Alasca e dois anos depois conseguiram trazer de volta à vida bactérias que estavam congeladas há 100 mil anos, na Antártica. Ou seja, bactérias que conviveram com muitas outras espécies de animais e que teoricamente podem causar doenças desconhecidas.

Paralelamente, analisando amostras de gelo de 15 mil anos em uma geleira no Tibete, pesquisadores chineses e norte-americanos encontraram 33 tipos de vírus, dos quais 28 são desconhecidos da ciência. Esses micro-organismos podem combinar-se com outros que estão presentes entre nós hoje e, na prática, causar muitas novas doenças.

Edith Heard, na entrevista citada acima, lembra que o Polo Norte é um viveiro de diversidade viral e que, há dois anos, foi publicado um estudo que mostra a descoberta de 200 mil novos vírus por lá.

A emergência de tantos novos patógenos vai transformar a identificação de novas substâncias para combatê-los na busca do Santo Graal. Nessa corrida, o conhecimento dos povos indígenas e das comunidades locais acerca das plantas medicinais pode ser de enorme valia.

Outros caminhos do pensamento

A segunda dimensão do problema é que, entre os usos dessas plantas e de outras espécies, talvez haja aquelas que provoquem enorme bem-estar, que tenham efeitos psicotrópicos positivos, que nos permitam sonhos e desejos que nos levem para outros lugares e nos permitam pensar de forma diversa, ajudando a solucionar muitos dos problemas da humanidade.

Dizem que alguns dos rolos queimados como combustível nos banhos públicos de Alexandria continham caminhos jamais trilhados, sequer concebidos por nós. Ideias, pensamentos, sonhos que nos poderiam levar para outros lugares. Perdeu-se tudo, transformado em vapor e fumaça, sustentando as caldeiras dos 4 mil banhos públicos da cidade.

Essas pesquisas recentes deveriam colocar-nos na posição ativa de bombeiros diante do incêndio que se avizinha. Perderemos todo esse conhecimento sem nada fazer? O desaparecimento de 86% do conhecimento único de uma floresta como a Amazônia abasteceria as chamas das oportunidades desperdiçadas e das vidas perdidas para doenças que poderiam ter cura por bem mais do que seis meses.

Estima-se que cerca de 350 mil espécies de plantas já tenham sido descritas pela ciência ocidental e que, aproximadamente, 39% delas sofram algum grau de ameaça. Vale notar que, apesar de muito ameaçadas, o conhecimento medicinal acerca das plantas tem desaparecido ainda mais rápido do que elas próprias.

Não é, infelizmente, apenas o fim das línguas que tem levado à perda do conhecimento acerca das plantas e de outros seres vivos. A pandemia da Covid-19 tem sido particularmente cruel com as pessoas mais velhas de diversos povos indígenas. A morte dessas mulheres e desses homens, verdadeiros repositórios de saberes sobre a natureza, muitas vezes ainda nem sequer transmitidos para membros de seu próprio povo, agrava o cenário.

Para salvar esses conhecimentos, urge garantir a integridade territorial, física e emocional e as formas de estar no mundo dessas populações. São seus modos de vida os responsáveis pelos processos que culminam nesse enorme cabedal de saberes.

Neste momento, onde podemos perceber a urgência de novas substâncias com potencial farmacológico e que a crise da biodiversidade toma proporções planetárias, o conhecimento desses povos pode apontar inúmeras soluções. Basta desfazermo-nos das viseiras e contemplarmos o mundo.

[Fonte: outraspalavras.net]

Alors qu’il s’agit de la même langue, son avenir semble mieux assuré au sud des Pyrénées qu’au nord. Un écart qui ne doit rien au hasard.

Écrit par Michel Feltin-Palas

En France, on croit parfois que le déclin des langues régionales s’expliquerait par une sorte de fatalité. Adaptés à un pays rural, le picard, le breton, l’alsacien et les autres auraient simplement été vaincus par la modernité. Autrement dit, on n’y peut rien. Ce raisonnement a le mérite d’être séduisant. Il n’a qu’un léger défaut : il est entièrement faux.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer ce qu’il se passe lorsqu’une langue de France est également pratiquée dans un autre pays. Pour cela, prenons, pas tout à fait au hasard, l’exemple du catalan. En commençant par observer les réponses à ces trois questions (1) :
· « Comprend le catalan » : 94% en Espagne, 61% en France.
· « Sait parler catalan » : 80% en Espagne, 35% en France.
· « L’utilise dans la vie quotidienne » : 36% en Espagne, 8% en France.
Dès lors, de deux choses l’une. Soit le catalan serait adapté à la modernité côté espagnol, mais pas côté français, et j’attends avec gourmandise que l’on m’en donne la raison. Soit cette situation est la conséquence de deux politiques linguistiques différentes. Je ne ferai tomber personne de l’armoire en indiquant que cette seconde explication est la plus convaincante.
Depuis la chute de Franco, le catalan bénéficie en effet dans la région de Barcelone de mesures très favorables. Les administrations utilisent en priorité la langue régionale, tout comme les télévisions et les radios publiques. Mais la disposition la plus décisive concerne l’enseignement. « Les matières fondamentales sont partout enseignées en catalan à l’école primaire, à l’exception naturellement des nombreuses heures dévolues au castillan. La règle est globalement la même dans le secondaire. Quant au supérieur, l’enseignant choisit la langue dans laquelle il est le plus à l’aise », précise l’anthropologue Dominique Blanc. L’objectif est clair : à la fin de sa scolarité, tout élève doit maîtriser le catalan ET l’espagnol. Et c’est ce que l’on observe dans l’immense majorité des cas.
Reste maintenant à comprendre pourquoi ce qui est réalisé en Espagne semble impossible en France. Plusieurs facteurs se conjuguent.
· Une scolarisation plus tardive en Espagne. La généralisation du français a commencé dès le XIXe siècle, alors que celle du castillan est intervenue beaucoup plus tardivement. Lors du retour de la démocratie, le catalan partait donc de moins loin au sud des Pyrénées.
· Des connotations positives en Espagne, négatives en France. C’est Franco qui a imposé le castillan (la langue de la région de Madrid) à l’école. Résultat ? Le catalan (comme le basque ou le galicien dans d’autres régions de la Péninsule) symbolise la résistance à la dictature. Rien de tel en France où, à partir de la Révolution, le français a été présenté comme « la langue de la liberté » alors que les langues régionales ont été associées à l’Ancien Régime.
· Le rôle de la bourgeoisie. En France, les « élites » ont été les premières à passer au français – un moyen pour elles d’accéder aux meilleures places et de se distinguer du peuple. Rien de tel à Barcelone où, au contraire, la bourgeoisie locale, fière de sa culture, a toujours pratiqué et défendu le catalan.
· Un sentiment national plus intense en France. Au cours de l’Histoire, la France a souvent été en conflit avec d’autres puissances européennes, ce qui a eu pour effet de forger un sentiment d’unité nationale. L’Espagne, elle, a connu davantage de guerres civiles. Le sentiment national y est moins puissant qu’en France.
· Un État plus centralisé en France. Si un Andalou diffère d’un Aragonais et d’un Galicien, la diversité culturelle est plus marquée encore en France quand on compare un Alsacien, un Corse, un Breton et un Aveyronnais – sans même évoquer le cas particulier de l’outre-mer. C’est pour faire tenir ensemble des populations que rien ne prédisposait à partager un destin commun que la France s’est dotée au fil des siècles d’un État très centralisé. Et pour la même raison que ledit Etat a cherché à substituer le français aux langues régionales. Le phénomène est beaucoup moins marqué en Espagne.
L’exemple du catalan est d’autant plus intéressant qu’au sud des Pyrénées, la défense de la langue alimente en partie le sentiment séparatiste – je suis sûr que vous pensiez à m’opposer cet argument depuis le début de cet article. Ces événements, cela se comprend, suscitent en France des réticences vis-à-vis des langues régionales de la part de ceux qui sont légitimement attachés à l’indivisibilité de la République.
Et pourtant, unité nationale et respect des langues minoritaires ne sont en rien incompatibles. J’en veux pour preuve qu’il existe dans le monde environ 6000 langues pour 200 États : le multilinguisme est donc la norme, non l’exception. À Barcelone, il a d’ailleurs fallu l’annulation, en 2010, du statut d’autonomie adopté en 2006 pour voir le vote indépendantiste décoller véritablement. Paradoxalement, c’est le raidissement décidé par Madrid qui a dopé la tentation sécessionniste. Une partie de l’opinion a alors basculé, sur le mode : « Puisque l’autonomie est impossible, alors je choisis l’indépendance. » On observe la situation inverse en Suisse, qui reconnaît quatre langues officielles et qui, à moins que quelque chose ne m’ait échappé, ne connaît pas de menace séparatiste.
Il est donc deux voies pour faire vivre ensemble des populations différentes. L’uniformisation autoritaire, d’une part ; le respect de la diversité et des droits culturels des minorités, d’autre part. Seule la seconde est compatible avec l’ambition de la France d’être le pays des droits de l’Homme.
(1) Etude de 2015 sur les usages linguistiques du catalan en « Catalogne Nord » menée par la Generalitat de Catalunya, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l’Institut franco-catalan transfrontalier (IFCT) de l’Université de Perpignan. Les chiffres concernant la « Catalogne Sud » proviennent de la plataforma per la llengua 2018 et de Quim Nadal, ancien rapporteur de la loi de politique linguistique en Catalogne.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

O negacionista não está interessado em demonstrar as razões e os argumentos de sua crença. Ele segue uma combinação de palavras sem qualquer sentido ou concordância, exceto sobre a tese que pretende instalar no imaginário grotesco dos outros. Para que isso ocorra, ele não prova a verdade de sua afirmação, mas segue jogando a responsabilidade ao adversário, mesmo quando este já lhe mostrou, em sucessivas ocasiões, a falsidade daquilo que ele acredita.

Escrito por Léo Peruzzo Júnior

A obra de Carl Sagan (1934-1996), O Mundo Assombrado pelos Demônios (The Demon-haunted wolrd), publicada em 1995, parece antecipar o caótico cenário que a pandemia tem revelado: a ciência é uma vela no escuro que precisa lidar, por um lado, com a trupe de negacionistas que a buscam apagar e, por outro, com a hipótese de que a melhor forma de vivermos bem é acreditando no poder da escuridão. É exatamente sobre a tênue linha entre ciência e pseudociência, opinião e argumentação, crença e saber sistematizado, ignorância e conhecimento que a tipografia filosófica de Sagan permite diagnosticar a existência de “demônios” que, constantemente, assombram o mundo.

Ao contrário de outros tempos, os demônios hodiernos não usurpam apenas o discurso científico (para manipulá-lo na ótica de suas insanas ideologias, entre as quais estão triturar a diferença cultural, eugenizar o comportamento e homogeneizar os próprios interesses políticos), mas procuram instrumentalizar o aparato do poder político soberano para reconstruir o discurso calcado em sua weltanschauung (visão de mundo). De qualquer modo, o diagnóstico do presente pode começar quando a igreja, uma espécie de adversária à ciência moderna, ergue-se contra os negacionistas e reafirma sua voz à favor da pesquisa científica. Afinal, teria o espaço político deixado de fomentar a ciência para iludir-se, novamente, com a imaginação grotesca do próprio pensamento?

A resposta é não. Precisamos separar, antes de mais nada, o espaço público democrático, de um lado, e a imaginação grotesca do poder político, do outro. Enquanto a ciência consolidou-se sobre o exercício do livre pensar, da crítica, da investigação e da subordinação das paixões às evidências, a imaginação grotesca busca anestesiar a pluralidade de ideias através da vigilância e eliminação dos corpos e das mentes de seus adversários. Assim, extinguir uma política pública que incide sobre a alimentação dos mais vulneráveis, por exemplo, não deixa de ser uma clara estratégia da imaginação grotesca, bem como retirar direitos e garantias trabalhistas a fim de sucumbir a existência da vida diante dos interesses da burguesia. Em nossos tempos, escassos de lucidez e bom-senso, não é preciso ser comunista para ver o esquartejamento da cultura em prol de uma ideologia arbitrária do capital, assim como também não precisamos ser judeus para assistir, mais uma vez, o genocídio contra a diversidade étnica, racial, religiosa ou de gênero.

Este horizonte político que sufoca e esmaga o pensamento crítico é aquele que também marginaliza a ciência. Assim como um médico, no qual a catarse sobre o paciente buscar encontrar a patologia e identificar suas causas e tratamento, este sujeito contemporâneo parece ter abandonado sua função na história e optado pela sofisticação espúria dos demônios que, agora, já não vivem mais da e na escuridão. Eles estão aí, ora na “praça”, ora no “mercado”, ora nas “igrejas”, ora no “gerenciamento da saúde” e, infelizmente, na “gestão do espaço público”. Não estão satisfeitos apenas em obter prazer sobre a cegueira intelectual que ronda a gênese da sociedade, mas procuram aperfeiçoar os mecanismos de controle, disciplina e automação da vida singular. Investem na disseminação de “notícias falsas”, por fim, como recurso político para incitar a polêmica vazia, obter apoio e manobrar a consciência. Não acendem velas; ao contrário, procuram apagar a credulidade daqueles que confiam na pesquisa como instrumento de aperfeiçoamento de si mesmo e da sociedade.

A imaginação grotesca só prospera porque se aproveita da ausência de solidez intelectual. Isso, obviamente, não significa que ela atinge mais fecundamente aqueles poucos que se sentaram nos bancos escolares e tiveram a oportunidade de realizar a experiência do esclarecimento. Ao contrário, a imaginação grotesca consegue ali proliferar porque encontrou matéria orgânica suficiente que fora nutrida com uma pitada generosa de má-fé. Há, portanto, em alguns casos – uma vez que toda generalização é estúpida e irracional – uma cumplicidade intrínseca entre os monstros e aqueles que obtêm o mesmo gozo no exercício da monstruosidade. É por isso que, nos tempos atuais, a ciência precisa lidar não apenas com os problemas inerentes ao método, mas também como afirmação pedagógico-política diante da colonização do seu espaço e da sua vitalidade. Como retrucou a pesquisadora Natalia Pasternak, durante depoimento na CPI da Covid-19,  a “ciência não tem dois lados”, isto é, não depende do obscurantismo para perpetuar sua identidade. “Ouvir um lado e ouvir outro”, por sua vez, é uma experiência dialética significativa desde que as armas do embate sejam argumentos, ideias e racionalidade, o que não parece ser o caso quando consideramos aquilo que a política governamental brasileira procura fomentar.

De todo modo, não podemos negar que há uma crise interna na ciência, particularmente acentuada no último século, a qual tem repensado a existência do próprio método científico. Popper, Bachelard, Kuhn, Lakatos e Feyerabend, por exemplo, dedicaram-se à história da ciência para refundar uma espécie de olhar crítico sobre a forma como a ciência adquire vida e perpetua-se no tempo. Neste sentido, se a indução é um critério insuficiente para provar a verdade de uma generalização, como afirma Popper em A Lógica da Pesquisa Científica, o problema da demarcação científica torna-se indispensável às decisões de caráter metodológico. Agora, aceitar que algo seja científico considerando apenas as possíveis experiências perceptuais de base empírica, segundo ele, é pura ingenuidade do psicologismo que abraça nosso pensamento. Os enredos e fantasias da hidroxicloroquina, por exemplo, são recheados daquilo que Popper já havia condenado.

Para polemizar o método científico é necessário um exercício mais significativo do que o sadismo das próprias paixões. Embora alguma parcela da Ciência, ou melhor, daqueles que controlam os discursos oficiais da Ciência, esteja interessada em mutilar as Humanidades, foi justamente através deste confronto que nos distanciamos da modernidade e optamos por avaliar as bases epistemológicas do modo como produzimos conhecimento. Vale recordar, aqui, a expressão de Sagan quando afirma, então, que “talvez a distinção mais clara entre ciência e a pseudociência seja o fato de que a primeira sabe avaliar com mais perspicácia as imperfeições e a falibilidade humanas do que a segunda (ou a revelação “infalível”)”. Neste caso, como poderíamos avaliar o comportamento de um negacionista que opta em colocar o ônus da prova ao adversário para sustentar suas opiniões falaciosas?

O negacionista não está interessado em demonstrar as razões e os argumentos de sua crença. Ele segue uma combinação de palavras sem qualquer sentido ou concordância, exceto sobre a tese que pretende instalar no imaginário grotesco dos outros. Para que isso ocorra, ele não prova a verdade de sua afirmação, mas segue jogando a responsabilidade ao adversário, mesmo quando este já lhe mostrou, em sucessivas ocasiões, a falsidade daquilo em que ele acredita. O negacionista, portanto, crê piamente que o adversário mostrará a verdade de seu argumento e, ao final, admitirá que na ausência de evidências suas hipóteses estavam corretas. Afinal, se B disse para S (sociedade), mesmo sem evidências ou provas, que acredita no funcionamento de C, e B consegue apoiadores para C, deve ser verdadeiro que o consenso desta ‘maioria’ esteja correto.

A falácia anterior mostra que hoje, mais do que nunca, deveríamos inverter o ônus da prova: não é a sociedade que deve provar a falsidade da pseudociência, mas é a pseudociência que deveria negar os elementos empíricos e probatórios apresentados pela ciência. Mas, por que a pseudociência parece germinar tão bem e agregar tantos seguidores e simpatizantes? Sagan tem uma resposta: “a pseudociência é adotada na mesma proporção em que a verdadeira ciência é mal compreendida – a não ser que a linguagem falhe nesse ponto. Se alguém nunca ouviu falar de ciência (muito menos de como ela funciona), dificilmente pode ter consciência de estar abraçando a pseudociência” (O mundo Assombrado pelos Demônios, p.32). Parece evidente, portanto, que o primeiro diagnóstico que temos é derivado de uma deficiência histórica de acesso à Educação. Investimos pouco e mal na formação cultural das pessoas, particularmente se considerarmos a disseminação das Humanidades como disciplina crítica na formação dos processos epistêmicos de aprendizagem.

Entretanto, a abordagem do acesso à Educação resolve parcialmente o problema dos negacionistas. Em que pese a manipulação ideológica sobre as massas, há uma proliferação de informações falsas de negacionistas altamente letrados. Nestes casos, diferente de um primeiro grupo constituído essencialmente por sujeitos carentes de formação e saber crítico, trata-se de pura má-fé. Não há ingenuidade em seus discursos, mas apenas o ranço autoritário, recalcado e patológico de sujeitos que pretendem dominar o mundo e, assim como denunciado por Sagan, torná-lo escuro. É apenas neste ambiente escuro que podem copular, digerir seu ódio e alimentar a tirania de seu próprio clã. Por isso, a espada da ciência, parafraseando Sagan, precisa também lutar contra a política e seus vícios, uma vez que “os erros estão tornando-se caros demais”.

Negacionistas, de um modo geral, são sujeitos ingênuos diante da ciência. Alimentam suas crenças em uma visão arcaica do método científico moderno, particularmente na hipótese de que o domínio da natureza ou é absoluto, eterno e imutável ou, então, os procedimentos devem ser tomados como falsos e/ou irracionais. É importante, contra eles, recordar a crítica de Paul Feyerabend, em A Ciência em uma sociedade livre: “(…) a Ciência não é sacrossanta. O simples fato de ela existir, ser admirada e produzir resultados não é suficiente para fazer dela uma medida de excelência. A Ciência moderna surgiu das objeções globais ao que ocorria antes e contra o próprio racionalismo, a ideia de que existem regras e padrões gerais que direcionam nossos negócios, inclusive os do conhecimento, oriundos das objeções globais ao senso comum” (p.22-23). Isso significa que, segundo Feyerabend, o fato de a Ciência ser plural ou anárquica em seus métodos, isto é, não ser mais uma unidade, mostra que ela não consiste apenas em fatos e conclusões extraídas de fatos. A Ciência é composta de “ideias, interpretações de fatos, problemas criados por interpretações conflitantes, erros e assim por diante” (p.33). A educação científica dos negacionistas, portanto, parece estar condicionada ao papel já assumido pelos “roedores neopositivistas” na década de 1930. Feyerabend indicará, por exemplo, que em uma sociedade democrática a ciência tem de ser protegida das ideologias, embora acredite que, em alguns casos, “a ciência deveria ser ensinada como uma concepção entre muitas e não como o único caminho para a verdade e a realidade”.

Há, por fim, uma diferença significativa entre a ciência e os “demônios” negacionistas: enquanto a primeira está interessada em colocar seus resultados à avaliação dos pares (por exemplo, no processo conhecido como double peer and blind review), ao controle das agências governamentais e à crítica do espaço público, o segundo grupo prefere enclausurar-se exclusivamente na redoma de seus apoiadores e legionários. Estes últimos estão convictos, portanto, de que a “rainha louca” de sua imaginação grotesca deve, na ausência de evidências e argumentos, impor-se através da violência do discurso oficial. Entretanto, quando este discurso oficial não produz os resultados esperados, buscam o anonimato das redes virtuais para insuflar o odor pútrido das convicções que não conseguem sustentar à luz do dia. Assim, enquanto “a ciência prospera com seus erros, eliminando-os um a um”, conforme afirma Sagan, os negacionistas e sua pseudociência procuram hipóteses formuladas “de modo a tornar-se invulneráveis a qualquer experimento que ofereça uma perspectiva de refutação, para que em princípio não possam ser invalidadas” (p.39).

Denunciá-los já não é suficiente. É preciso combatê-los e, rapidamente, levá-los aos Tribunais Internacionais pelos crimes omissivos e comissivos que confessam publicamente. A ciência em uma sociedade livre, portanto, não há de admitir que o jogo político da imaginação grotesca continue invertendo o ônus da prova, assombrando o livre pensar e cooptando nosso senso crítico.

Léo Peruzzo Júnior é professor de pós-graduação em Filosofia (PUCPR) e dos departamentos de Filosofia da FAE e da Faculdade Vicentina.

 

[Fonte: http://www.diplomatique.org.br]

París aprofitarà la presidència de torn del Consell Europeu per substituir l’anglès com a llengua de treball

El president francès, Emmanuel Macron, al Parlament Europeu.

França ocuparà, d’aquí a poc més de mig any, la presidència de torn de la Unió Europea i s’ha proposat aprofitar la situació per fer que el francès, antiga llengua franca de la diplomàcia, recuperi el terreny perdut davant l’anglès en les institucions europees.

Segons ha revelat el diari Politico, el govern francès preveu que les principals reunions del Consell Europeu durant el primer semestre del 2022 es facin en francès -una de les tres llengües de treball de la UE juntament amb l’anglès i l’alemany- amb interpretació a altres idiomes. També seran en aquesta llengua les reunions preparatòries, així com les actes de les trobades i si arriba una carta procedent de la Comissió Europea en anglès serà retornada amb una nota en què s’explicarà que hi ha d’haver la versió francesa.

França ja havia utilitzat anteriorment la presidència de torn per promoure el francès, però mai hi havia posat tant d’èmfasi.

El secretari d’Estat francès d’Afers Europeus, Clément Beaune, ja va avisar el gener passat que s’havia d’aprofitar la sortida del Regne Unit de la Unió Europea perquè a la UE es deixi de “xampurrejar l’anglès” i els representants dels Estats membres “s’acostumin a tornar a parlar” en les seves llengües i va anunciar que quan França tingués la presidència de torn de la UE prendria “iniciatives concretes” per garantir que les institucions europees “lluiten per la diversitat lingüística europea”.

El govern francès farà una inversió econòmica extraordinària per incrementar el nombre de classes de la llengua oficial de l’Estat per a funcionaris europeus a través de l’Alliance Française Bruxelles-Europe, la principal escola de francès de Brussel·les, segons va explicar un diplomàtic francès a Politico.

Les llengües oficials de la Unió Europea són les que proposen els estats membres i, tot i que, amb la sortida del Regne Unit, no n’hi ha cap que hagi proposat l’anglès (Irlanda i Malta van triar el gaèlic irlandès i el maltès respectivament), els idiomes no perden el seu estatus de forma automàtica. D’acord amb l’article 342 del Tractat de Funcionament de la Unió Europea, “el règim lingüístic de les institucions de la Unió serà fixat pel Consell mitjançant reglaments, per unanimitat”.  Això vol dir que una eventual decisió de llevar l’oficialitat de l’anglès s’hauria de prendre per unanimitat pels 27 membres de la UE.

L’anglès és, de llarg, la llengua més utilitzada en tots els organismes europeus.

 

[Foto: Creative Commons – font: http://www.diaridelallengua.cat]

Desenes de milers de persones es manifesten contra una decisió del Consell Constitucional que considera la immersió a l’escola pública contrària a la Carta Magna · Les escoles immersives associatives temen pel seu futur

Manifestació a Baiona (País Basc), 29 de maig de 2021.

 

El que havia de ser una “llei històrica” ha deixat pas a una amenaça de present i futur. Així ho han entès les desenes de milers de persones que aquest 29 de maig s’han manifestat per les ciutats de diverses nacions sense estat de França, en defensa de la immersió en llengües minoritzades: una metodologia que té un avenir incert després de la declaració d’inconstitucionalitat de dos articles de l’anomenada Llei Molac.

Perpinyà, Albi, Carcassona, Bastia, Baiona, Lilla, Guingamp o Baiona han estat algunes de les viles que han concentrat les protestes, convocades per les organitzacions del col·lectiu Perquè Visquin les Nostres Llengües, entre les quals la majoria d’escoles immersives associatives com La Bressola, Calandretas, Diwan, Seaska o ABCM. Notables han estat, sobretot, les manifestacions del País Basc (Baiona) i Bretanya (Guingamp), les dues que, segons l’organització, han reunit al voltant de 10.000 persones cadascuna.

Des del País Basc, la federació d’escoles Seaska té clar que la immersió està ara “en perill” després que el Consell Constitucional hagi decidit que l’article 4 de la Llei Molac “ignora” l’article 2 de la Constitució francesa, el qual recull que “la llengua de la república és el francès”. “Per tant, [l’article] és contrari a la Constitució”, diu la decisió de la màxima autoritat constitucional de França.

La Llei Molac va ser aprovada per l’Assemblea Nacional francesa el 8 d’abril. Oferia tres grans novetats: la possibilitat d’usar la metodologia immersiva a les escoles públiques, un millor finançament per a les escoles immersives associatives i l’autorització de l’ús de signes diacrítics propis de llengües minoritzades (com ara la “ñ” del bretó) en els actes d’estat civil.

El 22 d’abril, però, 60 diputats de la majoria governamental van presentar un recurs contra la Llei Molac davant del Consell Constitucional, que el 21 de maig va determinar la inconstitucionalitat de la immersió i també de l’ús dels diacrítics.

En tots dos casos, hi ha una qüestió fonamental, segons el Consell: a França, la legislació no reconeix a ningú el dret d’usar una llengua que no sigui la francesa en les seves relacions amb l’administració o els serveis públics. Segons el Consell, la immersió i els diacrítics superen aquesta barrera.

Canviar la Constitució o provar de resistir?
Davant d’aquesta lògica, són diverses les veus que demanen de modificar la Constitució perquè aquesta incompatibilitat desaparegui. És la posició del col·lectiu Perquè Visquin les Nostres Llengües. Considera que seria inútil intentar aprovar una altra llei similar a la Llei Molac i opina que caldria modificar l’article 2 de la Constitució directament. També l’alcalde de Pau, François Bayrou, entén que és necessària una esmena constitucional.

El 2008, quan es va introduir la menció a les “llengües regionals” a la Constitució, es va parlar de fer-ho en l’article 1. Les reaccions del nacionalisme francès i de diverses instàncies oficials van ser irades i finalment els idiomes minoritzats van ser relegats a l’article 75.

Mentrestant, les possibilitats que obre la decisió del Consell Constitucional inquieten a moltes organitzacions que treballen a favor de les llengües minoritzades. No és ja que no es podrà introduir la immersió als centres públics, sinó que es genera incertesa respecte del futur de les escoles immersives associatives. El ministre d’Educació del govern francès, Jean-Michel Blanquer, ha avisat que la decisió “conduirà cap a algunes evolucions” en escoles com les Diwan.

A propòsit d’això, aquestes escoles immersives bretones han reconegut que “a partir d’ara, ens trobem en terreny desconegut en matèria jurídica, financera i operativa”. És la incertesa de fins a quin punt la decisió del Consell tindrà efectes, també, sobre les escoles immersives associatives.

Mentre, Seaska apunta que Blanquer té un “somni”: eliminar totalment el model immersiu, també a les escoles associatives, i substituir-lo pel “sistema bilingüe, que no crea parlants complets, de manera que les nostres llengües desapareguin”. La federació basca opina que les negociacions futures amb les autoritats franceses seran més complicades a causa de la decisió del Constitucional.

En un comunicat aquest 26 de maig, el president de França, Emmanuel Macron, ha dit que havia demanat al govern francès i al Parlament que “trobin els mitjans de garantir la transmissió” de la diversitat lingüística, respectant “els marcs pedagògics àmpliament reconeguts des de fa mig segle”.

 

[Imatge: : Euskaltzaleen Topagunea – font: http://www.nationalia.cat]

Elle a mis en vente des timbres de différentes couleurs à des tarifs qui ne sont pas les mêmes.

Le timbre noir vaut 70 centimes et le plus clair coûte 1,60 euro. | Capture d'écran CanalCorreos via YouTube

Le timbre noir vaut 70 centimes et le plus clair coûte 1,60 euro. | Capture d’écran CanalCorreos via YouTube

Repéré par Juliette Thévenot

L’initiative est critiquée. Le service postal espagnol vient de lancer une collection de timbres à vocation antiraciste, baptisée «les timbres de l’égalité», représentant différentes teintes de peau, rapporte un article du Washington Post. Le but de la campagne est de sensibiliser à l’inégalité raciale et de lutter pour la diversité, l’inclusion et l’égalité des droits.

La particularité de la collection est que les timbres ont une valeur différente selon la teinte de peau qu’ils représentent. «Plus le timbre est foncé, moins il aura de valeur, explique l’entreprise publique Correos, dans un communiqué de presse. Par conséquent, lors d’un envoi, il sera nécessaire d’utiliser plus de timbres noirs que de timbres blancs. De cette façon, chaque lettre, chaque envoi deviendra un reflet de l’inégalité créée par le racisme.» Ainsi, le timbre noir vaut 70 centimes, le marron 80 centimes, le marron plus clair 1,50 euro et le blanc, celui qui a le plus de valeur, coûte 1,60 euro.

La campagne, réalisée en collaboration avec l’ONG SOS Racismo, a été lancée au même moment que le début du mois européen de la diversité et du premier anniversaire de la mort de George Floyd, précise le service postal.

«Accidentellement raciste»

Cette initiative n’a pas vraiment eu l’effet escompté et ne fait pas l’unanimité. Certains internautes parlent d’une campagne «accidentellement raciste», d’autres l’assimilent au parti d’extrême droite espagnol, Vox, ou affirment qu’elle est le reflet du manque de diversité dans la majorité des entreprises espagnoles.

L’intention du service postal «était bonne», mais elle a finalement envoyé un message raciste, analyse Moha Gerehou, journaliste et auteur d’un livre sur le racisme en Espagne. Selon lui, cela s’explique par le fait que les campagnes de ce type en Espagne sont souvent conçues «par des Blancs».

Pourtant, dans son communiqué de presse, le service postal espagnol Correos est clair: la campagne tente de faire comprendre que la valeur d’une personne ne doit pas avoir de couleur. Sur son compte Twitter, il insiste sur son objectif de sensibiliser le public à «une réalité injuste et douloureuse qui ne devrait pas exister». De son côté, SOS Racismo évoque dans une déclaration, l’importance de rendre visible la discrimination raciale.

Avant cette campagne antiraciste, Correos s’était déjà engagé à plusieurs reprises dans des combats sociaux, précise le quotidien américain. L’année dernière, il avait notamment dévoilé un timbre arc-en-ciel à l’occasion du mois des fiertés et un 2019 des «timbres de la protestation» en soutien au mouvement des jeunes pour l’environnement.

 

[Source : http://www.slate.fr]

 

Alors que l’université de Princeton a récemment supprimé l’obligation d’apprendre le latin ou le grec pour les étudiants en lettres classiques, Raphaël Doan plaide pour raviver l’apprentissage de ces langues, outils indispensables pour réinventer notre civilisation.

«C’est en voulant restaurer l’Antiquité que la Renaissance du XVe siècle a fait naître notre modernité»

Écrit par Raphaël Doan

Depuis quelques mois, les milieux universitaires américains sont agités par une polémique improbable: l’étude du monde gréco-romain serait-elle un repaire du fameux «racisme systémique»? Accusés à la fois d’avoir servi de justification aux pratiques coloniales du XIXe et du XXe siècles, d’usurper la place de langues antiques moins connues et d’être un obstacle à la diversité sociale dans l’enseignement supérieur, le grec et le latin voient leur prééminence remise en cause par des militants adeptes de la «critical race theory». Si certains ne voulaient y voir qu’un salutaire débat sur le sens de leur discipline, il faut se rendre à l’évidence: cette offensive sert désormais à justifier la suppression du latin et du grec dans l’enseignement supérieur américain. Au nom de la lutte contre le racisme systémique, la célèbre université de Princeton vient d’annoncer que le latin et le grec ne seraient plus obligatoires pour les étudiants en classics, c’est-à-dire… pour étudier la littérature grecque et romaine. On pourra donc obtenir un diplôme de lettres antiques à Princeton sans être capable de lire un mot de grec ou de latin, ce qui est aussi logique que d’être diplômé de mathématiques sans savoir faire une addition.

Passons sur la tactique interne des départements universitaires qui espèrent probablement, en baissant ainsi les exigences, recruter plus d’étudiants pour accroître leurs financements. On comprendrait que, faute de candidats suffisamment nombreux, ils renoncent à exiger la maîtrise des langues anciennes à l’entrée dans le cursus ; après tout, on peut tout à fait commencer à les pratiquer dans l’enseignement supérieur. Mais pour la même raison, il est parfaitement illogique de renoncer à l’obligation de les étudier pendant le cursus. Une telle révolution, qui pourrait un jour ou l’autre arriver en France, est bien le fruit d’une idéologie qui vise à dénier au grec et au latin leur prééminence dans l’étude du monde antique, et, plus largement, leur utilité dans le monde moderne.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: au-delà des délires propres aux tenants du «racisme systémique», la place des langues anciennes dans la société contemporaine est précaire. Depuis longtemps – en réalité, depuis la fin du XIXe siècle au moins – des pédagogues en dénoncent l’inutilité, des sociologues y voient de l’élitisme, et des gestionnaires en condamnent le coût. En France, sous l’Ancien Régime et jusqu’en 1863, un apprentissage intensif du latin était la base obligatoire de toute instruction secondaire, avant même l’étude du français. Il resta prépondérant pendant toute la première moitié du XXe siècle, avant de connaître un lent déclin pour laisser place à d’autres matières jugées plus indispensables au monde moderne.

Dans toute l’histoire européenne, et particulièrement dans l’histoire de France, la fréquentation de l’antique a constitué le moteur des avancées politiques et culturelles.

Le latin et le grec se trouvent désormais dans un cercle vicieux. Leurs enseignements ayant été réduits à peau de chagrin et saccagés par de mauvaises méthodes d’apprentissage, l’immense majorité des lycéens ayant choisi cette option est aujourd’hui incapable, après cinq ans d’étude, de traduire une phrase basique, encore moins, évidemment, de lire un texte. Au bac, ils se contentent d’apprendre par cœur la traduction française, puisqu’ils connaissent d’avance le sujet de l’examen, et obtiennent 18/20. Cette situation est absurde et ne peut plus durer: qui accepterait qu’après cinq années à apprendre l’espagnol, aucun élève de la classe ne soit capable d’en lire une seule phrase? Certes, on leur inculque pendant ce temps quelques notions de civilisation antique ; mais à tout prendre, ils pourraient les recevoir en cours d’histoire. Une telle situation alimente les critiques de ceux qui ne voient dans ces langues mortes qu’une perte de temps quand nos élèves pourraient apprendre, au choix, le marketing ou le code informatique.

Face à cet échec, deux attitudes s’opposent, toutes deux compréhensibles. La première – c’est celle du grand historien Paul Veyne – serait de renoncer entièrement à l’enseignement des langues anciennes dans les études secondaires, pour les réserver à l’enseignement supérieur, où elles seraient correctement étudiées. En somme, mieux vaut apprendre le latin tard et bien que tôt et mal. Cela reviendrait à réserver les langues anciennes à une petite poignée d’experts ; le latin et le grec y auraient à peu près le même statut que le sanskrit ou les hiéroglyphes, des langues pour spécialistes. Les Grecs et les Romains ne seraient plus pour nous que des étrangers à moitié oubliés.

La seconde option, qui a ma préférence, est au contraire de raviver l’enseignement des deux langues dans le secondaire, de manière à offrir aux élèves la «familiarité avec l’Antiquité» selon laquelle, disait Guizot, «on n’est qu’un parvenu en fait d’intelligence.» Ce n’est pas un choix pédagogique ou technique: c’est, pour employer un gros mot, un choix de civilisation. Dans toute l’histoire européenne, et particulièrement dans l’histoire de France, la fréquentation de l’antique a constitué le moteur des avancées politiques et culturelles. Les rois du Moyen-Âge voulaient prolonger l’Empire romain ; notre droit y a puisé sa source ; nos artistes y ont sans cesse trouvé l’inspiration. Jusqu’à la fin des Trente Glorieuses environ, nos chefs d’État ont été baignés par les textes antiques ; Georges Pompidou échangeait des blagues en latin avec Jean Foyer au sortir du conseil des ministres. Si leurs discours nous paraissent incomparablement meilleurs que ceux du personnel politique actuel, c’est qu’ils étaient nourris de rhétorique ancienne. Ce qui relie de Gaulle et Louis XIV, Bergson et Descartes, Ingres et Poussin, mais aussi, plus modestement, le bachelier de 1930 à l’étudiant de 1770, c’est que toutes ces personnes ont lu les mêmes textes dans la même langue et ont puisé à la même source: le monde classique. En l’absence de ce lien commun, notre culture – nous le voyons bien depuis quelques décennies – risque l’archipélisation, chacun ayant ses propres références et ses propres modèles. Face à une société déboussolée, quel meilleur guide pour l’avenir que celui que nous avons toujours eu: l’Antiquité?

Là où l’idéologie à la mode aux États-Unis s’évertue à couper le lien qui nous unit à l’Antiquité, travaillons à en retrouver la fécondité.

En pratique, pour restaurer l’enseignement du latin et du grec, deux évolutions seraient nécessaires. D’abord, il faudrait permettre à tous les élèves de bénéficier d’une initiation à l’une des deux langues, avant de leur proposer de suivre un enseignement approfondi – et que cet enseignement soit proposé dans tout collège et tout lycée de France. Ensuite, il faudrait que les langues anciennes soient enseignées comme des langues vivantes, l’expression orale en moins. Ce n’est en général pas le cas aujourd’hui, où l’analyse technique de la phrase précède et obscurcit la simple recherche du sens: les élèves passent plus de temps à chercher les conjonctions de coordination ou les compléments circonstanciels qu’à tenter de comprendre simplement ce que veut dire la phrase, pour finalement apprendre par cœur une traduction sans lien avec le texte. Rappelons tout de même que le latin et le grec ont été des langues vivantes, parlées par des millions de personnes dont beaucoup étaient illettrées: il n’y a pas de raison que les élèves ne parviennent pas à les comprendre aujourd’hui encore, à condition de les enseigner… comme de vraies langues, c’est-à-dire en prenant les mots dans l’ordre, et en déduisant au fur et à mesure le sens de la phrase, sans avoir besoin de la réorganiser ni de recourir à du jargon linguistique.

C’est ainsi que l’enseignent déjà certains professeurs (1), et heureusement, de plus en plus de cercles de «latin parlé» se développent. On a même vu paraître une édition de la méthode Assimil dédiée au latin. Appuyons-nous sur ces heureuses initiatives pour apprendre les langues anciennes de manière à les comprendre. Car c’est bien le but de cet apprentissage: il faut qu’après quelques années seulement, un élève attentif puisse lire du latin dans le texte, aussi bien qu’il lirait de l’anglais. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra réellement apprécier le rythme et les sonorités de la poésie de Virgile, la logique des argumentations de Cicéron ou la puissance des images de Tacite. Il se forgera un goût plus sûr de la langue, de l’expression et du raisonnement. Alors seulement les langues anciennes seront réellement utiles: quand elles permettront d’accéder sans intermédiaire aux modèles qui ont forgé notre civilisation, et de s’en inspirer pour créer du nouveau. Là où l’idéologie à la mode aux États-Unis s’évertue à couper le lien qui nous unit à l’Antiquité, travaillons à en retrouver la fécondité.

Le président de la République a appelé de ses vœux, dans un récent entretien, le début d’une «nouvelle Renaissance». Mais on ne «réinvente» pas une civilisation sans modèle. C’est en voulant restaurer l’Antiquité que la Renaissance du XVe siècle a fait naître notre modernité. Restituer l’enseignement des langues anciennes, c’est tisser de nouveau une familiarité avec ce qui, depuis des siècles, nous fait donner le meilleur de nous-mêmes. Pourquoi pas une fois de plus?

(1) C’est notamment le cas du professeur Alain Le Gallo, dont j’ai suivi les cours et à qui je dois cette vision de la langue.

 

Raphaël Doan est magistrat et premier adjoint au maire du Pecq (78). Agrégé de lettres classiques et ancien élève de l’ENS et de l’ENA, il a publié Quand Rome inventait le populisme (Éd. du Cerf, 2019) et Le Rêve de l’assimilation (Passés composés, 2021).

[Photo : AFP – source : http://www.lefigaro.fr]

Enmig d’un sistema alimentari industrial i globalitzat, les alternatives que vetllen per una justícia global es converteixen en solucions alliberadores.

En termes dietètics, el veganisme esdevé la pràctica de prescindir de tots els productes derivats total o parcialment d’animals. Font: Pixabay (Llicència CC).

En termes dietètics, el veganisme esdevé la pràctica de prescindir de tots els productes derivats total o parcialment d’animals. Font: Pixabay (Llicència CC).

Cada vegada són més els estudis que demostren els beneficis de seguir una alimentació allunyada de productes d’origen animal. Sense anar més lluny, l’Organització Mundial de la Salut (OMS) va classificar la carn processada com a primera categoria d’aliments cancerígens, i una gran quantitat de nutricionistes han determinat que aquest tipus de dietes redueixen el risc de patir certs tipus de malalties.

Avui dia, no resulta estrany escoltar frases com “el veganisme està de moda”. I és que, segons un estudi realitzat l’any 2019 per la consultora Lantern, el 10% de la població espanyola segueix una alimentació principalment vegetal, cosa que resulta interessant tenint en compte que l’Estat espanyol havia estat nomenat com el segon país europeu i el catorzè mundial que més carn consumeix per persona a l’any.

A Catalunya encara no existeixen dades oficials, però, tal com assenyalen a l »Informe i posicionament sobre la dieta vegetariana i vegana en el context del servei de menjador escolar‘, en els últims anys s’observa un augment en el nombre de famílies que adopta una alimentació vegetariana o vegana, i per tant, també, en el nombre d’infants i adolescents que sol·liciten aquesta pauta alimentària a l’escola.

En termes dietètics, aquesta alternativa alimentària esdevé la pràctica de prescindir de tots els productes derivats totalment o parcialment d’animals. Però el veganisme, a banda de promoure una nutrició alternativa, és una filosofia ètica i un estil de vida que va molt més enllà de l’alimentació. Així ho considera la Vegan Society, que sosté que el veganisme busca excloure qualsevol forma d’explotació i crueltat envers la resta d’espècies, promovent el desenvolupament d’alternatives en benefici dels animals, dels humans i del medi ambient.

A banda de ser una alternativa alimentària, el veganisme promou una ètica de respecte envers els animals. Font: Pixabay (Llicència CC).

A banda de ser una alternativa alimentària, el veganisme promou una ètica de respecte envers els animals. Font: Pixabay (Llicència CC).

Una ètica de respecte envers els animals

Segons la Promotora dels Aliments Catalans (Prodeca), el sector agroalimentari és un dels principals motors de l’economia de Catalunya, generant un volum de negoci de 38.205 milions d’euros, xifra que equival al 16,8% del producte interior brut del país. El sector carni n’és el primer subsector, comptant amb el 32% de tot aquest volum de negoci. I la major part d’aquest sistema alimentari es basa en una producció intensiva i abusiva d’animals amb l’objectiu d’aconseguir el màxim rendiment amb el mínim espai i cost econòmic possible.

“Aquest enfocament industrial i ‘mecanicista’ ha convertit als animals en ‘màquines productores’, sotmesos a unes condicions antinaturals des que neixen fins que són matats”, exposa Carme Méndez, presidenta de l’Associació per a la Defensa dels Drets dels Animals (ADDA).

Aquests animals, tal com diu Méndez, no són capaços de manifestar les seves pautes biològiques i etològiques essencials. “Massificats en naus, sense llibertat de moviment i exercici, privats de l’aparellament, maternitat i cria en condicions naturals… després han de patir les condicions del transport, en ocasions molt angoixoses i de llarga durada, fins que finalment arribin als escorxadors”, on seran matats de forma prematura.

I no només això: “fàrmacs, antibiòtics, productes hormonals o tranquil·litzants, formen part del procés intensiu i industrial dels animals”, declara Méndez. De fet, segons l’entitat Greenpeace, l’espanyol és l’estat de la Unió Europea que més antibiòtics consumeix en els animals productors d’aliments, en una xifra que ascendeix a les gairebé 3.000 tones l’any.

Totes aquestes duríssimes condicions de vida incideixen de forma molt negativa en la seva salut, fent-los més vulnerables a patir infeccions i malalties. A més, molts d’aquests productes queden dipositats en els seus cossos, passant també a l’organisme dels qui poden consumir la seva carn. “Entre la varietat d’efectes secundaris negatius en la salut del consumidor en destaquen la resistència als antibiòtics, les al·lèrgies i altres problemàtiques derivades de la contaminació de la carn”, alerta Méndez.

La Vegan Society sosté que tots els animals tenen dret a viure de forma lliure per expressar el seu comportament natural, fugint de condicions de fam, set, desnutrició, dolor, lesions, malalties, molèsties, por o angoixa. És per aquest motiu que consumir productes derivats d’un sistema alimentari tan abusiu no entra als plans del veganisme.

Les relacions entre la indústria alimentària general i les crisis ecològiques, climàtiques i socials són cada vegada majors. Font: Pixabay (Llicència CC).

Les relacions entre la indústria alimentària general i les crisis ecològiques, climàtiques i socials són cada vegada majors. Font: Pixabay (Llicència CC).

No és només una qüestió d’alimentació

Molts dels avenços científics, productes d’ús diari com cosmètics i roba o medicaments disponibles s’aconsegueixen a través de la utilització i experimentació amb animals, sovint torturats i maltractats. Als zoos, parcs de safari, circs, i altres companyies relacionades amb l’entreteniment, també es mantenen als animals en captivitat, privant-los de la seva llibertat i desenvolupament natural com a espècie.

Segons la Vegan Society, el veganisme va molt més enllà del menjar que posem al nostre plat – el veganisme significa respecte cap a qualsevol forma de vida. És per aquest motiu que seguir aquest estil de vida alternatiu comporta també fugir del consum d’aquests productes –en la mesura que sigui possible– i de l’assistència o suport a aquestes activitats que vulneren els drets dels animals.

“Els animals, com a éssers vius i sensibles, mereixen ser tractats amb el màxim de respecte i dignitat, evitant el seu patiment físic i psicològic”, expressa Méndez. I aquest maltractament no només té un retorn negatiu per a la salut humana, sinó que els efectes, per exemple, de la cria intensiva “també tenen un impacte molt greu i contaminant en el medi natural”.

Una forma de lluita contra el canvi climàtic

Diverses entitats com Greenpeace ja han alertat que la indústria agroalimentària és responsable de generar més gasos amb efecte hivernacle que tots els mitjans de transport junts. Segons l’entitat, el 14,5% d’emissions a escala mundial procedeixen directament de la ramaderia, alhora que el 80% de la desforestació de l’Amazònia s’atribueix també a l’activitat ramadera.

I és que dades provinents d’entitats com el World Wildlife Fund i el World Watch Institute mostren que la ramaderia cobreix ni més ni menys que el 45% de la superfície terrestre, convertint-se en una de les principals causes de l’extinció massiva d’espècies, l’aparició de zones mortes als oceans i la contaminació de l’aigua.

“Són moltes les relacions entre la indústria alimentària general i les crisis ecològiques, climàtiques i socials que estem vivint”, afirma Laila Vivas de Fridays for Future Barcelona. “A escala general, el que passa és que tenim un model d’alimentació globalitzat totalment insostenible, que no contempla els límits biofísics de la terra, ni tampoc els cicles ni els ecosistemes”.

Segons explica Vivas, tant el model agroalimentari com la indústria pesquera busquen rendiments econòmics sense tractar amb respecte la naturalesa a través d’oligopolis, de l’apropiació de terres, la desforestació, el maltractament animal… la qual cosa produeix impactes molt greus des d’un punt de vista mediambiental.

I és que el problema no només resideix en com ens alimentem els éssers humans, sinó que també passa per l’ús que es fa de la terra per alimentar també als animals que consumim. Segons s’informa des de Greenpeace, l’agricultura industrial destrueix de forma massiva la biodiversitat, i el consum massiu de productes d’origen animal com la carn monopolitza la terra cultivable, enverina l’aigua i afavoreix un sistema de producció de grans capitals.

La solució a un problema global?

Des de Greenpeace s’afirma que, si no es frena l’expansió de la ramaderia industrial, salvar els boscos i disminuir la pèrdua de la biodiversitat no serà possible. Tot i que reduir el consum de productes d’origen animal pot resultar un pas important, Vivas declara que “el problema és estructural, i està provocat en major part pel capitalisme i una organització neoliberal que evoca en aquesta extinció massiva d’espècies i destrucció dels ecosistemes”.

A més, la globalització de l’alimentació és un problema que traspassa fronteres i posa en perill la sobirania alimentària dels pobles. “Per exemple, ara s’han posat molt de moda nous productes com la quinoa o l’alvocat, i la seva producció massiva està creant impactes socioambientals greus a altres parts del món”, explica Vivas. És per això que des de Fridays for Future Barcelona es defensa el consum de proximitat i de temporada, així com la promoció de l’educació en aspectes referents a l’alimentació.

Vivas afegeix que, a banda de fer pressió ciutadana, perquè la legislació i les polítiques frenin les indústries contaminants que maltracten els animals, el temps és un factor important a tenir en compte a l’hora de revertir aquesta situació. “Portar ritmes de vida menys accelerats a escala sistèmica pot contribuir a fer que les persones puguin posar en pràctica hàbits sostenibles com anar a comprar al mercat, escollir millor els aliments i informar-se sobre la seva procedència”.

Greenpeace sosté que, en el cas de l’Estat espanyol, “si el consum alimentari tornés als patrons de la dieta mediterrània d’antuvi, les emissions de gasos amb efecte hivernacle associades a la producció d’aliments baixarien en un 72%, l’ús de les terres agrícoles es reduiria en un 58%, el consum d’energia disminuiria en un 52% i el d’aigua en un 33%”.

Per tant, dur un estil de vida que s’allunyi del consum de productes d’origen animal i aliments processats o importats massivament d’altres parts del món resulta ser una bona opció per a la cura de la nostra salut, així com per al benestar dels animals i del planeta. I és que, tal com expressa Vivas, “per intentar desfer aquesta problemàtica, un veganisme que tingui en compte la justícia global i climàtica pot resultar tant significatiu com alliberador”.

[Font: http://www.xarxanet.org]

 

 

 

Escrich per Joan-Marc Leclercq

A còps i a navèras interessantas que passan “devath los radars”, com se ditz. M’agradaré uèi de portar a vòsta coneishença çò que’s debanèc lo 14 de deceme de 2020 au parlament europèu de Brussèllas e que raportèc en abriu lo jornau Ślůnski Cajtung.

Aqueste parlament èra a s’encuentar de l’iniciativa nomejada Minority Safepack, un tèxte cruciau qu’avèva per mira d’introdusir estandards de defensa deus drets de las minoritats nacionalas, etnicas e lingüisticas comuns a totes los paises sòcis de l’Union europèa.

Segur qu’una iniciativa atau hè pas dens l’Estat francés lo títous gròsses deus jornaus ni tampauc de las informacions a la ràdio o au finestron.

Sus l’empont pujèc aqueste dia lo Łukasz Kohut, deputat de Katowice deu partit Wiosna (La Prima – centre esquèrra) e sòci deu grop Aliança Progressista deus Socialistas e Democratas deu parlament. Comencèc atau son discors en polonés:

— Zjednoczona w różnorodności – motto Unii Europejskiej to piękna idea. Składa się na nią wiele elementów, a jednym z nich jest szacunek i wsparcie dla podmiotowości etnicznej, językowej i kulturowej.

(“Unida dens la diversitat”, la devisa de l’Union europèa, es una idèia de las bèras. Se compausa de fòrça elements, un d’eths es lo respècte e lo sosteng a las particularitats etnicas, lingüisticas e culturalas.)

Puèi, còp sec, sens de pervénguer, passèc au silesian:

— We Warszawie godają, że Ślonzoków niy ma, że niy momy prawa być śląskiej godki. A to niy ma gańba być ze mniyjszości, to niy ma gańba godać po ślonsku, co nom łod roków ryczeli we szulach. Je praje na opak – richtig fest gańba to je nie uznować i niy mieć we zocy inkszej kultury i inkszej historyje.

(A Varsovia disen que los Silesians existissen pas, qu’am pas lo dret d’estar de lenga silesiana. E totun i a pas de vergonha d’estar d’una minoritat, i a pas de vergonha de parlar silesian, a maugrat de çò que’ns cridèvan a l’escòla pendent annadas. Es quitament lo contrari: vertat que la vergonha es de reconéisher pas e de respectar pas las autas culturas e las autas istòrias.)

Aquò estoc l’encausa de l’interrupcion de la revirada e d’un cèrt desarrei en çò deus reviraires (a l’anglés, sola lenga-cibla de revirada). Lo president de sesilha, Marcel Kolaja, avèva pas remercat que lo deputat avèva cambiat de lenga, le preguèc de tornar díser çò qu’avèva pas estat revirat en tot pensar a un problèma tecnic.

Łukasz Kohut repetiscoc e ajustèc en polonés:

— Europa jest silna swoją różnorodnością. Nigdy o tym nie zapominajmy i nie przestawajmy walczyć. My na Śląsku walczymy o nasz język już wiele, wiele lat. I wygramy tę walkę, gwarantuję.

(Euròpa es fòrta de sa diversitat. Ac cau pas jamès doblidar e deishèm pas de lutar. Nosautes en Silesia lutam dejà per nòsta lenga dempuèi longas annadas. E vos pòdi asegurar que ganharam aquesta luta.)

Solide aqueste devís estoc l’encausa d’una fòrta discutida, sense qu’au parlament europèu, mes tanben dens los mèdias poloneses. Dens l’Estat francés, ac cau tornar díser, “un pauc mens”.

A l’ora d’ara en Polonha se debana un gran recensament on lo monde pòden díser de quina nacionalitat se sentissen. Dens son entrevista, Łukasz Kohut expliquèc qu’es mès aisit de’s declarar de nacionalitat tatara que non pas silesiana, que cau clicar purmèr sus “Auta” pr’amor qu’es pas perpausada de tira. Per la lenga d’ostau, es la medisha causa.

I a 10 ans, quan un tau recensament se debanèc per lo quau 847.000 personas se declarèn “Silesians”, lo president Kaczyński qualificava l’opcion “nacionalitat silesiana” coma “opcion alemanda amagada”. Un miei million de personas declarèn utilizar la lenga a casa.

Dempuèi 2007, totas las demandas de reconeishança oficialas de la lenga estón refusadas au nivèu deu parlament polonés, lo Sejm.

Segon çò que sabi, pas nat deputat de l’Estat francés a pas encara parlat dens una lenga minorizada sus l’empont deu parlament de Brussèllas.

Òsca lavetz a Łukasz Kohut.

 

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Humberto Maturana fue poco escuchado y comprendido por las élites

Escrito por Marcelo Trivelli

La semana pasada falleció Humberto Maturana a los 92 años. Hizo aportes significativos al estudio, conocimiento y entendimiento de los seres vivos. Tuvo una abundante creación científica y entendió, como pocos, a los seres humanos. Hizo grandes contribuciones a la biología, filosofía, antropología, sociología, a la teoría de sistemas y a la educación. A pesar de la grandeza de sus aportes, fue poco escuchado y comprendido por las élites.

Humberto Maturana fue un científico de excelencia capaz de comunicarse con la gente, porque fue un apasionado del lenguaje y propuso que los seres humanos convivimos en el lenguaje:

“Como el convivir humano tiene lugar en el lenguaje, ocurre que el aprender a ser humanos lo aprendemos al mismo tiempo en un continuo entrelazamiento de nuestro lenguaje y emociones según nuestro vivir. Yo llamo conversar a este entrelazamiento de lenguaje y emociones. Por esto el vivir humano se da, de hecho, en el conversar”.

Qué importante sería si nuestras élites comprendieran que el vivir humano se da en el conversar y no en la repetición de slogans y frases sin sustento que se dicen desde el pódium al que solo acceden quienes creen ser poseedores de la verdad.

Maturana, como científico, tuvo la humildad de reconocer que la objetividad no existe y que se utiliza para someter a otros. Que la convivencia se da en el ponerse de acuerdo y, en ello, el lenguaje y la práctica son fundamentales. Esto es el proceso de socialización que se ve amenazado por el enclaustramiento de las élites en grupos endogámicos que no conversan ni dialogan con los demás.

No es casualidad la poca confianza que la ciudadanía tiene en las instituciones. La última encuesta del CEP informa que las instituciones con niveles de confianza bajo un 20% son las iglesias evangélicas y católica (17%), empresas privadas (14%), tribunales de justicia (12%), televisión y ministerio público (11%), gobierno (9%), congreso (8%) y partidos políticos (2%).

Lamentablemente en Chile y, en general en América Latina, las élites no dialogan con la ciencia. Los y las científicas no son escuchados a la hora de diseñar política pública ni tampoco para rediseñar el actual modelo de desarrollo rentista y extractivista. La ciencia es percibida por las élites como un lujo que no puede permitirse el país bajo el pretexto de las necesidades de la población.

En Fundación Semilla valoramos y nos enriquecemos de la diversidad. Somos estudiosos y reconocemos a Humberto Maturana como un gran intelectual con sentido común. Por ello nuestro pequeño homenaje a su vida y su obra ha sido difundir esta cita que nos interpreta plenamente:

“Hoy el problema de la educación no es de la inteligencia, sino de la emoción. Si no me encuentro con el otro y no lo valoro como un igual, con emociones y sentimientos propios, no podemos educar. La educación no es sobre conocimientos, es sobre encuentros. Si guío la mirada, entonces amplío el entendimiento y puedo educar”.

 

[Imagen de radio.uchile.cl – fuente: http://www.pressenza.com]

El reciente fallecimiento de Humberto Maturana Romesín, el pasado 6 de mayo, no solo es la partida de uno de los científicos más importantes del siglo XX, sino quizás una de las figuras sentipensantes más emblemáticas en lo que refiere la crítica del racionalismo moderno.

 

Escrito por Andrés Kogan Valderrama*

El reciente fallecimiento de Humberto Maturana Romesín, el pasado 6 de mayo, no solo es la partida de uno de los científicos más importantes del siglo XX, sino quizás una de las figuras sentipensantes más emblemáticas en lo que refiere la crítica del racionalismo moderno.

Sus investigaciones junto a Francisco Varela, en la década de los 70, lo llevó a construir la teoría de la autopoiesis, la cual lo pudo llevar a ganar el premio Nobel, al plantear la idea revolucionaria de que los sistemas vivos se producen a sí mismos, dejando en jaque la idea de objetividad de la ciencia y la autonomía de la razón.

En lo que respecta a su influencia, ha sido crucial su aporte a distintos campos del saber, como son los casos de la educación, comunicación, cibernética, antropología, sociología, psicología y las ciencias de la vida, en donde autores como Niklass Luhmann, Vittorio Guidano, Gregory Bateson y Fritjof Capra, entre muchos otros, han planteado lo fundamental que han sido sus aportes para el desarrollo de un constructivismo radical, cuestionador de las tradicionales dualidades modernas, como lo son objeto-sujeto, cuerpo-mente, razón-emoción, salud-enfermedad, cultura-naturaleza.

De ahí que su mirada siempre haya sido transdisciplinaria, posracionalista y muy crítica de concepciones del mundo reduccionistas provenientes de la ciencia objetivista y de filosofías antropocéntricas. No por nada, su desarrollo de una biología del conocer y del amor en los últimos años que vivió, en estrecha colaboración con Ximena Dávila en el Instituto de Formación Matríztica, buscaba incesantemente situarse desde un paradigma relacional y amoroso, en donde la empatía, el cuidado, la reflexión desapegada de certezas, la confianza y la convivencia democrática fueron sus horizontes hasta el día de su muerte.

Asimismo, es imposible no nombrar a quizás su máximo referente, su propia madre, Olga Romesín, de formación aymara, con quien aprendería que lo más importante en la vida es el colaborar y el compartir en comunidad. Por eso su fuerte crítica al fundamentalismo de grandes ideologías totalizantes, supuestamente liberadoras, que derivarían en la práctica en meras doctrinas que han imposibilitado la reflexión y a un buen convivir.

Es desde ese lugar que Maturana manifestó siempre su crítica a modelos políticos centrados en la competencia, en la negación del otro, a través del racismo, machismo, clasismo, y de un desapego completo de la Madre Tierra, como si fuéramos los únicos seres vivos, lo cual nos tiene en una crisis climática que está poniendo en riesgo la condiciones mínimas de vida en el planeta.

No es casualidad, por tanto, que durante el estallido social de octubre del 2019 en Chile, que derivaría en una histórica revuelta popular en el país y un inédito proceso constituyente, Maturana haya planteado que “El llamado estallido social fue una queja por no ser visto. Porque el Estado no estaba cumpliendo con el compromiso fundamental de ocuparse por el bienestar de toda la comunidad. Y esto tiene que ver con el trasfondo de esta cultura centrada en la competencia” (1).

Esta fue una de las últimas reflexiones que planteó Maturana sobre lo que estaba ocurriendo en Chile antes de morir, la cual sintoniza y se entrelaza completamente con lo que vienen planteando los distintos movimientos sociales en Chile (feminista, indígena, socioambiental, regional, estudiantil), en tanto no solo una crítica al modelo neoliberal y al fundamentalismo de mercado que se impuso en dictadura y se profundizó en los últimos 30 años, sino también en la búsqueda de un nuevo Estado y sociedad, centrado en la colaboración y en la confianza.

Por lo señalado anteriormente, con la elección de constituyentes el 15 y 16 de mayo en Chile, se abre una nueva posibilidad de construir un país distinto, en donde nos pensemos por primera vez el tipo de convivir que queremos tener, sin exclusiones, donde la interculturalidad, sustentabilidad, la diversidad sexual, la equidad de género, el derecho a la diferencia y los buenos vivires, se concreten en un nuevo marco institucional, que permita vincularnos de otra manera.

Han sido décadas de abusos, maltratos y abandono del Estado a sus ciudadanos y al resto de los seres vivos, por lo que tomar en serio las reflexiones de Humberto Maturana Romesín, puede ser un buen aporte para construir un horizonte más democrático.

Nota:

(1) https://www.cnnchile.com/pais/humberto-maturana-democracia-frases-estallido-social_20210506/


* Andrés Kogan Valderrama es sociólogo en Municipalidad de Lo Prado, doctorando en Estudios Sociales de América Latina e integrante de Comité Científico de Revista Iberoamérica Social. Es miembro del Movimiento al Buen Vivir Global https://buenvivir.global/ y director del Observatorio Plurinacional de Aguas www.oplas.org

 

 

[Foto: El Ciudadano – fuente: http://www.servindi.org]