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Comme Clint Eastwood, Michel Houellebecq est un moraliste. Comme lui, il se situe politiquement à droite. Comme lui encore, il tient un discours sur la société qui rencontre un très vaste public. Comme lui enfin, il choisit l’art du récit pour délivrer indirectement ce discours et présenter un monde complexe. C’est ce qui différencie Houellebecq de Zemmour. Certaines des positions de Houellebecq rejoignent celles de Zemmour, mais on ne pourrait pas dire d’Éric Zemmour qu’il est un Clint Eastwood français.

Anéantir, de Michel Houellebecq : un Clint Eastwood français

Michel Houellebecq (2004)

Michel Houellebecq, Anéantir. Flammarion, 736 p., 26 €

Écrit par Tiphaine Samoyault

Qu’est-ce qu’un auteur moraliste ? C’est à la fois un humaniste et un pessimiste. Il produit des généralités qui ne manquent pas de force. Il s’intéresse à la condition humaine, à ses traits de caractère, à ses mœurs, tout en pointant la difficulté pour chacun de tenir une conduite, ou tout simplement de vivre, dans un monde menacé de ruine et de disparition. Ainsi, Anéantir, comme Bird ou Impitoyable, inscrit des personnages dans une époque crépusculaire, une société sur le point de finir.

Humaniste, le moraliste pose la fin et l’anéantissement comme relevant de la responsabilité exclusive de l’humain. C’est sans doute la raison pour laquelle la légère dystopie réaliste que propose Houellebecq, plaçant l’action du livre dans la société française au tournant des années 2026 et 2027, ne mentionne jamais la pandémie de Covid-19. L’anéantissement ne peut être le fait que d’un geste humain programmé, il relève d’une action des individus. Il ne peut pas être ce mal organique – même s’il a des raisons environnementales et sociales – dont l’invisibilité et la force de frappe n’ont pas de coupables directs. Alors que pour les attentats informatiques, le torpillage de porte-conteneurs, les attaques en mer de bateaux de migrants, le saccage dans le Nord de l’Europe d’une banque de sperme, les responsables ont beau se cacher, on finira bien par les trouver, en déchiffrant leurs codes secrets et en découvrant l’idéologie – extrême – qui les anime. C’est un imaginaire complotiste, qui veut qu’un mal soit une faute et qu’un coupable puisse être nommé.

La maladie invisible est donc invisible dans le livre, et pourtant elle est partout. Le père du personnage principal se retrouvant en EHPAD très peu après le début du roman, un nombre important de pages est consacré aux malheurs et horreurs de ces institutions, aux maltraitances dont font l’objet aussi bien les résidents que les personnels soignants, malgré la présence de certains médecins ou infirmières au grand cœur qui continuent à se battre pour y maintenir un peu d’humanité (Clint Eastwood, encore). Cela rappelle des souvenirs. Une page particulièrement lyrique illustre bien la perspective du moraliste sur la situation ; le discours est tenu par un personnage secondaire qui se révèle être un maillon capital dans l’entreprise musclée de sauvetage du père d’une euthanasie programmée. Une mutation anthropologique fondamentale, y lit-on, s’est produite lorsque la culture ne s’est plus définie par la révérence aux anciens et au capital moral accumulé par eux au cours de leur vie. Accorder plus de valeur à la vie d’un enfant alors qu’il n’est encore rien et qu’on ne sait pas ce qu’il va devenir, c’est fonder un projet commun sur un futur incertain et c’est donc l’esprit du nihilisme. Voilà, en résumé, un argumentaire habité par les débats sur le tri des patients qui ont cours depuis deux ans.

Le décalage de six ans, d’une élection présidentielle – c’est aussi le sujet du livre –, permet ainsi d’inscrire le passé récent de façon directe ou indirecte et en tout cas d’en contrôler le récit. Effacer l’histoire est aussi une manière d’anéantir, on le sait par maints exemples, comme récemment la dissolution de l’association Memorial International par Vladimir Poutine en Russie. Mais la légère dystopie a aussi pour fonction d’installer encore plus définitivement la droite comme seul horizon de la politique française. Il ne reste plus de la gauche que des humanitaires dégoulinants ou des « gauche morale un peu vieux », des « intellos mainstream ». Même l’écologie est largement de droite, et de la droite la plus extrême puisque les mouvements écolo-fascistes sont ici largement documentés. C’est tout le spectre de la droite libérale à la droite radicale que l’on parcourt au fil du livre ; et si le milieu politique le plus largement décrit semble procéder d’un macronisme bon teint – le Bruno Juge, ministre des Finances, ayant beaucoup des traits de notre actuel Bruno Le Maire, son patronyme fictionnel le faisant simplement passer du municipal au judiciaire –, beaucoup d’autres obédiences de la droite actuelle sont précisément évoquées : le Rassemblement national, bien sûr, le zemmourisme, mais aussi le Bloc identitaire, les anarcho-primitivistes, la deep ecology

L’immobilisme politique – politique économique ultra-libérale, contrôle de l’immigration, renoncement aux directives européennes, violence ciblée et efficace, relégation de l’idée de progrès, hypertechnicité, hyperprésidentialisme – n’est que le reflet de la stase dans laquelle semble se tenir le monde en attendant le cataclysme final (« le gigantesque collapsus »), dont l’état végétatif du père puis l’agonie du fils sont l’allégorie. Les êtres, les pays, la terre entière, semblent être dans le couloir de la mort. Toutes les saisons présentent des couleurs qui paraissent un temps idéal pour mourir. La civilisation est immobilisée. Ce n’est pas la première fois que Michel Houellebecq se fait collapsologue et, à première vue, ce pessimisme n’est pas surprenant. Mais, dans le monde complexe que brosse son roman, à coups de réalités parallèles, de superpositions des plans du rêve et de la réalité (pas moins de treize rêves sont longuement racontés, principalement des rêves d’ascension ou de chute qui traduisent à la fois la quête spirituelle des personnages et la difficulté du mouvement dans un monde immobilisé), ce pessimisme n’est pas seul à être dit. Le roman défend aussi une thèse qui n’est pas seulement celle du collapsus.

L’art du récit est plus complexe que le discours politique, mais il est aussi plus retors : il offre quantité de recoins où se cacher, dans des situations ou des personnages, il permet d’affirmer tout en tenant les discours à distance. Bref, il peut manifester l’idéologie en ayant l’air de ne pas y toucher. Ainsi, le personnage principal, Paul Raison (ah, l’onomastique !), reste sceptique jusqu’au bout, bien qu’il entre en contact prolongé avec des personnages de croyants et qu’il se sente touché par eux. Sa sœur, vers qui va plutôt la sympathie de la narration, est une catholique pratiquante et convaincue ; le rapprochement avec elle conduit Paul à se rendre à plusieurs reprises dans des églises. Son mari a des liens rapprochés avec le Bloc identitaire, mais « il ne lui en tenait pas du tout rigueur ». Sa propre femme, Prudence, est végane et adepte du wicca, une « religion joyeuse », et elle croit en la réincarnation… Et ce sont ces croyant.e.s qui offrent au personnage principal des motifs de compassion et d’espoir et font de la religion – enfin, de certaines d’entre elles ! – un refuge et, pourquoi pas, un salut. Cela rappelle, dans le dispositif, l’art du roman d’Anatole France – un personnage principal de sceptique (Bergeret), humaniste moraliste, accablé par l’état du monde, assiégé de discours pourris ; mais chez France ce personnage reste impeccablement étanche à ces discours, et son scepticisme, qui en sort même renforcé, leur sert de paratonnerre et les disqualifie.

La religion offre aussi sa structure au monde fictionnel ; elle fournit le modèle des boucles temporelles qui s’insèrent dans la stase d’avant l’apocalypse. On est au présent dans la futur mais également dans le passé. Sur ce point, on est peut-être formellement plus proche de David Lynch que de Clint Eastwood, même si Houellebecq continue de donner à ces boucles un sens moral, ce que ne fait pas Lynch. Il y a de légères distorsions temporelles (quatre ans transformés en deux ans quelques pages plus loin, un événement qui n’a pas encore eu lieu après qu’il a déjà eu lieu au chapitre précédent), qui jettent un trouble et renforcent l’incertitude dans laquelle le monde est plongé à la suite d’attentats spectaculaires et non revendiqués, au point de n’avoir finalement qu’une explication satanique. La résurrection comme la réincarnation font aussi de la boucle une survie. Or l’équivalent idéologique de la boucle temporelle, c’est évidemment l’antiprogressisme. L’égalité, la confiance en la raison, l’espérance d’un progrès social, et même la démocratie, sont des valeurs auxquelles Houellebecq et son personnage ont renoncé. À la suite de Nietzsche, mais surtout de Joseph de Maistre, très présent à la fin du livre (en même temps que le roman policier historique dont le caractère conservateur n’est plus à démontrer), est posée la thèse d’une vérité des valeurs traditionnelles, prérévolutionnaires, qui sont aussi un retour.

C’est là que le roman atteint sa limite, qu’il cesse d’être complexe pour devenir idéologique et zemmourien d’une manière vraiment plate. Clint Eastwood ne se départit jamais de l’exigence de complexité qu’induit l’écriture de la fiction bien comprise, alors que Michel Houellebecq, si. Les femmes qui travaillent sont véganes ou frigides, mauvaises ou médiocres. En se rapprochant affectivement et sexuellement de Paul, Prudence se met pour la première fois de sa vie à faire la cuisine, demandant gentiment si elle n’a pas mis trop de clous de girofle dans la daube de bœuf, et elle renonce progressivement à travailler. Contrainte d’avoir un salaire après le chômage de son mari, Cécile, qui ne sait rien faire à part le ménage et la cuisine, dixit le texte, va devoir travailler pour les autres et quitter le seul soin de son foyer : c’est « une mauvaise utilisation des compétences », « un drame à tous les niveaux – culturel, économique, personnel ».

On pourrait multiplier les citations misogynes, essentialistes, visant à maintenir les femmes dans des rôles traditionnels. Le racisme fait « naturellement » partie du programme antiprogressiste. Il est loin d’être absent du livre, avec les remarques désobligeantes habituelles contre les musulmans, mais aussi, plus crûment encore, par une anecdote : la belle-sœur de Paul s’est fait inséminer par un donneur noir afin d’humilier son mari… Quant à l’amoureuse du frère, l’infirmière Maryse, c’est simplement « la petite Noire » ; et lorsque son amant la déshabille, il la complimente : « Tu n’es pas vraiment noire ». Il arrive que ces propos soient mis à distance, mais ils sont trop récurrents pour ne pas conforter la thèse principale d’un roman qui se veut la somme d’une époque en même temps que son reflet, d’ailleurs toujours parfaitement lisible. Un tel roman, avec son personnel fictionnel nombreux, ses références, ses descriptions, son sentimentalisme, ses clés, ses habiletés et ses ficelles, fait s’interroger sur le bien-fondé de toujours défendre le « grand roman », ou le « roman traditionnel », alors que le cas d’Anéantir montre que, au service de la représentation du contemporain pour lequel il n’est pas fait, ce roman ne sait que ressasser son contretemps, sa réaction.

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Gabriel Boric Font, de 35 ans, es lo president mai votat de l’istòria chilena e serà lo president mai jove del país

En Chile, de centenas de milièrs de personas an manifestat per carrièras per tal de festejar la victòria de Gabriel Boric Font a l’eleccion presidenciala. Lo candidat esquerrista s’es impausat al pinochetista José Antonio Kast. Boric Font es lo president mai votat de l’istòria chilena, amb lo 55,8% dels vòtes, e, amb sos 35 ans, serà lo president mai jove del país.

Al primièr torn, lo 21 de novembre, foguèt segond amb lo 25,83% dels vòtes, just darrièr José Antonio Kast, que n’obtenguèt lo 27,91%. Mas al segond torn l’a superat amplament.

Lo nòu president chilen a centrat sa campanha electorala sus la fin del neoliberalisme e sus de dreches fondamentals amb un programa centrat sul feminisme e l’ecologisme. Vòl aumentar los impòstes del 8% en 8 ans, sustot pels pus rics, e desira d’impausar de taxas sus l’extraccion del coire, que Chile n’es lo màger productor. A mai, es favorable a la descentralizacion e la defend en tot revendicar sas originas catalanas.

Gabriel Boric Font es d’efièch descendent de croats e de catalans que s’establiguèron en Chile fa mai d’un sègle, sosten l’independentisme catalan, e emplega de temps en temps la lenga catalana dins sas publicacions suls rets socials.

Totun, la composicion del parlament a pas de majoritat clara, e doncas lo nòu executiu deurà negociar las mesuras que prepausarà amb las autras fòrças politicas que son contràrias a aquel programa.

Gabriel Boric Font vendrà lo president mai esquerrista del país, après Salvador Allende, e arriba après una estapa neoliberala que reprimiguèt amb una duretat extrèma las grandas manifestacions de la tardor de 2019.

Reconeissença dels pòbles originaris

Dins son primièr discors coma president del país, Gabriel Boric Font, mercegèt “totes los pòbles originaris qu’abitan l’endrech nomenat Chile”. A mai, sas primièras paraulas las prononcièt en las lengas mapuche, aimara e rapanui.

Dins sa campanha, Boric Font s’es d’efièch tanplan acercat del combat del pòble mapuche per sa reconeissença lingüistica e culturala.

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Nueve países concentran los 24 negocios que se han alzado con el Green Emblem, un sello que valora los vinos más sostenibles.

Robert Parker Wine Advocate, considerada como una de las mayores autoridades mundiales sobre vino, ha lanzado la distinción Robert Parker Green Emblem, centrada en la sostenibilidad de bodegas y productores vitivinícolas. Esta distinción, para la que se han evaluado más de 5.000 productores de 32 países diferentes, premia a aquellas empresas que extienden su compromiso por el medio ambiente más allá de la calificación de cultivo orgánico o biodinámico. Las ganadoras son 24 bodegas que han enarbolado la bandera del desarrollo y se han posicionado como embajadores de la sostenibilidad, liderando el cambio de la industria y aportando su grano de arena al bienestar del planeta. País a país, estas son las primeras viticultoras reconocidas.

España

Foto: ISTOCK

Escrito por Mari Carmen Duarte

ESPAÑA
Descendientes de José Palacios es la única bodega española en la selección de Parker. La finca, ubicada en la comarca de El Bierzo, ha aplicado los principios biodinámicos desde sus inicios, más de dos décadas de cultivo sostenible del que el productor nunca ha querido hacer alarde. Su experiencia avala un congreso anual sobre viticultura en la que expertos de España y Portugal aprenden a trabajar con animales en sus cultivos y a conseguir una producción cada vez más ecológica. Ricardo Pérez vive de la forma más artesanal y sostenible posible: elabora, cultiva y cría prácticamente todo lo que come y bebe, creando un ecosistema sostenible de autosuficiencia y aun así sacando tiempo para elaborar algunos de los mejores vinos de la región y de todo el país. De esta manera, Descendientes de José Palacios demuestra que una forma de vida ecológica y un cultivo biodinámico de la vid está mucho más al alcance de lo que se creía.
Bodegas Milton

Foto: MILTON VINEYARD – FB

NUEVA ZELANDA
Desde el comienzo de la historia de Millton, fundada por James y Annie Millton en 1984, la familia ha apostado no solo por aumentar la calidad de sus vinos, sino también la de su tierra, dos objetivos que, sin duda, van de la mano. Solo cinco años después de su fundación, Millton se convirtió en el primer productor en obtener la certificación BioGro en Nueva Zelanda para la producción de vino orgánico. En 2009 consiguieron ser la única bodega de todo el hemisferio sur en sumar a su palmarés la distinción Demeter por su vino de producción biodinámica.
Austria

Foto: TRIEBAUMER

AUSTRIA
La familia Triebaumer forma parte de la cultura vitivinícola austriaca desde hace más de 300 años, una saga de agricultores y campesinos que producen vinos excelentes, como los Ruster Ausbruch, entre los mejores vinos dulces del planeta, o el Blaufränkisch Ried Mariental, considerado como el primer gran vino tinto de Austria. La fórmula de su sistema ecológico: el uso de un sistema fotovoltaico y una producción cada vez más comprometida, que incluye procesos como la recuperación del suelo verde de la viña, en la que pastan sus ovejas, y el cuidado del hábitat de las abejas, un conjunto de acciones que contribuyen a mejorar sustancialmente la fertilidad del suelo y aumentar sus propiedades.
Alemania

Foto: WEINGUT ODINSTAL

ALEMANIA
Una finca cerca de un volcán, a 300 metros sobre el nivel del mar en Alemania parecía una locura para muchos, pero Thomas Hensel, dueño de Weingut​ Odinsal, estaba decidido. El resultado es una bodega biodinámica que ha hecho posible que su vino se alce con una certificación Demeter. La naturaleza está por todas partes y todo parece estar pensado para que fluya por si misma: muros de piedra, postes de madera y arbustos generan una mayor afluencia de insectos que enriquecen el terreno, abonado durante todo el año con estiércol. En cuanto a la producción, Hensel se ha deshecho de los plásticos en sus envíos, cambiando incluso la cinta adhesiva convencional por otra de papel y sus corchos están lacrados con cera de abeja. Toda una declaración de intenciones con las que pretenden lograr un equilibrio neutro en CO2 en un futuro próximo.
henschke

Foto: HENSCHKE

AUSTRALIA
Dos bodegas han australianas han conseguido colarse entre las más ecológicas del mundo. Por un lado, Cullen Wines, certificada como biodinámica desde 2008 y con Vanya Cullen al frente. Además de compensar las emisiones de carbono a través de proyectos locales, el 40% de la energía de esta bodega se consigue a través de paneles solares, mientras que el porcentaje restante se compra a fuentes solares y eólicas externas. Botellas de carbono reducido, cartón local y un buen programa de reciclaje son algunas de sus señas de identidad.
En cuanto a la segunda bodega, se trata de Henschke, una bodega cuyos viñedos tienen más de un siglo de antigüedad. Aunque el negocio no está oficialmente categorizado como biodinámico, su dueña, Prue Henschke, se ha comprometido con este tipo de prácticas desde 1987, realizando ensayos y estudios con varios composts y pastos. Su esposo, Stephen, fue uno de los primeros en implementar un sistema de gestión de calidad con paquetes reciclajes, restauración de la vegetación original y la mejora de vida de la comunidad local. Toda una declaración de intenciones de cara a un futuro mucho más sostenible.
iStock-1173825447. Sudáfrica

Foto: ISTOCK

SUDÁFRICA
Los dos únicos representantes africanos en esta distinción se encuentran en Sudáfrica: las bodegas Reyneke y Sadie Family. Las bodegas Reyneke tienen numerosas certificaciones, entre las cuales se encuentran Demeter y Ceres. Guiado por Johan Reyneke, este proyecto vinícola ha rechazado el uso de materiales químicos y cambiándolo por algo tan sencillo como patos, que cuidan por sí mismos del cultivo; maleza, que aleja la cochinilla de la vid; preparaciones biodinámicas, con las que favorece la biodiversidad del suelo, o el seguimiento del calendario lunar para la plantación, la poda y la vendimia.
En cuanto a Sadie Family, que dirige Eben Sadie, se centra en el cuidado y cultivo de viñas viejas y en la mínima intervención en estas, con un proceso totalmente orgánico que dota al vino de una profundidad de sabor reservada a los mejores. Sus botellas son tan codiciadas que el primer día que salen a la venta tardan pocas horas en agotarse. Sadie es un experimentador nato: su curiosidad le ha llevado a afinar durante años sus habilidades para conseguir un vino armonizado con la naturaleza, sabiduría que trabaja para transmitir a sus descendientes y futuros portadores de su legado.
Alois Lageder

Foto: JOHN MCDERMOTT / ALOIS LAGEDER

ITALIA
Alois Lageder es una de las tres bodegas de Italia que han conseguido el Green Emblem de Robert Parker. Esta explotación es la prueba de que se puede hacer un vino biodinámico a gran escala, concretamente en 55 hectáreas de viñedos. Esto le ha situado en el punto de mira de muchos agricultores, lo que le llevó a crear el festival Summa, dedicado a la viticultura sostenible. Otro claro ejemplo a seguir es el de Tasca Conti d’Almerita, una bodega que no solo se preocupa por hacer de sus propios viñedos una plantación biodinámica, sino que ha creado un modelo de agricultura que se aplica a toda la región a través del programa SOStain, un protocolo de sostenibilidad integrado para este tipo de negocio y con un plan de acción.
En uno de los rincones más bellos de la Toscana se encuentra Salcheto, que afirma ser la primera bodega del mundo en certificar la huella de carbono de una botella de vino. Gracias a un estudio con la Università di Siena, calcularon que cada botella equivalía a 1,83 kg de emisiones de CO2, lo que derivó en la iniciativa Salcheto Carbon Free. Hoy en día, la bodega está alimentada por energías renovables, incluidas sus suites.
littorai. Estados Unidos

Foto: LITTORAI

ESTADOS UNIDOS
El segundo país con más representación de esta clasificación es Estados Unidos, con cinco bodegas. Eyrie Vineyards está certificada como orgánica desde 2013 y se basa en una agricultura sin labranza, esencial para las viñas viejas, ya que disminuye el estrés por sequía. El método seguido por Jason Lett, que consiste en no regar ni cultivar la tierra, podría verse como un punto importante a estudiar de cara a un futuro agrícola más responsable. Otra de las bodegas escogidas es Horsepower Vineyards, que rinde homenaje a las tradiciones vinícolas más antiguas, como el uso de caballos de tiro belgas. Además, más de dos décadas de estudio sobre la biodinámica avalan su compromiso y su apuesta por una agricultura circular en la que el humano influye mínimamente.
La agricultura generativa, una mezcla de agricultura biodinámica, permacultura y agroecología son las señas de identidad de Littorai, fundada por el matrimonio de Ted y Heidi Lemon. Su labor no se ha limitado solo a producir un vino sostenible, sino también en ayudar a otros a conseguirlo. También hay bodegas que no nacieron bajo la premisa de la sostenibilidad, como Ridge, cuya conversión a lo largo de los últimos años se ha centrado en cambiar los sistemas de funcionamiento de la explotación y en reutilizar materiales, además de utilizar un etiquetado en el que se muestran los ingredientes. Por último Spottswoode, uno de los dos únicos viñedos orgánicos en el Valle de Napa hasta la fecha, con más de 30 años de historia a sus espaldas, con un uso casi exclusivo de energía solar y su donación del 1% del beneficio anual a organizaciones ambientales.
zusslin. Francia

Foto: ZUSSLIN

FRANCIA
El país que se lleva la palma en esta clasificación es Francia, con ocho bodegas escogidas. En Domaine Bruno Lorenzon las vides se cultivan a más altura y se producen barricas propias, con un proceso monitorizado personalmente desde la recogida de la fruta del cultivo hasta el tostado del vino. Las frutas también tienen un papel importante en Luis Roederer, que dejó atrás los herbicidas y fertilizantes sintéticos y aró la tierra para conseguir raíces más profundas, algo que reviste de fuerza a la vid. Un ejemplo de que la conversión es posible es la bodega Pontet-Canet, cuyos inicios fueron costosos pero que hoy en día tiene triple certificación biodinámica: Biodyvin, Demeter y Ecocert. Arada con caballos y con una bodega alimentada por energía geotérmica, cuatro veces más eficiente que cualquier combustible, hace uso de un sistema innovador: unas ánforas de arcilla hechas en parte con tierra y grava de los viñedos.
Un servicio comunitario en toda regla es el que lleva a cabo Gerard Bertrand, que ha conseguido convertir gran parte de su producción en biodinámica, pero que también quiere que otros viticultores abracen esta forma de agricultura, por eso ofrece asesoramiento técnico y fondos.
Otra bodega que sirve de inspiración es Gabin et Félix Richoux, que han demostrado que la viticultura sin herbicidas, pesticidas y fungicidas es viable, inspirando a otros a seguir su ejemplo, al igual que la bodega Larmandier-Bernier, que abandonó estos métodos en los 90.
En Borgoña, el Domaine Leroy utiliza regularmente cocciones de dientes de león, manzanilla y cola de caballo en los suelos en un proceso de descontaminación química que llevará años.
Por último, merece la pena destacar la bodega Valentin Zusslin, en cuya propiedad se encuentra una reserva natural declarada con plantas mediterráneas y con un viñedo del que se adueñan las ovejas en invierno y las colmenas y pajareras en verano, una apuesta por la vida que mejora el cultivo exponencialmente.
[Fuente: http://www.nationalgeographic.com.es]
Yo no voy a dejar de escribir, nunca voy a dejar de escribir, yo sigo escribiendo todos los días”, dijo Robin Wood en conversión con La Nación este domingo, saliendo al paso a publicaciones que señalaban que abandonaba su profesión debido a cuestiones de salud que supuestamente lo aquejan.
Los medios se hicieron eco ayer de un comunicado dado a conocer por un miembro de su círculo cercano, lo que propició estas versiones contradictorias, y puso sobre el tapete algunas cuestiones de índole familiar.
El creador de “Nippur de Lagash”, según las primeras versiones, se encuentra aquejado de una enfermedad que no le permitiría seguir produciendo, ante lo que el escritor dijo: “Realmente no sé de dónde salió esa historia. Yo amo escribir, me dedico a escribir, esa es mi profesión”.
Respecto al origen de las primeras declaraciones, pidió “por favor, que dejen de decirlo”. Conflictos de índole familiar habrían generado estas afirmaciones contradictorias.
“Salió en los diarios que yo me estaba muriendo, y yo no me estoy muriendo. Y con respecto a escribir, yo voy a seguir escribiendo exactamente como venía haciendo todos estos años”, reiteró.
Wood, originario de la zona de Caazapá, es un guionista de historietas paraguayo reconocido a nivel mundialmente por series como “Nippur de Lagash”, realizadas principalmente para la editorial Columba, en Argentina, país desde donde se catapultó su carrera a todo el mundo.
[Publicado en La Nación]

¿QUIÉN ES ROBIN WOOD?

Por Diego Accorsi
En esta sección podrán conocer al magistral guionista de historietas sin necesidad de examinar un montón de datos biográficos. Este es un reportaje que surgió de las inquietudes que me fueron apareciendo en septiembre de 2000, a medida que me adentraba más y más en el mundo de Editorial Columba. Habiéndome convertido en el responsable de relanzar los títulos en un proyecto kamikaze que contaba con ínfimo presupuesto, opté por reeditar los personajes más famosos de la editorial desde sus primeras apariciones. Para ello, ordené todos los números de todas las revistas (que se conservaban encuadernados en infinidad de volúmenes) y todas las fichas de las historias compradas por la editorial. Además, encontré un montón de cuadernos donde anotaban los guiones que compraban, con fecha, autor y revista en la que era publicado. Muchas herramientas, pero también, mucho material y todo abría nuevas puertas. Yo –debo confesarlo- nunca había sido un ferviente admirador de la editorial de la palomita y su guionista estrella, Robin Wood. Desde el momento que empecé mi gestión, ese nombre se me aparecía por todos lados. El tipo había hecho todo… y con ese nombre. No podía ser real. Entre los aciertos de esa dirigencia se contó con la inserción como archivista de Johnny –alias el Negro-, íntimo amigo de Robin desde su adolescencia. Johnny demostró ser una verdadera enciclopedia viviente del guionista paraguayo-argentino-danés, con una memoria prodigiosa y una voluntad ciclópea. Antes de siquiera sacar los números Uno, yo ya tenía una necesidad imperiosa de conocer más del autor de Nippur, Dennis Martin, Savarese, Mark y un larguísimo etcétera. Mis primeros acercamientos a esta figura casi mitológica fueron a través de historias de Johnny, hasta que me dijo: “Robin viene este fin de semana a Buenos Aires, ¿querés charlar con él?”. Y sin dudarlo comencé a anotar una batería de preguntas que se iba extendiendo. Coincide con que para ese momento, me doy cuenta de que me sobran páginas en los números 1 de las revistas y en lugar de rellenarlos con avisos, quedaba mucho mejor, un reportaje al gran guionista. Así, en una apacible tarde de primavera, enfilé hacia el departamentito que Robin mantenía en la ciudad de Buenos Aires, y me senté frente a frente con uno de los más grandes –y sin duda uno de los más prolíficos- guionistas del mundo. La entrevista fue casi una charla entre amigos, con muy buena onda, con anécdotas al margen, y el carisma del escritor operando a tope. Salí convertido en un fan de Robin Wood. Esta es la charla como apareció publicada en las revistas Nippur de Lagash Nº1, D’Artagnan presenta a Dennis Martin Nº1 e Intervalo presenta a Savarese Nº1 durante noviembre de 2000, por primera vez, toda de corrido. Encontrarán indicaciones a pie de página para actualizar lo más posible las declaraciones de Robin, ya que en estos ocho años y pico, algunas cosas han cambiado. Espero que los convierta en fanáticos de Wood como a mí.
Un día soleado de principios de primavera, quedé en encontrarme con Robin Wood en su departamento de Buenos Aires, cerca del Parque Centenario (Robin ya no viene tan seguido a Buenos Aires, por ende, no tiene más el departamento de la calle Sarmiento). Apenas uno entra, ve un montón de dibujos enmarcados en las paredes, una Amanda de Falugi, un Gilgamesh de Pez, varias páginas de Nippur de Lucho Olivera, tapas pintadas por De la María, y sentado a la mesa, Robin. Sobre esta hay un laptop cerrado y un cuaderno abierto, escrito, desprolijo. Él está medio resfriado, en realidad, el venir a una ciudad tan polucionada como Buenos Aires le hace chorrear la nariz. Me siento y empezamos una amena charla, en la que Robin –con su acostumbrado estilo- imitó a personas, entonó a la perfección cada palabra dicha en otros idiomas (inclusive el paraguayo), siempre gesticulando mucho, interrumpiéndose y cambiando de idea sobre la marcha, verborrágico, creativo, divertido y con muy buena onda. Pero basta de preámbulos, pasemos a la (…) entrevista, conozcamos…
UNA VIDA DE AVENTURAS: REPORTAJE A ROBIN WOOD
-Empecemos por el principio, ¿cuándo y dónde naciste?
-Nací en el 25 de enero de 1944… De entrada voy a remarcar que Robin Wood es mi verdadero nombre. Nací en una colonia socialista de australianos que vinieron al Paraguay. (El nombre del caserío de los australianos en medio de la selva paraguaya se llama Colonia Cosme y queda en el departamento de Caazapá). En un lugar que aún hoy en día no tiene electricidad ni agua corriente, ni nada (Ocho años después, Colonia Cosme sigue sin luz o agua corriente). Y allí yo crecí.
-¿Cuándo viniste a Buenos Aires y por qué?
-Ahí está un poco más confuso, porque mi madre era medio gitana también. Viví hasta los cinco años en la colonia, después viví con familias, después vivimos… Debo haber llegado a Buenos Aires aproximadamente… creo, porque no tengo fechas exactas, yo debería tener 8 o 9 años. Me quedé aquí unos tres años; vivía en un orfanato porque mi madre no me podía cuidar y volví al Paraguay a los once, doce años, más o menos.
-¿Y después vuelta a la Argentina?
-No, de ahí me fui a la ruta transchaco, a trabajar; a los once años me fui al desierto, al Chaco, y trabajé ahí por un año y medio. Después volví a Asunción, después volví a Buenos Aires, porque mi madre se había casado. Lo malo es que se divorciaron ocho meses después, o sea, que toda una vida familiar que a mí no me interesaba particularmente, volvió a desmoronarse. Entonces trabajé en docenas de trabajos solo… calculá que en esa época yo tenía quince, dieciséis años. Y un buen día me fui en ómnibus de vuelta a Paraguay. Uno de mis tíos estaba trabajando en el Alto Paraná y tenía un camión obrajero, entonces me fui y pasé unos años trabajando en el Paraná.
-¿Y cuándo venís a establecerte en Buenos Aires?
-La Embajada Francesa en Paraguay ofrece un premio a quien pudiera hacer un análisis de la cultura y el arte de Francia. Yo, entre camión y camión, intervine. Y lo gané. Entonces el diario El Territorio me toma como corresponsal… además, pensá en mi edad…
-Pero… ¿de dónde sacás tu educación? ¿Cómo viajando tanto lográs escribir un texto sobre la cultura francesa?
-Yo no tenía ninguna educación, yo tengo seis años de escuela nada más, yo pasé el sexto grado y nada más. Pero por supuesto, como siempre digo, es una especie de anécdota simpática, a los ocho años yo leía Todos los hombres son mortales de Simone de Beauvoir, que muchos años después se convirtió en Gilgamesh y leía Cuentos del mar Por quién doblan las campanas, de Hemingway; tenía ocho años.
-¿Y cuál es tu primer contacto con la historieta?
-De chico no tuve ningún contacto, acordate que yo no tenía casa, yo dormía donde podía, y después empecé a trabajar en las fábricas, en Buenos Aires, que fue el período más terrible de mi vida. Pasé entre cinco y seis años en fábricas, con los sueldos de aquella época, viviendo en pensiones con cinco camas por cuarto, y había esas cocinitas que había que pedalear, con querosene. Entonces en esos cuartos cocinábamos ahí, vivíamos de eso. Hasta hoy en día mi hígado ha quedado… porque eran hamburguesas con huevos fritos, con la grasa y todo eso, y trabajábamos generalmente seis días a la semana. Desde las siete de la mañana hasta las seis de la tarde. Y vivíamos así, de eso. Yo era una bolsa de huesos, muy flaco, tenía granos por la mala comida, la mala alimentación, etcétera… Y yo quería ser dibujante. Era un pésimo dibujante.
-¿Cómo se te ocurre ser dibujante de historietas?
-Siempre me gustó dibujar. Y ahí vienen esas pequeñas cosas: fui a estudiar a Bellas Artes y al otro, en donde enseñaba Alberto Breccia… la Panamericana de Arte, pero yo no tenía talento. Yo quería ser dibujante, pero al final me dijeron “Robin, estás malgastando tu tiempo, no tenés talento”. Y había un individuo ahí, que estudiaba conmigo… en realidad no estudiaba, iba ahí a aburrirse, que se llamaba Luis Olivera, y entre las miles de lecturas mías, estaba la sumeriología, el estudio de la civilización de Sumer. Que era la misma obsesión de Lucho y nos sentábamos después de clase a hablar y hablar, y hablábamos y después yo me iba a la pensión, él se iba a su casa. Y un día estaba puteando porque los guiones eran malísimos y me dice “Estos no son guiones, son un horror”. Y de repente me dijo: “¿Por qué no hacés un guion así, de sumeriología?”. Y le escribí además otros tres guiones. Y me olvidé. Me olvidé porque yo se los llevé a Lucho a la casa; a él yo nunca le mostré dónde vivía. Era un basural, directamente, era algo tan deprimente que me daba vergüenza, donde mi vida era simplemente poder comer ese día. Así que, de repente, cuando la editorial –Columba, donde trabajaba Lucho- aceptó esos guiones, Lucho no sabía dónde contactarme. Éramos amigos de Bellas Artes y en la Panamericana, pero él no sabía dónde vivía yo. Y los guiones se publicaron dibujados por él. Pero Lucho no podía avisarme… Hasta que vi la revista con la historieta publicada. Decía Robin Wood en la tapa… ¡guau! Cuándo yo lo vi fui… Yo vivía en Retiro, y trabajaba en una fábrica que quedaba en Martínez, y ese día había llegado tarde, entonces cuando llegabas tarde no te dejaban entrar y como te pagaban por hora, ese día no comías, listo; entonces pedí un vale y no me lo dieron, pedí algo y nada, y volví caminando desde Martínez a Retiro. Y encima de yapa, llovía. Era como si fuera una película francesa, llovía a cántaros… Y paré por el camino a mirar un quiosco de revistas y vi la revista en la que yo sabía que Lucho dibujaba la abrí y me encuentro con mi nombre. Bueh… seguí caminando hasta Columba, que en esa época estaba en Sarmiento y Callao, algo así… Y fui ahí, subí y estaba una señorita preciosa, en una hermosa oficina, que me miró con toda la sospecha del mundo, totalmente justificada, y me dijo: “Sí, ¿qué quiere?” No te puedo explicar el aspecto que yo tenía, era una cosa… Pesaba cuarenta y ocho kilos, la miseria de mi ropa, todo… Esta chica que luego fue amiga mía de manera íntima, me dijo que ella pensó que yo venía a pedir comida o dinero, o algo, a vender tarjetitas de ‘Soy sordomudo’ o algo así, ‘Colabore’. (risas) Yo le dije: “Me llamo Robin Wood”… Chau, otra joda. Ella no estaba al tanto de las historietas, y ese nombre ridículo…
– Le roba a los ricos para darle a los pobres…
-Pero este necesita para él y para nadie más. Entonces le digo: “No, yo escribí unas historietas y fueron publicadas”. Teresita, Teresita Murray, una irlandesita, muy simpática, me dice: “Espere un momento”, y se fue a hablar, probablemente se llevó todas las cosas que se pudieran robar; (risas) y al rato viene, me mira así con curiosidad y dice: “El señor Basalo lo espera.” Basalo fue Balbastro en Mi Novia y Yo. Paso a una oficina donde un señor muy elegante está sentado, el tipo me mira y me dice: “¿Usted es Robin Wood?” “Sí, señor”. Me dice: “No se ofenda, ¿tiene una cédula?” Saqué mi cédula y se la di. La miró y “Pero entonces ¿de verdad usted es Robin Wood?” “Sí”, entonces me dice: “Le cuento que compramos los tres guiones”… y no te puedo decir los precios de esa época, pero ponele que en la fábrica yo ganaba trabajando las horas extras que eran cuatro por día, trabajaba ocho horas más las cuatro horas extras, o sea doce horas, ganaba -un ejemplo- cien pesos por mes…“Nos gusta mucho el trabajo, le compramos todo lo que entregó y le pagamos doscientos pesos”. Yo había escrito tres historietas y digo “¿Doscientos pesos por las tres?” “No, no, doscientos pesos por cada una”. ¡AH! De repente el mundo cambió y dice: “Y todo lo que produzca se lo compramos”. “Bien, bien…” Ahí me levanté ya diferente y le digo: “A todo esto…” y el tipo que ya me había calibrado me dice: “Váyase al tercer piso que ahí le dan un cheque”. Yo nunca había visto un cheque. Fui al tercer piso, me dieron un cheque y yo con el cheque en la mano… (cara de desconcierto) Entonces el tipo me dice: “Pará, vos nunca cobraste un cheque”. “No” “Salí afuera, cruzá Callao y está el Banco de Londres y América del Sur, entregá el cheque y ellos te dan el dinero”. Fui, entré al banco y en esa época debía ser una pila de billetes así (muestra las manos separadas a una distancia como la de una taza de café), entrego el cheque, y me dice: “¿Tené’ cédula? … ¿Robin Hood? … Momento…” Y viste cuando sabes que no va a resultar, que algo va a pasar, que algo va a ir mal, y el tipo viene, me pone el paquete de billetes delante y me dice: “¿Quiere un sobre?” Si me hubiera preguntado si quería un elefante le digo que sí también, me dio el dinero, me fui y de ahí en adelante gané montones de esos paquetes de billetes y once meses después fui a avisarle a Columba que me iba. “¿Cómo te vas a ir?” “Sí, sí”, le digo, “yo me pasé seis años en la fábrica desde el amanecer hasta la noche, seis días por semana y ahora yo me voy…” Yo me iba a ver entrar los barcos en el puerto, yo fui voluntario para la Guerra de los Seis Días, también fui voluntario para Vietnam, con tal de poder irme… En la Guerra de los Seis Días no me aceptaron porque no era judío, ¿y a mí qué?; ofrecí seis años de trabajo en un kibutz a cambio de un pasaje. Para lo de Vietnam me dijeron: “No hay problema, lo único que tiene que ir a Estados Unidos y alistarse ahí”. “Pero escuchame”, le digo,“si yo tuviera plata para irme a Estados Unidos, ¿para qué carajo voy a enlistarme?” Y de repente ahora tenía dinero, y dije: “Yo quiero ver cosas, quiero ver países, quiero ver todo”, y no me fui en avión, me fui en un barco de carga, así, que tomaban siete ocho pasajeros; y me fui en el Calazeta, un barco italiano… Y van veintidós años de viajes… sin parar, nunca quedándome más de seis meses en una ciudad. Y hasta hoy en día me acuerdo del Calazeta que era un buque de carga, tenía una pileta de lona azul en la cubierta para los marineros, que la cargaban con agua salada para refrescarse, no había restaurante, no había nada…
-Ahora viene la pregunta que ya me respondiste, si Robin Wood es tu nombre real… Pero la pregunta puede ser ¿qué otro nombre queda bien con el apellido Wood? ¿Cómo se llamaba tu viejo?
-No sé, nunca lo conocí.
-Y Wood es el apellido de tu mamá.
-Sí.
-¿Y cómo se llamaba tu abuelo materno?
-Hay un nombre tradicional en mi familia, Alexander. En cada grupo familiar siempre hay un Alexander o una Alexandra, mi hija se llama Alexandra. Eso es una especie de tradición… Nosotros somos un clan, no te puedo explicar en palabras lo que es un clan, nosotros somos 300, 400, vivimos en Australia, en Paraguay, en Argentina, en Estados Unidos, Irlanda, somos Wood. Para nosotros ser Wood es una cosa muy importante, muy agradable…
-¿Por qué tuviste tantos seudónimos? Yo te encontré seis, creo.
-Había como doce. Cuando empecé a trabajar en Columba, llegó un momento que decidieron que era una mala política que hubiera en el índice varias historietas hechas por mí y se lea Robin Wood, Robin Wood, Robin Wood, y entonces me pidieron que buscara un seudónimo, y así nació Mateo Fussari, que lo saqué de la sección avisos fúnebres; había muerto el pobre, decía “Mateo Fussari, que en paz descanse”. Robert O’Neil, que era una cosa así, importante; Roberto Monti era el famoso italiano con el que mamá había vivido, que fue como un padre para mí, y fue un lindo homenaje; Carlos Ruiz…
-Carlos Ruiz era el que hacía las de deportes…
-Sí, sí, Carlos Ruiz, era la chotez andante, fantasía de nada, y después el que a mí más me gustó que era Cristina Ruttegard, o sea, yo fui la primera escritora femenina de historietas… Yo estaba buscando un nombre y como era para Intervalo… Así que yo fui la primera escritora, antes de Patricia Breccia, creo que soy la única escritora femenina de historietas en la Argentina…
-Una vez que te aprobaban los guiones, ¿no se te ocurrió presentar la historieta completa? O te diste cuenta que el dibujo no…
-Presenté una, Hjalmar, una historia de vikingos, y yo le dije a Presas: “Esta la quiero dibujar yo”. Las conversaciones con Presas siempre eran problemáticas porque él es tartamudo, entonces hice creo que 17 páginas en vez de las doce habituales, y cuando la vio toda me dijo: “Mirá, esto es una cc-c-cagada”. Me dice: “Vos Wood, vos seguí escribiendo, porque dibujando, no vas a ganar un mango”. Okey, seguí. Pero son diecisiete páginas… Años después, yo le digo: “La historieta esa de Hjalmar… ¿donde está?” “Ah, yo la tengo colgada en casa, en mi colección”. “Ah, pero eso no se me pagó”. “¿Quién te iba a pagar por una cosa así?” Le digo: “Tenés razón, pero si no está pagada es mía, ¿no?” “Sí, sí, es tuya”. “Bueno, Dámela”. “No”. “¿Por qué no?” “Yo soy el único que tiene una historieta completa, escrita y dibujada -si a eso se le puede llamar dibujo- por Robin Wood”. “Pero legalmente es mía”. “Legalmente es tuya”. “Dámela”. “No”. “Te rompo la cara”. “No me importa, no te la doy”. La tiene todavía enmarcada en su colección, nunca me la dio.
– Sé también que -a vos poco, pero a otros quizá más-, le rechazaban historietas… ¿Qué había en la historieta para que en Columba dijeran “Esto no va”?
– A mí me rechazaron algunas historietas, y debo decir, en mi caso, tenían razón. Porque ellos tenían una línea, de trabajo y la seguías o no, pero si no la seguías… Algunas de esas eran tan malas… No es que fuera simplemente el hecho que usaban la autoridad, es que algunas eran tan malas. Yo las he visto… A veces me llamaban para decirme: “¿Vos podés corregir esto?” y yo o leía y decía: “Tienen razón, dejate de joder” y listo.
-A propósito de esto, ¿qué aportó el estilo Robin Wood a Columba? En Columba había una fórmula, y un día aparece Robin Wood dentro del estilo Columba, pero aportando un montón de cosas. ¿Qué hiciste vos que no se venía haciendo antes? A medida que tus guiones empezaron a poblar todas las revistas, todos los otros guionistas empezaron a parecerse más a vos…
-Esa es una pregunta bastante, bastante difícil… Yo nunca razoné lo que hacía, hasta hoy en día, yo trabajo así: (señala un cuaderno garabateado con números de cuadro y un breve texto de pocos reglones en cada uno). Esto (señala la laptop), es nada más que para pasar en limpio. Hasta hoy en día yo trabajo así y si te fijás un poco, yo no corrijo, rarísimo, una… pero en general no corrijo nada. Tal cual como sale, sale. Yo tenía una cultura monstruosa, y una fantasía monstruosa, y eso son cosas que no podés explicar. Yo nunca lo pude explicar. Una vez yo estaba con el guionista (Gustavo) Amézaga, y miró mis guiones y dijo: “Acá no hay corrección”. Y le digo: “Yo nunca corrijo nada, lo hago todo de una sola vez, después tal vez corrija aquí una cacofonía”, y él me dice: “Pero yo tengo que hacer tres, cuatro o cinco copias de un guión”… Así como sale, queda. Creo que en esa época, hubo tres tipos que afectaron la historieta. Uno por supuesto es el grande, Oesterheld. Ni me voy a molestar en hablar, porque él era EL mejor. Absolutamente el mejor. El otro fue Ray Collins, el desaforado, porque realmente él era en todo exagerado. Y quedaba bien. El tercero fui yo, creo que una mezcla entre los dos. Por supuesto yo lo imité a Oesterheld en todo, porque lo admiraba, lo leía, copiaba sus guiones, los guardaba… Mort Cinder en las Termópilas… Yo copié todo de ahí… (recita de memoria, con tono trágico y profundo) “Subo la colina y me encuentro con tres ilotas perdidos, me acompañan, pero el día es negro porque el viento solo puede repetir una palabra Alfeus, Alfeus…” Eso es arte. Eso es lo mejor. Eso es espléndido. Sargento Kirk nunca me convenció. Pero Mort Cinder… eso es…
-Vos releés cosas tuyas y retomás alguna punta que haya quedado colgada, algún enemigo que haya quedado vivo…
-Todo el tiempo. Me encanta.
-¿Hacés eso?
-Ajá. Por una simple razón. ¿Qué es lo más fascinante que hay en las historias? Los malos. Un bueno es bueno, y es bueno en una manera bondadosa, pero los malos, los villanos… Escuchame, en Batman, ¿quién es más interesante? ¿Batman o el Joker? ¡El Joker! Batman está bien, es bueno, mientras que el otro no tiene ningún límite. Entonces el Joker es el gatillo de la historia, el malo es el que hace que el bueno intervenga. Vos sabés que el bueno va a venir, va a intervenir, lo va a cagar, etcétera, pero el malo es el bueno, o digamos que lo interesante es el malo…
-¿Cómo es tu forma técnica para escribir guiones y cómo es tu trabajo con los dibujantes? Vos dividís por página, por cuadro…
-Por cuadro, fijate (señala el cuaderno), está todo dividido por cuadro, después cuando lo paso a la computadora doy las aclaratorias, cada cuadro tiene una aclaratoria: cómo debe ser el enfoque, primer plano, personaje, documentación, expresión, etcétera…
-¿Y vos ya sabés para qué dibujante lo estás haciendo?
-Sí, hace una diferencia tremenda.
-Pero cuando empezaste en Columba no…
-No, no, no, en esa época no, hoy en día yo trabajo con Falugi, Carlos Gómez, Salinas, Enrique Breccia, yo sé exactamente lo que ellos pueden dar. (Al momento de subir esta página, Robin trabaja con Carlos Gómez, Pedrazzini, Goiriz y varios coloristas)
-En el librito de guiones de Columba encontré que en una semana entregaste dieciséis guiones juntos, ¿cómo hacías para escribir dieciséis guiones por semana? Porque no es que no hiciste nada la semana anterior ni nada en las siguientes, una semana hacías diez, otra doce, ¿cómo hacías para producir tanto? ¿Tuviste ayudantes?
-Nunca; nunca. Una vez Columba me puso ayudantes, pero no funcionaba, porque la idea de ellos era que los ayudantes escribían el guion y yo los retocaba y salía. Pero cuando yo los leía… los hacía de vuelta, entonces le dije a Columba: “Para esto laburo yo solo”, pero hasta hoy en día, escribo cantidades; esto lo escribí esta mañana en dos horas (de nuevo señala el cuaderno), es una historieta de Dago… Ayer escribí otra, no, ayer escribí dos… Pero aparte de eso hago los libros de Dago, de 94 páginas que no sé si los viste…
-¿Escribís algo más aparte de historietas?
-Sí, sí, sí… Escribo muchos artículos sobre cine, sobre historia, análisis histórico…
-Escribís en danés, en inglés…
-En danés, en inglés, en italiano, en francés, etcétera, aparte de eso… yo soy un combatiente ecologista… pacífico, no estoy diciéndole a nadie lo que tiene que hacer, simplemente hago lo que puedo… he salido en libros sobre ecología… Creo que tengo una cierta conciencia social…
-Engancho esto con una pregunta que tenía dando vueltas, ¿cuando hacés las historietas, alguna vez dejás traspasar un mensaje, una ideología, algunas ideas tuyas…? ¿Alguna vez sentías que estabas transmitiendo tus ideas personales a los protagonistas o que una idea fuerte tuya era el mensaje de la historieta?
-Sí, sí, eso es inevitable… Yo tengo una conciencia social, porque no formo parte de ningún grupo, pero no podés evitar, mirar alrededor y sacar la conclusión de que un poquitito… Yo pago los estudios de más de veinte chicos pobres, aquí en Sudamérica, a través de organizaciones danesas… soy ecologista, no un ecologista agresivo, porque yo creo que eso también llega a sus extremos… yo hago la mía…
-¿Alguna vez un personaje dijo “No como carne porque está mal”, o una cosa así?
-No, no, nunca, porque eso es algo a título personal, no podés obligar a la gente a ser vegetariano, a no beber…
-En los ‘70 se te ve sobre todo en Mark, una especie de enfrentamiento a la tecnología, a las computadoras, Mark dice: ‘Los de la ciudad son como robots manejados por las computadoras’… Te venía molestando la tecnología…
-Claro, pero no la tecnología, lo inútil que yo era en relación con ella. Vale decir que yo aprendí a manejar una computadora hace dos años, antes era todo así (señala el cuaderno), y con birome roja hacía las aclaratorias y mi mujer las pasaba a máquina. Hasta que un día, me agarró, me hizo sentar y me dijo: “Tu problema es que sos perezoso, ahora vas a aprender” y ahora uso la computadora.
-¿No te aburrís del formato que te obliga terminar la historia cada doce o trece páginas? ¿No tenés necesidad de hacer historias más largas?
-Las hago; hice un mecanismo ahora, que por ejemplo series como Amanda y Dago, son de doce páginas; pero la historia en sí, se extiende a cinco capítulos, o sea que al final, serían unas cincuenta páginas, por la posibilidad de hacerlo en libro.
-Vos escribiste infinidad de géneros, históricas, western, policial… ¿con cuál es el que te sentís más cómodo?
-Todos… Dependiendo del humor del día….
-¿Qué pasa cuando te ponés a escribir, por ejemplo un guión de Nippur y después tenés ganas de escribir otro y otro…? Yo vi en el cuadernito que entregabas varios guiones del mismo personaje el mismo día, después durante tres meses a ese no lo tocabas, después otra entrega de varios episodios…
-Es el ritmo. Anoche escribí un Dago, este lo escribí esta mañana, a las cuatro de la mañana (señala el cuaderno), probablemente esta tarde escriba el tercero.
-¿Te arrepentís de algo de lo que hiciste? ¿Hay algún trabajo que digas me arrepiento de haber hecho esto?
-Sí, un montón…
-¿Puedo nombrar uno?
-Dale.
-La adaptación de La Guerra de las Galaxias.
-Ahhh, pero de eso no me arrepiento por una sencilla razón; era la época que Columba había hecho un trato con una empresa cinematográfica, entonces estas empresas mandaban una reseña, una brevísima reseña de veinte palabras, y cuando yo pienso que hice La Carga de la Brigada Ligera, -inclusive ahora estoy tratando de hacer una reproducción de la Carga en miniaturas-, y cuando lo leí, y me acordé de lo que había escrito… ¡y a la puta! Pero claro, me daban así, “Robin tomá”, diez líneas, y sobre eso tenías que improvisar, yo no tenía la más puta idea de qué se trataba, asi también hice La Profundidad, y una vez me trajeron uno, en la época de los luchadores de catch mexicanos… Super Argo, terrible. Te traían y te daban un papelito, “Mirá, hacé algo sobre esto…” ” Bueh…” Y algo hay que hacer… La Carga de la Brigada Ligera es una cagada total… La Profundidad – The Deep- , que la salvó el dibujante, porque era una cagada. Una vez, Johnny, mi amigo, estaba conmigo en el aeropuerto, yo me volvía a Europa, y yo estaba ahí, meta escribir, marcar, todo, hasta que anuncian vuelo con destino a Ginebra,“Okey, terminé”, le digo: “Negro, llevalo y que en Columba alguno lo pase a máquina…” Y salió una cagada total.
¿Alguna vez un personaje te resultó un éxito sorpresa, que vos no esperabas gran cosa y de repente pegó mucho…?
-Yo pensé que Helena era una pavada; Mi Novia y Yo era una historieta nada más, yo no pensaba una serie… Hubo varias humorísticas y esta era simplemente una más, y de repente en Columba me dicen: “Mirá, tenemos correo, llamadas telefónicas y demás, ¿vos podés seguir haciéndola?” ¿Y qué historias puede haber de un tipo que está de novio con una petisa de mal carácter y que tiene un perro? Eh… cuatrocientos cincuenta capítulos. Y el otro en el que no creí y lo hice realmente porque me interesó a mí, fue Helena. Yo lo empecé a escribir y nunca estuve totalmente satisfecho con eso; Ernesto García Seijas que es un gran dibujante, en esa época estaba muy duro, muy… Y sin embargo fue un éxito y hasta se hizo la serie de televisión en Italia, todo…
-¿Y al revés? Uno al que vos le apostabas todo y no pegó.
-Ronstadt, por ejemplo. Yo pensé: ‘Este personaje me fascina’, pero me cagaron con el dibujante…
-¿Alguna vez te sentiste decepcionado por el dibujante, que vos te habías imaginado al personaje de una manera y el resultado final es un desastre…?
-Uf… Noventa por cierto de las veces…
-¿Y con el color de Columba?
-¿Qué color? (risas)
-¿Quién los convenció de que había que sacar todo a color?
-¿Qué sé yo? Yo estaba en China, en Japón, yo estaba lejos… Por alguna razón también… Eso era horroroso.
-Cuando vos hacías diferentes géneros, ¿era porque vos querías o porque te lo pedían?
-No, porque yo quería. Yo todavía hasta hoy en día, leo Mi Novia y Yo o Pepe Sánchez y me río. Y como yo siempre digo: “No debe estar del todo mal cuando el autor se caga de risa”. Pero además, como yo escribo de esta manera, así, de un tirón, no lo razono, no lo pienso. Carlitos Gómez se divierte porque siempre me pregunta: “¿Y qué va a pasar en el próximo capítulo de la serie?” Y yo le digo: “No tengo la más puta idea”. Y Falugi, el que hace Amanda, él también lo sabe: “Y bueh, esperemos”, -dice-. Ellos saben que yo no sé lo que va a pasar.
-¿Con qué dibujantes te gustaría trabajar?
-Con los que trabajo ahora que realmente me gustan, Zanotto, Alcatena, Falugi, Carlos Gómez, Salinas… (Además de los países que nombra Robin, a la fecha sus obras se han publicado también en México, Chile, Paraguay, Uruguay, Bolivia y Suiza).
-¿Y alguno de los que no estés trabajando?
-Es difícil, porque una cosa es lo que muestran y otro es cuando empiezan a la serie… Un soldado puede estar muy bien vestido, andar bien a caballo, todo, pero cuando empieza la batalla, ahí es otra cosa. Eso ha ocurrido muchísimas veces, una serie es un ejercicio de resistencia, y de decisión, de ganas, no de otra cosa.
-¿Cómo fue o cómo es tu relación con otros guionistas, por ejemplo con Oesterheld, tuviste algún tipo de relación?
-No, a Oesterheld lo conocí una sola vez y fueron dos minutos, nada más. Me preguntó a qué me dedicaba.
-¿Con Ricardo Barreiro?
-¿Era el Loco? Sí, a él lo conocí… Bueno, vos sabés lo que era Barreiro… y me encontré con él en el primer Fantabaires apareció él en su estado habitual y me dijo: “Vos sos Robin Wood”, “Si”, le digo,“Yo soy Barreiro”. “Ah… ¿Y?” “Sabés qué, vos no tenés la cara de hijo de puta que me dijeron que sos”. “No”, le digo, “la carita me la dio mamá”. Y terminamos a las seis de la mañana, con un pedo total, porque con Barreiro no podés terminar de otra manera… Y me cayó muy bien, realmente me cayó muy bien. Me gustó mucho el tipo…
-¿Y con Carlos Trillo?
-Mirá, honestamente creo que Carlos Trillo me odia a muerte, pero nunca he hablado con él. Nunca he hablado con él, pero tengo un resentimiento muy profundo contra él y Guillermo Saccomano, porque cuando hicieron La Historia de la Historieta -que incluso se publicó en Francia- me pusieron como fachista, y yo pensé ¿por qué me acusan de algo así? A mí, que una vez lo dije, en una reunión que me acusaban de capitalista, en el período peronista, de la revista El Descamisado y demás, y me dijeron que participara y yo les digo: “No puedo por una simple razón: primero, que no vivo aquí, no voy a tomar partido político por nadie, no lo tomo ni por los milicos ni por los peronistas, porque si algo no me convence, ¿por qué lo voy a hacer? ¿porque todos lo hacen?” Entonces ahí me atacaron muchísimo (y hasta hoy día), por fachista. Yo dije: “Pero aquí yo soy el único que ha sido obrero, todos ustedes son universitarios, estudiantes, burguesía, aquí el único que ha sido obrajero en el Alto Paraná, que ha trabajado como levantador de piedras en el Chaco, que ha sido obrero de fábrica, soy yo. ¿Y ahora ustedes me llaman a mí fachista, capitalista, burgués?” Y Saccomano y Trillo hicieron ese libro… y yo respeto al trabajo de Trillo, respeto a Saccomano, es decir, una cosa es su trabajo, ahora pues, nunca entendí que sacaran ese artículo lapidario que me tildaban de fachista… yo no sé por qué. Honestamente, con Trillo yo hablé una sola vez cinco palabras, le dije: “Hola”, en una reunión, siempre nos hemos tratado con total cortesía, no conozco al hombre, pero el hombre tampoco me conoce a mí… Y una vez le dije a Salinas padre, José Luis Salinas, cuando hicieron un quilombo en una bienal en Córdoba que yo gané la medalla de oro, y me dice: “No, Robin, vos entendé que nosotros estamos en contra de esa sociedad vampirista que es Columba, no contra vos”. “Bueno, pero yo trabajo para Columba, Columba me ha tratado siempre bien, y todos estos dibujantes que están alrededor mío, trabajan para Columba; cuando vos atacás a Columba, nos atacás a todos nosotros”. “No, no, no”. “Vos sos un privilegiado”, le digo, “no te me vengas a hacer el rebelde, porque vos venís de una familia de abolengo, siempre fuiste rico, trabajaste para Estados Unidos siempre, el Cisco Kid y todo eso, ¿cómo de repente te venís a hacer el rebelde social aquí? Vos estás elegante, bien vestido, bien comido y financiado y de repente querés…” Ah, como otro tarado, también, que dijo: “Lo que vamos a hacer es ir a tomar Columba y quemarla”. No me acuerdo quién era, pero yo le dije: “Sí, vos querés ir a tomar Columba y quemarla, ¿sabes por qué? Porque sos un dibujante malo. Sos un mediocre…” Cuando José Luis Salinas se enteró de que Alberto, su hijo, iba a trabajar conmigo, le dio un soponcio. Esto ocurrió porque cuando Ramón Columba y José Luis Salinas se conocen, Columba padre era un escribiente en el Congreso, y Salinas ya era El; pero sucede que Ramón Columba padre tenía gran talento y edita El Congreso que yo He Visto y eso, y con los manguitos que sacó, hizo El Tony, y eso creció y creció y yo creo que José Luis Salinas nunca le perdonó que siendo El, el genio -que lo fue-, este otro, creo un imperio. Ramón Columba padre terminó rico, rico, en un imperio, mientras José Luis Salinas seguía trabajando para la Fleetway.
-¿En qué países se publicaron tus obras?
-Un montón… En Brasil, en Alemania, en Francia, Italia, en Turquía, en Samoa, ahora van a empezar a publicar también en España, donde ya publiqué… (Dentro de la ciencia-ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz.)
-Empezaste muchísimas series y muchísimas series dejaron de hacerse… ¿Tus series, llegan a finales? ¿Terminan alguna vez?
-No siempre… porque a veces el dibujante cambia, por ejemplo, vos te habrás dado cuenta, Kayan empezó con Zaffino, siguió con otro… y después lo siguió Enrique Villagrán, porque no te olvides, una serie tiene dibujantes…
-Pero cuando vos las escribís, no les pensás un final…
-Llega un momento, donde pensás, por equis razones, aquí vamos a terminarla. Por ejemplo, Kozakovich & Connors, que terminó ahí…
-Y cuando otro guionista la seguía ¿cómo era? Vos se la pasabas…
-Era esa época en Columba, cuando yo tenía tantas series, además yo viajaba, yo desaparecía a veces por meses, y ellos tenían una producción por las dudas, sus guionistas podían llenar esos huecos, pero, honestamente nunca me molestó eso.
-Cuando trabajabas para Columba, o para otra editorial, ¿tuviste problemas de censura, con respecto al sexo, las puteadas?
-Uf, uf… No solamente de sexo, también de política….
-Eso quería saber, por ejemplo, en la época de la dictadura, ¿tuviste que cambiar algo, alguna vez alguien te dijo: “No toques más este tema”?
-No, pero me vinieron a ver una vez, unos señores, que me dijeron que yo había estado escribiendo cosas buenas sobre los judíos. Y yo dije: “Sí, ¿y?”, “-Bueno, sabe que eso se puede ver como una crítica”. “No es crítica, yo hice una historia sobre la creación del Estado de Israel”, “Usted sabe que los Sabios de Sión han intentado dominar la Patagonia…” “No jodan, yo escribí una historieta, ¿qué me van a hacer?” “No, le advertimos amistosamente que no siga con eso porque el sionismo está tratando de destruir a la Argentina”. Yo crecí con los judíos, allá donde yo era muy joven, muy pobre, estos judíos polacos que eran todos taxistas… Dicen: “Los judíos siempre tienen plata”, pero estos judíos polacos no tenían un mango. Nada. Mi primera novia fue judía, y yo crecí con ellos, hasta aprendí a hablar iddish, y leía textos hebreos, poesía, de todo, como siempre…
-Y con respecto al sexo, en Columba te corregían…
-Uuuh… Además había varias cosas que eran tabú.
-¿Cuando empezaste te dijeron: “Esto, esto y esto no lo podés poner”?
-Absolutamente. Adulterio era tabú, suicidio no se podía. Era anticatólico. No se podían suicidar. Sexo, por supuesto, nada. Había una escena en que Grace Henrichsen estaba en la ducha con bombacha y corpiño. Yo fui a ver a Presas y te digo: “¿Tu esposa se ducha con bombacha y corpiño? (risas) Es tan ridículo, la gente se va a reír”. Además a los dibujantes les decían que los senos no fueran muy grandes, porque sino parecía una provocación…
-Contame alguna anécdota o algo relacionado a la idea detrás de la creación de los personajes de esta colección… Empecemos por Nippur. En el episodio 100 de Mi Novia y Yo, el protagonista lee un libro que se llama Lagash de Nippur y de ahí sacas el nombre Nippur de Lagash, ¿eso fue así?
-No, eso es mentira. Yo leía sobre sumeriología, y había dos ciudades importantes, Nippur y Lagash.
Y en ese momento cuando Lucho me dijo: “Hacete algo”, yo dije: “Bueno, un guerrero”; ahora ¿como mierda se llamaba un guerrero en la Mesopotamia? Pepe no se llamaba, entonces se me ocurrió la idea: okey, la ciudad de Nippur es la ciudad de Lagash y el padre de Nippur nació en Lagash o viceversa, le puse a él el nombre de una ciudad y lo hice vivir en la otra. Así de simple, fue una emergencia.
-¿Por qué Nippur teniendo amigos en todos los reinos no va de una a recuperar Lagash y decide vagar por todo el mundo?
-Una vez un individuo, un tipo al que yo conocí en la época de mi apogeo aquí, me dice: “Pero Robin, vos en Buenos Aires…” -yo estaba viviendo en España, en un viejo caserón abandonado, que después yo arreglé-… me dice: “Pero vos en Buenos Aires, en Argentina, en Sudamérica, sos conocido, sos famoso, podrías vivir ahí, ganás muchísimo dinero, y estás aquí, donde no te conoce nadie, donde se ríen de tu nombre… ¿por qué?” Y yo le dije: “Nunca se me ocurrió, prefiero estar aquí”. Me preguntan por qué vivo en Dinamarca, donde no me conoce nadie, y todos dicen el sudamericano ese que vive en la casa blanca y es periodista o algo así, y me gusta eso.
-¿Y vos crees que a Nippur le gustaba el seguir viajando…?
-¿Sabés qué? Yo viajé durante treinta y dos años, pero todo el tiempo, he hecho, por ejemplo, el famoso viaje en tren de Londres a Hong Kong, cruzando toda Europa, cruzando Rusia, Mongolia -yo no sabía que Mongolia existía, y ahí estaba-, cruce toda China, llegué a Hong Kong, de ahí me fui a Macao, después me fui a Australia, viví varios años en Australia… Viajé por tierra desde Buenos Aires hasta México, no pude entrar en Estados Unidos porque no tenía visa, pero de ahí volé… y me fui prácticamente a pie desde Holanda hasta Dinamarca… Yo bajé de los Himalayas en balsa, en Nepal, 150 kilómetros de rápidos, y estuve en India, Escandinavia….
-¿Dennis Martin viene inspirado por James Bond?
-No, no, curiosamente, Dennis Martin venía inspirado en Terence Stapp. Yo veía Modesty Blaze y Terence Stapp que era un hombre muy hermoso pero con cara de malo, hacía el papel de Willie Garvin, el ladero, y tiraba cuchillos todo el tiempo, y era así, exquisito, malo, pero malo, malo. Y cuando yo vi en Modesty Blaze a ese personaje, se me ocurrió Dennis Martin.
-¿Y Mark sale de El Hombre Omega, no?
-Sí, con Charlton Heston, de ahí me vino la idea. Además vos viste lo que es Charlton Heston, épico, colosal, fuerte, todo. Entonces ahí me vino la idea de crear a este personaje que estuviera perdido en ese nuevo mundo.
-¿Y Savarese?
-Quise crear un antihéroe, me basé un poco en Al Pacino y Dustin Hoffman. Yo había estado en Sicilia y siempre me gustó el ritmo de Sicilia, yo hablo italiano, por supuesto, y hasta hoy día cuando lo hablo parece que con un acento bastante siciliano. Y de repente pensé, podés crear un héroe que al mismo tiempo sea un perdedor, y creé a Savarese. Era un pobre… un poco fue un predecesor de Mojado, pero Mojado tenía la fuerza, era un pegador, Savarese no tenía nada, excepto el cerebro. Era chiquito, era feo, fumaba demasiado, tenía caspa, además se enamoraba perdidamente de Anemette, que Anemette es mi mujer. Por eso es danesa, como Ingebord, la prima de ella, también, yo siempre tuve un gran problema con las escandinavas… Pero cuando hace diecinueve años atrás, vine con Anemette embarazada de mi primer hijo, fuimos a Paraguay, a una gran recepción, una noche, en una fiesta y yo charlaba por ahí, y Anemette se queda sentada con su pancita de cinco meses y un tipo elegante de traje se le sienta al lado y después de un momento le dice (con un acento paraguayo muy divertido): “Anemette, ¿por qué le hacei eso al Savarese?” Mi mujer lo mira: “Perdón…” “-Él te quiere, él te quiere mucho, vos no tené’ que andar con otro’ hombre’…” Y la danesa que es sólida como una pared con nada de esa imaginación latina…“Vo’ tené’ que quererlo, te tené’ que casar con él… Mientras él está peleando, vo’ sali’ con otro poráhi, no le hagá eso”. “Permiso”. Viene la gringa y me dice: “Ven aquí. Just fuck off you and your fucking followers, this is it! Estoy aquí embarazada de cinco meses y este me está diciendo que no me vaya a encamar con nadie más porque tengo que vivir con un siciliano que no conozco. Manteneme al margen de esto, están todos locos” (risas).
-¿Vos te considerás argentino, paraguayo, danés…?
-¿Qué importancia tiene? Qué importancia tiene eso de ponerse una etiqueta ‘Soy Argentino’, ¿qué es un argentino? Un cordobés, un santiagueño, un misionero… cuando se habla de ser argentino, ¿qué es? ¿Qué es un paraguayo? Un concepcionero, un encarnaceño, un guaireño, es como decir yo soy francés, pero yo conozco Francia, yo he vivido en Francia, y yo sé que un francés de la Alsacia, Lorena, es un medio alemán, que uno de la Camarga es otra cosa y así… Nacionalidad es una cosa geográfica, nada más… ¿España? Un catalán, un vasco, un gallego, un andaluz… En España te dicen “Shomo’ andaluze”‘ “-¿Españoles?” “Ah, esho tambi锑. Eso es una cosa geográfica, política…
-¿En qué cosas cree Robin Wood?
-No creo en Dios, no porque haya tomado esa decisión, sino porque simplemente nunca pude… ni siquiera me lo postulé el creer en Dios, que hay algo más… Una periodista el otro día en Paraguay me preguntó si yo creía en la vida después de la muerte, y le dije: “Jamás me preocupé por ello. Cuando muera me voy a enterar. Pero no creo que esto sea una especie de aduana, que tenés que llenar formularios para poder entrar”. Yo creo en lo que decía Zorba el Griego: “Dios debe ser un tipo cansado, envejecido, harto, y a ese tipo que maneja todo vos vas a ir a decirle Señor, he fornicado”, (risas), “Señor, he mentido”, yo no entiendo; el tipo te dice: “Por favor, andate. No me vengas a joder con esas pavadas”; escuchame, mi fornicación, mis mentiras, ¿le van a interesar a Dios si es que existe? Yo no estoy seguro, pero la patada más chica que te da…
-¿Y en vida extraterrestre? No recuerdo mucha ciencia ficción en la obra de Robin Wood…
-Si, he hecho Starlight con Zanotto, pero no… (Dentro de la ciencia ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz)
-¿En la magia?
– A todo eso yo le doy la concesión de que puede ser… Es divertidísimo, existen las cartas del tarot Robin Wood, pero yo no creo en eso, no creo en todas esas cosas… No, no es que no creo, jamás me preocuparon directamente, si hay magia, si hay seres extraterrestres, perfecto, no me molesta…
-Enganchando con el tarot, ¿qué hay de Robin Wood aparte de los cómics?
-Todo, de todo. Ahora estoy preparando más películas, aquí ya hice una con Darío Grandinetti, la serie de tevé La Condena de Gabriel Doyle, la serie de Helena en Italia, y ahora tengo un nuevo proyecto con Raúl de la Torre para otra película, un montón de cosas…
-¿Y merchandising?
-En España están haciendo los muñecos de Dago, hay un montón de cosas… Graciela, mi representante, se ocupa de todo eso, porque sino yo no escribiría una línea jamás…
-¿Cómo es un día en la vida de Robin Wood?
-Me levanto, generalmente… Sufro de insomnio, es muy raro que duerma más de cuatro, cinco horas. Me levanto muchas veces a las cinco, seis de la mañana y me voy a correr. Unos cinco kilómetros por día. He corrido medias maratones y demás, después voy a hacer un poco de boxeo, soy cinturón negro de karate, tercer dan, he sido competidor internacional representando a Suiza y a Inglaterra, en otros tiempos, por supuesto, después el resto es… caótico. Simplemente escribo, leo, dibujo, voy, salgo, no hay ningún… Ahora estoy preparando dos viajes que voy a hacer el año que viene, uno es a Groenlandia, quiero cruzar en trineo tirado por perros la parte Este, y el otro es a Islandia… Siempre hago así, un par de viajes a la vez. Leo continuamente, a veces leo el mismo libro varias veces. Nunca me canso de releer algunos libros. Leo la Biblia…
-Hay un libro de Isaac Asimov que se llama Guía de la Biblia
-Sí, ese lo tengo, lo leí, es muy bueno…
-Hay quien dice que no lo escribió Asimov sino sus ayudantes, pero…
-Hay muchos que dicen que Robin Wood es una organización de escritores que trabajan juntos… (risas). La Biblia la leo y la rastreo, he leído El Corán… Es todo medio caótico, como mi música; mi música es… caótica. Me preguntan qué música me gusta “Ninguna”. Me gustan canciones, el jazz no me gusta, pero escucho a Satchmo cantando This is a Beautiful World y es bárbaro. Me gustan óperas, me gustan conciertos, me gusta la Novena Sinfonía de Beethoven, me gusta Carreras, etcétera. No es un tipo de música que me gusta…
-¿Qué tenés contra los perros que en todas tus historietas “perro” es un insulto?
-Es una expresión idiomática, nada más. Y además existe, para los musulmanes, los cristianos…
-Sí, bueno, pero la usa tanto Nippur como Mark o Savarese… Todos insultan “¡Perro!”.
-Honestamente a mí los perros no me gustan. Yo tuve de chico en Paraguay un perro fantástico que se llamaba Tom, pero en general nunca he entendido el placer de estos… En Copenhague cada mañana hay estos desfiles de gente atragantadas de sueño tambaleándose, paseando un perrito, con el guantecito de plástico, por que cuando cagan hay que recogerlo y yo me pregunto cuál es exactamente el placer de un perro que encima viene y te lame, te llena de saliva y demás, ¿cuál es…? No tengo nada en contra de los perros, no los quiero en mi casa, eso sí… Y particularmente hay momentos en que a los villanos yo los llamo ‘cerdos’ y demás, a mí me encanta el jamón, o sea que no es nada personal, es puramente idiomático.
-Para terminar, ¿qué querés decirle a los fans de Columba de siempre que se vuelven a enganchar en este proyecto…?
-Que ellos han sido la mayor fuerza de la historieta que jamás existió aquí. Porque con todo respeto, el manga, los superhéroes, todos esos son transitorios, porque no neguemos, estas historietas de estos personajes han existido ya por más de treinta años, y todavía hay gente joven no solo los viejos lectores, que conocen a estos personajes, que los buscan…
-Y un mensaje para los chicos que por primera vez tienen la posibilidad de acceder al número uno, por ejemplo, de Nippur…
-Es muy simple, como todos los vicios, es una cuestión de adicción, pero por lo menos creo que esta es una adicción positiva, es una cosa para soñar, para fantasear. Hoy estamos perdiendo mucho la fantasía, la cultura oficial ha perdido mucho la fantasía. Y sin embargo en Latinoamérica y en Europa, la historieta sigue tan activa, tan… y eso es lo que siempre trato de explicar cuando me dicen: “Ta televisión va a acabar con la historieta”, y yo digo: “Pero son cosas diferentes”. Cuando salió la televisión le llamaban la Caja Boba, dijeron que iba a acabar con el cine, ¿por qué? Son dos cosas diferentes. Ricky Martin no va a dejar sin trabajo a Plácido Domingo, porque son dos cosas distintas. El otro día un periodista de televisión me estaba haciendo un reportaje y compara como un idiota y dice: “Bueno, yo no leo historietas porque leo libros…” ¿y qué tiene que ver una cosa con la otra? Es como que yo te digo: “Yo hago karate” y vos me decís: “Eso está muy bien, pero yo personalmente prefiero el tenis”. Las dos cosas están muy bien, pero son dos cosas que no tienen nada que ver una con la otra. La estupidez de la gente a veces es colosal y Dios sabe que yo quiero a mi público, los cuido, etcétera, trabajo lo mejor que puedo, porque si ellos pagan tienen el derecho a exigir…
-Planes para el futuro y terminamos…
-Acabo de hacer el Libro del Centenario. En Italia decidieron hacer un libro que cubriera todos los últimos cien años como apertura para el 2000, entonces la idea era hacer diez historietas, cada una marcaba algún punto especial en una década. Me llamaron y me preguntaron si podía hacer uno. Por supuesto. Curiosamente después me llamaron otra vez y me dijeron si podía hacer los diez. Hice las diez. Una de ellas es la muerte del Che Guevara combinada con la llegada del hombre a la Luna; el primero es la batalla de Spear Copt, donde participaron tres hombres: uno fue Louis Botha, que después fue el primer presidente de Sudáfrica; el otro fue Winston Churchill, que era un teniente; y el tercero fue Mahatma Gandhi, que en esa época era un enfermero hindú. El segundo es la muerte de Rasputín, el tercero es la muerte de Pancho Villa y su obsesión con una chica que él conocía, después viene una de gángsters cómica, porque yo quería variar… y los dibujantes que hicieron esto son individuos como Quique Alcatena, Mássimo Carnevale de Italia, Jordi Bernet de España, Ernesto García Seijas, Mandrafina, Solano López, Carlos Gómez, es decir, es un who’s who de la historieta. Yo hice los diez guiones y salió ahora en Italia y estaba por todas partes, y justamente en Roma, el 16 de noviembre tengo que estar ahí, porque se hace una especie de homenaje al libro, y el 27 en Lucca, la ciudad más renacentista de Italia, hacen una exhibición de Dago, que dura un mes; se hace en el Palacio Ducal, en el cual combinan con museos de Italia, armaduras ropas, libros de la época, todo, etcétera.
-Bueno, esto es todo, muchísimas gracias, Robin.
-Chau, suerte.
[Publicado en Portal Guaraní]

 

 

Dos candidatos se juegan el liderazgo de los ecologistas, que aclarará (o no) el panorama hacia las presidenciales de los socialistas de Anne Hidalgo y de la Francia Insumisa de Mélenchon.

 

Contra la extrema derecha | ctxt.es

Escrito por Elizabeth Duval (*)

El 19 de septiembre se comunicaron los resultados de la primera vuelta de las primarias del espectro ecologista francés: se clasificaron Yannick Jadot y Sandrine Rousseau, con un 27 y un 25%; otros dos candidatos quedaron alrededor de un 22%. La división no es cosa menor, pero es que las primarias verdes tienden a la sorpresa. Vamos con anécdotas. En 2001, Alain Lipietz ganó las primarias, pero fue revocado como candidato por su partido al declarar que tarde o temprano habría amnistía para los nacionalistas corsos, como era « inevitable en todo conflicto político ». En 2011, cuando se presentó Nicolas Hulot, solo faltó la guillotina: los compañeros verdes lo presentaban como un paracaidista llegado « desde los platós de la cadena TF1 », « con una imagen indisociable de las multinacionales que han sido sus mecenas durante años ». Luego fue ministro de Macron, por más que después renunciara, así que quizá no estaban del todo equivocados. En 2017 no hubo presidenciable verde: Yannick Jadot, que en esta ocasión vuelve a presentarse, se retiró para apoyar la candidatura de Benoît Hamon. El socialista del 7%, a saber, el gran fracaso.

En las elecciones europeas de 2019, Europe Écologie Les Verts -a partir de ahora solamente « los verdes »- quedó como tercera fuerza, con un 15% de los votos: los ecologistas podían presumir de ser hegemónicos en el campo de las izquierdas, divididas en tres o cuatro, si contamos con los comunistas, que se presentaron quedando por debajo de la barrera del 5%; los medios hablaron de una ola verde europea que empezaba a dibujarse. En 2020, las elecciones municipales parecieron confirmar al menos una parte del mensaje: los verdes, solos o en coalición, consiguieron las alcaldías de ciudades como Lyon, Burdeos, Estrasburgo o Poitiers, además de participar en las listas electorales victoriosas de París, Montpellier o Marsella.

La historia así contada parece un sueño ecologista. Hay otra parte. O dos, o tres más. La primera noticia es que la Agrupación Nacional -es decir, el Frente Nacional, para quienes no se enteraron de su lavado de cara y cambio de nombre: en el cartel que lleva ahora Le Pen, el partido ni siquiera aparece, y solo se habla de las libertades, las libertades queridas; eso nos trae otras reminiscencias más sórdidas- quedó en el primer puesto y salió victoriosa de aquellas elecciones europeas. No sucedió lo mismo en las elecciones regionales y municipales, por una magia muy francesa: la del sistema electoral a dos vueltas. Segunda doblez: el Partido Socialista, desaparecido tras el fracaso de Hamon en las últimas presidenciales, sacó pecho por todas las regiones que logró conservar aquella noche, beneficiándose de la prime au sortant, a saber, « más vale pájaro en mano que ciento volando ». Los socialistas, por pasar de una irrelevancia absoluta en las últimas presidenciales a salvar los muebles en las regionales y municipales, consideran que vuelven a ser ellos los que mandan en la izquierda… y denuncian al resto por ser woke.

Este es el contexto de las primarias de los verdes en Francia, al cual convendría añadir dos experiencias más: por un lado, la declaración ansiosa de Jean-Luc Mélenchon a finales de 2020, herido él -y herida la Francia Insumisa- por lo cerca que estuvo de llegar a la segunda vuelta en 2017, y creyéndose aún capaz de reagrupar tras de sí a la izquierda como en aquella elección, sin tener en cuenta todos los desarrollos posteriores; por el otro, el fracaso vivido en la región de Isla de Francia, su equivalente a la Comunidad de Madrid, donde la derecha arrasó en segunda vuelta contra una coalición de los ecologistas y la izquierda. Esa derrota, si bien la victoria era improbable, deja un mal sabor de boca a toda tentativa de unión, y demostró bruscamente que la suma de tres a veces no va más allá -o incluso se queda por debajo- de la enumeración de sus partes. Los comunistas -con una relación muy ambivalente con la Francia Insumisa- ya tienen a su propio candidato, Fabien Roussel, que compra el discurso sobre seguridad de la derecha. Posdata: Arnaud Montebourg, antiguo ministro socialista, también ha lanzado su candidatura, hablando de « la remontada francesa », después de años como emprendedor de miel, tratando de unir a soberanistas « de ambas orillas ». Quien no se consuela es porque no quiere.

¿Quiénes se han presentado a las primarias? Eran cinco candidatos. El primero, favorito según los sondeos, pero que ha pasado de un 60% de intención de voto entre simpatizantes a cosechar solo el 27% en las primarias, es Yannick Jadot. Se ha dicho que Macron quiere ficharlo para el Gobierno que surja de las próximas elecciones. Aunque sea el « moderado », aunque se señale un presunto greenwashing, Jadot intenta llevar una seriedad muy clásica a su discurso, hablando de una ecología « de combate y de soluciones »… pero asume perfectamente, como dijo en el debate de Médiapart, cuestiones como la nacionalización temporal de empresas de sectores estratégicos -como la energía- para desarrollar planes verdes. El marco francés es distinto. Será moderado, pero no es ni de lejos un neoliberal. Los verdes no van hoy con las derivas de Daniel Cohn-Bendit, y tampoco se parecen tanto a la tendencia de los alemanes de querer juntarse de vez en cuando con la derecha. Incluso él insiste recurrentemente, en una vertiente muy francesa, en la soberanía y la soberanía energética, hablando de la necesidad de no depender ni de Rusia ni de las petromonarquías del Golfo. Ahí queda.

Éric Piolle, alcalde de Grénoble, que tenía buena parte del apoyo estructural del ala de izquierdas del partido -y que ahora irá a Sandrine Rousseau-, más cercano a los insumisos que a los socialistas -caso inverso al de Jadot-, ha quedado laminado por la aparición de Sandrine Rousseau, una de las grandes sorpresas de estas primarias. Profesora en la Universidad de Lille y economista, Rousseau abandonó el partido de los verdes en medio de un escándalo de acoso sexual por parte del político ecologista Denis Baupin, con declaraciones enmarcadas dentro del contexto del #MeToo francés; Rousseau, que ya era militante ecologista y una figura importante del partido, se alejó de él para centrarse más en la lucha feminista. La unión entre ambos puntos se ha convertido en su bandera durante estas primarias: la lucha ecofeminista. Explicó, al principio de uno de los debates televisados, que el motivo principal por el que se presentaba a las primarias era para vengar « la humillación » que había sufrido por parte de Macron, y que no solamente la afectaría a ella, sino a todas las mujeres: la nominación de Gérard Darmanin, antiguo ministro de la Función Pública, como ministro del Interior del Gobierno de Jean Castex… es decir, la nominación de un político investigado por presuntos acosos y abusos sexuales a la cabeza del ministerio encargado de la gestión de ese mismo caso. Darmanin respondió hace poco a las declaraciones de Rousseau, amenazando con difundir mensajes privados de años atrás, que habrían tenido lugar cuando él era ministro de Función Pública y Rousseau una candidata posible a la dirección del Instituto regional de administración de Lille.

Recapitulemos, para ver un poco mejor el escándalo que se monta: un ministro del Gobierno amenaza a una candidata a las primarias con quebrar la ley para difundir unos mensajes privados que tuvieron lugar antes de que las acusaciones hacia ese mismo ministro fueran publicadas. Entre declaración y declaración que provoca la rabia de la derecha, con mensajes sobre la interseccionalidad y mucha cercanía con los insumisos, Rousseau ha monopolizado buena parte de la discusión pública durante las primarias de los verdes. Tomen nota: si gana, por sus posicionamientos radicales, la extrema derecha intentará decir que han sido ellos quienes la han colocado ahí a través de una campaña de trolleo. No querrán que nadie se crea sus méritos propios, ni su capacidad para entenderse con los demás candidatos de la izquierda.

Esos candidatos son y eran los que proceden de Europa Ecología Los Verdes, centro del campo político ecologista en Francia. Vamos rápidamente con los outsiders, que han quedado fuera. Dedicaremos más atención a la que obtuvo el tercer mejor resultado. Delphine Batho es una buena noticia y también el relato de una transformación radical: fue la portavoz de campaña de François Hollande y luego su ministra de Ecología y Desarrollo Sostenible en 2012. Se rebeló contra el presupuesto que le habían asignado, juzgándolo demasiado pequeño para la tarea ecologista; fue expulsada del Gobierno. En el debate de Mediapart, le preguntaron por su compromiso frente a los lobbies, y si había sido recta con ellos: respondió que sí, y que precisamente por serlo la habían laminado. Es un caso curioso, curiosísimo, de una diputada ahora en el grupo mixto que se trae a su campaña incluso a anteriores macronistas… y lo hace bajo la bandera del decrecimiento. Todo su discurso -si bien lleva consigo tics republicanos parecidos al ataque a lo woke del Partido Socialista- se centra en la cuestión del decrecimiento y de los límites del desarrollo. Es una buena noticia, porque además es convincente y está muy preparada, sosteniendo interesantes debates con otros de los candidatos: por ejemplo, con la misma Sandrine Rousseau, sobre el aumento no del impuesto al carbón y la necesidad de hacer una transición ecológica que cuente con el pueblo y la clase trabajadora. O, por ejemplo, sobre las propuestas que salieron de la convención ciudadana sobre el clima… que no permitirían alcanzar la disminución del 65% de las emisiones de gas a efecto invernadero en 2030. En el debate de France Inter, parecía a ratos que los periodistas y moderadores querían humillar y atacar a los candidatos; en el de Mediapart, en cambio, logró hablarse de la PAC, de alianzas electorales y de muchas otras cuestiones.

Como apunte breve, el último candidato excluido, muy por debajo de todos los demás: Jean-Marc Governatori estaba dentro de las primarias por obligación judicial y su resultado fue tan mediocre como un trámite. Tuvo posturas que bordeaban la ola antivacunas que pasa ahora mismo por Francia. Y estuvo a punto, en otro de los debates, de declararse en contra del derecho a la blasfemia, además de ser el autor de catorce libros autopublicados… y definirse como « el político con el mejor curriculum vitae de Francia ».

La primaria ecologista tuvo su primera vuelta entre el 16 y el 19 de septiembre y entre el 25 y el 28 tendrá la segunda. Nadie sabe qué saldrá de ahí, pero por la tendencia de los verdes podríamos atrevernos a afirmar que ganará Sandrine Rousseau. Las curvas vendrán después, cuando se conozcan todos los candidatos de la izquierda, entre una Anne Hidalgo ya declarada y con guiños ecologistas -pero sin demasiada repercusión todavía en los sondeos-, un Jean-Luc Mélenchon insistente y la incógnita verde. Lo que sucederá, como en el campo de la derecha, será a efectos prácticos una « elección primaria salvaje », en la cual algunos candidatos, si buscan hacerse los estrategas, desistirán de sus candidaturas según vayan orientando los sondeos de aquí a 2022. Yannick Jadot es el más cercano a los socialistas, pero ha afirmado una y otra vez que no se retirará como hizo en 2017: no parece tener intención de elaborar coaliciones. Sandrine Rousseau sí que ha coqueteado con la idea de una unión. A niveles prácticos, la opción que más posibilidades habría dejado abiertas sería la de Delphine Batho… pero ya está eliminada. Parece que, pase lo que pase, la izquierda francesa llegará a 2022 con tres candidaturas separadas. Rousseau dejaría una puerta abierta a que eso no sucediera. A partir de ahí, es cuestión de azar y de dados: ¿lograrán las primarias verdes en Francia aclarar el futuro negro para la izquierda? Misterio.

(*) Elizabeth Duval es autora de ‘Después de lo trans’, ‘Reina’ y ‘Excepción’.

[Fuente: http://www.bitacora.com.uy]

Marie Darrieussecq signe un essai littéraire sur l’insomnie. Remarquable pour plusieurs raisons. Critique.

Écrit par Christine Bini

Le dernier ouvrage de Marie Darrieussecq est remarquable pour plusieurs raisons. La première tient peut-être au titre lui-même, qui, même sans point d’exclamation, a des airs d’injonction, comme on dirait « pas bouger ! » « Ne pas dormir » aurait tenu lieu de simple constat. « Pas dormir », c’est autre chose. Et effectivement, de ses années d’insomnies, Darrieussecq fait autre chose : autre chose qu’une autobiographie, qu’un retour sur soi autocentré, qu’une étude sur l’insomnie dans la littérature, qu’une plongée psychanalytique. Le livre est un peu tout cela, mais le tout est supérieur à la somme des parties.

« Le monde se divise entre ceux qui peuvent dormir, et ceux qui ne peuvent pas » lit-on au tout début du premier chapitre. Chacun divise le monde, effectivement, selon sa propre caractéristique première. Pour Darrieussecq, il y a les insomniaques et les dormeurs. À rencontrer, au fil des pages, les célébrités et les génies qui peuplent la partie insomniaque du monde, les dormeurs peuvent se sentir quelque peu déclassés… Il est vrai que l’insomnie est une souffrance, et que les bons dormeurs ne se focalisent sans doute pas, dans leurs œuvres, sur la bonne qualité de leur sommeil. Eux, ce qu’ils racontent et utilisent, ce sont leurs rêves. Darrieussecq l’insomniaque explore cette zone intermédiaire entre veille et sommeil, cette zone hypnagogique qui précède le sommeil véritable qui, lui, ne vient pas. Cette espèce d’espace duel donne accès à une autre forme de rêve, intéressante et douloureuse.

Le lit est le lieu habituel du sommeil. Pour Darrieussecq, le lit est un territoire multiple où l’on joue avec les enfants, où l’on grignote, où l’on écrit. Mauvaise idée ! Avec ironie, l’autrice envisage les erreurs qu’elle a pu commettre en utilisant à d’autres fins le lieu sacré du bien dormir. Le lit est le lieu de la sexualité et du sommeil, il ne doit pas se trouver dans la pièce où l’on travaille, surtout si l’on est écrivain. Voilà qui renvoie à Virginia Woolf que Darrieussecq a traduite, A Room of One’s OwnUn lieu à soi. Il faut un lieu pour travailler, et un autre pour dormir. Cela, dans l’idéal.

Marie Darrieussecq n’a pas toujours été insomniaque, elle s’en souvient et nous le raconte. Les souvenirs du bien dormir sont loin, mais présents : dormir n’importe où, sous la tente, dans le vent et le froid, être jeune et parcourir le monde, ou bien glisser dans le sommeil dans le roulis du train, encore aujourd’hui, c’est possible. Ce n’est pas l’avancée de l’âge qui a fait fuir le sommeil, c’est l’arrivée des enfants. Pas dormir devient plus que passionnant, réellement remarquable, quand s’ouvre la séquence sur les enfants : Darrieussecq est une mère consciente et impliquée, mais cela, bien des mères le sont. Ce qu’elle arrive à dire, et à écrire, dans une langue d’évidence, c’est que le sommeil l’a fuie lorsqu’elle est devenue mère : « Puis les enfants grandirent. Ils n’exigeaient plus de moi la disponibilité totale que les petits Sapiens sapiens sont éduqués à attendre de leur mère. Je pouvais m’assoupir sans que personne ne me réclame. » Et d’ajouter : « J’ai appris à faire la sieste. »

Pas dormir embrasse tous aspects de la vie et du vivant, il est à la fois un ouvrage parfaitement autobiographique et un recueil de réflexions sur la politique, la vie animale et sauvage, l’écologie, la poésie. Souvent drôle – la liste des somnifères et artefacts pour trouver le sommeil, les casques en résille et les capteurs pour contrôler l’activité cérébrale… – et parfois grave, mais grave n’est pas le bon mot, car une ironie féroce y est à l’œuvre, dans les passages sur l’alcoolisme pour ce qui concerne l’intime. Les forêts, les animaux disparus, la troisième paupière des chiens… Darrieussecq plonge au cœur du végétal et de l’animal, élargit son propos, le recentre sur la politique immédiate en évoquant le sort des migrants. D’une façon ou d’une autre, tous les livres de l’autrice sont présents dans Pas dormir.

Pas dormir est un livre remarquable, à ranger sans doute dans la catégorie « essais ». Essai sur un thème précis, essai sur soi et le monde, essai sur un mystère et une souffrance. L’ouvrage est balisé de notes de bas de pages très universitaires, et parsemé de photographies personnelles ou non, qui scandent le texte, non comme des respirations mais plutôt comme des ponctuations dénotatives. On remarquera et appréciera, à ce propos, l’illustration de la page 293, les petites mains d’enfants préhistoriques, vieilles de 27.000 ans, inscrites dans la grotte de Gargas. « Voyez les adultes tenir les bébés dans leurs bras puis choisir l’emplacement de leurs mains parmi les empreintes des grands. Voyez les adultes porter à bout de bras l’avenir, ce bébé. » Pour que l’avenir soit assuré, pour que les enfants grandissent, il faut que les adultes, les parents, veillent sur eux. Veillent, tout court.


Marie Darrieussecq, Pas dormir, éd. P.O.L, 9 septembre 2021, 320 p.

 

[Photo : Yann Diener/P.O.L. – source : http://www.laregledujeu.org]

Nacido casi como una oveja negra dentro del género del tango y a diez años de echarse a rodar, el Proyecto Caníbal Troilo mantiene su esencia. Este colectivo que apuesta a las rupturas acaba de editar su cuarto disco –Tangos clandestinos–, que abreva una vez más en el tango orillero y urbano.

Escrito por Mauricio Rodríguez

En 2005, el compositor y cantante Hugo Rocca estaba trabajando en un proyecto de tango contemporáneo llamado Planeta Tango, junto a la cantante Ana Karina Rossi. Fue una experiencia que duró dos años y que dejó un registro más bien under: el disco Carta marcada. Poco después, Rossi se fue a Europa invitada a una gira con Horacio Ferrer; Planeta Tango perdió una de sus dos “patas de apoyo” y el proyecto quedó acéfalo. “Ahí algunos amigos me impulsaron a que continuara yo al frente del proyecto, como cantor”, recuerda Hugo Rocca. “Fui digiriendo la idea y al poco tiempo entré a estudio a grabar lo que serían las primeras canciones del disco Montevideo Sala VIP. Y así fue naciendo el Proyecto Caníbal Troilo (PCT)”.

La singularidad de la propuesta quedó asociada a un nombre curioso, con una sonoridad y una identidad precisas. Para su creador, el nombre del colectivo « es parte de la ruptura”.

¿Cómo surgió la idea de llamar así a este nuevo proyecto?

Busqué un nombre que indicara una ruptura, una digresión en clave de ironía. Y la irreverencia resultante, en todo caso es con el género, no con el gran bandoneonista argentino incidentalmente aludido. En Uruguay hay muy buen nivel interpretativo del tango, pero, salvo excepciones, me parece que falta un poco de riesgo en el abordaje de nuevas formulaciones, otras miradas pervertidas, propias. Y el nombre elegido situaba al proyecto en un borde opuesto a los códigos del dogma. No soy un intérprete de tangos clásicos, apenas puedo cantar mis composiciones porque las hice yo. Entonces había que cruzar la calle y bailar un poco en el bazar del misterio.

En esta nueva etapa, Rocca convocó a Fernando Calleriza, con quien ya había trabajado en Planeta Tango y en otros proyectos alternativos. A Rocca le interesó contar con su participación porque es un guitarrista que aborda varios géneros, desde el rock hasta la fusión “y entiende todos los lenguajes”, explica. “En definitiva, yo buscaba un guitarrista que tocara desde otro lugar, ajeno a la sonoridad propia del género; que metiera un tango contaminado por el rock y la electrónica”. En el caso del legendario bajista Popo Romano, otro integrante original del proyecto, lo une con Rocca “una hermandad de muchos años”. “No necesita que yo lo presente como ejecutante de cualquier género musical con absoluta solvencia”, destaca. A esa “formación base” se sumó Betina Chávez en violín, una instrumentista que en la consideración de Rocca “tiene una gran formación académica, pero también el instinto de quien se atreve a improvisar y proponer laberintos de sonido siempre apropiados”.

El PCT llegó a sus diez años de existencia, y durante ese tiempo fue cambiando a algunos de sus integrantes, “pero la idea primigenia aún mantiene su esencialidad”.

¿Cómo fueron los primeros tiempos?

Fueron muy buenos, tocábamos bastante, sobre todo en festivales de tango en la Zitarrosa, y otras actividades organizadas por la Intendencia de Montevideo. Éramos un poco la oveja negra de todo evento que nucleaba a tangueros conocidos y tradicionales, pero siempre contamos con el respeto y la atención de la gente. Tal vez porque el público tanguero más purista está acostumbrado a escuchar las letras. Y PCT tiene una poética definida, que dice lo que quiere decir, hurgando en los tópicos del presente.

¿Cómo ha sido el proceso compositivo dentro del grupo?

En realidad, ha sido muy pródigo. Tenemos cuatro discos editados y muchas canciones a la espera de su salida al mundo. En ese sentido material no falta. Pero los tiempos de la realidad nunca son equivalentes a los tiempos compositivos. Si por mí fuera, estaría sacando un disco por año, para drenar todo el material que baja constantemente y espera agazapado en la PC. Pero hay que moverse por el pentagrama de la vida como un acechador, y saber manejar esos vaivenes que no dependen del proceso creativo, sino de la realidad del mercado.

A la hora de componer, Rocca se vuelca a referir lo que pasa en su entorno: el barrio, la calle, los amigos, el amor y los desamores. Para él, el tango, históricamente, ha sido un género que “se permitió sumergirse en temáticas de toda índole, que van desde lo social hasta lo filosófico o lo nostálgico, en clave de profunda reflexión o con matices humorísticos. […] Los grandes escribas de distintas épocas siempre retrataron los vaivenes del tiempo al cual pertenecían. En definitiva, el legado de esos poetas refiere a que siempre retrataron sus vivencias, sus calles, sus desencuentros. Entonces había que atreverse a hablar de las cosas que pasan actualmente; sean reales o raptos de un inconsciente extrapolado. Porque en el bolillero anclado en las neuronas hay lugar para todo lo que a un escritor se le ocurra”. Para el compositor, “no hay que tener temor a profanar ni a ser condenado, simplemente hay que ser el que sos”.

Desde ese lugar, tensando los bordes, en los discos de PCT se tocan temas como la misoginia (en la canción ‘Supercán’), la ecología (en ‘Empezá a correr’), la soledad (‘Muñeca japonesa’), o los efectos del spleen (como sucede en los temas ‘El peluche esnifador’ o ‘La seca’). También la “desmitificación de los falsos profetas políticos” (en ‘Milonga trucha’) o la religión en clave de fútbol (tal como puede escucharse en ‘Crónicas’). Para Rocca, la creación, “en alianza con la realidad y la imaginación, es el laboratorio móvil donde habitan mis águilas cazadoras”.

Durante todo este tiempo PCT se sumó a diferentes grillas de festivales y encuentros de tango. Y paso a paso dejó de ser mirado como aquella oveja negra de los orígenes y pasó a ganarse un merecido lugar entre quienes apuestan a una renovación del género. Tocaron, entre otros lugares, en la sala Zitarrosa, en la Plaza de los Olímpicos, en el parque Rodó ‒dentro del ciclo El tango es mujer‒ y en Montevideo Tango 2019 en la plaza Matriz, frente a un poco más de mil espectadores. “Ese fue un punto alto en nuestra travesía musical”, recuerda Rocca. También marca como un “punto rojo” en el almanaque de la banda el ciclo anual Zita de tango, en la Zitarrosa, que organizaron junto al trío Malajunta Tango. Fue en tres oportunidades, entre 2017 y 2019, y contaron con invitados como Gabriela Morgare, Sergio Fernández Cabrera, Natalia Bolani, José Arenas, Macunaíma y Colomba Biasco, entre otros.

¿Cómo resultó la experiencia del ciclo Zita de tango?

Una hermosa apuesta, jugada a compartir escenario con compositores e intérpretes que tuvieran inquietudes de renovación con el género, dejando de lado los arquetipos fundacionales. Una apuesta, en compañía de los Malajunta, de invitar cada año a exponentes del género orillero y urbano que se animaran a mostrar sus propias composiciones o a interpretar autores uruguayos contemporáneos. Fueron muy lindas noches, con sus claroscuros, como en toda experiencia piloto. Pero me quedo con la música que sonó en las tres ediciones, con puntos artísticos de un nivel muy alto.

El primer disco de PCT se llamó Montevideo Sala VIP; el segundo, de 2017, fue Tango hereje y se presentó ese mismo año en la sala Hugo Balzo del Sodre. El tercero llevó como título Trillar. El cuarto disco acaba de lanzarse y lleva por nombre Tangos clandestinos. El arte corre por cuenta de Pilar González.

¿Cómo fue el proceso de grabación de cada uno de los discos? 

Si tocar en vivo, para mí, resulta una experiencia intransferible, producir un fonograma es entrar en una frecuencia desconocida; sobre todo por la forma en que todos nuestros discos fueron concebidos. Yo trabajo mucho con Fernando Calleriza, que es el productor musical asociado. A los dos nos gusta dejarnos llevar por el instinto, entender lo que cada composición pide, seguir el perfume de la canción. Y en ese viaje de producción no hay alambrados, solo paisaje infinito. Entonces solo queda disfrutar lo que cada canción pide, a nivel de beats, de sonidos de bajo, de pads de teclados. Ir vistiendo la maqueta como un puzle que va revelando en cada pieza a la obra final.

¿Y cómo fue el trabajo en Tangos clandestinos, el último disco de PCT?

Este último disco tiene mucho de proceso orgánico, despojado, mucho más que los anteriores, donde los beats y los samplers se destacan más. Es lo que pidió el presente: canciones más confesionales, directas y fermentales, apoyadas en la tríada guitarra, bajo y violín. También poder meter dentro del disco una canción, ‘Cruz de Carrasco’, que es mitad habanera (el tango antes de ser tango fue milonga y antes de ser milonga fue habanera) y mitad murga; sonoridades que forman parte del mestizaje musical de nuestra aldea.

La canción ‘Cruz de Carrasco’ tuvo también su videoclip con la participación especial de Fernando Rodríguez, Tatiana Ferreiro, Gustavo Di Landro, Emiliano Muñoz y el Zurdo Freddy Bessio, a quienes Rocca les hace cantar “Nací en la Cruz de Carrasco / barrio malevo sin ley / entre las casas de chapa / suena el Combo Camagüey”.

¿Cómo surgió la idea de que Pilar González hiciera el arte de tapa?

A Pilar la conozco desde hace muchos años y su obra es la de una artista de primer nivel planetario. Ya habíamos trabajado juntos en Trillar y para el último disco decidí repetir la experiencia, no solamente porque admiro su trabajo, sino por su capacidad de transformar en arte visual la idea que uno le pueda deslizar. Y la tapa de Tangos clandestinos es una maravilla de composición, que refleja ese tiempo de interrogantes, a nivel mundial, en que fue concebido dicho fonograma.

¿Cómo ves en tanto artista estos tiempos de pandemia?

Son momentos muy delicados, sobre todo para quienes vieron partir a sus afectos de un día para el otro. La incertidumbre es la misma para todos, aunque a unos los roza y a otros los ahorca. Luego están los soportes que cada uno tiene para poder danzar en el mar de las interrogantes que ofrece esta realidad. En lo personal, trato de respirar, mantenerme agarrado al árbol de la esperanza, tocar la guitarra, hacer canciones, leer, ver películas y no perder contacto con los seres queridos.

 

[Fotos: Javier Noceti y Daniel Arregui – fuente: http://www.revistadossier.com.uy]

Miloš Urban (1967), romancier. Diplômé en philologie moderne par l’Université Charles de Prague. Il travaille comme directeur de publication et également comme traducteur littéraire. Auteur d’une dizaine de romans, il est publié depuis 1999. Ses plus grands succès ont été Les sept églises (1999, dans l’édition française : Au diable Vauvert, 2011, trad. Barbora Faure), L’esprit des eaux (2001, prix Magnesia Litera), L’ombre de la cathédrale (2003) et La langue de Santini (2005). Sa dernière prose à ce jour est Urbo Kune (2016).

ActuaLitté

Publié par Victor De Sepausy

Un étrange petit homme vert vient nettoyer des eaux polluées et embourbées, mais le sang coulera, lui aussi. Nous sommes chez Miloš Urban, c’est donc une chose entendu.

Ce roman, qui se déroule à la campagne entre le début du XIXe siècle et la fin du XXe siècle, a reçu le Prix Magnesia Litera en tant que meilleur livre de l’année 2001 dans la catégorie Prose. Il est actuellement adapté pour le cinéma, a été réédité de nombreuses fois et traduit en plusieurs langues.

Ses deux derniers romans montrent que Urban est aussi bien un poète qu’un archiviste des paysages oubliés, qu’ils soient urbains ou naturels. Les cathédrales sacrifiées à l’urbanisation, les villages noyés sous les barrages, les montagnes surexploitées y sont des paysages disparus sous des sédiments temporels (mais conservés dans la mémoire) qui se reflètent dans la pluralité des niveaux de temps et de sens du texte.

Mettre la littérature tchèque à l’honneur, voilà l’intention posée de ces publications, menées en partenariat avec le Centre tchèque de Paris et Czechlit – Centre littéraire tchèque. (traduction des citations par Marianne Canavaggio, qui est également la traductrice d’Ouředník).

Les Sept-Eglises
Milos Urban trad. Barbora Faure Au Diable Vauvert
Les Sept-Eglises
05/01/2011 478 pages 22,00 €
[Source : http://www.actualitte.com]

En 2020 el viñedo ecológico creció un 8% hasta superar las 130.000 hectáreas

El Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA) acaba de publicar las Estadísticas de Producción Ecológica 2020, disponibles en la web del OeMv.

Según los datos del MAPA, España contaba en 2020 con 2.437.891 hectáreas de superficie de producción ecológica, que suponen un incremento del 3,5% respecto a la superficie de 2019. Fue en 2016, cuando se superaron por primera vez los dos millones de hectáreas. En cuanto al número de operadores, en 2020 se supera por primera vez la barrera de los 50.000 operadores, siendo estos 50.047. Se registró un aumento del 6,2% respecto al mismo dato de 2019.

En lo que se refiere al viñedo ecológico, destaca dentro de los cultivos permanentes con 131.183 hectáreas (el 13,8% de la superficie de viñedo total), obteniendo 491.194 toneladas de uvas de vinificación en 2020. Con respecto a 2019, aumentó la superficie un 8%.

En cuanto a las actividades industriales relacionadas con la producción ecológica vegetal, hay registradas 8.944 industrias, entre las que destacan 3.304 relacionadas con frutas y hortalizas, 1.467 dedicadas a la elaboración de bebidas (de las cuales 1.214 son bodegas y embotelladoras de vinos) y 1.092 de aceite de oliva.

Fuente: OEMV

Castilla-la Mancha, la comunidad autónoma con más viñedos ecológicos

Los datos disponibles del MAPA ofrecen la superficie de viñedo ecológico por provincias y por comunidades autónomas. Según estos datos, Castilla-la Mancha es la comunidad con mayor superficie de viñedo ecológico en 2020, con 62.719 hectáreas (+2,4%). Le sigue Cataluña, con 23.758 ha (+27,5%), Comunidad Valenciana, con 13.672 ha (+7%), y Murcia, que cerró el pasado año con 11.368 ha y una caída, respecto a 2019, del -3,7%. Además de Murcia, solo las Islas Canarias registraron evolución negativa el pasado año, perdiendo un ligero 0,5%. El resto de comunidades aumentaron su superficie de viñedo dedicada a la producción ecológica, destacando, además de Cataluña, Castilla y León (+26,4%), Aragón (+25%) o La Rioja (+19%).

Cataluña, la comunidad autónoma con más bodegas ecológicas

En cuanto al número de bodegas y embotelladoras de vino procedente de la agricultura ecológica, lidera en este caso el ranking Cataluña, con 298 industrias (+9%), seguida de Castilla-La Mancha con 215 industrias (+0,9%), Comunidad Valenciana, con 148 (+5%), por Castilla y León, con 133 (+14%) y por Andalucía, con 111 (+8,8%), todas ellas por encima de 100 bodegas y embotelladoras.

 

 

[Fuente: http://www.vinetur.com]

 

Parmi les très nombreux ouvrages qui paraissent régulièrement sur l’alimentation, quelques publications récentes entendent faire de la façon dont on se nourrit un enjeu du débat politique. À un an de l’élection présidentielle, le calendrier semble bien choisi. Je vous propose donc une nouvelle série de billets sur cette thématique, avec des textes plus ou moins récents, mais qui partagent tous la même finalité : inscrire la façon dont on se nourrit dans la réflexion et l’action politique.

Écrit par LAURE BONNAUD

Ce premier billet propose la lecture de Manger autrement, de Stéphane Gacon et Thomas Grillot (PUF/La vie des idées, 2017).

Couverture du livre de Stéphane Gacon et Thomas Grillot

Manger autrement a été publié en 2017. Il s’agit d’un livre court, de moins d’une centaine de pages, qui réunit quatre contributions initialement parues sur le site de La vie des idées : une exposition du propos du livre appuyée sur un état de l’art, par Stéphane Gacon ; un entretien avec Julie Guthman principalement à propos de ses travaux sur l’agriculture biologique, mené par Thomas Grillot et Nicolas Larchet ; un débat sur l’approvisionnement des villes et l’agriculture urbaine avec un texte assez provocateur de Roland Vidal et André Fleury auquel répond François Jarrige ; enfin un texte de Valeria Siniscalchi sur le mouvement international Slow Food. Ensemble, ces textes définissent l’avenir de systèmes alimentaires où l’on mangerait autrement : plus bio, plus local, plus sain, plus équilibré, etc.

« Manger autrement, c’est-à-dire ? », demande tout d’abord S. Gacon. Il propose de s’intéresser aux revendications du mouvement social alimentaire et dégage ainsi les grandes lignes d’une autre alimentation, qui suppose une évolution de notre rapport au temps et à l’espace : « S’approvisionner hors des circuits de distribution classiques, en particulier dans les circuits courts, retourner en cuisine et adopter un régime plus équilibré, moins carné, moins sucré, en réintroduisant de la commensalité et de la convivialité dans les prises alimentaires » (p. 11). Il note également que la contestation des normes alimentaires est historiquement concomitante des moments de forte contestation politique. Ainsi le Pure Food and Drug Act de 1906 naît dans une période de critique de l’industrialisation au début du XXe siècle aux États-Unis. De même, les travaux de Warren Belasco ont montré que le mouvement de la contre-culture américaine des années 1960-1970 concerne l’alimentation et accorde beaucoup d’intérêt à « apprendre » à mieux manger. Le rejet de la société de consommation passe alors aussi par la nourriture ; il suscite l’émergence d’une contre-cuisine, en réaction aux additifs et aux résidus de pesticides, qui affirme son authenticité et son ethnicité contre la cuisine WASP intégratrice. Ce programme militant pour l’alimentation faisait alors le pont avec les revendications écologiques émergentes, notamment celles qui remettaient en cause les façons de  produire, de distribuer et de consommer dans un système socio-technique né avec la révolution industrielle. Enfin, en s’appuyant sur les travaux de Christian Deverre1, S. Gacon présente le débat sur les rapports entre le modèle dominant et ses marges contestataires. Les systèmes agricoles et agroalimentaires alternatifs sont-ils voués à se fondre dans le capitalisme dominant (ce qu’on appelle aussi la conventionnalisation) ou condamnés à rester marginaux mais fidèles à l’idéal d’une agriculture artisanale à petite échelle (thèse de la bifurcation) ? C’est aussi à cette question que sont invités à répondre les autres contributeurs du livre.

Le laboratoire de l’agriculture californienne

Ce sujet est au cœur du travail de Julie Guthman, interrogée par Thomas Grillot et Nicolas Larchet. Géographe, elle mène depuis de nombreuses années des recherches sur l’agriculture en Californie. La Californie est une zone intéressante car l’agriculture n’y a jamais été paysanne, elle a été créée selon un modèle industriel dès le milieu du XIXe siècle, avec un recours important à la main d’œuvre immigrée : Chinois, Japonais, Mexicains, paysans blancs pauvres déplacés du sud-est pendant la Grande Dépression, puis originaires d’Amérique latine. Développer l’agriculture biologique dans cet environnement suppose non pas de préserver et d’adapter un modèle de culture à petite échelle préexistant, mais surtout d’obtenir des certifications bios. Or les normes constituent autant des opportunités que des obstacles pour les agriculteurs et c’est ce double mouvement qui intéresse J. Guthman, sachant que ce type d’agriculture reste ultra-minoritaire : seulement 1 % des terres agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique. Elle insiste ensuite sur le fait que l’alimentation alternative ne s’appuie pas sur l’État et ne compte pas sur lui pour impulser une réforme agricole. Au contraire, certains de ses promoteurs sont farouchement antiétatiques. Leurs revendications concernent la recherche, le partage des coûts de certification, l’assurance-récolte pour les produits biologiques et non une transformation de grande ampleur en faveur de pratiques de production plus durables. Elle met également en évidence les caractéristiques du militantisme en faveur d’une alimentation alternative, qui est plutôt le fait de Blancs, plutôt aisés, instruits, habitants des villes. Ces derniers promeuvent une alimentation locale, sans relation au terroir comme en France, mais fondée sur l’approvisionnement des marchés urbains et des restaurants. Elle note que ce mouvement social est attentif aux critiques sociales (et des sciences sociales) dont il fait l’objet2. Il est en effet régulièrement accusé de constituer un activisme de privilégiés. De nombreuses initiatives ont été prises pour tenter d’élargir la base sociale de ce mouvement. Enfin, elle termine l’entretien en insistant sur la nécessité de ne pas s’en tenir à l’étude des marges du système alimentaire, mais de comprendre le cœur de l’agriculture conventionnelle et en présentant sa recherche sur la culture des fraises, qui a déjà fait l’objet d’un compte-rendu sur le blog…

 

Couverture du livre de Julie Guthman Agrarian Dreams

Les deux textes suivants forment un tout et organisent un débat entre Roland Vidal et André Fleury d’une part, qui s’intéressent à la notion de « ville autosuffisante » pour critiquer les projets d’approvisionnement local des villes, et François Jarrige, d’autre part, qui prend la défense des circuits courts.

Militer localement…

Avec « Alimenter les villes autrement : gare aux utopies ? », R. Vidal et A. Fleury proposent d’abord un détour historique et montrent que toutes les villes ne comportent pas dans leur territoire des terres agricoles capables de nourrir leur population. Dans l’Antiquité, Athènes et Rome, en se développant, ont dû importer une partie de leur alimentation : c’était le cas de 2/3 de l’alimentation consommée à Athènes lorsque la ville a compté 300 000 habitants par exemple. En outre, pour certaines productions, les marchés ne sont plus locaux depuis longtemps : les marchés mondialisés du blé et du riz permettent de nourrir des populations très éloignées. Par exemple, la production de blé du Bassin parisien dépasse largement les besoins de la seule population locale. Enfin, la consommation d’énergie nécessaire à la production alimentaire ne provient que pour une faible part du transport. C’est la production qui émet le plus de CO2. Pour eux, « recommencer à cultiver sur place la totalité des légumes, des fruits ou du vin que l’on consomme à Paris reviendrait à augmenter l’impact environnemental de la production alimentaire » (p. 50), d’autant plus que l’extension urbaine a beaucoup réduit les terres maraîchères les plus fertiles. Pour la région Île-de-France, contre l’idée de consacrer la production à l’approvisionnement de Paris et de multiplier les petites fermes de proximité, ils préfèrent défendre une « écologisation intensive » spécialisée dans la culture du blé, afin de valoriser ces terres très productives. De plus, ils proposent de relancer les initiatives pour que les campagnes récupèrent les déchets urbains organiques, selon une répartition des rôles très classique dans l’histoire. Au final, ils invitent à se défaire d’une certaine utopie et d’une imagerie bucolique des rapports villes-campagnes.

Il revient à François Jarrige de répondre à cette charge contre les circuits courts et l’approvisionnement local. Il s’efforce en particulier de décrire précisément les différentes formes d’approvisionnement local, beaucoup plus variées que ce que présentent R. Vidal et A. Fleury. Il recense la vente directe avec des marchés fermiers, des ventes ou cueillettes à la ferme, des associations entre producteurs et consommateurs (coopératives, Amap), la production directe par les consommateurs (jardins communautaires ou scolaires), des structures et administrations communales ou territoriales d’approvisionnement et de distribution alimentaires, etc. En bref, un foisonnement d’expériences et d’initiatives qui visent à redéfinir les relations marchandes en s’appuyant sur une forte dimension politique. Pour cette raison, on ne peut pas analyser le phénomène de l’approvisionnement local uniquement comme une question technique, mais on doit aussi envisager les enjeux politiques autour de la revendication de son existence. Les initiatives naissent souvent à partir de problèmes concrets qui ne trouvent pas de solution dans le circuit conventionnel, par exemple l’approvisionnement de certains quartiers en produits frais ou la piètre qualité de certains produits. D’autres fois, ces expériences s’inscrivent dans des mouvements sociaux qui luttent contre l’insécurité alimentaire, ou entendent redéfinir le rôle de la démocratie locale dans la mondialisation, à partir de l’alimentation. François Jarrige plaide ainsi pour une reconnaissance de l’apport critique de ces formes concrètes de contestation du système de production, de distribution et de consommation.

Ou internationalement ?

Enfin, le dernier texte de l’ouvrage aborde la question de l’expansion internationale des initiatives alternatives locales, à partir de l’exemple de Slow Food. Avec « Les politiques locales d’un mouvement international : le cas de Slow Food », Valeria Siniscalchi illustre avec un exemple concret ce militantisme alimentaire dont il est question depuis le début du livre.

Elle revient d’abord sur les origines d’un mouvement qui revendique aujourd’hui plus de 100 000 adhérents dans le monde. Slow Food naît en Italie au milieu des années 1980, sous le nom d’Arcigola, une branche de l’Arci, qui est un organisation des clubs issus du mouvement antifasciste. Ses fondateurs sont des militants issus de la gauche et de l’extrême-gauche, en majorité des hommes, qui revendiquent le plaisir et la convivialité de la table et du vin. Ils parcourent l’Italie à la découverte de productions locales et de spécialités traditionnelles à mettre en avant. Ils tissent des liens avec des artistes, des journalistes, des critiques gastronomiques et trouvent un relais important auprès des restaurateurs qui deviennent des ambassadeurs locaux du mouvement et fédèrent autour d’eux. En 1987, l’association publie un manifeste pour la slow food contre la fast food, qui célèbre la lenteur, le plaisir, le fait de prendre son temps, la convivialité, en réaction à la frénésie et à la standardisation de la nourriture et du goût. En 1990, une maison d’édition est créée pour diffuser ces messages plus largement.

L’association suit deux voies d’expansion, en Italie et dans le monde. Des liens avec la France sont tissés dès 1989. Progressivement, les thématiques auxquelles l’association s’intéresse s’enrichissent également : à la gastronomie et au plaisir du bien manger s’ajoute un intérêt pour les produits et les contextes de production, l’environnement, la biodiversité et la justice sociale. Le succès de Slow Food n’est cependant pas également réparti dans le monde et V. Siniscalchi se penche notamment sur les difficultés du mouvement en France. Alors que les contacts entre l’association italienne et la France ont été précoces, alors que Slow Food revendique l’influence de la physiologie du goût de Brillat-Savarin sur son manifeste, la structure nationale française ne parvient pas à exister durablement. Le mouvement est principalement présent via des comités locaux. Le problème n’est pas propre à la France et se rencontre dans plusieurs pays. V. Siniscalchi l’analyse comme le résultat d’une tension inhérente au mouvement avec d’un côté des producteurs qui agissent sur le terrain et de l’autre des professionnels du mouvement qui agissent pour que Slow Food soit reconnu en tant que mouvement politique et pèse sur les politiques publiques (notamment sur le modèle de la politique agricole commune). Ainsi, elle montre de façon très convaincante les différents enjeux d’une association à la fois très locale et mondiale, qui réunit des producteurs et des consommateurs, en prise avec les plaisirs de la table et avec les politiques publiques, qui doit s’adapter en permanence à la fois aux différentes scènes, mais aussi aux évolutions de chacune d’elle, sans perdre de vue les principes qui l’ont fondée.

L’ouvrage se termine avec bibliographie commentée d’une vingtaine d’ouvrages sur l’alimentation. Il constitue donc une bonne introduction aux différentes formes de mobilisation militante pour une autre alimentation…

 

Pour en savoir plus

  • Sur les auteurs

Stéphane Gacon : page personnelle

Thomas Grillot : page personnelle

Nicolas Larchet : page personnelle

Roland Vidal : site personnel

André Fleury : quelques lignes sur le site de La vie des idées

François Jarrige : page personnelle

Valeria Sinisclachi : page personnelle

 

  • Sur le livre

À propos de Julie Guthman : page personnelle sur le site de l’université de Santa Cruz

Agrarian Dreams

Wilted et article sur ce blog

 

À propos de Slow Food en France : lien


 

  1. et sur ce blog, on ajoutera « et de Christine de Sainte-Marie ». Cf. cet article qui présente leur analyse commune. []
  2. Ce point a déjà été abordé sur le blog, dans l’entretien avec Nicolas Larchet à propos de sa thèse. []

[Source : ritme.hypotheses.org]

Con el fomento del uso de la bicicleta como medio de transporte, se están extendiendo una serie de términos y conceptos de los que se ofrecen a continuación algunas claves de redacción.

1. Acortamientos de bicicleta

La propia palabra bicicleta se utiliza a menudo con algún acortamiento, como biciciclo o cicla, según el país. Las que gozan de amplia difusión y se emplean, incluso, en contextos relativamente formales no necesitan destacado, pero con las más populares, como baica o cleta, puede ser conveniente la cursiva en las informaciones periodísticas (o, si no se dispone de este tipo de letra, el entrecomillado).

2. Ecomovilidad

La promoción del uso de bicicletas y otros vehículos similares, como los patinetes, es parte del concepto de ecomovilidad, es decir, la movilidad ecológica. Se escribe sin espacio ni guion, como otras voces formadas con el elemento eco-.

3. Vías

La vías destinadas a las bicicletas —bien en exclusiva, bien compartidas con otros vehículos parecidos o con los viandantes— reciben nombres como ciclovías, ciclorrutas, ciclopistas o carriles bici. Cuando los elementos ciclo- bici- se anteponen, funcionan como prefijos y van, por tanto, unidos a las palabras que les siguen. No es el caso de carril bici, donde el acortamiento va pospuesto y, por tanto, se considera un sustantivo en aposición (con plural carriles bici).

4. Ciclable

Un término empleado a menudo para calificar a ciertos tipos de vías es ciclable, que está recogido en el Diccionario del español actual con el sentido de ‘que puede ser recorrido en bicicleta’. Suele aludir a los espacios de circulación tranquila en los que la bicicleta comparte espacio con el resto de los vehículos en la calzada.

5. Otras voces con bici- y ciclo-

En ocasiones, el elemento bici- se aplica a otros conceptos vinculados con las bicicletas, como bicipolicía, que es un policía que se mueve en bicicleta, o biciusuario, una alternativa a ciclista que pone el énfasis en el aspecto práctico y lúdico más que en el deportivo.

También ciclo- puede formar voces como cicloturismo, que es el turismo en bicicleta.

6. Bicicletada, bicicleteada

Se llama así a las marchas populares en bicicleta. Tal como explica la gramática académica, para denominar acciones colectivas se utilizan palabras formadas con el sufijo -ada, como chocolatadasentada cacerolada. Las voces bicicletada y bicicleteada siguen este mismo modelo.

7. Actividad

Para la actividad se emplea sobre todo el verbo pedalear, pero van ganado terreno bicicletear ciclar, que resultan admisibles.

 

[Foto: Pixabay – fuente: http://www.fundeu.es]

Fernando Arrabal raconte la fascinante vie du philosophe qui a été le précurseur de l’écologie. Il est notamment l’ auteur de «Walden, ou la vie dans les bois».

Par Fernando Arrabal

En lutte contre les brutalités d’une langue radicalement étrangère, Mohandas Karamchand Gandhi, dans sa prison de Mumbay (ex-Bombay), avait toujours à la main le texte de la conférence prononcée par le philosophe H D Thoreau. Conversation accueillie avec des sentiments mitigés, en 1846, et éditée trois ans plus tard ; ne méritant pas d’autre honneur ou épitaphe que le silence et l’oubli. Désobéissance civile se dit en sanskrit ahimsā : Gandhi allait répandre ce terme avec vénération.

Thoreau se refusa à collaborer avec un État en guerre contre son Mexique bien-aimé autant qu’inconnu ; en outre, il n’appréciait pas de voir ce même État maintenir un régime esclavagiste. C’est pourquoi, en simple citoyen, il refusa de payer ses impôts. Ce qui permit aux autorités de comprendre combien il se montrait fermement vertueux et radical dans ses fruits, ses branches et son tronc. Sans prendre plaisir aux douceurs de la tolérance, elles le mirent en prison, car, selon elles, le plus sûr était de ne pas réveiller un dormeur, quand le philosophe osa dire que l’arbre au plus noble sommet a des sabots aux pieds. Henry Miller a déclaré que Thoreau est ce qu’on peut trouver de plus rare sur la croûte terrestre. Le philosophe soutenait avec mesure et droiture : nous sommes des individus d’abord et seulement ensuite des citoyens. Il révéla le secret de la véhémence de ses opinions et de son extrême libéralisme en affirmant : Tout homme qui a davantage raison que ses voisins constitue une majorité d’UN. Il n’a jamais rien exigé de personne et était encore moins tenté par l’anarchie. Il n’a jamais demandé qu’il n’y ait pas de gouvernement mais un meilleur gouvernement. Sans mépris de sa condition (la plus obscure), il a déclaré qu’un État libre ne pourra jamais exister tant qu’il n’acceptera pas de reconnaître l’individu comme une puissance supérieure, seule source de son pouvoir et de son autorité.

Il était comme un Indien marchant vers sa destination dans un Far West de cowboys ; c’était le Spinoza de l’industrialisation, pensant son existence et vivant ses idées. Son journal était son examen de conscience quotidien alors qu’il décrivait le cosmos et l’univers à partir de sa Voie Lactée. Il ne s’est jamais départi de son éthique existentielle individuelle et radicale avec Schopenhauer, Stirner, Spinoza. C’était, sans prêcher, le contrepoint individualiste aux solutions et aux utopies.

Une photo et des dessins en hommage au philosophe Thoreau.

Montage de photo et dessins de Fernando Arrabal en hommage au philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau.

Ni embusqué ni camouflé, observant sa conscience, il s’inspirait d’évidences telles que l’homme est riche en proportion de la quantité de choses dont il peut se passer. Il faisait don du fruit de son travail et de son adresse : chez moi il y avait trois chaises : une pour la solitude, la deuxième pour l’amitié, et la troisième pour la société. Il ne s’est pas laissé submerger par les incohérences ni par la colère de ses auditeurs et lecteurs les plus radicaux. Il affirmait que la bonté est le seul investissement qui ne déçoit jamais.

Il a pu écrire sur ce que presque personne ne songeait à faire : par exemple, sur la succession des arbres dans la forêt, les teintes de l’automne, les pommes sauvages, la lumière de la lune, les temps de maturation des fruits, la profondeur des étangs, ou les jours où les oiseaux migrent. Il a été le piéton-poète diverti par son penchant pour les libertés et les délices illicites. Ce fut le philosophe qui étudia scrupuleusement les phénomènes naturels et, amassant une foule d’exceptions et de confusions, est devenu un scientifique. Thoreau, et non seulement à cause de la nouvelle race de braillards, était et est considéré comme un homme des cavernes arriéré, un original réactionnaire, un provincial grincheux hostile à tout progrès matériel, un ultra qui tourne le dos à toute idée de progrès. On a prétendu qu’il s’aliénait le « positivisme scientifique ». Il y avait même ceux qui le taxaient de très mauvais, très mauvais, très mauvais… et en outre d’être un bigot ne cherchant qu’à conduire l’homme à une vie animale et dégradante. Au contraire, Jean Giono s’est inspiré de ses concepts philosophiques pour écrire son Refus d’Obéissance, Romain Rolland a qualifié ses écrits de Bible du grand individualisme et Marcel Proust, Léon Tolstoï Martin Luther ont tiré beaucoup de profit de sa lecture ; comme Ernest Hemingway ou Bernard Shaw. Thoreau a tenté de rencontrer Walt Whitman en parcourant 347,8 km : la distance entre son village et la mère du poète.

Henry David Thoreau est né le 12 juillet 1817 dans un petit bourg du Massachusetts : Concord, comme son élève, la romancière des Quatre filles du docteur March (« Little Women »). Son grand-père paternel d’origine anglaise était venu au Nouveau Monde sur un navire corsaire. Pendant la majeure partie de sa vie d’adulte, Thoreau a fabriqué des crayons comme son père et sa famille, et il les faisait à merveille ! Il a découvert le processus de fabrication de bons crayons avec du graphite de qualité inférieure. Il étudia à Harvard entre 1833 et 1837. Son grand-père maternel Asa Dunbar avait joui aussi d’une certaine notoriété en prenant la tête, en 1766 – précisément à Harvard – de la révolte du beurre : la première contestation étudiante. Les diplômes universitaires – droit, église, commerce, médecine – ne l’intéressaient pas. Il enseigna alors à l’école publique, mais il démissionna bientôt pour ne pas avoir à administrer les châtiments corporels obligatoires. Il refusa de payer les frais de cinq dollars par diplôme. Il dit à l’administration qu’il préférait que chaque mouton garde sa propre peau – à son époque, des rouleaux de peau de mouton étaient utilisés pour les diplômes.

Le 4 juillet 1845, son ami intime Ellery Channing [poète  « transcendentaliste », mais pas encore « satrape »] le recommandait : « Allez, construisez une cabane et commencez le grand processus de vous dévorer ». Thoreau éleva de ses mains une hutte au milieu de la forêt, dont aujourd’hui une réplique est visitée : à 2 km et demi de sa maison natale. C’était un endroit mystérieux pour lui. Une place murée (que voulait-il dire par un tel mot ?). Il connaissait bien l’étang (son lac) depuis son enfance. La construction de la hutte, décrite en détail, est une métaphore qui illustre la construction de l’âme. Il a essayé de disparaître temporairement de la vie, de rejeter l’existence occupée uniquement à la poursuite de la subsistance quotidienne, pervertissant de facto la liberté dans le désespoir. Il ne s’agit pas d’une évasion ou d’un refuge d’ermite, puisque l’écrivain revenait souvent voir ses amis, mais cela rappelle l’expérience de Jean-Jacques Rousseau dans la forêt d’Ermenonville. Thoreau en mouvement et en « inter-action » avec son environnement naturel et social offre toujours des découvertes, même avec ses promenades. Il fut le premier randonneur et un canoéiste de championnat. Il observe en détail la nature, ses concitoyens, son domaine, enregistre et note avec des observations de plus en plus détaillées « Ma vie est le poème que j’aurais aimé écrire puisque vivre est mon métier pour m’émerveiller de ce qui m’entoure ».

Dans la cabane, il a vécu en autarcie. Pour ce faire, il a planté un hectare de pommes de terre, haricots, blé, maïs, etc. Le lieu s’est fait connaître grâce à son livre Walden ou la vie dans la forêt : Une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité et de confiance. Thoreau a donné à ses contemporains l’exemple d’une relation active avec la nature, le concept de « simplicité volontaire ». André Gide disait de Walden : Ce n’est ni un roman ni une véritable autobiographie, mais une critique du monde occidental, l’histoire d’un voyageur immobile qui narre sa révolte solitaire.

Thoreau contracta la tuberculose, ravivée par l’air chargé de poussière de graphite comme Spinoza frottant ses lunettes. Il continua à écrire des lettres et à tenir un journal jusqu’à ce qu’il se trouve trop frêle pour tenir un stylo. On était étonné de sa calme acceptation de la mort. Il s’est occulté le 6 mai 1862 dans son village non loin de son Wallden, à l’âge de 44 ans. Quelques jours avant que sa tante Louisa lui demande s’il avait fait la paix avec Dieu, Thoreau a répondu : « Je ne savais pas que nous nous disputions ».

John Updike m’a dit il y a une vingtaine d’années au restaurant Sardi’s à NY : « Walden est devenu un totem en un peu plus d’un siècle, le totem du retour à la nature ! Il a vécu, si authentiquement, en ermite, que son livre est en danger, comme la Bible, d’être acheté mais pas lu. »

 

[Source :  http://www.laregledujeu.org]

 

Escrito por Carmen Lago

Hubo una época en la que los azulejos reinaban en Madrid. No solo revestían las paredes de las cocinas particulares, también curaban enfermos en los hospitales y servían de reclamo en las fachadas de los negocios más castizos. Pero un día, no se sabe bien cuándo ni por qué, perdieron su glamur y desaparecieron casi totalmente de las calles para quedar encerrados, una vez más, en el interior de las casas.

Hasta hoy. Un mural de 170 metros cuadrados, más de 30 de ancho y casi cinco metros de altura vuelve a dar protagonismo al azulejo en la madrileña Gran Vía. Se trata de una intervención artística en la fachada del Palacio de la Música creada por Los Bravú para La Casa Encendida, un centro cultural y de arte que pertenece a la Fundación Montemadrid.

mural de la casa encendida

Los Bravú, el dúo de artistas multidisciplinar que forman Dea Gómez y Diego Omil, han reproducido en este mural una alegoría sobre la cultura y el medio ambiente. Para hacer el dibujo, han combinado técnicas que van desde el rotulador a la acuarela.

«Nosotros trabajamos muchas veces entre la tradición y la modernidad, y nos parecía una cosa muy bonita recuperar el azulejo», explica Dea Gómez. «Además, somos un poco frikis del azulejo portugués, nos gusta mucho. Hasta hace poco, vivíamos al sur de Galicia y tenemos mucha relación con Portugal. Y, además, era una manera de homenajear al típico azulejo madrileño, que antes lo había muchísimo y se ha ido perdiendo un montón. Nos parecía una cosa noble que no disturbaba mucho la Gran Vía. Queda integrado y, a la vez, la nobleza del azulejo le quedaba bien al edificio».

«Nos propusimos que no se viera a la primera. Que veas que es un mural, que entiendas las figuras, pero que vayas descubriendo las ideas que sugerimos», añade su compañero Diego Omil. «Sugerimos el discurso, más que dejarlo muy evidente, para que la gente conecte las ideas e incluso deje volar un poco su imaginación».

El mayor desafío que este mural supuso para los dos creadores fueron sus proporciones. Tuvieron que fotografiar el edificio para tener en cuenta la escala y comprobar hasta qué punto las figuras que iban reproduciendo eran demasiado grandes o demasiado pequeñas. También debían controlar que el brillo del azulejo y la intensidad del color no hicieran que se perdieran ciertos elementos. «En ese sentido, estamos muy contentos con el nivel de reproducción, cómo han quedado los niveles de opacidad y las texturas», afirma Omil.

El mural está dividido en tres partes que juegan, a su vez, con los tres elementos que identifican la actividad y la filosofía de La Casa Encendida. En una de ellas puede verse reflejada la arcada del edificio del Palacio de la Música y que ahora está escondida tras el mural. «El momento ruinas», como lo describe Diego Omil, que les sirve para crear contraste entre la figura masculina en ruinas y las figuras de las mujeres, más vivas, más activas. «Incluso como una nueva masculinidad naciente dentro de una naturaleza triunfante y una idea de medio ambiente, de ecología, que se plantea también desde La Casa Encendida y desde una sociedad moderna, todo integrado con el arte y la cultura», aclara el diseñador.

En el mural, que estará ubicado allí hasta que empiecen las obras de rehabilitación del edificio, que se convertirá en un nuevo foco cultural de la ciudad, muestra unos códigos QR que conectan con La Casa On, la plataforma digital de La Casa Encendida. Desde allí se ofrecen gratuitamente música, recomendaciones culturales, vídeos sobre ecología y ciudadanía, charlas inspiradoras sobre temáticas sociales e inclusivas, podcast de La Casa Encendida Radio y actividades infantiles producidas por La Casa Encendida y disponibles online.

 

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

Paul Cézanne, Nature morte aux pommes, 1890. Wikipédia

Écrit par Alexandra Hondermarck

Doctorante en sociologie, Sciences Po

 

Modifier notre régime alimentaire peut-il aider à résoudre les grands défis de l’humanité ? C’est ce qu’affirment divers acteurs – essayistes médiatiques, militants de la protection animale et de l’écologie ou experts –, qui défendent la nécessité de limiter notre consommation de viande et de produits d’origine animale. Les principales raisons avancées pour promouvoir le végétarisme sont généralement l’écologie, la santé et la cause animale, voire plus largement la justice sociale.

À la fin du XIXe siècle, dans un autre contexte, le végétarisme apparaît déjà comme un moyen de résoudre les grands problèmes sociaux liés à l’urbanisation et à l’industrialisation. Que nous apprend la promotion de ce régime alimentaire sur les manières d’envisager les problèmes sociaux et, plus largement, de faire société ?

Les multiples promesses du végétarisme

Selon les sensibilités idéologiques, les grandes causes auxquelles le végétarisme est censé apporter une solution sont hiérarchisées de différentes manières dans les argumentaires. Par exemple, tandis que Greenpeace dénonce surtout l’impact écologique de l’élevage, l’association L214 voit d’abord le végétarisme comme un moyen indispensable pour mettre fin aux maltraitances animales.

Bien entendu, de nombreux militants dépassent fréquemment la segmentation des objectifs et lient ces différentes causes entre elles. Ainsi, pour certains essayistes médiatiques, comme Hugo Clément ou Aymeric Caron, tous deux végétariens, la défense de la cause animale est une étape indispensable pour servir la cause écologique. Ce dernier, tout comme Thomas Lepeltier, considère que le végétarisme est appelé à se généraliser pour devenir la norme, impliquant ainsi un changement de société dans laquelle les animaux ne sont plus réduits à être exploités par les hommes. De même, pour les théoriciens de l’altruisme efficace, comme Peter Singer, il est nécessaire de décloisonner ces causes humanitaires afin de provoquer de réels changements sociaux.

Les défenseurs du végétarisme proposent des modes d’action variés. Si certains prônent des actions collectives visant à faire évoluer la réglementation de la protection animale, comme c’est le cas de L214, d’autres considèrent que le changement social passe, au moins dans un premier temps, par une démarche individuelle. Par exemple, le mouvement Colibris, fondé en 2007 par Pierre Rabhi et Cyril Dion, prend pour principe la métaphore du colibri qui tente d’éteindre un incendie en prenant quelques gouttes d’eau dans son bec, devant l’incrédulité des autres habitants de la forêt : si chacun fait sa part, aussi infime soit-elle, il devient alors possible de changer les choses.

De l’action individuelle et locale à la réforme de la société

L’idée que l’individu possède une responsabilité dans les grands problèmes sociaux de son temps et qu’il est, du même coup, capable de participer à leur résolution en réformant son propre mode de vie a pu exister dans d’autres contextes. Au XIXe siècle, des réformateurs sociaux considèrent que les problèmes des classes populaires industrieuses sont liés à leur comportement et leurs mauvaises mœurs.

Parmi eux, comme l’a montré le sociologue Arouna Ouédraogo, des réformateurs sociaux perçoivent le végétarisme comme une solution à ces problèmes dès la première moitié du XIXe siècle en Angleterre, où l’abstinence de viande est préconisée par des pasteurs et des sectes protestantes. Elle est alors censée favoriser le relèvement moral des populations. Ces idées essaiment aux États-Unis, où elles séduisent également des médecins et scientifiques comme le célèbre Dr John Harvey Kellogg. Elles prennent alors une dimension hygiéniste : en plus de contribuer à l’élévation morale des individus, le végétarisme est censé résoudre les problèmes de santé et fortifier les corps.

Plus largement, dans les pays occidentaux, les végétariens de la fin du XIXe siècle, sont inspirés par Léon Tolstoï et son texte La première étape (1883), dans lequel il affirme que l’abstinence de viande et le refus du meurtre des animaux constituent la première étape d’un parcours spirituel et moral vers la perfection de l’homme. Ainsi, de proche en proche, l’adoption du végétarisme par les individus est supposée améliorer la société dans son ensemble.

Autour de 1900 : diffuser le végétarisme pour moraliser

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des sociétés végétariennes sont fondées en Europe continentale, comme en Allemagne, en Suisse, mais aussi – de manière moins connue – en France, où est créée la Société végétarienne de France (S.V.F.) en 1881. Selon les membres de cette dernière, le végétarisme est un régime alimentaire doté de nombreuses vertus. D’une part, il proscrit toutes formes d’« excitants », au premier rang desquels la viande, mais aussi l’alcool, le tabac, le café et le thé. De ce fait, il possède des synergies avec les mouvements de lutte contre l’alcoolisme. D’autre part, puisqu’il fortifie les corps, il permet de lutter contre la dépopulation et les maladies comme la tuberculose et la goutte.

Un extrait du Bulletin de la Société végétarienne de France, janvier 1920. Gallica

Plus encore, si l’on en croit le Dr Goyard, président de la S.V.F au début des années 1880, il est même capable d’éradiquer non seulement les guerres, mais aussi les divorces, puisqu’il « apaise l’irritabilité, égaye l’humeur sombre, glisse un rayon de lumière et de chaleur dans le cœur glacé ». Pour ces promoteurs du végétarisme, ce régime alimentaire est le régime « naturel » de l’homme, dont l’instinct a été corrompu par le mode de vie urbain et ses mauvaises habitudes alimentaires. Dès lors, la seule solution à leurs yeux est de guider les populations par la raison pour les conduire à adopter le végétarisme.

Comment ces mouvements végétariens d’Europe occidentale procèdent-ils, au tournant des XIXe et XXe siècles, pour propager leurs idées ? En premier lieu, ils assurent la publication d’un ensemble d’écrits, entre science, vulgarisation et militantisme, pour tenter de toucher le grand public. En second lieu, ils s’appuient sur des relais d’opinion – membres du clergé, instituteurs et médecins – qui participent à des congrès internationaux, donnent des conférences, prêtent des ouvrages ou assurent des campagnes d’affichage. Enfin, afin de faciliter la pratique du régime, ils mettent à la disposition du plus grand nombre, à des prix accessibles, les denrées alimentaires et les équipements nécessaires : pain de Graham (pain à base de farine complète, sans levain ni sel), café de santé, bouillies protéinées, mais aussi ustensiles de cuisine et livres de recettes. À partir de la Belle époque s’ouvrent des épiceries, des restaurants, des pensions mais également des colonies de vacances et des cures thermales, dédiés au végétarisme.

Un restaurant végétarien en 1900. Archives des Hauts de Seine

Changer de régime alimentaire : une question de « bonne volonté » ?

Ainsi, au tournant des XIXe et XXe siècles, le végétarisme est surtout préconisé et pratiqué par des élites sociales. Il repose sur l’idée que la réforme des comportements individuels est possible grâce à l’éducation des masses. L’alimentation est donc considérée comme une affaire de rationalité et de philosophie morale : les individus les plus vertueux sont ceux qui sont capables, par leur volonté, de mettre en cohérence leurs pratiques alimentaires avec leurs convictions éthiques. Cette conception se retrouve, de nos jours, chez certains militants écologistes, comme le montrent les recherches de Florence Faucher, chez des militants de la cause animale, ou encore chez des promoteurs du végétarisme pour raisons de santé.

Toutefois, les travaux actuels en sociologie de l’alimentation s’attachent à souligner qu’en matière de régime alimentaire, tout n’est pas qu’affaire de volonté ni d’éducation. La théorie des pratiques, portée par des sociologues nord-européens comme Alan Warde, Elizabeth Shove, David Evans et Bente Halkier, montre que l’alimentation implique un ensemble de pratiques imbriquées et coordonnées : aller faire ses courses, composer son menu, gérer ses réserves, faire la cuisine, manger, jusqu’à la gestion des restes alimentaire. De plus, ces pratiques prennent place au sein de foyers diversement composés ou de modes de restauration collective en prise avec de nombreuses normes sociales et symboliques qui entourent le repas – les réactions virulentes à la proposition de la mairie de Lyon d’instaurer des menus sans viande pour tous en sont un exemple. Les pratiques alimentaires sont aussi prises dans des rythmes quotidiens et des routines, des goûts (et dégoûts) particuliers. On comprend alors qu’un changement de régime alimentaire est plus complexe qu’il n’y parait, parce qu’il implique des changements systémiques.

Le détour par l’histoire de la promotion du végétarisme au XIXe siècle permet de constater la tension entre l’universalité des résultats attendus et le caractère individuel des actions censées produire ces résultats. Le végétarisme permet ainsi de repenser la question des liens sociaux et de la solidarité, dans un cadre où le changement social espéré est pensé comme le résultat de la somme des comportements individuels.

[ Source : http://www.theconversation.com ]

Illustration du réseau Caribbean Motus Collaboration, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean. Les stations réceptrices du réseau Motus ont le même type de fonctionnement que les automates des postes de péage sur les autoroutes. Elles comptabilisent chaque oiseau qui passe au-dessus d’une borne de la même manière qu’un portique enregistre les plaques d’immatriculation. Leur portée est d’environ 9 miles, soit 15 km. Dessin représentant un Tournepierre à collier réalisé par Maikel Cañizares.

 

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Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages web en anglais.

Partout dans les Caraïbes, des milliers d’oiseaux de toutes les tailles et de toutes les espèces s’affairent pour préparer le long voyage qui va leur permettre de retourner dans leurs aires de reproduction situées plus au nord. C’est l’heure de la migration. Ce phénomène est célébré par la Journée mondiale des oiseaux migrateurs [1] qui a été créée en 1993 par le centre de recherche Smithsonian Migratory Bird Center [2]. Depuis, les passionné·e·s de faune aviaire d’Amérique du Nord se mobilisent pour cet événement qui se tient chaque année au mois de mai. En octobre, celles et ceux vivant dans les Caraïbes, en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, se retrouvent à leur tour pour fêter le retour des migrateurs.

L’un des enjeux des défenseurs de l’environnement est de réussir à savoir quelles espèces d’oiseaux, parmi les 200 recensées, vont débuter leur migration à un instant T. Vers où vont-elles se diriger ? Leur voyage comprend-il des centaines ou des milliers de kilomètres ? Où s’arrêteront-elles pour se reposer et se ravitailler ? Aujourd’hui, un programme novateur pourrait contribuer à mettre en lumière certains aspects de la migration des oiseaux [3].

Le système de surveillance faunique Motus [4] [fr] a été créé pour suivre les mouvements des animaux dans le cadre de recherches sur l’écologie et la protection des espèces. Cet outil est le fruit d’un travail collaboratif mené par un important réseau de recherche et impulsé par l’organisation non gouvernementale Oiseaux Canada [5] [fr]. Décliné du terme latin signifiant « mouvement », Motus utilise la radiotélémétrie [6] automatisée pour étudier les déplacements et les comportements des animaux volants, comme les oiseaux, les chauves-souris et les insectes. Des nano-émetteurs sont placés sur les spécimens étudiés qui peuvent ensuite être suivis par les récepteurs Motus.

Une Paruline de Kirtland équipée d’un nano-émetteur léger. Ces minuscules transmetteurs, qui ne pèsent que 0,2 g, permettent aux scientifiques de détecter les mouvements de petits animaux avec précision à des milliers de kilomètres de distance. Photo de Scott Weidensaul, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Le système comprend des centaines de stations réceptrices et des milliers de nano-émetteurs déployés sur plus de 236 espèces animales, majoritairement des oiseaux. Les données recueillies par ce dispositif ont déjà permis aux scientifiques de mieux comprendre le comportement de l’avifaune. Ils ont pu ainsi localiser les routes de migration et les haltes migratoires majeures. Ce système va faciliter l’analyse des mouvements et des comportements des espèces en période et hors période de reproduction. Il permettra également de mieux étudier les habitats fréquentés par l’avifaune. Par ailleurs, ce nouveau système, le développement du réseau de partenaires et le partage des données sont une combinaison qui offre de grandes perspectives en matière de conservation des oiseaux et des animaux.

Cette technologie est un outil pédagogique précieux [7] pour promouvoir l’éducation à la préservation de l’environnement en classe ou à l’extérieur. Les organisations Oiseaux Canada et Northeast Motus Collaboration [8] ont élaboré un programme qui associe au système Motus des activités interactives en classe. Ce projet peut servir à initier les enfants locaux au phénomène de migration, à la découverte de l’avifaune et à la protection de l’environnement.

Implantée largement au Canada et aux États-Unis, la plate-forme Motus commence également à être répandue en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Toutefois, aucune station réceptrice active n’est encore présente dans les Caraïbes. Plus il y aura de stations Motus, plus il sera facile de comprendre où les oiseaux bagués se déplacent. Par ailleurs, de nombreuses espèces menacées ou vulnérables qui vivent ou migrent dans cette région du monde n’ont pas encore été baguées.

L’organisation non-gouvernementale régionale, BirdsCaribbean [9] est désireuse de combler les trous de couverture dans la distribution géographique. Elle sera fer de lance de l’organisation partenariale Caribbean Motus Collaboration (CMC) qui aura pour objectif d’étendre le réseau Motus au niveau régional. Le projet est d’installer puis d’entretenir des stations réceptrices à des endroits stratégiques situés dans les différentes îles. Des nano-émetteurs seront positionnés sur des espèces d’oiseaux prioritaires. Un programme éducatif adapté aux spécificités des Caraïbes pourra être établi.

Les Caraïbes insulaires sont des « zones sensibles pour la biodiversité mondiale [10] ». Elles abritent plus de 700 espèces d’oiseaux, environ la moitié d’entre elles sont présentes à l’année et 171 sont endémiques aux Caraïbes. Le reste des espèces, soit l’autre moitié, sont migratrices et partagent leurs temps entre les milieux tempérés et tropicaux, dans des habitats situés dans les trois sous-continents américains. Ces oiseaux peuvent être observés dans de nombreux pays tout au long de leurs routes migratoires [11].

Il s’agit d’un plan des stations réceptrices. Celles en activité sont identifiées par les points jaunes. Les îles des Caraïbes sont situées dans le carré blanc. Certaines stations Motus ont été endommagées dans plusieurs de ces îles suite aux tempêtes et aux ouragans. Elles doivent être réparées. Image de BirdsCaribbean, utilisée avec son aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Les Caraïbes offrent des zones d’hivernage idéales pour certaines espèces d’oiseaux migrateurs qui s’y installent au début de l’automne pour repartir au printemps. D’autres font halte sur une ou plusieurs îles. Elles s’arrêtent sur les sites pour se reposer et se ravitailler avant de poursuivre leur voyage qui les conduit de leurs aires de reproduction et à celles d’hivernage situées plus au sud. Qu’ils restent ou qu’ils repartent, les oiseaux migrateurs sont des visiteurs très appréciés. Ils témoignent du passage des saisons et inspirent l’expression culturelle dans cette région du monde, allant du folklore [12] à la musique [13].

Les populations d’oiseaux voient cependant leurs effectifs décliner. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature [14], 59 espèces présentes dans les Caraïbes sont menacées d’extinction, 30 sont considérées comme vulnérables, 24 en danger et 5 en danger critique. Une étude récente révèle qu’en Amérique du Nord, près de 30 % des populations d’oiseaux ont disparu depuis 1970. Les espèces des Caraïbes ne font pas exception et beaucoup d’entre elles sont menacées.

Les oiseaux des Caraïbes sont confrontés à un large éventail de menaces dont la perte et la fragmentation de leurs habitats [15] [fr], la pollution et l’implantation d’espèces invasives. Par ailleurs, la région subit les effets de la crise climatique [16] qui constituent un danger permanent, pas seulement pour ses habitants, mais aussi pour son environnement naturel. On observe [17] de plus en plus d’ouragans dévastateurs [18] [fr], de longues périodes de sécheresse et de profondes modifications [19] [fr] de l’environnement marin.

La recherche sur les oiseaux des Caraïbes a fait des progrès considérables au cours des dernières décennies. On manque néanmoins de données de base sur certaines espèces. Les connaissances acquises grâce au projet Motus constituent des éléments essentiels pour protéger les oiseaux tout au long de leur cycle annuel et pour inverser le déclin des populations.

Des gestionnaires des ressources naturelles et des organisations environnementales basées dans les Caraïbes vont utiliser les données collectées par le réseau Motus. Ils pourront ainsi déterminer les sites majeurs d’alimentation et de repos des migrateurs et des espèces sédentaires qu’il est possible d’observer. À partir de là, les membres du réseau Motus vivant dans les Caraïbes et au-delà pourront concentrer leurs travaux sur ces zones. Leur objectif sera d’atténuer les menaces et de protéger ces sites.

Ce projet contribuera également à développer la recherche régionale et les programmes d’éducation à l’environnement. On espère ainsi améliorer les connaissances à l’échelle locale et accroître l’intérêt de la population pour l’avifaune. C’est un scénario gagnant-gagnant pour les oiseaux et pour ceux qui travaillent à leur préservation dans cette région du monde.

Une annonce de l’administration Joe Biden laisse des raisons d’espérer. Les autorités en place ont récemment déclaré leur intention de retirer [20] une décision très controversée de l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, qui fragilisait la portée d’une loi de protection de l’avifaune migratrice appelée Migratory Bord Treaty Act [21]. Cette réglementation instaurée en 1918 protégeait les oiseaux migrateurs, leurs œufs et leurs nids. Il était alors illégal de les chasser, de tirer, de les blesser, de les piéger, de les capturer et de les collectionner ou de tenter de le faire sans en avoir obtenu l’autorisation. Cette modification controversée de la loi initiale est entrée en vigueur le 8 mars dernier. Elle sera toutefois remplacée prochainement par de nouvelles mesures. L’issue de cette affaire est considérée comme une grande victoire par les ornithologues amateurs et les défenseurs de la nature à travers les Amériques.

Aujourd’hui, il est difficile de savoir quelle sera la première île des Caraïbes à accueillir une station réceptrice. Grâce à cet outil, ces fragiles populations d’oiseaux seront suivies au cours de leurs trajets Sud-Nord. Il faut espérer que ce projet va se développer rapidement et densément dans tout l’archipel.

 

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/05/11/264082/

URLs dans ce post :

[1] Journée mondiale des oiseaux migrateurs: https://www.migratorybirdday.org/

[2] Smithsonian Migratory Bird Center: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds

[3] migration des oiseaux: https://www.allaboutbirds.org/news/the-basics-how-why-and-where-of-bird-migration/

[4] système de surveillance faunique Motus: https://motus.org/?lang=fr

[5] Oiseaux Canada: https://www.oiseauxcanada.org/

[6] radiotélémétrie: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds/what-radio-telemetry#:~:text=Radio%20telemetry%20uses%20radio%20signals,antenna%20and%20a%20radio%20receiver.

[7] outil pédagogique précieux: https://motus.org/education/

[8] Northeast Motus Collaboration: https://www.northeastmotus.com/

[9] BirdsCaribbean: https://www.birdscaribbean.org/

[10] zones sensibles pour la biodiversité mondiale: https://www.unep.org/news-and-stories/story/valuing-and-protecting-biodiversity-caribbean#:~:text=The%20Caribbean%20is%20a%20biodiversity,many%20exotic%20fish%20and%20birds.

[11] tout au long de leurs routes migratoires: https://ebird.org/caribbean/science/status-and-trends/abundance-animations

[12] folklore: https://magazine.keycaribe.com/lifestyle/7-captivating-characters-from-caribbean-folklore/

[13] musique: https://www.youtube.com/watch?v=CfJXxZ1JBDU

[14] Union internationale pour la conservation de la nature: https://www.iucn.org/resources/conservation-tools/iucn-red-list-threatened-species

[15] habitats: https://fr.globalvoices.org/2021/04/22/263426/

[16] crise climatique: https://globalvoices.org/2019/10/02/the-caribbean-speaks-out-on-the-climate-crisis/

[17] observe: https://globalvoices.org/2017/09/20/we-dare-not-look-out-dominica-is-brutalised-by-hurricane-maria/

[18] ouragans dévastateurs: https://fr.globalvoices.org/2019/09/07/240150/

[19] profondes modifications: https://fr.globalvoices.org/2019/10/06/240401/

[20] retirer: https://www.audubon.org/news/biden-administration-says-it-will-revoke-trump-rule-let-companies-kill-birds

[21] Migratory Bord Treaty Act: https://www.animallaw.info/intro/migratory-bird-treaty-act-mbta#:~:text=The%20Migratory%20Bird%20Treaty%20Act%20(MBTA)%20was%20passed%20in%201918,bird%20populations%20were%20being%20decimated.

La start up israélienne Remilk veut révolutionner la production de lait en utilisant une méthode de fermentation microbiologique qui donne des produits ayant rigoureusement le même goût, la même texture et les mêmes nutriments que les produits d’origine animale, mais qui sont plus propres, plus sains et plus écologiques. En effet, ils ne nécessitent par exemple que 10 pour cent de l’eau utilisée pour les vaches laitières, que 4 pour cent des matières premières normalement employées et que 1 pour cent des terres.

Ce concept a permis à Remilk d’engranger 11,3 millions de dollars d’investissements fournis entre autres par de grands fabricants de produits laitiers comme Tnuva et Hochland. « Les produits à base de protéines qui doivent servir d’alternative aux produits carnés et lactés sont très appréciés tant par les consommateurs que par les producteurs car leur fabrication est nettement plus écologique, plus saine et plus efficace. Nous estimons que la remarquable technologie Remilk recèle un important potentiel économique dans de nombreux secteurs et sommes heureux d’avoir été les premiers à investir dans cette entreprise », a déclaré Zaki Djemal, qui a donné le coup d’envoi au financement avec sa société de capital-risque fresh.fund.

Savourer des produits laitiers en ayant bonne conscience – cela va devenir possible grâce à une start up israélienne.

 

Autres informations :

[Photo : Pixabay – source : http://www.israelentreleslignes.com]

Manifeste-pour-une-ecologie-de-la-difference

Une partie non négligeable des pensées écologiques actuelles tente de résoudre le problème de domination et de violence avec lequel l’homme envisagerait son rapport avec ce qui l’environne en cherchant à gommer l’altérité que lui-même aurait censément construite pour se distinguer du monde. Sous-entendant qu’il s’en est extrait, il faut dès lors réconcilier l’homme avec le monde. Il faut (ré)entrer en résonance avec la nature. La mise à plat des différences indûment fabriquées, en associant dans une sorte de tout indiscernable l’humain et le non-humain, aurait alors comme conséquence naturelle d’empêcher que soit posé tout acte dommageable à ce tout.

Ce n’est pas l’essentielle identité des victimes avec celui qui les tourmente que ce dernier ne voit pas, c’est leur différence qu’il ne veut pas voir parce qu’il ne sait pas quoi en faire et qu’elle l’inquiète fondamentalement.

Le grand mérite de ce petit livre est d’aider à discerner les limites et les dangers d’une éthique de la compassion qui, sous prétexte de niveler les différences pour étendre au maximum le bénéfice de l’empathie, en vient à assurer plus encore les principes de ce à quoi ses tenants s’opposent. Ainsi participent-ils par exemple à réifier les linéaments de l’honnie séparation nature-culture (pour autant qu’elle existe, bien entendu) en utilisant, pour les réunir, une terminologie hantée par le séparé ou l’altérité. « Alien » ou « hybride » sentent un peu trop le « réuni » que pour faire entendre que ce « réuni » n’est pas lui-même « fabriqué ». L’animal qui « mérite » compassion ou pitié est fabriqué par un humain qui pense qu’en « l’élevant » à son niveau, il le fera ainsi échapper à la violence à laquelle le condamnerait son statut de subalterne. C’est oublier un peu vite que l’humain lui-même exerce aussi, parfois, une violence sur ce qu’il considère bien comme étant humain. Et qu’il paraît difficile de prétendre soustraire à la violence un animal auquel il est fait d’abord une autre, celle de le ramener à autre chose que ce qu’il est. A contrario de cette illusoire tentative holiste de construire une éthique, la mise à distance, l’objectivation, la réactivation de la différence qu’induit la mécanique de l’altérité semblent bien plus prometteuses. Plus réelle, plus efficace, une éthique de la différence, en réactivant sans cesse l’étonnement que l’autre produit et où l’on cherche à vivre avec les distances qui existent entre chacun plutôt qu’en les amenuisant – souvent au profit de l’humain – , paraît bien plus à même de produire durablement les conditions d’un réel changement moral.

Ce Manifeste pour une écologie de la différence reste bien un manifeste. C’est à ce titre que peuvent bien lui être pardonnées quelques – grosses – approximations (sa lecture du travail de Florence Burgat est assez caricaturale, les appels du pied à certains travaux de Latour ou Haraway réactivent de facto pour partie ce contre quoi il entend opposer son éthique, la terminologie utilisée est parfois assez vague). Reste l’intuition : reconnaître l’obligation qui engage la responsabilité à l’égard de ce qui est différent plutôt que de forcer le différent à devenir le même.

Hicham-Stéphane Afeissa, Manifeste pour une écologie de la différence, Dehors

 

[Source : http://www.librairie-ptyx.be]

España lidera el ranking mundial por superficie de viñedo de producción ecológica, según un estudio del Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA) donde se recoge la proyección de la producción ecológica española.

El Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA) acaba de publicar el estudio: «Análisis de la caracterización y proyección de la producción ecológica española en 2019» en el que se muestra cómo el sector de la agricultura ecológica, que incluye el viñedo de producción ecológica, continúa su intenso proceso de crecimiefnto y se configura como un importante ámbito alimentario diferenciado dentro del conjunto del sistema alimentario español.  Destaca que España lidera el ranking mundial por superficie de viñedo de producción ecológica, con casi el 27% de la producción mundial.

Tecnovino viñedo ecológico

España, en primer lugar del ranking mundial de la superficie de viñedo de producción ecológica

Así indican que los cultivos con mayor implantación en España en cuanto a superficie ecológica, además de los prados y pastos permanentes, son cereales, olivar, frutas y viñedo.

POSICIÓN DE LAS PRODUCCIONES ECOLÓGICAS ESPAÑOLAS DE ORIGEN VEGETAL EN EL MERCADO MUNDIAL

PRINCIPALES PRODUCCIONES ECOLÓGICAS DE ORIGEN VEGETAL ESPAÑOLAS POSICIÓN QUE OCUPAN EN EL MERCADO MUNDIAL POR SUPERFICIE ECOLÓGICA
1.VIÑEDO
2.CÍTRICOS
3.OLIVAR
4.FRUTOS SECOS
5.CEREALES
6.HORTALIZAS
7.ACUICULTURA
8.LEGUMBRES
Fuente: Elaboración PRODESCON SA

De hecho, el viñedo ecológico supuso el 5,15% de la superficie ecológica total de España en 2019, con 121,29 miles de hectáreas, lo que implica un crecimiento del 6,94% respecto al año anterior (113,42 miles de hectáreas en 2018), el mayor aumento solo superado por la producción de frutas.

En cuanto al papel de España en el ranking mundial, como se ha comentado anteriormente, encabeza el primer puesto por superficie de viñedo de producción ecológica, con el 26,88% de la producción mundial. Se trata de uno de los cultivos con mayor implantación en cuanto a superficie ecológica en España, junto al cereal, olivar y las frutas.

Tecnovino viñedo ecológico

POSICIONAMIENTO DE LA PRODUCCIÓN ECOLÓGICA ESPAÑOLA EN EL CONTEXTO DE LA PRODUCCIÓN ECOLÓGICA MUNDIAL

PRINCIPALES PRODUCCIONES ECOLÓGICAS ESPAÑOLAS (%) DE LA SUPERFICIE ECOLÓGICA ESPAÑOLA S/TOTAL MUNDIAL POSICIÓN ESPAÑOLA POR SUPERFICIE ECOLÓGICA LOS PRINCIPALES COMPETIDORES MUNDIALES
VIÑEDOS 26,88% ESPAÑA, Italia, Francia, China, Italia
FRUTOS SECOS 23,65% EEUU, Italia, Francia, ESPAÑA, China, Turquía
ACEITE DE OLIVA 22,94% Túnez, Italia, ESPAÑA, Turquía, Grecia
CÍTRICOS 15,66% Italia, ESPAÑA, EEUU, China,, Turquía, México
HORTALIZAS 5,71% EEUU, Italia Francia, China, Egipto, México, ESPAÑA
LEGUMBRES 4,75% Francia, Canadá, China, Tanzania, Italia, Alemania,…
CEREALES 4,28% China, Italia, Canadá, EEUU, Francia, Alemania, ESPAÑA
ACUICULTURA 3,91% China, Irlanda, Noruega, Rumanía, Italia, Alemania, ESPAÑA
FRUTA DE CLIMA TEMPLADO 3,27% China, Italia, Francia, Turquía, Polonia, EEUU,…..
FRUTAS SUBTROPICALES 1,74% 14º Puesto 1o en la UE
Fuente: MAPA

ESTRUCTURA PRODUCTIVA PRIMARIA: SUPERFICIE ECOLÓGICA

MAGNITUDES Y RATIOS (miles de hectáreas) 2019 2018 Variación 2019/2018 (%) % s/Superficie ecológica total en 2019
SUPERFICIE ECOLÓGICA TOTAL 2.354,92 2.246,42 4,83% 100,00%
Prados y pastos 1.254,30 1.186,90 5,68% 53,26%
Cereales 211,76 204,78 3,41% 8,99%
Olivar 209,29 200,13 4,58% 8,89%
Frutas total 202,36 185,74 8,95% 8,59%
Viñedo 121,29 113,42 6,94% 5,15%
Legumbres secas 35,91 34,46 4,21% 1,52%
Forrajes 32,35 33,52 -3,49% 1,37%
Cultivos industriales 23,03 23,12 -0,39% 0,98%
Hortalizas frescas 22,23 22,31 -0,36% 0,94%
Otros cultivos 76,23 75,44 1,05% 3,24%
Barbechos 166,17 166,6 -0,26% 7,06%
Fuente: MAPA

Las bodegas con producción ecológica crecen en número

En cuanto a la estructura industrializadora ecológica detallan que unos 6.200 establecimientos ecológicos operaron con materia prima de origen vegetal (centrales hortofrutícolas, almazaras, bodegas, conserveras vegetales y harineras y panificadoras, principalmente). Los mayores crecimientos en cuanto a implantación de establecimientos industriales, en 2019 respecto a 2018, han tenido lugar en la acuicultura (+21,43%), industrias lácteas (+17,14%), industrias cárnicas (+15,14%), bodegas (+11,52%) y fábricas de conservas vegetales (+11,07%).

ESTRUCTURA INDUSTRIAL AGROALIMENTARIA ECOLÓGICA

MAGNITUDES Y RATIOS Unidades 2019 2018 2015 Variación 2019/2018 (%) Variación 2019/2015 (%)
INDUSTRIAS/ELABORADORES ECOLÓGICOS No 5.230 4.627 3.482 13,03% 50,20%
ESTABLECIMIENTOS INDUSTRIALES ECOLÓGICOS No 9.635 8.886 5.825 8,43% 65,41%
No establecimientos por industria ecológica No 1,84 1,92 1,67 -4,07% 10,12%
-Centrales hortofrutícolas No 1.329 1.205 1.785 10,29% -25,55%
-Conservas vegetales y zumos No 1.224 1.102 n/d 11,07%
-Bodegas y envasadoras No 1.152 1.033 969 11,52% 18,89%
-Almazaras y refinadoras No 1.054 993 715 6,14% 47,41%
-Cereales y derivados No 1.048 999 599 4,90% 74,96%
-Alimentación infantil y afines No 745 695 n/d 7,19%
-Manipulación frutos secos No 460 427 n/d 7,73%
-Industrias cárnicas No 540 469 361 15,14% 49,58%
-Industrias lácteas No 205 175 142 17,14% 44,37%
-Comercializadoras de huevos No 185 170 n/d 8,82%
-Envasadoras de miel No 162 167 n/d -2,99%
-Conservas de pescado No 85 70 35 21,43% 142,86%
-Fábricas de piensos No 127 173 52 -26,59% 144,23%
Fuente: MAPA

La producción de uva

En 2019 la producción de uva (vino y mesa) es la tercera mayor producción ecológica vegetal de España, con 444,38 miles de toneladas, por delante solo se encuentran las frutas y hortalizas, en primer y segundo lugar, respectivamente.

Tecnovino transformacion digital bodegas 1

PRODUCCIÓN EN ESPAÑA EN ORIGEN DE LAS PRINCIPALES LÍNEAS DE PRODUCCIÓN ECOLÓGICA (EN VOLUMEN)

MAGNITUDES Y RATIOS Unidades 2019 2018 Variación 2019/2018 (%)
PRODUCCIÓN TOTAL (*) Miles de toneladas 2.596,30 2.473,59 4,96%
PRINCIPALES PRODUCCIONES DE ORIGEN VEGETAL
-Total frutas (con frutos secos) Miles ton. 558,12 557,99 0,02%
-Total hortalizas frescas Miles ton. 505,38 493,49 2,41%
-Uva (vino y mesa) Miles ton. 444,38 400,12 11,06%
-Cereales Miles ton. 332,50 303,06 9,71%
-Aceituna (almazara y mesa) Miles ton. 307,04 292,29 5,05%
-Legumbres secas Miles ton. 31,24 25,58 22,13%
-Tubérculos y raíces Miles ton. 22,37 16,92 32,21%
PRINCIPALES PRODUCCIONES DE ORIGEN ANIMAL
-Leche cruda (todas las especies) Miles ton. 56,16 42,01 33,68%
-Carne (todas las especies) Miles ton. 41,27 35,8 15,28%
-Huevos Millones doc. 12,51 10,22 22,41%
-Miel Miles ton. 1,13 1,22 -7,38%
-Acuicultura Miles ton. 6,34 6,33 0,16%
Fuente: MAPA
Nota: En el cálculo del volumen total de producción no se incluyen, entre otros, los cultivos industriales, los forrajes o los derivados lácteos obtenidos a partir de la leche cruda ecológica producida
Tecnovino incrementar consumo de vino 1

El consumo de productos ecológicos en España

En lo que se refiere al gasto de los consumidores españoles en productos ecológicos, en 2019, ascendió a 2.363 millones de euros, lo que supone un aumento del 8,4% respecto a 2019 y en torno al 2,24% del consumo alimentario total de España. El vino ocupa la duodécima posición dentro de la cesta de la compra total de alimentos ecológicos.

ESTRUCTURA DE LA CESTA DE LA COMPRA DE PRODUCTOS ECOLÓGICOS COMPARADA CON LA CONVENCIONAL DE ALIMENTACIÓN

PRINCIPALES PRODUCTOS INTEGRANTES DE LA CESTA DE LA COMPRA DE ALIMENTOS (Año 2019) % S/CESTA DE LA COMPRA TOTAL DE ALIMENTOS ECOLÓGICOS % S/CESTA DE LA COMPRA TOTAL DE ALIMENTOS EN ESPAÑA
1. Frutas de todos los tipos (incluidos frutos secos) 15,5% 10,9%
2. Carnes y derivados cárnicos (todas las especies) 15,0% 20,6%
3. Hortalizas, patatas y legumbres verdes 13,9% 8,4%
4. Leche y derivados lácteos 7,5% 11,8%
5. Pan, galletas, bollería y pastelería 6,6% 8,2%
6. Aceites (oliva, girasol, margarinas, etc.) 4,4% 2,5%
7. Conservas y zumos de frutas y hortalizas 3,8% 4,8%
8. Cereales (semillas, arroz, harinas, desayuno, etc.) 3,3% 4,2%
9. Pescado, marisco y sus conservas 2,2% 13,1%
10. Huevos 2,2% 1,3%
11. Legumbres secas 2,1% 0,4%
12. Vino de mesa y espumosos 1,5% 1,8%
Resto de alimentos y bebidas 22,0% 12,0%
TOTAL ALIMENTACIÓN Y BEBIDAS 100,0% 100,0%
Fuente: MAPA

Las exportaciones de vino de producción ecológica

Según el estudio, España ocupa la décima posición en el mercado mundial de los productos ecológicos por valor total de ventas ecológicas. Las exportaciones de productos ecológicos alcanzaron los 995 millones de euros (+5,1%). El vino de producción ecológica supuso el 5,5% de las exportaciones totales.

ESTRUCTURA DE LAS EXPORTACIONES Y DE LAS IMPORTACIONES SEGÚN PRODUCTOS

PRINCIPALES LÍNEAS DE PRODUCTOS ECOLÓGICOS EXPORTADOS EN 2019 CUOTA DE EXPORTACIÓN POR LÍNEA DE PRODUCTOS (%) PRINCIPALES LINEAS DE PRODUCTOS ECOLÓGICOS IMPORTADOS EN 2019 CUOTA DE IMPORTACIÓN POR LÍNEA DE PRODUCTO (%)
FRUTAS (incluye cítricos y frutos secos) 29% CEREALES Y SUS DERIVADOS 15%
HORTALIZAS, PATATAS Y LEGUMBRES FRESCAS 21% FRUTAS FRESCAS 11%
ACEITE DE OLIVA 15% HORTALIZAS, PATATAS Y LEGUMBRES FRESCAS 10%
VINO DE MESA (incluye espumosos y mostos) 5,5% ALIMENTACIÓN INFANTIL Y DIETÉTICA 9%
CEREALES DE CONSUMO (grano, arroz, pan, etc.) 3,5% LECHE Y DERIVADOS LÁCTEOS 7%
PRODUCTOS DE LA ACUICULTURA 3% CONSERVAS VEGETALES Y ZUMOS 6%
LEGUMBRES SECAS 2,5% CAFÉ, TÉ E INFUSIONES 5%
CONSERVAS Y ZUMOS VEGETALES 2,5% AZÚCAR Y CONFITERÍA 4%
CARNES Y ELABORADOS CÁRNICOS 2,5% BEBIDAS NO ALCOHÓLICAS 3%
HUEVOS Y SUS DERIVADOS 1,5% SEMILLAS OLEOPROTEAGINOSAS 3%
LECHE Y DERIVADOS LÁCTEOS 1% HIERBAS, PLANTAS AROMÁTICAS Y MEDICINALES 2,5%
MIEL Y DERIVADOS 1% CONDIMENTOS, SALSAS Y ESPECIAS 2,5%
BOLLERÍA Y GALLETAS 1% PLATOS PREPARADOS/PRECOCINADOS 1,5%
CONDIMENTOS, ESPECIAS, CALDOS Y SOPAS 1% OTROS ALIMENTOS Y BEBIDAS ECOLÓGICOS 6,5%
OTROS ALIMENTOS Y BEBIDAS ECOLÓGICOS 10% ALIMENTACIÓN ANIMAL 14%
Fuente: MAPA

Para finalizar el análisis, el Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA) destaca que el vino de mesa junto al aceite de oliva y cítricos son productos ecológicos que han mantenido la importante posición estratégica o de liderazgo en los mercados mundiales.

El informe completo puede descargarse aquí.

[Fuente: http://www.tecnovino.com]

Incurie politique et désastre écologique contraignent à l’exode les populations lacustres du lac de Maracaïbo. Un documentaire accablant d’Anabel Rodriguez Rios. A voir sur le site du FIFDH

«Once upon a time in Venezuela», d’Anabel Rodriguez Dios

Écrit par Antoine Duplan 

Certaines nuits, des éclairs sans tonnerre électrisent le ciel au-dessus du lac de Maracaïbo. Ces mystérieuses lumières présagent des catastrophes et l’on sait d’emblée que Once upon a time in Venezuela finira mal. Le Venezuela est un des plus gros producteurs de pétrole du monde et l’extraction de l’or noir provoque des ravages écologiques. Souillé par des résidus d’hydrocarbure, le lac étouffe sous les sédiments déposés par les forages. La végétation aquatique prolifère, les poissons crèvent, les habitant de Congo Mirador désespèrent. Ce village lacustre se vide – sur 700 familles, seules 30 s’accrochent encore à l’espoir de jours meilleurs.

Le film se construit sur l’opposition de deux figures, Tamara, une femme aisée et forte, propriétaire d’une ferme à cochon, soutien indéfectible de Hugo Chavez dont les posters ornent ses murs, et Natalie, l’institutrice en butte à des tracasseries administratives, qui fait ce qu’elle peut avec des livres qui manquent et de stylos qui ne marchent pas.

Rupture d’un pacte immémorial

Anabel Rodriguez Rios a passé sept ans à Congo Mirador pour documenter le lent pourrissement d’un mode de vie traditionnel, la rupture d’un pacte immémorial entre l’homme et la nature. Elle en ramène une tragédie banale provoquée, comme de bien entendu, par l’appât du gain et l’incurie des dirigeants.

Tamara cherche à acheter des voix avec des cadeaux et des vivres. Les autorités promettent des dragues qui ne viendront jamais, on attend vainement des tuyaux. Natalie se fait blâmer par une inspectrice tandis que Tamara comprend que tout combat est vain lorsque, reçue par un représentant de Maduro pour un déjeuner de travail elle est traitée avec condescendance et mépris.

École flottante

Situé entre la mort du socialiste Hugo Chavez, en 2013, et la chute de son successeur, Nicolas Maduro, en 2019, le film a le tort de ne pas procéder à quelques rappels historiques et politiques à l’usage des spectateurs qui, n’étant pas des spécialistes du Venezuela, peuvent perdre le fil. Ceci dit, inutile d’être un fin politologue pour constater les effets inéluctables de la corruption et de l’impéritie gouvernementales sur une population déjà aliénée par la civilisation occidentale – obésité, T-shirts de marque, organisation de concours de Miss sur le modèle états-uniens…

Il reste à assister à la prolifération exponentielle des lentilles d’eau. Congo Mirador s’en va rejoindre l’épave d’un navire échoué dans la jungle, les pilotis se brisent, les maisons s’affaissent, le temps efface le nom de Chavez peint sur la façade de Tamara, «Il n’y a plus que de la boue et des serpents»… Natalie dérive à bord de son école flottante vers de nouveaux horizons. Once upon a time in Venezuela est dédié «aux gens de  Congo Mirador, où que vous soyez»…

[Source : http://www.letemps.ch]

 

Bitácoras es la primera producción original del año 2021 de CONTAR, la plataforma pública argentina de acceso libre y gratuito.

A partir de este jueves 4 de marzo estará disponible esta serie, que cuenta con la producción de Vanessa Ragone, que entre otras películas produjo la ganadora del Oscar, El secreto de sus ojos, y obras de trascendencia internacional como La noche de los 12 años.

Vanessa Ragone, productora de “Bitácoras”

“La serie Bitácoras surgió a partir de una convocatoria que me hicieron las autoridades de contenidos públicos, Jessica Tritten y Juan Pablo Gugliotta, para pensar alguna miniserie que contara la experiencia en la pandemia. Convoqué a cinco directoras de la talla de  Albertina Carri, Julia Solomonoff, Laura Citarella, Mará Alché y Natalia Smirnoff, para que ellas, desde un punto de vista autoral y ensayístico, realizaran una observación sobre el año de la pandemia que pasó, y lo contarán desde su lugar”, contó Ragone a Nodal.

“Las llamé y les propuse trabajar con una gran libertad creativa, que cada una abordará con material propio, con material de archivo, con material rodado en su entorno cercano, con lo que le pareciera conveniente su visión como creadora, de este momento tan particular que estamos viviendo”.

Así surgieron estas cinco piezas de corta duración que componen Bitácoras2020. La delgada capa de la tierra de Albertina Carri; Hecho a mano de Julia SolomonoffDiario ruralde Laura CitarellaDespués del silencio, de María Alché y Los cuadernos de Maschwitz, de Natalia Smirnoff.

“El concepto de la producción fue darles gran libertad a cada una de ellas para que en sus propios núcleos familiares o amistosos, dentro de sus propias burbujas, pudieran encontrar los elementos necesarios para contar cada una como vivenció este año que pasó, y cómo eso se tradujo en su obra”.

Albertina Carri, realizadora de “2020. La delgada capa de la tierra”m relato que propone una mirada sobre las amenazas sobre el ambiente.

Esta decisión de que las realizadoras trabajen con mucha libertad, y asumiendo la mirada propia sobre el tiempo de pandemia, es notoria en el resultado final de los trabajos. Los mismos expresan, en la medida que son trabajos que dialogan entre sí, las muchas maneras de interpretar los cambios que este momento del mundo trajeron a lo personal y lo global. Estos cinco cortometrajes cuentan, cada uno a su manera, distintas situaciones que seguramente millones de personas, de una u otra manera, también vivimos. Lo hacen con una notable síntesis y gran potencia poética.

“De allí salieron cinco cortos ensayísticos, muy diferentes uno del otro: Albertina, con una visión muy puesta en la ecología y en los peligros abiertos al no atender ese tema; Julia trabajando sobre la virtualidad y la falta de lo presencial; Natalia Smirnoff sobre su proceso creativo; María Alche, haciendo un foco en la pandemia de una manera con tintes surrealistas; y Laura Cittarella relatando una experiencia de vida de campo para una familia de ciudad que de repente quedó un poco aislada”.

Además del estreno de esta producción, la plataforma Contar presenta un conversatorio con las cinco directoras, moderado por la periodista Sandra Igelka, realizado  en la sala Argentina del Centro Cultural Kirchner. En estas conversaciones se abordan la particular experiencia de Bitácoras y diferentes aspectos políticos, culturales y artísticos de sus carreras profesionales.

Laura Citarrella propone un relato sobre la sorpresa de la vida familiar en un entorno ajeno en “Diario Rural”.

Bitácoras se estrena en el marco del ciclo Nosotras movemos el mundo y lo transformamos, que acompaña la semana de las mujeres trabajadoras. “Cada una lo hizo a su manera y con sus recursos propios y los que tenían su entorno, porque eso era el desafío que pudieran realizarlo con su entorno personal, familiar, amistoso. Llevaron adelante las bitácoras que estamos presentando ahora. Nosotros coordinamos todo eso. Hicimos todos los trabajos técnicos de postproducción, de sonido, de color, de música. Sobre todo creo que lo más interesante del abordaje fue la libertad total que tuvieron para narrar lo que quisieran y como bien lo vieran. Y sorprendernos”, concluyó Ragone.

 

 

[Fuente: http://www.nodal.am]