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Image by Monika Deupala. Via Nepali Times. Used with permission.

[1] Image de Monika Deupala. Via le Nepali Times

Cet article d’Alisha Sijapati [2] a été initialement publié dans le Nepali Times [1]. Une version éditée est republiée sur Global Voices dans le cadre d’un accord de partage de contenu.

Au dernier décompte de 2019, le Népal possédait 129 langues parlées [3]. Mais, alors même que de nouvelles sont identifiées, d’autres s’éteignent.

Au moins vingt-quatre langues et dialectes népalais sont désormais « menacés », les trois prochains sur le point de disparaître étant le dura [4], le kusunda [5], et le tillung [6], chacun ne comptant plus qu’un·e seul·e locuteur ou locutrice.

« Je ne serai pas surpris si ces trois-là étaient les prochaines à disparaître. Sans personne pour les parler, nous ne pourrons pas les sauver », déclare Lok Bahadur Lopchan, membre de la Commission linguistique du Népal [7], chargée de préserver sa diversité linguistique.

Une langue est considérée « menacée » si elle est parlée par moins de mille locuteurs et locutrices. Lopchan prédit que plus de trente-sept autres langues usitées au Népal appartiennent à cette catégorie et risquent de disparaître au cours de la prochaine décennie.

Selon le rapport annuel [8] de la Commission linguistique du Népal datant de 2019, les langues les plus répandues dans le pays sont le népalais, le maïthili, le bhodjpouri, le tharu, le tamang, le nepalbhasha [9] (ou newar), le bajjika, le magar, le doteli et l’ourdou, dans cet ordre.

Mais, tout comme des langues disparaissent, de nouvelles, auparavant jamais identifiées, sont découvertes dans des régions reculées : le rana tharu, parlé dans le Tarai occidental ; le narphu, dans une vallée reculée de Manang ; le tsum, dans la Vallée Tsum du Haut Gorkha ; et le nubri larke, dans la région du Manaslu, Poike et Syarke.

Child reading Newa folk story, Dhaplaan Khyaa, by Durgalal Shrestha. Photo: Ashish Shakya via Nepali Times. Used with permission.

Enfant lisant l’histoire folklorique newar intitulée Dhaplaan Khyaa, écrite par Durgalal Shrestha. Photo : Ashish Shakya via le Nepali Times.

« C’est une chance que ces langues aient été identifiées, mais quel dommage qu’elles soient parlées par si peu de personnes et qu’elles risquent de s’éteindre bientôt », déclare Lopchan, ajoutant qu’une langue autochtone disparaît tous les quinze jours sur la planète.

Même celles qui figurent parmi les dix plus répandues au Népal sont en train de perdre leur statut de langue maternelle. Les parents insistent sur la maîtrise du népalais ou de l’anglais à l’école afin d’assurer de bonnes perspectives d’emploi à leurs enfants. Et depuis le règne du roi Mahendra [10], l’État érige le népalais comme lingua franca au détriment des autres langues nationales.

Supral Raj Joshi, 29 ans, est un comédien de doublage qui a grandi en parlant le nepalbhasha (une langue newar [9]) à la maison. Mais à partir de l’école primaire, seuls le népalais et l’anglais étaient parlés en classe, et il a vite oublié sa langue maternelle. C’est en conversant en népalais avec sa famille qu’il a violemment réalisé toute la culture qu’il avait perdue avec la langue :

La perte des langues népalaises est le résultat d’une politique délibérée de l’État ; notre héritage linguistique a été balayé afin de promouvoir une identité nationale.

Le roi Mahendra a promulgué des mesures visant à créer une identité népalaise unifiée à travers l’habillement et la langue, démantelant même la démocratie et instituant le système Panchayat [11] sans parti qui, selon lui, « convenait au sol népalais ».

Les experts affirment que la décision d’imposer l’idée du nationalisme à travers une seule langue a empêché les communautés autochtones de parler leur langue ancestrale.

Maithili script. Image via nepali Times.

Écriture maithili. Image via le Nepali Times. [1]

« La classe dominante a fait de sa langue la langue nationale et, ce faisant, les autres langues ont subi des dommages collatéraux », explique Rajendra Dahal, rédacteur en chef du magazine Shikshak [12]. « La disparition d’une langue est une perte non seulement pour une communauté, mais pour le pays et le monde entier. »

À la Commission linguistique du Népal, l’urgence prévaut de sauver les trois langues qui n’ont qu’un·e seul·e locuteur ou locutrice chacune. Elle s’est donc associée à Kamala Kusunda, 45 ans, la seule personne au monde à parler le kusunda. Elle dirige maintenant une petite école privée à Dang qui enseigne la langue à plus d’une vingtaine d’élèves.

« Si je meurs, alors ma langue maternelle mourra avec moi. J’ai dû revivifier cette langue ancestrale en raison de ce qu’elle représente pour notre peuple, en espérant la garder vivante », a déclaré par téléphone Kamal Kusunda au Nepali Times.

À Lamjung, Muktinath Ghimire a une tâche similaire à accomplir. Seul locuteur encore en vie de dura [4], il se prépare à ouvrir une école pour l’enseigner à sa communauté. « On ne peut pas laisser mourir cette langue », assure-t-il.

D’autres langues uniques, comme le tsum [14], étaient déjà en danger lorsqu’elles ont été identifiées comme des dialectes distincts.

« Les personnes âgées de la vallée de Tsum parlent exclusivement le tsum, mais il est en train de disparaître parmi la jeune génération », déclare Wangchuk Rapten Lama, qui le maîtrise parfaitement lui-même et s’efforce d’étendre son usage en le présentant aux enfants par le biais d’activités culturelles.

L’anthropologue linguistique canadien Mark Turin a travaillé avec les Thangmi dans les districts de Dolakha et Sindhupalchok pour documenter leur langue en voie de disparition.

« Dire que les linguistes sauvent des langues est aussi ridicule que de suggérer que les applications et les technologies numériques sauvent le langage », affirme-t-il. « Aucun n’est vrai, et la linguistique de terrain est toujours dominée par des modèles assez coloniaux et extractivistes de production de savoir. »

Il précise que les locuteurs et locutrices de langues autochtones comme le thangmi méritent d’être reconnu·es car iels travaillent sans relâche pour récupérer, rajeunir et faire revivre leurs langues ancestrales, face souvent à une opposition considérable.

Linguistic map of Nepal [1]

Après que le Népal est passé au mode fédéral, on s’attendait à ce que les écoles à travers le pays enseignent les langues régionales. L’article 31 de la Constitution [15] stipule : « Toute communauté népalaise vivant au Népal a le droit de recevoir une éducation dans sa langue maternelle jusqu’au niveau secondaire, et le droit d’ouvrir et de gérer des écoles et des établissements d’enseignement conformément à la loi. »

Le Centre de développement des programmes d’études [16] ainsi que les municipalités rurales ont introduit un « programme d’études local » portant sur cent points. Alors que certaines écoles proposent des langues maternelles en option, une majorité choisit le « curriculum local ».

En octobre 2020, le maire de Katmandou, Bidya Sundar Shakya, a rendu obligatoire dans les écoles l’enseignement du nepalbhasha jusqu’au lycée. Mais les réactions parentales ont été mitigées, beaucoup estimant que cela pèserait sur les élèves et que leur népalais et leur anglais s’en ressentiraient.

Les langues cessent d’évoluer une fois qu’on arrête de les pratiquer. Les langages ancestraux sont également nécessaires pour enraciner les gens dans leur patrimoine et leur donner une identité distincte, ce qui devient de plus en plus difficile avec la mondialisation et Internet partout dans le monde .

« Mes petits enfants ne parlent qu’anglais », explique Saraswati Lama, mariée à un Rai et travaillant à Katmandou pour une organisation à but non lucratif. « Ma fille l’a appris sur YouTube et elle l’a enseigné à son cadet. » Ni Lama, ni son mari ne parlent leur propre langue maternelle : ils ne communiquent qu’en népalais.

Mais, de nos jours, c’est dans la diaspora népalaise que le patrimoine linguistique du pays semble être le plus valorisé. Sujan Shrestha est né à Katmandou mais a déménagé aux États-Unis alors qu’il était au lycée. Désormais professeur à Baltimore au sein de l’Université du Maryland, il témoigne que sa femme et ses enfants ne parlent que l’anglais et le nepalbhasha [9], pas le népalais.

« Le newar donne aux enfants une identité et crée des liens avec la famille élargie, en particulier leurs grands-parents. Il s’agit d’enseigner à nos enfants une sensibilité culturelle et une ouverture d’esprit envers les autres et leurs cultures. »

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/11/13/268475/

URLs dans ce post :

[1] Image: https://www.nepalitimes.com/here-now/lost-in-translation/

[2] Alisha Sijapati: https://www.nepalitimes.com/author/alisha-sijapati/

[3] 129 langues parlées: https://english.khabarhub.com/2019/05/53137/

[4] dura: https://en.wikipedia.org/wiki/Dura_language

[5] kusunda: https://en.wikipedia.org/wiki/Kusunda_language

[6] tillung: https://en.wikipedia.org/wiki/Thulung_language

[7] Commission linguistique du Népal: https://languagecommission.gov.np/en

[8] rapport annuel: https://languagecommission.gov.np/files/1/%E0%A4%AA%E0%A5%8D%E0%A4%B0%E0%A4%A4%E0%A4%BF%E0%A4%B5%E0%A5%87%E0%A4%A6%E0%A4%A8/%E0%A4%B5%E0%A4%BE%E0%A4%B0%E0%A5%8D%E0%A4%B7%E0%A4%BF%E0%A4%95%20%E0%A4%AA%E0%A5%8D%E0%A4%B0%E0%A4%A4%E0%A4%BF%E0%A4%B5%E0%A5%87%E0%A4%A6%E0%A4%A8/%E0%A4%B5%E0%A4%BE%E0%A4%B0%E0%A5%8D%E0%A4%B7%E0%A4%BF%E0%A4%95%20%E0%A4%AA%E0%A5%8D%E0%A4%B0%E0%A4%A4%E0%A4%BF%E0%A4%B5%E0%A5%87%E0%A4%A6%E0%A4%A8%20(%E0%A4%A4%E0%A5%87%E0%A4%B8%E0%A5%8D%E0%A4%B0%E0%A5%8B)%20%E0%A5%A8%E0%A5%A6%E0%A5%AD%E0%A5%AB%20%E0%A4%B6%E0%A5%8D%E0%A4%B0%E0%A4%BE%E0%A4%B5%E0%A4%A8%20%E0%A4%A6%E0%A5%87%E0%A4%96%E0%A4%BF%20%E0%A5%A8%E0%A5%A6%E0%A5%AD%E0%A5%AC%20%E0%A4%85%E0%A4%B8%E0%A4%BE%E0%A4%B0%20%E0%A4%AE%E0%A4%B8%E0%A4%BE%E0%A4%A8%E0%A5%8D%E0%A4%A4%E0%A4%B8%E0%A4%AE%E0%A5%8D%E0%A4%AE.pdf

[9] nepalbhasha: https://en.wikipedia.org/wiki/Newar_language

[10] roi Mahendra: https://en.wikipedia.org/wiki/Mahendra_of_Nepal

[11] Panchayat: https://en.wikipedia.org/wiki/Panchayati_raj

[12] magazine Shikshakhttp://www.digitalhimalaya.com/collections/journals/shikshak/

[13] Après le décès de l’une des dernières locutrices du kusunda, les espoirs de revitalisation s’évanouissent: https://globalvoices.org/2020/01/31/hope-for-dying-nepali-language-wanes-as-one-of-the-last-fluent-speakers-passes-away-at-85/

[14] tsum: https://en.wikipedia.org/wiki/Tsum_language

[15] Constitution: https://www.mohp.gov.np/downloads/Constitution%20of%20Nepal%202072_full_english.pdf

[16] Centre de développement des programmes d’études: http://nepaknol.org.np/cdc/elibrary/pages/view.php?ref=3603&k=

 

Streaming disponibiliza o essencial do cineasta espanhol, que em breve lançará novo filme. Para o esquenta, vale rever A lei do desejo (1987): uma paixão homoerótica com profundo sentido de humanidade que transforma o kitsch em sublime

 

Escrito por José Geraldo Couto

Nenhum outro cineasta de nosso tempo consegue rimar amor, humor e dor como Pedro Almodóvar. Com a chegada de A lei do desejo (1987) ao Mubi, o essencial da filmografia do diretor espanhol está disponível nas plataformas de streaming, em especial na Amazon Prime, no YouTube e no próprio Mubi. De Maus hábitos (1983) a Dor e glória (2019), há pelo menos dez títulos em cartaz. Enquanto aguardamos a chegada aos cinemas de seu longa mais recente, Madres paralelas, vale a pena mergulhar nessa obra pulsante de vitalidade e invenção.

O cinema de Almodóvar combina, numa alquimia improvável, o melodrama de Douglas Sirk, a iconoclastia de Luis Buñuel e a picardia de Billy Wilder. A lei do desejo é um ponto crucial desse cinema. Conta-se ali uma história de paixão homoerótica que desemboca em violência e tragédia, mas o tom geral não é pesado nem deprimente, pois vem modulado pelo humor, pela exuberância estética e pelo profundo sentido de humanidade do cineasta.

Em linhas gerais, é a história de um diretor de cinema e teatro, Pablo Quintero (Eusebio Poncela), dividido entre dois amores: Juan (Miguel Molina), que está sempre a ponto de deixá-lo, e Antonio (Antonio Banderas), rapaz que vive com a mãe e nunca teve um namorado antes. A intrincada trama inclui ainda a irmã transexual de Pablo, Tina (Carmen Maura), e a menina que esta cria como filha depois que sua (de Tina) namorada a deixou.

Camadas de ficção

Não cabe detalhar o enredo, cheio de surpresas e reviravoltas, mas apenas chamar a atenção para um aspecto frequentemente esquecido do cinema de Almodóvar, ou antes eclipsado pela estridência visual e musical de suas criações. Estou falando do jogo essencialmente moderno entre os vários planos de representação, tangenciando a metalinguagem.

A sequência inicial de A lei do desejo ajuda a tornar mais concreto o comentário acima. Vemos um rapaz sozinho num quarto. Obedecendo a uma voz masculina vinda de fora do quadro, ele se desnuda, deita de bruços na cama, se acaricia e se masturba. Num contraplano vemos então dois homens de meia-idade, num estúdio de som, dublando as vozes e gemidos dos personagens do filme que se desenrola numa tela à sua frente. Mas nessa tela começam a descer os créditos finais e subir os aplausos da plateia. Trata-se da pré-estreia do novo filme de Pablo Quintero.

Em poucos minutos trafegamos por vários planos de realidade e ficção: do quarto do rapaz solitário ao estúdio de dublagem e à sala de exibição. Não há aviso ou sobressalto na passagem de um ambiente a outro, de um momento a outro. Tudo flui como a imaginação, a memória, o pensamento – ou o desejo. O título do filme não é casual, assim como não é casual o nome da produtora de Almodóvar (El Deseo): tudo nesse cinema é movido pelo desejo, com seu duplo poder de criação e destruição.

Em outro momento, Pablo datilografa uma carta de amor para que Juan a assine e a envie de volta. É uma forma de autoengano que acaba “virando verdade” em mais de um sentido. Ficção e real são vasos comunicantes, trocando de sinal o tempo todo.

Libertário radical

Nascido e formado sob uma das ditaduras mais obscurantistas do século XX, Almodóvar logo descobriu que a imaginação é uma arma poderosa de libertação. Nisso ele é um herdeiro inequívoco de Buñuel, com quem compartilha também a compreensão profunda da volúpia contida na mitologia e na iconografia do catolicismo. Tina, a irmã trans do protagonista, tem um altarzinho em que cultua a Virgem e outros santos, e é comum, nos filmes do diretor, a devoção religiosa andar lado a lado com as práticas comportamentais mais transgressoras.

Assim como ignora as fronteiras entre os gêneros (comédia, drama, suspense), misturando-os todos com desfaçatez, Almodóvar recusa-se a aprisionar suas criaturas em identidades sexuais determinadas. Não me refiro apenas às frequentes situações de mudança de sexo ou de travestismo em seus filmes, mas a um olhar permanentemente amoroso a todas as formas de sexualidade humana. Depois de alguns momentos de filme nos esquecemos se fulano é gay, se sicrana é trans, se beltrano é hétero: são indivíduos pluridimensionais, multifacetados, gente que transborda de vida por todos os poros. Almodóvar é, antes de tudo, um libertário radical e absoluto.

Há igualmente em seu cinema uma recusa em distinguir ou hierarquizar a cultura erudita, a cultura popular e a cultura industrial. Sua maior aspiração, a meu ver, é revelar o que há de belo no mau gosto, elevar o kitsch ao sublime. Não se trata simplesmente de colocar em cena a cenografia extravagante, as cores berrantes, a música sentimental (como fazem em vão seus imitadores), mas de extrair o que há nisso tudo de energia erótica, afetiva e transformadora.

Em A lei do desejo há um momento em que tudo se mistura de modo quase epifânico: a cena da peça A voz humana, de Jean Cocteau, dirigida por Pablo Quintero. A filha adotiva de Tina Quintero, atriz da peça, desliza sobre um trilho, de um lado a outro do palco, dublando a canção “Ne me quitte pas”, na voz da brasileira Maysa Matarazzo, enquanto a protagonista solitária, ao fundo, destrói o cenário a machadadas. Só que a menina acaba de ver fugazmente a mãe biológica nos bastidores, e todo o sentimentalismo da música ganha uma nova dimensão.

Curiosamente, mais de três décadas depois o próprio Almodóvar levaria A voz humana ao cinema, num curta-metragem realizado em plena pandemia, com Tilda Swinton como protagonista. É mais um inédito que os cinéfilos brasileiros aguardam com ansiedade.

[…]

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Entrevista amb l’autor del ‘Decàleg irreverent per a la defensa del català’.

Publicat per Joan Burdeus

Gerard Furest (Figueres, 1980) és filòleg, professor de secundària, i ha fet un llibre sobre el futur del català. Un altre? Sí i no. Amb una prosa que sacseja i un seguit de propostes pràctiques i intel·ligents, El decàleg irreverent per a la defensa del català (Biblioteca del Núvol) treu els debats sobre la llengua de la complaença heretada on la gran majoria encara ens trobem i els porta a la crua realitat del segle XXI: el català és una llengua minoritzada en retrocés que podria desaparèixer aviat si no hi fem alguna cosa. Publicat a Núvol en una sèrie de deu articles, l’edició ampliada en forma de llibre el converteix en l’eina de capçalera que vol ser, un manual per prendre consciència del repte i mantenir viva la llengua en el dia a dia. Parlem del mur de la diglòssia, el desastre de la CCMA des que es va tancar el 3XL i per què els polítics del país haurien de deixar de pensar en termes purament econòmics i parlar de llengua i construcció nacional.

El llibre té una gènesi emocional, en primera persona.

Jo soc professor de secundària i, al llarg dels últims deu anys, constato que els alumnes catalanoparlants cada cop es relacionen més en castellà entre ells. I parlo d’instituts on el català no és en absolut minoritari, sinó la llengua familiar del 40-45%. O una altra cosa que tots hem vist: pares adreçant-se en català als fills, i els fills responent-los en castellà. Aleshores començo a fer-me preguntes. Què ha passat en aquests deu anys perquè hàgim arribat fins a aquest punt? Amb un creixement demogràfic que no ha estat massa alt, d’unes tres-centes mil persones, per què les dades d’usos horitzontals s’han enfonsat tant?

Comences parlant de la diglòssia i l’anomenes “el mur”.

Molts acadèmics em discutirien el terme ‘diglòssia’. Diuen que és inadequat parlar de diglòssia perquè remet al segle XIX, quan el català no tenia prestigi o no era una llengua literària, i això ja no és així. Altres diuen que hem de parlar de minorització lingüística. Però, a mi, ‘diglòssia’ és una paraula que em serveix per explicar que la gent canviem de llengua. Els catalans tenim un inconscient personal que denota una autoestima baixa. La diglòssia és el mur que ens impedeix ser lliures mentalment.

Entres en tots els grans dilemes. Per exemple: corregir o no corregir.

Jo tinc una bona relació tant amb els cappares defensors de la correcció com dels qui hi estan totalment en contra. Ara bé, crec que corregir és contraproduent, sempre que no siguis jo, és a dir, professor de català. Corregir un parlant del carrer que no t’ho hagi demanat em sembla un error absolut. Com deia Joan Solà pocs mesos abans de morir-se: “Jo he escrit molts llibres de gramàtica, però ara m’és absolutament igual com parleu català els joves, mentre el parleu”.

Com no canviar de llengua?

Hem de ser models mimètics, models de fermesa. Això és el que em funciona amb els alumnes. I una altra cosa que em serveix és intentar acostar-m’hi amb un llenguatge col·loquial atractiu. Dir-los als nanos coses com “flipo mandarines” o “no em toquis els picarols”. El primer dia al·lucinen, però al cap d’un temps sents a un nano dient-li a un altre “no em toquis els picarols” a un altre. Hem d’intentar tenir un català col·loquial no castellanitzat però, al mateix temps, que sigui assumible pels joves. Si la teva solució és el català ausiasmarchià del segle XV, estàs perdut.

“Des que la CCMA no assegura els elements de transmissió cultural a la gent més jove, no serveix per res”

I per què critiques el català de Merlí?

Els mitjans públics no fan la funció que han de fer. Una de les tasques dels mitjans públics és donar un model d’ús col·loquial a la població. Si els presentadors de TV3 parlen igual que una persona del carrer, ja no compleixen la seva missió. Per dir-ho d’una altra manera: la meva àvia sempre havia dit “bussó”. Ningú deia “bústia” a Catalunya fa quaranta anys, i ara la gent l’ha normalitzada gràcies als mitjans públics. Però, si la CCMA (Corporació Catalana de Mitjans Audiovisuals) té 30 lingüistes segons el seu organigrama, com pot ser que Cristina Puig digui un castellanisme flagrant un dissabte i la setmana següent no hi hagi ningú amb prou autoritat per dir-li que l’hauria de revisar? Algun engranatge no funciona en el nivell lingüístic. I, sobre Merlí, per mi el problema és que es passava de la ratlla: parlaven un català encara més castellanitzat que el dels meus alumnes.

I la solució és el que els influencers estan fent a Internet?

Si tu em preguntes qui està fent més per la llengua catalana, tota la CCMA o la Berta Aroca amb els seus vídeos que tenen més de cinc-centes mil visualitzacions a TikTok, jo et respondré que la Berta Aroca. Anem molt endarrerits, deu anys tard. I això vol dir exposar-te a perdre la llengua. Essent un 35% de parlants habituals, només que et falti una generació, te’n vas al canyet. Els mitjans públics tenen una audiència amb una mitjana d’edat d’entre cinquanta i seixanta anys. Cal començar a assumir que la CCMA no serveix per res. Des que la CCMA no assegura els elements de transmissió cultural a la gent més jove, no serveix per res. Per què passa això? Perquè té una mentalitat analògica, perquè mira massa per preservar les guinguetes, i per què no ha fet una reversió pressupostària. Si tens tres-cents milions de pressupost, deu o quinze han d’anar a xarxes i influencers. La influencer de Badalona que arriba a tres milions de castellanoparlants: l’has de fitxar com sigui i fotre-li un milió damunt la taula perquè faci contingut en català.

Però, precisament, aquests influencers parlen un català molt interferit pel castellà.

La genuïnitat no és el tema més important ni el que més m’interessa. Els mitjans públics han de ser un model i han de crear noves paraules. Si el català no crea noves paraules, queda fossilitzat. Però si els influencers volen fer servir un català interferit, que ho facin, mentre ho facin en català.

El teu llibre proposa un marc mental de supervivència, com els ecologistes últimament: pretens sotragar els tranquils assenyalant una emergència, una amenaça existencial.

Vivim en un Matrix. Jo parlo amb altres lingüistes que em fan la impressió que encara viuen als anys vuitanta. Som una absoluta minoria a les zones més poblades del país. I això vol dir que necessitem polítiques lingüístiques diferents en funció del territori. Dit d’una altra manera: segurament a l’Ebre o a Lleida la immersió funciona perfectament tal com està, però a l’àrea metropolitana funciona tan malament que, de fet, se’t castellanitzen els fills de catalanoparlants.

Al llibre ho expliques molt bé amb el cas del País Valencià.

El model plurilingüe del País Valencià està pensat per integrar les comarques castellanoparlants, evitar que es murcianitzin. Però resulta que, en pro d’integrar-los a ells, que comarques tan dures com el Baix Segura facin un 25% de classes en valencià, fas que la gent de Xàtiva passi de fer-ne un 100% a fer un màxim de 60%. I així és molt més fàcil que la gent de Xàtiva es castellanitzi, que no pas que la gent d’Oriola, ni que arribessin a fer un 100% de l’horari lectiu en valencià. Estem fent una lectura totalment errònia de la realitat si no ens pensem com una minoria lingüística dins del propi territori.

“El Procés es feia per salvar el català, però curiosament hem tingut deu anys d’independentisme absolutament anacional”

Doncs tornem a la pregunta del principi: com hem arribat fins aquí?

Ho hem fet tot malament. Em sap greu, però és així. Arriba un moment en què el govern dels millors d’Artur Mas ha de fer retallades. Han de tancar un canal, i què fan? L’u d’octubre del 2012, tanquen el 3XL. S’acaba amb l’anime en català, es rebaixen diners per al doblatge, la immersió cau a trossos, es desprestigia el català amb un discurs bilingüista en alt grau provinent d’Esquerra Republicana. Als anys vuitanta o noranta teníem un avantatge: hi havia cinc canals i, per veure anime, els joves havien de passar pel Super3 i veure’l en català. Ara el problema no és que tinguem molts canals infantils i juvenils en castellà, sinó que nosaltres mateixos hem jivaritzat els nostres canals en català. Si tu has de posar trenta milions d’euros al Super3 per tenir dibuixos de qualitat en català, ho fas. Penso en unes declaracions que va fer l’Ernest Maragall: “Quan ens vam adonar que hi havia professors que no feien les classes en català, ja era massa tard”. Si tu no exerceixes el teu propi poder, la gent et veu com una autonomia de fireta.

El Procés.

El Procés es feia per salvar el català, però curiosament hem tingut deu anys d’independentisme absolutament anacional. Quan parlo del factor nacional, de nacionalisme, vull dir nacionalisme d’alliberament, de resistència. Estem emparedats entre dues ideologies que, com que no són nacionalistes, no ens poden dur a un alliberament. D’una banda hi ha l’independentisme d’esquerres xupiguais, que són comunitaristes, però només en el nivell internacional. De l’altra, hi ha els independentistes ultraliberals, que només creuen en un individualisme i ignoren la cosa comunitària. Doncs resulta que el millor comunitarisme és el nacionalisme integrador, de base cultural i no ètnica, que vehicula una voluntat de persistir en el temps que fa la guitza als partidaris de l’homogeneïtzació incondicional.

Com és que l’element emancipador del nacionalisme que tan naturalment es reivindica a llocs com ara llatinoamerica aquí és anatema?

La revolució de Fidel Castro no va ser comunista, sinó nacionalista. En canvi, nosaltres ens hem deixat robar els mots. Hi ha hagut un procés d’acomplexament de la societat catalana a mesura que pujava l’independentisme. Això produeix una dissociació cognitiva bestial. Al País Basc et diuen “jo soc nacionalista” o “jo soc abertzale”, que vol dir “patriota”. T’imagines un polític català dient que és patriota català? Acomplexant-nos, perdent els mots, hem perdut terreny en el nivell conceptual i en la batalla ideològica.

En canvi, no t’interessa adoptar el marc anticolonial.

Jo no em sento còmode en aquest marc. Crec que és un llenguatge que no ens afavoreix. Molta gent diu que hem de dir les coses clares, i parlar de colonització lingüística. Jo intento que les meves idees tinguin sempre un vessant una mica mainstream perquè, si no, no poden complir la seva finalitat conscienciadora. I en un context com l’europeu, parlar del cas català com a colonial ens situa en un marc extravagant. Dit d’una altra manera, penso que cert tipus de llenguatge pot portar a pensar que som el Tibet, I no ho som. Bàsicament, perquè encara que hi ha una voluntat clarament lingüicida de l’estat espanyol, també s’han fet moltes polítiques suïcides per part de les elits catalanes. Això no ho podem obviar i, per tant, no ens podem rabejar en el victimisme. Com que no crec en el victimisme constant, no crec en segons quin llenguatge.

La teva tesi és que a les polítiques lingüístiques no en tenen prou amb una mentalitat quantitativa, sinó que cal una estratègia que tingui en compte un factor qualitatiu d’autoestima nacional.

Jo no permetria que hi hagués cap polític en aquest país sense un lingüista al costat estirant-lo de l’orella. M’he adonat que els nostres líders que, de paraula, reconeixen que el català és l’element diacrític del país, a l’hora de la veritat no pensen ni actuen en termes lingüístics, sinó en termes de passatgers, vols, contenidors, etc. I quina mena de país és aquest? Penso que ha d’haver-hi tot de polítiques encaminades a enfortir la construcció nacional. Això és el que estan fent a la seva manera i al seu ritme els bascos. Quan hi ha hagut l’esclat del Procés? Quan hi ha hagut un auge en la consciència nacional catalana que s’havia anat construint en el marc anterior. A les enquestes dels vuitanta, tan sols hi havia un 10% de persones que se sentissin només catalanes o més catalanes que espanyoles. Aleshores s’engeguen polítiques de construcció nacional (amb totes les crítiques que es puguin fer al pujolisme, que són moltes) i s’arriba al torcebraç.

I ara que s’ha fet explícit el conflicte però no s’ha fet la independència, què?

Hem d’aplicar un “pragmatisme unilateral”. Si tu has guanyat les eleccions i tens un 52% de vots, dediques cent milions al Super3. Has d’exercir el poder i no ser un xirucaire. Un exemple molt clar són els plans docents. Les universitats no paren de demanar recursos públics, però no compleixen les normes d’ús del català dels seus plans docents. Doncs la Generalitat hauria de tallar l’aixeta unilateralment mentre hi hagi queixes que no es compleixen els usos lingüístics. Si realment vols fer un Estat, ho has de demostrar des d’ara, fins i tot essent una autonomia. I també cal potenciar la societat civil en comptes de fer com els partits, que intenten soterrar-la perquè no els faci la competència. Com s’ho van fer els jueus per sobreviure dos mil anys fora del seu territori nacional? No està científicament demostrat que calgui ser un estat per salvar el català. Per ser una col·lectivitat que es retroalimenta a ella mateixa no et cal un estat, el que cal és molta més fermesa que la que tenim, perquè quan ens mirem al mirall, ens veiem febles. La història de vegades té un ritornello que pot resultar irritant. Tenim un país que torna a debatre’s entre la farsa i la quimera, com ja assenyalava Puig i Ferreter. I sortir d’aquest bucle improductiu ens costa horrors i ens esfilagarsa la substància del país.

I com es puja l’autoestima nacional?

Cal fer política diària. I no només des de les institucions. Cal fer associacionisme. Cal fer consum racional. Només s’ha de formar port de les entitats que respecten el català, i a aquestes cal donar-los molt de suport. Cal desemmascarar els discursos que no et beneficien.

 

[Fotos: Laia Serch – font: http://www.nuvol.com]

 

Aquesta darrera setmana a Twitter hi ha hagut una espècie de « debat » entre la gent que defensa el doblatge i la subtitulació en català i la gent que prohibiria el doblatge, casualment aquesta gent només surt quan es parla de doblatge en català i no de doblatge castellà.

Mapa del doblatge a Europa

El doblatge en català és essencial per normalitzar la llengua, ja ho vam veure als anys 90 amb l’aparició de l’anime en català, veies fills i filles de pares castellanoparlants jugant a Bola de Drac en català, ara ja no, ara és just el contrari, veus fills i filles de catalanoparlants cantant la cançó de Doraemon en castellà. I tot i aquesta situació encara hi ha catalans que volen acabar amb el doblatge en català.

Volen que els catalans dominem més l’anglès, però no els importa si el català perd parlants pel camí, volen que no faltem al respecte a l’actuació verbal dels actors i actrius, volen que siguem la punta de la modernitat d’Europa i deixem d’utilitzar una imposició cinematogràfica que segons diuen alguns d’ells es va inventar la dictadura franquista. Deuen ser la mateixa classe de gent que diu que Churchill va dir « els feixistes de demà es diran a si mateixos antifeixistes », ni Churchill ho va dir, ni Franco va inventar el doblatge.

S’emmirallen a una suposada Europa (inventada) que no dobla res, consideren Espanya i Grècia endarreries al moment per doblar-ho tot, però no tenen en compte que la majoria de països ho doblen tot, altres doblen el contingut infantil i altres utilitzen doblatges d’altres països. Sempre anomenen Portugal i països nòrdics, com a països avançats que no doblen. Bé, sí que doblen, Portugal dobla tot el contingut infantil i part de la resta, el que no es dobla a Portugal, és cert, ho veuen en versió original subtitulada, però també ho veuen utilitzant els doblatges brasilers. També solen anomenar països nòrdics, bé Dinamarca destina a l’audiovisual en danès 100 € per habitant mentre que Catalunya destina 31 € per habitant. De fet, cada cop més països doblen el contingut audiovisual per al cinema, televisió i per les plataformes de streaming. Fins i tot Netflix dobla contingut per als Estats Units. Com experiència personal, fa més d’un any que visc a Irlanda, he conegut gent que ha vist « La casa de papel », ningú l’ha vist en castellà (versió original), els irlandesos que l’han vist, ho han fet en anglès i els portuguesos i brasilers l’han vist en portuguès.

Defensen la prohibició del doblatge per aprendre altres idiomes (bé idiomes, anglès). Perquè la gent ha d’aprendre anglès a l’escola i al cinema, però el català només a l’escola. L’anglès, com altres idiomes s’aprenen estudiant a l’escola i a les acadèmies, però també practicant, parlant, llegint, mirant pel·lícules. Amb les pel·lícules soles, no, i menys subtitulat al teu idioma i no a l’idioma de la pel·lícula, al final el teu cervell s’acostuma a només llegir. Si realment fos tan fàcil aprendre idiomes, no creieu que la majoria d’actors de doblatge catalans sabrien japonès nivell natiu, ja?

Volen que es vegi tot en versió original subtitulada per no perdre l’actuació verbal de l’actor i no falta al respecte al seu treball. Suposo que el treball de la gent de fotografia, vestuari, escenari i postproducció no és important, com tampoc ho és el llenguatge no verbal dels actors. Amb els subtítols es modifica la imatge, a més a més en estar llegint et perds els detalls del vestuari, de la fotografia, dels escenaris i la comunicació no verbal dels actors. No falta més al respecte del treball de la pel·lícula això que el doblatge? No ho sé, no ho vull valorar, però crec que el que falta més al respecte és voler imposar el que tu vols i no deixar als altres tranquils que gaudeixin del cinema com vulguin, amb els subtítols i el doblatge es perden detalls i matisos, cert, però es perd més si mires qualsevol contingut en una llengua que no domines i no disposes de doblatge o subtítols. També troben estrany escoltar Lebron James parlant en català, però no troben estrany escoltar a Juli Cèsar parlant anglès en lloc de llatí o a Aquil·les parlant anglès i no grec antic.

Pel que fa a l’argument típic de « el doblatge el va inventar Franco », dir que no, no el va inventar Franco, no sé d’on s’ho treuen, però no, si fos així l’any 1933 no s’hagués doblat la primera pel·lícula al català, si fos així l’animació americana que va arribar entre els 50 i 70 a l’estat espanyol hagués arribat amb el castellà d’Espanya, no de Mèxic. Si ho hagués inventat ell, no seria una pràctica habitual a Europa des de fa dècades.

Però el més important de tot i que no tenen en compte, com volen que un infant que encara no sap llegir vegi dibuixos en VOS? Com volen que una persona amb dificultats de visió o cega pugui gaudir del cinema sense el doblatge?

Per què hi ha catalans amb llaços grocs i estelades al Twitter que els preocupa més que els infants, joves i adults aprenguin angles i no català? No se n’adonen que gràcies al doblatge i a l’audiovisual en general es pot aprendre molt vocabulari nou de la teva pròpia llengua i a millorar la comunicació verbal? El millor que li va passar al català van ser les sèries doblades de TV3 des dels anys 80 fins a principis d’aquest segle, el que hem de fer és recuperar-ho i no destruir-ho tot. El que hem de fer és doblar i subtitular el màxim de contingut possible i fer-lo arribar a les plataformes, cinemes i televisions.

Necessitem l’audiovisual, la música i els llibres per salvar el català, ensenyant-lo només a l’escola no l’ajudem. Ara mateix per un infant és molt fàcil pensar que el català només és una assignatura avorrida més de l’escola que un idioma útil per comunicar-se i divertir-se, perquè la gran majoria de sèries, pel·lícules i videojocs estan en castellà, sobretot a les plataformes, si volem tornar a sentir català de forma normalitzada entre els infants, necessitem donar-los material per jugar i cantar en català com fèiem fa 20 anys. Si volem que els nouvinguts a Catalunya aprenguin català els hem de donar eines audiovisuals per millorar el seu català fora de les classes i el treball. També, necessitem audiovisual en català per tota la gent que vol gaudir del cinema i les series en la seva llengua i no l’original, és una opció tant valida com els subtítols, respectem-nos entre tots perquè si no l’únic que fem és ficar més pals a les rodes del català, i ja té prou pals, millor treure’n que ficar-ne més. Volem que el català a Catalunya sigui com el gaèlic a Irlanda, una llengua que estudia tothom a l’escola, però només la parlen 80 mil persones? Si acabem amb el doblatge no farem de Catalunya la Dinamarca del sud, farem del català el gaèlic del sud.

 

 

[Il·lustració: Wikipedia – font: http://www.racocatala.cat]

El Departament de Cultura de la Generalitat de Catalunya ha fet una nova ampliació del pressupost en subvencions per al doblatge i la subtitulació en català, que ha passat de 3.345.000 euros a 6.295.000 euros, 2.950.000 euros més, una quantitat que és gairebé el doble de la que hi havia fins ara.

Segons ha anunciat el departament en un comunicat, la primera línia ampliada està destinada al doblatge i la subtitulació en català de llargmetratges d’estrena en sales d’exhibició cinematogràfica. L’ampliació suma 800.000 euros a la dotació pressupostària, que queda fixada en 2.705.000 euros per al 2021.

La segona línia, dedicada al doblatge i la subtitulació en català de llargmetratges i a la subtitulació en català de sèries per a plataformes digitals i en suport físic, s’amplia en 2.000.000 d’euros i la dotació pressupostària queda fixada en 3.230.000 euros.

Finalment, s’ha ampliat amb 150.000 euros la tercera línia, destinada a la subtitulació en català de festivals i mostres audiovisuals a Catalunya per a l’any 2021. La dotació queda fixada en 360.000 euros.

El govern català s’ha fixat com a prioritat els darrers anys la introducció del català en el món audiovisual, tant a les sales de cinema com a les plataformes de continguts com Netflix o Disney +, amb un catàleg mot escàs en aquesta llengua tot i que, en moltes ocasions, ja hi ha el doblatge o la subtitulació fets, gràcies sovint a subvencions de l’administració. Política Lingüística, que amb el nou executiu ha pujat de rang i ha passat a ser una secretaria en lloc d’una direcció general, ha entomat el repte i ha anunciat l’ampliació del pressupost.

Organismes com el Consell de l’Audiovisual de Catalunya (CAC) i entitats com la Plataforma per la Llengua han publicat darrerament diversos informes sobre la migrada presència del català en les plataformes de continguts audiovisuals. Aquesta darrera entitat, a més, ha denunciat de forma repetida l’incompliment de la llei del Cinema de la Generalitat de Catalunya pel que fa a les quotes de pel·lícules en català.

Disney + i Netflix han incorporat els darrers mesos el català en algunes de les seves pel·lícules i sèries, però la proporció de la llengua en el seu catàleg continua sent ínfima, tot i que, segons un estudi de Política Lingüística, el 78% dels catalans volen sèries i pel·lícules doblades en català a les plataformes digitals, els canals de televisió tradicionals i les sales de cinema.

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Autora:  Marta González Quevedo
Directora: Laura Cruz García
Editorial/Institución editora:  Universidad de Las Palmas de Gran Canaria
Ciudad: Las Palmas de Gran Canaria
País: España
Año 2021
Tipo de publicación: Tesis
Materias de especialidad:  Lingüística, Lingüística aplicada, Traducción
Descripción: 

El presente trabajo, a cargo de Marta González Quevedo, presentado en la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria en 2021, tiene como objetivo determinar el grado de diferencia entre las versiones dobladas y subtituladas (del inglés al español) de un corpus de películas de ciencia ficción. Con este propósito, se realiza un análisis contrastivo de estas dos versiones (doblaje y subtitulado) con el fin de determinar la naturaleza y tendencias de las decisiones de traducción en el campo de AVT. Cuando se trata de la traducción de textos audiovisuales (tanto para doblaje como para subtitulado), el traductor debe tener en cuenta una serie de restricciones específicas o `ruido` (Mayoral, Kelly y Gallardo, 1988) que determinarán sus decisiones de traducción. El concepto de restricción se puede definir como las características del texto que pueden dificultar que el traductor produzca una traducción fiel del texto original. Estas restricciones específicas no siempre son las mismas en ambas modalidades. De hecho, diferentes restricciones pueden afectar la traducción de las versiones de doblaje y subtitulado. Por tanto, a través de este estudio también esperamos conocer las tendencias actuales de las soluciones de traducción, analizando qué técnicas de traducción son las más utilizadas para resolver las restricciones de doblaje y cuáles son las más utilizadas para resolver las de subtitulado. Para lograrlo, se estudió un amplio número de muestras de películas a través de una metodología propuesta por Martí Ferriol (2013), que consiste en un análisis descriptivo de las restricciones, normas y técnicas utilizadas en el campo de la AVT. La investigación tiene un enfoque por producto, donde el objeto de estudio es el texto de destino (tanto la versión subtitulada como la doblada en español). Dado que esta metodología solo se había aplicado a películas independientes de Estados Unidos, en esta disertación se eligió un género cinematográfico completamente diferente, con el fin de comprobar el nivel de aplicabilidad del método de análisis. El género cinematográfico seleccionado fue el de ciencia ficción por las distintas características que presenta respecto al cine independiente, como un público objetivo más amplio o una trama que suele ser más fácil de seguir. A la hora de elegir las películas concretas que constituyen el corpus, también se tuvo en cuenta la fecha de estreno, la nacionalidad y el presupuesto. La metodología consistió en seleccionar y tabular extractos del texto audiovisual (las “muestras”) donde se encontró una diferencia significativa entre las versiones dobladas y subtituladas en español. Posteriormente, las muestras fueron analizadas y clasificadas en función de la restricción presente en el extracto y las normas y técnicas aplicadas por el traductor. Finalmente, se realizó un estudio de la ocurrencia de cada uno de estos elementos, para obtener algunas conclusiones sobre su comportamiento en películas de ciencia ficción.

Página de Internet:  https://accedacris.ulpgc.es/handle/10553/106433
Fecha de publicación: Sábado, 29 de mayo de 2021

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

Sacou tempo durante as súas viaxes en avión e as noites de hotel para escribir unha longa novela, de case 900 páxinas, que viu a luz o pasado outubro na editorial cántabra Libros Indie. A comunidade das nacións é a súa primeira obra e nela recrea o mundo de conflitos e cambio climático de 2080, no que se enfrontan imperialistas, fascistas, islamistas e as faccións supremacistas dunha Europa que ten na Galiza a chave da restauración democrática.
O autor da novela 'A comunidade das nacións', presentada no mes de outubro, César Pazos. (Foto: Libros Indie)

O autor da novela ‘A comunidade das nacións’, presentada no mes de outubro, César Pazos.

Na súa novela o mundo está en conflito e a solución tena a Galiza, como é iso?

O planeta está nun momento climático complicado porque se precisan cifras descomunais para crear unha cidade luar e explotar xacementos de Helio-3. No Estado español dáse unha singularidade fronte ao resto de Europa, porque as Constitucións europea e española o permiten, e é a promoción de Breixo Portela, dirixente da formación Galaicos, quen lidera unha comunidade de nacións entre Catalunya, Euskadi e a Galiza. Esta colectividade ten un ollo posto en Portugal, pero nela non entra España.

O Estado español carece de referentes que convenzan a poboación de que deben formar parte desta agrupación, a súa única referencia é Leonor de Borbón, unha raíña marxinada polos partidos conservadores pero á que lle tocou vivir situacións moi dramáticas. As persoas simpatizan cos que sofren e, así, convértese por eliminación na única persoa que pode convencer a cidadanía desa adhesión, que permitirá a paz, a preservación da democracia e da Ilustración e a obtención do Helio-3.

Cal é a importancia do Helio-3 nese futuro?

Actualmente, hai teorías que falan de que se está a utilizar Helio-4 e Deuterio para crear un neutrón do que obter enerxía nuclear. Na miña ficción búscase Helio-3, que non dana o plasma solar e que ademais existe en tal cantidade que a humanidade pode explotalo por 5.000 anos, o que supón unha enerxía case inesgotábel.

E que papel desempeña a Galiza nesa cuestión?

En primeiro lugar acontece que a Batalla do Medulio ten consecuencias en 2080. E logo, o inicio dese ano inaugúrase co discurso de Mary Hamilton, a presidenta de Europa, diante do Parlamento europeo. Ela pertence a unha organización política que se chama Queltoe, que nace dunha conferencia de eruditos no Reino Unido que deciden que contra o cambio climático e o racismo europeos se potencie unha nova filosofía política que é o celtismo. Nese Queltoe está confederada a organización Galaicos, liderada por Breixo Portela.

Trátase pois dunha ficción de carácter histórico?  

Dalgunha maneira… Fálase do Medulio, como xa dixen, da Idade Media, para a que me documentei coa obra de Anselmo López Carreira, nárrase a decapitación de Pardo de Cela… Pero se eu tivese que definila diría que é unha novela antiimperialista e antifascista. Ademais de ser un romance dramático o desencadeante da resolución do conflito que propón a novela.

Afondemos un pouco nese romance do que fala…

Breixo Portela ten un papel fundamental en que o Estado español entre na comunidade de nacións, que é necesario para o triunfo de Europa. Este papel vén dado porque é o líder peninsular e quen, dalgunha maneira, promove a aceptación de Leonor de Borbón dentro da confederación ibérica que lidera. Pero este labor acátao logo de comezar as negociacións coa ministra de Asuntos Exteriores da Coroa española, Elena Cueto, da que se namora. O romance, do que Leonor é ‘celestina’, vai provocar grandes conflitos, tanto no seo de Galaicos, para Breixo, como no Estado español, para Elena.

Para rematar díganos, como está a ser a promoción?

Estase a facer un esforzo importante e mesmo hai unha canle de Youtube na que participan actores e actrices de dobraxe da Galiza, e na que se recrean diversas pasaxes dalgúns dos capítulos.

[Imaxe: Libros Indie – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Samuel Fuller est un réalisateur, scénariste et écrivain américain (1912-1997) né dans une famille juive. Orphelin à onze ans, il travaille dès ses douze ans, essentiellement dans la presse. Dès 1931, il écrit des romans et dès 1936 débute à Hollywood une carrière de scénariste, puis de réalisateur. Engagé dans l’armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a filmé des images d’un camp de concentration nazi allemand. Arte diffusera le 27 septembre 2020 « Le port de la drogue » (Polizei greift ein ; Pickup on South Street) de Samuel Fuller.

Publié par Véronique Chemla

Samuel Fuller est un réalisateur, scénariste et écrivain américain (1912-1997) né dans une famille juive d’origine polonaise et russe.

Orphelin de père à onze ans, il travaille dès ses douze ans, essentiellement dans la presse.

Dès 1931, il écrit des romans et dès 1936 débute à Hollywood une carrière de scénariste, puis de réalisateur.

Deuxième Guerre mondiale
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Samuel Fuller est muté dans la 1ère division d’infanterie américaine, la « Big Red One ». Il y sert comme soldat et reporter de guerre.

Dans Falkenau, vision de l’impossible, documentaire d’Emil Weiss (1988, 52 min), Samuel Fuller témoigne. « Mai 1945, la célèbre “Big red one” – première division d’infanterie de l’armée américaine – livre son dernier combat en Europe dans les Sudètes en Tchécoslovaquie et libère le camp de concentration de Falkenau. Samuel Fuller, alors sous les drapeaux, filme cet épisode. C’est un document unique (16mm, noir et blanc, muet), resté jusqu’à ce jour inédit, qui est repris dans “Falkenau, vision de l’impossible”. Après une courte introduction présentant les conditions du tournage et l’épisode de la libération de ce camp ordinaire, Samuel Fuller commente les images qu’il a enregistrées quarante ans plus tôt. “C’est le seul film où l’on voit des civils dans un camp faisant ce qu’ils font. C’est la première fois et la dernière fois que cela se produit pendant la guerre. » Ce grand cinéaste aujourd’hui disparu s’interroge également sur l’honnêteté des images, sur la possibilité de représenter l’univers concentrationnaire et sur la nécessité d’en transmettre la mémoire aux jeunes générations ».

« Falkenau – Vision de l’impossible (Samuel Fuller témoigne) », explore « l’univers concentrationnaire et réunit dans son sein plusieurs formes de témoignages : un document filmique resté inédit, tourné par Samuel Fuller  lors de la libération d’un camp « ordinaire », Falkenau, le 8 mai 1945, le témoignage verbal concernant la description des événements, dont la mémoire, pour certains, a été oblitérée ou refoulée, et les réflexions d’un grand cinéaste qui durant tout son parcours n’a cessé de peaufiner le langage cinématographique ».

Acuité
« L’œuvre de Samuel Fuller (1912-1997), enrichie de ses propres expériences biographiques (journalisme, militaire durant la Deuxième Guerre mondiale), fait exploser toutes les catégories existantes, qu’elles relèvent du western (I Shot Jesse James, Le Jugement des flèches), du film de guerre (J’ai vécu l’enfer de Corée, Les Maraudeurs attaquent, Au-delà de la gloire) ou du film noir (Le Port de la drogue, Les Bas-fonds new-yorkais), en se mettant aussi au service d’histoires paradoxales (Shock Corridor, Naked Kiss) gorgées de violence et d’émotion », a analysé Jean-François Rauger.

« Un troisième visage »
« Les éditions Allia viennent de mettre en vente la traduction française de l’autobiographie de Samuel Fuller, publiée pour la première fois aux États-Unis en 2002, soit cinq ans après la mort du cinéaste américain, à l’âge de 85 ans. C’est un livre de mémoires extraordinaire qui confirme, s’il en était besoin, le talent de conteur d’un des plus grands réalisateurs américains qui fut aussi journaliste, scénariste, écrivain, soldat », a écrit Olivier Père (2 septembre 2011).
Et de préciser : « Samuel Fuller explique que le désir de raconter sa vie est né après un grave accident cérébral survenu en 1994 à Paris où il avait passé treize ans d’exil plus ou moins volontaire (après le désastre de son dernier film américain, le génial Dressé pour tuer), et auquel il survécut par miracle. Rentré à Los Angeles en convalescence, il éprouva le besoin de se pencher sur son passé, et sur une existence bien remplie. »
Et de poursuivre : « Samuel Fuller est né le 12 août 1912 à Worcester (Massachusetts) dans une modeste famille juive (son père est d’origine russe, sa mère polonaise). Fuller prétend qu’il a commencé à parler seulement à cinq ans. Il passera sa vie à rattraper le temps perdu, bavard infatigable et conteur d’histoires au débit de mitraillette. Á la mort de son père, le jeune Sam, sa mère et ses six frères et sœurs s’installent à New York. Il commence à travailler à douze ans, en vendant des journaux dans la rue. Sa première passion, le journalisme, nait à cette époque. En 1944 il écrira un roman policier, The Dark Page, se déroulant dans le milieu de la presse new-yorkaise et consacrera en 1952 un film, Violences à Park Row, sur la naissance du journalisme moderne. »
Et d’expliquer : « Fuller sert dans l’Armée américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale dans la première division d’infanterie de l’armée américaine, la fameuse « Big Red One ». Il participe aux débarquements d’Afrique du Nord, de Sicile et de Normandie, qui sont au cœur des plus poignants chapitres de ses mémoires. En Tchécoslovaquie, il participe à la libération du camp de concentration de Sokolov, qu’il filme aussi avec une caméra 16mm. À son retour au pays il est décoré de la Silver Star, de la Bronze Star et de la Purple Heart. Fuller sera un des rares cinéastes à filmer la guerre (Corée ou Seconde Guerre mondiale) en sachant vraiment de quoi il parle. »
Et d’indiquer : « Fuller est d’abord scénariste de série B (il poursuivra cette activité pour les autres toute sa vie de manière épisodique, pour le cinéma puis la télévision) avant de réaliser son premier long métrage, J’ai tué Jesse James, en 1949. Sous l’influence de John Ford, Fuller s’intéresse à la fondation des États-Unis, ses épisodes mythiques mais aussi l’envers de son histoire. Jusqu’en 1964, Fuller signe dix-sept films (western, guerre, polar ou espionnage) qui sont autant de titres géniaux chargés de violence, de folie et d’aventure. »
« Le port de la drogue » 

Arte diffusera le 27 septembre 2020 « Le port de la drogue » (Polizei greift ein ; Pickup on South Street) de Samuel Fuller.

« Deux femmes en marge et un pickpocket se retrouvent malgré eux au cœur d’une bataille entre policiers et espions communistes… Avec Richard Widmark, un film noir mêlant propagande et réalisme social, auquel Samuel Fuller imprime son style sous haute tension. »
« Dans un métro bondé, une brune élégante se fait voler son portefeuille par un pickpocket. La belle Candy ignore qu’elle est suivie par deux flics et que son sac contient un précieux microfilm. Espion communiste, Joey, son fiancé, la charge de convoyer des documents sans lui expliquer ce qu’ils contiennent. Après un marchandage coriace avec Moe, une vieille indic, les policiers obtiennent le nom et la planque de Skip, le voleur. Mais celui-ci refuse de coopérer, puis fait monter les enchères avec Candy, que Joey a envoyée récupérer le film. La jeune femme éprouve cependant une étrange attirance pour ce voyou dont elle se sent proche… »

« En dépit d’un anticommunisme primaire qui peut l’apparenter à une œuvre de propagande – dimension gommée dans la VF et le titre qui lui substituent la lutte contre le trafic de drogue –, ce film frappe par le regard tendre qu’il porte sur les marginaux, cadrés comme des princes. À travers Candy, la fille perdue fleur bleue, l’émouvante Moe, qui trime pour s’offrir une pierre tombale décente, et Skip, le pickpocket félin (excellent Richard Widmark, tour à tour joueur, mélancolique ou inquiétant), émerge une fraternité des déclassés, une méfiance à l’égard de l’ordre établi et une forme de droiture. Un code d’honneur qui autorise à voler ou donner ses compagnons, mais aussi à les avertir en cas de danger. Samuel Fuller imprime à ce film noir, réaliste et brutal, son style sous haute tension, personnifié par la démarche nerveuse de la môme Candy. »

« Le Port de la drogue (1953) demeure un des titres les plus célèbres de Samuel Fuller, et un classique du film noir, magnifiquement interprété par le grand Richard Widmark. Le titre français s’explique par l’absurdité de la censure tricolore, qui transforma par la magie du doublage une histoire de vol de microfilm et d’espions communistes en trafic de drogue ! Mais la propagande antirouge présente dans de nombreux films américains de l’époque est évidemment transcendée ici par le style moderne et virtuose du cinéaste, qui impressionna plusieurs générations de cinéphiles », a analysé Olivier Père (2 septembre 2011).

« Shock Corridor »

« Celui qu’il veut détruire, Dieu le rend fou ». (Euripide)

« Shock Corridor » est réalisé en 1963 par Samuel Fuller. « Un journaliste aux dents longues simule la folie pour résoudre une affaire de meurtre dans un hôpital psychiatrique. Aussi dérangeante que virtuose, une plongée allégorique dans une Amérique désaxée, signée Samuel Fuller ».

« Johnny Barrett, un journaliste carburant à l’ambition, rêve de décrocher le prix Pulitzer en enquêtant sur un meurtre non résolu survenu dans un asile. Sa fiancée, Cathy, accepte à reculons de lui prêter main-forte en se faisant passer pour sa sœur, victime de ses penchants incestueux. Interné, Johnny commence à sonder les autres patients, mais, entre leurs bouffées de délire et le piège de sa propre comédie, le jeune homme est bientôt happé par une folie contagieuse… »
« Racisme, appétits bellicistes dévastateurs, ambition démesurée… : d’un étudiant noir qui se prend pour le fondateur du Ku Klux Klan à un ex-engagé volontaire en Corée qui s’imagine en chef des Confédérés, le franc-tireur Samuel Fuller (Au-delà de la gloire, Dressé pour tuer) ausculte, à travers les âmes tourmentées qui déambulent dans « la rue », le couloir de promenade de l’établissement, les rouages de la médecine psychiatrique en même temps que les névroses de l’Amérique des années 1960 ».
« Ce huis clos féroce et oppressant bénéficie d’un traitement visuel audacieux, avec successions frénétiques d’images, irruptions de la couleur dans un noir et blanc puissamment contrasté – que l’on doit à Stanley Cortez, le directeur de la photographie de La nuit du chasseur, notamment – ou visions innervées de symbolisme. Un électrochoc ».
Tourné en une dizaine de jours, ce film résulte d’un projet écrit sous le titre Straitjacket par Fuller à la fin des années 1940 pour Fritz Lang.
En 1996, Shock Corridor a été choisi pour être préservé par le National Film Registry de la Library of Congress comme étant « significatif culturellement, historiquement ou esthétiquement ».
« Tourné en 1963, Shock Corridor est le 17e film du réalisateur américain Samuel Fuller. Aux États-Unis, il est censuré dans les états du Sud. Mais, singulièrement, c’est aussi le cas en Suède et en Grande-Bretagne, tandis qu’en France, le film reste pendant deux ans sans distributeur, et ne sort que le 15 septembre 1965, sur deux écrans parisiens, le Napoléon et le Saint-Séverin, après une avant-première à la Cinémathèque française. Shock Corridor apparaît alors d’une brûlante actualité, après les émeutes raciales d’août 1965 qui se sont déroulées dans le quartier de Watts à Los Angeles. Qualifié de « chef-d’œuvre du cinéma barbare » par Jean-Luc Godard, qui revendique Fuller comme l’un de ses inspirateurs, Shock Corridor s’inscrit pour les critiques français dans le fil de la réflexion du cinéaste sur la violence et les valeurs morales de l’Amérique », a écrit Véronique Doduik, le 5 janvier 2018.

« Tell Me, Sam »

En 1989, Emil Weiss a consacré à Samuel Fuller, le film Tell Me, Sam. « Dans ce film, Samuel Fuller retrace l’itinéraire de sa vie, le journalisme, la guerre, puis le cinéma, plus particulièrement appréhendé au travers des films traitant du racisme aux U.S.A. : « Shock corridor », « Crimson kimono », « Le jugement des flèches », « Dressé pour tuer ». Celui qui reste un des premiers « indépendants » du cinéma américain évoque ses idées sur l’écriture, la production, le choix des acteurs et de la musique, et sa conception du cinéma, de l’histoire, de l’homme. Le tournage du film s’est déroulé à travers l’Europe. Nous suivons Samuel Fuller de Paris à Prague, en passant par Nuremberg, Bamberg, Bayreuth, Cheb et Sokolov ».

« Bien que le film obéisse à une construction chronologique et thématique, intégrant notamment une documentation photographique et cinématographique, il nous a semblé important de cerner la personnalité de Fuller dans l’espace – temps propre à la tradition orale d’un conteur-né : « Je suis un conteur… Tout raconte une histoire, les histoires sont la sève de nos civilisations et sans elle, nous n’aurions plus d’enfance. »

Rétrospective

La Cinémathèque française lui rendit hommage par une rétrospective de ses films. Au programme : films, conférences, ateliers, spectacles. « De tous les cinéastes américains dont la carrière débute après la Seconde Guerre mondiale, Samuel Fuller est sans doute le plus compliqué, le plus énigmatique, le plus difficile à appréhender. Il sera l’objet d’un engouement cinéphilique particulier en France, d’autant plus fort sans doute, que les quelques films « anti-rouges » qu’il réalisa lui valurent longtemps un rejet relatif au nom d’un certain prêt-à-penser idéologique. Le début du fameux texte de Luc Moullet paru dans les Cahiers du cinéma de mars 1959 donne une idée de l’impression que fit le cinéma de Fuller à ceux qui le découvrirent alors. On y apprend que « les jeunes cinéastes américains n’ont rien à dire, et Sam Fuller encore moins que les autres. Il a quelque chose à faire, et il le fait naturellement, sans se forcer. », a observé Jean-François Rauger.
Et de poursuivre : « Samuel Fuller est avant tout un formidable raconteur d’histoires. Mais les histoires qu’il raconte sont le produit d’une expérience biographique unique. Il est peut-être le dernier grand cinéaste américain dont la vie fut le carburant authentique d’une œuvre unique en son genre, une œuvre qui se nourrira des doutes d’un système avant qu’elle ne puisse plus y trouver sa place. C’est dans le journalisme qu’il débute, très jeune, à 17 ans. La vie est elle-même une mine d’histoires à raconter. Il commence à écrire des romans. Il se trouvera aux premières loges de la grande catastrophe du XXe siècle, le second conflit mondial, qu’il expérimentera en fantassin, en première ligne de plusieurs grandes batailles (le débarquement en Afrique du Nord, en Italie et en France) et en premier témoin de l’existence des camps d’extermination. Dès lors, son cinéma sera avant tout marqué par ce souci, obsessionnel, de montrer et, surtout, d’informer. La clé de son œuvre se situe sans doute ainsi dans ce moment, crucial pour la compréhension de celle-ci, de Verboten! où la jeune Allemande traîne son frère, activiste nazi, au procès de Nuremberg et l’oblige à voir les images des charniers prises lors de la libération des camps, témoignage filmé de la barbarie. Il convient dans le cinéma de Samuel Fuller de ne pas détourner le regard du spectacle du Mal. Ironiquement sûrement, Larry Cohen, qui lui donne le rôle d’un chasseur de nazis et de vampires dans Les Enfants de Salem (1985), imagine une scène où son personnage contraint des enfants à regarder en face les assauts brutaux des créatures de la nuit. Comment mieux définir l’impératif qui fonde son œuvre ? Provoquer une sidération qui paralyse momentanément toute raison consolante, dévoiler ce qui, du monde, relève d’une apparente aberration mais qui en désigne la nature cachée ».

Et de relever : « Le concept d’information est en effet au centre d’un art qui sait que la perception de la réalité au cinéma est le produit d’un jeu dialectique entre le réel et sa représentation. Mais il y a, dans les films de Fuller, la conscience d’une insuffisance essentielle de la fiction à produire l’exact sentiment du vrai. Elle sera donc marquée par une violence inédite, celle de situations extrêmes ou paradoxales, celle construite par un montage discordant. Il faut avec Fuller en passer par le choc pour atteindre une forme souterraine de douceur et, surtout, de vérité. Son premier film prend déjà à rebours certaines mythologies du western. Le douteux héros de I Shot Jesse James, tourné en 1947, est justement l’assassin d’une légende, le traître qui abattit le célèbre hors-la-loi, objet d’un culte lui-même ambigu. Tout le cinéma de Fuller va provoquer chez le spectateur le sentiment d’une inversion des valeurs. C’est un art du paradoxe qui est aussi un art du chaos. Les figures humaines construites par le cinéma hollywoodien se retrouvent lestées de qualités contradictoires : le sudiste raciste devient Indien (Le Jugement des flèches), le petit malfrat et la prostituée se révèlent patriotes (Le Port de la drogue), l’intolérant xénophobe est aussi héroïque, tout comme le bourreau stalinien s’affirme particulièrement sentimental, détaché, contrairement à lui, de tout préjugé racial (China Gate). Pour l’antipathique héros des Bas-fonds new-yorkais, venger son père est une manière d’effacer la veulerie de celui-ci, quête dérisoire à laquelle il sacrifie son humanité. L’escroc cynique prend conscience de l’amour qu’il porte à sa femme et renonce à son obsession (The Baron of Arizona). À cet égard, sans doute peut-on réduire le héros fullerien à un obsessionnel dont la quête s’inscrit au-delà de toute morale, au-delà du bien et du mal. La question de la culpabilité et de l’innocence est ainsi rendue singulièrement complexe notamment par la présence fréquente de personnages d’enfants, entre pureté et désillusion. Et sans doute le chien psychopathe de White Dog apparaît-il ainsi comme une figure extrême, celle d’un conditionnement insensé et sans rédemption possible. Un écheveau d’affects complexes et intenses relie sans cesse les protagonistes par d’invisibles et indicibles liens (La Maison de bambou) ».

Et de conclure : « Le cinéma de Samuel Fuller aura sans doute dessiné l’une des frontières, certes poreuse, d’un système hollywoodien qui, pour reculer le moment de la fin, avait, à partir de la fin des années 1940, accueilli toutes sortes de façons d’introduire le doute, l’angoisse et même la névrose dans ses fictions (Anthony Mann, Nicholas Ray), tentant ainsi de se survivre avec ce qui participera de sa destruction. Ne trouvant plus sa place au cœur d’une machine qu’il avait contribué à saborder, Fuller trouvera en Europe une manière de faire quelques ultimes films, jouera son rôle d’icône d’une certaine conception, devenue mythologique, du cinéma (son apparition dans Pierrot le fou) mais trouvera encore le temps de signer deux titres-sommes et récapitulatifs, Au-delà de la gloire en 1980 (pour le fondement biographique de son œuvre) et White Dog, en 1981 (pour l’impossible retour à une innocence perdue), témoignant d’une vision du monde, de l’existence et de l’art cinématographique singulièrement lucide ».

Du 3 janvier au 15 février 2018
À la Cinémathèque française
51 rue de Bercy. 75012 Paris
Tél. : 01.71.19.33.33
Du mercredi au lundi de 12 h à 19 h


« Le port de la drogue » de Samuel Fuller

États-Unis, 1953
Auteur : Dwight Taylor
Scénario : Samuel Fuller
Production : 20th Century Fox
Producteur : Jules Schermer
Image : Joe MacDonald
Montage : Nick De Maggio
Musique : Leigh Harline
Avec Richard Widmark (Skip McCoy), Jean Peters (Candy), Thelma Ritter (Moe Williams), Murvyn Vye (Dan Tiger), Richard Kiley (Joey), Willis B. Bouchey (Zara), Milburn Stone (Winoki)
Sur Arte le 27 septembre 2020 à 09 h 30
« Shock Corridor » par Samuel Fuller
1963, 98 Min
Sur Arte le 5 juin 2017 à 22 h 50
Image : Stanley Cortez
Montage : Jerome Thoms
Musique : Paul Dunlap
Production : Leon Fromkess-Sam Firks Productions, Allied Artists Pictures, F&F Productions
Producteur/-trice : Samuel Fuller
Scénario : Samuel Fuller
Avec Peter Breck, Constance Towers, Gene Evans, James Best, Hari Rhodes, Larry Tucker, Paul Dubov, Chuck Roberson
Visuels : © Wilde Side
John Matthews et Constance Towers
Peter Breck
Les citations sir le documentaire sont d’Arte. Cet article a été publié le 5 juin 2017, puis le 15 janvier 2018.
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

 

 

Magí Camps publica un manual de referència i consulta per als que volen parlar millor

Escrit per Núria Surrell

Parlar és com vestir-se: cadascú té el seu estil. I aquí parlar funciona com a sinònim d’escriure. Podem decidir com parlem de la mateixa manera que podem decidir com ens vestim, o això és el que creu Magí Camps (Barcelona, 1961), autor de Parla’m amb estil (Eumo Editorial), un llibre que pretén fer reflexionar sobre la llengua, sobre com parlem —un acte que sovint fem de manera inconscient i automàtica— centrant-se exclusivament en el català, la llengua materna de l’autor.

Magí Camps és filòleg, periodista de cultura de La Vanguardia i ha estat durant molts anys responsable de l’edició catalana del diari, una trajectòria que es veu plasmada en el llibre per la sensibilitat que mostra envers la llengua i la comunicació, l’èmfasi que dona a tasques com la traducció i la correcció, i també pels múltiples exemples i anècdotes que exposa al llarg dels capítols.

El llibre, que en un principi podria semblar un tractat de normes ortogràfiques, gramaticals i estilístiques, va molt més enllà d’això. En els vuit capítols en què es divideix l’obra, Camps aconsegueix cobrir els temes i àmbits diversos que afecten, directa o indirectament, la llengua catalana: l’argot importat, el paper de l’IEC, les polítiques d’immersió lingüística, eufemismes, el llenguatge sexista i l’inclusiu, anglicismes, la necessitat dels correctors, etc. El fil conductor de l’obra és clar: l’autor busca sensibilitzar al lector per lluitar contra la manca de consciència lingüística regnant entre molts parlants.

La traducció, la correcció o el periodisme són temes clau que es fan presents al llarg de tot el llibre, ja que els professionals d’aquests sectors tenen gran part de la responsabilitat envers la llengua. Però Camps va més enllà d’aquest àmbit. La llengua també juga un rol fonamental en la música catalana, en la literatura, on hi abunden sovint paraules artificioses, i, sobretot, en el teatre, on la riquesa del català sovint queda relegada per calcs castellans en un intent d’imitar una llengua més espontània i del carrer. Magí Camps remarca sovint aquesta idea: la necessitat de reforçar les paraules i expressions pròpies i genuïnes del català sempre que sigui possible. Cal evitar les badades o errors —que no s’han de confondre amb les transgressions intencionades—, sovint calcs del castellà, que empobreixen la llengua i la fan més vulnerable en un moment en què tant el castellà com l’anglès tenen una gran presència en un món cada cop més globalitzat i digital.

El català no és una llengua pobra, sinó que té la seva pròpia riquesa i tots podem parlar-la amb estil.

Cadascun dels vuit capítols està dividit en múltiples subapartats que funcionen com petites píndoles informatives, sucoses i breus però alhora clares i concises. El llibre vol ser una eina propera i de fàcil accés i, per això, l’autor es recolza en exemples o en anècdotes concretes, sovint personals, que acaben concloent en un missatge final més general d’aprenentatge. És un llibre que explica per què és millor per a la salut del català la subtitulació i no el doblatge, per què els pronoms febles costen tant d’aprendre malgrat ser el moll de l’os de la nostra llengua, per què és bo que els mitjans periodístics facin servir paraules com “enguany” o per què la cançó de Milionària de Rosalía fa transgressions deliberades i vàlides mentre que el “reflexada” de Boig per tu va ser una relliscada. L’obra tampoc s’està de tractar temes d’ortotipografia i puntuació, de neologismes, d’educació o de matisos dialectals i regionals.

Camps s’assegura d’utilitzar un estil planer i amè, amb ironia i humor, per tal de fer aquesta lectura agradable i, fins i tot, divertida. L’autor proposa, a nivell lingüístic, un estil natural, espontani i fluït; parlar bé el català no ha de voler dir parlar una llengua artificiosa o encarcarada. Camps remarca sovint que és essencial que el parlant se senti còmode amb la llengua i l’estil amb el qual tria expressar-se. Però la llengua, i en aquest cas el català, és una eina que es pot polir. Parla’m amb estil vol ser, doncs, una caixa d’eines, un manual de referència i consulta, i així ho demostra l’índex inclòs al final del llibre amb les paraules i conceptes tractats al llarg de l’obra per poder-hi retornar quan calgui.

En definitiva, Parla’m amb estil, lluny de ser un tractat de normes d’escriptura, d’ortografia o sintaxi, és un assaig on Camps dona consells i punts de vista molt personals que ajuden al lector a reflexionar sobre el català i l’ús que en fa en el seu dia a dia. L’autor, com a filòleg i periodista, vol apel·lar al lingüista que tots portem dins i acaba amb un missatge d’esperança per al català: la nostra llengua ens apassiona i ens l’estimem per la història tan convulsa que ha viscut, i fer-la servir és una declaració de principis i la continuació de la lluita per a la seva supervivència. Per això és important recordar que el català no és una llengua pobra, sinó que té la seva pròpia riquesa i tots podem parlar-la amb estil.

[Foto: Cristina Gallego – font: http://www.nuvol.com]

La viquipèdia ha endegat un nou viquiprojecte dedicat al doblatge en valencià. La iniciativa s’emmarca en diferents experiències on des d’Amical i la versió idiomàtica de Viquipèdia en la nostra llengua han experimentat i avançat en la integració de continguts de veu en els seu projectes, com La veu és lliure.

El projecte del doblatge està inspirat en les anteriors iniciatives de la comunitat relacionades amb coneixement multimèdia. El primer dels projectes fou La veu és lliure, versió adaptada al nostre context del Voice Intro Project d’Andy Mabbett. La viquipèdia en valencià/català torna a ser de les pioneres, ja que porta des de 2014 oferint talls de veu a les infotaules de les biografies. Amb l’sprint realitzat durant el confinament van consolidar la tercera posició en el rànking de versions idiomàtiques amb major número de talls de veu disponibles, per darrere del neerlandés. Gràcies als talls de veu aconseguits durant la realització del nou viquiprojecte del doblatge, començaran l’agost en la segona posició, superant els huitanta talls de veu i quedant per darrere només de la versió en anglés.

El segon dels projectes és La ràdio és lliure, adaptació de l’anterior al format podcast. Des de València s’han anat apujant podcasts amb entrevistes a Wikimedia Commons des de 2014. El gruix del projecte es troba en La represa, programa d’entrevistes realitzat pel viquipedista Francesc Fort i ideat des del principi per a ser reutilitzat en els projectes Wikimedia. Tot i que la plana del viquiprojecte es trobe abandonada, des del 2015 s’han compartit continguts a Wikimedia Commons ininterrompudament, aportant fotografies i talls de veu diversos extrets de més de 130 programes.

Així, han recopilat dos tipus de talls de veu: els realitzats expressament pels artistes, i els extrets de la pel·lícula original. En el cas dels segons, a banda de la inversió de temps per a seleccionar un tall que servisca per a il·lustrar un article de Viquipèdia, cal trobar extractes on la veu s’escolte sense música de fons o altres continguts el copyright del qual no pertanya als dobladors involucrats.

Finalment, a data d’agost del 2020 disposen de 20 talls de veu pertanyents a 10 artistes diferents. 6 d’ells homes i 4 dones, la qual cosa ens permet certa paritat de gènere pel que fa a intèrprets, encara que no pel que fa a personatges ja què, com sabem, moltes dones realitzen papers de xiquets.

Per a donar-li sentit als talls de veu, cal que aquestos estiguen integrats en un article. Integrar no sols vol dir afegir-los a un article existent, sinó que també vol dir que els talls han de ser rellevants per a explicar alguna cosa. Per això, quan es llança el Viquiprojecte del doblatge en valencià, es fa una selecció d’uns quaranta articles on els talls de veu de què disposem són rellevants.

[Font: http://www.racocatala.cat]

La Plataforma per la Llengua denuncia públicament la manca de voluntat del Govern català per aplicar aquestes normes aprovades pel Parlament, i que suposarien un avenç per als drets lingüístics dels catalans

La Plataforma per la Llengua denuncia de manera pública que la Generalitat de Catalunya no aplica ni fa complir, tal com estableix la llei, els articles de caràcter lingüístic de la Llei del Codi de consum i de la Llei del cinema aprovades pel Parlament de Catalunya ja fa 10 anys. En concret, els articles en matèria lingüística han esdevingut lletra morta pels successius governs que hi ha hagut durant aquest període: no han fet cas ni de les mateixes lleis, ni de les sentències del Tribunal Constitucional espanyol ni de les mocions aprovades pel Parlament de Catalunya, que l’instaven a aplicar-les.

El Codi de consum
Fa 10 anys, el 20 de juliol del 2020, el Parlament de Catalunya va aprovar la Llei 22/2010, de 20 de juliol, del Codi de consum de Catalunya, que va entrar en vigor el 23 de juliol. L’article 128-1 recull els drets lingüístics de les persones consumidores, el 211-5, els requisits lingüístics que han de complir les empreses i, més endavant, el règim d’infraccions i sancions corresponent. Entre les novetats més rellevants hi havia que per primer cop les dades obligatòries d’etiquetatge, instruccions, embalatges i manuals dels productes distribuïts a Catalunya han de ser com a mínim en català, així com les factures i els pressupostos, i en el mateix format que la resta de llengües que hi apareixen.

Fins al 2010, la comunitat lingüística catalana era l’única de les europees amb dimensions similars que no tenia una obligació semblant. La realitat és que, passada una dècada, aquesta normativa no s’està complint, fins i tot després que el Tribunal Constitucional espanyol l’hagi avalat en dues sentències i el Parlament n’hagi requerit el compliment en quatre mocions, totes elles ignorades.

Arran d’això, i a partir de l’any 2011, totes les empreses haurien d’estar etiquetant els productes en català (pel Codi de consum) i en castellà (pels centenars de lleis estatals vigents). A la pràctica, mentre gairebé la majoria de productes complien les lleis que obligaven l’etiquetatge en castellà, la Plataforma per la Llengua va denunciar que la majoria d’empreses pràcticament no s’havien adaptat a la llei catalana d’acord amb els terminis establerts per la mateixa llei. Aquest incompliment continua viu, tal com ha constatat l’ONG del català, que recull que l’Agència Catalana del Consum no ha posat cap sanció per no posar en català les dades obligatòries dels productes, tot i que sí que l’entitat ha obligat el Govern a obrir expedients en els casos dels incompliments més flagrants, que encara no s’han tancat mesos o anys després. En canvi, sí que ha sancionat les empreses que no compleixen la normativa pel que fa al castellà. El Codi de consum contempla sancions de fins a 100.000 euros en cas d’infraccions greus, com podria ser el fet que en deu anys les empreses no s’hi hagin adaptat.

El president de la Plataforma per la Llengua, Òscar Escuder, apunta que « no hi ha dins de la Unió Europea cap territori amb tantes empreses que actuen fora de la llei ». Per Escuder, els presidents de la Generalitat de Catalunya -Artur Mas, Carles Puigdemont i Quim Torra- i els seus respectius governs « no han demostrat la voluntat d’equiparar els drets lingüístics dels ciutadans de Catalunya en les relacions comercials a la resta d’europeus », i considera que la Generalitat « desobeeix la seva pròpia norma, deixa desemparat el consumidor català; fins i tot, podria estar prevaricant. I no serà que nosaltres no els hàgim avisat -cosa que no hauria de caldre- en multitud d’ocasions ».

Per tot plegat, l’entitat exigeix al Govern català  que, de manera immediata, i com han fet la resta de governs estatals i regionals europeus, apliqui aquesta llei. « Per descomptat que hi ha empreses que s’hi han adaptat, però constatem que la majoria, incloses grans multinacionals, encara actuen de manera il·legal en el nostre mercat i fan competència deslleial, impunement, a les empreses que sí que compleixen la llei. Fet i fet, Catalunya s’ha convertit en la regió europea amb més incompliments legals en aquest sentit, i no entenem aquesta actitud del Govern, que permet a unes empreses fer competència deslleial a les que sí que s’han adaptat a la norma, alhora que menysté els nostres drets lingüístics », lamenta Escuder, que insisteix que « la història ha demostrat que quan es fan complir les normes per a tothom les empreses s’hi adapten, com va passar amb la llei antitabac ».

La Llei del cinema
D’altra banda, el compliment de la Llei 20/2010, del 7 de juliol, del cinema de Catalunya també és ciència-ficció. Aprovada el mateix juliol del 2010, aquesta llei determina que almenys el 50 % de les pel·lícules comercials projectades als cinemes de Catalunya han de ser en català, un resultat reduït al 25 % després de la sentència del Tribunal Constitucional, del 2017. A més, obliga les empreses distribuïdores a garantir que totes les pel·lícules que s’han estrenat doblades o subtitulades en català en sales de Catalunya enviïn aquesta versió a tots els canals de distribució (televisions, plataformes digitals, DVD, etc.) després de l’estrena a les sales. Res de tot això està passant, com s’ha constatat en recents estudis sobre la situació del català en plataformes digitals com Netflix.

En l’articulat s’especifica, a més, que caldrà desplegar un reglament per seguir l’aplicació dels objectius de la llei, però els successius governs mai l’han fet. La Llei del cinema de Catalunya preveu un règim de sancions per l’incompliment de les obligacions citades que poden anar dels 4.000 € als 75.000 €. També diu que la llei serà plenament vigent al cap de 5 anys, o 7 com a màxim, en cas d’acord amb les empreses. Ja n’han passat 10 i no ha canviat res. Tanmateix, tampoc és una excusa el fet que la Comissió Europea considerés una competència deslleial l’exclusió de les pel·lícules europees en castellà de les obligacions de la llei, perquè la projecció de cinema europeu continua sent petita i perquè el Parlament podria haver modificat aquest concepte, tot i ser vigent i haver-hi una majoria per fer-ho, i no ho ha fet.

L’aplicació d’aquesta llei representaria una millora i un avenç per al català als cinemes del país, que continua presentant uns percentatges molt ínfims d’oferta. Així, el 2018 es va arribar a una xifra de només el 2,1 % de projeccions en català, molt lluny dels objectius de la Llei del 2010. En aquest cas, també com en la Llei del Codi de consum, el Tribunal Constitucional la va avalar l’any 2017 (tot i la reducció de la quota obligatòria de cinema en català esmentada anteriorment).

En relació amb aquest segon incompliment, la Plataforma per la Llengua demana una actualització legislativa que es faci complir i que prengui de punt de partida l’actual llei. Òscar Escuder és conscient que això « és molt necessari, perquè avui el sector ha canviat molt », i lamenta que, novament, « tenim una llei plenament vigent que no es compleix ni s’intenta fer complir ».

« El català al cinema no només és una necessitat des del punt de vista de la llengua, sinó que és també una demanda de la societat, que vol veure pel·lícules en català, com demostren les prop de 30.000 signatures aconseguides per la Plataforma per la Llengua perquè Disney Plus inclogui el català als productes audiovisuals que tenen versió en català o els centenars de peticions diàries que hi ha a les xarxes socials en relació amb les plataformes de visionat en línia. I com demostren també la multitud de productes culturals i de comunicació en català que són de gran èxit al nostre país », recorda el president de la Plataforma per la Llengua.

Finalment, Òscar Escuder ha enviat una carta al president de la Generalitat per preguntar-li què pensa fer el seu Govern per encarar de manera seriosa el compliment d’aquestes dues lleis.

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

El poc ús social de la llengua a València, Barcelona i Palma situa el català en emergència lingüística

La Plataforma per la Llengua ha presentat aquest dimecres l’InformeCAT 2020, el recull de les 50 dades més rellevants sobre la llengua catalana conegudes recentment. Amb aquest informe, l’ONG del català pretén conscienciar sobre la situació de la llengua catalana i la necessitat de la millora del seu estatus legal, des del convenciment que el català ha de ser la llengua comuna i ha d’esdevenir l’eix vertebrador de la diversitat social i cultural de les persones que conviuen a casa nostra.

El president de la Plataforma per la Llengua, Òscar Escuder, ha explicat que « l’InformeCAT 2020 mostra dades preocupants per al futur del català », i això treu a la llum « una vegada més, l’emergència lingüística que tenim davant ». Segons la UNESCO, una llengua presenta una situació de vulnerabilitat i està en perill quan el nombre de parlants esdevé una comunitat petita, ja que el risc que es perdi la llengua i la cultura és alt en benefici d’una altra que en pugui absorbir els parlants. Per això, una de les preocupacions és el baix ús social de la llengua a les grans ciutats dels territoris de parla catalana. A Barcelona i la seva àrea metropolitana només el 35 % de la població parla el català habitualment, un percentatge similar al que es troba a la regió metropolitana de València (34,8 %), per bé que si tenim en compte només la ciutat les dades són dramàtiques: menys del 15 % dels habitants. A Palma els parlants habituals de català són el 41,3 % de la població.

En contrast amb la ciutat de València, una dada positiva és que la regió d’Alcoi-Gandia és un dels territoris del domini lingüístic que té una proporció més elevada de la població que parla habitualment valencià. El 71,6 % dels habitants d’aquesta regió el parla amb els amics tant o més que en castellà, una xifra que a grans trets es pot considerar que coincideix amb la d’ús habitual. En concret, el 37,6 % dels habitants de la regió d’Alcoi-Gandia diu que parla sempre en valencià amb els amics, el 10,3 % que ho fa generalment, el 4,5 % que ho fa més que en castellà i el 19,2 % que ho fa indistintament.

3 de cada 4 menorquins xerren en català per iniciar una conversa

A les Illes Balears, l’InformeCAT 2020 recull que Menorca és on més sovint s’enceten les converses en català. En concret, el 49,7 % afirmen que comencen sempre en català i el 25,3 %, que ho fan molt sovint. Si el 75 % de la població de Menorca enceta les converses en català sempre o molt sovint, a la part forana de Mallorca ho fa el 67,3 % (el 38,3 % sempre, i el 29 % molt sovint); a Palma, el 48,7 % (el 21,2 % sempre, i el 27,5 % molt sovint), i a les Pitiüses, el 48,3 % (el 17,9 % sempre, i el 30,4 % molt sovint). Aquestes xifres s’extreuen de la darrera enquesta d’usos lingüístics de les Illes Balears, que també assenyala que és principalment la gent gran qui més comença les converses en català.

En canvi, pel que fa als joves de les Illes, només el 30,6 %  parlen principalment en català amb els companys d’estudi. El 16,5 % diuen que el català és l’única llengua que usen amb els companys, i el 14,1 %, que l’usen més que el castellà. El 15,3 % diuen que parlen català i castellà indistintament, que vol dir que un 45,9 % dels estudiants entre els 15 i els 24 anys parlen el català de manera habitual. D’altra banda, el 31 % dels al·lots diuen que no parlen mai en català amb els companys i el 19,3 %, que hi parlen més en castellà.

L’Estat atempta contra la llengua i la seva unitat

Més enllà de l’ús social, també generen alarma les polítiques públiques de promoció i defensa de la llengua o, en molts casos, la seva absència. « Aquestes dades exigeixen que la societat civil i les institucions treballem a fons i de manera urgent. Cal que tothom tingui clar que cal posar la llengua al centre per a impulsar polítiques de foment de l’ús del català i dels drets dels parlants si volem que la nostra llengua continuï tenint vitalitat, o això acabarà en desastre », ha expressat Escuder.

Escuder expressa la seva preocupació per la falta d’unitat i de coordinació de les polítiques lingüístiques entre els territoris de parla catalana i per la realitat discriminatòria que practica el Govern espanyol, que cal que sigui coneguda, rebutjada i corregida. De fet, un estudi encarregat per la Plataforma per la Llengua al GESOP recull que el 71,5 % dels ciutadans de Catalunya pensen que les institucions de l’Estat espanyol no fan prou per protegir i promoure la llengua catalana. Només el 19,9 % dels enquestats aproven la política de les institucions generals de l’Estat en aquest sentit.

« El Govern espanyol no només no fa prou per promoure i protegir la nostra llengua, sinó que atempta contra el català, contra els nostres drets lingüístics i contra la unitat de la nostra llengua », ha expressat Escuder. Una nova mostra d’això s’ha vist aquesta setmana amb la confirmació que el Govern valencià no podrà fixar l’ús del català com a llengua de comunicació amb ciutadans i administracions de Catalunya i les Illes Balears. Aquesta sentència arriba després que l’Advocacia de l’Estat, amb un Govern del PSOE, presentés un recurs contra l’aixecament de la suspensió d’aquesta norma en el qual argumentava que el « valencià » i el « català » havien de ser tractades com a llengües diferents, lluny dels criteris científics i filològics i de la tradició històrica del PSPV. És per això que la Plataforma per la Llengua exigeix a les institucions de l’Estat que reconeguin, practiquin i promoguin la unitat de la llengua catalana a tots els efectes, tot i les diverses denominacions que rep.

De fet, un altre exemple d’aquesta política pública de fragmentar la llengua, i que recull l’InformeCAT 2020, és que entre el 2017 i el 2019 el nombre de pàgines web del Govern espanyol que en el seu menú lingüístic diferencien entre català i valencià ha crescut 15 punts. A dia d’avui, el 44,3 % dels seus webs institucionals tenen algun contingut en català presentat en versions diferents en «català» i en «valencià». Sobre aquestes dades, el president de l’ONG del català considera que « és urgent que els diversos organismes i institucions de l’Estat deixin de fragmentar la llengua, per exemple, en les pàgines web dels ministeris ». També és una realitat que de les 134 normes aprovades el 2019 que imposen el castellà, 41 afecten el sector privat, o que el nombre de denúncies per discriminacions policials als catalanoparlants va augmentar el 85,7 % entre el 2018 i el 2019.

D’altra banda, l’InformeCAT descobreix que la meitat dels habitants de Catalunya creu que català, valencià i mallorquí són llengües diferents. En concret, només el 44,5 % són conscients de la unitat de la llengua catalana. Per tant, segons aquestes dades recollides pel GESOP per la Plataforma per la Llengua, el 51 % de la població discrepa dels filòlegs i els lingüistes i afirma que la llengua que es parla a Catalunya no és la mateixa que la que parlen valencians i mallorquins.

Pel que fa al sector cultural, l’informe de la Plataforma per la Llengua constata que el Govern espanyol ha destinat 0 euros a la producció de cinema en català en els darrers sis anys, a diferència dels gairebé 400 milions que sí que ha donat per a la producció cinematogràfica en castellà entre el 2013 i el 2018. També preocupa que la nostra llengua sigui residual a les plataformes de vídeo en línia, tot i existir molts continguts que ja han estat doblats o subtitulats al català, o que només el 19,8 % dels llibres que són exposats en les grans superfícies de Catalunya són en català.

El 20 % dels catalans pensa que no pot parlar català amb un policia nacional o un guàrdia civil

Dins la preocupació per l’ús social del català destaca el desconeixement que es percep entre la població dels seus drets lingüístics i com defensar-los, fet que pot provocar que en baixi l’ús social.

L’InformeCAT revela un nou estudi en què es constata que el 20,1 % de la població de Catalunya creu que no pot parlar en català a la policia estatal. En canvi, normativament, tant l’Estatut de Catalunya com la legislació estatal reconeixen el dret dels ciutadans d’adreçar-se en català als funcionaris de l’Estat, també si són membres dels cossos policials. En canvi, sí que el 87 % de la població pensa que a les comissaries s’hauria d’informar d’aquest dret de poder utilitzar el català o el castellà amb cartells ben visibles, un fet que no solament no passa, sinó que hi ha nombrosos exemples de ciutadans que són discriminats i amenaçats per parlar en català quan van a renovar-se el DNI. De fet, la mateixa enquesta mostra que aquest mateix percentatge de ciutadans veu amb bons ulls que els funcionaris de l’Administració central de l’Estat espanyol que atenen el públic a Catalunya hagin de conèixer el català, de la mateixa manera que tenen l’obligació de conèixer el castellà.

La força econòmica del valencià

D’altra banda, cal tenir present la força que té el valencià en el terreny econòmic. La seua presència genera 2.065 milions d’euros -el 2,1% del producte interior brut- i 56.367 llocs de treball -vora el 3% de l’ocupació total del territori, segons un estudi de la Generalitat Valenciana. L’estudi indica quatre grans sectors en què la llengua exerceix un paper determinant en la creació d’activitat econòmica: les indústries de la llengua (ensenyament, traducció i assessorament lingüístic), la cultura i els mitjans de comunicació, el sector de l’educació i les administracions públiques.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Em maio de 2019, o Jornal Oficial da União Europeia publicou um documento titulado “Recomendação do Conselho relativa a uma abordagem global de ensino e aprendizagem de línguas”. O Conselho da União Europeia estima que é essencial que os cidadãos europeus saibam, pelo menos, duas línguas estrangeiras além da sua língua materna.

Escrito por Jacopo OttavianiInternazionale (Roma)

Em maio de 2019, o Jornal Oficial da União Europeia publicou um documento de sete páginas titulado “Recomendação do Conselho relativa a uma abordagem global de ensino e aprendizagem de línguas”. O objetivo do Conselho da União Europeia é bastante simples, mas impressionante e ambicioso: é essencial que os cidadãos da UE saibam, pelo menos, duas línguas estrangeiras além da sua língua materna.

Na época da Comunidade Europeia do Carvão e do Aço, criada em 1951, o italiano, o francês, o alemão e o neerlandês já eram reconhecidas como as quatro línguas oficiais dos seis países fundadores – a Itália, a França, a Alemanha, a Bélgica, os Países Baixos e o Luxemburgo. Após a adesão de novos Estados-membros à Comunidade Europeia, o número de línguas oficiais aumentou. Primeiro em 1973, com a adição do inglês e do dinamarquês, seguindo-se o grego, o espanhol e o português na década de oitenta. Ao longo do tempo, foram adicionadas outras línguas à lista, paralelamente à criação e ao alargamento da União Europeia, até um total de vinte e quatro línguas oficiais e mais de sessenta línguas minoritárias e regionais.

O multilinguismo, um dos princípios fundadores da UE, é considerado pelas instituições europeias não só como a capacidade de uma pessoa se exprimir em várias línguas (o que é definido como “plurilinguismo”), mas também como a coexistência de várias comunidades linguísticas numa determinada zona geográfica. Além dos claros benefícios comerciais e industriais, a promoção da aprendizagem de línguas fomenta a compreensão mútua entre pessoas de diferentes culturas, facilita o debate público transnacional e reforça a identidade europeia. Por outras palavras, o multilinguismo tem uma dimensão estratégica para a Europa e, segundo as palavras do Conselho da União Europeia, “as competências multilingues estão no cerne da visão de um espaço europeu de aprendizagem”.

Nesta fase, a aprendizagem de línguas pelos cidadãos europeus continua a ser apenas um projeto no papel. Se observarmos os dados publicados pelo Eurostat, pouco mais de metade dos cidadãos europeus afirma ser capaz de manter uma conversa numa segunda língua. Apenas um em cada cinco cidadãos consegue falar duas línguas além da sua língua materna, enquanto menos de uma em cada dez pessoas domina mais do que três línguas. A percentagem varia naturalmente de um país para outro, bem como de acordo com a faixa etária e a situação profissional de cada cidadão (não há, além disso, grandes diferenças a assinalar entre homens e mulheres). Por exemplo, enquanto quase 73% dos cidadãos entre 25-34 anos falam pelo menos uma língua estrangeira, esta taxa diminui gradualmente para cada faixa etária sucessiva, atingindo finalmente os 55% entre os cidadãos entre 55-64 anos.

De acordo com o Eurostat, o inglês é a língua estrangeira mais conhecida e falada na União Europeia, o que não é surpresa. É a língua mais estudada no ensino primário e secundário (por cerca de 98% dos alunos). O francês vem em segundo lugar (33% dos estudantes), seguido do alemão (23%) e do espanhol (17%).

Está agora a começar a ser ensinada uma terceira língua em muitos países, incluindo na Itália. O francês é estudado como terceira língua por mais de 50% dos estudantes do ensino secundário na Irlanda, Itália, Países Baixos, Roménia e Portugal. O alemão é estudado como terceira língua por mais da metade dos estudantes na Dinamarca e na Polónia, enquanto quase metade dos estudantes franceses estudam espanhol. O italiano é estudado por 57 por cento dos alunos malteses, 10 por cento dos alunos croatas e 4 por cento dos alunos franceses.

Mas para além da percentagem de alunos que fazem cursos de línguas estrangeiras, é necessário saber quantos deles serão realmente capazes de as assimilar e ter a oportunidade de as praticar. Na verdade, embora os dados oficiais sobre a idade de aprendizagem de línguas estrangeiras sejam encorajadores, outras pesquisas sobre o domínio de línguas estrangeiras revelam diferenças significativas entre estudantes de diferentes países europeus. O primeiro estudo comparativo sobre a eficácia da aprendizagem de línguas estrangeiras, publicado em junho de 2012, destacou o facto de que os resultados variam consideravelmente de um país europeu para outro. Por exemplo, 82% dos alunos suecos são proficientes em inglês, em comparação com 27% dos alunos espanhóis e 29% dos alunos polacos. Alguns países, como a Itália, não estão incluídos neste estudo (mas farão parte da próxima edição dentro de alguns anos).

##Um mosaico complexo

Segundo Nathalie Baïdak, responsável pela análise e investigação da Agência de Execução relativa à Educação, ao Audiovisual e à Cultura (EACEA) encarregada de programas e atividades em nome da Comissão Europeia, a realidade dos factos mostra que estamos perante um mosaico complexo. “Por um lado, é encorajador ver que hoje em dia as crianças começam a estudar línguas estrangeiras cada vez mais cedo: entre os 6 e 8 anos de idade em quase todos os países da União Europeia.

Há vinte anos, só por volta dos 10-11 anos é que começavam a aprender línguas estrangeiras”, explica Nathalie Baïdak. “Por outro lado, olhando melhor para os números, há enormes diferenças entre os países e ainda há muito a ser feito para melhorar o estudo da segunda língua estrangeira.”

Segundo ela, o sucesso da aprendizagem de línguas estrangeiras depende essencialmente de dois fatores: a eficácia do ensino das línguas no sistema escolar e a exposição às línguas no ambiente em que se vive. Portanto, convém reforçar não só o papel das escolas (por exemplo, investindo na formação de professores e garantindo uma melhor continuidade entre as escolas primárias e secundárias), mas também aumentar a exposição das crianças a línguas estrangeiras, nomeadamente ao privilegiar a exibição de filmes com legendas e sem dobragem, como é o caso dos países do norte da Europa. Neste sentido, a implantação da Internet e do vídeo a pedido contribuíram fortemente para a aprendizagem de línguas, especialmente do inglês.

Os mais recentes [estudos da Eurydice](http://eurydice.indire.it/), a rede europeia de informações sobre educação, cujo objetivo é fornecer aos decisores políticos dos Estados-membros informações atualizadas e fiáveis que sirvam de base às reformas educativas, mostram a necessidade de uma abordagem ad hoc ao ensino das línguas numa Europa multifacetada.

Neste sentido, o relatório da Eurydice titulado “Números-Chave sobre o Ensino das Línguas nas Escolas da Europa” analisa 60 indicadores relacionados com a aprendizagem de línguas, tendo em conta variáveis como a oferta de línguas nos programas de ensino obrigatório, o número de horas dedicadas integralmente ao ensino das línguas, a mobilidade transnacional de professores e estudantes e as medidas de apoio linguístico para os alunos migrantes recém-chegados.

Simona Baggiani, analista dos sistemas e políticas educativas europeias no serviço italiano da Eurydice e membro da agência Erasmus+/INDIRE, diz que “neste aspeto, a Itália está a dar sinais de melhoria. Em 2003, por exemplo, o ensino obrigatório da língua inglesa foi introduzido a partir do primeiro ano da escola primária. Além disso, os estudantes italianos, como cerca de 60% dos estudantes europeus, começam a aprender uma segunda língua estrangeira logo no ensino secundário”.

Mas na Itália, como em toda a Europa, a aprendizagem de línguas varia de região para região. No relatório Invalsi de 2019, os alunos do norte da Itália têm os melhores resultados médios em termos de audição e compreensão do inglês, em comparação com os alunos do centro e do sul da Itália.

Isto é semelhante à situação constatada no inquérito internacional PISA (Programa Internacional de Avaliação de Alunos), onde os resultados, superiores à média da OCDE no norte, diminuem à medida que se avança para o sul, acabando por ficar abaixo da média da OCDE.

Devem também ser implementados outros meios importantes para assegurar a aprendizagem eficaz de línguas estrangeiras na escola. “Na vanguarda destes meios estão o programa Erasmus+ e todos os incentivos para a mobilidade transnacional dos estudantes (não só universitários, mas também do ensino secundário) disponibilizados pela União Europeia”, diz Simona Baggiani. A mobilidade dos estudantes desempenha um papel crucial na aquisição de melhores competências linguísticas. Como tal, a União Europeia comprometeu-se a investir até 30 mil milhões entre 2021 e 2027 para tornar o programa mais inclusivo. Mas serão necessários mais esforços para que mais cidadãos falem várias línguas, como preconizado pelo Conselho da União Europeia.

[Ilustração: Ramiro Zardoya | Cartoon Movement – fonte: http://www.voxeurop.eu]

Capture d’écran du générique de Večerníček, montrant le personnage culte de l’émission. Via Youtube. [1]

Écrit par Filip Noubel – traduit par Mouhamadou Mourtada Fall

Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndlt.

La République tchèque a célébré, le 2 janvier 2020, le 55e anniversaire de l’émission-culte Večerníček [2] [en], un dessin animé pour enfants qui est devenu une référence majeure de l’identité tchèque.

Le régime communiste de Tchécoslovaquie a consacré une grande attention aux jeunes téléspectateurs [3], conformément à l’idéologie selon laquelle les enfants qui grandissaient dans les pays socialistes bénéficiaient d’une protection spéciale et de droits culturels uniques, contrairement aux autres enfants de leur âge vivant dans les pays capitalistes occidentaux. Quel que soit leur statut social, la plupart d’entre eux avaient facilement accès à des livres et à des films et avaient la possibilité de pratiquer des activités sportives ou de participer à des manifestations culturelles et autres formes de divertissement.

En 1965, la télévision publique tchécoslovaque diffuse, une fois par semaine, un programme intitulé Večerníček (littéralement “petite histoire du soir”), qui commençait et se terminait par un générique resté pratiquement le même depuis. Depuis sa première apparition sur le petit écran, l’émission est diffusée à 18h45 et dure dix minutes, l’idéal pour retenir l’attention des jeunes enfants.

Cette vidéo [4] publiée à l’occasion du 50e anniversaire de la première diffusion du tout premier épisode de Večerníček, le 2 janvier 1965, met en scène le personnage principal de l’histoire, montant les escaliers coiffé de son fameux chapeau en papier journal. Le générique composé par Ladislav Simon, et la voix de Michal Citavý [5] [cz], le garçon de cinq ans qui a servi de doublage au personnage, sont restés inchangés et devenus une référence pour des millions de Tchécoslovaques à l’époque, et maintenant pour les Tchèques. Dans de nombreux foyers, la fin de Večerníček a aussi marqué l’heure du coucher des enfants, puisque le dessin animé se termine par la phrase emblématique “Dobrou noc!” (Bonne nuit !). Voici une version en noir et blanc de ce générique de fin :

En 1999, des scientifiques tchèques ont donné à une planète qui venait d’être découverte [5] [cz] (numérotée 33 377) le nom de Večerníček.

Pendant des décennies, l’émission qui a fini par être diffusée quotidiennement, a représenté le meilleur des films d’animation tchécoslovaques ainsi que des productions télévisuelles venues des autres pays socialistes. En 1989, à la fin du régime communiste en Tchécoslovaquie, elle a commencé à diffuser des contenus exclusivement tchèques. Parmi les œuvres parues dans l’émission, figure Krteček  [6](la petite taupe), un dessin animé qui a obtenu une renommée internationale et est ainsi devenu l’un des symboles culturels majeurs [7] de la République tchèque.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article :  https://fr.globalvoices.org/2020/01/08/243512/

URLs dans ce post :

[1] Youtube.: https://www.youtube.com/watch?v=wVTGPlKo5zo

[2] Večerníček: https://en.wikipedia.org/wiki/Ve%C4%8Dern%C3%AD%C4%8Dek

[3] a consacré une grande attention aux jeunes téléspectateurs: https://journals.openedition.org/strenae/1783

[4] vidéo: https://www.televizeseznam.cz/video/slavnedny/den-kdy-se-poprve-vysilal-vecernicek-2-leden-152137?fbclid=IwAR366uKaaKuowC7A5uBKHGE6IsDUi0oNqN-jkgTRQAoj42hqMAWzPMIeeos

[5] Michal Citavý: https://www.irozhlas.cz/kultura/televize/vecernicek-vyroci-vecernicka_2001021251_ban

[6] Krteček : https://en.wikipedia.org/wiki/Mole_(Zden%C4%9Bk_Miler_character)

[7] symboles culturels majeurs: https://prague.tv/en/s72/c1402-Family-Kids/n5009-The-story-of-Krtek-The-Little-Mole

O simposio internacional As linguas e o cinema, organizado polo Grupo de Estudos Audiovisuais (GEA) da Universidade de Santiago de Compostela no marco do proxecto “EU-VOS”, abordou en Compostela a relación das pequenas cinematografías co subtitulado e a súa relevancia na preservación da diversidade lingüística.

Presentación de resultados do proxecto EU-VOS (GEA) 

Por IRENE PIN

O galego resoaba nas salas do festival de Cannes por primeira vez este ano, e facíao co dialecto dos Ancares da man da galardoada O que arde, de Oliver Laxe, sen dúbida o acontecemento cultural do ano. Unha serie en galego, O sabor das margaridas, rexeitada no mercado estatal por estar nesta lingua, triunfa entre os contidos máis vistos de fala non inglesa no Reino Unido na plataforma Netflix. Dúas novas aparentemente  inconexas, pero que nos levan a reflexionar sobre a importancia de dous fenómenos, o subtitulado e a dobraxe, xunto coas políticas que se artellan en torno a eles, clave para aquelas cinematografías que traballan desde linguas minorizadas.

Este foi o tema que ocupou investigadoras de diferentes países os pasados 12 e 13 de decembro na facultade de Ciencias da Comunicación da Universidade de Santiago, no marco do Simposio Internacional As linguas e o cinema (II). Para un programa europeo de subtitulado en linguas non-hexemónicas. O congreso, promovido polo Grupo de Estudos Audiovisuais (GEA), pecha un proxecto de investigación europeo, “EU-VOS”, propoñendo un encontro aberto á comunidade universitaria e ás persoas profesionais do sector audiovisual. As investigadoras achegaron, desde a multidisciplinariedade, perspectivas diferentes sobre a relación das pequenas cinematografías co subtitulado e a súa relevancia na preservación da diversidade lingüística como parte do Patrimonio Cultural Inmaterial Europeo.

Galego, catalán e euskera

Unha das pedras angulares deste congreso, que pecha varios anos de traballo, foi a presentación de resultados de estudos particulares sobre a versión orixinal subtitulada en linguas non hexemónicas no ámbito estatal (galego, euskera e catalán), coa constatación das grandes diferenzas existentes. Se o caso catalán evidenciou unha “contundente aposta pública” polo fomento do cinema en catalán con regulamentos e outras medidas –mesmo con controis para o seguimento da calidade do subtitulado e da dobraxe por parte do Departamento de Política Lingüística ou un intento de estabelecer cotas de subtitulado–, o vasco destaca por un cambio de tendencia cara ao consumo audiovisual subtitulado, especialmente notorio en novos formatos e por parte da mocidade.

A análise do caso galego, presentada por Marta Pérez Pereiro e Fernando Redondo Neira, acusou o mesmo prexuízo que apareceu co euskera en canto ao temor dos axentes implicados a producir e exhibir na lingua propia, máis froito dunha sorte de autocensura e descoñecemento propios que das barreiras reais impostas. Porén, na Galiza a situación vese agravada por “un marcado desinterese por parte das institucións públicas para elaborar políticas dotadas de financiamento coas que pór fin á práctica inexistencia de subtítulos en lingua galega”, sinalan desde o GEA. En tal contexto, as principais iniciativas para paliar este problema foron promovidas desde o eido privado, asociativo, cineclubista e amador.

Un problema europeo

O experto francés Jacques Guyot abordou a situación no panorama internacional apuntando a necesidade de revisar o tratamento da “diversidade lingüística” en textos da contorna e analizar criticamente os seus límites. A pesar do aparente compromiso co multilingüismo, detecta nestes documentos unha lectura edulcorada da defensa da diversidade lingüística, que o investigador atribúea á oposición de moitos países con vínculos históricos conflitivos coas linguas minorizadas.

Nesta dirección sinala a profesora Antía López, destacando a urxente necesidade dunha redefinición e conseguinte protección da nacionalidade da obra audiovisual vinculada á elección lingüística orixinal que ten que ter lugar no proceso de produción. Unha redefinición na que quer a versión orixinal (VO) quer a versión orixinal subtitulada (VOS) deberían considerarse evidencias da preservación de dita nacionalidade, recoñecendo desta maneira na obra audiovisual un inequívoco valor patrimonial para a cultura europea no seu conxunto, e máis nas súas formas particularizadas.

Enrique Castelló, investigador principal do proxecto “EU-VOS” xunto á catedrática de ciencias da comunicación Margarita Ledo, presentou os principais aspectos dunha consulta realizada no marco do investigación con persoas expertas da contorna europea, atendendo aos eixo profesional, institucional e da academia.

O estudo mostra consensos en cuestións chave como a necesidade de que a promoción e o apoio á produción cinematográfica en linguas non hexemónicas sexa abordada a nivel europeo e estatal (e non só rexional) ou que a calidade daqueles subtítulos financiados con fondos públicos sexa avaliada por especialistas na lingua e na tradución audiovisual. Tamén se evidenciou o papel normalizador que os repositorios de subtítulos están chamados a xogar, favorecendo a circulación e reemprego en diferentes plataformas.

Sobre aquelas cuestións que non acadaron acordo na consulta, sometidas a debate na segunda xornada do simposio, constatouse un cambio de paradigma no consumo e no mercado do audiovisual que debería levar a desbotar ideas de vello sobre o excesivo custo do subtitulado –estimado polo investigador Pablo Romero en 0,01% do orzamento final dun filme– o seu beneficio.

Indicadores para unha política do subtitulado

O subtitulado preséntase como unha oportunidade de conservación da diversidade lingüística. O anterior proxecto do grupo xa estabelecera a importancia irrenunciábel da dispoñibilidade de películas en VO e VOS no actual mapa cultural europeo como garantía da circulación dos contidos. “EU-VOS” continuou esta liña considerando o cinema en linguas non hexemónicas “como parte dun proceso urxente de revisión dun discurso institucional adrede redutor”, segundo advertía Ledo na inauguración do simposio.

A partir das propostas que xurdiron no debate e dos resultados da pescuda que se puxeron en común nestas xornadas, a equipa do proxecto “EU-VOS” elaborará un listado de indicadores e recomendacións “encamiñado a reorientar as accións de carácter aleatorio, fragmentario e continxente que están a desenvolver os diferentes países da Unión Europea” en favor dunha “política harmónica de subtitulado en linguas non hexemónicas que contribúa, de maneira efectiva e sistemática, á preservación da diversidade cultural e lingüística da cinematografía europea”, comunican desde o GEA.

[Fonte : http://www.sermosgaliza.gal]

El fracàs de la normalització lingüística en el domini lingüístic català

Escrit per Ivan Solivellas, lingüista. Doctorand i professor de la Universitat Pompeu Fabra

Quan parlam de normalització lingüística ens referim a un conjunt d’accions planificades que pretenen restablir la normalitat d’una llengua a partir de diferents polítiques concretes. En aquest sentit, podem suposar, per tant, que només les llengües que han patit —o pateixen— un procés de substitució lingüística necessiten recórrer a la normalització. Les llengües normals, en canvi, fan unes polítiques diferents, orientades sobretot a la projecció exterior, com el castellà o l’anglès. Respecte de la llengua catalana, tot i que les lleis de normalització lingüística s’aprovaren a la dècada dels vuitanta tant a Catalunya (1983), com al País Valencià (1983) i a les Illes Balears (1986), la realitat és que encara patim un procés de substitució lingüística que, en la meva humil opinió, cada cop és més greu. Un exemple molt clar d’aquesta situació d’anormalitat lingüística que patim és que, encara avui dia, hi ha gent que ignora la unitat de la llengua arreu del domini lingüístic.

TV3 va subtitular les paraules del batle de Prats de Molló, de la Catalunya del Nord, fet que va causar polèmica
El batlle de Prats de Molló, de la Catalunya Nord, al 30 minuts de TV3 dedicat al tsunami

La manca de consciència sobre la unitat de la llengua

Fa unes setmanes Plataforma per la Llengua, una entitat que duu més de 25 anys treballant per a la normalització de la llengua catalana, i de la qual en som soci i membre de l’Executiva, encetava la campanya Som 10 milions per tal d’exigir una acció conjunta en matèria de llengua i cultura a les diferents administracions d’arreu del domini de parla catalana. Idealment, aquesta cooperació hauria de suposar, per exemple, la creació d’una comissió de treball intergovernamental semblant a la Unió de la llengua neerlandesa (Nederlandse Taalunie), tal com ja va reclamar el Segon Congrés Internacional de la Llengua Catalana l’any 1986. En aquest sentit, la  Declaració de Palma, signada el 2017 pels governs català, valencià i balear, pretenia precisament d’establir les primeres bases d’aquesta cooperació territorial per la llengua i la cultura comunes, malgrat que, gairebé tres anys més tard, de moment no s’ha materialitzat en cap mesura concreta i ha restat improductiva.

Aquesta campanya de Plataforma pretén sensibilitzar la ciutadania que és més necessari que mai disposar de polítiques públiques a favor de la unitat de la llengua i d’aturar les polítiques que promouen la fragmentació lingüística. Hi ha qui es demanarà si toca i té sentit i interès una campanya com aquesta avui dia, gairebé 40 anys després de les primeres lleis de normalització lingüística. La resposta és que sí, atès que, una enquesta elaborada recentment pel GESOP, a petició de la Plataforma per la Llengua, revela que la majoria dels ciutadans del Principat considera que els parlars baleàrics, valencià i principatí no són la mateixa llengua. Tot i que es tracta d’una dada extreta d’un sondatge i, per tant, com a qualsevol enquesta, només ens indica una tendència, és, si més no, preocupant, sobretot perquè els resultats evidencien que com més joves són els enquestats, menys consciència d’unitat lingüística tenen —una dada que també constaten les enquestes d’usos lingüístics—. Aquestes dades, sorprenents i preocupants, ens han de fer reflexionar sobre les causes que hi ha al darrere de tot plegat: la manca de referents culturals conjunts i compartits, la inexistència d’una política lingüística comuna i ferma, les polítiques secessionistes de l’estat espanyol i d’algunes grans empreses, com BBVA o Mercadona, els constants discursos intoxicats i perversos de la dreta espanyola, que simplement vol afeblir la llengua dividint-la, així com el fet innocent de pensar que ja hem assolit la normalització de la llengua catalana, com aparentment pressuposen alguns partits, com recentment ha fet el PSC, que qüestiona el model d’escola en català.

Més enllà de les dades i de l’enquesta, el que és clar és que la unitat de la llengua és qüestionada constantment per algunes entitats que promouen la fragmentació lingüística —o que, sota una aparent defensa de les varietats dialectals, simplement pretenen empetitir la llengua— i, també, per l’administració pública de l’estat espanyol, ja que molts dels webs del govern ofereixen una versió en català i una altra en valencià —i, en molts de casos, només els podem trobar en castellà—. De fet, la quantitat de webs d’ens institucionals de l’estat espanyol que separen valencià i català ha augmentat en els darrers anys: si al 2017 existien un 30,10 % de pàgines que s’oferien tant en català com en valencià, al 2018 se’n detectaren un 38,71 %. De la mateixa manera, tampoc no podem ignorar que l’Advocacia de l’Estat fa no gaire va prohibir a la Generalitat Valenciana de comunicar-se en català amb els governs homòlegs de Catalunya i de les Illes Balears, perquè, segons aquesta institució, cap dels altres estatuts d’autonomia no recull el valencià com a llengua pròpia, ignorant, per tant, les sentències prèvies del Tribunal Constitucional espanyol i del Tribunal Superior de Justícia valencià que neguen la diferència entre català i valencià —ja que només són denominacions diferents— i, alhora, les assumpcions científiques de la romanística i de la lingüística.

Fragmentació administrativa, fragmentació lingüística

Un dels aspectes més problemàtics de la manca de polítiques conjuntes en favor de la llengua (i la cultura) catalana és la fragmentació lingüística que això comporta, la qual cosa fa que els diferents dialectes visquin aïllats entre si, de manera que els parlants no estan avesats a sentir els diferents parlars que enriqueixen la nostra llengua, més enllà dels que els són geogràficament immediats, és a dir, no hi ha una permeabilitat dialectal generalitzada, més enllà d’algun corresponsal de televisió o de ràdio esporàdic. El problema, en aquest sentit, té a veure amb les fronteres administratives, que impedeixen un intercanvi cultural entre els diferents territoris: no hi ha un intercanvi de productes culturals, com per exemple el cinema i la televisió, entre el País Valencià, Catalunya i les Illes Balears —i molt menys amb la Catalunya del Nord, l’Alguer i Andorra.

L’evidència més clara és que sovint es considera que a Barcelona, per exemple, no entenen els mallorquins, com demostra la polèmica que va tenir lloc arran de l’emissió a TV3 de Mai neva a Ciutat, una sèrie produïda per IB3, com va explicar fa unes setmanes Agustí Mas a un article de l’Ara Andorra. Un cas més recent d’aquesta polèmica l’ha protagonitzat Parlem Telecom amb un espot en tres versions: la principatina, la valenciana i la mallorquina. En aquest cas, la polèmica és doble, perquè primer de tot ens hauríem de demanar si cal realment fer un espot en tres varietats dialectals i, en cas afirmatiu, caldria veure per què les diferents varietats s’associen, inconscientment, a varietats formals també diferents, com apuntava, entre d’altres, Gabriel Bibiloni a Twitter.

Més enllà, però, d’entrar en el debat —necessari i ben viu— de l’estàndard català, si és que n’hi ha un d’oficial, cal tenir en compte que el problema és que hi ha un desconeixement globalitzat de les varietats de la llengua catalana, la qual cosa fa que es pensin i es representin des d’un cert exotisme: en cas del mallorquí, per exemple, sempre es recorre a l’article salat i s’ignora, doncs, que l’article literari és tan mallorquí com el salat i que és propi dels registres formals: en són exemples ben clars textos tradicionals com el romanç «La ciutat de Nàpols» o el «Pare nostre». Com podem, per tant, evitar aquesta fragmentació i aquest desconeixement dels dialectes? La resposta és clara, hem de compartir els diferents productes culturals que es fan arreu del domini lingüístic, més enllà de les fronteres administratives. Actualment tenim tres televisions autonòmiques que fan inversions relativament importants per a doblar diferents films i sèries al català: TV3, IB3 i À punt. A més, també existeixen ajuts directes de governs, com la Generalitat de Catalunya, que a través de la Direcció General de Política Lingüística subvenciona el doblatge de pel·lícules estrangeres al català. En comptes de repartir la feina, en molts de casos ens trobam amb sèries o films que s’han doblat dues vegades, en dues varietats dialectals diferents, la qual cosa és, sens dubte, una pèrdua de doblers i, alhora, d’esforços. No seria més lògic que governs i televisions autonòmics compartissin recursos? Els consumidors no tendrien cap problema de veure Terminator amb trets “valencians”, Doraemon amb fonètica “mallorquina” i Sissí, emperadriu amb accent “rossellonès”, per exemple, perquè, al cap i a la fi, les diferències són mínimes: és la mateixa llengua i l’estàndard ha de ser la varietat comuna i compartida, com ocorre en totes les llengües normals.

Som deu milions, som una llengua

Tots aquests intents de fragmentar la llengua són evidentment negatius per a l’idioma i, sobretot, per als ciutadans, tant pel que fa als drets lingüístics, com respecte de la despesa econòmica que això suposa, perquè les traduccions no són gratuïtes. A més, l’actitud del govern espanyol només atia el discurs pervers i fals dels que consideren que els dialectes del català són llengües diferents, un discurs pobre i sense fonaments teòrics, però que, desgraciadament, cala en una bona part del conjunt de parlants. En qualsevol cas, cal tenir en compte que la variació és connatural a qualsevol llengua i que, de fet, els sistemes lingüístics amb un major nombre de parlants, com l’anglès o el castellà, tenen una variació major, però ningú no fa servir la diferència com a element negatiu. A propòsit d’això, convé assenyalar que la llengua catalana és més unitària que moltes altres llengües, fins i tot que el castellà, tot i que, en aquest sentit, les polítiques lingüístiques panhispàniques són més eficients i unitàries —perquè, no ho oblidem, totes les llengües tenen una política lingüística determinada.

Per tot això, la campanya de Plataforma per la Llengua pretén exigir una acció conjunta en matèria de llengua en pro de la normalització lingüística, la qual cosa implica l’assumpció de l’estàndard com a varietat comuna i compartida, l’establiment d’uns referents culturals compartits —televisius, cinematogràfics, musicals, etc.— que garanteixin la permeabilitat dialectal —i aquí és essencial exigir la reciprocitat dels diferents canals de radiotelevisió de TV3, IB3 i À Punt— i l’establiment de circuits culturals que permetin la circulació de les produccions teatrals, musicals i literàries d’arreu del territori; contràriament, no serà possible garantir la cohesió de tot el domini lingüístic i el problema s’agreujarà. A més, cal tenir en compte que més enllà de les denominacions populars que rep l’idioma, per una qüestió d’immediatesa, el nom oficial i internacional és català, perquè fa referència a l’origen de la llengua. Això, però, no nega que els que parlam mallorquí també parlam català, com els que parlen andalús també parlen castellà. En definitiva, avui és més necessari que mai el compromís dels dirigents i una acció conjunta per tal de normalitzar la llengua. I, com en qualsevol situació de minorització, no hem d’oblidar que tota política lingüística que no fem, la fan contra nosaltres.

[Font: http://www.nuvol.com]