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L’imaginaire ferroviaire est en passe de retrouver sa vigueur d’antan.

Le train est servi par un soft power très efficace parce qu'enraciné dans l'imaginaire collectif et servi par des passionnés zélés. | Darren Bockman via Unsplash

Le train est servi par un soft power très efficace parce qu’enraciné dans l’imaginaire collectif et servi par des passionnés zélés.

Écrit par Gaël Brustier — Édité par Thomas Messias

Après plusieurs décennies d’engouement pour le transport aérien et les longs courriers, le train est de retour. Pendant longtemps, ce moyen de transport avait été un objet à la fois concret et porteur d’imaginaire dans la vie des Français. À la fois objet de revendications locales et composante de l’imaginaire du voyage et du dépaysement, le train apparaît comme un fait social de plus en plus important dans la société française et, certainement, dans la vie des sociétés immédiatement voisines de la nôtre.

Tôt cet été, la SNCF a dû faire face à la demande record de voyages ferroviaires par la mise sur le marché de 500.000 nouveaux titres de transport. Partie à la conquête de nouveaux marchés, elle s’était félicitée de la présence de plusieurs rames Ouigo réalisant la liaison Barcelone-Madrid. La demande hexagonale aidant, elle a été rappelée à son cœur de métier: le trafic ferroviaire franco-français, ou son pendant européen au départ de la France.

La demande de trajets commerciaux augmente et l’imaginaire ferroviaire reprend vigueur. L’une des meilleures preuves du retour du train comme composante de l’imaginaire du voyage, c’est la résurrection de l’Orient-Express initiée par Accor et le projet de lancement d’un «Grand Tour» par le Puy du Fou. Si des investissements dans le train de luxe sont en cours, c’est que ce moyen de transport a le vent en poupe. A contrario, les opérations visant à dévoiler les vols des jets privés des plus favorisés suscite réprobation. Le rêve repasserait-il de l’avion au train? C’est très probable.

Nostalgie

Le train est, pour de nombreuses générations, un élément de nostalgie, une nostalgie très concrète. Celle-ci s’est réveillée par la crise énergétique et se nourrit d’un intérêt renouvelé pour le tourisme continental. Paradoxal morceau de collectif dans un monde que l’on ressent souvent comme individualiste et fragmenté, le train fournit la réponse idéale à une aspiration écologique affermie et à un besoin de limiter davantage l’usage de l’automobile.

Les trains auto-couchettes ont été longtemps partie prenante de cet équilibre. Ils permettaient de charger sa voiture sur un train de nuit (au départ de Paris-Bercy pour les Parisiens se dirigeant vers le sud) et de se réveiller sur son lieu de vacances ou à proximité.

Des «petites lignes» rouvrent, le plus souvent grâce à l’initiative et au suivi des régions, ou font l’objet d’une mobilisation des élus et populations locaux. Elles sont nécessaires pour nombre d’activités économiques, afin de permettre aux jeunes de rallier les villes universitaires, mais également pour donner la possibilité à nombre de patients de pouvoir rejoindre des centres hospitaliers éloignés ou pénibles à atteindre par la route.

Au contraire des discours ambiants sur la mobilité, celui revendiquant le développement du train est fondé sur des illustrations concrètes et vitales pour les territoires concernés. La liaison vers Luchon, particulièrement attendue et ardemment soutenue par la présidente du Conseil régional d’Occitanie, devrait voir le jour prochainement.

Désormais, le confort est recherché mais aussi une forme de mobilité plus douce, moins agressive.

Dans d’autres régions, les élus se mobilisent également; citons par exemple ceux du Charolais qui poussent à la réouverture de la ligne entre Paray-le-Monial et Lyon, qui a longtemps accompagné la vie et le développement de cette région à l’écart des grands axes. Autant dire que la réponse traditionnelle du car, pis-aller massivement rejeté, a fait son temps.

De la performance à la poésie du train

Il devient plus poétique de s’endormir à Paris et de se réveiller en Italie que d’être fouillé plusieurs fois et obligé d’ouvrir ses bagages dans les aéroports parisiens. Car si le TGV a été le roi des trains pendant quatre décennies, à raison si l’on en juge par les gains de temps entre Paris et Lyon d’abord mais aussi avec la plupart des grandes villes, l’attente a muté avec la crise.

Les usagers sont de plus en plus à la recherche de solutions leur permettant par exemple d’embarquer des vélos dans les trains ou de pouvoir prendre le train en étant certains de pouvoir revenir le jour même, ce qui suppose plusieurs départs et retours quotidiens. La SNCF, qui avait mis l’accent sur ce grand projet industriel qu’est le déploiement du TGV, a maintenant pour tâche d’appréhender la demande de liaisons ferroviaires ordinaires qui nécessiteront de nouveaux matériels.

On ne compte plus les circuits permettant de découvrir une région grâce à des trains à l’ancienne, entretenus par des connaisseurs.

Des années durant, les compagnies de chemin de fer puis la SNCF ont insisté sur la rapidité des nouveaux matériels. Le Mistral ou le Capitole étaient notamment jugés sur leur rapidité et leur confort. Désormais, le confort est recherché, mais aussi une forme de mobilité plus douce, moins agressive dans son appréhension et permettant de se rendre d’un centre-ville à un autre sans passer par les étapes jugées de plus en plus pénibles qu’implique le voyage en avion.

Un soft power sur les rails

N’oublions pas que le train est aussi servi par un soft power très efficace parce qu’enraciné dans l’imaginaire collectif et servi par des passionnés zélés, parfois issus d’une corporation longtemps très estimée: celle des cheminots. Passionnés d’histoire ferroviaire, mécaniciens remettant en marche des locomotives à valeur historique et collectionneurs chevronnés forment un tissu extrêmement dense de promotion du train.

Plus visités que les clubs d’aéromodélisme, ceux consacrés au modélisme ferroviaire sont particulièrement bien implantés, souvent dans des cités cheminotes mais pas seulement, et contribuent à faire vivre le rêve du rail. Surtout, les trains touristiques implantés sur des lignes désaffectées font vivre localement une culture ferroviaire à la popularité avérée.

On ne compte plus les circuits permettant aux touristes de découvrir une région grâce à des trains à l’ancienne, méticuleusement entretenus par des connaisseurs. Le chemin de fer du Vivarais en Ardèche, mais aussi d’autres comme le train touristique de la Puisaye, le train touristique des Monts du Lyonnais et tant d’autres, font vivre la passion du train et suscitent un nouvel engouement pour le transports par trains.

Quant au train jaune dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, il a une vocation de petite ligne mais revêt également une dimension très attractive d’un point de vue touristique. Le vélorail fait lui aussi vivre le mythe ferroviaire et le rapproche de la nature. Le train est photogénique, il est télégénique et donne un cadre favorable au roman (Agatha Christie en étant le plus parfait exemple). Additionnés à un air du temps fait d’écologie et de souhait de ralentissement, tous ces facteurs contribuent à faire du train un élément de réponse à la fatigue générale contemporaine.

[Photo : Darren Bockman via Unsplash – source : http://www.slate.fr]

L’un des résultats inattendus de la pandémie a été l’attractivité nouvelle des pratiques nudistes.

Le confinement a suscité chez certains des désirs de nature et de nudité.

Repéré par Léa Polverini 

1,3 million, c’est à peu près le nombre de membres de l’Église d’Angleterre. C’est aussi le nombre de Britanniques qui apprécient les joies de la nudité en public. En Grande-Bretagne, le naturisme n’a jamais été aussi cool que depuis le premier confinement lié au Covid-19. Au printemps 2020, rien que le nombre de recherches Google sur le «bain de soleil nu» avait augmenté de 384%.

Si pendant un temps, ce sont des groupes virtuels de yoga, de lecture ou encore de cuisine (nus) qui se sont développés, la fin du confinement et le retour des beaux jours a vu les activités collectives de plein air (nues) se multiplier: escapades en pleine nature, hôtels et lieux de villégiature réservés aux naturistes…

Échapper à la ville moderne

Pour Annabella Pollen, chercheuse à l’université de Brighton, autrice de l’ouvrage Nudism in a Cold Climate, la situation post-confinement fait écho aux débuts du naturisme, apparu en Allemagne dans les années 1890, et qui s’est développé en Grande-Bretagne dans les années 1920: «Après la Première Guerre mondiale et la pandémie de grippe espagnole, il y avait cet énorme appétit de trouver de nouvelles façons de vivre, d’explorer de nouvelles structures sociales et de se sentir libre.»

La Freikörperkultur, soit «culture du corps libre», visait à répondre à l’industrialisation croissante des villes par la nudité de plein air et le communautarisme. Un siècle plus tard, c’est le même sentiment de vouloir se «reconnecter à la nature», loin du brouhaha urbain, qui habite les naturistes.

Depuis près de trente ans, Nick Mayhew-Smith, un habitant de Hastings, au sud-est du Royaume-Uni, se promène nu dans les forêts: «Si vous vous asseyez dans un endroit isolé, entièrement nu et parfaitement immobile, la faune commence à s’habituer à vous. Les oiseaux sautillent plus près, les écureuils et les blaireaux émergent: vous devenez, et c’est la meilleure façon de le dire, une partie de la nature. C’est une expérience magique, qui prend tout son sens dans les moments de stress.»

Certains ne s’y sont mis que récemment, comme Helen Berriman, âgée de 46 ans, qui réside à Bromley, dans le Grand Londres, et dit s’être «convertie au nudisme pandémique», par l’intermédiaire de son époux. Posant comme modèle habillée devant des artistes nus pour un cours de dessin intitulé «Normalising Nudity», le ridicule de la situation l’a soudain frappée, et elle a décidé de se déshabiller: «À ma grande surprise, le monde ne s’était pas arrêté, j’étais nue et je me sentais vraiment très bien.»

Moins d’un an plus tard, elle démissionne de son emploi chez un opticien et trouve du travail chez British Naturism. Aujourd’hui, elle se dit bien plus épanouie: «J’ai un bronzage intégral, j’ai arrêté les antidépresseurs après une décennie et j’accepte vraiment les autres. Avec le recul, je pense que j’étais assez moralisatrice avant.»

Échapper aux préjugés

De fait, la pratique du naturisme demeure entachée de nombreux préjugés et de confusions, volontiers assimilée à des pratiques échangistes, de l’exhibitionnisme ou une forme de perversion. Le fait qu’elle soit encore majoritairement hétérosexuelle et masculine y contribue –le responsable LGBT+ et diversité de British Naturism, Rick Stacey, estime ainsi que seulement 2% de personnes LGBT+ participaient auparavant à des événements de sociabilisation naturiste, mais que cela est en train de changer.

Pour beaucoup de naturistes, leur pratique est surtout associée au fait de prendre soin de leur corps et de leur esprit, et de nouer des liens avec une communauté souvent soucieuse de l’écologie et sensible aux enjeux du végétarianisme et de l’antispécisme.

Mais tout le monde ne se sent pas à l’aise dans les cercles de naturistes pour autant. Selon David Salisbury, naturiste gay de 47 ans, «certains naturistes, en particulier les femmes, ont du mal à se sentir en sécurité dans un environnement non contrôlé, donc les clubs traditionnels offrent un espace sûr où la diversité peut s’épanouir loin des voyeurs goguenards que l’on peut trouver sur les plages nudistes». Certains clubs ont ainsi mis en place un code de conduite strict visant à garantir la sécurité de leurs membres –pas de téléphones, pas de regards, de gestes ou de propositions déplacés…

En Angleterre et au Pays de Galle, le fait d’être nu en public ne constitue pas une infraction pénale, même si en vertu de l’article 66 de la loi de 2003 sur les infractions sexuelles, une personne peut être arrêtée s’il est prouvé qu’elle s’est montrée nue dans l’intention de choquer ou de mettre quelqu’un en détresse.

[Photo : Patricia de Melo Moreira / AFP – source : http://www.slate.fr]

 

 

 

El provocador autor francés publica ‘Aniquilación’, un ‘thriller’ geopolítico plagado de espías y atentados, y una reflexión desolada sobre la familia, el amor y la muerte

Michel Houellebecq. Foto: Philippe Matsas / Editorial Flammarion

Michel Houellebecq

Escrito por Nuria Azancot

Publicado en Francia el 7 de enero pasado, Anéantir fue considerado de inmediato como el libro del año, aunque parte de la crítica gala advirtió de los trucos de la novela, de su manierismo y aspecto deslavazado, y de su engañosa sencillez. O sea, que estamos ante Michel Houellebecq (Saint-Pierre, isla de La Reunión, 1958) en estado puro, a vueltas una vez más con el caos, el amor y la muerte.

Pero dio igual: después de los tres años transcurridos tras el éxito de Serotonina (Anagrama, 2019), que la mayor estrella literaria europea volviera a la acción ya era el acontecimiento que lo justificaba todo. Que lo hiciera además con un aparente thriller que acaba derivando en una esperanzada reivindicación del amor, y que su protagonista, Paul Raison, fuese asesor de un futuro presidente muy parecido a Emmanuel Macron, actuó para los lectores como un imán.

Si a eso añadimos que el padre del protagonista, exresponsable de los servicios de inteligencia del país, ha sufrido un ictus y está en estado vegetativo, y que hasta el matrimonio de Paul está al borde de la disolución, encontraremos algunas de las razones que han seducido a los lectores galos y excitado la ansiedad de todos los letraheridos, ansiosos por embarcarse en las más de seiscientas páginas de la versión en castellano de la novela (la francesa, de lujo y editada por Flammarion, tiene setecientas treinta y seis).

Alérgico a las entrevistas desde hace años, Houellebecq es tan capaz de esconderse y huir del país para no responder ninguna pregunta sobre su obra como de plantarse una tarde de abril en Madrid y citarse de manera sorprendente con un periodista que le pidió tiempo atrás verse con él. El afortunado, Daniel Ramírez, de El Español, acabó compartiendo con el narrador empanadas de solomillo, pulpo a la gallega y confidencias tan controvertidas como siempre (“los franceses son tremendamente difíciles de comprender. Y lo digo yo, que soy francés”; “la democracia representativa no funciona en absoluto”; “la izquierda se ha suicidado”…).

En realidad, quien haya visto alguna de sus entrevistas en las redes comprende de inmediato el reto que supone mantener una charla fluida con Houellebecq: en todas se muestra tímido y desconfiado, aburrido también, sin que parezca importarle demasiado la fluidez de la conversación, la incomodidad del periodista o la coherencia de sus respuestas.

Los sueños y la ficción

Con todo, y a pesar su alergia a los medios, el 2 de enero, es decir, cinco días antes de que apareciera la novela, Michel, el esquivo, concedió una única y extensa entrevista a Jean Birnbaum, editor de Le Monde des Livres, en la que sobre todo le habló de sus sueños, de los que, por otra parte, la novela va sobrada. Como escribe Birnbaum, de hecho “su libro, un thriller político que se convierte en meditación metafísica, está lleno de sueños. Página tras página, nos adentramos en las aventuras oníricas del protagonista”, para señalar a continuación cómo eso, los sueños, estaban ya en otras novelas del escritor, como Las partículas elementales y Serotonina, pero no de forma tan sistemática.

La respuesta de Houellebecq es contundente: “A mí no me interesa demasiado Freud […], pero sí me apasionan los sueños, y me siento muy feliz por haber incluido tantos en Aniquilación. El sueño está en el origen de toda actividad ficcional. […] Escribo cuando me despierto. […] Tengo que escribir antes de bañarme; en general, en cuanto nos hemos lavado todo se acaba, ya no servimos para nada”.

El encuentro, que se desarrolló en el estudio donde escribió la novela, durará tres horas y transcurrirá, según el periodista, en un ambiente más alegre de lo esperado, con una botella de vino blanco que el novelista agita “como un sonajero” y entre volutas de humo, olor a nicotina y ceniceros atestados de las colillas de los cigarros que el autor apura sin descanso.

Le Monde, Houellebecq hace declaraciones tan sorprendentes como: “Soy una puta, escribo para obtener aplausos. No por dinero, sino para ser amada, admirada, así que no tomes la palabra puta de forma negativa”. Y una declaración aún más asombrosa, en la que, frente a la fascinación tan generalizada en la cultura europea por el mal y la transgresión, reivindica los valores positivos del ser humano en la narrativa: “Creo que la mejor literatura se hace con los mejores sentimientos”. A lo largo de la charla, comparten alegrías infantiles, historias soñadas, impulsos poéticos, para atrapar a los lectores ansiosos por conocer la última pirueta del que en Francia consideran una suerte de dandi insolente y reaccionario.

El cuñado francés

Tan idolatrado como detestado por sus opiniones, en las que se retrata como un populista misógino y xenófobo, en Francia se le ha llegado a tratar incluso de beauf, de “cuñado”, por proferir en sus escritos, ensayos y novelas un buen puñado de opiniones banales sobre todo con más audacia que rigor, solo por epatar, por molestar al lector. Así, fue capaz de elogiar a Donald Trump y el Brexit (“Lo único que lamenté es que, de nuevo, los ingleses se mostrasen más valientes que nosotros ante el Imperio”), de cuestionar la democracia y la Unión Europea, de atacar al feminismo y defender la prostitución, la homofobia o el machismo, y de burlarse de la ecología sostenible…

Y pese al personaje en que se ha convertido, a veces profeta, a veces bufón, ha recibido la Legión de Honor de manos del presidente Macron, y el premio Goncourt en 2010 por El mapa y el territorio, pero dice seguir precisando de los demás y de los personajes de sus novelas para comprenderse. “Cada ser humano es algo extraño en sí mismo, el mayor motivo de asombro. Si quiero conocerme a mí mismo, necesito los ojos de los demás”, le dijo al periodista de Le Monde, al que también le habló de la muerte en estos tiempos descreídos, de la necesidad de olvidar los arrepentimientos y de lo difícil que le resulta escribir una novela, “porque es un calvario físico, vivir mucho tiempo al lado de un personaje”.

Comparado con Honoré de BalzacAlbert CamusLouis-Ferdinand Céline y Georges Perec, que, por cierto, nada tienen que ver entre sí, en Houellebecq resulta desconcertante hasta su verdadero nombre, Michel Thomas, y que su seudónimo sea un homenaje a su abuela paterna, que fue quien lo crio porque sus padres, un instructor de esquí y una enfermera franco-argelina, se desentendieron de él para recorrer África en un Citroën. Ni siquiera su fecha de nacimiento es segura, ya que su madre decidió envejecer su partida de nacimiento dos años porque pensaba que tenía mucho talento, por lo que habría nacido en 1958 y no en el 56, como se creyó durante décadas.

Aunque se había anunciado que Aniquilación aparecería en España a finales de agosto, Anagrama lo lanza el próximo miércoles en un nuevo capítulo de esa complicidad que comenzó en 1994 con Ampliación del campo de batalla, su primera novela. Como desveló hace meses Jorge Herralde, su editor español, en una entrevista con El Cultural, en realidad él la publicó sin leerla, solo porque la editaba Maurice Nadeau en su exquisito sello.

“Sí, para mí que a un autor le publicara Nadeau significaba que era bueno por narices, así que cuando apostó por la primera novela de un desconocidísimo autor joven, hablé con él y la publiqué, y ahí empezó el caso de este escritor que es el más vendido de Francia, el más impertinente, el más reconsagrado”. Tras Ampliación vendría Las partículas elementales (1998, Anagrama 1999), que fue la novela que le consagró y que consolidó una carrera de éxitos constantes, lejos, eso sí, de cualquier aniquilación.

[Foto: Philippe Matsas / Editorial Flammarion – fuente: http://www.elespanol.com]

 

Oliveraide en Galilée

Les écovillages ont le vent en poupe en Israël. Par écovillage, on entend une communauté dont le modèle se fonde sur l’autosuffisance et sur un mode de vie en harmonie entre l’être humain et la nature avec pour objectif le développement durable. Klil, Adama et Kadita font partie des grands écovillages renommés de Galilée. Les adeptes au retour à une vie plus saine et plus naturelle étant de plus en plus nombreux, il n’est guère étonnant que les listes d’attente pour intégrer ces villages s’allongent d’année en année.

Dans ces écovillages ainsi qu’aux alentours on trouve des points d’eau, des grottes, des pressoirs, des chevaux sauvages, des vaches et même des renards. Lorsqu’on se promène dans un de ces villages, on a l’impression d’avoir fait un bond en arrière d’un millier d’années. Les jardins devant les habitations et les arrière-cours sont à l’état sauvage et certains sont même à flanc de montagne. Le silence est infiniment reposant et réparateur et, en l’absence de tout bruit de voitures, on écoute sans se lasser le bruissement du vent dans les arbres. La nuit, grâce à l’absence de réverbères et de lampadaires, seules les étoiles et la lune éclairent le ciel. Partout on trouve des arbres fruitiers, des vignes et une impressionnante quantité d’oliviers dont les fruits sont cueillis à la saison des récoltes. De nombreux habitants ont de petites entreprises familiales qui vendent des olives en saumure et de l’huile d’olives. C’est d’ailleurs le seul gagne-pain de certaines familles. La terre étant préservée, les plantes sauvages prospèrent, éclaboussant les lieux de leurs magnifiques couleurs. Les villages fonctionnent tous à l’énergie solaire et la plupart des maisons ont été construites par les habitants eux-mêmes. Certains, dont des familles entières, vivent dans des yourtes.

Chaque village a son propre cachet

Chacun de ces villages a son propre cachet. Klil est plus grand qu’Adama et Kadita et Kadita est plus ancien, plus ‘brut de décoffrage’ avec des clôtures réalisées avec de vieux cadres de lits en métal. À Klil, un grand nombre d’habitants proposent médecine alternative, yoga, méditation, arts martiaux, etc. Adama est considéré comme plus jeune et plus axé sur le spirituel que Klil et Kadita. Kadita est célèbre pour son huile d’olive et certains disent même que l’huile pour le premier et le second Temples a été fabriquée à Kadita. À Klil vous trouverez davantage de Airbnb et à Adama la plupart des yourtes. Toutefois, la préservation de la nature dans ces écovillages n’est pas uniquement structurelle. Il y a aussi le mode de vie des habitants, plus lent, plus posé, plus calme. Les gens travaillent la terre, fabriquent leur propre savon, leur shampooing, leurs huiles à partir des plantes environnantes et ils produisent également leur propre nourriture. Certaines familles ont des troupeaux de chèvres et fabriquent leur propre fromage et presque tout le monde a des poules.

Quand on se promène pendant la journée dans l’un de ces villages on rencontre des gens qui bricolent sur leur toit qu’ils ont fait eux-mêmes ou qui travaillent la terre ou encore qui méditent en marchant. La demande pour vivre dans ces villages est très forte et les listes d’attente sont très longues. Il est extrêmement difficile d’y acheter un terrain ou une maison. Certains terrains ont des maisons d’hôtes pour accueillir des bénévoles qui aident aux travaux agricoles et qui, en contrepartie, peuvent vivre dans la nature.

C’est actuellement presque mission impossible de trouver une place dans l’un de ces trois villages mais, heureusement, le nombre d’écovillages ne cesse d’augmenter en Israël. Une grande partie d’entre eux sont situés dans le nord du pays, à proximité de points d’eau, mais le mouvement s’étend à tout le pays. On peut trouver sur Facebook un groupe appelé « Communautés écologiques » qui compte plus de 20 000 membres qui cherchent une possibilité de vivre dans de tels lieux ou d’y travailler comme bénévoles. L’écologie a vraiment le vent en poupe.

[Photo: Écovillage – source : http://www.israelentreleslignes.com]

Amb sa nominacion, Macron vòl far creire que lo nòu govèrn de França serà bastit per una persona “estacada a la question sociala, environamentala e productiva”

VilaWeb

Coma gaireben totes los mèdias del país o an raportat, lo president de França a nomenat Élisabeth Borne nòva primièra ministra. Aital Macron vòl far creire que lo nòu govèrn de França serà bastit per una persona “estacada a la question sociala, environamentala e productiva”, coma el meteis o aviá anonciat fa qualques jorns. E mai siá la primièra femna cap d’un govern francés dempuèi Édith Cresson en 1991,  son bilanç dins lo domeni ecologista es pas convençaire, segon Reporterre que publica una analisi ont lo mèdia la nomena “ministra especialista de las autoestradas”.

Tanben Greenpeace France manifèsta son scepticisme a prepaus del perfil ecologista de Borne. “Sa nominacion augura pas gaire d’espèr de veire França operar sa transicion ecologica coma l’urgéncia climatica li o obliga”, çò ditz dins un comunicat lo director general de l’organizacion ecologista, Jean-François Julliard.

D’autres elegits d’esquèrra an tanben mostrat lors resèrvas e criticas. Una deputada de La França Insomesa, Mathilde Panot, la qualifica dins un tweet de “ministra fantauma de l’ecologia”, del temps que l’ecologista Sandrine Rousseau a detalhat que dins son cort mandat se respectèt pas la convencion ciutadana sul clima, se mantenguèt l’avantatge fiscal sus l’òli de palma e que quitament lo Conselh d’Estat foguèt condemnat per la pollucion de l’aire.

Poliministra polemica amb Macron

Jos la presidéncia de Macron, Borne foguèt ministra dels transpòrts, ont afrontèt de desfises importants coma la creacion d’un impòst ecologic suls bilhets d’avion o la promocion de la bicicleta. Totun, la reforma de l’SNCF congreèt la cauma del sector mai importanta dels darrièrs decennis. Fin finala, Borne capitèt a far avançar sa reforma malgrat las protèstas.

Pus tard, foguèt nomenada ministra de la transicion ecologica, ont passèt un an abans abans de venir ministra del trabalh, de l’emplec e de l’insercion: tanben i defendèt de reformas polemicas coma la de l’assegurança caumatge e la de las pensions de retirada, qu’es pas encara menada a bon tèrme.

En politica dempuèi los ans 1980

Nascuda a París fa 61 ans, Borne es filha d’un josieu d’origina russa que se refugièt en França e que foguèt deportat dins un camp de concentracion en 1942, pendent lo regim de Pétain. Engenhaira de l’Escòla del Pont, se formèt a l’Escòla Politecnica. Comencèt de frequentar la politica a la mitat dels ans 1980 coma conselhièra de qualques ministèris e, a partir dels ans 1990, coma conselhièra del Ministèri de l’Educacion. Vendriá pus tard presidenta del Ret de Transpòrts Publics de París, puèi responsabla de l’urbanisme dins la capitala francesa, abans d’èsser nomenada prefècta de la region de Peitau-Charantas e del departament de Vinhana.

 

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Tendo conseguido 28% dos votos nas urnas na primeira volta, Macron tenta conquistar terreno. Os franco-portugueses em França temem que a candidata da extrema-direita seduza os eleitores com “promessas ilusórias”.

No dia 20 de abril os dois candidatos vão ter o único debate desta segunda volta de eleições.

Si las personas intentamos mejorar en el camino de la consciencia y ser más ‘eco’, nuestras mascotas también pueden hacerlo. Bueno, nosotros podemos ayudar a que lo hagan con unos sencillos consejos que harán que nuestros amigos peludos se pongan patas a la obra, sean más felices y vivan mejor.

perro mascota

Escrito por Santiago Lozano

La amistad entre los humanos y los perros se remontan a la Edad de Hielo, una relación a prueba de bombas en la que ambos hemos cambiado, acostumbrándonos a estar juntos. Como algo que forma parte intrínseca de nuestra vida, tener mascotas también tiene implicaciones con nuestra forma de consumir y actuar como ciudadanos. Desde los juguetes y el pienso que le compramos a las decisiones a la hora de cuidarlos y recoger sus excrementos, podemos mejorar la vida de nuestros perros y alinearla con nuestro compromiso de llevar una vida más consciente para que ser el perro verde ya no sea sinónimo de ser un bicho raro, sino el más guay de la calle. Aquí van algunos trucos para conseguirlo.

Usa juguetes reciclados y dale una segunda vida a las cosas que ya tienes

Si ya tienes un perro, sabes que les encanta jugar y, de paso, destrozar, sobre todo cuando son cachorros. Si quieres reducir tu consumo de plástico, comprar constantemente juguetes de goma o peluches no es la mejor opción. Afortunadamente, hay gestos que permitirán que tu perro siga divirtiéndose.

Una primera opción es utilizar juguetes que ya no utilicen tus hijos, familiares o amigos, a ser posible que no contengan plástico. Incluso puedes hacerlos tú mismo reciclando objetos de tu casa: por ejemplo, un pantalón vaquero o un jersey que ya no uses pueden transformarse, con los cortes y nudos adecuados, en una divertida pelota. Si quieres conocer más opciones y apaños de este tipo, en la web de Instructables encontrarás divertidos juguetes hechos a mano y con materiales cotidianos.

Apuesta por piensos ecológicos

El 75% de las tierras cultivables del planeta están orientadas a producir piensos para dar de comer a los animales, algo que supone un problema medioambiental sobre todo en aquellas zonas más vulnerables, pues deteriora las superficies fértiles y contamina las masas de agua. Aunque esas cifras y problemas aluden sobre todo a las grandes granjas de ganadería intensiva, en ese porcentaje se incluye la producción de alimento para nuestras mascotas.

Dentro de todas las opciones del mercado, hay unas más verdes que otras. Evidentemente, no podemos hacer que nuestros perros se hagan veganos, pero sí buscar piensos que sean respetuosos con toda la cadena de producción, fabricados con ingredientes ecológicos libres de plaguicidas, insecticidas u otros químicos. Algunas de las marcas que trabajan en ello son Naku VidaMarkus MühleNature’s VarietyoRetorn–que tiene alimentos secos y húmedos para perros y gatos, además de juguetes hechos con materiales orgánicos– aunque no son las únicas: afortunadamente, cada vez hay más opciones dentro de este tipo de alimentos.

Usa bolsas biodegradables

Una de las responsabilidades ineludibles de tener un perro es la de salir a pasear y, en el camino, recoger sus cositas. Muchas de las ciudades cuentan con bolsas de plástico para ello en las propias papeleras pero, además de que no siempre hay, normalmente el material con el que se fabrican no suele ser reciclado.

Por eso, es recomendable tener en el bolso –o la correa– tus propias bolsas. Hay opciones compostables o biodegradables que se descomponen fácilmente, al igual que lo hace la caca de tu perro. Al mismo tiempo, si vas a salir por la ciudad, también es un buen gesto llevar contigo una botella de agua mezclada con un poco de lejía u amoniaco para limpiar el pis que pueda hacer en alguna esquina.

Precaución con los plásticos y los microplásticos

Esta semana conocíamos la noticia de que, por primera vez, se han detectado microplásticos en la sangre humana y, al igual que su presencia es un problema para nosotros, también lo es para nuestras mascotas. Para reducir al máximo los riesgos y conociendo su tendencia a morder los objetos, lo primero es intentar evitar el uso de plástico en juguetes y apostar por materiales que no lo contengan, como el bambú o el acero, para cuencos y bebederos.

Lo mismo sucede con las correas. Además de apostar por algunas hechas de nudos con diferentes cuerdas que tengamos en casa, también están saliendo marcas como Gobak, que ofrecen completos para perros fabricados con materiales reciclados, ecológicos y respetuosos con el entorno.

A la hora del baño, también puedes optar por geles o champús ecológicos que cuiden su piel y su pelo y estén libres de este tipo de partículas. Algunas recomendaciones son Menforsan o Jabón Zorro D’Avi, que además es artesanal y en formato sólido.

No compres, adopta (o cuida temporalmente)

Aunque pueda resultar obvio, el conocido eslogan sigue estando vigente y es, en realidad, el primer paso para tener mascotas de forma consciente. Por desgracia, aunque las cifras están reduciéndose gracias a la concienciación ciudadana, en 2020 se abandonaron más de 162.000 perros en España, que acabaron en diferentes refugios y perreras en busca de nuevos hogares.

En el caso de que tengas que irte de viaje y no puedas llevarlo contigo, existen numerosas guarderías caninas donde cuidarán de ellos y se lo pasarán genial con otros perros. Algunas buenas opciones de este tipo son Mejora,Terra CansMas Mon-Rost o Don Perro.

Si, por otras circunstancias, ya no puedes convivir con tu mascota –por ejemplo, es el caso de ancianos que tienen que trasladarse a una residencia y no se lo pueden llevar consigo porque hay muy pocas que lo permitan–, existen numerosas asociaciones sin ánimo de lucro en toda España que pueden buscarle una nueva oportunidad.

Además, si no puedes hacerte cargo de un perro a largo plazo pero te encantan, puedes hacer voluntariado cuidándolos en muchas de estas asociaciones y protectoras. O también puedes apuntarte a programas como el de la Fundación Once, en la que ayudarás a cuidar y educar a los futuros perros guía en sus primeros meses de vida.

[Fuente: http://www.igluu.es]

Su asociación con el movimiento rock es apenas una faceta: desde su fértil intercambio con la Generación Beat, pasando por su interés en la ecología, la filosofía y la meditación, Grinberg tuvo un instinto insaciable que se tradujo en una obra multiforme.

Grinberg es autor de "Cómo vino la mano", libro seminal sobre el primer rock argentino. (Fuente: Pablo Piovano)

Grinberg es autor de « Cómo vino la mano », libro seminal sobre el primer rock argentino.

Escrito por Eduardo Fabregat

« Tuvimos paraísos o infiernos con la forma de un muchacho y su guitarra. Tuvimos noches de euforia y madrugadas de bajones espantosos que se estiraban hasta el mediodía y duraban semanas. Tuvimos música de todo calibre, siempre ». Podría haberlo escrito la semana pasada pero no, lo escribió en 1977, cuando todo estaba naciendo y todo se estaba haciendo y Miguel Grinberg estaba allí, hacía tiempo que estaba allí, testigo y escriba y hacedor en una escena que nadie definía como « rock », que era « beat » antes que el término fuera apropiado por los mercaderes de la industria musical. Gente que creía que el brillo era una camisa colorida y un peinado atrevido. Grinberg había abrazado la cultura de la Generación Beat, se había sumado al aullido de Allen Ginsberg y él también, por pleno derecho, por potencia poética, era un beatnik. Poeta en su tierra.

Miguel Grinberg murió este viernes en Buenos Aires, bancando con enorme dignidad los costos de la edad, sin faltar un solo martes a su grupo de meditación tibetana, con su esposa Flavia siempre cerca, leve aun con el peso de todo lo que recordaba de su vida -y vivió mucho, y recordaba mucho-, con esa aura de paz que lo rodeaba y contagiaba. Tenía 84 años y no se puede sino pensar en su tristeza y desazón ante una nueva destrucción de alcance mundial, ante los repetidos desastres ecológicos. Él, que vio tanta guerra y peleó tanto por un despertar y una ampliación de la conciencia humana.

Aquella frase en el prólogo de Cómo vino la mano -¿Cómo pretender pensar al rock argentino sin haber leído Cómo vino la mano, o la extraordinaria compilación Un mar de metales hirvientes de Gourmet Musical?- es apenas una pincelada, una faceta de Grinberg. Si le interesaba la música era como vehículo de poesía y herramienta de cambio, y quizás por eso sintonizó tan bien con Luis Alberto Spinetta, con quien no solo tuvo una potente charla en una noche de temporal de 1977, retratada en aquel libro, sino que le dedicó el tan hermoso Una vida hermosa, en 2013.

Pero cuando los primeros músicos argentinos asomaron la cabeza, Miguel Grinberg ya había vivido su propia revolución. Había descubierto al rock estadounidense en 1953, gracias al aparato de onda corta de su padre radioaficionado. En un desvío de ese fanatismo encontró a Ginsberg, y en 1959 lo contactó para traducir Howl al castellano. Las nuevas formas poéticas de los beatniks lo llevaron a gestar junto a Antonio Dal Masetto la revista Eco Contemporáneo, que no encajaba en ninguno de los moldes periodísticos de la época. Y a fundar la alianza de poetas latinoamericanos Nueva Solidaridad, que encontró ecos en una Latinoamérica todavía no asolada por los golpes militares en sincro: El pez y la serpiente en Nicaragua, la revista mexicana El corno emplumado, los nadaístas colombianos, el movimiento venezolano El Techo de la Ballena que reunía a pintores y escritores.

Toda esa fiebre cultural desembocó en una intensa estadía en Estados Unidos, que tiene su ineludible testimonio: Memoria de los ritos paralelos (Caja Negra, 2014) da cuenta de un diario revelador, un fogoso intercambio con nombres esenciales de la contracultura y el movimiento anti Vietnam como Jonas Mekas, Ginsberg, Henry Miller, Lawrence Ferlinghetti, LeRoi Jones, Jack Kerouac (con quien no se llevó del todo bien), Thomas Merton. Era 1964, y algo más estaba sucediendo en ese año y ese país: la invasión de cuatro pibes ingleses que iban a poner todo patas arriba. Primero The Beatles y enseguida The Rolling Stones, la reformulación y ampliación de aquel primer rock estadounidense.

Por eso, también, al regresar a la Argentina tras un año de travesía, Grinberg encontró interlocutores de otra especie en Moris, en Litto Nebbia, en Spinetta, en Claudio Gabis, en Tanguito, en Pipo Lernoud y Jorge Alvarez. Por eso se empeñó en una aventura llamada Aquí, allá y en todas partes, ciclo musical en el Teatro de la Fábula del Abasto que se apropiaba de un título Beatle para tratar de expandir nuevas esquirlas de lo que pasaba en La Cueva.

Pero ni la poesía ni el rock -ni sus combinaciones- alcanzaban para saciar el apetito cultural de Grinberg. El nuevo ser humano que proponía el hippismo implicaba otra relación con la tierra y el medio ambiente, y por eso su voz no se limitaba al concienzudo registro de lo que iba pasando en la escena argentina para La Opinión. En El Son Progresivo, que desembarcó en 1972 en Radio Municipal, abrió el micrófono para fusionar sus búsquedas artísticas, su interés en la filosofía y en la poesía, con el planteo de una nueva relación con la Madre Tierra.

Esa misma búsqueda llevó a Mutantia, otra revista salida de los moldes, que entre 1980 y 1987 propuso miradas diversas sobre la ecología, la filosofía, las formas pedagógicas. Tiempos que habilitaron a la reedición en 1985 de Cómo vino la mano, pero no como ejercicio de nostalgia sino con un necesario prólogo que contemplara lo sucedido, que incluyera en el análisis el tsunami que había significado la Guerra de Malvinas, que propusiera coincidencias y disidencias por parte de alguien con autoridad para el ejercicio: « ¿Qué hacer con la libertad? », se preguntaba allí. « En épocas dictatoriales, el rock ha sido un baluarte, un foco de resistencia generacional y poética. Pero cuando ‘todo se puede’ y cuando la totalidad de una sociedad comienza a evidenciar la necesidad de una música popular trascendental, allí se achican los márgenes para el divague y la futilidad. »

Miguel Grinberg estuvo así dentro y fuera del rock, parte de un movimiento pero siempre con la cabeza abierta a miradas mucho más amplias, a ir dándole cuerpo a una obra literaria multiforme, a tener profundas relaciones de amistad tanto con Miguel Cantilo como con Witold Gombrowicz. Por eso es imposible fijarlo en un solo lugar, pero por eso también es tan imprescindible la visión de Satori Sur (título que alude a un libro nunca escrito), el documental de Federico Rotstein que puede verse en Cine.Ar y que incluye un pasaje memorable de diálogo con Jonas Mekas, entrecortado por la tecnología pero aun así revelador. Allí -como en el libro 80 preguntas a Miguel Grinberg- hay un notable destilado de su persona. Allí aparece como autor de la música Juan Ravioli, que viene rescatando el espíritu de Aquí, allá y en todas partes con vinilos en los que artistas de hoy revisitan esas páginas de ayer.

Porque la historia de Grinberg no se divide en pasado y presente, es un ciclo sinfín en el que frases y conceptos no parecen tener tiempo, más allá de alguna referencia anclada en una época. Las escribió en algún ayer, pero podría haberlas plasmado la semana pasada. En la noche del viernes, muchos que ampliaron sus horizontes con él prepararon un « coro de silencio » y una vela encendida para tributar a una vida hermosa. Despedir a alguien que, de algún modo, siempre quiso eso: iluminarse un poco, darse calor. Y contagiarnos.

 

[Foto: Pablo Piovano – fuente: http://www.pagina12.com.ar]

Arte diffusera le 2 mars 2022 à 23 h 45 « Rachel Carson, la mère de l’écologie » (Rachel Carson – Die Mutter der Ökologie), documentaire de la réalisatrice franco-israélienne Tamara Erde. « En 1962, le livre « Printemps silencieux » de Rachel Carson ouvre les yeux de l’Amérique sur les dangers des pesticides et sur la place de l’homme dans l’écosystème. Plongée dans la genèse d’un texte poétique et puissant, qui inspira la pensée écologiste moderne. »

Publié par Véronique Chemla

« Avant/après », la nouvelle collection d’ARTE revient sur les grandes œuvres ou mouvements culturels qui ont, à leur époque, secoué, alerté ou éveillé nos sociétés ».
« Au début des années 1960, alors que les mouvements politiques contestataires commencent à bouillonner aux États-Unis, une scientifique, Rachel Carson (1907-1964), alerte le pays sur les dangers d’une industrie chimique toute-puissante ».
« Dans Printemps silencieux, cette biologiste marine, déjà réputée pour ses ouvrages de vulgarisation sur le monde du silence et la pollution environnementale, décrit les dégâts des pesticides agricoles – en premier lieu le redoutable DDT, alors en vente libre – sur les populations d’oiseaux, mais aussi, par ricochet, sur l’espèce humaine. »
« C’est un livre sur la guerre de l’homme contre la nature ; et comme l’homme fait partie de la nature, c’est fatalement aussi un livre sur la guerre de l’homme contre lui-même », écrit-elle, dénonçant l’idée arrogante et immature d’une nature dominée grâce aux progrès techniques ».
« Jamais l’importance cruciale de la protection de l’environnement pour la survie humaine n’avait été présentée aussi clairement au grand public ».
« Best-seller de l’année 1962, Printemps silencieux (Silent Sprint) contribuera à convaincre le président Kennedy d’interdire le DDT, puis inspirera la création de l’Agence américaine de protection de l’environnement. Tout en semant dans bien des têtes les graines de l’écologie… »
Essayiste – Cette mer qui nous entoure (The Sea Around Us, 1951), Les Merveilles de la mer et de ses rivages Printemps silencieux – « volontaire, charismatique et courageuse, Rachel Carson apparaît comme l’une des grandes lanceuses d’alerte de son temps et comme la « mère » de l’écologie moderne ».
« Si elle a su à ce point toucher le public, c’est aussi grâce à l’élégance de son écriture, poétique et généreuse, reflétant sa vision holistique de notre place au sein du monde vivant et son constant émerveillement face à sa beauté ».
« Dans ce documentaire retraçant la genèse d’un ouvrage aujourd’hui encore considéré comme une référence théorique, Tamara Erde fait longuement entendre la voix de cette éveilleuse de consciences », inscrite au National Women’s Hall of Fame et distinguée à titre posthume par la Médaille présidentielle de la Liberté. Depuis 1991, un Prix international est remis aux défenseurs de l’environnement.
« La réalisatrice entremêle des extraits des livres et lettres de Rachel Carson, lus par Sandrine Bonnaire, et des témoignages d’intervenants entrant en résonance avec son travail : Irène Frachon, qui a mis en lumière les dangers du Mediator, l’auteur italien Paolo Cognetti, ou encore Martha Freeman, qui consacra un livre (Always, Rachel) à la correspondance intime qu’entretint la pionnière de l’écologie avec sa grand-mère Dorothy. »
Le 27 mai 2014, Google a dédié un Doodle à Rachel Carson en la citant :
“As much as I liked the image itself, as well as a chance to do a small piece of animation, I thought it shifted the focus away from the wildlife she sought to learn about and protect,” Matt explains. In the final illustration, Rachel Louise Carson is shown surrounded by a variety of species that dwell within the marine ecosystem, seemingly inspired by this quote from her book, Silent Spring:
“In nature nothing exists alone.”
France, Elda Productions, 2021, 54 min
Coproduction : ARTE France, Elda Productions
Avec la voix de Sandrine Bonnaire
Sur Arte les 2 mars 2022 à 23 h 45, 6 mars 2022 à 5 h 30, 24 mars 2022 à 1 h 45
Disponible du 02/02/2022 au 04/09/2022
Visuels :
Biologiste marine américaine et écrivaine, Rachel Carson a fait de sa vie un combat pour prévenir des enjeux environnementaux déjà présents dans les années 60 et ce par sa plume, en utilisant la littérature comme outil pour réveiller nos consciences et notre regard sur la nature
© Elika Hedayat / Elda Productions

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Pour espérer conquérir le pouvoir, les partis écologistes doivent mener un travail de terrain, à la fois de conviction mais aussi de description, cher au sociologue Bruno Latour.

 

Écrit par Jean BASTIEN

Mémo sur la nouvelle classe écologique – Bruno Latour, Nikolaj Schultz                    2022                                       Les Empêcheurs de penser en rond                           96 pages

Le précédent livre de Bruno LatourOù suis-je ? (Les empêcheurs de penser en rond, 2021), avait pris la forme d’un conte philosophique qui cherchait, en partant du confinement, à nous sensibiliser à notre condition de « terrestres ».

Celui-ci, écrit avec Nikolaj Schultz, qui traite des mêmes thèmes, adopte cette fois la forme d’un discours aux partis écologiques pour les inciter à faire le travail idéologique indispensable (celui-là même qu’ont mené par le passé les libéraux, puis les socialistes, puis les néolibéraux et pour finir les illibéraux) s’ils veulent pouvoir conquérir le pouvoir et opérer les transformations qu’impose le « Nouveau Régime Climatique ».

Quel travail ?

En quoi ce travail devrait-il consister dans ce cas d’espèce ? La référence la plus proche serait le travail gigantesque effectué par les socialismes au XIXe et XXe siècles, en particulier parce que celui-ci s’est attaché à inventorier une multitude de situations concrètes à partir desquelles ils ont alors pu fournir une cartographie convaincante des conflits et, finalement, définir un horizon commun pour l’action collective.

En même temps, on verra que ce travail devrait tout de même différer fondamentalement de ce que l’ensemble de ces mouvements ont pu réaliser en la matière dans la mesure où ils visaient encore, tous (sauf peut-être les illibéraux, qui étaient ou sont davantage dans la réaction), un horizon de développement de la production, ce qui ne pourra plus être le cas pour le mouvement écologiste.

Les classes sociales s’opposaient jusqu’ici sur des questions d’organisation de la production et de sa redistribution. Ce sont désormais les conditions d’habitabilité de la planète Terre qui passent au premier plan. Ce qui nous renvoie à la dépendance dans laquelle nous nous trouvons vis-à-vis des vivants et de tout ce qui nous fait vivre, autrement dit du système Terre. Ce sont elles qui sont susceptibles d’être portées par la nouvelle classe écologique, si elle veut être en mesure de contester aux actuelles classes dirigeantes leur rôle de classe-pivot, c’est-à-dire celle autour de laquelle s’organise la répartition des positions politiques.

Repenser les moyens de mobiliser la population sur ces questions, en se détournant de l’attention exclusive à la production, et redéfinir les valeurs susceptibles de susciter l’engagement, à l’image de ce que la prospérité, l’émancipation ou encore la liberté avaient permis d’atteindre au XXe siècle, incombent alors aux partis écologiques (ou à la nouvelle classe écologique en voie de formation). Et il en va de même, soit dit au passage, des notions d’appartenance, d’identité, d’attachement, de localité, de solidarité, de vie collective, de commun, qu’il s’agit de réinvestir d’un nouveau sens positif.

Donner un nouveau sens à l’Histoire

S’ils veulent pouvoir conquérir le pouvoir, il faut que les partis écologiques se mettent en situation de susciter les passions (lutter contre le « désalignement des affects ») en permettant de dépasser les angoisses que génère cette situation nouvelle qui désigne la production comme un problème. Ils devront s’attacher à donner un nouveau sens à l’Histoire, qui ne pourra plus être un mouvement vers l’avant mais plutôt l’exploration d’alternatives, soit les multiples manières d’habiter et de prendre soin des pratiques d’engendrement, cela dans toutes les directions, comme l’écrivent les auteurs. Ils devront chercher également à nous guérir de la perte de consistance du monde que nous expérimentons désormais, avec la disparition d’un monde matériel unique connu par la Science, qui est peut-être la source principale de notre incapacité collective à réagir aux alertes, toujours plus fortes, qui nous disent que le monde va à sa perte.

Cette façon de voir les choses rejoint celles d’acteurs nombreux, qui, à un titre ou un autre, contestent l’économisation de la société, des peuples autochtones aux jeunes générations, etc., chez lesquels la classe écologique devrait ainsi trouver des alliés.

Mais tout cela n’ira pas, nous expliquent les auteurs, sans un très important travail intellectuel qui devrait mobiliser la culture et les arts et les sciences (et notamment les nouvelles sciences de la terre façonnée par les vivants), « pour rendre sensible toute une population à un changement […] qui implique un prodigieux accroissement des sujets de préoccupation à prendre en compte […] puisque c’est sur l’occupation, la nature, l’usage, le maintien des territoires et des conditions de subsistance que portent désormais les luttes, et cela à toutes les échelles et sur tous les continents »    .

Surmonter la dispersion et sortir de la marginalité

C’est bien là le principal problème : la diversité des questions auxquelles doit se confronter le parti écologique est en soi une vraie difficulté, à la fois pour capter l’attention, alors que leur traitement est aujourd’hui situé essentiellement dans les marges, et lier les sentiments qui les animent à la recherche du pouvoir. « Comment imaginer l’organisation d’un pouvoir qui se ferait contre la production et donc se retournerait pour se diriger vers ses anciennes marges ? »  

Mais si c’est une difficulté, c’est également une chance, nous disent les auteurs, puisque que cette manière de faire adopte la même forme précisément que les processus qu’elle entend décrire, ce qui pourrait être une façon de guérir la politique de son irréalisme.

Et la méthode qu’ils préconisent pour combler ces fossés est la même que celle que Bruno Latour proposait déjà dans Où atterrir ? (La Découverte, 2017), où il faisait le parallèle avec les cahiers de doléances qui ont préparé la Révolution française. Il faut alors en passer, expliquent-ils, par un intense travail de description des situations vécues, pour permettre aux habitants d’inventorier, individuellement puis ensemble, de quoi ils dépendent et ce qu’ils veulent défendre – ce qui appelle la constitution d’un collectif.

C’est ainsi que la classe écologique doit vouloir à la fois conquérir le pouvoir et en modifier complètement l’organisation. Les conséquences géopolitiques de ces orientations compliquent encore la recherche du pouvoir, lorsque pour presque chaque sujet dont on s’empare, on se heurte à la logique des États-nations et notamment à la coupure entre politique intérieure et extérieure, à laquelle la classe écologique doit alors également s’attaquer. L’Europe offre de ce point de vue des opportunités, rappelle Latour, qui lui avait déjà consacrée un long développement dans Où atterrir ?.

Repartir du bas

Cela ne doit toutefois pas nous induire en erreur sur la manière de procéder. Modifier l’organisation du pouvoir nécessite de repartir du bas, car on ne peut pas imaginer traiter une telle situation par des mesures appliquées d’en haut, explique Latour. « Pour qu’il y ait des partis, il faut que des doléances aient été rassemblées, stylisées et stabilisées en des sortes de programmes ; pour qu’il y ait des doléances il faut que chacun puisse définir ses intérêts qui lui permettent de tracer le front des alliés potentiels et des adversaires ; mais comment avoir des intérêts, si vous ne pouvez pas décrire avec assez de détails les situations concrètes où vous vous trouvez plongé […]. Or cette première étape manque, à cause de la rapidité et surtout de l’ampleur de la mutation en cours. Du coup, le reste ne suit pas. C’est donc par [cela] qu’il faut commencer. »  

On aura compris que c’est sur le terrain que les auteurs veulent envoyer les partis écologiques. Attendons leurs réactions, nous verrons s’ils ont compris, et retenu, la leçon…

Reste que l’on peut tout de même s’interroger, à propos de la méthode, sur la manière d’agréger ces « doléances » pour leur donner une cohérence suffisante. Car s’il faut faire confiance pour y parvenir au processus lui-même, de mise en commun et de confrontation de celles-ci, cela au niveau le plus décentralisé (comme l’explique Patrice Maniglier dans le livre    qu’il vient de consacrer à l’œuvre de B. Latour), et uniquement à celui-ci, ce travail risque de prendre un temps considérable.

Enfin, on pourrait ajouter, pour finir, que l’idée d’instaurer une gouvernance plus participative de la transition énergétique fait son chemin par ailleurs et que les propositions de méthodes pour agréger les opinions à ce sujet et permettre leur intégration dans les programmes s’affinent désormais dans tous les partis (cf. par exemple les propositions de Thierry Pech dans un récent rapport de Terra Nova consacré à l’accélération de la transition énergétique). Les partis écologiques, que les auteurs incitent à faire ce travail, vont désormais devoir compter aussi avec cela.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Comme Clint Eastwood, Michel Houellebecq est un moraliste. Comme lui, il se situe politiquement à droite. Comme lui encore, il tient un discours sur la société qui rencontre un très vaste public. Comme lui enfin, il choisit l’art du récit pour délivrer indirectement ce discours et présenter un monde complexe. C’est ce qui différencie Houellebecq de Zemmour. Certaines des positions de Houellebecq rejoignent celles de Zemmour, mais on ne pourrait pas dire d’Éric Zemmour qu’il est un Clint Eastwood français.

Anéantir, de Michel Houellebecq : un Clint Eastwood français

Michel Houellebecq (2004)

Michel Houellebecq, Anéantir. Flammarion, 736 p., 26 €

Écrit par Tiphaine Samoyault

Qu’est-ce qu’un auteur moraliste ? C’est à la fois un humaniste et un pessimiste. Il produit des généralités qui ne manquent pas de force. Il s’intéresse à la condition humaine, à ses traits de caractère, à ses mœurs, tout en pointant la difficulté pour chacun de tenir une conduite, ou tout simplement de vivre, dans un monde menacé de ruine et de disparition. Ainsi, Anéantir, comme Bird ou Impitoyable, inscrit des personnages dans une époque crépusculaire, une société sur le point de finir.

Humaniste, le moraliste pose la fin et l’anéantissement comme relevant de la responsabilité exclusive de l’humain. C’est sans doute la raison pour laquelle la légère dystopie réaliste que propose Houellebecq, plaçant l’action du livre dans la société française au tournant des années 2026 et 2027, ne mentionne jamais la pandémie de Covid-19. L’anéantissement ne peut être le fait que d’un geste humain programmé, il relève d’une action des individus. Il ne peut pas être ce mal organique – même s’il a des raisons environnementales et sociales – dont l’invisibilité et la force de frappe n’ont pas de coupables directs. Alors que pour les attentats informatiques, le torpillage de porte-conteneurs, les attaques en mer de bateaux de migrants, le saccage dans le Nord de l’Europe d’une banque de sperme, les responsables ont beau se cacher, on finira bien par les trouver, en déchiffrant leurs codes secrets et en découvrant l’idéologie – extrême – qui les anime. C’est un imaginaire complotiste, qui veut qu’un mal soit une faute et qu’un coupable puisse être nommé.

La maladie invisible est donc invisible dans le livre, et pourtant elle est partout. Le père du personnage principal se retrouvant en EHPAD très peu après le début du roman, un nombre important de pages est consacré aux malheurs et horreurs de ces institutions, aux maltraitances dont font l’objet aussi bien les résidents que les personnels soignants, malgré la présence de certains médecins ou infirmières au grand cœur qui continuent à se battre pour y maintenir un peu d’humanité (Clint Eastwood, encore). Cela rappelle des souvenirs. Une page particulièrement lyrique illustre bien la perspective du moraliste sur la situation ; le discours est tenu par un personnage secondaire qui se révèle être un maillon capital dans l’entreprise musclée de sauvetage du père d’une euthanasie programmée. Une mutation anthropologique fondamentale, y lit-on, s’est produite lorsque la culture ne s’est plus définie par la révérence aux anciens et au capital moral accumulé par eux au cours de leur vie. Accorder plus de valeur à la vie d’un enfant alors qu’il n’est encore rien et qu’on ne sait pas ce qu’il va devenir, c’est fonder un projet commun sur un futur incertain et c’est donc l’esprit du nihilisme. Voilà, en résumé, un argumentaire habité par les débats sur le tri des patients qui ont cours depuis deux ans.

Le décalage de six ans, d’une élection présidentielle – c’est aussi le sujet du livre –, permet ainsi d’inscrire le passé récent de façon directe ou indirecte et en tout cas d’en contrôler le récit. Effacer l’histoire est aussi une manière d’anéantir, on le sait par maints exemples, comme récemment la dissolution de l’association Memorial International par Vladimir Poutine en Russie. Mais la légère dystopie a aussi pour fonction d’installer encore plus définitivement la droite comme seul horizon de la politique française. Il ne reste plus de la gauche que des humanitaires dégoulinants ou des « gauche morale un peu vieux », des « intellos mainstream ». Même l’écologie est largement de droite, et de la droite la plus extrême puisque les mouvements écolo-fascistes sont ici largement documentés. C’est tout le spectre de la droite libérale à la droite radicale que l’on parcourt au fil du livre ; et si le milieu politique le plus largement décrit semble procéder d’un macronisme bon teint – le Bruno Juge, ministre des Finances, ayant beaucoup des traits de notre actuel Bruno Le Maire, son patronyme fictionnel le faisant simplement passer du municipal au judiciaire –, beaucoup d’autres obédiences de la droite actuelle sont précisément évoquées : le Rassemblement national, bien sûr, le zemmourisme, mais aussi le Bloc identitaire, les anarcho-primitivistes, la deep ecology

L’immobilisme politique – politique économique ultra-libérale, contrôle de l’immigration, renoncement aux directives européennes, violence ciblée et efficace, relégation de l’idée de progrès, hypertechnicité, hyperprésidentialisme – n’est que le reflet de la stase dans laquelle semble se tenir le monde en attendant le cataclysme final (« le gigantesque collapsus »), dont l’état végétatif du père puis l’agonie du fils sont l’allégorie. Les êtres, les pays, la terre entière, semblent être dans le couloir de la mort. Toutes les saisons présentent des couleurs qui paraissent un temps idéal pour mourir. La civilisation est immobilisée. Ce n’est pas la première fois que Michel Houellebecq se fait collapsologue et, à première vue, ce pessimisme n’est pas surprenant. Mais, dans le monde complexe que brosse son roman, à coups de réalités parallèles, de superpositions des plans du rêve et de la réalité (pas moins de treize rêves sont longuement racontés, principalement des rêves d’ascension ou de chute qui traduisent à la fois la quête spirituelle des personnages et la difficulté du mouvement dans un monde immobilisé), ce pessimisme n’est pas seul à être dit. Le roman défend aussi une thèse qui n’est pas seulement celle du collapsus.

L’art du récit est plus complexe que le discours politique, mais il est aussi plus retors : il offre quantité de recoins où se cacher, dans des situations ou des personnages, il permet d’affirmer tout en tenant les discours à distance. Bref, il peut manifester l’idéologie en ayant l’air de ne pas y toucher. Ainsi, le personnage principal, Paul Raison (ah, l’onomastique !), reste sceptique jusqu’au bout, bien qu’il entre en contact prolongé avec des personnages de croyants et qu’il se sente touché par eux. Sa sœur, vers qui va plutôt la sympathie de la narration, est une catholique pratiquante et convaincue ; le rapprochement avec elle conduit Paul à se rendre à plusieurs reprises dans des églises. Son mari a des liens rapprochés avec le Bloc identitaire, mais « il ne lui en tenait pas du tout rigueur ». Sa propre femme, Prudence, est végane et adepte du wicca, une « religion joyeuse », et elle croit en la réincarnation… Et ce sont ces croyant.e.s qui offrent au personnage principal des motifs de compassion et d’espoir et font de la religion – enfin, de certaines d’entre elles ! – un refuge et, pourquoi pas, un salut. Cela rappelle, dans le dispositif, l’art du roman d’Anatole France – un personnage principal de sceptique (Bergeret), humaniste moraliste, accablé par l’état du monde, assiégé de discours pourris ; mais chez France ce personnage reste impeccablement étanche à ces discours, et son scepticisme, qui en sort même renforcé, leur sert de paratonnerre et les disqualifie.

La religion offre aussi sa structure au monde fictionnel ; elle fournit le modèle des boucles temporelles qui s’insèrent dans la stase d’avant l’apocalypse. On est au présent dans la futur mais également dans le passé. Sur ce point, on est peut-être formellement plus proche de David Lynch que de Clint Eastwood, même si Houellebecq continue de donner à ces boucles un sens moral, ce que ne fait pas Lynch. Il y a de légères distorsions temporelles (quatre ans transformés en deux ans quelques pages plus loin, un événement qui n’a pas encore eu lieu après qu’il a déjà eu lieu au chapitre précédent), qui jettent un trouble et renforcent l’incertitude dans laquelle le monde est plongé à la suite d’attentats spectaculaires et non revendiqués, au point de n’avoir finalement qu’une explication satanique. La résurrection comme la réincarnation font aussi de la boucle une survie. Or l’équivalent idéologique de la boucle temporelle, c’est évidemment l’antiprogressisme. L’égalité, la confiance en la raison, l’espérance d’un progrès social, et même la démocratie, sont des valeurs auxquelles Houellebecq et son personnage ont renoncé. À la suite de Nietzsche, mais surtout de Joseph de Maistre, très présent à la fin du livre (en même temps que le roman policier historique dont le caractère conservateur n’est plus à démontrer), est posée la thèse d’une vérité des valeurs traditionnelles, prérévolutionnaires, qui sont aussi un retour.

C’est là que le roman atteint sa limite, qu’il cesse d’être complexe pour devenir idéologique et zemmourien d’une manière vraiment plate. Clint Eastwood ne se départit jamais de l’exigence de complexité qu’induit l’écriture de la fiction bien comprise, alors que Michel Houellebecq, si. Les femmes qui travaillent sont véganes ou frigides, mauvaises ou médiocres. En se rapprochant affectivement et sexuellement de Paul, Prudence se met pour la première fois de sa vie à faire la cuisine, demandant gentiment si elle n’a pas mis trop de clous de girofle dans la daube de bœuf, et elle renonce progressivement à travailler. Contrainte d’avoir un salaire après le chômage de son mari, Cécile, qui ne sait rien faire à part le ménage et la cuisine, dixit le texte, va devoir travailler pour les autres et quitter le seul soin de son foyer : c’est « une mauvaise utilisation des compétences », « un drame à tous les niveaux – culturel, économique, personnel ».

On pourrait multiplier les citations misogynes, essentialistes, visant à maintenir les femmes dans des rôles traditionnels. Le racisme fait « naturellement » partie du programme antiprogressiste. Il est loin d’être absent du livre, avec les remarques désobligeantes habituelles contre les musulmans, mais aussi, plus crûment encore, par une anecdote : la belle-sœur de Paul s’est fait inséminer par un donneur noir afin d’humilier son mari… Quant à l’amoureuse du frère, l’infirmière Maryse, c’est simplement « la petite Noire » ; et lorsque son amant la déshabille, il la complimente : « Tu n’es pas vraiment noire ». Il arrive que ces propos soient mis à distance, mais ils sont trop récurrents pour ne pas conforter la thèse principale d’un roman qui se veut la somme d’une époque en même temps que son reflet, d’ailleurs toujours parfaitement lisible. Un tel roman, avec son personnel fictionnel nombreux, ses références, ses descriptions, son sentimentalisme, ses clés, ses habiletés et ses ficelles, fait s’interroger sur le bien-fondé de toujours défendre le « grand roman », ou le « roman traditionnel », alors que le cas d’Anéantir montre que, au service de la représentation du contemporain pour lequel il n’est pas fait, ce roman ne sait que ressasser son contretemps, sa réaction.

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Gabriel Boric Font, de 35 ans, es lo president mai votat de l’istòria chilena e serà lo president mai jove del país

En Chile, de centenas de milièrs de personas an manifestat per carrièras per tal de festejar la victòria de Gabriel Boric Font a l’eleccion presidenciala. Lo candidat esquerrista s’es impausat al pinochetista José Antonio Kast. Boric Font es lo president mai votat de l’istòria chilena, amb lo 55,8% dels vòtes, e, amb sos 35 ans, serà lo president mai jove del país.

Al primièr torn, lo 21 de novembre, foguèt segond amb lo 25,83% dels vòtes, just darrièr José Antonio Kast, que n’obtenguèt lo 27,91%. Mas al segond torn l’a superat amplament.

Lo nòu president chilen a centrat sa campanha electorala sus la fin del neoliberalisme e sus de dreches fondamentals amb un programa centrat sul feminisme e l’ecologisme. Vòl aumentar los impòstes del 8% en 8 ans, sustot pels pus rics, e desira d’impausar de taxas sus l’extraccion del coire, que Chile n’es lo màger productor. A mai, es favorable a la descentralizacion e la defend en tot revendicar sas originas catalanas.

Gabriel Boric Font es d’efièch descendent de croats e de catalans que s’establiguèron en Chile fa mai d’un sègle, sosten l’independentisme catalan, e emplega de temps en temps la lenga catalana dins sas publicacions suls rets socials.

Totun, la composicion del parlament a pas de majoritat clara, e doncas lo nòu executiu deurà negociar las mesuras que prepausarà amb las autras fòrças politicas que son contràrias a aquel programa.

Gabriel Boric Font vendrà lo president mai esquerrista del país, après Salvador Allende, e arriba après una estapa neoliberala que reprimiguèt amb una duretat extrèma las grandas manifestacions de la tardor de 2019.

Reconeissença dels pòbles originaris

Dins son primièr discors coma president del país, Gabriel Boric Font, mercegèt “totes los pòbles originaris qu’abitan l’endrech nomenat Chile”. A mai, sas primièras paraulas las prononcièt en las lengas mapuche, aimara e rapanui.

Dins sa campanha, Boric Font s’es d’efièch tanplan acercat del combat del pòble mapuche per sa reconeissença lingüistica e culturala.

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Nueve países concentran los 24 negocios que se han alzado con el Green Emblem, un sello que valora los vinos más sostenibles.

Robert Parker Wine Advocate, considerada como una de las mayores autoridades mundiales sobre vino, ha lanzado la distinción Robert Parker Green Emblem, centrada en la sostenibilidad de bodegas y productores vitivinícolas. Esta distinción, para la que se han evaluado más de 5.000 productores de 32 países diferentes, premia a aquellas empresas que extienden su compromiso por el medio ambiente más allá de la calificación de cultivo orgánico o biodinámico. Las ganadoras son 24 bodegas que han enarbolado la bandera del desarrollo y se han posicionado como embajadores de la sostenibilidad, liderando el cambio de la industria y aportando su grano de arena al bienestar del planeta. País a país, estas son las primeras viticultoras reconocidas.

España

Foto: ISTOCK

Escrito por Mari Carmen Duarte

ESPAÑA
Descendientes de José Palacios es la única bodega española en la selección de Parker. La finca, ubicada en la comarca de El Bierzo, ha aplicado los principios biodinámicos desde sus inicios, más de dos décadas de cultivo sostenible del que el productor nunca ha querido hacer alarde. Su experiencia avala un congreso anual sobre viticultura en la que expertos de España y Portugal aprenden a trabajar con animales en sus cultivos y a conseguir una producción cada vez más ecológica. Ricardo Pérez vive de la forma más artesanal y sostenible posible: elabora, cultiva y cría prácticamente todo lo que come y bebe, creando un ecosistema sostenible de autosuficiencia y aun así sacando tiempo para elaborar algunos de los mejores vinos de la región y de todo el país. De esta manera, Descendientes de José Palacios demuestra que una forma de vida ecológica y un cultivo biodinámico de la vid está mucho más al alcance de lo que se creía.
Bodegas Milton

Foto: MILTON VINEYARD – FB

NUEVA ZELANDA
Desde el comienzo de la historia de Millton, fundada por James y Annie Millton en 1984, la familia ha apostado no solo por aumentar la calidad de sus vinos, sino también la de su tierra, dos objetivos que, sin duda, van de la mano. Solo cinco años después de su fundación, Millton se convirtió en el primer productor en obtener la certificación BioGro en Nueva Zelanda para la producción de vino orgánico. En 2009 consiguieron ser la única bodega de todo el hemisferio sur en sumar a su palmarés la distinción Demeter por su vino de producción biodinámica.
Austria

Foto: TRIEBAUMER

AUSTRIA
La familia Triebaumer forma parte de la cultura vitivinícola austriaca desde hace más de 300 años, una saga de agricultores y campesinos que producen vinos excelentes, como los Ruster Ausbruch, entre los mejores vinos dulces del planeta, o el Blaufränkisch Ried Mariental, considerado como el primer gran vino tinto de Austria. La fórmula de su sistema ecológico: el uso de un sistema fotovoltaico y una producción cada vez más comprometida, que incluye procesos como la recuperación del suelo verde de la viña, en la que pastan sus ovejas, y el cuidado del hábitat de las abejas, un conjunto de acciones que contribuyen a mejorar sustancialmente la fertilidad del suelo y aumentar sus propiedades.
Alemania

Foto: WEINGUT ODINSTAL

ALEMANIA
Una finca cerca de un volcán, a 300 metros sobre el nivel del mar en Alemania parecía una locura para muchos, pero Thomas Hensel, dueño de Weingut​ Odinsal, estaba decidido. El resultado es una bodega biodinámica que ha hecho posible que su vino se alce con una certificación Demeter. La naturaleza está por todas partes y todo parece estar pensado para que fluya por si misma: muros de piedra, postes de madera y arbustos generan una mayor afluencia de insectos que enriquecen el terreno, abonado durante todo el año con estiércol. En cuanto a la producción, Hensel se ha deshecho de los plásticos en sus envíos, cambiando incluso la cinta adhesiva convencional por otra de papel y sus corchos están lacrados con cera de abeja. Toda una declaración de intenciones con las que pretenden lograr un equilibrio neutro en CO2 en un futuro próximo.
henschke

Foto: HENSCHKE

AUSTRALIA
Dos bodegas han australianas han conseguido colarse entre las más ecológicas del mundo. Por un lado, Cullen Wines, certificada como biodinámica desde 2008 y con Vanya Cullen al frente. Además de compensar las emisiones de carbono a través de proyectos locales, el 40% de la energía de esta bodega se consigue a través de paneles solares, mientras que el porcentaje restante se compra a fuentes solares y eólicas externas. Botellas de carbono reducido, cartón local y un buen programa de reciclaje son algunas de sus señas de identidad.
En cuanto a la segunda bodega, se trata de Henschke, una bodega cuyos viñedos tienen más de un siglo de antigüedad. Aunque el negocio no está oficialmente categorizado como biodinámico, su dueña, Prue Henschke, se ha comprometido con este tipo de prácticas desde 1987, realizando ensayos y estudios con varios composts y pastos. Su esposo, Stephen, fue uno de los primeros en implementar un sistema de gestión de calidad con paquetes reciclajes, restauración de la vegetación original y la mejora de vida de la comunidad local. Toda una declaración de intenciones de cara a un futuro mucho más sostenible.
iStock-1173825447. Sudáfrica

Foto: ISTOCK

SUDÁFRICA
Los dos únicos representantes africanos en esta distinción se encuentran en Sudáfrica: las bodegas Reyneke y Sadie Family. Las bodegas Reyneke tienen numerosas certificaciones, entre las cuales se encuentran Demeter y Ceres. Guiado por Johan Reyneke, este proyecto vinícola ha rechazado el uso de materiales químicos y cambiándolo por algo tan sencillo como patos, que cuidan por sí mismos del cultivo; maleza, que aleja la cochinilla de la vid; preparaciones biodinámicas, con las que favorece la biodiversidad del suelo, o el seguimiento del calendario lunar para la plantación, la poda y la vendimia.
En cuanto a Sadie Family, que dirige Eben Sadie, se centra en el cuidado y cultivo de viñas viejas y en la mínima intervención en estas, con un proceso totalmente orgánico que dota al vino de una profundidad de sabor reservada a los mejores. Sus botellas son tan codiciadas que el primer día que salen a la venta tardan pocas horas en agotarse. Sadie es un experimentador nato: su curiosidad le ha llevado a afinar durante años sus habilidades para conseguir un vino armonizado con la naturaleza, sabiduría que trabaja para transmitir a sus descendientes y futuros portadores de su legado.
Alois Lageder

Foto: JOHN MCDERMOTT / ALOIS LAGEDER

ITALIA
Alois Lageder es una de las tres bodegas de Italia que han conseguido el Green Emblem de Robert Parker. Esta explotación es la prueba de que se puede hacer un vino biodinámico a gran escala, concretamente en 55 hectáreas de viñedos. Esto le ha situado en el punto de mira de muchos agricultores, lo que le llevó a crear el festival Summa, dedicado a la viticultura sostenible. Otro claro ejemplo a seguir es el de Tasca Conti d’Almerita, una bodega que no solo se preocupa por hacer de sus propios viñedos una plantación biodinámica, sino que ha creado un modelo de agricultura que se aplica a toda la región a través del programa SOStain, un protocolo de sostenibilidad integrado para este tipo de negocio y con un plan de acción.
En uno de los rincones más bellos de la Toscana se encuentra Salcheto, que afirma ser la primera bodega del mundo en certificar la huella de carbono de una botella de vino. Gracias a un estudio con la Università di Siena, calcularon que cada botella equivalía a 1,83 kg de emisiones de CO2, lo que derivó en la iniciativa Salcheto Carbon Free. Hoy en día, la bodega está alimentada por energías renovables, incluidas sus suites.
littorai. Estados Unidos

Foto: LITTORAI

ESTADOS UNIDOS
El segundo país con más representación de esta clasificación es Estados Unidos, con cinco bodegas. Eyrie Vineyards está certificada como orgánica desde 2013 y se basa en una agricultura sin labranza, esencial para las viñas viejas, ya que disminuye el estrés por sequía. El método seguido por Jason Lett, que consiste en no regar ni cultivar la tierra, podría verse como un punto importante a estudiar de cara a un futuro agrícola más responsable. Otra de las bodegas escogidas es Horsepower Vineyards, que rinde homenaje a las tradiciones vinícolas más antiguas, como el uso de caballos de tiro belgas. Además, más de dos décadas de estudio sobre la biodinámica avalan su compromiso y su apuesta por una agricultura circular en la que el humano influye mínimamente.
La agricultura generativa, una mezcla de agricultura biodinámica, permacultura y agroecología son las señas de identidad de Littorai, fundada por el matrimonio de Ted y Heidi Lemon. Su labor no se ha limitado solo a producir un vino sostenible, sino también en ayudar a otros a conseguirlo. También hay bodegas que no nacieron bajo la premisa de la sostenibilidad, como Ridge, cuya conversión a lo largo de los últimos años se ha centrado en cambiar los sistemas de funcionamiento de la explotación y en reutilizar materiales, además de utilizar un etiquetado en el que se muestran los ingredientes. Por último Spottswoode, uno de los dos únicos viñedos orgánicos en el Valle de Napa hasta la fecha, con más de 30 años de historia a sus espaldas, con un uso casi exclusivo de energía solar y su donación del 1% del beneficio anual a organizaciones ambientales.
zusslin. Francia

Foto: ZUSSLIN

FRANCIA
El país que se lleva la palma en esta clasificación es Francia, con ocho bodegas escogidas. En Domaine Bruno Lorenzon las vides se cultivan a más altura y se producen barricas propias, con un proceso monitorizado personalmente desde la recogida de la fruta del cultivo hasta el tostado del vino. Las frutas también tienen un papel importante en Luis Roederer, que dejó atrás los herbicidas y fertilizantes sintéticos y aró la tierra para conseguir raíces más profundas, algo que reviste de fuerza a la vid. Un ejemplo de que la conversión es posible es la bodega Pontet-Canet, cuyos inicios fueron costosos pero que hoy en día tiene triple certificación biodinámica: Biodyvin, Demeter y Ecocert. Arada con caballos y con una bodega alimentada por energía geotérmica, cuatro veces más eficiente que cualquier combustible, hace uso de un sistema innovador: unas ánforas de arcilla hechas en parte con tierra y grava de los viñedos.
Un servicio comunitario en toda regla es el que lleva a cabo Gerard Bertrand, que ha conseguido convertir gran parte de su producción en biodinámica, pero que también quiere que otros viticultores abracen esta forma de agricultura, por eso ofrece asesoramiento técnico y fondos.
Otra bodega que sirve de inspiración es Gabin et Félix Richoux, que han demostrado que la viticultura sin herbicidas, pesticidas y fungicidas es viable, inspirando a otros a seguir su ejemplo, al igual que la bodega Larmandier-Bernier, que abandonó estos métodos en los 90.
En Borgoña, el Domaine Leroy utiliza regularmente cocciones de dientes de león, manzanilla y cola de caballo en los suelos en un proceso de descontaminación química que llevará años.
Por último, merece la pena destacar la bodega Valentin Zusslin, en cuya propiedad se encuentra una reserva natural declarada con plantas mediterráneas y con un viñedo del que se adueñan las ovejas en invierno y las colmenas y pajareras en verano, una apuesta por la vida que mejora el cultivo exponencialmente.
[Fuente: http://www.nationalgeographic.com.es]
Yo no voy a dejar de escribir, nunca voy a dejar de escribir, yo sigo escribiendo todos los días”, dijo Robin Wood en conversión con La Nación este domingo, saliendo al paso a publicaciones que señalaban que abandonaba su profesión debido a cuestiones de salud que supuestamente lo aquejan.
Los medios se hicieron eco ayer de un comunicado dado a conocer por un miembro de su círculo cercano, lo que propició estas versiones contradictorias, y puso sobre el tapete algunas cuestiones de índole familiar.
El creador de “Nippur de Lagash”, según las primeras versiones, se encuentra aquejado de una enfermedad que no le permitiría seguir produciendo, ante lo que el escritor dijo: “Realmente no sé de dónde salió esa historia. Yo amo escribir, me dedico a escribir, esa es mi profesión”.
Respecto al origen de las primeras declaraciones, pidió “por favor, que dejen de decirlo”. Conflictos de índole familiar habrían generado estas afirmaciones contradictorias.
“Salió en los diarios que yo me estaba muriendo, y yo no me estoy muriendo. Y con respecto a escribir, yo voy a seguir escribiendo exactamente como venía haciendo todos estos años”, reiteró.
Wood, originario de la zona de Caazapá, es un guionista de historietas paraguayo reconocido a nivel mundialmente por series como “Nippur de Lagash”, realizadas principalmente para la editorial Columba, en Argentina, país desde donde se catapultó su carrera a todo el mundo.
[Publicado en La Nación]

¿QUIÉN ES ROBIN WOOD?

Por Diego Accorsi
En esta sección podrán conocer al magistral guionista de historietas sin necesidad de examinar un montón de datos biográficos. Este es un reportaje que surgió de las inquietudes que me fueron apareciendo en septiembre de 2000, a medida que me adentraba más y más en el mundo de Editorial Columba. Habiéndome convertido en el responsable de relanzar los títulos en un proyecto kamikaze que contaba con ínfimo presupuesto, opté por reeditar los personajes más famosos de la editorial desde sus primeras apariciones. Para ello, ordené todos los números de todas las revistas (que se conservaban encuadernados en infinidad de volúmenes) y todas las fichas de las historias compradas por la editorial. Además, encontré un montón de cuadernos donde anotaban los guiones que compraban, con fecha, autor y revista en la que era publicado. Muchas herramientas, pero también, mucho material y todo abría nuevas puertas. Yo –debo confesarlo- nunca había sido un ferviente admirador de la editorial de la palomita y su guionista estrella, Robin Wood. Desde el momento que empecé mi gestión, ese nombre se me aparecía por todos lados. El tipo había hecho todo… y con ese nombre. No podía ser real. Entre los aciertos de esa dirigencia se contó con la inserción como archivista de Johnny –alias el Negro-, íntimo amigo de Robin desde su adolescencia. Johnny demostró ser una verdadera enciclopedia viviente del guionista paraguayo-argentino-danés, con una memoria prodigiosa y una voluntad ciclópea. Antes de siquiera sacar los números Uno, yo ya tenía una necesidad imperiosa de conocer más del autor de Nippur, Dennis Martin, Savarese, Mark y un larguísimo etcétera. Mis primeros acercamientos a esta figura casi mitológica fueron a través de historias de Johnny, hasta que me dijo: “Robin viene este fin de semana a Buenos Aires, ¿querés charlar con él?”. Y sin dudarlo comencé a anotar una batería de preguntas que se iba extendiendo. Coincide con que para ese momento, me doy cuenta de que me sobran páginas en los números 1 de las revistas y en lugar de rellenarlos con avisos, quedaba mucho mejor, un reportaje al gran guionista. Así, en una apacible tarde de primavera, enfilé hacia el departamentito que Robin mantenía en la ciudad de Buenos Aires, y me senté frente a frente con uno de los más grandes –y sin duda uno de los más prolíficos- guionistas del mundo. La entrevista fue casi una charla entre amigos, con muy buena onda, con anécdotas al margen, y el carisma del escritor operando a tope. Salí convertido en un fan de Robin Wood. Esta es la charla como apareció publicada en las revistas Nippur de Lagash Nº1, D’Artagnan presenta a Dennis Martin Nº1 e Intervalo presenta a Savarese Nº1 durante noviembre de 2000, por primera vez, toda de corrido. Encontrarán indicaciones a pie de página para actualizar lo más posible las declaraciones de Robin, ya que en estos ocho años y pico, algunas cosas han cambiado. Espero que los convierta en fanáticos de Wood como a mí.
Un día soleado de principios de primavera, quedé en encontrarme con Robin Wood en su departamento de Buenos Aires, cerca del Parque Centenario (Robin ya no viene tan seguido a Buenos Aires, por ende, no tiene más el departamento de la calle Sarmiento). Apenas uno entra, ve un montón de dibujos enmarcados en las paredes, una Amanda de Falugi, un Gilgamesh de Pez, varias páginas de Nippur de Lucho Olivera, tapas pintadas por De la María, y sentado a la mesa, Robin. Sobre esta hay un laptop cerrado y un cuaderno abierto, escrito, desprolijo. Él está medio resfriado, en realidad, el venir a una ciudad tan polucionada como Buenos Aires le hace chorrear la nariz. Me siento y empezamos una amena charla, en la que Robin –con su acostumbrado estilo- imitó a personas, entonó a la perfección cada palabra dicha en otros idiomas (inclusive el paraguayo), siempre gesticulando mucho, interrumpiéndose y cambiando de idea sobre la marcha, verborrágico, creativo, divertido y con muy buena onda. Pero basta de preámbulos, pasemos a la (…) entrevista, conozcamos…
UNA VIDA DE AVENTURAS: REPORTAJE A ROBIN WOOD
-Empecemos por el principio, ¿cuándo y dónde naciste?
-Nací en el 25 de enero de 1944… De entrada voy a remarcar que Robin Wood es mi verdadero nombre. Nací en una colonia socialista de australianos que vinieron al Paraguay. (El nombre del caserío de los australianos en medio de la selva paraguaya se llama Colonia Cosme y queda en el departamento de Caazapá). En un lugar que aún hoy en día no tiene electricidad ni agua corriente, ni nada (Ocho años después, Colonia Cosme sigue sin luz o agua corriente). Y allí yo crecí.
-¿Cuándo viniste a Buenos Aires y por qué?
-Ahí está un poco más confuso, porque mi madre era medio gitana también. Viví hasta los cinco años en la colonia, después viví con familias, después vivimos… Debo haber llegado a Buenos Aires aproximadamente… creo, porque no tengo fechas exactas, yo debería tener 8 o 9 años. Me quedé aquí unos tres años; vivía en un orfanato porque mi madre no me podía cuidar y volví al Paraguay a los once, doce años, más o menos.
-¿Y después vuelta a la Argentina?
-No, de ahí me fui a la ruta transchaco, a trabajar; a los once años me fui al desierto, al Chaco, y trabajé ahí por un año y medio. Después volví a Asunción, después volví a Buenos Aires, porque mi madre se había casado. Lo malo es que se divorciaron ocho meses después, o sea, que toda una vida familiar que a mí no me interesaba particularmente, volvió a desmoronarse. Entonces trabajé en docenas de trabajos solo… calculá que en esa época yo tenía quince, dieciséis años. Y un buen día me fui en ómnibus de vuelta a Paraguay. Uno de mis tíos estaba trabajando en el Alto Paraná y tenía un camión obrajero, entonces me fui y pasé unos años trabajando en el Paraná.
-¿Y cuándo venís a establecerte en Buenos Aires?
-La Embajada Francesa en Paraguay ofrece un premio a quien pudiera hacer un análisis de la cultura y el arte de Francia. Yo, entre camión y camión, intervine. Y lo gané. Entonces el diario El Territorio me toma como corresponsal… además, pensá en mi edad…
-Pero… ¿de dónde sacás tu educación? ¿Cómo viajando tanto lográs escribir un texto sobre la cultura francesa?
-Yo no tenía ninguna educación, yo tengo seis años de escuela nada más, yo pasé el sexto grado y nada más. Pero por supuesto, como siempre digo, es una especie de anécdota simpática, a los ocho años yo leía Todos los hombres son mortales de Simone de Beauvoir, que muchos años después se convirtió en Gilgamesh y leía Cuentos del mar Por quién doblan las campanas, de Hemingway; tenía ocho años.
-¿Y cuál es tu primer contacto con la historieta?
-De chico no tuve ningún contacto, acordate que yo no tenía casa, yo dormía donde podía, y después empecé a trabajar en las fábricas, en Buenos Aires, que fue el período más terrible de mi vida. Pasé entre cinco y seis años en fábricas, con los sueldos de aquella época, viviendo en pensiones con cinco camas por cuarto, y había esas cocinitas que había que pedalear, con querosene. Entonces en esos cuartos cocinábamos ahí, vivíamos de eso. Hasta hoy en día mi hígado ha quedado… porque eran hamburguesas con huevos fritos, con la grasa y todo eso, y trabajábamos generalmente seis días a la semana. Desde las siete de la mañana hasta las seis de la tarde. Y vivíamos así, de eso. Yo era una bolsa de huesos, muy flaco, tenía granos por la mala comida, la mala alimentación, etcétera… Y yo quería ser dibujante. Era un pésimo dibujante.
-¿Cómo se te ocurre ser dibujante de historietas?
-Siempre me gustó dibujar. Y ahí vienen esas pequeñas cosas: fui a estudiar a Bellas Artes y al otro, en donde enseñaba Alberto Breccia… la Panamericana de Arte, pero yo no tenía talento. Yo quería ser dibujante, pero al final me dijeron “Robin, estás malgastando tu tiempo, no tenés talento”. Y había un individuo ahí, que estudiaba conmigo… en realidad no estudiaba, iba ahí a aburrirse, que se llamaba Luis Olivera, y entre las miles de lecturas mías, estaba la sumeriología, el estudio de la civilización de Sumer. Que era la misma obsesión de Lucho y nos sentábamos después de clase a hablar y hablar, y hablábamos y después yo me iba a la pensión, él se iba a su casa. Y un día estaba puteando porque los guiones eran malísimos y me dice “Estos no son guiones, son un horror”. Y de repente me dijo: “¿Por qué no hacés un guion así, de sumeriología?”. Y le escribí además otros tres guiones. Y me olvidé. Me olvidé porque yo se los llevé a Lucho a la casa; a él yo nunca le mostré dónde vivía. Era un basural, directamente, era algo tan deprimente que me daba vergüenza, donde mi vida era simplemente poder comer ese día. Así que, de repente, cuando la editorial –Columba, donde trabajaba Lucho- aceptó esos guiones, Lucho no sabía dónde contactarme. Éramos amigos de Bellas Artes y en la Panamericana, pero él no sabía dónde vivía yo. Y los guiones se publicaron dibujados por él. Pero Lucho no podía avisarme… Hasta que vi la revista con la historieta publicada. Decía Robin Wood en la tapa… ¡guau! Cuándo yo lo vi fui… Yo vivía en Retiro, y trabajaba en una fábrica que quedaba en Martínez, y ese día había llegado tarde, entonces cuando llegabas tarde no te dejaban entrar y como te pagaban por hora, ese día no comías, listo; entonces pedí un vale y no me lo dieron, pedí algo y nada, y volví caminando desde Martínez a Retiro. Y encima de yapa, llovía. Era como si fuera una película francesa, llovía a cántaros… Y paré por el camino a mirar un quiosco de revistas y vi la revista en la que yo sabía que Lucho dibujaba la abrí y me encuentro con mi nombre. Bueh… seguí caminando hasta Columba, que en esa época estaba en Sarmiento y Callao, algo así… Y fui ahí, subí y estaba una señorita preciosa, en una hermosa oficina, que me miró con toda la sospecha del mundo, totalmente justificada, y me dijo: “Sí, ¿qué quiere?” No te puedo explicar el aspecto que yo tenía, era una cosa… Pesaba cuarenta y ocho kilos, la miseria de mi ropa, todo… Esta chica que luego fue amiga mía de manera íntima, me dijo que ella pensó que yo venía a pedir comida o dinero, o algo, a vender tarjetitas de ‘Soy sordomudo’ o algo así, ‘Colabore’. (risas) Yo le dije: “Me llamo Robin Wood”… Chau, otra joda. Ella no estaba al tanto de las historietas, y ese nombre ridículo…
– Le roba a los ricos para darle a los pobres…
-Pero este necesita para él y para nadie más. Entonces le digo: “No, yo escribí unas historietas y fueron publicadas”. Teresita, Teresita Murray, una irlandesita, muy simpática, me dice: “Espere un momento”, y se fue a hablar, probablemente se llevó todas las cosas que se pudieran robar; (risas) y al rato viene, me mira así con curiosidad y dice: “El señor Basalo lo espera.” Basalo fue Balbastro en Mi Novia y Yo. Paso a una oficina donde un señor muy elegante está sentado, el tipo me mira y me dice: “¿Usted es Robin Wood?” “Sí, señor”. Me dice: “No se ofenda, ¿tiene una cédula?” Saqué mi cédula y se la di. La miró y “Pero entonces ¿de verdad usted es Robin Wood?” “Sí”, entonces me dice: “Le cuento que compramos los tres guiones”… y no te puedo decir los precios de esa época, pero ponele que en la fábrica yo ganaba trabajando las horas extras que eran cuatro por día, trabajaba ocho horas más las cuatro horas extras, o sea doce horas, ganaba -un ejemplo- cien pesos por mes…“Nos gusta mucho el trabajo, le compramos todo lo que entregó y le pagamos doscientos pesos”. Yo había escrito tres historietas y digo “¿Doscientos pesos por las tres?” “No, no, doscientos pesos por cada una”. ¡AH! De repente el mundo cambió y dice: “Y todo lo que produzca se lo compramos”. “Bien, bien…” Ahí me levanté ya diferente y le digo: “A todo esto…” y el tipo que ya me había calibrado me dice: “Váyase al tercer piso que ahí le dan un cheque”. Yo nunca había visto un cheque. Fui al tercer piso, me dieron un cheque y yo con el cheque en la mano… (cara de desconcierto) Entonces el tipo me dice: “Pará, vos nunca cobraste un cheque”. “No” “Salí afuera, cruzá Callao y está el Banco de Londres y América del Sur, entregá el cheque y ellos te dan el dinero”. Fui, entré al banco y en esa época debía ser una pila de billetes así (muestra las manos separadas a una distancia como la de una taza de café), entrego el cheque, y me dice: “¿Tené’ cédula? … ¿Robin Hood? … Momento…” Y viste cuando sabes que no va a resultar, que algo va a pasar, que algo va a ir mal, y el tipo viene, me pone el paquete de billetes delante y me dice: “¿Quiere un sobre?” Si me hubiera preguntado si quería un elefante le digo que sí también, me dio el dinero, me fui y de ahí en adelante gané montones de esos paquetes de billetes y once meses después fui a avisarle a Columba que me iba. “¿Cómo te vas a ir?” “Sí, sí”, le digo, “yo me pasé seis años en la fábrica desde el amanecer hasta la noche, seis días por semana y ahora yo me voy…” Yo me iba a ver entrar los barcos en el puerto, yo fui voluntario para la Guerra de los Seis Días, también fui voluntario para Vietnam, con tal de poder irme… En la Guerra de los Seis Días no me aceptaron porque no era judío, ¿y a mí qué?; ofrecí seis años de trabajo en un kibutz a cambio de un pasaje. Para lo de Vietnam me dijeron: “No hay problema, lo único que tiene que ir a Estados Unidos y alistarse ahí”. “Pero escuchame”, le digo,“si yo tuviera plata para irme a Estados Unidos, ¿para qué carajo voy a enlistarme?” Y de repente ahora tenía dinero, y dije: “Yo quiero ver cosas, quiero ver países, quiero ver todo”, y no me fui en avión, me fui en un barco de carga, así, que tomaban siete ocho pasajeros; y me fui en el Calazeta, un barco italiano… Y van veintidós años de viajes… sin parar, nunca quedándome más de seis meses en una ciudad. Y hasta hoy en día me acuerdo del Calazeta que era un buque de carga, tenía una pileta de lona azul en la cubierta para los marineros, que la cargaban con agua salada para refrescarse, no había restaurante, no había nada…
-Ahora viene la pregunta que ya me respondiste, si Robin Wood es tu nombre real… Pero la pregunta puede ser ¿qué otro nombre queda bien con el apellido Wood? ¿Cómo se llamaba tu viejo?
-No sé, nunca lo conocí.
-Y Wood es el apellido de tu mamá.
-Sí.
-¿Y cómo se llamaba tu abuelo materno?
-Hay un nombre tradicional en mi familia, Alexander. En cada grupo familiar siempre hay un Alexander o una Alexandra, mi hija se llama Alexandra. Eso es una especie de tradición… Nosotros somos un clan, no te puedo explicar en palabras lo que es un clan, nosotros somos 300, 400, vivimos en Australia, en Paraguay, en Argentina, en Estados Unidos, Irlanda, somos Wood. Para nosotros ser Wood es una cosa muy importante, muy agradable…
-¿Por qué tuviste tantos seudónimos? Yo te encontré seis, creo.
-Había como doce. Cuando empecé a trabajar en Columba, llegó un momento que decidieron que era una mala política que hubiera en el índice varias historietas hechas por mí y se lea Robin Wood, Robin Wood, Robin Wood, y entonces me pidieron que buscara un seudónimo, y así nació Mateo Fussari, que lo saqué de la sección avisos fúnebres; había muerto el pobre, decía “Mateo Fussari, que en paz descanse”. Robert O’Neil, que era una cosa así, importante; Roberto Monti era el famoso italiano con el que mamá había vivido, que fue como un padre para mí, y fue un lindo homenaje; Carlos Ruiz…
-Carlos Ruiz era el que hacía las de deportes…
-Sí, sí, Carlos Ruiz, era la chotez andante, fantasía de nada, y después el que a mí más me gustó que era Cristina Ruttegard, o sea, yo fui la primera escritora femenina de historietas… Yo estaba buscando un nombre y como era para Intervalo… Así que yo fui la primera escritora, antes de Patricia Breccia, creo que soy la única escritora femenina de historietas en la Argentina…
-Una vez que te aprobaban los guiones, ¿no se te ocurrió presentar la historieta completa? O te diste cuenta que el dibujo no…
-Presenté una, Hjalmar, una historia de vikingos, y yo le dije a Presas: “Esta la quiero dibujar yo”. Las conversaciones con Presas siempre eran problemáticas porque él es tartamudo, entonces hice creo que 17 páginas en vez de las doce habituales, y cuando la vio toda me dijo: “Mirá, esto es una cc-c-cagada”. Me dice: “Vos Wood, vos seguí escribiendo, porque dibujando, no vas a ganar un mango”. Okey, seguí. Pero son diecisiete páginas… Años después, yo le digo: “La historieta esa de Hjalmar… ¿donde está?” “Ah, yo la tengo colgada en casa, en mi colección”. “Ah, pero eso no se me pagó”. “¿Quién te iba a pagar por una cosa así?” Le digo: “Tenés razón, pero si no está pagada es mía, ¿no?” “Sí, sí, es tuya”. “Bueno, Dámela”. “No”. “¿Por qué no?” “Yo soy el único que tiene una historieta completa, escrita y dibujada -si a eso se le puede llamar dibujo- por Robin Wood”. “Pero legalmente es mía”. “Legalmente es tuya”. “Dámela”. “No”. “Te rompo la cara”. “No me importa, no te la doy”. La tiene todavía enmarcada en su colección, nunca me la dio.
– Sé también que -a vos poco, pero a otros quizá más-, le rechazaban historietas… ¿Qué había en la historieta para que en Columba dijeran “Esto no va”?
– A mí me rechazaron algunas historietas, y debo decir, en mi caso, tenían razón. Porque ellos tenían una línea, de trabajo y la seguías o no, pero si no la seguías… Algunas de esas eran tan malas… No es que fuera simplemente el hecho que usaban la autoridad, es que algunas eran tan malas. Yo las he visto… A veces me llamaban para decirme: “¿Vos podés corregir esto?” y yo o leía y decía: “Tienen razón, dejate de joder” y listo.
-A propósito de esto, ¿qué aportó el estilo Robin Wood a Columba? En Columba había una fórmula, y un día aparece Robin Wood dentro del estilo Columba, pero aportando un montón de cosas. ¿Qué hiciste vos que no se venía haciendo antes? A medida que tus guiones empezaron a poblar todas las revistas, todos los otros guionistas empezaron a parecerse más a vos…
-Esa es una pregunta bastante, bastante difícil… Yo nunca razoné lo que hacía, hasta hoy en día, yo trabajo así: (señala un cuaderno garabateado con números de cuadro y un breve texto de pocos reglones en cada uno). Esto (señala la laptop), es nada más que para pasar en limpio. Hasta hoy en día yo trabajo así y si te fijás un poco, yo no corrijo, rarísimo, una… pero en general no corrijo nada. Tal cual como sale, sale. Yo tenía una cultura monstruosa, y una fantasía monstruosa, y eso son cosas que no podés explicar. Yo nunca lo pude explicar. Una vez yo estaba con el guionista (Gustavo) Amézaga, y miró mis guiones y dijo: “Acá no hay corrección”. Y le digo: “Yo nunca corrijo nada, lo hago todo de una sola vez, después tal vez corrija aquí una cacofonía”, y él me dice: “Pero yo tengo que hacer tres, cuatro o cinco copias de un guión”… Así como sale, queda. Creo que en esa época, hubo tres tipos que afectaron la historieta. Uno por supuesto es el grande, Oesterheld. Ni me voy a molestar en hablar, porque él era EL mejor. Absolutamente el mejor. El otro fue Ray Collins, el desaforado, porque realmente él era en todo exagerado. Y quedaba bien. El tercero fui yo, creo que una mezcla entre los dos. Por supuesto yo lo imité a Oesterheld en todo, porque lo admiraba, lo leía, copiaba sus guiones, los guardaba… Mort Cinder en las Termópilas… Yo copié todo de ahí… (recita de memoria, con tono trágico y profundo) “Subo la colina y me encuentro con tres ilotas perdidos, me acompañan, pero el día es negro porque el viento solo puede repetir una palabra Alfeus, Alfeus…” Eso es arte. Eso es lo mejor. Eso es espléndido. Sargento Kirk nunca me convenció. Pero Mort Cinder… eso es…
-Vos releés cosas tuyas y retomás alguna punta que haya quedado colgada, algún enemigo que haya quedado vivo…
-Todo el tiempo. Me encanta.
-¿Hacés eso?
-Ajá. Por una simple razón. ¿Qué es lo más fascinante que hay en las historias? Los malos. Un bueno es bueno, y es bueno en una manera bondadosa, pero los malos, los villanos… Escuchame, en Batman, ¿quién es más interesante? ¿Batman o el Joker? ¡El Joker! Batman está bien, es bueno, mientras que el otro no tiene ningún límite. Entonces el Joker es el gatillo de la historia, el malo es el que hace que el bueno intervenga. Vos sabés que el bueno va a venir, va a intervenir, lo va a cagar, etcétera, pero el malo es el bueno, o digamos que lo interesante es el malo…
-¿Cómo es tu forma técnica para escribir guiones y cómo es tu trabajo con los dibujantes? Vos dividís por página, por cuadro…
-Por cuadro, fijate (señala el cuaderno), está todo dividido por cuadro, después cuando lo paso a la computadora doy las aclaratorias, cada cuadro tiene una aclaratoria: cómo debe ser el enfoque, primer plano, personaje, documentación, expresión, etcétera…
-¿Y vos ya sabés para qué dibujante lo estás haciendo?
-Sí, hace una diferencia tremenda.
-Pero cuando empezaste en Columba no…
-No, no, no, en esa época no, hoy en día yo trabajo con Falugi, Carlos Gómez, Salinas, Enrique Breccia, yo sé exactamente lo que ellos pueden dar. (Al momento de subir esta página, Robin trabaja con Carlos Gómez, Pedrazzini, Goiriz y varios coloristas)
-En el librito de guiones de Columba encontré que en una semana entregaste dieciséis guiones juntos, ¿cómo hacías para escribir dieciséis guiones por semana? Porque no es que no hiciste nada la semana anterior ni nada en las siguientes, una semana hacías diez, otra doce, ¿cómo hacías para producir tanto? ¿Tuviste ayudantes?
-Nunca; nunca. Una vez Columba me puso ayudantes, pero no funcionaba, porque la idea de ellos era que los ayudantes escribían el guion y yo los retocaba y salía. Pero cuando yo los leía… los hacía de vuelta, entonces le dije a Columba: “Para esto laburo yo solo”, pero hasta hoy en día, escribo cantidades; esto lo escribí esta mañana en dos horas (de nuevo señala el cuaderno), es una historieta de Dago… Ayer escribí otra, no, ayer escribí dos… Pero aparte de eso hago los libros de Dago, de 94 páginas que no sé si los viste…
-¿Escribís algo más aparte de historietas?
-Sí, sí, sí… Escribo muchos artículos sobre cine, sobre historia, análisis histórico…
-Escribís en danés, en inglés…
-En danés, en inglés, en italiano, en francés, etcétera, aparte de eso… yo soy un combatiente ecologista… pacífico, no estoy diciéndole a nadie lo que tiene que hacer, simplemente hago lo que puedo… he salido en libros sobre ecología… Creo que tengo una cierta conciencia social…
-Engancho esto con una pregunta que tenía dando vueltas, ¿cuando hacés las historietas, alguna vez dejás traspasar un mensaje, una ideología, algunas ideas tuyas…? ¿Alguna vez sentías que estabas transmitiendo tus ideas personales a los protagonistas o que una idea fuerte tuya era el mensaje de la historieta?
-Sí, sí, eso es inevitable… Yo tengo una conciencia social, porque no formo parte de ningún grupo, pero no podés evitar, mirar alrededor y sacar la conclusión de que un poquitito… Yo pago los estudios de más de veinte chicos pobres, aquí en Sudamérica, a través de organizaciones danesas… soy ecologista, no un ecologista agresivo, porque yo creo que eso también llega a sus extremos… yo hago la mía…
-¿Alguna vez un personaje dijo “No como carne porque está mal”, o una cosa así?
-No, no, nunca, porque eso es algo a título personal, no podés obligar a la gente a ser vegetariano, a no beber…
-En los ‘70 se te ve sobre todo en Mark, una especie de enfrentamiento a la tecnología, a las computadoras, Mark dice: ‘Los de la ciudad son como robots manejados por las computadoras’… Te venía molestando la tecnología…
-Claro, pero no la tecnología, lo inútil que yo era en relación con ella. Vale decir que yo aprendí a manejar una computadora hace dos años, antes era todo así (señala el cuaderno), y con birome roja hacía las aclaratorias y mi mujer las pasaba a máquina. Hasta que un día, me agarró, me hizo sentar y me dijo: “Tu problema es que sos perezoso, ahora vas a aprender” y ahora uso la computadora.
-¿No te aburrís del formato que te obliga terminar la historia cada doce o trece páginas? ¿No tenés necesidad de hacer historias más largas?
-Las hago; hice un mecanismo ahora, que por ejemplo series como Amanda y Dago, son de doce páginas; pero la historia en sí, se extiende a cinco capítulos, o sea que al final, serían unas cincuenta páginas, por la posibilidad de hacerlo en libro.
-Vos escribiste infinidad de géneros, históricas, western, policial… ¿con cuál es el que te sentís más cómodo?
-Todos… Dependiendo del humor del día….
-¿Qué pasa cuando te ponés a escribir, por ejemplo un guión de Nippur y después tenés ganas de escribir otro y otro…? Yo vi en el cuadernito que entregabas varios guiones del mismo personaje el mismo día, después durante tres meses a ese no lo tocabas, después otra entrega de varios episodios…
-Es el ritmo. Anoche escribí un Dago, este lo escribí esta mañana, a las cuatro de la mañana (señala el cuaderno), probablemente esta tarde escriba el tercero.
-¿Te arrepentís de algo de lo que hiciste? ¿Hay algún trabajo que digas me arrepiento de haber hecho esto?
-Sí, un montón…
-¿Puedo nombrar uno?
-Dale.
-La adaptación de La Guerra de las Galaxias.
-Ahhh, pero de eso no me arrepiento por una sencilla razón; era la época que Columba había hecho un trato con una empresa cinematográfica, entonces estas empresas mandaban una reseña, una brevísima reseña de veinte palabras, y cuando yo pienso que hice La Carga de la Brigada Ligera, -inclusive ahora estoy tratando de hacer una reproducción de la Carga en miniaturas-, y cuando lo leí, y me acordé de lo que había escrito… ¡y a la puta! Pero claro, me daban así, “Robin tomá”, diez líneas, y sobre eso tenías que improvisar, yo no tenía la más puta idea de qué se trataba, asi también hice La Profundidad, y una vez me trajeron uno, en la época de los luchadores de catch mexicanos… Super Argo, terrible. Te traían y te daban un papelito, “Mirá, hacé algo sobre esto…” ” Bueh…” Y algo hay que hacer… La Carga de la Brigada Ligera es una cagada total… La Profundidad – The Deep- , que la salvó el dibujante, porque era una cagada. Una vez, Johnny, mi amigo, estaba conmigo en el aeropuerto, yo me volvía a Europa, y yo estaba ahí, meta escribir, marcar, todo, hasta que anuncian vuelo con destino a Ginebra,“Okey, terminé”, le digo: “Negro, llevalo y que en Columba alguno lo pase a máquina…” Y salió una cagada total.
¿Alguna vez un personaje te resultó un éxito sorpresa, que vos no esperabas gran cosa y de repente pegó mucho…?
-Yo pensé que Helena era una pavada; Mi Novia y Yo era una historieta nada más, yo no pensaba una serie… Hubo varias humorísticas y esta era simplemente una más, y de repente en Columba me dicen: “Mirá, tenemos correo, llamadas telefónicas y demás, ¿vos podés seguir haciéndola?” ¿Y qué historias puede haber de un tipo que está de novio con una petisa de mal carácter y que tiene un perro? Eh… cuatrocientos cincuenta capítulos. Y el otro en el que no creí y lo hice realmente porque me interesó a mí, fue Helena. Yo lo empecé a escribir y nunca estuve totalmente satisfecho con eso; Ernesto García Seijas que es un gran dibujante, en esa época estaba muy duro, muy… Y sin embargo fue un éxito y hasta se hizo la serie de televisión en Italia, todo…
-¿Y al revés? Uno al que vos le apostabas todo y no pegó.
-Ronstadt, por ejemplo. Yo pensé: ‘Este personaje me fascina’, pero me cagaron con el dibujante…
-¿Alguna vez te sentiste decepcionado por el dibujante, que vos te habías imaginado al personaje de una manera y el resultado final es un desastre…?
-Uf… Noventa por cierto de las veces…
-¿Y con el color de Columba?
-¿Qué color? (risas)
-¿Quién los convenció de que había que sacar todo a color?
-¿Qué sé yo? Yo estaba en China, en Japón, yo estaba lejos… Por alguna razón también… Eso era horroroso.
-Cuando vos hacías diferentes géneros, ¿era porque vos querías o porque te lo pedían?
-No, porque yo quería. Yo todavía hasta hoy en día, leo Mi Novia y Yo o Pepe Sánchez y me río. Y como yo siempre digo: “No debe estar del todo mal cuando el autor se caga de risa”. Pero además, como yo escribo de esta manera, así, de un tirón, no lo razono, no lo pienso. Carlitos Gómez se divierte porque siempre me pregunta: “¿Y qué va a pasar en el próximo capítulo de la serie?” Y yo le digo: “No tengo la más puta idea”. Y Falugi, el que hace Amanda, él también lo sabe: “Y bueh, esperemos”, -dice-. Ellos saben que yo no sé lo que va a pasar.
-¿Con qué dibujantes te gustaría trabajar?
-Con los que trabajo ahora que realmente me gustan, Zanotto, Alcatena, Falugi, Carlos Gómez, Salinas… (Además de los países que nombra Robin, a la fecha sus obras se han publicado también en México, Chile, Paraguay, Uruguay, Bolivia y Suiza).
-¿Y alguno de los que no estés trabajando?
-Es difícil, porque una cosa es lo que muestran y otro es cuando empiezan a la serie… Un soldado puede estar muy bien vestido, andar bien a caballo, todo, pero cuando empieza la batalla, ahí es otra cosa. Eso ha ocurrido muchísimas veces, una serie es un ejercicio de resistencia, y de decisión, de ganas, no de otra cosa.
-¿Cómo fue o cómo es tu relación con otros guionistas, por ejemplo con Oesterheld, tuviste algún tipo de relación?
-No, a Oesterheld lo conocí una sola vez y fueron dos minutos, nada más. Me preguntó a qué me dedicaba.
-¿Con Ricardo Barreiro?
-¿Era el Loco? Sí, a él lo conocí… Bueno, vos sabés lo que era Barreiro… y me encontré con él en el primer Fantabaires apareció él en su estado habitual y me dijo: “Vos sos Robin Wood”, “Si”, le digo,“Yo soy Barreiro”. “Ah… ¿Y?” “Sabés qué, vos no tenés la cara de hijo de puta que me dijeron que sos”. “No”, le digo, “la carita me la dio mamá”. Y terminamos a las seis de la mañana, con un pedo total, porque con Barreiro no podés terminar de otra manera… Y me cayó muy bien, realmente me cayó muy bien. Me gustó mucho el tipo…
-¿Y con Carlos Trillo?
-Mirá, honestamente creo que Carlos Trillo me odia a muerte, pero nunca he hablado con él. Nunca he hablado con él, pero tengo un resentimiento muy profundo contra él y Guillermo Saccomano, porque cuando hicieron La Historia de la Historieta -que incluso se publicó en Francia- me pusieron como fachista, y yo pensé ¿por qué me acusan de algo así? A mí, que una vez lo dije, en una reunión que me acusaban de capitalista, en el período peronista, de la revista El Descamisado y demás, y me dijeron que participara y yo les digo: “No puedo por una simple razón: primero, que no vivo aquí, no voy a tomar partido político por nadie, no lo tomo ni por los milicos ni por los peronistas, porque si algo no me convence, ¿por qué lo voy a hacer? ¿porque todos lo hacen?” Entonces ahí me atacaron muchísimo (y hasta hoy día), por fachista. Yo dije: “Pero aquí yo soy el único que ha sido obrero, todos ustedes son universitarios, estudiantes, burguesía, aquí el único que ha sido obrajero en el Alto Paraná, que ha trabajado como levantador de piedras en el Chaco, que ha sido obrero de fábrica, soy yo. ¿Y ahora ustedes me llaman a mí fachista, capitalista, burgués?” Y Saccomano y Trillo hicieron ese libro… y yo respeto al trabajo de Trillo, respeto a Saccomano, es decir, una cosa es su trabajo, ahora pues, nunca entendí que sacaran ese artículo lapidario que me tildaban de fachista… yo no sé por qué. Honestamente, con Trillo yo hablé una sola vez cinco palabras, le dije: “Hola”, en una reunión, siempre nos hemos tratado con total cortesía, no conozco al hombre, pero el hombre tampoco me conoce a mí… Y una vez le dije a Salinas padre, José Luis Salinas, cuando hicieron un quilombo en una bienal en Córdoba que yo gané la medalla de oro, y me dice: “No, Robin, vos entendé que nosotros estamos en contra de esa sociedad vampirista que es Columba, no contra vos”. “Bueno, pero yo trabajo para Columba, Columba me ha tratado siempre bien, y todos estos dibujantes que están alrededor mío, trabajan para Columba; cuando vos atacás a Columba, nos atacás a todos nosotros”. “No, no, no”. “Vos sos un privilegiado”, le digo, “no te me vengas a hacer el rebelde, porque vos venís de una familia de abolengo, siempre fuiste rico, trabajaste para Estados Unidos siempre, el Cisco Kid y todo eso, ¿cómo de repente te venís a hacer el rebelde social aquí? Vos estás elegante, bien vestido, bien comido y financiado y de repente querés…” Ah, como otro tarado, también, que dijo: “Lo que vamos a hacer es ir a tomar Columba y quemarla”. No me acuerdo quién era, pero yo le dije: “Sí, vos querés ir a tomar Columba y quemarla, ¿sabes por qué? Porque sos un dibujante malo. Sos un mediocre…” Cuando José Luis Salinas se enteró de que Alberto, su hijo, iba a trabajar conmigo, le dio un soponcio. Esto ocurrió porque cuando Ramón Columba y José Luis Salinas se conocen, Columba padre era un escribiente en el Congreso, y Salinas ya era El; pero sucede que Ramón Columba padre tenía gran talento y edita El Congreso que yo He Visto y eso, y con los manguitos que sacó, hizo El Tony, y eso creció y creció y yo creo que José Luis Salinas nunca le perdonó que siendo El, el genio -que lo fue-, este otro, creo un imperio. Ramón Columba padre terminó rico, rico, en un imperio, mientras José Luis Salinas seguía trabajando para la Fleetway.
-¿En qué países se publicaron tus obras?
-Un montón… En Brasil, en Alemania, en Francia, Italia, en Turquía, en Samoa, ahora van a empezar a publicar también en España, donde ya publiqué… (Dentro de la ciencia-ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz.)
-Empezaste muchísimas series y muchísimas series dejaron de hacerse… ¿Tus series, llegan a finales? ¿Terminan alguna vez?
-No siempre… porque a veces el dibujante cambia, por ejemplo, vos te habrás dado cuenta, Kayan empezó con Zaffino, siguió con otro… y después lo siguió Enrique Villagrán, porque no te olvides, una serie tiene dibujantes…
-Pero cuando vos las escribís, no les pensás un final…
-Llega un momento, donde pensás, por equis razones, aquí vamos a terminarla. Por ejemplo, Kozakovich & Connors, que terminó ahí…
-Y cuando otro guionista la seguía ¿cómo era? Vos se la pasabas…
-Era esa época en Columba, cuando yo tenía tantas series, además yo viajaba, yo desaparecía a veces por meses, y ellos tenían una producción por las dudas, sus guionistas podían llenar esos huecos, pero, honestamente nunca me molestó eso.
-Cuando trabajabas para Columba, o para otra editorial, ¿tuviste problemas de censura, con respecto al sexo, las puteadas?
-Uf, uf… No solamente de sexo, también de política….
-Eso quería saber, por ejemplo, en la época de la dictadura, ¿tuviste que cambiar algo, alguna vez alguien te dijo: “No toques más este tema”?
-No, pero me vinieron a ver una vez, unos señores, que me dijeron que yo había estado escribiendo cosas buenas sobre los judíos. Y yo dije: “Sí, ¿y?”, “-Bueno, sabe que eso se puede ver como una crítica”. “No es crítica, yo hice una historia sobre la creación del Estado de Israel”, “Usted sabe que los Sabios de Sión han intentado dominar la Patagonia…” “No jodan, yo escribí una historieta, ¿qué me van a hacer?” “No, le advertimos amistosamente que no siga con eso porque el sionismo está tratando de destruir a la Argentina”. Yo crecí con los judíos, allá donde yo era muy joven, muy pobre, estos judíos polacos que eran todos taxistas… Dicen: “Los judíos siempre tienen plata”, pero estos judíos polacos no tenían un mango. Nada. Mi primera novia fue judía, y yo crecí con ellos, hasta aprendí a hablar iddish, y leía textos hebreos, poesía, de todo, como siempre…
-Y con respecto al sexo, en Columba te corregían…
-Uuuh… Además había varias cosas que eran tabú.
-¿Cuando empezaste te dijeron: “Esto, esto y esto no lo podés poner”?
-Absolutamente. Adulterio era tabú, suicidio no se podía. Era anticatólico. No se podían suicidar. Sexo, por supuesto, nada. Había una escena en que Grace Henrichsen estaba en la ducha con bombacha y corpiño. Yo fui a ver a Presas y te digo: “¿Tu esposa se ducha con bombacha y corpiño? (risas) Es tan ridículo, la gente se va a reír”. Además a los dibujantes les decían que los senos no fueran muy grandes, porque sino parecía una provocación…
-Contame alguna anécdota o algo relacionado a la idea detrás de la creación de los personajes de esta colección… Empecemos por Nippur. En el episodio 100 de Mi Novia y Yo, el protagonista lee un libro que se llama Lagash de Nippur y de ahí sacas el nombre Nippur de Lagash, ¿eso fue así?
-No, eso es mentira. Yo leía sobre sumeriología, y había dos ciudades importantes, Nippur y Lagash.
Y en ese momento cuando Lucho me dijo: “Hacete algo”, yo dije: “Bueno, un guerrero”; ahora ¿como mierda se llamaba un guerrero en la Mesopotamia? Pepe no se llamaba, entonces se me ocurrió la idea: okey, la ciudad de Nippur es la ciudad de Lagash y el padre de Nippur nació en Lagash o viceversa, le puse a él el nombre de una ciudad y lo hice vivir en la otra. Así de simple, fue una emergencia.
-¿Por qué Nippur teniendo amigos en todos los reinos no va de una a recuperar Lagash y decide vagar por todo el mundo?
-Una vez un individuo, un tipo al que yo conocí en la época de mi apogeo aquí, me dice: “Pero Robin, vos en Buenos Aires…” -yo estaba viviendo en España, en un viejo caserón abandonado, que después yo arreglé-… me dice: “Pero vos en Buenos Aires, en Argentina, en Sudamérica, sos conocido, sos famoso, podrías vivir ahí, ganás muchísimo dinero, y estás aquí, donde no te conoce nadie, donde se ríen de tu nombre… ¿por qué?” Y yo le dije: “Nunca se me ocurrió, prefiero estar aquí”. Me preguntan por qué vivo en Dinamarca, donde no me conoce nadie, y todos dicen el sudamericano ese que vive en la casa blanca y es periodista o algo así, y me gusta eso.
-¿Y vos crees que a Nippur le gustaba el seguir viajando…?
-¿Sabés qué? Yo viajé durante treinta y dos años, pero todo el tiempo, he hecho, por ejemplo, el famoso viaje en tren de Londres a Hong Kong, cruzando toda Europa, cruzando Rusia, Mongolia -yo no sabía que Mongolia existía, y ahí estaba-, cruce toda China, llegué a Hong Kong, de ahí me fui a Macao, después me fui a Australia, viví varios años en Australia… Viajé por tierra desde Buenos Aires hasta México, no pude entrar en Estados Unidos porque no tenía visa, pero de ahí volé… y me fui prácticamente a pie desde Holanda hasta Dinamarca… Yo bajé de los Himalayas en balsa, en Nepal, 150 kilómetros de rápidos, y estuve en India, Escandinavia….
-¿Dennis Martin viene inspirado por James Bond?
-No, no, curiosamente, Dennis Martin venía inspirado en Terence Stapp. Yo veía Modesty Blaze y Terence Stapp que era un hombre muy hermoso pero con cara de malo, hacía el papel de Willie Garvin, el ladero, y tiraba cuchillos todo el tiempo, y era así, exquisito, malo, pero malo, malo. Y cuando yo vi en Modesty Blaze a ese personaje, se me ocurrió Dennis Martin.
-¿Y Mark sale de El Hombre Omega, no?
-Sí, con Charlton Heston, de ahí me vino la idea. Además vos viste lo que es Charlton Heston, épico, colosal, fuerte, todo. Entonces ahí me vino la idea de crear a este personaje que estuviera perdido en ese nuevo mundo.
-¿Y Savarese?
-Quise crear un antihéroe, me basé un poco en Al Pacino y Dustin Hoffman. Yo había estado en Sicilia y siempre me gustó el ritmo de Sicilia, yo hablo italiano, por supuesto, y hasta hoy día cuando lo hablo parece que con un acento bastante siciliano. Y de repente pensé, podés crear un héroe que al mismo tiempo sea un perdedor, y creé a Savarese. Era un pobre… un poco fue un predecesor de Mojado, pero Mojado tenía la fuerza, era un pegador, Savarese no tenía nada, excepto el cerebro. Era chiquito, era feo, fumaba demasiado, tenía caspa, además se enamoraba perdidamente de Anemette, que Anemette es mi mujer. Por eso es danesa, como Ingebord, la prima de ella, también, yo siempre tuve un gran problema con las escandinavas… Pero cuando hace diecinueve años atrás, vine con Anemette embarazada de mi primer hijo, fuimos a Paraguay, a una gran recepción, una noche, en una fiesta y yo charlaba por ahí, y Anemette se queda sentada con su pancita de cinco meses y un tipo elegante de traje se le sienta al lado y después de un momento le dice (con un acento paraguayo muy divertido): “Anemette, ¿por qué le hacei eso al Savarese?” Mi mujer lo mira: “Perdón…” “-Él te quiere, él te quiere mucho, vos no tené’ que andar con otro’ hombre’…” Y la danesa que es sólida como una pared con nada de esa imaginación latina…“Vo’ tené’ que quererlo, te tené’ que casar con él… Mientras él está peleando, vo’ sali’ con otro poráhi, no le hagá eso”. “Permiso”. Viene la gringa y me dice: “Ven aquí. Just fuck off you and your fucking followers, this is it! Estoy aquí embarazada de cinco meses y este me está diciendo que no me vaya a encamar con nadie más porque tengo que vivir con un siciliano que no conozco. Manteneme al margen de esto, están todos locos” (risas).
-¿Vos te considerás argentino, paraguayo, danés…?
-¿Qué importancia tiene? Qué importancia tiene eso de ponerse una etiqueta ‘Soy Argentino’, ¿qué es un argentino? Un cordobés, un santiagueño, un misionero… cuando se habla de ser argentino, ¿qué es? ¿Qué es un paraguayo? Un concepcionero, un encarnaceño, un guaireño, es como decir yo soy francés, pero yo conozco Francia, yo he vivido en Francia, y yo sé que un francés de la Alsacia, Lorena, es un medio alemán, que uno de la Camarga es otra cosa y así… Nacionalidad es una cosa geográfica, nada más… ¿España? Un catalán, un vasco, un gallego, un andaluz… En España te dicen “Shomo’ andaluze”‘ “-¿Españoles?” “Ah, esho tambi锑. Eso es una cosa geográfica, política…
-¿En qué cosas cree Robin Wood?
-No creo en Dios, no porque haya tomado esa decisión, sino porque simplemente nunca pude… ni siquiera me lo postulé el creer en Dios, que hay algo más… Una periodista el otro día en Paraguay me preguntó si yo creía en la vida después de la muerte, y le dije: “Jamás me preocupé por ello. Cuando muera me voy a enterar. Pero no creo que esto sea una especie de aduana, que tenés que llenar formularios para poder entrar”. Yo creo en lo que decía Zorba el Griego: “Dios debe ser un tipo cansado, envejecido, harto, y a ese tipo que maneja todo vos vas a ir a decirle Señor, he fornicado”, (risas), “Señor, he mentido”, yo no entiendo; el tipo te dice: “Por favor, andate. No me vengas a joder con esas pavadas”; escuchame, mi fornicación, mis mentiras, ¿le van a interesar a Dios si es que existe? Yo no estoy seguro, pero la patada más chica que te da…
-¿Y en vida extraterrestre? No recuerdo mucha ciencia ficción en la obra de Robin Wood…
-Si, he hecho Starlight con Zanotto, pero no… (Dentro de la ciencia ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz)
-¿En la magia?
– A todo eso yo le doy la concesión de que puede ser… Es divertidísimo, existen las cartas del tarot Robin Wood, pero yo no creo en eso, no creo en todas esas cosas… No, no es que no creo, jamás me preocuparon directamente, si hay magia, si hay seres extraterrestres, perfecto, no me molesta…
-Enganchando con el tarot, ¿qué hay de Robin Wood aparte de los cómics?
-Todo, de todo. Ahora estoy preparando más películas, aquí ya hice una con Darío Grandinetti, la serie de tevé La Condena de Gabriel Doyle, la serie de Helena en Italia, y ahora tengo un nuevo proyecto con Raúl de la Torre para otra película, un montón de cosas…
-¿Y merchandising?
-En España están haciendo los muñecos de Dago, hay un montón de cosas… Graciela, mi representante, se ocupa de todo eso, porque sino yo no escribiría una línea jamás…
-¿Cómo es un día en la vida de Robin Wood?
-Me levanto, generalmente… Sufro de insomnio, es muy raro que duerma más de cuatro, cinco horas. Me levanto muchas veces a las cinco, seis de la mañana y me voy a correr. Unos cinco kilómetros por día. He corrido medias maratones y demás, después voy a hacer un poco de boxeo, soy cinturón negro de karate, tercer dan, he sido competidor internacional representando a Suiza y a Inglaterra, en otros tiempos, por supuesto, después el resto es… caótico. Simplemente escribo, leo, dibujo, voy, salgo, no hay ningún… Ahora estoy preparando dos viajes que voy a hacer el año que viene, uno es a Groenlandia, quiero cruzar en trineo tirado por perros la parte Este, y el otro es a Islandia… Siempre hago así, un par de viajes a la vez. Leo continuamente, a veces leo el mismo libro varias veces. Nunca me canso de releer algunos libros. Leo la Biblia…
-Hay un libro de Isaac Asimov que se llama Guía de la Biblia
-Sí, ese lo tengo, lo leí, es muy bueno…
-Hay quien dice que no lo escribió Asimov sino sus ayudantes, pero…
-Hay muchos que dicen que Robin Wood es una organización de escritores que trabajan juntos… (risas). La Biblia la leo y la rastreo, he leído El Corán… Es todo medio caótico, como mi música; mi música es… caótica. Me preguntan qué música me gusta “Ninguna”. Me gustan canciones, el jazz no me gusta, pero escucho a Satchmo cantando This is a Beautiful World y es bárbaro. Me gustan óperas, me gustan conciertos, me gusta la Novena Sinfonía de Beethoven, me gusta Carreras, etcétera. No es un tipo de música que me gusta…
-¿Qué tenés contra los perros que en todas tus historietas “perro” es un insulto?
-Es una expresión idiomática, nada más. Y además existe, para los musulmanes, los cristianos…
-Sí, bueno, pero la usa tanto Nippur como Mark o Savarese… Todos insultan “¡Perro!”.
-Honestamente a mí los perros no me gustan. Yo tuve de chico en Paraguay un perro fantástico que se llamaba Tom, pero en general nunca he entendido el placer de estos… En Copenhague cada mañana hay estos desfiles de gente atragantadas de sueño tambaleándose, paseando un perrito, con el guantecito de plástico, por que cuando cagan hay que recogerlo y yo me pregunto cuál es exactamente el placer de un perro que encima viene y te lame, te llena de saliva y demás, ¿cuál es…? No tengo nada en contra de los perros, no los quiero en mi casa, eso sí… Y particularmente hay momentos en que a los villanos yo los llamo ‘cerdos’ y demás, a mí me encanta el jamón, o sea que no es nada personal, es puramente idiomático.
-Para terminar, ¿qué querés decirle a los fans de Columba de siempre que se vuelven a enganchar en este proyecto…?
-Que ellos han sido la mayor fuerza de la historieta que jamás existió aquí. Porque con todo respeto, el manga, los superhéroes, todos esos son transitorios, porque no neguemos, estas historietas de estos personajes han existido ya por más de treinta años, y todavía hay gente joven no solo los viejos lectores, que conocen a estos personajes, que los buscan…
-Y un mensaje para los chicos que por primera vez tienen la posibilidad de acceder al número uno, por ejemplo, de Nippur…
-Es muy simple, como todos los vicios, es una cuestión de adicción, pero por lo menos creo que esta es una adicción positiva, es una cosa para soñar, para fantasear. Hoy estamos perdiendo mucho la fantasía, la cultura oficial ha perdido mucho la fantasía. Y sin embargo en Latinoamérica y en Europa, la historieta sigue tan activa, tan… y eso es lo que siempre trato de explicar cuando me dicen: “Ta televisión va a acabar con la historieta”, y yo digo: “Pero son cosas diferentes”. Cuando salió la televisión le llamaban la Caja Boba, dijeron que iba a acabar con el cine, ¿por qué? Son dos cosas diferentes. Ricky Martin no va a dejar sin trabajo a Plácido Domingo, porque son dos cosas distintas. El otro día un periodista de televisión me estaba haciendo un reportaje y compara como un idiota y dice: “Bueno, yo no leo historietas porque leo libros…” ¿y qué tiene que ver una cosa con la otra? Es como que yo te digo: “Yo hago karate” y vos me decís: “Eso está muy bien, pero yo personalmente prefiero el tenis”. Las dos cosas están muy bien, pero son dos cosas que no tienen nada que ver una con la otra. La estupidez de la gente a veces es colosal y Dios sabe que yo quiero a mi público, los cuido, etcétera, trabajo lo mejor que puedo, porque si ellos pagan tienen el derecho a exigir…
-Planes para el futuro y terminamos…
-Acabo de hacer el Libro del Centenario. En Italia decidieron hacer un libro que cubriera todos los últimos cien años como apertura para el 2000, entonces la idea era hacer diez historietas, cada una marcaba algún punto especial en una década. Me llamaron y me preguntaron si podía hacer uno. Por supuesto. Curiosamente después me llamaron otra vez y me dijeron si podía hacer los diez. Hice las diez. Una de ellas es la muerte del Che Guevara combinada con la llegada del hombre a la Luna; el primero es la batalla de Spear Copt, donde participaron tres hombres: uno fue Louis Botha, que después fue el primer presidente de Sudáfrica; el otro fue Winston Churchill, que era un teniente; y el tercero fue Mahatma Gandhi, que en esa época era un enfermero hindú. El segundo es la muerte de Rasputín, el tercero es la muerte de Pancho Villa y su obsesión con una chica que él conocía, después viene una de gángsters cómica, porque yo quería variar… y los dibujantes que hicieron esto son individuos como Quique Alcatena, Mássimo Carnevale de Italia, Jordi Bernet de España, Ernesto García Seijas, Mandrafina, Solano López, Carlos Gómez, es decir, es un who’s who de la historieta. Yo hice los diez guiones y salió ahora en Italia y estaba por todas partes, y justamente en Roma, el 16 de noviembre tengo que estar ahí, porque se hace una especie de homenaje al libro, y el 27 en Lucca, la ciudad más renacentista de Italia, hacen una exhibición de Dago, que dura un mes; se hace en el Palacio Ducal, en el cual combinan con museos de Italia, armaduras ropas, libros de la época, todo, etcétera.
-Bueno, esto es todo, muchísimas gracias, Robin.
-Chau, suerte.
[Publicado en Portal Guaraní]

 

 

Dos candidatos se juegan el liderazgo de los ecologistas, que aclarará (o no) el panorama hacia las presidenciales de los socialistas de Anne Hidalgo y de la Francia Insumisa de Mélenchon.

 

Contra la extrema derecha | ctxt.es

Escrito por Elizabeth Duval (*)

El 19 de septiembre se comunicaron los resultados de la primera vuelta de las primarias del espectro ecologista francés: se clasificaron Yannick Jadot y Sandrine Rousseau, con un 27 y un 25%; otros dos candidatos quedaron alrededor de un 22%. La división no es cosa menor, pero es que las primarias verdes tienden a la sorpresa. Vamos con anécdotas. En 2001, Alain Lipietz ganó las primarias, pero fue revocado como candidato por su partido al declarar que tarde o temprano habría amnistía para los nacionalistas corsos, como era « inevitable en todo conflicto político ». En 2011, cuando se presentó Nicolas Hulot, solo faltó la guillotina: los compañeros verdes lo presentaban como un paracaidista llegado « desde los platós de la cadena TF1 », « con una imagen indisociable de las multinacionales que han sido sus mecenas durante años ». Luego fue ministro de Macron, por más que después renunciara, así que quizá no estaban del todo equivocados. En 2017 no hubo presidenciable verde: Yannick Jadot, que en esta ocasión vuelve a presentarse, se retiró para apoyar la candidatura de Benoît Hamon. El socialista del 7%, a saber, el gran fracaso.

En las elecciones europeas de 2019, Europe Écologie Les Verts -a partir de ahora solamente « los verdes »- quedó como tercera fuerza, con un 15% de los votos: los ecologistas podían presumir de ser hegemónicos en el campo de las izquierdas, divididas en tres o cuatro, si contamos con los comunistas, que se presentaron quedando por debajo de la barrera del 5%; los medios hablaron de una ola verde europea que empezaba a dibujarse. En 2020, las elecciones municipales parecieron confirmar al menos una parte del mensaje: los verdes, solos o en coalición, consiguieron las alcaldías de ciudades como Lyon, Burdeos, Estrasburgo o Poitiers, además de participar en las listas electorales victoriosas de París, Montpellier o Marsella.

La historia así contada parece un sueño ecologista. Hay otra parte. O dos, o tres más. La primera noticia es que la Agrupación Nacional -es decir, el Frente Nacional, para quienes no se enteraron de su lavado de cara y cambio de nombre: en el cartel que lleva ahora Le Pen, el partido ni siquiera aparece, y solo se habla de las libertades, las libertades queridas; eso nos trae otras reminiscencias más sórdidas- quedó en el primer puesto y salió victoriosa de aquellas elecciones europeas. No sucedió lo mismo en las elecciones regionales y municipales, por una magia muy francesa: la del sistema electoral a dos vueltas. Segunda doblez: el Partido Socialista, desaparecido tras el fracaso de Hamon en las últimas presidenciales, sacó pecho por todas las regiones que logró conservar aquella noche, beneficiándose de la prime au sortant, a saber, « más vale pájaro en mano que ciento volando ». Los socialistas, por pasar de una irrelevancia absoluta en las últimas presidenciales a salvar los muebles en las regionales y municipales, consideran que vuelven a ser ellos los que mandan en la izquierda… y denuncian al resto por ser woke.

Este es el contexto de las primarias de los verdes en Francia, al cual convendría añadir dos experiencias más: por un lado, la declaración ansiosa de Jean-Luc Mélenchon a finales de 2020, herido él -y herida la Francia Insumisa- por lo cerca que estuvo de llegar a la segunda vuelta en 2017, y creyéndose aún capaz de reagrupar tras de sí a la izquierda como en aquella elección, sin tener en cuenta todos los desarrollos posteriores; por el otro, el fracaso vivido en la región de Isla de Francia, su equivalente a la Comunidad de Madrid, donde la derecha arrasó en segunda vuelta contra una coalición de los ecologistas y la izquierda. Esa derrota, si bien la victoria era improbable, deja un mal sabor de boca a toda tentativa de unión, y demostró bruscamente que la suma de tres a veces no va más allá -o incluso se queda por debajo- de la enumeración de sus partes. Los comunistas -con una relación muy ambivalente con la Francia Insumisa- ya tienen a su propio candidato, Fabien Roussel, que compra el discurso sobre seguridad de la derecha. Posdata: Arnaud Montebourg, antiguo ministro socialista, también ha lanzado su candidatura, hablando de « la remontada francesa », después de años como emprendedor de miel, tratando de unir a soberanistas « de ambas orillas ». Quien no se consuela es porque no quiere.

¿Quiénes se han presentado a las primarias? Eran cinco candidatos. El primero, favorito según los sondeos, pero que ha pasado de un 60% de intención de voto entre simpatizantes a cosechar solo el 27% en las primarias, es Yannick Jadot. Se ha dicho que Macron quiere ficharlo para el Gobierno que surja de las próximas elecciones. Aunque sea el « moderado », aunque se señale un presunto greenwashing, Jadot intenta llevar una seriedad muy clásica a su discurso, hablando de una ecología « de combate y de soluciones »… pero asume perfectamente, como dijo en el debate de Médiapart, cuestiones como la nacionalización temporal de empresas de sectores estratégicos -como la energía- para desarrollar planes verdes. El marco francés es distinto. Será moderado, pero no es ni de lejos un neoliberal. Los verdes no van hoy con las derivas de Daniel Cohn-Bendit, y tampoco se parecen tanto a la tendencia de los alemanes de querer juntarse de vez en cuando con la derecha. Incluso él insiste recurrentemente, en una vertiente muy francesa, en la soberanía y la soberanía energética, hablando de la necesidad de no depender ni de Rusia ni de las petromonarquías del Golfo. Ahí queda.

Éric Piolle, alcalde de Grénoble, que tenía buena parte del apoyo estructural del ala de izquierdas del partido -y que ahora irá a Sandrine Rousseau-, más cercano a los insumisos que a los socialistas -caso inverso al de Jadot-, ha quedado laminado por la aparición de Sandrine Rousseau, una de las grandes sorpresas de estas primarias. Profesora en la Universidad de Lille y economista, Rousseau abandonó el partido de los verdes en medio de un escándalo de acoso sexual por parte del político ecologista Denis Baupin, con declaraciones enmarcadas dentro del contexto del #MeToo francés; Rousseau, que ya era militante ecologista y una figura importante del partido, se alejó de él para centrarse más en la lucha feminista. La unión entre ambos puntos se ha convertido en su bandera durante estas primarias: la lucha ecofeminista. Explicó, al principio de uno de los debates televisados, que el motivo principal por el que se presentaba a las primarias era para vengar « la humillación » que había sufrido por parte de Macron, y que no solamente la afectaría a ella, sino a todas las mujeres: la nominación de Gérard Darmanin, antiguo ministro de la Función Pública, como ministro del Interior del Gobierno de Jean Castex… es decir, la nominación de un político investigado por presuntos acosos y abusos sexuales a la cabeza del ministerio encargado de la gestión de ese mismo caso. Darmanin respondió hace poco a las declaraciones de Rousseau, amenazando con difundir mensajes privados de años atrás, que habrían tenido lugar cuando él era ministro de Función Pública y Rousseau una candidata posible a la dirección del Instituto regional de administración de Lille.

Recapitulemos, para ver un poco mejor el escándalo que se monta: un ministro del Gobierno amenaza a una candidata a las primarias con quebrar la ley para difundir unos mensajes privados que tuvieron lugar antes de que las acusaciones hacia ese mismo ministro fueran publicadas. Entre declaración y declaración que provoca la rabia de la derecha, con mensajes sobre la interseccionalidad y mucha cercanía con los insumisos, Rousseau ha monopolizado buena parte de la discusión pública durante las primarias de los verdes. Tomen nota: si gana, por sus posicionamientos radicales, la extrema derecha intentará decir que han sido ellos quienes la han colocado ahí a través de una campaña de trolleo. No querrán que nadie se crea sus méritos propios, ni su capacidad para entenderse con los demás candidatos de la izquierda.

Esos candidatos son y eran los que proceden de Europa Ecología Los Verdes, centro del campo político ecologista en Francia. Vamos rápidamente con los outsiders, que han quedado fuera. Dedicaremos más atención a la que obtuvo el tercer mejor resultado. Delphine Batho es una buena noticia y también el relato de una transformación radical: fue la portavoz de campaña de François Hollande y luego su ministra de Ecología y Desarrollo Sostenible en 2012. Se rebeló contra el presupuesto que le habían asignado, juzgándolo demasiado pequeño para la tarea ecologista; fue expulsada del Gobierno. En el debate de Mediapart, le preguntaron por su compromiso frente a los lobbies, y si había sido recta con ellos: respondió que sí, y que precisamente por serlo la habían laminado. Es un caso curioso, curiosísimo, de una diputada ahora en el grupo mixto que se trae a su campaña incluso a anteriores macronistas… y lo hace bajo la bandera del decrecimiento. Todo su discurso -si bien lleva consigo tics republicanos parecidos al ataque a lo woke del Partido Socialista- se centra en la cuestión del decrecimiento y de los límites del desarrollo. Es una buena noticia, porque además es convincente y está muy preparada, sosteniendo interesantes debates con otros de los candidatos: por ejemplo, con la misma Sandrine Rousseau, sobre el aumento no del impuesto al carbón y la necesidad de hacer una transición ecológica que cuente con el pueblo y la clase trabajadora. O, por ejemplo, sobre las propuestas que salieron de la convención ciudadana sobre el clima… que no permitirían alcanzar la disminución del 65% de las emisiones de gas a efecto invernadero en 2030. En el debate de France Inter, parecía a ratos que los periodistas y moderadores querían humillar y atacar a los candidatos; en el de Mediapart, en cambio, logró hablarse de la PAC, de alianzas electorales y de muchas otras cuestiones.

Como apunte breve, el último candidato excluido, muy por debajo de todos los demás: Jean-Marc Governatori estaba dentro de las primarias por obligación judicial y su resultado fue tan mediocre como un trámite. Tuvo posturas que bordeaban la ola antivacunas que pasa ahora mismo por Francia. Y estuvo a punto, en otro de los debates, de declararse en contra del derecho a la blasfemia, además de ser el autor de catorce libros autopublicados… y definirse como « el político con el mejor curriculum vitae de Francia ».

La primaria ecologista tuvo su primera vuelta entre el 16 y el 19 de septiembre y entre el 25 y el 28 tendrá la segunda. Nadie sabe qué saldrá de ahí, pero por la tendencia de los verdes podríamos atrevernos a afirmar que ganará Sandrine Rousseau. Las curvas vendrán después, cuando se conozcan todos los candidatos de la izquierda, entre una Anne Hidalgo ya declarada y con guiños ecologistas -pero sin demasiada repercusión todavía en los sondeos-, un Jean-Luc Mélenchon insistente y la incógnita verde. Lo que sucederá, como en el campo de la derecha, será a efectos prácticos una « elección primaria salvaje », en la cual algunos candidatos, si buscan hacerse los estrategas, desistirán de sus candidaturas según vayan orientando los sondeos de aquí a 2022. Yannick Jadot es el más cercano a los socialistas, pero ha afirmado una y otra vez que no se retirará como hizo en 2017: no parece tener intención de elaborar coaliciones. Sandrine Rousseau sí que ha coqueteado con la idea de una unión. A niveles prácticos, la opción que más posibilidades habría dejado abiertas sería la de Delphine Batho… pero ya está eliminada. Parece que, pase lo que pase, la izquierda francesa llegará a 2022 con tres candidaturas separadas. Rousseau dejaría una puerta abierta a que eso no sucediera. A partir de ahí, es cuestión de azar y de dados: ¿lograrán las primarias verdes en Francia aclarar el futuro negro para la izquierda? Misterio.

(*) Elizabeth Duval es autora de ‘Después de lo trans’, ‘Reina’ y ‘Excepción’.

[Fuente: http://www.bitacora.com.uy]

Marie Darrieussecq signe un essai littéraire sur l’insomnie. Remarquable pour plusieurs raisons. Critique.

Écrit par Christine Bini

Le dernier ouvrage de Marie Darrieussecq est remarquable pour plusieurs raisons. La première tient peut-être au titre lui-même, qui, même sans point d’exclamation, a des airs d’injonction, comme on dirait « pas bouger ! » « Ne pas dormir » aurait tenu lieu de simple constat. « Pas dormir », c’est autre chose. Et effectivement, de ses années d’insomnies, Darrieussecq fait autre chose : autre chose qu’une autobiographie, qu’un retour sur soi autocentré, qu’une étude sur l’insomnie dans la littérature, qu’une plongée psychanalytique. Le livre est un peu tout cela, mais le tout est supérieur à la somme des parties.

« Le monde se divise entre ceux qui peuvent dormir, et ceux qui ne peuvent pas » lit-on au tout début du premier chapitre. Chacun divise le monde, effectivement, selon sa propre caractéristique première. Pour Darrieussecq, il y a les insomniaques et les dormeurs. À rencontrer, au fil des pages, les célébrités et les génies qui peuplent la partie insomniaque du monde, les dormeurs peuvent se sentir quelque peu déclassés… Il est vrai que l’insomnie est une souffrance, et que les bons dormeurs ne se focalisent sans doute pas, dans leurs œuvres, sur la bonne qualité de leur sommeil. Eux, ce qu’ils racontent et utilisent, ce sont leurs rêves. Darrieussecq l’insomniaque explore cette zone intermédiaire entre veille et sommeil, cette zone hypnagogique qui précède le sommeil véritable qui, lui, ne vient pas. Cette espèce d’espace duel donne accès à une autre forme de rêve, intéressante et douloureuse.

Le lit est le lieu habituel du sommeil. Pour Darrieussecq, le lit est un territoire multiple où l’on joue avec les enfants, où l’on grignote, où l’on écrit. Mauvaise idée ! Avec ironie, l’autrice envisage les erreurs qu’elle a pu commettre en utilisant à d’autres fins le lieu sacré du bien dormir. Le lit est le lieu de la sexualité et du sommeil, il ne doit pas se trouver dans la pièce où l’on travaille, surtout si l’on est écrivain. Voilà qui renvoie à Virginia Woolf que Darrieussecq a traduite, A Room of One’s OwnUn lieu à soi. Il faut un lieu pour travailler, et un autre pour dormir. Cela, dans l’idéal.

Marie Darrieussecq n’a pas toujours été insomniaque, elle s’en souvient et nous le raconte. Les souvenirs du bien dormir sont loin, mais présents : dormir n’importe où, sous la tente, dans le vent et le froid, être jeune et parcourir le monde, ou bien glisser dans le sommeil dans le roulis du train, encore aujourd’hui, c’est possible. Ce n’est pas l’avancée de l’âge qui a fait fuir le sommeil, c’est l’arrivée des enfants. Pas dormir devient plus que passionnant, réellement remarquable, quand s’ouvre la séquence sur les enfants : Darrieussecq est une mère consciente et impliquée, mais cela, bien des mères le sont. Ce qu’elle arrive à dire, et à écrire, dans une langue d’évidence, c’est que le sommeil l’a fuie lorsqu’elle est devenue mère : « Puis les enfants grandirent. Ils n’exigeaient plus de moi la disponibilité totale que les petits Sapiens sapiens sont éduqués à attendre de leur mère. Je pouvais m’assoupir sans que personne ne me réclame. » Et d’ajouter : « J’ai appris à faire la sieste. »

Pas dormir embrasse tous aspects de la vie et du vivant, il est à la fois un ouvrage parfaitement autobiographique et un recueil de réflexions sur la politique, la vie animale et sauvage, l’écologie, la poésie. Souvent drôle – la liste des somnifères et artefacts pour trouver le sommeil, les casques en résille et les capteurs pour contrôler l’activité cérébrale… – et parfois grave, mais grave n’est pas le bon mot, car une ironie féroce y est à l’œuvre, dans les passages sur l’alcoolisme pour ce qui concerne l’intime. Les forêts, les animaux disparus, la troisième paupière des chiens… Darrieussecq plonge au cœur du végétal et de l’animal, élargit son propos, le recentre sur la politique immédiate en évoquant le sort des migrants. D’une façon ou d’une autre, tous les livres de l’autrice sont présents dans Pas dormir.

Pas dormir est un livre remarquable, à ranger sans doute dans la catégorie « essais ». Essai sur un thème précis, essai sur soi et le monde, essai sur un mystère et une souffrance. L’ouvrage est balisé de notes de bas de pages très universitaires, et parsemé de photographies personnelles ou non, qui scandent le texte, non comme des respirations mais plutôt comme des ponctuations dénotatives. On remarquera et appréciera, à ce propos, l’illustration de la page 293, les petites mains d’enfants préhistoriques, vieilles de 27.000 ans, inscrites dans la grotte de Gargas. « Voyez les adultes tenir les bébés dans leurs bras puis choisir l’emplacement de leurs mains parmi les empreintes des grands. Voyez les adultes porter à bout de bras l’avenir, ce bébé. » Pour que l’avenir soit assuré, pour que les enfants grandissent, il faut que les adultes, les parents, veillent sur eux. Veillent, tout court.


Marie Darrieussecq, Pas dormir, éd. P.O.L, 9 septembre 2021, 320 p.

 

[Photo : Yann Diener/P.O.L. – source : http://www.laregledujeu.org]

Nacido casi como una oveja negra dentro del género del tango y a diez años de echarse a rodar, el Proyecto Caníbal Troilo mantiene su esencia. Este colectivo que apuesta a las rupturas acaba de editar su cuarto disco –Tangos clandestinos–, que abreva una vez más en el tango orillero y urbano.

Escrito por Mauricio Rodríguez

En 2005, el compositor y cantante Hugo Rocca estaba trabajando en un proyecto de tango contemporáneo llamado Planeta Tango, junto a la cantante Ana Karina Rossi. Fue una experiencia que duró dos años y que dejó un registro más bien under: el disco Carta marcada. Poco después, Rossi se fue a Europa invitada a una gira con Horacio Ferrer; Planeta Tango perdió una de sus dos “patas de apoyo” y el proyecto quedó acéfalo. “Ahí algunos amigos me impulsaron a que continuara yo al frente del proyecto, como cantor”, recuerda Hugo Rocca. “Fui digiriendo la idea y al poco tiempo entré a estudio a grabar lo que serían las primeras canciones del disco Montevideo Sala VIP. Y así fue naciendo el Proyecto Caníbal Troilo (PCT)”.

La singularidad de la propuesta quedó asociada a un nombre curioso, con una sonoridad y una identidad precisas. Para su creador, el nombre del colectivo « es parte de la ruptura”.

¿Cómo surgió la idea de llamar así a este nuevo proyecto?

Busqué un nombre que indicara una ruptura, una digresión en clave de ironía. Y la irreverencia resultante, en todo caso es con el género, no con el gran bandoneonista argentino incidentalmente aludido. En Uruguay hay muy buen nivel interpretativo del tango, pero, salvo excepciones, me parece que falta un poco de riesgo en el abordaje de nuevas formulaciones, otras miradas pervertidas, propias. Y el nombre elegido situaba al proyecto en un borde opuesto a los códigos del dogma. No soy un intérprete de tangos clásicos, apenas puedo cantar mis composiciones porque las hice yo. Entonces había que cruzar la calle y bailar un poco en el bazar del misterio.

En esta nueva etapa, Rocca convocó a Fernando Calleriza, con quien ya había trabajado en Planeta Tango y en otros proyectos alternativos. A Rocca le interesó contar con su participación porque es un guitarrista que aborda varios géneros, desde el rock hasta la fusión “y entiende todos los lenguajes”, explica. “En definitiva, yo buscaba un guitarrista que tocara desde otro lugar, ajeno a la sonoridad propia del género; que metiera un tango contaminado por el rock y la electrónica”. En el caso del legendario bajista Popo Romano, otro integrante original del proyecto, lo une con Rocca “una hermandad de muchos años”. “No necesita que yo lo presente como ejecutante de cualquier género musical con absoluta solvencia”, destaca. A esa “formación base” se sumó Betina Chávez en violín, una instrumentista que en la consideración de Rocca “tiene una gran formación académica, pero también el instinto de quien se atreve a improvisar y proponer laberintos de sonido siempre apropiados”.

El PCT llegó a sus diez años de existencia, y durante ese tiempo fue cambiando a algunos de sus integrantes, “pero la idea primigenia aún mantiene su esencialidad”.

¿Cómo fueron los primeros tiempos?

Fueron muy buenos, tocábamos bastante, sobre todo en festivales de tango en la Zitarrosa, y otras actividades organizadas por la Intendencia de Montevideo. Éramos un poco la oveja negra de todo evento que nucleaba a tangueros conocidos y tradicionales, pero siempre contamos con el respeto y la atención de la gente. Tal vez porque el público tanguero más purista está acostumbrado a escuchar las letras. Y PCT tiene una poética definida, que dice lo que quiere decir, hurgando en los tópicos del presente.

¿Cómo ha sido el proceso compositivo dentro del grupo?

En realidad, ha sido muy pródigo. Tenemos cuatro discos editados y muchas canciones a la espera de su salida al mundo. En ese sentido material no falta. Pero los tiempos de la realidad nunca son equivalentes a los tiempos compositivos. Si por mí fuera, estaría sacando un disco por año, para drenar todo el material que baja constantemente y espera agazapado en la PC. Pero hay que moverse por el pentagrama de la vida como un acechador, y saber manejar esos vaivenes que no dependen del proceso creativo, sino de la realidad del mercado.

A la hora de componer, Rocca se vuelca a referir lo que pasa en su entorno: el barrio, la calle, los amigos, el amor y los desamores. Para él, el tango, históricamente, ha sido un género que “se permitió sumergirse en temáticas de toda índole, que van desde lo social hasta lo filosófico o lo nostálgico, en clave de profunda reflexión o con matices humorísticos. […] Los grandes escribas de distintas épocas siempre retrataron los vaivenes del tiempo al cual pertenecían. En definitiva, el legado de esos poetas refiere a que siempre retrataron sus vivencias, sus calles, sus desencuentros. Entonces había que atreverse a hablar de las cosas que pasan actualmente; sean reales o raptos de un inconsciente extrapolado. Porque en el bolillero anclado en las neuronas hay lugar para todo lo que a un escritor se le ocurra”. Para el compositor, “no hay que tener temor a profanar ni a ser condenado, simplemente hay que ser el que sos”.

Desde ese lugar, tensando los bordes, en los discos de PCT se tocan temas como la misoginia (en la canción ‘Supercán’), la ecología (en ‘Empezá a correr’), la soledad (‘Muñeca japonesa’), o los efectos del spleen (como sucede en los temas ‘El peluche esnifador’ o ‘La seca’). También la “desmitificación de los falsos profetas políticos” (en ‘Milonga trucha’) o la religión en clave de fútbol (tal como puede escucharse en ‘Crónicas’). Para Rocca, la creación, “en alianza con la realidad y la imaginación, es el laboratorio móvil donde habitan mis águilas cazadoras”.

Durante todo este tiempo PCT se sumó a diferentes grillas de festivales y encuentros de tango. Y paso a paso dejó de ser mirado como aquella oveja negra de los orígenes y pasó a ganarse un merecido lugar entre quienes apuestan a una renovación del género. Tocaron, entre otros lugares, en la sala Zitarrosa, en la Plaza de los Olímpicos, en el parque Rodó ‒dentro del ciclo El tango es mujer‒ y en Montevideo Tango 2019 en la plaza Matriz, frente a un poco más de mil espectadores. “Ese fue un punto alto en nuestra travesía musical”, recuerda Rocca. También marca como un “punto rojo” en el almanaque de la banda el ciclo anual Zita de tango, en la Zitarrosa, que organizaron junto al trío Malajunta Tango. Fue en tres oportunidades, entre 2017 y 2019, y contaron con invitados como Gabriela Morgare, Sergio Fernández Cabrera, Natalia Bolani, José Arenas, Macunaíma y Colomba Biasco, entre otros.

¿Cómo resultó la experiencia del ciclo Zita de tango?

Una hermosa apuesta, jugada a compartir escenario con compositores e intérpretes que tuvieran inquietudes de renovación con el género, dejando de lado los arquetipos fundacionales. Una apuesta, en compañía de los Malajunta, de invitar cada año a exponentes del género orillero y urbano que se animaran a mostrar sus propias composiciones o a interpretar autores uruguayos contemporáneos. Fueron muy lindas noches, con sus claroscuros, como en toda experiencia piloto. Pero me quedo con la música que sonó en las tres ediciones, con puntos artísticos de un nivel muy alto.

El primer disco de PCT se llamó Montevideo Sala VIP; el segundo, de 2017, fue Tango hereje y se presentó ese mismo año en la sala Hugo Balzo del Sodre. El tercero llevó como título Trillar. El cuarto disco acaba de lanzarse y lleva por nombre Tangos clandestinos. El arte corre por cuenta de Pilar González.

¿Cómo fue el proceso de grabación de cada uno de los discos? 

Si tocar en vivo, para mí, resulta una experiencia intransferible, producir un fonograma es entrar en una frecuencia desconocida; sobre todo por la forma en que todos nuestros discos fueron concebidos. Yo trabajo mucho con Fernando Calleriza, que es el productor musical asociado. A los dos nos gusta dejarnos llevar por el instinto, entender lo que cada composición pide, seguir el perfume de la canción. Y en ese viaje de producción no hay alambrados, solo paisaje infinito. Entonces solo queda disfrutar lo que cada canción pide, a nivel de beats, de sonidos de bajo, de pads de teclados. Ir vistiendo la maqueta como un puzle que va revelando en cada pieza a la obra final.

¿Y cómo fue el trabajo en Tangos clandestinos, el último disco de PCT?

Este último disco tiene mucho de proceso orgánico, despojado, mucho más que los anteriores, donde los beats y los samplers se destacan más. Es lo que pidió el presente: canciones más confesionales, directas y fermentales, apoyadas en la tríada guitarra, bajo y violín. También poder meter dentro del disco una canción, ‘Cruz de Carrasco’, que es mitad habanera (el tango antes de ser tango fue milonga y antes de ser milonga fue habanera) y mitad murga; sonoridades que forman parte del mestizaje musical de nuestra aldea.

La canción ‘Cruz de Carrasco’ tuvo también su videoclip con la participación especial de Fernando Rodríguez, Tatiana Ferreiro, Gustavo Di Landro, Emiliano Muñoz y el Zurdo Freddy Bessio, a quienes Rocca les hace cantar “Nací en la Cruz de Carrasco / barrio malevo sin ley / entre las casas de chapa / suena el Combo Camagüey”.

¿Cómo surgió la idea de que Pilar González hiciera el arte de tapa?

A Pilar la conozco desde hace muchos años y su obra es la de una artista de primer nivel planetario. Ya habíamos trabajado juntos en Trillar y para el último disco decidí repetir la experiencia, no solamente porque admiro su trabajo, sino por su capacidad de transformar en arte visual la idea que uno le pueda deslizar. Y la tapa de Tangos clandestinos es una maravilla de composición, que refleja ese tiempo de interrogantes, a nivel mundial, en que fue concebido dicho fonograma.

¿Cómo ves en tanto artista estos tiempos de pandemia?

Son momentos muy delicados, sobre todo para quienes vieron partir a sus afectos de un día para el otro. La incertidumbre es la misma para todos, aunque a unos los roza y a otros los ahorca. Luego están los soportes que cada uno tiene para poder danzar en el mar de las interrogantes que ofrece esta realidad. En lo personal, trato de respirar, mantenerme agarrado al árbol de la esperanza, tocar la guitarra, hacer canciones, leer, ver películas y no perder contacto con los seres queridos.

 

[Fotos: Javier Noceti y Daniel Arregui – fuente: http://www.revistadossier.com.uy]

Miloš Urban (1967), romancier. Diplômé en philologie moderne par l’Université Charles de Prague. Il travaille comme directeur de publication et également comme traducteur littéraire. Auteur d’une dizaine de romans, il est publié depuis 1999. Ses plus grands succès ont été Les sept églises (1999, dans l’édition française : Au diable Vauvert, 2011, trad. Barbora Faure), L’esprit des eaux (2001, prix Magnesia Litera), L’ombre de la cathédrale (2003) et La langue de Santini (2005). Sa dernière prose à ce jour est Urbo Kune (2016).

ActuaLitté

Publié par Victor De Sepausy

Un étrange petit homme vert vient nettoyer des eaux polluées et embourbées, mais le sang coulera, lui aussi. Nous sommes chez Miloš Urban, c’est donc une chose entendu.

Ce roman, qui se déroule à la campagne entre le début du XIXe siècle et la fin du XXe siècle, a reçu le Prix Magnesia Litera en tant que meilleur livre de l’année 2001 dans la catégorie Prose. Il est actuellement adapté pour le cinéma, a été réédité de nombreuses fois et traduit en plusieurs langues.

Ses deux derniers romans montrent que Urban est aussi bien un poète qu’un archiviste des paysages oubliés, qu’ils soient urbains ou naturels. Les cathédrales sacrifiées à l’urbanisation, les villages noyés sous les barrages, les montagnes surexploitées y sont des paysages disparus sous des sédiments temporels (mais conservés dans la mémoire) qui se reflètent dans la pluralité des niveaux de temps et de sens du texte.

Mettre la littérature tchèque à l’honneur, voilà l’intention posée de ces publications, menées en partenariat avec le Centre tchèque de Paris et Czechlit – Centre littéraire tchèque. (traduction des citations par Marianne Canavaggio, qui est également la traductrice d’Ouředník).

Les Sept-Eglises
Milos Urban trad. Barbora Faure Au Diable Vauvert
Les Sept-Eglises
05/01/2011 478 pages 22,00 €
[Source : http://www.actualitte.com]