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Le président colombien nouvellement élu Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez célèbrent leur victoire à l’élection présidentielle, le 19 juin 2022, à la Movistar Arena de Bogota, le 19 juin 2022. Daniel Munoz/AFP

Écrit par Claire Nevache

Doctorante en sciences politiques, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Dimanche 19 juin était un jour d’élections. Si en France, le second tour des législatives a causé une secousse dans le paysage politique, en Colombie l’élection du nouveau président Gustavo Petro constitue un véritable tremblement de terre, annoncé toutefois par la progression de la gauche depuis une vingtaine d’années.

Alors que la menace de violences politiques avait pesé sur toute la campagne (cinq candidats à la présidence ont été assassinés depuis 1948 en Colombie), Gustavo Petro, le candidat du parti Colombia Humana, candidat pour la troisième fois et qui avait été battu au second tour en 2018, a finalement été élu, accompagné de sa vice-présidente, la très populaire Francia Márquez, militante des droits humains et de l’environnement, féministe et surtout la première vice-présidente afrodescendante de ce pays.

Une gauche longtemps déconsidérée

L’Amérique latine a connu de nombreux présidents de gauche aujourd’hui et par le passé, mais la Colombie constituait jusqu’au 19 juin dernier un véritable bastion de la droite continentale, la gauche n’ayant jamais gouverné le pays.

Plusieurs éléments avaient contribué à la marginalisation et à la diabolisation de la gauche dans le pays. D’une part, le conflit armé qui se prolonge depuis bientôt soixante ans, et dont le nombre de victimes civiles, de disparus et de déplacés ne cesse d’augmenter, avait contribué à associer la gauche aux mouvements insurgés, au premier rang desquels les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Malgré les nombreuses exactions commises par l’armée officielle, la rhétorique officielle a toujours fait peser sur les guérillas marxistes la responsabilité entière du conflit. Après la courte victoire du non au référendum sur les accords de paix en octobre 2016, de nouveaux accords remaniés ont été ratifiés fin 2016 par le Congrès. La situation n’est toutefois pas totalement stabilisée : l’ancienne guérilla des FARC, mais aussi des observateurs internationaux dénoncent régulièrement les manquements aux accords de la part du gouvernement, tandis qu’un certain nombre de groupes armés continuent à opérer dans la clandestinité.

Homme de dos portant une veste sur laquelle il est écrit « Je crois en l’ingénieur Rodolfo et je ne crois pas en Petro et son groupe de guérilleros »

Un partisan du magnat de la construction Rodolfo Hernandez, l’adversaire de Gustavo Petro au second tour, porte une veste sur laquelle on peut lire « Je crois en l’ingénieur Rodolfo et je ne crois pas en Petro et son groupe de guérilleros » à Bogota, le 16 juin 2022. Ophélie Lamard/AFP

D’autre part, les États-Unis ont longtemps accordé une attention particulière à la Colombie. Dans le cadre de la guerre froide, Washington a massivement soutenu Bogota dans sa répression des groupes insurrectionnels et plus tard dans la « Guerre contre la Drogue ». En retour, la Colombie s’est positionnée comme un allié solide des États-Unis à l’international (notamment dans ses votes à l’ONU et en devenant partenaire de l’OTAN) et dans la région, en particulier en ce qui concerne l’isolement du Venezuela.

L’évolution du Venezuela, dirigé de 1999 à 2013 par Hugo Chavez et depuis 2013 par son successeur Nicolas Maduro, est l’élément le plus récent ayant contribué à faire de la gauche un véritable repoussoir dans la région. Pour la Colombie, qui partage avec le voisin bolivarien une frontière de plus de 2 000 km de long, traversée par d’innombrables trafics mais surtout par des flux migratoires sans précédent (la Colombie accueille deux des cinq millions de Vénézuéliens exilés), cette relation s’est traduite par des crises diplomatiques successives, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques et la fermeture de la frontière en 2019.

Les raisons de la victoire

Dans ce contexte, comment expliquer cette victoire de la gauche ? D’une part, le contexte socioéconomique du pays est très marqué par une recrudescence des inégalités (la Colombie est aujourd’hui le pays le plus inégal du continent, lui-même le plus inégal du monde) et de la pauvreté.

Ainsi, la pandémie a entraîné un recul d’une décennie en termes de lutte contre la pauvreté, avec 3,6 millions de nouveaux pauvres. Dans certains départements comme la Guajira ou le Chocó, c’est environ 65 % de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Ces régions ont massivement voté pour Petro, dont la promesse de mettre en place des politiques sociales universelles et, surtout, de gouverner pour tout le pays, et pas uniquement depuis et pour les grands centres urbains du centre de la Colombie, a séduit en priorité les zones côtières et périphériques.

Le mandat d’Iván Duque, président sortant élu en 2018, avait également été émaillé de manifestations massives, liées au mécontentement de la population quant aux politiques économiques, sociales et environnementales et au manque de volonté politique d’appliquer les accords de paix. Ces manifestations avaient été brutalement réprimées, l’ONU parlant d’au moins 28 morts pour le seul mois de décembre 2021. L’usage de la force de la part du gouvernement, la quasi-disparition de la guérilla avec les accords de paix, qui prive le camp de la droite de son épouvantail, l’incapacité de mettre fin aux assassinats de leaders sociaux et de militants environnementaux sont autant d’éléments qui ont fini de miner la crédibilité de la droite colombienne.

                   Colombie : une semaine de manifestations meurtrières, France24, 6 mai 2021.

Les accords de paix et la sortie progressive du conflit armé ont obligé les candidats à se positionner sur d’autres thèmes, économiques, sociaux en environnementaux, sur lesquels Petro et Márquez jouissaient d’un avantage face à la droite. Lors de son discours de victoire électorale, ses sympathisants scandaient ainsi « ¡No más guerra ! » (plus de guerre !), confirmant également que le camp de la droite, historiquement opposé aux accords de paix et traînant des pieds pour mettre en œuvre les mesures de réparation, n’a pu offrir aux Colombiens une transition convaincante vers la paix.

Gustavo Petro a donc été élu avec une participation historique, dans les provinces les plus touchées par la pauvreté et les plus périphériques, mais aussi massivement à Bogota. La carte du vote en faveur de Petro rejoint ainsi presque parfaitement le vote du oui au référendum sur les accords de paix d’octobre 2016.

L’influence des Églises évangéliques sur la politique colombienne avait été largement commentée au moment de ce référendum sur les accords de paix. Certaines méga-Églises (ces dénominations évangéliques dont l’assistance compte des milliers de fidèles) avaient en effet fait campagne en faveur du non, notamment en raison des positions réelles ou supposées contenues dans le texte des accords sur la question du genre.

Cependant, le plus ancien parti évangélique du continent, le Mouvement indépendant de rénovation absolue (MIRA), avait fait campagne pour le oui. Ainsi, le caractère décisif de leur influence est loin d’être établi. Les fidèles évangéliques ne suivent pas nécessairement en masse les instructions de leur pasteur sur les questions électorales, et celles-ci ne sont d’ailleurs pas forcément les mêmes d’une Église à une autre. Ainsi, les deux partis évangéliques étaient au premier tour divisés entre une candidature propre, obtenant à peine 1,29 % des votes (alors que le secteur représente environ 18 % de la population).

Un ancien guérillero au pouvoir… comme dans plusieurs autres pays du continent

Les adversaires de Petro ont bien tenté de le délégitimer pendant toute la campagne en insistant sur son passé de guérillero, pourtant relativement limité et abandonné il y a plus de trente ans.

En se détournant de la voie des armes pour se lancer dans le combat politique électoral, Petro a rejoint un certain nombre d’autres personnalités majeures du continent, socialisés politiquement à une époque où la gauche n’existait que dans la clandestinité et qui, avec les transitions démocratiques, ont elles-mêmes opéré une transition vers la politique électorale et institutionnelle. Avant d’accéder à la présidence, il avait élu député à trois reprises, maire de Bogotá à deux reprises et sénateur à deux reprises ; en étant élu à la tête de l’État, il intègre un groupe où l’on retrouve déjà des figures comme Pepe Mujica en Uruguay (2010-2015), Dilma Rousseff au Brésil (2011-2016), ou encore Salvador Sánchez Cerén au Salvador (2014-2019), tous venus de la gauche clandestine et armée avant de finir par diriger démocratiquement leur pays.

Les défis qui l’attendent sont majeurs : la lutte contre la pauvreté et les inégalités requièrent la mise en place de programmes sociaux ambitieux, et donc d’une importante réforme fiscale (la fiscalité rapportée au PIB est de presque 15 points inférieure à la moyenne de l’OCDE). La poursuite du processus de paix et l’amélioration de la protection des droits humains se heurteront à une opposition et des intérêts réticents ; mêmes problématiques en ce qui concerne tout comme la question persistante du trafic de drogue, le rétablissement des relations diplomatiques avec le voisin vénézuélien ou encore l’adaptation au changement climatique, aspect fondamental pour un pays qui y est particulièrement vulnérable.

Gustavo Petro devra composer avec une dette qui a fortement augmenté depuis la pandémie, un peso largement dévalué et la nécessité d’une réforme fiscale toujours délicate. En plus de ces difficultés économiques et budgétaires, Petro devra tenter d’appliquer son programme alors qu’il ne dispose pas de majorité claire au Congrès. Il faudra donc probablement modérer les réformes pour convaincre l’opposition – fragmentée et dénuée de leadership – de les voter. Les prochaines années constitueront probablement une jeu d’équilibriste difficile, entre des négociations obligées avec l’opposition et l’impératif de ne pas décevoir l’espoir de changement.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Gabriel García Márquez y Rodolfo Walsh, padres de un género atribuido a Truman Capote.

Gabriel García Márquez (1927-2014), escritor colombiano y Premio Nobel de Literatura en 1982

Gabriel García Márquez (1927-2014), escritor colombiano y Premio Nobel de Literatura en 1982

Escrito por GUSTAVO GONZÁLEZ RODRÍGUEZ

A sangre fría ha sido durante muchos años una lectura obligatoria para los estudiantes de nuestras escuelas de Periodismo, y en América Latina prevalece la idea de que el estadounidense Truman Capote es el padre de la narrativa de no ficción. Un mérito que puede ser cuestionado con numerosos antecedentes que validan como pioneros de este género periodístico-literario a dos latinoamericanos: el colombiano Gabriel García Márquez y el argentino Rodolfo Walsh.

No se trata de instalar una disputa artificial en un terreno que será siempre controvertido, pero sí de exigir a los formadores de periodistas y divulgadores literarios un mayor rigor intelectual que los aleje de una excesiva inclinación anglosajona que termina desconociendo la histórica contribución de las vertientes latinas europeas y americanas en el afortunado maridaje de periodismo y literatura.

A sangre fría fue publicada en 1966, un año después de la ejecución en la horca de Richard Hickock y Perry Smith, quienes asesinaron en noviembre de 1959 de los cuatro miembros de la familia Clutter en Kansas.

Once años antes, en 1955, Gabriel García Márquez publicó en 14 entregas diarias en el diario El Espectador su Relato de un náufrago, un texto testimonial basado en una extensa entrevista a Luis Alejandro Velasco, tripulante de un buque militar de la Armada colombiana, que sobrevivió durante diez días en una precaria balsa tras caer al mar desde el barco.

También se adelantó a Capote el periodista argentino Rodolfo Walsh, quien en 1957 publicó Operación Masacre, sobre una serie de asesinatos que agentes del Estado cometieron en junio de 1956 durante la llamada Revolución Libertadora, nombre que se dio la dictadura militar que en 1955 derrocó a Juan Domingo Perón.

Es cierto que ni Relato de un náufrago ni Operación Masacre alcanzaron en su momento el impacto que tendría después A sangre fría, convertido en un bestseller apenas lanzado el libro. El público adquirió masivamente esta obra, que con destreza literaria, una exhaustiva investigación y numerosas entrevistas, que incluyeron a Hickock y Smith, construyó una apasionante narración del antes, el ahora y el después de un crimen que conmovió a los Estados Unidos.

También es cierto que García Márquez y Walsh publicaron sus trabajos en condiciones políticas bastante adversas que les pasaron la cuenta en su momento y postergaron el reconocimiento de los lectores y de la industria editorial.

Relato de un náufrago no es solamente una extensa entrevista publicada en 14 entregas en El Espectador, al estilo de los viejos folletines policiales y románticos. El testimonio que el futuro nobel de Literatura construyó con las palabras de Luis Alejandro Velasco es un compendio de buen periodismo y buena literatura. Sobriedad y suspenso son ingredientes que atraviesan todo el relato y transmiten el mundo interior de un modesto marino enfrentado al gran desafío de la supervivencia.

Al estilo de los viejos cronistas, García Márquez puso un extenso título a su trabajo: Relato de un náufrago que estuvo diez días a la deriva en una balsa sin comer ni beber, que fue proclamado héroe de la patria, besado por las reinas de la belleza y hecho rico por la publicidad, y luego aborrecido por el gobierno y olvidado para siempre.

Un título que es un buen resumen de la odisea de Velasco y sus consecuencias. El buque militar Caldas regresaba de Mobile, Alabama, donde había sido sometido a reparaciones. En la navegación de regreso a Colombia, Velasco cayó al océano. La versión oficial de la Armada fue que la caída se produjo a causa de una tormenta mientras el marino estaba en cubierta. Así, cuando finalmente fue rescatado tras una decena de días a la deriva en alta mar, fue recibido como un héroe, lo cual fue bien aprovechado como propaganda por la dictadura del general Gustavo Rojas Pinilla.

La entrevista con el joven periodista García Márquez reveló que nunca hubo tal tormenta y, aún más, puso al descubierto un escándalo de corrupción, ya que Velasco se precipitó por la borda del barco cuando intentaba con otros tripulantes contener una carga mal estibada, que contenía artículos de contrabando.

Fue tal el impacto de la denuncia que El Espectador optó por proteger a García Márquez sacándolo de Colombia y enviándolo como corresponsal a París, con una austera remuneración que desapareció por completo cuando la dictadura cerró el diario. Fue en una modesta buhardilla parisina de la rue Cujas, entre privaciones, que creó El coronel no tiene quien le escriba, su segunda novela después de La hojarasca.

El impacto que alcanzó Cien años de soledad desde su publicación en 1967 abrió las puertas de la industria editorial a textos anteriores de Gabo, como El coronel no tiene quien le escriba y el propio Relato de un náufrago, publicado como libro en 1970.

«Periodismo es difundir aquello que alguien no quiere que se sepa; el resto es propaganda. Su función es poner a la vista lo que está oculto, dar testimonio y, por lo tanto, molestar». La cita corresponde a un escrito del periodista argentino Horacio Verbistky, aunque la primera frase es atribuida indistintamente, entre otros, a George Orwell y Randolph Hearst.

Si esa condición se cumplió en Relato de un náufrago, con mayor razón se dio en Operación Masacre, un libro que, en un ambiente cargado de represión y violaciones de los derechos humanos, denunció un crimen masivo de una dictadura militar. Rodolfo Walsh construyó esta obra a partir de una hebra: un comentario que escuchó acerca de un sobreviviente de un fusilamiento. A partir de ahí fue armando la madeja, mediante entrevistas a otros peronistas que libraron con vida y a familiares de los asesinados.

El producto fue este libro, publicado en 1957, que se fue enriqueciendo en sucesivas ediciones con nuevos antecedentes y que incluso fue llevado al cine con el propio Walsh como coguionista. Operación Masacre es una gran obra literaria en el mejor sentido y no es exagerado el papel fundacional de la narrativa de no ficción que algunos estudiosos le otorgan, destacando que se adelantó nueve años a Truman Capote y su A sangre fría.

Al igual que Relato de un náufrago, Operación Masacre fue inicialmente divulgado en varias entregas en un modesto diario, Revolución Nacional, entre enero y marzo de 1957. La investigación se enriqueció y en junio del mismo año publicó otros nueve artículos en la revista Mayoría. Fue en diciembre de 1957 cuando Ediciones Sigla lanzó el libro.

Walsh fue asesinado en Buenos Aires en una emboscada de un grupo de tareas de la tristemente célebre ESMA (Escuela de Mecánica de la Armada) el 25 de marzo de 1977. Los marinos se llevaron su cuerpo. Es uno de los miles de desaparecidos que dejó la dictadura encabezada en sus primeros años por el general Jorge Rafael Videla y el almirante Emilio Massera.

Fue el epílogo sangriento de un periodista y escritor que en su corta vida de cincuenta años radicalizó sus posiciones y su compromiso con las letras y la revolución socialista desde las tendencias más libertarias del peronismo. En aquellos años en que predominaba como respuesta a la llamada prensa burguesa el periodismo de trinchera, teñido a menudo de panfleto y maniqueísmo, Walsh y García Márquez instalaron una narrativa de no ficción de gran calidad periodística y literaria.

Así como a Capote se le atribuye que echó las raíces del nuevo periodismo que Tom Wolfe codificó a partir de 1960 en los Estados Unidos, puede afirmarse que Relato de un náufrago Operación Masacre tuvieron un papel fundacional en las ricas expresiones que esta tendencia rupturista desarrolló en la América Latina desde un ejercicio periodístico permanentemente acosado por las dictaduras y los poderes empresariales.

Lo esencial desde nuestros autores latinoamericanos hasta Capote, Wolfe y sus seguidores está en el rescate de la alianza entre literatura y periodismo.

Un maridaje precisamente rechazado por seguidores de los formatos y técnicas que desde Estados Unidos adecuaron la redacción de las noticias a la industrialización de la prensa en la primera mitad del siglo XX. La pirámide invertida dispuso que las informaciones debían ser redactadas respondiendo a las «cinco W» (qué, quién, cuándo, dónde, por qué), en una secuencia jerarquizada que casi por obra de magia produciría objetividad.

«Los hechos son sagrados y las opiniones libres», fue una sentencia anglosajona que nos invitaba a reconocer una quinta esencia de virtud en el modelo, capaz entonces de conjugar, según el formato, el rigor informativo con la más completa libertad de expresión. La historia del periodismo, y también de la política, ofrece sin embargo innumerables episodios de invención, ocultamiento o distorsión de hechos, así como de manipulación, instrumentalización e incluso persecución de las opiniones.

Al final prevalece la ética como único canon válido para legitimar, no solo la función social del periodismo, sino sus niveles de calidad. Un terreno en que la trayectoria periodística de Truman Capote dejó zonas oscuras, según varios de sus biógrafos. Pero esto ya es materia para otro artículo.

Por ahora, consignemos que la narrativa de no ficción, el nuevo periodismo e incluso el periodismo de investigación han enriquecido el panorama literario mundial. A esta altura, cualquier enumeración puede parecer arbitraria, pero me atrevo a reivindicar una vez más a Tomás Eloy Martínez con Santa Evita y La novela de Perón y al uruguayo Ernesto González Bermejo con Las manos en el fuego, como ejemplos a mi juicio relevantes.

En 2018, el Premio Alfaguara, considerado el mayor galardón de narrativa en lengua hispana, recayó en el mexicano Jorge Volpi con Una novela criminal, texto que en la práctica no tiene nada de ficción, basado cien por ciento en un caso judicial real y reconocido por sus méritos periodísticos y literarios.

Tres años antes, 2015, la Academia Sueca otorgó el Nobel de Literatura a la periodista bielorrusa Svetlana Aleksiévich, autora entre otros libros de La guerra no tiene rostro de mujer, Los muchachos de zinc y Voces de Chernóbil, tres obras excepcionales construidas a partir de testimonios, ejemplos de narrativa de no ficción.

(*) Gustavo González Rodríguez. Periodista y escritor. Magíster en Comunicación Política, Periodista y diplomado en Periodismo y Crítica Cultural en la Universidad de Chile. Fue director de la Escuela de Periodismo de esa misma universidad (2003-2008) y presidente de la Asociación de Corresponsales de la Prensa Internacional en Chile (1992-1995). Corresponsal en Ecuador y director de la oficina de Inter Press Service en Chile, y editor de la agencia en Italia y Costa Rica. Fue corresponsal también de Latin America Newsletter (Inglaterra), El Periódico de Barcelona (España), revista Brecha (Uruguay) y diario Milenio (México). Autor de los libros «Caso Spiniak. Poder, ética y operaciones mediáticas» (ensayo), «Nombres de mujer» (cuentos) y «La muerte de la bailarina» (novela).

 

[Fuente: http://www.meer.com]

ONU Derechos Humanos en México acaba de publicar un libro contando historias sobre las valientes acciones de mujeres indígenas defendiendo sus propios derechos. En vísperas del Día Internacional de los Pueblos Indígenas, Noticias ONU te trae la historia de Miriam, una mujer zapoteca que lucha por la preservación de su cultura, su tierra y su lengua.

Miriam Pascual Jiménez, mujer zapoteca de la sierra norte de Oaxaca, es antropóloga social y abogada y ha dedicado gran parte de su vida a la defensa de los derechos humanos de las mujeres y las niñas, y a la preservación de su cultura, su tierra y su lengua. Su historia ha sido recogida en un libro or ONU Derechos Humanos en México.

Miriam Pascual Jiménez, mujer zapoteca de la sierra norte de Oaxaca, es antropóloga social y abogada y ha dedicado gran parte de su vida a la defensa de los derechos humanos de las mujeres y las niñas, y a la preservación de su cultura, su tierra y su lengua. Su historia ha sido recogida en un libro por ONU Derechos Humanos en México.

Miriam Pascual Jiménez es una mujer zapoteca, originaria de la sierra norte de Oaxaca, de la comunidad de Guelatao. Es antropóloga social y abogada y ha dedicado estos últimos años a trabajar por la defensa de mujeres y niñas en temas relacionados con la defensa del territorio, el combate a la trata de personas y la defensa de los derechos de las mujeres en Guelatao.

Miriam, es una mujer muy alegre, solidaria y decidida que ha dedicado una gran parte de su vida a la defensa de los derechos humanos y a la preservación de su cultura, tierra y lengua. Su historia ha sido documentada recientemente en el libro Las valientes aventuras de mujeres defensoras. Relatos para niñas y niños de todas las edades, editado por ONU Derechos humanos.

Miriam creció y vivió en Guelatao y vio como sus familiares, aunque salían de la comunidad por motivos de trabajo o para estudiar, al final siempre volvían para regresar algo a la comunidad.

Ella fue afortunada ya que tuvo la oportunidad de estudiar dos licenciaturas.

“Prácticamente un privilegio dentro de la región. Somos muy pocas personas las que alcanzamos una educación universitaria. Es un tema complicado porque la discriminación en el sistema educativo hacia los pueblos originarios es gigantesca. Entonces en realidad yo logro estudiar porque mi abuela rompe con la tradición del matrimonio forzado hacia ella”, señala.

Primero estudió Antropología Social en Puebla y luego Derecho en la Ciudad de México. Fueron muchos los obstáculos que tuvo de sortear para poder concluir sus estudios: desde discriminación hasta la falta de recursos.

Por ejemplo, tuvo que vender dulces, para terminar las carreras. Pero es en ellas donde se especializa en derechos humanos.

En la primera licenciatura aprendió a documentar casos de violaciones a derechos humanos; y en la segunda, a llevar a cabo litigios estratégicos.

Comenzó a trabajar en diversos temas como delincuencia organizada, pueblos indígenas, desapariciones y trata de personas: “Pero siempre, en mi memoria todos los días, estaba la sierra”.

Miriam es ahora la titular de la Instancia Municipal de la Mujer del municipio de Ixtlán de Juárez.

ONU México – Miriam es ahora la titular de la Instancia Municipal de la Mujer del municipio de Ixtlán de Juárez.

De vuelta a casa

Guelatao es una comunidad que se rige por el sistema normativo de usos y costumbres. Miriam volvió hace unos años a retornar algo a su comunidad.

“Si bien yo soy defensora de derechos humanos, el servicio que yo brindo no solo en la comunidad, sino en la región, está muy enfocado a la promoción y difusión y resignificación de lo que son los derechos humanos. (…) Por eso es necesario el discurso de los derechos humanos, apropiarnos de él para interactuar entre nosotros, pero más para interactuar en ese contexto mundial, porque si no es con los derechos humanos, definitivamente no hay un parámetro de igualdad para relacionarse”, explica Miriam.

Para ella el gran reto en la región es quitar el estigma sobre los derechos humanos, “(…) porque en nuestra vida cotidiana siempre nos han dicho que eso no es para nosotros”. Mientras nosotros no nos asumamos en ese contexto jurídico internacional, vamos a seguir siendo vistos como cosas, como objetos, como patrimonio, no como personas”.

Difundir el mensaje de forma clara

El segundo reto fue hacerlo de una forma que sea respetuosa con la comunidad, que no traiga un lenguaje técnico, que nadie entienda. “Es como si tú creyeras que no existe conocimiento dentro de la comunidad, entonces buscamos dónde estaban los derechos humanos dentro de la comunidad y comenzamos a hacerlo a través de talleres de fotografía, de talleres de radio, de talleres de guion, de talleres de locución. En fin, todo por el tema cultural”.

En este trabajo la radio ha sido la herramienta a través de la cual han logrado difundir información e involucrar a la comunidad que enfrenta dificultadores para tener acceso a tecnología o Internet.

Miriam, además, es ahora la titular de la Instancia Municipal de la Mujer del municipio de Ixtlán de Juárez, que se encarga de guiar a las autoridades para emitir leyes respetuosas que garanticen la vida libre de violencia. También de coadyuvar con la Fiscalía y con las instituciones del Estado, para que tengan un enfoque intercultural.

Para ella hay dos tareas indispensables: fortalecer el proceso de difusión de la información en derechos humanos y eso implica tener una radio propia; y contar con refugio para mujeres víctimas de violencia.

Y, entre tanto, Miriam acude con los jóvenes de la comunidad a grabar cápsulas de radio para difundir información sobre derechos humanos, al tiempo que rescata el conocimiento tradicional de las personas zapotecas de la región.

Este año el Día Internacional de los Pueblos Indígenas tiene como tema “El papel de las mujeres indígenas en la preservación y transmisión del conocimiento tradicional”.

Para ella, haber contribuido a crear el libro publicado por ONU Derechos Humanos “significa la posibilidad de decir que, a pesar de los obstáculos, tenemos que tomar compromisos con la comunidad desde los saberes de la comunidad o desde los saberes de donde los obtengamos. Porque hay conocimiento en todas partes”.

A través de la radio, Miriam difunde información sobre los derechos humanos e implica a los jóvenes de la comunidad.

ONU México – a través de la radio, Miriam difunde información sobre los derechos humanos e implica a los jóvenes de la comunidad.

Amplificar la voz de las mujeres indígenas

Miriam es un perfecto ejemplo del lema del Día Internacional de los Pueblos Indígenas pues, como señala el secretario general de la ONU en un mensaje con motivo de la efeméride, ellas “son defensoras denodadas de las lenguas y las culturas indígenas” y “defienden el medio ambiente y los derechos humanos de los pueblos indígenas”.

Por ese motivo, António Guterres sostiene que “para construir un futuro equitativo y sostenible que no deje a nadie atrás, debemos amplificar las voces de las mujeres indígenas” y destaca que “los conocimientos tradicionales indígenas pueden ofrecer soluciones a muchos de nuestros desafíos comunes”.

Trabajo de la ONU en México con los pueblos indígenas

En México habitan 68 pueblos indígenas, el 10% de su población total.  Su patrimonio lingüístico incluye 68 lenguas originarias, colocando a México en el décimo lugar con la mayor diversidad lingüística del mundo.

La promesa de la Agenda 2030 de no dejar a nadie atrás reviste una importancia crucial para los pueblos indígenas. A su vez, los pueblos y comunidades indígenas tienen mucho que aportar al logro de los Objetivos de Desarrollo Sostenible.

Por ello, las acciones de las Naciones Unidas en México tienen un enfoque de interculturalidad, el cual promueve la diversidad y focaliza esfuerzos para combatir la discriminación, favorecer la inclusión, integración y equidad en el acceso a las oportunidades de desarrollo de los pueblos y las comunidades indígenas.

Algunos de los esfuerzos que acompaña ONU México para alcanzar estos objetivos son:

  • Ayudar al diseño de leyes en materia de igualdad, inclusión y no discriminación en el ejercicio de los derechos de los pueblos indígenas, incluida la consulta previa
  • Promover el derecho a una educación intercultural que fomente sus saberes y tradiciones
  • Crear condiciones de igualdad en la integración de los pueblos indígenas, incluidas las mujeres, en las cadenas productivas
  • Participar en los espacios de toma de decisiones y fortalecer sus capacidades para el empoderamiento económico y la gestión sostenible de los recursos de los pueblos indígenas
  • Gestionar un conocimiento que garantice la libertad de expresión y el desarrollo de medios de comunicación y del patrimonio lingüístico
  • Combatir los distintos tipos de violencia, incluyendo contra las mujeres y defensores de derechos humanos de los pueblos indígenas

[Fuente: http://www.un.org]

Los profesores Jerónimo Ríos y José Manuel Azcona coordinan una obra coral en la que una pluralidad de investigadores y profesores procedentes de diversas disciplinas académicas nos explican la génesis y el desarrollo de un actor fundamental en la reciente historia de América Latina: las guerrillas. Al comienzo del libro se plantean un reto de enjundia que cumplen de manera más que satisfactoria: “Hemos asistido, en efecto, en numerosas ocasiones a un mar de emociones en torno a esta temática que ha tapado el análisis certero, científico, académico (…) Por tanto, hemos intentado sacar a cada guerrilla latinoamericana de su hálito de romanticismo para ubicarla en el campo de la academia” (Ríos y Azcona, p. 6). Así, además de una redacción fluida que huye del metalenguaje, encontramos una abundancia de fuentes bibliográficas que reflejan el sobresaliente conocimiento del objeto de estudio por los autores.

Escrito por ALFREDO CRESPO ALCÁZAR

Historia de las guerrillas en América Latina

Aun con sus diferencias, todas las guerrillas latinoamericanas mostraron ciertos rasgos casi comunes. En primer lugar, su actuación durante un contexto geopolítico muy concreto como fue la Guerra Fría, aunque algunas de ellas, por ejemplo, Sendero Luminoso o las FARC, también desarrollaron sus actividades en plena Posguerra Fría. En segundo lugar, la gran característica que permeó por todas ellas fue la influencia ejercida por el binomio marxismo-Revolución cubana.

En efecto, el éxito del dúo formado por Fidel Castro y Ernesto Che Guevara trató de ser emulado en otros enclaves de la región, lo que implicó el empleo de la violencia, legitimada por esa finalidad revolucionaria, y supuso un desprecio de los mecanismos tradicionales de participación política, aunque estos últimos en algunos países estaban lejos de garantizarse, cabe matizar. Al respecto, uno de los líderes de los tupamaros uruguayos, Raúl Sendic, se expresaba en los siguientes términos: “Hoy en día nos podría dar más garantías individuales un revólver bien cargado que toda la Constitución de la República y las leyes que consagran derechos juntos” (Pinta, p. 222).

A partir de ahí, las diferencias entre las guerrillas se manifiestan de forma tangible, en particular en lo que concierne a su evolución e influencia. Por un lado, algunas fueron derrotadas en el contexto de sangrientas guerras civiles en las que las vulneraciones de los derechos humanos formaron parte del paisaje. Por otro lado, tenemos aquellas otras que aceptaron la democracia y sus reglas del juego, compitiendo en distintos procesos electorales, un fenómeno iniciado en los años 80 y que llega hasta nuestros días. Tal fue el caso de los tupamaros, FMLN y FSLN: “El sandinismo logró unir en una misma organización el legado histórico de Sandino, el marxismo y las corrientes ideológicas provenientes de la nueva izquierda latinoamericana posterior a la Revolución Cubana, las revoluciones del 68 y la teología de la liberación, en un país donde el uso de la vía armada contaba con un tradicional arraigo” (Sánchez Iglesias, p. 47). Ocupando una suerte de “tercera vía”, encontramos países (Colombia) y guerrillas (FARC) en los que el panorama actual dista mucho de su completa normalización y estabilización.

Editado por Catarata, Madrid, 2019

Como hemos subrayado, el sueño de la revolución se hallaba presente en el modus operandi de estas guerrillas, aunque no siempre contaron para tal empresa con un apoyo social mayoritario; de hecho, lo normal fue lo contrario. En consecuencia, el proyecto que perseguían respondía más a los deseos de una elite minoritaria. A pesar de este inconveniente estructural, guerrillas y guerrilleros se arrogaron la representación de los intereses de la nación en conjunto, en cuyo nombre decían hablar y actuar.

En este apartado, el lenguaje jugó un rol clave a la hora de elevar a la categoría de héroes y de mártires a ciertos protagonistas cuyo mérito principal radicó en asesinar a sangre fría a un adversario al que previamente habían estigmatizado. Tal fue el caso del montonero argentino Fernando Abal Medina descrito por sus compañeros tras su muerte en un enfrentamiento con la policía en los siguientes términos: “Era una claro y típico exponente de un militante revolucionario en un país semicolonial. Su antidogmatismo, su heterodoxia ideológica, fruto de las distintas vertientes de su formación política, lo hacían naturalmente abierto a la comprensión de las formas específicas que los caminos de la liberación planteaban a los argentinos al fin de la década de los sesenta” (Azcona, p. 204).

En la obra también se diseccionan con precisión aspectos que chocan frontalmente con algunos tópicos que existen cuando se analizan cuestiones relacionadas con guerrillas y organizaciones terroristas. Uno de ellos alude a la tendencia a ubicar a sus integrantes en los escalafones más bajos de la pirámide social. El MIR chileno contradice esta idea, en tanto en cuanto, sus principales dirigentes desarrollaban estudios universitarios y procedían de familias acomodadas y bien relacionadas con los diferentes gobiernos democráticos del país andino.

En íntima relación con la idea anterior, otro mantra que finiquita de raíz esta obra es aquel que señala que guerrillas y organizaciones terroristas surgen en el interior de regímenes autoritarios y dictatoriales. En algunos casos así es y aparecen explicados en profundidad en el libro que tenemos entre manos. Sin embargo, hay excepciones a esta suerte de teoría con pretensiones de generalidad. En Perú, Sendero Luminoso perpetró sus primeros atentados terroristas justo el mismo día en el que la democracia regresaba al país (1980), aunque durante los años previos la organización liderada por Abimael Guzmán había reverenciado sin ambigüedad el uso de la violencia.

Con todo ello, ante este escenario de violencia generalizada que mostraba evidente vocación de permanencia, ¿qué reacciones se produjeron? Al contrario de lo que constituye una constante en la actualidad, esto es, la cooperación entre gobiernos y entre organizaciones supranacionales, la época que cubre esta obra se caracterizó por el fenómeno inverso. No nos encontramos ante un rasgo solo visible en América Latina. En efecto, como también ocurrió en Europa occidental, la legislación de excepción fue la principal medida adoptada por las autoridades gubernamentales, junto con otra herramienta que en la región latinoamericana sí cobró personalidad propia: el recurso a la represión por parte de las fuerzas y cuerpos de seguridad, sin olvidar el rol desempeñado por grupos paramilitares. Aquellas no se hallaban capacitadas para abordar un fenómeno tan novedoso como el que constituían esas guerrillas y grupos terroristas, cuya magnitud fue subestimada, como se apreció en el caso de Sendero Luminoso: “Además, contó con la desidia del gobierno entrante, de las organizaciones políticas de las izquierdas democráticas que se presentaron a las elecciones, los medios de comunicación y la sociedad. Las acciones de la violencia senderista se instalaron sobre todo en la periferia del poder político concentrado en la ciudad capital: Lima. Mientras no se sintió amenazada no prestó atención ni interés a lo que sucedía en sus márgenes” (Sánchez, p. 154). Como resultado de este proceder, se perpetraron innumerables violaciones de los derechos humanos en forma de asesinatos aún sin resolver y de desaparecidos, como refrendan los casos de las dictaduras chilena y argentina.

En definitiva, una obra oportuna, necesaria y rigurosa desde el punto de vista académico que nos acerca el complejo pasado inmediato, lo que nos permite comprender el presente plagado de interrogantes que se observa en América Latina. Los autores reivindican el método científico y se desmarcan deliberadamente del buenismo que tiende a emerger cuando se abordan objetos de estudio como las guerrillas. Esa presencia del buenismo suele dar como resultado una empatía que de una forma u otra justifica las acciones del guerrillero, aunque aquellas estén guiadas por el uso sistemático de la violencia.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

 

 

Cientos de personas protestan este domingo en la céntrica plaza de Callao en Madrid contra « la masacre en Melilla », convocados por asociaciones de inmigrantes y antirracistas, en Madrid.

Escrito por Desirée Bela-Lobedde

El pasado 24 de junio se produjo otra tragedia en la valla de Melilla. Tras la intervención de las fuerzas y cuerpos de seguridad marroquíes, en territorio español, la operativa policial terminó en resultado de muerte para, por lo menos, treinta y siete personas negroafricanas que intentaban cruzar la valla, aunque después de la publicación de este artículo la cifra podría seguir aumentando, ya que otras muchas quedaron en estado de gravedad. La noticia ya se ha publicado en muchos medios de comunicación, como en este mismo diario (Público).

Hemos visto unas declaraciones del presidente del gobierno más progresista de la historia de España hablando de «presión migratoria»; hablando del Sahel y del África subsahariana como si fueran lo mismo —vergüenza torera le tendría que dar creer que el Sahel y la mal llamada África subsahariana son la misma cosa—. Hemos escuchado al señor Pedro Sánchez hablar de «integridad territorial». También le hemos escuchado defender la actuación de las fuerzas y cuerpos de seguridad marroquíes, y defender un acuerdo de migración entre los dos países que es causa de muerte para muchas personas africanas.

Como siempre y una vez más, hemos escuchado hablar de «asalto violento bien organizado y bien perpetrado», una expresión que redunda en la criminalización de las personas africanas con un objetivo estudiado y muy claro: justificar el uso de la violencia y la fuerza desmedida contra ellas.

Desde esa criminalización se habla de los niveles de violencia empleados por los migrantes, como si la violencia ejercida por ambas partes fuese equiparable. Los migrantes, porque no llegan a la categoría de personas. Quitarles la etiqueta de migrantes y hablar de personas sería humanizarles, y eso no interesa. Lo que interesa —a los gobiernos y a la mayoría de medios de comunicación, en favor de la alarma social y el miedo— es seguir relacionando a las personas migrantes negroafricanas con la criminalidad, con las avalanchas, con la amenaza a la integridad. Anclarlas a la categoría de migrantes perpetúa la deshumanización. Y la deshumanización garantiza la indiferencia.

Este es el mecanismo utilizado para que, cuando el público español vea en sus pantallas las imágenes de todas esas personas —insisto: personas; no migrantes— agonizando o ya inertes, mientras la policía sigue maltratando sus cuerpos, no haya alarma, no haya conmoción ni indignación. Que nadie sienta la rabia quemándole por dentro ante tanta violencia. De hecho, la audiencia española ya está insensibilizada: se ha promovido tanta la pornografía de la muerte de los cuerpos negros que, a fuerza de verlos sin vida, poca gente reacciona. Así nadie sale a la calle a pedir explicaciones de por qué se violan sistemáticamente los derechos humanos de estas personas. Personas, no migrantes; insisto.

El trabajo colectivo de deshumanización está bien logrado. No son personas; son migrantes. Vienen desde África a invadir, a amenazar los valores de esta Europa fortaleza que se construyó y progresó robando y expoliando sus tierras y esclavizando a sus habitantes. Son delincuentes, son bestias asalvajadas y violentas: la propaganda ya se ha encargado de retratarlas así, despersonalizándolas para justificar el trato violento y deshumanizado que se ejerce sobre ellas.

Son otra categoría de personas de menos valor. No son rubias con los ojos azules. No son católicas ni europeas. Por eso no merecen la movilización social ni la acogida inmediata. Por eso merecen la muerte y el trato indigno y vejatorio. Por eso no merecen vías seguras para migrar y llegar a Europa. Por eso no merecen medidas instantáneas para la regularización de su situación. Por eso merecen el genocidio invisible y la muerte.

El mecanismo criminalizador que utilizan el gobierno más progresista de España y los medios de comunicación para justificar las políticas migratorias de muerte funciona a la perfección. Las imágenes de este fin de semana, mostrando a la policía marroquí amontonando cuerpos negros y dejándolos agonizar hasta la muerte, ignorando el deber de socorro, han pasado inadvertidas para la mayoría del público español, que volvía su cabeza hacia Estados Unidos para mostrar su indignación y su rabia por la derogación del derecho al aborto. Ahí sí se han volcado las condolencias, la rabia y las muestras de apoyo.

De nuevo y como siempre, estamos ancladas a la jerarquía de las vidas de primera y las vidas de segunda. La mayoría silenciosa es capaz de hacer unos ejercicios de disociación increíbles. Nadie cuestiona que no haya nada de extraño ni de absurdo en mostrar apoyo por el control de los cuerpos que se lleva a cabo en los Estados Unidos de América, y a la vez mostrar absoluta indiferencia por el control de los cuerpos que lleva a cabo el gobierno de España en la frontera sur. Tal vez la diferencia está, como siempre, en que los cuerpos de la frontera sur son negros.

Parece que las vidas negras solo importan si son estadounidenses. El cuadradito negro y los hashtags no los merecen las vidas negras africanas. Este fin de semana en las redes sociales se han organizado concentraciones para expresar el rechazo a las políticas y a los acuerdos de migración y muerte de los gobiernos español y marroquí. No ha sido ninguna sorpresa ver que todas las personas escandalizadas que llevan varios días denunciando la pérdida de derechos humanos que implica la revocación de la sentencia de Roe contra Wade han hecho caso omiso a las veintisiete muertes en Melilla, como también hicieron ante la tragedia en la playa del Tarajal. Y así siempre.

De nuevo la deshumanización y la criminalización de estas personas hace que la persona promedio crea que algo de merecido hay. Compran los discursos propangandísticos y tramposos del «que vengan, pero que vengan de forma legal. Porque, claro, si no vienen de forma legal, es normal que les pase lo que les pasa», se anima a decir algún cuñao, y el resto de presentes asienten en silencio mostrando su conformidad con un discurso racista ampliamente aceptado. Parece que, quienes vienen de forma ilegal, no tienen derecho a la vida.

Se está produciendo un genocidio invisible ante nuestra mirada inatenta. En realidad no es un genocidio invisible; es un genocidio invisibilizado. Y la mayoría de la población mira hacia otro lado, guardando un silencio cómplice.

 

[Foto: EFE/David Fernández- fuente: http://www.publico.es]

Lauréat du prix Médicis étranger en 2012 et figure de la gauche israélienne anti-occupation, l’auteur est décédé à l’âge de 85 ans. Nous republions l’un de ses textes, écrit pour « L’OBS » à l’occasion des 70 ans de l’État d’Israël, en 2018.

Avraham B. Yehoshua en 2015

Né en 1936 à Jérusalem de parents aux origines grecques et marocaines, Avraham B. Yehoshua a publié ses premières nouvelles en 1963. Depuis, ses romans et pièces ont été traduits de l’hébreu dans plus de 30 langues, dont le français. Il a été distingué par le prestigieux prix d’Israël en 1995 et par le prix Médicis étranger en 2012, pour son roman « Rétrospective » (Grasset), traduit de l’hébreu par Jean-Louis Allouche. Défenseur des droits des Palestiniens, Yehoshua était membre de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains et fervente opposante à l’occupation des Territoires palestiniens par Israël. En 2018, à l’occasion des 70 ans de l’État d’Israël, « L’OBS » lui avait demandé de dresser un bilan des sept décennies passées. Dans le premier article de cette série, Avraham B. Yehoshua jetait un pavé dans la mare de l’opinion : et si la solution des « deux États pour deux peuples » était devenue obsolète ? Nous republions son texte ci-dessous.

Et si on abandonnait la solution des deux États ?

Au troisième jour de la guerre des Six-Jours, après la conquête de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza, je me souviens que je ne cessais de proclamer, sur un ton quelque peu solennel : « Maintenant, il est temps de créer un État pour les habitants des territoires ! »

Ici, je vais essayer d’éviter les termes de « gauche » et de « droite », leur préférant « camp de la paix » et « camp national ». Pour plusieurs raisons. Dans le « camp national », ont œuvré et œuvrent toujours des hommes à la vision sociale de gauche. Alors que, dans le « camp de la paix », jusqu’à ce jour, s’activent nombre d’individus dont la conception économique et sociale est ultra-libérale et à mille lieues d’une idéologie de gauche.

En fait, nul ne doute que la plupart des partisans du « camp de la paix » agissent aussi à cause de motivations éminemment nationales et, de l’autre côté, dans le « camp national », il est certain que certains aspirent à une coexistence honorable, selon leur propre conception, avec les Palestiniens…

C’est pourquoi le distinguo entre « national » et « pacifiste » n’indique que les accents différents privilégiés dans le débat sur l’avenir et sur la nature de la solution du conflit historique entre Israéliens et Palestiniens.

Au cours des dernières années, à force d’invectives et d’anathèmes entre les camps « national » et « pacifiste », les discussions théoriques comme pragmatiques quant à la solution des « deux États » deviennent de plus en plus confuses, à cause de la situation chaotique au Proche-Orient, la leçon du retrait unilatéral de Gaza, la passivité de l’Autorité palestinienne, l’abattement du camp de la paix israélien qui commence à investir son énergie dans d’autres luttes civiques.

Mais, en premier lieu, cette solution des « deux États » s’évapore devant la multiplication des colonies en Judée-Samarie. Dès lors, à en croire les connaisseurs de la réalité géographique et démographique, il sera impossible de partager la Terre d’Israël en deux États souverains et distincts, et la division hypothétique de Jérusalem en deux capitales séparées par une frontière internationale devient de plus en plus improbable.

Innombrables frustrations

Pendant un demi-siècle, autrement dit, pendant la majeure partie de ma vie d’adulte, j’ai œuvré sans désemparer en faveur de la solution des deux États. La figure politique et publique qui m’a inspiré était l’ex-secrétaire général du parti travailliste, le député Lova Eliav, qui dans son ouvrage idéologique Erets Hatsvi [1] paru en 1972, détaille sa vision de la paix souhaitable entre Israël et ses voisins et, en particulier, entre Israéliens et Palestiniens.

À son exemple, j’ai adhéré, au milieu des années 70, à l’idée de reconnaître l’OLP comme le représentant du peuple palestinien dans des négociations et j’ai été l’un des signataires de l’appel au soutien de l’Initiative de Genève [2]. Avec la majorité de la population, j’ai soutenu l’évacuation unilatérale de Gaza et, pendant les différentes Intifada et l’extension des colonies, je n’ai pas cessé de prôner des idées possibles concernant les postes-frontières et le statut de minorités israéliennes dans le futur État palestinien – tout cela, afin de donner vie à la vision des « deux États » qui, depuis, n’a fait que s’étioler.

Face aux innombrables frustrations infligées à la fois par les gouvernements israéliens et par l’Autorité palestinienne, moi aussi, à l’instar de tous les partisans du camp de la paix, j’ai espéré que d’autres nations, surtout les États-Unis et l’Europe, exercent des pressions économiques et diplomatiques sur les deux parties afin de les obliger à trouver un compromis historique dans l’un des conflits les plus longs et les plus compliqués depuis le début du XXe siècle.

Certes, ce moment si attendu est survenu le jour où la direction officielle des Palestiniens et deux Premiers ministres israéliens de droite comme Ehud Olmert et Benyamin Netanyahou déclarèrent officiellement leur volonté d’agir en faveur de la solution des deux États. Avant sa démission, Olmert a pris même l’initiative d’un plan détaillé et plutôt généreux en vue d’un partage de la Terre d’Israël en deux États, mais Mahmoud Abbas, selon le témoignage d’Olmert, esquiva la plupart des réunions prévues pour débattre de ce plan.

Quant à Netanyahou, impossible de savoir ce qu’il pense vraiment lorsqu’il lance à l’occasion l’expression « deux États ». Parfois, il songe plutôt à une autonomie palestinienne et non à un État véritable. Certes, un accord de paix peut être formulé sur le modèle d’une autonomie et non forcément d’un État indépendant, mais il n’existe aucune autonomie sans que ses citoyens ne bénéficient de la citoyenneté de l’État lui-même, à l’exemple des Basques en Espagne ou des Québécois au Canada.

Or, certains membres de la droite vont jusqu’à bredouiller le terme de « deux États », comme une partie du Likoud, et des partis de droite alliés de la coalition (les partis religieux orthodoxes, eux, ne daignent pas s’occuper d’affaires aussi triviales…). Et il va de soi que le principe des deux États se situe au cœur de la solution politique prônée par des partis de gauche de même que par la Liste unifiée des Arabes d’Israël.

Pour leur part, l’Autorité palestinienne et la plupart des États arabes modérés appuient cette solution. La majorité des pays du monde, de l’Inde à l’Éthiopie, soutiennent officiellement cette solution, y compris ceux qui, semble-t-il, ignorent de toute façon où situer sur la carte Israël et la Palestine…

Un paravent illusoire et fallacieux

La solution du conflit par la création d’un État palestinien au côté d’Israël, qui passait pour extravagante et irréaliste il y a cinquante ans, quand Lova Eliav l’exposait devant les cellules du parti travailliste et que ses auditeurs s’interrogeaient, saisis de pitié : « D’où notre cher Lova a-t-il inventé les Palestiniens ? », est devenue aujourd’hui la pierre angulaire de tout le système politique.

Dans les années 70, Golda Meir, alors Premier ministre, se gaussait de la signification politique et identitaire du terme « palestinien » et prétendait ironiquement qu’elle-même était en fait palestinienne (d’ailleurs, par son pharisaïsme, son entêtement et sa myopie, elle ressemblait à de nombreux dirigeants palestiniens…), tandis que, désormais, des Premiers ministres ouvertement de droite en parlent de manière naturelle et négocient publiquement avec des chefs de l’OLP.

Et voilà que, alors que la notion d’État palestinien s’inscrit dans le marbre, moi et quelques-uns de mes meilleurs amis qui avons combattu pendant toutes ces années-là en sa faveur, nous sentons – puissé-je me tromper ! – que cette vision ne pourra plus s’incarner dans la réalité et qu’elle ne sert que de paravent illusoire et fallacieux à l’autre réalité diabolique d’occupation rampante mais profonde dont nous du camp de la paix, israélien et palestinien confondus, payons le prix à cause de notre découragement et de notre fatalisme.

Un paravent illusoire et fallacieux

La solution du conflit par la création d’un État palestinien au côté d’Israël, qui passait pour extravagante et irréaliste il y a cinquante ans, quand Lova Eliav l’exposait devant les cellules du parti travailliste et que ses auditeurs s’interrogeaient, saisis de pitié : « D’où notre cher Lova a-t-il inventé les Palestiniens ? », est devenue aujourd’hui la pierre angulaire de tout le système politique.

Dans les années 70, Golda Meir, alors Premier ministre, se gaussait de la signification politique et identitaire du terme « palestinien » et prétendait ironiquement qu’elle-même était en fait palestinienne (d’ailleurs, par son pharisaïsme, son entêtement et sa myopie, elle ressemblait à de nombreux dirigeants palestiniens…), tandis que, désormais, des Premiers ministres ouvertement de droite en parlent de manière naturelle et négocient publiquement avec des chefs de l’OLP.

Et voilà que, alors que la notion d’État palestinien s’inscrit dans le marbre, moi et quelques-uns de mes meilleurs amis qui avons combattu pendant toutes ces années-là en sa faveur, nous sentons – puissé-je me tromper ! – que cette vision ne pourra plus s’incarner dans la réalité et qu’elle ne sert que de paravent illusoire et fallacieux à l’autre réalité diabolique d’occupation rampante mais profonde dont nous du camp de la paix, israélien et palestinien confondus, payons le prix à cause de notre découragement et de notre fatalisme.

C’est pourquoi nous devons analyser la situation avec une honnêteté intellectuelle et tenter de réfléchir à d’autres solutions qui puissent mettre un terme à ce processus et le faire reculer. L’identité juive et sioniste de l’État d’Israël ne court aucun danger en ce moment, mais c’est plutôt son humanité et celle des Palestiniens soumis à notre pouvoir qui sont menacées.

Avraham B. Yehoshua

Traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche.

[1] Arié « Lova » Eliav (1921-2010) fut un dirigeant travailliste de premier plan. Son ouvrage Erets Hatsvi (« La Terre excellente » [l’un des noms bibliques de la Terre d’Israël]) a connu un retentissement important.[2] Plan de paix alternatif présenté le 1er juin 2003 à Genève par le ministre israélien Yossi Beilin et l’ex-ministre palestinien Yasser Abd Rabbo. De nombreuses personnalités internationales ont soutenu cette initiative.

[Photo : YANNICK COUPANNEC / Leemage via AFP – source : http://www.nouvelobs.com]

 

El pasado lunes, 13 de junio, pronuncié una conferencia en la Sociedad Económica de Málaga, espacio de referencia cultural y de pensamiento crítico de la ciudad, con el mismo título de este artículo.

Escrito por PILAR IGLESIAS APARICIO

¿Por qué “imprescindibles” y “desconocidas”?

Comienzo por el segundo término. Afortunadamente, hoy en día es relativamente fácil acceder en España a las obras de numerosas autoras de diferentes países latinoamericanos. Nombres como Mónica Ojeda, Fernanda Ampuero, Lina Meruane, Samanta Schweblin, Diamela Eltit, Wendy Guerra, Lucía Lijtmaer, Elena Poniatowska, Cristina Rivera Garza, y tantos otros, han venido a unirse a aquellas autoras que ya nos acompañaban hace años, como Cristina Peri Rossi, Gioconda Belli, Isabel Allende, Ángeles Mastretta o Laura Esquivel. Aun autoras del prestigio internacional de la argentina Luisa Valenzuela resultan poco conocidas, fuera de ámbitos académicos, salvo por la reciente reedición de su novela El mañana. Pero los nombres de Renée Ferrer, Milia Gayoso, Raquel Saguier, Lucía Scoscería, Sara Karlik, Mabel Pedrozo o Melissa Ballach y otras tantas autoras paraguayas permanecen en el mayor anonimato.

Ni siquiera en las librerías especializadas en literatura latinoamericana es tarea fácil conseguir obras de escritoras paraguayas. Y ello por una serie de cuestiones que han afectado históricamente a la producción literaria en el Paraguay. La historia, marcada por los gobiernos dictatoriales del siglo XIX y XX, incluida la dictadura de Alfredo Stroessner desde 1954 a 1989, la más larga dictadura latinoamericana del siglo XX; numerosas revueltas y golpes de Estado civiles y militares durante las décadas liberales de entre siglos y las dos grandes guerras: la de la Triple Alianza (1862-1870), contra Argentina, Brasil y Uruguay, en la que la población paraguaya quedó reducida a un tercio, la mayoría mujeres, niñas y niños y personas ancianas; y la Guerra del Chaco (1932-1935) contra Bolivia, junto con la guerra civil de 1947, “devoró a la literatura”, en palabras de Josefina Plá.

Estas situaciones históricas provocaron, además del desastre demográfico, un estancamiento económico, cultural y político; el auge de la oligarquía propietaria de la tierra, aliada del imperialismo y el neoliberalismo, causantes de pobreza, corrupción y desigualdad social que afecta gravemente a las mujeres; y la creación y exaltación de la “identidad paraguaya”, que refuerza el aislamiento del país, favorecido por los propios líderes políticos (algo común a todas las dictaduras), con el consecuente desconocimiento de su producción cultural en el exterior. Se crea un modelo de masculinidad basado en la imagen del héroe-soldado, mientras las mujeres son identificadas con la maternidad, el sacrificio y el patriotismo, reduciéndolas a seres al servicio del hombre, la prole y la nación. Es decir, elementos todos que refuerzan la construcción de una sociedad patriarcal, machista, religiosa y cerrada sobre sí misma. A lo que hay que sumar, la repetida persecución de intelectuales, disidentes políticos y líderes campesinos, que provoca un doble exilio: el exterior en el que publicaron algunos de los autores más conocidos como Gabriel Casaccia o Augusto Roa Bastos, y el oscuro y durísimo insilio, en el que producen sus obras la mayoría de las escritoras, con escasez de tejido editorial y falta de apoyo institucional a la cultura. En este marco, es tardía la narrativa que rompe el molde oficial de la narración histórica, ya que la primera novela publicada en Paraguay es Ignacia, de José Rodríguez Alcalá, en 1905; y aún más tardía será la narrativa escrita por mujeres.

Ahora bien, es preciso visibilizar la disidencia política e intelectual presente desde el gobierno despótico de José Gaspar Rodríguez de Francia (1814-1840), hasta el fin de la dictadura de Stroessner; el movimiento campesino, incluida la Organización de Mujeres Campesinas e Indígenas; el movimiento feminista, capaz de crear en 1920 el Centro Feminista Paraguayo, adherido al Congreso de la Alianza Mundial para el Sufragio Femenino y celebrar en 1987, a dos años del fin de la dictadura, el Primer Encuentro Nacional de Mujeres por la Igualdad ante la Ley.

También en la literatura, y más concretamente, en la narrativa, las mujeres tomarán la palabra, siendo figuras precursoras imprescindibles la española Josefina Plá (1909-1999), Ana Iris Chaves (1922-1993) y Ester de Izaguirre (1923-2016). La primera obra de narrativa publicada por una mujer es el tomo I de Tradiciones del hogar, de Teresa Lamas (1887-1976), de 1921, y contamos con escasas obras de autoría femenina hasta los ochenta. Es entonces cuando las mujeres irrumpen de manera decidida en la narrativa paraguaya, siendo 1983 un año clave, por coincidir la puesta en marcha del primer Taller de Cuento Breve, impulsado por Dirma Pardo e impartido por Hugo Rodríguez Alcalá, tras su regreso del exilio; la publicación de la primera novela paraguaya escrita desde la voz y la experiencia de una mujer, Golpe de luz, de Neida Bonnet (1933); la publicación del libro de relatos de Josefina Plá, La pierna de Severina, en que incluye varios que abordan la violencia sexual contra las mujeres y las niñas, y el nombramiento de Ana Iris Chaves como presidenta de la Sociedad de Escritores Paraguayos. Todo ello, junto con el avance del movimiento feminista y la disidencia contra la dictadura de Stroessner.

Las décadas posteriores hasta la actualidad ofrecen un cada vez más amplio plantel de escritoras de narrativa (así como de poesía y teatro), cuya calidad literaria, así como el cambio social respecto a la posición de las mujeres, quedan reflejados en el hecho de que cinco escritoras hayan obtenido el Premio Nacional de Literatura (bianual) desde 2011 hasta la actualidad, con la única excepción de 2013[1].

El título “imprescindibles” quedaría, por tanto, ya suficientemente justificado. Pero lo es, especialmente, cuando nos situamos, como lo hago en este artículo, en la perspectiva de la crítica literaria feminista, entendiendo como tal aquella que, además de visibilizar y difundir la obra de escritoras, se centra en el análisis de la denominada literatura feminista. Es decir, aquellas obras escritas por mujeres que ofrecen la visión del mundo desde la experiencia de estas, incluida la sexualidad y la corporalidad; incorporan temáticas y géneros que habían estado reservadas a los varones; y denuncian las múltiples situaciones de discriminación y violencia contra las mujeres, mostrando, asimismo, su capacidad de resistencia y empoderamiento, junto con alternativas a la injusticia de la sociedad patriarcal androcéntrica. Una escritura en la que las mujeres se constituyen como sujeto y que, por su contenido y su forma, es en sí misma una herramienta de liberación para las mujeres.

La literatura feminista en América Latina tiene unas características bien definidas: denuncia el colonialismo y el neocolonialismo; subvierte la versión oficialista de la historia; practica la “literatura del testimonio” político, social y de la cotidianidad de las mujeres, incorporando temáticas y espacios considerados marginales como la casa y la cocina; desconstruye el mito patriarcal de la maternidad; utiliza el humor, la ironía, la hipérbole, la fantasía, la locura, el terror, la monstruosidad, lo grotesco, como símbolos de las injusticias y violencias presentes en la sociedad y muestran el paralelismo entre la violencia contra las mujeres en el sistema patriarcal y la crueldad sexual en las prácticas de tortura de las dictaduras.

Todas estas características las reúnen la mayoría de las obras de escritoras paraguayas publicadas desde los años ochenta hasta la actualidad, por lo que merecen un lugar relevante en la literatura feminista latinoamericana, junto a las autoras de otros países.

Además, suman algunas características específicas: la riqueza del bilingüismo, incorporando términos en guaraní en numerosos relatos y habiendo producido en 1989 una novela en yopará[2]Ramona Quebranto, de Margot Ayala (1927-1919). Y la capacidad de puesta en marcha de estrategias de mutuo apoyo que les permiten fomentar la producción literaria escrita por mujeres. En este sentido cabe destacar el mantenimiento de la genealogía de escritoras, con reconocimiento a las figuras de las precursoras; la creación de los Talleres de Cuento Breve, algunos dirigidos por renombradas escritoras como la propia Dirma Pardo (1934-2020) o Renée Ferrer (1944); y la puesta en marcha, en 1997, de la asociación Escritoras Paraguayas Asociadas (EPA), que publica un volumen colectivo cada año, en el que, en una muestra de generosidad y pacto intergeneracional, aparecen relatos de autoras consagradas junto con otros de autoras noveles. A todo lo cual se une su compromiso de sororidad[3] con las mujeres paraguayas, al dar voz en sus obras a las diferentes formas de represión, discriminación y violencia, ofreciendo también múltiples modelos de resistencia y liberación.

Por todo ello, invito a leer, difundir y reflexionar sobre los textos de las escritoras de narrativa paraguaya que tienen la generosidad de ofrecer gran número de ellos en páginas de acceso legal y gratuito, como el Portal Guaraní de Arte y Cultura[4] y la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes[5].

NOTAS

[1] Renée Ferrer 2011; Maybell Lebrón 2015; Susy Delgado 2017; Maribel Barreto 2019; Susana Gertopán 2021.

[2] Habla coloquial, formada por la mezcla entre castellano y guaraní.

[3] Como estrategia política feminista de apoyo entre mujeres, para la transformación de la sociedad patriarcal y la defensa de los derechos humanos de las mujeres.

[4] http://www.portalguarani.com/letras_paraguay.php

[5] https://www.cervantesvirtual.com/

 

Remitido por José Antonio Sierra

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

L’auteur israélien Avraham Yehoshua, lauréat du prix Médicis étranger en 2012, est décédé à l’âge de 85 ans, a annoncé mardi l’hôpital Ichilov de Tel-Aviv. Il était aussi une figure de la gauche israélienne anti-occupation.

Défenseur des droits des Palestiniens, Abraham B. Yehoshua était membre de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains et fervente opposante à l’occupation des Territoires palestiniens par Israël.

Né à Jérusalem en décembre 1936 de parents aux origines grecques et marocaines, il avait publié ses premières nouvelles en 1963. Depuis, ses romans et pièces ont été traduites de l’hébreu dans plus de 30 langues, dont le français.

En 1995, il avait reçu le prix d’Israël, plus importante reconnaissance culturelle au pays. Et en 2012, il avait raflé le prix Médicis dans la catégorie livres étrangers pour « Rétrospective » (Grasset), traduit de l’hébreu par Jean-Louis Allouche.

Le « plus grand auteur » d’Israël

Pour Nitza Ben-Dov, professeure de littérature à l’université de Haïfa (nord) ayant enseigné à ses côtés, Yehoshua était le « plus grand auteur » d’Israël.

« Il passait d’histoires surréalistes et pleines de rêveries, déconnectées du temps et de l’espace, à des œuvres ancrées dans la culture israélienne et le présent », a-t-elle déclaré à l’AFP. Ses derniers travaux étaient empreints de psychologie, influencés par sa femme psychanalyste, selon Mme Ben-Dov.

« Chaleureux et ouvert », avide de reconnaissance, il pouvait aussi se montrer mordant face à ses interlocuteurs, d’après Mme Ben-Dov. « C’était un homme complexe dont l’attitude vis-à-vis du monde était ambivalente. Sa conscience de la complexité de l’être humain, qu’il tirait de sa propre expérience, rendait son travail pluriel », a-t-elle encore salué.

Défenseur des droits des Palestiniens

Défenseur des droits des Palestiniens, Yehoshua était membre de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains et fervente opposante à l’occupation des Territoires palestiniens par Israël.

Cette association a salué mardi un homme ayant « dévoué son temps et son énergie à l’égalité, la paix et les droits humains pour tous ».

Le président israélien Isaac Herzog lui a aussi rendu hommage. Le travail de l’écrivain « s’inspirait de notre patrie et des trésors culturels de notre peuple, nous représentant dans un portrait fin, fidèle, compatissant et reflétant parfois une image douloureuse de nous-mêmes », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Il évoquait en nous une mosaïque de sentiments profonds », a-t-il ajouté.

Avraham Yehoshua doit être inhumé mercredi au cimetière d’Ein Carmel dans le nord d’Israël.

[Photo : KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI – source : http://www.lqj.ch]

Antes de ser escritora, Alia Trabucco Zerán estudió abogacía. Por eso mira la coyuntura de Chile y tiene un flashback, siente que el proceso constituyente repara un principio épico que le repetían en la facultad: el derecho está para combatir la crueldad. ¿Por qué no pensar la nueva constitución como un simple libro que se vende en kioscos, con versos en lugar de incisos? Porque las palabras transforman, la autoría colectiva potencia imaginarios políticos y detrás del acontecimiento están los feminismos con su aparato crítico y sus tácticas para ir contra el poder.

Escrito por Alia Trabucco Zerán

Me senté atrás, en la última fila. Éramos cien, tal vez más. Más de cien estudiantes en nuestra primera clase y frente a nosotros, un profesor. El crujido de la madera bajo sus pies marcaba el ritmo de sus palabras. Un paso, “buenos días”; otro paso, “bienvenidos”. Saqué mi cuaderno, mi lápiz y escribí: Introducción al derecho. Era mi primer día, y esa, mi primera clase. El profesor esperó a que guardáramos silencio y nos miró con curiosidad y una pizca de desilusión. O tal vez la curiosidad y la desilusión eran mías y nos examinó expectante y algo nervioso. Frunció el ceño, carraspeó, alzó la vista y dijo: “¿Qué es el derecho?”. No sé si alguien respondió. Imagino que una mano se levantó en la primera fila y que una voz pronunció palabras como normasoberaníaorden o prohibición. Yo estaba atrás, muda, mis ojos fijos en el pizarrón mientras el chirrido de la madera bajo sus pies marcaba el lento paso de los cinco años que pasaría en la Universidad de Chile. ¿Qué era el derecho? ¿Para qué servía el derecho? “El derecho -dijo al fin el profesor- es un arma contra la crueldad.”

Esa frase acompañó mis estudios como acompaña una piedra en el zapato. Nunca le pregunté a Pablo Ruiz-Tagle qué quiso decir esa mañana; si acaso realmente creía en esa definición o si su objetivo era arrojar una luz sobre lo que el derecho debía ser algún día. Ignoro si todavía iniciará su cátedra con esas mismas palabras. Si acaso es posible pararse hoy frente a un centenar de estudiantes, la mitad de ellas mujeres, y decirles, sin ironía, que el derecho es una herramienta contra la crueldad.

Los feminismos han sido la corriente más prolífica a la hora de criticar al derecho, acaso porque su historia ha sido también una historia contra la ley.

Me tomó un largo tiempo y bastante esfuerzo olvidar los artículos y plazos que debí aprender como una cantinela en esos años de juicios imaginarios. Tardé mucho en dejar atrás ese rumor de clasificaciones y jerarquías que ya Kafka había definido como “un aserrín masticado por miles y miles de bocas”. Pero esa frase, por más que quise, no la pude olvidar, y aún reaparece con la porfía con que aparecen las promesas incumplidas. Cada vez que leo sobre un femicidio sin condena, sobre una mujer imputada por abortar, sobre otro río desviado por la minería, me vuelvo a preguntar dónde está ese derecho que prometía combatir la crueldad. Si acaso ha existido alguna vez para tantas mujeres y niñas, si ha sido un escudo para los pueblos indígenas, una defensa para los migrantes, una salvaguarda para tantos territorios devastados por la codicia.

Y cuando además compruebo la importancia del derecho en el Chile del presente, esa promesa contra la crueldad da paso a la inquietud. ¿Qué es realmente el derecho? ¿A quiénes ha servido? ¿Quiénes lo susurran a los oídos de nuestros parlamentarios? ¿Cuál ha sido su rol en la acumulación de riquezas por parte del 1% de la población? ¿Cuál su contribución a la precarización de las vidas de millones de personas? ¿Cuál su responsabilidad en la catástrofe ecológica? ¿Se trata de un discurso, nada más? ¿De un puñado de palabras?

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Intelectuales como Michel Foucault y Giorgio Agamben han formulado en su producción teórica algunas de las críticas más agudas al derecho. Describiéndolo como una fachada del poder político y económico o como un instrumento que cristaliza el dominio de unos cuerpos sobre otros, sus visiones persuaden al desvelar un aparato discursivo que se ha pretendido neutral para así borrar las huellas de sus prejuicios y que se ha escudado tras la palabra consenso para así ocultar una imposición.

Pero ha sido el feminismo –o en rigor, los feminismos— la corriente más prolífica a la hora de criticar al derecho, acaso porque la historia del feminismo ha sido también una historia contra la ley. Una historia contra el dominio patriarcal ejercido dentro y fuera de los códigos y que ha conducido a reformas y derogaciones desde el siglo dieciocho hasta el presente. Desde la Declaración de los Derechos de la Mujer y la Ciudadana, proclamada por Olympe de Gouges, hasta la conceptualización del género como repetición performativa, en la pluma lúcida de la filósofa Judith Butler.

Un feminismo que, precisamente debido a su relación con el derecho, resulta imprescindible para entender la revuelta popular que estalló en Chile en octubre del 2019 y que devino nada menos que en una revuelta contra el derecho; una rebelión contra la Constitución política impuesta durante la dictadura de Pinochet y contra cada una de las leyes neoliberales dictadas a partir de ese momento.

El clamor contra el derecho se dejó oír desde esos primeros días de protesta, cuando entre ensordecedores cacerolazos surgían algunas consignas: fin al sistema de pensiones que privatizó la seguridad social, fin a la educación de mercado, fin a la privatización del agua, fin al modelo extractivista. “Fin”, decían las pancartas; “no más” se leía en las paredes; “y va a caer” coreaban las multitudes, anunciando en ese final, en esa caída, la siguiente interrogante: si acaso junto con el fin de ese derecho neoliberal, si junto con la debacle de ese modelo constitucionalizado en los años ochenta, otro derecho se erigiría como uno de los caminos para cimentar la imaginación política de la revuelta.

Una Constitución es también un simple libro que tiene incisos en lugar de versos y artículos en vez de estrofas. Esa definición desacraliza el derecho, la aproxima a la literatura y permite observar la paradoja del feminismo desde otra perspectiva.

La filósofa Sara Ahmed, en su libro La promesa de la felicidad, afirma que la historia del feminismo es una historia de transgresión. Que enfrentadas a estructuras legales y culturales fundadas en relaciones de dominio, la resistencia del feminismo ha sido desobedecer, incumplir, infringir, quebrantar. Olvida Ahmed, en ese importante libro, que tales transgresiones no han sido la única dimensión del feminismo y que les han sucedido, una y otra vez, contundentes afirmaciones: ideales normativos, como los llamaría Butler, que han buscado socavar las bases del dominio patriarcal y que incluso se han plasmado en leyes muy concretas en favor de la igualdad. Una breve mirada a la historia legislativa de Chile permite constatar ese movimiento pendular que va del quebrantamiento a la dictación, de la derogación a la promulgación y, más recientemente, del poder destituyente al constituyente.

En 1934, por ejemplo, se aprueba el voto femenino para las elecciones municipales y en 1949 para las elecciones parlamentarias y presidenciales. En 1989 se deroga la incapacidad relativa de la mujer casada y se establece, en su lugar, su absoluta capacidad legal. En 1999 se reemplaza en la Constitución el término “los hombres” por “las personas” y el mismo año se incorpora la norma: “hombres y mujeres son iguales ante la ley”. Y el 2019, en las calles, se destituye la Constitución de Pinochet para urdirse en su lugar otro texto, el primero en la historia de Chile escrito con participación popular y el único en el mundo redactado con paridad de género.

Con la sospecha como motor y las leyes en su contra, el feminismo ha tenido desde sus orígenes una relación paradojal con el derecho, acogiendo entre sus pensadoras a aquellas que como Catherine MacKinnon o Andrea Dworkin definen el derecho como una herramienta de dominación patriarcal, y a otras que aún confían en el discurso jurídico como arma de transformación. Esta relación paradojal se ha acentuado en Chile desde la revuelta, volviéndose el eje de los debates feministas sobre el proceso de cambio constitucional. ¿Por qué depositar –dicen algunas— las expectativas del feminismo en el mismo instrumento que ha subyugado los cuerpos de las mujeres? ¿No sería la calle el espacio apropiado para expandir la imaginación política popular? ¿No es preferible situarse siempre afuera de la ley patriarcal que se ha fundado en principios como “por la razón o la fuerza” o en el “buen padre de familia” como estándar de conducta? ¿Pero no sería esta –responden otras— una oportunidad histórica para incidir sobre las definiciones del propio derecho? ¿Y si esta fuera la posibilidad de escribir una constitución feminista? ¿Pero qué sería una constitución feminista? ¿Existe en alguna parte del mundo un derecho donde las palabras “precedente” o “costumbre” no sean fórmulas para perpetuar una larga historia de desigualdad? ¿Es realmente posible transformar el derecho?

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“La constitución es el conjunto de normas de más alta jerarquía de un país.” Aprendí esa definición hace ya muchos años y la he repetido cada vez que he oído titubeos sobre el vínculo entre el neoliberalismo y la Constitución de 1980. Me remito entonces a recordar el germen autoritario de sus redactores y a explicar cómo el marco normativo neoliberal ha operado como chaleco de fuerza, impidiendo anheladas reformas en materia de derechos sociales. Pero la constitución, en realidad, desborda ampliamente esa definición y también la didáctica pirámide normativa del filósofo Hans Kelsen. Y es que antes que norma suprema, antes que declaración de derechos, antes que carta de navegación, una constitución es también un simple libro. Un pequeño libro de cubierta azul que se vende en los kioscos de Chile y que tiene incisos en lugar de versos y artículos en vez de estrofas. Y acaso esa definición, la que desacraliza el derecho y lo aproxima a la literatura, permita observar la paradoja del feminismo desde otra perspectiva.

En un coloquio sobre derecho y literatura donde se discutía la obra de Martha Nussbaum, el poeta y abogado chileno Armando Uribe dijo, en su singular tono malhumorado, que “la ley tiene un imperio que la literatura no tiene”. Y tras una pausa, agregó: “La literatura persuade por la fuerza propia de las palabras; en cambio la ley persuade y obliga porque está respaldada por el imperio, la fuerza y el poder”.

La literatura tiene el poder del lenguaje y el derecho el lenguaje del poder. La distinción parece sencilla, casi un juego de palabras que desdibuja, acaso sin intención, el poder normativo y conservador de una parte de la literatura y el carácter ocasionalmente emancipador que puede tener el derecho. Hablo de literaturas llanas y complacientes, acríticas y condescendientes, donde el poder del lenguaje se confunde con el lenguaje del poder. Y hablo, también, de leyes cuyo principal modo de imposición no es la fuerza ni el imperio, sino un puñado de palabras capaces de transformar la realidad. Ni hay pura rebelión en la literatura ni pura opresión en el derecho. O, dicho de otro modo, con frecuencia la literatura ha recurrido al lenguaje del poder y el derecho, en ocasiones, al poder del lenguaje, un lenguaje potencialmente emancipatorio en el vilipendiado aserrín al que aludía Franz Kafka.

¿Por qué me remito a la literatura en esta discusión sobre derecho y feminismo? Porque de cara a un libro que definirá a Chile como comunidad política, una posible pregunta desde los feminismos es y ha sido la siguiente: ¿Y si el derecho se acercara un poco más a esa literatura que sí reimagina, que reinventa, que experimenta y bosqueja otros mundos sobre el papel? ¿Y si en lugar de recurrir al poder de la fuerza confiara esta vez en las palabras?

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Voy a narrar una anécdota que me ha avergonzado durante al menos quince años. En esas frías salas donde estudié derecho, poco antes de mi precoz jubilación para abocarme a la literatura, formé parte de un grupo de estudio de sentencias internacionales de derechos humanos. Una tarde de verano –era verano, lo sé, porque la vergüenza me hizo sudar— leímos un voto minoritario de un juez brasileño que, lejos de ese paradigma del ser humano independiente y autónomo, lejos del liberalismo clásico y de su fantasiosa idea de individuo, admitía la existencia de una relación entre un grupo de indígenas guatemaltecos y sus ríos, sus bosques, sus volcanes, su tierra. Esa relación se traducía, en su opinión, en un derecho a la postvida, el derecho a ser enterrados en un territorio que a su vez formaba parte de sus propios cuerpos. El texto era hermoso. Recuerdo haber subrayado los nombres de las aves, la descripción de las montañas escarpadas y haberme desconcertado ante la posibilidad de otra relación con la tierra, de otra forma de humanidad, de otro horizonte para el derecho. Sin embargo, durante esa reunión, no me atreví a levantar la mano. Los profesores se rieron del juez, mis compañeros lo calificaron como delirante, lo llamaron escritor frustrado e impostor, y todas las bocas se estremecieron en unas carcajadas cómplices, de las que yo también participé. Esa risa, la de los abogados y abogadas, trazaba una frontera: entre lo permitido y lo prohibido, lo decible y lo indecible, lo imaginable y lo inimaginable, el derecho y la literatura. Y yo quedé con esa risa tallada en la boca, grabada como una vergonzosa cicatriz.

Quisiera remitirme a esa cicatriz, escribir hoy contra esas carcajadas y, sobre todo, volver a examinar esas bocas: las bocas históricamente autorizadas para pronunciar las palabras de la ley. Las bocas de los jueces y legisladores, hombres y blancos, con sus también blancas y pomposas pelucas, señalando un modelo de conducta a su imagen y semejanza: el “hombre medio”, el “buen padre de familia”, el “hombre” a secas. También las bocas de los parlamentarios, décadas después, pronunciando con sus voces supuestamente expertas leyes a favor de la gran minería, de la pesca industrial, de la tala de bosques. Las mismas bocas que En Proceso anuncian que Joseph K. está detenido y frente a las cuales Kafka deja a su protagonista perplejo y mudo. Voces roncas, a veces crípticas, donde nos hemos acostumbrado a escuchar autoridad. Voces solemnes, a veces incomprensibles y frente a las cuales, durante mucho tiempo, hemos guardado silencio o, peor aún, hemos sonreído, cómplices, como sonreí yo esa tarde de verano. Voces poderosas, diría la historiadora británica Mary Beard, al reflexionar acerca de dónde percibimos poder y dónde no hemos sido entrenados a escucharlo. Voces que en esa ocasión, hace ya quince años, yo no supe desautorizar, pero que un coro multitudinario puso en entredicho en las protestas que estallaron en Chile el 2019.

Tal vez tengo excesiva fe en las palabras y en lo que un grupo de animales humanos pueda hacer con el futuro ya casi extinto.

Ese coro, tras semanas de manifestaciones violentamente reprimidas por el Estado, exigió, entre otras demandas, redactar una nueva constitución que permitiera un cambio en el modelo económico instaurado durante la dictadura y profundizado por los gobiernos de la postdictadura. Pero esa exigencia normativa no fue la única. De la mano del colectivo feminista Las Tesis, en el segundo mes de las protestas, cientos de miles de mujeres corearon, primero en Chile y luego en el mundo, “el patriarcado es un juez”, apuntando con el dedo a las múltiples instituciones públicas y privadas que a lo largo de siglos han normalizado la violencia y la discriminación contra las mujeres. El derecho, en sentido amplio, como discurso, como estructura, sufría un cambio de paradigma en las calles y casas de Chile. Si en la Comuna de París los manifestantes quebraban los relojes para dar cuenta del fin de un tiempo, del final de una era, en la revuelta popular chilena fueron las estatuas del pasado las que cayeron de sus podios: los conquistadores españoles, los próceres de la patria, los caballos en combate terminaron en el suelo.

Un año después, ya en medio de la pandemia que volvería dolorosamente visible el carácter interdependiente de los seres humanos, una elección apabullante confirmaría ese deseo de transformación. El 78% del electorado aprobó iniciar la escritura de una nueva constitución política, y enseguida, con reglas inéditas de paridad de género y escaños reservados para los pueblos indígenas, fue el turno de elegir a los 155 representantes que redactarían ese nuevo libro. La composición de ese órgano no se asemejaba a ningún parlamento que hubiera tenido Chile. Tantas mujeres como hombres, representantes indígenas y de la ciencia, de la docencia, de la calle y, por cierto, también del viejo derecho. En la primera sesión de ese órgano, la doctora Elisa Loncon Antileo, convencional del pueblo mapuche, fue escogida por sus pares como presidenta de la instancia. El momento era inédito. Loncon saludó en mapudungun, se dirigió a “los pueblos de Chile”, y posteriormente habló de construir un país “que cuide a la Madre Tierra, un Chile que limpie las aguas, un Chile libre de toda dominación”.

Yo estaba viendo las noticias, conmocionada. Repentinamente recordé esas risas estruendosas y el carácter inconcebible de otro derecho hace apenas quince años. Días más tarde, circuló la imagen de Elisa Loncon presidiendo la Convención con el imponente cuadro Descubrimiento de Chile, de Pedro Subercaseaux, a sus espaldas. Allí estaba una mujer mapuche como cabeza del órgano político y jurídico más importante de las últimas décadas con la imagen de la dominación colonial recordando su estela de sangre: conquistador, armadura, espada en mano. Allí estaba el pasado, el presente y el futuro, en una sola escena. Allí estaba esa proliferación insólita de símbolos. Y allí estaba también todo el racismo de Chile, comentando en las redes sociales sobre el castellano “incorrecto” de Loncon, la voz “demasiado aguda” y “sin autoridad”, y la lengua borrada asomando entre las vocales de la lengua colonizadora.

Esa voz femenina y bilingüe no podía, para algunos, encarnar el poder o tal vez el poder comenzaba a dejar de ser lo que había sido: un atributo individual, masculino y autoritario, para comenzar una lenta y necesaria transformación. “No es fácil hacer encajar a las mujeres en una estructura que, de entrada, está codificada como masculina: lo que hay que hacer es cambiar la estructura”, señala Mary Beard. Y la composición de la Convención Constitucional supuso ese cambio de estructura, resistido con dientes y uñas desde la élite política y económica. Semanas después, Loncon arribó a la Convención con varios libros bajo el brazo y sugirió, ante las cámaras, algo francamente inédito: leer literatura y leer teoría para ampliar el horizonte de lo posible ante el desafío de escribir ese nuevo libro para el país.

En Chile ya casi no llueve. Hay árboles muertos en las calles. Hay zonas de sacrificio medioambiental y miles de personas sin agua potable. ¿Qué tiene que ver eso con la ley?

La literatura, el feminismo y toda una cosmovisión indígena largamente negada habían ingresado a un espacio nuevo de poder o, tal vez, el poder ahora habitaba otros cuerpos y era, después de mucho, pronunciado por otras bocas. Este hito ya había tenido antecedentes en el movimiento feminista, cuando el 2018 las estudiantes se tomaron las universidades de Chile exigiendo un cambio de paradigma en la educación. En ese momento las vocerías de las estudiantes no recayeron en una o dos líderes emblemáticas sino que colectivamente optaron por vocerías rotativas, que transformaban la idea de unicidad, de singularidad, de autoridad, en otras formas de poder colectivo. Algo así como la voz plural que aparece en El Otoño del Patriarca, de Gabriel García Márquez, una voz que ingresa al palacio de gobierno y observa el poder destituido, el salón ya vaciado del dictador. O la voz plural que asoma en la obra de Diamela Eltit, donde no es del todo posible señalar de dónde emana el coro porque se trata de una voz que excede las dimensiones acotadas de una sola subjetividad. O la voz de Space Invaders, de Nona Fernández, cuando dice: “Aullamos un alarido que sale más allá de nuestras bocas, una consigna inventada y convocada por otros, pero hecha para nosotros”.

Hablo de la voz, de las voces, porque la revuelta también supuso redefinir la idea del coro y, a su vez, la idea de autoría de un libro. Un libro escrito colectivamente con el feminismo como uno de sus aparatos críticos y con la libertad propia de una literatura que mira la tradición como una fuente pero no como un destino. Un libro redactado vertiginosamente por un órgano paritario y representativo, y que redefine la idea de territorio, la idea de cuidado, la idea de lo humano y lo animal, y traza líneas hacia un camino de recuperación ecológica. Un libro escrito con responsabilidad y una originalidad imprescindible de cara a un planeta en ruinas. Un libro que consagra la igualdad de género no solo nominal sino que mandata una integración paritaria de todos los órganos del Estado. Un libro que establece derechos sexuales y reproductivos dolorosamente anhelados por muchas mujeres. Que reconoce los derechos de los pueblos indígenas, redefiniendo el Estado hacia una plurinacionalidad que en rigor siempre ha existido pero que ha sido negada a punta de disparos y ocupación. Un libro que como ningún otro cuerpo legal consagra una urgente protección ecológica, reconociendo nuestra interdependencia con la naturaleza. Una interdependencia negada por el liberalismo clásico, su idea fantasiosa de autonomía y su corolario de ciego individualismo. Si a esto agregamos un catálogo de derechos sociales que los garantiza como tales, es decir, como derechos y ya no como bienes de mercado, una educación gratuita en todos los niveles y un derecho a la seguridad social, nos encontramos, como habitantes de esta franja de tierra árida y maltratada, como ciudadanas y ciudadanos de esta provincia ya no tan fértil, ante una oportunidad histórica.

O tal vez me estoy excediendo con tanta esperanza. Tal vez tengo excesiva fe en las palabras y en lo que un grupo de animales humanos pueda hacer con el futuro ya casi extinto. ¿Pero qué nos queda de lo contrario? Vivimos un presente distópico. Mientras escribo este texto se suceden las guerras, los incendios y dantescos islotes de basura navegan por los océanos del planeta. En Chile, desde donde escribo, el territorio atraviesa la crisis hídrica más grave de su historia. Ya casi no llueve, aquí. Hay árboles muertos en las calles. Hay zonas de sacrificio medioambiental y miles de personas sin agua potable. Cabras y caballos se mueren de sed en el norte del país. ¿Qué tiene que ver eso con la ley? ¿De qué modo la Constitución podría torcer el que parece ya ser un destino? Pues bien: Chile es el único país del mundo donde el agua es propiedad privada y los ríos se subastan como si se tratase de jarrones o collares. Esa venta, esa compra, la permitió y fomentó el derecho. El derecho neoliberal, donde reina la codicia como razón suprema sin importar sus consecuencias y que, sobra decirlo, se impuso desde la fuerza y no desde el poder de las palabras.

***

El derecho y la desigualdad han estado de la mano durante demasiado tiempo. Ha habido avances, es cierto, y es justo mencionarlos. Desde las primeras declaraciones de derechos durante la Revolución Francesa, hasta la promulgación de normas de derechos humanos tras la Segunda Guerra Mundial, nos hemos transformado nada menos que en sujetos de derechos. Y, sin embargo, la desigualdad continúa rampante.

En Chile, de hecho, se ha profundizado y esa profundización ha sido resultado de un modelo económico, de un modelo normativo, de un tipo de derecho. Hasta octubre del 2019 esa alianza entre desigualdad y derecho, entre neoliberalismo y destrucción, no había sido interrogada mayoritariamente. La fuerza destituyente de la revuelta revirtió esa situación y dio paso a un momento constituyente. Un año más tarde, la Convención Constitucional, con un altísimo quórum de dos tercios, redactó una nueva constitución. Un texto que intenta, como dijo Elisa Loncon, cambiar los paradigmas y que, de algún modo, va contra el derecho que conocíamos: contra el derecho que mercantiliza la salud y los recursos naturales, contra el derecho que hizo de la educación un bien de consumo, contra el derecho que penaliza la autonomía sobre nuestros cuerpos.

El derecho y la desigualdad ya han estado de la mano durante demasiado tiempo.

Se trata, tal vez, de otro derecho. Una Constitución redactada de cara a la crisis climática, de cara a la desigualdad estructural, de cara a la violencia patriarcal, de cara a la precarización promovida por el neoliberalismo. Una constitución que declara el agua un bien común inapropiable, que consagra la educación pública y gratuita en todos sus niveles, que reconoce la interdependencia entre las personas y la naturaleza, la importancia de la restauración ecológica, la igualdad como principio fundante y la plurinacionalidad como su corolario.

No tiene por qué ser una constitución que dure un siglo o dos. Las pretensiones de durabilidad suelen ser conservadoras y desconfiadas. Tampoco tenemos por qué escribirla con esa “C” tan pomposa. Puede, tal vez, ser una constitución en minúscula. Un libro legible, avezado, que permita imaginar otro futuro. Pero ese libro, por cierto, no será suficiente. La razón neoliberal también colonizó nuestras miradas y costará décadas librarnos de su lógica nociva. Para eso hará falta mucho más que derecho y muchísimo más que literatura. Pero una constitución no es un mal comienzo o al menos su etimología permite albergar esperanzas: constitución/constitutio/constituere. Con: conjuntamente. Statuere: erigir, estar de pie. Una constitución erigida en conjunto. Una constitución donde nos pongamos de pie.

*Una primera versión de este ensayo, titulada “Contra el derecho”, fue publicada en enero del 2020 en el libro Por una Constitución Feminista (Pez Espiral) y actualizada el 2021 para el Festival Westopia (Alemania).

 

[Arte: Paula Ebiru – fuente: http://www.revistaanfibia.com]

Por décadas, projetos de integração regional guiaram-se por lógica de mercado e grandes obras. Virada cognitiva que supere neoliberalismo e, também, mitos desenvolvimentistas é crucial, com políticas culturais e a beleza das diferenças

Escrito por VALÉRIA TEIXEIRA GRAZIANO

Dia Mundial da Diversidade Cultural para o Diálogo e o Desenvolvimento, celebrado em 21 de maio, foi criado há exatos vinte anos pela Organização das Nações Unidas (ONU), após a aprovação da Declaração Universal sobre Diversidade Cultural em 2001. Desde então, a diversidade cultural consolidou-se como princípio orientador dos discursos e instrumentos políticos que conformam a nova arquitetura de governança global.

Mas, se a diversidade cultural ganhou centralidade nos discursos políticos e nos projetos de cooperação internacional de organismos multilaterais ao longo das duas últimas décadas, a garantia dos direitos culturais avançou a passos lentos e as ameaças às culturas e aos povos historicamente subalternizados continuaram a multiplicar-se. Desse modo, é preciso problematizar como tais discursos celebratórios da diversidade cultural – frequentemente reproduzidos pela disciplina das Relações Internacionais –, são articulados pelas elites globais, resultando no apagamento das relações assimétricas de poder, na negação da diferença e no ocultamento da colonialidade, convertendo-se em um componente fundamental do capitalismo global.

No âmbito da integração latino-americana, embora a diversidade cultural tenha sido incorporada nos anos 2000 como princípio orientador de projetos regionais nas mais distintas áreas, a reprodução de um modelo de desenvolvimento baseado na noção de progresso econômico e na exploração infinita da natureza e da vida resultou em continuadas violências contra povos indígenas, camponeses e comunidades tradicionais e, consequentemente, em graves ameaças à diversidade das culturas da região.

Assim, neste vigésimo aniversário de criação da data que celebra a diversidade cultural, propõe-se neste artigo uma reflexão sobre a relação entre diversidade cultural, direitos culturais e descolonização da integração regional latino-americana. A partir da problematização dos limites e contradições que permeiam os discursos hegemônicos da diversidade cultural, pretende-se contribuir para a imaginação de caminhos de rearticulação contra-hegemônica da diversidade cultural enquanto fundamento das lutas dos diversos povos da região e de projetos de integração regional alternativos e emancipadores, desde saberes e experiências outras, locais e comunitárias.

Na América do Sul, a retomada da agenda de políticas culturais na virada do século XXI, depois de seu relativo abandono na década de 1980, relaciona-se à emergência do debate sobre as ameaças que representavam para a diversidade cultural as propostas que ganhavam força no âmbito da Organização Mundial do Comércio (OMC) relacionadas à liberalização total do comércio internacional (BAYARDO GARCÍA, 2010). Em 2002, o tema da diversidade cultural aparece, pela primeira vez, nos pronunciamentos dos presidentes do Mercosul (MERCOSUL/CMC/ATA 02/ANEXO 2/2002) e, desde então, as autoridades políticas do bloco reiteraram o posicionamento favorável à aprovação de uma convenção relativa à proteção da diversidade cultural. É neste contexto de acirradas disputas no campo do comércio internacional que foi aprovada, em 2005, a Convenção da Unesco sobre a Proteção e Promoção da Diversidade das Expressões Culturais, segundo a qual “os bens e serviços culturais comunicam identidades, valores e significados e, por isso, não podem ser considerados meras mercadorias ou bens de consumo quaisquer” (UNESCO, 2005).

A agenda de políticas culturais voltadas à diversidade cultural no âmbito dos projetos de integração foi reforçada, ademais, pela nova gramática política que se configurou na região a partir do chamado ciclo progressista latino-americano (2003-2015). Ao destacarem o papel do Estado em seus projetos de desenvolvimento, os novos governos eleitos na primeira década dos anos 2000 ampliaram as agendas políticas e sociais regionais, dando origem à uma nova etapa na integração regional que ficou conhecida como regionalismo pós-liberal ou pós-hegemônico (SANAHUJA, 2009; LO BRUTTO; CRIVELLI, 2019). Este novo cenário político regional, somado à consolidação da cultura como campo autônomo na política internacional e ao destaque que ganhava o tema da proteção da diversidade cultural nas negociações multilaterais, levou ao fortalecimento da agenda da cultura no Mercosul.

Ressalta-se que a articulação suscitada por tais disputadas no âmbito da OMC não só fortaleceu a posição regional em defesa da aprovação do novo instrumento internacional, mas também influenciou, de maneira significativa, os rumos das negociações da Convenção no âmbito da UNESCO. Após sua aprovação, a cooperação multilateral regional contribuiu, ademais, para o processo de implementação do novo tratado internacional pelos Estados sul-americanos. Em 2012, a Reunião de Ministros da Cultura (RMC) criou a Comissão da Diversidade Cultural (MERCOSUL/CMC/DEC. Nº 15/12), âmbito especializado que contribuiu para a construção de uma diplomacia cultural regional a partir da coordenação de posições no âmbito do Comitê Intergovernamental da Convenção da UNESCO, fortalecendo a defesa dos interesses regionais no campo das políticas culturais.

Contudo, a predominância de uma visão limitada sobre o lugar da cultura nas políticas de desenvolvimento e integração regional resultou, na prática, na ausência de investimentos e na contínua invisibilidade da cultura nas políticas públicas nacionais e nos projetos regionais, mesmo em iniciativas transversais de órgãos voltados às áreas sociais e de direitos humanos do Mercosul. Assim, embora a diversidade cultural tenha sido incorporada como princípio orientador nos discursos políticos do bloco e o Mercosul Cultural tenha logrado consolidar-se como espaço relevante de cooperação cultural regional durante o ciclo progressista latino-americano, os avanços limitaram-se à agenda de políticas culturais adotada pela RMC, e a cultura seguiu ausente, na prática, dos projetos estratégicos e prioritários de desenvolvimento regional.

A não ruptura com o modelo de desenvolvimento historicamente adotado pelo bloco e a incorporação acrítica de discursos e concepções hegemônicas que permeiam a cooperação internacional resultaram na reprodução do padrão de poder colonial e na continuidade da exclusão dos povos, saberes e cosmovisões diversos dos projetos de integração. Dessa forma, “sem questionar as noções de progresso e de crescimento econômico infinito sob a qual se reproduz o mito do desenvolvimento, o MERCOSUL seguiu reproduzindo um modelo civilizatório excludente e insustentável” (GRAZIANO; CAIXETA, 2021). Por isso, como argumenta Escobar (2013), é preciso compreender o desenvolvimento tanto como um projeto econômico (capitalista e imperial) quanto cultural. Criado a partir de uma experiência particular da modernidade ocidental europeia, o paradigma do desenvolvimento subordina as demais culturas e conhecimentos e resulta na destruição da diversidade humana e natural.

Edgardo Lander (2019) lembra que o processo de integração regional que mais avançou na América do Sul neste período representa claramente tais limites e contradições: a iniciativa para a Integração da Infraestrutura Regional Sul-Americana (IIRSA), projeto de desenvolvimento baseado no financiamento de grandes obras de infraestrutura física que, segundo o autor, levou ao aprofundamento de um tipo de integração subordinada e colonial na divisão internacional do trabalho e acelerou a apropriação de territórios indígenas e camponeses, assim como os processos massivos de destruição ambiental.

O autor ressalta, ainda, que embora a IIRSA e a União de Nações Sul-Americanas (UNASUL) tenham nascido em diferentes contextos geopolíticos e com objetivos divergentes, baseados em concepções distintas de desenvolvimento regional, a criação do Conselho Sul-Americano de Infraestrutura e Planejamento (COSIPLAN) da UNASUL acabou por dar continuidade ao projeto da IIRSA. Lander (2019, p. 104) explica que “la tensión entre esos dos programas de futuro para el continente, el desarrollista/extractivista de carácter neoliberal representado por el IIRSA, y el de ruptura radical en dirección al buen vivir, el reconocimiento de los derechos de la naturaleza y la interculturalidad, lo resuelve Unasur, más allá de sus discursos y declaraciones de principios, por la vía de los hechos, a favor del primero”.

Como resultado, tais empreendimentos de integração regional, que partem de uma lógica de “vazios demográficos” (PORTO-GONÇALVES; QUENTAL, 2012), resultaram no aumento de violências contra indígenas, camponeses e comunidades tradicionais, bem como na expulsão forçada desses povos de seus territórios. Como discutido em artigo anterior para o ODR, a atual negociação do acordo Mercosul-União Europeia é uma clara expressão dessa lógica e ignora os prováveis impactos que sua entrada em vigor terá para os povos indígenas e para a diversidade cultural e natural da região. Embora a temática dos direitos indígenas tenha sido introduzida na agenda do bloco, “na prática, pouco se avançou com relação à proteção e promoção dos direitos indígenas, e menos ainda com relação à participação dos povos indígenas nos processos decisórios do MERCOSUL” (GRAZIANO, 2021).

Desse modo, pode-se afirmar que a ampliação da agenda de direitos humanos do Mercosul a partir da racionalidade moderna eurocêntrica do desenvolvimento não resultou em avanços concretos no que diz respeito à garantia dos direitos culturais e à proteção da diversidade cultural. Isso se reflete, por exemplo, na ausência de uma estratégia integradora e transversal do Instituto de Políticas Públicas em Direitos Humanos (IPPDH), criado em 2009, cuja agenda se desenvolve de maneira paralela e, em geral, distanciada de instâncias como a Reunião de Autoridades sobre Povos indígenas (RAPIM), a Reunião de Ministros e Altas Autoridades sobre os Direitos dos Afrodescendentes (RAFRO) e a Reunião de Ministros da Cultura (RMC). Como resultado, destaca-se a ausência do tema dos direitos culturais nos projetos desenvolvidos pelo IPPDH, assim como de discussões aprofundadas sobre direitos coletivos e integração regional.

Considerando que a efetivação dos direitos culturais passa justamente pelo direito dos povos ancestrais e comunidades tradicionais de habitarem seus territórios, as políticas para proteção e promoção da diversidade cultural devem incluir, necessariamente, temas como autonomia, autodeterminação, plurinacionalidade e direitos indígenas. Por isso, a concretização dos direitos culturais e a proteção da diversidade cultural precisam ser pensadas para além do debate restrito ao campo das políticas culturais. É urgente, ademais, romper com a própria lógica que separa cultura e natureza para que seja possível, de fato, imaginar caminhos para a proteção e promoção da diversidade cultural e para construir alternativas de integração regional para além da noção hegemônica de desenvolvimento.

Como ressaltam Porto-Gonçalves e Quental (2012), “a defesa das culturas em sua diversidade implica a defesa das suas condições naturais de existência com as quais desenvolveram valores que dão sentidos às suas práticas, daí a tríade território-territorialidade-territorialização vir adquirindo centralidade”. É por este motivo, segundo os autores, que a luta travada por camponeses, indígenas e afro-americanos em torno da politização do conceito de território adquire sentidos mais amplos.

Desse modo, como propõe Walsh (2012), as articulações realizadas por esses grupos étnico-culturais devem ser entendidas não apenas como lutas identitárias, mas como lutas cognitivas, entre posições hegemônicas e subalternas relacionadas com formas diversas de entender o mundo e produzir conhecimento, as quais levam ao “cuestionamiento radical de las bases estructurales de la supuesta democracia, la ruptura irreversible con las concepciones monoculturales y excluyentes, y el sembrío estratégico de perspectivas, desde lo indígena, que interpelan y articulan otros sectores de la sociedad” (WALSH, 2012, p. 29). Assim, é justamente desde a diversidade e a diferença que esses movimentos reivindicam o direito de existirem e habitarem outros mundos.

É neste sentido que Vich (2014, p. 98) chama a atenção para a necessidade de desculturizar a cultura para compreendê-la como um novo poder e, sobretudo, “para comenzar a tomar el poder desde la cultura”. O autor propõe que, “contra toda la maquinaria actual de un saber tecnocrático que desliga lo cultural de lo político y lo político de lo económico”, deve-se estrategicamente “simbolizar lo político, democratizar lo simbólico”, de maneira a romper com a esferização do mundo e retomar a proposta de Raymond Willians de constituição de um processo social total (VICH, 2014, p. 98). A partir disso, a cultura pode ser apropriada como uma trama “donde se producen disputas cruciales sobre las desigualdades, sus legitimidades y las posibilidades de transformación” (VICH, 2014, p. 41).

Essa compreensão da cultura como trama é fundamental para a imaginação de alternativas ao desenvolvimento e à integração regional tal como tem sido construída desde o nível estatal, que sejam capazes de abarcar a proteção e a promoção da diversidade cultural em toda a sua complexidade e, assim, abrir caminhos para a produção de novas representações simbólicas, identitárias e sociais. Se a modernidade eurocêntrica compartimentalizou o saber e a política, a construção de uma estratégia de integração regional contra-hegemônica deve partir justamente da compreensão de que a cultura é constitutiva e inseparável dos campos políticos e econômicos.

Por isso, neste contexto de celebração do Dia Mundial da Diversidade Cultural para o Diálogo e o Desenvolvimento, propõe-se refletir criticamente acerca do discurso sobre a diversidade cultural que permeia os projetos de integração regional na América Latina, de maneira a aprofundar o debate sobre a proteção da diversidade cultural desde sua articulação com os direitos culturais e desde os saberes e práticas locais dos diversos povos da região, incluindo suas experiências coletivas e comunitárias de construção de redes de solidariedade transnacional. Neste sentido, é preciso reconhecer a centralidade da cultura e da diversidade cultural para a construção de uma outra integração latino-americana possível e de outros mundos possíveis.

Referências:

BAYARDO GARCÍA, Rubén. Políticas culturales y derechos: entre la retórica y la realidad. RIPS. Revista de Investigaciones Políticas y Sociológicas, vol. 9, núm. 2, 2010, pp. 55-64. Universidad de Santiago de Compostela: Santiago de Compostela, España.

ESCOBAR, A. Una minga para el postdesarrollo: Lugar, medio ambiente y movimientos sociales en las transformaciones globales. Bogotá: Ediciones desde Abajo, 2013.

GRAZIANO, Valéria T. A invisibilidade dos povos indígenas no Acordo MERCOSUL-União Europeia e a colonialidade do poder na integração regional sul-americana. Observatório de Regionalismo, 2021. Disponível em: http://observatorio.repri.org/2021/10/26/a-invisibilidade-dos-povos-indigenas-no-acordo-mercosul-uniao-europeia-e-a-colonialidade-do-poder-na-integracao-regional-sul-americana/. Acesso em: 20 de maio de 2021.

GRAZIANO, Valéria T.; CAIXETA, Marina B. A Cooperação Sul-Sul no MERCOSUL: um caminho para a integração regional autônoma. Brazilian Journal of International Relations, v. 10, p. 161-194, 2021.

LANDER, Edgardo. Crisis civilizatoria: Experiencias de los gobiernos progresistas y debates en la izquierda latinoamericana. Callas; Universidad de Guadalajara: Alemanha, 2019.

LO BRUTTO, G; CRIVELLI, E. El panorama actual de la integración regional en América Latina. In: KERN, A. et al. La cooperación Sur-Sur en América Latina y el Caribe: balance de una década (2008-2018). Ciudad Autónoma de Buenos Aires: CLACSO, 2019.

MERCOSUL. MERCOSUL/CMC/ATA 02/ANEXO 2/2002. Brasília, 2002.

MERCOSUL. MERCOSUL/CMC/DEC. Nº 15/12. Mendoza, 2012.

PORTO-GONÇALVES, Carlos Walter; QUENTAL, Pedro de Araújo. Colonialidade do poder e os desafios da integração regional na América Latina. Polis Revista Latinoamericana, 31, 2012, online.

SANAHUJA, J. A. Del “regionalismo abierto” al “regionalismo post-liberal”. Crisis y cambio en la integración regional en América Latina. Anuario de La Integración Regional de América Latina y el Gran Caribe, 2009.

UNESCO. Convenção da Unesco sobre a Proteção e Promoção da Diversidade das Expressões Culturais. Paris, 2005.

VICH, Victor. Desculturizar la cultura: La gestión cultural como forma de acción política. Buenos Aires: Siglo Veintiuno Editores, 2014.

WALSH, Catherine. Interculturalidad crítica y (de)colonialidad: Ensaios desde Abya Yala. Serie Pensamiento decolonial. Quito: Ediciones Abya Yala, 2012.

[Fonte: http://www.observatorio.repri.org]

A súa nova novela, «Obscuritas», retrata o lado escuro do país nórdico e homenaxea a Sherlock Holmes

Escrito por ENRIQUE CLEMENTE

Traballou como xornalista de sucesos, deu o toque de atención coa novela O enigma Turing e logrou o éxito coa biografía do futbolista Ibrahimovic, Son Zlatan, o libro máis vendido da historia en Suecia. Pero o gran desafío de David Lagercrantz (Solna, 1962) foi continuar o ciclo Millennium, creado por Stieg Larsson, cunha nova triloxía. Agora publica Obscuritas (Destino), entrega inaugural dunha serie protagonizada por Hans Rekke, catedrático de Psicoloxía, aristócrata e maníaco-depresivo, e Micaela Vargas, unha nova policía de orixe chilena, que non se pode permitir ser débil. Mestura o noir escandinavo, que retrata o lado escuro do seu país, e a británica de resolución de enigmas nunha homenaxe a Holmes. A trama, na que a música xoga un papel fundamental, lévanos a Afganistán, os cárceres secretos da CIA, as torturas e as diferenzas de clases e razas en Suecia.

—¿Como afrontou esta novela tras o gran reto de «Millennium»?

—Supuxo unha gran liberación porque fora o desafío da miña vida, unha experiencia tremenda, houbo moita polémica, porque Larsson pertencía á clase traballadora e eu non, tiven que viaxar por todo o mundo. Entón pregunteime que fago agora e reflexionei. Blomkvist e Salander eran demasiado duros. Estrañaba uns personaxes máis fráxiles, máis sensibles. Pensei en Sherlock Holmes, o meu ídolo de mocidade, en facer algo máis actual nesa liña. Sempre me gustou a súa incrible capacidade de dedución, pero non o seu toque de soberbia e arrogancia, de estar seguro da súa propia xenialidade. Quería personaxes que dubidasen e tivesen unha psicoloxía máis complexa e escura. Da experiencia do meu libro sobre Ibrahimovic saquei o de enfrontar dous mundos opostos, o gueto do suburbio onde vive Vargas e o barrio adiñeirado de Rekke.

—¿Como creou aos dous protagonistas, inspirouse en alguén?

—Para Rekke tomei moitas cousas de min mesmo, do meu mundo, da miña familia, onde hai moito éxito pero tamén moita fraxilidade, escuridade interior e problemas psicolóxicos. En canto a Vargas, ten que ver coa miña experiencia con Zlatan, que non podía permitirse a debilidade, romper por dentro. A xente como el ten que ser forte sempre e quería retratar esa rabia de Vargas cara a Rekke porque o ten todo e aínda así permítese derrubarse psicoloxicamente.

—En inglés a novela titúlase «Dark music». ¿Parécelle ben?

—Gústame porque realmente é un libro sobre a música, Rekke é pianista e quixen explorar o papel da música, que é bela pero tamén ameazadora. Os talibán teñen medo á música ata o punto de prohibila.

—Afganistán está moi presente na novela. ¿Que lle parece que Occidente teña deixado o país?

—Cando empecei a escribir a novela pensei que os talibán pertencían ao pasado, e xusto ao acabala Biden decidiu abandonar Afganistán. É terrible como volvemos onde estabamos antes do 11S. Volveu non só a guerra contra as mulleres e a música, senón contra a alegría e a propia vida. O resultado de todo o que se fixo desde o 11S é desolador. É un sinal de que as guerras son inútiles, porque aínda que as gañes ninguén sabe cales van ser as consecuencias.

—Tamén aparece a tortura e chama a atención como as autoridades suecas non se crían que a CIA fose capaz de practicala.

—Nesa época non se sabía nada e existía plena confianza en EE.UU. como o modelo. Pensábase que só a practicaban as ditaduras e non a gran democracia. Foi devastador para a mentalidade e a política estadounidenses e a súa propia imaxe de si mesmos. Para un escritor, é un tema moi interesante porque os torturadores, como o asasino en serie, teñen a súa propia marca. Hai unha especie de pegada nacional que se pode ver nos corpos torturados.

—En España temos unha imaxe moi idealizada de Suecia como modelo do Estado de benestar, pero vostede e outros autores destacan as súas contradicións.

—Suecia era vista como o país máis igualitario do mundo e sempre se prezou de acoller refuxiados de todo conflito. Agora, está peor que no ano en que se desenvolve a novela, é un gran fracaso. A recepción e integración de refuxiados nos últimos anos non funcionou, Suecia partiuse en dous, rachouse, o abismo entre os diferentes mundos non fai máis que aumentar. Isto é moi destrutivo, provocou desesperación e é o maior problema social que temos, con bandas criminais que se matan a tiros nos suburbios. É o que sucede cando se abre un abismo de desigualdade entre diferentes clases ou razas. Disto aprovéitase a extrema dereita para crecer.

—¿Que lle parece Karin Smirnoff para continuar «Millenium»?

—Non teño nin idea de que vai saír disto, pero é unha escritora brillante. A elección é moi atrevida e interesante porque non é unha escritora de novela negra, ten un estilo moi característico e provén do norte de Suecia, como Stieg Larsson. Agardo que faga bos libros, pero non demasiado bos, para que os meus non queden mal.

«Putin é perfecto como malo de película ou de novela»

«Estou a favor do ingreso de Suecia na OTAN, non hai vía intermedia entre a ditadura e a democracia, Rusia e China son unha ameaza. Non hai alternativa. Pero xurdiu o problema do veto de Turquía, que é case unha ditadura», afirma David Lagercrantz.

—¿Que opina de Putin, podería ser o malo dunha das súas novelas?

—Teno absolutamente todo. O burócrata que chega ao poder absoluto, baixiño, malvado, avaro, megalómano, que envenena a todos os seus inimigos. É perfecto como malo de novela ou de película. É un arquetipo do malo. Talvez sexa demasiado unidimensional. Gustaríame ver algúns lados positivos da súa personalidade para que resultase máis realista nunha novela.

—¿Por que decidiu situar a súa nova novela no 2003, dous anos despois dos atentados do 11S?

—É moi difícil escribir sobre a actualidade. Agora, por exemplo, non sabemos cara a onde nos vai levar a guerra en Ucraína. Por iso quería volver atrás, porque así é máis doado ver a evolución da sociedade. Tras do 11S comeza a ruptura do mundo, que ata entón estaba unido, incluso os países árabes. A guerra de Iraq, baseada, do mesmo xeito que a de Ucraína, en mentiras, foi o punto de partida de todo o que ocorre agora. A actuación de EE.UU. foi desoladora e devastadora, responder con violacións de dereitos humanos a eses ataques foi terrible. As súas consecuencias foron nefastas: implosión en Oriente Medio, surgimiento do Estado Islámico, crise dos refuxiados, rexurdir da extrema dereita, Trump…

 

[Imaxe: Kajsa Göransson – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

La collection « Quarto » fait paraître un volume d’Œuvres d’Amos Oz comprenant dix textes choisis par l’écrivain israélien, dont les plus importants : Mon Michaël, le roman qui l’a révélé en 1968 ; Une histoire d’amour et de ténèbres, son autobiographie, parue en 2004 en France ; Seule la mer, le roman qu’il aimait le plus ; ou encore Judas, traduit en 2016. Quoique incomplet, ce volume restera unique.

Un Quarto d'Œuvres pour entendre (presque toutes) les voix d’Amos Oz

Amos Oz (2016) © Francesca Mantovani/Gallimard

Amos Oz, Œuvres. Préface de Nicholas de Lange. Postface de Fania Oz-Salzberger et biographie de Ilan Bar-David. Trad. de l’hébreu par Sylvie Cohen, Laetitia Devaux, Jacques Pinto, Rina Viers, Laurence Sendrowicz et Katherine Werchowski. Gallimard, coll. « Quarto », 1 728 p., 35 €

Amos Oz, avec Shira Haddad, Conversations sur l’écriture, l’amour, la culpabilité et autres menus plaisirs. Gallimard, 208 p., 18 €

Écrit par Norbert Czarny

On trouve aussi dans ce « Quarto » Chers fanatiques ou Rien n’est encore joué, essais et conférences du citoyen se disant plutôt « humaniste » qu’engagé, à la façon de Camus, l’un de ses modèles. Mais on n’y trouvera pas Les voix d’Israël, paru en 1983. C’est à l’origine un ensemble d’articles publié dans le journal Davar, et résultant de voyages – comme l’indique le titre en hébreu, Ici et là en Israël. Amos Oz, figure connue et reconnue de la gauche, se rendait dans des villes et des villages souvent hostiles, discutait avec des militants nationalistes installés dans les territoires occupés, s’opposait mais se réconciliait par l’argumentation. Ce recueil n’a pas pris une ride, et qui a envie de comprendre ce pays, voire des pays fracturés, divisés par le ressentiment, les haines et les fanatismes (on en connaît), trouvera dans les pages d’Amos Oz des pistes précieuses.

D’autres choix étonnent : ainsi, deux nouvelles sont incluses dans ce « Quarto », l’une tirée des Terres du chacal, un recueil traduit en 1976, l’autre, tchekhovienne à souhait, tirée de Entre amis, publié en France en 2013. Pourquoi deux textes seulement ? Pourquoi pas Scènes de vie villageoise en entier, ou ce Entre amis ? Mystère. Prenons les choses, les bonnes, comme elles sont.

Ce fort volume permet donc de retrouver l’écrivain décédé fin 2018. Pendant plus de cinquante ans, il a incarné la littérature de son pays. Il n’était pas le seul. Agnon, Prix Nobel 1966, et le poète Alterman, qui ont marqué le jeune écrivain, sont importants. On s’en voudrait aussi de ne pas mentionner Appelfeld, qui fut son professeur au lycée de Houlda, kibboutz dans lequel vivait l’adolescent, David Grossman et A. B. Yehoshua, ses deux amis avec qui il discutait des livres qu’ils écrivaient tous trois, beaucoup d’autres. Et pour n’oublier personne, même si ses éditeurs ne font guère d’efforts pour rappeler quel romancier il était, David Shahar, l’auteur du cycle du Palais des vases brisés.

L’histoire du jeune Amos Klausner, devenu Oz en quittant Jérusalem, son père et le malheur qui l’oppresse, est passionnante. Yehuda, son père, parle une bonne dizaine de langues. C’est un érudit qui travaillera toute sa vie comme bibliothécaire. Il aurait dû devenir professeur d’université ; il en éprouve un certain ressentiment. Ami de Jabotinsky, le leader nationaliste, il est clairement ancré à droite de l’échiquier politique. Fania, son épouse, ne partage pas ses convictions. En fait, elle partage peu avec lui. Le malheur qui frappe l’enfant est le suicide de sa mère. Mon Michaël est une transposition de ce drame. L’auteur se glisse dans la peau d’une femme et raconte. C’est la Jérusalem encore partagée par des barbelés d’avant 1967, et c’est une femme qui cherche dans son imagination de quoi combler le vide de son existence.

Amos Oz quitte à treize ans la ville de son enfance, une ville à la fois aimée et crainte, il passera de longues années au kibboutz. Au début, il est seul, pas très à son aise. Il se marie très jeune, est père très tôt, et devient professeur de lettres et de philosophie. Pas aussitôt car, au-delà de l’image mythique de ce creuset socialiste, la réalité est âpre. Il n’a pas de lieu pour écrire, il doit se débrouiller pour trouver le temps de le faire, mais surtout ce qu’il voit et ce qu’il entend n’a rien d’idyllique. La langue des pionniers est un hébreu sans grâce, sans finesse. Les slogans maintes fois répétés sont à l’opposé de ce que l’enfant a connu, notamment grâce à Zelda Schneerson, son institutrice, poétesse avec qui il développa son goût de la lecture, et commença à écrire.

Un Quarto d'Œuvres pour entendre (presque toutes) les voix d’Amos Oz

Oz est d’abord un écrivain attaché à sa langue, à la nuance, à la musicalité, au caractère poétique que l’on retrouvera dans sa prose. On lira ici la préface de Nicholas de Lange, son traducteur en anglais. Quand le romancier vit à Oxford, vers 1970, puis en Israël, à Arad, où vit la famille Oz, tous deux passent des jours entiers à discuter mot après mot les traductions. Appelfeld évoque un rapport semblable avec l’hébreu. Deux stylistes, en somme, mais pas seulement.

Amos Oz tel qu’on le lit est profondément attaché à son enfance yérosolomitaine. Une panthère dans la cave, roman mettant en scène un jeune garçon, en donne l’exemple. Profi, c’est son surnom parce qu’il est cultivé et « intello » tel un professeur, passe pour un traitre dans cette Palestine sous mandat britannique. Traitre : le mot revient aussi dans le roman Judas, et il est fréquemment employé par une certaine gauche radicale (sans parler de la droite populiste) pour qualifier l’homme public que ne cessera d’être Oz. Parmi les détails qui nous arrêtent, en lisant l’excellente bio-bibliographie richement illustrée qui ouvre le volume, on tombe sur une dédicace de 2011 à Marwan Barghouti, leader palestinien incarcéré depuis 2002 en Israël. Il lui envoie son autobiographie. Le geste choque. Comme l’explique l’écrivain pour défendre son attitude, les livres permettent de mieux se comprendre et celui-ci, qui remonte à l’histoire familiale et nationale, éclaire le sionisme des origines. Mais comprendre n’est pas un verbe très usité, ici ou là.

Sioniste, Oz l’est resté toute sa vie, critique cependant. En 1967, au lendemain de la victoire dans la guerre des Six Jours, il enquête parmi les soldats et recueille des propos amers, désabusés, qu’au plus haut niveau on préfèrera laisser sous le tapis. Un grand philosophe et érudit, Yehoshua Leibowitz, sera aussi mis au ban pour avoir répété que la mainmise sur les « territoires » détruirait le peuple et l’État. Cassandre n’a pas été écouté. Oz reste actif : il est membre fondateur de « La Paix maintenant », il soutient Beit Selem, l’ONG entre-temps attaquée et empêchée d’agir par Netanyahou et les siens : elle a le tort de révéler les atteintes aux droits de l’homme en Cisjordanie et à Gaza.

Un Quarto d'Œuvres pour entendre (presque toutes) les voix d’Amos Oz

La biographie que propose Ilan Bar-David, spécialiste de l’écrivain ayant eu accès à toutes les archives, est riche, émaillée de citations éclairantes. Mais elle ne parle pas de la vie plus ou moins secrète d’Oz, ni de ses rapports difficiles avec sa fille cadette, Galia [1] ; Fania, sa fille ainée, a d’autres souvenirs, qu’elle raconte dans une belle postface. Elle porte le prénom de sa grand-mère suicidée mais, pour Amos Oz, elle reste la première Fania, celle du bonheur.

Parmi les livres qui ne figurent pas dans le recueil, Les deux morts de ma grand-mère rappelle cette aïeule du jeune Amos, « morte de propreté ». Arrivée d’Europe, elle était obsédée par la saleté. Elle vivait à Jérusalem, « lugubre capitale d’un État exubérant ». Les deux adjectifs se discutent mais la grand-mère reste. Et ce qui pourrait servir d’épitaphe sur la tombe du petit-fils : « Un toit, une grand-mère, une blessure ». Ce qu’il faut pour devenir écrivain.


  1. En février 2021, Galia Oz a publié un ouvrage dans lequel elle accuse son père de lui avoir infligé, de son enfance jusqu’à sa mort, de nombreux sévices, physiques et moraux. Nili Oz, veuve de l’écrivain, a réfuté ses accusations dans un communiqué, signé par les deux autres enfants du couple, Fania et Daniel ; la première a déclaré avoir connu « un autre Amos » ; le second a aussi indiqué, dans un post Facebook : « Je suis sûr – c’est-à-dire je sais – qu’il y a un noyau de vérité dans [les] mots » de Galia. On peut lire un résumé de cette affaire en suivant ce lien.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Jéssica frequenta a igreja presbiteriana e afirma que a igreja ajuda o bairro | Léu Britto/Agência Mural

Esse texto foi escrito por Lucas Veloso, Patrícia Vilas Boas e Vagner Vital, publicado originalmente no site da Agência Mural [1], em maio de 2021. A reportagem é uma parceria com o Pindograma [2], site de jornalismo de dados. O artigo é reproduzido aqui em acordo de parceria com o Global Voices, com algumas alterações.

Instalada entre uma casa e um salão de beleza, a igreja Assembleia de Deus Ministério Missão tem uma pequena entrada com 2,5 metros de largura para receber os moradores que seguem a religião. Criada há cerca de quatro anos, ela foi aberta quando seguidores entenderam que era importante ter mais um espaço em Cidade Ademar [3], distrito da periferia de São Paulo, no sudeste do Brasil.

Não estavam sozinhos. Nos últimos anos, 33 novos espaços religiosos surgiram no bairro. No Grajaú, também na zona sul, foram 37 e outros 26 no Jardim Ângela. Isso oficialmente.

Em um bairro do Jaraguá, na zona noroeste, em menos de um quilômetro, quatro novas igrejas foram abertas  – duas delas de garagem com cultos que recebem até 10 pessoas. Exemplos do tipo se espalham pela cidade de São Paulo, a maioria delas evangélicas e em especial pelas periferias.

Dados do Pindograma [2], site de jornalismo de dados, mostram que na última década, a cada seis dias, a cidade de São Paulo ganhou uma nova igreja evangélica. Os dados apontam para o avanço delas em bairros pobres, em meio ao crescimento da participação política [4] de seguidores e pastores.

Os números obtidos pelo Pindograma foram extraídos do IPTU paulistano (imposto sobre imóveis [5]) e mostram que, em 2011, havia 1.633 igrejas evangélicas. Em 2020, eram 2.186, crescimento de 34%. Entre os bairros das periferias, Cidade Ademar teve a alta mais expressiva de 200%.

Frequentador da Igreja Universal na zona leste, Maick afirma que igrejas não tem papel reconhecido pelo estado | Léu Britto/Agência Mural

Esse fenômeno, porém, é resultado de algo que vem antes dessa década, explica João Paulo Berlofa Gomes, 34, pastor da Igreja da Garagem, e conhecido como pastor Berlofa. Ele vive na cidade de Mogi das Cruzes, na Grande São Paulo, e aponta que o crescimento das igrejas evangélicas começa no final da década de 1980 e começo dos anos 1990.

Para ele, promessas como “a Igreja e Deus vão resolver todos os teus problemas”, “vão te dar vitória em todas as suas lutas” e “garantir prosperidade financeira”, fizeram com que o movimento ganhasse seguidores, numa época de crise econômica no Brasil, saído de 21 anos de ditadura militar.

A cientista social Amanda Souza, 24, concorda e cita a chamada teologia da prosperidade. O termo reflete às investidas das igrejas evangélicas na crença em meritocracia, pregando o sucesso pelo mérito individual.

“Elas [igrejas evangélicas] têm uma pregação muito próxima do cotidiano do trabalhador. Na medida em que buscam recursos para a mobilidade social, têm nesse espaço da igreja um líder que serve como exemplo do que pode ser alcançado, a partir da ideia de que ‘tudo é possível’”, comenta.

A alta dos últimos anos no número de templos também está ligada a uma característica de muitas novas igrejas evangélicas – um seguidor que decide começar sozinho um novo espaço ou quando você cresce dentro de um espaço religioso e recebe a missão de abrir uma “unidade” dela em um bairro.

“Você abre a garagem da sua casa, coloca quatro cadeiras, um púlpito, um microfone, se autodenomina, intitula, se autounge pastor, está tudo bem, está tudo pronto”, resume Berlofa.

No caso da religião católica, por exemplo, há mais burocracia. A abertura de novas igrejas passa por um processo que depende da aprovação do Vaticano, através do papa.

Além disso, igrejas e outras entidades religiosas possuem imunidade tributária garantida pela Constituição brasileira, ou seja, estão isentas de pagar impostos governamentais.

Por outro lado, quem frequenta os espaços religiosos enfatiza o papel delas dentro das comunidades.

Moradora do Jardim Ângela, na zona sul, Jéssica Keyla Barreto Santana, 24, já fez parte da Assembleia de Deus e hoje é membro da Igreja Presbiteriana, duas denominações tradicionais.

Em um momento difícil de desemprego, ela conta que sua família recebeu ajuda de outros fiéis que uniram esforços para arrecadar e doar alimentos. “Ajudaram tanto minha mãe, quanto quem precisasse ali na igreja.”

Entre as iniciativas mais recorrentes, ela também cita a doação de roupas, cobertores e distribuição de cestas básicas. “Não adianta só dar o pão espiritual e você esquecer de que seu irmão precisa de um alimento, de uma veste”, diz Jéssica.

Algo recorrente entre os entrevistados é que esse papel social substitui, muitas vezes, a ausência do Estado. Uma pesquisa de 2020 da Rede Nossa São Paulo [6] aponta que para 22% a igreja é a instituição que mais contribui para a melhora da qualidade de vida da população de São Paulo, seguida pela Prefeitura (19%) e ONGs locais (18%).

“Acredito que [essa percepção] seja o atual momento que a gente está vivendo, em que as pessoas precisam se apegar a algo, e elas procuram a igreja”, opina Darla Barbosa, 24, líder do grupo de jovens da Igreja Batista Canaã.

“Recebemos muitas mensagens de pessoas que realmente estavam surtando na pandemia. Conseguimos encaminhar, pegar contatos de psicólogos e direcionar para eles na medida do possível”, conta.

“Abrimos nossos canais com relação a abuso sexual e racismo também”, completa.

Alexya Salvador, 40, é reverenda da Igreja da Comunidade Metropolitana [7] —  em seu site brasileiro [8], a igreja diz reconhecer “um estado de necessidade em todo o mundo nas áreas de direitos humanos e justiça, incluindo, entre outros, a comunidade de lésbicas, gays, bissexuais, transgêneros e queer”. Para ela, a igreja “sempre foi a primeira a chegar em lugares onde as políticas públicas não chegam”.

“Aquela comunidade, muitas vezes, vai ter na igreja o único lugar em que ela vai ter acesso a serviços sociais.”

“A gente vê muitas igrejas sérias, presentes em periferias, falando sobre criminalidade, drogas, sexualidade e prevenção de gravidez na adolescência”, aponta.

Por outro lado, ela também diz ver o crescimento das igrejas evangélicas como um nicho focado no dinheiro. “Infelizmente, uma teologia voltada para o dízimo, e isso, muitas vezes, coloca aí o cristianismo como uma oportunidade de se ganhar dinheiro com a fé dos outros”, opina.

O problema é que essa situação pode tornar algumas dessas igrejas em palanque eleitoral. Atualmente, 31% dos eleitores são evangélicos [9], outros 54% são católicos, segundo dados do instituto de pesquisa Datafolha, de janeiro de 2020. No eleitorado nacional, 85% se dizem cristãos.

O IBGE (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística) vinha mostrando essa transformação nos últimos censos. Em 1980, 6% da população se declarava evangélica, número que saltou para 22% em 2010 [10]. Os católicos ainda seguem maioria, mas caíram de 73% para 64% em dez anos. O Brasil ainda aguarda a realização de um novo censo [11].

Nas eleições de 2018, as urnas fizeram aumentar a bancada evangélica no Congresso Nacional, de acordo com estudo do Diap (Departamento Intersindical de Assessoria Parlamentar), [12] com base nos dados disponíveis no portal do TSE (Tribunal Superior Eleitoral).

Na Câmara dos Deputados foram eleitos 84 candidatos identificados como evangélicos – nove a mais do que na última eleição. Entre os senadores, os evangélicos saíram de 3 parlamentares na legislatura anterior para 7 a partir de 2019. No total, o grupo que tinha 78 integrantes ficou com 91 parlamentares.

Nas últimas semanas, esse cenário foi encorpado com a confirmação da indicação do ministro André Mendonça [13] para uma cadeira do STF (Supremo Tribunal Federal), cumprindo a promessa do presidente Jair Bolsonaro, que prometeu uma vaga na Corte para um integrante “terrivelmente evangélico” [14]. Mendonça é pastor presbiteriano [15].

A religião do próprio Bolsonaro causa confusão [16] para os brasileiros. Embora já tenha declarado ser católico, ele foi batizado por um pastor da igreja Assembleia de Deus [17], no rio Jordão [18], em Israel, em 2016 — o pastor Everaldo também foi candidato à Presidência da República e foi preso por fraude [17] em 2020.

A primeira-dama Michelle Bolsonaro é evangélica, de denominação batista. Um vídeo dela comemorando [19] a aprovação do nome de Mendonça para a Suprema Corte brasileira, falando em línguas [20], viralizou na internet — pentecostais acreditam que a fala, sem tradução conhecida necessariamente, é a manifestação do Espírito Santo.

Para o pastor Berlofa, atualmente há uma mistura ainda maior entre Igreja e Estado. “Nós temos a teoria em que a Igreja não se deve misturar com o Estado, mas o Estado é influenciado, mandado, cobrado, patrocinado, sempre debaixo dos panos.”

“Os evangélicos foram o principal cabo eleitoral do presidente. Agora, a conta chegou. Os figurões estão cobrando [apoio].”

Artigo publicado em Global Voices em Português: http://pt.globalvoices.org
URL do artigo: https://pt.globalvoices.org/2022/01/28/em-sao-paulo-uma-nova-igreja-abre-por-semana-e-templos-se-espalham-pelas-periferias/

URLs nesta postagem:

[1] originalmente no site da Agência Mural: https://www.agenciamural.org.br/especiais/sao-paulo-tem-uma-nova-igreja-aberta-por-semana-e-templos-se-espalham-pelas-periferias/

[2] Pindograma: https://pindograma.com.br/

[3] Cidade Ademar: https://en.wikipedia.org/wiki/Cidade_Ademar_(district_of_S%C3%A3o_Paulo)

[4] crescimento da participação política: https://www.correiobraziliense.com.br/politica/2020/10/4884857-candidaturas-evangelicas-aumentam-34–em-relacao-a-ultima-eleicao-municipal.html

[5] imposto sobre imóveis: https://economia.uol.com.br/noticias/redacao/2020/02/03/iptu-imposto-duvidas.htm

[6] pesquisa de 2020 da Rede Nossa São Paulo: https://www.nossasaopaulo.org.br/2020/01/22/64-das-pessoas-que-moram-em-sao-paulo-afirmam-que-se-pudessem-sairiam-da-cidade/

[7] Igreja da Comunidade Metropolitana: https://www.facebook.com/icmsp/photos/as-igrejas-da-comunidade-metropolitana-icm-s%C3%A3o-uma-comunh%C3%A3o-brasileira-e-interna/2016152781761664/

[8] site brasileiro: https://www.icmbrasil.org.br/quem-somos/

[9] 31% dos eleitores são evangélicos: https://g1.globo.com/politica/noticia/2020/01/13/50percent-dos-brasileiros-sao-catolicos-31percent-evangelicos-e-10percent-nao-tem-religiao-diz-datafolha.ghtml

[10] 6% da população se declarava evangélica, número que saltou para 22% em 2010: http://g1.globo.com/brasil/noticia/2012/06/numero-de-evangelicos-aumenta-61-em-10-anos-aponta-ibge.html

[11] novo Censo: https://g1.globo.com/politica/noticia/2022/01/25/censo-comeca-em-1a-de-agosto-diz-ibge.ghtml

[12] estudo do Diap (Departamento Intersindical de Assessoria Parlamentar),: https://agenciabrasil.ebc.com.br/politica/noticia/2018-10/em-crescimento-bancada-evangelica-tera-91-parlamentares-no-congresso

[13] André Mendonça: https://g1.globo.com/politica/noticia/2021/12/16/com-a-presenca-de-bolsonaro-andre-mendonca-toma-posse-nesta-quinta-como-novo-ministro-do-stf.ghtml

[14] “terrivelmente evangélico”: https://g1.globo.com/politica/noticia/2019/07/10/bolsonaro-diz-que-vai-indicar-ministro-terrivelmente-evangelico-para-o-stf.ghtml

[15] pastor presbiteriano: https://www1.folha.uol.com.br/poder/2021/12/religiao-aproximou-mendonca-de-michelle-que-influiu-na-indicacao-do-ministro.shtml

[16]  confusão: https://www.metropoles.com/colunas/guilherme-amado/qual-a-religiao-de-jair-bolsonaro-confusao-o-beneficia-ha-tempos

[17] pastor da igreja Assembleia de Deus: https://www.cnnbrasil.com.br/politica/quem-e-pastor-everaldo-preso-em-operacao-sobre-fraude-de-contratos-no-rio/

[18] rio Jordão: https://extra.globo.com/noticias/brasil/enquanto-votacao-do-impeachment-acontecia-bolsonaro-era-batizado-em-israel-19287802.html

[19] comemorando: https://www.metropoles.com/brasil/politica-brasil/apos-ser-alvo-de-piadas-michelle-rebate-intolerancia-religiosa

[20] falando em línguas: https://br.noticias.yahoo.com/o-que-s%C3%A3o-l%C3%ADnguas-usadas-223400156.html

 

L’affrontement qui a opposé l’Argentine au Royaume-Uni d’avril à juin 1982 a eu des conséquences indirectes sur le milieu du «rock nacional».

Charly García, légende de la musique argentine, lors d'un concert donné à Buenos Aires le 30 septembre 2013. | Daniel Garcia / AFP

Charly García, légende de la musique argentine, lors d’un concert donné à Buenos Aires le 30 septembre 2013. | Daniel Garcia / AFP

Écrit par Fabien Palem — édité par Thomas Messias

À Buenos Aires (Argentine).

Voilà quatre décennies qu’à Buenos Aires, le rock se chante en argentin. Tout droit importé du monde anglo-saxon, ce rythme s’est fait, depuis, à l’accent et au jargon des «Porteños», les habitants de la capitale argentine.

Les Argentins revendiquent sans cesse leur dévotion pour la plus British des mélodies, musique populaire par excellence –davantage que le tango, qui a pris quelques rides, la cumbia et les musiques traditionnelles, souvent cantonnées à leurs caractères festif ou régional. «El rock nacional», tel qu’on le désigne ici, dépasse les classes sociales et mobilise les générations. Un véritable pilier identitaire national, brandi par Diego Maradona, le président Alberto Fernández et même le pape François.

Quarante ans, c’est aussi le temps qui s’est écoulé depuis la capitulation de la dictature argentine (1976-1983) lors de la guerre des Malouines, qui l’opposa d’avril à juin 1982 au Royaume-Uni de Thatcher. Le régime, installé sept ans plus tôt à la suite d’un coup d’État militaire, est coupable de crimes de lèse-humanité (30.000 disparitions, selon les estimations actuelles).

À cela s’ajoute une situation économique calamiteuse qui a mis la dictature à bout de souffle. Le général Galtieri, alors aux commandes, tente de toucher la fibre nationaliste en envahissant ces îles de l’Atlantique Sud, qui ont le statut de sous-bastion britannique mais qui sont historiquement revendiquées par l’Argentine.

Jusqu’ici, à en croire l’incontournable Charly García, une sorte de John Lennon argentin version border, «c’était bien de chanter en anglais et c’était vulgaire de chanter en espagnol». Avec la guerre, tout change. Le rock made in Buenos Aires, perçu depuis les années 1960 comme le vecteur d’une contre-culture d’importation et d’aspirations individualistes, va s’adapter au moule de la jeunesse nationale. Son explosion sera en partie permise par la fièvre nationaliste qui gagne la société argentine.

Doit-on y voir une première revanche contre l’impérialisme, avant même les buts de Maradona au Mondial de 1986? Ou plutôt une assimilation à la sauce gaucha de l’élément le plus efficace du soft power britannique? La question s’avère d’autant plus complexe quand on sait la sensibilité des Argentins vis-à-vis de la présence passée des Britanniques, à l’origine des voies ferrées et de nombreuses industries de ce pays du bout du monde.

Inspirations extérieures

L’importance alors donnée au rock nacional explique sa place au milieu des événements organisés, quarante ans plus tard, en souvenir du conflit. Notre pérégrination musicale fait une escale obligatoire au musée des Malouines et des Îles de l’Atlantique Sud. Logé dans l’enceinte de l’ancienne École mécanique de la marine (ex-Esma), centre de torture pendant la dictature qui fut transformé depuis en lieu de mémoire, le musée s’inscrit dans la politique de revendication de la souveraineté argentine sur ces îles des eaux lointaines et froides.

Pendant près de cinq mois, le site a accueilli une exposition photo intitulée «Les Malouines et le rock, d’Ushuaia à La Quiaca», en référence à une tournée réalisée par l’artiste León Gieco et le producteur Gustavo Santaolalla, deux figures du rock argentin, d’un bout à l’autre du pays.

Si l’expo s’est concentrée sur cette odyssée dans l’Argentine de l’«intérieur», personne ne nie que la principale source d’inspiration du rock nacional est ailleurs… À savoir, à l’«extérieur», comme on désigne ici les pays étrangers.

«Le rock en anglais était très présent à l’époque de la guerre des Malouines, confirme le directeur du musée, Edgardo Esteban. Un an avant, en mars 1981, Queen était venu donner un concert qui avait connu un franc succès! Ensuite, 1982 a vraiment constitué une année charnière pour le rock nacional

Dans un article annonçant cette exposition, le quotidien Página 12, aligné sur l’actuel gouvernement péroniste, assurait: «Avant et pendant le conflit guerrier de 1982, le rock argentin s’est prononcé sur la guerre des Malouines.» La réalité semble pourtant plus nuancée, paradoxale. 1982 marque une «année charnière» en raison de la rupture faite par l’ensemble de la société avec le rock non argentin, à savoir anglo-saxon.

L’anglais bouté hors des ondes?

Ce retournement de veste est-il à imputer à la dictature? Si la musique en anglais a disparu des ondes, le régime en aurait seulement déconseillé la diffusion. «Ce fut une sorte de mesure tacite, une suggestion», précise Sergio Pujol, historien argentin spécialiste du rock et des musiques populaires de son pays.

«Les radios ont pratiqué une sorte d’autocensure, en partie sous l’influence des auditeurs qui appelaient pour vous insulter si vous passiez de la musique en anglais», confirme Marcelo Gasió, journaliste à El Expreso Imaginario durant les années 1980. Dans un article écrit pour cette revue culturelle branchée, disparue depuis, Gasió interviewe les responsables des radios FM. Tous le lui confirment: il n’y a pas eu d’interdiction explicite.

Les îles Malouines à peine envahies, un sentiment anti-anglais se propage dans la société.

Exit, le rock en anglais. Bienvenidas, les autres expressions musicales: instrumentales, en espagnol, en français… Le rock argentin, musique d’un mouvement, n’est pas dans le viseur du régime et peut se propager sur les ondes. «Dans un premier temps, le rock est vu comme une menace mineure pour la dictature, résume Sergio Pujol. Après le coup d’État de 1976, c’est le folklore qui est clairement censuré, car contrairement au rock, il est associé aux cercles militants de gauche. La grande chanteuse folkloriste, Mercedes Sosa, s’est rapidement exilée à l’étranger [en 1979, à Paris].»

Les îles Malouines à peine envahies, un sentiment anti-anglais se propage du jour au lendemain dans la société. Les messages qu’affichent certains magasins dans la langue de Shakespeare sont traduits dans celle de Borges. «Avec la guerre, tous les problèmes économiques, de répression, de droits humains… étaient au second plan. C’était une situation étrange», poursuit Gasió, qui craignait lui-même d’être appelé au front si le guerre durait.

Malaise au festival

Le 16 mai 1982, en plein milieu du conflit, s’organise le festival dit «de solidarité latino-américaine». Les trois grands producteurs musicaux d’alors mobilisent leurs artistes, et la quasi-totalité de la scène rock argentine se retrouve sur la scène montée dans le stade du club Obras Sanitarias, à Buenos Aires.

Le «rock nacional» est-il coupable d’avoir collaboré avec la dictature?

Le régime est coorganisateur de l’événement. Mais les artistes et le public s’y rendent pour exprimer leur solidarité envers les soldats, des jeunes hommes peu préparés, envoyés affronter dans un froid glacial une des plus grandes armées du monde. Pour éviter de donner le moindre peso (la monnaie nationale) à la dictature, le public du festival paie l’entrée au concert en donations. Des aliments non périssables, des couvertures et des vêtements sont collectés à destination des troupes mobilisées, mais n’arriveront jamais à bon port.

Le malaise des artistes, déjà palpable à l’époque, ressurgit aujourd’hui. Avec du recul, le chanteur folk León Gieco revient sur cet épisode dans la série dédiée à l’histoire du rock latino sur Netflix, Rompan Todo«Nous avons été utilisés dans un concert en hommage aux soldats. Pil Trafa a dit que c’était une connerie d’y avoir participé, et il avait raison.»

Ligne de front

Le nom de Pil Trafa renvoie au groupe punk Los Violadores, dont il était le leader. Los Violadores et Virus sont les deux seuls groupes à ne pas avoir répondu à l’appel du festival. «Los Violadores commençaient à peine. Ils ne mobilisaient pas plus de cinquante personnes, et le groupe Virus en était à son deuxième album mais n’avait pas encore complètement explosé», détaille Gasió, instigateur d’un face-à-face entre ces artistes à quelques semaines du festival. «Nous n’avons pas vraiment parlé du festival. Il s’agissait surtout d’évoquer les nouveautés qu’apportaient en Argentine le punk et la new wave.»

De l’eau a coulé sous les ponts. Mais dans un pays où la politique mémorielle occupe une partie importante des agendas politiques, ce festival fait tache. Alors, le rock nacional est-il coupable d’avoir collaboré avec la dictature? Pujol nuance: «Le débarquement des troupes dans les îles Malouines a mobilisé un discours nationaliste et anti-impérialiste. Même les Mères de la place de Mai ou encore Fidel Castro, depuis La Havane, clamaient leur soutien aux Malouines argentines!»

Quelques mois plus tard, en décembre 1982, Charly García, le plus talentueux des rockeurs latino-américains, organise un grand récital à Buenos Aires. Au moment d’interpréter son titre «No bombardeen Buenos Aires» («Ne bombardez pas Buenos Aires»), il surprend son public avec une simulation sonore de bombardement. Une manière de faire oublier sa participation au festival?

«Non, réplique Pujol, Charly García avait déjà exprimé son malaise en marge du festival. Cette chanson est plutôt une forme de satire dirigée vers la société “porteña” et son hypocrisie.» L’historien rappelle ainsi que la capitale argentine se trouve si loin de la ligne de front (1.900 kilomètres) que «les théâtres et cinémas n’ont pas fermé le rideau un seul jour pendant la guerre». Touché.

 

 

[Source : http://www.slate.fr]

París quiere un papel protagonista en la UE.

Escrito por Sebastian Edinger 

Las prisas forzadas de Washington y Bruselas por admitir a Ucrania en la UE también han recibido la aprobación de Berlín. Se olvida el hecho que los tan cacareados « valores europeos » -democracia, estado de derecho y derechos humanos- apenas tienen expresión allí y están siendo completamente mermados en el transcurso de la guerra. Kiev tiene materias primas que ofrecer y mucha mano de obra barata. El capital alemán lo celebra con creces, puesto que el prolongado banco de trabajo hacia el Este puede alargarse aún más.

Sobre todo, según se calcula, muchas mujeres ucranianas pronto estarán dispuestas a hacer casi cualquier cosa por unos pocos céntimos. Ya sea en la fabricación de productos semielaborados a domicilio, en el matadero, en la residencia de ancianos o en cualquier otro lugar de la RFA, donde la demanda de mano de obra barata apenas puede satisfacerse. Occidente está decidido a luchar contra Rusia « hasta el último ucraniano » para debilitar militarmente a Moscú. De este modo, todavía se podría hacer algo con la preservación de la supremacía global de Estados Unidos: una Rusia económicamente desangrada se convierte en un apéndice dependiente de China, mientras que Estados Unidos la subordinaría a la mucho más potente Europa occidental. Los « sostenes familiares » ucranianos apenas se mantendrán entonces. Esto hace que las mujeres sean vulnerables a una explotación despiadada.

Pero de nuevo hay alguien que no quiere participar: el presidente de Francia, Emmanuel Macron, mira ex officio y con nostalgia los tiempos en los que la grande nation aún contaba para algo en la política mundial. Fue hace mucho tiempo, y forma parte de la razón de Estado luchar por un papel de liderazgo imperial. De poco sirve que la UE se extienda cada vez más hacia el Este. Francia no necesita un banco de trabajo ampliado ni una competencia de bajos salarios.

En lugar de hacerse cada vez más grande, Macron quiere que la UE sea cada vez más eficiente. No quiere incorporar más casos problemáticos al estilo de Hungría y Polonia, sino forjar una alianza controlable -incluyendo las finanzas y el ejército- con estructuras de poder fuertemente centralizadas bajo el liderazgo francés. Por eso Macron propone ahora, por un lado, no admitir a Ucrania en la UE, y si es posible tampoco a los Estados de los Balcanes occidentales. En lugar de ello, estos países deberían formar parte de una « comunidad política », una especie de membresía de segunda clase en la UE sin derecho a intervenir en esta. Por otro lado, quiere modificaciones de los tratados de la UE, para quitar influencia a los Estados más pequeños mediante la eliminación del principio de unanimidad y facilitar una ulterior integración según los deseos franceses.

El plan no resultará. Ya al principio de su primer mandato, Macron jugó al « gran europeo » y presentó todo tipo de propuestas para avanzar en la integración de la UE. Berlín y Washington se lo han cobrado y volverán a hacerlo. Tienen otros intereses y más poder. Así están las cosas en la grande nation estos días.

 

[Ilustración: Jean-Yves Decottignies – fuente: sinpermiso.info]

Escrito por Enzo Traverso 

Una nueva «disputa de los historiadores» (Historikerstreit) sobre el Holocausto sacude a Alemania. La primera ocurrió hace más de treinta y cinco años, durante la Guerra Fría, cuando el país todavía estaba dividido y muchos de sus protagonistas habían tenido una experiencia de primera mano del nacionalsocialismo y de la Segunda Guerra Mundial. Contra Ernst Nolte, historiador neoconservador que cuestionaba la detención de Alemania en un «pasado que no pasará», Jürgen Habermas, representante de la teoría crítica, sostenía que la memoria del Holocausto debía ser uno de los pilares de la conciencia histórica de la República Federal de Alemania (RFA).

Es innegable que la interpretación apologética que Nolte hacía de Auschwitz, como si hubiera sido una mera «copia» del Gulag —el autor afirmaba que los crímenes bolcheviques eran el «prius lógico y factual» del totalitarismo moderno, mientras que los crímenes nazis representaban la reacción de un país amenazado— se adecuaba a determinadas necesidades políticas que planteaba la Guerra Fría. Sin embargo, en el siglo XXI se volvió inútil, incluso en el caso de los neoconservadores. Alemania abandonó su rol de puesto fronterizo geopolítico en el marco de un mundo bipolar y se convirtió en uno de los actores principales de Occidente, especialmente a causa de su rol como motor de la Unión Europea.

Resultado de un largo, retorcido y tormentoso proceso de «elaboración del pasado», la creación del Monumento del Holocausto, que hoy se alza imponente en el corazón de Berlín, es sin duda un testimonio material impresionante de la integración del nacionalsocialismo en la autorrepresentación histórica de Alemania. Sin embargo, también sirve a otros propósitos. Gracias a esta exitosa «asimilación del pasado» (Vergangenheitsbewältigung), la RFA está finalmente preparada para asumir la dirección de la UE pues, además de su hegemonía económica, cuenta con las cartas necesarias en materia de derechos humanos. La memoria del Holocausto no es más, como en los días de Nolte, el trabajo de duelo imposible y permanente de un país que enfrenta un pasado traumático. Hoy es el signo de una nueva normatividad política: sociedad de mercado, democracia liberal y defensa (selectiva) de los derechos humanos.

La nueva Historikerstreit viene a poner en cuestión este nuevo mapa político y cultural. En un mundo globalizado, la segunda «disputa de los historiadores» trasciende las fronteras de Alemania y sus protagonistas pertenecen a países y continentes distintos. Dirk Moses, su iniciador, es un investigador australiano reconocido por sus estudios sobre Alemania y sobre la cuestión poscolonial, y especializado en la historia y en la teoría del genocidio. Hoy es profesor de Historia mundial de los derechos humanos en la Universidad de Carolina del Norte, prestigiosa institución de los Estados Unidos. Por eso es imposible ignorar sus posiciones como suele hacerse en el caso de los investigadores del sur global.

El autor no duda en hablar de un nuevo «catecismo alemán» fundado en la idea de la «singularidad» del Holocausto, dogma sagrado defendido mediante la estigmatización de toda comparación entre aquella catástrofe y los genocidios coloniales, a la que se acusa automáticamente de antisemitismo (trivializando, por lo tanto, los genocidios coloniales como si fuesen «ordinarios» o de segunda clase). Ironía de la historia, el Frankfurter Allgemeine Zeitung —periódico alemán que hace treinta y cinco años defendía las posiciones de Nolte— es hoy uno de los críticos más tenaces de Moses y de sus partidarios, definidos ahora como negadores «revisionistas» de la singularidad del Holocausto.

El tiempo de la culpa terminó; el duelo fue reemplazado por la caza obsesiva de conspiraciones antisemitas. La lista de los caídos en manos de la fetua de este nuevo conformismo alemán es larga: incluye a representantes de la filosofía, como Judith Butler y Achille Mbembe (investigador sudafricano que osó comparar Gaza y Cisjordania con el apartheid), y, además de Dirk Moses, a otros historiadores como Michael Rothberg y Jürgen Zimmerer. Ni siquiera se detiene frente a las autoridades de importantes instituciones públicas, como el exdirector del Museo Judío de Berlín, obligado a renunciar por invitar a figuras que no estaban dispuestas a respaldar la política de Israel sin cuestionamientos. De nuevo, el núcleo del debate es la comparación histórica y sus usos políticos.

***

La comparación es una práctica habitual en el taller de los historiadores. Pero los investigadores no comparan ideas, acontecimientos y experiencias para establecer homologías; en cambio, detectan similitudes y analogías que, en última instancia, sirven para reconocer peculiaridades históricas. Como las guerras y las revoluciones, los genocidios innovan y repiten a la vez, combinando tendencias predecibles con situaciones inesperadas. Todo genocidio posee una «singularidad» que el trabajo de comparación ayuda a detectar. En síntesis, la comparación es una dimensión epistemológica necesaria en la investigación histórica; su objetivo es la comprensión crítica.

Sin embargo, la comparación histórica no es un procedimiento intelectual «neutro» ni inocente, pues colabora en la formación de las memorias colectivas. Está claro que decir que Auschwitz fue una «copia» del Gulag (salvo por el procedimiento «técnico» aplicado en las cámaras de gas, como precisaba Nolte) implica la tesis de que los «malos» de la historia fueron los bolcheviques; los nazis, en este relato, se convierten en meros epígonos: fueron corrompidos por los criminales originales, los verdaderos inventores del mal totalitario.

Los italianos tienen mucha simpatía por la idea de la «singularidad» de los crímenes nazis, pues implica que el fascismo no fue tan malo y está claro que Italia prefiere conmemorar a las víctimas del Holocausto en vez de a las víctimas del genocidio propio que consumó en Etiopía. Para los ucranianos y los tutsis, comparar el Holodomor con Auschwitz y hablar de «nazismo tropical» no implica menospreciar el Holocausto; implica reconocer a sus propias víctimas. En España, los excavadores que exhuman los cuerpos de sus antepasados republicanos hablan del Holocausto franquista, mientras que los investigadores neoconservadores y revisionistas prefieren definir la república como el caballo de Troya del bolchevismo, y a Franco como un patriota que evidentemente despreciaba la democracia, pero que en última instancia salvó al país del totalitarismo. La definición que equipara la conquista francesa de Argelia, consumada en el siglo XIX, con un genocidio, es objeto de conflictos permanentes entre los dos países. En 2005 el parlamento francés promulgó, sin dejar pasar más que unos meses entre una y otra, dos leyes que reconocían respectivamente el genocidio armenio perpetrado por el Imperio otomano durante la Primera Guerra Mundial y los «beneficios» (bienfaits) de la colonización francesa en África, Asia y las Antillas.

Ni el observador más ingenuo negaría la dimensión política de las normas y leyes que rigen la memoria, capaces a la vez de abrumar la conciencia histórica o de aliviar a las comunidades heridas: los Estados son responsables de su pasado. Por tomar solo dos ejemplos conocidos, cabe mencionar la genuflexión de Willi Brandt frente al monumento del gueto de Varsovia y el reconocimiento de Jacques Chirac de la responsabilidad de Francia en el destino de los judíos durante la Segunda Guerra Mundial. Ambos hechos colaboraron mucho en la instauración de una nueva forma de responsabilidad política vinculada con la representación del pasado.

Con frecuencia, las comparaciones revelan entrelazamientos históricos. Así sucede con los acontecimientos sincrónicos: aunque los crímenes de Stalin no justifiquen ni trivialicen los crímenes de Hitler —y viceversa—, sin duda el estalinismo y el nacionalsocialismo interactuaron y se influenciaron mutuamente, creando una espiral de radicalización que terminó en el enfrentamiento apocalíptico de la Segunda Guerra Mundial.

Un enredo similar —aunque en este caso no sincrónico— enlaza la violencia nazi con la historia de los colonialismos europeos en general y con el alemán en particular. Los estudios sobre el Holocausto tendieron a ignorar este vínculo genealógico: el colonialismo está prácticamente ausente de las obras sobre el nacionalsocialismo escritas por historiadores no obstante destacados, como George L. Mosse, Raul Hilberg, Hans Mommsen, Martin Broszat o Saul Friedländer Tampoco figura en las obras que escribió la generación siguiente, encarnada por investigadores distinguidos como Götz Aly, Omer Bartov, Christian Gerlach y Peter Longerich. En la mayoría de los casos, el colonialismo es una «metáfora» efímera (Friedländer) que aparece fugazmente cuando se hace referencia a los años 1940, antes del Holocausto, cuando, después de la capitulación francesa, los nazis discutieron la posibilidad de enviar a los judíos europeos a Madagascar.

Pero, por otro lado, hay muchos historiadores contemporáneos que sí estudiaron el entrelazamiento del nacionalsocialismo con el colonialismo: por ejemplo, Arno J. Mayer y Mark Mazower, que acentuaron la dimensión imperial de la política nazi. Además, muchos investigadores habían sugerido el tema con bastante anticipación. En 1942, Karl Korsch escribió que la Alemania de Hitler había «extendido a los pueblos europeos “civilizados” métodos antes reservados a los “indígenas” o a los “salvajes” que vivían fuera de la denominada “civilización”». En Los orígenes del totalitarismo (1951), Hannah Arendt identificó una premisa del nacionalsocialismo en las «masacres administrativas» inventadas por los gobernantes británicos en África y en la India. Una vez establecido este vínculo entre violencia estatal y racionalidad de gestión en el mundo colonial —señalaba Arendt— «el escenario parecía estar montado para albergar todos los horrores posibles». Durante la guerra, Franz Neumann, especialista en ciencias políticas alemán exiliado en los Estados Unidos, y Raphael Lemkin, jurista polaco judío que forjó el concepto de genocidio, destacaron las afinidades entre el antisemitismo moderno y el racismo colonial. El racismo colonial, afirmaban, había sido una fuente de inspiración para Wilhelm Marr, ensayista que a fines de los años 1870 acuñó la palabra «antisemitismo».

Muchos historiadores señalaron la admiración que Hitler mostraba por el Imperio británico, al que tomaba como modelo, y, más recientemente, James Q. Whitman, jurista de Harvard, estudió en detalle la influencia del racismo estadounidense en la ideología y en las políticas nazis. Las leyes de Jim Crow, promulgadas en los estados del sur de Estados Unidos después de la Guerra de Secesión, inspiraron las definiciones de raza y ciudadanía de las leyes de Nuremberg de 1935. De ahí la distinción entre ciudadanos de «raza pura» (blancos, arios), grupos inferiores (negros) y «mestizos» (Mischlinge), y la prohibición y el castigo de las relaciones sexuales entre individuos racialmente diversos.

Los nazis criticaban que las leyes de Jim Crow no hubieran abarcado el caso de los judíos, pero eso no mermaba su admiración por los Estados Unidos, cuya hostilidad hacia la Alemania nazi atribuían a la influencia nociva que tenían las élites judías en el gobierno de Roosevelt. Estimaban sobre todo la flexibilidad del sistema jurídico estadounidense, capaz de combinar dos tendencias contradictorias: un orden supremacista blanco y un orden transformador igualitario, es decir, el «realismo» de las leyes segregacionistas y el «formalismo» de la igualdad constitucional. Para los nazis, esto significaba que las jerarquías raciales debían ser combinadas con la «igualdad» en el marco de la Volksgemeinshaft alemana.

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La violencia nazi es incomprensible si no se considera el legado material y cultural del colonialismo. En el siglo diecinueve, las guerras coloniales eran concebidas como guerras de conquista y exterminio que apuntaban no solo contra los Estados, sino contra las poblaciones en sí mismas. El nacionalsocialismo desplegó la biopolítica del colonialismo, que siempre se había servido del hambre como instrumento de control de las poblaciones sometidas (especialmente en el caso de la India, como mostró Mike Davis en Late Victorian Holocausts). Este legado cultural se expresa hasta en el lenguaje. Un análisis superficial del léxico nazi basta para revelar su filiación colonial: «espacio vital» (Lebensraum), pueblos en proceso de «extinción» o «moribundos» (untergehender, sterbender Völker), «subhumanidad» (Untermenshentum), «raza superior» (Herren Rasse) y, por último, «aniquiliación» (Vernichtung). Todas esas palabras vienen del colonialismo alemán.

Como sugiere Arno J. Mayer en Why the Heavens Not Darken? The Final Solution in History (1988), la concepción del mundo nazi era sincrética y apuntaba a tres objetivos entrelazados: el anticomunismo, el colonialismo y el antisemitismo. El primero era ideológico y filosófico: había que destruir el marxismo, concebido como la forma más radical de la Ilustración. El segundo era geopolítico y era una variante del pangermanismo heredado del nacionalismo völkisch: había que conquistar el «espacio vital» (Lebensraum). Hitler localizaba el «espacio vital» alemán en Europa Oriental, mundo eslavo organizado entonces como un Estado comunista. El tercer objetivo era cultural: había que aniquilar a los judíos, definidos como enemigo interno de la «germanidad» y «cerebro» de la URSS.

Durante la guerra, estas tres dimensiones del nazismo se combinaron y dieron lugar a un proceso único: entonces, la destrucción de la URSS, la colonización de Europa Central y de Europa del Este y el exterminio de los judíos se convirtieron en objetivos inseparables. Para la ideología nazi, la URSS era la síntesis entre dos formas de otredad que habían moldeado la historia occidental durante dos siglos: el judío y el sujeto colonial. La política de Hitler sintetizaba estas dicotomías culturales, ideológicas y geopolíticas: alemanes contra judíos; Europa contra «Asia» (Rusia); y nazismo contra bolchevismo. Cuando concibieron y aplicaron esta política de conquista y exterminio, los nazis no solo tenían en mente, como paradigmas, a los colonialismos británico y europeo, sino que también miraban su propia historia. En 1904, la represión de la rebelión de los hereros en Namibia, que terminó siendo una colonia alemana, resultó en un genocidio. El general Von Trotha emitió una Vernichtungsbefehl (orden de aniquilación), y la propaganda alemana presentó la campaña de exterminio como un conflicto racial (Rassenkampf). Después de la Primera Guerra Mundial, Alemania perdió sus colonias y desplazó sus ambiciones expansionistas de Mittelafrika Mitteleuropa. Muchos dirigentes nazis se formaron en la experiencia africana.

Según Timothy Snyder, autor de Bloodlands: Europe Between Hitler and Stalin (2010), el Holocausto se convirtió en una especie de sustituto (ersatz) de las fallidas ambiciones coloniales de la Alemania nazi. En el verano de 1941, los nazis tenían «cuatro utopías: una victoria relámpago que destruiría a la Unión Soviética en cuestión de semanas; un Plan de Hambre que sometería a treinta millones de personas en pocos meses; una Solución Final que eliminaría a los judíos europeos después de la guerra; y un Plan General del Este (Generalplan Ost) que convertiría el área occidental de la Unión Soviética en una colonia alemana. Seis meses después de lanzar la Operación Barbarroja, Hitler reformuló las metas de la guerra, y el exterminio físico de los judíos se convirtió en la prioridad». Como era imposible deportar a los judíos fuera de Europa, era necesario aniquilarlos.

Aimé Césaire y Frantz Fanon no eran historiadores, pero su concepción de los crímenes nazis como una forma de «reacción» (choc en retour) fue una advertencia útil y justificada en épocas de amnesia colectiva. Para Césaire, el nazismo «aplicó en Europa procedimientos coloniales que hasta entonces habían estado reservados exclusivamente a los árabes de Argelia, a los culis de la India y a los negros de África». Según Frantz Fanon, autor de Los condenados de la tierra (1961), durante la guerra de Argelia el fascismo era indisociable del colonialismo: «¿Qué es el fascismo, si no el colonialismo que echa raíces en un país tradicionalmente colonialista?». Su enfoque corre el riesgo de igualar burdamente el Holocausto con el colonialismo y es discutible, pero no deja de contener una intuición fructífera. Sin embargo, la mayoría de los historiadores, que no comprendieron el vínculo genealógico esencial que unía los crímenes nazis al pasado imperialista de Europa, ignoraron desafortunadamente esa advertencia.

A pesar de que los rasgos del Holocausto a los que nos referimos prueban su relación genealógica con el imperialismo y con el colonialismo, no bastan para fundar una equivalencia. La violencia masiva no es una categoría monolítica bajo la cual sea posible agrupar experiencias que sucedieron en épocas y continentes distintos, como si fueran idénticas o intercambiables.

Que el Holocausto haya tenido una dimensión colonial no explica la deportación a Auschwitz de los judíos franceses, italianos, belgas, holandeses, húngaros o griegos. Su matanza sistemática no fue un medio instrumental de conquistar un «espacio vital»; estuvo vinculada a la peculiar historia de la ideología völkisch y al antisemitismo. ¿Eso significa que solo el Holocausto —a diferencia de otros genocidios y según la definición de George Steiner— fue un exterminio «ontológico»? Aun cuando sea imposible analizar la conquista de un continente con los mismos términos que aplican en la destrucción de una minoría, todos los genocidios son aniquilaciones «ontológicas». En el caso contrario, habría que concluir que la colonización española de América fue un genocidio menor porque los conquistadores no exterminaron toda la población del continente.

Los judíos aniquilados por los nazis —es penoso tener que repetir esta perogrullada— no merecen ni más ni menos compasión y memoria que los armenios aplastados por el Imperio otomano justo antes de su colapso, los ciudadanos soviéticos que murieron en los gulags, los campesinos ucranianos exterminados durante el Holodomor, los congoleses asesinados en las plantaciones de caucho de Leopoldo II de Bélgica, los argelinos quemados en sus aldeas por los ejércitos franceses, los etíopes gaseados por los aviones italianos, los desaparecidos de las dictaduras militares chilena y argentina y todas las víctimas de la lista interminable de atrocidades de la modernidad.

El hecho es que la violencia masiva es una colección de acontecimientos vinculados, semejantes y comparables, pero también singulares. La singularidad no engendra ninguna jerarquía entre las víctimas, pero es un dato relevante para la comprensión crítica. Todos los genocidios son «cesuras civilizatorias» (Zivilisationsbruch), aun cuando surjan de las potencias destructivas de la misma civilización y en circunstancias históricas muy distintas, y aun cuando su percepción y su legado no sean iguales en todos lados.

Los genocidios —el Holocausto entre ellos— tienen una singularidad absoluta encarnada en sus víctimas. Ningún esfuerzo empático ni cognoscitivo es capaz de aprehender su sufrimiento. Los historiadores deberían respetar la singularidad de esa intransmisible experiencia vivida, pero no pueden promoverla. La singularidad es subjetiva y la comprensión histórica consiste en contextualizarla y trascenderla —incluso mediante su comparación con otras formas de violencia— en vez de sacralizarla. La memoria de los sobrevivientes —es el sentido de lo que dice Primo Levi sobre la inexistencia de un «testigo integral»— no es más que un fragmento de un acontecimiento que dispone una variedad de formas y una pluralidad de causas. El Holocausto tuvo al menos cuatro dimensiones fenomenológicas principales: los guetos, los fusilamientos masivos, los campos de exterminio y las marchas de la muerte de fines de 1944 y principios de 1945. Los recuerdos individuales no pueden abarcar tanta complejidad; la historia está hecha de singularidades relativas, nunca absolutas ni incomparables.

Habiendo dicho esto, volvamos a Moses y a la nueva Historikestreit. Según el autor, la clave para comprender el genocidio está en la obsesión del Estado moderno con la «seguridad permanente», un nuevo concepto que pone en cuestión la primacía de los criterios raciales y étnicos, y que en última instancia no distingue entre el Holocausto y los genocidios coloniales. Obviamente, el debate historiográfico que suscitó este concepto es legítimo. Igualmente legítimo es el replanteamiento que hace Moses de la genealogía de la noción de genocidio, considerando el (recientemente descubierto) pasado sionista de Rafael Lemkin, su inventor. El concepto de genocidio, argumenta, no es consecuencia de un proceso acumulativo de investigación y conocimiento de la historia de la violencia masiva. Es más bien el resultado de la «contingencia» de la Segunda Guerra Mundial: una herramienta útil para fomentar el reconocimiento del exterminio de los judíos europeos por una cultura judicial acostumbrada a evaluar crímenes contra naciones (es decir, comunidades reconocidas por la ley internacional).

Independientemente de sus orígenes, lo cierto es que el concepto influenció décadas de investigación histórica. Además, Moses no es el primero en plantear dudas sobre la pertinencia para el análisis histórico de una categoría jurídica como genocidio, cuyo propósito no es contextualizar ni explicar, sino más bien definir la inocencia y la culpa, es decir, distinguir entre víctimas y victimarios. Por supuesto, el debate es legítimo, pero está lejos de ser puramente historiográfico: también es político. El concepto de la «singularidad» del Holocausto es blandido como un lema por investigadores tan distantes como Götz Aly, que escribió muchas obras con el fin de probar la racionalidad económica del exterminio judío, y Yehuda Bauer, para quien el Holocausto difiere de cualquier otro genocidio histórico, precisamente a causa su falta de motivaciones económicas.

Sin embargo, detrás de los argumentos históricos está en juego la memoria: la tesis de la «singularidad» reúne a una generación de investigadores alemanes que hace varias décadas intentaron «asimilar el pasado» y a intelectuales sionistas que siempre defendieron una perspectiva judeocéntrica de la historia. Un enfoque judeocéntrico similar es el que inspira a Omer Bartov, quien iguala a Nolte y a Moses como representantes de formas simétricas de «revisionismo» histórico: el primero por exculpar a los alemanes como víctimas del bolchevismo, el segundo por reconocer el estatus de víctimas a los pueblos colonizados en el mismo nivel que a los judíos. Ambos ponen en cuestión el estatus exclusivo de la condición de víctimas de los judíos.

En cierto sentido, esta definición de «singularidad» —que jerarquiza las víctimas— se convirtió en la posición oficial de la RFA. Negociando pedidos de disculpa con Namibia, sin considerar ningún tipo de reparación histórica pactado con las asociaciones de los pueblos nama y herero, que son minorías en su país, Alemania trivializa su pasado colonial (y consecuentemente a sus víctimas) como si perteneciera a la esfera de la racionalidad estatal en vez de a la esfera de la memoria colectiva. El Holocausto es «único» y debe ser expiado; el exterminio de los herero y de los nama es un genocidio colonial «ordinario» para el cual bastan el perdón y una compensación simple y sintética.

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Durante las tres décadas que siguieron a la Segunda Guerra Mundial, época en la que los gobiernos todavía no habían creado museos ni monumentos del Holocausto y en la que muchos sobrevivientes y perseguidores estaban activos, los intentos de recordar el exterminio de los judíos europeos no enfatizaban su «singularidad». El Holocausto era prácticamente indistinguible de la conmemoración de la resistencia y alimentaba con fuerza posiciones anticolonialistas. El conocimiento histórico del Holocausto era todavía incompleto y aproximativo —los historiadores no distinguían entre campos de concentración y de exterminio—, pero su legado y su significado político eran obvios, sobre todo en el caso de la izquierda.

En Francia, durante la guerra de Independencia de Argelia, muchos excombatientes de la resistencia —entre ellos muchos judíos— consideraban su apoyo al Front de Libération Nationale (FLN) como un acto que continuaba su anterior activismo antifascista. Definitivamente no se hubieran opuesto a la asimilación entre nazismo y colonialismo propuesta por Césaire y por Fanon. Jakob Moneta —judío alemán que durante su infancia, hacia el final de la Primera Guerra Mundial, había vivido en carne propia los pogromos en Polonia y había sobrevivido al Holocausto emigrando a Palestina— jugó un rol importante y consiguió apoyo material y financiero para el FNL haciendo uso de la inmunidad diplomática de la que gozaba gracias a su cargo de funcionario en la embajada alemana en París.

La continuidad entre el antifascismo, la lucha contra el antisemitismo y el anticolonialismo también era evidente para Wolfgang Abendroth, Günther Anders, Lelio Basso, Simone de Beauvoir, Isaac Deutscher, Jean-Paul Sartre, Ralph Schoenman, Gisèle Halimi y otros intelectuales que participaron del Tribunal Russel contra la guerra de Vietnam. Después de la masacre de My Lai, Anders —judío alemán—, recomendó realizar una sesión del tribunal en Auschwitz, precisamente para enfatizar la continuidad entre los crímenes nazis y los crímenes estadounidenses de Vietnam, atribuidos indistintamente al imperialismo.

En 1967, Jean Améry (Hans Mayer), sobreviviente de Auschwitz, reunió varios textos dedicados al Holocausto en At the Mind’s Limits, libro que contiene un capítulo específico centrado en la tortura. Antes de ser deportado por judío, Améry había sido torturado por formar parte de la resistencia en Bélgica. Habiendo pasado un año junto a las cámaras de gas de Auschwitz, describía la tortura, no como una «cualidad accidental del Tercer Reich», sino como su «esencia». Según Améry, la tortura fue la «apoteosis del nacionalsocialismo»: «fue precisamente en la tortura que el Tercer Reich materializó toda la densidad de su ser».

¿Cómo explicar este juicio paradójico pronunciado por un sobreviviente de Auschwitz? Los regímenes políticos más diversos, desde dictaduras militares hasta democracias (pensemos en Abu Ghraib), utilizaron universalmente la tortura, mientras que el Holocausto fue un genocidio. El texto de Améry suele ser interpretado como una meditación intemporal sobre la violencia, pero en realidad deberíamos leerlo en el marco del debate francés sobre la tortura, que tuvo lugar durante la guerra de Independencia de Argelia (y que fue iniciado en 1958 por La Question, de Henri Alleg). Améry reconsideró el Holocausto a través del prisma del colonialismo. La hermenéutica histórica desplegada en su texto es discutible, pero su objetivo político es evidente. Améry no pretendía erigir un monumento a la memoria de los sobrevivientes; quería activar sus potencialidades críticas.

Tenía claro que dar testimonio del Holocausto implicaba luchar contra la opresión en el presente, no rodear el trauma vivido con un aura mística y sagrada. No era ingenuo. Sentía que la inclinación de la nueva izquierda alemana a hablar de fascismo en vez de nazismo (en una época en la que muchos exnazis no solo estaban vivos, sino que ocupaban cargos importantes en el gobierno de la RFA) era sospechosa, como también lo era su insistencia en hablar de antisionismo ignorando completamente el antisemitismo. Más que asimilar o trascender el Holocausto, la nueva izquierda alemana tendió a suprimirlo. Améry escribió un artículo en Konkret, que en ese momento era la revista cultural más importante de la nueva izquierda, donde señaló todas esas ambigüedades.

Cuando el Holocausto ocupó el centro de la escena en los años 1980 —primero a causa de una serie de televisión estadounidense más bien mediocre, titulada Holocaust, después con la Historikstreit— la nueva izquierda fue completamente marginada y muchos de sus dirigentes abandonaron sus filas. Cabe pensar que eso que Moses denomina el «catecismo alemán», con su obsesión por la singularidad, su desconfianza hacia las comparaciones, su respaldo extremo del sionismo y su propensión a considerar los estudios poscoloniales como una forma de antisemitismo, es una forma de reacción: el eje hiperbólico en la «singularidad» del Holocausto es el reverso simétrico y la compensación tardía de una larga represión, percibida ahora como un silencio culpable.

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En ciertos aspectos, lo que Moses denomina el «catecismo alemán» es la forma pervertida de una religión cívica. No cabe duda de que el Holocausto en tanto «religión cívica» posee ciertas virtudes, como la sacralización de la democracia, de la libertad, del pluralismo, de la tolerancia y el respeto por la otredad racial, étnica o sexual garantizados por los rituales conmemorativos. Sin embargo, el «catecismo alemán» sacraliza la condición de víctimas de los judíos y la culpa de los alemanes separándolos de la historia del nacionalismo, del racismo, del fascismo y del colonialismo. En vez de tratar el Holocausto como una alarma contra las formas actuales de racismo y xenofobia, celebra la alianza indestructible entre Alemania e Israel.

En una época en la que la islamofobia y la discriminación racista contra los inmigrantes y los refugiados no paran de crecer, esta conmemoración miope y sectaria podría convertirse fácilmente en una coartada para el posfascismo. Desde Matteo Salvini hasta Marine Le Pen, desde Eric Zemmour hasta Victor Orban, todos los dirigentes populistas de derecha de Europa hacen gala de sus excelentes relaciones con Israel para dar cuenta de su irreprochabilidad en materia de derechos humanos. Hace unos años, Salvini organizó, en la misma semana, una redada contra los inmigrantes de los suburbios de Roma y un simposio sobre el Holocausto en el senado de la República italiana, en el que participó el embajador de Israel. En Alemania, destaca Moses, el «catecismo» organiza a un amplio espectro político, que abarca desde la Antideutsche (una izquierda radical definida por un hipersionismo de magnitud patológica) hasta la posfascista Alternative für Deutschland y desde los detractores más intransigentes de la culpa alemana hasta los epígonos nostálgicos del nacionalismo alemán.

Los neoconservadores más contemporáneos abandonaron el antisemitismo. Argumentan que el error fatal de sus ancestros, los partidarios del nacionalismo völkisch, fue haber considerado a los judíos como extranjeros en Europa. Alemania aclaró este imperdonable malentendido y se arrepintió de sus crímenes dándoles un hogar a los judíos y reconociéndolos finalmente como parte constitutiva de la civilización occidental. Ahora fueron aceptados y Europa debe protegerse de sus verdaderos enemigos: el islam y el terrorismo islámico. A diferencia de los judíos, los inmigrantes y los refugiados encarnan una cultura, una religión y una forma de vida que son básicamente incompatibles con Occidente (y con la civilización judeocristiana); son el vector privilegiado del fundamentalismo islámico y del terrorismo. El filosemitismo neoconservador y el apoyo a Israel corren parejo con la islamofobia, dispuesta con frecuencia bajo la bandera de los derechos humanos (la defensa de los valores occidentales contra el oscurantismo islámico). El rasgo común de todas estas corrientes neoconservadoras y posfascistas, que abandonaron el antisemitismo, es su odio por los inmigrantes y su repudio del islam. Los defensores del dogma de la «singularidad» del Holocausto como política oficial de la RFA no tienen ningún interés en estos temas.

En ciertos sentidos, el «catecismo alemán» muestra las ambigüedades de la vigorosa lucha por la memoria que Habermas peleó en tiempos de la primera Historikerstreit. Defendiendo la idea de una identidad alemana posnacional —Hitler había desacreditado irremediablemente toda la tradición del nacionalismo alemán— Habermas puso el acento en el carácter redentor de la memoria del Holocausto: es solo «después y a través (nach und durch) de Auschwitz», escribió, como Alemania «se unió a Occidente».

Esta postura tuvo muchas consecuencias que fueron más allá de la afirmación del «patriotismo constitucional», anclado evidentemente en la tradición del liberalismo occidental. Por un lado, proclamó la culpa a viva voz y con una claridad nunca antes explicitada por ningún alemán (excepto Karl Jaspers, rápidamente aislado y silenciado en 1946). Por otro lado, difuminó completamente el vínculo genealógico entre el Holocausto y el colonialismo. De esa manera, el Holocausto se convirtió en una desviación patológica del recto camino occidental: a diferencia del colonialismo, no debía ser concebido en absoluto como un producto de la civilización occidental. Treinta y cinco años después de la Historkerstreit, la RFA reemplazó el «redentor» antisemitismo nazi (Friedländer) por una especie de filosemitismo también «redentor», que no implica luchar contra el racismo, sino más bien inscribir la seguridad de Israel en la ley.

En 2015, durante el apogeo de la crisis de los refugiados, Angela Merkel declaró solemnemente que, a causa de su propio pasado, Alemania no podía esquivar el deber moral de recibirlos. Ahora una nueva ola de nacionalismo alemán concibe a los refugiados y a los inmigrantes como bárbaros. En muchos sentidos, Moses tiene razón cuando enfatiza que la «cuestión judía» todavía persigue a Alemania.

En el siglo diecinueve, el antisemitismo jugó el rol de «código cultural» en el proceso de consolidación nacional del Kaiserreich. A falta de mitos positivos —la Reforma culminó en guerras religiosas y el liberalismo fracasó en 1848— Alemania forjó negativamente su autorrepresentación a través del antisemitismo: ser alemán significaba, sobre todo, no ser judío; la germanidad era la antítesis del judaísmo. Hoy el filosemitismo se convirtió en el «código cultural» de una RFA posnacional reunificada: ser alemán significa considerar a los judíos como amigos especiales y a la defensa de Israel como un deber moral. Estigmatizados (en el pasado) o sacralizados (hoy), los judíos siguen siendo el marcador simbólico mediante el que una comunidad nacional pretende definir su propia naturaleza, sus virtudes y su identidad.

A pesar de las ambigüedades mencionadas antes, no cabe duda de que el combate de Habermas en la Historikerstreit tuvo consecuencias fructíferas. Su lucha para hacer del Holocausto un pilar de la conciencia histórica alemana culminó, una década y media después, en una nueva ley de nacionalidad que establece el jus soli además del jus sanguinis. Ser ciudadano alemán no implica pertenecer a un grupo étnico de Stammgenosse («hermanos de sangre»), sino ser miembro de una comunidad política que comparte deberes y derechos independientemente de todo origen étnico. Es un reconocimiento póstumo hacia los millones de judíos alemanes que durante décadas fueron vistos como extranjeros en su propio país. Veinte años después de esta redefinición de la ciudadanía, Alemania se convirtió en una nación multiétnica, multiconfesional y multicultural, que tiene un número significativo de ciudadanos jóvenes de ascendencia poscolonial. Durante la Copa Mundial, millones de alemanes se identificaron orgullosamente con jugadores de fútbol de nombres polacos, turcos, africanos o latinos. Todo eso es signo de un cambio cultural enorme y positivo. Por supuesto, los ciudadanos alemanes de origen poscolonial no deberían ignorar que el Holocausto es parte de la historia de su país. Sin embargo, también deberían encarnar otras memorias que exigen un reconocimiento legítimo.

El colonialismo es una parte tan constitutiva de la historia alemana y europea como el antisemitismo; su memoria debería ser parte de la memoria colectiva alemana y no meramente de la de las minorías. Sin embargo, esta perogrullada es incompatible con el dogma de la singularidad del Holocausto y con la defensa de Israel. ¿Los ciudadanos alemanes de ascendencia palestina deberían considerar la seguridad de Israel como su propio deber moral y político? Dirk Moses observa que, según varias encuestas, muchos adolescentes no blancos que visitaron Auschwitz con sus compañeros de escuela no sintieron culpa por las acciones alemanas, sino que se identificaron espontáneamente con los judíos. Una parte significativa de la sociedad alemana es incapaz de reconocerse en una religión cívica de la memoria que rechaza las identidades poscoloniales como antisemitas. Una sociedad multicultural debería conservar su diversidad, como la esfera de una «memoria multidireccional» (Michael Rothberg) en la que la conmemoración del Holocausto y la del colonialismo no solo sean capaces de coexistir, sino también de reforzar la democracia y el pluralismo.

En la época de la globalización, la conciencia histórica y la pedagogía del pluralismo y la democracia no pueden arraigar exclusivamente en la memoria del Holocausto, por más importante que sea y más allá de que durante varias décadas haya sido esencial a la hora de permitir que Alemania y Europa «asimilaran su pasado». Desafortunadamente, los «catequistas» no son proclives al diálogo; se sitúan más bien en las antípodas de la noble tradición del universalismo judío, que tantos representantes importantes supo encontrar en Alemania.

Enzo Traverso es historiador, profesor de la Universidad de Cornell y autor, entre otros, de Melancolía de izquierda. Marxismo, historia y memoria (Fondo de Cultura Económica, 2018).

Traducción: Valentín Huarte

[Fuente: https://jacobinlat.com/2022/04/20/holocausto-y-colonialismo-a-proposito-de-el-catecismo-aleman/%5D

Tendo conseguido 28% dos votos nas urnas na primeira volta, Macron tenta conquistar terreno. Os franco-portugueses em França temem que a candidata da extrema-direita seduza os eleitores com “promessas ilusórias”.

No dia 20 de abril os dois candidatos vão ter o único debate desta segunda volta de eleições.

[BLOG You Will Never Hate Alone] Est-ce si difficile de réaliser qu’à partir du moment où un gouvernement d’extrême droite accède au pouvoir, il en est fait de la vie démocratique de ce pays?

On ne transige pas avec les valeurs de la République. | Black Nexus.cz via Flickr

Écrit par Laurent Sagalovitsch 

Qu’on en soit aujourd’hui à évoquer la possibilité d’une Marine Le Pen à l’Élysée en dit long sur l’état de déliquescence morale à l’œuvre dans la société française. Une nouvelle fois, rien, ni la précarité de l’existence ni l’incertitude de l’époque, ne peut légitimer l’approbation d’une politique qui, si elle était appliquée, ressemblerait à une sorte de perpétuation de la collaboration, ces heures noires de l’Histoire de France dont on aimerait tant qu’elles n’existèrent jamais.

Le simple fait de vouloir mettre en œuvre une mesure comme la préférence nationale –réalise-t-on vraiment de quoi il s’agit, du poids de son ignominie, de sa parfaite imbécillité?– devrait suffire à disqualifier Madame Le Pen et tous ses affidés. Voilà donc la France, qui ne fut jamais aussi grande que lorsqu’elle fut une terre d’asile pour tous les persécutés de la Terre, en passe de devenir un état paria, une nation où il faudrait opérer une différence entre l’étranger et le Français, établir des régimes spéciaux qui verraient certains être disqualifiés ou remerciés au seul motif de leur origine.

Ne comprend-on pas que c’est mettre là le doigt dans un engrenage dont nul ne peut dire jusqu’où il nous mènera, jusqu’où il nous perdra? Qu’à partir du moment où vous commencez à opérer une distinction entre des résidents d’un même pays, vous empruntez un chemin qui vous mène droit vers une forme de ségrégation, un régime racial où bientôt ce seront les musulmans, les juifs, tous ceux aux origines douteuses, à qui on refusera d’accéder à telle profession ou à tel logement?

C’est avec toutes nos forces qu’il faut dire à Marine Le Pen que jamais la France ne s’abaissera à pareille infamie. Que seulement y penser, c’est déjà rabaisser la nation française, l’humilier, la salir, cracher à la face de son histoire. On ne peut pas aimer son pays au détriment de ceux qui eurent l’inconvénient de naître ailleurs. Ou que les tragédies de la vie ont poussé sur la route de l’exil, vers cette France éclairée, patrie des droits de l’homme et terre de l’humanisme.

Aussi quand j’entends certains hésiter sur leur vote de la semaine prochaine, quand je vois des étudiants renvoyer dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen, j’ai le sang qui me monte à la tête. De quelle déréliction souffrent ces esprits pour tenir de tels propos? De quel mal sont affublés ceux qui entendent s’abstenir pour mieux punir le président actuel? Est-ce si difficile de réaliser qu’à partir du moment où un gouvernement d’extrême droite accède au pouvoir, c’en est fait de la vie démocratique de ce pays?

Qu’il n’y a pas de retour en arrière. Que tôt ou tard les libertés seront confisquées, les droits fondamentaux bafoués. Qu’une fois lancée, la machine de l’exclusion ne peut plus s’arrêter. Que sitôt qu’un pouvoir autorise la population à laisser libre cours à ses pulsions les plus morbides, plus rien ne s’oppose à ce que, sous peu, ce qui naguère était une démocratie enviée de tous devienne un régime scélérat où l’humanisme est bafoué, renié au profit de la force brute, de la force sale.

Aujourd’hui, quand on se retourne vers le passé, à l’heure de se souvenir des heures sombres de la collaboration, on ressent comme une honte et une sidération au regard de l’attitude des autorités françaises de l’époque. Et pourtant, des décennies plus tard, voilà qu’un nombre considérable de citoyens français songent à élire ceux qui sont leurs dignes successeurs, de ces esprits égarés qui au mépris de toute considération humaine jetèrent la France plus bas que terre.

On voudrait cracher à la face de la résistance, de ces âmes magnifiques de courage qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Vous cherchez la revanche, vous n’aurez que la honte. Et ne dites pas que cette fois, vous ne savez pas. L’avenir ne vous accordera aucune circonstance atténuante. C’est en conscience que vous aurez porté au pouvoir celles et ceux par qui la nation périclitera.

Peu importe l’état de votre bulletin de paie ou le niveau de vos ressources, la hauteur de vos frustrations, l’insupportable poids de vos exaspérations, vos rancœurs, vos ressentiments. Quand on en vient à la morale, à l’éthique, à la survie d’une nation, à son honneur, à son rang et à son prestige, à la préservation de son identité, oui de son identité, on oublie tout, le ventre qui gronde de faim, les fins de mois difficiles, les rebuffades en tous genres.

On vote les dents serrées, s’il le faut.

Et on bâtit des idéaux qui rassemblent au lieu d’exclure.

 

[Photo : Black Nexus.cz via Flickr – source : http://www.slate.fr]

Le Musée de la Résistance nationale  présente l’exposition « Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis ». En 1970, le photographe britannique paysagiste né en 1953 est bouleversé par une photographie prise au camp d’Auschwitz-Birkenau. De 1986 à 1999, il témoigne et documente en photographiant, en noir et blanc, des vestiges des camps nazis. Une œuvre mémorielle donnée à la France.
Publié par Véronique Chemla
« Il se trouve que j’ai photographié ces camps pendant une douzaine d’années. Il fallait que je les photographie […], pour garder cette mémoire vivante, pour conserver une trace. Mon œuvre porte sur la mémoire. »
« It turned out that I would be photographing for about 12 years these concentration camps. I just have to photograph […], keep this memory alive, make documents of it. My work is about memory. »
Michael Kenna, décembre 2019
L’exposition « Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis » résulte d’une donation exceptionnelle de l’artiste Michael Kenna au Musée de la Résistance nationale qui la présente sur son nouveau site Aimé-Césaire, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).
« Michael Kenna est un photographe né à Widnes en Angleterre en 1953. Lors de sa première année au London College of Printing, il découvre dans un bac de développement une photographie du camp d’Auschwitz-Birkenau prise par un autre étudiant, celle d’une montagne de blaireaux de rasage. L’émotion est très forte pour le jeune homme dont le premier souvenir paternel est lié à l’image de son père se rasant. Celle-ci ressurgit en 1986, en France, lors d’une visite de l’ancien camp de Natzweiler-Struthof qui le marque fortement. Il décide alors de développer un projet personnel sur la mémoire des camps nazis. »
« La difficulté qui se pose alors à lui est celle de ne tirer aucun profit de ce travail de photographe. Son objectif n’est pas l’arme d’un chasseur, il est simplement son outil de passeur de mémoire. Michael Kenna entreprend pendant plus de 15 ans, à ses frais, de nombreux voyages pour photographier les vestiges des camps nazis, qui à l’époque étaient à l’abandon, dans toute l’Europe. Cherchant à transformer son émotion en mémoire, il construit pas à pas, photographie après photographie, un projet sobre, intime, dont seuls ses proches sont au courant. »
« À l’heure où les survivants et les témoins de la Déportation se font de plus en plus rares, il s’agit pour lui de transmettre ce souvenir, grâce à l’art qu’il maîtrise, celui de la photographie. Proposer un regard sur ces lieux où les nazis tentèrent de détruire notre humanité, c’était contribuer à rendre l’oubli impossible. »
« Il va à Auschwitz-Birkenau et il y photographie les blaireaux, qui s’imposent aujourd’hui à celui qui les regarde. Le cliché devient en lui-même une trace qui vient s’ajouter à l’objet : il en conforte la réalité et en renforce la matérialité. L’image est aussi un objet de mémoire. »
« Parce qu’il est un photographe de paysage, Michael Kenna photographie les sites des camps, en faisant surgir la lumière de l’ombre et en revendiquant d’aborder autrement l’histoire et la mémoire de l’univers concentrationnaire et du génocide des Juifs d’Europe. Par le travail du noir et blanc, par la composition rigoureuse, par la clarté graphique, il attire le regard, suscite l’émotion et oblige à s’interroger sur ce qui est et ce qui fut. En regardant autrement ces lieux, il nous rappelle que les camps nazis sont devenus aujourd’hui des vestiges qui ne rendent que très partiellement compte de leur fonctionnement durant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont dorénavant des lieux que l’on visite comme des musées ou comme des cimetières, des lieux où l’on veut apprendre, comprendre mais aussi se recueillir. Regarder aujourd’hui les photographies des camps de Michael Kenna, c’est l’accompagner sur son chemin de mémoire, dans sa quête d’histoire, peut-être de vérité, et sans doute aussi de sacré. »
« Transmettre, garder trace…
évidemment à sa manière, comme chacun peut le faire. »
« Comment photographier ces lieux d’horreur, comment transmettre en les présentant autrement ? Cette légitimité à aborder ainsi cette mémoire, Michael Kenna y a répondu en invitant les gens à regarder, à réagir, à entrer dans un sujet, même en critiquant le média choisi, pour finalement s’impliquer et se souvenir. »
« C’est pour cela que Michael Kenna a décidé que ce travail photographique ne serait jamais commercialisé ni diffusé en agence. Désirant transmettre au plus grand nombre, grâce à cette collection impressionnante, le souvenir de ce que nous devons transformer en mémoire, il a fait don à la France en 2000 de 301 négatifs et tirages, que la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine possède aujourd’hui. »
« Le Musée de la Résistance nationale conserve 6 385 négatifs, 6 472 contacts, 1 644 tirages de travail ainsi que 261 épreuves d’artiste reçus en donation également entre 2011 et 2021. Dans le cadre de l’exposition « Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis », le Musée de la Résistance nationale expose 82 tirages argentiques, de petit et de grand format, réalisés par l’artiste lui même et, en écho, des objets issus de la collection du MRN créés par les déportés dans les camps de concentration nazis, ainsi que des témoignages. »
Le commissariat est assuré par Thomas Fontaine, docteur en histoire, directeur du MRN, Agathe Demersseman, responsable des collections du MRN, Sabine Troncin-Denis, commissaire associée, et Éric Brossard, agrégé d’histoire, professeur-relais au MRN, commissaire associé.
Des visites guidées, activités dédiées au public adulte et au jeune public, ateliers et rencontres prolongent cette exposition.
Michael Kenna
■ Le maître du paysage en noir et blanc
« Michael Kenna, issu d’une famille catholique d’origine irlandaise, est né en 1953 à Widnes, petite ville industrielle du Lancashire (Angleterre). »

« Étudiant à la Banbury School of Art (Oxfordshire) en 1972, puis l’année suivante au London College of Printing, il étudie la photographie de publicité, de mode, de reportage et obtient en 1976 son diplôme avec mention. Il commence sa carrière par des travaux de commande et entame un travail personnel consacré au paysage, très influencé notamment par l’œuvre du photographe anglais Bill Brandt dont il découvre le travail en 1975 dans l’exposition The Land. »

« Michael Kenna construit son oeuvre par grands chapitres, en des lieux qu’il revient explorer à maintes reprises. Installé aux États-Unis depuis 1977, à l’écart des phénomènes de mode et du dogmatisme esthétique, il bâtit un corpus consacré à la représentation du paysage, un paysage enclos dans la délicatesse du petit format, un paysage désert. La présence humaine s’y inscrit cependant « en creux », d’une manière fascinante, fantomatique, par les traces que la vie et l’activité des hommes impriment sur le monde. « Ses prises de vues nocturnes ou faites à la lumière atténuée de l’aube ou du crépuscule, exaltent les contrastes de texture, de matière et engendrent une rhétorique du clair et du sombre savante et raffinée, signature de son œuvre » (Anna Biroleau, commissaire de l’exposition Michael Kenna : rétrospective à la Bibliothèque nationale de France, 2009). »
« Depuis 48 ans, Michael Kenna photographie les cieux charbonneux et les villes sombres parcourues de voies ferrées et surplombées de hauts fourneaux du 19e siècle industriel ; les structures massives des centrales électriques ; les brumes mystérieuses de la campagne anglaise ; les lignes géométriques des jardins formels du 18e siècle français ou russe ; les grandes mégapoles proliférantes ; les rivages et les lieux sacrés, parcourant plus de 40 pays, de la France à l’Île de Pâques en passant par l’Angleterre, le Japon, la Corée ou la Chine. »
■ Un artiste de renommée internationale

« Internationalement reconnu pour son regard et la finesse de ses tirages, Michael Kenna n’a de cesse, d’exposer et de publier son art à travers le monde : 486 expositions personnelles, 418 expositions de groupe lui sont consacrées ; 75 ouvrages et catalogues d’exposition ont été publiés ; 110 musées accueillent des photographies de Michael Kenna au sein de leur collection permanente. En France, la Bibliothèque nationale de France lui consacre une grande rétrospective en 2009. En 2014, le musée Carnavalet présente une sélection de paysages parisiens saisis par l’artiste. »

■ Un projet mémoriel inédit
« Je prenais des photos en France, près de Strasbourg, quand j’ai entendu parler d’un camp de concentration français : Natzweiler-Struthof. J’ai réussi à y aller ; c’était la première fois que je pénétrais dans un camp de concentration. C’était très puissant comme émotion, ça l’est toujours, comme pour n’importe qui, je pense, et j’ai commencé à prendre des photos… »

« Ainsi, pendant plus de 15 ans, Michael Kenna entreprend à ses frais de nombreux voyages pour photographier les sites des camps nazis. À travers près de 7 000 photographies de plus de 20 camps et centres de mise à mort, il construit un projet sobre, intime dont, pendant longtemps, seuls ses proches sont au courant. À l’heure où les derniers survivants disparaissent, il s’agit pour lui de transmettre ce souvenir grâce à la photographie pour lutter contre un impossible oubli. »

« En 2000, il choisit 301 photographies dont il réalise les tirages. Ceux-ci sont présentés dans différentes expositions, conférences et publications : Mémoire des camps organisé par le Patrimoine photographique en 2000 à l’Hôtel de Sully à Paris ; en Suisse, en Italie, en Espagne, au Japon ; ou à l’occasion de la mise en itinérance de l’exposition Impossible to forget aux États-Unis. »

« En 2021, le Musée de la Résistance nationale est la première institution à présenter le plus grand nombre de photographies issues de cette série, à travers 82 tirages pour la plupart inédits. »
« L’exposition Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis est la première exposition temporaire dans le nouveau Musée de la Résistance nationale inauguré en 2020. »
■ Une donation exceptionnelle au MRN
« En 2001, par l’intermédiaire de l’association Patrimoine photographique, Michael Kenna fait don à la France de 301 photographies prises dans les prisons, camps de concentration et centres de mise à mort nazis. Sa démarche est celle d’une transmission universelle à des fins de mémoire. »
« Par un geste fort, il décide que cette œuvre ne pourra faire l’objet d’aucune commercialisation. »
« Entre 2011 et 2021, poursuivant cette démarche, il fait don au Musée de la Résistance nationale (MRN) de l’intégralité des matrices résultant de ce travail mémoriel, soit :
• 6 385 négatifs,
• 6 472 contacts,
• 1 644 tirages de travail
• et 261 tirages d’exposition. »
« Cette donation au MRN a pour objectif de transmettre au plus grand nombre le souvenir des atteintes aux droits de l’homme qui se sont déroulées dans les camps nazis, pour faire vivre cette mémoire. »
« À l’issue de sa présentation à Champigny-sur-Marne, le Musée de la Résistance nationale présentera l’exposition Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis dans d’autres lieux d’histoire et de mémoire en France et à l’étranger. »
Le système concentrationnaire et les centres de mise à mort
« L’exposition s’articule autour de trois espaces, au deuxième étage du nouveau Musée de la Résistance nationale. Elle montre des photos de prisons et camps de transit, camps de concentration et centres de mise à mort. »
« Ce premier espace de l’exposition montre, au travers de 43 tirages, l’ensemble des camps et des centres de mise à mort photographiés par Michael Kenna. Exposées sur des cimaises blanches, les photographies sont présentées par lieux de prise de vue, en mettant en avant les caractéristiques les plus significatives de chacun des camps. »
« Elles sont réparties en trois sous-zones thématiques consacrées respectivement aux prisons et camps de transit, aux camps de concentration et camps spéciaux ainsi qu’aux centres de mise à mort. »
« De part et d’autre de la « chambre noire », deux zones présentent le travail sériel de Michael Kenna à travers un accrochage portant sur le motif du seuil des camps (portes et enceintes), le motif de la mort (crématorium, fours, potences) et du travail forcé. »
La chambre noire
« Ce premier espace se caractérise aussi par la présence de la chambre noire du photographe. »
« Espace tridimensionnel aux parois tendues de tissu noir, cet espace s’attache autant à présenter la démarche de Michael Kenna, caractérisée par la transformation de l’émotion ressentie en une oeuvre de mémoire, pas à pas, photographie après photographie, qu’à proposer une analyse historique du système des camps nazis. »
« La cimaise de gauche est illustrée par une frise chronologique recensant les campagnes de photographies des camps visités pendant plus de douze ans par Michael Kenna, de sa rencontre avec le sujet jusqu’à la transmission de cette oeuvre mémorielle. Illustrée pour chaque camp photographié d’une vue miniature (type planche contact) par année de prise de vue, la frise s’achève sur les premières démarches de transmission initiées par Michael Kenna à travers la donation de son oeuvre à la France, l’exposition Mémoires des camps – présentée à l’hôtel de Sully en 2000 – et la publication en France de L’Impossible oubli. »
« La cimaise de droite sert en partie de point d’appui au discours historique développé dans l’un des films projetés. Elle donne à voir une carte du système concentrationnaire et des centres de mise à mort en Europe. »
« Sur la cimaise du fond, sont projetés des extraits de l’entretien de Michael Kenna réalisé au MRN en décembre 2019, ainsi qu’une mise en perspective historique de cette oeuvre photographique. »
« Par ailleurs, une vitrine table complète le dispositif. Celle-ci permet d’exposer des objets collectés dans les camps par le photographe, mais aussi des éléments de son travail photographique tels qu’une sélection de négatifs, des planches contacts ainsi que des tirages photographiques de travail conservés par le MRN. »
« Il se trouve que j’ai photographié ces camps pendant une douzaine d’années. Il fallait que je les photographie, pour garder cette mémoire vivante, pour conserver une trace. »
« It turned out that I would be photographing for about 12 years these concentration camps. I just have to photograph […], keep this memory alive, make documents of it. »
Michael Kenna, décembre 2019
Déportés
« Ouvert sur les espaces de l’exposition permanente, ce lieu – présentant 7 tirages de l’artiste – permet une mise en perspective de l’oeuvre de Michael Kenna en s’intéressant spécifiquement aux parcours des femmes et des hommes qui ont été déportés dans les camps nazis. »
« En écho aux photographies de Michael Kenna, la présence des déportés est rappelée par l’exposition d’objets et d’archives réalisés dans les camps et entrés dans les collections du Musée de la Résistance nationale, ainsi que par des témoignages oraux accessibles depuis des tablettes intégrées aux deux tables multimodales. »
« Élaborés par les associations de mémoire et différents partenaires de l’exposition, ces témoignages et lectures de témoignages permettent de redonner la parole aux déportés, la photographie agissant ici comme un liant, conduisant vers les hommes et leur voix. »
Suit le travail sériel du photographe : les barbelés
Mémoires
« Ce dernier espace, comprenant 32 tirages, est consacré à la mémoire des lieux, entre paysages où la nature reprend ses droits, monuments et mémoriaux installés en hommage aux disparus et aux rescapés. »
« Le paysage a la primauté, et une large place est accordée à la figuration du ciel afin de susciter des réflexions sur la mémoire et la transmission. Ces réflexions sont ponctuées et accentuées par la mise en regard des photographies avec des paroles de personnes déportées. »
« Ces œuvres interrogent notre rapport à l’art comme vecteur de transmission mémorielle, permettant de se questionner, de s’impliquer et, in fine, de se souvenir. ».

Du 23 octobre 2021 au 15 avril 2022

Site Aimé-Césaire
40, quai Victor Hugo. 94500 Champigny-sur-Marne
Tél. : 01 49 83 90 92
Du mardi au vendredi de 13 h 30 à 18 h. Du samedi au dimanche de 11 h à 19 h

Les citations sont extraites du dossier de presse.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]