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C’est en observant la faune de l’établissement que l’écrivain, arpenteur de restaurants chics à Paris, a meublé son œuvre.

À la manière d’un chercheur de scoops, Proust voulait de l’inédit, de l’énorme, de la vérité… | Jacques-Émile Blanche via Wikimedia Commons

Écrit par Nicolas de Rabaudy 

On célèbre en 2021 le 150e anniversaire de la naissance du grand écrivain (1871-1922) dont À la recherche du temps perdu reste une œuvre majeure du XXe siècle publiée dans la Pléiade en 1954 puis chez Gallimard en 1999.

Le 1er juin 1898, il pleut sur Paris. Marie-Louise et César Ritz, citoyens suisses, inaugurent en grandes pompes l’Hôtel Ritz, place Vendôme. Marcel Proust, invité, regarde tout ce beau monde qui se presse dans le salon Psyché au rez-de-chaussée. Les personnages d’À la recherche du temps perdu (sept tomes) sont ici en habits (le smoking n’existe pas encore) et robes du soir, heureux d’être là. Des privilégiés de la haute dont certains membres seront des habitués du bar aux cocktails inédits, du restaurant au plafond bleuté et des chambres et suites au mobilier de style Louis XV: les suites les plus demandées donnent sur la place Vendôme, celle du prince de Galles, grand client, est dotée d’une salle de bains, la première de la grande hôtellerie de luxe en Europe.

Marcel Proust en 1895. | Otto Wegener via Wikicommons

Qui sont ces gens? Pour la plupart, ce sont des aristocrates ou des rich and famous, aguichés par l’événement parisien arrosé du champagne de la Veuve Clicquot servi dans des coupes de cristal: Boni de Castellane, la comtesse de Pourtalès, la princesse Lucien Murat, le grand-duc de Russie, Calouste Gulbenkian magnat du pétrole, les Gould, les Vanderbilt, les Morgon, la duchesse d’Uzès, le duc et la duchesse de Morny, la princesse de Fürstenberg et l’Aga Khan, fier de se proclamer premier client du Ritz. Que du beau monde, titré ou non.

Les hommes, ducs, princes et fortunés de la vie ont l’œil sur Liane de Pougy, Émilienne d’Alençon, la Belle Otero. Ces créatures de plaisirs, «les horizontales», sont attendues chez Maxim’s pour la fin de la nuit.

La clientèle huppée, souvent bien née, les plus fameuses personnalités du gotha français, anglo-saxon et d’ailleurs, ont répondu présent, ce qui pour les propriétaires, sur le qui-vive, sera un gage de succès. Il s’agit de lancer le palace «à l’allure meringuée» qui provoque chez Jean-Paul Enthoven, auteur avec son fils du Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, (Plon) «le plus authentique des frissons».

Le «petit loup»

Dans Le Figaro du lendemain, on pouvait lire: «Le Ritz est-il un hôtel à voyageurs? N’est-ce pas plutôt la maison d’un grand seigneur dans le quartier de Paris où il y a le plus de monde et le moins de bruit? Une grande maison alors.»

Le Ritz de Paris, en dépit de la profusion de beaux hôtels à venir dans la capitale (Le Meurice, Le Grand Hôtel place de l’Opéra, Le Plaza Athénée), n’aura jamais de rival car les propriétaires, les personnels (de 300 à 500 employés) et les résidents, ont bâti avec le temps une légende dorée quasi mythologique, unique dans la collection des palaces cinq étoiles de la Ville lumière. Si quelqu’un vous dit: je vis au Ritz côté Vendôme, c’est le nec plus ultra, le choix suprême. Il n’y a rien de plus chic, de plus désirable dans le monde des voyages en Europe.

Marcel Proust a été avec Ernest Hemingway et quelques autres (Jean Cocteau, Gabrielle Chanel, le grand photographe Robert Capa) l’un des atouts de cette position dominante à Paris, «la gloire» écrit l’historienne américaine Tilar Mazzeo dans son livre 15 place Vendôme.

D’ailleurs, le «petit loup» (Marcel Proust), le voilà en cette première soirée de mondanités… proustiennes, place Vendôme. Ce ne sera pas la dernière. Maîtresse de maison omniprésente, Marie-Louise Ritz a noté la présence de Marcel, «petit ténébreux, nerveux, s’effaçant derrière je ne sais quel personnage considéré comme le plus important».

Marcel Proust, l’écrivain solitaire, fuit son appartement au 102 boulevard Haussmann puis celui de la rue Hamelin (75016) pour les salons du Ritz. Il arrive très tard le soir vers minuit et il soupe dans un cabinet particulier avec Paul Morand, qui admire le style de «la Recherche».

Son mentor et ami Olivier Dabescat, né dans le pays basque, occupe la fonction en vue de premier maître d’hôtel qui connaît et cajole le petit monde du Ritz. Il a été débauché par César Ritz lui-même du grand restaurant Paillard près de l’Opéra, et grâce à son entregent, à son œil, à sa prestance, il est devenu l’un des piliers du palace, un professionnel façon Brummell, rompu aux bonnes manières, incontournable à l’accueil et au restaurant décoré de tentures lourdes et de fauteuils profonds.

César Ritz. | unbekannt via Wikimedia Commons

Le diabolique Olivier a mis au point l’art de faire croire à chacun de ses clients qu’il était son préféré: «J’ai la meilleure table pour vous ce soir.» Même si c’était du baratin, il s’arrangera vaille que vaille.

Arpenteur de restaurants chics à Paris, Marcel Proust a abandonné Larue, place de la Madeleine (qui a fermé ses portes en 1954) et Prunier rue Duphot, ses courants d’air (incroyable scène où Saint-Loup marche sur les tables), ses poissons ou crustacés livrés en camion réfrigéré des ports bretons pour la table très élégante du Ritz. Dans les salons, il y a un feu de bois. Proust souffre d’asthme, il est frileux et de santé fragile.

«Le personnel du Ritz est si obligeant que je me sens chez moi et que je suis moins fatigué ici», écrit-il à son ami le duc de Guiche. Et puis l’écrivain du souvenir s’entend bien avec Olivier, on les voit souvent à deux parcourir les allées du bois de Boulogne.

Le maître d’hôtel à l’œil exercé raconte à Proust ce qu’il a vu et observé des manies, des obsessions, des manières de la clientèle des beautiful people qui hantent le Ritz: ce sera la matière vivante de la fabuleuse Recherche –1.230.000 mots d’après les Enthoven, biographes de l’écrivain.

Marcel Proust se nourrit de plats simplissimes, poulet rôti, sole nature au citron, bœuf mode de Céleste Albaret, glaces au chocolat et à la framboise, il raffole de la bière glacée du Ritz qu’Olivier, dévoué, fera livrer chez lui. L’écrivain donne des repas dans les salons privés du palace.

Le salon Proust | Le Ritz Paris

Le 1er juillet 1907, il convie à dîner Gaston Calmette, directeur du Figaro, admirateur de l’écrivain, Gabriel Fauré son musicien préféré, Anna de Noailles, les Clermont-Tonnerre, Henri Béraud l’écrivain, et d’autres membres de la cafe society du Ritz. Voici le menu d’un dîner Proust des débuts du XXsiècle, recettes d’Auguste Escoffier, chef prestigieux du palace, en 1900:

  • Caviar et champagnes Clicquot et Krug
  • Consommé Viveni
  • Mousseline de sole au vin du Rhin
  • Queues d’écrevisses à l’américaine
  • Escalope de ris de veau favorite
  • Perdreaux truffés, salade
  • Asperges vertes en branches
  • Coupe aux marrons, friandises

Marcel Proust, un soir, veut laisser 300 francs de pourboire, ce que ses invités trouve excessif. L’écrivain généreux donne plus.

Dîner dehors est une innovation pour la caste des nantis qui ont un chef à demeure (comme André Guillot, chef de l’écrivain Raymond Roussel) ou une cuisinière venue de sa province recrutée par la maîtresse de maison. On reçoit chez soi, c’est l’usage.

Conçu par Auguste Escoffier, roi des cuisiniers de l’époque, le restaurant du Ritz a été lancé par César Ritz et ce chef de génie, inventeur de la cuisine des produits, des apprêts et des sauces. C’est lui qui a imaginé la brigade des cuisiniers, des entremettiers, garde-manger, pâtissiers… Parti à Londres ouvrir Le Savoy, Escoffier a confié la composition et l’ordonnancement des menus au chef Georges Gimon, que les Ritz ont promu et soutenu.

Pour ses repas, Proust s’en remet aux conseils d’Olivier, qui a la charge de faire livrer chez l’écrivain des plats du jour servis chez lui par des demi-maîtres d’hôtel, repérés par Proust lui-même. Ainsi, l’un d’eux, Henri Rochat, valet de pied, obtint un job en Amérique grâce à une recommandation de Proust qui avait du cœur, de l’affection et plus pour ces garçons élevés dans le culte du service.

D’après André Maurois, romancier, essayiste, élu à l’Académie française en 1938, les invitations de l’auteur de Jean Santeuil étaient destinées à lui procurer des informations sur l’ennemi, c’est-à-dire le monde extérieur –avec l’âge, Proust sortait de moins en moins. Pour Jean-François Revel, Proust «dîne en ville, mais ne mange jamais». Mais l’écrivain solitaire écrit un billet à sa cuisinière en 1909: «Je voudrais que mon style soit aussi brillant, aussi clair que votre gelée.»

Le célèbre guide Baedeker 1908 écrit que «le restaurant du Ritz, L’Espadon tient une position exceptionnelle dans le monde parisien de la restauration, César Ritz aimait les poissons. L’Hôtel Ritz n’est pas grand, mais la table est d’une taille agréable, ce qui fait que le grand hôtel est avant tout un bon restaurant et ensuite un palace. C’est le restaurant des étrangers les plus chics de Paris et le nombre d’Anglais, d’Américains, de Russes et d’Espagnols dînant ici dépasse toujours grandement celui des Français».

Salle du restaurant L’Espadon à l’Hôtel Ritz. | Capture d’écran Isabelle Weber via YouTube

Afin d’égayer la clientèle oisive –les résidents qui n’ont pas d’occupations en France, ils veulent jouir de la vie parisienne– les propriétaires familiers des rich and famous ont organisé au Ritz en janvier des soirées à thèmes distrayants, dépaysants, «de l’Équateur au Pôle Nord et retour au Ritz, voici de la glace partout, une forêt de palmiers comme sous les Tropiques et une ambiance de pays polaire».

Un renseignement «capitalissime»

Un grand hôtel, oui bien sûr. Au début du XXe siècle, on compte 100 chambres, 70 salles de bains, 230 euros la nuit, 300 euros avec bain, petit déjeuner à 34 euros, déjeuner et dîner à la carte, pas de menu. Dîner privé, menu spécial de 500 à 1.000 euros par personne. Pour César Ritz, ardent pêcheur à la ligne même dans sa chambre sous les combles, c’était «la petite maison à laquelle il était fier d’attacher son nom».

À l’Hôtel Ritz, la suite Marcel Proust | Vincent Leroux

Que fait l’auteur d’À la recherche dans les murs du Ritz? Il meuble son œuvre, il observe, il se renseigne sur la faune ritzienne. L’écrivain a tissé un réseau d’espions, d’agents bien dressés, rétribués, au premier rang desquels Olivier Dabescat et son adjoint Camille Wixler, un fin limier qui a remarqué que le duc de Lévis-Mirepoix a osé boire du porto avant 18 heures ou que la princesse Van Reeth portait des escarpins rouges avec une robe myosotis.

L’infatigable Wixler envoyé par le petit Marcel ira sur les marchés parisiens afin de noter les cris et boniments des camelots («merlans à frire»«à la bonne crevette»«de la raie toute en vie»).

Quand il a besoin d’un renseignement «capitalissime» (la couleur d’une étoffe, un secret sexuel, un détail généalogique), Proust accepte les invitations de la princesse Soutzo, l’épouse de Paul Morand dont les dîners regorgent de bavards qui savent ou croient savoir ce dont les journaux ne parlent jamais. Proust devient alors, selon le mot de la fidèle Céleste Albaret, «le pèlerin de ses personnages».

«Parfois, il rentre bredouille et il est furieux. Deux heures trente de perdues, chère Céleste, vous vous rendez compte…», racontent les Enthoven, père et fils. Il déplore l’absence du valet de pied qui justement était le seul à savoir si…

Proust soupçonne Paul Morand d’avoir monopolisé la conversation avec Jean-Louis Vaudoyer, futur académicien, dont il espérait obtenir quelques détails sur la technique «Vermeer». À la manière d’un chercheur de scoops, Proust veut de l’inédit, de l’énorme, de la vérité. «Est-ce que le duc de Clermont-Tonnerre descend de Charlemagne et Albert Le Cuziat du valet de chambre du prince Radziwill, dit-il en rapportant la devise princière: parler femmes est incivil chez Constantin Radziwill. Céleste qui le détestait le comparait à un drôle de potage, réplique de femme aux fourneaux.»

Comme Olivier, le pilier du grand hôtel sait tout sinon il invente, le Ritz demeure son quartier général d’enquêteur et écrivain, les détails accumulés par le créateur de Madame Verdurin font sourire –c’est son miel.

«Est-ce que la princesse Metternich a bu du champagne ou du vermouth avec sa sole, et Diaghilev a-t-il effectué un entrechat après son dîner avec un grand duc de ses relations?»«Olivier Dabescat s’est laissé capturer dans les filets de la prose proustienne», écrivent les Enthoven. «Le petit Marcel fit-il une bonne pêche ce soir-là? Passe-t-il un bon moment sous le plafond horriblement comique du restaurant?», questionne Olivier, inquiet.

À coup sûr, car le Ritz qu’il décrivait grâce à ses espions comme «une oasis d’horreur dans un désert d’ennui a été l’endroit du monde où il se sentait de plus en plus à l’aise», notent les Enthoven quasiment entrés dans le cerveau du petit Marcel.

Reprenant une réflexion de Truman Capote, auteur de Prières exaucées, les Enthoven père et fils en viennent à conclure à propos de la faune du Ritz stigmatisée par le génial écrivain d’À la recherche lançant à Olivier: «Croyaient-ils donc que je les voyais par plaisir tous ces gens?»

Marcel Proust nourrissait son œuvre mémorielle dans les salons du palace.

Dictionnaire amoureux de Marcel Proust

Jean-Paul et Raphaël Enthoven

Éditions Plon
736 pages

24,50 euros

5 place Vendôme, Le Ritz sous l’occupation

Tilar Mazzeo

Éditions Vuibert
298 pages
20,90 euros

[Source : http://www.slate.fr]

Escrito por CARLOS G. REIGOSA

O escritor Ernest Hemingway e o mando militar republicano Enrique Líster coñecéronse durante a Guerra Civil e non simpatizaron nada, quizais porque o escritor tiña o mal costume de apoiarse na súa fama literaria e xornalística para moverse entre os cadros militares e obter información privilexiada. E isto foi así ata que ousou entrar nunha tenda de campaña, en Guadalajara, na que estaban reunidos os mandos que encabezaba o militar galego, nacido en Ameneiro (Teo, A Coruña) en 1907. Líster observouno uns minutos e escoitou o desexo do norteamericano de participar no debate militar e logo ir con eles ata a primeira liña de combate para facer a súa crónica. Esgotada a paciencia, o mando galego chegara á conclusión de que Hemingway non estaba entendendo «a loita do pobo español en toda a súa profundidade», e botouno fora da xuntanza, á que nunca fora convidado.

Nas súas memorias, Líster contou este episodio, sen dicir que o botara a empuxóns, como de certo sucedeu. Pero si relembrou o día en que se coñeceran os dous en Madrid e Hemingway lle dixera: «No estranxeiro din que vostede non é español, pero vexo que non é certo». Líster, co seu humor galaico, respondeulle: «Pois si que o é, porque efectivamente eu non son español». Moi interesado ante a posible novidade xornalística, o escritor preguntoulle cal era entón a súa nacionalidade. Líster respondeulle: «Eu son galego». E todos riron con ganas. Todos menos Hemingway, que quedou moi serio e moi ofendido pola chanza.

A publicación da seguinte novela do norteamericano (Por quen dobran as campás, 1940) indignou a Líster, que o acusou de non ter entendido nada do que pasara en España…, aínda que logo recoñeceu que Hemingway sempre se identificara coa causa republicana durante a guerra e ata a súa morte. E comprendeu o que ocorrera: que o americano se deixara levar polo seu carácter «apaixonado e rancoroso». Por iso, cando o galego leu o que dicía del, non se estrañou: era a revancha do escritor por todo o que el non lle deixara ver. «Mais -escribiu Líster- eu sempre lle gardei o afecto que naceu na guerra e sei que, ata a súa morte, el me conservou o seu».

 
[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

 

 

Samuel Beckett

Samuel Beckett, 1964

Publicado por Marcos Pereda

John Wisden lo llaman «la pequeña maravilla». El jugador más polivalente de su época, dicen. Debuta en primera categoría con el Sussex, condado del que es natural, cuando tiene solo diecinueve años, en 1845. Después defendió los colores del Country Club de Kent y del Middlesex. Nada menos que ciento ochenta y siete partidos al más alto nivel, con un promedio superior a los diez wickets por encuentro. Todos coinciden en que es una pena su pronta retirada, a unos tiernos treinta y siete años. Por reuma, además, cosa poco dada a romances, para qué engañarnos.

Claro que John Wisden jugaba al críquet, y tampoco es la actividad más frenética que uno pueda echarse a la cara.

Si hoy nos acordamos de este Wisden es porque desde 1864 decidió lanzar anualmente su Wisden Cricketers’ Almanack. Básicamente la Biblia del críquet, para entendernos. Récords, estadísticas, resultados, reglas, algunas crónicas poco polémicas y biografías de los mejores jugadores. Actualizado año a año, hasta nuestros días. Trabajo minucioso, ya ven, un poco como contar granos de arena en la playa. Solo para aventureros, en definitiva.

Claro que, a veces, te encuentras con curiosidades. Uno tiene que rebuscar, no se crean, pero acaban apareciendo. Como la ficha de Samuel Beckett, nacido el 13 de abril de 1906 en Foxrock (Dublín), que jugó para la Dublin University y era zurdo con el bate y zurdo-medio a la hora de lanzar.

Sí, amigos, nuestro muy nihilista autor, el mago del absurdo y el humor negro (o grotesco, o visionario, depende de a quién pregunten ustedes) fue deportista de alto nivel. O lo que sean los que juegan al críquet, vaya. Y así sale en los libros. En los que no van sobre literatura, se entiende. Acompáñenos y se lo contaremos.

Ah, le advertimos que por aquí van a ir apareciendo también gigantes, gafotas, lores y un par de escritores norteamericanos dándose de hostias mientras Francis Scott Fitzgerald hace de árbitro. La vida misma.

Ese muchacho de gafas que juega al críquet

Tiene el pelo corto, de color claro. Orejas que sobresalen y ponen el rostro entre paréntesis. Ceño fruncido, ojos de mar enmarcados por unas gafas redonditas. Gorra blanca con un escudo en el centro. Cara de devolver todas las hostias que alguien (más grande, más loco) quiera darle.

Es una foto de Samuel Beckett. En el colegio, en el Portora Royal School de Enniskillen. Allí es donde empezó a jugar al críquet, y posa, orgulloso, con el uniforme del equipo. Un más que correcto competidor que seguirá volcado en este saludable pasatiempo durante su paso por el Trinity College de la universidad dublinesa. Jugará sendos partidos en los años 1925 y 1926. Ambos contra Northamptonshire, por aquello de la rivalidad. Dos derrotas, por cierto. Un total de treinta y cinco carreras en cuatro entradas. Defensor aceptable, correoso, combativo. Eso sí, en esos encuentros no consiguió ningún wicket (que, al parecer, es algo muy importante en este deporte, además del abrazable, pero a la larga nefasto ewok que encuentran Han Solo y la princesa Leia en El retorno del Jedi).

Lo cierto es que el pequeño Samuel ya tenía fama por aquel entonces. Destacaba en los deportes. Récords aquí y allá. Nadando, corriendo. En diferentes equipos. Ah, en todos destacaba por su agresividad, por su mala baba. El chico de las mejores notas era, también, el rival más fiero cuando se ponía los pantalones cortos. Toda una estrella del trash talking, de la competitividad extrema.

Por cierto, la entrada de Beckett en el Wisden Cricketers’ Almanack que citamos antes contiene un error. Las iniciales de Samuel Barclay aparecen como «S. V.», un claro ejemplo de que el manejo errático de la «b» y la «v» no es algo propio de los mileniales.

Ya ven, gana un Nobel de literatura para esto…

Beckett más allá del críquet (y la literatura)

Hay más, no se vayan a pensar. Más al margen del críquet, digo. Que, oigan, a mí eso de las pelotitas, los bates que parecen remos-de-los-de-golpe-de-remo y los uniformes blancos me parece de lo más atractivo. Frenético, incluso. Pero aquí hemos venido a jugar, ¿no? A fracasar más veces, a fracasar mejor.

Frase de deportista, esa. De las que se ponen en alguna red social después de subir los datos de tu último entrenamiento. Vean, vean, mens sana in corpore sano. En fin, da un poco de repelús, algo así como lamer un sofá con tapicería de fieltro. Ustedes me entienden. Y Samuel seguramente también, porque el tipo era un aficionado de los buenos. Le gustaba la confrontación, el contacto, ese sudor entre viril y homoerótico que se nos pone a veces mientras nos quedamos sin resuello. La palabra, la palabra es lo único que tenemos.

Beckett practicó igualmente rugby. Tiempos del College, claro. Era bueno, no se crean, titular en el equipo principal del centro. Y un aficionado furibundo del XV del Trébol. Mientras duraba el Cinco Naciones Samuel Beckett no aceptaba plan alguno para los sábados por la tarde, concentradito en el «Amhrán na bhFiann» y esas cosas. Cuenta, además, que su francofilia encontraba allí el límite natural: jamás pudo apoyar a los galos frente a la selección de su país natal. Ah, y también le dio a ratos al boxeo, que es una cosa como muy de escritor. ¿Quieren un ejemplo gratis? Aún resuenan ecos del mejor combate literario que viesen jamás los tiempos. Nada menos que un Ernest Hemingway vs. Mosley Callaghan, con Francis Scott Fitzgerald de árbitro. Fue en París, y el muy testosterónico Ernest besó la lona (en realidad la alfombra de su salón, porque aquello fue un poco improvisado) ante la mirada ausente de un Scott pelín despistado (y ebrio). Ya ven, la cosa venía de atrás.

¿Más? Natación, claro. Tenis y golf, dos clásicos si habías nacido en esas islas tan locas que hay entre Francia e Islandia. Y ver fútbol, aunque aquí no exhibiese la pasión de un Camus o un Quiroga. En fin, que estaba hecho todo un connaisseur, uno de esos muchachos sanotes que se apoltrona durante el fin de semana zapeando entre diferentes versiones de tipos congestionados con la piel brillante. Un poco como su vecino del quinto, vaya, no mire para otro lado, no…

Y después tenemos la conexión más deliciosa. Una de esas historias que hay que contar como te las cuentan, aunque sepas que igual no sucedieron exactamente así. De las de se non è vero. Tan sorprendente. Tan, sí, simbólica.

Samuel Beckett vive en Ussy-sur-Marne, un pueblecito de apenas seiscientos habitantes situado a medio centenar de kilómetros de París. Se mudó allí en 1953, después del estreno de su Esperando a Godot, y ese sitio tan aparentemente anodino será hogar hasta su muerte. En esa misma localidad moran los Roussimoff, un clan de inmigrantes (de procedencia búlgara y polaca). Boris, el cabeza de familia, tiene cierta relación con Beckett, porque ha sido él quien se encargó de buscarle los terrenos adecuados en Ussy-sur-Marne mientras el escritor estaba planeando la mudanza.

Los Roussimoff tienen cinco hijos, pero hay uno que destaca por encima de todos. Se llama André René, pero todos lo conocen como «Dedé». Un chico tímido, buen estudiante, que ama las matemáticas y los números. Y grande, muy grande. Enorme. Gigantesco. Dedé mide casi dos metros con apenas doce añitos. Un Hércules, un Maciste. Solo que aquello es un pequeño pueblo de la Île-de-France, y él únicamente un niño, así que el tema da más problemas que alegrías. Los mayores, claro, en la escuela. No hay sillas de su tamaño, tiene que escribir siempre encorvado. Hasta para ir tiene dificultades, porque su corpachón es tan grande que no entra, literalmente, en el autobús escolar. Así que todos los días camina mientras sus compañeros, esos pequeñajos, llegan cómodamente al colegio.

Cuentan que una mañana el irlandés extraño lo vio mojándose en una cuneta, avanzando a grandes zancadas con sus piernas de ogro bueno. Era el antipático invierno del norte de Francia y al recién llegado le dio pena aquel chaval. Así que, aprovechando que su coche era una especie de convertible, un Citroën 2 CV de esos que casi parecen una furgoneta, invitó al chico a subirse. Yo te llevaré a la escuela, tú eres Dedé, ¿no?, el hijo de Boris. Y el otro, apocado, sonríe. Así cada día. Para que no te mojes.

¿Y de qué hablabas allí con un futuro premio Nobel de literatura, André? ¿Del sentido último de la existencia, de la vida, de sus próximas obras?

André, ya mayor, rostro de Fezzik patilludo, rizos espesos en su pelo negro, sonreía y acababa soltando una carcajada. «De críquet. El señor Beckett solo me hablaba de críquet». Y volvía a reír.

Aquel Dedé siguió creciendo. Más, y más, y más. Hasta que un día decidió que su tamaño iba a ser su trabajo. Y entró en el negocio del wrestling. Pasó a la historia como André el Gigante, un mito de estas cosas, un generador inagotable de leyendas. Ah, también participó en La princesa prometida, sí, sí, aquella película de «Me llamo Íñigo Montoya, tú mataste», etcétera. Ya ven, un icono sentado en el coche junto a otro. A veces la realidad nos regala las mejores historias.

Sobre todo, si las decoramos un poco. Porque, aunque ustedes escuchen la versión (detalle arriba o abajo) en un montón de libros, artículos y hasta documentales sobre André el Gigante, lo cierto es que no es del todo verdad. Lo contaba, años después de su muerte, Antoine Roussimoff, el hermano de Dedé. Que en Ussy-sur-Marne no había siquiera autobús escolar, por lo que todos los niños iban caminando hasta el colegio. Apenas dos kilómetros y medio, vaya. Y que a veces algunos vecinos sí paraban sus vehículos y llevaban niños hasta allí. Beckett entre ellos, claro. Pero lo hacía con todos, depende del día, no solo con André. A mí también me llevó, recordaba Antoine, y también a mis hermanas, no había ninguna relación especial con Dedé. Solo que él mismo se encargaba de alimentar la leyenda. Porque le encantaban las historias, disfrutaba con ellas y esta era de las mejores.

Además, la imagen resultaba tan evocadora… el viejo sabio, el joven enorme y bueno. En un coche perfectamente reconocible. Hablando de críquet…

Esperando a Godot (que tarda porque viene en bicicleta)

¿Saben ustedes por qué esperamos a Godot? Pues porque llega tarde.

Parece un chiste, ese donde aparece el acto de cruzar la carretera y un cadáver de bebé (no pienso explicárselo, porque paso de que cierren esta honrada revista cultural), pero igual no lo es. Porque, pásmense, Godot existió de verdad. Y venía en bici, así que tardaba. No es broma, no.

O, al menos, no del todo. La leyenda oficial nos dice que un día Beckett estaba paseando por París (o por otra villa francesa, depende de qué versión lea usted) y se encontró con una enorme multitud apostada al borde de la acera. El irlandés, intrigado, preguntó en voz bajita. Qué hacen ustedes. Oh, estamos esperando a Godot, le contestaron, es el ciclista más veterano del Tour de Francia, y aún no viene… Queremos aplaudirle. Los hay que añaden otro punto: Godot siempre, siempre, llega el último. Así que ir a ver las carreras es, sobre todo, esperar a Godot…

Suena bien, pero tiene un pequeño problema. Que jamás existió ningún ciclista que se apellidase Godot y corriera el Tour de Francia. Agua. ¿Y algo parecido? No necesariamente con esa grafía, pero sí que suene de forma similar. Ojo, que igual tenemos aquí la respuesta.

En El centauro cartesiano (léanlo, merece mucho la pena) Hugh Kenner cuenta lo que le dijo Beckett sobre este asunto: «Un ciclista veterano, calvo, un aficionado, siempre presente en carreras de pueblo e incluso en el campeonato nacional francés. Se llamaba Christian, apellido Godeau. Lo que, por supuesto, suena muy parecido a Godot». Perfecto, tenemos a nuestro culpable: Christian Godeau. Asunto cerrado. Solo que no es tan fácil, no podía serlo con Beckett, ¿verdad?

No existe ningún Christian Godeau. Sí hay, en la misma época, un Roger Godeau. Nos vale, ¿no? Incluso era calvo, lo que nos cuadra con la descripción de Samuel. Pero este Roger nunca participó en el Tour de Francia, ni siquiera era muy conocido en las carreras de ruta. Su territorio fue la pista, los velódromos. Y aquí nos llega la última vuelta de tuerca. La más rebuscada, quizá, pero oigan… hablamos de todo un premio Nobel.

Godeau se hizo grande, adquirió fama y dinero, corriendo en el Vélodrome d’Hiver de París. El mismo que utilizaron los nazis en la tragedia conocida como la rafle. Julio de 1942. Casi veinticinco mil personas (judíos, gitanos, homosexuales, izquierdistas, disidentes varios) encerrados en aquel lugar, sin agua ni comida. Cadáveres en las esquinas, olor a mierda y podredumbre. Cada poco, trenes que salen llevándose a un puñado de ellos. En dirección a los campos de Drancy, Pithiviers o Beaune-la-Rolande, y después a Auschwitz. Eso era, también, el Vel d’Hiv. Eso, quizá, es lo que quiso esconder Beckett tras el nombre «Godot». El recuerdo. La sinrazón. Una cierta forma de existencialismo abismal y absurdo. En bicicleta, además.

Aquí estamos. Seguimos esperando.

 

[Fotografía: Getty. – fuente: http://www.jotdown.es]

Vuelve el director danés a indagar en los aspectos más recónditos de la felicidad con una película que se presentó en el Festival de San Sebastián y que opta a dos estatuillas en los inminentes Óscar. El Cultural ha conversado con él sobre la “etílica” historia que arrastran sus protagonistas y sobre la tragedia que marcó el rodaje

Thomas Vinterberg en un momento del rodaje de 'Otra ronda'

Thomas Vinterberg en un momento del rodaje de ‘Otra ronda’

Escrito por BEGOÑA DONAT

Desde el estreno en 1998 de Celebración, la comedia negra con la que inauguró el movimiento Dogma 95, a Thomas Vinterberg (Frederiksberg, 1969) siempre le ha acompañado un halo de enfant terrible. El director danés suma, sin embargo, más de un cuarto de siglo rehusando la etiqueta.

En su ánimo no hay un deseo provocador, sino un talante curioso, por momentos temerario, alentado por su infancia en una comuna: “De crío se me permitía hacer de todo, así que no me rebelo contra nada. Crecí con un grupo de hippies. Juntos nos aventurábamos a, por ejemplo, levantar el suelo de la casa. Y lo hacíamos tomados de la mano, con una sensación compartida de riesgo y desafío”.

Con el cine renovó los votos de ese salto al vacío en equipo. Cuando desarrolló el manifiesto Dogma junto a Lars Von Trier, en su entorno le animaron a claudicar porque lo consideraban un suicidio profesional. En contraste, aquella admonición era gasolina para la hoguera con la que aspiraba a purificar el séptimo arte. “Me decían que estaba loco y que iba a destruir el cine, pero eso me estimulaba más. La sensación de peligro siempre me motiva, y si la vivo en compañía, todavía mejor”, reconocía a El Cultural en el pasado Festival de San Sebastián.

Entre comida y bebida

Hace casi una década que acariciaba la idea de abordar la ambigüedad asociada al consumo de alcohol. Cuando al fin lo ha afrontado en Otra ronda, cuyo estreno está previsto para el próximo 9 de abril, ha sido en camaradería con cuatro actores de su terna de habituales: Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang y Lars Ranthe. La película narra la historia de cuatro profesores de instituto que, hastiados de su vida cotidiana, acuerdan mantener diariamente un nivel de 0,5 gramos de alcohol en sangre y estudiar las consecuencias. La etapa formativa de Vinterberg siempre se desarrolló en encuentros informales con comida y bebida, discutiendo sobre el sentido de la vida y la familia. De ahí surgió su propia versión del Principio de Arquímedes: “Dame una mesa y te hago una película”. El cuarteto protagonista de Otra ronda se alzó con la Concha de Plata ex aequo a la mejor interpretación masculina en Donostia. Desde entonces, los brindis no han cesado. Los próximos reconocimientos a los que opta son dos Óscar, a mejor dirección y mejor filme internacional.

Pregunta. Su película de graduación se llamaba Última ronda. ¿Existe alguna conexión?

Respuesta. Existe un vínculo en la trama, porque es sobre un hombre moribundo que celebra su despedida en una larga fiesta con amigos. Hay cierta familiaridad, aunque la inspiración no se remonta a aquellos tiempos.

P. ¿A cuándo, entonces?

R. Mi primera entrevista sobre el tema fue en 2013. Siempre me han fascinado los elogios a la gente que está borracha. El proyecto empezó como una pura celebración del licor, como un hábito socialmente aceptado que puede sublimar situaciones, influir en la historia mundial y en la creación artística, pero derivó hacia la exploración de todos sus registros: el alcohol también destruye familias y crea graves problemas sociales.

P. Winston Churchill es mencionado en la película varias veces por su habitual estado de embriaguez. El líder político inglés fue Premio Nobel y llegó a vivir 90 años. Uno podría preguntarse por qué su consumo de alcohol hubo de considerarse un problema.

R. ¿Quién dice que lo fue? Churchill es una antítesis de las políticas de salud. Al revisar su biografía, he llegado a la conclusión de que el día que mandó a 200.000 civiles a la guerra en barcos pesqueros, probablemente estaba un poco bebido. ¿Hubiera tomado esa brillante decisión, que cambió el curso de la historia, de haber estado sobrio? No estoy seguro. ¿Habría escrito Hemingway sus novelas en las calles de París sin vino? Tampoco lo creo. Espero que nuestra película reconozca que el alcohol puede elevar las decisiones de la gente… pero también puede matar.

P. ¿Ha probado a trabajar en alguna ocasión bajo sus efectos?

R. No dispongo de mucho tiempo, porque tengo niños pequeños. Y en un rodaje no me lo puedo permitir, ya que he de aguantar jornadas de trabajo de 14 horas. Durante el confinamiento, sí he bebido un poco más, pero no me presté a las quedadas para beber con amigos por Zoom, porque me parecía artificial.

“Estoy preocupado. Ver una película es algo colectivo y si las salas se convierten en museos, será una gran pérdida”

P. ¿Por qué enmarcó esta historia en un instituto?

R. Otra ronda destila, en cierto modo, añoranza por la juventud. Sus personajes echan de menos la levedad de ser adolescentes. Pensé que en la relación con sus alumnos, los profesores encuentran un gran espejo lleno de brutalidad. De hecho, la principal decisión durante la escritura del guion fue sus oficios. Durante un tiempo, el protagonista era un controlador aéreo que tenía miedo de hacer aterrizar los aviones. Aquella elección convirtió la película en una comedia tontorrona, pero cuando junto a mi coguionista, Tobias Lindholm, decidimos que fueran maestros, se volvieron reales y el texto empezó a avanzar.

P. ¿Qué le interesaba más, el estudio del problema, esto es, la crisis de la mediana edad, o su resolución potencial a través del consumo de alcohol?

R. Coexisten. En último término, Tobias y yo ambicionamos hacer una película sobre la vida, y para poder contar una historia sobre lo difícil y lo precioso que es vivir, has de plantear su opuesto. Para transmitir la ilusión renovada por la existencia de estos cuatro amigos, necesitaba que, al principio, sintieran lo contrario.

P. El filme está muy distanciado de sus dos últimas producciones, ambas internacionales, Lejos del mundanal ruido (2015) y Kursk (2018)…

R. Son dos aspectos diferentes de mi carrera. Los proyectos que menciona fueron encargos y los viví con una sensación de liberación, porque, para variar, no cargaba con toda la responsabilidad. Fueron trabajos en común, que implicaban la experiencia de dejar mi país. Me invitaron a una casa a construir algo con otra gente. Cuando ruedo una película en Dinamarca, en cambio, la preparo en mi propia cocina. Tiendo a asumir mis propios proyectos.

Mads Mikkelsen en un momento de la película

Mads Mikkelsen en un momento de la película

En los créditos finales de Otra ronda hay una dedicatoria a Ida Vinterberg. La película iba a suponer el debut de la primogénita del director danés en el cine. Su instituto era la localización principal de la acción y sus compañeros, los actores secundarios, pero cuatro días antes del rodaje, un accidente de tráfico mortal marcó un hiato en el proyecto. “Este largo nació como algo muy lúdico pero sucedió una gran tragedia en mi vida y necesité darle una trascendencia. Cuando mi hija falleció, seguir adelante se volvió una necesidad”, comparte con entereza.

P. Imagino la honda tristeza que vivió durante el rodaje. ¿Cómo lo experimentó el equipo?

R. Hubo mucho amor. Me sobrecogió el cariño que tanto los actores como el equipo técnico volcaron en mí. Espero que esta película irradie ese sentimiento a través de la pantalla.

“Cuando mi hija falleció quise darle trascendencia a la película. Seguir adelante se volvió una necesidad”

No es la primera vez que el cineasta afronta un momento de zozobra en su carrera. Tras el fin de Dogma en 2002, tardó mucho en retomar el trabajo: “Estaba en un callejón sin salida y al girarme no sabía hacía dónde ir”. Fue entonces cuando recordó una conversación que mantuvo con Ingmar Bergman justo después del estreno de Celebración, premio del Jurado en Cannes 1998. El maestro sueco le espetó: “Estás jodido. ¿Qué piensas hacer ahora?”. A continuación le sugirió que trabajara en su siguiente película. “Me dijo que después de cada estreno, pueden pasar dos cosas. Si fracasas, te pones nervioso. Si triunfas, te vuelves estratégico, tratando de mantenerte”.

Cuando todavía no ha recogido todas las mieles de este proyecto tan personal como catártico, ya está escribiendo otro guion, el de su primera serie de televisión, “porque es muy largo para convertirlo en una película”.

Éxito en Dinamarca

P. ¿Temió que la trama de Otra ronda produjera extrañeza entre el público?

R. Hasta que se estrenó estuve preguntándome cómo sería recibida esta celebración de la vida en un mundo de contaminación y de muerte. Pensaba que la película podría ser un alivio para los espectadores, pero también que podía resultar irrelevante. Por suerte, en Dinamarca, ha roto todos los récords de taquilla, así que ha resultado liberadora.

P. ¿Qué futuro le pronostica a las salas de cine?

R. Normalmente no me preocupan estas cosas, pero ahora sí. Ver una película es algo colectivo y si las salas se convierten en museos, será una gran pérdida.

P. ¿Con qué animo afrontó el confinamiento?

R. En lo que se refiere al trabajo, tuve mucha suerte, porque terminé la película justo antes. Ahora vivo un periodo en el que estoy escribiendo y puedo trabajar desde casa. Existencialmente, me apena la gente que ha perdido a miembros de la familia, pero privadamente, me ha ido muy bien. Mi familia está en duelo. Necesitábamos silencio y el aislamiento nos ha beneficiado.

P. Su colaboración con Thomas Bo Larsen se remonta a Celebración. ¿Qué le hizo volver a trabajar con él?

R. Siempre me rijo por la admiración y por la curiosidad. Es como enamorarse. Una cuestión química. Para esta ocasión, escribí los guiones con los cuatro actores en mente. De hecho, los personajes tenían los nombres de Mads, Thomas, Magnus y Lars antes del rodaje. El elenco de esta película está integrado por personas con las que me gusta pasar el tiempo o que tienen un inmenso talento.

P. ¿Lo considera un amor correspondido?

R. ¿Cómo cree que conseguí que Mads bailase en la última escena?

 

[Fuente: http://www.elcultural.com]

 

 

 

Escrito por Pablo Francescutti

Antes de morir, Hugo Pratt dejó entrever que el Corto, su genial creación, desaparecería en la Guerra Civil Española. Nunca lo sabremos, pero podemos imaginar sus andanzas en la España incendiada y el hallazgo fortuito, en el domicilio suizo de Pratt, del secreto mejor guardado del cómic internacional.

“Corto no morirá en la Guerra Civil Española”. Así de tajante se expresó Hugo Pratt a un periodista de El País el año 1991. Sus palabras querían aventar el desasosiego que había hecho presa de los fans después de que, en un episodio de Los Escorpiones del Desierto, el polaco Koinsky aludiese a la desaparición de su más famoso personaje en el fragor de la contienda fratricida. Al parecer, Corto se había alistado en las Brigadas Internacionales, y en España se le había perdido el rastro.

Pratt no hizo más precisiones, pero no hablaba por hablar: lo acaba de confirmar el hallazgo inesperado de la última aventura del Corto. El feliz descubrimiento tuvo lugar en Pully, la ciudad suiza en donde il fumettaro, como gustaba definirse, murió en 1995. Allí, en la que fuera su morada, permanece su archivo personal. Curiosamente, el inédito no se hallaba archivado: estaba oculto en el cajón secreto de un secretaire, donde lo encontró un ebanista en un trabajo de restauración. Una sorpresa muy en la línea de quien hizo del misterio y de la magia sus principales resortes narrativos.

“Se trata del episodio titulado Morir en Barcelona, compuesto por 28 planchas de 50 x 35 centímetros, cada una de tres tiras horizontales dibujadas en lápiz con ocasionales pinceladas en tinta china”, nos informa Mark Fumaroli, el director de la Fundación Pratt. “Entre los aficionados circulaba el rumor de que Hugo había dejado páginas inacabadas que nunca vieron la luz. Un rumor cierto a medias, porque dejó una aventura completa”, asevera el númen tutelar de su legado.

Fumaroli nos ha dejado ver las planchas que guarda como oro en paño. Así pudimos constatar con nuestros propios ojos la inexactitud de la versión difundida por Vittorio Giardino. El colega y compatriota de Pratt mostró al Corto detenido en Málaga por tropas franquistas el 9 de febrero de 1937 y fusilado en el acto contra una tapia, bajo la impotente mirada del espía retirado Max Fridman. Lo había denunciado Stevani, el teniente del Corpo Truppe Volontarie enviado por el Duce en el que reconocemos al fascista vengativo con el que tuvo un encontronazo en la ciudad de los dogos. De llevar razón Giardino, los huesos del marino hubieran ido a parar a la mayor fosa común de la Península, en el malagueño cementerio de San Rafael. Pero no ocurrió así.

La aventura recuperada comienza en la Universidad Ca’Foscari de Venecia. Corre el año 1990 y Bianca, la treintañera nieta del antifascista italiano Rocco Montefiori, se lanza en busca de su abuelo desaparecido en la guerra de España. La profesora de historia prepara un libro en memoria de los italianos que lucharon contra Franco, y barrunta que su pariente fue uno de los integrantes de la Brigada Garibaldi fusilados por los franquistas tras la caída de Barcelona.

La sospecha la lleva a la Ciudad Condal a realizar averiguaciones. Barcelona está inmersa en los preparativos de los Juegos Olímpicos del 92; por doquier se ven grúas de construcción y calles cortadas por obras. Bianca visita una asociación por la recuperación de la memoria histórica y conoce a Laia, una anciana con un pasado de miliciana. Hacen buenas migas, Laia se aviene a contarle sus vivencias de aquellos turbulentos años y la narración entra en modo flashback.

Una viñeta muestra a Laia a poco de estallar la Guerra Civil: 19 años, corte de pelo a lo garçon, mono azul y carabina terciada a la espalda: la belleza indómita y un punto andrógina de las mujeres adoradas por Pratt. La chica, que nos recuerda a Banshee, la revolucionaria irlandesa que fue el único amor del Corto, custodia con otros anarquistas un paso en los Pirineos. Del lado francés se aproxima un camión. Lo detienen y el acompañante del conductor asoma la cabeza: ¡Es él!

El marinero en tierra frisa los 50 años de edad, con tonalidades grisáceas en la rebelde cabellera, líneas blancas en las patillas y algunas arrugas en un semblante que no ha perdido su aire soñador y seductor (su parecido con Burt Lancaster se ha vuelto más acusado). Cuando le interrogan contesta que transportan naranjas con destino a Valencia. Los milicianos se carcajean y abren las cajas: están repletas de ametralladoras y granadas de fabricación checoslovaca. Así nos enteramos de que Corto está haciendo contrabando de armamento para la República a pedido de André Malraux, a quien conocía de sus andanzas en Shanghái.

Fue su primer encuentro, refiere Laia a la investigadora italiana en su modesto piso del Hospitalet, rodeada de fotografías viejas y una bandera rojinegra colgadas en la pared. Una marchita rosa amarilla prensada dentro de un libro de León Felipe dispara el siguiente flashback.

La muerte apócrifa del Corto, según Giardino.

Viñeta de las Ramblas, primavera de 1937. Laia pasea con amigas milicianas y de improviso un hombre le obsequia una rosa: es Corto. Ataviado con el chaquetón de cuero exigido por el glamur antifascista, la invita a unos chatos. En la tasca le cuenta que se ha alistado en las Brigadas Internacionales junto con su amigo Rupert Conford, el poeta inglés. A ella le hace gracia su español con dejes andaluces y británicos. Su madre era andaluza, explica él, y en Gibraltar conoció a su padre, un marinero inglés. Hablan del anarquismo y Laia se define como una “mujer libre”. Corto menciona a Durruti, a quien conoció en Argentina. Se despide de ella porque le espera George Orwell, recién venido del frente de Aragón. “Quizás nuestros caminos vuelvan a cruzarse”, vaticina a la chica, a la que ya hemos incorporado a nuestra galería de personajes inolvidables.

En Barcelona, la crema de la intelectualidad se congrega en los palacetes y hoteles requisados por la FAI, la CNT y la UGT. Pero Orwell lo ha citado en un mesón alejado del centro.

Su amigo le aguarda en una mesa apartada, luce desmejorado, tiene el cuello vendado. Están pasando cosas feas, susurra, se está tramando una purga en el bando republicano. Una purga a la rusa. Y han detenido a compañeros de su división del POUM para arrancarles falsas confesiones.

Adoptando su pose de hombre frío y calculador, Corto manifiesta que esas riñas politiqueras no le interesan. Ninguna bandera lo ha traído a España; solo ha venido por el oro que le pagaron por las armas. Cambiando de tercio, añade que el día anterior compró a un pajarero un halcón llamado Al-Andalus, que enviará a un viejo amigo en Eritrea. El inglés le reprocha amistosamente su falso cinismo y le dice que debe marcharse. Se esconderá en casa de amigos, pues lo persiguen.

A la salida del mesón alguien les dispara sin acertarles. Corto, con el purito colgando siempre de su boca, corre tras el pistolero rubio con nariz de boxeador, pero este se escabulle. Orwell se despide y le pide que se cuide: que lo hayan visto con él puede traerle problemas.

Y se los trae.

Después de buscar infructuosamente un incunable sobre el tarot en una librería del Barrio Gótico, Corto acude al bar del hotel Colón. En la barra lo aborda un tipo con acento ruso y gafas redondas sin monturas: Jolskiv, el corresponsal de Pravda. Le dice que ha seguido con interés sus correrías en el tren blindado (ver Corto Maltés en Siberia), pese a que el oro de los zares pertenecía al pueblo soviético. “Los tesoros pertenecen a quien los encuentra”, replica Corto. “¿De qué lado está usted?”, le pregunta el personaje basado en una figura de la vida real, el escritor Mijail Kolstov. “De los caballeros de fortuna”, responde el romántico aventurero. “Su amigo Hemingway tiene más claro dónde está la quinta columna”, se despide el ruso con una amenaza velada en la voz.

El ritmo de la trama va in crescendo. En el Raval una gitana le lee la suerte y advierte un peligro inminente. En la Plaza Real, contemplando a un grupo que baila sardanas, nota que tres tipos le siguen. Intenta darles esquinazo, pero lo acorralan en un callejón. Retumban disparos, dos matones caen y el tercero sale corriendo. Su ángel de la guarda es un brigadista italiano que se llama Rocco (¡sí, el mismísimo abuelo de Bianca!). Sus perseguidores eran sicarios de Stalin, le informa, y como los enemigos de sus enemigos son sus amigos le estrecha con simpatía la mano.

Al escuchar la revelación, Bianca interrumpe a Laia, conmocionada. Del modo más inesperado, ha encontrado la pista del nonno. Controlando su ansiedad, le ruega que continúe.

Cuenta la exmiliciana que Rocco pidió al maltés que le acompañase a reunirse con sus camaradas. Ha huido de una cárcel secreta del espionaje soviético, donde le torturaron para que se declarase esbirro de Mussolini. Nuestro antihéroe le sigue por las callejuelas del Barrio Chino donde, curiosamente, no se ve ningún chino. El italiano se mete por una pequeña puerta. Corto le imita y de pronto se encuentra solo en un laberinto de espejos. Se inicia una secuencia onírica con princesas moras, cabalistas sefardíes y una corrida en la que debe torear a… ¡un minotauro! “¡Corto, Corto!”, ruge el monstruo mientras le embiste, “¡lo que buscas no es de este mundo!”. Pratt nunca perdía la oportunidad de explotar la atracción magnética de las leyendas; pero a diferencia del recargado esoterismo de episodios como Mu, dosifica aquí las peripecias en el universo de ensueño. Este es el Corto que nos gusta, con un pie en la fantasía y el otro en la dura realidad.

El marinero escapa del ruedo por el toril y reingresa al mundo real a través de una tumba del cementerio judío de Montjuich. ¿Qué habrá sido de Rocco?, se pregunta de regreso a la ciudad. Más y más personajes salidos de la fértil imaginación de Pratt se ven envueltos en la intriga. Para abreviar: Corto cae en manos soviéticas. En un piso franco, Jolskiv le pregunta dónde se esconde Orwell. Fiel a la amistad, él responde que no lo sabe, y si lo supiera jamás se lo diría. “Unirse a esa gente ha sido su pasaporte a la muerte”, le suelta el espía. “La verdad, John Reed me gusta más que usted como periodista”, replica el displicente prisionero. A Jolskiv se le escapa que debe regresar a Moscú y antes quiere zanjar el asunto de Orwell. “Quizás le van a condecorar”, ironiza Corto con su sonrisa felina. El periodista niega pesaroso con la cabeza: “No lo creo. He tomado demasiado Martinis con periodistas extranjeros”. Corto le pregunta: “¿Qué le impide escapar?”. “Usted no lo entiende”, dice su secuestrador con melancolía. “Probablemente, la política no es mi fuerte”.

Por la noche, cuando sus carceleros duermen, Laia y Rocco, que se han conocido en un cónclave anarquista, irrumpen a rescatarlo. Se produce una balacera y Corto hace una demostración de sus destrezas en la lucha callejera (¿habrá aprendido artes marciales en los puertos asiáticos? Las patadas que le hemos visto propinar a lo largo de su carrera dan que pensar que sí). Salen al exterior donde los espera el coche de un camarada. Mortalmente herido, Rocco avisa a Corto que esa noche zarpa una goleta rumbo a Liverpool y que, siendo él súbito británico, le admitirán a bordo sin chistar. El maltés acepta su consejo y le cierra los ojos. “Debo encontrar mi isla con tesoro”, dice a Laia. “Además, no me sentiría cómodo en una trinchera donde me pueden disparar por la espalda”. Le entrega para la causa un talego de napoleones de oro –el pago por su contrabando de armas– y se apea en la Barceloneta, donde se pierde bajo la luna creciente que tanto ama.

“Era el hombre que hubiéramos querido tener de nuestro lado”, concluye Laia y fin del relato. Bianca suspira. Resuelto el misterio de su abuelo, regresará a Venecia, sin saber cómo demonios encajará la verdad en su libro sobre los brigadistas mártires del fascismo. Antes de marcharse pregunta a la anciana si volvió a tener noticias del Corto. Sí, le responde: en los años 50 recibió una carta de él con matasellos de Sidney: estaba pasando una vejez tranquila en la casa de una tal Pandora y su familia, como un tío nómada que por fin ha sentado sus reales.

En Morir en Barcelona confluyen todas las obsesiones queridas de Pratt: el ocultismo, la simpatía por los oprimidos, los viajes y la aventura, que deviene aventura antifascista. Al igual que a Bernardo Bertolucci, le encantaba cruzar los derroteros personales con la Historia en mayúscula; de ahí el aliento épico de sus relatos. Como es habitual, hay abundancia de citas literarias (Homenaje a Cataluña, de Orwell; Por quién doblan las campanas, de Hemingway; El agente confidencial, de Graham Greene…) y cinematográficas (Morir en Madrid, de Frederic Rossif; Y llegó el día de la venganza, de Fred Zinnemann…). Solo falta Rasputín, aunque, conociendo su calaña, no nos sorprendería que estuviese al otro lado de las trincheras, traficando armas para los franquistas.

Y qué decir de su lápiz maravilloso, de la perfección formal del trazo, las gruesas líneas negras, el juego con la luz y la sombra y el encuadre en planos medios que es el sello del dibujante italiano (impagable su representación abstracta del tiroteo en la checa: las balas, círculos de tinta flotando sobre la blancura del vacío). Las viñetas se encadenan con gran economía de efectos y un alto grado de sugerencia, sin huellas de la “mano cansada” que deslucía sus últimas producciones.

Por supuesto, no falta un apéndice con un mapa de España ilustrado con las líneas del frente militar en mayo de 1937, ni aguadas y acuarelas de los uniformes de la Guerra Civil (requetés, milicianos, falangistas, comisarios de las Brigadas Internacionales, legionarios…), el resultado de la concienzuda documentación a la que nos tenía acostumbrado el maestro de Malamocco.

Fumaroli publicará Morir en Barcelona con un prólogo de Slavoj Zizek. El editor se apresura a rechazar el marchamo de novela gráfica que cierta crítica ha querido imponer a las correrías del marinero trotamundos: “El noveno arte no necesita de etiquetas pretensiosas para hacer valer sus méritos”. Y nos informa de que en el festival del cómic en Angulema se presenta la trigésima entrega de la saga iniciada en la guerra ruso-japonesa, y que ahora, tras navegar un mar de historias, culmina su singladura para deleite de los cortófilos.

 

[Fuente: http://www.fronterad.com]

Un an après le début de la crise sanitaire, certains espèrent que l’après-Covid s’inscrira dans le sillage des années 1920.

Paris la nuit, dans un dancing de Montmartre en 1927. | Manuel Orazi via Wikimedia

Paris la nuit, dans un dancing de Montmartre en 1927. | Manuel Orazi via Wikimedia

Écrit par Hélène Bourelle

Depuis mars 2020, les mesures prises pour faire face à la crise sanitaire ont mis un terme aux rencontres, aux voyages et aux fêtes, à une précieuse insouciance qu’on prenait autrefois pour acquise. Malgré la difficulté actuelle à se projeter dans le «monde d’après», l’idée que la crise laissera place à une période de prospérité, d’innovation et de créativité similaire à celle vécue dans les années 1920 fait son chemin. Cette comparaison est révélatrice des fantasmes fortement ancrés dans l’imaginaire collectif, qui continuent d’entourer ces folles années.

Il faut dire qu’après le traumatisme collectif engendré par la Grande Guerre, les Années folles (ou Roaring Twenties) constituèrent une véritable parenthèse d’effervescence culturelle et artistique en Occident. Malheureusement, elles prirent un tour dramatique lorsqu’en 1929, le krach boursier éclata à New York, annonçant de début de la Grande Dépression.

Les rugissantes années 1920

Il ne fait nul doute que la prospérité économique et l’émulation intellectuelle foisonnante, emblématique des années 1920-1929, marquèrent considérablement le XXe siècle. Des deux côtés de l’Atlantique, cette presque décennie fut le théâtre de mouvements qui révolutionnèrent le monde de l’art, à l’image de l’avant-garde surréaliste, de l’expressionnisme ou encore du courant Art déco. Des figures littéraires immuables telles que F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Gertrude Stein, Colette et bien d’autres émergèrent pendant qu’à Paris, Joséphine Baker brûlait les planches et que Coco Chanel bannissait le corset pour libérer le corps des femmes.

Mais les Années folles furent aussi le terrain d’événements moins reluisants. En tant que produit d’une crise majeure, elles furent marquées par d’importantes fractures sociales et identitaires, comme l’explique Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l’université Lumière Lyon 2 et spécialiste des questions raciales et politiques: «Aux États-Unis, mais aussi en Europe, il y a eu un versant sombre aux années 1920. On mesure toujours l’impact des décisions politiques et sociales prises à l’époque dans la société aujourd’hui.»

Une décennie vécue entre conservatisme et tensions migratoires

En fait, les années 1920 furent loin de véhiculer des idées progressistes. «Aux États-Unis, la décennie 1920 a été marquée par un contexte d’intense ségrégation raciale, précise Olivier Richomme. C’est à cette époque que le Ku Klux Klan, société suprématiste blanche fondée en 1865, a fait son grand retour. Au XIXe siècle, le clan se résumait à des groupuscules isolés. Entre 1924 et 1926, il a atteint son apogée avec 4 millions d’adhérents à travers le pays, dont certains au plus haut sommet de l’État.»

En parallèle, les premiers quotas visant à restreindre l’immigration venue d’Asie, d’Europe de l’Est, du Sud ou encore d’Irlande furent votés à Washington.

«Ceux qui pâtissent des crispations engendrées par les crises sont souvent, en premier lieu, les immigrés.»

Evelyne Barthou, sociologue

«Ces lois spectaculaires eurent pour effet de freiner l’immigration jusqu’aux années 1960. On ne peut s’empêcher de noter l’analogie entre les États-Unis de 1920 et ceux de 2020 sous l’ère Trump», note Olivier Richomme.

Pour Evelyne Barthou, sociologue et enseignante-chercheuse à l’université de Pau, les périodes succédant aux crises sont alimentées par la peur de l’autre: «Les crises peuvent entraîner des phénomènes de repli sur soi et des sentiments de méfiance exacerbée. Ceux qui pâtissent de ces crispations sont souvent, en premier lieu, les immigrés.» À l’heure actuelle, l’immigration cristallise déjà les tensions en Europe et aux États-Unis. Après le mur de Trump le long de la frontière mexicaine, le Brexit et les crispations autour de la supposée porosité des frontières européennes, on peut se demander quel sera l’impact de la pandémie sur les débats autour des questions migratoires.

Années folles pour les uns, noires pour les autres

En Occident, les Roaring Twenties ont également assisté à la montée de l’eugénisme, un ensemble de théories nées de la volonté d’améliorer la race humaine, dont s’inspirèrent les mouvements fasciste et nazi. «Cette pensée, considérée à l’époque comme étant à la pointe de la modernité, a eu des conséquences désastreuses», précise Olivier Richomme. Aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Suède, puis dans l’Allemagne nazie, des campagnes de stérilisation forcées furent menées à grande échelle auprès des populations pauvres et/ou issues des minorités. Une tentative de contrôle des corps qui résonne étrangement avec certaines des décisions actuellement prises aux États-Unis et en Europe. En janvier 2021, la Pologne a interdit l’avortement, suivie de près par l’État de l’Arkansas, en mars 2021. «L’histoire mais aussi l’actualité récente nous montrent que les droits des femmes et des minorités peuvent être bouleversés du jour au lendemain, note Evelyne Barthou. Ces catégories d’individus sont les premières à pâtir des crises. Pour elles, rien n’est jamais vraiment gagné.»

Dès 1920, le 19e amendement entra en vigueur aux États-Unis «Cet amendement donna le droit de vote aux femmes. Mais en réalité, jusqu’au Civil Rights Act de 1965, la majorité des Afro-Américains n’avait pas accès aux urnes. Un comble quand on pense qu’au XIXe siècle, féministes et mouvement anti-esclavagiste travaillaient main dans la main, rappelle Olivier Richomme. En aucun cas les Années folles ne marquèrent une inversion des rapports de force politiques.»

Par-delà les clubs littéraires et les soirées sur fond de jazz ou de charleston, ce supposé âge d’or américain fut aussi traversé par la Prohibition, une manœuvre du lobby conservateur visant à interdire la fabrication et la vente d’alcool sur le territoire américain. «Ce genre de politique d’interdiction à grande échelle n’est jamais le signe d’une société qui se porte bien», analyse Olivier Richomme. Pour cause, la Prohibition favorisa, en coulisses, la montée de la corruption mais aussi des réseaux mafieux ultraviolents de l’entre-deux-guerres.

https://www.ina.fr/video/CPF09003549

Dans les années 1920, l’Occident assista également à l’avènement du capitalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui. Une croissance économique soutenue par la mise en place d’une nouvelle division du travail, mais qui vit, en parallèle, se creuser de vertigineuses inégalités. Selon Olivier Richomme, «les Années folles ont été une période de prospérité, mais seule une proportion réduite de la population a pu en profiter». En 1929, l’absence totale de régulation de l’économie, les spéculations à outrance et l’endettement des États menèrent tout droit au krach boursier, la plus grave crise de l’histoire du capitalisme, dont les conséquences sur les populations furent dramatiques. À l’heure où la pandémie accélère les inégalités sociales, on peut plutôt espérer que, contrairement aux Années folles, la fête puisse profiter au plus grand nombre.

Bâtir le monde d’après

Car au-delà des percées scientifiques et technologiques favorisées par la pandémie, l’après-Covid présentera de nombreux défis. «Les gens ont pris conscience des limites de notre système économique et de nos modes de consommation, avance Evelyne Barthou. Il est probable que de nouvelles opportunités ressortent de cette pandémie, mais il faudra rester extrêmement prudent quant à la tournure que prendront les événements.»

L’émergence du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis et le soutien qu’il a reçu en Europe prouvent que les problématiques raciales sont toujours tristement d’actualité.

Parallèlement, quel sera le poids donné à l’impératif écologique mais aussi à la nécessité de repenser les modèles économiques et démocratiques actuels?

«De nombreuses questions éthiques vont se poser, analyse la sociologue. Après cette période de crise teintée de politiques sécuritaires, il faudra être particulièrement vigilant quant à la question de la liberté des individus.» Alors, à défaut de «nouvelles années folles», ne se prendrait-on pas à rêver d’un monde capable de prendre de la hauteur et de cultiver de nouveaux imaginaires pour que cet «après» tant espéré nous permette d’aller (vraiment) de l’avant?

 

[Source :  http://www.slate.fr]

 

O narrador arxentino deixou disposta a reunión e a edición nun só tomo dos seus relatos

Piglia dejó preparada la edición de «Cuentos completos» poco antes de morir. En la imagen, el escritor, retratado en mayo del 2015 en su casa de Buenos Aires

Piglia deixou preparada a edición de «Contos completos» pouco antes de morrer. Na imaxe, o escritor, retratado en maio del 2015 na súa casa de Buenos Aires.

 

Escrito por HÉCTOR J. PORTO

O escritor arxentino Ricardo Piglia (Adrogué, 1941-Buenos Aires, 2017) traballou nos seus textos ata o último alento, cando a grave enfermidade que padecía, ELA (esclerose lateral amiotrófica, que lle diagnosticaron no 2014), venceuno e inhabilitou totalmente ata causarlle a morte. Para entón, cun tesón admirable, ordenara aqueles 327 cadernos de tapas de hule negro -gardados en corenta caixas de cartón- que contiñan as anotacións diarísticas que iniciara con apenas 16 anos, alá por 1957. Desta forma, deixou listos os tres volumes dos diarios de Emilio Renzi, aínda que non chegou a ver como se completaba a súa publicación. Ultimou case dun modo milagroso os contos policíacos que integran o tomo Os casos do comisario Croce, como el mesmo explicaba na anotación final datada en marzo do 2016, coa soa, afanosa e lenta contribución do músculo óptico: «Compuxen este libro usando o Tobii, un hardware que permite escribir coa mirada. En realidade parece unha máquina telépata. O interesado lector poderá comprobar se o meu estilo sufriu modificacións», desafiaba non sen certo humor. As pescudas do kantiano funcionario afloraron cando a enfermidade lle paralizou o corpo de xeito implacable, polo que resulta aínda máis sorprendente a súa frescura e a súa puxanza narrativa.

Nese laborioso frenesí revisou e organizou a edición dos seus relatos coa idea en mente da futura publicación dun volume que reunise os seus Contos completos, que o selo Anagrama leva agora ás librerías, respectando o plan deixado polo escritor. Esta reunión -que compendia máis de cincuenta anos de creación- é un verdadeiro e amplo retrato literario de Piglia, despois de que a narrativa breve abarca a súa traxectoria, desde a súa primeira colección de relatos, aparecida en 1967 (despois revisada e estendida con novas incorporacións), ata as súas últimas producións, escritas ás portas da morte, como a mencionada Os casos do comisario Croce, que rescataba ao personaxe que perfilara en Blanco nocturno (2010), aínda que xa o imaxinou tres anos antes. Era toda unha volta de porca ao xénero policíaco que Piglia tanto amou -e marcou a súa obra-. Entre ambas as mouteiras, o volume Nomee falso -que inclúe unha homenaxe ao seu querido Roberto Arlt e o que é tido por moitos como un dos seus mellores relatos-, as dúas narracións máis longas de Prisión perpetua e Contos morais.

En realidade, tanto o detective Croce como o xornalista Emilio Renzi [alter ego do autor, bautizado co seu segundo nome e o seu segundo apelido] reforzan esa concepción que tiña Piglia do relato -e incluso da narración, en xeral- vinculada á pescuda e, directamente, ao xénero policial, entendido este de un xeito híbrido e moi flexible. Conecta co modelo da novela negra, dicía, como unha investigación que avanza cara atrás: «As historias vanse desenvolvendo a medida que un se interna no pasado», explicaba a Enrique Clemente nunha entrevista concedida a La Voz e publicada o 18 de setembro do 2010.

Problemas de forma

O relato é tamén un elemento fundamental na bóveda da literatura de Piglia. Sempre se sentiu cómodo, non só porque a súa idea de escritura enraíza no seu admirado Borges, senón tamén porque a esixencia de concisión -e as limitacións que iso impón- é connatural ao seu estilo medido e o seu esmero no trato á palabra. «As restricións son sempre produtivas porque expoñen problemas de forma. Non creo nas poéticas espontáneas, como a escritura automática dos surrealistas ou os rush da prosa de Jack Kerouac e a Beat Generation», argue nunha das charlas recollidas no libro A forma inicial. Conversacións en Princeton (Sexto Piso, 2015). Nesa mesma entrevista, ao lembrarlle aquilo que dicía Julio Cortázar sobre que escribir un conto era como andar en bicicleta, que se se mantén a velocidade o equilibrio é moi fácil pero que se a perdes vasche ao chan, e preguntado por se se expuña algunhas regras esenciais á hora de traballar, o autor de Prata queimada apunta: «A velocidade do relato, a marcha, é esencial. A clave para min é o ton, certa música da prosa, que fai avanzar a historia e defínea. Cando ese ton non está, non hai nada. Aí xógase toda a diferenza entre redactar e escribir», resolvía.

Está sobre o tapete tamén que Piglia supere o sambenito de ser un escritor para escritores que segue pesando sobre el, como sobre os seus adorados Arlt, Faulkner, Joyce ou Thomas Bernhard.

«Facer aparecer artificialmente algo que estaba oculto»

A Piglia gustáballe xogar coa idea de que un autor non mellora necesariamente coa idade, apuntábao no prólogo á edición da invasión do 2007. No epílogo aos relatos de Croce antes mencionado, volve un pouco sobre esta posibilidade de progresión tras explicar que o realizou axudándose do Tobii: «Os meus outros libros escribinos a man ou a máquina (cunha Olivetti Lettera 22 que aínda conservo). A partir de 1990 usei unha computadora Macintosh. Sempre me interesou saber se os instrumentos técnicos deixaban a súa marca na literatura».

Máis aló da provocadora idea, esta reunión dos relatos facilita unha visión panorámica que si mostra unha evolución no Piglia contista, ademais do puro goce da súa amplitude de espectro, algo que pode argumentarse na riqueza das súas raíces, trabadas na obra de Macedonio Fernández, Roberto Arlt e Borges, ademais de Hemingway e Faulkner, e que se miran no espello de Juan José Saer. Ao seu amigo Saer precisamente dicíalle nunha das conversacións recollidas en Por un relato futuro (Anagrama) que a súa poética «rexeita que existan contidos que poidan quedar excluídos a priori do material narrativo». Como na novela, o conto pode aparecer contaminado pola recensión, o ensaio, a autobiografía, a crítica, o soño, a reflexión… Non hai fronteiras.

No seu libro Formas breves, conclúe así a peza Tese sobre o conto: «O conto constrúese para facer aparecer artificialmente algo que estaba oculto. Reproduce a busca sempre renovada dunha experiencia única que nos permita ver, baixo a superficie opaca da vida, unha verdade secreta. ‘‘A visión instantánea que nos fai descubrir o descoñecido, non nunha afastada terra incógnita, senón no corazón mesmo do inmediato », dicía Rimbaud. Esa iluminación profana converteuse na forma do conto», afirmaba fermosamente Piglia.

 

[Imaxe: ALEJANDRA LÓPEZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

«Nada bueno esperaba el mundo» Estas palabras del escritor uruguayo Eduardo Galeano nos sirven para conocer un poco mejor a Julio Cortázar. «Aquella noche me di cuenta de que yo era un cazador de palabras. Para eso había nacido. Esa iba a ser mi manera de estar con los demás después de muerto y así no se iban a morir del todo las personas y las cosas que yo había querido» (Galeano. La biografía. Ediciones B).

Julio Cortázar

Julio Cortázar

Escrito por ROBERTO CARLOS MIRAS MIRAS

Al morir nuestro autor la escritora Cristina Peri Rossi (1941) no fue a su entierro y gracias a ese sentimiento y a esa inquietud ha salido la publicación de «Julio Cortázar y Cris» Un texto de ciento cuarenta páginas donde Rossi introduce sus vivencias más íntimas con el escritor de Rayuela. «A veces se produce el encuentro entre dos grandes escritores y de esa conmoción surgen risas, relatos, poemas, cartas, viajes, diarios chispeantes y fascinación mutua en la última década de su vida».

París y Barcelona han sido los escenarios y Julio Cortázar dedicó quince poemas de amor a Cris y muchos años más tarde tras su muerte, Cris en este trabajo escribe una crónica de esa amistad irrepetible y amorosa. Han sido otros los que se acercaron a la figura tanto personal como literaria de este gran autor. El catedrático de Literatura Española en la Facultad de Humanidades Miguel Herráez (Valencia -1957) dedica en uno de sus trabajos a escribir un «Julio Cortázar, al otro lado de las cosas» acercándonos aún más si cabe a este gran protagonista. También en «Julio Cortázar. Una biografía revisada» se recogen infinidad de datos de su vida en ciudades como París y Buenos Aires a partir de un profundo conocimiento de su obra, y al pasar sus páginas nos acordamos de aquella excelente entrevista realizada en su momento por Joaquín Soler Serrano en su mítico programa «A fondo». Pero se preguntarán: ¿Por qué ofrecemos un texto o un comentario sobre un autor nacido en Bruselas de orígen argentino llamado Julio Cortázar? La respuesta la ha dado Francisco X. Fernández Naval cuando hizo de la necesidad una virtud y se puso a trabajar en una obra que nos ha llamado poderosamente la atención bajo el nombre de «El sueño gallego de Julio Cortázar».

En el año 2006 como ha escrito Fernández Naval, Aurora Bernárdez, esposa del escritor, cedía a Galicia su archivo fotográfico. Un patrimonio que actualmente está depositado en el Centro Galego de las Artes e Imagen (CGAI) encargado de su custodia y conservación. Al hablar del trabajo de Naval lo hacemos de un volumen con distintas notas aclaratorias y textos cedidos para este edición por autores como Eva Veiga, Miguel Mato Fondo, Olalla Cociña entre otros. Uno de los textos que engloba a todos estos autores sin duda ninguna es el trabajo realizado por Xavi Ayén «Aquellos años del boom. García Márquez, Vargas Llosa y el grupo de amigos que lo cambiaron todo». O las reuniones mantenidas en su momento por el escritor Graham Green y su amigo el sacerdote Leopoldo Durán. «La primera carta que me escribió Graham Greene está fechada el 30 de junio de 1964. Nuestra última conversación larga, telefónica, tuvo lugar el 12 de febrero de 1991, mes y medio antes de su muerte».

En «El fin de la aventura» Graham Greene escribe «Ustedes, los sacerdotes, ¿no saben hablar de otra cosa que de Dios? Es que no hay otra cosa». Volvemos a Cortázar. En su momento se levantó una pequeña controversia cuando Miguel Dalmau tuvo ciertos problemas a la hora de publicar su biografía ya «autorizada» por su editorial, en aquel momento para publicar una biografia sobre este Gran Escritor. Decir que al hablar de Miguel Dalmau lo hacemos de una persona que en sus trabajos anteriores ha dejado una clara huella de como se deben de hacer los mismos al introducirse como es el caso en un Hombre, en un Escritor y en su Tiempo. Al final llegó la calma y su trabajo se pudo ver publicado en la editorial Edhasa. «En el verano peligroso de 1959 el poeta Carlos Barral viajó a Madrid. Una tarde encontró a Ernest Hemingway en el hotel. Hechas las presentaciones, el novelista americano le preguntó: ¿Que tal la mala puta?» Barral se quedó perplejo y a penas acertó a decir: «¿Qué mala puta?» A lo que Hemingway respondió «¡La literatura española!» (La mala puta. Réquiem por la literatura española. Miguel Dalmau, Román Piña Valls).

BUENOS AIRES

Era la capital editorial literaria en lengua castellana. Manteniendo Julio Cortázar conversaciones con Ramón Chao, quien podía ser uno de los personajes de sus relatos. Han sido muchos los que nacieron fuera de Galicia pero tenían una relación con ella. Las circunstancias hicieron nacer a Lorenzo Varela en La Habana, a Arturo Cuadrado en Denia -Alicante- y a Luis Seoane en Buenos Aires. Los tres llegaron a Galicia donde fueron protagonistas de una intensa actividad cultural «estropeada» por la Guerra Civil. Se encuentran en Buenos Aires con otros compañeros y amigos desde Carmen Muñoz, Rafael Dieste, Suarez Picallo, Otero Espasandín… Pero fue en el año 1956 cuando Aurora Bernárdez y Julio Cortázar llegan a España y a Galicia, donde utilizan todo tipo de vehículos de aquella época con numerosas fotografías que recuerdan aquella ocasión. Es en 1968 cuando Xosé Neira Vilas da a conocer su «Memorias dun neno labrego» y conoce a Julio Cortázar. Es una de las personas que ofrece material y conversaciones para que Fernández Naval pueda realizar su trabajo en torno a la vida literaria de Julio Cortázar. En La Habana, con Neira Vilas entre otros, habla del cuento como un género literario dando lugar a una conferencia que será publicada como «Del cuento breve y sus alrededores». Hasta el intelectual Isaac Diaz Pardo establece conversaciones en las que Luis Seoane habla de su amigo escritor.

Kafka, Hemingway, Wilde, Homero

Al hablar de Cortázar lo hacemos de un autor cuyo conocimiento cuenta como referentes a las grandes figuras que han trascendido esa época que les ha tocado vivir como Kafka, Hemingway, Faulkner, Bates, Chesterton, Nerval, Wilde, D’Annunzio, Valéry, Homero, Shelley, Keats, Elliot, y el jazz negro que a su entender era el único genuino. Semejante autor realizó muchos trabajos en torno a su Vida y a su Obra. Fruto de ese trabajo es el libro mencionado. En los años 2006 -2007 la profesora Soledad Pérez Abadin nos hizo acordarnos de la obra de Cortázar en Galicia gracias a unos alumnos que sentían un profundo interés por la obra de este escritor. Tiempo más tarde la profesora publicaría «Cortázar y el Che Guevara- Lectura de Reunión». El periodista Camilo Franco ha sido responsable durante muchos años de dar a conocer esa faceta desconocida en «Culturas» dedicándole a Cortázar un número especial en dicho suplemento. Una vez más volvía Galicia a la mente de los gallegos y del propio Cortázar con su «La circunstancia gallega de Julio Cortázar». Y en sus páginas ofrecía a sus lectores una entrevista a Aurora Bernárdez y un relato en su página final «No peto dunha americana». Sería en el año 2006 cuando Xavier Seone daría una conferencia sobre la poesía del escritor argentino. «Hablamos de un hombre, muy culto, dice Xavier en conversación con Fernández Naval» en una conferencia sobre la poesía del escritor argentino, y añadimos las palabra de Saúl Yurkievich (1931-2005, Julio Cortázar: Mundos y Modos), que en un prólogo para Rayuela habla de una novela talismán, novela iniciática, propuesta existencial que aspiraba, potenciando lo humano a cambiar la vida». Hacemos nuestras unas palabras de César Vallejo «Me moriré en París con aguacero, un día del cual tengo ya el recuerdo». Julio Cortázar nació un 1914 en Bruselas y murió una mañana lluviosa en París en 1984.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Sidney Franklin, en una fotografía sin fecha, comenzó a torear en México, adonde se mudó para escapar a las burlas de su padre debido a su interés por las artes. INP

 

Escrito por COREY KILGANNON

En los famosos ruedos de las plazas de toros de España, Sidney Franklin era conocido como el Torero de la Torá. Franklin, quien falleció en 1976 a los 72 años, fue el primer judío estadounidense en alcanzar el selecto estatus de matador en los círculos españoles de la tauromaquia.

También era una persona gay. Entre quienes lo conocieron su orientación sexual era un secreto a voces, pero nunca fue divulgada públicamente.

Aunque su carrera (que inició en la década de los veinte y terminó en la de los cincuenta) antecedió al movimiento moderno por los derechos de las personas homosexuales, es probable que se hubiera regocijado ante la posibilidad de formar parte de la Marcha del Orgullo Gay de este junio que, en el cincuenta aniversario de los disturbios del Stonewall Inn, podría ser la más grande de la historia.

The New York Times

“Nació mucho antes de todo el movimiento, pero si hoy estuviera vivo, estaría en la marcha y nos mostraría el camino”, comentó su sobrina DorisAnn Markowitz, de 78 años.

Fue amigo de gente famosa como el escritor Ernest Hemingway y el actor Douglas Fairbanks, y actuó o fue asesor en películas hollywoodenses, incluyendo la comedia de 1932 The Kid from Spain.

Su orientación sexual se ha dado a conocer gracias al material biográfico publicado en años recientes.

Aunque el Mes del Orgullo LGTB celebra los avances que han logrado las personas de esa comunidad para poder llevar una vida abiertamente homosexual, los tabúes sociales durante la vida de Franklin presionaron a otros hombres que no habían salido del clóset a asumir las características de una vida heterosexual, tal vez casándose con una mujer para encubrir la verdad, algo que Franklin no hizo.

La naturaleza viril de la tauromaquia ayudó a que Franklin pudiera ocultar su orientación sexual, aunque le permitía satisfacer su pasión por la extravagancia y el boato, afirmó Rachel Miller, una archivista de los objetos de Franklin que trabaja en el Centro de Historia Judía en Manhattan.

Franklin rodeado por fanáticas en 1930 en un centro cultural español en Manhatan. Foto: Lefkowitz

“La tauromaquia le dio un escenario donde podía desempeñarse con mucha elegancia y estilo, sin salir del clóset”, dijo. “Fue un lugar donde su estilo queer era permisible pero invisible”, afirmó. “Se escondía a plena luz, como un hombre gay en un deporte muy macho”.

Franklin amaba los tradicionales trajes de luces. “Sus atuendos de matador son más elegantes y costosos que los de cualquier otro matador”, escribió Lillian Ross en una semblanza que hizo de Franklin en 1949 para la revista The New Yorker.

Dicho en otros términos, “como torero, podías ser un macho ataviado de brocado dorado”, aseguró Bart Paul, autor de una biografía sobre Franklin titulada Double-Edged Sword.

No obstante, en ocasiones el gusto de Franklin superaba el límite de las normas de la tauromaquia, como cuando el traje rosa que ordenó fue objeto de burlas en el ruedo, narró Miller, quien clasificó una colección de objetos de Franklin para la Sociedad Histórica Judía Estadounidense.

Incluso después de retirarse de los ruedos en 1959, Franklin a menudo viajaba con veinte trajes de lentejuelas bordados a mano en baúles, dijo Markowitz, y agregó que su tío se sentía atraído hacia un estilo de toreo muy melodramático.

En España, Franklin fue conocido como el Torero de la Torá. En esta imagen, en una corrida en Madrid. Foto: Times Wide World Photos

 

“El arte del capote y el control corporal eran como una danza”, dijo Markowitz, a quien Franklin adoraba. “Tenía una gracia extraordinaria y era muy fuerte, como un bailarín de ballet que controla bien el centro de su cuerpo”.

Franklin nació en 1903 con el nombre de Sidney Frumkin, y creció en Park Slope, Brooklyn, como uno de los diez hijos de una pareja de judíos ortodoxos nacidos en Rusia.

En la escuela, prefería las artes visuales y la actuación y adoptó el apellido Franklin para ocultar sus representaciones teatrales a su padre, un hombre de nariz grande que a finales del siglo XIX se convirtió en uno de los primeros judíos en ser oficial de policía en la ciudad de Nueva York.

“Su padre trató de acabar a golpes con el artista que había en él”, dijo. “Acostumbraba llamarlo ‘Nancy’, un nombre que se usaba para designar a una persona gay o rara”.

Franklin abandonó su hogar a los 19 años y se trasladó a Ciudad de México, donde había una escena artística y cosmopolita que ofrecía un entorno más permisivo lejos de su padre, narró Bart Paul.

Franklin se convirtió en una celebridad debido a su talento en la tauromaquia, una disciplina viril. Su vida como hombre homosexual no se conoció de manera pública hasta después de su muerte. Foto: Wide World Photos

Ahí, Franklin comenzó a producir carteles promocionales para corridas de toros, y al inicio sintió repulsión por la crueldad animal, a pesar de que le fascinaba el papel del matador en el centro de un magnífico espectáculo, dijo Markowitz.

Entre esas dos visiones opuestas, afirmó, “su pasión por la pompa y el heroísmo ganó”.

Después, cuando un mexicano le dijo que los estadounidenses carecían del valor para convertirse en toreros, se avivó su deseo de convertirse en uno.

“El típico arrojo de Brooklyn se apoderó de mi tío”, y comenzó a prepararse en serio, afirmó Markowitz.

Hizo su debut en Ciudad de México en 1923 y salió del ruedo en hombros después de matar a un toro de forma impresionante.

La aceptación del público y los aficionados al toreo contribuyó a sanar las heridas emocionales de su juventud, narró Markowitz.

“Amó cada minuto de validación porque jamás la obtuvo de su padre”, dijo su sobrina. “Cada vez que mataba un toro, psicológicamente estaba matando a su padre”.

También le encantaba la adoración del público, las alabanzas que le decían: “Todos los sexos se lanzan hacia ti”, afirma Bart Paul.

De piel clara y cabello rojizo, a Franklin le gustaba ser el centro de atención. A pesar de su gracia en el ruedo, mantuvo su acento de Brooklyn pero, según su sobrina, también podía hablar yidis y varios dialectos del español a la perfección.

Según el artículo de The New Yorker, cuando le preguntaron sobre la posibilidad de morir en el ruedo, se rio y dijo: “La muerte, bah”.

La tauromaquia estaba en su apogeo en España cuando Franklin llegó en 1929 y los mejores toreros, como él, eran reverenciados con devoción. Ahí fue donde conoció a Hemingway y se hicieron buenos amigos y compañeros de viaje.

En su aclamado libro de no ficción Muerte en la tarde, acerca de las corridas de toros, Hemingway describe a Franklin como un ser “valiente con un valor frío, sereno e inteligente” y “uno de los manipuladores del capote con más gracia, habilidad y suavidad hoy en día”.

Franklin afirmó haber matado a miles de toros durante su carrera y en numerosas ocasiones recibió cornadas, las cuales le dejaron molestias que lo aquejaron hasta que murió en la miseria, a los 72 años, en un asilo para ancianos en Greenwich Village.

Markowitz dijo que a algunas personas les parecía extraño que, antes de ingresar al ruedo en España, las monjas católicas rezaban por su tío, un torero gay y judío de Brooklyn.

“Quizá la gente pensaba: ‘Pero usted es judío’”, dijo Markowitz. “Sin embargo, él solía decir: ‘Sí, pero los toros son católicos’”.

 

[Fuente: http://www.nytimes.com]

 

Escrito por Mouzar Benedito

“Odiai-vos uns aos outros”, parece ser o lema de um pessoal que se diz cristão e se sente dono da bola hoje em dia. É um tipo de cristianismo que não dá a outra face, dá o primeiro murro. E se for referir-se a contatos entre países, a tendência é adaptar a frase para “guerreai-vos uns aos outros”.

Assim, dá para supor que o poderoso líder brasileiro só está esperando Joe Biden tomar posse como presidente da gringolândia para declarar formalmente guerra àquele paiseco do norte, né? Um paiseco que vai ser esmagado pela nova potência do sul, que já está armazenando pólvora e talvez, usando a desculpa da covid-19, nem faça comemorações com espetáculos de fogos de artifício na virada do Ano Novo, porque a pólvora que seria usada nelas terá melhor serventia. Teremos, até começar a pauleira, um Brasil sem foguetes, traques ou busca-pés. Será que a pólvora das milícias cariocas também vai ser economizada?

O grande líder brancaleônico usa muita saliva, mas como se fosse pólvora. Não para conversas amigáveis, só para ofensas, ameaças e fanfarrices. Mas já fala no fim dela, saliva. E ela acabando, pólvora nos gringos! Viva! O fim está próximo (acreditam muitos dessa tendência que se diz cristã), então abreviemos. Vamos logo com isso!

Bom… Coletei umas frases por aí, começando por três grandes inspiradores desse pessoal, Goebbels, Mussolini e Hitler. Depois vem uma variedade de pensamentos sobre a guerra. Vejamos:

Joseph Goebbels: “Para convencer o povo a adentrar na guerra, basta fazê-lo acreditar que está sendo atacando”.

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Mussolini: “Estas guerras, ousaria dizer, estimulam de certo modo a economia das nações”.

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Adolf Hitler: “É sempre mais difícil lutar contra a fé do que lutar contra a inteligência”.

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Winston Churchill: “Se Hitler invadisse o inferno, eu cogitaria uma aliança com o demônio”.

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Maquiavel: “Os homens, quando não são forçados a lutar por necessidade, lutam por ambição”.

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Isaac Asimov: “A violência é o último recurso do incompetente”.

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Eu: “Há situações em que rico é que não vai pra frente. Na guerra, por exemplo”.

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Sartre: “Quando os ricos fazem a guerra, são os pobres que morrem”.

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Agatha Christie: “Fomos deixados com o sentimento horrível agora de que a Guerra nada resolveu, que ganhar uma é tão desastroso quanto a perder”.

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Pablo Neruda: “Os poetas odeiam o ódio e fazem guerra à guerra”.

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Virginia Wolf: “Podemos ajudá-los a prevenir a guerra não repetindo suas palavras e seguindo seus métodos, mas encontrando novas palavras e criando novos métodos”.

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Henfil: “Enquanto os sábios pensam sem certeza, os idiotas atacam de surpresa”.

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Sun Tzu: “A suprema arte da guerra é derrotar o inimigo sem lutar”.

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Charles Chaplin: “Se matamos uma pessoa, somos assassinos. Se matamos milhões de homens, somos heróis”.

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George Orwell: “Toda guerra, quando chega ou antes de chegar, é representada não como uma guerra, mas como um ato de autodefesa contra um maníaco homicida”.

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Orwell, de novo: “Toda propaganda de guerra, toda a gritaria, as mentiras e o ódio vêm invariavelmente das pessoas que não estão lutando”.

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Mao Tsé-tung: “A política é uma guerra sem derramamento de sangue; a guerra é uma política com derramamento de sangue”.

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Einstein: “Não sei com que armas a III Guerra será lutada, mas a IV será com paus e pedras”.

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Einstein, de novo: “A força sempre atrai os homens de baixa moralidade”.

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Santos Dumont (quando começaram usar aviões na guerra): “Criei um aparelho para unir a humanidade, não para a destruir”.

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Mark Twain: “Deus criou a guerra para que os americanos aprendessem geografia”.

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Julio Ribeiro: “Crítica e luta são as duas forças que podem levantar países decadentes e corruptos”.

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Ditado popular: “Guerra e amores: por um prazer, cem dores”.

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Miguel Couto: “No fundo de todas as guerras, obras dos homens, o que existe é a cobiça de riquezas ou glórias, mas sempre a cobiça”.

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Marquês de Maricá: “A ciência médica ensina a curar os doentes, a arte da guerra a matar os sãos”.

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Hipócrates: “A guerra é a melhor escola do cirurgião”.

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Vitor Caruso: “A humanidade é sanguinária. Todas as nações têm o seu Ministério da Guerra; nenhuma, o Ministério da Paz”.

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Quentin Crisp: “A guerra entre os sexos é a única em que ambos os lados dormem regularmente com o inimigo”.

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Oppenheimer (que chefiou o Projeto Manhattan, criador da bomba atômica): “Agora eu me torno a morte, o destruidor de mundos”.

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Guerra Junqueiro: “O povo, coitado, é soberano como fora Jesus para beber o fel, para morrer na cruz, para pagar impostos, para morrer na guerra”.

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Hannah Arendt: “A guerra tornou-se um luxo acessível apenas às nações pobres”.

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Tom Stoppard: “A guerra é o capitalismo sem luvas”.

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Arnold Toynbee: “Às guerras de religião se seguiram, depois de uma brevíssima trégua, as guerras das nacionalidades: e em nosso mundo ocidental moderno, o espírito dos fanatismos religioso e nacional constitui evidentemente uma mesma e só paixão maligna”.

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Napoleão Bonaparte: “Guerras religiosas são, basicamente, pessoas se matando para decidirem quem tem o melhor imaginário”.

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Napoleão Bonaparte, de novo: “O exército é uma multidão que obedece”.

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Peter Ustinov: “Os generais são um caso fascinante de desenvolvimento retardado. Afinal, aos cinco anos todos queremos ser generais”.

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Almirante Thompson: “O marinheiro está sempre em luta. Não precisa estar em guerra com outra nação”.

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Isabel Allende: “A guerra é obra de arte dos militares, a coroação da sua formação, a insígnia dourada da sua profissão. Não foram criados para brilhar na paz”.

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Che Guevara: “A farda modela o corpo e atrofia a mente”.

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George Bernard Shaw: “Nunca espere nada de um soldado que pensa”.

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Georges Clemenceau: “A guerra é um negócio muito sério para ser deixada por conta dos generais”.

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Clemenceau, de novo: “Fazer a guerra é mais fácil do que fazer a paz”.

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Golda Meir: “Um líder que não hesita antes de mandar seu país à guerra não está pronto para ser um líder”.

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Jorge Luis Borges (sobre a Guerra das Malvinas): “Uma guerra entre dois carecas por causa de um pente”.

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Mia Couto: “Em tempos de guerra, filhos são um peso que atrapalha muito”.

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James Joyce: “Paz e guerra dependem da digestão de algum fulano”.

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Abbie Hoffman: “Sou a favor do canibalismo compulsório. Se as pessoas fossem obrigadas a comer o que matam, não haveria mais guerras”.

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John Lennon: “Não esperem me ver atrás de barricadas, a menos que elas sejam de flores”.

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Karl Kraus: “A guerra, a princípio, é a esperança de que a gente vai se dar bem; em seguida, é a expectativa de que o outro vai se ferrar; depois, a satisfação de ver que o outro não se deu bem; e finalmente, a surpresa de ver que todo mundo se ferrou”.

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Thomas Mann: “A guerra é a saída covarde para os problemas da paz”.

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Eduardo Galeano: “No manicômio global, entre um senhor que julga ser Maomé e outro que acredita ser Buffalo Bill, entre o terrorismo dos atentados e o terrorismo de guerras, a violência está nos arruinando”.

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Barão de Itararé: “A guerra é uma coisa tão absurda e incompreensível que, quando se registra um combate de amplas proporções, até as ‘baixas’ são altas”.

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Bezerra da Silva: “Todo dinheiro gasto pela humanidade comprando armas para a guerra que só traz dor daria para matar a fome de todo povo sofredor”.

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Josué de Castro: “Fome e guerra não obedecem a qualquer lei natural, são criações humanas”.

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Ernest Heminway:

“Quem estará nas trincheiras a teu lado?

⸺ E isso importa?

⸺ Mais do que a própria guerra”.

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Otto von Bismarck: “Nunca se mente tanto como antes das eleições, durante uma guerra e depois de uma caçada”.

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Ditado popular: “Em tempo de guerra, mentiras por mar e por terra”.

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Ésquilo: “Na guerra, a verdade é a primeira vítima”.

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Clarice Lispector: “Eu sou o meu próprio espelho. E vivo de achados e perdidos. É o que me salva. Estou metida numa guerra invisível entre perigos. Quem vence? Eu sempre perco”.

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Voltaire: “Os homens corromperam um pouco a natureza, pois não nasceram lobos, e tornaram-se lobos. Deus não lhes deu nem canhões nem baionetas, e eles fabricaram baionetas e canhões para se aniquilarem”.

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Thomas Hobbes: “O homem é o lobo do homem, em guerra de todos contra todos”.

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Madame Du Barry: “Numa sociedade de lobos, é preciso aprender a uivar”.

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Ninon de l’Encios (cortesão francesa do século XVII): “O amor é como a guerra: fácil de começar e muito difícil de terminar”.

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Gandhi: “Uma pessoa que não está em paz consigo mesma é uma pessoa que está em guerra com o mundo inteiro”.

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Heródoto: “Em tempos de paz, os filhos sepultam os pais; em tempo de guerra, os pais sepultam os filhos”.

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Frederico, o Grande: “Quando um monarca deseja a guerra, começa-a muito simplesmente, quite com sua consciência, porque sempre tem qualquer homem da lei cheio de gravidade, para demonstrar por A + B que o direito estava ao seu lado”.

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Baruch Spinoza: “Paz não é a ausência de guerra; é um estado mental, na disposição para a benevolência, confiança e gestos”.

* * *

Sólon: “A igualdade não gera guerras”.

* * *

Ziggy Marley: “Quando todos os homens houverem dado as mãos, não existirão mãos para segurar armas”.

Trecho de uma música de Juca Chaves, da época em que o governo Juscelino comprou um porta-aviões de segunda mão, a que deu o nome de Minas Gerais: 

O Brasil já vai à guerra
Comprou porta-aviões
Um viva pra Inglaterra
De 82 milhões…
Mas que ladrões…

Em 2002 o Minas Gerais foi posto em leilão internacional e vendido por 2 milhões de dólares… transformado em sucata.

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Mouzar Benedito, jornalista, nasceu em Nova Resende (MG) em 1946, o quinto entre dez filhos de um barbeiro. Trabalhou em vários jornais alternativos (Versus, Pasquim, Em Tempo, Movimento, Jornal dos Bairros – MG, Brasil Mulher). Estudou Geografia na USP e Jornalismo na Cásper Líbero, em São Paulo. É autor de muitos livros, dentre os quais, publicados pela Boitempo, Ousar Lutar (2000), em coautoria com José Roberto Rezende, Pequena enciclopédia sanitária (1996), Meneghetti – O gato dos telhados (2010, Coleção Pauliceia) e Chegou a tua vez, moleque! (2017, e-book). Colabora com o Blog da Boitempo mensalmente, às terças.

 

[Fonte: blogdaboitempo.com.br]

Faire connaissance en apprenant les langues étrangères, c’est la recette de Corinne Desarzens pour sortir de l’entre-soi qui trop souvent nous étouffe. En une quarantaine d’histoires foisonnantes, elle invite à redevenir poreux au monde

 

Écrit par Julien Burri

Corinne Desarzens aime les mots, elle les collectionne, les échange, en use comme de talismans dans ses voyages; elle les lance dans la conversation, par surprise, au moment opportun, pour produire de petites épiphanies. On a l’impression qu’elle vit pour cela: ouvrir sans cesse de nouvelles portes d’une culture à l’autre, créer des appels d’air. Que ce soit dans une rue sombre de Zanzibar, au bord du Bosphore ou lors d’une réunion de la communauté albanophone suisse romande à Lausanne: elle sait à chaque fois faire des étincelles.

Dans un café grec, l’écrivaine demande à des hommes attablés en solitaires: «Τι είναι ομορφιά», «Qu’est-ce qu’est la beauté?» Un pope lui répond par ce petit poème calligraphié: «Quatre yeux deux cœurs/s’ils s’aiment/mieux vaut l’enfer/que les séparer.» À chaque fois, un monde s’ouvre.

Elle éprouve le même plaisir à la découverte des mots écrits par d’autres ‒ romans, poèmes, en français ou pas, d’Ossip Mandelstam à Hemingway. Pour la romancière, vient ensuite le temps de l’écriture: la transposition de ces rencontres inattendues dans des récits foisonnants et généreux.

Corps célestes

Les hommes sont des corps célestes dérivant dans leur solitude. Parfois les orbes des planètes se frôlent, une seule fois peut-être, et un contact devient possible, de mystérieuses intersections se dessinent; ce sont ces brefs instants vertigineux que raconte La lune bouge lentement mais elle traverse la ville.

Lire ces 34 chapitres (auxquels s’ajoutent une préface et une postface regorgeant elles aussi d’anecdotes), c’est accéder à une somptueuse bibliothèque contenue dans un seul volume. En plus de pépites en roumain, en swahili, en suisse-allemand, en géorgien, etc., le livre offre quelques pages de dessins croqués par l’écrivaine, parce que le dessin permet de «réveiller les fantômes».

Question de survie

Corinne Desarzens a étudié l’anglais, le russe, l’arabe, le japonais, le romanche, entre autres, pour le plaisir. Il ne faut pas y voir une recherche d’exotisme, c’est une question de survie: les mots permettent de créer du champ pour ne pas suffoquer, d’opérer une petite greffe de peau «pour réparer une gueule cassée qu’on ne soupçonnait même pas d’avoir». Il ne s’agit pas de fuir l’ennui, mais de maintenir son âme en vie, parce que «chaque mot est une pierre pour traverser la rivière à gué».

Son mot préféré, mamihlapinatapei, vient du tehuelche, parlé en Terre de Feu, utilisé pour décrire l’instant où deux personnes échangent un regard, «un moment de complicité, de silence très expressif. De solitude partagée.» Une question d’intersection entre les astres.

Ce livre prouve qu’il est encore possible de voyager hors des autoroutes du tourisme de masse. Il propose une nouvelle façon d’être au monde. Il s’agit de rejoindre «le sauvage, le décapé, l’ordinaire, toujours si mystérieux», de percevoir l’autre dans sa différence, de l’honorer, d’activer et de réveiller les potentiels du hasard. De créer, avec l’autre, un lien particulier, unique, même fugace, en renonçant au globish, l’anglais du tourisme planétaire simplifié et insipide. D’écarter les flux d’images de voyages trop lisses des réseaux sociaux pour retrouver la magie de l’inconnu, du rugueux, de l’effort. De s’effacer, de devenir invisible pour se rendre poreux au monde. Sans oublier de glisser une goutte d’amertume, dans la douceur, «pour la faire durer plus longtemps».

Portrait en creux

Être touché par les mots est une question de désir: «Quelque chose de savoureux qui vous sature», confie l’auteure. «Une densité qui ne reviendra peut-être plus jamais: ça a été. Qui vous emplit à ras bord, jusques au bord ‒ j’aime cette liaison qui amène vraiment au point ultime. Qui stupéfie et euphorise autant que de savoir nager en eau profonde, de tomber amoureux, de mettre au monde.»

À la fin, au fond des yeux de l’autre, c’est son propre reflet qui est révélé: «Ce sont toujours les étrangers qui connaissent, qui ressentent le mieux notre propre pays d’origine.» Et au fil de ses pages tissées d’histoires, formant des motifs aussi beaux que ceux d’un tapis persan, c’est son propre portrait que Corinne Desarzens esquisse en creux, celui d’une voyageuse, un carnet à la main. Regardez sa façon élégante de se glisser, de traverser le monde, les villes, les livres et les époques. Mystérieuse, elle ouvre des portes là où il n’y a pas de porte.


 

Récits
Corinne Desarzens
La lune bouge lentement mais elle traverse la ville
La Baconnière, 343 p.

 

 

 

[Illustration : Corinne Desarzens/Ed. La Baconnière – source : http://www.letemps.ch]

Víctima d’uns plans d’estudis cada cop menys humanístics i cada cop més sobreregulats i excloents, la literatura s’aguanta com pot

Escrit per Francesc Ginabreda

Hi ha moltes maneres de reivindicar la literatura: apel·lant al talent de l’escriptor, a la sapiència, a la profunditat, al valor històric del text, a l’entreteniment, a l’enginy o al seu poder transformador. Al seu encís. I practicar amb l’exemple compartint la fascinació que ens produeixen les seves històries a través del nostre propi relat. És el que fan Antonio Iturbe i Jordi Lafebre a Cinquanta moments literaris (Bridge) fent lluir l’esquer de l’anècdota per desembolicar el nostre interès antropològic. Qui va dir que la història de la literatura és avorrida?

Víctima d’uns plans d’estudi cada cop menys humanístics i cada vegada més sobreregulats i excloents, la literatura s’aguanta com pot entre l’eficàcia acrítica i l’estandardització retòrica dels currículums escolars. I tot i que tenim grans professors, “si la literatura s’ha convertit en una matèria que molts estudiants perceben com inútil o soporífera és perquè no hem sabut explicar-la”. Ho diu Antonio Iturbe, que precisament per donar la resposta contrària a aquesta situació ha recopilat, amb Jordi Lafebre, cinquanta moments per “abocar-nos a la literatura d’una manera que no s’assembli a l’administrativa i pautada per un currículum docent, sinó a la del relat dels Contes de les mil i una nits“. De l’anècdota a l’interès i de l’interès a l’encantament.

No és fàcil fer una tria de “només” cinquanta moments literaris o metaliteraris, i menys començant a l’any 1.400 abans de Crist amb la història de Guilgameix i les seves proeses èpiques. Però com que la literatura s’ha de saber explicar, abans el relator ha de ser capaç de seleccionar entre les inacabables anècdotes, fabulacions i casualitats que formen part de la vida i l’obra dels grans escriptors. I aleshores emergeix l’espurna de la literatura ben transmesa, aquella que ens fa viure altres vides sense moure’ns del sofà, del llit, de la cadira o de qualsevol racó de món on passem estones fent de lectors.

Si fem cas a Iturbe, la qüestió és “no només explicar, sinó també embruixar”. Tota atmosfera idíl·lica, delitosa o fins i tot càndida és bona per deixar-nos segrestar una estona per la literatura, per aquest volgut encís de la transmissió. Almenys, aquesta és l’actitud.

Viatjant amb Homer cap a Ítaca, enamorant-nos de Beatriu amb Dante, rememorant el volcànic cristianisme de Llull, assajant com retratar la condició humana amb Montaigne, recorrent la infància presidiària de Dickens, caminant cap als boscos amb Thoreau, escrivint cartes amb Dickinson, exiliant-nos amb Rodoreda, vigilant un càmping amb Bolaño i recordant amistats perilloses i rivalitats mítiques com les de Luis de Góngora i Francisco de QuevedoArthur Rimbaud i Paul Verlaine o Ernest Hemingway i Francis Scott Fitzgerald. Sense oblidar la mort de Txékhov amb xampany.

I tornem al titular: “Entre dos cirurgians igualment competents, procuri que l’operi qui hagi llegit Txékhov”, tal com va dir, amb erudició sorneguera, el crític literari Simon Leys. Potser en comptes de Txékhov ens decantaríem per Gógol, o per Dostoievski, o per Tolstoi, i potser de totes maneres l’elecció seria desafortunada, però pel que fa al cas la idea no canvia.

I si el debat fos entre Verlaine i Rimbaud? Per si de cas, abans de passar pel quiròfan, aquell dia no us emborratxeu metaliteràriament sense pistola.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

“Los lectores se lo debemos todo a los traductores literarios”, confiesa Patricio Pron

Fotograma de ‘Il traditore’ (2019), de Marco Bellocchio

Escrito por PATRICIO PRON

Aunque existe una pequeña tradición literaria cuyo tema central es el denuesto de los traductores y cuyo lema habitual es la frase italiana “traduttore, traditore” [traductor, traidor], lo cierto es que algunos lectores se lo debemos todo. Yo fui uno de ellos y conocí a muchos así: éramos pobres como ratas pero amábamos unos libros que no podíamos leer en el original porque no teníamos dinero para aprender ningún idioma extranjero. Yo creía con devoción en Francisco Porrúa, Enrique Pezzoni, Juan José del Solar, Miguel Sáenz, Elvio E. Gandolfo, Marcelo Covián, Gabriel Ferrater, Francisco Abelenda, Jorge Berlanga y Marcial Souto; estaba convencido de que estos traductores solo traducían a escritores que valieran la pena, y a menudo su nombre en las primeras páginas interiores de un libro (injustamente, nunca en su portada) era razón suficiente para pedir prestado el libro en alguna biblioteca pública o robarlo en alguna librería, incluso aunque no supiera nada de su autor.

A menudo también, esos libros eran un descubrimiento, que no hubiera podido hacer sin los ejercicios de ventriloquía de los mencionados: Jorge Berlanga “era” para mí Charles Bukowski, Francisco Abelenda y después Marcial Souto “fueron” creo que todo Ray Bradbury, Enrique Pezzoni “fue” Herman Melville, sin Elvio E. Gandolfo probablemente jamás hubiera sabido quiénes eran los beats, Miguel Sáenz “fue” Thomas Bernhard y W. G. Sebald entre otros. Una vez más, a menudo estos traductores eran también excelentes escritores ellos mismos y, como en el caso de Guillermo Cabrera Infante, Elvio E. Gandolfo y Enrique Pezzoni, les leí como autores poco después de haberles leído como traductores y resultaron tan importantes para mí como los autores que ellos mismos habían traducido.

No sé absolutamente nada sobre teoría de la traducción, pero conozco a algunos traductores cuyo trabajo disfruto como lector y de los cuales aprendo, como Javier Calvo, Eduardo Hojman, Marcelo Cohen, Helena Cortés, Cé Santiago. A veces también soy traducido: Christian Hansen me ha prestado su voz en alemán, Claude Bleton en francés y Francesca Lazzarato en italiano. Janet Hendrickson y Kathleen Heil me han traducido al inglés y, a todos los efectos, considero mi traductora a ese idioma a la extraordinaria Mara Faye Lethem. A veces, también, traduzco yo mismo, y lo hago todas las veces con más dudas que certezas y con el temor de convertirme yo mismo en un traidor pese a haber sido tan felizmente traicionado tantas veces en el pasado. Un mundo sin traductores sería un mundo donde las diferencias de procedencia, de ingresos y de clase social que determinan el acceso a la literatura serían aún más notables y, por lo tanto, un mundo un poco más injusto.

Sería un mundo, también, donde yo nunca hubiera descubierto a escritores como Arno Schmidt, Ernest Hemingway, James Joyce, Raymond Carver, Alain Robe-Grillet, Flannery O’Connor y muchos otros. Naturalmente, y por esto, también sería un mundo donde yo no escribiría. Creo que hay un “día del traductor”, pero desconozco cuál es y prefiero mantenerme al margen de la tontería de los aniversarios. Aprendí algunos de los idiomas que no podía leer cuando era un adolescente pobre y debía robar libros; sin embargo, sigo leyendo traducciones con entusiasmo y sin ningún interés particular en cotejarlas con sus originales, que a veces también leo. Supongo que la traducción es un ejercicio de ventriloquía y carece de importancia que, de alguna manera, y para muchos puristas, sea un engaño. Algunos preferimos ser engañados, y llamamos a eso literatura. Aquí, una vez más, hay un adolescente pobre que vuelve a maravillarse ante su descubrimiento.

 

[Fuente: http://www.latempestad.mx]

 

 

Hay escritores que escriben una y otra vez la misma novela. Philip Roth no es solo uno de ellos, es el que ha hecho de la repetición de la misma fórmula magistral una de las características de su genio. El esquema es siempre el mismo: un muchacho judío americano debe alejarse de las seguridades de su mundo y del seno de su madre, para arrojarse en brazos de la terrible amenaza gentil: la mujer gentil inquietante e impredecible que pondrá su mundo (y el nuestro) patas arriba. Ese era el argumento de « El lamento de Portnoy » que lanzó a Roth a la fama y también el de « La visita al maestro », « Indignación », « Mi vida como hombre ».
En « El animal moribundo », la edad empieza a definirse como otro de los ejes, recurrentes de Philip Roth, el paso del tiempo y la memoria como infierno particular. Una memoria que es repetir todas las vidas como un modo de repetir la historia.
Roth nos cuenta las preocupaciones concretas de un sector muy concreto de la sociedad en un espacio de tiempo insignificante a veces, y las eleva a preocupaciones universales que afectan al mundo entero.
En esta transformación de lo ilimitado en infinito, se une a Hemingway y a Faulkner. Y en la repetición de su mundo limitado para convertirlo en ilimitado, hace verdadero el adagio de la escritura creativa: no importa repetir, si se repite lo que importa.
Y lo que le importa a Roth es el tiempo y la muerte, que es lo mismo que decir que habla siempre de la soledad y de la vida. La soledad en compañía de otros que es la condena más terrible. La soledad en el amor que es el último castigo del pecador más terrible. Ese que decía San Agustín, que no peca porque no puede.
Por eso, todas sus novelas desde « Me casé con un comunista » a « Elegy » son una única novela y al mismo tiempo son siempre una novedad, una sorpresa.
Eterno candidato al Premio Nobel, la concesión del Premio Príncipe de Asturias de las Letras no habrá sido una sorpresa para el escritor más premiado de los modernos Estados Unidos.
Un escritor acosado por la muerte, en novelas como « El animal moribundo » o « Sale el espectro » y que la vence a través de la inteligencia. Philip Roth ejerce la autoironía como el último refugio contra el fin de todas las cosas. En « Indignación », Roth convierte la memoria en el infierno, el infierno de recordar vidas infelices en el que parecen consistir todas sus novelas.
Y contra ese recordar frustraciones como infierno, el lenguaje: el placer del lenguaje laborioso y culto se configura como el Paraíso de Roth en un mundo en el que la familia sobreprotectora es una metáfora de un estado a la vez omnipresente e impotente.
La madre judía sobreprotectora de « El lamento de Portnoy » se une al padre sobreprotector de « Indignación » en una galería de personajes conmovedores, porque todos los hemos conocido alguna vez. Personajes que pueden haber sido nuestros vecinos y que ahora son los héroes de estas novelas de anti-héroe.
Roth es el verdadero protagonista travestido en tantos nombres de estas novelas que hurgan en la culpa y la conciencia como si fueran estercoleros de los que el autor siempre es capaz de extraer algo valioso. Entre las toneladas de basura de la ciudad perdida de las palabras, aparecen una y otra vez tesoros ocultos: de conocimiento, de intuición.
Son atisbos del mundo que Roth va creando en la cara oscura de cada novela. Ese mundo de sombras que nos permite adivinar la luz y que acaba de valerle al autor un Premio Príncipe de Asturias.
Porque lo escrito siempre pesa más que lo escrito: en la obra de Philip Roth y en la verdadera literatura.
Por Eugenia Rico
[Fuente: http://www.clubcultura.com]

Publicado por Javier Aznar

Hay tres tipos de personas de las que inmediatamente suelo desconfiar. Me sirven como radar para detectar cretinos, algo de una tremenda utilidad en estos tiempos convulsos que vivimos:

1. Los que se meten con los últimos Simpson.

2. Los que desprecian lo último de Aaron Sorkin.

3. Los que critican al último Woody Allen.

Si alguien reúne los tres requisitos mencionados anteriormente, es del todo imposible que pueda llegar a entablar cierta relación de amistad con dicha persona. Y estoy siendo generoso otorgándole la categoría de persona, y no rebajándole a la de homínido poco evolucionado, cercopiteco, protozoo o insignificante coleóptero infrahumano. ¿Prejuicios? No. Optimización del tiempo. De su tiempo y del mío. ¿Cómo compartir un café con alguien que no valora que Los Simpson sigan creando situaciones descacharrantes tras veinticinco temporadas en antena? ¿Cómo ir de viaje, cenar, compartir confidencias o ser el testigo en la boda de una persona que desprecia sistemáticamente cada nueva película Woody Allen? Sí, definitivamente puedo permitirme prescindir de la amistad de este tipo de personas. A fin de cuentas, como escribía David Trueba en Cuatro amigos, la amistad está sobrevalorada, como los estudios universitarios, la muerte y las pollas largas.

Cuidado. Obsérvese el matiz recurrente de «último». Es importante. Porque no tengo problema alguno con aquellos a los que nunca les han gustado Los Simpson, Aaron Sorkin o Woody Allen. Ahí hay una coherencia, unos principios atornillados. Un credo. Si bien incomprensible, me parece algo respetable. Mi problema reside en tener que soportar a esos ventajistas que se declaran fans únicamente de los «primeros trabajos» de Woody Allen. De su «primera época». Esos mismos que tienen una lámina glicée de Manhattan colgada en el salón de casa y luego se permiten la osadía de despedazar Blue Jasmine sin miramientos, proclamando que Woody Allen está acabado.

¿Acabado? Decir que Woody Allen está acabado es una boutade de una temeridad insultante, es una muestra de una lacerante falta de humanidad y, sobre todo, es una mentira de proporciones extraordinarias.

Pero esto no es ninguna novedad. Woody Allen lleva colgando toda su carrera el sambenito de que sus películas inmediatamente anteriores —da igual que estemos en 1978 o en 2003— son siempre mejores. Ese «tú antes molabas» ha sido una constante en su vida. Incluso cuando dejó de rodar esas sucesiones de sketches como Toma el dinero y corre (1969) o Bananas (1971) para comenzar a hacer películas algo más «serias», como Annie Hall (1977) o Manhattan (1979), le cayeron palos por todos lados. Muchos lo consideraron como una traición a su propio estilo. De hecho, su película Recuerdos (1980) fue duramente criticada porque se interpretó (creo que con toda la razón) como una parodia de sus fans y críticos más iracundos. Hay una escena inolvidable en esta película en la que un Woody Allen en plena angustia existencial establece contacto con unos extraterrestres buscando respuestas, y estos le contestan con la eterna cantinela: «La verdad es que nos gustaban más tus primeras películas».

Los que se meten con el último Woody Allen suelen ser los mismos que usan comillas en el aire cuando hablan, los que emplean ergo en sus discusiones de Twitter y los que siempre tienen un «su primer disco era mejor» en la boca. Esa gente que repite lugares comunes porque se aburre de la excelencia. «La quinta temporada de The Wire es muy floja». «Los Planetas no vocalizan». Cuñados ilustrados. La corriente más peligrosa del haterismo: los permanentemente insatisfechos. Los toreros de salón que se permiten dar consejos al matador que salta al ruedo. Y suelen llevar coderas en la chaqueta.

No tengo reparos en admitir que a veces me gustaría llevar un guante y abofetear con un seco movimiento de muñeca al primero de mis amigos que me diga durante un cena que Woody Allen está acabado y que ya solo se dedica a rodar postales desde ciudades europeas. Y citarnos al acabar los postres a la salida del gastrobar al que nos hayamos visto arrastrados, y que nuestras novias nos sujeten las gafas de pasta, las libretas y nuestros portátiles, mientras nos remangamos los jerséis de pico de lana merino y nuestras camisas de leñador, para partirnos la cara como si formáramos parte de un Club de la Lucha nerd.

Porque Woody Allen forma parte del acervo de mi cultura sentimental y no estoy dispuesto a que se mancille su honor de forma gratuita. Cada película de Woody Allen me fue enseñando a acercarme a la vida, como un animal que se arrima por primera vez al fuego. Woody Allen no es simplemente un director de cine. Woody Allen son los discos de Dylan y de la Creedence de mi padre, los libros que leía a escondidas, los amigos de la adolescencia, el colegio de curas, mi equipo de fútbol, las noches frías en el parque, la chica a la que intentaba hacer reír, Casablanca y Fellini, las tardes bañadas en Barcardi en la playa, el póster de Nueva York colgado en mi habitación, los chicles de fresa ácida, las monedas en los bolsillos, los autobuses al cine, buscar con el dedo Manhattan en el atlas y a NabokovFreud o a Wagner en la Larousse del salón. Si construyera una máquina del tiempo, volvería sin dudar un instante a la primera tarde que vi solo en un cine una película de Woody Allen, aquella primera vez en la que me reí con sus frases porque las entendía realmente, y no porque algún mayor al que admiraba se reía a mi lado. Esa sofisticación que tiene descubrir torpemente los límites de tu propia inteligencia. Sí, volvería a aquella tarde. Jamás volvería al primer beso. Qué horror. Un perro nunca vuelve sobre su propio vómito. Ni siquiera volvería para asesinar a Hitler. Llámenme cobarde y egoísta. Jódase la humanidad. Me da igual. Volvería a ese cine apolillado en el que reponían Manhattan para caer otra vez como un piano de cola desde un ático en los ojos de Mariel Hemingway.

Se habla mucho de la corrección política. No estaría mal tratar la corrección intelectual, ese volátil conjunto de normas sociales no escritas que dictaminan que todo aquel autoproclamado intelectual tiene que declararse fan del primer Woody Allen (ManhattanAnnie Hall o Hannah y sus hermanas) y repudiar al Woody Allen europeo (Match PointScoop o A Roma con amor). Sucede últimamente algo parecido con Joaquín Sabina. Lo intelectualmente correcto estos días es decir que era mejor cuando se drogaba. Ni siquiera es moderno ni estimulante afirmar que 19 días y 500 noches probablemente sea el mejor disco en español de los últimos veinte años. Es considerado como algo rancio y casposo. Del mismo modo también parece obligatorio decir que al de Nueva York se le acabó la gasolina hace tiempo. Porque está mal visto que alguien con talento sea tan prolífico. Va contra los cánones. Un verdadero genio no trabaja. La inspiración tiene que llegarle y sus obras tienen que espaciarse generosamente en el tiempo. ¿Una película cada año? ¡Blasfemia!

Pero vayamos a los hechos: Match Point es una película colosal y de un gran belleza. Y sirvió para reencontrarnos en Londres con el Woody Allen más salvaje y sentimental. Midnight in Paris es una obra maestra. A los puristas no les gustará porque trata de forma superficial a Dalí, a Buñuel o el París de aquella época. Seguramente estos querrían un biopic de tres horas protagonizado por un atormentado actor de método que hubiera engordado cuarenta kilos para encarnar a Hemingway. Y qué decir de Blue Jasmine con una Cate Blanchett magistral que encarna a la generación de la crisis subprime. Un retrato agridulce de toda una época.

Por supuesto que no todas las últimas películas de Woody Allen son obras maestras. Ni mucho menos. Vicky Cristina Barcelona se me hizo de difícil digestión (por muy bien que estuviera Penélope Cruz) y, a pesar de recibir buenas críticas fuera de nuestras fronteras, no la considero uno de los grandes trabajos de Woody Allen. El sueño de Casandra es una Match Point fallida. Scoop nos demostró que Hugh Jackman no encajaba bien con el estilo alleniano. Y también se criticó duramente su película romana: A Roma con amor. Y estoy de acuerdo: no es uno de sus trabajos más inspirados. No obstante, la historia del hombre dotado con un vozarrón magistral pero que solo sabe cantar cuando está bajo la ducha, por lo que termina dando un recital en la ópera frente a un auditorio entregado mientras se enjabona en una ducha portátil, es una genialidad tremenda. Y ahí está todo Woody Allen: en cada una de las películas, incluso en sus proyectos más mediocres, siempre hay una frase, un momento, un destello que emerge de la nada y compensa el precio de la entrada. Y que la convierte automáticamente en una obra superior a la vasta mayoría de estrenos de viernes con gafas 3D y efectos especiales millonarios. Woody Allen es como ese periodista al que jamás dejarías de leer. Podrás estar de acuerdo o no. Pero siempre encuentras un motivo por el que merece la pena leerle. Porque simplemente te interesa su mirada personal y única sobre el mundo que nos rodea.

Dentro de quince años, o de veinte, o de veinticinco, Woody Allen morirá. Y correrán ríos de tinta sobre su vida, obra y milagros. Y los que ahora despotrican contra él se rasgarán las vestiduras. Se llevarán el dorso de la mano a la frente, como una dama victoriana, y clamarán al cielo que qué haremos nosotros, oh, simples mortales, sin la chispa de Woody Allen iluminando este valle de lágrimas. Sin nuestra ración anual de su ingenio. Y todo el mundo pondrá ocurrentes citas de Woody Allen en Facebook ilustradas con una foto con su pelo alborotado y sus gafas de pasta negra inspiradas en Mike Merrick. Y escritores de relumbrón publicarán en los diarios principales artículos de seis mil caracteres sobre aquella vez que coincidieron en un ascensor de Oviedo con el genio de Manhattan y este les dijo una frase ingeniosa solo para sus oídos.

Por eso ahora es cuando hay que ensalzar el trabajo de Woody Allen. Ahora que podría dedicarse perfectamente a almorzar sus sándwiches de atún y a tocar el clarinete por Nueva York, o a dar de comer a las palomas, o a esconder la cabeza como un avestruz tras sufrir de nuevo acusaciones sobre su vida personal en los medios estadounidenses, y en lugar de todo esto, cada año hace una nueva película, con más o menos inspiración, pero siempre rezumando buen gusto, cuidado por los detalles y sentido del humor.

Yo no considero a Woody Allen un genio. Ninguna de sus películas me parece un diez redondo. Tal vez porque fui educado por un profesor que siempre decía que el diez solo estaba reservado para Sophia Loren y para Dios. Pero sí creo firmemente que el mundo es un lugar un poco mejor con una película suya cada año.

En la icónica escena de Manhattan, viendo sentados el amanecer en un banco junto al puente de Queensboro, Woody Allen le dice a Diane Keaton: «Qué maravilla. Esta es una gran ciudad. No me importa lo que opinen los demás. ¡Es tan extraordinaria!».

Siempre que salgo del cine tras ver algo de Woody Allen, sobre todo si se trata de alguna de sus peores películas, pienso exactamente eso mismo: «Qué maravilla. Es un gran director. No me importa lo que opinen los demás. ¡Es tan extraordinario!».

Y cuento los días para su siguiente estreno.

Porque la vida es eso tan aburrido que nos pasa entre película y película de Woody Allen. Y que me perdonen la Loren y Dios.

 

[Foto: United Artists – fuente: http://www.jotdown.es]

 

Escrito por ANDRÉS G. MUGLIA

Es fascinante cómo se puede revelar la amistad entre dos escritores a través de su literatura. Y esto se verifica, sobre todo, en los textos de Bioy Casares y Jorge Luis Borges. Motivó este apunte la lectura de la novela de Adolfo Bioy Casares El sueño de los héroes, donde encontré numerosas “resonancias borgeanas”. Es de todos conocida la larga amistad de los dos escritores, que cenaban juntos todos los días y escribieron en colaboración bajo el seudónimo de Honorio Bustos Domecq. Esta amistad, que por despareja en el terreno de la edad (Bioy Casares era mucho más joven) uno se siente tentado a llamar paternidad, se trasluce en el terreno literario. Hay como giros de Borges en los textos de Bioy Casares. Una cierta arquitectura del o la elección de ciertos adjetivos que se entrevé compartida entre ambos.

Sin embargo, el estilo de Bioy Casares es más vital, y por eso sus textos en comparación con los de Borges parecen más «desprolijos», como si fuesen borradores de una escritura que en un futuro y luego de correcciones y omisiones de los superficial y lo contingente pudiese convertirse en otra literatura, precisamente la de Borges.

Los dos comparten también el gusto por la tragedia y por la valentía; o por la búsqueda de esa valentía por parte de sus personajes. Preocupación de muchos escritores del siglo XX (verbigracia Hemingway). Gauna, el personaje principal de El sueño de los héroes duda todo el tiempo sobre si es un valiente o un cobarde. Quizás ese tema, que no preocupa demasiado al hombre contemporáneo, fuera central en una época donde cualquier maestro, albañil o ciudadano común pudiese convertirse en un instante en soldado u oficial en el frente europeo de la primera o la segunda guerra mundial.

Otro elemento que los dos explotan es cierto tono burlón, que sin llegar a ser humorístico se relaciona con una mirada irónica e inteligente (ironía e inteligencia se implican mutuamente) de la vida. Y ese tono aligera en muchos tramos de su literatura la tragedia o la angustia que viven los personajes tanto de Bioy Casares como de Borges. Dicen que Silvina Ocampo, esposa de Bioy Casares, refería que cuando estaban juntos los dos autores se tornaban insoportables; precisamente porque se comportaban como adolescentes bromistas. Dicen también que la noche en que los dos escritores se conocieron en la famosa casa de Victoria Ocampo, fue tal la empatía que sintió el uno por el otro que pasaron toda la noche charlando entre ellos sin prestar atención a los demás. Lo cual motivó que Victoria se acercara y los espetara: «No sean mierdas y hablen con el invitado»; que por aquel entonces era, si mal no recuerdo, Graham Greene.

Pero, y a pesar de que la literatura de Bioy Casares se ha visto muchas veces en la desventajosa posición de describirse como una obra «a la sombra de» la de Borges, puede decirse a su favor que es más efectivo que su amigo a la hora de construir personajes veraces. Y aunque esto se ve viciado de valoración personal y de gusto, esa literatura de Borges estilísticamente perfecta, deslumbrante de erudición e inteligencia, se ve penalizada a la hora de dar carnadura a sus personajes. Estos son más que personas simuladas, elementos para una alegoría mayor, aquella que se desprende de todos o casi todos los textos de Borges. Dos guapos batiéndose a cuchillo en la madrugada de los arrabales porteños, Cruz poniéndose del lado de su perseguido Martín Fierro en otra madrugada campera, no son más que elementos de una trama superior, de un ensamble literario parecido a la perfección, que los implica. Quizás en ese sentido no pueda hacerse más por ellos, si se profundizara en sus personalidades se perdería el tono general de lo que Borges buscaba: hablar de los grandes temas de la existencia y la filosofía a través de la literatura. En este sentido Bioy Casares parece más «libre» para construir sus personajes, para darle veracidad de existencia, de probabilidad; para apuntalarlos de detalles y hacerlos creíbles al lector. Gauna, el Dr. Valerga, son personajes ficticios que pueden haber deambulado por la noche de los carnavales de 1927. Es verosímil su existencia; y en el caso de Gauna, su angustia.

Bioy Casares sí emprende una aventura a la que Borges nunca se asomó. La novela. El sueño de los héroes es una novela corta, aunque también puede tomarse por un cuento largo; tal como la Invención de Morel. Es evidente que la arquitectura de El sueño… no puede desarrollarse en un espacio breve como el de un cuento, necesita el aire de una novela corta, pero naufragaría en una de largo aliento. Casares escribe, sino con concisión, porque su escritura es de frases largas y se atarea muchas veces en consideraciones y descripciones que no hacen a la esencia de lo narrado (aunque  tienen un encanto inconfundible y configuran una parte interesante de su estilo); sí se constriñe en redactar capítulos cortos; a veces de una única página. El sueño… es en tal sentido una novela absolutamente moderna, que mantiene la atención con este ritmo rápido de los capítulos que se suceden, muchas veces cambiando repentinamente el escenario para dar una pincelada específica sobre tal o cual sensación del protagonista en un momento determinado.

Si bien el riguroso estilo de Borges no hubiese consentido personajes con nombres como el Brujo Taboada o Gomina Maidana, que desarrollan sus destinos ficticios en el El sueño…, y cuyos apodos, por risibles, más se acercan a personajes que pudo haber imaginado Alejandro Dolina; ni tampoco ciertas libertades que se toma Bioy Casares que a veces emparentan el texto con lo coloquial; sí se encuentran, como perlas engarzadas en un tejido basto, estas pequeñas joyas con destellos borgeanos (pido perdón por la recargada metáfora). «Tuvo un secreto placer en contrariarse»; «Antúnez estaba muy nervioso, muy alagado, muy asustado»; «Se encontró, desde luego, muy solo». Es difícil precisar qué parte de esas frases suena a Borges, el estilo de un autor es una suma de cosas definidas que se tornan difusas en el conjunto. Armonizando con otros elementos extraborgeanos, encontramos estas pequeñas obritas de arte, como figuritas adorables danzando en un paisaje laboriosamente elaborado para que ellas se destaquen.

Puede parecer antipático juzgar a un autor a la luz de sus influencias. Sin embargo, Borges mismo vivió refiriendo las propias, y sus recomendaciones y simpatías literarias son un buen camino para introducirse en el mundo de la literatura; si bien el mapa que Borges ofrece tiene mucho de anglosajón.

La controvertida María Kodama tuvo el exceso de describir a Bioy Casares como el «Salieri de Borges». Borges por su lado, comentó en algún momento en una entrevista que, al inicio de su amistad de cincuenta y seis años con Bioy Casares, Bioy era el maestro. Ni una cosa ni la otra; Kodama pecó por atrevida (y SADE la condenó en un acto de desagravio), y Borges elaboró seguramente una broma parecida a la humildad que lo ponía a él por debajo de su amigo. ¿Podemos pensar en una impostura tal que pusiera a Borges como secreto Salieri de Bioy Casares? Lo dudo, pero si fuera cierto, sería uno de los últimos y más perfectos chistes de dos brillantes bromistas.

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

a distinguished indigent drunken…
—Samuel Beckett

Escrito por Arturo Dávila

Charles Bukowski cumple hoy, 16 de agosto, 100 años. No sé si los jóvenes lo lean con tanta fruición como antes, pero su leyenda sigue viva. Los que acompañamos a Henry Chinaski, su alter ego, a través de cientos de páginas de aventuras etílicas y sexuales, todavía lo extrañamos. Hay pocos autores que tengan un humor tan negro y tan radiante a la vez, y que taladren de manera tan singular la conciencia de los lectores. Bukowski sabía escandalizar y divertir. No hay punto medio con su obra: o te gusta o la detestas. Escribía con navaja para rasurar la realidad. Era macho, proletario, sexista, iconoclasta, fanático del box y de las carreras de caballos; es decir, un ente asocial, políticamente incorrecto, un pelafustán agraciado. El Buscón de Quevedo es uno de sus más ilustres ancestros. Su sentido del humor y su capacidad de insultar a quien se le pusiera enfrente, aun cuando ya había alcanzado la fama y el dinero, lo salvan. También pensó y reflexionó sobre la vida, y la fotografió sin reservas morales. No pactó con nada ni con nadie y fue un nihilista iluminado.

§

En alguna entrevista, William Faulkner afirmó que Ernest Hemingway le parecía un gran escritor, ya que no se necesitaba un diccionario para leerlo. Lo que era un insulto sutil para el escritor de Illlinois, no lo es para Bukowski. Si se quiere aprender el inglés callejero de los Estados Unidos, la forma en que la gente conversa en un bar o en un restaurante de comida rápida, solo hay que visitar alguno de sus poemarios o empezar una de sus novelas. Sus líneas fluyen como agua, sin turbulencia. La complejidad surge precisamente de esa aparente sencillez, de su asombrosa imaginación, y de algo muy profundo en él: la falta de pretensiones.

§

Trabajó muchos años en la US Post Office, de donde surgió su primera novela, Post Office (1971). Una década como cartero le dio la oportunidad de caminar al aire libre, flanear por los jardines de los ricos de Hollywood, fisgonear sus escándalos, y enfrentarse a los feroces perros que cuidaban sus mansiones. De repente, John Martin la publicó en Black Sparrow Press, y con esa novela le llegó la fama. Empezaron a circular en abundancia los cuentos y poemas que Bukowski escribía de noche, en una antigua máquina de escribir, rodeado de latas de cerveza y de ropa sucia esparcida por el suelo. Dejó de trabajar y se dedicó a lo que más le gustaba: beber, escribir y apostar a los caballos. Después de ese éxito, la casa editorial de Bukowski publicó todo lo que salía de su pluma —absolutamente todo—, lo bueno, lo malo y lo feo. Compilaron cerca de 60 libros del autor, disparejos, hasta que un día se les murió de leucemia, el 9 de marzo de 1994, en un hospital angelino. Aunque era ateo, tuvo un entierro budista. Shanti.

§

Llevo meses peleándome contra Murphy (1938), la primera novela publicada por Samuel Beckett. Cada página, cada párrafo, tengo que buscar el significado de 5 palabras o más (en un día favorable), y me obligo a releerlo para entender lo que me quiere decir. Nada más opuesto a la escritura de Bukowski. Sin embargo, coincide con su nihilismo y su retrato de los bajos fondos. Para ambos, la escritura es la única salvación contra la demencia. En esa novela, me encontré con un personaje, Austin Ticklepenny, a distinguished indigent drunken Irish bard, un bueno para nada, a pot poet que trueca con Murphy su trabajo en un manicomio, el Magdalen Mental Mercyseat. Los adjetivos de Beckett me hicieron pensar en Bukowski: borracho, indigente y distinguido. Los tres le caben a Henry Chinaski, su doppelgänger. A pesar de la crudeza de sus relatos, a Bukowski siempre le importó guardar el estilo, que para él coincidía con la lucidez y la dignidad. En cuanto al manicomio que Ticklepenny le ofrece a Murphy, hay una diferencia importante. El MMM de Beckett se sitúa en un lugar imaginario al norte de Londres. El nosocomio que habita Bukoswki se encuentra en las calles abiertas y asoleadas de Los Ángeles, California, y los locos somos nosotros. Bukowski simplemnte relata o poetiza lo que le pasa todos los días: es decir, la locura cotidiana que llamamos —llamábamos antes del virus— “normalidad”.

§

Un dia de 1982, en Ann Arbor, Michigan, yo daba un curso panorámico de literatura española. Tocaba enseñar a Góngora y se me ocurrió repartir una copia del cuadro María Magdalena de El Greco. Pensaba que las formas alargadas del pintor griego explicaban las inextricables metáforas del cisne cordobés, y daban luz al Barroco. Escribí en la pizarra lo que decía Lezama Lima: “Góngora no es oscuro, tiene demasiada luz”. Unos días después, se me acercó una muchacha de pelo negro, ondulado, y de ojos claros. Me dijo que su madre quería conocerme, porque pensaba que ella era la reencarnación de la mujer en el cuadro de El Greco. Yo no entendí bien de qué iba la cosa; sin embargo, acepté.

El día de la cita, cuando llegué a su domicilio, la madre de Audrey me recibió con agrado y en seguida nos invitó a pasar a la mesa. Me enteré de que, siguiendo la costumbre americana, Audrey ya no vivía allí, aunque conservaba su cuarto. La madre de Audrey tenía al pelo largo y oscuro —como ala de cuervo—, hasta la cintura, y unos ojos verde-esmeralda impactantes. Tenían demasiada luz. No sé si era la mujer del cuadro, pero sí era una mujer especial. La cruzaba algo así como una “dreamy expression”, según la expresión de Carl Jung. Durante la comida, con un rayo de luz en los ojos, me agradeció porque le había confirmado su metempsicosis. No supe qué decir. Platicamos de la escuela, de la vida, de la nieve que no se iba. Estábamos en abril, el mes más blanco y cruel del invierno. Tras un rato de agradable plática y de postre, la señora me dijo que la excusara. Tenía una cita no recuerdo dónde ni con quién. Se despidió y se fue.

Audrey era una muchacha tímida y no hablaba mucho. Yo había percibido en su silencio la tristeza y la ausencia de su padre. Tal vez por eso había decidido ir a su casa. Muy probablemente estaba acostumbrada a las extravagancias de su madre, y no le extrañó que hiciera aquellos engarces entre María Mgdalena, El Greco y Góngora. Pasamos a la sala y Audrey me preguntó quiénes eran mis autores preferidos. El joven arrogante que era yo se explayó y mencionó la retahíla de Pound, Eliot, Williams, Quevedo, Sor Juana, Vallejo, qué se yo. Los mismos de hoy. Ella no se inmutó y me preguntó si conocía a Charles Bukowski. Comentó que ella lo leía en los baños de su dormitorio, cuando no podía dormir. La arrullaba. Fue a su cuarto y regresó con Dangling in the Tournefortia (1981). Lo ojeé, lo hojeé y le dije que lo leería. Lo guardé en mi backpack y le di las gracias, conmovido por su generosidad. Me había dado su copia. No sé de qué más conversamos. Un poco después me despedí y me retiré, porque tenía que caminar varias millas heladas hasta la casa donde vivía, cerca del campus universitario. Recuerdo muy bien la blancura del camino, tapizado de nieve, lleno de luz. Toda aquella tarde fue muy luminosa, barroca.

Un par de semanas después acabó la clase… Nunca volví a ver a Audrey ni a su mamá. No se me olvidó su nombre ni aquella visita. Le sigo agradeciendo que me haya iniciado en el culto de Charles Bukowski y de Black Sparrow Press, en Santa Rosa, antes de que HarperCollins lo cooptara y se comercializara al autor ad nauseam, moda a la que ya no le entré. No obstante, aprendí de él a escribir, a veces, con minúsculas, a hacer versos cortos, a intentar poemas conversacionales, y a no tomarme tan en serio. Cómo quisiera que Audrey Chávez leyera estas palabras y que supiera de los cientos de horas de amena lectura, de risas y de sonrisas que me regaló.

§

Cuando uno se mueve mucho, en el exilio o el inxilio, los libros tienden a extraviarse. Se quedan en el camino. El de Bukowski, sin embargo, sobrevivió y, en estas horas virulentas de tapabocas y enclaustramiento voluntario o involuntario, lo he vuelto a abrir. El escritor nacido en Andernach, Alemania y trasplantado a California, sigue irradiando simpatía y, algunas veces, una produndidad sorpresiva. He reunido 6 poemas que quisiera compartir con los y las fans del gran Buk, para celebrar el 100 aniversario de su natalicio. Uno simpático y humoresco, uno de tema mexicoamericano, uno de box, y tres de una sabiduría inesperada, donde se comprueba que Bukowski, como todos los borrachos, también sabía decir la verdad.

Ojalá ayuden a hacer más apacible y ameno el encierro.

Arturo Dávila S.
Oakland, Ca.

§

escuela nocturna

en la clase para conductores ebrios
asignada allí por la división 63
nos dan pequeños lápices amarillos
para hacer un examen
y ver si hemos estado escuchando
al instructor
con preguntas como: “la sentencia mínima para un
conductor consignado por segunda vez
en estado de ebriedad
es”:
a) 48 días
b) 6 meses
c) 90 días
hay otras 9 preguntas.
cuando el instructor abandona la sala
los estudiantes comienzan a consultarse las preguntas:
—oye, ¿qué pasa con la pregunta 5?
ésa está muy dificil.
—¿habló sobre eso?
—creo que son 48 días.
—¿estás seguro?
—no, pero eso es lo que yo voy a
contestar.
una mujer pone un círculo en las 3 respuestas
de todas las preguntas
a pesar de que nos han dicho
que sólo seleccionemos una.

en el descanso bajo y
me tomo una cerveza de lata
fuera de una licorería.
veo a una prostituta negra
en su ronda nocturna.
un auto se detiene.
ella se acerca y
hablan.
la puerta se abre.
se sube al auto y
se van.

de regreso a la clase
los estudiantes ya se han
presentado
son un grupo no muy interesante
un montón de borrachos
y de exborrachos.

me los imagino sentados en un
bar
y recuerdo por qué
empecé a beber
solo.

la clase comienza de nuevo.
se descubre que soy
el único que ha sacado
100 por ciento en el examen.

me reclino en mi silla
y me ajusto los lentes oscuros.
soy el intelectual
de la clase.

§

vírgenes

sentado en este pequeño bar mexicano en San Pedro
domingo por la tarde, 5:30 p.m.
las paredes están decoradas con indios con penacho
cargando a sus vírgenes para sacrificar
¿dónde encontrarían tantas vírgenes?

el joven del bar me trae otra cerveza
es un buen chico, amable y cariñoso, posiblemente
homosexual.

“¿cómo se siente?”, pregunta. “no tan bien”,
le digo. “¿cómo es eso?”, pregunta.
me toco la cabeza y sonrío: “es la mente…”.
“oh”, dice él. “no es nada”, digo
“unas cuantas bebidas más lo curarán…”
“usted bebe”, dice, “como un hombre que tuviera mucha sed”.
“sí, tengo mucha sed”, le digo.

es en tardes como éstas que debería estar
en el hipódromo conectando una exacta de $ 312
no es que el dinero importe
es agradable ver que algo funciona bien por un
momento
como una boa constrictor, como un tigre, como un clip para papel.

hay nuevas vírgenes esta tarde
explotando a través de la superficie
de la pared
arrastrándose hacia las chimeneas
y saliendo de mis oídos montando enormes caballos
blancos
mientras me levanto de la mesa con mis entrañas
avergonzadas
la cerveza mexicana revolviéndose como un
pantano de días y noches
insatisfechos
llego al estacionamiento
la vomito entre dos low-riders brillando recién
encerados
a la luz de la luna.

ahora hay espacio para el whiskey.

§

amor y coraje

la que me gustó más fue donde Cagney
peleó en el ring
se puso macizo
para poder ganar dinero
y pagarle a su hermano
lecciones de música
el hermano quería ser un
pianista clásico
se decía que tenía
gran talento
pero ambos vinieron del Bajo
East Los, y así
Cagney se subió al ring
una y otra vez
por dinero para ayudar al talentoso hermano
a convertirse en un pianista clásico.
Cagney incluso pierde a una muchacha
que le baja su hermano
y finalmente su hermano termina
haciéndola
(en el Carnegie Hall, si mal no recuerdo)
y Cagney
golpeado y ciego
en su puesto de periódicos
escuchando en la radio
a su hermano en la sala de
conciertos,
y, por supuesto, la muchacha está en la
sala de conciertos
adorándolo, con los ojos salvajes,
mientras Cagney calienta sus manos sobre una
pequeña fogata
solo en el frio
y escucha la radio
mientras su hermano toca
el piano,
Cagney
que no sabe una mierda sobre música
y
cuando escucha los aplausos finales
piensa que
todas las palizas que recibió
valieron la pena.

§

es extraño cuando muere la gente famosa

es extraño cuando muere la gente famosa
hayan peleado por las buenas causas o
las malas
es extraño cuando muere la gente famosa
nos gusten o no
son como viejos edificios calles viejas
cosas y lugares a los que estamos acostumbrados
que aceptamos simplemente porque están
ahí
es extraño cuando muere la gente famosa
es como la muerte de un padre o
de una mascota un gato o un perro
y es extraño cuando matan a alguien famoso
o cuando se suicida.
el problema con la gente famosa es que debe
ser reemplazada y nunca podrá ser
reemplazada, y eso nos deja esa tristeza
extraña.
es extraño cuando muere la gente famosa
las aceras se ven diferentes y nuestros
niños se ven diferentes y nuestras compañeras de cama
y nuestras cortinas y nuestros automóviles.
es extraño cuando muere la gente famosa:

quedamos confundidos.

§

la mujer de Alemania

cada 3 o 4 noches suena el teléfono
y es esa mujer de Alemania.
sus llamadas son cortas:
“hola, dice ella, soy yo”.
nunca le pregunto su nombre.
“¿qué estás haciendo?”, me pregunta.
“bebiendo vino blanco y escribiendo”,
le digo.
“siempre dices lo mismo”.
“eso quiere decir que las cosas están bien”.
“he tomado un poco de vino tinto. ¿cómo van las cosas contigo?”
“puras relaciones malas, le digo, todas acaban
mal”.
“las mías también”, contesta ella.
“es triste, ¿no? quiero renunciar a todo”.
“yo no puedo renunciar”, me responde.
“bueno. yo tampoco creo que pueda”.
“ya me voy a dormir. buenas noches”.
“buenas noches”, le digo.

y puedo verla en su habitación. puedo verla
colgar el teléfono. luego apaga la luz.
jala las cobijas, inhala y exhala profundamente.
está triste, las paredes la rodean. ella está sola.
yo quiero saber su nombre.

§

mensaje

he estado esperando en este
cuarto por horas
tecleando y bebiendo
vino tinto.

yo pensé que estaba
aquí solo.
la puerta y la ventana
están cerradas.

ahora una enorme mosca gorda
fea y negra
está sentada en el borde
de mi copa de vino.

¿de dónde
salió?
tan silenciosa, tan inmóvil,
como si nada.

así
debe ser
con la muerte.

 

Arturo Dávila
Escritor, doctor en Lenguas y Literaturas Romances por la Universidad de Berkeley. Tantos troncos truncos (Casa Vacía, 2020) es su último libro de poemas.

 

[Ilustración: Pablo García – fuente: http://www.nexos.com.mx]

 

 

La buena literatura es siempre subversiva y las buenas novelas son permanentes motores de cambio social. Los críticos no deben solo descubrir talentos sino detectar la relación entre la fabulación y la realidad social

Escrito por MARIO VARGAS LLOSA

Descubrí a Edmund Wilson el año 1966, cuando pasé de París a vivir en Londres. Las clases en Queen Mary College, primero, y luego en King’s College, no me tomaban mucho tiempo y podía pasar varias tardes por semana leyendo en el bellísimo Reading Room de la British Library, entonces todavía dentro del Museo Británico. Había dos críticos que era indispensable leer todos los domingos: Cyril Connolly, el autor de Enemies of Promise y The Unquiet Grave, cuya columna versaba a veces sobre literatura, pero más a menudo sobre pintura y política, y las críticas teatrales de Kenneth Tynan, una maravilla de gracia, ocurrencias, insolencias y cultura en general. El caso de Tynan es muy apropiado para advertir la gazmoñería de la Gran Bretaña de entonces (en esos mismos años desapareció). Tynan era inmensamente popular hasta que se supo que era masoquista, y que, de acuerdo con una muchacha sádica, habían tomado un cuartito en el centro de Londres, donde una o dos veces por semana ella lo flagelaba (y aportaba también el árnica, me figuro). Que lo hicieran no importaba tanto; que se supiera, era otra cosa. Tynan desapareció de los periódicos después del éxito de Oh! Calcutta! (él decía que era una traducción inglesa del francés: Oh! Quel cul tu as!) y dejó de hablarse de él. Partió a los Estados Unidos, donde murió, olvidado de todos. Pero sus inolvidables críticas teatrales están todavía ahí, en espera de un editor audaz que las publique.

Edmund Wilson sigue siendo famoso y, espero, leído, porque fue el más grande crítico literario de antes y después de la Segunda Guerra Mundial, y no sólo en los Estados Unidos. Acabo de releer por tercera vez su To the Finland Station y he vuelto a quedar maravillado con la elegancia de su prosa y su enorme cultura e inteligencia en este libro que relata la idea socialista y las locuras y gestas que engendró, desde que Michelet en una cita a pie de página descubre a Vico y se pone a aprender italiano, hasta la llegada de Lenin a la estación de Finlandia, en San Petersburgo, para dirigir la Revolución rusa.

Hay dos tipos de crítica. Una universitaria, que está más cerca de la filología, y trata, entre otras cosas, del indispensable establecimiento de las obras originales tal como fueron escritas, y la crítica de diarios y revistas, sobre la producción editorial reciente, que pone orden y echa luces sobre ese bosque confuso y múltiple que es la oferta editorial, en la que los lectores andamos siempre un poco extraviados. Ambas están de capa caída en nuestro tiempo, y no por falta de críticos, sino de lectores, que ven mucha televisión y leen pocos libros, y andan por eso muy confusos, en esta época en que el entretenimiento está matando las ideas, y por lo tanto los libros, y descuellan tanto las películas, las series y las redes sociales, donde prevalecen las imágenes.

Edmund Wilson, que nació en 1895 y murió en 1972, estudió en Princeton, donde fue compañero y amigo de Scott Fitzgerald, pero se negó siempre a ser profesor universitario y hacer ese tipo de crítica erudita que sólo leen los colegas y a veces ni siquiera ellos. Lo suyo era el gran público, al que llegaba en sus extraordinarias crónicas semanales, primero en The New Republic, luego en The New Yorker y finalmente en The New York Review of Books. Después solía reunirlas en libros que nunca perdían actualidad. Y no se crea que escribía sólo sobre los modernos. Yo recuerdo como uno de sus mejores ensayos el largo estudio que dedicó a Dickens. Su prodigiosa capacidad para aprender idiomas, vivos y muertos, era tal que, se decía, cuando The New Yorker le encargó escribir sobre los manuscritos del Mar Muerto, pidió unas semanas de permiso para aprender antes el hebreo clásico. Y yo recuerdo haber leído en las páginas del desaparecido Evergreen su polémica con Nabokov sobre la traducción que éste había hecho de Eugenio Oneguin, la novela en verso de Pushkin, que versaba sobre todo acerca de las entelequias y secretos de la lengua rusa.

¿Quién descubrió a la llamada “generación perdida” de grandes novelistas norteamericanos entre los que figuraban Dos Passos, Hemingway, el soberbio Faulkner y Scott Fitzgerald? Fue Edmund Wilson, que en sus artículos y ensayos fue promoviendo y descifrando los grandes hallazgos y las nuevas técnicas y maneras de narrar del genio literario norteamericano, sin dejar de mencionar que habían sido aquellos los que aprovecharon mejor que nadie las lecciones del Ulysses de Joyce.

Los grandes críticos han acompañado siempre a las grandes revoluciones literarias, y, por ejemplo, en América Latina, el llamado boom de la novela no hubiera existido sin críticos como los uruguayos Ángel Rama y Emir Rodríguez Monegal, el peruano José Miguel Oviedo y varios más. No es extraño, por eso, que en Francia Sainte-Beuve y en Rusia Visarión Belinski acompañaran el período más creativo y ambicioso de sus revoluciones literarias y les dieran un orden y unas jerarquías. La función de la crítica no es sólo descubrir el talento individual de ciertos poetas, novelistas y dramaturgos; es, también, detectar las relaciones entre aquellas fabulaciones literarias y la realidad social y política que expresan transformándola, lo que hay en ellas de revelación y descubrimiento, y, por supuesto, de queja y de protesta.

Yo estoy convencido de que la buena literatura es siempre subversiva, como lo estaban los inquisidores y censores que prohibieron durante los tres siglos coloniales que se publicaran novelas en las colonias hispanoamericanas, con el pretexto de que esos libros disparatados —pensaban en las novelas de caballerías— podían hacer creer a los indios que esa era la vida, la realidad, y, por lo mismo, desconcertar y amolar la evangelización. Por supuesto que hubo mucho contrabando de novelas y debía ser formidable, en esos tiempos, leer esas novelas prohibidas. Pero si el contrabando permitió la lectura de novelas, la prohibición se aplicó estrictamente en lo relativo a su edición. Durante los tres siglos coloniales no se publicaron novelas en América Latina. La primera, El periquillo sarniento, salió en México sólo en 1816, durante la guerra de independencia.

Aquellos inquisidores y censores que creían que las novelas eran subversivas estaban en lo cierto, aunque no en prohibirlas. Ellas expresan siempre un descontento, la ilusión de una realidad diferente, por las buenas o las malas razones. El marqués de Sade, por ejemplo, detestaba el mundo tal como era en su tiempo porque no permitía a los pervertidos como él saciar sus gustos, y sus largos discursos, tan aburridos, lo que piden es una libertad irrestricta para la lujuria y la violencia contra el prójimo. Lo que las buenas novelas no aceptan, es la realidad tal cual es. Y en ese sentido son los permanentes motores del cambio social. Una sociedad de buenos lectores es, por eso, más difícil de manipular y engañar por los poderes de este mundo. Eso no está claro en las democracias, porque la libertad parece disminuir o anular el poder subversivo de las novelas; pero, cuando la libertad desaparece, las novelas se convierten en un arma de combate, una fuerza clandestina que va en contra del statu quo, socavándolo, de manera discreta y múltiple, pese a los sistemas de censura, muy estrictos, que tratan de impedirlo. La poesía y el teatro no siempre son vehículos de aquel secreto descontento que encuentra siempre una vía de escape en la novela, es decir, son más plegables a la adaptación al medio, al conformismo y la resignación. Todo eso deben señalarlo y explicarlo los buenos críticos, como hizo a lo largo de toda su vida Edmund Wilson.

 

[Ilustración: FERNANDO VICENTE – fuente: http://www.elpais.com]