Archives des articles tagués Fidelidad

Albert Richter (1912-1940) est, l’un des plus grands coureurs cyclistes allemands de l’entre-deux-guerres. Ce champion refusa d’incarner le modèle aryen, s’opposa à l’utilisation du sport à des fins de propagande nazie et aida Ernst Berliner, son entraîneur juif victime des persécutions antisémites du régime hitlérien. Ce qui lui coûta la vie. Un livre et un film diffusé sur Arte ont restitué la haute stature morale de ce champion. Le Tour de France a lieu du 26 juin au 18 juillet 2021.

Publié par Véronique Chemla

Pour les amoureux de la « petite reine », la figure d’Albert Richter est connue et source d’admiration.

Pour les autres, Albert Richter, le champion qui a dit non, documentaire passionnant, riche de photos et de témoignages inédits, réalisé par Michel Viotte (2005), diffusé par Arte, a restitué la stature d’un sportif exceptionnel, d’un homme attachant aux qualités physiques et morales – fidélité en amitié, courage, rectitude morale – remarquables.

Renate Franz, Andreas Hupke et Bernd Hempelmann ont également consacré une biographie « Der vergessene Weltmeister, Das rätselhafte Schicksal des Radrennfahrers Albert Richter » (Le Champion du monde oublié, l’énigmatique destin du cycliste Albert Richter) publiée aux éditions Emons (1998, rééditée en 2007 par Covadonga) à ce sportif au destin fulgurant hors du commun.

Ce champion est aussi évoqué dans l’exposition itinérante Le sport européen à l’épreuve du nazisme. Des J.O. de Berlin aux J.O. de Londres (1936-1948) au Mémorial de la Shoah (Paris).

Une passion précoce

Albert Richter est né en 1912 à Ehrenfeld, « quartier populaire de Cologne, une ville rattachée arbitrairement à la Prusse au XIXe siècle et dirigée par Konrad Adenauer, un homme à l’esprit indépendant ». Il grandit au sein une famille modeste et mélomane. Le père désigne un instrument à chacun de ses trois fils : le saxophone pour Charles, la clarinette pour Josef et la violon pour Albert.

Passionné par le vélo dans une ville qui vibre lors des manifestations sportives, le jeune Albert s’inscrit en cachette dans un club de cyclisme, sport populaire.

À 15 ans, il quitte l’école pour travailler dans une fabrique de figurines d’art et s’entraîne chaque soir, après son travail.

À 16 ans, il dispute des courses sur piste et sur route. Sa carrière débute, fulgurante. À 19 ans, il est déjà un amateur remarqué et prometteur : ses pointes de vitesse impressionnent. « Il dépasse les professionnels à l’entraînement et dans les courses », rappelle Lilo Nitsche, sa nièce. Les photos le montrent grand, blond, les yeux clairs, souriant. Ses proches évoquent son humour, son caractère chaleureux, sympathique et calme, voire un peu naïf, et un sportif très rigoureux dans sa pratique.

En juillet 1932, à l’âge de 20 ans, Albert Richter gagne le Grand Prix de Paris. Pour un photographe, il pose devant un magasin de cycles à Cologne dont la vitrine indique : « Notre Albert Richter a gagné le Grand Prix de Paris ». Le public le surnomme « le canon de Ehrenfeld ».

Ernst Berliner, ancien cycliste devenu entraîneur à Cologne, le remarque alors. « Une relation profonde, respectueuse, fidèle se noue entre le cycliste et son entraîneur, dépassant la différence d’âge et de religionBerliner lui révèle dès 1932 ses talents de coureur sur piste et de sprinter, et l’aide par ses conseils avisés à atteindre les plus hauts sommets » : champion du monde amateur en 1932, puis champion d’Allemagne professionnel sans discontinuité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

« Mon père se revoyait en Albert. C’est pourquoi il a donné le meilleur de lui-même, pour qu’Albert soit parfait. Il n’a jamais eu de fils et cela lui manquait. Albert était un perfectionniste. Il savait que s’il écoutait mon père, il réussirait. Il passait du temps à la maison. Il aimait la cuisine de ma mère », se souvient Doris Markus, fille d’Ernst Berliner.

En septembre 1932, Albert Richter gagne sa première grande victoire lors du Championnat du monde de vitesse amateur à Rome, comme son compatriote Mathias Engel, médaille d’or en 1927.

Janvier 1933. Hitler arrive au pouvoir et impose en quelques mois sa dictature. Bientôt, Konrad Adenauer est destitué et banni.

Pour aider sa famille, et dans un contexte de grave crise économique, Albert Richter devient professionnel.

Il ne se sent pas d’affinités avec la nouvelle Allemagne qui se construit sur la haine, la violence, la fin de la démocratie et les discriminations.

Sur les conseils de Ernst Berliner, il s’installe à Paris. La France est le pays où « les champions de vitesse gagnent le mieux leur vie : la capitale compte quatre vélodromes et des courses y sont organisées toute l’année  ».

Albert Richter « apprend le français en fréquentant les cinémas et, après des débuts difficiles, triomphe au Vel d’Hiv, le Saint des saints, en remportant le Prix du sprinter étranger. En quelques mois, il devient l’idole du public qui apprécie son style fluide et puissant et le surnomme « la 8-cylindres allemande » ».

Il passe sa vie entre Paris, Cologne, où il passe quelques semaines par an pour voir sa famille, et les circuits internationaux, où il retrouve ses amis coureurs.

De 1933 à 1939, en six ans, ce champion international de la vitesse sur piste devient un familier des podiums internationaux, sans accéder à la plus haute marche. Il est l’un des « trois Mousquetaires » sprinters, avec le Français Louis Girardin, dit « Toto », et le Belge Jef Sherens.

« La force de caractère de s’opposer au régime »

Son aversion pour le régime hitlérien et sa résistance au nazisme, Albert Richter les manifeste tôt : en juillet 1934, il vient de remporter le championnat d’Allemagne de vitesse à Hanovre. Des spectateurs enthousiasmés affluent auprès de lui. Ils font le salut nazi. Seul, Albert Richter garde ostensiblement sa main droite sur sa cuisse et sa coude gauche posé sur l’épaule de son entraineur Ernst Berliner. Cette image est immortalisée par un photographe et publiée à la une d’un journal outre-Rhin. « Albert ne voulait pas saluer. Il était totalement anti-nazi. Les Nazis ont pris ça comme une gifle en pleine figure », commente Doris Markus.

En août 1934, Albert Richter concourt aux championnats du monde de vitesse à Leipzig en arborant l’ancien maillot sportif décoré de l’aigle impérial, alors que tous les autres membres de l’équipe allemande portent celui officiel à la croix gammée.

Fidèle à l’éthique sportive et à son ami juif, Albert Richter s’oppose au dévoiement qu’opèrent les Nazis. Ces derniers assignent au sport plusieurs missions : « restaurer le prestige de l’Allemagne, embrigader les esprits, former une élite militaire et préparer les Allemands à combattre ».

Cette opposition ferme, déterminée et calme aux Nazis, Albert Richter, protégé un certain temps par sa célébrité, est amené à la modifier sur les conseils de son entraîneur : il nuance ses propos et effectue à contrecœur le salut nazi. La surveillance dont il fait l’objet à partir de 1938, les pressions sur les cyclistes et la nomination d’un officier SS à la direction de la Fédération cycliste l’amènent à s’interroger sur son avenir en Allemagne. Il envisage de changer de nationalité.

Interdit en 1934 d’exercer son métier en raison de sa religion, Ernst Berliner est informé par un ami de son arrestation imminente par la Gestapo. Il parvient à fuir l’Allemagne avec sa femme et leur fille et rejoint en 1937 les Pays-Bas. Albert Richter refuse un entraîneur aryen et lui demeure fidèle. Tous deux se retrouvent dans les compétitions, notamment lors des championnats du monde d’Amsterdam en 1938.

1er septembre 1939. Albert Richter vient de remporter la médaille de bronze aux Championnats du monde de Milan. Pour gagner la médaille d’or, se préparent Jef Scherens et Arie Van Vliet. Soudain, on apprend l’invasion de la Pologne par l’Allemagne. La compétition est interrompue.

9 décembre 1939, Albert Richter est vainqueur au Grand Prix de Berlin. Ce francophile convaincu pressent que le conflit touchera bientôt la France, un pays qu’il aime et qui l’adule : « Richter, pas Hitler » crient les spectateurs du Vel d’Hiv. Cet homme refuse de combattre : « Je ne peux pas devenir soldat. Je ne peux pas tirer sur des Français, ce sont mes amis ! ».

Conscient que l’étau se resserre autour de lui dans son pays, refusant d’espionner à l’étranger au profit de l’Allemagne nazie, Albert Richter décide de fuir en Suisse par le train, emportant une paire de skis, son vélo et une valise où est cachée une importante somme d’argent destinée à un ami juif réfugié à l’étranger. Bien informés, les douaniers fouillent ses bagages et y découvrent l’argent. Albert Richter est incarcéré.

Trois jours plus tard, la Gestapo annonce le 3 janvier le suicide du champion … par pendaison. Son cercueil est scellé et on en interdit l’ouverture. Les Nazis salissent sa mémoire, et « condamnent au déshonneur et à l’oubli cette idole ». La Fédération allemande de cyclisme (DRV) diffuse alors un communiqué : « En trafiquant des devises pour un Juif, Albert Richter a commis un terrible crime, et le suicide était pour lui le seul geste qui lui restait à faire. Son nom est effacé de nos rangs, de nos mémoires, à jamais ». Malgré l’absence d’annonce du décès, « le cimetière est noir de monde », se souvient Lilo Nitsche, nièce du champion.

Albert Richter avait 27 ans. Le mystère demeure sur les circonstances de sa mort. Ce documentaire suggère qu’un ami cycliste de Albert Richter souhaitait en devenir l’entraîneur et l’aurait dénoncé pour le forcer à se séparer de Ernst Berliner, sans soupçonner l’issue tragique de son acte.

Ernst Berliner ne s’est jamais remis de la mort de son ami. Après-guerre, il vit aux États-Unis et se rend à Cologne pour persuader les autorités de mener une enquête afin d’élucider ce mystère et de réhabiliter le nom de son ami. Son action provoque « gêne et colère chez les anciens sportifs ». Ernst Berliner cherche à découvrir « les sportifs qui travaillaient alors pour les Nazis, pour établir la vérité. Quand mon père est revenu, ils ont été surpris de le voir vivant », se souvient sa fille.

À Cologne, un vélodrome porte le nom de ce champion.

Grâce soit rendu au documentaire de Michel Viotte de retracer sa vie trop brève, mais admirable. « Albert Richter est resté fidèle à ses convictions. Il ne s’est jamais renié : il a dit non, contrairement à la majorité des Allemands à l’époque », résume Mme Franz.

« Albert Richter, le champion qui a dit non »

Réalisé par Michel Viotte d’après une idée originale de Jean-François Joyet

ARTE France, Gedeon Programmes avec la participation de la RTBF, TSR et Ciel Ecran, France, 2005, 52 mn

Visuels : © DR

Départ de course. Sur la droite : Albert Richter et Ernst Berliner, son manager.

Albert Richter devant un magasin de cycles à Cologne. Sur la vitrine est inscrit : « Notre Albert Richter a gagné la Grand Prix de Paris ».

Les citations sont extraites de ce documentaire.

Mon article avait été publié en 2005 par Guysen en une version plus courte et sous le pseudonyme de Ray Archeld. Il a été publié sur ce blog le :
– 15 avril 2012 à l’occasion de l’exposition Des JO de Berlin aux JO de Londres (1936-1948) au Mémorial de la Shoah (Paris) ;

– 2 juillet 2015. Le Tour de France a eu lieu du 4 au 26 juillet 2015 ;

– 5 juillet 2016. Le Tour de France a eu lieu du 2 au 24 juillet 2016 ;

-20 juillet 2017. Le Tour de France a eu lieu du 1er au 23 juillet 2017 ;

– 26 juillet 2018 ;

– 18 juillet 2019. Le Tour de France a eu lieu du 6 au 28 juillet 2019 ;

– 18 septembre 2020. Le Tour de France a lieu du 29 août-20 septembre 2020.

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue français. Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, il a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation. Il a tenu des propos anti-israéliens. Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian. À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla. 

Publié par Véronique Chemla

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue et philosophe français, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères.

Dans sa bibliographie pluridisciplinaire souvent traduite : Le Cinéma ou l’homme imaginaire (Éditions de Minuit, 1956), Les Stars (1957), Autocritique, (Le Seuil, 1959)L’Esprit du temps (1960), L’esprit du temps. Essai sur la culture de masse (1962), Mai 68, La Brèche (avec Claude Lefort et Cornelius Castoriadis) édité par Fayard (1968), Journal de Californie (Le Seuil, 1970), De la nature de l’URSS (1983), Les Fratricides : Yougoslavie-Bosnie (1991-1995) publié par Arléa (1995), Pour une politique de civilisation (Arléa, 2002), La Méthode en six volumes (Le Seuil, 2008), Le Monde moderne et la question juive (Le Seuil, 2006 ; réédition, Le Seuil, 2012).

En 1989, est publié « Vidal et les siens » d’Edgar Morin avec Véronique Grappe-Nahoum et Haïm Vidal Séphiha (Le Seuil). « Avec Vidal Nahoum mourut en 1984 l’un des survivants du monde englouti de la Salonique séfarade où il était né en 1894. Son grand-père venait de Toscane et parlait italien, sa langue maternelle était l’espagnol du XVe siècle, mais, tout jeune, il sut s’exprimer en français et en allemand. Naïf et malin, animé d’un optimisme et d’une gaieté sans faille, d’un sens de la famille quasi religieux et d’un goût inépuisable pour la nourriture, il traversa les guerres balkaniques, l’écroulement de l’Empire ottoman et les deux guerres mondiales. À partir de documents historiques et personnels, Edgar Morin, son fils, restitue ici son histoire irremplaçable, celle des hommes et femmes de sa famille, celle d’un XXe siècle marqué par la complexité des relations entre l’Orient et l’Occident. »

Dans La Rumeur d’Orléans (1969), Edgar Morin et son équipe analysent une rumeur antisémite dans une ville de province française. « Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d’essayage de commerçants juifs) s’est répandue, sans qu’il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l’équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l’enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ? Des questions se posent : un antisémitisme jusqu’alors latent s’est-il à nouveau éveillé ? N’y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Âge qui ne demande qu’à surgir à tout moment ? »

Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, Edgar Morin a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation.
En 1960, Edgar Morin et Jean Rouch réalisent « Chronique d’un été », qui a contribué au cinéma-vérité. Intéressés par l’idée du bonheur, ils suivent des jeunes alors inconnus et de tous horizons – étudiants, ouvriers, etc. – durant l’été 1960 : Marceline Loridan-Ivens, Régis Debray, Marilù Parolini…

En 1963, Edgar Morin et le réalisateur Henri Calef coécrivent le scénario de L’Heure de la vérité. « Un ancien officier SS, Hans Wernert, a pris l’identité d’un juif allemand liquidé, Jonathan Strauss, et a trouvé refuge en Israël où il s’est intégré dans la vie quotidienne. Mais survient un jeune étudiant américain qui enquête sur le camp dont l’imposteur serait le seul survivant… » Le tournage se déroule en Israël, avec Karlheinz Böhm, Daniel Gélin et Corinne Marchand. Des dissensions surgissent entre Henri Calef et Edgar Morin qui apparait au générique sous le pseudonyme de Beressi, nom de jeune fille de sa mère. Le film n’est pas distribué en France car les producteurs font faillite.

En 1946, il se marie avec la philosophe Violette Chapellaubeau. Le couple a deux filles, Irène Nahoum et Véronique, anthropologue. En 1970, Edgar Morin épouse Johanne Harelle. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace. Veuf en 2008, il se remarie en 2012 avec la sociologue Sabah Abouessalam. Tous deux sont les auteurs du livre « L’homme est faible devant la femme » (Presses de la Renaissance, 2013), et « Changeons de voie – Les leçons du coronavirus » (Denoël, 2020).

Edgar Morin a tenu des propos anti-israéliens durant la deuxième Intifada déclenchée par Yasser Arafat. Le 4 juin 2002, le quotidien Le Monde, la tribune partiale « Israël-Palestine : le cancer » signée par Edgar Morin, Danièle Sallenave et Sami Naïr. Ces derniers écrient notamment que « ce cancer israélo-palestinien s’est formé, d’une part, en se nourrissant de l’angoisse historique d’un peuple persécuté par le passé et de son insécurité géographique ; d’autre part, du malheur d’un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique ».
Les auteurs fustigent « l’unilatéralisme » de la vision israélienne. « C’est la conscience d’avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d’Amérique) devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid et d’une ghettoïsation pour les Palestiniens ».
France-Israël et Avocats sans frontières poursuivent judiciairement les auteurs pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme ». Relaxés en première instance en 2004, condamnés par la Cour d’appel de Versailles en 2005, les auteurs sont relaxés en 2006 par la Cour de cassation : « Les propos poursuivis, isolés au sein d’un article critiquant la politique menée par le gouvernement d’Israël à l’égard des Palestiniens, n’imputent aucun fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de la communauté juive dans son ensemble en raison de son appartenance à une nation ou à une religion, mais sont l’expression d’une opinion qui relève du seul débat d’idées, la cour d’appel a violé les textes susvisés. » Une procédure judiciaire d’une rare rapidité.
« Je suis juif par le sentiment de fidélité à tous ceux qui dans le passé ont été persécutés en tant que Juifs. Je suis juif en tant que membre du peuple maudit. Je refuse d’être du peuple élu », a déclaré Edgar Morin au Journal du Dimanche (4 juillet 2021).
« Edgar Morin, journal d’une vie »

Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » (Ein Philosoph mit Einfluss: Edgar Morin) de Jean-Michel Djian.

« Embrassant les disciplines académiques, le sociologue Edgar Morin, né en 1921, a traversé son siècle en observateur éclairé et en chercheur indiscipliné. Jean-Michel Djian lui consacre un lumineux portrait, tissé de ses interviews passées et récentes. »
« Philosophe de la complexité, sociologue des pratiques culturelles et pourfendeur de l’incurie de l’enseignement de la pensée, Edgar Morin a renouvelé, avec autant de rigueur que de conviction, la figure de l’intellectuel ».
« Au seuil des années 1980, il figure parmi les premiers à pressentir les ravages de la « mondialisation techno-économique » sur notre fragile Terre-Patrie (titre de l’un de ses ouvrages) et les désastres dont elle menace l’humanité ».
« Né Edgar Nahoum à Paris, en 1921, dans une famille de commerçants juifs originaire de Salonique, il rejoint encore adolescent le courant pacifiste et antifasciste ».
« La guerre venue, tout juste diplômé en histoire et en droit, il s’engage à Toulouse, en 1942, dans les rangs de la Résistance communiste, où il adopte le pseudonyme de Morin dont il ne s’est plus départi ».
« Auteur d’une centaine d’ouvrages, docteur honoris causa d’une quarantaine d’universités dans le monde, Edgar Morin n’a eu de cesse de s’interroger et d’interroger ses contemporains afin de donner du sens à la fraternité qui nous fait tenir ensemble, malgré l’adversité. »
« Comment esquisser les grandes lignes d’une vie aussi féconde, tout entière dédiée à la pensée et à l’engagement humaniste ? »
« Suivant un fil chronologique, du Paris de l’avant-guerre à son refuge sur les rives de la Méditerranée d’aujourd’hui, en passant par son incursion au californien Salk Institute, où directeur de recherche du CNRS il posa un temps ses valises, ce portrait retrace ses compagnonnages intellectuels (avec le philosophe Régis Debray, les idéaux du communisme), ses fidélités indéfectibles (avec le couple Duras-Antelme) comme les rares frictions avec ses pairs, notamment Pierre Bourdieu ».
« Alors qu’Edgar Morin fête ce 8 juillet son centième anniversaire, Jean-Michel Djian, en tissant ensemble un choix éclairant d’archives filmées, de ses interviews, passées et récentes, et de ceux qui l’ont côtoyé, donne à entendre la voix de l’un de nos plus vaillants résistants au conformisme des idées ».
Conférence de presse
Lors de la 75e édition du Festival d’Avignon (5-25 juillet 2021), aura lieu le 13 juillet 2021 à 12 h 30 une conférence de presse avec Eva Doumbia, Victoria Duhamel, Théo Mercier, Edgar Morin et Nicolas Truong.
« Se souvenir de l’avenir »

À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla.

« Le 13 juillet dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon, à travers l’évocation de ses souvenirs les plus marquants, Edgar Morin lancera, en compagnie d’invités inspirés par ses idées, quelques salves d’avenir afin de dessiner une nouvelle voie pour notre temps. »
« VERBATIM »
 
« On est à nouveau dans une époque barbare, où barbarie et civilisation se mêlent étroitement mais où, de plus, on se rend compte que nous sommes sur une planète totalement rétrécie, mais en même temps entièrement déchirée, incapable de résoudre ses problèmes et livrée à des monstres paranoïdes que sont les États-nations modernes. »
« Dans les processus dominants, on ne peut qu’être inquiet. Que ce soit la dissémination nucléaire, les périls sur la biosphère, le dérèglement économique, la démographie galopante, la marche incontrôlée de la technique et de la science… Tous ces processus semblent aller probablement vers on ne sait quelle catastrophe. Or, dans l’histoire, le probable n’arrive pas toujours. Et souvent, l’improbable heureux arrive. »
« Le fait de vivre aujourd’hui comme j’ai toujours vécu, et d’une façon même exceptionnelle à mon âge, en ayant les mêmes sentiments juvéniles que je peux avoir pour mon épouse, et ou bien pour mes amis, c’est quelque chose qui fait que je ne me laisse jamais submerger par la nostalgie. »
 
« Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian
France, 2021, 54 mn
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici Méditerranée, Les Films d’Ici, INA
Sur Arte le 8 juillet 2021 à 23 h 55
Disponible sur Arte.tv du 01/07/2021 au 05/09/2021
Visuels :
Edgar Morin en 1968
© Michèle Bancilhon / AFP
Edgar Morin
Les Films d’Ici Méditerranée
Edgar Morin à la Seyne-sur-mer en 2020
© Les Films d’ Ici Méditerrané
« Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin » réalisé par Stéphane Pinot
Production : La Compagnie des Indes/Gildas le Roux – – Festival d’Avignon avec la participation d’Arte (1h)
Avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla

 

 

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

 

¿Qué implicaciones tiene para la música y sus oyentes la desaparición de la cultura del disco? Diego Fischerman reflexiona sobre el tema

‘Frei von jedem Schaden!’ (2006), en la versión del performance realizado por Guillermo Santamarina en el Museo Universitario del Chopo en 2016.

Escrito por DIEGO FISCHERMAN

Persistente, la revista Down Beat publicó su encuesta anual entre críticos de jazz. La primera de estas compulsas, entre lectores, fue en 1952 y el “Critics Poll” se publica desde 1961. En 1965 se eligió “disco del año” por primera ocasión: A Love Supreme, de John Coltrane. Las elecciones de The Far East Suite de Duke Ellington, en 1967; Bitches Brew de Miles Davis, en 1970; Solo Concerts de Keith Jarrett, en 1974, y Silent Tongues de Cecil Taylor, el año siguiente; Song X de Pat Metheny y Ornette Coleman, en 1987, o Nashville de Bill Frisell, en 1998, jalonan una historia que, con bastante precisión, registra el pulso no solo del jazz sino de las ideas de época que lo fueron atravesando. En la versión 2020, una mujer ocupa la tapa y arrasa con las categorías más importantes: “Artista de jazz del año”, “Grupo de jazz del año” y, obviamente, “Disco de jazz del año”. La baterista Terry Lyne Carrington, junto a su grupo Social Science, publicó Waiting Game en noviembre de 2019. Se trata de un álbum notable y, sí, como mucho del jazz actual, cultiva un gesto multiestilístico –o posmoderno– donde se cruzan el piano perfeccionista de Aaron Parks o la trompeta casi vintage de Nicholas Payton con las turntables y el hip-hop. Pero la pregunta es, esta vez, qué diablos significa “disco del año” cuando nadie –o casi nadie– compra discos. Cuando la música se escucha en formatos de streaming y la escucha promedio en esas plataformas no supera los 30 segundos.

“Mis cinco rupturas amorosas más memorables, las que me llevarían a una isla desierta, por orden cronológico”: es la primera frase de Rob Fleming, un vendedor de discos, en Alta fidelidad, de Nick Hornby, una novela –y luego un filme y una serie– cuya primera edición en inglés es de 1995, cuando la vida y el mundo podían ser contados como una lista de discos. “Hace semanas que no compra café. Los cigarros que se lía por la mañana desmenuzando las colillas del día anterior son tan finos que es como aspirar papel. En los armarios no hay nada de comer. Pero sigue teniendo Internet”: así describe Virginie Despentes la decadencia irreversible de Vernon Subutex, ex disquero estrella y protagonista de su genial trilogía publicada entre 2015 y 2017. Entre una y otra novela ha caído una concepción del mundo. El universo discocéntrico, podría decirse. En el momento de la primera de ellas la industria discográfica se expandía con optimismo, volviendo a vender en CD lo ya vendido años atrás en LP y produciendo novedades a un ritmo imposible de seguir para el más fiel de los coleccionistas, mientras las megastores proliferaban en cada ciudad del planeta. En la época de la segunda, la Red, como en Terminator, ya había acabado de destruir la fuente de aquello de lo que vivía. Ofrecía, aparentemente de manera gratuita, todo aquello por lo que, en algún momento, alguien había pagado. Pero no pagaba por ello.

Cultura del disco

Frei von jedem Schaden! (2006), en la versión del performance realizado por Guillermo Santamarina en el Museo Universitario del Chopo en 2016.

Internet, desde ya, no es la única causa de la debacle del mercado discográfico. Pero conviene reparar en alguna de sus características. Los propietarios de los medios gráficos se quejan de ella y de sus usuarios. No quieren pagar por leer diarios y revistas, dicen. Lo que callan, sin embargo, es que ya pagan por hacerlo. Lo que un usuario de Internet de clase media o alta gasta en tener banda ancha es aproximadamente lo mismo que antes oblaba por recibir el periódico y una o dos revistas en su casa. Y quienes le cobran, es decir las compañías proveedoras de banda ancha, son, en muchos casos, socias o propietarias de los mismos medios de comunicación que se quejan por no cobrar. En un sentido, Internet es el negocio perfecto de la nueva clase de capitalismo que azota al mundo. El primero, en todo caso, donde el dueño del negocio se limita a poner las cuatro paredes de la tienda (el hardware) pero el contenido, o sea aquello que los clientes buscarán dentro de ella, corre por cuenta de los mismos compradores. Es, eventualmente, el único negocio donde los que venden no pagan por la mercadería sino tan solo por el lugar donde la ofrecen.

Pero no es solo la Red la que ha causado la crisis del disco. La responsable mayor ha sido la propia industria discográfica y su peor error fue desestimar aquello que la había sostenido durante décadas: el disco sencillo.    

El dueño de una compañía discográfica, además de tener estudios de grabación –o de rentarlos– y un aparato de marketing ad hoc, debía pagarles a los músicos. Podía estafarlos –o por lo menos intentarlo– y tratar de que la parte de la torta que les quedara fuera la mínima posible, pero a nadie se le ocurría que los artistas pudieran no tener participación alguna en el negocio. Entre las plataformas de streaming a través de las cuales hoy se escucha música hay algunas pagas –o que cobran su versión premium– y los músicos suelen recibir sumas irrisorias (en algunos casos pocos centavos) de su parte. Lo mismo sucede con las ventas a través de iTunes –que ofrece, en verdad, un producto pésimo con relación a su precio. Pero ni en este caso ni en los de Spotify, Quobuz o Tidal ellos son los receptores de los grandes beneficios. Los que se llevan la parte del león son los que venden la red en su conjunto. Y ellos no se ocupan de los contenidos (ni pagan por ellos). De eso se hacen cargo los propios usuarios. Internet, un día, dejará de ser negocio. Y morirá tan repentinamente como surgió. En algún momento la falta de contenidos nuevos la convertirá en un museo gigantesco. En la medida en que nadie, en algún punto del proceso, pague por ellos, no habrá discos ni libros ni revistas ni filmes que piratear. Y los que hoy ganan dinero vendiendo la banda ancha simplemente buscarán sus ganancias en otra parte.

Pero no es solo la Red la que ha causado la crisis del disco. La responsable mayor ha sido la propia industria discográfica y su peor error fue desestimar aquello que la había sostenido durante décadas: el disco sencillo. Esa pequeña unidad de dos canciones, vigente desde las primitivas 78 revoluciones por minuto, barata y hasta cierto punto descartable, capaz de seguir los vericuetos de la moda –y, desde ya, de crearla– se había vendido por millones. En la segunda mitad de la década de los cincuenta algunos músicos –y productores– de jazz, de bossa nova, de bolero o de tango tomaron una invención cuyo mérito hay que atribuirle a Frank Sinatra y su In the Wee Small Hours, publicado en abril de 1955. Canciones de soledad y pérdida amorosa, canciones nocturnas. Y todas ellas arregladas por un mismo orquestador: Nelson Riddle. Ni más ni menos que el primer –o el primero importante– disco conceptual de la historia. La concepción del disco de larga duración y 33 revoluciones por minuto como una nueva unidad estética no desplazó, sin embargo, al sencillo. Su importancia se acentuó con el rock artístico de fines de los sesenta y comienzos de los setenta. Pero se trataba de 30 minutos de música –una dimensión abarcable– y la propia ecología de la industria y los altos costos de producción del vinilo hacían que, para un artista, fuera difícil acceder a él. Un LP era el colofón de una serie de éxitos y de una trayectoria. Implicaba una larga selección y una síntesis. Conllevaba, sobre todo en ciertos géneros, un prestigio y una carga simbólica. Y ni hablar de los álbumes dobles (la duración de un CD estándar): eran excepcionales. Para que se publicaran 60 o 70 minutos de música debía tratarse de una gran obra. De una despedida. De un proyecto único. De un manifiesto.

Cultura del disco

Frei von jedem Schaden! (2006), en la versión del performance realizado por Guillermo Santamarina en el Museo Universitario del Chopo en 2016.

A partir de la aparición del CD, su facilidad de producción, su bajo costo y su alta prestación sonora a niveles de equipamiento corriente –nunca la audición popular había sido tan buena, ni con los tocadiscos monoaurales de los sesenta ni con las pequeñas radios portátiles, los pasacasettes o los walkman– logró dos cosas al mismo tiempo. Por un lado, una explosión de producción y ventas inédita. Las integrales, los boxsets gigantescos a manera de enciclopedias británicas de la música –pero, ya se sabe, las enciclopedias británicas se consultan pero no se leen–, se convirtieron en nuevas unidades de medida. Por otro, la consecuencia inevitable de esa expansión: una desvalorización creciente del propio objeto. La industria del CD era voraz. Y acabó devorándose a sí misma. Mientras tanto, el sencillo encontró otras vías, por fuera del mercado formal. Y es que a quién podrían interesarle 70 minutos de Green Day o de Dido si bastaba con una canción de cada uno de ellos. Como siempre, resulta imposible determinar si antes estuvo la necesidad o la tecnología que la hizo posible. Pero lo cierto es que fueron de la mano la lista de canciones como equivalente de la pila de discos sencillos que unas décadas antes se acarreaba de casa en casa y de fiesta en fiesta, la tecnología de la copia en MP3, ocupando ínfimas porciones de memoria, la escucha como algo cada vez más privado –auriculares en lugar de equipos de audio hogareños–, la optimización de los teléfonos celulares como avatares –cerebro, memoria, vida, alma– de sus propietarios y, por supuesto, Internet poniendo todo a disposición. La música sigue escuchándose pero, por primera vez, la industria discográfica apenas tiene que ver con ello.

Contra toda evidencia y pronóstico, el disco sigue existiendo. Está el resurgimiento del vinilo, con su sonido idealizado pero, sobre todo, con todo el folclor que rodea al objeto convirtiéndolo en aspiracional para ciertos sectores sociales.    

Se sabe que Galileo nunca dijo realmente aquello de eppur si muove, pero uno podría imaginárselo diciendo esa frase para sí mientras lee la encuesta de críticos de Down Beat y un pequeño objeto circular sigue, a pesar de todo, girando en alguna parte. Y es que, contra toda evidencia y pronóstico, el disco sigue existiendo. Está el resurgimiento del vinilo, con su sonido idealizado pero, sobre todo, con todo el folclor que rodea al objeto convirtiéndolo en aspiracional para ciertos sectores sociales. Un vinilo no suena mejor que un CD –suena, por cierto, peor– si el lugar de audición no es óptimo, si la cápsula y la púa no son de altísima gama –y de altísimo precio– y si el vinilo en cuestión no está en perfecto estado (y mejor aún si es nuevo). Pero un vinilo es más que eso. Es el sonido de la púa al posarse en él, es la cubierta entre las manos, el olor del cartón. Es, como otras modas –el vino, los single malts, los puros–, un ritual. Existe ese mercado, que mezcla audiofilia con esnobismo. Es un mercado minoritario pero fiel y compensa su pequeñez con su extensión (pocos compradores en Japón, Alemania, Francia, Gran Bretaña, México o Brasil acaban conformando un conjunto nada desdeñable). Y existe otro mercado, el del consumo popular, del que en gran medida la industria se ha desentendido –o ha aceptado que el consumo popular se desentendiera de ella. Ya no gana dinero con la venta de esos discos pero hay otras mercancías asociadas. En última instancia el disco, aunque se sepa que va a circular pirateado, le sirve para imponer una marca –el artista– y venderlo por otras vías.

Pero existe otro público, posiblemente el destinatario de la encuesta de Down Beat o de revistas especializadas en música clásica, como la francesa Diapason o la inglesa Gramophone, dedicadas, créase o no, al comentario de ediciones y reediciones de discos y que, por supuesto, también hacen sus listas de lo mejor de cada año, algo en lo que asimismo porfían el New Yorker y The New York Times, junto a innumerables blogs y revistas virtuales. Reaparece entonces la pregunta: ¿de qué hablan? Y la respuesta tal vez tenga que ver con lo que, cada vez con mayor frecuencia, aparece anunciado en las secciones de audio y alta fidelidad de esas mismas publicaciones: el DAC. Estas siglas, correspondientes a Digital to Analog Converter, identifican a unos aparatos de tamaño, calidad y precio variable que, en rigor, hacen el mismo trabajo que las placas de audio de las computadoras pero con mucha mayor fidelidad. Ocupan, en la cadena de audio, el lugar de los lectores de CDs o de las bandejas giradiscos, pero en lugar de leer objetos lo que hacen es traducir información. Reciben archivos de datos y los convierten en audio. Y pueden hacerlo con 24 bits –en lugar de los 16 del CD– y altísimos niveles de sampleo –hasta 192 htz. Muchos amplificadores o lectores de CDs ya vienen con DAC integrado. Y lo que venden las disquerías virtuales –Quobuz es posiblemente la más completa–, varios sellos de música clásica y la plataforma Bandcamp –elegida por muchos músicos independientes– es la posibilidad de descarga en FLAC, con alta definición, o MP3 si se prefiere, a lo que se suma, en la mayoría de los casos, un archivo PDF con el folleto de ese disco que, en rigor, ya no es un disco. Y sin embargo se mueve.

 

[Fotos: Amaranta Arteaga- fuente: http://www.latempestad.mx]

« Chacun a une idée confuse d’un bien où son âme puisse se reposer ; il le désire, par suite, il s’efforce d’y atteindre », écrivait l’auteur italien Durante degli Alighieri, dit Dante, dans son poème La Divine Comédie. Pour commémorer le 700e anniversaire de sa mort, l’œuvre est remise au goût du jour à travers des traductions plus contemporaines. 

Publié par Marion Clousier

Né en 1265 à Florence, Durante degli Alighieri, surnommé Dante, est un poète majeur du Moyen Âge. Il est l’auteur de La Divine Comédie, considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature. Rédigé entre 1303 et 1321, il est décomposé de trois parties : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Ce texte demeure l’un des plus précieux témoignages de la civilisation médiévale.

EBOOKS GRATUITS : Télécharger les livres de Dante

À l’occasion du 700e anniversaire de la mort de Dante, le 14 septembre 1321, de nombreuses célébrations ont lieu sous plusieurs formats. Alors que la journée du 25 mars est désormais consacrée à Dante sous l’appellation DantedÍ en italien et que L’Enfer a déjà été transposé musicalement, Gallimard et Actes Sud se lancent dans de nouvelles traductions de l’intégrale de La Divine Comédie.

Jacqueline Risset, pour la Pléiade 

Les éditions Gallimard ont annoncé lundi 28 juin que la Bibliothèque de la Pléiade a décidé de publier une nouvelle traduction du poème de La Divine Comédie. La première version de ce dernier avait été intégrée dans la traduction des Œuvres complètes de Dante, publiées en 1965, qui avait été réalisée par l’universitaire André Pézard.

La nouvelle traduction, proposée par la Pléiade, sera le fruit du travail de Jacqueline Risset, poétesse, critique, universitaire, reconnue comme l’une des spécialistes de l’œuvre, décédée en 2014 à l’âge de 78 ans.

Elle est initialement parue entre 1985 et 1990 chez Flammarion, propriété de Gallimard : la nouvelle traduction sortira en édition bilingue le 30 septembre prochain.

Dans un programme de parution de la Pléiade, Gallimard a affirmé : « La traduction de Jacqueline Risset, d’une limpidité sans égale, voisine avec le texte original et bénéficie d’un appareil critique nouveau qui prend appui sur sept siècles de lectures aussi bien que sur les recherches les plus récentes » (propos rapportés par l’AFP).

Pour rappel, plusieurs traductions d’illustres auteurs de la littérature internationale avaient déjà été réalisées. Parmi ces derniers, William Shakespeare avait fait l’objet dans la Pléiade de plusieurs traductions successives, dont la première était parue en 1938. Mais aussi le romancier espagnol Miguel de Cervantès, dont l’œuvre Don Quichotte, avait été traduite une première fois en 1934, puis une seconde en 2001.

Actes Sud sollicite Danièle Robert

Les éditions Actes Sud publieront l’intégralité de l’œuvre, dans la nouvelle traduction proposée par Danièle Robert. Écrivaine, critique et traductrice littéraire, membre de la Société Dantesque de France, cette dernière a déjà traduit pour la maison l’ensemble des œuvres poétiques de Paul Auster, Catulle et Ovide. Récompensée à plusieurs reprises, elle a obtenu le Prix Laure-Bataillon classique et le prix Jules-Janin de l’Académie française pour ses traductions d’Ovide.

Selon l’éditeur, « La Divine Comédie sonde l’âme humaine dans les aspects les plus divers de ses questionnements. Et par la puissance du langage, par la magie des images qui scandent le récit, elle nous rappelle à quel point l’art est au centre de toute vie ».

Pour commémorer l’œuvre de Dante, Danièle Robert a réalisé une traduction novatrice qui a été unanimement saluée par la critique. Selon Actes Sud, « cette traduction neuve par Danièle Robert s’attache à respecter dans notre langue l’intégralité de la structure élaborée par Dante. Au cœur de celle-ci : la terza rima, qui constitue, avec la terzina, un véritable moteur pour le poème selon une rythmique créatrice de sens ». La traductrice s’est attachée à produire une traduction « animée d’un souffle constant, ne se départant jamais du souci de fidélité au texte ».

Les éditions Actes Sud proposeront en octobre 2021, une version illustrée de L’Enfer, par Miquel Barceló, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et céramiste espagnol associé au mouvement néo-expressionniste.

En somme, ce qui fait la beauté de cette œuvre rend sa traduction d’autant plus ardue car à la difficulté d’expression de sentiments intimes s’ajoute la complexité du langage, qui ne permet pas toujours de trouver des équivalents poétiques suffisants.

 

[Illustration : portrait de Dante, par Botticelli (domaine public) ; photo de Barceló : Ramón Pérez Niz, CC BY-SA 2.0 – source : actualitte.com]

La reedición de « Facsímil », el libro en el que el escritor chileno plantea una experiencia lúdica para el lector y recrea con ironía la dinámica automatizada de la prueba de aptitud verbal que los estudiantes enfrentaron durante años para entrar a la universidad, revitaliza los debates sobre la simplificación de los discursos y las heridas alrededor un sistema educativo expulsivo. « Hay que reconquistar colectivamente la humildad, tal vez, y tratar de aprenderlo todo de nuevo », propone el autor, en la entrevista con Télam. 

En Facsímil, Zambra advierte sobre los riesgos de la simplificación de los discursos y las respuestas únicas cuando se trata de la patria, la familia o el amor.

En Facsímil, Zambra advierte sobre los riesgos de la simplificación de los discursos y las respuestas únicas cuando se trata de la patria, la familia o el amor.

Escrito por Ana Clara Pérez Cotten

Entre preguntas, opciones binarias y escenarios hipotéticos, el escritor chileno Alejandro Zambra propone en su libro “Facsímil” una experiencia lúdica para el lector y recrea con ironía la dinámica automatizada de la prueba de aptitud verbal que los estudiantes chilenos enfrentaron durante años para entrar a la universidad: “La prueba indicaba un solo camino. Una forma de ordenar el discurso, la correcta. Un lenguaje congelado en acepciones autoritarias, nada más”, reflexiona el autor, en una crítica a la forma despiadada en la que el sistema trata a los estudiantes y a cómo eso también se refleja en las heridas de Chile.

Zambra (Santiago de Chile, 1975) cuenta que al escribir “Facsímil” -publicado en 2014 y reeditado ahora por Anagrama – se propuso que pudiera leerse como un texto experimental que aludiera a determinadas líneas de la poesía o de la narrativa, pero que también funcionara fuera de ese circuito, en una línea más directa con los problemas que plantea: la simplificación de los discursos y las respuestas únicas cuando se trata de la patria, la familia o el amor.

Radicado actualmente en México, donde vive junto a su mujer, la escritora Jazmina Barrera y su hijo, el autor de « Bonsái », « La vida privada de los árboles », « Formas de volver a casa », « Mis documentos », « Tema libre » y la novela « Poeta chileno » que tanto se leyó durante la pandemia, cree que la simplificación es un problema con mucha actualidad y que también “en tiempos angustiosos como los que vivimos” hace falta reelaborar los diálogos, “sin disimular las contradicciones ni evitar artificialmente la complejidad de la experiencia”.

– Télam: El acceso a la educación es uno de los grandes clivajes de la política y la sociedad chilena en las últimas décadas. ¿Por qué en aquel momento tomaste como punto de partida aquel multiple choice de ingreso a la universidad que tanto impacta en la forma del libro?

– Alejandro Zambra: Había escrito un relato largo (o una novela corta) sobre 1993, el año en que dimos esa prueba, pero no me gustaba, lo sentía como una repetición. Un día me puse a parodiar ejercicios y el espacio se proyectó, se amplió, era como pintar bigotes en las fotos ajenas y también en las fotos propias. Hice parodias de los ejercicios tal y como los recordaba y luego encontré los ejercicios reales y también los parodié y luego hice también parodias de mis parodias… Un amigo me dijo que le gustaban, porque era como si “el escritor de la prueba” se hubiera vuelto loco. Esas pruebas las escriben varios, tienen varios “autores”, pero la intuición de mi amigo me gustó: en ese tiempo creíamos que era solo uno, un único Dios-dictador-autor que sabía todas las respuestas correctas y las escondía.

“Facsímil”, publicado en 2014 y reeditado ahora por Anagrama.

“Facsímil”, publicado en 2014 y reeditado ahora por Anagrama.

-T.: En lo formal, el libro propone algo muy lúdico. ¿Por qué elegiste esta forma de contar la historia? ¿La literatura es juego?

– A.Z.: Me di una vuelta larga antes de decidirlo. En esa prueba se jugaba todo, tu vida entera, eso te hacían creer. Solo podías darla una vez al año. Recuerdo que incluso nos aconsejaban cómo evitar enfermedades, porque si te enfermabas ese día estabas frito, quedabas para el año siguiente. No sé, toda ese ambiente de fin de mundo o de final de la copa del mundo… La lógica del rendimiento, del entrenamiento. Muchos preparábamos la prueba con cierta desesperación, tratando de comprender la estructura, dominarla, adivinar las trampas. Entonces muchos lectores chilenos de « Facsímil » están, por así decirlo, más “preparados” para entender una estructura como esa que para leer un poema o una novela. “Facsímil” contradice lo que la prueba inducía, porque esas normalizaciones negaban, por ejemplo, la idea de estilo o la importancia de los detalles en un relato. Esa dimensión o proyección extraliteraria me interesaba, me importaba mucho mientras escribía el libro: que se pudiera leer como un texto experimental y en ese sentido sofisticado, convocando determinadas líneas de la poesía o de la narrativa, pero también, y sobre todo, que funcionara fuera de ese circuito, en diálogo directo, no literario, con los problemas que el libro plantea.

Facsímil contradice lo que la prueba inducía, porque esas normalizaciones negaban, por ejemplo, la idea de estilo o la importancia de los detalles en un relato ».

ALEJANDRO ZAMBRA

-T: En « Facsímil », pareciera haber una suerte de interpelación al lector para que complete los blancos. ¿Imaginás a tus lectores cuando escribís? ¿Te interesa proponerles caminos o claves de lectura?

-A.Z: Bueno, eso pasa con todos los libros, “Facsímil” hace un poco más explícita esa apelación, pide más directamente lo que todo libro pide o propone. Pero no es un elige tu aventura, en ese caso más bien sería, como dijo alguien por ahí, un elige tu desventura, porque algunas decisiones son dolorosas o amargas.

Radicado actualmente en México, el auto chileno vive junto a su mujer, la escritora Jazmina Barrera y su hijo.

Radicado actualmente en México, el auto chileno vive junto a su mujer, la escritora Jazmina Barrera y su hijo.

-T.: Has dicho que se trata de “un libro contra la ilusión de una respuesta única”. ¿Por qué crees que queremos reducirlo todo a unos cuantos incisos o a un solo camino?

-A.Z: No creo que queramos eso, yo no quiero eso. Pero es natural que cada tanto reaparezca el deseo de respuestas únicas, de definiciones absolutas, de fórmulas infalibles para definir la patria, la familia, el amor, sobre todo en tiempos angustiosos como los que vivimos. De pronto aparecen unos cuantos imbéciles que prometen solucionarlo todo y la gente vota por ellos. Hace falta reelaborar los diálogos, sin disimular las contradicciones ni evitar artificialmente la complejidad de la experiencia. Reconquistar colectivamente la humildad, tal vez, y tratar de aprenderlo todo de nuevo.
La prueba indicaba un solo camino. Una forma de ordenar el discurso, la correcta. Un lenguaje congelado en acepciones autoritarias, una lectura correcta, nada más. Para entrar a la universidad tenías que saber, por ejemplo, “eliminar oraciones”. Después, creo que en 1995, quitaron esos ejercicios de la prueba, quizás se dieron cuenta de que estaban relacionados de manera vergonzosa con la censura (y por eso los “censuraron”). Mi impresión sobre ese tiempo es que te borraban los detalles, que la información era sometida a reducciones extremas, hasta llegar a su reducción final en el silencio. Y claro, éramos objeto de censura pero también aprendices de censura.

« Hace falta reelaborar los diálogos, sin disimular las contradicciones ni evitar artificialmente la complejidad de la experiencia. Reconquistar colectivamente la humildad, tal vez, y tratar de aprenderlo todo de nuevo ».

ALEJANDRO ZAMBRA

-T.: Tras la publicación de « Poeta chileno », se pueden rastrear algunos « gérmenes » que ya estaban en “Facsímil”: la figura del padre, el poeta, la pareja-matrimonio, ¿encontrás, en la mirada retrospectiva, un hilo conductor en tus libros?

-A.Z: Sí, pero me pasa igual que a ti, retroactivamente. Al escribir no pienso mucho en continuidades. Eso, puro, paraliza. A veces siento que escribo el mismo libro porque la intensidad del ejercicio es similar, pero más bien suelo pensar que mis libros son demasiado distintos entre sí. Supongo que escribo para situarme, entonces siempre es como un primer libro. Por eso me interesan más las discontinuidades que las fidelidades. El concepto de obra, de tener una obra, es un lastre, una carga innecesaria, prefiero la sensación de estar comenzando, la calidez de la tabula rasa.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Existem princípios que regem o nome social ou empresarial, assim como o das pessoas naturais. Seja FIRMA, seja DENOMINAÇÃO, está sujeito a dois princípios: da veracidade ou fidelidade, e da novidade ou ineditismo.

Escrito por Irineu Mariani

1. PRINCÍPIO DA VERACIDADE OU FIDELIDADE – Na espécie FIRMA, tanto na empresa individual quanto na coletiva e também na sociedade limitada unipessoal, admitida pelos §§ 1º e 2º do art. 1.052 do CC, acrescidos pela Lei nº 13.874/19, não é possível usar nome que não do respectivo titular ou que não seja sócio e, ainda, pessoa natural.

Exemplos: se o empresário individual não se chama Antônio, este nome não pode constar na respectiva FIRMA, e se não há sócio Alfredo Marques, este nome não pode constar na FIRMA da sociedade.

Na espécie DENOMINAÇÃO, se o objeto social é “X”, exemplo, indústria de ventiladores, não pode, mesmo genericamente, usar palavra que identifique o objeto “Y”, exemplo, indústria de climatizadores. Isso corresponde à segunda parte do nome social ou empresarial. Deve, necessariamente, identificar o objeto social.

Assim como o apelido de família ou sobrenome da pessoa natural, é imutável, salvo alteração do objeto. Já em relação à primeira parte do nome ou prenome, que corresponde à fantasia, é possível na sociedade anônima o nome de pessoa natural, mesmo que não seja acionista.

Pode homenagear o fundador ou quem tenha contribuído para o êxito da empresa (CC, art. 1.160, parágrafo único; Lei 6.404/76, art. 3.º, § 1.º). Exemplo: Alfredo Marques – Indústria de Ventiladores S/A, ou Alfredo Marques S/A – Indústria de Ventiladores, ou S/A Alfredo Marques – Indústria de Ventiladores.

Já se for uma sociedade limitada por quotas, pressuposto é que haja sócio com tal nome (CC, art. 1.158, § 2.º).

2. PRINCÍPIO DA NOVIDADE OU INEDITISMO – Deve distinguir-se dos outros já inscritos, tanto quanto necessário, para não desorientar o mercado (CC, art. 1.163, caput, e parágrafo único; Lei 6.404/76, art. 3.º, § 2.º), o que não vigora em relação à pessoa natural.

Existem milhares de pessoas naturais homônimas. Exemplos: João da Silva, Maria da Silva etc. É diferente em relação ao nome social ou empresarial. Neste vigora o princípio da anterioridade. O posterior deve modificar ou acrescentar elemento suficiente para não confundir o mercado. Exemplo: Ivo e Yvo não são homógrafos, logo, não são idênticos, mas são homófonos, o que basta para desorientar o mercado.

 

 

[Fonte: http://www.espacovital.com.br]

Il existe déjà une grosse vingtaine de traductions françaises de l’Odyssée, mais celle qu’Emmanuel Lascoux vient de publier apporte une touche aussi personnelle qu’appréciable à l’édifice narratif que les aèdes grecs commencèrent à bâtir au huitième siècle avant notre ère.

« Les aventures d’Ulysse » par Apollonio di Giovanni (entre 1435 et 1445) © Art Institute of Chicago

 

Homère, L’Odyssée. Trad. du grec ancien par Emmanuel Lascoux. P.O.L, 496 p., 23,90 €

Écrit par Santiago Artozqui

Souvent, la partie la plus intéressante de la retraduction d’un classique est la préface, parce que le traducteur y explique pourquoi il s’est lancé dans cette tâche, le résultat qu’il vise et les choix qu’il a faits. En effet, traduire, c’est avant tout choisir, privilégier tel aspect du texte plutôt que tel autre, tout simplement parce que, pour des raisons de syntaxe, de lexique ou de références culturelles distinctes, la langue d’arrivée ne permet pas de restituer l’ensemble du texte et du sous-texte présents dans l’original. Ainsi, ce qui va différencier une traduction de celles qui l’ont précédée, ce n’est pas sa « qualité », mais sa visée, et retraduire consiste principalement à mettre en avant une nouvelle facette de l’œuvre, à en faire une nouvelle lecture.

Alors, quelle était la visée d’Emmanuel Lascoux quand il s’est attaqué à cette traduction ? Donnons-lui la parole : « La langue d’Homère n’a jamais été parlée par personne d’autre qu’Homère, c’est-à-dire les aèdes. C’est une multi-langue artificielle, “littéraire” […]

Alors, puisque la biodiversité grecque disparaît dans le bain du français, il faut la faire renaître autrement […]

Voici les gestes que je m’autorise : d’abord, développer le mot […]

Mêler suffisamment les registres pour […] que la polyphonie s’entende […]

Pour les seconds rôles, je puise aux jarres régionales, et sociales : Eumée aura l’accent et quelques tours clairement du Midi […] J’imagine, en revanche, un accent citadin pointu pour Antinoos […]

 j’ai laissé gagner le récit, au grec plus policé, par la syntaxe débridée du dialogue. […]

Enfin, j’ai voulu tout bruiter. »

Voilà donc le plan de route, les critères qu’Emmanuel Lascoux va privilégier dans son rendu : l’oralité et la spontanéité (« Ha ha ! », « Pardi ! »), les sons (le texte est ponctué d’onomatopées « Crac ! » « Paf ! »), et un « montage » somme toute cinématographique du récit où une voix off vient rythmer les scènes dialoguées.

Mais, à la lecture, que ressort-il de tout cela ? Eh bien, on s’éloigne indubitablement du ton de la tragédie classique que d’autres traducteurs ont adopté, et ce nouvel Ulysse apparaît matois plutôt qu’ingénieux, roublard plutôt que rusé. De manière générale, les différents protagonistes sont plus typés, leur caractérisation semble plus travaillée, ce qui les rend plus identifiables et plus attachants. On y perd un peu du caractère épique, mais on y gagne un parfum d’aventure, une proximité avec les personnages qui, comme ils parlent dans une langue à laquelle notre oreille est habituée, nous permet de mieux ressentir leurs motivations. Le ton direct, la phrase simple et sans arabesques, les différentes adresses du narrateur – « vous voyez ! » « souvenez-vous ! » – donnent au lecteur l’impression d’être devant l’aède, à la veillée, en train d’écouter les mésaventures d’Ulysse juste après qu’il les a vécues. Parfois, la distorsion est extrême, comme en témoigne l’exemple suivant.

Emmanuel Lascoux traduit le bruit de l’Odyssée

« Le retour d’Ulysse » ou « Pénélope et ses prétendants » par Pinturicchio (vers 1509)

La traduction littérale du vers grec (chant VIII, 320) :

« Parce qu’il avait une fille belle, mais incapable-de-tenir-son-cœur »

Dugas-Montbel, en 1833 :

« Sa fille est belle, sans doute, mais elle est sans pudeur. »

Ulysse de Séguier, en 1896 :

« Elle est bien belle, mais ne dompte pas ses sens. »

Médéric Dufour et Jeanne Raison, en 1934 :

« Car elle peut être belle, elle n’a pas de pudeur ! »

Mario Meunier, en 1943 :

« … sa fille qui est belle, mais trop dévergondée. »

Emmanuel Lascoux, en 2021 :

« Oui, elle est jolie, sa fifille, mais question fidélité, zéro ! »

La rupture est flagrante. Bien sûr, cette approche ne plaira pas à tout le monde. On trouvera certainement des gardiens du temple prêts à défendre la « fidélité à l’original » – sans comprendre qu’ils ne défendent que la fidélité à l’idée qu’ils se font de ce dernier –, et à déplorer les anachronismes culturels ou lexicaux introduits par Lascoux (« millimètre », par exemple). Mais l’argument est spécieux, parce qu’en réalité tous les mots et toutes les tournures de l’ensemble de ces traductions sont anachroniques, puisque le français n’existait pas au VIIIe siècle av. J.-C., et qu’à ce compte-là « mais elle est sans pudeur » l’est autant que « question fidélité, zéro ! ».

Ce qui amène à un concept fondamental en matière de traduction : on traduit pour son époque, on traduit pour les vivants ! Contrairement à l’idée que le grand public se fait de la chose, une traduction n’est pas la fixation pérenne d’une « vérité » du texte original rendue par magie accessible à un lecteur qui ne parle pas la langue source, mais simplement l’idée que le traducteur se fait de cette « vérité », retranscrite dans la langue cible que parlent ses contemporains. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on retraduit. Ce n’est pas que les traductions vieillissent, c’est que, au fil du temps, les contemporains d’une traduction meurent et sont remplacés par des gens qui parlent une autre langue. Remarquons que la langue source évolue tout autant, mais ses locuteurs semblent généralement mieux l’accepter quand ils lisent, probablement parce que la « relation » qu’ils entretiennent avec le texte et son auteur ne nécessite pas l’intervention d’un tiers, le traducteur, et que cette altérité langagière leur paraît donc plus légitime.

Les éditions P.O.L précisent en quatrième de couverture que ce texte est une « vision vocale » et une « version française » du poème d’Homère, mais, comme il est d’ailleurs indiqué sur la couverture, il s’agit bien d’une traduction de l’Odyssée. Une traduction à part entière, joyeuse, vivante, et plutôt bienvenue.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

Vladimir Jabotinsky (1880-1940) est une figure majeure du sionisme russe et un acteur important dans l’histoire de la refondation de l’État d’Israël. Soldat créateur de l’Organisation d’auto-défense juive à Odessa et, avec Joseph Trumpeldor, de la Légion juive au sein de l’Armée britannique durant la Première Guerre mondiale, il a aussi établi le mouvement sioniste révisionniste, et diverses organisations juives en Eretz Israël : le Bétar, l’HaTzohar et l’Irgoun. Il s’est aussi distingué comme écrivain, poète et journaliste talentueux : Les Cinq, Samson le nazir,  Histoire de ma vieLes 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera « Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie« . 

Publié par Véronique Chemla

« Selon le rav Chimchon Rafaël Hirsch (1808-1888), le Nazir est appelé ainsi car il porte la couronne – Nézer ou diadème royal -, qui l’élève bien au-dessus des autres vers une noblesse spirituelle ». (Rav Hayim Yaacov Schlammé, Hamodia, 26 mai 2009)

Est nazir celui « qui vit autrement, à part (de l’hébreu, nazor) ; un homme consacré à D., qui a fait vœu de vivre dans la pureté, de ne jamais effleurer un corps mort, de ne point manger ni boire de tout ce qui provient de la vigne à vin ».

Écrivain et politicien sioniste, Vladimir Jabotinsky (1880-1940) désigne ainsi ce personnage à la force extraordinaire.

Un roman symbolique

Á la fin de la Première Guerre mondiale, il avait songé à une trilogie sur les héros bibliques Jacob, Samson et David. Seul Samson, le nazir est publié (1930).

Inspiré par Le Livre des Juges de la Bible hébraïque, Vladimir Jabotinsky souligne la solitude, l’intelligence, la sagesse de juge et la finesse psychologique quasi-divinatoire de Samson, homme à la personnalité duale, fidèle aux siens et attiré par le raffinement des Philistins.

Maniant avec dextérité l’art de l’euphémisme et de la suggestion, l’auteur laisse deviner les clés explicatives de situations et de personnages, plus qu’il ne les livre.

Vladimir Jabotinsky offre un récit passionnant sur l’élaboration, la maturation et la férocité de la vengeance, la violence effrayante – impétueuse individuelle ou déchaînée collective -, l’impératif de l’unité et de la ruse pour vaincre, ainsi qu’une ode à la fidélité des amitiés viriles.

Il démystifie Samson. « La perte de sa chevelure lui est fatale non parce que sa toison serait signe de la puissance qu’a Dieu sur lui, mais parce que Samson est prisonnier d’une symbolique qui veut que la tonte soit une marque d’infamie » (Luba Jurgenson).

Dans ce roman symbolique au style puissant, l’appel final de Samson destiné aux tribus d’Israël (Lévites) et exhortant à l’unité, à la préparation méthodique à la guerre contre ceux qui les menacent et à l’apprentissage du rire, résonne toujours.

La remarquable traduction du russe et la postface de cette nouvelle édition sont signées de Luba Jurgenson.

ADDENDUM
En 2013, une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L’été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;

Le 18 janvier 2016, de 20 h à 21 h 30, Doris Von Drathen, historienne de l’art, donna aux Études Hébraïques Contemporaines – 16 rue des Ecouffes, 75004 Paris -, dans le cadre d’un regard sur la scène de Dalila et Samson – Du Moyen Age jusqu’au Baroque, la conférence Samson dans l’art – un héros malgré lui. « Cette conférence invite à ouvrir notre lecture du texte de Samson (livre de Juges) par la vision et la compréhension imaginaire de quelques artistes sur les personnages et la scène. Nous analyserons également le contexte historique, géographique de l’école de l’artiste et les aspects techniques comme la construction de la perspective et de l`espace, des couleurs etc.  On observera les œuvres des peintres à partir de Moyen Age jusqu’à l’époque baroque (Rubens, Caravage et d’autres). Le motif central sera la scène de Dalila et Samson. Il s´agira d´observer quels aspects du texte sont choisis et pourquoi, quelle « fantaisie » amène un artiste à focaliser sur un détail, au prix de négliger d´autres aspects ou même en s´éloignant du texte (par exemple les tendresses de Dalila, ou les ciseaux). Toujours est-il que l´on découvrira de près, en « corps et en âme », la faiblesse, le désespoir et le courage de Samson – le héros malgré lui ».

Le 23 mai 2019  à 18 h 30, à la Maison des Polytechniciens, X-Israël invite à la conférence de Pierre Lurçat, avocat et essayiste, sur « Jabotinsky et son héritage dans l’histoire d’Israël ». La conférence a été suivie d’un apéritif amical. L’auteur a dédicacé ses deux derniers livres (http://bit.ly/lurcat2016 et http://bit.ly/lurcat2018).

Les 3, 4, 5, 6 et 8 avril 2020, Mezzo diffusa « Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns » par Louise Narboni. L’histoire est inspirée du Livre des Juges, de la Bible. « Prisonniers des Philistins, les Hébreux implorent le Dieu d’Israël. Samson, valeureux héros, tue Abimélech et encourage les siens à se rebeller contre les Philistins. Le peuple d’Israël rompt alors ses chaînes et parvient à s’enfuir – sous les menaces vipérines du Grand Prêtre de Dagon qui jure vengeance. Celui-ci retrouve la voluptueuse Dalila, décidée à séduire Samson, de façon à percer le secret de sa force – dans le seul but de venger son peuple. Dans un duo débordant de lyrisme, Dalila fait chavirer le cœur du héros qui, malgré les mises en garde d’un vieillard hébreu, succombe à son amour »

Les 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera « Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie« . Samson est un oratorio en trois actes de Georg Friderich Haendel (1685- 1759) composé dès 1741 sur un livret en anglais de Newburgh Hamilton.

« Samson fut très apprécié et est considéré comme l’une de ses meilleures œuvres dramatiques. Il est habituellement interprété comme oratorio, en tant que pièce de concert mais peut aussi bénéficier d’une présentation scénique comme un opéra ».

« Certains de ses airs solistes sont souvent interprétés, seuls, en concert – c’est le cas de Let the bright Seraphim, air pour soprano, et de Total eclipse, pour ténor ».

« Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie » par Jean-Pierre Loisil

Enregistrement : 1 avril 2018 – Misteria Paschalia | Krakow

03 h 17

Distribution :

Dunedin Consort

Polish Radio Choir

John Butt (Direction)

James Way (Ténor) : Samson

Eleanor Dennis (Soprano) : Dalila

Sur Mezzo les 5 mai 2021 à 22 h 20, 6 mai 2021 à 12 h 30 et 11 mai 2021 à 12 h 30

« Valery Gergiev dirige ‘Samson et Dalila’ de Saint-Saëns » par Louise Narboni

Opéra Samson et Dalila en trois actes de Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Livret de Ferdinand Lemaire.

Création à Weimar, Théâtre de la Cour grand-ducale, 2 décembre 1877

Enregistrement : 25 mai 2016 – Mariinsky Theatre | St Petersburg
Durée: 02:12
Distribution
Mariinsky Orchestra
Valery Gergiev (Direction)
Ekaterina Semenchuk
Gregory Kunde
Roman Burdenko (Baryton) : Le Grand Prêtre de Dagon
Yannis Kokkos (Mise en scène)
Sur Mezzo les 29 mars 2020 À 01 h, 31 mars 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 31 mars 2020 à 17 h sur Mezzo Live HD, 3 avril 2020 à 09 h 30 sur Mezzo Live HD, 4 avril 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 5 avril 2020 à 02 h sur Mezzo Live HD, 6 avril 2020 à 06 h sur Mezzo Live HD et 8 avril 2020 à 13 h sur Mezzo Live HD

Vladimir Jabotinsky, Samson, le nazir. Editions des Syrtes, 2008. 350 pages. 23 euros. ISBN-13 : 978-2845451346

Cet article avait été commandé par L’Arche. Il a été publié sur ce blog le :
– 11 juin 2012 à l’approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat De Jabotinsky à Netanyahou : le courant national du sionisme, organisée par l’association France-Israël le 12 juin 2012, à 20 h 30, au Salon Amphi Pereire, 100 boulevard Pereire, 75017 Paris, et le 10 juillet 2012 à l’approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat Que reste-t-il aujourd’hui du sionisme de Jabotinsky ?, organisée le 10 juillet 2012, à 20 h 30, au centre communautaire francophone de Jérusalem Emounah. Pierre Lurçat y présentera Histoire de ma vie de Vladimir Jabotinsky (éd. Les Provinciales) qu’il a traduite de l’hébreu ;

– 14 juillet 2013 alors qu’une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L’été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;
– 19 avril 2014. W9 a diffusé une série sur la Bible, évoquant maintenant Samson ;
– 5 janvier 2015. Franklin Rausky donnera une conférence sur l’épopée de Samson le 6 janvier 2015 à la synagogue de Bordeaux ;
– 17 janvier 2016, 23 mai 2019 et 3 avril 2020.

 

[Source :  http://www.veroniquechemla.info]

Que a Napoleón le gustaba beber vino, es algo que los amantes de la historia conocen muy bien

Escrito por Angélica Mur

Quizás lo más llamativo de este controvertido pero innegable personaje histórico es su afición por añadir a su copa vino y agua en la misma proporción, algo que si tenemos en cuenta el tipo de vino que osaba ‘rebajar’, no es necesario ser un enólogo experto para que tal acto conlleve cierto grado de pecaminoso.

De lo que no cabe duda es que el célebre militar era conocido también por su exquisito paladar, y su fidelidad máxima para con un tipo muy concreto de vino, que le acompañó siempre en sus campañas bélicas, momentos de relax, e incluso hasta el final de sus días.

Louis Marchand, ayudante de cámara de Napoléon, así como Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, político y diplomático contemporáneo, dejaron constancia en sus escritos de esta predilección, y casi manía o superstición de Bonaparte, de llevar consigo a todas sus campañas este vino en concreto, su preferido, según señala Sílvia Colomé en La Vanguardia.

Desde su gloria en el caluroso Egipto en la batalla de las Pirámides frente a los aguerridos mamelucos, hasta su derrota aplastante en Rusia, su vino siempre le acompañó, aunque a buen seguro, ni en los fracasos ni en las victorias, fue responsable real en absoluto, por mucho que el testarudo militar así lo creyese.

De esta manera, Marchand escribió: ‘lo único frío que había en la campaña de Egipto era el Chambertin de Napoleón, lo único cálido que había bajo el cielo gélido de Rusia era el Chambertin de Napoleón’.

También otros personajes históricos se han enamorado de este vino, como es el caso del escritor inglés Hillaire Belloc, quien afirmó: ‘Olvidé el nombre del lugar; olvidé el nombre de la chica; pero el vino era Chambertin’.

Volviendo a Napoleón, el conde de Las Casas dejó constancia de que en el último medio mes de vida de Bonaparte en Santa Elena, el emperador de los franceses, copríncipe de Andorra, rey de Italia y protector de la confederación del Rin, o su Majestad Imperial a secas, bebió cada día su querido Chambertin, que muchas veces acompañaba también del dulce Vin de Constance de Sudáfrica. Un epílogo previsible dado su amor por este vino, durante toda su vida.

[Fuente: http://www.vinetur.com]

Dos estudiosos de su obra que advirtieron que un amigo del escritor francés podría haber inspirado el personaje de Charles Swann, uno de los protagonistas de su obra maestra « En busca del tiempo perdido ».

Si bien pocos autores han sido tan profunda y severamente estudiados como el escritor francés Marcel Proust todavía quedan intrigas por develar, como la que identificaron dos estudiosos de su obra que advirtieron que un amigo del escritor francés podría haber inspirado el personaje de Charles Swann, uno de los protagonistas de su obra maestra « En busca del tiempo perdido ».

El nombre Willie Heath es fácilmente reconocido por lectores y estudiosos proustianos. De hecho, es el primero en aparecer en cualquiera de sus escritos. En la dedicatoria a su primer libro de relatos, reflexiones y poemas « Los placeres y los días » de 1896 se puede leer: « Para mi amigo Willie Heath / Murió en París el 3 de octubre de 1893 ».

A pesar de esta fuerte presencia hasta el momento nadie había relacionado ese nombre con el del protagonista de « En busca del tiempo perdido » cuyo primer volumen se titula « Por el camino de Swan » (famosa y citada incluso por quienes no la leyeron por un episodio en el que el narrador come una magdalena mojada en té y eso desata los recuerdos de su infancia) y donde el narrador-protagonista (sin nombre) es un flâneur que se pasea por una elegante sociedad parisina y narra las frecuentes apariciones de Charles Swann, quien rompe los hábitos familiares.

Según informó AFP, Thierry Laget y Pyra Wise son los dos expertos en la obra de Proust que, al rastrear los antecedentes de Heath, encontraron un vínculo cuando desenterraron el certificado de nacimiento de Heath y descubrieron que su madre era Elisabeth Bond Swan. « Swan, como en Swann … Pyra (Wise) y yo tocamos el cielo con las manos cuando vimos eso », dijo Laget, autor de « Proust, Premio Goncourt » publicado en 2019 por « Ediciones del Subsuelo ».

Algunos críticos sostenían que Heath era un invento de Proust, creado como excusa para escribir una dedicatoria conmovedora, que se convierte en una especie de introducción a la novela con el verso: « Desde el regazo de Dios en el que descansas… revélame esas verdades que conquistan la muerte ».

Pero esto también era un error porque Willie Heath nació en Queens, Nueva York en 1869, dos años antes que Proust y murió de una inflamación del intestino delgado a los 24 años y está enterrado en Brooklyn.

Heath vivía cerca de los Campos Elíseos en París después de que su padre magnate huyera de un escándalo de fraude financiero en su país. « Me asombró que supiéramos tan poco sobre Willie Heath en comparación con otros amigos de Proust, ya que me pareció una figura tan importante », dijo Wise, quien trabaja en el Centro Nacional Francés de Investigación Científica París.

Laget fue el primero en revelar sus hallazgos en la revista en línea Proustonomics a principios de este mes . Al leer este artículo es donde Wise vio que otra persona había llegado a la misma conclusión que ella, y el artículo se actualizó esta semana para agregar su nombre.

« Los personajes de ‘En busca del tiempo perdido’ provienen de múltiples fuentes y siempre contienen un poco del propio Marcel », dijo Wise a la Agence France-Presse. « Este elemento biográfico no revoluciona nuestra comprensión del trabajo, pero agrega algo de conocimiento, algo de ambiente », agregó.

Willie Heath estaba en el mismo círculo que Proust, el de los adinerados apasionados por el arte, y que visitaban el Museo de Louvre todos los días. Eran jóvenes amigos reunidos por la cultura, y tal vez más que eso (quizá eran amantes), pero nunca lo sabremos con certeza », agrega Laget.

Pero agregó: « Creo que fue más que eso, de lo contrario Proust no le habría dedicado su primer libro con palabras tan tiernas. También sabemos que mantuvo muy cerca su foto. Son signos de una larga fidelidad a, nos atrevemos a decirlo, un joven amor « .

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Jeanne Moreau (1928-2017) était une comédienne – Ascenseur pour l’échafaud, Les Amants, Moderato cantabile, Jules et Jim, Eva, Le Journal d’une femme de chambre, Viva Maria !, La mariée était en noir, La Vieille qui marchait dans la mer… — -, pensionnaire de la Comédie Française (1947-1952), chanteuse, scénariste, réalisatrice, fine cuisinière et gastronome française, et membre de  l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France. Durant l’Occupation, par solidarité avec ses condisciples juives, elle a porté l’étoile jaune. Arte diffusera le 28 mars 2021 « Le train » (Der Zug) de John Frankenheimer et Bernard Farrel (1964), puis « Jeanne Moreau, l’affranchie » (Jeanne Moreau – Die Selbstbestimmte) de Virginie Linhart.

Publié par Véronique Chemla

Pour Jeanne Moreau (1928-2017), la vie d’un être humain était composée d’une série de premières fois.
 
« Jeanne Moreau, l’affranchie »
Arte diffusera le 28 mars 2021 « Jeanne Moreau, l’affranchie » (Jeanne Moreau – Die Selbstbestimmte) de Virginie Linhart.
« Disparue en 2017, à l’aube de ses 90 ans, « Mademoiselle Moreau » a placé sa vie et sa carrière sous le signe de la liberté. Flash-back sur les films et les réalisateurs (d’Antonioni à Truffaut en passant par Demy, Bunuel et Welles) qui l’ont révélée au public en même temps qu’à elle-même. »
« Dès qu’il y a une nouvelle vague quelque part, on sonne à ma porte », se plaisait à affirmer celle qui a fougueusement embrassé l’audace de cinéastes en quête de modernité ».
« Formée à la Comédie-Française, qui encaisse péniblement ses infidélités, l’actrice traverse une décennie de films commerciaux avant de trouver sa place dans le septième art ».
« Quasi novice, son pygmalion se nomme Louis Malle, qui lui crée un rôle de toutes pièces dans son adaptation du roman de Noël Calef, Ascenseur pour l’échafaud (1958). Les déambulations nocturnes de la comédienne, illuminées par les néons de la capitale et bercées par la trompette de Miles Davis, propulsent alors le cinéma hexagonal dans une nouvelle ère ».
« La même année, Les amants, dans un film homonyme infusé de leur passion, dynamiteront les conventions en emplissant le cadre d’une nudité et d’une sensualité jusqu’ici refoulées en contrechamp ».
« Après avoir incarné les bourgeoises à la dérive dans Moderato cantabile (1960) de Peter Brook et La notte (1961) d’Antonioni, l’actrice trouve dans la Nouvelle Vague un écho à son désir de légèreté : Jules et Jim (1962) et son tourbillon d’amour triangulaire, mis en scène par François Truffaut, la consacre égérie moderne en même temps que chanteuse d’immortelles ritournelles ».
« Sublimée par les tenues de Pierre Cardin, couturier homosexuel dont elle partage un temps la vie, l’actrice crève l’écran en noir (Eva de Joseph Losey) comme en blanc (La baie des anges de Jacques Demy), en France comme à l’international (Orson Welles, Luis Buñuel et son Journal d’une femme de chambre). »
« Composé d’extraits de ces pellicules inoubliables et d’interviews de l’actrice et de ceux qui l’ont dirigée, ce voyage cinéphile dans la décennie qui la vit éclore rend un vibrant hommage au jeu et à la personnalité hors du commun de celle qui incarna l’émancipation féminine avant l’heure, à la vie comme à la scène ».
« Jeanne Moreau, actrice et inspiratrice »

Serge Toubiana a rendu ce bel hommage à Jeanne Moreau lors d’une rétrospective à la Cinémathèque française en 2008 :

« Rieuse et tendre. C’est ainsi que François Truffaut décrit celle qu’il dirigea deux fois : dans Jules et Jim puis dans La Mariée était en noir. Mais leur complicité se manifesta auparavant sous forme d’un clin d’œil, dès Les Quatre cents coups. Jeanne Moreau y faisait une apparition très poétique aux côtés de Jean-Claude Brialy. Souvenez-vous : Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) erre dans les rues de Pigalle. Il a fugué et cherche un endroit pour dormir. Il croise une femme emmitouflée dans un manteau, qui court après son chien. Oh ! vous pouvez m’aider à l’attraper ? Surgit Brialy dans le rôle du dragueur : Eh ! Petit, c’est ta sœur ? Jeanne Moreau fut donc en quelque sorte la marraine de Truffaut en cinéma. Rôle hautement symbolique, qui dit l’importance de leur relation ou de leur lien. Auparavant, il y eut Louis Malle. Rencontre décisive, pour l’un comme pour l’autre. Ascenseur pour l’échafaud, puis Les Amants, et plus tard encore Viva Maria. Quand il évoque cette période, Malle est d’une totale franchise : « Quand j’ai tourné Ascenseur pour l’échafaud, j’avais une peur bleue des acteurs, tout simplement parce que je n’avais pas l’habitude d’avoir affaire à eux. Et s’il n’y avait pas eu Jeanne Moreau, qui m’a incroyablement aidé dans les deux premiers films que j’ai tournés avec elle… j’étais tellement novice, tellement ignorant ; dans ce genre de situation, quand on est paniqué… et jeune… on a tendance à vouloir jouer au chef. Pour ne pas se laisser dominer, sans doute. Et quand je revois mes anciens films, je me rends compte que j’ai fait des erreurs monumentales, non seulement dans la direction d’acteurs, mais parfois dans le casting. Mais c’est comme ça qu’on apprend. […] Il m’a fallu plusieurs films pour apprendre à connaître les acteurs ».
Ce que Jeanne Moreau apporta à cette génération de cinéastes, c’est d’abord l’audace, le courage d’innover, de prendre des risques, de se libérer du poids de la technique cinématographique. D’oser filmer vrai. Louis Malle dit aussi ceci, qui est essentiel : « On s’est soudain rendu compte qu’elle pouvait être une star de cinéma. Jusque-là, on disait que tout en étant une grande actrice, et très sexy, elle n’était pas photogénique. J’avais avec moi Henri Decae, ce grand opérateur que je connaissais des premiers films de Melville, comme Bob le flambeur. Ainsi que tous ceux de la Nouvelle Vague, je l’admirais énormément. Il m’a lancé, il a lancé Chabrol, puis Truffaut, et plusieurs autres. Mais j’étais le premier de ma génération à travailler avec lui. Quand on a commencé à tourner [Ascenseur pour l’échafaud], les premières scènes qu’on a faites avec Jeanne Moreau se passaient dans la rue, sur les Champs-Élysées. La caméra était dans une voiture d’enfant et Jeanne Moreau n’était pas éclairée… c’était un film en noir et blanc, bien entendu ; on avait pris ce nouveau film rapide, la Tri-X qui, de l’avis des cinéastes sérieux, donnaient un grain trop gros. Nous avons fait plusieurs longs travellings de Jeanne Moreau et, bien sûr, quand le film a été terminé, on a mis la magnifique musique de Miles Davis, plus sa voix à elle, sa voix intérieure. Elle n’était éclairée que par les vitrines des Champs-Élysées. Ça ne s’était encore jamais fait. Les opérateurs voulaient toujours qu’elle soit maquillée et ils l’éclairaient beaucoup, sous prétexte qu’elle n’avait pas un visage photogénique. La première semaine, il y a eu une émeute parmi les techniciens du labo, quand ils ont vu les rushes. Ils sont allés trouver le producteur et lui ont dit : « Il faut empêcher Malle et Decae de détruire Jeanne Moreau. ».
Détruire Jeanne Moreau. On se demande qui aurait pu détruire cette actrice, qui avait débuté une dizaine d’années avant que Malle ne lui confie le rôle inoubliable d’une femme errant la nuit dans les rues de Paris à la recherche de son amant. Tout commence au théâtre, où elle passe par le Conservatoire, puis par la Comédie-Française, puis encore par le TNP de Jean Vilar, où elle joue aux côtés de Gérard Philipe dans Le Cid. Au cinéma, elle tourne de nombreux films, alternant rôles secondaires et principaux, réalisés par Gilles Grangier (Gasoil, Trois jours à vivre, Échec au porteur), Jacques Becker (Touchez pas au grisbi), Henri Decoin (Dortoir des grandes, Les Intrigantes), Marc Allégret (Julietta), Jean Dreville (La reine Margot) ou d’autres encore, avant de croiser la génération de la Nouvelle Vague. Avec Malle, Truffaut, Roger Vadim (Les Liaisons dangereuses), Michelangelo Antonioni (La Notte), Joseph Losey (Eva, et plus tard : Monsieur Klein, puis La Truite, adaptation du roman de Roger Vailland), Orson Welles (Le Procès, Falstaff, Une histoire immortelle, The Deep/Dead Reckoning), Jacques Demy (La Baie des anges), Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre) et tant d’autres, Jeanne Moreau est une actrice qui inspire ses metteurs en scène. Louis Malle, encore lui, rappelle que c’est par son intermédiaire qu’il rencontra Louise de Vilmorin, qu’il sollicitait en vue d’adapter une nouvelle de Vivant-Denon, Point de lendemain, qui devait donner Les Amants. Lorsqu’il entra en relation épistolaire avec Henri-Pierre Roché, sollicitant son approbation pour adapter Jules et Jim, Truffaut envoya une photo de Jeanne Moreau (vraisemblablement dans Les Amants) à l’écrivain, en lui disant à peu près ceci : Voilà, c’est elle qui sera Kate (ou Catherine) dans mon film. « Grand merci pour les photos de Jeanne Moreau. Elle me plaît. Je n’ai bien sûr pas pu sortir pour voir Les Amants. Je suis content qu’elle aime Kathe. J’espère la connaître un jour. » C’est cela, une actrice qui inspire les cinéastes : celle qui, en plus de jouer, fait aussi trait d’union. C’est-à-dire rend possible leur désir ou leur rêve. Jeanne Moreau incarne, avant même que le film ne se tourne, le personnage et l’univers romanesque du film. Donc sa matérialité même.
Comment l’imaginer, sinon au centre ou au croisement de plusieurs mondes où se côtoient la littérature, la musique, la chanson bien sûr (impossible d’oublier Le Petit théâtre de Jean Renoir : une prise, une seule, sur Jeanne Moreau chantant *Quand l’amour meurt*), disons tous les arts, et le cinéma. L’aventure (sentimentale) du cinéma. Elle autorise ces croisements, elle les permet, pour ne pas dire qu’elle les met elle-même en scène. Il y a cette double dimension chez Jeanne Moreau, d’actrice et d’inspiratrice. Les cinéastes qui la choisissent l’ont fait en connaissance de cause. Pour sa voix, sa grâce, sa force de caractère et sa fragilité, son audace – car elle peut tout dire, user du langage avec mélodie, musicalité, tout en étant aussi parfois très prosaïque. Elle a fini par incarner le cinéma. Je n’aime pas beaucoup l’expression facile, souvent utilisée en parlant d’elle, d’ « ambassadrice du cinéma ». Cela la met sur un piédestal, alors qu’elle est infiniment plus simple et plus abordable, prête à toutes les aventures cinématographiques. Ce que prouve sa belle filmographie. C’est ce caractère qui me paraît la définir de la manière la plus vraie. Du côté des cinéastes, prête à prendre des risques avec eux, en protégeant leurs films. Donc leurs rêves. Protéger un film, qu’est-ce que cela veut dire ? De quoi faut-il protéger un film en train de se faire ? Bien sûr, des intempéries. Mais, surtout, de la perte de confiance, du train-train professionnel, du manque d’entrain et de gaieté. De l’ardeur de faire un film ensemble, acteurs et techniciens réunis. Truffaut encore : « À l’intérieur de mes vingt ans de cinéma, le tournage de Jules et Jim, grâce à Jeanne Moreau, reste un souvenir lumineux, le plus lumineux. »
Un mot, un seul, résume ce caractère ou ce sentiment : Liberté. J’ai retrouvé la lettre que Jeanne Moreau écrivit, à l’occasion d’un hommage rendu à Orson Welles en 1975, par l’American Film Institute :
« Orson Welles, où êtes-vous ? Chasseur chassé dans votre recherche sans fin, où êtes-vous ? Partout. Combien d’avions ? Combien de vols ? Combien d’aéroports ? Combien de villes et de pays ? Combien de suites d’hôtels ? Combien de tampons sur vos passeports ? Combien de coups de téléphone ? On vous croit ici, mais vous êtes déjà là. « Autrefois, quand faire des vœux était encore de quelques secours », vous auriez possédé le monde. Maintenant il n’y a ni pays heureux, ni paix, ni beauté à posséder, mais personne ne peut être dépouillé de sa fantaisie. […]
Orson Welles est devenu un fabricant de rêves, un magicien des sons, un poète, un cinéaste.
Quand l’écran lui appartient, nous lui appartenons.
Séquences fluides, gros plans, mots, mouvements de caméra ;
L’œil de la caméra d’Orson Welles,
Regardant, scrutant, contemplant, glissant, crée le charme qui rompt le mauvais sort.
Nous regardons.
Nous savons que nous ne serons pas trompés. […]
Un poète nous aide à vivre. Un homme libre est partout »
Lorsque l’on retrace le parcours de Jeanne Moreau, actrice et inspiratrice, elle-même cinéaste (Lumière et L’Adolescente), on croise à maintes reprises la liberté. C’est à cela que la Cinémathèque rend hommage. »
« Jules et Jim« 

Les 21 et 27 novembre 201728 mars à 15 h 05, 3 avril à 15 h et 9 avril 2018 à 15 h 05, Histoire diffusa Il était une fois… Jules et Jim (Folamour Production, 2004). « Tous les grands films sont des témoignages exceptionnels de l’époque où ils ont été conçus. Cette collection dresse le portrait d’un cinéaste à un moment de sa vie, à travers l’un de ses films. Portrait d’une époque, portrait d’un cinéaste, portrait d’un long-métrage et grande leçon de cinéma. « Il était une fois en 1962, Jules et Jim« , le troisième film de François Truffaut, adapté d’un roman de Henri-Pierre Roché. Ce film raconte l’histoire de deux amis, Jules l’Allemand et Jim le Français, qui aiment les femmes, mais lorsqu’ils rencontrent Catherine : ils tombent tous les trois amoureux ».

Sorti en 1962, le film est adapté du roman du même nom de Henri-Pierre Roché.

Il entrelace deux histoires d’amour – celle entre Jules et Catherine, celle entre Jim et son épouse Catherine – vécues un long moment, alternativement ou simultanément, sans apparemment que nul n’en souffre.

Mais la scène finale révèle le refus létal de Catherine que Jim mette un terme à leur relation amoureuse et vive une histoire d’amour avec une autre femme.

Jeanne Moreau y interprète la chanson « Le tourbillon », écrite par Serge Revzani (Cyrus Bassiak).

« Le Train »
Arte diffusera le 28 mars 2021 « Le train » (Der Zug) de John Frankenheimer et Bernard Farrel (1964). Suzanne Flon y incarne Rose Valland, l’attachée de conservation au musée du Jeu de Paume à Paris qui a contribué à préserver des œuvres du patrimoine national convoitées par les nazis et dont un très grand nombre a été convoyé vers l’Allemagne.
« Après le débarquement allié, les Allemands veulent emporter par le train des tableaux de grande valeur en Allemagne ». Le colonel Franz von Waldheim veut envoyer par un train spécial en direction de l’Allemagne les oeuvres d’art stockées au musée du Jeu de Paume. « Mais la conservatrice du musée alerte la résistance-fer. Sous la direction tenace de Labiche, sous-chef du secteur ferroviaire, toute la ligne où le convoi doit passer est sur le pied de guerre ».
 
« Alors que la libération de Paris approche, des résistants tentent d’empêcher un train contenant d’inestimables œuvres d’art volées d’arriver jusqu’à Berlin… »
« Par John Frankenheimer, un film d’action historique avec Burt Lancaster, Jeanne Moreau, Michel Simon et Suzanne Flon. »
« Paris, début août 1944. Le colonel Franz von Waldheim, grand amateur d’art, a la haute main sur les œuvres dites « dégénérées » spoliées en France par les nazis. Alors que les Alliés poursuivent leur avancée vers la capitale, l’officier de la Wehrmacht accélère les opérations pour transporter vers l’Allemagne des dizaines de toiles signées Picasso, Miró, Degas ou encore Renoir. Informé par Mlle Villard de la nature du précieux chargement, le résistant Paul Labiche mobilise des cheminots pour empêcher le convoi de quitter le pays. »
« Peu après le début du tournage, Arthur Penn, auquel la réalisation avait été confiée, est débarqué par la production, Burt Lancaster l’ayant alertée du… train trop paisible que prenait le film. Le comédien fait appeler à la rescousse John Frankenheimer, qui l’avait déjà dirigé dans Le temps du châtiment et Le prisonnier d’Alcatraz, pariant, à raison, que sa mise en scène transformera en course contre la montre le périlleux sauvetage dont son personnage prend les commandes ».
« Inspiré d’un récit que fit, après-guerre, Rose Valland, l’ancienne attachée de conservation du musée du Jeu de Paume sous l’Occupation, le trajet du convoi est ponctué de bombardements alliés sur les gares, mais surtout des sabotages héroïques commis par les cheminots résistants auxquels Le train rend hommage ».
« Réunissant aux côtés de Burt Lancaster une poignée de comédiens français, parmi lesquels Michel Simon, Suzanne Flon et Jeanne Moreau, un film d’action historique mené de main de maître, diffusé par ARTE en version restaurée. »
https://www.arte.tv/fr/videos/098025-000-A/le-train/
Pierre Cardin

Pierre Cardin a aussi habillé les personnages de la série britannique au succès mondial, Chapon melon et bottes de cuir, et l’actrice Jeanne Moreau, alors sa compagne, à la ville et à l’écran, notamment dans La Mariée était en noirde François Truffaut.

« La mariée était en noir »

Arte diffusa le 19 octobre 2020 « La mariée était en noir » (Die Braut trug schwarz) de François Truffaut.

« Une femme décide de venger son mari assassiné sous ses yeux le jour de leurs noces… En version restaurée, un hommage de François Truffaut à Alfred Hitchcock, porté par Jeanne Moreau. La sublime et fatale Jeanne Moreau y est entourée d’une pléiade d’exquis acteurs : Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Claude Rich, et Michael Lonsdale, décédé le 21 septembre dernier ».

« Julie et David viennent de se marier. Mais alors qu’il sort de l’église au bras de son épouse, David est abattu d’une balle venue d’on ne sait où. La mariée devenue veuve se lance à la recherche de l’assassin. Plusieurs hommes, pour leur malheur, croiseront son chemin… »

« Lorsqu’il réalise La mariée était en noir, adaptation du roman éponyme de William Irish, François Truffaut sort du demi-échec commercial de Fahrenheit 451 et travaille à son fameux livre d’entretiens avec Alfred Hitchcock ».

« De fait, de l’atmosphère à la direction artistique, en passant par la musique signée Bernard Herrmann, compositeur attitré du Britannique, aucun film du cinéaste n’a été aussi ouvertement influencé par l’œuvre du maître du suspense ».

« Plus que les meurtres successifs des assassins du mari, c’est la relation de Julie avec le dernier d’entre eux, Fergus, qui a vraiment inspiré Truffaut ».

« En plaçant le dénouement de l’histoire au milieu du film, il se consacre entièrement, dans la seconde partie, à son étude. Fasciné par les liens entre l’amour et la mort, le réalisateur livre ici sa vision personnelle de la femme fatale, entourée d’hommes lâches et immatures ».

« Aussi fantomatique que vénéneuse, Jeanne Moreau épouse le rôle d’une mariée qui n’est pas sans évoquer l’héroïne vengeresse de Kill Bill de Quentin Tarantino ».

Une femme enfermée dans sa passion amoureuse et son projet meurtrier, incapable ou refusant de saisir la chance de renouer une relation amoureuse avec le peintre Fergus, interprété de manière bouleversante par Charles Denner.

 

« Veuve le jour de son mariage, Julie Kohler se transforme en ange de la vengeance et élimine un à un les responsables de la mort de son époux, l’amour de sa vie. Mal aimé par les exégètes du cinéaste et par son auteur lui-même, La mariée était en noir est un film étrange dans lequel Truffaut tente d’appliquer les principes de son maître Alfred Hitchcock, sans pour autant renoncer à sa propre personnalité de cinéaste. Cela donne un résultat paradoxal », a analysé Olivier Père.

Et de poursuivre : « Les citations visuelles ou musicales – Truffaut emprunte à Hitchcock son compositeur fétiche, Bernard Herrmann – ne font que souligner les différences qui existent entre La mariée était en noir et les films du cinéaste anglais. Truffaut ne laisse pas vraiment la place au suspens, et refuse de diaboliser les coupables, décrits comme des échantillons de masculinité ridicules ou pathétiques – ils sont interprétés par les géniaux Michel Bouquet, Michael Lonsdale ou Charles Denner. Truffaut, français jusqu’au bout des ongles, ne parvient jamais au niveau de sophistication et de « glamour » de son modèle. Il y a dans son film une trivialité inséparable des personnages et des décors qu’il décrit, malgré des intentions déréalisantes qui emmènent parfois La mariée était en noir sur les territoires de l’onirisme. Jeanne Moreau hante le film comme un fantôme. Elle exécute son plan de manière méthodique, avec une sorte de folie froide. La mariée était en noir rejoint les grands films monomaniaques de Truffaut, qui imagine une héroïne obsédée par la mort. Le programme de cette adaptation française d’un roman de William Irish fait immanquablement penser à Kill Bill. Quentin Tarantino a pourtant déclaré n’avoir jamais vu le film de Truffaut ».

« Troublante égérie  »
« Incarnation de la femme libre et anticonformiste à l’écran comme dans la vie, Jeanne Moreau a fait tourner la tête de nombreux réalisateurs pour lesquels elle fut plus qu’une muse. Retour sur trois rencontres déterminantes pour l’actrice. Par Marie Gérard.
Louis Malle
À 25 ans, ce jeune homme prometteur a déjà coréalisé le documentaire Le monde du silence avec le commandant Cousteau. Après dix ans de carrière au théâtre et au cinéma, Jeanne Moreau, 29 ans, ne se reconnaît pas dans le cinéma français traditionnel des années 1950.

Louis Malle la filme déambulant dans les rues de Paris sur une partition de Miles Davis, le visage et les émotions à nu, dans un film noir mythique, Ascenseur pour l’échafaud (1958). Entre l’actrice et le cinéaste naît une passion qui irrigue leur film suivant, Les amants, objet de scandale. « C’est le premier film qui a été fait pour moi », dira Jeanne Moreau. Mais Louis Malle la quitte en 1958. Il lui offrira néanmoins un petit rôle dans son chef-d’œuvre, Le feu follet, puis orchestrera son duo avec l’autre grande star française de l’époque, Brigitte Bardot, dans l’explosive comédie Viva Maria, en 1965.

Admirateur déclaré, le jeune critique écrivait en 1957 dans Les cahiers du cinéma qu’elle était « la plus grande amoureuse du cinéma français ». Ils deviennent amis intimes, Jeanne fait notamment une apparition dans Les quatre cents coups et le cinéaste ne voit qu’elle pour jouer Catherine, une femme amoureuse de deux amis, dans Jules et Jim en 1962. L’actrice s’y montre éblouissante : à la fois légère, drôle, fatale et tragique. Elle débute aussi une fructueuse carrière de chanteuse grâce au succès de la chanson Le tourbillon, de son ami Serge Rezvani, qu’elle interprète dans le film de Truffaut. Ce dernier vit une brève histoire d’amour avec son égérie quelques années plus tard, avant de lui confier un rôle hitchcockien dans La mariée était en noir en 1967. Ils resteront proches, François se réfugiant souvent dans la maison de Jeanne à La Garde-Freinet.

La toute jeune pensionnaire de la Comédie-Française y rencontre le réalisateur démiurge de Citizen Kane en 1951. S’ensuivra une amitié d’une fidélité sans faille jusqu’au décès de Welles en 1985. L’Américain en exil lui propose un petit rôle dans Le procès, d’après Kafka, en 1962, puis une partition shakespearienne dans son Falstaff (1965), où elle démontre sa parfaite maîtrise de l’anglais, la langue de sa mère, une danseuse britannique. Jeanne Moreau est surtout la troublante héroïne d’Une histoire immortelle, tiré d’un récit de Karen Blixen, que Welles tourne en couleur pour la télévision française en 1967. La star française joue aussi dans The Deep, un des nombreux films inachevés du génie mal-aimé d’Hollywood, dont elle louait la démesure créatrice, elle qui aura traversé plus d’un demi-siècle de cinéma éprise d’absolu et de liberté. »

« Jeanne Moreau, l’affranchie » de Virginie Linhart
France, Kuiv Productions, 2017, 54 min
Avec la participation de TV5MONDE, CINE + et la RTS Radio Télévision Suisse
En coproduction avec Arte et l’INA
Sur Arte le 28 mars 2021 à 23 h 05
Disponible du 21/03/2021 au 23/09/2021

« Le train » de John Frankenheimer 

France, Italie, États-Unis, 1964
Version restaurée
Scénario : Franklin Coen et Frank Davis, d’après Le front de l’art – Défense des collections françaises, 1939-1945 de Rose Valland
Production : Les Productions Artistes Associés, Les Films Ariane, Dear Film Produzione
Producteur : Jules Bricken
Image : Jean Tournier, Walter Wottitz
Montage : David Bretherton
Musique : Maurice Jarre
Avec Burt Lancaster (Paul Labiche), Paul Scofield (le colonel Franz von Waldheim), Jeanne Moreau (Christine), Michel Simon (« Papa » Boule), Suzanne Flon (Mademoiselle Villard), Wolfgang Preiss (major Herren), Albert Rémy (Didont)
Sur Arte le 28 mars 2021 à 20 h 55
Visuels :
Burt Lancaster (Paul Labiche) et Jeanne Moreau (Christine) dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
Burt Lancaster (Paul Labiche) et Michel Simon ( » Papa » Boule) dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
Scène du train qui déraille dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
© 1964 Metro-Goldwyn-Mayer Stud© 1964 Metro-Goldwyn-Mayer Studio

« La mariée était en noir » de François TruffautFrance, Italie, 1968, 1 h 43mn. Version restaurée

Auteur : Wiliam Irish

Scénario : Jean-Louis Richard, François Truffaut

Production : Dino de Laurentiis Cinematografica, Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés

Producteurs : Marcel Berbert, Oscar Lewenstein

Image : Raoul Coutard

Montage : Claudine Bouché

Musique : Bernard Herrmann

Avec Jeanne Moreau (Julie Kohler), Michel Bouquet (Coral), Jean-Claude Brialy (Corey), Charles Denner (Fergus), Claude Rich (Bliss), Michael Lonsdale (René Morane), Daniel Boulanger (Delvaux), Serge Rousseau (David)

Sur Arte les 19 octobre 2020 à 20 h 55 et 6 novembre 2020 à 13 h 35

Visuels : © Metro Goldwyn Mayer

 

Les citations sur les films proviennent d’Arte.

[Source : http://www.veroniquechemla.info/%5D

 

 

En la polèmica sobre la traducció d’Amanda Gorman estem barrejant dos temes diferents: els requisits d’una bona traducció i les oportunitats laborals de les persones minoritzades

Escrit per Isaias Fanlo

Ja tenim aquí la nova polèmica, aquest cop vinculada amb la poesia—o, potser seria millor dir, amb la traducció de la poesia. L’agència de la poetessa Amanda Gorman, fulgurant estrella de les lletres nord-americanes arran de la lectura del seu poema “The Hill We Climb” a la inauguració del president dels Estats Units Joe Biden, ha rebutjat la traducció del poema a càrrec de Víctor Obiols, en tractar-se d’un home blanc. I, com acostuma a passar, les xarxes no han tardat a treure foc pels queixals.

Ho diu, amb encert, el mateix Víctor Obiols: es tracta d’un assumpte complicat, en el qual entren en joc moltes sensibilitats, així com les diferents dinàmiques d’opressió que ens envolten, tant als Estats Units com al nostre país. Convindria anar amb compte a l’hora d’emetre judicis fàcils (especialment en el cas de les persones públiques), però vivim en una època que necessita respostes immediates i extremes: la reflexió i la ponderació no et fan guanyar gaires seguidors a les xarxes socials.

Penso que a tots plegats ens aniria bé mirar de comprendre que existeixen diferents punts de vista, que hi ha arguments vàlids que ben sovint es contraposen. Considerem, també, que en el nostre món existeixen contextos sociopolítics i culturals diferents, que molt sovint desconeixem.

Tampoc ens aniria malament si miréssim d’exposar els nostres arguments d’una manera un pèl més relaxada, i oberta a escoltar raonaments que no coincideixin plenament amb el nostre. De vegades (us ho juro), fins i tot podem arribar a una síntesi, o, fins i tot, a elaborar una resposta més complexa.

Pensem-hi. D’una banda, com ja s’ha dit, l’exercici de la traducció implica portar una obra d’un context a un altre, en una complexa i delicada negociació entre fidelitat, autenticitat, i la versemblança del producte final. En principi, l’experiència de la persona encarregada de la traducció hauria de ser irrellevant, sempre que domini l’idioma de partida i d’arribada del text—especialment, els matisos més delicats pel que fa al context sociocultural de l’obra que ha de ser traduïda.

Ara bé, també resulta innegable que no tothom té el mateix tipus d’accés a les oportunitats laborals. Les persones que pertanyen a un o més col·lectius minoritzats (persones no-blanques, no-homes, no-heterosexuals) tenen menys oportunitats d’accedir a determinades feines. No m’ho invento: hi ha estadístiques sobre la diferència salarial entre dones i homes, i sobre l’accés de persones transgènere a feines dignament remunerades, entre d’altres.

Si hi ha una altra persona (minoritzada) capacitada per fer la traducció al mateix nivell que Víctor Obiols, també es mereix l’oportunitat de treballar.

És en aquest context que vull entendre la demanda de l’agència d’Amanda Gorman. Si hi ha una altra persona (minoritzada) capacitada per fer la traducció al mateix nivell que Víctor Obiols, també es mereix l’oportunitat de treballar. La qüestió, però, és que sovint la gent minoritzada tampoc té accés a les escoles i universitats que obren les portes de professions de prestigi (un altre dia parlarem de la precarietat que pateixen molts traductors). Tenim, així doncs, un problema real davant dels nassos: no hi ha un accés igualitari a recursos i oportunitats. En aquest sentit, voler llegir els requisits de l’agència com un acte de racisme contra les persones blanques és, directament, insultant. Perquè, en un món dominat pels homes blancs i on les persones racialitzades pateixen agressions de manera diària i constant, pensar en termes de simetria resulta d’una miopia alarmant, per dir-ho de manera suau.

Són, així doncs, dos temes diferents que estem barrejant en la mateixa discussió. D’una banda, un bon traductor ho és en la mesura que domina les eines necessàries per dur a terme la seva feina; de l’altra, les persones minoritzades no competeixen amb igualtat de condicions per aquestes feines. Afrontem, així doncs, el problema.

No escric això per defensar l’agència d’Amanda Gorman (de nou, el tema és massa complex per a proposar-hi una resposta simple). Donar-li aquesta feina a una persona racialitzada es pot interpretar com un gest fútil de tokenism, com es diria en anglès: posar un pegat que ni de bon tros tapa un forat que és immens. Un gest de cara a la galeria que no suposa cap canvi sistèmic real. Si volem garantir més diversitat en àmbits professionals com ara el de la traducció, hem de plantejar-nos les coses des de la base: tota la població té un accés igualitari a les facultats de traducció? I si no és així, com podem arreglar-ho? Potser la polèmica podria servir per fer-nos pensar en aquestes qüestions. Això que tindríem guanyat.

També he llegit crítiques ferotges a Gorman perquè treballa per a Prada, perquè ha recitat els seus poemes en grans esdeveniments com la cerimònia d’inauguració presidencial o la Super Bowl, i perquè s’erigeix en veu de minories tot i haver estudiat a Harvard. Interessant que aquestes crítiques hagin vingut (si més no, les que he llegit) d’homes blancs, que no semblen capaços de comprendre que una dona jove i afroamericana pugui haver estudiat en una universitat d’elit, tenir una carrera fulgurant, i al mateix temps intenti fer alguna cosa contra les injustícies d’aquest món (una cosa tan senzilla i tan poderosa com llegir un poema). Que ho fa de manera contradictòria? Ben probablement: els éssers humans som contradictoris. Al capdavall, anem a manifestacions contra el racisme o la LGTBIfòbia mentre pengem a les xarxes vídeos filmats amb telèfons fets a fàbriques asiàtiques on hi treballen nens, i també dones amb salaris molt per sota de la dignitat humana. De fet, molts d’aquests tuits que es queixen de les contradiccions de Gorman estan fets amb aquests mateixos telèfons. Quants homes blancs s’han beneficiat d’una educació elitista, de contractes beneficiosos, de feines a les quals han tingut un accés privilegiat, i ens ha semblat d’allò més natural? Ara que veiem una dona afroamericana que té accés a aquests mateixos privilegis, ens atrevim a aixecar la veu? De nou, no es tracta d’una situació simètrica: per cada dona racialitzada que accedeix a aquests cercles, hi ha una gran majoria d’homes blancs. El que ens sobta i indigna, però, és l’excepció.

Voler llegir els requisits de l’agència com un acte de racisme contra les persones blanques és, directament, insultant.

Tornant a la traducció, avui mateix comentava la polèmica catalana amb un amic, poeta, nord-americà, i també persona racialitzada. “A mi m’agradaria molt que em traduïssin al català i al castellà”, em deia el meu amic. “I si hi ha dos candidats a fer la traducció igual de bons, un de blanc i un de racialitzat, entenc perfectament que s’esculli a la persona que pertanyi a un col·lectiu que no hagi pogut gaudir de tantes oportunitats. Ara bé, m’imagino que l’Amanda Gorman, com qualsevol altre escriptor, el que voldrà és que la seva obra estigui ben traduïda.”

Si esperàveu que aquest article acabés amb una manifestació rotunda a favor o en contra de la polèmica, em sap greu decebre-us. Hi ha argumentaris oposats que conviuen en aquest debat, que s’encavalquen, que es contradiuen, i que són justificables. Tot escriptor voldrà que la seva obra sigui traduïda amb rigor i amb qualitat; al mateix temps, sembla una bona cosa fer èmfasi en el fet que no tothom té el mateix tipus d’accés al mercat laboral; que Amanda Gorman hagi tingut accés a privilegis no li impedeix d’aspirar a esdevenir la veu d’una lluita; que la poetessa hagi anat a Harvard no vol dir que no hagi patit racisme (de fet, només cal fer una mica de recerca sobre les darreres polèmiques de Harvard amb professors no-blancs que no han obtingut tenure); vetar Víctor Obiols no soluciona el problema (real) del racisme en el nostre país; però no podem ignorar que tenim un problema molt seriós, en aquest país i al món, pel que fa a les desigualtats que pateixen les minories. Tots aquests pensaments conviuen de manera complexa a la nostra realitat.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

Avui dia no s’acostuma a relacionar la traducció amb la violència, tal com explica molt bé Tiphaine Samoyault al seu assaig titulat, precisament, Traduction et violence. La darrera setmana, però, ha estat una excepció arran de la polèmica que ha aixecat, a Europa, la tria de les persones que han de traduir The hill we climb d’Amanda Gorman.

Amanda Gorman intervenint en la investidura de Joe Biden.

Escrit per Marta Segarra

Avui dia no s’acostuma a relacionar la traducció amb la violència, tal com explica molt bé Tiphaine Samoyault al seu assaig titulat, precisament, Traduction et violence. La darrera setmana, però, ha estat una excepció arran de la polèmica que ha aixecat, a Europa, la tria de les persones que han de traduir The hill we climb d’Amanda Gorman.

En les reaccions que s’han fet públiques als mitjans i a les xarxes socials, s’al·ludeix, sobretot, a la violència que implica recusar l’elecció de traductors que van fer inicialment les editorials holandesa i catalana, Marieke Lucas Rijneveld i Víctor Obiols. És ben comprensible la frustració d’aquests escriptors, sobretot la d’Obiols, que ja havia acabat la feina, tot i que el contracte encara no estava signat. Tanmateix, sobta la violència de la majoria de comentaris, no tant dels interessats, passat el primer moment d’incomprensió i enuig, sinó d’altres professionals del món de l’edició i la cultura, així com, simplement, d’opinaires abrandats –amb excepcions remarcables com el reportatge de l’ARA que dona espai a diferents veus i opinions mesurades, o articles com els d’Anna Guitart, també a l’ARA, i d’Isaias Fanlo a Núvol.

Com és força habitual, els clams a favor de la llibertat artística i contra la censura s’han acompanyat de violència verbal, adreçada a la mateixa Amanda Gorman, a l’activisme antiracista, a les “minories” que reclamen drets i, finalment, a les dones en general. Un article com el de Daniel Cunin (traductor de Marieke Lucas Rijneveld al francès) a Profession Spectacle, que ironitza sobre la “melanina” present en la pell de les persones implicades o sobre el seu físic “atractiu”, frega clarament la misogínia i el racisme, per no parlar de la transfòbia, ja que empra sistemàticament el femení per referir-se a Rijneveld, malgrat saber perfectament que està parlant d’algú que es defineix com a persona no binària.

A partir de la proposta de Tiphaine Samoyault, però, podem ampliar una mica l’òptica del debat, per tal de reflexionar sobre la relació, en general, entre la traducció i la violència. L’escriptora, professora i traductora francesa recorda que l’acte de traduir, tot i que ens agrada relacionar-lo amb la relació pacífica entre llengües i cultures, i amb l’empatia que ha de caracteritzar-lo, implica també un joc de poder i fins i tot, a vegades, una agressió. Només cal repassar la història colonial, tant espanyola com francesa, per comprovar-ho.

[Foto: CHAIRMAN OF THE JOINT CHIEFS OF STAFF – font: http://www.ara.cat]

Profesores, lexicógrafas, investigadores, académicas han propuesto algunos vocablos que han caído en desuso. ¿Alguien los conoce?

Burros en Atacama (Chile). GETTY IMAGES | EPV

Escrito por CARMEN MORÁN BREÑA

De la oveja, el cordero, de la yegua, el potro, de la vaca, la ternera. De pequeños aprendemos a la madre y a la cría: el jabato, el lobezno, el pollito… ¿Por qué no incluimos en esta lista al pequeño buche?, propone Concha Maldonado González, autora de El uso del diccionario en el aula y profesora interina en la Complutense.

Se le ha propuesto que elija alguna palabra en desuso que no quiera perder y propone esta para llamar a la cría de la burra en el periodo en que está amamantando. “Con esta palabra quiero, además, rendir homenaje a mi padre, Francisco Javier, que cada Navidad, acompañándose solo del sonido de una cuchara contra una botella de anís, cantaba a la mesa este villancico manchego cuyo íntimo espíritu navideño, tengo que admitirlo, jamás conseguimos captar ninguno de los que le escuchábamos”.

Ahí va esa coplilla: Cuando lo vi de venir /dije: a por la burra viene/ La burra no te la llevas/ porque está mamando el buche/

Imagen de la película 'Los santos inocentes', basada en la novela de Miguel Delibes.

Imagen de la película ‘Los santos inocentes’, basada en la novela de Miguel Delibes.

Menciona también la profesora Maldonado González el término colodrillo, donde Miguel Delibes dejaba caricias a la Niña Chica. ¿Dónde? « En la parte posterior de la cabeza que tanto gusto da arropar cuando te arrebujas en la cama, bien encogidito, de lado… », describe Maldonado González, que también es responsable editorial de Lexicografía de SM. « Ese remolino de pelo en el que damos a nuestros hijos el último beso del día, ese lugar secreto en el que nuestros padres nos soplaban para hacernos cosquillas… ».

Este mismo entretenimiento se le ha planteado a otros conocedores y amantes del lenguaje. Estas son las preferencias que nos han dejado:

GAYO

Entre las palabras olvidadas de la lengua, la nueva Académica de la RAE Paz Battaner sugiere algunos adjetivos como gayo (alegre, agradable) que “bien podría sustituir al vocablo inglés cool, que hoy se oye por todas partes”, dice.

Mis sentidos como gayos tamboriles/cantan en la entraña del azul cristal, se lee en un poema de Valle Inclán.

Tamborileros de todas las edad, durante la Semana Sana en Barcelona.

Tamborileros de todas las edad, durante la Semana Sana en Barcelona. HORACIO VILLALOBOS GETTY

“Entre los anglicismos que oímos en cualquier situación actual, encontramos generalmente muchos usados como adjetivos aunque no lo sean propiamente en la lengua de la que provienen, como kitschfriquiindiecrackfashionvintage, full. Sus usos en español son netamente de adjetivos: cine underground, cultura mainstream”, prosigue Battaner, filóloga y lexicógrafa, encargada de llevar el diccionario a la era digital.

“Dado que parecemos necesitar nuevos adjetivos, podríamos buscar entre los olvidados alguno que podamos revitalizar como hacino (avaro, miserable), infintoso (afectado, fingido); al teclear en el buscador este último adjetivo las primeras entradas son todas de diccionarios, no remite a un texto, jamás a un titular de un periódico. ¿No hay entre nuestros políticos un infintoso, entre nuestros escritores, periodistas, actores? Y más de un gofo, contestaría la propia Battaner, que recuerda que Góngora lo utiliza en un soneto y que hoy se aplicaría al ignorante o necio.

REMOSTOSO

El profesor de Filosofía de la Universidad de Extremadura Isidoro Reguera se ha salido del diccionario en busca de una palabra en desuso y ha elegido dos: como la primera es remostoso la segunda ha venido pegada a ella: escachapado. “Remostoso suena y recuerda a mosto, remosto, a vino añejo, incluso a racimos podridos, maltratados, todo esto sí está en el diccionario”. El mosto es dulce y si se toca, las manos se quedan pegajosas, o sea, remostosas. El filósofo recuerda que “es palabra extremeña, como escachapado (roto), que es como escachar, escacharrar, despachurrar, cacharro (también todas ellas en el diccionario)”. Son, dice, “palabras libres, irreverentes, antiacadémicas, populares, auténticas. Su semántica es más general y con más matices, no está definida, delimitada, ni encorsetadas”. Tan es así que en algunos lugares de Extremadura escachapado significa de hermosa o abundante presencia, saludable, de buen año.

Niños comiendo uvas y melón, de Murillo.

Niños comiendo uvas y melón, de Murillo.

“Suenan bien, recuerdan a otros tiempos memorables y, pronunciadas con respeto tienen mucha gracia (cuidado, no chiste, no se puede hacer chiste o broma de ellas, hay demasiada historia, antropología y sabiduría popular detrás, demasiada sonoridad originaria para hacer eso)”, advierte Reguera.

ALCANCÍA

Hay que viajar más al sur para ubicar la palabra que ha elegido Pilar García Mouton: alcancía, una de las muchas heredadas del árabe, del árabe andalusí. “Alkanzíyya significa la ‘caja’ del tesoro, del árabe clásico kanz (tesoro). ¿Han caído ya? Pues una hucha. Alcancía es para García Mouton “palabra más sonora que el galicismo hucha, definido por el primer diccionario académico en 1934 como “cierta vasija de barro para guardar el dinero, que por otro nombre se llama alcancía”, recuerda la profesora de Investigación del CSIC.

García Mouton, autora de Cómo hablan las mujeres, reconoce que la palabra solo está en desuso al norte de La Mancha, por eso, suele sonar alcansía, más propio de Andalucía, Canarias y América. “Algunas personas recordarán alcaucil (alcachofa), aljofiya (bayeta) y les traerá recuerdos de su niñez; a otras, ecos literarios. Una buena herencia”.

TALCUALILLO

El poeta David Leo, que ganó el mayor bote del concurso televisivo Pasapalabra propone tres vocablos raros, dos de ellos de formación compuesta. Talcualillo, dicho de un enfermo, es aquel que inicia el camino de la mejoría. Ya no está tan cual estaba, pero apenas alcanza la categoría de talcualillo. « La riqueza de nuestro lenguaje es la riqueza de nuestro mundo. Pese a que la concepción utilitarista y mercantilista de la existencia haya permeado todos los ámbitos (incluso se habla de “economía lingüística”), se puede combatir con la conciencia de que la lengua también tiene peso, sabor y una precisión infinita. Así, se puede incluso ser impertinente con propiedad llamando a alguien fodolí (“entrometido”) o menospreciar algo con el vocablo ciegayernos (“cosa de poco valor que aparenta tenerlo grande”).

LEALTAD

Esta es la palabra poco utilizada que cree el traductor Miguel Sáenz que « debiera volver a utilizarse ». Le vale con la primera acepción, dice: « Cumplimiento de lo que exigen las leyes de la fidelidad y las del honor y hombría de bien ».  Por sus apariciones en el medidor de la RAE, el Corpes, « no parecería exacto llamarla desusada, pero casi nunca me tropiezo con ella », ironiza.  « Quizá porque a la gente se le cae la cara de vergüenza ».

« Y además, se podría preguntar: ¿lealtad a qué? ¿A la Constitución,  a una persona, a símbolos e ideas, a principios? A principios no, porque Groucho Marx no estropeó el vocablo para siempre. Yo diría, aunque quizá parezca demasiado egocéntrico, que lealtad a uno mismo ».

[Fuente: http://www.elpais.com]

Escrito por JORGE BUSTAMANTE GARCÍA

Son tantas las cosas que se han dicho acerca de la traducción de poesía, que es casi imposible formarse una apreciación práctica sobre el asunto. Pareciera como si la imposibilidad de la traducción poética comenzara a su vez con la imposibilidad de ponerse de acuerdo acerca de lo que es la traducción de poesía. Es algo inherente a la poesía misma: nadie sabe lo que es, pero no es difícil intuirla y reconocerla cuando se da. Como son esencias siamesas, paralelas, quizás podría decirse lo mismo de la traducción de poesía.

Entre las ideas extremas y contrarias sobre la traducción poética, cabría la noción de la traducción sustentable y necesaria. Poetas como Osip Mandelstam, Joseph Brodsky, Robert Frost y muchos otros fueron partidarios acérrimos de la intraducibilidad de la poesía. Brodsky llegó a afirmar que las traducciones al inglés que conocía de Mandesltam no eran más que, en el mejor de los casos, un sacrilegio y, en el peor, una mutilación o un asesinato. Frost, por su parte, afirmó que la poesía es lo que se pierde en la traducción. En el lado opuesto están poetas como Pound y Robert Lowell, que abogaban por versiones de puertas y ventanas abiertas, no constreñidas, que condujeran a una interpretación libre y viva, y que reconstruyeran el texto original en la lengua a la que se quería traducir. Siempre he pensado que entre estos dos extremos se encuentra la infinita gama de la traducción poética sustentable y necesaria, aquella que en muchos casos llevaron a la práctica con toda la diversidad de matices muchos de los más sobresalientes poetas del Siglo de Plata ruso. Innokienti Annienski, por ejemplo, admiraba en especial la poesía de Leconte de Lisle, Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Verlaine, a quienes tradujo con talento y pasión. En un memorable ensayo sobre la poesía de Balmont afirmó algo que también tiene que ver, en última instancia, con la traducción sustentable: “El verso no le pertenece al poeta, porque la poesía no es de nadie, no está al servicio de nada ni de nadie, ya que por su misma naturaleza es inmemorial y libre. El verso es la palabra nueva iluminada, que cae en el mar del lenguaje en eterna creación.” La “palabra nueva iluminada” es lo que también se debe transmitir en la traducción poética sustentable y posible, que requiere de la interpretación libre y viva, tan cara para Pound.

Traducir sustentablemente podría ser transplantar semillas en la otra lengua, para que se desarrollen y crezcan en ella y se valgan por sí mismas. El poeta colombiano Álvaro Rodríguez Torres, traductor de Baudelaire, Derek Walcott y Vinicius de Moraes, cree que “una buena traducción tiene ante todo que ver con la trasmigración de las almas, con una legítima suplantación que para el caso vendría a ser una reencarnación del otro en su texto”. Y agrega que tal vez todo esto “suene muy místico, muy Benjamin, que para el caso tiene una teoría de la traducción harto incomprensible, pero es que todas lo son en el sentido en que todas son arbitrarias”. Dentro de este contexto es célebre el caso de Fedor Sologub. Durante dieciocho años, Sologub leyó y tradujo a Verlaine y, cuando publicó sus versiones, el hecho se convirtió en un verdadero acontecimiento literario. El asunto llegó hasta tal punto que el poeta Maximilian Voloshin, también traductor, llegó a decir que con la aparición de las versiones de Sologub, Verlaine se convertía en un poeta ruso. Es decir, los poemas en ruso de Verlaine, a través de Sologub, más que traducciones eran encarnaciones. Seguramente sucedió una suerte de trasmigración, un proceso de creación, en ese transvase. Sologub tocó la partitura que compuso Verlaine y la convirtió en un encuentro vivificador en la otra lengua. Desafortunadamente, Verlaine no tuvo la oportunidad de conocer las versiones de Sologub al ruso y por lo tanto nunca pudo expresar “¡Me adoro en ruso!”, como sí lo pudo decir Paul Valéry cuando apreció la versión de Jorge Guillén de El cementerio marino: “¡Me adoro en español!”, dijo.

Otro caso de traducción sustentable es el Shakespeare de Pasternak. Fue un trabajo de traducción eficaz y persistente: generaciones enteras de rusos y soviéticos, para bien o para mal, leyeron a Shakespeare a través de Pasternak. Supongo que Shakespeare sonaría incompleto en ruso, sin las versiones de Pasternak. Un poeta de la sensibilidad y destreza como las del autor de “Mi hermana, la vida” no podía menos que transplantar las semillas shakespearianas en la lengua de Pushkin. La traducción de los clásicos en los infortunados tiempos del realismo socialista tuvo un significado muy sutil y particular. Fue una actividad que floreció, ejercida por traductores y escritores de gran talento. Los poetas extranjeros, aunque fueran clásicos –y qué mejor contemporáneos que ellos– no estaban sujetos a las mismas normas, ni a las mismas censuras, y por lo tanto su traducción podía abrir puertas y ventanas al mundo, podía incluso “liberar” el lenguaje al que se traducía. Pero aun así, no faltaron los sucesos chuscos. Mandelstam, que era enemigo obstinado de la traducción de poesía, una vez le dijo a Pasternak, en presencia de Ajmátova, no sin cierta sorna: “Sus obras completas consistirán en doce tomos de traducciones y solo uno de sus propios poemas.” Pero esto, que pretendió sonar como un insulto, debió llegarle a Pasternak como un halago: ¡al lado del gran poeta inglés, un solo libro de buenos poemas propios basta!

Muchos poetas han dicho que el sonido es el principio del poema; si eso es cierto, entonces la traducción de ese poema debería empezar también por el sonido. Si un poema traducido nos suena bien en español, natural y fresco, empezamos a pensar que podría ser una buena traducción. Si un poema traducido suena bien en nuestro idioma materno, podemos pensar que puede sonar al menos igual de bien en el idioma original. Como bien dijo Tsvietáieva al hablar de Pushkin: “El origen del verso es el sonido.” El origen de un verso traducido debería ser también el sonido. “Un verso es un trabajo de oído”, dice el poeta mexicano Rubén Bonifaz Nuño. La traducción de un verso también debería ser un trabajo de oído. Si no se tiene oído, es difícil ser poeta o ser traductor.

Octavio Paz creía que la “traducción es una recreación, un juego en que la invención se alía a la fidelidad: el traductor no tiene más remedio que inventar el poema que imita”. Quizás el ideal de un traductor de poesía no sea trasladar un poema de otra lengua, sino urdir un poema a partir de otro. Como la traducción es una recreación, ha sido frecuente que en las ediciones de poetas rusos en Rusia, se incluyan sus versiones, porque son parte de la obra creativa del autor. Es frecuente encontrar en las ediciones recientes de Annieski, Sologub, Gumiliov, Viacheslav Ivánov, Pasternak y otros, una sección con algunas de sus traducciones. En Occidente las ediciones de este tipo son escasas y podrían ser consideradas, más bien, como una extravagancia. Una excepción que confirma la regla es la del propio Paz, quien en la edición de sus obras completas incluyó un tomo con sus traslaciones, bajo el título de Versiones y diversiones.

De cualquier manera el traductor, con diversos grados de confiabilidad, nos acerca, nos aproxima al espíritu de un poema que, de otra manera, si no lo intentara verter, podría quedarse remoto y ajeno para siempre. Un poema debe ser trasladado, debe tener movimiento, no debe quedarse quieto porque se muere, “debe tener a dónde ir”, como dice el traductor de poesía latinoamericana al inglés, Eliot Weinberger. Son los traductores los que abren ese camino, los que facilitan que el poema “tenga a dónde ir” en otras lenguas, y no de cualquier manera, sino con todo el rigor de fidelidad, tono, espíritu y libertad que debe conservar del original el poema inventado.

Mandelstam decía que “cada poeta es un perturbador de sentido”, alguien que subvierte de manera permanente el encadenamiento conceptual al que está sometido nuestro discurso cotidiano. Si el traductor logra captar ese espíritu en el poeta que traduce, su versión también habrá de cumplir con el postulado de Mandelstam, es decir, el poeta traducido también será un “perturbador de sentido” en la lengua de llegada.

En este contexto, por ejemplo, traducir a los poetas rusos suena a verdadera insensatez. Durante años puede uno inventar, imitar, poemas de Blok, Ajmátova, Sologub, Pasternak, Esenin y muchos otros en español, y en realidad es difícil saber lo que se logra con ello. Tal vez nada, o muy poco. Como sea, en el transvase de la poesía rusa al español es casi imposible revelar el significado simbólico de ciertos aspectos del verso de origen, como el del yámbico ruso (recurso de gran incidencia en la tradición poética rusa, como en el caso de Mandelstam que “era un niño judío con el corazón lleno de pentámetros yámbicos rusos” según el decir de Joseph Brodsky), de difusa percepción en la poesía en español. La multiplicidad de significados de una misma palabra, las frecuentes polisemias o ambigüedades semánticas, la obligación y fortaleza de la rima en el verso ruso, el tono y su música, son algunos de los principales problemas con los que se tropieza.

Para traducir poesía no sobraría en ningún momento la convivencia no solo con el poema o los poemas a traducir, sino también con el espíritu del poeta que se quiere traducir. Si a uno le gusta leer y escribir, entonces traducir podría convertirse en un placer. Esta idea hedonista tanto de la lectura como de la traducción puede llegar a ser muy fructífera. Cuando mediante la lectura uno convive con un escritor que le gusta, con el tiempo lo va conociendo mejor. Empieza uno a darse cuenta de sus exigencias, sus limitaciones, sus hallazgos y los entramados de su estilo. Entre más conozca el traductor la obra del autor y al autor mismo, es decir su entorno, sus circunstancias personales, históricas y sociales, estará mejor armado para realizar un trasvase sustentado. Esta es la razón por la que en la traducción de un poema primero habría que convivir con él, sin prisa escuchar sus reverberaciones, sus sonidos ocultos, experimentarlo incluso en las emociones que despierta, intentar percibir el “tono”, que es lo que define en últimas el verdadero espíritu del poema, lo que lo mantiene en pie.

Siguiendo esta idea, siempre será aconsejable subrayar aquello con lo que uno más se identifica de un poema de determinado autor, señalando los versos que más le gustan, que mejor entiende, que le ayudan a captar ciertas esencias como cualquier lector, y a veces resulta que esos versos que se han señalado –en ocasiones puede ser un poema completo– son los que con mayor fortuna se logran verter al español. Como lo verdaderamente difícil no es traducir las ideas, sino las emociones que se desprenden de las palabras, de la forma particular que tiene cada poeta de expresarlas y sugerirlas a través de sus construcciones verbales, es por lo que la convivencia preliminar y una cierta “intimidad” con la obra a traducir son de suma importancia.

El español Aurelio Garzón del Camino, traductor de todo Balzac en México en los años sesenta del siglo pasado –10 mil 650 páginas de la Comedia humana en dieciséis tomos– le contó alguna vez en una entrevista al conocido crítico mexicano Emmanuel Carballo: “Leí y estudié a Balzac. Sin embargo, le aseguro, solo cuando lo traduje le comprendí más o menos a fondo. Traducir es conocer de forma distinta y más profundamente a un autor. Las dificultades con las que uno tropieza son, a menudo, las dificultades con las que tropezó el propio autor. El traductor revive (goza y sufre) el proceso de la creación de una obra.” Esta idea acerca misteriosa y mágicamente al traductor de Balzac en México a un autor italiano del que quizás Garzón del Camino jamás escuchó hablar: Gesualdo Bufalino, quien construyó el enunciado más sorprendente y bello que he leído sobre la condición del que traduce: “El traductor es evidentemente el único auténtico lector de un texto. Por cierto más que cualquier crítico, quizás más que el propio autor. Porque de un texto el crítico es solamente el cortejante ocasional, el autor, el padre y el marido, mientras que el traductor es el amante.”

Complicada y discutida la labor de los traductores. Los traductores de poesía –he recordado el michoacano Neftalí Coria– “son los copistas de la música en su sonoridad primigenia, son como los locos que traducen lo que han dicho las flautas y las abejas: siempre están atendiendo al aire”. Tal vez la traducción sustentable sea aquella que esos locos intentan extraer de la música de esas flautas y abejas, música que llega fresca, legible y disfrutable a cada nueva lengua a la que es trasladada.

* Texto leído en el III Seminario Internacional de Traductores de León Tolstoi y otros Escritores Rusos, 27 y 30 de agosto de 2008, Finca Museo Yásnaia Poliana del gran escritor ruso, cerca de Moscú.

_____

[De LA JORNADA – reproducido en http://sugieroleer.blogspot.com/%5D


Escrito por Claudio Ferrufino-Coqueugniot

Joseph Brodsky, Nobel de Literatura, en un precioso artículo sobre Nadezhda Mandelstam, del New York Times Book Review de marzo 1981, explica la gran prosa rusa surgida en la segunda mitad del s. XIX como resultado de la fortaleza de la poesía rusa de la mitad anterior. Cita a Ana Ajmátova que decía que «la mayoría de los personajes de Dostoievsky eran avejentados héroes de Pushkin: Onegin y los otros».

Interesante, y cierto tal vez. Me pregunto si lo que supuestamente Ajmátova aplica a Dostoievsky recae también sobre Lev Nikolaievich Tolstoi. Creo que no. Tolstoi se ufanaba ante Gorky que con La Guerra y la Paz había escrito otra Ilíada. Este rutilante y contradictorio titán, por si no fuera poca su grandeza literaria, rubricó una escuela de pensamiento de cuyos principios sobre sí mismo dudó Maxim Gorky (que lo amaba) en sus Reminiscencias de Tolstoi.

Ya había yo leído a mis 17 años todo lo que existía suyo traducido al español, con Los cosacos como inicio y Resurrección su epílogo. Autor imposible de repetirse, hábil en el macrocosmos histórico y sutil y emotivo en las relaciones humanas. Un ejemplo, y recurriendo de nuevo a Brodsky, que «La realidad per se no vale nada. Es la percepción que le da significancia». Y Tolstoi fue el gran perceptivo de la literatura, el mayor.

Puse una orden en la biblioteca del condado para recibir el devedé The Last Station, sobre los últimos días de Tolstoi. Esperé un par de meses, 198 personas lo requerían antes que yo. El fenómeno Tolstoi, o su rejuvenecimiento, es bastante nuevo, vino con un respaldo que el autor desdeñaría: Oprah Winfrey, quien con su multitudinaria audiencia empujó la novel traducción de «Ana Karenina» por Richard Pevear y Larissa Volokhonsky a la estratósfera. La muchedumbre recién descubrió a Tolstoi y se hizo chic nombrarlo. Desde entonces, y hablando de traducciones del ruso al inglés, la pareja de traductores continuó con un arrollador éxito la azarosa trama de los eslavos:  Dostoievsky, Gogol, Chejov, Bulgakov. Esta semana aparecerá, por ellos, Zhivago, de Boris Pasternak, que reeditará el éxito que tuvieron Omar Sharif y el filme, de una novela que Ehrenburg, adorador del Pasternak poeta, sugirió que en ella el escritor no sabía de lo que escribía.

Tolstoi escritor se vio algo opacado por Tolstoi profeta. Quizá en La muerte de Iván Ilich conjunciona ambos aspectos, siendo, en términos filosóficos tal vez su obra más lograda, y en cierto modo premonitoria. El filme en cuestión, que se centra en el postrer ídolo y su posible cuasi mitificación, solo se asoma al literato en lo relacionado a los menesteres económicos, gigantescos, que dejaba su obra. La lucha entre los deberes familiares, la herencia de sus derechos de autor para sus hijos, por un lado, y una herencia «abierta» al mundo que querían lograr sus sicofantes, llena el cinematógrafo, dándole una especie de cotidianeidad absurda a sus últimos instantes. El tema fue mejor tratado en el filme soviético de Sergei Gerasimov Lev Tolstoy, que en tres horas guarda mayor fidelidad. Y no es cuestión de respeto a la muerte, o a la grandeza de un hombre que para Rusia encarnaba un largo historial de santones, rebeldes y mártires, sino el tono hollywoodense, de gratuita jocosidad, que se inmiscuye por momentos en La última estación. Gerasimov, además, en 1984, y actuando él mismo como Lev Nicolaievich, consideraba superflua una historia de amor. Hollywood hizo en el pasado eso con Ana Karenina, cuando en verdad el libro desgarra la personalidad de Ana y de su esposo y obliga a tomar partido en un asunto tan humano como molestoso.

En Isaiah Berlin, en su inolvidable The Hedgehog and the Fox (El erizo y la zorra, en español, prologado por Mario Vargas Llosa), una aproximación al pensamiento de Tolstoi, se sugiere que los hombres son o erizos o zorras, por su tipo de personalidad artística e intelectual (a raíz de una frase de Arquíloco de que la zorra sabe muchas cosas y el erizo solo una, aunque muy bien). Erizos serían Dostoievski, Pascal, Dante, Platón, Lucrecio, Nietszche, Ibsen, Hegel, Proust, mientras que Aristóteles, Montaigne, Heródoto, Erasmo, Molière, Balzac, Goethe, Pushkin, Joyce, zorras. Según un antiguo blog de 2002: «El problema de Berlin comienza con Tolstoi. Este ruso era, por naturaleza, zorra, por convicción, erizo», retomando la profundidad tanto como extensión de lo que abrigaba en sí y lo hizo singular. El Tolstoi que en literatura afirmaba que Leskov era un escritor amanerado, y luego lo ensalzaba a la vez que criticaba a Dostoievsky; que decía que Dickens no era muy listo pero que sabía construir sus novelas como nadie, por cierto mejor que Balzac; que los franceses tenían tres escritores: Stendhal, Balzac, Flaubert, y quizá Maupassant (prefería a Chejov). Hugo era un «hombre ruidoso» y le disgustaba; que las voces de los personajes de Gorky eran todas las de su autor. Lo cuenta él mismo, Peshkov-Gorky, en sus recuerdos que culminan así: «Y yo, que no creo en Dios, por alguna razón lo miré con mucha cautela y algo de timidez. Lo miré y pensé: Este hombre es como Dios».

Aurora, noviembre 2010.

_____

[Publicado en Ideas (Página Siete/La Paz), en Lecturas (Los Tiempos/Cochabamba) y en Semanario Uno (Santa Cruz de la Sierra) –  imagen 1: Tolstoi, por Karl Bulla; imagen 2: Tolstoi, por Ilya Repin – reproducido en lecoqenfer.blogspot.com ]

Si vous en avez assez du réel, si vous en vous souhaitez un autre, vous feriez bien de lire Grand Platinum. Par son tempo, son sens de la scène, l’ironie de son regard, le premier roman aussi joyeux que soigné d’Anthony van den Bossche se montre capable de le transformer. Comme un des objets conçus pour améliorer l’existant, que son héroïne, professionnelle du design, connaït si bien. Comme les merveilleuses carpes japonaises qu’elle poursuit.


Anthony van den Bossche, Grand Platinum. Seuil, coll. « Fiction & Cie », 160 p., 16 €

Grand Platinum d'Anthony van den Bossche : carpes et trottinettes

 

Écrit par Pierre Benetti

C’est dans un milieu qui occupe peu la littérature que Louise Baltard mène une carrière bien lancée, même si elle doit pour cela supporter son principal client et donc quasi-patron, le designer star, le fantasque et foutraque « Stan », dont la dernière « idée de dingue » est d’exposer une collection d’art contemporain dans un jet privé. Cette communicante en lutte avec son dernier amant et sa néopathie (l’obsession de la nouveauté) est trentenaire et parisienne, du Xe arrondissement, côté Faubourg Saint-Denis, là où se croisent réfugiés kurdes, anciens riches français et coiffeurs nigérians. Et – malgré la courte déviation d’un vernissage milanais – c’est dans la mégalopole où la vie tente d’être vécue entre ville-musée et ville-service, devenue pour un temps terrain de fiction grandeur nature, que le roman d’Anthony van den Bossche va se jouer, se donner, comme on dit qu’un spectacle se joue et se donne.

Description amusée de la vie moderne, avec à l’arrière-plan les touristes photographiant Notre-Dame dévastée et pour fond sonore « la litanie des alarmes de trottinettes en libre-service », Grand Platinum prend la forme d’un trajet urbain, au rythme du pas rapide et impatient de Louise. Mais une trame plus discrète le structure, un autre motif lui donne son unité. Tout, toujours, s’y passe dans l’eau, ou pas loin. Au bord de la Seine, bien sûr, mais également dans la vaste carte parisienne des parcs, squares, jardins et mares aux canards, au hammam de la Grande Mosquée, dans un jardin suspendu sur l’île Saint-Louis, avec des amateurs de sauna, un nageur, un jardinier, un maître-écailler… et avec Louise et son frère (quant à lui misophone), formés par leur père à la connaissance des Koï, les carpes japonaises élevées selon un art ancestral.

Tous ces personnages, dont Anthony van den Bossche parvient à faire sentir la présence même s’ils ne font parfois que passer, sont aussi réunis par le souvenir d’un homme, le père mort récemment, et par une mission liée à sa mémoire (le livre étant lui-même dédié au père de l’auteur) : sa fille, sans savoir trop qu’en faire, veut réunir les précieux poissons. On n’en dira pas plus, car c’est le nœud et le secret du roman, ce qui lui donne son titre : d’où vient la passion, la manie de cette collection vivante ? Pourquoi ce père disparu a-t-il disséminé les pièces à travers la ville ?

À ces éléments narratifs déjà assez originaux en soi, formant une intrigue qui ne pèche jamais par excès d’absurde, Grand Platinum, dont chaque page, ciselée, est en mesure de passer l’épreuve du « gueuloir », ajoute un art des phrases qui nous fait littéralement voir ce qu’il raconte, grâce à l’adjectif saillant, au verbe inattendu, à la chute bien mise. À l’instar de son héroïne, Anthony van den Bossche ne perd pas de temps. Son texte brille, virevolte, parce qu’il condense et enchâsse tout, les scènes, les portraits, les descriptions, les dialogues, tout en freinant soudain des quatre fers pour nous promener devant des visions contemplatives, dans le Morvan ou au Japon, toujours ficelées au détail près.

Cette histoire de carpes, si elle fonctionne comme un excellent détonateur narratif et poétique, n’est pas qu’un prétexte à belles phrases (bien que la description de cette « provocation graphique à l’ordre de la nature » de ces « dos » multicolores soit magnifique). L’affaire est très sérieuse, symbolisant aussi bien un héritage à porter et à transmettre que l’identité distante et mélancolique d’un père perdu, et liant un groupe insolite qui, sans se le dire, ni peut-être le savoir, remet l’ordre des choses en question, sans autre prétention que d’aller au bout d’une lubie et sans autre principe que la fidélité amicale. Comme la carte des carpes dessine une ville souterraine invisible à ceux qui les ignorent, cette communauté forme, rassemblée dans l’arrière-boutique d’une boulangerie, une joyeuse société secrète.

Anthony van den Bossche, commissaire indépendant et auteur d’un premier livre sur une performance artistique ratée, modifiée par l’irruption de la guerre en Israël (Performance, Arléa, 2017), fait tenir ensemble les éleveurs de carpes japonais et le créateur des espaces verts parisiens Adolphe Alphand, le sens de l’aventure et le goût de la contemplation, l’humour et la précision, les personnages, les figurants et le décor (on aperçoit ici « un homme au port de cerf », là des pins « aussi invincibles que le plastique »), les objets, les hommes et les animaux… Certaines scènes, hilarantes (le vernissage qui a lieu, coup du sort, le même soir que l’incendie de la cathédrale et qu’un malheureux accident pour le fameux « Stan ») ou tragiques (un tremblement de terre au Japon), sont écrites comme des défis à relever. Et certaines phrases comme des objets à la fois plastiques et sonores, dont la forme n’a rien de l’ornement, ni jamais du cliché, mais tout de l’artificiel devenu soudain plus vrai que nature : même si les poutres millénaires ont fini en poussière dans le fleuve, il ressort de ce roman une rare confiance dans l’art, qui peut encore quelque chose.

En cela, Grand Platinum accueille avec curiosité et gourmandise son temps, cette époque qui regrette un Éden écologique fantasmé plutôt que d’œuvrer concrètement à la préparation du monde à venir. En sauvant et en réunissant les carpes magiques, Louise et sa bande font dévier le cours des eaux et de l’Histoire. Ils sont les doubles fictionnels des poètes, des créateurs, d’objets, de poissons ou de phrases : ils donnent un chemin au présent. « Ces métamorphoses assistées par l’homme la fascinaient. Le progrès n’était rien d’autre que ça : l’exagération du présent. » N’est-ce pas aussi ce qui fait la joie des romans ?


[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Escrito por Claudio Magris

Singer es como ese demonio de una nouvelle suya que se alimenta de las letras sagradas del alfabeto judío, a sabiendas de que, cuando haya devorado la última letra, morirá. Singer fue grande cuando, escribiendo en yiddish, pensaba que escribía en una lengua muerta.

El dybuk, el demonio que habla en los cuentos de Singer y que en muchas ocasiones también los narra, es “alguien que ve sin que los demás lo puedan ver”; también Singer observa y retrata al mundo desde impredecibles ángulos de perspectiva, sin dejarse descubrir, impersonal como un francotirador o como Dios, a quien le gusta esconderse en un vacío irrepresentable pero también dejarse representar como un familiar y buen anciano. Recuerdo con manifiesta intensidad la primera vez que lo leí, el efecto de extrañamiento y de encanto de esa lectura. Era una tarde de septiembre, en 1966; estaba en el mar, en Trieste, y apenas había terminado de leer “El no visto”, un cuento que quizá es su obra maestra. Esa parábola sobre la ley y sobre la pasión, sobre la fidelidad y la infidelidad, sobre el misterio conyugal y sobre el vértigo del deseo ya me había marcado para siempre. Así pues, desde un pequeño café, de la ribera, le escribí —mandándole la carta a su editor norteamericano, Farrar Straus, que muchos años después sería el editor de mi Danubio— como se le escribe no a un escritor que se admira, sino a alguien que nos devela un mundo absolutamente impredecible y que, sin embargo, desde siempre hemos reconocido nuestro. Más que mi carta, en esta pequeña historia, lo que cuenta es la respuesta, que me llegó un par de semanas después. Una carta en alemán y escrita a mano —como la mía— con una grafía grande, nítida e infantil, que concluía con los afectuosos saludos para mí, mi familia y mis amigos. Era la primera vez que alguien, con justicia, incluía en el obvio círculo de los afectos fundamentales a los amigos, ciertamente no menos importantes que los parientes. Desde entonces, durante años, nos escribimos muchas veces y creo haber leído casi todos sus libros; creo conocer bien al escritor Singer, impasible como Dios y sin embargo capaz de expresar todas las cuerdas de lo humano, atento a cada una de las criaturas más humildes y listo a dejarlas caer en el abismo en el que toda vida se consume. Pero también conocí bien al hombre, ese anciano señor que parecía frágil, con su cráneo calvo y liso como un recién nacido, pero que dejaba entrever una energía indomable. Me dio mucho.

Un verano, con Marisa, fuimos a buscarlo a Wengen, en los Alpes suizos, donde él pasaba las vacaciones con su esposa Alma. De pronto me vi, no sé cómo, contándole también muchas cosas de mi vida que no le digo a muchas personas. Sabía escuchar. En un cierto punto de la conversación, luego que le hablé de una horrible enfermedad que había terminado con la vida de una niña sobrina mía, él, ensartando una hoja con su bastón, murmuró: “¿Sabe?, la literatura sirve tan poco…”. Y nunca olvidaré, el tono, único e irrepetible, con el que hizo una pregunta que solamente pudo ser formulada en ese tono y que ningún otro me la ha planteado en ese tono: “¿Usted cree en Dios?”.

Le hablé de sus cuentos y de lo que encontré en ellos, pero él no entendía bien; recordaba detalles físicos de figuras y de paisajes, pero se le escapaba el sentido de lo que había escrito. No era un intelectual: Wittgenstein hubiera dicho que escribía no con la cabeza, sino con la mano y la mano no siempre sabe lo que está sucediendo entre esos zigzagueos que ella traza en el papel. Luego, con la libertad que se tiene con un escritor que se considera tan grande y al que, por lo tanto, se le puede decir todo, le pregunté, por qué, luego de haber escrito algunas de las más hermosas parábolas de la literatura universal, escribía esos novelones tan condimentados, gozosos pero no originales o a veces hasta aburridos, pero de cualquier manera innecesarios. El, en lo absoluto, lo tomó a mal. No entendió mis objeciones críticas y respondió, dudando, que él escribía lo que en ese momento le gustaba. Entonces lo sentí todavía más grande. Era como si alguien me hubiese preguntado por qué yo iba al mar sobre la modesta costa triestina en lugar de ir a Saint Tropez. También hubiera respondido que iba donde me gustaba, sin pensar en las estrellas de la guía Michelin. “Ya ve —le dije—, yo soy más inteligente que usted; pero usted, ¡ay Dios!, es un genio”.

Pocos escritores logran expresar como Singer lo absoluto que podemos encontrar en cada momento significativo de la vida —el amor, el sufrimiento, la seducción, el horror que se recorta contra el fondo de lo eterno y de la nada—. Es en los cuentos, sobre todo, donde se revela su irrepetible grandeza. Entre las novelas, la más desconcertante e incisiva es Satán en Goray (1935): la más anómala, la más alejada de los cánones narrativos decimonónicos a los que él regresará más tarde, en muchas de sus obras más afortunadas, pero menos inquietantes y menos poderosas. Satán en Goray es una novela-parábola que representa, con siniestro poderío y doliente pietas, la tentación mesiánica, el sueño místico-erótico-transgresivo de infringir la Ley para acelerar el triunfo del mal que, según algunas corrientes extremistas del judaísmo, debe alcanzar el último círculo infernal a fin de que luego pueda arribar el Mesías y verificarse la redención total y definitiva. La tentación mesiánica deviene el símbolo de la seducción de lo irracional y de lo indistinto, de un histerismo revolucionario y erótico que devela algunas quemantes laceraciones de la modernidad.

Singer regresará a menudo sobre estos temas en algunos estupendos cuentos —por ejemplo “La destrucción de Kreshev”— en los que su garra realista y visionaria hará de esta particular temática judía una metáfora de la disgregada y caótica multiplicidad moderna. Pero “en el tribunal de su padre”, rabino en Varsovia —parafraseando el título de sus memorias de juventud, En el tribunal de mi padre (1966) —, Singer absorbería para siempre la religiosidad profunda, irreverente, mística, sensual, popular y picaresca del hassidismo. De este último, él aprendió esa épica confianza con todas las manifestaciones de la vida que es una característica del judaísmo oriental, esa vitalidad desarrapada, real e insuficiente que Kafka tanto admiraba en los actores del teatro yiddish y le dolía no poseer. Narrar parábolas es, para el hassidismo, el gesto religioso que amaina la verdad en la vida. Para Singer, la parábola se vuelve el cuento que narra la condición humana, fragmento de eternidad que desemboca en lo efímero de lo moderno. Sus grandes cuentos son parábolas que, por otra parte, también se alimentan de elementos muy lejanos a la religiosidad judía, la filosofía de Spinoza y de Schopenhauer, la narrativa de Knut Hamsun. Singer escribe sus más grandes cuentos, naturalmente, en yiddish, en Estados Unidos de Norteamérica, a donde se traslada en 1935. Los escribe —como él declaró en un artículo que apareció en The Herald Tribune en 1965— en una “lengua muerta”, que él siente condenaba a una cercana extinción. Un escritor yiddish, decía, “es como espectro, alguien que ve sin que los demás lo puedan ver”. Esa lengua, para él, corría el riesgo de estar doblemente “muerta”: lo aislaba del gran público pero no le daba buena aceptación con los lectores de las comunidades yiddish norteamericanas que deseaban color local y sentimentalismo folklórico, mientras que él escribía despiadadas fábulas universales sobre lo estrambótico de la condición humana.

Singer es grande cuando es poeta del exilio, no solo del judío, sino del que implica la condición existencial y la escritura, cuya verdad es el desarraigo. Así nacen, con el riesgo de haber sido escritas por nadie, sus obras maestras, cuentos-parábolas como “El Spinoza de la calle Market”, “Caricatura”, “El no visto”, “Gimpel El Tonto”, “El último demonio”, “Una boda en Brownsville”, “Viernes breve”, por citar solo algunos. En estos cuentos, Singer habla ora como la serpiente primigenia de los albores del mundo, como el Mal, ora como Dios. Semejante al autor del Eclesiastés, dilata desde los detalles fisiológicos hasta las cosas últimas, sin dar a entender si él habla desde el punto de vista de la fe o de la desilusión. Esta apertura indiscriminada sobre la realidad lo acerca a los grandes escritores impersonales y anónimos del pasado, que se asemejan a todos y a nadie porque se vuelven indiferentes ventrílocuos de los personajes y de las vidas más diversas e imparciales portavoces de todas las cuerdas del vivir. Si el ángulo visual del escritor del siglo XX es en general un ángulo agudo, que abarca en profundidad un corte unilateral y subjetivo de lo real, el ángulo visual de Singer parece tener 360 grados y abarcar la totalidad épica de la experiencia; él retrata el caos y el orden, la ternura y la perversión, la luminosa presencia del sentimiento y la acre podredumbre de la nada. Singer escribe en yiddish cuando el mundo de la literatura yiddish ya no existía o había sido violentamente desenraizado. Su paisaje, después de la Shoah, solamente existe en la palabra, como los shtetlach, los villorrios judío-polacos de sus cuentos: Yampol, Frampol, Sencimin. Jozefov, Tishevitz… Hace muchos años, recorrí esos lugares por amor a él y solo encontraba algunas lápidas judías entre los campos, los restos de una sinagoga quemada. Solo habían quedado, de la realidad de esos lugares, sus nombres escritos en las tarjetas postales que yo le mandaba a Nueva York, desde esos lugares cuyas parábolas los habían transformado en capitales de la literatura universal, como Praga o Dublín.

El éxito premió las obras menos originales de Singer, exponiéndolo a ser un escritor para todos, condición peligrosa para la literatura en una época en la que, como escribió Manes Sperber, “los todos ya no existen”. Singer se volvió un autor cada vez más prolífero de gruesas novelas fluviales, tradicionales y que a veces constituían una expiación, decorosos monumentos decimonónicos escritos por un muy visible “novelista” que ya tenía muy poco del dyhnk y que quizá olvidó que una vez dijo: “No considero un infortunio ser un dyhuk, un espectro”. También estas novelas —La familia Moskat (1950), La fortaleza (1955), El esclavo (1960), El mago de Lublin (1960), La propiedad (1969), Enemigos. Una historia de amor (1972) y muchas otras— tienen páginas de inolvidables revelaciones, pero no soportan la comparación con los lejanos y grandes cuentos de Singer. En la biografía de Florence Noiville, que retrata a Singer con amor y con inexorable verdad, su genio aparece fascinante pero también tacaño y mezquino, estérilmente esclavizado en la producción de palabras y en la estrategia del éxito, ha mentido también insoportablemente egoísta, en un amasijo de grandeza y miseria, en el que la primera no justifica la segunda y ésta no cancela a la primera. No me perturbó descubrir, en este fuerte libro, cosas que contrastan con el Isaac Bashevis Singer que paseaba con nosotros en Wengen. El propio Singer decía que es la obra la que cuenta, no el pobre hombre que la escribe; no nos interesa saber si Homero era uno o muchos, un hombre o una mujer, simpático o antipático. Quizá, en la vida cotidiana, se olvidaba de esas verdades que había expresado con tanta poesía; un Dios que se olvidase ser tal y se pusiese a cuidar de sus asuntos personales, ya fuesen literarios, probablemente sería el más insoportable de los hombres. Singer es como ese demonio de una nouvelle suya que se alimenta de las letras sagradas del alfabeto judío, a sabiendas de que, cuando haya devorado la última letra, morirá. Singer fue grande cuando, escribiendo en yiddish, pensaba que escribía en una lengua muerta. Quizá una lengua muerta sea la única en la que realmente se puede escribir. Y, sin embargo, también nuestro pobre y vivo alemán, que no era la lengua madre ni de él ni la mía nos sirvió para intercambiarnos esas cartas.

[Traducción: MARÍA TERESA MENESES – fuente: http://www.nexos.com.mx]

En quin moment naix l’art visual? Aquesta és la pregunta principal del llibre del catedràtic de Prehistòria de la Universitat de València Valentín Villaverde, La mirada neandertal (PUV, 2020). Amb motiu de les reflexions de la publicació, el catedràtic conversa amb Martí Domínguez, director de la revista Mètode, sobre els orígens de l’art i el paper de la cultura en el desenvolupament de les societats des de la prehistòria fins a l’actualitat.

El seu llibre tracta del gran debat que tracta de determinar les fines línies que defineixen allò que és art. Per a vosté com a antropòleg i prehistoriador, què és l’art visual?

L’art visual són les imatges que s’utilitzen amb la finalitat de transmetre informació o comunicar i que abunden en els aspectes estètics entesos com la valoració de la forma i l’emoció. Això, per a mi, és l’art: qualsevol imatge que genere una emoció que no estiga associada a la pròpia estructura de la forma, l’emoció pot ser de sorpresa, d’agradament, de desagradament, de dificultat… és a dir, qualsevol aspecte relacionat amb l’emoció que suscita la imatge i no sols la percepció. Desvincule l’art prehistòric del concepte d’art contemporani que es genera durant la il·lustració i el romanticisme. No té per què ser ni bell ni original. Si estudie l’art visual amb la visió d’un historiador de l’art prehistòric em trobaré amb imatges que no són belles des del punt de vista estètic, però l’art no és solament bellesa sinó alguna cosa més. Aquest «una mica més» pot ser l’emoció, per exemple, a la qual m’estic referint. Jo distingisc dos components en un element artístic: el component estètic i el component semàntic. La combinació de tots dos és el que defineix, per a mi, l’art. D’altra banda, es tracta d’un concepte que s’adapta als diferents períodes històrics, per tant, en cada fase històrica entendré l’art d’una manera. I ho entendré sense arribar a comprendre-ho, ja que podem contextualitzar-ho i explicar la seua funció en la societat, però se’ns escapa el significat de la imatge.

El llibre aprofundeix en la qüestió d’on i quan s’inicia l’art. Si partim de la premissa que el gest és el que defineix a l’artista, van ser els neandertals i els Homo erectus autors de manifestacions artístiques?

Per a mi sí. En la meua disciplina es pot entendre l’art com un assoliment de la humanitat que pot associar-se la nostra espècie, l’Homo sapiens sapiens, o com alguna cosa que té un passat evolutiu més ampli. En termes evolutius podríem preguntar-nos: realment, hi ha un punt d’inflexió? Hi ha un abans i un després en la nostra capacitat cognitiva i simbòlica que ens permeta utilitzar imatges? Al cap i a la fi, el que fem quan creem art, és utilitzar imatges amb un significat simbòlic, com un llenguatge. I per això, en moltes ocasions s’ha intentat establir un símil entre l’aparició del llenguatge i de l’art. És a dir, quan som capaços d’emprar símbols, som capaços de crear art i, al seu torn, quan som capaços d’entendre símbols, tenim un llenguatge. Com acabe d’assenyalar, hi ha qui diu l’art és el fruit d’una estructura cognitiva nova que ha sorgit per l’aparició de l’Homo sapiens. I hi ha els qui considerem que no, perquè observen aquest aspecte amb una perspectiva evolutiva més àmplia. Per a mi i per a alguns dels meus col·legues, a mesura que avança el procés d’hominització es va produint el desenvolupament del cervell i amb ell una capacitat cognitiva que afavoreix la cultura, una cultura que es transmet i transforma i que necessita de la comunicació. La cultura de les societats àgrafes del passat es transmetia oralment i es reforçava amb imatges. En aquest punt, l’art comença a tindre una significació. Sens dubte, la nostra visió del procés està condicionada per la conservació diferencial, en valorar aquest tema depenem de l’art visual que fossilitza, però també és possible que altres manifestacions artístiques no s’hagen conservat. En relació amb el debat del gest creador: És el gest el que fa l’art o és la forma? Hem de tindre en compte que la valoració del gest es correspon amb una manera d’entendre l’art contemporani, perquè és el que individualitza a l’artista i la seua creació. Es tracta, doncs, d’un concepte contemporani d’art: l’art és creatiu, és original, no repetitiu i té l’estil propi de l’artista. Però en l’art prehistòric això no va ser així.

Si analitzem l’art parietal paleolític, podrem veure que és un cicle artístic que comença fa 35.000 anys i acaba fa 12.000 anys. No obstant això, la seua evolució estilística i la seua variació temàtica són molt reduïdes. A vegades trobem variacions que troben la seua explicació en el mitjà ecològic, ja que només es representen els animals que es documenten en cada regió, però la temàtica canvia molt poc al llarg del temps. La iconografia és pràcticament la mateixa, quatre espècies dominen les representacions paleolítiques durant desenes de milers d’anys. Llavors, no és el gest ni l’originalitat el que defineixen l’art de les societats prehistòriques. Ací la figura de l’artista no respon al cànon d’art creatiu, individualitzat i específic, respon a un art codificat i amb un estil que s’ajusta a uns cànons de representació que són identificats per la societat. La imatge no té una funció exclusivament estètica o emotiva, sinó que té una funció comunicativa. Jo no entenc l’art antic de les societats prehistòriques sense la comunicació. La imatge és un element de reforç emotiu del missatge. Llavors la forma ha d’ajustar-se al cànon, cosa que els antropòlegs i prehistoriadors denominem «estil». Les xicotetes modificacions del cànon poden entendre’s a conseqüència del procés evolutiu normal de la cultura, una cultura que com a resultat de l’evolució experimenta variacions, però manté una forta normativa formal. A l’hora d’explicar aquesta qüestió podem acudir a la narrativa de les societats àgrafes, que està molt reglada. És a dir, el narrador no conta un mite tal com li abelleix, sinó que en el seu relat deixa al descobert els aspectes que resulten essencials per a la supervivència del grup i que el relat vol ressaltar. El relat proporciona informació per a afrontar els problemes socials i econòmics en èpoques d’estrés, per exemple. La narrativa reforça la informació a través de la ritualització, i per això es recorre a una escenificació especial. La fidelitat del missatge és essencial i aquell qui s’escapa de la norma és corregit immediatament. Així, podem dir que la individualitat creativa no exerceix el paper que sí que exerceix en la narrativa contemporània. Per descomptat, en l’art visual hi ha gestos de l’artista que podem arribar a apreciar en algunes representacions. Per exemple, estudiant l’art de les Coves del Parpalló veiem que determinades maneres de fer les figures i determinades tècniques empleades apareixen molt poques vegades en un mateix moment i sembla que corresponen a una mateixa mà. Per tant, clar que existeix la figura de l’artista, perquè som humans i tenim una manera de fer particular, però no és el que prima en les representacions visuals prehistòriques.

La gran discussió és si aquestes pintures rupestres són de neandertals o no són de neandertals, perquè la datació pot variar molt i pot haver-hi contaminacions. En el seu llibre parla dels propis ornaments dels neandertals, com els collarets, les petxines… però, clar, també podia ser artesania. Fins a quin extrem si alguna cosa no és individual és art? Estem parlant d’una espècie de codificació en la qual no hi ha intenció de modificar res sinó simplement de transmetre un patró. Per tant, hi ha creació artística? Totes aquestes qüestions sorgeixen en la lectura del seu llibre, però llavors on es posa la línia de l’art?

Té tota la raó, és un debat interessantíssim. Ací em ve molt bé la frase de E. H. Gombrich que diu que la definició de l’art la fem nosaltres: «No existeix, realment, l’Art. Tan sols hi ha artistes. Aquests eren en uns altres temps homes que agafaven terra acolorida i dibuixaven toscament les formes d’un bisó sobre les parets d’una cova; hui, compren els seus colors i tracen cartells per a les estacions del metro. No hi ha cap mal a dir «art» a totes aquestes activitats, mentre tinguem en compte que la paraula pot significar moltes coses diferents, en èpoques i llocs diversos, i mentre advertim que l’art, escrit amb «A» majúscula, no existeix, perquè l’art amb «A» majúscula té per essència ser un fantasma i un ídol». D’aquesta manera, si participàrem en aquesta conversa persones de tres èpoques diferents, l’artista de l’edat mitjana no estaria d’acord amb la manera d’entendre l’art de l’artista contemporani, ni tampoc estaria d’acord amb l’artista prehistòric. Les seues maneres d’entendre l’art serien diferents. Les formes d’expressió tenen un context social i cultural. Hi ha una part estètica i hi ha una part de comunicació. Deies abans que és important distingir entre l’artesania i l’art, en el llibre recull la discussió sobre els bifaços prehistòrics, aqueixes formes tan simètriques van més enllà de la funció i tenen un gust pel que seria la percepció formal o l’equilibri. Sens dubte, quan tens alguna d’aquestes peces a la mà veus que el seu acabat va més enllà del que seria necessari per a la utilització de l’instrument, i generen el plaer estètic que produeix una obra ben feta. Així, el treball manual, en general, produeix una sensació emotiva, però a més transmet una capacitat tecnològica.

També els solcs dels agricultors en l’horta valenciana transmeten plaer i capacitat tecnològica. Diríem que això és art?

No, això no diríem que és art. I tampoc serien art els bifaços. Són només indicatius de la capacitat d’apreciació estètica. És a dir, els homínids de fa més de 400.000 anys d’antiguitat, tenien capacitat estètica. I aquesta capacitat estètica arriba al punt d’invertir temps en la realització d’un objecte visualment agradable mes allà de la seua funcionalitat, és a dir, aconseguir una forma equilibrada. Això jo no ho qualificaria com a art. Tanmateix, passar a un següent nivell ja genera confusió: És art la petxina trobada en el jaciment del paleolític inferior de Trinil, a l’illa de Java, en la qual hi ha una ziga-zaga gravada? Una ziga-zaga ja és un símbol, un element gràfic que apareix gravat sobre la superfície. Això ja no és un «saber fer» sinó que és la decoració d’un objecte que pot resultar d’un joc, simplement una mà dibuixant una superfície. O també pot ser la representació d’un element visual que pot aparéixer en altres mitjans que no siguen el de la petxina. En aquest punt, l’estudi prehistòric presenta problemes greus en l’apreciació d’aquesta mena d’objectes, perquè tenim una visió molt parcial del que són les manifestacions culturals del passat, coneixem allò que fossilitza, però allò que fossilitza és molt poc. I si es decoraven amb aquestes ziga-zagues la pell? I si resulta que no era la pell sinó els objectes de fusta que estaven utilitzant, o el seu propi cos? No crec que siga poc encertat pensar que pogueren existir una sèrie d’elements visuals integrats en la cultura des de temps anteriors als neandertals. I si no volem fer un salt al paleolític inferior, a l’època dels Homo erectus, també trobem objectes similars en el cas dels neandertals. És a dir, el conjunt de les representacions gràfiques no figuratives (aquesta precisió és important) que apareixen sobre objectes que es conserven (pedres i ossos, gravats amb línies o reticulats) no són nombrosos, però es documenten en aquests contextos. Fa anys, quan visitàvem un museu, se’ns mostrava als neandertals desproveïts d’adorn i ara quan visitem un museu veiem que els neandertals estan representats amb unes franges pintades al braç, amb elements ornamentals com les plomes o els penjolls… De manera que ara la idea que els neandertals no s’adornaven s’ha descartat per complet. No crec que es puga dubtar que en aquest context ja hi ha art visual. Ja no hi ha un objecte que tinga una funció definida i que es faça tan sols millor o pitjor per part de l’artesà que l’utilitza, amb els neandertals estem ja davant la voluntat d’introduir elements visuals que comuniquen de moltes maneres, a vegades pel missatge que porten associat al símbol gràfic i d’altres per la informació social que transmeten. Jo crec que allò interessant a l’hora de valorar l’adorn en aquestes èpoques és el que ens està dient sobre el procés evolutiu humà i la facilitació de la comunicació del grup.

També per una qüestió d’estatus social?

D’estatus social, però també com a indicador de la personalitat de l’individu, o de la seua edat i disponibilitat per al matrimoni. I altres símbols abasten a la identificació de la totalitat del grup. En contextos de baixa densitat demogràfica, amb trobades fortuïtes o no freqüents amb altres grups, la capacitat que la imatge done informació sobre la pertinença comuna, la filiació grupal, és molt important. A més, la funció comunicativa de l’adorn abunda en l’aspecte estètic, per la qual cosa jo diria que és art visual. Si traslladem aquestes reflexions al present, ara no entendríem el nostre adorn personal com a art visual, la nostra societat comunica amb l’adorn d’una manera similar aspectes personals i socials, però no ho entendríem com a art visual, excepte en comptades ocasions.

Per què l’estètica en l’home neandertal sí que és art i les tribus urbanes no ho és, si també estan projectant una estètica?

Sí, projecten una estètica, però ho entenen com a art? Ací està la discussió entre «estètica» i «art» i la importància de diferenciar-la.

Per què s’ha d’entendre com a art, llavors, la producció dels neandertals? Per exemple, els pintors d’icones marianes de l’escola bizantina es caracteritzen per repetir la pintura que ve des de Sant Lluc. Llavors, entre Cimabue i Giotto es pot distingir el tall entre representar una tradició i representar allò que es veu. En el moment en el qual un posa la pròpia personalitat sorgeix la figura de l’artista i aquest es desentén del que podem dir «artesà», que no té més objecte que la seua tasca, com el que fa cadires o icones. Si ens preguntem si Cimabue va ser artista jo diria que possiblement sí, perquè va ensenyar a Giotto, però la qüestió és: Són artistes tots els autors de les icones bizantines que es prolonguen quasi fins al segle XVI, és a dir, molt posterior al propi Renaixement? Fan art o fan artesania? Aquesta és la gran discussió. Tenen funció de passar, com vosté diu, un llegat cultural, perquè totes aquestes pintures podrien sorgir en un context comunicatiu d’unificació del grup, però l’exemple artístic és elque a mi em fa dubtar. Llavors, on comença l’art? Perquè el risc és acabar considerant-lo tot art, fins i tot els bifaços. Si només es necessita el gest del plaer de l’obra ben feta per a considerar que ja hi ha art, els propis ximpanzés podrien fer art. Perquè també utilitzen eines que passen per un procés d’aprenentatge i de perfeccionament. Llavors això és allò interessant de la discussió: on posem la línia?

On la posem? Vosté l’estava posant abans en la individualitat de la creació. Però això és aplicable molt més tard en el procés d’evolució de l’art. Tot el que no és individual i creatiu no és art. D’aquesta manera, bisons de les coves d’Altamira serien art perquè representen trets estilístics específics, però quedarien fora d’aquesta definició una bona part de l’art rupestre paleolític. Així, si apliquem aquest criteri, la frontera és ben clara. És a dir, l’art seria simplement un acte de creació individual que transcendeix a l’interés comú, però aquesta és una definició d’acord amb l’art contemporani occidental.

Possiblement, el gest de trencar la unitat del col·lectiu és el que veu a l’artista i l’un altre és una manifestació, no estic dient que siga tan reduccionista, perquè igual fins i tot el pintor d’Altamira era una persona que tenia aquest desig de crear una cosa pròpia i exclusiu. Però és molt difícil traçar la línia entre allò artesà i allò artístic. És el que fa que em sorgisquen dubtes, fins i tot dubtes que foren els propis neandertals els que feien aquestes pintures.

La pregunta és: els elements geomètrics que dibuixen els neandertals són o no són art? Bé, ací estic d’acord. És opinable. No crec que hi haja una veritat absoluta sobre això, torne a Gombrich: no és una qüestió essencialista. Depén de com ho volguem considerar. Jo ho veig com a uns grafismes fets abundant en el poder comunicador de la imatge. I la imatge comença a tindre força per si mateixa arran de generalitzar-la, això és el que és curiós. I això passa en unes societats i en unes altres no, perquè no és la nostra capacitat cognitiva la que fa immediatament que tinguem art. Hi ha grups humans que no desenvolupen art contemporàniament al que està succeint a Europa en un mateix moment del paleolític. Per exemple, a Àfrica, que han aparegut molt abans els humans moderns, hi ha un llarg període on no hi ha ni una documentació d’art que haja fossilitzat.
Però a mi em preocupa poc la definició d’art. El que em preocupa és quan apareixen imatges que tenen funcions comunicatives que abunden en l’emoció i que transmeten alguna cosa més enllà de la pròpia imatge. Això és el que em preocupa des del punt de vista evolutiu i cultural de l’ésser humà. Perquè hi ha un moment en el qual realment això té un protagonisme espectacular. L’Europa del paleolític superior és l’Europa on la imatge és present en tots els àmbits de la vida quotidiana. Quan apliquem conceptes com la creació, la individualitat, el mestratge o l’excel·lència, immediatament pensem en algunes representacions parietals importantíssimes. Però en els objectes quotidians com l’armament apareixen representacions esculpides d’una perfecció estètica i d’un domini de la forma realment magnífica. No dubtaríem a dir que són obres mestres o obres d’art. I formen part del quotidià. No obstant això, segurament no s’entenien com a art, amb les connotacions que aquest terme té per a nosaltres. L’ensenyament que ens dóna l’antropologia quan ens enfrontem a les societats simples és que hi ha grups que tenen activitats artístiques, però que no consideren la paraula «art». No entra en el seu concepte que estan fent art, estan fent objectes que formen part de la seua vida quotidiana i que tenen un tractament especial i, a més, no està tan definida la distinció entre l’artista i el no artista. I aquestes «decoracions» estan indicant-nos aspectes estilístics de pertanyença al grup, de l’individu o de qualsevol altra cosa. Però la funció decorativa que apareix, per exemple en l’armament, sembla tindre una funció d’individualització, la qual cosa vosté deia, que és l’individu el que manifesta els seus senyals sobre l’objecte. Però el que realment resulta significatiu del procés mental diferenciat que s’associa a aquesta mena de decoracions és que en molts casos no es veurien. Moltes vegades aquestes decoracions estan en les parts de la peça que quedaran tapades. És a dir, és la creació del símbol condueix a la individualització o la propietat. Amb tot això es genera un joc molt interessant des del punt de vista antropològic, el joc d’allò social i d’allò individual. És a dir, nosaltres som una espècie social, però l’individual té molta presència en la formació del nostre temperament. El nostre pensament és social i cultural. Ens volem escapar d’ell moltes vegades però no ens escapem, perquè estem estructurats social i culturalment i, no obstant això, reivindiquem la nostra originalitat. I aquest joc no és exclusiu de la nostra societat contemporània. És a dir, ha de tindre orígens llunyans. Jo considere que el llenguatge i l’activitat creativa en imatges visuals tenen un passat que, almenys, ja era present en els neandertals i en els seus contemporanis.

Cérvol llistat, pintat en negre, de l’abric de les coves de la Saltadora. Foto: Valentín Villaverde

Pensa que l’art té un valor adaptatiu?
No puc explicar-ho d’una altra manera. No puc explicar que l’art tinga un valor en aeixa mena de societats àgrafes si no és adaptatiu. Es tracta del reforç de la imatge i del missatge. Tot el pes de la transmissió popular remet a la narrativa i a l’art visual que el reforça. Després té un caràcter adaptatiu. En el moment en el qual es descobreix que la imatge serveix per a memoritzar, que incrementa l’emoció i els records o que simbolitza aspectes que sobrepassen la pròpia narració, es fa un gran pas cultural. Jo ho veig com un assoliment cultural. Un dels temes en els quals insistisc és que no hi ha una adaptació per a l’art, sinó que hi ha una adaptació per a la cultura. Hi ha un progrés en el desenvolupament evolutiu humà i de la seua capacitat cerebral que tenim comprovat, i es manifesta en una cultura acumulativa, que arqueològicament ha incrementat les seues millores tecnològiques i el seu desenvolupament, i, en aquest procés, apareix la funció de l’art com a element que reforça la comunicació i la transmissió d’informació, i amb això la cohesió social. D’aquesta manera s’obrin sensacions emotives. Essencialment, l’art reforça el sentiment de pertanyença al grup i el participar en elements ideològics comuns. Tot ritual ho realça. I si el ritual és col·lectiu, ho realça moltíssim més. Les sensacions que experimentem en grup no són les mateixes les que experimentem de manera individual. En els primers estudis de la religió s’ha parlat de la importància de la qüestió col·lectiva en la creació de les identitats i les institucions religioses. D’altra banda, i en relació amb les imatges visuals, ara s’uneixen a nosaltres unes perspectives d’estudi que són molt atractives, si ens centrem en l’anàlisi dels objectes «artístics» podem indagar sobre els components territorials i socials de les societats paleolítiques. Des d’aquest plantejament, les peces decorades, els temes representats, ens permeten una perspectiva de distribució geogràfica molt interessant que remet a territoris socials i a possibles contactes intergrupals. D’altra banda, pel que fa a la pregunta de si podem dir que algunes pintures paleolítiques són de cronologia neandertal, jo crec que en aquests moments no tenim per què posar-ho en dubte. Que hagen deixat empremtes no figuratives en les coves és coherent amb el que sabem del comportament dels neandertals, tal com s’ha mostrat en el jaciment de Bruniquel, on s’han documentat cercles de pedres en una zona fosca, allunyada de l’entrada, mancades d’una significació funcional clara. Aquestes construccions, que impliquen la mobilització de tones de pedres i una cooperació de treball, han sigut datades amb el mateix sistema que s’ha emprat per a datar l’art parietal atribuït als neandertals en algunes cavitats de la Península Ibèrica, mitjançant el sistema de les sèries d’urani. Les estructures de Bruniquel constitueixen una clara prova d’expressió simbòlica vinculada a la freqüentació del món subterrani, apartat de la llum. Per què no freqüentaran els neandertals el món de les cavitats, deixant de tant en tant unes empremtes en la superfície de les seues parets? El problema que tenim és que, fins ara, hem partit del concepte que tot l’art parietal era del paleolític superior, dels humans moderns. Vol això dir que hi ha moltíssim art neandertal? El mes raonable és pensar que segur que no.

En el meu llibre explique que el còmput final d’elements d’art visual que es documenten en l’art moble del paleolític mitjà és molt reduït, quasi podríem dir que es compta amb els dits de les mans. Però són els traços d’una expressió gràfica que apareix i desapareix probablement per raons demogràfiques i socials. La seua documentació en algunes zones i fases del paleolític mitjà ens indica que els neandertals van tindre capacitat per a crear i utilitzar símbols. El procés de datació que en els pròxims anys es duga a terme en altres cavitats probablement ens confirmarà el que ja sabem a partir de les datacions directes, per carboni 14, que ja s’han realitzat en l’art paleolític: que la gran majoria de l’art paleolític no solament és del paleolític superior, sinó que és de l’última part del paleolític superior, del Magdalenià. La documentació del paleolític mitjà és quantitativament escassa. Però malgrat aquesta limitació, sabem que és llavors quan els neandertals vàren començar a adornar els seus cossos amb elements com les plomes, o els colors. Les datacions d’art parietal de cronologia neandertal no crec que vagen a canviar substancialment la nostra percepció de l’art paleolític parietal conegut. Ens diuen, simplement, que la decoració parietal té uns orígens anteriors. Cal plantejar una perspectiva evolutiva i biològica raonable, i això no té per què destruir el que ja sabem, sinó que ho matisa. Crec que en aquests moments continuar defensant que hi ha un punt d’inflexió pre-humà i humà en el procés evolutiu humà és difícil de mantindre. I, de fet, quan un mira les publicacions en el camp de la paleontologia i en el camp de l’arqueologia s’adona que cada vegada és més minoritària aquesta visió rupturista. La nostra humanitat es va gestant evolutivament. I les hibridacions sembla, tal com ens informa la paleogenètica, que han sigut constants al llarg del procés evolutiu. Les poblacions no tenen per què haver estat sempre en els mateixos llocs. La idea «peregrina» que nosaltres descendim dels ancestres de la pròpia regió no se sosté en absolut en l’àmbit de la genètica. El que la genètica ens diu és que els moviments de gent i de gens són continus i que aquests moviments remunten fins a èpoques passades. Hi ha evidències de moviments de persones no solament d’Àfrica a Euràsia, sinó també d’Euràsia a Àfrica. El passat cal imaginar-lo com un flux de moviments de gent subjecte a oscil·lacions climàtiques i ambientals continuades.

I també un joc genètic, perquè les espècies es reproduïen entre elles.
Sí, això és el que cal esperar en un context en el qual es produeix la colonització d’una zona per un homínid en un espai que ja estava ocupat per un altre, amb poblacions de densitats, en tots dos casos, baixes. Crec que això indica que la separació evolutiva entre els diversos tipus humans no havia de ser molt important, perquè estem davant una descendència genètica que ha deixat la seua petjada en la població actual. Fa deu anys quan parlàvem de genètica de poblacions consideràvem que els neandertals no havien contribuït en absolut a la formació de la població humana actual. Segons l’ADN mitocondrial es negava qualsevol tipus de relació. A partir dels resultats de l’ADN nuclear la cosa ha canviat. D’una explicació rupturista que afirmava que els neandertals desapareixien perquè eren inferiors cognitivament, hem passat a una visió en la qual ja no és tan clar que aquesta siga la raó. Neandertals, denisovans i humans moderns es van unir i van tenir descendència, i hi ha fins i tot alguns experts que parlen dels estímuls que van poder afavorir aquests contactes a nivell cultural i antropològic. Ara estem davant un panorama totalment diferent, molt més ric i suggeridor. I, clar, és molt difícil continuar sostenint la idea d’un «abans» i un «després». No haurien de ser tan diferents en les seues capacitats i expressions visuals com perquè les relacions que detecta la paleogenètica quedaren reduïdes a trobades fortuïtes de caràcter sexual. És impossible no pensar en implicacions socials i culturals.

Fins i tot una pròpia assimilació dels grups neandertals per part dels sapiens. Al final els grups neandertals eren molt xicotets i no sé fins que punt la visió violenta de l’extinció del neandertal és real.

Jo crec que no. Crec que cada vegada s’està imposant més la idea de l’assimilació. Ací hi ha un component genètic privilegiat, el dels humans moderns. La població neandertal, més que extingir-se, s’assimila. La informació arqueològica i la genètica coincideixen a donar una sensació que, efectivament, en aquestes fases de contacte i convivència les densitats demogràfiques dels diversos grups eren molt baixes, amb probables extincions locals i repoblacions d’alguns territoris. No sembla possible partir de la idea de la continuïtat i estabilitat del poblament humà en aquests períodes. Així que, en aquests contextos, la idea d’assimilació més que de ruptura i d’extinció és perfectament viable. A més, deu tenir un llarg recorregut, perquè els orígens genètics d’aquests encreuaments no se situen en un punt i en un moment determinats, sinó que remeten a un procés més complicat des del punt de vista històric.

[Font: metode.cat]