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Ça commence comme dans un film de Nurith Aviv. C’est normal : Rosie Pinhas-Delpuech est traductrice de l’hébreu et vit depuis toujours entre les langues, turc, français, allemand, hébreu… L’auteure de ce beau et dense récit nous plonge dès l’introduction dans l’enchevêtrement linguistique de la Babel israélienne. Nous sommes dans un bus de nuit quittant Tel Aviv, et les langues semblent surgir de partout, suivant toutes les strates de l’histoire du pays. De ce « brouhaha » émerge progressivement le questionnement autour de l’hébreu, langue « réinventée » pour les besoins d’une nation tout juste « imaginée », à l’aube du développement du sionisme. Mais plutôt que de s’intéresser à des personnages tutélaires comme Eliezer Ben Yehuda (l’auteur du Dictionnaire de la langue hébraïque) ou Bialik (le poète national d’Israël), Rosie Pinhas-Delpuech choisit de nouer cette interrogation à la figure tragique et beaucoup plus conflictuelle de Yosef Hayim Brenner, né dans l’Empire russe en 1881, à l’époque où débutent les grands pogroms tsaristes, et mort en Palestine en 1921, assassiné lors des émeutes arabes dans la région de Jaffa.

Y. H. Brenner par Rosie Pinhas-Delpuech : une langue en quête d'auteur

Yosef Hayim Brenner

Rosie Pinhas-Delpuech, Le typographe de Whitechapel. Comment Y.H. Brenner réinventa l’hébreu moderne. Actes Sud, 192 p., 16,50 €

Écrit par Carole Ksiazenicer-Matheron

De façon également oblique, l’auteure privilégie dans ce portrait, ne serait-ce que par le titre du livre, la figure de l’émigrant d’Europe de l’Est, déjà écrivain hébraïque reconnu lorsqu’il fuit le service militaire russe en 1904, mais encore tout imprégné de sa langue maternelle, le yiddish, qu’il transporte avec lui sur les rives de la Tamise, dans le ghetto juif de Whitechapel — ce quartier de prolétaires visité et décrit à la même époque par Jack London, où transitent en chemin vers l’Amérique les héros de Sholem Aleykhem, où rôde l’ombre de l’Étrangleur et où la Lulu de Wedekind finit sa course dans une mansarde sombre.

Commencé dans l’obscurité de ce voyage de nuit en Israël, le récit se poursuit dans la luminosité d’un rivage grec où viennent s’échouer d’autres migrants, nos contemporains : car raconter l’histoire d’une langue nécessite pour la narratrice d’évoquer d’autres histoires, d’autres langues, y compris les siennes propres, et de parcourir (ou d’imaginer) des temps et des espaces pluriels. Le dernier chapitre du livre, « Héritage », reconstitue des tracés où ces itinéraires peuvent se croiser, au moins imaginairement, à travers des coïncidences, géographiques ou temporelles, comme ce Manchester où le père de l’auteure, né à Istanbul en septembre 1914 (deux mois après le fils de Brenner en Palestine, précise la narratrice), vient visiter les filatures de coton où travaillent des ouvriers exploités dans des conditions épouvantables. Brenner quant à lui a quitté l’Europe en 1909 pour la Palestine ottomane, où il partage toutes les difficultés des pionniers et pose les premières fondations d’une littérature moderne dans une langue qui se crée en même temps que les livres s’écrivent.

À travers l’enquête biographique et l’interrogation sur la langue de l’un des créateurs principaux de la littérature hébraïque moderne se dessine, comme en ombres chinoises, un parcours de traductrice et d’écrivaine, mais aussi de voyageuse sans frontières entre les idiomes, les lieux, les identités, dont le rapport à la langue de traduction, l’hébreu, devient le fil conducteur d’une existence consacrée aux mots, à la lettre, à la parole, mais aussi aux êtres qui en sont les porteurs. « En 1988, pour des raisons aussi lumineuses que profondément obscures, je commence à traduire l’hébreu en français, et le destin de l’être humain entre les langues devient mon affaire. » Ainsi les réflexions de la narratrice, les impressions concrètes, les parallélismes entre les situations historiques ou géographiques créent-ils une sorte de toile ramifiée d’associations et d’affinités électives, de rimes entre les différents chronotopes, vécus, imaginés, lus.

Comme cette longue déambulation associative qui, à partir de l’évocation de Whitechapel, à la fois chez Brenner et chez Jack London (auteur d’un reportage célèbre sur l’East End), puis dans les termes plus scientifiques des documents consultés pour l’enquête, débouche sur la comparaison avec des lieux et des communautés d’aujourd’hui, tout aussi délaissés : des Latinos à Harlem qui vendent leur bric-à-brac sur un trottoir, des familles chinoises du Lower East Side qui rusent avec la loi américaine sur l’immigration, des immigrés juifs du Yémen à Tel Aviv qui laissent leur quartier à des Philippins ou des Thaïlandais venus remplacer les travailleurs palestiniens pendant l’Intifada. En deux pages, une chaîne de mots et de solidarités se crée, esquissant en contrejour les contours d’une sensibilité narrative quasi fictionnelle, dans sa richesse subjective et associative.

Avec l’évocation de la figure de Brenner, il s’agit d’un voyage où lumière et obscurité se succèdent ou s’interpénètrent, tant sa courte vie semble synthétiser et exacerber les tensions, les aspirations, les contradictions voire les impasses d’une génération et d’une histoire collective : celle de la deuxième Aliyah (1904-1914) mais aussi, avant tout peut-être, celle de cette modernité juive ashkénaze qui se développe au prisme des langues, des textes, des exils et des migrations. On sait par la correspondance de Kafka que celui-ci lisait un roman de Brenner en hébreu, durant les derniers mois de son existence, passés à Berlin en compagnie de Dora Dymant ; Kafka qui meurt lui aussi de façon prématurée, peu de temps après Brenner et à peu près au même âge, et qui a tant de traits en commun avec lui : l’inquiétude existentielle liée en grande partie à son judaïsme, l’activisme littéraire et linguistique, la difficulté d’aimer les femmes, la férocité de l’autonégation.

Parmi les multiples métamorphoses d’une vie de labeur et de misère, consacrée avant tout à l’écriture et à la reviviscence de l’hébreu, mais traversée également par l’errance et l’engagement, deux pôles sont mis en valeur par Rosie Pinhas-Delpuech, qui soulignent la communauté d’expérience avec l’émigration ashkénaze de tendance socialisante : la pépinière anarchiste de Whitechapel et l’activité de typographe qui permet à Brenner de gagner son pain et d’éditer par la même occasion sa propre revue en hébreu, Ha-Méorer (« L’Éveilleur »). Indéniablement l’accent est mis sur cette matrice de créativité à la fois politique et littéraire, qui efface les frontières, nuance la guerre entre les langues (le yiddish et l’hébreu s’affrontant ouvertement lors de la conférence de Czernowitz en 1908) au profit de stratégies jumelles d’émancipation, toujours aimantées par le souci commun de l’identité collective juive et de la lutte aux côtés des plus défavorisés.

Rosie Pinhas-Delpuech trouve dans cette culture bilingue et souvent polyglotte, dans ce bouillonnement anarchiste et dans ces luttes sociales au plus près de la confection et de la diffusion matérielle du livre, qu’il soit hébreu ou yiddish, une façon de ré-enraciner finalement l’hébreu dans la culture européenne, de le soustraire aux mythes étatiques, de le ré-ensauvager à travers la figure d’un auteur qu’elle qualifie elle-même d’ « Aborigène juif » : quelque chose comme la définition de la littérature mineure chez Deleuze et Guattari à propos de Kafka, ou comme la lecture de ce même Kafka « en colère » par Pascale Casanova. Une volonté aussi de restituer des filiations, des racines diasporiques et modernistes à cet hébreu qui est finalement celui des « tables brisées », comme le montre un audacieux parallélisme, au centre du livre, faisant du « marbre » du typographe un équivalent des pierres écrites par Dieu au mont Sinaï, le lieu symbolique d’émergence de cette langue « vieille-nouvelle », langue sacrée se faisant profane et d’usage quotidien.

Y. H. Brenner par Rosie Pinhas-Delpuech : une langue en quête d'auteur

Il y a chez l’écrivaine biographe une fascination évidente, une forme d’enthousiasme, dans cette mise au jour concrète des liens quasi génétiques unissant hébreu et yiddish, « langue du père » et « langue de la mère », à travers l’histoire de la diaspora ashkénaze et de ses chemins qui bifurquent, poussant vers l’Amérique ou la Palestine, suivant des dessins parfois aléatoires, mais le plus souvent nécessaires, liés à des choix existentiels profonds. Bien des fils sont tirés et suivis dans cette immense toile de réseaux et de circulations qui caractérise la renaissance juive au tournant du siècle. Whitechapel y apparaît comme à la fois central et périphérique, une sorte d’hétérotopie : exact équivalent du Lower East Side new-yorkais, avec ses sweatshops, ces ateliers de couture manufacturés ou à domicile, qui évoquent aussi bien Manchester que Lodz, le « Manchester polonais », romancé par Reymont dans La Terre promise et par Israël Joshua Singer dans Les frères Ashkenazi. Au moment où Brenner est à Londres, les poètes prolétariens comme Morris Rosenfeld ou Dovid Edelstadt tentent à New York de traduire en rimes l’exploitation des immigrants juifs tout juste débarqués du bateau. Ce sont ces poètes que Kafka introduit en 1912 dans son Discours sur la langue yiddish auprès de son public de juifs pragois assimilés.

Tentons à notre tour de poursuivre quelques fils à partir de la trame évoquée par le livre. En ce qui concerne la presse yiddish, dont les tirages augmentent régulièrement, Rosie Pinhas-Delpuech mentionne Morris Winchewski, journaliste et poète prolétarien ; après son séjour à Londres il aide Abraham Cahan à New York à fonder le Forverts, le Jewish Daily Forward, qui accompagnera l’évolution de la société juive américaine tout au long du XXe siècle. Lamed Shapiro, l’auteur yiddish des pogroms et de New Yorkaises a, quant à lui, rencontré Brenner à Londres en 1905, lorsqu’il y fait une longue escale en chemin vers l’Amérique. Il l’évoquera après la mort tragique de l’écrivain dans un chapitre de son recueil d’essais, Der Shrayber geyt in kheyder (L’écrivain va à l’école), mentionnant au passage la figure de Rudolf Rocker qui retient longuement l’attention de Rosie Pinhas-Delpuech, intéressée par ce melting-pot interculturel. Anarchiste allemand, il apprend le yiddish et fréquente les typographes juifs, et Shapiro évoque également son rôle à l’Arbeter Fraynd, le journal anarchiste, puis dans la création d’un journal concurrent, l’Arbeter Velt, dont Brenner assure en grande partie, semble-t-il, la rédaction en yiddish. Lamed Shapiro, comme Kafka, a des affinités électives avec Brenner, par son nietzchéisme de jeunesse, son pessimisme radical, son nationalisme spirituel lié à la notion d’autodéfense, mais surtout à la cause des opprimés : ce peuple dont Brenner dit qu’il est à la fois sans terre et sans langue ; ce qui peut sembler paradoxal pour une communauté souvent polyglotte, mais dont Kafka fait à son tour une des caractéristiques principales des littératures mineures et des écrivains juifs condamnés à l’exil intérieur.

On pourrait ajouter à titre d’exemple supplémentaire de cette proximité entre intellectuels, par-delà le choix des langues, qu’Aaron Zeitlin, l’un des plus grands poètes yiddish, écrit en 1927 un drame intitulé Brenner, précisant dans une didascalie qu’il s’agit d’une restitution « imaginée » de la figure de l’écrivain. Cependant, il a pu s’inspirer des souvenirs de son propre père, Hillel Zeitlin, ami de jeunesse de Brenner à Homel, en Russie, lorsque le jeune auteur hébraïque est à la fois « amant de Sion », bundiste et par-dessus tout, écrit Zeitlin père, tolstoïen. La pièce écrite après le voyage en Palestine d’Aaron en compagnie de son frère très peu de temps avant la mort de Brenner, nous livre une image radicalement désespérée et nihiliste de cet alter ego de l’écrivain, évoquant par moment un Otto Weininger par la haine de soi, la défiance envers les femmes et l’amour-haine ambivalent projeté sur le peuple juif, dont il assure porter douloureusement le destin collectif sur ses épaules.

On retrouve là une des images fortes du livre de Rosie Pinhas-Delpuech, qui fait de Brenner le porteur de la langue et des livres à destination d’un peuple à venir, celui qu’il ne fait que pressentir, tel Moïse qui ne verra pas s’ouvrir devant lui la Terre promise (l’identification implicite entre Moïse et Brenner est très présente dans le livre et mériterait un développement à part). Résonnent alors pour nous les dernières phrases de ce texte inspirant : « Brenner est un horizon. Il est rare que dans toute l’histoire de l’humanité un homme ait pris une langue sur son dos pour sortir de la détresse et la faire vivre pour lui et pour les autres. Avec la pente toujours proche et le compte jamais fini ».

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Escrito Claudio Ferrufino-Coqueugniot

Jueves que parece sábado. Será porque salimos con mi hija Emily, como hacemos cada fin de semana. Brilla el sol de noviembre radiante. Feriado federal. Emily trabaja para el Ministerio de Empleo. Parece sábado. Husmeamos tiendas de segunda, por vasos e interesantes chucherías. Consigo tres discos: Carlos Gardel, folklore eslovaco, Renaud, canción francesa. “Varón pa´ quererte mucho”, milonga sentimental que arrolla ahora el acordeón eslavo. Comemos un tipo de empanadas uzbekas y armenias. Sabrosas. El café se escurre; el chocolate se queda en la campanilla, pegado.

Llego a casa. El ventanal es todo un sol. La mansión Cass apenas se puede ver con el brillo. La fotografío, juego con el teléfono para que la imagen salga desde el fondo de la claridad. De pronto, entre los árboles, casi fantasma, aparece la chimenea. El tronco grande enfrente presenta jaspes de lepra blanca. He atrapado la luz, la he apartado, mejor, como cortina para hurgar en la imagen detrás.

Suenan las cuatro. Horas han pasado. Converso con amigos, escribo, leo pasiones de Julia Roig, miro la estatua de Sholem Aleichem en Kiev; derriban su última casa, el patio donde creó al lechero de su pueblo mítico. Suenan las cuatro de la tarde y un tango eslovaco. Polvo de Joseph Roth, de Kafka, de Franz Werfel y Julius Fučík. Pero, con tristeza lo digo, feudo de Heydrich y Frank, también. A las cuatro y cinco debo encender la luz. Una inmensa nube se ha posesionado del presente. Anoche escuchaba en mi periplo nocturno del otro lado bandas militares checas, del tiempo del comunismo. Melancolía austrohúngara, el mundo de ayer inmiscuido y sin vuelta atrás en la pétrea córnea andina que es mi marca, mi mácula y mi bendición.

Corto este fluir para escuchar el mensaje de Miriam. Estuve en el velorio de Angélica, dijo, y fue tan emotivo. Su hermano habló del “más feliz período de ella, cuando trabajó en Fragmentos”. Mencionó nombres que sabemos los que sabemos y leyó mi breve homenaje. Terminaba de leer, y sobre el féretro se alzó la voz de Cesária Évora, desafiante, bailante. Los años dieron un giro y otra vez estuvimos todos, atareados con ollas y sartenes algunos, con cachaza y tequila los otros, mientras la morna en su faz de saxofón navegaba contra viento y marea desde las islas verdes del cabo hasta la sequía de Alalay donde se habían reunido para despedirla.

Nada somos, mienten, porque todo lo somos.

 

[Fuente: http://www.lecoqenfer.blogspot.com]

El 72,2% tenen el català com la llengua habitual principal

La ciutat de Tortosa

La ciutat de Tortosa

Segons l’’Enquesta d’usos lingüístics de la població de Catalunya’ del 2018, el 62,0% dels habitants de les Terres de l’Ebre inicia les converses en català ‘sempre’, i el 19,2% ho fa ‘sovint’. És a dir, el 81,2% dels habitants d’aquestes comarques utilitza el català predominantment per començar les converses. Aquestes xifres contrasten amb les del conjunt de Catalunya, que indiquen que només el 23,6% dels habitants inicia les converses en català ‘sempre’, i només el 28,9% inicia les converses en català ‘sovint’.

Les Terres de l’Ebre són el territori de tot el domini lingüístic on el català es conserva més. El 66,7% dels habitants són catalanoparlants nadius (el 68,5%, si s’hi compten els bilingües nadius) i el 72,2% tenen el català com la llengua habitual principal (la xifra creix fins al 76,6% si s’hi inclouen els bilingües habituals), mentre que a Catalunya aquestes xifres baixen de mitjana fins al 31,5% i el 36,1%, respectivament. A més, una majoria d’ebrencs parla o bé en català exclusivament o bé més en català que en castellà en tota mena d’àmbits: als bancs i les caixes, als centres sanitaris, a les botigues, als grans establiments comercials i fins i tot a les seus de l’Administració estatal. En contrast, en el conjunt del país l’ús del català no és predominant en cap d’aquests àmbits.

[Font: http://www.racocatala.cat]

¿Qué beben Maqroll y el gato de Opio en las nubes? Este es el universo literario de los tragos.

Álvaro Mutis, en su estudio, y un brindis por los grandes tragos de Maqroll El Gaviero. FOTO: AFP

 

Escrito por FERNANDO GÓMEZ ECHEVERRI y CARLOS RESTREPO*

La literatura está llena de borrachos y de escritores borrachos hasta la perdición. El librero Felipe Ossa recuerda el mito de Edgar Allan Poe y Baudelaire que bebían para sacar algo que llevaban muy adentro de su ser. “Tal vez la inquietud de la inspiración de la fuerza creadora que los devoraba. Los poetas malditos, con Verlaine a la cabeza, fueron consumidores fervorosos de ajenjo”.

La historia de la literatura norteamericana está poblada de escritores que recurrieron al whisky con absoluta dedicación. O a cualquier otra bebida que sacara el demonio que tenían dentro.

“Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, el dramaturgo Tennessee Williams, John Cheveer, Raymond Carver, Truman Capote, Charles Bukowski, el último escritor maldito de la literatura norteamericana, que todos los días, religiosamente, se bebía una caja de cervezas y una botella de whisky o de vino barato; James Ellroy, maestro de la novela negra; Jack London, el autor de ‘El llamado de la selva’ y que, entre otras cosas, escribió una novela autobiográfica sobre un alcohólico. O William Faulkner, que no bebía mientras escribía, sino cuando terminaba de escribir una de sus novelas. John Fante y su hijo Dan, ambos apasionados de la escritura y de la borrachera”, dice Ossa.

El librero de la Nacional va más allá para recordar a célebres escritoras que, a la par de sus colegas hombres, no se quedaron atrás en el arte de “empinar el codo”.

“Dorothy Parker, la irónica y mordaz cronista americana, habitual columnista de revistas como ‘Vanity Fair’ y ‘The New Yorker’, era famosa por su consumo de martinis y murió en la habitación de un hotel a la edad de 74 años, acompañada de su perro y de una botella de whisky escocés. La inquietante Patricia Highsmith, autora de las más violentas novelas del género negro, mantenía una botella de vodka sobre su mesa de noche. La hermosa y talentosa Lucía Berlin, autora de brillantes relatos y cuentos, tuvo una vida azarosa y fallida en sus relaciones sentimentales, (se casó tres veces), y se abrazó al alcohol para huir de la crudeza de la vida diaria”, recuerda Ossa.

Literatura y licor

Los célebres cócteles de Maqroll El Gaviero, que recopiló el escritor Antonio García. Foto: archivo particular

Los cócteles de Álvaro Mutis

El tequila es una pálida llama que atraviesa los muros y vuela sobre los tejados como alivio a la desesperanza”, Álvaro Mutis

Mutis fue un gran bebedor; su poema sobre el tequila tiene tanta belleza que para leerlo como se debe –o para hacerlo como se bebe la gran literatura– hay que tener una copa, o una botella de Jimador o de Herradura reposado, para disfrutarlo hasta la última gota. Antonio García detectó la sed de Mutis y la pasión etílica de su alter ego literario y escribió un librito delicioso: ‘Jumma de Maqroll el Gaviero, una lectura etílica’.

El ensayo de García, con ilustraciones de Samuel Castaño, además de presentar los grandes cócteles que disfrutan Maqroll, Ilona y compañía, como el blanc cassis y el negroni, presenta un largo y detallado viaje por los tragos que disfruta y sufre el Gaviero en sus novelas: brandy, vino blanco de Bosnia, gin tonics o una “cerveza floja y de sabor ligeramente medicinal que se anunciaba por caminos y ciudades”.

“Maqroll –recuerda García con su Jumma en la mano– está salpicado de trago por todos lados. En ‘La última escala del Tramp Steamer’, que es un barco muy antiguo, destruido, el capitán le cuenta a Maqroll toda esa novela entre tragos de vodka y jugo de pera”.

Licor y Litertura

El libro de Antonio García y el de poemas de Mutis, que incluye su oda al alcohol. Foto: Fernando Gómez

“Mutis siempre reniega del aguardiente, que considera un trago que disuelve los sesos, como escribe en algún lugar. Con la excepción del arak, que es una forma de aguardiente, y que es el único que salva de todos los de su tipo. El vodka, por otro lado, es un trago que permite la intimidad de sus personajes. Recordemos que Maqroll se pega una jincha con Obregón, que compara el ron Tres Esquinas, ‘un tanto a la ligera’, con el vodka. En cambio, el whisky, para él, es un trago social, de beber con los amigos, de tener borracheras grandilocuentes y exaltadas. De conversaciones profundas, mamadera de gallo y delirios”, anota García.

Rosario Tijeras y el Colombian Psycho

Rosario Tijeras

Rosario Tijeras. Foto: RCN Televisión

En casi todos mis libros tengo personajes que beben mucho. Como mis historias se desarrollan en Medellín, casi todos son bebedores de aguardiente, como corresponde”, dice Jorge Franco.

“‘Rosario Tijeras’ bebía aguardiente en sus rumbas, también para matar el dolor y el despecho, y lo mezclaba con drogas cuando tenía alguna tarea criminal. En ‘Melodrama’, Perla, la protagonista, no suelta la botella. Bebe aguardiente desde que se levanta hasta que se acuesta. Incluso cuando se muda a París, hace que le manden algunas botellas. Solo con el aguardiente puede soportar el tedio de vivir en París, y el desespero por la ausencia de su hijo Vidal. ‘En Paraíso Travel’, la madre de Reina, Raquel, se la pasa borracha y bebe de lo que pueda conseguir en los Estados Unidos, donde vive. En mi última novela, ‘El cielo a tiros’, los protagonistas celebran la noche de la Alborada a punta de aguardiente. El tiempo presente de la novela, que equivale a dos noches, se la pasan bebiendo, al igual que los otros miles que en Medellín también celebran la Alborada. La madre de Larry, Fernanda, mezcla licor con drogas, solo así puede soportar su descenso de la riqueza a la clase media”, dice el escritor colombiano.

Otro escritor colombiano, Santiago Gamboa, afirma que sus personajes suelen concluir que la vida es demasiado áspera y compleja sin un trago. “‘Esto a palo seco es muy duro’, dicen muchos”.

“En ‘Plegarias nocturnas’, por ejemplo, el cónsul y una diplomática mexicana están siempre por servirse un trago de gin, lo mismo que en ‘Será larga la noche’ y en ‘Colombian Psycho’, donde Julieta, la investigadora amante de la ginebra, podría haber escrito una crónica paralela llamada: ‘Diez días que estremecieron a Bombay Sapphire’. Silänpa, el de ‘Perder es cuestión de método’, es un bebedor de whisky despechado, y en ‘El síndrome de Ulises’ los personajes, cuando se les acaba el licor, disuelven el dentífrico en agua para emborracharse”, recuerda el autor bogotano.

Licor y Litertura

Los cocteles de Maqroll, reunidos por Antonio García. Foto: Archivo particular

Hemingway: ‘el papá’ de las borracheras

Hemingway –un bebedor que iluminó con su presencia bares de leyenda como El Floridita en La Habana, o el Harry’s Bar de Venecia– narró como pocos los desastres y la poesía del alcohol.

Sus personajes dejan sus botellas de vino en riachuelos para mantenerlos fríos para luego beberlos con una trucha asada en una fogata; hay algo idílico en sus tragos, pero cuando narró los horrores del gin tonic, el vino y el whisky, se ensañó en la figura de su gran amigo: Francis Scott Fitzgerald.

En ‘París era una fiesta’ hay dos narraciones en las que el pobre Scott cae fulminado por la bebida. En sus excursiones por la campiña francesa, el autor de ‘El gran Gatsby’ (donde sus personajes beben como dioses), termina tirado en la cama y sin memoria. Hemingway narra cómo pierde el conocimiento después de una botella de montagny, cómo se pone triste e hipocondríaco con el whisky y pide sin cesar un termómetro para comprobar que no está cerca de la muerte, “cualquier cosa que bebiera parecía estimularlo en exceso y luego envenenarle”.

Fitzgerald y su esposa Zelda, otra bebedora de miedo, tuvieron finales espantosos. Su vida como pareja estuvo marcada por los tragos. Vivieron de borrachera en borrachera en los locos años 20 y una década después. Zelda murió en un incendio en un hospital psiquiático y Fitzgerald murió a los 44 años. Hemingway, por su lado, nunca dejó de beber, con los años empezó a perder la memoria y esa incapacidad tan notable para un escritor –tanto como la impotencia– lo llevó a meterse en la boca una escopeta de doble cañón y a dispararla con el dedo gordo del pie. O al menos esa es una de las tantas teorías de los motivos de su suicidio, pero además de sus obras y de su leyenda, dejó grandes cócteles.

Ernest Hemingway

Ernest Hemingway haciendo lo que más le gustaba, luego de escribir. Foto: Getty Images

Hemingway solía decir: “Mi mojito en La Bodeguita, mi daiquirí en La Floridita”. El investigador literario Juan Camilo Rincón sostiene que no se sabe bien si esta frase ha evolucionado a eslogan de mercadeo o si realmente la dijo el escritor estadounidense.

“El hecho indiscutible es la adoración del autor de ‘Adiós a las armas’ por el coctel que, según cuentan, creó en 1898 el ingeniero norteamericano Jennings Cox con los ingredientes que tenía a la mano para agasajar a un visitante: Bacardí Carta Blanca, azúcar y limón y que fue bautizado como daiquirí, en honor de la bahía de la provincia santiaguera donde trabajaban. La receta pasó por muchas manos entre hoteles y tabernas hasta llegar, décadas después, al cantinero Constantino Ribalaigua Vert, del bar habanero La Florida o Floridita”, cuenta Rincón.

En sus indagaciones, Rincón encontró que en su paso por La Habana en 1928, Hemingway se topó con las cinco variantes que el coctelero catalán hizo de la creación de Cox. La clave del éxito: hielo triturado (no en cubos), limón exprimido a mano, y adiciones como licor de marrasquino, un toque de jugo de naranja e incluso granadina. Por las limitaciones que le imponía la diabetes, el autor pidió una versión menos dulce y más cargada de alcohol. El resultado: el famoso cóctel ‘Papá doble’ (papá por el apodo con el que ya era conocido, y doble por la dosis reforzada del licor).

“Y aunque la historia del mojito de La Bodeguita del Medio no tiene tanto color como su daiquirí en Floridita, el deleite de Hemingway por el alcohol tuvo otro correlato que vale la pena reseñar. Su libro sobre las corridas de toros, ’Muerte en la tarde’, fue inspiración para un cóctel con el mismo nombre, que el mundo conoció en el libro ‘So Red the Nose or Breath in the Afternoon’, una colección de preparaciones creadas por autores famosos. La receta, sencilla, estaba compuesta por absenta champaña helada, de la que el escritor sugiere ‘beber entre tres y cinco, lentamente’”, cuenta Rincón.

Malcolm Lowry

Bajo el volcán’ es parte de una trilogía que Malcolm Lowry nunca vio publicada: ‘Piedra infernal’ y la recientemente recuperada ‘Rumbo al mar Blanco’. Foto: Getty Images

Malcom Lowry y El fin de semana perdido

En 1944, Charles Jackson publicó la primera novela en la que un borracho y sus borracheras son el centro de la trama. En ‘The Lost Weekend’ (traducida al español como Días sin huella), Don Birman, su protagonista, pasa un fin de semana en Nueva York –luego de engañar a su hermano y a su novia para que lo dejen solo– y se entrega a la bebida de una forma brutal. Jackson expone todas las miserias de un alcohólico.

Birman es escritor y en una de las escenas más desesperadas de la novela atraviesa la ciudad para tratar de empeñar su máquina de escribir. En otro momento intenta robar el bolso de una mujer en un bar para tener dinero y beber más. Se rompe la cabeza –como todos los borrachos que pierden en el equilibrio– y termina en un hospital con un ojo destrozado. En su apartamento, sin comer, sin control, se orina en los calzoncillos y no es capaz de pararse para quitarse la ropa.

Jackson escribió otras novelas, pero ninguna tuvo tanto éxito, y en sus últimos años vio cómo terminaba convertida en libro de texto de Alcohólicos anónimos.

‘The Lost Weekend’ fue llevada al cine por Billy Wilder y ganó el Oscar como mejor película en 1946. La escena del delirium tremens, en la que aparecen una rata y un murciélago, resulta inolvidable, pero tal vez la que resume la agonía del protagonista, tanto en la novela como en la película, es un instante de desespero en el que trata de ‘exprimir’ varias botellas vacías para llenar una copa gota por gota.

La fama desbordada del libro y la película llevaron a la desesperación a uno de los santos patrones del alcohol, el autor de Bajo el volcán, tal vez la novela etílica más famosa de todos los tiempos.

Licor y Litertura

‘Días sin huella, de Charles Jackson, y ‘Bajo el volcán’, la obra cumbre de Malcom Lowry. Foto: Fernando Gómez

Malcom Lowry todavía no terminaba de escribir su obra maestra, la que debería ser la primera gran obra de un borracho, cuando apareció la novela de Charles Jackson. Lowry bebió y bebió, y bebió de despecho, pero logró reponerse y terminó ‘Bajo el volcán’.

Su protagonista no solo bebe Johnny Walker, cerveza tequila, sino mezcal: litros y más litros de mezcal. Geoffrey Firmin, el cónsul inglés en Quauhnáhuac, bebe durante casi 500 páginas sin descanso. La novela tiene frases inmortales como “¿Qué belleza puede compararse a la de una cantina en las primeras horas de la mañana?”, y su tragedia –como no– finaliza con una borrachera atroz y una oscuridad innombrable. Lowry murió totalmente alcoholizado una década después de que se publicara ‘Bajo el volcán’. Apenas tenía 48 años.

Existe una glorificación social hacia la figura del escritor borracho”, dice el escritor colombiano Martín Franco, autor de una novela autobiográfica en la que explora los demonios alcohólicos de su padre y su hermano.

“Lowry, Hemingway, Faulkner y otros autores son vistos como figuras a emular antes que como aquello que en realidad eran, al menos en muchos casos: víctimas del alcoholismo. En ‘La huella de los días’, un ensayo autobiográfico sobre sus problemas con la bebida, la estadounidense Leslie Jamison desmitifica esa imagen del escritor beodo y expone una realidad mucho más prosaica: muchos de los grandes narradores vivían atormentados por sus excesos y varios de ellos —Carver, digamos— lucharon para dejar atrás esa reputación que la sociedad les celebraba. En ‘La sombra de mi padre’, el libro que escribí el año pasado, el alcohol es una presencia que, en lugar de celebrar la influencia que puede ejercer en un escritor, se centra su faceta más problemática. Jamison lo resume bien cuando se refiere a los escritores y la bebida: ‘[tenía] la convicción de que esos horrores no eran el motor de la creatividad, sino su camisa de fuerza’”.

Licor y Litertura

Hammett, Carver y MacDonald, crearon los detectives más rudos. Y todos amaban del whisky. Foto: Fernando Gómez

Los detectives también beben

Dashiell Hammet, Raymond Chandler y Ross MacDonald crearon los detectives más famosos de la novela policíaca. Es imposible pensar en Sam Spade, el detective de Hammett en El Halcón Maltés, sin un whisky aterciopelado en la mano, solo que en su caso, fue su perdición. Una de las pocas escenas en la que lo humillan y cae al piso nace de su afición por el trago. “Esta clase de medicina nunca le hará daño, caballero”, le dice su enemigo. Spade se lo toma de un tirón y queda intoxicado y a merced de un matón que no duda en romperle la cabeza.

Chandler creó a Philip Marlowe y en sus novelas no es extraño encontrárselo con una copa y un tablero de ajedrez en sus horas solitarias. Toma bourbon como los tipos duros y, como el James Bond, de Ian Fleming, también siente debilidad por los martinis.

Tom Nolan, un estudioso de la obra de Ross MacDonald, hizo un perfil de su detective Lew Archer y, en lo referente a los tragos, escribió:

“Bebió alcohol, más o menos con moderación, toda su vida. ‘Me gusta beber’ (El enemigo insólito), reconoció en torno a 1968. Los brebajes y pociones que Lew bebió a lo largo de los años incluían bourbon, scotch con soda, whisky (Bushmill’s, Jack Daniel’s), whisky con agua, ginebra con hielo, gin-tonic, licor Benedictine, martinis (en la cena), champán rosado (para celebraciones), cerveza Black Horse, Guinness Stout, Lowenbrau negra, y cerveza del montón”.

En los últimos años, el personaje más carismático de la novela negra no es un tipo duro de Los Ángeles o de San Francisco, sino un policía grandulón de Oslo. El escritor noruego Jo Nesbo ha publicado varias novelas con su detective Harry Hole. Ha resuelto crímenes como el de ‘El muñeco de nieve’ y, cada vez que uno se sumerge en sus aventuras, puede sentir la resaca en su cuerpo. Es, por supuesto, otro bebedor empedernido.

Andrés Caicedo

Andrés Caicedo, escritor caleño. Foto: cortesía archivo personal de Rosario Caicedo

El gato alcohólico y otros dispsómanos colombianos

“Amarilla se sienta bajo un árbol y saca una botella de whisky. Toma un sorbo y ensopa su mano con el whisky y yo le lamo la palma lentamente, sin afán”. El dueño de la frase es Pink Tomate, el gato de Amarilla, el narrador de ‘Opio en las nubes‘, la inolvidable novela de Rafael Chaparro Madiedo, una novela que, en todo sentido, es alcohol y poesía pura. Todos los protagonistas beben tragos de todos los colores y al gato le gusta el olor del vodka con las flores.

En ‘¡Que viva la música!’, de Andrés Caicedo, además de hongos y varios kilos de marihuana, los personajes de la novela no cesan de “bogar” aguardiente, el trago nacional por excelencia. En algún momento, María del Carmen Huerta, su protagonista, lanza una frase reveladora: “8 de cada 10 colombianos tienen el hígado como un estropajo”.

La literatura colombiana está llena de aguardiente y tragos. Ni siquiera Rimbaud, que buscaba “licores fuertes como el metal hirviente”, tendría tanto hígado para soportar los excesos del barco ebrio de una larga galería de borrachos colombianos.

“En mis novelas”, dice Álvaro Robledo, autor de la etílica ‘Nada importa’, “los personajes toman de todo, como yo, desde aguardiente a cerveza, pasando por vino o whisky. Como siempre, lo dice mejor León de Greiff (presencia y faro en mis libros) en su ‘Canción de Sergio Stepansky’:

En el recodo de todo camino
la vida me depare el bravo amor:
y un vaso de aguardiente, ajenjo o vino,
de arak o vodka o kirsch, o de ginebra;
un verso libre -audaz como el azor-,
una canción, un perfume calino,
un grifo, un gerifalte un búho, una culebra…
(y el bravo amor, el bravo amor, el bravo amor!)

Por su lado, Ignacio Escobar, el protagonista de ‘Sin remedio’, de Antonio Caballero, da comienzo a todas sus desgracias por una borrachera infernal que termina en un prostíbulo.

Emilia Pardo Umaña

Emilia Pardo Umaña. Foto: archivo EL TIEMPO

La escritora caleña Pilar Quintana, reciente ganadora del Premio Alfaguara de Novela con ‘Los abismos’, recordó que hace poco estuvo editando el legado de la escritora y periodista colombiana Emilia Pardo Umaña.

“Era una autora extraordinaria, y en una época en que se consideraba mal que las mujeres no se dedicaran a los hijos y al esposo, y que trabajaran, ella se dedicó a escribir en EL TIEMPO y en El Espectador. Pero además iba a los cafés, con los escritores hombres, y tomaba. Por eso me gustaría mucho destacarla, porque fue una escritora muy de avanzada, como la primera periodista profesional, y además una a la que le gustaba tomar y emborracharse”, sostiene.

Quintana también recuerda algunos tragos de sus personajes. “En ‘Cosquillas en la lengua’, la personaje -que se llama Pilar Quintana- toma gin tonics. Y cada vez que toma uno, este le hace cosquillas en la lengua y por eso la novela se llama así. Mientras que en ‘Coleccionistas de polvos raros’ hay cabalgatas y toman aguardiente, cerveza y tequila. Son bastante tomatragos”.

Charles Bukowski

Charles Bukowski nació en Andernach (Alemania) el 16 de agosto de 1920 y murió en Los Ángeles, el 9 de marzo de 1994. Foto: Getty Images

El diario del ron y su majestad Bukowski

Hunter S. Thompson es recordado sobre todo por Miedo y asco en Las Vegas y sus excesos con las armas de fuego, los alucinógenos y todo tipo de drogas, pero en su producción literaria hay un libro que es una joya para los dipsómanos: ‘El diario del ron’, una novela autobiográfica, muy al estilo Gonzo, en el que Thompson deja los Estados Unidos y se establece en Puerto Rico para trabajar en el San Juan Daily News y, por supuesto, se bebe todo el ron de la isla; leer la novela en una playa con un ron con coca cola es un placer que todo borracho se debe dar. Thompson, vale la pena recordarlo, desayunaba con un whisky y un cigarrillo y luego pasaba a otras sustancias menos ‘ligeras’.

Georges Simenon, el maestro europeo de la novela negra, escribió ‘El fondo de la botella’, un drama de hermanos entregados a la bebida. Alan Sillitoe le levantó un verdadero monumento a los pubs, a la ginebra y a la cerveza en ‘Sábado por la noche y domingo por la mañana’. Truman Capote escribió en su autoentrevista ‘Vueltas nocturnas. O experiencias sexuales de dos gemelos siameses’: “Soy alcohólico. Soy drogadicto. Soy homosexual. Soy un genio”. Y en su inolvidable retrato de Marylin Monroe, cuenta cómo la emborracha con champaña para que le suelte los nombres de sus amantes. James Joyce, el genial autor de ‘Ulises’, se declaraba a sí mismo un perdido, que no podía evitar la tentación del licor, y Kingsley Amis, gran novelista y cuentista, y padre del también escritor Martin Amis, decía: “En la práctica no me levanto sino hasta la una o una y cuarto, entonces salgo y aparecen la nicotina y el alcohol”. Amis, por cierto, tiene un libro que todo amante de los tragos debe tener en su biblioteca: ‘Sobre beber”. Y, como recuerda Santiago Gamboa, dijo que la mejor descripción de un guayabo era el principio de ‘La metamorfosis’, de Kafka.

Nobel rechazado

Jean-Paul Sartre, escritor francés. Foto: archivo particular

Jean-Paul Sartre, por su lado, “no solo bebía en abundancia”, como recuerda Felipe Ossa, « sino que recurría a las pastillas, como el Corydrane, y se tomaba veinte al día. Su dieta de todos los días, consistía en dos paquetes de cigarrillos, varias pipas de tabaco negro, vino cerveza, vodka, whisky, doscientos miligramos de anfetaminas, café, aspirinas y barbitúricos. Era una apuesta entre su obra filosófica y su salud”.

Pero sin duda, el maestro de la literatura canalla del alcohol, fue Charles Bukowski. En sus novelas, su alter ego, Henry Chinaski, bebe sin freno. “A través de él”, escribió Eduardo Arias en un artículo para EL TIEMPO, “describió sus distintas experiencias de vida, marcadas por la marginalidad, soledad, peleas callejeras, fracasos amorosos, cientos de horas muertas en el hipódromo de Santa Anita, la oscura suciedad de habitación cochambrosa, borracheras provocadas por el vodka y el vino barato y, como contrapeso a esos ambientes rudos, la música de grandes compositores de música clásica que salían del parlante de algún radio destartalado”.

En 1987, Barbet Schroeder hizo una preciosa película basada en Bukowski, ‘Barfly‘ (Mariposas en la noche), con Mickey Rourke, pero el filme más poético sobre borrachos es Leaving Las Vegas, de Mike Figins, protagonizada por Nicolas Cage, y basada en la novela autobiográfica de John O’Brien.

Hay tragos buenos y tragos malos, pero los malos pueden ser una pesadilla de ciencia ficción. En ‘1984‘, de George Orwell, además de todas las miserias del Gran Hermano, lo que más sufre el protagonista es la mala ginebra y la pésima cerveza que tienen como dotación los ciudadanos de lo que alguna vez fue Londres. En Argentina, hace poco, María Moreno publicó Black Out, todo un tratado contemporáneo y personal de bares e intelectuales borrachos en Buenos Aires.

Los japoneses también beben. Álvaro Robledo, experto en literatura nipona, recuerda a tres escritores que supieron entregarse a la bebida, en particular al sake, su delicioso trago nacional: Osamu Dazai, que se suicidaría (luego de cinco intentos) con una amante a los 39 años; Ango Sakaguchi, que pertenecía con Dazai al grupo Buraiha, o de los decadentes; y Ryu Murakami y su novela ‘Azul casi transparente’.

“En la poesía”, dice Robledo, “no puedo dejar de mencionar al magnífico Santoka Taneda, vagabundo, mendigo también, que escribió el bello haikú Bajo la Vía Láctea:

danza en plena noche
borracho perdido.

Se quedan muchos borrachos por fuera, pero como dice Felipe Ossa, es que “el arte es largo y la vida es breve”.

[Fuente: http://www.eltiempo.com]

hs

 

Escrito por Ángel Kalenberg

El rostro concentra la presencia de cada persona. Tanto que en las sociedades occidentales, el carozo de la identidad (todavía) se ubica más que nada en el rostro. Y el rostro es también el que hace patente la ligazón social, y la del individuo con su mundo. Según el filósofo francés Emmanuel Lévinas, la propia palabra rostro hace referencia a la presencia. Pero, advierte, no debemos confundir presencia con representación. En la representación del humano por el rostro se ha querido ver una suerte de texto jeroglífico cuya decodificación permitiría alcanzar la verdad que debía anidar detrás de la expresión y alcanzar también lo que la individualiza. Sobre ese texto, desde Leonardo (“los rastros del rostro muestran en parte los rasgos de la naturaleza de los hombres, sus vicios, su complexión”) a las efigies cortesanas de Le Brun, los artistas habrían tratado de decodificarlo aplicando una fisiognomía de las pasiones y otros.

Un ejemplo de esta postura lo brinda el pastor suizo Lavater, quien sostuvo en sus ‘Fragmentos fisiognómicos’ (escritos entre 1775 y 1778, ellos se beneficiaron de la contribución de su amigo Goethe y del grabador Chodowiecki), que “el lenguaje original de la naturaleza, escrito en el rostro del Hombre” podía ser descifrado por la fisiognomía, la que se convertiría en una segura aproximación a los secretos del alma, pues “consiste en deducir las costumbres del carácter de la forma del rostro, de la línea del cuerpo y del aspecto general” (Aulo Gelio, Noches áticas). Claro que en la actualidad, y a partir de las alteraciones faciales y corporales resultantes de la cirugía estética, tales correspondencias dejaron de ser certeras, si es que hay motivos para pensar que alguna vez lo fueron.

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Un pintor que no es un fisiognomista es un pobre pintor, llegaría a afirmar Diderot. Dos siglos más tarde, se dirá que el rostro es una “gramática del inconsciente”, es decir, que refiere a lo otro del rostro, lo soterrado, que subvierte la visibilidad de la cara, su identificación visible. (Michel Butor habría de escribir: “Si por azar… un espejo me devuelve mi rostro, necesito cierto tiempo para admitir que es el mío”). Más acá, para el deconstructivista Jacques Derrida “la exterioridad es constitutiva de la interioridad”. Entonces habría que decir más bien que el rostro sería –a un tiempo– el lugar de la verdad y de la simulación, porque también es la superficie donde se inscriben rasgos, marcas, manchas y colores que, arregladas con intención en un cierto orden, componen una ficción del ser, aquello que el sujeto no es y cree ser, o quiere que otros crean que es; es entonces que ser y parecer pueden estar divorciados.

Además, el hombre que se interroga por su identidad se aleja más y más de toda certeza porque el rostro que contempla en el espejo es el ejemplo de la fragilidad, dada esa metamorfosis que es la vida que corre pareja con el tiempo.

A pesar de todo, el rostro humano, sostendría Antonin Artaud hacia 1947, “todavía no ha encontrado su cara […], lo que quiere decir que la cara humana, tal como ella es, se sigue buscando aún en unos ojos, una nariz, una boca y dos cavidades oculares, y también, en el pelo, que es o que ya fue”.

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El rostro: línea, plano, color

En los dibujos de Sábat primero fue el rostro, y solo tiempo después aparecerán presencias de cuerpo entero. Pero el rostro concentrado en las caricaturas, esa variante del retrato que generalmente se centró en el rostro, y que Sábat, generalmente también, exagera, desarrollando lo grotesco hasta los límites de lo fantástico.

La caricatura es la vía que intenta abrir la naturaleza esencial, dice qué (y cómo) debe verse en lo visible de otro, intenta revelar al verdadero hombre detrás de la máscara y mostrar lo ‘esencial’, que para la caricatura suele ser del orden de lo oscuro del ser. Según Ernst Kris, el caricaturista busca y redondea la perfecta deformidad y así delata, cree él, cómo el alma del hombre estaría expresada en su cuerpo, lo que sería cierto solamente si la materia fuera plegable a las intenciones del artista.

Bien se podría sostener que los trabajos caricaturescos de Sábat ponen en marcha lo que Gombrich ha denominado la falacia patética, y que ella le induce a buscar, a enfrentarse a todo cuanto lo rodea, escudriñando, desnudando e interrogándose constantemente con la única pregunta vital: ¿eres algo favorable u hostil, una “cosa buena” o “una mala”? Y lo que encuentra lo pone a la vista del espectador.

Captura de pantalla 2018-10-03 a la(s) 16.56.49Las caricaturas de Sábat acentúan algunos rasgos de sus personajes, deforman, pero lo necesario para traducir una intención sin violentarlos, manteniendo siempre el contorno de la forma de los rostros.

A diferencia de otros caricaturistas, a Sábat caricaturista no le preocupa estudiar las posibilidades de metamorfosis del cuerpo humano (pese al notable retrato que le dedicó a Kafka, autor de La metamorfosis), ni confundir lo vivo con lo inanimado, ni convertir el cuerpo humano en planta o animal, ni someterlo a los reflejos mecánicos de un espejo deformante, los cuales conforman el repertorio convencional de los rasgos que integran la caricatura. Tampoco le preocupa componer sus figuras a partir de elementos sueltos, a la manera arcimboldesca, y de ese modo evitar la escisión entre naturaleza y ego. Colocado en la vereda de enfrente, Sábat asume que la caricatura toma como centro el ego de los personajes que menta, en tanto los otros lenguajes artísticos le son excéntricos. Y por este camino, pareciera sostener que la caricatura no menoscaba la universalidad.

En tren de buscar paralelos, las figuras de Sábat son cerradas y tienden a independizarse del blanco del papel, mientras las figuras opuestas de George Grosz se afianzan, valorizan, modulan el blanco del papel, al cual este artista le otorga considerable importancia. Son dos maneras de expresar plásticamente la realidad.

Captura de pantalla 2018-10-03 a la(s) 16.59.09Por su parte, el colombiano Fernando Botero infla sus figuras para evitar someterse al lenguaje de las proporciones. Así, la geometría de Botero es topológica. La figura ocupa la totalidad del espacio, no aparece ninguna otra referencia. Cuando Sábat dibuja a Perón/Superman emplea un recurso de la misma índole del utilizado por Botero. Pero en tanto la topología de Botero se puede leer en clave tridimensional (también así puede leerse la del argentino Antonio Seguí), la topología de Sábat se lee en dos dimensiones, manteniendo sus figuras dentro de los límites del plano.

Además de seguir dibujando, lenguaje que no abandonará nunca, en la década de los sesenta Sábat comenzó a pintar. Sus pinturas de entonces estuvieron dedicadas a personajes notables y notorios, de las artes visuales, de la literatura, de la música, de la política: su amigo, el caricaturista Al Hirschfeld; el pope de la crítica de arte de Argentina, Jorge Romero Brest, fumando un habano infinito (El Profesor Ego); Borges, Paco Espínola, Lezama Lima, Louis Armstrong, George Gershwin y Carlos Gardel –el Troesma–, Domingo Arena y Marylin Monroe y hasta el Dr. Sigmund Freud, entre otros muchos, a los cuales primero había cultivado en sus caricaturas.

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El tema del parecido, la cualidad metafísica del parecido, constituye la motivación central de la experiencia de Sábat como pintor. Según sostiene E. H. Gombrich en Meditaciones sobre un caballo de juguete, el artista aporta un esquema –que ha internalizado– para aprehender la realidad. El caricaturista manipula un vasto repertorio de tales esquemas, vueltos conocimiento que aplica y corrige. Los retratos de este Olimpo personal de Sábat alcanzan un grado de humanización trémula que puede contrastarse con el grado de humanización monstruosa que presentan los monumentales retratos del mexicano José Luis Cuevas.

Pinta retratos, y su focalidad puede ponerse lado a lado con la de Carlos Federico Sáez, el retratista por antonomasia del arte uruguayo, y el único, antes de Sábat, en adoptar este punto de vista que concentra todo en el rostro del personaje, cuyo radio de acción es decreciente y tiene menor peso perceptual a medida que se aleja del rostro. Pero mientras la superficie de los retratos de Sáez se resuelve mediante una factura de materia densa y pinceladas largas, cuya textura hace a la expresividad de la obra, los recursos de Sábat suelen rehuir a la materialidad de los pigmentos, a pesar de que en el ‘Retrato de Al Hirschfeld’, por ejemplo, la use, apelando al dripping, el chorreado característico de Jackson Pollock.

Captura de pantalla 2018-10-03 a la(s) 16.59.36Entre nosotros, Joaquín Torres García también afrontó el género retratístico, en una serie dedicada mayoritariamente a notabilidades de la ciencia y la cultura universal, a aquellos a los cuales admiraba, poniendo el acento en el rostro de los personajes. Se los conoce como retratos geometrizados o anamórficos, retratos en los cuales el maestro constructivista deforma según la medida áurea. Torres García (a quien no por casualidad Sábat le dedicó un libro titulado Carta a Torres García, que remata escribiéndole: “Nosotros no podemos evitar su presencia,/ que nos enriquece aunque no nos mejora”) y Sábat deforman: Torres a partir de la geometría, Sábat exteriorizando su subjetividad.

Luego, a comienzos de la década de los ochenta, Sábat deja de lado a los personajes notables y notorios que hasta entonces había instalado en sus lienzos, para ocuparse de seres inidentificables, en la serie de pinturas dedicada a los desaparecidos bajo las dictaduras latinoamericanas, ingresando a través de ellos en un proceso de progresiva abstracción. Antes, la materia, el empaste, le servía para individualizar rasgos de sus modelos; ahora, despersonaliza pictóricamente. Antes le interesaba el rostro como expresión de cada ser humano. Ahora le interesa el rostro como terreno del lenguaje plástico. Trata los rostros de sus retratados de un modo que no desdeñaría un Willem de Kooning para encarar el desnudo: lo desintegra, lo deshace, y luego lo recompone plásticamente. Si bien se libera respecto a los significados implícitos en cada uno de los notables retratados otrora, el instinto del caricaturista está presente y ya el mero hecho de poner el foco en los rostros es toda una definición.

Por otro lado, las torsiones, la manera de conformar, la fragmentación, el juego de planos y la fantasmagoría que alienta en sus figuras revelan, alternativamente, su confesa admiración por Francis Bacon.

En estas telas en las que evoca a los desaparecidos, si bien aplica las herramientas de individuación propias de la caricatura, Sábat se encamina por las generalizaciones que conducen al anonimato. Mientras el grabador Antonio Frasconi, para evitar el retrato, elige como tema personajes encapuchados, Sábat busca lo mismo por la descomposición analítica.

Además, cuando consuma la serie de los desaparecidos, Sábat les aplica un procedimiento que luego utilizará para el paisaje, volcando sobre ellos una fuerza atomizante que pareciera desintegrar la forma (una solución cara a Van Gogh).

A fin de cuentas, la caricatura siempre exhibe un criterio organicista y ello habilita, por ejemplo, a que en irónicas mutaciones sucesivas el rey Luis Felipe de Francia, dibujado en 1832 por Charles Philipon, pueda transformarse en una pera. Pero el tema de los desaparecidos no se presta para la ironía, y es la violencia la que le impone una estructura facetada, alejada de la caricatura. Así Sábat encara sus figuras como si fueran objetos escultóricos (y viene a la memoria que las esculturas de Honoré Daumier son caricaturas).

El carácter secuencial de las telas dedicadas a los desaparecidos suplanta lo que Sábat, antes, lograba apresar y transmitir sintéticamente en una figura sola. La secuencia pareciera capturar las gesticulaciones, una por cuadro, como si estas se desarrollaran morosamente en el tiempo. En la secuencia es posible mantener la identidad de algo que no lo tiene, porque cada una de estas telas actúa por comparación con las inmediatas. De ese modo el conjunto patentiza la paradoja de un excepcional caricaturista que se ha propuesto pintar personajes anónimos y sin carácter, abandonando los medios hirientes, para dar paso a los que concitan lo imaginario.

Parece justificado contraponer las figuras de Sábat con las de Antonio Seguí ateniéndonos a este criterio. Advertiríamos que en tanto las figuras de Sábat reclaman un paisaje conceptual, anticiudadano y amorfo, las figuras que Seguí implanta en sus telas al estar desvinculadas de la fisiognomía, admiten su integración en un paisaje ciudadano (entre la Tour Eiffel de París y el Obelisco de Buenos Aires, por ejemplo, o están inmersos en paisajes de casas, esto es, vinculados siempre a puntos de referencia que guardan relación proporcional con la figura humana).

En este mismo sentido, al analizar las obras de Sábat (dibujos, caricaturas, pinturas), notamos que la abrumadora mayoría tiene como eje el retrato: el rostro y el cuerpo humano. El tercero en discordia es aquí el paisaje, que Sábat recién abordará a mediados de la década de los ochenta, dando curso a la necesidad del creador de alejarse centrífugamente del centro del egocentrismo fisiognómico, del antropomorfismo y de volcarse a la naturaleza. Y lo hace de una manera radical, pues estos paisajes son, temáticamente, abstractos, ya que no refieren a ningún lugar ni uruguayo ni argentino ni de geografía alguna, son paisajes de su invención, que tampoco parecen suscitados por algún recuerdo. Empero, una lectura que tuviera en cuenta lo formal, advertiría que Sábat consuma la representación de la naturaleza con un lenguaje visual que oblitera toda la superficie del lienzo (lenguaje al que Clement Greenberg bautizó all over), mediante el cual lleva al extremo este distanciamiento, evitando ingresar en la total abstracción de las formas.

En estas pinturas, Sábat acude a la materia (casi informal) y, también, al dibujo neto de la silueta, del contorno de las formas que pueblan estos paisajes, y de allí emerge una tensión de opuestos que dota a las obras de gran fuerza expresiva.

Aquí se le abre a Sábat la posibilidad de conciliar el panteísmo de Figari con la visión cósmica de Torres García, valiéndose de su microcosmos. Como si experimentara el cosmos en sí mismo, una suerte de Torres García introvertido.

El sintetismo casi abstraccionista de Sábat, apoyado en la materia, lleva a reconocerle un lejano antecedente en la mancha de Carlos Federico Sáez, así como en la forma de manejar la línea gobernada por la mancha.

Significativamente, la obra titulada Pareja pareciera proponernos el contrapunto de una pareja humana que pone de manifiesto una tensión por individualizarse de ese fondo amorfo de naturaleza que los amenaza. ¿Una suerte de Adán y Eva en el momento de ser expulsados del Paraíso? En definitiva, diluyendo sus figuras en el paisaje, Sábat alcanza una dimensión panteísta, dejando de lado todo aquello de lo humano que no tiene dimensión cósmica.

Sábat y los procedimientos y técnicas artísticas

En este curso desplegado por las obras plásticas de Sábat, y en paralelo con el dualismo de los géneros tensionados entre sí (retrato/paisaje), se encuentra una tensión equivalente en los procedimientos: el lápiz, la pluma, por un lado y el pincel, por otro.

‘Joaquín Torres García’, 1995.

En este mismo sentido, al analizar las obras de Sábat (dibujos, caricaturas, pinturas), notamos que la abrumadora mayoría tiene como eje el retrato: el rostro y el cuerpo humano. El tercero en discordia es aquí el paisaje, que Sábat recién abordará a mediados de la década de los ochenta, dando curso a la necesidad del creador de alejarse centrífugamente del centro del egocentrismo fisiognómico, del antropomorfismo y de volcarse a la naturaleza. Y lo hace de una manera radical, pues estos paisajes son, temáticamente, abstractos, ya que no refieren a ningún lugar ni uruguayo ni argentino ni de geografía alguna, son paisajes de su invención, que tampoco parecen suscitados por algún recuerdo. Empero, una lectura que tuviera en cuenta lo formal, advertiría que Sábat consuma la representación de la naturaleza con un lenguaje visual que oblitera toda la superficie del lienzo (lenguaje al que Clement Greenberg bautizó all over), mediante el cual lleva al extremo este distanciamiento, evitando ingresar en la total abstracción de las formas.

En estas pinturas, Sábat acude a la materia (casi informal) y, también, al dibujo neto de la silueta, del contorno de las formas que pueblan estos paisajes, y de allí emerge una tensión de opuestos que dota a las obras de gran fuerza expresiva.

Aquí se le abre a Sábat la posibilidad de conciliar el panteísmo de Figari con la visión cósmica de Torres García, valiéndose de su microcosmos. Como si experimentara el cosmos en sí mismo, una suerte de Torres García introvertido.

El sintetismo casi abstraccionista de Sábat, apoyado en la materia, lleva a reconocerle un lejano antecedente en la mancha de Carlos Federico Sáez, así como en la forma de manejar la línea gobernada por la mancha.

Significativamente, la obra titulada Pareja pareciera proponernos el contrapunto de una pareja humana que pone de manifiesto una tensión por individualizarse de ese fondo amorfo de naturaleza que los amenaza. ¿Una suerte de Adán y Eva en el momento de ser expulsados del Paraíso? En definitiva, diluyendo sus figuras en el paisaje, Sábat alcanza una dimensión panteísta, dejando de lado todo aquello de lo humano que no tiene dimensión cósmica.

Sábat y los procedimientos y técnicas artísticas

En este curso desplegado por las obras plásticas de Sábat, y en paralelo con el dualismo de los géneros tensionados entre sí (retrato/paisaje), se encuentra una tensión equivalente en los procedimientos: el lápiz, la pluma, por un lado y el pincel, por otro.

En la obra de Sábat coexisten aquellas categorías que inventara Wölfflin: el Renacimiento lineal y el Barroco pictórico. Respecto de lo lineal, el filo del lápiz o de la pluma actúa incisivamente, como podría hacerlo un bisturí, y diseña una línea neta de un modo que se acerca a la que instaura Saúl Steinberg, acaso su mayor exponente contemporáneo, autor de depurados dibujos no fisiognómicos, para quien “dibujar es una manera de razonar sobre el papel”.

En cambio, en lo pictórico Sábat recupera eso que Gombrich llama la fantasmagoría, la que le permite una conexión onírica (que podría pensarse como paralela a la que plantea Freud con el chiste verbal), la utilización de un bestiario universal (alejado del que formaba parte del pandaemonium mundi integral de los medievales, y próximo al de Jorge Luis Borges, más familiar a la sensibilidad rioplatense) y una huida del sistema proporcional clásico, que Sábat elude también en el paisaje, ya que prescinde de cualquier sistema de referencias.

En la serie de pinturas (casi) abstractas, Sábat ciñe sus formas a una trama, consistente en un tejido alveolado, vecino del cloisonismo, trama inscripta en una tradición que viene de Gauguin y Edvard Munch. Este, por ejemplo, encapsula sus formas, para potenciar su capacidad de expresión de la angustia: en ‘El grito’, la boca –de la cual se desprende el grito– está subrayada, encerrada por un poderoso trazo que la siluetea (y predomina sobre la cabeza que, a su vez, predomina sobre el cuerpo). Esta es la vertiente expresionista de Munch y también se insertan en ella los uruguayos Carlos González y Hermenegildo Sábat.

En la obra de Sábat, donde más cuenta el color es en sus paisajes. No lo emplea en el sentido compositivo tradicional, evitando caer en la tonalidad; lo atomiza a tal punto que pareciera hacer una suerte de puntillismo. Tiende al uso del color expresionista y a semejanza de Dubuffet, da el color a través de la materia: en sus pinturas importa más la textura que el color mismo. El color de Sábat es emblemático, heráldico.

¿Pintor, dibujante, caricaturista? En el caso de Sábat es claro que se trata de imposibles opciones.

Ya en Algunos caricaturistas extranjeros, Baudelaire hablaba repetidamente de la fabulosa energía, la espontaneidad, libertad y la inagotable abundancia del grotesco en Hogarth, Cruickshank, Goya y Brueghel. En efecto, fue en los siglos XVIII y XIX que comenzó a asociarse lo grotesco (pero no lo fantástico) a la caricatura, en las discusiones de las obras de artistas tales como Rowlandson, Hogarth, Goya, Gavarny, Grandville, Tenniel y Daumier.

La misma necesidad de plantear opciones se dio respecto a Daumier, el que recién fue revalorizado como pintor y como escultor (además de formidable caricaturista) al final de su vida. La posteridad le ha hecho justicia considerándolo gran dibujante, gran pintor, gran escultor.

De igual forma, en el caso de Hermenegildo Sábat no caben opciones: participa de los dominios de la pintura, del dibujo, de la caricatura, de la fotografía, de las artes gráficas (y de la música, y de la escritura). Y también del dominio de la opinión, territorio en el que confirma a un ácido y lúcido mirador de su entorno.


Marilyn Monroe de Sábat

Por Juan Carlos Onetti

Como comprenderá en seguida cualquier lector con paciencia, no pretendemos, y Dios con mayúscula nos lo impida, invadir territorios ajenos. El balance arroja el triste resultado de un deficiente con regular en todo tema, en toda empresa que intentemos. La ignorancia, años atrás, estaba parcialmente compensada por la simpatía y la buena fe. Algo entendíamos, algo podíamos transmitir, quedaba; nos permitía discutir.

Al parecer, la sabiduría, el amor y el respeto sobran. Si usted coloca una tela en el piso, se trepa a una escalera y emplea el secreto que nos fue revelado por Perelló, tal vez resulte un buen pintor tachista. Dependerá de su sensibilidad y de la mezcla adecuada de la receta.

Si usted se resuelve a contar una historia cualquiera –mucho mejor si es triangular– y mantiene férrea la voluntad de no dar opiniones e impedir que las den, piensen, tengan, los personajes elegidos, puede escribir una novela –corregimos: libro– inscripta en el neoobjetivismo.

Respecto a la música, la noche de San Juan está demasiado próxima y es de consejo callarse y esperar. Todo esto, que acaso nos resulte útil en el futuro, va como prólogo a lo que vimos en la exposición de Hermenegildo Sábat, poseedor de varias patentes respetables para comprobar ante las autoridades legalmente constituidas que está, fue siempre un poquito más excitado que los nobles pur-sang que corren en el Derby. Pero, simultáneamente, la veintena de retratos desparejos que nos muestra están o estaban exhibiendo con su ya vieja, proverbial grosería, que Sábat tiene talento y que ha sido elegido por el destino para terminar en el Museo Nacional de Bellas Artes. Tendremos un clásico más para colmar la dicha de una o dos parejas que escalan diariamente en el Parque Rodó.

Pero Sábat… ¿Se hará buenito y respetuoso para coronarse con nuestros flacos laureles académicos? ¿Continuará –como deseamos y prevemos– aislado y furioso? Hay muchas preguntas. Una, al pasar, refiere a los prominentes compradores de retratos que cobran por semana lo que el artista gana en un mes de trabajo verdadero, escrupuloso, con responsabilidades que no pueden transferirse, solitario, sin voluntad para hacer demagogia.

Ya confesamos la placentera conciencia de nuestro alfabetismo. No hablaremos pues de cuadros de una exposición. Otros lo harán para contribuir a que las horas transcurran con mayor alegría.

Solo queremos aconsejarle a Sábat que se muera de hambre, rodeado por el apetito y afecto de sus deudos, antes de vender el retrato de Marilyn Monroe. Que tenga, también él, paciencia y ensaye el mate, el café, el monótono mascar de hojas de coca. Dicen que todo eso ayuda. Pero esa cara inefable, esa cabeza que logra la ubicuidad de un cabaret, un encuentro de amor, un fracaso resuelto con pastillas, una ignorada expectativa en el mármol de la morgue, llegará a valer muchos dólares. Pronóstico. Esa cabeza, ese gesto de mujer usada de mala manera, se escapa del marco, del casual Sábat, invade el salón. Y, como de costumbre, nadie tiene la culpa. La retratada era neurótica o, más simple y triste, infeliz. El autor es un joven pintor compatriota que promete. Y así termina, por ahora, la historia.

Tiene de malo, moraleja, que Marilyn continúe empeñosamente muerta y que Sábat moleste a los colegas por el inquerido defecto de ser distinto. Dijimos que el retrato pluvial de Marilyn Monroe invadía –aquella tarde– el salón de exposiciones. Pero las exposiciones tienen término y el autor, si no malvende antes el cuadro, terminará llevándoselo a casa.

Admitiendo que Sábat tenga casa, ¿dónde colocará la expresión lacerante de Marilyn Monroe, dónde podrá hacerla caber y sofrenar su inevitable, fantástico crecimiento? Aconsejamos anular la tela con un paño mortuorio y olvidarla. Esperar que Miller se entere, la pague y se la lleve. Pero desconfiamos de esa raza, la de los intelectuales, esparcida desde siempre y demasiado por el vasto mundo. Carecen, cuando saben pensar y escribir, de toda ternura retrospectiva. Nos merece más esperanza Joe Di Maggio; es el enemigo. Y, finalmente, la copiosa erudición. Bernard Shaw dijo que el premio Nobel era un salvavidas que se arrojaba a los náufragos luego de haber alcanzado la orilla. Cyril Connolly defendió su idea: “¿Cuándo dirá el Estado: aquí tienes estas mil libras, joven, vete adonde se te antoje por seis meses y tráeme a tu vuelta algo hermoso?”.

En todo caso, como algunos nacemos asmáticos, tuertos o cansados, Hermenegildo Sábat nació para pintar. Casi, casi exclusivamente para eso. ¿Y entonces qué? Cuando aparece un pintor como Sábat, y suponiendo que tuviéramos gobierno, ¿por qué no gastar dinero en él? Todas las inversiones son riesgosas, claro. Pero si se piensa con calma, el riesgo mayor lo corre el artista.

Si el supuesto lector no conoce a Sábat, le aconsejamos que intente acercársele. Es casi seguro que el visitante recogerá de la eventual experiencia mucho menos que lo conseguido por nosotros durante años de amistad. Y es seguro que el pintor cosechará una crisis nerviosa o un verdadero ataque hepático. Pero esto no debe amargar ninguna conciencia ni detener ningún impulso, porque Sábat, en definitiva, descubrirá que la bilis expulsa tonalidades adecuadas para el cuadro en marcha o para el que está a punto de imaginar.

Ya se habló en demasía de que el amor y el odio se mezclan, se confunden y se necesitan. Ambos sentimientos, en Sábat –o, si ustedes prefieren, en los retratos de esta exposición– no llegan, y nunca, a fusionarse. Hay casos en que odio y amor han sido trabajados con deleite y larga, sincera paciencia.

Como es de costumbre y cómodo se puede hablar del famoso inconsciente que delata o de la confesión no buscada por el artista. Pero el diablo sabe por diablo. En todos los retratos son visibles, y deliberadas, proporciones de atracción y rechazo.

Acaso Sábat necesite y aguarde un modelo totalmente puro, un Lucifer o un san Francisco. Entretanto, qué podemos hacer, la gente es así, como él la ve y como él la pinta.

«Marilyn Monroe» se publicó en el diario Acción, de Montevideo, el 26 de julio de 1964.

 

[Fuente: http://www.revistadossier.com.uy]

A escritora uruguaia, premio Cervantes 2018, móstrase plena de lirismo, lucidez e frescura aos seus 97 anos

Ida Vitale, durante la presentación del poemario en Montevideo, el pasado 23 de septiembre.

Ida Vitale, durante a presentación do poemario en Montevideo, o pasado 23 de setembro.

Escrito por H. J. P.

Camiño do centenario -cumprirá 98 anos o 2 de novembro-, á poeta uruguaia Ida Vitale sóbralle frescura e lucidez. Móstrao na súa nova obra, Tempo sen claves, o primeiro poemario que publica desde que lle concederon o Premio Cervantes 2018. Non falta neste libro o amor pola natureza e as súas criaturas, que xa deixou patente na súa De plantas e animais (rescatado por Tusquets ao comezo da pandemia, pero editado orixinalmente no 2003), unha deliciosa colección de textos nos que fai gala dunha curiosidade infinita e unhas non menos heterodoxas lecturas. Pero en tempo sen claves pode acharse moito máis, volvendo nos seus versos sobre viaxes, literaturas e recordos, algúns non tan luminosos senón dolorosos -e tamén cheos de amor- como os oito en que evoca a ausencia do seu segundo esposo, Enrique Fierro -como ela, poeta, crítico literario e tradutor-, que morreu no 2016. Polas súas páxinas pasean Corot, Mozart, Hegel, Klee ou Kafka, e en certas pasaxes o humor se espreguiza gozoso. Aínda que prevaleza o rumbo triste da despedida: «Fóra do paraíso, ¿tanta dita será / para min soa, dita?».

 

[Imaxe: Alejandro Prieto | Efe – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Katharina Volckmer, Allemande habitant Londres, vient de signer son premier roman, Jewish Cock (« la bite juive »). Écrit en anglais, il a été découvert par Grasset, qui l’a fait traduire et en détient les droits mondiaux. Ce court texte prend la forme d’un monologue, où la narratrice adresse une confession à son gynécologue, en attendant la greffe d’un pénis circoncis. Des échos de Portnoy et son complexe de Philip Roth ? Dans le cabinet du docteur Seligman, la haine de soi germanique remplace celle du Juif, tout comme des termes yiddish cèdent la place à une autre langue, si proche étymologiquement, reflet de la force d’attraction entre deux peuples liés par la violence de l’Histoire. Début septembre, à Paris, EaN a pu s’entretenir avec cette romancière transgressive et drôle.

Katharina Volckmer, Jewish Cock. Trad. de l’anglais par Pierre Demarty. Grasset, 200 p., 18,50 €

Propos recueillis par Steven Sampson

Pourriez-vous nous raconter la genèse de ce roman ?

La voix m’est apparue, je l’ai suivie. Depuis longtemps j’échangeais avec un éditeur français [Katharina Volckmer travaille dans une agence littéraire], Joachim Schnerf, sa maison a décidé d’acheter les droits. On attendait que le livre soit publié exclusivement en français. Puis on a trouvé un éditeur anglais pour la version originale.

Le texte s’appelait alors Jewish Cock ?

Oui. Cela correspond à l’ambiance. Pour les éditions anglophones, on l’a modifié (The Appointment, sous-titré « The Story of a Cock » en Angleterre et « The Story of a Jewish Cock » en Amérique). Qu’en France il porte un titre étranger souligne le fait que je n’écris pas dans ma langue maternelle. Les Russes l’ont intitulé Jewish Cock en russe, tandis qu’en Italie il s’appelle Un cazzo ebreo. Évidemment, les Allemands n’ont pas voulu faire la même chose.

Vous l’avez écrit en anglais. Quel est votre rapport à l’allemand ?

C’était plus authentique pour moi en anglais : cela fait quinze ans que j’habite au Royaume-Uni, c’est ma langue de tous les jours, j’aurais trouvé ça vieillot d’écrire en allemand. À l’étranger, on perd sa langue maternelle, les détails s’échappent, l’allemand est devenu pour moi un langage privé que j’emploie avec des proches mais rarement dans un contexte officiel. Aussi m’intéressé-je aux continuités du fascisme qu’on voit bien ces derniers temps dans le langage avec la résurgence de l’AfD, parti fasciste qui ravive des termes douteux. Pourtant, au Royaume-Uni, il est considéré comme branché d’utiliser des mots germaniques, par exemple « That’s up my Strasse » (variante de « that’s up my alley », i.e. c’est mon truc), ou Zeitgeist. Dans le Guardian, on remarque ce phénomène, c’est amusant. Et puis il y a une obsession pour Berlin, les gens y vont et en reviennent avec quelques miettes. Berlin est devenue tendance, on célèbre l’idée d’un nouveau peuple allemand, issu de Berlin, ouvert et fun.

Le profil de la narratrice ressemble au vôtre.

Elle habite au Royaume-Uni depuis longtemps et a envie de s’ouvrir à des sujets dont elle ne pouvait parler avant. Je m’intéresse à l’identité, notamment celle du corps, qu’on étiquette comme mâle ou femelle, allemand ou français ou américain. La narratrice se confie à un médecin, il comprend son corps, elle peut s’exprimer plus librement. Elle traverse une foule d’émotions, il s’agit d’un voyage vers sa propre vulnérabilité : au début, elle est dans la provocation afin d’explorer les limites du regard de l’Autre. Pour un Allemand, c’est énorme de pouvoir discuter si ouvertement avec un Juif, normalement on ne se le permet pas. On a peur d’offenser, ou d’être obligé de parler de soi.

Elle attend que le gynécologue modifie son corps.

Il ne s’agit pas d’un mémoire trans, il y a un élément absurde. Au fond, c’est sa manière à elle de vouloir cesser d’être allemande, envie partagée par beaucoup de ses compatriotes. C’est une identité compliquée, on en est toujours un peu embarrassé, à l’étranger nous sommes gênés lorsque nous nous rencontrons, préférant maintenir l’illusion qu’on n’est plus très allemand.

Vous écrivez : « Un Juif vivant, c’est quelque chose de diablement excitant pour un Allemand. » D’où vient cette excitation philosémite ?

Cela peut paraître bizarre, mais ce passé a créé un lien. Et on ne peut dissocier les deux cultures. Je suis gênée que les Allemands n’aient jamais fait le deuil des Juifs en tant qu’ils sont leurs compatriotes. À Babi Yar, en Ukraine, j’ai vu le monument soviétique controversé où l’on fait abstraction de la judéité des victimes (présentées comme de simples citoyens soviétiques) ; je pense que cet élément-là manque dans le discours allemand : le Juif reste l’Autre.

Sinon, on ne peut expliquer la Shoah.

Oui, mais on n’a pas réussi à dire qu’ils faisaient partie de notre peuple, de notre culture. Sans eux, on ne peut évoquer ni la littérature, ni la musique ni la peinture allemande. Ils font partie de nous, pourtant on n’arrive pas à faire ce pas.

Ce mélange se trouve-t-il dans le personnage de K, juif et amant de la narratrice ?

C’est un clin d’œil et un hommage à Kafka ; K figure une certaine tristesse, celle de l’incapacité d’être la personne qu’on veut être. Leur relation s’arrête lorsqu’elle se rend compte qu’elle ne souhaite pas être femme, tandis qu’avec lui elle serait obligée de rester dans son corps femelle.

K serait-il une figure corporelle ?

Il est peintre. Lui et la narratrice peignent l’un sur l’autre. J’adore réfléchir sur les couleurs, l’art m’inspire, j’aime l’idée de peindre sur un corps. K utilise le violet, couleur du deuil et de la tristesse dans certaines cultures.

Leur rencontre est vive et charnelle.

Ils se rencontrent dans des toilettes publiques, elle investit des espaces mâles, donc elle le croise pour la première fois dans un WC, ils ont un rapport sexuel aléatoire. Je songe parfois aux toilettes collectives et à ce qu’elles représentent : c’est un espace d’intimité publique. Que se passe-t-il lorsqu’une femme entre dans un WC pour hommes, ou l’inverse ? Ce geste mineur provoque une réaction forte.

Elle pratique une fellation sur cet inconnu. Je songe à Melissa Broder et à Lionel Shriver, chacune montrant l’importance du corps dans la culture contemporaine.

Le corps féminin est très policé, on a une image concrète de ce à quoi il devrait ressembler, il y a une pression constante d’être belle et baisable. Certaines femmes commencent à repousser cette idée, à se libérer des contraintes. Le corps féminin est un champ de bataille. Il est assujetti à une violence inouïe. Imaginez ce que ça serait si une femme pouvait faire un jogging tranquillement à minuit, en se sentant en sécurité. Les femmes gardent toujours à l’esprit l’éventualité d’un danger.

Avez-vous été influencée par d’autres œuvres abordant ce thème ?

En ce qui concerne la peinture corporelle, il y a une scène fantastique dans La végétarienne de Han Kang. Sinon, j’admire Thomas Bernhard. On a comparé mon livre à Portnoy et son complexe : j’en suis flattée. C’est l’un des rares livres qui m’ont fait rire à gorge déployée. Certains le trouvent vulgaire, mais je crois que l’humour, s’il est réussi, demeure le meilleur moyen d’atteindre le public. Je pense au film La mort de Staline : en sortant du cinéma, je me sentais mal, je l’ai trouvé affreux, mais efficace, il faisait vraiment ressentir l’horreur.

Jewish Cock : entretien avec Katharina Volckmer

Pourquoi vous êtes-vous installée à Londres ?

Je suis partie étudier la littérature allemande et anglaise à Queen Mary, puis je suis allée à Oxford faire une thèse sur Jakob Wassermann, un écrivain juif allemand contemporain de Thomas Mann, très connu de son vivant. Elle s’intitule Society and its Outsiders in the Novels of Jakob Wassermann et porte sur les femmes, les enfants et les homosexuels dans sa fiction. Je m’interroge sur le fait que certains écrivains sont oubliés. Wassermann a publié un essai puissant sur son identité : Mein Weg als Deutscher und Jude.

Votre livre semble porter l’empreinte de la psychanalyse.

J’ai beaucoup lu Freud, l’idée du flux de conscience vient de lui, mais l’ironie de mon roman, c’est que l’héroïne ne se livre pas à un psychanalyste : elle préfère s’adresser à quelqu’un qui comprend son corps. Avant, elle avait été obligée de voir un psy, cela n’a pas bien marché, elle était trop timide, pas prête à parler ouvertement. Le docteur Seligman est juif, c’est pourquoi elle le trouve mieux placé pour la comprendre.

Son patronyme évoque le Dr Spielvogel de Philip Roth.

En allemand, son nom veut dire « chanceux » ou « heureux ». Et si on parle de quelqu’un qui est mort récemment, on dit « Gott hab ihn selig » (paix à son âme). Apparemment, il y a un film célèbre avec Louis de Funès où le rabbin porte ce nom.

À part Freud, un autre Autrichien présent ici s’appelle Adolf Hitler. Pourquoi la narratrice aime-t-elle imaginer la moustache du Führer en train de chatouiller ses parties intimes ?

Le Hitler sexy, les gens sont fascinés par cette figure, chez lui il y a un étrange élément érotique dont je voulais me moquer. Même au Royaume-Uni, on est obsédé, on se cache derrière Hitler. Dans des documentaires allemands, on entend des phrases genre « Hitler a envahi la Pologne », comme s’il l’avait fait tout seul. C’est important de le ridiculiser, au lieu de le mettre sur un piédestal. Certains hommes affichent un fétichisme érotique bizarre à travers des coiffures nazies et des uniformes Hugo Boss. Au risque de gêner, peut-être faut-il explorer ces strates de conscience.

La narratrice achète son pénis avec de l’argent venant de son arrière-grand-père, chef de gare de la dernière station avant Auschwitz.

C’est important d’un point de vue symbolique, de nombreux Allemands ont de tels ancêtres, qu’on prétend n’avoir été que des rouages dans la machine. Cet incident renvoie aussi à Auslöschung (Extinction), roman de Thomas Bernhard, où l’héritier d’un argent nazi finit par le donner à un organisme juif.

Avez-vous pu discuter de cette époque avec des aïeux ?

Ma grand-mère paternelle, encore vivante, est née en 1930, à Amberg, en Bavière, près de Nürnberg et de Fürth, le site de la plus ancienne yeshiva en Allemagne. Ces villes avaient d’importantes populations juives. Je n’en reviens pas que ma grand-mère ait pu être témoin de ces événements, du moment où les Juifs ont dû porter l’étoile jaune, ce qui les a rendus de moins en moins visibles : avant d’être déportés, ils étaient comme des ombres dans la rue. Elle a aussi vu la destruction de la synagogue. Elle représente mon dernier lien à cette époque, c’est difficile d’imaginer à quoi l’Allemagne ressemblait, c’était un autre pays, où il y avait encore une population juive. J’ai du mal à concevoir le quotidien, c’est rarement bien fait dans les films sur la Shoah ou sur la guerre.

En France, on le voit dans certains films, notamment ceux de Jérôme Prieur.

En tant que russophile, vous devez connaître Dix-sept moments de printemps. Il s’agit de l’histoire d’un espion soviétique basé en Allemagne pendant la guerre. Mes collègues russes m’ont dit que, lorsque le film passait à la télévision, les rues étaient vides. Je crois que les Russes ont été plus aptes à dépeindre l’horreur, du fait qu’ils avaient vécu une expérience similaire.

Vous écrivez que les Allemands à Londres doivent faire croire qu’ils ont lu « toute l’œuvre de ce putain de Max Sebald ».

Il est beaucoup plus populaire en Grande Bretagne qu’en Allemagne, les gens qui l’ont connu l’appelaient « Max ». J’aime son travail, en particulier Austerlitz, ainsi que la conférence qu’il a donnée où il parle de Dresde, Luftkrieg und Literatur (De la destruction comme élément de l’histoire naturelle), qui a été pour moi une source d’inspiration. Il n’aurait pas pu l’écrire s’il était resté en Allemagne, il a pris du recul, aucun Allemand ne se serait permis de réfléchir comme lui.

Vous êtes dure pour vos compatriotes, décrivant leur « étrange silence allemand que j’en suis venue à redouter plus que tout au monde. Cette façon de faire semblant que tout a disparu sous les ruines ». Est-ce lié à l’architecture ? À ce propos, la narratrice dit : « Notre perspective sera toujours quelque chose qui a été ratissé à mort et qui relève plutôt du béton. »

Lorsque Notre-Dame brûlait, une collègue française était en larmes. J’ai demandé à des amis allemands s’il existait un monument chez nous dont la destruction pourrait déclencher une telle réaction : tout le monde a dit non. Cela n’existe pas en Allemagne, le pays a été rasé. Ensuite on a bâti une autre architecture, à laquelle il est difficile de s’attacher. Cela crée un sentiment d’étrangeté, un silence maladroit, qu’on n’arrive pas à exprimer sur le plan individuel, même si on a conscience d’une culpabilité abstraite et collective, qu’on trouve dans le mot Vergagenheitsbewältigung (fait d’assumer son passé), que je trouve problématique : il ne devrait pas s’agir d’une case qu’on peut cocher, d’une tâche qu’on accomplit pour en être débarrassé. Les gens deviennent suffisants, chacun estime qu’il a fait plus que son voisin en matière de « travail de mémoire » [en français dans l’entretien].

Cela induit des situations loufoques : je pense au cours de musique raconté dans le roman.

C’est une anecdote autobiographique. En Allemagne, on ne doit pas chanter en allemand, les nazis ont cassé la langue. Alors qu’en France on a des radios qui ne mettent que de la musique française, c’est inconcevable chez nous. Dans mon cours de musique, lorsque j’avais douze ans, on chantait toutes sortes de chansons, dont Hava Nagila. C’était absurde.

 

 

[Photo : Jean-Luc Bertini – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Hasta sus 42 años se lo consideraba un diletante. En el final de su vida, urgido por la enfermedad, se embarcó en la escritura de “En busca del tiempo perdido”, obra monumental que anuncia modos de concebir el arte y las relaciones sociales y sexuales aún vigentes. Retrato de un escritor clave y una guía para “proustómanos”

Manifestaciones en Birmania en homenaje a históricas marchas de 1962 contra la primera junta - Infobae

 

Escrito por Santiago Llach

A 150 años de su nacimiento y 99 de su muerte, Marcel Proust está vivo. En abril de este 2021, la editorial Gallimard publicó Les soixante-quinze feuillets, el Santo Grial de Proust: setenta y cinco páginas de un manuscrito que estuvo perdido durante cincuenta años y que se considera la semilla de À la recherche du temps perdu (En busca del tiempo perdido). En mayo, las filiales de Penguin Random en español publicaron El remitente misterioso, la primera traducción de unos relatos también inéditos que fueron dados a conocer en francés en 2019. Casi todos los meses, sobre todo en este año de aniversarios redondos, se publican libros sobre Proust: en la Argentina acaba de salir por Cactus un libro del escritor y artista Pierre Klossowski.

La obra de Proust es un virus, un campo magnético pregnante, un modo contagioso de mirar el mundo, un texto en movimiento, nunca definitivo, siempre abierto al goce y a la interpretación. Es célebre la extensión de su novela en siete volúmenes En busca del tiempo perdido, como también la extensión arborescente de sus oraciones. ¿Es un documento legible en esta época de lectura breve y a los saltos? ¿Qué tiene para decirnos hoy? ¿Quién fue su autor?

En Busca Del Tiempo Perdido I Por La Parte De Swann | Marcel Proust - LibreriadelaU

La respuesta, rápida, es que sí, que sin duda vale la pena leerla hoy. Proust inaugura modos de narrar, de pensar y de vivir. Su obra es un exhibit sobre la libertad sexual y la neurosis, una investigación monstruosa y morbosa sobre la identidad, sobre el yo y el otro yo, sobre los códigos sutiles de la sociabilidad y los mecanismos de la movilidad social, un museo del chisme como mecanismo de la reproducción socialun testamento sobre los celos, el homoerotismo y lo que hoy se llama identidad de género, sobre la aspiración estética como sustituto del éxtasis religioso, una historia del fin de la Belle Époque y una novela sobre la guerra y la paz.

Marcel Proust nació el 10 de julio de 1871 en Auteuil, una zona al Oeste de París que había sido residencia de descanso de reyes. Su padre, Adrien Proust, fue un epidemiólogo reconocido, y su madre, descendiente de una familia judía rica de Alsacia, le inculcó el amor por la literatura y -uno de muchos parecidos de la vida de Proust con la de Borges- lo ayudó a traducir del inglés la obra del crítico de arte John Ruskin, en la que Proust se detuvo largamente para macerar su obra maestra.

Desde niño, Marcel tuvo problemas de asma, y los problemas de salud lo acompañarían durante los escasos cincuenta y un años de su vida. La sexualidad de Proust es objeto de discusión de sus biógrafos, que generalmente dan por sentada su homosexualidad, aunque subrayan que tuvo también relaciones con mujeres, y hay quien no se priva de señalar que llegaba al orgasmo haciendo que unas ratas pelearan en su presencia. Se conoce la identidad de varios de sus amores, pero el más famoso de todos ellos es Alfred Agostinelli, un joven taxista a quien Proust le regaló un avión en cuyo fuselaje hizo pintar unos versos de Mallarmé. Agostinelli (¿hay una muerte más romántica?) cayó al Mediterráneo en ese avión, y Proust lo tomó de modelo para construir el personaje de Albertine, una de las protagonistas de la Recherche.

De joven, Proust era visto como un diletante y un advenedizo, y su obsesión por convertirse en escritor reconocido se topaba con su falta de disciplina y su mente y su estilo digresivos. Proust no reparaba en convenciones en sus intentos por lograr establecerse como escritor: está probado que más de una vez intentó sobornar a críticos literarios. Según confesión del propio André Gide, el escritor y editor de las ediciones de la Nouvelle Revue Française -denominada más tarde Gallimard-, la mala fama personal de Proust influyó para que le fuera rechazado el manuscrito de Por el camino de Swann, el primer volumen del libro que todo proustiano avezado llama simplemente la Recherche. Hasta la publicación de ese volumen en 1913, solo había publicado un libro, Los placeres y los días, en 1896, que apenas si había llamado la atención.

En 1903 murió el padre de Proust y en 1905 la madre. Le dejaron una fortuna considerable. Proust era hasta entonces un escritor inconcluso. Hacia 1906 se embarcó en la escritura de la Recherche, que le demoraría dieciséis años, hasta pocos meses antes de su muerte, el 18 de noviembre de 1922. En vida de Proust se publicó hasta el cuarto volumen de su gran obra, el escandaloso Sodoma y GomorraA la sombra de las muchachas en flor, el segundo, se publicó en 1919 sí en Gallimard, gracias a la insistencia de un André Gide ahora suplicante, y obtuvo el premio Goncourt. La saga de la Recherche terminaría de publicarse recién en 1927, al cuidado de Robert, hermano de Marcel. Proust no llegó a corregir los últimos tomos, por lo que se puede decir que nunca dejó de ser un escritor inconcluso. Su obra maestra comenzó a hacerse famosa hacia el final de su vida; Proust pasó sus últimos años encerrado en una habitación recubierta de corcho, corriendo una carrera contra la enfermedad para poder terminarla.

Marcel Proust, en una imagen de alrededor de 1910. (Foto: Hulton Archive/Getty Images)

La historia que cuenta la Recherche es la de un hombre que quiere hacerse escritor. Desde un presente acerca del cual se nos dice muy poco hasta casi el final, el hombre ya maduro recuerda su vida en orden cronológico. Ese hombre, al que críticos y lectores suelen llamar el Narrador aun cuando en dos ocasiones se nos dice que se llama Marcel, es un niño sensible y enfermizo, dependiente de su madre, que a medida que crece se enamora dos veces de manera obsesiva y celosa, se hace amigos y sobre todo se integra a la sociabilidad de las clases altas parisinas. Al mismo tiempo, cultiva su sensibilidad estética, y sus seres queridos poco a poco irán muriendo. En la novela no pasa mucho, y Proust es capaz de detenerse doscientas páginas en la detallada descripción de una reunión social.

Lo que más conocen de la obra quienes no la han leído es la escena de la magdalena que el Narrador moja en un té y cuyo sabor lo lleva a una epifanía relacionada con haber sentido ese mismo sabor en la infancia, a partir de la cual desarrolla por primera vez la teoría de la memoria involuntaria. Esa teoría, que es a la vez una teoría sobre la percepción y sobre el arte, sostiene que la recuperación de los recuerdos (y también una obra literaria que la lleve a cabo, que es, nos iremos dando cuenta, la que estamos leyendo) no puede ser parte de un plan deliberado.

Proust, de vacaciones en familia, circa 1892. (Foto: adoc-photos/Corbis via Getty Images)

Era el dilema que padecía el propio Proust. Por un lado, antes de embarcarse en la escritura de la Recherche lo que hizo fue practicar su voz, su tono, su estilo. Una de las maneras de practicarlo fueron sus famosos pastiches, textos en los que parodiaba el estilo de escritores franceses del siglo XIX como Flaubert o Balzac. Ese ejercicio de construcción de su estilo en réplica consciente del estilo de sus predecesores es un buen ejemplo de lo que el crítico norteamericano Harold Bloom llamó “la ansiedad de la influencia”: un escritor construye su identidad de autor en combate con sus precursores. El estilo profuso al que arriba Proust en la Recherche, “el Nilo del lenguaje”, tal como lo llama Walter Benjamin, es un estilo que va contra la norma, que extiende las concatenaciones de la sintaxis más allá del límite de lo aceptable, sin por eso renunciar a la elegancia, la persuasión ni la legibilidad, por más esforzada que esta deba ser.

“Esta idea de que hay una lengua francesa al margen de los escritores y que uno protege”, dice Proust en Contra Saint-Beuve, “es inaudita. Todo escritor está obligado a construirse su propia lengua. La única manera de defender la lengua francesa es atacándola.” La Recherche es una obra contra la norma que presta atención plena al lenguaje, y es una bomba estilística que recrea el lenguaje francés. El citado Contra Saint-Beuve es otro libro inconcluso. Hacia 1908, cuando ya había empezado a tomar apuntes para la Recherche, Proust empezó a planificar un libro, y dudaba si sería un ensayo o una narración. El título de ese libro prometía una invectiva contra el famoso crítico Charles Augustin Saint-Beuve, es decir que podía llegar a ser una novela en contra de un crítico literario. Esa hibridez entre el ensayo y la narración sobrevuela también la Recherche. Como dijo el crítico George Steiner, la mente de Proust se halla “entre las más analíticas e informadas de las que tenemos constancia”. Cuando uno lee la Recherche, siente que está ante un psicólogo y un sociólogo impresionista capaz de desarrollos más profundos sobre el género humano que cualquier cientista social. Otra vez igual que Borges, Proust es un narrador/crítico literario, y su influencia será duradera en ese sentido: la obra de Roland Barthes, y de la gran crítica y filosofía francesas del siglo XX, parecen erigirse a la sombra de ese Proust lector.

Una edición de la « Recherche », de Proust, en ruso

Tras encontrar su voz a lo largo de décadas de minuciosa disputa con sus precursores y rivales, Proust vence finalmente sus inseguridades de escritor y se embarca en el armado de la trama narrativa. La fineza del tejido de personajes es notable en la Recherche; ese es el punto donde la voluntad de control le gana a la memoria involuntaria. Hay algunos personajes que desaparecen durante dos tomos y vuelven a aparecer, siempre convertidos en otra cosa (porque uno de los rasgos principales del modo narrativo de la novela es que nada es lo que parece, que siempre hay capas y capas de impresiones sucesivas producidas por cosas y personas).

Proust da en la Recherche un giro perdurable, al que podemos llamar el giro autobiográfico. Por supuesto que Proust es un hijo de su tiempo, y su obra maestra forma parte de una serie de exploraciones literarias monumentales de la subjetividad, como el Ulysses de Joyce, la obra de Kafka (sobre la cual también sobrevuela lo inconcluso), la de Virginia Woolf y la de William Faulkner, entre otras. La de Proust, sin embargo, es en algún sentido la más sutil en la ruptura con la novela realista de narrador omnisciente tan característica del siglo XIX. La obra de Proust recoge las ambiciones sociológicas de Balzac o de Tolstoi, y por momentos (la segunda parte de Por el camino de Swann) la voz del Narrador se torna casi omnisciente, como fuera de la acción, en un ejercicio en el que Proust parece seguir apropiándose del gran recurso decimonónico del “Dios de la narración”.

Pero, como señala Gilles Deleuze, la Recherche no es solamente una exploración de la memoria, sino sobre todo una investigación (“recherche” puede traducirse también como “investigación”): una investigación sobre el yo o, como diría el propio Proust, sobre el yo oculto, que es otro que el yo social. “Una enfermedad inusual, una riqueza poco común y un talento anormal” hicieron posible la Recherche, dice Walter Benjamin, que ve en ella “la profundidad del místico, el arte del prosista, el entusiasmo del satírico, el conocimiento del sabio y la obsesión del monomaníaco convergiendo en una obra autobiográfica”.

Proust adolescente (1871-1922), fotografiado por Paul Nadar en 1887 (Apic/Getty Images)

Esa investigación sobre el yo oculto, ese aprendizaje del escritor, se apoya de manera crucial en la pintura y en la música. Proust se detiene morosamente en la contemplación y el análisis de obras, reales e inventadas, por parte del Narrador. El impresionismo y otros movimientos influyen decisiva e íntimamente en la configuración de la sensibilidad del protagonista: se puede decir que la Recherche es una novela impresionista. Algo parecido pasa con la música, cuya composición e interpretación juega un papel también crucial en la novela. El Narrador es un esteta nervioso, y su modo de vivir el arte es casi místico.

Hemingway dijo de un cuento suyo, “El gran río de dos corazones”, que era un cuento sobre la guerra que en ningún momento mencionaba la guerra. Algo parecido, con matices, puede decirse de la Recherche en tanto obra sociológico-histórica. El tiempo narrado va casi desde la guerra franco-prusiana de 1870 hasta el final de la Primera Guerra Mundial en 1918, pero si bien los hechos bélicos tienen una influencia decisiva en la vida de los personajes, a diferencia de las famosas recreaciones de la batalla de Waterloo por Stendhal en La cartuja de Parma o de la batalla de Borodino por Tolstoi en Guerra y paz, nada es contado en el frente, sino que solo le llegan las noticias a ese objetor de conciencia de la masculinidad fuerte que es el Narrador.

Proust en su lecho de muerte en París, noviembre de 1922. (Foto del Hulton Archive/Getty Images)

Los ruidos de la guerra y de política se escuchan y se narran desde la perspectiva ociosa de los salones (casi nadie trabaja en la novela de Proust). Además de Combray, el pueblo al que va de vacaciones en la infancia, y Balbec, un balneario (objetos ambos de impresionantes descripciones de escenarios naturales), la gran locación de la Recherche es el salón, y las grandes heroínas de la novela son las damas de alta sociedad, cuya sociabilidad ociosa teje la trama de la vida en común. La Recherche es una épica de la intimidad. Hay tres grandes salones y tres grandes damas –una antigua prostituta, una burguesa y otra aristócrata–, y por dos de ellas el Narrador siente en distintos momentos una fascinación que se parece al amor pero también a la identificación. Proust se sumerge en ese mundo frívolo y snob y saca de él pepitas de oro de sociología cualitativa y humanidad desnuda, y recoge con precisión barroca los códigos de la movilidad social.

En ese mundo en el que el Narrador (un advenedizo, un trepador social) se introduce como un moscardón apreciado sobrevuelan dos elementos: el caso Dreyfus y las sexualidades “invertidas”, dos temas en los que Proust sin duda ponía en juego su ascendencia judía y sus propias preferencias sexuales.

 

El caso Dreyfus (la falsa acusación a un oficial judío francés de espionaje en favor de Alemania) dividió a la sociedad francesa durante una década larga, y las observaciones de Proust sobre esa división y sobre las relaciones entre intimidad, clase e ideología resuenan en nuestra época de politización intensa.

En cuanto a la sexualidad, el Narrador va descubriendo y develando las sexualidades en el closet de varios de sus personajes. Roland Barthes (que además caracteriza a la Recherche como “un proyecto atlético, una energía descifradora, una búsqueda de esencia”) llama a este movimiento de develación sexual que tiene lugar en la novela “la pandemia de la inversión”. Proust toma los términos con que el positivismo designaba a la homosexualidad (“inversión”, principalmente, pero también “vicio”) y él mismo, como hace con tantos otros términos, los somete a una torsión, a una inversión. Proust nos deja el chiste póstumo de que este Narrador tan parecido a él es casi el único personaje que resiste esta imantación de lo homo.

La Recherche cuenta una época de libertad sexual y artística en los márgenes que vino a instaurar formas de ver el mundo que todavía perduran. En esos salones parisinos ardientes de frivolidad Proust encontró el núcleo original de un gran cambio en las mentalidades.

La Recherche es la Novela Total contada en un Estilo Total. Es una novela de una ambición desmedida que sin embargo cumple con lo que se propone: dar cuenta de la complejidad de lo real, de los infinitos matices de la relación entre una subjetividad y el mundo, y de las sutilezas de un largo período histórico.

Las traducciones al español

El carácter inconcluso de la obra de Proust parece acompañar a las primeras traducciones al español. La del poeta español Pedro Salinas y la de la escritora argentina Estela Canto no fueron terminadas, y las completaron otras personas. En tiempos más recientes, cuando los derechos de las obras pasaron al dominio público, dos traductores españoles (Carlos Manzano Mauro Armiño) publicaron sus traducciones. Es difícil establecer cuál traducción es mejor. Los cuatro son esfuerzos monumentales y aventuras personales de los ejecutores; sería interesante un estudio acerca de las decisiones tomadas por cada uno, las similitudes y las diferencias. Las de Salinas y Canto se basan en versiones de la Recherche anteriores a las más recientes ediciones profesionales, pero tienen el encanto de ser la voz de Proust a la que nos acostumbramos muchos lectores en castellano. La edición en tres tomos de Valdemar que publica la traducción de Armiño trae un cuerpo de notas y dos diccionarios de personas y personajes del mundo Proust que son realmente útiles.

Aquí, el comienzo de la Recherche en cuatro traducciones

“Mucho tiempo me acosté temprano. A veces, nada más apagada la vela, mis ojos se cerraban tan deprisa que no tenía tiempo de decirme: ‘Estoy durmiéndome’.” (Mauro Armiño, editorial Valdemar)

“Durante mucho tiempo me acosté temprano. A veces, cuando había apagado la bujía, los ojos se me cerraban tan pronto que no tenía tiempo de decirme: ‘Me estoy durmiendo’.” (Estela Canto, Losada)

“Durante mucho tiempo, me acosté temprano. A veces, nada más apagar la vela, los ojos se me cerraban tan de prisa, que no tenía tiempo de decirme: ‘Me duermo’.” (Carlos Manzano, Lumen)

“Mucho tiempo he estado acostándome temprano. A veces, apenas había apagado la bujía, cerrábanse mis ojos tan presto, que ni tiempo tenía para decirme: ‘Ya me duermo’.” (Pedro Salinas, Alianza)

 

Así escribía Marcel Proust

“En cuanto a mí, era algo muy distinto lo que tenía que escribir, más largo, y para más de una persona. Largo de escribir. De día, a lo sumo podría intentar dormir. Si trabajaba, solo sería de noche. Pero necesitaría muchas noches, quizás cien, quizás mil. Y viviría en la ansiedad de no saber si el Amo de mi destino, menos indulgente que el sultán Sheriar, cuando por la mañana interrumpiera yo mi relato, querría sobreseer mi sentencia de muerte y me permitiría reanudar su hilo la noche siguiente. No es que pretendiese rehacer, en el aspecto que fuera, Las Mil y una noches, ni tampoco las Memorias de Saint-Simon, escritas también de noche, ni tampoco ninguno de los libros que había amado en mi ingenuidad de niño, supersticiosamente vinculado a ellos como a mis amores, incapaz de imaginar sin horror una obra que sería diferente a ellos. Pero, como Elstir con Chardin, solo se puede rehacer lo que se ama renunciando a ellos. Desde luego, también mis libros, como mi ser de carne, acabarían un día por morir. Pero hay que resignarse a morir. Se acepta la idea de que dentro de diez años uno mismo, de cien años sus libros, ya no existirán. La duración eterna no está más prometida a las obras que a los hombres.”

(De El tiempo recobrado, trad. Mauro Armiño, ed. Valdemar

 

Proustómanos: libros, películas y eventos recientes

*Anne CarsonAlbertine. Rutina de ejercicios (Vasos Rotos Ediciones, 2015). 59 fragmentos sobre una de las protagonistas de la Recherche, por esta poeta canadiense experta en lengua griega clásica, autora de una de las obras literarias más secretamente potentes de la actualidad.

*María AlvarezEl tiempo perdido (2020). Este documental registra a un grupo de personas, muchas de ellas adultos mayores, que se reúnen hace dieciocho años para leer una y otra vez la Recherche. En este link está el trailer y aquí los protagonistas conversan sobre su experiencia. Es un maravilloso registro sobre la experiencia de la lectura.

*À la recherche du temps perdu. La Comédie-Française lanzó en noviembre de 2020 esta serie de videos en los que distintos actores de la compañía estatal de teatro leen, en francés, En busca del tiempo perdido. Cada video dura alrededor de una hora, y al 10 de julio va por el episodio 140, ya pasada la mitad del último tomo, El tiempo recobrado.

*Roman PolanskiJ’Acusse (2019). Este drama histórico dirigido por el controvertido realizador franco-polaco es muy útil para entender el Affaire Dreyfus, la falsa acusación a un capitán judío del ejército francés que dividió de manera duradera a la sociedad francesa y vuelve como una sombra a cada rato en la Recherche.

*Clive JamesGate of Lilacs (Portón de lilas). (2016). Clive James fue un famoso crítico de televisión que tuvo su propio programa en la televisión británica. Leyó la Recherche en francés sin saber francés, y luego la leyó consecutivamente cinco veces más, en francés y en distintas traducciones al inglés. Esta experiencia se convirtió en este hermoso ejercicio de comentario en verso de la obra de Proust.

Marcel Proust en una fotografía de 1891 o 1892 (Apic/Getty Images)

*Rubén GalloLos latinoamericanos de Proust (Sexto Piso, 2016). Este académico, director del Programa de Estudios Latinoamericanos de la Universidad de Princeton, escribió este libro que aborda de manera genialmente lateral la obra de Proust, a través de su amante venezolano (el compositor Reinaldo Hahn), un dandy argentino, un poeta cubano y un pintor y un crítico literario mexicanos a quienes Proust conoció de cerca.

*Józef CzapskiProust contra la decadencia (Siruela, 2012). De memoria, sin tener los ejemplares de En busca del tiempo perdido, este escritor polaco pronunció estas conferencias sobre Proust en un campo de prisioneros soviético durante la Segunda Guerra Mundial. Un testimonio conmovedor de fe en el humanismo literario.

*Eric KarpelesPaintings in Proust (Thames & Hudson, 2012). El mejor regalo para un fanático de Proust: un libro bellamente editado que contiene simplemente una reproducción cuidada de cada cuadro citado por Proust y el fragmento correspondiente de la Recherche.

Proust, siempre vigente (The Print Collector/Print Collector/Getty Images)

*Karl Ove KnausgårdMi lucha (Anagrama, 2009-2011). Quizás el Proust contemporáneo, por una idea de la literatura como experimento extenuante con bases autobiográficas.

*Marcel ProustLes soixante-quinze feuillets. Et autres manuscrits inédits (2021). Desde que el editor Bernard de Fallois anunció su existencia en 1954 y hasta su hallazgo en una carpeta en 2017, estas 75 páginas manuscritas en 2008 que son la base de la Recherche estuvieron perdidas. Gallimard las publicó este año.

 

 

[Fuente: http://www.infobae.com]

 

À l’occasion de la Journée nationale du cinéma mexicain, qui se tiendra ce dimanche 15 août, Netflix, à travers une vidéo, a clairement annoncé son intention d’« adapter au cinéma les grandes œuvres » de la littérature mexicaine. Pour démarrer sa campagne #QueMéxicoSeVea, le géant du streaming a annoncé officiellement la préparation d’une série adaptée du livre Pedro Páramo, de l’écrivain mexicain Juan Rulfo. 

Publié par Marion Clousier

Au programme, plusieurs productions internationales, annonce Netflix. L’adaptation du premier roman de Juan Rulfo (1917- 1986), Pedro Páramo (1955), traduit par Roger Lescrot aux éditions Gallimard en 1959, qui ouvrira ce ballet cinématographique.

Pedro Páramo (1955)

Mettant environ 10 ans à écrire son œuvre, Juan Rulfo la voit finalement publiée en 1955 grâce à une subvention accordée par le Fonds pour la Culture Économique.

Appartenant au boom latino-américain, l’œuvre de Juan Rulfo se situe à l’époque de la guerre des Cristeros. Cette dernière se réfère au soulèvement de 1926 à 1929 d’une partie de la population mexicaine contre le gouvernement, qui tentait de lui appliquer la Constitution de 1917, destinée à réduire le pouvoir de l’Église catholique dans le pays.

Elle raconte l’histoire de Juan Preciado, qui vient à Comala à la recherche de son père, Pedro Páramo : « Je suis venu à Comala parce qu’on m’a dit que mon père, un certain Pedro Páramo, vivait ici. Ma mère me l’a dit. Et je lui ai promis que je viendrais le voir dès sa mort », peut-on lire dans les premières pages du roman.

L’auteur use du réalisme magique, procédé littéraire qui fait intervenir des éléments considérés comme magiques, surnaturels dans un cadre réaliste, pour mener son roman. De quoi complexifier davantage l’adaptation cinématographique d’une telle œuvre…

Le résumé de l’éditeur :

Pedro Pdramo est l’une des plus grandes oeuvres du XX’ siècle, un classique contemporain. Tout comme Kafka et Faulkner, Rulfo a su mettre en scène une histoire fascinante, sans âge et d’une beauté rare : la quête du père qui mène Juan Preciado à Comala et à la rencontre de son destin, un voyage vertigineux raconté par un choeur de personnages insolites qui nous donnent à entendre la voix profonde du Mexique, au-delà des frontières entre la mémoire et l’oubli, le passé et le présent, les morts et les vivants.

Bien qu’il s’agisse de l’une de ses oeuvres les plus reconnues, Juan Rulfo est aussi connu pour son recueil de nouvelles El llano en llamas (Le Llano en flammes, traduit par Gabriel Iaculli, aux éditions Gallimard, 2001). Celui-ci comprend La nuit où on l’a laissé seulPaso del norteRappelle-toi ou encore Tu n’entends pas les chiens aboyer.

Francisco Ramos, vice-président du contenu pour l’Amérique latine de Netflix, a affirmé que ce projet d’adaptation fait partie d’un « engagement envers la culture mexicaine ».

Cependant, aucun autre détail n’a été spécifié concernant cette production : ni le scénariste, ni les producteurs, ni le casting.

D’autres adaptations du roman

Ce roman n’en est pas à sa première adaptation. En effet, en 1967, le producteur Carlos Velo s’y était essayé, aux côtés de Carlos Fuentes, chargé du scénario. Le film mettait alors en vedette John Gavin, connu pour avoir travaillé avec Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick, ainsi qu’Ignacio López Tarso qui avait déjà joué dans Macario (1960), nominé aux Oscars.

Malheureusement, leur travail fut un échec, et 10 ans plus tard, c’est José Bolaños, qui tenta une nouvelle adaptation cinématographique. Cette dernière lui valut six nominations pour l’Ariel Award, dont il remporta celles de la Meilleure photographie, Scénographie et Cadre.

Enfin, une ultime version fut réalisée par Salvador Sánchez, en 1981.

Dans le cadre de la célébration du 15 août, Netflix présentera aussi une collection de films, organisée par l’Institut mexicain de la cinématographie (IMCINE). Celle-ci doit comprendre de nombreux films dont El baile de los 41 (2020), de David Pablos, ou encore Roma d’Alfonso Cuarón (2018), qui a remporté le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.

via InfobaeLa Voz de DurangoEl Sol de Tampico

Pedro Paramo
Juan Rulfo trad. Roger Lescot Editions Gallimard
Pedro Paramo
26/02/2009 183 pages 8,10 €
Scannez le code barre
9782070379538
© Notice établie par ORB
plus d’informations
Le Llano en flammes
Juan Rulfo Editions Gallimard
Le Llano en flammes
27/03/2001 169 pages 18,80 €
[Source : http://www.actualitte.com]

Escrito por  MAURIZIO BAGATIN

Un caminar rimbaudiano o aquel de Ceronetti, reviviendo las horas de Leopold Bloom. El viaje de Roberto Calasso inicia en el vientre de su madre, en donde ya estaba leyendo los mitos que al hombre siguen siendo necesarios. Útiles. Donde sea, el hombre de ellos se ha nutrido.

Salen frases cortas y silenciosas, un barco que recorre toda la Mitteleuropa, el Edipo de Freud y la poesía de Wisława Szymborska, los elzevirios de Karl Kraus; siguiendo el eco de una voz trágica, el coro de la tragedia griega, el idealismo en la música y en la filosofía, el pragmatismo en el derecho y en la racionalidad, amar Atenas y Roma, sobre todo Grecia. Y, luego proseguir el camino, las huellas de los pasos del Magno Alejandro hasta la orilla del Ganges, un Nirvana, Gilgamesh, más allá el misterioso poder del Shangri-La.

El viaje de Roberto Calasso es el viaje de Bobi Bazlen, los libros de los demás, los libros que nunca fueron escritos, los nunca leídos, la palabra aún ausente, y la última. El libro de todos los libros. Sentándose en el paraíso de Borges, en la Babel de un imposible esperanto, dialogan el filósofo de una teología escandalosa y el gnóstico tenaz; el pensamiento que no derrotó Auschwitz y el Ecce Homo. Seguimos andando, en el silencio de oro miramos la biblioteca de Alejandría, toda aquella belleza que es el decurso de la ética, un cuadro de Tiépolo, los sueños, las alegorías, los símbolos de Kafka, todo su misterio aún intacto. Miles y miles de leyendas hasta la noche de la sola leyenda.

Es Cioran, Naipaul, Valéry, pero también Pollan, Morselli y Giordano Bruno, Roberto Calasso fue el editor del buen gusto, desafiando todas las modas. Como un perro que huele las trufas en los bosques, el ratón de biblioteca que evitó al topo de Marx, andando siempre en dirección obstinada y contraria, en los momentos muertos de un día de canícula del verano o frente a una ardiente chimenea en el profundo invierno, agarrando un libro y viajando, encontrando lo que otros no encontraron, no quisieron encontrar y ni siquiera olieron o vieron de lejos.

Adelphi, es muerte y renacimiento, es el color pastel y la gráfica del voluptuoso Aubrey Vincent Beardsley, una escena de La grande belleza, otro papel. Desde su inicio, la fábula fueron eros y psique, el abrazo del logos con el mythos. Roberto Calasso nos invitó en ordenar los libros por nuestro amor a los libros… todos sus misteriosos personajes, que eran nuestras necesidades, las efímeras y las empíricas, las estéticas o las hedonísticas, iban a salir de a poco a poco, así un revés de Thomas Bernhard, una multitud de Pessoa o un epígrafe de Canetti… por la cultura, ofrecer y ofrecerse, un darse siempre, contar y contarse sentados como Flaubert, caminando como Nietzsche.

Tengo un retrato silencioso de él, del silencio de oro que tanto amaba; a los 13 años ya había leído toda le Recherche de Proust, y enamorarse del olor de un libro recién salido de la imprenta, que necesita al lector, igual que el pan recién salido del horno necesita del hambre. El conocimiento y el estómago, la mente y el cuerpo… mientras en la brousse africana me deleitaba leyendo Ka

 

 

[Fuente: sugieroleer.blogspot.com]

Escrito por ENRIQUE VILA-MATAS

Kafka, en una imagen de un libro de K. Wagenbach.

Kafka, en una imagen de un libro de K. Wagenbach.

Nuestro objeto preferido. Últimamente preguntan mucho por él, quizás porque hay la sospecha de que ese objeto dice más de nosotros que mil palabras. Pienso que esa sospecha o creencia es sólo una superstición moderna. Pero hay que andar preparados para la pregunta, porque puede llegarnos a traición, en cualquier momento. El mío, mi objeto preferido, es un perfecto odradek que, a pesar de que no soy padre de familia, o precisamente por no serlo, me dio hace más de un año Jordi Llovet.

Se había ya él fabricado el suyo y colocado en el lugar apropiado: junto a una barandilla, al pie de una escalera, en su casa del Ampurdán. Me mostró una foto y vi todo un odradek en una escalera rústica. ¿Quería uno igual? Me lo fabricaría, siempre que interesara realmente tenerlo, pues daba trabajo el proceso de armarlo.

Un odradek es un objeto sólo relativamente casero, porque en el cuento de Kafka, en La preocupación del padre de familia, el odradek no se halla en el interior de la casa, sino en la escalera. A primera vista, se nos dice, se asemeja a un carrete de hilo plano y en forma de estrella, y, de hecho, también parece que estuviera recubierto de hilo; aunque a decir verdad sólo podría tratarse de trozos de hilo viejos y rotos, de los más diversos tipos y colores, anudados entre sí, pero también inextricablemente entreverados. Pero no es sólo un carrete, sino que del centro de la estrella surge una pequeña varilla transversal a la cual se une otra en ángulo recto. Con ayuda de esta última varilla, a uno de los lados, y de una de las puntas de la estrella al otro, el conjunto puede mantenerse erguido como sobre dos patas.

Lo más probable es que la palabra Odradek la tomara Kafka de una marca de motocicletas que circulaban por la Praga del siglo pasado. Pero, con cierta fantasía, Johannes Urzidil relaciona el nombre de Odradek al del panadero que abastecía la casa de los Kafka, un tal Odkolek.

El odradek suele instalarse sucesivamente en el desván, en la caja de la escalera, en los pasillos, o en el vestíbulo. En el cuento de Kafka, el padre de familia lo descubre al pie de la escalera, y habla con él.

Claro está que no le hace preguntas difíciles, sino que, a causa de sus pequeñas dimensiones, lo trata como a un niño. Le pregunta cómo se llama. Odradek, dice. ¿Y dónde vives? Domicilio indeterminado, contesta, y se ríe, pero es sólo una risa como la que puede producir alguien sin pulmones, suena como un crujir de hojas caídas.

Mi odradek está en casa, en el suelo, junto al pasillo. Es un artilugio ampurdanés en forma de huso, formado por hilos viejos y rotos, salidos de la factoría de Llovet. Una amiga mexicana lo vio el otro día y sentí que debía explicarle qué era aquello con forma de estrella plana. Lo tengo para hablar con él, le dije. Y ella, que es buena lectora de Juan Rulfo y que ha visto a sus paisanos hablarle a pequeñas crucecitas y a otras señales colocadas en las entradas y salidas de los pueblos, sonrió feliz y dijo que ya era hora de que hubiera algo normal en casa.

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

henri_rousseau

Sabato: Usted conoció a Davobe, también era un tipo raro, ¿no?

Borges: Eran dos hermanos: Julio César y Santiago, muy distintos. Creían o simulaban creer que Morón era un lugar rarísimo. Mark Twain decía que a él no lo asombraba nadie en el mundo porque siempre había vivido en el Mississippi. Los Davobe decían lo mismo respecto a Morón. Pero, claro, me parece que en el Mississippi había más gente, ¿no? Santiago admiraba tal vez a unos pocos escritores: Poe, Cervantes, Maupassant… pero en el fondo no creía demasiado en la palabra escrita. Sin embargo, me dijo una vez que él tenía facilidad para escribir una gran novela por vivir en Morón, en donde se daban todos los tipos de humanos.

Sabato: No es una idea equivocada. Morón es un microcosmos que puede dar lugar a una gran novela. No hay temas chicos ni temas grandes: hay escritores chicos y grandes. Cézanne pinta una manzana y hace una obra memorable. Otro cualquiera pinta una crucifixión y es un mamarracho. La mesa que tenemos delante, según quien la mire, puede ser la cosa más extraña del mundo. Para uno puede ser casi nada, para otro, como Berkeley, puede implicar el cuestionamiento de la realidad entera. Es claro que hay muchos que no conciben la escritura sin recorrer el mundo. Pero en la época de Homero no había aviones, y con trirremes y cosas por el estilo no se podía ir muy lejos. Kafka no salió de Praga, casi, y fue un simple empleado.

Barone: Es que una obra de aventuras no necesariamente la escribe un aventurero.

Sabato: El arte es casi siempre un acto antagónico, y un hombre detenido puede tener mucho más imaginación que otro que recorre el planeta.

Borges: Recuerdo el caso absurdo de un holandés que se vino para escribir una novela de galeses de la Patagonia. ¿Cómo sabía que le iban a interesar, de antemano? Posiblemente le habrían interesado más sus vecinos de hotel. Sin embargo insistió en viajar y en proponerse ese objetivo.

Diálogos de Borges y Sabato
Compilados por Orlando Barone
1974-1975

* * *

Muchas de sus novelas se desarrollan en esa parte de París, el XVI, cerca de Trocadero, que no tiene nada de especial. ¿Por qué?

Por eso, porque no tiene nada de especial. Muchos lo consideran un típico barrio burgués. Pero no es así del todo. Tiene una parte de barrio anónimo, banal, sin monumentos históricos, donde uno puede imaginarse cosas. En otros barrios parisinos te sientes bloqueado por la historia. En Trocadero y sus alrededores uno puede observar las calles y la gente que las habita de una manera un poco onírica. Es un barrio donde, en determinadas calles, la gente desaparecía mucho. Como le he dicho, yo lo he comprobado con las guías de teléfonos. Hay una suerte de movilidad extraña. Es un barrio burgués, pero tiene su lado extraño… Luego están mis propios recuerdos de infancia y adolescencia…Todo es un poco confuso. Yo no conozco Madrid, pero estoy seguro de que en Madrid debe de haber barrios así…

Patrick Modiano
Entrevista con Antonio Jiménez Barca
El País, 16 de mayo de 2009

Los cuadros más célebres de Henri Rousseau representan escenas selváticas, a pesar de que él nunca abandonó Francia ni vio una jungla.

 

[Foto: El aduanero Rousseau – fuente: http://www.calledelorco.com]

 

 

[Fuente: http://www.calledelorco.com]

El escritor mantiene una conversación con su alter ego Pedro Juan sobre la vida y la literatura donde repasa su trayectoria literaria y vital.

Pedro Juan Gutiérrez, poeta, periodista, pintor, entre otros oficios, con más de 40 publicaciones a sus espaldas, el Prometeo sexual desatado, como le llamaba Roberto Bolaño, explora sus vivencias con su característico estilo crudo, fuerte y directo del downtown de la Habana.

Diálogo con mi sombra : sobre el oficio de escritor / Pedro Juan Gutiérrez. Anagrama, 2021

SINOPSIS

Pedro Juan entrevista a Pedro Juan. El escritor hace un ágil y exhaustivo repaso de su vida y su obra en el que no se deja nada en el tintero. Y es que, si hablamos de Pedro Juan Gutiérrez, vida y obra se entrecruzan y entremezclan hasta confundirse en la trayectoria de este autor vitalista, visceral y carnal.

En estas páginas evoca sus tempranos pinitos como enamoradizo poeta infantil en Matanzas, el descubrimiento del sexo y la masturbación, la vida en las calles, su juventud en la etapa más dura y represiva de la revolución en los setenta –cuando se prohibieron cosas como el jazz y el rock–, los inicios de su carrera como periodista en la radio, la llegada a La Habana, sus relaciones con mujeres maduras… Y nos habla también de su concepción de la literatura: de cómo el escritor debe vampirizar la realidad, de su teoría de la literatura construida como realidad enloquecida, de la relevancia de la oralidad en su obra, la construcción de sus antihéroes, la importancia del sexo en sus libros, el recurso a la irreverencia y la obscenidad, el rechazo a la actual corrección política… Y desgrana sus lecturas e influencias: los cómics americanos, Kafka, Juan Rulfo, Nicanor Parra, Cortázar, Capote, Malaparte, Carpentier, Sherwood Anderson, los cuentos de Hemingway y Grace Paley, Bukowski y hasta la Corín Tellado que su madre leía con fruición.

Fragmento del llibro disponible en la página web de Anagrama

 

[Fuente: http://www.americat.barcelona]

3.700 libros, de un total de 7.000 que el gran escritor donó a su ciudad natal, Newark, en Nueva Jersey, se acaban de hacer accesibles al público. Ficción, historia, biografía, poesía, drama, crítica literaria y cultural, sociología y psicología son algunos de los géneros y disciplinas que abarca la PRPL, su legado como lector

La Biblioteca Personal de Philip Roth abrió al público en el segundo piso de la Biblioteca Pública de Newark.

Philip Roth donó a la Biblioteca Pública de la ciudad donde nació, Newark, Nueva Jersey, su colección de libros, algunos apuntes y tres máquinas de escribir: unos 7.000 volúmenes que reunió desde 1950 hasta poco antes de su muerte en 2018. La institución organizó, y acaba de abrir al público, la Biblioteca Personal de Philip Roth (PRPL), ubicada en el segundo piso del edificio principal.

Anotaciones de puño y letra en “El proceso”, de Franz Kafka.

“Muchos libros llevan los comentarios, las notas y los subrayados de puño y letra de Roth”, presentó el sitio de la colección, “y estarán accesibles para estudiarlos y para mirarlos”. Ficción, historia, biografía, poesía, drama, crítica literaria y cultural, sociología y psicología son algunos de los géneros y disciplinas que abarca la PRPL, “acumulados durante décadas por alguien que fue un estudioso de su época, un ser de su tiempo y, desde luego, un colaborador líder en su cultura”. Es, de algún modo, parte de la obra de Roth: su legado como lector.

Entre los volúmenes hay muchos dedicados por sus autores de Philip Roth, como este de Samuel Beckett.

Los libros llegaron desde su apartamento en el Upper West Side de la ciudad de Nueva York y desde su casa en las afueras, en WarrenConnecticut. Su organización fue obra de la bibliotecaria Nadine Sergejeff, quien encontró “tesoros”, según The New York Times.

Roth guardaba notas en hojas sueltas dentro de los libros, como estas que se hallaron en un volumen de cuatro obras de Antón Chéjov.

Además de las anotaciones, que muchas veces parecen conversaciones imaginarias de Roth con otros escritores, en los libros se hallaron cartas, muchas veces de la correspondencia de Roth con los autores de los volúmenes, mensajes, listas de compras, itinerarios de viajes, flores secas y envoltorios de dulces a modo de señaladores.

Anotaciones manuscritas en la sobrecubierta de « History Wars ».

“Él realmente usaba su biblioteca”, dijo Rosemary Steinbaum, a una de las administradoras de la Biblioteca Pública de Newark al periódico. “Realmente convivía con ella y la usaba”. La PRPL quiere ofrecer “una oportunidad para familiarizarse con las obras intelectuales y de imaginación que alimentaron su mente y su trabajo junto con los libros que le sirvieron de referencia y fuente para muchas de sus novelas”, según el sitio.

La colección que Roth donó a la biblioteca de su ciudad natal incluye también originales.

Es posible que el escándalo que siguió a la publicación de la biografía de Roth de Blake Bailey aumente el interés de los visitantes: en abril de 2021, mientras el libro trepaba en las listas de bestsellers, comenzaron polémicas sobre los aspectos más controvertidos de la vida de Roth, como sus relaciones de uso y descarte con las mujeres, y de repente surgieron varias acusaciones contra el biógrafo por comportamientos impropios con menores y por la violación de dos mujeres. Philip Roth, The Biography fue retirado de circulación por Norton, y poco después relanzado por Skyhorse.

Anotaciones de puño y letra en una copia de « Anna Kerenina », de Lev Tolstoi.

Accesibles al público, y con el interés especial de atraer a estudiantes, hay unos 3.700 volúmenes, entre ellos los cuatro tomos de una historia de las elecciones presidenciales en los Estados Unidos, varias ediciones de El proceso, de Franz Kafka, y hasta una copia anotada de Increíbles Apps para iPhone para Dummies.

Una curiosidad: « Lamento de Portnoy » dedicado a sus padres, acaso los más escandalizados con la novela.

“La PRPL brinda un hogar a los libros reunidos durante la vida entera de un famoso hijo de Newark que, tras recibir todos los premios literarios de importancia en los Estados Unidos y otros en Francia, España y el Reino Unido, y tras recibir más de una docena de doctorados honoris causa de distinguidas universidades estadounidenses, es reconocido universalmente entre los escritores de ficción más eminentes de su país en su tiempo, la segunda mitad del siglo XX y la primera década del XXI”, resumió la institución.

Una de las tres máquinas de escribir, en este caso una portátil, que Philip Roth usó y donó a la Biblioteca Pública de Newark.

[Fotos: PRPL – fuente: http://www.infobae.com]

 

 

La película checa “Viaje lejano” (1949) fue una de las primeras cintas en dramatizar la Shoá. Prohibida durante décadas y recientemente restaurada, su descripción de los horrores nazis sigue siendo una de las más impresionantes.

Escrito por James Hoberman

La primera cinta de Alfréd Radok, Viaje lejano [Daleká cesta], de 1949, era (y es) un hito, una película de su tiempo que sigue teniendo algo que decirle al nuestro. Realizada en un Estado antaño comunista y que ya no existe, durante el invierno de Guerra Fría de 1948-1949, el notable debut de Radok constituye  una obra maestra del cine checo. Fue una de las primeras, y sigue siendo una de las películas más sólidas, más originales y más influyentes a la hora de abordar el asesinato de la judería europea.

Viaje lejano tuvo su estreno en Nueva York en agosto de 1950, cuando no habían transcurrido ni tres meses de guerra en Corea, en el Stanley, un destartalado cine de Times Square que funcionaba como refugio de películas “yiddish”, documentales israelíes e importaciones soviéticas. A la película se le puso el título “yiddish” de Geto Terezin, por el “campo de tránsito” de Theresienstadt, conocido en checo como Terezin, donde se ubicaba en buena medida y se filmó parcialmente; tuvo un recibimiento tan entusiasta que se mantuvo en cartel durante más de un mes.

El crítico del New York Times, Bosley Crowther, llamó a Viaje lejano “la más brillante, la más potente y horripilante película sobre la persecución de los judíos por los nazis” que él hubiera visto, si bien advertía a “los débiles de corazón” que vieran la película “bajo su propia responsabilidad”. El diario de lengua “yiddish” Morgn Frayhayt daba cuenta de la asombrada respuesta pública de al menos una espectadora que afirmó reconocer en la pantalla a su yo convertido en ficción…Y con razón. Las primeras películas en representar el Holocausto, producidas en Europa Oriental poco después de la guerra las hicieron de manera característica supervivientes de verdad, y/o se realizaron con ellos. Todas tenían aspectos de psicodrama, docudrama, y documental.

Viaje lejano, que si es algo es personal, la escribió Erik Kolár, un abogado checo, judío asimilado, que, casado con una gentil, logró esquivar la deportación a Terezin hasta 1945. El director, Radok, hijo de una madre católica y un padre judío, se crió en una aldea bohemia y pasó buena parte de la guerra escondido, antes de que le enviaran a un campo de trabajos forzados para mischlings [término racial usado por los nazis para los “medio judíos”] en Polonia. Tanto su padre como su abuelo murieron en Terezin. Sobre la base de sus experiencias, Kolár adoptó una actitud conciliatoria hacia sus compatriotas gentiles; Radok, basándose en su experiencia, no. En su actitud y en su atención al detalle, Viaje lejano fue la película más judía realizada en Checoslovaquia hasta esa fecha y quizás en toda su historia.

oNinguno de los dos hombres había tenido con anterioridad implicación alguna en el cine. Radok era director de teatro cuando el estudio Barrandov, recién nacionalizado, le comprometió para dirigir el guión de Kolár. Su escuela cinematográfica fue Ciudadano Kane, que se había estrenado en Checoslovaquia después de la guerra (en 1947, Radok declaró a un periodista que, para él, Kane era la revelación más profunda del año). Al igual que KaneViaje lejano recurría al lenguaje visual del cine expresionista: una película estilizada que se autodramatizaba, de súbitas sombras y resplandecientes reflejos, tomas de espejos y ángulos que asoman, algunos tan bajos que mostraban visiblemente el techo.

Al igual que Welles, pero de modo distinto, Radok incorporó noticiarios en su relato, recurriendo a un pequeño encuadre dentro de otro para insertar el drama en el documental. Echando mano de películas de propaganda nazi como El triunfo de la voluntadViaje Lejano deja sentada la ocupación de Checoslovaquia de marzo de 1939 con una serie de trazos rápidos y diestros — soldados que marcan el paso de la oca, pintadas antisemitas, largas filas en el exterior de los consulados occidentales — y se centra luego en la situación de Hana Kaufmannová, una médico judía que se anticipa a su inevitable deportación a Terezin casándose con un colega gentil, Toník Bureš. La elección de la protagonista es crucial: Hana y Toník son seres racionales modernos, ejemplares. Además, como preludio a la puesta en práctica de las excluyentes leyes de Nuremberg, la primera orden de los nazis prohibió a los doctores judíos prácticas “arias”.

Aunque la deportación masiva a campos de concentración comenzaría unos dos años después, parece como si, casi de la noche a la mañana, la cultivada familia Kaufmann y sus vecinos judíos se viesen sistemáticamente humillados y despojados de sus derechos. A Hana la envían a trabajar a una clínica judía, Toník pierde también su empleo. Su cena de boda mezcla alegría y terror: los formales invitados burgueses marcados para la muerte con sus preceptivas estrellas judías. La normalidad se ve todavía más trastornada por un uso wellesiano del sonido de parte de Radok. A lo largo de la cinta se repiten como un eco tonalidades discordantes. Un suicidio se ve acompañado de una serie de monótonas escalas de piano que proceden del piso de arriba. Las deportaciones se llevan a cabo como una danza macabra y al son del inquitante bolero marcial de Jiří Sternwald.

El mundo vaciado de la película, de nudosa gente mayor, burocracia deshumanizadora e inmensos almacenes llenos de pertenencias judías confiscadas no puede sino evocar a Franz Kafka. En eso, Viaje lejano tiene mucho en común con Vida con una estrella, del novelista judío checo Jiří Weil, publicada en 1949, el mismo año del estreno checo de la película. Después de fingir su propia muerte, Weil sobrevivió a la guerra escondido. Su relato convertido en ficción constituye una desapasionada descripción del proceso por el cual, sin ninguna razón discernible, un empleado de banca de Praga se ve despreciado, degradado y expulsado (no se menciona la palabra “judío”, ni tampoco “nazi.”). Tanto en la novela como en la película, la irracionalidad manda. La única cosa que distingue a los judios de sus conciudadanos checos es la estrella amarilla.

En una medida no menor que Vida con una estrellaViaje lejano pertenece a lo que Jean-Paul Sartre denominó “literatura de situaciones extremas”, y se vincula a la novela de 1948 de Albert Camus, La peste. La película de Radok y la novela de Weil no solo evocan la sensación de Kafka de sistemática deshumanización sino también el género de existencialismo de Camus, que define la condición humana en términos de libertad de elección y responsabilidad personal bajo sentencia de muerte, frente a un universo hostil, incognoscible. Hay un diálogo de Viaje lejano que podría haberse tomado de La peste: “No estoy aquí esperando a la muerte”, le dice un judío a otro. La réplica es: “¿Dónde la vas a esperar entonces?”

Vida con una estrella alude, pero no se aventura por Terezin, la guarnición del siglo XVIII a 60 kilómetros de Praga, cuyas fachadas de los Habsburgo ocultaban casi diez veces más habitantes de los que se había construido para acoger. Un corral de espera para músicos, artistas, eruditos conocidos y otra gente “destacada”, Terezin era esencialmente la antecámara del exterminio, un lugar de constante coacción, comida insuficiente, y terrible higiene. En conjunto, unos 140.000 judíos pasaron por este campo de concentración denominado “modelo”. Allí murieron cerca de 33.000 personas; otras 87.000 fueron luego transportadas hasta Auschwitz.

En Viaje lejano, Terezin es un proceso: una fila entra en el campo mientras en otra fila se llevan a los muertos. Es también una pesadilla. El espacio es incoherente, tremendamente claustrofóbico. Los interiores son chapuceros. A lo incomprensible se suman vistas obstruidas y misiones enigmáticas. Las imágenes de ancianas fregando la estrecha acera en la que niños y danzarinas aterradas bailan como autómatas, o el breve atisbo de una marioneta que desciende por las tortuosas escaleras de algún nido secreto de ratas son dignas de Bedřich Fritta, artista gráfico cuyos dibujos fueron condenados por los nazis como “pornografía del horror”.

Con todo, algunos supervivientes de Terezin, sobre todo Arnošt Lustig, le han puesto objeciones a la estilización de Radok: “Había orden en Terezin, no esta clase de caos”, mantenía uno de ellos. Pero en el Terezin de Radok, caos y orden son indistinguibles. La única claridad es la que proporciona la desapasionada crueldad de los jefes supremos nazis.

Teniendo en cuenta que el campo se fundamentaba en el engaño, el uso que hace Radok de lo fantástico es una forma de verosimilitud. Terezin era ya un decorado de película. Los nazis filmaron allí dos pseudodocumentales. El segundo, filmado durante el verano de 1944, se vio precedido de meses de “embellecimiento”: se encalaron edificios, se limpiaron a fondo las calles, se puso césped, se plantaron rosales a fin de crear una alegre fachada para una delegación de la Cruz Roja danesa.

Las escenas más convincentes de Radok se basan en hechos reales: el “embellecimiento”; la misteriosa llegada de un millar de niños famélicos y harapientos (únicos supervivientes del alzamiento del gueto de Bialystok) inexplicablemente aterrorizados a la vista de las duchas de Terezin; los trenes cargados de judíos agonizantes, contagiados de tifus, enviados al campo en las semanas previas a la liberación.

En su crítica de Viaje lejano, Bosley Crowther se asombraba de que una película así hubiera podido hacerse en Checoslovaquia. Ciertamente, aunque Erik Kolár había presentado su guion a la industria cinematográfica recién nacionalizada menos de un año después de que terminase la II Guerra Mundial, Viaje lejano vino a realizarse durante un periodo confuso (que en cierto modo refleja), no menos para los judíos de Checoslovaquia que habían sobrevivido.

Radok se inscribió en el proyecto justo cuando los comunistas checoslovacos daban un golpe contra el gobierno de coalición de del país. Tres meses después, Checoslovaquia reconocía diplomáticamente a Israel y de inmediato dio comienzo a varios años de vender armas al Estado recién nacido. Mientras tanto, quizás anticipando la trampa que evoca la película, los judíos iban apresurándose a dejar el país. Viaje lejano se filmó durante un periodo de manifestaciones “contrarrevolucionarias”. Divulgada en principio, la película se estrenó prácticamente en secreto en el verano de 1949 en la primera oleada de juicios políticos, organizados principalmente por Rudolf Slánský (un comunista judío al que le llegaría su hora en 1952) y fue retirada después de una breve exhibición.

Igual que Checoslovaquia exportaba armas, exportaba también Viaje lejano. La película participó oficialmente en dos festivales internacionales de cine, entre ellos el de Cannes, ese verano; en 1950 se exhibió comercialmente en Bulgaria, Suiza, Israel, la Unión Soviética, los Estados Unidos y Francia, donde la recomendo “apasionadamente” el gran crítico André Bazin, quien escribió que “quizás ahora, por vez primera, se puede invocar el nombre de Kafka en relación con el cine”.

Se podría haber invocado el nombre de Kafka en relación a la carrera de Radok. Despedido del Teatro Nacional mientras Viaje lejano se encontraba en fase de producción, se vio obligado a esperar varios años para dirigir sus demás películas —una opereta anticuada y una comedia de época todavía más inocua — y se vio luego incluido en la lista negra por ser insuficientemente comercial. En un cambio de marchas, Radok pasó a iniciar la Laterna Magica, una mezcla de película, teatro y proyección de diapositivas que fue un exitazo en la Feria Mundial de Bruselas de 1958 y de la que fue igualmente purgado.

Radok abandonó finalmente Checoslovaquia tras la invasión de 1968. Para entonces, redescubierta por una generación de cineastas más jóvenes, Viaje lejano era una película de culto, anticipando e inspirando un aluvión de películas de la “nueva ola” referentes al destino de los judíos de Checoslovaquia durante la II Guerra Mundial. Prohibida una vez más, no se exhibió hasta después de la Revolución de Terciopelo, y se vio por primera vez en televisión en 1991, 15 años después de que Radok muriera en Viena.

Vida con una estrella termina con su antihéroe dando un salto existencial. Viaje lejano no ofrece esa conclusión positiva. Después de que el Ejército Rojo, al que no se ve, libere Terezin, los presos despiertan de su pesadilla al frenesí y el olvido. La discordante escenal final de la película reúne a los dos médicos en un enorme cementerio, en busca de algún significado por haber sobrevivido. Se oye una letanía de campos de concentración y una monumental estrella de David parpadea brevemente en pantalla, pero todas las tumbas están señaladas con una cruz. Esta coda podría parecer una imposición del estudio en el último minuto, salvo por el hecho de que Radok, evidentemente, hizo que fabricaran las cruces.

Uno se acuerda de una amarga observación en Vida con una estrella: “Desaparecía tanta gente a cada minuto que era mejor pensar que nunca habían existido”. En un absurdo histórico final, los judíos de Praga se han desvanecido hasta en la muerte.

James Hoberman : reputado crítico cinematográfico norteamericano, trabajó durante varias décadas para The Village Voice, una de las publicaciones culturales esenciales del periodismo neoyorquino. Autor de una docena de libros, ha sido profesor de cine en la escuela universitaria Cooper Union, dictando asimismo cursos en Harvard y la Universidad de Nueva York.

[Fuente: The Tablet – traducción: Lucas Antón – reproducido en http://www.sinpermiso.info]

     “

“[…] es una experiencia singular la de pertenecer

a un grupo minoritario estigmatizado y, al mismo tiempo,

sentirse completamente inserto en la corriente cultural

y en el destino político y social de la mayoría que lo estigmatiza”

Norbert Elias, Notes sur les juifs en tant que partipant à une relation établis-marginaux.

 

 

Escrito por Manu Valentín

El domingo 4 de octubre de 1903 un joven judío que apenas llegaba a los 24 años se disparaba en el pecho en el número 15 de la calle Schwarzpanierstrasse, en Viena. Se llamaba Otto Weininger y hacía poco más de cinco meses había presentado su tesis doctoral en la universidad, la había titulado Sexo y carácter. Al día siguiente de dicha presentación, en el céntrico café Grienstdl, sito en una esquina de la Michaelerplatz, Karl Krauss, Arthur Schnitzler y Franz Werfel, tres asudios del local, discutían acaloradamente sobre los párrafos más polémicos del joven. Meses más tarde, todavía con el horror dibujado en sus rostros, acudirían juntos al multitudinario entierro del suicida. Entre los asistentes encontraron a Stefan Zweig, un joven poeta que comenzaba a ser reconocido en el exclusivo ambiente intelectual vienés. Pero lo que verdaderamente llamó la atención de los tres amigos, fue un chiquillo de 14 años que apenas podía sostener el libro del difunto entre sus manos, se llamaba Ludwig Wittgenstein e iba a revolucionar la filosofía del siglo que recién comenzaba.

Aquella mañana de otoño Stefan Zweig, quizás aún sin saberlo, acababa de presenciar los efectos casi ineludibles de una profunda contradicción, una contradicción que, por otra parte, debía sentir como propia. Esta paradoja había sido construida y consolidada a lo largo del siglo XIX bajo el impulso del filósofo judeoalemán Moises Mendelsohn. Preceptor y difusor de las ideas ilustradas, había establecido las bases de la emancipación de los judíos embarcándolos en un proceso sin retorno que los llevaría a una casi irreversible secularización.

En el transcurso de dos generaciones los judíos se transformaron en una comunidad relativamente acomodada, formada mayoritariamente por clases medias pertenecientes a las diferentes capas de la burguesía cultivada, los Bildungsbürgertum. La Bildung, entendida como formación individual y libre, había permitido a los judíos apropiarse de la cultura alemana, pero la estigmatización de la que eran objeto los privaba en el ámbito público de los valores de moralidad, dignidad y respetabilidad (Sittlichkeit). Es decir, los judíos eran prisioneros de una contradicción insuperable entre Bildung y Sittlichkeit, la primera cada vez más judaizada, la segunda siempre inalcanzable. Weininger era un caso extremo y temprano de esta condición imposible, y su acto -quitarse la vida- era la punta de lanza de una tendencia que se propagaría años más tarde.

En 1903 el mundo en el que había crecido el joven Otto comenzaba ya a resquebrajarse. Desde 1848, tras el fracaso de la revolución liberal, la conciencia nacional alemana había roto definitivamente el lazo que, por un tiempo, la había ligado a los valores liberales y se había lanzado, como si se tratara de un salto al vacío, hacia el encuentro con su pasado ancestral y mitológico, lo que acabaría dando paso al auge del nacionalismo.

La muerte del joven Otto simboliza la derrota de una generación que había dedicado gran parte de sus esfuerzos a la consolidación de los valores ilustrados y que, ante el auge del lo irracional, no había podido encontrar una salida satisfactoria. Este callejón sin salida ya había sido anunciado a finales del siglo XIX por Frederich Nietzsche en su ensayo La Gaya Ciencia, donde, entre otras cosas, había pronosticado el fin de los ideales del mundo moderno y el advenimiento del nihilismo.

Como vaticinio del fin de una época, durante ese mismo año nacería en una pequeña ciudad austríaca, Robert Musil, el autor de El hombre sin atributos. Publicada en tres fases, en 1930, 1933 y póstumamente en 1943, está obra culminante representará el testimonio más crudo del derrumbamiento del antiguo régimen, convirtiéndose en el espejo de la ruina europea. Ulrich, su protagonista, es un hombre que desconfía de las verdades irrefutables, huye de la inercia irracional del mundo y apuesta lo poco que le queda a la reflexión en lugar de la emoción impuesta. En pleno apogeo del delirio irracional, su publicación cierra el círculo de la paranoia nacionalista, desde ese instante el desamparo del hombre ante los efectos del caos comienza a ser tratado con desesperada naturalidad.

El 3 de junio de 1924, veinte años más tarde de la muerte de Otto, mientras Stefan Zweig se bebía la vida en los cafés de Viena sin que se le pasara por la cabeza el hundimiento del mundo que él mismo había creado, Johannes Urzidil, un joven checo de origen hebreo, se asomaba a un púlpito improvisado en el cementerio de Praga para pronunciar un discurso en honor a su amigo recién fallecido -el amigo era Franz Kafka-, comenzaba así: “Yo soy hinternacional”. Este inicio no era casual, la combinación de la palabra hinter, que significa detrás, con nacional insinuaba una condición compartida por muchos de los presentes. Johannes estaba queriendo decir que existía un muro entre él y las naciones, que, de algún modo, vivía tras ellas, en alguna parte de los márgenes del mundo permitido. Esta combinación reflejaba la impotencia de los judíos asimilados durante gran parte del siglo XIX y parte del XX ante el auge de los nacionalismos.La cual, les empujaría a la defensa agónica del cosmopolitismo.

Cafe Griensteidl 1897

La etapa que va del fin de la Primera Guerra Mundial hasta el advenimiento del nazismo se caracterizará por una reivindicación más encarnizada si cabe de este cosmopolitismo, lo que acabará provocando una curiosa paradoja: los escritores judíos, viendo el rechazo que suscitaba su obra en el interior de Alemania, buscarán lectores más allá de sus fronteras y acabarán convirtiéndose en los representantes europeos de la literatura alemana. Joseph Roth, Soma Morgenstern, Karl Krauss, Franz Werfel, Walter Benjamin y el propio Stefan Zweig, serán la voz de la prosa alemana en el extranjero. Esta generación, que consideraba a la asimilación como un hecho consumado y no más como un objeto a alcanzar, se confrontaba ahora al ascenso de un antisemitismo violento, ya no religioso sino racial.

En un ensayo dedicado a Stefan Zweig la filósofa Hannah Arendt definió el cosmopolitismo de los escritores judeoalemanes como “una nacionalidad maravillosa que ellos reivindican desde que se les recordaba su origen judío, pareciéndose un poco a esos pasaportes que otorgan a su portador un permiso de estancia en todos los países, con excepción de aquel que lo ha expedido.

Josep Roth también incidirá en esa condición, casi natural, de los hombres de letras judíos: “El aporte indiscutible de los escritores judíos a la literatura alemana reside en el descubrimiento y la valoración literaria del urbanismo. Los judíos han descubierto e ilustrado el paisaje urbano y el paisaje mental de los citadinos. Ellos develaron todas las múltiples facetas de la civilización urbana. Mostraron el café y la fábrica, el bar y el hotel, el banco y la pequeña burguesía de la capital, los lugares de encuentro de los ricos y los barrios miserables, los pecados y los vicios, la ciudad de día y la ciudad de noche, el carácter de los habitantes de las grandes metrópolis […]

Este tipo de cosmopolitismo fue la respuesta más común ante la precariedad cada vez más acuciante del proceso de emancipación y el creciente antisemitismo. Tan sólo entre 1933 y 1938 más de 450.000 judíos emprendieron el camino del exilio.

El propio Roth -siguiendo con la condición cosmopolita- cuando se le preguntaba por su nacionalidad, solía contestar que su patria era móvil, que -estando, como él estaba, en constante movimiento- no podía escoger un solo lugar, su patria le acompañaba allá donde fuera, es decir, ésta dependía de la habitación de hotel donde se alojara en ese momento, “ […] en París: hotel Foyol; en Marsella: hotel Beaurau; en Viena: hotel Bristol; en Ámsterdam: hotel Eden…»

Ante la imposibilidad del arraigo, obligado a su condición errante, Roth opta por la vida en el limbo, sin apenas propiedades, sujeto tan sólo a tres maletas donde guardaba lo indispensable, construirá la única patria que le habían dejado tener, la única alcanzable, la que marcaban las cuatro paredes de su habitación de hotel.

En este ambiente bañado por el aroma cabaretesco de los 20, donde los hombres intentaban vivir al día, sin preocuparse de lo que vendría después, Josep Pla, joven periodista catalán, será enviado como corresponsal a Berlín para relatar los estragos de la inflación monetaria. La capital prusiana vivía por entonces en la locura más extrema, tanto en lo ideológico como en lo vital.

Como la mayoría de los corresponsales, Pla escribirá artículos sobre la brutal inflanción del marco: “Una cervesa valia tres milions de marcs i un cafè amb llet quatre milions. Una dona depredada, provinent de la guerra de l’est valia cinc-cents milions de marcs –la quarta part d’un dòlar–, a penes una pesseta cinquanta de la nostra moneda.”

Pero tras ser testigo de las primeras muestras de fanatismo, no podrá dejar de hablar de esa combinación explosiva -tan alemana por otra parte- entre obediencia ciega y totalitarismo: “Però […] el que més afectà el meu esperit i amb més profunditat, fou veure l’ordre, la disciplina, les formes d’impassibilitat, de calma, de silenci, d’obediència, que manifestà […] el poble alemany. […] Sota l’aparença de la impassibilitat la processó anava per dins. Fou perfectament possible de veure-ho clar quan fou necessari de presenciar la projecció de les masses sobre les oficines del nou partit totalitari, l’escombrada de la meravellosa constitució de Weimar, de les milícies socialistes, dels polítics prussians –homes de ferro–, de la socialdemocràcia teutònica.”

Años más tarde, escribirá en sus memorias la trágica muerta de una de sus amantes, una chica llamada Aly Herscovitz: “Era judía, tenía la familia en Leipzig, establecida en el comercio —familia proveniente de Iasi, en las bocas del Danubio, en el mar Negro—. Era muy joven (veintiún años), no muy alta, llena, rubiales, ojos grises, dentadura blanca, poco preocupada por la manera de vestir. Había recibido una enseñanza y una educación muy buenas, dominaba el francés y el inglés, y tenía una conversación agradabilísima. (…) La conocí en el café, —probablemente en el Romanisches Café, muy cerca de Kurfürstendamm—. La invité a cenar; aceptó, y al cabo de dos o tres comidas vino a vivir al piso donde yo vivía como realquilado de la señora Behrens, en una calle cuyo nombre no recuerdo, muy triste, alejada del Berlín de los extranjeros.

Estos ciudadanos del mundo son en realidad “hombres (y mujeres) sin mundo”, confinados a una condición de “falta de mundo”, como apuntaría Hannah Arendt. Estos intelectuales judíos que vivieron intensamente los años veinte, serán la vanguardia de una gran multitud de hombres y mujeres que escaparán de las garras del fascismo a lo largo de los años 30.

Durante esta década oscura la era de luz y seguridad que retrataría Stefan Zweig años más tarde en El mundo de ayer se había extinguido, la época en que Berlin contaba con 1000 salas de cine y París 30.000 cafés era un rumor en el recuerdo. Zweig recordaría un tanto decepcionado como Gustav Mahler, asqueado de sí mismo, se había visto obligado a convertirse al catolicismo para prosperar en su carrera. Las afrentas vividas en el pasado se tornaban ahora insoportables. Karl Krauss, que había abrazado la razón como el salvavidas de su generación certificaba ahora su muerte: «Bienvenido sea el caos porque el orden ha fracasado».

Joseph Roth y Stephan Zweig en Viena

Por entonces Josep Roth compartía la gran preocupación del advenimiento del nazismo con su amigo y mecenas Stefan Zweig. La pérdida de una patria compartida los hermanaba aún más. En una de las centenares de cartas que Roth escribió a su amigo se puede leer: «Nuestros libros son imposibles en el Tercer Reich […] Hágase a la idea de que los 40 millones que escuchan a Goebbels están muy lejos de hacer una distinción entre usted, Thomas Mann, Arnold Tuchyolsky y yo. Nuestro trabajo de toda la vida -en sentido terrenal- ha sido en vano. No le confunden a usted porque se llama Zweig, sino porque es usted un judío, un bolchevique cultural, un pacifista, un literato de civilización, un liberal. Toda esperanza es absurda. Esta «restauración nacional» llega hasta la más extremada locura» (Carta escrita en abril del 1933)

La Europa de la que hablaban Stefan Zweig y Joseph Roth en la primera mitad del siglo XX tenía mucho más que ver con «la Europa de los horizontes”, una Europa sin fronteras, con una circulación habitual de “pasajeros”, es decir, de hombres que pasean de un lado al otro, sin importar credo, origen y religión, aquel lugar casi mitológico de los escritores judeoalemanes contrastaba con la «Europa de las fronteras» de los nacionalismos europeos. Su coexistencia, la posibilidad de que ambas ideas convivieran, se convirtió en una quimera. Durante algunos años el optimismo casi infantil de esta generación dio la espalda a la realidad, Zwieg se quedó pronto solo con su idea de mundo, sus coetáneos fueron acumulando pérdidas y desengaños que iban a ir debilitando la esperanza de un mundo posible.

Zweig dejaría escrito unos meses antes de quitarse la vida: «Pero toda sombra es, al fin y al cabo, hija de la luz y solo quien ha conocido la claridad y las tinieblas, la guerra y la paz, el ascenso y la caída, solo ese ha vivido de verdad».

Stefan Zweig se suicidó en Petrópolis, Brasil, en febrero de 1942; el alcohol acabó destruyendo a Joseph Roth en mayo de 1939 en su destierro parisino; Franz Werfel nunca regresó de Estados Unidos; Soma Morgenstern tras sufrir confinamiento en un campo de refugiados en Francia pudo cruzar el océano y trasladarse a Norteamérica, gozó de reconocimiento los últimos años de su vida; siucidio o no, Walter Benjamin perdió la vida en Portbou en 1940 mientras huía de la persecución nazi; Robert Musil murió pobre, anónimo y olvidado en 1942, tan sólo ocho amigos le acompañaron a la tumba; Hermann Broch acabó sus días en el exilio; el 4 de junio de 1938 Sigmund Freud fue expulsado de su apartamento de la calle Bergasse por la policía del NSPD, en una de las maletas guardaba las fotografías que meses antes, consciente de la inminente expulsión, había tomado en todos los rincones de su casa con la intención de tener un registro personal de lo vivido; la madrugada del 16 de julio de 1942 Aly Herscovitz fue detenida y conducida junto a más de trece mil judíos al Velódromo de Invierno de París, donde pasó cinco días de hambre y sed, luego sería trasladada a Auschwitz; Ludwig Wittgenstein murió en Cambridge, en casa de su médico, el 29 de abril de 1951, tras negarse a recibir tratamiento médico contra el cáncer de próstata que sufría…

Wittgenstein, en su agonía póstuma, había sentenciado ante la mirada incrédula de su médico“Su mundo no es nuestro mundo. El mundo de quien es feliz es otro distinto al mundo del que es infeliz».

 

[Fuente: http://www.mozaika.es]

 

 

La Biblioteca Nacional de Israel anunció que en la colección figuran unos 120 dibujos, más de 200 cartas dirigidas a su amigo, el escritor Max Brod, y el original de su testamento literario en el que pedía que quemase todos sus escritos.

A 97 años de la muerte del escritor, la Biblioteca Nacional de Israel puso a disposición cartas, manuscritos y dibujos.

Tras ser recuperadas después de una batalla judicial que duró medio siglo y a 97 años de la muerte del escritor, la Biblioteca Nacional de Israel puso las cartas, manuscritos y dibujos del escritor checo Franz Kafka a disposición del público que quiera consultarlos por internet.

Según anunció la institución, en la colección figuran unos 120 dibujos, más de 200 cartas dirigidas a su amigo, el escritor Max Brod, y el original de su testamento literario en el que pedía que quemase todos sus escritos.

« La Biblioteca Nacional de la Colección Franz Kafka de Israel está ahora en línea por primera vez, después de un intenso proceso de conservación y restauración de trabajo, catalogación y digitalización de años. La colección, uno de los más grandes de su tipo, contiene docenas de manuscritos, cuadernos, cartas personales, dibujos y más », anunció la biblioteca en un comunicado.

En 1924, tras la muerte de Kafka, Brod decidió no obedecer el pedido del escritor y no destruyó los escritos. Quince años después, abandonó una Checoslovaquia ocupada por los nazis, y se instaló en Tel Aviv. En su equipaje llevaba los escritos y dibujos de Kafka. A lo largo de los años, publicó gran parte de esas obras y cimentó la fama del escritor a quien se considera una de las principales figuras literarias del siglo XX.

En 1968, tras la muerte de Brod, comenzó la disputa por los derechos de la obra y la polémica involucró a varios países, al ambiente universitario, a los herederos de Kafka y también a Brod. Tras un fallo de la justicia suiza de 2019, una parte de los archivos que estaban en una caja fuerte de Zurich fueron entregados en mayo de 2019 a la Biblioteca Nacional de Israel, con sede en Jerusalén.

La digitalización del valioso material fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama.

La digitalización del valioso material fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama.

Gran parte de los documentos que ahora se podrán consultar on line ya habían sido publicados por Brod. Es el caso de « Preparativos de Boda en el Campo », considerada la primera novela inacabada de Kafka. Sin embargo, los archivadores que trabajaron en la biblioteca prometen dos sorpresas: dibujos inéditos sin firma ni fecha y un cuaderno azul en el que Kafka había escrito en hebreo, firmado ‘K’, su firma habitual. En aquel cuaderno, por ejemplo, aparece un texto fechado en 1920, en el que Kafka le pide a su profesor de hebreo que no se enoje por los errores en sus ejercicios.

La digitalización fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama y contó con el sponsoreo del empresario George Blumenthal.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

El 28 de agosto de 1947, Witold Gombrowicz dio una conferencia en Buenos Aires que nos puede servir de base para discutir algunas características de lo que llamamos « el espacio del lector ». La conferencia es ahora un texto célebre, « Contra los poetas », y Gombrowicz la incluyó, años después, como apéndice en su Diario.

Escrito por Ricardo Piglia 

Gombrowicz era un completo desconocido en aquel entonces. Vivía, pobremente, en oscuras piezas de pensión. Había llegado a la Argentina casi por casualidad, en 1939, y lo sorprendió la guerra y ya no se fue. En verdad, los años de Gombrowicz en la Argentina son una alegoría del artista tan extraña como la alegoría de los manuscritos salvados de Kafka. Luego de unos primeros meses dificilísimos, de los que casi no se sabe nada, Gombrowicz va entrando de a poco en circulación en Buenos Aires. Su centro de operaciones es la confitería Rex, en lo alto de un cine, en la calle Corrientes, donde juega al ajedrez y va ganando un grupo de iniciados y de adeptos, entre ellos al poeta Carlos Mastronardi y al gran Virgilio Piñera. Ha empezado a anunciar a quienes puedan oírlo que es un escritor del nivel de Kafka, pero, por supuesto, todo el mundo piensa que es un farsante: nadie lo conoce, nadie lo leyó. Además sostiene que es un conde, que su familia es aristocrática, aunque vive en la indigencia. Borges, con su malicia habitual, lo cristalizará, años después, con esta imagen:

A ese hombre, Gombrowicz, lo vi una sola vez. Él vivía muy modestamente y tenía que compartir la pieza, una azotea, con otras tres personas y entre ellas tenían que repartirse la limpieza del cubículo. El les hizo creer que era conde y utilizó el siguiente argumento: los condes somos muy sucios, con esa argucia consiguió que los demás limpiaran por él.

Entonces, en 1947 Gombrowicz sale a la superficie. Estaba por ahogarse, pero logra salir a flote, aunque volvió a hundirse varias veces después. Ese año aparece la traducción al castellano de Ferdydurke , y se publica, también en español, su obra de teatro El matrimonio . Pero, como sabemos, esas obras no tienen la menor repercusión. Son pequeñas ediciones que nadie lee, aunque quienes las leen nunca lo olvidan. La conferencia está ligada a la aparición de esos textos. Es un intento de hacerse ver, el inicio de una campaña de larga duración. Cualquiera que lee los testimonios o la correspondencia de esos años, lo ve a Gombrowicz intrigando y armando redes y conspiraciones microscópicas. Redes de amigos, de jóvenes, que intentan dar a conocer su obra.

Cómo llegó a dar esa conferencia, quién la organizó, cuántos asistieron, es algo que no sabemos bien. Solo sabemos que fue en la librería Fray Mocho, en la calle Sarmiento, casi Callao, en el centro de Buenos Aires. Una librería pequeña, muy buena. Se trataba de un lugar ajeno a los circuitos prestigiosos de las conferencias de aquellos años, como el Colegio Libre de Estudios Superiores, donde Borges empezó a dictar sus conferencias en 1946, o el Centro de Amigos del Arte, donde Ortega y Gasset daba sus multitudinarias conferencias en esa época.

El 28 de agosto de 1947, entonces. Las siete de la tarde, esa es la hora de las conferencias, la hora del crepúsculo. Pleno invierno en Buenos Aires. Gente con sobretodo, con abrigos, mujeres con tapados de piel quizá. Gombrowicz con su impermeable gris y su sombrero, el conde como pordiosero elegante.

Hay un primer dato que nos interesa especialmente. Gombrowicz da esa conferencia en castellano, en ese castellano áspero, de gramática incierta, que hablará siempre. No da la conferencia en francés, lengua que conocía y hablaba fluidamente, como era habitual en Buenos Aires. Victoria Ocampo daba sus conferencias en francés, y también lo hacía, con gran éxito, Roger Caillois, otro europeo en Buenos Aires. Una conferencia dicha en castellano, entonces, por un escritor polaco desconocido, en una oscura librería de Buenos Aires.

El castellano de Gombrowicz es el idioma de la desposesión. Nada que ver con el inglés de Nabokov, aprendido de chico con las institutrices inglesas. Gombrowicz aprende el castellano en Retiro, en los bares del puerto, con los muchachos, con los obreros, los marineros que frecuentaba; una lengua que está cerca de la circulación sexual y del intercambio con desconocidos. Retiro, con ese nombre tan significativo, es la zona del Bajo, del llamado Paseo de Julio, la zona por donde va a vagar Emma Zunz, la Recova, los bares de mala vida, los piringundines. El español aparece ligado a los espacios secretos y a ciertas formas bajas de la vida social.

Desde luego, Gombrowicz lo vive como una iniciación cultural, como una contraeducación. « Me bastaba con unirme espiritualmente por un momento con Retiro para que el lenguaje de la Cultura empezara a sonarme falso y vacío », escribe. Y de eso trata la conferencia: una crítica al lenguaje estereotipado, cristalizado en la poesía. Una crítica a la sociabilidad implícita en esos lenguajes falsamente cultivados.

Por su lado, Gombrowicz elige la inferioridad, la carencia, como condición de la enunciación. Y a eso se refiere de entrada en la conferencia. Cito la versión original conservada por Nicolás Espino, que no aparece luego en la edición del texto en su Diario :

Sería más razonable de mi parte no meterme en temas drásticos porque me encuentro en desventaja. Soy un forastero totalmente desconocido, carezco de autoridad y mi castellano es un niño de pocos años que apenas sabe hablar. No puedo hacer frases potentes, ni ágiles, ni distinguidas ni finas, pero ¿quién sabe si esta dieta obligatoria no resultará buena para la salud? A veces me gustaría mandar a todos los escritores al extranjero, fuera de su propio idioma y fuera de todo ornamento y filigrana verbales para comprobar qué quedará de ellos entonces.

El escritor siempre habla en una lengua extranjera, decía Proust, y sobre esa frase Deleuze ha construido su admirable teoría de la literatura menor referida al alemán de Kafka. Pero la posición Gombrowicz me parece más tajante. Lo inferior, lo inmaduro, se cristaliza en esa lengua en la que se ve obligado a hablar como un niño. Desde su primer libro, los cuentos que llamó Memoria de la inmadurez, Gombrowicz se colocó en esa posición. Y la inmadurez será el centro de Ferdydurke: el adulto que a los treinta años debe volver a la escuela, infantilizado.

Pero ¿una lengua menor para decir qué? Quizá, como escribe Gombrowicz el 30 de octubre de 1966 en su Diario, viviendo ya en Europa como un escritor consagrado, « el escándalo es que no tenemos todavía una lengua para expresar nuestra ignorancia ». En Buenos Aires ha encontrado ese lenguaje. La lengua como expresión de una forma de vida. La pobreza de la lengua duplica la falta de dinero, la precariedad en la que vive. El conde como pordiosero es simétrico del gran estilista que no sabe hablar. La desposesión como condición de la gran literatura. La opción Beckett, Céline, Néstor Sánchez; el escritor como clochard, el escritor que balbucea.

Gombrowicz está siempre cerca de la afasia. Mejor sería decir, Gombrowicz trabaja sobre la afasia como condición del estilo. El afásico es un infante crónico. Estamos otra vez en Ferdydurke.

Gombrowicz hace de la inferioridad, del anonimato, de la carencia, una ventaja y una posibilidad. No sé hablar, hablo como un chico y me refiero por eso a la más alta expresión del lenguaje: la poesía. Y sé lo que digo porque soy un gran artista.

Segunda cuestión, el castellano como lengua perdida de la cultura. El castellano como una lengua menor en la circulación cultural a mediados del siglo XX (y no solo del siglo XX). Circuitos débiles de la influencia y la difusión literarias. Gombrowicz tiene muy claros los efectos retrasados, la marcha lenta. Y a la vez los desvíos. Y las sorpresas. Porque Gombrowicz tiene mucho que agradecerle al castellano.

En principio, a la lectura de Ferdydurke que hace François Bondy, el director de la revista Preuves, el primer gran difusor de Gombrowicz en Francia. « En 1952 leí Ferdydurke en español », ha contado Bondy. Fue a partir de esa lectura que se interesó por él y lo hizo traducir al francés. Una lectura que le va a cambiar la vida a Gombrowicz. Porque Bondy es quien le consigue la invitación a Berlín en 1963, que va a permitir el regreso de Gombrowicz a Europa y su triunfo final.

Cómo le llegó a Bondy ese libro en español es una intriga. Un ejemplar de Ferdydurke en castellano, editado en Buenos Aires, llega a París. Cuando Gombrowicz conoce personalmente a Bondy en 1960 en Buenos Aires, durante un congreso del PEN Club, lo primero que quiere saber es en qué circunstancias ha llegado a leer Ferdydurke en castellano.

Los libros recorren grandes distancias. Hay una cuestión geográfica en la circulación de la literatura, una cuestión de mapas y de fronteras, de ciertas rutas que lleva tiempo recorrer. Y quizá algo de la calidad de los textos tiene que ver con esa lentitud para llegar a destino. Por ejemplo, la conferencia de Gombrowicz es contemporánea del texto de Sartre ¿Qué es la literatura? Los dos son de 1947. Los dos se plantean la misma pregunta y sus respuestas son simétricas y antagónicas. Y los dos tienen en común ser panfletos contra el arte (contra cierta noción espiritualizada del arte y contra su ilusión de autonomía). Y podemos decir que la conferencia de Gombrowicz, como síntesis de su poética, tiene hoy tanta (o mayor) influencia que la intervención de Sartre. (Y sería interesante comparar las dos concepciones de la poesía que están en juego en esos textos, porque para Sartre la poesía no se puede comprometer.)

Lenguas, tiempos, espacios. Puntos ciegos de la lógica literaria, inversiones. Del polaco al francés pasando por el español: otro circuito de difusión. Habría que hacer una historia de la lengua española y de las circulaciones culturales. El castellano no suele estar en esa red, pero Gombrowicz lo pone en una red central.

Por eso la conferencia en castellano dicha por Gombrowicz en Buenos Aires debe ser vista como un gran acontecimiento, casi invisible pero extraordinario. Uno de los grandes acontecimientos de nuestra historia cultural. Un gran paso adelante en la historia de la crítica literaria.

Y para seguir con la relación de Gombrowicz con el castellano hay otra escena que me gustaría recordar. Es otra vez una escena lateral, menor, que sin embargo condensa redes múltiples de la cultura argentina, y no solo de la cultura argentina.

En 1960, Gombrowicz tiene una entrevista con Jacobo Muchnik, uno de los grandes editores en la Argentina, el director de Fabril Editora, que publicó lo más interesante de la literatura europea y norteamericana de esos años, como El cazador oculto de Salinger o La modificación de Butor y también El astillero de Onetti. Entonces, por recomendación de Ernesto Sabato, que iba a publicar Sobre héroes y tumbas en esa editora, Muchnik recibe a Gombrowicz y le propone publicar Ferdydurke, que no se había reeditado desde 1947, en Los Libros del Mirasol, una de las primeras colecciones de libros de bolsillo en América latina, una colección popular muy buena, donde entre otras cosas habían aparecido El sonido y la furia de Faulkner y El largo de adiós de Chandler. Muchnik, que cuenta esta historia con mucha sinceridad en sus recuerdos de Gombrowicz, le propone hacer una edición de 10.000 ejemplares y le ofrece como anticipo un tercio de los derechos. « Eso es lo de menos », le contesta Gombrowicz. « Yo estoy dispuesto a autorizarle esa edición, si usted se compromete a editar otro libro muy importante que estoy escribiendo. Ustedes me hacen un contrato de edición del Diario argentino, y yo les autorizo a editar Ferdydurke. » Muchnik le responde que no puede comprometerse sin haber leído el libro. Y entonces, cuenta Muchnik, « sin quitarme los ojos de encima, Gombrowicz se llevó las manos al bolsillo del saco, extrajo un par de páginas escritas a máquina y me las alcanzó por encima de mi escritorio ». Muchnik le sugiere que se las deje para leer. « No », insiste cortante Gombrowicz. « Dos páginas se leen en un momento, léalas ahora, yo espero. » Entonces Muchnik se pone a leer, con Gombrowicz delante, « y ese texto », dice Muchnik, « me atrapó desde la primera frase. Pero cuando terminé de leerlo le dije, bueno, es extraordinario, pero no puedo comprometerme a publicarlo sin conocer todo el libro. Gombrowicz no me respondió, se puso de pie. Por encima del escritorio me quitó sus dos hojas, murmuró algo que no sé si fue un insulto o un saludo de despedida, y sin más giró sobre sus talones y se fue ».

Prefirió no reeditar Ferdydurke, no recibir el dinero del anticipo que seguro necesitaba porque quería ver publicado el Diario argentino. Y están esas dos páginas escritas en castellano. Un pequeño enigma: ¿qué páginas eran esas, quién las había traducido?, ¿Gombrowicz las escribió directamente en castellano?

Algo de la ética de nuestra literatura está en esa escena. Y algo que nos incumbe a todos nosotros y a nuestra tradición literaria está en la historia de la relación de Gombrowicz con la lengua argentina.

 

[Fuente: http://www.lanacion.com.ar]

Dans le cadre de « Bohemia Magica, Une Saison tchèque en France » (mai-décembre 2002), le Musée du Montparnasse a évoqué Franz Kafka (1883-1924), son œuvre, ses proches et son époque. Extraits de ses romans, notamment sur ses voyages à Paris (1910, 1911), ses dessins à la plume, des tableaux, des photographies de Prague, et bien d’autres documents sont rassemblés pour nous inviter dans l’univers de cet écrivain tchèque, Juif, de langue allemande. La Bibliothèque nationale d’Israël a mis en ligne des œuvres de Kafka.

Publié par Véronique Chemla

« Les deux voyages de Kafka à Paris (1910 et 1911) avec Max Brod, à travers des tableaux et des photographies de l’époque, les peintres tchèques de Montparnasse à l’époque de ces séjours (Alphonse Mucha, François Eberl, François Kupka), ceux qui ont connu Kafka à Prague, avant leur arrivée à Paris (Georges Kars et Othon Coubine du groupe des Huit), les photographies de Roger Pic de la mise en scène du « Procès » par Jean-Louis Barrault au Théâtre Marigny (septembre 1947), la vie et l’œuvre de Franz Kafka, à travers la vision de peintres et de sculpteurs de notre temps, les promenades pragoises de Kafka illustrées par des photos d’époque et récentes de Hélène Moulonguet et Christian Parisot, la richesse culturelle de Praga Magica, sous l’empire austro-hongrois puis dans la Tchécoslovaquie, l’univers onirique de l’auteur du « Procès », son recrutement par une compagnie d’assurance et la chambre de Kafka imaginée par Jack Vanarsky ». Cette exposition, c’est cela et autre chose, en raison du hiatus entre ses deux titres et son contenu très divers.

Plus que de « métamorphoses », il s’agit de présentations, d’inspirations, d’adaptations et d’introductions à Kafka. Tels les portraits de la famille bourgeoise et commerçante de Kafka par Valerio Cugia. Ou ceux du Cercle de Prague par Gerardo Dicrola, et les rêveries des peintres Anne Gorouben et Andrea Fortina, ou « Le Château » par Nathalie du Pasquier. Des visions teintées de mystère d’une « œuvre peu connue du vivant de Kafka, bannie sous le nazisme, redécouverte en France après la guerre par André Gide, André Breton et Jean-Paul Sartre ».

La « reconstitution du cabinet de travail de Kafka » et la boule sombre de Vladimir Skoda (2002) laissent perplexe et leurs bruits irritent.

Kafka, « l’émanation d’une culture qui n’est plus » (Gérard-Georges Lemaire)

Les angles retenus effleurent des faits ou suscitent des questions. Contre la volonté de Kafka qui souhaitait que ses manuscrits et lettres fussent détruits, son meilleur ami, Max Brod, les fait publier (« Le Château »), même inachevés (« Le Procès »), tant il est convaincu du caractère majeur de ces textes.

Kafka, un fin juriste ? C’est ce qu’affirme l’exposition. Alors le raisonnement juridique a-t-il marqué les œuvres de Kafka ? Quelle est la part de sa judéité dans leurs genèses ? Car « après avoir rejeté les traditions du judaïsme, Kafka découvre vers 1910 la littérature yiddish, la Bible, les textes hassidiques et se passionne pour l’idéal communautaire des premières colonies (sic) sionistes. Il lit Dostoïevski, s’initie aux théories socialistes et anarchistes et fréquente les milieux d’avant-garde pragois, allemands et tchèques ».

Pourquoi ses amours furent elles « malheureuses et interrompues » ? Pourquoi Milena a-t-elle été l’amour impossible de Kafka ? Pourquoi n’avoir pas montré aussi les photos de l’adaptation théâtrale de « La Métamorphose » par Yasmina Reza et Roman Polanski (1988) ?

Malgré cette multiplicité d’angles, la curiosité du visiteur demeure donc inassouvie. Le catalogue et le documentaire diffusé viennent suppléer certains manques.

Milan Kundera

Le 3 juin 2014, BibliObs a publié l’article « J’aimerais définir la beauté de Kafka, mais je n’y arriverai jamais » de Milan Kundera (hors-série du « Nouvel Observateur » consacré à la bibliothèque idéale des XIXe et XXe siècles, paru en mai 2013) :

« On a écrit un nombre infini de pages sur Franz Kafka qui, pourtant, est resté (peut-être justement grâce à ce nombre infini de pages) le moins compris de tous les grands écrivains du siècle passé. «Le Procès», son roman le plus connu, il s’est mis à l’écrire en 1914. C’est-à-dire exactement dix ans avant la publication du premier «Manifeste» des surréalistes, qui n’avaient pas alors la moindre idée de la fantaisie «sur-réelle» d’un Kafka, auteur inconnu dont les romans ne seront publiés que longtemps après sa mort. Il est donc compréhensible que ces romans qui ne ressemblaient à rien aient pu paraître comme hors du calendrier de l’histoire littéraire, cachés dans un lieu qui n’appartenait qu’à leur auteur.

Pourtant, malgré cet isolement, leurs innovations esthétiques précoces représentaient un événement qui ne pouvait pas ne pas influencer (même à retardement) l’histoire du roman. «C’est Kafka qui m’a fait comprendre qu’un roman, on pouvait l’écrire autrement», m’a dit une fois Gabriel Garcia Marquez.

Kafka examine les protagonistes de ses romans d’une façon toute particulière, comme on peut le constater clairement dans «le Procès» : il ne dit pas un mot de l’aspect physique de K. ; pas un mot de sa vie avant les événements du roman ; même de son nom, il ne nous laisse connaître qu’une seule lettre. En revanche, dès le premier paragraphe et jusqu’à la fin du livre, il se concentre sur sa situation : sur la situation de son existence.

Dans le cas du «Procès», il s’agit de la situation de celui qui est accusé. Cette accusation se présente d’abord d’une façon plutôt drôle: deux messieurs tout à fait ordinaires arrivent le matin chez K., qui est encore au lit, pour lui faire savoir, pendant une conversation plutôt agréable, qu’il est accusé et qu’il doit s’attendre à ce que l’examen de son cas s’étende sur une très longue période. La conversation est aussi absurde que drôle. D’ailleurs, quand Kafka a lu ce chapitre pour la première fois à ses amis, ils ont tous ri.

Le crime et le châtiment ? Ah non, ces deux notions dostoïevskiennes n’ont absolument rien à faire ici. Pourtant, des régiments de kafkologues les ont considérées comme le thème principal du «Procès». Max Brod, l’ami fidèle de Kafka, n’a pas le moindre doute sur la présence, chez K., d’une lourde faute cachée: d’après lui, K. est coupable de «Lieblosigkeit» (incapacité d’aimer ) ; de même, Edouard Goldstücker, un autre kafkologue célèbre, tient K. pour coupable «parce qu’il a permis que sa vie se fût mécanisée, automatisée, aliénée» et qu’il a transgressé ainsi «la loi à laquelle toute l’humanité est soumise et qui nous dit: Sois humain».

Mais encore plus fréquente (et je dirais encore plus bête) est l’interprétation juste contraire qui, pour ainsi dire, orwellise Kafka : selon elle, K. est persécuté par les criminels d’un pouvoir «totalitaire» avant la lettre, comme c’est le cas, par exemple, dans la célèbre adaptation cinématographique du roman réalisée par Orson Welles en 1962.

Or K. n’est ni innocent, ni coupable. C’est un homme culpabilisé, ce qui est une chose toute différente. Je feuillette le dictionnaire: le verbe culpabiliser a été utilisé pour la première fois en 1946 et le substantif culpabilisation encore plus tard, en 1968. La naissance tardive de ces mots prouve qu’ils n’étaient pas banals: ils nous faisaient comprendre que chaque homme (si je peux moi-même jouer avec des néologismes) est culpabilisable ; que la culpabilisabilité fait partie de la condition humaine. Soit à cause de notre bonté qui craint d’avoir blessé les faibles, soit à cause de notre couardise qui a peur de froisser ceux qui sont plus forts que nous, la culpabilisabilité est toujours avec nous.

Kafka n’a jamais formulé de réflexions abstraites sur les problèmes de la vie humaine ; il n’aimait pas inventer des théories ; jouer le rôle d’un philosophe ; il ne ressemblait ni à Sartre ni à Camus ; immédiatement, ses observations de la vie se transformaient en fantaisie ; en poésie – la poésie de la prose.

Un jour, K. est invité (anonymement, par téléphone) à se présenter, le dimanche suivant, dans une maison de banlieue pour y participer à une petite enquête le concernant. Pour ne pas compliquer le procès qu’il ne veut pas prolonger inutilement, il décide d’obtempérer. Donc, il y va. Même s’il n’a pas été convoqué à une heure précise, il se dépêche. D’abord il veut prendre un tramway. Puis il refuse cette idée pour ne pas s’abaisser devant ses juges par une ponctualité trop docile.

Mais en même temps, il ne souhaite pas prolonger le déroulement du procès, et donc il court ; oui, il court (dans l’original allemand le mot «courir», «laufen», se répète trois fois dans le même paragraphe) ; il court parce qu’il veut garder sa dignité et, cependant, arriver à temps à un rendez-vous dont l’heure reste indéterminée.

Ce mélange du grave et du léger, du comique et du triste, du sens et du non-sens, accompagne tout le roman jusqu’à l’exécution de K. et fait naître une étrange beauté qui n’a pas son pareil ; j’aimerais bien la définir, cette beauté, mais je sais que je n’y arriverai jamais. »

Manuscrits

Le 7 juillet 2015, un tribunal israélien a statué : les manuscrits de Kafka, dont avaient hérité Eva Hoffe et Ruth Wiesler, filles de la secrétaire de Max Brod, Esther Hoffe, reviendront à la Bibliothèque nationale d’Israël.

Le 7 février 2016, dans le cadre de Toute la mémoire du monde, 4e festival international du film restauré, la Cinémathèque française présenta Kafka va au cinéma, de Hanns Zischler (France / 2002 / 52 min) : « Durant des années, au gré de ses voyages et de ses déplacements professionnels, Hanns Zischler a tenté de retrouver, dans les archives et les cinémathèques, la trace des films évoqués par Franz Kafka dans sa Correspondance et dans son Journal entre 1908 et 1913. Ce film documentaire propose un jeu de pistes sur les traces de l’écrivain, entre Prague, Vérone et Paris, à la rencontre de personnalités qui viennent éclairer les réflexions de Zischler. Michal Bregant, des Archives du cinéma de Prague, évoque le cinéaste tchèque Jan Krizenecky dont les films, souvent comparés à ceux des frères Lumière, dévoilent Prague telle que Kafka l’a connue. Peter-André Alt apporte une analyse de la méthode d’écriture de Kafka à l’aune de sa vision du cinéma. Ce film offre des perspectives pleines d’esprit sur la fascination de Franz Kafka envers le cinématographe, et la fascination de Hanns Zischler envers Kafka ».

Le 8 août 2016, la Cour suprême d’Israël a confirmé un jugement de 2012 concernant les manuscrits de l’écrivain pragois Franz Kafka (1883-1924) détenus par la Bibliothèque nationale d’Israël. Elle a statué en faveur de la détention par cette Bibliothèque de ce fonds. Elle a donc « rejeté l’appel des sœurs Hoffe, héritières de Max Brod, un ami et exécuteur testamentaire de l’auteur du Procès, qui avaient été déboutées ».

Le 26 mai 2021, la Bibliothèque nationale d’Israël a mis en ligne des œuvres restaurées et numérisées de Kafka :

« The writer Franz Kafka (1883–1924) is considered a key figure in the annals of modern world literature. Kafka was born to an assimilated Jewish family in Prague, then one of the most important cities in the Austro-Hungarian Empire. He studied law at the German University in Prague, where he met the writer Max Brod, who would become his close friend.

During his academic studies, Kafka developed an intense interest in literature and philosophy, and begin writing his first works soon after. Kafka died of tuberculosis at the age of 41. Skeptical of its literary value, throughout his short life Kafka hesitated to publish his work, and as a result he received little recognition as a literary figure during his own lifetime. Thanks to Brod, who encouraged Kafka to complete and publish his works, Kafka’s writing has entered the canon of Western literature. The Schocken publishing house also contributed to Kafka’s worldwide recognition: in 1934, with Brod’s mediation, the publisher agreed to print a complete edition of Kafka’s writings. The first volumes were published in Germany and later in Czechoslovakia and the United States. Shocken also published Kafka’s works in Hebrew translation.

Kafka’s Estate

In 1921 and 1922, Kafka wrote two notes to Brod asking that all his manuscripts, paintings and letters be destroyed after his death. In defiance of this clear directive, from June 1924 Brod collected all of the materials from the various locations, examined them and began to publish what Kafka had stored away during his lifetime. The three unfinished novels The Trial, America and The Castle are among the most well-known of these works. Brod took all of Kafka’s writings with him when he left his native Czechoslovakia for Mandatory Palestine in March 1939, just hours before the Nazis invaded the country. In the early 1960s, he returned most of them to Kafka’s heirs.

These materials are preserved today in the Bodleian Library at Oxford, while hundreds of letters, a number of short manuscripts and even many of Kafka’s drawings remained in Brod’s possession, comprising a significant part of Kafka’s literary legacy. Between 2016 and 2019, Brod’s own extensive personal archive, along with Kafka’s items, was deposited in the National Library of Israel. A number of other original items of Kafka’s, including notebooks in which he practiced his Hebrew, are also preserved today at the National Library, and together these materials represent the third largest collection in the world of the great writer’s original material.

The digitization was performed by photographer Ardon Bar-Hama and was made possible thanks to the generous support of George Blumenthal ».

« La plupart des documents récupérés avaient déjà été publiés par Max Brod, à part des dessins inédits ni signés ni datés. Parmi ces documents figurent « environ 120 dessins, plus de 200 lettres à l’écrivain Max Brod, [dont] l’original de son testament littéraire demandant à son ami qu’il brûle tous ses écrits », a expliqué à l’Agence France-Presse Stefan Litt, conservateur chargé du projet ».

Le 10 juin 2021, à Prague (République tchèque), le Prix Franz Kafka 2020 a été « décerné à l’écrivain franco-tchèque Milan Kundera à l’occasion d’une cérémonie organisée à Prague, a fait savoir l’ambassade de France en République tchèque. À la demande de l’auteur, le prix sera remis à Anna Kareninová, la traductrice officielle de ses œuvres françaises en tchèque. »

« Âgé de 92 ans, Milan Kunderaest un des plus célèbres écrivains contemporains. Il vit en France depuis la moitié des années 1970. Il est le 20e lauréat de ce prix littéraire international décerné par la Société Franz Kafka et la ville de Prague. La date traditionnelle de la cérémonie de remise du prix, en octobre, a dû être reportée en raison de la pandémie de coronavirus ».

Variations sur Kafka

En 2016-2017, les trois galeries Saphir, notamment à Paris, présentèrent l’exposition Variations sur Kafka. Xylographiesde Sergio Birga, « artiste contemporain italien qui travaille avec brio la gravure sur bois ». Il avait rencontré des peintres expressionnistes allemands, tel Kokoschka.

Né en 1940 à Florence, cet artiste a été à l’honneur en 1977 par l’exposition collective « Mythologies Quotidiennes 2 » (ARC), qui réunissait des œuvres de peintres du mouvement « Figuration Narrative ».

Il « peuple ses paysages d’Italie, de Jérusalem ou de France, de réminiscence classiques étrangement revisitées par une inquiétante poésie ». Ce Chevalier des Arts et Lettres vit et travaille à Paris depuis 1966.

Kafka et Prague

Le 28 mars 2019 de 20 h 30 à 22 h 30, le Cercle Bernard Lazare (CBL) proposa la conférence « Kafka et Prague » avec Daniel Chocron, écrivain et coauteur avec Marinette Delanné, de « À Prague, sur les traces de Kafka » (Éd. La Lucarne des Écrivains). « Comment cette ville si particulière a-t-elle marqué un des plus grands écrivains du XXème siècle ? ».

Arte diffusa jusqu’au 6 septembre 2020, dans le cadre d' »Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « Prague la kafkaïenne » (Prag und Kafka). « Fin du 19ème siècle, Prague en Tchéquie est le cœur battant de la Mitteleuropa, cette Europe centrale qui brasse les cultures allemande, autrichienne, tchèque et juive. Dans ce brassage culturel unique naît Franz Kafka. Tchèque de confession juive et de langue allemande, l’auteur de la « Métamorphose » et du « Château » incarne l’identité à facettes multiples de sa ville ».

« Prague la kafkaïenne« 
France, 2018

Gérard-Georges Lemaire, « Métamorphoses de Kafka ». Editions Eric Koehler-Musée du Montparnasse, 2002. 288 pages. ISBN : 2 7107 0701 2

Jusqu’au 15 janvier 2017
Aux Galeries Saphir

Rambuteau : 69, rue du Temple. 75003 PARIS. TEL :  01 42 72 61 19
Wagram  : 69, avenue de Villiers.  75017 PARIS. TEL : 01 44 40 26 84
Lundi – Vendredi : 13:00 à 19:00  –  Dimanche : 13:00 à 19:00
Face Parking : 38, rue du Maréchal Leclerc  35800 DINARD. TEL : 02 99 46 86 85
Visuels :
Sergio Birga
Quadridessins

Cet article a été publié en 2002 par Guysen, et sur ce blog le :
– 23 octobre 2012 en raison du récent jugement d’un tribunal de Tel-Aviv imposant que soient déposés à la bibliothèque nationale d’Israël tous les écrits de Kafka et de Max Brod, son ami et exécuteur testamentaire. Arte a déprogrammé Kafka, le dernier procès de Sagi Bornstein le 24 octobre 2012 ;
– 4 juillet 2013. Hier était le 130e anniversaire de la naissance de Kafka ;
– 25 avril 2014. La Crypte du Martyrium Saint-Denis (75018) présente Le Journal de Kafka (1h15) les samedi à 20 h 30 et dimanche 16h30, dans une adaptation, nouvelle traduction et mise en scène de Béatrice Guéna (alias Laura Ley) ; les textes sont dits par Zygmunt Blazynsky ;
– 7 juillet 2015, 3 février, 13 août et 22 décembre 2016, 28 mars 2019.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]