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Cette 74e édition montre les hommes sous leur côté sombre à travers des récits d’artistes toxiques, de virilité douloureuse et de personnages masculins violents ou décevants.  

Dans Titane, Palme d’or 2021, le personnage en apparence viril de Vincent Lindon lutte avec ses émotions et son corps vieillissant. Mais alors que le film plonge dans un univers de plus en plus masculin, il devient aussi de plus en plus froid et oppressant. | Capture d’écran Diaphana Distribution via YouTube

Écrit par Anaïs Bordages

Il doit y avoir quelque chose dans l’air: si l’on devait résumer très grossièrement le Festival de Cannes 2021, on pourrait dire qu’il s’agissait de l’édition «men are trash». Lors du dernier festival en 2019, on avait noté et salué la multiplication d’œuvres plus focalisées que jamais sur l’expérience féminine. Cette année, le Festival de Cannes a une nouvelle fois brillé par la diversité de ses récits initiatiques féminins, avec des films comme Robuste,Rien à foutre, ou Compartiment n°6(qui a remporté le Grand Prix du jury, voir le palmarès complet de la compétition).

Mais une autre tendance semble clairement se dégager de la sélection: une remise en question, parfois brillante, d’autres fois moins aboutie, du rôle des hommes dans la culture et dans la société.

Artistes toxiques

Le premier constat, c’est une multitude de films centrés autour de créateurs masculins, en proie aux doutes sur la valeur de leur art, et la toxicité de leurs comportements. En ouverture du festival, Leos Carax, également primé, nous interrogeait avec Annette sur la séparation entre l’œuvre et l’artiste.

Cette sombre comédie musicale suit un humoriste charmant et subversif, qui cache en fait un comportement violent avec les femmes. En créant la confusion entre le personnage d’Adam Driver et le sien, Leos Carax semble lui-même se questionner sur son image d’enfant maudit, et sur sa responsabilité en tant qu’artiste –«C’est ma vision de (…) ce que le cinéma met en scène, condamne, pardonne… les films étant faits en grande majorité par des hommes», avait-il observé pendant la conférence de presse.

Le Genoud’Ahed,film israélien de Nadav Lapid (récompensé lui aussi), présente quant à lui un réalisateur antipathique, dévoré par la colère contre son pays. Après avoir passé une bonne partie du film à mansplainer la vie à une jeune femme qui l’admire, il la manipule et doit faire face à la vindicte populaire. Dans Tromperie d’Arnaud Desplechin, adapté d’un livre de Philip RothDenis Podalydès incarne un auteur arrogant qui puise son inspiration dans les conversations qu’il partage avec sa maîtresse (Léa Seydoux). Dans une séquence qui semble déconnectée du reste de l’intrigue, l’homme se retrouve jugé au tribunal pour ses écrits sexistes, et se défend en râlant que «ce n’est pas parce que j’écris sur une femme, que j’écris sur toutes les femmes».

On retrouve une scène similaire dans Julie (en 12 chapitres), charmante comédie romantique du Norvégien Joachim Trier, où l’un des personnages masculins est dessinateur de BD graveleuses. Sa plus grande réussite? Avoir créé «un des trous de balle les plus iconiques» de la pop culture. Dans une séquence un peu maladroite, l’homme se retrouve sur un plateau de télévision, à débattre du supposé sexisme de son œuvre avec deux présentatrices qui lui sont hostiles, et semble à deux doigts de se plaindre qu’on ne peut plus rien dire. Dans une autre scène, l’héroïne du film (dont l’actrice a reçu le prix d’interprétation) se demande s’il est possible d’être féministe et d’apprécier «la fellation à l’ère #MeToo»,illustrant un peu plus les ruminations du cinéaste sur l’époque actuelle.

Hommes décevants

Cannes 2021, c’était aussi l’édition des hommes décevants. Toujours dans Julie (en 12 chapitres), le personnage éponyme tombe sous le charme d’un jeune homme tendre et rassurant. Mais au fil de leur relation, Julie commence à s’ennuyer et à nourrir un certain ressentiment envers lui. Cependant, le film s’intéresse moins aux défauts des hommes avec lesquels Julie se met en couple, et plutôt à son profil d’anti-héroïne, trentenaire, paumée et indécise.

«Avec “L’Histoire de ma femme”, j’invite tous les hommes tendres et honnêtes à rafraîchir et à réinventer leurs méthodes.»

Ildikó Enyedi, cinéaste

Dans Bergman Island, Mia Hansen-Løve s’inspire de sa propre relation avec le réalisateur Olivier Assayas pour raconter le déséquilibre entre un couple de cinéastes, incarnés par Vicky Krieps et Tim Roth. Elle est plus jeune que son mari, et manque d’assurance. Lui est célèbre, très charmant, et ne lui offre aucun soutien. Pour renforcer un peu plus le thème, Mia Hansen-Løve nous livre un récit dans le récit: en parallèle de l’histoire d’amour entre les deux cinéastes, on plonge dans le film conçu par l’héroïne. On y découvre une romance désenchantée entre Mia Wasikowska et Anders Danielsen Lie –qui jouait aussi le dessinateur dans Julie (en 12 chapitres), preuve que les échos entre les œuvres sont plus nombreux que jamais cette année à Cannes.

Les amours déçues sont aussi centrales dans Olympiades de Jacques Audiard, avec un personnage masculin qui ne sait pas se montrer à la hauteur de l’affection que sa colocataire lui porte… Mais aussi et surtout dans L’Histoire de ma femme, un film que la réalisatrice Ildikó Enyedi dit avoir abordé d’un point de vue masculin. On y suit un capitaine de navire effacé et de plus en plus jaloux de sa femme (incarnée par Léa Seydoux). «Avec ce film, j’invite tous les hommes tendres et honnêtes à rafraîchir et à réinventer leurs méthodes», affirmé la cinéaste, même si le récit lui-même aurait sans doute mérité un peu plus de fraîcheur.

Quand ce ne sont pas les amants qui nous laissent tomber, ce sont les pères. Dans Flag Day de Sean Penn, l’acteur et réalisateur incarne un charmant criminel qui ne parvient jamais à être à la hauteur pour sa fille.

Culture du viol et masculinité nocive

Enfin, on a aussi croisé à Cannes de nombreux récits qui explorent une certaine violence masculine et font la peau à la culture du viol. Dans le puissant Rehana Maryam Noor, premier film du Bangladesh à être sélectionné à Cannes, une prof de fac de médecine vient en aide à une étudiante violée par un enseignant –et paiera un lourd tribut pour avoir osé le dénoncer.

On suit aussi un personnage toxique dans Red Rocket de Sean Baker (qui avait auparavant réalisé Tangerine et The Florida Project). Superbement incarné par Simon Rex, Mikey est un ancien acteur porno d’abord très attachant. Mais plus le film progresse, plus il révèle une personnalité détestable, obnubilé par sa survie et son propre succès au détriment de tous ceux qui l’entourent. Situé dans l’Amérique de Trump, le film explore la dégringolade du rêve américain, rongé par le narcissisme et la violence désinvolte.

Julia Ducournau souligne que la virilité est un piège tendu à la fois aux femmes et aux hommes en les aliénant.

Mais la proposition la plus forte sur la question du genre (et peut-être la plus forte, tout court, du festival), c’est Titane de Julia Ducournau, Palme d’or de cette 74e édition. Dans ce drame fantastique, l’héroïne se transforme progressivement en personnage a-genre, adoptant une identité masculine tout en cachant une grossesse inquiétante et surnaturelle. À travers les injections de testostérone (chez le personnage de Vincent Lindon), le binding ou les scènes de sexe entre lesbiennes, Titane explore clairement l’identité queer.

Mais elle souligne aussi que la virilité est un piège tendu à la fois aux femmes et aux hommes en les aliénant. Alors que le film plonge dans un univers de plus en plus masculin, il devient aussi de plus en plus froid et oppressant. Dans une scène remarquable, un groupe de jeunes pompiers se défoulent sur une musique assourdissante, traduisant toute la tristesse d’une masculinité qui ne sait s’exprimer autrement que par la violence. Lorsque Alexia/Adrien, sans cheveux ni sourcils, et en tenue de pompier, se met à danser de manière lascive, renversant la scène d’ouverture où elle se déhanchait superbement en lingerie, c’est l’absurdité de la sexualisation féminine à outrance qui est soulignée. Que les partisans du #NotAllMen se rassurent: le festival nous a malgré tout offert une poignée d’hommes honorables et bouleversants.

C’est notamment toute la problématique d’Un Héros (primé), nouveau film d’Asghar Farhadi dans lequel un personnage masculin tente coûte que coûte de conserver son honneur. Dans Titane, le personnage en apparence viriliste de Vincent Lindon lutte avec ses émotions et son corps vieillissant. Dans La FracturePio Marmaï crève l’écran en «gilet jaune» rustre mais généreux, qui vient sans cesse au secours des autres personnages et se bat pour conserver son travail. Et dans Compartiment n°6, Iouri Borissov incarne un jeune Russe qui, derrière ses airs de voyous, révèle une vulnérabilité touchante, et accompagne l’héroïne du film dans un voyage initiatique plein de tendresse. À Cannes, 2021 aura été l’année de la déconstruction: du genre, du sexe, et même des vaches. Le résultat, c’est un cinéma riche et divers, qui signale son grand retour après plus d’un an d’arrêt imposé.

 

[Source : http://www.slate.fr]

Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

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La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

En la novela « Y líbranos del mal », el peruano Santiago Roncagliolo aborda la historia de un joven que al sondear en su propia identidad descubre el oscuro pasado de su padre. « Me interesó, mucho más que el abuso, el tema del silencio », dice desde Barcelona, donde vive actualmente, el escritor, guionista y periodista, que ganó en 2006 el premio Alfaguara de novela por « Abril rojo ».

Roncagliolo es escritor, guionista y periodista y ganó en 2006 el premio Alfaguara de novela por « Abril rojo ».

Escrito por Claudia Lorenzón

En su última novela « Y líbranos del mal », el peruano Santiago Roncagliolo aborda la historia de un joven que al sondear en su propia identidad descubre el oscuro pasado de su padre, unido a abusos cometidos en una congregación religiosa y cubiertos con un manto de silencio durante décadas por la alta sociedad limeña.

Nacido en Brooklyn, Jimmy, que ha terminado sus estudios de nivel medio, decide viajar a Perú cuando su abuela Mama Tita se enferma y observa con sorpresa que su padre, Sebastián, se niega a regresar a Lima para cuidar a la madre.

A partir de ese viaje, el protagonista se enfrentará a los silencios que rodean a su padre que trabaja como administrador de la catedral de Brooklyn y lo precede una historia que ha estado oculta por años en relación a casos de pedofilia que empiezan a salir a la luz a partir de denuncias de algunas víctimas contra los responsables de una congregación religiosa.

La historia, que el autor desgrana con una excelente dosificación de la intriga, se referencia en los abusos cometidos en la congregación religiosa del Sodalicio de Vida Cristiana, una organización que surgió en 1971 en Perú para crear un ejército de jóvenes destinado a enfrentarse al movimiento progresista de la Teología de la Liberación.

« Me interesó, mucho más que el abuso, el tema del silencio », dice desde Barcelona, donde vive actualmente, el escritor, guionista y periodista, que ganó en 2006 el premio Alfaguara de novela por « Abril rojo », llevada al cine al igual que otra de sus obras, « Pudor ».

En 2010 fue elegido por la revista británica Granta como uno de los 22 mejores escritores en español menores de 35 años, y es autor además de « El amante uruguayo », texto que compone junto a « La cuarta espada » y « Memorias de una dama », una trilogía de historias reales sobre el siglo XX latinoamericano.

« Escribir libros permite discutir sobre estos temas para que los casos no queden enterrados en la oscuridad », declara Roncagliolo en diálogo con Télam acerca de esta obra publicada por Seix Barral.

– Télam: ¿Por qué surgió la necesidad la idea de escribir esta novela sobre el tema de los abusos en la congregación religiosa Sodalicio?

– Santiago Roncagliolo: Cuando se hicieron públicas las denuncias me sorprendió que mucha gente que yo conocía había estado cerca de eso. Eran hechos que habían ocurrido durante muchos años y nadie había dicho nada, ni siquiera la gente a la que le había ocurrido. De hecho, hubo gente que no sabía lo que había pasado hasta que lo vio en televisión, o personas cuyas parejas les dijeron que eso que habían vivido había sido un abuso. Me interesó, mucho más que el abuso, el tema del silencio.

El abuso es algo que comete contra ti alguien que dice que te quiere, que tú crees que te quiere. Ese amor se sustenta en una familia, en colegios, relaciones sociales, en clubes, en clases sociales, de manera que para que todo pudiera ocurrir era necesario que el silencio se extendiese por toda una clase social. Y quería escribir también porque creo que es una manera de luchar contra eso y romper el silencio. Hacer libros permite discutir sobre estos temas para que los casos no queden enterrados en la oscuridad.

"Escribir libros permite discutir sobre estos temas para que los casos no queden enterrados en la oscuridad", define el escritor.

« Escribir libros permite discutir sobre estos temas para que los casos no queden enterrados en la oscuridad », define el escritor.

– T.: El silencio al que hacés referencia está presente en lo no está dicho o descripto y que el lector tiene que llegar a desentrañar.

– S.R.: El juego que me interesaba proponer al lector es que también tuviera que navegar entre los silencios y decidiera qué ocurre detrás de las puertas y cuáles son exactamente las relaciones entre los personajes. Algunas lecturas que han hecho los lectores me sorprenden, pero son parte del juego. Los lectores terminan de escribir esta novela, y no todos escriben la misma, ni siquiera la que yo tenía en mente.

A mí me interesaba hablar de lo que interpretamos a través de los silencios de la sociedad, porque al final a los silencios los llenamos: las cosas que no se dicen se dan por sentadas, y creo que eso es lo que hace el lector con esta novela: da por sentada cosas que no le estoy diciendo.

También creo que con los silencios había una obligación de estilo porque trabajo con un tema escabroso y no quería ser amarillista o regodearme. Había escenas que no quería poner, y creo que esas escenas ocurren entre líneas.

– T: Este tipo de historias lleva a pensar en el precio que tiene ocultar un secreto tan tremendo, pero también el precio que tiene ir a fondo para desvelarlo, no?

– S.R: Los últimos años de vida de mi padre, quien falleció hace poco, nos pasamos sabiendo que ya había muchas cosas de las que no íbamos a hablar, nos perdonábamos cosas, fuese lo que fuese, porque si empezábamos a hablar iba a ser peor. Queríamos disculparnos porque sabíamos que eran los últimos años, entonces a veces los secretos son una necesidad social, de la convivencia, a todos los niveles. En Alemania está prohibido hablar sobre algunas cosas del Holocausto porque levantar el debate puede dañar la convivencia, tanto que es preferible callar. Todos tenemos pactos de silencio.

En Jimmy y su padre hay dos etapas: la primera en que va al Perú y empieza a sospechar que algo oscuro sucedió y luego, cuando vuelve hay en escena en la que está con su padre y no pueden hablar, saben que eso está en el aire pero no saben como llamar a las cosas. Eso es lo que me impactaba: cómo pueden ocurrir las cosas más terribles y no sabes cómo hablar ni pedir explicaciones. Ni siquiera sabes de qué pedir explicaciones. Si llegan a tener esa conversación, es como el monstruo de las peli de terror: la peli es buena hasta que no has visto al monstruo, si lo ves es una mierda. Y me interesaba mantener ese suspenso entre los dos, ese monstruo hasta el final, porque si aparece demasiado rápido, si conocemos la versión de Sebastián, seguramente que suena peor de lo que imaginamos.

– T: También la obra hace referencia a quienes emigran de sus países de origen para cambiar su pasado.

– S.R: La familia de Sebastián es una familia de migrantes mas bien típica, y el migrante, como yo también lo soy, tiene la oportunidad de borrar lo que no le gusta de su pasado y contarlo de una manera que se acomode más a lo que quiere ser, mientras que Mama Tita, madre de Sebastián, se queda viviendo con todo ese pasado, como un misterio, como si viviera en una cristalería en la que hay un elefante, y tiene que tratar de evitar que los platos y los vasos se estrellen contra el suelo. En cambio, el hijo de este migrante está existencialmente mutilado, hay una parte de él que no conoce. El pasado de tus padres es tu pasado también, y si se ha borrado tampoco sabes quien eres tú. Jimmy se esta volviendo adulto y no sabe qué quiere ser porque hay una parte que se ha borrado, hay referentes que le faltan. Tiene que cruzar el abismo entre las dos generaciones anteriores para completar su propia vida. Con su búsqueda Jimmy mata silencios y destroza los frágiles equilibrios entre generaciones y pone en riesgo a toda la familia.

– T.: Los abusos suceden en el colegio de una congregación de chicos de una clase social alta o acomodada. ¿Por qué?

– S.R: Estos abusos ocurren en las clases altas porque es mas difícil decir lo que está ocurriendo, porque si lo dices no solo vas a involucrar a la persona que te hace daño, sino al colegio que te puso en manos de que te hizo daño, a la familia que te puso en ese colegio, a los compañeros que creen que su infancia fue idílica. En mi colegio había un cura que nos tocaba y no creo que haya sido un hecho tan dramático como el que narro pero todos lo sabíamos, incluso nos hacíamos bromas. Muchos años después escribiendo temas en la prensa recuerdo haberlo mencionado, y me sorprendió la feroz reacción de mis compañeros, de gente que quería arrancarme la cabeza porque estaba destruyendo el sueño de su infancia perfecta, y entiendo por que es más duro denunciar para las victimas de esta clase social, porque es mas duro lo que hay en juego.

– T.: ¿Por que el padre de Jimmy elige ir a Estados Unidos?

– S.R.: La aspiración fuerte de los peruanos es ir a España o a Estados Unidos. En el caso de la novela, para Sebastián en Estados Unidos es mas fácil desaparecer: es un país más grande, se habla otro idioma, realmente es otra cultura. En la novela el personaje lo que quiere es desaparecer, borrarse. Y en Brooklyn está seguro, nadie le va a recordar quién fue.

Me pasa que cuando vuelvo a Perú y cuento mis historias de niñez, mi madre siempre me dice « no, así no fue ». Y lo cuenta ella y es un horror como lo cuenta. Cuando estás lejos, como me pasa a mí, puedes inventarlo todo de nuevo, pero si te quedas, si te vas encontrando con tu pasado, ya no hacerlo.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

El escritor rumano-nerlandeés Stefan Popa captura al pueblo arrumano olvidado en la literatura en « Si la adelfa sobrevive al invierno », quizás justo antes de que desaparezca para siempre.
Escrito por EVARISTO AGUADO

Una gran epopeya europea sobre la vulnerabilidad de los pueblos pequeños en un mundo en expansión Pitu se está muriendo. Y, sin embargo, tiene mucho por lo que vivir. Su hija, Samarina. Su pueblo, Crushuva, en las cimas de las montañas más altas y hermosas de Macedonia. Y su comunidad, los arrumanos, con su propia lengua —parecida al rumano con in!uencias griegas— que todavía es hablada por una gran minoría en toda la región. Hasta ahora, al menos. Todo el mundo los ha olvidado, aunque ellos fueron los que hicieron los Balcanes. Ellos son los Balcanes.

Si la adelfa sobrevive al invierno es una historia inolvidable y conmovedora de un hombre que está a punto de morir y un pueblo que está desapareciendo del mapa. Un libro sobre la identidad y su transitoriedad y sobre una pequeña comunidad de personas en una Europa en constante expansión. Con su libro, Stefan Popa captura al pueblo arrumano, olvidado en la literatura, justo antes de que se desvanezca para siempre.

Stefan Popa (Vleuten-De Meern,1989) es escritor y periodista independiente. De origen mitad holandés, mitad rumano, es también un experto en los Balcanes y a menudo es contratado por emisoras de radio y televisión para informar o reflexionar sobre la actualidad balcánica. Autor de multitud de relatos inéditos y cuatro novelas publicadas, su estilo de escritura ha sido descrito como lírico, poético, sin una palabra fuera de lugar. Este autor joven y comprometido tiene un enorme potencial aún por revelar fuera de los Países Bajos.

 

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

En este ensayo sobre una de las grandes óperas francesas, las historias de las guerras coloniales del siglo XVIII se entrelazan con aquellas de la brutalidad policíaca estadunidense y con ciertos episodios recientes de la historia política de México.

Escrito por Nicolás Medina Mora Pérez

I

El 25 de noviembre de 1725 el Théâtre-Italien de París presentó un espectáculo que, trescientos años después, me trajo la experiencia estética más deslumbrante de toda mi vida. Para explicar ese deslumbramiento con cabalidad, sin embargo, tendré que pedirles un poco de paciencia, pues tendré que hablarles de la Guerras de los Chicasaw, de la golpiza que la policía de Los Ángeles le propinó a Rodney King en 1991, de una novelita de Diderot, de las virtudes sónicas del clavicordio, y de una semana en la que muchas de las certezas sobre las que había construido mi identidad se desplomaron.

Por lo pronto, volvamos al siglo XVIII. Meses antes del espectáculo en el Teatro Italiano, un grupo de colonizadores franceses que exploraba la cuenca del Mississippi bajo la bandera de la Compagnie des Indes entró en contacto con la tribu de los mitchigamea, parte de la Confederación de los Illinois. Preocupados por la creciente influencia española y británica en el norte de América, los exploradores invitaron a cuatro jefes de la tribu —incluyendo a un hombre llamado Agapit Chicagou, quien luego le daría su nombre a la famosa ciudad— a que los acompañaran a Europa para conocer a su rey, con la esperanza de que el poderío y esplendor de la corte de Luis XV convencería a los indígenas de la sabiduría de alinearse con Francia en lugar de con España o el Reino Unido. Los jefes indígenas, inmersos en una guerra con la tribu Fox, vieron en la invitación una oportunidad parecida a la que los tlaxcaltecas descubrieron al conocer a Cortés: tal vez su embajada convencería al soberano de ultramar de unirse a su lucha contra sus enemigos.

Así pues, el 22 de noviembre, Chicagou y sus hermanos en armas entraron a la sala del trono de Versalles. En palabras de los historiadores Richard Ellis y Charlie Steen, el reporte del evento que apareció en el Mercure de France “demuestra que los cortesanos vieron a los miembros de la delegación como una novedad exótica y no como representantes de una cultura legítima. Los indios —o sus intérpretes— dijeron lo que se esperaba de ellos: se denigraron frente a los cortesanos, celebraron los esfuerzos de los misioneros en la Louisiana y amontonaron adulaciones barrocas sobre la figura del rey:”1

—Usted es como una hermosa estrella ascendente que brilla en un cielo absolutamente despejado —le dijo Chicagou a Luis XV, quien en esa época tenía apenas quince años.

Tras su visita a Versalles los jefes indígenas pasaron varias semanas en París, a lo largo de las cuales fueron exhibidos en los salons más prestigiosos de la ciudad y, crucialmente, asistieron a una función de la Ópera. No es de sorprenderse que los chaperones de la Compañía de las Indias, habiendo mostrado a los visitantes lo mejor de la música y la danza francesa, hayan pedido un poco de reciprocidad. Fue así que surgió la idea del espectáculo en el Teatro Italiano. Frente a un público de aristócratas curiosos, enamorados del exotismo condescendiente con el que la Ilustración contemplaba a los pueblos no-occidentales, Chicagou y sus hombres presentaron una selección de sus danzas de guerra y de paz, batiendo tambores y entonando cantos ancestrales que probablemente sonaban más o menos así:

II

La danza de Chicagou hubiera pasado a la historia como un detalle colorido pero insignificante del proceso de colonización de América del Norte, salvo que entre la audiencia se encontraba un compositor de medio pelo, más famoso en ese entonces por sus escritos teóricos que por su música: Jean-Philippe Rameau. Poco después de su muerte, el pobre Rameau tendría la mala fortuna de inspirar una de las nouvelles satíricas de Denis Diderot, quien lo describió así:

Ese famoso músico que nos rescató del canto llano de Lully, ese que llevábamos salmodiando por un siglo, y que escribió tantas verdades apocalípticas y cosas visionarias e ininteligibles sobre la teoría de la música, ninguna de las cuales tuvo nunca mucho sentido para nadie, ni siquiera para él mismo. Nos dejó un cierto número de óperas en las que hay algo de armonía, retazos de canciones, algunas ideas inconexas, ruido, fugas, marchas triunfales, lanzas, murmullos, victorias que lo dejan a uno sin aliento, y piezas de baile que vivirán eternamente.2

Y en efecto: más o menos en la misma época en la que Rameau vio bailar a Chicagou, sus Pièces de Clavecin —secuencias de obras cortas para teclado compuestasde danzas cortesanas como la allemande, la courante, y la sarabande— comenzaron a ponerse de moda en los círculos aristocráticos de ese París absolutista y decadente. Se trata de una música charmante:ligera, divertida, tan buena para bailar como para escuchar, sin prestarle mucha atención, mientras se cuentan chismes sobre la comtesse de tal o de cual. Carece por completo de la seriedad metafísica de su contemporáneo alemán, Johan Sebastian Bach, o de la simetría matemática de su competidor en la corte española, Domenico Scarlatti. Las suites de Rameau son, en fin, tan frívolas como la audiencia para la que fueron escritas. Resulta fácil, por ejemplo, imaginar a Maria Antonieta moviendo el esqueleto al ritmo de este tambourin:

Al mismo tiempo, sin embargo, la música para teclado de Rameau es sumamente compleja. Su principal innovación reside en la armonía: Rameau juega con progresiones de acordes que coquetean con la disonancia, anticipando a veces a la tonalidad extendida de los románticos e incluso a aquella de Wagner. Sobre este andamiaje el compositor cuelga melodías tan memorables como expresivas, a las que recarga con una profusión rococó de ornamentos con nombres tan deliciosos como el pincé, el coluez y el son coupé.

Más que otra cosa, las Pièces de Clavecin constituyen uno de los más grandes repertorios para teclado de todos los tiempos. Mientras que Bach a veces parece escribir música en abstracto, en la que el carácter particular del instrumento que ha de realizar la partitura es incidental, Rameau componía para el clavecín como Jimi Hendrix componía para la guitarra eléctrica. El autor del Traité de l’harmonie conocía las posibilidades de su instrumento a la perfección y consiguió llevarlo a alturas nunca antes vistas, ejerciendo una influencia determinante sobre el desarrollo de la técnica que es posible discernir incluso en las grabaciones de Glenn Gould.

III

Pero volvamos a nuestro tema. Poco después de asistir al espectáculo en el Teatro Italiano, Rameau compuso su Suite en Sol. Allí, entre piezas con títulos maravillosos como “L’Egyptienne” y “La Poule”, aparece una bagatela de apenas dos minutos de duración llamada “Les Sauvages”:

El título lo dice todo: Rameau escribió la pieza inspirándose en la danza de los Illinois. En realidad, la música tiene muy poco que ver con lo que el compositor escuchó esa tarde de noviembre de 1725. Si uno estira la liga interpretativa, el único elemento de la bagatela que parece tener algo que ver con la música indígena es el ritmo: un compás alla breve, de dos medios, insistente como el pulso de los tambores de guerra. De igual modo, la pieza se convirtió muy pronto en uno de los grandes éxitos de Rameau. Tras la publicación de la partitura en 1728, como parte de las Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin, los aristócratas de Francia pasaron toda una temporada social disfrazados con coronas de plumas.

Quizás fue por esta razón que, siete años después, Rameau decidió arreglar la pieza para orquesta y coro. Para ese entonces el compositor había dejado atrás la música de cámara en favor de la ópera, infinitamente más redituable. Su primera contribución al género, Hippolyte et Aricie, causó un verdadero escándalo, parecido al desatado por la premier del Sacre du Printemps de Stravinsky: la audiencia quedó dividida entre aquellos que consideraban que Rameau había compuesto la ópera más importante desde la muerte de Lully y aquellos que lo acusaban de haber escrito música “salvaje”.3

Tal controversia creó grandes expectativas para la segunda ópera de Rameau, Les indes galantes, presentada por primera vez en 1735. La obra, una mezcla de música, drama y ballet, estaba compuesta de un prólogo alegórico y tres actos o viñetas independientes, cada una de los cuales tomaba inspiración de una u otra cultura exótica: Le turc généreux, una historia de amor entre dos esclavos otomanos, Les incas du Pérou, un romance entre una princesa indígena y un conquistador español, y Les fleurs, una comedia de enredos ambientada en Persia. Para la gran decepción de Rameau, sin embargo, el estreno fue un fracaso. La prensa de la época publicó reseñas sumamente críticas de la obra, quejándose, entre otras cosas, de la “indecencia” y “absurdidad” de que la heroína de Les fleurs apareciera vestida de hombre. El resultado fue que la ópera vendió mal y que Rameau, además de perder dinero en la producción, tuvo que pasar por el trago amargo de dirigir su obra para un teatro prácticamente vacío.4

Pero, para nuestra gran fortuna, el compositor no se dio por vencido. En 1736, Les indes galantes regresó al escenario en una nueva versión que incluía un cuarto acto, Les sauvages, en el centro del cual aparecía el arreglo para orquesta de su greatest hit:

La nueva versión de la ópera fue un éxito rotundo, en buena parte gracias al acto final. No es difícil entender por qué: musicalmente, la encarnación operática de la bagatela es infinitamente más rica que la original. El uso de la percusión enfatiza el ritmo “salvaje” de la música, mientras que la instrumentación con cuerdas y alientos permite apreciar las armonías aventureras de Rameau con mayor claridad. Y luego está el maravilloso dueto para tenor y soprano, que introduce una melodía completamente nueva y añade otra capa de contrapunto a la danza.

En términos dramáticos, por otro lado, la versión operática de “Les sauvages” resalta los aspectos más desagradables de la historia de la composición. La anécdota del episodio es más bien mínima: poco después de la llegada de los europeos al Nuevo Mundo, una pareja de amantes indígenas teme por el futuro de su amor, pues dos conquistadores, uno español y el otro francés, compiten por las atenciones de la joven nativa. Al final, sin embargo, los europeos deciden ceder a los deseos de sus nuevos vasallos y permitir el casamiento de los enamorados. El dueto basado en la pieza de clavecín representa el momento climático de la viñeta: los “indios galantes” danzan alegremente para celebrar la boda, mientras que los europeos asienten con benevolencia. La letra de la canción, que Rameau pone en boca de los amantes indígenas, es una celebración profundamente racista del mito del buen salvaje y de la supuesta generosidad de los colonizadores europeos:

Bosques apacibles, bosques apacibles,
Aquí, deseos vanos jamás aquejan a nuestros corazones.
Si [los indios] son sensibles,
Fortuna, no ha sido a costa de tus favores.

Cabe entonces preguntarse: ¿qué tan apacibles eran los bosques de Illinois cuando Chicagou y sus compañeros volvieron de París? Entre 1721 y 1763 Francia y el Reino Unido se enfrentaron en una lucha cruentísima por el control de lo que hoy es el este de Canadá. El conflicto es conocido como la Guerra de los Chicasaw, el nombre de una tribu nativa que se alió con los ingleses para pelear contra los Illinois y los Choctaws, aliados del mismo Luis XV a quien Chicagou pagó tantos cumplidos. Al final, Francia terminó cediendo Quebec a Inglaterra. Quienes pagaron el precio, sin embargo, fueron los pueblos indígenas: carne de cañón en una guerra que no era suya y que disminuyó sus números a tal grado que, un siglo más tarde, ninguna de las Naciones de las Praderas pudo montar una resistencia efectiva al expansionismo genocida de los recién nacidos Estados Unidos.

IV

Y es que Estados Unidos es el otro gran villano de esta historia: una potencia imperial nacida de la esclavitud de los africanos, del exterminio de los nativos y de la invasión injustificable de nuestro país. Pese a que en el siglo y medio desde el fin de su Guerra Civil el país ha intentado redimirse de ese pasado de sangre y mierda, el hecho es que el corazón despiadado que late en su centro tiene una conocida tendencia a reaparecer una y otra vez a lo largo de los años.

Una de estas apariciones tuvo lugar en Los Ángeles en 1991, cuando un grupo de policías blancos detuvo a un motorista afroamericano llamado Rodney King  y prosiguió a propinarle una golpiza que casi lo mata. Como suele suceder con la brutalidad policiaca endémica en nuestro vecino del norte, el encuentro entre King y sus victimarios hubiera pasado desapercibido de no ser porque un transeúnte, quien por alguna razón tenía consigo una cámara de video, decidió registrar el momento.

El transeúnte envió el video a una estación de noticias local y esta lo proyectó durante su horario estelar. El resultado fue una enorme ola de indignación entre los afroamericanos de la ciudad, a quienes la policía sometía —y somete— a un verdadero régimen de terror racista. Un año más tarde, cuando un jurado declaró que los oficiales involucrados eran inocentes de todo crimen, la rabia y frustración de los habitantes negros de Los Ángeles estalló en protestas callejeras que pronto se tornaron violentas. En las semanas que siguieron Los Ángeles ardió: 63 personas murieron y más de dos mil resultaron heridas.

Fue en este contexto de violencia y furia que nació el estilo de danza de hip-hop conocido como krump: un baile agresivo, combativo, caracterizado por movimientos bruscos y angulares, en el que los bailarines simulan una pelea callejera, representando tanto la brutalidad de los policías como la respuesta de sus comunidades:

El krump es una forma de arte sofisticada con un vocabulario formal bien definido y un contenido político muy poderoso. Creo, sinceramente, que merece el mismo tipo de atención que el ballet clásico o las sarabandes cortesanas que Rameau escribía para sus patronos en Versalles.

V

Pero, ¿a dónde voy con todo esto? ¿Qué tiene que ver el krump con Chicagou o Rodney King con Rameau? Pues bien, sucede que en octubre de 2019 pasé una breve pero solitaria temporada en París. El plan original era que mi padre y yo iríamos juntos y pasaríamos unos días recordando a mi madre, quien falleció en febrero de aquel año; pero, por razones que son del dominio público y que no tengo intención de explicar aquí, mi padre no pudo acompañarme. Diré solamente que empaqué para dos semanas pero me subí al avión sin saber si iba a quedarme dos décadas. Todo era incierto. El exilio parecía una posibilidad tangible, peligrosamente real.

Pasé esos días parisinos vagando por la ciudad, demasiado preocupado por el futuro de mi familia como para disfrutar de los museos. En mis audífonos sonaban dos piezas, “Summertime” en la versión de Ella Fitzgerald:

Summertime and the livin’ is easy,
Fish are jumpin’ and the cotton is high,
Your daddy’s rich and your ma is good lookin’,
So hush, little baby, baby, don’t you cry

Y “Les sauvages”, en la versión de Patricia Petibon:

Y entonces, una tarde, caminando cerca de la Ópera Bastille, me encontré de pronto en medio de una manifestación de los gilets jaunes. Había petardos y bengalas, gritos y empujones, y muy pronto hubo también policías y gas lacrimógeno. Me refugié en la taquilla de la ópera, donde pasé varias horas esperando a que la multitud se dispersara. Estaba en esas cuando volví la vista de la ventana y descubrí que la cartelera de esa noche anuciaba una nueva producción de Les indes galantes. Sonreí ante el regalo del destino y pregunté en la ventanilla si aún quedaban boletos.

—Tienes suerte —me contestó el encargado. —Me queda exactamente uno, y hoy es la última función.

Esa noche regresé a la Bastilla y encontré las calles cercadas por vallas de contención y cubiertas de botellas rotas. Tomé asiento en mi lugar en el teatro. Las luces se apagaron. Podría describir lo que vi a continuación. Podría decir que se trató de una reapropiación de “Les sauvages” por parte de “los salvajes”. Podría decir que fue el ballet más hermoso que he visto, o que fue la mejor batalla de hip-hop que he visto, o que fue una renovación del espíritu del barroco que no creo pueda ser igualada, o que fue el único momento en esos meses terribles en el que logré perderme en una obra de arte y así tener unos instantes de paz. Pero todo lo que podría decir sería insuficiente, porque esa experiencia fue el resultado improbable de una serie de historias inconexas. Es decir: fue un milagro. Así que mejor les dejo ver lo que vi:

Nicolás Medina Mora Pérez es ensayista y editor


1 Ellis, R y Steel, C. “An Indian Delegation in France, 1725”, en: Journal of the Illinois State Historical Society, vol. 67, no.4, septiembre de 1974, p.387. La traducción es mía.

2 Diderot, D. Rameau’s Nephew, Project Gutenberg, 2007, consultado el 12 de julio de 2021. La traducción al inglés es de Ian Johnston. La traducción al español es mía.

3 Goodman, G. “Savage song”, consultado el 12 de julio de 2021.

4 Graham S. “Les Indes Galantes”, en: The New Grove Dictionary of Opera, Grove, Nueva York, 1997, II, pp. 795–796.

[Fuente: .nexos.com.mx]

 

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El present volum inclou una selecció d’assaigs ja publicats de Jordi Bilbeny, que ara, amb una nova visió de conjunt, esdevenen un relat únic i revelador sobre la intervenció dels estats catalans en la descoberta i conquesta del Nou Món en un període que abraça de l’any 1475 fins al 1516.

Un recorregut exhaustiu i documentat per temes cabdals del passat que ens parlen de la identitat i la llengua de Cristòfor Colom i la seva tripulació; la participació catalana en els preparatius de les primeres expedicions colombines i posterior formació del govern de les Índies; la moneda utilitzada per sufragar totes les despeses; la importància del Consolat de Mar, la Llotja i la Casa de Contractació de Barcelona; els virreis catalans i els virregnats americans; i el testament dels Reis Catòlics.

Una obra que també ens endinsa en el fascinant món de la ciència nàutica i el rellevant paper dels cosmògrafs catalans. En aquesta cerca incansable per desvelar la veritat que s’amaga més enllà del discurs oficial, l’autor proposa una vegada «repensar els fets. Tornar a les fonts. Comparar els relats primitius i posar-hi nova llum, coherència i sentit. Com si l’estudi, el dubte metòdic, el sentit crític i la contrastació de dades no s’haguessin extingit ni llançat a la foguera de totes les vanitats».

Biografia de l’autor

Jordi Bilbeny (Arenys de Mar, 1961) és llicenciat en Filologia catalana per la Universitat Autònoma de Barcelona i amb un doctorat en Història Moderna a la Universitat de Barcelona suspès per raons de contingut. És un dels pares ideològics de la primera consulta independentista d’Arenys de Munt, un dels fundadors de l’Institut Nova Història i autor polifacètic de nombrosos llibres i articles sobre la censura de la història i la catalanitat de la descoberta d’Amèrica, així com de llibres de poesia i assajos de temàtica diversa. Ha publicat amb Librooks la reedició de la seva ‘Brevíssima relació de la destrucció de la història’ el 2014, ‘La sardana i la religió de les bruixes’ el 2015, ‘La data de naixement de Colom’ el 2017, ‘Inquisició i Decadència’ el 2018, ‘Cristòfor Colom, príncep de Catalunya’ el 2019 i ‘Carles I sense censura’, el 2020. Des de fa més de trenta anys, exerceix una incansable tasca de conferenciant i divulgador que l’ha portat a plantejar les seves tesis per tot Catalunya.

Títol: Cristòfor Colom i l’Amèrica catalana
Autor: Jordi Bilbeny
Editorial: Librooks Barcelona
Pàgines: 240
ISBN: 978-8412310191

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Unhas guías turísticas desenvolvidas pola Rede de Xuderías de España vai poder permitir coñecer máis de preto esta parte da herdanza cultural e patrimonial máis esquecida.

Acto de presentación das guías turísticas da Red de Juderías de España

Acto de presentación das guías turísticas da Rede de Xuderías de España

Escrito por Patricia Otero

Rede de Xuderías de España presentou este xoves, 1 de xullo, en Santiago de Compostela as guías turísticas sefardís das tres cidades galegas que pertencen a esta asociación: Tui, Ribadavia e Monforte de Lemos. O obxectivo destas guías é dar a coñecer e poñer en valor o patrimonio xudeu, que é un dos menos coñecidos tanto de Europa como de España. “Fixemos unha guía que vai permitir que sexa moito máis entendible. Hai detrás todo un mundo que descubrir que forma parte da nosa identidade”, explicou a xerente da Rede de Xuderías de España, Marta Puig.

A directora de Turismo de Galicia, Nava Castro, expuxo que “o turismo cultural é unha das principais fortalezas de Galicia. Cada vez son máis os turistas que nos elixen para coñecer esta historia”. Polo tanto, explicou que o pasado xudeu forma parte da nosa identidade cultural como galegos e é necesario dar a coñecer estes territorios. “Eses viaxeiros que busquen ese legado xudeu en España tamén teñen Galicia”, recalcou Nava Castro. “É un destino que podemos defender con orgullo, non só polo que significa, senón polo que emociona. Ata os máis expertos da materia gozan coñecendo esa parte da historia”, engadiu Puig

A autora das guías, Alejandra Abulafia, explicou no acto que se realizou un traballo de máis de dous anos nos que se visitou e se coñeceu cada unha das cidades para poder elaborar as guías. Albufalia explicou que non existía ningunha guía sefardí específica para cada cidade e que eles decidiron facer unha que fora do xeral ao particular.

Primeiro hai unha cronoloxía e un contexto histórico para que “cada turista cando chegue á cidade poida recorrer cada punto por si mesmo” e a  continuación xa se desenvolven cada un dos puntos do itinerario. Ademais, na guía tamén se engaden outros lugares e actividades que visitar e ao final fálase da gastronomía“, para completar a experiencia. Que se poida levar un pouco o que é a gastronomía sefardí”, comentou Abulafia.

RIBADAVIA, TUI E MONFORTE DE LEMOS

As tres cidades galegas que contan con unha destas guías turísticas son Ribadavia, Tui e Monforte de Lemos. O alcalde de Monforte de Lemos, José Tomé, explicou que a publicación e a difusión destas guías vai supoñer un acto cualitativo moi importante para coñecer o patrimonio xudeu que atesoura Galicia. “As guías reflicten as vontades de colaboración cos que vimos apostando de xeito decidido os tres concellos. Para todos aqueles que queiran visitar Galicia, as xuderías son un elemento clave á hora de coñecer o noso mosaico cultural”, comentou Tomé.

O alcalde de Tui, Enrique Cabaleiro, engadiu que “temos o deber ético como sociedade de preservar e protexer”. Destacou que se senten “orgullosos e privilexiados” de que o xudaísmo forme parte da nosa historia e expón que Tui é un dos concellos que ten un maior legado patrimonial xudeu de todo o país.

Por último a alcaldesa de Ribadavia, Noelia Rodríguez Travieso, puxo de manifesto que o seu municipio leva apostando polo legado sefardí desde que se constituíu a Rede de Xuderías de España fai 21 anos. “Hoxe en día Ribadavia é a única cidade galega que dispón dun espazo dedicado á historia dos xudeus galegos”, destaca Rodríguez Travieso. Explicou que gracias a esta guía van poder achegar unha parte da historia a todos aqueles turistas que os van visitar.

 

[Fonte: http://www.galiciaconfidencial.com]

A crise da Cinemateca Brasileira e os muitos esforços para assegurar suaparea reabertura

(Van Campos/Fotoarena)

foto: Van Campos/Fotoarena

Escrito por Darlene J. Sadlier
Em 7 de agosto de 2020, mais de cem apoiadores reuniram-se na frente da Cinemateca Brasileira (CB) em São Paulo. Ali observaram membros da Polícia Federal Brasileira, armados com metralhadoras, acompanharem o representante de governo Hélio Ferraz de Oliveira, chefe interino da Secretaria Audiovisual (SAv), para coletar as chaves da instituição com Francisco Câmpera, diretor da Associação de Comunicação Educacional Roquette Pinto (ACERP), a qual fora oficialmente contratada em março de 2018 pelos ministérios da Educação e Cultura para gerir as operações da CB.[1]

Em dezembro de 2019, com menos de um ano da presidência de Jair Bolsonaro, que começou com o desmantelamento do Ministério da Cultura, o governo falhou na renovação do contrato com a ACERP. Novas propostas para a gestão da Cinemateca Brasileira (CB) supostamente seriam consideradas em fevereiro de 2020. Isso não aconteceu, e nem aconteceu de o governo concordar com a proposta emergencial da ACERP para assegurar a continuidade das operações e da segurança da CB até que uma nova organização pudesse ser nomeada.

Em fevereiro de 2020, enchentes em São Paulo atingiram uma das unidades da Cinemateca Brasileira, que perdeu mais de cem mil DVD’s, rolos de filmes e coleções de livros devido aos danos causados pela água. Em maio de 2020, a ACERP anunciou que não recebia, desde dezembro de 2019, fundos governamentais para manter utilidades e salários do pessoal, e para apoiar a missão institucional como centro nacional de aquisição, preservação, documentação e exibição dos materiais audiovisuais brasileiros. Essa missão também envolvia projetos e serviços nas áreas de pesquisa audiovisual e tecnologia da informação.

Uma semana após tensa entrega das chaves, a ACERP foi forçada a demitir os membros restantes dos inicialmente sessenta e dois técnicos da Cinemateca Brasileira (CB), os quais ficaram quatro meses sem pagamento para proteger os materiais, em especial as coleções de nitrato e acetato, que precisavam de um controle restrito de temperatura e de checagens regulares. O pessoal da segurança e da manutenção geral foi dispensado até que alertas a respeito da possibilidade de fogo e outros perigos que ameaçavam destruir a coleção inteira fossem feitos. Em resposta, o governo contratou um pequeno e destreinado pessoal para serviços básicos, incluindo limpeza, prevenção contrafogo e segurança.

Embora Oliveira tenha assegurado a um grupo de funcionários na entrega das chaves em agosto que uma nova organização de gestão seria em breve nomeada, as repetidas promessas a esse respeito ainda não foram cumpridas.[2] O que está na balança é a extensa memória audiovisual brasileira – um legado que data da virada do século XX. Partes dessa memória já tinham sido apagadas por quatro incêndios em depósitos de nitrato, o último em 2016. Ao longo dos últimos anos, cortes no pessoal especializado e substituições destreinadas colocaram a saúde e bem-estar da CB em perigo. O preocupante cenário atual está longe de ser único. Em 2018, uma parcela significativa do patrimônio nacional virou fumaça quando o Museu Nacional do Rio de Janeiro foi completamente queimado. Suas perdas incluíram artefatos insubstituíveis que documentavam a história da população indígena brasileira e sua rica herança.

As perdas potenciais na Cinemateca Brasileira (CB), o maior centro audiovisual da América do Sul, são significativas: estão em risco mais de 250 mil rolos de filmes, representando cerca de trinta mil títulos, e aproximadamente um milhão de documentos. Arquivos de grandes diretores como Glauber Rocha, Carlos Reichenbach e Ana Carolina; de companhias de cinema como Atlântida e Vera Cruz; da agência do governo Embrafilme; e do fundador da CB Paulo Emílio Salles Gomes estão dentre os muitos alojados ali. A larga coleção de cinejornais da Cinemateca Brasileira inclui noticiários da TV Tupi, a primeira rede de televisão aberta brasileira, criada em 1950. Seu trabalho de conservação e suas instalações para preservação são reconhecidos mundialmente, com a capacidade digital de, sozinha, possibilitar a transformação de películas de 8mm, 9.5mm, 16mm e 35mm em HD, 2K, 4K e 6K. Os materiais digitalizados incluem 6.322 filmes, 3.834 pôsteres de filmes brasileiros e internacionais, 53.381 fotos de produção e 24.354 outros itens que vão desde os roteiros de notícias da TV Tupi (1950-1980) até todas as edições do jornal de prestígio Filme Cultura, publicado pela primeira vez em 1966.[3]

Figura 1. Sede da Cinemateca Brasileira. Foto da autora



Ocupando uma área de mais de 23.200 metros quadrados, a sede da CB tem dois cinemas; um café; uma biblioteca de pesquisa; quatro salas com controle de temperatura, duas para filmes coloridos e duas para preto e branco; quatro salas em uma área separada para filmes de nitrato, cada uma com capacidade de mil rolos; mais escritório e espaços de exibição. Áreas separadas contêm filmes deteriorados, cópias de filmes para exibição, e as vastas coleções de vídeo e digitais. Há também laboratórios com equipamentos para conservação e preservação. Uma tela ao ar livre de aproximadamente 13 por 5,5 metros oferece projeções digitais e de filmes em 35mm. Tudo isso e mais foi tirado e trancafiado por um governo doente, sem sinais de liberação, a despeito de protestos, festivais manifesto, editoriais, cartas e petições pela esperançosa, ainda que cada vez mais ansiosa, comunidade de filmes no Brasil e no mundo. As propriedades e trabalhos extraordinários dessa renomada instituição, a qual tem sido feita de refém por razões políticas enganosas, têm sido negadas ao público brasileiro e mundial.


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Figura 2. Instalações na sede da Cinemateca Brasileira, incluindo (a) um de dois cinemas, (b) o cofre de vídeo e digital, (c) o cofre principal, e (d) o cofre de nitrato. Imagem cortesia da autora.

Uma história muito concisa da Cinemateca Brasileira

A história da CB é um emaranhado de organizações privadas em constante mudança, ministérios do governo, disrupções políticas, e acidentes desastrosos.[4] A maioria dos pesquisadores que escrevem sobre a Cinemateca Brasileira consideram sua origem como pós Segunda Guerra Mundial, com a fundação do Segundo Cine Clube de São Paulo, em 1946, embora o curto Primeiro Cineclube de São Paulo, que fora iniciado em 1940 e banido em 1941 pelo governo de direita Estado Novo de Getúlio Vargas, seja citado de forma recorrente como fundacional. No Brasil, apesar dos praticantes e entusiastas de todas as persuasões políticas, a cultura cinematográfica está numa estrada rochosa em qualquer momento que a direita esteja no poder. Pela ditadura de Vargas (1937-1945) e a direita posterior do regime militar (1964-1985), um olhar atento foi mantido nas produções de filmes não governamentais, e a censura e repressão foram regularmente praticadas por agências como o Departamento de Imprensa e Propaganda de Vargas.

O banimento do primeiro Cineclube está sem dúvidas relacionado a dois de seus membros fundadores, Paulo Emílio Salles Gomes e Antonio Candido, que eram membros da União Socialista Democrática e ativos no Grupo Radical anti-Vargas para Ação Popular. Um jovem militante, Salles Gomes fugiu do Brasil no fim dos anos 1930, passando dois anos em Paris, na maior parte do tempo em cinemas e na cinemateca francesa, as quais foram fundamentais em sua evolução para o maior crítico de cinema do Brasil e defensor ferrenho do Segundo Cineclube de São Paulo.

Em 1949, o Segundo Cine Clube, uma entidade privada, assinou um acordo com o recém-criado Museu de Arte de São Paulo para estabelecer a Filmoteca do Museu, também uma entidade privada. Entre 1949 e 1956, a Filmoteca estava ativamente coletando materiais com o intuito de preservar o maior número possível de filmes brasileiros, desde seus primórdios, junto com uma seleção de filmes internacionais. Voltando a Paris em 1946, Salles Gomes construía relações entre o Segundo Cineclube/Filmoteca e a Federação Internacional de Arquivos de Filmes (FIAF), para a qual ele foi eleito vice-presidente em 1951. (A Filmoteca tornou-se membro da FIAF em 1948). De volta ao Brasil em 1954, ele assumiu a direção da Filmoteca enquanto continuava tendo laços estreitos com a FIAF, cujas doações, juntamente à coleção própria da Filmoteca, aumentaram o arquivo crescente de mais de 182 mil metros de celuloide para além do espaço que havia disponível no museu.

Também estava aparente em 1956 que havia uma diferença entre o interesse do museu na exibição de filmes e o desejo da Filmoteca de se tornar uma cinemateca completa, o que requer tanto o apoio estadual quanto o federal. Em 1956, a Filmoteca deixou o museu para se tornar a Cinemateca Brasileira, uma instituição autônoma cujos centro administrativo e coleção majoritária, incluindo os raros filmes de nitrato, foram movidos para um prédio comercial no centro de São Paulo; outras partes de seu grande acervo foram armazenadas pela cidade.

Durante o verão quente de 1957, um incêndio atingiu o altamente inflamável estoque de nitrato, destruindo um terço dos filmes da CB, junto com sua biblioteca de livros e gravações, tesouros de documentos, e coleções de câmeras. Quase sua coleção inteira de filmes e cópias para uso em cineclubes e outros locais foi perdida. Perdidos, também, foram os documentos doados por Alberto Cavalcanti, o qual deixara a Inglaterra para chefiar o hollywoodiano e de curta duração Estúdio Vera Cruz (1949-1954) em São Paulo. A CB recebeu doação de filmes, livros e outros materiais de todos os lugares, assim como pequenas quantias de dinheiro, enquanto manteve seu funcionamento com a verba de cursos de cinema e mostras de filmes na cidade e além. Seu centro administrativo e arquivos remanescentes foram realocados para as áreas de um prédio e espaços de armazenamento no Parque Ibirapuera, um dos maiores parques urbanos na América Latina. Em 1961, a CB mudou seu estado jurídico para o de fundação, o que a possibilitou receber fundos do estado de São Paulo. No ano seguinte, a Sociedade Amigos da Cinemateca (SAC), sem fins lucrativos, foi formada para ajudar a financiar atividades e projetos da CB, o que continuou fazendo no período do atual fiasco.[5]

Sem uma casa debaixo de um teto, sem armazenamento seguro para suas coleções, e com a inevitável ruína e fluidez do financiamento estatal e municipal, a Cinemateca Brasileira batalhou. Ainda assim, ela continuou ativa na aquisição e exibição. A cúpula militar de 1964 que derrubou o democraticamente eleito presidente João Goulart (1961-1964) não foi boa para a “cultura viva” de instituições como a CB, cujos eventos atraiam grandes e perspicazes públicos. A recém-criada Universidade de Brasília, com docentes de primeira linha, foi invadida pelos militares em 1964 e 1965; quinze membros da faculdade foram demitidos como subversivos e 223 dos restantes 305 membros renunciaram em protesto. Um dos campos que era desenvolvido lá, e que consequentemente perdeu para essa tragédia, era o campo audiovisual sob a direção de Salles Gomes, do diretor Nelson Pereira dos Santos e do crítico de filmes Jean-Claude Bernardet. A passagem do AI-5 em 1968 pela direita militar, a qual chegou a uma cúpula de sucesso junto ao governo naquele ano, suspendeu todos os direitos constitucionais. A tortura policial e militar de suspeitos de dissidência tornou-se predominante. Em 1969, a Cinemateca Brasileira perdeu ainda parte de sua coleção devido a um incêndio causado pelo nitrato autoinflamável.

Aqueles dias sombrios duraram anos, até a abertura política no fim dos anos 1970 e o retorno da democracia em 1985. A atividade majoritária da Cinemateca Brasileira em sua base modesta no Parque Ibirapuera era fornecer filmes para exibições em cineclubes. O cineasta Roberto Gervitz se lembra de quando era um adolescente indo às CB nas sextas-feiras de 1974 para pegar filmes para o cineclube de seu ensino médio.

Eu me perguntava como a Cinemateca poderia funcionar em um espaço tão precário, úmido e apertado. A pequena sala para ver os filmes tinha um par de cadeiras velhas, se eu não me engano, de algum cinema, e lá o gentil e paciente Seu Aloísio [Pereira Matos], funcionário de longa data, me entregava os rolos de filmes, pedindo sua devolução pontual.[6]

A morte do fundador e líder Salles Gomes em 1977, aos 60 anos, foi uma pancada devastante.

Houve alguns avanços com a aquisição de equipamentos usados de um laboratório comercial para copiar e limpar filmes, e o negócio de coletar materiais audiovisuais continuou. Acordos externos para o armazenamento dos arquivos foram feitos enquanto o escritório da Cinemateca Brasileira no Ibirapuera focava na administração, catalogação e preservação. Pequenos ganhos inesperados do Estado permitiram à CB adicionar equipe técnica, e em 1980 um novo centro de operações de filme para documentação e pesquisa foi aberto em prédios restaurados no Parque da Conceição, cedidos pelo município. Mas, apenas dois anos depois, outro incêndio causado pelos filmes em nitrato atingiu um dos prédios de armazenamento do Ibirapuera. Em 1984, enquanto uma crise econômica assolava o país, a Cinemateca Brasileira abandonou o seu duradouro status privado para ser incorporada à Fundação Nacional Pró-Memória no Ministério da Cultura e Educação, com garantias para sua autonomia administrativa e de gestão.

Na medida em que o país passou de uma ditadura de vinte anos para a democracia, os ministérios e sua vigilância mudaram. Em 1985, a fundação e a Cinemateca Brasileira foram atadas ao Ministério da Cultura após a separação da Educação em um ministério separado por José Sarney, o primeiro civil presidente depois da ditadura. O ano de 1988 foi um ano distintivo para o país e a CB. Uma nova constituição “cidadã”, criada desde o início com a contribuição dos cidadãos, foi celebrada nacionalmente. Em São Paulo, o prefeito Jânio Quadros cedeu à Cinemateca Brasileira os prédios e terrenos originalmente ocupados pelo matadouro municipal, no bairro Vila Clementino, próximo à Vila Mariana.

Construído no final do século XIX, o matadouro ajudou a alimentar a população de rápido crescimento da cidade, cujos muitos imigrantes, atraídos pelas oportunidades de trabalho, construíram casas nas terras agrícolas em seu entorno. Em 1927, enquanto os dois bairros cresciam e prosperavam, o matadouro fechou e suas instalações foram usadas como armazéns. Com início em 1988, os prédios de tijolo vermelho restantes com suas belas portas em arco foram preservados e restaurados ao longo de um período de dezenove anos, para se tornar uma das maiores cinematecas do mundo, além de um centro líder para preservação audiovisual.

Entre 1984 e 2003, a instituição teve o que pode ser chamado de um status protegido, como parte das fundações e institutos criados para preservar a herança ou patrimônio nacional. Essa era uma proteção importante durante a presidência conservadora de Fernando Collor de Mello (1990-1992), que substituiu o Ministério da Cultura em 1990 por uma Secretaria da Cultura atada a seu escritório, e que aboliu a agência federal Embrafilme, criada em 1969 para a produção, patrocínio e distribuição de filmes brasileiros. Collor também revogou a Lei Sarney de 1986, a qual reunia setores público e privados em um acordo para incentivar a produção cultural. (Em 1991, logo antes do impeachment de Collor, a Lei Rouanet foi instituída, não sem controvérsias, para fornecer incentivos fiscais para companhias e indivíduos promovendo produção cultural). Em 1992, o Ministério da Cultura foi revivido durante o governo de Itamar Franco (1992-1995), o qual sucedeu a desgraça de Collor como presidente. Ele foi reorganizado e fortalecido sob as presidências liberal-moderada e de esquerda liberal, respectivamente, de Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) e Luiz Inácio Lula da Silva (2003-2011).

A cada troca de ares políticos, mudanças ocorreram. Em 2003, com a promessa de grandes subsídios da Secretaria Audiovisual(SAv) do Ministério da Cultura, os membros do conselho da Cinemateca Brasileira concordaram em renunciar a relação de longa duração da instituição com o Instituto Nacional de Patrimônio Artístico e Histórico (inicialmente Fundação Nacional Pró-Memória) e aderir ao Secretariado. Foi durante a gestão Lula que a Sociedade de Amigos da Cinemateca (SAC), a qual por longo período ajudou a CB, recebeu a aprovação do Ministério da Justiça para aderir a acordos de arrecadação de fundos e parcerias com setores públicos e privados. A SAC foi altamente exitosa nessa empreitada, e o período de 2008 a 2013 é geralmente lembrado como o mais estável e dinâmico da história da Cinemateca Brasileira.

As fortunas começaram a decair lentamente quando a ministra da cultura Marta Suplicy e Leopoldo Nunes, o líder da SAv, começaram uma investigação de três anos de duração em 2013 da escrituração e das compras da SAC.[7] Durante aquele período de tumulto, fundos reservados do ministério para a Cinemateca Brasileira foram congelados, o de longa data Conselho de Aconselhamento foi dissolvido e cerca de 140 membros do pessoal da CB foram dispensados. Ultimamente a investigação encontrou alguns problemas administrativos, mas apenas um por cento de seu orçamento de cem milhões de reais foi questionado. Em fevereiro de 2016, com recursos e pessoal diminuídos, a Cinemateca Brasileira ainda sofreu outro incêndio em um armazenamento externo de nitrato, o qual consumiu apenas mil fitas que representavam mais de 750 títulos de filmes, a larga maioria sendo cinejornais.

Infortúnios continuaram com o impeachment de Dilma Rousseff (2011-2016) e a posse de Michel Temer (2018-2018), seu vice-presidente, que ajudou a causar sua morte política. Em maio de 2016, Temer aboliu o Ministério da Cultura, muito embora o clamor público tenha sido tão grande que o ministério foi restaurado mais tarde no mesmo mês. No despertar daquele movimento fracassado, a ACERP, sob contrato com o Ministério da Educação, foi nomeada após um longo período de suporte à SAC para administrar a CB, a qual estava no Ministério da Cultura.

Em 2018, o logotipo geométrico de décadas de idade, vermelho vivo com uma linha reta e dois círculos representando uma vista transversal de um projetor, foi tirado de uso sem consultar a CB durante o governo Temer, que pensou que a imagem era fálica. Um sombrio logotipo geométrico e 3D substituiu o vibrante e original feito por Alexandre Wollner, um dos primeiros designers do Brasil.

O Ministério da Cultura também não sobreviveu e, juntamente a outros dois ministérios, foi abolido por Jair Bolsonaro, enquanto ele se preparava para entrar na presidência em janeiro de 2019. A Cinemateca Brasileira tornou-se parte da recentemente formada Secretaria Especial da Cultura (SEC), que é administrada pelo Ministério do Turismo. Vista como um vetor econômico, a cultura sob o governo Bolsonaro é oficialmente classificada como um veículo para a promoção do turismo. Em 2019 a ACERP também caiu em desgraça com o governo quando Bolsonaro acusou o Ministério da Educação de ser um viveiro de ativismo de esquerda por causa de sua programação. (Seu canal de educação exibiu um documentário sobre Rosa Parks.) Em dezembro, o governo não renovou o contrato com a ACERP, a pandemia logo chegou com tudo, a CB parou com as mostras e exibições de cinema, e, como outras instituições, fechou suas portas para o público em março.[8]

SOS Cinemateca Brasileira e seus Manifestos

Mas a Cinemateca Brasileira não era como outras instituições. Em março de 2020 não havia recursos para seus especialistas e demais pessoal, para serviços de segurança e proteção contra incêndios, e nem mesmo para os serviços públicos. Felizmente, a energia crucial das áreas com controle de temperatura para filmes e outros materiais vulneráveis não foi cortada, embora a conta estivesse crescendo. Em maio, estudiosos do cinema e profissionais que haviam sido associados com a CB ao longo dos anos, dentre os quais Carlos Augusto Calil, Ismail Xavier, Cacá Diegues e Eduardo Morettin, escreveram uma carta-manifesto aberta intitulada “A Cinemateca Brasileira Pede Ajuda”, para falar sobre a situação que rapidamente se deteriorava.[9]

Quase vinte mil apoiadores locais e internacionais assinaram para registrar sua preocupação e corrida para a defesa da CB. Naquele mesmo mês, a ACERP assinou uma ação judicial contra o governo por R$11 milhões (US$2 milhões) de despesas não remuneradas da CB desde 2019 a 2020. A ACERP continuou tendo controle apesar da decisão do governo de não renovar seu contrato. A organização reteve as chaves da CB e recusou sua devolução até que o governo oficialmente encerrou o acordo contratual.


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Figura 3. (a) Cartaz para o movimento SOS Cinemateca Brasileira, do lado de fora da sede da CB, e (b) o logotipo original para o protesto, arte criada por Victor Nosek. Imagem cortesia da autora.

Em 4 de junho, o pessoal da CB que não havia sido pago iniciou um site de financiamento colaborativo para suporte emergencial, o qual levantou R$125000 (cerca de USD$23000) em trinta dias. No mesmo dia, e respeitando os protocolos da pandemia, 150 pessoas do movimento emergente SOS Cinemateca Brasileira se encontraram para protestar na frente da instituição. O “Manifesto Cinemateca Brasileira: Patrimônio da Sociedade” estava pronto e cópias foram distribuídas para os que estavam no local. Trinta e nove entidades, incluindo associações nacionais de críticos de filmes, diretores, cineastas e roteiristas, assim como uniões audiovisuais estatais, estavam dentre as assinaturas brasileiras. Dentre as mais de trinta entidades internacionais para assinar estava a FIAF, representando mais de 150 cinematecas ao redor do mundo.[10]

Com repórteres no local, o evento e manifesto recebem ampla cobertura midiática. Atores e diretores, muitos dos quais com status de celebridade, juntaram suas vozes ao protesto como representantes de mais de dois mil indivíduos que haviam depositado seus filmes e outros materiais com a CB. O logotipo original e vermelho da CB retornou como um símbolo dos protestos rolando, muitas vezes sobrepostos pelas iniciais em preto “SOS”. Em 12 de junho, empregados da CB entraram em greve, muito embora alguns se tenham voluntariado para continuar e salvaguardar os conteúdos valiosos.

Em 23 de junho, a nova cabeça da Secretaria da Cultura, o ator Mário Frias, o qual não tinha qualquer experiência com administração pública, substituiu a atriz Regina Duarte, outra apoiadora de Bolsonaro sem experiência administrativa.[11] Roberto Alvim, o primeiro a chefiar brevemente a Secretaria, foi dispensado em 17 de janeiro, após o clamor público acerca de um vídeo oficial transmitido na televisão nacional, em que ele imitava a linguagem de Joseph Goebbels, o ministro da Propaganda Nazista alemã, proclamando a arte como nacional e heroica. A música de fundo do vídeo era de Lohengrin, de Wagner, uma ópera muito apreciada por Hitler.

A dispensa de Duarte após sessenta dias de incompetência geral, fracasso para reagir às mortes de renomadas figuras culturais, e uso de uma música associada à ditadura militar, não teve nada do drama imediato da dispensa de Alvim; isto é, até que Bolsonaro anunciou em maio que a volta de Duarte à sua família em São Paulo (após sua “exoneração” do governo em maio) seria recompensada com outra indicação à SEC, que poderia ser administrada de São Paulo: a direção da Cinemateca Brasileira.

Entretanto, Bolsonaro foi rapidamente avisado de que ele não teria a menor habilidade para apontar um diretor de uma instituição sob controle de um sistema operacional privado, no caso, a ACERP. Frustrado, ele atacou publicamente sobre a situação em que o governo, apesar de financiar uma instituição, não tinha habilidade para remover ou apontar sua liderança.[12] Um rumor de que a CB seria realocada para Brasília foi efetivamente contra-atacado pelos oficiais da cidade de São Paulo. Um mais real e penetrante medo era de que a instituição seria simplesmente largada sem quaisquer fundos e irremediavelmente fechada.

Em 14 de julho, outra demonstração de apoio à Cinemateca Brasileira aconteceu. A palavra “abraçaço” (grande abraço) foi projetada na fachada enquanto os manifestantes deram os braços formando um círculo em volta do prédio. Dentre os muitos que estavam discursando em defesa da CB, estavam os diretores Roberto Gervitz, Joel Pizzini, Marcelo Machado e Tata Amaral, o exibidor Adhemar Oliveira e a editora Cristina Amaral. Largos estandartes de SOS, pôsteres e imagens projetadas pedindo apoiadores para a Cinemateca Brasileira e a greve de funcionários foram colocados estrategicamente na cidade.

Tensões entre a ACERP e o governo aumentaram. Em 8 de julho, o novo chefe da SEC Mário Frias enviou uma carta para a ACERP pedindo que devolvessem as chaves da Cinemateca Brasileira, o que a OS se recusou a fazer até que seus serviços estivessem oficialmente terminados. Pouco tempo depois, uma tentativa de representantes do Ministério do Turismo de entrar na CB foi bloqueada pelos servidores da ACERP de lá. Um relatório policial foi preenchido para reclamar de que oficiais do governo foram impedidos de cumprir com suas obrigações. No fim de julho, a Procuradoria de São Paulo preencheu uma ação judicial com o procurador geral para pedir que medidas fossem tomadas para proteger a Cinemateca Brasileira via novo contrato com a ACERP – um pedido que foi negado em 3 de agosto pelo Departamento de Justiça Federal, o qual declarou que decisões sobre gestão administrativa da instituição estava nas mãos do executivo. Quatro dias depois, em 7 de agosto, a ACERP entregou as chaves e dispensou o restante de seu pessoal, terminando com suas obrigações contratuais.

Figura 4. Manifestantes ao lado de fora da Cinemateca Brasileira em julho de 2020. Na fachada do prédio estava projetada a palavra abraçaço (significando “o grande abraço”). Imagem cortesia da autora.

O jogo da espera

Jornais, canais de TV e podcasts, juntamente a webinários e pequenos fóruns em mídias como o YouTube e Facebook, continuaram falando sobre a crise. Discussões online ao vivo apresentando acadêmicos, diretores de cinema, membros de formação do conselho da Cinemateca Brasileira e representantes da SAC avaliaram a situação, fornecendo atualizações e contexto sobre a necessidade urgente de resgatar o vasto patrimônio em risco. Uma página do Facebook chamada Cinemateca Acesa funciona como um calendário de eventos e espaço para assistir a entrevistas gravadas com ex-especialistas da CB, que descreveram seu trabalho e clamaram por ação pública numa série de vídeos chamada “Sem Trabalhadores Arquivos Não Podem Ser Construídos ou Preservados”.[13]

Um sombrio e irônico vídeo na página mostra dois oficiais do Ministério do Turismo conversando sobre a importância da CB e prometendo apoiar sua continuação. O vídeo é debochadamente chamado de “Jogo de Cena”, o título do documentário de 2007 de Eduardo Coutinho que questiona a habilidade de perceber se o que está sendo dito frente à câmera é verdade ou não.

A demora estratégica do governo na negociação da volta da Cinemateca Brasileira, com sua promessa vã de contratar uma nova OS, potencialmente manteve ações locais mais fortes e ruidosas sob sigilo. Não obstante, manifestos e cartas abertas com longas listas de assinaturas continuaram circulando com maior atenção internacional. Dentre os primeiros artigos a aparecerem fora do Brasil estava o curto embora convincente artigo de Isabel Steven “SOS Cinemateca Brasileira”, para a publicação de setembro de 2020 Sight & Sound (Visão & Som) do Instituto Britânico de Cinema.[14] A revista Cineaste seguiu, pouco tempo depois, com uma notícia de jornal, “Cinemateca Brasileira Is in Danger” (“A Cinemateca Brasileira Está em Perigo”), de Dennis West.[15]

Representando 180 instituições audiovisuais de sessenta e cinco países e seis continentes, a Associação Internacional de Cinema, Audiovisual e Escolas de Mídia (e International Association of Cinema, Audiovisual and Media Schools – CILECT) publicou sua declaração formal de apoio ao financiamento urgente e rápida resolução da crise da CB. Em 21 de setembro, a Associação Brasileira de Preservação Audiovisual (ABPA) publicou “Uma Carta Aberta em Defesa do Centro Técnico Audiovisual e da Cinemateca Brasileira”.[16] Sua longa lista de assinaturas incluiu sindicatos que representavam a indústria cinematográfica em oito estados. A Sociedade Brasileira de Estudos de Cinema e Audiovisual (SOCINE), a principal organização do país de estudos midiáticos, aderiu ao manifesto da ABPA e republicou-o por inteiro em seu site.[17]

Em 25 de setembro, Roberto Gervitz, uma das vozes de liderança no protesto, leu uma declaração no Festival de Cinema de Gramado, a qual rapidamente capturou a atenção e circulou como “Carta de Gramado”. Uma declaração forte, ela postulou vigorosamente quais são as circunstâncias presentes e eventos passados que pressagiavam o futuro da Cinemateca Brasileira: “O país que assiste impotente à queimada da fauna e da flora do Pantanal e da Amazônia irá tolerar o apagamento das imagens que constituem a nossa identidade como nação? Aceitaria a ocorrência de uma nova vergonha que se somaria à vasta lista de vergonhas nacionais, entre elas o calamitoso e anunciado incêndio no Museu Nacional?”[18]

O manifesto é sarcasticamente crítico dos serviços básicos reintegrados pelo governo, como a limpeza, manutenção e proteção contra incêndios, cujos trabalhadores, ele diz, estão completamente sem o treinamento e experiência necessários para manter a instituição segura.

Em 5 de outubro, dias após a leitura da Carta de Gramado, o Programa Mundial de Memória para a América Latina e o Caribe (MOWLAC) da UNESCO publicou um alerta sobre a importância da preservação do cinema e a necessidade de retornar a Cinemateca Brasileira à sua missão inicial de conservação da memória audiovisual da nação. A declaração cita como um exemplo o clássico do cinema mudo Limite (1930), de Mário Peixoto, preservado pela CB, que estava listado no registro de Memória Mundial.[19] Um dia depois, o Conselho de Coordenação das Associações de Arquivos Audiovisuais(CCAAA) publicou uma declaração para a resolução com financiamento imediato para possibilitar à CB continuar com sua missão “antes que seja tarde demais.”[20] Uma força de proteção para nove organizações de arquivo profissionais no mundo todo, incluindo a FIAF, a CCAAA chamou atenção em sua declaração para as consequências catastróficas dos incêndios e enchentes passadas, resultado da falta endêmica de recursos da Cinemateca Brasileira.

Mobilizações no início de outubro começaram a incluir um fórum online patrocinado pela Escola de Comunicação e Artes (ECA) na Universidade de São Paulo. Ela apresentou Gervitz, Eduardo Morettin (ECA), e Débora Butruce, presidente da Associação Brasileira de Preservação Audiovisual(ABPA), que discutiu o impacto das perdas de pessoal e financiamento na preservação, produção e atividades de pesquisa da CB.[21] Aquele debate coincidiu com o lançamento de um manifesto assinado por vinte e um diretores brasileiros no festival de cinema de documentário internacional É Tudo Verdade, agora em sua vigésima quinta edição. No manifesto, ataques especiais foram lançados contra a “baixa capacidade cultural e intelectual” do governo, como exemplificado pela substituição da SEC, no Ministério do Turismo, pelo Ministério da Cultura, que fora erradicado. O manifesto incitou cineastas a não se deixarem intimidar pela administração de Bolsonaro e “a encontrar novos modos de produção e registro da memória [brasileira].” Ele adicionava: “Um país sem imagens de si próprio é como alguém que não sabe quem é”.[22]

O jogo de gato e rato do governo com a SAC e seus apoiadores continuou a alimentar esperanças de um contrato de gestão que possibilitasse à Cinemateca Brasileira sua reabertura. Mas, enquanto semanas e meses passaram sem qualquer acordo, enquanto a pandemia tornava a mobilização de massas cada vez mais difícil, enquanto a miríade de denúncias locais e internacionais parecia incapaz de comover um governo teimoso, e enquanto a atenção da mídia voltava-se para outras crises domésticas, percebe-se que a situação estava sendo contornada a panos quentes. A questão é se algo ou alguém consegue levar um governo a agir quando ele não tem qualquer interesse em cultura, exceto como uma atração turística; e mesmo assim permanece hostil à mesma.

Um lamento lentamente se transforma em homenagens à Cinemateca Brasileira. Feito online no fim de outubro e início de novembro de 2020, a quadragésima quarta Mostra Internacional de Cinema de São Paulo quebrou com sua longa tradição de entregar seu prestigioso Prêmio Humanidade a um indivíduo para concedê-lo a todo o pessoal da CB. De acordo com a diretora da mostra, Renata de Almeida, a ideia de um beneficiário colaborativo emergiu após ela ter visto Gabriela Sousa de Queiroz, chefe do Centro de Documentação da CB, descrevendo, num fórum online, literalmente uma pista de obstáculos de uma porta trancada, um gerador quebrado e nenhuma luz, o que quase impediu uma reunião agendada com os trabalhadores da CB para discutir a defesa da instituição.[23]

O Prêmio Humanidade era um dos três maiores reconhecimentos da significância da Cinemateca Brasileira no festival. Numa demonstração de solidariedade audiovisual, a FIAF enviou ao festival uma coleção de trinta vídeo-comentários de um minuto em apoio à CB, feitos por trinta de seus representantes de arquivos e cinematecas ao redor do globo. Esses vídeos foram apresentados um a um como introdução aos filmes programados para a mostra.[24] Finalmente, como parte do fechamento do festival, a FIAF apresentou seu prêmio anual para Walter Salles, em reconhecimento de seus filmes, de seu papel fundamental na preservação da herança cinematográfica brasileira e sua solidariedade com a Cinemateca Brasileira. Na apresentação do prêmio lê-se: “Num tempo em que a mera existência da Cinemateca Brasileira, membro histórico da FIAF, está crescentemente sob ameaça, dar o Prêmio FIAF de 2020 a Walter Salles (um membro de formação do Conselho e Direção da Cinemateca e recente signatário de uma petição internacional em apoio à instituição) parece, para nós, particularmente oportuno”.[25]

O encerramento do festival também coincidiu com um artigo de jornal escrito por Salles que apareceu na Folha de S. Paulo, o qual reportou regularmente a crise da Cinemateca Brasileira e os muitos esforços para assegurar sua reabertura. O artigo intitulado “Ameaça à Cinemateca Brasileira sensibiliza até o diretor Martin Scorsese” traz a conhecimento público não apenas a preocupação do diretor mundialmente renomado e Presidente da Fundação de Cinema, mas também aquilo que o Brasil corria risco de perder.[26] Salles é muito bom em trazer a atenção pública para a grandeza da memória audiovisual em jogo, bem como para momentos específicos de orgulho nacional que podem nunca mais ser vistos de novo. “Os primeiros registros da paisagem física e humana do Brasil, em 1899. Os primeiros documentários que mostraram a Amazônia, o Nordeste, o Sul do país. A expedição do Marechal Rondon, entre 1924 e 1932. A história de nosso futebol, registradas pelas câmeras do Canal 100. Os dribles de Garrincha. Os gols de Pelé. Os rostos dos torcedores no Maracanã”.

A essas palavras ele adiciona as do próprio Scorsese: “As artes não são um luxo – são uma necessidade, como demonstrado pelo papel incontestável que têm na história da humanidade. E a preservação das artes, especialmente de uma tão frágil como o cinema, é uma tarefa difícil, porém necessária. Esta não é minha opinião. É um fato. Eu espero sinceramente que as autoridades federais no Brasil abandonem qualquer ideia de retirar o apoio financeiro e façam o que é necessário fazer para proteger o arquivo e o time dedicado da Cinemateca”.

Salles termina seu trabalho com uma chamada direta para o governo: “A Secretaria Especial da Cultura promete um edital para selecionar a próxima gestão da Cinemateca. Que escolham uma instituição com legitimidade e conhecimento para liderá-la de volta à posição que já teve. O tempo é urgente. Se algo acontecesse a seu arquivo, seria como perder nossa Biblioteca de Alexandria”.

Ao seu apelo para que o passado de uma nação sobreviva e floresça no futuro, pode-se apenas adicionar: Amém.

P.S.: Em dezembro de 2020, o governo anunciou que um contrato temporário de três meses seria assinado no meio de janeiro de 2021, com o patrono de longa data Sociedade Amigos da Cinemateca para gerir a instituição. Apesar disso, as discussões parecem continuar e há esperanças para a reabertura da Cinemateca. O contrato temporário ainda será assinado.

Darlene Sadlier é professora no departamento de Espanhol e Português na Universidade de Indiana-Bloomington (EUA). É autora, entre outros livros, de Brazil Imagined (Brasil Imaginado, Edusp 2016).

Tradução: Marina Gusmão Faria Barbosa Bueno

Publicado originalmente na revista Black Camera: An International Film Journal 12, no. 2 (Spring 2021).

***Notas

[1] O governo contratou a ACERP em 2016, mas o final do acordo de três anos que terminava em 2019 não foi assinado até 2018.

[2] Um decreto governamental foi preenchido em novembro de 2020 para reincorporar a CB, junto a promessas de solicitar candidaturas para a contratação de uma nova gestão, mas apenas por um período emergencial de três meses.

[3] O site do Banco de Conteúdos Culturais da CB contém dados consideráveis desse tipo. Infelizmente, o site caiu em novembro de 2020 devido a uma falha de energia e, até o momento em que este artigo foi escrito, ainda não foi reconectado.

[4] Há três importantes fontes de informação sobre a história da CB: “A Cinemateca Brasileira e a preservação de filmes no Brasil”, de Carlos Roberto de Souza (M. A. thesis, Universidade de São Paulo, 2008); Fausto Douglas Correa Jr., A cinemateca Brasileira: das luzes aos anos de chumbo (São Paulo: Editora Unesp, 2010); e “A Cinemateca Brasileira e as políticas públicas para a preservação de acervos audiovisuais no Brasil” de Fabiana Maria de Oliveira (M. A. thesis, Brasília, Universidade de Brasília, 2020).

[5] Para mais informações sobre a história da SAC (Sociedade Amigos da Cinemateca), ver “Nota sobre a Sociedade Amigos da Cinemateca”, <https://abcine.org.br/site/nota-sobre-a-sociedade-amigos-da-cinemateca-sac/>

[6] Roberto Gervitz, “Imagens que nos revelam”. Estado da Arte: Revista de cultura, artes e ideias, Estado de São Paulo, 1º de Agosto, 2020,

[7] Ver Ana Paula Sousa, “O signo do caos: Como a Cinemateca Brasileira virou um cavalo de batalha do governo Bolsonaro”, Piauí Revista Edição 169: Folha de Sao Paulo, Outubro, 2020, . Este é um dos mais compreensíveis e informativos ensaios sobre a crise da CB.

[8] Os técnicos da SAv alertaram o Ministério da Educação acerca da vulnerabilidade da CB sem administração, mas o ministério não cedeu em seu desinteresse pela parceria. A ACERP continuou encarregada da CB por seis meses sem um contrato legal.

[9] Para o manifesto e suas assinaturas, ver <https://secure.avaaz.org/community_petitions/po/governo_federal_secretaria_especial_de_cultura_sec_cinemateca_brasileira_pede_socorro/>

[10] Para o manifesto e suas assinaturas, ver

[11] Aqui, a discussão sobre a SEC é parcialmente baseada em informações do artigo “The Current Crisis” (“A Crise Atual”) de Rafael Luna (https://arturita.net/the-current-crisis/), o qual ele escreveu em colaboração com a ABPA. Uma excelente visão geral do período de fevereiro a agosto de 2020, o escrito forneceu um valioso calendário dos eventos que ajudaram em muito na produção do presente artigo.

[12] Ana Paulo Sousa, “O signo do caos”, .

[13] “Cinemateca Acesa”, .

[14] Isabel Stevens, “SOS Cinemateca Brasileira”, Sight & Sound 30, nº 7 (Setembro, 2020): 14-15.

[15] Dennis West, “Cinemateca Brasileira Is in Danger” (“A Cinemateca Brasileira Está em Perigo”), Cineaste, 18 de agosto, 2020, <https://www.facebook.com/CineasteMagazine/posts/d41d8cd9/3298914250130979/>.

[16] “Carta aberta em defesa do centro técnico audiovisual e da Cinemateca Brasileira”, <http://www.abpreservacaoaudiovisual.org/site/noticias/63-carta-aberta-em-defesa-da-cinemateca-brasileira-sp-e-da-cinemateca-capitólio-rs.html>

[17] “Carta aberta em defesa do centro técnico audiovisual e da Cinemateca Brasileira”, Socine, 21 de setembro, 2020, <https://www.socine.org/2020/09/carta-aberta-em-defesa-do-centro-tecnico-audiovisual-e-da-cinemateca-brasileira/>

[18] Uma grande parte do “Manifesto Gramado” de Roberto Gervitz foi publicado como “Desprezo pela história do país” n’O Globo, 13 de outubro, 2020, <https://oglobo.globo.com/opiniao/desprezo-pela-historia-do-pais-24685998>.

[19]“Alerta pela Cinemateca Brasileira”, MOWLAC/UNESCO, 5 de outubro, 2020, <https://www.facebook.com/CinematecaAcesa/posts/169676571450520>.

[20] “CCAAA Declaration about the situation of the Cinemateca Brasileira” (“Declaração do CCAAA sobre a situação da Cinemateca Brasileira”), 6 de outubro, 2020, <https://www.ccaaa.org/pages/news-and-activities/CCAAA-declaration-cinemateca-brasileira.html>.

[21] Ver também o ensaio de Eduardo Morettin “O sequestro de nossa memória audiovisual”, Jornal da USP, 8 de agosto, 2020, <https://jornal.usp.br/artigos/o-sequestro-de-nossa-memoria-audiovisual/>.

[22] “Manifesto dos diretores brasileiros do Festival ‘É Tudo Verdade’”, 10 de outubro, 2020, <https://www.cartamaior.com.br/?/Editoria/Antifascismo/Manifesto-dos-diretores-brasileiros-do-Festival-e-Tudo-Verdade-/47/48933>.

[23] Renata Almeida, “Prêmio Humanidades-Funcionários Cinemateca”, <https://www.facebook.com/CinematecaAcesa/posts/168701068214737/>.

[24] “Video Messages Celebrating the Cinemateca Brasileira” (Vídeo-mensagens Celebrando a Cinemateca Brasileira”), .

[25] “Brazilian Filmmaker Walter Salles Recipient of 2020 FIAF Award” (“Cineasta Brasileiro Walter Salles recebedor do prêmio FIAF 2020”), <https://www.fiafnet.org/pages/News/2020-FIAF-Award-Walter-Salles.html>.

[26] Walter Salles, “Ameaça à Cinemateca Brasileira sensibiliza até o diretor Martin Scorcese”, Folha de S. Paulo, 3 de novembro, 2020, <https://www1.folha.uol.com.br/ilustrada/2020/11/ameaca-de-bolsonaro-a-cinemateca-sensibiliza-ate-martin-scorsese.shtml>.

[Fonte: http://www.cartamaior.com.br]

A cada cinco anos, coincidindo com as eleições municipais, artistas e profissionais ligados à arquitetura e ao design da cidade de Montevidéu participam de uma campanha artístico-política paralela às eleições. Partindo de uma perspectiva ancorada nas artes, o projeto conclama a participação da sociedade para reimaginar como pode ser a vida na cidade.

Interação de visitantes com a obra “Somos Patrimonio, Plan Piloto barrio la Aguada“ (Somos patrimônio – Plano piloto para o bairro de La Aguada), criação realizada em realidade aumentada por Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant para a exposição do Ghierra Intendente de 2020.

Interação de visitantes com a obra “Somos Patrimonio, Plan Piloto barrio la Aguada“ (Somos patrimônio – Plano piloto para o bairro de La Aguada), criação realizada em realidade aumentada por Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant para a exposição do Ghierra Intendente de 2020. Foto: Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant

Inspirador é um projeto que está repensando cidades sustentáveis ao identificar e compartilhar iniciativas inspiradoras e políticas de mais de 32 cidades em todo o mundo. A pesquisa está sistematizando esses casos e essas ideias em categorias, representadas por hashtags.

#imaginação_política
Questões que já eram importantes na vida cotidiana agora se mostram urgentes, e algumas ideias desenvolvidas podem inspirar-nos a lidar com o que se apresenta da melhor maneira possível. Campanhas criativas e políticas de emergência foram criadas para disputar o futuro do ponto de vista do desenvolvimento cultural. Nesta categoria, apresentamos laboratórios de design e sustentabilidade, cultura do cuidado, fóruns e plataformas de discussão filosófica sobre esperança, transformação e imaginação política.

O projeto Ghierra Intendente, que pode ser traduzido como “Ghierra Prefeito”, é uma performance-exposição que discute beleza, memória e patrimônio arquitetônico na cidade de Montevidéu. O grupo apresenta propostas que usualmente são deixadas de lado em campanhas tradicionais pela prefeitura, chamando a atenção para que entrem na agenda dos políticos. O coletivo traz uma outra visão sobre a cidade, ressaltando o papel dos habitantes de Montevidéu neste ambiente.

“O nosso projeto tem a ver com a recuperação do tempo e do espaço da cidade para os cidadãos, e da consciência de que a cidade somos nós.”

Alfredo Ghierra

Preservar o patrimônio histórico contribui para a qualidade do espaço público

Montevidéu não tem nem 300 anos, mas, no contexto da América Latina, parece ser uma cidade mais antiga do que outras por conta do seu incrível acervo de arquitetura. No entanto, nem a população nem os gestores políticos acabam dando atenção para esse tesouro, e a falta de políticas públicas nas cidades torna-se uma ameaça à preservação da memória.

“Tudo começou há dez anos pela minha preocupação com a destruição sistemática do patrimônio arquitetônico da cidade”, conta Ghierra. De início, o projeto realizava denúncias, e foi então que Ghierra percebeu que os problemas com que estavam lidando eram muito mais complexos.

Essa problemática incide sobre a identidade urbana. A preservação do patrimônio cultural contribui para a qualidade do espaço público e para a coesão geral da sociedade, além de ser uma indústria criativa e cultural enorme que gera muitos empregos.

O projeto foi desenvolvendo-se organicamente. No primeiro ano foi realizada uma mostra de ideias e olhares para a cidade de Montevidéu, e o sucesso foi muito grande. Mas foi só cinco anos depois, com o auge das redes, que o projeto realmente estourou. Para cada campanha, o grupo tem uma frase emblemática. Em 2015 foi “A cidade que a gente quer” e, em 2020, sob o lema “Somos a cidade”, a mostra foi dividida em três eixos: patrimônio, ecocidade e periferia.

“Quando você rompe esse elo com o que foi feito pelas gerações anteriores, você corre o risco de perder a noção histórica do que é a construção de uma cidade.”

Alfredo Ghierra

“Montevideo: las dos ciudades” (Montevidéu: as duas cidades) da BMR Productora Cultural para a exposição do Ghierra Intendente de 2020.

“Montevideo: las dos ciudades” (Montevidéu: as duas cidades) da BMR Productora Cultural para a exposição do Ghierra Intendente de 2020. Foto: BMR Productora Cultural

O Ghierra Intendente hoje reúne muitas pessoas. Uma de suas maiores preocupações ao convocar artistas, arquitetos e designers para o projeto foi criar espaço para que novas vozes e perspectivas fossem ouvidas. “Os governos dificilmente contam com o artista ou com o olhar das artes, e raramente você vê essas profissões fazerem parte dos quadros de governo”, conta Ghierra.

A beleza como forma de ação

A principal questão com a qual o projeto trabalha é a imaginação, tanto no sentido da criação de outro mundo possível quanto como forma de encorajar a participação das pessoas na construção da cidade. Através das mostras e outras iniciativas, o grupo busca criar ideias que provocam as pessoas a agir.

Ghierra diz que para governar uma cidade ou um país é necessário lidar com a realidade do dia a dia e também programar o futuro. Esta é uma tarefa muito difícil, e que demonstra a complexidade envolvida no funcionamento público. “O que não consigo perdoar é a falta de imaginação. É nisso que queremos insistir: na imaginação e também em muito humor”.

A cidade, se abandonada às regras do mercado, fica privada de processos democráticos. No Uruguai há uma forte tradição democrática, mas parte da sociedade civil acha que é suficiente votar a cada eleição e, no meio tempo, só pagar os impostos. “Os governos não são capazes de abranger o espectro inteiro do que significa uma cidade”, afirma Ghierra, ressaltando que, para ele, a cidade é um esforço coletivo, no qual a sociedade civil, cidadãos e artistas desempenham um papel decisivo. Se a sociedade não participa, a cidade não funciona. O projeto Ghierra Intendente revela como os artistas podem usar seu olhar como uma ferramenta que pode mudar a realidade.

O projeto insere-se na agenda da cidade temáticas que eram ignoradas

Em 2020, a performance aconteceu pela terceira vez. Ghierra nos conta que, surpreendentemente, as últimas eleições representaram a primeira vez em que todos os candidatos incluíram o reconhecimento, a preservação e a valorização do patrimônio histórico em suas agendas políticas. “Isso antes não existia, sabe? Todos incluem transporte, mobilidade, resíduos… mas dessa vez também incluíram patrimônio. Toda mudança cultural é muito lenta, não é imediata. É difícil dimensionar, mas vale a pena”.

Ao ocupar esse lugar que estava vago, o grupo se transformou em um interlocutor para as autoridades. Ghierra ressalta que demorou até que eles criassem esse vínculo de confiança com o poder político e que sua maneira de trabalhar fosse vista não como uma brincadeira, mas como uma voz importante.

“É realmente sério, mas seriedade não quer dizer falta de imaginação e muito menos falta de humor.”

Alfredo Ghierra

A mobilização nas redes também chamou a atenção do poder político. Uma publicação no Facebook feita pelo grupo sobre a demolição de uma casa foi apoiada por 150 mil pessoas. Para Montevidéu, que tem uma população de cerca de 1,3 milhão de habitantes, isso é muita gente: esse número de pessoas pode mudar uma eleição. “Eu acho que esse é o nosso poder: ter descoberto que esses temas que pareciam laterais, desimportantes, realmente importam para muita gente”, explica Ghierra.

Para aqueles que desejam começar um projeto semelhante, Ghierra recomenda que se tenha uma ideia inicial muito nítida. “A ideia do Ghierra Intendente é realmente muito simples: é dizer: ‘Venha cá, pessoal, vamos juntar-nos e fazer uma campanha em paralelo com as eleições reais’”.

Ele nos conta, que quando amamos nossa rua e de repente começamos a ver casas ou outros elementos que gostamos serem derrubados ou árvores sendo removidas, nossa primeira impressão é de que não podemos fazer nada. Que isso está sendo feito por alguma razão, que alguém decidiu isso. Mas algo diferente acontece durante as campanhas do Ghierra Intendente. As pessoas começam a investigar, denunciar, perguntar. É como se uma semente fosse plantada na cabeça delas, e elas começassem a acreditar que aquilo é possível. Artistas, arquitetos e toda a população se reúnem para pensar e imaginar juntos – ainda mais em tempos de pandemia, quando há a necessidade de mantermos distância uns dos outros.

ESTA SÉRIE É SOBRE O QUÊ?

O projeto Inspirador para Cidades Possíveis é uma criação colaborativa de Laura Sobral e Jonaya de Castro com o objetivo de identificar experiências entre iniciativas, conteúdos acadêmicos e políticas públicas que visam cidades mais sustentáveis e cooperativas. Se assumirmos que nosso estilo de vida dá origem aos fatores que estão por trás da crise climática, temos que admitir nossa corresponsabilidade. Cidades verdes planejadas com autonomia alimentar e saneamento baseado em infraestruturas naturais podem ser um ponto de partida para a construção do novo imaginário necessário para uma transição. O projeto apresenta políticas públicas e iniciativas coletivas de diversas partes do mundo que apontam para outros modos de vida possíveis.

O projeto sistematiza casos e ideias inspiradores nas seguintes categorias, representadas pelas hashtags:
#redefinir_desenvolvimento, #democratizar_espaço, #(re)generar_recursos, #intensificar_resistência_e_colaboração, #imaginação_política

[Fonte: http://www.goethe.de]

Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021.

Écrit par Ousama Bouiss

Doctorant en stratégie et théorie des organisations, Université Paris Dauphine – PSL

Un « être humain ». Voilà comment répond d’abord Edgar Morin à la question « qui suis-je ? ». Un être humain qui, le 8 juillet 2021, célébrera ses 100 ans. Une vie qui, au plan personnel et historique, fut riche, aventureuse, traversée par les amours et les solitudes, les guerres – comme celle de 1939-1945 où il entra en Résistance – les évènements nationaux majeurs – comme ceux de mai 1968 – mais aussi l’émergence de la culture de masse ou, plus récemment, la crise du Covid.

Il serait bien difficile de retracer toute la richesse de cette longue expérience de l’architecte de la « pensée complexe ». Aussi préférerons-nous ici partager quelques éléments de sagesse issus de son livre Leçons d’un siècle de vie. Parce que cet ouvrage – dont chaque page est une leçon de raison, d’amour et de sagesse – est à la fois court et riche, nous ne chercherons pas à en faire la synthèse mais à en restituer trois propositions qui, nous l’espérons, sauront donner envie au lecteur d’en faire une de ses lectures estivales.

Sagesse n°1 : Résister à toute forme de domination

Déjà, le préambule constitue une leçon de sagesse en soi. Bien que l’intitulé du livre soit Leçons d’un siècle de vie, Edgar Morin ne prétend nullement donner des leçons. Plutôt, il cherche, à partir de son expérience singulière, à tirer quelques leçons dont il « souhaite qu’elles soient utiles à chacun, non seulement pour s’interroger sur sa propre vie, mais aussi pour trouver sa propre Voie ».

Si on peut voir dans ces propos une modestie intellectuelle qui le caractérise si bien, on y retrouve surtout son souci premier qui anima son travail autour de la « pensée complexe » : résister à toute forme de domination, d’idéologie, de dogmatisme ou encore d’idolâtrie. Ainsi, ce préambule ne manque pas de faire écho à sa conclusion du premier tome de La Méthode (1977, p. 387) :

« Disons dès maintenant qu’une science complexe n’aura jamais à se valider par le pouvoir de manipulation qu’elle procure, au contraire. […] En enrichissant et changeant le sens du mot connaître, la complexité nous appelle à enrichir et changer le sens du mot action, lequel en science comme en politique, et tragiquement quand il veut être “libération”, devient toujours de façon ultime “manipulation” et “asservissement”. »

Dès lors, pour résister à la domination, comme à toute forme de cruauté et de barbarie, il propose « un principe d’action qui non pas ordonne mais organise, non pas manipule mais communique, non pas dirige mais anime » (1977, p. 387).

Sagesse n°2 : Prendre conscience de la complexité humaine

Alors que les luttes identitaires sont vives, quel doux rappel que celui d’Edgar Morin sur la complexité humaine. Lui-même associé à plusieurs adjectifs en fonction des circonstances, « français, d’origine juive séfarade, partiellement italien et espagnol, amplement méditerranéen, Européen culturel, enfant de la Terre-Patrie », il nous rappelle que « chacun à une identité complexe, c’est-à-dire à la fois une et plurielle » (p. 9).

Ainsi, sur la question de l’identité humaine (dont il a largement développé le propos dans cinquième tome de La Méthode), il en tire cette sagesse salutaire qui va de pair avec la précédente : « Le refus d’une identité monolithique ou réductrice, la conscience de l’unité/multiplicité (unitas multiplex) de l’unité sont des nécessités d’hygiène mentale pour améliorer les relations humaines ».

Dès lors, il s’agit de se voir et de voir en l’autre cette complexité trinitaire de l’être humain : individu-société-espèce. D’ailleurs, permettre à chacun de s’accomplir individuellement, socialement et anthropologiquement constitue une des finalités éthiques de la « pensée complexe » (aux côtés de la résistance et de la barbarie). Aussi, cette « complexité humaine s’exprime par une série de bipolarités :

  • Homo sapiens (raisonnable, sage) est aussi Homo demens (fou, délirant) ;
  • Homo faber (créateur d’outils, technicien, constructeur) est aussi Homo […] mythologicus (croyant, crédule, religieux, mythologique) ;
  • Homo œconomicus voué à son profit personnel est également insuffisant et doit faire place à Homo ludens (joueur) et à Homo liber (pratiquant des activités gratuites » (p. 74).

Sagesse n°3 : Vivre poétiquement, donc avec amour

Évoquons enfin la sagesse du « Savoir Vivre ». Résister à la domination donc à la cruauté et à la barbarie, prendre conscience de la complexité humaine et veiller à son accomplissement et, enfin, mener une vie poétique et avoir foi en l’amour. En effet, pour Edgar Morin, « les malheurs, les efforts pour survivre, le travail pénible et sans intérêt, l’obsession du gain, la froideur du calcul et de la rationalité abstraite, tout cela contribue à la domination de la prose […] dans nos vies quotidiennes » (p. 56).

L’urgence est alors de retrouver le chemin de la poésie, de l’extase, de la convivialité, de la chaleur humaine et de la bienveillance aimante. Ainsi, peut-on espérer trouver cet « état poétique » c’est-à-dire « cet état d’émotion devant ce qui nous semble beau et/ou aimable […] qui est un état second de transe qui peut être très douce, dans un échange de sourires, la contemplation d’un visage ou d’un paysage, très vive dans le rire, très ample dans les moments de bonheur, très intense dans la fête, la communion collective, la danse, la musique, et particulièrement ardente, enivrante, exaltante dans l’état amoureux partagé » (pp. 55 – 56).

Pour Edgar Morin, « la poésie suprême est celle de l’amour ». Certes, « tout ce qui est passion, pour ne pas succomber à l’égarement, doit être surveillé par la raison » (une coopération nécessaire entre la raison ouverte et la bienveillance aimante). Aussi, « toute raison doit être animée par une passion, à commencer la passion de connaître ». Ainsi, amoureux de la connaissance, de la vie, des personnes qui l’ont accompagné dans l’aventure d’un siècle de vie, on pourrait attribuer à Edgar Morin ces beaux vers de Victor Hugo dans le poème « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent » (Les Châtiments, 1848) :

Quoi, ne point aimer ! suivre une morne carrière,
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière !

[…]

Regarder sans respect l’astre, la fleur, la femme !
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l’âme !
Pour de vains résultats faire de vains efforts !

[…]

Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d’immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j’aimerais mieux être, ô fourmi des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu’une âme en vos cohues !

Il resterait beaucoup à dire sur ce concentré de sagesse que constitue ces Leçons d’un siècle de vie. Qu’il s’agisse de garder la raison ouverte à la complexité, l’incertitude et l’erreur, de la nécessité de régénérer sans cesse sa pensée par l’autoexamen ou encore des périls politiques, l’ouvrage est riche de ressources pour « trouver sa propre Voie ».

Merci mon cher Edgar et joyeux anniversaire !

 

 

[Photo : AFP – source : http://www.theconversation.com]

La pressió del mercat sobre les llengües minoritàries genera cada cop més moviments de protecció

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Escrit per RUDOLF ORTEGA
El moviment globalitzador dels darrers anys, a cavall d’un liberalisme desacomplexat, ha definit un nou marc de relacions entre llengües que ha servit, sobretot, per fer que les llengües grans siguin encara més grans i que les petites, en un horitzó de mitjà o llarg termini, es vegin abocades a la desaparició; ja no ens sorprenen les projeccions que diuen que al llarg del segle XXI desapareixerà el 95% de la diversitat lingüística mundial. L’expansió d’internet des de primers de segle i la democratització del turisme han estès encara més les llengües de privilegi —aquelles que compten amb desenes de milions de parlants, que tenen una sòlida presència al mercat i capacitat d’irradiació fora del seu domini lingüístic com a llengua estrangera—, fins al punt que possiblement, avui, seria difícil trobar al món un percentatge de població significatiu que no parlés una d’aquestes llengües, ni que fos a un nivell bàsic. Ens referim per descomptat a anglès, castellà, francès, alemany, italià, portuguès, rus, àrab, urdú, xinès, japonès, i potser alguna altra.

El mercat és implacable i no té gaires manies a escombrar el que no es pot vendre de manera massiva. I les llengües minoritàries no són precisament gaire atractives en aquest sentit. Ja ens hem acostumat a trobar paquets de galetes etiquetats no ja en més d’una llengua de l’estat, cosa que reflectiria una determinada realitat sociocultural —i política—, sinó directament en castellà i portuguès, cosa que reflecteix la prevalença dels interessos logístics i la distribució a gran escala. Com ens hem acostumat a servir els turistes que ens visiten en la més variada poliglòssia però amagant la llengua d’aquí, fet que desemboca en la paradoxa de voler donar a conèixer el país com si estigués mancat de llengua pròpia.

El panorama, doncs, no és especialment encoratjador, però cal destacar els moviments de flux contrari, que en percebre la pressió de les llengües hegemòniques estan construint un nou relat de defensa de les llengües petites al voltant de la idea de revolta. Així com, des del privilegi, el fet de parlar una llengua no hegemònica ha estat sempre malvist com un acte de provincianisme, d’incultura o de curtesa de mires, avui ja són molts els parlants d’aquestes llengües que n’entenen l’ús com un acte antisistema, com una espurna de rebel·lia, com un defecte a Matrix que pot fer petar el sistema. Tant pot ser pujar a un taxi i engegar d’entrada un ‘bon dia’ com fer sistemàticament les cerques a internet en català tot qüestionant les previsions dels algoritmes.

Potser el pes abassegador del mercat ha acabat provocant la necessitat d’agafar-se a elements que proporcionin, encara, un mínim de pertinença en un entorn en què la globalització ha difuminat els límits de les identitats conegudes. I no és estrany que en els marges del corró de les llengües hegemòniques apareguin resistències a la uniformitat. A Aragó, per exemple, algú com Jorge Pueyo s’ha servit de les eines de la globalització per donar a conèixer una llengua que deien que només parlaven la gent gran, i buscant-los als pobles. A França ja hem vist com les gasta d’estat per tirar enrere una llei que consagrava l’ensenyament en les llengües pròpies, però en lloc de tancar el tema ara s’han trobat les demandes de canviar fins i tot la constitució. I a Irlanda del Nord el Sinn Féin va bloquejar la formació del nou executiu autonòmic fins que els unionistes no tiressin endavant la llengua que hi protegeix l’irlandès, cosa que aquests no han fet i que ha provocat la intervenció de Londres. Fins i tot algunes comunitats indígenes nord-americanes van veure en la vacunació de la covid una manera de protegir els seus parlants de més edat.

És clar que no està tot perdut per a la diversitat, però les mesures que es prenguin des de les llengües petites les han de prendre els seus usuaris mateixos. Ningú des del privilegi mourà un dit per apuntalar el que pretén allisar.

[Imatge: ALBERT GARCIA – font: http://www.elpais.com]

Publicamos un relato poco difundido de Sergio Pitol —incluido en Ícaro (Almadía)— en el que el escritor resalta los grados de intensidad, levedad y extrañeza del lenguaje.

icaro

Escrito por Sergio Pitol

Y el verbo se hizo carne

“En el principio era el Verbo”, dice el evangelio según San Juan. No sé si ese haya sido el primero, pero seguramente es el más grande elogio que el lenguaje ha recibido. “En el inicio de toda literatura encontramos la forma”, declaró en la segunda década de nuestro siglo el joven Sklovski, el genial teórico de una escuela que revolucionó los estudios lingüísticos y literarios: la Escuela Formalista Rusa. Y por esos mismos años Stephen, el artista adolescente de James Joyce, descubrirá que “la palabra fecunda el útero virginal de la imaginación para hacerse carne”. Es decir, establece el momento en que se inicia la creación de una forma a través del lenguaje, el surgimiento de la literatura.

Tal vez el mayor deslumbramiento en mi juventud fue el idioma de Borges; su lectura me permitió darle la espalda tanto a lo telúrico como a la mala prosa de la época. Lo leí por primera vez en México en la Cultura, el notable suplemento dirigido por Fernando Benítez. El cuento de Borges aparecía como ilustración a un ensayo sobre literatura fantástica del peruano José Durand. Era “La casa de Asterión”; lo leí con estupor, con gratitud, con infinito asombro. Al llegar a la frase final tuve la sensación de que una corriente eléctrica recorría mi sistema nervioso. Aquellas palabras: “‘¿Lo creerás, Ariadna?’, dijo Teseo, ‘el minotauro apenas se defendió’”, dichas de paso, como por casualidad, revelaban el misterio oculto del relato: la identidad del extraño protagonista y su resignada inmolación. Me quedé deslumbrado. Jamás había llegado a imaginar que el lenguaje pudiera alcanzar grados semejantes de intensidad, levedad y extrañeza. Salí de inmediato a buscar libros de Borges; los encontré casi todos, empolvados en los anaqueles de una librería: en aquellos años los lectores mexicanos de Borges se podían contar con los dedos.

Del connubio entre la forma y el lenguaje surgieron los géneros literarios y sus transmigraciones. La novela, por el mero hecho de existir, es representación de la libertad; todo en ella es posible siempre y cuando esos elementos se presenten: un lenguaje vivo y la intuición de una forma. La novela es el género polifónico por excelencia, solo reconoce los límites que esos dos componentes le exigen: palabra y forma, pero les añade otro: el tiempo, un tiempo específicamente novelesco. Y otro más aún: la cercanía de la sociedad, sus registros: la ronda interminable: la comedia humana: la feria de las vanidades, todo eso.

Xalapa, mayo de 1995

 

Sergio Pitol
Escritor. Ha publicado: El arte de la fugaEl desfile del amorEl tañido de una flautaEl viaje y Juegos florales, entre otros libros.

 

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

 

 

Florencio Delgado Gurriarán – imaxe: Ricardo Gurriarán

 

Un artigo de Marcos Pérez Pena

Este venres había poucas persoas tan satisfeitas pola elección de Florencio Delgado Gurriarán como homenaxeado no Día das Letras Galegas como Ricardo Gurriarán. Non só como familiar, senón sobre todo como « parabiógrafo oficial » e unha das persoas que máis traballou nas últimas décadas para dar a coñecer a figura que o vindeiro ano recibirá o recoñecemento da Real Academia Galega.

Un recoñecemento, que como fixo xa este venres a RAG, Ricardo Gurriarán estende « a todas esas persoas que dende a diáspora traballaron pola cultura, especialmente en México, un exilio mexicano « que estaba un pouco esquecido, sobre todo en comparación con outros lugares da outra beira do Atlántico », destaca.

Xesús Alonso Montero e Víctor F. Freixanes anuncian a elección de Florencio Delgado Gurriarán como homenaxeado, este venres na RAG – imaxe: RAG

« O exilio en México levou a cabo un labor fundamental en todas as áreas creativas, dende a literatura ao cinema e a defensa da cultura e da identidade galega, por exemplo a través de emisións radiofónicas ou publicacións escritas, como Vieiros« , sinala, revista da que foi director xunto con Carlos Velo e Luís Soto. « É moi importante facer un recoñecemento a todas estas persoas que viron truncadas as súas vidas por mor do golpe de Estado e o triunfo do fascismo, que os obrigou a marchar a outros países », di.

Gurriarán publicou en 1999 a biografía Florencio Delgado Gurriarán. Vida e obra dun poeta valdeorrés, republicano e galeguista (Edicións do Castro). Ao igual que facía nesa obra, o autor destaca do homenaxeado « o seu papel activo na Guerra Civil, o seu compromiso político a través do Partido Galeguista, e tamén a súa poesía de loita publicada nun tempo moi difícil ». Destaca neste senso o Cancioneiro da loita galega, publicado en México en 1943 e que inclúe 16 poemas da súa man, publicados baixo o pseudónimo Nadel.

Gurriarán sinala que este ano se saberá máis sobre « aspectos da súa vida que ata agora foron pouco tratados, como puido ser o seu papel na Guerra Civil, nun organismo case de espionaxe, que traballaba para rescatar persoas que quedaran en territorios ocupados polos golpistas ».

Tamén cre que nos vindeiros meses se afondará na achega literaria de Florencio Delgado, « cuns valores poéticos moi diversos: unha poesía de loita, unha poesía da estética valdeorresa, unha unión do náhuatl xunto co galego como un elemento de integración na cultura mexicana… ». « Falta un estudo literario en profundidade », di. Entre os poemarios publicados, destaca Bebedeira (Editorial Nós, 1934), Galicia infinda (Galaxia, 1963), Cantarenas (Ediciós do Castro, 1981) e O soño do guieiro (Ediciós do Castro, 1986), ademais do xa citado Cancioneiro. Un dos seus poemas foi seleccionado por Xesús Alonso Montero como un dos Cen mellores poemas da lingua galega, unha escolma publicada en 1975 por Edicións Celta.

Portada de Vieiros – dominio público – CCG

Florencio Delgado Gurriarán forma parte da « Xeración do 25 », tal e como a denominou Xosé Luís Méndez Ferrín, persoas nacidas entre 1895 e 1909 (nace en 1903) e que son unha caste de « fillos da Xeración Nós », como Manuel Antonio, Amado Carballo ou Alexandre Bóveda.

Ricardo Gurriarán destaca tamén que durante os anos da ditadura Florencio Delgado « xogou un papel moi importante na conectividade co interior, coa xente de Galaxia, como Fernández del Riego ou Paz Andrade » e tamén coidou sempre o contacto cos autores galegos exiliados noutros países. Aínda que nunca regresou de forma definitiva a Galicia, si realizou varias visitas e estadías temporais, nos anos 1968, 1976 e 1981. « Cada vez que viña, chegaba cargado de literatura galega feita en México, publicacións moi importantes para os resistentes como un instrumento de loita antifranquista », destaca Gurriarán.

E lembra, xa en clave persoal, que « dende que eu era moi pequeno as cartas que chegaban do ‘tío Florencio’ líanse en comunidade familiar na nosa casa ». « Para min durante moito tempo era case un personaxe de ficción, do que se sempre se falaba, pero que non coñecíamos ata que veu por primeira vez en 1968« , engade.

Ricardo Gurriarán – imaxe: USC

 

[Fonte: http://www.praza.gal]

La solitude des personnes âgées est un phénomène connu depuis de nombreuses années en France, mais il concerne tout particulièrement les seniors LGBT+.

L'isolement touche beaucoup de personnes &acirc;g&eacute;es, et les LGBT+ en particulier. | Huy Phan via Unsplash

L’isolement touche beaucoup de personnes âgées, et les LGBT+ en particulier.

Écrit par Hélène Paquet 

«J’ai divorcé à 69 ans. J’ai dû quitter l’appartement où je vivais, j’ai changé de région. Quand on m’a demandé le motif, j’ai dit “écoutez, je suis homosexuel, je rencontre des hommes”, et la moitié de ma famille m’a tourné le dos. Je me suis retrouvé seul.»

Comme beaucoup d’homosexuels de sa génération, Claude Perquin, 73 ans aujourd’hui, a longtemps refoulé son homosexualité et a épousé une femme avec qui il est resté quarante-deux ans. Arrivé à l’âge de la retraite, il commence à rencontrer des hommes, puis divorce. Il se retrouve alors confronté à l’isolement durant plusieurs mois.

D’après un rapport réalisé en 2013 par Aides, SOS Homophobie et le groupe SOS, les personnes LGBT+ sont particulièrement vulnérables au risque d’isolement en vieillissant. Que ce soit à cause des discriminations ou des ruptures familiales, il est compliqué de vieillir LGBT+.

Santé et désir de vivre

«L’isolement, c’est la précarité dans toute sa globalité. Dans les liens sociaux, dans les besoins affectifs, face aux nouveaux outils informatiques. C’est une vie au ralenti et amputée de tout ce qu’on ne peut plus faire soi-même», décrit Francis Carrier, fondateur et président de Grey Pride, une association qui cherche à sensibiliser aux difficultés rencontrées par les seniors LGBT+. En effet, l’isolement expose les personnes âgées à des conséquences allant d’un risque accru de maltraitance et d’abus de confiance à une mauvaise santé physique et psychologique.

«Le désir de vivre va de pair avec la qualité de vie que l’on a. Moins on a de qualité de vie, moins on a de désirs. On n’attend qu’une chose, c’est d’en finir. En vieillissant, on a besoin des autres, et s’ils ne sont pas là, ou s’ils ne vous accordent que le minimum, c’est-à-dire manger, dormir et se soigner, eh bien progressivement, on se laisse mourir», ajoute-t-il.

«Ma fille refuse de rencontrer mon compagnon. Et mon fils n’a pas cherché à me voir. Je lui ai proposé, il a refusé.»

Claude Perquin, 73 ans

Or, d’après le rapport de 2013, les personnes LGBT+ sont généralement moins bien entourées. Parce que leurs unions n’avaient aucune reconnaissance jusqu’à la loi sur le pacs en 1998, et parce que leurs proches n’acceptent pas toujours leur identité, beaucoup ne peuvent pas ou peu compter sur le soutien d’une famille.

«Mes enfants, quand ils ont découvert mon homosexualité, on va dire qu’ils l’ont bien pris, mais ils ne recherchent pas de contact avec moi, regrette Claude Perquin. Je suis plus proche de ma fille, que je vais voir deux fois par an, mais seul. Elle refuse de rencontrer mon compagnon. Et mon fils n’a pas cherché à me voir. Je lui ai proposé, il a refusé.» Sa situation s’est toutefois améliorée depuis son divorce: il vit aujourd’hui avec son partenaire, et une partie de sa famille l’accepte mieux.

Autre facteur aggravant: la pauvreté. Selon une étude de 2010 menée par la Fondation de France, elle double le risque d’isolement social. Pour Francis Carrier, cela concerne beaucoup de personnes LGBT+, car «les ruptures professionnelles, liées au VIH ou aux transitions de genre par exemple, font que la carrière professionnelle a été hachée et que les retraites sont toutes petites».

L’épidémie de VIH, qui a durement touché la communauté homosexuelle dans les années 1980, contribue également à cette situation. Selon l’enquête de 2013, 62,6% des personnes de plus de 50 ans vivant avec le VIH sont seules, que ce soit en raison du décès de leur compagnon ou parce que les stéréotypes sur le virus les ont conduites à s’isoler. De plus, beaucoup n’ont pas imaginé atteindre un jour le troisième âge et n’ont donc pas constitué d’épargne pour leur retraite.

L’invisibilité, cause indirecte de l’isolement

Enfin, s’ajoute à cela l’invisibilité à laquelle sont renvoyées les personnes LGBT+ lorsqu’elles vieillissent. Selon le président de Grey Pride, les raisons qui poussent les seniors à «retourner au placard» sont diverses. Là où il peut s’agir pour les hommes gays et les personnes trans d’une stratégie pour se protéger des discriminations ou être «un homme ou une femme comme les autres», l’invisibilité des lesbiennes est inscrite dans le regard que porte la société sur elles. «Lorsque l’on voit deux femmes ensemble, 9 fois sur 10 on considérera que c’est deux amies, deux cousines», commente Francis Carrier.

Cette invisibilité a des conséquences néfastes sur l’estime de soi des seniors LGBT: «On considère les vieux dans notre société comme des objets de soin, et on leur enlève toute une part de leur identité, comme leurs besoins affectifs, leur sexualité et leur histoire. On est face à un tabou social qui empêche d’imaginer que ce sont des choses qui font partie de nous jusqu’à notre mort.»

Une mauvaise estime de soi est également un facteur d’isolement, car elle va pousser au repli: «L’estime de soi passe aussi parfois par le retrait, résume Dominique Lefèvre, psychologue sexologue et membre de Grey Pride. La stigmatisation réduit la personne à une de ses composantes qui la dévalue. Cela ne permet pas de construire ses capacités à être soi, dans des relations authentiques, et l’on peut être amené à construire sa propre exclusion.»

La résilience des seniors LGBT+

D’après le sociologue Régis Schlagdenhauffen, il y a tout de même un point positif: la résilience des personnes et de la communauté LGBT+. «Paradoxalement, une méta-analyse anglophone tend à montrer que les LGBT ont plus d’atouts en ce qui concerne le vieillissement, en raison d’un vécu qui n’a pas forcément été facile. Il y a un bagage d’expérience qui peut aider à faire face à des situations complexes: une instabilité du foyer, la nécessité de reconstruire une vie, de créer de nouvelles sociabilités avec des personnes qui vous comprennent…»

Il ne s’agit pas de considérer que tout est rose, insiste-t-il, mais cette analyse montre qu’il existe des ressources que les personnes LGBT+ peuvent mobiliser face à l’isolement, comme la capacité à se constituer une famille choisie, «de cœur».

Trouver des solutions au sein de la communauté, c’est d’ailleurs la raison d’être de Grey Pride. Luc Anberrée, administrateur de l’association, participe à l’un de ses projets phares, un habitat partagé où les gens se choisissent pour vieillir ensemble. «Ça reste l’alternative la moins chère à l’Ehpad. On écrit des chartes, des règlements intérieurs, et on essaie de faire vivre la colocation dans un esprit qui va bénéficier à tout le monde. C’est une seconde famille, affinitaire. C’est ça que je trouve bien, mais il ne faut pas croire que c’est facile.»

Toutefois, ce constat se heurte à la relative inertie du mouvement LGBT+ sur la question de la vieillesse. «Les associations LGBT de ma ville proposent des moments de convivialité dans des bars et des randonnées, plaisante Claude Perquin, mais à mon âge, je ne suis plus tellement sportif, et les seniors préfèrent la convivialité en petits groupes.»

 

[Photo : Huy Phan via Unsplash – source : http://www.slate.fr]

Escrito por Eduardo Bravo

Madrid Vintage es una colección de ilustraciones que recuperan la memoria arquitectónica de la capital y conciencian de la necesidad de preservar el patrimonio cultural común. Su autora es Tina Paterson, una ilustradora y activista que ha participado en diversos proyectos colaborativos y movimientos sociales surgidos en Madrid, que le han permitido conocer con detalle la historia de la ciudad, sus gentes y mil y una anécdotas sobre sus calles y rincones.

«Madrid es una ciudad con una historia reciente muy curiosa», explica Paterson. «Sin desarrollo industrial, a finales del siglo XIX era un villorrio grande y mohoso, pero hasta la Guerra Civil se empieza a configurar la gran urbe que es hoy con, por ejemplo, la construcción de Gran Vía. En este proceso, grandes arquitectos como Antonio Palacios se plantearon “construir” la grandeza futura de Madrid».

    

Uno de los objetivos de Palacios como arquitecto fue el de mezclar lo bello con lo útil. Así lo demuestran sus edificios repartidos por diferentes puntos de España y especialmente en Madrid, donde destaca su diseño para el metro de la capital, un medio de transporte que, además de resolver un problema de movilidad urbana, debía convertirse en símbolo de la ciudad.

«Palacios diseñó desde el logo, el mismo que seguimos usando hoy y que estaba inspirado en el de Londres, hasta toda la decoración interior o exterior de las estaciones, como las bocas de metro, al estilo de París y Viena, o los templetes. Su trabajo contribuyó a embellecer la ciudad y a construir una verdadera identidad madrileña que, por desgracia, hemos ido destruyendo sin pausa, como ocurre con las cocheras del metro de Cuatro Caminos, actualmente en peligro de derribo».

En su afán por reivindicar el patrimonio cultural de la ciudad y después de implicarse en acciones para rescatar joyas arquitectónicas como el frontón Beti Jai, Tina Paterson ha emprendido un proyecto personal que recoge el esplendor de la ciudad y sus monumentos a través de unas hermosas ilustraciones de inspiración retro.

«Las ilustraciones son una “utopía”, en la medida en que muestran cómo sería Madrid si todo aquello no hubiese sido eliminado. En los años 60 se destruyeron los ascensores originales del metro de 1920 que hoy se quieren recuperar. También se desmanteló una enorme red de tranvías para dejar sitio a los coches y, mientras los turistas se van a Londres a sacarse fotos con los autobuses de dos plantas, aquí desde los años 30 tuvimos una flota del mismo modelo, los Leyland o Roadmaster, circulando por las calles».

Aunque resulte sorprendente, en la primera mitad del siglo XX, la ciudad incluso tenía una suerte de Madrid Río, cuya principal atracción era una serie de piscinas ubicadas lo largo del cauce fluvial del Manzanares.

«Una estaba incluso dentro de una isla artificial en la que te bañabas en el agua del río, pero todo eso se ha perdido por culpa de una mezcla de modernidad mal entendida, desidia y, sobre todo, por codicia. Mientras que en Lisboa han protegido su patrimonio de elevadores, tranvías, funiculares o empedrado, en Madrid no lo supimos cuidar y, a día de hoy, nuestra identidad como madrileños se reduce a las tapas de los bares y el agua del grifo. A este paso no nos quedará más identidad que el bocata de calamares, y congelados, además».

Las ilustraciones de Tina Paterson rescatan algunos de esos monumentos desaparecidos, como el tranvía número ocho –que hacía la ruta de Sol al parque de la Bombilla, lugar en el que celebraban las populares verbenas a las que acudían chulapos y chulapas, lo que dio lugar a la expresión «Más chulo que un ocho»–, la piscina La Isla o el templete de Antonio Palacios de Red de San Luis, todo ello con una estética elegante y glamurosa que bebe del Art déco y las artes gráficas de los años treinta.

«En los años de la Belle Époque se inició el turismo moderno que, si bien era aún algo elitista, fue el antecedente del turismo de hoy. En esa época, las ciudades empezaron a ver el turismo como un valor y se lanzaron a construir lo “pintoresco” o “icónico”. Hasta la Segunda Guerra Mundial, se empezó a crear una estética muy concreta para vender los sitios que visitar, un diseño, a veces de vanguardia, que iconizaba elegantemente los lugares y usaba una paleta de colores muy básica para poder imprimirlos de un modo sencillo y económico con técnicas como la serigrafía».

Aunque el origen de Madrid Vintage nunca fue comercial, el éxito obtenido por las hermosas ilustraciones convenció a Tina Paterson de imprimirlas en formato postal y ponerlas a la venta en el Café Matilda y el San Pedro Market, dos locales cercanos a su casa y regentados por unos amigos suyos.

«Mucha gente me escribe para preguntarme si las vendo online», cuenta. «Les respondo que no, que es mejor que se pasen por el barrio y nos tomamos unas cañas porque Madrid es así».

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

Ryoko Sekiguchi est née au Japon et vit en France depuis 1997. Elle écrit aujourd’hui en français, après avoir composé une œuvre poétique en japonais. Petite-fille d’éditeur et fille de cuisinière, elle s’est toujours intéressée dans sa vie comme dans son œuvre à toutes les nourritures que les sociétés humaines inventent et aux mots qui les entourent. Elle en a fait le sujet d’essais subtils : L’astringentFade, Manger fantômeNagori, la nostalgie de la saison qui s’en va… Aujourd’hui, elle continue sa réflexion dans 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent).

961 heures à Beyrouth, de Ryoko Sekiguchi : saveur et savoir

Fèves et amandes

Ryoko Sekiguchi, 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent). P.O.L, 255 p., 19 €

Écrit par Claude Grimal

Sekiguchi, invitée dans le cadre d’une résidence d’écriture à Beyrouth par le président de la Maison internationale des écrivains qui avait aimé son Ce n’est pas un hasard, chronique de la catastrophe de Fukushima, est arrivée dans la ville en avril 2018, avec le projet d’en faire le portrait à travers sa cuisine. Quelque temps après son retour à Paris, tandis qu’elle rédigeait le livre, d’immenses manifestations ont secoué le Liban, puis en 2020 l’explosion du port a achevé de réduire le pays au désespoir. Le sentiment d’avoir visité Beyrouth avant une catastrophe (et après celle de la guerre civile) l’a alors émue et il donne par moments au livre un accent de tristesse interrogative. Comment écrire, se demande-t-elle, sur ce qui peut sembler aussi secondaire que la cuisine, alors que se sont déroulées et se déroulent de grandes tragédies nationales ?

Tout simplement parce que parler de ce que nous mangeons, c’est découvrir ce que nous sommes et comment nous pensons. Ses amis libanais lui ont d’ailleurs fait savoir qu’ils étaient heureux qu’ayant vu leur capitale « avant », elle puisse témoigner de ce qu’elle était. Elle-même se résout à penser que 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent) est « un livre de la veille », tandis que Ce n’est pas un hasard, qui portait sur la dévastation de Fukushima, est un livre de « l’après », un de ceux « qu’on aurait aimé ne pas devoir écrire », et qu’un pays détruit ne saurait l’être jamais tout à fait. Ses interrogations et perplexités forment un délicat pointillé, à l’image de son écriture, pointue et imprévisible comme la démarche d’un joli échassier.

961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent) se compose de 321 fragments portant chacun un titre, mais ne présente pas les 321 plats promis ; il propose avant tout « une archive des cinq sens » du monde beyrouthin, et une déambulation mentale et physique avec l’auteure : moments de vie, repas, discussions, comparaisons entre mondes oriental et occidental, souvenirs personnels et littéraires, considérations urbanistiques… à côté d’esquisses des goûts, des textures, des savoir-faire culinaires locaux.

Un plat en particulier charme Sekiguchi tant il lui semble représentatif non seulement du Liban mais de toute la région, tant il semble figurer à toutes les tables, pauvres ou riches : le kebbeh. Elle voit aussi en lui une métaphore des sociétés humaines car, comme elles, il se métamorphose sans cesse. Le kebbeh est une pâte farcie d’un mélange de viande et de boulghour, cuite après avoir été façonnée en boulette, qui est donc susceptible de se décliner à l’infini : la pâte peut être différente (avec de la pomme de terre par exemple, ou du poisson), la farce peut être végétarienne, la boulette peut être cuite au four, grillée, ou même rester crue, etc. Le kebbeh connaît tant de variantes, dit Sekiguchi, qu’on peut s’interroger sur son identité car « tous les plats de la terre peuvent être dits kebbeh ». Le geste qui les crée, toujours le même, l’émeut singulièrement : la main s’insère dans la pâte et « façonne un creux qui sera l’abri de la farce » ou bien un creux qui restera tel quel et ne sera rempli par rien ; le kebbeh sera alors servi « vide comme une énigme, sans plus d’explications ».

961 heures à Beyrouth, de Ryoko Sekiguchi : saveur et savoir

Table libanaise

Mais si Sekiguchi laisse entiers les mystères vaguement érotiques présidant au façonnage du kebbeh, elle cherche aussi à en découvrir d’autres, culinaires ou non. Elle interroge les gens autour d’elle, recueillant avis et témoignages sur les pratiques sociales, l’histoire de la ville, la guerre civile, la préservation et le changement des identités, la place des immigrés… Les réponses qu’elle obtient sont diverses, parfois contradictoires, marquées par l’âge et la condition de son interlocuteur, ou son appartenance confessionnelle. Sekiguchi pose simplement sur la page quelques-uns des propos récoltés, quasi intacts, non commentés, à peine effleurés par sa surprise ou son incrédulité, car elle se soucie peu, dit-elle, de la véracité de ce qui lui est confié, et aime avant tout susciter l’imagination et l’invention des autres. « Si tout le monde décide de fabuler avec moi », suggère-t-elle, « j’aurai un portrait de la ville qui n’existe nulle part ailleurs, comme Marco Polo : à son retour de voyage, personne n’a cru à son histoire fabuleuse ».

961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent) possède en effet un aspect fabuleux, au sens où s’y rencontrent un petit foisonnement fragmenté de récits, un savoir qui ayant pris la saveur pour instrument (mais savoir et saveur ont la même racine) fait délicatement le modeste, et une sensibilité personnelle aiguë, un peu déroutante. Derrière l’évocation des ingrédients et des mets, de ceux qui les préparent, les dégustent et en parlent, ce livre élabore une représentation de l’histoire humaine avec ses changements, effacements, résurgences et transmissions. En 961 heures et 321 plats, quelle intelligence charnelle ! Que de voluptés cérébrales !

[Photo : Ryoko Sekiguchi/P.O.L – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

 

Al alcance de un simple clic los neurasténicos redactores de esta sección hallaron un archivo prohibido durante siglos, recién digitalizado; también algunas obras feministas que reconstruyen la figura de la bruja; y finalmente una curiosa lista.


Frontispicio que ilustra la Lista de mujeres de Covent Garden de Harris, 1793. Imagen: cortesía de la British Library.

Un archivo liberado

A principios de mes, la empresa editora Gale (rama de Cengage), que ofrece todo tipo de soporte a bibliotecas, completó la tercera parte de su acervo “Archives of Sexuality and Gender”, con ayuda de la British Library, el Kinsey Institute y la Academia de Medicina de Nueva York. El proyecto de acervo digital agrega ahora cerca de un millón de páginas y cinco mil monografías de contenido de las salas reservadas y de acceso restringido, que se expande del siglo XVI al XX. Abarca puntos de vista como la construcción médica y legal de las sexualidades y el advenimiento de la sexología; la moral y la religión frente al sexo y la prostitución; la censura, el papel que sexo y género jugaron en su respectiva sociedad y cómo fueron evolucionando a lo largo de los siglos; o la forma en que la noción de obscenidad fue cambiando. Un recorrido por algunos de esos materiales aquí.

La “caja privada” que ofrece la British Library contiene frutos prohibidos, encerrados bajo llave desde 1850 con la etiqueta de “obscenos”, que van desde un directorio de trabajadoras sexuales del siglo XVIII en el área de Covent Garden —que incluye notas sobre la práctica y las preferencias de cada mujer— hasta manuscritos del Marqués de Sade o los ingenios literarios de los autores con pseudónimo —como Roger Pheuquewell— que participaban en los libros de Merryland (publicados por primera vez en 1740). El primer libro de la colección Raras verdades: el gabinete de Venus abierto, y sus secretos revelados es una reliquia de 1658. También aparecen otras joyitas primerizas como Fanny Hill o de una mujer de placer, la primera novela pornográfica en inglés, del siglo XVIII; o Tenely o El otro lado de la muralla atribuida a Oscar Wilde y a sus allegados, que constituye una de las primeras novelas homosexuales. Hay mucho por explorar en este archivo de libre acceso, pero eso sí, limitado a investigadores, profesores y bibliotecarios a los que Gale permita la entrada.

Historia de las brujas

En la hora del #MeToo y de la tercera ola feminista, la figura de la bruja está en plena reivindicación. Desde los años 70, el eslogan de las feministas italianas “¡Tiemblen, tiemblen, las brujas están de vuelta!” ya había recuperado ese estigma de la Edad Media, esa persecución que ahora se está tipificando como un feminicidio masivo al buen estilo leguleyo y atroz de la Santa Inquisición. Según Le Monde, al menos en Francia el fenómeno de asimilación entre brujas y feministas tiene un síntoma clarísimo: el libro de la ensayista y periodista Mona Chollet Sorcières. La puissance invaincue des femmes [Brujas. El poder invencible de las mujeres] que apareció el pasado invierno ha vendido ya más de 75 mil ejemplares, en una editorial, Zones, acostumbrada al ensayo filosófico a y a la Teoría Crítica. Para Chollet la imagen de la bruja es la de la víctima absoluta, la que suscita los mayores reclamos de justicia en su sociedad, la rebelde que se obstina, que subvierte el orden político y religioso con prácticas paganas y desarrolla otras formas de espiritualidad. Su estudio se centra en definir no solo el uso peyorativo de la imagen sino la verdadera identidad de las mujeres perseguidas en la Edad Media. Varios colectivos, grupos de teatro y de performance retoman ahora la figura de la mujer maléfica, se la apropian y la adaptan a los nuevos tiempos (entre ellos, como símbolo queer).

El bestseller de Chollet ha provocado que se vuelva a leer la reedición de Calibán y la bruja. Mujeres, cuerpo y acumulación (1ª ed. 2004, traducida al español en Traficantes de Sueños, 2010) de la académica italiana Silvia Federici. Es un análisis histórico sobre cómo los Estados modernos, durante el final de la Edad Media y el Renacimiento, se apoyaron en la cacería de brujas para controlar el cuerpo femenino y someterlo al orden de la producción; una tesis, en suma, sobre las causas históricas de esa forma de opresión femenina en los cimientos del capitalismo moderno.

El placer de los libros usados

A continuación las cosas que la escritora Jane Stern encontró en libros de segunda mano (que compra con absoluta e irresponsable voracidad) o en libros que debía “limpiar” cuando de estudiante trabajaba en el sótano de la biblioteca de Yale:

• una multa de tránsito de Seattle por cruzar la calle imprudentemente.
• el comprobante de equipaje de un vuelo a París.
• una lista de quehaceres que incluía “recoger el látigo” y “explicar la cremación”.
• boletos de entrada al musical de Broadway Hamilton.
• un cheque al portador de 375,15 dólares (que nunca quise ir a cobrar).
• 12 sobrecitos de Kool-Aid en un libro de Oliver Sacks sobre la migraña.
• copias de recetas de embutidos.
• una lista de asistentes a reuniones de Alcohólicos Anónimos.
• la letra del himno (“The Star Spangled Banner”) garabateado por la mano arácnida de alguien muy viejo o demasiado joven.
• un pedazo de papel donde estaba escrito “Stop me” entre las páginas de The camera That My Mother Gave Me de Susanna Kaysen (un lamento literario por los problemas vaginales crónicos de la autora misma).
• listones de participación para un evento deportivo de sexto grado, y un listón de tercer lugar de una exposición canina de un pueblo pequeño.
• rastros de mucosidades y fluidos humanos (de todo tipo, con la precisión de que los libros más secos que un hueso eran los de teoría económica o los de crítica literaria del siglo XVIII).
• en raras ocasiones hay fotos: suelen ser Polaroids de vistas borrosas o retratos de la era pre-selfie. Los retratos son poco halagadores.

Definitivamente, dice la autora, hay veces en que estas curiosidades insertas en los libros son mucho mejores que los libros en sí.

[Fuentes: Clarín, El Mundo, British Library, Gale, The Paris Review – publicado en http://www.nexos.com.mx]

¿Qué hacer frente al radicalismo y el esencialismo? ¿Qué soluciones se pueden prever para tener políticas públicas claras para la población LGBT+? En esta entrevista con motivo del Día Internacional del Orgullo LGBT, Marta Lamas aborda temas como el fundamentalismo y el fenómeno de las TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminists); así como posibles soluciones para la inclusión de las mujeres trans en espacios públicos, particularmente, en el transporte rosa; la población no binaria; y el papel de los hombres feministas en el mismo movimiento.

Por Ever Aceves


Ever Aceves: ¿En dónde se encuentra la población trans y no binaria en los espacios públicos? Transporte rosa, probadores, sanitarios. Es algo de lo que no se habla mucho y me gustaría saber tu opinión al respecto.

Marta Lamas: Yo creo que la población de las mujeres trans, así como de las mujeres cis, está dividida en clases sociales. Y hay mujeres trans de la clase alta que viajan, que tienen toda una serie de privilegios y, más bien, son las mujeres trans de la clase media para abajo, las que están presentando problemas de discriminación, de opresión, incluso de violencia transfóbica. No podemos generalizar, pero sí podemos decir que la mayoría de las mujeres trans en nuestro país viven situaciones de discriminación, opresión y violencia transfóbica.

EA: ¿Qué soluciones consideras apropiadas para erradicar la marginalización en aquellos espacios de donde las mujeres trans son excluidas? El transporte rosa, sanitarios, probadores…

ML: Creo que la reacción hacia las mujeres trans puede ser una reacción de ignorancia, en donde ciertas personas sienten amenazadas su propia identidad, en donde ciertas personas las visualizan como un hombre vestido de mujer y, en ese sentido, se sienten amenazadas de que vayan al mismo espacio que ellas. Y es distinto del rechazo, del cual yo discrepo, que tiene un sector del feminismo, que tiene toda una elaboración teórica para argumentar que, si no menstruas, no eres mujer, ¿no? Es decir, una confusión conceptual entre lo que es ser una hembra humana y lo que es ser una mujer en términos de identidad de género. Entonces, el fondo del asunto es: la ignorancia en un caso y, en el otro caso, es un pensamiento extremista, radicalizado, fundamentalista. Pero los dos: tanto la ignorancia como el extremismo, lo que están mostrando es el nivel de inseguridad sobre su propia identidad. ¿Por qué reaccionan de esta manera? Porque se les mueve el piso por diferentes razones. Estas mismas personas a lo mejor no se dan cuenta de que puede ser que se sientan erotizadas, que sientan que en el fondo ellas también querrían ser así. Es decir, la subjetividad humana es muy amplia.

Ahora, una política pública sí tiene que apuntar a dar un piso de conocimiento. Sí creo que en lo que son instancias de gobierno, instancias públicas como el transporte rosa, debería de haber una persona, un policía, por ejemplo, bien entrenada. Hay mujeres trans que pasan sin que se note que son un macho biológico transformado en una mujer social; hay otras que no, que se nota, por el tamaño, la voz, la nuez de Adán, por toda una serie de cosas. Entonces si tú pasas y nadie se da cuenta de que eres mujer trans y pasas como mujer cis, no tienes problema. El problema es cuando llega una mujer muy alta o fornida, vestida de mujer; y lo que despierta eso es inseguridad en las otras mujeres, de “¿por qué se nos está colando aquí un hombre?”. Sí creo que la comunidad tendría que hacer una petición muy formal al gobierno de la ciudad de que a nuestros transportes, durante una temporada, vaya una persona bien capacitada para que, cuando llegue una mujer trans y empiece a ver una reacción, se pueda parar y decir “a ver, no, espérense, ustedes tienen que diferenciar sexo y género”, y que haya, a lo mejor, algún tipo de panfleto que se le pueda repartir a la gente en donde se les explique que una cosa es el sexo, determinado por los cromosomas; y otra cosa es la identidad de género. Aparte, creo que habría que hacer campañas publicitarias en tiempo de elecciones, pero aquí hay un tema de ignorancia brutal, ¡y hay miedo!

En el caso de las TERFs, las feministas radicales; hay una posición en donde no solo es lo trans, también están en contra de la maternidad subrogada, del comercio sexual. Es decir, es todo un paquete de cosas que consideran que atentan en contra de la esencia de ser mujer. Lo que estamos trabajando desde el Centro de Investigaciones de Estudios de Género y desde muchos otros centros, es una línea de conocimiento antiesencialista, que se entienda que no hay una esencia porque tengas unos determinados cromosomas, y que la identidad se construye por procesos psíquicos y que hay muchas maneras de ser mujer, muchas de ser hombre, y muchas maneras de ser ser humano que no se asume ni como mujer ni como hombre. Estamos en un momento cultural de mutación y de cambio, y siempre los cambios y las mutaciones de lo que era el lugar común y lo tradicional, generan violencia, miedo y discriminación. Las campañas educativas y políticas son importantes, así como el debate público; hablar de estas cosas. Por eso yo agradezco la oportunidad de esta entrevista, en el sentido de ir hablando de qué es esto y hasta dónde, muchas veces, ese miedo, que es un miedo a veces defensivo, lleva a muchas personas a una reacción muy agresiva, incluso violenta, como se ha visto en los últimos asesinatos de mujeres trans.

EA: ¿Qué opinas con respecto a los hombres al interior del feminismo?

ML: Yo creo que el feminismo es, además de un movimiento, una posición, una postura ideológica que tienes adentro, en la cabeza. Es una manera de entender la vida, la política y es una crítica de la cultura. Eso lo pueden hacer seres humanos que han desarrollado esa postura, así vengan en cuerpo de hombre, de mujer, trans, de quimera o de lo que sea. Creo que el problema es que los movimientos de repente requieren espacios no mixtos. Cuando yo inicié, hace cincuenta años, mi activismo en el movimiento feminista, era muy importante reunirnos entre mujeres, hablar solo las mujeres. Yo venía de una militancia de izquierda en grupos mixtos y, de repente, descubrí que, si no había hombres, podíamos hablar de muchas intimidades y de cosas que en frente de los hombres no hubiéramos hablado. Así como las cantinas, yo creo que debe haber cantinas solo para mujeres, solo para hombres y cantinas mixtas. Y a veces te dan ganas de ir solo con tus amigas a un lugar donde no haya hombres, a los hombres les deberían de dar ganas de ir a un lugar solo de hombres, donde no haya mujeres; y de repente dan ganas de ir a un lugar mixto. Con la política, lo que ha pasado muchas veces es que en las marchas y las movilizaciones que inician las feministas, hay muchos hombres que quieren participar y tienen que aprender que hay un espacio donde ellos no pueden participar. Yo sí creo que hay hombres con pensamiento y compromiso feminista. Yo tengo amigos varones así. Un hombre muy famoso fue Carlos Monsiváis, quien desarrolló toda una crítica de la cultura feminista.

También es cierto que hay momentos en donde cierto tipo de reivindicaciones las tienen que levantar los colectivos. Yo podré sentir mucha solidaridad y compromiso con la causa indígena, pero pues soy una mujer blanca. Si yo empiezo en lugares públicos a hablar del rollo de las indígenas, me van a decir, “¿y esa por qué está hablando de eso?”. Entonces, es difícil, muchas veces, para algunos varones que están comprometidos con el tema, entender que, bueno, hagan sus grupos de hombres, hagan sus movimientos de hombres feministas; apoyen a los grupos feministas y encontremos una manera en donde las voces, las representaciones y las presencias del feminismo vayan prioritariamente a cargo de feministas, y luego, acompañadas por hombres feministas también. El punto es saberte ubicar en qué momento puedes hablar por ti mismo, “yo como hombre feminista, pienso…”. Ahora, si es un mitin de feministas y se para el cuate del sindicato o del partido y quiere tomar el micrófono, evidentemente lo van a correr. Es muy importante el lugar, el contexto para que los hombres feministas, que sí los hay, se puedan expresar. Y cómo habrá veces que tienen que estar en la retaguardia, colaborando en los espacios en los que se les permite estar, de la misma manera que muchas de nosotras podemos estar comprometidas con la causa indígena o, incluso, con el tema trans. Yo no hablaría en un mitin, yo dejaría que las propias personas hablen de sus problemas, y ahí estaría yo, aplaudiendo. Ese es un punto que, si no se entiende, si se piensa que el feminismo es un asunto de tener cierto cuerpo, ¡pues están equivocados! Se trata de tener cierto pensamiento, cierto compromiso y cierta práctica política.

EA: Coincido completamente contigo, el feminismo no se encuentra en la anatomía, sino en el pensamiento. ¿Qué sucede cuando la interseccionalidad del feminismo no se respeta y, en cambio, se coarta? Ha habido marchas en varios estados de la república de feministas radicales que se dedican a presionar contra la Ley de Identidad de Género, puesto que dicen: hay un “borrado de mujeres”; así lo llaman, como si la población trans y no binaria pretendiera borrar a las mujeres, ¿cuál es tu opinión al respecto?

ML: Ese es un pensamiento equivocado, es una práctica política extremista, fundamentalista. Yo creo que, para donde vamos, si es que el proceso democrático avanza y no explota este planeta, es para que en un momento determinado no importe si eres hombre, mujer, quimera, lo que sea: eres ser humano y como seres humanos todos tenemos los mismos derechos humanos. La sociedad nos ha dado dos modelos de identificación: el de hombre y el de mujer; eso le pasa también a las personas intersexuadas. Los cromosomas que te determinan biológicamente, determinan a machos, hembras y personas intersexuadas; personas que pueden tener un ovario y un testículo, por ejemplo, que antes se llamaban hermafroditas. Estas personas, cuando nacen, no pueden los papás llegar al registro civil y responder la pregunta “¿es niño o niña?” con: “es hermafrodita, es intersexuado”, pues eso no existe. De la misma manera que en la biología hay más categorías de sexo, aparte de macho y hembra; en el psiquismo, hay más categorías que hombre y mujer, como lo están mostrando las personas no binarias, identidades disidentes, transgénero, etcétera. Frente a esa variedad, ¿qué pasa con el feminismo radical? Está yendo para atrás de lo que ha sido una de las luchas fundamentales del feminismo, que fue decir: ¡que no nos determinen nuestras oportunidades en la vida por nuestra biología! Hubo todo un proceso político para demostrar que, aunque tuviéramos una biología distinta que la de los machos considerados hombres, éramos seres humanos que queríamos los mismos derechos que ellos. Ya que ganamos eso, ahora resulta que un grupo de feministas quiere regresar a que “¡no, no! Si no tienes tal biología, entonces no eres mujer”. Es un retroceso y uno muy preocupante porque, además, está fundamentado en ignorancia y en una cosa de rabia y de coraje como de que les están quitando algo de su identidad, sin entender que hay muchas maneras de ser mujer, muchas maneras de ser hombre y muchas maneras de ser ser humano.

Sí hay que entrar en una reflexión sobre que somos todos seres humanos, de eso no hay discusión; y que, claro, hay situaciones en las que se separa a mujeres de hombres, como en el vagón del metro porque hay una violencia hacia las mujeres, y entonces hay que educar a las personas responsables de esos espacios para que entiendan que una mujer trans que no pasa fácilmente como mujer cis, sí puede entrar a un baño de mujeres porque, además, si entrara a un baño de hombres le iría probablemente peor y podría vivir violencia. Son situaciones nuevas que están pasando en los últimos años en nuestro país; hay otros países que ya lo han resuelto, han puesto baños neutros y utilizado todo otro tipo de dispositivos de funcionamiento. Pero sí hay que hablar de estas cosas, discutir, ¡y preguntarles a estas feministas por qué se sienten tan afectadas, tan amenazadas! Nadie les quita que son hembras, o que son mujeres cis; hay mujeres cis y hay mujeres trans, ¿¡cuál es la bronca!? Y puede que en un futuro haya otra cosa nueva. Es decir, lo interesante es qué tipo de sociedad queremos construir: una sociedad donde todas las personas tengamos los mismos derechos, y que cada quién haga de su culo un papalote, y lo que se le antoje sexualmente, laboralmente, etcétera. Sí es un tema muy complicado, estamos en un momento de transición. Todavía en México no hay protocolos en donde a los adolescentes trans se les permita bloquear sus procesos hormonales, sino hasta después de que ya se masculinizaron o se feminizaron: hembras y machos.

Me parece muy importante que se trate el tema. Con los grupos fundamentalistas es muy difícil dialogar, están como con orejeras, muy en su rollo, de la misma manera que lo están con el aborto. Entonces, hay que buscar alianzas; por ejemplo, trabajar con sindicatos, partidos políticos, con el sindicato del metro, y tener una interlocución para que sean escuchados y que se explique que, si una mujer trans quiere ir en el vagón de mujeres, es legítimo y tienen que permitírselo; que si hay gente que se siente amenazada por eso, que haya una posibilidad de una intervención: “no se sienta usted enojada, mejor le damos este folletito: qué es una mujer trans y qué es una mujer cis”. La educación bien encaminada, Ever, ayuda mucho. Hay personas que no entienden y que tienen esta fantasía que las TERFs también han difundido: “es un hombre que se viste de mujer para entrar en un baño y aprovecharse de las mujeres o violarlas” ¡Por favor! Las violan afuera todo el tiempo, nadie se tendría que disfrazar de mujer para violar a una mujer. Pero son fantasías que hay que desmontar, y hay que desmontarlas con conocimiento.

EA: ¿Crees que estas fantasías, como bien mencionas, están fundamentadas en un pensamiento de ultraderecha, sumamente conservador, machista y patriarcal?

ML: Fíjate que desgraciadamente no. Muchas veces sí, pero de repente te encuentras a feministas que han sido progresistas, que no son derechosas, que están a favor del aborto en muchas cosas, y hay un giro extraño ahorita con el tema de los trans. Para mí sería muy fácil decir “todas son conservadoras”. No, no todas son conservadoras; hay gente que viene de la izquierda y que de repente ahí hay algo que da este giro y hay una cosa de sentirse amenazadas. Hay que entender bien el fenómeno de las TERFs.

EA: Microsoft recientemente implementó estos baños neutros en México, pero hay muchas empresas que se ostentan de ser pro LGBTQ+, pero ya en la práctica no lo cumplen y, por debajo del agua, a pesar de que están en las marchas y demás, no cumplen del todo estas premisas.

ML: Los cambios culturales son cambios muy lentos. Lo dice Braudel, un historiador: de siglo en siglo. Yo entré al feminismo hace cincuenta años y apenas ahorita estoy viendo algunos cambios. Digamos, la comunidad trans empieza a organizarse en México hace muy pocos años. Antes empiezan a organizarse las feministas; llevamos medio siglo y todavía no conseguimos muchísimas de las cosas por las que nos hemos organizado. Entonces, hay que tener paciencia, hay que ser persistentes y hay que saber discutir; eso es importante: tener buenos argumentos, desmontar. Hay mucho trabajo de sensibilización que hay que hacer. La comunidad trans es muy pequeñita, tienen muy pocas voceras y de repente no traen una elaboración de “por qué nos sentimos distintas a la categoría tradicional que se usa respecto a nuestra biología”. No hay esta intervención pedagógica que a veces hay que hacer. Lo mismo pasa con las feministas, no creas que solo pienso que les pasa a las mujeres trans. Para hacer política debes tener argumentaciones que convenzan, tienes que entender quiénes son tus adversarios. Hay enemigos que ni siquiera vale la pena tratar de convencer. Yo no voy a tratar de convencer a los obispos, por ejemplo. Pero yo sí trataría de convencer a los líderes sindicales. Hay necesidad de una información sólida que haga que la gente no se sienta amenazada, porque las reacciones agresivas se dan muchas veces porque se sienten amenazados: “porque si ese macho biológico que ahora se siente mujer y se viste como mujer, ¿entonces yo qué? ¿Yo qué soy?” Hay también toda una crisis identitaria en las personas cis que se sienten asustadas con estos cambios culturales, estamos en una mutación cultural muy fuerte como civilización. Da más tranquilidad aferrarse a lo tradicional, “papá, mamá, hijo, hija”, por eso dicen que son conservadoras, o sea, da mucho miedo abrirse a nuevas identidades, a nuevas relaciones.

EA: Y como mencionas al principio, tal vez sienten temor por sentirse atraídos hacia una mujer trans, por ejemplo.

ML: ¡Claro!

EA: El problema también se agrava cuando las feministas radicales atacan, cuando no respetan la lucha trans

ML: Claro, pero mi pregunta a la comunidad trans, es: ¿se ha hecho un folleto sobre por qué las mujeres trans pueden entrar en el transporte público? Se podría hacer una como historieta, es decir, ustedes lo que pueden hacer es cambiarse a sí mismos, no pueden cambiar ni a las feministas TERFs ni a las otras. Lo que aprendimos las feministas hace unos años fue que nosotras teníamos que educar a la población, a los periodistas. Teníamos que hacer talleres con feministas y periodistas, invitarlos, discutir e irles cambiando el chip. Yo no veo que la comunidad esté haciendo eso. Siendo realistas, la gente no cambia tan fácilmente a menos que los empujes, y una manera de empujarlos es esta explicación: qué es una mujer trans, por qué una mujer trans va a un vagón de mujeres, porque sabe que, si va a uno de los otros vagones, la van a agredir igual que a otras mujeres. Esa explicación no la he escuchado de ninguna mujer trans ni en ninguna otra parte. Hay un tema de organización muy importante que tienen que empezar. Es un movimiento que lleva muy poco aún; igual nos pasó a nosotras, nos tomó veinte años hasta que se nos prendió el foco de hacer una ONG, etcétera. Ahí hay un trabajo de la comunidad trans que tienen que enfrentar y asumir.

EA: Ahí hay un espacio, claro. Pero yo creo que sí se está haciendo un trabajo, aunque, a veces, los medios a través de los cuales podemos llegar a difundirlo, se cierran. Impulsados también por el feminismo radical, lo cual puede llegar a dificultar la difusión.

ML: Antes tampoco se abrían para hablar del aborto y lo que hacíamos era buscar amigos intelectuales que tenían entrada y nos colaba. Hay gente alrededor que los apoyaría. Se debe tener una estrategia, un mapa de actores de aliados, adversarios. Pero hay intelectuales a los que se les puede pedir que entiendan el asunto; pero se les tienen que dar argumentos, un escrito, invitarlos a un conversatorio, tienen que hacer estrategias organizativas.

EA: Claro, hay personas que apoyan la causa, en quien puede apoyarse la comunidad trans. Y qué bueno que mencionaste a Carlos Monsiváis, con este libro que lograron publicar poco después de su muerte, Braulio Peralta y tú. Un libro maravilloso: Que se abra esa puerta (2010). Para finalizar, ¿te gustaría agregar algo?

ML: Creo que es una causa justa, creo que hay mucho trabajo pedagógico que hacer en muchas intervenciones públicas, creo que sí tienen que desarrollar una red de aliados y aliadas. En la UNAM está Siobhan Guerrero, una investigadora trans, superaliada. Pensar políticamente en qué tipo de aliados deben tener. Yo creo que deben ir con las autoridades del metro, pedir una cita y que se explique por qué las mujeres trans deben ir en los vagones de mujeres y hacer a lo mejor este folleto. Y hay que diversificar las formas de protesta y encauzarlas en acciones muy aterrizadas. Les deseo mucha suerte, mucha, mucha suerte.

 

Ever Aceves es licenciado en Psicología por la UAEM. Ha publicado en las revistas: Replicante, Praxis, La Lengua de Sor Juana La libreta de Irma. Twitter: @aceves_ever.

[Ilustración: Víctor Solís – fuente: http://www.nexos.com.mx]