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Les événements du “printemps arabe”, couplés à une utilisation de plus en plus importante des réseaux sociaux, ont provoqué le regain de popularité de plusieurs styles musicaux arabes, comme le raï, le chaâbi et le mahraganat.

Capture d’écran de la chanteuse israélienne Eden Ben Zaken, qui danse sur TikTok.

La musique n’a pas de frontières, et ça, TikTok l’a bien compris. Dans un article du quotidien israélien Ha’Aretz, la journaliste Khen Elmaleh explique comment les chansons arabes relayées sur la plateforme de vidéos ont gagné le cœur des Israéliens. C’est le cas notamment du chaâbi (dont le nom signifie “populaire”)un dérivé de la musique arabo-andalouse, et du mahraganat (“festival”), qui est de l’électro égyptienne. Auparavant, ces styles musicaux étaient généralement cantonnés aux événements familiaux, comme les mariages de couples arabes, et pouvaient s’étendre à une poignée de clubs branchés de Tel-Aviv.

https://youtu.be/lLlAxfIvDHo

“C’est un collage musical et visuel qui résume parfaitement le carrefour culturel auquel s’identifient les jeunes Israéliens aujourd’hui”, analyse la journaliste :

Entre les États-Unis et le Moyen-Orient, entre l’arabe et l’anglais, entre l’explosion du hip-hop et les hits arabes, et entre l’une des plus grandes stars du pays et deux vedettes de TikTok issues des milieux américano-libanais.

Ce remix n’est pas le seul qu’apprécie la communauté israélienne. En 2019, la chanteuse Inez fait revivre le titre Menak Wla Meni d’Ibtissam Tiskat. Un mashup qui a rencontré un véritable succès, si bien qu’il a été repris et traduit en hébreu par les artistes Hayotsrim et Doron Azulay. Une vidéo qui compte plus de 2 millions de vues à ce jour, et qui est reprise par de nombreux internautes sur TikTok.

Grâce à TikTok, la musique arabe est beaucoup plus accessible aujourd’hui en Israël. Pour Nadeem Karkabi, professeur en anthropologie à l’université de Haïfa cité par Ha’Aretz, “il est aussi beaucoup plus simple pour les artistes de trouver leur public sans passer par l’intermédiaire des maisons de disques ou de la radio”. Résultat, explique l’universitaire, la scène musicale est aujourd’hui “beaucoup plus démocratique”.

Affinités culturelles

Si la musique arabe rencontre tant de succès en ce moment, fait-il valoir, “cela tient également à certaines affinités culturelles et au fait que les gens ont l’oreille habituée à ce genre de mélodies”.

Ce n’est pas quelque chose d’étranger. On a toujours joué de la musique orientale [aussi appelée] ‘mizrahi’ ici, chez les Palestiniens autant que chez les Mizrahim – les Juifs du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.”

Il existe même, poursuit Nadeem Karkabi, “des traditions liturgiques reprenant des mélodies ou des chansons arabes ‘hébraïsées’ au fil des années, mais qui trouvent leurs origines dans des pays arabes”.

En outre, estime le chercheur, le “printemps arabe” a eu une importante influence sur l’industrie musicale : “L’Occident s’est davantage intéressé aux arts et à la musique arabes, et cet intérêt était indissociable des mouvements de révolte populaire”, raconte-t-il, prenant comme exemple le raï algérien.

C’est quelque chose que l’on peut lier aux processus politiques. Dans les années 1990, les ‘années de paix’, la musique arabe a explosé [en Israël] avec des interprètes comme Zehava Ben, qui chantaient en arabe et se produisaient pour le public palestinien.”

Aujourd’hui, il y a un regain d’intérêt, notamment au sein de la jeune génération qui souhaite se reconnecter au monde arabe. Et pour certains, conclut-il, il s’agit aussi de “renouer avec les lieux d’où leur famille est originaire”.

 

[Source : http://www.courrierinternational.com]

La Biblioteca Nacional de Israel anunció que en la colección figuran unos 120 dibujos, más de 200 cartas dirigidas a su amigo, el escritor Max Brod, y el original de su testamento literario en el que pedía que quemase todos sus escritos.

A 97 años de la muerte del escritor, la Biblioteca Nacional de Israel puso a disposición cartas, manuscritos y dibujos.

Tras ser recuperadas después de una batalla judicial que duró medio siglo y a 97 años de la muerte del escritor, la Biblioteca Nacional de Israel puso las cartas, manuscritos y dibujos del escritor checo Franz Kafka a disposición del público que quiera consultarlos por internet.

Según anunció la institución, en la colección figuran unos 120 dibujos, más de 200 cartas dirigidas a su amigo, el escritor Max Brod, y el original de su testamento literario en el que pedía que quemase todos sus escritos.

« La Biblioteca Nacional de la Colección Franz Kafka de Israel está ahora en línea por primera vez, después de un intenso proceso de conservación y restauración de trabajo, catalogación y digitalización de años. La colección, uno de los más grandes de su tipo, contiene docenas de manuscritos, cuadernos, cartas personales, dibujos y más », anunció la biblioteca en un comunicado.

En 1924, tras la muerte de Kafka, Brod decidió no obedecer el pedido del escritor y no destruyó los escritos. Quince años después, abandonó una Checoslovaquia ocupada por los nazis, y se instaló en Tel Aviv. En su equipaje llevaba los escritos y dibujos de Kafka. A lo largo de los años, publicó gran parte de esas obras y cimentó la fama del escritor a quien se considera una de las principales figuras literarias del siglo XX.

En 1968, tras la muerte de Brod, comenzó la disputa por los derechos de la obra y la polémica involucró a varios países, al ambiente universitario, a los herederos de Kafka y también a Brod. Tras un fallo de la justicia suiza de 2019, una parte de los archivos que estaban en una caja fuerte de Zurich fueron entregados en mayo de 2019 a la Biblioteca Nacional de Israel, con sede en Jerusalén.

La digitalización del valioso material fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama.

La digitalización del valioso material fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama.

Gran parte de los documentos que ahora se podrán consultar on line ya habían sido publicados por Brod. Es el caso de « Preparativos de Boda en el Campo », considerada la primera novela inacabada de Kafka. Sin embargo, los archivadores que trabajaron en la biblioteca prometen dos sorpresas: dibujos inéditos sin firma ni fecha y un cuaderno azul en el que Kafka había escrito en hebreo, firmado ‘K’, su firma habitual. En aquel cuaderno, por ejemplo, aparece un texto fechado en 1920, en el que Kafka le pide a su profesor de hebreo que no se enoje por los errores en sus ejercicios.

La digitalización fue realizada por el fotógrafo Ardon Bar-Hama y contó con el sponsoreo del empresario George Blumenthal.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

un fait isolé n’autorise pas de conclusion générale ; on ne peut tirer une généralité à partir d’un seul exemple

Origine et définition

Même si les hirondelles s’en moquent, on rappellera, juste pour la petite histoire, que le mot ‘printemps’ vient du latin « primus tempus » ou « premier temps » et désigne la première saison.
Les hirondelles sont des oiseaux migrateurs qui partent vers l’Afrique en septembre-octobre et qui reviennent dans nos contrées en mars-avril ; par conséquent les hirondelles sont de retour « dès le printemps revient » (air connu d’Hugues Aufray).
Il serait donc facile d’en déduire que si l’on voit une hirondelle, c’est que le printemps est là.
Hélas, on ne peut pas en faire une généralité, pour au moins trois raisons :
1. Les hirondelles ne sont pas infaillibles et certaines d’entre elles peuvent revenir plus tôt qu’elles ne devraient ;
2. Même si le printemps a officiellement commencé, les conditions météorologiques ne sont pas forcément celles spécifiques de cette saison, surtout lorsque l’hiver a tendance à se prolonger un peu ;
3. Et puis il y a celles qui, en raison d’une trop grande faiblesse, n’ont pas pu migrer et, parmi elles, celles qui auront résisté à l’hiver et donneront signe de vie bien plus tôt que leurs congénères voyageuses.
Du coup, il n’est pas toujours possible d’affirmer que le fait de voir une hirondelle suffise à confirmer qu’on est au printemps (au sens météorologique du terme, qui est celui qui intéresse les paysans desquels nous viennent souvent des dictons très sagaces[1]).
Notre expression est donc simplement une métaphore qui dit qu’on ne peut pas se baser sur un seul élément significatif pour en déduire une généralité.
Elle semble dater du début du XVIIe siècle dans sa version française, mais vient du modèle latin « una hirondo non facit ver »[2], lui-même venu du grec.
[1] Comme « pingouins dans les champs, hiver méchant » ou bien « neige en novembre, Noël en décembre », par exemple.
[2] On notera qu’il existe une version similaire de ce dicton dans beaucoup de langues mais que, bizarrement, dans certaines, c’est l’été qui est désigné et non le printemps. Déjà, en français, la première version signalée était « une arondelle n’ameine point l’esté », mais une des versions anglaises est aussi « one swallow does not make summer ».

Compléments

À propos de l’hirondelle, on peut aussi noter ce dicton :
« Hirondelle volant haut,
le temps sera beau,
hirondelle volant bas,
bientôt il pleuvra. »
Et il se vérifie généralement, simplement parce que, lorsqu’il fait mauvais, les insectes volent à basse altitude, mais remontent lorsqu’il fait beau. Oui, certes, mais et les hirondelles, dans tout ça, me direz-vous à bon escient ? Eh bien il se trouve que les hirondelles se nourrissent d’insectes. Elles volent donc là où ils sont.

Exemples

« (…) Christine Lagarde se rassure néanmoins de « ce ralentissement de la hausse ». La moyenne du nombre des nouveaux inscrits oscille entre 50 000 et 80 000 tous les mois depuis la crise. Un signe « relativement encourageant » aux yeux de la ministre de l’Économie qui invoque l’effet positif des mesures du gouvernement. Une hirondelle ne fait pas le printemps !, rétorquent les économistes, pronostiquant une année noire pour l’emploi. »
Le Parisien – Article du 26 juin 2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand

eine Schwalbe macht noch keinen Sommer

une hirondelle ne fait pas l’été
Anglais One swallow does not a summer make Une hirondelle ne fait point un été
Anglais

one swallow doesn’t make a summer

une hirondelle ne fait pas un été
Arabe الشاذ لا يقاس عليه

l’exception ne peut être une règle générale

Espagnol (Argentine) una golondrina no hace verano une hirondelle ne fait pas l’été
Espagnol (Espagne)

un garbanzo no hace un puchero

un pois chiche ne fait pas une marmite

Espagnol (Espagne) una flor no fa estiu une fleur ne fait pas l’été
Gallois un wennol ni wna wanwyn

une hirondelle ne fait pas un printemps

Hongrois egy fecske nem csinál nyarat une hirondelle ne fait pas l’été
Hébreu

אין מביאים ראיה מן השוטים (énn meviim réyia minn hachotim)

les robots ne prennent pas de preuves

Italien una rondine non fa primavera

une hirondelle ne fait pas le printemps

Néerlandais

één zwaluw maakt nog geen zomer

une hirondelle ne fait pas encore un été

Néerlandais (Belgique)

één zwaluw maakt de lente niet

une hirondelle ne fait pas le printemps

Néerlandais

een zwaluw maakt nog geen zomer

une hirondelle ne fait pas encore l’été
Polonais jedna jaskółka nie czyni wiosny

une hirondelle ne fait pas le printemps

Portugais (Brésil) uma andorinha só não faz verão

une seule hirondelle ne fait pas l’été

Roumain

Cu o rândunică nu se face primăvară

Avec une hirondelle il ne se fait pas printemps

Roumain cu o floare nu se face primăvară une fleur ne fait pas le printemps
Russe одна ласточка весны не делает

une hirondelle ne fait pas le printemps

Serbe jedna lasta ne cini prolece

une hirondelle ne fait pas le printemps

Slovaque jedna lastovička leto nerobí

une seule hirondelle ne fait pas l’été

Suédois en svala gör ingen sommar une hirondelle ne fait pas l’été
Turc bir çiçekle bahar olmaz une fleur ne fait pas le printemps
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[Source : www.expressio.fr]

 

trouver ce dont on a besoin ; rencontrer la personne qui convient ; trouver ce l’objet recherché ; trouver un partenaire amoureux compatible ; trouver l’amour

Origine et définition

Cette locution apparaît au début du XVIIe siècle, mais avec un sens bien différent puisqu’elle voulait dire « trouver quelqu’un qui résiste », le ‘à’ signifiant ‘contre’, à l’époque, et l’image étant celle d’un pied chaussé appuyant contre le sien.
Son sens actuel est une métaphore basée sur quelque chose de parfaitement compréhensible : une chaussure de taille inadaptée peut très vite devenir extrêmement désagréable et douloureuse ; pour se chausser, mieux vaut donc trouver des souliers à la fois à la bonne taille et ayant une forme adaptée aux pieds qu’ils vont chausser.
De là la généralisation au fait de trouver quelque chose dont on a besoin (et donc qui convient).
Mais on ne peut pas faire l’impasse sur le singulier (on ne dit pas « trouver chaussures [adaptées] à ses pieds ») qui n’est pas si singulier que ça quand on comprend les sous-entendus sexuels que véhicule cette expression, ‘le’ pied et ‘la’ chaussure étant bien deux choses situées sous la ceinture et destinées à rentrer l’un dans l’autre[1].
Il en reste d’ailleurs le sens de la rencontre de la personne qui convient.
[1] On pourrait presque en faire une charade, puisque lorsque le premier est dans la deuxième, les deux prennent leur premier…

Exemples

« Et si Rogron trouvait chaussure à son pied parmi les héritières de Provins, ne valait-il pas mieux réserver toute leur fortune pour ses enfants ? Selon Sylvie, une chaussure au pied de son frère était une fille bête , riche et laide, qui se laisserait gouverner par elle. »
Honoré de Balzac – Pierrette

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente

Traduction littérale

Allemand

jedes Töpfchen findet sein Deckelchen

à chaque pot son couvercle
Anglais if the shoe fits, wear it si la chaussure s’adapte, portez-la
Arabe (Maroc) tah el hak ou sab ghtah

la boîte est tombée et elle a trouve son couvercle

Espagnol (Colombie) encontrar su media naranja trouver sa demi-orange
Espagnol (Espagne) encontrar la horma de su zapato trouver la forme de sa chaussure
Espagnol (Espagne)

siempre hay un roto por un descosido

il y a toujours un accroc pour un décousu

Français (Canada)

chaque torchon trouve sa guenille

chacun trouve sa dulcinée
Hébreu

מצא עזר כנגדו (matsa èzèr kenègdo)

trouvez son aide
Hébreu מצא מין את מינו trouver une sorte de nos jours
Hébreu מצא זיווג נאה (matsa zivoug naa)

trouver une bonne correspondance

Hébreu מצא את מבוקשו trouver ce qu’il voulait
Hébreu

התחלק על השכל (hitkhalèk al hasèkhèl)

partager la partie fractionnaire commune

Italien trovare la propria metà trouver sa propre moitié
Italien

trovare quello di cui si ha bisogno

trouver ce dont on a besoin
Néerlandais (Belgique) op elk potje past een dekseltje

chaque casserole a son couvercle assorti

Néerlandais de ware Jacob vinden trouver le Jacques vrai
Néerlandais op ieder potje past een dekseltje

pour chaque pot il y a un couvercle de la bonne taille

Portugais (Brésil) dar no número que calça être sa pointure
Portugais (Brésil) ser a tampa da panela être le couvercle de la casserole

 

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[Source : www.expressio.fr]

 

Traduksyon del livro “Le Petit Prince” de Saint-Exupery

Prezentado por Klara PERAHYA

Es kon el korason ke se ve byen.

Lo ke es esensyal es invizivle a los ojos:

Antoine de Saint Exupery

La semana pasada muestro grande amigo Jean Carasso, fundador de la tan interesante revista “Lettre sépharade”, ke malorozamente interrumpyo su aktividad jurnalistika ma ke syempre kontinuo su partisipasyon dinamika a la promulgasyon de muestra lingua etnika, me mando (regalo ke me izo kaji yorar de alegria) la traduksyon en ebreo i djudeo-espanyol del maraviyozo livo de St. Exupery “Le Petit Prince”, traduksyon echa por Avner Perez i Gladys Pimienta, kon la mizma sensibilidad ke karakteriza esta ovra unika en su djenero.

Esto me permetyo de realizar de muevo el kamino ke fue echo en el esforso para la ekspansyon de muestra lingua ansestral, lingua ke fue un tyempo menospresyada i ke un prejuisyo estupido, vazio de kualkyer lojika, konsidero komo moribunda, kapavle unikamente de kontar chikas anekdotas o de azer “shakaikas” popularyas.

“Le Petit Prince de Saint Exupery” es una ovra muy difisil a traduzir, una ovra de una maraviyoza simplisidad, echa de poezia i de simbolos filozofikos, ande kada alegoria mos mete delantre una verdad i una refleksyon.

El sujeto es muy simple: el enkontro del narrador, un aviador pedrido en el dezyerto, kon un ninyo ke kere no solo deskuvrir el mundo, ma vizyonarlo a su manera kon sus propyas intuisyones i valores, su propya persepsyon de las kozas i su propyo sonyo.

El fakto de tresladar un semejante lavoro ande todo es “subtilidad” i “pensamyento profundo ekspresado kon kandor por la boka de un ninyo” es (a el solo) la afirmasyon ke muestra lingua es un dialekto kon el kual todo puede ser ekspresado. Gladys Pimienta i Avner Perez lo izyeron kon una grande delikadeza.

Komo fue dicho mas arriva, este livro pudo ser editado grasyas al ayudo finansyero de la “Lettre séfarade”, lo ke una vez mas mos prova ke (malgrado la interrumpsyon de su aktividad jurnalistika) Jean Carasso es syempre fidel al esforso de no deshar murir el patrimonyo kultural de muestros ansestros i de azer kontinualmente “un paso dirijido verso el futuro”.

Por seguro ke el lavoro echo aktualmente en varias universidades, kon el objektivo espesyal de rekojer i konservar la erensya intelektual de muestros antepasados, es de una valor primordyal, “No se puede nada krear sovre nada” i la grande baza del sefaradizmo es por seguro echa de los vyejos tekstos, romansas, proverbyos, dichas, kuentos ets… eyos aseguran la perenidad de muestra kultura….. ma, para ke eya kontinue a bivir, kale dirijirmos tambyen verso los tyempos prezentes, adjuntar, syempre adjuntar; sin nunka nada nyegar.

Komo se save byen, detras de kada lingua ay una sivilizasyon i sovre todo una sensivilidad ke deve ser ekspresa a ke nivel ke sea.

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

se faire brutalement répudier ; se faire éconduire désagréablement ; aller se faire voir ; se faire renvoyer brutalement

Origine et définition

Les Grecs avaient autrefois une réputation affirmée de pédérastie (je ne suis pas allé vérifier ce qu’il en est aujourd’hui, mais on me susurre dans mon oreillette qu’elle est très surfaite).
Alors quand on propose à quelqu’un d’aller chez eux, c’est parce qu’on veut rapidement s’en débarrasser et qu’on lui souhaite « bien du plaisir » une fois arrivé là-bas.
C’est tout aussi aimable que de proposer à quelqu’un « d’aller au Diable » afin qu’il aille brûler dans les flammes de l’enfer.

Compléments

Aujourd’hui, pour éconduire quelqu’un, on a aussi « casse-toi ! ». C’est plus court, mais ça fait moins travailler l’imagination.
Des variantes de cette expression existent avec des verbes nettement plus vulgaires à la place de ‘voir’, ce qui en accentue encore le côté désagréable.
Parmi ceux-ci, il y a le très imagé ‘empapaouter‘, qu’on comprend actuellement comme ‘enculer’ (‘sodomiser’ pour les oreilles chastes). Ce mot est en fait issu de l’occitan ’empapautar’, légèrement plus raffiné car il veut normalement dire ‘rouler’, ‘arnaquer’.

Exemples

En France, on a une expression injurieuse pour éconduire un individu, on dit « aller se faire voir chez les Grecs« .
C’est pour beaucoup le summum de l’impolitesse! (lire plus) France – Belgique – Luxembourg – Suisse « Aller se faire voir chez les Grecs » Quelle vulgarité!

Comment dit-on ailleurs ?

Langue

Expression équivalente

Traduction littérale

Allemand

geh doch dahin, wo der Pfeffer wächst

va où pousse le poivre!
Anglais fuck off ! / Piss off ! va te faire foutre ! / Va chier !
Anglais get lost vas te perdre, perds-toi !
Anglais go to bath aller au bain
Anglais go to Halifax aller à Halifax
Anglais go to Jericho aller à Jericho
Anglais (USA) fuck you ! va te faire foutre !
Anglais (USA) go get fucked vas te faire baiser, sodomiser
Arabe (Tunisie) mché yaq’dhi il est allé faire des courses
Espagnol (Espagne) ir a freír espárragos aller faire frire des asperges
Espagnol (Espagne) que te den por el culo va te faire foutre
Espagnol (Espagne) mandar a hacer puñetas envoyer faire des poignets
Espagnol (Espagne) ir a tomar por culo aller se faire foutre
Espagnol (Espagne) ¡Que te zurzan! va te faire reprendre !
Espagnol (Colombie) vaya que lo bañen va te faire laver
Espagnol (Argentine) andar a freír churros aller se faire frire des churros
Finnois painu helvettiin! va dans l’enfer
Français (Canada) aller jouer sur la ligne jaune
Français (Canada) aller se faire voir ailleurs aller se faire voir ailleurs
Français (Canada) envoyer jouer dans le trafic

se débarrasser de quelqu’un ou envoyer promener quelqu’un

Grec καλά ξεκουμπίδια! bon debarras !
Grec άντε και πηδήξου! va te faire sauter !
Hébreu נתבקש בישיבה של מעלה

on nous demandera de nous asseoir

Italien va fan culo ! va te faire foutre !
Italien vaffanculo! – Va al diavolo!

va dans le derrière – Va chez le diable

Italien vatti a far friggere va te faire frire
Néerlandais (Belgique) je kan de boom in tu peux monter l’arbre
Néerlandais (Belgique) kus mijn kloten ! embrassez mes couilles
Néerlandais (Belgique) loop naar de haaien! vas-t`en
Néerlandais de deur wijzen montrer la porte
Polonais idz do diabla! va au diable!
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[Source : http://www.expressio.fr]

 

 

Prezentado por Dora NİYEGO

Lucien Ginzberg es ijo de padre i madre judyos rusos ke se fuyeron a la Fransia despues de la revolusion bolshevika en el anyo 1917.
La chikeza de Gainsbourg fue enfluensada por la okupasion de la Fransia por la Alemanya en la Segunda Gerra Mondial. Fue ovligado de vistir la estreya amariya, ma esta estreya fue su enspirasyon kreativa en los anyos sigientes. Durante la okupasion, Gainsburg se fue kon su famiya de París asta Limoges, viyajando kon dokumentos falsos. Limoges era la zona libera debasho la administrasion del governo de Vichy, i era un refujio danjerozo para los judyos. Despues de la gerra, Gainsbourg ensenyo muzika en una eskola afuera de París, en Mesnil-Le-Roi. La eskola estava debasho la administrasion de los rabinos lokales. Los elevos de la eskola eran los guerfanos de las viktimas del Olokosto. Aki, Gainsbourg oyo munchas kozas de lo ke afito a los judyos deportados. Anyos despues, Gainsbourg empleyo los kuentos tristes de las viktimas en su lavoro. Kuando teniya trenta anyos, Gainsbourg era un pintor talentuozo, ma kaliya ke lavore komo pianisto en los bares para ganar su vida.
Mas despues, Gainsbourg fue un kantador, kompozitor, pianisto, kompozitor de sinema, poeta, pintor, eskritor, aktor i direktor franses. Por anyos, el fue konsiderado komo una de las figuras de las mas emportantes de la muzika popular franseza. En su profesion de muzika, Gainsburg empleyo jeneros komo jazz, mambo, mundo, chanson, pop i ye-ye, rock and roll, rock progresivo, reggae, elektronika, disco, new wave i funk.  Gainsbourg fue uno de los muzikos populares ke enfluenso munchos muzikos en el mundo entero.
Serge Gainsbourg, todo tiempo, tuvo una grande amistad por Israel.
En el anyo 1967, Gainsbourg kompozo una kantika kuando el atashe kultural de la Embasada de Israel de la Fransia le rogo de kompozar una marsha.
El teksto iva ser eskrito en franses i iva ser tradusido al ebreo. Ma, kuando la Gerra de Sesh Diyas eklato, las otoridades israelienas tuvieron mas emportantes kozas de azer, i la bobina de la kantika estuvo guadrada en los archives de la radio Kol Israel  durante trenta i sinko anyos, asta ke Jean-Gabriel Nouvel, ke saviya la egzistiesia de la kantika, la kito en medio. Esta marsha fue una repuesta a todas las atakas antisemitas.
La Arena de Israel
Sí, yo va defender la arena de Israel,
Tambien, la tierra de Israel i los ijos de Israel.
Deshame murir por la arena de Israel,
Por la tierra de Israel i los ijos de Israel;
Yo va defenderla kontra kualsiker enemigo,
Arena i tierra, ke me prometieron.
Yo va defender la arena de Israel,
Las sivdades de Israel i la tierra de Israel;
Deshame murir por la arena de Israel,
Las sivdades de Israel i la tierra de Israel;
Todos los Goliates ke vinieron de los piramides,
Se van a retirarsen delantre la Estreya de David.
Yo va defender la arena de Israel,
La tierra de Israel i las kreaturas de Israel,
Deshame murir por la arena de Israel,
La tierra de Israel i las kreaturas de Israel…

1897, premier Congrès sioniste mondial. Theodor Herzl écrit dans son Journal : «A Bâle, j’ai créé l’État juif. Si je disais cela aujourd’hui publiquement, un rire universel serait la réponse. Dans cinq ans peut-être, dans cinquante sûrement, tout le monde comprendra.» Prédiction réalisée, à quelques mois près…

 

Écrit par Henry Laurens 

Le sionisme est un projet politique aux aspects multiples, qui a su s’imposer grâce aux circonstances historiques, mais aussi à ses propres capacités d’organisation et de mobilisation. Sa mise en œuvre ne s’est pas réalisée en un jour. La tâche était immense. Se présentant comme volonté de créer une nation juive sur un territoire donné, il lui fallait partir absolument de rien.

Sa vision correspond à la norme des nationalismes territoriaux de la fin du XIXe siècle en Europe centrale et orientale, qui se revendiquent d’un État ayant existé précédemment avec une langue et un territoire définis (la Serbie renvoie à un royaume serbe médiéval et à une langue en train de redevenir une langue de culture, même chose pour la Bulgarie, la Pologne, l’Ukraine…). À cela s’ajoute une identification correspondant à une religion (un «vrai Polonais » ne peut être que catholique, un «vrai Russe» qu’orthodoxe). Ces caractéristiques, le sionisme les porte aux extrêmes.

Le territoire revendiqué ne peut se situer en Europe, et seule la mobilisation des affects renvoyant à la terre ancestrale permet d’espérer la matérialisation de son ambition en Palestine : comment s’enthousiasmer pour un État juif en Amérique ou en Afrique, localisations un temps envisagées ? Quant à la langue hébraïque, jusque-là exclusivement religieuse, elle est à réinventer. Et la grande majorité des religieux se montre hostile au projet, en raison du risque d’empiétement qu’il présente sur la volonté divine (les rabbins redoutent une dérive messianique).

Bref, tout fait défaut au départ : le territoire, la langue et même, partiellement, le référent religieux.

Les Juifs de Palestine sont essentiellement des fidèles vivant des subsides de la diaspora, que la philanthropie juive occidentale travaille depuis des décennies, avec un succès inégal, à rendre «productifs». Ils ne peuvent donc pas servir de base humaine au projet sioniste.

Au-delà de quelques précurseurs, le sionisme ne devient réalisable qu’avec les débuts de la première mondialisation, dans les années 1870 : les réseaux des chemins de fer d’Europe orientale se connectent alors aux réseaux d’Europe occidentale et, par là, aux ports d’où partent des navires à vapeur à horaires réguliers. Au Proche-Orient, c’est l’âge d’or de la domination collective des puissances européennes qui, en s’appuyant sur la «diplomatie de la canonnière», imposent leurs décisions à une administration ottomane réformée qui a rétabli l’ordre public.

Le réservoir humain réside dans la masse des Juifs de l’Empire russe et de la Roumanie, soumise à des législations antisémites discriminatoires alors qu’elle est en pleine explosion démographique. La mondialisation favorise une émigration massive, mais à destination des «pays neufs» qui ont besoin de main-d’œuvre (les deux Amériques, l’Afrique du Sud, l’Australie) : la traversée océanique tient lieu d’investissement de départ. Il n’en va pas de même avec la Palestine : au coût du transport s’ajoutent les investissements économiques indispensables pour créer les activités correspondantes. Les premiers émigrants des années 1880 (ou première alya, en hébreu «montée») s’en rendent rapidement compte : ils végètent dans une terrible misère.

Si les comités des Amants de Sion ont pu diffuser l’idée sioniste parmi les Juifs d’Europe orientale, ils ne disposent pas des moyens de lui donner vie. Ils doivent donc se tourner vers les philanthropes juifs d’Europe occidentale qui, par le biais de la Jewish Colonization Association (ICA), assurent déjà une partie des frais de transport et d’installation en Amérique (en particulier en Argentine).

Pour le baron français Edmond de Rothschild, la colonisation juive en Palestine est une affaire personnelle. Il est intervenu pour empêcher que, par désespoir, les immigrants se convertissent au protestantisme des missionnaires britanniques, puis s’est passionné pour cette entreprise. Il crée alors un certain nombre de colonies agricoles, encadrées par des «israélites» français. Son idée consiste à créer une population de paysans indépendants sur le modèle français; mais il lui faut se méfier de la mauvaise qualité du «matériel humain» : celui-ci doit être régénéré par le travail et la formation. D’où le caractère paternaliste de son mode d’organisation.

La question essentielle est d’arriver à un minimum de rentabilité permettant de mettre fin aux subventions permanentes. Cet objectif n’est atteint qu’au début du XXe siècle, grâce à la mise en place d’une agriculture de plantation utilisant une abondante main-d’œuvre arabe. En 1899, le baron transfère officiellement ses colonies à l’ICA, mais en fait il continue de les gérer par le biais de la «commission palestinienne » de ladite organisation. Après la première guerre mondiale, l’organisation prendra le nom de Palestine Jewish Colonization Association (PICA). Jusqu’à sa mort, en 1935, le baron étendra constamment son domaine agricole en accordant toujours plus d’autonomie aux paysans qui en dépendent, favorisant leur accès à la propriété individuelle.

La perspective d’Edmond de Rothschild dépasse la seule philanthropie : ses achats de terres tendent à créer un véritable maillage de la Palestine. Il a compris très tôt la nécessité d’une totale discrétion, afin de ne pas inquiéter les autorités ottomanes et la population arabe. Et c’est pourquoi l’orientation de Theodor Herzl, qui joue, au contraire, la carte de l’action publique, le contrarie.

Ce publiciste autrichien s’est converti en 1895 au sionisme. Théoricien de sa version politique, il fonde l’organisation sioniste lors du premier congrès de Bâle en 1897, un an après la parution de son livre L’État des Juifs. Sa priorité : obtenir une charte internationale garantissant la création d’un foyer national en Palestine pour le peuple juif. Il encourage secondairement la colonisation. Dirigé par des Juifs autrichiens et allemands, le mouvement recrute surtout dans l’Empire russe, mais réussit à s’établir un peu partout (sauf en France, à cause de l’hostilité du baron). Jusqu’à sa mort, en 1904, Herzl travaille essentiellement auprès des dirigeants européens. Ses successeurs continuent dans la même ligne, mais s’intéressent aussi à la colonisation avec la création, en 1908, de la Palestine Land Development Company (PLDC), qui dépend du Fonds national juif (FNJ).

L’organisation sioniste s’implante en Palestine à partir de 1908 avec la deuxième alya, composée de militants déterminés issus de sa fédération russe et des Amants de Sion, souvent des socialistes marxisants ayant connu l’expérience de la révolution de 1905. L’attitude de l’ICA, qui préfère le travail arabe, déçoit ces immigrants dont la doctrine exige une séparation totale d’avec la population indigène afin de constituer une société nationale intégralement juive. Mais ils reçoivent un accueil favorable de la part des technocrates de l’ICA et de la PLDC, qui acceptent de financer des colonies agricoles collectivistes (kibboutz) ou coopératives (moshav) sans recourir à la main-d’œuvre arabe. En ville, ils fondent l’agglomération juive de Tel-Aviv, indépendante de la Jaffa arabe. Cette logique de séparation a sa justification socialiste : elle évite qu’une population exploite l’autre.

Durant la Première Guerre mondiale, le mouvement sioniste cesse d’agir en tant qu’entité unique puisqu’il est présent dans les deux camps en conflit. C’est le chef de la fédération britannique, Haïm Weizmann, un Juif d’origine lituanienne, qui va jouer un rôle essentiel en obtenant, le 2 novembre 1917, avec la déclaration Balfour, cette fameuse charte recherchée par Herzl : lord Arthur James Balfour, ministre britannique des affaires étrangères, y annonce à lord Walter Rothschild, représentant des Juifs britanniques, que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif». Cet engagement contredit la promesse faite par Londres aux Arabes de la création d’un État indépendant comme le partage négocié avec les Français, dans le cadre des accords Sykes-Picot…

Après-guerre, Weizmann devient naturellement le président de l’organisation sioniste. Son ambition : transformer cette déclaration unilatérale britannique en document de droit international. Ce sera chose faite en juillet 1922, grâce à la ratification par la Société des nations (SDN) du mandat britannique sur la Palestine, qui inclut le Foyer national juif.

Le mouvement sioniste se structure maintenant en fédérations nationales dotées d’organisations satellites chargées de la levée de contributions et de préparation à l’émigration. La charte du mandat prévoit la création d’une Agence juive, mais elle ne verra le jour qu’en 1929; entretemps, l’Organisation sioniste en fait fonction. Outre les relations avec les autorités, sa fonction est de gérer le domaine du FNJ et de l’augmenter par de nouvelles acquisitions. Malgré des progrès spectaculaires, ce domaine reste moins important que celui de la PICA et des propriétaires individuels qui lui sont liés : en 1941, le FNJ disposera de 532 900 dounoum (dixièmes d’hectare), contre 1 071 000 à la PICA et aux propriétaires individuels. À la fin du mandat, en 1948, la propriété juive ne couvrira que 6,6% de la superficie de la Palestine.

Comme avant 1914, les coûts d’établissement restent le problème essentiel. L’immigration juive est fixée en fonction de la capacité économique d’absorption, et la différence est faite entre «capitalistes», dont l’entrée est libre puisqu’ils viennent avec des capitaux suffisants, et «ouvriers», sélectionnés par l’Organisation sioniste en fonction de leur qualité en «matériel humain» (capacité productive). Des catégories intermédiaires existent. La troisième alya est analogue à la précédente, composée pour une bonne part d’ouvriers socialistes. Venue de Pologne au milieu des années 1920, la quatrième alya, elle, est bourgeoise et capitaliste. La cinquième alya, à partir de 1933, rassemble capitalistes allemands et ouvriers polonais. La montée du nazisme accélère évidemment l’immigration : de 110 000 arrivées (officielles) dans les années 1920, on passe à plus de 220 000 dans les années 1930…

Faute de pouvoir constituer une unité politique homogène en Palestine, les Britanniques adoptent la voie d’un développement communautaire séparé tout en maintenant un important secteur public. En ce qui concerne la population juive, l’Organisation sioniste fournit à la population juive un ensemble de services que l’État mandataire ne peut lui procurer. Il s’agit de lui assurer un niveau de vie se rapprochant de celui de l’Europe, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Les colonies agricoles du FNJ sont subventionnées à la fois lors de leur création et pour leur fonctionnement. Elles sont en effet par nature déficitaires, mais leur fonction n’est pas d’ordre économique : elles servent à prendre le contrôle du territoire et à former le «Juif nouveau», débarrassé de l’oppression de l’exil.

Le mouvement ouvrier juif très politisé et divisé en organisations concurrentes fédère ces colonies agricoles. La centrale syndicale Histadrout fournit un certain nombre d’assurances sociales et crée ses propres entreprises par manque de capitalistes.

L’ensemble de la population juive (sioniste et non sioniste) élit une assemblée élue d’où émane un conseil permanent, mais le vrai pouvoir réside dans l’Exécutif sioniste désigné par l’Organisation sioniste. En 1929, la création de l’Agence juive permet en théorie une plus grande implication des Juifs non sionistes de la diaspora, qui disposent de la moitié des sièges dans les instances dirigeantes. En 1931, l’exécutif de l’Agence en Palestine revient pour la première fois à un socialiste établi dans le pays, Haïm Arlosoroff.

La droite du mouvement sioniste n’accepte pas l’alliance stratégique opérée entre les «centristes» de Weizmann et les socialistes du mouvement ouvrier. Pourtant, la grande intelligence des premiers a été de comprendre que l’établissement du Foyer national juif, ou Yichouv, ne peut passer que par les modes d’organisation collective des seconds. Les «capitalistes» s’avèrent trop individualistes pour pouvoir prendre en charge la colonisation : la prise de contrôle du pays devient plus facile dès lors qu’elle passe par la socialisation des activités. En absence d’État, seul le mouvement ouvrier a la capacité de gérer les intérêts nationaux.

Le mouvement sioniste révisionniste de Zeev Jabotinsky rejette à la fois le socialisme des ouvriers et la prudence diplomatique des centristes. Il recrute chez les éléments bourgeois issus pour la plupart de la première et de la quatrième alya, tandis que les leaders ouvriers viennent de la deuxième et de la troisième alya. Le romantisme des révisionnistes masque leur ignorance du travail au jour le jour indispensable pour créer le Yichouv.

Le clivage entre sionistes socialistes et révisionnistes concerne surtout les rapports avec les Arabes. Là où David Ben Gourion et ses amis donnent la priorité à la conquête progressive du pays en alliance avec la puissance mandataire, ceux de Jabotinsky entendent s’emparer de toute la Palestine par la force : c’est le fameux «mur d’acier» qui, à partir de 1948, fondera en réalité la stratégie de l’État d’Israël, toutes composantes confondues.

Après l’assassinat, en 1933, d’Arlosoroff, que les socialistes attribuent aux révisionnistes, le mouvement ouvrier devient l’élément dominant au sein des instances de l’Organisation sioniste et de l’Agence juive. Les révisionnistes font scission et créent leur propre organisation sioniste. À partir de cette date, l’exécutif de l’Agence juive est contrôlé par les socialistes, dont la personnalité la plus importante est celle de Ben Gourion. À la fin des années 1930, le glissement du pouvoir est terminé : les hommes du Yichouv ont pris le contrôle du mouvement et de ses institutions, la diaspora doit être mise à son service, et Weizmann n’est utile que grâce à ses contacts avec les hommes politiques occidentaux.

Après les premières émeutes de 1921 et de 1929, la grève générale arabe de 1936 et la révolte palestinienne de l’automne 1937 poussent le Yichouv à devenir plus autonome, y compris sur le plan militaire, avec la construction de sa propre force armée, la Hagana, tolérée par les Britanniques. Mais, à partir du Livre blanc de 1939, Londres donne la priorité à son influence dans le monde arabe : en 1944, le mouvement sioniste affrontera militairement les Britanniques pour mieux préparer sa prise de contrôle du gros de la Palestine.

Le sionisme est probablement la forme la plus pure du volontarisme politique. Il est parti littéralement de rien, ou presque, pour créer une nation, une langue, un territoire à travers les catastrophes historiques de la première moitié du XXe siècle. Il a su capitaliser les efforts et les expériences de la grande philanthropie juive, puis appliquer les principes organisationnels d’un mouvement ouvrier, dont la mission comprenait tout aussi bien la fondation d’une classe ouvrière que l’établissement d’un réseau d’entreprises publiques. Avant 1914, il a bénéficié de la protection des consuls européens. Sous le mandat, la technocratie britannique a encouragé et favorisé son action, qui allait dans une logique de développement qui lui était chère.

En 1948, le Yichouv dispose de tout un système d’organisations qui préfigure l’État. Mais ces institutions dépendaient des partis politiques. Le génie politique de Ben Gourion a été de comprendre la nécessité de transférer ces institutions à l’État nouveau en les «dépolitisant». D’où le maintien d’une coalition politique regroupant socialistes, centristes et religieux et isolant – jusqu’en 1967 – les forces de droite proprement dites. Le socialisme des «pionniers» s’est accompagné d’une bureaucratie proliférante et d’un relatif égalitarisme des conditions sociales.

Après la création de l’État, les institutions sionistes ont été maintenues afin de canaliser les moyens venus de la diaspora et assurer des services sociaux destinés exclusivement à la population juive.

 

Henry Laurens est professeur au Collège de France, auteur, notamment, de La Question de Palestine, Fayard, Paris (trois tomes).

 

 

[Source : http://www.monde-diplomatique.fr]

Le savant Rachi de Troyes (1040-1105), rabbin et vigneron, offre une lecture étonnamment concrète et vivante des livres dits historiques de la Bible.

Écrit par Stéphane BRIAND

La Bible de Rachi. II. Les Prophètes 1/2 Rachi                        2021                        Cerf                            598 pages

Lorsque Moïse, au moment de mourir, fait la recommandation suivante à Josué : « Que le livre de cette Loi soit toujours sur tes lèvres : médite-le jour et nuit afin de veiller à agir selon tout ce qui y est écrit. » (Jos 1, 8), le prophète ne fait que souligner la nécessité pour la Bible d’être constamment interprétée. Le statut d’exception de la Torah est ainsi assuré par les lectures et interprétations successives qui se tissent les unes aux autres au fil des siècles. Si Esdras incarne la posture interprétative de la Bible (Es 7, 10), rabbi Salomon ben Isaac de Troyes, dit Rachi (1040-1105), demeure sans doute l’un des plus grands commentateurs de la Bible. Son œuvre est non seulement appréciée pour ses commentaires du Talmud de Babylone ainsi que pour ses responsa, mais aussi pour son commentaire linéaire de la Torah, des Prophètes et des Hagiographes.

C’est précisément une partie des commentaires des Prophètes qui fait l’objet du présent volume. Succédant à un premier opus qui présentait le Pentateuque commenté par Rachi, l’ouvrage, comprenant les livres de Josué, des Juges, de Samuel I, II et des Rois I, II, expose intégralement le texte biblique traduit de l’hébreu agrémenté des commentaires de Rachi. Gilbert Werndorfer, spécialiste du judaïsme, a travaillé sur la version hébraïque du texte du savant troyen et sur deux versions en anglais.

Un commentaire continu du texte biblique

Une telle présentation a le mérite pour le lecteur de confronter directement le texte aux commentaires du maître champenois, ce qui permet d’appréhender au mieux le style d’exégèse inauguré par le rabbin. Il s’agit en effet d’une exégèse biblique qui recourt à la fois à l’explication littérale et à l’explication midrashique. Le savant propose ainsi un commentaire continu, accessible à tous, répondant aussi bien aux problèmes de fond et de forme posés par le texte biblique.

On peut repérer différents types de notes, au moyen desquelles Rachi commente les écritures : dans les exemples suivants, les commentaires sont signalés en gras. Certaines visent à préciser le moment de l’action : « Et Josué dit aux prêtres (Jos 3, 5) : Le lendemain ». D’autres explicitent une précision donnée par le texte : « de toutes sortes d’instruments de bois de cyprès  (2 S  6, 5) : À partir de laquelle les instruments de musique sont construits ». D’autres apportent un éclairage historique : « Les rois entrent en campagne (2 S 11, 1) : Il y a une période de l’année où il est de coutume que les armées sortent ; quand la terre est prospère et que les chevaux trouvent de la nourriture dans le champ. »

D’autres notes encore concernent la langue elle-même : « Tinter  (1 S 3, 11) : C’est un mot similaire à tsiltsélim « cymbales », « tintiner » en  vieux français ». D’autres réfèrent à la portée symbolique du texte : « Vers le Ghihôn (1 R 1, 33) : Guih’on est le puits de Chiloah. De là vient (la coutume) de ne pas oindre les rois sauf au puits, pour symboliser ainsi que son royaume sera sans fin comme les eaux d’un puits ». Enfin, une dernière catégorie de notes trouve sa source dans des lectures targoumiques, notamment  à travers le Targoum de Yonathan  qui concerne principalement les livres des Prophètes.

Du sens littéral au sens mystique

Ce qui est frappant ici, c’est la capacité que possède Rachi d’envisager le texte biblique dans toutes ses dimensions, depuis le sens littéral jusqu’au sens symbolique en passant par des considérations d’ordre linguistique, mais aussi la façon dont il inscrit ses travaux dans la tradition exégétique juive et rabbinique. En recourant systématiquement par exemple dans ce volume au Targoum de Yonathan, le rabbin français permet d’accéder non plus au seul sens littéral ou reconnu dans la tradition juive (le pshat) mais également au sens mystique (le sod). C’est précisément la combinaison de ces différents niveaux de sens – nourrie à la fois du travail de commentateurs anonymes et du corpus midrashique – qui constitue l’originalité même de l’exégèse de Rachi, toujours soucieuse de suivre la cohérence du texte biblique à travers l’unité syntaxique et thématique de l’Écriture.

Émerge ainsi, à la suite de l’école espagnole – qui privilégiait dans l’exégèse juive de la Bible les domaines grammaticaux et lexicographiques-, l’école dite française, prenant sa source en France du nord et insistant sur la compréhension du texte biblique dans son sens premier et la nécessité d’en proposer une traduction exacte. De ce point de vue, l’exégèse du maître champenois constitue une source précieuse aux yeux des linguistes du Moyen Âge en ce qui concerne le vieux français.

Le verger champenois de la connaissance

Dans le prolongement de cette attention accordée au fonctionnement de la langue se manifeste aussi un vif intérêt pour la vie quotidienne des villages et des campagnes (n’oublions pas que Rachi était vigneron avant d’être un exégète reconnu). Ce qui ne laisse pas en effet d’interpeller le lecteur, c’est la façon dont les commentaires du savant troyen se confrontent en permanence à la chair du texte, en en assumant notamment la dimension concrète et matérielle. Certaines notes ont ainsi trait à la nature du pain, à celle de l’huile, de la farine, du vin… D’autres se rapportent à des considérations techniques (notamment concernant la construction du Temple de Salomon en 1 R 6-8) ; d’autres encore à des considérations médicales (les hémorroïdes par exemple en 1 S 5, 6). Comprenons que le talmudiste privilégie en réalité le sens premier du texte et non les savantes analyses théologiques que l’on peut parfois rencontrer dans ce type de travail.

Par-delà l’aspect pratique des commentaires de Rachi se dessine l’enjeu même de l’exégèse du maître champenois : approfondir la relation entre Dieu et l’homme, dessiner les contours d’une anthropologie religieuse qui relit le don du Sinaï et l’Alliance à la lumière d’une vie humaine dont les bénédictions sont à trouver, pour l’exégète, au cœur même du quotidien, dans ce qu’il est coutume d’appeler, dans la tradition juive, le verger de la connaissance. Que la sempiternelle question : « Que dit Rachi ? » parcoure et féconde encore de nos jours la tradition juive signe sans conteste la grande vitalité de l’exégèse de Rachi.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

נקמה - ידיעות אחרונות

Escrit per Marta CastillónItai Ron

El poeta Xlomi Hatuka ha estat conegut pel públic gràcies al grup “Ars Poetica” 1 del qual en forma part, un grup que ha transformat radicalment la poesia israeliana. Els seus punxants poemes de protesta contra la històrica desigualtat social s’han publicat en premsa i revistes literàries i han generat debat, polèmica i força comentaris. Els poemes de Xlomi Hatuka s’han recollit i publicat en tres poemaris. Xlomi Hatuka també és activista social i presenta programes de ràdio en els quals entrevista poetes.

Hatuka va néixer a Israel, en el si d’una família originària del Iemen. El 1954 la seva àvia va tenir bessones i una de les infermeres de l’hospital li va proposar donar-les en adopció, però ella s’hi va negar. Uns dies després la direcció de l’hospital li va comunicar que una de les nenes havia mort. Hatuka va escoltar per primera vegada aquesta història quan la seva mare la hi va explicar als 16 anys i des de llavors ha invertit molt de temps, energia i recursos per tal de trobar la màxima informació possible sobre els nens “robats” d’Israel.

Conegut com “el Cas dels Nens Jueus Iemenites”, és un dels episodis més foscos i tristos de la història d’Israel: hi ha més de mil casos oficials reportats de nadons i infants desapareguts, però alguns assenyalen que poden arribar fins als 4500. Els seus familiars creuen que els nadons van ser segrestats per les autoritats israelianes (majoritàriament compostes de jueus asquenazites originaris d’Europa) a la dècada dels cinquanta i van ser posats en adopció també per a famílies asquenazites d’ascendència europea. Els nens desapareguts provenien de famílies jueves originàries del Iemen i també del nord d’Àfrica i l’Orient Mitjà. Actualment el govern israelià està tractant de ser més transparent respecte a les desaparicions, però fins fa poc negava que s’haguessin produït aquests segrestos sistemàtics. Tot i això, a dia d’avui, pràcticament ja no queden testimonis d’aquells fets.

Just després de la fundació de l’estat d’Israel, els nous immigrants van ser col·locats en campaments de trànsit, on vivien en condicions terribles. Centenars de testimonis de famílies que vivien en aquests campaments expliquen que quan les dones parien en hospitals saturats, o bé a les mateixes tendes de campanya, o que quan portaven els seus fills al metge, els deien que els seus fills havien mort sobtadament. Altres testimonis recorden que els insistien a deixar els seus fills en guarderies i, quan els seus pares tornaven a recollir-los, els deien que els havien portat a l’hospital. I mai més no els van tornar a veure… Mai no els en mostraven els cossos ni les tombes i la majoria no van rebre mai cap certificat de defunció.

Xlomi Hatuka, juntament amb Na’ama Katií, va fundar l’ONG “Amram” el 2013 amb l’objectiu de conscienciar l’opinió pública de la desaparició de nens jueus d’ascendència iemenita, balcànica i de països àrabs. Aquesta ONG ha recollit centenars de testimonis i ha creat un arxiu accessible al públic per internet que permet que qualsevol persona interessada a conèixer el cas i els testimonis silenciats fins ara, de manera directa i sense mediació institucional, pugui ajudar les famílies i els seus éssers estimats segrestats a retrobar-se. En col·laboració amb altres entitats, l’ONG organitza conferències i xerrades per obligar les autoritats estatals a reconèixer oficialment els fets. Així mateix, l’ONG ha fundat “Tangir Edicions”, amb l’objectiu de donar veu i representar els exclosos dels fòrums culturals fins al moment, a més de promoure una llar cultural activa.

El primer llibre de Xlomi Hatuka, Lluna emergent, es va publicar el 2015 i està ple de símils lunars. Hatuka posa de manifest l’abús i la ràbia i lluita per venjar la humiliació dels seus éssers estimats: pares, avis i germans. A tots ells se’ls va robar el sol i no han tingut més opció que aferrar-se a la nit i a l’enganyosa llum de la lluna.

המזרח (“L’est”)

ו“ויעש אלוהים את שני המאורות הגדולים…” (על-פי המדרש נברא הירח בגודל זהה לגודלה של השמש ואחר-כך הוקטן לגודלו הנוכחי)

:הַמִּזְרָח הוּא יָרֵחַ:
עָטוּף בַּצֶּבַע הַשָּׁחֹר הַבָּזוּי
,נִגְרָר,
.תָּלוּי בָּאֲחֵרִים וְאֵינוֹ מוֹרִישׁ דָּבָר.
.הוּא אֲפִלּוּ אֵינוֹ שַׁיָּךְ לְעַצְמוֹ:
.תָּקוּעַ בּוֹ דֶּגֶל זָר.
,הַמִּזְרָח הוּא יָרֵחַ,
שׁוֹאֵג בִּתְנוּפָה בְּכָל גְּרוֹנוֹ
,תַּשׁ כּוֹחוֹ וְהוּא מִזְדַּקֵּן,
נִקְבָּר בַּשָּׂמִים שֶׁלֹּא יִרְשְׁמוּ אֶת זִכְרוֹנוֹ
:אֲבָל מְלֵאִים צֶאֱצָאָיו:
.דּוֹר חָדָשׁ יָבוֹא בְּעִקְבוֹתָיו.
:הַמִּזְרָח הוּא יָרֵחַ:
אֲדָמָה עֲזוּבָה וּמְצֻלֶּקֶת
(עַמְקָה, כִּנֶּרֶת)
קַרְקֶפֶת יֶלֶד שֶׁהֻקְרַן בְּאֵשׁ עֲצוּמָה
,וְלֹא נוֹתְרָה בּוֹ שַׂעֲרָה,
תִּינוֹק שֶׁנּוֹלַד

וְנֶעֱלַם

“I Déu va crear les dues grans lluminàries …” (Segons el Midraix, la lluna va ser creada per tenir la mateixa mida que el sol i més tard es va reduir a la seva mida actual)

L’est és una lluna:
embolcallat amb el menyspreable color negre
arrossegat,
depèn dels altres i no transmet res.
Ni tan sols pertany a ell mateix:
Hi té clavada una bandera estrangera.
L’est és una lluna,
bramulant impetuosament amb tota la seva gola
s’esgota i envelleix,
soterrat pel cel perquè no registri la seva memòria
però ple dels seus hereus:
una nova generació el succeirà.
L’est és una lluna:
terra desolada i cicatritzada
(Amka, Quineret) 2
com el cuir cabellut d’un nen sotmès a un foc intens 3
i a qui no li queda ni un cabell,
nadó nascut

i desaparegut.

Podríem preguntar-nos què o qui és el sol per a Hatuka. Què o qui va devastar o robar, deixant enrere petjades lunars. La complexa resposta que emana de la lectura del seu poemari és que el sol és la família, equilibrada i feliç, segura de poder transmetre, engendrar i parir, infondre respecte, amor i vida. Una família on el pare i la mare són el rei i la reina i el fill, l’hereu de la corona. ¿I si passés alguna cosa terrible, alguna cosa irreparable que desposseís del seu regne el pare, convertint-lo en una figura lunar, erràtica i espantosa, i sotmetés la mare a l’esclavitud d’altres dones, asquenazites, per als treballs més ingrats? ¿Quina seria la reacció del fill príncep o del fill cavaller per tal de defensar el llegat dels seus pares, transformat de solar a lunar?

Hatuka podria rebutjar-lo, per descomptat. Potser, fins i tot, “reparar” abocant-hi altres sols, potser no absolutament seus, i buscant consol en ells. Però què passa si no pot rebutjar el seu llegat? Què passa si és poeta i el seu art és la poesia, és a dir, l’art de la memòria? Què passa si el record amarg, lunar, s’impregna en el seu cos, en el seu esperit, en la seva llengua? Llavors no pot sinó fer servir aquest llegat a favor seu i esdevenir un rebel, un revolucionari que exhala el crit de la lluna i es conforma amb la venjança d’ella.

צבע גוף (“Color de pell”)

בְּתוֹכִי זוֹרַחַת שֶׁמֶשׁ
מִשּׁוּם מָקוֹם
וְהַחֲלוֹם הוּא יָרֵחַ
גּוֹוֵעַ בְּטֶרֶם
.אַבִּיט בּוֹ עֵר.

בְּתוֹךְ עַצְמִי אֲנִי צוֹמֵחַ
:כְּמוֹ הָעֵץ:
הַמַּחְשָׁבוֹת עָלִים
,נוֹשְׁרִים,
הַחֲלוֹמוֹת שָׁרָשִׁים
.מִתְפָּרְסִים בָּאַיִן.

,הָרִיסִים שֶׁלִּי שְׁחֹרִים,
,הָאִישׁוֹנִים כֵּהִים,
לִבִּי אָדֹם וְעוֹרִי חוּם,
לֹא מָצָאתִי שׁוּם דָּבָר לָבָן
אוּלַי בְּעֶצֶם
רַק הַשֶּׁלֶד
.הֶחָבוּי.

En el meu interior brilla un sol
que apareix del no-res
i el somni és una lluna
que mor abans que
el miri despert.

Dins meu creixo
com l’arbre:
els pensaments són fulles
que cauen,
els somnis arrels
que s’estenen en el no-res.

Les meves pestanyes són negres,
les pupil·les fosques,
el meu cor és vermell i la meva pell és bruna,
no hi he trobat res blanc,
potser, de fet,
només l’esquelet
amagat.

Poesia és memòria. Escrivim i llegim poemes per recordar i recordar i un bon poema és aquell que aconsegueix retre aquest culte sagrat – precisament recordar alguna cosa fugaç que ens defuig o que hem expulsat de la memòria. Això és exactament el que Hatuka fa en les seves poesies: bolca i processa memòria i, més específicament, empra alquímia lunar per fondre els seus records autobiogràfics en una memòria més àmplia, comunitària, cultural i política. I així insufla vida en el que pot anomenar-se “l’altra memòria”: el llegat d’aquells que el grup de poder sionista asquenazita d’Israel pretenia eliminar d’arrel, tot despullant-lo.

Hatuka insisteix en aquesta memòria fins i tot quan els seus fonaments són l’abús i la ràbia, la lluita i la venjança. També insisteix que mai no és tard per oblidar i perdonar. És evident que el camí cap a l’oblit i el perdó no pot ignorar el lloc que ocupa la memòria. De vegades, per protegir la memòria, cal jurar lleialtat a la lluna, a la ràbia, a la lluita.

גלגול (“L’altra vida”)

מִי שֶׁלִּגְלְגוּ עַל מִשְׁפְּחוֹתֵינוּ
,נִהְיוּ שְׁמוֹתֵיהֶם לִקְלָלָה,
מִי שֶׁצָּחֲקוּ עַל עוֹרֵנוּ
,הָפַךְ צֶבַע גּוּפָם לִבְדִיחָה,
מִי שֶׁהִצְבִּיעוּ עָלֵינוּ כְּדֶרֶךְ חַיִּים
,מְלַוֶּה אוֹתָם הַבּוּז בְּמוֹתָם,
מִי שֶׁלֹּא סִפְּקוּ הֶסְבֵּרִים
.עַכְשָׁו אֵינָם מְבִינִים.

הִתְבּוֹנְנוּ בַּיִּלּוֹד הַזֶּה שֶׁל הַזְּמַן
וּמִי שֶׁיְּבַקֵּשׁ
לָדַעַת מָתַי הִתְעַבֵּר
:אִמְרוּ לוֹ:
,עָוֶל הוּא כְּמוֹ מַעֲשֵׂה אַהֲבָה,
רַק שֶׁהוּא מוֹלִיד
.נְקָמָה

Els qui es burlaven de les nostres famílies,
que els seus noms esdevinguin maleïts,
els qui es reien de la nostra pell,
van fer que el color dels seus cossos fos una broma,
els qui, per la seva manera de viure, ens assenyalen amb el dit,
que el menyspreu els acompanyi fins a la seva mort,
els qui no van donar explicacions,
ara no ho entenen.

Mireu aquest nounat del temps
i qui demani
saber quan fou engendrat
digueu-li:
la injustícia és com un acte d’amor,
només que porta
venjança.

El març de 2020 Hatuka va publicar dos nous poemaris en paral·lel, Illa i Continentuna aposta gens menyspreable en plena pandèmia. Dos poemaris publicats simultàniament, però amb poètiques substancialment diferents. Es pot dir que Illa sembla tenir més intersticis, estar més fragmentat i descompost i, de vegades, fins i tot, ser més reflexiu i vacil·lant. Continent, en canvi, flueix amb força i es caracteritza pels poemes llargs.

Illa és com un quadern de viatge del poeta per Creta, quan els llocs que visita esdevenen metàfora de múltiples cares i usos. Incorpora els paisatges de l’illa tot utilitzant-los com a símbol d’Israel i del seu pare, jugant alhora amb la paraula “illa” (“i” en hebreu és el prefix de negació o privació d’alguna cosa: manca de coneixement, falta d’èxit, falta d’amor). A Continent Hatuka torna a la matèria de la qual ell mateix està fet: la solteria, l’amor, la relació amb la seva mare, l’existència, la soledat, el pes de la vida, etc.

La ràbia que va marcar la irrupció de Xlomi Hatuka en la poesia israeliana amb el seu primer llibre s’agreuja en les seves noves obres, Continent i Illa, per convertir-se en pena. Potser la paraula “agreujar” no és exacta. Potser és més adequat dir “evidenciar” o “posar de manifest” un enuig que evoluciona a patiment, aflicció, lament. I la pena és, òbviament, pel record perdut o destruït que ha deixat l’empremta infinita d’un anhel. Un ànsia intensa d’amor que resulta de l’abandonament i la soledat, amb tot un ventall de violència i susceptibilitat.

I en aquesta evident transformació de la ràbia en patiment també hi ha tendresa, origen de la bellesa singular dels seus nous poemes. Una bellesa que té el seu origen en una història de solitud, susceptibilitat i violència. Hatuka torna a la tradició del poema llarg. Poemes gairebé èpics o confessionals, fins i tot misteriosos, en els quals l’amor ferit corre pels seus intersticis, normalment amb una complexa connexió entre generacions, autoritats, contextos – entre el pare com a font de foscor i la mare com a font de llum; entre la mare com a pàtria abandonada (a la qual s’enyora) i una amant com l’encarnació d’una diàspora desitjada (d’on s’escapa); entre la família i la solteria; entre la família i la política; entre la família i les extenses planes que evoca el títol del poemari, Continent; entre la família i la incommensurable vastitud fosca de l’anomenat espai sideral, com en el poema que obre el llibre i compara l’amor amb el Big Bang.

המפץ הגדול (“El Big Bang”)

חַיֵּינוּ
.מַפָּץ גָּדוֹל.

,אֲנַחְנוּ מִתְרַחֲקִים זֶה מִזֶּה,
.הַמִּרְוָחִים בֵּינֵינוּ הוֹלְכִים וּגְדֵלִים.

,אִי-אֶפְשָׁר לַעֲצֹר אֶת הַתְּנוּפָה,
אֶת הַהִתְפַּשְּׁטוּת: מִי שֶׁנּוֹלָדִים
נִדְחָקִים בֵּינֵינוּ, מִי שֶׁמֵּתִים
.מוֹתְחִים אֶת לִבֵּנוּ אֶל הָאֵינְסוֹף.

אֶת הָאוֹר הַקָּלוּשׁ שֶׁנּוֹתָר בָּנוּ
כְּבָר אִי-אֶפְשָׁר לִרְאוֹת בְּלִי טֶלֶסְקוֹפִּים
;רַבֵּי-עָצְמָה,
.כְּלוֹמַר אַהֲבָה.

La nostra vida
és un Big Bang.

Ens allunyem els uns dels altres,
les distàncies entre nosaltres s’amplien.

És impossible aturar l’embranzida,
l’expansió: els qui neixen
s’amunteguen entre nosaltres, els qui moren
ens estiren el cor fins a l’infinit.

La llum tènue que roman dins de nosaltres
és ja impossible de distingir-la sense un telescopi
potent,
és a dir, amor.

Per tant, Continent s’enlaira com un vol sobre un profund abisme, fent una metàfora científica i tecnològica (en aquest cas, de l’àmbit de l’astrofísica amb el Big Bang, però també de la informàtica quan esmenta la placa mare de les entranyes d’un ordinador) per descriure la naturalesa mental o emocional i les relacions interpersonals. Tant a “Big Bang” com a “Placa mare” s’aprecia aquest ús del recurs metafòric.

És una poesia àmplia, emocionant i vertiginosa i, alhora, molt íntima. La musicalitat de Xlomi Hatuka és lliure: de vegades recorda un pianista improvisant. La majoria dels poemes d’aquesta obra són llargs, molt llargs, en comparació amb les poesies que s’escriuen avui dia, fet que li dona més llibertat a l’autor per temptejar i experimentar. A més, la dedicació i el lliurament a aquesta musicalitat única basteix els poemes d’una bellesa extraordinària.

La llibertat, la imaginació i la musicalitat del poeta provenen, entre altres coses, del seu interès per l’al·lucinació i el món oníric. El somni, no menys important que la figura dels pares o de l’estimada, és el protagonista de la seva poesia. En els poemes hi ha el regne de la nit. Hatuka respon en els seus poemes als seus somnis, juga amb ells, lluita contra ells – però s’hi rendeix immediatament. La seva poesia es barreja tant a la pàgina com en la llengua com els somnis amb la nit. Pot ser que aquest sigui el secret del fluir únic de la seva poesia.

Hatuka escriu molt sobre els seus pares. Descriu amb prodigiosa honestedat, poc nostàlgica – i tot i així molt lírica – l’amor d’un home ja adult per la seva mare: un amor generós, però alhora amb reserves. Els poemes que tracten sobre la relació amb la seva mare no burxen en les velles ferides, encara que segurament beuen d’elles. Obre una estranya finestra a aquesta relació, per descriure-la de forma profunda i molt més complexa que el conegut binomi nostàlgia-enuig. A l’inici del poema “Placa mare”, Hatuka escriu:

לוח אם (קטעים) (“Placa mare” (fragments))

כָּל הַדְּרָכִים מִתְפּוֹגְגוֹת
.מִלְּבַד הַדֶּרֶךְ לְאִמִּי.
מִבֵּית אִמִּי בָּרַחְת
.כְּמוֹ מִבֵּית הַסֹּהַר.
,תָּמִיד אֲנִי נִתְפָּס,
.מוּבָל בַּחֲזָרָה.
לִפְעָמִים אֲנִי
.מַסְגִּיר אֶת עַצְמִי.
לְהַגִּיד אִמָּא זֶה לְהוֹדוֹת
:בַּכְּנִיעָה:
גּוּפִי, שֶׁהָיָה שָׁלֵם, עַכְשָׁו
.בָּשָׂר שֶׁנִּתְלַשׁ.
.אֲנִי פּוֹתֵחַ אֶת הַוֵּיְז.
“?הַאִם אַתָּה בְּדַרְכְּךָ הַבַּיְתָה”
.לֹא.
אֲנִי בְּדַרְכִּי לָאָדָם הַיָּחִיד
.שֶׁעוֹד מִתְפַּלֵּל עֲבוּרִי.

Tots els camins s’esvaeixen
llevat del camí cap a la meva mare.
Vaig fugir de casa de la meva mare
com d’una presó.
Sempre hi estic atrapat,
i retornat a dintre.
De vegades em lliuro a mi mateix.
Dir “mare” és reconèixer
la rendició:
El meu cos, que estava sencer, ara
és carn arrencada.
Obro el Waze.
“Sou de camí cap a casa?”
No.
M’encamino cap a l’única
persona que encara resa per mi.
(…)

El poemari Illa arrenca amb la descripció d’un viatge a Creta, acte de separació del “continent”, on tothom està relacionat amb tot el món en un garbuix de vincles familiars i amorosos, política i lluites socials, i de fugida cap a l’existència individual, cap a l’”illa” (només per acabar descobrint que no se’n pot ni escapar ni oblidar).

“Israel és una illa”, escriu Hatuka.

És molta la bellesa de Continent, obra plena de poesia política original i sensible. La poesia política de Xlomi Hatuka poques vegades sucumbeix a les temptacions del simple manifest, a la reivindicació unidimensional de la justícia. Hatuka aconsegueix escriure de política sense semblar superficial, simplista o predictible, sense recórrer a la proclama. Això s’aprecia, per exemple, en el llarg i meravellós poema “Alhambra” que dona un aire a Allen Ginsberg i on la protesta prové d’una al·lucinació, d’algun somni ben soterrat a la ment.

אלהמברה (קטע) (“Alhambra” (fragment))


אֱלֹהֵי הַקָּפִּיטָלִיזְם
נִצֵּחַ אוֹתְךָ, הַקַּנְיוֹנִים
הֵם גַּנֵּי הָעֵדֶן: עֲצֵי פְּרִי מְשֻׁכְפָּלִים וּנְחָשִׁים
מִתְפַּתְּלִים בְּכָל חֲנוּת. מוֹדְדִים
מָה שֶׁנָּעוּל בְּמַחְסְנֵי שָׁמַיִם, שֶׁהִבְטַחְתָּ כְּמוֹ
חֲלוֹם. אֱלֹהִים הֵם הֶעֱתִיקוּ
אֶת הַגַּן, נָטְעוּ שָׁם עֵץ
חַמְרָה וְעֵץ
תָּכְנָה, מָסַכִּים זוֹחֲלִים עוֹלִים בַּיָּד עַד פָּנֵינוּ וּמְפַתִּים
בַּמַּתְכּוֹנִים אֶת הַנְּשָׁמָה, הִכְפִּילוּ
אֶת הַהַבְטָחָה, בַּת קוֹל שֶׁל פִּרְסוֹמוֹת מוֹכְרוֹת
סַמִּים, אֱלֹהִים יֵשׁ לְךָ
תַּחֲרוּת וְאַתָּה מַפְסִיד

(…)
El déu del capitalisme
t’ha derrotat, els centres comercials
són els paradisos: arbres fruiters duplicats i serps
embolcallades a cada botiga. S’emprova
el que roman tancat als magatzems del cel, que has promès com un somni. Déu, han copiat
un paradís, hi han plantat un arbre
en argila
software, pantalles lliscants pugen pel braç
fins a les nostres cares tot seduint l’ànima amb receptes,
han doblat la promesa, ressò d’anuncis de venda de
droga, Déu meu, tens competència
i estàs perdent!
(…)


Marta Castillon Andreu és llicenciada en Filologia Catalana per la Universitat Autònoma de Barcelona i correctora lingüística. Va començar a estudiar hebreu amb el traductor i poeta Itai Ron, amb qui ha col·laborat amb la traducció d’alguns autors com Salvador Espriu o Aharon Appelfeld. Ha traduït de l’hebreu al català poesies d’autores com Rakhel, Zelda, Yona Wallach, Lea Goldberg, Dàlia Ravikovitx o Agi Mishol, i també ha participat a Sefer, festival del llibre jueu a Barcelona.

Itai Ron té un Grau en Arts Escèniques per la Universitat de Tel Aviv i un màster en Biblioteconomia per la Universitat de Bar-Ilan. A Israel es dedicava al periodisme, a la crítica literària i al món de la ràdio. És segurament el traductor més prolífic de la literatura catalana a l’hebreu: ha traduït autors com Montserrat Roig, Quim Monzó, Manuel Forcano, Gabriel Ferrater, Albert Sánchez Piñol i Mercè Rodoreda, entre molts d’altres. Com a poeta va guanyar el Premi de Literatura del President el 1998 amb Explorant el teixit dels pantalons (Editorial Shufra per a Literatura Selecta).

[Font: http://www.mozaika.es]

En 1925, dans une lettre détaillant l’état des recherches sur la Kabbale, Gershom Scholem écrivait au grand écrivain Haïm Bialik qu’une des premières nécessités serait de publier Le livre de la lumière de l’intellect (sefer or hasekhel) d’Abraham Aboulafia, qualifié par le grand maître des études sur la mystique juive de « personnalité la plus importante parmi les premiers kabbalistes qui nous sont connus à ce jour ». Il n’existait jusqu’à aujourd’hui aucune traduction intégrale de ce texte, seulement des extraits en anglais. Le souhait de Gershom Scholem est devenu réalité grâce aux soins de Michel Valensi, directeur-fondateur des éditions de L’Éclat (bénies soient-elles !), et aux efforts surhumains du traducteur, le kabbaliste Michaël Sebban.


Abraham Aboulafia, Lumière de l’intellect. Établi, traduit de l’hébreu et annoté par Michaël Sebban. Édition bilingue. L’Éclat, 298 p., 35 €

Enluminure d’une page de « Lumière de l’intellect » (1285)

Écrit par par Richard Figuier

Aboulafia est un personnage singulier. Né en Espagne en 1240, il bourlingue toute sa vie autour de la Méditerranée avant de disparaître autour de 1290 quelque part dans l’archipel maltais sans laisser de traces. Ce ne sont pas tant ses incessants déplacements qui le distinguent, la plupart des « intellectuels » médiévaux sont des gens perpétuellement en mouvement (à côté, les nôtres sont d’invétérés sédentaires). Non, c’est plutôt une sorte de perpétuel décalage par rapport à ses contemporains : kabbaliste, mais aussi maïmonidien (à la pensée duquel, selon l’expression de Moshe Idel, il fait subir un véritable « linguistic turn »), pire, aristotélicien ; parmi les pères fondateurs de la Kabbale et en même temps toujours à la limite de l’hérésie ; rabbi, mais voulant « confondre les opinions des sages d’Israël qui fanfaronnent », alors même qu’il se croit une vocation messianique au point de vouloir rencontrer le pape Nicolas III pour le convaincre dans une sorte de jugement dernier de la supériorité du judaïsme.

Une page remarquable de Lumière de l’intellect semble en témoigner : on lit, au chapitre 12, une sorte d’inversion de la parabole évangélique du fils prodigue. Ici, le père tient à transmettre à son fils la perle précieuse de son héritage. Mais il arriva que le fils irrita son père et celui-ci, plutôt que de confier son héritage à un autre, cacha la perle au fond d’une fosse dans l’espérance que son fils revienne à lui. Pendant ce temps, les serviteurs se rengorgeaient en clamant partout qu’ils étaient en possession de la perle, ce qui n’inquiétait pas outre mesure un fils sans « connaissance », mais finit tout de même par l’irriter à son tour, si bien qu’il se repentit. Aboulafia raconte ainsi ce qui se passe dans l’histoire entre Israël, détenteur des promesses, et ceux, chrétiens, qui pensent qu’ils sont les nouveaux héritiers. « La controverse a toujours sa place, écrit-il, jusqu’à ce que vienne le conciliateur qui remontera le joyau de la fosse et les donnera à ceux qui sont fils de YHWH ».

En s’attaquant au Livre de la lumière de l’intellect, Michaël Sebban a pris tous les risques. D’abord, celui de l’établissement du texte, incertain du fait de la grande quantité de manuscrits conservés (26 recensés à ce jour), malgré l’édition en Israël (2001) d’Amnon Gross, fautive elle aussi. Et tout éditeur critique sait que stabiliser un texte médiéval constitue une tâche difficile, tant les copistes étaient dépourvus de nos scrupules philologiques, mais plus encore quand il s’agit d’un auteur qui « crypte » sans cesse ses écrits, au point que « quiconque a essayé de lire Aboulafia sait qu’il est impossible de déchiffrer une seule page sans crayon ni papier à portée de la main afin de décrypter les multiples associations linguistiques et mathématiques qu’il établit dans une tentative pour relier entre eux des concepts et expressions disparates » (Elliot Wolfson, Abraham Aboulafia. Cabaliste et prophète, L’Éclat, 1999).

Michaël Sebban s’est appuyé essentiellement sur trois manuscrits et il esquisse une réflexion très intéressante sur le lien intime entre fixation du texte et traduction : fallait-il premièrement établir le texte et le traduire ensuite, ou bien la traduction elle-même dans sa quête de sens allait-elle contribuer à déterminer le texte ? C’est évidemment mettre en pleine lumière la situation très inconfortable du traducteur : l’interprétation s’identifie à l’œuvre, Sebban devient Aboulafia en français et aussi en hébreu ; quelles que soient leurs appréciations, les études aboulafiennes ne pourront pas ignorer cette édition.

Comme beaucoup de maîtres médiévaux, Aboulafia n’écrit pas de sa propre initiative, il répond à une demande de deux amis de Messine, lieu d’écriture du traité, qui veulent être guidés dans la connaissance de la tradition (le sens même du mot qabalah). Il s’agit tout simplement pour le kabbaliste de les aider à accomplir leur vocation à devenir des « fils d’Èlohîm » en s’élevant degré par degré à « la vraie connaissance du Nom », ou bien, selon une autre formulation que l’on trouve dans le premier chapitre, en passant « de la foi reçue à la foi intelligible ». Ce qui explique la forte dimension pédagogique du traité, qui se présente à la fois, outre son caractère de commentaire du Guide des égarés, comme un compendium de grammaire et de théologie.

Lumière de l’intellect, d'Abraham Aboulafia : un grand influenceur

L’anthropologie d’Aboulafia vient de Maïmonide et par lui des Grecs : l’homme n’est vraiment homme, n’actualise l’humanité en lui, ce qui en constitue la spécificité, que dans « l’intelligence de l’Intelligible premier » : « sache, lit-on au chapitre 5, que la finalité ultime de l’existence de l’homme dans ce monde est d’intelliger l’Intelligible premier – qui est l’Intellect premier supérieur qui intellige tout intelligible inférieur à lui – en intelligeant Sa substance qui totalise toutes les substances ». Au cœur de la Kabbale, nous sommes également en pleine ontologie grecque et au cœur d’une tradition qui va de Platon et Aristote à Spinoza en passant par les néoplatoniciens. « Jewgreek is greekjew. »

« L’intellect », c’est l’intellect divin de Maïmonide, reprise de la notion aristotélicienne d’intellect agent dans un contexte monothéiste. Terme central de l’œuvre, il meut tout par son « influx » (sheaf, qui en hébreu désigne l’abondance ; sur la même racine repose aussi le verbe lehashpia qui indique l’action d’influencer, de pencher, d’incliner), il est le grand influenceur, depuis la création, sa première « influence » pour ainsi dire (et nous sommes très près des ontologies émanationnistes néoplatoniciennes), l’intellect humain dit « passif », la langue et l’écriture, les lettres de l’alphabet hébreu en particulier, jusqu’à l’esprit du prophète (Moïse). Comme l’écrit Pierre Bouretz dans le Cahier de l’Herne consacré à Scholem (2009), Aboulafia « va considérer que la Création, la Révélation et la Prophétie sont des phénomènes qui ont lieu dans le langage lui-même. La Création devient un véritable acte d’écrire divin et chaque lettre est un symbole […], si les consonnes demeurent bien la source primordiale de tout langage, ce sont désormais les voyelles qui les combinent et les mettent en mouvement pour assurer un véritable parler divin susceptible de rencontrer la parole humaine ». Si l’hébreu, matrice de toutes les langues, est la première à avoir reçu la Torah, son privilège, s’il individualise, ne l’éloigne pas des autres langues. Toutes ont vocation à confluer dans une langue eschatologique, réparatrice de la dispersion de Babel, parce qu’elles participent toutes de l’influx divin.

Difficile d’entrer dans toutes les subtilités de la gematria (une herméneutique fondée sur la valeur numérique des lettres) qui occupe bien des pages. On voudrait simplement retenir ici l’espoir que cette traduction de la Lumière de l’intellect (ré)introduise pleinement Aboulafia dans l’histoire de la pensée occidentale, et pas seulement chez les spécialistes de la Kabbale et de la pensée juive, tant, à la suite des grands auteurs, il se situe dans un immense dialogue entre « païens » néoplatoniciens ou néoaristotéliciens, juifs, chrétiens et musulmans (il aurait fallu évoquer les influences islamiques sur sa pensée). Un influenceur lui aussi, à la suite du Grand.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

Vladimir Jabotinsky (1880-1940) est une figure majeure du sionisme russe et un acteur important dans l’histoire de la refondation de l’État d’Israël. Soldat créateur de l’Organisation d’auto-défense juive à Odessa et, avec Joseph Trumpeldor, de la Légion juive au sein de l’Armée britannique durant la Première Guerre mondiale, il a aussi établi le mouvement sioniste révisionniste, et diverses organisations juives en Eretz Israël : le Bétar, l’HaTzohar et l’Irgoun. Il s’est aussi distingué comme écrivain, poète et journaliste talentueux : Les Cinq, Samson le nazir,  Histoire de ma vieLes 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera « Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie« . 

Publié par Véronique Chemla

« Selon le rav Chimchon Rafaël Hirsch (1808-1888), le Nazir est appelé ainsi car il porte la couronne – Nézer ou diadème royal -, qui l’élève bien au-dessus des autres vers une noblesse spirituelle ». (Rav Hayim Yaacov Schlammé, Hamodia, 26 mai 2009)

Est nazir celui « qui vit autrement, à part (de l’hébreu, nazor) ; un homme consacré à D., qui a fait vœu de vivre dans la pureté, de ne jamais effleurer un corps mort, de ne point manger ni boire de tout ce qui provient de la vigne à vin ».

Écrivain et politicien sioniste, Vladimir Jabotinsky (1880-1940) désigne ainsi ce personnage à la force extraordinaire.

Un roman symbolique

Á la fin de la Première Guerre mondiale, il avait songé à une trilogie sur les héros bibliques Jacob, Samson et David. Seul Samson, le nazir est publié (1930).

Inspiré par Le Livre des Juges de la Bible hébraïque, Vladimir Jabotinsky souligne la solitude, l’intelligence, la sagesse de juge et la finesse psychologique quasi-divinatoire de Samson, homme à la personnalité duale, fidèle aux siens et attiré par le raffinement des Philistins.

Maniant avec dextérité l’art de l’euphémisme et de la suggestion, l’auteur laisse deviner les clés explicatives de situations et de personnages, plus qu’il ne les livre.

Vladimir Jabotinsky offre un récit passionnant sur l’élaboration, la maturation et la férocité de la vengeance, la violence effrayante – impétueuse individuelle ou déchaînée collective -, l’impératif de l’unité et de la ruse pour vaincre, ainsi qu’une ode à la fidélité des amitiés viriles.

Il démystifie Samson. « La perte de sa chevelure lui est fatale non parce que sa toison serait signe de la puissance qu’a Dieu sur lui, mais parce que Samson est prisonnier d’une symbolique qui veut que la tonte soit une marque d’infamie » (Luba Jurgenson).

Dans ce roman symbolique au style puissant, l’appel final de Samson destiné aux tribus d’Israël (Lévites) et exhortant à l’unité, à la préparation méthodique à la guerre contre ceux qui les menacent et à l’apprentissage du rire, résonne toujours.

La remarquable traduction du russe et la postface de cette nouvelle édition sont signées de Luba Jurgenson.

ADDENDUM
En 2013, une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L’été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;

Le 18 janvier 2016, de 20 h à 21 h 30, Doris Von Drathen, historienne de l’art, donna aux Études Hébraïques Contemporaines – 16 rue des Ecouffes, 75004 Paris -, dans le cadre d’un regard sur la scène de Dalila et Samson – Du Moyen Age jusqu’au Baroque, la conférence Samson dans l’art – un héros malgré lui. « Cette conférence invite à ouvrir notre lecture du texte de Samson (livre de Juges) par la vision et la compréhension imaginaire de quelques artistes sur les personnages et la scène. Nous analyserons également le contexte historique, géographique de l’école de l’artiste et les aspects techniques comme la construction de la perspective et de l`espace, des couleurs etc.  On observera les œuvres des peintres à partir de Moyen Age jusqu’à l’époque baroque (Rubens, Caravage et d’autres). Le motif central sera la scène de Dalila et Samson. Il s´agira d´observer quels aspects du texte sont choisis et pourquoi, quelle « fantaisie » amène un artiste à focaliser sur un détail, au prix de négliger d´autres aspects ou même en s´éloignant du texte (par exemple les tendresses de Dalila, ou les ciseaux). Toujours est-il que l´on découvrira de près, en « corps et en âme », la faiblesse, le désespoir et le courage de Samson – le héros malgré lui ».

Le 23 mai 2019  à 18 h 30, à la Maison des Polytechniciens, X-Israël invite à la conférence de Pierre Lurçat, avocat et essayiste, sur « Jabotinsky et son héritage dans l’histoire d’Israël ». La conférence a été suivie d’un apéritif amical. L’auteur a dédicacé ses deux derniers livres (http://bit.ly/lurcat2016 et http://bit.ly/lurcat2018).

Les 3, 4, 5, 6 et 8 avril 2020, Mezzo diffusa « Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns » par Louise Narboni. L’histoire est inspirée du Livre des Juges, de la Bible. « Prisonniers des Philistins, les Hébreux implorent le Dieu d’Israël. Samson, valeureux héros, tue Abimélech et encourage les siens à se rebeller contre les Philistins. Le peuple d’Israël rompt alors ses chaînes et parvient à s’enfuir – sous les menaces vipérines du Grand Prêtre de Dagon qui jure vengeance. Celui-ci retrouve la voluptueuse Dalila, décidée à séduire Samson, de façon à percer le secret de sa force – dans le seul but de venger son peuple. Dans un duo débordant de lyrisme, Dalila fait chavirer le cœur du héros qui, malgré les mises en garde d’un vieillard hébreu, succombe à son amour »

Les 5, 6 et 11 mai 2021, Mezzo diffusera « Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie« . Samson est un oratorio en trois actes de Georg Friderich Haendel (1685- 1759) composé dès 1741 sur un livret en anglais de Newburgh Hamilton.

« Samson fut très apprécié et est considéré comme l’une de ses meilleures œuvres dramatiques. Il est habituellement interprété comme oratorio, en tant que pièce de concert mais peut aussi bénéficier d’une présentation scénique comme un opéra ».

« Certains de ses airs solistes sont souvent interprétés, seuls, en concert – c’est le cas de Let the bright Seraphim, air pour soprano, et de Total eclipse, pour ténor ».

« Samson de Haendel au Festival Misteria Paschalia de Cracovie » par Jean-Pierre Loisil

Enregistrement : 1 avril 2018 – Misteria Paschalia | Krakow

03 h 17

Distribution :

Dunedin Consort

Polish Radio Choir

John Butt (Direction)

James Way (Ténor) : Samson

Eleanor Dennis (Soprano) : Dalila

Sur Mezzo les 5 mai 2021 à 22 h 20, 6 mai 2021 à 12 h 30 et 11 mai 2021 à 12 h 30

« Valery Gergiev dirige ‘Samson et Dalila’ de Saint-Saëns » par Louise Narboni

Opéra Samson et Dalila en trois actes de Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Livret de Ferdinand Lemaire.

Création à Weimar, Théâtre de la Cour grand-ducale, 2 décembre 1877

Enregistrement : 25 mai 2016 – Mariinsky Theatre | St Petersburg
Durée: 02:12
Distribution
Mariinsky Orchestra
Valery Gergiev (Direction)
Ekaterina Semenchuk
Gregory Kunde
Roman Burdenko (Baryton) : Le Grand Prêtre de Dagon
Yannis Kokkos (Mise en scène)
Sur Mezzo les 29 mars 2020 À 01 h, 31 mars 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 31 mars 2020 à 17 h sur Mezzo Live HD, 3 avril 2020 à 09 h 30 sur Mezzo Live HD, 4 avril 2020 à 08 h 30 sur Mezzo, 5 avril 2020 à 02 h sur Mezzo Live HD, 6 avril 2020 à 06 h sur Mezzo Live HD et 8 avril 2020 à 13 h sur Mezzo Live HD

Vladimir Jabotinsky, Samson, le nazir. Editions des Syrtes, 2008. 350 pages. 23 euros. ISBN-13 : 978-2845451346

Cet article avait été commandé par L’Arche. Il a été publié sur ce blog le :
– 11 juin 2012 à l’approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat De Jabotinsky à Netanyahou : le courant national du sionisme, organisée par l’association France-Israël le 12 juin 2012, à 20 h 30, au Salon Amphi Pereire, 100 boulevard Pereire, 75017 Paris, et le 10 juillet 2012 à l’approche de la conférence du journaliste-écrivain Pierre Lurçat Que reste-t-il aujourd’hui du sionisme de Jabotinsky ?, organisée le 10 juillet 2012, à 20 h 30, au centre communautaire francophone de Jérusalem Emounah. Pierre Lurçat y présentera Histoire de ma vie de Vladimir Jabotinsky (éd. Les Provinciales) qu’il a traduite de l’hébreu ;

– 14 juillet 2013 alors qu’une mosaïque représentant Samson portant sur ses épaules la porte de Gaza (Livre des Juges, 16:3) a été découverte dans la synagogue à Huqoq (Galilée) datant du Ve siècle. L’été 2012, des fouilles archéologiques avaient révélé une mosaïque montrant Samson et les renards (Livre des Juges, 15:4) ;
– 19 avril 2014. W9 a diffusé une série sur la Bible, évoquant maintenant Samson ;
– 5 janvier 2015. Franklin Rausky donnera une conférence sur l’épopée de Samson le 6 janvier 2015 à la synagogue de Bordeaux ;
– 17 janvier 2016, 23 mai 2019 et 3 avril 2020.

 

[Source :  http://www.veroniquechemla.info]

Lo del titular no son erratas. Está escrito en ladino. Esta vieja ‘lingua’ está viviendo una segunda juventud. Aún evoluciona y se esparce por el mundo a través de internet. La comunidad judía sefardí habla, conserva y difunde el español heredado de sus antepasados medievales

Escrito por Lucía Mos

Liliana Benveniste bromea al otro lado del teléfono: de haber existido Twitter en el siglo XV, los españoles de la época chuchulearían sus ocurrencias en lugar de tuitearlas. Esta argentina riega de vocablos arcaicos la conversación transoceánica que mantiene vía Whatsapp. El ladino está mayor, pero viaja rápido con una buena conexión wifi.

Allá por 1492, los tatarabuelos de Liliana fueron obligados a marcharse de España. Los Reyes Católicos ordenaron la expulsión de los judíos con la firma del Edicto de Granada; de modo que la comunidad judeoespañola se dispersó para asentarse en otros rincones del planeta. Con el tiempo, el ladino, el español que hablaban los judíos, evolucionó por su cuenta y dejó de parecerse a la lengua que se quedó en la península.

Liliana dedica su carrera a insuflar vida a ese español que suena raro pero extrañamente familiar a los hispanohablantes del siglo XXI. Y no es la única: la comunidad sefardí se afana en reanimar su antigua lingua con el empuje digital y el alcance infinito de las redes sociales.

La gramática del ladino es fácil de descifrar por un hispanohablante actual: entra por los ojos como una lengua medieval que parece haber colisionado con la grafía clásica de los pokeros contemporáneos

ESTA FRAZA NO TIENE DINGUN YERRO: ESTA ESKRITA EN LADINO

La base lingüística española y hebrea del ladino, también conocido como sefardí y judeoespañol, queda patente incluso en el nombre del idioma. La palabra sefardí procede de Sefarad, que es el topónimo con el que se conoce a España en el Antiguo Testamento; y ladino viene de ladinar, la acción de traducir textos semíticos al castellano.

La gramática del ladino es fácil de descifrar por un hispanohablante actual: entra por los ojos como una lengua medieval que parece haber colisionado con la grafía clásica de los pokeros contemporáneos, con su abundancia de kas, la alternancia de bes y uves y de eses y ces, y una característica omnipresencia de la i latina.

Tanto es así que medio Twitter puso el grito en el cielo cuando la Embajada de España en Turquía compartió una serie de mensajes por el Día Internacional del Ladino, celebrado en este país cada 21 de febrero. Donde los puristas lingüísticos de la red social creyeron ver faltas de ortografía en realidad había un español de hace 500 años que, a día de hoy, todavía podemos entender sin apenas esfuerzo.

EL LADINO KONTINUA A VIVIR EN INTERNET

Los arcaísmos tan notorios del ladino dan la sensación de que es una lengua estancada en el tiempo, pero ni mucho menos. El judeoespañol se salpicó de francés, italiano, holandés, griego y turco cuando los sefardíes abandonaron España, y sigue en una continua actualización para adaptarse a los tiempos que corren.

Prueba de ello son los chuchuleos de los que habla Liliana, que es la copropietaria y editora del portal eSefarad, dedicado a las noticias de la comunidad sefardí. Además, organiza espectáculos, da clases de ladino y canta en la lengua que escuchaba en casa de sus abuelos, judíos procedentes de Turquía, cuando era pequeña.

La argentina forma parte de Erensya, la plataforma online del Centro Sefarad-Israel que aúna proyectos internacionales destinados a difundir el ladino. También es miembro Karen Gerson, directora del Centro Sefardí de Estambul desde 2003 y responsable de El Amaneser, el único periódico publicado enteramente en judeoespañol en todo el mundo. El diario ladino tiene una tirada de 4.000 ejemplares en papel y cuenta con una edición online.

Karen ha publicado libros, música, diccionarios, compilatorios de dichos y proverbios y es la cantante solista del grupo Los Pasharos Sefaradis. Según dice, cientos de personas se conectan a sus clases y actividades en torno al judeoespañol impartidas por Zoom.

Lo cierto es que no escasean las iniciativas que promueven el ladino desde distintos países: hay grupos (como la Ladinokomunita), foros, encuentros, conferencias, clases, vídeos, canciones, programas en la Radio Exterior de España y hasta un Centro de Estudios Sefardíes en la Universidad de Washington. El español más antiguo pervive en las páginas webs, Twitter y YouTube.

Aitor García Moreno: «Esta lengua está y estará seriamente amenazada siempre que no sea útil su uso. Si no sirve en la vida diaria, no será una lengua viva»

ESTA EL LADINO EN RIZGO DE MURIR?

Del número total de hablantes del ladino en la actualidad solo se conocen estimaciones. Se calcula que unas 150.000 personas lo hablan en todo el mundo, aunque «los niveles de competencia lingüística pueden variar muchísimo de unos hablantes a otros», afirma Aitor García Moreno, investigador distinguido del departamento de Estudios Judíos e Islámicos del Instituto de Lenguas y Culturas del Mediterráneo y Oriente Próximo.

El experto explica a Yorokobu que hay quienes solo conocen palabras sueltas o hablan de temas concretos, de tipo biográfico o del ámbito doméstico. «Esta lengua está y estará seriamente amenazada siempre que no sea útil su uso», advierte. «Si no sirve en la vida diaria, no será una lengua viva, como apenas lo es hoy en día. Otra cosa es su preservación y estudio, que puede (y debe) acrecentarse».

La Autoridad Nasionala del Ladino de Israel, creado en 1997, y la Academia Nasionala del Ladino, organismo fundado por la RAE en 2019, también con sede en Israel, son las instituciones lingüísticas oficiales que tratan de proteger y regular un idioma que se ha desarrollado sin la pauta de una norma común.

El Gobierno de España aprobó en 2015 una ley para devolver la nacionalidad española a los descendientes de los judíos desterrados por los Reyes Católicos. A Liliana, que recuerda el anhelo de los sefardíes por regresar a su hogar, le concedieron la suya en 2017.

Una de sus palabras favoritas es ambezar, que puede significar aprender o enseñar en función del contexto. Mientras los lingüistas se ponen de acuerdo, el ladino evoluciona a su aire, como siempre lo ha hecho.

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

     

Investigando los crímenes en, tal vez, la única colonia agrícola judía fuera de Israel.
En su momento 2 posibilidades para los judíos de Europa: los kibutzim en Israel como Rishon Le tzion o bien la Argentina, con el pueblo de Moisés “Moishe Ville”.
Los orígenes de la comunidad judía de Argentina y una historia del mundo judío en general se ven reflejadas en este estudio criminológico de Javier Sinay que al encontrar los escrito de su bisabuelo sobre los asesinatos a judíos se dio a la tarea de realizar una investigación profunda de los mismos, lo que lo fue llevando a encontrarse con una población que fue el inicio de una de las comunidad judías más proliferas como lo es la Argentina, y Moisés Ville es sin duda la cuna de grandes escritores, músicos, investigadores, entre ellos el aún actor Max Berliner, que a los 92 años sigue actuando y desplegando muestras de calidad en los escenarios, y además en ídish.
 
Si el ídish aún se habla en Moisés Ville y no por los judíos sino por propios habitantes no judíos que se quedaron con el idioma y las palabras, aunque la población judía del lugar fue reduciéndose considerablemente.
Moisés Ville, un pueblo, una comuna que aún conserva 3 templos 3 shils, 2 bibliotecas con cientos de publicaciones en ídish, español y hebreo de esta comunidad, un cementerio, la intersección de calles como el Barón Hirsch, gran filántropo judío, con Salvador Martí, prócer de América.
Los crímenes son la base, el pretexto de este recorrido por la Historia de Argentina, del ídish, de los judíos de Europa, de la comunidad judía en Latinoamérica y en Argentina, son el paso a una realidad actual de esta colectividad que hoy se ve reflejada en otros países como México, país en el que se presentó la nueva edición de los Crímenes de Moisés Ville editada por Planeta y que espera ser un importante testimonio, lección y muestra no solo de la inmigración judía sino de todas las migraciones que se dan, de cómo estos “viajeros” deben llegar a nuevos lugares y formar así su nueva casa y su nuevo hogar.

De esto y mucho más nos platica Javier Sinay en exclusiva para diariojudio.com desde un punto policiaco, de investigación de unos crímenes, desde el punto de vista histórico de la comunidad judía y desde su carácter personal, con las ganas y el entusiasmo de encontrar porqué su bisabuelo, editor de un periódico, 40 años después de acontecidos retomó el tema de unos crímenes en aquellos momento en una población judía, para volverlos nuevamente noticia.
Huellas de un crimen
Moisés Ville es el lugar donde judíos perdieron la vida en manos de gauchos criollos
A raíz de que en junio de 2009 recibe un correo electrónico con la reproducción de un artículo de 1947, el autor argentino Javier Sinay decide escribir Los crímenes de Moisés Ville, publicado en el sello Tusquets. Lo que se leía en este texto, firmado por su bisabuelo, Mijl Hacohen Sinay, era una serie de veintidós asesinatos cometidos, entre 1889 y principios del siglo XX por gauchos criollos contra inmigrantes judíos llegados a la provincia de Santa Fe, Argentina, desde Ucrania, huyendo de los pogroms del imperio zarista.
Sinay se interesa tanto en reconstruir la historia de su bisabuelo y la de ese pequeño pueblo santafesino, hasta dar con un aspecto poco conocido y desgarrador de la relación entre gauchos y judíos por aquellos años. En esa investigación, a la vez entrañable y tenebrosa, el autor aprendió ídish para descifrar documentos antiquísimos; contrató a un detective para rastrear los ejemplares de Der Viderkol, el primer periódico judío de la Argentina y viajó repetidas veces a Moisés Ville, donde la cultura judía ha dejado huella en sus cuatro sinagogas y sus calles de nombres hebreos.
El calor del relato conmueve y ofrece el lector no solo contextualizarse en la época de aquel entonces, sino también en el Moisés Ville del siglo XXI. “Hoy es una sociedad orgullosa de su herencia. Porque si algunos pueblos hospedan a la Fiesta Nacional del Chancho Asado con Pelo, de la Esquila o de la Alfalfa, aquí se le da lugar a la Fiesta de la Integración Cultural. Y, por supuesto, hay una Reina de la Integración Cultural.”
Javier Sinay, (Buenos Aires, 1980) es periodista. Publicó los libros Sangre joven. Matar y morir antes de la adultez (Tusquets, 2009), que mereció el Premio Rodolfo Walsh en la XXIII Semana Negra de Gijón (España), dirigida por Paco Ignacio Taibo II; y 100 crímenes resonantes que conmovieron a la sociedad argentina (Planeta, 2010, en coautoría con Norberto Chab). Ganó tres Premios Perfil a la Excelencia Periodística y un Premio TEA Estímulo, y cursó estudios de Ciencias de la Comunicación en la Universidad de Buenos Aires.
[Fuente: http://www.masideas.com]

L’element, de grans dimensions, va ser localitzat per un ciutadà el passat mes de gener a l’avinguda Miramar

Làpida necròpoli jueva de Montjuïc

Un altre testimoni del passat jueu de la ciutat i, concretament, de l’antiga necròpoli jueva de Montjuïc, surt a la llum. Fa tres mesos, un ciutadà va localitzar a l’avinguda de Miramar una enorme làpida amb inscripcions hebrees. Segons informa l’Ajuntament, la làpida està feta amb pedra de Montjuïc i es creu que podria haver estat llançada muntanya avall durant la primera meitat del segle XX, durant la construcció del camp de tir olímpic actual, cap a l’any 1907 o amb la construcció del primer parc d’atraccions als anys 30.

Una làpida feta amb pedra de Montjuïc

La làpida trobada és de grans dimensions: 1,46 × 0,60 × 0,63 m i està realitzada amb pedra de Montjuïc. La inscripció en caràcters hebreus es pot veure a la cara superior de la peça. Es tracta d’una inscripció inacabada i malmesa, que els investigadors creuen que en el seu moment va quedar a mig fer.

Detall de la làpida jueva trobada

Aquestes inscripcions van cridar l’atenció del ciutadà que la va descobrir i va donar l’alerta. Els tècnics del Servei d’Arqueologia de Barcelona i del Servei d’Arqueologia i Paleontologia de la Generalitat de Catalunya van confirmar la importància de la troballa i va ser traslladada al Centre de Conservació de Béns Mobles del Museu d’Història de Barcelona (MUHBA). Allà s’hi farà una neteja acurada, la transcripció i traducció del text i l’estudi epigràfic corresponent. Ara per ara, només han aconseguit desxifrar què hi posaria:

En aquesta tomba el distingit rabí David, fill de rabí (…), el dia (…), del mes de tevet de l’any…”

Inscripció a la làpida

Testimoni del passat jueu

La troballa és una bona notícia per als arqueòlegs, ja que noves peces com aquesta engreixen el projecte que el Servei d’Arqueologia de Barcelona va engegar al 2014 per investigar i aprofundir en l’extensió que havia tingut la necròpoli jueva que va acollir Montjuïc entre els segles IX i XIV. Per als tècnics, és vital poder concretar el recinte per, entre altres raons, poder protegir-la degudament.

Una de les necròpolis jueves més importants

La necròpoli jueva de Montjuïc era una de les més importants de tota la península i d’Europa. Segons els investigadors, la necròpoli va subsistir fins a la fi del call de Barcelona el 1391. Anys després, va ser venut i les làpides es van reaprofitar per abastir altres edificis a la ciutat.

El 1945, la construcció d’unes instal·lacions lúdiques va provocar la destrucció parcial del recinte funerari al mateix temps que la descoberta i excavació de fins a 171 tombes de l’antiga necròpoli jueva. L’any 2001 es van localitzar fins a 557 tombes més. Però la necròpoli, declarada Bé Cultural d’Interès Nacional en la categoria de lloc històric, fou coberta amb una capa de terra per a la seva protecció.

[Font: http://www.beteve.cat]

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) a raconté en 2002 « l’aventure artistique » (1959-1962) d’une œuvre majeure de Chagall. Pour la synagogue de l’hôpital Hadassah (Jérusalem), le peintre-verrier a illustré les 12 tribus d’Israël. Cette exposition et son catalogue, denses et didactiques, ont révélé 62 dessins préparatoires et maquettes, ainsi que quatre vitraux d’essai pour cette commande muée par la vision d’un poète, admirablement compris par les maîtres-verriers, Charles et Brigitte Marq. Ils ont évoqué aussi le dialogue intime, souvent en yiddish, entre Chagall et la Bible, et montré les magnifiques photos d’IzisLe 28 avril 2021 à 20 h 30, Cultures-J propose la visioconférence sur Zoom « La synagogue de la Hadassah et le Hall d’État de la Knesset: Marc Chagall, vitraux, tapisseries et mosaïques à Jérusalem« .

Publié par Véronique Chemla

Tout commence en 1958. « Myriam Freund, présidente de Hadassah (association féminine de bienfaisance américaine créée en 1912) et l’architecte du nouveau centre médical, Joseph Neufeld, proposent à Marc Chagall de réaliser des vitraux sur le thème des douze tribus d’Israël pour la synagogue de l’hôpital Hadassah à Jérusalem. Chagall accepte » et les rencontre « lors de l’exposition monographique de l’artiste au Musée des Arts décoratifs de Paris en 1959 ».

Chagall a déjà conçu en 1957 des vitraux, avec Bonnard, Braque, Léger, Matisse et Rouault, pour une église du plateau d’Assy, et seul, en 1958, pour la cathédrale de Metz. Et déjà avec les époux Marq, maîtres-verriers du fameux atelier Simon (Reims), créé au XVIe siècle.

« Pénétrer dans la lumière du plein jour »

Mais cette commande est différente.

Chagall doit relever plusieurs défis : la monumentalité des vitraux (3,4 m de haut sur 2,5 m de large) disposés en couronne, l’interdiction de la figure humaine, la restitution de « la profondeur vivante » des couleurs, la place des vitraux dans l’ensemble hospitalier, l’absence de narration, etc.

« La théorie, la technique, qu’est-ce que c’est ? Mais la matière, la lumière, voilà la création ! », relève le peintre. Et né dans une famille hassidique de Vitebsk (Biélorussie), il est particulièrement sensible à la Bible, donc au sujet à illustrerA fortiori en Israël : Chagall a séjourné en Palestine de février à avril 1931.

Quelle est « la genèse de cette œuvre d’exception » ?

Sur les murs de la première salle, des phrases, un peu hautes, de la Bible inspirent ou veillent sur les « petits dessins en noir et blanc, au crayon et à l’encre de Chine, au pinceau », des esquisses initiales d’« une cosmogonie où les astres, les éléments et les animaux surtout, dessinent une ronde des tribus ». Et où apparaît « l’expression symbolique » de chaque tribu retenue par Chagall.

Les croquis ultérieurs précisent, en apportant de rares modifications. Par exemple, un oiseau devient taureau dans la maquette définitive de Lévi.

Puis, une série de doubles pages présentent les prophéties de Jacob à ses fils (Genèse 49) et les bénédictions de Moïse (Deutéronome 33), qui ont inspiré Chagall.

Elles explicitent aussi leurs représentations par l’artiste. « Selon la tradition biblique, le peuple hébreu était structuré depuis la sortie d’Égypte en une confédération de douze tribus établie selon la descendance des douze fils de Jacob » (Rivon Krygier).

Après un combat initiatique avec un envoyé céleste, Joseph fut nommé Israël par cet être : « Car tu as lutté avec le divin et l’humain, et tu as vaincu » (Genèse, 32:29).

Donc, « les douze fils de Jacob – RubenSiméonLéviJudaIssacharZabulonDanGadAsherNephtaliJoseph et Benjamin – se nomment dans les textes bibliques bné Israël, fils d’Israël, ou Israélites.

Sur le point de mourir, Jacob et Moïse convoquent les enfants d’Israël pour leur annoncer leur avenir, et à travers eux celui de la nation tout entière.

Les douze fils de Jacob deviennent ainsi les représentants éponymes des douze tribus et le légendaire point de départ d’un processus historique qui devait aboutir, un jour, à la création de l’État d’Israël ».

Le visiteur peut ainsi mieux comprendre les dessins préparatoires, plus grands, mêlant en plus aquarelles, gouaches et collages de papier et tissu, pour indiquer « le rythme des ombres et des lumières, la composition formelle et chromatique, la texture des vitraux, le tracé des plombs et les rapports des tons ».L’homme se devine au travers d’objets religieux et des symboliques du bestiaire biblique – « lion, taureau, loup, âne, serpent, biche » -, qualifiant le caractère des « enfants d’Israël ». « Les poissons, la mer profonde, les cieux, soleils, lunes, collines et tentes, évoquent la vision de Moïse. Partout, des prunelles grandes ouvertes expriment le pouvoir essentiel du regard ».

Chagall n’a cependant pas oublié le Livre, l’Étoile, la corne de bélier (shofar) et le chandelier à sept branches (menorah). Et, dans le vitrail de Siméon, il reprend « la thématique des oiseaux qui s’éloignent et se dispersent, récurrente dans l’imagerie et le folklore yiddish ».

Ensuite, le visiteur lève les yeux pour voir les côtés d’un carré formés des douze réductions des vitraux où dominent le bleu, le jaune, le vert et le rouge.« En disposant les vitraux trois par trois, aux quatre points cardinaux, Chagall reprend la répartition des tribus dans le désert, mais il renvoie à la filiation directe de Jacob et désigne les douze tribus, non selon leur répartition territoriale, mais telles qu’elles étaient représentées par des pierreries sur le pectoral du grand-prêtre ». Donc, sans les deux fils égyptiens de Joseph, Ephraïm et Manassé, reconnus et bénis par Jacob dans la Genèse.

Dominé par le bleu, le vitrail de Ruben, premier-né des frères, « traduit une confusion entre les mondes aquatique et aérien.Les oiseaux semblent naître de l’écume, rappelant que toute vie vient de la mer ».
Avec les poissons, ils symbolisent « l’abondance et la fécondité ».

D’un bleu sombre, « le vitrail de Siméon impose une atmosphère de forfait nocturne ».

Le fond jaune or du vitrail de Lévi « souligne un certain rayonnement et la noblesse d’un culte qui a éclairé le peuple juif à travers les temps ».

C’est la « fonction symbolique d’enseignement et de transmission, perpétuant la mémoire » que Chagall privilégie dans les phrases figurant sur les Tables de la Loi.

Le vitrail de Juda surprend par le rouge vif.

De la tribu de Juda, sont sortis les rois d’Israël, de la lignée de David. Des mains soutiennent ou bénissent une couronne, royale ou céleste.

À Juda est parfois associée une pierre précieuse sur le pectoral du grand prêtre. Les traductions de l’hébreu de cette gemme varient. L’une de ces traductions est escarboucle (grenat).

« Le vert tendre du vitrail de Issachar accentue le caractère champêtre de la composition, plus printanier que le vert olive d’Asher marquant lui le temps des récoltes » (Raphaëlle Laufer-Krygier). Issachar, qui apporte « la félicité », est voué à l’étude de la Torah. Cette spiritualité est incarnée par la tente blanche, symbole du mont Sinaï. Derrière, se profilent les Tables de la Loi.

En symbioses chromatique et spirituelle, « trempé dans les couleurs d’un soleil couchant sur la mer, le vitrail de Zabulon communique la fièvre des voyages ». Les poissons y symbolisent l’abondance et la prospérité.

Dans le vitrail de Dan, « l’équilibre qu’assure le chandelier à trois branches renvoie allégoriquement au motif de la balance, symbole universel de la justice. L’enroulement du serpent autour du chandelier permet à Chagall de souligner la double nature de Dan – juge et justicier – tout en renvoyant aux autres connotations bibliques : serpent du Jardin d’Eden enroulé autour de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », etc.C’est de la violence des combats que semble résonner le vitrail de Gad, « bouclier adventice, guerrier assailli et téméraire », s’enhardissant dans les lignes ennemies.

Mais c’est la paix qui émane du vitrail de Asher. La fonction nourricière de celui-ci – en huile pour les autres tribus, le Palais et le Temple – induit la place prédominante de l’olivier : par la couleur verte et par les branches feuillues et chargées de fruits. Du bas vers le haut, se superposent les objets rituels, dont le chandelier à sept branches du Temple de Jérusalem, la souveraineté royale et messianique ainsi que la colombe de la paix universelle.

Sur un fond jaune, Nephtali, cerf-biche, repose près d’une colline habitée, le mont Thabor.Volette un oiseau rouge et bleu – un coq ? ,- protecteur ou menaçant.

Dans le vitrail de Joseph, en des jaunes-orangers, Chagall exalte la « vertu réparatrice et unificatrice restaurant la fraternité perdue » ainsi que l’abondance.

Celui de Benjamin baigne dans une ambiance nocturne bleutée : la fleur centrale, Israël, ne sera pas vaincue par les animaux menaçants qui l’entourent.

L’art du verre renouvelé
Plus loin, sur chaque panneau d’essai – Ruben, Zabulon, Gad et Joseph -, en noir et blanc est posé, en relief, un extrait dans la tonalité majeure dudit vitrail. « La grille orthogonale des plombs est une offense faite à la lumière-liberté. Chagall travaillera donc à assouplir leur rigidité inorganique. Il greffe sur ces carreaux des filets de plomb plus minces et plus souples » (Pierre Schneider)

Enfin, la dernière salle est dédiée au travail des maîtres-verriers, Charles Marq et son épouse Brigitte Simon, avec en fond sonore, une interview du peintre et de Charles Marq, expliquant leurs engagements profonds.

« Par des suggestions poétiques, par des évocations d’ambiance », Chagall incite ces remarquables artisans à se surpasser pour traduire ses exigences, parfois en recourant à des techniques anciennes (grisaille, émail coloré, gravure). « Charles Marq retrouve l’antique procédé médiéval oublié du verre plaqué. La diffusion des lumières y est optimale, en en respectant aussi bien les variations de transparences et d’opacités, que la puissance ou la délicatesse du trait » (Daniel Marchesseau, Chagall ivre d’images, Gallimard, 1995).

Des photographies, notamment d’Izis, révèlent l’attention, l’investissement et la complicité des deux hommes, le travail de retouche de Chagall devant chaque fenêtre, sur chaque détail, ainsi que l’exposition de l’œuvre à Paris (juin-septembre 1961) et à New York (novembre 1961-janvier 1962), avant son inauguration le 6 février 1962. Ce jour-là, Chagall déclare en yiddish :

« Il me semble que vos mouvements de résistance dans les ghettos, tragiques et héroïques, que votre guerre, ici, dans ce pays, se sont trouvés mêlés à mes fleurs, à mes bêtes, à mes couleurs de feu… [Ce modeste présent est] pour ce peuple juif qui, depuis toujours, a rêvé d’amour biblique, d’amitié et de paix avec tous les peuples ; pour ce peuple qui a vécu il y a des milliers d’années, ici, parmi les autres peuples sémitiques. Et c’est en pensant aux grandes créations des peuples sémitiques d’alentour que moi, j’ai créé [cet « Art sacré »]. Je veux espérer ainsi tendre la main aux amis de la culture, aux poètes et aux artistes des peuples qui nous environnent ».

Une lettre à l’architecte, Joseph Neufeld, atteste de l’émotion de Chagall qui espère un écho international et universel. Sa crainte est que ces vitraux, dont il sent la perfection, ne restent méconnus.

Dans un courrier à Myriam Freund du 6 janvier 1967, le peintre exprime une colère triste face aux atteintes à son travail : synagogue « écrasée » par les bâtiments hauts édifiés récemment, détérioration du bas de vitraux à même le sol, etc.

Vient enfin la réconciliation du peintre octogénaire et de son œuvre, quand il voit l’afflux des visiteurs venus admirer ces vitraux à la spiritualité biblique.

L’après-midi de ma visite au MAHJ, qui a présenté la magnifique exposition Chagall et la Bible (2 mars-5 juin 2011), un responsable du Musée a ouvert un bref moment l’une des portes donnant sur la cour de l’Hôtel de Saint-Aignan. La lumière printanière de Paris s’est engouffrée dans la salle, éclairant joliment l’arrière des miniatures des vitraux.

Bien sûr, est toute autre la lumière merveilleuse de Jérusalem derrière ces vitraux qui, comme l’écrivait André Malraux, « s’éveillent et s’endorment avec le jour »…

Cet article a été republié en ce Pessah (Pâque juive) qui commémore la sortie d’Égypte ancienne des Hébreux qui y étaient esclaves. Cette fête juive est aussi appelée fête de la liberté.

Le 9 avril 2015, la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem organisa un atelier en yiddish sur Marc Chagall, artiste juif de l’École de Paris.

Le 22 mai 2017, de 12 h 45 à 13 h 30, le Collège des Bernardins proposa, dans le cadre d’Une heure, une oeuvre, Connaissez-vous Chagall ? Les autoportraits d’un Juif errant, enfant chéri de la modernité. « Chaque mois, une heure de pause devant une toile de maître pour la regarder, la comprendre et vivre grâce à elle une expérience spirituelle, et méditer plus avant sur le mystère de la vie, de l’amour, de Dieu. Le lundi de 12h45 à 13h30 : en 3/4 d’heure le cours abordera une œuvre, un artiste ou un groupe d’œuvres autour d’une thématique, suivi d’un temps d’échange pour ceux qui le souhaitent ». La conférencière est Mélina de Courcy, professeurs d’histoire de l’art.

Le 28 avril 2021 à 20 h 30, Cultures-J propose la visioconférence sur Zoom « La synagogue de la Hadassah et le Hall d’État de la Knesset: Marc Chagall, vitraux, tapisseries et mosaïques à Jérusalem« .

« Artiste à la renommée internationale, Marc Chagall reçut dans les années 60 deux importantes commandes officielles en Israël ».
« Tout d’abord celle Myriam Feund, fondatrice de l’association sioniste américaine Hadassah. Lorsqu’elle visite Paris avec l’architecte Joseph Neufeld, Myriam Feund y découvre le travail de Marc Chagall pour la cathédrale de Reims. Elle lui commande aussitôt une série de vitraux pour la synagogue du complexe hospitalier Hadassah de Jérusalem, alors en construction ».
« Cinq ans plus tard, c’est au tour de la Knesset, le Parlement israélien, de passer une commande officielle à l’artiste, cette fois pour la décoration du Hall d’État du bâtiment. Marc Chagall réalise pour l’occasion une série de mosaïques et de tapisseries d’une beauté exceptionnelle ».
« Avec cette visioconférence passionnante, nous vous invitons à partir à la découverte de deux des plus impressionnants ensembles artistiques de Marc Chagall ».
Marc Chagall, Hadassah, de l’esquisse au vitrailMAHJ-Ed. Adam Biro, 2002. 152 pages, 80 illustrations couleurs
Visuel :
Maquette pour la Tribu de Siméon
1960
Gouache, aquarelle, pastel, encre de Chine et collage de papier
Archives Marc et Ida Chagall, Paris
© ADAGP, Paris 2010 – Chagall ®Les timbres postaux d’Israël représentent ces vitraux

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

A conexão judaica para o conceito de “alegoria” de Walter Benjamin.

Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.

C’est grâce aux astres nonpareils,
Qui tout au fond du ciel flamboient,
Que mes yeux consumés ne voient
Que des souvenirs de soleils.

En vain j’ai voulu de l’espace
Trouver la fin et le milieu;
Sous je ne sais quel œil de feu
Je sens mon aile qui se casse;

Et brûlé par l’amour du beau,
Je n’aurai pas l’honneur sublime
De donner mon nom à l’abîme
Qui me servira de tombeau.

(Charles Baudelaire, Les fleurs du mal)

Descobri finalmente a conexão judaica para a alegoria de Benjamin. Em razão do aniversário de 100 anos de Baudelaire, descobri que alegoria é o lamento judeu.

“As putas, as drogas” são a alegoria do declínio do capitalismo avançado. Com uma fraca possibilidade de redenção. Não é esta a tipologia de Auerbach? Não é esta a alegoria da Divina Comédia de Dante? Não é esta a justiça de Jó da análise de Scholem? Sim, mas é mais judaica desde que Benjamin adotou a dialética hegeliana-marxista na crítica e subversão do capitalismo.

Até mesmo Scholem não foi tão longe em sua Kabbalah e seus símbolos, porque sua dialética hegeliana permanece escondida e não tão explícita quanto em Benjamin. Auerbach, amigo de Benjamin, está na mesma página: faz uma concessão entre a justiça do Velho Testamento e alegoria subversiva.

Os maus dramas barrocos alemães – e não o bom, o espanhol – qualificam alegoria como lamentação, mortificação, morte. Mas com uma “legenda” moderna. Não a tragédia grega, mas o mau drama barroco católico se aproxima do lamento judeu de Jó, Isaías e Jeremias. O bom dramaturgo católico Lope de Vega é muito dogmático e medieval, e não antecipa a subversão da modernidade.

Em hebraico, chamamos os livros de lamento “Kinot”. Scholem escreveu bastante sobre a justiça da Bíblia, mas foi Benjamin em seu conceito da alegoria marxista contra o capitalismo quem consumou a ideia. Este é o caminho da alegoria: começa no livro de lamentações, vai para Dante, Auerbach, Scholem e Benjamin em seu alegorismo Baudeleriano. Os românticos erraram ao enfatizar a verdade dos símbolos e a fantasmagoria da alegoria, mas Benjamin, em virtude do legado dos profetas, subverteu essa dicotomia. Ele viu nas “afinidades eletivas” de Goethe que a verdade estava escondida e não dogmaticamente exposta como na verdade da Igreja. Cem anos após Baudelaire, “os drogados, as prostitutas, os trabalhadores” ainda são vítimas da injustiça do capitalismo porque ninguém escuta o lamento judeu.

*Ari Marcelo Solon é professor da Faculdade de Direito da USPAutor, entre outros, livros, de Caminhos da filosofia e da ciência do direito: conexão alemã no devir da justiça (Prismas).

 

[Ilustração: Willem de Kooning, Woman, (1949/50) – fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]