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Après l’impact planétaire de son poème déclamé à l’investiture de Joe Biden, voici le temps des crispations avec le choix des traducteurs, ou plutôt des traductrices. Le manque de diversité du monde éditorial se retrouve en pleine lumière

Amanda Gorman, le 31 janvier 2021.

 

Écrit par Lisbeth Koutchoumoff Arman

Qui a dit que la poésie était un genre à la marge ? Depuis plusieurs semaines, elle est au cœur d’une polémique révélatrice de lignes de faille qui parcourent les continents, braquent de part et d’autre de l’Atlantique, condensent en quelques strophes littérature, politique, argent, lutte contre le racisme, militantisme et pouvoir des réseaux sociaux.

Rappel des faits : le 20 janvier 2021, le talent d’Amanda Gorman, poétesse de 22 ans, manteau bouton d’or et serre-tête rouge, vole la vedette à Joe Biden durant la cérémonie d’investiture du nouveau président américain. Son poème The Hill We Climb, alors que la prise du Capitole par les supporters de Donald Trump a eu lieu à peine deux semaines plus tôt, est un appel à la réconciliation.

Enchères mondiales

Les mots de “la maigre fille noire, descendante d’esclaves et élevée par une mère célibataire”, comme elle se décrit dans son texte, font le tour du monde. Les enchères pour la traduction du recueil The Hill We Climb démarrent très vite un peu partout. En France, c’est le groupe Hachette qui remporte la mise avec Fayard. Le contrat aligne un montant à cinq chiffres. Le recueil sera traduit en français par une autre révélation de l’année, la rappeuse auteure-compositrice-interprète belgo-congolaise de 24 ans Marie-Pierra Kakoma, alias Lous and the Yakuza. Nous sommes mi-février. Ce choix fait l’unanimité.

Aux Pays-Bas, c’est à l’éditeur Meulenhoff, le Gallimard néerlandais, que revient The Hill We Climb. Le 23 février, le nom de la traductrice est connu : il s’agit de Marieke Lucas Rijneveld, poétesse et romancière de 29 ans. Là encore, un talent hors norme : premier recueil de poèmes remarqué à 24 ans, elle reçoit le prix Talent littéraire 2016 puis surtout, en 2020, elle devient la plus jeune romancière à recevoir le Booker Prize, immense consécration littéraire dans les pays anglophones, avec la traduction anglaise de son premier roman, Qui sème le vent [ed. Buchet-Chastel]. Amanda Gorman, via son agent, approuve ce choix en précisant que Marieke Lucas Rijneveld incarne à ses yeux la lutte pour la défense des minorités sexuelles. Marieke Lucas se définit comme non binaire, à la fois homme et femme.

Intense lumière

Cela n’empêche pas un débat de s’enclencher immédiatement aux Pays-Bas et en Belgique. Janice Deul, activiste mode et culture, comme elle se présente elle-même, prépare une exposition au Centraal Museum d’Utrecht qui ouvrira le 3 avril, “Voices of Fashion” : l’événement célèbre les créateurs de mode issus de la diversité aux Pays-Bas, enfants de deuxième et troisième générations d’immigrés venus d’Afrique ou d’ailleurs. Dans une tribune publiée dans le quotidien De Volkskrant, Janice Deul s’étonne du choix de Marieke Lucas Rijneveld, qu’elle considère comme incompréhensible : elle pointe le décalage entre l’intense lumière posée sur Amanda Gorman depuis sa prestation de janvier et l’ombre dans laquelle beaucoup de jeunes talents afro-néerlandais se débattent aux Pays-Bas.

“Les mérites et les qualités des Noirs ne sont évalués que de façon sporadique, voire pas du tout. Quant aux femmes noires, elles sont systématiquement marginalisées”, poursuit Janice Deul. Dans ce contexte, le choix de Marieke Lucas Rijneveld a, selon elle, tout d’une “occasion manquée”. Pourquoi ne pas opter plutôt pour une “poète de spoken word (poésie parlée) femme, jeune et fière d’être noire comme Amanda Gorman” ? Contrairement à ce qui a été dit par la suite, l’éditeur Meulenhoff a soutenu fermement le choix de Marieke Lucas Rijneveld, la désignant comme “la traductrice de rêve” pour le texte d’Amanda Gorman, et de plus adoubée par la poétesse elle-même. Trois jours plus tard, c’est Marieke Lucas Rijneveld qui décide de se retirer. Elle s’en expliquera dans un poème : Tout habitable.

“De préférence noire”

Tandis que le débat sort des frontières néerlandaises sous la forme “Faut-il être noir pour traduire un auteur noir ?”, le traducteur et écrivain catalan Victor Obiols apprend qu’il est remercié par son éditeur et que la traduction qu’il a déjà achevée de The Hill We Climb ne sera pas publiée. L’éditeur déclare chercher un autre profil : “Une femme, jeune, activiste et de préférence noire.”

Le veto est venu des États-Unis sans que Victor Obiols sache si l’impulsion provenait de l’éditeur de la version originale ou de l’agent d’Amanda Gorman. L’agent étant, comme on l’a vu, attentif au profil des traducteurs et à leur proximité avec les minorités quelles qu’elles soient, on peut supposer que le choix du traducteur catalan lui avait échappé… Quoi qu’il en soit, le traducteur éconduit déclare à l’AFP :

C’est un sujet très complexe. […] Mais si je ne peux pas traduire une poétesse parce qu’elle est une femme, jeune, noire, américaine du XXe siècle, alors je ne peux pas non plus traduire Homère, parce que je ne suis pas un Grec du VIIIe siècle avant J.-C. ou je ne pourrais pas avoir traduit Shakespeare parce que je ne suis pas un Anglais du XVIe siècle.”

En France, le traducteur André Markowicz publie une opinion outrée dans Le Monde : “Personne n’a le droit de me dire ce que j’ai le droit de traduire ou pas.” Il fustige les “nouveaux militants de la race, partisans de la revanche par l’identitaire”, et l’éditeur, qui “s’est tout de suite aplati, abandonnant à la meute la jeune femme qu’il avait publiquement désignée pour effectuer la traduction, et a cédé à cet appel à la repentance – dans un climat de terreur intériorisée”.

Militants de la race

La question est posée : est-ce que la demande, qui a mis le feu aux poudres, faite par la journaliste et commissaire d’exposition néerlandaise Janice Deul de profiter de l’attention planétaire portée à Amanda Gorman pour mettre en lumière le talent d’une fille d’émigrés africains relève d’un militantisme radical et, au bout du compte, raciste ? Est-on face à un cas de woke ou de cancel culture qui entend corriger les inégalités en effaçant ou en remplaçant les oppresseurs par les opprimés ?

Selon Camille Luscher, traductrice indépendante et collaboratrice au Centre de traduction littéraire (CTL) de Lausanne, “on ne peut pas dégager l’œuvre d’Amanda Gorman d’un contexte politique qui est celui du trumpisme, de la mort de George Floyd et du mouvement Black Lives Matter. Les mobilisations ont été fortes, jusqu’en Suisse, pour dénoncer les violences policières et un racisme systémique qui ne devrait plus avoir cours aujourd’hui. C’est précisément ce contexte qui donne lieu actuellement à toutes les traductions des écrits d’Amanda Gorman. Il y a des moments de l’histoire, et je pense que nous sommes dans un de ces moments, où la question de la représentativité doit prédominer.”

Ce qu’a confirmé Janice Deul au micro de la BBC, mi-mars :

Je ne dis pas qu’une personne noire ne peut pas traduire l’œuvre d’une personne blanche et vice-versa. J’ai posé la question pour ce poème-là en particulier, venant de cette oratrice-là en particulier et dans le contexte particulier du mouvement Black Lives Matter. La question est là et uniquement là.”

Manque de modèles

Tandis que les salons du livre en Europe sont annulés ou repoussés, il en est un qui bat son plein, c’est celui de Bamako, Rentrée littéraire du Mali. Caroline Coutau, directrice des éditions Zoé, y est invitée, à l’initiative du Salon du livre de Genève, pour participer à des rencontres autour du métier d’éditeur. Elle nous appelle entre deux ateliers :

Ce que met en lumière le débat, c’est l’absence de diversité dans le monde du livre. Les auteurs mis à part, c’est frappant du côté des éditeurs, des traducteurs, des libraires et des représentants. Le constat est vite fait : je ne connais pas de traducteurs littéraires noirs.”

Femme poète belge d’origine béninoise, Monique Kountangni a achevé en 2020 une spécialisation en traduction littéraire au CTL à Lausanne. Une formation qu’elle n’aurait jamais imaginé suivre sans une rencontre décisive, lors d’une une soirée littéraire à la Fondation Michalski, à Montricher [en Suisse, dans le canton de Vaud], avec la traductrice franco-béninoise Sika Fakambi. C’est ce souvenir précis qu’elle tient à évoquer quand on la questionne sur l’affaire Gorman : “A ce moment-là, j’avais plus de 40 ans, j’avais la chance d’être universitaire, mais je n’avais jamais imaginé qu’une traductrice littéraire ayant les mêmes racines que moi puisse exister. La petite fille que j’ai été a cruellement manqué de personnes qui pouvaient lui ressembler. J’étais une petite fille noire, belge, et je n’avais aucune aspiration à cause de cette absence de modèles. Aujourd’hui, j’ai un fils et mon rêve, c’est que lui puisse voir des gens qui lui ressemblent et qu’il puisse se dire, tout naturellement, que tout est possible.”

Outils du racisme

“Jusqu’à la fin des années 1990, la littérature américaine était l’apanage des hommes blancs anglo-saxons”, rappelle Francis Geffard, directeur de la collection “Terres d’Amérique” chez Albin Michel. “La date charnière est le 11 septembre 2001. Il faut un traumatisme important pour que les États-Unis renouent avec le monde extérieur. On assiste depuis à une grande séance de rattrapage du milieu éditorial américain. La littérature américaine s’est internationalisée grâce à des écrivains originaires de l’ex-URSS, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique. De plus en plus de jeunes issus des minorités ouvrent des maisons d’édition ou deviennent agents littéraires. Cela se fait de façon passionnelle, et donc avec des excès. Je le vois à la Foire de Londres, qui a lieu de façon virtuelle en ce moment. Un écrivain issu de deux cultures minoritaires et homosexuel aura beaucoup plus de chances de se faire publier que s’il est un jeune Américain blanc hétérosexuel.”

Tania de Montaigne, journaliste, auteure de L’Assignation. Les Noirs n’existent pas [éd. Grasset], a évidemment suivi l’affaire Gorman. Y voit-elle une marque de la pensée communautariste qu’elle combat en France ? “La traductrice néerlandaise, d’un côté, et Amanda Gorman, de l’autre, ont été réduites à des corps. Or c’est précisément ce que fait la théorie raciste. La lutte contre le racisme est une lutte pour le déplacement. C’est ce que dit James Baldwin : ‘Si je ne suis pas tel que vous croyez que je suis alors vous ne pouvez pas être tel que vous pensez être.’ Or tout notre langage est structuré par les idées de domination et de hiérarchie. C’est cela qui doit être questionné. Aux États-Unis, l’idée de race est omniprésente dans le vocabulaire. Les militants antiracistes américains sont confrontés en permanence au fait de devoir lutter contre le racisme avec les outils théoriques du racisme.”

L’omniprésence du concept de race aux États-Unis, Thomas Chatterton Williams en sait quelque chose. Fils d’un père noir et d’une mère blanche, il raconte son enfance dans le New Jersey et sa sortie de la cage mentale de la race dans Autoportrait en noir et blanc. Désapprendre l’idée de race [éd. Grasset]. Il vit aujourd’hui en France. “Face à la déception provoquée par les années Obama, et face à la permanence d’une société raciste, galvanisée par la présidence Trump, l’universalisme de Martin Luther King en a pris un coup aux États-Unis. Or, par les réseaux sociaux, c’est-à-dire le soft power américain, cette crispation identitaire déferle massivement en Europe. Les formats de pensée américains ont un impact considérable sur les jeunes générations au point de rendre difficile l’expression de points de vue dissonants.” L’expression de la nuance aussi.

[Photo : Climate Reality Project/ZUMA Wire/Alamy Live News – source : http://www.letemps.ch]

Revisiter le répertoire d’un artiste ou d’un genre musical est un exercice de style assez répandu chez les jazzmen. Transcender un thème ou une mélodie est aussi une approche jazzistique de la musique, lorsque la virtuosité s’accorde à l’inspiration et à l’improvisation. Mais cette expression de la liberté revêt d’autres formes, Renaud Garcia-Fons a choisi celle du « lien », « le lien qu’il tisse entre les différents univers musicaux qui ont baignés son enfance ».

La Linea del Sur, titre de son dernier opus [2013], réunit les sonorités de l’Espagne, du Maghreb, de l’Europe de l’est ou encore de l’Inde et les mêle à ses émotions pour en extraire un jazz métissé et polymorphe. Ce voyage imaginaire dans les contrées élargies d’une méditerranée plurielle s’organise comme « un recueil de nouvelles », des instantanés glanés par le contrebassiste au gré de ses rencontres et de ses influences.

Imprégné de toutes ces traditions, La Linea del Sur Quartet se compose, outre de Renaud, de Kiko à la guitare flamenca, de Pascal Rollando aux percussions et de David Venitucci à l’accordéon. Ils sont rejoint par une grande voix du flamenco Esperanza Fernandez, « qui parvient à repousser les frontières de l’Andalousie jusqu’au Nouveau Monde ».

Musique de partage, de découverte, de fusion et d’improvisation, le jazz de Renaud Garcia-Fons réconcilie musicalité et virtuosité…

La Linea Del Sur brode une étoffe délicate destinée à nous tous qui venons ou vivons dans les sud d’ici et d’ailleurs.

 

Publié par Hiko

[Source : les-chroniques-de-hiko.blogspot.com]

En una entrevista con Télam, el narrador de « El monstruo de la memoria » asume los desafíos de acompañar las visitas de estudiantes, soldados y políticos de Israel para reflexionar sobre qué es la memoria y cómo se gestiona.

El autor corre el manto del relato oficial y enfrenta las dudas que atraviesan al agente de la memoria.

El autor corre el manto del relato oficial y enfrenta las dudas que atraviesan al agente de la memoria.

Publicado por Ana Clara Pérez Cotten

Con la excusa de una carta dirigida al director del instituto israelí encargado de la preservación de la memoria del Holocausto, el narrador de « El monstruo de la memoria », la tercera novela del abogado y escritor israelí Yishai Sarid (1965) recrea sus días como historiador y guía de los campos de concentración en Polonia, y asume los desafíos de acompañar las visitas de estudiantes, soldados y políticos de Israel para reflexionar sobre qué es la memoria y cómo se gestiona.

« La gente tiene una suerte de fascinación por las atrocidades y el horror. Las víctimas ya no pueden hablar y entonces no podemos escuchar sus historias. Las conocemos justo en la última y terrible estación de sus vidas », sostiene el autor en una entrevista con Télam y defiende una línea poco edulcorada sobre cómo revisitar la historia.

« Odio y maldad. También economía. Economía, odio y maldad, eso es lo que aquí pasó. Era la primera vez que me permitía apartarme del guion fijado para ellos, el que siguen todos los guías, así que me temblaba la voz. Aquí fue borrado el espejismo llamado hombre », le asegura el protagonista, representante de la memoria, a un grupo de jóvenes durante una visita a Auschwitz.

Con un registro claro y económico en artificios, el autor corre el manto del relato oficial y enfrenta las dudas, la bronca y ciertas desilusiones que atraviesan al agente de la memoria.

Sarid, hijo del fallecido diputado de izquierda y ministro Yossi Sarid, es crítico con la cultura oficial de la memoria israelí y se vale de un guía en los recorridos por los campos de exterminio nazis para plantear las grandes cuestiones. ¿Hasta qué punto este tipo de ejercicio de la memoria o los actos solemnes no convierten a los campos en monumentos que sacralizan la última parada, la de la muerte?

Cómo luce Auschwitz en la actualidad.

Cómo luce Auschwitz en la actualidad.

-Sarid, la novela tiene un trabajo de investigación muy detallado. ¿Cómo encaró el proceso?

Durante años leí mucho sobre el Holocausto, cientos de libros: de historia, memorias, novelas, escritos teológicos, historias sobre los tratados entre las naciones, vi muchos documentales y me reuní con sobrevivientes. Durante mucho tiempo quise escribir sobre el Holocausto y me dediqué a buscar el ángulo y la voz adecuados para hacerlo. Después, hice un viaje de dos semanas a Polonia y visité varios campos de exterminio. Ese viaje fue muy duro emocionalmente, pero cuando regresé a casa, ya sabía lo que tenía que escribir.

-El personaje principal por momentos está desconcertado porque asegura que sabemos más de la vida y la lógica de los asesinos que de las víctimas. ¿Por qué cree que pasa eso?

La gente tiene una suerte de fascinación por las atrocidades y el horror. Las víctimas [los muertos] no pueden hablar y entonces no podemos escuchar sus historias. Las conocemos justo en la última y terrible estación de sus vidas, donde fueron asesinadas. De algún modo, reconstruimos el proceso de exterminio en la literatura, en el cine y en la historia una y otra vez, pero no aprendemos sobre la vida de esas personas. Hablamos de los seis millones, pero no los vemos como individuos; cada uno de ellos es único y precioso.

-Durante una de las visitas a los campos de concentración, el protagonista trata con un director de escuela que encabeza una suerte de arenga y que tiene un mensaje muy contundente para sus alumnos, un grupo de jóvenes de una escuela de Israel: « Nosotros ganamos ». ¿Cuáles cree que son los riesgos históricos de las interpretaciones en términos de ganadores y perdedores?

No hubo victoria en el Holocausto. Fue lo más terrible que le sucedió al pueblo judío y a la humanidad, y la herida estará abierta para siempre. Por supuesto, es muy bueno que el pueblo judío haya sobrevivido y que se haya creado Israel, pero está mal presentarlo como una victoria. Simplemente, disminuye el significado del Holocausto.

« La gente tiene una suerte de fascinación por las atrocidades y el horror. Las víctimas ya no pueden hablar y entonces no podemos escuchar sus historias. Las conocemos justo en la última y terrible estación de sus vidas »

-El protagonista cuestiona cierta banalización del Holocausto (por ejemplo, quienes diseñan videojuegos) y también a quienes reproducen el odio (uno de los alumnos propone, durante una visita, « hacer lo mismo con los árabes ») ¿Cómo se puede lidiar con « el monstruo de la memoria » para no repetir el error?

Debemos enseñar las lecciones del Holocausto. Cómo defender la democracia y los derechos humanos, la idea de que debemos luchar contra el antisemitismo y el racismo. También es importante educar a los jóvenes para resistir a los poderosos y fuerzas que dan órdenes equivocadas. Y contar las historias de aquellos que hicieron justicia en todas las naciones y de quienes arriesgaron sus vidas para salvar a otros.

-¿Por qué eligió que el narrador usara la palabra « alemanes » y no « nazis »?

-Porque no hay distinción entre alemanes y nazis con respecto a la guerra y el Holocausto. Usar la expresión « nazis » implica saltearse la culpa de Alemania, y eso es histórica y moralmente incorrecto.

-¿Por qué le interesó abordar la figura de los Kapos, aquellas víctimas que se volvieron victimarios?

-Los judíos fueron víctimas del Holocausto. Estábamos indefensos e impotentes y casi nadie nos ayudó. Pero ahora somos independientes y fuertes en Israel, no podemos seguir viéndonos como víctimas eternas. Debemos mirar también nuestras acciones y juzgarnos a nosotros mismos de acuerdo con las normas morales que juzgamos a los demás. Desafortunadamente, el racismo y el nacionalismo existen en Israel, y eso es algo terrible contra lo que que debemos luchar y resistir.

-Libros, videojuegos y películas. ¿Cuál es el riesgo de hacer ficción con el Holocausto?

-No me gustan las historias inventadas sobre el holocausto porque hay 6 millones de historias reales que contar. Los hechos históricos correctos son muy importantes y no deberíamos jugar con ellos. Por tanto, la parte ficticia de mi novela forma parte del presente y los detalles de lo ocurrido en los campos son absolutamente correctos. Al mismo tiempo, el arte debe ocuparse del Holocausto para transmitir el impacto de la tragedia y el horror.

-En la Argentina, la desaparición de personas durante la última dictadura militar y el posterior juicio a los responsables abrió una serie de corrientes e interpretaciones sobre el rol de la memoria en la sociedad. ¿Cree que hay alguna cuestión alrededor de la idea de memoria que pueda estar más allá de las fronteras?

La memoria no es algo constante. Es un fenómeno humano influenciado por muchos factores. Está abierto a la manipulación por parte de políticos, militares, clérigos y otros grupos, que intentan torcer la memoria para servir a sus intereses. Al final, hay una regla simple que debemos enseñar a nuestros hijos y practicar en nuestras vidas: respetar a otras personas y tratarlas con dignidad y no permitir que ninguna nación, religión o ideología supere eso.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Arrecian las críticas contra la novela de Jeanine Cummins, señalada de alargar la cadena de prejuicios contra la comunidad latina

Escrito por PABLO FERRI

En las primeras páginas de American Dirt figura un diálogo entre los dos protagonistas, Lydia, en sus treintas, y Luca, su hijo, que aún no ha cumplido los diez años. Un grupo de narcos acaba de asesinar a toda su familia en Acapulco, su papá y esposo incluido. Deben huir y hacerlo rápido. En la huida, el niño pregunta que a dónde van. « No se, mijo. Ya veremos. Será una aventura », dice Lydia. Luca contesta: « ¿Cómo en las películas? ». Y ella cierra: « Sí, mijo. Igual que en las películas ».

American Dirt se ha convertido en el primer fenómeno editorial de 2020, aunque por razones distintas a las que planeaban sus patrocinadores. La industria pretendía que la novela se convirtiera en el relato de violencia y migración de la era Donald Trump. En el relato con mayúsculas, un referente, un texto que conmoviera, que triunfara allá donde habían fracasado el periodismo o la fotografía. La campaña mediática de la editorial Macmillan, dueña de los derechos, había sido fastuosa. Hollywood se había hecho con los derechos para adaptarla al cine. Grandes nombres de los medios y la literatura la habían respaldado.

Pero entonces, los latinos empezaron a leer la novela. La editorial había presentado American Dirt como alta literatura, así que las lecturas fueron igualmente elevadas. Escritores, críticos y periodistas, sobre todo de ascendencia mexicana y centroamericana, se lanzaron contra ella. Aparecía de nuevo el problema de la representación, de cómo escritores y cineastas blancos del norte del río Bravo retratan el sur y cuales son sus consecuencias.

El diálogo de la huida del principio condensa parte de las críticas contra American Dirt, que arrasaron el texto como un tsunami, señalando principalmente su falta de verosimilitud, pero también los estereotipos y la velada condescendencia que destilan sus páginas. Las críticas arreciaron y apuntaron igualmente a la autora, Jeanine Cummins y a la editorial. Hace unos días, Flatiron Books, filial de Macmillan, anunció que cancelaba la gira de presentación del libro, citando motivos de seguridad. De las 40 presentaciones programadas, solo cumplieron con cinco.

Las fallas de la novela en la representación de la migración o la violencia más allá de la frontera sur de Estados Unidos no descubren un fenómeno nuevo. Ya existía. Sobre todo en Hollywood. Desde la saga de Sicario, películas protagonizadas por Josh Brolin y Benicio del Toro, hasta una de las últimas que rodó Clint Eastwood, La Mulaque cuenta la historia de un veterano de guerra que transporta droga para un cartel mexicano.

La agilidad de la narración o la calidad fotográfica de estas cintas nunca han sido objeto de crítica. De hecho la primera fue celebrada por medios a ambos lados del océano Atlántico. Otra cosa es la manera en que cuentan el mundo. En La Mula, por ejemplo, México aparece como una mezcla de lujo y violencia, la casa del capo del cartel y la sangrienta sucesión del mismo capo que inicia con su asesinato. Todo contado desde la profunda moralidad del personaje que encarna Eastwood.

Agotada la trama de Vietnam, trillada la de la Segunda Guerra Mundial, la frontera sur de Estados Unidos emerge como imaginario perfecto para decenas de producciones. Un imaginario que suele acotarse a la violencia y el narco. Y que favorece de alguna forma la idea que tienen Trump y su gobierno del país vecino. La última de John Rambo, Rambo: Last Blood, es el ejemplo perfecto. En la cinta, Rambo vive en su rancho en Arizona con una amiga mexicana y su nieta. La nieta, huérfana, descubre que su padre, a quien creía muerto, vive y está en México. Ella va a buscarlo y en la búsqueda, un cartel la secuestra para prostituirla. Rambo va en su busca y el cartel, como advertencia, le da unos palos. Rambo vuelve a su rancho, se recupera y… empieza la venganza.

Más allá de que los jefes narco sean dos actores españoles -uno de ellos Oscar Jaenada, que está por agotar los papeles de villano mexicano, después de Hernán Cortés y el padre de Luis Miguel-, la trama plantea que todo lo que hay al sur de la frontera es tierra del diablo y que solo hombres duros como John Rambo pueden hacerle frente. El muro del Trump parece así lo mínimo que el Gobierno puede hacer.

El desencuentro entre realidad y ficción trasciende a México y Centroamérica. El año pasado, Netflix estrenó Triple Frontera, que cuenta la historia de un grupo de militares de élite estadounidenses que decide robarle decenas de millones de dólares a un narco sudamericano. La acción transcurre entre la selva y la cordillera de Los Andes. El sur del continente queda reducido a un grupo de narcos al más puro estilo Pablo Escobar. O mejor dicho, a lo que películas y series anteriores han explicado de Pablo Escobar y su organización. La cinta ni siquiera explica en qué triple frontera transcurre la acción: ¿Paraguay, Brasil y Argentina? ¿Brasil, Colombia y Perú? ¿Brasil, Perú y Bolivia?

Sin ser Rambo, las páginas de American Dirt destilan una falta de verosimilitud parecida. Las críticas a la autora por apropiarse de una historia que no es suya -¿qué hace una mujer blanca, vendiendo una novela sobre narco y migración por más de un millón de dólares?, se han preguntado muchos estas semanas- han dado paso a señalamientos que tienen que ver directamente con el contenido y su estrategia de venta. ¿Por qué quiso la editorial vender que esta era LA novela sobre migración?

Cummins ha tratado de lidiar con las críticas, aunque sus intervenciones reflejan cierta desconexión con lo que trata de enfrentar. En una entrevista con María Hinojosa en el podcast Latino USA, de la radio pública estadounidense, Cummins, que apenas ha hablado desde que empezó el affaire, se decía « decepcionada por el tono de la conversación » y « confundida » por las críticas. Argumentó que nunca quiso « explotar los traumas de nadie ». Hinojosa le preguntaba por su pasado en la industria editorial -Cummins trabajó diez años en Penguin Books– y si acaso ese pasado no le había ayudado para saber qué quería la industria y cómo lo quería. Ella lo negaba. Insistía en que quiso evitar el punto de vista de los migrantes, con el que no se sentía cómoda. Pero repitió que decidió adoptarlo, primero, porque sus otros intentos habían fracasado, y segundo, porque su padre había muerto justo antes de la elección de Trump en 2016 y eso posibilitó, de alguna forma, que dejara de lado sus reticencias.

 

[Foto: AFP – fuente: http://www.elpais.com]

Pesquisadoras apontam tentativa de “sofisticar” superexploração. Precarização torna-se “empreendedorismo” — e aventa-se incluí-lo em currículos escolares. Objetivo é perpetuar racismo, minar senso coletivo e propagar vida sem reflexão

Escrito por Rosângela Ribeiro Gil e Manuella Soares

Para entender o mercado de trabalho, no Brasil, precisamos voltar mais de 500 anos, pelo menos. O “túnel do tempo” se faz necessário para saber como se deu a formação social e econômica do País. “É importante uma análise que leve em consideração questões estruturais”, pontua Marilane Oliveira Teixeira, economista e pesquisadora do Centro de Estudos Sindicais e de Economia do Trabalho (Cesit), ligado ao Instituto de Economia da Universidade Estadual de Campinas (IE-Unicamp). Para compreender a injusta capacidade de absorção do contingente de pessoas que ingressam, anualmente, no mercado de trabalho, ela observa: “Uma exclusão que tem a ver como a sociedade brasileira se foi conformando e excluindo uma parcela muito grande da população com idade ativa no mercado de trabalho mais regulado, protegido e com mais direitos.”

Estamos falando de um passado que permanece atual na sociedade brasileira e que alijou do trabalho com maior regulamentação e proteção, a população negra e as mulheres, mais ainda mulheres negras. “Historicamente estruturamos um mercado que sempre excluiu uma parcela da população dos melhores empregos. Esse processo se foi aprofundando ao longo das décadas”, explica.

Com a reestruturação produtiva, a partir dos anos 1990, o Brasil abre as fronteiras comerciais e financeiras e entra na economia globalizada de forma passiva, permitindo a implementação do neoliberalismo com muita força. Esse processo se constitui em meio a um mercado nacional estruturado em torno de um tímido setor industrial que foi dando lugar, nas últimas décadas, ao crescimento de outras formas de atividade econômica e de contratações basicamente ligadas ao setor terciário.

Foi um processo muito intenso de externalização com a terceirização, redução da atividade produtiva e industrial, com a eliminação de postos de trabalho e o aumento expressivo da informalidade e do trabalho por conta própria. Nesse momento, observa a pesquisadora, empurram-se os segmentos mais vulneráveis para os empregos mais precários. “Nos anos 2000, melhorou esse cenário, aumentou a formalização, melhorou o ingresso e a permanência no mercado de trabalho, mas não foi suficiente para alterar essa questão mais estrutural.”

Marilane informa que as mulheres negras, por taxas de desemprego por grupos, estão nas piores posições no trabalho: “É a maior taxa de desemprego, de subutilização, desalentado, situação que se agravará com a crise sanitária criada pela pandemia no novo coronavírus (Covid-19). O que já era preocupante, ficou ainda pior.”

Brasil nu

A pesquisadora nos instiga a pensar o Brasil em diversas direções e posições. Não dá para “tapar o sol com a peneira”, como nos ensina a sabedoria popular. Precisamos olhar o nosso mercado de trabalho brasileiro muito além da pandemia ou das crises econômicas. Vale repetir: precisamos entender que a miséria, a fome, o desemprego, o racismo, todas as injustiças sociais e as riquezas concentradas em poucas mãos, tudo o que nos atrasa e nos faz um dos países mais injustos e incorretos do planeta é estrutural. “A população negra compõe o maior número de desempregado e de informalidade. Quando a crise chega atinge mais essa parcela da população”, assevera.

Podemos dizer que o nosso sistema capitalista foi gerado com os genes do regime escravocrata. Ou seja, está no “sangue” da nossa economia e de boa parte da nossa sociedade o desrespeito, a humilhação, o preconceito. Um racismo “expandido”, de raça, de classe, de credo político; ou seja, tudo o que a “casa grande” considera diferente e não é o seu espelho é rejeitado, sacrificado, assassinado, preso e colocado na marginalidade.

A elite branca brasileira foi escravocrata por cerca de 400 anos contra pouco mais de 135 anos de vida republicana. Ou seja, em grande parte da história do país, as relações de trabalho são baseadas na escravidão, que não teve ruptura, apesar das muitas lutas contra. Na verdade, a habilidade da classe dominante violenta acabou fazendo essa abolição não por pressões internas, mas por pressão internacional. E logo depois tentou minimizar ou esquecer essa história, virou até um pouco folclórico, dizendo que a “nossa” escravidão era boa ou não era tão ruim.

Com esse DNA, o capital que se libertou do tráfico negreiro é o mesmo que imediatamente constituiu as lavouras do Centro-Sul do país, as grandes fazendas de café. E os grandes fazendeiros quem são? São aqueles que depois, na segunda geração, vêm para São Paulo e Rio de Janeiro para criar as primeiras indústrias. O capital sai do tráfico, vai para o café e vem para a construção do sistema industrial. Não existe contradição, está tudo interligado.

O racismo estrutural precisa ser enfrentado com ousadia. De novo, precisamos olhar cara a cara a sociedade brasileira para vê-la do jeito que ela é: altamente machista, misógina e antifeminista. A divisão sexual do trabalho, a responsabilidade das tarefas domésticas e do cuidado continuam em cima da mulher, tudo piorou muito com a pandemia. Para piorar, o Estado, com a política de ajuste fiscal e ao reduzir uma série de políticas públicas, confinou as mulheres ao ambiente doméstico ainda mais. Em nome de uma legitimidade, o Estado nacional atua como um poder de perseguição e com direito de matar.

O canto do tubarão

Escrevemos esse texto indo e vindo do passado para o presente, porque é assim que a vida é: feita de histórias de homens e mulheres. Uma história que se compõe de disputas o tempo todo. Nesse sentido, voltamos para os anos 2000, para falar dela: a contrarreforma trabalhista de 2017.

Cantada em verso e prosa como a redentora de todos os males brasileiros – muitos se entorpeceram na cantilena de que o Brasil, depois da destruição de direitos, entraria no paraíso do desenvolvimento e do pleno emprego –, a “reforma trabalhista” do governo golpista de Michel Temer (MDB) mostrou sua verdadeira cara: era apenas (mais) um plano das elites brancas para explorar ainda mais o trabalho dos brasileiros, pagando menos por ele, oferecendo menos direitos. O desenvolvimento e o emprego não vieram.

A “reforma trabalhista” completou três anos em novembro de 2020, e o discurso virou pó. “A reforma foi aprovada exatamente como eles quiseram, não conseguimos mudar nada. E, passados três anos, não teve nenhum impacto sobre o mercado de trabalho, não melhorou nem atraiu novos investimentos, não melhorou a formalização, não tornou a nossa economia mais competitiva. Do ponto de vista do mercado do trabalho a reforma não serviu absolutamente para nada”, diz a pesquisadora.

Regulação é direito

A narrativa econômica, sob o manto neoliberal, colocou na cabeça da sociedade que a legislação brasileira era excessivamente rígida, por isso impedia a criação de postos de trabalho. Sustentava, ainda, que o número grande de informais no Brasil era decorrente do excesso de rigidez. Outro ponto, como destaca Marilane, é o enfraquecimento das instituições públicas, sindicatos, Justiça e Ministério Público do Trabalho. “De 2017 para cá, vimos o aumento da informalidade. Estamos concluindo um livro que é um balanço dos três anos da reforma trabalhista, no Cesit, para mostrar que durante esses três anos o discurso que foi vendido não se concretizou; ao contrário, precarizou ainda mais as relações de trabalho no País.”

Vamos conviver com uma parcela da força de trabalho que necessariamente vai ter como principal a informalidade ou por conta própria. “Como constituir formas de regulação pública universal que não passam apenas pelos direitos previstos na CLT?”, questiona Marilane. Para ela, é fundamental a sociedade debater e exigir que, mesmo na forma do trabalho autônomo, sejam garantidos direitos, como o 13º salário, férias, previdência. “Mas como política pública, e não política privada, para poder incorporar todas as pessoas, independente da forma de inserção no mundo do trabalho, numa teia de proteção social a partir de uma política pública de Estado”, defende.

Matrix neoliberal

Um desestímulo total também para o jovem que fica mais suscetível ao discurso do empreendedorismo, do trabalho por conta própria etc. Como se fosse possível todos virarmos empresas em uma economia capitalista. “Estamos vivendo um período que combina uma série de mudanças mais estruturais, do ponto de vista tecnológico, com os problemas conjunturais.” Por questões estruturais, temos uma sociedade que se formou do ponto de vista social e econômico em cima de raízes fundantes da própria discriminação e da segregação racial.

Daniela de Campos, doutora em História e professora do Instituto Federal do Rio Grande do Sul (IFRS), campus Farroupilha, em Porto Alegre, traz a observação de quem está na sala de aula com meninos e meninas. “O léxico que está no mundo do trabalho também está na sala de aula.” Para ela, a narrativa agressiva que tenta desconstruir laços sociais e criar uma contra-história nos quer com uma vida e uma prática sem reflexão. “Incorporamos e repetimos discursos no nosso dia a dia. Não somos mais empregados ou trabalhadores, mas colaboradores. O empreendedorismo vem com a ideia de que o indivíduo é capaz de se autogerir, de ter sucesso por conta própria. O coletivo desaparece. Há uma pressão para incluir o empreendedorismo como disciplina nos nossos currículos. Se não estamos atentos isso vai entrando, e coloca-se para os jovens que isso é bom. E que a noção de ser empregado e ter direitos é ultrapassado”, alerta.

Outro marcador neoliberal muito em voga é a meritocracia, que também se vem apossando da educação no País. “Como falar em meritocracia num país que viveu assentado no trabalho escravizado por mais de 350 anos? Como falar em mérito, em igualdade de oportunidades, nesse país que após abolir o trabalho escravizado vai colocar na marginalidade uma população gigantesca de africanos e descendentes? Como falar em meritocracia para alunos de escola pública de periferia, que não tem estrutura, biblioteca nem professores suficientes? Quando esse aluno conseguirá competir, em condições de igualdade, por uma vaga numa faculdade pública?”

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Um remédio amargo, mas imprescindível para salvar vidas.

Clara Figueiredo _ sem título  _ensaio Filmes Vencidos – fotografia analógica_digitalizada_Recife_2016

Escrito por ELENIRA VILELA*

Ninguém gosta de fechar tudo, parar circulação de pessoas e da economia (são os trabalhadores e trabalhadoras que produzem e fazem circular a economia, viu que descoberta interessante, patrões?). Ninguém acha que suspender aulas, comércio, serviços, cultura, entretenimento é medida simples, sem efeitos colaterais e prejuízos: NINGUÉM! Também ninguém defende que essa medida seja adotada sem medidas de renda básica e refinanciamento e suporte a empresas pequenas e médias para que não fechem e possam manter-se pagando salários), além de autônomos e outros segmentos vulneráveis.

Mas sabe quando um oncologista recomenda quimioterapia ou um ortopedista ou o angiologistas indicam amputação? Eles não fazem isso porque é divertido, porque é a primeira opção, porque é uma opção simples ou porque não conhecem os danos e efeitos colaterais, eles fazem isso porque todas as outras medidas tentadas não surtiram efeito e essa foi a única que restou. A cidade de Fukushima precisou ser evacuada depois de terremoto e tsunami que também resultaram em um acidente na usina nuclear que espalhou radioatividade. Você imagina alguém dizendo que não quer sair porque “vai ter prejuízos”. Claro que vai ter prejuízo, mas é preciso salvar a vida e depois ver como equacionar o prejuízo.

Ah, mas não havia nada que pudéssemos fazer para evitar chegar aqui…

Havia. E foi explicado por cientistas especialistas da área: virologistas, imunologistas, epidemiologistas, especialistas em saúde pública, entre outros e outras.

As medidas eram: distanciamento social; controle e acompanhamento de casos e contatos; uso massivo de máscaras (agora já sabemos que é necessário que sejam máscaras certificadas); higiene das mãos; controle de fronteiras e de circulação em aeroportos, rodovias e ferrovias de quem vem de áreas de contaminação; fortalecimento do sistema de saúde: com aumento de leitos, reforço nos estoques de insumos de saúde e equipamentos de proteção; medidas econômico-sociais que permitissem às pessoas respeitar o distanciamento social e as eventuais paralisações de atividades econômicas, informação clara em pronunciamentos oficiais e campanhas de orientação e esclarecimento.

Todas essas medidas precisavam ser tomadas de maneira coordenada e organizada por um governo central orientado por comitês científicos, em articulação com poderes regionais ou locais e outros poderes (legislativo e judiciário) e organizações da sociedade civil, incluindo sindicatos, associações de moradores, ONGs, imprensa etc. Países como o Vietnã, a Nova Zelândia, a China e a Noruega adotaram esses protocolos. Todos esses países estão com controle da pandemia mesmo sem o uso da vacina, têm números muito baixos de óbitos e de casos. O Vietnã é provavelmente o país que conseguiu o melhor equacionamento, tendo em todo o período – mesmo sendo muito próximo da China onde foram notificados os primeiros casos — 35 mortes, sendo um país de em torno de 100 milhões de habitantes.

Jamais estaríamos defendendo paralisação de todas as atividades não essenciais (essencial de verdade e de maneira imediata são alimentação, abastecimento, energia, serviços tecnológicos e, obviamente, serviços de saúde e de transporte de todos os envolvidos citados anteriormente) e fechamento rígido de fronteiras, aeroportos e rodovias se houvesse outra opção para a situação do momento. E infelizmente essas medidas têm que ser impostas e fiscalizadas de maneira exemplar e rigorosa. Para ter um exemplo, na França durante o período das medidas mais restritivas, se você estivesse andando na rua e suas compras não fossem suficientes para uma semana a multa era de €143, o equivalente a cerca de R$ 940.

Sim, há muitos efeitos colaterais tão ou mais graves do que uma amputação, mas o Brasil como nação, a partir das entidades empresariais e do governo Bolsonaro e com a anuência de (quase) todos os demais poderes e esferas de governo e de parte considerável da chamada sociedade civil optou por deixar rolar. Dar liberdade para o vírus fazer seu próprio caminho e deixar a população à própria sorte. Algumas cidades e estados adotaram medidas de distanciamento social em diversos níveis, mas elas nunca foram tomadas adequadamente e de modo suficiente. Sabemos que era impossível ser suficiente sem haver orientação centralizada e nacional. Mas também sabemos que boa parte dos mandatários de governos estaduais e prefeituras fizeram bem menos do que estava ao seu alcance, com exceções como Edinho (PT, prefeito de Araraquara) ou Alexandre Kalil (PSD, prefeito de BH), entre não muitos outros e outras. É preciso dizer que as grandes empresas representados por suas federações, incluindo banqueiros, indústria, varejo e outras que são os mandantes do genocídio em nível nacional implantaram via sedes regionais uma pressão de todos os tipos contra todos os gestores que adotaram as medidas conforme comitês científicos inicialmente, e a grande maioria cede à pressão e escolhe o lado dos lucros dos grandes exploradores. Assim, pavimentamos um caminho consistente para o desastre que enfrentamos agora.

Estamos no pior cenário possível: as tentativas de controle desarticuladas e precárias (a única consistente foi a suspensão de aulas presenciais) foram eficientes até maio de 2020, de lá para cá a flexibilização das regras antes de diminuição consistente da circulação do vírus geraram mortes e alimentaram uma sensação coletiva de uma normalidade que não existia. A implantação do auxílio emergencial sem planejamento e de maneira desorganizada, com sua redução e posterior interrupção inaceitável, o aumento do desemprego e o aprofundamento de uma crise econômica que já vínhamos alimentando em um contexto de desinvestimento estatal e privatizações, recessão e falta de confiança e, como cereja do bolo, o fim de qualquer distanciamento social efetivo com a realização das eleições e a retomada de aulas presenciais no pior momento geraram uma destruição compatível com cenário de guerra: desemprego, recessão, inflação, desabastecimento (inclusive de insumos de saúde como oxigênio e medicamentos essenciais para sedação), vacinação a passos de tartaruga, colapso do sistema de saúde e do sistema funerário, falta de profissionais da saúde e funerários, fome, fechamento massivo de empresas, paralisação parcial de setores fundamentais como o cultural e, é claro, o pior de todos: centenas de milhares de mortos ainda em crescimento exponencial. Ainda não estamos no ápice da crise, só saberemos que passamos por ele depois que tivermos duas semanas de queda consistentes no número de casos (correspondendo a uma taxa de transmissibilidade menor que 1), seguida por duas semanas de queda consistente e numericamente significativa do número de internações e mortes.

Um aspecto importante da compreensão dessa pandemia é que estamos sempre olhando para o passado quando olhamos os números. O número de casos notificados hoje é resultado do que foi feito há dez ou quinze dias antes, o de internações de 20 dias e o de óbitos de 1 mês antes ou mais. E como o crescimento é exponencial, qualquer medida leva muito tempo para gerar resultados a partir de um certo ponto de descontrole, e somente o tempo não é suficiente, é preciso agir.

O colapso da saúde que estamos vivendo é como o rompimento de uma represa, não se resolve tentando voltar atrás, não é possível voltar atrás. Mas é necessário agir imediatamente. E há poucas medidas que podem ser eficientes para minimizar o tempo de duração do colapso e consequentemente o número de mortes que ainda podemos evitar.

É preciso determinar uma diminuição radical da circulação do vírus e o vírus só se reproduz nas pessoas e sempre passa de uma pessoa pra outra. Assim a medida mais urgente é: cada pessoa tem que ter contato com o mínimo de outras pessoas – o que impõe parar todas as atividades não essenciais para a sobrevivência e mínima qualidade de vida. Quando acontecer esse contato, somente nos casos em que ele é inevitável, o ambiente precisa ser ventilado, as pessoas têm que estar de máscara certificada (cirúrgica bem ajustada, pff1 ou 2, n95), devem higienizar as mãos com frequência e manter distanciamento. Em relação a ambas as medidas, a fiscalização tem que ser rigorosa e exemplar. Para que essas medidas sejam possíveis é absolutamente essencial que uma renda mínima nacional seja implementada de maneira universal o mais rapidamente possível, com a mesma presteza e agilidade que R$ 1,2 trilhão foram disponibilizados aos bancos e que medidas de refinanciamento e manutenção das pequenas e médias empresas. É preciso executar medidas de fortalecimento do SUS e um planejamento do provimento de insumos para a saúde e contratação de todos os profissionais com capacitação para atuar em emergências de saúde e sua valorização e criação de condições para que atuem nas melhores condições possíveis (como proteção de suas famílias, remuneração adequada e seguros). Também é preciso um levantamento e atuação em relação ao sistema funerário.

E em paralelo à diminuição da circulação do vírus é preciso comprar ou produzir, distribuir e aplicar vacinas em todo mundo a quem ela se destina (por enquanto, a maior parte das vacinas aprovadas não foi testada em adolescente com menos de 16 anos e crianças ou em gestantes). A briga por estar na prioridade 1, 2, 3 ou 4 é a briga errada. É preciso comprar vacina pra todos e essa é a briga: ter o número de vacinas para 180 milhões de brasileiros e brasileiras o quanto antes. O Brasil tem uma capacidade de vacinar de 2 a 5 milhões de brasileiros e brasileiras por dia. A vacinação iniciou há quase 50 dias, se estivéssemos vacinando de segunda a sábado 2 milhões de pessoas por dia, já podíamos ter mais de 50 milhões de brasileiros tomado uma dose e 25 milhões tomando as duas. Vacinamos menos de 9 milhões até hoje com uma dose e menos de 3 milhões tomaram as duas doses.

Se as medidas forem tomadas hoje, o controle da situação virá em poucas semanas. Como é um processo que ocorre em progressão geométrica, cada dia que demoramos pra tomar uma atitude pode adiar o controle da situação de semanas para meses e pode significar ao invés de mais 50 mil mortos, 200 mil mortos.

É preciso agir imediatamente para evitar mortes! Sabemos o que fazer!

É urgente!

Obs. 1 Eu sou professora de matemática. Epidemiologia, virologia, imunologia, saúde pública ou áreas afins não são meu objeto de estudo ou de trabalho. O que está sistematizado aqui é resultante do meu conhecimento matemático sobre crescimento exponencial e de tudo que tenho lido e ouvido de especialistas em alguns artigos científicos, vídeos e muitas reportagens e entrevistas de especialistas como Miguel Nicolelis, Natalia Pasternak, Átila Iamarino, Gonçalo Vecina Neto, Ethel Maciel, Margareth Dalcomo, Alexandre Padilha entre outres. Naturalmente que a responsabilidade pelo que está escrito é somente minha. Se você é especialista e encontrar algum erro, inconsistência ou qualquer tipo de problema nas informações ou mesmo opiniões eu agradeço muito se você puder me alertar por meio do endereço eletrônico elenira.blog@gmail.com para que eu possa corrigir ou tornar o texto mais preciso.

Obs.2 Os dados citados são do dia 14 de março de 2021 e infelizmente se alteram muito rapidamente.

*Elenira Vilela é professora e membro da direção nacional do Sindicato Nacional dos Servidores Federais da Educação Básica, Profissional e Tecnológica (SINASEFE).

 

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

 

Escrito por Claudio Ferrufino-Coqueugniot

El siglo XVII fue pródigo en hechos extraordinarios en la Europa oriental. El reino de Polonia se hallaba en una de sus etapas de mayor expansión: desde Kiev y el Mar Negro, al sur, hasta Lituania y el Báltico en el norte. Luego de haber abandonado Moscú, sus fronteras orientales se ubicaron cerca de Smolensk.
En 1648, los cosacos de los límites meridionales se levantaron en armas contra el reino y declararon la nación libre de los cosacos zaporogos, que habitaban una isla llamada Sitch, en el río Dnepr. Con ayuda del khan de Crimea y beys menores se lanzaron a invadir la República de Polonia.
Al frente de los insurrectos estaba un atamán: Mielnitski. En una escena esteparia de A sangre y fuego, de Henrik Sienkiewicz, aparece por primera vez en mi vida este personaje histórico. En la obra se presenta como « Diosdado Zenobio Mielnitski ». Más adelante, en los cuentos de la Caballería roja de Isaak E. Babel, encontré un Bogdán Melnitzki. Mi duda era saber si ambos eran el mismo hombre. Isaac Bashevis Singer habla en Satán en Goray de un atamán Chmelnicki. Las épocas mencionadas en los tres autores concordaban, pero todavía cabía el interrogante de los nombres Bogdán y Diosdado Zenobio. Me fui al Larousse francés del siglo XIX -una joya-: Mielnitski no estaba consignado allí, pero sí había la historia del nombre Bogdán, que provenía de un antiguo voivoda (funcionario) de Moldavia. El diccionario aclaraba que Bogdán equivalía al francés Dieudonné, que en castellano no es otro que Diosdado.

El problema se había resuelto y aprecié el saber utilizar todos los cabos para encontrar el ovillo original.

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[Publicado en TEXTOS PARA NADA (Opinión/Cochabamba) – imagen: Bohdan Teodor Zenobi Chmielnicki – reproducido en lecoqenfer.blogspot.com]

‘Babelia’ recuerda el discurso que el escritor pronunció al recibir el premio Nobel de Literatura en 1978, coincidiendo con la publicación de ‘El huésped’, relato inédito sobre los supervivientes del Holocausto que crearon el barrio neoyorquino de Williamsburg

De izquierda a derecha: la princesa sueca Christina Magnuson y el escritor Isaac Bashevis Singer, en el banquete de celebración del Nobel de Literatura en Estocolmo, 1978.

De izquierda a derecha: la princesa sueca Christina Magnuson y el escritor Isaac Bashevis Singer, en el banquete de celebración del Nobel de Literatura en Estocolmo, 1978.

En nuestra época, como en cualquier otra, el narrador y poeta debe ser un artista del espíritu en el amplio sentido de la palabra, no solamente pregonero de ideales sociales o políticos. Ni hay un paraíso para los lectores aburridos ni excusas para una literatura tediosa que no intrigue al lector, lo estimule y le ofrezca el placer y la vía de escape que brinda el arte verdadero. Sin embargo, también es cierto que al escritor serio de nuestra época deberían preocuparle profundamente los problemas de su generación. No puede pasarle inadvertido que el poder de la religión, especialmente la creencia en la revelación, es hoy más débil de lo que fue en ninguna otra época de la historia humana. Cada vez más niños crecen sin fe en Dios, sin creer en la recompensa y el castigo, en la inmortalidad del alma e incluso en la validez de la ética.

El escritor auténtico no puede pasar por alto el hecho de que la familia está perdiendo su fundamento espiritual. A partir de la Segunda Guerra Mundial, todas las lúgubres profecías de Oswald Spengler se han hecho realidad. Ningún avance tecnológico es capaz de mitigar la desilusión del hombre moderno, su soledad, su sentimiento de inferioridad y su temor a la guerra, la revolución y el terror. Nuestra generación no solo ha perdido la fe en la Providencia, sino en el propio hombre, en sus instituciones y a menudo en aquellos que están más cerca de él.

Presos de la desesperación, no pocos de quienes han perdido su confianza en el liderazgo de nuestra sociedad han puesto sus ojos en el escritor, el maestro de las palabras. Esperan contra toda esperanza que el hombre de talento y sensibilidad tal vez sea capaz de rescatar a la civilización. Quizá el artista tenga algo de profeta después de todo.

Bashevis Singer: “Ningún avance tecnológico es capaz de mitigar la desilusión del hombre moderno”

Como hijo de un pueblo que ha recibido los peores golpes que la locura humana puede infligir, me veo obligado a reflexionar sobre los peligros venideros. Me he resignado en muchas ocasiones a no encontrar nunca una verdadera solución. Pero una nueva esperanza surge siempre que me digo que no es todavía demasiado tarde para que hagamos balance y tomemos una decisión. Me educaron para creer en el libre albedrío. Aunque he llegado a dudar de toda revelación, no he sido nunca capaz de aceptar la idea de que el universo es un accidente físico o químico, un resultado de la ciega evolución. A pesar de que he aprendido a reconocer las mentiras, los lugares comunes y las idolatrías de la mente humana, sigo aferrándome a algunas verdades que creo que llegaremos a aceptar algún día. Ha de existir un camino para que el hombre pueda disfrutar de todos los posibles placeres, de todas las posibilidades y todo el conocimiento que la naturaleza pone a su disposición, y seguir sirviendo a Dios: un Dios que habla con hechos, no con palabras, y cuyo vocabulario es el cosmos.

No me avergüenza admitir que me cuento entre quienes fantasean con que la literatura es capaz de aportar nuevos horizontes y nuevas perspectivas: filosóficas, religiosas, estéticas e incluso sociales. A lo largo de la historia de la antigua literatura judía nunca existió ninguna diferencia fundamental entre el poeta y el profeta. Nuestra antigua poesía a menudo pasó a convertirse en ley y en forma de vida.

Algunos de mis camaradas de la cafetería cercana al Jewish Daily Forward en Nueva York me tienen por pesimista y decadentista, pero la resignación siempre esconde un rescoldo de fe. Encontré consuelo en pesimistas y decadentistas como Baudelaire, Verlaine, Edgar Allan Poe y Strindberg. Mi interés por la investigación psicológica me hizo encontrar un bálsamo en algunos místicos como vuestro Swedenborg y nuestro rabino Nachman Bratzlaver, así como en el gran poeta de nuestro tiempo, mi amigo Aaron Zeitlin, que murió hace algunos años y dejó un legado literario de altísimo nivel, la mayor parte escrito en yidis.

El pesimismo de las personas creativas no es decadentismo, sino que se trata de una enorme pasión por la redención del hombre. Al mismo tiempo que entretiene, el poeta prosigue su búsqueda de las verdades eternas, de la esencia del ser. A su manera trata de resolver el enigma del tiempo y del cambio, de hallar una respuesta al sufrimiento, de poner de manifiesto el amor en el abismo de la crueldad y la injusticia. Por muy extrañas que resulten estas palabras, a menudo juego con la idea de que cuando colapsen todas las teorías sociales, cuando las guerras y las revoluciones dejen a la humanidad en la oscuridad más absoluta, el poeta —a quien Platón expulsó de su República— se alzará para salvarnos a todos.

El gran honor que me concede la Academia Sueca es también un reconocimiento al idioma yidis: un idioma del exilio, sin tierra, sin fronteras, sin el respaldo de ningún Gobierno; un idioma que carece de palabras para armas, munición, ejercicios militares, tácticas de guerra; un idioma que fue despreciado a la vez por gentiles y por judíos emancipados. Lo cierto es que aquello que predicaban las grandes religiones, el pueblo hablante de yidis lo practicaba día tras día en los guetos. Fue la gente del Libro, en el sentido más estricto de la palabra. No conocieron mayor gozo que el estudio del hombre y las relaciones humanas, al que llamaron Torá, Talmud, Musar, Cábala. El gueto no era solamente un refugio para una minoría perseguida, sino un gran experimento de paz, autodisciplina y humanismo. Como tal sigue existiendo y se resiste a rendirse a pesar de toda la brutalidad que lo rodea.

Yo me eduqué entre esas gentes. El hogar de mi padre en la calle Krochmalna en Varsovia era una casa de estudios, un tribunal de justicia, una casa de oración, un lugar donde se contaban historias, además de un lugar para bodas y banquetes jasídicos. De niño escuché de boca de mi hermano mayor y maestro, I. J. Singer, que más tarde escribiría Los hermanos Ashkenazi, todos los razonamientos que los racionalistas, desde Spinoza a Max Nordau, publicaron contra la religión. He escuchado de mi padre y mi madre todas las respuestas que la fe en Dios puede ofrecer a quienes dudan y buscan la verdad. En nuestro hogar y en muchos otros hogares las preguntas eternas eran más reales que las últimas noticias del periódico yidis. A pesar de todas las desilusiones y de todo mi escepticismo creo que las naciones pueden aprender mucho de esos judíos, de su forma de pensar, de su forma de educar a los hijos, de la felicidad que encuentran donde otros no ven más que miseria y humillación.

Para mí el idioma yidis y la conducta de quienes lo hablan son la misma cosa. Se pueden encontrar en el idioma yidis y en el espíritu yidis expresiones de júbilo piadoso, ansias de vivir, anhelo del Mesías, paciencia y un profundo aprecio por la individualidad humana. Hay en el yidis un humor sereno y una gratitud por cada día de la vida, por cada pizca de éxito, por cada contacto amoroso. La mentalidad yidis no es altiva. No da la victoria por sentada. No exige ni ordena, sino que sale del paso como puede, se cuela entre las fuerzas destructivas, a hurtadillas, con la certidumbre de que en algún sitio el plan de Dios para la Creación no ha hecho más que comenzar.

Hay quien califica al yidis de lengua muerta, pero lo mismo hicieron con el hebreo durante dos mil años. Se ha recuperado en nuestra época de una forma sorprendente, casi milagrosa. El arameo fue ciertamente una lengua muerta durante siglos, pero luego sacó a la luz el Zohar, una obra mística de sumo valor. Es un hecho que los clásicos de la literatura yidis son también los clásicos de la literatura hebrea moderna. El yidis aún no ha dicho su última palabra. Contiene tesoros que todavía no se han expuesto a los ojos del mundo. Fue una lengua de mártires y santos, de soñadores y cabalistas, cargada de humor y de una memoria que la humanidad no debería olvidar jamás. En sentido figurado, el yidis es la sabia y humilde lengua de todos nosotros, el idioma de la asustada y esperanzada humanidad.

‘El huésped’

Autor: Isaac Bashevis Singer

Traductor: Andrés Catalán

Editorial: Nórdica Libros

Formato: tapa blanda o bolsillo. 64 páginas

 

 

 

‘El espectador’ reúne parte de los diarios de Imre Kertész en los que el escritor húngaro analiza hasta extremos torturantes asuntos como el Holocausto o la literatura

Escrito por JOSÉ MARÍA GUELBENZU

La figura de Imre Kertész es emblemática del destino de un escritor europeo del pasado siglo. Nacido en 1929, fue enviado al campo de exterminio de Ausch­witz a los 15 años. Era hijo de una modesta familia judía afincada en Hungría. De Auschwitz pasó a Buchenwald. Su historia como prisionero resulta cercana a la vivencia de otro inquilino de este último campo de su misma edad: Jorge Semprún. En 1975 escribió la que es hoy considerada como una de las mejores novelas sobre el Holocausto: Sin destino, que pasó sin pena ni gloria. Tras la liberación, apenas tuvo tiempo de disfrutar de la libertad: el régimen prosoviético instalado en Hungría tras la guerra le clasificó como un intelectual burgués decadente, un “enemigo del pueblo”, haciéndole la vida muy dura. Sobrevivió como pudo, dedicado a trabajos menores. Después de los setenta consiguió una cierta nombradía como traductor, pero siguió siendo un marginado; su primera novela, como hemos dicho, apenas tuvo resonancia en los círculos literarios de su país. Vivió con su primera esposa, Albina Vas, en un piso minúsculo donde escribió, además de Sin destino, otras dos grandes novelas: El fracaso y Kaddish por el hijo no nacido (1988 y 1990). Tras la caída del muro de Berlín, comenzó a ser reconocido y participar de la vida cultural húngara; su obra, boicoteada hasta entonces, empezó a saltar fronteras. Por fin, la concesión del Nobel en 2002 lo sacó del desconocimiento en todo el mundo. Otra historia más de persecución por el funcionariado del totalitarismo comunista, pero esta vez con final feliz.

El espectador reúne los textos de su Diario (tres volúmenes) escritos entre 1991 y 2001. Se encuadra entre medias de Diario de la galera y La última posada, los otros dos (todos en Acantilado, igual que el resto de su obra). La figura de Kertész es la de un resistente, pero en este libro que comentamos es ya un autor reconocido en el extranjero, su ostracismo ha terminado. Una de las dos únicas entradas fechadas se corresponde con el 3 de octubre de 1995, la muerte de Albina, su primera mujer: “Hace 42 años”, escribe, “ella puso su vida en mis manos… Se lleva consigo la mayor parte de mi vida, en la que comenzó y se hizo realidad mi creación y en la que, viviendo en un matrimonio desdichado, nos amamos muchísimo”. La otra entrada (mayo de 1995) muestra el dolor y la culpa: “Mi arte como una tragedia para ella. Mi insuficiencia como ser humano. El oficio de carcelero como metáfora. Cuando la ingresé en el hospital”. Después llega Magda, su segunda esposa, como un regalo del destino para ayudarle a expiar su sentido de culpa.

Son muchos los asuntos que le ocupan en el libro. El análisis y el auto­análisis llegan a extremos torturantes. Destacan la reunificación alemana, la caída del Muro, la vocación y la literatura. Habla, por ejemplo, de ciertos “autores civilizados”, occidentales —Camus y Thomas Mann entre otros—, cuyo oficio de escritor desprende cierto sabor amargo “como un aroma bien amaestrado, que no es acerbo, no es cicuta, sino un agradable Campari”.

Tema recurrente es Auschwitz. Rebatiendo la pregunta de Adorno, dice: “Hacer arte de Auschwitz supone el reto más serio para cualquier artista, y pienso en Beethoven, o en Tolstói, o en Rembrandt, seguro que ninguno de ellos habría sido capaz de resistirse a semejante desafío”. Y asunto sustancial de su pensamiento es la idea de que Auschwitz no es algo exclusivo de los judíos, como tantos han pretendido: concierne a toda la humanidad, porque la víctima es la humanidad. Seguir enumerando es como leer el libro, y eso es lo que recomiendo fervorosamente al lector: por interés cultural e histórico, por obligación intelectual, por el conocimiento de la opresión de los regímenes totalitarios, por la necesidad de preguntarse por el sentido de la vida y de la muerte.

El espectador

Autor: Imre Kertész

Traducción: Adan Kovacsics
Editorial: Acantilado, 2021

Formato: Rústica. 240 páginas. 18 euros

[Fuente: http://www.elpais.com]

A fronteira se tornou uma das palavras-chave para ler o mundo, interpretá-lo e desvelá-lo. E a cena protagonizada por uma criança haitiana na fronteira Brasil-Peru exemplifica como elas têm sido protagonistas de um mundo pós-fronteiriço

Escrito por Handerson Joseph*

No último dia 14 de fevereiro, uma criança haitiana de aproximadamente 3 anos protagonizou uma cena pós-fronteiriça e humanizou a fronteira. Ela apertou as mãos dos policiais peruanos que formavam uma barreira na fronteira do Brasil com o Peru, no estado do Acre, para impedir a mobilidade das pessoas haitianas que queriam sair do Brasil, passando pelo país vizinho, para retornar ao Haiti e/ou tentar uma vida melhor em outros países.

Enquanto os policiais impediam os migrantes haitianos de cruzarem a fronteira, usando as forças estatais, o menino distribuía apertos de mãos e abraços aos policiais. Uma das cenas mais profundas das/nas fronteiras nesses últimos tempos, no seu gesto, desprovido da securitização das fronteiras, lá estava uma fronteira afetuosa possível, aquela de união enquanto humanos, independente das nossas diferenças etnorraciais, nacionais, linguísticas, religiosas etc.

No gesto do menino negro migrante espelha-se a fronteira da paz, do amor, da compaixão pelo outro. Por vezes os órgãos nacionais e internacionais pregam a paz e a união, mas na prática exercem suas forças destruidoras mais do que as forças humanas e afetuosas para a gestão das fronteiras e das mobilidades das pessoas.

Para transformar as fronteiras

A ideia de um mundo pós-fronteiriço para o qual tenho chamado a atenção em alguns dos meus trabalhos acadêmicos talvez seja a capacidade de transformar as fronteiras estatais em humanizadoras. O mundo e os governos têm muito o que aprender com as crianças, principalmente nos modos de gestão das fronteiras e das migrações.

As crianças têm sido protagonistas de um mundo pós-fronteiriço. Muitas delas, quando chegam às fronteiras, principalmente entre os Estados Unidos e o México, são separadas de seus pais e familiares, sem saber se um dia se poderão reencontrar nos corredores da vida e nos corredores migratórios. Outras não agem olho por olho, dente por dente, mas respondem à militarização das fronteiras com abraços e apertos de mãos, como a cena do menino haitiano.

Nessa última década, a fronteira se tornou uma das palavras-chave para ler o mundo, interpretá-lo e desvelá-lo. Hoje, as condições de possibilidades de uma transformação do mundo passam necessariamente por uma transformação das fronteiras, passam pela demolição dos muros, a destruição das cercas, a extinção dos regimes de controle e o desmantelamento das tecnologias de vigilância das fronteiras e das migrações.

Negação das fronteiras?

Os regimes e as tecnologias de controle e de dominação devem ser obrigatoriamente substituídos por mais pontes (simbólica e materialmente) para unir as pessoas e os países, por mais políticas equitativas entre indivíduos e nações para diminuir as desigualdades, por mais abraços e apertos de mãos entre aqueles que são de nacionalidades diferentes, em outras palavras, por um mundo pós-fronteiriço, notadamente um mundo sem fronteiras desagregadoras e assoladoras.

As fronteiras estatais devem entrar em ruínas para ceder espaço àquelas que são humanas e humanizadas, no sentido mais profundo e sensível do termo humano. Advogar por um mundo sem fronteiras não significa negar a existência (ainda forte) das que existem entre Estados.

Não se trata, necessariamente, de um mundo sem fronteiras, não há como as negar, pois onde há diversidade e diferenças, lá estão elas, sejam físicas ou simbólicas (culturais, étnicas, linguísticas, religiosas etc). Reafirmar a existência das fronteiras não significa advogar em nome das que são desagregadoras, mas sim dar um passo para transformá-las, humanizá-las, superando a dimensão estadocêntrica para alcançar um mundo pós-fronteiriço. O futuro do mundo é a mobilidade e o devir migratório.

Sobre o autor

Handerson Joseph é doutor em Antropologia Social pelo Museu Nacional, com doutorado sanduíche pela École des hautes études en sciences sociales (EHESS) e pela École normale supérieure (ENS) em Paris. Professor do Departamento de Antropologia e do Programa de Pós-Graduação em Antropologia (PPGAS) da Universidade Federal do Rio Grande do Sul (UFRGS). Professor permanente do Programa de Pós-Graduação em Estudos de Fronteira (PPGEF) da Unifap (Universidade Federal do Amapá), foi um dos fundadores e coordenador do PPGEF (2019-2020). Fundador do Programa de Apoio a Migrantes e Refugiados (PAMER).

 

[Fonte: http://www.migramundo.com]

https://correio68.com/wp-content/uploads/2021/02/150600216_422036112213881_7658153690056202066_n-1.mp4?_=1

Hoje lançado de surpresa, o novo trabalho de Nick Cave foi composto e gravado durante o confinamento e é o primeiro assinado a meias com o companheiro de longa data Warren Ellis.

Cave e Ellis durante as gravações

 

Escrito por Miguel Judas

Há muito que o estatuto de Nick Cave foi elevado a uma espécie de santidade, levando-o a ocupar no Olimpo da música popular e por direito próprio, sublinhe-se, o lugar deixado vago por nomes como Leonard Cohen ou Lou Reed. Um percurso redentor, tão do agrado da mitologia do rock and roll, iniciado nos sujos tempos do punk e da heroína, quando esse mesmo rock and roll ainda era mesmo sujo e perigoso, com várias subidas ao céu e outras tantas descidas ao inferno, exemplarmente condensadas na sua música, entretanto transformada em salmos por uma cada vez maior multidão de fãs, como a que, em 2018, debaixo de uma tempestade, assistiu, comovida e ensopada, à última liturgia em Portugal do pregador australiano, no festival Primavera Sound do Porto. Não é portanto de estranhar que o lançamento surpresa de Carnage, dado esta quinta-feira a conhecer ao mundo, possa ser já considerado um dos acontecimentos do ano em termos de edições discográficas – por tudo isto, mas especialmente pelas canções.

Composto e gravado em apenas semanas, Carnage é descrito pelo próprio Nick Cave como « um disco brutal, assente numa catástrofe comunitária », a pandemia, « mas ao mesmo tempo também belo ». É também o primeiro álbum a meias com Warren Ellis, companheiro de longa data nos Bad Seeds e nos Grinderman, com quem já assinara diversas bandas sonoras para teatro e cinema. A ideia, quando se juntaram, em pleno confinamento, para umas sessões de estúdio, não passava por fazer um disco, mas apenas por tocarem juntos, para ajudar a passar o tempo. « Foi um processo acelerado de intensa criatividade », afirma Ellis, revelando que as oito músicas que compõem o disco surgiram logo « nos primeiros dois dias e meio », levando-os, logo aí, a tomar a decisão de gravar um álbum. « Foi um presente caído do céu », concorda Cave.

Segundo os autores, Carnage representa assim uma continuação do processo de trabalho, também ele muito baseado no elemento-surpresa de duas pessoas a improvisar em estúdio, já usado no álbum anterior de Nick Cave and the Bad Seeds, Ghosteen, editado em 2019, ainda na ressaca da morte do filho do cantor, Arthur, em 2015, com apenas 15 anos, na sequência de uma queda junto a um penhasco. O luto encontra-se agora muito mais diluído, num disco em que as letras têm muito mais a ver com a própria pandemia, ainda que indiretamente. Os primeiros esboços começaram a tomar forma logo no início do primeiro confinamento, que Cave passou « a ler e a escrever compulsivamente, sentado na varanda, a pensar nas coisas » – a varanda é aliás mencionada de forma recorrente em Carnage, cuja última faixa tem precisamente o título de Balcony Man. O resultado disto tudo é um álbum « mais inquieto e virado para fora », em que cada canção parece querer alargar ainda mais as fronteiras musicais do já si tão expandido universo caveiano.

'Carnage', a banda sonora perfeita de Nick Cave para uma "catástrofe coletiva"

Aos primeiros acordes, Hand of God, a faixa que abre o disco, soa a uma típica canção de Nick Cave, com o a voz, apenas acompanhada ao piano, a declamar um verso de cariz algo religioso (« There are some people trying to find out who, There are some people trying to find out why, There are some people aren »t trying to find anything but that kingdom in the sky« ). Quase de imediato, porém, a introdução de uma rápida batida eletrónica cria um elemento estranho, enviando a música numa direção contrária ao esperado, criando uma sensação de desespero contido, sublinhada pelos coros de Warren Ellis.

A mesma eletrónica, cada vez mais negra, volta a marcar o ritmo de Old Times, uma canção circular, hipnótica e urgente, que fala de tempos passados, agora de novo regressados, de sonhos desfeitos e separações por entre enviesadas declarações de amor – « Like the old days i »m not coming back this time, Like the old times, Like old times, Wherever you are, darling, I »m not that far behind« .

Segue-se a melancólica Carnage, uma quase redenção sob a forma de uma canção de amor, talvez autobiográfica, com um disfarçado sentido de esperança: « it »s only love with a little bit of rain and i hope to see you again ».

Já o tema seguinte, White Elephanté talvez o mais identificável com os estranhos tempos atuais, por entre referências a « manifestantes ajoelhados no pescoço de uma estátua », ameaças de tiros na cara, conspirações e outras tiradas menos literais, numa aparente raiva, inicialmente contida, mas depois sempre em crescendo, que no final se acaba por transformar num hino religioso, no qual é retomado o conceito inicial: « Don »t ask who, Don »t ask why, There »s a kingdom in the sky, We »re all coming home for a while« .

Em Alburqueque volta a revelar-se o bom velho Nick Cave de outros tempos, com uma balada clássica, embalada pelo piano, pelas cordas e pelos coros, cuja letra soa também como uma metáfora sobre as consequências da pandemia: « And we won »t get to anywhere, darling, anytime this year. And we won »t get to anywhere, baby, unless I dream you there« .

Igualmente clássica é a contemplativa e nostálgica Lavender Fields, outra letra plena de metáforas pessoais, regressando, nos coros, quase como um mantra, a mesma ideia anterior: « Where did they go? Where did they hide? We don »t ask who, we don »t ask why, there is a kingdom in the sky« .

Com o aproximar do fim do álbum, Shattered Ground dá lugar a uma melancolia só possível de alcançar através do amor entre duas pessoas apaixonadas, numa canção de esperança, apesar do desencanto, das despedidas, da solidão e do inevitável adeus. A mesma esperança, agora cada vez mais óbvia, apesar de embrulhada num sem fim de metáforas, que se volta a sentir em Balcony Man, a última faixa de Carnage, novamente por entre piano e cordas e coros angelicais, porque, afinal, « o que não te mata apenas te torna mais louco » – e, no caso de Nick Cave, certamente também genial.

 

 

[Foto: Joel Ryan – fonte: http://www.dn.pt]

Autora:  Yorki Junior Encalada Egúsquiza
Directora: Susan Carvalho
Editorial/Institución editora:  University of Kentucky
Ciudad: Lexington
País: Estados Unidos
Año 2020
Tipo de publicación: Tesis
Tipo de tesis: Tesis doctorales
Materias de especialidad: 

Estudios culturales, Estudios de género, Literatura contemporánea, Narrativa, Teoría de la literatura

Descripción: 

Este trabajo de Yorki Junior Encalada Egúsquiza, presentado en la Universidad de Kentucky, en 2020, aborda desde la perspectiva de los estudios de género, espaciales, fronterizos y poscoloniales, la obra de escritoras como, por ejemplo, María Amparo Escandón, en `A través de cien montañas´ (2006), quien cuestiona y amplía los conocimientos tradicionales de la conciencia mestiza, en el mexicano-estadounidense. Se trata de la frontera americana y del papel de las comunidades femeninas.

Al hacerlo, este proyecto sostiene que las principales características del `Bildungsroman´ femenino mexicano son: la aceptación de una identidad ambigua como resultado de la superación de sentimientos de pérdida, arrepentimiento o trauma a través de la adquisición de una nueva conciencia mestiza, el tránsito por la mexicana.

El hecho es que la formación de comunidades mexicanas juega un papel clave en el florecimiento de las protagonistas.

Este proyecto también argumenta que el ´MeXicana Bildungsroman´ que presentan las distintas autoras que se toman como referencia difieren significativamente entre sí debido a las distintas formaciones e historias personales de inmigración. Mientras que Escandón depende en gran medida de los espacios cerrados para representar a México-Estados Unidos, `Frontera americana´, de Reyna Grande, tiene como objetivo desafiar los discursos patriarcales de género y autonomía femenina en comunidades idealizadas.

Así, la autora coloca constantemente a sus protagonistas justo en la frontera y cuestiona los discursos capitalistas oficiales sobre la inmigración con una lente transnacional para humanizar la figura del inmigrante indocumentado.

Página de Internet:  https://uknowledge.uky.edu/hisp_etds/46/
Correo electrónico: Contacto disponible en su página web
Fecha de publicación: Martes, 23 de febrero de 2021

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

Entitats i col·lectius clamen contra l’empresonament de Pablo Hasél i alerten del retrocés del dret fonamental a expressar-se lliurement a Espanya.

L’empresonament de Pablo Hasél ha reavivat el debat de la llibertat d’expressió a Espanya. Font: Jove (llicència CC).

Escrit per Dani Sorolla

L’empresonament del raper lleidatà Pablo Hasél ha provocat una forta resposta al carrer i ha tornat a posar sobre la taula un debat que cou i incomoda a Espanya sobre els límits de la llibertat d’expressió. Tant és així que, per parar el cop, el Govern espanyol ha anunciat a correcuita la seva intenció de reformar el codi penal per despenalitzar els delictes d’opinió i protegir la llibertat d’expressió.

Pablo Hasél va ser detingut el dimarts passat a la Universitat de Lleida i ja ha ingressat a la presó de Ponent per complir una pena de presó de 9 mesos, que s’ampliarà per les multes econòmiques que el raper s’ha negat a pagar, pels delictes d’enaltiment del terrorisme i injuries a la Corona i a les forces de seguretat en diversos missatges que va difondre a les xarxes.

Les entitats alerten que el dret a la llibertat d’expressió retrocedeix a Espanya. Font: Pixabay (llicència CC).

“L’entrada a la presó de Hasél és injusta i desproporcionada, ningú hauria de ser processat penalment per expressar-se en xarxes socials o cantar coses que es puguin considerar desagradables o escandaloses”, explica el Dani Vilaró, portaveu d’Amnistia Internacional Catalunya (AI), sobre l’empresonament del raper, que ja va ser condemnat per fets similars anteriorment.

Una posició que comparteixen bona part d’entitats, com l’Acadèmia Catalana de la Música, que ha impulsat un manifest amb més de 65 organitzacions del sector cultural per demanar la l’indult i llibertat del músic lleidatà. “El que ha passat amb Hasél és una profunda injustícia i ens sembla un retrocés increïble en un dret tan fonamental com és la llibertat d’expressió en una democràcia que s’autoafirma com a modèlica, és molt preocupant”, subratlla Natxo Tarrés, vocal de la junta de l’Acadèmia.

Condemnes per delictes d’opinió a Espanya: Plou sobre mullat

I és que, el de Hasél no és un cas aïllat, ben al contrari, és l’últim d’una llarga llista d’activistes, periodistes, tuitaires, músics i creadors que han tingut problemes amb la justícia per les seves opinions o manifestacions. El raper mallorquí Valtonyc, exiliat a Bèlgica, els músics del grup La Insurgencia o la tuitera Cassandra Vera, entre molts altres, en són exemples.

Tot plegat evidencia que Espanya té un problema amb la llibertat d’expressió, que s’acarnissa especialment amb la creació artística. En aquest sentit, un informe de l’ONG danesa Freemuse situa Espanya com l’Estat amb més artistes empresonats -un total de 14– el 2019.

“És vergonyós que Espanya encapçali aquesta llista per davant de països com Turquia o l’Iràn, avui és Hasél però demà pot ser qualsevol de nosaltres”, lamenta l’Esteban Marín, de la Fundació Contorno Urbano, una entitat cultural vinculada a l’art a l’espai públic, l’educació i la creativitat urbana. Precisament, en l’àmbit del muralisme va esclatar una altra polèmica fa un parell de setmanes després que l’Ajuntament esborrés un mural de l’artista Rock Blackbloc a favor de Hasél i contra el rei emèrit Joan Carles I.

L’entrada a la presó de Hasél ha tingut una resposta al carrer. Font: Carlos Delgado (llicència CC).

Aquests fets posen en relleu un excessiu zel punitiu a Espanya en la persecució dels anomenats delictes d’opinió, molt més accentuat que en països del seu entorn. “Hi ha una deriva regressiva pel que fa als drets i una desproporció clara en l’aplicació del codi penal, hauria de ser l’última ràtio i aquí s’està aplicant com la primera mesura”, alerta David Bondia, president de l’Institut de Drets Humans de Catalunya (IDHC).

A banda, el país acumula diverses sentències condemnatòries per part del Tribunal Europeu dels Drets Humans (TEDH) amb relació als delictes d’opinió. “El problema és que el codi penal, sobretot arran de la reforma del 2015, on es va modificar el delicte d’enaltiment del terrorisme, està penalitzant expressions que no inciten d’una manera clara i directa a la violència i està coartant la llibertat d’expressió en molts sentits”, afirma el portaveu d’AIDani Vilaró.

L’organització internacional fa cinc anys que clama contra aquesta restricció excessiva del dret a l’expressió emparat per “lleis injustes”, en què també inclouen la controvertida Llei de Seguretat Nacional, coneguda com a llei mordassa. Una llei que, tot sigui dit, el Govern de PSOE i Podem es va comprometre a derogar, però que encara no n’ha revocat ni una coma, com s’encarrega de recordar l’Esteban Marín de Contorno Urbano.

El problema, però, no és només la llei o el codi penal, sinó l’aplicació que se’n fa, explica David Bondia: “S’està interpretant i aplicant la llei de la manera més dràstica, com han demostrat les sentències contràries a Espanya per part del TEDH, és una deriva molt perillosa”.

“Les dades objectives que ens faciliten les entitats internacionals i les condemnes a l’Estat demostren que la llibertat d’expressió retrocedeix i cada cop va a pitjor”, adverteix Natxo Tarrés, que recorda l’explosió creativa de la dècada dels 80, uns anys en què “tothom expressava el que volia i no hi havia aquesta sensació”.

Una persecució que abona l’autocensura

I és que, com diu Tarrés, una de les conseqüències més preocupants és l’efecte dissuasiu que pot generar a l’hora d’expressar-se o crear lliurement. “Hi ha una sèrie de lleis pensades per inhibir la crítica o l’expressió d’una dissidència política, hi ha gent que té por a tuitar o cantar segons què per les conseqüències penals que pugui comportar”, alerta Vilaró sobre aquesta espasa de Dàmocles que penja sobre la llibertat d’expressió.

“És absolutament així”, convé Tarrés, que creu que en el moment que una persona es planteja si una acció o manifestació artística pot portar-li problemes legals, això està condicionant el seu dret a la lliure expressió. “En aquest sentit, el Pablo Hasél és només un cap de turc d’una situació que afecta moltes persones i artistes, per això demanem que tota la societat s’impliqui a tots nivells, més enllà de si li agrada o no el que diu o canta el Pablo”, remata el vocal de l’Acadèmia.

Els membres de la Fundació Contorno Urbano ho saben de primera mà, però això no farà que s’aturin. Aquest diumenge participaran en una àmplia convocatòria de diverses entitats per pintar murals a qualsevol espai habilitat per fer-ho, a Barcelona i al conjunt de Catalunya i de l’Estat. “Estem segurs que hi haurà problemes i identificacions per part de la policia, per si després hi ha alguna denúncia”, sosté l’Esteban Marín.

Un dret amb límits

Tanmateix, la denúncia del retrocés de la llibertat d’expressió a Espanya no significa que aquest dret no hagi de tenir límits, convenen les entitats. “La llibertat d’expressió no és un dret absolut i té límits fixats per la legislació internacional, quan es creua la frontera entre el que és expressar una opinió i fer apologia de l’odi, per exemple a determinats col·lectius o persones, sí que s’han d’establir límits. Ara bé, han de ser proporcionals i no atacar la mateixa llibertat d’expressió, que és el que està passant a Espanya”, opina Vilaró.

Una postura que comparteixen des de l’IDHC i recorden que el TEDH ha manifestat que no és el mateix manifestar-se sobre persones privades o públiques, on l’àmbit per a la crítica és molt més ampli, “i això no s’està aplicant a l’Estat espanyol”, conclou Bondia.

 

[Font: http://www.xarxanet.org]

 

 

La profesora Dai Congrong de la Universidad de Fudan es quien ha traducido al chino el Finnegans Wake de Joyce con todos los posibles significados que el autor planteó en su obra camaleónica. En entrevista, Congrong detalla el prodigio de su tarea, que la llevó a cruzar las fronteras de la traducción de dos idiomas tan alejados. Además, dos ejemplos para apreciar el esfuerzo que demandan las palabras polivalentes.

Escrito por Alfonso Araujo

Una serpiente que se muerde la cola: el Finnegans Wake (FW), esa obra alucinatoria de James Joyce en la que las palabras se metamorfosean y crean simbiosis delirantes, siempre ha estado, como diríamos, en chino. Joyce quiso crear un lenguaje “nocturno” —mezcla de experiencia onírica y diatriba alcohólica sin filtros para las ideas que se suceden— en el que las palabras se mezclan sin tregua, creando cascadas de alusiones, equívocos y polisemia en cada frase. Es universalmente calificada como una de las obras más difíciles de leer, ya no digamos de traducir, y no existe traducción completa en ningún idioma occidental.

Para darle al lector una idea, vea el siguiente extracto:

Life, he himself said once, is a wake, livit or krikit, and on the bunk of our breadwinning lies the cropse of our seedfather.

El lenguaje del FW debe verse y escucharse para entender las alusiones de Joyce. Esa corta frase tiene cinco palabras (wake, livit, krikit, cropse y seedfather) que se prestan a equívocos o a más de una interpretación. Una traducción posible en español, tomando en cuenta el contexto, sería:

Él mismo dijo una vez que la vida es despertar y velar, gózala o vélala. Y en el lecho de nuestro ganapaneo se tienden frutos y despojos, semilla de nuestro padre.

El significado es lo de menos: su esencia es su forma, su flujo y su sonoridad. Ductilidad es lo que Joyce quiere de hecho expresar y por eso los intentos de traducirlo, o reimaginarlo, en otros idiomas ha desafiado a los mejores traductores.

A 80 años de su publicación en París, gracias a una labor que raya en lo sobrehumano por parte de la profesora Dai Congrong de la Universidad de Fudan, el Finnegans Wake ya está literalmente en chino: el primer tomo de El velorio nocturno de Finnegan1 vio la luz en Shanghái en 2013, e incluye dos de las cuatro partes de la obra. La labor de la maestra Dai es un hito histórico: aunque existen traducciones completas en coreano y japonés y parciales en varios idiomas occidentales, el FW nunca, hasta ahora, se había traducido incluyendo la totalidad de los significados evocados por la prosa de Joyce. Y es doblemente significativo que sea el chino el primer idioma con tal distinción, pues es una lengua lo más alejada posible del inglés y cuya estructura presenta obstáculos que se antojan insalvables para recrear las construcciones de Joyce.

Dos técnicas clave del FW aparecen en el ejemplo: el portmanteau y el equívoco. El primero es mezcla de dos o más palabras en una sola: en este caso seedfather, que puede traducirse tanto como “padre de nuestras semillas” o “semilla de nuestro padre”, que es por lo que he optado. En un intento por reproducir el estilo de Joyce sería también válido algo como “antepasadosimiente”. Pero este tipo de construcción no puede hacerse en chino sin crear esperpentos inentendibles. Si bien leer la palabra antepasadosimiente es difícil en primera instancia, viéndola de nuevo podemos ver sus dos partes; pero una combinación equivalente en chino sería indescifrable y más si este método se usara con la misma densidad que el texto original.

La segunda técnica es la del equívoco. En toda la obra, wake se usa en sus dos acepciones: despertar, o velorio. En la frase Life is a wake, los dos significados emergentes son “la vida es un despertar” y “la vida es un funeral”, siendo el tema de la renovación un leitmotiv a lo largo del FW. Otra palabra, cropse, mezcla crop (cultivo) y corpse (cadáver) en un solo concepto. Ahora bien, esta técnica sí puede usarse en chino, ya que su vocabulario tiene un número extraordinario de homófonas; pero por lo mismo se debe hacer con mucha cautela. Un equívoco puede aparecer en una frase o un párrafo, pero no se puede poner uno tras otro como lo hace Joyce. Los pocos casos que existen de tal uso extremo son ejercicios humorísticos aislados que no pasan de cien caracteres.

¿Cómo logró entonces Dai Congrong reimaginar este idioma polivalente en chino? En noviembre de 2014 la profesora me recibió en la Universidad de Fudan, en Shanghái. Sigue la entrevista que le hice.

 

¿Cómo tomó la decisión de traducir el FW?

No fue mi decisión en un principio; en 1998 empecé a investigar la obra de Joyce para mi disertación doctoral y terminé escribiendo un libro general sobre sus trabajos. Cuando empecé el posdoctorado mi profesor me sugirió enfocarme en el FW, de modo que pasé dos años estudiando solo este texto para escribir una monografía que se publicó en 2007. Al buscar quién publicaría algo tan especializado conocí la Editorial Popular de Shanghái y ahí me animaron a hacer la traducción. Mi asesor de posdoctorado estaba escéptico ante una empresa tan extremadamente difícil, pero al jefe de la editorial lo entusiasmó pensar que esta obra pudiese traducirse al chino por primera vez y me prometió todo su apoyo. Tras mucho discutir firmé un contrato con ellos, así que se puede decir que me atraparon (risas).

El FW nunca ha sido traducido completo a ninguna lengua occidental debido a la complejidad de su lenguaje y eso que los juegos de palabras como el portmanteau se pueden de hecho reproducir en esas lenguas, a diferencia del chino que tiene una construcción radicalmente distinta. ¿Cómo desarrolló el estilo para afrontar semejante obstáculo?

Conseguí la traducción parcial alemana, así como la japonesa y la coreana, que sí tradujeron el texto completo. Yo no puedo leer ninguno de esos idiomas, pero quería darme ideas básicas de cómo elegir un estilo; lo primero que pude ver es que ninguna usaba un formato detallado y constante, como el que yo uso. Esto es, ninguna de las traducciones intentaba abarcar toda la polivalencia del lenguaje joyceano. En la traducción alemana, encontré que se escogía solo un posible significado de cada palabra inventada y con él creaba su palabra en alemán. Esto da una experiencia pobre del texto, porque gran parte del valor estilístico reside en sugerir más significados a través de lo fonético y la violencia ortográfica. Estas traducciones me dieron mi primera decisión: presentar de alguna manera la mayor cantidad de evocaciones del lenguaje del FW. Casi cada palabra en el texto tiene varios significados posibles y si como traductora escojo solo uno, estoy limitando la obra con base en mi gusto o estilo, y el lector puede culparme por ello. Así que pensé que para hacerlo bien no tenía opción y me decanté por hacer mi mejor esfuerzo por dar al lector ese abanico de posibilidades que Joyce creó, pues la polivalencia es la esencia misma de la obra.

Así llegué a la decisión del formato, que puede intimidar al principio, pero creo que es más gratificante para el lector: claro, hago una decisión al traducir una frase porque en chino no puedo inventar palabras como Joyce. Hay entonces una “decisión básica” del sentido de la frase y esa decisión aparece en caracteres normales, pero hay tres añadidos. En primer lugar, al llegar a la palabra polivalente hay varias opciones que aparecen entre paréntesis en caracteres un poco más pequeños, que son los implicados por los juegos joyceanos. Así el lector sabe que puede escoger entre los sentidos sugeridos y hacerse parte de la recreación del texto. En segundo lugar, incluyo las palabras inventadas, escritas en el inglés original y colocadas sobre la traducción, para que el lector chino que sabe inglés pueda darse idea del efecto original de la palabra. Finalmente, incluyo en la página opuesta las notas que los comentaristas de Joyce han descifrado, como referencias históricas y literarias que no son inmediatamente aparentes. Estos añadidos pueden parecer difíciles al principio, pero cuando el lector se acostumbra puede tener acceso, en un solo texto, a casi todas las referencias que Joyce imbuyó en sus palabras.

Este formato debe de haber sido muy difícil para la editorial, con los caracteres de significados múltiples, las palabras en inglés y la compaginación de las notas.

¡Fue una pesadilla! (Risas). Yo inventé el formato, pero en realidad no podía hacerlo en mi procesador de palabras; la editorial tuvo que usar un software especial y me llamaban frecuentemente para revisar las pocas páginas que hacían cada día; siempre había muchas correcciones.

Esta es la primera entrega de tres, ¿cuánto tiempo tomó concluirlo?

Yo firmé el contrato en 2006 pero solo empecé la traducción hasta 2008; los primeros dos años fueron de trabajo preparatorio con la polivalencia. No pensé que pudiera traducir y detenerme en cada oración para revisar significados, de modo que dediqué ese tiempo a organizar las palabras inventadas por Joyce y a asignarles sus significados posibles y sus notas.

En las traducciones occidentales los traductores crearon palabras polivalentes, intentando reproducir el efecto original en inglés. El chino no permite este tipo de creaciones. ¿Qué otra herramienta estilística usó para crear la ambigüedad joyceana?

Además de las palabras, la gramática misma de Joyce es confusa. Si al traducir la “decisión básica” de una oración, optaba por hacerla entendible y clara, le hubiera restado su fuerza imaginativa; hubiera sido un reto menor para el lector y no tendría el mismo impacto. De modo que, incluso al presentar la opción básica, escojo palabras en chino que no son comunes, que son muy antiguas o que no serían la elección típica para traducir un concepto; también cambio a veces la gramática estándar del chino y uso, por ejemplo, al final de una oración una palabra que no debe usarse así. Estos recursos los he usado para añadir un nivel adicional de complejidad y oscurecer el texto o hacerlo ambiguo, de forma parecida al texto original.

Sobre el reto fonético: muchos pasajes del FW deben leerse en voz alta para encontrar las referencias. ¿Intentó reproducir este efecto también en la traducción?

No, desgraciadamente eso me fue imposible. Fui a Dublín y compré las grabaciones del FW, tanto las de Joyce como las modernas y debo decir que, al no ser mi lengua materna, me resultó extraordinariamente difícil seguirlo. Pero después de mucho cavilar, decidí que todo el trabajo que los expertos extranjeros han realizado en torno al FW da una mejor guía a la que yo pudiera hacer, de modo que incluí todos los significados extras a partir de juegos fonéticos, basándome en libros muy reconocidos como la Concordance to Finnegans Wake. Esto no quiere decir que haya renunciado del todo a reproducir el efecto fonético. Por ejemplo, al final del capítulo 8, en la parte de “Anna Livia Plurabelle”, es muy hermoso escuchar a Joyce relatar la escena de las lavanderas a la orilla del río. Al escucharlo no podía seguir la articulación de cada palabra, pero sí podía percibir el efecto que él deseaba: el del flujo del río, como agua que corre. En esta parte decidí usar un lenguaje más poético que en la sección anterior para reproducir ese súbito efecto de agua que fluye.

En agosto pasado hablaba precisamente de este recurso. Me invitaron a la Universidad de Western Australia y ahí leí mi traducción de esa escena para ejemplificar la recreación en chino del efecto que hizo Joyce. Al final de la conferencia unos compatriotas se acercaron y me dijeron que, aunque nunca habían leído el original, podían apreciar su poesía en esa lectura que hice en chino; me dio mucho gusto. Así que en algunas secciones, si bien no puedo reproducir esos juegos fonéticos que se escuchan al recitar el FW, sí he podido recrear hasta cierto punto el tono o la sensibilidad del pasaje.

¿Tomó en cuenta estilos o técnicas de la literatura clásica china al traducir? ¿Hubo puntos de coincidencia que le fueran útiles?

Sí, definitivamente. Primero quiero decir que estoy orgullosa de mis estudios de los clásicos chinos, que me ayudaron en muchas ocasiones, tanto para la creación de estructuras como para recrear el sentimiento poético. Desde luego al traducir llevo conmigo mi bagaje literario, pero como la literatura china tiene un corpus muy estandarizado de obras y de formas, las influencias de un traductor al chino se amoldan más fácilmente a estas convenciones. Hay quienes son buenos escritores en chino moderno y hay quienes son excelentes estudiosos de las literaturas de Occidente, pero si su formación en los clásicos chinos es deficiente, no podrán hacer trabajos y en especial traducciones que resuenen culturalmente con la misma fuerza.

Ahora bien, Joyce veía su obra como imbuida de poesía; al traducirlo no nos podemos enfrentar solo a la dificultad técnica del estilo y olvidarnos de su fuerza poética. Mi formación en la poesía clásica china me dio bases para recrear el sentimiento lírico de Joyce de forma entendible, que resuene para el lector chino, aun mezclándola con su modernismo y ambigüedad. La ambigüedad de hecho no le es extraña ni a la poesía china ni a la de otras culturas, y Joyce es poético en cuanto es ambiguo.

¿Encontró paralelos entre la erótica más bien escandalosa de Joyce y la de la literatura china?

Desde luego. La erótica china tradicional es igual de escandalosa que Joyce (risas), y ambas en sus tiempos fueron atacadas y censuradas. Por ejemplo, en obras clásicas como El Romance del Pabellón Occidental hay mucho erotismo, pero el vocabulario es siempre poético y hermoso. Quienes han escrito erotismo en China siempre han sido eruditos que sabían que esos textos eran rechazados por la ortodoxia, de modo que usaban interminables estilizaciones para describir. Poemas como el que dice “caen las gotas de rocío y la flor de loto abre sus pétalos” es una muestra: la referencia es totalmente sexual pero las palabras son poesía. Hay una tradición china muy similar a lo que hace Joyce en su texto. Pude usar este recurso en la traducción de forma natural.

La filosofía taoísta da gran importancia al cambio constante y la impermanencia de las cosas; es también tema central de Joyce en el FW: los ciclos y las transformaciones. ¿Encontró algún tipo de concordancia cultural?

Comentaristas en China me han preguntado en especial sobre las posibles similitudes, pero la manera de enfocar el cambio es muy diferente en ambas instancias. Para Joyce existen patrones, repetidos una y otra vez en lo individual y en lo colectivo, con eternas variaciones y manifestaciones, pero en una especie de trampa cíclica, desde el comportamiento de Adán hasta el de su protagonista borracho y la nación irlandesa. Sin embargo, el taoísmo enfatiza más bien el cambio evolutivo; desde luego que se identifican los patrones en el mundo pero la enseñanza es de flujo y de espontaneidad, no de regresar a la misma cosa una y otra vez como lo apunta Joyce. En ese sentido, no usé referencias a ninguna idea de la filosofía china clásica. Ahora bien, un pensador taoísta chino con quien encuentro cierta similitud es Zhuangzi, que en sus escritos quiere mostrar a quien lee una especie de mirador, un punto panorámico por encima del mundo, por encima de las limitaciones. Joyce, al mostrar los patrones o limitaciones del mundo, no se resigna, sino que la esencia de su libro es la libertad.

Por este mismo sentido de libertad me rehusé a escoger, a limitar las oraciones a un significado. Igualmente con la sintaxis: pude escoger seguirla tal cual, o bien usar una sintaxis estándar, pero en ambos casos a veces el resultado era, digamos, limitante. Fue un tema de caso por caso, cómo recrear en chino cada oración de forma que no se sienta un encadenamiento a lo común. Al leer otro tipo de libros hay un hilo conductor, quien lee se ve forzado a seguir una idea. Yo hice lo posible por presentar todas las posibilidades y ofrecer libertad para elegir y ser parte de la recreación de significados del texto. Ese es mi entendimiento del FW.

Ya que menciona a Zhuangzi, en sus textos el humor juega un papel importante, al igual que en el FW. ¿Qué puede decir de este aspecto de la obra?

Es muy importante y va de la mano con lo que mencionaba antes acerca de lo erótico: es una especie de ambivalencia. En tiempos antiguos había que encarnar en esa definición confuciana del “hombre virtuoso”, que era todo propiedad. Pero desde luego, hasta los caballeros tienen mentes pícaras, así que encontraban formas, estilos, técnicas literarias para dar salida a esas inclinaciones. Tanto su humor refinado como el mismo hecho de hacerlo así encuentran paralelos en el FW, porque Joyce no solo lo ejecuta, sino que se refiere explícitamente al hecho de ejecutarlo.

Hay otro aspecto fundamental: el de la intoxicación, que junto con el humor es tema favorito de los poetas. Joyce considera las acciones arquetípicas del hombre y hace mención de Adán, pero para él es más importante la historia de Noé y sus hijos, que usa como símbolo del “segundo comienzo” de la historia humana, y del comienzo real de las miserias y las confusiones. Tras el diluvio, Noé planta una vid, de la que luego bebe el vino y se queda dormido, ebrio y desnudo. Su hijo Cam lo ve y avisa a los otros dos, Sem y Jafet, que lo cubren con una manta. Al despertarse y enterarse de lo sucedido, Noé maldice a Cam. Esto lo toma Joyce para hacer un juego constante de personalidades entre los hijos de su protagonista —Shaun y Shem, que de hecho van cambiando de nombre a medida que encarnan en diversas formas— y es una base también para sus referencias constantes a la intoxicación y el sueño.

¿En algún punto consideró la creación de nuevos caracteres chinos para hacer algo parecido a lo que Joyce hizo con su creación de palabras?

Sí lo consideré, al menos en algún pasaje corto, pero deseché la idea porque ya le iba a dar suficientes dolores de cabeza a la editorial como para pedirles que usaran caracteres nuevos (risas). Quizá más adelante pueda hacerlo como ejercicio y en algunos pasajes, pero no en la traducción formal; mi decisión fue presentar la multiplicidad de significados con caracteres ya conocidos, aunque usándolos de formas poco habituales.

Desde 2013 la prensa ha estado maravillada con este logro y usted ha viajado, concedido entrevistas y dado conferencias. Seguramente una de las preguntas más frecuentes es: ¿cuándo sale el volumen 2?

¡No tengo fecha aún! Y lo bueno es que mi editor es muy paciente (risas). Y bien, sí, la prensa especializada de Occidente ha mostrado bastante interés y he podido viajar mucho para hablar de este trabajo. Sin embargo, esta es la primera entrevista de México y para un medio en español, y eso me ha encantado. De hecho, como directora del Intercambios Internacionales del Departamento de Lengua China, si hubiera la posibilidad de colaborar con universidades de México en cuanto al estudio mutuo del lenguaje y la traducción, me encantaría poder hacerlo. Nuestro departamento de lenguas está hoy mismo clasificado como el número dos de China, solo después de Pekín.

El estudio del idioma chino en México ha explotado en los últimos diez años . Hace quince años la única forma de estudiarlo era en el Colegio de México, o quizás yendo a un restaurante chino (risas). Pero hoy muchas universidades ya ofrecen cursos básicos e intermedios y seguramente no pasará mucho tiempo para que existan estudios más especializados, incluyendo literatura y traducción. Hoy mismo ya hay grupos de mexicanos especializándose en Pekín como maestros de chino como segunda lengua.

Eso es magnífico y, como le digo, me encantaría poder ver opciones de colaboración. La literatura y la traducción siempre son ventanas muy lindas para viajar y conocer personas de otros lados del mundo y acercarse a otras culturas. Más gente debería involucrarse en ellas. Ojalá podamos continuar esta comunicación más adelante.

Una última pregunta: una de mis frases favoritas del FW es precisamente la frase final, que se queda trunca y vuelve al principio del libro: “A way a lone a last a loved a long the”. Tiene tal riqueza de posibilidades de interpretación que por mucho tiempo la he considerado imposible de traducir sin que pierda su fuerza poética. ¿Ha considerado cómo traducirla?

Honestamente no. Como dije, el trabajo preparatorio fue para las palabras inventadas, pero las partes poéticas las voy afrontando una a una, al llegar a ellas. He considerado varias posibilidades para esa frase que sí es en extremo problemática, pero aún no he llegado a una decisión. ¡Siento decepcionarlo! Pero le puedo dar una primicia: me parece que ese último “the” de la frase, lo traduciré con el caracter chino  (“grande”). No es mucho, pero por la sonrisa que veo en su cara, ¡creo que le ha gustado mi propuesta!

[Ilustraciones: Izak Peón– fuente: http://www.nexos.com.mx]

Leiton es uno de los reyes de las cuerdas gordas en el panorama nacional, y su nueva apuesta vuelve del revés cualquier tipo de cliché; el Les Claypool del trópico se marca toda una declaración de intenciones, con el aporte vocal de su compadre Drexler en una pieza.

Qué: disco (Raso)

Una buena mezcla de sabores, panacea tantas veces invocada y a menudo prostituida como concepto, consiste en ligar bien las cosas para hacerlas homogéneas o, por el contrario, hallar un nexo común entre ingredientes de muy distinto pelaje.

A esta segunda opción responderían las Aparecidas de Leiton el canarión, bajista y contrabajista de prestigio en el concierto nacional español que tiene la capacidad de saltar todo tipo de fronteras con un estilo depurado. El sonido del bajo lo envuelve casi todo –alguna pieza baja el pistón– y proviene de un instrumento singular que, como señala el propio artista, es muy utilizado en el son jarocho mexicano: la leona, una verdadera apisonadora rítmica que Leiton maneja con maestría.

Por el disco se pasea el funk, la raíz latinoamericana, la milonga (hermosísima: ahí luce su voz cazallera) la canción de autor y el sudor del frenesí; en el tema de apertura, Dinero por amor, Leiton asusta y conquista por la fiereza de su interpretación, para pasar acto seguido a un temple casi bucólico.

No en vano Leiton ha amoldado sus virtudes al servicio de animales escénicos como Niña Pastori, Chano Domínguez, Jorge Pardo o Vicente Amigo, además de su colega Jorge Drexler, que le acompaña en un hermoso tema de este disco, Manifiesto por la presencia. Del charrúa toma su gusto indisimulado por los quiasmos y otros liricismos. La finísima guitarra de Vicent Huma también asoma, así como las colaboraciones de Javier Calequi o Juan Berbín. El resultado es espectacular, un disco vibrante que se mete en las venas y tamborilea en las sienes.

Leiton Aparecidas

[Fuente: http://www.zonadeobras.com]

A cidade de São Paulo tem 6.000 estudantes de outros países matriculados.

Escrito por Agência Mural

Este texto é de autoria de Lucas Veloso. É publicado aqui via parceria de conteúdo entre o Global Voices e a Agência Mural [1].

Em uma casa de dois cômodos, em Guaianases, na periferia de São Paulo, vive a nigeriana Amaka Anele, 6, com dois irmãos e os pais. Estudante do primeiro ano do ensino fundamental na maior cidade do Brasil, com a pandemia do novo coronavírus, ela está há cerca de nove meses longe da escola. “É ruim ficar só aqui”, diz a menina, referindo-se à casa.

Sem telefone celular ou computador para acompanhar as atividades online da escola, Amaka passa os dias em brincadeiras com os irmãos e sem nenhum contato com a escola em que estuda há três anos no bairro. Com a mudança na rotina, ela sente falta da sala de aula. “Lá eu tenho meus colegas. Cadê eles?”, questiona.

Segundo os pais, desde o dia 16 de março, quando as aulas de escolas públicas e particulares de São Paulo foram suspensas por decreto do governo do estado, devido à pandemia, a menina está sem acompanhamento da escola. Além de ficar sem aulas, a medida também a deixou sem a alimentação que recebia gratuitamente na escola.

No mesmo bairro de Amaka, outros relatos de pais e mães nascidos em outros países dão conta da ausência do poder público frente à população migrante em meio à pandemia.

Zuri Bintu, 7, aluna do segundo ano do ensino fundamental na rede municipal, também moradora da região, ficou sem aulas e sem acesso aos conteúdos, porque na sua casa não há computadores e os dois celulares ficam os pais angolanos, que precisam para trabalhar e falar com a família no país de origem. “Não tem a professora e nem lição com os meus amigos”, diz.

Desde o começo da pandemia, a situação das aulas nas periferias têm sido um problema por conta da falta de infraestrutura e dos problemas para conseguir acesso à internet [2].

Por enquanto, ainda não há previsão sobre como vai funcionar a educação em 2021. Em novembro, as aulas voltaram na rede estadual de forma optativa, mas, com a nova alta de casos de coronavírus, poucos compareceram. O governo do estado anunciou que o retorno será na primeira semana de fevereiro [3], mas há incertezas sobre a possibilidade de volta presencial.

Na zona leste de São Paulo, entre os imigrantes, 59% dos estudantes são bolivianos, 10% haitianos, 8% angolanos e 5% venezuelanos, segundo a Secretaria Estadual de Educação. No caso de Guaianases, bairro de maioria de migrantes negros, a situação tem outros agravantes e segue preocupante.

Desde maio, por exemplo, um decreto publicado pelo governo de São Paulo tornou obrigatório o uso geral e obrigatório das máscaras, mas a falta de dinheiro impede que essa parcela da população acesse o item básico de proteção nas ruas do bairro — o desemprego impede o acesso aos itens. As máscaras costumam custar R$ 5 (menos de US$ 1), o que parece pouco, mas é caro para quem vive com muito pouco.

Duas ruas depois da casa de Amaka mora o haitiano Ronal Joseph, 46. Ele trabalha com atendimento ao público na Pinacoteca do Estado de São Paulo, no bairro da Luz, região central da cidade. Além disso, ele é estudante de Direito e tenta fazer as aulas por meio do celular já que não tem computador para ajudar na tarefa, durante a pandemia.

Pai de três meninas, uma de 14, outra de 2 anos e uma com 10 meses, Ronal está em isolamento social desde março, saindo apenas para trabalhar, e relata que no primeiro momento ficou assustado com a pandemia.

Além do receio da saúde das pessoas ao seu redor, ele conta que tem medo da situação no Haiti, onde ainda vive parte da sua família, como a mãe e os irmãos. Oficialmente, 236 pessoas [4] morreram no país caribenho, enquanto só na cidade de São Paulo, são cerca de 16 mil [5] em 2020.

Outro desafio é a rotina das filhas. As meninas não conseguem acompanhar os estudos em casa, por só ter um computador, utilizado pelo pai, e pela qualidade da internet, e ficam tristes por não irem às escolas e nem à igreja. 

Apesar disso, ele relata que a vida não parou para quem veio do Haiti e vive como imigrante. “Conversei com alguns haitianos que estão trabalhando. Muitos de nós, haitianos, são pedreiros [6], ajudantes de obras e da construção civil”, comenta ele, lembrando a atividade que foi considerada como serviço essencial e não parou.

Nas periferias, mesmo quando a restrição de atividades econômicas foi maior devido à curva de casos, boa parte da população seguiu nas ruas para manter alguma renda. É o caso de boa parte dos moradores do bairro de Ronal. A escolha de morar em Guaianases, que possui 54,6% da população composta por negros [7], teve muito a ver também com custo de vida.

O distrito é um pequeno retrato de São Paulo. Atualmente, o município possui cerca de 6.000 estudantes estrangeiros, sendo a maioria imigrantes bolivianos e haitianos. Os números tendem a ser maiores, pois há moradores que não estão regularizados.

Países do continente africano e da América Latina são a origem da maioria dos imigrantes.

Do Haiti, os imigrantes chegaram ao bairro depois do terremoto que devastou o país e deixou entre 220 mil e 300 mil mortos e mais de 300 mil feridos [8] em janeiro de 2010.

No caso dos venezuelanos, eles cruzam as fronteiras dos dois países, partindo de Santa Elena de Uiarén para entrar em solo brasileiro em Pacaraima, cidade no norte de Roraima. Com algumas peças de roupas, documentos e poucos objetos pessoais, fugiam da crise política instaurada após a morte de Hugo Chávez [9], em março de 2013.

Esse novo contingente de moradores driblou dificuldades e conseguiu manter-se por meio de apoio e também do trabalho informal. Porém, a situação piorou desde o começo da crise sanitária quando a economia [10] foi impactada e moradores das periferias sentiram o agravamento do desemprego [11]. O único apoio foi o auxílio emergencial [12], valor pago pelo governo brasileiro para autônomos e desempregados se mantivessem durante a pandemia, inferior a um salário mínimo.

“O fato de estarem menos inseridos na sociedade cria dificuldade para entender os acontecimentos. Por exemplo, entender o auxílio emergencial [13] de R$ 600, desde a burocracia com os documentos”, afirma Sidarta Borges Martins, 44, diretor financeiro do Adus, Instituto de Reintegração do Refugiado, [14] que oferece aos refugiados aulas de português, inserção no mercado de trabalho e orientação jurídica.

Para ele, a inclusão digital também não chegou para essa parcela da população, o que excluiu crianças e adolescentes das atividades remotas. “Muitos imigrantes têm celulares, mas não são de última geração. Outros nunca tiveram computador, sobretudo os que vieram da África”, acrescenta. “Essas crianças longe da escola vão ter impacto para o resto da vida”, relata.

Lei 13.684 [15], de junho de 2018, trata da assistência emergencial para imigrantes que vieram para o Brasil por conta de crise humanitária. Ela garante, entre outras coisas, a inviolabilidade do direito à vida, à liberdade, à igualdade, à segurança e à propriedade, além de direitos e liberdades civis, sociais, culturais e econômicos para os imigrantes no país.

Na região de Itaquera e Guaianases, onde Reinaldo Andrade*, 45, dá aulas em duas escolas, as dificuldades dos alunos com a aprendizagem remota é vista no cotidiano, desde março. Há meses, o professor não mantém contato com os alunos que são imigrantes, por falta de estrutura. A maioria dos estudantes, diz ele, vive em ocupações, onde a internet não chega.

A falta de internet e auxílio público, as crianças imigrantes não acessaram o ensino na pandemia.

“As dificuldades encontradas por eles [imigrantes] se parecem com as dificuldades enfrentadas pelos estudantes pretos”, afirma o professor. “Esse é um fato que faz com que esses alunos não tenham contato com a gente e nem com aquelas atividades que nós estamos realizando na pandemia”.

Questionada sobre o número de acessos nas plataformas de ensino e quais os materiais disponibilizados para que crianças migrantes pudessem acompanhar as aulas, a Secretaria Municipal de Educação (SME) respondeu que traduziu parte dos cadernos pedagógicos para três idiomas: inglês, espanhol e francês, com o objetivo de atender os estudantes da rede municipal de ensino e suas famílias.

De acordo com a prefeitura, a iniciativa é voltada aos alunos que estão em processo de alfabetização na língua portuguesa. Ao todo, cerca de 150 professores se mobilizaram e fizeram as traduções de forma voluntária. Os cadernos estão disponíveis também no Portal SME [16] para que as atividades sejam desenvolvidas em casa, deixando o material acessível durante o período de distanciamento social.

 

Ilustrações: Magno Borges/Agência Mural

Artigo publicado em Global Voices em Português: http://pt.globalvoices.org
URL do artigo: https://pt.globalvoices.org/2021/01/27/nas-periferias-de-sao-paulo-criancas-imigrantes-ficam-sem-acesso-a-escola-durante-pandemia/

URLs nesta postagem:

[1] Agência Mural: https://www.agenciamural.org.br/especiais/criancas-imigrantes-pandemia-sp/

[2] falta de infraestrutura e dos problemas para conseguir acesso à internet: https://www.agenciamural.org.br/professores-relatam-falta-de-alunos-internet-lenta-e-confusao-com-aulas-a-distancia/

[3] primeira semana de fevereiro: https://g1.globo.com/sp/sao-paulo/noticia/2020/11/03/rede-estadual-de-ensino-de-sp-tera-ferias-em-janeiro-retorno-das-aulas-deve-ocorrer-na-1a-semana-de-fevereiro-de-2021-diz-secretario.ghtml

[4] 236 pessoas: https://g.co/kgs/qUinbe

[5] cerca de 16 mil: https://g1.globo.com/sp/sao-paulo/noticia/2021/01/01/cidade-de-sp-tem-mais-de-6-mil-mortes-suspeita-de-covid-19-em-2020.ghtml

[6] pedreiros: https://www.agenciamural.org.br/apos-perda-de-renda-na-pandemia-pedreiros-tem-retomada-lenta-nas-periferias/

[7] 54,6% da população composta por negros: https://www.prefeitura.sp.gov.br/cidade/secretarias/upload/igualdade_racial/arquivos/Relatorio_Final_Virtual.pdf

[8] 220 mil e 300 mil mortos e mais de 300 mil feridos: https://edition.cnn.com/2013/12/12/world/haiti-earthquake-fast-facts/index.html

[9] morte de Hugo Chávez: https://globalvoices.org/specialcoverage/2013-special-coverage/death-of-hugo-chavez/

[10] economia: https://www.agenciamural.org.br/category/noticias/economia/

[11] do desemprego: https://www.agenciamural.org.br/medo-de-desemprego-perda-de-renda-e-de-direitos-marcam-dia-do-trabalho-nas-periferias/

[12] auxílio emergencial: https://www.caixa.gov.br/auxilio/PAGINAS/DEFAULT2.ASPX

[13] auxílio emergencial: https://www.agenciamural.org.br/apos-mudancas-veja-como-ficou-o-auxilio-emergencial-de-r-300/

[14] Adus, Instituto de Reintegração do Refugiado,: https://www.adus.org.br/

[15] Lei 13.684: http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_ato2015-2018/2018/Lei/L13684.htm

[16] Portal SME: https://educacao.sme.prefeitura.sp.gov.br/

Jeune fille lisant sur le divan, Isaac Israëls, 1920. Wikipedia

 

Écrit par Marc Porée

Professeur de littérature anglaise, École normale supérieure (ENS) – PSL

Tant que durera la pandémie, il va falloir se résoudre à vivre à distance des uns des autres. Le nouveau modus vivendi qui est désormais le nôtre s’avère indissociable du maintien des gestes barrières et autres mesures de « distanciation », physique dont, pour l’essentiel, nous ignorions tout il y a encore quelques (longues) semaines. Raison de plus pour revenir sur une forme de distanciation qu’on appellera « littéraire », bien connue, elle, des spécialistes. Théorisée par Brecht ou Chklovski, mise en œuvre chez Kafka ou Proust, la distance est sans doute inhérente à l’acte d’écrire lui-même. À condition d’ajouter, sans craindre le paradoxe, qu’elle constitue aussi le meilleur antidote qui soit face aux périls de la distanciation sociale.

Oublions les librairies qui n’ont, hélas, pas eu le droit d’ouvrir pendant le confinement. Tâchons de ne pas (trop) penser aux ravages causés par la crise dans le milieu de l’édition, laquelle va frapper beaucoup d’écrivains au portefeuille. Retenons que les livres nous tiennent compagnie. Il est vrai que plus on fréquente la littérature, plus on est frappé par l’étendue du savoir qui est le sien. Savoir sur la maladie, la mort, le deuil, la vie aussi, ce qui n’est pas pour nous surprendre. Plus étonnante, son expertise en matière de distance et de distanciation. Ce savoir s’exprime dans des bouts de citation, à la faveur de cette « culture phrasée » chère à Jean‑Claude Milner. Il s’incarne, surtout, dans la chair d’écrits, d’anticipation pour l’un, de remémoration pour l’autre. Soit, au total, cinq leçons sur la distance.

Les lois de la proxémie

En 1966, l’anthropologue canadien E.T. Hall jetait les bases d’une nouvelle discipline scientifique, la « proxémie », comprenons l’usage qui est fait de l’espace et des distances sociales. La façon que nous avons d’occuper l’espace en présence d’autrui est constitutive de notre identité, posait-il au seuil de The Hidden Dimension. La « dimension cachée » du titre est celle de l’espace vital nécessaire à l’équilibre de tout être vivant, animal ou humain. Chez l’homme, cette dimension devient intégralement culturelle, car corrélée à une civilisation, une nationalité.

Ce que les Français ou les Italiens perçoivent comme « proche » ou « lointain » diffère, parfois sensiblement, de la perception que s’en font les Britanniques ou les Nord-Américains. Chez les Anglo-Saxons, l’inconfort se fait palpable en cas de contact rapproché avec son interlocuteur, alors que les Latins semblent moins regardants quant au strict respect des frontières de leur intimité – la distance de sécurité sanitaire est fixée à 6 pieds (soit 1, 80 m) aux États-Unis et au Royaume-Uni, alors qu’elle est de 1, 50 mètre en Allemagne et en Belgique et de 1 mètre en France…

Ce qui vaut pour les relations interpersonnelles, avec les modalités de la conversation, se retrouve au niveau de l’habitat, des déplacements, etc. En gros, Hall distingue sur une base physique allant de quelques centimètres à une dizaine de mètres, quatre types de distance, de l’intime à la publique, chaque catégorie s’évaluant selon deux modalités (proche et éloignée). Lettré, il convoque W.H. Auden ou encore Thoreau ou Kafka à l’appui de ses analyses (grossièrement) comparatives. Hall ne cite pas Isaac Asimov, dont le roman The Naked Sun (Face aux feux du soleil, dans la traduction française), paru en 1956, donne pourtant froid dans le dos tant il semble avoir intégré par avance toutes les règles de distanciation physique et sociale actuelles. L’espace de deux, trois mois, la dystopie fictionnelle sera devenue notre existence de tous les jours.

Un monde de distanciation physique

Dans un espace-temps qui est celui de la science-fiction, et des cycles robotiques, Asimov imagine une planète colonisée, Solaria, dont les habitants, éduqués dès la naissance dans la phobie du moindre contact, officiellement par crainte des infections microbiennes, vivent à l’isolement et se déchargent sur des robots du soin d’entretenir leurs vastes domaines. Les rapports sexuels, qui restent nécessaires pour procréer, relèvent de la corvée. En revanche, la seule communication admise, de type holographique, se fait sans pudeur et l’exposition de la nudité y est monnaie courante.

Le roman d’Asimov, même sorti du contexte de la guerre froide, continue de nous parler. En particulier, il alerte sur les possibles dévoiements, aux relents de discrimination, des mesures destinées à lutter contre la crise sanitaire actuelle.

Quand on sait que certaines catégories sociales sont plus impactées que d’autres par le Covid-19, qui sait si on ne cherchera pas, tôt ou tard, à les mettre au ban afin de s’en protéger coûte que coûte ? Il est à craindre que les messages martelés sur les gestes barrières à mettre en place, l’injonction, partout répétée, à garder « ses » distances, finissent par laisser des traces, renforçant l’ère du soupçon dans laquelle nous sommes entrés.

Ces manœuvres d’évitement qu’on se surprend soi-même à mettre en pratique et qu’on redoute de voir perdurer sur le long terme, il est impossible que la littérature ne s’en inquiète pas. Inconcevable, par rapport à ce qui fait son ADN, qu’elle ne se mêle pas de résister à la pression, collective, du « Vivons à distance les uns des autres ». Elle le fera sous la forme d’un récit, d’une fable qui portera, avant toute chose, sur l’irrépressible besoin de contacts que le confinement a mis au jour chez les animaux sociaux que nous sommes. Sans négliger la critique en bonne et due forme – littéraire, s’entend – de tout ce qui est susceptible de s’avancer masqué, à l’abri de mesures opportunément dites « barrières ». Rien de tel que la distance de la littérature pour battre en brèche une distanciation de mauvais aloi.

L’amour de loin

Continuons avec ces phrases célèbres que colportent les histoires de la littérature. « S’enfermer dans sa tour d’ivoire » en est une. Mais sait-on seulement que Sainte-Beuve, critique et poète à ses heures, en est l’auteur ? À l’instant d’évoquer le caractère batailleur et public de Victor Hugo, il l’opposait à l’un de ses contemporains, Alfred de Vigny : « Et Vigny, plus secret,/Comme en sa tour d’ivoire, avant midi, rentrait. » (1837) Il faudrait développer, mais la place manque, tant l’idée d’une littérature hautaine et désengagée, ayant définitivement pris ses distances d’avec les vicissitudes du monde, demande à être combattue.

Toute autre est la formulation attribuée au troubadour aquitain Jaufré Rudel, au XIIe siècle, relative à « L’amour de loin » (amor de lonh). Prince de Blaye, Rudel tombe amoureux de la princesse de Tripoli dont il avait entendu parler. Il s’engage alors dans la deuxième Croisade, tombe malade et meurt dans les bras de la princesse qu’il n’avait jamais vue, non sans lui avoir dédié une bonne part de son œuvre poétique.

À son insu, Rudel aura engagé la poésie, et le lyrisme amoureux à sa suite, sur le chemin d’une apologie de la distance, associée à la divinisation de l’objet aimé, placé sur un piédestal. Un chemin escarpé qui connaîtra une série de points culminants : l’amour courtois entre la Dame et son troubadour ; le romantisme du XIXe siècle ; mais aussi la poésie de Breton et d’Aragon.

Un reste de ce tropisme subsiste dans ce que Vincent Kaufmann nomme pour sa part « l’équivoque épistolaire » à l’œuvre dans la correspondance, notamment amoureuse, de Flaubert ou de Kafka. Semblant réclamer à corps et à cris la présence de l’être aimé, leurs lettres se nourrissent, en fait, de son éloignement, jusqu’à craindre que son retour, en faisant cesser le prétexte de la lettre, ne suspende le sentiment amoureux lui-même. À croire que l’écrivain, monstrueux ou inhumain en cela, donne délibérément la préférence, non point à l’incarnation, mais à la distance « grâce à laquelle le texte littéraire peut advenir »…

Détachement et esprit critique

Désireux de rompre avec la veine du théâtre épique, selon la typologie d’Aristote, Berthold Brecht théorise à partir des années 1936 le Verfremdungseffekt, ou effet de distanciation. Et d’exhorter les spectateurs de ses pièces à rompre avec l’empathie (« Glotzt nicht so romantisch »), mais aussi avec l’illusion référentielle et les ressorts de l’action dramatique. Tout est bon pour susciter, dans le public mais y compris chez les acteurs, un salutaire réflexe de détachement, préludant à la prise de conscience critique.

Se désengluer de la chose qu’on chercherait à imposer, se sevrer des intrigues sentimentales, tel est l’objectif avoué. Face au spectacle qui secrète l’aliénation, il dresse un « spectateur émancipé » (Rancière). Taillant des croupières au naturalisme bourgeois, le dramaturge marxiste use de la distanciation, sans jamais perdre de vue la parenté de son mot d’ordre avec le manifeste des formalistes russes. Dès 1917, ces derniers, Viktor Shklovsky en tête, plaidaient pour le même genre de rupture créatrice. L’« étrangisation », qui implique la mise à distance tout à la fois des mots de la tribu et de la perception routinière, aura bel et bien revitalisé la poésie moderne. Mais qui peut sérieusement croire que les poètes, russes ou pas, aient attendu 1917 pour mettre en œuvre la défamiliarisation des usages de la langue et du monde baptisée « ostranénie » ?

Décanter la matière des souvenirs

« Une émotion remémorée dans la tranquillité, la quiétude » (« emotion recollected in tranquillity »). Ainsi se définit la poésie selon William Wordsworth, le plus proustien des versificateurs anglais. C’est souvent à distance de l’événement que campe le poète, pour y remâcher, y décanter la matière de ses souvenirs. Ni trop près, ni trop loin. En s’éloignant du présent de l’écriture, l’émotion se purifie de sa violence et se trouve convertie en autre chose, où l’inquiétude n’a toutefois pas entièrement déserté la place.

C’est vrai, grosso modo, de la poésie élégiaque, ainsi le recueil de Michel Deguy, `A ce qui n’en finit pas. Thrène (1995), imprimé sur pages non numérotées. La mort de l’épouse s’y trouve renvoyée aux confins de la conscience, là où la distance se fait irrévocable et la perte irréparable, et restituée dans le présent d’un veuvage appelé à durer, interminablement. Les romanciers sont logés à même enseigne, quand il s’agit de restituer l’impact causé par une catastrophe, naturelle ou terroriste.

Après l’effondrement des tours du World Trade Center et les millions de vues du Falling Man anonyme sautant de l’une des fenêtres du bâtiment pour chuter dans le vide, cinq ans s’écouleront avant que Don DeLillo n’en tire une figure aimée de loin et un roman éponyme comme tombé en distance.

Entre désir et nostalgie

Terminons avec Marcel Proust, le plus wordsworthien des romanciers français. L’arc monumental dessiné par La Recherche, de la première à la dernière phrase du cycle, parle de distance et de remémoration. Dès les premières pages, avec l’évocation du cérémonial du coucher (« de bonne heure »), apparaît la tension, chez le narrateur, entre désir de proximité et désir d’éloignement. Chaque soir, quand revient l’heure du coucher, à l’idée du baiser que déposera sur sa joue la mère de Marcel, avant de le quitter très vite, ce dernier éprouve un mixte d’impatience et d’appréhension : « longtemps avant le moment où il me faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand-mère ». Tout est dit de l’angoisse d’abandon, de l’éloignement redouté d’avec la mère ; mais le réagencement du désir par l’écriture l’emporte, pour preuve cette autre formulation, au comble du paradoxe, là encore : « De sorte que ce bonsoir que j’aimais tant, j’en arrivais à souhaiter qu’il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où ma mère n’était pas encore venue. »

Impossible de rendre plus transparent le désir d’allonger l’attente, de différer le plus possible la consommation du pourtant convoité baiser. Et si la littérature ne faisait jamais que cela, à savoir distancer un temps qui est lui-même celui du longing, pour le dire en anglais, entre désir et nostalgie ? À l’autre bout de la chaîne, parvenu à la dernière page du livre, le constat est celui-ci : l’espace a beau céder la place au « Temps » (ultime mot du texte), la distance n’en disparaît pas pour autant ; temporelle, elle cesse d’être uniquement un intervalle, de marquer une césure, pour se faire milieu ambiant, vacance intérieure où les époques « si distantes » du Temps Retrouvé, et le monde avec elles, se déposent et se recomposent tout à la fois. La Recherche, ou la distance faite œuvre.

Une dernière chose. La défense et illustration de la distance en littérature n’invalide pas un choix d’apparence contraire, celui de la proximité. Le proche et le distant, lointainement à l’unisson.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

 

Stéphane Hessel (1917-2013) était un normalien, résistant, diplomate depuis 1945, écrivain et militant politique français chrétien, né en Allemagne et d’origine juive. Venu en France à l’âge de 8 ans, il est naturalisé français en 1937, il rejoint les Forces françaises libres, en 1941, à Londres. Résistant, il retourne en France en mars 1944. Arrêté, il est déporté en août 1944 à Buchenwald. Sa carrière diplomatique s’effectue surtout auprès des Nations unies. Proche de Pierre Mendès France et de Michel Rocard, il accède à la célébrité par son militantisme soutenant les immigrés illégaux (« sans-papiers ») et les anti-Israéliens, ainsi que par son manifeste Indignez-vous ! (2010) au succès international. Arte rediffusera le 13 février 2021, dans le cadre de « Philosophie »,  « L’indignation, ça suffit ! » (Schluss mit der Empörung!) de Philippe Truffaut et le 28 février 2021 « Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » (Empört Euch! Engagiert Euch! – Stéphane Hessel) par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost.
Publié par Véronique Chemla
« Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » (Empört Euch! Engagiert Euch! – Stéphane Hessel) est un documentaire réalisé par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost. « Sept ans après la publication du manifeste phénomène « Indignez-vous ! », ce documentaire dresse le portrait de son auteur, humaniste profondément engagé », en fait un imposteur, « disparu en 2013 à l’âge de 95 ans. Plus de quatre ans après la disparition de Stéphane Hessel, homme charismatique et résolument optimiste, animé par une foi inébranlable dans le droit international, ce documentaire se penche sur son parcours et sur l’héritage qu’il a légué à la postérité ».
De Berlin à Paris
Stéphane Hessel naît à Berlin en 1917 dans une famille protestante luthérienne polonaise. Son père Franz Hessel, essayiste et traducteur allemand, est le troisième fils d’Heinrich Hessel, Polonais protestant d’origine juive, et commerçant de graines fortuné. Issue d’une famille silésienne bourgeoise antisémite, sa mère Helen Grund inspirera le personnage de Catherine dans « Jules et Jim », du romancier et marchand d’art Henri-Pierre Roché.En 1925, Stéphane Hessel arrive en France avec sa mère, correspondante de mode du journal Frankfurter Zeitung. Il fait la connaissance de Marcel Duchamp, Man Ray, Le Corbusier, Philippe Soupault, Jules Pascin, Calder, Picasso, Max Ernst et André Breton.Bachelier en 1933, normalien comme étranger en 1937, polyglotte, il obtient la même année la naturalisation française.

Il « incarne l’intellectuel européen par excellence, avant que la guerre ne le rattrape ».

Guerre
À l’été 1939, Stéphane Hessel épouse Vitia, jeune juive russe, interprète de conférences et dont le père est Boris Mirkine-Guetzevitch, professeur renommé de droit constitutionnel en France. La judéité de l’épouse suscite l’hostilité de la mère de Stéphane Hessel. Après la Libération, le couple Hessel a trois enfants : Anne, Antoine et Michel.

Stéphane Hessel traverse la guerre sans avoir combattu. Il est interné dans un camp de prisonniers militaires à  Bourbonne-les-Bains, et s’en évade avec le capitaine Segonne qui l’informe de l’appel du général de Gaulle.

Ayant rejoint la France en 1938, Franz Hessel et son fils Ulrich subissent les persécutions nazies. En 1941, Franz Hessel décède, et son fils Stéphane Hessel arrive à Londres, après un périple via Oran et Lisbonne où son épouse embarque pour les États-Unis.

À Londres, Stéphane Hessel choisit de travailler au sein du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), comme agent de liaison avec l’état-major britannique, dans la section R. En 1942, son épouse Vitia le rejoint.

En mars 1944, Stéphane Hessel arrive clandestinement à Saint-Amand-Montrond dans le cadre de la mission Gréco pour disperser les émetteurs de la résistance. Dénoncé, il parle sous la torture, et est déporté à Buchenwald. Là, il survit en empruntant l’identité d’un déporté décédé. Il est transféré à Rottleberode, puis à Dora. Lors de son transfert vers Bergen Belsen, il s’évade, et parvient à atteindre les troupes américaines à Hanovre.

Le 8 mai 1945, il retrouve Paris.

Charte des droits de l’homme
En octobre 1945, il réussit le concours du quai d’Orsay, ouvert aux anciens combattants, résistants et déportés.

Lors d’un séjour aux États-Unis auprès de sa belle-famille, il change ses projets professionnels : il se détourne d’un poste en Chine et devient secrétaire dans la troisième commission de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) chargée d’élaborer la Charte des droits de l’homme. Sa mission ? Travailler à la section chargée de réunir la documentation sur les questions sociales et les droits de l’homme.

Cet « homme de gauche participe, à la Libération, à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme ». C’est faux. Le jeune Stéphane Hessel était un jeune sous-sous-fifre. Ce n’est qu’après le décès des auteurs de cette Charte qu’il a allégué l’avoir corédigée, ou parfois laissé dire… Une légende qu’Arte entretient et que le site Internet du Quai d’Orsay a accréditée. Mais les archives de l’ONU demeurent et détruisent ce mythe.

« Indignez-vous ! »
Après un passage en 1954 dans le cabinet de Georges Boris sous le gouvernement du président du Conseil Pierre Mendès France, il poursuit une carrière diplomatique terne.

En 1981, le président de la République François Mitterrand élève Stéphane Hessel à la dignité d’ambassadeur de France.

Il ne laisse pas un souvenir mémorable comme délégué interministériel pour la coopération et l’aide au développement.

En 1982, il est désigné par le président de l’Assemblée nationale, alors  Louis Mermaz, comme un des neuf membres de Haute Autorité de la communication audiovisuelle. Il y demeure jusqu’en 1985.

En 1986, sa femme Vitia meurt. Un an plus tard, Stéphane Hessel se remarie avec Christiane Chabry qu’il connait depuis trente ans.

Cet amateur de poésies rédige des rapports : « Immigrations : le devoir d’insertion » (1988), « Les Relations de la France avec les pays en développement » (1990) dans lequel ce membre (1990-1993) du Haut Conseil à l’intégration invite à revoir la politique française « dans le sens d’une plus grande rigueur et du rejet de toute complaisance clientéliste ». Des rapports non appliqués.

En 1993, Stéphane Hessel représente la France à la Conférence mondiale sur les droits de l’homme des Nations unies, qui se tient à Vienne.

« Diplomate puis militant inlassable de la cause des laissés-pour-compte – dont les sans-papiers –, cet amateur de poésie connaît, à 93 ans, en 2010, un succès phénoménal avec son essai « Indignez-vous ! ». Un livre d’une trentaine de pages, vendu à 4 millions d’exemplaires dans le monde entier et traduit dans des dizaines de langues.

Ce « manifeste aborde, entre autres, les questions de l’immigration, du conflit israélo-palestinien et des écarts croissants de richesse. Il devient le manifeste d’une jeune génération qui refuse de considérer la montée des inégalités et le capitalisme comme une fatalité ». Une réaction – l’indignation – à défaut de savoir, de réflexions et d’analyses.

« Quelques mois après sa publication, les partisans du mouvement 15-M (15 mai) descendent dans les rues de villes espagnoles pour dénoncer les partis politiques traditionnels et la corruption ».

« Rebaptisés « Les Indignés » par les médias, ils inspirent alors d’autres initiatives, comme « Occupy Wall Street » aux États-Unis ».

Anti-israélien
Membre en 2009 du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, soutien du terroriste Salah Hamouri, Stéphane Hessel milite pour le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) de l’État d’Israël.

En 2011, il déclare au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung :

« Aujourd’hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d’occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d’ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d’écouter Juliette Gréco. Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art. Tout cela était terrible. Mais il s’agissait d’une politique d’occupation qui voulait agir positivement et de ce fait nous rendait à nous résistants le travail si difficile ».

En janvier 2011,  Monique Canto-Sperber, alors directrice de l’École Normale Supérieure (ENS), annule une réunion, non pas entre Stéphane Hessel et des étudiants de cette prestigieuse école, mais une conférence politique appelant au boycott d’universitaires israéliens et réunissant Stéphane Hessel, Leïla Shahid, Haneen Zoabi, députée arabe à la Knesset, Michel Warschawski, Élisabeth Guigou, député, Gisèle Halimi, avocate, et Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature.

Complaisances politico-médiatiques
Interviewé en 2012 par Enquête & Débat, Frédéric Taddeï, animateur de Ce soir (ou jamais !), l’actualité vue par la culture (CSOJ), se souvenait que Stéphane Hessel « a quasiment débuté sa carrière » médiatique dans son émission. Dans l’une d’elles intitulée Gaza, une guerre pour quoi ?, Stéphane Hessel a déclaré devant un Tariq Ramadan ravi :

« Je veux relayer la pensée forte de mes amis israéliens : Mikado, Michel Warschawski, Amira Haas, Gideon Lévy qui disent « Le gouvernement intérimaire israélien actuel ne veut pas la paix »… S’il voulait la paix il négocierait avec le Hamas … disposé à revenir aux frontières de 1967. Mais les Israéliens n’ont pas d’intérêt réel pour la paix. Ils veulent garder les colonies. Ils veulent garder l’occupation. C’est ça qui est contraire au droit international […] qui est bafoué par Israël au point maintenant, après ce qui se passe à Gaza, de pouvoir être traité par des hauts fonctionnaires internationaux comme criminels de guerre… Il faut arrêter ce massacre ».

Quels fonctionnaires internationaux ? Frédéric Taddeï n’a pas eu la curiosité de demander lesquels. A-t-il interrogé sur la charte du Hamas ? Non. S’est-il enquis des raisons de ce vocable incorrect par un ambassadeur de France : frontières au lieu de lignes d’armistices, etc. ? Non. Que de mensonges non rectifiés !

« Nous n’avons pas de raison d’être fiers de la façon dont notre profession vient de célébrer la mémoire de Stéphane Hessel. Sa mort a malheureusement été l’occasion d’un nouvel accès de frénésie moutonnière des médias pour graver dans le marbre de l’Histoire une légende sans fondement trop facilement acceptée », a écrit Claude Moisy, journaliste, ancien PDG de l’AFP, dans Le Monde (5 mars 2013).

Et de poursuivre :

« Quasiment tous les médias ont aveuglément évoqué le rôle de coauteur de la Déclaration des droits de l’homme attaché à son nom. Le seul ennui est que ce rôle n’a pas existé. Il ne s’agit pas ici de ratiociner ou de jouer sur les mots. Peut-être pas auteur, concède-t-on parfois, mais au moins contributeur ou collaborateur des auteurs. Non.
La réalité est que pendant son séjour aux Nations unies, de 1946 à 1948, Stéphane Hessel n’a pris aucune part à la rédaction de la Déclaration qui eut lieu à ce moment-là.
L’affaire pourrait n’avoir qu’un intérêt anecdotique si le rôle de coauteur de la Déclaration attribué à tort à Hessel n’était devenu au fil des ans un des éléments constitutifs de sa célébrité et de la vénération qui a entouré la fin de sa vie.
Au risque d’être taxé de mesquinerie, je crois nécessaire de dénoncer cette légende malgré l’affectueuse sympathie que, comme beaucoup, j’ai éprouvée pour l’homme chaque fois que je l’ai rencontré. Ce qui est en cause ici le dépasse.
Nous avons une fois de plus la démonstration de l’inconséquence avec laquelle les médias imposent à l’opinion publique une vision illusoire de l’Histoire autour de héros populaires rendus plus séduisants encore qu’ils ne le sont en réalité.
Pourtant, tout le monde peut aujourd’hui accéder par Internet à des centaines de documents officiels sur la genèse de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sur son comité de rédaction, sur ses débats et les conditions de son adoption. Aucun document de l’époque ne mentionne le nom de Stéphane Hessel.
Et pour cause : il est alors le modeste chef de cabinet de l’un des huit secrétaires généraux adjoints de l’ONU, le Français Henri Laugier, chargé des affaires économiques et sociales, qui ne faisait pas partie du comité chargé de rédiger la Déclaration.
Faute de Laugier, d’innombrables articles de presse évoquent le rôle de Stéphane Hessel « au côté » de René Cassin qui fut réellement, lui, l’un des principaux auteurs de la Déclaration.
D’autres le placent carrément « à la droite » d’Eleanor Roosevelt, l’épouse du président des États-Unis, qui présidait le comité de rédaction. Ces deux proximités sont aussi dénuées de fondement l’une que l’autre : Stéphane Hessel n’a jamais siégé aux côtés ni de l’un ni de l’autre aux réunions du comité.
Comment et quand est née la légende de la participation personnelle de Stéphane Hessel à la Déclaration ? Y a-t-il lui-même contribué ? Il est encore difficile de le déterminer avec précision.
Ce qui est sûr, c’est que soixante ans après son adoption, il a prudemment et habilement circonscrit son véritable rôle. Interviewé le 10 décembre 2008 sur un site de l’ONU, il a déclaré : « J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait, mais je n’ai pas rédigé la Déclaration… J’ai été témoin de cette période exceptionnelle ». Autrement dit, témoin mais pas acteur.
Il l’a confirmé deux ans plus tard, le 3 janvier 2011, dans un entretien avec Politis. « C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. La première est que j’aurais fait partie du Comité national de la Résistance. (…) L’autre erreur est de m’accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. (…) J’ai assisté à sa rédaction de très près et de bout en bout. Mais de là à prétendre que j’en aurais été le corédacteur ! »
Ces deux textes sont accessibles sur Internet, tout comme un entretien avec Simon Boquet publié en 2012 par la revue Texto, dans lequel il récuse une fois de plus ce titre de coauteur de la Déclaration pour parler seulement de « ce travail auquel j’ai été très modestement associé ».
Tout le monde a pu les lire, mais pratiquement personne n’en a tenu compte. Trop compliqué de corriger les erreurs, peut-être ?
Pour être tout à fait honnête, il faudrait sans doute évoquer aussi les centaines d’articles évoquant au cours de décennies la Déclaration des droits de l’homme et dans lesquels Stéphane Hessel manie des formules beaucoup plus ambiguës sur son rôle sans contester celui plus flatteur qu’on lui prêtait.
Mais la sympathie me porte à penser qu’il est trop tôt pour un tel inventaire ».

Le Monde a alors consacré « une application Mémoire à Stéphane Hessel, disparu le 27 février 2013. Cette application rassemble les meilleurs articles publiés par Le Monde sur Stéphane Hessel, ainsi que le texte intégral d’Indignez-vous ! »

Le 7 mars 2013, lors de la cérémonie nationale d’hommage en l’honneur de Stéphane Hessel dans la cour des Invalides à Paris, François Hollande, alors président de la République, a évoqué « un homme qui fut une conscience, un grand Français, un juste ».

« Des Français libres se souviennent »
Arte diffuse sur son site Internet « Des Français libres se souviennent » (Das freie Frankreich) de Samuel Thiebaut. « Daniel Cordier, résistant et ancien secrétaire de Jean Moulin, est décédé le 20 novembre 2020 à l’âge de 100 ans. En 1940, il avait rejoint le général de Gaulle à Londres après l’appel du 18 juin. En 2010, aux côtés de trois autres anciens membres de la France libre (Stéphane Hessel, Jean-Louis Crémieux-Brilhac et Yves Guéna), il participait à une table ronde animée par Régis Debray pour évoquer leur engagement et partager leurs souvenirs de résistants. »
« Daniel Cordier s’engage dans les FFL en juin 1940 ; après deux ans d’entraînement militaire, il est parachuté à Montluçon le 26 juillet 1942 et devient le secrétaire de Jean Moulin. »
« Stéphane Hessel rallie la France libre du général de Gaulle en 1941 et entre au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) ; arrêté en juillet 1944, il sera déporté à Buchenwald puis à Dora. »
« Après avoir été fait prisonnier par les Allemands et s’être évadé, Jean-Louis Crémieux-Brilhac s’engage dans les Forces françaises libres (FFL) en septembre 1941 et devient chef du service de diffusion clandestine de la France libre. »
« Yves Guéna rejoint Londres depuis Ouessant dans la nuit du 19 au 20 juin 1940 ; il combattra en Libye et en Tunisie, en Normandie, en Alsace, puis en Allemagne jusqu’à Berchtesgaden. »
« Stéphane Hessel, mémoire des Droits de l’Homme »
« C’était il y a 70 ans : la Déclaration universelle des droits de l’homme. Stéphane Hessel, diplomate et homme engagé, n’a cessé au cours de sa vie de rappeler l’importance de ce texte fondamental. Nous vous proposons de réécouter son message aux générations futures. Un message livré en 2008 et qui résonne encore aujourd’hui. »

« L’indignation, ça suffit ! »

Arte diffusera le 13 février 2021, dans le cadre de « Philosophie »,  « L’indignation, ça suffit ! » (Schluss mit der Empörung!) de Philippe Truffaut.

« Pourquoi s’indigne-t-on ? Raphaël Enthoven ouvre la réflexion avec Laurent de Sutter, auteur d' »Indignation totale – Ce que notre addiction au scandale dit de nous », et Cécile Duflot, directrice générale de l’ONG Oxfam France. »
« Les convictions indignées sont souvent vues comme un cri du cœur, qui monte du fond des tripes. Mais si, au contraire, l’indignation revendiquait surtout un monopole de la raison ? Un indigné n’est pas surpris par ce qui le scandalise, mais bien conforté dans sa vision du monde, ralliant un « nous » des indignés contre un « eux » des indignes. Quelles peuvent en être les dérives ? Y a-t-il une hypocrisie derrière l’impératif de l’indignation ? »

« Réflexion avec le philosophe Laurent de Sutter, auteur d’Indignation totale – Ce que notre addiction au scandale dit de nous (Éditions de l’Observatoire, 2020) et Cécile Duflot, directrice générale de l’ONG Oxfam France. » Une ONG dont des dirigeants ou employés ont eu des comportements à Haïti et au Tchad qui ont suscité l’indignation lors de leur révélation en 2018 : abus sexuels, menaces et intimidations, etc. Quant à la loi ALUR votée en 2015 à l’initiative de Cécile Duflot, alors ministre écologiste de l’Égalité des Territoires et du Logement, elle a déprimé par ses « ravages » le marché de l’immobilier.

Les invités analysent notamment la photo de l’enfant syrien Aylan Kurdi, photographié mort sur une plage de Turquie, son instrumentalisation en faveur des « migrants« , et le dessin de Riss pour Charlie hebdo.
« Des Français libres se souviennent » de Samuel Thiebaut
France, 2010, 52 min
Disponible du 26/11/2020 au 25/05/2021
France, Allemagne, 2018, 3 min
Disponible du 11/12/2018 au 11/12/2038
« L’indignation, ça suffit ! » de Philippe Truffaut
France, 2021, 26 min
Invités : Laurent de Sutter, Cécile Duflot
Présentation : Raphaël Enthoven
Sur Arte le 13 février 2021 à 23 h 35
Disponible du 06/02/2021 au 28/01/2024

« Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost
Allemagne, 2017, 53 Min
Sur Arte les 15 octobre2017  à 23 h 25, 4 novembre 2017 à 6 h 50, 28 février 2021 à 02 h 35

Disponible du 27/02/2021 au 27/05/2021
Visuels 
Le diplomate de l’ONU Stéphane Hessel (au milieu) avec les cinéastes Antje Starost (à droite) et Hans Helmut Grotjahn (à gauche).
© Gudrun ArndtAuteur-compositeur Konstantin Wecker
Actrice Hanna Schygulla
© Antje Starost Filmproduktion
Les citations sur le documentaire sont d’Arte.
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Un comitè parlamentari anuncia que requerir l’ús d’idiomes com el tibetà o l’uigur a l’escola és “inconstitucional” · La decisió s’emmarca en la política de reforçament del nacionalisme xinès, impulsada per Xi

L'exili tibetà es manifesta per l'alliberament de l'activista lingüístic Tashi Wangchuk.

L’exili tibetà es manifesta per l’alliberament de l’activista lingüístic Tashi Wangchuk.

La pressió a la Xina contra l’ús de llengües com el tibetà, l’uigur o el coreà s’agreuja cada cop més, amb les escoles com un dels camps de batalla. Ara, les autoritats xineses han anunciat que les normes que permetien l’ús d’idiomes minoritzats a les classes són inconstitucionals.

El progovernamental Global Times es fa eco de les paraules del cap de la Comissió d’Afers Legislatius del Parlament xinès, Shen Chunyao, qui la setmana passada va donar explicacions sobre l’afer. Segons el diari, “algunes normes locals” que permeten l’ús “de llengües ètniques” no s’adiuen amb “l’ordre” de la Constitució xinesa de “promoure el putonghua”, o xinès estàndard.

La mesura està afectant les escoles del Tibet, Turquestan Oriental i Mongòlia del Sud, així com diverses regions amb altres llengües minoritzades, com Yanbian, on es concentren els descendents dels coreans que s’hi van instal·lar durant els segles XIX i XX.

Aquest reportatge del Globe and Mail reporta el cas d’una escola de Yanji, ciutat de Yanbian, on des d’aquest curs el coreà s’ha deixat d’emprar com a llengua vehicular. L’idioma només s’utilitza ara en la classe de coreà. Per a la resta, tot és en xinès.

Radio Free Asia recull que la mateixa situació està tenint lloc al Turquestan Oriental, o Xinjiang Uigur, almenys en un comtat on el 97% de la població és uigur.

I el setembre passat, van tenir lloc protestes populars a Mongòlia del Sud, o Mongòlia Interior, quan els estudiants van saber que tres assignatures que abans s’impartien en mongol passarien a ensenyar-se en xinès.

L’oficina que el govern tibetà a l’exili manté a Ginebra, per la seva banda, denuncia que no només el putonghua està reemplaçant el tibetà com a mitjà d’instrucció a les escoles, sinó que les autoritats xineses estan prohibint que els monestirs budistes ensenyin l’idioma als infants durant les vacances.

El centre del PEN dels Estats Units denuncia que les autoritats xineses fa anys que estan reduint l’ensenyament en llengües minoritzades com el tibetà, el mongol o l’uigur, que fa només cinc anys tenien una presència més significativa a les aules. Aquest informe de Human Rights Watch recull com el pes del xinès al sistema educatiu s’incrementa curs rere curs.

“És un altre cop greu a l’educació en llengua materna, per no esmentar els drets culturals, lingüístics i a la diversitat”, denuncia Maya Wang, investigadora principal de Human Rights Watch. “Des de l’ascens al poder del president Xi Jinping, i la seva visió de construir un ‘somni xinès’ hanoèntric, el seu govern ha marginat aquestes llengües a l’escola”. Wang afegeix que aquesta política viola els drets recollits en la Convenció dels Drets dels Infants, que la Xina va ratificar el 1992.

El projecte polític de Xi es fonamenta, entre altres, en el reforçament d’una identitat nacional xinesa única, que exigeix l’assimilació de totes les nacions i pobles situats dins de les fronteres de la República Popular. Els camps de reeducació del Turquestan Oriental des de 2017 o els camps de treball al Tibet des de 2019 són part d’aquesta política assimiladora.

L’activista Tashi Wangchuk surt de presó

Per haver protestat contra aquest estat de les coses, l’activista tibetà Tashi Wangchuk va ser detingut el gener de 2016 i condemnat a cinc anys de presó per “incitació al separatisme”. El seu advocat, Liang Xiaojun, ha anunciat que l’home ha sortit de presó. Tot i així, el lletrat no ha pogut confirmar si Tashi és completament lliure, o les autoritats el mantenen sota determinat règim de vigilància.

El centre del PEN dels Estats Units ha celebrat la sortida de presó de l’activista i ha insistit en la “injustícia” patida per l’home. “Parlar la pròpia llengua no és cap crim, ni tampoc ho és defensar-ne l’ús pacíficament”, ha dit l’organització. “Demanem a les autoritats xineses que aturin la criminalització dels defensors de les llengües”.

Hi ha altres persones empresonades pels mateixos motius. Un cas que ha transcendit és el del monjo Sonam Palden, detingut el 2019 per haver publicat a la plataforma WeChat un poema sobre la marginalització de la llengua tibetana.

 

[Foto: Students for a Free Tibet – font: http://www.nationalia.cat]

El primer ministre francès admet que no li “sembla” les “regions immenses” responguin a la necessitat d’una política “de proximitat”

El president alsacià, Frédéric Bierry, ha apel·lat “al desmembrament de la regió del Gran Est” i a la reconstitució d’Alsàcia com a regió amb noves competències. “És una petició recorrent” a Alsàcia, ha dit el polític.

Bierry ha fet aquestes declaracions després que el primer ministre francès, Jean Castex, en visita a Alsàcia, critiqués durament les macroregions que es van crear a França el 2015, fusionant-ne diverses de preexistents: “Mai he estat convençut d’aquestes regions immenses, algunes de les quals no es corresponen amb cap legitimitat històrica i, sobretot, no em sembla que responguin a les necessitats cada cop més grans dels nostres conciutadans d’una acció pública de proximitat”, ha dit Castex.

Castex visitava Alsàcia per primer cop després que el país hagi recuperat, aquest gener, una institució pròpia, la Col·lectivitat Europea d’Alsàcia (CEA), que fusiona els departaments de l’Alt Rin i el Baix Rin. La CEA, però, continua formant part de la regió del Gran Est, que també agrupa la Lorena i la Xampanya i té al voltant de 5,5 milions d’habitants.

Alsàcia va ser una regió des de 1956 fins a 2015, quan —malgrat la seva oposició— va ser integrada dins del Gran Est. D’ençà, han estat continuades les peticions per a recuperar la seva independència com a regió. L’any passat, una enquesta va revelar que el 68% dels alsacians volen separar-se del Gran Est i constituir-se com a regió.

Després de les paraules de Bierry i Castex, la ministra de Cohesió Territorial, Jacqueline Gouralt, ha assegurat que el govern francès no es planteja canviar les fronteres entre les regions ni desfer la regió del Gran Est.

El partit autonomista Unser Land, per la seva banda, ha reclamat que es defineixi “un full de ruta precís per a la sortida del Gran Est i la transferència a la CEA de competències de l’Estat”.

[Foto: S. Sutter/Collectivité européenne d’Alsace – font: http://www.nationalia.cat]