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Quizá mucha gente suponga que la alianza entre Inglaterra y Portugal se estableció en 1703, cuando el tratado Methuen concedió ventajas fiscales en Bretaña a los vinos portugue­ses. Pero no es así, Inglaterra y Portugal se habían prometi­do ya amistad eterna en el tratado de Windsor, en 1386.

En su libro Portugal´s Wines and Wine-makers, Richard Mayson subraya: «A finales del siglo XV, Lisboa era uno de los mayo­res centros comerciales del mundo. El imperio que se cons­truyó tras los épicos viajes del príncipe Enrique el Navegan­te, de Gil Eanes, de Bartolomeu Dias y de Vasco de Gama destacó a Portugal en el mapa mundial y amplió su ámbito de comercio hasta incluir África, la India y Brasil».

El prín­cipe Enrique el Navegante no siguió los grandes viajes que inspiraba, pero cualquiera que haya viajado a Sagres, desde donde él miraba al Atlántico, comprenderá su deseo de via­jar e ir más allá.

No debemos olvidar que el príncipe Enrique era medio inglés, pues su madre era hija de John de Gaunt, duque de Lancaster.

A partir de esos años, los ingleses inter­cambiaron lana por bacalao en salazón con los portugueses, un comercio que quizá se hiciera ya antes, pero que enton­ces se intensificó, ya que el pescado salado era una provisión muy valiosa para los largos viajes y expediciones.

Debido a esta larga amistad, el brindis por los nuevos so­beranos, el rey Guillermo III y la reina María Estuardo, cuando estos subieron al trono en la revolución de 1688, planteó un problema. El rey Guillermo era holandés, ¿se podía acaso brindar por los soberanos con ginebra, el licor que había dado al mundo la expresión «el valor holandés», durante las guerras del siglo XVI contra los españoles? Los recién llega­dos reyes no parecían tener un vínculo especial con ningún vino en concreto, y entonces los entendidos en vinos refres­caron la memoria de los mayordomos y encargados de comi­das reales y les recordaron Portugal… Empezaba así el comercio con los vinos portugueses, que resultaban muy atractivos tanto en los mercados británicos como en los del norte de Europa. El comerciante Christiano Kopke empezó la actividad comercial en 1638, y Warre en 1670.

El vino de este tipo agradaba mucho en los mercados del norte y, por otra parte, en aquellos años el rey Guillermo ha­bía dictado un impuesto a los vinos franceses, con lo que las ventajas de beber vinos portugueses eran obvias.

Guillermo «el holandés» no acababa de ser muy popular entre los bri­tánicos, pero estos seguían brindando a la salud de su rey y, por razones de disponibilidad y de precio, lo hacían con vino portugués.

Con la reina Ana y el rey Jorge de Hannover la corte perdió mucha elegancia, pero quienes preferían la es­tabilidad moderada del monarca al estilo de los otros sobera­nos siguieron bebiendo vinos tintos, a menudo de Portugal.

De modo que, aunque no podemos fijar la fecha exacta en que se empezó a brindar por los reyes con oporto, parece claro que fue hace mucho tiempo.

 

 

[Fuente: http://www.vinetur.com]

C’est l’un des auteurs-compositeurs et interprètes les plus discrets de la chanson française. Digne héritier de Léo Ferré et de Jacques Brel, Romain Didier sort son 11e album studio, Souviens-moi. Un disque finement ciselé, pétri de lumière italienne, où il célèbre, avec élégance et poésie, ses voyages, l’amour et la nostalgie joyeuse.

Romain Didier aime prendre son temps. Si Souviens-moi arrive dix ans après son précédent album studio, ce n’est ni par coquetterie, ni parce que l’envie de chanter lui manquait. Simplement le chanteur, qui se décrit humblement et non sans humour comme « un peu lent », a besoin d’attendre, de « digérer les émotions avant qu’elles ne s’échappent jusqu’au piano ». Et aussi d’avoir quelque chose à dire d’original. Ainsi Romain Didier imagine-t-il, par exemple, les pensées et les rêves d’immensité d’une jeune goutte d’eau qui « dévale de cascades en barrages, le lit de sa rivière » (La Goutte d’eau).

Les chemins de traverse

Si Romain Didier donne à ses disques le temps de voir le jour, c’est aussi parce que cet amoureux du hasard qui rassemble des « voyageurs naufragés, aux confins de nulle part sur la même poussière » (Merci d’être venus) écrit, arrange et compose pour de grands noms de la chanson, comme Nicole Croisille (qui fut la première, en 1980, à chanter ses chansons), Annie CordyYves Duteil ou encore Enzo Enzo.

Bien qu’il adore être sur scène, Romain Didier nous confie qu’il n’aurait pas aimé se cantonner à une carrière d’auteur-compositeur-interprète. « C’est une chance de faire de la musique pour les autres, des orchestrations, des spectacles musicaux (notamment Pantin, Pantine avec Allain Leprest (1997) et Pinocchio court toujours (2006) avec Pierre Perret). J’ai aussi la chance d’être artiste associé au Conservatoire du Havre. Je ne l’aurais pas fait si j’avais eu une carrière moins atypique. J’ai pris les chemins de traverse qui me plaisaient ».

Ces chemins lui feront faire des rencontres décisives, comme celle d’Allain Leprest« C’est l’un des plus grands auteurs que la chanson francophone a connu. Notre amour des mots, de la chanson populaire nous rassemblait. Pour le reste, on n’a pas connu les mêmes choses quand on était petits, il venait d’un milieu populaire, moi moins. C’était deux milieux qui se confrontaient, mais je crois au métissage », nous raconte-t-il.

Romain Didier est né dans la musique classique, d’un père compositeur et chef d’orchestre, et d’une mère, cantatrice à l’Opéra de Paris. Pour autant, jamais ses parents ne le forceront jamais à s’inscrire dans leur sillage. Ainsi apprend-il le piano, l’harmonie et l’orchestration en autodidacte. « Je préférais m’amuser seul avec le piano. Cela ne m’empêche pas d’éprouver une joie inouïe lorsque j’écoute jouer ma musique, assis dans un fauteuil d’orchestre. Cela me rappelle ce que mon père faisait, bien sûr », dit-il ému.

L’Italie au cœur

De son père (qui fut également directeur de l’École normale de musique de Paris), il a hérité le goût de la transmission (Romain Didier est également professeur de musique), la minutie. Et son lieu de naissance. Car c’est à Rome que Didier Petit (de son vrai nom) voit le jour en 1942, alors que son père y était résident à la Ville Médicis pour trois ans.

Romain Didier y retournera quelques mois à dix-huit ans. Émerveillé par ce séjour, il choisit son prénom de scène, Romain, en hommage à la ville aux Sept collines. « J’ai vécu des moments incroyables à Rome. L’Italie est un pays où je me rends souvent. Cette Aventure italienne avec un grand « A » m’a toujours transporté« , nous raconte-t-il.

Son aventure italienne, il la célèbre dans Je me souviens du bal, un morceau teinté de swing où il décrit des « vespas qui détalent comme des moineaux » dans les rues de Rome. Sur On n’est pas à Vérone, qui décrit un amour humble et sans artifice, et Si on ne s’aime plus (en duo avec Catherine Petit), où il évoque la disparition de Venise à travers celle d’un amour menacé. Par contraste. Car c’est le caractère éternel de la Sérénissime qui le fascine : « Cette ville m’a toujours fait rêver. On peut ne pas y aller pendant vingt ans, y retourner et retrouver exactement les mêmes coins de rue, les mêmes décorations et les mêmes palais ».

Enfin l’Italie surgit dans La Nostalgie, où il célèbre, sans tristesse et sur une musique évoquant Erik Satie, « les minuscules petits détails immenses de l’enfance » et leur goût de « paradis, d’amour et de sucre candi ». Artiste sensible, Romain Didier nous explique que pour lui la nostalgie « est rose et grise » et qu’il aime se souvenir « des images du passé ».

Amoureux des rencontres

Poétiques sans être hermétiques, les images de Romain Didier sont des instantanés échappés du quotidien. La lumière côtoie l’ombre avec élégance et sobriété. Comme dans le syncopé et fraternel Prince sans royaume, qui parle d’un homme « lacéré aux tessons des frontières/ Qui tient comme un bouquet ses racines en cadeau/ (un) prince sans royaume aperçu au Treize heures« .

Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il nous disait être déconnecté de l’actualité, Romain Didier rétorque avec chaleur : « j’ai beau être lent, ce phénomène de société n’est pas arrivé hier. Je voulais en parler. Je crois que les vies se valent. Ce qui semble aller contre cette idée me dérange profondément. On est fabriqués par des cellules équivalentes ».

Cette vision égalitaire traverse toute son œuvre. Qu’il chante l’exil comme les rencontres, ou qu’il parle de chanson. « La chanson n’a pas d’échelle ; Léo Ferré c’est pas mieux qu’Annie Cordy, c’est autre chose », nous dit-il. Romain Didier chante aussi l’amour. Ainsi ne sera-t-on pas surpris de trouver sur Souviens-moi quelques belles balades comme On dirait qu’ça passe ou Une chanson de Sylvie Vartan, dans laquelle il évoque des souvenirs d’amours champêtres, tout en délicatesse.

Car il est quelque chose d’extrêmement féminin dans l’écriture de ce poète. Romain Didier raconte dans La femme qui sommeille que c’est la part féminine des hommes qu’il aime chez eux. Il nous l’affirme : « je n’aime pas du tout ce qui est viril et masculin. Je préfère de très loin la compagnie des femmes, leur besoin d’être en harmonie, de nidifier me parle beaucoup plus qu’une chambrée de service militaire ! » En attestent la finesse et la douceur de ce disque solaire.

Romain Didier Souviens-moi (EPM/Universal) 2021
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Écrit par Marjorie Bertin

 

 

[Photo : Jean-Baptiste Millot – source : http://www.rfi.fr]

No fa molt us comentava (vegeu Algunes novetats bibliogràfiques importants) que m’agrada fer una ullada als webs de les editorials per estar al tant de les novetats bibliogràfiques. A penes havia acabat de publicar aquella entrada que, per no perdre els bons costums, vaig entrar al web d’Adesiara. I vaig pegar un bot en la cadira. Hi vaig veure anunciada la publicació d’El paradís perdut de Milton, en la traducció de Josep Maria Boix i Selva, editada per Alpha el 1950 i que no s’havia reeditat des d’aleshores. La nota d’Adesiara indica que aquesta reedició incorpora les correccions que Boix i Selva hi va introduir posteriorment. I, per si fos poc, reprodueix encarats el text original en anglès amb la traducció al català.
El paradís perdut de Milton en la versió de Josep M. Boix i Selva és una de les grans traduccions literàries de la llengua catalana. Joan Fuster en va fer aquesta valoració en Literatura catalana contemporània: «Tots els matisos formals i conceptuosos —que no són pocs— d’aquesta epopeia teològica troben en Boix i Selva un intèrpret diàfan, rigorós i exacte. I si els versos anglesos del Paradise Lost són “pulcres i vigorosos, àgils i flexibles en llur gràcia austera”, la seva rèplica catalana té les mateixes característiques i una elegant fluència sonora». Sam Abrams, per la seua banda, assenyala que és «la millor traducció de Milton que hi ha a Espanya i una de les més destacades d’Europa». 
Fa temps que la vaig llegir, en el volum d’Alpha, i en tinc un record inesborrable. N’hi ha molts passatges que em ressonen encara en la memòria, com la descripció que fa Milton de Satan en el cant I, o aquell vers en què li fa dir: «Tot bé vaig perdre; / mal, sigues el meu bé». La temptació de rellegir-la ara en l’edició d’Adesiara és molt forta i no sé si la podré resistir. A més, podria llegir cada cant dues vegades, en català i en anglès. O en anglès i en català.
En un comentari de l’Himne a la bellesa de Baudelaire, que vaig penjar en el web de literatura universal, vaig fer referència a l’impacte que el poema de Milton va exercir sobre els romàntics. El Satan d’El paradís perdut de Milton havia impressionat profundament autors com ara Schiller, Shelley i Byron, que van fer de la revolta de l’Arcàngel un dels mites del romanticisme i van parlar de la fascinació mortal que la seua bellesa exercia sobre les ànimes més pures. Satan apareix en El paradís perdut representant una bellesa caiguda, una esplendor enfosquida per la melancolia i la mort; és «majestic though in ruin». Així el descriu Milton:
Damunt tota la resta,
per l’estatura i el posat altívol,
s’alçava torrejant: la seva forma
no es veia que tingués del tot perduda
l’esplendor original, ni apareixia
menys que un Arcàngel derrotat, i amb glòria
mig velada en l’excés: com quan, a l’alba,
mira el sol a través de la boirina,
tosos els raigs, o, en un eclipsi ombrívol,
rera la lluna envia un trist crepuscle
a la meitat de nacions, i acora
llurs reis amb la temença d’algun canvi.
Així obscurit, encara resplendia
damunt de tots, l’Arcàngel; però el rostre
duia solcat per cicatrius profundes
fetes pel llamp; damunt les galtes lívides
duia el neguit, i, amb tot, sota les celles
d’orgull prudent i de coratge indòmit,
la revenja expectant: ulls cruelíssims,
on, tanmateix, apareixien signes
de passió i remordiment.
En els seus carnets íntims, Baudelaire va escriure que «el tipus més perfecte de bellesa viril és Satan —a la manera de Milton». Baudelaire va reivindicar, contra la concepció tradicional de la bellesa artística, l’anormalitat, la dissonància, la lletjor, que donen misteri i atractiu alhora. Per a protegir-la de la trivialitat, la bellesa ha de ser estranya. Com ell mateix va expressar concisament en un dels seus Fusées, «el que no és lleugerament deforme sembla insensible —d’aquí que la irregularitat, és a dir, el que és inesperat, la sorpresa, l’estranyesa siguen una part essencial i la característica de la bellesa».
Ja ho veieu: una altra lectura o relectura imprescindible a la llista. I van…

 

Publicat per Enric Iborra

 

[Font: laserpblanca.blogspot.com]

« – Kill me, Myriam. 
– I can’t.
– Release me. Please.
– There’s no release, my darling. No rest ».

John, viejo y atormentado, suplicando a Myriam, su creadora (The Hunger)

Escrito por Arantxa Acosta

En estos últimos años en los que el mito vampírico está tan de moda, aportando al género genialidades como la original Déjame entrar (Tomas Alfredson, 2008) o la bazofia rompe mitos -lo siento, pero lo de que os vampiros brillen como diamantes a la luz del Sol me mata- de Crepúsculo (Catherine Hardwicke, 2008), no me ha sido difícil escoger El ansia (Tony Scott, 1983), como uno de mis primeros reencuentros para El Espectador ImaginarioEl ansiaPor la fascinante perspectiva que aporta al mito. Por las brillantes actuaciones. Por la elegancia de la puesta en escena y una fotografía y montaje que aún ahora sorprenden. Por todo… hay que redescubrir este film y emplazarlo donde se merece: película de culto donde las haya.

Fondo negro, letras blancas: Metro Goldwyn Mayer presenta. Cinco segundos más en negro, y la estremecedora música de Bauhaus (‘Bela Lugosi’s Dead’) inunda la sala, y nuestros oídos, mientras aparece el cantante tras unas rejas, iluminado parcialmente.  A partir de aquí, las pocas e inquietantes imágenes se ven entrecortadas por los créditos… hasta que arremete hacia nosotros el título: El ansia. Suenan los primeros acordes del bajo y las imágenes ya son continuas, pero se van congelando a medida que se avanza en la presentación: conocemos a Myriam y John, buscando plan en la discoteca. Y cuando menos te lo esperas: la imagen de una carretera al anochecer y cambio radical de música. Volvemos al cantante y su ‘Bela Lugosi’s Dead’. Volvemos al coche en la carretera. Cantante. Carretera. Cantante. Myriam fumando y sonando otra música -más inquietante aún- dentro del coche. Cantante. John conduce. Cantante. Ocupantes del coche. Cantante. Corte. Los cuatro llegan a la casa, fuman, se divierten. Cantante otra vez. Se separan dos y dos y empiezan a juguetear. Un mono en una jaula chillando. Cantante. Las parejas. El mono. Un colgante egipcio. Cantante. Parejas. El colgante se convierte en cuchillo. El mono ataca a su compañera de celda. Nuestros protagonistas atacan a sus acompañantes. Una pica donde lavar los cuchillos. Sangre… Y, después, la calma. Los enamorados bañándose al son de Schubert. ‘Forever, and ever’, se dicen. Estos, señoras y señores, son los mejores seis minutos de montaje para la introducción de la trama de un film que se han visto en muchos años: conocemos a los dos principales protagonistas y su condición de chupasangres, y ya se nos introduce el entorno de la tercera protagonista, el laboratorio, cuyo experimento estará muy relacionado con el avance de las vidas de los vampiros. Es, sencillamente, de quitarse el sombrero.

El ansia, fotogramaPoco a poco iremos conociendo más a los personajes, adentrándonos en una perspectiva del mito muy inusual. Y es que, a diferencia de muchas otras, no potencia la condición del vampiro -que si no pueden salir a la luz, que si odian los ajos, su fortaleza y superioridad ante los humanos o la violencia que supone su forma de mantenerse con vida, llenando escena, sí, escena, también de sangre. No. El interés de El ansia es muy diferente: en ella se explora la terrible maldición que supone el ser inmortal. La soledad, o más bien, la angustia de necesitar de alguien a tu lado para superar tu propia vida y no caer en la desesperación se aplica a nuestro trío de vampiros… igual que podría aplicarse a cualquiera de nosotros.

Myriam es un vampiro original, por lo que se nos da a entender (con una corta escena que no supera los diez segundos) incluso más vieja que el Antiguo Egipto. Desde entonces, ha vivido siempre acompañada de vampiros trasformados por ella, a los que le prometía que estarían juntos ‘forever, and ever’, por siempre jamás. Y, en esto, no les engañaba. Pero lo que no les decía es que su juventud, no su inmortalidad, tiene fecha de caducidad. Y esta es una de las líneas argumentales principales del film: John (David Bowie en uno de los mejores papeles de su carrera, sin duda) empieza a notar que no duerme bien. Enseguida se da cuenta de que le aparecen pequeñas « patas de gallo » en los ojos… y es consciente de lo que le pasa. « ¿Cuánto dura el proceso? », pregunta temeroso a Myriam. « Una semana », le contesta ella, apenada. Pero cuando él le pide un beso, ella no es capaz de devolvérselo: ya no le quiere, por mucho que lo intente. Ya tiene otra en quien pensar.

El ansia, películaPoco antes habían visto la entrevista a una doctora (una Susan Sarandon rebosante de erotismo) que estudia la relación entre longevidad y sueño, utilizando a monos. Myriam se ha fijado en ella, le ha gustado. La verdad es que en el film no queda claro si los amantes de la vampiresa inician su proceso de envejecimiento cuando ella se interesa en otro/a compañera (la novela homónima de Whitley Strieber en la que está basada la película es más clara), pero, en cualquier caso, el proceso es irreversible. John va en busca de la doctora para ver si puede ayudarle… pero la doctora le evita, pensando que es un loco. Este es el punto que pondrá en contacto a Myriam con la Dra. Sarah, su nueva compañera… hasta que todo se le vuelva en su contra.

Como decíamos, la visión vampírica aquí es muy distinta: narrada de una forma muy lenta, nos invade esa sensación de pausada y tranquilizadora inmortalidad hasta que ocurren hechos que desestabilizan esta parsimonia, dando paso así a rápidas imágenes, montadas en paralelo para seguir varias de las historias que se están dando en el mismo momento, y que tienen algún nexo en común. Vemos breves imágenes de otras vidas, de otros compañeros que ha tenido Myriam. De cómo una situación le recuerda a algún momento de esa felicidad ya pasada con otro. Nos damos cuenta de que ella es consciente de lo que les ocurrirá a sus amantes, pero es tan egoísta que no es capaz de dejar libres a los humanos y seguir sola en este mundo… no, prefiere tener compañeros e ir « acumulando » ataúdes llenos de apesadumbrados inmortales en la buhardilla de su casa.

The hungerLa puesta en escena es otro de los aciertos del director: el inicio, en la discoteca, personalmente me evoca al ambiente creado en Blade Runner (1982) por su hermano, Ridley Scott. Después, la mansión de Myriam y John, con una mezcla de estilos tan sorprendente que ayuda a hacerse a la idea de que todo es original, herencia de « sus yo » pasados. Para rematar, el vestuario es tremendamente acertado: Myriam (que a estas alturas ya tendría que decir que está interpretada por Catherine Deneuve, que a sus cuarenta años, en el momento de interpretar a la vampiresa, le supo otorgar juventud, pero también la mirada de alguien que no es tan estúpido como un adolescente) lleva modelos inspirados más bien en los años cuarenta y cincuenta, pero con toques de la modernidad de los ochenta (esas tremendas hombreras), que le otorgan elegancia con sabor a moda desfasada pero intrigante… lo que ella es, vamos. Y Sarah, con traje y chaqueta brillantes, llevados con imposibles tacones de zapatos rojos charol… no extraña que la vampiresa se fije en ella. Y, si a puesta en escena, interpretaciones y estupendo montaje le sumamos una música que le va como anillo al dedo (el ‘Trio in E-flat, Op. 100’ de Schubert -pieza clave también en el Barry Lyndon de Stanley Kubrick de 1975- que abre y cierra el film, primero nos muestra el amor entre los vampiros, luego nos hace conscientes de que la historia va a repetirse, pero con distintos protagonistas; el pasaje de las dos mujeres cantando en ‘Lakme’, ópera de Léo Delibes y que utiliza Myriam para seducir a Sarah; la ‘Suite nº 1’ de Bach con la que se enlazan presente y pasado para entender cómo conoció a John; la ya comentada ‘Bela Lugosi’s dead’ de Bauhaus que pone los pelos de punta al inicio y, cómo no, los temas instrumentales compuestos por Michel Rubini y Denny Jaeger, desconcertantes y terroríficas piezas que incluyen tanto sintetizadores como instrumentos de viento para los momentos más intranquilos del film)… ya tenemos un film redondo.

Por favor, alejémonos de desvaríos del mito y centrémonos en lo que un inspirado Tony Scott (cuyo fracaso con este film, sobre todo debido a la mala crítica,  le llevó a centrarse en films de acción –Top Gun fue su siguiente film en 1985… saliendo muy bien parado aunque lamentablemente siempre estará bajo la estela de su hermano mayor) quiso aportar al cine del género. Su El ansia, por estar tan exquisitamente bien narrada y por explorar el  lado menos conocido de los vampiros, la soledad del inmortal,  es de consumo obligatorio tanto para locos del género como para amantes del buen cine. Por cierto, se rumorea (así se anuncia en IMDB) que Tony Scott quiere volver con El ansia 2 en 2012. Esperemos que no destroce lo conseguido con el original.

Trailer:

Ficha técnica:

El ansia (The Hunger),

EEUU, 1983
Dirección: Tony Scott
Producción:  Richard Sheperd
Guion:  James Costigan, Ivan Davis (basado en la novela de Whitley Strieber)
Fotografía: Stephen Goldblatt, Tom Mangravite
Montaje: Miriam Power
Música: Michael Rubini, Denny Jaeger
Interpretación: Catherine Deneuve, David Bowie, Susan Sarandon

 

 

[Fuente: http://www.elespectadorimaginario.com]

O cineasta israelí Nadav Lapid

Escrito por Martin Pawley

“Todo é político en Israel, un país no que a separación entre a vida privada e a esfera colectiva é totalmente artificial”. Díxollo Nadav Lapid (Tel Aviv, 1975) ao crítico Ariel Schweitzer nunha entrevista do libro Le nouveau cinéma Israélien, mais a frase serve igualmente para describir todos os filmes do director. Todo é político no cinema de Nadav, que entrelaza o íntimo e o público, a memoria persoal e o peso da historia, unha confrontación entre impulsos opostos que arrastra aos seus personaxes, sometidos a esa lóxica hostil e manipuladora. Así foi desde a primeira curta en adiante, até conformar unha das filmografías máis estimulantes e coherentes do cinema contemporáneo.

Faise palpábel esa dinámica entre forzas contrarias na presenza do universo militar. Hai, dunha banda, un malestar evidente, o desagrado ante a visión de homes armados polas rúas, ou, como en Ammunition Hill, o tributo ás fazañas bélicas pasadas por parte dos nenos e nenas dunha escola. Mais tamén está a fascinación polo exército nun país no que o servizo militar segue sendo obrigatorio. O mito do heroísmo, da entrada en combate, o glamour dos uniformes, a mocidade como celebración. O sentimento de pertenza a un grupo, o pracer irreflexivo do sometemento, a disolución inconsciente da propia personalidade en favor dun mandato superior. Así é o fillo maior de Nira, a profesora de parvulario, ou os policías de Ha-Shoter, que teñen a fidelidade e a obediencia como valores supremos. Un clan de machos que festexan a camaradería e a virilidade, esa mesma masculinidade recia e dominante intimamente asociada ao ideario nacional: basta ver as películas que nos anos 70 fixo outro gran cineasta israelí, Uri Zohar, para constatalo. Yaron, o protagonista de Policía en Israel, fai sempre o que se supón que debe, executa coa mesma minuciosidade unha masaxe á súa muller embarazada que a resolución dun secuestro. Mais ao final bastará a visión dun rostro para que esboroe o seu mundo de vigor e disciplina: as cousas non son nunca tan sinxelas. Outra visión, unha imaxe proxectada nunha pantalla -un plano de Teorema de Pasolini– suporá unha ruptura decisiva para o soldado de Lama, cinco minutos de absoluta perfección (e unha lección maxistral máis de montaxe a cargo de Era Lapid, nai do director).

Facerse adulto, a calquera idade, esixe renunciar ao acatamento dócil de certezas dubidosas. Esixe aceptar a complexidade, aínda que doia. En Haganenet un neno de cinco anos, Yoav, mostra un talento excepcional para a poesía. En calquera momento, de súpeto, porase a camiñar dun lado a outro mentres recita versos de inesperada altura intelectual. De onde saen esas palabras? Como pode alguén tan pequeno falar de emocións sofisticadas que non viviu? Para a súa perplexa profesora, ela mesma fascinada pola poesía, por unha beleza que ansía mais non posúe, Yoav é un milagre que require protección nunha sociedade que despreza o talento e o coñecemento. Un país que despreza aos poetas. Non por casualidade a película comeza co marido de Nira tombado no sofá vendo un estúpido programa de televisión. Cando se incorpora para sentar, golpea non unha senón dúas veces a cámara, que se sacode. Dalgunha forma, ese xesto introduce xa o ton da película: rompe a parede invisíbel que separa o espectador do relato, mais rómpea facendo que a imaxe trema. O que treme, por un instante, é o mal gusto e a comodidade. A película revólvese porque é preciso revolverse ante a indolencia, ante a apatía. A poesía é a ferramenta da que se vale Nira na súa guerra contra o mal da banalidade. Nunha sociedade que aplaude as mensaxes triviais e os discursos sen matices, que grita máis que fala, que nega os debates por pura preguiza, non pode haber verdadeira rebelión se non nace da dúbida, de perder o medo a dicir “non sei”, de perder o medo a dicir “non”, de asumir, desexar mesmo, que non haxa camiños fáciles. Nira podería afirmar, coma o “salvaxe” John de Un mundo feliz de Aldous Huxley, “non quero a comodidade”. Nira, como John, quere a poesía, o perigo real, a liberdade, a bondade, o pecado. Reclama o seu dereito a ser infeliz, a arriscar a súa vida tranquila e estábel. A súa actitude é moito máis revolucionaria que a dos radicais burgueses de Ha-Shoter. A súa é unha batalla perdida e disparatada, mais irrenunciábel. Non é froito dun idealismo naif, senón unha reacción visceral e sen compaixón contra a vulgaridade. Nira é un personaxe perturbador, un dos máis fascinantes e complexos do cinema deste século, e a interpretación que dela fai Sarit Larry é memorábel. É un piar básico dun filme excepcional, que asombra pola elegancia e gracilidade con que a cámara segue aos actores, en particular os nenos. O que conseguen facer Nadav e o seu director de fotografía Shai Goldman é case sobrenatural: a pantalla énchese co rostro de Yoav ou coa mirada de Nira e desaparece todo o demais, esvaece a dureza urbana de Tel Aviv. Aínda que a cidade estea moi viva no filme, coas súas divisións raciais, os seus ricos despreocupados e os seus artistas snob.

Ninguén pode desfacerse da historia. En Kvish, a estrada dun encontro amoroso foi antes o espazo dunha acción violenta co conflito palestino-israelí como escusa. A Shoah é o obxecto de interese da amiga de Emile na mediometraxe homónima, fronte aos desexos bastante máis prosaicos e carnais do seu contacto en Israel; acabarán descubrindo que teñen moito máis en común do que imaxinaban noutro deses xogos dialécticos tan propios do director. Tampouco ninguén pode desfacerse da tradición, mais si queda certa marxe para a rebeldía. O protagonista de Do diario dun fotógrafo de vodas subverte o acontecemento social por excelencia, o matrimonio, con grandes doses de mordacidade e escepticismo. “Eu xa o vin todo, mesmo vos vin a vós”, dille a uns noivos. Ou “as vodas son coma os funerais, nunhas enterras aos vivos e noutras aos mortos”. Fronte á felicidade simulada coma proba da submisión ante as convencións, ante os seus ollos e a súa cámara desvélase un profundo malestar. A miúdo hai máis impostura que desexo. A solución pasa por renunciar á comodidade. Por aprender a dicir “non”. Por aceptar a complexidade, aínda que doia.

Filmografía de Nadav Lapid

2002 Proyect Gvul [Proxecto fronteira] – curtametraxe
2005 Kvish / Road [Estrada] – curtametraxe
2006 Ha-Chavera Shell Emile [A amiga de Emile] – mediometraxe
2011 Ha-Shoter [Policía en Israel] – longametraxe
2013 Ammunition Hill – curtametraxe
2014 Haganenet [A profesora de parvulario] – longametraxe
2014 Lama? [Por que?] – curtametraxe
2016 Myomano Shel Tzlam Hatonot [Do diario dun fotógrafo de vodas] – mediometraxe

 

[Foto: Wikipedia – fonte: http://www.nosdiario.gal]

A punto de cumplir 70 años, la actriz se mantiene como una de las grandes damas de Hollywood. Pero para llegar a un tercer acto feliz tuvo que superar una historia familiar solitaria y complicada y una vida a la sombra del actor más carismático de su generación

Anjelica Huston con Jack Nicholson, que fue su novio durante 17 años de forma intermitente y fue uno de los dos hombres cuya sombra superó gracias a su talento. El otro fue su padre, John Huston.  GETTY IMAGES

 

Escrito por JUAN SANGUINO

En julio de 1951, un mensajero descalzo atravesó el Congo corriendo durante tres días para entregar un telegrama en las cataratas Murchison del río Nilo, al noroeste de Uganda. Su destinatario (John Huston, en pleno rodaje de La reina de África) lo leyó y lo guardó en su bolsillo sin inmutarse. “Por Dios, John, ¿qué dice?” preguntó Katharine Hepburn. “Ha sido niña”, respondió él. “Se llama Anjelica”.

Desde su nacimiento la vida de Anjelica Huston ha tenido textura de novela de aventuras, de cuento de hadas y de melodrama de Hollywood. John Huston conoció a Enrica Soma cuando esta tenía 13 años y él 37. Se reencontraron cuando ella era una prometedora bailarina de 17 años y su cara, que John Huston describía como “una madonna del quattrocento”, ya había aparecido en la portada de Time. “¿Qué hay de atractivo en ver a una niña crecer hasta una edad follable delante de tus narices?”, preguntó la tercera esposa de Huston cuando este la dejó para casarse con la bailarina.

Cuando John Huston se enteró de que su hija estaba a punto de ser la Julieta de Franco Zeffirelli, escribió una carta al director italiano para que contratase a otra actriz: quería ser él quien presentase a Anjelica al mundo

John retiró a Enrica del ballet y le compró St. Clarens, un terreno de 44 hectáreas a una hora de Galway y la única residencia con calefacción central de toda Irlanda. Había un castillo normando, una mansión donde se alojaba el director y otra casa en la que Enrica vivía con sus dos hijos. “Y aquí empieza mi historia –escribía Anjelica en sus memorias– con la fantasía de un hombre de mediana edad”. El director decoró aquella casita de muñecas con oros etruscos, tapetes franceses, muebles de Luis XIV, mármoles griegos, biombos japoneses, cabezas de animales de cacerías, jades imperiales y los Lirios de agua de Monet, que había ganado en una buena mano en un casino. John Huston era un coleccionista de cosas hermosas. Y eso incluía a las personas.

Durante su infancia, Anjelica solo veía películas de su padre (El halcón maltés, Cayo Largo, El tesoro de Sierra Madre) y sus juguetes eran planetarios de bronce, fotografías de Manolete (rezaba cada noche por su supervivencia) y docenas de ponis. En una ocasión le confesó a una amiga que El mago de Oz nunca le había conmovido particularmente y esta le replicó: “Claro, porque tú tenías St. Clarens”. El mago de todo aquello, John Huston, regresaba a casa solo por Navidad pero con tesoros de todo el mundo como si fuese, literalmente, Santa Claus: sedas orientales, kimonos japoneses, cristales venecianos. Cada operística reaparición del cineasta llenaba la casa de ruido y de invitados como John Steinbeck (que solía contarle a Anjelica historias de Trampoline, una prostituta mexicana), Peter O’Toole (para quien Anjelica representaba obras de Shakespeare), Jean-Paul Sartre, W. H. Auden o Robert Mitchum, con quien la niña jugaba al Scrabble.

Jack Nicholson y Anjelica Huston fotografiados en 1974. Eran la pareja de moda en Hollywood. En cualquier sitio, en realidad.

Jack Nicholson y Anjelica Huston fotografiados en 1974. Eran la pareja de moda en Hollywood. En cualquier sitio, en realidad.  GETTY IMAGES

La actriz, que estaba obsesionada con el cuerpo de su padre, lo describe como “más alto que nadie, un león, un líder, el pirata que todo el mundo desearía tener la audacia de ser”. En una ocasión regresó a casa con un loro africano en el hombro. “Cuando llegaba, el sol entraba en la casa, las cosas se volvían majestuosas, la plata brillaba. La casa adquiría otros colores, las lámparas de araña se iluminaban y el champán burbujeaba. Era el hombre más arrebatador que he conocido. Era como un dios. Me llamaba ‘cariño’, ‘querida’ o ‘mi niña’ y después se marchaba y todo volvía a las sombras”, recordaba Anjelica en su autobiografía. Como le gustaba ver a las mujeres cabalgar de lado, enseñó a su hija a hacerlo cuando esta tenía 11 años. También le explicó que si los samuráis solo tenían permitido llorar tres veces en toda su vida, no había motivo para que ella llorase tres veces al día.

“Mi único rol era ir de su brazo. Yo quería domesticar a la bestia, porque los hombres conquistan países pero las mujeres conquistamos corazones, pero mi deseo era ser como Jo March en ‘Mujercitas’. Quería un romance, casarme y tener montones de hijos”

Cuando tenía 11 años, Anjelica se enteró de que su padre había dejado embarazada a su niñera, Zoe Sallis (de 20 años). Cuando John Huston se enteró de que su hija estaba a punto de ser la Julieta de Franco Zeffirelli, escribió una carta al director italiano para que contratase a otra actriz: quería ser él quien presentase a Anjelica al mundo. El rodaje de Paseo por el amor y la muerte en 1969 traumatizó a Anjelica, que solo quería rebelarse contra su padre, con tan mala suerte de que su padre era además su director. Ella intentaba maquillarse en secreto, pero él le limpiaba la cara antes de cada toma. “Quería agradarle, pero también le tenía miedo”, admitiría ella. En aquel momento Anjelica ya tenía la edad de las conquistas más jóvenes de John (Marlon Brando la invitó a visitarlo en Tahití) y tenía que rodar escenas semidesnuda para él. Durante una discusión, le arrancó la ropa delante de todos los operarios.

La crítica sepultó la película ensañándose con el nepotismo: John Simon describió que la actriz debutante tenía ”la cara de un ñu exhausto, la voz de una raqueta de tenis aflojada y una figura sin forma discernible”. En plena promoción de Paseo por el amor y la muerte, su madre Enrica falleció en un accidente de tráfico a los 39 años. “Abrí su armario y todos aquellos Balenciaga que tanto había deseado probarme parecían lánguidos. Ni siquiera olían a ella”, recordaría Anjelica. Cuando un policía le entregó la cinta de casete que Enrica iba escuchando cuando se estrelló (Las cuatro estaciones, de Vivaldi, que Anjelica le había regalado días antes) todavía estaba manchada de sangre. Temiendo que su padre la internase en un convento, se refugió en la moda y llegó a posar para un reportaje de 30 páginas en Vogue fotografiada por Richard Avedon en Irlanda. “Me encantaban la ropa, el champán, la atención. Todo excepto mi aspecto. Compartía espejos con las mujeres más hermosas del mundo y lloraba sin parar porque me veía fea. Ahora miro esas fotografías y creo que estaba maravillosa”, explicó años después en la revista People.

Anjelica Huston con su padre John Huston en 1986. Él fallecería un año después.

Anjelica Huston con su padre John Huston en 1986. Él fallecería un año después. GETTY IMAGES

Anjelica mantuvo una relación de cuatro años con el fotógrafo Robert Richardson, marcada por los abusos psicológicos (Richarson fue diagnosticado con esquizofrenia años después): él le recriminaba no ser “una mujer de verdad” por no quedarse embarazada, ella llegó a rajarse las venas. Richardson tenía 42 años, ella 18 y no se le escapó el patrón en el que estaba cayendo. “Solo estaba buscando un padre, un padre que me diese su aprobación”. La relación acabó en cuanto John conoció a su yerno: pasaron unos días pescando y se llevaron tan mal que, nada más aterrizar en Los Ángeles, Anjelica estrechó la mano de su novio y no volvió a verlo nunca más. Se mudó con su padre, porque la mansión que compartía con su quinta esposa albergaba casi todos los tesoros de St. Clarens y sintió que estaba volviendo a casa. Para celebrarlo, John cambió el nombre de su barco Allegra (su quinta hija) por Anjelica. “Después de aquello solo quería risas. Quería pasármelo bien, salir a bailar, ver gente y tener una vida social con muchos amigos”, rememoró. Y eso es exactamente lo que ocurrió.

Anjelica, este es Jack; Jack, esta es Anjelica

Anjelica confiesa que se enamoró por primera vez de Jack Nicholson cuando lo vio en Easy Rider (Buscando mi destino) (Dennis Hopper, 1969) y por segunda vez cuando él abrió la puerta de su mansión recibiéndola “con esa sonrisa” en una fiesta de cumpleaños. Pasaron la noche juntos y a la mañana siguiente Nicholson le pidió un taxi, en el que ella tuvo que montarse todavía con su vestido de noche. El actor canceló su segunda cita debido a “un compromiso previo” que resultó ser Michelle Phillips, la cantante de The Mamas and the Papas (Anjelica y Michelle son amigas desde entonces), pero acabaron embarcándose en una relación intermitente de 17 años. Ella se retiró de la moda para ejercer como consorte de Jack.

Huston y Nicholson se convirtieron en la personificación del glamur del Hollywood más nocturno. En una escena de Annie Hall en la que Paul Simon trataba de convencer a Diane Keaton de que le acompañase a una fiesta, Simon improvisó la frase “Jack y Anjelica van a venir”. Joni Mitchell escribió una canción sobre sus fiestas, People’s Parties (“toda la gente en esta fiesta tiene sonrisas de pasaporte”). “Había poetas, cantantes, travestis y modelos. La aristocracia rebelde americana se mezclaba con los círculos de Warhol”, presumió ella en The Guardian. En uno de sus cumpleaños, celebrado en un club que todavía no había abierto sus puertas, Jack le llevó un bebé elefante.

Anjelica Huston fotografiada por Arnaud de Rosnay en 1968 para Vogue.

Anjelica Huston fotografiada por Arnaud de Rosnay en 1968 para Vogue. ARNAUD DE ROSNAY/CONDE NAST COLLECTION

Jack, 14 años mayor que ella, era otro centro de gravedad más grande que la vida. La hija del capo se transformó en la chica del gángster. Y en una metáfora perversa, John Huston interpretó en Chinatown (Roman Polanski, 1974) al padre/amante de la novia de Jack Nicholson. Anjelica se instaló en la casa que Nicholson tenía en lo más alto de Mulholland Drive (“era como estar en la cima del mundo”, admiraría la actriz), en Los Ángeles, con Marlon Brando como vecino. Ella intentó aficionarse a los Lakers asistiendo a varios partidos por semana, disimuló su irritación cuando él la llamaba “colega” y se acostumbró a que siempre que sonase el teléfono fuese para Jack. Anjelica recuerda que a él, como a su padre, le encantaba coleccionar personas: “Nos llamaba paternalmente ‘mi gente’ cuando lo que yo quería era ser especial, sentía que estaba perdiendo mi identidad. Pero era bueno estar en aquel equipo de personas. Un equipo fuerte. Un equipo ganador”.

Tras 17 años de relación en los que él solía ridiculizar sus propuestas de matrimonio y en los que intentaron varios tratamientos de fertilidad, Nicholson le contó que había dejado embarazada a una camarera de 26 años

Jack solía llamar “mía” a Anjelica. Cuando la pareja acudió al festival de Cannes en 1974 (donde Nicholson ganó como mejor actor por El último deber), una rubia en moto se les acercó e invitó a Jack a subirse. Este no lo dudó ni un instante, dejando a Anjelica en el hotel llorando durante horas. En otra ocasión, se encontró a la modelo Apollonia van Ravenstein llorando en su casa y cuando le preguntó a Jack este le aclaró que se la había tirado por pena. “No quería parecer quejica ni celosa. Reaccionar me habría relegado a ser una persona aburrida, así que decidí dejarlo estar hasta que no pudiese más”, confesaría la actriz, quien además reconoce que cuando Jack la agarraba del brazo obligándola a sentarse para evitar un ataque de celos en público ella “disfrutaba de ese breve destello de posesividad”. Cuando Anjelica, entre lágrimas, buscó consuelo en su padre, este se mostró irritado: “Son cosas de hombres”.

Anjelica intentó plantar un rosal en el jardín de Jack. “Pero era difícil, porque iba en bikini, ya que también quería broncearme. ¿Has intentado plantar rosas en bikini? En cualquier caso Jack decidió plantar bambú para proteger su privacidad, el cual obstruía mis rosas. Así que no hubo más que hablar”. Las sistemáticas infidelidades de Jack empujaron a Anjelica a abandonarlo por Ryan O’Neal, entonces el actor más guapo del mundo gracias a Love Story. Pero durante una discusión, provocada por la confesión de él de que estaba acostándose con Ursula Andress y Bianca Jagger, O’Neal chocó su cabeza contra la de Anjelica y la abofeteó.

Anjelica Huston en un evento organizado por PETA en Los Ángeles en junio de 2019.

Anjelica Huston en un evento organizado por PETA en Los Ángeles en junio de 2019. GETTY IMAGES

Ella regresó con Nicholson sin que existiese ni una sola foto que documentase su año y medio con O’Neill. “Mi único rol era ir de su brazo. Yo quería domesticar a la bestia, porque los hombres conquistan países pero las mujeres conquistamos corazones, pero mi deseo era ser como Jo March en Mujercitas. Quería un romance, casarme y tener montones de hijos”, admitiría.

Una habitación propia

En 1980, Jack le regaló un Mercedes y Anjelica sufrió un accidente aquel mismo día, que acabó con su nariz rota en ocho partes. Tras salir del hospital decidió comprarse su propia casa a 15 minutos de la de Jack. Tenía casi 30 años. Decoró su casa con tapetes del siglo XIX, espejos italianos, artefactos egipcios, baúles marroquíes y bustos afganos. Seguía preguntándose si acaso no estaba viviendo en la casa pequeña mientras Jack vivía en su mansión, tal y como habían hecho sus padres, pero al menos ya no tendría que aguantar que los asistentes de Nicholson (encargados además de concertar sus citas con él) le pidiesen que por favor no escribiese en las libretas que había junto al teléfono.

Su nuevo proyecto de vida incluía volver al cine. Para ello tomó clases, en las que su profesora le recomendó que “si quieres un cenicero, no extiendas las manos suplicando, tienes presencia y eres imponente, la gente te presta atención, diles que te den el cenicero”. Y así fue como Anjelica aprendió a fingir tener confianza en sí misma: “Me di cuenta de que estaba suplicando cosas que podía simplemente pedir”. En 1985 John Huston la dirigió en El honor de los Prizzi junto a Nicholson. Cuando pidió un aumento de salario (le ofrecían 13.000 euros, el sueldo base para un actor en Estados Unidos), el productor le indicó que ni siquiera la querían en la película y solo la habían utilizado para conseguir a Huston y a Nicholson. En El honor de los Prizzi Anjelica interpretaba a Maerose, una mujer que anhelaba la aprobación de su padre (un capo de la mafia) y que resolvía crearse a sí misma desde cero para reclamar su legado en la saga familiar. La actriz ganó un Oscar y, en vez de atender a la prensa nada más bajarse del escenario, regresó al patio de butacas donde se encontró con John y Jack llorando.

El teléfono no dejaba de sonar y ahora siempre era para ella. Anjelica Huston encadenó dos nominaciones más al Oscar (por Enemigos y por Los timadores), dos colaboraciones con Woody Allen (Delitos y faltas y Misterioso asesinato en Manhattan) y un último trabajo con su padre antes de su muerte (Dublineses, una poética carta de despedida a aquella Irlanda que pareció solo existir para ellos). Mientras tanto, su relación con Jack Nicholson colapsaba como un telefilme de sobremesa. Tras 17 años de relación en los que él solía ridiculizar sus propuestas de matrimonio (y ella huía a su habitación para llorar en silencio) y en los que intentaron varios tratamientos de fertilidad, Nicholson le contó que había dejado embarazada a una camarera de 26 años.

Anjelica optó por retirarse con elegancia porque consideró que no quería ser un personaje secundario en su propia vida, pero días después se lo pensó mejor y condujo hasta los estudios de Paramount para agredir a Jack. Cuando cumplió 40 años, Anjelica lloró durante dos días. Jack le envió un brazalete de diamantes que Frank Sinatra le había regalado a Ava Gardner y firmó la tarjeta como “tu cerdo, tu Jack”. Anjelica se sintió tan furiosa como seducida, pero sobre todo triste porque Jack nunca había sido realmente suyo.

El mejor epílogo posible

El primer acto de su vida estuvo protagonizado por John. El segundo por Jack. Pero el tercero sería su propio relato: rodó los mayores éxitos comerciales de su carrera (La maldición de las brujas, donde traumatizó a toda una generación de niños arrancándose la cara, La familia Addams y Por siempre jamás). Nunca fue “la chica de la película”, nunca cayó en sentimentalismos y sus personajes tenían la confianza implacable en sí mismos que a ella siempre le faltó. En 1992 se casó con el escultor Robert Graham. “Fue el primer hombre que me miró en serio. Sus ojos se clavaban en mí”, confesó a Vanity Fair. Cuando ella se puso bótox, él se enfadó porque le contó una historia triste y no sabía si estaba conmovida o no. Graham nunca le prohibiría escribir en sus libretas, de hecho Anjelica aseguraba que “enmarcaría cualquier cosa que escribiese en ellas”. Y gracias a su condición de arquitecto le construyó, literal y metafóricamente, un hogar. Su matrimonio, que tampoco concibió descendencia, duró hasta la muerte de él en 2008.

Nicholson, por su parte, se separó de la camarera cuando esta le dejó por un hombre más joven. Anjelica y él hicieron las paces durante el rodaje de Cruzando la oscuridad (Sean Penn, 1995). “Fuimos a cenar juntos y me dijo: ‘Tú y yo somos como El amor en los tiempos del cólera”, recordaba la actriz. “Aquello me gustó, porque se trata de uno de mis libros favoritos, de uno de mis autores favoritos y sobre uno de mis temas favoritos: el amor sin esperanza pero eterno”. Hoy Huston sigue trabajando para pagar las facturas (ha aparecido en John Wick 3 y en varias películas de Wes Anderson) y vive con tres perros, una oveja, 13 cabras y cinco caballos. Su casa está decorada con las esculturas de su marido. Y su jardín tiene un rosal enorme.

 

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

Hasta sus 42 años se lo consideraba un diletante. En el final de su vida, urgido por la enfermedad, se embarcó en la escritura de “En busca del tiempo perdido”, obra monumental que anuncia modos de concebir el arte y las relaciones sociales y sexuales aún vigentes. Retrato de un escritor clave y una guía para “proustómanos”

Manifestaciones en Birmania en homenaje a históricas marchas de 1962 contra la primera junta - Infobae

 

Escrito por Santiago Llach

A 150 años de su nacimiento y 99 de su muerte, Marcel Proust está vivo. En abril de este 2021, la editorial Gallimard publicó Les soixante-quinze feuillets, el Santo Grial de Proust: setenta y cinco páginas de un manuscrito que estuvo perdido durante cincuenta años y que se considera la semilla de À la recherche du temps perdu (En busca del tiempo perdido). En mayo, las filiales de Penguin Random en español publicaron El remitente misterioso, la primera traducción de unos relatos también inéditos que fueron dados a conocer en francés en 2019. Casi todos los meses, sobre todo en este año de aniversarios redondos, se publican libros sobre Proust: en la Argentina acaba de salir por Cactus un libro del escritor y artista Pierre Klossowski.

La obra de Proust es un virus, un campo magnético pregnante, un modo contagioso de mirar el mundo, un texto en movimiento, nunca definitivo, siempre abierto al goce y a la interpretación. Es célebre la extensión de su novela en siete volúmenes En busca del tiempo perdido, como también la extensión arborescente de sus oraciones. ¿Es un documento legible en esta época de lectura breve y a los saltos? ¿Qué tiene para decirnos hoy? ¿Quién fue su autor?

En Busca Del Tiempo Perdido I Por La Parte De Swann | Marcel Proust - LibreriadelaU

La respuesta, rápida, es que sí, que sin duda vale la pena leerla hoy. Proust inaugura modos de narrar, de pensar y de vivir. Su obra es un exhibit sobre la libertad sexual y la neurosis, una investigación monstruosa y morbosa sobre la identidad, sobre el yo y el otro yo, sobre los códigos sutiles de la sociabilidad y los mecanismos de la movilidad social, un museo del chisme como mecanismo de la reproducción socialun testamento sobre los celos, el homoerotismo y lo que hoy se llama identidad de género, sobre la aspiración estética como sustituto del éxtasis religioso, una historia del fin de la Belle Époque y una novela sobre la guerra y la paz.

Marcel Proust nació el 10 de julio de 1871 en Auteuil, una zona al Oeste de París que había sido residencia de descanso de reyes. Su padre, Adrien Proust, fue un epidemiólogo reconocido, y su madre, descendiente de una familia judía rica de Alsacia, le inculcó el amor por la literatura y -uno de muchos parecidos de la vida de Proust con la de Borges- lo ayudó a traducir del inglés la obra del crítico de arte John Ruskin, en la que Proust se detuvo largamente para macerar su obra maestra.

Desde niño, Marcel tuvo problemas de asma, y los problemas de salud lo acompañarían durante los escasos cincuenta y un años de su vida. La sexualidad de Proust es objeto de discusión de sus biógrafos, que generalmente dan por sentada su homosexualidad, aunque subrayan que tuvo también relaciones con mujeres, y hay quien no se priva de señalar que llegaba al orgasmo haciendo que unas ratas pelearan en su presencia. Se conoce la identidad de varios de sus amores, pero el más famoso de todos ellos es Alfred Agostinelli, un joven taxista a quien Proust le regaló un avión en cuyo fuselaje hizo pintar unos versos de Mallarmé. Agostinelli (¿hay una muerte más romántica?) cayó al Mediterráneo en ese avión, y Proust lo tomó de modelo para construir el personaje de Albertine, una de las protagonistas de la Recherche.

De joven, Proust era visto como un diletante y un advenedizo, y su obsesión por convertirse en escritor reconocido se topaba con su falta de disciplina y su mente y su estilo digresivos. Proust no reparaba en convenciones en sus intentos por lograr establecerse como escritor: está probado que más de una vez intentó sobornar a críticos literarios. Según confesión del propio André Gide, el escritor y editor de las ediciones de la Nouvelle Revue Française -denominada más tarde Gallimard-, la mala fama personal de Proust influyó para que le fuera rechazado el manuscrito de Por el camino de Swann, el primer volumen del libro que todo proustiano avezado llama simplemente la Recherche. Hasta la publicación de ese volumen en 1913, solo había publicado un libro, Los placeres y los días, en 1896, que apenas si había llamado la atención.

En 1903 murió el padre de Proust y en 1905 la madre. Le dejaron una fortuna considerable. Proust era hasta entonces un escritor inconcluso. Hacia 1906 se embarcó en la escritura de la Recherche, que le demoraría dieciséis años, hasta pocos meses antes de su muerte, el 18 de noviembre de 1922. En vida de Proust se publicó hasta el cuarto volumen de su gran obra, el escandaloso Sodoma y GomorraA la sombra de las muchachas en flor, el segundo, se publicó en 1919 sí en Gallimard, gracias a la insistencia de un André Gide ahora suplicante, y obtuvo el premio Goncourt. La saga de la Recherche terminaría de publicarse recién en 1927, al cuidado de Robert, hermano de Marcel. Proust no llegó a corregir los últimos tomos, por lo que se puede decir que nunca dejó de ser un escritor inconcluso. Su obra maestra comenzó a hacerse famosa hacia el final de su vida; Proust pasó sus últimos años encerrado en una habitación recubierta de corcho, corriendo una carrera contra la enfermedad para poder terminarla.

Marcel Proust, en una imagen de alrededor de 1910. (Foto: Hulton Archive/Getty Images)

La historia que cuenta la Recherche es la de un hombre que quiere hacerse escritor. Desde un presente acerca del cual se nos dice muy poco hasta casi el final, el hombre ya maduro recuerda su vida en orden cronológico. Ese hombre, al que críticos y lectores suelen llamar el Narrador aun cuando en dos ocasiones se nos dice que se llama Marcel, es un niño sensible y enfermizo, dependiente de su madre, que a medida que crece se enamora dos veces de manera obsesiva y celosa, se hace amigos y sobre todo se integra a la sociabilidad de las clases altas parisinas. Al mismo tiempo, cultiva su sensibilidad estética, y sus seres queridos poco a poco irán muriendo. En la novela no pasa mucho, y Proust es capaz de detenerse doscientas páginas en la detallada descripción de una reunión social.

Lo que más conocen de la obra quienes no la han leído es la escena de la magdalena que el Narrador moja en un té y cuyo sabor lo lleva a una epifanía relacionada con haber sentido ese mismo sabor en la infancia, a partir de la cual desarrolla por primera vez la teoría de la memoria involuntaria. Esa teoría, que es a la vez una teoría sobre la percepción y sobre el arte, sostiene que la recuperación de los recuerdos (y también una obra literaria que la lleve a cabo, que es, nos iremos dando cuenta, la que estamos leyendo) no puede ser parte de un plan deliberado.

Proust, de vacaciones en familia, circa 1892. (Foto: adoc-photos/Corbis via Getty Images)

Era el dilema que padecía el propio Proust. Por un lado, antes de embarcarse en la escritura de la Recherche lo que hizo fue practicar su voz, su tono, su estilo. Una de las maneras de practicarlo fueron sus famosos pastiches, textos en los que parodiaba el estilo de escritores franceses del siglo XIX como Flaubert o Balzac. Ese ejercicio de construcción de su estilo en réplica consciente del estilo de sus predecesores es un buen ejemplo de lo que el crítico norteamericano Harold Bloom llamó “la ansiedad de la influencia”: un escritor construye su identidad de autor en combate con sus precursores. El estilo profuso al que arriba Proust en la Recherche, “el Nilo del lenguaje”, tal como lo llama Walter Benjamin, es un estilo que va contra la norma, que extiende las concatenaciones de la sintaxis más allá del límite de lo aceptable, sin por eso renunciar a la elegancia, la persuasión ni la legibilidad, por más esforzada que esta deba ser.

“Esta idea de que hay una lengua francesa al margen de los escritores y que uno protege”, dice Proust en Contra Saint-Beuve, “es inaudita. Todo escritor está obligado a construirse su propia lengua. La única manera de defender la lengua francesa es atacándola.” La Recherche es una obra contra la norma que presta atención plena al lenguaje, y es una bomba estilística que recrea el lenguaje francés. El citado Contra Saint-Beuve es otro libro inconcluso. Hacia 1908, cuando ya había empezado a tomar apuntes para la Recherche, Proust empezó a planificar un libro, y dudaba si sería un ensayo o una narración. El título de ese libro prometía una invectiva contra el famoso crítico Charles Augustin Saint-Beuve, es decir que podía llegar a ser una novela en contra de un crítico literario. Esa hibridez entre el ensayo y la narración sobrevuela también la Recherche. Como dijo el crítico George Steiner, la mente de Proust se halla “entre las más analíticas e informadas de las que tenemos constancia”. Cuando uno lee la Recherche, siente que está ante un psicólogo y un sociólogo impresionista capaz de desarrollos más profundos sobre el género humano que cualquier cientista social. Otra vez igual que Borges, Proust es un narrador/crítico literario, y su influencia será duradera en ese sentido: la obra de Roland Barthes, y de la gran crítica y filosofía francesas del siglo XX, parecen erigirse a la sombra de ese Proust lector.

Una edición de la « Recherche », de Proust, en ruso

Tras encontrar su voz a lo largo de décadas de minuciosa disputa con sus precursores y rivales, Proust vence finalmente sus inseguridades de escritor y se embarca en el armado de la trama narrativa. La fineza del tejido de personajes es notable en la Recherche; ese es el punto donde la voluntad de control le gana a la memoria involuntaria. Hay algunos personajes que desaparecen durante dos tomos y vuelven a aparecer, siempre convertidos en otra cosa (porque uno de los rasgos principales del modo narrativo de la novela es que nada es lo que parece, que siempre hay capas y capas de impresiones sucesivas producidas por cosas y personas).

Proust da en la Recherche un giro perdurable, al que podemos llamar el giro autobiográfico. Por supuesto que Proust es un hijo de su tiempo, y su obra maestra forma parte de una serie de exploraciones literarias monumentales de la subjetividad, como el Ulysses de Joyce, la obra de Kafka (sobre la cual también sobrevuela lo inconcluso), la de Virginia Woolf y la de William Faulkner, entre otras. La de Proust, sin embargo, es en algún sentido la más sutil en la ruptura con la novela realista de narrador omnisciente tan característica del siglo XIX. La obra de Proust recoge las ambiciones sociológicas de Balzac o de Tolstoi, y por momentos (la segunda parte de Por el camino de Swann) la voz del Narrador se torna casi omnisciente, como fuera de la acción, en un ejercicio en el que Proust parece seguir apropiándose del gran recurso decimonónico del “Dios de la narración”.

Pero, como señala Gilles Deleuze, la Recherche no es solamente una exploración de la memoria, sino sobre todo una investigación (“recherche” puede traducirse también como “investigación”): una investigación sobre el yo o, como diría el propio Proust, sobre el yo oculto, que es otro que el yo social. “Una enfermedad inusual, una riqueza poco común y un talento anormal” hicieron posible la Recherche, dice Walter Benjamin, que ve en ella “la profundidad del místico, el arte del prosista, el entusiasmo del satírico, el conocimiento del sabio y la obsesión del monomaníaco convergiendo en una obra autobiográfica”.

Proust adolescente (1871-1922), fotografiado por Paul Nadar en 1887 (Apic/Getty Images)

Esa investigación sobre el yo oculto, ese aprendizaje del escritor, se apoya de manera crucial en la pintura y en la música. Proust se detiene morosamente en la contemplación y el análisis de obras, reales e inventadas, por parte del Narrador. El impresionismo y otros movimientos influyen decisiva e íntimamente en la configuración de la sensibilidad del protagonista: se puede decir que la Recherche es una novela impresionista. Algo parecido pasa con la música, cuya composición e interpretación juega un papel también crucial en la novela. El Narrador es un esteta nervioso, y su modo de vivir el arte es casi místico.

Hemingway dijo de un cuento suyo, “El gran río de dos corazones”, que era un cuento sobre la guerra que en ningún momento mencionaba la guerra. Algo parecido, con matices, puede decirse de la Recherche en tanto obra sociológico-histórica. El tiempo narrado va casi desde la guerra franco-prusiana de 1870 hasta el final de la Primera Guerra Mundial en 1918, pero si bien los hechos bélicos tienen una influencia decisiva en la vida de los personajes, a diferencia de las famosas recreaciones de la batalla de Waterloo por Stendhal en La cartuja de Parma o de la batalla de Borodino por Tolstoi en Guerra y paz, nada es contado en el frente, sino que solo le llegan las noticias a ese objetor de conciencia de la masculinidad fuerte que es el Narrador.

Proust en su lecho de muerte en París, noviembre de 1922. (Foto del Hulton Archive/Getty Images)

Los ruidos de la guerra y de política se escuchan y se narran desde la perspectiva ociosa de los salones (casi nadie trabaja en la novela de Proust). Además de Combray, el pueblo al que va de vacaciones en la infancia, y Balbec, un balneario (objetos ambos de impresionantes descripciones de escenarios naturales), la gran locación de la Recherche es el salón, y las grandes heroínas de la novela son las damas de alta sociedad, cuya sociabilidad ociosa teje la trama de la vida en común. La Recherche es una épica de la intimidad. Hay tres grandes salones y tres grandes damas –una antigua prostituta, una burguesa y otra aristócrata–, y por dos de ellas el Narrador siente en distintos momentos una fascinación que se parece al amor pero también a la identificación. Proust se sumerge en ese mundo frívolo y snob y saca de él pepitas de oro de sociología cualitativa y humanidad desnuda, y recoge con precisión barroca los códigos de la movilidad social.

En ese mundo en el que el Narrador (un advenedizo, un trepador social) se introduce como un moscardón apreciado sobrevuelan dos elementos: el caso Dreyfus y las sexualidades “invertidas”, dos temas en los que Proust sin duda ponía en juego su ascendencia judía y sus propias preferencias sexuales.

 

El caso Dreyfus (la falsa acusación a un oficial judío francés de espionaje en favor de Alemania) dividió a la sociedad francesa durante una década larga, y las observaciones de Proust sobre esa división y sobre las relaciones entre intimidad, clase e ideología resuenan en nuestra época de politización intensa.

En cuanto a la sexualidad, el Narrador va descubriendo y develando las sexualidades en el closet de varios de sus personajes. Roland Barthes (que además caracteriza a la Recherche como “un proyecto atlético, una energía descifradora, una búsqueda de esencia”) llama a este movimiento de develación sexual que tiene lugar en la novela “la pandemia de la inversión”. Proust toma los términos con que el positivismo designaba a la homosexualidad (“inversión”, principalmente, pero también “vicio”) y él mismo, como hace con tantos otros términos, los somete a una torsión, a una inversión. Proust nos deja el chiste póstumo de que este Narrador tan parecido a él es casi el único personaje que resiste esta imantación de lo homo.

La Recherche cuenta una época de libertad sexual y artística en los márgenes que vino a instaurar formas de ver el mundo que todavía perduran. En esos salones parisinos ardientes de frivolidad Proust encontró el núcleo original de un gran cambio en las mentalidades.

La Recherche es la Novela Total contada en un Estilo Total. Es una novela de una ambición desmedida que sin embargo cumple con lo que se propone: dar cuenta de la complejidad de lo real, de los infinitos matices de la relación entre una subjetividad y el mundo, y de las sutilezas de un largo período histórico.

Las traducciones al español

El carácter inconcluso de la obra de Proust parece acompañar a las primeras traducciones al español. La del poeta español Pedro Salinas y la de la escritora argentina Estela Canto no fueron terminadas, y las completaron otras personas. En tiempos más recientes, cuando los derechos de las obras pasaron al dominio público, dos traductores españoles (Carlos Manzano Mauro Armiño) publicaron sus traducciones. Es difícil establecer cuál traducción es mejor. Los cuatro son esfuerzos monumentales y aventuras personales de los ejecutores; sería interesante un estudio acerca de las decisiones tomadas por cada uno, las similitudes y las diferencias. Las de Salinas y Canto se basan en versiones de la Recherche anteriores a las más recientes ediciones profesionales, pero tienen el encanto de ser la voz de Proust a la que nos acostumbramos muchos lectores en castellano. La edición en tres tomos de Valdemar que publica la traducción de Armiño trae un cuerpo de notas y dos diccionarios de personas y personajes del mundo Proust que son realmente útiles.

Aquí, el comienzo de la Recherche en cuatro traducciones

“Mucho tiempo me acosté temprano. A veces, nada más apagada la vela, mis ojos se cerraban tan deprisa que no tenía tiempo de decirme: ‘Estoy durmiéndome’.” (Mauro Armiño, editorial Valdemar)

“Durante mucho tiempo me acosté temprano. A veces, cuando había apagado la bujía, los ojos se me cerraban tan pronto que no tenía tiempo de decirme: ‘Me estoy durmiendo’.” (Estela Canto, Losada)

“Durante mucho tiempo, me acosté temprano. A veces, nada más apagar la vela, los ojos se me cerraban tan de prisa, que no tenía tiempo de decirme: ‘Me duermo’.” (Carlos Manzano, Lumen)

“Mucho tiempo he estado acostándome temprano. A veces, apenas había apagado la bujía, cerrábanse mis ojos tan presto, que ni tiempo tenía para decirme: ‘Ya me duermo’.” (Pedro Salinas, Alianza)

 

Así escribía Marcel Proust

“En cuanto a mí, era algo muy distinto lo que tenía que escribir, más largo, y para más de una persona. Largo de escribir. De día, a lo sumo podría intentar dormir. Si trabajaba, solo sería de noche. Pero necesitaría muchas noches, quizás cien, quizás mil. Y viviría en la ansiedad de no saber si el Amo de mi destino, menos indulgente que el sultán Sheriar, cuando por la mañana interrumpiera yo mi relato, querría sobreseer mi sentencia de muerte y me permitiría reanudar su hilo la noche siguiente. No es que pretendiese rehacer, en el aspecto que fuera, Las Mil y una noches, ni tampoco las Memorias de Saint-Simon, escritas también de noche, ni tampoco ninguno de los libros que había amado en mi ingenuidad de niño, supersticiosamente vinculado a ellos como a mis amores, incapaz de imaginar sin horror una obra que sería diferente a ellos. Pero, como Elstir con Chardin, solo se puede rehacer lo que se ama renunciando a ellos. Desde luego, también mis libros, como mi ser de carne, acabarían un día por morir. Pero hay que resignarse a morir. Se acepta la idea de que dentro de diez años uno mismo, de cien años sus libros, ya no existirán. La duración eterna no está más prometida a las obras que a los hombres.”

(De El tiempo recobrado, trad. Mauro Armiño, ed. Valdemar

 

Proustómanos: libros, películas y eventos recientes

*Anne CarsonAlbertine. Rutina de ejercicios (Vasos Rotos Ediciones, 2015). 59 fragmentos sobre una de las protagonistas de la Recherche, por esta poeta canadiense experta en lengua griega clásica, autora de una de las obras literarias más secretamente potentes de la actualidad.

*María AlvarezEl tiempo perdido (2020). Este documental registra a un grupo de personas, muchas de ellas adultos mayores, que se reúnen hace dieciocho años para leer una y otra vez la Recherche. En este link está el trailer y aquí los protagonistas conversan sobre su experiencia. Es un maravilloso registro sobre la experiencia de la lectura.

*À la recherche du temps perdu. La Comédie-Française lanzó en noviembre de 2020 esta serie de videos en los que distintos actores de la compañía estatal de teatro leen, en francés, En busca del tiempo perdido. Cada video dura alrededor de una hora, y al 10 de julio va por el episodio 140, ya pasada la mitad del último tomo, El tiempo recobrado.

*Roman PolanskiJ’Acusse (2019). Este drama histórico dirigido por el controvertido realizador franco-polaco es muy útil para entender el Affaire Dreyfus, la falsa acusación a un capitán judío del ejército francés que dividió de manera duradera a la sociedad francesa y vuelve como una sombra a cada rato en la Recherche.

*Clive JamesGate of Lilacs (Portón de lilas). (2016). Clive James fue un famoso crítico de televisión que tuvo su propio programa en la televisión británica. Leyó la Recherche en francés sin saber francés, y luego la leyó consecutivamente cinco veces más, en francés y en distintas traducciones al inglés. Esta experiencia se convirtió en este hermoso ejercicio de comentario en verso de la obra de Proust.

Marcel Proust en una fotografía de 1891 o 1892 (Apic/Getty Images)

*Rubén GalloLos latinoamericanos de Proust (Sexto Piso, 2016). Este académico, director del Programa de Estudios Latinoamericanos de la Universidad de Princeton, escribió este libro que aborda de manera genialmente lateral la obra de Proust, a través de su amante venezolano (el compositor Reinaldo Hahn), un dandy argentino, un poeta cubano y un pintor y un crítico literario mexicanos a quienes Proust conoció de cerca.

*Józef CzapskiProust contra la decadencia (Siruela, 2012). De memoria, sin tener los ejemplares de En busca del tiempo perdido, este escritor polaco pronunció estas conferencias sobre Proust en un campo de prisioneros soviético durante la Segunda Guerra Mundial. Un testimonio conmovedor de fe en el humanismo literario.

*Eric KarpelesPaintings in Proust (Thames & Hudson, 2012). El mejor regalo para un fanático de Proust: un libro bellamente editado que contiene simplemente una reproducción cuidada de cada cuadro citado por Proust y el fragmento correspondiente de la Recherche.

Proust, siempre vigente (The Print Collector/Print Collector/Getty Images)

*Karl Ove KnausgårdMi lucha (Anagrama, 2009-2011). Quizás el Proust contemporáneo, por una idea de la literatura como experimento extenuante con bases autobiográficas.

*Marcel ProustLes soixante-quinze feuillets. Et autres manuscrits inédits (2021). Desde que el editor Bernard de Fallois anunció su existencia en 1954 y hasta su hallazgo en una carpeta en 2017, estas 75 páginas manuscritas en 2008 que son la base de la Recherche estuvieron perdidas. Gallimard las publicó este año.

 

 

[Fuente: http://www.infobae.com]

 

Écrit par Michel Tibbaut

Magda Tagliaferro : Intégrale des 78 tours solos et concertants & sélection d’œuvres de chambre. Œuvres de Isaac Albéniz (1860-1909), Frédéric Chopin (1810-1849), Claude Debussy (1862-1918), Gabriel Fauré (1845-1924), Enrique Granados (1867-1916), Reynaldo Hahn (1875-1947), Felix Mendelssohn (1809-1847), Federico Mompou (1893-1987), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Robert Schumann (1810-1856), Carl Maria von Weber (1786-1826). Denise Soriano, violon. Magda Tagliaferro, piano. Orchestre du Gramophone, direction : Piero Coppola ; Orchestre des Concerts Pasdeloup, direction : Reynaldo Hahn ; Orchestre des Concerts Lamoureux, direction : Jean Fournet. Enregistré entre le 13 novembre 1928 et le 24 avril 1954. Édition 2020. Livret substantiel en anglais. 3 h 52 min. 1 coffret 3 CD APR (Appian Publications & Recordings). APR7312.

Cette superbe réalisation du label britannique Appian Publications & Recordings, qui bénéficie des transferts incomparables de Ward Marston, est dévolue aux premières gravures de Magda Tagliaferro et fait partie de la série consacrée à l’École Française du Piano, dont les autres publications honorent Aline van Barentzen, Emma Boynet, Robert Casadesus, Jean Doyen, Marius-François Gaillard, Victor Staub et Lazare-Lévy. L’Âge d’Or de cette École s’épanouit lors de la première moitié du 20e siècle et cette série vise à en explorer systématiquement les enregistrements, souvent oubliés, réalisés à cette époque.

Magda Tagliaferro (1893-1986) est née à Petrópolis, près de Rio de Janeiro, de parents français d’origine italienne et alsacienne. À l’âge de cinq ans, elle étudie le piano avec son père, puis la famille s’installe à Paris, et en 1906 Magda est admise dans la classe d’Antonin Marmontel, l’ancien professeur de sommités telles que Marguerite Long et Olga Samaroff. Après seulement neuf mois d’études avec lui, elle obtient à l’unanimité un premier prix d’un jury composé de Isaac Albéniz, Harold Bauer, Alfred Cortot, Gabriel Fauré, Raoul Pugno et Édouard Risler. Magda Tagliaferro obtient son diplôme en 1907 et commence à étudier en privé avec Cortot, absorbant non seulement ses conseils pianistiques mais aussi sa vaste esthétique musicale. Elle est la première élève de Cortot et restera sa disciple « pour le restant de mes jours … Je lui dois beaucoup de ma connaissance de l’instrument et de ses possibilités, la recherche permanente de sons toujours plus beaux et le raffinement de ses conceptions ».

À l’écoute de ces premiers enregistrements de Magda Tagliaferro, on ne peut que constater cet idéal d’artiste parfaitement accompli, et cela dès cette première gravure mondiale de la Ballade op. 19 de Fauré sous la direction inspirée de Piero Coppola, le 13 novembre 1928, où les subtilités rythmiques, de nuances et de rubato font merveille. Ce n’est qu’en avril 1930 que sera gravée la version rivale de Long-Gaubert, mais contrairement à Marguerite Long qui avait adopté la technique de Francis Planté (1839-1934), une technique de doigts, Magda Tagliaferro disait : « Je suis née avec le goût de jouer au fond du clavier, pour que la résonance sonore se fasse. Et d’ailleurs Cortot ne m’a pas fait travailler la technique … Alors que le « style conservatoire » c’était d’avoir de jolis doigts, je me suis créé ma propre technique, très spéciale, en raison de ma petite main. J’ai beaucoup cherché : attaques sonores, profondeur, sonorité, poids, abandon musculaire. »

Non seulement en bénéficient toutes les pages de Fauré (dont les deux Impromptus et, Grand Prix du Disque 1934 de la Fondation Candide, la Sonate pour violon et piano n° 1 en la majeur op. 13 avec l’aérienne Denise Soriano), de Saint-Saëns (remarquable Concerto pour piano et orchestre n° 5 en fa majeur op. 103 avec l’excellent Jean Fournet, rivalisant aisément avec la version Jeanne-Marie Darré – Louis Fourestier) et Debussy (Pour le piano), mais également les pièces solo des grands classiques et romantiques « non français » comme Mozart, Chopin, Mendelssohn, Schumann (magnifique Carnaval de Vienne op. 26 !), Weber, ainsi que les « modernes » espagnols Albéniz, Granados, et particulièrement Federico Mompou (1893-1987) qui reçoit le 26 mars 1930, de la part de Magda Tagliaferro, l’honneur des tout premiers enregistrements de ses œuvres, en l’occurrence La rue, le guitariste et le vieux cheval, n° 1 de la Suite Suburbis pour piano solo, ainsi que Jeunes filles au jardin, n° 5 des Scènes d’enfants, récompensés également par un Grand Prix du Disque « Candide ».

Et précisément, les amateurs de raretés trouveront ici trois œuvres du trop peu joué Reynaldo Hahn (1875-1947). L’amitié de Magda Tagliaferro avec le compositeur, chef d’orchestre et chanteur français d’origine vénézuélienne, date du début des années 1920, et les œuvres gravées ici en sont les fruits : d’abord le Concerto pour piano n° 26 en ré majeur « Couronnement » K. 537 de Mozart, où Hahn tient la baguette avec une affection attentive, et surtout les trois précieux enregistrements d’œuvres de Reynaldo Hahn même, le Concerto pour piano en mi majeur, également dirigé par l’auteur qui s’est souvenu de son maître Massenet, page en demi-teinte et lyrique dont l’interprétation étincelante de sa dédicataire Magda Tagliaferro réussit à en rendre attachant et même fascinant le caractère quelque peu suranné ; la Sonatine pour piano en do majeur, hommage direct à Domenico Scarlatti, au clavier, du clavecin au piano, dont Magda Tagliaferro offre une exécution éblouissante et spirituelle ; enfin nous retrouvons l’exquise violoniste Denise Soriano -superbe élève du légendaire Jules Boucherit qui a formé des artistes telles que Ginette Neveu ou Michèle Auclair- dans la délicieuse Romance pour violon et piano en la majeur.

Signalons pour terminer que tant le Concerto pour piano n° 26 en ré majeur « Couronnement » K. 537 de Mozart, que le Concerto pour piano en mi majeur de Reynaldo Hahn ont subi quelques légères coupures pour s’adapter aux exigences de durée du 78 tours ; le seul enregistrement moderne du Concerto de Hahn, disponible chez Hyperion (CDA66897), est remarquable, grâce aux soins du pianiste britannique Stephen Coombs dirigé par l’excellent Jean-Yves Ossonce : il a en outre l’avantage d’être complet !

Son : 8 (historique) – Livret : 10 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

 

[Source : http://www.crescendo-magazine.be]

La cuenta en redes que comenzó prácticamente como una broma entre amigos luego de una fallida travesía por el sur bonaerense un día de lluvia torrencial, inundaciones y ráfagas de viento, fue ganando adeptos y actualmente recibe más de 50 fotografías por día de los fanáticos que colaboran con estas postales surrealistas, curiosas e inesperadas.

La cuenta en redes que comenzó prácticamente como una broma entre amigos luego de una fallida travesía por el sur bonaerense un día de lluvia torrencial.

La cuenta en redes que comenzó prácticamente como una broma entre amigos luego de una fallida travesía por el sur bonaerense un día de lluvia torrencial.

Escrito por Mercedes Ezquiaga

La cuenta de Instagram y Twitter de The Walking Conurban, con más de 200 mil seguidores, es el divertido proyecto de cuatro amigos de Berazategui que publican cada día fotografías que exhiben los rincones más inadvertidos del Gran Buenos Aires, un conjunto de imágenes inesperadas que trazan el hábitat de 24 partidos bonaerenses donde residen cerca de once millones de personas, y que van desde un tanque de agua con forma de pava en Tres de Febrero, un boliche bailable con reminiscencias a la arquitectura persa en San Miguel o un castillo abandonado y tenebroso en Plátanos.

Con un juego de palabras entre la amplísima y diversa área que rodea a la ciudad de Buenos Aires y la serie de terror ambientada durante un apocalipsis zombi, la cuenta en redes que comenzó prácticamente como una broma entre amigos luego de una fallida travesía por el sur bonaerense un día de lluvia torrencial, inundaciones y ráfagas de viento, fue ganando adeptos y actualmente recibe más de 50 fotografías por día de los fanáticos que colaboran con estas postales surrealistas, curiosas e inesperadas.

Al ‘scrollear’ la cuenta se puede encontrar por ejemplo una persona que camina por una calle vacía de casas bajas con un vestido rojo y una cabeza de disfraz inmensa de Peppa la cerdita; una tienda comercial que homenajea con su nombre a un personaje de Los Simpsons, aunque escrito de manera curiosa -1.000 House-; una fuente en el Tigre que simula El Jardín de las Delicias de El Bosco; o un epígrafe que reza « Yo comí y pagué » para acompañar la imagen de un restaurante con una foto de Maradona apodada « La bondiola no se mancha ».

La cuenta de Instagram y Twitter de The Walking Conurban, con más de 200 mil seguidores.

La cuenta de Instagram y Twitter de The Walking Conurban, con más de 200 mil seguidores.

« Es difícil tomar al conurbano como una unidad y nosotros tratamos que eso se vea reflejado en la cuenta. Hay una concepción de que en algunas zonas del conurbano la ley llega más tarde, o llega dosificada, y la norma se vuelve un poco más laxa. Por ejemplo, si pones una réplica de la torre Eiffel en tu casa de Caballito, tus vecinos seguro te van a mirar medio raro. Y quizás, en alguna parte del conurbano, eso se celebra », dice a Télam Diego Flores, uno de los fundadores del proyecto junto con Guillermo Galeano, Angel Lucarini y Ariel Palmiero.

Con el tiempo, las iniciativas se fueron diversificando y estos cuatro amigos sumaron a sus actividades el concurso -con votación del público- de Las 8 maravillas del conurbano bonaerense, y diferentes relatos en sus stories, como El konurbano soviético, con imágenes arquitectónicas alusivas a Rusia; « Game of Conurban », musicalizado con cumbia; o uno de los más divertidos: el versus entre las canciones « Imagine » y « Supón » (la versión argentina del célebre tema de Lennon), pero que compara fotografías extranjeras con sitios locales: de la torre Eiffel en París a la réplica que hicieron en Quilmes, de la fotografía del Che Guevara en Cuba a un mural que no le hace justicia, o del afiche de la película « El hombre araña » a un hombre disfrazado del mismo superhéroe, esperando el tren en una estación de provincia.

También en pandemia, imposibilitados de salir a capturar imágenes -período en que se acrecentó la colaboración comunitaria-, realizaron una charla en vivo con Pedro Saborido, el guionista que publicó justamente el libro « Una historia del conurbano », en el que reúne narraciones de este territorio de « estética anárquica, donde se hace mucho lo que a cada uno se le canta. Y así como la gente sale en short o en ojotas y no le importa la elegancia, la imaginación también lo hace ».

Con el tiempo, las iniciativas se fueron diversificando y estos cuatro amigos sumaron a sus actividades.

Con el tiempo, las iniciativas se fueron diversificando y estos cuatro amigos sumaron a sus actividades.

– Télam: ¿Cómo nació The Walking Conurban?

– Diego Flores: Somos cuatro amigos de Berazategui que nos conocemos desde la secundaria y realmente no nació como un « proyecto ». Fue más bien el devenir de charla lisérgica de sobremesa en la que imaginábamos el conurbano como escenario de posibles cuestiones como un ataque zombie, extraterrestres, el apocalipsis. Cuestiones que nos llevaron a pensar en el conurbano como una unidad, con lo difícil que es eso. Todos tenemos una idea formada del conurbano bastante limitada, y por « todos » nos incluyo a nosotros también. Y siempre dijimos que había que hacer algo referente al conurbano, aunque no sabíamos bien qué. Un día hubo una tormenta muy grande que volteó árboles, provocó inundaciones, hizo que los vecinos salieran a la calle porque se quedaron sin luz, un escenario super apocalíptico. Eso fue como un hito. A partir de ese momento, nos mandábamos fotos entre nosotros de lugares que nos parecían llamativos, básicamente de zona sur. Uno de los chicos, con la idea de que esto no se pierda, dijo « Che, subamos estas imágenes a Instagram ». Ahí nace la cuenta. Pensamos que iba a tener un circuito acotado a los amigos, entre nosotros y conocidos, no mucho más.

– T: Y ahora tienen más de 250.000 seguidores entre Instagram y Twitter, y gente que les envía imágenes todos los días.

– DF: Sí. Al principio sacábamos fotos de nuestra zona, por donde nos movíamos. Después empezamos a ir a lugares, más planificado, con información previa. A partir de la pandemia tuvimos que dejar de salir, con lo cual el material se limitó muchísimo. Ahí empezamos a subir más colaboraciones que fotos nuestras. Hoy por hoy a la cuenta subimos 90% de fotos que nos mandan y 10% nuestras. Esto nos permitió acceder a un montón de lugares que no hubiéramos podido.

– T: ¿Cómo surgió el concurso « Las 8 maravillas del conurbano »?

– DF: Hace mucho teníamos ganas de hacer algo en tono lúdico, en relación a las 8 maravillas del mundo, y encontramos muchos lugares icónicos, representativos, referenciales para la gente del lugar, y dijimos: « Vamos a jugar un poco con esto ». Y además, por supuesto, para reconocer estos lugares desde distintos puntos de vista, históricos, artísticos, etc. y se nos fue de las manos porque no pensamos que iba a haber tanta participación de la gente, que se re enganchó, que vio las historias, votó. No pensamos que iba a tener tanta repercusión. Generalmente no somos muy visionarios a la hora de pensar en los efectos, siempre le erramos (risas).

– T: ¿Cuáles dirías que son las categorías de las imágenes que se comparten el el feed de The Walking Conurban?

– DF: En esta especie de categorías mentales que tenemos armadas, hay cuestiones donde uno resalta lo arquitectónico de una casa, generalmente lo llamativo es lo que va por fuera de la norma. Por otro lado hay fotos relacionadas íntimamente con los tanques de agua: hay muchísimos que están hechos de forma divertida o fuera de lo común. También hay fotos de situaciones en las que alguien hace un click con la cámara y no vuelven a suceder, como una de un sapo Pepe con un Batman, o un Mickey yendo en bicicleta por una calle hecha bosta; son de captura del instante. No es algo que podes planificar. Y después fotos que tienen un costado mucho más estético relacionados a los atardeceres, quizás no en lugares donde uno se pondría a ver atardeceres, como en Puente Pueyrredón. Y lo que tiene que ver con ruinas, lugares abandonados o venidos a menos, que hay bastantes.

En pandemia, la imposibilidad de salir a capturar imágenes, hizo que creciera la colaboración comunitaria.

En pandemia, la imposibilidad de salir a capturar imágenes hizo que creciera la colaboración comunitaria.

– T: Hay una « estética del conurbano » antagónica, contradictoria, extraña, difícil de condensar, donde prima la diversidad. ¿Cómo lo conciben ustedes?

– DF: Hay una concepción… Quizás la ley, en alguna zona del conurbano, llega más tarde, llega dosificada y la norma se vuelve un poco más laxa. Y si ponés una torre Eiffel en tu casa de Caballito, tus vecinos te van a mirar medio raro. Y quizás en alguna parte del conurbano, eso se celebra. ¿Y qué es lo que hace que alguien gaste dinero, ingenio y tiempo en hacer un tanque de agua con forma de barco? en vez de hacerlo con forma común, que seguro es más práctico y barato. Para nosotros, ahí hay algo de trascendencia, de querer dejar algo, o de ser parte de algo, de ser reconocido en el barrio por eso, con esa particularidad. El conurbano es difícil tomarlo como una unidad y nosotros tratamos que eso se vea reflejado en la cuenta. Generalmente la imagen mediática que se ha construido del conurbano bonaerense tiene que ver con el delito, las drogas, cuestiones peyorativas. Nosotros tratamos de complejizar esa mirada, discutirla, aceptar que existe todo eso porque es real, pero no es lo único. Digo, ¿cuántas notas hablan de que el conurbano significa el 25% del PBI del país? Pocas. Tratamos de discutir esas cuestiones. Hay prácticas que son bien propias del conurbano, por ejemplo, una persona que vive en San Isidro tiene el mismo problema en tiempo y frecuencia para viajar a Capital Federal que una persona que vive en el último barrio de Solano, al fondo.

– T: ¿Tenés tus fotos favoritas o inolvidables?

– DF: Sí. Aunque fui cambiando mi capacidad de sorpresa, al principio me sorprendía todo. Después te acostumbras. Hace poco compartimos una imagen de una práctica que nosotros llamamos « el flete en última instancia ». La gente del conurbano trata de evitar el flete de cualquier forma posible. Un chabón apiló sillas en el techo del auto desafiando cualquier ley de la gravedad porque era imposible que eso no se caiga. El tipo iba por la calle, lo más piola, con siete, ocho metros de sillas para arriba, ¡Increíble!

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

 

 

 

En el siguiente texto, la autora recuenta una temporada en la que vivió en la famosa Residencia de Estudiantes de Madrid, donde alguna vez se cruzaron los caminos de Luis Buñuel, Salvador Dalí y un joven Federico García Lorca.

Escrito por Valeria Villalobos Guízar

Para Santiago Hernández y Jorge F. Hernández

Ya lo decía Marquard: “somos nuestras historias”. Nuestras ficciones nos constituyen, nos orientan y nos sostienen frente al azar; traman el sentido de nuestros días, nos ayudan a ordenar el caos y a contravenir lo incomprensible. Abren nuestros espacios de encuentro, tanto con nuestro tiempo como con otros, y nos ayudan a dirigir nuestra mirada y nuestro andar entre lo desconocido.

Más allá de las narraciones contadas y recontadas a la luz de la hoguera y de aquellas que resguardan nuestras infatigables bibliotecas, constantemente construimos y decoramos altares para residir en nuestras historias y abrir grietas de posibilidad y respiro. A veces levantamos estos altares en forma de catedrales o mausoleos; otras, los edificamos como palacios y jardines; muchas tantas más, como trincheras y museos. Pero pienso ahora en altares más discretos. Pienso, por ejemplo, en las columnas corintias que crecieron de la aguda mirada de Calímaco, de quien se dice que vio brotar de la sepultura de una joven raíces y hojas de acanto. Pienso en el huerto salmantino que lleva por nombre Calixto y Melibea, uno que creemos parecido al que Fernando de Rojas imaginó para hacer que los amantes se encontraran. Me viene a la mente también la celebración anual de Bloomsday, que trastoca la ciudad de Dublín para invocar a Leopold Bloom; o bien el rincón porteño del Café Tortoni que frecuentaban Alfonsina Storni, Gardel y Borges, y al que hoy acuden jóvenes escritores en busca de un secreto. El museo de la inocencia, trasladado de la novela homónima de Pamuk a las calles de Estambul; The Eagle and Child en Oxford, el pequeño pub donde bebían y discutían los Inklings; o el balcón sobre el Nilo desde donde Agatha Christie llenó de bruma el legendario río. Todos estos y muchísimos más: pequeños núcleos de gravitación ficcional que nos permiten habitar el mundo de diferentes maneras. Levantamos estos resquicios entre la inmensidad para mirar más allá de lo evidente, para hacer porosa la superficie más tosca y volver significativos nuestros días.

En noviembre de 2020, en pleno estado de alarma pandémica, llegué a vivir a Madrid. Durante mis primeros diez días en la capital española me alojé en uno de esos altares a la ficción: la Residencia de Estudiantes. Era otoño y los árboles que rodean la Residencia reverberaban con los ladrillos del lugar, escondiendo el recinto para apenas revelar entre sus hojas sospechosos reflejos granada. Ahí uno “se olvida por completo de Madrid”, escribía Federico García Lorca, quien vivió en la Residencia de forma centelleante entre 1919 y 1936, en compañía de sus amigos de juventud: Luis Buñuel, Pepín Bello y Salvador Dalí, entre tantos otros. La Residencia fue un refugio donde el poeta frecuentó a muchas de las mentes más lúcidas de su tiempo y donde efervesció la llamada Generación del 27. “Aquí escribo, trabajo, leo, estudio”, escribió Lorca a su familia en 1920:

Este ambiente es maravilloso […] Pero lo más principal para no poder marcharme no son mis libros […] sino que estoy en una casa de Estudiantes. ¡Que no es ninguna fonda! […] Te suplico que me dejes aquí.

Ahí editará su primer libro de poesías y vivirá el fracaso de su obra de teatro, El maleficio de la mariposa; pero también vivirá el inicio de la persuasión de versos, moños y cantos. Sobre aquellos años del joven Federico, Buñuel escribió:

Brillante, simpático, con evidente propensión a la elegancia, la corbata impecable, la mirada oscura y brillante, Federico tenía un atractivo, un magnetismo al que nadie podía resistirse. […] No tardó en conocer a todo el mundo y hacer que todo el mundo le conociera. Su habitación de la Residencia se convirtió en uno de los puntos de reunión más solicitados en Madrid.

Su amigo Salvador, rebuscado y extraordinario desde joven, anotó sobre el poeta: “el fenómeno poético en su totalidad y en ‘carne viva’ surgió súbitamente ante mí hecho carne y huesos, confuso, inyectado de sangre, viscoso y sublime, vibrando con un millar de fuegos de artificio y de biología subterránea, como toda materia dotada de la originalidad de su propia forma”.

La Residencia es también conocida como la “Colina de los chopos”, nombre que le dio el poeta Juan Ramón Jiménez, quien planificó su jardín prolongando su escritura hasta las raíces de esos fértiles pasajes. La fachada que se contempla hoy es la misma que Miguel de Unamuno, Azaña, Lorca o Antonio Machado vieron en su tiempo, solo que ahora Madrid ya no termina cerca de ahí en campos de trigo y cebada, sino que se extiende mucho más allá de las adelfas y madreselvas.

Me asignaron el cuarto 403 del Pabellón Transatlántico, el edificio central. La habitación era muy sencilla: una televisión, una cama, y un escritorio muy amplio, al modo de los dormitorios de los colleges ingleses. Unos pisos más abajo, detrás de un aparador, puede verse una muestra de lo que habría sido el cuarto de algún estudiante en los inicios de aquel centro. Se exhibe no tan distinto del que yo tenía, pero con muebles de la época y algunos detalles suaves para el gozo del relato, como mantas para el invierno o para que Federico pudiera acomodarse un turbante; también se muestran cojines para convertir en teatro la habitación o acoger largas fiestas de té; y muchos libros para volver mundo a la pequeña Colina. Bien habría podido ser la guarida de algún estudiante de la Orden de Toledo, una de las muchas invenciones juveniles de Buñuel, grupo del cual el cineasta se había nombrado condestable, y a Pepín Bello, secretario, y que contaba entre sus fundadores con “Lorca y su hermano Paquito, Sánchez Ventura, Pedro Garfias, Augusto Centeno, el pintor vasco José Uzelay y una sola mujer, muy exaltada, discípula de Unamuno en Salamanca, la bibliotecaria Ernestina González. […] Para acceder al rango de caballero había que amar a Toledo sin reserva, emborracharse por lo menos durante toda una noche y vagar por las calles. Los que preferían acostarse temprano no podían optar más que al título de escudero”, explicaba el condestable.

La Residencia de Estudiantes fue fundada el primero de octubre de 1910, y se promovió como un acomodado espacio para que los estudiantes de provincia que viajaban a Madrid para realizar estudios universitarios, posgrados, o preparar oposiciones, pudieran alojarse y recibir una formación humana y académica adicional a la obtenida en otras instituciones de educación superior. La Residencia, erigida por la Junta para la Ampliación de Estudios (JAE), presidida en sus inicios por Santiago Ramón y Cajal, surgió en plena Restauración borbónica como producto de las ideas krausistas de la Institución Libre de Enseñanza (ILE). Tras el Real Decreto de 1875 que limitaba la libertad de cátedra, y debido al atraso educativo de España en relación con otros países europeos, la ILE fue instaurada en 1876 por un grupo de intelectuales y catedráticos españoles que buscaban crear un modelo pedagógico al margen de los dogmas religiosos, políticos y morales que imperaban a finales del siglo XIX dentro de las universidades del Estado. Esta institución concebía la enseñanza como el principal catalizador del cambio social, así que propuso un sistema educativo privado y laico que defendía la libertad de cátedra, y fomentaba la educación física, artística y del carácter. Además, impulsó notables reformas jurídicas, educativas y sociales; más allá de la Residencia, creó el Museo Pedagógico, el Instituto Nacional de Ciencias Físico-Naturales; e introdujo pensiones para ampliar la formación de estudiantes en el extranjero y el estudio de lenguas modernas en sus centros educativos.

La Residencia de Estudiantes de Madrid fue originalmente inaugurada en la calle Fortuny 14; pero cinco años después se mudó a donde se encuentra actualmente, en la calle del Pinar. La antigua sede se convirtió en la Residencia de Señoritas, centro de fomento a la educación superior de mujeres, que también partió del proyecto de innovación social español planteado por la ILE.  Una institución a la vanguardia de las nuevas posibilidades educativas para las mujeres, pues solo cinco años antes, el 8 de marzo de 1910, había sido derogada la Real Orden que desde 1888 exigía a las mujeres un permiso especial para ser estudiantes universitarias. Como la Residencia de Estudiantes, la Residencia de Señoritas contaba con espacios de alojamiento, laboratorios, biblioteca, salones de conferencias y conciertos, aulas, espacios para hacer deporte y salas de lectura. Bajo la dirección de María de Maetzu, recorrieron sus pasillos extraordinarias artistas e intelectuales, algunas fundamentales para el pensamiento feminista, como Marie Curie, Victoria Kent, María Zambrano, Josefina Carabias, María Moliner, Clara Campoamor, María Montessori, Delhy Tejero, Zenobia Camprubí, Victorina Durán, Concha Méndez, Gabriela Mistral, María Goyri y Victoria Ocampo.

En aquellos días de contagio no había nadie más hospedado en la Residencia, y si lo había, jamás nos encontramos. Pero me hice de algunos libros sobre aquel lugar y eso fue suficiente para llenarlo durante unas noches. En más de un escrito y discurso, Pepín Bello narra sus divertimentos juveniles con Dalí y Lorca, y relata la bulliciosa vida de aquel lugar: el cuarto de Juan Ramón era frecuentado por Dámaso Alonso, Jorge Guillén y José Bergamín; la puerta del estrafalario y “enciclopédicamente ignorante” Dalí estaba por lo general abierta mientras este pintaba en sus chalinas flotantes. En la habitación de Federico, siempre muy concurrida, amigos como Adolfo Salazar, Emilio Prados o algún ultraísta lo escuchaban recitar en distintas entonaciones una de las comedias de Lope o releer algún poema que había sido maltratado por un torpe declamador. En el refectorio comía Eugenio d’Ors con el entonces director, Alberto Jimenez Fraud. En alguna sala los estudiantes escenificaban una obra de teatro; y por las noches los residentes se reunían a jugar a la ouija y realizar sesiones de espiritismo o hipnosis antes de salir de fiesta o terminar vagando disfrazados por las calles de Madrid, como cuenta en una conversación Francisco García Lorca a Max Aub.

De todo ese trajín no quedaba nada en mis días en la Residencia de Estudiantes. Aunque actualmente es la sede de la Fundación Federico García Lorca y tiene un nutrido programa cultural, la pandemia impidió los encuentros. Recorría entonces los jardines vacíos y en silencio; visitaba los salones, la biblioteca, las salas de conferencia; y si bien no jugaba a la ouija, sí que leía a los muertos. Además de la importante revista de divulgación Residencia, este centro creó su propia editorial en 1913, un catálogo modesto que alcanzó los 35 títulos sobre temas muy variados: creación literaria, música, actualidad política, ciencia, filosofía y, por supuesto, literatura. Mayormente dirigida por Juan Ramón, la editorial publicó importantes obras que resguardo en mi buró, como las Meditaciones del Quijote de Ortega, los Ensayos de Unamuno, Poesías completas de Antonio Machado, obras de Emilia Pardo Bazán, Eugenio d’Ors y Azorín, entre tantos. Como si fuera poco, en la Residencia dieron conferencias Chesterton, Marie Curie, Einstein, Tagore, Valery, Keynes, el propio Lorca, y más recientemente Blanca Varela y Jacques Derrida. Ese otoño solo me acompañaba Martha, la recepcionista, que me saludaba a diario, y a la que de vez en cuando le preguntaba algo sobre ella y el lugar.

Es bien sabido que el primer amor de Lorca fue la música. Era un joven “rebosante de canciones”, como decía Salazar, y le gustaba tocar el piano en algunas veladas en la Residencia, así como hablar de ritmos granadinos o de cantos andaluces. A Federico “no todos los estudiantes le querían. Algunos olfateaban su defecto y se alejaban de él. No obstante, cuando abría el piano y se ponía a cantar, todos perdían su fortaleza”, escribió José Moreno Villa en su autobiografía. Federico “despedía música, y donde él caía o entraba, caía o entraba el arrebato alegre y levitante de la música […] Tan vivo era ese poder suyo que bastaba nombrarle para sentirse invadido de alegría musical ’¡Federico sale de Granada, mañana lo tenemos aquí!’ gritaba alguien en la Residencia, como quien ve acercarse una alegre cabalgata sonora”. En Imagen primera de…, Rafael Alberti escribe:

Aquel piano de cola, en aquel íntimo rincón de la Residencia, junto a aquella ventana por donde la madreselva florida asomaba su olor, recordará mejor que nadie la capacidad asombrosa de transformación, de recreación, de adueñamiento de lo de nadie y lo de todos, haciéndolo materia propia, que, como un Lope de Vega, poseía Federico. Ante ese piano he presenciado graciosos desafíos —o, más bien, exámenes— folklóricos entre Lorca, Ernesto Halffter, Gustavo Durán, muy jóvenes entonces, y algunos residentes ya iniciados en nuestros cancioneros.

—¿De qué lugar es esto? A ver si alguien lo sabe—preguntaba Federico, cantándolo y acompañándose:

Los mozos de Monleón
se fueron a arar temprano —¡ay, ay!—,
se fueron a arar temprano…”

Me quedaban solo unos cuantos días trasnochando aquel altar, así que me decidí a encontrar el piano de Federico, el piano de cola que también tocó Stravinsky durante su visita en 1933, y hace apenas unos años László Krasznahorkai. Como no había nadie en ese umbral al pasado, lo recorrí a toda hora y sin interferencias; abrí cada puerta sin llave y forcejeé con más de una cerradura. Algunos edificios están conectados con irregulares pasillos y escalerillas, y encontrar la salida no siempre me resultaba fácil, por lo que a veces terminaba brincando al patio desde alguna ventana. Afortunadamente, mis saltos eran bien amortiguados por esos jardines que habían permitido más de un juego y escuchado intolerables secretos, en donde se leyeron por primera vez algunos de los versos que un siglo después siguen espejeando tantas hojas floridas.

Estaba por concluir mi estancia y aún no encontraba el bendito piano. Isabel García Lorca en su libro Recuerdos míos relata que a su hermano le gustaba jugar a lo que él denominaba “la desesperación de Espronceda”, un ejercicio dramático en el que, a través de gestos, una persona representaba alguna emoción desquiciada con el fin de que otra adivinara a qué sentimiento se refería su expresión. Yo no tenía a nadie que interpretara mis emociones, pero mis gestos de frustración por encontrar el instrumento hubieran tenido perfecta cabida en el juego de Isabel y Federico. A pesar de que me escabullí por todos los rincones posibles del pabellón, no lo encontré.

Estaba por irme cuando le pregunté a Martha por el piano. Me dijo que lamentablemente el salón que lo resguardaba estaba cerrado por la pandemia. Acepté entonces la derrota. Compré un par de libros más de la editorial de la Residencia y me senté en la escalinata de la puerta a esperar mi taxi. Tal vez Martha adivinó mi gesto, o tal vez compartíamos algo de nuestro santoral laico y el amor por las ranuras que abre la tinta, pues antes de irme se ofreció a mostrarme brevemente el piano, si prometía no tocar nada.

Salí de la Colina de los Chopos con los primeros libros para conformar una nueva biblioteca en Madrid, y con el gesto recompuesto. Era momento de conocer la ciudad y sus altares, acompañada de las voces de otros tiempos como mapas para andar de día y de noche, sola o acompañada, confinada o libre. Después de todo, las historias nos compensan en la incertidumbre y el libro es la superficie más honda de la Tierra. Una adelfa es una adelfa es una adelfa. Y un piano es piano es un piano.

 

Valeria Villalobos Guízar
Estudió literatura latinoamericana en la Universidad Iberoamericana y periodismo y literatura argentina en la Universidad de Buenos Aires. Actualmente cursa la maestría en Filosofía de la Historia en la Universidad Autónoma de Madrid.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Star, comédienne, chanteuse, danseuse, Brigitte Bardot a choqué par son mode de vie libre, manifesté son courage lors de la guerre d’Algérie, et a quitté le show business pour se consacrer à la défense des animaux. Arte a montré le show télévisé Spécial Bardot de François Reichenbach et Eddy Matalon (1968). Brigitte Bardot au sommet de sa célébrité interprète des chansons signées Gainsbourg, Rivière et Bourgeois, et se prête à des mises en scènes imaginatives. Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert) de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

Publié par Véronique Chemla

Au fil du documentaire Bardot, la méprise, apparaît une dame au caractère entier, paradoxale, sincère, lucide sur son passé, refusant toute concession, regrettant son insouciance qui a mené à la fin de ses deux histoires d’amour marquantes avec Jean-Louis Trintignant et Sami Frey, sous-estimant ses talents pour la comédie et le drame, ayant peu confiance en elle et souffrant de la difficulté à prendre une décision.

Arte diffusa les 15 et 18 mai 2016 le numéro de Personne ne bouge ! (Abgedreht!) consacré à Brigitte Bardot : « Et Dieu créa la star. En marge du Festival de Cannes, « Personne ne bouge ! » s’incline devant l’actrice la plus incandescente des sixties. Avec une perle rare : Miss Bardot interviewée dans la langue de Shakespeare par la BBC, lors d’un tournage avec Sean Connery en 1968. Si son tailleur est riche, son anglais l’est un peu moins… »

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

Bardot la méprise

Arte a diffusé les 7 et 12 juin 2015 Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul (2013). « En 2011, Brigitte Bardot donne son accord pour un projet de documentaire biographique. Quand le réalisateur David Teboul la rencontre pour la première fois, sa réaction est sans appel : elle ne participera pas au film mais lui donne accès à ses archives familiales, une multitude de films réalisés par son père, des premières heures de son existence jusqu’à sa métamorphose en déesse des écrans. Elle l’autorise aussi à filmer librement les lieux de sa vie : les maisons de La Madrague et de La Garrigue à Saint-Tropez, ses refuges à elle. À partir de cette matière infime, précieuse, le cinéaste élabore un portrait intime de l’actrice en forme de déclaration d’amour. Il s’appuie aussi sur des passages d’ »Initiales B.B. », l’autobiographie de l’actrice, dits par Bulle Ogier (très émouvante) et sur des extraits de films. De son enfance en milieu bourgeois – auprès d’une mère indifférente, d’un père autoritaire et d’une petite sœur qu’on lui préfère – jusqu’à son retrait du monde il y a trente ans, David Teboul réussit un portrait rare, émouvant, empathique. Il y donne à voir, pour la première fois peut-être, toutes les contradictions d’une femme passionnément amoureuse, mélancolique et sauvage, qui parvenait si mal à distinguer la vie du cinéma qu’elle faillit en mourir ».

« J’ai 7 ans, mes parents m’offrent un album intitulé Brigitte Bardot, amie des animaux (…) C’est comme ça que je vous ai rencontrée. L’enfant que j’étais est tombé amoureux de vous. » Avec une délicatesse extrême, David Teboul scrute les images familiales et les extraits de films, s’y arrête parfois pour détecter un indice, un geste, imaginer ce que ressent cette enfant qui, à 15 ans, sera projetée brutalement sous la lumière. « En 1950, je devins mascotte de « Elle » et le destin se mit à marcher contre ma volonté », écrira-t-elle. Roger Vadim, Trintignant, Samy Frey, Gainsbourg… : les passions amoureuses s’enchaînent, les déceptions succèdent aux extases, la mélancolie s’installe toujours. Celle qui « met tous les personnages dans sa peau » tente de se suicider après le tournage de « La vérité », de Clouzot, en 1961. Jusqu’à se retrancher finalement avec ses animaux, comme réfugiée dans une nouvelle enfance, au creux d’une maison dont les murs, pourtant, sont couverts des images de cette gloire qu’elle a tant voulu fuir« .

Le père de Brigitte Bardot « aimait le cinéma, et l’a filmée depuis ses premiers jours jusqu’à ses 15 ans. Après avoir cherché à se dérober, Brigitte se tourne vers la caméra vers l’âge de 7 ans pour en  devenir prisonnière. On voit aussi comment la danse lui permet de fuir l’univers familial et de s’émanciper, même si le cinéma la rattrape à travers son désir pour Vadim. Et ce gourou, dont elle est amoureuse et qui la désinhibe, réalise Et Dieu créa la femme, un accident qui deviendra le phénomène que l’on sait… Après un premier rendez-vous manqué, j’ai été extrêmement bouleversé quand je l’ai rencontrée, une seule fois, à Saint-Tropez. Elle s’est alors beaucoup protégée et il a fallu la convaincre. Mais elle m’a dit quelque chose d’extraordinaire : « En ne voulant pas être dans votre film, je vous fais un cadeau. » J’ai compris qu’il fallait que je construise le récit sur cette absence. Elle m’a, en revanche, laissé libre accès à ses maisons de La Madrague et de La Garrigue, comme à toutes les archives de son père. Et dans ce décor qu’est son intérieur, j’ai  eu le sentiment de replonger dans les années 1960, avec une sorte d’étrangeté. Le tout constituait la matière cinématographique d’un film sur un fantôme vivant, sur le présent d’un passé. La tension du film repose sur une incertitude : on a le sentiment qu’elle peut surgir à tout moment… {La liberté de Bardot] tient essentiellement à son rapport naturel au corps, qui n’existe alors chez aucune  autre actrice de sa génération. Bardot est une conservatrice transgressive, d’où la puissance qui émane d’elle », confie le réalisateur.

France 2 a consacré sa soirée du 23 septembre 2014 à Brigitte Bardot : une interview par Laurent Delahousse (Un jour, un destin), puis Et Dieu créa la femmede Roger Vadim.

Et Dieu créa la femme
Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant propulse Brigitte Bardot au rang de star. « À Saint-Tropez, trois hommes s’enflamment pour la beauté sauvage d’une orpheline de 18 ans… Et Roger Vadim créa… le mythe Brigitte Bardot. Un film événement, diffusé dans une version restaurée ».

« À Saint-Tropez, Juliette, une orpheline de 18 ans, évolue parmi trois hommes qui la convoitent. Il y a Antoine, parti se chercher un avenir à Toulon. Mais aussi Michel, son frère cadet, qui a hérité de leur père un atelier de réparation de bateaux. Et puis il y a Éric Carradine, un quinquagénaire d’origine étrangère, promoteur et directeur de boîte de nuit qui rêve de bâtir un casino près de la plage. Placée dans une famille d’accueil, Juliette vend la presse dans une boutique sur le port mais elle n’aspire qu’à danser, flirter et vivre. Indignée de ces prétentions, la bonne société provinciale la condamne à retourner jusqu’à sa majorité dans une institution. Pour conserver sa liberté, le mariage seul peut la sauver… »

« À sa sortie en 1956, Et Dieu… créa la femme a connu un retentissement bien au-delà des frontières hexagonales, jusqu’aux États-Unis. Révélation du talent de cinéaste d’un jeune reporter de Paris match nommé Roger Vadim, le film fait entrer en pleine lumière le phénomène Brigitte Bardot ».

« Passée par la danse classique, la jeune actrice, que vient d’épouser le réalisateur, y campe un personnage de femme-enfant, à la fois innocente et troublante, attirée par le plaisir et attisant autour d’elle un désir ravageur. Sacrée sex-symbol, la starlette ne le sera plus longtemps : une incroyable carrière l’attend. Sous le soleil d’un petit village au bord de la Méditerranée, pas encore point d’attraction de la jet set, Et Dieu… créa la femmea d’abord créé un mythe. Il se résume à deux initiales : BB ».

Le 28 décembre 2016, Arte diffusa Et Dieu créa la femme…, de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant, puis le numéro de Personne ne bouge consacré à Brigitte Bardot.

En cas de malheur 

En cas de malheur, est un film réalisé par Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul.

Produit par Raoul J. Lévy et Ray Ventura, En cas de malheur, de Claude Autant-Lara offre une adaptation d’un roman de Simenon par Claude Autant-Lara, Jean Aurenche et Pierre Bost. « Yvette et Noémie font un hold-up dans une boutique tenue par un couple âgé. Le casse tourne mal : la belle Yvette assomme la vieille dame et Noémie se fait pincer. Yvette se rend chez un avocat en vue, maître Gobillot. Elle lui expose son affaire, qu’il juge désastreuse. Puis, elle relève sa jupe, lui proposant de le payer en nature ». Une scène censurée à l’époque. Le « digne avocat mûr a du mal à rester impassible » et accepte la délinquante aux mœurs libres  telle qu’elle est… La rencontre entre deux monstres sacrés, Brigitte Bardot et Jean Gabin, finement orchestrée par Claude Autant-Lara ».

Intimidée à l’idée de jouer avec Jean Gabin, la jeune Brigitte Bardot butte sur ses répliques lors du tournage de la première scène avec le célèbre comédien. Faisant montre d’une fine élégance, Jean Gabin, qui connait par cœur son texte, fait semblant de l’ignorer. Ce qui détend Brigitte Bardot.

La robe Vichy

Arte diffusa le 23 janvier 2019 « La robe Vichy de Jacques Estérel » (Coutures. Das Vichykleid von Jacques Esterel), documentaire de Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein.

« Une histoire en deux volets de pièces phares de notre garde-robe. Dans cet épisode : l’indémodable robe vichy. Sans voile ni satin, avec une robe de mariée taillée dans une cotonnade à rideau bon marché, Brigitte Bardot et le couturier Jacques Estérel défient en 1959 le star-system et les conventions en offrant aux femmes un glamour enfin abordable :  seins hauts dans un corsage ajusté, taille étranglée dans une profusion de tissu froncé sur un jupon gonflant ».

« Certains vêtements traversent les époques sans prendre une ride, à l’instar de la robe vichy, consacrée par Brigitte Bardot en 1959″. Une robe portée par la star lorsqu’elle apparaît devant les médias avec son deuxième mari, l’acteur Jacques Charrier. Généralement associé au terroir français, le tissu vichy passe allègrement les frontières. On le trouve jusqu’à Bali où il est paré de vertus spirituelles. Pourquoi un tel engouement ? Des confitures de nos grands-mères aux guerriers massaï, des culottes à carreaux des ânes de l’île de Ré aux Lolita d’aujourd’hui, le vichy n’en finit pas de surprendre. »

La vérité

En 1960, sort La Vérité, film dramatique d’Henri-Georges Clouzot.

« Dominique Marceau, jeune femme au charme dévastateur, passe en cour d’assises. Accusée d’avoir assassiné son amant Gilbert Tellier, elle clame désespérément qu’il s’agit d’un crime passionnel. Mais nul ne la croit. Et son avocat a lui-même abandonné l’idée de la sortir des griffes du défenseur de la partie civile. Avec la complicité du président du tribunal, ce dernier revient sur la vie débauchée de la jeune femme pour en dessiner un portrait peu flatteur : égoïste, instable, provocatrice et oisive, Dominique aurait volé le petit ami de sa sœur Annie par pure jalousie… »

Signé Henri-Georges Clouzot, un « drame aussi précis qu’épris de liberté, où la sensuelle » Brigitte Bardot révèle son talent de tragédienne et s’avère époustouflante dans ses scènes devant la Cour, face au séduisant Sami Frey, Paul Meurisse, « avocat cynique et cruel », Charles Vanel « et sa dérision savoureuse », Louis Seigner, sociétaire de la Comédie française, Marie-José Nat, Jacques Perrin.  Clouzot y raille les ténors du barreau parisien.

« À la mise en scène « théâtrale » du procès, réglée avec une précision d’orfèvre – et émaillée de joutes oratoires incisives, tantôt noires, tantôt cocasses -, Clouzot juxtapose en un montage judicieux des flash-backs de la vie de l’héroïne. Tournées au Quartier latin en décor réel, ces scènes révèlent le quotidien d’une jeunesse bohème, éprise de liberté et provocatrice. Une génération porteuse des bouleversements à venir, qui s’oppose aux codes moraux bourgeois et rigides des aînés. De quoi faire taire les railleries de la Nouvelle Vague qui, à l’époque, voulait rejeter le cinéaste à l’arrière-garde ».

La Vérité (1960) de Henri-Georges Clouzot est un « suspense judiciaire autour du procès d’une jeune femme accusée du meurtre de son amant. Clouzot le terrible, fidèle à sa réputation, réalise un film d’une noirceur extrême et tyrannise la pauvre Brigitte Bardot, forcée d’abandonner ses pitreries pour jouer dans un registre paroxystique. Avec le temps, le film a gagné en étrangeté. La vulgarité du film et les poncifs qu’il véhicule sur la jeunesse sont datés, mais la mise en scène ne manque pas de force et Bardot est assez géniale », a analysé Olivier Père.
Et de conclure : « À travers le procès de cette jeune femme trop désirable, libre et amorale, coupable d’avoir trop aimé et provoqué l’amour, on peut voir celui de son actrice, star et symbole sexuel dont la vie privée passionnelle et scandaleuse faisait couler davantage d’encre que ses performances à l’écran, dans une France pudibonde et conservatrice. Il s’agirait alors d’une mise en abyme cruelle, et même sadique, typique des systèmes de domination des acteurs instaurés par Clouzot sur ses tournages, mais au résultat remarquable sur le plan dramatique. Précipité de misanthropie, La Vérité brille par la qualité de son interprétation : Paul Meurisse et Charles Vanel sont impressionnants en ténors du barreau, Sami Frey est parfait en beau ténébreux. La diffusion de La Vérité permet de saluer la mémoire de l’actrice Marie-José Nat, disparue le 10 octobre 2019. Clouzot lui offre le deuxième rôle important de sa jeune carrière après Rue des prairies de Denys de La Patellière : celui de la rivale de B.B. auprès de son amant interprété par Sami Frey. Quant à Brigitte Bardot, elle suscite l’admiration et parvient à s’imposer à l’écran en véritable tragédienne, dans ce qui restera le sommet de sa filmographie, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard, trois ans plus tard ».

Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert), film franco-italien de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

« Une mannequin entreprend de se venger d’un amant trop volage… Cinq ans après « Et Dieu… créa la femme », Roger Vadim retrouve Brigitte Bardot pour une comédie romantique aussi légère qu’une bulle de champagne. »
« Sophie, mannequin, découvre que Philippe, son amant photographe du moment, est tombé amoureux de Barbara, une riche héritière américaine. Profondément blessée, la jeune femme humilie Philippe sous les yeux de Barbara et des consommateurs du Café de Flore où la scène se déroule. Deux jeunes chirurgiens, Claude et Alain, tous deux éblouis par la beauté de Sophie, ne perdent pas une miette de l’esclandre. Ils entreprennent de consoler la jeune femme, qui décide de se venger. »
« Roger Vadim imagine un nouvel écrin pour sublimer BB, qui était sa femme lorsqu’il fit d’elle un sex-symbol international dans Et Dieu… créa la femme en 1956. Cinq ans plus tard, si les deux époux ont divorcé, Vadim dirige de nouveau sa muse dans cette comédie romantique enlevée dont une partie de l’action se déroule à Villard-de-Lans. Au programme, numéro de danse et scènes dénudées mémorables. »

Viva Maria

En 1965, Louis Malle réalise Viva Maria avec deux stars : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. « Deux chanteuses de music-hall font la révolution en Amérique centrale et inventent le strip-tease !  » Un film récompensé par le Grand prix du cinéma français et diffusé par Arte les 1er et 9 septembre 2016.

« Au début du XXe siècle, à l’occasion de leur premier duo sur scène, deux jeunes femmes que le hasard a réunies au sein d’une troupe de music-hall ambulante tirent parti d’un accident vestimentaire pour inventer le strip-tease. Tout irait bien pour elles si elles ne se trouvaient mêlées à une révolution paysanne conduite par un ardent jeune homme dont elles s’éprennent toutes les deux, l’une ouvertement, l’autre en secret… »

« Sur une musique de Georges Delerue, un western échevelé réalisé en 1965 par Louis Malle avec les deux stars féminines de l’époque : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau ».

Avec la chanson Ah ! Les p’tites femmes (de Paris) signée de Louis Malle, Jean-Claude Carrière et Georges Delerue. Et des pépites drôles – Jeanne Moreau haranguant des paysans mexicains en citant Jules César de Shakespeare pour les inciter à faire la révolution malgré la mort du chef Florès – ou surréalistes : le magicien qui retire la balle du corps de sa colombe décédée et qui reprend vie ou l’homme d’église mort qui s’avance en tenant sa tête entre ses mains.

« Spécial Bardot » par François Reichenbach et Eddy Matalon

Pour le Jour de l’an 1968, l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), organisme public audiovisuel, a diffusé le show musical Spécial Bardot. Dans une atmosphère conviviale, la star est entourée de ses amis : Sacha Distel, élégant en smoking pour La Belle vie, Claude Brasseur, Serge Gainsbourg, Claude Bolling…

Une série de clips de ses succès – pieds nus pour La Madrague, en cuissardes pour Harley Davidson – et de reprise de standard de jazz – Everybody Loves My Baby accompagnée par Claude Bolling et son orchestre – qui alternent avec des séquences de Brigitte Bardot lors d’une séance photo avec Sam Lévin et David Bailey, arborant des min-robes sexy et des styles différents – robe Charleston frangée des années 20, vêtements de hippie – et flânant à La Madrague, à Saint-Tropez, à Port Grimaud, à Paris et à Londres. « Révolutionnaire ! Un crescendo ascensionnel qui s’achève sur une vision de Bardot sanglée d’un parachute, s’envolant dans les airs en chantant « Mr Sun » dans une robe hippie (griffée, tout de même [Paco Rabanne, nda]) ».

Filmée avec talent et amour, au summum de sa beauté et de son succès, la star française mondiale déploie l’étendue de son talent dans des registres variés : de la nostalgie à la comédie. Souveraine. Sensuelle. Ironique. Rayonnante. La démarche souple et gracieuse de ballerine. Les yeux charbonneux soulignés de khôl.

Et avec des guest stars : Sacha Distel (La bise aux hippies), Claude Brasseur (Bubble Gum), Serge Gainsbourg – Comic Strip, Bonnie and Clyde (duo mythique) – et Manitas de Plata.

Une « émission culte » des sixties exaltant dans certains titres une joie de vivre, une bonne humeur et l’insouciance !

Un modèle parfois imité – show télévisé Isabelle Adjani en 1984 -, mais jamais égalé.

On ne peut que regretter que les visuels disponibles soient en noir et blanc pour une émission en couleurs : celles automnales de la Côte d’Azur et de Paris, celles pimpantes et chatoyantes des hippies.

Défense des animaux
En 1973, Brigitte Bardot annonce son retrait du show business afin de se consacrer à la défense des animaux.

Une décision reçue avec incrédulité par les médias.

Brigitte Bardot quitte définitivement les studios de cinéma, et crée sa fondation. L’un de ses combats les plus médiatisés a concerné la protection des bébés phoques.

« En Allemagne et en France, on ne sait pas ce que c’est que de gérer un territoire hostile de 10 millions de km²… Au Canada, si. On parvient même à maintenir sur la banquise, zone hostile s’il en est, une relative harmonie entre phoques et chasseurs. Jusqu’à ce que Brigitte Bardot s’en mêle. En 1977, encore dotée de son aura de sex-symbol international, BB débarque sur la banquise et braque l’attention des médias du monde entier sur le destin du pauvre petit blanchon. Comment peut-on briser à coups de gourdin les crânes de ces créatures cotonneuses aux grands yeux humides ? »

Aquarelles de Manara

Le 12 juin 2016, vingt-cinq œuvres – aquarelles et encres de Chine – du dessinateur italien septuagénaire Manara représentant la jeune Brigitte Bardot ont été vendues par 592 702 euros lors d’enchères organisées par la maison parisienne Millon. Manara est célèbre pour ses bandes dessinées érotiques : Le déclic, Un été indien.

Le tableau vendu le plus cher (35 090 euros) « représente l’actrice nue de profil, assise, avec les genoux repliés sur sa joue ». « Pour cette vente réalisée en duplex à Bruxelles et Paris, les enchères ont débuté à 15000 euros ».

La « dernière fois que l’actrice française, aujourd’hui âgée de 81 ans, a autorisé un artiste à la représenter remonte à 1968, quand le sculpteur Aslan avait créé à son effigie un buste de Marianne, figure de la République française qui orne nombre de mairies et sites officiels ».

Les « 25 aquarelles ont été signées au dos par l’ancienne actrice, qui a également intégré à chaque dessin le symbole qui lui est le plus personnel, une « marguerite à sept pétales qui veut dire je t’aime discrètement à ceux qui la reçoivent…» Certains tableaux évoquent la célèbre photographie de Sam Lévin ou Bardot immortalisée avec son Harley Davidson, d’autres des films ou son amour pour les animaux. L’artiste a su, en général, restituer l’intensité du regard, les jambes fuselées, et le port de ballerine de Brigitte Bardot.

 

« C’est la salle de ventes parisienne Millon, assistée des experts en BD bruxellois Alain Huberty et Marc Breyne, qui a établi le contact entre l’ex-star de cinéma et Manara, leurs proposant de réaliser une série originale. « Reproduire son visage est très difficile car il a des expressions subtiles, entre ironie, mystère, séduction et provocation», avait déclaré l’artiste italien dans un entretien réalisé en mai par l’AFP. « Il a fait des dessins vivants. On y sent le vent… On y lit une révolte, une sensualité, un amusement », avait commenté Brigitte Bardot ».

Attentats terroristes islamistes

Le 29 juillet 2016, Brigitte Bardot a twitté : « Attentats : J’ai mal au cœur, à tous mes cœurs. Je vomis ces terroristes islamistes. Stop à « l’Aïd el Kebir humain » ! » D’une part, elle se référait aux attentats terroristes islamistes revendiqués par l’Etat islamique et commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Tunisien, sur la Promenade des Anglais à Nice dans la soirée du 14 juillet 2016 –  – 84 personnes tuées et 286 blessées -. et par Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, à l’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016 – le père Jacques Hamel égorgé près de l’autel, un paroissien blessé. Et d’autre part, elle évoquait la fête islamique au cours de laquelle les musulmans sacrifient traditionnellement un animal, notamment un mouton, en l’égorgeant. Ce tweet de Brigitte Bardot a été liké 987 fois et retweeté 657 fois au 834 fois au 31 juillet 2016.

Son message a suscité une polémique. Directrice du Huffington Post, la journaliste Anne Sinclair a répondu sur son compte Twitter : « Le Mépris était un beau film« . Son twitt a été liké 63 fois et retweeté à 50 reprises.

Le 20 juin 2016, dans sa tribune Magnanville, Rennes, Tel Aviv : trois versions d’un même déni (Le Figaro, 20 juin 2016)Shmuel Trigano, philosophe et sociologue spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain, affirme que les « hommes politiques et intellectuels, marqués par le postmodernisme, oublient que les actes terroristes sont aussi des actes religieux. Pour s’en démarquer, les musulmans doivent condamner ce retour primitif au sacrifice humain » :

« Les derniers événements à Tel Aviv, Orlando, Magnanville et Rennes marquent un tournant dans le rapport à la situation, que certains d’entre nous connaissent bien depuis 15 ans. La défaite des belles âmes qui ont parasité la conscience collective du réel est annoncée…  Une information très contrariante a été squizée tout simplement par les médias car elle éclairait trop grossièrement la réalité: à savoir qu’une femme a reçu trois coups de poignard à Rennes le jour même de Magnanville, de la part d’un individu qui voulait selon ses mots « faire un sacrifice pour le Ramadan ». C’est ce qu’on pouvait lire sur le moment dans les dépêches de presse des chaînes d’information. Puis on a lu que ce meurtrier mystique était un « déséquilibré » et l’information a ensuite disparu…Le meurtre [à Rennes] est justement défini par l’auteur comme un « sacrifice », c’est à dire un acte religieux, ce que sont tous ces actes barbares et pas uniquement « terroristes ». Leur finalité est religieuse – sauf que la religion du califat est aussi sa politique… Or c’est ce que le discours officiel s’évertue à nier et cacher, ce qui a conduit à la confusion totale des esprits et à l’égarement du public.
En France des débats médiatiques s’évertuent à comprendre – disent-ils – les causes d’un tel phénomène et s’épuisent en considérations qui n’ont de sociologiques que le nom car elles négligent le constat du fait idéologique, religieux et politique, qui est pourtant au cœur du social.
Une telle situation vaut aussi pour Tel Aviv… Le soir même du massacre, toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza ont célébré l’ignominie avec feux d’artifices, offrande de douceurs, comme s’il y avait là un rituel de Ramadan…
Il y a aujourd’hui dans l’islam, un courant qui se revendique de ses valeurs pour commettre ces actes. C’est un problème pour les musulmans qui doivent le combattre s’ils veulent s’en démarquer… La guerre de religion qui fait rage dans l’islam contemporain entre sunnites et chiites confirme cet état de faits. Il y a tout simplement, si l’on peut dire, un courant, l’islamisme, qui est à l’œuvre dans ce chaos. Dans les rangs de cet univers religieux, se produit dans une terrible régression de l’humanité qui voit la religion régresser aux temps primitifs des sacrifices humains, des crimes rituels…
Il faut appeler un chat, un « chat ». C’est la condition sine qua non de la salubrité publique et de la santé mentale, ce que le discours dominant officiel autant que médiatique a mis en très grave danger depuis 15 ans. La question doit être posée au monde musulman. C’est comme cela qu’il faut concevoir un rapport d’égalité et de respect que nous sommes en droit d’attendre et d’exiger ».

Le 28 juillet 2016, dans sa tribune Terrorisme : on sacrifie les victimes pour ne pas avoir à livrer bataille contre les bourreaux publiée par Le Figaro, Shmuel Trigano, professeur émérite des universités, a écrit :

« Les actes terroristes sont commis explicitement au nom de l’islam…

Le meurtre des non-musulmans est perpétré par les islamistes comme un sacrifice religieux offert à la divinité, un meurtre «moral», «sacré», de même que la mort recherchée du pseudo « martyr » lui ouvre la porte du paradis : un véritable culte de la mort.

Il faut comprendre cette logique d’un autre âge, profondément régressive sur le plan de l’histoire humaine (la régression de la religion au sacrifice humain!), pour comprendre le motif de tous ces massacres. Cette explication n’est pas un commentaire de ma part. Elle découle de sources coraniques et elle est confirmée par l’imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, et qui est le chef du Conseil de la Fatwa pour l’Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques, il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l’islam. Il va même jusqu’à estimer que, si le «martyr» le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s’accompagner, pour le succès de l’opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, cela montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes. À ce propos, il est pitoyable de voir journalistes et experts se perdre en conjectures sur les motifs des massacres et entraîner avec eux un public sidéré et égaré, parce qu’ils se refusent à voir la réalité en face…

« Statue

Le 28 septembre 2017, pour les 83 ans de la star, Saint-Tropez a dévoilé une statue en bronze à son effigie. « La beauté de la statue de Brigitte Bardot, inspiré de la Naissance de Vénus de Botticeli, revisité par le maître italien de la BD érotique Milo Manara, n’a pas enthousiasmé tous les admirateurs de l’actrice… Cette œuvre grandiose, de quelque 700kg et de 2,5m de hauteur, a été offerte à la mairie par le commissaire-Priseur Alexandre Millon. Il avait été le responsable de la vente aux enchères des 25 aquarelles de Manara dédiées à l’icône ».

Un bel hommage et une œuvre de gratitude à l’égard de Brigitte Bardot qui a rendu mondialement célèbre ce port de pêche apprécié de peintres impressionnistes.

Moi je joue

Le 25 octobre 2017, sort Moi je joue, de Brigitte Bardot avec la collaboration de François Bagnaud. « La chanson, c’était ma récréation après les tournages ! » « Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Georges Brassens, Jacques Brel, Nino Ferrer… tous ont voulu composer pour Brigitte Bardot en célébrant sa beauté et sa sensualité. Mais ce sont Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois («La Madrague», «Le Soleil»), et bien sûr Serge Gainsbourg («Harley Davidson», «Bonnie and Clyde») qui lui écriront ses plus belles et inoubliables chansons. Entre sourire et émotion, B.B. partage ses souvenirs souvent inédits, parfois touchants et inattendus, sur sa carrière de chanteuse ».

Combats

Le 17 janvier 2018, dans un entretien avec Paris Match, Brigitte Bardot a déclaré : « Je vis très simplement avec mes animaux et pour ma fondation. Loin de ce qu’on avait baptisé la “bardolâtrie”, quand les gens me poursuivaient pour des autographes. Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux. C’est mon amour pour eux et ce combat qui, jour après jour, me donnent à mon âge cette force. Par ailleurs, je ne parle que si j’ai quelque chose à dire. Je me réveille à La Madrague vers 9 heures, m’occupe de mes neuf chiens et six chats, puis de moi. Après, j’appelle la fondation pour un tour d’horizon. Bernard, mon compagnon et mari, me sert d’intermédiaire avec les fax et les e-mails. Je n’ai ni ordinateur ni tablette. Pas même de portable, cet instrument qui sert aussi à faire d’horribles selfies – on ne peut aller nulle part sans que quelqu’un se colle à vous ! La journée commence donc avec le courrier. Je reçois quelque 60 à 70 lettres par jour. Je réponds moi-même à celles qui sont importantes ou me touchent. A 13 heures, je vais à La Garrigue, ma ferme, retrouver mes autres animaux, une cinquantaine, parmi lesquels Candy le poney et Bonhomme l’âne, vivant en liberté en compagnie de sept cochons, huit chèvres, autant de moutons, deux boucs, une tortue, des oies, des canards, des poules et dix-sept chiens et chats. Là, je me consacre à la fondation. En trois décennies, elle a pris beaucoup d’importance. Vers 18 heures, fatiguée, je regagne La Madrague. Il faut reconnaître que je n’ai jamais eu autant de travail que maintenant, à 83 ans ! Je dîne avec Bernard, passe quelques coups de fil et me couche. Je ne vais jamais à Saint-Tropez. Non seulement pour ne pas risquer de provoquer d’émeute ou me mettre en danger, mais parce que ça n’a plus rien du petit port de pêche que j’ai connu. C’est devenu une vitrine du luxe, un lieu sans âme ».

Et de se souvenir : « Partout où je passais, j’étais traquée. J’ai encore du mal à comprendre ce qui m’est arrivé, une sorte d’enchaînement incontrôlable m’ayant rendue très méfiante à l’égard de la race humaine. Je n’ai quasiment pas gardé de relations dans ce milieu, d’autant qu’à mon âge il me reste peu d’amis de ces années-là. Mes seules attaches : un peu Delon, Belmondo, Mylène Demongeot, Robert Hossein. On se téléphone une ou deux fois par an, un lien surtout dû aux animaux, sujet qui nous rapproche ».

Sur le harcèlement sexuel : « Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit ».

Sur son combat contre le cancer : « La maladie, la souffrance, la mort, c’est grave et pas trop rigolo, n’est-ce pas ? Comment prétendre le contraire ? Mais puisque c’est inéluctable, il faut essayer de l’apprivoiser. Quand j’ai eu un cancer du sein, ça a été très difficile. J’étais toute seule et j’avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j’aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule. Je n’ai pas paniqué, pensant que je vaincrais, que je n’allais pas mourir. C’est resté secret jusqu’au jour où le mal a été derrière moi. Cela fait une bonne trentaine d’années, maintenant. Mais ma plus belle victoire est celle que je n’ai pas encore obtenue pour les animaux ».

« Moi non plus« 

Le Théâtre de la Madeleine présente « Moi non plus« , pièce de Bertrand Soulier, dans une mise en scène de Philippe Lellouche, avec Jérémie Lippmann et Mathilde Bisson. « Décembre 1967. Brigitte rejoint Serge dans la nuit secrète d’un palace parisien. « Écris-moi la plus belle des chansons d’amour », demande l’actrice au compositeur. Les amants ne le savent pas encore mais leur idylle vient d’entrer dans l’Histoire.  Les paroles seront d’une impudeur grandiose, la mélodie d’une sensualité inégalée… Gainsbourg s’installe derrière le piano sous les yeux de Bardot : la légende est en marche ».

Pampelonne
Le 14 juillet 2018, Brigitte Bardot a déploré les projets de réaménagement de la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, sur la presqu’île de Saint-Tropez.

Elle a déclaré à Paris-Match : « Au début il n’y avait rien. Et puis des plages sont apparues avec le film « Et Dieu… créa la femme ». Chacune était différente, rigolote et non conforme. Il y avait de la joie, c’était le symbole de la liberté. Avec ce projet de réaménagement cette plage va devenir monotone, alors qu’elle était si charmante… C’est dramatique ! »
Et d’ajouter : « On est en train de tuer l’âme de Pampelonne. C’est une époque qu’ils vont foutre en l’air. L’argent va tuer cet endroit, comme c’est déjà le cas dans le village de Saint Tropez, où je ne vais plus… Au début du Club 55, ce n’était qu’une buvette. Il n’y avait pas un rat. L’Esquinade avec la famille Urbini fait partie de ma famille. Comme les Moreu Des Jumeaux. Aujourd’hui j’apprends qu’ils ont perdu leur plage. Pourtant elle est élégante, joyeuse, très couleur locale. Jean-Claude Moreu a continué malgré le décès de son frère jumeau. Aujourd’hui en lui enlevant leur création de plus de trente ans, on a tué une deuxième fois son frère ».

Aïd el-kébir 2018

À l’occasion de cette fête musulmane, la Fondation Brigitte Bardot a annoncé avoir sauvé près de 650 moutons et les avoir mis en sécurité. « Pour la 4ème année consécutive, la Fondation Brigitte Bardot était présente dans les Bouches-du-Rhône sur plusieurs sites clandestins, en renfort des autorités qui ont préparé et rendu possibles les interventions, pour organiser la prise en charge d’un maximum de moutons. »

« Plus de 400 moutons ont été saisis dans les Bouches-du-Rhône, plus de 200 en Île-de-France, une cinquantaine d’autres en Normandie et en Alsace… Tous ces animaux, qui devaient être égorgés un 21 août, à l’occasion de l’Aïd el-Kebir, dans des conditions abjectes, rejoignent la plus grande ferme des animaux sauvés de la mort, l’arche de la Fondation Brigitte Bardot ! À ce stade nous ne pouvons donner trop de détails sur l’origine des animaux, compte-tenu des procédures engagées. Pour en savoir plus, suivez-nous sur Facebook et sur Twitter », a conclu la Fondation Brigitte Bardot.

Le président Macron

Le 24 juillet 2018, durant l’affaire Benalla, Brigitte Bardot a été reçue par le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Elle s’est dite « confiante » après cet entretien.
Brigitte Bardot a critiqué le gouvernement d’Edouard Philippe sur plusieurs thèmes.
Le 28 août 2018, sur BFMTV, Brigitte Bardot s’est dite « ravie » de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et « furieuse » à l’égard du président Emmanuel Macron qu’elle accusait de se mettre « à genoux » devant les chasseurs : « Je suis furieuse contre Macron. Alors que j’ai eu un petit espoir quand je l’ai rencontré le 24 juillet à l’Elysée, cet espoir s’est envolé. Je suis très sévère depuis hier avec Emmanuel Macron, quelqu’un qui peut à ce point là se mettre à genoux devant des assassins, parce que les chasseurs sont des assassins. Nicolas Hulot « a été certainement aussi horrifié que moi par l’allégeance de Macron devant les chasseurs »..

Le 28 novembre 2018, jour anniversaire de la sortie de « Et Dieu… créa la femme » réalisé par Roger Vadim, Brigitte Bardot a posté sur Twitter une photo d’elle prise à La Garrigue, une de ses deux maisons tropéziennes avec la Madrague. Son chien et elle arborent un gilet jaune. Et Brigitte Bardot légende ainsi sa photographie : « Avec vous ! » Au Var Matin, elle a confié son soutien à ce mouvement de protestation contre la politique du président Emmanuel Macron.
Le 1er décembre 2018, Brigitte Bartot a explicité sa position : « Je suis avec eux. Macron n’a pas accordé la baisse des taxes prévue en janvier. Vous avez d’un côté des ministres avec chauffeur, de l’autre, des gens qui ont trois francs six sous pour finir le mois. Je vais finir par devenir communiste… Non quand même pas (sourire). Mais Macron tue les petites gens. Ça me fait mal au cœur. Je lui souhaite… une bonne jaunisse… [Le président Emmanuel Macron] se comporte comme un maître sans empathie, extrêmement lointain, supérieur, avec un côté royal. Mais seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Pourquoi ne pas accorder une prime de Noël aux Gilets jaunes afin qu’ils puissent acheter des cadeaux pour leurs enfants… [Le président Emmanuel Macron m’a rencontrée car il] voulait connaître nos besoins urgents. Le résultat n’a pas été à la hauteur. Dès qu’on a eu le dos tourné, il a accordé des avantages scandaleux aux chasseurs. On devait se revoir en décembre, mais il a remis le rendez-vous aux calendes grecques. Ce que je demande, c’est l’abaissement de la TVA sur les médicaments vétérinaires de 20 à 5,5 %. Les soins pour tous ces gens sans argent qui ont des animaux, c’est trop cher… Macron a un charme fou. Il devrait être acteur ce type. Il a un physique agréable, il est extraordinairement séduisant. [Brigitte Macron] est arrivée au milieu de notre rendez-vous avec leur chien. Je l’ai trouvée tout à fait charmante. Ils ont beaucoup d’allure tous les deux. C’est très joli leur histoire. Mais je préfère deux mochetés qui donnent des résultats. Le gouvernement ne fait rien (elle épelle) : R.I.E.N. »
Et Brigitte Bardot d’ajouter : « Je suis écœurée par la politique. J’en ai ras le bol. Je trouvais que Mélenchon avait de bonnes idées, et il est végétarien. C’est un type formidable, un meneur, quelqu’un qui pourrait vraiment réussir, mais il en fait trop, avec les immigrés par exemple… Plein de petits vieux n’ont rien à bouffer, on ferait bien de s’en occuper ».
Elle a aussi confié au Parisien son admiration pour l’essayiste Eric Zemmour : « Je le regarde à la télé. Il a du courage. Il dit ce qu’il pense, dans ce pays de langue de bois où, dès que l’on dit quelque chose de travers, on est traîné devant les tribunaux. J’ai été condamnée cinq fois. La plupart des gens n’osent pas l’ouvrir parce que c’est mal vu. J’ai toujours dit ce que je pensais. Ce n’est pas à 84 ans que je vais arrêter… Je l’adore ».
Le château de la Buzine à Marseille (Bouches-du-Rhône) accueille, jusqu’au 10 mars, l’exposition « Et Bardot créa le mythe ».

« Brigitte Bardot – Biographie »

En novembre 2018, les éditions Akfg ont publié « Brigitte Bardot – Biographie« . « Brigitte Bardot comme vous ne l’avez jamais lue, révélée par l’un des proches, Bruno Ricard « son ami de combat », écrira t-elle, son fan absolu, surtout le plus grand collectionneur « Bardophile » au monde, depuis des lustres responsable de son blog ! C’est ainsi qu’il vous raconte sa passion – la nôtre aussi – son parcours atypique, une BB vue sous toutes les coutures, sa famille, ses débuts, sa carrière, ses combats – surtout ceux voués sans cesse à la cause animale -, mais aussi ses petits secrets, l’histoire de sa vie, de ses victoires comme de ses échecs, un portrait sans fard de celle qui demeure l’icône absolue du cinéma français. Tout cela raconté à travers un récit dense, des témoignages, des anecdotes, une histoire qui va plus loin que ses (nombreuses) biographies puisque pétrie d’une authentique passion, presque un amour fou ressenti par les seuls vrais admirateurs qui n’ignorent rien de l’objet de leur fascination. Au final, un livre qui sort des sentiers battus qui, tour à tour, étonne, emporte, fascine, dérange parfois, illustrant au fil des pages une image différente de « sa Brigitte », radieuse et ombrageuse, naturelle et sophistiquée, simple et compliquée, douce et tonitruante, une femme simple qui, de Paris à Hollywood via Saint-Tropez, changea un jour le face du monde. De la star fabriquée à la farouche résistante, il fait le tour de BB à travers sa propre approche de ce qui demeure un authentique phénomène du cinéma, à la fois actrice adulée mais aussi férocement détestée, un véritable paradoxe entre les images radicalement opposées de l’ingénue de ses débuts à la femme libérée – car la libération de la femme a bien pris son essor à partir du mythe BB – celle aussi d’une incroyable transition entre la star que l’on imaginait parée de fourrures, et la farouche passionaria de la cause animale. Derrière ce paradoxe – de la reine du box-office à la Fondation BB ― un portrait habilement dressé de l’une des femmes incontournables de l’histoire du XXe siècle. Ce livre en apporte la preuve formelle… »

La Réunion
Dans une lettre rendue publique par la Fondation Brigitte Bardot, Brigitte Bardot s’est indignée de la maltraitance envers les animaux dans l’île de La Réunion : « Les autochtones ont gardé leurs gênes de sauvages », accusant les Réunionnais de « barbarie » à l’encontre des animaux. Elle évoque pêle-mêle « des réminiscences de cannibalisme des siècles passés », « une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches ».

Le préfet de La Réunion et des élus ont saisi le procureur de la République à propos de ces propos condamnés par le gouvernement et l’Assemblée nationale.

« Brigitte Bardot amoureuse »
Le 12 avril 2019, France 3 diffusa deux documentaires sur Brigitte Bardot : à 21 h 05, « Brigitte Bardot amoureuse » de Virginie Linhart – « En 1973, à 38 ans, Brigitte Bardot faisait ses adieux au cinéma, mettant un point final à une carrière riche d’une cinquantaine de films, dont une poignée de chefs-d’œuvre. Ce documentaire, fondé sur de nombreuses archives (filmographie, reportages, interviews, témoignages…), retrace la fabuleuse carrière de BB à travers sa quête d’amour. Surtout, il s’appuie sur une source inédite : les films amateurs tournés par Louis Bardot, le père de Brigitte. On y voit la future icône de Et Dieu créa la femme, de sa naissance à son adolescence, jusqu’à son mariage avec le réalisateur Roger Vadim. Des images du bonheur ? Pas sûr… » – et à 22 h 55 : « Brigitte Bardot le serment fait aux animaux » de Rachel Kahn et François Chaumont : « Dès 1973, connue du monde entier par ses seules initiales, BB fuit les caméras et devient une pionnière de la lutte pour les droits des animaux. Pour la première fois, la créatrice de la FBB raconte l’histoire de son engagement, porté par une passion sans faille »..

« La robe Vichy de Jacques Estérel » par Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein
France, 2013
Sur Arte le 23 janvier à 3 h 30

À partir du 19 janvier 2018
Au Théâtre de la Madeleine 
19, rue de Surène. 75008 Paris

Du mardi au samedi à 19h.

Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim
Iéna Productions, Cocinor, U.C.I.L, Raoul J. Lévy, 1956, 88 min

Image : Armand Thirard

Montage : Victoria Mercanton

Musique : Paul Misraki

Scénario : Roger Vadim, Raoul J. Lévy

Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant, Christian Marquand, Georges Poujouly, Jean Tissier, Jeanne Marken, Mary Glory, Isabelle Corey, Jean Lefebvre, Philippe Grenier, Jacqueline Ventura, Paul Faivre

Sur Arte le 28 décembre 2016 à 20 h 55

« La vérité » par Henri-Georges Clouzot
France, Italie, 1960, 123 minutes
Scénario : Henri-Georges Clouzot, Véra Clouzot, Simone Drieu, Jérôme Géronimi, Michèle Perrein et Christiane Rochefort
Production : CELAP, Iéna Productions
Producteur/-trice : Roger Debelmas et Raoul Lévy
Image : Armand Thirard
Montage : Albert Jurgenson
Musique : Igor Strawinski et Ludwig van Beethoven
Avec Brigitte Bardot, Charles Vanel, Sami Frey, Paul Meurisse, Marie-José Nat
Sur Arte le 23 mars 2020 à 20 h 55

Scandale ! Brigitte Bardot au secours des bébés phoquesde Philippe Collin, Xavier Mauduit, Frédéric Bonnaud
Sur Arte le 15 août 2015 à 20 h 36

« La bride sur le cou » de Roger Vadim

France, Italie, 1961, 86 min
Scénario : Jean Aurel, Roger Vadim et Claude Brulé
Production : Les Productions Jacques Roitfeld, Vides Cinematografica
Producteurs : Jacques Roitfeld, Francis Cosne
Image : Robert Lefebvre
Montage : Albert Jurgenson
Musique : James Campbell
Avec Brigitte Bardot (Sophie), Michel Subor (Alain Varnier), Mireille Darc (Marie-Jeanne), Joséphine James (Barbara Wilbury), Claude Brasseur (Claude), Jacques Riberolles (Philippe)
Sur Arte le 13 juillet 2021 à 15 h 50
Disponible du 06/07/2021 au 04/08/2021
Visuels : © Productions Roitfeld

Viva Maria, de Louis Malle

Nouvelles Editions de Films, Les Productions Artistes Associés, Vides Cinematografica, Oscar Dancigers, 1965, 112 min

Image : Henri Decaë

Montage : Kenout Peltier, Suzanne Baron

Musique : Georges Delerue

Scénario : Louis Malle, Jean-Claude Carrière

Avec Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Claudio Brook, Paulette Dubost, Poldo Bendandi, George Hamilton, Carlos López Moctezuma, José Ángel Espinosa ‘Ferrusquilla’

Sur Arte les 15 août à 13 h 35, 23 août à 13 h 35, 1er septembre à 13 h 35 et 9 septembre 2016 à 13 h 35

Visuels : © Gaumont 2013

« Spécial Bardot »

Par François Reichenbach et Eddy Matalon

France, 1968, 47mn

Musique : Francis Lai

Diffusion le 22 juillet 2012 à 16 h 15

Visuels : 
© Arte pour En cas de malheur
© Studio Canal
© Sony Pictures pour La Vérité
© Jean Adda
© Sipa. 1977 – Brigitte Bardot en campagne pour sauver les bébés-phoques au Canada

Cet article a été publié pour la première fois le 21 juillet 2012, puis le :

– 9 septembre 2012 à l’approche de la soirée Gainsbourg sur France 2 – Gainsbourg (Vie héroïque) de Joann Sfar, puis Un jour un destin, Gainsbourg – ce 9 septembre 2012 dès 20 h 45 ;

– 25 décembre 2012 à l’approche de la diffusion de Viva Maria, de Louis Malle, avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, le 26 décembre 2012 à 0 h 05 ;

– 27 novembre 2013. Arte a diffusé Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul, ce 27 novembre 2013 à 20 h 50 ;

– 24 mars 2014. Arte a diffusé à 20 h 40 La vérité d’Henri-Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot, Sami Frey et Marie-José Nat ;

– 23 mai 2014. France 5 a diffusé le 24 mai 2014 Le mystère Bardotdocumentaire de Gilles Nadeau ;

– 13 août et 23 septembre 2014. Toute l’histoire a diffusé les 13, 14 et 16 août 2014 Bardot, la méprise ;

– 7 juin 2015. Arte diffusa les 7, 9 et 26 juin 2015 En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul ;

– 7 décembre 2015. Le 9 décembre 2015, Toute l’Histoire diffusa Brigitte Bardot, la méprise ;

15 mai, 15 juin, 1er septembre et 29 décembre 2016, 26 octobre 2017, 25 mars et 21 décembre 2018, 13 avril 2019.

[Source : www.veroniquechemla.info]

Stefan Zweig (1881-1942) est né dans une famille juive viennoise. Biographe, chroniqueur de l’Empire austro-hongrois, ce romancier a décrit avec finesse les ressorts psychologiques de ses personnages. Un représentant de l’intelligentsia juive de la Mittle Europa fuyant le nazisme et disparue lors de la Seconde Guerre mondiale. Un des auteurs les plus lus au monde. Un « homme du paradoxe », discret sur ses tourments et biographe. Arte diffusera le 8 juillet 2021, dans le cadre de « Ah ! Ça lira… » (Lesefieber), « Le joueur d’échecs » (Schachnovelle). 


Publié par Véronique Chemla 
 
« Stefan Zweig, histoire d’un Européen » (Stefan Zweig. Ein Europäer von Welt) est un documentaire de Jean-Pierre Devillers et François Busnel (2013). Pourquoi pas un Européen juif ? Un « Européen ». C’est ainsi que le définit ce documentariste. Certes, mais un Européen Juif.

Le 22 février 1942, après avoir écrit à leurs proches et aux édiles de Petrópolis (Brésil), Stefan Zweig et sa fJemme Lotte, habillés élégamment, se suicident en consommant des barbituriques à Petrópolis où leur exil les avait conduits. 
 
« Malgré le fracas de la Seconde Guerre mondiale, le suicide de l’écrivain autrichien, dont les livres ont été brûlés quatre ans plus tôt, à Salzbourg, suscite une immense émotion. Le Brésil lui organisera des funérailles nationales ». Une « mort inexplicable ». Zweig « a perdu l’amitié et l’Europe ».
 
« Pourquoi le romancier, nouvelliste et biographe de génie, qui a connu un succès phénoménal de son vivant, a-t-il cédé à l’appel du vide ? »
 
Ce documentaire « remonte le fil de la vie tourmentée d’un écrivain de génie, l’un des premiers à rêver d’une Europe cosmopolite et moderne ».
 
« Pour démêler le jeu des forces obscures qui ont emporté sa vie, François Busnel et Jean-Pierre Devillers égrènent les étapes d’un parcours marqué par la recherche constante de la liberté ». 
 
Stefan Zweig est né en 1881 dans une famille bourgeoise viennoise apôtre de l’intégration. Son père dirige une usine de textile dans un empire austro-hongrois en déclins.

Zweig espère en une Europe au-delà des nationalismes. Sans passeport, il voyage en Europe, en Inde, aux États-Unis. Un goût de liberté.

« Spéléologue des âmes »
Zweig parle et écrit en cinq langues. Lucide, il décerne l’espoir dans la jeunesse, et l’ennui. Admirateur de Rimbaud, il publie ses poèmes à quinze ans.


Il découvre les innovations technologiques du début du XXe siècle, et une nouvelle discipline : la psychanalyse. Le Dr Sigmund Freud ouvre une voie originale.

Zweig publie Brûlant secret, une nouvelleUn premier livre qui exploite les mêmes thématiques que Freud : secret, paradoxe, forces obscures.

 
Ses « premiers succès, qui le rendent célèbre à 30 ans, son enthousiasme pour Freud, son goût du voyage et sa passion pour le progrès technique, annonciateur, croit-il, d’une humanité meilleure… : autant d’éléments biographiques qui éclairent une personnalité complexe ».

Marié, Zweig s’engage lors de la Première Guerre mondiale. Romain Rolland affirme son pacifisme. Zweig est convaincu par sa position. En 1915, Zweig se voit confier une mission.


En 1918, disparaît l’empire d’Autriche-Hongrie. Zweig se fixe à Salzbourg, en Autriche.

L’Allemagne de Weimar a succédé au Reich. En 1922, Zweig est profondément marqué par l’assassinat de Walther Rathenau, ministre allemande juif.

Zweig voyage. À Paris, « ville de l’éternelle jeunesse », il souhaite rencontrer Francis Scott Fitzgerald, déjà reparti aux États-Unis.

 
Mais l’auteur d’Amok, Lettre d’une inconnueconfession bouleversante d’un cœur aimant sans retour merveilleusement adapté par Max Ophüls, d’Amok, d’Ivresse de la métamorphose, roman à la structure complexe, ou du Joueur d’échecs voue un culte à l’amitié et exprime une foi profonde en une Europe moderne et cosmopolite.

« Ce livre est un chef d’œuvre ». Ainsi, est saluée La confusion des sentiments par Freud. Le succès de Zweig, quarantenaire, suscite jalousie et irritation. L’auteur se sent emprisonné dans sa fonction d’écrivain. Il puise dans l’écriture la force d’affronter la vie.

En 1929, Zweig est invité dans l’Union soviétique. Il constate la misère, la répression. Mais il ne dénonce pas publiquement le régime communiste. Ce qui lui vaut de vives critiques de la presse autrichienne.

 
« Deux croyances cruellement déçues : l’Europe se déchire dès 1933 et certains des proches de l’écrivain – comme beaucoup de ses lecteurs – critiquent sa réticence à prendre publiquement parti contre les régimes nazi et soviétique ».

Zweig présente des points communs à son personnage, Le bouquiniste Mendel. Les livres revêtent une importance majeure dans sa compréhension du monde et des êtres humains.

1933. Après l’avènement du nazisme, les écrivains juifs sont interdits de publication, et leurs livres brûlés.

 
Mais « si Zweig peine à s’engager, c’est qu’il préfère dans ses livres se faire l’archéologue des passions amoureuses ». Sa langue s’avère sa patrie.
 
Blessé, refusant la haine, silencieux – ce que critiquent Joseph Roth et Klaus Mann -, « devenu en tant qu’écrivain progressiste et Juif un paria en Autriche, il s’exile et ne se relèvera pas de ses désillusions  ». Déchiré, Zweig ne saisit pas l’ampleur des bouleversements à venir. Son épouse demeure à Salzbourg, et sa secrétaire l’accompagne. À Londres, ce quinquagénaire doit recommencer sa vie sans l’enthousiasme qui le portait dans sa jeunesse. Dans Erasme, il justifie ses positions, répond aux critiques…

En 1935, il poursuit ses voyages. Son opéra coécrit avec Strauss est interdit au bout de quelques jours. Ses livres sont définitivement mis à l’index par les Nazis. Brésil, Argentine… L’accueil est enthousiaste à l’exilé. Zweig achève La Pitié dangereuse.

Apatride, déchu de sa nationalité, Zweig sollicite la nationalité britannique qu’il obtient en 1940. Il prononce l’oraison funèbre de Freud.

En 1939, la Deuxième Guerre mondiale éclate. Divorcé, Zweig épouse Lotte.

Il quitte définitivement l’Europe en 1940. L’année suivante, il arrive à New York où il soutient le Comité de soutien aux réfugiés. Il débute son autobiographie, Le Monde d’hier.

En 1941, il rejoint le Brésil, pays de métissage, où il rencontre Bernanos.

Une « fatigue morale doublée d’un découragement politique » le saisissent. « La terreur que m’inspire l’époque croît jusqu’à la démesure », écrit Stefan Zweig avant de se suicider. Lotte souffre d’asthme. Zweig classe ses archives…

Arte rediffusera « Stefan Zweig, histoire d’un Européen » (Stefan Zweig. Ein Europäer von Welt), documentaire de Jean-Pierre Devillers et François Busnel (2013). Une « relecture passionnante d’une existence aussi tourmentée que son temps, et des œuvres qu’elle a brillamment produites ».

Du 16 septembre au 2 avril 2017, le Théâtre des Mathurins a présenté Le monde d’hier, d’après Stefan Zweig dans une mise en scène par Patrick Pineau et Jérôme Kircher. « Le Monde d’hier », l’autobiographie de Stefan Zweig, « est un livre-phare. Seul des grands textes de l’auteur de « Lettre d’une inconnue » à n’avoir jamais été adapté au théâtre, ce récit d’une vie dans le siècle embrasse toutes les splendeurs et les catastrophes de l’Europe depuis l’époque de la grandeur de Vienne jusqu’à son anéantissement. À la fois chant du cygne et message d’espoir, ce texte s’y avère d’une poésie et d’une puissance inouïes. Aujourd’hui plus que jamais, la voix de Zweig, éteinte un soir de février 1942, nous manque. Le projet de ce spectacle, adapté par Laurent Seksik (auteur des « Derniers Jours de Stefan Zweig ») et joué par Jérôme Kircher, est de la faire à nouveau entendre et de faire revivre sous nos yeux un  monde étincelant et perdu ».
« Conscience contre violence »

Republié en livre de poche en 2010, « Conscience contre violence » (Ein Gewissen gegen die Gewalt) écrit en 1936 sur une commande du pasteur Jean Schorer, « ce précieux document était devenu introuvable depuis près de cinquante ans ! À partir du conflit exemplaire entre Sébastien Castellion (1515-1563) et Calvin, Stefan Zweig nous fait vivre un affrontement qui déborde de beaucoup son cadre historique. Cette cause nous intéresse tous : liberté et tolérance contre intégrisme. »

Ce livre s’ouvre par une citation de l’humaniste défenseur de Michel Servet ayant contesté l’austère et autoritaire Calvin, maître de Genève : « La postérité ne pourra pas comprendre que nous ayons dû retomber dans de pareilles ténèbres après avoir connu la lumière. » (De Arte Dubitandi, 1562)

« Si Stefan Zweig finit de rédiger ce texte prémonitoire en 1936, en pleine montée du fascisme, il faut y voir un sens profond. En effet, comment ne pas faire le rapprochement entre la ville de Genève et l’Allemagne nazie, entre Calvin et Hitler, les sbires de Farel et les hordes hitlériennes ? »

« Quelques décennies plus tard, fanatisme religieux et résurgence des extrêmes droites doivent à nouveau nous ouvrir les yeux. Cet écrit polémique devient alors une charge d’une force redoutable. »


« Stefan Zweig, adieu l’Europe »

Le 21 novembre 2018, Arte diffusera « Stefan Zweig, adieu l’Europe » (Vor der Morgenröte) par Maria Schrader, avec Josef Hader, Aenne Schwarz, Barbara Sukowa, Nahuel Pérez. « En 1936, Stefan Zweig quitte l’Europe pour l’Amérique du Sud. D’abord accueilli à Rio de Janeiro, l’auteur de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme est célébré par la bonne société brésilienne. Mais le romancier, interrogé sur ses positions et son engagement, refuse de se laisser aller aux simplifications. Par ailleurs, fasciné par le Brésil, l’écrivain entreprend l’écriture d’une nouvelle œuvre. Accompagné par sa nouvelle épouse, Lotte, il explore différentes régions du pays. »

« De 1936 à 1942, cinq instantanés du long exil qui a précédé le suicide au Brésil de l’écrivain Stefan Zweig. Une sobriété documentaire que l’acteur autrichien Josef Hader rend bouleversante.

« 1936, Rio de Janeiro. Voici deux ans déjà que le mondialement célèbre Stefan Zweig, mis à l’index par l’Allemagne hitlérienne, a fui l’Autriche pour s’installer provisoirement en Grande-Bretagne, habité par la certitude prémonitoire que les nazis vont s’emparer de son pays et propager la guerre en Europe. Invité au Brésil avec sa jeune épouse Lotte, qui fut sa secrétaire, pour présider un dîner de gala, il rejoint ensuite à Buenos Aires le congrès du Pen Club, où on l’attend comme un oracle. Mais alors qu’à la tribune on scande son nom parmi ceux des écrivains persécutés par le IIIe Reich, l’auteur d’Amok et de Lettre d’une inconnue refuse face aux journalistes de condamner publiquement le régime. « Tout geste de résistance qui ne comporte aucun risque et reste sans effet relève de la pure vanité », objecte-t-il à Brainin, le jeune compatriote ulcéré qui le somme de dénoncer Hitler. »

« Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux », écrira Zweig le 22 février 1942, avant de se suicider au véronal avec Lotte dans leur maison de Petrópolis, non loin de Rio. Entre les prémices de la guerre et la sauvagerie qui jour après jour, à l’autre bout du monde, détruit tout ce qui lui est cher, entre un hiver new-yorkais et les luxuriances tropicales du Brésil, Maria Schrader (dont le film s’intitule en allemand « Avant l’aurore ») met en scène avec une précision et une sobriété documentaires cinq tableaux d’une errance de plus en plus douloureuse. Sans prétendre percer le mystère d’un homme qui décrivit si finement l’âme humaine, et dont les mots portent ce film, l’acteur autrichien Josef Hader suggère de façon bouleversante la souffrance, la peur et l’épuisement qui affleurent sous l’élégance. »
« Le joueur d’échecs »

Arte diffusera le 8 juillet 2021, dans le cadre de « Ah ! Ça lira… » (Lesefieber), « Le joueur d’échecs » (Schachnovelle). Ce court roman de Stefan Zweig a été édité à titre posthume en 1943. Sur un paquebot naviguant de New York à Buenos Aires,  deux joueurs d’échecs, aux parcours et style de jeu différents, se rencontrent…
« Avec la complicité du conteur Daniel Pennac, une invitation à la lecture et à l’écriture pour le jeune public. Lire et raconter ce qu’on a lu pour susciter l’envie, confronter Riad Sattouf ou Thomas Fersen aux Droits du lecteur de Daniel Pennac, sauter le pas et prendre soi-même la plume… Cette collection illustrée par les étudiants de l’École Estienne est une invitation à plonger dans dix romans classiques, aux âges où la littérature jeunesse se double d’une faim de littérature tout court. »
« Aujourd’hui : Joseph embarque sur un bateau pour une palpitante partie avec Le joueur d’échecs de Stefan Zweig. Est-on obligé de lire ? Lena et Zach posent la question à des stars de la littérature. Elia et Joseph imaginent un voyage dans le temps provoqué par l’ingestion de champignons phosphorescents. »
« Le joueur d’échecs »
France, 2020, 10 x 26mn
Collection documentaire de Charles Castella, Christian Popp et Alice de Poncheville
Coproduction : ARTE GEIE, Yuzu Productions
Sur Arte le 8 juillet 2021 à 6 h 35
Disponible sur arte.tv du 29/06/2021 au 06/08/2021

« Stefan Zweig, adieu l’Europe » par Maria Schrader
Allemagne, Autriche, 2016, 99 min
Scénario : Jan Schomburg, Maria Schrader

Production : Idéal Audience, Maha Productions, Dor Film Produktionsgesellschaft, BR, WDR, ARTE France Cinéma, ORF, X Filme Creative Pool
Producteur/-trice : Stefan Arndt, Danny Krausz, Denis Poncet, Uwe Schott, Pierre-Olivier Bardet, Kurt Stocker
Image : Wolfgang Thaler
Montage : Hansjörg Weissbrich
Musique : Tobias Wagner
Avec Josef Hader, Barbara Sukowa, Aenne Schwarz, Matthias Brandt, Charly Hübner, André Szymanski, Lenn Kudrjawizki, Vincent Nemeth
Sur Ciné + Club les 29 mai 2018 à 19 h et 1er, 3, 4, 7 ainsi que 8 juin 2018

Sur Arte le 21 novembre 2018 à 20h55

Du 16 septembre au 2 avril 2017
Au Théâtre des Mathurins

Adapté du texte original « Le Monde d’Hier »
Edition Les Belles Lettres – Traduction Jean-Paul ZIMMERMANN
Mise en scène : Patrick PINEAU et Jérôme KIRCHER
Scénographie et Lumières : Christian PINAUD
Musique : Michel WINOGRADOFF
Collaboratrice à la mise en scène : Valérie NEGRE
 
« Stefan Zweig, histoire d’un Européen » par Jean-Pierre Devillers, François Busnel
2013, 52 minutes
Sur Arte le 6 janvier 2015 à 22 h 35, le 29 novembre 2017 à 22h50 
 
Visuels :
La maison de Stefan Zweig à Salzbourg
© Rosebud Productions
 
 
Les citations sur le concert viennent d’Arte. L’article a été publié le 6 janvier 2016, puis les 14 mars et 29 novembre 2017, 28 mai et 21 novembre 2018.
 
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Braga era una fiesta —dice Claudio— parafraseando a Hemingway. Caminó por la ciudad histórica que se encuentra al Norte de Portugal. La sintió como sienten los escritores algo que va más allá de las palabras. Y ahora que buena parte del mundo está metido en sus hogares, la recuerda y la comparte.

La ciudad enamora, atrae, invita a visitarla, cuando uno lo va leyendo a Claudio.

Escrito por Claudio Ferrufino-Coqueugniot

Ni sé ya si la memoria se confunde, o se conjuga, con lo onírico. Visité Braga, claro, seguro. Adrián Antezana me esperaba en la estación de trenes. Una hora desde Porto, Oporto. Del Duero a la Edad Media, del fado al silencio –pensé- pero no fue así. Vino y pinga, como llama o povo brasileiro a la cachaça, ron de pobres. Era una fiesta, parafraseo a Hemingway. No París sino Braga, iluminadas sus rocas medievales, la supuesta santidad milenaria que da escozor en la espalda cuando se piensa en el horror de la religión y su saña. Escolaridad por otro lado, erudición, letras y el magnífico elixir de uva portugués como secreto guardado por monjes que serían maestros y asesinos a su vez. A la vez.

Esperé en São Bento, de camisa roja cuadriculada. Polera debajo, como acostumbro, de jubilado protegiendo los pulmones, o de elegancia de dandy paceño. De reojo miraba el reloj digital de la estación. Trenes modernos, multitud. Hermosos azulejos pintados con escenas históricas. Épica de una nación que se echó al mar pero combatió en tierra a moriscos y africanos. El frío azulejo, de obvio tono azul, se multiplica en las paredes. Esa pieza ornamental es gloriosa en Portugal. Fotografié sin pausa ni desgano Santo Ildefonso, iglesia del siglo XVIII en Porto, porque encarna la belleza tanto como la inmortalidad. ¿Arquitectos de Dios? Los masones dirían que sí, todo es cuestión de compás y medida.

Esperé en São Bento, de camisa roja cuadriculada. Polera debajo, como acostumbro, de jubilado protegiendo los pulmones, o de elegancia de dandy paceño.

Desayuné antes de ir, supongo, en uno de tantos cafés alrededor. Entusiasmado por el inicio de un viaje que sería mi retiro a lo Rimbaud hacia el olvido. Error que me cargué con dos maletas y no con una pequeña mochila de bersagliere que me hubiese permitido mis lapiceros, un par de libros y ropa interior de Victoria’s Secret que me compraría amor.

Se ha nublado en la calle Clarkson mientras escribo y escucho a Balakirev. Tiempo de preparar un ron de macadamia, rojo tinto, con Sprite, limón y hielo. Salir a la terraza y revisar si la papa que sembré delante de la casa se ha podrido o parió. Cuarteé el tubérculo como vi hacerlo en Pocona en los años 80, cuando sembramos bajo el sistema de compañeros y tardamos tres días en cosechar mientras bebíamos 72 horas un infame alcohol de caña. Veremos. Llueve y no faltará agua, aunque este calor de verano parece marciano. Penumbra de las dos de la tarde. Alivio después del fuego.

Lo nublado se convirtió en torrente del cielo. Me recordó los imprevistos y pavorosos temporales que se abaten sobre la urbe de São Paulo. Entonces arrastraba el agua toneladas de basura. Cambió, no puedo decirlo. Lo asocio con el café caliente en copas de vidrio con agarrador y funda de metal. El boliviano que me acompañaba pidió no sacar billetes grandes, que aquí te cortan el cuello por poco, aseveró. Creo que murió ya; yo sigo vivo. Cortado o ultrajado, lo ignoro, ni me interesa. ¿Poco apego por la vida? La de algunos otros, por qué no.

De la estación de tren, Adrián me llevó a su casa. Su linda esposa y el pequeño hijo colmaron las expectativas de amabilidad. Adrián pidió permiso para la noche, para quemarla, inmolarla, sacrificarla a la fiesta nacional nuestra, la patria grande que es chupa eterna y no otra cosa.


Claudio recorrió la ciudad con su camisa roja cuadriculada. Polera debajo, como le gusta.

Nos acicalamos, y entre llovizna portuguesa, medio inclinada, comenzamos el periplo de los bares. A esa hora todavía los parroquianos no dejaban el hogar. Como en España, aquello comienza a las diez. Los bolivianos a las diez de la mañana, costumbres ancestrales dirán, el imperio de Momo. También en el norte argentino, quechuas lo mismo, mimetizados en otra pronunciación pero enmarcados en la raza. Argentinos que a “chunku” dicen “shunko”, según resaltaba mi padre, quechuista inteligente, refiriéndose al autor argentino Jorge Ábalos que escribió una famosa novela, que llegó al cine, con ese título. Del primer Shunko Ábalos vienen los que siguen, incluidos sobrinos míos, hijos de la bella Matelé Coqueugniot.

De esa odisea alcohólica, que culminó a las seis de la mañana y a la que siguió paz de tumba, hablé un poco ya en un texto sobre los tatuados, amigos brasileros que habitan Braga, estudian, enseñan, y que retornaron a la pinga con avidez. Hubo una muchacha judía dueña de bar. Hermosa como Rebeca y peligrosa como Judith, la pretendí sin descanso por diez minutos. Supe que el sitio mataría al sitiador de hambre y no al contrario. Me retiré, no cabizbajo, sino mirando con la nuca a la sin par María, patrona de un concurrido bar de intelectuales donde nuestras maneras salvajes, cerriles y selváticas, no cayeron muy bien dentro de la sofisticación progre de los eternos salvadores del mundo, lenines con casulla de dominicos.

Hace poco me contactó Luciano Mata, uno de los amigos brasileños de entonces. De la cabeza a los pies el hombre ilustrado de Ray Bradbury. Cierto que los universos pegados con tinta a su piel pronto se doblegaron a la falta de coherencia que la pinga atrae. Las flores se hicieron espinos y el tamanduá trepado al árbol, si hubo alguno, cayó en la fosa de la melancolía que es un mar lechoso que ahoga.

De ida y de vuelta, a pesar del empeño cochabambino que pongo en la fiesta, no dejé de observar los murallones, las sombrías torres, monumentales templos. Mi mente, que bailaba cumbia o forró, fotografiaba sin embargo las piedras cargadas de sufrimiento y de historia. Festejar no implica olvidar. Si bien no era ahora tiempo de ponerse la faca entre los dientes para el degüello, no se podía no pensar en ello. No he leído si Braga era solo académica ni los entretelones de las guerras de religión. A veces es bueno no saberlo y dejar remar la imaginación por aguas tan verdes como las de Yellow Submarine.

De la estación de tren, Adrián me llevó a su casa. Su linda esposa y el pequeño hijo colmaron las expectativas de amabilidad.

Porto tiene monumentales piedras talladas también. El barrio antiguo sobre las colinas y sus vericuetos urbanos forman parte de ellas. Pero Braga es quizá más esparcida, abierta, y los edificios resaltan como hongos del amanecer. Converso con Adrián y me dice que disfruta de la pequeña ciudad, que en ella tiene todo lo que le hace falta, además de la tranquilidad económica. Ni para decir que es de espíritu sedentario; anduvo por los emiratos y el Japón. La familia es el plomo necesario, ajustable, que mantiene tieso el hilo de pescar. Con él, gracias y por, no solo la bonanza proviene de río revuelto sino de aguas mansas. Algo que no supe hacer, que desequilibré con constancia malhechora. Quedan las hijas, pero la pareja, siendo la argamasa fundamental de la edificación, ha sido lavada como mezcla débil de arena y cemento que jamás pasará de levantar un piso y deshacerse. ¿Castigo o bendición? Está nublado en la calle Clarkson norte. Al fondo de los callejones de Braga siempre había un imponente monstruo levantado desde la fe. Hombre de poca fe, siervo sin Dios, oveja hecha cabra montés. A pesar de ello sé sentarme a observar con respeto y una tranquilidad como de Valium, los delirios de la, otra vez, fe. Me someterán el día del juicio que nadie ha comprobado si sucede en serio, a la prueba de caminar sobre brasas. Si no me quemo tendré santidad; caso contrario olerá a parrillada, corte mitad argentino con bestiario boliviano. Entre suave e incomible, mucho de sal y una taza de pimienta negra, que con la blanca nunca aprendí a cocinar.

Dime tú, mientras reviso fotografías de Braga, si esas iglesias me sobrevivirán. No cargan la certeza de lo efímero que concentro yo. Son piedras y yo de carne, de arriba abajo pecado original.

Me atraen las torres. Miraba las puntas de la catedral de Amiens, la torre detrás de ella, desde donde lanzaron a los niños en cruzada para que el maestro Schwob contara sus huesecillos como chuis. Los vendieron en el bazaar, a la sevicia de sultanes y orgiásticos mamelucos. Desconfío de estas paredes tan tranquilas, donde uno sin mucho esfuerzo situaría alguna divinidad para adorar. Torres de Braga que se ocultan. Lo bueno de la sangre, para quienes la derraman, es que se seca y se transforma en viento. Con ella el simún que atraviesa Palestina se tiñe de bermejo y parece que nada ocurriera, que el mundo sigue un cauce indetenible de santidad.

Llaman al pasaje. Miro Londres debajo; poco puedo ver. Al otro lado del mar me siento en un tren, es octubre, y el boleto dice que voy a Braga. He de escudriñar la historia. Beber de ella.

Evaporo los humos de demasiada cerveza, las úlceras del potente ron blanco y no tengo chiles picantes para cauterizarlas. Dormitando en el tren que me devuelve a Oporto, mirando los increíbles ojos de una mustia portuguesa, los muros de Braga, de un amarillo que les daban los reflectores, me obligan a sentirme chico, a denigrar el día siguiente que consistirá en comer chorizos con papa frita y peri peri, desayunar en el hipermercado de enfrente, recordar mi casa en ruinas, las máscaras punu que volvieron a la tumba de donde las arrebataron.

Espero en el aeropuerto de Gatwick, Londres, el avión que por cien dólares me llevará a Porto. Por ahora no pienso en Braga sino en Lisboa. En Vigo también por palabras de Paz Martínez. Son los primeros días de una aventura que comienza formal, enloquecerá, y habrá un retorno pausado hasta el nuevo ataque epiléptico de deseos y amores, de fiesta brava, baile y vino. La monástica Braga será un bálsamo, lo admito, porque en medio del desenfreno ponía como flashes de cielo e infierno sus inconmovibles piedras, voces de coros antiguos, misas que todos necesitamos, el cómo va de cada uno.

Llaman al pasaje. Miro Londres debajo; poco puedo ver. Al otro lado del mar me siento en un tren, es octubre, y el boleto dice que voy a Braga. He de escudriñar la historia. Beber de ella. Encapricharme y ya de lejos escuchar la lluvia mientras recuerdo y escribo, mientras escribo para recordar.

 

[Fuente: http://www.revistanomadas.com]

Mario Vargas Llosa

Escrito por Álvaro García Linera

Todas las cosas envejecen: los organismos vivos, las personas y las ideas. Es la dureza de la segunda ley de la termodinámica. Pero hay maneras dignas de hacerlo, manteniéndose leales a los principios con los que se alcanzó el cenit de la existencia, consciente de los errores y sin arrepentimientos ni transformismos de última hora. Pero hay existencias que se corrompen por elección, que se degeneran por decisión. Son los seres que se revuelcan en la putrefacción del alma arrastrando tras de sí las pestilencias de un destino extraviado.

Este es el patético devenir del político Vargas Llosa de hoy; no de aquel genio literario que hizo méritos propios para entrar en la estantería de las letras universales con “La ciudad y los perros” o “Conversación en la catedral”.  Su actual prosa política viene chabacana, llena de monstruosidades ideológicas que mancillan la pulcritud de los ideales conservadores que algún día profesó. Es como si hubiera un empeño deliberado por envilecer  a la persona que obtuvo el Premio Nobel  y dejar en pie a un decadente político atribulado por pasiones bárbaras.

Vargas Llosa se traga sus otrora enjundiosas convicciones democráticas para apoyar sin decoro a la heredera y encubridora del régimen fujimorista que cerró el Congreso de la República, suspendió al poder judicial, ordenó el asalto militar de medios de comunicación del Perú y promovió escuadrones de la muerte con decenas de masacres en su haber. Eso habla de un pervertido drama en el que un reposado liberal muta a un ardiente neofascista. 

Y no es un tema de temperamento débil o convicciones efímeras que quizá, en este caso, hayan ayudado a la elegancia de su prosa. En realidad, Vargas Llosa es un ejemplo letrado de un desplazamiento emocional de la época.

Respalda groseras maniobras de la derrotada Keiko Fujimori que denuncia “fraude” electoral y anula miles de votos de comunidades indígenas y mantiene un curioso silencio frente al manifiesto de ex jerarcas militares para que las Fuerzas Armadas desconozcan la victoria de Pedro Castillo.  Así se emparenta ideológicamente con Trump que instigó a sus seguidores a tomar violentamente el Congreso de Estados Unidos en enero del 2021; o con el candidato presidencial Carlos Mesa que, al conocer su derrota en noviembre del 2019 contra Evo Morales, convocó a los suyos a incendiar los tribunales electorales bolivianos, incluidos los votos de los ciudadanos. Se trata de actitudes no muy diferentes a la de Bolsonaro que reprocha a las dictaduras brasileñas (1964-1985) el solo haber torturado en vez de haber matado a los izquierdistas; o a la indignidad de Piñera arrugando su pequeña bandera nacional, para mostrarle a Trump que sus colores y estrella cabrían en una esquina de la bandera norteamericana.

Son síntomas del ocaso de un liberalismo político que, en su rechazo a asumir con aplomo el crepúsculo de sus luces, prefiere desnudar sus miserias en la retirada. Antes podía jactarse de su filiación democrática, su tolerancia cultural y conmiseración por los pobres, porque, con independencia del partido político victorioso, los ricos siempre triunfaban en el mundo en el que las alternativas de “mundos posibles” estaban diseñados a su medida.

Ahora el planeta se ha sumergido en una incertidumbre de destino. Las élites dominantes divergen sobre cómo salir del atolladero económico y medioambiental que han provocado, los pobres ya no se culpabilizan de su pobreza, la utopía neoliberal se desvanece y los sacerdotes del libre mercado ya no tienen a sus pies a feligreses a quienes embaucar con redenciones futuras a cambio de complacencias actuales.

Es el tiempo del ocaso del consenso globalista. Ni los de arriba tienen criterios compartidos de hacia dónde ir; ni los de abajo confían en el viejo curso que los de arriba les señalaban. Todos viven un estado de estupor colectivo, de ausencia de futuro factible que desencadena, entre los humillados globales, estallidos de angustia, malestar, enojo y sublevación. Occupy Wall Street, el Movimiento de los Indignados en España, los “chalecos amarillos” de Francia, los levantamientos populares de Chile, Perú y Colombia, las oleadas de progresismos latinoamericanos, son los síntomas de una convulsa de época de ansiedades desatadas que apenas comienza. Nadie de los inconformes sabe con certeza hacia dónde ir, aunque saben con claridad plebeya y callejera lo que ya no pueden soportar. Es la época de un presente que desfallece y de un futuro que no llega ni anuncia su existencia y las viejas creencias dominantes se fisuran, se repliegan para dar paso a la incredulidad radical primero, y luego, a la búsqueda de alguna nueva certidumbre donde enraizar las esperanzas.

Se trata de un caos creador que erosiona las viejas tolerancias morales entre los de “arriba” y los de “abajo” y que, con ello, empuja al consenso neoliberal que agrupó a la sociedad a replegarse. La calle y el voto, ya no los medios de comunicación ni los gobiernos, son ahora los espacios de la gramática donde se escribirá el nuevo estado de animo popular.  La democracia se revitaliza desde abajo, pero paradójicamente por ello, se ha convertido en un medio peligroso para los ideólogos neoliberales que fueron demócratas en tanto el voto no pusiera en riesgo el consenso privatizador y de libre mercado. Pero, ahora que la calle y el voto impugnan la validez de este único destino, la democracia se presenta como un estorbo y hasta un peligro para la vigencia del neoliberalismo crepuscular.

Las denuncias de fraude que se extiende por las Américas, y que seguramente se harán presentes en Europa, no son solo el aullido de guerra de los derrotados. Son la desesperada consigna de las ahora minorías neoliberales, para atacar sistemáticamente la institucionalidad democrática y la legitimidad del voto como modo de elección de gobernantes. El golpe de Estado tiende a instalarse como una opción factible en el repertorio político conservador.  Y todo ello lo hace cabalgando un lenguaje enfurecido que aplasta en su galope cualquier respeto por la tolerancia y el pluralismo. Enarbolan sin reparos el supremasismo racial contra indígenas y migrantes por igual.  Desprecian el inconformismo plebeyo al que califican de expresiones de “hordas salvajes”, “ignorantes” “alienígenas” o “terroristas”. Y en un anacronismo risible, desempolvan la fraseología “anticomunista” para encubrir con miedos atávicos el disciplinamiento violento de los pobres, las mujeres y los izquierdistas. El neoliberalismo va degenerando en un acomplejado neofascismo.

Estamos ante la descomposición del neoliberalismo político que, en su fase de ocaso y perdida de hegemonía, exacerba toda su carga violenta y está dispuesto a pactar con el diablo, con todos las fuerzas tenebrosas, racistas y antidemocráticas, para defender un proyecto ya malogrado. El consenso universalista del que se jactaba el neoliberalismo en los años 90s, ha dado lugar al odio enfeudado de una ideología de outlet. Y, como lo demuestra el último Vargas Llosa, la narración de esta putrefacción cultural es un bodrio literario carente de la épica de las derrotas dignas.    

 

[Foto: Télam – fuente: http://www.eldiarioar.com]

Dans son dernier livre Mossad Amazons, l’historien Michael Bar-Zohar, spécialiste des services secrets israéliens, dresse le portrait de vingt femmes ayant marqué l’histoire de l’agence de renseignement. Il délivre des anecdotes sur ces figures d’exception.

Michael Bar-Zohar a pu interroger des dizaines d’agents féminins du Mossad.

Écrit par Thierry Oberlé

 

LE FIGARO.- Quelle est la place des femmes dans le ?

Michael BAR-ZOHAR. – L’image du  dans le monde c’est des gars costauds, des James Bond mais il y a aussi des femmes qui ne sont pas moins capables que les hommes. Ce sont des femmes qui viennent du monde entier: d’Égypte, du Liban, de Pologne, du Canada, d’Australie, de France. Le  cherchait à l’origine des femmes qui pouvaient se mêler à la population et de ne pas éveiller des soupçons. Elles ont été recrutées en Israël et en ont reçu la nationalité. Aujourd’hui, elles montent dans la hiérarchie. Une femme avait été préparée pour devenir le chef du , elle était soutenue mais elle a préféré quitter l’agence. Elle m’a dit : « L’étincelle a disparu. Il faut pour faire le job avoir le patriotisme, mais aussi un esprit d’aventure, aimer les émotions fortes. J’ai senti que je n’avais plus ça ».

Elle avait commencé sa carrière comme secrétaire, puis a travaillé en duo dans des pseudo-couples d’agents. Les femmes espions ont des sens, des instincts, des capacités que les hommes n’ont pas. Et, elles n’ont pas souvent l’ego très fort des hommes. Ce que l’homme a en force physique est remplacé, selon moi, par une force intellectuelle. Elles sont plus en mesure d’improviser. L’une des plus brillantes d’entre elles fut sans conteste Yael. Elle a écumé les pays du Moyen-Orient de Beyrouth à Bagdad. Une carrière formidable marquée par l’attaque israélienne contre le réacteur nucléaire irakien. « Si on lui donnait toutes les médailles pour ses missions, il n’y aurait pas de place sur sa poitrine », dit d’elle Tamir Pardo, l’ex-patron du . Elle a 84 ans. Quand on la rencontre, on ne peut pas imaginer ce qu’a réalisé cette Mata Hari.

Y-a-t-il des figures françaises?

Bien sûr ! Comme cette jeune fille qui après mai 1968 était l’une de ces étudiantes féministes qui brûlaient leurs soutien-gorge sur les barricades. Elle a suivi des études en Israël où elle roulait en Harley Davidson. Elle a reçu un jour un courrier du ministère des Affaires étrangères israélien. Un groupe d’experts l’a interviewée pour la recruter. Elle est devenue la pseudo-femme d’un agent du  qui se trouvait au Caire après la guerre du Kippour. Ils y passèrent deux années.

Au début, son pseudo-mari lui prépara une chambre séparée. Elle refusa pour ne pas attirer les soupçons des domestiques. À Suez, au musée de la guerre du Kippour, elle a photographié des half-tracks tâchés de sang séché de combattants israéliens pour aider à l’identification des soldats tués. Ils sont tombés amoureux mais en rentrant de mission, l’agent est revenu à son amour d’antan. Après des déconvenues, il a fini par se suicider sur une plage d’une balle dans la tête. Elle est devenue une femme importante du Mossad. Aujourd’hui, elle chante du Brel et des chansons françaises sur scène dans une ville israélienne sans que personne ne se doute de son passé.

« L’image du Mossad dans le monde c’est des gars costauds, des James Bond mais il y a aussi des femmes qui ne sont pas moins capables que les hommes » Michael Bar-Zohar

Quel rôle ont joué les femmes dans l’opération Orchard qui, en 2007, a permis de détruire un réacteur nucléaire syrien ?

Tout commence à Vienne avec la visite du président de la commission syrienne de l’énergie atomique pour une réunion de l’AIEA. L’émissaire de Damas découvre une fille assise devant sa valise dans le couloir de l’hôtel. Elle dit avoir perdu la clé de son bagage qui contient sa clé d’hôtel, ses papiers, son argent. Il parvient à débloquer la fermeture avec le passe de sa chambre. La jeune femme saisit l’occasion pour en prendre l’empreinte. Le lendemain matin, au petit-déjeuner, il partage sa table avec une cliente de l’établissement. Elle s’énerve au téléphone: son compagnon lui fait faux bond pour un repas d’anniversaire dans un grand restaurant. La conversation se noue et le courant passe. Ils dînent ensemble dans le fameux établissement.

Un responsable arabe de ce rang qui rencontre une fille libérée laisse son téléphone portable à l’hôtel pour éviter les ennuis et ne pas être repéré. L’occasion pour une troisième comparse d’entrer dans sa chambre, de briser le code du portable et de découvrir 35 photos d’un réacteur nucléaire construit d’après les clichés par des Asiatiques. Damas bâtissait une centrale nucléaire à Deir es-Zor avec l’aide de la Corée du Nord et le Mossad n’en savait rien. Meir Dagan, le patron du Mossad se précipite chez le Premier ministre Ehud Olmert, qui demande à George W. Bush de bombarder le réacteur. Refus au nom du principe de respect de la souveraineté nationale syrienne. Les Israéliens se chargent de la mission. L’année suivante, le général Mohammed Sleiman, le maître d’œuvre du projet, est assassiné à Tartous sur la terrasse de sa résidence secondaire donnant sur la mer Méditerranée. Des plongeurs de combat israéliens l’ont abattu avec un silencieux.

Il existe également des échecs au féminin !

Oui ! Prenez l’opération « Colère de Dieu » montée pour éliminer les membres du commando de l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. Un innocent a été tué à la suite d’une méprise à Lillehammer en Norvège et les agents du Mossad ont été arrêtés par la police locale. Parmi eux, Sylvia Rafael, une femme ravissante, très glamour. Basée à Paris, elle a une couverture de photographe de presse et un passeport au nom Patricia Roxburgh. À Djibouti, elle couvre une révolte sanglante. Un scoop mondial. Son agence organise une expo au Ritz à Paris.

Elle rencontre l’ambassadeur de Jordanie au vernissage qui l’invite à Amman. Elle est reçue au palais du roi pour une séance de photos avec la famille royale. C’est en lisant la une de son journal jordanien du matin, au petit-déjeuner, que le roi Hussein découvre la photo de Sylvia Rafael présentée comme un agent du Mossad. Sylvia avait besoin de passion. Elle avait une liaison à Paris avec un journaliste anglais, Jon Swain, et avec un journaliste allemand. Jalouse, elle avait demandé au Mossad de placer sous surveillance téléphonique son amant allemand. Le Mossad a fini par le recruter. En prison, elle est tombée dans les bras de son avocat norvégien. Ils ont vécu ensemble dans un kibboutz jusqu’à sa mort.

Les sentiments sont-ils compatibles avec un travail d’espion ?

Cela peut arriver. C’est le cas d’une Allemande. Elle tombe follement amoureuse d’un espion, israélien d’origine, dans un train qui traverse les Alpes. Le coup de foudre est réciproque. Ils se marient et partent en mission au Caire. Le couple ouvre une ferme équestre qui accueille la haute société du cru. Ils reçoivent avec élégance des scientifiques, d’ex-savants nazis qui mettent au point pour Égypte, au début des années soixante, des fusées équipées de déchets nucléaires. Ils s’en débarrassent en leur envoyant des colis piégés. Démasqués, ils risquent la peine de mort. Ils ont finalement été sauvés par les services secrets allemands qui ont obtenu leur libération.

 

 

[Photo : J Golby/jgolby – source : http://www.lefigaro.fr]

 

El olvido que seremos
Héctor Abad Faciolince
Alfaguara, Barcelona, 2017. 319 p.
[Edición original, Colombia, 2006. Primera edición en España, Seix Barral, Barcelona, 2007].

El olvido que seremos. Colombia, 2020
Director: Fernando Trueba
Guion: David Trueba
Intérpretes: Javier Cámara, Aída Morales, Patricia Tamayo, Juan Pablo Urrego, Sebastián Giraldo, Whit Stillman. Caracol Televisión, Dago García Producciones. 136 min.

Escrito por Rafael Núñez Florencio

El anuncio del estreno de la última película de Fernando Trueba, una producción íntegramente colombiana en la que sobresalen tres nombres españoles (el del director, su hermano David como guionista y el intérprete principal, Javier Cámara), me sorprendió por varios motivos: el primero y más obvio, como acabo de apuntar, la inserción de esa exigua nómina de profesionales españoles -en roles, sin embargo, tan relevantes- en un proyecto no solo ajeno a las coordenadas hispanas sino de raíces profundamente colombianas, tanto en el decisivo ambiente familiar como en el contexto sociopolítico. Segundo, para los cinéfilos que nos habíamos desentendido de la trayectoria última del director español, por considerarla en franca decadencia, suponía también una extrañeza, tanto por el giro temático como por el notorio desafío que implicaba la adaptación del libro de Abad Faciolince. En tercer lugar, la sorpresa se extendía al hecho mismo de que fuera Javier Cámara el actor designado para encarnar en la pantalla el papel del paterfamilias, que constituye no solo el centro gravitatorio de la narración sino una presencia ubicua en la adaptación cinematográfica (¿cómo se iban a resolver, sin ir más lejos, los problema del acento, los modismos o los gestos culturales, tan diferenciados de los nuestros?)

Espoleado por esas incógnitas y decidido a despejarlas in situ, me acerqué a la película de Fernando Trueba con una mezcla de escepticismo y aprensión. (Dicho sea de paso y entre paréntesis, volver a las salas cinematográficas –las pocas que quedan- en esta época de crisis sanitaria es una experiencia deprimente. Heridas de muerte por la competencia de las nuevas plataformas audiovisuales, la cuestión es simplemente cuánto podrán aguantar). Pero, en fin, volviendo a la línea argumental, les confesaba dos sentimientos complementarios: el primero, el escepticismo, porque tenía serias dudas acerca de las posibilidades de que el cineasta español y su actor protagonista salieran airosos de los retos mencionados. La segunda, la aprensión, porque conservaba un recuerdo tan grato como punzante del libro que daba lugar al filme y temía, como suele suceder en estos casos, que la decepción fuera inevitable. Leí El olvido que seremos hace ya algunos años, no sabría precisar cuántos. No puedo decir obviamente que me acordaba de todo su desarrollo pero, al contrario de otros muchos libros leídos antes y después de él, conservaba nítidas sus líneas esenciales y, por encima de todo, el tono del autor al evocar la figura del padre, eje que vertebra toda la historia y da carácter a la narración. Tomé el volumen de uno de los estantes de mi biblioteca y al abrirlo, comprobé, como sospechaba, que sus páginas presentaban múltiples subrayados. Esas anotaciones me sirven ahora para rememorar pasajes olvidados y, por supuesto, para pergeñar estas líneas.

Al abrir el libro, lo primero que causa una impresión ambivalente al lector español no familiarizado con los modismos americanos, es el uso generalizado, más allá del ámbito estrictamente familiar, del término papá en lugar de padre. Aunque lejos de la rigidez anglosajona, buena parte de los españoles se muestran pudorosos en las efusiones sentimentales y, a veces, hasta en las pequeñas muestras públicas de cariño. Quizá por eso en España los adultos no decimos «mi papá» hablando con desconocidos o, mucho menos, cuando nos dirigimos a un auditorio extenso. Algo que, por el contrario, es usual oír en muchas zonas de la América española. En este caso, además, el autor potencia la dimensión afectiva del término, y con ella la vinculación filial, hasta registros hiperbólicos: «Un día tuve que escoger entre Dios y mi papá, y escogí a mi papá». El planteamiento se repetirá luego con leves variaciones: «No. Yo ya no me quiero ir para el Cielo. A mí no me gusta el Cielo sin mi papá. Prefiero irme para el Infierno con él» (frase, por cierto, que se recoge en la película de modo casi literal, al igual que muchas otras del libro). Podría pensarse desde una perspectiva distanciada que se trata de una mera ocurrencia infantil, sin más recorrido. No hay tal. El autor es muy explícito al respecto: «Mi papá y yo nos teníamos un afecto mutuo (y físico, además) que para muchos de nuestros allegados era un escándalo que limitaba con la enfermedad». La educación sentimental se orienta hacia una estrechísima correlación emocional que se manifiesta sin pudor, como al «llorar en silencio mientras pensaba en mi papá con una melancolía que me inundaba todo el cuerpo». El niño -como luego el adolescente- se reconoce sin rebozo en esa dependencia: «A mí la única persona que me hacía falta en la vida, hasta hacerme llorar en esos largos y tristes crepúsculos de La Inés, era mi papá».

Sabemos desde el principio, antes incluso de abrir el volumen, porque así se nos informa desde la contraportada y la promoción editorial, que «el 25 de agosto de 1987 Héctor Abad Gómez, médico y activista en pro de los derechos humanos, es asesinado en Medellín por los paramilitares». Abad Gómez era, como bien pueden suponer, el padre del autor del libro. Por eso, las confesiones anteriores acerca de la devoción filial se insertan en un cuadro trágico. Abad Faciolince, el hijo, habla –o escribe, más bien- desde la atalaya de la ausencia, la vivencia de la pérdida, para la que no hay consuelo posible. Las muestras de afecto filial que he reproducido -de cuando era niño- se entreveran con las sensaciones de orfandad que experimenta el adulto, paradoja no difícil de explicar porque el tiempo y la edad no constituyen atenuantes: «Casi todo lo que he escrito lo he escrito para alguien que no puede leerme, y este mismo libro no es otra cosa que la carta a una sombra». Más aún, aquella muerte sigue gravitando de modo insoportable: «han pasado casi veinte años desde que lo mataron, y durante estos veinte años, cada mes, cada semana, yo he sentido que tenía el deber ineludible, no digo de vengar su muerte, pero sí, al menos, de contarla». El libro aparece, así, como una especie de pacífico ajuste de cuentas, una confesión, un testimonio, un desahogo y un canto de amor, todo a la vez, que solo es posible cuando, aun quemando el rescoldo del recuerdo, se han secado las lágrimas, atemperado la ira y contenido el arrebato emocional. «Si recordar es pasar otra vez por el corazón, siempre lo he recordado. No he escrito en tantos años por un motivo muy simple: su recuerdo me conmovía demasiado para poder escribirlo. Las veces innumerables en que lo intenté, las palabras me salían húmedas, untadas de lamentable materia lacrimosa, y siempre he preferido una escritura más seca, más controlada, más distante».

Con todo, este ejercicio de distanciamiento que proclama el autor es muy relativo. Es verdad que en algunos pasajes se manifiesta esa voluntad de contención, pero ello no hace más que convertir en más impresionante la irrupción de la muerte, la gran protagonista de estas páginas por su sombra o por su abrupta presencia. Así, por ejemplo, en las páginas iniciales, se nos presenta a la secretaria del profesor Abad Gómez, una chica llamada Gilma Eusse, que «sonreía, sonreía, con la cara más alegre y cordial que uno se pudiera imaginar. Parecía la mujer más feliz del mundo hasta que un día, sin dejar de sonreír, se pegó un tiro en el paladar, y nadie supo por qué». Luego llega el impresionante episodio de la muerte de su hermana a causa de un melanoma (en mi opinión, el horror del lance queda atenuado en el filme de Trueba). El impacto en la familia es devastador, pero el autor se centra en el sufrido por su padre: «Oía sus sollozos, sus gritos de desesperación, y maldecía el cielo, y se maldecía a sí mismo, por bruto, por inútil, por no haberle sacado a tiempo todos los lunares del cuerpo, por dejarla broncear en Cartagena, por no haber estudiado más medicina, por lo que fuera, detrás de la puerta cerrada con seguro, descargaba toda su impotencia y todo su dolor, sin poder aguantar lo que veía, la niña de sus ojos que se le iba esfumando entre sus manos mismas de médico, sin poder hacer nada por evitarlo, sólo intentando con mil chuzones de morfina aliviar al menos su conciencia de la muerte, de la decadencia definitiva del cuerpo, y del dolor».

Un suceso así marca un antes y un después: «La vida, después de casos como este, no es otra cosa que una absurda tragedia sin sentido para la que no vale ningún consuelo». El dolor se convierte en obsesión y en un pozo sin fondo, «el único consuelo que se siente en la tristeza (…) es el de hundirse más en la tristeza, hasta ya no poderla soportar». Desde ese momento «ya no fue posible para nadie volver a ser plenamente feliz, ni siquiera por momentos, porque en el mismo instante en el que nos mirábamos en un rato de felicidad, sabíamos que alguien faltaba». El autor nos acerca incluso a los detalles más íntimos y reveladores: «Supe años después que desde esa fecha mi papá y mi mamá no volvieron nunca más a hacer el amor». Pero para el doctor Abad Gómez la muerte de su hija fue importante por otro motivo y, de modo entonces insospechado para él, marcaría una nueva etapa en su vida y constituiría el principio del fin. En el libro se explicita con la elegancia que constituye la característica señera de la narración: «Cuando uno lleva por dentro una tristeza sin límites, morirse ya no es grave. Aunque uno no se quiera suicidar, o no sea capaz de levantar la mano contra sí mismo, la opción de hacerse matar por otro, y por una causa justa, se vuelve más atractiva si se ha perdido la alegría de vivir». Más adelante precisa: «Su amor excesivo por los hijos, su mismo amor exagerado por mí, lo llevaron, algunos años después de la muerte de mi hermana, a comprometerse hasta la locura con batallas imposibles, con causas desesperadas».

Héctor Abad Faciolince

Héctor Abad Faciolince

En la película el planteamiento es bastante más abrupto y tiene lugar en una tensa escena que a punto está de terminar en accidente de automóvil. Mientras conduce de modo muy nervioso, el hijo reprocha abiertamente al padre en una acre discusión que haya postergado a la familia por un ideal político. No recuerdo una censura tan tajante en las páginas del volumen. Lo peor que dice de él es que «un papá tan perfecto puede llegar a ser insoportable». Pero, en fin, de modo sutil o descarnado, lo que no ofrece lugar a dudas es que en la vida del doctor Abad Gómez se produce un giro que será crucial tanto para él como para la familia. Por decirlo sin ambages, el progenitor se entregó en cuerpo y alma a unas causas sociales y políticas que conllevaban un riesgo extremo en la Colombia de su tiempo, los años ochenta del siglo pasado (aunque me temo que hoy en día, aunque algo haya mejorado, no sea muy distinto). Acusado de agitador, marxista o comunista, o todo a la vez, el buen doctor estaba sentenciado por una oligarquía que no toleraba el compromiso político con las capas más miserables de la población. La sentencia de muerte estaba pronunciada. Ejecutarla de una u otra forma solo era cuestión de tiempo. De poco tiempo. Podía haber sido un coche bomba o, como realmente fue, un tiroteo perpetrado por un par de sicarios.

En este punto se puede plantear una cuestión controvertida, derivada en cierta manera de la dispar exigencia del lenguaje escrito y cinematográfico. Trueba impregna su filme de un marcado carácter social y político que, desde mi punto de vista, no está en el libro o, para ser más exactos, no está tan presente en el libro. Este es por encima de todo una demostración de amor filial, un canto apasionado al padre, una confesión del dolor que deja la pérdida. La película, aunque refleja bien todo esto, trueca este planteamiento personal e íntimo por una perspectiva más objetiva. En el libro vemos en todo momento al padre con los ojos del hijo, pero en la pantalla el padre se encarna en un personaje de carne y hueso, tiene vida propia y, en función de ella, se inserta en una realidad. Y, para ser más precisos, no se trata de una mera inserción sino de una actividad por momentos frenética, cuyo objetivo último es la transformación de la misma desde el punto de vista de la salud pública: potabilización del agua, alcantarillado, medidas higiénicas, vacunas, alimentación, mejoras sociales, profilaxis en general. Luego, en el último tramo, la campaña política que le costará la vida. De este modo, el personaje que nos dibuja Trueba y que encarna Cámara es un hombre bueno con su familia, sus vecinos y sus conciudadanos y, a fuer de ello, comprometido con su país y con una causa política; mientras que Abad Faciolinde, sin dejar de resaltar esos rasgos, se propone por encima de todo expresar su amor y admiración por su papá.

De la ética a la estética. Tanto el matiz predominante en la película, la bondad, como el aspecto determinante en la obra escrita, el amor filial, suponen un innegable desafío para sus autores respectivos. Por más incongruente que resulte con nuestra escala de valores, lo cierto es que, mientras que los aspectos más tenebrosos de la naturaleza humana se benefician de un halo atractivo en la literatura y el cine, a las cualidades positivas –empezando simplemente por la bonhomía que antes citaba- les sucede exactamente lo contrario. Por decirlo en los términos usuales, no hay cosa que despierte más apatía, o simplemente tedio, que el buenismo. Aunque en el cine hay buenos memorables –desde el George Bailey (James Stewart) de ¡Qué bello es vivir! al Fred Rogers (Tom Hanks) de Un amigo extraordinario, pasando por el Atticus Finch (Gregory Peck) de Matar un ruiseñor– forzoso es reconocer que son excepciones en el océano de esos sádicos despiadados, convertidos en iconos memorables, de filmes clásicos precisamente por ellos, como La naranja mecánica o El silencio de los corderos. Pues bien, lo cierto en este caso que nos ocupa es que tanto Abad Faciolince en su declaración de amor filial como Fernando Trueba en su plasmación del humanista comprometido salen airosos del empeño. El olvido que seremos (libro) es, aparte de una conmovedora confesión, una impactante biografía y autobiografía (me resisto a llamarle novela: me parece una muestra de pereza mental). El olvido que seremos (filme), gracias a un excelente guion de David Trueba -que adapta pero no traiciona el espíritu del libro-, una inspirada dirección de su hermano Fernando y, sobre todo, una portentosa interpretación de Javier Cámara, termina siendo, pese a todo, un hermoso canto a la vida.

Me interesa detenerme en este último aspecto, ya para terminar. Deslicé antes que la muerte era la gran protagonista de ambas obras y así es en la medida en que ella determina el curso de los acontecimientos de forma contumaz, como he tratado de explicar. Pero eso no significa que la Parca tenga la última palabra. Por el contrario, lo que engrandece el relato de Abad Faciolince –y del filme, en la medida en que le es fiel- es la rebelión contra la muerte auténtica, que es el olvido. Tomando como referencia unos versos atribuidos a Borges -«Ya somos el olvido que seremos»-, el escritor trasciende la muerte física, el asesinato de su padre, para establecer, más allá de la rabia y la impotencia, la dimensión específicamente humana, que no es –no puede ser- la negación del deceso pero sí el testimonio imperecedero –al menos, mientras haya hombres o conciencia humana- de una vida que ha servido para algo. Confieso que he vivido, decía Neruda. «Los tristes asesinos que le robaron a él la vida y a nosotros, por muchísimos años, la felicidad e incluso la cordura, no nos van a ganar, porque el amor a la vida y a la alegría (lo que él nos enseñó) es mucho más fuerte que su inclinación a la muerte». Es verdad que, al final, en términos absolutos, el olvido nos tragará a todos, porque decir humano es decir finito. Pero hasta que llegue esa consumación definitiva, el propio esfuerzo de perdurar es lo que nos da sentido: «Este olvido que seremos puede postergarse por un instante más». De este modo sobrevivimos «por unos frágiles años, todavía, después de muertos, en la memoria de otros, pero también esa memoria personal, con cada instante que pasa, está siempre más cerca de desaparecer». Aunque no nos hagamos falsas ilusiones, las palabras sirven:  «los propios libros son un simulacro de recuerdo, una prótesis para recordar, un intento desesperado por hacer un poco más perdurable lo que es irremediablemente finito».

 

[Fuente: http://www.revistadelibros.com]

 

Écrit par Hugo JACOMET

Honoré de Balzac déclare dans son Traité de la vie élégante en 1830 : «Le dandysme est une hérésie de la vie élégante». Opposé à «la vie élégante » qui « n’exclut ni la pensée ni la science », le dandysme est alors une affection seulement de la mode propre aux hommes sots.

Barbey d’Aurevilly lui réplique quinze ans après dans une brochure intitulée Du dandysme et de George Brummell : il déclare en prenant Brummell pour simple mais absolu dandy : « On a considéré Brummell comme un être purement physique, et il était au contraire intellectuel jusque dans le genre de beauté qu’il possédait. »

 

Quelle est donc la différence alors entre « la vie élégante » et « le dandysme » ?

DÉFINITION DU MOT DANDY ET SON IMAGE EN FRANCE

De nos jours le mot « dandy » s’emploie dans un sens positif. Il est d’ailleurs aujourd’hui largement utilisé dans les médias (dont un magazine éponyme) et par les services marketing des entreprises du textile et du cuir pour qualifier l’élégance classique en opposition à la mode dominante dite « casual » (décontractée).

Pourtant l’emploi de ce terme dans la littérature française nous montre qu’il avait plutôt un sens négatif au début du XIXème siècle : comme l’indique le Petit Robert, c’est en 1817 que le premier dandy est mentionné dans la langue française. Il apparaît dans la version traduite de La France, écrit par Lady Morgan l’année précédente en anglais.

L’image du dandy est généralement très négative dans les années 1820 : c’est une personne vaniteuse et médiocre qui porte un intérêt particulier à l’habillement et ainsi se distingue de la règle en usage dans la haute société. Il n’a pas la capacité de surmonter définitivement la norme conformiste de la société (la bienveillance, la politesse etc.) à laquelle il appartient, mais il se joue de cette norme avec un air orgueilleux. Il a un mépris envers ses semblables, mais c’est pourtant paradoxalement leur regard qui assure son existence. Une des particularités du dandysme consiste en ce rapport avec les autres. S’il commet une impolitesse envers les autres, cela ne signifie pas qu’il ne connaît pas le savoir-vivre : il fait exprès ce qu’il ne faut pas faire. C’est une façon de se révolter contre la haute société, mais ce n’est pas une révolution, puisqu’il n’a aucune intention de la renverser car c’est justement cette société qui assure son existence parasite.

Les avis d’Alfred de Musset sont à cet égard intéressants. L’auteur de Lorenzaccio est l’un des auteurs les plus sévères et les plus sarcastiques sur le dandysme au début des années 1830. Dans ses Contes d’Espagne et d’Italie, il considère l’aspect physique de Brummell « monstrueux. » Il continue en 1831 : « Qu’est-ce qu’un dandy anglais ? C’est un jeune homme qui a appris à se passer du monde entier : c’est un amateur de chiens, de chevaux, de coqs et de brandy. C’est un être qui n’en connaît qu’un seul, qui est lui-même. Il attend que l’âge lui permette de porter dans la société les idées d’égoïsme et de solitude qui s’amassent dans son cœur et le dessèchent durant sa jeunesse. Est-ce là que nous voulons en venir ?»

Son mépris pour l’homme oisif s’adoucira pourtant ultérieurement. Dans la préface des Deux maîtresses (1837), Musset avoue que la vie mondaine, comme « assister régulièrement à toutes les premières représentations, manger des fraises presque avant qu’il y en ait, prendre une prise de tabac rôti, savoir de quoi on parle et quand on doit rire, quelle est la dernière rumeur, parier sur n’importe quoi le plus d’argent possible et payer le lendemain en souriant » lui offre « le bonheur suprême. » John C. Prévost considère cette attitude comme du dandysme pur.

Mais l’oisivité et la dépense ne suffisent pas pour être un dandy. Il est évident, cependant, que les hommes français commencent à se prendre eux-même pour des hommes mondains, alors que la toilette masculine trop élégante est considérée comme un méprisable phénomène anglais jusqu’à la fin des années 1820.

En 1835, un article favorable au mot « dandysme » paraît enfin dans la revue La Mode ; « Le dandysme de bon ton n’exclut pas une certaine originalité de costume, surtout pour les promenades aux bois de Boulogne et les courses.» La même année, le mot « dandy » apparaît pour la première fois dans un dictionnaire français. Le Dictionnaire de l’Académie Française le définit : « Mot tiré de l’anglais par lequel on désigne, même en France, un fat épris de sa toilette, un homme d’une tournure affectée.»

Il faut attendre Du Dandysme de Barbey d’Aurevilly pour que le mot prenne un sens nouveau. L’auteur déclare : « le dandysme était surtout l’art de la mise, une heureuse et audacieuse dictature faite de toilette et d’élégance extérieure. Très certainement c’est cela aussi; mais c’est bien davantage. Le dandysme est toute une manière d’être, et l’on n’est pas un dandy que par le côté matériellement visible. » Selon Barbey, le dandysme n’est donc plus uniquement l’effet de la mode, mais une mentalité, un état d’esprit.

Citons encore l’avis de Chateaubriand pour préfigurer cette transformation du dandy : «Aujourd’hui (1846), écrit-il, le dandy doit avoir un air conquérant, léger, insolent; il doit soigner sa toilette, porter des moustaches ou une barbe taillée en rond comme la fraise de la Reine Elisabeth, ou comme le disque radieux du soleil. Il signe la fière indépendance de son caractère en gardant son chapeau sur sa tête, en se roulant sur les sofas, en allongeant ses bottes au nez des ladies assises en admiration sur des chaises devant lui. (…)»

Dans l’histoire de France d’après la révolution, Balzac est l’un des premiers écrivains qui remarque l’importance du vêtement masculin comme représentation sociale.

Ce qui est capital, c’est que la publication du Traité de la vie élégante coïncide avec le tournant de l’image de l’homme mondain en France : d’une part le mépris pour le phénomène d’anglomanie, d’autre part l’exigence de l’apparence (ou l’appartenance) de la nouvelle classe sociale dans la monarchie de juillet. Le Traité de la vie élégante est donc prioritairement adressé à cette nouvelle classe –– c’est-à-dire la bourgeoisie –– qui commence à dominer la société française.

LA VIE ÉLÉGANTE

À cette époque, il n’existe pas encore à Paris de distinction entre les quartiers populaires et bourgeois : toutes les conditions sociales au cœur de la capitale s’entassent pêle-mêle dans une masse hétérogène. Cette cohabitation sera interrompue par l’extension industrielle vers l’est et par le développement des quartiers populaires à l’époque des démolitions.

Dès lors une ville nouvelle s’étend tout autour du vieux Paris médiéval, délimitant rigoureusement chaque couche sociale. Les « étrangers » du Paris d’antan se catégorisent ainsi : les uns voulant s’intégrer dans les bons milieux avec la ferme conviction de se différencier des gens du peuple, à l’exemple des héros de Balzac (ex. Lucien de Rubempré dans Les illusions perdues). Les autres s’efforçant de se mêler à la foule, comme les présente Victor Hugo dans ses romans. Charles Baudelaire sera conscient de ces deux caractères sociaux. En tant que critique, il s’adressera aux bourgeois qui veulent s’anoblir (les Salons, notamment celui de 1846). En tant que poète, il décrira les étrangers mêlés à la foule parisienne (L’étranger, Les foules).

La différence sociale est également perceptible à travers l’apparence vestimentaire. Bien que le décret de la Convention (1793) ait déjà reconnu le principe démocratique de la liberté vestimentaire, le vêtement reste le repère prépondérant d’une classe sociale au début du XIXème siècle. Il est vrai que La Révolution a supprimé symboliquement l’image du noble en culotte. Mais l’habillement se manifeste toujours comme l’expression d’une classe. Dans un sens, les critiques véhémentes du dandy s’expliquent dans cette circonstance : le dandysme est non seulement une mode venue d’Angleterre qui a vaincu Napoléon, mais il est aussi l’image des aristocrates.

C’est à partir des années 1820 que l’industrie textile s’installe à Paris et ainsi la liberté vestimentaire devient réellement possible pour les petits bourgeois. Cela correspond au changement de l’image des hommes mondains. Désormais le goût évolue et se libéralise selon ces transformations sociales et la distinction vestimentaire sert de plus en plus la nouvelle classe sociale. Ainsi le goût pour le vêtement commence à se manifester dans le milieu bourgeois comme un signe d’appartenance. C’est dans ce contexte qu’Honoré de Balzac publie son traité de la vie élégante.

Balzac est d’ailleurs conscient de cette lutte sociale au niveau vestimentaire : alors qu’il définit la vie élégante comme « la perfection de la vie extérieure et matérielle », celle-ci exige aussi « le sentiment ». La vie élégante, telle que la conçoit Balzac, n’est pas purement matérielle, mais c’est une pensée pour « se faire honneur de sa fortune ».

Balzac classe la vie des hommes en trois catégories : la vie occupéela vie d’artiste et la vie élégante. Au sens littéral, ce Traité serait un éloge de la troisième catégorie qui regroupe « le haut fonctionnaire, le prélat, le général, le grand propriétaire et les princes. »

Cependant ce texte n’est pas destiné uniquement aux aristocrates de naissance ou aux nobles, mais aussi aux parvenus : car la vie élégante surgit après que Napoléon soit devenu Empereur, et « aujourd’hui, les nobles de 1804 ou de l’an MCXX ne représentent plus rien ». C’est-à-dire que le titre de noblesse n’a plus beaucoup d’importance.

Ainsi, l’élégance n’est plus destinée uniquement aux nobles, mais elle est accessible à tout le monde. Ce traité est dans ce sens un manuel pour la nouvelle classe dominante, constituée par la bourgeoisie arriviste et par l’aristocratie bien consciente du pouvoir après la Révolution de 1830. Le but est de conquérir et de conserver leur éminent statut social, en affichant leur supériorité par une apparence élégante. Et c’est l’artiste, tel que Balzac, qui inspire ce nouveau mode de vie.

C’est pourquoi même si l’artiste est de deuxième catégorie, il est du côté de la vie élégante, des dominants de la société nouvelle. Ainsi, comme le remarque Annie Berq, Honoré de Balzac est l’un des artistes qui « représentent les romantiques de gauche déçus par 1830 mais ayant conclu un compromis avec la monarchie bourgeoise. » L’observation balzacienne de la société française est remarquable dans ce sens : « N’avons-nous pas en échange d’une féodalité risible et déchue, la triple aristocratie de l’argent, du pouvoir et du talent, qui, toute légitime qu’elle est, n’en jette pas moins sur la masse un poids immense, en lui imposant le patriciat de la banque, le ministérialisme et la balistique des journaux et de la tribune, marchepieds des gens de talents ? Ainsi, tout en consacrant, par son retour à la monarchie constitutionnelle, une mensongère égalité politique, la France n’a jamais que généralisé le mal : car nous sommes une démocratie de riches. »

Balzac insinue donc une critique de l’actualité politique en usant d’un ton caricatural et plaisant. Après la Révolution de 1830, même si l’on réclame l’égalité de tout le peuple français, « une révolution populaire est impossible aujourd’hui ».

Il ne s’agit donc pas d’entraver le changement de société, mais de trouver un moyen de mieux y réagir. L’important est de savoir comment se comporter dans cette « démocratie de riches » dont le but est « de substituer l’exploitation de l’homme par l’intelligence à l’exploitation de l’homme par l’homme. » Il n’est pas suffisant d’avoir un talent quelconque, mais il faut aussi connaître les stratégies pour se hisser plus haut ou conserver son statut social dans ce monde où tout est institutionnalisé par le pouvoir de l’argent.

Ce que signifie « le sentiment » chez Balzac, c’est donc une pensée figurée par l’apparence matérielleL’élégance est considérée comme une arme politique, et non pas uniquement comme l’effet superflu de la mode. La classe bourgeoise montrera et affirmera sa puissance par ce truchement. C’est l’une des raisons pour laquelle la vie élégante est précisément différente du dandysme.

L’élégance que décrit Balzac doit être présente dans tous les aspects de la vie, c’est-à-dire qu’elle doit concerner non seulement le vêtement, mais aussi tous les éléments de la vie, de la maison, des meubles ou des accessoires. Balzac insiste aussi sur la simplicité et la propreté du vêtement. Il conseillait par exemple de porter des habits et des objets pas trop précieux, pour qu’ils puissent être réparés ou changés.

Cette élégance dont parle Balzac est donc de la mode : elle est non seulement rachetable, mais aussi renouvelable et évolutive. C’est le contre-exemple du dandysme qui porte toujours le même costume de la même manière.

Le dandy garde ses objets préférés toute sa vie (par exemple la collection des tabatières de Brummell), alors que la vie élégante n’a pas de fétichisme de ce genre. Le dandysme est autrement dit un mépris pour l’évolution fondée sur la « démocratie de riches ». En matière de mode, le dandysme est un anachronisme traditionnel tandis que « la vie élégante » est une évolution novatrice basée sur le capitalisme.

Nous avons dit tout à l’heure que la vie élégante est une pensée en faveur de l’ascension sociale. C’est pourquoi Balzac considère le dandysme comme une hérésie de la vie élégante. Non seulement le mot « dandy » est synonyme des Anglais s’intéressant à la mode jusqu’au début des années 1830, mais encore il diffère de la vie élégante, n’impliquant ni l’ambition politique ni l’envie d’appartenance à une classe.

Le dandysme ne contient donc aucune ardeur politique.

Faisons tout de même attention : ce manque de passion ne se traduit pas nécessairement en manque de conscience ou de pensée.

Prenons un exemple : LE dandy, George Brummell. Mais ce n’est pas le Brummell de Balzac. Le vrai Brummell a démissionné de son poste alors qu’il était « le plus jeune capitaine du plus magnifique régiment de l’armée », tout simplement pour rester à Londres. Étant bourgeois – fils du secrétaire du Premier Ministre britannique – il aurait dû se rendre à Manchester pour sa carrière militaire, et ainsi grimper l’échelle sociale.

Son biographe qualifie cette décision de « démarche folle ». Brummell n’avait cependant ni ambition ni calcul pour son avenir. Son métier – s’il en avait un – c’était l’oisiveté. C’est d’ailleurs lui qui était le vrai « homme oisif ». Alors que les autres hommes oisifs exemplaires de Balzac – les fonctionnaires, le prélat, le général, etc. – ont leurs professions ou occupations respectives, Brummell, lui, n’était qu’un inoccupé.

Il eut cependant maintes occasions d’avoir une profession et ainsi d’être riche dans sa vie : possédant une silhouette parfaite, il aurait pu même gagner sa vie en tant que modèle pour un artiste. Il aurait aussi pu publier ses mémoires pour une somme d’argent considérable. Ou bien s’il avait vendu les lettres de ses amis célèbres tels que Byron ou le futur George IV, il aurait pu au moins régler ses dettes.

Mais malgré tout il ne voulait pas gagner sa vie. Même si ses fidèles amis lui ont offert un poste du consul de Caen en 1829, il en a démissionné peu après. Il ne voulait ni gagner sa vie, ni devoir quoi que ce soit à personne. Paralysé à partir de 1834, criblé de dettes, il fut mis en prison en 1835. Ruiné, dépassé, perdant la tête en 1837, Brummell n’a plus eu la possibilité financière de soutenir le train de vie de dandy. Il a payé sa dette à la nature, oublié dans un asile d’un pays étranger… Il restera fidèle à son unique métier jusqu’à la mort : le désœuvrement.

Son refus de la production a un sens : l’indépendance vis à vis des autres. Il reste consciemment inactif. Il ne se permet pas de jouer un rôle qui ne lui appartient pas. Les uns jugeraient stupide cette impéritie en le considérant comme un cabotin. D’autres, comme Baudelaire, le considéraient, au contraire, comme héroïque.

Selon Balzac, « le dandysme est une hérésie de la vie élégante ». Bien que le dandy ne fasse rien comme l’homme de la vie élégante, il n’a pas non plus d’ambition ou de calcul pour son avenir. Il veut rester fidèle à lui-même. Il y a donc une différence de modalité de l’élégance : pour le dandy, l’élégance est déjà acquise avant qu’il ne monte l’échelle sociale (Barbey l’appelle « vocation »), alors que l’homme de la vie élégante l’apprend par une éducation.

Le dandy devient le dictateur justement et uniquement par son élégance innée, alors que l’homme de la vie élégante s’intéresse à la mode comme l’un des moyens pour arriver à la classe dominante et ainsi consolider son statut social. Le dandy veut se distinguer du milieu auquel il appartient, la vie élégante cherche une adhésion à la caste supérieure. L’élégance est une dépense pure pour le premier, elle est un investissement pour le second.

D’un certain point de vue, c’est un résultat de la différence de régimes entre deux sociétés qui engendrent ces termes : la Société anglaise du début du XIXème siècle est une monarchie absolue où l’accès à la noblesse est presque impossible, alors que la Société française vient d’adopter « la démocratie des riches », à laquelle les bourgeois nantis et les hommes ambitieux veulent et peuvent affirmer leur pouvoir par leur apparence.

La vie élégante est ainsi fondamentalement différente du dandysme.

En matière de sociabilité, Balzac partage encore les hommes élégants en trois catégories.

L’homme de la première catégorie possède « la grâce suffisante », il est un méthodique de l’élégance.

Celui de la deuxième catégorie possède quant à lui « la grâce essentielle », il est un calculateur de l’élégance.

Le troisième possède « la grâce divine et concomitante », il est aimable, délicat, naïf et naturel. Le pouvoir de ce troisième « est le grand but de la vie élégante », écrit-il. La vie élégante suprême n’est alors ni méthodique, ni calculatrice.

Balzac nous indique donc que la vraie élégance n’est finalement pas à apprendre, mais qu’elle est innée comme un titre de noblesse. Il y a ici une contradiction interne : car, comme dit Balzac, si « la vie élégante n’exclut ni la pensée ni la science, elle les consacre», elle serait donc toujours inévitablement calculée, alors que la grâce naturelle et naïve ne peut être acquise par l’apprentissage. Elle est quelque chose de spontané.

Ici, apparaît le défaut de ce Traité en tant que manuel, mais aussi son intérêt : cette contradiction implique que la vraie relation humaine dépasse la pensée calculatrice. La grâce suprême, « le pouvoir magnétique », est autrement dit une contrepartie de la hiérarchie sociale déjà établie, basée sur la richesse : on peut s’afficher élégant grâce au pouvoir économique, mais au fond la vraie élégance dépasse même ce calcul.

Barbey n’a pas moins de passion en matière de grâce : c’est d’ailleurs le point le plus divergent entre les deux auteurs. Barbey se moque de la grâce naturelle, même en parlant de la société anglaise : « Est-ce que la grâce simple, naïve, spontanée, serait un stimulant assez fort pour remuer ce monde épuisé de sensations et garrotté par des préjugés de toute sorte ? » D’ailleurs, le dandy lui aussi attire les hommes comme s’il avait une grâce, mais cette attirance est toujours artificielle et diabolique, et c’est là toute l’ironie. Elle empoisonne petit à petit son entourage et à la fin c’est lui-même qui meurt par son propre poison.

Mais justement ce pouvoir du mal était nécessaire pour le dandy. « Si sa grâce avait été plus sincère, écrit Barbey, elle n’aurait pas été si puissante; elle n’eût pas séduit et captivé une société sans naturel. » Autrement dit, c’est grâce à cet artifice unique que le bourgeois Brummell (rappelons-le : il n’était pas noble) a réussi à régner sur la société des nobles, alors que l’arrivisme y était presque impossible. Ainsi sa « grâce », ou plutôt son ironie, était un reflet de la société.

C’est pourquoi l’auteur des Diaboliques insiste sur la « vocation » de Brummell et limite le phénomène du dandysme uniquement à l’Angleterre aristocratique et protestante.

L’IMAGE DE BRUMMELL

Mon père était un domestique très respectable, mais qui avait su, lui, se tenir à sa place toute sa vie. George Brummell

Être un homme utile m’a toujours paru quelque chose de bien hideux. Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu.

Malgré le fort désaccord entre la vie élégante et le dandysme, l’image de Brummell plaît non seulement à Barbey mais aussi à Balzac. Balzac insère dans son Traité une conversation fictive avec Brummell, située à Boulogne. La possibilité de cette rencontre a d’ailleurs réellement existé. Brummell a en effet fait un court passage à Paris en septembre 1830, ayant été nommé consul de l’Angleterre à Caen l’année précédente.

Cette insertion de l’actualité dans son oeuvre montre l’habileté de chroniqueur de Balzac pour attirer l’attention des lecteurs. Mais ce qui est plus significatif, c’est que Brummell, « ex-dieu du dandysme », est l’arbitre de l’élégance même : si « la vie élégante » est le respect de la législation, c’est le dandy qui fait la loi. Le dandy impose la règle, et la vie élégante la suit. Mais le dandysme n’est-il pas précisément une « hérésie » pour Balzac ? Il est vrai d’ailleurs que Brummell est considéré comme l’arbitre des élégances de l’époque, mais n’était pas, pour autant, un théoricien dogmatique de la beauté.

Le dandy n’accepte la règle que pour mieux la renier.

De plus, son dandysme est, contrairement à la vie élégante, sans utilité en tant que code social. Il évite toute soumission aux lois. Citons Barbey : « (…) les dandys, de leur autorité privée, posent une règle au-dessus de celle qui régit les cercles les plus aristocratiques, les plus attachés à la tradition, et par la plaisanterie qui est un acide, et par la grâce qui est un fondant, ils parviennent à faire admettre cette règle mobile qui n’est, en fin de compte, que l’audace de leur propre personnalité.»

L’image de Brummell projetée par Balzac n’est donc plus «dandy» dans ce sens-là. C’est pourquoi Brummell est pour Balzac un « ex-dieu du dandysme ». Tandis que Barbey essaie d’esquisser « l’esprit » de Brummell, Balzac décrit Brummell dénué du dandysme pour mieux concrétiser ses dogmes (« sentiments »). Ainsi les positions de Balzac vis à vis du dandysme sont-elles variées et souvent contradictoires.

Mais signalons que ce n’est pas seulement Balzac qui veut épargner à Brummell le fait d’être qualifié de dandy : Captain Jesse, le dernier ami et premier biographe de Brummell, évite justement d’utiliser le mot dandy pour son héros : « Ce mot, écrit-il en 1844, appelle toutes sortes d’associations d’idées, qui ont pour dénominateur commun la vulgarité. » Le terme « dandy » a donc toujours un sens négatif pour cet anglais. Jesse nie naturellement l’extravagance de ce dandysme à l’époque : « (…) la seule caractéristique de la mise de Brummell était qu’elle était simple et de bon goût, ce qui va à l’encontre de l’opinion commune chez ceux qui ne l’ont pas rencontré (…)» Balzac et Jesse sont ainsi complices au point où ils rayent le nom de Brummell de la liste des dandys.

La révolution vestimentaire chez leur héros, c’est la soustraction des éléments superflus. Le principe de cette élégance repose donc sur la sobriété et sur l’accord. Mais s’il s’agit de simplicité et de bon goût, Barbey n’insiste-il pas lui aussi sur le sujet à maintes reprises ? Ces trois témoins essaient donc de sauver Brummell de l’image du dandy affublé d’un costume criard. La particularité de Barbey consiste en son affirmation sur le dandysme. Son dandysme n’est pas simplement l’apparence vestimentaire, c’est aussi, et peut-être surtout, une éthique.

Par la combinaison de l’esprit du dandysme et de Brummell, il donne un sens positif, subtil et historique à la vanité, considérée jusqu’alors comme un caractère vil et négligé. C’est pourquoi il commence Du dandysme par ces mots : « Les sentiments ont leur destinée. Il en est un contre lequel tout le monde est impitoyable : c’est la vanité. » Nous rappelons que « le sentiment » de Balzac sur l’apparence était un calcul.

Tandis que le Traité de la vie élégante est un manifeste positif pour la mode masculine, Du dandysme est un plaidoyer pour la frivolité.

Alors que Balzac essaye de transmettre l’utilité de la mode à travers l’image de Brummell, Barbey affirme son inutilité même. Balzac veut sauver l’honneur de Brummell du gouffre infernal de la vie misérable (signalons que la parution de son article date de 1830). Barbey veut contempler son agonie même avec les yeux pleinement ouverts.

LE DANDYSME SERAIT-IL FINALEMENT STRICTEMENT ANGLAIS ET LA VIE ÉLÉGANTE FRANÇAISE ?

Nous avons rapidement examiné la différence entre « la vie élégante » balzacienne et « le dandysme » d’Aurevillien. La devise de Balzac (« le dandysme est une hérésie de la vie élégante ») semble donc une idée plutôt raisonnable.

Pourtant elle est discutable car le dandysme est antérieur à la vie élégante qui est apparue après l’Ancien Régime, durant lequel l’éthique du dandysme existait déjà. Comment donc être une hérésie de quelque chose qui est apparu après ?

Dans ce sens-là, c’est la vie élégante qui serait plutôt une hérésie du dandysme. Mais il est vrai cependant que la vie élégante a envahi progressivement la société française après la Monarchie de Juillet, faisant ainsi du dandysme une forme d’hérésie.

C’est à partir de ce moment-là que le dandysme figurera la résistance héroïque contre la démocratie dans laquelle la valeur aristocratique perd de son aura.

Balzac est bien conscient de son époque : la société française adopte une démocratie basée sur la richesse. L’homme de la vie élégante se distingue manifestement des gentilshommes de l’Ancien Régime. Le paraître du premier consiste dans la richesse, celui du dernier consiste dans le titre de noblesse.

La parution de son Traité correspond donc non seulement au surgissement de la bourgeoisie, mais aussi à celui du capitalisme. C’est d’ailleurs grâce à la révolution industrielle que le tissu est produit à un prix raisonnable et que le vêtement devient plus accessible au petit bourgeois. Cette révolution contribue aussi à l’évolution de l’apparence masculine. Il y a désormais une mode pour l’homme.

La distinction d’apparence sert toujours à la classification sociale, mais dans la vie élégante il y a une liberté vestimentaire pour les peuples. La vie élégante n’est pas, dans ce sens, purement matérielle : elle exige « un sentiment », un calcul pour s’anoblir.

C’est une pensée pour mieux agir dans la société démocratique par le truchement de l’apparence. Ainsi, après la Révolution de 1830, une nouvelle caste affichant son élégance domine la société française. Dans ce sens-là, Le Traité de la vie élégante sert de manuel à cette nouvelle classe sociale. Il montre une appartenance et décrit l’uniforme de la bourgeoisie.

Quant au dandysme, il est considéré en France comme un phénomène de mode anglais jusqu’à la fin des années 1830. Le dandy signifie un homme vaniteux, s’intéressant exclusivement à son apparence. Son image est matériellement figurée par le costume criard et par la fameuse cravate blanche de Brummell.

Balzac emploie Brummell comme effigie de son Traité en lui donnant le rôle de conseiller de l’élégance. L’auteur sauve ainsi l’honneur de « Beau » Brummell du mot dandy fortement déprécié. Quinze ans après Barbey d’Aurevilly entame lui aussi le changement de l’image brummellienne. Mais son entreprise implique la transformation du dandysme même.

Non seulement il nie le dandy perçu comme une poupée déguisée, mais encore il essaye de décrire « l’esprit » du dandysme. Pour autant, cet esprit n’est pas autre chose que de la vanité. Bien que la vanité soit considérée comme un vice et ainsi méprisée jusqu’alors, il confirme la valeur de ce « vice » même. Barbey riposte à Balzac en montrant la pensée propre au dandysme. Tandis que Balzac vulgarise la mode masculine avec son Traité, Barbey réhabilite la vanité comme une qualité d’homme dans son Dandysme.

La différence entre ces deux textes procède donc de deux sociétés particulièrement dissemblables : alors que le dandysme est engendré par la monarchie absolue en Angleterre, la vie élégante surgit de la démocratie basée sur le capitalisme en France.

Ces deux essais ont ainsi une valeur comme critique sociale.

NB*: Ce texte est directement issu des remarquables travaux de Renta Komuro, dont nous reprenons in extenso de nombreux passages. merci à lui pour ce formidable travail de recherche et d’analyse.

[Source : http://www.parisiangentleman.com]

El libro más reciente de la lingüísta Yásnaya Elena Aguilar Gil nos recuerda el destino de discriminación que han sufrido las lenguas indígenas en México. No se trata, como nos aclara esta reseña, de sopesar que algunas lenguas son mejores que otras, sino de exigir que la sociedad valore la diversidad lingüística y su presencia como eje fundamental en la educación.

 


Sacrificamos México en aras de crear la idea de México
—Yásnaya Elena Aguilar Gil

 

Escrito por Patricia Córdova

La experiencia está siempre al servicio de la conciencia y de la imaginación; para no sucumbir ante el caos de la existencia, el ser humano acota ambas con relatos y moralejas de todo tipo.  Nuestras vidas —hemos aprendido— transcurren según la estructura de una narración: planteamiento, causas, consecuencias, nudos y desenlaces. Por ello, el sentido de lo vivido es  tan limitado como las historias y argumentos que interiorizamos.

Escribimos la historia de nuestra vida —e interpretamos la de los otros— al seleccionar los nudos con los que explicamos lo que acontece a nuestro alrededor. El sentido es siempre una selección que pone en evidencia nuestros alcances y nuestras limitaciones. Este sutil, pero poderoso hecho, propicia la madre de todas las batallas: la de las narrativas.

§

No ha habido inocencia en la expansión del español en la propia península ibérica ni en América. Desde Antonio de Nebrija, el andaluz que escribió la primera gramática del español en 1492, quedó claro que si la publicaba y la dedicaba a la reina Isabel la Católica era porque “siempre la lengua fue compañera del imperio”. En las primeras páginas de Gramática de la lengua castellana, Nebrija explica la importancia histórica de lenguas como el hebreo, griego y latín y argumenta que la lengua es una pieza clave para extender la fe religiosa.

La primera gramática del español es un nudo lingüístico y político con el que España define una expansión económica, religiosa y sociocultural que marcó la historia de su colonia,  la posterior América Latina. Sin embargo, el proceso de evangelización y dominio que se extendió a lo largo de trescientos años de colonia llevó también a la escritura de las lenguas originarias, a la confección de sus gramáticas (artes de las lenguas primigenias) y al inventario de vocabularios concebidos de acuerdo a lo que los líderes religiosos y nuevos gobernantes necesitaban que nombraran los recién conquistados.

En 1820, justo antes de la consumación de la Independencia de México, el 65% de la población eran hablantes de alguna lengua indígena. Hoy solo el 6.5% de la población habla una de las 68 lenguas indígenas que existen en el país. La Independencia destituyó a los españoles, pero a la vez revictimizó a las comunidades indígenas. Fueron sometidas a un proyecto de nación en el cual se condicionó su existencia a la negación de sus lenguas, de sus territorios y de una autonomía política que ya había sido arrebatada. Este es el antecedente histórico y la situación glotopolítica que Yásnaya Elena Aguilar Gil aborda en Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística (Almadía, 2020).

§

Desde el primer texto, “Ser o no ser: bilingüismos”, Yásnaya imprime su particular estilo: una mirada aguda sobre la política lingüística que se ha aplicado a las lenguas originarias, a partir del análisis de experiencias cotidianas. El contraste entre el bilingüismo en su comunidad Ayutla, Oaxaca, y en Ciudad de México, marcó su manera de narrar el mundo. Dos cosas sorprenden a la autora: en Ayutla se desdeña la educación bilingüe y se prefiere la “formal” (monolingüe en español) y en Ciudad de México se pondera el bilingüismo (no español-náhuatl, sino español-inglés). Su cierre es auténtico y espontáneamente irónico: “Entendí, en pocas palabras, que no es lo mismo ser bilingüe que ser bilingüe”.

Yásnaya es ayuujk jä’äy, mixe, y muestra una singular y permanente disposición al cuestionamiento. Le seduce pensar en la existencia de la lengua, la diversidad y la injusticia. La génesis de su lucidez y lucha las presenta, claramente, en Un nosotrxs sin Estado (Ona Ediciones, 2020). A Yásnaya la educaron con una disciplina rigurosa en la lectura de los clásicos. De niña sus tíos la hacían leer en voz alta, cada día, para que adquiriera un español sin acento. El libro rojo de Mao Tse-Tung, Los vedas, el PanchatantraLas mil y una noches, la Ilíada y la Odisea de Homero, las obras de Amado Nervo, Manuel José Othon, Sor Juana Inés de la Cruz, Alexander Pushkin, Ánton Chéjov, Fiódor Dostoievski, Walt Whitman y Lev Tolstói —el nombre de Yásnaya es, de hecho, un homenaje a este autor—, fueron lecturas, “edificios sonoros”, cuyo significado ignoraba, y que más tarde se iluminaron a la luz de sus estudios de preparatoria, licenciatura y posgrado en Ciudad de México.

Los textos que componen Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística son una compilación de ensayos breves publicados en la revista Este país entre 2011 y 2015. Los compiladores —Ana Aguilar Guevara,  Julia Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez— también han incluido  tuits y entradas de Facebook de la lingüista que aluden a los temas de tales ensayos.

El libro es evidencia del sincretismo lingüístico y cultural que ha sucedido a lo largo de 500 años, pero tiene el gran mérito de ser el primero escrito en su género por una mujer, una ayuujk jä’äy, y por alguien cuya agudeza analítica le permite exponer, de forma clara, las diversas aristas del asunto. Su empatía por el mundo la lleva a aprender de todo y de todos. De una amiga japonesa, compañera universitaria, aprende que es mejor sentirse contenta y no orgullosa de hablar una lengua, y sentencia: “El orgullo puede estrechar lazos con la dignidad pero también con la soberbia o, en el peor de los casos, se utiliza como un parche emotivo que cubre una herida amplia y profunda. Un relleno que trata de compensar una carencia”.

La dificultad de la convivencia entre lenguas que gozan con un mayor o menor prestigio también la lleva a anotar que para una niña que habla italiano, inglés y español en casa lo extraño es un entorno monolingüe, prebabélico. La también maestra en lingüística hispánica, Yásnaya Elena —cuya madre, por cierto, se llama Eneida— evoca, en otro ejemplo, el rechazo que provoca hablar español en ciertos contextos en Estados Unidos, de la misma manera en que han sido denostadas las lenguas originarias en México. Su conclusión es que no existen lenguas minoritarias, sino minimizadas al extremo de crear familias que rechazan que sus hijos sean educados en armonía con su lengua materna, sea esta una lengua originaria o el español hablado en México.

La censura sistemática, algunas veces casi invisible, con que se ha tratado a las lenguas originarias se manifiesta en la ignorancia y desprecio que despiertan más allá de los círculos de lingüistas cuyo interés no rebasa, en ocasiones, la obsesión por partículas morfológicas o por la construcción y crítica de una gramática. “¿Por qué la diversidad cultural y lingüística no es un eje temático importante en los contenidos educativos?”, pregunta la autora. En su histórico discurso “México. El agua y la palabra”, pronunciado en la Cámara de Diputados el 26 de febrero de 2019 y que forma parte del libro, la lingüista recuerda que, en promedio, una lengua muere cada tres meses. En un centenar de años se habrán extinguido la mitad de las lenguas del planeta. Causa pudor que no se sepa nombrar las lenguas habladas en México, causa desconcierto que se haga tan poco para preservar las del mundo. Con ello se niega el derecho a una vida propia y digna de estas comunidades. El monolingüismo, además, adelgaza la inteligencia, pues nos alejamos de la complejidad creativa y cognitiva que cada lengua entraña al nombrar el mundo. Aprender que en ayuujk el azul y el verde se mezclan en una sola palabra  —tsujxk—advierte que los colores pueden ser percibidos en un continuo cromático, sin las divisiones con que otras lenguas los definen. Asimismo, saber que täay puede significar “ser chistoso” en el mixe de Ayutla, pero “mentir” en el mixe de Tlahuitoltepec, puede disparar la creatividad si se imaginan los enredos comunicativos que dicha variante puede causar. Yásnaya Aguilar convive, precisamente, en ambas comunidades.

Los conflictos lingüísticos se convierten en conflictos identitarios, pero la seriedad con que Yásnaya los aborda no necesariamente implican una renuncia a su particular humor: “En Europa fui mexicana, en México soy oaxaqueña, en Oaxaca estoy siendo mixe, en la sierra suelo ser de Ayutla. En algún punto soy indígena, pero eso me lo dijeron o lo intuí en el contraste antes de que llegara el nombre. Durante un ataque de fuerzas extraterrestres seguro que seré terrícola, y lo seré con pasión.” La conciencia de esta multirreferencialidad contrasta con la sencilla elegancia con que en ayuujk se nombra a todo aquel que no sea mixe: akäts. La visión del mundo mixe se simplifica en este aspecto, así como en Harry Potter a todos aquellos que no pueden hacer magia se les llama muggles.

La fascinación que suscita conocer nuevas lenguas, sin embargo, no puede ser un hecho si el fomento de la diversidad no cuenta con el apoyo de un gobierno y de sus instituciones. Cuando la lingüista afirma: “Hay tantas razones para querer aprender nuevas lenguas, pero solo  una para querer dejar de hablarlas”, se refiere al racismo, maltrato y negación a que los pueblos originarios han sido sometidos a lo largo del tiempo.

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El proyecto de nación mexicana, que tuvo su origen a partir de la consumación de la Independencia en 1821, ha sido también el proyecto de la negación de los pueblos indígenas y su pluralidad. Una negación no sólo del reconocimiento de las lenguas, sino del derecho a las tierras, al agua, a los recursos naturales y a gobiernos autónomos: “La pérdida de una lengua no es un proceso pacífico en el que los hablantes abandonan una lengua por otra, es un proceso en el que median castigos, menosprecios y en la mayoría de los casos, colonialismo contra los pueblos que la hablan”. Llegada la discusión a este punto, la lingüista Yásnaya Elena Aguilar Gil se torna activista. No son solo lenguas las que se ignoran, sufren segregación y mueren, son naciones indígenas. En un tuit de 2017 apunta: “Nación mapuche dividida en dos Estados: Argentina y Chile; nación sami dividida en cuatro Estados: Suecia, Noruega, Finlandia y Rusia; nación cucapá dividida en dos Estados: México y Estados Unidos”.

En defensa de los pueblos originarios, Yásnaya parece recuperar la etimología de la palabra nación: del latín natio -ōnis, es decir,“lugar de nacimiento” -“pueblo”. Hablar desde la cultura mixe, desde su lengua materna de la familia otomangue, la coloca en un territorio discursivo que es también tierra, organización política y social, conocimiento y mitología ancestral, costumbres familiares y culinarias concretas. El ayuujk encarna el nacimiento, desarrollo y consolidación de un pueblo que sigue luchando por ser respetado y reconocido. Inspirada en el periodista mapuche Pedro Cayuqueo, Yásnaya Elena plantea, en su libro Un nosotrxs sin estado, que México es un Estado plurinacional y no una nación multicultural; critica la educación indígena impartida en español, los hospitales y juzgados sin intérpretes que conozcan la lengua de cada región. La idea de mexicanidad —reclama— los ha ignorado: “No hay penacho de Moctezuma ni mariachi ni huapango de Moncayo ni china poblana que pueda borrar ese hecho. La multiculturalidad niega la idea de nación tal y como fue pensada en sus inicios por los que la proclamaron”.

Si se ha construido una nación unívoca que niega la diversidad, solo hay una aparente salida para la autora: la conformación de un Estado plurinacional en el que se reconozca a las comunidades indígenas como naciones con derecho a la autodeterminación social, económica, lingüística y política. La idea es una seductora utopía. Sin embargo, el lector no puede dejar de preguntarse cómo, en un entorno global que encarna la competencia permanente, se podría legitimar geopolíticamente la existencia de 68 naciones bajo el lema de un país llamado México.

Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística pone sobre la mesa un conflicto social que cobró fuerza política, en 1994, con el levantamiento zapatista y, más tarde, en 1995, con los Acuerdos de San Andrés Larraínzar. A 25 años, el despojo de tierras y la extracción de recursos naturales a las comunidades indígenas sigue sucediendo. El Estado mexicano no ha incorporado un modelo que respete la riqueza cultural y geográfica del territorio. En la narrativa nacionalista promovida desde el Estado, la diversidad cultural de México no ha sido efectiva ni equitativamente incorporada. El sistema de castas se ha superado porque ya no se obliga a escribir la etnia o grado de pureza de la sangre en un acta de nacimiento. No obstante, como afirma la autora, aún existe el gesto disuasorio en los registros civiles para no darles a los recién nacidos nombres que no provengan del español o del inglés; aún se escriben notas periodísticas en que un problema judicial, de salud o de autoridad, se reporta como un problema originado por no saber hablar español. Si bien es cierto que el español mexicano hace tiempo que dejó de ser colonizante, en el sentido de que no representa valores y variantes de un lugar lejano llamado España, y en el sentido de que el español de México es ya patrimonio cultural del país, también es un hecho que las instituciones gubernamentales y la educación pública siguen aplicando prácticas colonizantes en los servicios institucionales que ofrecen a comunidades indomexicanas. De ahí el valor de Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística de Aguilar Gil, un libro que pone en evidencia las prácticas insuficientes e injustas con que se incorpora a estas comunidades y el discurso nacionalista que afirma lo contrario.

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En La vida contada por un sapiens a un neandertal (Alfaguara, 2020), el paleoantropólogo Juan Luis Arsuaga se esfuerza por explicarle al escritor Juan José Millás la razón por la cual los australopitecos se desplazan de la selva tropical a la pradera: buscan la luz. Al ver una frutería —porque la conversación ocurre en una caminata por el mercado—, Arsuaga rectifica y decide hablar mejor del Homo erectus. Seguramente, por su capacidad de coleccionar frutas. Millás expresa que así habrá más orden en la exposición. La indignación del paleontólogo es más que sugestiva: “–Oye, qué es eso del orden. Esto no es un cuento. Si quieres un cuento, te lees el Génesis. La evolución no tiene la estructura de un relato. No hay planteamiento, nudo ni desenlace. La evolución es el mundo del caos”.

El pasaje me hizo reflexionar en las anotaciones que hice al principio de este texto. La exuberancia de la existencia es, al margen de nuestro pensamiento, siempre caótica. Somos nosotros quienes, acorralados por la conciencia y la angustia connatural que esta desata, nos vemos en la necesidad de construir relatos sobre los hechos que experimentamos o de los cuales tenemos noticias. Los hechos están ahí, sueltos. Cada día salimos a la calle, o al espacio digital, a encontrarnos con los otros. Cada uno hilvana con palabras la historia que es capaz de construir. La madre de todas las batallas es la lucha entre estas narrativas porque ahí se define quién entra o quién sale de la escena; quién tiene derecho o quién no. Arsuaga sabe que los hechos pueden significar por un instante y en un contexto reducido, para luego seguir suspendidos en el espacio de lo no explicable o a merced de narrativas diversas.

En Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística se construye una narrativa sobre la historia indígena de México y de sus lenguas. ¿Fueron los indígenas de la era de la domesticación del maíz, hace 9000 años, los mismos sometidos durante 300 años por los españoles? ¿Es el mexicano una invención ilegítima del proyecto nacional de 1821? ¿Cómo integrar la existencia del español de México (la lengua) con la existencia de las lenguas originarias? Construir un territorio narrativo para luchar por una nación, o por un ideal social, tiene mucho más peso que la narrativa con la que recordamos nuestras vivencias cada noche. Sin embargo, ambas narrativas son brújulas capaces de guiar individuos y legiones. La narrativa de una nación y los hechos en que se fundamenta tendrán que ser siempre inclusivos, sin prejuicio de ningún grupo humano, o entidad natural que habita el territorio. Cuando Yásnaya Aguilar Gil analiza la coexistencia de las lenguas y de las culturas parece saber esto último. La narrativa de los ensayos que componen este libro es una defensa de las lenguas originarias de México y de los pueblos indígenas que las hablan. También es una genuina invitación a que dichas lenguas se incorporen al horizonte sociopolítico de los hablantes nativos del español de México.

• Yásnaya Elena  A. Gil, Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística, Ana Aguilar Guevara, Julio Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez (comps.), México, Almadía, 2020.

Patricia Córdova es profesora investigadora de Lingüística Hispánica y directora de la División de Estudios Históricos y Humanos de la Universidad de Guadalajara.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Dans ses mémoires, le Congolais Séverin Mouyengo relate quarante-huit ans de vie dans la SAPE, la « Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes », ce mouvement né entre Paris et le Congo-Brazzaville à la fin des années 1960. Longtemps et encore aujourd’hui regardé comme relevant d’un « folklore africain », le monde des sapeurs éclaire pourtant remarquablement l’histoire collective des villes africaines. Séverin Mouyengo nous emmène au sein de la jeunesse congolaise, dans ses coulisses, loin des uniformes militaires qui régnaient alors. S’y dévoile aussi une manière singulière d’inversion du stigmate du colonisé.

« Mars 2019, avenue de la Gare routière, Bacongo. Le Salopard de la sape Séverin jouant avec sa veste du genre Aristotes à la manière d’un cerf-volant. »

Séverin Mouyengo, Ma vie dans la Sape. Texte établi et préfacé par Manuel Charpy. Librairie Petite Égypte, 192 p., 17 €

Écrit par Philippe Artières

L’historien passeur Manuel Charpy l’indique dans sa préface, Ma vie dans la Sape est un ouvrage né de la détermination d’un homme à inscrire cette histoire en dépit des nombreux obstacles rencontrés. Séverin Mouyengo avait en effet rédigé un premier manuscrit qu’il avait confié en 2003 à un ami qui partait en Europe. Le texte fut perdu et, en 2017, l’auteur décida de reprendre ce travail de mémoire, sans doute poussé par l’intérêt de plus en plus grand des maisons de mode du monde entier pour ces étranges « sapeurs », mais surtout par le souci d’inscrire ces personnages dans le récit de l’histoire contemporaine du Congo.

L’histoire de la mode et celles de la politique et du postcolonial se croisent ici de façon exemplaire. C’est conscient de toutes ces dimensions que les éditions de la Librairie Petite Égypte, situées à Paris, au beau milieu du Sentier, ont pris l’initiative de publier l’ouvrage. En 2019, la maison avait fait déjà paraître une édition – augmentée des mémoires d’un déporté devenu confectionneur, Guy Vasseur – d’un des rares textes sur l’histoire de ce quartier parisien de la confection, 36, rue du Caire et d’Alexanderplatz au Sentier de Nadine Vasseur.

Le texte de Séverin Mouyengo commence par un rite d’initiation ; à l’âge de quinze ans à peine, il est invité par l’un de ses frères germains à une première « fête ritualisée » dans un dancing-bar de Brazzaville, mal aimé de la puissante Union des jeunesses socialistes proche du commandant Marien Ngouabi, qui a pris le pouvoir en 1968. Voilà notre héros soumis pour la première fois au regard des sapeurs, et Séverin de se sentir alors « ngaya », au plus bas de l’échelle de la Société des ambianceurs. Pas de quoi dégoûter le jeune garçon qui, un soir suivant, repart en campagne, n’ayant rien laissé au hasard cette fois : ni le costume, ni la chemise, ni les chaussures, jusqu’à un paquet de cigarettes Benson & Hedge…

Cette nouvelle sortie est l’occasion pour lui d’éprouver le regard des femmes. Car s’il s’agit d’une société d’hommes, les « filles » ont un rôle dans ces soirées. Ni accessoires, ni maitresses de cérémonie, elles représentent la preuve de l’élégance. Mais, dans les albums photographiques qui conservent la mémoire des grandes heures de la Société, ce sont des hommes qui figurent sur les clichés, solitaires ou en groupe – l’édition fait une large place à ces photographies et chacune est commentée par Séverin Mouyengo, elles ne constituent pas une simple illustration mais forment comme un récit parallèle.

Ma vie dans la Sape, de Séverin Mouyengo : une esthétique de l'existence

« 19 juillet 2019 avec Vernon Benny, mon fils, venu pour deux semaines de vacances. Redingote du genre Carlson et chapeau (haut de forme) du genre Dobell.

Au fil de courts chapitres, avec humour souvent, l’auteur nous fait partager la vie de la jeunesse citadine congolaise ; on découvre aussi le rapport que ces jeunes hommes entretiennent avec la mode occidentale ; il ne s’agit pas de la copier ni de la contrefaire mais de se l’approprier individuellement. Ce que Séverin Mouyengo invente avec ces « fringues » des grands couturiers français, italiens, anglais, c’est un « style » qui constitue un véritable mode de vie. Chaque instant de l’existence des membres de la Société est centré sur la constitution d’une collection de vêtements, véritable trésor à partir duquel on compose ses tenues. En ce sens, c’est une vie d’artiste que ces mémoires relatent. L’exclusion de l’auteur du système scolaire renforce un peu plus son amour de la Sape : « j’étais désormais libre et c’était l’occasion ou jamais de saper, toujours saper, saper sans encombre ». Chaque sortie est un événement et toutes les ressources, y compris familiales, doivent contribuer à l’enrichissement de la collection.

L’arrière-plan de ce monde de la sape est l’immigration vers la France, et les politiques migratoires de plus en plus dures qui sont mises en place. La chronologie qui clôt l’ouvrage met bien en évidence l’importance des lois nouvelles en Europe limitant cette porosité entre le Congo et la France (notamment, en juillet 1974, l’arrêt de l’immigration pour motif économique). Séverin Mouyengo tente à deux reprises de venir en France. Il consacre de longs développements à cette volonté de voyage parisien car « voir Paris et mourir » était le credo du sapeur. En décembre 1974, n’ayant pas la possibilité de partir directement de Brazzaville ni du Zaïre voisin (l’actuelle République démocratique du Congo), ni par le Gabon ou l’Angola où les papiers pour les formalités de voyage étaient plus faciles à obtenir, « l’aventurier » s’embarque à Pointe-Noire, à plus de 500 km de la capitale. Il travaille sur le port mais fréquente là aussi les sapeurs et leur fêtes, occasion de grimper les grades de la Sape (Président, Sénateur, Maire, Ambassadeur), les plus élevés des sapeurs étant dits « Parisiens », car pratiquant la sape en résidant à Paris.

Le voyage pour arriver à « l’Eldorado » n’était pas sans risque et nombre de jeunes gens y avaient perdu la vie. Séverin Mouyengo échoue, il est découvert avec ses camarades clandestins avant même que le navire ne quitte le port. Et le sapeur de poursuivre sa carrière à Pointe-Noire, puis à Loubomo, la troisième ville du pays, nommée ainsi entre 1975 et 1991 (actuellement Dolisie), où il reprend des études tout en consacrant tout son temps libre à la Sape. Au milieu des années 1970, Séverin Mouyengo rentre chez lui à Brazza où il devient l’une des grandes figures des sapeurs, « un salopard de la sape ». Il obtient un poste aux Eaux et forêts qui lui garantit un salaire et surtout des ressources pour satisfaire son unique passion : s’habiller. L’auteur décrit en détail les divers moyens pour acquérir de nouveaux vêtements : soit il les faisait venir par des amis qui vivaient à Paris, soit ces derniers faisaient des « descentes » à Brazzaville pour en acheter, les stewards des compagnies aériennes pouvaient aussi être des convoyeurs. Localement, des achats étaient aussi possibles dans des magasins d’habillement réputés, le vol constituant un dernier recours.

Ma vie dans la Sape, de Séverin Mouyengo : une esthétique de l'existence

Nœuds papillon, Madibou, banlieue de Brazzaville (2020)

Cette passion pour les habits n’est pas une simple affaire d’apparence, elle est la possibilité de changer d’identité au sein de la société : moyen d’expression corporelle, le port du vêtement de confection est une manière de se déplacer socialement. Peu importe la profession, peu importe l’origine, c’est le style qui constitue l’identité. Or, plus cette identité est multiple, plus elle est diverse, plus elle est remarquable. Il ne s’agit nullement d’une hybridation entre deux cultures, mais bien d’une forme d’invention d’une identité sensible et inédite, fruit d’une situation historique : la relation violente entre l’Afrique centrale et l’Europe.

La collection de vêtements apparaît en cela comme un trésor qui garantit la possibilité d’un devenir pour le sapeur. Il conserve dans des sacs, sur des portants et dans des valises ces centaines de pièces. En 1998, l’intensité des combats entre le président Pascal Lissouba et les Ninjas du maire de Brazzaville avec les milices de Denis Sassou Nguesso (l’actuel président), appuyées par l’armée angolaise, menace la vie de Séverin Mouyengo et de sa famille. Le sapeur décide de partir. Creusant un immense trou dans le jardin de sa maison, il enterre sa garde-robe pour, croit-il, la conserver. À son retour, fin 1999, son trésor a été entièrement détruit par l’humidité. Et le sapeur de se lancer dans la constitution d’une nouvelle collection, profitant de l’intérêt des Occidentaux mais aussi des Japonais pour cette esthétique de l’existence. C’est tout l’intérêt du livre de Séverin Mouyengo : il constitue un formidable autoportrait d’une génération qui, dans le chaos de la mondialisation, inventa des formes d’identité jouant sur les décalages, les télescopages et les collages. Et si parfois le lecteur se perd dans la galerie de personnages qui habite ces pages, c’est pour mieux mesurer à quel point cette poétique échappe, combien elle est fondamentalement rebelle aussi.

 

[Photos : collection particulière Séverin Mouyengo – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]