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« Tres », de Dror Mishani es un sofisticado thriller literario en la estela de grandes maestros del suspense como Patricia Highsmith o Alfred Hitchcock, donde el destino de Orna, Emilia y Ella, tres mujeres con vidas aparentemente normales, dará un trágico giro el día que aparezca en sus vidas Guil, un hombre que pronto dejará claro que no es quien dice ser. Aunque quizá ellas tampoco…

Escrito por HERMENEGILDO VERDUGO

Escrito por uno de los maestros de la novela negra actual, Tres es un sorprendente thriller sobre tres mujeres cuyas vidas aparentemente normales se entrecruzan en un engañoso rompecabezas emocional. Orna, maestra en Tel Aviv y madre divorciada, se ha decidido a olvidar su fracasado matrimonio y empezar una vida nueva; Emilia, una cuidadora recién llegada a Israel desde Letonia, necesita a partes iguales un trabajo y un amparo espiritual que la mantengan a flote; Ella, por su parte, acude cada mañana a un café para terminar su tesis doctoral, pero, sobre todo, para huir de su monótona vida familiar. El destino de estas tres mujeres dará un giro trágico el día que aparezca en sus vidas Guil, un hombre que pronto dejará claro que no es quien dice ser. Aunque quizá ellas tampoco…

Dror Mishani irrumpió en escena con Expediente de desaparición, la primera de una serie de novelas protagonizadas por el inspector Abraham Abraham. En Tres, el autor abandona a su detective para construir, en la estela de grandes maestros del suspense como Alfred Hitchcock y Patricia Highsmith, una delicada intriga psicológica protagonizada por mujeres que pocas veces tienen la oportunidad de hacerse oír. Mishani nos conduce hasta los márgenes olvidados de Tel Aviv para hablarnos de la responsabilidad de observar la vida de aquellos que nos rodean y de nuestro posicionamiento ante los vivos y ante los muertos, que, de un modo u otro, permanecen siempre entre nosotros.

Con una elegancia y una empatía inusuales, Dror Mishani ha creado su mejor novela hasta la fecha. La crítica ya se ha rendido a sus pies.

Dror Mishani (Holón, 1975) es un escritor, traductor y editor israelí especializado en literatura policíaca. Hizo su debut en 2011 con el thriller Expediente de desaparición, el primero de una serie protagonizada por el inspector Abraham Abraham, que le valió el Premio Martin Beck a la mejor novela policíaca extranjera publicada en Suecia. Sus obras se han traducido a más de veinte idiomas y han sido candidatas a premios tan prestigiosos como el CWA International Dagger. Tres, su cuarta novela, ha sido finalista del Premio Sapir de Literatura en Israel y el Grand prix de littérature policière en Francia, y ha ganado el Deutsche Krimipreis, en la categoría Internacional, en Alemania; será llevada al cine y a la televisión por los productores de la serie Homeland. 

Dror Mishani actualmente vive en Tel Aviv junto con su mujer y sus dos hijos.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

 

Aux Congos, la Sape, c’est bien plus que se faire beau. La Société des ambianceurs et des personnes élégantes, c’est promouvoir un art de vivre et de voir le monde. C’est aussi un acte politique, alors que ce mouvement est né au début du XXe siècle contre les puissances coloniales.

Des sapeurs congolais.  PHOTO / Tariq Zaidi / CNN

Écrit par Tariq Zaidi

Entre 2017 et 2019, je me suis rendu à Brazzaville, au Congo, et à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour rencontrer des familles entières de sapeurs*, de sapeuses* et de mini-sapes* en formation.

J’avais pour objectif de mettre en lumière le rôle que joue la Sape* dans la lutte qu’elles mènent contre leur situation difficile, le contraste saisissant qui existe entre l’élégance de leur tenue et la dureté de leur environnement. Les Congos sont parmi les pays les plus pauvres du monde et les membres de la Société des ambianceurs et personnes élégantes – la Sape – offrent donc un spectacle extraordinaire.

Chaussettes de soie et pipes ornées

Les Congolais sont connus pour se soucier de leur apparence, mais la Sape porte l’art de bien paraître encore plus loin. Papa Wemba, le chanteur de rumba congolaise célèbre pour son élégance qui a popularisé le look sapeur [mort sur scène en 2016], confiait que son inspiration venait de ses parents, qui étaient “toujours bien mis, toujours très chics” dans les années 1960.

Clementine Biniakoulou, femme au foyer de 52 ans et sapeuse depuis 36 ans, à Brazzaville, en 2017.  PHOTO / Tariq Zaidi / CNN

Clementine Biniakoulou, femme au foyer de 52 ans et sapeuse depuis 36 ans, à Brazzaville, en 2017.

Les familles de sapeurs sont traitées comme des célébrités. Elles apportent espoir et joie de vivre à une population ravagée par des années de violence et de conflit. Il peut sembler frivole de dépenser de l’argent pour des pipes finement ornées et des chaussettes de soie dans un pays comme la RDC, où plus de 70 % de la population vit dans la pauvreté, mais la Sape fait davantage que permettre aux gens d’oublier leurs problèmes : elle est devenue une forme subtile de militantisme social, un moyen de prendre sa revanche sur le pouvoir et de se rebeller contre la situation économique.

Élément vital du patrimoine

Le mouvement remonte aux années 1920. Les jeunes hommes congolais commencèrent à porter et imiter les vêtements français et belges pour lutter contre la supériorité coloniale. Les boys rejetèrent les vêtements usagés de leurs maîtres et se mirent à consommer par provocation, à dépenser leur maigre salaire mensuel pour acquérir les dernières modes extravagantes de Paris.

Maxime Pivot Mabanza, professeur de Sape de 43 ans, à Brazzaville, en 2017.  PHOTO / Tariq Zaidi / CNN

Maxime Pivot Mabanza, professeur de Sape de 43 ans, à Brazzaville, en 2017.

Après l’indépendance en 1960, Kinshasa et Brazzaville devinrent des centres où se réunissait une nouvelle élite africaine francophone. Nombre de Congolais allaient à Paris et Londres et en revenaient avec des vêtements de marque. Pour reprendre les termes de Papa Wemba,

L’homme blanc a inventé les habits mais c’est nous les Congolais qui en avons fait un art.”

Malgré des campagnes visant à interdire les sapeurs dans l’espace public dans les années 1980, la Sape connaît une résurgence depuis quelques années. Les sapeurs de tous âges se réunissent pour danser, discuter et décider de qui est le mieux habillé. Et ils jouissent d’un grand respect – ils sont considérés comme un élément vital et stimulant du patrimoine culturel congolais.

Dans ces pays déchirés par le colonialisme, la corruption, la guerre civile et la pauvreté, les ambitions vestimentaires – et la courtoisie de gentleman – des sapeurs peuvent permettre d’apaiser les luttes internes. “Je ne vois pas comment quelqu’un de la Sape pourrait être violent ou se battre. La paix est très importante pour nous”, déclare Séverin, 62 ans, dont le père était aussi sapeur.

Elie Fontaine Nsassoni, chauffeur de taxi de 45 ans, à Brazzaville en 2017.  PHOTO / Tariq Zaidi / CNN

Elie Fontaine Nsassoni, chauffeur de taxi de 45 ans, à Brazzaville en 2017.

 

Un art qui se décline aussi au féminin

La vraie sapologie*, c’est plus que des étiquettes de luxe : le véritable art du sapeur réside dans sa capacité à se constituer une élégance unique, propre à sa personnalité.

Même si la tradition se transmet habituellement par les hommes, les femmes se mettent, elles aussi, aux vêtements de marque et à devenir sapeuses. Elles défient ainsi la société patriarcale, inversent la dynamique du pouvoir et reviennent aux origines de la Sape. La Sape est un mouvement en constante évolution. Les jeunes défavorisés utilisent la mode pour accompagner l’évolution de leur pays vers un avenir plus cosmopolite et chargé de plus d’espoir.

Natan Mahata, 8 ans et sapeur depuis 3 ans, à Kinshasa, en 2019.   PHOTO / Tariq Zaidi / CNN

Natan Mahata, 8 ans et sapeur depuis 3 ans, à Kinshasa, en 2019.

  

* En français dans le texte

[Cet article, publié par CNN, est un extrait du livre du photographe Tariq Zaidi, Sapeurs. Ladies and Gentlemen of the Congo, publié en septembre 2020 aux éditions Collector’s, non traduit – hotos de l’auteur – source : http://www.courrierinternational.com]

 

L’acteur qui incarnait «le plus grand des voleurs», chanté par Jacques Dutronc, est décédé samedi d’un cancer. Georges Descrières a donné une élégance particulière au personnage de Maurice Leblanc

Écrit par Nicolas Dufour

C’était un certain Arsène Lupin. Avec le panache, l’élégance et la parole ourlée qu’il fallait au personnage, même si cette interprétation-là n’est pas allée sans débats. L’acteur Georges Descrières a succombé d’un cancer samedi matin à Cannes, à l’âge de 83 ans. Il restera dans les mémoires pour son interprétation du gentleman cambrioleur dans une série TV des années 1970.

Avant, et bien après, cette gloire télévisuelle, Georges Descrières, né en 1930, fut acteur de théâtre, surtout au sein de la Comédie-Française. Il y était entré en 1955 comme pensionnaire, en devint sociétaire en 1958. Il fut d’ailleurs le doyen de fonction le plus jeune de la vénérable institution, qu’il n’a quittée qu’en 1985. À la fin des années 1980, il s’est retiré dans le sud de la France, créant et dirigeant le conservatoire de Grasse, indique Le Point, qui a annoncé sa disparition.

Hormis quelques apparitions au cinéma, c’est donc par la télévision que l’acteur a atteint le grand public. Vaste coproduction européenne associant les services publics de huit pays, dont l’ancienne TSR, «Arsène Lupin» a démarré en 1971 pour deux saisons totalisant 26 épisodes, jusqu’en 1974. La série est aussi devenue fameuse grâce à la chanson du générique, composée et interprétée par Jacques Dutronc. La tendance était alors aux héros un brin dandies, et se baladant dans les paysages d’Europe: en 1971 aussi, les Anglais lançaient «Amicalement Vôtre». Une autre formule, reposant sur le tandem britannico-américain formé par Roger Moore et Tony Curtis, mais qui situait aussi ses intrigues un peu criminelles sous les cieux d’Europe, de préférence les plus cléments, au sud.

Incarner Arsène Lupin, personnage qui a ses fervents amateurs depuis 1907, représentait un défi plus complexe qu’il n’y paraissait. Par nature, le héros de Maurice Leblanc est protéiforme, non seulement parce qu’il est maître des déguisements, mais parce qu’il se révèle, en soi, toujours fuyant, à quelques exceptions près, de rares scènes où il s’épanche.

Georges Descrières et les auteurs de la série avaient fait le choix de miser sur une certaine majesté de la figure lupinienne. Certains ont pu déplorer qu’il ne soit pas plus jeune, et que sa malice n’apparaissait pas vraiment au long des 26 épisodes, marqués par les conquêtes féminines du cambrioleur. En revanche, avec l’acteur Yvon Bouchard en Grognard, «Les Aventures d’Arsène Lupin» trouvaient leur excellent second rôle, tout à fait en adéquation avec la superbe de Georges Descrières. Celui-ci, par son rire gourmand et généreux, vorace parfois, constituera une tranche d’histoire de la fiction télévisuelle française.

 

[Source : http://www.letemps.ch]

 

Adrien Bosc, fondateur des Éditions du Sous-sol, publie une nouvelle traduction de trois romans du romancier canadien Mordecai Richler.

Écri par Myriam ANISSIMOV

Le célèbre écrivain canadien Mordecai Richler, né le 27 janvier 1931 à Montréal, était le fils de Moses Richler et de Leah, la fille du rabbin hassidique Judah Yudel Rosenberg, auteur de nombreux traités talmudiques et d’un récit sur le Maharal de Prague qui, avec son Golem, avait déjoué la machination du prêtre Tadish pour convertir au christianisme la fille d’un négociant en vin de la ville.

Le monde selon Barney
Mordecai Richler
2018
Editions du sous-sol
560 pages

Une histoire familiale de la Russie au Canada

Moses et Léa avaient été unis en 1922 dans le cadre d’un shidoukh, c’est-à-dire un mariage arrangé, alors qu’ils ne s’aimaient pas. Pire, Léa méprisait son mari parce qu’il était ignorant des choses de l’esprit.

L’ainé de treize frères et sœurs, Moses, avait grandi au sein d’une modeste famille orthodoxe. Homme timide et réservé, il exerçait le métier de ferrailleur comme son père Shmariyahu, qui avait émigré de Russie.

Dans le galetas sans eau chaude de la rue Saint Urbain, où vivait le petit Mordecai, on parlait yiddish et un anglais improbable, qu’on appelle broken english. Le dimanche après-midi, ses oncles paternels étudiaient le Talmud autour de la table familiale sous la direction de Shmariyahu l’irascible patriarche, qui l’avait un jour traité de sahbbes goy et d’apikoïres  mécréant − devant toute la famille parce qu’il ne portait pas sa kippa et prenait le bus pendant le shabbatEt pour cause ! Il était devenu membre de l’organisation de jeunesse sioniste socialiste, Habonim − les bâtisseurs. Le désigner à l’opprobre n’avait pas suffi à Shmariyahu qui avait attrapé son petit-fils par l’oreille, l’avait frappé à coup de ceinture, avant de le jeter hors de sa maison. Lorsqu’il mourut en 1947, la mère de Mordecai insista pour qu’il se rende à ses obsèques. Quand il entra dans la salle à manger où la famille était réunie autour du cercueil, son oncle Joe l’attira dans un coin pour lui dire : « Ainsi te voilà ! Tu as hâté sa mort. Pendant les mois pendant lesquels il était malade, tu ne lui as jamais adressé la parole ! » « Je n’ai pas provoqué sa mort, répondit Mordecai. »

« Eh bien, poursuivit Oncle Joe, saches que tu es la première personne citée dans son testament. Il a écrit que tu es un mauvais Juif, et qu’il t’interdit de toucher son cercueil, ou même de l’approcher. »

En se rendant au local des Habonim qui se trouvait rue Jeanne Mance, Mordecai et ses copains passaient devant la maison du terrible Shmariyahu, en train de prendre l’air sur son balcon.

Dans son récit autobiographique intitulé This Year in Jerusalem, Richler raconte que sa mère lui avait dit qu’un de ses grands oncles s’était écrasé un testicule à l’aide d’un marteau de forgeron afin d’échapper à la conscription décrétée par le tsar Nicolas 1er. Pendant son règne (1825-1855), les petits garçons juifs de la Zone de Résidence obligatoire étaient arrachés à leur famille dès l’âge de douze ans, convertis à l’orthodoxie, puis incorporés dans l’armée du tsar pendant vingt-cinq ans, au terme desquels ils n’étaient pas autorisés à retourner dans leur shtetl natal. En quelque sorte assignés à résidence, on les appelait les « cantonistes ».

En 1899, au lendemain du pogrom de Jassy, en Roumanie, organisé par le chef de la police locale, les jeunes Juifs de la ville traversèrent l’Europe à pied, et embarquèrent pour l’Amérique dans le port de Hambourg. En marchant, sac au dos, ils chantaient en yiddish.

Geyt, yiddelekh, in der vayter velt;

In Kanade vet ir fardinen gelt.

Va, petit Juif à travers le vaste monde ;

Tu pourras gagner ta vie au Canada.

Un représentant canadien de l’École du roman juif américain

Solomon Gursky
Mordecai Richler
2017
Editions du sous-sol
640 pages

Le yiddish, parlé par les grands-parents et les parents, s’est infiltré dans l’anglais des écrivains de l’École du roman juif américain. Henry Roth (L’Or de la terre promise. À la merci d’un courant violent. Un Rocher sur l’Hudson), Saül Bellow (The Dangling Man, Les Aventures d’Augie March, Herzog), lui aussi né dans le quartier juif de Montréal, Bernard Malamud (Le Commis, L’Homme de Kiev, Les Portraits de Fiedelmann), Cynthia Ozick (La Galaxie cannibale, Le Rabbin de Stockholm), Norman Mailer (Les Nus et les Morts, Le Chant du bourreau), Jerome Charyn (Marylin la Dingue, Isaac le flic de Brooklyn) et, bien sûr, l’œuvre entière de Philip Roth, ami et complice de Mordecai Richler, qui appartient lui aussi à la génération de grands écrivains, fondateurs du roman juif américain. Le vent du Nobel ne risquait pas de souffler dans les voiles de l’œuvre de Mordecai Richler, récemment rééditée en français dans une nouvelle traduction aux Éditions du Sous-Sol, fondées par Adrien Bosc, car rien n’était politiquement correct dans ses dix romans provocateurs, exubérants. Hilarants.

Sa méchanceté littéraire, ses ruminations, son humour dévastateur, entretiennent, au-delà de la langue et des continents, des liens secrets avec celle du génial Autrichien Thomas Bernhard.

Ses personnages frustes, libidineux, avides, sont presque tous nés à Montréal, le plus souvent dans le quartier de Mile End, où s’entassent les Juifs émigrés de Russie et de Pologne. Dans les appartements insalubres de « la belle Province », on manque notamment de toilettes, de salles de bain, et surtout d’eau chaude, alors que le rude hiver dure de longs mois. Crasse, promiscuité, vermine, lutte pour la survie, sont, jour après jour, le lot des habitants de la rue Saint Urbain, le Combray de Mordecai Richler. Sur le « temps perdu » de son enfance et de son adolescence, son regard d’écrivain est féroce, sardonique.

Au terme de plus de vingt années passées en Europe, il est cependant revenu, en 1972, vers la source de sa création car il ne voyait pas d’inspiration possible hors des rives des grands lacs, des forêts et du quartier de misère où il avait passé une enfance et une adolescence chaotiques, en digne épigone de David Copperfield.

Un détour européen

Richler n’était pas un bon élève dans son modeste collège de Baron Bing. Il abandonna à dix-huit ans des études d’histoire et de lettres commencées à Sir George Williams College, une université de second ordre car, à Mac Gill où il aurait voulu étudier, les Juifs étaient soumis à un strict numerus clausus. Mentionnons que l’accès aux hôtels, aux restaurants chics, aux clubs, était également interdit aux citoyens juifs du Canada. No Jews Allowed ! Restricted Clientele. Étudiant turbulent, Mordecai fut stigmatisé à cause des articles qu’il écrivait pour dénoncer l’antisémitisme dans le journal du College.

Après le divorce de ses parents, Richler resta à la garde de sa mère et travailla l’été avec elle. Elle avait fondé, sur les rives d’un lac, le Rosenberg’s Kakeside Inn, un hôtel-restaurant pour les Juifs de Montréal. Il y jouait aussi bien le rôle de maître d’hôtel que de femme de chambre.

À ce propos, ajoutons que le divorce ou guèt de ses parents fut rocambolesque. Pour obtenir ce fameux guèt, Léa prétendit fallacieusement qu’elle s’était mariée sans l’autorisation de son père, alors qu’elle était mineure. Le mariage religieux fut formellement annulé mais, selon la Halakha, la loi juive, il faisait d’Avrum et de Mordecai, ses deux fils, des mamzers, c’est-à-dire des bâtards ! Une condition lourde de conséquences. Si la séparation de ses parents affecta grandement Mordecai, sa condition de mamzer le laissa indifférent, car il était devenu totalement athée.

Richler fuit Montréal pour rouler sa bosse en Espagne, en France, en Angleterre. Il fuit aussi sa mère : elle entretient une liaison avec un de ses clients, qui vient déjeuner chaque jour avec quelques autres, dans sa pauvre cuisine de Montréal. Julius Frankel, un réfugié venu d’Europe, a tout pour séduire l’ex-Madame Richler. C’est un homme plus jeune qu’elle, sophistiqué et cultivé. Il prétend avoir été chanteur d’opéra. Mordecai qui n’a que quatorze ans, se réveille une nuit et les surprend en pleine passion dans le lit proche du sien. Il n’y avait qu’une seule chambre dans l’appartement. La mère et son fils échangeront à ce sujet des lettres acrimonieuses.

Le jeune Richler est ce qu’on appelle en yiddish un Azes ponem. Un impertinent. Un provocateur, au temps de son adolescence. Il s’entend désormais bien avec son père qui les emmène, son frère Avrum et lui, à la fin du shabbat, manger dans un restaurant yiddish, puis au cinéma. Il adore le strip-tease qui précède le film.

Se figurant d’abord en artiste-peintre, il se cherche comme le héros de son quatrième roman L’Apprentissage de Duddy Kravitz, publié à Londres, en 1959, un grand succès, au terme de dix années de galère. Ses premiers manuscrits, d’abord refusés par les grandes maisons, sont finalement publiés par le petit éditeur André Deutsch, quasiment sans avance sur droits. Ainsi en est-il pour The Acrobats, paru alors qu’il n’a que vingt-quatre ans, et Son of a Smaller Hero, son second roman. Richler n’est encore qu’un très jeune écrivain prometteur et confidentiel. André Deutsch, qui a pris le risque d’éditer un inconnu, lui écrit toutefois qu’il est davantage impressionné par son talent de  « futur écrivain » que par son roman. Mordecai accepte d’ailleurs de remanier son livre, et surtout d’effectuer les coupes importantes demandées par Deustch.

Ayant renoncé à des études universitaires médiocres, Richler, révolté contre son pays qui le traitait en citoyen de seconde zone, obtint finalement une bourse lui permettant de gagner le vieux continent.

Son père qui ne s’était pas opposé à sa vocation d’écrivain, lui envoyait tous les mois de quoi ne pas mourir de faim, après qu’il eût débarqué quelques semaines avant son vingtième anniversaire du paquebot Franconia, à bord duquel il avait rencontré Douglas Cohen. Voyageant en troisième classe, ils avaient gagné chacun 100$ au poker.

Mordecai vivait de l’air du temps à Paris, Ibiza, Londres, dans le Var, persuadé qu’à Montréal, il ne resterait qu’un petit Juif, tout juste capable d’arracher à la société un destin un peu meilleur que celui de Moses, son père, cet homme doux et timide, qu’il aimait tendrement. Un être effacé, méprisé et abandonné par son épouse, qui se figurait lui être infiniment supérieure parce qu’elle lisait des livres, parce qu’elle était la fille d’un rabbin célèbre. Mordecai la détestera jusqu’au jour de sa mort, refusant même d’assister à ses obsèques. En revanche, quand il était enfant, il rendait fréquemment visite à son autre zeyde, le grand-père qui bricolait dans un improbable jardinet cerné de palissades, en lui répétant que celui qui était incapable de posséder le plus modeste lopin de terre n’était pas un mensch  un homme.

En Europe, il connut des hauts et des bas. À Ibiza, il loua une villa de trois pièces avec cuisinière. « Mordy », nageait, écrivait, jouait aux échecs et buvait beaucoup. Il faisait la fête tous les soirs avec son ami William Weintraub. « Cette nuit, écrit-il à son ami qui vient de quitter l’île, j’ai dîné avec Rosita, la propriétaire du bordel, et fuckey-fuckey jusqu’au matin… » A cours d’argent, Mordy quitte Ibiza pour Barcelone, puis pour Tourette-sur-Loup. Des jeunes filles libres traversent sa vie. Il est question d’Helen, une belle Suédoise.

Richler vit une année en France dans les villages de l’arrière-pays niçois et à Paris, avant de gagner l’Angleterre où il va se fixer pendant deux décennies. Chambres de bonne, hôtels pouilleux à Paris. À la même époque, c’est aussi le cas de Serge Moscovici, de Paul Celan, d’Isaac Chiva. D’autres émigrés juifs, venus de Roumanie ; ils ne se rencontreront pas.

Quand il ne fait pas la fête, et il ne s’en prive pas, Richler travaille d’arrache-pied et apprend sur le motif l’art d’écrire. Il n’est encore qu’un inconnu attablé au Sélect, à la Rotonde, à la Coupole, au Dôme, au café de Flore, au Mabillon, qui entre à la Librairie de la Hune, qui observe, écoute et se gausse du snobisme des coteries parisiennes. Ses descriptions des artistes et des intellectuels de Saint-Germain-des-Prés et de Montparnasse n’ont pas pris une ride.

Il rencontre une jolie fille, Cathy Boudreau, un sacré tempérament, qu’il épouse malgré les menaces de son père, déterminé à prendre le deuil de son fils, sur le point d’unir son destin funeste à une shiksè  une goy. Dans une lettre adressée à son fils à la veille de son mariage, Moses Richer l’avertit que ce sera la dernière, s’il ne renonce pas à Cathy. Le mariage houleux, célébré 28 août 1954, durera quatre ans de dèche, sans domicile fixe.

Lorsque, bien des années plus tard, père et fils eurent fait la paix, Mordecai dit à Moses qui avait réellement observé la shiva, c’est-à-dire fait le deuil de son fils : « Papa, tu as épousé une fille de rabbin, et ça n’a pas marché. »

En 1953, Mordecai passe quelques mois à Montréal mais prend bientôt la mer à bord d’un exécrable paquebot de la Cunard. À sa grande surprise, il y retrouve Cathy qui a acheté son billet sans l’en avoir prévenu. The Acrobats parait en avril 1954 à Londres, alors qu’ils habitent à l’Hôtel de France à Paris. Les critiques sont plutôt tièdes.

Le début d’une carrière de romancier

L’Apprentissage de Duddy Kravitz
Mordecai Richler
2017
Editions du sous-sol
416 pages

Dans les romans, comme dans la vie de Richler, on boit plus que de raison du whisky MacAllan, on fume le cigare, on joue au billard, aux échecs, on fait l’amour dans une suite de grand hôtel, parfois dans des taudis improbables à Paris et à Londres, mais aussi dans de vieilles masures, dans l’arrière-pays de Nice et de Menton.

Ce sont les dix années qui précèdent la gloire, les gros contrats, la collaboration avec le cinéma et la télévision. Et c’est précisément quand L’Apprentissage de Duddy Kravitz et Le Monde selon Barney lui apportèrent la reconnaissance et la fortune, que Richler rencontra Florence Mann, la seule femme aimée. Tous deux étaient, chacun de son côté, sur le point d’envisager le divorce d’avec leur conjoint. Florence vivait seule avec Daniel son fils de trois ans, qui était né de son union avec le cinéaste Stanley Mann. Mordecai et Florence s’installèrent à Kingston Hill dans le Surrey.

Richler commença aussi à travailler avec le cinéaste Jack Clayton pour son film Room a the Top. Puis, ce fut la fortune et la grande vie. L’écrivain partit avec Florence pour travailler à Rome sur son roman Cocksure.

Née à Montréal en 1929, Florence avait été adoptée par une famille, alors qu’elle n’était encore qu’un nourrisson. Les Wood avaient déjà adopté deux autres enfants. Sa mère adoptive semble avoir été hypocondriaque, et l’enfance de la petite fille, assez malheureuse.

Florence avait été mannequin pour Dior et pour Sassoon. Elle commençait une carrière de comédienne au cinéma et à la télévision. Belle, élégante, raffinée, cultivée, courtisée, on la reconnait dans plusieurs romans, telle une apparition qui provoque un cataclysme amoureux pour l’homme qui soudain l’aperçoit. Elle est tout le contraire de Mordecai dont les manières sont plutôt rugueuses et l’humeur ombrageuse.

Dans le roman éponyme, Barney découvre, parmi les invités, l’envoutante Miriam au cours de la réception donnée le soir de son mariage au Ritz Carlton de New York. Trahissant aussitôt son épouse, il va la laisser tomber pour séduire Miriam, comme Mordecai a rejeté brutalement Cathy pour conquérir Florence.

« La pluie de reproches s’est poursuivie, mais je n’écoutais plus, car j’avais aperçu Miriam, assiégée par de nouveaux admirateurs, et je me suis avancé vers elle en souriant d’un air béat, comme le dernier des imbéciles. La salle de bal s’étant mise à tanguer, je me suis amariné, puis j’ai vogué vers elle et chassé les courtisans en agitant un cigare dont le bout rougeoyant menaçait de les harponner.

“ Nous n’avons pas été présentés.

-Impardonnable négligence de ma part. Vous êtes le marié. Mazel Tov.

-Ouais. Si on veut.

-Je pense que vous feriez mieux de vous asseoir, a-t-elle dit en me guidant vers la chaise la plus proche.

-Vous aussi, alors.

-Un instant seulement. Il se fait tard. Je dois comprendre que vous êtes dans le milieu de la télévision ?

-Productions totalement inutiles.

-Vous êtes dur.

-C’est le nom de ma société.

-Sans blague ?”

“-Je vais souvent à Toronto. Accepteriez-vous de manger avec moi un soir ?

-Je ne crois pas.

-J’insiste.

-Ce serait une mauvaise idée”, a-t-elle répondu en tentant de s’esquiver.

Mais je l’ai retenue par le coude.

“-Dans ma poche de veston, j’ai deux billets pour Paris. Départ demain. Venez avec moi.

-On prend quand même le temps de dire au revoir à votre nouvelle épouse ?

-Vous êtes la plus belle femme que j’ai vue de ma vie. ”…

Et, mon Dieu, ce petit sourire, je l’avais bien mérité. Oh, la fossette de sa joue ? Ces yeux bleus à vous damner. Ces épaules dénudées. »

« Je suis amoureux, Boogie, ai-je dit. Pour la première fois de ma vie, je suis vraiment, gravement, irrévocablement amoureux. »

Barney quitte donc son épouse le soir de ses noces et fonce à la Gare Windsor. Il monte dans un train en partance pour Toronto, et y trouve Miriam en train de lire Goodbye Columbus de son ami Philip Roth.

Nous ne dévoilons pas la suite, aux nombreuses péripéties. À ceci près qu’on reconnait Florence sous les traits de Miriam.

La vie avec Florence

Richler et Florence s’épousèrent à Montréal. Florence était enceinte de neuf mois de leur premier fils. Ils eurent trois autres enfants.

En 1961, Richler obtint une bourse de la Fondation Guggenheim. Cela venait à point nommé. Il était broke. Il devait vivre au moins six mois aux États-Unis. Il se partagea entre New York (Long Island) et Londres (Hampstead), puis l’encore plus chic Haversotck Hill. À Londres, Richler dîne souvent avec son ami Philip Roth. Ils font des concours d’obscénités. Les dames qui participent aux agapes sont choquées, mais Florence regarde son mari avec indulgence, comme s’il était un adolescent voulant épater la galerie.

En 1968, Richler remporte un grand succès avec Cocksure qui entretient des liens très obscènes avec le Portnoy de Roth. Il reçoit le prix du gouverneur général, mais est banni de certaines librairies en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Australie et même en Angleterre. Lily Richler, la tante de Mordecai, lut le livre et, dégoutée, le jeta à la poubelle.

Mordecai ne remettait jamais un manuscrit à son éditeur, sans que sa femme l’eût lu, critiqué et approuvé. À Londres, où il habita vingt ans avec Florence et ses cinq enfants, il travaillait pour la télévision et le cinéma afin d’assurer son train de vie, car l’avance sur droits d’Andre Deustch pour son second roman Son of a Smaller Hero se monta à 275£. Après quoi, Richler se vit offrir 1000$ US pour Duddy Kravitz, qui allait lui apporter un immense succès, des traductions dans le monde entier et la fortune. En 1957, Nathan Cohen consacra un article important à Richler dans le Tamarack Review.

Pendant ses vingt années à Londres, Richler écrivit outre ses romans, des scénarios, des dramatiques pour la télévision et le cinéma, généreusement payés et qu’il méprisait. Son roman Duddy Kravtiz fut adapté au cinéma. Hollywood le paya fort cher pour remanier le travail des autres. Seul l’appât du gain le faisait s’abaisser à gâcher sa plume pour un art qu’il ne jugeait rien moins que mineur. Et quitter Florence pour quelques semaines le mettait au désespoir.

Quand il était obligé de s’absenter pour donner des conférences, ou travailler dans un studio sur un scénario grassement payé, il lui téléphonait plusieurs fois par jour. Il vérifiait à tout moment qu’on la traitait avec la plus grande considération. Malgré l’amour qu’il lui portait, il lui imposa le mode de vie sans lequel il ne pouvait écrire. Ils retournèrent définitivement au Canada en 1972, habitèrent à Montréal, à Toronto. Puis, Richler réalisa son rêve : vivre au bord du lac Mephremagog qui apparait notamment dans son dernier roman Solomon Gurksy.

Elle n’aimait pas du tout la campagne. Mais Mordedai avait besoin de retourner vivre au Canada, y acheter une grande maison au bord du lac Mephremagog, y passer une grande partie de l’année, rester le plus clair de son temps enfermé dans son bureau à travailler, à fumer et à boire du Mac Allan, tout en déléguant à Florence la charge de la maison et de l’éducation de leurs enfants.

Il accepta d’enseigner à la Carleton University à Ottawa, deux jours par semaine.

On ne sait pourquoi, Richler acceptait parfois un déjeuner ou une conférence dont il n’avait aucune envie. Aussitôt arrivé, il se montrait grossier, agressif, et même ignoble. Une fois qu’une dame à la tribune, prenait un temps inconsidéré à le présenter au public, quand son tour vint enfin, se tournant vers elle, il déclara : « Madame la présidente, avec une langue comme la vôtre, vous devriez tailler des pipes. ». Il ne dit rien d’autre et quitta la scène.

En 1997, il reçut le Giller Prize pour Le Monde selon Barney.

Même quand il tomba gravement malade, quand on diagnostiqua un cancer du rein qui récidiva et développa des métastases dans tout son organisme, il ne renonça jamais complètement à fumer et à boire. Et il en mourut. Florence supporta avec élégance son caractère difficile, et son refus de renoncer à boire et à fumer. Comme Cathy avant elle, elle apprit à lui préparer les recettes de cuisine yiddish dont il ne pouvait aussi se passer.

Une fin à l’image du reste de sa vie

Richler avait juré de forcer les portes du destin qui l’ont fait naître dans la rue juive de Saint Urbain.

Satiriste féroce, Richler a subi aussi bien les foudres des membres de la communauté juive originaire d’Europe orientale au sein de laquelle il était né, que celles des Québécois francophones, nationalistes et antisémites. Il a fait feu de tout bois, avec un sens du grotesque qui les faisait tous fulminer. Ils le haïssaient. À la manière de Gogol, il décrivait les hommes, grossissant le trait à la limite du fantastique.

On tenta de l’intimider, de le faire taire, de le forcer à se repentir. Mais ce n’était pas un homme qui se laissait terroriser par les terroristes. Ainsi, lorsque dans les dernières semaines de sa vie, alors qu’il était hospitalisé à Montréal pour son cancer en phase terminale, il refusa d’être transféré dans un autre établissement, afin, selon les dires de la direction, de le protéger. En fait, tout le monde était assez lâche pour vouloir se débarrasser de lui, plutôt que d’affronter ses contempteurs qui se réjouissaient de sa mort prochaine.

Ainsi donc, le grand Mordecai Richler, fumeur et buveur impénitent, mourut à la veille de ses soixante-dix ans, laissant une œuvre prolifique.

Richler mourut riche. Mais avant de mourir, il vendit la maison qu’il possédait à Londres et offrit le profit de sa vente à Florence. Puis il fit venir ses enfants et leur dit qu’il n’y aurait pas d’héritage et que chaque génération devait construire sa vie. Il offrit à chacun quelques dizaines de milliers de dollars et ce fut tout.

Se souvenant que son zeyde, son grand-père lui disait qu’un homme qui ne possédait pas un morceau de terre, n’était rien, il achètera des maisons et des appartements à Londres, et après son retour au Canada, à Montréal, dont il ne pouvait se détacher parce que sa ville était le terreau de son œuvre. Il s’installa sur les bords du lac Méphrémagog pour achever le grand roman épopée Salomon Gursky. Une immense mosaïque de récits transfigurés qui racontent d’une certaine manière l’histoire des distillateurs Bronfman, mais aussi l’épopée de la colonisation du Canada. Pas de manière réaliste. Comme si cette histoire était vue avec les lunettes d’un Mel Brooks, dans laquelle les Inuits convertis par un Juif fou et trafiquant d’alcool, ayant vécu plusieurs vies dans le vaste monde, mais aussi dans le temps, voyaient en lui le Messie, et se mettaient à porter le talit, la kippa et les tsitsits.

 

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Née en Grande-Bretagne, Elizabeth Taylor (1932-2011) était une star hollywoodienne talentueuse, intelligente, altruiste, convertie au judaïsme et sioniste. Des facettes parfois obscurcies par ses mariages et divorces successifs, son combat contre le surpoids et son goût pour les diamants. Arte rediffusera les 1er et 6 janvier 2021 Ivanhoé (Ivanhoe – Der schwarze Ritter) de Richard Thorpe, avec Robert Taylor, George Sanders et Joan Fontaine.

Publié par Véronique Chemla

Une légende hollywoodienne. L’enfant prodige-star dans Fidèle Lassie (1943), film de Fred M. Wilcox, devenue actrice oscarisée ayant tourné sous la direction des meilleurs réalisateurs, avec des acteurs excellents. Liz Taylor et ses sept maris – pas simultanés -, son humour et son intelligence, sa générosité, son élégance et sa beauté, ses diamants, ses fourrures et ses bijoux, et ses problèmes de poids et d’alcool, sa lutte contre le SIDA…
Les médias ont longuement développé ces facettes de cette dame aux yeux violets qui est décédée à 79 ans, d’une insuffisance respiratoire, à Los Angeles (États-Unis) le 23 mars 2011, a été inhumée le 24 mars 2011, au cimetière de Forest Lawn, lors d’une cérémonie intime et d’un office œcuménique mené, dans l’intimité, par le rabbin Jerry Cutler.

C’est un autre et double aspect d’Elizabeth Taylor, née en 1932 dans une famille chrétienne américaine en Angleterre, qui la rend plus attachante encore : son judaïsme et son ardent sionisme.

Les Quatre filles du Dr March

En 1949, sort aux États-Unis Les Quatre filles du Dr March, de Mervyn Le Roy. « Sur fond de guerre de Sécession, l’entrée de quatre jeunes filles dans l’âge adulte… Immense succès à sa sortie, en 1949, une chronique familiale portée avec ferveur par Elizabeth Taylor et Janet Leigh ».
« Pendant la guerre de Sécession, dans une petite ville de la côte Est des États-Unis. En l’absence de leur père, aumônier dans les rangs de l’armée nordiste, Meg, Beth, Jo et Amy doivent composer avec le manque d’argent. Si Beth, la cadette, rêve de pouvoir jouer du piano et Jo, l’aînée, de devenir écrivain, Amy, la frivole, est passionnée par le dessin. Meg, quant à elle, adore les jolies toilettes. Alors que Noël approche, les privations se font plus douloureusement sentir. L’arrivée dans leur voisinage de Theodore, un jeune homme orphelin de retour du front, leur met un peu de baume au cœur lorsqu’il les convie à un bal dans la maison de son grand-père, qui l’a recueilli… »

« Adaptation d’un best-seller autobiographique de Louisa May Alcott, paru en 1868, et remake d’un film de George Cukor de 1933, le film de Mervyn LeRoy est un vrai délice. Malgré la dureté des temps et les épreuves qu’elles doivent surmonter pour entrer dans l’âge adulte, ses jeunes héroïnes, notamment Janet Leigh et Elizabeth Taylor, futures stars alors débutantes, enchantent par leur enthousiasme, leur force de caractère et leur générosité. Ode à une existence altruiste et bienveillante, vaillamment défendue par Mary Astor sous les traits de la mère, une chronique familiale sensible et délicate, brillamment mise en scène ».Arte propose, dans le cadre de Un regard, une minute, « Les quatre filles du Docteur March » de Mervyn LeRoy. « Quatre portraits de filles d’une même famille américaine. Quatre façons d’être des filles. Il y a l’émancipée, la coquette, la sage et l’artiste. Toutes de tempéraments différents, elles se montrent d’une solidarité totale devant l’adversité, en l’occurrence la guerre de Sécession. Se dégage de cela une chronique de la vie quotidienne féminine américaine ».

Le film a été distingué en 1950 par l’Oscar, l’Academy Award for Best Art Direction – Set Decoration (Color) pour Cedric Gibbons, Paul Groesse, Edwin B. Willis, Jack D. Moore.

« Une place au soleil »

Arte diffusa le 23 avril 2018 « Une place au soleil » (Ein Platz an der Sonne, A Place in the Sun), réalisé par George Stevens avec Montgomery Clift, Elizabeth Taylor et Shelley Winters, précédé de Trois bonnes raisons de voir « Une place au soleil » (2018). « Captif de ses rêves d’ascension sociale, un jeune homme s’embourbe dans une double relation destructrice… »

 « George Eastman, jeune homme désargenté qui ambitionne de se faire une place au soleil, est embauché comme ouvrier dans l’usine de son oncle. Il y séduit Alice, une collègue dont il devient l’amant. Peu de temps après, invité par son oncle à une soirée mondaine, il fait la connaissance d’Angela Vickers, une demoiselle de la haute société qui tombe sous son charme. George se prend à rêver de mariage et d’opulence, mais ses plans s’écroulent lorsqu’Alice lui annonce qu’elle est enceinte… »

« Entre mélodrame et film noir, un classique inoubliable de George Stevens, aussi flamboyant que grinçant, avec un triangle amoureux formé par Montgomery Clift, Elizabeth Taylor et Shelley Winters ».

« Porté à l’écran, avec peu de succès, par Josef von Sternberg en 1931, Une tragédie américaine, roman de Theodore Dreiser paru en 1925, s’est de nouveau attiré les faveurs du cinéma vingt ans plus tard. La partition mélancolique de Franz Waxman et le noir et blanc contrasté de William C. Mellor, justement récompensés aux Oscars, subliment le triangle amoureux formé par Montgomery Clift, Elizabeth Taylor et Shelley Winters en même temps qu’ils soulignent l’engrenage implacable dont ils sont les victimes. Ce classique inoubliable de George Stevens, aussi flamboyant que grinçant, démonte ainsi l’escroquerie du rêve américain, qui broie inexorablement ceux qui tentent de s’extraire de leur condition ».

Une place au soleil « dévoile la face la plus sombre et cruelle du rêve américain. Mais c’est aussi un sommet de la séduction et du charme hollywoodiens, grâce à Montgomery Clift et Elizabeth Taylor qui sont insurpassables de beauté et de sensualité fiévreuse. La mise en scène est somptueuse et les scènes de baisers et les gros plans amoureux parmi les plus beaux du cinéma ».

En 1952, le réalisateur George Stevens a été distingué par l’Oscar du Meilleur réalisateur, Edith Head l’Oscar des Meilleurs costumes, et le compositeur Franz Waxman a reçu l’Oscar de la meilleure musique de film.

Ivanhoé

En 1952, Elizabeth Taylor avait interprété le rôle de Rébecca d’York, Juive férue en médecine, dans Ivanhoé (Ivanhoe – Der schwarze Ritter) de Richard Thorpe, avec Robert Taylor, George Sanders et Joan Fontaine. » Le film est produit par Pandro S. Berman. La musique est composée par Miklós Rózsa.

Le scénario est signé par Noel Langley et Marguerite Roberts, d’après le roman éponyme (1819) de Walter Scott (1771-1832), écrivain écossais. Ce Waverley Novel (« roman de Waverley ») présente un portrait très favorable des Juifs et dénonce l’antijudaïsme médiéval. Selon W. S. Crockett, auteur de The Scott Originals (1912) étudiant les personnages réels ayant inspiré Walter Scott, celui-ci se serait inspiré de Rebecca Graetz (1781-1869), jeune juive américaine vivant à Philadelphie, et évoquée par Washington Irving durant son séjour à Abbotsford. Amie de Mathilda Hoffman, fiancée de l’écrivain américain, la très belle et philanthrope Rebecca Graetz demeura célibataire et s’occupa d’œuvres de bienfaisance.
De retour de croisade, le chevalier Ivanhoé retrouve une Angleterre sous le joug tyrannique de Jean sans Terre. Le félon s’est emparé du trône en l’absence de Richard Cœur de Lion, parti lui aussi combattre en Terre sainte. Or, sur le chemin du retour, le roi Richard a été capturé par Léopold V d’Autriche. Ivanhoé fait le serment de réunir la rançon réclamée pour la libération de son souverain. Aidé de son fidèle écuyer Wamba, le chevalier commence sa quête. En sauvant d’une embuscade un patriarche juif, Isaac d’York, il lui jure de mettre fin aux persécutions infligées à son peuple contre son aide financière… »

« Amour et action : au cœur des années 1950, Richard Thorpe fut un des artisans les plus doués d’Hollywood pour façonner des œuvres flamboyantes mêlant grands sentiments et codes du film d’aventures. « Ivanohé » s’avère l’une de ses plus belles réussites.

Le tournoi d’Ashby et l’attaque du château de Torquilstone sont ici des séquences d’anthologie, des modèles du genre. Mais Ivanohé raconte aussi une histoire d’amour splendide et cruelle, dans laquelle Elizabeth Taylor resplendit ».

« La Piste des éléphants »

Arte diffusera le 22 avril 2019 « La piste des éléphants » (Elefantenpfad, Elephant Walk), réalisé par William Dieterle (1954) sur un scénario de John Lee Mahin d’après « Elephant Walk », roman de Robert Standish. « Épouse d’un riche planteur britannique de Ceylan, une jeune Anglaise découvre les injustices du monde colonial… William Dieterle peint un tableau sombre de la société coloniale et de la vie conjugale dans ce drame flamboyant, porté avec grâce par Elizabeth Taylor. » Celle-ci a du remplacer Vivien Leigh qui, après avoir tourné les scènes se déroulant au Ceylan, devenu le Sri Lanka, avait sombré à Hollywood dans la dépression.

« Libraire dans une petite ville anglaise, Rita épouse quelques jours après leur rencontre le riche héritier d’une plantation de thé à Ceylan, John Wiley. Après leur voyage de noces, elle s’installe dans la luxueuse propriété de son époux, où s’affaire une noria de domestiques sous la direction d’Appuhamy, l’inflexible majordome. Alors que John retrouve vite ses manières de célibataire auprès de ses amis colons, la jeune femme peine à trouver sa place… Bâtie au beau milieu d’une piste empruntée par les éléphants pour se rendre à leur point d’eau, la somptueuse demeure s’avère un théâtre d’injustices, de souffrances et de secrets. »

Géant

Arte rediffusa le 16 juillet 2018 « Géant » de George Stevens (1956). « De 1920 aux années 1950, la saga d’une famille du Texas racontée sur trois générations… Un monument du cinéma américain, avec James Dean en ouvrier agricole corrompu par l’or noir. »

« Bick Benedict, riche propriétaire terrien, ramène dans son ranch Leslie, qu’il a rencontrée et épousée dans le Maryland. La jeune femme peine à s’acclimater à la vie texane, coincée entre Luz, la sœur de son mari, qui dirige la maison avec autorité, et les préjugés raciaux des ranchers envers les Mexicains. Luz a un protégé, Jett Rink, à qui elle lègue à sa mort un arpent de la propriété. Ce dernier, qui refuse de le vendre à Bick, y découvre plus tard du pétrole. Des années après, Jett est devenu un magnat du pétrole et l’hostilité entre les deux familles s’aggrave… »

« Un ranch gigantesque, l’or noir qui coule à flot, des haines homériques… : à l’instar d’Autant en emporte le vent, cette saga familiale sur trois générations au budget et à la durée colossaux, constitue un sommet du gigantisme hollywoodien. Réalisé par George Stevens, qui tourna comme caméraman au cours de la Seconde Guerre mondiale les seules images en couleurs du conflit, Géant se distingue par son engagement ».

« En mettant aux prises le cynique et raciste Jett Rink, magistralement incarné par James Dean, et le beau et colérique Bick Benedict, défenseur du Texas des pionniers et des Hispaniques méprisés, interprété par le tout aussi impeccable Rock Hudson, ce film-fleuve attaque de front la xénophobie des propriétaires du Sud et démolit en Cinémascope l’émergence du capitalisme pétrolier »..

« Ardente sioniste »

Dans son hommage, ZOA (Organisation sioniste d’Amérique) a rappelé qu’Elizabeth Taylor, qualifiée d’ « ardente sioniste », avait été convertie au judaïsme, sous le nom d’Elisheba Rachel, en 1959 par le rabbin du Temple Israël à Hollywood Max Nussbaum, qui devient président de ZOA de 1964 à 1966 et cette synagogue comptait parmi ses fidèles entre autres célébrités Al Jolson, Sammy Davis, Jr., Eddie Fisher, Eddie Cantor, George Jessel et Leonard Nimoy.

Dans son autobiographie, Elizabeth Taylor soulignait avoir souhaité se convertir au judaïsme avant ses deux mariages successifs avec deux Américains juifs.

Elle avait épousé en 1957 le producteur juif Michael (Mike) Todd qui disparut dans un accident d’avion en 1958, puis en 1959 le chanteur juif Eddie Fisher, dont elle a divorcé en 1964 pour épouser le comédien britannique Richard Burton.

Parmi les remarquables actions d’Elizabeth Taylor au service de causes juives, citons son achat en 1959 pour 100 000 dollars de bonds israéliens – en représailles à sa conversion au judaïsme et à « des causes israéliennes », l’Égypte de Nasser a interdit ses films -, et sa participation à un gala à Londres en 1967 au cours duquel 840 000 dollars ont été collectés.
En 1967, Elizabeth Taylor avait annulé sa visite à Moscou (URSS) après que l’Union soviétique eut attaqué violemment l’État d’Israël après la guerre des Six-jours. En 1975, elle a été l’une des 60 femmes éminentes à signer une déclaration adressée au secrétaire général des Nations unies, alors Kurt Waldheim, afin de condamner la résolution infâme de l’assemblée générale de l’ONU assimilant le sionisme au racisme.
Lors du détournement par des terroristes gauchistes et palestiniens d’un avion d’Air France vers l’aéroport d’Entebbe (Ouganda) en fin juin-début juillet 1976, Liz Taylor s’était portée volontaire comme otage. L’armée israélienne avait alors conçu une opération pour délivrer la centaine d’otages.
Elizabeth Taylor a séjourné à plusieurs reprises en Israël où elle a dialogué avec les plus hauts dirigeants, dont en 1983 Menahem Begin, alors Premier ministre.
En 1987, elle a signé une pétition demandant la libération d’URSS d’une refuznik, Ida Nudel.
Son activisme pro-israélien a suscité l’ire de nombreux États arabes qui ont interdit ses films. Cependant, en 1964, l’Égypte a enlevé le nom d’Elizabeth Taylor de sa liste des artistes à boycotter lors de la sortie du film Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963) : ce film assurait la promotion de ce pays.
Dévouée à de nombreuses causes, Elizabeth Taylor avait illustré avec sensibilité et douceur ce concept majeur du judaïsme : le tikkoun olam (réparer le monde).
En 1991, elle a créé l’ETAF (Elizabeth Taylor AIDS Foundation)  afin de collecter des fonds destinés à prévenir l’extension de la pandémie du SIDA et d’aider les malades atteints par cette maladie.
Dans les années 1990, Elizabeth Taylor avait pris la parole lors d’un grand concert public de sensibilisation aux actions de prévention du SIDA. Alors qu’elle aurait pu mener une vie tranquille de guest star dans des séries américaines ou superproductions, alors que de nombreux spectateurs jeunes mal polis exprimaient bruyamment leur souhait d’entendre la musique, et non le discours bref et altruiste de cette star, Elizabeth Taylor avait dit avec simplicité cette phrase essentielle : « The world needs you » (« Le monde a besoin de vous »).
Le monde, et notamment celui des artistes, Juifs ou non, actifs dans la diffamation d’Israël, passifs devant sa délégitimation ou réticents à se rendre dans l’État juif, a besoin de dames comme Elizabeth Taylor, intelligente, sensible, Juive, sioniste et fière de l’être.
Qu’elle en soit remerciée et louée.

Les Quatre filles du Dr March, de Mervyn Le Roy
États-Unis, 1949
Auteur : Louisa May Alcott

Image : Charles Edgar Schoenbaum, Robert H. Planck

Montage : Ralph E. Winters
Musique : Adolph Deutsch
Production : Metro-Goldwyn-Mayer
Producteur : Mervyn LeRoy
Scénario : Sarah Y. Mason, Andrew Solt, Victor Heerman
Avec Rossano Brazzi, Margaret O’Brien, Elizabeth Taylor, June Allyson, Peter Lawford, Janet Leigh, Mary Astor
Sur Arte le 2 janvier 2018 à 20 h 55
Visuels 
Janet Leigh (Meg) et Richard Stapley (John Brooke)
Sir C. Aubrey Smith (James Laurence) et Margaret O’Brien (Beth)
June Allyson (Jo), Janet Leigh (Meg), Richard Stapley (John Brooke) et Peter Lawford (Laurie)
© Warner Bros. Entertainment Inc

« Une place au soleil«  par George Stevens
États-Unis, 1951

Image : William C. Mellor

Montage : William Hornbeck
Musique : Franz Waxman
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : George Stevens
Scénario : Michael Wilson, Harry Brown
Acteurs : Fred Clark, Shelley Winters, Montgomery Clift, Elizabeth Taylor, Anne Revere, Keefe Brasselle, Raymond Burr
Auteur : Theodore Dreiser


Ivanhoé (Ivanhoe – Der schwarze Ritter) de Richard Thorpe
États-Unis, 1952,103 min
• Auteur : Walter Scott
• Image : Freddie Young
• Montage : Frank Clarke
• Musique : Miklos Rozsa
• Production : Loew’s
• Producteur/-trice : Pandro S. Berman
• Scénario : Aeneas MacKenzie, Noel Langley
• Avec Elizabeth Taylor, Joan Fontaine, Robert Taylor, George Sanders, Robert Douglas, Finlay Currie, Felix Aylmer, Guy Rolfe, Norman Wooland, Emlyn Williams, Francis De Wolff, Harold Warrender et Basil Sydney
Sur Arte les 27 octobre à 13 h 35 et 1er novembre 2016 à 15 h 25
« La piste des éléphants » par William Dieterle
États-Unis, 1954, 103 min
Scénario : John Lee Mahin
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : Irving Asher
Image : Loyal Griggs
Montage : George Tomasini
Musique : Franz Waxman
Avec Dana Andrews (Dick Carver), Peter Finch (John Wiley), Elizabeth Taylor (Ruth Wiley), Abraham Sofaer (Appuhamy), Rosalind Ivan (Mrs Lakin), Abner Biberman (Doktor Pereira)
Auteur : Robert Standish
Sur Arte les 22 avril 2019 à 13 h 30 et 7 mai 2019 à 13 h 35

« Géant » de George Stevens

États-Unis, 1956, 201 min
Image : William C. Mellor
Montage : William Hornbeck
Musique : Dimitri Tiomkin
Production : George Stevens Productions
Producteur/-trice : Henry Ginsberg, George Stevens
Scénario : Fred Guiol, Ivan Moffat
Acteurs : Elizabeth Taylor, Rock Hudson, James Dean, Carroll Baker, Jane Withers, Chill Wills, Mercedes McCambridge, Dennis Hopper, Rod Taylor, Sal Mineo, Judith Evelyn, Earl Holliman, Robert Nichols, Paul Fix, Alexander Scourby
Auteur : Edna Ferber
Sur Arte les 4 juillet 2018 à 13 h 30, 16 juillet 2018 à 13 h 30
Visuels : © Warner Bros. Entertainment Inc.

Liz Taylor et Richard Burton. Les amants terriblesde Richard Laxton
Sur Arte les 25 avril et 2 mai 2014

 
Cet article a été publié pour la première fois le 25 mars 2011, et modifié pour la dernière fois le 24 avril 2014. Il a été republié :
– à l’approche de la diffusion du film Les comédiens de Peter Glenville, inspiré du roman de Graham Greene,  par Arte le 7 août 2011 à 20 h 40,
– le 13 décembre 2011 la vente aux enchères de la collection de joyaux d’Elizabeth Taylor le 13 décembre 2011 par la maison Christie’s ;
– 6 octobre 2013. Le 6 octobre 1991, Elizabeth Taylor épousait civilement Larry Fortensky..
– 28 décembre 2012 à l’approche de Elizabeth Taylor contre Richard Burton de Michael Wech le 29 décembre 2012, à 22 h 20, sur Arte ;
– 1er janvier 2014. France 3 a diffusé à 13 h 55 Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz ;
– 25 avril 2014 et 22 mars 2015 : Arte a rediffusé les 22 mars et 10 avril 2015  Liz Taylor et Richard Burton. Les amants terriblesde Richard Laxton ;
– 21 décembre 2015. Le 21 décembre 2015, à 23 h 25, France 3 a diffusé Destins secrets d’étoiles : Grace, Jackie, Liz, Marilyn…, documentaire d’Henry-Jean Servat ;
– 27 octobre 2016, 1er janvier et 24 avril 2018, 23 avril 2019.
 
 
[Source : www.veroniquechemla.info]

En el vigésimo aniversario de su estreno, llega la versión restaurada de ‘In The Mood For Love’, drama que ha marcado el siglo XXI, desde el cine a la moda y la publicidad

Maggie Cheung y Tony Leung, en la habitación 2046, en la que vive en ‘Deseando amar’ el personaje del actor

Escrito por GREGORIO BELINCHÓN

“Abres cualquier revista de moda, y ahí está: la estética de Deseando amar”, cuenta la cineasta Isabel Coixet. “Deseando amar va más allá de la influencia en el cine, sino que marca a todo el audiovisual del siglo XXI en campos como, de manera clara, la publicidad”, ratifica el historiador de cine Carlos F. Heredero. Hace dos décadas que se estrenó Deseando amar (In The Mood For Love), obra maestra de Wong Kar-Wai, y si la pandemia no hubiera acabado con todos los planes preexistentes, en el festival de Cannes 2020, en homenaje del certamen a un título que se proyectó allí por primera vez (y que ganó el premio al mejor actor), se hubiera visto una versión restaurada en 4K, la misma que desde este miércoles ha llegado a medio centenar de salas en España.

Además, en un cine en Madrid y otro en Barcelona, también hay sesiones de otros (no están todos) grandes títulos de Wong: As Tears Go By (1988), Days of Being Wild (1990), Chungking Express (1994), Fallen Angels (1995), Happy Together (1997) y 2046 (2004), remasterizados y restaurados en 4K bajo la supervisión de cineasta. “Durante el proceso de restauración de las imágenes que están a punto de ver, nos vimos envueltos en el dilema de restaurar estas películas tal y como el público las recordaba o hacerlo con la forma en que yo las había concebido originalmente. Había muchas cosas que podían cambiarse, y finalmente decidí tomar el segundo camino. Invito a la audiencia a acompañarme en este nuevo comienzo, porque ni estas películas son las mismas ni nosotros lo somos como público”, dice el director en una nota de promoción.

Es complicado encontrar una película que ahonde con esa profundidad en el amor imposible, la desolación sentimental, en la tristeza que sobrepasa la melancolía, con un despliegue audiovisual en el que el ritmo nace a la vez de la banda sonora y de la cadencia de las imágenes como Deseando amar (In The Mood for Love en su título internacional). Tampoco fue una sorpresa: Wong Kar-Wai (Shanghái, 64 años) no era un desconocido. Chungking Express deslumbró a media cinefilia. “Recuerdo la noche en que la vi: me sentía rara, rara, fui al cine con un amigo que ya murió, descubrí al final de la sesión que no era tan rara, y al día siguiente supe que estaba embarazada”, confiesa Coixet, que desde entonces siguió la carrera de Wong, al que incluso entrevistó para EL PAÍS en el estreno de Deseando amar. “Hay cineastas que se entremezclan con tu vida y ya no logras separarlos. Esa elegancia, esos personajes que hablan con los objetos… Uno de sus personajes dice: ‘Cuando estés jodido, corre, porque todo lo que sudes no lo llorarás’. Sentí que me hablaba a mí, me provocó un extraño sentimiento de familiaridad”. Al otro lado del Atlántico, Quentin Tarantino vivió algo parecido con Chungking Express y apadrinó el estreno de esta película en EE UU. Barry Jenkins, ganador del Oscar a mejor película con Moonlight, obvia heredera del arte de Wong, cuenta que esa fue la primera película que vio en versión original subtitulada en su vida.

La pareja protagonista de 'Deseando amar'

La pareja protagonista de ‘Deseando amar’

Así que cuando Wong cena en 1997 en París con una de sus actrices habituales, Maggie Cheung (que entonces vivía en Francia al estar casada con Olivier Assayas), tras ganar el premio a la mejor dirección en Cannes con Happy Together, posee ya toda una reputación. Cheung le propone repetir, y que lo hagan con Tony Leung, actor con el que ambos ya habían colaborado. Wong se plantea una película titulada Verano en Pekín, que no pasa la censura china porque el cineasta rueda sin guion y así no hay manera de censurar nada. Prepara un largometraje en tres partes y se queda con una de una pareja vecina cuyos respectivos cónyuges están viviendo un affaire, una idea cogida de un cuento japonés de los sesenta en el que los dos protagonistas ni se hablan, solo se cruzan. “Desde el principio me negué a mostrar al marido y a la esposa infieles”, cuenta a la revista Positif. “Quería mostrar el cambio a través de lo que no cambiaba. Por eso se repiten secuencias y música”. Carlos F. Heredero, autor de dos libros sobre el cineasta y director de la revista Caimán Cuadernos de Cine, incide: ”Nunca sabemos si estos dos protagonistas cuajan su propia relación sentimental”. Durante 15 meses —sí, más de un año— Wong reproduce en Bangkok el Hong Kong que recuerda de su infancia. “Como rueda sin guion”, recuerda Heredero, “los actores no saben a qué punto del arco dramático de su personaje pertenece lo que filman”. Ni siquiera si servirá para Deseando amar o para 2046 (se titula así por el número de la habitación de papel de Leung), porque durante un tiempo Wong piensa en hacerlas simultáneamente. “Es más, un día Cheung en el rodaje le pregunta si esa secuencia es antes o después de follar”. La respuesta: es que ni sabemos si se han acostado. “Lo fascinante es que al final todo resuena con coherencia y maestría”, resume el crítico.

Maggie Cheung, en la película.

Maggie Cheung, en la película.

Y eso ocurre a pesar de rodar año y medio, de que Cheung va y viene de París a Camboya y Tailandia según la necesite el cineasta, de que su habitual director de fotografía Christopher Doyle se marcha harto —en la copia final, quedará un tercio de su trabajo― de esperar (”Tampoco ayudaba que Doyle era alcohólico”, apunta Coixet, que le conoció), y Wong Kar-Wai le sustituye por Mark Lee, el cámara habitual de Hou Hsiao-Hsien. “Es que tanto Wong como Hsiao-Hsien son hijos por formación del cine de la modernidad de los años sesenta, beben de Godard o Antonioni”, explica Heredero. “Y el final de Deseando amar es El eclipse de Antonioni”.

Guardar los secretos

Probablemente Deseando amar sea la película más personal del cineasta, porque retrata el mundo de los emigrantes chinos huidos de Shanghái a Hong Kong, como Wong y su madre, en los sesenta, cuando aún mantienen su lengua, asisten a cines con películas en mandarín (a los que van mucho el creador y su progenitora), no abandonan su gastronomía. “La música latina, como los temas que se escuchan de Nat King Cole en la banda sonora, era la que triunfaba en los restaurantes y las verbenas de moda a las que me llevaba mi madre”, contó Wong a este periodista en la promoción de 2046. ”Y esos peinados y bigotillos masculinos… ¡es que a mi madre le encantaba Errol Flynn!”. Por eso, el cineasta acota de 1962 a 1966 la trama, porque así lo mandan los hechos históricos. “Hay algo de particular sobre el exilio: la experiencia es como vivir en un sueño, en una tradición que se pierde”, describe a Positif.

Wong Kar-Wai, en el rodaje de 'Deseando amar'

Wong Kar-Wai, en el rodaje de ‘Deseando amar’

En Deseando amar se afina el estilo de Wong Kar-Wai. Las cosas, las acciones, no se ven, se intuyen. “Los espectadores deben ser como vecinos, y que vean a la pareja a través de ventanas, puertas, espejos… Creo en Bresson, que no enseña todas las cosas”, apunta en una clase magistral en Cannes 2001. La música le impregna su tempo a las imágenes, y viceversa. “Encontré el vals de Shigeru Umebayashi en la película Yumeji, de Suzuki, y le pedí permiso para reutilizarlo. Ese era el ritmo de mi historia”. Un drama en el que lo que escuchamos ni siquiera asoma al abismo de la pasión de la pareja. “Porque las palabras no clarifican, todo en esta película se muestra con los cuerpos. Yo solo quería responder a cómo la gente guarda secretos de distintas maneras”.

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

La vida de Benny Moré en México fue una muy rica en historias y pasajes interesantes de su progresión musical. Foto tomada por Agnès Varda

Escrito por Ernesto Márquez

El 24 de agosto, en Cuba, México y muchos países se festeja una de las efemérides más importantes de la música popular del Caribe y América Latina: el nacimiento de Bartolomé Maximiliano Moré, conocido como Benny Moré o el Bárbaro del Ritmo, ícono y pieza importantísima en el desarrollo de la música bailable de todos los tiempos.

La efeméride ha sido motivo para recordarlo, oír su música, comentar anécdotaspero, sobre todo, para algunos de nosotros, reflexionar y hacer precisiones acerca de su vida y obra, ya que siendo el cantante afroantillano más popular de todos los tiempos su historia se ha estandarizado y difundido, sobre todo en la web, aspectos de su vida plagados de lugares comunes, errores y ausencia de datos que destaquen momentoimportantísimos, tales como los seis años vividos en México.

Ciertamente hay trabajos serios que van de biografías “libres”, reportajes periodísticos, pasando por hagiografías, opiniones y comentarios laudatorios de intelectuales publicados en libros y revistas, pero en la mayoría de los casos el periodo mexicano se lo saltan o en el mejor de los casos le brindan unas cuantas líneas.

La vida del Benny en México es una muy rica en historias y pasajes interesantes de su progresión musical. Aquí el Benny obtuvo la enseñanza y la proyección musical que no se hubiera dado en su Cuba natal dada las condiciones de mercado y, si se quiere, geopolítica. En términos de aprendizaje tuvo como mentores a personajes importantísimos en la música mexicana: Mario Rivera Conde, Arturo Núñez, Memo Salamanca, Lalo Montané y Dámaso Pérez Prado; que no solo le enseñaron a cantar con orquesta de gran formato, sino que le inculcaron el gusto y la elegancia de esa sonoridad.

En el aspecto humano hizo amigos personalísimos, compadres entrañables y “socios” incondicionales; se matrimonió con una mexicana, tuvo una hija de nombre Virginia (el nombre de su madre) y aprendió a ser mexicano, como él mismo decía.

Regresando a lo que sabemos del Benny, ¿basta con lo que se ha dicho y publicado hasta la fecha? Antes de responder permítanme revisar, de manera sucinta, lo que se ha escrito de él:

Su biografía oficial, Benny Moré, de Amin E. Nasser, con prólogo de Joaquín G. Santana, editada en 1985 por la Unión Nacional de Escritores y Artistas de Cuba (UNEAC) es realmente una revisión biográfica tan valiosa como incompleta; Bolero, la novela coral de Lisandro Otero, sugiere un perfil más rico e inventivo, pero se sitúa en el ámbito de la ficción literariaOh vida, de Abilio Estévez, está inscrito en una serie de relatos sobre la Habana al igual que la cita de Cabrera Infante en Tres tristes tigres

Se encuentran también los libros Elige tú que canto yo (Letras cubanas, 1993), del musicólogo Leonardo Acosta, quien tocara en algún momento el saxofón en la orquesta de Moré y que en este ensayo brinda un mapa emocional-musical a partir de la proximidad con quien fuera su jefe; Benny Moré (Letras Cubanas, 1993) de Raúl Martínez Rodríguez, en el que el autor recoge una serie de opiniones de intelectuales cubanos acerca de la importancia de la obra y personalidad de Moré en el contexto cubano, suscribiendo en sus páginas un breve cancionero; Ofrenda Criolla (Ed. Arte y Música 2000) del investigador José Reyes Fortún, un recuento discográfico que se pretende exhaustivo, pero en el que existen algunas lagunas; Yo conocí a Benny Moré de Félix Contreras (Ediciones Unión 2002), compilación de textos sueltos hechos por encargo del compilador o rescatados de publicaciones periódicas cubanas; Qué bueno baila usted (Biblioteca Latinoamericana) de Faisel Iglesias, quien con una prosa ágil y emotiva describe el desarrollo musical del Benny, desde su humilde infancia hasta la época de fama y  muerte. 

A estas publicaciones se suma Wildman of Rhythm (El bárbaro del ritmo), el primer libro en inglés dedicado al Benny escrito por John Radanovich, crítico especializado en latin-jazz y world music, colaborador de Down Beat y columnista del New Orleans Times Picayune, quien (él mismo nos lo dijono descubre más de lo que muchos ya saben y se dice en las redes cibernéticas.

El más reciente, Benny Moré, el símbolo de la música cubana (Ed. José Martí 2019), mismo que acaba de ser presentado en la Habana a propósito de la celebración del centenario de su natalicio, es del periodista e investigador musical Rafael Lam, en el que, a través de las 300 páginas que lo integran, nos brinda información de primera mano sobre aspectos de la vida personal y profesional del artista lajero. Un trabajo que, si bien nos ayuda a comprender el “fenómeno Moré”, no alcanza a ser la obra esperada en la que se inscriba de una vez por todas y de manera completa su historia.

 El Benny en México

Es sabido que México fue el país donde Benny Moré se forjó y proyectó internacionalmentesin embargo son pocos los trabajos dedicados a resaltar esa etapa de su carrera. De lo que más se dice en los textos que se publican, sobre todo en Cuba, es de su periodo postmexicano. Cuando siendo un artista famoso regresa a Cuba y organiza su Banda Gigante. Muchos de sus “biógrafos” parten de ahí, obviando su permanencia, aprendizaje y trayectoria en nuestro país.

La historia de Benny Moré en México arranca en La Habana, cuando es descubierto por Miguel Matamoros, quien tras realizar una audición de cantantes para el puesto de voz líder en su agrupación con la que estaba a punto de salir a cumplir compromisos en México y Españaquedó fuertemente impresionado por el bello timbre y fuerza tonal del lajero. Así es como Moré llega el 21 de junio de 1945 a esta ciudad capital, se hospeda en el hotel Fornos y actúa con Matamoros en las radioemisoras XEW, XEG y los cabarets El Patio y El Folies.

Al concluir Miguel Matamoros su compromiso en la ciudad de México, Benny decide quedarse. Según nos refiere el pianista veracruzano Memo Salamanca, quien fuera director musical y buen amigo del Benny, Matamoros se molestó mucho por tal decisión, tanto que le retuvo sus documentos migratorios por lo que Moré quedó de “ilegal” en nuestro país, abandonado a su suerte. Anduvo de un lado a otro pernoctando donde le caía la noche. Comía en casa de amigos. Cantaba por tres pesos y el porvenir se le presentaba poco halagüeño.

Con el fin de resolver su día a día frecuentaba algunos sitios de la calle de Meave (centro histórico), donde se reunían artistas, deportistas y residentes cubanos. En uno de esos lugares encontró a su viejo amigo Clemente Piquero, Chicho, bongosero, que había llegado con el grupo folclórico Jungla Africana de Armando Barreto y que al conocer su situación le ayudó, consiguiéndole un lugar decente donde dormir, un permiso provisional del Sindicato de Músicos para trabajar en la ciudad y la oportunidad de hacerlo en el cabaret Río Rosa de Pancho Aguirre.

Benny se encontró allí con una de las mejores agrupaciones musicales de aquella época, el Son Veracruz, que tenía como cantante a Lalo Montané, con el que trabo gran amistad y formó un excelente dúo de música antillana. El reconocido más adelante como “Dueto Fantasma”.

Sin embargo, debido a su estadía irregular en nuestro país era acosado por agentes de Gobernación, que le extorsionaban con la amenaza de deportarlo. Lalo Montané decidió entonces ocultarlo un tiempo en su rancho de Veracruz hasta que las cosas se calmaran y así, mientras Benny se ambientaba a su nueva residencia, Lalo urdió junto con otros amigos un plan infalible: casarlo con una mexicana para así obtener su residencia legal. Esto fue comentado –según nos cuenta Tony Camargo— con Margarita Bocanegra, una asidua a la XEW, quien ya conocía al Benny y le simpatizaba. La idea de la boda no le desagrado a Moré y al saber que sería con Margarita solo pidió tiempo para tratarla y conocer a la familia. Arreglados todos los trámites, la boda se llevó acabo el 25 de agosto, dos meses después del arribo del cantante a la ciudad de México.

Ya legalizada su permanencia vía la opción del matrimonio, Benny Moré fue contratado en exclusiva para la RCA Víctor por don Mariano Rivera Conde, realizando su primera grabación con la orquesta de Mariano Mercerón.

El ser artista exclusivo de la RCA Víctor y no de una agrupación en específico le proporcionó provechosas ventajas como el de trabajar bajo la dirección de diversos e importantes directores de orquestas como Arturo Núñez, Rafael Paz, Chucho Rodríguez y Dámaso Pérez Prado, quienes tenían diferentes concepciones acerca del hecho musical, mismos que fueron asimilados por el joven e inquieto Moré, quien desde un principio entendió lo amplio del espectro tonal y lo bien que le podría funcionar en lo futuro.

La influencia de Dámaso, amante del jazz y de la música clásica contemporánea, fue determinante para el Benny, quien a esa altura no solo componía sino, según las propias palabras de Pérez Prado, también cooperaba en la elaboración de los números. “Con Benny Moré los números salían solos, componíamos unos y descomponíamos otros”, nos comentó el Cara é foca, apodo, por cierto, con que le “bautizó” el Benny.

Otros momentos de mucho valor musical en el periodo mexicano fueron los dúos que hizo con Pedro Vargas, Tony Camargo, Lalo Montané, Los Hermanos Bermudes, Las Hermanas Gaona, Olga Guillot, Alfredo Sadel y un sinnúmero de intérpretes. A propósito, se cuenta la anécdota de cuando estaba grabando con don Pedro Vargas Obsesión. Resulta que don Pedro, toda seriedad, le entregó la partitura correspondiente, y el Benny, al ver el papel le dijo entre asombrado y malicioso: “Maestro, esto es para mí esta en chino”. Don Pedro, incrédulo, arqueando la ceja, le inquirió: “¿Entonces cómo vamos a cantar en dúo?… ¿Cuándo sabes el momento que debes entrar?” y Benny con su habitual buen humor le respondió “Cuando el cerebro me lo pida, maestro”. De la misma manera grabaron Perdón.

La labor de Benny como compositor también sdesarrolló en México. En ese rubro era “un diamante en bruto”, como decía Graciela Olmos, la popular “Bandida”, autora de La enramada, quien fue su amante, guía y promotora. Gracias a ese y otros estímulos Benny no cesaba de componer. Su genio era abundante. Muchas de sus composiciones le brotaban en los momentos y lugares más inesperados, mientras se bañaba, a la hora de comer o hasta durmiendo. Cuenta Margarita Bocanegra que de repente despertaba gritando “alcánzame un papel y un lápiz que tengo en la cabeza una canción”.

Las canciones de inspiración del Benny se empezaron a conocer desde las primeras grabaciones, aunque muchas de las melodías llevadas a los discos habían nacido en los años difíciles de su vida, entre ellas Desdichado, que grabara con Mariano Mercerón y que había compuesto a la edad de 14 años. Se estima que, entre sones, boleros, rumbas, guarachas, afros y mambos, fueron alrededor de 30 los temas que compuso Benny Moré, entre ellos destacan Santa Isabel de las Lajas, dedicada a su pueblo natal; Dolor y perdón, que según Margarita Bocanegra le fue dedicada en vísperas de su matrimonioDolor cabalarí, de fuerte influencia afro que le recordaba la tragedia de los esclavos africanos en Cuba, siendo él descendiente directo de esa condiciónLocas por el mambo, dedicada a las bailadoras mexicanas; Rumberos de ayer, en honor a esos rumberos mitológicos como Andrea Baró, Malanga, Mulense, Lilón y el gran tamborero Chano Pozo; Qué bueno baila usted, al genial trombonista y arreglista Generoso Tojo Giménez, y la sempiterna Bonito y sabroso, que habla de la dualidad musical Cuba-México que tanto pregonaba el Bárbaro y que, según referencia de don Miguel Nieto, propietario del salón Los Ángeles, fue escrita en una de las mesas de dicho salón mientras el Benny esperaba turno para entrar a escena con la Orquesta de Arturo Núñez y veía como los bailadores seguían el ritmo de la banda de Pérez Prado.

El Benny fue un artista genial y de su presencia en México falta mucho por descubrir (y escribir). Esa es una tarea en la que estamos comprometidos un grupo de interesados para más allá de una celebración casual, aportar datos inéditos a una historia a todas luces relevante en el discurso musical afrocaribeño.

 

[Fuente: http://www.jornada.com.mx]

 

Roxana Frontine (Rox), presenta “Reina”, una serie de obras de arte en la que resalta los diferentes roles de la mujer en la sociedad con efectos tridimensionales y con un toque exquisito de realismo mágico.

La artista venezolana Roxana Frontine (Rox), presenta “Reina”, una serie de obras de arte en la que resalta los diferentes roles de la mujer en la sociedad con efectos tridimensionales y con un toque exquisito de realismo mágico.

La serie “Reina” está caracterizada por mujeres absolutamente distintas cuyo elemento común es el uso de sus coronas modernas, representadas por sombreros de diversos estilos.

La idea de crear esta serie plástica surgió al ritmo de la composición de la canción “Cristal” ( VIDEO ) que lanzó Roxana el pasado tres de diciembre, con la producción e ingeniería de Arturo Cabrera, nominado en múltiples ocasiones a los Premios Grammy, mientras la masterización estuvo a cargo de Ibeat House Mastering.

La obra “Reina” es una serie que “surgió mientras trabajaba en la composición del tema ‘CRISTAL’. Cada vez que avanzaba con una estrofa de la canción, surgía una nueva obra en mi cabeza”, contó Rox, quien es hija de padres italianos y argentinos.

En esta serie se combina el uso de medios mixtos y alta costura que producen efectos tridimensionales en cada una de las obras, dándole un toque de realismo mágico que logran que la artista pueda « vestir » con alta costura de manera real cada una de sus obras.

En esta serie se combina el uso de medios mixtos y alta costura que producen efectos tridimensionales

Las líneas limpias en su obra, colores potentes y composiciones elegantes han marcado siempre su estilo fresco, profundo e innovador. Tras años de expresarse como ilustradora, Roxana sintió la necesidad de desarrollar su obra autónoma con un estilo propio como artista plástico, integrando medios mixtos con alta costura.

Sus obras de arte son consideradas esculturas multifacéticas. Roxana es pionera en combinar técnicas de diseño digital, pintura e ilustración, con trabajo de alta costura confeccionado a mano por la artista.

Todos los elementos de alta costura son aplicados a las obras por la propia Roxana, quien de pequeña pasó incontables horas en los talleres de sus dos abuelas, ambas talentosas costureras. Con ellas, Roxana aprendió a cortar, coser, bordar, tejer y hacer patrones; habilidades que hoy utiliza en el desarrollo de sus obras de arte.

Para la crítica de arte, en esta serie de Roxana se encuentra una mezcla única de elementos contrastantes que generan tridimensionalidad y movimiento. La artista venezolana encuentra inspiración en las cualidades del ser humano, en la vida misma y en la naturaleza.

 Para Roxana cada una de sus obras revela un mensaje “profundo y sublime dirigido a expandir la consciencia humana a través de la belleza”.

Como ilustradora, pintora, diseñadora y directora creativa, la pasión de Roxana por la moda, la música, la vida, la evolución consciente y el poder interior se deja ver en cada una de las obras que integran la serie “Reina”. FIN/Notistarz

La idea de crear esta serie plástica surgió al ritmo de la composición de la canción “Cristal”

 

 

[Fotos: MinayaPR – fuente: http://www.globedia.com]

Escrito por Ramón Nicolás

Ricardo Carvalho Calero

Ferrol, a minha terra (selección de Xosé María Dobarro; ilustracións de Calros Silvar)

Embora, Ferrol, 48 páxinas, 12 €, 2020

Aínda no ano Carvalho Calero recibo este pequeno libriño no que o profesor Dobarro selecciona e introduce brevemente un grupo de poemas, acompañados por ilustracións debidas a Calros Silvar, que se centran tematicamente nas alusións que Carvalho distribuíu a Ferrol en diversos libros.

Editado con elegancia, Ferrol, a minha terra, incorpora un total de dezaoito poemas reproducidos tal e como foron publicados ou escritos orixinalmente. Gran parte deles proveñen dun caderno mecanografado datado en 1944 e titulado O trebo das catro follas que o propio Carvalho deixou nas mans da profesora Carmen Blanco, quen o publicou, en 1996, en Moenia. Revista Lucense de Lingüística e Literatura.

Tres poemas máis publicáronse por vez primeira nas páxinas da revista pontevedresa Sonata Gallega en 1949 e os dous que completan a entrega -« Ferrol 1916 » e [Cruzando a ría]- pertencen aos seus últimos libros.

Unha excelente oportunidade, a meu ver, para percorrer ese universo que recrea e constrúe a infancia e outras épocas do profesor ferrolán que van desde os sinxelos textos iniciais e de filiación neo-popularista e paisaxística até outros máis propios da madurez creativa onde a presenza de topónimos ou, no seu caso, dunha visión reflexiva sobre o paso do tempo, remiten aos territorios evocados polo poeta: Laraxe, Cadavás, Magalofes, San Mamede, Limodre, Perlío, Esteiro, Curuxeiras, Balón, Reboredo e, xaora, a propia cidade de Ferrol.

Unha fermosa iniciativa cuxo interese vai, evidentemente, máis aló do puramente local. Parabéns por levala a cabo.

 

 

[Fonte: cadernodacritica.wordpress.com]

Sidney Franklin, en una fotografía sin fecha, comenzó a torear en México, adonde se mudó para escapar a las burlas de su padre debido a su interés por las artes. INP

 

Escrito por COREY KILGANNON

En los famosos ruedos de las plazas de toros de España, Sidney Franklin era conocido como el Torero de la Torá. Franklin, quien falleció en 1976 a los 72 años, fue el primer judío estadounidense en alcanzar el selecto estatus de matador en los círculos españoles de la tauromaquia.

También era una persona gay. Entre quienes lo conocieron su orientación sexual era un secreto a voces, pero nunca fue divulgada públicamente.

Aunque su carrera (que inició en la década de los veinte y terminó en la de los cincuenta) antecedió al movimiento moderno por los derechos de las personas homosexuales, es probable que se hubiera regocijado ante la posibilidad de formar parte de la Marcha del Orgullo Gay de este junio que, en el cincuenta aniversario de los disturbios del Stonewall Inn, podría ser la más grande de la historia.

The New York Times

“Nació mucho antes de todo el movimiento, pero si hoy estuviera vivo, estaría en la marcha y nos mostraría el camino”, comentó su sobrina DorisAnn Markowitz, de 78 años.

Fue amigo de gente famosa como el escritor Ernest Hemingway y el actor Douglas Fairbanks, y actuó o fue asesor en películas hollywoodenses, incluyendo la comedia de 1932 The Kid from Spain.

Su orientación sexual se ha dado a conocer gracias al material biográfico publicado en años recientes.

Aunque el Mes del Orgullo LGTB celebra los avances que han logrado las personas de esa comunidad para poder llevar una vida abiertamente homosexual, los tabúes sociales durante la vida de Franklin presionaron a otros hombres que no habían salido del clóset a asumir las características de una vida heterosexual, tal vez casándose con una mujer para encubrir la verdad, algo que Franklin no hizo.

La naturaleza viril de la tauromaquia ayudó a que Franklin pudiera ocultar su orientación sexual, aunque le permitía satisfacer su pasión por la extravagancia y el boato, afirmó Rachel Miller, una archivista de los objetos de Franklin que trabaja en el Centro de Historia Judía en Manhattan.

Franklin rodeado por fanáticas en 1930 en un centro cultural español en Manhatan. Foto: Lefkowitz

“La tauromaquia le dio un escenario donde podía desempeñarse con mucha elegancia y estilo, sin salir del clóset”, dijo. “Fue un lugar donde su estilo queer era permisible pero invisible”, afirmó. “Se escondía a plena luz, como un hombre gay en un deporte muy macho”.

Franklin amaba los tradicionales trajes de luces. “Sus atuendos de matador son más elegantes y costosos que los de cualquier otro matador”, escribió Lillian Ross en una semblanza que hizo de Franklin en 1949 para la revista The New Yorker.

Dicho en otros términos, “como torero, podías ser un macho ataviado de brocado dorado”, aseguró Bart Paul, autor de una biografía sobre Franklin titulada Double-Edged Sword.

No obstante, en ocasiones el gusto de Franklin superaba el límite de las normas de la tauromaquia, como cuando el traje rosa que ordenó fue objeto de burlas en el ruedo, narró Miller, quien clasificó una colección de objetos de Franklin para la Sociedad Histórica Judía Estadounidense.

Incluso después de retirarse de los ruedos en 1959, Franklin a menudo viajaba con veinte trajes de lentejuelas bordados a mano en baúles, dijo Markowitz, y agregó que su tío se sentía atraído hacia un estilo de toreo muy melodramático.

En España, Franklin fue conocido como el Torero de la Torá. En esta imagen, en una corrida en Madrid. Foto: Times Wide World Photos

 

“El arte del capote y el control corporal eran como una danza”, dijo Markowitz, a quien Franklin adoraba. “Tenía una gracia extraordinaria y era muy fuerte, como un bailarín de ballet que controla bien el centro de su cuerpo”.

Franklin nació en 1903 con el nombre de Sidney Frumkin, y creció en Park Slope, Brooklyn, como uno de los diez hijos de una pareja de judíos ortodoxos nacidos en Rusia.

En la escuela, prefería las artes visuales y la actuación y adoptó el apellido Franklin para ocultar sus representaciones teatrales a su padre, un hombre de nariz grande que a finales del siglo XIX se convirtió en uno de los primeros judíos en ser oficial de policía en la ciudad de Nueva York.

“Su padre trató de acabar a golpes con el artista que había en él”, dijo. “Acostumbraba llamarlo ‘Nancy’, un nombre que se usaba para designar a una persona gay o rara”.

Franklin abandonó su hogar a los 19 años y se trasladó a Ciudad de México, donde había una escena artística y cosmopolita que ofrecía un entorno más permisivo lejos de su padre, narró Bart Paul.

Franklin se convirtió en una celebridad debido a su talento en la tauromaquia, una disciplina viril. Su vida como hombre homosexual no se conoció de manera pública hasta después de su muerte. Foto: Wide World Photos

Ahí, Franklin comenzó a producir carteles promocionales para corridas de toros, y al inicio sintió repulsión por la crueldad animal, a pesar de que le fascinaba el papel del matador en el centro de un magnífico espectáculo, dijo Markowitz.

Entre esas dos visiones opuestas, afirmó, “su pasión por la pompa y el heroísmo ganó”.

Después, cuando un mexicano le dijo que los estadounidenses carecían del valor para convertirse en toreros, se avivó su deseo de convertirse en uno.

“El típico arrojo de Brooklyn se apoderó de mi tío”, y comenzó a prepararse en serio, afirmó Markowitz.

Hizo su debut en Ciudad de México en 1923 y salió del ruedo en hombros después de matar a un toro de forma impresionante.

La aceptación del público y los aficionados al toreo contribuyó a sanar las heridas emocionales de su juventud, narró Markowitz.

“Amó cada minuto de validación porque jamás la obtuvo de su padre”, dijo su sobrina. “Cada vez que mataba un toro, psicológicamente estaba matando a su padre”.

También le encantaba la adoración del público, las alabanzas que le decían: “Todos los sexos se lanzan hacia ti”, afirma Bart Paul.

De piel clara y cabello rojizo, a Franklin le gustaba ser el centro de atención. A pesar de su gracia en el ruedo, mantuvo su acento de Brooklyn pero, según su sobrina, también podía hablar yidis y varios dialectos del español a la perfección.

Según el artículo de The New Yorker, cuando le preguntaron sobre la posibilidad de morir en el ruedo, se rio y dijo: “La muerte, bah”.

La tauromaquia estaba en su apogeo en España cuando Franklin llegó en 1929 y los mejores toreros, como él, eran reverenciados con devoción. Ahí fue donde conoció a Hemingway y se hicieron buenos amigos y compañeros de viaje.

En su aclamado libro de no ficción Muerte en la tarde, acerca de las corridas de toros, Hemingway describe a Franklin como un ser “valiente con un valor frío, sereno e inteligente” y “uno de los manipuladores del capote con más gracia, habilidad y suavidad hoy en día”.

Franklin afirmó haber matado a miles de toros durante su carrera y en numerosas ocasiones recibió cornadas, las cuales le dejaron molestias que lo aquejaron hasta que murió en la miseria, a los 72 años, en un asilo para ancianos en Greenwich Village.

Markowitz dijo que a algunas personas les parecía extraño que, antes de ingresar al ruedo en España, las monjas católicas rezaban por su tío, un torero gay y judío de Brooklyn.

“Quizá la gente pensaba: ‘Pero usted es judío’”, dijo Markowitz. “Sin embargo, él solía decir: ‘Sí, pero los toros son católicos’”.

 

[Fuente: http://www.nytimes.com]

 

A calidade da súa obra conferiu definitiva lexitimidade ao xénero de espías, que hoxe xa ten sólidos herdeiros

Le Carré entre el actor Gary Oldman y el realizador Tomas Alfredson, en Londres, en el 2011, en el estreno del filme «El topo», adaptación de su novela «Calderero, sastre, soldado, espía»

Lle Carré entre o actor Gary Oldman e o realizador Tomas Alfredson, en Londres, no 2011, na estrea do filme «O topo», adaptación da súa novela «Calderero, xastre, soldado, espía».

 

Escrito por HÉCTOR J. PORTO

David Cornwell, máis coñecido como John lle Carré (Inglaterra; Dorset, 1931-Cornualles, 2020), deu unha nova lexitimidade ao que se entende por literatura popular, como non se coñecía desde os tempos de Charles Dickens e Alejandro Dumas e as novelas por entregas. Como Simenon fixo no ámbito do noir, Lle Carré rompeu os límites que separan a novela popular da culta. Hoxe ninguén dubida de que esas portadas e edicións de quiosco en que se presenta boa parte da súa obra esconden creación de alto octanaje. Coa súa escritura sen complexos elevou ademais os relatos de espías ata conferirlles un xénero propio que é respectado en todo o mundo, aínda que é verdade que as súas raíces son estritamente británicas. Así o testemuñan os autores que visitaron o xénero no inicio, como Conrad, Maugham e Kipling, como tamén os que os fundaron de facto: Eric Ambler e Graham Greene -incluso Helen MacInnes.

Como Greene, ou Frederick Forsyth -tamén Ian Fleming, o creador de 007 -, Lle Carré antes de ser cura foi monaguillo. Comezou colaborando cos servizos secretos do Reino Unido e ingresou no MI5 para pasar a exercer en Alemaña como axente do MI6, na intelixencia exterior. É así que sabe moi ben do que fala cando decide escribir relatos sobre espionaxe e a guerra fría. Pero na súa mirada non só están as experiencias propias, o observado, toda a súa narrativa está peneirada dun humanismo que engrandece a súa obra.

A máis diso a súa impecable escritura, plena dese rigor e esa limpeza tan ingleses -que o humor adorna decisivamente, sen recrearse no cinismo máis do necesario-, John lle Carré sabe infundir credibilidade e tuétano aos seus personaxes, fundamentar as súas psicoloxías e personalidades cuns simples trazos, sen complexidades abstrusas nin pretensión algunha.

É talvez esa sinxeleza -e o encanto, a elegancia, a audacia, a intelixencia e o cosmopolitismo que adoitan adozar a trama- a que chama ao cine desde temperán e tan a miúdo. E, xa polas bondades da narrativa de Lle Carré, xa por un pouco de sorte a favor, o certo é que a fortuna sorriu con frecuencia ao autor británico. Foi habitual na súa carreira que as películas que toman como base os seus libros teñan potenciado o seu eco, prestixio e vendas. E foi así tamén para as versións televisivas, desde aquela miniserie producida pola BBC Calderero, xastre, soldado, espía (John Irvin, 1979) e protagonizada por Alec Guinness e outras tan recentes como A moza do tambor (Park Chan-wook, 2018) ou O infiltrado (Susanne Bier, 2016), tamén impulsadas pola BBC.

No cine ocorreu algo similar, cando en 1965 -só dous anos máis tarde da aparición da novela- o realizador Martin Ritt recrutou a Richard Burton para encabezar a repartición do espía que xurdiu do frío. Dous anos despois Sidney Lumet rodou Chamada para o morto con James Mason e Simone SignoretDiane Keaton protagonizou en 1984 A moza do tambor de George Roy HillJohn Boorman filmou no 2001 O xastre de Panamá con Pierce Brosnan e Geoffrey RushGary Oldman relevou ao televisivo Guinness no topo (2011) de Tomas AlfredsonAnton Corbijn dirixiu O home máis buscado (2014) con Philip Seymour Hoffman. E Ewan McGregor liderou o elenco dun traidor como os nosos (Susanna White, 2016). Talvez a máis frouxa, e iso fala do bo nivel, aínda que non están todas citadas, sexa A casa Rusia (Fred Schepisi, 1990), con Michelle Pfeiffer e Sexan Connery, a pesar de que contou con Tom Stoppard como guionista.

En fin, a relación de Lle Carré co medio audiovisual foi exemplar. Alimentáronse mutuamente. O cine, pódese dicir, viuse seducido por un gentleman, á vez que un dos máis grandes da literatura popular, ao que, en compensación, tratou como un verdadeiro rei.

George Smiley, o seu máis celebrada creación

Hai un ano, con 88 veráns ás súas costas, Lle Carré publicaba Un home decente, na que se desquitaba contra o brexit. Nin a pneumonía que padecera nin o cancro que lle diagnosticaron pararíano. Proba desa eterna mocidade, e non menor lucidez, dous anos antes levaba ás librerías O legado dos espías, narración na que recuperaba (tras 25 anos dormente) o seu máis querida creación, George Smiley, oficial de The Circus -transunto do MI6, axencia de intelixencia exterior británica- que debutou en 1961 nas páxinas de Chamada para o morto, a súa ópera prima. Non fai moito os espías apenas merecían un subxénero literario, parecían pasados de moda. Hoxe, o terrorismo xihadista e Lle Carré hanos resituado nun lugar de honra e ata xorden novos autores de fuste para defender esta confraría literaria, como son Mick Herron e Charles Cumming.

[Imaxe: SUZANNE PLUNKETT/REUTERS – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Nova tradução de “Memórias póstumas de Brás Cubas” nos Estados Unidos é destacada pelo crítico Parul Sehgal, que qualifica o romance como “moderno e surpreendentemente vanguardista”

Machado de Assis, autor de “Memórias póstumas de Brás Cubas”

Memórias póstumas de Brás Cubas, clássico de Machado de Assis, aparece na lista dos 20 melhores livros lançados em 2020, feita pelo The New York Times. Os três críticos do jornal — Dwight Garner, Parul Sehgal e Jennifer Szalai — escolhem os melhores títulos que ao longo do ano resenharam para o caderno de livros do jornal.

“O romance mais moderno e surpreendentemente vanguardista que li neste ano foi publicado originalmente em 1881”, escreve Parul Sehgal no breve comentário que compõe a lista. Ele também elogia a nova tradução do romance. Publicado pela editora Liveright, o livro foi vertido para o inglês por Margaret Jull Costa e Robin Patterson. “Leia este trabalho espirituoso e incrivelmente inventivo e veja como a ficção moderna parecerá de repente conservadora.”

A lista tem ainda autores contemporâneos como Elena Ferrante, Ayad Akhtar e Sigrid Nunez. As escolhas misturam livros de ficção e não ficção.

Memórias póstumas de Brás Cubas marca a fase mais madura de Machado de Assis. O livro é considerado a transição do romantismo para o realismo. Num primeiro momento, a prosa fragmentária e livre de Memórias póstumas, misturando elegância e abuso, refinamento e humor negro, causou estranheza, inclusive entre a crítica.

Com o tempo, no entanto, o defunto-autor que dedica sua obra ao verme que primeiro roeu as frias carnes de seu cadáver tornou-se um dos personagens mais populares da nossa literatura. Sua história, uma celebração do nada que foi sua vida, foi transformada em filmes, peças e HQs, e teve incontáveis edições no Brasil e no mundo, conquistando admiradores que vão de Susan Sontag a Woody Allen.

POSTHUMOUS MEMOIRS OF BRÁS CUBAS
Machado de Assis
Tradução: Margaret Jull Costa e Robin Patterson
Liveright
256 págs.
[Fonte: http://www.rascunho.com.br]
Scarlett Johansson est une actrice et chanteuse américano-danoise, philanthrope et démocrate, née en 1984. Elle a manifesté son courage en résistant en 2014 aux pressions du BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) visant une publicité dans laquelle elle vantait SodaStream. Arte diffusera les 9 et 12 décembre 2020 « Lost in Translation » (Lost in Translation – Zwischen den Welten) de Sofia Coppola (2003) avec Bill Murray et Scarlett Johansson
Publié par Véronique Chemla

Scarlett Johansson est une actrice et chanteuse américano-danoise née en 1984 à New York, d’un père architecte danois et d’une mère américaine juive ashkénaze.

Elle célébrait Hanoucca et Noël.
Ses parents divorcent quand elle est âgée de 13 ans.
Enfant, Scarlett Johansson suit des cours de comédie et débute au cinéma dans la comédie « North » de Rob Reiner (1994).
Son interprétation d’une adolescente blessée dans The Horse Whisperer(L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, 1998) de Robert Redford, d’après le roman éponyme de Nicholas Evans (1995), reçoit des critiques favorables de la presse.
Deux films – Lost in Translation et Girl with a Pearl Earring – marquent sa transition vers des rôles d’adultes.

Dans sa filmographie : trois films réalisés par Woody Allen – Match Point (2005), Scoop et Vicky Cristina Barcelona -, Le Dahlia noir (The Black Dahlia) de Brian De Palma (2006), Deux sœurs pour un roi (The Other Boleyn Girl) de Justin Chadwick (2008), Lucy de Luc Besson…

En octobre 2017, Scarlett Johansson a participé à l’émission télévisée américaine « Finding your roots » ( « Retrouver vos racines ») sur PBS. Cette émission effectue des recherches généalogiques sur leurs invités. Scarlett Johansson a découvert qu’une partie de sa famille maternelle avait péri dans le ghetto de Varsovie (Pologne) lors de la Deuxième Guerre mondiale. Elle a lu les certificats de décès de Saul, le frère de son grand-père, et d’autres membres de sa famille. Elle n’a pu retenir ses larmes. « Je m’étais promise de ne pas pleurer, mais c’est dur de ne pas le faire. C’est fou, on ne peut vraiment pas imaginer l’horreur, c’est trop surréaliste. Je comprends pourquoi un mouchoir en papier était posé sur la table !  », a-t-elle déclaré.  Et d’ajouter : « C’est fou d’imaginer que Saul serait de l’autre côté à vendre des bananes sur Ludlow Street. Et comme c’était différent d’être en Amérique à cette époque. Le destin d’un frère contre celui de l’autre. » L’actrice a estimé que grâce à cette émission, elle se sentait plus « profondément liée à cette partie de moi, cette branche de ma famille. Je ne m’attendais pas à cela”. Son grand-père avait quitté la Pologne pour les États-Unis où il a gagné sa vie comme épicier à New York.

L’actrice est mère d’une fille prénommée Rose Dorothy Dauriac, née en 2014 de son mariage avec Romain Dauriac.

« Lost in Translation »
Arte diffusera le 9 décembre 2020 « Lost in Translation » (Lost in Translation – Zwischen den Welten) de Sofia Coppola (2003) avec Bill Murray et Scarlett Johansson.
« Bob Harris, célèbre acteur américain sur le déclin, tourne à Tokyo un spot publicitaire pour un whisky japonais… Logé dans un palace de la ville, en proie au décalage horaire, il se sent radicalement étranger aux choses et aux gens qui l’entourent. Au bar de l’hôtel, il rencontre une jeune compatriote, livrée elle aussi à la solitude et à l’insomnie. Charlotte, fraîche émoulue de l’université, vient d’épouser un photographe de stars, qui ne cesse de courir d’un rendez-vous à un autre. Entre le blasé vieillissant et la femme-enfant délaissée se noue une étrange relation… »

« Bill Murray et Scarlett Johansson unissent leurs décalages pour un pas de deux drolatique, émouvant et subtil. Un petit bijou de cinéma. »

Lost in Translation « se dit d’une notion intraduisible, qui se « perd » dans le passage d’une langue à l’autre. Mais peut-être faut-il entendre ici l’expression littérale : « perdu dans la traduction » ? Parce qu’ils sont égarés dans un espace entre deux mondes, idéalement figuré par le cocon irréel d’un grand hôtel international, ces êtres en apesanteur se rencontrent et se touchent ».
« Sur un canevas léger, Sofia Coppola, épaulée par des comédiens en état de grâce, compose un petit bijou de cinéma, avec en toile de fond futuriste les lumières de Tokyo ».
« Dialogues ciselés, montage inspiré, acuité du regard : son deuxième long métrage après Virgin Suicides transpose avec subtilité dans le monde d’aujourd’hui l’élégance des sentiments et la drôlerie des grands classiques de la comédie américaine ».

« Aux côtés de Bill Murray, qui parvient d’un seul hilarant haussement de sourcil à exprimer la quintessence du dépaysement, de l’absurde ou de l’attendrissement, Scarlett Johansson ne se laisse pas intimider. Sa manière de suggérer la vulnérabilité, derrière son charme boudeur et son humour à froid, relève du grand art. »

« La jeune fille à la perle  »
« La jeune fille à la perle » (Das Mädchen mit dem Perlenohrring ; Girl with a Pearl Earring) est un film réalisé par Peter Webber avec Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson et Cillian Murphy.
« Adapté du livre de Tracy Chevalier, ce film livre sa propre vision de l’énigmatique « jeune fille à la perle », incarnée par Scarlett Johansson » qui est sélectionnée pour les Golden Globes en 2003.
« Delft, XVIIe siècle, à l’âge d’or de la peinture hollandaise. Pour aider ses parents, la jeune et ravissante Griet se fait engager comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Celui-ci vit et travaille presque en reclus dans son atelier tandis que sa femme et sa belle-mère se chargent de l’intendance et des finances. La jeune servante, très disciplinée, s’occupe du ménage et des six enfants ».
« Au fil du temps, les femmes de la maison développent envers elle une terrible jalousie. Mais la douceur et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. L’œil sûr, celle-ci prépare en cachette les pigments de ses peintures et le seconde en silence dans son atelier. Un jour, un mécène richissime commande un portrait d’elle à Vermeer. Le scandale éclate lorsque la maîtresse de maison apprend que Griet lui a emprunté une boucle d’oreille sans sa permission pour poser devant le peintre… »
« Adapté du succès littéraire éponyme de Tracy Chevalier, lui-même inspiré par le tableau de Johannes Vermeer, ce film somptueux livre sa propre vision de l’origine de l’énigmatique jeune femme représentée par le peintre ».
« Ce portrait devenu célèbre dès sa redécouverte a souvent été qualifié de « Joconde du Nord » par les critiques ».

« Dans son film, centré sur la relation entre le maître et sa servante, le réalisateur Peter Webber a apporté un soin particulier à la photographie et aux décors, cherchant à recréer l’ambiance et les tonalités présentes dans toutes les œuvres de Vermeer : une lumière ciselée et une obscurité diffuse au service des sentiments des personnages. Une belle réussite, toute de sensualité et de pudeur ».

« #Chef« 

« #Chef » (Kiss the Cook – So schmeckt das Leben!) est un film américain réalisé par Jon Favreau avec Jon Favreau (Carl Casper), Bobby Cannavale (Tony), John Leguizamo (Martin), Emjay Anthony (Percy), Scarlett Johansson (Molly), Dustin Hoffman (Riva), Sofía Vergara (Inez), Oliver Platt (Ramsey Michel),  Amy Sedaris (Jen), Robert Downey Jr. (Marvin).

« Un cuisinier en rupture de ban prend la route avec son fils à bord d’un « food truck »… Une comédie 100 % carnivore, interprétée, scénarisée et réalisée par un maître du divertissement hollywoodien, Jon Favreau (qui a signé les deux premiers « Iron Man ») ».

« Le talentueux chef Carl Casper officie dans un resto branché de L. A., sous la surveillance pointilleuse du propriétaire du lieu, un homme aussi inflexible que conservateur. Quand un critique gastronomique réputé s’annonce pour le dîner, Carl se voit interdire toute fantaisie créative dans le menu préparé en conséquence et perd son sang-froid sur Twitter devant l’article dévastateur qui en résulte. Mis à pied, il embarque alors son fils de 10 ans, Percy, dans un road trip pour Miami, la ville de ses débuts. Le vieux minibus qu’ils croisent en chemin redonne un élan à sa fougue culinaire : il y voit le food truck de ses rêves, dans lequel, avec Percy et un copain recruté en renfort, ils vont proposer d’exceptionnels sandwichs cubains (spécialité qui, depuis la Floride, a conquis les États-Unis).  »

« À moins d’avoir la foi végane chevillée au corps, ne pas s’aviser de regarder le ventre vide cette ode à l’amour filial, à l’amitié, à l’appétit, à l’Amérique et à l’aventure  – un quintuple A, comme pour l’andouillette. Démultiplié derrière ses fourneaux, Jon Favreau, à la fois scénariste, acteur principal et réalisateur, a l’art de faire saliver d’un simple plan sur une viande en train de rôtir. Abonné aux blockbusters de super-héros (il a signé notamment les Iron Man 1 et 2), il explore avec cette comédie bon enfant et 100 % carnivore les fondamentaux du divertissement comme de la cuisine : une échappée simple et roborative, ponctuée d’escales pleines de séductions (du beignet made in New Orleans au barbecue mitonné à Austin), et épicée d’un défilé de guest stars. »
SodaStream

L’actrice américaine juive Scarlett Johansson est l’égérie de la publicité de SodaStream, firme israélienne leader mondial de la gazéification à domicile, destinée à être diffusée lors de la mi-temps de la finale le 2 février 2014 du Super Bowl, match de football le plus suivi – environ 130 millions de téléspectateurs aux États-Unis – et au tarif de 3,5 millions de dollars en 2012 pour un spot publicitaire de trente secondes.

SodaStream offre un « concept pratique, écologique, diététique et économique » de gazéification à domicile.
Cette actrice a affronté depuis la mi-janvier 2014 une campagne BDS contre son soutien à la société fabriquant des machines à soda et des sodas notamment dans l’usine d’une zone industrielle à Mishor Adumim, en Judée, soit en zone C, « sous contrôle de l’administration israélienne« , selon les accords d’Oslo (1993). Le 24 janvier 2014, Scarlett Johansson a expliqué dans le Huffington Post : « Je n’ai jamais eu l’intention d’être le visage d’un mouvement social ou politique. Cela n’a rien à voir avec mon affiliation à SodaStream… Je demeure une supportrice de la coopération économique, de  l’interaction sociale entre un État d’Israël démocratique et la Palestine. SodaStream est une compagnie qui n’est pas seulement engagée dans l’environnement, mais aussi dans la construction d’un pont pour la paix entre l’État d’Israël et la Palestine, en soutenant des voisins qui se soutiennent, et travaillent main dans la main, recevant le même salaire, des avantages égaux et des droits identiques. C’est ce qui arrive chaque jour dans l’usine Ma’ale Adumim… Je soutiens les produits de SodaStream et je suis fière du travail que j’ai accompli comme ambassadrice d’Oxfam pendant huit ans« . Devant la critique d’Oxfam, l’actrice a mis un terme le 30 janvier 2014 à sa mission pour cette organisation en raison d’une « différence fondamentale d’opinion » à l’égard du mouvement BDS. Le 31 janvier 2014, Osfam a accepté la démission de Scarlett Johansson : « Oxfam estime que les entreprises qui, comme SodaStream, exercent leurs activités dans les colonies contribuent à y perpétuer la pauvreté et le non-respect des droits des communautés palestiniennes que nous nous attachons à soutenir. Oxfam s’oppose à toute forme de commerce avec les colonies israéliennes, lesquelles sont illégales au regard du droit international« .
Et pourtant les ouvriers « palestiniens » sont heureux de travailler dans cette usine à Mishor Adumim, en Judée : « SodaStream emploie 900 personnes, dont 500 Palestiniens qui ont les mêmes avantages que les Israéliens et reçoivent des salaires cinq fois supérieurs à ceux payés dans les territoires administrés par l’Autorité palestinienne », a déclaré Philippe Chancellier, directeur général d’OPM France, société distribuant en France les produits SodaStream, le 29 janvier 2014. « 
Le 1er février 2014, la chaine Fox a annoncé qu’elle ne diffusera pas le spot de SodaStream car Scarlett Johansson le concluait par : « Sorry, Coke and Pepsi » (Désolée, Coke et Pepsi). Deux annonceurs internationaux très importants… Mais ce spot a bénéficié d’une extraordinaire publicité via les articles et le buzz. Depuis le 27 janvier 2014, donc en moins d’une semaine, il a été visionné par près de neuf millions d’Internautes sur YouTube ! Sans compter les Internautes qui l’ont vu sur d’autres sites…
SodaStream est un des partenaires du 41e festival international de la bande dessinée (31 janvier-2 février 2014).  Des dessinateurs ont demandé par une lettre-pétition à Franck Bondoux, délégué général de ce festival, de « couper tous les liens entre le festival et cette entreprise honteuse ». Parmi les signataires : les Américains Ben Katchor et Joe Sacco, le Français Siné, la tunisienne Willis From Tunis, le Brésilien Carlos Latuff, et l’Israélien Amitai Sandy. Franck Bondoux a déclaré au Monde (31 janvier 2014) qu’il était « particulièrement gêné par cette lettre ouverte qui ne repose sur rien de concret. Quand le festival s’engage avec un partenaire, il regarde naturellement qui il est. Concernant SodaStream, je ne vois pas en quoi cette entreprise est honteuse. Elle est implantée dans une colonie ancienne, en zone C, qui est née des accords d’Oslo entre Israël et l’OLP. Rien n’interdit à une entreprise de s’installer là dans l’attente d’un accord entre les deux parties, quand bien même celui-ci tarde particulièrement. SodaStream crée plutôt des passerelles. Elle emploie 500 travailleurs palestiniens qui travaillent dans de bonnes conditions. Cette entreprise n’a jamais été condamnée en France. Parler de “crime” à son encontre, comme le font ces auteurs, est une prise de position partisane. La rejeter reviendrait à la condamner : ce serait une injustice à l’envers ».
Ce n’était pas la première fois que SodaStream était visée par BDS : en janvier 2011, « sous la pression d’organisations pro-palestiniennes en France, France Télévisions avait d’abord retiré la publicité de SodaStream des écrans lors du jeu SLAM. Le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme) était alors intervenu auprès de directrice des relations de France Télévisions » et lui avait « signifié qu’en vertu des lois qui prévoient et punissent le délit de boycott en France, le BNVCA envisageait de poursuivre en justice cette instance. France Télévisions a immédiatement rétabli SodaStream dans son droit« .
Le 29 octobre 2014, SodaStream a annoncé « la fermeture progressive, d’ici à fin 2015 de sa principale unité de production« , située dans la localité de Mishor Adoumim, à l’est de Jérusalem, dans la zone industrielle de Maalé Adoumim. Éludant le boycott, elle a évoqué les difficultés actuelles et son souci de « rationalisation des coûts de production et de l’optimisation de la fabrication », d’« améliorer l’efficacité opérationnelle » du groupe coté sur le marché du Nasdaq à New York depuis 2010. Elle fermera aussi son autre usine dans le nord d’Israël, près de Nazareth. Ce qui représentera une réduction de neuf millions de dollars de ses coûts de production. Le chiffre d’affaires s’élève à 125,9 millions de dollars au troisième trimestre 2014 contre 144,6 millions à la même époque en 2013. Le chiffre d’affaires annuel devrait diminuer de 9 % par rapport à 2013.
Directeur général d’OPM, importateur et distributeur exclusif de Sodastream en France, Philippe Chancellier, nie auprès de MYTF1News que la firme ait cédé au boycott : « L’usine qui est Newsnotre site de production historique, existe depuis plus de 30 ans. Il est impossible qu’elle ferme du jour au lendemain. En revanche, il est vrai que cette fermeture est envisagée ».
« Nous lançons aujourd’hui un plan global de croissance pour remettre l’entreprise sur la bonne voie », a expliqué le PDG de la firme. SodaStream emploie plus de 2 000 personnes sur une vingtaine de sites en Australie, en Chine, en Allemagne, en Afrique du Sud, en Israël et en Cisjordanie. Le groupe a annoncé en 2012 vouloir construire une nouvelle usine dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël. Et d’ajouter : « L’entreprise Sodastream est aujourd’hui un succès dans 45 pays et dispose de 20 sites de production dans le monde, dont deux en Israël. Un troisième, de plus grande envergure, devrait ouvrir prochainement dans le Néguev, à l’extrême sud du pays ».
« SodaStream présente sur Internet son usine de Mishor Adoumim comme un « modèle d’intégration » employant 1 300 personnes : 500 Palestiniens, 450 Arabes israéliens et 350 Juifs israéliens jouissant des mêmes salaires et des mêmes conditions sociales. Les employés palestiniens y « perçoivent des salaires quatre à cinq fois supérieurs par rapport aux salaires moyens dans les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne ». Daniel Birnbaum, PDG de SodaStream, avait déclaré en janvier 2014 au magazine juif new-yorkais Forward, que Mishor Adoumim, « ancienne usine de munitions reconvertie en 1996, était devenue « une épine dans le pied » pour l’entreprise. Selon son conseiller Maurice Silber, cité par Forward, « tout le monde est contre l’occupation » et le PDG était prêt à payer des impôts sur les sociétés dans un futur État palestinien ».
Le 29 février 2016, Daniel Birnbaum a annoncé le licenciement des 74 derniers salariés palestiniens travaillant dans son usine à Lehavim, site de la nouvelle implantation de l’usine après la fermeture de celle de Maalé Adoumim sous la pression du BDS. Le permis de travail de ces ouvriers n’aurait pas été prolongé par les autorités israéliennes. SodaStream a recruté des salariés israéliens à la place de ceux palestiniens.
Anas Abdul Wadud Ghaïth « essuyait les larmes derrière ses lunettes. «On formait une famille. Je suis triste parce que je quitte mes amis», a confié le jeune homme de 25 ans dont quatre années passées chez SodaStream. « Il n’y a pas d’espoir en Palestine, et pas beaucoup de travail», a-t-il ajouté. Quelques centaines de salariés de l’usine de Lehavim ont manifesté contre l’attitude du gouvernement israélien et formé un signe de paix en solidarité avec leurs anciens collègues ».
Le COGAT, » organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires, n’a pas fourni d’explication sur le non-renouvellement des permis. « Le COGAT a pris de nombreuses mesures pour aider l’usine, il a fourni des permis provisoires à des centaines de travailleurs au cours de l’année et demie écoulée pour rendre le transfert possible », a expliqué cet organisme public. Selon le COGAT, « 58 000 Palestiniens possèdent des permis pour travailler en Israël, et 27 000 autres pour des entreprises israéliennes dans les « localités de Judée et de Samarie. Ces « salariés gagnent en général mieux leur vie que dans des entreprises palestiniennes ».
Maayan Nave, « le porte-parole de SodaStream, a dit ne pas croire que le gouvernement ait voulu sanctionner le fait que l’entreprise ait cédé aux pressions du BDS. Il a assuré que la compagnie continuerait à se battre pour obtenir des permis pour les Palestiniens. Le PDG de SodaStream, Daniel Birnbaum, a, lui, affirmé que « le BDS n’a rien à voir avec ça», martelant: «c’est la faute du gouvernement». Le gouvernement «est incapable de surmonter sa propre bureaucratie et son propre entêtement pour résoudre cette énorme difficulté: permettre à 74 gens bien de continuer à faire ce qu’ils faisaient jusqu’alors», a-t-il dit ».

SodaStream avait cédé au BDS en changeant le lieu d’implantation de son usine. Il a contribué à la situation actuelle. Sans se soucier du sort de tous ceux, célèbres ou anonymes, qui avaient défendu la marque et son site dans une terre biblique.

« Deep fake »

« L’actrice la mieux payée d’Hollywood, Scarlett Johansson, vient d’ajouter son nom à la liste des personnalités qui s’engagent contre le phénomène des « deep fake » – ces vidéos ultraréalistes dans lesquelles les visages et les voix de ceux qui apparaissent à l’écran sont modifiés. »
« Dans une interview accordée au quotidien The Washington Post, l’actrice dont la tête a été utilisée dans des dizaines de vidéos pornographiques s’inquiète de la montée en puissance de ces technologies : « Les personnes vulnérables comme les femmes, les enfants, et les personnes âgées doivent prendre des précautions supplémentaires pour protéger leur identité et leur contenu personnel », déclare-t-elle ».

« Lost in Translation » de Sofia Coppola

Etats-Unis, Japon, 2003
Scénario : Sofia Coppola
Production : American Zoetrope, Elemental Films, Tohokushinsha Film Company
Producteurs : Ross Katz, Sofia Coppola
Image : Lance Acord
Montage : Sarah Flack
Musique : Kevin Shields
Avec Scarlett Johansson (Charlotte), Bill Murray (Bob Harris), Akiko Takeshita (Madame Kawasaki), Kazuyoshi Minamimagoe (attaché de presse), Kazuko Shibata (attaché de presse), Nancy Steiner (Lydia Harris), Giovanni Ribisi (John), Ryuichiro Baba (le concierge), Anna Faris (Kelly)
Sur Arte les 27 décembre 2011 à 20 h 40, 28 décembre 2011 à 14 h 45, 19 août 2015 à 20 h 50, 9 décembre 2020 à 20 h 55 et 12 décembre 2020 à 1 h 00
Disponible du 09/12/2020 au 15/12/2020
Visuels :
© ARD/Degeto Film
© Yoshio Shato
© DR

« La jeune fille à la perle » par Peter Webber
Royaume-Uni, Luxembourg, 2003
Image : Eduardo Serra
Montage : Kate Evans avec Alexandre Desplat
Production : Archer Street, Delux, Film Fund Luxembourg, Pathé, UK Film Council, Wild Bear
Producteur/-trice : Andy Paterson, Anand Tucker
Scénario : Olivia Hetreed
Avec Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson, Cillian Murphy, Essie Davis, Judy Parfitt
Auteur : Tracy Chevalier
Sur Arte les 14 octobre 2018 à 20 h 50, 17 octobre 2018 à 13 h 35
Visuels :
Scarlett JOHANSSON
Tom WILKINSON, NON IDENTIFIE
Essie Davis, Scarlett JOHANSSON
NON IDENTIFIE, Tom WILKINSON, Scarlett JOHANSSON, NON IDENTIFIE
© PATHE

« #Chef » de Jon Favreau

États-Unis, 2014, 111 min

Scénario : Jon Favreau

Production : Aldamisa Entertainment, Kilburn Media
Producteurs : Jon Favreau, Sergei Bespalov, Roy Choi, John Bartnicki
Image : Kramer Morgenthau
Montage : Robert Leighton
Musique : Stefan Karrer et Lyle Workman
Avec Jon Favreau (Carl Casper), Bobby Cannavale (Tony), John Leguizamo (Martin), Emjay Anthony (Percy), Scarlett Johansson (Molly), Dustin Hoffman (Riva), Sofía Vergara (Inez), Oliver Platt (Ramsey Michel),  Amy Sedaris (Jen), Robert Downey Jr. (Marvin)

Visuels : 
© TF1 Studios
© Merrick Morton

Les citations sur le film sont d’Arte. Cet article a été publié le 14 octobre 2018.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Bref historique.

Écrit par

Le pickpocketisme est pratiqué par des magiciens, dont certains en font leur spécialité, « uniquement à des fins de divertissement » avec la complicité du public. Cette discipline « de la rue » devient alors une démonstration spectaculaire de dextérité, d’agilité et de bagout, le pickpocket étant obligé de « contrôler » sa « victime » par son assurance et son flot de paroles. Bien entendu, à la fin de la séance, tous les biens sont rendus à leur propriétaire.

Le magicien allemand Compars Herrmann (1816-1887) et son jeune frère, Alexander Herrmann (1844-1896) sont les précurseurs du pickpocketisme scénique en incluant une séquence de vol à la tire dans un de leur spectacle.

Fred Brezin, « The Original and First Pickpocket »

Le pickpocket de spectacle apparaît sur les scènes théâtrales au début du XXe siècle. L’un des tout premier artiste pickpocket est un magicien anglais d’origine française, Fred Brezin, qui commence à se produire à Londres en 1906, se présentant comme « The Original and First Pickpocket ». Il est suivi par l’allemand Walter Sealtiel (1890-1948).

En 1929, un Juif hongrois nommé Adolph Herczog (1896-1977), alias Dr. Giovanni, fait sensation en Angleterre en volant une épingle de cravate au prince de Galles. Il devient vite une vedette auprès du public populaire des boîtes de nuit aux États-Unis et dans le monde entier jusqu’à sa mort en 1977.

Dans les années 1930, les pickpockets investissent les music-halls. En 1931, un prestidigitateur bulgare nommé Nissim défraya la chronique ayant été pris en flagrant délit de vol dans les stations de métro.

Borra et sa femme

L’âge d’or du pickpocketisme a lieu après la Seconde Guerre mondiale. Son représentant le plus célèbre est le serbe polyglotte Borislav Milojkowic (1921-1998), surnommé Borra, « Le roi des pickpockets » ou « Le voleur de Bagdad », qui est le père du numéro moderne de pickpocketisme, créateur d’un style archétypal qui sera répété jusqu’à nos jours. Celui qui se vantait d’avoir « dévalisé Scotland Yard, Interpol et le F.B.I » devient rapidement une star de la nuit, des clubs, des variétés et des cirques à travers l’Europe. Il présentait un numéro commençant par une chasse aux cigarettes, agrémentée de ronds de fumée, puis procédait au « déballage » des objets dérobés au moment où le public rentrait dans la salle (déguisé et grimé en contrôleur ou en placeur). Pour son grand final, il faisait venir plusieurs personnes sur scène et commençait une démonstration virtuose en dévalisant ses « victimes ».

Gentleman Jack et sa femme Maj-lis

En 1949, le danois Tommy Iversen (1921-1984), alias Gentleman Jack, et sa femme Maj-lis se font connaître. Il se présente comme « l’aristocrate des pickpockets » ou « Les mains les plus rapides du monde ». Ils travaillaient sur les cinq continents dans de nombreux grands cirques et spectacles de variétés en Europe avec leur élégant numéro de pickpocket dans un style british très élégant.

Vic Perry

 

Ricki Dunn

Dans les années 1950, de nombreux artistes européens se produisent comme pickpockets, tels que Borra Junior, Alf Melander, Boris Borsuks et Mark Raffles. Au même, moment aux États-Unis, Victor Perry apparaît. Originaire d’Angleterre, faisant partie d’une grande famille du spectacle, il pratique le mentalisme, l’escapologie, l’hypnotisme et est présenté comme « le meilleur pickpocket du monde ». Mais, c’est grâce à un américain que la discipline se démocratise : Fred Revello, alias Ricki Dunn (1929-1999). Il est l’auteur d’un livre référence sur le pickpocketisme et a mené une longue carrière aux États-Unis sous le nom de « Mr. Pickpocket » ou « Le premier pickpocket de l’Amérique », jusque dans les années 1990.

Dominique

 

Bob Arno et sa partenaire

Dans les années 1960, deux nouveaux artistes du monde du showbiz sont devenus des grands noms du pickpocket : le français Dominique et le suédois Bob Arno. Dominique Risbourg commence le pickpocketisme à l’âge de 15 ans. Il est également magicien et ventriloque. Il travaille en professionnel à l’âge de 20 ans de nombreuses années au Lido de Paris et à Las Vegas, ou il se produit en vedette au Sands, Sahara, Flamingo, Desert Inn, New Frontier, El Rancho et de nombreuses fois au Stardust.

Gérard Majax et son partenaire-mannequin Oscar

Les pickpockets sont à la mode et d’autres artistes se font connaitre : le letton Boris Borsuks, le tunisien Henri Kassagi (conseiller technique pour les gestes du voleur dans le film Pickpocket de Robert Bresson), Fred Clifton, le lyonnais Joe Waldys, Gérard Mercier, le toulousain Dody Willtohn (son numéro de pickpocket est truffé de prestidigitation avec une « chasse aux monocles » dont il se sert pour voler dans la salle), le suisse Pierre Jacques, le belge José Duchant, Régis Vidal, Gérard Majax et son partenaire Oscar (un mannequin électronique), le danois Kenny Quinn.

Affiche du film Pickpocket (1959), chef-d’oeuvre de Robert Bresson avec le magicien-pickpocket Kassagi.

Plusieurs magiciens ont inclu une séquence de pickpocketisme dans leur numéro de prestidigitation comme : Joe Stuthard, Jean Lupin, Sirdani, Harry Blackstone, Eddie Joseph, Rodolfo (dans les années 1930), John Calvert (dans les années 1950), Roger Crosthwaite (dans les années 1960), Apollo Robbins, Fred Razon, Hector ManchaRobert Ace (dans les années 2000 – 2010).

À lire :
– How to pickpockets de Eddie Joseph. Traduit en français par Jean de Merry sous le titre Pour réussir un numéro de Pick-Pocket au music-hall (Editions Sauty, 1954).
– Tout dans les mains, rien dans les poches de Pierre Jacques (Editions Techniques du spectacle, 1981).
– Les Pickpockets de Gérard Majax (Editions J.C. Lattès, 1981)
– Pickpocket ! Vingt ans de flagrants délits : un flic parle de François Adjean (Editions Acropole, 1990)
Techniques of the professional pickpocket de Wayne B. Yeagers (Editions Loom Panics unlimited, 1990)
– L’art du pickpocket : Précis du vol à la tire de Philippe Petit (Editions Actes Sud, 2006).
– The Professional Stage Pickpocket de Ricki Dunn (Nielsen Magic, 2006). Ouvrage traduit en français aux Editions Magic Dream : Profession : Pickpocket – Manuel du vol à la tire pour les artistes (2017).
– Pierre Jacques, le Gentleman-Pickpocket de Ivan Laplaud (Editions Papier magique, 2008).

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[Source : http://www.artefake.fr]

 

 

La crónica que sigue la escribí en 1998, poco después de volver de 20 años en Barcelona, y se publicó en la extinta revista Página 30. Tenía unas vacilantes ganas de recuperarla, pero una sarta de falsedades odiosas, creo que producto de un desconocimiento alentado por pretensiones de ilustración, me dijo que por qué no. Vaya también como homenaje a un jugador sin igual, y eso que he disfrutado con varios de los mejores.

Escrito por Marcelo Cohen

Como muchas, la historia de Maradona entre los catalanes gira en torno a un error; si algo la distingue, y en cierto modo la eleva, es que los antagonistas nunca quisieron reconocer que se habían equivocado, probablemente porque no se dieron cuenta. Quizás no podían. Maradona nació pobre, pero ya muy joven empezó a hacerse rico y famoso en un país donde una dosis suficiente de fama da buenas perspectivas de lograr la inmortalidad ―y de avizorarla en vida―. A pocos pueblos como el argentino les encanta convertir cada belleza pasajera en imagen de panteón que, uniéndose a otras imágenes rutilantes, varias veces muertas, llene un poco el nicho de la identidad. Si la creación expeditiva de un dios o un santo lo exige, los argentinos humillamos al candidato antes de que muera y agigantamos los suplicios que le haya infligido algún bárbaro, para que a la ristra de virtudes no le falte la grandeza del martirio. Aceptado que la gracia de la perduración es disfrutarla en materia, en la Argentina el candidato puede realizarse como divinidad antes de morir; los requisitos, aparte de atributos reales, son una gran capacidad para almacenar elogios, una amplia superficie de reflejo, debilidades carnales paganas y un histrionismo egomaníaco que no parezca representación sino, más bien, autenticidad, transparencia, franqueza, espontaneidad, eterna adolescencia, ah, oh, etc. Se dirá que en el universo massmediático hoy pasa esto en la mayoría de los países. Es cierto solo en parte: en algunos países ―de América, sobre todo― el trabajo se toma más en serio, y el ego debe ser más resuelto, porque la inmortalidad es más inmediatamente accesible incluso para individuos de extracción dudosa y profesión baja. Así es que el candidato o héroe se ofrenda en vida con una no muy nublada conciencia de lo que está haciendo: extrema sus virtudes, insufla su persona, se adorna con deliciosas faltas y ―de lo anterior se desprende que esto es decisivo― practica la impudicia, tan abnegadamente que termina siendo impúdico de veras y le gusta.

El candidato debe ser tan ingenuo como el país. Está en el candelero mirando siempre cómo lo miran mientras despliega su don, mirando si lo miran, abriéndose el cuerpo para mostrar la interioridad visceral, persuadido de mostrar que no es solo una apariencia ―y el argentino le cree; le creemos―. El héroe es voluble, arbitrario; más cerca de lo divino si un poco asqueroso, objeto de alabanza zandunguera, de unción devota pero también de escupida denigratoria. La progresiva divinización se consolida con la caída del héroe en la negligencia y otras lacras, procedimiento que enmaraña las cosas cuando el héroe tiene efectivamente un don singular, una cualidad que hechiza pero la negligencia tiende a empañar.

En cambio en Cataluña, pequeño, próspero país que se solaza tanto en su singularidad como en pertenecer a la preclara Europa, la división entre leyenda y mito es cortante. Todo héroe pasa la vida entre la torridez del afecto popular y una penumbra de suspicacia, y solo es mitificado si una o más generaciones juzgan que dejó una contribución indiscutible, mejor si contante, a la solidificación de una comunidad laboriosa. Los catalanes admiran más que nada a los alemanes, empeñándose en ser graves como ellos, contentos de superarlos en ironía, acomplejados de no producir tantos genios rotundos, orgullosos de comprender mucho mejor a los genios que han dado o acogido ―Casals, Picasso o Schuster―, tristes de no ser tan productivos, acomplejados por no poder ser diligentes sin sacrificar el estro romántico, contentos de que el sacrificio les impida entronizar déspotas asesinos, sabedores de que, mediterráneos al fin y puede que herederos de los fenicios, se han ido haciendo en la eficaz tolerancia de las civilizaciones mercantiles, en la política liberal.

Casi por definición, todas las naciones practican alguna forma de racismo; algunas la soterran, no solo por hipocresía sino también por vergüenza. Considerar el racismo vergonzoso es un atenuante; lamentablemente, el racismo que se reprimió termina despuntando, bien por compulsión, bien por herida en el cálculo. La virtud nacional catalana es el seny ―se pronuncia “señi”, concepto que abarca el buen sentido, el juicio cauto, la mesura y la temperancia, sin descontar la astucia. Los catalanes, se dice, tardan en intimar, porque cuando dan la amistad es para siempre ―y uno se admira de la conveniencia práctica de esta ética―. Sin embargo, hay dos puntos en donde ese espíritu de impavidez se extravía, para peor conservando la frialdad mercantil, y esos puntos son el odio a los madrileños ―asentado en numerosas razones históricas― y el amor delirante por el Club de Fútbol Barcelona. El Barcelona es “más que un club”: es símbolo y espejo, institución nacional inmarcesible, monumento al progreso, escaparate y tripa; es el producto más acabado, más suntuoso, de un buen sentido burgués que trabaja meticulosamente para exhibir en periódicas fiestas su cara arrebatada de elegancia depuesta. El Barcelona ofrece las orgías que jalonan puntualmente la rutina de la ciudad: al Camp Nou se va a a llorar a mares o a derretirse de gozo, a soltar los gritos e insultos que en la apacible vida cotidiana serían un trastorno temible. Como los comerciantes de Ámsterdam en el siglo XVII, el Barcelona compra lo mejor y a veces hasta lo exótico, lo acoge con entusiasmo, lo defiende con pasión y al cabo empieza a vigilarle la conducta y el rendimiento, dispuesto a prescindir de su brillo ―como los comerciantes de Ámsterdam de los servicios de Rembrandt― cuando la actitud del artista o el precio de la mercancía les resultan desfavorables.

Un día, en 1982, el club compró a Diego Maradona. Como ya había comprado a Bernd Schuster, pasó a tener los dos mejores jugadores del mundo de aquel momento. Los barceloneses saltaban en una pata. Nadie advirtió ―por supuesto que tampoco nosotros, los emigrés argentinos residentes en Barcelona, exultantes de placer futbolero y vindicación jactanciosa― que la operación no pintaba bien. Y no por el flagrante bulto que hacía en la ciudad el clan de Dieguito, ni por los mentados actos de indisciplina, ni siquiera por la suma de estos y otros factores, sino porque, aun sabiéndose mercancía y dueño ya de una alta conciencia gremial, a Maradona jamás le iba a entrar en la cabeza que él pudiera resultar desfavorable para alguien.

Dos años y medio después llegaría al estadio del Nápoles, donde nadie debe admirar mucho a los alemanes, literalmente desde el cielo, beatificado antes de dar el primer pase; allí viviría sus mayores glorias, antes de empezar a exhibir los pecados necesarios para que en la Argentina lo colocaran apresuradamente en la hornacina donde hoy engorda, adelgaza y vuelve a engordar sin perder el sensor con que nació en el pie izquierdo.

Pero antes de esto, en 1982, en Barcelona se asentó muy pronto un malentendido que iba a acarrear desaliento y frustración. Maradona, semicroto advenido estrella universal en un abrir y cerrar de ojos, jovencito de talento cegador y mente comprensiblemente inconclusa, aspirante a la inmortalidad argentina, fue desplegando todo su arco de arrebatos y supuestas franquezas. Con la impudicia exigida por la mitología de un país donde los hombres no lloran en público salvo a veces, obligatoriamente, para demostrar que los hombres también lloran en público si son sensibles ―de un país avanzado donde todo el mundo sabe que la buena virilidad demanda un componente femenino―, Maradona gesticulaba excesivamente en la cancha, hablaba con la prensa hasta por los codos, lucía su jugosa melena, rugía por la calle en un Mercedes piropeando chicas a los gritos, iba ruidosamente de compras con toda la familia; es decir, trasladaba sin empacho su porteñidad a Barcelona porque estaba convencido de que así debía ser, o porque, claro, no podía ―ni quizá debía― hacer otra cosa. Ignorando que si la impudicia gárrula lo elevaba en la imaginación argentina, para los catalanes era una mancha que soslayaban para poder deleitarse con los goles. A los catalanes no les resultaba simpático Maradona. Tampoco antipático, hay que decirlo. Querían verlo jugar. Y querían que, como Cruyff unos diez años antes, los hiciera ganar por fin un campeonato ―una liga; no una Copa del Rey, que es emotiva y con final pero se juega por eliminación y sabe a premio consuelo―, para justificar la arrogancia y borrarse de la cabeza ―cosa que no conseguirán nunca, porque es una enfermedad crónica― la avasalladora, obsesionante presencia del Real de Madrid.

Hoy muchos catalanes lo denigran por despecho, porque abandonó a un club altivo y poderoso sin despedirse y sin haberles conseguido una liga. Pero algunos socios viejos del Barcelona, que habían visto a Kocsis, a Kubala y a Cruyff, dicen que nunca han tenido un jugador como Maradona; lo dicen con rencor; son los mismos que aplaudieron la venta de Romario, por mal bicho, aunque supiesen que iban a languidecer añorando sus goles.

Parecería ser que Maradona los cansó. Y ahora digamos: si el Barcelona se precia de ser históricamente un club amante del fútbol estilizado, si su hinchada se jacta de apreciar el buen juego, la verdad es que, como digna hinchada de un club que es un símbolo nacional, la mayoría de las veces no ve un comino. Es decir: ve las jugadas vistosas y efectivas y evidentes de su equipo ―solo del suyo―, pero en general hila un poco grueso. Por eso no advirtió un rasgo de Maradona que no todos los fuera de serie tienen en un grado tan intenso: el gusto por jugar, la gula y la desesperación por jugar, el idilio de Maradona con la pelota y los partidos, el reflejo dichoso que, uno se imagina, lo llevaría a correr para devolverle la pelota a un chico aunque estuviera vestido con esmoquin y camino a una cita con Diana de Inglaterra. Uno se imagina. Quizás sea una ilusión, sobre todo ahora que Maradona es disertante y publicista. Lo cierto es que los hinchas del Barcelona nunca se habrían imaginado una escena así, ni siquiera en 1983. Sin entrar en juicios, no tienen ese tipo de imaginación. Tampoco una comprensión de la clase de inteligencia y agudeza verbal de ese crack.

Sin embargo, el regocijo de Maradona en la cancha causaba prodigios, como bien se sabe, y al principio fomentó un hermoso romance. Hablando de esto, uno se niega a refrescarse en los archivos y se entrega sin más a la memoria involuntaria. Por la cabeza del cronista amateur pasan despachos visuales como nubes rápidas en atardeceres ululantes. Entre otros, el Barcelona tenía un stopper autoritario (Migueli), un volante de quite con tremendos pulmones (Víctor), tenía al gran Schuster (capaz de desembarazarse de dos rivales a cinco metros de su área, salir de un nudo de piernas por donde nadie esperaba y servir, casi sin haber mirado, un pase de cuarenta metros para la subida del lateral izquierdo, cuyo movimiento solo había visto él; encima de lo cual llegaba a buscar el centro en el otro arco) y tenía dos punteros, Marquitos y Carrasco, movedizos, ladinos y veloces. Marquitos y Carrasco eran muchachos de potrero ―de potrero catalán― y adoraban a Maradona; pero en los primeros tiempos, confesarían algo después, simplemente no esperaban que Maradona pudiera llegar en diagonal a una pelota larguísima puesta en la línea de fondo, dominarla con un defensor encima, frenar en seco para hacerlo pasar de largo, desembarazarse de otro y sacar un centro inverosímil que, burlando la altura del arquero, cayese blandamente en el segundo palo; de modo que cuando esa oportunidad de gol llegaba, Marquitos y Carrasco ya estaban volviendo al mediocampo, convencidos de que nadie habría podido hacer tamaña cosa en una situación tan difícil. A medida que fueron entendiendo las nuevas posibilidades de ese mundo bizarro, no sólo se beneficiaron ellos sino todo el equipo. Menotti los mandaba al ataque, a presionar con la defensa muy adelantada. Demasiado adelantada, digamos, con demasiada confianza en la trampa del off-side. Por el momento no era grave: en un mismo partido Maradona le hizo dos goles de tiro libre a Zubizarreta (el mejor arquero español de esa era, entonces en el Atletic de Bilbao, luego ganador de cuatro ligas con el Barcelona de Cruyff): uno al ángulo superior derecho y el otro al ángulo inferior izquierdo. Pero después, dice la memoria involuntaria, Maradona tuvo hepatitis y el especulativo Atletic de Bilbao se resarció de sobra ganando la liga. No obstante, el crédito de la hinchada barcelonesa al grupejo argentino todavía era holgado, y tuvo recompensa en la final de la Copa del Rey, con un triunfo en el último minuto sobre el detestado Madrid. En los inicios de la temporada siguiente, fines del verano europeo de 1983, el Barcelona arrasaba. Se comprobó que Schuster y Maradona podían jugar juntos sin recelos ni competencia ni embarazo, calladitos y en su papel. El entonces representante y amigo barrial de Maradona, el abracadabrante Cysterpiller ―corbatón amplio, rizos, traje como de raso― salió un día de una reunión con el presidente del club, el hierático, llorón y codicioso señor Josep Lluis Núñez, dueño de la constructora que había aprovechado prebendas durante el tardofranquismo para llenar la ciudad de muchos edificios horribles y algunos del gusto de los hijos de la inatacable burguesía, y dijo que, como el señor Núñez no había atendido a ninguno de sus reclamos, él, Cysterpiller, “muzzarellamente” había decidido retirarse. Todos los emigrés oímos esa maravillosa expresión por la radio; y comprendimos que, de veras, el choque de dos lenguajes y dos estilos nacionales iba a terminar estropeando la aventura. Eso, aparte de que salía de noche y, como sabríamos mucho más tarde, fue allí donde probó por primera vez la cocaína. Una lástima, porque ese otoño el Barcelona, jugando por la Recopa Europea, le ganó 4 a 3 al Estrella Roja, en Belgrado, y Maradona hizo un gol casi mejor que el que haría contra los ingleses: una carrera de cincuenta metros con pelota al pie y cabeza levantada, un frenazo seco en la medialuna, frente a la defensa que se apresuraba a cerrarse, y un disparo altísimo, por encima de todo el mundo, con un efecto que mandó la pelota a la red rozando el larguero. Después hubo un triunfo por 4 a 1 en Mallorca ―dos de Maradona y dos de Schuster― y la sensación de que esa liga ya estaba lujosamente en el bolsillo.

Pero entonces aparecieron los villanos, que a la sazón también se postulaban a campeones: en su caso, bicampeones. La fecha siguiente el Barcelona jugó en el Camp Nou contra el Atletic de Bilbao. A los treinta minutos ganaba tres a cero, dice la memoria involuntaria y puede equivocarse por un gol; pero no se equivoca asegurando que, antes de que terminara el primer tiempo, Maradona recibió de espaldas una pelota en su línea media y, cuando iba a darse la vuelta, el líbero del Bilbao le entró por detrás y lo dejó roto por cuatro meses. Se llamaba Goicochea, ese bruto; hoy es ayudante del DT de la selección española, Javier Clemente, que aquella tarde infausta era DT del Bilbao y por entonces gustaba decir que sus jugadores no eran violentos sino recios, que ganaban ligas porque tenían “raza”. Esa cretinez era una ofensa doble, contra los directores técnicos extranjeros y contra el moderado nacionalismo catalán. Hoy Clemente prolonga sus desvaríos peleándose con Cruyff y con Valdano.

Ese año el Barcelona no pudo vengarse; jugó casi toda la temporada sin Maradona y buena parte sin Schuster, también quebrado. Aparte de la falta de knack, el equipo no tenía sorpresa ni gol; jugaba desesperadamente, sin convicción, y Menotti fue ―como muchas veces― demasiado sabelotodo como para modificar el esquema. Por la defensa en línea adelantada siempre se colaba un contraataque, de modo que a menudo había empates ridículos o derrotas por un gol. Antes todavía de empezar a entrenarse, el angustiado Maradona se entretenía en su casa embocando pelotas, que pateaba sentadito, entre las cuatro patas de un taburete dado vuelta. Hecha con médicos del llamado entorno, la recuperación fue muy larga para la paciencia del club.

Sí: la distancia de C a Q es la misma que la de Q a C. El peculiar racismo de la nación F.C. Barcelona hacia el ídolo magistral pero frustrante encontró ocasión de ensañarse, después de dos ligas perdidas, en la ostentosa teatralidad y la protesta quejosa del espontáneo Maradona. El otro yo de Catalunya, sin articularlo, empezó a acusar al gordito de gordito, moreno patizambo, indolente, dispendioso, engreído, deslenguado y llorón rayano en la cobardía. Muchos creían que la hinchada iba a expurgar en Maradona la ―afortunada― impotencia catalana para alcanzar una reciedumbre racial como la que Clemente elogiaba en sus vasquísimos jugadores. Maradona, claro, creía que nada lo obligaba a aguantar un tratamiento criminal por parte de los rivales, ni la falta de comprensión psicológica y afán comunicativo de los dirigentes de su club. En los círculos más deportivamente perspicaces de los emigrés argentinos ―biyuteros, psicólogos prematuros, traductores precarios, futbolistas-golondrina― se comentaba que para Diego los catalanes eran unos frígidos, y que tenía razón. Pero la condescendencia de los emigrés con las ideas de Maradona no se basaba tanto en el cariño a un artista como, lo mismo que la arbitrariedad del artista, en el rencor hacia unos anfitriones que se atrevían a no aceptar la condición cada vez más divina de ese semidiós argentino.

Menotti, decían los catalanes por su parte, hacía entrenar solo de tarde porque él y Maradona ―no necesariamente juntos― se iban de juerga todas las noches. Probablemente fueran infundios xenófobos. Desde el punto de vista profesional, corrigiendo ciertos aspectos del equipo se habría evitado uno que otro problema. Aspectos como el estado físico de los jugadores, por ejemplo. Claro que además los cosían a patadas.

No había forma de entenderse.

Cuando Maradona volvió ya era tarde para alcanzar la liga, aunque también en la segunda ronda el Barcelona le ganó al Atletic. Para colmo, el Atletic le ganó 1 a 0 la final de la Copa 1984. Esa noche de primavera el terco sistema Menotti sucumbió ahogado frente a un horrible sistema Clemente que parecía bilardiano ―y la camiseta del Atletic es igual a la de Estudiantes―. Pero Maradona no lloró, porque ya había discutido tanto con sus dirigentes y con la prensa barcelonesa que estaba decidido a irse. En el fondo ya se había ido.

Para los emigrés argentinos fue una etapa tristísima. La memoria involuntaria se apretuja, cesa. A Barcelona llega a veces un viento africano, el garbí, no arenoso y ardiente como el sirocco sino húmedo, tibio: deja una película de gelatina en las aceras y en las farolas un nimbo macilento.

Maradona se fue a Nápoles, desde donde nos enviaría extraordinarias satisfacciones. Menotti ¿a México? El garbí empasta las huellas mnemónicas.

Para la temporada 1984-85 el Barcelona contrató a Terry Venables, un inglés fornido, experto, mundano pero férreo, que aún escribe novelas policiales con seudónimo y tiene un grupo de música pop. Venables, que venía de sacar campeón de la copa inglesa al Tottenham de Ossie Ardiles, se llevó a un centrodelantero veterano, el simpático escocés Archibald, que jugaba como nadie de pivote en los bordes del área: recibía solo, protegía la pelota esperando la llegada de un compañero, sabía tocar de primera con el pie o la cabeza y también era ducho en cazar centros perdidos. Según un serio emigré argentino dueño de una pizzería, Archibald era noctámbulo y disipado; pero como se callaba la boca en todas partes, y como además llegaba puntualmente a entrenarse, los dirigentes fingieron que no lo sabían. Con él, la sabiduría de Schuster, la picardía de Carrasco, un notable media punta de la cantera llamado Rojo, el inteligente centrodelantero Archibald y una pléyade de obreros, Venables armó un equipo de verdadera presión, aprovechador y sagaz.

El núcleo angloalemán, ayudado por dioses paganos, ganó esa liga para el Barcelona. Se normalizó la respiración del pueblo catalán, que solo volvería a sufrir ―cinco ligas para el Madrid― hasta que apareciera un salvador clan holandodanés que le daría cuatro ligas.

En 1986-87 Maradona y la virgen ganaron para el Nápoli el primer scudetto de su historia; en 1989-90 repitieron.

No sé si viene a cuento, pero para los emigrés argentinos en Barcelona se cerró una etapa de fuerte incomodidad.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

La libertà della Dona

Rita Pavone, 1965. Foto: Eric Koch/Nationaal Archief (CC)

 

Publicado por Paula Corroto

Miren cómo agarra el micrófono. como si estuviera a punto de fundirse con él. No canta, susurra, porque le está confesando un secreto: «Cariño, quiero un regalo muy especial, quiero un trío contigo y con ella. Ya sabes lo que hay». Ella es Patty Pravo, la cantante de «La bambola» y «Ragazzo triste», que está dejando estupefactos a todos (y todas) los que en ese momento de 1978 han conectado con la cadena pública RAI mientras interpreta la canción de Ivano Fossatti y Oscar Prudente«Pensiero stupendo».

Al encender el televisor se han encontrado con esta rubia, alta y bellísima que, vestida con un traje de pantalón y chaqueta adornado con una corbata para reforzar ese toque medio andrógino —mezcla explosiva con su imponente melena— está pidiendo a gritos y gemidos que suben y bajan en octavas ¡y en la tele pública de un país dominado por la Democracia Cristiana! una fantasía sexual. Solo le falta el cigarrito en la mano (vean y busquen en YouTube) y un «¿te queda claro, cielo?».

En la Italia de hoy, o al menos la que nos llega a través de su televisión —desde la RAI al Telecinco italiano, imperio berlusconiano— esa imagen parece casi una ilusión. Estamos tan ametrallados con las velinas, las «rubi-corazones», lo soez y la falta de elegancia que ver a la Pravo nos puede provocar un pasmo. Y una es entonces cuando se pone a pensar, qué pasó hacia los noventa cuando todo cambió, y para peor, sobre todo en cuanto a las mujeres en Italia se refiere. Pravo 1- velinas 0, aunque bien se le puede dar una vuelta al marcador: Berlusconi 10 – mujeres 0.

La escritora y periodista italiana Laia Caputo (Nápoles,1960) reconoce que en aquella época de los sesenta y setenta, el país de los Dolomitas vivió su propia revolución sexual. Así lo cuenta en su novela Dime una palabra más, que publicó Xordica hace algunos años, donde recorre la vida de una adolescente que en esos años tuvo que enfrentarse a una madre para quien «la decencia se conserva con el himen intacto». Ah, la Italia de los valores cristianos. Ella, la madre, no se da cuenta de que el país, no sus estructuras políticas, está cambiando y que ya hay muchas chicas jóvenes para las que, como sucedía en otros países europeos, eso de la virginidad hasta el matrimonio es cosa de curas y papas.

Sin embargo, todo se iría al traste con la llegada de Silvio, ese cantante de baladas en cruceros: «Fue una época de modernidad que finalizó con el asesinato de los jueces Borsellino y Falcone y la llegada de Berlusconi en 1994. Entonces comenzó otra Italia, otro mundo», según explicó Caputo en una entrevista en 2011 en la que además, añadió: «Estamos viviendo un retroceso. En la televisión ahora apenas hay mujeres periodistas. Y, por ejemplo, el 50% de las mujeres italianas están desempleadas. Además, ese 50% ya no busca empleo, porque no puede trabajar. Tienen hijos, pero no hay guarderías públicas ni servicios. El estado del bienestar se ha sustituido por el de la familia». Como en los tiempos de aquella madre abnegada.

Pero regresemos a la Italia de hace cuarenta años y hagamos un recorrido por aquella escena cultural en la que brillaron mujeres con un mensaje y una actitud que rompía con todos los esquemas de ese católico país tan embebido por las doctrinas que llegaban del Vaticano. Porque si bien Pravo puso como platos los ojos de los espectadores en 1978, no era una desconocida. De hecho, la canción «Pensiero stupendo» había sido escrita en 1974 pero no se había encontrado a ninguna artista que quisiera interpretarla. Hasta que se la ofrecieron a Pravo, que en 1966 y 1968 —recuerden, año de revueltas estudiantiles que en Italia se conoció como el autunno caldo— ya había mostrado sus dotes sensuales con «Ragazzo triste» y «La bambola».

Precisamente, esta canción que, como-todo-el-mundo-sabe, trata de una mujer que manda literalmente a la mierda a su pareja por posesivo, machista y alguna que otra cosa más se sitúa en un punto completamente equidistante al de las canciones empalagosas que cantaban sus parternaires masculinos de entonces. Porque comparen ese estribillo: «No, ragazzo no, no ragazzo no, del mio amore non ridere / Non ci gioco più quando giochi tu sai far male da piangere» (es decir, de mí tú no te ríes más en tu vida), con «Succede che poi non ti accorgi nemmeno / Di essere andato un po’ troppo lontano / Scusa tanto se la vita è così / Non l’ho inventata io» (es decir, te he puesto los cuernos, pero querida, la vida es así y no la he inventado yo, que soy un tío), como cantaba Sandro Giaccobe en su «Il giardino proibito» de 1975. Y, ay, que llegó a convertirse en un himno romántico incluso en España, y hasta en los años noventa de la mano de Junco en plan gitaneo. Quizá es que en nuestros noventa también empezó cierto retroceso…

Pravo no era la única que escandalizaba y a la vez encandilaba. Algunos años antes había salido a escena otra mítica, Ornella Vanoni, nacida en 1934, que en 1965, diez años antes de aprobarse el divorcio —fue el 12 de mayo de 1974 en referéndum— se separó de su entonces marido el empresario Lucio Ardenzi. La Vanoni fue enseguida reconocida por su sensualidad y elegancia en escena con canciones como «Senza fine», escrita por su posterior pareja Gino Paoli, donde se mostraba como una mujer arrebatada que quiere algo y lo quiere ya: «Senza fine, / tu sei un attimo senza fine, / non hai ieri e non hai domani / tutto è ormai nelle tue mani, / mani grandi / mani senza fine». No es de extrañar que con sus actuaciones se convirtiera en «la gran señora» de la canzone italiana. Y eso que tenía algunas rivales bastante fuertes como la jovencita Caterina Caselli, que en 1966 había interpretado otra letra que disparaba con bala: «Nessuno mi può giudicare» (ninguno me puede juzgar). Esa madre que reivindicaba el himen intacto podría llevarse las manos a la cabeza, pero eso es lo que estaba ocurriendo de puertas del Quirinale para fuera.

Por supuesto, más de una trajo algún disgusto para la clase biempensante. Entre ellas sobresale Mina Mazzini. Podría decirse que con ella llegó el escandalazo. Desde finales de los años cincuenta, Mina se había convertido en una de las artistas más adoradas, aclamada por San Remo y todos los festivales de música pastelosa. Mina era de las nuestras, podrían decir muchos, con esa voz de jazz que fue alabada hasta los altares por gente como Louis Armstrong. Pero en 1962 se quedó embarazada siendo soltera y ay, para qué queremos más en ese país, en el que la mujer si algo de importancia tenía era ser una buena mamma que se encarga de tener los cannelloni preparados para cuando llegara el marido. Mina fue censurada durante dos años por la RAI y tuvo que ganarse la vida cantando en Alemania —la occidental, claro— donde, pese a todo, ya tenían bastante asimilado que la mujer había salido hacía tiempo de su casa y los brazos del marido. La escritora alemana Julia Franck (Berlín, 1970) lo decía también en una entrevista a propósito de la publicación en español de su novela La mujer del mediodía: «La mujer tuvo que trabajar durante la Segunda Guerra Mundial y ahí empezó todo». Fíjate lo que hacen las guerras a veces.

Mina Mazzini. Fotografía: Cordon Press

Mina, no obstante, regresó a la RAI porque muchos deseaban que así fuera, y la cadena pública tuvo que poner remedio. Desde finales de los sesenta y setenta hay multitud de apariciones (que se pueden ver en YouTube) de esta mujer arrojadiza. Y un año de referencia: 1972. Fue cuando se publicó el disco Cinquemilaquarantatre del sello PDU —el título alude al número del catálogo de la discográfica— y en él se incluían dos canciones revolucionarias. Una de ellas, la que enseguida se catapultó como un éxito, fue la archiconocida «Parole, parole», escrita por Leo Chiosso y Giancarlo Del Re, los autores del Teatro 10, un programa de variedades nocturno. Es un diálogo con el cantante Alberto Lupo en el que Mina le dice que, por mucho que le dore la píldora, no se va a volver a creer nada de lo que le diga: «Parole, parole, parole / parole, parole, parole / parole, parole, parole / son tanto parole / parole tra noi». Pues eso. Que no me la lías más.

La segunda canción es «Fiume azzurro», de Luigi Albertelli y Enrico Riccardi, en la que Mina suelta su melenón al viento y grita aquello de «fiume azzurro vaaaaa» que muchos han conocido después con el «sobreviviréééééé» de la versión que Mónica Naranjo hizo en el disco Minage. Sí, «Fiume azzurro» es la versión original ultravolcánica del éxito de la Naranjo con la que Mina ya dejó estupefacto a más de uno a comienzos de los setenta. La interpretación, que también se puede ver en YouTube, muestra a la cantante con un vestido de tirantes negro que se come solita el escenario. Y al que no le guste, que arree, que ella va a tirar para adelante.

Por esa época, en la que hay que destacar programas como Canzonissima, en el que actuaron muchas de estas cantantes, también pululaba una joven Raffaella Carrà, que aportó su granito de arena a esa rivoluzione. De hecho, ella fue presentadora de este programa y antes de que pusiera patas arriba al personal con «Fiesta» o «Far l’amore», tuvo algunos encontronazos con el papa Pablo VI, que censuró su canción «Tuca, tuca», en la que la Carrà no mostraba ningún pudor al toquetear a un bailarín y dejarse tocar por él. Raffaella se llevó el toque pero también se disparó hacia la fama y ya no habría Vaticano que se interpusiese en su camino.

La música no fue, sin embargo, la única disciplina en la que las mujeres comenzaron a alzar la voz y a quejarse del estereotipo de hembra de la casa —y escribo «hembra» también con su mayor carga peyorativa—. En la escena teatral hay dos creadoras que introdujeron su voz a través incluso del humor para levantarles la falda a todos los cardenales de Roma. Una de ellas fue la milanesa Franca Valeri, nacida en 1920 y que en la II Guerra Mundial ya se relacionaba con los intelectuales de la ciudad, como Camilla CedernaLodovico BelgiojosoGian Luigi Banfi «Giangio», Ernesto Rogers Aurel Peressutti. En los cincuenta empieza a aparecer como actriz en películas de Vittorio de Sica y Fellini, y en 1960 se casa con el actor y director Vittorio Caprioli, del que se acabaría divorciando en 1974, justo después de la aprobación de la ley del divorcio, que también fue un síntoma de que había cosas que habían empezado a cambiar en Italia.

Pero lo que hizo verdaderamente reconocida a Valeri fueron sus apariciones en la RAI en las que ridiculizaba el rol de ama de casa en los setenta. Ella sola, en el escenario, echándole humor a granel, se inmolaba como esa mujer que espera y espera mientras hace el desayuno, la comida y la cena. No se pierdan en YouTube el espectáculo «Il marito ritarda» y busquen personajes suyos como la signorina snobCesira la manicure y la sora Cecioni. Como ha dicho alguno, Valeri era lo más parecido que tenían en Italia a nuestro Gila, que hizo lo propio con la guerra. Y la gente se reía porque conocían a la perfección esas miserias que, mediante la carcajada —por no llorar—, la Valeri repetía en escena.

Ahora bien, si hubo una actriz grande y realmente contestataria esa fue Franca Rame, de quien se podría escribir un artículo para ella sola. Nacida en 1928, en 1954 se casó con el dramaturgo Dario Fo, quien siempre ha tenido palabras muy elogiosas para su mujer. Fueron ambos los que pusieron en marcha la compañía Dario Fo-Franca Rame en Milán en 1958 y desde el primer momento hubo un mensaje político en su obra. Un discurso que ya no estaba limitado solo al humor o una canción más o menos subida de tono como hacían las cantantes. Fo y Rame iban directos a las cloacas políticas donde se movían como pez en el agua los Cossiga, Andreotti y compañía que con mano de hierro —y un poquito de ayuda de la Mafia— dirigían el país. Rame, además, se convirtió en una de las figuras más relevantes del feminismo de entonces con textos como Todo casa, cama e iglesia, en el que removía los pilares que sustentaban la más vieja de las tradiciones —de nuevo, ese himen intacto—, o La madre, en el que por primera vez se aludía a que la mujer puede ser madre, pero también es persona y libre y no ha nacido solo para estar entre pucheros.

Su radical oposición al régimen político y su fuerte pensamiento de izquierdas —desde 1967 era miembro del Partido Comunista Italiano— hizo que en 1973 fuera secuestrada, torturada y violada por un grupo de extrema derecha. Volcó aquella horrible experiencia en el monólogo Lo stupro (La violación), que es hoy todavía uno de los textos más duros y bellos sobre una violación:

Ahora uno entra dentro de mí.
Me vienen ganas de vomitar.
Tranquila, debo estar tranquila.
«Muévete ¡puta! hazme gozar»
(…)

Soy de piedra
Es el turno del segundo…
«Muévete ¡puta! hazme gozar»
La navaja, que han usado para el suéter,
me pasa por la cara una, muchas veces
No siento si me corta o si no me corta.
«Muévete ¡puta! hazme gozar»
La sangre de las mejillas se me cuela hacia las orejas
(…)

Es el turno del tercero.
Es horrible sentir cómo dentro de tu tripa gozan las bestias.
«Me estoy muriendo —consigo decir— estoy enferma del corazón».

Años después Rame fue miembro del partido Italia de los Valores, que había fundado Antonio di Pietro para luchar contra la corrupción, y con el que llegó a ser senadora, pero que abandonó en 2008 por discrepancias con otros miembros al entrar en el Gobierno de Romano Prodi y porque, como dijo en una carta, nunca llegó a sentirse cómoda en la política oficial. Ella siempre prefirió vadearse en la calle, «en dar la batalla cultural y social, con los movimientos ciudadanos y de las mujeres», según escribió. Quiso cambiar las cosas desde dentro pero se topó con un muro. Además, ya nada era igual. Los años noventa habían creado el imperio berlusconiano. Todo estaba infectado. Murió en mayo de 2013, y aunque su marido, Fo, era el que había tenido el reconocimiento mundial con el Premio Nobel, él siempre señaló —y aún lo hace— como gran luchadora a la que había sido su mujer desde 1954.

En el cine de los setenta también hubo otras dos mujeres que pusieron su pica en la Italia más rancia: Liliana Cavani y Lina Wertmüller. La primera fue la directora de Portero de noche, en 1974, película interpretada por Dirk Bogarde y Charlotte Rampling que ponía sobre la mesa un argumento muy debatible: ¿Puede alguien sentir deseo por su carcelero? ¿Puede una mujer enamorarse del hombre que años atrás le hizo la vida imposible en un campo de concentración nazi? Cavani hablaba de la pulsión sexual alejada de todo raciocinio y voluntad. Como algo que es físico y que es prácticamente imposible deconstruir a la manera de Roland Barthes. El deseo como puro eros, lo cual choca con todas las manifestaciones eclesiásticas que bien podrían escandalizarse con la actitud del personaje de la Rampling.

Lina Wertmüller, que había sido asistente de dirección de Fellini en 8 y 1⁄2, fue más allá que Cavani. Primero por ser la primera mujer nominada al Óscar a la mejor dirección por Pasqualino: siete bellezas, en 1976. Y segundo, porque sus películas son abiertamente políticas y con un tono bastante feminista (muchas de sus protagonistas lo son). También hay desgarradoras observaciones sobre las consecuencias de la Segunda Guerra Mundial, como sucede en Pasqualino, que es una incursión en cómo los valores se desmoronan hasta llegar al sinsentido. Desde luego, pobre Pablo VI, que a estas alturas del partido debía de estar más que escocido en su trono del Vaticano.

Por supuesto, muchas otras cosas pasaron en aquella Italia de los sesenta y setenta y este artículo no trata de cuestiones políticas. Solo una muestra de que hubo un burbujeante movimiento que después fue aplacado por sujetadores, Mama Chicho y un cantante de cruceros que gobernó desde la empresa mediática y la tribuna política. Uno stronzo di merda.

Pónganse los vídeos de la Pravo y verán otra Italia.

 

[Fuente: http://www.jotdown.es]

La importancia del texto literario para la comprensión del tiempo histórico es innegable. Desde el contexto social del escritor surgen sus cosmovisiones y se perfilan los personajes que darán vida al relato. Directa o indirectamente revelan, prácticamente, todos los aspectos relativos a la sociedad a la que pertenece.

Escrito por Cristina Retta

Sobre el tema

Durante todo el siglo XX, y hasta hoy, México ha jugado un papel paradigmático para el resto de América Latina, no solo por su precoz revolución (1910), que precedió a la revolución soviética, sino también por el peso cultural que ha tenido para el resto del continente, fundamentado en el hecho de que a su rico pasado prehispánico se añade su posición estratégica, verdadero carrefour de corrientes de diversa índole, que generaron migraciones diversas y un multiculturalismo trascendente.

A través de su amplia trayectoria como escritor, Carlos Fuentes (Panamá, 1928 – Ciudad de México, 2012), ha dejado un significativo legado que el historiador no puede dejar de desconocer, dado lo actual de su mensaje. Presentamos a continuación aspectos de su primera gran novela, para ejemplificar de qué manera este autor realiza lo que sería un rescate de la memoria histórica mexicana. 

En 1958 aparece publicada La región más transparente, brillante mosaico tridimensional de México capital, que condensa a través de la historia de los primeros cincuenta años del siglo XX, el mito, la crónica, el paisaje, el cuadro realista de sus personajes. Las visiones fantásticas que aparecen allí, corresponden a la pintura de un México que fue y sigue siendo una muestra de sincretismo cultural, donde los límites entre lo indígena y la fisonomía blanca de la sociedad se funden. El personaje principal de la misma es la propia ciudad, desglosada en cada uno de los personajes que van apareciendo para sugerir características que la definen.

Junto al interés por el cuadro sociológico con centro en el sincretismo cultural, importa también atender la idea central que atraviesa esta obra: la traición a los verdaderos ideales de la revolución mexicana, que se van desvirtuando a medida que transcurre el siglo. Mediante los diversos personajes y sus posicionamientos, el autor irá denunciando, subrepticiamente, ese proceso de deterioro que pone en evidencia el fracaso de la revolución mexicana de 1910.

Carlos Fuentes y su tiempo

Nuestro autor ha sido un protagonista notable en diferentes aspectos de la vida pública de su país a lo largo de las tres cuartas partes del siglo pasado. Fue un incansable escritor, con múltiples intereses y actividades, que se comprometió con los temas socioculturales de relieve en los diferentes ciclos que le tocó vivir en los distintos países por los que transitó. Estuvo acostumbrado desde niño a los cambios de residencia, por la actuación diplomática de su padre: nació en Panamá el 11 de noviembre de 1928; su infancia y adolescencia transcurrió parcialmente en Montevideo, Río de janeiro, Washington D.C., Santiago de Chile, Quito y Buenos Aires. Pero no obstante ello, Fuentes mantuvo un permanente contacto con su país, en el cual pasaba la mayoría de su tiempo libre en su etapa formativa.[1]

Esa mitad del siglo XX en América Latina, tan variada en corrientes de pensamiento de todo tipo, no fue ajena a las inquietudes de nuestro escritor. La Segunda Guerra Mundial había generado un amplio movimiento migratorio del cual México fue importante receptor de oleadas de gentes de la más diversa procedencia. Por ejemplo, la Guerra Civil Española expulsó entre los miles de ciudadanos de ese origen, varias decenas de intelectuales de renombre, que recibieron en tierras mexicanas la mejor de las acogidas. Es evidente que todo ese clima social e intelectual tan variado influye en la manera en que Carlos Fuentes aborda las cuestiones sociales, políticas e intelectuales, convirtiéndose en fervoroso crítico de su país, en primera instancia.

Se dice que en el plano literario, La región más transparente, escrita a sus treinta años, inaugura el llamado boom de la literatura de América Latina, y todo lo que ello significa en el sentido de dar un dominio propio, específico y diferente a lo latinoamericano frente al peso de lo europeo imperante hasta entonces. Además de esta obra, recordemos que Carlos Fuentes ha dejado también importantes ensayos de interpretación político-social con foco en México y su historia que, como se dijo antes, podrían servir de ejemplo para examinar otras realidades latinoamericanas.

La estructura de la obra

La novela tiene una interesante presentación, antecedida por un “Cuadro Cronológico”, donde el autor pone de manifiesto su interés en atenerse a períodos históricos concretos de la historia de México. Para ello utiliza dos indicadores: la novela y la Historia, ubicados en paralelo, y donde se destacan, según los años correspondientes, lo que ocurre en la novela, es decir, qué es lo importante vinculado a sus protagonistas (quiénes son, qué hacen, qué sucede en sus vidas), mientras se describe sucintamente lo relevante como dato histórico en ese momento específico.

1900 es la fecha tomada como punto de partida, con el nacimiento de uno de los protagonistas centrales, Federico Robles, hijo de humildes peones, en una de las haciendas de la familia De Ovando. En la columna paralela, La Historia, se indica, retrotrayéndose al siglo anterior, que desde 1876 Porfirio Díaz era el dictador de México y se habían formado los grandes latifundios; los recursos nacionales fueron entregados a compañías extranjeras; hubo represión policíaca y militar. [2] Así, sucesivamente, el autor va marcando hitos cronológicos de la historia de México en base a esos indicadores. De esta forma, el lector tiene un hilo conductor que le permite entender los vaivenes de la narración. Porque el relato no es lineal; al contrario, los personajes son situados con independencia de ese proceso cronológico tradicional.

A su vez, dicho cuadro termina con las fechas 1946-1956 que es, con palabras de Fuentes, el período en el que se desarrolla la acción central de la novela, que corresponde al primer gobierno civilista del siglo XX mexicano, el del presidente Miguel Alemán, período de la burguesía mexicana en el poder.

A continuación del Cuadro Cronológico, Fuentes presenta a los Personajes de la novela, ubicando a cada uno de ellos en las categorías que le resultan de interés destacar. Así, por ejemplo, en esa lista aparecen Los burgueses, Los satélites (que vendrían a ser en terminología actual las/los socialitès, personas de prestigio social adquirido a través de su destaque en la prensa y en los medios sociales en los cuales se mueven), Los extranjeros, Los inteligentes, El pueblo, Los revolucionarios, Los guardianes (que son una especie de personajes fantasmagóricos que representan el alma o la semilla azteca oculta en los integrantes del pueblo).

Las partes nombradas anteriormente, sirven al lector como referencia, ya que la narración no sigue un desarrollo lineal, sino por el contrario, las partes del texto son intercaladas como en un collage. Esto desde el punto de vista literario es algo novedoso, característico de la llamada “modernidad”. Los críticos hablan del enmascaramiento de la escritura en sus aspectos literarios, y de cómo funciona la noción de máscara, tanto en los personajes como en la misma escritura, siendo esta una característica de la obra.[3] De los diversos ángulos en que puede interpretarse el texto, nos quedamos con el rescate del interés socio-histórico del autor, es decir su preocupación por transmitir las críticas atinentes a esa perspectiva.

En el sentido antes señalado, corresponde comentar que en la obra hay una dicotomía entre lo aparente y lo real, entre lo que parece ser y lo que es. Así, en lo que correspondería a la empresa colonizadora, la misma estaría oculta en el lenguaje renacentista, que a su vez es escondido por el lenguaje iluminista de la Independencia, que conserva los vestigios feudales, estando todo ese juego de enmascaramientos integrado en el lenguaje positivista del liberalismo del siglo diecinueve, que lo traspasa al imperialismo financiero del siglo veinte.[4] Todo esto es dicho en la novela a través de sus personajes, con gran ironía. Vendría a ser una suerte de denuncia de lo dado, de las certidumbres complacientes, aceptadas. El autor intenta de esta forma poner en tela de juicio toda una estructura económica, política y social, al establecer esa “denuncia” a través del lenguaje. Ya anteriormente, Octavio Paz (escritor en quien Fuentes también se inspira), había tratado este aspecto en su famoso ensayo El laberinto de la Soledad.

Sobre la “obertura” de la novela

Ya desde el inicio la novela busca captar, a través del presentador Ixca Cienfuegos, el sentido trascendente y velado de la obra, con centro en lo hereditario prehispánico junto a la violencia vivida tras la derrota de la raza azteca en tiempos de la conquista. Hay una resignación explícita que es a su vez fuerza contenida, creadora de realidades nuevas como respuesta no intencionada a lo impuesto mediante la fuerza, a la afrenta sufrida y reconocida como tal:

Mi nombre es Ixca Cienfuegos. Nací y vivo en México, D.F. Esto no es grave. En México no hay tragedia: todo se vuelve afrenta. Afrenta esta sangre que me punza como filo de maguey. Afrenta, mi parálisis desenfrenada que todas las mañanas tiñe de coágulos. Y mi eterno salto mortal hacia mañana. Juego, acción, fe -día a día, no solo el día del premio del castigo: veo mis poros oscuros y sé que me lo vedaron abajo, abajo, en el fondo del lecho del valle”.[5]

Ese encuentro forzado se pone de manifiesto a través de múltiples canales que el devenir de los siglos fue moldeando en lo que pretendió ser una “evangelización” por parte del colonizador, pero que no terminó cabalmente, sino que fue sincrética. Reunió ambos aportes, el español y el indígena, y los articuló en algo nuevo y creativo como las realizaciones culturales mexicanas, cuyas aristas mestizas evidencian las diversas representaciones de ese pueblo. Así se expresa desde el comienzo mismo de la novela, a cargo siempre de Ixca Cienfuegos, cuando, evocando al conquistador Hernán Cortez (aunque en forma indirecta), dice:

“(…) Has venido a dar conmigo, sin saberlo, a esta meseta de joyas fúnebres. Aquí vivimos, en las calles se cruzan nuestros olores, de sudor y pachulí, de ladrillo nuevo y gas subterráneo, nuestras carnes ociosas y tensas, jamás nuestras miradas. Jamás nos hemos hincado juntos, tú y yo, a recibir la misma hostia; desgarrados juntos, creados juntos, solo morimos para nosotros, aislados. Aquí caímos. Qué le vamos a hacer. Aguantarnos, mano. A ver si algún día mis dedos tocan los tuyos (…)”.[6]

De manera muy clara, en ese lenguaje y expresiones neobarrocas, materia de la cual está hecha esta novela, Fuentes presenta en las palabras de Ixca el “drama” del pueblo mexicano: una pretendida asimilación por parte del europeo que nunca terminó de darse, al tiempo que solapadamente se percibe una denuncia de una falta de comprensión o, mejor dicho, de empatía entre las dos culturas. Ellos -los mexicanos- cayeron, fueron vencidos, y no queda otra salida que la resignación: Qué le vamos a hacer, hay que asumirlo, mano (mano, expresión mexicana, coloquial para “hombre o hermano”, en este caso). Y agrega como posible deseo, “A ver sialgún día mis dedos tocan los tuyos”, como en el cuadro de Miguel Ángel en el Vaticano, sería deseable que llegara un momento en el cual los dedos de conquistadores y conquistados consiguieran tocarse, con todas las implicaciones que ese mensaje transmite.

Como historiadores, reconocemos que esta muestra cultural, esta obra literaria que nos ocupa, inaugura en la década 1960, la llamada Nueva Novela Hispanoamericana. Pero más allá de la importancia en las letras, La región más transparente elucida un mensaje social e histórico que convive con el pueblo mexicano, pero del cual hasta ese entonces sus protagonistas no eran conscientes: la desventura que fue y sigue siendo el fracaso de la revolución mexicana. El modelo de aparente estabilidad sobre el cual se apoyaba el México de entonces (y podemos decir el actual también), se mueve en una Hispanoamérica convulsa, que no encontró otra salida que terminar traicionando los ideales de aquella temprana revolución. Si atendemos a lo que directa e indirectamente nos dicen los personajes, caemos en cuenta que ese sistema político, económico y social que corresponde al tiempo de la novela, es muy imperfecto, hace agua en muchos aspectos.

Esta novela, aunque cubre, con vaivenes en su temática, la primera mitad del siglo XX, se centra en el régimen del presidente Miguel Alemán (1946-1952), que fue el primer gobierno civil tras una serie de gobiernos militares. Sin embargo, como señala acertadamente José Emilio Pacheco en su artículo que antecede a la edición conmemorativa de la novela, más que el enfrentamiento entre civilización y barbarieentre la modernidad de Federico Robles (uno de sus personajes importantes, aburguesado, banquero) y el aztequismo lírico de Ixca Cienfuegos, lo que se analiza es el carácter siempre colonial y opresivo de la sociedad mexicana.[7] Las luchas por el poder, logrado a costa de todo tipo de traiciones y renunciamientos a ideales sociales elevados, quedan destacadas como el leitmotiv de esta obra que trasciende el período que sus páginas cubren. Porque el interés que despierta llega hasta nuestros días, siendo un mensaje de una innegable actualidad que excede los límites de México país.

Personajes de la novela y su trascendencia

Como decíamos previamente, el principal personaje de esta novela es la gran ciudad y sus múltiples facetas, que se reflejan en cada uno de los personajes. Estos parecen estar para evidenciar todas y cada una de las circunstancias sociales y debilidades humanas. Pero gran parte de los personajes requieren ser interpretados considerando la dualidad ya señalada anteriormente, a través del “enmascaramiento”. Lo aparente y lo real se suceden en alternancia, mentira-verdad, figura-fondo. Ya en El laberinto de la soledad, Octavio Paz afirmaba que los mexicanos se centran en las formas, que son las que contienen y encierran a la intimidad y los preserva de los excesos, e inauguró esta noción de máscara.

Uno de los personajes centrales de la novela, Norma Larrgoiti, es claro ejemplo de lo dicho anteriormente. Ella nos muestra la dualidad en la que se mueve al caer su máscara y dejar al descubierto sus aspectos más íntimos. Como bien señala Pasetti en su crítica, Norma es la elegida por Ixca Cienfuegos, hijo de Teódula Moctezuma, para el sacrificio, lo que la ubica -según la cosmología azteca- en un lugar de privilegio.[8]

Norma Larragoiti aparece como la simuladora por excelencia: hija de madre mestiza y de un español pobre del Norte del país, tiene un hermano que trabaja como bracero en Estados Unidos, lo que la describe como perteneciente a los sectores más humildes de la sociedad. Sin embargo, a través de su casamiento con Federico Robles, banquero y financista, consigue codearse con la élite social mexicana. No obstante ello, al ser Robles también alguien de origen pobre, ya que era hijo de campesinos de una de las haciendas de los Ovando, era criticado por su bajo linaje aunque tolerado por su dinero. Así, a través de su casamiento, Norma logra “mimetizarse” con aquellos “sujetos de clase”, ignorando y rechazando afanosamente su propio origen.[9]

Esa tensión apariencia-realidad que se da en Norma, aparece en cada una de las facetas de su vida. Su matrimonio también era un acuerdo entre el enriquecido Robles, que representa el poder del dinero y por tanto la posibilidad de escalar, y por parte de Norma, la responsable de las relaciones sociales, ya que representa la elegancia, la convivencia adecuada a la realidad social en la que están insertos. En estos aspectos, Norma aparece como una simuladora, aspecto este inherente a la esencia del mexicano.[10]

Otro personaje ineludible, dado su significado, es Gladys García, la veterana animadora del cabaret, prostituta, que es el primer personaje que aparece en la novela y con el cual se cierra la misma. En el capítulo primero, y tras el monólogo de la obertura con el cual se presenta Ixca Cienfuegos (ese ser intermedio entre lo divino ancestral y lo real ciudadano), aparece Gladys, encarnación de lo terrenal y de un destino que no le es exclusivo. La descripción del entorno donde se mueve este personaje, es un cuadro realista de ciertas zonas de México capital, y verdadero poema en prosa. Es de madrugada y Gladys ha terminado su trabajo, sale a la calle, caminando. Así la presenta Fuentes:

Gladys no podía hablar de las fritangas y los gorros de papel de los voceadores y sus soldaderas panzonas, porque desconocía lo diurno, del aire viejo, empolvado, que va masticando los contornos de las ruinas modernas de la aldea enorme. Iba caminando sola, su cuerpecillo de tamal envuelto en raso violeta brillante, ensartado en dos palillos calados sobre plataformas: bostezaba para rascarse los dientes de oro: la mirada, bovina, los ojitos, de capulín. ¡Qué aburrido caminar sola por Bucareli a las seis y cuarto! Tarareaba la letanía que noche tras noche le había enseñado el pianista gordo del Bali-Hai (…)”.[11]

Ella, Gladys García, representaría en sí misma a México D.F., la capital que surge de su estado primario de capital provinciana, para pretender ser la capital puesta al día en su calidad de cosmopolita “a su manera”, con esa modalidad sui generis de aglomerar un conjunto de indicadores culturales que nos hablan de un sincretismo mal logrado si se atiende a lo que serían los consabidos cánones clásicos de la estética. Pero este personaje, en su mentada imperfección, es en sí, junto a Ixca Cienfuegos, un pilar básico de esta obra, por la simbología oculta que encierra, porque es uno y a la vez muchos personajes sobrepuestos, a través del devenir del tiempo y las circunstancias descritas que constituyen la historia de México. De ahí que la novela comience con la aparición de Gladys y culmine también con ella y con Ixca, juntos, repitiendo ese leitmotiv presente a lo largo de toda la novela, que podríamos traducir con el término: resignación, es decir, conciencia de todo lo trágico, de lo acontecido inexorablemente e imposible de eludir porque, como desde los tiempos de los griegos -quedó demostrado en el arte literario de ese origen y de los clásicos posteriores-, lo trágico está unido al destino del hombre. El epílogo de la obra es esclarecedor en ese sentido, en especial si atendemos a sus últimas líneas:

“(…) y sobre el puente de Nonalco se detiene Gladys García, veloz también dentro del polvo, y enciende el último cigarrillo de la noche y deja caer el cerillo sobre los techos de lámina y respira la madrugada de la ciudad, el vapor de trenes, la somnolencia de la carne, los tufos de gasolina y alcohol y la voz de Ixca Cienfuegos, que corre, con el tumulto silencioso de todos los recuerdos, entre el polvo de la ciudad, quisiera tocar los dedos de Gladys García y decirle, solo decirle: Aquí nos tocó. Qué le vamos a hacer. En la región más transparente del aire”.[12]

¿Qué más podríamos agregar para evidenciar este final grandioso de la novela que sintetiza el tema, la esencia de la obra? En realidad Fuentes lo elucida todo con su lenguaje y la estética elegida, esa forma elegante de amalgamar un relato típico del barroquismo latinoamericano. Los comentarios de Carmen Iglesias -reconocida historiadora española- en su artículo Historia y Novela. La región más transparente de Carlos Fuentes, nos previenen una vez más, entre tantos otros críticos, de cuánta riqueza puede descubrirse si se analiza esta obra maestra en base a aristas como: “historia y mitos”, “universalidad, mestizaje e identidad, “el destino de las máscaras”, “memoria y olvido, tiempo cíclico y tiempo histórico”.[13] Basta centrarse en una de esas perspectivas para iniciar un viaje placentero de descubrimiento de un tiempo y de una cultura latinoamericana moderna y ancestral al mismo tiempo.

A modo de conclusión

Esta novela muestra sin dudas la coexistencia de voces múltiples que representan la realidad social de México en todos sus aspectos. Hablábamos al comienzo de la dialéctica intrínseca de la obra literaria y de las condiciones de negociación y conflicto que median entre las clases sociales en que se gesta la obra. Basta leer algunas partes de la novela, sin importar la secuencia, para captar la presencia revelada o no de ese “acuerdo tácito” de la acción entre los personajes, que no es otra cosa que tratar de adaptarse a las circunstancias del momento social dado, para lograr la consecución de ciertos fines.

A su vez, los diversos enmascaramientos que podemos observar en lo atinente a los diversos personajes, ya sea en lo personal/individual, como en lo relacionado con la interacción con los demás, estaría evidenciando características variadas de “lo mexicano”, donde la esencia, las verdaderas causas, aparecerían encubiertas, enmascaradas en esa fachada aceptada por el statu-quo imperante en ese contexto histórico determinado donde se desarrolla la acción. De esta forma, el autor, indirectamente, de manera irónica, estaría cuestionando la estructura económica, política y social del México de entonces.

El mito aparece formando parte de la conciencia colectiva de ese pueblo e intenta complementar su cosmovisión. El mundo -en este caso la ciudad- es presentada como totalidad, donde lo racional y lo no racional aparecen indisolublemente unidos. En esta línea, Fuentes pone en escena a Ixca Cienfuegos (nombre azteca y apellido español) y a su madre, Teódula Moctezuma, que están camuflados entre los demás personajes de diverso origen y procedencia en ese México capital del siglo XX.

Así, el mito y su simbología, presentes en todas partes de la novela, tienden a abrazar la idea de lo absoluto en el sentido de que son parte de la historia mental y emocional de la cultura. Quizás sea el Capítulo “Calavera del 15”,[14] que alude a ese 15 de setiembre, que es la fiesta nacional mexicana, la mejor muestra de la urdimbre del pasado ancestral, sincretizados en esa realidad, donde las dos muertes que aparecen allí referidas (la del niño Jorge, hijo de la jornalera Rosa Morales, y la de Norma Larragoiti), no serían otra cosa que sacrificios, o sea el regreso a un pasado de rituales simbólicos, en apariencia lejanos, pero que en la realidad conviven con la urbe moderna y tecnocrática. El autor parece querer ofrecer una lección a considerar: la de preservar la conciencia histórica, no olvidarnos de quienes somos y de donde venimos.

De esta forma, con la lectura de esta obra “mestiza”, el sincretismo cultural, esa realidad neobarroca a desentrañar, permite la comprensión totalizadora de una realidad repleta de enmascarados mensajes dentro de nuestra realidad posmodernista latinoamericana.

[1]  Fue precisamente en México capital, donde frecuentó el Colegio Francés Morelos (hoy Centro Universitario de México), para a posteriori graduarse en Derecho en la UNAM. Más adelante obtuvo también su diploma en Economía en Suiza, ante el Instituto de Altos Estudios Internacionales de Ginebra. Su incansable amor por lo intelectual y el compromiso con las diferentes realidades de las que fue activo protagonista, lo llevaron a producir una amplia gama de escritos desde sus inicios como periodista en la revista mexicana Hoy, hasta llegar a escribir novelas reconocidas por la crítica, como la que nos ocupa, que publica a sus escasos treinta años. En 1972, entra a formar parte del Colegio Nacional, que desde su fundación, en 1943, reunía a un selecto número de académicos de todos los campos. Su reconocimiento internacional fue en aumento, habiéndosele otorgado múltiples premios en las letras, siendo el Premio Cervantes, en 1987, uno de los más valorados por el propio escritor.

[2]  Fuentes, Carlos, La región más transparente, Ed. Alfaguara, Real Academia Española, España, 2008, p. 5.

[3] Pasetti, María Pía, Las máscaras en La región más transparente de Carlos Fuentes. Universidad Nacional de Mar del Plata, Argentina. 06.03.2009.

[4]  Pasetti, M.P., op. cit.. La autora menciona estos conceptos presentes en la obra, apoyándose en comentarios posteriores del propio Fuentes en su obra La nueva novela Hispanoamericana.

[5]  Fuentes, Carlos, La región más transparente. Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, p. 19.

[6]  Ibídem, p. 20.

[7]  Pacheco, José Emilio, “Carlos Fuentes en La región más transparente. Homenaje”. En: La región más transparente. Edición Conmemorativa. Real Academia Española, Ed. Alfaguara, 2008, p. XXXII.

[8]  Pasetti, M.P. Op. cit., p. 3.

[9] Ibídem.

[10]  Estos comentarios están basados en primera instancia en lo expuesto por Octavio Paz en El laberinto de la soledad. Carlos Fuentes recibe una marcada influencia de este autor mexicano anterior y a su vez contemporáneo a él.

[11] Fuentes, Carlos, op. cit., p. 24.

[12]  Fuentes, Carlos, op. cit., p. 539.

[13]  Iglesias, Carmen, “Historia y novela. La región más transparente de Carlos Fuentes”. En: La región más transparente. Edición conmemorativaAlfaguara, España, 2008, pp. 143-162.

[14] Fuentes, Carlos, op. cit., pp. 441-468.

Referencias

  • BOBADILLA ENCINAS, Gerardo Francisco. La identidad de la máscara en La región más transparente de Carlos Fuentes. “Centro de Estudios Literarios Antonio Cornejo Polar”, Revista de Crítica Literaria Latinoamericana, año 33, núm. 65.
  • CELORIO, Gonzalo. “Carlos Fuentes, epígono y precursor”. En: Fuentes, Carlos. La región más transparente (Presentación). Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, Madrid, 2008.
  • FIGUEROA SÁNCHEZ, Cristo Rafael. Barroco y neobarroco en la narrativa hipanoamericana. Cartografías literarias de la segunda mitad del siglo XX. Ed. Universidad de Antioquía, Medellín, Colombia, 2007.
  • FUENTES, Carlos. La región más transparente. Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, Madrid, 2008.
  • GRUZINSKI, Serge. El pensamiento mestizo. Ed. Paidos, Buenos Aires, 1999.
  • IGLESIAS, Carmen, RAMÍREZ, Sergio, PIÑÓN, Nélida, CERBIÁN, Juan Luis. “Carlos Fuentes, la voz y sus resonancias”. En: Fuentes, Carlos. La región más transparente. Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, Madrid, 2008.
  • QUIRARTE, Vicente. “El nacimiento de Carlos Fuentes”. En: Fuentes, Carlos. La región más transparente. Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, Madrid, 2008.
  • LÓPEZ-MARTÍNEZ, Rodrigo  La novela como documento histórico de la cultura: ideas para un consenso. Universidad de Cundinamarca. En: Elías-Caro, Jorge Enrique y Macías Ramos, Margarita (editores), Memorias del Congreso Internacional de Historia y Literatura. Barranquilla, Colombia, 23-25 de octubre 2014.
  • PACHECO, José Emilio. “Carlos Fuentes en La región más transparente”. En Fuentes, Carlos, La región más transparente. Edición conmemorativa. Ed. Alfaguara, Madrid, 2008.
  • LUKÁCS, Georg. Sociología de la Literatura. Ed. Península, Barcelona, 1989. Cap. XIII, Prólogo a “Balzac y el realismo francés”.
  • PASETTI, María Pía. “Las máscaras en La región más transparente de Carlos Fuentes”. Narrativas: revista de narrativa contemporánea en castellano, núm. 13, 2009, pp. 3-7.
  • RETTA VON RÖMER, Cristina. El barroco latinoamericano. Teoría y práctica. En: Boletín de la Asociación de Historiadores del Ecuador (ANHE), 2018.
  • SÁNCHEZ CARDONA, Sivia. La realidad que leemos, la realidad que vivimos. La sociología de la literatura para la comprensión de nuestra historia. Universidad de Tolima. En: Elías-Caro, Jorge Enrique y Macías Ramos, Margarita (editores), Memorias del congreso Internacional de Historia y Literatura. Barranquilla, Colombia, 23-25 de octubre 2014.

 

[Fuente: http://www.vadenuevo.com.uy]

O selo Tusquets publica o libro que recolle as conversacións que o escritor e o director de orquestra mantiveron nos anos 2010 e 2011

El escritor Haruki Murakami y el director de orquesta Seiji Ozawa

O escritor Haruki Murakami e o director de orquestra Seiji Ozawa

Por H. J. P.

Ai do fan de Haruki Murakami que espera ansioso unha nova entrega narrativa do autor xaponés, tan idolatrado, talvez un dos que máis no panorama literario actual. Porque Música, só música -Tusquets, 2020; en realidade, un libro publicado no seu país no 2011- é un retrato de Seiji Ozawa (Shenyang, Manchuria, 1935). Serán aqueles que buscan ao afamado director de orquestra os que gozarán sen conto deste volume que reúne as conversacións que o escritor mantivo co mestre entre novembro do 2010 e xullo do 2011, aproveitando a baixada de actividade laboral á que o músico -sempre tan ocupado- viuse obrigado para tratar un cancro de esófago que lle diagnosticaron.

As charlas son unha delicia sobre todo porque a sensibilidade, a sabedoría, a modestia de Ozawa engrandecen o relato que compoñen, fan del unha experiencia de felicidade.

E tamén ten moito que ver a evocación que fai do seu trato como pupilo con dous das batutas que cambiaron a interpretación orquestral na segunda metade do século XX: Leonard Bernstein e Herbert von Karajan.

Murakami, ademais, trata de achegar a dificultade que encerra o universo da partitura, visto por alguén da talla do director e que sería inabordable para un lector sen estudos musicais. No haber do escritor está o disciplinado labor de mantelo atado a un nivel de exposición o máis básico posible. E desta forma, póndose o traxe de melómano raso, facer minimamente comprensible o discurso de Ozawa cando fala de Glenn Gould, de Brahms, do terceiro concerto para piano e orquestra de Beethoven, de Mahler ou da ópera rusa.

Pero onde o lector máis goza é cando aflora o rostro humano do xenio Ozawa, a súa exquisitez, a súa humildade, a súa elegancia, o seu humor, a súa férrea vontade de estudo, cando conta os seus anos iniciais en Boston, que non tiña diñeiro para ir a clubs de jazz, que lle roubou tres batutas a Eugene Ormandy ou como non podía evitar chorar cando escoitaba á soprano Mirella Freni interpretando o papel de Mimí na ópera de Puccini A Bohéme

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Pedro Almodóvar regresa ao seu mellor forma con esta mediametraxe protagonizada por Tacha Swinton e que chega hoxe aos cines

Por SABELA PILLADO

Ao son de Ne me quitte pas (Non me deixes), Pedro Almodóvar facía que na celebrada A lei do desexo (1987) Carmen Maura declamase no escenario un texto teatral de Jean Cocteau, mediante o cal daba saída ás súas penas de amor. Partindo dese mesmo monólogo -polo que mantivo a fascinación ao longo dos anos- pero agora xa como peza única, Almodóvar constrúe libremente unha mediametraxe de emocións a flor de pel que se eleva sobre si mesmo grazas tanto ao seu labor como á complicidade e total entrega dunha das actrices máis magnéticas e carismáticas do panorama actual, unha sempre celebrada Tacha Swinton.

Esta actriz interpreta a unha muller que durante tres días permanece encerrada (salvo esporádica saída) esperando o seu ex amante, o cal acaba de abandonala. Soa e desprotexida fronte á cámara, debulla palabra a palabra o monólogo da chamada telefónica, transmitindo todo o abano de emocións dunha muller resentida, que mantén a súa dignidade aínda devorada polos demos do desamor mentres enarbora fisicamente unha machada, tal e como a Uma Thurman de Kill Bill (cuxa carátula, referencia buscada, destaca entre as películas da protagonista) facía catana en man na súa tarantiniana viaxe de vinganza.

Swinton é mestra de cerimonias dunha proposta escénica onde o fogar é un xigantesco decorado carente de teitos no interior dun hangar, e onde a teatralidade do espazo é subliñada por ese escenario dentro doutro escenario, unha casa de bonecas estraña e descontextualizada onde a protagonista pasea/desfila con elegancia cal evento de moda de alta costura, avanzando cos seus elegantes andares cara a un catártico final no cal as chamas purificadoras de cásaa-prisión devoran as penas e abren camiño cara á esperanza.

A voz humana -que se estrea hoxe- é a primeira incursión de rodaxe en inglés do director e devólvenos ao mellor Almodóvar, o que vimos en Dor e gloria, e faino mediante unha proposta hipnótica e cegadora, artificiosa á vez que desgarrada, onde as emocións van máis aló do ne me quitte pas.

«LA VOZ HUMANA» («THE HUMAN VOICE»)

España, 2020

Director: Pedro Almodóvar

Intérprete: Tacha Swinton

Drama

30 minutos

 

[Imaxe: AVALON – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]