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Quelques fiches individuelles des employées de la Compagnie Générale Transatlantique. Des documents administratifs sommaires mais contenant des précieuses informations. EPCC French Lines & Compagnies, Fourni par l’auteur

 

Écrit par François Drémeaux

Enseignant-chercheur en histoire contemporaine, Université d’Angers

 

Il est rarement question des femmes dans la marine marchande. Récemment encore, elles ne représentaient qu’une toute petite partie des effectifs navigants. Sur les paquebots toutefois, la main-d’œuvre féminine se développe dès le XIXe siècle, d’abord comme une nécessité sociale pour encadrer les migrantes, puis comme une exigence commerciale afin d’attirer et de rassurer la clientèle aisée. L’historiographie britannique a ouvert de riches perspectives dans le domaine, mais le point de vue français sur le rôle et la place des navigantes reste à découvrir.

Au cours de l’entre-deux-guerres, les transgressions de genre sont rares de la part des femmes dans l’univers maritime. Elles occupent des emplois de service qui leur sont traditionnellement réservés à terre. Leur situation n’en est pas moins originale : elles doivent s’adapter à un monde maritime confiné, régi et codé par des hommes ; indispensables au service commercial de la compagnie, elles sont recrutées avec difficulté pour la variété et la complémentarité de leurs compétences ; de retour à terre, leur statut social est changé par cette expérience professionnelle. Ces parcours ont pu être reconstitués grâce à des archives des années 1930.

Vue de Manhattan depuis la poupe de Normandie. En bas à droite de l’image, une femme de chambre est accoudée au bastingage. Cliché anonyme, 1936. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Deux cartons… sur dix mille

Au Havre, l’établissement public French Lines & Compagnies conserve plus de 30 000 objets et cinq kilomètres linéaires d’archives. Un fonds unique en Europe pour l’histoire des compagnies maritimes de 1851 aux années 1990.

En 2019, j’étais en mission pour sonder les documents non classés du site, l’équivalent de plus de 10 000 boîtes d’archives qui dorment encore sur les rayonnages sans que leur contenu ne soit identifié. Avec cet accès privilégié, j’ai pu entreprendre quelques dépouillements exploratoires sur des thèmes encore peu pratiqués, en particulier en histoire sociale.

Les dossiers du personnels navigant représentent une manne précieuse et j’envisageais de travailler sur les marins de la ligne d’Extrême-Orient. Ces cartons contiennent des chemises de 10 à 100 pages, retraçant des carrières parfois longues et mouvementées. Mais c’est une absence qui m’a intrigué : pas une femme !

En cherchant dans la base de données de l’établissement, seulement deux cartons évoquaient des présences féminines. Deux maigres boites, contenant 214 fiches individuelles. Ces documents étaient physiquement séparés des autres personnels et seule une page récapitulative a été conservée pour chaque employée. Cette indigence documentaire m’a convaincu de creuser un peu plus ce sujet. En partant des hommes sur les mers d’Asie orientale, je suis donc arrivé aux femmes au service des paquebots transatlantiques… Un grand écart qui représente, en soi, une émotion pour le chercheur. Depuis trois ans, mes travaux explorent les interactions sociales au sein de la marine marchande, et la présence du personnel féminin était déjà parmi les questionnements, mais je suis ravi qu’elle se soit imposée d’elle-même, comme un rouage incontournable de cette sociohistoire maritime en construction.

Qui étaient ces femmes ?

La compilation des informations contenues dans ces fiches, de l’état civil aux états de service en passant par les commentaires des contremaîtres, a permis de constituer une base de données instructive. Les employées au service de la Compagnie Générale Transatlantique (CGT) sont avant tout femmes de chambre (70 %), puis blanchisseuses (12 %), infirmières (8 %) et nourrices (6 %). Elles travaillent loin des espaces publics des navires et dans l’intimité des passagers, et vivent à l’écart des personnels masculins. Les 4 % restants sont vendeuses ou manucures, les seules à disposer d’un accès direct aux communs.

Les infirmières possèdent des compétences recherchées, a fortiori si elles ont pratiqué dans le système de santé américain. Cliché Byron à bord de Normandie, 1935. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Ces femmes sont globalement célibataires et expérimentées ; 76 % d’entre elles sont veuves, divorcées ou n’ont jamais été mariées au moment de leur premier engagement, alors que celui-ci intervient à un âge relativement mûr (34 ans en moyenne). Contrairement aux lignes britanniques, les veuves sont bien moins nombreuses, au profit des divorcées (inexistantes sur les navires d’outre-Manche) et des célibataires endurcies. Ce recrutement ébauche un profil particulier et donne une idée du tempérament affranchi de ces employées. C’est aussi un confort pour l’employeur, car le mariage est source d’instabilité. Les épouses ont des carrières plus courtes et il n’est pas rare que l’autorisation de travailler soit retirée par le mari.

L’appel de l’aventure

Par-delà ces considérations, c’est une autre découverte qui m’a émue. Alors que j’interrogeai des forums de collectionneurs sur les réseaux sociaux pour obtenir des documents au sujet de ces femmes, un ami m’a confié une photographie anonyme de 1936. Depuis la poupe du paquebot Normandie, New York s’éloigne sous le regard des passagers de première classe. Dans le coin inférieur droit de ce cliché, une femme de chambre est accoudée au bastingage et contemple la scène. Ces employées issues de milieux modestes pouvaient donc accéder à l’un des plus impressionnants spectacles du monde contemporain.

Ce constat a des implications importantes : il interroge les motivations profondes de ces femmes qui occupent un emploi exigeant loin de chez elles, mais aussi le statut que leur confère ce travail une fois de retour à terre. L’aspect financier n’est pas déterminant. Les femmes de chambre ou les infirmières sont mieux payées en mer, certes, mais seule la petite élite qui côtoie les premières classes des plus prestigieux paquebots peut espérer tripler ses émoluments grâce aux généreux pourboires américains.

Les fiches individuelles dessinent les vies passées de ces femmes : Odette Blomme a passé deux ans comme serveuse à Londres, Marthe Dufour est impaludée suite à un passage sous les tropiques, Juliette Heininot a vécu deux ans aux États-Unis et quinze ans en Amérique du Sud, Marceline Hue sept ans aux États-Unis et a « beaucoup voyagé », Céline Lemarchand 26 ans en Amérique, Ernestine Mathieu 17 ans au Canada, et ainsi de suite, dans une grande variété d’expériences et de durées.

Dépliant publicitaire de la CGT à l’attention du public américain, fin des années 1930. Le personnel féminin est désormais mis en valeur. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

Même sans de lointaines expériences, ces navigantes sont habituées à se déplacer en France. Le lieu de naissance, de domicile et de l’emploi précédent sont fréquemment différents. Sans nécessairement calquer l’image de la New Woman des années 1920, il est probable que la volonté de fuir, la curiosité pour l’étranger, l’appel de l’aventure et le désir d’émancipation soient de puissants moteurs.

Vies marginales

Les compagnies maritimes restent des lieux d’emprise masculine et ne sont pas des structures qui favorisent le changement de la condition féminine. Les paquebots accueillent des femmes qui vivent en dehors de la norme de leur époque, offrant ainsi un espace professionnel à leur mesure. Les possibilités d’évolution de carrière sont néanmoins minces, voire inexistantes. Le travail est soumis à des cadences harassantes, sous l’étroite surveillance de chefs de service – toujours des hommes, contrairement aux lignes britanniques – qui imposent une discipline militaire. L’intempérance n’est pas tolérée et toute forme de socialisation est suspecte. La sexualité est un enjeu discret mais fréquent. Lorsqu’Eugénie Fiquet est mise à l’index pour son comportement inapproprié avec un passager, son chef demande à ce qu’elle soit remplacée par une « ancienne autant que possible ». À travers la syntaxe et des terminologies rudes, les femmes sont systématiquement responsables des tentations, toujours initiatrices des relations.

La communication à l’attention de la clientèle américaine insiste sur le luxe et le confort, et notamment la prise en charge des enfants par des nourrices compétentes. Collection Arnaud Gaudry, Fourni par l’auteur

La CGT doit pourtant composer avec précaution. Ces employées sont rares, d’autant plus que la compagnie française exige qu’elles parlent anglais a minima, soient élégantes dans le service et puissent être polyvalentes. Des compétences qui ne sont pas nécessairement mieux rémunérées qu’ailleurs. Outre le goût du voyage, il reste le prestige du statut comme motivation. Certaines femmes de chambre demandent spécifiquement tel paquebot ou telle classe, car les affectations, dans un port comme Le Havre, influent sur les représentations sociales.

La plus belle émotion de la découverte repose ici : parvenir, sans préméditation ni intention initiale, à exhumer ces tranches de vie marginales, oblitérées dans un univers maritime masculin, et comprendre les raisons et les choix de ces femmes.

[Source : http://www.theconversation.com]

El último libro de Néstor Kohan, Hegemonía y cultura en tiempos de contrainsurgencia soft (Ocean Sur, 2021), es de lectura urgente para comprender a profundidad los procesos actuales que el comandante Fidel Castro consideró como batalla de ideas, en los ámbitos de la cultura y las ciencias sociales.

Escrito por Gilberto López y Rivas 

El libro está precedido por fragmentos de sendos escritos de dos respetados profesores argentinos, secuestrados y desaparecidos por la dictadura militar, Daniel Hopen y Haroldo Conti, que muestran uno de los rasgos distintivos del fascismo y el terrorismo global de Estado: su odio a la intelectualidad revolucionaria. Estos epígrafes conllevan un propósito central de la obra: mostrar que, pese a represiones o cooptaciones, es posible resistir al enemigo de la humanidad y la vida en el planeta: el capitalismo y los Estados imperialistas que imponen su explotación y dominación a los pueblos oprimidos y recolonizados por la vía de una contrainsurgencia letal, que ha provocado catástrofes humanitarias en numerosos países, o una contrainsurgencia soft, blanda.

Néstor Kohan no es dado a irse por las ramas. Entra directo a expresar que se embarca en una sociología de la cultura e historia intelectual con la declarada intención de desatar polémica, lo cual siempre logra, girando su trabajo en torno a tres problemas centrales: hegemonía/contrahegemonía, imperialismo y contrainsurgencia.

El libro trata un caso en particular: Cuba y su lucha contra el imperialismo estadunidense, la metáfora de David y Goliat, que ha sido una dramática realidad por más de 60 años: enfrentar con éxito las incontables incursiones militares abiertas y encubiertas, sabotajes, guerra bacteriológica, intentos de asesinato de dirigentes, actos terroristas, el bloqueo y las acciones de sus múltiples aparatos de inteligencia y contrainteligencia, que se complementan con el más notorio: la Agencia Central de Inteligencia (CIA). Esta estrategia de contrainsurgencia militar ha sido acompañada de otra táctica imperialista dedicada a minar la moral y hegemonía socialista de la revolución cubana. A la denuncia sobre el papel que juegan las fundaciones fachadas de la CIA que proporcionan los fondos para la compra de conciencias, Néstor, con su ya proverbial erudición, va desbrozando la maleza ideológica de una contrarrevolución que se esfuerza por “construir una opción pretendidamente ‘democrática’ […] contra el proyecto comunista, al que sigue calificando, con escasa originalidad, de ‘totalitario’ […], donde las palabras ‘democracia’ y ‘república’ se enarbolan sin nombre ni apellido, sin referencias de clase ni determinaciones históricas, sociales ni geopolíticas”.

En torno al reciente debate cubano, Néstor afirma que revolución cultural es lucidez y es socialismo, sobre todo en el contexto de la crisis capitalista más profunda de la historia, en la que la especie humana está en peligro. Precisamente, en los momentos en que circulaba la demanda del Premio Nobel para la brigada médica cubana internacionalista Henry Reeve, y en plena emergencia sanitaria del Covid-19, estalla, ¡qué casualidad!, el Movimiento San Isidro en Cuba, el cual, como era de esperarse, recibe la cobertura mediática ­internacional.

Néstor observa, con dolor, las firmas de amigos y compañeros en un manifiesto, junto con conocidos trásfugas, y se debate entre la amistad y la necesidad ética de definirse frente a ese movimiento, optando por no perder la brújula del eje de la lucha de clases y las relaciones de fuerza, a partir del cual hace un recorrido crítico de gran envergadura teórica, sobre la línea discursiva del manifiesto. Kohan reitera su posicionamiento, con el que concordamos plenamente: “Revolución socialista, la cubana, que durante décadas ha sido y seguirá siendo la única vacuna y el único antídoto para garantizar la autodeterminación nacional y popular de Cuba frente a las pretensiones anexionistas de Estados Unidos, sea en su versión neofascista, sea en su presentación light y soft, igualmente imperialista”.

Asumiendo que los conflictos y los intentos de dominación no han desaparecido y que la guerra ideológica, fría, tibia o caliente, abierta o encubierta, simétrica o asimétrica, continua, y a propósito de la polémica sobre imperialismo, ciencias sociales y cultura, Kohan convoca a recuperar un programa antiimperialista y anticapitalista actualizado y acorde con nuestra época, como una tarea urgente y en el centro de la agenda. Exhorta a reactualizar y elaborar colectivamente nuevos planes culturales contrahegemónicos. Remontar la pendiente inclinada de las derrotas genocidas que padecimos, desmontando la avalancha asfixiante de propaganda y manipulación de la opinión pública que enfrentamos a diario.

El estudio y la discusión sobre este oportuno y excelente libro de nuestro camarada y amigo Néstor Kohan ofrecen las herramientas teóricas para estar a la altura de estos desafíos.

 

[Fuente: http://www.jornada.com.mx]

 

 

 

 

Orwell descendió a las simas donde se oculta el Leviatán y pasó una temporada en su vientre, escrutando sus entrañas. Nos contó lo que vio y nos advirtió que nunca había que bajar la guardia. Leer sus artículos es una buena forma de mantenerse despierto y alerta

Algunos escritores nos dejan imágenes que revelan lo que hay en su interior. No son simples instantáneas, sino gestos que expresan su concepción de la ética, la política o las relaciones humanas. Al escribir sobre George Orwell, pseudónimo de Eric Arthur Blair, se me vienen a la cabeza varias imágenes que retratan su forma de entender la historia, la moral o la literatura. La primera es una famosa fotografía con las milicias del POUM. Orwell se encuentra al fondo. Solo se lo identifica por su estatura, que sobresale notablemente, superando a sus compañeros por una cabeza. Su pelo alborotado le imprime ese aspecto de estudiante bohemio e indisciplinado al que Eton no ha logrado domesticar. Parece un advenedizo, un ejemplar exótico en un lugar muy alejado de su hábitat. Orwell pensaba que iba a luchar contra el fascismo de los militares sublevados, sin sospechar que el virus de la intolerancia también había infectado las filas republicanas. La persecución del POUM cambiará profundamente su visión de la política, convirtiéndole en una de las primeras voces que criticó el comunismo desde la filas de la izquierda, pues nunca renunció a sus convicciones socialistas. Orwell consideraba que la misión del intelectual era entrometerse en los escenarios más peliagudos, husmeando debajo de las alfombras. La impertinencia no es un efecto colateral, sino la esencia de su quehacer.

Orwell fue un testigo incómodo de la Guerra Civil. Desmontó las versiones maniqueas, señalando que el totalitarismo poseía dos máscaras: fascismo y comunismo. Se anticipó a Hannah Arendt gracias a su experiencia como combatiente en el frente de Aragón, donde un francotirador franquista le hirió en el cuello con un balazo que casi le cuesta la vida. Orwell siempre temió la muerte por causas naturales. Pensaba que la biología nos aboca a una agonía nauseabunda, pero comprobó que una herida de guerra no era mucho mejor. Sobrevivir al disparo de un soldado enemigo, no le libró de una muerte prematura. Enfermo de tuberculosis desde la época de Sin blanca en París y Londres (1933), cuando intentaba triunfar como escritor y sus escasos ingresos le obligaban a frecuentar los comedores públicos y dormir en albergues, falleció en 1950 en un hospital londinense. Nacido en la India británica en 1903, Orwell pasó a la historia como un raro ejemplo de equilibrio entre política y literatura, dos ámbitos que suelen repelerse, pero que él logró conjugar con acierto. Autor de dos de las novelas más influyentes del siglo XX, Rebelión en la granja (1945) y 1984 (1949), su figura ha sido alabada y denigrada con fervor. Acusado –falsamente- de delator y reaccionario, sería absurdo negar sus flaquezas, como sus prejuicios homófobos, pero es innegable que su obra ha prestado un valioso servicio a la causa de la libertad, desenmascarando las artimañas del pensamiento totalitario.

La segunda imagen de Orwell que acude a mi mente es la que le muestra examinando una espada japonesa. El escritor británico nunca fue pacifista. De hecho, opinaba que el pacifismo favorecía a los tiranos. Cuando Hitler bombardeó las ciudades inglesas, se pronunció a favor de responder con la máxima dureza: “Si alguien deja caer una bomba sobre vuestra madre, dejad caer dos bombas sobre la suya”. Cuando le vemos con un cigarrillo en la boca desenvainando una espada japonesa, entendemos que no habla en broma. Orwell apreciaba mucho el coraje, la camaradería masculina y la belleza de las armas. Policía en Birmania durante cinco años, detestaba el autoritarismo, pero siempre fue un hombre de acción y jamás escondió su desprecio por los revolucionarios de salón. La tercera imagen que completa en mi memoria el perfil de Orwell exhibe su sonrisa frente a un micrófono de la BBC. Lejos de cultivar el aislamiento del escritor recluido en su torre de marfil, siempre prefirió mancharse con el barro de la historia. Voluntario antifascista en España, flagelo de los totalitarismos y agitador político con vocación pedagógica, Orwell concibió la escritura como un servicio público y no como una expresión de la subjetividad o una aventura estética.

Entre 1937 y 1949 escribió docenas de artículos que abordaban las distintas facetas del totalitarismo, un fenómeno complejo que no se circunscribe exclusivamente al terreno de la política, sino que también afecta al ámbito de la religión, la ética, la estética y la psicopatología. DeBolsillo acaba de publicar una selección de esos textos agrupados bajo el título Opresión y resistencia. En sus páginas, Orwell no se conforma con realizar análisis teóricos. Escritor con una aguda conciencia de su tarea como artífice de mundos sostenidos por la palabra, reflexiona sobre las motivaciones que le han impulsado al terreno de la creación literaria. En un arranque de sinceridad, admite que recurrió a la escritura para compensar sus fracasos en la vida cotidiana, pues se sentía inadaptado e infravalorado. Ese propósito, solo vagamente consciente en sus inicios, no le llevó a cultivar una literatura intimista o formalista. Nunca experimentó la urgencia de crear una obra de arte, sino de denunciar injusticias o llamar la atención sobre tragedias apenas conocidas. Jamás le interesó explorar los límites del lenguaje o conocerse mejor mediante la introspección. “La buena prosa es como el cristal de una ventana” y solo prospera mediante la “anulación constante de la personalidad”. Escribir nunca le resultó placentero: “Es un combate horroroso y agotador, como si fuese un brote prolongado de una dolorosa enfermedad”. Escribir no es una elección racional, sino el fruto de una fatalidad: “Nadie emprendería jamás semejante empeño si no le impulsara una suerte de demonio al cual no puede resistirse ni tampoco tratar de entender”.

Orwell evoca su participación en la Guerra Civil española desmitificando la retórica bélica y la épica comunista. La rutina del frente carece de ardor guerrero. Fundamentalmente, se lucha contra el hambre, el frío, el miedo, el sueño y los piojos, y cuando surge la oportunidad de matar al enemigo, a veces se producen inesperadas paradojas, como le sucedió a él, incapaz de disparar a un fascista que huía con los pantalones bajados. Orwell no condena la guerra. Admite que es el mal, pero en ocasiones es “el mal menor”. A veces hay que pelear para sobrevivir y “para hacerlo hay que ensuciarse”. Todos los bandos cometen atrocidades, pero no todos los contendientes son iguales. Siempre hay una causa más justa que otra. En el caso de la Guerra Civil española, había que tomar partido por los obreros y campesinos, explotados y maltratados, o por la burguesía, preocupada exclusivamente por sus privilegios: “El odio que la República española suscitó en los millonarios, duques, cardenales, playboys, conservadores y no sé cuántos otros bastaría para mostrar cómo son las cosas en realidad. En esencia, se trataba de una lucha de clases. De haber triunfado, la causa de la gente común habría salido fortalecida en todas partes. Pero se perdió, y los que viven de sus rentas en el mundo entero se frotaron las manos. Ese fue el asunto de fondo, y el resto es mero parloteo”.

Orwell se burla de los que acusan a los obreros de materialistas, señalando que las necesidades del estómago son mucho más urgentes que las del alma. Paradójicamente, las circunstancias políticas internacionales provocarán que los comunistas españoles acaben luchando indirectamente al lado de los golpistas, frenando las tendencias revolucionarias de los anarquistas. La consigna de Stalin es que las democracias occidentales deben saber que la Unión Soviética ha renunciado a exportar la revolución a otros países. Las purgas contra el POUM incluirán la manipulación periodística. Por primera vez, Orwell descubrirá que la prensa oculta hechos, los deforma o los inventa. Es una de las estrategias básicas del totalitarismo. No es suficiente alterar el presente. También hay que modificar el pasado, si resulta conveniente. El objetivo es que la mentira adquiera el prestigio de la verdad. Orwell confiesa que esa forma de proceder le “atemoriza mucho más que las bombas”. Un mundo donde un líder político pueda decidir que dos más dos son cinco sumiría a la humanidad en una oscuridad terrorífica.

En su evocación de la Guerra Civil española, Orwell, que no es un simple publicista sino un literato, no se limita a contrastar ideas. Su memoria rescata dos recuerdos que le parecen más reveladores que cualquier panfleto. El encuentro con un joven miliciano italiano –“fiero, conmovedor, inocente”- que le sonríe mientras le estrecha la mano le corroborará la existencia de una generación de hombres y mujeres de admirable dignidad. Sabe que el fascismo no descansará hasta exterminar a esos luchadores que encarnan la posibilidad de un mundo mejor. Ya en el frente aragonés, alguien robará un paquete de puritos a Orwell y acusarán a un joven barcelonés de los arrabales, con la piel muy oscura y de aspecto casi árabe. Lejos de protestar, el muchacho se dejará registrar. Descalzo, menudo y vestido con harapos, cuando su inocencia queda acreditada, no exige ninguna disculpa o satisfacción. A pesar de no ser culpable, no ha intentado defender su dignidad. “En el fatalismo de su actitud –escribe Orwell- podía verse la desesperada pobreza en que había sido criado”.

El desencanto experimentado en España no implicó un cambio de ideas. Orwell jamás dejó de identificarse con el socialismo democrático. Siempre soñó con las milicias rojas acuarteladas en el Ritz, pero quiso dejar muy claro que él no era uno de esos intelectuales de izquierdas que se burlaba del patriotismo o del arrebato experimentado en el campo de batalla, cuando el individuo descubre que forma parte de un cuerpo imperecedero y místico. “Un movimiento socialista inteligente utilizará el patriotismo en vez de limitarse a insultarlo”. Partidario de la independencia de la India, Orwell aboga por la nacionalización de los sectores estratégicos, pero considera necesario ser respetuoso con la tradición, preservando instituciones como la monarquía. Le preocupa el hedonismo de los ingleses, que desactiva la ambición y la capacidad de resistencia frente a la adversidad. Asegura que si el totalitarismo se extiende por todo el planeta, la literatura desaparecerá, pues no puede desarrollarse sin libertad. Afirma que el principal pecado de la izquierda ha consistido en pretender ser antifascista sin ser antitotalitaria. Esta falta quizás hay que atribuirla al misticismo revolucionario. No es posible regenerar la sociedad, utilizando la violencia como método de acceso al poder. Los izquierdistas no reparan en eso, tal vez porque el dogmatismo ideológico engendra “hombres huecos” (T. S. Eliot), incapaces de pensar por sí mismos. Cualquier cambio duradero debe basarse en la educación de las masas. Sin pedagogía, no habrá progreso. Lo cierto es que de momento el concepto de proletariado internacional es un mito. Un partido de fútbol moviliza más a los trabajadores que la conciencia de clase. Eso sin contar que la prosperidad de los obreros ingleses depende de la explotación de los trabajadores de la India, casi reducidos a la esclavitud. Orwell se adentra en el terreno de la psicopatología reconociendo que la actividad revolucionaria muchas veces es el resultado de un desajuste personal: “la gente saludable y normal no se siente más atraída por la violencia y la ilegalidad que por la guerra”.

Aunque Orwell se declara socialista democrático, muchas veces habla como un liberal: “Si algo significa la libertad, es el derecho a decirle a la gente lo que no quiere oír”. No parecen las palabras de un socialista, que suscribe una ideología con dogmas casi místicos, como que al final de la historia se impondrán la justicia y la igualdad, sino las de un librepensador, siempre dispuesto a ser intempestivo e impertinente. Orwell admite que su socialismo nace de la repugnancia que le produce la explotación de los trabajadores y no de la fe en la economía planificada. El socialismo alberga la creencia irracional de que el paraíso es posible en la Tierra, pero lo cierto es que la Unión Soviética no es el Edén, sino una dictadura donde el Partido ha ocupado el lugar de la burguesía, convirtiéndose en la nueva clase dominante. Ya en los años 30, con una historia relativamente breve, parece un Estado teocrático que ha sacrificado la verdad objetiva. Sus consignas son verdades inmutables ante la opinión pública, pero los líderes pueden alterarlas en cualquier momento. El totalitarismo exige una obediencia ciega, pero prescinde de la coherencia, algo inconcebible para un verdadero escritor. La literatura es incompatible con cualquier forma de ortodoxia. El escritor siempre es un hereje, una voz discordante. Por eso, los inquisidores de todas las épocas responden a sus palabras con el fuego. “Si desaparece la cultura liberal en la que hemos vivido desde el Renacimiento –escribe Orwell, expresándose otra vez como un liberal y no como un socialista-, el arte literario perecerá con ella”.

El socialismo es un credo optimista, pero ese talante no se observa en el autor de Rebelión en la granja y 1984. Su visión del panorama internacional es sombría. Piensa que la ONU es perfectamente inútil y nunca logrará ser un freno efectivo para la guerra. Se muestra partidario de la unidad de Europa bajo la égida de la socialdemocracia y cree que es imprescindible mantener el servicio militar obligatorio, preparando a la población para defenderse de agresiones de los gobiernos totalitarios. Orwell acusa a Gandhi de facilitar el dominio inglés con su apología de la no violencia. Su santidad, que incluía la abstención de comer carne y mantener relaciones sexuales, le parece inhumana. Entre Dios y el hombre, Gandhi elige a Dios. En cambio, Orwell se inclina por el hombre y elogia los placeres de la Tierra. El pacifismo encierra una trampa letal: “Si no estás dispuesto a quitarle la vida a alguien, con frecuencia debes estarlo a que se pierdan vidas de otra manera”. A pesar de sus críticas, Orwell reconoce la talla moral de Gandhi: “¡qué olor tan limpio consiguió dejar detrás de sí!”.

Los artículos de Opresión y resistencia no han perdido vigencia. El nacionalismo y el fanatismo religioso han regresado. En Europa y Estados Unidos, el populismo ultraconservador no deja de ganar adeptos. El antisemitismo se ha debilitado, pero no ha desaparecido el odio racial, ahora desplazado a los inmigrantes musulmanes. El comunismo se ha convertido en una fuerza residual, pero la crisis de 2008 le proporcionó oxígeno, rescatando ese aliento utópico que hipnotizó a varias generaciones. El Leviatán a veces se esconde en las profundidades, pero puede volver a la superficie cuando las masas, abrumadas por la inseguridad y el miedo, suspiran por el amparo de un Estado fuerte y paternal. Vivir bajo la sombra de un dragón puede ser una grata experiencia para el que ha conocido la precariedad y la incertidumbre. Orwell descendió a las simas donde se oculta el Leviatán y pasó una temporada en su vientre, escrutando sus entrañas. Nos contó lo que vio y nos advirtió que nunca había que bajar la guardia. Leer sus artículos es una buena forma de mantenerse despierto y alerta. La libertad es una larga vigilia que se prolonga más allá del amanecer, pues el poder totalitario nunca renuncia a su ambición de esclavizar al ser humano.

[Fuente: http://www.elcultural.com]

 

Suas obras descrevem os grandes processos da modernidade: as Revoluções, os Impérios, o Capital. Mas também foi atento: as tradições inventadas, ao jazz, aos bandidos… Marxista, foi vigiado pelo MI5 — e jamais aceito pela historiografia conservadora

Escrito por Urariano Mota

Neste primeiro de outubro de 2021, é lembrado em todo o mundo o gênio de Eric Hobsbawm, que faleceu em um dia como hoje em 2012. Se não nos enganamos, ele foi o maior historiador do século vinte. Talvez a sua obra se mantenha ainda acima dos demais até mesmo nos mais recentes dias deste século. Como agora, quando atravessamos um Brasil de governo fascista.

É uma pena, é lastimável, que em alguns estudos acadêmicos ele seja posto de lado, porque possuiu até o fim da vida uma filiação marxista. A direita e seus liberais não o suportam. E por quê? Antes de taxá-lo e tachá-lo de indivíduo comunista, como se isso fosse um grau menor de ética em um homem, deveriam pelo menos ver as contribuições e conceitos inovadores que a sua obra inaugurou.  Como a “invenção da tradição”, sobre a qual Hobsbawm trouxe esta luz: “Muitas vezes, ‘tradições’ que parecem ou são consideradas antigas são bastante recentes, quando não são inventadas. Aliás, sempre que possível, tenta-se estabelecer continuidade com um passado histórico apropriado… A propósito, deve-se destacar um interesse específico que as ‘tradições inventadas’ podem ter, de um modo ou de outro, para os estudiosos da história moderna e contemporânea. Elas são altamente aplicáveis no caso de uma invenção histórica comparativamente recente, a ‘nação’, e seus fenômenos associados: o nacionalismo, o Estado nacional, os símbolos nacionais, as interpretações históricas, e daí por diante”.

Observe-se a propósito o que o grande historiador Evaldo Cabral de Mello pensa sobre a tradição da Batalha dos Guararapes, até hoje ensinada nas escolas e monumentos cívicos como o cerne da nacionalidade brasileira. No livro “O Negócio do Brasil – Portugal, os Países Baixos e o Nordeste, 1641/1649”, o historiador pernambucano escreve que a expulsão dos holandeses não foi resultado de guerra heroica, da Batalha dos Guararapes, mas de um acordo pelo qual Portugal pagou 4 milhões de cruzados (equivalentes a 63 toneladas de ouro) para ter o Nordeste brasileiro de volta. Um fato que não entra na tradição inventada.

Lembremos ainda, de passagem, o seu conceito de “banditismo social”. Em seu livro Bandidos, moderno e clássico à semelhança de poesia, ele diz:

“Convém que comecemos com a ‘imagem’ do ladrão nobre, que define tanto seu papel social quanto sua relação com os camponeses comuns. Seu papel é o do paladino, aquele que corrige os erros, que ministra a justiça e promove a equidade social. Sua relação com os camponeses é de solidariedade e identidade totais. O ladrão nobre inicia sua carreira de marginalidade não pelo crime, mas como vítima de injustiça, ou sendo perseguido pelas autoridades devido a algum ato que estas, mas não o costume popular, consideram criminoso”.

Notem que Hobsbawm possuía o talento raro, raríssimo, de extrair o que é universal de características locais. Ele escreve Bandidos a partir do estudo partícular de casos de famosos marginais na Inglaterra, China, México, Estados Unidos, Itália, Espanha… Mas é impossível para um nordestino do Brasil não ver no trecho acima um retrato de Lampião! E, de fato, o bandido social do Nordeste é referido em vários pontos do livro, como aqui:

“Quando Virgulino Lampião tinha 17 anos, os poderosos fazendeiros Nogueira expulsaram os Ferreiras (da família de Lampião) da fazenda onde viviam, acusando-os falsamente de roubo. Assim começou a rixa que o levaria à marginalidade. ‘Virgulino’, recomendou alguém, ‘confie no divino juiz’, mas ele respondeu: ‘A Bíblia manda honrar pai e mãe, e se eu não defender nosso nome, eu perderei minha humanidade’… (Diante da sua morte) a reação de um sertanejo talvez seja mais típica. Quando os soldados chegaram com as cabeças dos cangaceiros, de forma a convencer todos de que Lampião estava realmente morto, um sertanejo disse: ‘Mataram o Capitão porque a reza forte nada adianta na água’. É que o último refúgio de Lampião havia sido o leito seco de um ribeirão, e de que outra forma, senão pelo fracasso da magia, podia-se explicar a derrota de Lampião?”.

Mas esses livros acima, de conceitos inovadores, são apenas duas de suas muitas contribuições publicadas, que vão do jazz à recriação original da história. A sua fama se fez nos livros que se tornaram best-sellers:  A Era das Revoluções, que fala da transformação do mundo entre 1789 e 1848, da Revolução Francesa de 1789 à Revolução Industrial inglesa; A Era do Capital, que trata da expansão da economia capitalista em todo o planeta, de 1848 a 1875;  A Era dos Impérios, de 1875 a 1914 ; A Era dos Extremoso breve século XX, que interpreta o período de 1914 a 1991, do qual diz no prefácio: “O meu tempo de vida coincide com a maior parte da época de que trata este livro e durante a maior parte de meu tempo de vida — do início da adolescência até hoje — tenho tido consciência dos assuntos públicos”.

Trata-se, portanto de um historiador de vista larga e profunda, que refletiu sobre as dores e alegrias dos séculos sobre os quais escreveu. Ou melhor, dos séculos sobre os quais participou escrevendo.  Neste momento, tenho diante de mim a biografia “ERIC HOBSBAWM Uma vida na história”, um tijolaço agradável, suave de 728 páginas, anotado, mastigado e digerido. Pois é, quando um assunto nos interessa, também mastigamos tijolos como a mais apetitosa iguaria. Mas o melhor virá a seguir. Em um resumo da vida de Eric Hobsbawm, o seu biógrafo Richard Evans diz em uma entrevista:

“Eric Hobsbawm nasceu em Alexandria, cresceu em Viena e Berlim e se estabeleceu no Reino Unido (nasceu e continuou sendo um cidadão britânico). Hobsbawm passou muito tempo na França na década de 1930 e novamente na de 1950. Seus relatórios escolares indicam que sua língua nativa era inglês/alemão – sua mãe, uma tradutora, insistia que a família falasse em inglês em casa. Ele tinha um francês fluente e, mais tarde, aprendeu italiano e espanhol.

Hobsbawm esteve sob vigilância do MI5 desde a guerra – por quanto tempo, não sei, já que não tive permissão para ver o mais recente dos sete arquivos volumosos que compilaram sobre ele. Era um homem totalmente inofensivo – ao contrário dos ‘cinco espiões de Cambridge’, que causaram muitos danos. Mas, como estes eram todos ingleses de classe média alta com origens impecáveis, o MI5 e o MI6 confiavam neles, ao contrário de Hobsbawm, que, de alguma forma, era estrangeiro e não se encaixava naquele perfil”.

Já no prefácio do livro, o biógrafo Richard Evans nos acorda: “Só no Brasil, as vendas de seus livros chegaram a quase 1 milhão de exemplares”. Inacreditável, no fim da ditadura brasileira, houve um tempo que se destacava pelo amor à cultura, pela leitura de um clássico vivo. Mas recuemos um tempo antes, porque importa agora a movimentação de Hobsbawm contra a corrente liberal e reacionária. Em 1943, ele publica em um artigo sobre a Revolução Francesa, durante a Segunda Guerra Mundial:

“O Terror tem sido difamado e caluniado desde a queda de Robespierre. Nós, que estamos engajados numa guerra total, podemos julgar o momento com mais visão. Mas, para conseguir a verdadeira perspectiva, devemos aprender a vê-lo, não só com os olhos de lutadores pela liberdade de 1943, mas com os olhos dos soldados comuns que, descalços e famintos, salvaram o seu país, porque era um bom país para salvar. Para eles o Terror não foi um pesadelo, mas a aurora da vida”.

Para mim é difícil um ponto da sua biografia, quando ele anota sobre o Recife de 1962:

“Uma pobreza desesperadora em toda parte. Os habitantes parecem não ter feito uma refeição decente há dez gerações: raquíticos, nanicos e doentes”. Mas “havia sinais de revolta, as Ligas Camponesas tinham aprendido a se comunicar com seus eleitores. O potencial de organização camponesa é imenso”.

Na biografia, há trechos cômicos, ou quase cômicos, na altura em que o nosso historiador marxista, aos 80 anos, resolve aceitar uma homenagem oficial da rainha. Chega a ser comovente a forma esperta e dialética que ele dá para o recebimento:

“Eu não poderia ter aceitado um título de nobreza. Eu nunca mais conseguiria olhar na cara dos meus antigos camaradas”. Ainda assim, aceitou a nomeação de um Companion of Honor (Companheiro de Honra). E quando se ajoelhou num tamborete para receber da rainha a fita e a medalha de Companheiro de Honra se desculpou: ‘Minha mãe gostaria que eu fizesse isso’ ”.

Acho que até Robespierre compreenderia.

Em uma palestra na Creighton Lecture, com o poder de síntese em que era mestre, destruiu numa única frase a afirmação vulgar de que a história é escrita pelos vitoriosos. Ele disse: “Os perdedores produzem os melhores historiadores”.

Os melhores escritores também, acrescento. E aqui vai uma agradável descoberta da relação entre Eric Hobsbawm e o Brasil. Foi entre os brasileiros que a Era dos Extremos alcançou o maior sucesso em todo o mundo! Desde o fim dos anos 1980, os laços de Eric Hobsbawm com o Brasil se tornaram bem próximos. O biógrafo conta que, em sua chegada em 8 de junho de 1988, ele foi manchete na primeira página da Folha de São Paulo. Na ocasião, ficou na casa do editor brasileiro, Gasparian, em São Paulo. Então o editor o levou junto com a esposa até uma praia. Mas aconteceu um problema:  o carro em que viajavam foi parado por um policial. O diabo foi que o editor brasileiro havia esquecido a carteira de motorista. Na agonia, Gasparian explicou ao guarda quem era Eric Hobsbawm, e como prova mostrou a foto do historiador na primeira página da Folha de São Paulo daquele dia. O policial olhou, olhou, comparou a primeira página com as faces ao vivo no carro, magras, inconfundíveis da feiúra de Hobsbawm,e mandou que seguissem viagem. Sem mais explicações. Ótimo foi o comentário de Hobsbawm para o acontecimento:

– Essa foi a primeira vez em que meu ofício de historiador me livrou da polícia.

Sobre o seu estilo claro, agradável em expor as questões mais indigestas de modo que todos entendessem, Hobsbawm declarou em uma oportunidade:

“Eu não desenvolvi meu estilo de prosa lendo historiadores. Sempre considerei o escritor Bernard Shaw como um modelo do que um homem inteligente pode fazer com a prosa: eu tive de ler todos os textos dele para minha tese de doutorado”. Que lição para os nossos doutores de prosa mais dura. Sigam Hobsbawm, leiam, degustem, compreendam a literatura, e depois exponham as brilhantes ideias.

Em janeiro de 1999, EricHobsbawm foi entrevistado pelo jornalista Antonio Polito, em italiano, que o historiador falava bem.  Entre outras perguntas sobre até que ponto a perspectiva de Eric ainda estava enquadrada no marxismo, ele respondeu de modo mais frontal o que acima de tudo era o marxismo. Resposta genial do historiador:

“O marxismo mostra que, ao ter compreendido que um estágio específico da história não é permanente, a sociedade humana é uma estrutura bem-sucedida por ser capaz de mudar, e por isso o presente não é o seu ponto de chegada”.

Isso é um conforto para todos nós nestes dias. O fascismo ainda não é o ponto final da nossa jornada no Brasil.

Na festa do seu último aniversário aos 95 anos, em junho de 2012, a escritora Claire Tomalin, ilustre biógrafa de Charles Dickens, Thomas Hardy e Jane Austen, contou que Hobsbawm conversou muito com todos, com verve e sabedoria, e com uma presença de espírito não ofuscada pelas dores físicas que sentia. Na ocasião, o historiador fez piadas para os anos que teria pela frente, pois ainda ia ver o fracasso do capitalismo. Naquela idade, e nas condições difíceis de saúde em que se encontrava, a escritora pensou: “Eric é um mágico”.

O historiador faleceu em primeiro de outubro daquele mesmo ano de 2012.

É impossível a um leitor, de qualquer país, não se emocionar com a batalha da vida pelo socialismo do pensador Eric Hobsbawm.  Eu, que já ando de couro grosso com as perdas que temos visto de companheiros, camaradas e pessoas fundamentais que partem, ainda assim, fui vencido. Senti no mais íntimo de mim um estremecimento na madrugada desta semana, quando li esta fala da sua filha Julia:

“Sabe de uma coisa?, houve um momento maravilhoso quando ele já estava perto do fim. Ele disse para mil pessoas, no estande da Barclays Wealth. Ele estava realmente mal, sabe? E foi meio fantasmagórico – ele simplesmente se transformou num homem de 45 anos, bem na nossa frente, no palco. E desempenhou um verdadeiro tour de force. Foi absolutamente maravilhoso”.

Entre as instruções que deixou para o seu funeral, lembrou a filha Julia:

“Em meio a todos clássicos que desejava que tocassem, de Mozart, Schubert, ele escreveu que ‘gostaria de uma gravação da Internacional quando eu partir’, um lembrete de seu comprometimento de toda uma vida.

No fim, Ira Katznelson se aproximou do caixão e disse: ‘Agora vou recitar a clássica oração judaica, o Kaddish, a pedido de Eric’. E houve uma espécie de surpresa. As pessoas estranharam uma prece judaica numa cerimônia que Eric tinha insistido que fosse absolutamente secular. Mas foi uma recordação da sua mãe, que na infância lhe dissera para nunca dizer ou fazer qualquer coisa que o fizesse sentir vergonha de ser judeu. Ele agora estava cumprindo o desejo da mãe em sua memória, possivelmente quando mais importava”.

Urariano Mota é escritor e jornalista. Autor de “A mais longa duração da juventude”, “O filho renegado de Deus” e “Soledad no Recife”. Também publicou o “Dicionário Amoroso do Recife”.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Willy Ronis (1910-2009) est un photographe français juif. Ses œuvres constituent des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux. L’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA –  La vie avant tout ».

Publié par Véronique Chemla 

« La quasi-totalité des images présentées sont des photographies de hasard, parce que mon appareil ne me quittait jamais et parce que la rue offre à l’esprit curieux un spectacle permanent… La photographie c’est l’émotion », observait Willy Ronis.

Le Jeu de Paumela Monnaie de Paris et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ont présenté à Paris environ 150 photos, célèbres ou inédites, en des tirages d’époque et modernes supervisés par le photographe, extraites du fonds de la donation faite par Willy Ronis, à l’État français en 1983.

Cette rétrospective Willy Ronis, une poétique de l’engagement s’articule autour de cinq axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et la biographie de ce photographe incarnant, avec notamment Henri Cartier-Bresson (1908-2004), Robert Doisneau (1912-1994), Izraël Biderman dit Izis (1911-1980), René-Jacques (1908-2003), le courant de la photographie humaniste. Une rétrospective qui montre l’étendue du travail de Willy Ronis, de Paris à Prague (Le vieux cimetière juif de Prague, 1967) via Venise (La Giudecca, 1981).

À l’Espace Simiane (Gordes), une sélection de 75 photographies, parmi les plus célèbres et représentatives du style humaniste, compose cette exposition rétrospective réalisée par le Jeu de Paume, Willy Ronis, la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, la DAPA-Ministère de la culture et de la communication.

À Mantes-la-Jolie, la rétrospective Willy Ronis, photographe d’un siècle réunissant une centaine de clichés, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, « reprend le parcours de cet artiste qui a traversé le siècle pour nous léguer un regard très personnel sur une vision du monde du XXe siècle que l’on nomme le « courant humaniste ».

En 2017, le Jeu de Paume « présenta au Château de Tours, une exposition consacrée au photographe français Willy Ronis (1910-2009), réalisée à partir du fonds de la donation qu’il a faite à l’État en 1983. Organisée conjointement avec la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, cette exposition a rendu hommage à cet artiste de renommée internationale, en dévoilant des photographies restées encore méconnues ».

À l’espace culturel du Palais à Megève (Alpes), cette exposition rétrospective est revenue « sur le parcours de ce grand photographe, tour à tour reporter, photographe industriel ou illustrateur, qui marqua la photographie française du vingtième siècle. Elle met en exergue ses engagements politiques et ses évolutions stylistiques. »

« Pendant près de quatre-vingts ans – des années 1930 aux années 2000 – Willy Ronis a pointé son objectif sur les Français, arpentant avec un plaisir toujours renouvelé les rues de la capitale, les territoires industriels ou le sud de la France, mais aussi l’Italie, l’Angleterre, les États-Unis, ou photographiant, en pleine guerre froide, Moscou, Berlin et Prague. »

 

« A la fin de sa carrière, fidèle à ses engagements, il décide de faire don de son œuvre à l’État. Les tirages photographiques de cette exposition rétrospective sont un choix parmi les nombreuses archives de référence, dont celles de la bibliothèque du photographe conservés par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP). »

« Une section entière de l’exposition est consacrée aux Alpes et notamment à Megève, où Willy Ronis aimait à venir skier et où il réalisa, dans les années 1930, deux campagnes photographiques, l’une pour l’école de ski d’André Ledoux, l’autre à la demande de la revue Air France. »

Il magnifie les skieurs intrépides dans des œuvres où le contraste entre le noir des sapins s’opposent au blanc et aux nuances de gris de pentes neigeuses.

Une famille juive

Willy Ronis est né à Paris (9e arrondissement), en 1910, dans une famille juive.

Originaire d’Odessa (Ukraine), son père est photographe portraitiste. Sa mère, pianiste, est née en Lituanie et enseigne à Willy le violon, dont il joue jusqu’à l’âge de 25 ans. Cet enfant est passionné par la musique et par le dessin.

Avec son premier appareil photographique, Willy Ronis prend en 1926 des photos de vacances et de Paris.

En 1932, pour aider son père malade et en proie à des difficultés financières, il le remplace dans l’atelier familial.

En 1935, Willy Ronis devient membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), d’obédience communiste.

Quand son père meurt, en 1936, Willy Ronis dirige sans envie le studio de portraits qui fait faillite.

Il se lance alors comme reporter-illustrateur indépendant. Il réalise des reportages de commandes pour la SNCF et le Commissariat au Tourisme. Son reportage sur le Front populaire est publié par Regards.

En 1937, avec son premier Rolleiflex, il réalise un reportage publié dans Plaisir de France. Il se lie d’amitié avec les photographes Robert Capa (1913-1954) et David Seymour, dit Chim (1911-1956).

En 1938, il effectue des reportages sur les conflits sociaux chez Citroën, et participe, à l’invitation d’un ami, à une croisière en Adriatique et en Méditerranée avec des escales en Albanie, Yougoslavie, Grèce et Tunisie. L’occasion de reportages photographiques. Aidé par son ami Robert Capa, il en sélectionne 140 clichés qu’il adresse en 1939, à l’approche du conflit, à cinq agences européennes et américaines.

En 1941, fuyant les persécutions antisémites, refusant de porter l’étoile jaune, cet homme aux convictions communistes se réfugie en zone libre, bientôt rejoint par son frère cadet. Là, il exerce divers métiers artistiques : directeur d’une troupe de théâtre ambulant en zone libre, aide-décorateur pour les studios de cinéma de la Victorine (Nice), assistant dans un studio de portrait à Toulon, peintre sur bijoux avec la peintre Marie-Anne Lansiaux, etc.

Un photographe polygraphe humaniste

Willy Ronis rejoint Paris en octobre 1944.

Il poursuit son activité de photographe par de grands reportages publiés par la presse illustrée (Point de Vue, L’Écran français, Regards, Life, Le Monde illustré), et travaille dès 1950 pour l’industrie, Air France, la publicité et la mode (Vogue).

Avec notamment Robert Doisneau (1912-1994), Marcel Bovis, René-Jacques et Jean Séeberger, il est membre du Groupe des XV fondé en 1946 afin de promouvoir la photographie comme art et de sensibiliser à la nécessaire préservation du patrimoine photographique français.

Willy Ronis adhère au Parti communiste français (PCF). Il participe au Congrès international de la Paix à Varsovie (1951). Il rompt avec le PCF vers le milieu des années 1960, tout en restant proche de l’idéal communiste.

Il se rend à deux reprises en RDA (République démocratique allemande) : comme membre du jury d’Interpress à Berlin-Est (1960), et pour répondre à la commande de l’Association française d’échanges franco-allemands (EFA) en 1967.

De cette Allemagne de l’Est, en pleine guerre froide, il saisit les villes, les Allemands, la campagne, les sites industriels, les intellectuels (Anna Seghers). Assiste à la cérémonie érigeant le camp de concentration de Buchenwald en lieu commémoratif… À son retour, Willy Ronis élabore une exposition itinérante sur la vie quotidienne dans la communiste RDA, présentée dans 70 lieux en France jusqu’en 1974.

En 1946, Willy Ronis épouse Marie-Anne Lansiaux, qu’il immortalise dans le Nu provençal, Gordes, 1949. Un cliché épuré, un décor simple, une lumière naturelle, une scène de la vie quotidienne, une image imprévue saisie sur le vif. Une photo choisie pour l’affiche de la rétrospective à la Monnaie de Paris.

Ami des photographes Capa et Chim, Willy Ronis entre alors à l’agence Rapho. Il manifeste un intérêt pour les petites gens, les braves gens, le peuple au travail ou au repos, Paris et la diversité de ses quartiers et de ses métiers, les enfants, tel ce garçon emportant fièrement et joyeusement un pain presqu’aussi grand que lui.

Cet arpenteur de Paris initie un reportage sur les populaires quartiers de Belleville et Ménilmontant, car il affectionne les quartiers populaires parisiens. Ses clichés seront réunis en un livre avec un prologue et des légendes du poète Pierre Mac Orlan, Belleville-Ménilmontant (Arthaud, 1954), régulièrement réédité. Des reportages qui valent à Willy Ronis le prix Kodak en 1947.

Joyau de ses promenades sur le pavé de Paname, un cliché célèbre :  » Les Amoureux de la Colonne-Bastille, 1957 « . Un couple, Riton et Marinette, qu’il retrouvera en 1988, dans leur bistrot du quartier de la Bastille dans lequel ils avaient placé cette photo encadrée. Une photo emblématique de la qualité plastique de l’oeuvre de Willy Ronis, « indéniable marquée par une composition soignée et une grande maîtrise de la lumière héritée de son goût pour la peinture hollandaise ».

Des grandes villes – Londres (1955), New York -, ce promeneur curieux retranscrit la singularité urbanistique marquée par d’immenses néons publicitaires, le rythme trépident d’une foule anonyme et de la circulation automobile par le flou, privilégie des plans en plongée.

Ses voyages l’amènent aussi à Bruges (Belgique) en 1951 – photos de la procession solennelle des religieuses -, et aux Pays-Bas sur les traces des grands maîtres hollandais – Bruegel, Rembrandt entre autres – que son épouse artiste peintre et lui admirent tant – clichés en 1952 et 1954 des enfants et adultes néerlandais en costumes traditionnels dans les ports de Volendam et de Spakenburg -, etc.

En 1955, ce « photographe polygraphe », ainsi qu’il se définit, refusant la spécialisation, suivant sa curiosité reprend pendant 17 ans son indépendance, réalise des reportages à Alger (1969), etc. Il se constitue une clientèle, une renommée et une audience internationales.

Willy Ronis a « toujours refusé toute collaboration qui ne respectait pas son droit de regard sur les cadrages de ses photographies et sur leurs légendes : cette manifestation d’indépendance lui vaut au fil des ans des difficultés professionnelles et financières qui l’amènent en 1972 à quitter Paris pour le Midi ; il s’installe d’abord à Gordes, puis à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) ».

Il enseigne son art, entre autres, à l’École des beaux-arts d’Avignon. Il effectue aussi des reportages sur la Provence.

Au fil des commandes et d’un travail personnel, l’œuvre de Willy Ronis aborde de multiples thèmes, en étant guidé par la volonté « d’être au plus proche de la réalité, volonté qui se traduit en particulier par l’élaboration d’une pratique totalement nouvelle de prise de vue sur le vif : maître mot de cette génération humaniste qui entend retranscrire la dignité de l’homme tout autant que l’environnement dans lequel il évolue ».

 

Willy Ronis a contribué « activement à l’élaboration du récit humaniste qui se développe après la Seconde Guerre mondiale. Ce courant de pensée s’était donné pour mission tacite de rétablir la confiance dans la bonté intrinsèque de l’être humain, et d’en faire le centre et la mesure de toute réflexion politique et sociale. Or, si ce courant ne se limite pas à la France, le discours humaniste de l’époque y prendra la forme d’un récit identitaire puissant. Ainsi l’anecdote, la parodie, la tendresse, le raffinement visuel, font partie des recours narratifs à la fois refuges et justifications de la photographie humaniste – mais aussi d’une certaine littérature et d’un certain cinéma. Les rues de Paris, ses quartiers populaires, les badauds, les enfants, les scènes quotidiennes ou champêtres, le repos dominical : autant de toiles de fond sur lesquelles les photographes conjuguent la poésie avec une volonté sincère de « changer le monde » (Marta Gili, directrice du Jeu de Paume et commissaire de l’exposition). De cette attention aux plus défavorisés, témoignent ses clichés des grévistes aux usines Citroën (1938) ou Renault (1950), dans les mines de Saint-Étienne (1948) et des ouvriers de Paris (1950). Sans aucune esthétisation de la misère et de la difficile condition ouvrière. Et avec la conviction que l’une des responsabilités d’un photographe est de « travailler toujours plus efficacement au rapprochement des peuples ».

La publication en 1980 d’un recueil de ses photographies Sur le fil du hasard (Éditions Contrejour) fait redécouvrir de nouveau Willy Ronis. Cet ouvrage lui vaut en 1981 le Prix Nadar (Contrejour). Suivent d’autres recueils de photographies : en particulier, Mon Paris (Denoël, en 1985). Toutes Belles, avec un texte de Régine Desforges (Hoëbeke, 1992), Quand je serai grand (Presses de la Cité, 1993), À nous la vie, avec un texte de Didier Daeninckx, (Hoëbeke, 1996), et, plus intime et familial, consacré à sa femme et à son fils, Marie-Anne, Vincent et moi, doté d’un texte de Bertrand Eveno (Filigranes, 1999), Ce jour-là (Mercure de France, 2006) et d’autres sur des textes de Michel Onfray ou Philippe Sollers.

Des documentaires télévisuels (Willy Ronis ou les cadeaux du hasard, de Patrice Noia 1989) et biographies (par Bertrand Eveno, Belfond, collection « Les Grands Photographes ») lui sont aussi consacrés.

Ses clichés sont sélectionnés dans de nombreuses expositions – ainsi au MoMA de New York avec Brassaï, Doisneau et Izis (1953), au musée des Arts décoratifs de Paris, avec Robert Doisneau, Daniel Frasnay, Jean Lattès, Janine Niépce et Roger Pic (« Six photographes et Paris »,1965) – et rétrospectives à Athènes (1980), au Palais de Tokyo (Paris, 1985), en URSS (1986) et à l’Oxford Museum of Modern Art (1995).

En 1979, à la demande du ministère de la Culture et de la Communication, Willy Ronis participe à la Mission photographique pour la direction du Patrimoine. En 1980, il est l’invité d’honneur aux XIe Rencontres internationales de la photographie d’Arles.

Willy Ronis est distingué par la Médaille d’or à la nouvelle Mostra Biennale internazionale de Fotografia de Venise (1957), le Grand Prix national des Arts et des Lettres pour la photographie (1979), le statut de membre de la Royal Photographic Society (Grande-Bretagne, 1993), le titre de Commandeur (1985) puis chevalier (1989) de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Willy Ronis revient à Paris en 1983, fait don de ses archives à l’État à effet post-mortem – une donation complétée en 1989 et qui réunit des milliers de négatifs, documents, albums, vintages et tirages modernes – et continue d’exercer son métier et d’être célébré jusqu’à l’année de sa mort.

À l’occasion du centenaire de la naissance de ce photographe français juif (1910-2009), trois rétrospectives sur Willy Ronis lui ont été consacrées à la Monnaie de Paris, à l’Espace Simiane (Gordes) et au musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie.

Dans le cadre du mois de la photographie, le Museu Da Imagem e Do Som (MIS), à São Paulo (Brésil), a présenté 80 photographies de Willy Ronis (1910-2009), photographe français juif. Des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux.

En 2013, la Galerie Camera Obscura a rendu hommage à « quatre grands photographes du siècle » dont Willy Ronis.

Un portrait filmé de Willy Ronis quelques semaines avant sa mort, complété d’entretiens inédits sur les coulisses de l’exposition, a été projeté à la Monnaie de Paris et sur les sites Internet http://www.jeudepaume.org/ et http://www.monnaiedeparis.fr/

Histoire diffusa les 21, 26 et 27 octobre ainsi que le 2 novembre 2015 Willy Ronis, autoportrait d’un photographedocumentaire de Michel Toutain (Pyramide Production). « En soixante-seize ans de pratique, Willy Ronis s’est photographié chaque année : premier autoportrait à seize ans, dernier à quatre-vingt-douze. Ces autoportraits rythment la construction de ce film dans lequel Willy Ronis parle de lui, de son art, de sa carrière. Il analyse aussi quelques-unes de ses images les plus célèbres, celles qui l’ont fait entrer dans l’histoire de la photographie ».

Le 13 décembre 2016, plus de 160 photos de Willy Ronis, provenant de la collection de son petit-fils Stéphane Kovalsky et offrant un panorama complet de son œuvre, ont été vendues chez Artcurial lors d’une vente aux enchères exceptionnelle.

Le Ministère de la Culture propose des photographies de Willy Ronis sur son site Internet.

Belleville

Arte diffusa le 11 janvier 2019 à 16 h 30, dans le cadre d' »Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » (Willy Ronis und Belleville / Suzhou / Maracana) par Fabrice Michelin. Linda Lorin « nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis – Bien avant Venise, Suzhou la Chinoise – Maracanã, le baptême d’un stade. Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis : « Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le photographe Willy Ronis découvre un quartier parisien à la mauvaise réputation : Belleville. L’artiste, qui s’y laisse guider par les sons et les lumières, capture sur le vif des instants de vie aujourd’hui envolés. »

« Willy Ronis en RDA »

À Versailles, l’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » : une rencontre de l’histoire et de l’émotion par la photographie. L’exposition virtuelle permet une visite personnalisée.

« Célèbre photographe humaniste français, Willy Ronis (1910-2009) a fondé sa renommée sur ses photos sensibles de Paris, ses illustrations des régions françaises, ses vues engagées du monde ouvrier et des mouvements sociaux. Willy Ronis se vit rarement confier des missions à l’étranger. La ville de Versailles lui rend hommage à l’Espace Richaud en exposant ses clichés pris en 1960 et 1967 dans l’ex-République démocratique allemande (RDA). »

L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » présente, « au travers de 130 tirages et de nombreuses archives, la richesse et l’originalité du travail du photographe dans ce pays mal connu et disparu, la RDA. Aujourd’hui, le reportage documentaire de Ronis est devenu un témoignage unique car le pays s’est radicalement transformé depuis la réunification. Selon une approche historique et pédagogique, l’exposition vise à enrichir la mémoire collective de l’Europe et à valoriser les liens franco-allemands, en premier lieu ceux qui unissent Versailles et Potsdam, villes jumelées. »

« Dans la salle introductive sont abordées la commande passée à Ronis par l’association Échanges franco-allemands (EFA) en 1967 et l’exposition itinérante qui en résulta. Y sont présentés des tirages d’époque (vintages) et des archives issus de la donation remise par l’auteur à l’État français. Des objets multiples, à découvrir sous vitrines, illustrent le propos : lettres, publications de l’EFA, documents de travail et photos de la première exposition créée par Ronis lui-même à Montreuil, en 1968. La voix du photographe accompagne la présentation de son travail : il accorda en effet à Nathalie Neumann, commissaire de l’exposition, des entretiens audio restés inédits à ce jour. »

« Le contexte politique singulier de la RDA est abordé via un ensemble de tirages de travail d’époque. Parmi toute la production apparaissent des messages engagés sous-jacents, les réalités sociales du pays, le mur de Berlin, la police, le culte des dirigeants. »

« Par la scénographie conçue par Laurence Fontaine, l’exposition favorise un rapprochement et une connivence avec la RDA dans le sens du message voulu universel par Willy Ronis : l’homme est au centre de ses images et de la société. Au cœur de l’Espace Richaud, dans l’ancienne chapelle, sont déployés des duos d’images, rapprochements de clichés pris en RDA et en France. Ce prisme comparatif France-Allemagne constitue le fil rouge de l’exposition. Ronis parlait ainsi de ses images : « J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. »

« En 1967, la mission explicite du photographe consistait à représenter une société comme il a pu le faire pour la sienne, la France. Sensible à la sociologie développée à son époque, Willy Ronis regroupa ses photographies selon des critères-clés comme les paysages urbains et naturels, les activités, les loisirs, l’enseignement… Des ensembles de tirages modernes sont mis en avant dans les deux galeries sud et la coursive du premier étage de l’Espace Richaud. Des portraits de personnalités du monde artistique et intellectuel, telles que Anna Seghers ou Christa Wolf, complètent le propos. Accompagnés de courtes biographies, ces témoignages permettent aux visiteurs d’appréhender la diversité de la culture, des sciences et de l’enseignement qui rayonnaient au-delà des frontières ».

« Impliqué dans l’enseignement et le journalisme, Willy Ronis profita de ses voyages pour visiter les industries et l’école supérieure de photographie est-allemandes. Ce sujet qui lui tenait à cœur est également abordé, dévoilant un pan peu connu de sa carrière. Autre découverte, ce reportage en noir et blanc fut complété d’une production en couleurs, certes en quantité moindre. Des tirages modernes de ses diapositives ponctuent le parcours. Le seul tirage en couleurs, exposé en 1968, a été restauré spécifiquement pour la présente manifestation ».

« Le commissariat de l’exposition est assuré conjointement par Nathalie Neumann et Ronan Guinée. Franco-allemande, Nathalie Neumann est historienne de l’art, chercheuse à l’université de Mayence et auteure d’expositions. Ronan Guinée est en charge du fonds Willy Ronis à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), service du ministère de la Culture en charge des archives des Monuments historiques et du patrimoine photographique de l’État. L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » est la concrétisation d’un partenariat entre la ville de Versailles et la MAP. Elle s’accompagne de la publication d’un catalogue par les Editions Parenthèses ».

Les éditions Parenthèses ont publié « Willy Ronis en RDA. La vie avant tout, 1960-1967 » de Nathalie Neumann et Ronan Guinée. « Les gens, les rues, les jours de fête ou les jours sans rien : que Willy Ronis photographie le vieux Paris ou les villes nouvelles d’Allemagne de l’Est, c’est là, toujours, que s’arrête son regard. Ainsi, lorsqu’en 1967 l’association « Échanges franco allemands » lui commande un reportage destiné à favoriser la reconnaissance par la France de la RDA, c’est « la vie avant tout » qu’il cherche à restituer. Humaniste engagé et « le cœur à gauche », il se fait le témoin d’un socialisme moderne au service du peuple, faisant l’impasse sur les limites du système.

« Pour s’être déjà rendu en RDA en 1960, Ronis sait immédiatement où regarder. À la commande, il répond par des photos de jeunes travailleurs, d’étudiants, ¬d’enfants jouant, de paysages, de moments ordinaires… Il photographie aussi les grands peintres, sculpteurs et écrivains et, autant que possible, l’enseignement artistique et l’industrie optique, qui le passionnent ».

« Exposé à son retour dans l’Hexagone dans près de quatre-vingts communes, ce travail joua alors son rôle politique et militant, laissant pour un temps l’art au second plan. »

« Libérés du contexte de la guerre froide, ces clichés de Willy Ronis, longtemps restés dans l’ombre, révèlent aujourd’hui toute leur profondeur esthétique et stylistique. Et si leur force mémorielle est indéniable, elle n’y enlève rien ; bien au contraire ».

« Je m’attache à inclure dans mes prises de vue le caractère humain, par le choix du geste et de l’attitude, par un souci de vie. » Willy Ronis

Citations de Willy Ronis 

(« Sur le fil du hasard », L’Isle-sur-la-Sorgue, 1979)

Un « type de sensibilité »

« Je n’ai, à ce jour, acquis aucune certitude et n’en éprouve nul complexe. La nature m’a attribué, pur hasard, un type de sensibilité qui m’a procuré pas mal de tourments mais aussi d’immenses joies. Merci ! J’ai creusé mes sillons avec mon instinct, ma petite honnêteté, chanté ma chanson à mi-voix ; je me suis souvent fait plaisir et cela compense le reste que, par bonheur, on oublie facilement ».

Une « certaine mélancolie »

« On remarque, paraît-il, une certaine mélancolie dans mes photos. Cela s’explique. J’ai eu beaucoup de loisirs forcés au cours de périodes de sous-emploi ; autant meubler ces vides avec la chasse aux images. Mais de telles conditions n’inspirent pas la joie, surtout qu’entre deux pressions sur l’obturateur on se dit qu’on travaille pour le tiroir. Mes chasses joyeuses, je ne les vécus que lorsque je volais mon temps à celui que je devais consacrer au travail commandé, ou lorsque le déclic provoqué par un événement inattendu faisait monter la fièvre des grandes émotions. Mélancolie souvent, mais pas pessimisme ; ça ira mieux demain ».

« La photographie, c’est le regard »

« La photographie, c’est le regard. On l’a ou on ne l’a pas. Cela peut s’affiner, la vie aidant, mais cela se manifeste au départ, avec l’appareil le meilleur marché. En tout état de cause, cela ne figure pas dans les colonnes de matériels qui font rêver les dévoreurs de catalogues ».

« Pour nous autres traqueurs d’imprévu, le surgissement du motif provoque aussitôt le passage à l’acte. Il n’y a pas ce refroidissement que risquent l’écrivain ou le compositeur, s’ils ne sont pas en mesure de transcrire, sur-le-champ, l’écho de leur émotion… Lorsque nous avons déclenché au moment ardemment espéré, où tout semble organisé dans l’ordre le plus juste, la seconde d’enthousiasme passée, surgit l’anxiété : est-ce bien dans la boîte !? »

« C’est la perception du temps fort qui commande le déclic, cet instant où nous estimons, au terme d’un rapide balayage du champ couvert par le viseur, que nous tenons, rassemblées dans une composition idéale, les diverses figures articulant ce ballet dont le chorégraphe, souvent génial, a pour nom le Hasard ».

« Faire la photo d’abord, réfléchir ensuite – si j’en ai le temps – ou penser aussitôt après que j’ai peut-être déclenché trop vite et voir si je peux recommencer, en mieux. Surtout ne jamais perdre du temps à peser soigneusement ceci ou cela ».

« L’aventure ne se mesure pas au nombre de kilomètres… L’émotion, si vous en êtes digne, vous l’éprouverez devant le sourire d’un enfant qui rentre avec son cartable, une tulipe dans un vase sur lequel se pose un rayon de soleil, le visage de la femme aimée, un nuage au-dessus de la maison ».

« Transformer le désordre en harmonie, c’est la quête constante du chasseur d’images. Cela conduit-il tout droit au maniérisme froid !? N’en croyez rien. Une photo signifiante, c’est une photo fonctionnelle, dans le plus beau sens du terme, et l’on sait depuis longtemps, par l’étude morphologique des oiseaux ou des poissons, par les travaux des stylistes sur les objets usuels, que la pureté des formes est le résultat d’une adéquation aboutie à leurs fonctions. Et la fonction d’une photo, c’est sa capacité immédiate à synthétiser son propos. Le photographe ne se promène pas, bien sûr, avec la grille du nombre d’or dans le viseur, mais il l’applique généralement par intuition, avec l’inévitable et heureux infléchissement de sa sensibilité. La belle image, c’est une géométrie modulée par le cœur ».

Du 19 mai au 10 octobre 2021

À l’Espace Richaud

78, Boulevard de la Reine. 78000 Versailles

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h

Tél. : 01 30 97 28 66

Visuels :

Affiche

Willy Ronis, Dans le parc du château de SansSouci, Potsdam (RDA), 1967

© Donation Willy Ronis, Ministère de la Culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diff.RMNGP

Rencontres franco-allemandes, organe de l’association EFA, n° 50, janvier 1968 © donation Willy Ronis, ministère de la Culture – MAP, diff. RMN-GP

Du 20 mai au 30 septembre 2021

Au Palais

247 Route du Palais des Sports. 74120 Megève

Visuels :

Willy Ronis

Place de la République, 14 juillet 1936, Paris

Île Saint-Denis, nord de Paris, 1956

Jeanne et Jacques, près de Paris, 1937

Le Nu provençal, Gordes 1949

La forge chez Renault, Boulogne-Billancourt 1950

« Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » par Fabrice Michelin
France, 2019
Sur Arte le 11 janvier 2019 à 16 h 30

Du 28 juin au 29 octobre 2017

Au Jeu de Paume – Château de Tours 

25, avenue André Malraux 37000 Tours
Tél. : 02 47 21 61 95
Du mardi au dimanche de 14 h à 18 h • Fermeture le lundi

Du 28 avril au 16 juin 2013
Au Museu Da Imagem e Do Som (MIS), São Paulo
Av. Europa, 158 – Jardim Europa, São Paulo, 01449-000, Brésil
Tél. : + 55 11 2117-4777
Du mardi au vendredi de 12 h à 22 h. Dimanche de 11 h à 21 h

Du 22 mars au 11 mai 2013
À la Galerie Camera Obscura
268, boulevard Raspai, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 45 45 67 08
Du mardi au vendredi de 12 h à 19 h et le samedi de 11 h à 19 h
Vernissage le 21 mars 2013 à 18 h.

Jusqu’au 22 août 2010

Willy Ronis, une poétique de l’engagement

À la Monnaie de Paris :

11, quai de Conti, 75006 Paris

Tél. : 01 40 46 56 66

Du mardi au dimanche de 11h à19h, jeudi de 11h à 21h30

Fermeture le lundi

et

Willy Ronis

À l’Espace Simiane :

Mairie, 84220 Gordes

Tél. : 04 90 72 98 64

De 14 h à 18 h

Jusqu’au 3 octobre 2010

Willy Ronis, photographe d’un siècle

Au musée de l’Hôtel-Dieu :

1, rue Thiers, 78200 Mantes-la-Jolie

Tél : 01 34 78 86 60

Du lundi au vendredi (sauf mardi) de 13h à 18h. Samedi de 9h à 12h et de 13h à 19h. Dimanche de 13h à 19h

Visuels de haut en bas :

Willy Ronis, Autoportrait aux flashes, Paris, 1951
Tirage argentique
30 x 24 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Affiche reprenant Le Nu provençal, Gordes (Vaucluse), 1949
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Usine Lorraine-Escaut, Sedan, 1959
Tirage argentique
33 x 26 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Londres, Picadilly Circus le jour, 1955
Tirage argentique
25 x 17 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Le Vigneron girondin, 1945
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Carrefour Sèvres-Babylone, Paris, 1948
Tirage argentique
50 x 40 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Karl-Marx Stadt, 1967
Tirage argentique
40 x 60 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Rue Tholozé, Montmartre, Paris, 1956
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Les Amoureux de la Bastille, Paris, 1957
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Volendam, Hollande, 1954
Tirage argentique
30 x 40 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Jardins du Trocadéro, 1970
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Lorraine en hiver, 1954
Tirage argentique
36 x 26 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

La Péniche aux enfants, Paris, 1959
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Place Vendôme, Paris, 1947
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Fondamente Nuove, Venise, 1959
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Marché aux puces, 1948
Tirage argentique
40 x 30 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Les citations sont extraites des dossiers de presse.

Cet article a été publié le 12 août 2010, puis les 3 mai et 3 juin 2013, 19 octobre 2015, 17 décembre 2016, 27 octobre 2017, 12 janvier 2019. Il a été modifié le 3 octobre 2021.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Eduardo Kobra retratou escritor gaúcho junto a um pássaro, figura de uma de suas obras mais conhecidas, o “Poeminho do Contra”: “Eles passarão, eu passarinho”

Das utopias
Se as coisas são inatingíveis… ora!
Não é motivo para não querê-las…
Que tristes os caminhos se não fora
A mágica presença das estrelas!
– Mario Quintana, no livro “Espelho Mágico”. Globo, 1951

 

De cima de um andaime a oito metros de altura no meio do bairro Três Figueiras, em Porto Alegre, o muralista e grafiteiro Eduardo Kobra atende o celular – spray de tinta em uma mão, smartphone na outra – enquanto pinta os últimos detalhes do olho esquerdo do poeta Mario Quintana (1906–1994). Convidado para retratar o escritor gaúcho na parede externa do novo prédio do Colégio Farroupilha, o artista paulista de 42 anos, criador de 500 murais ao redor do mundo, revela certa agitação na voz.

– Já pintei a 99 metros de altura, em Recife, mas não significa que não tenha medo. Significa que me precisei acostumar – diz, rindo.

Escolhido uma das personalidades de 2018 em Nova York pela revista Time Out, Kobra assina 19 murais na cidade americana, onde passou sete meses do ano passado. Um dos mais famosos estampa o rosto de Michael Jackson, na lateral de um edifício de cinco andares na First Avenue: de um lado, a pintura mostra o cantor quando menino e, do outro, já adulto.

Além do Rei do Pop, Kobra assina trabalhos que prestam tributo a nomes como o cantor David Bowie, em Jersey City (EUA), a bailarina Maya Plisetskaya, em Moscou, e a menina Anne Frank, em Amsterdã, na Holanda.

Em Porto Alegre, a homenagem a Mario Quintana foi feita sobre uma área de 14 metros quadrados e finalizada (jan/2019), antes da chuvarada que assolou a capital. O painel mostra Quintana fitando um pássaro – referência ao Poeminho do Contra, uma das obras mais famosas do alegretense, que diz: “Eles passarão, eu passarinho”. A escolha do homenageado, segundo o muralista, levou em conta a importância do poeta na sala de aula.

– É uma escolha pessoal. Um dos meus projetos é de valorizar a história e a cultura brasileiras por meio de pessoas que foram influentes e importantes. Mario Quintana é estudo básico nas escolas, e vejo que os alunos têm muita conexão com street art. Minha ideia é que, por meio da minha arte, as pessoas possam conhecer outras formas de expressão, como a literatura – projeta Kobra, que valoriza o fato de a parede, ainda que dentro da escola, seja voltada para a rua.

Esta é a primeira obra de Kobra na capital gaúcha e a primeira desde sua volta dos Estados Unidos.

Mario Quintana – por Eduardo Kobra

– Caminhei muito pela cidade para aprender. Visitei a Fundação Iberê Camargo, a orla do Guaíba, a Cidade Baixa. Chamou minha atenção a beleza da cidade – conta.

É claro que nada no processo é feito no improviso: ao lado de três assistentes, Kobra pesquisa o homenageado antes de começar a desenhá-lo, depois projeta o mural em escala menor, testa desenhos e, já com o painel pronto em uma tela, sobe em um andaime para pintar a parede usando spray de tinta, tinta acrílica e esmalte sintético.

Tais telas, por sinal, devem ser objeto da primeira exposição de Kobra em 10 anos. Afastado dos museus há uma década, o artista deve reunir obras que estão guardadas em seu ateliê paulistano numa mostra a ser realizada em Miami, nos Estados Unidos, ainda sem data definida.

*por Gustavo Foster/ GaúchaZH

Poeminho do contra
Todos esses que aí estão
Atravancando meu caminho,
Eles passarão…
Eu passarinho!
– Mario Quintana. em “Caderno H”. 1973

[Fonte: http://www.revistaprosaversoearte.com]

Lors de son débat avec Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon a martelé cette notion théorisée par le poète Édouard Glissant.

Des personnes regardent le débat télévisé entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour, diffusé sur BFMTV, le 23 septembre.

Écrit par Vincent Bresson 

«L’assimilation, ça n’existe pas! Ce qui existe, c’est la créolisation. Et on passe par des étapes: il y a d’abord l’intégration de ceux qui arrivent. Si elle est réussie, la créolisation va se faire plus vite.»

«Créolisation», le terme a été martelé par Jean-Luc Mélenchon tout au long du débat qui l’opposait à Éric Zemmour sur le plateau de BFMTV. Et c’est assez nouveau. Développé par le poète Édouard Glissant, ce concept était peu présent dans la bouche du candidat de La France insoumise à la dernière élection présidentielle. Mais alors que la nouvelle campagne promet d’être centrée plus que jamais sur les questions identitaires, le député semble avoir trouvé la parade.

Jean-Luc Mélenchon fait de la créolisation un des grands axes idéologiques de sa candidature. Pourquoi cette mise en avant soudaine? Le leader de gauche a affirmé à l’Insoumission, le média de La France insoumise, avoir redécouvert le concept d’Édouard Glissant grâce au député européen Younous Omarjee. Quand on lui demande si c’est bien lui qui a remis Édouard Glissant dans les mains du tribun, l’élu LFI confirme: «Quand vous avez une responsabilité politique, il faut faire des efforts pour comprendre les mouvements non perceptibles. On doit essayer de saisir les grandes tendances et, pour nous en tout cas, trouver des solutions pacifiques face à ces transformations.»

D’origine réunionnaise, Younous Omarjee estime que le monde créole, qu’il connaît bien, est même l’exemple à brandir comme idéal face au discours de la droite sur l’assimilation. «Je viens d’un monde créole et je suis la preuve vivante de ce à quoi ressemble ce monde», avance-t-il. Un monde dans lequel les échanges culturels sont si importants que, comme le disait Jean-Luc Mélenchon durant son débat avec Éric Zemmour, le couscous serait l’un des plats préférés des Français.

Un processus perpétuel

Comment résumer le concept développé par Édouard Glissant? «La créolisation, c’est la rencontre des altérités qui produit des situations nouvelles, répond Younous Omarjee. C’est pourquoi il ne faut pas s’en inquiéter! C’est une lecture très optimiste, et c’est pour ça qu’elle est intéressante.»

Françoise Simasotchi-Bronès, professeure des universités en littératures francophones à l’université Paris 8 et coautrice du livre Archipels Glissant, sourit quand on lui pose la question. «Je donne un cours de quarante heures sur la créolisation, donc ce n’est pas évident de la résumer en quelques minutes.» Elle tente tout de même: «C’est l’idée que des humanités différentes qui se trouvent réunies dans un endroit du monde participent à la création d’une nouvelle identité.»

Pour Édouard Glissant, l’une des grandes forces de ce processus infini tient en un mot: son imprévisibilité.

Étymologiquement, le terme vient, évidemment, de l’expérience créole. La colonisation de l’Amérique, de ses îles caraïbes ou l’Océan Indien, ont fait se rencontrer des peuples d’origines diverses aux cultures tout aussi variées: Indigènes, Africains déportés et colonisateurs européens. «Ils ont dû apprendre à vivre ensemble et à trouver une sorte de culture commune, de mode de vie commun», souligne Françoise Simasotchi-Bronès. Une situation qui a débouché sur l’invention d’une langue commune, propre à chaque territoire: le créole. «L’esclavisé n’avait pas la même langue, donc une langue s’est créée à la rencontre de toutes les langues: africaine, amérindienne, européenne, poursuit la chercheuse. Une vraie langue, pas un jargon.»

L’idée de créolisation était déjà présente avant qu’Édouard Glissant ne la théorise. «C’est une notion qui s’est développée en Amérique du Sud avec certains anthropologues qui avaient posé la question de la créolisation, explique Françoise Simasotchi-Bronès. Mais Édouard Glissant a pris cette notion anthropologique pour la développer philosophiquement.» Il insiste sur le fait que ces échanges et ces apports, qui s’accompagnent, parfois, de violence, entraînent sans cesse l’émergence d’une nouvelle culture.

La créolisation serait donc un processus sans fin puisque tous les nouveaux apports vont être intégrés dans cette construction identitaire commune. Pour Édouard Glissant, qui s’appuie notamment sur l’exemple de l’émergence du jazz, l’une des grandes forces de ce processus infini tient en un mot: son imprévisibilité.

Une opportunité politique

Pour la gauche, la créolisation pourrait permettre de marquer des points dans la lutte très gramscienne de l’hégémonie culturelle, selon laquelle la conquête du pouvoir passe par celle de l’opinion publique. Jean-Luc Mélenchon répète à l’envi qu’il y voit même le chaînon manquant à l’universalisme qu’il défend. Face à Éric Zemmour, il en a même fait le cœur de sa pensée sur les questions identitaires et a opposé le processus de créolisation au communautarisme: «La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion, sont des terres profondément créolisées. Et, contrairement à ce que vous dites, ça n’a pas créé une addition de communautés, ça a créé une communauté commune sous l’empire de la loi.» Une réappropriation qui n’est pas sans risque.

«C’est toujours la même question de “qui comprend quoi?”, interroge Françoise Simasotchi-Bronès. Si on n’explique pas à quoi cela correspond, en utilisant le mot “créole”, on fait peut-être un clin d’œil à quelqu’un d’autre.»

Récupérée par le patron de La France insoumise, l’idée d’Édouard Glissant est une façon de lutter contre le «grand remplacement» et autres thèses avancées par une frange de la droite qui imprègnent de plus en plus les débats. En face, Younous Omarjee reconnaît qu’il y avait une faiblesse structurelle à gauche sur ce point: «La gauche est un peu orpheline sur ces positions. La droite a présenté un système, il vaut ce qu’il vaut, mais il a sa cohérence. On le voit bien avec Éric Zemmour. Mais je tiens à rappeler que la créolisation est un concept qui ne surgit pas comme ça, ce n’est pas un concept hors sol mais une explication, un constat, une analyse de la réalité.»

Le député européen y voit une lecture plus optimiste de l’évolution de nos sociétés, qu’il oppose à celle d’Éric Zemmour qu’il estime «inquiète par rapport au mouvement de l’histoire». La créolisation, rempart de la gauche contre le discours identitaire de droite? Françoise Simasotchi-Bronès sourit: «Je crois que ça plairait à Glissant que l’on dise ça.»

[Photo : Bertrand Guay / POOL / AFP – source : http://www.slate.fr]

 

 

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En aquest volum s’analitza, bàsicament, la història de la llengua catalana, des dels orígens fins a l’actualitat: la disgregació del llatí anomenat vulgar, la constitució de les diferents llengües romàniques, el paper de Ramon Llull com a primer cohesionador de la llengua, l’expansió medieval, les contradiccions del final de l’edat mitjana, l’etapa de gradual pèrdua de poder polític de la Corona catalanoaragonesa, l’ocupació del país (segle XVII, Catalunya Nord; segle XVIII, la major part del territori), la tasca ingent per la consolidació de la llengua també als àmbits formals, les sotragades del segle XX i la situació a principis del segle XXI, sense oblidar alguna reflexió al voltant de les perspectives de futur.

Biografia dels autors

Bernat Joan (Eivissa, 1960). Doctor en Filologia Catalana, sociolingüista. Catedràtic de Llengua Catalana de l’IES Santa Maria d’Eivissa i professor associat de la UIB. Ha publicat novel·la, teatre i narrativa infantil, però sobretot assaig. Entre els seus llibres, podem destacar Les normalitzacions reeixides, Normalitat lingüística i Llibertat nacional o Un projecte per a Europa. Ha estat diputat al Parlament europeu i secretari de Política Lingüística de la Generalitat de Catalunya.

Esperança Marí (Formentera, 1959). Llicenciada en Filologia Catalana i en Filologia Hispànica. Professora del Centre d’Educació per a Persones Adultes Pitiüses, d’Eivissa. Ha publicat la part d’història de Geografia i Història de Formentera, una guia didàctica sobre l’obra de Marià Villangómez i una edició crítica de la poesia de Jordi Juan Riquer, entre d’altres. Ha estat diputada al Parlament de les Illes Balears.

Títol: Breu història de la llengua als Països Catalans
Autor: Bernat Joan i Esperança Marí
Editorial: Pagès editors
Col·lecció: divÈrsia.cat
Pàgines: 160
ISBN: 978-8413031255

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Estamos ante tendencias antagónicas, pero en el fondo confluentes en un mismo negacionismo y en una misma pulsión antidemocrática. Si la muerte de Abimael Guzmán puede tener alguna implicancia el día de hoy esa tendría que ser un reforzamiento de la memoria como un antídoto contra esas tendencias que hoy asedian a lo que queda de nuestra democracia.

Escrito por Salomón Lerner Febres

Abimael Guzmán fue el responsable principal del más terrible periodo de violencia que ha sufrido el Perú en sus doscientos años de vida independiente. Ha muerto a los 86 años sin haber hecho nunca un solo gesto de arrepentimiento, sin haber pedido perdón a las familias de las decenas de miles de peruanos y peruanas que su organización, Sendero Luminoso, asesinó, masacró, secuestró, torturó, expolió y, en suma, atropelló de diversas formas. Su nombre queda asociado a las atrocidades de los años 1980 y 1990. Su biografía quedará resumida en la historia de esa organización que fundó, que moldeó a la medida de sus dogmatismos y a la que convirtió en un aparato mortífero cuyas víctimas fueron, en una enorme mayoría, como suelen serlo en las aventuras armadas, los más pobres y excluidos.

Hay quien se pregunta por el significado de su deceso para el presente y el futuro del país. No es acertado encontrar en la muerte de Guzmán el cierre de un ciclo o un punto de quiebre en nuestra historia colectiva. Él, en cuanto cabecilla de una cruzada terrorista, ya había dejado de gravitar hacía décadas, desde cuando fue capturado y juzgado. Lo que queda de Sendero Luminoso, como se sabe, son algunos remanentes armados con objetivos confusos, algún grupúsculo recalcitrante como Movadef, y, eso sí, en los últimos meses, la ominosa y apenas disimulada simpatía de algunas autoridades y representantes del grupo de gobierno, la cual merece el rechazo de todo demócrata. Su fallecimiento es, en ese sentido, apenas un episodio residual. El curso de nuestra sociedad difícilmente se verá alterado por ello. Los desafíos que enfrentamos no estriban para bien ni para mal en su presencia ni en su ausencia física.

Si la muerte de Abimael Guzmán puede tener alguna implicancia el día de hoy esa tendría que ser un reforzamiento de la memoria como un antídoto contra esas tendencias que hoy asedian a lo que queda de nuestra democracia.

Sí es importante, en todo caso, ahora que seguramente se volverá a escribir y disertar en abundancia sobre la figura de Abimael Guzmán, insistir en la importancia de la historia y de la memoria de la violencia. Y, junto con ello, situar en el lugar central el recuerdo de las víctimas de Sendero Luminoso. La Comisión de la Verdad y Reconciliación demostró la responsabilidad central de Sendero Luminoso en la tragedia de hace dos décadas por haber sido quien inició el conflicto, por los métodos terroristas y de ataque indiscriminado a la población que empleó desde el primer momento, y por haber causado el mayor número de víctimas fatales.

La CVR señaló, también, que el único caso en que se pudo haber configurado el delito de genocidio en esos años fue durante el cautiverio del pueblo ashaninka por Sendero Luminoso, y recomendó que se profundizara investigaciones para verificar esa posibilidad. Ninguno de los cuatro gobiernos que se han sucedido desde entonces ha hecho nada al respecto, mientras que los que asumen las ideas que llevaron a Guzmán a perpetrar sus numerosos crímenes, como el Movadef, oscilan entre la negación y la justificación de los asesinatos y masacres cometidos. Su agenda es –era—conseguir que se otorgue amnistía para Guzmán y para todos los que cometieron graves violaciones de derechos humanos durante el conflicto, como la moneda de cambio para una supuesta reconciliación.

Desde la derecha del espectro político se practica la acusación de terrorista de una manera indiscriminada y, por supuesto, cínica y embustera, contra todo aquel que cuestione el statu quo

Hoy en día se produce un fenómeno indecente y peligroso para la democracia. Desde la derecha del espectro político se practica la acusación de terrorista de una manera indiscriminada y, por supuesto, cínica y embustera, contra todo aquel que cuestione el statu quoDesde cierta izquierda, incluyendo a personajes del actual gobierno, se banaliza los crímenes de Sendero Luminoso, o, desde otros sectores, se llama a dar un lugar a su memoria –es decir, a su justificación del baño de sangre ocasionado—como una señal de tolerancia o hasta de sutileza intelectual, o se reclama el olvido de los hechos y el silenciamiento de las víctimas como un gesto de realismo político. Estamos ante tendencias antagónicas, pero en el fondo confluentes en un mismo negacionismo y en una misma pulsión antidemocrática. Si la muerte de Abimael Guzmán puede tener alguna implicancia el día de hoy esa tendría que ser un reforzamiento de la memoria como un antídoto contra esas tendencias que hoy asedian a lo que queda de nuestra democracia.


* Salomon Lerner Febres es rector emérito de la Pontificia Universidad Católica del Perú (PUCP) y presidente emérito del IDEHPUCP.

 

[Fuente: idehpucp.pucp.edu.pe]

Joan-Lluís Lluís fa el salt del Grup 62 a Club Editor. A la casa de Maria Bohigas hi publica una nova novel·la, ‘Junil a les terres dels bàrbars’.

Escrit per Gerard E. Mur

Joan-Lluís Lluís fa un doble salt: passa del Grup 62 a Club Editor i publica, a la casa de Maria Bohigas, una nova novel·la amb un estil i un marc completament diferents dels de Jo soc aquell que va matar Franco, l’última referència de ficció de l’autor. Passem d’una ucronia política a una història de pàtina clàssica. A Junil a les terres dels bàrbars, Lluís trasllada el lector al començament de l’era cristiana. Junil viu en una zona fronterera i indeterminada de l’Imperi Romà, es desfà d’un pare tirànic que la turmenta i fuig amb tres esclaus. De mica en mica, la colla fugitiva s’engreixarà amb altres dissidents, estranys que també volen escapar de la seva barbàrie. El grup s’avé, crea una nova llengua per entendre’s i Junil assenyala el camí. Lluís ha volgut oferir una utopia errant, un viatge d’alliberament que no sempre és plàcid.

Joan-Lluís Lluís presentarà Junil a les terres dels bàrbars a La Setmana el dissabte 18 de setembre a les 18:00h en l’escenari 1 del Moll de la Fusta. Posteriorment, a les 19:00h, el podreu trobar signant exemplars als mòduls 5-6.

Joan-Lluís Lluís

Gerard E. Mur: Els canvis respecte a Jo soc aquell que va matar Franco (2018) són importants: un marc temporal molt allunyat, un altre to i fins i tot un estil adaptat a la històrica clàssica que és la novel·la. Quin és l’origen de la història?

Joan-Lluís Lluís: La novel·la arrenca d’una data, d’una efemèride, que va passar desapercebuda a Catalunya i és que el 2017 o el 2018 van complir-se els 2.000 anys de la mort d’Ovidi. No sé sap si va morir l’any 17 o 18, però hi ha pocs autors clàssics dels quals se sàpiga amb relativa precisió l’any de la seva mort passats tants segles. La mort es va commemorar a Italià i a Romania —que és on va morir—, però a Catalunya no es va fer res. Això ho trobava frustrant. Fa temps que Ovidi em fascina per la seva obra, com a autor, però també per la seva vida. Tot el que li va passar; el seu desterrament a la costa Romania, que va ser un desterrament definitiu. No va poder tornar a Itàlia. Va suplicar que el deixessin tornar, però al final va dir que no volia anar a Roma; volia tornar a un lloc on es parlés llatí. Hi havia aquesta enyorança molt forta del país encarnat en la seva llengua. El que encara ho fa tot més fascinant és que no se sap perquè va marxar. Tot d’una desapareix. Algunes novel·les —en diverses llengües— parlen d’aquest moment de la vida d’Ovidi. Tenia ganes de fer alguna cosa en aquest sentit, però trobava molt repetitiu tornar a fer una novel·la sobre Ovidi. Vaig pensar que podria fer una novel·la sobre Ovidi sense Ovidi. Aleshores, qui podia col·locar al centre? Un lector o una lectora. El personatge de Junil va començar a néixer així.

Quina relació lectora has tingut amb l’obra d’Ovidi?

És bastant tardana. Cap als trenta-cinc anys. Abans havia llegit Homer i Virgili. Els he llegit gairebé cronològicament, però és per atzar. Jo em quedaria amb Homer. La Ilíada i l’Odissea són els dos puntals màxims, els dos cims, de la literatura occidental. Ovidi és una mica més difícil. És necessari saber coses de la seva època. Saber-ne detalls. Les metamorfosis demanen una base de coneixement mitològic important. I és poc probable que la tinguem. Em va costar seguir la lectura en algun moment, no sabia de qui m’estava parlant l’autor. Mentre que pels romans era del tot evident. També hi ha, però, l’evidència del seu estil, una barreja de gran bellesa plàstica i lleugeresa.

La relació de Junil amb Les metamorfosis és molt intensa. És, de fet, el motor que fa avançar el personatge. I aquí hi ha un joc, una trampa: Junil ha pogut llegir tot el poema amb Ovidi a l’exili ja.

És un anacronisme voluntari que em permetia dir una cosa d’entrada: no és una novel·la històrica. I això és molt important. Hi ha moltes coses de la trama que no encaixen amb la història. En realitat, Ovidi va ser enviat a l’exili quan havia començat Les metamorfosis i les va acabar a l’exili. Per tant, Junil no podia tenir el llibre sencer. No estava publicat. Això m’ho invento. També m’invento el fet que calgués cremar tota l’obra d’Ovidi. Només el van enviar allà, però va continuar escrivint i publicant. Vaig escollir Les metamorfosis perquè es considera la seva obra més important. I l’és: és una obra molt ambiciosa.

“Descobrir coses després de la publicació d’un llibre és un regal que es fa l’autor a si mateix, ‘a posteriori’”

No sé si a la novel·la hi ha una intenció d’apropiar-se de la narració clàssica, del ritme i dels temes dels clàssics.

El món grecoromà em fascina. El veig com una mena de barreja d’àmbits diferents que són la història, la literatura i la mitologia. De vegades, de fet, costa una mica diferenciar les coses. I m’agrada. No provo gaire de destriar. M’agrada dubtar. Ulisses és un personatge literari al qual se li retia culte, per tant podria entrar dins de l’apartat de la mitologia. Està inspirat en alguna figura històrica? No ho sabrem mai, però potser sí. Aquesta barreja constant i possible no la farà un historiador, però jo sí que me la puc permetre. Per a mi és molt fèrtil. No m’he inspirat en coses molt precises, però sí que m’he deixat entrar aquest món.

Les lectures clàssiques han estat una font d’inspiració?

Potser hi són, però no han de ser necessàriament clàssiques. Pot haver-hi altres tipus de lectures. No en soc gaire conscient, la veritat. No provo de saber d’on venen els meus personatges. Que existeixin ja és prou agraït. En moltes novel·les meves sempre hi ha algun personatge que pot recordar els de Dino Buzzati. D’això, però, me n’adono després de la publicació del llibre. I està bé que sigui així. Descobrir coses després de la publicació d’un llibre és un regal que es fa l’autor a si mateix, a posteriori.

Joan-Lluís Lluís

La història, diuen, es repeteix. És una mena d’estructura fractal. A Junil a les terres dels bàrbars, el tractament d’algunes qüestions essencials pot recordar l’estat de les coses avui. La llengua, les fronteres, l’exili… Has volgut oferir, en determinants moments, un mirall del temps present?

No, en cap cas. És una cosa que em nego a fer, sistemàticament. Al mateix temps, però, és inevitable que passi. Soc d’ara i soc d’aquí. Encara que parli de temps llunyans o espais siderals sempre parlaré d’ara i d’aquí, almenys en part. Això accepto que sigui així, però no ho faig conscientment. Quan escric, escric. Les preguntes venen més tard. I és després —ara— que tinc les respostes. Fins i tot hi ha entrevistes que em donen respostes a preguntes que no m’havia ni fet. És la conversa que em permet entendre coses. Pel que fa a Junil…, una d’aquestes respostes ha estat veure com la novel·la conté una utopia, una microsocietat utòpica. Al grup no hi ha líder, no hi ha cabdill. I el país on volen arribar és una mena d’Arcàdia. Entenc que és una utopia nascuda de les meves lectures llibertàries de postadolescent. Lectures que han fecundat anys més tard.

Es vol arribar “al país potser imaginari on ningú no esclavitza ningú”. És la representació d’una societat autoorganitzada, que s’entén i s’avé.

Exacte. I d’això no n’era conscient fins fa quatre dies.

Alguns temes clàssics de la teva obra tornen a entrar al relat. Els citava abans: la llengua, la literatura, la frontera, el desig… Has volgut deixar anar alguna píndola de pensament?

En alguns moments, sí. Hi ha algunes observacions que són voluntàries, però n’hi ha d’altres que simplement hi són i constato que es repeteixen sota formes diferents en diverses novel·les. El tema de la frontera és veritat que és important, però quan construïa la novel·la no sentia que ho fos; era un recurs narratiu per anar d’un lloc a un altre, passar una frontera, anar cap a un lloc desconegut. Em preguntava, sobretot, qui són els bàrbars i qui són els civilitzats. Són aquestes les preguntes que ens hauríem de fer avui, segurament. El motor més clar a nivell conscient, però, és la relació dels personatges amb la literatura.

“De la mateixa manera que descric com sobreviuen els personatges, com troben menjar per alimentar-se, com sobreviuen al fred o a les poblacions hostils, també mostro com la literatura és una font de supervivència. Trobo que no es diu prou que l’ésser humà és un animal de ficció. Escoltar ficcions ens anima”

Anem aquí: la literatura és un espai de confiança, de protecció.

Sí. De la mateixa manera que descric com sobreviuen, com troben menjar per alimentar-se, com sobreviuen al fred o a les poblacions hostils, també mostro com la literatura és una font de supervivència. Trobo que no es diu prou que l’ésser humà és un animal de ficció. Escoltar ficcions ens anima. Ens expliquem històries. Totes les que hi ha contingudes a la literatura, el cinema i les sèries. O a les mentides, els acudits i les anècdotes que ens expliquem. Tot això és ficció. L’ésser humà necessita això per viure. Jo, de la literatura, en faig un element important. És un motor perquè el grup tingui força per continuar avançant. Tot s’expliquen històries, troben gent que explica històries i fins i tot els que són analfabets —que són la majoria— perceben que és una cosa molt important. Reivindico el paper central de la ficció en les nostres vides.

“De què em servirà llegir i escriure?”, pensen alguns personatges.

La resposta és molt fàcil. La ficció no necessita escriptura. La immensa majoria de les històries que ens hem explicat ens les hem explicat oralment. L’escriptura és una punta d’agulla de la història de la ficció. L’escriptura és un element molt important, que permet fixar coses, però també és superflu. Es pot viure la ficció sense escriptura.

Pel que fa a la frontera, creus que encara és un territori no normalitzat, viscut des d’un cert exotisme?

Jo soc fronterer. Sempre he viscut a prop d’una frontera d’estat. Per tant és una cosa que tinc integrada des de petit. Recordo que, quan era petit i passava la frontera cap al sud, hi havia uns guàrdies civils antipàtics que parlaven castellà i eren els guardians absoluts, ells et deien si podies passar o no. No es discutia. M’impressionava molt. La frontera és un lloc, com a mínim, estrany. Hi ha una autoritat estranya que la gestiona. És un tema molt complex. Una frontera és una barrera, però també pot ser una oportunitat. Totes les fronteres generen contraban. És una oportunitat de desenvolupament econòmic. A més a més, tot i que una frontera ara és una relativa línia recta —una línia que podríem marcar, dibuixar de roca en roca—, en realitat és una divisió molt movedissa. Avui pots passar sense papers, però amb una pandèmia no. Hi ha una part de subjectivitat enorme. Qui decideix les coses que poden passar a través d’una frontera? Tot això canvia permanentment.

Joan-Lluís Lluís

Les deïtats tenen un pes específic en la vida dels personatges. Fan i desfan en funció del que representa un déu o una deessa. Hi ha una relació de submissió, no sempre desitjada. Aquest vincle amb les deïtats podria ser el que algunes persones mantenen avui amb la religió avui o amb el poder polític.

La religió és un poder ocult. El que m’agrada de les religions és que són motors narratius potents. Sobretot els politeismes, que els trobo més fèrtils que els monoteismes, són més diversos, més complicats. Els monoteismes són més continguts. Caldria demostrar, però, que el catolicisme és un monoteisme. Jo crec que és un politeisme amagat, però això és un altre tema. Jo soc ateu. Em dono una llibertat molt gran de poder jutjar les religions amb respecte, però amb una llibertat total. Els déus representen moltes coses, sovint ens representen a nosaltres mateixos. Són les barreres que ens posem nosaltres mateixos. No ens atrevim a assumir aquesta barrera i la fem assumir per una persona que té el bon gust de no existir. És molt pràctic. El món grecoromà és fantàstic. És d’una gran profusió, inacabable. Obre moltes possibilitats narratives. A la novel·la em volia inventar un panteó —el panteó dels bàrbars— dedicat al món cèltic, però podia caure en la caricatura —no se’n coneix gran cosa, no tenien escriptura; i jo en tinc un coneixement parcial—; per respecte a aquest món, el canvio i me n’invento un, que no té cap nom. M’invento tota una mitologia. I m’ho he passat molt bé. Jo he decidit qui són els déus i què fan. No he tingut cap límit.

Al teu primer poemari (Salives, Cafè Central / Eumo), el desig era un tema central. Aquí, a Junil…, torna a aparèixer. Ho fa en el pensament de la protagonista, que domina un desig voluntàriament refrenat.

El desig, tal com surt a la novel·la, és molt contingut i, de vegades, reprimit. Hi ha alguna història d’amor, però molt tènue. També hi ha alguna història sexual… He volgut presentar la sexualitat com un mitjà per sobreviure col·lectivament. Com ens ho fem per mantenir la pau social. Més enllà d’això, però, no hi ha gaire més desig en el sentit estricte. M’interessava col·locar en un lloc més o menys cèntric la virginitat volguda de Junil perquè el món romà és un món extremadament patriarcal. La dona era una propietat que passava del pare al marit. La virginitat només era una plusvàlua de la mercaderia en qüestió, que era la dona, i prou. Era això. M’interessava veure com una noia verge assumeix en una situació anormal —no té pare ni marit, és lliure— la importància de ser verge. Què en fa d’aquesta condició? Per què la manté? Com a autor, era interessant explorar les possibles contradiccions d’aquesta virginitat volguda. Ella en té una idea idealitzada. Serveix d’alguna cosa? És un motor que la fa viure i sobreviure. És curiós com una repressió assumida acaba sent un element de supervivència.

“El concepte d’imperial associat a la llengua és una de les coses més nocives del món perquè genera sentiments d’odi, de superioritat. Sentiments que, en el fons, no existeixen”

Al llibre, la diversitat de llengües no és una qüestió conflictiva: “Tots parlen la llengua de tots, i això vol dir que han anat confegint una parla única apedaçada, que els serveix quan parlen a tots, o quan parlen als que no parlen la mateixa llengua”. Com has volgut tractar aquest punt? Entens la llengua com un element prioritari de la identitat nacional?

Per mi la llengua és una cosa absolutament prioritària en la meva vida personal i en la meva obra. No vol dir que en parli sempre, però quan en parlo, intento que la qüestió aparegui des d’enfocaments diferents. Aquí m’interessava dir que les llengües imperials no haurien d’existir. El concepte d’imperial associat a la llengua és una de les coses més nocives del món perquè genera sentiments d’odi, de superioritat. Sentiments que, en el fons, no existeixen. Les llengües són totes iguals. Totes poden parlar de tot. Ja que havia construït una mena d’utopia, la colla del llibre parla llengües diferents i s’entén. La idea és saber què passa quan la gent no s’entén, però tampoc es domina: al grup no hi ha una llengua imperial, ningú imposa la seva; simplement hi ha la necessitat d’entendre’s. En un món ideal, cadascú aprèn la llengua de l’altre, però a la novel·la no passa això. El que passa és que es crea una tercera llengua, un pidgin. No hi ha cap raó perquè una llengua se’n mengi una altra. Detestaria que el català es mengés altres llengües. I, evidentment, detesto que altres llengües es mengin el català.

Creus que la pàtina clàssica de la novel·la ha influït en l’estil de la narració? Jo hi noto una lleugera pel·lícula.

Probablement és així, però no ho sé del cert. M’és difícil dir-ho. Entenc que cada novel·la necessita una manera diferent de ser explicada. Per escriure una novel·la necessito sentir-me molt bé amb la història i els personatges. Tenir pau interior. És esgotador viure dos o tres anys amb uns personatges si no els suportes. I passa el mateix amb l’estil. Necessito trobar un estil i el trobo molt a poc a poc. Escric relativament de pressa, però reviso moltíssim durant molt de temps. Vaig començar amb ‘Junil.01’ i he arribat a ‘Junil.27’. I encara hauria seguit, però hi ha un moment en què l’editora ha de marcar-te un límit.

Finalment, voldria preguntar-te pel salt del Grup 62 a Club Editor. Per què ha estat així? Què hi has trobat a la nova casa? Com a lector, quin vincle has tingut amb El Club dels Novel·listes?

Es podria dir que Proa i Club Editor són les dues editorials catalanes més antigues que existeixen avui. Això ja m’agradava: passar d’una antiga a una antiga. A Proa estava molt content. No tinc res a dir. Les relacions eren bones i fructíferes. Sentia, però, la necessitat d’explorar vies diferents de fer un llibre i una editorial també és una manera de fer un llibre. Vaig començar a publicar a La Magrana i vaig viure, des de l’interior, la compra per part de RBA; de mica en mica, van imposar una manera de treballar fins al punt que van deixar de fer llibres en català i em vaig veure obligat a escampar la boira. Va ser una mica traumàtic. D’allà vaig passar a Proa. Ara necessitava tornar als orígens, al funcionament dels orígens. El problema de Proa —a desgrat de la gent de Proa— és la falta de temps que tenen per ocupar-se prou dels llibres. Vull deixar clar, però, que el respecte que tinc per l’editorial és enorme. Només en puc dir coses bones. Però sí que es percep que hi ha una maquinària. I hi ha també l’ombra de Planeta, que és una mica freda i desagradable, tot i que es fa molt perquè no es noti. El cas és que tenia ganes de provar un mètode més lent.

Una feina de maduració, de dedicació de l’editor. Editora, en aquest cas.

Sí, podria haver estat amb un altre editor, però amb la Maria ja havíem treballat junts en alguna traducció. Ens coneixíem. Sabíem com treballàvem. Hi havia una confiança prèvia. Va ser fàcil.

Aleshores, aquest origen de La Magrana el trobes ara a Club Editor.

Bé, la idea general. És molt diferent la manera de fer de la Maria de la d’en Carles-Jordi Guardiola, el primer editor de La Magrana. La Maria permet enfocar el llibre de maneres diferents. En un moment donat jo em converteixo en un humil servidor de la novel·la i, per tant, una mirada exterior és molt important. Un treball exterior sobre la novel·la és fonamental. Permet veure-la d’una altra manera. Busco suggeriments, maneres de millorar-la, que, després, accepto o no; també soc l’amo i senyor final de l’obra. La Maria treballa amb una gran intensitat. Amb una inversió de temps i d’energia molt gran.

 

[Fotos: Joana de Querol – font: http://www.nuvol.com]

Somando e subtraindo, hoje, exatamente quarenta e oito anos depois da morte de Salvador Allende, o balanço é muito claro e desafiador   

 

“Aprendam a lição..(porque) muito mais cedo do que tarde, se abrirão novamente as grandes alamedas por onde passará o homem livre, para construir uma sociedade melhor.. Tenho a certeza que meu sacrifício não será em vão.”

Publicado por José Luís Fiori

Salvador Allende, às 9,30 horas da manhã do dia 11 de setembro de 1973.
O golpe militar, a morte de Salvador Allende e o fim do governo da Unidade Popular, na manhã nublada, fria e melancólica de Santiago do Chile, daquele 11 de setembro de 1973, foi um momento trágico da história politica da esquerda latino-americana, e foi também um momento de mudança irreversível do pensamento crítico e progressista do continente.
Nos anos 60, e até o início da década de 70, do século passado, América Latina viveu um momento de intensa criatividade intelectual e política. Foi o período áureo da revolução cubana e de sua influencia sobre os movimentos de luta armada do continente, em particular, no Brasil, Uruguai e Argentina, e um pouco mais tarde, na América Central. Foi o tempo do reformismo militar de Velasco Alvarado, no Peru, e de Juan José Torres, na Bolívia; da volta do peronismo e da e da vitória de Juan Domingos Perón, na Argentina; da primeira experiência reformista democrata-cristã, na Venezuela, e, acima de tudo, do “reformismo cepalino”, de Eduardo Frei, e do “socialismo democrático”, de Salvador Allende, no Chile.
Tendo como pano de fundo, como desafio político e intelectual, o “milagre econômico” do regime militar brasileiro. Neste período, Santiago transformou-se no ponto de encontro de intelectuais de todo mundo, e virou o epicentro do que talvez tenha sido o período mais criativo da história politicas e intelectual latino-americana do século XX. Revolucionários e reformistas, democrata-cristãos, socialistas, comunistas e radicais, tecnocratas e intelectuais, líderes sindicais, sacerdotes, artistas e estudantes discutiam – a todas as horas e em todos os cantos da cidade – sobre a revolução e o socialismo, mas também, sobre o desenvolvimento e subdesenvolvimento, industrialização e reforma agrária, imperialismo e dependência, democracia e reformas sociais, e sobre a própria especificidade histórica do capitalismo latino-americano.
Por que Santiago? Porque o Chile foi o único país do continente onde se tentou – de fato – combinar democracia com socialismo, nacionalizações com capitalismo privado, e desenvolvimentismo com reforma agrária, durante o período da Frente Popular, entre 1938 e 1947, e durante o governo da Unidade Popular, entre 1970 e 1973, mas também, de certa forma, durante o governo. Na década de 1930, os socialistas e comunistas chilenos formaram uma Frente Popular com o Partido Radical, venceram as eleições presidenciais de 1938, e depois foram reeleitos mais três vezes, antes de serem separados pela intervenção norte-americana, no início da Guerra Fria, em 1947. Os governos da Frente Popular chilena, sob a liderança do Partido Radical, colocaram sua ênfase nos programas de universalização da educação e da saúde publica, mas também na infraestrutura, no planejamento e na proteção do mercado interno e da indústria. Mas foi só em 1970 que o governo da Unidade Popular propôs explicitamente um projeto de “transição democrática para o socialismo” como estratégia de desenvolvimento e sem destruição da economia capitalista.
Antes de Allende, os democrata-cristão “chilenizaram” o cobre, e começaram a reforma agrária, mas o governo da UP acelerou a reforma agrária e radicalizou a nacionalização das empresas estrangeiras produtoras de cobre, e foi além disto, ao propor criar um “núcleo industrial estratégico”, de propriedade estatal, que deveria ser o líder da economia capitalista e o embrião da futura economia socialista.
Este foi, aliás, o pomo de discórdia que dividiu a esquerda durante todo o governo da Unidade Popular, chegando até o ponto da ruptura, entre os que queriam limitar as estatizações industriais aos setores estratégicos da economia, e os que a queriam estender, até originar um novo “modo de produção”, sobre a hegemonia estatal. Pois bem, este projeto absolutamente original de “transição democrática para o socialismo” do governo da Unidade Popular foi interrompido pelo golpe militar do general Pinochet, com apoio decisivo dos EUA e do governo militar brasileiro.
Mas como previu Salvador Allende no seu último discurso, “muito mais cedo do que tarde”, o Partido Socialista voltou ao governo do Chile, em 1989, aliado com os democrata-cristãos. Só que naquele momento os comunistas chilenos haviam sido dizimados, e os socialistas já haviam aderido ao consenso neoliberal, hegemônico, durante a década de 90, e haviam deixado de lado os seus sonhos socialistas.
Uma década depois, entretanto, no início do século XXI, a esquerda avançou muito mais e conquistou o governo de quase todos os países da América do Sul. E nesta hora, um grande numero de jovens das décadas de 60 e 70, que escutaram as últimas palavras de Allende, no Palacio de la Moneda, foram chamados a governar.
Por todo lado, em vários pontos da América do Sul, a esquerda voltou a discutir sobre o socialismo, o desenvolvimentismo, a igualdade e as novas estratégias de transformação social para o século XXI. Mas depois de uma década, a esquerda latino-americana deu-se conta de que a palavra “socialismo’ hoje tem conotações absolutamente diferentes nas montanhas andinas, nas grandes metrópoles, nos pequenos povoados, ou nos vastos campos ocupados pelo sucesso exportador do agrobusiness; que o “desenvolvimentismo” se transformou num projeto anódino e tecnocrático, desprovido de qualquer horizonte utópico; que defender a “indústria” ou a “reindustrialização”, virou um lugar-comum da imprensa, que pode significar qualquer coisa segundo o economista de turno; e o “reformismo social” foi dissolvido num conjunto de políticas e programas desconexos originários do Banco Mundial, mais preocupado com o seu “custo-efetividade” do que com a luta pela igualdade social.
Somando e subtraindo, hoje, exatamente quarenta e oito anos depois da morte de Salvador Allende, o balanço é muito claro e desafiador: a geração de esquerda dos anos 60 e 70 chegou em muitos países ao poder, mas já não tinha mais do seu lado a força do sonho e da utopia que levou Salvador Allende à resistência, ao silencio e à morte, naquela manhã violenta e inesquecível do dia 11 de setembro de 1973, na cidade nublada, fria e melancólica de Santiago do Chile.
11 de setembro de 20
*Este artigo apenas atualiza a data e reproduz outro com o mesmo nome publicado em Carta Maior, em 9 de setembro de 2013. Sua inclusão neste livro é uma homenagem a Salvado Allende. democrata-cristão, de Eduardo Frei, entre 1964 e 1970.

[Foto: Reuters – fonte: http://www.cartamaior.com.br]

Escrito por

¿Quién dijo que las polémicas intelectuales no son para el verano? Allí donde el clima estival es suave, el momento resulta tan bueno como cualquier otro. Así lo demuestra el caso de Alemania, un país que todavía tiene respeto a las ideas: una de sus publicaciones señeras, el semanario Die Zeit, ha dado curso a una interesante discusión acerca de las políticas de la memoria. En particular, se trataba de discernir si el Estado alemán había venido prestando demasiada atención al exterminio nazi de los judíos europeos en detrimento de sus propias empresas coloniales, así como de precisar si eso se ha hecho a propósito y con finalidades espurias relacionadas con el apoyo a Israel o la perpetuación del racismo. Quienes así lo afirman son historiadores poscoloniales cuyas acusaciones quieren reabrir el viejo debate acerca de la excepcionalidad de la Shoah, un asunto que colea desde la famosa «disputa de los historiadores» de comienzos de los años 80. Y dado que no hay historia nacional sin cadáveres en el armario, el asunto presenta un interés universal.

El comienzo de la polémica está en la publicación de un artículo firmado por los académicos Jürgen Zimmerer y Michael Rothberg que llama a «suprimir el tabú de la comparación» entre el Holocausto nazi y otros acontecimientos históricos. La historiografía se globaliza y el pensamiento se pluraliza: ante estos desarrollos contemporáneos, dicen, los alemanes tienen que cambiar el modo en que se relacionan con su memoria. Reducir el exterminio judío a la condición de un episodio nacional de carácter excepcional sería contraproducente por varias razones: desatiende factores que explican la guerra alemana de aniquilación en el frente oriental, como el propósito de ganar «espacio vital» de tipo colonial; neutraliza la fuerza moral del «nunca más», ya que un suceso singular no puede repetirse; sirve para que otros europeos o sus gobiernos encubran la complicidad con los verdugos nazis, como sucedería en Polonia. Pero es que con ello se distorsiona además la «dinámica plural de la memoria pública», impidiendo el desarrollo de «una cultura del recuerdo más inclusiva» y adecuada a una sociedad alemana cada vez más heterogénea: si el recuerdo del Holocausto se transmitiera familiarmente, sostienen Zimmerer y Rothberg, los alemanes cuyas familias no vivían en el país en esa siniestra época carecerían de memoria alguna. Peor aún, la insistencia en la singularidad del nazismo tiene por objeto «salvar» la identidad nacional alemana, colocando un oportuno cortafuegos entre la historia alemana «normal» —incluido el colonialismo— y los crímenes nazis. O sea:

«La «caja negra» de Auschwitz» rompe la conexión estructural entre los crímenes alemanes y la historia alemana, limitando las ominosas continuidades al antisemitismo».

Irónicamente, pues, el trabajo de memoria realizado con el nazismo tendría como contrapartida una cierta desmemoria. Siguiendo esta estela, el académico norteamericano Dirk Moses procedió a denunciar en un artículo publicado en el portal suizo Geschichte der Gegenwart lo que denomina «el catecismo alemán». Su tesis es que ha llegado el momento de abandonar la premisa de que el Holocausto es una ruptura con la civilización; por mucho que sea la base moral de la República Federal, es posible y aun deseable establecer comparaciones entre el genocidio nazi y los demás genocidios. Es necesario contemplar el nazismo en el marco del imperialismo colonial característico de su época, lo que equivale a «desprovincializarlo» —término que se ha convertido en habitual entre los historiadores contemporáneos— y, por tanto, a normalizarlo. Para ello, es preciso abandonar las creencias que dan forma al «catecismo» que Moses denuncia. Sus principios serían los siguientes: el Holocausto es único porque nunca antes se había tratado de eliminar de raíz a un grupo étnico completo; es una ruptura civilizatoria; se deriva del mismo una responsabilidad especial de Alemania hacia los judíos e Israel; el antisemitismo no es racismo, sino un tipo especial de prejuicio; y, en fin, el antisionismo es antisemitismo. Este catecismo habría reemplazado al anterior, que describía el Holocausto como el accidente histórico provocado por la acción de un grupo de fanáticos desligados de las corrientes dominantes en la sociedad alemana.

Varias son las razones de Moses para rechazar categóricamente esta visión de las cosas. Por un lado, este catecismo no refleja ya el mundo de la vida de los jóvenes alemanes; como sus pares estadounidenses, no solo consideran que el racismo contra los inmigrantes es un serio problema en todas partes, sino que constatan que Israel apoya los asentamientos ortodoxos y aleja con ello la solución de los dos Estados. Para colmo, ninguna de estas realidades puede ser reprimida ya por los «censores sacerdotales» gracias a la «anarquía democrática» de Internet. ¡La verdad vuela sola! En lo que a los historiadores se refiere, también él subraya que la globalización ha conducido a un mayor interés por la historia imperial y la literatura colonial, creando dentro del ámbito de los «Estudios del Holocausto» el miedo a que su objeto se vea degradado: si la historia de la modernidad está marcada por el proyecto colonial, el nazismo quizá no sea entonces ninguna rareza.

A principios de julio, Die Zeit pone a discutir —un procedimiento que se ha hecho marca de la casa— al propio Moses con el profesor Volkhard Knigge, académico de la Universidad de Jena y exdirector del Memorial de Buchenwald. Lo hace bajo una rúbrica intimidante: «¿Cuán justa es nuestra memoria?». Knigge empieza por señalarse a sí mismo como uno de los «altos sacerdotes» criticados por Moses y recuerda que el Holocausto ha sido siempre comparado con otros acontecimientos, empezando por los crímenes comunistas y terminando con los bombardeos aliados sobre las ciudades alemanas; la cultura alemana de la memoria siempre ha estado, dice, dispuesta a evolucionar. Para Moses, por el contrario, esa apertura terminó alrededor del año 2000, momento en que esa cultura se convierte en rígida una ideología de Estado; la mejor muestra de esa nueva realidad la ve Moses en la designación parlamentaria del movimiento propalestino BDS como «antisemita». Knigge es categórico: «Una política de la memoria dirigida autoritariamente por el Estado es imposible en la República Federal». A su juicio, la memoria es susceptible de ser instrumentalizada en cualquier sitio; sin embargo, es un sinsentido afirmar que en Alemania existe una versión oficial de la historia nacional impuesta a historiadores y ciudadanos. Para Knigge, no tiene demasiado sentido comparar genocidios, pero si hay algo específico en el Holocausto es la voluntad de eliminar a cualquier precio a sujetos definidos por su pertenencia a una raza. De ahí que el Holocausto sea a la vez singular y comparable. Ante esta argumentación, Moses se reafirma en su crítica poscolonial y exige que en el debate histórico se ponga más empeño en escuchar las voces de los colonizados.

Quien salta al ruedo de la controversia una semana después es el conocido historiador Saul Friedländer, ya casi nonagenario e instalado en Los Ángeles. Su posición es clara: aunque la política de la memoria del Holocausto es objeto de críticas crecientes en nombre del credo poscolonial, Auschwitz fue algo diferente al colonialismo occidental y así debemos representárnoslo. Para Friedländer, la premisa del pensamiento poscolonial es acertada: el mundo occidental ha ignorado durante demasiado tiempo su pasado colonial y su racismo. Pero de ahí no se sigue que las demás conclusiones de Moses sean certeras. A decir verdad, sostiene, los historiadores alemanes y parte de la opinión pública no reconocen la singularidad del Holocausto hasta los años 80; hasta entonces, el debate historiográfico se centraba en las causas del mismo. Sucede que el exterminio de los judíos no tiene nada de pragmático ni se relaciona con la búsqueda de recursos a la manera colonial; de lo que se trataba era de salvar a la raza aria destruyendo a la raza judía, descontaminando la sociedad alemana de cualquier resto de los aniquilados. Para el veterano Friedländer, el empeño de Moses por vincular colonización, imperialismo y exterminio judío resulta forzado e infructuoso; al no residir ya en Alemania, en cambio, el historiador se abstiene de discutir la tesis de Moses según la cual el resentimiento contra los inmigrantes y la creencia racista en una white supremacy están al cabo de la calle.

Moses no se arredra y responde, sin decir ya nada nuevo, a las críticas. A Friedländer lo tiene por un historiador de otro tiempo, relacionado con la contienda de los historiadores de los 80 y sus resonancias intelectuales; se trataba entonces de rebatir la idea, influida por el anticomunismo de Ernst Nolte, de que no había nada en el Holocausto que lo distinguiera de los crímenes soviéticos. A su modo de ver, estamos en otro tiempo y en otro debate: Friedländer no se entera. El problema que Moses denuncia, insiste Moses, no está en los estudios del Holocausto sino en la instrumentalización del Holocausto: la continuación de la vieja política de la memoria serviría tanto para eludir las críticas a Israel como para sortear el reconocimiento de los crímenes del colonialismo alemán. Friedländer tiene miedo, se malicia Moses, de que el Holocausto y su memoria acaben subsumidos en las categorías coloniales, perdiendo con ello su especificidad. Más aún: tiene miedo de que las protestas del movimiento antirracista Black Lives Matter sigan su escalada y alcancen a la comunidad judía norteamericana. A decir verdad, la historia occidental está llena de «crímenes fundamentales», que es como Friedländer califica al Holocausto; entre ellos, la dominación territorial de las colonias y la esclavización forzosa de sus habitantes. Para Moses, este pasado no es pasado: «La herencia de la supremacía blanca concierne a Estados Unidos y Alemania —también a mi país de origen, Australia— de maneras muy distintas, pero con una similar persistencia».

A este respecto, un periodista de la casa —Thomas Schmidt, redactor jefe del Feuilleton— se pregunta si tiene razón el poscolonialismo cuando sostiene que Occidente no puede ser salvado moralmente. ¿Es el racismo insuperable? ¿No hay salida frente a la condena moral que el pasado impone sobre el presente? La portadora de este mensaje sería, para el autor, la nueva izquierda que recorre el mundo; una izquierda que ya no lucha por la clase obrera ni persigue la igualdad material. Los portavoces de la misma ya no hablan de la brecha entre capital y trabajo, sino de una diferencia más profunda que atañe a la raíz misma de la modernidad occidental: la supremacía de los blancos que los propios blancos decretan. De ahí provienen el colonialismo, la explotación de los inmigrantes, el racismo sistémico. Y desde entonces, sostiene esta izquierda, nada ha cambiado en el mundo; su tarea es llevar a cabo, por fin, una auténtica descolonización. Derechos humanos, democracia liberal, redistribución estatal: todo eso es la mascarada ideológica que permite que las cosas sigan como estaban. El universalismo occidental sería, en consecuencia, un particularismo enmascarado. Y la lucha contra el mismo debe continuar, porque el pasado está presente de mil maneras en nuestras sociedades: «La whiteness es siempre ella misma y es siempre contemporánea». Bajo este marco general, el Holocausto es presentado como un episodio más del impulso colonizador occidental. Por lo demás, dejando al margen el debate acerca de las estatuas o los nombres de las calles, no existe ningún movimiento de masas dispuesto a realizar los fines de la critical race theory, que habrá de conformarse así con operar en el plano simbólico.

Finalmente, al menos por el momento, el escritor Maxim Biller ha publicado una pieza en el Zeit del pasado 2 de septiembre en la que arremete contra «los nuevos relativistas». Biller, judío de origen armenio, cree que Moses y compañía se equivocan de lleno al tratar de reducir el Holocausto a la condición de episodio ordinario en la historia de las atrocidades occidentales. De manera elocuente, se refiere al «horror metafísico» provocado por el descubrimiento de los campos de exterminio al final de la guerra: los alemanes comprobaban que las montañas de cadáveres apilados en el suelo eran monumentos de una «religión de la muerte» defendida en su nombre. Andando el tiempo, claro, se habló de los «verdugos voluntarios de Hitler» y quedó claro que la responsabilidad colectiva de los alemanes tenía su fundamento. Biller, quien duda de las verdaderas motivaciones de los historiadores-activistas y se pregunta si no son antisemitas de izquierda empeñados en acusar a las élites judías anglosajonas de todos los males del mundo, subraya así la singularidad del Holocausto. La «solución final» trató de resolver la separación espiritual y moral que se había ido trazando entre los judíos y el resto del mundo desde hacía siglos; su denominación era por ello elocuente.

¿Qué pensar? Este tipo de polémicas intelectuales, con nombres y apellidos, apenas se producen en España; salimos perdiendo, ya que vivifican el debate público y constituyen una oportunidad para la exploración de asuntos controvertidos. Aquí como allí, el problema inherente a ellas está en la determinación de la honestidad de los contendientes: ¿son todos ellos genuinos truth-seekers o sus argumentos sirven a intereses personales, partidistas o ideológicos? Dado que no hay manera de saberlo, sino tan solo de sospecharlo, no queda más remedio que aplicarse a la deliberación suponiendo las mejores intenciones en los demás, incluso si ni siquiera uno mismo las alberga. En otras palabras, será el intercambio de argumentos y el respeto hacia los «hechos probados» de la historia lo que decida la suerte del debate. Claro que cuando se trata de hechos históricos bien conocidos, como sucede con el Holocausto, las novedades vienen dadas por la aparición de nuevas interpretaciones sobre los hechos. Y en la medida en que estas últimas no pueden verificarse, salvo que sean tan disparatadas que puedan descartarse a la primera, lo decisivo será cuán plausibles resulten a partir de los argumentos con que se defienden. Siendo cosa sabida que nuestra visión del pasado no es inmutable, ya que los relatos históricos cambian con el tiempo por razones que van de las modas ideológicas a la aparición de nuevas claves interpretativas, nunca podemos estar seguros del destino que correrá un argumento novedoso: cuidado con reírse de él. Ahora bien: el éxito de un argumento novedoso tampoco garantiza por sí mismo su correspondencia con ese pasado histórico que solo podemos reconstruir a partir de los rastros que ha dejado.

Ni que decir tiene que el cuestionamiento de la singularidad del exterminio nazi de los judíos europeos por parte de académicos prominentes no puede sino atraer la atención pública en un país, Alemania, que ha construido su identidad nacional durante los últimos setenta años bajo el peso insoportable de su pasado totalitario. Desde luego, es comprensible que la primera reacción ante un crimen semejante consistiera en atribuir su responsabilidad a un puñado de desalmados; nadie quiere mirarse en un espejo semejante. Recordemos la dificultad con que Claude Lanzmann desarrolló el rodaje de Shoah, su película documental sobre la solución final; una obra desgarradora que se construye sobre el testimonio de los testigos y la participación de algunos verdugos. Es difícil enfrentarse a este trabajo sin concluir que hubo algo distintivo en el Holocausto, ya se lo contemple desde el punto de vista ideológico (como empresa radical de depuración étnica basada en un odio enfermizo) u organizativo (empleo de la meticulosidad de los procedimientos burocráticos y la potencia de los recursos industriales como herramientas de exterminio, sin por ello olvidarnos la importancia que tuvo en los territorios orientales el asesinato «tradicional» con arma de fuego). Significativamente, el estreno de la serie de televisión norteamericana Holocausto en 1978 produjo un impacto formidable sobre la opinión de masas: el drama protagonizado por Meryl Streep y James Woods fue determinante para que se reabriera el debate público sobre este siniestro acontecimiento histórico. Hasta ese momento, con la excepción del proceso a Eichmann y algún otro proceso judicial más o menos notorio, el trauma colectivo quedaba acaso demasiado cerca; Sebald ha descrito un proceso similar en relación con la memoria de los bombardeos masivos aliados sobre las ciudades alemanas en la última fase de la guerra.

No es este el lugar para responder a las innumerables preguntas que suscita la controversia intelectual de la que se ha dado noticia. Sin embargo, la idea de que el exterminio nazi de los judíos europeos debe verse como parte de la más amplia empresa colonial europea y como un objetivo asociado pragmáticamente a la búsqueda de nuevos recursos territoriales se antoja poco convincente. Es tal el énfasis nazi en la necesidad imperiosa de acabar con los judíos, culminando así de la manera más expeditiva siglos de antisemitismo europeo; se trata de un odio tan específico, que se expresa de forma tajante como resultado del miedo a una contaminación biológica; y los medios que se emplean para realizar el fin de la aniquilación colectiva del pueblo judío son tan metódicos, perversos y eficaces, que resulta difícil no ver en el Holocausto una ruptura con la civilización. ¡En la Alemania de Beethoven, Goethe, Murnau! Si este crimen tiene un símbolo, es el humo ascendente de los hornos crematorios.

En cambio, hay que dar la razón a los críticos cuando ponen de manifiesto la necesidad de abrir los ojos ante la magnitud de los crímenes del colonialismo: la Bélgica de Leopoldo, por poner un ejemplo notorio, no se portaba en el Congo mucho mejor que los nazis. Pero, ¿qué hay de las tropelías cometidas por los japoneses en Manchuria? Y, entonces, ¿qué pasa con el Gulag de los soviéticos? Aquí está seguramente el quid de la cuestión: la historia ha sido una exhibición de atrocidades y sus perpetradores están lejos de haber sido siempre europeos blancos con licencia para matar. El pecado europeo está en la flagrante traición a los ideales racionalistas de la Ilustración. Podríamos decir: en la justificación racionalista de los crímenes, presentados convenientemente como parte necesaria del proceso de modernización de los pueblos atrasados del mundo entero. Ocurre que se hace difícil incluir al nazismo dentro de esa categoría; la ideología milenarista nazi es un irracionalismo de fondo romántico antes que un proyecto de la razón ilustrada, por mucho que haga uso de las herramientas de la modernidad —burocratización, industrialización, comunicación de masas— en la brutal realización de sus atroces fines. De ahí que este disparo de los historiadores poscoloniales yerre el tiro, lo que no significa que todas sus balas sean de fogueo. Sobreactuar, empero, les sienta mal: nos pasa a todos.

[Fuente:www.revistadelibros.com]

Organizadora: Universidad de Salamanca
Tipo de actividad: Congreso, jornada, encuentro

 

 

Fecha límite de solicitud:

 

 

Lunes, 20 de septiembre de 2021

 

 

Descripción: 

 

 

La Universidad de Salamanca celebra este congreso los días 5 y 7 de noviembre de 2021 en Aldeadávila de la Ribera (Salamanca). Su objetivo es abordar la frontera hispanoportuguesa desde un enfoque interdisciplinar, por lo que dedicarán varias sesiones a las diferentes líneas temáticas (historia, política, educación, medioambiente, ecosistema etc.).

El encuentro se retransmitirá en directo vía web y tanto comunicantes como ponentes podrán participar mediante videoconferencia. Se invita a todos los investigadores a participar en este encuentro científico.

La fecha límite para el envío de comunicaciones expira el 15 de septiembre.

Para más información, puede visitarse la página web.

Ciudad:  Aldeadávila de la Ribera, Salamanca
País:  España
Fecha de inicio:  Viernes, 5 de noviembre de 2021
Fecha de finalización:  Domingo, 7 de noviembre de 2021
Dirección postal completa:  Centro Cultural de Aldeadávila de la Ribera

 

C/ Guarda Civil, s/n

C.P.: 37250 – Aldeadávila de la Ribera. Salamanca (España)

Correo electrónico:  citer2020.organizacion@gmail.com
Página de Internet:  https://citer2020.wordpress.com/
Materias de especialidad: 

Artes plásticas, Demolingüística, Dialectología, Enseñanza de la lengua, Enseñanza de la lengua, Enseñanza y tecnología, Estudios culturales, Fonética, Fonología, Gallego, Historia de España, Historia del español, Judeoespañol, Lexicografía, Lexicología, Lingüística, Lingüística aplicada, Lingüística comparada, Lingüística computacional, Lingüística de corpus, Lingüística descriptiva, Lingüística románica, Lingüística textual, Literatura comparada, Literatura contemporánea, Literatura de la Edad Media, Literatura de los Siglos de Oro, Literatura del siglo XVIII, Literatura del siglo XIX, Literatura del siglo XX, Literatura del siglo XXI, Literatura española, Literatura infantil y juvenil, Literatura peninsular, Literaturas orales, Morfología, Música, Narrativa, Ortografía, Poesía, Pragmática, Semántica, Semiótica, Sintaxis, Sociolingüística, Teatro y artes escénicas, Teoría de la literatura, Traducción

Redes sociales – Facebook: https://www.facebook.com/CITER2020/

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

Muere el compositor de ‘Zorba el griego’, que pagó con cárcel y destierro su enfrentamiento a la dictadura militar de su país

Mikis Theodorakis durante un concierto en Holanda en 1972.

Ha estado cerca de alcanzar el siglo de vida pero, al final, la muerte, que siempre gana la partida, se lo ha llevado con 96 años. Lo ha anunciado la ministra griega de Cultura, afectada por la pérdida de Mikis Theodorakis, compositor heleno más popular, con permiso de Iannis Xenakis. Una celebridad que se tornó de carácter mundial gracias a su mítica y euforizante banda sonora de Zorba, el griego, dirigida en 1964 por Michael Cacoyannis y protagonizada por Anthony Quinn.

Theodorakis, que nació en 1925 en la isla de Quíos, llevaba enfermo ya tiempo. Había abandonado la trinchera de la creación artística y también la política, en la que tuvo un papel destacado en alguno de los periodos más convulsos de la historia griega reciente. Por ejemplo, durante el Golpe de los Coroneles, que puso al país, en 1967, bajo una dictadura militar, creando en Estados del entorno europeo, sobre todo Italia, una tensión social enorme. Cundió el miedo a la organización de más asaltos al poder por sectores involucionistas. Theodorakis pagó su disidencia (fue diputado por la alianza de socialistas y comunistas EDA y pasó a la clandestinidad cuando se instauró la Junta del los Coronoles) con la cárcel y el destierro al pueblo de Zatuna, donde fue enviado con su mujer y sus hijos tras una prolongada huelga de hambre. Ya por entonces era un personaje prominente por la danza del syrtaki de Zorba el griego, hedonista, luminosa y sensual.

La mención a Italia no es baladí ya que Theodorakis militó en la resistencia que se enfrentó a Mussolini durante la II Guerra Mundial, quizá purgaba así su apoyo previo al régimen autoritario que impuso Ioannis Metaxas en Grecia durante los años 30. El compositor contribuyó a que familias judías escaparan de las leyes de segregación racial impuestas tanto en Alemania como en Italia. Tras esta aventurada experiencia, se instaló a mediados de los 50 en París, donde se formó con Oliver Messiaen. Es un periodo en el que absorbe el canon occidental. De esa época data, por ejemplo, su ballet Antígona para Ludmila Tcherina, y varias piezas de corte sinfónico y camerístico.

Pero todo ese bagaje lo veteará finalmente con el legado tradicional de su tierra, que acaba rezumando en trabajos como el mencionado de ZorbaCuando regresa de París, en 1960, se sumerge en el folclore griego y en el universo musical ortodoxo, la religión dominante allí, algo que le emparenta con colegas como Arvo Pärt, que también ha bebido mucho de ese venero, aunque con una intención más mística. Colabora con figuras como el poeta Yannis Ritsos, cuyo poema Epitafio termina musicando. Luego hará lo propio con los versos de los premios Nobel Yorgos Seferis y Odysseas Elytis, contribuyendo a la difusión de su obra literaria.

Tras la imposición del gobierno militar, en medio de las carestías y penalidades por los encierros, su objetivo fue básicamente uno: derrocarlo. Y su arma fue la música: compuso sin desmayo (¡ha alumbrado más de mil canciones!). Exponentes de la oposición a la tiranía castrense, afincados fuera de Grecia, como Melina Mercouri y Maria Farandouri, interpretaron sus piezas convirtiéndolas en himnos contra el fascismo. A este respecto, es también muy significativa su alianza con el cineasta Costa-Gavras, también de sensibilidad política escorada a la izquierda (firmó la banda sonora de su largometraje Estado de sitio). En la gran pantalla dejó asimismo su estampa en Serpico, de Sidney Lumet. No podemos olvidar, por otra parte, su partitura sobre el Canto general de Pablo Neruda, que en España interpretó él mismo, desde el podio, en el Palau de Barcelona y en el Auditorio Nacional de Madrid, allá por 2004.

En 1970 pudo salir a Francia y desde allí llevó a cabo una pertinaz tarea de diplomacia para cercar la dictadura de los Coroneles. Es muy llamativa su influencia en este terreno geoestratégico, que le valió el acceso a líderes como François Miterrand, Salvador Allende, Olof Palme, Gamal Abdel Nasser… En los últimos años se significó en diversas causas. Contra la energía nuclear a cuento del desastre de Chernóbil. Contra la intervención de la OTAN en la Guerra de Kosovo. Contra la invasión de Iraq. A favor de unas relaciones más fluidas entre Grecia y Turquía, dos Estados ‘unidos’ por una perpetua desconfianza.

Antes de caer enfermo, también se le vio en la calle, en las manifestaciones contras las medidas de austeridad que ahogaron a Grecia durante el crash financiero. Una vida en pie.

[Fuente: http://www.elcultural.com]

“Sou contra a destruição das marcas da história colonial. Lisboa tem várias histórias: silenciar uma é limitar a reflexão”, disse a historiadora Isabel Castro Henriques, que acaba de publicar um roteiro da Lisboa africana em que explica que, em vez de apagar a história, devemos analisá-la, assumi-la e aprender com os erros. Sobretudo na cidade mais africana do mundo europeu.

Publicado

Há cinco décadas que Isabel Castro Henriques estuda a história africana. A historiadora lançou este mês o Roteiro Histórico de uma Lisboa Africana e explica como os africanos, que chegaram como escravos, intervieram na construção social, cultural e económica da cidade que também construíram.                           

Depois de ter iniciado os seus estudos na Sorbonne, em França, em 1970, onde estudou o século XV, dedicou-se a descobrir as marcas, escassas e escondidas, desta história. E perceber onde e como começou o preconceito. Esta é a história que agora ajuda a descobrir e revelar – isto, afirma, é mais útil do que destruir ou esconder.

Há quem diga que Lisboa é a cidade mais africana da Europa. Concorda?
Lisboa tem uma história africana que será certamente a mais importante da Europa. Por exemplo, Lisboa teve um bairro africano antes de todas as outras, não há outro bairro como o Mocambo em lado nenhum. Por outro lado, é evidente que Portugal teve um papel central no tráfico negreiro, introduzindo no país milhares de escravos durante os séculos XVI, XVII, XVIII. Isto além dos que iam para o Brasil e dos muitos que nasciam em Portugal, filhos de mães escravas, até 1773, data em que a Lei do Ventre Livre, do Marquês de Pombal, que liberta da escravatura os filhos das mulheres escravas. Lisboa foi, seguida talvez por Sevilha, a cidade europeia que mais população de origem africana recebeu ao longo dos séculos e que mais marcas africanas tem hoje. Desde a segunda metade do século XV. Portanto, nesse aspeto podemos, sim, afirmar que Lisboa é cidade a mais africana da Europa.

E Lisboa assume bem essa identidade? 

Aquilo que se tem feito hoje e o que se procura fazer no futuro próximo vai nesse sentido: assumir essa identidade, reconhecer e valorizar essa presença africana na construção, na manutenção e na cultura da cidade. Mas não chega, é necessário fazer muito mais.

Imagens do Jardim Botânico, antigo Jardim Colonial, em Belém. 

O que é que quer dizer com “fazer a descolonização da cidade”? É integrar esse reconhecimento de que os africanos e a sua história são parte integrante do tecido lisboeta? O que é que isso quer dizer exatamente?

O conteúdo imediato é o de desconstruir na cidade de Lisboa tudo aquilo que tem que ver com o imaginário da colonização, a que podemos chamar “cultura colonial”. As cidades foram marcadas por todo o período colonial português, e descolonizar a cidade será transformar as marcas que existem e são consideradas negativas numa cidade que pretende combater preconceitos, formas discriminatórias e posições racistas e ser uma cidade aberta, multicultural e acolhedora de todos os homens e mulheres de todas as cores e feitios existentes no mundo.                                           

Defende a eliminação dessas marcas, como estátuas e monumentos?                                                                        

Não. Eu sou contra a destruição das marcas da história colonial. Acredito que a cidade de Lisboa tem várias histórias. Tem uma história romana, árabe, africana – que queremos dar agora a conhecer – e tem uma história colonial, entre várias outras. A história colonial faz parte da identidade portuguesa. E tal como nunca devíamos ter silenciado as outras histórias, não devemos silenciar a história colonial. Silenciar um aspeto da história global é esconder e limitar a reflexão sobre esse tempo violento e problemático, que é fundamental para podermos assumir, ultrapassar, reconhecer os erros e não os voltar a cometer.

Foi esta uma das perspetivas fundamentais do projeto A Rota do Escravo, da Unesco, que era a de quebrar o silêncio. Quebrar o silêncio da escravatura, facto histórico que, em Portugal, foi marcado por um longo e grave silenciamento. Esconder e silenciar é uma maneira de não aprender com a história, de não a reconhecer e sobretudo de não a ultrapassar e assumir. Eu defendo a construção (e não a destruição) de todas as histórias de Lisboa, em particular aquelas que foram esquecidas, como a história africana da cidade.

Ou seja, seria, por exemplo, manter o que existe, mas acrescentar as tais placas toponímicas, para construir um outro conhecimento histórico de Lisboa – incluindo todas as comunidades que fizeram parte do desenvolvimento da cidade?

Exatamente. O meu trabalho tem sido sempre a construção da história. É evidente que entendo que existem monumentos e estátuas que poderão chocar a sensibilidade dos lisboetas… Nesse caso, retirem-se as estátuas, se estiverem muito expostas, e coloquem-se eventualmente em outros espaços, como os museológicos. Os arquivos e bibliotecas também guardam documentos escritos cheios de violência – e nós não os vamos rasgar nem os destruir. Antes vamos utilizá-los criticamente.

Portanto é contra a destruição das memórias, mesmo que alguns as achem ofensivas?

Sou contra a destruição e pela preservação. Até para ser possível estudar, interpretar e compreender os fenómenos históricos. Esta é a questão fundamental. Da mesma forma que os alemães não destroem os locais do Holocausto, muito pelo contrário, são exibidos aos turistas, observados e estudados, precisamente para que se veja o que aconteceu e não se repita; Portugal não tem que esconder a história colonial. Ela existiu e temos que a reconhecer. Temos de olhar para os monumentos, um a um, e estudá-los como documentos históricos. A história tem de ser estudada, pensada, refletida.

Porque e quando começou a estudar a presença africana em Portugal?

A entrevista, no Jardim Botânico Tropical

Só a partir do ano 2000 e foi então que me apercebi de uma história desconhecida, silenciada e silenciosa. Deparei-me com grandes dificuldades para encontrar documentos escritos, iconográficos, fontes históricas necessárias à elaboração dessa história. Como sabemos, os africanos vieram para Portugal em meados do século XV, como escravos. Vieram despidos de tudo, considerados “mercadoria”, “coisas” destinadas ao trabalho, desumanizados, pelo que as suas vidas em Portugal não suscitaram o interesse dos investigadores, não foram consideradas dignas de registo, nem objeto de estudo.

Os africanos que chegaram a Lisboa nessa época eram todos escravos?

Sim, quase todos. De meados do século XV ao século XVIII, a grande maioria eram escravos. Não quer dizer que não existissem africanos que chegassem como pessoas livres. Por exemplo, no século XVI, havia relações intensas entre a corte portuguesa e o rei do Congo, que enviava para estudar em Portugal alguns membros da sua casa real. Havia também africanos que estavam ligados à igreja. Outros tornaram-se livres – os forros – e alguns, sobretudo mestiços, assumiram funções relevantes na sociedade portuguesa, em particular a partir do século XVIII. Mas a maioria era escrava e vinha para trabalhar nas tarefas mais duras e desvalorizadas da sociedade portuguesa. 

Gravura de Lisboa no século XVI. O Bairro Alto atraía ricos oficiais africanos e indianos. Foto: Arquivo Municipal de Lisboa

Como é que os africanos se estabeleceram em Lisboa? Como viviam? 

Chegam como escravos, são desembarcados, avaliados – normalmente na zona do Terreiro do Paço – e comprados. Havia um espaço chamado Casa dos Escravos como havia a Casa do Trigo ou a Casa das Madeiras. Eram vendidos a senhores da burguesia ou aristocracia. Normalmente, viviam nos espaços das casas senhoriais, muitas vezes como domésticos. 

E como se tornavam forros, ou livres, e o que é que isso significava realmente?

Desde muito cedo, verificou-se a alforria. Isto é, alguns senhores davam-lhes a liberdade. Eram mais independentes, embora ocupassem na esfera e na hierarquia social os trabalhos mais desvalorizados. Alguns viviam na casa dos senhores. As ordens religiosas, os conventos em Lisboa, por exemplo, eram grandes consumidores de escravos. Desde o final do século XV, princípio do século XVI, os forros começam a organizar-se e a viver na cidade de Lisboa, nas suas casas, muitas vezes arrendadas. Mas havia também quem tivesse casa própria. Há nota nos documentos, sobretudo de mulheres que têm casa própria, porque possuem mais bens, que normalmente conseguem através da atividade comercial. Vivem nos bairros antigos de Lisboa: na Mouraria, Alfama, Bairro Alto. Há também uma massa importante de africanos (livres) que começa a estabelecer-se, sobretudo no século XVI, numa zona ocidental da cidade, mas considerada já fora do espaço urbano de Lisboa.

No Bairro do Mocambo?

Sim, no bairro do Mocambo! As fronteiras ocidentais de Lisboa situavam-se, naquela época, onde é hoje a Rua Poço dos Negros, a Igreja de Santa Catarina. Depois temos a Av. D. Carlos I, e, do outro lado da avenida, começava o Bairro do Mocambo, onde é hoje a Madragoa. 

Isabel Castro Henriques no Jardim Botânico Tropical, antigo Jardim Colonial, em Belém.

Como é que descobriu esse bairro? É a primeira a falar dele.

Descobri este lugar quando fiz a investigação para o meu livro Herança Africana em Portugal, em 2009. Sabia que o termo é de uma língua angolana – o umbundu. Conhecia mocambos na história de África. Em Angola e havia também no século XVI em São Tomé. Eram lugares para onde fugiam os escravos das plantações da cana-de-açúcar, no mato. Mocambo significa lugar de refúgio, de proteção, aldeia, e é sinónimo de quilombo, como os que são bem conhecidos no Brasil, cuja origem linguística é o kimbundu, também língua de Angola. O que eu sabia dos mocambos suscitou-me logo um interesse particular e percebi que, com este nome, só poderia ser um espaço africano. Tanto mais que havia, em Lisboa, bairros destinados a comunidades, como a Mouraria e a Judiaria. Não havia nenhuma “pretaria”, embora tenha encontrado uma ou outra referência documental a este termo. Existia então o Bairro do Mocambo, dos africanos.

Recém chegados, recém livres… como é que os africanos se organizaram nesse bairro? E como nasceu?

Foi construído numa conjugação de interesses entre as autoridades portuguesas, que os viam ali de certa forma mais controlados, e os africanos. Para eles foi também uma estratégia, viverem numa zona onde eram todos de origem africana – embora de línguas e culturas diversas – e onde podiam, um pouco longe do olhar dos portugueses – preconceituoso e crítico -, praticar atividades culturais, cerimónias e rituais que lhes permitiam manter a africanidade. O bairro foi criado por alvará régio em 1593, e seria o segundo dos seis bairros em que estava organizada a cidade de Lisboa. O bairro vai crescendo e a partir do século XVII aparecem portugueses. Sobretudo ligados às tarefas do mar – pescadores, marinheiros, vendedoras de peixe.

As diversas atividades no Terreiro do Paço, no século XVII, por Dirk Stoop. No canto inferior esquerdo, um provável criado negro, portador de uma espada. Foto: Arquivo Municipal de Lisboa

Também nisto Lisboa foi singular?

O Bairro do Mocambo é certamente único na Europa de então e ao longo dos séculos seguintes. Não havia outro bairro africano e foi também o mais antigo instalado fora de África. Os quilombos e mocambos no Brasil, mesmo em Salvador da Bahia, são todos posteriores ao de Lisboa. Na segunda metade do século XIX, o bairro do Mocambo desaparece e a sua memória perde-se rapidamente no tempo.

Lisboa era uma cidade de múltiplas nações. Nesta época os africanos eram considerados portugueses, lisboetas?

A maioria dos que nasciam em Portugal, se fossem filhos de escravos, escravos eram. Não tinham nacionalidade, nem cidadania. Os forros, que se saiba, durante este tempo, ficam consagrados como forros – que remete para a origem escrava. Penso que só com a abolição da escravatura, em meados do século XIX, é que os descendentes de africanos – já não entravam legalmente escravos em Portugal desde os anos 1761, legislação do Marquês de Pombal, que proibiu – transformaram-se lentamente em portugueses. Embora não lhes fosse dada a cidadania. Ainda hoje continua a ser difícil. 

Consulta sobre a necessidade de se substituírem os cavaleiros africanos, que seguravam nas varas do pálio, na procissão do Corpo de Deus, por outros cavaleiros que deveriam ser nomeados pelo rei, 24 de junho de 1672, Lisboa. Foto: Arquivo Municipal de Lisboa


É essa a história que a leva a concentrar em Lisboa, no seu último livro Roteiro Histórico de uma Lisboa Africana?

Sou lisboeta! Mas sobretudo porque havia e há mais documentação escrita e iconográfica sobre Lisboa do que sobre o resto do país. A maior concentração de africanos era nos centros urbanos, e em particular na capital. No século XVI, 10% da população de Lisboa era africana. Quando observamos a história de Lisboa, encontramos mais gente africana visível, os escravos e os forros, nas suas múltiplas atividades económicas, sociais, religiosas. Logo, foi possível recolher mais informação e estudar de forma mais pormenorizada e densa.

Diz que os negros tiveram uma intervenção na vida social, cultural e económica na vida da cidade. Lisboa não seria o que é sem essa presença? 

Acredito que a construção e a evolução da cidade de Lisboa, como qualquer cidade, tem sempre a ver com aqueles que lá vivem e trabalham. E desempenham um papel fundamental na construção da cidade. Logo, os africanos foram uma massa importante de população que tinha funções laborais em todos os domínios. Ocupavam-se do que era rejeitado pelos portugueses, trabalhos desclassificados, considerados inferiores, mas que eram indispensáveis à gestão urbana. Por exemplo, a limpeza da cidade, a distribuição da água, a circulação de informação – os africanos funcionavam como “correio”. 

Referiu também o comércio.

Sim, a atividade comercial era extremamente desenvolvida pelos africanos e em particular pelas mulheres africanas. Percorriam a cidade a pé e vendiam os mais diversos produtos: peixe, pão, bolos, verduras e frutas, sal, cereais, carvão.… E tinham freguesas, clientes habituais, que diariamente as aguardavam para se abastecerem. A atividade comercial era intensa e foi sempre importante. A preservação e manutenção das casas, também. Uma das figuras africanas que percorreu toda a história é a do africano chamado o Preto Caiador, que caiava os edifícios da cidade. Existem inúmeras representações iconográficas em que vemos o caiador africano. Caiavam as casas, preservavam os monumentos, arranjavam calçadas e ruas, tudo o que era a conservação da cidade, e isto era fundamental. 

Imagem do Preto Caiador. Foto: Arquivo Municipal de Lisboa

E sobrava-lhes tempo do trabalho?

Há uma intervenção permanente na parte lúdica, na música, na dança e na religião. Participavam ativamente como membros das confrarias, em particular, nas procissões, nos atos religiosos que, como sabemos, desenvolviam-se e proliferavam na cidade de Lisboa. Não só como confrades, pois pertenciam a várias confrarias e irmandades – nomeadamente à de Nossa Senhora do Rosário dos Homens Pretos, na igreja de São Domingos em Lisboa, no final do século XV, para acolher precisamente os africanos, escravos ou forros. As confrarias protegiam os africanos, permitiam melhores condições de vida, mais fácil integração na sociedade e relações sociais importantes para desenvolveram as suas atividades laborais. E assim os escravos conseguiam os valores necessários para comprar a liberdade.  

Disse há pouco que a história africana continua a ser mal conhecida, ainda silenciosa. Como poderia ser diferente em Lisboa?

Já é mais conhecida, mais divulgada, graças precisamente a uma série de estudos que foram aparecendo. O que se pode fazer para alargar esse conhecimento é desenvolver sistematicamente projetos diversificados: culturais, musicais, cinematográficos. E no ensino, é fundamental, existe a necessidade de remodelar e renovar os manuais de ensino. 

E fora da escola e do ensino?

Trabalho, por exemplo, com a Associação Cultural e Juvenil Batoto Yetu num projeto de identificação e explicação dos lugares da memória histórica africana de Lisboa: através de um passeio em tuk tuk, percorrer os sítios da presença africana na cidade. Estamos a desenvolver outro projeto, muito importante, de placas toponímicas explicativas de lugares da cidade de Lisboa onde é possível reconhecer memórias africanas (e agora preservá-las, através das placas). São 20 lugares de Lisboa. O projeto inclui também duas estátuas, uma delas o Busto do Pai Paulino – figura oitocentista importante na defesa das populações africanas de Lisboa -, que está acabada e vai ser colocada no Largo de São Domingos.

Muita coisa mudou nos últimos anos? Podemos considerar que depois da independência das colónias, sobretudo, a presença da comunidade africana em Lisboa passou a ser vista de forma diferente?

Penso que logo a seguir à independência, não houve uma grande atenção em relação à história africana de Lisboa. O interesse pelas questões africanas surge sobretudo a partir do final do século XX. É um problema do século XXI que começa a impor-se, a surgir no contexto intelectual, cultural e social português, nomeadamente através da adesão a formas culturais africanas atuais como a música, a dança, o cinema, as artes plásticas. Isto fez emergir as comunidades de origem africana, quer os afrodescendentes, quer os imigrantes africanos – que existem muitos. Portanto, tem havido alguma atenção, mais visibilidade, mais interesse por África. Mas ainda não chega… A população portuguesa foi muito marcada, durante séculos, por uma ideologia desvalorizadora dos africanos.

Isabel Castro Henriques: “Penso que logo a seguir à independência, não houve uma grande atenção em relação à história africana de Lisboa. O interesse pelas questões africanas surge sobretudo a partir do final do século XX. Nomeadamente através da adesão a formas culturais africanas atuais como a música, a dança, o cinema, as artes plásticas.”

Um preconceito?

Um preconceito que ainda não desapareceu. Deu origem a uma forte cultura colonial, que ainda permanece. As marcas dessa cultura emergem no tecido social português, através da língua, de representações, de formas de atuação e de vivência. E vemos isso nas dificuldades ainda existentes de um reconhecimento natural da cidadania relativamente às populações afrodescendentes. Quando se observa alguém que tenha uma marca física mais escura, sempre se questiona de onde é, de onde veio. Parte-se do princípio de que não são portugueses, quando na realidade muitos são portugueses. Tão portugueses quanto todos os outros. 

Diz no seu livro que esse preconceito surgiu a partir do século XIX, curiosamente após a abolição da escravatura. Refere que é neste período que são desenvolvidos estudos, por exemplo de Oliveira Martins, que fazem uma desvalorização física, racial e cultural dos africanos.

Penso que esse é um momento do agravamento do preconceito. O preconceito vem desde o século XV com a chegada. Havia um repúdio, o problema da cor da pele, do corpo. Depois, a rejeição das práticas culturais. E depois, uma rejeição social, porque eram escravos. Ainda hoje, privilegiam-se os que pertencem a classes sociais mais elevadas e discriminam-se portugueses das classes sociais mais desvalorizadas. Esse preconceito foi-se modificando e sedimentando em função dos diferentes contextos e conjunturas históricas, sem ruturas, num processo contínuo. O século XIX introduziu uma dimensão fundamental do preconceito que foi a dimensão científica.

Científica como?                                                                          

A partir daí não era só o físico, o social e o cultural, era também considerado inferior do ponto de vista científico. Esta vertente estava naturalmente relacionada com as teorias que se desenvolveram na Europa. As teorias raciais e de hierarquização cultural dos vários grupos à escala do mundo. E forneceram uma dimensão científica ao preconceito, tornando-o mais robusto e legítimo. O século XX colonial agrava.                                                                                                  

Devido à reivindicação da independência?                       

Exato, contra os africanos que recusam a dominação europeia, nomeadamente no princípio do século XX, com as chamadas campanhas de pacificação em África. No caso português, a guerra colonial a partir de 1961. Os africanos são vistos não como combatentes, mas como terroristas: mais uma formulação extremamente negativa. Logo, o preconceito já vem de trás e daí a dificuldade em eliminá-lo. Está extremamente enraizado na população portuguesa.     

                                                                             

Nascida em Braga, Júlia Mariana Tavares fez de Lisboa casa, com vontade de contar histórias desta cidade cosmopolita e multicultural. Finalista de Ciências da Comunicação da Faculdade de Filosofia e Ciências Sociais da Universidade Católica Portuguesa, está a estagiar na Mensagem de Lisboa. Texto editado por Catarina Pires.

[Fotos: Rita Asnone, salvo quando se indica diferentemente – fonte: http://www.amensagem.pt]

A 500 años de la caída del imperio mexica, decenas de nuevos libros se han esforzado por contar una versión de la historia que pone en duda el relato oficial

Grabado del siglo XVII que ilustra el encuentro entre la tribu de Tlaxcala y los soldados de Hernán Cortés entre los volcanes Popocatépetl y Iztaccíhuatl. DEA PICTURE LIBRARY / DE AGOSTINI VIA GETTY IMAGES

Escrito por CAMILA OSORIO

Portada de 'Relación de 1520', de Luis Eduardo Granados.

Portada de ‘Relación de 1520’, de Luis Eduardo Granados.

En un icónico libro de 1995 sobre la revolución de Haití, Silenciando el pasado (Comares), el historiador Michel-Rolph Trouillot decía algo que parece evidente pero necesario repetir: “Los seres humanos participan en la historia como actores y como narradores”. La historia no es solo lo que ocurrió, sino lo que se cuenta que ocurrió. Esto no quiere decir que la historia sea subjetiva, porque hay hechos incontrovertibles: Cristóbal Colón llegó a América en 1492, Hernán Cortés a las costas de Veracruz en 1519. Pero para entender cualquier proceso, como la conquista, hay que ver quiénes son los que tuvieron el poder de narrar esa historia: el ángulo o las fuentes que escogieron para mirar los hechos puede decirnos más sobre el poder del momento que los hechos mismos. “La historia es un fruto del poder”, dice Trouillot. “La tarea más importante no es determinar lo que es la historia, sino cómo funciona”.

El 13 de agosto se conmemoran en México 500 años desde la caída del imperio mexica en 1521 (también conocido como azteca). En los últimos dos años, desde las editoriales en México, hay un impulso enorme por volver a cuestionar la credibilidad de esos narradores con poder que vieron equivocadamente 1521 como la victoria de los españoles sobre los indígenas mesoamericanos. La historia de esa batalla, dicen, fue más compleja.

“Toda fuente es ante todo un hecho social, temporal y espacialmente situado”, escribe Luis Fernando Granados, historiador de la Universidad Veracruzana, en un nuevo libro, crítico sobre el que fue considerado como el gran narrador de ese día: Hernán Cortés. En Relación de 1520 (editorial Grano de Sal), Granados cuestiona la credibilidad de las cartas que el conquistador le envió a la corona entre 1519 y 1526, y que por siglos fueron tomadas como historia oficial. Sin embargo, dice Granados, no existe el manuscrito original de Cortés —existe una transcripción hecha años después por un escribano—, hubo cartas elaboradas por distintas manos, y eran documentos políticos a la reina más que un cuidadoso relato histórico. “Dejar de considerarlas como la crónica madre del pasado mexicano puede tener un efecto tan refrescante en lo historiográfico como profundo en lo propiamente histórico”, dice. (Granados falleció en julio de este año, al momento de la publicación).

La Tauromaquia En Mexico Navarrete | MercadoLibre.com.mx

Uno de los libros más interesantes sobre la poca credibilidad de Cortés ha sido ¿Quién conquistó México?del historiador Federico Navarrete, publicado por Debate en 2019. “Este libro plantea respuestas diferentes a la pregunta ¿quién conquistó México?”. Y se afirma: “Fue la Malinche, fueron los indígenas conquistadores”. Cortés, en realidad, tenía un ejército minúsculo cuando cayó el imperio mexica y los verdaderos vencedores en agosto de 1521 fueron sus aliados, los enemigos mesoamericanos del imperio: guerreros indígenas de Cempoala, Tlaxcala, Cholula, Texcoco y Chalco. “La idea de la victoria absoluta de los españoles en 1521 no es más que una versión parcial e interesada, inventada por el propio Hernán Cortés, para ensalzar y exagerar su propio papel en los eventos”, añade el libro.

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Otro de los narradores con poder cuya palabra fue tomada como verdad fue Bernal Díaz del Castillo, conquistador y autor de la Historia verdadera de la conquista de la Nueva España, a quien el escritor mexicano Carlos Fuentes denominó en 1990 el “primer novelista” de México. En 2019, Taurus tradujo al español Cuando Moctezuma conoció a Cortés, una disección del norteamericano Matthew Restall de los narradores oficiales, que empieza dudando de la credibilidad de Díaz del Castillo sobre Moctezuma y Cortés. El líder mexica no fue ni cobarde ni ingenuo, y Hernán Cortés no fue un brillante estratega español, asegura el libro. La victoria de 1521 fue, insiste, de los indígenas conquistadores. Argumenta que aquello que llamamos conquista fue un proceso posterior y mucho más complejo.

“Hemos abandonado el término conquista, en singular, y en su lugar hemos preferido el término conquistas, en plural, con el objetivo de remarcar que la derrota de Tenochtitlan fue solo el comienzo de una etapa histórica”, escribe el historiador de la UNAM Martín Ríos Saloma, quien compiló ensayos de los mejores investigadores de México y España en Conquistas (Sílex, 2021). Su libro hace un esfuerzo por buscar aquellos narradores cuyo pasado ha sido silenciado, “las voces de los actores indígenas, de las mujeres, de los capitanes, de los soldados castellanos”. Ignorarlos es ofrecer “una visión simplista, maniquea y aislada de los procesos históricos mundiales de la época”.

Con los escritos de una de esas voces silenciadas —la de Chimalpahin, indígena historiador que trabaja en una iglesia— arranca el libro de la norteamericana Camilla Townsend El quinto sol, traducido por la editorial Grano de Sal este año. Chimalpahin escribía en las noches, en su tiempo libre, un siglo después de 1521 para intentar salvar la memoria de sus antepasados. Revisar los escritos como los de él es poder desmitificar falsas narraciones, dice Townsend, como el exagerado mito de los sacrificios humanos mexicas de forma casi irracional. “Los aztecas fueron conquistados, pero también se salvaron a ellos mismos”, apunta la autora. “Escribiendo todo lo que pudieran recordar de la historia de sus pueblos para que no estuviera perdida por siempre”.

La lista de nuevas publicaciones en este año de conmemoración es interminable. El historiador mexicano Pedro Salmerón rechaza en La batalla por Tenochtitlan el término conquista. ”La guerra fue mucho más prolongada, la resistencia fue mayor, muy duradera y, de hecho, no ha terminado”, subraya; mientras que a Enrique Semo, en La conquista, catástrofe de los pueblos originarios, le interesa más la historia del nuevo capitalismo en mesoamérica que la fecha misma de 1521. “En vez de eliminar o desplazar a los indígenas con el fin de disponer de espacios vacíos, el imperativo era reducirlos a pueblos manejables”, cuenta.

Caida De Tenochtitlan Pdf

Más lejos de los historiadores, también los novelistas y autores de novelas gráficas han puesto de su parte. El grupo Planeta publicó este año varias novelas en clave histórica con un enfoque femenino: sobre la hija de Moctezuma en La otra Isabel (de Laura Martínez-Belli); sobre la esclava sexual de Moctezuma, Malintzin, en Amor y conquista, de la editorial Martínez Roca, escrito por Marisol Martín del Campo; o sobre una sacerdotisa totanaca que se alía con los españoles en El camino del fuego, de Celia del Palacio, también en Martínez Roca. Más interesante es La caída de Tenochtitlan, del ilustrador José Luis Pescador, de Grijalbo, un esfuerzo para contar la historia de la guerra con potentes imágenes de cómic. Todos son nuevos narradores sobre lo que ocurrió en 1521 —unos con más poder que otros— y crean un relato nuevo de la conquista, o de las conquistas, o de aquella terrible batalla que no terminamos de entender. Aquella batalla que, en el siglo XXI, ni siquiera tenemos claro cómo nombrar.

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

Tal día como hoxe de 1521 consumábase a toma da capital dos mexicas. A fin do imperio azteca. Os historiadores salientan a complexidade para contextualizar aquela época, mais nacional e politicamente para México supón un feito fundacional. No entanto, da outra beira do Atlántico, a actual España non se dá por aludida.

Esculturas de cabezas de aguia real no Templo Maior de Tenochtitlan, próxima ao Zócalo, a praza principal de Cidade de México.

Por Fernando Arrizado

Silencio. Esa é a resposta que recibiu México por parte de España ante a petición de Andrés Manuel López Obrador, a comezos de 2019, dunha declaración de desculpas polos abusos cometidos durante a conquista de América. Lamentábao así o pasado mes de xullo o presidente mexicano: « Enviei unha carta e non teñen nin sequera a delicadeza de a responder ».

« Era importante que o Goberno de España, como un xesto de boa vontade para mellorar as nosas relacións, para dar novas razóns ás relacións históricas, que se ofrecesen desculpas polos excesos de autoritarismo, roubo e saqueo », sinalaba López Obrador, a respecto da misiva dirixida ao xefe do Estado español, o monarca Felipe VI.

Posteriormente, o Goberno do primeiro ministro, Pedro Sánchez, rexeitou « con toda firmeza » a carta e sinalou que « a chegada hai 500 anos dos españois ás actuais terras mexicanas non se pode xulgar á luz de consideracións contemporáneas ». Non obstante, son algúns os Estados contemporáneos, como Alemaña, no caso de Namibia, ou Bélxica, no Congo, que comezaron a dar pasos neste sentido.

Na orixe do Estado-nación

A historia de México ─principal país inversor en España─ xira arredor da conquista. Un feito fundacional do que puido ser e non foi, ou do que é e non consegue deixar de ser. Nace co imperio azteca, morre coa conquista e renace, tras tres séculos de vicerreinado español, coa independencia de 1821. Deixando a un lado os feitos históricos, con todos os seu matices, os alicerces da nación mexicana ─un concepto que cristaliza, como no resto do mundo, a partir do século XIX─ descansan sobre aquel 13 de agosto de 1521.

Nese día, hai hoxe 500 anos, Hernán Cortés facíase co poder de Tenochtitlan, capital dos mexica. « Houbo matanzas, imposicións. A chamada ‘conquista’ fíxose coa espada e coa cruz. Edificáronse as igrexas enriba dos templos. Excomungouse os nosos heroes patrios. É o tempo de dicir ‘ímonos reconciliar’, mais primeiro pidamos perdón », insistiu López Obrador na presentación dos actos de conmemoración da efeméride.

« Herdanza de clasismo »

Data que non é a única de referencia neste 2021. Tamén coincide (os rexistros varían e non se coñece con precisión) cos 700 anos da fundación de Tenochtitlan por parte dos aztecas; e cos 200 anos da independencia mexicana de España (da provincia de Nueva España, concretamente).

Hoxe, no lugar onde se erixía, en Cidade de México, actual capital, están previstos varios coloquios, alén dos actos institucionais no oficialmente chamado « Día da Resistencia Indíxena ».

Coloquios sobre pobos orixinarios, mulleres indíxenas ou a guerra por Tenochtitlan que se veñen sucedendo desde hai un mes para « cuestionar a palabra conquista », segundo sinalou a alcaldesa de Cidade de México, Claudia Sheinbaum. Para analizar ─dixo─ o « racismo e clasismo » que ocasionou como parte da « herdanza colonial ». Debates e declaracións que, independentemente dos cinco séculos de distancia, demostran que o dano xerado deixou unha ferida aínda aberta na sociedade mexicana.

‘Yaopan’, o videoxogo que desmitifica a « traizón » aos aztecas

Cando os españois desembarcaron, os aztecas estaban en guerra con varias nacións indíxenas mesoamericanas que querían pór fin ao seu dominio. Entre estas, os tlaxcaltecas, que acabaron aliándose con Hernán Cortés para tomar Tenochtitlan. Un equipo de programadores e historiadores da Universidade Nacional Autónoma de México (UNAM) desenvolveu o videoxogo Yaopan, co que se busca desmitificar a narrativa que puxo como « traidores » os tlaxcaltecas. « Aproveitáronse da chegada dos españois », explicou Federico Navarrete en declaracións a La Jornada. O historiador asegurou onte na conferencia La Conquista: Revisiones incómodas que se calcula « entre 500 e 1000 españois e entre 50.000 e 100.000 combatentes mesoamericanos ». « Esta simple estatística ─sostivo─ dá unha idea de por que non podemos afirmar que os españois conquistaron México ». 

 

 

[Imaxe: Goberno de México – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Miloš Urban (1967), romancier. Diplômé en philologie moderne par l’Université Charles de Prague. Il travaille comme directeur de publication et également comme traducteur littéraire. Auteur d’une dizaine de romans, il est publié depuis 1999. Ses plus grands succès ont été Les sept églises (1999, dans l’édition française : Au diable Vauvert, 2011, trad. Barbora Faure), L’esprit des eaux (2001, prix Magnesia Litera), L’ombre de la cathédrale (2003) et La langue de Santini (2005). Sa dernière prose à ce jour est Urbo Kune (2016).

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Publié par Victor De Sepausy

Un étrange petit homme vert vient nettoyer des eaux polluées et embourbées, mais le sang coulera, lui aussi. Nous sommes chez Miloš Urban, c’est donc une chose entendu.

Ce roman, qui se déroule à la campagne entre le début du XIXe siècle et la fin du XXe siècle, a reçu le Prix Magnesia Litera en tant que meilleur livre de l’année 2001 dans la catégorie Prose. Il est actuellement adapté pour le cinéma, a été réédité de nombreuses fois et traduit en plusieurs langues.

Ses deux derniers romans montrent que Urban est aussi bien un poète qu’un archiviste des paysages oubliés, qu’ils soient urbains ou naturels. Les cathédrales sacrifiées à l’urbanisation, les villages noyés sous les barrages, les montagnes surexploitées y sont des paysages disparus sous des sédiments temporels (mais conservés dans la mémoire) qui se reflètent dans la pluralité des niveaux de temps et de sens du texte.

Mettre la littérature tchèque à l’honneur, voilà l’intention posée de ces publications, menées en partenariat avec le Centre tchèque de Paris et Czechlit – Centre littéraire tchèque. (traduction des citations par Marianne Canavaggio, qui est également la traductrice d’Ouředník).

Les Sept-Eglises
Milos Urban trad. Barbora Faure Au Diable Vauvert
Les Sept-Eglises
05/01/2011 478 pages 22,00 €
[Source : http://www.actualitte.com]

Nenhuma cidade destrói tão bem a memória dos trabalhadores quanto São Paulo, “locomotiva do Brasil”, que puxa os demais vagões para o inferno. Aqui, entretanto, é um dos pontos chave em que se pode sabotar toda a malha de violências exercidas contra a população brasileira.

Escrito por Lincoln Secco

O caso Borba Gato foi analisado sob diversos ângulos: o valor estético da obra, seu pertencimento ao bairro, o significado histórico, a violência (ou não) envolvida na queima da estátua, o acerto (ou erro) político em queimá-la, equívocos (in)voluntários na preparação dos detalhes operacionais etc. Houve até quem, no campo progressista, resgatasse formas da estética popular nordestina que estariam presentes no monumento.

O que ainda não perguntamos é: qual é o significado de um monumento para as classes dominantes hoje? A ideia de que elas constroem uma memória que busca foros de universalidade através da escolha de preservação ou esquecimento de um determinado patrimônio ainda é válida?

Em São Paulo, as chamadas classes conservadoras procuraram criar uma infraestrutura intelectual para difundir uma versão do seu papel na História do Brasil. A Primeira República foi pródiga na constituição de uma ideologia que se materializou em mapas, livros didáticos, escolas públicas, bibliotecas, monumentos. Seu zênite foi a guerra civil de 1932, em que a imagem do paulista como líder da nação e portador do progresso foi massificada.

Mas o momento de 1932 foi o zênite e também o início do declínio. Hoje, as classes dominantes não têm nenhum interesse na formulação de uma ideologia nacional e, portanto, na constituição de qualquer memória compartilhada. A recuperação fascista do passado é falsa, como sabemos, destituída do vigor de um projeto.

A dominação no Brasil sempre prescindiu do consenso dos governados. Mesmo para aquelas classes conservadoras da Primeira República, a questão social era só um caso de polícia. Aqueles laivos de preocupação intelectual estavam deslocados de sua prática dominante, marcada pelo uso do Estado apenas para fins próprios. O seu liberalismo pragmático não admitia sequer as primeiras e tímidas reformas do Governo Provisório de 1930 na questão trabalhista. Foi preciso uma guerra para convencê-las. Ainda assim, elas transformaram o combate militar num exercício de demonstração de força para moderar o novo regime. Como já afirmei antes, São Paulo é o verdadeiro poder moderador da república brasileira. A cada tentativa de reforma popular, lá estarão as elites paulistas e as aliadas para limitar e, se possível, derrotar qualquer governo que não lhes interesse.

A hegemonia paulista foi seletiva e exercida sobre outras classes privilegiadas regionais. Para os trabalhadores sobrou a coerção. Não é por outra razão que, apesar de alguns momentos de monumentalização de seu passado, as classes dominantes no Brasil persistem na prática do esbulho colonial e enxergam o país como mero território onde labutam pessoas que não têm nada em comum com elas, especialmente a cor da pele. Isso explica a destruição do Museu Nacional, da cinemateca, da escola pública, igrejas coloniais e abandono de seus próprios monumentos. E em São Paulo a derrubada constante de prédios históricos para criar casas comerciais como as da Havan ou templos neopentecostais.

O fogo na estátua foi a primeira ação que transformou a estátua de Borba Gato em algo significativo e propiciou debate sobre sua figura histórica. Ele esteve abandonado e espremido entre corredores de ônibus e maculado pela poluição. Galo devolveu a ele seu passado de exterminador dos oprimidos. E a partir disso, colocou mais um tijolo na construção dos movimentos populares. Ele situou naquele lugar uma escultura social. Uma classe em luta não materializa uma ideologia em monumentos, ela não porta outra ideologia e critica a todo o momento suas própria ações passadas. Ela erige uma memória de lutas, tenta preservar seus documentos e seus espaços de organização. Mas eles não são monumentos contemplativos e sim lugares de pertencimento e participação.

A burguesia destrói ou apropria-se dos espaços da classe trabalhadora o tempo todo. Ao transformar, por exemplo, a estação Júlio Prestes, antes frequentada por todos, num lugar exclusivo de sua sociabilidade, ressignifica aquele patrimônio. Quando há mais de um século houve a demolição da Igreja de Nossa Senhora dos Homens Pretos de São Paulo para construir um banco (monumento ao deus Mamon), os interessados justificaram-na com a “feiura” do templo religioso. Galo pode dizer aos seus algozes que Borba Gato não é particularmente belo…

Nenhuma cidade destrói tão bem a memória dos trabalhadores quanto São Paulo, “locomotiva do Brasil”, que puxa os demais vagões para o inferno. Aqui, entretanto, é um dos pontos chave em que se pode sabotar toda a malha de violências exercidas contra a população brasileira.

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Lincoln Secco é professor de História Contemporânea na USP. Publicou pela Boitempo a biografia de Caio Prado Júnior (2008), pela Coleção Pauliceia. É organizador, com Luiz Bernardo Pericás, da coletânea de ensaios inéditos Intérpretes do Brasil: clássicos, rebeldes e renegados, e um dos autores do livro de intervenção da Boitempo inspirado em Junho Cidades rebeldes: passe livre e as manifestações que tomaram as ruas do Brasil. Colabora esporadicamente para o Blog da Boitempo.

 

 

 

[Fonte: blogdaboitempo.com.br]