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Florence Dupont critique la conception romantique de la « littérature » et resitue les lettres latines dans leur véritable contexte culturel.

Écrit par Jean-Patrick GÉRAUD

Histoire littéraire de Rome. De Romulus à Ovide. Une culture de la traduction                 Florence Dupont      2022                       Armand Colin           684 pages

Dans cet ouvrage, Florence Dupont retrace la constitution progressive des litteræ latinæ à Rome. Elle s’appuie pour cela sur les sources dont nous disposons (fouilles archéologiques, témoignages des Anciens) et sur la représentation que s’en faisaient les Romains eux-mêmes. Mais pourquoi une histoire littéraire de Rome plutôt qu’une histoire de la littérature latine ? Parce qu’une telle histoire relèverait de l’anachronisme.

En effet, notre définition de la littérature est née avec le Romantisme : nous voyons en elle l’expression d’un génie, que ce soit celui d’un individu, d’une langue ou d’une nation. Il n’en était pas de même à Rome, où l’écriture n’était pas un fait individuel, mais social, et où l’on pratiquait souvent des genres en vue d’une performance située (par exemple dans l’espace du banquet). Il serait donc vain, comme l’ont fait nombre d’historiens imprégnés du modèle romantique, de vouloir rattacher « notre » littérature à celle des Anciens, en faisant d’ailleurs comme si le latin avait toujours existé. Une telle démarche n’aurait pas plus de sens que celle qui consiste à vouloir rechercher, contre l’évidence des preuves, un prétendu indo-européen qui aurait été à l’origine de toutes les langues, ou encore un fonds légendaire commun à toutes les littératures.

L’ouvrage est constitué de deux parties. Dans la première, l’autrice s’intéresse à la constitution progressive des litteræ latinæ à Rome. Il s’agit de répondre à la question suivante : comment le latin est-il devenu à Rome une langue aussi éminente que le grec, susceptible d’être normée grammaticalement et même enseignée ? La deuxième partie s’offre comme une illustration et un approfondissement des thèses énoncées dans la première : Florence Dupont y reprend les grands noms qui président au corpus des litteræ latinæ et relit leurs œuvres en les resituant dans leur pragmatique ancienne, c’est-à-dire en étant sensible à leurs conditions d’énonciation réelles et en s’approchant du sens qu’elles pouvaient avoir pour les Romains eux-mêmes.

La première partie montre que la constitution des litteræ latinæ ne va pas de soi d’un point de vue historique. D’abord, parce que Rome a été fondée (en 754-753 av. J.-C., selon la légende) sur le modèle d’une cité grecque. Cet « hellénisme organique »   lui a été transmis par les Étrusques, qui ont joué le rôle de médiateurs entre les Grecs d’Italie du Sud et les autres peuples d’Italie. De fait, il est impossible de repérer un premier « noyau » latin à l’origine de Rome. À partir du IVe siècle av. J.-C. se produit ce que l’on pourrait nommer une deuxième hellénisation, c’est-à-dire que Rome développe son hellénisme propre (on le voit notamment dans les aménagements urbains)   . L’hellénisme de l’élite romaine est alors un signe de distinction ; si cette situation avait perduré, si le grec était resté la seule langue de culture à Rome, le latin n’aurait sans doute jamais existé.

Un tournant se produit au cours des IIIe-IIe siècles av. J.-C. Les Romains constituent alors leurs propres lettres latines sur le modèle des lettres grecques. Florence Dupont montre qu’il s’agit d’une exception, car aucune cité voisine n’a développé à ce point sa propre langue. Par exemple, le royaume numide, Aï Khanoum (dite « l’Alexandrie de l’Oxus ») et Carthage ont conservé les principales caractéristiques de l’hellénisme   . Nulle part les barbares hellénisés n’ont produit de littérature « nationale » comme il en existera à Rome   . Cependant, voir dans la création des lettres latines (entre le IIIe et le Ier siècle av. J.-C.) une réaction à l’hellénisation serait un contresens, car Rome n’a jamais subi d’acculturation et continuera d’être grecque même lorsque le corpus des litteræ latinæ sera constitué.

Mais d’où vient le latin, la langue latine ? On n’observe pas à Rome les indices d’un passage de l’étrusque au latin, comme c’est le cas dans les cités voisines. Au moment de la chute des rois, au VIe siècle av. J.-C., Rome devient pour ainsi dire « invisible » dans les inscriptions. Ainsi, on ne recense, entre le VIe et le Ier siècle av. J.-C., sur le site de Rome, qu’une vingtaine d’inscriptions funéraires. Le latin n’est donc pas la langue qui aurait remplacé celle de l’ancienne aristocratie étrusque   , son apparition est une énigme. Le latin tel que nous le connaissons, la langue de la Res publica, semble surgir de nulle part, seulement à partir du IIIe siècle av. J.-C.

Si l’on examine les traces du latin, plutôt que de s’en remettre à l’existence théorique d’un indo-européen originel, il existe à Rome trois « latinités ». La première est un statut politique ; la seconde consiste dans le respect des normes grammaticales ; la dernière est rituelle, puisque la pratique du latin est attestée dans les Féries latines (des fêtes religieuses qui rassemblaient les peuples du nomen latinum avant leur conquête par Rome). Florence Dupont formule l’hypothèse suivante : le latin, qui jusqu’à la conquête de ces cités n’était qu’une langue parmi d’autres du nomen latinum, serait devenue, après la chute des Tarquins, la langue commune à ces peuples   .

Ceux qui parlent latin sont ceux qui portent la toge, les togati. Rome est constituée d’une mosaïque de langues, mais le latin y acquiert un statut particulier : il s’impose comme l’autre langue commune (après le grec), formant pour l’ensemble des citoyens une nouvelle instance militaire et politique. Cependant, pendant les premiers siècles de la République, ceux qui exercent le pouvoir parlent grec et ne s’intéressent pas au latin comme à une langue susceptible de promouvoir l’image culturelle de Rome. Le latin que nous connaissons est donc d’abord une langue sénatoriale, qui rend visible les décisions prises au sein de la Res publica dans les espaces urbains. C’est une langue officielle, qui a sa syntaxe propre, comme le montrent son utilisation parodique chez Plaute   ou les injonctions présentes dans la Loi des Douze Tables   .

Ainsi, avant le IIIe siècle, le latin n’est pas la langue des élites cultivées (qui utilisent le grec), il n’est pas non plus un héritage ancestral : il s’agit d’une langue politique. Il est créé une « seconde fois » à partir du IIe siècle av. J.-C., dans le cadre d’un transfert culturel du grec au latin, dont le sous-titre de l’ouvrage de Florence Dupont dit bien l’importance   . Les jeux grecs inaugurés en 240 av. J.-C. le montrent. La langue de la religion devient alors celle de l’otium publicum, des plaisirs publics partagés   . Le théâtre va constituer un premier espace d’invention poétique et linguistique. Dans le domaine poétique, Ennius opère ce transfert : il est le premier à composer des hexamètres latins, donc à transférer l’épopée grecque à Rome   .

Les poetæ acquièrent une reconnaissance sociale qu’atteste la création d’un collège portant leurs noms. Cependant, la culture des Romains lettrés reste encore fondamentalement grecque ; les textes rédigés en latin ne sont pas encore enseignés comme modèles. C’est avec Caton l’Ancien que commence véritablement l’éloquence littéraire, puisque Caton fait publier ses discours   . Aux IIe et Ier siècles av. J.-C., les grammairiens vont transférer l’ensemble du savoir érudit grec au latin. Ce dernier devient l’égal du grec, à tel point que Cicéron cite les textes grecs aussi bien en latin qu’en grec   . Les grammairiens assoient sa légitimité en éditant et en publiant les textes latins ; ainsi se constitue le corpus des litteræ latinæ. Sous le règne d’Auguste (qui délimite la période étudiée par l’autrice), le latin est promu culturellement, il est devenu « l’autre grec ».

La deuxième partie offre une illustration éclairante, cette fois en partant des auteurs et des textes, de la manière dont s’est opéré à Rome cet ample transfert culturel des lettres grecques aux lettres latines. Florence Dupont resitue les œuvres dans leur pragmatique ancienne afin de rendre compte de leur originalité et de mettre fin à quelques interprétations erronées parce qu’anachroniques. On y apprend ainsi que le traité d’agriculture de Caton l’Ancien n’a rien d’un « vrai » traité : il s’agit d’un exercice de style destiné à alimenter les conversations que les Romains entretenaient dans le cadre de l’otium   . Ou encore que Catulle, considéré depuis l’âge romantique comme un poète lyrique, était avant tout un traducteur   .

Dans le même chapitre que celui consacré à Catulle, l’autrice consacre une analyse passionnante à La Nature de Lucrèce. Elle montre que l’ambition de ce dernier n’était pas de rédiger un ouvrage de philosophie épicurienne, mais de mener à bien un projet esthétique : créer un « chant cosmologique »   . Les pages consacrées à Cicéron montrent sa contribution décisive au corpus des litteræ latinæ. L’autrice s’intéresse notamment à la Seconde action contre Verrès, dont on apprend qu’elle est une fiction assumée par Cicéron et destinée au plaisir de la lecture   . Tout aussi passionnante est l’analyse consacrée aux dialogues philosophiques qui transposent un genre grec dans l’otium romain.

Chaque œuvre se prête ainsi à une relecture qui se veut plus proche de ses conditions réelles d’énonciation. S’il en ressort que les lettres latines se sont constituées par transfert, l’autrice n’en montre pas moins l’originalité de ses auteurs, comme celle de Virgile, qui invente le mythe d’Orphée tel que nous le connaissons aujourd’hui   .

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Tusquets reeditó « Escribir » que agrupa cinco textos de la autora de « El amante » sobre el alcohol, el dolor, el marido, los amantes, el hijo, las amistades, la pintura, el cine, la política.

Marguerite Duras

Marguerite Duras

Escrito por CARLOS DANIEL ALETTO

Cinco textos clave de Marguerite Duras publicados por primera vez en francés en 1993 que hablan sobre ese acto rodeado de soledad y silencio que hace reflexionar a la autora de « El amante » sobre los acontecimientos que han ido marcando su literatura y su vida, como el alcohol, el dolor, el marido, los amantes, el hijo, las amistades, la pintura, el cine, la política y también al piloto británico de veinte años, abatido en los últimos días de la Segunda Guerra Mundial al que ella dedica el texto, se acaban de reeditar en estos días en español con el título « Escribir ».

El libro, publicado por primera vez en la colección Andanzas de la editorial Tusquets, que edita en español la mayoría de la obra de Marguerite Germaine Marie Donnadieu, nacida en Gia Định, cerca de Saigón, Vietnam, el 4 de abril de 1914, tiene el esplendor del estilo ya maduro y desnudo de la autora de « Moderato Cantabile » e « Hiroshima, mon amor ».

En estas páginas aparece la teoría de la literatura de Duras, descripta por ella misma: comparando una mosca moribunda con el estilo literario; recordando el trance y el desorden incurable de la escritura; recreando los últimos momentos de un piloto británico fusilado durante la Segunda Guerra Mundial y enterrado junto a su casa; o bien dejando escapar un ¿y qué? para cuestionar seis décadas de narración. Todos estos ensayos en conjunto operan como una confesión engañosa pero indispensable.

En un fragmento de su clase magistral de escritura, la narradora escribe la muerte de una mosca. Recuerda la hora exacta en la que dejó de vivir el insecto. No puede apartar su mirada de esa agonía. Explica: « Está bien que el escribir lleve a esto, a aquella mosca, agónica, quiero decir: escribir el espanto de escribir. La hora exacta de la muerte, consignada, la hacía ya inaccesible. Le daba una importancia de orden general, digamos un lugar concreto en el mapa general de la vida sobre la tierra », compara la multipremiada autora.

Y agrega: « Esa precisión de la hora en que había muerto hacía que la mosca hubiera tenido funerales secretos » . En el párrafo siguiente se detiene: « Lo que aún sabía –lo que veía– es que la mosca ya sabía que aquel hielo que la atravesaba era la muerte. Eso era lo más espantoso. Lo más inesperado. Ella sabía. Y aceptaba ». El relato de Duras es escalofriante y reflexivo. La escritora acota: « Sí. Eso es, esa muerte de la mosca se convirtió en ese desplazamiento de la literatura. Se escribe sin saberlo. Se escribe para mirar morir una mosca. Tenemos derecho a hacerlo »

En este pequeño libro de 128 páginas, la narradora comparte con los lectores las preocupaciones del escritor sobre la distancia entre la vida y la escritura, y la contradicción entre la escritura y el silencio.

La ganadora del Prix Goncourt en 1984 por su novela « El amante », murió en París el 3 de marzo de 1996. Duras es sin duda una de las grandes figuras literarias del siglo XX. La escritura inquietante, el lenguaje característicamente lento y deliberado de sus novelas, aparece reforzado en este libro en el momento que ella intima con el lector y convierte su texto en un confesionario de su vida y su obra.

Los cinco capítulos que componen « Escribir » (« Escribir », « La muerte del joven aviador inglés », « Roma », « El número puro » y « La exposición de la pintura ») giran en torno a la entrada y salida del mundo de Duras. Su prosa despojada y poética, con una belleza especial de imágenes alrededor de la soledad, transmite ese mismo silencio que ella considera fundamental para cualquier escritor, y lo que supone que hay que pagar por atreverse a desnudar su interior.

El lector puede optar por navegar en el aspecto ficcional de Duras o elegir la fuga de la historia. Es lo que plantea la ambigüedad de la trama y la prosa de la escritora. Su escritura vaga, ambigua, plantea el ejemplo de la muerte de la mosca asociado a la literatura así como trata de capturar toda la vida de un joven piloto en el momento de su muerte.

Telam SE

Como se puede leer, Duras está segura de que « la muerte de esa mosca se ha convertido en este desplazamiento de la literatura » y que escribirla  » lo vuelve inaccesible ». Lo que queda es la desnudez de la escritura misma, y la escritora insiste con ese método.

En su último capítulo, « La exposición de pintura », dedicado al pintor argentino de 82 años Roberto Plate describe a un artista plástico en acción. Dentro de un pote « hay cincuenta pinceles, o cien. Todos parecen prácticamente destrozados. Están muy disminuidos, aplastados, explotados, también calvos, raídos en la pintura seca, cómicos además. No tienen la tangibilidad de la pintura en los tubos, ni la del hombre que habla. Diríanse hallados en una caverna, en una tumba del Nilo », describe Duras.

Y agrega en otro párrafo: « Entre ese conjunto de cosas, hay un hombre. Está solo. Lleva una camisa blanca y unos vaqueros azules. Habla. Señala metros cúbicos de telas alineadas, a lo largo de otra pared. Dice que son las que están pintadas, las de la exposición ». Este es el capítulo más emotivo sobre el acto de la creación. Un relato de otra semiótica: la pintura que « se libra en el ruido de un discurso continuo. El hombre habla para que el ruido del habla se produzca, y la pintura entra en la luz. Habla para producir un malestar, para que, por fin, surja la entrega del dolor », explica Duras.

La teoría de la escritora sobre la palabra escrita le deja observar el acto creativo del hombre, por eso se desplaza entre las distintas semiosis: para ella el debate entre la luz y la sombra o entre el silencio y el ruido es el mismo. Siempre entre el emisor y el receptor, en ese canal de comunicación los ruidos son los que provocan el malestar, la distorsión, por eso la escritora necesita separarse de su entorno, crear su espacio solitario.

Escribe Duras en el umbral del libro, en sus primeras páginas magistrales que « alrededor de la persona que escribe libros siempre debe haber una separación de los demás. Es una soledad. Es la soledad del autor, la del escribir. Para empezar, uno se pregunta qué es ese silencio que lo rodea. Y prácticamente a cada paso que se da en una casa y a todas horas del día, bajo todas las luces, ya sean del exterior o de las lámparas encendidas durante el día. Esta soledad real del cuerpo se convierte en la, inviolable, del escribir. Nunca hablaba de eso a nadie. En aquel periodo de mi primera soledad ya había descubierto que lo que yo tenía que hacer era escribir. Raymond Queneau me lo había confirmado. El único principio de Raymond Queneau era este: «Escribe, no hagas nada más ».

Y agrega luego del silencio que deja flotando entre párrafos: « Escribir: es lo único que llenaba mi vida y la hechizaba. Lo he hecho. La escritura nunca me ha abandonado ».

« Escribir », publicado en la prestigiosa colección « Andanza », es una reedición que vuelve a poner en palabras la armonía entre el silencio y la escritura, entre la soledad y el libro. Un deleite que los lectores se pueden dar durante más de un centenar de páginas « escuchando » la voz de Marguerite Duras.

Jessica Romero analiza la filmografía del francés Jean-Gabriel Périot y su cruce entre documental, cine experimental y ficción

Escrito por Jessica Romero 

Georges Didi-Huberman afirma que la legibilidad de un acontecimiento histórico depende de la mirada dirigida a las numerosas singularidades que atraviesan el archivo dejado por él; esto es, sus relaciones, intervalos y movimientos. La palabra archivo toma ahí su sentido más radical. El archivo como fuente de imaginación, como memoria a modificar, como potencia de pensamiento. Ahí donde el documento, dado como puro pasado, es material, huella que redefine la condición de posibilidad de la historia. Ahí donde el decir mismo del cine y la escritura deviene afectación del pasado. Ahí donde todo es factible de ser archivado y narrado, la memoria se convierte en una cuestión singularmente política, que produce versiones no estandarizadas de la historia.

El cine como guía, como medio para pensar el mundo, como máquina que explora una situación en estado crítico: son quizá algunas de las premisas que definen la obra cinematográfica de Jean-Gabriel Périot (Bellac, Francia, 1974). A partir de esta reflexión, la legibilidad del pasado en obras como Una juventud alemana (2015), Luces de verano (2016), Nuestras derrotas (2019) y Regreso a Reims (2021) se ve caracterizada por imágenes y sonidos que se articulan dinámicamente por montaje, escritura y cinematismo. Périot retoma un documento, un archivo, como objeto de crítica en el que busca un sentido sepultado, convirtiéndose en un artista-arqueólogo en el sentido de Didi-Huberman, que se desprende de los prejuicios previos y abre los tiempos por su constante esfuerzo de transmisión.

Périot dimensiona la historia desde el afecto de la memoria, convocando los espectros, las clausuras, la violencia y el olvido. Su obra es una forma de narración documental, experimental y ficcional que revela el sentido contingente de la historia. A partir de un montaje heurístico en el que interactúan la memoria como punto aporético y paradójico, la escritura como una inmensa red de inscripciones y el espacio como lugar de enunciación poético y político, el autor francés muestra que donde hubo represión también existieron imágenes y sonidos que resistieron y se sublevaron. Su cine constituye una reflexión en acto que no cesa de plantear preguntas por el sentido, los lenguajes y los medios, otorgando a los fenómenos la plasticidad para pensar una contrahistoria desde las memorias de las luchas, los genocidios y capas desconocidas de la experiencia humana.

Jean-Gabriel Périot

Fotograma de Una juventud alemana (2015)

La dimensión crítica

La crítica del hecho audiovisual, la capacidad descriptiva y diferencial de Jean-Gabriel Périot recuerda a autores como Dziga Vértov, Jean-Luc Godard o Guy Debord. En el filme Una juventud alemana encontramos, por ejemplo, una mirada intempestiva que da luz a las voces que habitan el propio discurso cinematográfico. Ulrike Meinhoof, Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Helke Sander, Horst Mahler, Holger Meins, Heinrich Böll, Harun Farocki y Rainer Werner Fassbinder, entre otros, recorren sin tregua las preocupaciones de la sociedad alemana de la posguerra, los orígenes de la RAF (Fracción del Ejército Rojo), la deriva terrorista, la implicación de la juventud –en muchos casos cineastas– y la trasformación ideológica de un país afectado por las consecuencias del nazismo.

En tanto filme-ensayo, Una juventud alemana acuña imágenes y textos provocando un montaje dialéctico de ideas que confronta el sentido unívoco de la historia, el paso de la palabra a la acción violenta. Extractos de programas, debates, entrevistas, noticiarios y las primeras películas grabadas por estudiantes de la escuela de cine de Berlín operan como una zona de intersección, como forma incompleta de lo real que impugna cualquier régimen textual. El montaje, forma radical de pensamiento, crea una dimensión extensiva del tiempo en la que las imágenes significan críticamente. Esta reflexión, que se resiste a totalizar, evalúa los actos creativos de los jóvenes cineastas alemanes, su deber moral de protestar y cambiar la sociedad. A través del cine hacen frente al statu quo, a la manipulación de la opinión publica, construyendo un punto critico de la situación que posibilite otros mundos.

El montaje, forma radical de pensamiento, crea una dimensión extensiva del tiempo en la que las imágenes significan críticamente.  

Esta interrogación a la historia parece un procedimiento pedagógico asentado en una búsqueda arqueológica de la que Périot extrae las ideologías, los modos de percibir la política, los estereotipos dominantes, el entorno en el que se construye el conocimiento y los problemas que plantea, para abrir una pregunta y un desplazamiento a lo impensado. Un fuera de lugar en el orden de los acontecimientos históricos.

Imaginarios políticos

En Nuestras derrotas Jean-Gabriel Périot propone a un grupo de alumnos y alumnas de un instituto de la periferia parisina recrear escenas de películas como La Chinoise (1967) de Godard, La reprise du travail aux usines Wonder (1968) de Jacques Willemont, Citroën Nanterre mai-juin 1968 (1968) de Guy Devart y Edouard Hayem, À bientôt, j’espère (1968) de Chris Marker y Mario Marret, Camarades (1979) de Marin Karmitz o La Salamandre (1971) de Alain Tanner, obras que reflejan el imaginario político de Mayo del 68. Se interna en la reflexión a través de entrevistas, para presentar en el movimiento de la oralidad un estado confesional, íntimo, donde la memoria audiovisual, los estratos de la historia, el contexto político, el entorno geográfico y el sistema educativo reconstruyen no una repetición sino la diferencia incalculable de un pasado virtual que se actualiza.

Jean-Gabriel Périot

Fotograma de Nuestras derrotas (2019)

El efecto es la experimentación con los límites expresivos, las cualidades de la oralidad, las insistencias y las repeticiones, las digresiones y variaciones, las peguntas y, como tal, la imagen de un pensamiento. La composición de Nuestras derrotas permite la libertad de la puesta en escena. Un espacio abierto a la improvisación que da lugar al acontecimiento político. Como intuye Jacques Rancière, la política implica la redistribución del tiempo y el espacio, la construcción de experiencias comunes que surgen del encuentro entre los cuerpos. Movimiento de la historia que formula interrogantes sobre la actualidad de términos como revolución, anarquía, sindicato, socialismo o marxismo-lenismo, confrontando diferentes puntos de vista que testimonian las contradicciones de la actualidad. Périot interroga a nuestro tiempo, eco de un desencanto político sin el menor atisbo de sublevación.

La clase obrera en el cine

El cine de Jean-Gabriel Périot entrelaza genealogías del cine y formas de vida. En su obra la experiencia asume una postura crítica que rememora, cuestiona y reelabora el pasado, abriendo infinitas combinaciones que apelan a la vida colectiva. En Regreso a Reims amplía esta perspectiva al preguntarse cómo se ha representado a la clase obrera en el cine. Para conseguirlo coloca la historia de los padres del filósofo e historiador francés Didier Eribon como epicentro para establecer un relato sobre la vida en Reims. El paisaje autobiográfico se superpone libre e indeterminadamente con la crítica de la clase obrera que se desplazó de la izquierda a la extrema derecha xenófoba y nacionalista, de la condición de las mujeres en un entorno patriarcal, de la vida cotidiana en un mundo marcado por la diferencia de clases.

El cine de Jean-Gabriel Périot entrelaza genealogías del cine y formas de vida. En su obra la experiencia asume una postura crítica que rememora, cuestiona y reelabora el pasado, abriendo infinitas combinaciones que apelan a la vida colectiva.  

Regreso a Reims entrelaza el libro autobiográfico de Eribon y referencias a películas francesas, documentales y programas de televisión, entre otros materiales, a través de los cuales se ha narrado la historia de la lucha de clases en Francia. Pero no se trata de la simple asociación entre imágenes sino de intersticios y espaciamientos que provocan la constitución de una pregunta, la problematización de la actualidad. Establece pasajes entre, por ejemplo, Germaine Dulac, Jean Vigo, Jean-Daniel Pollet y Chris Marker, en los que cabe preguntarse qué asume el cine al mostrar lo que no puede ser dicho, cómo procede en tanto soporte y destino de la memoria colectiva y la lucha obrera. Como afirmaba Godard, se piensa mejor entre capas, entre estratos, genealogías y derivas de lugares, entre singularidades que niegan la totalización de los acontecimientos.

Obra de un coleccionista de lo heterogéneo, Regreso a Reims extrae fragmentos para trazar un retrato colectivo y una historia íntima que problematiza la representación audiovisual de los acontecimientos, el tipo de imágenes que desarrolla el lenguaje televisivo y el acceso a los archivos-documentos. La obra funciona como un tejido de signos que conducen a la interpretación arqueológica, recreando conexiones virtuales y expresiones. Este no es únicamente el dominio de la imagen estética sino del ámbito de lo político y lo ético que confronta la hegemonía de las imágenes generales y los discursos unívocos. Debord lo planteó a través de escritos y películas: el cine como evaluación histórica, ensayo visual, memoria de vida y experiencia.

Jean-Gabriel Périot

Fotograma de Regreso a Reims (2021)

Los trayectos de Jean-Gabriel Périot proyectan la memoria audiovisual, deteniéndose en los nombres propios y en las obras cinematográficas, provocando relaciones que no han tenido lugar y proponiendo esquemas que plantean nuevas cartografías. Un trayecto arqueológico que remodela sin cansancio la experiencia de elaborar el pasado, desactivar presupuestos y plantear nuevas preguntas a la historia, al cine, a los sistemas educativos, a los grupos de luchas laborales, a la vida en comunidad.

 

[Fuente: http://www.latempestad.mx]

Un professeur américain raconte que les deux tiers de ses étudiants ne savent pas lire les cursives, et qu’un nombre encore plus grand est incapable de les écrire.

Abandonner l'écriture cursive, c'est sans doute dire au revoir à une certaine façon de considérer la société. | Amaury Gutierrez via Unsplash

Abandonner l’écriture cursive, c’est sans doute dire au revoir à une certaine façon de considérer la société. | Amaury Gutierrez via Unsplash

Repéré par Thomas Messias 

Pour The Atlantic, un professeur d’histoire d’une fac américaine s’interroge sur les conséquences potentielles de l’arrêt de l’apprentissage de l’écriture cursive (l’écriture «à la main»). Son questionnement sur le sujet a démarré après qu’un de ses étudiants d’un niveau similaire à celui de nos licences lui a confié n’avoir pas pu tirer beaucoup d’informations du livre sur la guerre de Sécession que l’enseignant lui avait prêté, car il avait été incapable de déchiffrer les reproductions de manuscrits qui y figuraient.

Drew Gilpin Faust, le prof, a alors procédé à un sondage, et s’est rendu compte que les deux tiers des étudiants de cette promotion ne savaient pas lire les cursives, et qu’un nombre encore plus grand ne savait pas les écrire. D’où le début d’une réflexion, menée conjointement avec ses élèves, sur la place –et surtout l’absence– de l’écriture manuelle dans leur existence.

Au début des années 2010, rappelle Drew Gilpin Faust, l’écriture cursive a été rayée des enseignements imposés au sein du système américain K-12, sigle désignant le cursus scolaire allant de la maternelle au secondaire. Les étudiants d’aujourd’hui étaient alors à l’école primaire, où on leur a appris à utiliser des tablettes, des ordinateurs et des tableaux numériques. La plupart d’entre eux affirment n’avoir reçu que les bases de l’écriture cursive, pendant une année maximum.

Étonné par sa propre époque mais bien décidé à ne pas sombrer dans une observation amère de celle-ci, Drew Gilpin Faust fait preuve d’un certain fatalisme. «Le déclin de l’écriture cursive semble inévitable», écrit-il. «Après tout, l’écriture est une technologie, et la plupart des technologies sont tôt ou tard dépassées et remplacées.» Une affirmation frappée du sceau du bon sens, même si pour la plupart d’entre nous, qui avons grandi dans un système éducatif où l’écriture cursive était au centre de tout, il semble improbable que celle-ci puisse disparaître un jour.

Il reste particulièrement difficile d’envisager que des étudiants en histoire ne sachent ni lire ni écrire en lettres cursives, étant donné qu’ils ne pourront alors déchiffrer aucun manuscrit, et qu’ils devront se contenter de lire les travaux de recherche produits par d’autres. Cela ne signifie pas pour autant qu’il soit impossible de mener de brillantes études d’histoire: c’est ainsi que l’un des étudiants de Faust est allé au bout de sa thèse, dont il a simplement remodelé le sujet afin de ne pas rencontrer d’obstacles liés à sa méconnaissance de l’écriture manuscrite.

Pour autant, n’est-il pas regrettable de devoir limiter son champ de recherche à cause de cette compétence manquante? L’enseignant cite aussi le cas d’une étudiante passionnée par Virginia Woolf, mais qui a décidé d’abandonner ses recherches sur l’autrice car elle n’était pas capable de lire ses nombreuses correspondances, écrites à la plume.

Communication rompue

Autre préoccupation de l’enseignant: comment font les étudiants et étudiantes pour déchiffrer les annotations laissées sur leurs copies? La réponse est simple: certains n’hésitent pas à demander à leurs professeurs, et d’autres ont purement et simplement décidé de les ignorer… ce qui est évidemment problématique. Si les uns continuent à utiliser l’écriture cursive et que les autres décident de ne même pas essayer de la lire, alors le dialogue de sourds est total.

Quid des listes de courses? Des cartes de vœux? Nous, les adeptes de l’écriture manuscrite, voyons mal comment nous pourrions nous en passer. La réponse est similaire à ce que Faust écrit plus haut: ce n’est qu’une technologie, elle est donc remplaçable. Tout ceci peut être fait de façon numérique, via un smartphone ou un ordinateur –et, si besoin, à l’aide d’une imprimante.

Abandonner l’écriture cursive, c’est sans doute dire au revoir à une certaine façon de considérer la société. Cela ne signifie pas pour autant que l’on perde au change. Sauf dans des situations comme celles de ces étudiants en histoire, qui se retrouvent perdus devant une simple écriture manuscrite comme nous le serions devant des hiéroglyphes égyptiens.

 

[Source : http://www.slate.fr]

O director americano sinala que «en principio» non fará máis, senón que prevé escribir a súa primeira novela

Allen no concerto que ofreceu no ano 2008 na Fundación Barrié.

 

O cineasta Woody Allen afirmou que a súa próxima película será a número 50 e «en principio» non fará máis, senón que prevé escribir a súa primeira novela. Tal e como informa Europa Press, díxoo nunha entrevista que A Vangarda publica este sábado pola próxima publicación do seu libro de contos cómicos Gravidade cero (Alianza) o 27 de setembro.

«A miña idea, en principio, é non facer máis cine e centrarme en escribir, estes contos e, bo, agora estou a pensar máis ben nunha novela», explica, pero non prevé publicar máis memorias. Supone que a novela incluirá o humor que lle adoita xurdir como creador, pero non necesariamente: «Se tivese unha idea moi seria, non dubidaría en facer o mesmo que fixen nalgunhas das miñas películas, as chamadas serias».

En canto á última película, ambientada en París (Francia), «será parecida a Matchpoint, emocionante, dramática e ademais sinistra».

 

[Imaxe: KOPA – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

 

Escrito por Marcello Musto

En febrero de 1867, después de más de dos décadas de trabajo hercúleo, Marx finalmente pudo darle a su amigo Friedrich Engels la tan esperada noticia de que había terminado la primera parte de su crítica a la economía política. Posteriormente, Marx viajó de Londres a Hamburgo para entregar el manuscrito del Volumen I (“El proceso de producción del capital”) de su magnum opus y, de acuerdo con su editor Otto Meissner, se decidió que El Capital se presentaría en tres partes. Rebosante de satisfacción, Marx escribió que la publicación de su libro era, “sin duda, el misil más terrible que se haya lanzado hasta ahora contra las cabezas de la burguesía”.

A pesar del largo trabajo de redacción antes de 1867, la estructura de El Capital se ampliaría considerablemente en los años siguientes, y el Volumen I también continuó absorbiendo energías significativas por parte de Marx, incluso después de su publicación. Uno de los ejemplos más evidentes de este compromiso fue la traducción francesa de El Capital publicada en 44 entregas entre 1872 y 1875. Este volumen no era una mera traducción, sino una versión ‘totalmente revisada por el autor’ en la que Marx también profundizó el apartado sobre el proceso de acumulación del capital, y desarrolló mejor sus ideas sobre la distinción entre ‘concentración’ y ‘centralización’ del capital.

La búsqueda de la versión definitiva del Volumen I

Tras algunas interrupciones debido a su mala salud, y de un período de intensa actividad política de la Asociación Internacional de Trabajadores, Marx se puso a trabajar en una nueva edición de El Capital, Volumen I, a principios de la década de 1870. Insatisfecho con la forma en que había expuesto la teoría del valor, pasó diciembre de 1871 y enero de 1872 reescribiendo lo que había publicado en 1867. En 1872 salió una reimpresión de Das Kapital que incluía los cambios efectuados por Marx. Ese año fue especialmente importante para la difusión de El Capital, ya que vio aparecer también las traducciones al ruso y al francés. Esta fue encomendada a Joseph Roy, que previamente había traducido algunos textos del filósofo alemán Ludwig Feuerbach, y apareció en entregas gracias al editor Maurice Lachâtre. La primera se publicó hace 150 años, el 17 de septiembre.

Marx estuvo de acuerdo en que sería bueno publicar una « edición popular barata ». “Aplaudo tu idea de publicar la traducción […] en entregas periódicas”, escribió. “De esta forma, el libro será más accesible a la clase trabajadora y para mí esa consideración supera cualquier otra”, argumentó con su editor. Consciente, sin embargo, de que había un ‘reverso’ de la moneda, anticipó que el ‘método de análisis’ que había usado ‘haría ardua para algunos la lectura de los primeros capítulos’, y que los lectores podrían ‘desanimarse’ si eran ‘incapaces de seguir adelante al comenzar’. No creía que pudiera hacer nada en relación con esta « desventaja », « aparte de alertar y advertir a los lectores preocupados por la verdad. No existe un camino real hacia el aprendizaje, y los únicos que tienen alguna posibilidad de alcanzar sus picos iluminados por el sol son aquellos que no temen agotarse mientras suben los empinados caminos ascendentes”.

Al final, Marx tuvo que dedicar mucho más tiempo a la traducción de lo que inicialmente había planeado para la corrección de las pruebas. Como escribió al economista ruso Nikolai Danielson, Roy “a menudo traducía demasiado literalmente” y le obligaba a “reescribir pasajes completos en francés, para hacerlos más aceptables al público francés”. A principios de ese mes, su hija Jenny le había dicho al amigo de la familia Ludwig Kugelmann que su padre estaba « obligado a hacer innumerables correcciones », reescribiendo « no solo oraciones completas sino páginas enteras ». Posteriormente, Engels escribió en una línea similar a Kugelmann que la traducción francesa había resultado ser un « verdadero tormento » para Marx y que « más o menos tuvo que reescribir todo desde el principio ».

Además, al revisar la traducción, Marx decidió introducir algunas adiciones y modificaciones. En la posdata de Le Capital, no dudó en atribuirle “un valor científico independiente del original” y afirmó que la nueva versión “debería ser consultada incluso por lectores familiarizados con el libro en alemán”. El punto más interesante, especialmente por su valor político, se refiere a la tendencia histórica de la producción capitalista. Si en la edición anterior de El Capital Marx había escrito que « el país más desarrollado industrialmente se limita a mostrar a los menos desarrollados la imagen de su propio futuro », en la versión francesa las palabras en cursiva fueron sustituidas por « a los que les siguen en el ascenso de la escala de la industrialización ». Esta aclaración limitó la tendencia del desarrollo capitalista exclusivamente a los países occidentales que ya estaban industrializados.

Ahora era plenamente consciente de que el esquema de progresión lineal a través de los « modos de producción asiático, antiguo, feudal y el moderno modo de producción burgués », que había perfilado en el Prefacio a Una contribución a la crítica de la economía política, en 1859, era inadecuado para comprender el movimiento de la historia y que, en efecto, era aconsejable alejarse de cualquier filosofía de la historia. No vio el desarrollo histórico en términos de un progreso lineal inquebrantable hacia un fin predefinido. La concepción multilineal más pronunciada que Marx desarrolló en sus últimos años lo llevó a mirar aún más atentamente las especificidades históricas y la desigualdad del desarrollo político y económico en diferentes países y contextos sociales. Este enfoque ciertamente incrementó las dificultades a las que se enfrentó en el ya accidentado curso de completar el segundo y tercer volumen de El Capital. En la última década de su vida, Marx emprendió investigaciones exhaustivas de sociedades fuera de Europa y se expresó sin ambigüedades contra los estragos del colonialismo. Es un error sugerir lo contrario. Marx criticó a los pensadores que, al tiempo que destacaban las consecuencias destructivas del colonialismo, utilizaban categorías propias del contexto europeo en su análisis de las áreas periféricas del globo. Advirtió varias veces contra aquellos incapaces de observar las distinciones necesarias entre los fenómenos y, especialmente después de sus avances teóricos en la década de 1870, desconfiaba mucho a la hora de transferir categorías interpretativas a campos históricos o geográficos completamente diferentes. Todo esto es más claro gracias a Le Capital.

En una carta de 1878, en la que Marx sopesaba los aspectos positivos y negativos de la edición francesa, le escribió a Danielson que contenía « muchos cambios y adiciones importantes », pero que « también se había visto obligado a veces -principalmente en el primer capítulo- a simplificar el asunto ». Engels era de esta opinión y no incluyó todos los cambios hechos por Marx en la cuarta edición alemana de El Capital que publicó en 1890, siete años después de la muerte de Marx. Marx no pudo terminar una revisión final de El Capital, Volumen I, que incluyera las correcciones y añadidos con los que pretendía mejorar su libro. De hecho, ni la edición francesa de 1872-75, ni la tercera edición alemana –que se publicó en 1881– pueden considerarse la versión definitiva que a Marx le hubiera gustado que fuera.

Marx a través de Le Capital

Le Capital tuvo una importancia considerable para la difusión de la obra de Marx en todo el mundo. Se utilizó para la traducción de muchos extractos a varios idiomas, el primero en inglés, por ejemplo. De manera más general, Le Capital representó la primera puerta de acceso a la obra de Marx para lectores de varios países. La primera traducción al italiano –publicada entre 1882 y 1884– se hizo directamente de la edición francesa, al igual que la traducción aparecida en Grecia, en 1927. En el caso del español, Le Capital permitió sacar algunas ediciones parciales y dos traducciones completas: una en Madrid, en 1967, y otra en Buenos Aires, en 1973. Dado que el francés era más conocido que el alemán, fue gracias a esta versión que la crítica de la economía política de Marx pudo llegar a muchos países de Hispanoamérica más rápidamente. Casi lo mismo ocurría con los países de habla portuguesa. En el mismo Portugal, El Capital circuló solo a través de la pequeña cantidad de copias disponibles en francés, hasta que apareció una versión abreviada en portugués poco antes de la caída de la dictadura de Salazar. En general, a los activistas políticos e investigadores tanto en Portugal como en Brasil les resultó más fácil acercarse a la obra de Marx a través de la traducción al francés que la original. Las pocas copias que llegaron a los países africanos de habla portuguesa también estaban en ese idioma.

El colonialismo también dio forma en parte a los mecanismos por los cuales El Capital estuvo disponible en el mundo árabe. Mientras que en Egipto e Irak fue el inglés el idioma que más se utilizó en la difusión de la cultura europea, la edición francesa desempeñó un papel más destacado en otros lugares, especialmente en Argelia, que en la década de 1960 fue un centro importante para facilitar la circulación de ideas marxistas en los « países no alineados”. La importancia de Le Capital se extendió también a Asia, como lo demuestra el hecho de que la primera traducción vietnamita del Volumen I, publicado entre 1959 y 1960, se realizó a partir de la edición francesa.

Esta, además de ser consultada a menudo por traductores de todo el mundo y ser cotejada con la edición de 1890 publicada por Engels, que se convirtió en la versión estándar de Das Kapital, la traducción francesa ha servido de base para traducciones completas de El Capital a ocho idiomas. Ciento cincuenta años después de su primera publicación, continúa siendo una fuente de debate estimulante entre académicos y activistas interesados ​​en la crítica de Marx al capitalismo.

En una carta a su antiguo camarada Friedrich Adolph Sorge, el propio Marx comentó que con Le Capital había “consumido tanto [de su] tiempo que no volvería a colaborar de ninguna manera en una traducción”. Eso es exactamente lo que sucedió. El esfuerzo y las molestias necesarios para producir la mejor versión francesa posible fueron realmente notables. Pero podemos decir que fueron bien recompensados. Le Capital ha tenido una circulación significativa, y los añadidos y cambios realizados por Marx, durante la revisión de su traducción, contribuyeron a la dimensión anticolonial y universal de El Capital que está siendo ampliamente reconocida hoy en día gracias a algunas de las más novedosas y perspicaces contribuciones en los estudios de Marx.

 

Marcello Musto es catedrático de Sociología en la York University (Toronto). Sus escritos han sido traducidos a veinticinco idiomas y están disponibles en http://www.marcellomusto.org. Su última monografía es Karl Marx, 1881-1883. El último viaje del Moro (Siglo XXI, 2020).

Traducción: G. Buster

[Fuente: sinpermiso.info]

Marcos Calveiro © Xerais

Escrito por Ana G. Liste

Hai tres meses que Marcos Calveiro (Vilagarcía, 1968) foi nomeado director de edicións da editorial Galaxia. Avogado, escritor e hostaleiro, agora suma editor ás súas profesións. Di que quixo ser escritor profesional e non lle saíu ben, tivo claro que non quería volver exercer como avogado e o de hostaleiro foi máis un accidente agradable e con antecedentes familiares. Con todo, esta nova andaina como editor non entra en conflito coa de escritor, aínda que de momento nin le escribe por pracer. Pero vén de comezar unha nova ′saga′, Curros & Holmes (Galaxia, 2022), e ten outros textos rematados na pandemia. Conversamos con el sobre o que está por vir desde seu despacho na sede da editorial en Vigo.

Que fai un director de edicións?

Pois ler orixinais, decidir cubertas, decidir textos de contras e axudar a todos os compañeiros e compañeiras no que podo. Fundamentalmente, son o primeiro filtro da editorial de todos os orixinais. Á parte, represento a Galaxia en todos os premios nos que está presente. E vén moitísimo traballo porque están coincidindo todos os premios xuntos un detrás doutro, ensaio, poesía e narrativa. Agora comezarei tamén a preparar –que xa me corresponde a min– o plan de edicións do ano que vén.

Marcos Calveiro (segundo pola esquerda) co xurado do Premio de Novela Manuel García Barros de 2022 © AELG

Por que aceptou a proposta?

Porque levo moitos anos sendo taberneiro e autónomo [ri]. Como comprenderás, chámate Galaxia para ser director de edicións e, xa que non me dá para vivir da escritura, deixo as tabernas e tirar cafés e cervexas e demais. Coincidiu que o día que mo comunicaron comecei coa COVID e estiven malo malo. Cando me reincorporei aquí dez días despois estaba destrozado e tardei mes e medio en recuperarme fisicamente.

Parece que haxa unha batalla interminable entre dedicarse ás artes e o prosaico de ter un soldo a fin de mes.

Son malos tempos para todos, para calquera traballador, e máis para os traballadores da cultura. E máis despois da pandemia. Pódense contar cos dedos dunha man a xente que neste país vive das artes única e exclusivamente, sexan música, literatura, audiovisual…

Porque dicir que un é de profesión escritor, non ten que supoñer que un vive diso; pero cando a profesión é editor si, non?

Evidentemente, si. Eu exercín de avogado moitos anos, logo deixeino. Logo me fixen escritor profesional e duroume dous anos porque escollín os anos da crise de 2008, cubrinme de gloria. E logo coa miña parella –que tamén quedara sen traballo– acabamos montando un bar. Ela é filla de taberneiros e eu son neto de taberneiros polas dúas bandas. Ao final era un mundo próximo, criámonos nas tabernas.

Chegou a comentar nas redes sociais que case non volve á literatura.

É que foi certo. Pasei case seis anos de seca. Recuperei a escrita en Curros & Holmes e outras novelas que escribín foi durante a pandemia. Entre os tres meses confinados e os oito que practicamente tivemos o bar pechado ou con horario reducido, recuperei moitas horas mortas na casa. Recoñezo que escribín moito durante a pandemia, ou escribía ou non sei que facía. Hai xente que se dedicou a cociñar e esgotar a fariña, outros fixeron pilates na casa ou se dedicaron á horta. Eu volvín ao que sabía, que era escribir. Pero publicada só está esta novela.

E esta historia de Curros & Holmes. No misterio d′O kapital xa a tiña previamente na cabeza?

É unha desas frikadas que teño desde hai anos na cabeza. A mítica viaxe de Curros a Londres, de oito meses ou un ano –os biógrafos discuten a data e algún incluso nega a súa existencia–, sempre me chamou a atención. Que faría Curros en Londres despois de fuxir das gadoupas do pai por unha mala relación ou buscando aventuras? Tampouco se exiliou por motivos políticos porque non coinciden as datas da represión polos seus artigos, isto parece que foi antes. Como son fan desas frikadas históricas galegas deses persoeiros un pouco cultos, pois cando foi o confinamento abrín un cartafol que teño alí no portátil de ideas e pinchei no arquivo de Curros. Comecei investigar, empecei a ler cuestións da época vitoriana inglesa e iso levoume a Sherlock, a Marx… É que son uns anos londinenses nos que hai un feixe de xente coñecida alí.

Roteiro arredor da novela ‘O xardineiro dos ingleses’, de Marcos Calveiro, organizado pola Deputación de Pontevedra en 2020 © O faiado da memoria

Desde o principio ía ser unha saga?

Si, a idea cando falei con Francisco Castro antes de incorporarme aquí era que fose unha saga. Sae fóra de colección e cun deseño específico, agardo que haxa máis. Agora tería que estar entregando unha segunda, pero o traballo como editor impídeme totalmente poñerme a escribir. Supoño que contra o final do ano, cando me libere dos premios, poderei volver escribir.

Porque mentres le por traballo é imposible escribir?

Si, non leo como ocio nin escribo. É imposible. Ademais, cheguei aquí –e faleino con Fran como director– co compromiso de responderlle a todo o mundo. E ata o de agora respondín a todos, xa aceptei un montón de novelas e xa rexeitei outro feixe de orixinais educadamente. Acuso recibo de todo e contesto a todo. Estiven na outra banda cando comecei e nada me horrorizaba máis que mandar un texto a unha editora e que nin se molesten en contestar.

Desde a posición do ata agora escritor, como pensa que quere actuar como editor?

A ver, hai un criterio obxectivo da calidade dos textos comezando pola calidade da lingua. Logo hai criterios subxectivos dos meus gustos persoais, pero evidentemente hai criterios persoais e eu o que quero é que se vendan os libros. Logo hai un criterio de Galaxia como institución que se teñen que publicar, somos –por así dicilo– o repositorio fundamental da cultura galega e hai cousas que tes que editar para que queden para as xeracións futuras. O difícil e casar todo iso, pero aí estou, comezando.

Pero ten a opción de apostar por libros que se saen da ′norma′?

Si. O ano que vén vou publicar catro ou cinco novelas de autores noveis. Algunhas chegáronme a min e outras busqueinas eu. Cando cheguei aquí o primeiro que fixen foi facerme unha listaxe de novas ilustradoras, para iso as redes sociais son fantásticas. Contactei con xente que vía que escribía ben e en galego nas súas redes, e ofrecinme a ler o que tiveran. Moita xente contestou, envioumo, e vouno publicar. Procurei polos finalistas do ‘Xuventude Crea’ dos últimos anos e contactei con algúns, hai xente facendo cousas moi interesantes e que curiosamente se están pasando ao castelán. Amazon é un inimigo potente.

Pola autoedición?

Si, hai moitos traducindo ao castelán a súa obra e autoeditando en Amazon.

Por que cre que se están a ′perder′ eses talentos para a cultura galega?

Pola nosa incapacidade de atopalos, seguramente. Estamos nuns tempos tan dixitalizados que seguro que moitos rapaces de vinte anos cando pensan en publicar non pensan nun libro físico. Ao mellor tampouco se lles ocorre mandar un orixinal a unha editorial, ou pensan que Galaxia, Xerais ou calquera outra editorial que haxa en Galicia son unha cousa de vellos e que non teñen posibilidade. De momento, a xente coa que fun contactando foi bastante receptiva e foron enviándome cousas, desde poesía a novela ou autoficción. Pero supoño que aquí inflúe moito que a Xeración Z le na pantalla. Eu recoñezo que tamén leo moito en formato PDF no móbil.

Cre que as editoras galegas teñen que subir un chanzo para estar máis presentes nesa lectura en pantalla?

Todas as editoras galegas teñen redes e fan comunicación nas redes. O malo é que é un nicho tan restrinxido… Eu teño Instagram e Twitter pero xa o do TikTok e o Twitch resúltame sorprendente, pero tes que meterte… Estamos nun momento de mudanza impresionante, agudizado pola pandemia. Pero non creo que se venda moita literatura galega en formato de libro electrónico, aínda que tampouco teño os datos concretos. O que si sucede é que se segue a vender moito libro físico online e non na libraría, que non deixa de ser sorprendente para min. Eu vivo en Teis, un barrio relativamente humilde de casiñas pequenas, e hai unha furgoneta de Amazon que vive alí de luns a domingo. Calquera colector do lixo de Teis está cheo de caixas de Amazon.

Capa do libro ‘Curros & Holmes. No misterio do kapital’ © Editorial Galaxia

É máis importante buscar autores novos ou lectores novos? Ou ambas van da man?

Eu busco autores novos para chegar a máis público. A masa crítica de lectores en galego é a que é, e haberá que tratar de buscar a outros lectores buscando a outra xente ou a través de voces máis novas que poidan conectar máis directamente con eles. Nese sentido, a miña procura é interesada porque busca ampliar esa masa crítica de lectorado e chegar a xeracións máis novas ás que ao mellor a literatura galega non chega ou que se están pasando ao castelán. Existe unha ruptura da cadea de lectura arredor de 3º ou 4º da ESO, cando a rapazada deixa de ler por ocio para ler só o que lle obrigan no instituto, pois é importante buscar novas voces que lles poidan falar máis directamente. Non é o mesmo ler unha novela xuvenil dun autor de 50 anos, que ten a súa adolescencia moi lonxe aínda que sexa profesor de instituto; que coller unha voz de vinte anos que está estudando na Universidade de Santiago que hai nada que deixou o instituto.

Cales son os seus retos persoais en Galaxia?

Hai retos persoais e retos da propia editorial aos que me teño que incorporar. O feito de que o Día das Letras estea dedicado a Francisco Fernández del Riego fai que gran parte do noso plan editorial vaia ir enfocado por aí, e hai que sumar esforzos entre todas e todos. Pero tamén imos iniciar novos proxectos como publicar banda deseñada o ano que vén, cunha colección específica e autores moi novos. Eu son lector de sempre de banda deseñada e contactei coa xente que está nese mundo agora en Galicia. Aínda estamos pensando formatos e pedindo orzamentos porque o do papel é unha chaladura. Tamén quero tirar por monografías específicas na colección Pantallas, que é sobre cine; e sacar algo máis de música, como o libro que se publicou sobre Suso Vaamonde ou o dos 100 discos galegos. Son cousas que aínda estamos pechando pensando no ano que vén.

A crise do papel afectará moito aos plans de publicación de 2023?

Pois si. É unha barbaridade o que subiu, pero hai que seguir. Ao mellor nalgunha colección tes que cambiar o papel porque non o hai, ou tes que cambiar a capa porque o custo é desproporcionado. Supoño que na subida do prezo hai de todo, desde carestía e especulación a acaparamento. Xuntáronse todas esas circunstancias e estamos nunha tormenta perfecta que é un problema.

Que pensa do actual ritmo de publicación editorial?

Aí entramos nunha cuestión difícil e complexa. É unha loucura, pero estamos todos nela. Se a túa competencia saca cen títulos, ti que vas facer? Sacar vinte para dedicarlles máis tempo cando as novidades se renovan cada semana ou 15 días nas librarías? É un problema no que estamos todos, as grandes están nesa treboada perfecta e obrígannos ás pequenas a seguir aí. Evidentemente, eu querería máis espazo para darlle visibilidade aos libros. E que non sacases dúas novelas con 15 días ou un mes de diferencia. Así poderíanse facer máis presentacións e promocións, pero o mercado é como é. E non creo que mude.

Ademais, como nas cifras tanto nacionais como internacionais ves que o 80% dos libros non venden practicamente nada e que as vendas se reducen ao outro 20%, ao mellor sacas cen títulos ao ano que sabes que vinte vanche vender e que os outros van vender aos poucos pero van ir sumando; ou moitas veces publicas cousas que sabes que van vender pouco pero consideras que deben estar publicadas. Supoño que se o papel segue disparado, chegará un momento no que haxa que reducir por cuestión de supervivencia. Este tema sempre sae nas reunións de edición, pero non chegamos a ningunha conclusión porque se non publicas perdes o teu espazo –que xa é escaso– entre as novidades.

Agora que está dentro, como ve que sobreviven as editoriais nun momento de gran dependencia das axudas públicas?

Aquí, por exemplo, todo o que traducimos é solicitando axudas públicas. Eu teño unha obsesión, considero que A montaña máxica, de Thomas Mann, ten que estar en galego. Pero é un libro de mil páxinas, se eu, como iniciativa privada, teño que contratar un tradutor e tratar de sacar ese libro dunha forma que para min sería inalcanzable.

Nós temos moitas colaboracións coas institucións públicas nos premios, pero no caso do galego entendo que unha das obrigas das institucións publicas –así vén no noso Estatuto de Autonomía– é fomentar a nosa lingua. Deberan dotar as bibliotecas de todo o que se publica en galego, como tamén debera existir un Instituto Rosalía –como hai o Cervantes ou o Ramon Llull– para a promoción. Se un país tan pequeno como Finlandia coloca a súa literatura en todos os lugares do mundo é porque ten un instituto que se dedica á promoción, e que hai axudas públicas para a tradución dos seus autores nas outras linguas. Iso debera tamén pasar aquí.

 

[Fonte: http://www.praza.gal]

No 150° aniversário da publicação da tradução francesa de « O Capital », Marcello Musto escreve sobre a participação ativa de Marx no processo de tradução e comenta a fortuna crítica desta tradução/nova edição no mundo.

Por Marcello Musto

Em fevereiro de 1867, depois de mais de duas décadas de trabalho hercúleo, Marx finalmente pôde dar a seu amigo Friedrich Engels a tão esperada notícia de que a primeira parte de sua crítica à economia política estava finalizada. A partir daí, Marx viajou de Londres a Hamburgo para entregar o manuscrito do Volume I (“O processo de produção do Capital”) de sua magnum opus e, de acordo com seu editor Otto Meissner, foi decidido que O Capital seria lançado em três partes. Cheio de satisfação, Marx escreveu que a publicação de seu livro foi “sem dúvida, o mais terrível míssil que já foi lançado contra as cabeças da burguesia”.

Apesar do longo trabalho de escrita antes de 1867, a estrutura do Capital seria consideravelmente expandida nos anos seguintes, e o Volume I também continuou a absorver um empenho significativo por parte de Marx, mesmo após sua publicação. Um dos exemplos mais evidentes desse compromisso foi a tradução francesa de O Capital, publicada em 44 fascículos entre 1872 e 1875. Este volume não era uma mera tradução, mas uma versão “totalmente revisada pelo autor” na qual Marx também aprofundou a seção sobre o processo de acumulação de capital e desenvolveu melhor suas ideias sobre a distinção entre “concentração” e “centralização” do capital.

A busca pela versão definitiva do Volume I

Depois de algumas interrupções devido à sua saúde precária, e após um período de intensa atividade política para a Associação Internacional dos Trabalhadores, Marx passou a trabalhar em uma nova edição do CapitalVolume I, no início da década de 1870. Insatisfeito com a maneira como havia exposto a teoria do valor, passou dezembro de 1871 e janeiro de 1872 reescrevendo o que havia publicado em 1867. Em 1872, uma reimpressão de Das Kapital foi lançada e incluía as mudanças feitas por Marx. Esse ano foi de fundamental importância para a divulgação do Capital, pois também viu nascer as traduções russa e francesa. Confiadas a Joseph Roy, que já havia traduzido alguns textos do filósofo alemão Ludwig Feuerbach, as traduções apareceram em lotes com o editor Maurice Lachâtre. O primeiro foi publicado há 150 anos, em 17 de setembro.

Marx concordou que seria bom lançar uma “edição popular e barata”. “Aplaudo sua ideia de publicar a tradução […] em parcelas periódicas”, escreveu. “Dessa forma o livro será mais acessível à classe trabalhadora e para mim essa consideração supera qualquer outra”, argumentou com seu editor. Consciente, no entanto, de que havia “outro lado reverso” da moeda, ele antecipou que o “método de análise” que ele havia usado iria “tornar uma leitura um tanto árdua nos primeiros capítulos”, e que os leitores poderiam “desanimar” quando eles fossem “incapazes de seguir em frente na leitura logo de cara”. Ele não sentia que pudesse fazer nada sobre essa “desvantagem”, “além de alertar e prevenir os leitores preocupados com a verdade. Não há estrada real para o aprendizado e os únicos com alguma chance de alcançar seus picos ensolarados são aqueles que não temem a exaustão ao subir os caminhos íngremes”.

No final, Marx teve que gastar muito mais tempo na tradução do que havia planejado inicialmente para a correção da prova. Como escreveu ao economista russo Nikolai Danielson, Roy “muitas vezes traduziu de forma muito literal” e o forçou a “reescrever passagens inteiras em francês, para torná-las mais palatáveis ​​para o público francês”. No início daquele mês, sua filha Jenny disse ao amigo da família Ludwig Kugelmann que seu pai era “obrigado a fazer inúmeras correções”, reescrevendo “não apenas frases inteiras, mas páginas inteiras”. Subsequentemente, Engels escreveu na mesma linha de Kugelmann que a tradução francesa se havia mostrado um “verdadeiro trabalho árduo” para Marx e que ele “mais ou menos teve que reescrever a coisa toda desde o início”.

Além disso, ao revisar a tradução, Marx decidiu introduzir alguns acréscimos e modificações. No posfácio de Le Capital, ele não hesitou em atribuir-lhe “um valor científico independente do original” e afirmou que a nova versão “deveria ser consultada até mesmo por leitores familiarizados com o alemão”. O ponto mais interessante, sobretudo pelo seu valor político, diz respeito à tendência histórica da produção capitalista. Se na edição anterior do Capital Marx havia escrito que “o país mais desenvolvido industrialmente só mostra, aos menos desenvolvidos, a imagem de seu próprio futuro”, na versão francesa as palavras em itálico foram substituídas por “àqueles que o seguem até a escada industrial”. Esse esclarecimento limitou a tendência do desenvolvimento capitalista apenas aos países ocidentais já industrializados.

Ele agora estava plenamente consciente de que o esquema de progressão linear através dos “modos de produção burgueses asiáticos, antigos, feudais e modernos”, que ele havia desenhado no Prefácio de Uma Contribuição à Crítica da Economia Política, em 1859, era inadequado para uma compreensão do movimento da história, e que era de fato aconselhável evitar qualquer filosofia da história. Ele não via o desenvolvimento histórico em termos de progresso linear inabalável em direção a um fim predefinido. A concepção multilinear mais pronunciada que Marx desenvolveu em seus últimos anos levou-o a olhar ainda mais atentamente para as especificidades históricas e as desigualdades do desenvolvimento político e econômico em diferentes países e contextos sociais. Essa abordagem certamente aumentou as dificuldades que ele enfrentou no já acidentado percurso de conclusão do segundo e terceiro volumes do Capital. Na última década de sua vida, Marx realizou investigações minuciosas de sociedades fora da Europa e expressou-se inequivocamente contra os estragos do colonialismo. É um erro sugerir o contrário. Marx criticou os pensadores que ao destacar as consequências destrutivas do colonialismo utilizaram em suas análises das áreas periféricas do globo categorias peculiares ao contexto europeu. Ele alertou várias vezes contra aqueles que não conseguiram observar as distinções necessárias entre os fenômenos e, especialmente após seus avanços teóricos na década de 1870, ele foi altamente cauteloso ao transferir categorias interpretativas para campos históricos ou geográficos completamente diferentes. Tudo isso fica mais claro graças a Le Capital.

Em uma carta de 1878, na qual Marx pesava os lados positivos e negativos da edição francesa, ele escreveu a Danielson que ela continha “muitas mudanças e acréscimos importantes”, mas que ele também fora “às vezes obrigado – principalmente no primeiro capítulo – a simplificar o assunto”. Engels era dessa opinião e não incluiu todas as mudanças feitas por Marx na quarta edição alemã do Capital que publicou em 1890, sete anos após a morte de Marx. Marx não conseguiu completar uma revisão final do Capital – Volume I, que incluía as melhorias e acréscimos que pretendia aprimorar seu livro. De fato, nem a edição francesa de 1872-75, nem a terceira edição alemã – que saiu em 1881 – podem ser consideradas a versão definitiva que Marx gostaria que fosse.

Marx através de Le Capital

Le Capital teve considerável importância para a difusão da obra de Marx pelo mundo. Foi usado para a tradução de muitos extratos em vários idiomas – o primeiro em inglês, por exemplo. De maneira mais geral, Le Capital representou a primeira porta de entrada para a obra de Marx para leitores em vários países. A primeira tradução italiana – publicada entre 1882 e 1884 – foi feita diretamente da edição francesa, assim como a tradução que apareceu na Grécia, em 1927. No caso do espanhol, Le Capital possibilitou algumas edições parciais e duas traduções completas: uma em Madri, em 1967, e outra em Buenos Aires, em 1973. Como o francês era mais conhecido do que o alemão, foi graças a essa versão que a crítica de Marx à economia política pôde chegar a muitos países da América hispânica mais rapidamente. O mesmo aconteceu com os países de língua portuguesa. Em Portugal mesmo, O Capital circulou apenas pelo pequeno número de exemplares disponíveis em francês, até que uma versão resumida em português apareceu pouco antes da queda da ditadura de Salazar. Em geral, ativistas políticos e pesquisadores em Portugal e no Brasil acharam mais fácil abordar a obra de Marx pela tradução francesa do que pelo original. Os poucos exemplares que chegaram aos países africanos de língua portuguesa também eram nessa língua.

O colonialismo também moldou parcialmente os mecanismos pelos quais O Capital se tornou disponível no mundo árabe. Enquanto no Egito e no Iraque foi o inglês que mais se destacou na difusão da cultura europeia, a edição francesa teve um papel mais proeminente em outros lugares, especialmente na Argélia, que na década de 1960 foi um importante centro para facilitar a circulação de ideias marxistas em países “não alinhados”. A importância de Le Capital estendeu-se também à Ásia, como demonstrado pelo fato de que a primeira tradução vietnamita do Volume I, publicada entre 1959 e 1960, foi realizada com base na edição francesa.

Assim, além de ser frequentemente consultada por tradutores de todo o mundo e confrontada com a edição de 1890 publicada por Engels, que se tornou a versão padrão de Das Kapital, a tradução francesa serviu de base para traduções completas do Capital em oito idiomas. Cento e cinquenta anos desde sua primeira publicação, continua sendo fonte de debate estimulante entre estudiosos e ativistas interessados ​​na crítica de Marx ao capitalismo.

Em uma carta ao seu companheiro de longa data Friedrich Adolph Sorge, o próprio Marx observou que Le Capital “consumiu tanto [seu] tempo que [ele] não colaboraria novamente de forma alguma em uma tradução”. Isso é exatamente o que aconteceu. O trabalho e o sofrimento que ele depositou para produzir a melhor versão francesa possível foram realmente notáveis. Mas podemos dizer que foram bem recompensados. Le Capital teve uma circulação significativa, e os acréscimos e mudanças feitas por Marx, durante a revisão de sua tradução, contribuíram para a dimensão anticolonial e universal do Capital, que hoje se torna amplamente reconhecida graças a algumas das contribuições mais recentes e perspicazes nos estudos de Marx.

Tradução de Marcelo Bamonte para o Blog da Boitempo.


O velho Marx: uma biografia de seus últimos anos (1881-1883), de Marcello Musto

O velho Marx apresenta uma análise perspicaz dos anos finais e ainda pouco explorados da vida de Karl Marx. Combinando rigorosa abordagem acadêmica com uma escrita acessível, Marcello Musto derruba a lenda de que a partir de meados de 1870, devido a problemas de saúde e dificuldades pessoais, o filósofo alemão teria suspendido quase inteiramente sua pesquisa. Ao contrário, ele não só deu continuidade a seu trabalho, mas estendeu-o a novas disciplinas e a outras áreas do planeta. A partir do estudo de manuscritos que vieram a público recentemente e ainda não foram traduzidos do alemão nem publicados em livro, Musto demonstra que Marx passa a interessar-se por antropologia, pelas sociedades não ocidentais e pela crítica ao colonialismo europeu.

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Marcello Musto é professor de Sociologia na York University, em Toronto, Canadá. Suas publicações, disponíveis em seu site, foram traduzidas em vinte e cinco idiomas. Pela Boitempo publicou Trabalhadores, uni-vos!: antologia política da I Internacional e O velho Marx: uma biografia de seus últimos anos (1881-1883), além de colaborações com a revista Margem Esquerda.

 

 

[Fonte: http://www.blogdaboitempo.com.br]

En busca «del tiempo judío» de Marcel Proust

Cien años después de la muerte del literato francés Marcel Proust (1871-1922), una exposición en Madrid busca sus raíces judías y el impacto de esta cultura en su vida y en su escritura, junto al hecho de que tuviera que esconder sus orígenes, además de su orientación sexual.

La muestra “En busca del tiempo judío de Proust”, inaugurada en el Centro Sefarad-Israel de la capital española podrá visitarse hasta el próximo 30 de diciembre de manera gratuita, está formada por cuatro salas en las que se puede conocer el impacto de la cultura judía en la vida y obra del autor.

A lo largo de estas salas los visitantes podrán acercarse a la figura del autor, conocido por su novela autobiográfica En busca del tiempo perdido, así como a los personajes judíos de sus obras y también a personalidades españolas que se relacionaron con el francés.

En ellas encontrarán objetos de la época del autor, así como varias pinturas contemporáneas realizadas a propósito de la exposición, en la que los artistas reinterpretan la obra y la personalidad del escritor.

«Hemos decidido conmemorar los cien años de la muerte de Proust, uno de los genios universales del siglo XX, un escritor prolífico, que dedicó doce años a la redacción de En busca del tiempo perdido, donde se ve reflejado el peso del judaísmo en su obra», explica a EFE el director del Centro Sefarad-Israel, Jaime Moreno.

Según recuerda Moreno, el escritor introdujo varios personajes judíos en esta obra, algo que puede verse en la exposición, e incluso «se permitió la ironía de hablar de sus personajes a través del antisemitismo».

LOS SECRETOS DE PROUST

La profesora y comisaria de la exposición, Brigitte Leguen, destacó que los secretos y la necesidad de ocultar parte de su identidad marcaron la vida del novelista, quien, a través de sus personajes, «se declaró también homosexual».

«Mucha gente no conoce esta parte, Proust tiene un doble problema identitario, porque es homosexual y judío, y los dos lados estuvieron ocultos durante mucho tiempo, se declaró en la parte judía y a través de sus personajes al final declaró su homosexualidad. Con más dificultad, pero lo hizo también», considera.

La cuestión identitaria ocupa gran parte de la exposición, que tampoco se olvida del Caso Dreyfus, originado por una sentencia judicial considerada antisemita contra el capitán Alfred Dreyfus, de origen judío y que durante 12 años, de 1894 a 1906, conmocionó a la sociedad francesa.

«Este caso fue muy importante porque hizo tomar conciencia del problema judío que había en Francia, los intelectuales se tuvieron que posicionar y tomar partido y mucha gente que no se había declarado judía lo hizo para defender la causa, entre ellos Proust», explica.

En el análisis coincide Esther Bendahan, responsable del área de Cultura del centro, quien subraya que «una de las características principales» de la vida y la obra del francés «es el secreto»: «saber qué hay detrás de este tiempo perdido».

«Una de las claves es encontrar la dificultad de vivir una relación entre dos hombres o dos mujeres, era una preocupación muy evidente en su obra, en la cual se ve claramente, pero en su tiempo era muy difícil tener una vida abiertamente homosexual y se ve obligado a ocultarla», dice.

Algo que, según afirma, podría «equipararse» a lo que vivían muchos judíos en los años 20 del siglo pasado y posteriormente: «muchos vivían su judaísmo de manera oculta, algo que marcó la obra de Proust y su tiempo».

 

[Fuente: http://www.zendalibros.com]

C’est l’histoire d’une enfant que l’on ne saura aimer, qui ne trouvera pas sa place dans le couple parental. L’histoire d’une déchirante constatation qui éteindra le regard de Tristane à tout jamais. Ce conte d’une noirceur pourtant pétrie d’espoir accompagne une « petite fille terne » de sa conception à sa libération, victime d’une privation d’affection parentale qui donnera naissance à l’amour le plus pur.

ActuaLitté

Publié par Fasseur Barbara

« Pourquoi suis-je si triste », s’interrogera Tristane face au miroir ? Le regard voilé, l’âme noyée, le cœur étouffé par l’amour que ses parents se portent l’un à l’autre, sans jamais daigner en partager une once avec elle. Elle vivra seule avec eux, leur idylle la laissant privée d’affection jusqu’à l’arrivée de Laetitia, sa sœur.

Elle découvrira l’amour, le vrai, lors de cette naissance, se dévouant corps et âme à un petit être qui la délivrera du froid carcan parental. Tissant cette relation d’une pureté et d’une honnêteté toute nue, Amélie Nothomb noircit l’idyllique et encense la parfaite imperfection de l’amour sororal.

L’auteure construit autour des deux sœurs une histoire d’amour d’une pureté inégalée qui frôle l’union sacrée, mais livre également une fable sur le pouvoir des mots et la puissance qu’ils peuvent incarner : construire ou détruire, dans la bouche des uns et des autres, mais surtout dans la tête et dans les oreilles de Tristane.

Elle incarne cette jeune âme trop précoce pour l’univers dans lequel elle voit le jour. Éternelle victime d’une brillance jugulée par la cruauté de l’Homme et le triste ego qui l’accompagne, elle apprendra à rayonner autrement, à s’élever pour quelqu’un d’autre puisque « Seconde, elle l’était en amour » et le restera dans et pour le reste de sa vie.

Nourrie de l’étrange nostalgie d’un amour qu’elle n’a jamais connu, Tristane grandit pour aimer sa sœur et sa sœur grandit pour que Tristane puisse aimer. On retrouve ici, toute la maîtrise des mots d’Amélie Nothomb dans la bouche de son héroïne.

On découvre cette année un roman sombre à la plume si particulière et au vocabulaire taquin. Nothomb y décortique le pouvoir du verbe et de l’écriture, des amours et de leurs contraires. Le tout porté par des personnages bien construits, assez complexes pour s’éloigner de la caricature.

Amélie Nothomb ne cherche pas à dépeindre une réalité, mais à envelopper son lecteur dans la douceur de ce nouveau rendez-vous que tout un chacun attend impatiemment. Elle le respecte quasi religieusement pour cette rentrée encore avec ce nouveau roman qui pourrait être un hommage à sa propre sœur, Juliette ?

Amélie Nothomb Albin Michel
Le Livre des sœurs
17/08/2022 198 pages 18,90 €

 

[Source : http://www.actualitte.com]

El pasado domingo, día 11, murió el director de cine Alain Tanner (1929-2022). Artífice de una obra profunda que renovó el cine suizo, retrató la sociedad centroeuropea de la segunda mitad del siglo XX con moderadas dosis de esperanza, certificando sus dificultades para adaptarse a la voracidad del sistema y sus crecientes atrocidades.

El realizador suizo Alain Tanner, en París, en 1985. Foto: Pierre Perrin/Gamma-Rapho (Getty Images)

Escrito por Ramón Ayala

El director suizo Alain Tanner, nacido en Ginebra en 1929, se formó como economista. Tras un período trabajando en empresas de transportes, funda junto a Claude Goretta el cineclub universitario de Ginebra en 1952. Ambos pretendían poner de manifiesto, por medio del cine, la realidad histórica y social de un país. Un retrato oculto por la moral o por las pintorescas imágenes turísticas de una falsa felicidad que, muchas veces, se identifica con el alto nivel de vida helvético. Este proyecto resulta casi imposible de realizar en una Suiza oficialmente indiferente al séptimo arte e industrialmente anémica en lo audiovisual.

Siempre acompañado por Goretta, Alain Tanner va a Londres, frecuenta a realizadores del free cinema, trabaja para el British Film Institute y rueda con su compañero un cortometraje, “Nice Time” (1957), que es galardonado en el Festival de Venecia. De vuelta a su ciudad natal, filma películas por encargo y, finalmente, realiza su primer largometraje, “Charles, vivo o muerto” (1969), tras un paso por París donde frecuentó los círculos de la Cinémathèque de Langlois y se empapó de primera mano del primer espíritu de la nouvelle vague. Tras ganar el Leopardo de Oro de Locarno, la buena fama de este debut –donde un ejecutivo se rebela contra el capitalismo al que sirve– permitirá el nacimiento de un cine nacional suizo junto con otros realizadores como Michel Soutter, el citado Claude Goretta, Jean-Louis Roy y Jean-Jacques Lagrange. Su segunda obra, y primera en la historia subvencionada por el estado suizo, es “La salamandra” (1971), con Bulle Ogier como protagonista, escrita a cuatro manos con el escritor inglés y teórico de la estética John Berger, con quien también firmará “El centro del mundo” (1974) y “Jonás, que cumplirá los 25 años en el año 2000” (1976).

“Charles, vivo o muerto”, nostálgica e intimista, se convertirá en una especie de película fetiche de toda una generación marcada por la década de 1960. En estas primeras obras Tanner sitúa a los personajes centrales sintiéndose al margen de una sociedad que intenta estandarizarlos: mientras que el Charles de la primera verá abrirse ante él las puertas del asilo psiquiátrico, la Rosemonde de “La salamandra” evoluciona de la laxitud existencial a la rebelión contra la vida ordenada, incluso mentalmente.

Alain Tanner con Catherine Rétoré y Clementine Amouroux en el rodaje de “Messidor” (1979). Foto: Getty Images

Alain Tanner con Catherine Rétoré y Clementine Amouroux en el rodaje de “Messidor” (1979). Foto: Getty Images

La obra de Tanner concentrada en la década de 1970 muestra una Suiza lejos de sus antiguas virtudes paradisíacas que se descubre, con estupor, vulnerable, sometida a tensiones que no pueden camuflar las coartadas de la neutralidad. Su “nuevo” cine le permitió una toma de conciencia; rompió los tabúes para dejar aflorar verdades profundas, en un movimiento estético y ético ferviente que basta para explicar la audiencia inesperada que convocó. Una audiencia que ya había vivido la contracultura y el Mayo del 68 en el país vecino. Hijo de su época, el cine de Tanner es paradigmático del cine político europeo, flirtea con la utopía, la denuncia, al señalar al rey desnudo y otorgar una profundidad psicológica de innovadora complejidad a los roles femeninos. De un didactismo brechtiano y un realismo desencantado, el cine de Tanner visto hoy supera la ingenuidad ideológica para seguir siendo relevante en sus retratos humanos, dirigidos con gran psicología aunque con cierta planicie estética. Aprisionados en un presente determinado por el pasado y con un futuro desesperanzado, sus personajes se valen tan solo de sueños para defenderse de un retrato determinista. Sus criaturas son antagonistas de un villano siempre invisible, pero que las rodea las 24 horas. Una lección aprendida décadas después por Laurent Cantet o Nicolas Klotz.

Algunos títulos, al igual que los temas que sustentan las obras de Tanner, clarifican esta problemática del enclaustramiento cobarde y del profundo aunque inútil deseo de liberarse: “Vuelta de África” (1973), “El centro del mundo”, las utopías pedagógicas de “Jonás, que cumplirá los 25 años en el año 2000”, la imitación de Ícaro que persigue el adolescente de “A años luz” (1981), la puesta entre paréntesis de “En la ciudad blanca” (1983) con el marino suizo en Lisboa interpretado por Bruno Ganz, deseoso de desaparecer.

El cine que Tanner deja es una obra en cierta manera de evasión, más deseada que vivida. Un cine de utopías poco optimistas. Más ideológico que político. Es testimonio de una Europa en la que, como último veneno de las guerras mundiales y la barbarie, queda la corriente de insatisfacciones de una juventud demasiado idealista para ser feliz en tiempos de pragmatismo y cinismo. ∎

Póquer de Tanner


“La salamandra”
 (1969)
Un periodista y un novelista investigan un incidente para la televisión suiza. Supuestamente un hombre se disparó a sí mismo limpiando un rifle, pero hay que dilucidar si fue su sobrina Rosamonde (Bulle Ogier) quien apretó el gatillo. La Rosamonde de Tanner –quijotesca, libre y salvaje– se introduce en la vida de los dos y cataliza un cambio social en ambos: los exilia de la “normalidad”. Contra la búsqueda de argumentos para comportamientos atípicos.


“Jonás, que cumplirá 25 años en el año 2000”
 (1976)
Ocho personas que vivieron juntos el Mayo del 68. Entre ellas un editor desencantado, una cajera que ofrece descuentos a los mayores, una estudiosa del sexo tántrico, Jonás que tiene seis años y una mirada ingenua sobre el mundo. La cinta es paradigmática de una retórica ideológica muy fechada, pero, precisamente, como un mosquito en ámbar, es un documento valioso: libertad sexual, generosidad y consideración, fe en el intelecto contra el reduccionismo político, ateísmo ilustrado, espíritu comunal. Si Jean Eustache expresó un desencanto dandi hacia el Mayo del 68 y Jean-Luc Godard flirteaba con la lucha armada y la propaganda subido a un deportivo, Tanner se reservó la utopía.


“Messidor”
 (1979)
Antes de “Thelma y Louise” (Ridley Scott, 1991), estuvo esta película. Dos amigas, una estudiante y una dependienta, un viaje en autoestop sin destino concreto, una violación, una pistola robada, el reverso del paisaje pintoresco suizo. La promesa de ser libres. Pero la libertad acaba cuando se acaba el dinero. Tanner sitúa a sus personajes en una hipótesis utópica y deja que la realidad conduzca la dramaturgia hacia un realismo pragmático sin rastro de ironía. No hay suicidios heroicos sobre el Gran Cañón. Tan solo la vida en el vacío en una pantalla blanca.


“En la ciudad blanca”
 (1983)
Para salir de la sociedad establecida, Paul (Bruno Ganz) decide parar. Y bajar del barco donde trabaja en Lisboa, alquilar una habitación, pasear, rodar películas en Súper 8 que envía a su pareja suiza, enamorarse de una camarera, hacer nada en absoluto. La película más estéticamente potente del suizo tiene a su favor esconder el subtexto político en algo más sutil y universal, la capital lusa como un plató en estado de gracia y una escritura que dirige la mirada a una hermosa fantasmagoria a pleno sol. ∎

Faleceu aos 70 anos por mor dunha afección pulmonar e deixa unha das obras máis sólidas e singulares das letras españolas

Javier Marías asinando unha das súas obras na Feira do Libro de Madrid

Escrito por MIGUEL LORENCI

O escritor, académico, articulista, tradutor, profesor e selecto editor Javier Marías faleceu na súa Madrid natal aos 70 anos. Levaba varias semanas loitando contra unha grave afección pulmonar que obrigou á súa hospitalización a mediados de agosto. Coa súa morte, as letras españolas perden a un dos seus grandes referentes, o noso escritor seica máis respectado e recoñecido internacionalmente, dono dunha obra tan sólida como persoal desenvolvida nunha vintena de títulos ao longo de medio século. «Pensar na posteridade é ridículo; é un concepto pasado», repetía Marías, que ten asegurado un lugar preeminente nos anais da literatura española do século XX. Shakespeariano ata a medula, era o único autor español contemporáneo incluído na colección Modern Classics do prestixioso selo inglés Penguin.

Eterno candidato ao premio Cervantes, que aseguraba estaba disposto a rexeitar -como rexeitou o Nacional de Narrativa no 2012, fixo nas quinielas do Nobel e multipremiado en Europa e Latinoamérica, a súa esixente ambición literaria foi o motor dunha carreira froito dunha temperá vocación. Vendeu máis de oito millóns de libros dunha obra traducida a medio centenar de idiomas e que se publica en case 60 países. O poeta John Ashbery comparou a súa prosa coa de Marcel Proust ou Henry James e J.M.Coetze e insistiu en que a Academia Sueca debía outorgarlle o galardón que xa ten o narrador surafricano.

Fillo do pensador, catedrático e académico Julián Marías, estudante brillante, precoz narrador e novo profesor, publicou a súa primeira novela, Os dominios do lobo, con só 19 anos. A última, Tomás Nevinson, apareceu hai dous anos. Pero Marías aseguraba que non se tiña «nin por un escritor profesional nin por un grafómano». «Escribín o que quixen», repetía o protagonista dunha carreira ascendente, balizada de recoñecementos, sostida co favor do público e o respecto da crítica dentro e fóra de casa.

Tradutor, profesor en Oxford e na Complutense de Madrid, era moi lido e especialmente admirado en Alemaña. Corazón tan branco, aparecido en 1992, foi o libro que lle cambiou a vida e a carreira. Con el rebentou o mercado cando catro anos máis tarde o pope da crítica alemá, Marcel Reich-Ranicki, púxoo polas nubes no seu programa de televisión e converteuno nun bestseller no seu país.

Insatisfeito

Pero Marías nunca estaba satisfeito dos seus logros. «Os meus libros parécenme unha porcallada mentres os escribo», declarou ao publicar Berta Illa, a súa penúltima novela, que, como sempre, anunciou como o seu adeus á narrativa.

Adoitaba recorrer a frases do seu loado Shakespeare para titular as súas novelas como Os namoramentos, que publicou en 2011, tras corenta anos de carreira. Era a décimo cuarta novela do titular da cadeira de brazos R na RAE, a primeira cunha voz feminina como narradora, e mereceu en 2012 o Premio Nacional de Narrativa outorgado polo Ministerio de Cultura, que Marías rexeitou. Foi elixida como mellor libro do ano por Babelia, recibiu o XIV Premio Que Ler e o internacional Giuseppe Tomasi dei Lampedusa. Foi finalista do National Book Critics Circle Award como mellor novela publicada nos Estados Unidos en 2013 e seleccionada por The New York Times entre as cen mellores obras de ficción de 2013.

Dixo entón que faría o mesmo de gañar o Cervantes, tras asegurar que o da Crítica, que obraba na súa poder «é un dos poucos premios dos que un pode estar seguro de que non interveñen nel factores extraliterarios, xa que os críticos españois non se van a deixar influír por nada ou ninguén». «¿Perdoaría que lle outorgasen o Cervantes?» expúxoselle. A pregunta debuxou un sorriso no rostro do polo común circunspecto escritor. «Deixei moi claro cando rexeitei o premio Nacional de Narrativa que non aceptaría máis premios dotados con diñeiro do Estado». «¿E quen pon o diñeiro no Cervantes?», repreguntó o académico. «O Estado», escoitou. «Pois aí ten a resposta; pero descoide que non mo darán» resolveu a cuestión auto excluíndose da carreira pola máxima distinción das letras hispanas.

Literato esixente onde os haxa, e alérxico á cursileza, lamentaba a superficialidade que non só afecta aos mozos, «que se contaxia e amplifica» nunha era dixital que nos fai retroceder en lugar de avanzar. «Ninguén le nada e o peor é que apenas se entende o que se le; critícanse os meus artigos sen ler os meus argumentos», lamentaba. «Non estou disposto a escribir novelas bobas, superficiais, con tontunas copiadas de autores americanos», dicía. Deixaba ese labor ás lexións de presentadores e famosos «que se creen capaces de crear unha novela por saber ler e escribir».

Refractario á tecnoloxía, usaba un móbil vetusto e escribía sempre a máquina. «¿Que fose do mundo se Goebbels tivese Twitter e Youtube?», preguntábase. E a resposta era aterradora. «O mundo sería nazi, se é que xa non o é. Os nazis terían gañado a guerra, seguro, se vemos o que lograron coa radio, a prensa e as películas de Leni Riefensthal», aventuraba. «Cada vez pénsase menos e funciónase con ideas recibidas e lugares comúns, e se non cuestionar as ideas recibidas, o panorama é terrible», lamentaba.

O seu non moi extensa bibliografía complétase con títulos como Travesía do horizonteO monarca do tempoO séculoO home sentimental (Premio Ennio Flaiano), Todas as almas (Premio Cidade de Barcelona), Corazón tan branco (Premio da Crítica, Prix l’Œil et a Lettre, IMPAC Dublin Literary Award), Mañá na batalla pensa en min (Premio Fastenrath, Rómulo Galegos, Prix Femina Étranger, Mondello dei Palermo), Negras costas do tempo; os tres volumes do teu rostro mañáFebre e lanza (Premio Salambó), Baile e soño, e Veleno e sombra e adeus e Así empeza o maloBertaIsla e Tomás Nevinson.

Gañou tamén o Premio Nacional de Tradución 1979 pola súa versión de Tristram ShandyVidas escritas e Miramientos reúne as súas descricións de escritores e os seus relatos están en Malaíndole e a antoloxía Contos únicos. Ademais de homenaxes a Faulkner e Nabokov, publicou dezaoito colecciones de artigos e ensaios.

O tradutor do «Tristram Shandy» e doutros autores ingleses

Ademais de escritor, Javier Marías tivo tamén unha faceta como tradutor, sobre todo ao principio da súa carreira. En 1978 traduciu nun só volume para Alfaguara A vida e as opinións do cabaleiro Tristram Shandy e Os sermóns de Mr. Yorick, de Laurence Sterne, alumno de Cervantes e unha das influencias máis queridas polo escritor madrileño. Con esas obras gañou o Premio Nacional de Tradución en 1979.

«A aquel que queira escribir, eu recomendaríalle que traducise. Eu notei na miña propia prosa máis flexibilidade e soltura despois de traducir. Notei o meu instrumento máis afinado que antes», dixo Marías.

Ademais da Sterne, traduciu ao tamén aos clásicos ingleses Thomas Browne e Thomas Hardy e a novelistas contemporáneos como Vladimir Nabokov e John Updike, e a poetas. Sempre traduciu do inglés, polo que se lle considerou o máis británico dos escritores en español.

Deixou a tradución porque, na súa opinión, é unha actividade que está demasiado preto da escritura, e temía unha influencia demasiado evidente das palabras doutros escritores.

 

[Imaxe: BENITO ORDÓÑEZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

El autor de ‘Todas las almas’, ‘Corazón tan blanco’ o ‘Los enamoramientos’ ha fallecido en Madrid por una neumonía bilateral. Deja una de las obras literarias en español más relevantes de los últimos 50 años

Escrito por ANTONIO LUCAS

Javier Marías ha muerto a los 70 años en la Fundación Jiménez Díaz de Madrid por los problemas derivados de una neumonía bilateral que le ha mantenido durante dos meses ingresado en el hospital.

La familia de Javier Marías distribuyó el pasado 14 de agosto una breve nota a través del departamento de Comunicación del grupo editorial de Marías, Penguin Random House, donde explicaba que el autor de Todas las almas estaba « en proceso de recuperación ». Pero la gravedad de la severa afección pulmonar fue en aumento en las últimas semanas, hasta lo insalvable. El escritor será incinerado en Madrid, su ciudad de nacimiento, en la absoluta intimidad y no habrá velatorio. En el barrio de Chamberí (habitual en algunas de sus novelas) pasó la infancia y juventud. Era hijo del filósofo Julián Marías y de la profesora y traductora Dolores Franco.

Javier Marías deja una obra literaria excepcional. Deja un rastro de literatura intensísimo. Deja una monarquía heredada donde era el cabeza de lista y que dio paso a una editorial sagaz y exquisita (Reino de Redonda). Deja un desacuerdo contra algunas cosas del presente. Deja el eco de una ironía ágil. Y también deja polémicas desplegadas en artículos. Y deja traducciones, recuerdos de muchas películas -era sobrino del excéntrico director Jesús Franco-, incluso una muesca de literatura infantil, Ven a buscarme. Sí, un cuento para niños del feroz Marías. Y es un escritor que, felizmente, incomoda. Y es, a la vez, un tipo que alumbra.

Sucede con las novelas de Javier Marías algo muy interesante. Una primera escena formidable enreda las cosas y deja cabos sueltos que seguirán sueltos a lo largo de la novela porque no aspiran a resolverse del todo, porque esa es la forma de indagar en la penumbra y lo visible, entre lo sabido y lo callado, entre lo oculto y lo aparente, entre lo apenas adivinado. Un juego de luces y sombras donde los individuos están expuestos a un misterio, a un vértigo, a una inquietud. Es lo que podríamos llamar « la voz Marías », esa condición de territorio propio que tienen los escritores que importan, lo reconocible, el estilo, esa poética que nunca suplanta, sino que propone y alumbra a quien se acerca. El motivo por el que gusta su literatura es obvio: se trata de un escritor inteligente de los que ofrecen, al salir de sus libros, una cierta idea de mundo.

Acorazado de libros (algunos en ediciones exquisitas), figuritas de plomo, fotografías dispersas y otros fetiches imprevistos, vivía cada vez más retirado del fervorín literario en su caserón del centro de Madrid, un tercero en una plaza (la de la Villa) donde el suyo es el único edificio habitado. Allí escribía y dispensaba una mirada sulfurosa sobre el presente de este país. Empezó en la narrativa a los 20 años, con un título recuperado ahora por Alfaguara (donde está toda la obra de Marías): Los dominios del lobo (1971). Continuó con la novela Travesía del horizonte (1973) y El monarca del tiempo (1978). En aquellos 70 empezó a colaborar en prensa -algo mantenido hasta el final- y se integró en el grupo que aglutinaba Juan Benet y donde destacaban Elías Querejeta, Javier Pradera, Eduardo Chamorro, Félix de Azúa, Juan García Hortelano, Vicente Molina Foix o Antonio Martínez Sarrión. La intermediación de Benet fue clave para que Marías publicase aquella primera novela. Las cartas entre Benet y Marías, numerosas, están inéditas. Solo se ha publicado una de Benet a su discípulo, bautizado como « el joven Marías », en la edición conmemorativa por el 25 aniversario de Corazón tan blanco. Aquel joven Marías, algunas noches de gracia, hacía unas piruetas gimnásticas espléndidas en el Paseo de la Castellana y desataba las ovaciones de sus amigos mayores.

Pérez-Rerverte, Vargas Llosa y Marías, en 2015.

Pérez-Rerverte, Vargas Llosa y Marías, en 2015. BERNARDO DÍAZ

A cada novela se fue ganando mejor el sitio entre los escritores más destacados de la narrativa española contemporánea. En 1986 gana el Premio Herralde por El hombre sentimental, se incorpora a la escudería de Anagrama y se mantuvo hasta mediados de los años 90, cuando rompió el fundador del sello, Jorge Herralde. En 1989 publica Todas las almas (título extraído de Shakespeare, como hará después en al menos cinco libros más), que lo sitúa en podio y donde da cuerda a la historia de un profesor español que imparte clases en la Universidad de Oxford. Un poco antes de la salida de Todas las almas, entre 1983 y 1985, Marías impartió clases de Literatura Española y Teoría de la Traducción en Oxford. En 1984 lo haría en el Wellesley College y entre 1987 y 1992 en la Complutense de Madrid. También fue profesor invitado de la Escuela de Letras de Madrid. La docencia era otra gimnasia para ganarse la vida mientras la literatura no se estiraba a tanto. Y como todo en Marías, la paradoja y el cálculo tienen una aleación en su escritura: los protagonistas de sus novelas escritas desde 1986 son intérpretes o traductores, « personas que han renunciado a sus propias voces », decía.

La escritura de Marías está a punto de alcanzar su potencia de distinción. Esa manera de contar que tiene una ondulación propia. Las elipsis. El pensamiento como impulso narrativo, más que la invención, las disyuntivas éticas y morales, el secreto como veneno, la traición como amenaza, la violencia, el arrepentimiento, la mentira: « Las mentiras son las mentiras, pero todo tiene su tiempo de ser creído », escribió… En 1990 publica el primer conjunto de relatos, Mientras ellas duermen; y un año después el primer volumen de recopilación de artículos, Pasiones pasadas (hoy son casi una veintena de títulos en este registro). Y entonces sí, en el año español de todos los fastos (1992), el de la abundancia y el horizonte de pan de oro, publica Corazón tan blanco. Es la lanzadera a un éxito vibrante. En España esta novela se convierte en la pieza más celebrada de Marías, de la generación y casi de la década en marcha. En Alemania alcanza cifras de fenómeno editorial cuando el mítico crítico literario alemán Marcel Reich-Ranicki mencionó a Marías como uno de los más importantes autores vivos de todo el mundo en el programa de la televisión alemana que él dirigía, El cuarteto literario.

Marías aún se dejaba ver, pero cada vez costaba más. En 1994, Víctor García de la Concha le sugirió presentar su candidatura a la Real Academia Española (RAE), pero no le sedujo la propuesta. Aceptaba premios españoles (Salambó, Premio de la Crítica, Premio Fastenrath de la Real Academia Española, Premio Ciudad de Barcelona…). Mantenía una cierta vida literaria… Ese año del « no » a la Academia estrena otra etapa de su obra con Mañana en la batalla piensa en mí‘, Negra espalda del tiempo (1998 y su inteligente aventura de autoficción), la trilogía Tu rostro mañana (2009) y Los enamoramientos (2011), otro éxito editorial con el que toma la decisión de no aceptar premios institucionales en España y rechaza el Nacional de Narrativa en una rueda de prensa en la que dice: « Creo que el Estado no tiene por qué dar nada a un escritor. Si alguna vez se me ofreciera algún premio de los que llamamos estatales pues no lo aceptaría. Así que tomo por norma no aceptar nada de lo que venga del Estado de mi país, menos aún algo que lleve aparejado dinero ». Eso descartaba, también, la concesión del Cervantes. El Nobel es otra cosa. Y es un reconocimiento extranjero. En los últimos años ha estado en todas las quinielas como posible receptor. Quizá este sea el premio que mejor mereció.

En 2005 sí aceptó asiento en la RAE, el sillón R ocupaba, y el 29 de junio de 2006 leyó el discurso de ingreso, Sobre la dificultad de contar, al que respondió el filólogo y cervantista Francisco Rico.

Javier Marías dedica una novela en la Feria del Libro de 2011.

Javier Marías dedica una novela en la Feria del Libro de 2011. ANTONIO HEREDIA

Marías, a la manera de uno de los escritores que admiró e impulsó en España, el austriaco Thomas Bernhard, escogió no tener vínculo con el establishment (así lo decía él: « establishment ») de los galardones nacionales. De Bernhard también asumió la actitud cada vez más despojada frente a los peajes literarios. Y la contundencia de opinión. En sus artículos de El País provocó (intencionadamente) algunas polémicas. Una vez exprimido el registro de vecino cabreado del centro de la ciudad (papel que jugó con perfecto humor, aunque no lo parezca), aprovechó para volcar su escepticismo o su rechazo en algunas manifestaciones cívicas como la creciente altavocía del feminismo, los montajes de teatro contemporáneo, lo patético de la mayor parte del cuerpo político, la televisión y sus derivas o la desconfianza que le generaban las redes sociales. Marías alcanzó los 70 años sin manejar un ordenador. Mantuvo la lealtad a la máquina de escribir eléctrica durante 16 novelas, miles de artículos, cientos de relatos y demás mercancía del oficio. « Cada vez me cuesta más encontrar cartuchos de tinta, pero no voy a dejarlo ahora… », decía.

Tuvo la poesía también cerca. Tradujo los poemas de Stevenson, de Ashbery, de Faulkner, de Nabokov… Todos estos autores estaban con fuerza en su santoral literario. A todos cumplimentó devoción y a su poesía dedicó siempre atención. El irlandés Seamus Heaney fue otro de sus poetas bien leídos.

Marías no era un ermitaño. Ni un eremita. Ni un trágico de balcón y penumbra. Mantuvo un compacto grupo de amigos: Agustín Díaz Yanes, Arturo Pérez-Reverte, Luis Antonio de Villena… La vida le concedió aventuras. Muchas expediciones singulares. Y de todas hizo lo que quería hacer: literatura. Pocos creadores hay tan cuidadosos de su estela de escritor. Hasta en el enigma de saber si estaba grave o no le salió la cosa literaria. Alrededor de Marías hubo dos compañeras incombustibles: Carme, su mujer, y Mercedes, su asistente. Todo el alrededor del escritor pasaba por ellas.

Fueron las primeras en leer los manuscritos de Así empieza lo malo (2014), Berta Isla (2017) y Tomás Nevinson (2021). Las tres últimas novelas. Hay en los argumentos de estas piezas algo de aquello que Borges dijo por otro asunto: « Cualquier destino, por largo y complicado que sea, consta en realidad de un solo momento: el momento en el que un hombre sabe para siempre quién es« . Ahí empieza o acaba todo. ¿Quién fue Javier Marías?

 

[Fuente: http://www.elmundo.es ]

El escritor y académico, figura indiscutible de las letras y candidato al Nobel, ha fallecido a primera hora de esta tarde en Madrid por complicaciones en una neumonía que le ha tenido ingresado y en coma desde hace más de un mês

https://www.abc.es/sociedad/muere-escritor-javier-marias-anos-edad-20220911182727-vi.html

Escrito por MARÍA JOSÉ SOLANO

«Nadie conoce el orden de la muerte», escribió en una ocasión Javier Marías. Hablaba del ingeniero y escritor Juan Benet, de su temprana marcha; de los premios que nunca le concedieron. Javier Marías había reconocido en numerosas ocasiones la importancia personal y literaria que Benet tuvo en su vida, de tal manera que la muerte de este, un 5 de enero del 93, agudizó la orfandad del escritor iniciada tal vez prematuramente con la de su madre, Dolores Franco o Lolita, como todos la llamaban, una lejana madrugada navideña de 24 de diciembre del 77, dos meses después del suicidio en París del médico y escritor Aliocha Call, con el que había mantenido «una breve pero estrecha amistad». Por entonces, y mientras la muerte ordenaba la vida en oleadas de ausencias, el joven Marías que apenas hacía unos años que había finalizado sus estudios de Filosofía y Letras, deja la ciudad de Barcelona donde trabaja y regresa a su Madrid natal para vivir junto a su padre viudo. Don Julián Marías, filósofo, académico y escritor, será otra de las figuras clave en la vida de Javier. Afortunadamente no lo abandonará tan deprisa, pues ambos compartirán hogar y libros hasta la muerte del padre a la edad de 91 años, un navideño 15 de diciembre, el mes que para Javier Marías ya siempre sería de lejana infancia feliz y definitiva orfandad.

Don Julián Marías, «una de las personas que más claro ha tenido el concepto de España, de lo que es este país, de lo que se le debe a España en el mundo y de lo que España podía ofrecer», como dijera de él Don Gregorio Salvador, fue injustamente represaliado por sus ideas políticas en un país que «ha sido bastante cicatero con mi padre», como recordaba Marías sin poder perdonar. Esa herida cicatrizó en un pensamiento argumental que el autor convirtió en la trama (y el envés) de ‘Tu rostro mañana’, un homenaje al padre, ingente proyecto literario considerado por él mismo como su «mejor novela», «la más compleja y ambiciosa» y «con mayor hálito, impulso y fuerza» en sus páginas. Una novela en tres volúmenes, volcada a 30 idiomas y de la que se llegaron a vender cerca de medio millón de ejemplares en todo el mundo. Con el interrogante de un rostro que ya no tendrá mañana, la desaparición de Javier Marías a los 70 años de edad a finales de este sofocante verano, ha transformado en un desolador diciembre el calendario de millones de lectores.

Tintín, Nabokov, París

Javier Marías nació bajo el signo de la literatura un 20 de septiembre de 1951. Es el pequeño de cinco varones (el mayor, Julianín, falleció con tres años) y el ambiente intelectual determinado por una madre profesora y un padre filósofo conforman su personalidad. Su padre, presionado por la situación política en España, pasa largas temporadas en EE.UU., donde imparte clases en diferentes universidades, como la Wellesley College de Massachusetts. Allí, la familia se aloja en la casa de Jorge Guillén, cuya planta superior ocupa Vladimir Nabokov. Tal vez los llantos del pequeño Javier de apenas un año de edad importunaron en ocasiones el sueño, el ajedrez o la lectura del escritor ruso a quien años después, aquel niño convertido en famoso novelista le rendiría homenaje, tal vez para compensar los disturbios involuntarios, en un hermoso álbum: ‘Desde que te vi morir’ (1999).

Desde los once años, Javier escribe para, según sus palabras, «seguir leyendo lo que me gusta»

El niño Marías lee a Richmal Crompton, Enid Blyton, Dumas, Salgari, Corbert, Paul Féval, Verne y por supuesto, los tebeos de Tintín. Pero como ha declarado en alguna ocasión su amigo, el novelista y académico Arturo Pérez-Reverte: «Yo quería ser Tintín y Javier quería escribirlo». Desde los once años Javier escribe para, según sus palabras, «seguir leyendo lo que me gusta». Pasa los veranos con su familia en Soria, en casa de Heliodoro Carpintero y las hermanas de este, Mercedes y Carmen, y allí termina ‘La víspera’, una novela escrita a los quince años que nunca publicó. Es cuanto menos singular que muchos años después de aquello, las dos mujeres más cercanas a la madurez de Javier (su amiga y ayudante Mercedes y su compañera sentimental Carmen), cierran el círculo nominal de una biografía planteada con la estructura narrativa de su obra: en extraña espiral.

Vida escrita

Sin haber cumplido los veinte, Javier se escapa a París, donde trabaja en ‘Los dominios del lobo’ (1971), su primera novela publicada. Por las mañanas escribe, por las tardes va al cine y por las noches canta acompañándose de una guitarra en los Campos Elíseos a cambio de unas monedas para su sustento, «básicamente pan con mostaza», según su propio testimonio. A partir de ahí, la escritura será su forma de vivir y relacionarse con el mundo: idea guiones de cine, completa sus estudios de Filología Inglesa, traduce a los autores clásicos, publica cuentos y relatos y comienza a colaborar con artículos en prensa, alternando todo aquello con la aparición de dos novelas: ‘Travesía del horizonte’ (1972) y ‘El monarca del tiempo’ (1978). Inaugura los años 80 con ‘El siglo’ (1982), su cuarta novela, e inicia una década viajera y universitaria, esta vez en calidad de docente: Oxford, Londres, Boston y Venecia, donde nace ‘El hombre sentimental’ (1986). Termina estos años fructíferos publicando ‘Todas las almas’ (1989), que destila ya un territorio personal muy reconocible: una falsa novela autobiográfica le permite construir un relato autobiográfico verdadero, pero sin parecerlo, en un ambiente inquietante y a veces cómico.

La década de los 90 será la de la consolidación del gran novelista: publica ‘Corazón tan blanco’ (1992), con la que obtiene un reconocimiento unánime por parte de la crítica nacional e internacional, que lo cataloga como uno de los mejores escritores en lengua española. Escribe, con enorme éxito ‘Mañana en la batalla piensa en mí’ (1994) y comienza la escritura de la que será una de sus obras de referencia dentro de este singular, complejo, exclusivo territorio Marías: ‘Negra espalda del tiempo’ (1998).

El Nobel que no fue

Con todo, y a pesar de consolidarse su trayectoria de novelista, Javier Marías nunca abandonó el gusto por la traducción, así como por la escritura de cuentos, relatos y artículos literarios. Muchos de ellos se publicaron en esta década, coincidiendo el final de la misma con un hecho extraordinario: el nombramiento de Xavier I de Redonda y la creación de una de las editoriales más singulares y emblemáticas del mundo (por su prestigioso catálogo de títulos, autores, prologuistas, traductores de relevancia internacional, así como por ser la editorial de un reino inexistente): Reino de Redonda. (No puedo dejar de decir que, en una tarjeta de agradecimiento por un artículo escrito por esta servidora, el rey Xavier I la nombra ‘ciudadana honoraria’ del Reino de Redonda, que es el máximo galardón que un lector puede obtener en un territorio de libros).

En los primeros años del presente siglo, el novelista acepta la propuesta de ser académico de la Lengua, que siempre rechazó por respeto a su padre. Ingresó con el discurso ‘La dificultad de contar’ que D. Francisco Rico, jocoso, resumió así: «JM ha empezado su discurso con una confesión de humildad y lo ha acabado con una manifestación de arrogancia».

Javier Marías ocupaba el Sillón R que había dejado vacante Don Lázaro Carreter y que vuelve a quedar tristemente vacío, al igual que su etiqueta del perchero académico, que hoy corre un lugar y engulle un nombre.

Marías nunca abandonó el gusto por la traducción, así como por la escritura de cuentos, relatos y artículos literarios

Con más de treinta premios nacionales e internacionales a sus espaldas, incluido el Premio Nacional de Narrativa que rechazó firmemente, el escritor pasará a la historia de la literatura como el eterno candidato al premio Nobel. Al elegante Vicente Aleixandre, penúltimo nobel español, le habría encantado contemplar vestido de frac a aquel muchacho un tanto tímido que a veces aparecía en las tertulias de Velintonia cargando con un futuro brillante de libros por recorrer.

Los que vamos quedando en este paisaje cada vez más desolador, luchamos todavía para que Velintonia no se desmorone, para que los versos del nobel Aleixandre no se olviden y ahora también lucharemos para mantener vivo el reproche al torpe jurado sueco por el error cometido al posponer inexplicablemente el Nobel de Javier Marías, que ya nunca podrá ser.

Sombra y adiós

Las últimas novelas de Javier Marías, las que siguen a su trilogía ‘Tu rostro mañana’ (2002-2007), son, quizás, las más intensas en cuanto a emociones; como si aquel hombre sentimental treintañero se hubiese apoderado de nuevo de la máquina de escribir Olympia Carrera de Luxe que el novelista de ahora, el Javier Marías septuagenario, volviendo locos a editores, correctores y ayudantes que nunca entendieron la elección vital de romanticismo frente a pragmatismo, se empeñaba en seguir usando para teclear sus textos: ‘Los enamoramientos’ (2011), ‘Berta Isla’ (2017) y ‘Tomás Nevinson’ (2021). Novelas reconocidas, galardonadas, leídas y admiradas que narran ‘a la manera Marías’ el presentimiento del fin del mundo que él trenzó en las vidas aparentemente cotidianas, simples pero cargadas de sombras, de mujeres silenciosas y hombres ausentes enlazados en sentimientos de culpa, muerte, lealtad y amor y tejidos con la madurez narrativa de casi tres décadas de caminar en los limes de la ficción.

Los lectores de Javier Marías que somos legión, querríamos imaginar que, en sus últimas horas de coma en el hospital, de repente despertó como un Don Quijote sereno y magnífico y que al no reconocer los rostros que le rodeaban, extrañado, preguntó por qué no habían venido a visitarlo sus amigos.

—Estamos aquí, Javier. Somos nosotros.

—No, no lo sois ¿Dónde están Baroja, Cervantes, Dumas, Sterne, Conrad, Melville, Stevenson? ¿Dónde se ha metido ese truhan de William; ese grandísimo bardo sinvergüenza? Decidle que, si no acude junto a mi lecho inmediatamente, no volveré a lucir jamás su rostro en mi solapa.

 

[Fuente: http://www.abc.es]

L’histoire d’un jeune fugueur enrôlé comme associé d’un épicier peu recommandable. Un récit drôle qui met en évidence le courage des «petites gens» pour (sur)vivre. À découvrir en Poche depuis fin août.

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Bédo. Boulot. Stylo. Ainsi pourrait-on résumer le quotidien du héros de La Sainte Touche, le premier roman de Djamel Cherigui. Ce néophyte des lettres, épicier à Roubaix, retrace les déboires d’un jeune homme, ayant fui sa famille, aux prises avec ses obsessions: l’écriture, les drogues (alcool et cannabis) et la survie. C’est sa rencontre avec Alain Basile, patron de l’épicerie La Belle Saison, qui bouleversera son existence et lui permettra de se reprendre en mains.

Précisons. En plus de son travail à l’épicerie, Alain Basile est entrepreneur dans un «bizness» pas très légal pour gagner un paquet d’argent: il livre des colis de drogue à des trafiquants ou consommateurs, arnaque les locataires de son immeuble… Et trouve en la personne de ce jeune homme, qu’il surnomme «l’artiste», un bon associé pour faire le sale boulot à sa place. Alain Basile, c’est un peu la figure paternelle de substitution du personnage principal. Un dur à cuire qui connaît «la vraie vie», la dure, celle des gens qui se battent tous les jours, et qui tente d’initier son protégé à «la loi de la jungle». De la poésie, de la littérature ou du farniente, Alain Basile n’en a cure. Lui, ce qui le passionne, ce sont les chiffres. «Faire de l’oseille», comme on dit dans le jargon. Il n’aime pas les branleurs, les assistés et les impôts…

«Tu sais c’est quoi le problème dans notre société? Je vais te l’dire moi (il se répondait à lui-même): la bactérie, le virus, j’irais même jusqu’à dire le cancer… oui, c’est ça, le cancer de notre société… c’est le défaitisme! Oui, voilà, bordel de merde! Le défaitisme! Les gens subissent un échec, accusent un contrecoup, endurent une petite déconvenue, et ça y est, c’est le drame, y’a plus personne, ils se couchent, s’allongent, ils baissent les bras.»

La débrouille contre le défaitisme 

L’histoire, qui se déroule dans une ville française proche de la Belgique (Roubaix?), développe un sujet classique: la naissance d’un écrivain qui, après bien des galères, écrit le livre que l’on tient entre les mains. Classique, simple, efficace. Le scénario n’est pas des plus novateurs, mais ça marche. Pourquoi? On s’identifie à ce jeune paumé qui, au fond, n’a pas eu de chance (et n’a pas cherché à la saisir). Ayant fugué du domicile familial, le héros doit apprendre l’art de la débrouille par ses propres moyens. Du récit comique et déjanté, La Sainte Touche se révèle roman d’apprentissage.

Patron de l’épicerie Le Parvis de Roubaix, Djamel Cherigui dresse un portrait de quelques individus déclassés dans cette «France périphérique», selon l’expression du géographe Christophe Guilluy. La France des villes moyennes et des banlieues oubliées par les métropoles et la mondialisation. Cette France peuplée d’individus qui rêvent d’une vie meilleure et qui ont recours à toutes les astuces, notamment au système D, pour s’en sortir. À ce sujet, le titre du récit s’avère éclairant: la «Sainte Touche» désigne le jour des allocations. La bonne aide qui tombe, chaque mois et le même jour, de la part de l’État pour que des dizaines de personnes puissent vivre.

La dure réalité

Sous ses airs de légèreté, l’histoire aborde en filigrane la question de la disparition des petits commerces, assaillis par les factures, les normes et les taxes, lorsque le propriétaire de La Belle Saison reçoit un grand nombre de courriers administratifs l’obligeant à fermer son épicerie. Une réalité à laquelle sont confrontés moult magasins locaux et que l’auteur, lui-même gérant d’un établissement, a choisi de mettre en lumière dans son ouvrage.

«Le fait est que les temps changeaient: les petits proprios dans le genre d’Alain passaient tous à la trappe. L’État ne voulait plus du sous-entreprenariat. Seuls les gros poissons étaient à même de résister, ceux qui avaient le coffre assez solide, des fonds de roulement suffisamment costauds. Les autres n’avaient plus qu’à dégager, à fermer la boutique, illico presto… La vie, c’est comme un tournoi de foot, c’est souvent les petits qui sautent en premier.»

Par son usage de l’argot et son récit suivant les traces des outsiders de la société, La Sainte Touche rappelle les romans de Johann Zarca (Paname Underground) et de Bukowski (Le Postier), mais dans un style plus épuré. L’auteur (et ses personnages) emploie une langue avec des tournures oralisées et constellée de langue des banlieues, ce qui donne corps à l’histoire et apporte d’ailleurs quelques situations comiques. Un des moments les plus drôles du récit prend place lorsque «l’artiste» essaie d’expliquer à Alain Basile qu’il écrit des aphorismes, que ce dernier prononce «aforizsmes»…

«Il a froissé le post-it, et l’a jeté sur le balatum crasseux.
– Ça veut dire quoi cette daube? J’ai rien capté!
Je ne pouvais pas trop le contredire… C’était effectivement de la daube. On s’en rend toujours mieux compte quand c’est lu de vive voix.
C’est un aphorisme… j’lui ai répondu.
Un aforizme?
Une idée philosophique énoncée avec style.
Et ça sert à quoi?
À rien.»

Le duo formé par «l’artiste» et Alain Basile est, à bien des égards, attachant. Leurs visions du monde, diamétralement opposées, exigent du lecteur une réflexion: que privilégier et dans quelle situation? L’oseille? La liberté?… À défaut de se comprendre, ces deux personnages, issus de deux milieux différents, s’avèrent capables de collaborer et de magouiller ensemble. Une manière pour l’auteur de donner corps et de concilier, le temps d’un récit, ses deux facettes: celles d’épicier et d’écrivain.

Djamel Cherigui
La Sainte Touche 
Éditions Jean-Claude Lattès
2021
224 pages

[Image: une épicerie fermée à Saint-Maurice-de-Beynost (2012) – Benoît Prieur / Wikimedia CC0 – source : http://www.leregardlibre.com]

Moza escribindo nunha cafetaría. (Foto: Francisco González CC-BY-2.0)

Moza escribindo nunha cafetaría.

Escrito por MARIO REGUEIRA

Vai rematando o verán, polo menos no sentido que ten para os calendarios laborais, e aínda lembro a recriminación dun compañeiro por un dos artigos de hai unhas semanas. “Como que o verán é tempo de libros? Iso será cando non traballas en hostalería”. O meu camarada queixábase con razón, aínda que eu o coñeza como poeta, os últimos meses estivo traballando tamén como camareiro, unha ocupación dura de por si, pero máis no verán e en zonas turísticas.

É certo que algunhas das claves estaban xa explicitadas no propio texto. O verán vacacional tal e como o coñecemos foi un invento da burguesía e tamén se foi adaptando ao gusto das sociedades capitalistas.

Toda esa maquinaria de ocio non existiría se non houbese, á súa vez, outras persoas traballando para que funcione, sacrificando o seu tempo para atender os demais.

Con certeza é un modelo que pode cuestionarse, aínda que o elemento clave é a forma na que se perpetuou e como segue sustentándose na explotación da maior parte dos seus traballadores.

E por desgraza, aínda que o verán acentúe estas cuestións, non son exclusivas desta época e continuarán tamén unha vez que a rutina laboral reviva nas próximas semanas.

Ironicamente, a mesma sociedade que xerou hai séculos a cultura de cafés e restaurantes, consolidándoos como espazos de liberdade, tertulia e mesmo de conspiración política, colocou tamén un peso abafante nas persoas que traballan neles.

Actores, actrices, poetas, novelistas

A idea romántica do autor que escribe en cafeterías segue vixente, aínda que hoxe a persoa que teclea furiosa nun Starbucks calquera a súa primeira novela sexa case un meme humorístico.

No noso imaxinario colectivo as persoas que escriben están sentadas á mesa e nunca lavando pratos ou fregando 
os baños

O mito estivo asociado tamén á autora de maior éxito económico dos últimos anos. The Elephant House, unha cafetería de Edimburgo, colocou durante moito tempo un cartel reclamando que Harry Potter comezara a escribirse alí. Hai un par de anos J.K. Rowling desmentiu e matizou varios aspectos desa lenda.

O tópico fala sempre de actores e actrices servindo mesas mentres agardan un golpe de sorte que lance as súas carreiras, pero temos que recoñecer que os oficios relacionados coa hostalería sempre acolleron moitos outros soños. Aínda así, no noso imaxinario colectivo, as persoas que escriben están sentadas á mesa e nunca lavando pratos ou fregando os baños. Son lembradas con placas conmemorativas nos lugares onde beberon, pero moi poucas veces onde estiveron traballando para alimentar os seus obxectivos creativos.

Entre jazz e café

Facer un rexistro de autores que pasaron por estes traballos sería case imposíbel e moitas veces hai mesmo un punto de vergoña a recoñecelo. Claro que tamén hai quen constrúe unha narrativa épica sobre esas experiencias.

O autor desfíxose do negocio en canto prosperou na escrita

Haruki Murakami conta en Do que estou a falar cando falo de correr (Galaxia, 2009) do duro que era estar á fronte dun pequeno clube de jazz, unha actividade que desenvolveu durante anos e que tratou de compatibilizar coa primeira dedicación á escrita. O xaponés era dono e non empregado, pero fala do complexo de escribir nas breves pausas do traballo e de chegar á casa para quedar durmido sobre o teclado. O autor desfíxose do negocio en canto prosperou na escrita.

George Orwell tivo tamén o seu momento como camareiro e lavapratos nun hotel de París, principalmente por fame, tal e como conta en Na penuria en París e Londres. O británico decidira vivir ao límite para poder contalo nun libro. O oficio aparece nese contexto, aínda que os compañeiros lle dicían que tiña máis futuro que a escrita.

Margaret Atwood, que nunca tivo problemas en recoñecer os seus tempos duros non buscados, tamén traballou como caixeira dunha cafetería. Co tempo, acabou por prestar o seu nome á variedade “Atwood Blend” dunha marca de café benéfica.

Entre nós destaca Avilés de Taramancos, que tras mil traballos na emigración, entre eles o de camareiro, volveu para montar un bar na súa vila. Unha historia clásica protagonizada por un dos poetas máis relevantes do século pasado.

Máis que reparar na persoa que teclea no fondo do local, igual deberíamos preguntarnos que están a escribir as persoas que nos serven o café.

 

[Foto: Francisco González CC-BY-2.0 – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Le réalisateur Giorgio Verdelli consacre un long métrage à l’une des plus grandes voix d’Italie et à son parcours exceptionnel. « Paolo Conte – Via con me » est à voir actuellement dans toutes les salles suisses.

Vibrations – Le film « Via con me » de Giorgio Verdelli sur le chanteur italien Paolo Conte / La Matinale / 5 min. / le 24 août 2022

C’est l’un des plus grands chanteurs en Italie, le plus grand, même, pour certains. Parfois, on l’oublie, et, parfois, quelque chose nous le rappelle. Un documentaire signé Giorgio Verdelli veut rallumer l’étincelle: « Paolo Conte – Via con me » retrace plus de cinquante ans de carrière du chanteur piémontais. Le documentaire compile chansons, captations de concerts et interviews intimes pour saisir au plus près l’âme de cet immense artiste, vénéré dans son pays et au-delà. S’y ajoutent des témoignages de personnalités italiennes, tels que Francesco De Gregori, Jovanotti, Isabella Rossellini, ou encore l’acteur Roberto Benigni, qui qualifie Conte de « prince de la musique italienne ».

Entre poésie et simplicité

Né en 1937 à Asti (IT) dans une famille de notaires et de notables, Paolo Conte s’engage d’abord dans des études de droit et une carrière d’avocat. Sa passion pour la musique et en particulier pour le jazz, découverte dans l’enfance, ne le quitte pas pour autant et le mène à composer en parallèle pour Adriano Celentano (« La coppia più bella del mondo » en 1967 et « Azzurro » en 1969). Il sort son premier album solo peu après, en 1974, et perce réellement avec le titre « Un gelato al limon ». Le public italien est alors conquis par Paolo Conte, parce qu’il parle sans prétention, parce qu’il est entier avec sa voix grave et son écriture remplie d’images; il se décrit d’ailleurs lui-même comme un écrivain du paysage.

C’est aussi la simplicité de ses mots qui séduit son audience, sa capacité à mêler le romantique à l’ironique et son écriture poétique. Dans la très populaire chanson « Un gelato al limon », Paolo Conte raconte ainsi comment un homme essaie d’offrir à sa future femme tout ce qu’il a, tout ce qu’il pense qui pourrait lui faire plaisir.

Les thématiques de la solitude, de la difficulté de communiquer et de la résilience accompagnent l’homme du Mocambo, personnage récurrent de ses chansons. Dans « Azzurro », Paolo Conte dépeint l’abandon et la solitude, et le fossé entre un monde passé et un monde futur. La chanson a d’ailleurs fait pleurer sa mère lorsqu’elle l’a entendue pour la première fois, et a été chantée par nombre d’Italiens sur leur balcon en plein confinement.

Enfin, s’il ne fallait retenir qu’une phrase du chanteur, ce serait probablement celle-ci: « Qu’est-ce qu’il pleut bien sur les imperméables, et pas sur l’âme…! »

Sujet radio: Yves Zahno

Adaptation web: Charlotte Frossard

Le documentaire « Paolo Conte – Via con me » de Giorgio Verdelli est à voir actuellement dans toutes les salles suisses.

[Source : http://www.rts.ch]

 

Escrito por ÁLVARO VÁSQUEZ

Algunos cuentos o textos cortos (como columnas de opinión) suelen ser publicados en más de un libro y/o medio de comunicación. Los buenos cuentos pueden ser incluidos en alguna antología, luego de su publicación original. Ciertos blogs también les brindan espacio, así que uno puede encontrarse con esos textos en más de un libro o espacio virtual.

Normalmente, cuando reconozco uno de esos trabajos, por haberlo leído ya antes, paso al siguiente texto, al menos si el recuerdo permanece fresco en cuanto al contenido.

Sin embargo, cuando se trata de textos firmados por Claudio Ferrufino-Coqueugniot, eso no sucede. Lo tengo de contacto en redes sociales, sigo sus blogs y alguna vez chateamos por whatsapp, donde también publica enlaces a sus publicaciones, pero no recuerdo haber pasado por alguno de sus textos pensando “ya lo leí”. Nunca.

No sé bien cómo explicarlo, pero los textos de Claudio — en cuanto a la forma en que son “consumidos” — se parecen más a la música que a textos escritos. El oído tiende a ser perezoso una vez identificada una melodía que le resulta agradable, pues escuchamos la canción recién descubierta (o desempolvada de una época más feliz) una y otra vez. La vista, por otra parte, suele ser más inquieta. Una vez vista una película, por ejemplo, es muy difícil que se la vuelva a ver dos o tres veces más en el mismo día, y eso suele ocurrir también con los textos a los que se suele abandonar al menos por un tiempo, antes de una eventual relectura.

Quizás los escritos de Claudio estén hilvanados sobre un pentagrama invisible, que les confiere una cierta musicalidad que tampoco es evidente en la lectura, pero que les permite ser apreciados una y otra vez, como si de agradables melodías se tratasen. O tal vez las tantas referencias musicales que se encuentran en los trabajos de este autor contagien a sus letras esa manera sutil de deslizarse hasta nuestro yo más íntimo, a ese lugar donde habitan nuestras ilusiones (rotas o no), nuestros miedos y esperanzas, como solo la música puede hacerlo.

En alguna entrevista, este autor comentaba que escribe siempre con música de fondo, y que creía que esas melodías marcaban, de alguna manera, el ritmo de su escritura. Recuerdo que mencionaba que “El señor don Rómulo” habría sido parido a ritmo de cueca. Quizás esta sea la razón de que sus textos se lean — y se recuerden — como si de compases musicales se tratasen.

Hace poco leí un artículo de Claudio: “Romance para violín № 2 Opus 50”, un texto brutal, cuya lectura te mantiene en tensión permanente del primer al último párrafo. Al terminar la lectura, el gesto automático fue volver al principio y volverlo a leer, completo. Y lo leí nuevamente, ya otro día. Llamarlo adictivo, no sería nada exagerado.

Al escribir estas líneas, recordé un par de comentarios de sus textos antiguos. En uno, recordando a The Beatles, Claudio se imaginaba formando parte de la Banda de los corazones solitarios del Sargento Pepper. En ella, se ve a sí mismo tocando el trombón. En el otro, confiesa un sueño hasta entonces oculto (e irónicamente compartido por el suscrito), ser platillero en una banda boliviana.

Imposible negar la influencia musical en la obra de este gran escritor.

Ayer terminé de leer “Ecléctica”, el último de los libros de Claudio que me faltaba, de todos los que se hallan publicados y pueden ser encontrados en librerías. Quedo a la espera de que la editorial a cargo de publicar sus “Obras completas” cumpla con su parte, para seguir leyéndolo/releyéndolo. Porque textos ya leídos en una pantalla, y encontrados en sus libros luego, son y serán siempre releídos, como lo serán los que ya leí en alguna parte y se publiquen nuevamente.

Y es que cada relectura parece abrir una nueva puerta, mostrar una nueva vía, a través de un mención literaria, musical o cinematográfica. Textos con decenas de puertas abiertas a nuevas lecturas u otras fuentes de conocimientos. El autor muestra una erudición callada, humilde, pero contundente. En una de sus columnas de opinión decía: “Admiro la veracidad, incluso su invención, de la incansable búsqueda del conocimiento que hace Gurdjieff. Es un trazo que sin ninguna guía he seguido siempre”, refiriéndose a la labor del escritor y compositor ruso. Sin lugar a dudas, Claudio acumuló conocimiento de muchos libros y algunas aulas, pero me animo a asegurar que el conocimiento que rezuman sus textos se obtuvo sobre todo de caminos y kilómetros recorridos, de experiencias, de zapatos gastados, de ciudades caminadas, de amores y desamores disfrutados y sufridos por igual, ambos; de música cantada sobre el disco mientras conducía (a veces una hermosa canción es un castigo, escribió) para alivianar viajes que son al mismo tiempo búsqueda y huida; de risas y lágrimas, de noches en vela, de soledades que marcan… de vida vivida, al fin.

No hay primera sin segunda, se dice al terminar la primera estrofa de las cuecas, en un claro reclamo a que la música continúe. El mismo reclamo nace ante una primera lectura de los textos de Claudio.

Los de Palacagüina, al iniciar la segunda estrofa de “Son tus perjúmenes, mujer” añaden que la tercera es la vencida, para terminar diciendo que a la cuarta… ni los bueyes.

Cualquier texto de Claudio merece la segundita. En mi caso, muchos tuvieron la tercera, y aunque no me considero buey (en Nicaragua, tonto), seguro que varios llegaron a la cuarta que menciona el grupo nica… y vamos contando.

Alguna vez leí que todo hombre merece una segunda cita, y todo libro, una segunda lectura. Quisiera merecer segundas citas, por supuesto, aunque honestamente no creo que todos los libros merezcan una segunda lectura… salvo que los firme Claudio Ferrufino-Coqueugniot, claro.

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[Publicado en MEDIUM.COM, blog del autor – imagen: caricatura de ALIAGA – reproducido en lecoqenfer.blogspot.com]

L’autor barceloní publica ‘Montevideo’, novel·la que s’inspira en el conte de Julio Cortázar ‘La puerta condenada’

Enrique Vila-Matas ha presentat aquest dimecres a Barcelona la seva darrera novel·la, Montevideo (Seix Barral), on torna a aprofundir en els límits entre la realitat i la ficció. « És, sobretot, un tractat sobre l’absurd de la modernitat », ha asseverat l’autor. Inspirant-se en l’habitació d’hotel que Julio Cortázar va fer protagonista del relat ‘La puerta condenada’, el narrador de Vila-Matas és un escriptor que ocupa aquesta cambra, i que comença a observar senyals que el comuniquen amb París, Reikiavik, Bogotà i el mateix Montevideo. Tot plegat el condueix de forma irrefrenable a reprendre l’escriptura, que tot just havia abandonat. « Volia mirar de saber el de sempre: si realitat i ficció són el mateix, o gairebé », diu Vila-Matas.

Una modernitat ambigua

Enrique Vila-Matas ha provat d’explicar el contingut de la seva darrera novel·la, quelcom gens senzill tenint en compte que l’ha descrit com un « tractat sobre l’ambigüitat moderna actual« ; per exemple, respecte els punts de trobada entre realitat i la ficció, si és que no són « el mateix, o gairebé ». Tant és així que l’autor admet que, per la manera com que ha « jugat amb el risc de fer-la tan ambigua », en certs moments temia per la pròpia conclusió de l’obra. « Sempre he escrit ficció des d’un espai que solen ocupar els assagistes, amb un jo literari visible », ha recordat acte seguit.

Sempre he escrit ficció des d’un espai que solen ocupar els assagistes, amb un jo literari visible

En aquesta ocasió, « l’avatar » de l’autor que narra la història és, com ell, un escriptor. Un escriptor en plena crisi i procés de reflexió vital que fa una estada en una habitació de l’hotel Cervantes, a Montevideo, aquella on Julio Cortázar va situar el protagonista del seu relat ‘La puerta condenada’. No és casual sinó plenament volgut. « Vaig posar en marxa una investigació difícil, anar a l’habitació de Cortázar, mirar la porta annexa–el lloc exacte on irrompia allò fantàstic en el seu conte- i mirar de saber el de sempre: si realitat i ficció són el mateix o gairebé », ha exposat Vila-Matas.

El seu llibre més lliure

La novel·la parteix doncs d’aquesta observació, feta en persona per Vila-Matas, que va voler visitar l’hotel i l’habitació (malgrat que els seus gestors no recordaven que Cortázar hi hagués estat). A partir d’aquí, i tal com ha explicat l’autor, el seu jo i el del narrador es dilueixen en un relat que viatja fins a indrets com Reikiavik, St Gallen, Bogotà i –finalment- París l’any 2015 durant els atemptats a la sala Bataclan. El narrador va observant esdeveniments, i « senyals », que li van retornant poc a poc les ganes d’escriure que l’havien abandonat.

Com a rerefons, la molt ‘vila-matiana’ impressió de la impossibilitat de l’escriptura per explicar la vida, i alhora la inevitable pulsió d’escriure per eixamplar els límits de la novel·la

« Com a rerefons, la molt ‘vila-matiana’ impressió de la impossibilitat de l’escriptura per explicar la vida, i alhora la inevitable pulsió d’escriure per eixamplar els límits de la novel·la, com a gènere capaç de contenir tots els altres », n’han dit des de l’editorial. És el seu llibre més lliure i alhora més coherent, amb una idea lúdica de la literatura« , han incidit des del segell. « Està en estat de gràcia, l’experiència de lectura és extraordinària ». El llibre, d’altra banda, està dedicat a la seva dona, Paula de Parma. Una dedicatòria molt sentida, entre altres motius perquè fa tan sols uns mesos ella va fer donació d’un ronyó a Vila-Matas, segons ha volgut explicar aquest dimecres l’escriptor.

[Fotos: Pau Cortina /ACN – font: http://www.elnacional.cat]

Épopée familiale sur trois générations, Variations de Paul, le nouveau roman de Pierre Ducrozet, après Le grand vertige, consacré à la crise écologique, fait de la musique du XXe siècle un personnage à part entière. L’importance accordée à la musique dans ce roman ambitieux incite à souligner ses limites et les problèmes que pose son usage de la musique.

Un marché aux puces à New York © CC2.0/Peter Burka


Pierre Ducrozet, Variations de Paul. Actes Sud, 464 p., 22,90 €


Écrit par Pierre Tenne

Paul n’est pas le personnage central de la famille Maleval. Il est le fils d’Antoine, qui a fui la violence et l’isolement de sa ferme pour trouver au lendemain de la Grande Guerre l’enseignement d’un élève de Debussy, avant d’être bouleversé par l’irruption du jazz dans la France des Années folles. Il est aussi le père de Chiara, née au commencement des années 1980, qui mixe en tant que DJ à Berlin, à Paris, ou en Corse. Né en 1947, Paul a échoué dans ses études à la Sorbonne pour découvrir ensemble les disques, le sexe, l’amour, le voyage, et se découvrir lui-même une vie dans la musique – la musique est un pays, un voyage, un train, un double de la vie, comme le répète le roman de Pierre Ducrozet. Le personnage principal de Variations de Paul, c’est plutôt la musique.

Cette mise en roman de la musique dirige la construction du livre en surface comme en profondeur. Les variations sont parfois souterraines, objet de leitmotivs qui construisent les images du récit au fur et à mesure de son déroulement, dans une logique presque wagnérienne. L’ouverture du roman décrit Paul écoutant un disque, son corps saisi et emporté, dans une succession rapide d’images et de sensations qu’on retrouvera incorporées par les personnages (fictifs ou non) tout au long du texte. Plus explicites, les incrustations de partitions au cours du récit traduisent l’incorporation du langage musical au sein de l’écriture, soulignant ainsi un projet littéraire et poétique tenu de bout en bout : la musique est d’abord vécue physiquement, à travers les corps des personnages (Paul est synesthète, les notes sont pour lui des formes et des couleurs ; Chiara, elle, les ressent à travers tous ses membres). Le corps du texte est pareillement traversé par la musique qui n’est donc pas à distance, décrite, écrite. La musique est le souffle, le rythme, le langage et les membres du texte comme de ses personnages.

Musiquer en écrivain plutôt qu’écrire sur la musique : ambition magnifique qui s’inscrit en partie en rupture avec de glorieux précédents romanesques (Balzac, Thomas Mann, Kerouac, Quignard ou Proust). Au-delà du désir poétique d’écrire ce que la musique fait au corps, la rupture consiste aussi à vouloir écrire sur une dimension moderne du fait musical, qui est le disque. Les incrustations de partitions sont de ce point de vue trompeuses en ce que l’essentiel de la musique apparaissant dans Variations de Paul est d’abord lié au disque : sa production (Paul devient producteur aux États-Unis pendant un certain temps), sa diffusion (il envoie des cassettes de musiques interdites à Berlin-Est), son écoute, son inscription dans une sociabilité et une histoire. Le livre trouve d’ailleurs ses principales limites dans son indécision entre la tentation épique, qui impose un grand sujet pour faire un grand roman sur la musique, et la possibilité fascinante du petit objet et de ses petites histoires de disques.

Variations de Paul affirme que les deux se confondent. L’écoute des disques renvoie souvent Paul et le roman à une étonnante préoccupation de ce que fut le XXe siècle : « Notre histoire et le siècle débutent là. Ce que tisse Claude Debussy depuis plus de vingt ans, de quatuor en préludes, de nocturnes en arabesques, ouvre un océan de possibilités pour tous les autres autour de lui. » Cette confusion entre les disques et la musique entraîne souvent le roman avec elle, en ôtant à l’écriture (virtuose et juste) comme à la construction sophistiquée du roman une partie des forces qu’elles recèlent. Cela tient en partie à un choix stylistique majeur fait par Pierre Ducrozet dans l’écriture de (ou sur) la musique, qui impose un léger détour contextuel.

Variations de Paul, de Pierre Ducrozet : une discothèque idéale

Pierre Ducrozet © Jean-Luc Bertini

La critique musicale écrite est un genre mineur sur le plan littéraire, y compris lorsqu’elle est maniée par des auteurs renommés (Romain Rolland, Boris Vian, Ralph Ellison). Souvent associée au journalisme, elle a cependant créé des façons d’écrire sur la musique qui ont leur tradition. Née au XVIIIe siècle, la critique des concerts se conçoit d’abord historiquement comme un compte rendu mondain et insiste sur les effets de la musique sur le public. Cette tradition survit aujourd’hui, les concerts étant l’objet de critiques soulignant ce que la musique fait aux corps, aux sens, aux âmes. L’apparition de la musique enregistrée et des disques produit une nouvelle forme de critique, en partie disjointe de la précédente, qui met en avant l’érudition et les renvois à d’autres disques, et repose stylistiquement sur une utilisation emphatique des adjectifs (Satie est naïf, Wagner hiératique, Beethoven épique, Miles Davis cool, Jimi Hendrix sexuel), des comparaisons ou, hélas trop souvent, d’un style vague et imprécis.

Pierre Ducrozet aborde la musique en fusionnant ces deux styles pour lier ensemble les sons, les corps et l’écriture. À ce stade, on pourrait ainsi lire le choix d’un personnage synesthète comme une mise en abîme des plus adroites de l’écriture musicale, puisque la critique musicale est historiquement et stylistiquement portée à la synesthésie – l’image et le sensible venant pallier l’ineffable du discours musical. Paul deviendrait alors le personnage du dire musical, incarnation romanesque des magazines qu’il lit, des discussions à propos de studios ou de concerts.

Cette interprétation généreuse est contredite par plusieurs indices, en premier lieu le recours fréquent à des vérités générales qui soulignent à quel point le roman rejette toujours au premier degré dans les corps et les images ce qu’il ne parvient pas à dire : « La musique nous parle du même pays que la mère. On écoute avec le bas-ventre, celui qui vibre depuis les premiers pas dans le monde, on écoute depuis l’arrachement d’une peau à l’autre. La musique – et c’est pour cela peut-être qu’elle est si souvent insoutenable, qu’on ne peut l’écouter sans retour, sans être entièrement renversé – vient du fond des artères et des viscères, on peut en parler, on peut l’analyser, mais elle est pure chair, elle est naissance, corps, emportements ; la musique nous donne accès au monde, enfin. La musique, c’est la mère ». Ainsi, le style et le personnage semblent fondus de force dans un même corps qui manque nécessairement de naturel, venant loger une langue « jeune et branchée » dans l’intimité parfois dramatique de Paul et de sa famille. Significativement, les passages les plus convaincants du roman sont ceux qui vont puiser dans l’imaginaire de la drogue et du psychédélisme : l’écoute de disques dans un état altéré de conscience apparaît ainsi, dans ce roman et ailleurs, comme une possibilité de dépassement des limites du discours et des corps face à la musique.

Variations de Paul, de Pierre Ducrozet : une discothèque idéale

Le roman s’émancipe de son aporie stylistique par le recours à des trouvailles qui auraient mérité d’être davantage développées, comme cette porosité des corps permise par l’écriture de l’écoute : Paul découvre sur disque Elvis Presley, devient littéralement le King, au studio de Sam Phillips à Memphis, au moment de son premier enregistrement. Le jeu des citations cachées peut aussi affirmer la tentation du palimpseste, mais parait plus souvent caractériser une esthétique du clin d’œil dont l’intérêt est parfois difficile à percevoir. Ainsi, Joe Dassin apparait au détour d’une phrase (« cette ville est un orchestre à mille cordes), bientôt rejoint par Bob Dylan. Ces clins d’œil, encore une fois partie intégrante d’une tradition stylistique de la critique musicale, permettent d’introduire un dernier commentaire qu’appelle Variations sur Paul, qui soulève des interrogations foisonnantes et complexes.

Les clins d’œil déjà évoqués, qui parsèment le roman, permettent d’en saisir la portée. Pour l’essentiel, ils sont aussi des clichés : les débuts d’Elvis, la mort de Theolonious Monk et de Charlie Parker dans la maison de la baronne Pannonica de Koenigswarter, les débuts du rap avec le « Rapper’s Delight » de Grandmaster Flash (qui est plutôt le premier titre de rap écouté au-delà des ghettos noirs de New York et des métropoles états-uniennes), etc. Variations de Paul survole cette histoire musicale du siècle dont il prétend faire l’épopée à travers des images d’Épinal qui interrogent, d’autant qu’elles débordent le seul aspect musical : née dans les années 1980, Chiara est forcément éprise de mangas à l’adolescence. Paul, revenu de tout, vieilli, voit sa geste se réaliser, entre autres, dans l’accession à la propriété. Invitant bientôt des amis eux aussi vieillissants à une orgie d’alcool et de « baise », on ne peut s’empêcher de se dire que les clichés qui tissent l’histoire du siècle, musicale ou non, emprisonnent les personnages dans des déterminismes assez frustes et une psychologie peu probante.

Les disques sont d’ailleurs des dates qui fonctionnent littéralement comme images d’Épinal : Chiara écoute Noir Désir parce qu’« elle aura toujours seize ans et elle vous emmerde », Aerosmith parce qu’« elle aura toujours un peu quatorze ans aussi ». Paul découvre à New York un jazz qui « semble végéter » après la mort de Coltrane, « et si Miles Davis et Ornette Coleman continuent à souffler, quelque chose est passé ». Le problème est que la vitalité du jazz new-yorkais dans les années 1970 est majeure – au-delà des grands noms, nombreux, on pense notamment au rôle des lofts squattés par des musiciens en mal de programmation [1]. Certaines erreurs factuelles bénignes soulignent ce sentiment de plonger dans une histoire superficielle : Paris 8 n’est plus à Vincennes mais à Saint-Denis quand Chiara s’y inscrit, et le narrateur de « L’orage » de Brassens n’est pas marchand de paratonnerres ; celui qui exerce ce métier, c’est le cocu.

Rien de grave, dira-t-on avec raison, mais tout cela permet de saisir dans quel imaginaire esthétique évolue le roman de Pierre Ducrozet. Tout cela fait bien signe vers un autre objet que la musique ou même que les disques : Variations de Paul peut très bien se lire comme le roman de la « Discothèque idéale », telle que les magazines ou certaines grandes enseignes culturelles en publient régulièrement, de façon à donner un écho grand public à la vente de disques – et de livres, Paul en achète de façon comparable. D’où l’utilisation au premier degré de questions oiseuses posées par les magazines musicaux, que les personnages incorporent : le jazz est-il mort ?  le rock, dix ans plus tard ? En tout cas, en 1979, la « décennie n’a pas encore commencé et Paul se sent déjà plus lourd que le temps. La musique le fatigue. Le rock le fatigue. Le punk l’écœure ». Les « variations » n’en sont pas car les thèmes musicaux doivent mourir : la musique progresse, chaque mouvement devant remplacer le précédent dans une idéologie implicite mais naïve du progrès musical. Les disques sont des dates qui existent pour dire qu’à tel âge, dans tel contexte, on doit écouter cela – on en vient à désirer que Chiara écoute Debussy ou Monk parce qu’elle a vingt ans et nous emmerde.

Variations de Paul, de Pierre Ducrozet : une discothèque idéale

Sur la Grand-Place de Bruxelles © CC2.0/Sagar

La question qu’on est en droit de se poser est ainsi celle du potentiel littéraire et romanesque d’une musique qu’on aborde par ce biais : peut-on faire un roman avec des unes de journaux et des discothèques idéales ? Cette question pourrait apparaître de bien peu d’importance, mais ce roman, publié par un éditeur important de livres consacrés à la musique, témoigne du fait que cette érudition vaste et superficielle, multipliant les références sans les approfondir, a pris une place forte dans nos imaginaires. Cela peut poser des problèmes plus immédiats, peut-être plus graves.

Le premier est le choix de proposer une playlist en lien avec le roman, les morceaux étant listés par ordre d’apparition. La liste, immense, confirme l’impression de discothèque idéale mais parait naturelle ici. Cependant, trois QR codes permettent au lecteur d’accéder directement aux titres sur Spotify, Deezer et Youtube. On est en droit de se demander de qui on se moque, lorsqu’un roman idéalisant à ce point la musique se permet de renvoyer ses lecteurs et lectrices vers des entreprises qui la dépossèdent de tout (par ailleurs, le patron de Spotify a investi 100 millions de dollars dans Helsing, une start-up allemande d’intelligence artificielle pour la défense). Surtout, ces entreprises encouragent particulièrement à la nostalgie et à la mythification des disques du passé… à la façon des Variations de Paul.

Le second problème apparait dans un passage où Paul découvre les musiques d’Inde, qui comme souvent sont caractérisées d’abord comme étant des râgas, de manière imprécise. Surtout, ces musiques n’ont pas dans le roman de musicien nommé, et seul Ravi Shankar apparaît dans la playlist. À l’inverse, tout le roman avance par grands noms de la musique occidentale, Ravel puis Satie, Elton John et Iggy Pop, les Beatles et Bérurier Noir, Jeff Mills et Bob Marley, avec quelques incursions de groupes plus confidentiels comme les musiciennes des Slits. Cet usage des grands noms pose un problème en soi, mais plus encore lorsqu’il sert l’anonymat de tous les autres et pas seulement des musiciens indiens. Dans une envolée du roman, Paul fait face à son siècle, « tous les morts abattus au combat, tranchés sur les batailles, tous les innocents aux membres brisés, […] les opposants, les juifs, les Tziganes, les civils, les résistants », etc. Toutes celles et tous ceux qui n’ont pas de noms, et auxquels le roman ne parvient pas, en définitive, à offrir la musique de leur siècle.


  1. On retrouve une partie de cette musique enregistrée par Alan Douglas dans la compilation Wildflowers: Loft Jazz New York 1976.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]