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xonxoworld: noviembre 2016

 

Écrit par Camille POUZOL

Chronique d’un duel, où le véritable combat qui se joue sur le ring est bien plus personnel qu’il n’y paraît… Direct du droit, crochet du gauche et uppercut graphique.

Le premier duelliste, Manolo Carot, dit Man, est un auteur espagnol qui commence à travailler dans l’illustration et dans la bande dessinée érotique chez Kiss Comic. Plusieurs œuvres ont été traduites à l’international (Universitarias, Huesos y tornillos) et il a également sorti chez Dargaud En sautant dans le vide (2008-2009), Mia (2008) et Le Client (2013). Le second duelliste, et même duettiste, Rubén del Rincón, est lui aussi espagnol. Il dessine surtout pour le marché français : avec Jean-David Morvan, Jolin la teigne (2005, 2006) chez Vents d’Ouest, Les trois mousquetaires (Delcourt, 2007-2010) et Insoumises (2016) aux Éditions du Long Bec. Il collabore à la revue Spirou.

L’œuvre que nous avons entre les mains est un travail commun, réalisé à quatre mains, pensé à la manière d’un combat où les deux dessinateurs s’affrontent, incarnant leur héros de papier respectif. Les règles de cette opposition artistique sont simples : l’absence de documentation, chacun étant libre de choisir son style graphique, et de grandes lignes pour le scénario, mais principalement l’improvisation. De cette rencontre musclée naît un objet singulier qui constitue sans conteste une des bonnes surprises de l’année 2018 et qui ornera de belle façon les bibliothèques.

Du fait de son hybridité, où le texte et l’image font partie de son langage, la bande dessinée accorde une importance centrale à la couverture. Elle vante sa valeur, cherche à éveiller l’intérêt et nous invite à la lecture. Pierre-Fresnault-Deruelle nous rappelle la dimension cruciale de ce seuil : « la couverture d’un album a cela de commun avec une affiche de cinéma qu’elle est à la fois une annonce (évidemment lacunaire) et un programme »   . Effectivement, quelle annonce, quel programme !

La diagonale du ring

Un format à l’italienne, qui se lit à l’horizontale, et une double couverture inversée : dans l’angle inférieur gauche, Rafa « Warmachine », l’instinct pur et animal, dessiné par Rubén del Rincón ; dans l’angle supérieur droit, Hector « The perfection », l’athlète et l’esthète, sous les traits de Manolo Carot. La diagonale du ring que le lecteur parcourt dans le sens choisi : il commence par l’histoire de l’un des deux boxeurs (103 pages chacun) et doit retourner l’album une fois au milieu pour poursuivre la lecture avec le second récit qui mène lui aussi à l’apothéose magistrale de la rencontre entre deux arts : le noble et le Neuvième. Le titre au singulier est un trompe-l’œil littéraire puisque le lecteur a l’illusion de tenir entre les mains la biographie d’un boxeur, en réalité il contient l’essence de la narration : il ne peut rester qu’un boxeur à l’issue de ce combat. Laurent, du DeLorean Boxing Club, est le trait d’union entre ses deux histoires personnelles, l’entraîneur qu’ils partageront à quelques années d’intervalle, personnage central dans le monde du pugilat tel Mickey Goldmill, mythique entraîneur de Rocky.

Rafa, fils d’un toréador, est issu des bas-fonds de la société. Guidé par la passion paternelle pour la boxe, il cherche à vivre de ce sport pour exister, mais son animalité et son imprudence sont autant de forces que de faiblesses pour affronter le succès et les coups bas de la vie. Hector est son opposé. Originaire des quartiers aisés, né avec une cuillère en argent dans la bouche, son père lui a tracé un chemin vers la gloire. Sa rencontre avec la boxe et son besoin de défis grippent la mécanique et révèlent une existence différente pour Hector l’esthète. Pourtant, la nécessité viscérale d’exiger et de trouver la place qu’ils méritent dans la société est leur moteur commun. Au fil de la narration, une constellation de personnages secondaires vient étoffer le récit, certains contribuent à la confrontation finale entre ces vies parallèles : Grebb, le second entraîneur, gueule cassée du noble art au langage fleuri ; Vicky, la jeune fille amoureuse de l’inaccessible boxeur, et Yassif, le bafoué ayant soif de vengeance.

Au-delà de la boxe, la vérité est ailleurs

Construits selon une structure antithétique claire – tout les oppose – Hector et Rafa se ressemblent davantage qu’ils ne le pensent. Ils ont tous les deux une profondeur indéniable, malmenés par la société et le monde qui les entoure, même si cela ne se vit pas de la même façon. Au-delà de la boxe, de cette ode au sport, qui constitue toutefois le fil conducteur du livre, la vérité est bel et bien ailleurs. Ce récit à quatre mains est une réflexion sur soi, sur les motivations qui poussent tout un chacun à se surpasser et dépasser les limites de son environnement et de son déterminisme, pour se révéler à soi et aux autres. Il est question de l’altérité et des préjugés, mais aussi de la relation filiale et de la nécessité de rechercher la gloire pour survivre et honorer la mémoire du père dans un cas, de vivre et de s’affranchir de la tutelle paternelle dans l’autre. Une bande dessinée dont l’épaisseur se situe tant au niveau des thèmes sociétaux abordés qu’à l’échelle du graphisme et du travail sur le découpage de la planche.

Mise en page et palette chromatique

El Boxeador                 Manolo CarotRuben  Del Rincon                            2018                                    Éditions Du Long Bec     208 pages

Le cœur du récit, une double-planche sur laquelle se rencontrent les deux titans, constitue bien évidemment l’apothéose graphique de cet album et absorbe le lecteur dans le récit, mais nous n’avons aucunement l’intention de vous en révéler la consistance, simplement celle de créer le désir. Pour en arriver à ce point, les dessinateurs utilisent les spécificités de la bande dessinée avec aisance, fluidité, et ce roman graphique ne se présente pas comme un concours de styles, mais comme un objet culturel où la planche, la case et la bulle sont pensées dans l’intérêt de l’histoire. Le graphisme de chaque auteur s’assimile au personnage auquel ils donnent vie : le trait plus onirique, plus esthétique de Manolo Carot pour incarner l’esthète Hector, alors que Rubén del Rincón adopte un trait plus réaliste, plus saccadé avec un découpage très irrégulier et varié, pour rendre en chair de papier l’existence de Rafa. Ces deux styles s’unissent dans la palette chromatique qui apparaît simpliste et limitée, autour du noir et blanc et du rouge, mais qui renforce en réalité le dynamisme et l’impact des scènes dessinées. La force, la furie et la passion sur la route qui mène à la ceinture de champion du monde !

En somme, une envolée graphique où le corps à corps dépasse la boxe, s’affranchit des esthétiques pour livrer une réflexion sur l’ambition, les contrastes et les aspirations de chacun.

 

 

 

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Falleció en Ginebra, a sus 91 años. Un encuentro con Walt Disney, a sus 10 años, signó su destino. Vivió en varios países y las mejores editoriales se disputaron sus dibujos, convertidos en piezas de culto.

Lilian Obligado, último adiós a la gran ilustradora argentina

Mirada pícara. Los dibujos de Lilian Obligado son parte de un legado invaluable. Foto: Andres D’Elia

Escrito por Verónica Abdala

Lilian Obligado pasó sus últimos días en Suiza, el país en el que había nacido su madre y en el que ella eligió vivir, a comienzos de la década del 80: se fue rodeada de un paisaje de ensueño, digno de los cuentos que ilustraba.

Asistida por sus hijos, Cristina y Sigismond de Vajay -artista plástico-, y mientras su cuerpo iba perdiendo fuerza, esperó la muerte escapando de a ratos de la cama para darle sorbitos a un brandy debajo de un tilo fresco que la invitaba a repasar su vida. Acababa de cumplir 90 años: ese día se dejó fotografiar sosteniendo gigantescos globos dorados.

La gran ilustradora argentina, que falleció el lunes 27 de septiembre, había tenido una vida nómade: nacida en 1931, pasó la infancia entre la Argentina y los Estados Unidos, donde a sus diez años conoció en California al mismísimo Walt Disney: un encuentro que marcó su destino. Entonces supo, repentinamente y de un modo misterioso, que lo suyo sería el dibujo.

Ilustraciones de Lilian Obligado.

Ilustración de Lilian Obligado

De regreso en Buenos Aires concurrió a las clases que impartía el profesor Puig, un hombre que le enseñó a dibujar retratos y animales: al descubrimiento de que podía recrear el mundo sin más elementos que un lápiz, sumó un talento innato, que sorprendió incluso al maestro.

En los años que siguieron, Obligado llegó a ilustrar unos 130 libros infantiles, e incluso uno escrito por el hombre más importante de su vida, su padre, titulado The Gaucho boy. Obra de la causalidad -¿o la magia?-, la muerte la alcanzaría justo un 27 de septiembre, la misma fecha en la que él había nacido.

Obligado era descendiente directa del escritor Rafael Obligado –su abuelo–, aunque también integraba un linaje de mujeres artistas: María Obligado, hermana de Rafael era pintora, y su sobrina es la escritora Clara Obligado.

La autora, que vive en España, evocaba así el impacto imborrable que la imagen de la joven Lilian le produjo en la niñez: “Entraba riéndose, trasmutaba las cosas, las volvía livianas y volvía a desaparecer. Tenía cara de gato, risa fácil un cuerpo menudo y espectacular, una melena oscura y ondulada como la de Ava Gardner.” La distinguía una “sensación indecible de libertad”, definió la escritora.

Lilian Obligado. La última foto. El humor y la ternura siempre estuvieron de su lado.

Lilian Obligado. La última foto. El humor y la ternura siempre estuvieron de su lado.

Cierta gracia inédita para dar vida a personajes y escenarios coloridos y de una ternura contagiosa llevaría a Lilian a convertirse, más temprano que tarde, en una profesional exitosa, que llegaron a disputarse las grandes casas editoriales durante sus años más prolíficos.

La artista publicó sus primeros dibujos en 1956, y fue también por aquellos años que se instaló en Nueva York, donde inició su etapa artística más fecunda: habrá que imaginarla, entonces, atravesando los corredores internos que unían oficinas y hasta edificios de la Quinta Avenida, en Nueva York, hasta con un trago en mano. « Las hice todas », contaba ella, risueña, en una entrevista que concedió a este diario tres años atrás.

Libros infantiles. llegó a ilustrar más de 130 títulos, que se imprimían en los Estados Unidos y se exportaban al mundo entero. / Foto: Archivo Clarín

Libros infantiles. llegó a ilustrar más de 130 títulos, que se imprimían en los Estados Unidos y se exportaban al mundo entero.         Foto: archivo Clarín

Por aquel tiempo trabajó para editoriales como Viking, Simon & Schuster, Random House, Golden Press, Western Publishing, Holiday House, Guild Press, Doubleday, Abelard, Flammarion y Gallimard. También escribió cuentos y adaptaciones de relatos clásicos.

El público argentino asomó a sus viñetas, historietas y pinturas partir de la gran retrospectiva que le dedicó el Museo Histórico Nacional en 2017. Fue entonces que muchos reconocimos su sello, característico de las portadas de los libros infantiles de amplia circulación en los años 70 y 80 en nuestro país: imposible permanecer indiferente a la belleza de esas composiciones que la convertirán con el tiempo, seguramente, en una artista de culto.

En 2017. Muestra de la ilustradora Lilian Obligado en el Museo Historico Nacional. / Foto: Andres D'Elia

En 2017. Muestra de la ilustradora Lilian Obligado en el Museo Histórico Nacional. Foto: Andres D’Elia

Los tres chanchitos, El patito feo, o la fábula de La tortuga y la liebre fueron algunos de los clásicos que produjo para algunas de las editoriales más importantes de Nueva York o París, las capitales desde donde sus dibujos se exportaban al mundo: Europa, Latinoamérica, incluso Japón.

Aquella muestra, titulada Trazos de vida se extendió durante cuatro meses en Buenos Aires y reunió por primera vez más de 300 dibujos entre bocetos, originales y portadas. Por fin, Lilian Obligado era profeta en su tierra.

La muestra porteña reunió más de  300 dibujos entre bocetos, originales y portadas. / Foto: Archivo Clarín

La muestra porteña reunió más de 300 dibujos entre bocetos, originales y portadas. Foto: archivo Clarín

 

[Fuente: http://www.clarin.com]

Lilian Obligado, illustratrice argentine, est décédée le lundi 4 octobre 2021. Elle avait 91 ans, et est née dans une famille d’artistes — son grand-père, Rafael Obligado, était un poète prestigieux et sa grand-tante, María Obligado, l’une des premières femmes peintres reconnues en Argentine.

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Elle accompagne son père en Californie, en 1940, et y rencontre Walt Disney. Elle a 10 ans à peine et, lorsque le fondateur des fameux studios lui montre des dessins d’animaux en mouvement, crayonnés préparatoires pour le film Bambi, la fillette déclare tout de go : « Je veux dessiner comme ça. »

De retour à Buenos Aires, elle s’inscrit à l’académie du professeur Puig qui lui apprend les rudiments du crayon et du pinceau. Elle est une élève studieuse et déterminée. « J’avais seize ans, j’avais gagné un peu d’argent et j’ai publié mon premier livre, La historia de mi amiga Sara (L’histoire de mon amie Sara). » Les animaux des rives du fleuve Paraná près duquel Lilian Obligado vit avec sa famille se retrouveront, un peu plus tard, dans ses albums.

Elle s’installe seule aux États-Unis et devient rapidement une illustratrice très sollicitée, notamment par les éditeurs Simon & Schuster, Random House, Golden Press, Western Publishing, Holiday House, Guild Press, Doubleday. Elle effectue plusieurs déménagements ultérieurs, à Paris puis à Vevey, en Suisse.

Au cours de sa longue carrière, Lilian Obligado a illustré, parfois écrit, variant les techniques (crayon, fusain, aquarelle, pastel), près de 200 ouvrages pour enfants et adolescents dont de nombreux Little Golden books.

Parmi les quelques titres publiés en France : Tim et Pierrot (1961), Si j’avais un petit chien (1986), Le joli bébé tigre (1972), Le petit chien noir (1972, avec un texte de Charlotte Zolotov).

L’édition de 1962, chez ‎Golden Press, de The Golden egg book, album très aimé des petits lecteurs américains, est signée Margaret Wise Brown et Lilian Obligado. L’édition française, en 1969, sous le titre La découverte du petit lapin, est publiée dans la collection « Les petits livres d’argent » des éditions des Deux coqs d’or.

« Ma vie a été un conte de fées et de sorcières », soulignait l’auteure. Discrète, fuyant les mondanités, Lilian Obligado profite d’un séjour à l’hôpital, en 2017, pour transformer sa chambre en atelier, travaillant à une rétrospective personnelle pour le Museo Histórico Nacional (Musée d’histoire nationale) de Buenos Aires.

La plupart des visiteurs découvrent la richesse de son travail à cette occasion. Plusieurs des images montrées dans l’exposition avaient illustré The Gaucho Boy (Viking, 1961), texte que Jorge Obligado avait confié à sa fille.

« Pour celles et ceux d’entre nous qui la connaissaient, la regarder peindre était comme assister à une séance de magie : avec un crayon et une feuille de papier, en deux secondes, elle capturait le geste d’un enfant, dessinait un chat », témoigne Verónica Abdala, journaliste pour Clarin.

 

[Photographie : croquis de Paris par Lilian Obligado, via Instagram – source : http://www.actualitte.com]

Il·lustrat per Elena Ferrándiz i amb edició de Care Santos, l’editorial Nórdica Libros publica ‘La cita y otros cuentos de terror’, una antologia amb deu contes de terror escrits per Emilia Pardo Bazán

Emilia Pardo Bazán

 

Escrit per Anna Carreras i Aubets

Il·lustrat per Elena Ferrándiz i amb edició de Care Santos, l’editorial Nórdica Libros publica una antologia amb deu contes de terror escrits per Emilia Pardo Bazán (A Coruña, 1851-Madrid, 1921). La cita y otros cuentos de terror presenta una faceta poc coneguda d’una autora polifacètica que, a banda de fer de traductora i d’escriure assaig, poesia, crítica literària, llibres de viatges, epistolaris, i la gran novel·la naturalista Los pazos de Ulloa, compta amb més de quatre-cents contes. Alguns d’ells van ser publicats en les revistes més prestigioses del moment, com ara «La Ilustración española y americana».

L’antologia seleccionada per Care Santos compta amb deu relats breus amb sorpresa final, de to lúgubre, macabre, fantasmal i fantàstic. Destaca, més enllà del subgènere i de la trama principal de cada conte, la voluntat de l’autora de manifestar una corrosiva crítica social a les desigualtats de l’època, sobretot la lluita femenina per assolir la mateixa veu i el mateix vot que els homes en un moment en què la misogínia li explotava a la cara per part de grans noms com Leopoldo Alas (Clarín), qui li recomanava que deixés la cultura i l’acadèmia i es posés a fumar. Pionera del feminisme radical i alhora neocatòlica, Pardo Bazán no es va deixar enfonsar i va deixar una extensa obra escrita que va representar una influència decisiva tant per contemporanis com per generacions futures.

Des de mascles fanfarrons que es pensen que tota dona caurà rendida als seus peus a robatoris senzills de joies sense moure el cul de la cadira, a relats vitals sobre el perdó o sobre la relació amb els vampirs o amb els ressuscitats, herències disputades entre germans, entre d’altres, són la mena de temàtiques heterogènies d’aquestes peces petites però magistrals escrites per Pardo Bazán. L’únic problema del llibre —i l’autora no en té cap mena de culpa— és la tria del títol, perquè, realment, de terror n’hi ha ben poc. Crear expectatives falses (la paraula «terror» remet immediatament a un tipus de narrativa que no apareix en aquest llibre) fa que el lector es desconcerti. Per sort, la prosa irònica, ben treballada, la perfecció formal, la creació de personatges i l’estiu exclusiu i brillant de Pardo Bazán fa que la lectura de La cita y otros cuentos de terror sigui un plaer, faci terror a la manera de Poe o Lovecraft o proposi sessions d’origami per a nens de primària.

La cita y otros cuentos de terror és l’herència de la influència del gènere fantàstic cultivat a Europa. Pardo Bazán el va saber nodrir del substrat folklòric propi de Galícia i de les supersticions associades en la cultura popular de la seva terra, afegint-hi, de collita pròpia, el component religiós. Al llibre hi llegim malsons que es tornen realitat, personatges folls, espectres del més enllà, monstres, la mort personificada i objectes dotats de qualitats sobrenaturals. Som davant d’una petita obra d’art amb unes il·lustracions meravelloses que ens ajudarà a entendre per què Emilia Pardo Bazán va ser una de les millors i més compromeses escriptores europees de finals del segle XIX i principis del XX.

[Font: http://www.nuvol.com]

A mostra puido verse por primeira vez en España no Espazo Fundación Telefónica de Madrid en 2016 e, desde entón, pasou en dez ocasións por diferentes centros do país.

Exposición 'A arte no cómic'. FUNDACIÓN TELEFÓNICA

Exposición ‘A arte no cómic’. FUNDACIÓN TELEFÓNICA

Por E.P.

Unha exposición recolle no Pazo da Cultura de Pontevedra ata o próximo 11 de novembro a visión de 70 ilustradores contemporáneos sobre grandes obras da pintura universal.

A mostra ‘A arte no cómic’, promovida polo Concello de Pontevedra e a Fundación Telefónica, foi inaugurada este xoves polo alcalde da cidade, Miguel Anxo Férnandez Lores, e a concelleira de Cultura, Carme Fouces.

Un acto de inauguración ao que tamén asistiron o director de Coñecemento e Cultura Dixital e do Espazo Fundación Teléfonica, Pablo Gonzalo, o historiador e comisario da mostra, Asier Mensuro, e a artista María Ferreiros.

En palabras da edil, trátase dunha exposición « distinta e renovada, moito máis grande que a orixinal », pois achega obra nova como a de María Ferreiros, que expón por primeira vez os orixinais do seu cómic Georgia O’Keeffe, creado durante o confinamento.

Asier Mensuro puxo en valor o talento co que conta a cidade grazas á Facultade de Belas Artes, da que saíu o artista Brais Rodríguez ou tamén O Garaxe Hermético do que procede Cynthia Alfonso, que creou obra nova en concreto para esta exposición.

Pola súa banda, o alcalde coincidiu coas palabras de Mensuro sobre o potencial e o talento co que conta esta capital e coas súas referencias a Pontevedra e o cómic. « Sempre está ben que estas cousas dígaas xente que non é de aquí para non parecer presumidos », ironizou.

« Orgullo de cidade e a cidadanía que a conforma. Este é un proxecto colectivo de cidade de vangarda », manifestou Fernández Lores, que tamén apuntou que a colaboración con Fundación Telefónica comezou hai varios meses organizando unhas xornadas formativas e dese encontro xurdiu a proposta de compartir os seus fondos de arte.

A mostra poderá visitarse ata o 11 de novembro no horario habitual da sala: de martes a venres de 18 a 21 horas. Durante o fin de semana, os sábados estará aberta de 12 a 14 e de 18 a 21 horas e os domingos de 12 a 14 horas. A mostra puido verse por primeira vez en España no Espazo Fundación Telefónica de Madrid en 2016 e, desde entón, pasou en dez ocasións por diferentes centros do país.

 

[Fonte: http://www.galiciaconfidencial.com]

O libro foi traducido por Adina Iona Vladu e está ilustrado pola artista Sara Lamas

A poetisa Luz Pozo Garza.

A poetisa Luz Pozo Garza

Escrito por M. GARCÍA

Unha camelia / One camellia blosson é ou título dá primeira antoloxía poética de Luz Pozo Garza traducida ao inglés. A publicación editada por Small Satations Press co apoio dá Xunta está formada por seis poemas así como ou Cuestionario Proust, que a autora luguesa respondera non ano 2010, fixando nel vos principais trazos e gustos dá súa personalidade. Ou libro está ilustrado pola artista Sara Lamas.

O xermolo desta publicación está na tradución dos poemas por parte da lingüista romanesa Adina Iona Vladu, que explica que tomou como referencia unha pequena antoloxía que xa fixera o tamén escritor Claudio Rodríguez Fer. «Tratábase duns poemas que Luz Pozo dedicara a Carmen Blanco e a el. Empecei a traducilos pola súa beleza e ver como resoaba a poesía de Luz, porque hai algúns temas que son universais», destacou Adina Iona Vladu, que incidiu especialmente na conexión entre mulleres que se fai, partindo de Li Yian, pasando por Rosalía e ata a propia Carmen Blanco, estudosa e crítica da poesía de Luz Pozo.

Canto á sororidade

A raíz desa tradución que fixera Adina Iona Vladu, que traballa no Instituto da Lingua Galega e formou parte do Centro Ramón Piñeiro para a Investigación en Humanidades, xurdiu a idea de publicar os textos nunha edición bilingüe en galego e inglés dos seis poemas, que son un canto á sororidade, unha exaltación do amor e unha oda a Galicia e á súa lingua.

Cal foi a maior dificultade á hora de traducir a poesía de Luz Pozo? «Foi o proceso de negociación co texto, no que me axudou moito un bo coñecedor da obra de Luz Pozo, como é Claudio Rodríguez Fer, que tamén me aclarou moitos dos significados. Foi unha tradución pasada pola miña propia sensibilidade, un diálogo coa voz de Luz e a lingua e literatura inglesa», respondeu a tradutora, que presentou este martes a antoloxía no pazo de San Roque de Santiago xunto ao secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García; o fillo da autora, Gonzalo Vázquez Pozo; o crítico literario Armando Requeixo e o editor Jonathan Dunne, que asistiu telematicamente e tamén participou na tradución.

García agradeceu o traballo á tradutora e destacou que sempre é unha alegría ver como obras literarias escritas en galego espertan interese máis alá de Galicia e son difundidas polo mundo adiante mediante traducións e en edicións bilingües. Ademais, amosouse convencido de que a poesía de Luz Pozo recollida na publicación vai espertar o interese dos lectores pola literatura e a lingua galegas.

 

[Imaxe: Marcos Míguez – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Elga Fernández Lamas é unha ilustradora galega que traballou para a Generalitat de Catalunya e para os concellos de Ferrol e Valencia, entre outros. A súa obra, moi colorida e vistosa, trata sobre todo temáticas vencelladas co mundo do rural e co papel da muller dentro da sociedade. O seu traballo pódese seguir en Instagram e na súa páxina web.

Elga Fernández leva seis anos dedicándose á ilustración de maneira profesional.

Por Xosé Barros

Cando comezou a interesarse polo mundo da ilustración?

Eu xa levaba moito tempo interesada na ilustración, pero foi en 2015 cando comecei a vela como algo ao que me podía dedicar e do que podía vivir. Ese ano fixen unha serie de postais para a cidade de Ferrol, e tiveron moito éxito entre a xente, compráronme moitas. A partir de aí, comezaron a chamarme máis para pedirme encargos, e o meu interese profesional comezou a crecer. Normalmente, os clientes póñense en contacto comigo a través de correo e acordamos as características e o prezo. Teño a sorte de ter traballos tanto aquí como noutras partes do Estado español. Traballei para a Generalitat de Catalunya, para o concello de Valencia, no Val de Arán…

Atopa tempo para facer ilustracións propias cando non está a traballar?

Si, é algo que me gusta moito. Na miña conta de Instagram teño subidas varias que son feitas por decisión propia e non por encargo. Para min está moi ben poder facelo, porque así podo dedicarme a facer ilustracións que me poidan encher máis persoalmente. Non sei por que, pero gústame moito tratar o mundo do rural e o mundo da muller desde un punto de vista moi colorido. Teñen unha parte protesta e de concienciación social, pero cunha perspectiva máis desenfadada.

No caso da ilustración, o sector está nun momento álxido, pero non che podo dicir tampouco que eu poida vivir ben dela. Estou nese momento no que, coa cantidade de traballo que teño, podo vivir dela, pero aínda me faltan un par de anos para alcanzar iso que a xente denomina vivir ben dun traballo

As súas ilustracións buscan transmitir algunha mensaxe, ou son simplemente unha manifestación visual?

A maioría das miñas ilustracións queren contar algo. Non me interesa demasiado non dicir nada, é algo que non me sae. Si que é certo que hai algunha que pode ser que non teña unha mensaxe implícita, pero son as menos. Por exemplo, debuxei o Pórtico da Gloria por pracer, pero habitualmente as ilustracións que confecciono teñen unha reivindicación da muller, como nun debuxo dunhas mariscadoras que fixen. Gústame que as mulleres sexan as protagonistas e que teñan algo interesante que amosar ao espectador.

Garda especial recordo dalgunha das ilustracións que confeccionou até o de agora?

Hai anos si que escollía algunha pola dificultade que me supuxera elaborala, pero agora mesmo estou nun punto no que me gustan moito todas as ilustracións que fago. Non teño ningunha en especial que poida dicir que me guste máis. Por responder a túa pregunta, fixen unha para a parada de Nazaret, no metro de Valencia, que desfrutei moito á hora de ilustrar. Nazaret é un barrio que está nunha situación bastante complicada, de abandono por parte das diferentes institucións, e o feito de que me escolleran a min para darlle algo de cor a esa parada en específico foi moi emocionante. Unha representación do que o barrio podería volver ser se se aposta por el.

Non semella unha boa época a nivel económico para vivir do sector artístico.

Penso que, no caso da ilustración, o sector está nun momento álxido, pero non che podo dicir tampouco que eu poida vivir ben dela. Estou nese momento no que, coa cantidade de traballo que teño, podo vivir dela, pero aínda me faltan un par de anos para alcanzar iso que a xente denomina vivir ben dun traballo. É un proceso longo. Non é sinxelo chegar a vivir exclusivamente da ilustración, pero iso non debería botar a xente nova atrás.

As institucións apoian o suficiente?

Penso que non. Hai certos organismos, como algúns concellos e partidos políticos, aos que si se lles nota que teñen certa sensibilidade pola cultura, e iso está ben, mais considero que hai outras moitas institucións que non pulan o máis mínimo polas artistas. Penso que é unha situación que se debería reverter.

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

El pintor tenía horror de las explicaciones, sobre todo las psicológicas y psicoanalíticas. La pintura expresa el misterio del mundo, y las explicaciones lo banalizan y lo empobrecen

Magritte – Las profundidades del placer, 1947

Escrito por ANTONIO MUÑOZ MOLINA

En el encuentro o el choque entre palabras e imágenes salta la chispa de poesía de René Magritte. Las imágenes tienen el esquematismo pedagógico de las ilustraciones en los cuadernos escolares de lectura y de caligrafía. Cada vez que firmaba un cuadro, Magritte escribía su apellido con la misma claridad esmerada con que lo habría escrito en una libreta de la escuela, quizás en una de esas hojas de líneas dobles que hacen todavía más regular la escritura. El mundo visual de Magritte está hecho de un repertorio limitado de objetos y figuras —casa, árbol, pipa, manzana, nube, cascabel, sombrero hongo, mujer desnuda, hombre de espaldas— que se repiten como las palabras de un vocabulario elemental, y que se multiplican y varían, no ya como imágenes sino como los signos semánticos de una escritura jeroglífica. Con mucha frecuencia, sobre todo en su primera época, Magritte se complace en un dibujo que parece torpe, en pinceladas toscas que no llegan a dar la sensación de volumen: quiere, sin duda, ironizar sobre el virtuosismo de la pintura académica, y también resaltar esa parte de esfuerzo y tentativa que hay en todo aprendizaje, en el prodigioso descubrimiento que hace cualquier niño cuando encuentra la equivalencia entre las imágenes, las palabras y las cosas, más poética todavía porque en gran parte es arbitraria, sometida a convenciones simplificadoras.

Pero donde las palabras y las imágenes chocan como partículas que desatan reacciones en cadena es en el encuentro entre el cuadro y su título, entre las figuras y las escenas con frecuencia impenetrables y los títulos asignados a ellas, que en lugar de explicar su misterio lo hacen más hermético, lo proyectan en direcciones inesperadas. Guillermo Solana, comisario entusiasta y sospecho que también omnisciente de la exposición de Magritte en el Thyssen, se inclina mucho sobre un cuadro y casi toca con el dedo índice un detalle revelador, como un detective que busca huellas en la escena de un crimen. Debajo de cada enigma que suscita uno de estos cuadros, explica Solana, hay otro enigma, y a veces otro más, y casi todos están conectados con los títulos. Magritte tenía horror de las explicaciones, sobre todo las psicológicas y psicoanalíticas que estuvieron tan de moda todo el siglo pasado. La pintura expresa el misterio del mundo, y las explicaciones lo banalizan y lo empobrecen. Frente a la prisa por interpretar cuanto antes, el título invita a una pausa respetuosa de contemplación, sugiere posibilidades que no necesitan formularse con palabras. Una mujer madura, opulenta, casi desnuda, en escorzo, bebe un vaso de agua delante de una ventana que da a un mar en calma, iluminado por un gajo de luna nueva que irradia una claridad como de plenilunio. En el cuerpo de la mujer hay una solidez escultórica. El cuadro, pintado en 1947, se titula Las profundidades del placer.

EL MISTERIO ES SIEMPRE MÁS ATRACTIVO QUE LA SOLUCIÓN; LA POESÍA DEL ARRANQUE RARA VEZ PERDURA INTACTA HASTA EL DESENLACE

Magritte nació en 1898. Su primera adolescencia coincide con el advenimiento del cine mudo, de las revistas ilustradas, de las novelas populares de crímenes con portadas truculentas, protagonizadas por criminales o ladrones como Fantômas o Arsène Lupin. Los carteles de las películas y las portadas de las novelas, con sus títulos en tipografías muy llamativas, estaban pensados para suscitar la promesa inmediata y arrebatadora de una cadena de misterios avanzando a un ritmo muy rápido hasta la revelación final. El misterio es siempre más atractivo que la solución; la poesía del arranque rara vez perdura intacta hasta el desenlace. “El misterio participa de lo sobrenatural, y aun de lo divino”, dice Borges: “La solución, del juego de manos”. Lo mejor de muchas películas que vimos de niños eran los grandes carteles que las anunciaban a las puertas de los cines, y los títulos admirables que nos desataban la imaginación con promesas narrativas que muy pocas veces llegaron a cumplirse. En su biografía de Magritte, Michel Draguet repasa los títulos de novelas baratas y películas que veía de adolescente, y algunos de ellos parecen anticipaciones de sus cuadros futuros: La muerte que mata, El coche nocturno, La mano cortada, El tren perdido, El asesino amenazado. Una puerta cerrada o entornada, una ventana con los cristales rotos, una mansión con las ventanas iluminadas, en medio de un bosque nocturno, una cortina roja que se abre como en los cines antiguos cuando se apagaban las luces y la proyección iba a empezar, una figura masculina de espaldas, del todo común y también impenetrable, que puede ser lo mismo un asesino que un detective, uno de esos asesinos de entreguerras que vestían trajes oscuros a medida y enterraban a sus víctimas en el jardín trasero: los cuadros que más nos seducen de René Magritte son los que nos hacen asomarnos al umbral de una historia de misterio que es más satisfactoria porque no precisamos saber la solución, o los que nos sitúan frente a una imposibilidad tan radical y sin embargo tan persuasiva y hasta humorística como las que aceptamos en el interior de algunos sueños.

Una mano cortada de yeso sujeta a una paloma. Un paisaje horizontal con un cielo de nubes dispersas resulta ser un muro pintado porque en él se abre una puerta que da a un bosque tupido y sombrío. Las cosas más comunes están sujetas a cambios monstruosos de escala. Una manzana ocupa una habitación entera. Un hombre que mide apenas unos centímetros parece más pequeño todavía porque cerca de él se alza una mujer gigante y desnuda. Cerca del suelo, en la puerta del fondo, una de esas puertas de Magritte que parecen cerrar por dentro habitaciones en las que se ha cometido un crimen inexplicable, hay un agujero que yo no habría advertido si no me lo señala Guillermo Solana. Puede ser el agujero por el que alguien se ha asomado furtivamente, alguien que espía algo tendido en el suelo. Solana me explica que es el punto de fuga hacia el que confluyen todas las líneas rectas en la perspectiva de la habitación.

El surrealismo reanimó la figura y la leyenda del artista romántico, el genio extravagante que actúa como un visionario y un promotor desvergonzado de sí mismo, a la manera de Dalí y de tantos otros —casi todos otros— que han venido después, ególatras solemnes. Magritte prefería la discreción de vestir traje oscuro y vivir en la neutra Bruselas, y no en París. Las caras de sus retratos suelen estar vueltas de espaldas, o bien ocultas por algo, una manzana, un paño blanco. Magritte ejerce un humorismo atónito, tocado de poesía, a la manera de Buster Keaton y de Luis Buñuel. Es un contemporáneo.

 

 

[Foto: ALAMY STOCK PHOTO – fuente: http://www.elpais.com]

L’Alliance française, mais pas seulement, rend hommage au Pérou avec « La huella de Monsieur Chat » : une fresque artistique qui a vocation à capturer et représenter les relations existantes entre la France, la Suisse et le Pérou. Mais également un signe de coopération culturelle et d’amitié. 

ActuaLitté

La fresque a été réalisée par les artistes Monsieur Chat et Gabriel Alayza, et se trouve sur la surface du mur latéral de l’hôtel Pullman Lima Miraflores, situé sur l’Avenida Larco, bloc 11, à Miraflores.

« Cette œuvre d’art s’aligne sur notre marque, car elle met en évidence le message de liberté, d’égalité et de solidarité qui existe entre les différentes institutions participantes et qui est mis à l’honneur avec ce projet », a déclaré Milagros Calderón, directrice générale de l’hôtel Pullman Lima Miraflores.

L’opportunité de célébrer la diversité environnementale, culturelle et linguistique du Pérou, mais également des valeurs communes. Une devise générale, « Liberté, Égalité, Solidarité » : des valeurs communes qui favorisent la relation entre ces pays.

Le personnage “iconique” de Monsieur Chat

Le célèbre chat est né en 1997, inspiré par le dessin d’une petite fille. 24 ans plus tard, après l’avoir fait voyager sur tous les continents, Thoma Vuille, dit « Monsieur Chat », continue de faire peindre ce personnage iconique. L’optique constante : véhiculer un message d’espoir et de joie.

Figure emblématique du street art français, le chat jaune et joyeux sourit sur les façades de nombreux bâtiments, en France et dans le monde. Il égrène ses clins d’œil et « mets de l’humain et de l’amour dans la ville », comme le dit Thoma Vuille lui-même, l’artiste qui égaye la grisaille urbaine de son pinceau.

[Source : http://www.actualitte.com]

El Malba celebrará en septiembre su 20° aniversario con una exposición antológica dedicada al pintor y dibujante uruguayo, descendiente de españoles, que vivió entre dos continentes

Quiosco de Canaletas, 1918, Colección Malba

Escrito por Celina Chatruc

Dulces, té, café y “vino malo de dos pesetas la botella”. Eso ofreció Federico García Lorca a los amigos reunidos en su habitación de la Residencia de Estudiantes de Madrid, en 1921. “El inconmensurable Barradas hizo dibujos de la escuela simultaneísta que acaba de nacer”, contó a su familia el poeta granadino en una carta. Se refería a Rafael, artista uruguayo que había diseñado el vestuario de su primera obra de teatro y era habitué de tertulias con Salvador Dalí, Luis Buñuel, Ramón Gómez de la Serna, Guillermo de Torre y los hermanos Borges: Norah y Jorge Luis.

El circo más lindo del mundo, 1918, Colección Malba

Casi una década antes, cuando se disponía a cruzar el Atlántico tras iniciar su carrera con caricaturas e ilustraciones, el pintor y dibujante descendiente de españoles había tenido menos suerte con la crítica. “Dentro del arte caben todas las manifestaciones siempre y cuando sean estéticas. Ahí no hay nada de eso. Solo cuatro trazos a brocha gorda: una monstruosidad”, escribió Gerónimo Colombo en La democracia de Montevideo sobre Los emigrantes, pintura que recreaba el movimiento en el puerto rioplatense.

La Catalana tren de caballos, 1918, Coleección MNAV

El tiempo demostraría lo contrario. Desde el 21 de septiembre, el Malba celebrará su 20° aniversario con la exposición antológica Rafael Barradas: hombre flecha, que reunirá más de 130 obras provenientes de la Colección del Museo Nacional de Artes Visuales (MNAV), junto a una selección de importantes préstamos de colecciones privadas y públicas de Montevideo y de Buenos Aires. Se centrará en el período de 1913 a 1923, cuando el artista residió en Barcelona y Madrid, e incluirá obras de Joaquín Torres-García para mostrar “el estrecho vínculo entre estos dos referentes de la modernidad latinoamericana”. Además de ser amigos y exponer juntos, ambos intercambiaron opiniones sobre el vibracionismo, movimiento creado por Barradas y asociado con el cubismo y el futurismo.

Naturaleza muerta con carta de Torres García, 1919, Colección MNAV

Este último escribe, en una carta de 1919: “Torres […] hace cosa de cuatro o cinco meses, un día, estando VIENDO en un café, pasó un batallón, es decir, unos sonidos de trompas y tambores y unas campanas de tranvías. Simultáneamente sonaba un piano en el café, pero que quedaba fuera del café. VIBRABAN todas las cosas, que en realidad no lo son. YO VIBRABA de tal manera que CREABA las COSAS”.

Zíngaras, 1919, Colección MNAV

Y de otra de 1926, donde reflexiona sobre los procesos creativos de ambos, surge el título de la muestra del Malba: “Pasa, con [Pedro] Figari, lo que pasa con nuestras cosas. Pasa lo único que tiene que pasar. Es hombre camino, como nosotros. Hombre flecha, flecha que va a un blanco. Aunque no se dé en el blanco, ya es importante –tal vez lo único– tener blanco. Una flecha sin blanco no es flecha; es el caso de muchos hombres”.

 

[Fuente: http://www.lanacion.com.ar]

L’Institut du monde arabe (IMA) propose l’exposition « Divas. D’Oum Kalthoum à Dalida » assortie d’un catalogue. S’émancipant des influences européennes ou américaines, les artistes femmes chanteuses, danseuses ou artistes arabes ont concouru à un art spécifique par ses instruments, ses récits, ses mélodies, en étant souvent influencées par la renaissance musicale égyptienne (nahda).

Publié par Véronique Chemla

« Sur la route entre Beyrouth et Le Caire, une voix résonne. Dans l’intimité du voyage, où les chemins s’enfilent en rubans ornés de sable, le chauffeur entonne un refrain. C’est celui d’un morceau d’Oum Kalthoum. Nous voilà transportés par son chant, comme bercés par l’âme d’un peuple. Fayrouz, Warda, Sabah, les mélodies prodigieuses et légendaires des divas, leur ardeur, ont été le symbole d’une intense révolution artistique. La féérie de ces figures de l’âge d’or de la musique et du cinéma arabe est célébrée à l’IMA. Pour restituer fidèlement cette atmosphère mystique, l’exposition ouvre ainsi le passage vers la vie, l’histoire et l’art de ces musiciennes d’exceptions. Leur lyrisme suscite une douce et profonde émotion, invitant à découvrir de véritables trésors culturels. Héritiers et héritières de cette période d’effervescence artistique, dansent toujours sur leur rythme. Nous chantons et pleurons encore leurs poèmes immortels. La finesse, la délicatesse de ces voix restent. C’est aussi d’une force d’âme dont on se souvient. Ces rossignols sont des combattantes, des pionnières. Sur pellicule, les regards de Faten Hamama ou les danses endiablées d’Hind Rostom, de Samia Gamal et de Tahiyya Carioca n’auraient pu être possibles sans des luttes revendiquant une place et un statut. Elles ont clamé leurs hymnes à la liberté ! », a écrit Jack Lang, président de l’IMA.
Et Jack Lang de poursuivre : « Les questions de liberté de la femme dans le monde arabe font souvent l’objet de raccourcis et d’amalgames. Cette exposition m’est alors apparue comme nécessaire et primordiale. Laissons les artistes, chercheurs et intellectuels s’exprimer, mettre des mots et des concepts sur le sujet. L’art, le talent, la puissance de ces divas, leur ont permis d’accéder à une posture à la frontière du sacré. Elles savent exalter et galvaniser le public, l’émerveiller, l’entraîner au paroxysme de l’émotion. Donnant à voir un genre nouveau, à la fois majestueux, libre et poétique, elles sont des femmes émancipées et engagées. Dalida, Warda, Fayrouz ou encore Faten Hamama, ces divines divas, iconiques déesses je les admire ! J’ai eu l’immense chance d’assister à des concerts aussi mémorables que celui d’Oum Kalthoum au Caire. Je m’abandonne encore à ce monde raffiné, céleste et enchanté, entre envolées, rêves et murmures. C’est donc aux admirateurs, aux mélomanes, aux curieux, épris de cet univers fabuleux, transcendant, désireux d’être plongé dans cette lumière, que cette exposition est dédiée. »
« L’Institut du monde arabe rend un hommage unique aux plus grandes artistes femmes de la musique et du cinéma arabes du XXe siècle, avec une exposition événement qui célèbre à la fois leur histoire et leur héritage contemporain. »
« Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida dresse les portraits épiques et étonnants des divas de l’« âge d’or » de la chanson et du cinéma arabes, à travers un parcours abondamment nourri de photographies d’époque, souvent inédites, d’extraits de films ou de concerts mythiques, d’affiches cinématographiques au graphisme glamour, de magnifiques robes de scène, d’objets personnels et d’interviews rares. »
« D’Oum Kalthoum à Warda al-Djazaïria, d’Asmahan à Fayrouz, de Laila Mourad à Samia Gamal, en passant par Souad Hosni, Sabah, sans oublier la toute jeune Dalida, l’exposition se veut un fabuleux voyage au cœur des vies et de l’art de ces chanteuses et actrices de légende, mais également une exploration des changements profonds qu’elles ont portés. Icônes intemporelles, femmes puissantes, symboles adulés dans les sociétés arabes d’après-guerre, ces divas aux carrières exceptionnelles s’imposent du Caire à Beyrouth, du Maghreb à Paris, incarnant une période d’effervescence artistique et intellectuelle, une nouvelle image de la femme, ainsi que le renouveau politique national qui s’exprime du début des années 1920, notamment en Égypte, jusqu’aux années 1970. L’exposition met ainsi en lumière, à travers ces divas, l’histoire sociale des femmes arabes et la naissance du féminisme au sein de ces sociétés patriarcales, leur participation au panarabisme et aux luttes d’indépendance dans les contextes de la colonisation et de la décolonisation, et – avant tout – leur rôle central dans les différents domaines artistiques qu’elles ont contribué à révolutionner. »
« Sur une superficie de 1 000 mètres carrés, l’exposition se déploie en quatre grands moments. Le visiteur rencontrera successivement les femmes pionnières et avant-gardistes féministes dans Le Caire cosmopolite des années 1920 ; les divas aux voix d’or que furent Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz et Asmahan durant la période 1940-1970 ; les productions cinématographiques de « Nilwood » et le succès des comédies musicales égyptiennes qui consacrent les divas actrices telles que Laila Mourad, Samia Gamal, Sabah, Tahiyya Carioca, Hind Rostom ou Dalida. »
« La dernière partie de l’exposition met en valeur les regards d’artistes d’aujourd’hui sur ces divas, dont l’héritage est une profonde source d’inspiration pour toute une nouvelle génération. La photographe et vidéaste libanaise Randa Mirza associée au musicien et compositeur hip hop Waël Kodeih, les plasticiens et plasticiennes Lamia Ziadé, Shirin Neshat – qui a offert une image de son film Looking for Oulm Khaltoum (2017) pour l’affiche de l’exposition – Youssef Nabil, le photographe Nabil Boutros… Création musicale holographique, installation vidéo, films, photomontages : autant d’œuvres fortes nées de ce patrimoine musical et iconographique unique réapproprié. »
« Autour de l’exposition, enfin, une riche programmation culturelle fera la part belle aux femmes en interrogeant leur place au sein des sociétés arabes actuelles au travers de concerts, de conférences, de projections de films et d’événements exceptionnels. »
« Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida, invite à découvrir des légendes de la musique et du cinéma arabe de 1920 aux années 1970. Oum Kalthoum, Asmahan, Fayrouz, Warda ou encore Sabah, Hind Rostom, Samia Gamal, Tahiyya Carioca, Faten Hamama, Souad Hosni, Dalida et tant d’autres, toutes ont contribué à une révolution artistique qui s’est jouée en Égypte et au Liban. Femmes puissantes, émancipées, avant-gardistes… Qui sont ces icônes qui furent les voix et les visages du monde arabe ? Quels enjeux de l’histoire politique, sociale et intellectuelle se dessinent derrière leurs vies et leurs carrières ? Ces trajectoires personnelles posent des questions aussi passionnantes que celles du dévoilement, du corps des femmes dans la société, de leur place dans les entreprises culturelles, de leur rôle et de leur image dans l’idéologie panarabe, ou encore des liens entre féminisme et art. Un regard inédit sur les femmes artistes dans le monde arabe est proposé dans cet ouvrage. 21 articles rédigés par des experts, historiens, sociologues, portent un éclairage nouveau sur ces questions. Plus de 200 illustrations rendent hommage à l’esthétisme d’un temps, celui de l’âge d’or de la chanson et du cinéma arabes qui continue à nourrir la création la plus actuelle. Du Caire à Beyrouth, en passant par le Maghreb et la France, ce catalogue fait (re)découvrir des personnalités exceptionnelles dont l’héritage est aujourd’hui encore une source d’inspiration pour de nombreux artistes ».
« LE CAIRE DES ANNÉES 1920 : LE TEMPS DES PIONNIÈRES ET DES PREMIÈRES DIVAS »
« L’exposition s’ouvre sur la ville du Caire au début du XXe siècle, au moment de l’apogée de la « Nahda », période de « renaissance intellectuelle » dont la capitale égyptienne est le centre actif et incontournable, attirant les artistes venus de tout le Moyen-Orient ».
« Alors que la scène artistique fut au siècle précédent essentiellement dominée par des hommes, à partir des années 1920, les femmes sont de plus en plus nombreuses à revendiquer de nouvelles libertés, à s’imposer et à être partie de différents domaines artistiques et intellectuels ».
« Pionnières du mouvement féministe égyptien et arabe, Hoda Chaaraoui (1879-1947) et Ceza Nabaraoui (1897-1985) fondent, en 1923, l’Union féministe égyptienne pour la défense des droits des femmes. Hoda Chaaraoui est la première femme à se dévoiler publiquement ; Ceza Nabaraoui devient la rédactrice en chef de la revue féministe L’Égyptienne (Al-Misriyah) dont le sous-titre « Sociologie, féminisme, art » souligne les engagements politiques de ces femmes avant-gardistes. L’exposition se fait l’écho de ce militantisme pionnier en présentant les couvertures de L’Égyptienne, mais aussi celles de journaux satiriques et de divertissement comme le célèbre Rose al-Youssef, créé en 1925 par l’actrice Rose al-Youssef (1898-1958), qui participa au renouveau du théâtre égyptien dans l’entre-deux-guerres et anima l’un de ces salons littéraires très prisés et influents du Caire cosmopolite de cette époque. »
« Cette première partie de l’exposition rend également hommage aux premières divas, souvent aujourd’hui oubliées ou méconnues. De Mounira al-Mahdiyya (1885-1965), chanteuse, première actrice musulmane à apparaître sur scène et icône d’un âge d’or du café chantant et de l’opérette, à Badia Massabni (1892-1974), danseuse orientale (sharqî) et fondatrice de nouveaux lieux de spectacles et de concerts dont le fameux cabaret Casino Badia en plein cœur du Caire, d’Assia Dagher (1908-1986) à Aziza Amir (1901-1952), toutes deux figures engagées d’une industrie et d’une cinématographie égyptiennes naissantes, ces femmes ont profondément transformé et impulsé la vie artistique arabe, du cinéma à la chanson, de la danse au music-hall et au cabaret. Ces femmes artistes réussissent à défier la domination masculine sur la scène musicale et le divertissement ou à s’imposer dans les secteurs émergents des industries du disque et du cinéma. C’est grâce à ces pionnières, devenues chanteuses, danseuses, actrices, femmes d’affaires, entrepreneuses, productrices, réalisatrices, journalistes, militantes politiques du nationalisme arabe, que les grandes divas des années 1940-1970 ont pu exister et acquérir auprès de publics majoritairement masculins une reconnaissance incontestée. »
« La Chanson du cœur », le premier film chantant égyptien »
« Considéré comme le premier film parlant et chantant de l’histoire du cinéma égyptien, La Chanson du cœur (Onchoudet el-Fouad) a été réalisé en 1932 par Mario Volpe. »
« Le film a été restauré à partir d’un négatif original en nitrate conservé dans les collections de la Cinémathèque ; et d’un morceau chanté inscrit sur un disque Shellac 78 tours découvert par la Fondation pour l’Archivage et la Recherche de la Musique Arabe (AMAR). »
« Sa projection est l’un des temps forts de l’exposition. »
« La Chanson du cœur met en scène une grande chanteuse égyptienne, Nadra (1907-1990). Devenue également actrice, Nadra jouera dans de nombreux films musicaux. En ce début des années 1930 qui voit naître et se consolider l’industrie cinématographique égyptienne avec la création des studios Misr, Oum Kalthoum (Weddad, 1936), Mounira al-Mahdiyya (La Coquette, 1935), Badia Massabni (La Reine du music-hall, 1935) deviendront à sa suite les icônes féminines et les premières vedettes, parfois rivales, de ce genre nouveau qui fera la gloire et la domination du cinéma égyptien, ainsi que la popularité exceptionnelle de ces actrices chanteuses ou danseuses dans l’ensemble du monde arabe. »
« Figures du mouvement féministe arabe »
« Le salon littéraire fut l’un des lieux d’expression de l’émancipation de la parole des femmes : il fait ainsi émerger des figures féministes importantes comme May Ziadé (1886-1941). Autrice, romancière, journaliste, son salon du Caire fut un haut lieu de rencontre et d’échanges pour la bourgeoisie moderniste et l’intelligentsia égyptiennes. »
« Dès 1908, elle défend la liberté des femmes. Elle voit dans le droit au savoir et à l’éducation des petites filles les outils primordiaux de l’indépendance des femmes et de leur émancipation du carcan familial et patriarcal. Elle s’intéresse aux premières figures féminines et féministes du monde arabe : Aïcha Taymour (1840-1902) et Malak Hifnî Nasîf (1886-1918). »
« En 1908, Hoda Chaaraoui (1879-1947) fonde le Mabarrat Mohammed Ali al-Kabîr, société philanthropique qui s’attache à l’éducation des femmes. »
« Née dans une riche famille musulmane de Minya, au sud du Caire, Hoda Chaaraoui milite très tôt pour l’égalité homme-femme. En 1919, dans le contexte du mouvement d’indépendance égyptienne, elle crée la Société de la femme nouvelle destinée à favoriser l’alphabétisation des femmes et l’enseignement de l’hygiène. En 1923, elle fonde l’Union féministe égyptienne avec Ceza Nabaraoui (1897-1985) et crée la revue féministe L’Égyptienne dont Nabaraoui sera l’active rédactrice en chef. Toujours en 1923, les deux femmes, de retour de Rome où elles avaient assisté au Congrès international des femmes, se dévoilent en public. Désormais, elles apparaîtront tête découverte. Après la Seconde Guerre mondiale, Ceza Nabaraoui tentera de redonner vie à l’Union féministe égyptienne. »
« De l’intimité à la scène : dans la peau des grandes divas de la chanson »
« La figure de la diva émerge dans ce contexte de transformations culturelles, technologiques et médiatiques. Des années 1940 à la toute fin des années 1960, ces femmes, d’origines et de confessions différentes, vont susciter un engouement populaire extraordinaire dans l’ensemble des pays arabes et incarner, chacune de façon spécifique, l’idée d’une culture arabe commune. »
« Ce second moment de l’exposition est consacré aux « voix d’or » de la chanson arabe. Les visiteurs pourront entrer dans la vie intime et publique des quatre chanteuses d’exception choisies : Oum Kalthoum, Warda al-Djazaïria, Asmahan et Fayrouz. »
« Après une déambulation au cœur de l’espace privé des loges de chacune de ces divas, le visiteur pourra découvrir des extraits de chansons qui ont fait leur gloire, des interviews, des objets personnels, des photos de tournage et des scènes chantées de films dont elles furent les actrices. Il se retrouvera ensuite dans l’espace public de la scène, au rythme des photographies et projections d’extraits de leurs concerts mythiques. »
OUM KALTHOUM (v. 1900-1975)
« Celle qui fut surnommée « l’Astre de l’Orient » s’impose jusqu’à aujourd’hui comme la « plus remarquable artiste vocale du monde arabe du XXe siècle ».
« Devenue icône de la culture populaire, elle commence par bouleverser profondément les canons de la musique traditionnelle dont elle est issue, en initiant le passage du « takht » (ensemble instrumental classique) à l’orchestre composé de nombreux instruments à cordes. Symbole d’une nation égyptienne aspirant à l’indépendance et à la modernité, celle qui sera un soutien indéfectible du pouvoir nassérien à partir de 1952 fait se rencontrer en sa personne toutes les aspirations d’un « projet national égyptien ».
« Née dans l’Égypte rurale, Oum Kalthoum est formée très jeune par son père aux chants des hymnes religieux et à la récitation coranique. Remarquée par des célébrités de la chanson cairotes, elle donne quelques concerts au Caire au début des années 1920, puis s’y installe en 1924. Très rapidement, sa renommée grandit grâce, non seulement à de nombreux concerts, mais également aux premiers disques qu’elle enregistre. À partir de 1926, Oum Kalthoum gère sa carrière de façon très professionnelle et « entre dans le trio médiatique des trois grandes dames du chant arabe avec Mounira al-Mahdiyya et Fathiyya Ahmad »1.
« Le répertoire d’Oum Kalthoum est en majorité constitué de chansons sentimentales. La chanteuse va surtout donner naissance à un genre musical arabe nouveau : la chanson longue en plusieurs parties, mais également des opéras ou poèmes symphoniques occidentaux, et caractérisée par de larges temps d’improvisation. Au fil des décennies, Oum Kalthoum transforme l’orchestre oriental en introduisant des cordes frottées, des percussions et des instruments empruntés aux traditions occidentales comme le piano, la guitare, l’accordéon ou l’orgue. Les concerts d’Oum Kalthoum sont de véritables performances vocales et musicales. »
« Comme les autres divas de cette époque, Oum Kalthoum, parallèlement à sa carrière de chanteuse, tourne dans plusieurs films chantants. Entre 1936 et 1947, elle sera la vedette de six films, dont Weddad (1936), Le Chant de l’espoir (1937), Aïda (1942), Fatma (1947). »
« Proche de Gamal Abdel Nasser (1918-1970), fondateur du mouvement des Officiers libres qui, en 1952, renverse le roi Farouk et met en place la République égyptienne, Oum Kalthoum devient, à partir des années 1960, « l’ambassadrice symbolique de l’Égypte nassérienne »2.
« En 1967, en remerciement de son soutien pendant la Guerre des Six Jours, Oum Kalthoum se voit offrir par Nasser la réalisation d’un film biographique. Le cinéaste Youssef Chahine est chargé de ce projet qui ne verra jamais le jour. Néanmoins, Chahine ayant pu entamer son travail avec la diva, filma, en couleur, l’un des concerts d’Oum Kalthoum. Ces rushes sont projetés dans l’exposition. »
1.-2. Catalogue de l’exposition Divas, D’Oum Kalthoum à Dalida, p. 71, Frédéric Lagrange, « Oum Kalthoum, un projet national ».
Oum Kalthoum
• « Son style est inimitable : elle tient, dès son premier concert, son foulard qui sera son seul et unique effet scénique. Elle ne porte que des diamants sur scène et des perles en journée et ses lunettes noires soulagent ses yeux affaiblis par un glaucome.
• Appelée « L’Astre de l’Orient », elle est la plus grande chanteuse arabe de tous les temps.
• Elle chantait tous les premiers jeudis du mois à la radio et la légende veut que le monde arabe s’arrêtait pour l’écouter.
• Elle mène son public jusqu’à la transe lors de ses concerts pouvant durer plusieurs heures. Lors de ses deux représentations à l’Olympia, jouées à guichet fermés, Bruno Coquatrix s’inquiète. Deux chansons sont prévues au répertoire pour chaque soirée. Il ne savait pas que chacune d’elles durait 1h30.
• Lors de son enterrement, l’émotion fut tellement importante que son cercueil fut porté pendant plusieurs heures par la foule dans les rues du Caire. »
ASMAHAN (vers 1917-1944)
« Issue d’une famille princière druze, Amal al-Atrache, connue sous le nom de scène d’Asmahan, étudie la musique au Caire où sa mère musicienne et chanteuse est venue s’installer avec ses enfants en 1923. »
« Asmahan commence à se produire au début des années 1930 dans les cabarets de la capitale, et c’est à la radio nationale égyptienne (Radio Cairo) qu’elle débute sa carrière de chanteuse. Elle devient très vite célèbre grâce à ses enregistrements à la radio et au cinéma (Victoire de la jeunesse en 1942 ; Amour et Vengeance en 1944). D’un extraordinaire charisme sur scène, Asmahan a su s’entourer des meilleurs compositeurs (Mohammad al-Qasabgi, Riad al-Sunbati, son frère Farid al-Atrache, Zakaria Ahmad,…) et paroliers (Bayram al-Tunisi, Ahmed Shawqi, Ahmed Rami, Isma’il Hakim). Sa voix, « du contralto chaleureux au soprano dramatique »1, lui permet d’aborder un large éventail de tonalités, allant des influences occidentales au tarab, et des styles d’ornements vocaux, avec une grande maîtrise du maqâmât (système modal arabe) et de la mawâwîl (les improvisations vocales). »
Asmahan
« • Amal al-Atrache, princesse druze d’origine syro-libanaise, est née sur un bateau entre Izmir et Beyrouth en 1917.
• « Tu es née dans l’eau, dans l’eau tu périras », sont les mots d’une voyante qu’Asmahan aurait consulté à l’âge de 15 ans.
• Amal al-Atrache et son frère Farid al-Atrache étudient la musique et ont deux professeurs influents, Zakaria Ahmad et Daoud Hosni. Un jour, Amal interprète pour Daoud Hosni une chanson d’Oum Kalthoum.
Le compositeur lui donne alors le nom d’Asmahan, « La sublime ».
• Asmahan se produit très jeune dans les cabarets et les soirées privées où elle rencontre, vers 1930, le journaliste Mohammed el-Tabei, qui deviendra son plus proche confident. Il écrit : « Il se dégageait d’elle un sentiment extraordinaire, comme si toute la douceur du monde et toute la gravité des tragédies s’étaient confondues en elle… ».
• L’amplitude de sa voix et sa grande maîtrise technique la placent parmi les plus grandes chanteuses des années 1930 aux côtés d’Oum Kalthoum.
• Elle se marie deux fois avec son cousin, le prince Hassan al-Atrache, avec qui elle aura une fille, Camélia.
Sa vie rangée dans le djebel druze la fait sombrer dans la dépression. Elle le quitte à plusieurs reprises pour retrouver sa vie tumultueuse au Caire. Femme rebelle et indépendante, elle fume, boit et collectionne les amants.
Elle s’oppose aux colères de son autre frère Fouad, qui ne supporte pas la voir mener une vie dissolue.
• Ses rares apparitions et son image, connue grâce seulement à deux films, font d’elle l’objet d’un mythe. Elle meurt pendant le tournage du second Amour et Vengeance. Le réalisateur Youssef Wahbi sera obligé de changer la fin du film.
• Espionne pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se verra confier la mission par les Britanniques de convaincre les Druzes de laisser passer les Alliés dans le djebel.
• Elle meurt à l’âge de 27 ans noyée avec son ami Mary Baine. La voiture qui la conduisait sombre dans les eaux du Nil le 14 juillet 1944. Le conducteur de la Rolls-Royce Silver Ghost, qui remplaçait le chauffeur habituel, ne meurt pas. De nombreuses théories sur cette mort seront avancées et fascinent encore aujourd’hui. »
1. Catalogue de l’exposition Divas, D’Oum Kalthoum à Dalida, p. 84, Sherifa Zuhur « Asmahan : un modèle de musicalité ».
WARDA AL-DJAZAÏRIA (1939-2012)
« Née en France, à Puteaux, Warda Ftouki est la fille de Mohamed Ftouki, militant « nationaliste algérien, et d’une mère libanaise de confession musulmane. »
Warda commence à chanter à la fin des années 1940, dans le cabaret de son père, le « Tam Tam », au Quartier Latin. Dans les années 1950, elle passe sur Paris Inter de la radio télédiffusion française. »
« En 1955, le label Pathé Marconi produit son premier disque. »
« En faveur de l’indépendance de l’Algérie, Warda n’hésite pas à chanter des textes engagés, et voit sa célébrité grandir auprès des milieux algériens parisiens. Ses chansons sont diffusées dans tout le monde arabe où sa notoriété s’affirme, notamment au Caire. Au début de la guerre d’Algérie, en 1956, sa famille est expulsée vers le Liban. »
« À Beyrouth, la jeune chanteuse se produit dans les cabarets et prend le nom de Warda « al-Djazaïria » (« la Rose algérienne »). Sollicitée par Helmi Rafla, célèbre réalisateur de comédies musicales égyptiennes, Warda s’installe au Caire, à partir de 1959, et tourne deux films : Almaz et Abdou (1962) et La Princesse arabe (1963). Elle fréquente les milieux musicaux de la capitale et les plus grands musiciens arabes, et enrichit son répertoire de chansons d’amour. De l’indépendance de l’Algérie en 1962 jusqu’en 1972, Warda s’installe à Alger et suspend sa carrière. Au début des années 1970, elle redémarre une carrière en Égypte et épouse le compositeur Baligh Hamdi. Elle adopte alors un style intemporel de « diva orientale ». Elle est au sommet de sa gloire. De Paris à Beyrouth, du Caire à Alger, Warda connaît un succès immense avec plusieurs dizaines de millions d’albums vendus dans le monde et un répertoire de plus de 300 chansons portées par une voix exceptionnelle. »
Warda al-DjazaIria
« • Militante, elle interprète alors des chansons patriotiques en faveur de la décolonisation de l’Algérie et reverse une partie de ses recettes au FLN. Les plus grands artistes d’Égypte assistent à ses concerts.
• En 1956, la police soupçonne le cabaret Tam Tam de servir à cacher des armes pour les combattants du FLN.
• Ce n’est qu’en 1962, au moment de la décolonisation, que Warda découvre son pays l’Algérie. Elle rencontre alors celui qui deviendra son mari et le père de ses deux enfants, Djamel Kesri, qui lui impose de mettre un terme à sa carrière de chanteuse.
• Son style perpétue l’héritage d’Oum Kalthoum tout en innovant en introduisant des sonorités du Maghreb.
• En 1972, année de son retour au Caire, elle devient une diva adulée du monde arabe et reconnue par les plus grands compositeurs.
• Les morceaux plus pop qu’elle enregistre dans les années 1990 sont des succès remixés aujourd’hui dans les boîtes de nuit1. »
1. Les tubes des années 1990 : Je me sens bien avec toi / Batwanes beek (1992) ; J’ai cessé de t’aimer / Harramt ahibbak.
FAYROUZ (1934-)
« Née à Beyrouth, Fayrouz débute sa carrière comme jeune choriste de Radio Liban à la fin des années 1940. »
« Avec les compositeurs Assi et Mansour Rahbani, elle connaît une carrière fulgurante et participe au renouveau de la musique libanaise. La création en 1957 du Festival international de Baalbeck et ses éditions successives permettent aux frères Rahbani de créer un genre musical nouveau, « l’opérette libanaise », dont Fayrouz sera l’égérie. Fayrouz se fait aussi l’interprète de chansons mêlant des styles musicaux divers, à la fois orientaux et occidentaux, parfois avec des sonorités sud-américaines. »
« Celle qui incarne son pays et sa beauté tout comme sa tragédie et chante son amour pour le Liban, fait ses débuts au cinéma avec Le Vendeur de bagues (1965), réalisé par Youssef Chahine, et enchaîne les tournées dans les pays arabes (Damas, Amman, Alger, Oran, Constantine, Tunis, Rabat, Casablanca), en Europe (Londres, Paris), en Amérique latine, aux États-Unis et au Canada ».

« Au début des années 1970, Fayrouz devient l’interprète de son fils, Ziad Rahbani, compositeur et créateur du jazz oriental. En 1979, elle enregistre Seuls, avec des chansons jazzy composées par Ziad Rahbani. Cet album marque un renouveau dans la carrière de la chanteuse. »

Fayrouz
« • À Beyrouth, comme sa famille ne pouvait pas se procurer de radio, elle écoutait celle de ses voisins depuis sa cuisine.
• Alors qu’elle chantait l’hymne national à la fête de son école, un professeur du conservatoire la remarque. À 12 ans, elle rejoint le conservatoire et le chœur de la Radio du Proche-Orient, où elle finit soliste.
Elle prend alors le surnom de « Fayrouz », qui signifie Turquoise en arabe. Elle rencontre Assi et Mansour Rahbani, qui vont, avec son aide, révolutionner la chanson libanaise.
• Elle sait tout chanter et les frères Rahbani tout écrire, chansons, théâtres, opérettes. Le trio provoque, dès ses premiers titres, un véritable séisme dans le monde de la musique.
• Elle connaît une renommée internationale suite à ses chansons pour la Palestine. Elle devient alors l’âme et le cœur du monde arabe.
• Elle a toujours refusé de quitter le Liban trop longtemps.
Ainsi les réalisateurs Henri Barakat et Youssef Chahine vinrent travailler à Beyrouth pour elle.
• Arabe et libanaise avant tout, elle refuse de quitter son pays lors de la guerre civile libanaise et décide de ne plus chanter au Liban pour éviter les récupérations.
La légende veut qu’elle fût la seule à pouvoir traverser Beyrouth malgré les barrages pendant toute la durée du conflit.

• Son premier concert à Beyrouth en 1994 après 20 ans de silence reste un moment important dans l’histoire du Liban moderne.

• C’est par une rencontre avec la chanteuse, le 31 août 2020, que le président Emmanuel Macron débute son voyage officiel à Beyrouth après les violentes explosions qui y ont eu lieu. Le chef de l’État français lui a remis une décoration [Légion d’honneur, Ndlr] en signe de reconnaissance de son talent et de son engagement envers son pays. »

« La chanteuse libanaise, très appréciée par des générations de terroristes palestiniens, a essentiellement acquis son aura en chantant la “cause palestinienne”, avec surtout “Sa Narjeou Yawmane” (“Nous reviendrons un jour”), un hymne propagandiste dédié aux Palestiniens ayant quitté leurs maisons sur ordre des pays arabes dans l’attente de la destruction d’Israël. Elle dédie une autre chanson, “La fleur des villes”, à Jérusalem, après la défaite des troupes arabes contre Israël en 1967. En 2018, avec “Ela Mata Ya Rabbou” (Combien de temps, Seigneur?), elle chante en l’honneur des terroristes gazaouis de la “Grande Marche du Retour”, qui tentent jusqu’à aujourd’hui de rentrer illégalement en Israël pour tuer des civils. »

L’ÂGE D’OR DES STARS DE « HOLLYWOOD SUR LE NIL »
« Entre la fin des années 1930 et le début des années 1970, l’Égypte devient le quatrième producteur mondial de films. L’industrie cinématographique égyptienne connaît son « âge d’or » à partir du milieu des années 1940 et domine totalement le marché du cinéma arabe, avec des productions diffusées dans tous les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Pendant cette période de prospérité, entre 50 à 60 films sont réalisés par an. Le Caire devient « Hollywood sur Nil » ou « Nilwood ». La comédie musicale, la comédie et le mélodrame portent l’essor et le succès populaire de cette industrie, dont les premiers studios Misr furent créés en 1935 par Talaat Harb. »
« La ferveur du public pour la chanson et la danse dans les films dès les années 1930 conduit les producteurs à favoriser la comédie musicale, et jusque dans les années 1960, pas moins de 225 films musicaux dansants seront réalisés. Toutes les grandes divas de la chanson surfent sur la vague de ce genre nouveau. Si c’est le cas d’Oum Kalthoum ou d’Asmahan dans les années 1930-1940, le succès grandissant, au niveau mondial, du cinéma égyptien et des comédies musicales en particulier, voit naître le phénomène du star system avec ces divas actrices, appuyé par les magazines illustrés et les affiches de films au graphisme suggestif. »
« La troisième partie de l’exposition, consacrée à « Nilwood » et aux comédies musicales, met en avant ces divas actrices, chanteuses et/ou danseuses, au glamour fascinant : Laila Mourad, Souad Hosni, Sabah, Tahiyya Carioca, Samia Gamal, Hind Rostom, Dalida,… C’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les chorégraphies de Tahiyya Carioca (1919-1999), légende de la danse orientale et à l’affiche de plus de 120 films, la talentueuse Samia Gamal (1924-1994), qui débuta sa carrière au sein de la fameuse troupe de Badia Massabni, joua dans une cinquantaine de films et dont les numéros de danse dans La Danse de l’adieu (1954) ou dans Zanouba (1956) ont marqué l’époque des comédies musicales égyptiennes. »
SAMIA GAMAL
« • À huit ans, elle colle un papier sur la vitre de sa fenêtre pour se regarder danser dans le reflet. Son père la découvre et la place dans un atelier de couture au Caire.
• Son style mêle la danse orientale, les pas hollywoodiens et ceux du ballet classique avec des allusions latino-américaines.
• Elle est la première danseuse à utiliser des talons hauts.
• En 1944, Farid al-Atrache assiste à un spectacle qu’elle donne à l’Auberge des Pyramides1, établissement du Caire et lui propose de signer pour quatre comédies musicales. Une histoire d’amour naîtra entre les deux acteurs et leur couple deviendra un des plus mythiques du cinéma égyptien.
• Elle popularise la danse orientale et apparaît dans plus de 57 films entre 1940 et 1960.
• Après sa séparation avec Farid al-Atrache , elle part aux États-Unis faire une tournée et se fait connaître du public français avec Ali baba et les quarante voleurs en 1954.
• En 1952, elle épouse Sheppard King, un riche homme d’affaire texan qui se convertit à l’islam.
Leur mariage ne durera pas. Elle épouse Rushdy Abaza en 1958 et se retire définitivement du cinéma en 1972. »
1. « L’Auberge des Pyramides est un cabaret du Caire sur la route des Pyramides. Ce cabaret portait un nom français, il ne s’agit pas d’une traduction. Il y avait des spectacles de danses et de chants et s’y tenait l’élection de Miss Égypte mais également « de la plus belle baigneuse de l’année en maillot une pièce » et ils organisaient aussi un « Gala des plus jolies jambes ».
« D’autres divas marquent également cet âge d’or : Laila Mourad (1918-1995), star incontournable des comédies musicales des années 1940. Souad Hosni (1942-2001) qui joua dans plus de 75 films, de la comédie aux films policiers et aux mélodrames, ou encore la chanteuse libanaise Sabah (1925-2014) à la filmographie tout aussi impressionnante de plus d’une centaine de films, Hind Rostom (1926-2011) qui travailla avec les plus grands réalisateurs de l’époque, dont Youssef Chahine pour Gare centrale en 1958 ou encore Faten Hamama (1931-2015), icône du cinéma égyptien qui marqua par son talent pendant un demi-siècle en tournant avec les plus grands réalisateurs égyptiens tels que Ezzedine Zoulficar, Henri Barakat et Youssef Chahine. Elle forma avec Omar Sharif un des couples les plus légendaires du cinéma égyptien ».
Souad Hosni
« • Actrice emblématique du cinéma égyptien, elle est connue comme la « Cendrillon de l’écran arabe ».
• Cette brune espiègle et souriante incarne à merveille la jeunesse rêvée des années 1960. Alors que les Officiers libres viennent de renverser la monarchie égyptienne, elle devient avec Abdel Halim Hafez, l’emblème du « renversement de l’ordre ancien ».
• Elle joue dans soixante-quinze films, allant de la comédie aux films policiers et mélodramatiques.
• Elle est retrouvée morte le 21 juin 2011 après une chute de plusieurs étages. L’enquête conclut à un suicide mais les prises de parole de sa famille et des révélations sous-entendant un passé d’espionne sèment le doute chez ses fans. Sa mort tragique et mystérieuse participe à l’incroyable fascination qu’elle exerce encore. »
« Ces actrices sont portées par un esthétisme glamour influencé par les films américains hollywoodiens. »
Laila Mourad
« • D’origine juive, Laila Mourad commence à chanter à l’âge de 15 ans poussée par son père, chanteur respecté.
• Elle est choisie par le grand compositeur Mohammed Abdelwahab pour jouer dans son film Yahia el hob, un des premiers films égyptiens sorti en 1938.
• Sa voix sublime, reconnue par les plus grands réalisateurs et compositeurs, fut surnommée le « Carillon de l’Orient ».
• Elle devient la plus grande chanteuse de l’âge d’or du cinéma égyptien et aurait été désignée par Oum Kalthoum comme chanteuse officielle de la révolution égyptienne.
• Au sommet de sa gloire, elle met brusquement fin à sa carrière à seulement 38 ans. Les raisons de cet arrêt soudain restent inconnues. »
Faten Hamama
« • Faten Hamama débute sa carrière à 7 ans dans un film de Mohammed Karim, Jours heureux en 1939 et apparaît dans plus de 57 films jusqu’en 1993.
• Sa grande beauté et la richesse de son jeu d’actrice séduisent les plus grands réalisateurs : Ezzedine Zoulficar, Salah Abou Seif, Youssef Chahine.
• Elle est capable d’interpréter tous les rôles : des mélodrames populaires aux films réalistes et engagés en passant par les comédies musicales.
• Faten est mariée, quand en 1954, elle tourne Ciel d’Enfer de Youssef Chahine. Elle fait la connaissance sur le plateau du jeune premier Michel Chalhoub, futur Omar Sharif. C’est en tournant une scène de baiser que le réalisateur comprend ce qu’il est en train de se passer. Faten divorce peu de temps après et Michel, chrétien, se convertit à l’islam pour l’épouser et devient Omar Sharif. Un des couples les plus mythiques du cinéma égyptien venait de se former. »
« Affiches de cinéma, robes, extraits de comédies musicales, unes de magazines mettront à l’honneur à la fois le talent de ces actrices, leur sensualité, le caractère iconique de leur présence dans un cinéma égyptien et arabe du divertissement qui se veut aussi un outil « d’attraction et d’unification culturelle ».
Sabah
« • Sabah signifie matin, en arabe.
• Elle tire son surnom al-Chahroura, la merlette, de son petit village natal de la montagne chrétienne, à l’est de Beyrouth, à Wadi Chahrour, littéralement la « vallée du merle ».
• Une « Barbarella levantine », écrit le journal L’Orient-Le Jour.
• C’est à la demande de la pionnière du cinéma, Assia Dagher, qui avait besoin d’une Libanaise pour son film, qu’elle s’installe au Caire en 1944.
• En 1945, elle joue dans son premier film Le Cœur n’a qu’un seul amour d’Henri Barakat et bâtit sa carrière d’actrice sur sa voix d’or, capable de tenir une note plus d’une minute.
• Elle jouera ensuite dans une centaine de films et interprétera plus de 3 000 chansons.
• Sabah exigeait de présenter une chanson libanaise dans chacun de ses films. Elle contribua ainsi à internationaliser la musique libanaise.
• Sa chanson, Allô Beyrouth, aurait été la plus écoutée sur les scopitones1 des cafés arabes parisiens.
• Mariée sept fois, elle ne garde pas un grand souvenir de ses maris : « La plupart de mes mariages ont duré cinq ans. Au bout de la cinquième année, je deviens folle ! Ces hommes ont tous voulu gérer ma vie et ma carrière. En contrepartie, ils ne m’offraient rien » déclare-t-elle à L’Orient-Le Jour.
• Elle a été une des premières chanteuses arabes à se produire à l’Olympia à Paris, ainsi qu’au Carnegie Hall à New-York, au Piccadilly Théâtre à Londres et à l’Opéra de Sydney en Australie.
• Son sourire, ses boucles d’or, sa garde-robe pleine de frou-frous et de paillettes et sa vie privée très tumultueuse ont fait d’elle une icône du monde arabe.
1. Jukebox associant l’image au son »
« La fin de cette section abordera la fin de l’âge d’or des Divas, concomitante de l’arrêt progressif de la production des comédies musicales et de la disparition des acteurs politiques du panarabisme (Nasser en 1970). »
Hind Rostom 
« • Elle est connue pour être une des plus belles femmes du monde arabe et une de ses plus grandes actrices.
• Elle est la « Marilyn de l’Orient », car elle présente des ressemblances physiques troublantes avec la star américaine. Pour autant elle n’a pas toujours apprécié la comparaison avec Marilyn Monroe qu’elle jugeait réductrice.
• C’est une actrice et une danseuse hors pair. Dans ses premiers films, ce don lui vaudra souvent des rôles de danseuses de cabarets, sensuelles et dangereuses, ce qui lui vaut une réputation de grande séductrice.
• Femme de caractère et très combative, elle fait tout pour ne pas s’enfermer dans des rôles de faire-valoir et va s’imposer dans tous les styles, de la comédie au drame en passant par le polar psychologique.
• Sa renommée est telle qu’elle joue son propre rôle auprès d’Omar Sharif dans la comédie Rumeur d’amour. »
Tahiyya Carioca 
« • Elle a un nom qui n’a rien d’égyptien ! La samba alors appelée carioca est très à la mode dans les années 1930. Tahiyya n’hésite pas à intégrer ces sonorités à ses performances et, avec ce nom de scène, emprunte un peu à la mythologie hollywoodienne : Carioca étant le nom du premier film de Ginger Rogers et Fred Aster.
• Invitée à danser aux noces du roi Farouk en 1936, cette femme volcanique n’aurait pas hésité à gifler sa majesté qui lui aurait glissé un glaçon dans le décolleté !
• Son tempérament bien trempé et ses sympathies communistes la mèneront trois mois en prison en 1953 après l’avènement au pouvoir de Gamal Abdel Nasser.
• Elle s’est mariée 14 fois et ne garde pas une grande estime pour les hommes qui ont partagé sa vie qu’elle qualifie régulièrement de « salopards ».
• Sa fin de carrière se fait sur les planches, elle dirigera une troupe de théâtre qui porte son nom ainsi qu’un théâtre. »
https://youtu.be/SclFMPjkZ40
DALIDA (1933-1987)
Naissance du mythe en Égypte
« C’est grâce à l’industrie cinématographique égyptienne florissante que Dalida doit son entrée dans le monde des divas internationales. »
« Née au Caire en 1933, celle qui est encore Iolanda Gigliotti, issue d’une famille italienne installée dans la capitale égyptienne, devient Miss Égypte en 1954. Ce titre lui ouvre dans un premier temps les portes du cinéma égyptien. Dès 1954, elle joue un rôle de vamp dans Un verre, une cigarette de Niazi Mostafa, puis celui d’une femme fatale dans Le Masque de Toutankhamon, réalisé par le français Marco de Gastyne. »
« Dalida part alors pour Paris où elle débute une carrière de chanteuse à succès. »
« En 1977, Dalida reprend une chanson égyptienne de 1919, écrite par un auteur compositeur nationaliste, Salma Ya Salama. En France comme au Moyen-Orient, la chanson rencontre un succès extraordinaire. La chanteuse enchaîne avec un second titre entièrement en arabe, Helwa Ya Baladi, qui connaît le même retentissement. »
« En 1986, le cinéaste Youssef Chahine la choisit pour incarner l’héroïne dramatique de son film Le Sixième Jour. Dalida y interprète, en arabe, le rôle de Saddika, lavandière cairote, qui cherche à protéger son petit-fils de l’épidémie de choléra qui décime le Caire. »
« L’exposition consacre un espace particulier à la figure de Dalida et son rapport à l’Égypte. Plusieurs objets et documents provenant de la collection du frère et producteur de la chanteuse, Orlando, sont présentés : des photographies de Dalida remportant le concours de Miss Égypte en 1954, des images de tournage du film Le Masque de Toutankhamon. Seront également montrés des extraits d’Un verre, une cigarette et la tenue qu’elle portait pour chanter Salma Ya Salama, qui est conservée au Palais Galliera, à Paris. »
Dalida
« • Son vrai nom est Iolanda Gigliotti. Elle est née au Caire dans une famille d’immigrés italiens. Elle vit alors dans le quartier cosmopolite de Choubra avec sa mère adorée et ses deux frères. Son père est premier violon à l’Opéra du Caire.
• Elle parlait l’italien à la maison, le français et l’italien à l’école et l’arabe égyptien à l’extérieur.
• En 1954, sa participation au concours de Miss Égypte et ses photos en maillot léopard devenues mythiques lui ouvre les portes de cinéma égyptien.
• La même année, elle joue dans le film Le Masque de Toutankhamon, l’or du Nil. Dalida pour ce rôle fait une courte apparition où elle incarne une ténébreuse espionne qui doit séduire Gil Vidal lors d’une mémorable danse des sept voiles. Marco de Gastyne, réalisateur français de ce film, la convainc de quitter Le Caire pour Paris.
• Elle rencontre rapidement le succès en tant que chanteuse.
Elle devient pour Charles Trenet la « Pharaonne de la chanson française ».
• Elle revient une première fois au Caire en avril 1959, pour une série de concerts en français joués à guichet fermé aux légendaires cinémas Rivoli et Kasr al-Nil.
Dès lors, elle fera salle comble dans tous ses concerts en Égypte comme au Liban.
• C’est auréolée de gloire qu’en 1977, la star internationale, reprend une chanson du folklore égyptien, Salma Ya Salama qu’elle chantera en 6 langues ! Le succès en France et au Moyen-Orient est vertigineux. Son second titre enregistré Helwa Ya Baladi, rencontre le même enthousiasme. Ces deux chansons célèbrent son pays d’enfance, l’Égypte, la nostalgie, la douleur de l’exil et le réconfort de se savoir quelque part chez soi.
• Le rêve cinématographique de Dalida attendra 32 ans avant de se réaliser et c’est l’Égypte qui le lui offrira. Le grand réalisateur égyptien, Youssef Chahine, la choisit pour être l’héroïne du bouleversant film Le Sixième Jour (1986). Elle y incarne, en arabe, Saddika, une blanchisseuse, occasion inespérée de rompre avec son personnage glamour de chanteuse. »
https://youtu.be/XLCmJA1kzd8
« HÉRITAGE ET RÉSONANCES CONTEMPORAINES »
« Que ce soit dans la mode, le cinéma, les arts visuels ou les musiques actuelles, les divas de l’âge d’or de la chanson et du cinéma arabes fascinent les artistes contemporains. Ainsi, l’exposition se prolonge sur les résonances de la révolution artistique accomplie par ces divas arabes et sur la période culturelle et historique qu’elles incarnent dans la création actuelle. »
« Des oeuvres récentes d’artistes de renommée mondiale y sont présentées. »
« Youssef Nabil qui, depuis les années 1990, travaille la photographie argentique peinte à la main, afin de reproduire les couleurs passées des photographies anciennes, s’inspire du cinéma égyptien des années 1950. Dans une vidéo de 12 minutes, I Saved My Belly Dancer (2015), il célèbre la danse orientale qu’il craint de voir disparaître. »
« Nabil Boutros explore par ses clichés noir et blanc le quotidien égyptien, des rites religieux aux lieux de sociabilité, cafés ou mosquées. Dans sa série de photomontages, Futur antérieur (2017), il détourne des extraits de films égyptiens des années 1960 et questionne les aspirations déçues d’un avenir meilleur. »
« L’illustratrice et artiste franco-libanaise Lamia Zadié développe dans ses romans graphiques l’histoire du monde arabe. Dans son installation Ô nuit, Ô mes yeux, tirée du roman graphique du même nom (2015), elle lie les deux grandes stars de la chanson et du cinéma, Oum Kalthoum et Asmahan à l’évolution politique de la région, tout en retraçant la vie des divas, des cabarets et des cinémas du Caire. »
« Deux courts métrages issus du film que l’artiste irano-américaine Shirin Neshat a consacré, en 2017, à Oum Kalthoum sont présentés : Looking for Oum Kulthum. Le public pourra également découvrir des portraits de femmes artistes qui nourrissent depuis longtemps la réflexion de Neshat sur le rôle des femmes créatrices, particulièrement au Moyen-Orient. »
« Shirin Abu Shaqra propose une réflexion sur le temps qui passe, dans une vidéo où, Salma, diva oubliée, se remémore sa gloire d’autrefois. Passé et présent se confronte au rythme de la chanson Sulayma (1959) de l’artiste syrienne Zakia Hamdan (1927-1987), monologue sur l’amour déçu, l’abandon et la trahison. Enfin, le duo d’artistes Randa Mirza et Waël Kodeih ont créé spécialement pour l’exposition une installation sous forme d’hologrammes dédiée à deux figures de la danse et du cinéma égyptiens, Tahiyya Carioca et Samia Gamal, sur une bande-son composée à partir de morceaux populaires tirés de films égyptiens. »
« FRISE CHRONOLOGIQUE : L’ÂGE D’OR DES DIVAS »
« 1905-6
Mounira al-Mahdiyya fait partie des premières chanteuses à se produire sur une scène de spectacle.
1906
Mounira al-Mahdiyya enregistre ses premiers disques en 1906 pour la compagnie allemande Odéon sous le nom de Sett Mounira [Madame Mounira].
1917
Mounira al-Mahdiyya, première égyptienne musulmane à jouer dans une pièce de théâtre.
1923
Dévoilement d’Hoda Chaaraoui à son retour du congrès de l’alliance internationale des femmes.
1924
Arrivée d’Oum Kalthoum au Caire.
1926 
Oum Kalthoum enregistre son premier disque Si je te pardonne sur un texte écrit par le poète Ahmed Rami
1926-27
Leila, premier film muet égyptien produit par Aziza Amir et réalisé par Wedad Orfi et Stéphane Rosti.
Aziza Amir interprète aussi le rôle principal.
1932
La Chanson du cœur premier film parlant égyptien avec l’actrice et chanteuse Nadra.
1934
Oum Kalthoum signe un contrat avec Radio Le Caire qui lui permet de donner un concert directement retransmis tous les premiers jeudis du mois pendant vingt-sept ans.
1936
Wedad, premier rôle d’Oum Kalthoum au cinéma.
1942
Victoire de la jeunesse de Youssef Wahbi avec Asmahan.
1944
Amour et Vengeance de Youssef Wahbi avec Asmahan.
1944
Mort d’Asmahan.
1945-65
Âge d’or du cinéma égyptien avec plus de 225 comédies musicales produites.
1954
Concours de Miss Égypte et interprétation de deux rôles par Dalida dans des films égyptiens : Le Masque de Toutankhamon et Un verre, une cigarette (parution en 1955). Départ la même année de Dalida pour la France où elle débute une carrière de chanteuse.
1956
Fermeture du cabaret le TAM TAM à Paris, le père de Warda, propriétaire du lieu, étant accusé de cacher des armes pour le FLN. Départ de Warda pour Beyrouth, puis trois ans plus tard, elle s’installe en Égypte.
1957
Première représentation de Fayrouz au festival de Baalbeck.
1964
Début de la collaboration entre Oum Kalthoum et Mohammed Abdelwahab et parution de leur plus grand succès, Enta Omri (Tu es ma vie).
1965
Fayrouz dans Le Vendeur de bagues de Youssef Chahine
1967
Défaite de l’Égypte face à Israël : le chant de Fayrouz devient plus tragique. Elle chante. El Qods (Jérusalem).
1967
Concert d’Oum Kalthoum. à l’Olympia
1970
Concert d’Oum Kalthoum prévu à Moscou mais finalement annulé en raison de la mort du président Gamal Abdel Nasser. Épuisée et malade, elle chante encore en public jusqu’en 1973
1972
Retour de Warda sur scène après 10 ans d’absence pour fêter les 10 ans de l’indépendance de l’Algérie à la demande de Houari Boumédiène.
1975
Mort d’Oum Kalthoum.
Plus de 5 millions de personnes assistent aux funérailles.
1977
Les frères Rahbani composent leur dernière comédie musicale, Petra, présentée à Aman puis Damas puis au casino du Liban et au Picadilly.
Le Liban sombre dans le cauchemar de la guerre civile. Pendant dix-neuf ans elle ne chantera plus au Liban. Libanaise avant tout, elle refuse de quitter son pays. Sa carrière continue à l’international.
Parution de Salama ya salama de Dalida qui devient un succès international. Deux ans plus tard, Dalida enregistre son deuxième succès : Helwa ya Baladi
1979
Concerts de Fayrouz et Warda à l’Olympia.
1986
Dalida interprète le rôle de Saddika dans Le Sixième Jour de Youssef Chahine ».
« LE LEXIQUE DES DIVAS »
* « Une partie de ces définitions sont tirées ou adaptées du livre “Centralité de la musique égyptienne” de Philippe Vigreux »
« Danse sharqî
Ou danse orientale est née dans les cabarets du Caire à la fin des années 1920. Elle trouve son origine dans l’évolution de danses folkloriques comme le baladî pour s’adapter au goût d’un nouveau public notamment occidental..
Le costume évolue vers une tenue. de danse moderne, raffinée, ornée. de perles et de strass, accompagnée de voiles, de bijoux aux bras et à la tête. La danse sharqî envahit rapidement les écrans de cinéma égyptiens et se démocratise.
*Dawr (ou dôr, pl. adwâr)
Dawr (ou dôr, pl. adwâr) : pièce maîtresse du concert de musique savante à la fin du XIXe siècle et durant les deux premières décennies du XXe siècle. La première partie est une introduction chantée qui offre une version condensée des phrases mélodiques. La deuxième partie reprend chaque phrase de la première partie pour en offrir une version développée. Au début du XXe siècle un chœur vient accompagner le chanteur. Cette adjonction inaugure une forme de chant alterné où le chanteur répète plusieurs fois certains vers ou fragments de vers combinés selon son goût, apportant à chaque fois des variations « entérinées » par le chœur.
Layâlî
Improvisation vocale sur les mots « yâ lêlî, yâ ‘ên ? (ô nuit, ô [brûlure de] mes yeux) au cours de laquelle le chanteur fait montre de sa virtuosité à l’état pur. Élément introductif à d’autres formes du répertoire ou simple intermède en cours de chant, le layâlî s’individualise comme genre et moment esthétique. La traduction généralement admise (ô nuit, chère nuit) est un contresens. Il s’agit ici de l’œil brûlé par l’insomnie et les larmes du désir de l’aimée.
Maqâm (pl. maqâmât)
Système modal, organisation des échelles mélodiques.
Mawwàl (pl. mawâwîl)
Composition poétique chantée en arabe dialectal donnant lieu à. un type d’improvisation vocale basée essentiellement sur la modulation et la structure rythmique du vers.
Nilwood
Terme utilisé pour qualifier l’industrie cinématographique égyptienne à son apogée (1945-1965), on parle également d’Hollywood sur le Nil.
*Qasîda (pl. qasâ’id)
Adaptation musicale d’un poème en arabe classique d’inspiration profane ou religieuse, mettant en valeur l’improvisation vocale. La qasîda peut être soit composée ou semi-improvisée sur un rythme déterminé (wahda) soit entièrement improvisée et non soumise à un schéma rythmique fixe.
Studios Misr
Studios légendaires de l’“âge d’or” du cinéma égyptien. Fondés en 1935 par le banquier égyptien Talaat Harb, l’ouverture de ces studios représente un événement majeur dans l’histoire culturelle de l’Egypte. Le premier film produit par ces studios est Weddad. Film dans lequel Oum Kalthoum tient son premier rôle au cinéma.
Takht (pl. tukhût)
Ensemble instrumental de musique savante comprenant un oud (luth), un qânûn (cithare), un violon, un nây (flûte) et un riqq (tambour sur. cadre ou tambourin). Il s’étoffe à partir de 1930 et admet violoncelle.et contrebasse.
 *Taqsîm (pl. taqâsîm)
Développement instrumental ou vocal (taqsîm-layâlî) d’un mode, improvisation par laquelle l’instrumentiste, par un agencement mélodique et rythmique libre.
Taqtûqa (pl. taqâtîq)
Née avant le début du XXe siècle.et souvent considérée comme ancêtre de la chanson légère moderne (ughniya), elle était à l’origine exclusivement réservée aux femmes avant d’intégrer partiellement le répertoire masculin. Elle se compose d’une structure en couplets/refrain, faisant d’elle le type même de la chanson populaire facile à retenir. D’où sa vogue dès les années vingt, d’abord par le disque, puis au cinéma.
Tarab
Ou « extase musicale » est un phénomène, propre à la musique arabe, qui touche l’auditoire en concert. Il est généré par la concentration du public et la performance du chanteur ou de la chanteuse. Par la répétition, la variation de la même phrase et la créativité de son improvisation, il/elle mène le public jusqu’à une émotion artistique d’une grande intensité. »
« DIVAS, la collection capsule par Raphaëlle Macaron pour l’Institut du monde arabe »
« Miroirs de poche, sacs, carnets, posters, pochettes zippées, badges… l’illustratrice libanaise Raphaelle Macaron a imaginé pour l’institut du Monde Arabe des œuvres exclusives représentant trois grandes divas du monde arabe : Oum Kalthoum, Fayrouz et Warda. Pour chacune de ces divas, Raphaëlle Macaron – qui a déjà réalisé des covers pour Acid Arab et Habibi Funk et des illustrations pour le New York Time et Society – crée des univers rétro et aux couleurs pop, faisant référence à des concerts emblématiques présentés dans l’exposition ».
« Ces visuels sont déclinés sur toute une gamme de produits dérivés à découvrir sur la boutique en ligne de l’Institut du monde arabe. Des accessoires du quotidien et créations iconiques à prix doux à offrir ou à s’offrir d’urgence ! »
 « 5 questions à Raphaëlle Macaron
Vous dites volontiers que l’une de vos principales sources d’inspiration, c’est la musique que vous écoutez.
Les chansons d’Oum Kalthoum, Fayrouz et Warda font-elles partie de votre univers musical quotidien ?
Oui, la musique est ma source principale d’inspiration. Fayrouz, Oum Kalthoum et Warda ne font pas nécessairement partie de mon univers musical quotidien, mais ont définitivement marqué mon enfance et mon adolescence. Je les associe à des souvenirs familiaux tendres et sereins. Mais c’est une mémoire si forte que, parfois, elle est aussi source de nostalgie extrême. Je choisis donc mes moments pour les réécouter.
Quelle est la place de ces chanteuses dans le Liban d’aujourd’hui, auprès de la jeune génération – la vôtre ? Fayrouz est-elle toujours la diva adulée de tous ?
Fayrouz est encore une figure populaire très importante. Sa musique autant que son personnage sont un mythe au Liban.
« J’essaye souvent de raconter quelque chose, même s’il s’agit d’un simple dessin. » (Youtube, L’Orient-Le Jour, 2018) : qu’avez-vous eu envie de raconter en réalisant les affiches de Fayrouz, Warda et Oum Kalthoum ?
J’ai surtout eu envie de retranscrire l‘ambiances des 3 concerts de chacune des trois divas en question. À chacune correspond un univers et une présence sur scène spécifiques. Elles ont toutes un charisme puissant, impossible d’illustrer cela dans une affiche. Fayrouz par exemple, debout devant un orchestre et une armée de danseurs : elle captive toute l’attention avec ses yeux mi-clos. Ce qui est frappant dans ce concert, c’est le jeu d’éclairage : un puits de lumière sur elle, des ombres très fortes… Ça fait presque penser à l’expressionnisme allemand. Sur l’affiche, j’ai voulu représenter cette présence justement très imposante dans une forme qui reprend celle d’un spot lumineux.
J’ai aussi voulu me faire plaisir visuellement : pour l’affiche d’Oum Kalthoum, je me suis inspirée de l’imagerie des affiches traditionnelles du cinéma égyptien, peintes à la main, souvent avec un portrait en premier plan et un paysage en fond. Ce que j’aime dans ces compositions, c’est la liberté avec laquelle on représente un personnage entier, puis des détails, ou des scènes, un peu comme des packshots selon les codes d’affiches publicitaires. Son portrait de profil avec ses lunettes de soleil iconiques résonnait bien avec le profil du sphinx derrière elle. C’est d’ailleurs une photo connue d’elle devant les pyramides qui m’a inspirée – c’est une belle métaphore sur son importance dans la culture égyptienne.
Pour Warda, je me suis bien amusée à regarder ses costumes, ses coiffures, ses habillages de scène… je n’arrivais pas à décider quel look j’allais choisir, j’ai donc essayé de trouver une composition pour en mettre le plus possible !
Je ne saurais pas dire exactement pourquoi, mais je me suis inspirée des compositions des couvertures de vieux comics américains… peut-être pour exprimer son extravagance ?
Y a-t-il eu des spécificités à votre travail de création, dans la mesure où il était destiné à figurer sur des objets très divers ; êtes-vous partie des contraintes liées au support pour réaliser votre travail, ou avez-vous ébauché des projets, avant de vous atteler à leur adaptation sur le support ?
Pas vraiment, le travail d’affiche est très instinctif pour moi. J’ai donc commencé par les concevoir avec l’idée de pouvoir isoler des éléments pour le motif. J’ai essayé de créer ensuite un motif qui reprenait bien l’univers des trois divas et qui serait facilement adaptable sur tout support.
Vous n’avez quitté le Liban que depuis cinq ou six ans. Vous qualifieriez-vous de « Libanaise à Paris » ou d’artiste internationale ? 
Et quel impact a votre installation en France – particulièrement depuis que la pandémie interdit les voyages – sur votre travail ?
Je ne me qualifie pas tout court, les questions d’identité sont toujours plus complexes que ça. Je suis encore très ancrée au Liban malgré ma présence en France, mais celle-ci me donne la possibilité d’avoir le recul nécessaire pour en parler et surtout la possibilité de développer mon activité artistique. La pandémie et l’interdiction de voyage ont été d’autant plus difficiles à cause des multiples catastrophes qui ont frappées Beyrouth cette année : ça a été douloureux d’assister à cela de loin, dans une impuissance totale. Cependant, j’essaie de canaliser cette énergie dans mon travail. »

 

Du 27 janvier au 26 septembre 2021

Salles d’exposition (niveaux 1 et 2)
1, rue des Fossés-Saint-Bernard – Place Mohammed V
75005 Paris
Tél. : +33 (0)1 40 51 38 38
Du mardi au vendredi de 13 h à 18 h
Les samedis, dimanches et jours fériés de 13h à 19h
Fermé le lundi
Visuel :
Warda
© A.Sidoli et T.Rambaud_Divas

Les citations proviennent du dossier de presse.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

O gaúcho Carlo Giovani foi o criador da capa de ‘A revolução dos bichos’ publicada pelo selo ViaLeitura, da Edipro. Trabalho concorre com outras 14 produções internacionais. Ganhador será conhecido em 12/10.
A Revolução dos bichos by George Orwell

Criada em 1973, a Associação de Ilustradores (AOI) tornou-se o órgão profissional de ilustradores no Reino Unido e reúne mais de 2.700 associados.Desde 2002, a entidade realiza, anualmente, o World Illustration Awards (WIA), que dá reconhecimento a trabalhos de ilustradores do mundo todo em diversas categorias, incluindo, Capa de Livros, Livros, Publicações Infantis e Publicações Comerciais.

A ideia por trás do prêmio, segundo Ren Renwick, diretor geral da AOI, é oferecer uma plataforma “para descobrir novos ilustradores empolgantes”.

Nesta semana, o júri divulgou os finalistas da edição do prêmio em 2021 e há um brasileiro concorrendo na categoria Capa de Livros: o gaúcho Carlo Giovani, responsável pela capa da edição de A revolução dos bichos publicada pelo selo ViaLeitura, da Edipro. Ele é o único brasileiro entre os finalistas das categorias relacionadas ao livro.

Para criar a ilustração, Carlo fez uma colagem de papeis, criando um efeito tridimensional e finalizou digitalmente. O livro concorre com outros 14 trabalhos nessa categoria.

O júri da categoria Capa de Livros é formado por Livia Satriano (Itália), fundadora da Libri Belli; Mark Campbell (Austrália), diretor de criação e publisher da HarperCollins, e Alison Impey (EUA), diretora de arte sênior da Penguin Random House.

Todos os trabalhos selecionados nesta etapa da premiação farão parte do catálogo e da exposição de trabalhos de 2021 realizado pela WIA.

O anúncio do grande vencedor de cada uma das categorias, além de outros prêmios especiais, será feito no dia 12 de outubro.

[Fonte: http://www.publishnews.com.br]

Marie Darrieussecq signe un essai littéraire sur l’insomnie. Remarquable pour plusieurs raisons. Critique.

Écrit par Christine Bini

Le dernier ouvrage de Marie Darrieussecq est remarquable pour plusieurs raisons. La première tient peut-être au titre lui-même, qui, même sans point d’exclamation, a des airs d’injonction, comme on dirait « pas bouger ! » « Ne pas dormir » aurait tenu lieu de simple constat. « Pas dormir », c’est autre chose. Et effectivement, de ses années d’insomnies, Darrieussecq fait autre chose : autre chose qu’une autobiographie, qu’un retour sur soi autocentré, qu’une étude sur l’insomnie dans la littérature, qu’une plongée psychanalytique. Le livre est un peu tout cela, mais le tout est supérieur à la somme des parties.

« Le monde se divise entre ceux qui peuvent dormir, et ceux qui ne peuvent pas » lit-on au tout début du premier chapitre. Chacun divise le monde, effectivement, selon sa propre caractéristique première. Pour Darrieussecq, il y a les insomniaques et les dormeurs. À rencontrer, au fil des pages, les célébrités et les génies qui peuplent la partie insomniaque du monde, les dormeurs peuvent se sentir quelque peu déclassés… Il est vrai que l’insomnie est une souffrance, et que les bons dormeurs ne se focalisent sans doute pas, dans leurs œuvres, sur la bonne qualité de leur sommeil. Eux, ce qu’ils racontent et utilisent, ce sont leurs rêves. Darrieussecq l’insomniaque explore cette zone intermédiaire entre veille et sommeil, cette zone hypnagogique qui précède le sommeil véritable qui, lui, ne vient pas. Cette espèce d’espace duel donne accès à une autre forme de rêve, intéressante et douloureuse.

Le lit est le lieu habituel du sommeil. Pour Darrieussecq, le lit est un territoire multiple où l’on joue avec les enfants, où l’on grignote, où l’on écrit. Mauvaise idée ! Avec ironie, l’autrice envisage les erreurs qu’elle a pu commettre en utilisant à d’autres fins le lieu sacré du bien dormir. Le lit est le lieu de la sexualité et du sommeil, il ne doit pas se trouver dans la pièce où l’on travaille, surtout si l’on est écrivain. Voilà qui renvoie à Virginia Woolf que Darrieussecq a traduite, A Room of One’s OwnUn lieu à soi. Il faut un lieu pour travailler, et un autre pour dormir. Cela, dans l’idéal.

Marie Darrieussecq n’a pas toujours été insomniaque, elle s’en souvient et nous le raconte. Les souvenirs du bien dormir sont loin, mais présents : dormir n’importe où, sous la tente, dans le vent et le froid, être jeune et parcourir le monde, ou bien glisser dans le sommeil dans le roulis du train, encore aujourd’hui, c’est possible. Ce n’est pas l’avancée de l’âge qui a fait fuir le sommeil, c’est l’arrivée des enfants. Pas dormir devient plus que passionnant, réellement remarquable, quand s’ouvre la séquence sur les enfants : Darrieussecq est une mère consciente et impliquée, mais cela, bien des mères le sont. Ce qu’elle arrive à dire, et à écrire, dans une langue d’évidence, c’est que le sommeil l’a fuie lorsqu’elle est devenue mère : « Puis les enfants grandirent. Ils n’exigeaient plus de moi la disponibilité totale que les petits Sapiens sapiens sont éduqués à attendre de leur mère. Je pouvais m’assoupir sans que personne ne me réclame. » Et d’ajouter : « J’ai appris à faire la sieste. »

Pas dormir embrasse tous aspects de la vie et du vivant, il est à la fois un ouvrage parfaitement autobiographique et un recueil de réflexions sur la politique, la vie animale et sauvage, l’écologie, la poésie. Souvent drôle – la liste des somnifères et artefacts pour trouver le sommeil, les casques en résille et les capteurs pour contrôler l’activité cérébrale… – et parfois grave, mais grave n’est pas le bon mot, car une ironie féroce y est à l’œuvre, dans les passages sur l’alcoolisme pour ce qui concerne l’intime. Les forêts, les animaux disparus, la troisième paupière des chiens… Darrieussecq plonge au cœur du végétal et de l’animal, élargit son propos, le recentre sur la politique immédiate en évoquant le sort des migrants. D’une façon ou d’une autre, tous les livres de l’autrice sont présents dans Pas dormir.

Pas dormir est un livre remarquable, à ranger sans doute dans la catégorie « essais ». Essai sur un thème précis, essai sur soi et le monde, essai sur un mystère et une souffrance. L’ouvrage est balisé de notes de bas de pages très universitaires, et parsemé de photographies personnelles ou non, qui scandent le texte, non comme des respirations mais plutôt comme des ponctuations dénotatives. On remarquera et appréciera, à ce propos, l’illustration de la page 293, les petites mains d’enfants préhistoriques, vieilles de 27.000 ans, inscrites dans la grotte de Gargas. « Voyez les adultes tenir les bébés dans leurs bras puis choisir l’emplacement de leurs mains parmi les empreintes des grands. Voyez les adultes porter à bout de bras l’avenir, ce bébé. » Pour que l’avenir soit assuré, pour que les enfants grandissent, il faut que les adultes, les parents, veillent sur eux. Veillent, tout court.


Marie Darrieussecq, Pas dormir, éd. P.O.L, 9 septembre 2021, 320 p.

 

[Photo : Yann Diener/P.O.L. – source : http://www.laregledujeu.org]

Sotheby New York va mettre aux enchères un livre de prières illustré de Rosh HaShana et de Yom Kippour, vieux de 700 ans dont le prix devrait atteindre entre quatre et six millions de dollars. Le Luzzatto High Holiday Machzor est le plus ancien livre de prières juives jamais vendu aux enchères.

Nommé d’après l’un de ses propriétaires, le livre a été écrit et enluminé dans le sud de l’Allemagne vers la fin du 13ème ou le début du 14ème siècle par un artiste juif appelé Abraham. Il a ensuite été transmis aux communautés juives de France et d’Italie. Durant son périple, les différents propriétaires ont ajouté leurs commentaires en fonction de leurs coutumes locales. Les photos montrent que le livre contient de nombreuses prières qui continuent à être récitées par les communautés juives d’aujourd’hui.

L’organisation juive française à qui reviendra l’argent des enchères veut investir la somme dans des programmes de formation et l’octroi de bourses.

Voici le plus ancien livre de prières juives jamais vendu aux enchères : il s’agit du Luzzatto High Holiday Machzor 

 

[Photo : SOTHEBY’S par JTA – source : http://www.israelentreleslignes.com]

FotoTítol: Somia Philip Marlowe amb xais elèctrics
Autor: Diversos autors
Editorial: Alrevés
Col·lecció: crims.cat
Pàgines: 364
ISBN: 978-8418584145

‘Somia Philip Marlowe amb xais elèctrics?’ Amb l’esclat d’una pandèmia d’abast mundial que ha trasbalsat les nostres vides ens hem acostat perillosament a les ficcions distòpiques que hem llegit o vist al cinema, i hem volgut reflexionar sobre el que ens depararà el futur. El resultat és aquesta antologia, la primera d’aquestes característiques que es publica en català, a mig camí entre Raymond Chandler i Philip K. Dick, o, millor dit, entre la novel·la negra i la ciència-ficció.

Onze escriptors -Max Besora, Llort, Salvador Macip, Jordi de Manuel, Marc Pastor, Teresa Solana, Margarida Aritzeta, Andreu Martín, Jordi Nopca, Carme Torras i Anna Maria Villalonga- ens ofereixen un conjunt ric i divers de trames que sorprendran, entretindran i faran pensar, no només als lectors incondicionals de les històries d’aquests gèneres populars, sinó també a qualsevol lector amant de la bona literatura.

Cadascun dels contes va acompanyat de les originals il·lustracions de Betsy de Vós, afegint-hi una mirada fresca però també innocent, i fent una clicada d’ull a les generacions futures.

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Olvidamos llenar tres copas con vino ¿crees poder ubicarlas?

En esta ocasión el equipo de diseño de Noticieros Televisa realizó en exclusiva una ilustración en la que hay varias copas con vino, sin embargo, tres están vacías ¿crees poder dar con ellas?

Podría pensarse que estamos ante un ejercicio sencillo, pero no te confíes, el patrón de formas y colores de la imagen están hechos para confundir al ojo humano.

Si quieres agregarle un mayor grado de dificultad intenta resolverlo lo más rápido que puedas.

¿Estás listo? Te deseamos mucha suerte.

Encuentra tres copas sin vino, ilustración

 

¿Lograste dar con las copas que no tienen vino? ¿Cuánto te llevó hacerlo?

De no ser así, no te preocupes y mucho menos te estreses. La ventaja es que puedes realizar todos los intentos que quieras y unos párrafos adelante verás la respuesta.

Este tipo de retos, además de ser muy divertidos mantienen al cerebro activo, favorecen el desarrollo de las habilidades visuales, y hacen más dinámica y creativa a la mente.

Estos ejercicios se hicieron virales en los últimos meses al representar una forma de entretenimiento segura ante la pandemia de COVID-19, pues pueden resolverse en cuestión de minutos y sin necesidad de salir de casa.

¿Dónde están las copas sin vino?

 

[Fuente: noticieros.televisa.com]

Destinada a coleccionistas, bibliófilos, curiosos, investigadores y público general, la exposición -que se organiza desde 2004- permitirá conocer una diversidad de obras sobre papel, que abarca desde el siglo XV hasta primeras ediciones y piezas de colección del siglo XX de gran consideración entre coleccionistas en la actualidad.

Libros antiguos, raros, escasos y singulares serán exhibidos por 25 expositores durante la feria y los lectores podrán conocer de forma virtual algunos ejemplares atesorados.

La 14° Feria del Antiguo de Buenos Aires, organizada por la Asociación de Libreros Anticuarios de Argentina (Alada), se realizará este año de forma virtual entre el 1 y el 5 de septiembre, y a la típica exhibición de piezas raras sumará charlas vinculadas al mundo del libro antiguo de forma on line.

Libros antiguos, raros, escasos y singulares serán exhibidos por 25 expositores durante la feria y los lectores podrán conocer de forma virtual algunos ejemplares atesorados en las librerías y una selección de aquello que conservan.

Destinada a coleccionistas, bibliófilos, curiosos, investigadores y público general, la exposición -que se organiza desde 2004- permitirá conocer una diversidad de obras sobre papel, que abarca desde el siglo XV hasta primeras ediciones y piezas de colección del siglo XX de gran consideración entre coleccionistas en la actualidad.

A diferencia del libro usado, el libro antiguo se caracteriza por su rareza o escasez, por la exquisitez de su concepción, por las ilustraciones originales de un artista o porque lleva la dedicatoria manuscrita de su autor y sus ediciones habitualmente son limitadas y de corta tirada. Incluso, algunas ediciones ilustradas o cómics de hace un siglo adquieren en la Feria el estatus de pequeñas obras de arte.

En esta edición, la Feria también incluirá un programa de charlas, entrevistas y presentaciones que contará con la presencia de Víctor Aizenman, quien abrirá la Feria con una charla sobre bibliofilia, y Carlos Vertanessian, quien compartirá su mirada sobre los daguerrotipos y los letrados en nuestro país.

Por su parte, Sergio Pujol abordará al biógrafo como historiador cultural, el grupo de artistas « Obras de Papel » presentará su colección basada en la obra de J. L. Borges y Silvina Ocampo, y Ral Veroni presentará su « Teatrito Rioplatense de Entidades »; en tanto que Sol Rébora, Flor Goldztein, Fermina Ziaurriz y Elena Padín hablarán sobre la encuadernación, restauración y conservación del libro.

En el marco de otra charla, Natalia Méndez, Juan Olcese y Daniel Zachariah abordarán la historia del libro infantil; el director, autor, traductor teatral y actor Rafael Spregelburd disertará sobre « Lo ilegible »; y Mariana Docampo, directora de la « Colección Las Antiguas », expondrá sobre las primeras escritoras argentinas.

El programa completo de actividades, los horarios y las transmisiones podrán seguirse desde la página web de ALADA:

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

O ilustrador Pablo Prado sempre tivo claro que o seu era contar historias a través da imaxe. Nas librarías pódense atopar varias novelas gráficas coas súas bandas deseñadas: O derradeiro libro de Emma Olsen, con guión adaptado da novela de Berta Dávila; Os berros da motocicleta, con guión de Kiko Da Silva; O último festi, con Fernando Llor ou Nerea e o príncipe da sorte, con Miguel Rojo. En ilustración ten Versos de amor, con Manel Monteagudo. Actualmente reside en Madrid, aínda que esta entrevista levouse a cabo entre maletas e présas para voltar uns días á Ponteareas que o viu medrar.    

Coa paixón na banda deseñada, Pablo Prado está a ultimar novos proxectos da man de grandes das letras.

Coa paixón na banda deseñada, Pablo Prado está a ultimar novos proxectos da man de grandes das letras.

 

Escrito por A. Mera

En que proxectos estás a traballar na actualidade?
Estou de novo a traballar con Fernando Llor, guionista vigués e un dos grandes da banda deseñada. Trátase dunha historia ambientada nos 60, entre Madrid e a Galiza, protagonizada por un grupo de rapaces que teñen un cinema clandestino onde proxectan filmes prohibidos pola ditadura. Algo pasa e teñen que escapar… e chegan á Galiza, onde a historia continúa.

Como é ilustrar para grandes como Berta Dávila ou Kiko Da Silva?
É un luxo. A min imponme moito a escritura, non me sinto tan cómodo escribindo como si me sinto coa ilustración ou co debuxo. Por iso, como lector e fan dos seus traballos, é incríbel poder traballar con autoras consagradas como Berta Dávila ou autores como Kiko Da Silva.

Mais tamén te adentraches no mundo do videoclip.  
Foi moi bonito traballar no videoclip Semillas para Tremenda Jauría, e sobre todo crealo coas compañeiras de Illa Bufarda e con Cristian F. Caruncho. Ademais de compartirmos proxectos, partillamos amizade. Foi un pracer ver como esa amizade redundou nun traballo moi significativo para todas nós como foi este videoclip.

Dereitos e liberdades sempre están na túa obra. Nunha das túas últimas viñetas denunciabas a LGTBIfobia. 
Colaboro desde hai anos realizando viñetas con medios locais e comarcais, que tamén se editan no norte de Portugal, e tento reflectir nelas cuestións que van acontecendo pola nosa zona, a maioría das veces con crítica social e política.

Hai pouco que se formou en Ponteareas unha asociación en defensa dos dereitos das persoas LGTBI+ e realizaron un mural coa bandeira do Orgullo. Aos poucos días o mural foi vandalizado, precisamente dous días antes de que Vox puxera por primeira vez un posto informativo na nosa vila.

Desfixeron o mural pintándolle por riba a bandeira de España e escribindo consignas antivacinas. Iso si, ás poucas horas a veciñanza restaurouno. Deume moita rabia ese ataque e quixen denunciar e amosar solidariedade cunha viñeta criticando a LGTBIfobia.

Como valora a situación da ilustración galega? Somos unha potencia?  
Hai moitísimo talento e cada vez vai a máis. Aparecen moitos proxectos moi ilusionantes como o Garaxe Hermético de Kiko Da Silva, que está facendo historia da literatura galega, pois en moi pouco tempo conseguiu que xente moza logre publicar en editoriais de gran relevancia. Comeza a espertar ademais un crecente interese que antes non existía tanto pola banda deseñada como pola ilustración.

Estanse abrindo portas para a ilustración galega que durante moitos anos estiveron fechadas, e iso é moi esperanzador.

Por outra banda, está a situación de precariedade absoluta e xeneralizada en todo tipo de traballo cultural, especialmente na ilustración e na banda deseñada. Fai falla bastante apoio institucional á creación cultural en galego á promoción do que aquí se fai para que a xente se anime a seguir consumindo cultura en galego e gozando do potencial que ten a nosa terra, que é moi rico. Para comprobar que somos unha potencia só chega con reparar en nomes moi importantes a nivel internacional como Emma Ríos, David Rubín, Miguel Anxo Prado, Xulia Vicente, Miriam Iglesias, Zaida Novoa, Aldara Álvarez, Cristian F. Caruncho, Fonso Barreiro…

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]