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O filósofo e activista estadounidense analiza nun ensaio a caída do anarquismo español en 1936 e 1937

O lingüista e politólogo Noam Chomsky (Pensilvania, 1928).

Escrito por D. CHIAPPE / G.

O anarquismo, unha das grandes utopías do século XX, e a única que nunca alcanzou o poder real nun Estado, é analizada no novo ensaio do lingüista do MIT (Instituto Tecnolóxico de Massachusetts) e politólogo Noam Chomsky (East Oak Lane, Filadelfia, Pensilvania, 1928). Sobre o anarquismo, editado en castelán polo selo Capitán Swing, non é un traballo de historia nin unha revisión dun dos ismos (comunismo, fascismo, capitalismo…) que tivo un papel moi destacado nas últimas grandes guerras. A súa urxencia provén do feito de que a dereita invoque a súa pantasma para sementar interesadamente o medo, e cre Chomsky que merece ser valorado aínda que só sexa polo incesante cuestionamento do poder perpetuado que propón e polo seu sentido de acción colectiva (nada individualista).

O libro é unha reunión de textos e entrevistas, e sobre todo, encerra dúas grandes reflexións sobre esta proposta de sociedade libertaria e colectivizada, unha das cales está dedicada ao que sucedeu durante a Guerra Civil española, nos anos 1936 e 1937, cando o anarquismo, logo do golpe de Estado de Franco, impúxose en bastións tan importantes como Aragón e Barcelona, «unha revolución social dun alcance sen precedentes» que foi «esmagada pola forza» polo comunismo, cada vez máis dono do Goberno, a «dereita» da Segunda República, como a denomina Chomsky.

«A Guerra Civil española é un dos acontecementos cruciais da historia moderna», proclama o académico. Sen «vangarda revolucionaria» e de «forma espontánea» tiveron éxito na colectivización industrial e rural, pero entre o eixo e a roda. Por unha banda, o fascismo e, por outro, o comunismo coa Garda Civil completando unha sanguenta represión en Barcelona, segundo conclúe Chomsky na súa análise e das obras da bibliografía estudada, entre elas Homenaxe a Cataluña, que el cualifica como o mellor traballo de George Orwell.

Non fala sen motivos ou oportunistamente Chomsky, que nunha das pezas lembra que a Guerra Civil foi o tema da primeira tentativa de ensaio que escribiu, con só dez anos, movido polo horror que lle produciu entón a caída de Barcelona en mans das tropas franquistas. E é que creceu no seo da única familia xudía nun barrio antisemita (no que se movía, en moitas ocasións, aterrado, confesa).

Membrilla

Mentres as tropas dos sublevados avanzaban, coa axuda alemá, italiana e británica —sostén Chomsky— a «revolución» anarquista e a «contrarrevolución» soviética enfrontábanse. Os segundos levaban as de gañar. «Non hai que esquecer que o Goberno central dispuña de enormes reservas de ouro que non tardarían en entregarse á Unión Soviética», mantén o autor, que alerta da «perda de obxectividade» nos estudos sobre o anarquismo español. Finaliza cun recordo do experimento —de «socialización da pobreza», di— da localidade manchega de Membrilla, «o pobo máis pobre de España», pero tamén o máis «xusto» baixo o amparo do anarquismo de 1937.

Tras rebater boa parte das apreciacións «prexuizosas» do historiador Gabriel Jackson, Chomsky entende que a historia da revolución social en España «está aínda por escribir».

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

La série, dont la seconde saison vient de sortir, revient sur un pan oublié de l’histoire de la Turquie, à travers la persécution de la communauté juive.

La deuxième saison de The Club est sortie sur Netflix le 6 janvier 2022. | Capture d'écran via YouTube

La deuxième saison de The Club est sortie sur Netflix le 6 janvier 2022. | Capture d’écran via YouTube

 

Écrit par Ariane Bonzon

Édité par Léa Polverini 

Décidément, les séries turques aiment à s’affranchir des tabous. En 2020, Bir Başkadır (Ethos) s’attaquait aux multiples lignes de fracture sociales, ethniques et religieuses qui traversent la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan.

Sur Netflix toujours, The Club (Külüp), réalisé par Seren Yüce et Zeynep Günay Tan, et dont la seconde saison est en ligne depuis le 6 janvier 2022, sort quant à elle les cadavres du placard de l’histoire turque, en plongeant dans le passé récent des Juifs d’Istanbul, à travers le racisme et les persécutions subis par la communauté durant les années 1940-1960.

Une persécution d’État

The Club rompt d’abord avec une connivence du silence. En Turquie, l’antisémitisme de la droite et l’antisionisme de la gauche s’étaient comme donné le mot pour laisser de côté le sort des Juifs de Turquie.

Dès la première séquence, le ton est donné. Dans une prison turque, parmi les rangées de lits superposés et à l’écart des autres détenues, l’une d’entre elles, juive, récite la prière du shabbat en ladino (judéo-espagnol), avant d’entamer le repas rituel. Libérée par la suite, Matilda retrouve sa fille, Rachel, qui a grandi dans un orphelinat. Couturière, en charge des tenues de scène, Matilda devient la confidente et le soutien, du fantasque et magnifique Selim Songür, extravagante vedette gay de music-hall qui fait la réputation de «The Club». Elle va batailler, en particulier contre le manager des lieux qui nourrit une haine inextinguible à son égard, sans rien céder de sa fierté et de son honneur, c’est-à-dire de son identité.

Tout est là du quotidien, des joies et des drames, des révoltes, du courage et des petites lâchetés, aussi, vécus par la communauté juive de Turquie dans une période de turbulence politique qui conduisit de nombreux séfarades à quitter leur pays pour Israël.

«J’ai eu les larmes aux yeux en regardant cette série, s’exclame la réalisatrice Ilana Navaro, qui vit désormais à Paris. C’est la première fois, de toute ma vie, que je me suis sentie représentée à l’écran, que j’ai pu me projeter, que toute mon histoire, celle de ma communauté, notre langue, avaient le rôle principal dans un film. Bref la première fois que j’ai pu à ce point là m’identifier.»

Vice-président de l’association judéo-espagnole Aki Estamos, François Azar reconnaît quant à lui avoir d’abord craint que «cette série soit très kitsch, mais il y a eu un vrai travail de recherche. Y entendre parler ladino est inespéré, et puis la série aborde courageusement le sujet de l’impôt sur la fortune [le Varlık Vergisi, en vigueur de 1942 à 1944] dont les Arméniens, les Juifs et les Grecs ont été l’objet.» Un impôt inique, destiné à redresser l’économie d’après-guerre en visant ces minorités qui, si elles n’étaient pas en capacité de le payer, étaient expédiées à l’est de la Turquie pour y casser des pierres. Le père de Matilda n’en est jamais revenu.

«Cet impôt est l’une des retombées de la guerre, explique la traductrice littéraire Rosie Pinhas-Delpuech, dont le père fut également envoyé dans un camp de travail. Outre l’antisémitisme à l’égard des Juifs, les minoritaires étaient perçus comme des espions de l’“ennemi”, quel que soit celui-ci; il fallait donc les éloigner des centres stratégiques.» Résultat: autour de 30.000 Juifs auraient quitté la Turquie après la Seconde Guerre mondiale.

Ce n’est cependant pas la première fois que le sujet de l’impôt sur la fortune est abordé par le cinéma. En 1999, le film Salkım Hanımın Taneleri (Les Diamants de Mme Salkım) s’était saisi du sujet. Au début des années 2000, l’homme d’affaires turc juif İshak Alaton –dont le père avait lui aussi été envoyé «casser des pierres»– avait même publié une tribune à ce sujet.

De la gifle au départ

Mais The Club va bien au-delà de la dénonciation d’une injustice. Parsemée de détails et d’anecdotes qui ne résonneraient pas nécessairement chez le spectateur lambda, la série fait vraiment écho dans la communauté.

«Prenez l’histoire de la gifle que Rachel [la fille de Matilda] reçoit de son amant musulman et turc quand il découvre qu’elle ne s’appelle pas Aysel mais Rachel, donc qu’elle est juive. Eh bien cette gifle on l’a tous reçue, nous les Juifs de Turquie, des milliers de fois, de façon symbolique, et c’est hyper novateur de le montrer», explique Ilana Navaro.

«Pour une fois, on ne nous montre pas un “korkak yahudi”, un juif apeuré, obséquieux, qui accepte tout ce qu’on lui demande.» Esther Benbassa, sénatrice, spécialiste de l’histoire du peuple juif

Autre vérité révélée par The Club: le fait que la plupart des Juifs de Turquie partis pour Israël ne l’ont pas fait pour des raisons idéologiques, c’est-à-dire par sionisme, mais pour y trouver un meilleur avenir. «Le départ pour Israël n’avait rien de joyeux, c’était des départs forcés, essentiellement liés à des raisons économiques, et les Juifs qui arrivaient des pays musulmans n’ont pas toujours été très bien accueillis en Israël», affirme la sénatrice française Esther Benbassa, qui n’était pas née lors des grands départs amorcés en 1949, et quitte Istanbul pour rejoindre Israël des années plus tard, pour des raisons personnelles, avant de partir en France et d’y poursuivre ses études. De 81.000 en 1927, les juifs ne sont désormais en Turquie plus que 13.000.

Sortir du silence

Mais là où The Club se distingue, c’est que les Juifs y sont représentés comme des types normaux, aux fins de mois difficiles, et non comme des banquiers ou des héritiers. C’est l’une des rares fois qu’un film «montre des Juifs qui ne sont pas riches, une femme juive qui doit gagner sa vie», assure la journaliste Gila Benmayor. En 2009, celle-ci avait rédigé une lettre ouverte à Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre, «pour lui rappeler que les Juifs n’étaient pas tous des nantis, au contraire du discours qu’il avait tenu dans une université».

Dans The Club, le Juif n’est pas non plus un espion, un traître, ou un type apeuré, isolé et déconnecté de sa communauté. «Pour une fois, on ne nous montre pas un “korkak yahudi”, un juif apeuré, obséquieux, qui accepte tout ce qu’on lui demande. Les personnages dans la série ne cachent pas leur judéité, alors que nos parents, pour ne pas avoir de soucis, nous enseignaient qu’il fallait rester discrets», se souvient Esther Benbassa.

C’était la fameuse politique de la «kayadez» (le silence), du juif taiseux, qui a intégré l’idée qu’il ne lui fallait surtout pas dépasser un certain niveau social, ni de se mêler de politique alors que le nationalisme turc allait grandissant. L’Orphelin du Bosphore, de Nissim M. Benezra (Lior éditions, 2019), formidable récit de la vie des Juifs d’Istanbul à la fin de l’Empire ottoman et au début de la République, situe l’origine de la «kayadez» en 1927, après l’assassinat d’Elza Niego, une jeune fille de la communauté juive tuée par un Turc déséquilibré amoureux d’elle. Ce meurtre avait donné lieu à d’importantes manifestations des Juifs d’Istanbul, très sévèrement réprimées. D’où la chape de plomb qui s’en est suivie.

«En Turquie, le terme “yahudi” (juif) est une insulte [on utilise plutôt le mot “musevi” qui signifie “descendant de Moïse”, une manière “d’adoucir” ce qui est considéré comme une insulte]; or Matilda dit haut et fort “je suis yahudi”, affirmant ainsi son identité, et c’est énorme», considère Ilana Navaro.

Plutôt bien reçu, The Club a cependant donné lieu à certaines critiques«C’est une série magnifiquement écrite et produite qu’il ne convient cependant en aucune manière de prendre comme une leçon d’histoire», prévient l’universitaire Louis Fishman. D’autres ont pu regretter que les rôles juifs principaux ne soient pas joués par des acteurs juifs.

Un argument qu’Ilana Navarro balaie d’un revers de main: «Vouloir que des acteurs juifs jouent le rôle des Juifs, c’est très américain comme vision! Moi je me fiche que les acteurs ne soient pas juifs et même au contraire: je pense que c’est génial, surtout pour le contexte turc, ça veut dire que cette histoire devient l’histoire de tous, des Turcs dans leur ensemble, et je me sens épaulée.»

«L’instauration de l’impôt sur la fortune n’est pas enseignée dans les écoles ni évoquée dans les médias. En en parlant haut et fort, The Club va permettre au peuple turc de réaliser les fondements sur lesquels l’Istanbul d’aujourd’hui s’est construite», veut croire Nesi Altaras qui dirige les éditions Avlaremoz.

Plus dubitative, l’écrivaine et avocate Rita Ender, qui vit aussi à Istanbul et a publié Objets portraits: Conversations avec de jeunes juifs de Turquie (éditions Lior, 2019), avertit: «Quand un sujet est dans l’agenda de sa petite intelligentsia, on s’imagine que toute la Turquie en parle. Méfions-nous! Même si je reconnais qu’en traitant des minorités, The Club marque un tournant important. L’antisémitisme restera à l’agenda de certains et malheureusement cela ne contribuera pas à l’élimination des injustices.»

De fait, il reste du travail à mener: jusqu’au plus haut niveau de l’État, on fait remonter la présence juive sur les terres ottomanes à 1492, lorsque les Juifs, chassés d’Espagne, y ont trouvé refuge. Or l’arrivée de ces derniers en Anatolie fut concomitante aux Romains: entre le VIe et le IIe siècle avant Jésus-Christ. De quoi nourrir The Club de quelques épisodes historiques supplémentaires.

 

[Source : http://www.slate.fr]

Escrito por MANUEL CABADA CASTRO

Hai xa algunhas semanas recibín dun amigo como exquisito galano das comúns preocupacións sobre o devir da nosa propia lingua, a galega, un volume que a continuación só quería comentar ou case só soletrear nalgúns dos seus puntos básicos. Por aquilo de que “bonum est diffusivum sui”: o bo difúndese por si mesmo. Trátase da obra escrita polo sobresaínte lingüista portugués Fernando Venâncio [F. V.] que, traducida ó galego, leva o título de Así naceu unha lingua. Sobre as orixes do portugués (Vigo, 2021). Refírome, pois, ás páxinas desta edición nas citas deste comentario.

Parte este, por suposto, de que as linguas son un elemento moi importante no xurdimento, desenvolvemento e estabilidade das sociedades e dos grupos humanos. Elemento fundamental e fundamentante das propias culturas, da común comprensión dos integrantes das mesmas e orixe (indesexábel) de non poucos conflitos sociais e políticos. De aquí que os intereses políticos non deixen de interferir, dunha ou doutra maneira, nelas ó longo da historia. A lingua galega estivo e está sometida así tamén a fortes e indesexábeis dependencias que interferiron e interfiren no seu proceso.

A publicación de F. V. entra así directamente e a fondo na análise da relación que a sociedade e os intelectuais portugueses mantiveron ou aínda manteñen co seu problemático veciño do norte, o galego, é dicir, coa nosa lingua, a lingua dos galegofalantes. Digamos xa dende o principio que F. V. avoga decididamente pola dignificación da nosa propia lingua, mais non xa só por razóns simplemente éticas ou morais en xeral, senón pola concreta exixencia de sermos fieis á historia real da relación da lingua galega co chamado portugués. Nalgún momento comentará a este respecto F. V. algo que entre nós, os galegos, é suficientemente ben coñecido polas nosas propias vivencias persoais: “É estraño, e para nós dificilmente concibíbel, mais é un fenómeno común que os galegos se avergoñen do idioma propio. Dáse isto en xente das vilas a quen preguntamos unha cousa en portugués e, por sincera deferencia, respóndennos en español. E dáse tamén en intelectuais a quen incomoda vérense asociados (na percepción deles) a un dialecto de aldeáns. O portugués sería, para eles, a versión presentábel do galego” (257).

Pola contra, e fronte a esta percepción dos galegos sobre si mesmos, F. V. porá de relevo que a lingua que posteriormente se denominaría portugués fora previamente  […] “a lingua que Portugal herdou de Galicia”. Unha lingua “gramaticalmente consolidada, coherente e en pleno funcionamento”. “Existía, certamente, unha natural variación territorial […]. Mais non se desenvolveu en ningunha parte un sistema alternativo, e certamente non outra lingua. Foi por iso que, cando Portugal xurdiu, os seus habitantes continuaron, con naturalidade, a se expresaren na lingua en que xa o facían. E así a primeira lingua de Portugal foi o galego. Era a que había dispoñíbel […] O feito é que o galego e o portugués de 1400 eran incomparablemente máis semellantes que os actuais modelos de lingua portugués e brasileiro” (80).

F. V. rematará algúns parágrafos despois as súas apreciacións sobre o portugués de xeito moi claro:

”O noso idioma foi, pois, desde o seu inicio, unha creación galega” (83).

O autor desta importante obra diríxese de maneira explícita e directa ós seus compatriotas portugueses, intentando desvelar o erro ou o engano en que moitos deles están enleados no que se refire á relación entre a lingua de Portugal e a de Galicia, dirixíndose naturalmente, de maneira directa ou indirecta, a aqueles que desde un punto de vista teórico ou intelectual estarían na orixe de tal errada crenza. Mais é tamén, sen dúbida, aínda que só sexa, indirectamente, unha relevante mensaxe tanto para galegofalantes como para adversarios do uso da propia lingua. Velaquí o seguinte importante parágrafo, non carente polo demais de boas doses de pertinente ironía:

“Fica, polo tanto, claro, e nisto insisto: o idioma dos portugueses non apareceu con Portugal, ou mesmo cando Portugal se preparaba, senón ben antes. Aí está unha perspectiva inesperada, contraintuitiva mesmo, para quen, como moitos de nós, sempre concibiu a nosa realidade histórica dentro dos acolledores límites de ‘un pobo, un territorio, unha lingua’. Realmente, esa historia que hai séculos andamos contando uns aos outros é unha narrativa feita á nosa estrita medida, proporcionándonos aconchego e autoconfianza. É a iso ao que nos estimulan aquelas historias de lingua que, implícita mais convincentemente, suxiren un idioma formándose tardía e aceleradamente a partir dun latín milagrosamente aínda en uso oral, e pronto para servir a ese Portugal que non tardaría en aparecer. E así, naquela primeira tarde portuguesa, alí estaba un idioma noviño do trinque, nacido por xeración espontánea, pronto para estrear, para exclusivo proveito e alta recreación da nova grea” (99).

En realidade, as cousas non ocorreron así, é dicir, pasando de feito por alto a esencial función da lingua galega na que (e da que) xurdiría en Portugal o portugués en canto lingua dunha nova realidade política diferenciada de Galicia. Tal como quedou indicado, para F. V. sería só arredor do ano 1400 cando diversos factores de orixe política, militar e social contribuíron a un importante cambio de apreciación da propia lingua galega (Cf. 131-133), da que en realidade porén xurdiu o portugués (non, xa que logo, inmediata ou directamente do latín: cf. 111). A este respecto indicará taxativamente F. V.: “A historia do portugués é, de maneira desmedida, a historia das súas tentativas de afastamento do galego” (138-139). “Galego e portugués fixeron, durante unha restra de séculos, vidas separadas. A propia História do português é toda ela -digámolo unha vez máis- a historia das súas tentativas de afastamento do galego” (246).

Un modo de proceder que F. V. considera, sen atenuantes engadidos, como “anticientífico”: “o case silenciamento do galego na historia e na descrición do portugués -dinos el- só pode merecer a avaliación de totalmente anticientífico” (245).

En realidade trátase só dun caso máis entre tantos -poderiamos dicir- daquela perigosa presenza das “ideoloxías” (no sentido clásico de Marx e Engels) en tantos inadvertidos modos de pensar e de proceder. Aínda que sen utilizar tal expresión, F. V. vén referirse en realidade a ela cando indica en relación con esta central temática do seu estudo:

“Ese idioma que, arredor do ano 1200, xorde na escrita asenta en estruturas de tal envergadura e tal complexidade que exixiron séculos de circulación oral. O único nome que cabe atribuírlle é galego. Mais a simple idea de que, algún día, un idioma estranxeiro puidese ser no pasado a lingua de Portugal énos insoportable. Froito desa repugnancia naceu ese famoso galego-portugués, un truco de maxia que para conforto do noso patriotismo, elimina intermediarios entre o latín e o portugués […]

O que acontece é que nunca se explicou como, en tempo récord, se pasou do latín a dúas linguas derivadas del, e moito menos se expuxo que especificidades únicas e inconfundíbeis as distinguirían, até o punto de mereceren xa nomes diferentes. En suma: en todo isto, reinan unha visión máxica da historia e unha liviandade difícil de disfrazar. Obxectivo? Non afrontar máis do necesario o patriotismo portugués” (116-117).

Quizais fose, polo demais, o comentado intento portugués de se liberar da real orixe galega da súa lingua o que, nun certo modo paradoxal, o levou porén sorprendentemente a se aproximar ó español. Mais F. V. fai ó respecto o seguinte comentario: “En histórias da língua portuguesa, afírmase, tendendo a ser politicamente correcto, que ao separarse do acolledor berce galego-portugués, o galego caería na órbita do español. A verdade histórica […] revelouse exactamente a contraria. Foi o portugués o que desde moi cedo se apaixonou pola lingua centropeninsular, tomando dela todo canto xulgou útil, e foi moito” (222-223).

Non son poucas, tal como se pode sospeitar, as consecuencias que destas teses básicas de F. V. (apoiadas en concretas e suficientes argumentacións) se derivan en relación coas actitudes respecto da lingua galega non só de portugueses (ós que en principio está dirixida a obra) senón tamén de galegos e mesmo españois. Non me vou deter nisto (deixando que o lector destas liñas se aventure a internarse por si mesmo nos concretos contidos desta importante obra), aínda que non quero deixar de aludir concretamente ó que o autor comenta sobre a vivencia e a expresión da saudade:

“Outra convicción portuguesa: a de seren, por todo o universo, os únicos a percibiren debidamente o sentimento de saudade, e de seren, por iso, tamén eles os que crearon un nome para tal. Estamos totalmente enganados. A saudade é un sentimento galego xenuíno, e o nome que alá lle dan é, por incríbel que pareza, tamén saudade. Certo, os galegos non matan saudades, cousa en que nós somos peritos, mais sofren con ela na alma iguais angustias” (122).

Hai tamén outras consecuencias ou derivacións ás que F. V. non deixa tampouco de aludir, pese ás polémicas que polo menos algunha delas, alomenos desde un punto de vista político ou estratéxico, puidera suscitar. O lingüista portugués, segundo máis arriba comentei, facía explicita referencia ó longo tempo en que  galego e portugués levaron “vidas separadas” (246). Deste feito derivaríase porén para el a seguinte consecuencia: “Certo é que, a pesar de todos eses e outros factores de separación, comparten, aínda hoxe, numerosas e moi diversas características. Con todo, ao fin e ao cabo, todo apunta a que o galego e o portugués deben ser hoxe considerados estruturalmente dous sistemas diferentes e definitivamente irredutíbeis. Nunha palabra: é tarde de máis para volver a reunir galego e portugués” (246).

Porén -e así quero xa rematar-, se é verdade que o futuro, o futuro humano, endexamais está xa escrito, algo diso deberá afectar tamén o noso devir cultural e lingüístico. Fica moito aínda por facer, por cambiar, por reestruturar…

[Fonte: http://www.terraetempo.gal]

Há 75 anos começava a escrever-se o derradeiro capítulo da II Guerra Mundial. Entre os soldados norte-americanos que enfrentaram a última investida do III Reich nas Ardenas havia milhares de soldados com nomes como Botelho, Encarnação, Gomes, Santos ou Silva. Portugueses que a História foi votando ao esquecimento.

O túmulo de John Santos no Cemitério Americano do Luxemburgo. Foto: JR

Escrito por RICARDO J. RODRIGUES

Depois de voltar da guerra, Manuel Gomes ganhou um hábito. Ao final da tarde, gostava de colocar o chapéu de militar e sentar-se no alpendre a observar a tranquilidade dos dias de New Bedford, cidade do estado norte-americano do Massachussetts onde mais de um terço da população é portuguesa. “Era nessa altura que ele me contava o que tinha vivido na guerra das Ardenas”, diz agora o seu neto, Eric Gomes, um professor de História de 32 anos. “Ele repetia constantemente que tinham sido os piores dias da sua vida. Mas também tinham sido tempos valiosos, porque tinha lutado para derrotar Hitler e libertar povos inteiros do jugo nazi.”

Faz esta semana 75 anos que Gomes participou na batalha que libertou Troisvièrges, no norte do grão-ducado – um dos últimos bastiões alemães no país. Era soldado na 75ª Divisão de Infantaria, que libertou Colmar, em França, uma boa parte da zona da fronteira entre a Bélgica e o Luxemburgo, antes de avançar para o Reno. “Ele raramente falava dos combates, mas uma vez contou a um vizinho nosso o que acontecia depois. Como tinham de ir procurar os corpos dos companheiros caídos na neve e depois separá-los à pazada, porque os cadáveres tinham congelado juntos”, conta Eric.

Não foi no desembarque na Normandia que os Estados Unidos perderam mais tropas, foi nas Ardenas. “A última investida de Hitler contra os Aliados começou às 5h30 de 16 de dezembro de 1944, apanhando toda a gente de surpresa”, diz Philippe Victor, historiador do Museu de História Militar de Diekirch. “Durante 10 dias, o nevoeiro impediu que os aviões levantassem e foi uma verdadeira matança.” Até 25 de janeiro de 1945, 75 mil americanos e 80 mil alemães perderam aqui a vida. O plano de Hitler falhou, mas deixou um rasto de destruição.

No Luxemburgo, um dos epicentros dos combates, os homens da 26ª Divisão de Infantaria levaram com o primeiro embate. A Yankee Division, como era conhecida, tinha sido mobilizada no Massachussetts e, nas suas fileiras, contavam-se milhares de lusodescendentes. Muitos deram a vida para defender lugares como Rambrouch e Gosbrous, no cantão de Redange, capturar Arsdorf e assumir o controlo da região de Wiltz. Em 39 dias morreram 1850 homens. Muitos chamavam-se Silva, Santos ou Oliveira. A libertação do Luxemburgo também foi escrita em português.

“Nesta altura os Estados Unidos eram uma sociedade onde a segregação era legal. Ao alistarem-se nas Forças Armadas, os portugueses tiveram uma oportunidade de obterem ou cimentarem a cidadania no país. Foi também por isso que acorreram em grande massa aos centros de recrutamento”, diz ao Contacto Deolinda Adão, diretora do centro de estudos portugueses da Universidade de Berkeley, na Califórnia.

As comunidades estabelecidas na Costa Oeste e no Hawai foram sobretudo incorporadas nos batalhões que combatiam no Pacífico. Para a Europa viajavam os luso-americanos da Costa Leste – de Massachussetts, Rhode Island, Nova Iorque e Conneticut. “Era ponto de honra de cada família portuguesa ter um dos seus filhos nos militares, em sinal de apoio ao país de acolhimento. Os censos não são claros e não nos permitem afirmar com rigor o número de rapazes que se alistaram. Hão de ter sido centenas de milhares, mas pelo menos 100 mil foram de certeza.” Destes, umas dezenas de milhares haveriam de vir libertar um pequeno país da Europa Central chamado Luxemburgo.

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Heróis esquecidos

Entre os 5.073 soldados sepultados no Cemitério Americano do Luxemburgo, em Sandweiler, há pelo menos uma vintena de lusodescendentes. A 9 de janeiro de 1945 morreu John E. Santos, do 101° Regimento de Infantaria, no combate para recuperar Vianden. Nascido na ilha do Faial, nos Açores, Santos chegara com quatro anos a Fall River, Massachussetts, meses depois de o pai encontrar trabalho numa fábrica de têxteis. Ofereceu-se voluntário para o Exército, e no relatório da campanha do seu regimento nas Ardenas consta que John usou o corpo para bloquear a detonação de uma granada alemã e assim proteger os companheiros de batalha. Foi agraciado postumamente com duas das mais elevadas honras militares do país: a Bronze Star e o Purple Heart.

Arthur M. Encarnação (ou Encarnacao, como se lê no seu túmulo) está sepultado na fila 13 do setor E do mesmo cemitério. Morreu 4 dias antes de Santos, no combate pela libertação de Wallendorf, no leste do grão-ducado. Natural de New Bedford, foi o primeiro da família a nascer em solo americano. Os pais eram açorianos de São Miguel. Everett Seixas dorme duas filas ao lado, era descendente de judeus sefarditas fugidos de Portugal em 1709 – e que abriram um negócio a retalho de grande sucesso no Bronx, em Nova Iorque. Morreu a 27 de dezembro de 1944 no combate por Goesdorf.

Silvas há quatro. Ernest e Jule vieram do Massachussetts, Lawrence e Raymond da Califórnia. Morreram todos nos bosques das Ardenas, Ernest e Lawrence junto a Echternach, Jule e Raymond na fronteira belgo-alemã. James Oliveira morreu na libertação de Clerveaux, e George Bruno participou na libertação de grande parte do norte do Luxemburgo ao serviço da 26ª Divisão de infantaria. Lutou para expulsar os nazis de Asdorf, Wahl, Brattert, Kuborn, Neunhausen, Eschdorf, Isendorf, acabando por cair em Bonnal a 7 de janeiro de 1945. Anton Botelho, Amos Cabral, Arthur Cordeiro, Manuel Faria, Antohny Medeiros, Joseph Mendonça, Américo Alves são mais alguns nomes de soldados portugueses caídos na luta por uma Europa livre.

O soldado José Medeiros, da 5 Divisão de Infantaria, num posto de guarda em Clervaux com o seu cão Little Joey, que o acompanhou toda a guerra.

O soldado José Medeiros, da 5 Divisão de Infantaria, num posto de guarda em Clervaux com o seu cão Little Joey, que o acompanhou toda a guerra.

Numa guerra, as baixas nunca se contam apenas pelos que morrem – e disso mesmo deu conta um dos mais proeminentes lusodescendentes a combater no grão-ducado, o escritor Charles Reis Félix. Nascido em New Bedford em 1923 com o nome Carlos, foi o autor de Crossing the Sauer – Atravessar o Sûre, um relato autobiográfico da batalha das Ardenas que está disponível na biblioteca do Museu de História Militar de Diekirch. Há um real bastante vívido do combate por Wiltz.

“Todos os dias eu pensava que ia morrer e isso não era justo. Eu era tão novo. Os meus pais sempre me disseram que eu tinha uma sorte enorme em ter nascido nos Estados Unidos e não em Portugal, mas nestes dias isso não fazia qualquer sentido. Às tantas fico isolado atrás de uns arbustos, sem saber da localização do inimigo. Tudo o que eu ouvia à minha volta eram homens a gemer, dezenas deles. E só pensava em quantos iam morrer, em quantos iam ficar com mazelas para sempre, físicas e psicológicas. Nesse momento, a guerra tornou-se uma coisa muito pessoal. Não, eu não tinha sorte nenhuma por não ter nascido em Portugal”.

Charles Reis Félix morreu em 2017, com 93 anos. Dos 3,5 milhões de soldados norte-americanos que lutaram na II Guerra Mundial, o Departamento de Defesa do país estima não sobrarem hoje mais de 300 mil – todos eles nonagenários, pelo menos. A memória da grande tragédia da humanidade vai-se dissipando lentamente. Como o nevoeiro que invadiu as Ardenas há 75 anos.

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Trilhos de combate

O caminho entre Troisvierges e Clervaux, onde há 75 anos milhares de homens perderam a vida. Foto: RJR

Há um trilho pedestre que atravessa os bosques entre Troisvierges e Clerveaux ao longo de 17 quilómetros. Cumpre-se em cinco horas com subidas e descidas acentuadas, mas o percurso está bem assinalado e é uma das melhores formas de perceber o que aconteceu nesta paisagem há 75 anos. Nos meses de primavera e verão, centenas de americanos acorrem a esta região do norte do Luxemburgo para cumprir a desolada procissão que os seus pais ou avós fizeram anos antes, nos dias da guerra. Num dia de janeiro, no entanto, é possível fazer todo o caminho sem encontrar vivalma.

São bosques frondosos, de abetos, faias e carvalhos, por onde as nuvens entram em ondas, turvando a visão. Em dezembro de 1944, esta mesma floresta estava coberta de neve e os termómetros atingiam os 12 graus negativos. “Foi precisamente na meteorologia que Hitler pensou quando decidiu atacar as Ardenas”, explica o historiador Philippe Victor. “O nevoeiro impedia os aviões aliados de levantar fogo e a neve tornava difícil o flanqueamento das colunas nazis.”

Ainda hoje é possível ver estes estroços de um avião de reconhecimento inglês abatido entre Troisvierges e Clervaux.

Ainda hoje é possível ver estes destroços de um avião de reconhecimento inglês abatido entre Troisvierges e Clervaux. Foto: RJR

A meio do percurso encontram-se ainda os destroços de um avião de reconhecimento britânico, abatido pela Whermacht no início de 1945 – e as campas dos seis militares ingleses e belgas que ali perderam a vida. Victor contextualiza os acontecimentos: “Os alemães perdiam fulgor na frente Oriental e o Dia D tinha ocorrido meses antes. Hitler pensou que, se chegasse a Antuérpia, conseguiria travar o avanço da frente ocidental e virar o tabuleiro da guerra.”

Durante dez dias, as colunas nazis avançaram pelo norte do Luxemburgo e sul da Bélgica em força. Mas então o nevoeiro dissipou. Não só a Força Aérea podia finalmente atacar as posições do Reich como o general Patton fez subir o exército estacionado na Alsácia e na Lorena. A guerra acabaria por resolver-se em Bastogne, que os alemães nunca conseguiram tomar. A partir daí, recuariam sucessivamente. As Ardenas marcariam o início do fim do maior conflito a que a humanidade alguma vez assistiu.

Foram 39 dias de sofrimento atroz, não só para os dois lados da barricada como para as populações, que se viram igualmente apanhadas de surpresa. Três mil civis perderiam aqui a vida – 500 deles luxemburgueses. As ordens das tropas alemãs era incendiar as povoações por onde passassem, em muitos casos prendendo os habitantes dentro dos edifícios. Não é por isso de estranhar que, na contraofensiva aliada, os norte-americanos angariassem um enorme apoio.

O historiador Phillipe Victor no Museu de História Militar de Dietrich.

O historiador Phillipe Victor no Museu de História Militar de Dietrich. Foto: RJR

Nas aldeias tinham algum suporte, sim, o diabo foram os dias em que ficavam a combater ou guardar posições em florestas como a que existe entre Troisvièrges e Clervaux. Manuel Gomes relatou isso mesmo ao seu neto Eric. “Ele contou-me que umas grandes tragédias da guerra era que, depois de uma caminhada, os soldados precisavam de descalçar-se porque, senão, o suor acumulado nos pés congelava durante a noite e causava gangrenas. O problema é que, depois de tirarem as botas, dava-se o caso de os pés incharem e muita gente já não conseguia voltar a calçar-se, o que criava precisamente o mesmo efeito.” Só na 26ª Divisão, diz o livro The History of The Yankee Division – 1941-45, contabilizar-se-iam 750 amputações.

Manuel Gomes morreu há dois anos, tinha 96 e a guerra nunca o abandonou. Uns meses antes de sucumbir, o neto fê-lo convidado de honra do Liceu de New Bedford no Dia dos Veteranos e “raios me partam se nesse dia ele não apertou a mão a mais de 400 pessoas.” Respondia sempre o mesmo. “Sou um português que vendeu gelo, depois vendeu óleo e depois trabalhou numa fábrica. O acaso quis levou-me a participar na mais terrível das guerras e só agradeço ter sobrevivido. Não sou herói nenhum.” Mas era. Gomes foi um herói, tal como os dois milhões de soldados aliados, e entre eles dezenas de milhares de portugueses, que lutaram nas Ardenas pela liberdade dos povos e pelos direitos dos homens. Dificilmente haverá batalhas que valham mais a pena travar.

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No bosque onde vivia o medo

A abadia de Cinqfontaines, de onde centenas de judeus luxemburgueses foram deportados para campos de concentração alemães. Foto: RJR

Nas grandes florestas do norte pode contar-se uma boa parte da história da II Guerra Mundial. Quando o grão-ducado foi invadido, a 10 de maio de 1940, as tropas alemãs entraram pelo sul do país, levando milhares de luxemburgueses a seguirem caminho para as Ardenas e tentarem seguir pelos caminhos do bosque até à Bélgica, onde os nazis tinham fama de ser menos implacáveis. É que o Reich não só decidiu invadir como também anexar o pequeno país da Europa Central.

Em 1942, depois de Hitler dar ordem de recrutamento nas forças militares aos jovens luxemburgueses, milhares começaram a tomar estas mesmas rotas para tentar fugir ao alistamento. Na greve desse ano, a maior manifestação de resistência do país, vários organizadores de piquetes fugiriam também por aqui – sobretudo depois de ouvirem a notícia da execução de 21 dos seus concidadãos.

Mesmo a meio do caminho entre Troisvièrges e Clervaux fica Cinqfontaines, que a Gestapo transformou em campo de detenção em 1941. Ao longo de dois anos, oito centenas de judeus ficaram aqui detidos, sobretudo idosos, doentes e crianças. Desses, 670 embarcaram aqui no comboio para os campos de concentração de Lodz, Auschwitz e Theresienstadt. Antes da chegada dos soldados já estas florestas respiravam medo.

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A longa história militar dos « Portugees »

O capitão Joseph Lourenço, da 26 Divisão de Infantaria, a Yankee Division, instala um posto de comunicações à entrada de Wiltz.

O capitão Joseph Lourenço, da 26 Divisão de Infantaria, a Yankee Division, instala um posto de comunicações à entrada de Wiltz. Foto: DR

Não foi só a II Guerra Mundial. Na historiografia das guerras travadas pelos norte-americanos sobram relatos da participação dos lusodescendentes, apelidados no país de “portugees”. Ainda antes da independência dos Estados Unidos, em 1783, vários judeus portugueses fugidos à Inquisição no século XVIII ingressaram nas fileiras americanas nos navios que combateram os britânicos entre 1778 e 1783 – a bordo do mítico Bonhomme Richard, comandado pelo comandante Serapis, estavam por exemplo registados 11 portugueses.

Na Guerra Civil Americana (1861-65), centenas de açorianos, madeirenses e cabo-verdianos (na altura ainda uma colónia) integraram as tropas da União, lutando contra a escravatura. Alguns tornar-se-iam heróis nacionais, como Francis Barretto Spínola, general durante a batalha e que seria congressista pelo estado de Nova Iorque. Anos mais tarde, John Phillip Sousa comporia a marcha militar nacional dos EUA: The Stars and Stripes Forever.

Na I Guerra Mundial (1914-18), 15 mil portugueses alistaram-se no Exército americano para combater a Alemanha. Entre eles estava John Dos Passos, um dos mais aclamados escritores norte-americanos, e Jerry Cox Vasconcells, um dos mais reputados pilotos do início do século XX.

Nas guerras da Coreia (1950-53) e Vietname (1955-75) participaram milhares de portugueses, sobretudo os que viviam nas grandes comunidades da Califórnia e do Hawai. Os lusodescendentes revelar-se-iam também essenciais nas várias guerras em que os Estados Unidos têm participado desde o final do século passado. Mas em nenhum outro conflito como a II Guerra Mundial participaram tantos portugees. Foram mais de 100 mil.

 

[Fonte: http://www.wort.lu]

Le pays compte en son sein de nombreuses minorités, qui tentent de trouver leur place dans un ensemble dominé par les Russes ethniques.

Vladimir Poutine salue les représentants des nombreuses confessions religieuses présentes en Russie, sur la place Rouge à Moscou, le 4 novembre 2019, jour de l'Unité nationale. | Evgenia Novozhenina / AFP

Vladimir Poutine salue les représentants des nombreuses confessions religieuses présentes en Russie, sur la place Rouge à Moscou, le 4 novembre 2019, jour de l’Unité nationale. | Evgenia Novozhenina / AFP

Écrit par Sergei Fediunin 

Ce mois de décembre marque le trentième anniversaire d’un événement d’envergure mondiale: la dislocation de l’URSS. Parmi les quinze États qui en sont issus, la Fédération de Russie reste à bien des égards une exception, au-delà de sa superficie, de son poids démographique ou de son influence politique dans la région. En effet, sa trajectoire sociopolitique unique distingue également la Russie des autres ex-républiques soviétiques.

Existe-t-il une identité nationale russe? Les politiques mises en œuvre depuis trente ans n’ont pas permis d’apporter de réponse claire à cette question –particulièrement complexe dans ce pays d’une grande diversité ethnique et culturelle, et cultivant un rapport pour le moins ambigu au passé soviétique et impérial.

Un passé soviétique toujours présent

Contrairement à l’Ukraine voisine, le passé soviétique continue de fournir un ancrage identitaire fort à l’État russe. Tout comme la Biélorussie avec laquelle elle poursuit depuis vingt ans l’édification d’un «État d’union», la Russie n’a pas glorifié la sortie de la période soviétique en tant que mythe de fondation ou de renaissance nationale.

La Grande Victoire du 9 mai 1945 y est commémorée comme le principal évènement rassembleur, qui tient lieu de fête nationale, bien plus que la journée de la Russie, célébrée depuis 1992 en mémoire de l’adoption de la déclaration de souveraineté de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) le 12 juin 1990, ou la journée de l’Unité nationale (ou populaire). Cette dernière est célébrée le 4 novembre depuis 2005 pour commémorer la libération en 1612, par les milices populaires, de Moscou occupée par des troupes polonaises, et la fin du Temps des troubles avec l’élection ultérieure du premier tsar de la dynastie des Romanov.

Les dirigeants actuels de la Russie, nés dans les années 1950 et 1960, ont progressivement élevé la mémoire de la période soviétique tardive –les années Brejnev (1964-1982)– au rang d’idéal normatif, celui de la «bonne» Union soviétique [khorochiï Sovetskiï Soïouz]. Pour le politologue Vladimir Gelman, il s’agit d’une image embellie du système soviétique dépourvu de ses défauts inhérents, comme les pénuries ou la violation systémique des libertés civiles. En invoquant la nostalgie de cet «âge d’or» soviétique, Vladimir Poutine et son entourage ne cessent de qualifier l’effondrement de l’URSS de «tragédie» et de «catastrophe».

Plus encore, l’Union soviétique symbolise, aux yeux des autorités russes, la puissance géopolitique d’antan que Moscou exerça sur une partie du monde de l’après-Seconde Guerre mondiale. Des références publiques à l’URSS permettent ainsi à la Russie contemporaine de justifier ses ambitions actuelles, tout en préservant son aura de grande puissance, attestée notamment par le statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Cet état d’esprit, porté par le Kremlin depuis des années, fut consacré sur le plan juridique à l’occasion de la révision de la Constitution russe, en 2020, son article 67.1 stipulant désormais que la Fédération de Russie est l’«héritière», ou le «successeur en droit» [pravopreemnik], de l’Union soviétique.

La fin d’un Empire?

Contrairement aux récits historiques mis en œuvre par les autres pays postsoviétiques, la nouvelle Russie entretient un rapport ambigu à son histoire impériale. Trente ans après la chute de l’URSS et plus d’un siècle après celle de l’Empire des Romanov, la question «où s’arrête l’empire et où commence la nation?» demeure sans réponse définitive dans les débats russes. Les dirigeants de la Russie postsoviétique ont favorisé la promotion d’une lecture continuiste de l’histoire nationale, qui relie l’époque contemporaine au tsarisme et au communisme au nom du maintien d’un État fort et pérenne dans un vaste espace eurasien.

Il n’en est pas moins vrai que, même aujourd’hui, la Russie constitue un État de la taille d’un empire, quoique «diminué», qui englobe des régions autrefois réunies par conquête ou par consentement plus ou moins volontaire. Ces régions, ayant bénéficié du statut de territoires autonomes aux débuts de l’époque soviétique et appelées depuis «républiques» [respoubliki], sont des foyers à forte concentration de communautés ethniques avec leurs langues, leurs cultures et leurs mœurs, différentes de celles de la majorité ethnique du pays. Les relations entre les chefs locaux et le Kremlin évoquent le système de gouvernement impérial plutôt que fédéral, dans la mesure où l’exercice du pouvoir sans partage par ces chefs est conditionné par la déclaration d’une loyauté pleine et entière, sinon de la soumission, vis-à-vis du chef suprême: Vladimir Poutine.

Le maintien de cet espace mosaïque, qualifié par le président d’ «acte héroïque» [podvig] des Russes, représente une importante source de légitimité pour le régime politique en place. C’est au moment de la «deuxième guerre de Tchétchénie» que Poutine, fraîchement nommé Premier ministre avant de succéder à Boris Eltsine à la tête de l’État, jette les bases de son image d’homme fort capable d’endiguer la menace séparatiste et de garantir l’ordre et la sécurité pour tous. Par la suite, les dérives autoritaires du régime sont justifiées par cette stabilisation, dont l’un des objectifs serait d’éviter une nouvelle phase de désintégration du pays.

Vladimir Poutine, alors Premier ministre, et Akhmad Kadyrov, grand mufti de Tchétchénie devenu l’homme lige de Moscou dans la république à partir de 2000. Après son assassinat en 2004, son fils Ramzan Kadyrov lui succède. Il se trouve toujours à la tête de la Tchétchénie aujourd’hui et se pose en « premier parmi les poutiniens ». Itar-Tass/AFP

Toutefois, on a vu cette peur d’une dislocation de l’État s’estomper au fil des années, l’intégrité territoriale du pays «coûte que coûte» étant progressivement devenue sujet à controverse. Songeons au slogan «Arrêtons de nourrir le Caucase», lancé par des nationalistes russes au début des années 2010 et soutenu par l’opposant Alexeï Navalny pour protester contre les transferts budgétaires, jugés disproportionnés, que reçoivent les républiques musulmanes du Nord-Caucase. Un autre exemple, plus récent: le vif échange entre Vladimir Poutine et le cinéaste Alexandre Sokourov, membre du Conseil présidentiel russe pour les droits humains, qui a proposé de «laisser partir» les territoires «ne souhaitant plus vivre avec nous dans le même État» et selon les mêmes lois fédérales. Dans sa réponse, le président russe a mis en garde contre la reproduction du «scénario yougoslave» en Russie, faisant référence aux guerres ethniques qui se sont déroulées sur le territoire de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Une diversité intrinsèque

Si la construction nationale en Russie reste profondément marquée par le passé impérial du pays, les autorités cherchent à mobiliser des valeurs censées rassembler le plus grand nombre. Ce sont les valeurs patriotiques et conservatrices, ou «traditionnelles», promues par l’État et les acteurs paraétatiques, dont l’opposition parlementaire loyale au Kremlin, l’Église orthodoxe russe ou les autorités spirituelles musulmanes. Ce supposé consensus conservateur n’est pourtant pas la baguette magique qui permettrait d’outrepasser les divisions internes.

L’une d’elles est symbolisée par un écart persistant entre ethnos et demos, la communauté ethnoculturelle et la communauté de citoyens. Cette distinction est d’abord terminologique: ce qui est «russe» [rousskiï, l’adjectif relatif à la langue, à la culture et à l’ethnicité] n’est pas égal à ce qui est «de Russie» [rossiïskiï, l’adjectif relatif à l’État et au domaine public]. Mais elle reflète aussi une réalité tangible: sur près de 146 millions d’habitants du pays, trente millions environ appartiennent à des groupes ethniques (ou «nationalités») minoritaires. Une bonne partie de ces groupes se désignent comme des nations et peuvent, à certains égards, être décrits comme tels.

La diversité intrinsèque au contexte russe s’exprime également sur le plan religieux. Aux côtés d’une grande majorité de citoyens –jusqu’à 70%, soit cent millions de personnes– se déclarant comme chrétiens orthodoxes (bien qu’il s’agisse d’une identification culturelle plutôt que religieuse), 20 millions d’habitants de la Russie sont de culture ou de religion musulmane. La proportion de ces populations musulmanes est d’ailleurs susceptible de s’accroître dans les prochaines décennies, en raison des tendances démographiques et du facteur migratoire, ce qui aura des conséquences majeures sur les débats identitaires dans le pays.

La promotion de l’appartenance à une communauté des citoyens de Russie pourrait permettre de transcender ces différences ethnoculturelles. Or, en pratique, elle se heurte à la persistance d’une xénophobie «diffuse» qui vise les minorités dites visibles et couramment appelées «personnes d’apparence non slave».

Cette xénophobie n’épargne pas les citoyens de Russie ethniquement non russes, dont les représentants font systématiquement l’objet de stigmatisation et de discrimination. Les minorités, qu’elles soient autochtones ou issues de l’immigration récente (par exemple, des pays d’Asie centrale), sont les cibles d’émeutes ethniques ou raciales, comme ce fut le cas à Kondopoga, en Carélie, en 2006, ou à Biriouliovo, banlieue du sud-ouest de Moscou, en 2013.

Il est par ailleurs difficile de parler d’une communauté nationale qui adhère consciemment à l’État et à ses lois, pour reprendre la définition classique de la nation proposée par Marcel Mauss, dans un contexte où de nombreux Russes accordent une faible confiance aux institutions publiques. Ainsi, plus de 50% des interrogés ne font pas confiance à la police, aux pouvoirs régionaux et locaux, tandis que le taux de méfiance envers le gouvernement, le Parlement et les partis politiques dépasse, lui, les 60%.

Les choix ambigus des autorités russes

Ces dynamiques discordantes trouvent un écho dans l’ambiguïté des stratégies adoptées par les autorités russes pour y faire face.

D’abord, les autorités russes condamnent publiquement toute expression de xénophobie, mais contribuent en pratique à la légitimation des attitudes xénophobes via l’usage de notions comme «criminalité ethnique» ou le déploiement d’un discours anti-immigration. Par exemple, le maire de Moscou Sergueï Sobianine considère la «criminalité ethnique» comme «l’un des principaux problèmes» de la capitale russe et souhaite remplacer des travailleurs migrants sur les chantiers par des gens «d’une qualité supérieure», c’est-à-dire des citoyens de Russie issus des régions avoisinantes de Moscou.

Toutefois, depuis le début des années 2010, les autorités russes ont réprimé les groupuscules ultranationalistes et cherchent, dans le nouveau contexte géopolitique marqué par une confrontation aiguë entre la Russie et l’Occident, à canaliser la haine éprouvée par de nombreux habitants à l’égard des migrants et des minorités ethniques pour la projeter sur les pays occidentaux. En effet, l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a provoqué une baisse significative de la xénophobie interne, celle-ci ayant été partiellement redirigée vers les États-Unis et l’Ukraine.

Ensuite, les dirigeants russes mettent systématiquement en valeur le discours sur la Russie en tant qu’État «pluriethnique et multiconfessionnel», en insistant sur l’égalité des citoyens d’appartenances ethniques ou religieuses diverses. Mais en même temps, aujourd’hui ils s’investissent davantage dans la promotion du terme rousskiï, et non rossiïskiï, dans l’objectif de renforcer leur politique d’influence vis-à-vis de la diaspora russe dans l’espace de l’ex-URSS, et au-delà. La décision de Vladimir Poutine de mettre fin à l’apprentissage obligatoire des langues minoritaires dans les écoles publiques situées sur le territoire des républiques autonomes contredit ce discours officiel et sème les germes de conflits futurs.

Enfin, la crise ukrainienne, dont l’issue reste indéterminée, a mis un terme définitif à l’idée d’un éventuel projet d’intégration nationale entre la Russie et l’Ukraine. La seconde s’émancipe de la première, que ce soit sur un plan politique, économique, culturel ou même spirituel –avec la création de l’Église orthodoxe d’Ukraine, en décembre 2018, rattachée au Patriarcat de Constantinople. Cette séparation de deux pays historiquement et culturellement proches pourrait donner un nouvel élan à la construction nationale en Russie, comme c’est déjà le cas en Ukraine. Cependant, depuis l’annexion de la Crimée, la Fédération de Russie se retrouve dans la situation d’un État dont les frontières sont, et resteront, contestées depuis l’extérieur du pays.

Aussi peut-on remarquer que, trente ans après la fin de l’URSS, les structures identitaires de la société russe demeurent indéfinies, et les obstacles à la consolidation nationale encore nombreux.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Escrit per Joana Serra

Aquest llibre ens permetrà acostar-nos al que és i ha estat Catalunya Nord en aquest període del 1981 al 2021.

Els autors, en el pròleg, ens situen en el context de l’inici del període :

«A Catalunya Nord, l’agricultura anava malament i trigava a operar la seva mutació. El turisme de massa ho arrabassava tot i el rerepaís així com un turisme més verd, més cultural i patrimonial, tenien mal a emergir. Els mals endèmics: atur, dificultats d’inserció pel jovent, envelliment de la població, instal·lació de poblacions al·logèniques i pèrdua continua de l’ús de la llengua, eren al seu zenit. Tanmateix, ves per on, unes iniciatives agosarades portades per una nova associació, Arrels, aplegant militants i defensors del català, es concretarien en una ràdio i una escola.»

El maig del 1981 naixia Ràdio Arrels, l’única ràdio associativa que emet 100 % en català a Catalunya Nord, i potser de les poques que és tan fidel a la llengua a la resta dels Països Catalans. El setembre del mateix any, s’obria l’escola immersiva Arrels. Avui, 40 anys després, les iniciatives han prosperat i les celebren amb un llibre memòria il·lustrant la petita i la gran actualitat d’aquest país que han compartit amb la seva gent: 40 anys d’Arrels, 40 anys d’un país: Catalunya Nord, redactat per la mateixa associació i coordinat per Eric Forcada. Es tracta de la crònica dels esdeveniments que han marcat l’actualitat econòmica, cultural, social i política dels anys 1981 al 2021 en aquest petit territori.

Cada any s’hi destaquen notícies de temàtiques diverses. Per exemple, en l’àmbit social i polític, la lluita contra l’extensió de la pedrera de Vingrau, o les mobilitzacions contra la THT/MAT; el relleu en el poder municipal o el llarg regne de la família Alduy a Perpinyà, l’elecció d’un batlle d’extrema dreta a l’ajuntament de Perpinyà, Louis Aliot. Pel que fa a l’economia, la reestructuració del mon vitícola, l’emergència de l’agricultura biològica, l’or blanc i les dificultats de la indústria de la neu.

Arrels (2021)

També s’hi tracten aspectes culturals, com la creació d’infraestructures com ara la Casa Musical, la Maternitat d’Elna, o l’ampliació dels museus de Ceret i Talteüll. O la creació de noves entitats com ara Aire Nou de Bao. La revifalla i la gesta dels grans clubs de rugbi, la USAP i els Dragons Catalans.

S’hi afegeixen també informacions sobre l’ús de la llengua que ha minvat, malgrat la desaparició progressiva de l’autoodi i un prestigi creixent del català, i la progressió del seu ensenyament. Un interès també creixent pel Principat de Catalunya i el seu futur.

El llibre ens invita de manera molt amena a reflexionar sobre el futur de Catalunya Nord. La clau, segons els autors, la tenen els nord-catalans amb la capacitat, o no, d’acollir tots els nouvinguts per construir un projecte comú. Un projecte engrescador, que aporti il·lusió, que sigui respectuós de les persones, de la terra, de la identitat, de la cultura, de la història, de la llengua.

El propòsit dels redactors és d’arribar a una aproximació de tot allò que ha tingut transcendència durant 40 anys a través d’una actualitat que Ràdio Arrels ha anat seguint dia a dia amb els criteris d’objectivitat que la caracteritzen. Ràdio Arrels també ha anat recollint testimonis de l’actualitat d’aquests 40 anys al país. Per això es poden escoltar, a través de codis QR a cada pàgina del llibre, il·lustracions sonores i comentaris dels arxius d’aquesta ràdio.

 

[Font: http://www.laveudelsllibres.cat]

L’òbra comptarà dètz volums, dont lo quatren se publiquèt fa gaire

L’istòria de la cosina catalana e occitana se documenta e se publica pauc a cha pauc. Es previst que l’òbra comprenga dètz volums e que siá completament acabada d’aicí a dètz o dotze ans. “Costarà una vida entièra, mas soi una persona fòrça pacienta”, çò declarèt l’autor, Vicent Marqués. Fa gaire se publiquèt lo quatren volum.

Lo primièr volum es consagrat a las salsas, als aperitius, a las ensaladas e a las sopas; lo segond als topins e legums; lo tresen als legums secs, al ris e a las pastas, e lo quatren als peisses, al cauquilhum e als cefalopòdes. Cada volum presenta sus aperaquí 800 paginas un percors istoric, filologic, literari e cultural de qualques plats que configuran lo còrpus de la cosina que partejam lo mond d’Occitània e dels Païses Catalans. Malgrat que l’òbra siá editada en catalan, Jornalet publica en occitan qualques unas de las melhoras recèptas de la cosina occitana, en ne fasent un pauc l’istòria.

Nascut a Valéncia en 1950, Marqués es cosinièr e escrivan. A publicat de romans e de libres de cosina tradicionala. Fa aperaquí quaranta ans que comencèt la recèrca de donadas per escriure aquesta istòria de la cosina catalana e occitana. Segon lo reputat cosinièr catalan Ferran Adrià, l’òbra es “una pèça d’art”. Lo segond volum obtenguèt lo prèmi Best of the World dels Gourmand World Cookbook Awards.


MARQUÉS, Vicent. Història de la cuina catalana i occitana.
Volum 4: los peisses, lo cauquilhum e los cefalopòdes.
Edicions Sidillà, 2021. 896 paginas. 30 èuros.

 

MARQUÉS, Vicent. Història de la cuina catalana i occitana
Volum 3: los legums secs, lo ris e las pastas.
Edicions Sidillà, 2020. 900 paginas. 30 èuros.

 

MARQUÉS, Vicent. Història de la cuina catalana i occitana
Volum 2: los topins e los legums.
Edicions Sidillà, 2019. 920 paginas. 30 èuros.

 

MARQUÉS, Vicent. Història de la cuina catalana i occitana.
Volum 1: las salsas, als aperitius, a las ensaladas e a las sopas. Edicions Sidillà, 2018. 918 paginas. 39 èuros.

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[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Lo castèl de Pau prepausa una exposicion, nomenada “L’art de regnar”, sus l’istòria del reialme dels Fois-Labrit, dempuèi lo reialme de Navarra fins a la Renaissença

L'art de régner. Les souverains de Navarre à la Renaissance | Les carnets  d'ITEM

Se pòt vesitar al castèl de Pau una exposicion sus l’istòria del reialme dels Fois-Labrit, dempuèi lo reialme de Navarra fins a la Renaissença. Nomenada “L’art de regnar”, l’exposicion prepausa un viatge per l’istòria del país e s’i pòt veire de documents originals en occitan coma los fòrs de Bearn, los psalmes traduches per Pèir de Garròs (primièr document estampat en bearnés) e fòrça manuscrits. A mai, los vesitaires trobaràn tanben de retraches de sobeirans del país desconeguts pel public.

L’exposicion se pòt vesitar fins al 27 de febrièr. L’intrada es gratuita, mas tanben se pòt accedir a la vesita comentada del castèl de Pau jos reservacion. Mai d’informacion sus: chateau-pau.fr/agenda/evenement/lart-de-regner.

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

Le latin ? Une langue ancienne, une langue morte, devenue inutile dans notre monde contemporain, diront certains. C’est pour répondre à ces mauvaises langues qui s’égarent dans une vision étriquée du savoir que Marie-Pierre Delaygue-Masson a décidé de prendre la plume. Son court essai intitulé Le latin ? Un droit pour tous ! vient d’être publié par la nouvelle maison d’édition l’autreface créée en 2020.

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Publié par Victor De Sepausy

Forte de son expérience de l’enseignement du latin au collège et au lycée, l’auteure, agrégée de Lettres Classiques, nous invite, à travers ce petit livre vivifiant à redécouvrir l’ampleur des liens qui existent entre la Rome antique et la société française actuelle, tant dans sa diversité que dans sa complexité.

Les chiffres donnés au départ donnent le ton : l’enseignement du latin est en fort déclin ces dernières années à cause des réformes successives du collège et du lycée. Malgré de grands effets d’annonce, le mouvement de fond reste le même : celui d’une forme de disparition programmée. De moins en moins de collèges en éducation prioritaire sont en mesure de proposer encore l’option latin.

Si, au début des années 2010, le latin comptait encore deux heures en cinquième et trois heures en quatrième et en troisième, le nombre d’heures allouées à cette option se retrouve souvent réduit aujourd’hui à trois heures sur l’ensemble du collège (une heure en cinquième et deux heures en quatrième et troisième, parfois sous la forme d’un groupe réunissant les élèves de quatrième et troisième).

Il faut dire que ces heures doivent être prises à présent sur la marge établissement. Il n’y a plus d’heures spécifiquement fléchées pour cet enseignement, ce qui pousse à la disparition de cette option. La création d’un nouveau dispositif « français et culture antique » en sixième à la rentrée 2021 dans les collèges d’éducation prioritaire n’est en réalité qu’un pansement sur une jambe de bois.

Alors, direz-vous, pourquoi enseigner encore le latin aujourd’hui, dans un monde où l’anglais et le numérique sont les langages de l’universalité ? C’est sans doute qu’il est nécessaire de comprendre le monde dans lequel nous vivons, qui doit tellement à l’antiquité gréco-latine, pour pouvoir aller de l’avant de façon éclairée.

Parsemant son essai de références, d’explications légères, Marie-Pierre Delaygue-Masson nous donne autant de pistes pour repenser la place du latin dans l’enseignement au collège. Et « Non, le latin n’est pas trop difficile. L’apprentissage de cette langue ancienne fait goûter la saveur du français. La civilisation latine vit encore autour de nous, à travers ses monuments, nos peintures, nos opéras… Rome nous parle aussi par son luxe et son art de vie. Elle apparaît même très actuelle, autant par ses luttes de classes que par son esprit d’ouverture. Mais elle nous étonne par sa conception de l’histoire et de la politique. Elle peut être encore plus éloignée de nous et nous choquer par la violence de ses mœurs. Notre esprit critique se nourrit de ce dépaysement. »

Alors, si vous croyez que l’apprentissage de la traduction de textes latins n’a plus de sens aujourd’hui, ouvrez ce livre vivifiant, et vous changerez immédiatement votre regard sur cette langue. En quelques pages, l’auteure nous en donne pour notre culture, et l’on repart riche d’une compréhension plus profonde de notre langue et de notre civilisation à travers l’évocation d’un empire qui a essaimé sur l’ensemble du pourtour méditerranéen, laissant des côtes françaises aux côtes africaines, en passant par la Turquie, l’Espagne ou encore le Liban des monuments qui témoignent de la richesse culturelle de cette époque.

L’ouvrage La latin ? Un droit pour tous ! (127 pages, 9,50 €), joliment présenté, avec en couverture l’enlèvement des Sabines revisité par Bérangère Mauduit, comporte aussi une frise chronologique originale.

La maison d’édition lautreface, qui a vu le jour sous l’impulsion de Sandrine Levasseur, a pour ambition de s’intéresser à l’envers des a priori et des réponses toutes faites. Il s’agit d’offrir aux lecteurs des textes « qui interrogent notre culture et notre monde ». 

REtrouver un extrait

M-p. Delaygue-masson A PRECISER
Le latin? un droit pour tous!
09/11/2021 9,50 €

 

 

[Source : http://www.actualitte.com]

Escrito por Claudio Ferrufino-Coqueugniot

a Alicia Coqueugniot Espeche, mi madre

Así rezan unas líneas de La cumparsita en la voz del uruguayo Julio Sosa, el « Varón del tango ». Esta canción tiene una especial historia. Inicialmente compuesta por Rodríguez Matos para una comparsa estudiantil en Montevideo, fue alcanzada al director Roberto Firpo que la incluyó en su repertorio. Décadas después, Firpo alegaría que cuando la recibió le añadió aditamentos que le dieran cierta sofisticación, incluso algo de Verdi. Luego Pascual Contursi le puso la letra que la haría tan famosa, aquella que Gardel cantó bajo el nombre Si supieras. Todo ello dio lugar a la gran controversia sobre la autoría, los antecedentes, derechos legales y etcéteras. Rodríguez Matos recibió muy mal el hecho de que el Zorzal Criollo la cantara con el título cambiado. Una y otra versión se inmortalizaron, aunque la de Contursi es la que más comúnmente se acepta como la original. Rodríguez Matos continuó componiendo y después se lo olvidó, mientras que Contursi ha quedado entre los mayores exponentes del género.

El tango fue baile de cafisios, danza de putas. De origen incierto, se han tejido historias de diversa naturaleza. Tango sería una derivación de Xangó, el dios de los yorubas, todavía venerado en Brasil y entre la sobreviviente población negra del Río de la Plata. No hay que descartar esa opción; la música negra ha influido de manera notable las expresiones culturales de América. Sin África, el continente tendría distinto rostro.

Mucho del tango proviene del folklore criollo, lo que reconocería herencia española y también una subyacente -y sugerente- herencia india. El folklore del norte argentino nace de la mixtura de lo ibérico con lo nativo. Carlos Gardel, Ignacio Corsini, Agustín Magaldi, Gabino Ezeiza, comenzaron cantando zambas y gatos. En el caso de Ezeiza, precursor del tango, puede considerársele payador, igual a aquellos que en el Martín Fierro, de José Hernández, tocaban guitarras y cantaban tristezas alrededor del fogón. Corsini interpreta La pulpera de Santa Lucía, cuyo texto habla de épocas de la frontera sur antes de la expedición al desierto y el posterior genocidio indígena que tan bien relatara Lucio V. Mansilla, general y escritor del ejército argentino. Magaldi, quien hacía giras por el interior de la provincia de Buenos Aires y la nación, donde conoció a la fatídica Eva Duarte-Perón, tiene en su repertorio ancianas canciones que todavía rememoran a Lavalle y su lucha contra la Restauración. Música que se cantaba en el siglo diecinueve, mucho antes de la masiva inmigración europea a la Argentina. Sin embargo hay rastros de Italia en el tango. Compositores como Firpo, el poeta Caruso, Juan « Pacho » Maglio, el cantor Alberto Marino, provenían directamente de allí, en general del sur, Calabria y Sicilia, o eran descendientes directos.

El tango es un cúmulo de culturas que se afincó en la Argentina. Decir que es francés implica un error que refiere únicamente al supuesto lugar de nacimiento de Gardel (Toulouse), sin negar la presencia de Francia en la música bonaerense, y recordando además que grandes orquestas y cantores argentinos comenzaron o vieron su mayor éxito en París, incluido el gran Morocho.

Volviendo a la raíz criolla del tango, no hay que olvidar que el dúo Gardel-Razzano hizo su fama cantando con dos guitarras. La orquesta es posterior y el tango canción se afirma como tal recién a partir de los años cuarenta. Si obviamos grandes nombres como los mencionados, que practicaban el tango-canción, las grabaciones muestran que los vocalistas previos a esos años se limitaban a entonar estribillos y no la letra completa. De ahí se los conoce con el nombre de « estribillistas », muchos de los cuales, caso Charlo, Alberto Gómez y otros, se integrarán a la nueva modalidad de gran orquesta con cantor de inmediato. Del baile de cuchilleros al gran salón, la música de Buenos Aires se expandió en todas las clases. Un señorito como Borges quedará fascinado con la leyenda de taitas y malandrines. Escribirá, dentro de su innegable y feliz europeísmo, tangos y milongas. En Borges, lo popular, lo gauchesco y su secuela urbana de villas pobres y compadritos, tendrá, como afirma Ricardo Piglia, una especial importancia. El fino escritor será el albacea del léxico popular argentino, una de sus grandes pasiones. De Jorge Luis Borges, con música de Astor Piazzolla, alguien le dice al tango: Tango que he visto bailar/contra un ocaso amarillo/por quienes eran capaces de otro baile/ el del cuchillo (…). Un similar ocaso que viera mi padre, Joaquín Ferrufino Murillo, cuando dejaban para siempre un pueblo del Valle Alto -donde su progenitor ejercía de subprefecto- y sobre el aire flotaba el bellísimo tango de Pacheco Huergo y Virgilio San Clemente, El Adiós

Borges, en Evaristo Carriego, decide que el argentino es un individuo y no un ciudadano. en relación al tango, de origen negro y festivo inicialmente, su afirmación traduce la intrínseca alegría africana, a pesar de las vicisitudes de la esclavitud, en melancolía europea, en la desgraciada carga que significó América, en particular la Argentina, para millares de inmigrantes. Así anota José Lino Grünewald en su Carlos Gardel, Lunfardo e Tango. Allí sintetiza la historia de este baile, conjunción de culturas y danzas, de habanera y vals, de percusión esclava y adiciones multirraciales, de Andalucía y el tanguillo, del fandango. Música esencialmente citadina con trazos de marca rural. Grünewald comprime una historiación que detalla sus elementos. Dice: « Gardel criou as formas cantáveis do tango, como disse Horacio A. Ferrer. Pascual Contursi inventou o tango com letra. Vicente Greco e Juan Maglio ‘Pacho’ ‘socializaram’ o tango das orlas. Pedro Maffia desenvolveu a execução do tango com o bandoneon. e Enrique Santos Discépolo antecipou o modus de sua filosofia. O tango, neste sentido, está longe do folclore. Nunca a sua origen é colectiva ou anônima, porém vivida e individual. A catarse é individual, nisso não há dúvidas. »

En esta catarsis personal como escribe el autor brasileño, el tango se desarrollará en innúmeras sensibilidades, no variedades, y será tan extenso en su difusión como producción que tratar de señalizarlo bajo un par de nombres, notablemente el de Gardel, peca de ingenuidad ignorante. Que el Zorzal fuese lo más representativo de esta expresión cultural es probable, o que Magaldi disputase a Corsini una segunda ubicación en esta troika imperecedera de artistas, también; incluso que Canaro fuese mejor compositor que Lomuto se podría aceptar, pero no que el tango « son » ellos; equivaldría a olvidar un espectro en extremo profuso y, a pesar de su individualidad, colectivo.

Podría existir un origen muy antiguo en el lundu portugués, prohibido en el siglo XV. Siguiendo con Grünewald y sus anotaciones, Mario de Andrade reconocería en esta forma de canto-danza el origen asimismo del fado. Y en América del Sur, en variantes que originarían la zamba, la cueca, la zamacueca, y, seguramente y con anterioridad a las mencionadas, la marinera peruana, con añadidos y originalidades venidos de la forzada inmigración de los negros de Angola.

Hay multitud de escritos y autores de tango. Casi todos subyugantes. Se debe por supuesto a la universalidad que alcanzó, gracias a su condición de fenómeno urbano, en detrimento de otros tipos de música y canción de raíces también sugerentes y misteriosas, cuyo aislamiento geográfico no compartió la mística de la canción bonaerense ejemplificadora en su tiempo, principios del siglo XX, -mejor que ninguna otra ciudad del planeta- el cambiante mundo que se avecinaba. La muriente Europa quiso reflejarse en la rutilante, y altamente contradictoria, urbe del Plata. Su rival, New York, no produjo algo similar. No salió tango de las calles de Manhattan; otra era la dinámica del norte.

Hablar de tango es reunir una síntesis riquísima de experiencia humana. Anarquistas como Juan de Dios Filiberto se integraron con burgueses opulentos a quienes la diáspora, el spleen, la inventiva y modernidad de un nuevo siglo y un nuevo continente, que ya era antiguo pero inexplotado o desconocido en las orillas platenses, les produjo la misma sensación de angustia y abandono, la lujuria por destruir la pena en la sensualidad movida de los cuerpos.

Pero el tango nació pobre; a principios del ochocientos se hablaba de lugares de tango o tambo para negros donde se ejercitaban bailes reprochables. El gran Francisco Canaro cuenta en Mis memorias como bailaban los muchachos lustrabotas, vendedores, entre hombres, al ritmo de un organito popular, en la calle. Canaro, como Filiberto y muchos otros, sufrió las penurias de la miseria. Vendía periódicos con sus hermanos en las esquinas y se agenció con una vieja caja el oficio de embetunador. Fabricó su primer violín con una lata vacía de aceite y alegraba las fiestas de la barriada con tangos como El llorón, su primer aprendizaje. El mismo Canaro que creció hasta el limbo y educó a un público internacional con la belleza de su música. Compositor, ejecutante, director, su nombre ilustra las páginas memorables del sonido porteño, aunque fuese nacido en Uruguay de padres italianos. Cultor de un tango por decir clásico, añadió al repertorio el valsecito criollo (Desde el almaCorazón de oroSoñar y nada más), que se propagó por el continente americano y fue la esencia musical romántica hasta la irrupción del bolero.

Personalmente, me adhiero al tango de principios del novecientos, extendiendo mi gusto hasta mediados de la década del treinta. El tango instrumental con un paulatino desarrollo hacia el tango cantado, atravesando la deliciosa época del estribillismo, que presagiaba el imperio de la voz sobre el ritmo, pero que aún se equilibraba con él.

Tengo la dicha de una madre argentina y un padre cochabambino, ambos de profunda afición al tango. De ellos me viene la pasión, mas no las piernas. Soy escucha, no bailarín. Acumulo datos e historias de algo que presumiblemente llega a su fin, aunque vanguardias como la de Piazzolla intentasen -sin éxito- recuperarlo. En las tardes de verano, cuando el calor esfuma los misterios con su ramplonero espectro, me acuno en la soledad del tocadiscos y sueno y resueno a dos grandes orquestas: la Víctor y la Brunswick (las grandes compañías disqueras guardaban orquesta propia, para grabación, no para el público: la RCA, la Odeón). La Orquesta Típica Víctor (1925-1945), de notables músicos, Cayetano Puglisi y Elvino Vardaro entre ellos, con una cronología que pasa del instrumento al estribillo y del estribillo a la gran orquesta, y la efímera Brunswick (1929-1932), dirigida en inicio por el soberbio bandoneonista Pedro Maffia.

El listado es infinito. Extraigo unos nombres al azar, como en tómbola, y caen D’Arienzo, el rey del compás; Ada Falcón, Imperio Argentina, Ferrazzano, Edgardo Donato, Rufino, Príncipe Azul, Irusta y Demare; Alfredo de Angelis, Rosita Quiroga… Y sobre el crepúsculo, como en aquel adiós del valle cochabambino, se recuestan las figuras de mis padres bailando en la fanfarria de carnaval tangos con Antonio Bisio, mientras los hijos, seis, hasta las diez con permiso, contemplábamos un encuadre fascinante y majestuoso.

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[Publicado en Puño y Letra (Correo del Sur/Chuquisaca) – imagen: cubierta de la partitura de La Cumparsita (Rodríguez Matos), circa 1916 – reproducido en lecoqenfer.blogspot.com]

Quelques fiches individuelles des employées de la Compagnie Générale Transatlantique. Des documents administratifs sommaires mais contenant des précieuses informations. EPCC French Lines & Compagnies, Fourni par l’auteur

 

Écrit par François Drémeaux

Enseignant-chercheur en histoire contemporaine, Université d’Angers

 

Il est rarement question des femmes dans la marine marchande. Récemment encore, elles ne représentaient qu’une toute petite partie des effectifs navigants. Sur les paquebots toutefois, la main-d’œuvre féminine se développe dès le XIXe siècle, d’abord comme une nécessité sociale pour encadrer les migrantes, puis comme une exigence commerciale afin d’attirer et de rassurer la clientèle aisée. L’historiographie britannique a ouvert de riches perspectives dans le domaine, mais le point de vue français sur le rôle et la place des navigantes reste à découvrir.

Au cours de l’entre-deux-guerres, les transgressions de genre sont rares de la part des femmes dans l’univers maritime. Elles occupent des emplois de service qui leur sont traditionnellement réservés à terre. Leur situation n’en est pas moins originale : elles doivent s’adapter à un monde maritime confiné, régi et codé par des hommes ; indispensables au service commercial de la compagnie, elles sont recrutées avec difficulté pour la variété et la complémentarité de leurs compétences ; de retour à terre, leur statut social est changé par cette expérience professionnelle. Ces parcours ont pu être reconstitués grâce à des archives des années 1930.

Vue de Manhattan depuis la poupe de Normandie. En bas à droite de l’image, une femme de chambre est accoudée au bastingage. Cliché anonyme, 1936. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Deux cartons… sur dix mille

Au Havre, l’établissement public French Lines & Compagnies conserve plus de 30 000 objets et cinq kilomètres linéaires d’archives. Un fonds unique en Europe pour l’histoire des compagnies maritimes de 1851 aux années 1990.

En 2019, j’étais en mission pour sonder les documents non classés du site, l’équivalent de plus de 10 000 boîtes d’archives qui dorment encore sur les rayonnages sans que leur contenu ne soit identifié. Avec cet accès privilégié, j’ai pu entreprendre quelques dépouillements exploratoires sur des thèmes encore peu pratiqués, en particulier en histoire sociale.

Les dossiers du personnels navigant représentent une manne précieuse et j’envisageais de travailler sur les marins de la ligne d’Extrême-Orient. Ces cartons contiennent des chemises de 10 à 100 pages, retraçant des carrières parfois longues et mouvementées. Mais c’est une absence qui m’a intrigué : pas une femme !

En cherchant dans la base de données de l’établissement, seulement deux cartons évoquaient des présences féminines. Deux maigres boites, contenant 214 fiches individuelles. Ces documents étaient physiquement séparés des autres personnels et seule une page récapitulative a été conservée pour chaque employée. Cette indigence documentaire m’a convaincu de creuser un peu plus ce sujet. En partant des hommes sur les mers d’Asie orientale, je suis donc arrivé aux femmes au service des paquebots transatlantiques… Un grand écart qui représente, en soi, une émotion pour le chercheur. Depuis trois ans, mes travaux explorent les interactions sociales au sein de la marine marchande, et la présence du personnel féminin était déjà parmi les questionnements, mais je suis ravi qu’elle se soit imposée d’elle-même, comme un rouage incontournable de cette sociohistoire maritime en construction.

Qui étaient ces femmes ?

La compilation des informations contenues dans ces fiches, de l’état civil aux états de service en passant par les commentaires des contremaîtres, a permis de constituer une base de données instructive. Les employées au service de la Compagnie Générale Transatlantique (CGT) sont avant tout femmes de chambre (70 %), puis blanchisseuses (12 %), infirmières (8 %) et nourrices (6 %). Elles travaillent loin des espaces publics des navires et dans l’intimité des passagers, et vivent à l’écart des personnels masculins. Les 4 % restants sont vendeuses ou manucures, les seules à disposer d’un accès direct aux communs.

Les infirmières possèdent des compétences recherchées, a fortiori si elles ont pratiqué dans le système de santé américain. Cliché Byron à bord de Normandie, 1935. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Ces femmes sont globalement célibataires et expérimentées ; 76 % d’entre elles sont veuves, divorcées ou n’ont jamais été mariées au moment de leur premier engagement, alors que celui-ci intervient à un âge relativement mûr (34 ans en moyenne). Contrairement aux lignes britanniques, les veuves sont bien moins nombreuses, au profit des divorcées (inexistantes sur les navires d’outre-Manche) et des célibataires endurcies. Ce recrutement ébauche un profil particulier et donne une idée du tempérament affranchi de ces employées. C’est aussi un confort pour l’employeur, car le mariage est source d’instabilité. Les épouses ont des carrières plus courtes et il n’est pas rare que l’autorisation de travailler soit retirée par le mari.

L’appel de l’aventure

Par-delà ces considérations, c’est une autre découverte qui m’a émue. Alors que j’interrogeai des forums de collectionneurs sur les réseaux sociaux pour obtenir des documents au sujet de ces femmes, un ami m’a confié une photographie anonyme de 1936. Depuis la poupe du paquebot Normandie, New York s’éloigne sous le regard des passagers de première classe. Dans le coin inférieur droit de ce cliché, une femme de chambre est accoudée au bastingage et contemple la scène. Ces employées issues de milieux modestes pouvaient donc accéder à l’un des plus impressionnants spectacles du monde contemporain.

Ce constat a des implications importantes : il interroge les motivations profondes de ces femmes qui occupent un emploi exigeant loin de chez elles, mais aussi le statut que leur confère ce travail une fois de retour à terre. L’aspect financier n’est pas déterminant. Les femmes de chambre ou les infirmières sont mieux payées en mer, certes, mais seule la petite élite qui côtoie les premières classes des plus prestigieux paquebots peut espérer tripler ses émoluments grâce aux généreux pourboires américains.

Les fiches individuelles dessinent les vies passées de ces femmes : Odette Blomme a passé deux ans comme serveuse à Londres, Marthe Dufour est impaludée suite à un passage sous les tropiques, Juliette Heininot a vécu deux ans aux États-Unis et quinze ans en Amérique du Sud, Marceline Hue sept ans aux États-Unis et a « beaucoup voyagé », Céline Lemarchand 26 ans en Amérique, Ernestine Mathieu 17 ans au Canada, et ainsi de suite, dans une grande variété d’expériences et de durées.

Dépliant publicitaire de la CGT à l’attention du public américain, fin des années 1930. Le personnel féminin est désormais mis en valeur. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Même sans de lointaines expériences, ces navigantes sont habituées à se déplacer en France. Le lieu de naissance, de domicile et de l’emploi précédent sont fréquemment différents. Sans nécessairement calquer l’image de la New Woman des années 1920, il est probable que la volonté de fuir, la curiosité pour l’étranger, l’appel de l’aventure et le désir d’émancipation soient de puissants moteurs.

Vies marginales

Les compagnies maritimes restent des lieux d’emprise masculine et ne sont pas des structures qui favorisent le changement de la condition féminine. Les paquebots accueillent des femmes qui vivent en dehors de la norme de leur époque, offrant ainsi un espace professionnel à leur mesure. Les possibilités d’évolution de carrière sont néanmoins minces, voire inexistantes. Le travail est soumis à des cadences harassantes, sous l’étroite surveillance de chefs de service – toujours des hommes, contrairement aux lignes britanniques – qui imposent une discipline militaire. L’intempérance n’est pas tolérée et toute forme de socialisation est suspecte. La sexualité est un enjeu discret mais fréquent. Lorsqu’Eugénie Fiquet est mise à l’index pour son comportement inapproprié avec un passager, son chef demande à ce qu’elle soit remplacée par une « ancienne autant que possible ». À travers la syntaxe et des terminologies rudes, les femmes sont systématiquement responsables des tentations, toujours initiatrices des relations.

La communication à l’attention de la clientèle américaine insiste sur le luxe et le confort, et notamment la prise en charge des enfants par des nourrices compétentes. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

La CGT doit pourtant composer avec précaution. Ces employées sont rares, d’autant plus que la compagnie française exige qu’elles parlent anglais a minima, soient élégantes dans le service et puissent être polyvalentes. Des compétences qui ne sont pas nécessairement mieux rémunérées qu’ailleurs. Outre le goût du voyage, il reste le prestige du statut comme motivation. Certaines femmes de chambre demandent spécifiquement tel paquebot ou telle classe, car les affectations, dans un port comme Le Havre, influent sur les représentations sociales.

La plus belle émotion de la découverte repose ici : parvenir, sans préméditation ni intention initiale, à exhumer ces tranches de vie marginales, oblitérées dans un univers maritime masculin, et comprendre les raisons et les choix de ces femmes.

[Source : http://www.theconversation.com]

El último libro de Néstor Kohan, Hegemonía y cultura en tiempos de contrainsurgencia soft (Ocean Sur, 2021), es de lectura urgente para comprender a profundidad los procesos actuales que el comandante Fidel Castro consideró como batalla de ideas, en los ámbitos de la cultura y las ciencias sociales.

Escrito por Gilberto López y Rivas 

El libro está precedido por fragmentos de sendos escritos de dos respetados profesores argentinos, secuestrados y desaparecidos por la dictadura militar, Daniel Hopen y Haroldo Conti, que muestran uno de los rasgos distintivos del fascismo y el terrorismo global de Estado: su odio a la intelectualidad revolucionaria. Estos epígrafes conllevan un propósito central de la obra: mostrar que, pese a represiones o cooptaciones, es posible resistir al enemigo de la humanidad y la vida en el planeta: el capitalismo y los Estados imperialistas que imponen su explotación y dominación a los pueblos oprimidos y recolonizados por la vía de una contrainsurgencia letal, que ha provocado catástrofes humanitarias en numerosos países, o una contrainsurgencia soft, blanda.

Néstor Kohan no es dado a irse por las ramas. Entra directo a expresar que se embarca en una sociología de la cultura e historia intelectual con la declarada intención de desatar polémica, lo cual siempre logra, girando su trabajo en torno a tres problemas centrales: hegemonía/contrahegemonía, imperialismo y contrainsurgencia.

El libro trata un caso en particular: Cuba y su lucha contra el imperialismo estadunidense, la metáfora de David y Goliat, que ha sido una dramática realidad por más de 60 años: enfrentar con éxito las incontables incursiones militares abiertas y encubiertas, sabotajes, guerra bacteriológica, intentos de asesinato de dirigentes, actos terroristas, el bloqueo y las acciones de sus múltiples aparatos de inteligencia y contrainteligencia, que se complementan con el más notorio: la Agencia Central de Inteligencia (CIA). Esta estrategia de contrainsurgencia militar ha sido acompañada de otra táctica imperialista dedicada a minar la moral y hegemonía socialista de la revolución cubana. A la denuncia sobre el papel que juegan las fundaciones fachadas de la CIA que proporcionan los fondos para la compra de conciencias, Néstor, con su ya proverbial erudición, va desbrozando la maleza ideológica de una contrarrevolución que se esfuerza por “construir una opción pretendidamente ‘democrática’ […] contra el proyecto comunista, al que sigue calificando, con escasa originalidad, de ‘totalitario’ […], donde las palabras ‘democracia’ y ‘república’ se enarbolan sin nombre ni apellido, sin referencias de clase ni determinaciones históricas, sociales ni geopolíticas”.

En torno al reciente debate cubano, Néstor afirma que revolución cultural es lucidez y es socialismo, sobre todo en el contexto de la crisis capitalista más profunda de la historia, en la que la especie humana está en peligro. Precisamente, en los momentos en que circulaba la demanda del Premio Nobel para la brigada médica cubana internacionalista Henry Reeve, y en plena emergencia sanitaria del Covid-19, estalla, ¡qué casualidad!, el Movimiento San Isidro en Cuba, el cual, como era de esperarse, recibe la cobertura mediática ­internacional.

Néstor observa, con dolor, las firmas de amigos y compañeros en un manifiesto, junto con conocidos trásfugas, y se debate entre la amistad y la necesidad ética de definirse frente a ese movimiento, optando por no perder la brújula del eje de la lucha de clases y las relaciones de fuerza, a partir del cual hace un recorrido crítico de gran envergadura teórica, sobre la línea discursiva del manifiesto. Kohan reitera su posicionamiento, con el que concordamos plenamente: “Revolución socialista, la cubana, que durante décadas ha sido y seguirá siendo la única vacuna y el único antídoto para garantizar la autodeterminación nacional y popular de Cuba frente a las pretensiones anexionistas de Estados Unidos, sea en su versión neofascista, sea en su presentación light y soft, igualmente imperialista”.

Asumiendo que los conflictos y los intentos de dominación no han desaparecido y que la guerra ideológica, fría, tibia o caliente, abierta o encubierta, simétrica o asimétrica, continua, y a propósito de la polémica sobre imperialismo, ciencias sociales y cultura, Kohan convoca a recuperar un programa antiimperialista y anticapitalista actualizado y acorde con nuestra época, como una tarea urgente y en el centro de la agenda. Exhorta a reactualizar y elaborar colectivamente nuevos planes culturales contrahegemónicos. Remontar la pendiente inclinada de las derrotas genocidas que padecimos, desmontando la avalancha asfixiante de propaganda y manipulación de la opinión pública que enfrentamos a diario.

El estudio y la discusión sobre este oportuno y excelente libro de nuestro camarada y amigo Néstor Kohan ofrecen las herramientas teóricas para estar a la altura de estos desafíos.

 

[Fuente: http://www.jornada.com.mx]

 

 

 

 

Orwell descendió a las simas donde se oculta el Leviatán y pasó una temporada en su vientre, escrutando sus entrañas. Nos contó lo que vio y nos advirtió que nunca había que bajar la guardia. Leer sus artículos es una buena forma de mantenerse despierto y alerta

Algunos escritores nos dejan imágenes que revelan lo que hay en su interior. No son simples instantáneas, sino gestos que expresan su concepción de la ética, la política o las relaciones humanas. Al escribir sobre George Orwell, pseudónimo de Eric Arthur Blair, se me vienen a la cabeza varias imágenes que retratan su forma de entender la historia, la moral o la literatura. La primera es una famosa fotografía con las milicias del POUM. Orwell se encuentra al fondo. Solo se lo identifica por su estatura, que sobresale notablemente, superando a sus compañeros por una cabeza. Su pelo alborotado le imprime ese aspecto de estudiante bohemio e indisciplinado al que Eton no ha logrado domesticar. Parece un advenedizo, un ejemplar exótico en un lugar muy alejado de su hábitat. Orwell pensaba que iba a luchar contra el fascismo de los militares sublevados, sin sospechar que el virus de la intolerancia también había infectado las filas republicanas. La persecución del POUM cambiará profundamente su visión de la política, convirtiéndole en una de las primeras voces que criticó el comunismo desde la filas de la izquierda, pues nunca renunció a sus convicciones socialistas. Orwell consideraba que la misión del intelectual era entrometerse en los escenarios más peliagudos, husmeando debajo de las alfombras. La impertinencia no es un efecto colateral, sino la esencia de su quehacer.

Orwell fue un testigo incómodo de la Guerra Civil. Desmontó las versiones maniqueas, señalando que el totalitarismo poseía dos máscaras: fascismo y comunismo. Se anticipó a Hannah Arendt gracias a su experiencia como combatiente en el frente de Aragón, donde un francotirador franquista le hirió en el cuello con un balazo que casi le cuesta la vida. Orwell siempre temió la muerte por causas naturales. Pensaba que la biología nos aboca a una agonía nauseabunda, pero comprobó que una herida de guerra no era mucho mejor. Sobrevivir al disparo de un soldado enemigo, no le libró de una muerte prematura. Enfermo de tuberculosis desde la época de Sin blanca en París y Londres (1933), cuando intentaba triunfar como escritor y sus escasos ingresos le obligaban a frecuentar los comedores públicos y dormir en albergues, falleció en 1950 en un hospital londinense. Nacido en la India británica en 1903, Orwell pasó a la historia como un raro ejemplo de equilibrio entre política y literatura, dos ámbitos que suelen repelerse, pero que él logró conjugar con acierto. Autor de dos de las novelas más influyentes del siglo XX, Rebelión en la granja (1945) y 1984 (1949), su figura ha sido alabada y denigrada con fervor. Acusado –falsamente- de delator y reaccionario, sería absurdo negar sus flaquezas, como sus prejuicios homófobos, pero es innegable que su obra ha prestado un valioso servicio a la causa de la libertad, desenmascarando las artimañas del pensamiento totalitario.

La segunda imagen de Orwell que acude a mi mente es la que le muestra examinando una espada japonesa. El escritor británico nunca fue pacifista. De hecho, opinaba que el pacifismo favorecía a los tiranos. Cuando Hitler bombardeó las ciudades inglesas, se pronunció a favor de responder con la máxima dureza: “Si alguien deja caer una bomba sobre vuestra madre, dejad caer dos bombas sobre la suya”. Cuando le vemos con un cigarrillo en la boca desenvainando una espada japonesa, entendemos que no habla en broma. Orwell apreciaba mucho el coraje, la camaradería masculina y la belleza de las armas. Policía en Birmania durante cinco años, detestaba el autoritarismo, pero siempre fue un hombre de acción y jamás escondió su desprecio por los revolucionarios de salón. La tercera imagen que completa en mi memoria el perfil de Orwell exhibe su sonrisa frente a un micrófono de la BBC. Lejos de cultivar el aislamiento del escritor recluido en su torre de marfil, siempre prefirió mancharse con el barro de la historia. Voluntario antifascista en España, flagelo de los totalitarismos y agitador político con vocación pedagógica, Orwell concibió la escritura como un servicio público y no como una expresión de la subjetividad o una aventura estética.

Entre 1937 y 1949 escribió docenas de artículos que abordaban las distintas facetas del totalitarismo, un fenómeno complejo que no se circunscribe exclusivamente al terreno de la política, sino que también afecta al ámbito de la religión, la ética, la estética y la psicopatología. DeBolsillo acaba de publicar una selección de esos textos agrupados bajo el título Opresión y resistencia. En sus páginas, Orwell no se conforma con realizar análisis teóricos. Escritor con una aguda conciencia de su tarea como artífice de mundos sostenidos por la palabra, reflexiona sobre las motivaciones que le han impulsado al terreno de la creación literaria. En un arranque de sinceridad, admite que recurrió a la escritura para compensar sus fracasos en la vida cotidiana, pues se sentía inadaptado e infravalorado. Ese propósito, solo vagamente consciente en sus inicios, no le llevó a cultivar una literatura intimista o formalista. Nunca experimentó la urgencia de crear una obra de arte, sino de denunciar injusticias o llamar la atención sobre tragedias apenas conocidas. Jamás le interesó explorar los límites del lenguaje o conocerse mejor mediante la introspección. “La buena prosa es como el cristal de una ventana” y solo prospera mediante la “anulación constante de la personalidad”. Escribir nunca le resultó placentero: “Es un combate horroroso y agotador, como si fuese un brote prolongado de una dolorosa enfermedad”. Escribir no es una elección racional, sino el fruto de una fatalidad: “Nadie emprendería jamás semejante empeño si no le impulsara una suerte de demonio al cual no puede resistirse ni tampoco tratar de entender”.

Orwell evoca su participación en la Guerra Civil española desmitificando la retórica bélica y la épica comunista. La rutina del frente carece de ardor guerrero. Fundamentalmente, se lucha contra el hambre, el frío, el miedo, el sueño y los piojos, y cuando surge la oportunidad de matar al enemigo, a veces se producen inesperadas paradojas, como le sucedió a él, incapaz de disparar a un fascista que huía con los pantalones bajados. Orwell no condena la guerra. Admite que es el mal, pero en ocasiones es “el mal menor”. A veces hay que pelear para sobrevivir y “para hacerlo hay que ensuciarse”. Todos los bandos cometen atrocidades, pero no todos los contendientes son iguales. Siempre hay una causa más justa que otra. En el caso de la Guerra Civil española, había que tomar partido por los obreros y campesinos, explotados y maltratados, o por la burguesía, preocupada exclusivamente por sus privilegios: “El odio que la República española suscitó en los millonarios, duques, cardenales, playboys, conservadores y no sé cuántos otros bastaría para mostrar cómo son las cosas en realidad. En esencia, se trataba de una lucha de clases. De haber triunfado, la causa de la gente común habría salido fortalecida en todas partes. Pero se perdió, y los que viven de sus rentas en el mundo entero se frotaron las manos. Ese fue el asunto de fondo, y el resto es mero parloteo”.

Orwell se burla de los que acusan a los obreros de materialistas, señalando que las necesidades del estómago son mucho más urgentes que las del alma. Paradójicamente, las circunstancias políticas internacionales provocarán que los comunistas españoles acaben luchando indirectamente al lado de los golpistas, frenando las tendencias revolucionarias de los anarquistas. La consigna de Stalin es que las democracias occidentales deben saber que la Unión Soviética ha renunciado a exportar la revolución a otros países. Las purgas contra el POUM incluirán la manipulación periodística. Por primera vez, Orwell descubrirá que la prensa oculta hechos, los deforma o los inventa. Es una de las estrategias básicas del totalitarismo. No es suficiente alterar el presente. También hay que modificar el pasado, si resulta conveniente. El objetivo es que la mentira adquiera el prestigio de la verdad. Orwell confiesa que esa forma de proceder le “atemoriza mucho más que las bombas”. Un mundo donde un líder político pueda decidir que dos más dos son cinco sumiría a la humanidad en una oscuridad terrorífica.

En su evocación de la Guerra Civil española, Orwell, que no es un simple publicista sino un literato, no se limita a contrastar ideas. Su memoria rescata dos recuerdos que le parecen más reveladores que cualquier panfleto. El encuentro con un joven miliciano italiano –“fiero, conmovedor, inocente”- que le sonríe mientras le estrecha la mano le corroborará la existencia de una generación de hombres y mujeres de admirable dignidad. Sabe que el fascismo no descansará hasta exterminar a esos luchadores que encarnan la posibilidad de un mundo mejor. Ya en el frente aragonés, alguien robará un paquete de puritos a Orwell y acusarán a un joven barcelonés de los arrabales, con la piel muy oscura y de aspecto casi árabe. Lejos de protestar, el muchacho se dejará registrar. Descalzo, menudo y vestido con harapos, cuando su inocencia queda acreditada, no exige ninguna disculpa o satisfacción. A pesar de no ser culpable, no ha intentado defender su dignidad. “En el fatalismo de su actitud –escribe Orwell- podía verse la desesperada pobreza en que había sido criado”.

El desencanto experimentado en España no implicó un cambio de ideas. Orwell jamás dejó de identificarse con el socialismo democrático. Siempre soñó con las milicias rojas acuarteladas en el Ritz, pero quiso dejar muy claro que él no era uno de esos intelectuales de izquierdas que se burlaba del patriotismo o del arrebato experimentado en el campo de batalla, cuando el individuo descubre que forma parte de un cuerpo imperecedero y místico. “Un movimiento socialista inteligente utilizará el patriotismo en vez de limitarse a insultarlo”. Partidario de la independencia de la India, Orwell aboga por la nacionalización de los sectores estratégicos, pero considera necesario ser respetuoso con la tradición, preservando instituciones como la monarquía. Le preocupa el hedonismo de los ingleses, que desactiva la ambición y la capacidad de resistencia frente a la adversidad. Asegura que si el totalitarismo se extiende por todo el planeta, la literatura desaparecerá, pues no puede desarrollarse sin libertad. Afirma que el principal pecado de la izquierda ha consistido en pretender ser antifascista sin ser antitotalitaria. Esta falta quizás hay que atribuirla al misticismo revolucionario. No es posible regenerar la sociedad, utilizando la violencia como método de acceso al poder. Los izquierdistas no reparan en eso, tal vez porque el dogmatismo ideológico engendra “hombres huecos” (T. S. Eliot), incapaces de pensar por sí mismos. Cualquier cambio duradero debe basarse en la educación de las masas. Sin pedagogía, no habrá progreso. Lo cierto es que de momento el concepto de proletariado internacional es un mito. Un partido de fútbol moviliza más a los trabajadores que la conciencia de clase. Eso sin contar que la prosperidad de los obreros ingleses depende de la explotación de los trabajadores de la India, casi reducidos a la esclavitud. Orwell se adentra en el terreno de la psicopatología reconociendo que la actividad revolucionaria muchas veces es el resultado de un desajuste personal: “la gente saludable y normal no se siente más atraída por la violencia y la ilegalidad que por la guerra”.

Aunque Orwell se declara socialista democrático, muchas veces habla como un liberal: “Si algo significa la libertad, es el derecho a decirle a la gente lo que no quiere oír”. No parecen las palabras de un socialista, que suscribe una ideología con dogmas casi místicos, como que al final de la historia se impondrán la justicia y la igualdad, sino las de un librepensador, siempre dispuesto a ser intempestivo e impertinente. Orwell admite que su socialismo nace de la repugnancia que le produce la explotación de los trabajadores y no de la fe en la economía planificada. El socialismo alberga la creencia irracional de que el paraíso es posible en la Tierra, pero lo cierto es que la Unión Soviética no es el Edén, sino una dictadura donde el Partido ha ocupado el lugar de la burguesía, convirtiéndose en la nueva clase dominante. Ya en los años 30, con una historia relativamente breve, parece un Estado teocrático que ha sacrificado la verdad objetiva. Sus consignas son verdades inmutables ante la opinión pública, pero los líderes pueden alterarlas en cualquier momento. El totalitarismo exige una obediencia ciega, pero prescinde de la coherencia, algo inconcebible para un verdadero escritor. La literatura es incompatible con cualquier forma de ortodoxia. El escritor siempre es un hereje, una voz discordante. Por eso, los inquisidores de todas las épocas responden a sus palabras con el fuego. “Si desaparece la cultura liberal en la que hemos vivido desde el Renacimiento –escribe Orwell, expresándose otra vez como un liberal y no como un socialista-, el arte literario perecerá con ella”.

El socialismo es un credo optimista, pero ese talante no se observa en el autor de Rebelión en la granja y 1984. Su visión del panorama internacional es sombría. Piensa que la ONU es perfectamente inútil y nunca logrará ser un freno efectivo para la guerra. Se muestra partidario de la unidad de Europa bajo la égida de la socialdemocracia y cree que es imprescindible mantener el servicio militar obligatorio, preparando a la población para defenderse de agresiones de los gobiernos totalitarios. Orwell acusa a Gandhi de facilitar el dominio inglés con su apología de la no violencia. Su santidad, que incluía la abstención de comer carne y mantener relaciones sexuales, le parece inhumana. Entre Dios y el hombre, Gandhi elige a Dios. En cambio, Orwell se inclina por el hombre y elogia los placeres de la Tierra. El pacifismo encierra una trampa letal: “Si no estás dispuesto a quitarle la vida a alguien, con frecuencia debes estarlo a que se pierdan vidas de otra manera”. A pesar de sus críticas, Orwell reconoce la talla moral de Gandhi: “¡qué olor tan limpio consiguió dejar detrás de sí!”.

Los artículos de Opresión y resistencia no han perdido vigencia. El nacionalismo y el fanatismo religioso han regresado. En Europa y Estados Unidos, el populismo ultraconservador no deja de ganar adeptos. El antisemitismo se ha debilitado, pero no ha desaparecido el odio racial, ahora desplazado a los inmigrantes musulmanes. El comunismo se ha convertido en una fuerza residual, pero la crisis de 2008 le proporcionó oxígeno, rescatando ese aliento utópico que hipnotizó a varias generaciones. El Leviatán a veces se esconde en las profundidades, pero puede volver a la superficie cuando las masas, abrumadas por la inseguridad y el miedo, suspiran por el amparo de un Estado fuerte y paternal. Vivir bajo la sombra de un dragón puede ser una grata experiencia para el que ha conocido la precariedad y la incertidumbre. Orwell descendió a las simas donde se oculta el Leviatán y pasó una temporada en su vientre, escrutando sus entrañas. Nos contó lo que vio y nos advirtió que nunca había que bajar la guardia. Leer sus artículos es una buena forma de mantenerse despierto y alerta. La libertad es una larga vigilia que se prolonga más allá del amanecer, pues el poder totalitario nunca renuncia a su ambición de esclavizar al ser humano.

[Fuente: http://www.elcultural.com]

 

Suas obras descrevem os grandes processos da modernidade: as Revoluções, os Impérios, o Capital. Mas também foi atento: as tradições inventadas, ao jazz, aos bandidos… Marxista, foi vigiado pelo MI5 — e jamais aceito pela historiografia conservadora

Escrito por Urariano Mota

Neste primeiro de outubro de 2021, é lembrado em todo o mundo o gênio de Eric Hobsbawm, que faleceu em um dia como hoje em 2012. Se não nos enganamos, ele foi o maior historiador do século vinte. Talvez a sua obra se mantenha ainda acima dos demais até mesmo nos mais recentes dias deste século. Como agora, quando atravessamos um Brasil de governo fascista.

É uma pena, é lastimável, que em alguns estudos acadêmicos ele seja posto de lado, porque possuiu até o fim da vida uma filiação marxista. A direita e seus liberais não o suportam. E por quê? Antes de taxá-lo e tachá-lo de indivíduo comunista, como se isso fosse um grau menor de ética em um homem, deveriam pelo menos ver as contribuições e conceitos inovadores que a sua obra inaugurou.  Como a “invenção da tradição”, sobre a qual Hobsbawm trouxe esta luz: “Muitas vezes, ‘tradições’ que parecem ou são consideradas antigas são bastante recentes, quando não são inventadas. Aliás, sempre que possível, tenta-se estabelecer continuidade com um passado histórico apropriado… A propósito, deve-se destacar um interesse específico que as ‘tradições inventadas’ podem ter, de um modo ou de outro, para os estudiosos da história moderna e contemporânea. Elas são altamente aplicáveis no caso de uma invenção histórica comparativamente recente, a ‘nação’, e seus fenômenos associados: o nacionalismo, o Estado nacional, os símbolos nacionais, as interpretações históricas, e daí por diante”.

Observe-se a propósito o que o grande historiador Evaldo Cabral de Mello pensa sobre a tradição da Batalha dos Guararapes, até hoje ensinada nas escolas e monumentos cívicos como o cerne da nacionalidade brasileira. No livro “O Negócio do Brasil – Portugal, os Países Baixos e o Nordeste, 1641/1649”, o historiador pernambucano escreve que a expulsão dos holandeses não foi resultado de guerra heroica, da Batalha dos Guararapes, mas de um acordo pelo qual Portugal pagou 4 milhões de cruzados (equivalentes a 63 toneladas de ouro) para ter o Nordeste brasileiro de volta. Um fato que não entra na tradição inventada.

Lembremos ainda, de passagem, o seu conceito de “banditismo social”. Em seu livro Bandidos, moderno e clássico à semelhança de poesia, ele diz:

“Convém que comecemos com a ‘imagem’ do ladrão nobre, que define tanto seu papel social quanto sua relação com os camponeses comuns. Seu papel é o do paladino, aquele que corrige os erros, que ministra a justiça e promove a equidade social. Sua relação com os camponeses é de solidariedade e identidade totais. O ladrão nobre inicia sua carreira de marginalidade não pelo crime, mas como vítima de injustiça, ou sendo perseguido pelas autoridades devido a algum ato que estas, mas não o costume popular, consideram criminoso”.

Notem que Hobsbawm possuía o talento raro, raríssimo, de extrair o que é universal de características locais. Ele escreve Bandidos a partir do estudo partícular de casos de famosos marginais na Inglaterra, China, México, Estados Unidos, Itália, Espanha… Mas é impossível para um nordestino do Brasil não ver no trecho acima um retrato de Lampião! E, de fato, o bandido social do Nordeste é referido em vários pontos do livro, como aqui:

“Quando Virgulino Lampião tinha 17 anos, os poderosos fazendeiros Nogueira expulsaram os Ferreiras (da família de Lampião) da fazenda onde viviam, acusando-os falsamente de roubo. Assim começou a rixa que o levaria à marginalidade. ‘Virgulino’, recomendou alguém, ‘confie no divino juiz’, mas ele respondeu: ‘A Bíblia manda honrar pai e mãe, e se eu não defender nosso nome, eu perderei minha humanidade’… (Diante da sua morte) a reação de um sertanejo talvez seja mais típica. Quando os soldados chegaram com as cabeças dos cangaceiros, de forma a convencer todos de que Lampião estava realmente morto, um sertanejo disse: ‘Mataram o Capitão porque a reza forte nada adianta na água’. É que o último refúgio de Lampião havia sido o leito seco de um ribeirão, e de que outra forma, senão pelo fracasso da magia, podia-se explicar a derrota de Lampião?”.

Mas esses livros acima, de conceitos inovadores, são apenas duas de suas muitas contribuições publicadas, que vão do jazz à recriação original da história. A sua fama se fez nos livros que se tornaram best-sellers:  A Era das Revoluções, que fala da transformação do mundo entre 1789 e 1848, da Revolução Francesa de 1789 à Revolução Industrial inglesa; A Era do Capital, que trata da expansão da economia capitalista em todo o planeta, de 1848 a 1875;  A Era dos Impérios, de 1875 a 1914 ; A Era dos Extremoso breve século XX, que interpreta o período de 1914 a 1991, do qual diz no prefácio: “O meu tempo de vida coincide com a maior parte da época de que trata este livro e durante a maior parte de meu tempo de vida — do início da adolescência até hoje — tenho tido consciência dos assuntos públicos”.

Trata-se, portanto de um historiador de vista larga e profunda, que refletiu sobre as dores e alegrias dos séculos sobre os quais escreveu. Ou melhor, dos séculos sobre os quais participou escrevendo.  Neste momento, tenho diante de mim a biografia “ERIC HOBSBAWM Uma vida na história”, um tijolaço agradável, suave de 728 páginas, anotado, mastigado e digerido. Pois é, quando um assunto nos interessa, também mastigamos tijolos como a mais apetitosa iguaria. Mas o melhor virá a seguir. Em um resumo da vida de Eric Hobsbawm, o seu biógrafo Richard Evans diz em uma entrevista:

“Eric Hobsbawm nasceu em Alexandria, cresceu em Viena e Berlim e se estabeleceu no Reino Unido (nasceu e continuou sendo um cidadão britânico). Hobsbawm passou muito tempo na França na década de 1930 e novamente na de 1950. Seus relatórios escolares indicam que sua língua nativa era inglês/alemão – sua mãe, uma tradutora, insistia que a família falasse em inglês em casa. Ele tinha um francês fluente e, mais tarde, aprendeu italiano e espanhol.

Hobsbawm esteve sob vigilância do MI5 desde a guerra – por quanto tempo, não sei, já que não tive permissão para ver o mais recente dos sete arquivos volumosos que compilaram sobre ele. Era um homem totalmente inofensivo – ao contrário dos ‘cinco espiões de Cambridge’, que causaram muitos danos. Mas, como estes eram todos ingleses de classe média alta com origens impecáveis, o MI5 e o MI6 confiavam neles, ao contrário de Hobsbawm, que, de alguma forma, era estrangeiro e não se encaixava naquele perfil”.

Já no prefácio do livro, o biógrafo Richard Evans nos acorda: “Só no Brasil, as vendas de seus livros chegaram a quase 1 milhão de exemplares”. Inacreditável, no fim da ditadura brasileira, houve um tempo que se destacava pelo amor à cultura, pela leitura de um clássico vivo. Mas recuemos um tempo antes, porque importa agora a movimentação de Hobsbawm contra a corrente liberal e reacionária. Em 1943, ele publica em um artigo sobre a Revolução Francesa, durante a Segunda Guerra Mundial:

“O Terror tem sido difamado e caluniado desde a queda de Robespierre. Nós, que estamos engajados numa guerra total, podemos julgar o momento com mais visão. Mas, para conseguir a verdadeira perspectiva, devemos aprender a vê-lo, não só com os olhos de lutadores pela liberdade de 1943, mas com os olhos dos soldados comuns que, descalços e famintos, salvaram o seu país, porque era um bom país para salvar. Para eles o Terror não foi um pesadelo, mas a aurora da vida”.

Para mim é difícil um ponto da sua biografia, quando ele anota sobre o Recife de 1962:

“Uma pobreza desesperadora em toda parte. Os habitantes parecem não ter feito uma refeição decente há dez gerações: raquíticos, nanicos e doentes”. Mas “havia sinais de revolta, as Ligas Camponesas tinham aprendido a se comunicar com seus eleitores. O potencial de organização camponesa é imenso”.

Na biografia, há trechos cômicos, ou quase cômicos, na altura em que o nosso historiador marxista, aos 80 anos, resolve aceitar uma homenagem oficial da rainha. Chega a ser comovente a forma esperta e dialética que ele dá para o recebimento:

“Eu não poderia ter aceitado um título de nobreza. Eu nunca mais conseguiria olhar na cara dos meus antigos camaradas”. Ainda assim, aceitou a nomeação de um Companion of Honor (Companheiro de Honra). E quando se ajoelhou num tamborete para receber da rainha a fita e a medalha de Companheiro de Honra se desculpou: ‘Minha mãe gostaria que eu fizesse isso’ ”.

Acho que até Robespierre compreenderia.

Em uma palestra na Creighton Lecture, com o poder de síntese em que era mestre, destruiu numa única frase a afirmação vulgar de que a história é escrita pelos vitoriosos. Ele disse: “Os perdedores produzem os melhores historiadores”.

Os melhores escritores também, acrescento. E aqui vai uma agradável descoberta da relação entre Eric Hobsbawm e o Brasil. Foi entre os brasileiros que a Era dos Extremos alcançou o maior sucesso em todo o mundo! Desde o fim dos anos 1980, os laços de Eric Hobsbawm com o Brasil se tornaram bem próximos. O biógrafo conta que, em sua chegada em 8 de junho de 1988, ele foi manchete na primeira página da Folha de São Paulo. Na ocasião, ficou na casa do editor brasileiro, Gasparian, em São Paulo. Então o editor o levou junto com a esposa até uma praia. Mas aconteceu um problema:  o carro em que viajavam foi parado por um policial. O diabo foi que o editor brasileiro havia esquecido a carteira de motorista. Na agonia, Gasparian explicou ao guarda quem era Eric Hobsbawm, e como prova mostrou a foto do historiador na primeira página da Folha de São Paulo daquele dia. O policial olhou, olhou, comparou a primeira página com as faces ao vivo no carro, magras, inconfundíveis da feiúra de Hobsbawm,e mandou que seguissem viagem. Sem mais explicações. Ótimo foi o comentário de Hobsbawm para o acontecimento:

– Essa foi a primeira vez em que meu ofício de historiador me livrou da polícia.

Sobre o seu estilo claro, agradável em expor as questões mais indigestas de modo que todos entendessem, Hobsbawm declarou em uma oportunidade:

“Eu não desenvolvi meu estilo de prosa lendo historiadores. Sempre considerei o escritor Bernard Shaw como um modelo do que um homem inteligente pode fazer com a prosa: eu tive de ler todos os textos dele para minha tese de doutorado”. Que lição para os nossos doutores de prosa mais dura. Sigam Hobsbawm, leiam, degustem, compreendam a literatura, e depois exponham as brilhantes ideias.

Em janeiro de 1999, EricHobsbawm foi entrevistado pelo jornalista Antonio Polito, em italiano, que o historiador falava bem.  Entre outras perguntas sobre até que ponto a perspectiva de Eric ainda estava enquadrada no marxismo, ele respondeu de modo mais frontal o que acima de tudo era o marxismo. Resposta genial do historiador:

“O marxismo mostra que, ao ter compreendido que um estágio específico da história não é permanente, a sociedade humana é uma estrutura bem-sucedida por ser capaz de mudar, e por isso o presente não é o seu ponto de chegada”.

Isso é um conforto para todos nós nestes dias. O fascismo ainda não é o ponto final da nossa jornada no Brasil.

Na festa do seu último aniversário aos 95 anos, em junho de 2012, a escritora Claire Tomalin, ilustre biógrafa de Charles Dickens, Thomas Hardy e Jane Austen, contou que Hobsbawm conversou muito com todos, com verve e sabedoria, e com uma presença de espírito não ofuscada pelas dores físicas que sentia. Na ocasião, o historiador fez piadas para os anos que teria pela frente, pois ainda ia ver o fracasso do capitalismo. Naquela idade, e nas condições difíceis de saúde em que se encontrava, a escritora pensou: “Eric é um mágico”.

O historiador faleceu em primeiro de outubro daquele mesmo ano de 2012.

É impossível a um leitor, de qualquer país, não se emocionar com a batalha da vida pelo socialismo do pensador Eric Hobsbawm.  Eu, que já ando de couro grosso com as perdas que temos visto de companheiros, camaradas e pessoas fundamentais que partem, ainda assim, fui vencido. Senti no mais íntimo de mim um estremecimento na madrugada desta semana, quando li esta fala da sua filha Julia:

“Sabe de uma coisa?, houve um momento maravilhoso quando ele já estava perto do fim. Ele disse para mil pessoas, no estande da Barclays Wealth. Ele estava realmente mal, sabe? E foi meio fantasmagórico – ele simplesmente se transformou num homem de 45 anos, bem na nossa frente, no palco. E desempenhou um verdadeiro tour de force. Foi absolutamente maravilhoso”.

Entre as instruções que deixou para o seu funeral, lembrou a filha Julia:

“Em meio a todos clássicos que desejava que tocassem, de Mozart, Schubert, ele escreveu que ‘gostaria de uma gravação da Internacional quando eu partir’, um lembrete de seu comprometimento de toda uma vida.

No fim, Ira Katznelson se aproximou do caixão e disse: ‘Agora vou recitar a clássica oração judaica, o Kaddish, a pedido de Eric’. E houve uma espécie de surpresa. As pessoas estranharam uma prece judaica numa cerimônia que Eric tinha insistido que fosse absolutamente secular. Mas foi uma recordação da sua mãe, que na infância lhe dissera para nunca dizer ou fazer qualquer coisa que o fizesse sentir vergonha de ser judeu. Ele agora estava cumprindo o desejo da mãe em sua memória, possivelmente quando mais importava”.

Urariano Mota é escritor e jornalista. Autor de “A mais longa duração da juventude”, “O filho renegado de Deus” e “Soledad no Recife”. Também publicou o “Dicionário Amoroso do Recife”.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Willy Ronis (1910-2009) est un photographe français juif. Ses œuvres constituent des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux. L’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA –  La vie avant tout ».

Publié par Véronique Chemla 

« La quasi-totalité des images présentées sont des photographies de hasard, parce que mon appareil ne me quittait jamais et parce que la rue offre à l’esprit curieux un spectacle permanent… La photographie c’est l’émotion », observait Willy Ronis.

Le Jeu de Paumela Monnaie de Paris et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ont présenté à Paris environ 150 photos, célèbres ou inédites, en des tirages d’époque et modernes supervisés par le photographe, extraites du fonds de la donation faite par Willy Ronis, à l’État français en 1983.

Cette rétrospective Willy Ronis, une poétique de l’engagement s’articule autour de cinq axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et la biographie de ce photographe incarnant, avec notamment Henri Cartier-Bresson (1908-2004), Robert Doisneau (1912-1994), Izraël Biderman dit Izis (1911-1980), René-Jacques (1908-2003), le courant de la photographie humaniste. Une rétrospective qui montre l’étendue du travail de Willy Ronis, de Paris à Prague (Le vieux cimetière juif de Prague, 1967) via Venise (La Giudecca, 1981).

À l’Espace Simiane (Gordes), une sélection de 75 photographies, parmi les plus célèbres et représentatives du style humaniste, compose cette exposition rétrospective réalisée par le Jeu de Paume, Willy Ronis, la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, la DAPA-Ministère de la culture et de la communication.

À Mantes-la-Jolie, la rétrospective Willy Ronis, photographe d’un siècle réunissant une centaine de clichés, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, « reprend le parcours de cet artiste qui a traversé le siècle pour nous léguer un regard très personnel sur une vision du monde du XXe siècle que l’on nomme le « courant humaniste ».

En 2017, le Jeu de Paume « présenta au Château de Tours, une exposition consacrée au photographe français Willy Ronis (1910-2009), réalisée à partir du fonds de la donation qu’il a faite à l’État en 1983. Organisée conjointement avec la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, cette exposition a rendu hommage à cet artiste de renommée internationale, en dévoilant des photographies restées encore méconnues ».

À l’espace culturel du Palais à Megève (Alpes), cette exposition rétrospective est revenue « sur le parcours de ce grand photographe, tour à tour reporter, photographe industriel ou illustrateur, qui marqua la photographie française du vingtième siècle. Elle met en exergue ses engagements politiques et ses évolutions stylistiques. »

« Pendant près de quatre-vingts ans – des années 1930 aux années 2000 – Willy Ronis a pointé son objectif sur les Français, arpentant avec un plaisir toujours renouvelé les rues de la capitale, les territoires industriels ou le sud de la France, mais aussi l’Italie, l’Angleterre, les États-Unis, ou photographiant, en pleine guerre froide, Moscou, Berlin et Prague. »

 

« A la fin de sa carrière, fidèle à ses engagements, il décide de faire don de son œuvre à l’État. Les tirages photographiques de cette exposition rétrospective sont un choix parmi les nombreuses archives de référence, dont celles de la bibliothèque du photographe conservés par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP). »

« Une section entière de l’exposition est consacrée aux Alpes et notamment à Megève, où Willy Ronis aimait à venir skier et où il réalisa, dans les années 1930, deux campagnes photographiques, l’une pour l’école de ski d’André Ledoux, l’autre à la demande de la revue Air France. »

Il magnifie les skieurs intrépides dans des œuvres où le contraste entre le noir des sapins s’opposent au blanc et aux nuances de gris de pentes neigeuses.

Une famille juive

Willy Ronis est né à Paris (9e arrondissement), en 1910, dans une famille juive.

Originaire d’Odessa (Ukraine), son père est photographe portraitiste. Sa mère, pianiste, est née en Lituanie et enseigne à Willy le violon, dont il joue jusqu’à l’âge de 25 ans. Cet enfant est passionné par la musique et par le dessin.

Avec son premier appareil photographique, Willy Ronis prend en 1926 des photos de vacances et de Paris.

En 1932, pour aider son père malade et en proie à des difficultés financières, il le remplace dans l’atelier familial.

En 1935, Willy Ronis devient membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), d’obédience communiste.

Quand son père meurt, en 1936, Willy Ronis dirige sans envie le studio de portraits qui fait faillite.

Il se lance alors comme reporter-illustrateur indépendant. Il réalise des reportages de commandes pour la SNCF et le Commissariat au Tourisme. Son reportage sur le Front populaire est publié par Regards.

En 1937, avec son premier Rolleiflex, il réalise un reportage publié dans Plaisir de France. Il se lie d’amitié avec les photographes Robert Capa (1913-1954) et David Seymour, dit Chim (1911-1956).

En 1938, il effectue des reportages sur les conflits sociaux chez Citroën, et participe, à l’invitation d’un ami, à une croisière en Adriatique et en Méditerranée avec des escales en Albanie, Yougoslavie, Grèce et Tunisie. L’occasion de reportages photographiques. Aidé par son ami Robert Capa, il en sélectionne 140 clichés qu’il adresse en 1939, à l’approche du conflit, à cinq agences européennes et américaines.

En 1941, fuyant les persécutions antisémites, refusant de porter l’étoile jaune, cet homme aux convictions communistes se réfugie en zone libre, bientôt rejoint par son frère cadet. Là, il exerce divers métiers artistiques : directeur d’une troupe de théâtre ambulant en zone libre, aide-décorateur pour les studios de cinéma de la Victorine (Nice), assistant dans un studio de portrait à Toulon, peintre sur bijoux avec la peintre Marie-Anne Lansiaux, etc.

Un photographe polygraphe humaniste

Willy Ronis rejoint Paris en octobre 1944.

Il poursuit son activité de photographe par de grands reportages publiés par la presse illustrée (Point de Vue, L’Écran français, Regards, Life, Le Monde illustré), et travaille dès 1950 pour l’industrie, Air France, la publicité et la mode (Vogue).

Avec notamment Robert Doisneau (1912-1994), Marcel Bovis, René-Jacques et Jean Séeberger, il est membre du Groupe des XV fondé en 1946 afin de promouvoir la photographie comme art et de sensibiliser à la nécessaire préservation du patrimoine photographique français.

Willy Ronis adhère au Parti communiste français (PCF). Il participe au Congrès international de la Paix à Varsovie (1951). Il rompt avec le PCF vers le milieu des années 1960, tout en restant proche de l’idéal communiste.

Il se rend à deux reprises en RDA (République démocratique allemande) : comme membre du jury d’Interpress à Berlin-Est (1960), et pour répondre à la commande de l’Association française d’échanges franco-allemands (EFA) en 1967.

De cette Allemagne de l’Est, en pleine guerre froide, il saisit les villes, les Allemands, la campagne, les sites industriels, les intellectuels (Anna Seghers). Assiste à la cérémonie érigeant le camp de concentration de Buchenwald en lieu commémoratif… À son retour, Willy Ronis élabore une exposition itinérante sur la vie quotidienne dans la communiste RDA, présentée dans 70 lieux en France jusqu’en 1974.

En 1946, Willy Ronis épouse Marie-Anne Lansiaux, qu’il immortalise dans le Nu provençal, Gordes, 1949. Un cliché épuré, un décor simple, une lumière naturelle, une scène de la vie quotidienne, une image imprévue saisie sur le vif. Une photo choisie pour l’affiche de la rétrospective à la Monnaie de Paris.

Ami des photographes Capa et Chim, Willy Ronis entre alors à l’agence Rapho. Il manifeste un intérêt pour les petites gens, les braves gens, le peuple au travail ou au repos, Paris et la diversité de ses quartiers et de ses métiers, les enfants, tel ce garçon emportant fièrement et joyeusement un pain presqu’aussi grand que lui.

Cet arpenteur de Paris initie un reportage sur les populaires quartiers de Belleville et Ménilmontant, car il affectionne les quartiers populaires parisiens. Ses clichés seront réunis en un livre avec un prologue et des légendes du poète Pierre Mac Orlan, Belleville-Ménilmontant (Arthaud, 1954), régulièrement réédité. Des reportages qui valent à Willy Ronis le prix Kodak en 1947.

Joyau de ses promenades sur le pavé de Paname, un cliché célèbre :  » Les Amoureux de la Colonne-Bastille, 1957 « . Un couple, Riton et Marinette, qu’il retrouvera en 1988, dans leur bistrot du quartier de la Bastille dans lequel ils avaient placé cette photo encadrée. Une photo emblématique de la qualité plastique de l’oeuvre de Willy Ronis, « indéniable marquée par une composition soignée et une grande maîtrise de la lumière héritée de son goût pour la peinture hollandaise ».

Des grandes villes – Londres (1955), New York -, ce promeneur curieux retranscrit la singularité urbanistique marquée par d’immenses néons publicitaires, le rythme trépident d’une foule anonyme et de la circulation automobile par le flou, privilégie des plans en plongée.

Ses voyages l’amènent aussi à Bruges (Belgique) en 1951 – photos de la procession solennelle des religieuses -, et aux Pays-Bas sur les traces des grands maîtres hollandais – Bruegel, Rembrandt entre autres – que son épouse artiste peintre et lui admirent tant – clichés en 1952 et 1954 des enfants et adultes néerlandais en costumes traditionnels dans les ports de Volendam et de Spakenburg -, etc.

En 1955, ce « photographe polygraphe », ainsi qu’il se définit, refusant la spécialisation, suivant sa curiosité reprend pendant 17 ans son indépendance, réalise des reportages à Alger (1969), etc. Il se constitue une clientèle, une renommée et une audience internationales.

Willy Ronis a « toujours refusé toute collaboration qui ne respectait pas son droit de regard sur les cadrages de ses photographies et sur leurs légendes : cette manifestation d’indépendance lui vaut au fil des ans des difficultés professionnelles et financières qui l’amènent en 1972 à quitter Paris pour le Midi ; il s’installe d’abord à Gordes, puis à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) ».

Il enseigne son art, entre autres, à l’École des beaux-arts d’Avignon. Il effectue aussi des reportages sur la Provence.

Au fil des commandes et d’un travail personnel, l’œuvre de Willy Ronis aborde de multiples thèmes, en étant guidé par la volonté « d’être au plus proche de la réalité, volonté qui se traduit en particulier par l’élaboration d’une pratique totalement nouvelle de prise de vue sur le vif : maître mot de cette génération humaniste qui entend retranscrire la dignité de l’homme tout autant que l’environnement dans lequel il évolue ».

 

Willy Ronis a contribué « activement à l’élaboration du récit humaniste qui se développe après la Seconde Guerre mondiale. Ce courant de pensée s’était donné pour mission tacite de rétablir la confiance dans la bonté intrinsèque de l’être humain, et d’en faire le centre et la mesure de toute réflexion politique et sociale. Or, si ce courant ne se limite pas à la France, le discours humaniste de l’époque y prendra la forme d’un récit identitaire puissant. Ainsi l’anecdote, la parodie, la tendresse, le raffinement visuel, font partie des recours narratifs à la fois refuges et justifications de la photographie humaniste – mais aussi d’une certaine littérature et d’un certain cinéma. Les rues de Paris, ses quartiers populaires, les badauds, les enfants, les scènes quotidiennes ou champêtres, le repos dominical : autant de toiles de fond sur lesquelles les photographes conjuguent la poésie avec une volonté sincère de « changer le monde » (Marta Gili, directrice du Jeu de Paume et commissaire de l’exposition). De cette attention aux plus défavorisés, témoignent ses clichés des grévistes aux usines Citroën (1938) ou Renault (1950), dans les mines de Saint-Étienne (1948) et des ouvriers de Paris (1950). Sans aucune esthétisation de la misère et de la difficile condition ouvrière. Et avec la conviction que l’une des responsabilités d’un photographe est de « travailler toujours plus efficacement au rapprochement des peuples ».

La publication en 1980 d’un recueil de ses photographies Sur le fil du hasard (Éditions Contrejour) fait redécouvrir de nouveau Willy Ronis. Cet ouvrage lui vaut en 1981 le Prix Nadar (Contrejour). Suivent d’autres recueils de photographies : en particulier, Mon Paris (Denoël, en 1985). Toutes Belles, avec un texte de Régine Desforges (Hoëbeke, 1992), Quand je serai grand (Presses de la Cité, 1993), À nous la vie, avec un texte de Didier Daeninckx, (Hoëbeke, 1996), et, plus intime et familial, consacré à sa femme et à son fils, Marie-Anne, Vincent et moi, doté d’un texte de Bertrand Eveno (Filigranes, 1999), Ce jour-là (Mercure de France, 2006) et d’autres sur des textes de Michel Onfray ou Philippe Sollers.

Des documentaires télévisuels (Willy Ronis ou les cadeaux du hasard, de Patrice Noia 1989) et biographies (par Bertrand Eveno, Belfond, collection « Les Grands Photographes ») lui sont aussi consacrés.

Ses clichés sont sélectionnés dans de nombreuses expositions – ainsi au MoMA de New York avec Brassaï, Doisneau et Izis (1953), au musée des Arts décoratifs de Paris, avec Robert Doisneau, Daniel Frasnay, Jean Lattès, Janine Niépce et Roger Pic (« Six photographes et Paris »,1965) – et rétrospectives à Athènes (1980), au Palais de Tokyo (Paris, 1985), en URSS (1986) et à l’Oxford Museum of Modern Art (1995).

En 1979, à la demande du ministère de la Culture et de la Communication, Willy Ronis participe à la Mission photographique pour la direction du Patrimoine. En 1980, il est l’invité d’honneur aux XIe Rencontres internationales de la photographie d’Arles.

Willy Ronis est distingué par la Médaille d’or à la nouvelle Mostra Biennale internazionale de Fotografia de Venise (1957), le Grand Prix national des Arts et des Lettres pour la photographie (1979), le statut de membre de la Royal Photographic Society (Grande-Bretagne, 1993), le titre de Commandeur (1985) puis chevalier (1989) de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Willy Ronis revient à Paris en 1983, fait don de ses archives à l’État à effet post-mortem – une donation complétée en 1989 et qui réunit des milliers de négatifs, documents, albums, vintages et tirages modernes – et continue d’exercer son métier et d’être célébré jusqu’à l’année de sa mort.

À l’occasion du centenaire de la naissance de ce photographe français juif (1910-2009), trois rétrospectives sur Willy Ronis lui ont été consacrées à la Monnaie de Paris, à l’Espace Simiane (Gordes) et au musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie.

Dans le cadre du mois de la photographie, le Museu Da Imagem e Do Som (MIS), à São Paulo (Brésil), a présenté 80 photographies de Willy Ronis (1910-2009), photographe français juif. Des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux.

En 2013, la Galerie Camera Obscura a rendu hommage à « quatre grands photographes du siècle » dont Willy Ronis.

Un portrait filmé de Willy Ronis quelques semaines avant sa mort, complété d’entretiens inédits sur les coulisses de l’exposition, a été projeté à la Monnaie de Paris et sur les sites Internet http://www.jeudepaume.org/ et http://www.monnaiedeparis.fr/

Histoire diffusa les 21, 26 et 27 octobre ainsi que le 2 novembre 2015 Willy Ronis, autoportrait d’un photographedocumentaire de Michel Toutain (Pyramide Production). « En soixante-seize ans de pratique, Willy Ronis s’est photographié chaque année : premier autoportrait à seize ans, dernier à quatre-vingt-douze. Ces autoportraits rythment la construction de ce film dans lequel Willy Ronis parle de lui, de son art, de sa carrière. Il analyse aussi quelques-unes de ses images les plus célèbres, celles qui l’ont fait entrer dans l’histoire de la photographie ».

Le 13 décembre 2016, plus de 160 photos de Willy Ronis, provenant de la collection de son petit-fils Stéphane Kovalsky et offrant un panorama complet de son œuvre, ont été vendues chez Artcurial lors d’une vente aux enchères exceptionnelle.

Le Ministère de la Culture propose des photographies de Willy Ronis sur son site Internet.

Belleville

Arte diffusa le 11 janvier 2019 à 16 h 30, dans le cadre d' »Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » (Willy Ronis und Belleville / Suzhou / Maracana) par Fabrice Michelin. Linda Lorin « nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis – Bien avant Venise, Suzhou la Chinoise – Maracanã, le baptême d’un stade. Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis : « Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le photographe Willy Ronis découvre un quartier parisien à la mauvaise réputation : Belleville. L’artiste, qui s’y laisse guider par les sons et les lumières, capture sur le vif des instants de vie aujourd’hui envolés. »

« Willy Ronis en RDA »

À Versailles, l’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » : une rencontre de l’histoire et de l’émotion par la photographie. L’exposition virtuelle permet une visite personnalisée.

« Célèbre photographe humaniste français, Willy Ronis (1910-2009) a fondé sa renommée sur ses photos sensibles de Paris, ses illustrations des régions françaises, ses vues engagées du monde ouvrier et des mouvements sociaux. Willy Ronis se vit rarement confier des missions à l’étranger. La ville de Versailles lui rend hommage à l’Espace Richaud en exposant ses clichés pris en 1960 et 1967 dans l’ex-République démocratique allemande (RDA). »

L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » présente, « au travers de 130 tirages et de nombreuses archives, la richesse et l’originalité du travail du photographe dans ce pays mal connu et disparu, la RDA. Aujourd’hui, le reportage documentaire de Ronis est devenu un témoignage unique car le pays s’est radicalement transformé depuis la réunification. Selon une approche historique et pédagogique, l’exposition vise à enrichir la mémoire collective de l’Europe et à valoriser les liens franco-allemands, en premier lieu ceux qui unissent Versailles et Potsdam, villes jumelées. »

« Dans la salle introductive sont abordées la commande passée à Ronis par l’association Échanges franco-allemands (EFA) en 1967 et l’exposition itinérante qui en résulta. Y sont présentés des tirages d’époque (vintages) et des archives issus de la donation remise par l’auteur à l’État français. Des objets multiples, à découvrir sous vitrines, illustrent le propos : lettres, publications de l’EFA, documents de travail et photos de la première exposition créée par Ronis lui-même à Montreuil, en 1968. La voix du photographe accompagne la présentation de son travail : il accorda en effet à Nathalie Neumann, commissaire de l’exposition, des entretiens audio restés inédits à ce jour. »

« Le contexte politique singulier de la RDA est abordé via un ensemble de tirages de travail d’époque. Parmi toute la production apparaissent des messages engagés sous-jacents, les réalités sociales du pays, le mur de Berlin, la police, le culte des dirigeants. »

« Par la scénographie conçue par Laurence Fontaine, l’exposition favorise un rapprochement et une connivence avec la RDA dans le sens du message voulu universel par Willy Ronis : l’homme est au centre de ses images et de la société. Au cœur de l’Espace Richaud, dans l’ancienne chapelle, sont déployés des duos d’images, rapprochements de clichés pris en RDA et en France. Ce prisme comparatif France-Allemagne constitue le fil rouge de l’exposition. Ronis parlait ainsi de ses images : « J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. »

« En 1967, la mission explicite du photographe consistait à représenter une société comme il a pu le faire pour la sienne, la France. Sensible à la sociologie développée à son époque, Willy Ronis regroupa ses photographies selon des critères-clés comme les paysages urbains et naturels, les activités, les loisirs, l’enseignement… Des ensembles de tirages modernes sont mis en avant dans les deux galeries sud et la coursive du premier étage de l’Espace Richaud. Des portraits de personnalités du monde artistique et intellectuel, telles que Anna Seghers ou Christa Wolf, complètent le propos. Accompagnés de courtes biographies, ces témoignages permettent aux visiteurs d’appréhender la diversité de la culture, des sciences et de l’enseignement qui rayonnaient au-delà des frontières ».

« Impliqué dans l’enseignement et le journalisme, Willy Ronis profita de ses voyages pour visiter les industries et l’école supérieure de photographie est-allemandes. Ce sujet qui lui tenait à cœur est également abordé, dévoilant un pan peu connu de sa carrière. Autre découverte, ce reportage en noir et blanc fut complété d’une production en couleurs, certes en quantité moindre. Des tirages modernes de ses diapositives ponctuent le parcours. Le seul tirage en couleurs, exposé en 1968, a été restauré spécifiquement pour la présente manifestation ».

« Le commissariat de l’exposition est assuré conjointement par Nathalie Neumann et Ronan Guinée. Franco-allemande, Nathalie Neumann est historienne de l’art, chercheuse à l’université de Mayence et auteure d’expositions. Ronan Guinée est en charge du fonds Willy Ronis à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), service du ministère de la Culture en charge des archives des Monuments historiques et du patrimoine photographique de l’État. L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » est la concrétisation d’un partenariat entre la ville de Versailles et la MAP. Elle s’accompagne de la publication d’un catalogue par les Editions Parenthèses ».

Les éditions Parenthèses ont publié « Willy Ronis en RDA. La vie avant tout, 1960-1967 » de Nathalie Neumann et Ronan Guinée. « Les gens, les rues, les jours de fête ou les jours sans rien : que Willy Ronis photographie le vieux Paris ou les villes nouvelles d’Allemagne de l’Est, c’est là, toujours, que s’arrête son regard. Ainsi, lorsqu’en 1967 l’association « Échanges franco allemands » lui commande un reportage destiné à favoriser la reconnaissance par la France de la RDA, c’est « la vie avant tout » qu’il cherche à restituer. Humaniste engagé et « le cœur à gauche », il se fait le témoin d’un socialisme moderne au service du peuple, faisant l’impasse sur les limites du système.

« Pour s’être déjà rendu en RDA en 1960, Ronis sait immédiatement où regarder. À la commande, il répond par des photos de jeunes travailleurs, d’étudiants, ¬d’enfants jouant, de paysages, de moments ordinaires… Il photographie aussi les grands peintres, sculpteurs et écrivains et, autant que possible, l’enseignement artistique et l’industrie optique, qui le passionnent ».

« Exposé à son retour dans l’Hexagone dans près de quatre-vingts communes, ce travail joua alors son rôle politique et militant, laissant pour un temps l’art au second plan. »

« Libérés du contexte de la guerre froide, ces clichés de Willy Ronis, longtemps restés dans l’ombre, révèlent aujourd’hui toute leur profondeur esthétique et stylistique. Et si leur force mémorielle est indéniable, elle n’y enlève rien ; bien au contraire ».

« Je m’attache à inclure dans mes prises de vue le caractère humain, par le choix du geste et de l’attitude, par un souci de vie. » Willy Ronis

Citations de Willy Ronis 

(« Sur le fil du hasard », L’Isle-sur-la-Sorgue, 1979)

Un « type de sensibilité »

« Je n’ai, à ce jour, acquis aucune certitude et n’en éprouve nul complexe. La nature m’a attribué, pur hasard, un type de sensibilité qui m’a procuré pas mal de tourments mais aussi d’immenses joies. Merci ! J’ai creusé mes sillons avec mon instinct, ma petite honnêteté, chanté ma chanson à mi-voix ; je me suis souvent fait plaisir et cela compense le reste que, par bonheur, on oublie facilement ».

Une « certaine mélancolie »

« On remarque, paraît-il, une certaine mélancolie dans mes photos. Cela s’explique. J’ai eu beaucoup de loisirs forcés au cours de périodes de sous-emploi ; autant meubler ces vides avec la chasse aux images. Mais de telles conditions n’inspirent pas la joie, surtout qu’entre deux pressions sur l’obturateur on se dit qu’on travaille pour le tiroir. Mes chasses joyeuses, je ne les vécus que lorsque je volais mon temps à celui que je devais consacrer au travail commandé, ou lorsque le déclic provoqué par un événement inattendu faisait monter la fièvre des grandes émotions. Mélancolie souvent, mais pas pessimisme ; ça ira mieux demain ».

« La photographie, c’est le regard »

« La photographie, c’est le regard. On l’a ou on ne l’a pas. Cela peut s’affiner, la vie aidant, mais cela se manifeste au départ, avec l’appareil le meilleur marché. En tout état de cause, cela ne figure pas dans les colonnes de matériels qui font rêver les dévoreurs de catalogues ».

« Pour nous autres traqueurs d’imprévu, le surgissement du motif provoque aussitôt le passage à l’acte. Il n’y a pas ce refroidissement que risquent l’écrivain ou le compositeur, s’ils ne sont pas en mesure de transcrire, sur-le-champ, l’écho de leur émotion… Lorsque nous avons déclenché au moment ardemment espéré, où tout semble organisé dans l’ordre le plus juste, la seconde d’enthousiasme passée, surgit l’anxiété : est-ce bien dans la boîte !? »

« C’est la perception du temps fort qui commande le déclic, cet instant où nous estimons, au terme d’un rapide balayage du champ couvert par le viseur, que nous tenons, rassemblées dans une composition idéale, les diverses figures articulant ce ballet dont le chorégraphe, souvent génial, a pour nom le Hasard ».

« Faire la photo d’abord, réfléchir ensuite – si j’en ai le temps – ou penser aussitôt après que j’ai peut-être déclenché trop vite et voir si je peux recommencer, en mieux. Surtout ne jamais perdre du temps à peser soigneusement ceci ou cela ».

« L’aventure ne se mesure pas au nombre de kilomètres… L’émotion, si vous en êtes digne, vous l’éprouverez devant le sourire d’un enfant qui rentre avec son cartable, une tulipe dans un vase sur lequel se pose un rayon de soleil, le visage de la femme aimée, un nuage au-dessus de la maison ».

« Transformer le désordre en harmonie, c’est la quête constante du chasseur d’images. Cela conduit-il tout droit au maniérisme froid !? N’en croyez rien. Une photo signifiante, c’est une photo fonctionnelle, dans le plus beau sens du terme, et l’on sait depuis longtemps, par l’étude morphologique des oiseaux ou des poissons, par les travaux des stylistes sur les objets usuels, que la pureté des formes est le résultat d’une adéquation aboutie à leurs fonctions. Et la fonction d’une photo, c’est sa capacité immédiate à synthétiser son propos. Le photographe ne se promène pas, bien sûr, avec la grille du nombre d’or dans le viseur, mais il l’applique généralement par intuition, avec l’inévitable et heureux infléchissement de sa sensibilité. La belle image, c’est une géométrie modulée par le cœur ».

Du 19 mai au 10 octobre 2021

À l’Espace Richaud

78, Boulevard de la Reine. 78000 Versailles

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h

Tél. : 01 30 97 28 66

Visuels :

Affiche

Willy Ronis, Dans le parc du château de SansSouci, Potsdam (RDA), 1967

© Donation Willy Ronis, Ministère de la Culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diff.RMNGP

Rencontres franco-allemandes, organe de l’association EFA, n° 50, janvier 1968 © donation Willy Ronis, ministère de la Culture – MAP, diff. RMN-GP

Du 20 mai au 30 septembre 2021

Au Palais

247 Route du Palais des Sports. 74120 Megève

Visuels :

Willy Ronis

Place de la République, 14 juillet 1936, Paris

Île Saint-Denis, nord de Paris, 1956

Jeanne et Jacques, près de Paris, 1937

Le Nu provençal, Gordes 1949

La forge chez Renault, Boulogne-Billancourt 1950

« Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » par Fabrice Michelin
France, 2019
Sur Arte le 11 janvier 2019 à 16 h 30

Du 28 juin au 29 octobre 2017

Au Jeu de Paume – Château de Tours 

25, avenue André Malraux 37000 Tours
Tél. : 02 47 21 61 95
Du mardi au dimanche de 14 h à 18 h • Fermeture le lundi

Du 28 avril au 16 juin 2013
Au Museu Da Imagem e Do Som (MIS), São Paulo
Av. Europa, 158 – Jardim Europa, São Paulo, 01449-000, Brésil
Tél. : + 55 11 2117-4777
Du mardi au vendredi de 12 h à 22 h. Dimanche de 11 h à 21 h

Du 22 mars au 11 mai 2013
À la Galerie Camera Obscura
268, boulevard Raspai, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 45 45 67 08
Du mardi au vendredi de 12 h à 19 h et le samedi de 11 h à 19 h
Vernissage le 21 mars 2013 à 18 h.

Jusqu’au 22 août 2010

Willy Ronis, une poétique de l’engagement

À la Monnaie de Paris :

11, quai de Conti, 75006 Paris

Tél. : 01 40 46 56 66

Du mardi au dimanche de 11h à19h, jeudi de 11h à 21h30

Fermeture le lundi

et

Willy Ronis

À l’Espace Simiane :

Mairie, 84220 Gordes

Tél. : 04 90 72 98 64

De 14 h à 18 h

Jusqu’au 3 octobre 2010

Willy Ronis, photographe d’un siècle

Au musée de l’Hôtel-Dieu :

1, rue Thiers, 78200 Mantes-la-Jolie

Tél : 01 34 78 86 60

Du lundi au vendredi (sauf mardi) de 13h à 18h. Samedi de 9h à 12h et de 13h à 19h. Dimanche de 13h à 19h

Visuels de haut en bas :

Willy Ronis, Autoportrait aux flashes, Paris, 1951
Tirage argentique
30 x 24 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Affiche reprenant Le Nu provençal, Gordes (Vaucluse), 1949
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Usine Lorraine-Escaut, Sedan, 1959
Tirage argentique
33 x 26 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Londres, Picadilly Circus le jour, 1955
Tirage argentique
25 x 17 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Le Vigneron girondin, 1945
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Carrefour Sèvres-Babylone, Paris, 1948
Tirage argentique
50 x 40 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Karl-Marx Stadt, 1967
Tirage argentique
40 x 60 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Rue Tholozé, Montmartre, Paris, 1956
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Les Amoureux de la Bastille, Paris, 1957
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Volendam, Hollande, 1954
Tirage argentique
30 x 40 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Jardins du Trocadéro, 1970
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Lorraine en hiver, 1954
Tirage argentique
36 x 26 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

La Péniche aux enfants, Paris, 1959
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Place Vendôme, Paris, 1947
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Fondamente Nuove, Venise, 1959
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Marché aux puces, 1948
Tirage argentique
40 x 30 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Les citations sont extraites des dossiers de presse.

Cet article a été publié le 12 août 2010, puis les 3 mai et 3 juin 2013, 19 octobre 2015, 17 décembre 2016, 27 octobre 2017, 12 janvier 2019. Il a été modifié le 3 octobre 2021.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Eduardo Kobra retratou escritor gaúcho junto a um pássaro, figura de uma de suas obras mais conhecidas, o “Poeminho do Contra”: “Eles passarão, eu passarinho”

Das utopias
Se as coisas são inatingíveis… ora!
Não é motivo para não querê-las…
Que tristes os caminhos se não fora
A mágica presença das estrelas!
– Mario Quintana, no livro “Espelho Mágico”. Globo, 1951

 

De cima de um andaime a oito metros de altura no meio do bairro Três Figueiras, em Porto Alegre, o muralista e grafiteiro Eduardo Kobra atende o celular – spray de tinta em uma mão, smartphone na outra – enquanto pinta os últimos detalhes do olho esquerdo do poeta Mario Quintana (1906–1994). Convidado para retratar o escritor gaúcho na parede externa do novo prédio do Colégio Farroupilha, o artista paulista de 42 anos, criador de 500 murais ao redor do mundo, revela certa agitação na voz.

– Já pintei a 99 metros de altura, em Recife, mas não significa que não tenha medo. Significa que me precisei acostumar – diz, rindo.

Escolhido uma das personalidades de 2018 em Nova York pela revista Time Out, Kobra assina 19 murais na cidade americana, onde passou sete meses do ano passado. Um dos mais famosos estampa o rosto de Michael Jackson, na lateral de um edifício de cinco andares na First Avenue: de um lado, a pintura mostra o cantor quando menino e, do outro, já adulto.

Além do Rei do Pop, Kobra assina trabalhos que prestam tributo a nomes como o cantor David Bowie, em Jersey City (EUA), a bailarina Maya Plisetskaya, em Moscou, e a menina Anne Frank, em Amsterdã, na Holanda.

Em Porto Alegre, a homenagem a Mario Quintana foi feita sobre uma área de 14 metros quadrados e finalizada (jan/2019), antes da chuvarada que assolou a capital. O painel mostra Quintana fitando um pássaro – referência ao Poeminho do Contra, uma das obras mais famosas do alegretense, que diz: “Eles passarão, eu passarinho”. A escolha do homenageado, segundo o muralista, levou em conta a importância do poeta na sala de aula.

– É uma escolha pessoal. Um dos meus projetos é de valorizar a história e a cultura brasileiras por meio de pessoas que foram influentes e importantes. Mario Quintana é estudo básico nas escolas, e vejo que os alunos têm muita conexão com street art. Minha ideia é que, por meio da minha arte, as pessoas possam conhecer outras formas de expressão, como a literatura – projeta Kobra, que valoriza o fato de a parede, ainda que dentro da escola, seja voltada para a rua.

Esta é a primeira obra de Kobra na capital gaúcha e a primeira desde sua volta dos Estados Unidos.

Mario Quintana – por Eduardo Kobra

– Caminhei muito pela cidade para aprender. Visitei a Fundação Iberê Camargo, a orla do Guaíba, a Cidade Baixa. Chamou minha atenção a beleza da cidade – conta.

É claro que nada no processo é feito no improviso: ao lado de três assistentes, Kobra pesquisa o homenageado antes de começar a desenhá-lo, depois projeta o mural em escala menor, testa desenhos e, já com o painel pronto em uma tela, sobe em um andaime para pintar a parede usando spray de tinta, tinta acrílica e esmalte sintético.

Tais telas, por sinal, devem ser objeto da primeira exposição de Kobra em 10 anos. Afastado dos museus há uma década, o artista deve reunir obras que estão guardadas em seu ateliê paulistano numa mostra a ser realizada em Miami, nos Estados Unidos, ainda sem data definida.

*por Gustavo Foster/ GaúchaZH

Poeminho do contra
Todos esses que aí estão
Atravancando meu caminho,
Eles passarão…
Eu passarinho!
– Mario Quintana. em “Caderno H”. 1973

[Fonte: http://www.revistaprosaversoearte.com]

Lors de son débat avec Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon a martelé cette notion théorisée par le poète Édouard Glissant.

Des personnes regardent le débat télévisé entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour, diffusé sur BFMTV, le 23 septembre.

Écrit par Vincent Bresson 

«L’assimilation, ça n’existe pas! Ce qui existe, c’est la créolisation. Et on passe par des étapes: il y a d’abord l’intégration de ceux qui arrivent. Si elle est réussie, la créolisation va se faire plus vite.»

«Créolisation», le terme a été martelé par Jean-Luc Mélenchon tout au long du débat qui l’opposait à Éric Zemmour sur le plateau de BFMTV. Et c’est assez nouveau. Développé par le poète Édouard Glissant, ce concept était peu présent dans la bouche du candidat de La France insoumise à la dernière élection présidentielle. Mais alors que la nouvelle campagne promet d’être centrée plus que jamais sur les questions identitaires, le député semble avoir trouvé la parade.

Jean-Luc Mélenchon fait de la créolisation un des grands axes idéologiques de sa candidature. Pourquoi cette mise en avant soudaine? Le leader de gauche a affirmé à l’Insoumission, le média de La France insoumise, avoir redécouvert le concept d’Édouard Glissant grâce au député européen Younous Omarjee. Quand on lui demande si c’est bien lui qui a remis Édouard Glissant dans les mains du tribun, l’élu LFI confirme: «Quand vous avez une responsabilité politique, il faut faire des efforts pour comprendre les mouvements non perceptibles. On doit essayer de saisir les grandes tendances et, pour nous en tout cas, trouver des solutions pacifiques face à ces transformations.»

D’origine réunionnaise, Younous Omarjee estime que le monde créole, qu’il connaît bien, est même l’exemple à brandir comme idéal face au discours de la droite sur l’assimilation. «Je viens d’un monde créole et je suis la preuve vivante de ce à quoi ressemble ce monde», avance-t-il. Un monde dans lequel les échanges culturels sont si importants que, comme le disait Jean-Luc Mélenchon durant son débat avec Éric Zemmour, le couscous serait l’un des plats préférés des Français.

Un processus perpétuel

Comment résumer le concept développé par Édouard Glissant? «La créolisation, c’est la rencontre des altérités qui produit des situations nouvelles, répond Younous Omarjee. C’est pourquoi il ne faut pas s’en inquiéter! C’est une lecture très optimiste, et c’est pour ça qu’elle est intéressante.»

Françoise Simasotchi-Bronès, professeure des universités en littératures francophones à l’université Paris 8 et coautrice du livre Archipels Glissant, sourit quand on lui pose la question. «Je donne un cours de quarante heures sur la créolisation, donc ce n’est pas évident de la résumer en quelques minutes.» Elle tente tout de même: «C’est l’idée que des humanités différentes qui se trouvent réunies dans un endroit du monde participent à la création d’une nouvelle identité.»

Pour Édouard Glissant, l’une des grandes forces de ce processus infini tient en un mot: son imprévisibilité.

Étymologiquement, le terme vient, évidemment, de l’expérience créole. La colonisation de l’Amérique, de ses îles caraïbes ou l’Océan Indien, ont fait se rencontrer des peuples d’origines diverses aux cultures tout aussi variées: Indigènes, Africains déportés et colonisateurs européens. «Ils ont dû apprendre à vivre ensemble et à trouver une sorte de culture commune, de mode de vie commun», souligne Françoise Simasotchi-Bronès. Une situation qui a débouché sur l’invention d’une langue commune, propre à chaque territoire: le créole. «L’esclavisé n’avait pas la même langue, donc une langue s’est créée à la rencontre de toutes les langues: africaine, amérindienne, européenne, poursuit la chercheuse. Une vraie langue, pas un jargon.»

L’idée de créolisation était déjà présente avant qu’Édouard Glissant ne la théorise. «C’est une notion qui s’est développée en Amérique du Sud avec certains anthropologues qui avaient posé la question de la créolisation, explique Françoise Simasotchi-Bronès. Mais Édouard Glissant a pris cette notion anthropologique pour la développer philosophiquement.» Il insiste sur le fait que ces échanges et ces apports, qui s’accompagnent, parfois, de violence, entraînent sans cesse l’émergence d’une nouvelle culture.

La créolisation serait donc un processus sans fin puisque tous les nouveaux apports vont être intégrés dans cette construction identitaire commune. Pour Édouard Glissant, qui s’appuie notamment sur l’exemple de l’émergence du jazz, l’une des grandes forces de ce processus infini tient en un mot: son imprévisibilité.

Une opportunité politique

Pour la gauche, la créolisation pourrait permettre de marquer des points dans la lutte très gramscienne de l’hégémonie culturelle, selon laquelle la conquête du pouvoir passe par celle de l’opinion publique. Jean-Luc Mélenchon répète à l’envi qu’il y voit même le chaînon manquant à l’universalisme qu’il défend. Face à Éric Zemmour, il en a même fait le cœur de sa pensée sur les questions identitaires et a opposé le processus de créolisation au communautarisme: «La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion, sont des terres profondément créolisées. Et, contrairement à ce que vous dites, ça n’a pas créé une addition de communautés, ça a créé une communauté commune sous l’empire de la loi.» Une réappropriation qui n’est pas sans risque.

«C’est toujours la même question de “qui comprend quoi?”, interroge Françoise Simasotchi-Bronès. Si on n’explique pas à quoi cela correspond, en utilisant le mot “créole”, on fait peut-être un clin d’œil à quelqu’un d’autre.»

Récupérée par le patron de La France insoumise, l’idée d’Édouard Glissant est une façon de lutter contre le «grand remplacement» et autres thèses avancées par une frange de la droite qui imprègnent de plus en plus les débats. En face, Younous Omarjee reconnaît qu’il y avait une faiblesse structurelle à gauche sur ce point: «La gauche est un peu orpheline sur ces positions. La droite a présenté un système, il vaut ce qu’il vaut, mais il a sa cohérence. On le voit bien avec Éric Zemmour. Mais je tiens à rappeler que la créolisation est un concept qui ne surgit pas comme ça, ce n’est pas un concept hors sol mais une explication, un constat, une analyse de la réalité.»

Le député européen y voit une lecture plus optimiste de l’évolution de nos sociétés, qu’il oppose à celle d’Éric Zemmour qu’il estime «inquiète par rapport au mouvement de l’histoire». La créolisation, rempart de la gauche contre le discours identitaire de droite? Françoise Simasotchi-Bronès sourit: «Je crois que ça plairait à Glissant que l’on dise ça.»

[Photo : Bertrand Guay / POOL / AFP – source : http://www.slate.fr]