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Stéphane Hessel (1917-2013) était un normalien, résistant, diplomate depuis 1945, écrivain et militant politique français chrétien, né en Allemagne et d’origine juive. Venu en France à l’âge de 8 ans, il est naturalisé français en 1937, il rejoint les Forces françaises libres, en 1941, à Londres. Résistant, il retourne en France en mars 1944. Arrêté, il est déporté en août 1944 à Buchenwald. Sa carrière diplomatique s’effectue surtout auprès des Nations unies. Proche de Pierre Mendès France et de Michel Rocard, il accède à la célébrité par son militantisme soutenant les immigrés illégaux (« sans-papiers ») et les anti-Israéliens, ainsi que par son manifeste Indignez-vous ! (2010) au succès international. Arte rediffusera le 13 février 2021, dans le cadre de « Philosophie »,  « L’indignation, ça suffit ! » (Schluss mit der Empörung!) de Philippe Truffaut et le 28 février 2021 « Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » (Empört Euch! Engagiert Euch! – Stéphane Hessel) par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost.
Publié par Véronique Chemla
« Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » (Empört Euch! Engagiert Euch! – Stéphane Hessel) est un documentaire réalisé par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost. « Sept ans après la publication du manifeste phénomène « Indignez-vous ! », ce documentaire dresse le portrait de son auteur, humaniste profondément engagé », en fait un imposteur, « disparu en 2013 à l’âge de 95 ans. Plus de quatre ans après la disparition de Stéphane Hessel, homme charismatique et résolument optimiste, animé par une foi inébranlable dans le droit international, ce documentaire se penche sur son parcours et sur l’héritage qu’il a légué à la postérité ».
De Berlin à Paris
Stéphane Hessel naît à Berlin en 1917 dans une famille protestante luthérienne polonaise. Son père Franz Hessel, essayiste et traducteur allemand, est le troisième fils d’Heinrich Hessel, Polonais protestant d’origine juive, et commerçant de graines fortuné. Issue d’une famille silésienne bourgeoise antisémite, sa mère Helen Grund inspirera le personnage de Catherine dans « Jules et Jim », du romancier et marchand d’art Henri-Pierre Roché.En 1925, Stéphane Hessel arrive en France avec sa mère, correspondante de mode du journal Frankfurter Zeitung. Il fait la connaissance de Marcel Duchamp, Man Ray, Le Corbusier, Philippe Soupault, Jules Pascin, Calder, Picasso, Max Ernst et André Breton.Bachelier en 1933, normalien comme étranger en 1937, polyglotte, il obtient la même année la naturalisation française.

Il « incarne l’intellectuel européen par excellence, avant que la guerre ne le rattrape ».

Guerre
À l’été 1939, Stéphane Hessel épouse Vitia, jeune juive russe, interprète de conférences et dont le père est Boris Mirkine-Guetzevitch, professeur renommé de droit constitutionnel en France. La judéité de l’épouse suscite l’hostilité de la mère de Stéphane Hessel. Après la Libération, le couple Hessel a trois enfants : Anne, Antoine et Michel.

Stéphane Hessel traverse la guerre sans avoir combattu. Il est interné dans un camp de prisonniers militaires à  Bourbonne-les-Bains, et s’en évade avec le capitaine Segonne qui l’informe de l’appel du général de Gaulle.

Ayant rejoint la France en 1938, Franz Hessel et son fils Ulrich subissent les persécutions nazies. En 1941, Franz Hessel décède, et son fils Stéphane Hessel arrive à Londres, après un périple via Oran et Lisbonne où son épouse embarque pour les États-Unis.

À Londres, Stéphane Hessel choisit de travailler au sein du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), comme agent de liaison avec l’état-major britannique, dans la section R. En 1942, son épouse Vitia le rejoint.

En mars 1944, Stéphane Hessel arrive clandestinement à Saint-Amand-Montrond dans le cadre de la mission Gréco pour disperser les émetteurs de la résistance. Dénoncé, il parle sous la torture, et est déporté à Buchenwald. Là, il survit en empruntant l’identité d’un déporté décédé. Il est transféré à Rottleberode, puis à Dora. Lors de son transfert vers Bergen Belsen, il s’évade, et parvient à atteindre les troupes américaines à Hanovre.

Le 8 mai 1945, il retrouve Paris.

Charte des droits de l’homme
En octobre 1945, il réussit le concours du quai d’Orsay, ouvert aux anciens combattants, résistants et déportés.

Lors d’un séjour aux États-Unis auprès de sa belle-famille, il change ses projets professionnels : il se détourne d’un poste en Chine et devient secrétaire dans la troisième commission de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) chargée d’élaborer la Charte des droits de l’homme. Sa mission ? Travailler à la section chargée de réunir la documentation sur les questions sociales et les droits de l’homme.

Cet « homme de gauche participe, à la Libération, à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme ». C’est faux. Le jeune Stéphane Hessel était un jeune sous-sous-fifre. Ce n’est qu’après le décès des auteurs de cette Charte qu’il a allégué l’avoir corédigée, ou parfois laissé dire… Une légende qu’Arte entretient et que le site Internet du Quai d’Orsay a accréditée. Mais les archives de l’ONU demeurent et détruisent ce mythe.

« Indignez-vous ! »
Après un passage en 1954 dans le cabinet de Georges Boris sous le gouvernement du président du Conseil Pierre Mendès France, il poursuit une carrière diplomatique terne.

En 1981, le président de la République François Mitterrand élève Stéphane Hessel à la dignité d’ambassadeur de France.

Il ne laisse pas un souvenir mémorable comme délégué interministériel pour la coopération et l’aide au développement.

En 1982, il est désigné par le président de l’Assemblée nationale, alors  Louis Mermaz, comme un des neuf membres de Haute Autorité de la communication audiovisuelle. Il y demeure jusqu’en 1985.

En 1986, sa femme Vitia meurt. Un an plus tard, Stéphane Hessel se remarie avec Christiane Chabry qu’il connait depuis trente ans.

Cet amateur de poésies rédige des rapports : « Immigrations : le devoir d’insertion » (1988), « Les Relations de la France avec les pays en développement » (1990) dans lequel ce membre (1990-1993) du Haut Conseil à l’intégration invite à revoir la politique française « dans le sens d’une plus grande rigueur et du rejet de toute complaisance clientéliste ». Des rapports non appliqués.

En 1993, Stéphane Hessel représente la France à la Conférence mondiale sur les droits de l’homme des Nations unies, qui se tient à Vienne.

« Diplomate puis militant inlassable de la cause des laissés-pour-compte – dont les sans-papiers –, cet amateur de poésie connaît, à 93 ans, en 2010, un succès phénoménal avec son essai « Indignez-vous ! ». Un livre d’une trentaine de pages, vendu à 4 millions d’exemplaires dans le monde entier et traduit dans des dizaines de langues.

Ce « manifeste aborde, entre autres, les questions de l’immigration, du conflit israélo-palestinien et des écarts croissants de richesse. Il devient le manifeste d’une jeune génération qui refuse de considérer la montée des inégalités et le capitalisme comme une fatalité ». Une réaction – l’indignation – à défaut de savoir, de réflexions et d’analyses.

« Quelques mois après sa publication, les partisans du mouvement 15-M (15 mai) descendent dans les rues de villes espagnoles pour dénoncer les partis politiques traditionnels et la corruption ».

« Rebaptisés « Les Indignés » par les médias, ils inspirent alors d’autres initiatives, comme « Occupy Wall Street » aux États-Unis ».

Anti-israélien
Membre en 2009 du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, soutien du terroriste Salah Hamouri, Stéphane Hessel milite pour le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) de l’État d’Israël.

En 2011, il déclare au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung :

« Aujourd’hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d’occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d’ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d’écouter Juliette Gréco. Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art. Tout cela était terrible. Mais il s’agissait d’une politique d’occupation qui voulait agir positivement et de ce fait nous rendait à nous résistants le travail si difficile ».

En janvier 2011,  Monique Canto-Sperber, alors directrice de l’École Normale Supérieure (ENS), annule une réunion, non pas entre Stéphane Hessel et des étudiants de cette prestigieuse école, mais une conférence politique appelant au boycott d’universitaires israéliens et réunissant Stéphane Hessel, Leïla Shahid, Haneen Zoabi, députée arabe à la Knesset, Michel Warschawski, Élisabeth Guigou, député, Gisèle Halimi, avocate, et Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature.

Complaisances politico-médiatiques
Interviewé en 2012 par Enquête & Débat, Frédéric Taddeï, animateur de Ce soir (ou jamais !), l’actualité vue par la culture (CSOJ), se souvenait que Stéphane Hessel « a quasiment débuté sa carrière » médiatique dans son émission. Dans l’une d’elles intitulée Gaza, une guerre pour quoi ?, Stéphane Hessel a déclaré devant un Tariq Ramadan ravi :

« Je veux relayer la pensée forte de mes amis israéliens : Mikado, Michel Warschawski, Amira Haas, Gideon Lévy qui disent « Le gouvernement intérimaire israélien actuel ne veut pas la paix »… S’il voulait la paix il négocierait avec le Hamas … disposé à revenir aux frontières de 1967. Mais les Israéliens n’ont pas d’intérêt réel pour la paix. Ils veulent garder les colonies. Ils veulent garder l’occupation. C’est ça qui est contraire au droit international […] qui est bafoué par Israël au point maintenant, après ce qui se passe à Gaza, de pouvoir être traité par des hauts fonctionnaires internationaux comme criminels de guerre… Il faut arrêter ce massacre ».

Quels fonctionnaires internationaux ? Frédéric Taddeï n’a pas eu la curiosité de demander lesquels. A-t-il interrogé sur la charte du Hamas ? Non. S’est-il enquis des raisons de ce vocable incorrect par un ambassadeur de France : frontières au lieu de lignes d’armistices, etc. ? Non. Que de mensonges non rectifiés !

« Nous n’avons pas de raison d’être fiers de la façon dont notre profession vient de célébrer la mémoire de Stéphane Hessel. Sa mort a malheureusement été l’occasion d’un nouvel accès de frénésie moutonnière des médias pour graver dans le marbre de l’Histoire une légende sans fondement trop facilement acceptée », a écrit Claude Moisy, journaliste, ancien PDG de l’AFP, dans Le Monde (5 mars 2013).

Et de poursuivre :

« Quasiment tous les médias ont aveuglément évoqué le rôle de coauteur de la Déclaration des droits de l’homme attaché à son nom. Le seul ennui est que ce rôle n’a pas existé. Il ne s’agit pas ici de ratiociner ou de jouer sur les mots. Peut-être pas auteur, concède-t-on parfois, mais au moins contributeur ou collaborateur des auteurs. Non.
La réalité est que pendant son séjour aux Nations unies, de 1946 à 1948, Stéphane Hessel n’a pris aucune part à la rédaction de la Déclaration qui eut lieu à ce moment-là.
L’affaire pourrait n’avoir qu’un intérêt anecdotique si le rôle de coauteur de la Déclaration attribué à tort à Hessel n’était devenu au fil des ans un des éléments constitutifs de sa célébrité et de la vénération qui a entouré la fin de sa vie.
Au risque d’être taxé de mesquinerie, je crois nécessaire de dénoncer cette légende malgré l’affectueuse sympathie que, comme beaucoup, j’ai éprouvée pour l’homme chaque fois que je l’ai rencontré. Ce qui est en cause ici le dépasse.
Nous avons une fois de plus la démonstration de l’inconséquence avec laquelle les médias imposent à l’opinion publique une vision illusoire de l’Histoire autour de héros populaires rendus plus séduisants encore qu’ils ne le sont en réalité.
Pourtant, tout le monde peut aujourd’hui accéder par Internet à des centaines de documents officiels sur la genèse de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sur son comité de rédaction, sur ses débats et les conditions de son adoption. Aucun document de l’époque ne mentionne le nom de Stéphane Hessel.
Et pour cause : il est alors le modeste chef de cabinet de l’un des huit secrétaires généraux adjoints de l’ONU, le Français Henri Laugier, chargé des affaires économiques et sociales, qui ne faisait pas partie du comité chargé de rédiger la Déclaration.
Faute de Laugier, d’innombrables articles de presse évoquent le rôle de Stéphane Hessel « au côté » de René Cassin qui fut réellement, lui, l’un des principaux auteurs de la Déclaration.
D’autres le placent carrément « à la droite » d’Eleanor Roosevelt, l’épouse du président des États-Unis, qui présidait le comité de rédaction. Ces deux proximités sont aussi dénuées de fondement l’une que l’autre : Stéphane Hessel n’a jamais siégé aux côtés ni de l’un ni de l’autre aux réunions du comité.
Comment et quand est née la légende de la participation personnelle de Stéphane Hessel à la Déclaration ? Y a-t-il lui-même contribué ? Il est encore difficile de le déterminer avec précision.
Ce qui est sûr, c’est que soixante ans après son adoption, il a prudemment et habilement circonscrit son véritable rôle. Interviewé le 10 décembre 2008 sur un site de l’ONU, il a déclaré : « J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait, mais je n’ai pas rédigé la Déclaration… J’ai été témoin de cette période exceptionnelle ». Autrement dit, témoin mais pas acteur.
Il l’a confirmé deux ans plus tard, le 3 janvier 2011, dans un entretien avec Politis. « C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. La première est que j’aurais fait partie du Comité national de la Résistance. (…) L’autre erreur est de m’accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. (…) J’ai assisté à sa rédaction de très près et de bout en bout. Mais de là à prétendre que j’en aurais été le corédacteur ! »
Ces deux textes sont accessibles sur Internet, tout comme un entretien avec Simon Boquet publié en 2012 par la revue Texto, dans lequel il récuse une fois de plus ce titre de coauteur de la Déclaration pour parler seulement de « ce travail auquel j’ai été très modestement associé ».
Tout le monde a pu les lire, mais pratiquement personne n’en a tenu compte. Trop compliqué de corriger les erreurs, peut-être ?
Pour être tout à fait honnête, il faudrait sans doute évoquer aussi les centaines d’articles évoquant au cours de décennies la Déclaration des droits de l’homme et dans lesquels Stéphane Hessel manie des formules beaucoup plus ambiguës sur son rôle sans contester celui plus flatteur qu’on lui prêtait.
Mais la sympathie me porte à penser qu’il est trop tôt pour un tel inventaire ».

Le Monde a alors consacré « une application Mémoire à Stéphane Hessel, disparu le 27 février 2013. Cette application rassemble les meilleurs articles publiés par Le Monde sur Stéphane Hessel, ainsi que le texte intégral d’Indignez-vous ! »

Le 7 mars 2013, lors de la cérémonie nationale d’hommage en l’honneur de Stéphane Hessel dans la cour des Invalides à Paris, François Hollande, alors président de la République, a évoqué « un homme qui fut une conscience, un grand Français, un juste ».

« Des Français libres se souviennent »
Arte diffuse sur son site Internet « Des Français libres se souviennent » (Das freie Frankreich) de Samuel Thiebaut. « Daniel Cordier, résistant et ancien secrétaire de Jean Moulin, est décédé le 20 novembre 2020 à l’âge de 100 ans. En 1940, il avait rejoint le général de Gaulle à Londres après l’appel du 18 juin. En 2010, aux côtés de trois autres anciens membres de la France libre (Stéphane Hessel, Jean-Louis Crémieux-Brilhac et Yves Guéna), il participait à une table ronde animée par Régis Debray pour évoquer leur engagement et partager leurs souvenirs de résistants. »
« Daniel Cordier s’engage dans les FFL en juin 1940 ; après deux ans d’entraînement militaire, il est parachuté à Montluçon le 26 juillet 1942 et devient le secrétaire de Jean Moulin. »
« Stéphane Hessel rallie la France libre du général de Gaulle en 1941 et entre au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) ; arrêté en juillet 1944, il sera déporté à Buchenwald puis à Dora. »
« Après avoir été fait prisonnier par les Allemands et s’être évadé, Jean-Louis Crémieux-Brilhac s’engage dans les Forces françaises libres (FFL) en septembre 1941 et devient chef du service de diffusion clandestine de la France libre. »
« Yves Guéna rejoint Londres depuis Ouessant dans la nuit du 19 au 20 juin 1940 ; il combattra en Libye et en Tunisie, en Normandie, en Alsace, puis en Allemagne jusqu’à Berchtesgaden. »
« Stéphane Hessel, mémoire des Droits de l’Homme »
« C’était il y a 70 ans : la Déclaration universelle des droits de l’homme. Stéphane Hessel, diplomate et homme engagé, n’a cessé au cours de sa vie de rappeler l’importance de ce texte fondamental. Nous vous proposons de réécouter son message aux générations futures. Un message livré en 2008 et qui résonne encore aujourd’hui. »

« L’indignation, ça suffit ! »

Arte diffusera le 13 février 2021, dans le cadre de « Philosophie »,  « L’indignation, ça suffit ! » (Schluss mit der Empörung!) de Philippe Truffaut.

« Pourquoi s’indigne-t-on ? Raphaël Enthoven ouvre la réflexion avec Laurent de Sutter, auteur d' »Indignation totale – Ce que notre addiction au scandale dit de nous », et Cécile Duflot, directrice générale de l’ONG Oxfam France. »
« Les convictions indignées sont souvent vues comme un cri du cœur, qui monte du fond des tripes. Mais si, au contraire, l’indignation revendiquait surtout un monopole de la raison ? Un indigné n’est pas surpris par ce qui le scandalise, mais bien conforté dans sa vision du monde, ralliant un « nous » des indignés contre un « eux » des indignes. Quelles peuvent en être les dérives ? Y a-t-il une hypocrisie derrière l’impératif de l’indignation ? »

« Réflexion avec le philosophe Laurent de Sutter, auteur d’Indignation totale – Ce que notre addiction au scandale dit de nous (Éditions de l’Observatoire, 2020) et Cécile Duflot, directrice générale de l’ONG Oxfam France. » Une ONG dont des dirigeants ou employés ont eu des comportements à Haïti et au Tchad qui ont suscité l’indignation lors de leur révélation en 2018 : abus sexuels, menaces et intimidations, etc. Quant à la loi ALUR votée en 2015 à l’initiative de Cécile Duflot, alors ministre écologiste de l’Égalité des Territoires et du Logement, elle a déprimé par ses « ravages » le marché de l’immobilier.

Les invités analysent notamment la photo de l’enfant syrien Aylan Kurdi, photographié mort sur une plage de Turquie, son instrumentalisation en faveur des « migrants« , et le dessin de Riss pour Charlie hebdo.
« Des Français libres se souviennent » de Samuel Thiebaut
France, 2010, 52 min
Disponible du 26/11/2020 au 25/05/2021
France, Allemagne, 2018, 3 min
Disponible du 11/12/2018 au 11/12/2038
« L’indignation, ça suffit ! » de Philippe Truffaut
France, 2021, 26 min
Invités : Laurent de Sutter, Cécile Duflot
Présentation : Raphaël Enthoven
Sur Arte le 13 février 2021 à 23 h 35
Disponible du 06/02/2021 au 28/01/2024

« Stéphane Hessel – L´homme d´un siècle » par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost
Allemagne, 2017, 53 Min
Sur Arte les 15 octobre2017  à 23 h 25, 4 novembre 2017 à 6 h 50, 28 février 2021 à 02 h 35

Disponible du 27/02/2021 au 27/05/2021
Visuels 
Le diplomate de l’ONU Stéphane Hessel (au milieu) avec les cinéastes Antje Starost (à droite) et Hans Helmut Grotjahn (à gauche).
© Gudrun ArndtAuteur-compositeur Konstantin Wecker
Actrice Hanna Schygulla
© Antje Starost Filmproduktion
Les citations sur le documentaire sont d’Arte.
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Escrito por David Aliaga

En una cafetería de Barcelona, mi rabino me explicó que había un autor francés –he sido incapaz de comprobar si se trata de Sartre, como creo recordar quizá porque el rav llevaba una biografía de Sartre en el bolsillo de su abrigo aquella tarde– que escribió que era judío aquél a quienes los antisemitas reconocían como tal. A efectos trágicos, la afirmación resulta amargamente certera. Sin embargo, en términos religiosos la cuestión sobre la judeidad de una persona es una de las mayores controversias en el seno del pueblo de Israel. Resumiendo mucho, según el movimiento ortodoxo (que no para todos y cada uno de los ortodoxos), solo es judío el nacido de un vientre judío y el converso certificado por un beit din ortodoxo; los movimientos reformista y masortí reconocen entre sí la autoridad de sus tribunales rabínicos, y también que una persona pueda ser judía de nacimiento aunque su madre no lo sea, si su padre lo es.

A pesar de que existe el debate, desde el punto de vista religioso, las interpretaciones de la halajá a las que se atienen las diversas corrientes del judaísmo están más o menos claras. Sin embargo, a la práctica, se complica. ¿Es judío el hijo de una judía que no ha sido educado en dicha tradición, que no acude a la sinagoga, que come cerdo y que no celebra Yom Kipur? ¿Serían judíos los nietos de esta persona? ¿Es judía la hija de un judío y una católica que ha estudiado la Torá, ha celebrado su bat mitzvá y se siente judía? ¿Es el judaísmo una religión, una designación étnica, una nacionalidad…? Y, sobre todo, ¿qué implica ser judío para el individuo?

En cada caso, estas preguntas dejan de ser materia de legislación religiosa para convertirse en una problemática identitaria íntima. En el ámbito literario, la obra de algunos de los autores más brillantes del último siglo se ha articulado como respuesta a la pregunta sobre la identidad (¿quién soy?) y las implicaciones de la condición judía sobre la autodefinición. Estados Unidos ha sido especialmente prolífico alumbrando escritores cuyos libros dialogan con la cuestión judía: Bernard Mallamud, Saul Bellow, Cynthia Ozick, Philip Roth, Jonathan Safran Foer, Nicole Krauss, Shalom Auslander… Tanto es así que desde hace décadas sus obras se estudian en una rama específica de los estudios literarios que se ocupa de la llamada Jewish American Fiction.

Durante muchos años el corpus de los estudios de literatura judía se había dado por sentado. Si un autor era judío en términos genéricos y escribía desde una perspectiva judía o sobre temas judíos, formaba parte de la nómina de escritores a estudiar. Sin embargo, en los últimos años, brillantes académicos como Benjamin Schreier (The Impossible Jew) han puesto en duda la facilidad para definir el corpus de la Jewish American Fiction. Si resulta complicado definir en qué consiste ser judío, si dicha pregunta tiene tantas respuestas posibles como individuos que se la formulen, designar a un creador como escritor judío tiene que ser bastante complicado. Más todavía cuando algunos de los autores judíos –de una forma u otra– más estudiados y valorados por la crítica rechazan la etiqueta. Cynthia Ozick, que ha escrito sobre el Holocausto y el trauma posterior, sobre el gólem, sobre el yídish…, rechazaba que su obra fuese “judía” en la entrevista que le realicé para el número 385 de Quimera. Por más que aborde temas y motivos judíos, que acuda a los servicios de la sinagoga ortodoxa de New Rochelle o que suela escribirme para felicitarme Pésaj y Janucá: “en cuanto a la escritura, el judaísmo no es y no ha sido nunca mi tema. No soy una rabina o una teóloga, ni siquiera una filósofa. No tengo capacidad para desempeñar esos oficios y, en dicho sentido, no soy una escritora judía, es decir, una escritora de libros judíos”.

En la Europa posterior a la Shoah, una de las obras más sugerentes en lo que se refiere al cruce entre la indagación por la identidad y la condición judía es la del autor francés Patrick Modiano. Es cierto que sus novelas buscan reconstruir un pasado personal absolutamente fragmentado (“Escribo para saber quién soy, para encontrar una identidad”), al tiempo que descorre los velos de silencio con los que Francia cubrió la complicidad o connivencia de buena parte de sus habitantes durante la ocupación alemana. Pero ni el rompecabezas identitario de Modiano ni su denuncia de los crímenes de los colaboracionistas pueden disociarse de las ramas sefardíes de su árbol genealógico si aspiramos a una comprensión esférica de su narrativa. Resulta complicado pensar que el autor nacido en Boulogne-Billancourt escribiese desde la postura en la que escribe, de no ser hijo de quien es.

El padre del premio Nobel, Albert Modiano, provenía de una familia de judíos italianos instalados en Salónica y emigrados a París. Durante la ocupación francesa sobrevivió escapando de las redadas de la Gestapo al tiempo que se acercaba a los nazis para comerciar con productos de estraperlo. De la misma forma que la ausencia de su madre, la actriz belga Louise Colpijn, se refleja en sus novelas en forma de niños desatendidos que se aburren en los camerinos de un cabaret, en el apartamento de una cupletista venida a menos, de infancias extrañas y provisionales…, las zonas oscuras de la biografía de su padre se erigen como imponentes columnas, recias preguntas sobre el papel de los franceses –de un judío francés– durante el nazismo.

Agosto de 1941. La policía francesa registra la identidad de los judíos en los territorios ocupados por el ejército alemán. (Autor desconocido – Deutsches Bundesarchiv/Wikimedia Commons)

En Dora Bruder (1997), Modiano confesó que la escritura de su primera novela, El lugar de la estrella (1968), obedecía al impulso de responder a la tradición novelística antisemita que se había desarrollado en Francia durante mucho tiempo. Servía como reparación a la conducta de compatriotas que, como su propio padre sefardí, contribuyeron, obtuvieron beneficios o miraron hacia otra parte cuando la nación señalaba al pueblo de Jacob. Precisamente esas dos novelas, junto con Libro de familia (1977), nos ofrecen un tríptico sobre el diálogo que el autor mantiene con la cuestión identitaria judía: tres obras muy distintas en lo formal, pero que además de compartir la denuncia, la melancolía y la búsqueda identitaria que atraviesa la bibliografía completa de Modiano, están cosidas entre sí por la cuestión judía.

El lugar de la estrella es un texto experimental, dolorosamente paródico e irreverente, que se inscribe en el contexto de surgimiento del debate sobre el papel de Francia en el Holocausto que el gaullismo había silenciado. Modiano se incorpora a la escena literaria con su primera novela en el año en que los jóvenes parisinos se echaron a la calle gritando, entre otras consignas, “¡Todos somos judíos alemanes!”, en solidaridad con Daniel Cohn-Bendit, un joven judío francoalemán que había participado en la ocupación de la Sorbona en el mes de mayo, y al que el gobierno francés prohibió la entrada en el país durante una década. Modiano ofrece a través de Raphaël Schlemilovitch un retrato cubista de lo que suponía para los jóvenes judíos franceses de mayo del 68 ser judíos en la Francia posterior al régimen de Vichy. El protagonista es una parodia histriónica de los argumentos judeófobos de autores como Louis Ferdinand Céline que, como Modiano escribe en Dora Bruder, descubrió en las estanterías de su padre. Schlemilovitch ridiculiza la simplificación negativa del antisemitismo –“ese monstruo imaginario (…) con su nariz torcida y sus garras (…) culpable de todo mal y culpable de todo delito”– en su aspiración a ser un judío “auténtico”. Pero, a través de sus contradicciones y de su evolución, expone también la complejidad de la construcción identitaria a la que tuvieron que enfrentarse miles de sefardíes y askenazíes galos en un contexto adverso, el relato que tuvieron que componer sobre sí mismos en respuesta al encuentro con el otro.

Casi treinta años después, en Dora Bruder, el francés nos confiesa el impulso que lo movió a escribir su primera novela y, a través de las implicaciones que supone la escritura de la novela, comprendemos que existe una voluntad de reparación por parte de Modiano. Es una enmienda que debió comenzar necesariamente con la denuncia de quienes perpetraron los crímenes y que en muchos casos vivían discretamente reinsertados en la democracia francesa, pero que debía completarse rescatando del olvido a todas las víctimas a través de una de ellas. Como si justificase haberse demorado en otros libros hasta encontrar a su más célebre protagonista, escribe: “Lleva tiempo conseguir que salga a la luz lo que ha sido borrado”.

Dora Bruder es el nombre de una niña desaparecida que el escritor francés lee en un periódico de 1941. Sus padres, desesperados, publican el aviso a pesar de que suponga exponerse a la policía de asuntos judíos que, como constata Modiano, existió en Francia, en la calle Greffulhe de París. Y Modiano, décadas después, retoma la búsqueda con la intuición, sino con la certeza, de a dónde lo conducirá. A través de los archivos, de documentación judicial, el narrador reconstruye el camino que llevó a Dora desde París hasta Auschwitz, y, al tiempo que le concede a la pequeña judía la dignidad de la memoria, reconstruye los edificios en los que operaban la burocracia colaboracionista y la policía xenófoba, derrumbados o reformados por la política municipal, sea como fuere, borrados del relato histórico falaz que Francia se había explicado a sí misma.

Dora Bruder comunica la idea de que la ocultación de los crímenes equivale al olvido de las víctimas. “Quedan pistas en los registros pero se ignora dónde están escondidos y qué guardianes los vigilan y si querrán enseñárnoslos. O tal vez, simplemente han olvidado que esos registros existen”. Febril y desbocada en El lugar de la estrella, la voz narradora de Modiano se apacigua con el paso de las novelas, y a finales de la década de 1990, nos encontramos a un narrador mucho más reflexivo, casi contagiado del laconismo burocrático del material administrativo que convierte en literatura. El cambio de tono y la mayor claridad en la sintaxis y en las imágenes bien podrían estar relacionados con el propósito distinto de las obras. Mientras que con su primera novela, Modiano derrumbaba un muro de silencio y lanzaba su literatura contra los criminales que habían quedado impunes, en Dora Bruder acomete con el sosiego del arquitecto un ejercicio de reconstrucción. En su opera prima construye una ficción excesiva, hiperbólica, para combatir el engaño de la Historia en el que se dio cobijo a los miserables; en la obra de 1997, caídas las máscaras, coloca a quienes las vestían frente a la certeza de lo notarial y recupera los rostros que tras la guerra se habían sacrificado a la restauración de la convivencia.

Entre el ejercicio de reparación y la denuncia airada, Libro de familia se presenta como un conjunto de relatos en los que el narrador trata de reconstruir su identidad a partir de los recuerdos que le sobrevienen en el momento de inscribir a su hija en un libro de familia, algo que a él, como judío, como a tantos judíos, se le había negado. En el caso del narrador, la burocracia solo sirve para emborronar su pasado porque el padre judío se vio obligado a firmar con un nombre falso su certificado de matrimonio. Existe también en esta obra una reparación simbolizada en el libro de familia. El documento legal representa la fijación de los orígenes de su hija, la certeza de unas raíces siempre difusas en los narradores modianescos que, como el autor, son hijos de padres ausentes o que ofrecen relatos incompletos de sí mismos. Pero la inscripción en un registro estatal de una familia con apellido judío implica también el fin de una forma de discriminación de Estado.

Esta preocupación por el lugar de los judíos en la sociedad francesa; los condicionantes que la judeidad de los padres de la ficción modianesca implican en la identidad de sus hijos, y el origen sefardí de Modiano parecen legitimar la pregunta sobre la posibilidad de incorporar al de Boulogne-Billancourt en el canon de la literatura judía europea. Aun cuando el autor pueda no considerarse judío o rechazar la etiqueta académica, novelas como Dora Bruder o Libro de familia evidencian una preocupación por las implicaciones de sus raíces familiares. Desde luego, uno puede intuir que, si el padre de Modiano no hubiese sido sefardí, la escritura del francés hubiese sido distinta. Con independencia del autor, y recuperando una expresión de Schreier, al menos tres de sus obras parecen afirmarse judías a sí mismas, lo judío emerge en el texto.

Si Patrick Modiano escribe “para encontrar una identidad”, entonces lo hebraico forma parte de ella aunque solo sea en forma de interrogante. A diferencia de autores norteamericanos, que han conocido la normalización de lo judío en su entorno y que escriben sobre una sociedad en la que lo judío forma parte de lo colectivo nacional, no existe un judaísmo casual ni ornamental en Modiano (ni lo existe apenas en la literatura contemporánea europea, salvo en novelitas que se apropian de lo cabalístico o lo sefardí como adorno mistérico o exótico). Lo hebreo se manifiesta a través de su preocupación por su propia responsabilidad y la de su país hacia los judíos, y de qué manera eso condiciona el hombre que es y su escritura. La respuesta que encontramos en sus textos es la de una identificación sin fisuras con quienes padecieron el nazismo y la ocupación, el compromiso de reparar una conducta que fue también la de ese padre sefardí colaboracionista.

Adicionalmente, como en la literatura memorialística de los judíos europeos que se vieron expulsados de sus hogares, que vieron a sus familiares morir en los campos, la del premio Nobel es una narrativa marcada por la necesidad de reconstrucción y reparación, y se constituye como un ejercicio de memoria y de denuncia. Afirmar que Modiano es un escritor judío o que sus libros son literatura judía resulta tan problemático como afirmar que existe una literatura judía. Y sin embargo, El lugar de la estrella, Libro de familia y Dora Bruder evidencian que sus raíces sefardíes tienen un peso específico en el diálogo que el autor sostiene con la pregunta fundamental de su obra: ¿quién es Patrick Modiano?


David Aliaga (L’Hospitalet de Llobregat, 1989) es escritor y editor. Licenciado en Periodismo por la UAB y máster en Humanidades por la UOC, actualmente prepara su tesis doctoral en el marco del programa de Teoría de la literatura de la UAB. Ha escrito sobre la cuestión identitaria judía en la literatura para revistas como Quimera Avispero, y es autor de los libros de relatos Inercia gris (2013), Y no me llamaré más Jacob (2016) y El año nuevo de los árboles (2018), así como de la novela breve Hielo (2014).

 

[Fuente: http://www.mozaika.es]

 

 

Escrito por Mouzar Benedito

“Odiai-vos uns aos outros”, parece ser o lema de um pessoal que se diz cristão e se sente dono da bola hoje em dia. É um tipo de cristianismo que não dá a outra face, dá o primeiro murro. E se for referir-se a contatos entre países, a tendência é adaptar a frase para “guerreai-vos uns aos outros”.

Assim, dá para supor que o poderoso líder brasileiro só está esperando Joe Biden tomar posse como presidente da gringolândia para declarar formalmente guerra àquele paiseco do norte, né? Um paiseco que vai ser esmagado pela nova potência do sul, que já está armazenando pólvora e talvez, usando a desculpa da covid-19, nem faça comemorações com espetáculos de fogos de artifício na virada do Ano Novo, porque a pólvora que seria usada nelas terá melhor serventia. Teremos, até começar a pauleira, um Brasil sem foguetes, traques ou busca-pés. Será que a pólvora das milícias cariocas também vai ser economizada?

O grande líder brancaleônico usa muita saliva, mas como se fosse pólvora. Não para conversas amigáveis, só para ofensas, ameaças e fanfarrices. Mas já fala no fim dela, saliva. E ela acabando, pólvora nos gringos! Viva! O fim está próximo (acreditam muitos dessa tendência que se diz cristã), então abreviemos. Vamos logo com isso!

Bom… Coletei umas frases por aí, começando por três grandes inspiradores desse pessoal, Goebbels, Mussolini e Hitler. Depois vem uma variedade de pensamentos sobre a guerra. Vejamos:

Joseph Goebbels: “Para convencer o povo a adentrar na guerra, basta fazê-lo acreditar que está sendo atacando”.

* * *

Mussolini: “Estas guerras, ousaria dizer, estimulam de certo modo a economia das nações”.

* * *

Adolf Hitler: “É sempre mais difícil lutar contra a fé do que lutar contra a inteligência”.

* * *

Winston Churchill: “Se Hitler invadisse o inferno, eu cogitaria uma aliança com o demônio”.

* * *

Maquiavel: “Os homens, quando não são forçados a lutar por necessidade, lutam por ambição”.

* * *

Isaac Asimov: “A violência é o último recurso do incompetente”.

* * *

Eu: “Há situações em que rico é que não vai pra frente. Na guerra, por exemplo”.

* * *

Sartre: “Quando os ricos fazem a guerra, são os pobres que morrem”.

* * *

Agatha Christie: “Fomos deixados com o sentimento horrível agora de que a Guerra nada resolveu, que ganhar uma é tão desastroso quanto a perder”.

* * *

Pablo Neruda: “Os poetas odeiam o ódio e fazem guerra à guerra”.

* * *

Virginia Wolf: “Podemos ajudá-los a prevenir a guerra não repetindo suas palavras e seguindo seus métodos, mas encontrando novas palavras e criando novos métodos”.

* * *

Henfil: “Enquanto os sábios pensam sem certeza, os idiotas atacam de surpresa”.

* * *

Sun Tzu: “A suprema arte da guerra é derrotar o inimigo sem lutar”.

* * *

Charles Chaplin: “Se matamos uma pessoa, somos assassinos. Se matamos milhões de homens, somos heróis”.

* * *

George Orwell: “Toda guerra, quando chega ou antes de chegar, é representada não como uma guerra, mas como um ato de autodefesa contra um maníaco homicida”.

* * *

Orwell, de novo: “Toda propaganda de guerra, toda a gritaria, as mentiras e o ódio vêm invariavelmente das pessoas que não estão lutando”.

* * *

Mao Tsé-tung: “A política é uma guerra sem derramamento de sangue; a guerra é uma política com derramamento de sangue”.

* * *

Einstein: “Não sei com que armas a III Guerra será lutada, mas a IV será com paus e pedras”.

* * *

Einstein, de novo: “A força sempre atrai os homens de baixa moralidade”.

* * *

Santos Dumont (quando começaram usar aviões na guerra): “Criei um aparelho para unir a humanidade, não para a destruir”.

* * *

Mark Twain: “Deus criou a guerra para que os americanos aprendessem geografia”.

* * *

Julio Ribeiro: “Crítica e luta são as duas forças que podem levantar países decadentes e corruptos”.

* * *

Ditado popular: “Guerra e amores: por um prazer, cem dores”.

* * *

Miguel Couto: “No fundo de todas as guerras, obras dos homens, o que existe é a cobiça de riquezas ou glórias, mas sempre a cobiça”.

* * *

Marquês de Maricá: “A ciência médica ensina a curar os doentes, a arte da guerra a matar os sãos”.

* * *

Hipócrates: “A guerra é a melhor escola do cirurgião”.

* * *

Vitor Caruso: “A humanidade é sanguinária. Todas as nações têm o seu Ministério da Guerra; nenhuma, o Ministério da Paz”.

* * *

Quentin Crisp: “A guerra entre os sexos é a única em que ambos os lados dormem regularmente com o inimigo”.

* * *

Oppenheimer (que chefiou o Projeto Manhattan, criador da bomba atômica): “Agora eu me torno a morte, o destruidor de mundos”.

* * *

Guerra Junqueiro: “O povo, coitado, é soberano como fora Jesus para beber o fel, para morrer na cruz, para pagar impostos, para morrer na guerra”.

* * *

Hannah Arendt: “A guerra tornou-se um luxo acessível apenas às nações pobres”.

* * *

Tom Stoppard: “A guerra é o capitalismo sem luvas”.

* * *

Arnold Toynbee: “Às guerras de religião se seguiram, depois de uma brevíssima trégua, as guerras das nacionalidades: e em nosso mundo ocidental moderno, o espírito dos fanatismos religioso e nacional constitui evidentemente uma mesma e só paixão maligna”.

* * *

Napoleão Bonaparte: “Guerras religiosas são, basicamente, pessoas se matando para decidirem quem tem o melhor imaginário”.

* * *

Napoleão Bonaparte, de novo: “O exército é uma multidão que obedece”.

* * *

Peter Ustinov: “Os generais são um caso fascinante de desenvolvimento retardado. Afinal, aos cinco anos todos queremos ser generais”.

* * *

Almirante Thompson: “O marinheiro está sempre em luta. Não precisa estar em guerra com outra nação”.

* * *

Isabel Allende: “A guerra é obra de arte dos militares, a coroação da sua formação, a insígnia dourada da sua profissão. Não foram criados para brilhar na paz”.

* * *

Che Guevara: “A farda modela o corpo e atrofia a mente”.

* * *

George Bernard Shaw: “Nunca espere nada de um soldado que pensa”.

* * *

Georges Clemenceau: “A guerra é um negócio muito sério para ser deixada por conta dos generais”.

* * *

Clemenceau, de novo: “Fazer a guerra é mais fácil do que fazer a paz”.

* * *

Golda Meir: “Um líder que não hesita antes de mandar seu país à guerra não está pronto para ser um líder”.

* * *

Jorge Luis Borges (sobre a Guerra das Malvinas): “Uma guerra entre dois carecas por causa de um pente”.

* * *

Mia Couto: “Em tempos de guerra, filhos são um peso que atrapalha muito”.

* * *

James Joyce: “Paz e guerra dependem da digestão de algum fulano”.

* * *

Abbie Hoffman: “Sou a favor do canibalismo compulsório. Se as pessoas fossem obrigadas a comer o que matam, não haveria mais guerras”.

* * *

John Lennon: “Não esperem me ver atrás de barricadas, a menos que elas sejam de flores”.

* * *

Karl Kraus: “A guerra, a princípio, é a esperança de que a gente vai se dar bem; em seguida, é a expectativa de que o outro vai se ferrar; depois, a satisfação de ver que o outro não se deu bem; e finalmente, a surpresa de ver que todo mundo se ferrou”.

* * *

Thomas Mann: “A guerra é a saída covarde para os problemas da paz”.

* * *

Eduardo Galeano: “No manicômio global, entre um senhor que julga ser Maomé e outro que acredita ser Buffalo Bill, entre o terrorismo dos atentados e o terrorismo de guerras, a violência está nos arruinando”.

* * *

Barão de Itararé: “A guerra é uma coisa tão absurda e incompreensível que, quando se registra um combate de amplas proporções, até as ‘baixas’ são altas”.

* * *

Bezerra da Silva: “Todo dinheiro gasto pela humanidade comprando armas para a guerra que só traz dor daria para matar a fome de todo povo sofredor”.

* * *

Josué de Castro: “Fome e guerra não obedecem a qualquer lei natural, são criações humanas”.

* * *

Ernest Heminway:

“Quem estará nas trincheiras a teu lado?

⸺ E isso importa?

⸺ Mais do que a própria guerra”.

* * *

Otto von Bismarck: “Nunca se mente tanto como antes das eleições, durante uma guerra e depois de uma caçada”.

* * *

Ditado popular: “Em tempo de guerra, mentiras por mar e por terra”.

* * *

Ésquilo: “Na guerra, a verdade é a primeira vítima”.

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Clarice Lispector: “Eu sou o meu próprio espelho. E vivo de achados e perdidos. É o que me salva. Estou metida numa guerra invisível entre perigos. Quem vence? Eu sempre perco”.

* * *

Voltaire: “Os homens corromperam um pouco a natureza, pois não nasceram lobos, e tornaram-se lobos. Deus não lhes deu nem canhões nem baionetas, e eles fabricaram baionetas e canhões para se aniquilarem”.

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Thomas Hobbes: “O homem é o lobo do homem, em guerra de todos contra todos”.

* * *

Madame Du Barry: “Numa sociedade de lobos, é preciso aprender a uivar”.

* * *

Ninon de l’Encios (cortesão francesa do século XVII): “O amor é como a guerra: fácil de começar e muito difícil de terminar”.

* * *

Gandhi: “Uma pessoa que não está em paz consigo mesma é uma pessoa que está em guerra com o mundo inteiro”.

* * *

Heródoto: “Em tempos de paz, os filhos sepultam os pais; em tempo de guerra, os pais sepultam os filhos”.

* * *

Frederico, o Grande: “Quando um monarca deseja a guerra, começa-a muito simplesmente, quite com sua consciência, porque sempre tem qualquer homem da lei cheio de gravidade, para demonstrar por A + B que o direito estava ao seu lado”.

* * *

Baruch Spinoza: “Paz não é a ausência de guerra; é um estado mental, na disposição para a benevolência, confiança e gestos”.

* * *

Sólon: “A igualdade não gera guerras”.

* * *

Ziggy Marley: “Quando todos os homens houverem dado as mãos, não existirão mãos para segurar armas”.

Trecho de uma música de Juca Chaves, da época em que o governo Juscelino comprou um porta-aviões de segunda mão, a que deu o nome de Minas Gerais: 

O Brasil já vai à guerra
Comprou porta-aviões
Um viva pra Inglaterra
De 82 milhões…
Mas que ladrões…

Em 2002 o Minas Gerais foi posto em leilão internacional e vendido por 2 milhões de dólares… transformado em sucata.

***

Mouzar Benedito, jornalista, nasceu em Nova Resende (MG) em 1946, o quinto entre dez filhos de um barbeiro. Trabalhou em vários jornais alternativos (Versus, Pasquim, Em Tempo, Movimento, Jornal dos Bairros – MG, Brasil Mulher). Estudou Geografia na USP e Jornalismo na Cásper Líbero, em São Paulo. É autor de muitos livros, dentre os quais, publicados pela Boitempo, Ousar Lutar (2000), em coautoria com José Roberto Rezende, Pequena enciclopédia sanitária (1996), Meneghetti – O gato dos telhados (2010, Coleção Pauliceia) e Chegou a tua vez, moleque! (2017, e-book). Colabora com o Blog da Boitempo mensalmente, às terças.

 

[Fonte: blogdaboitempo.com.br]

El jurado del IV Tribunal Russell estuvo integrado por personalidades de las ciencias sociales como: Eduardo Galeano, Bonfil Batalla, Stefano Varese, Darcy Ribeiro, Robert Jaulin entre otros. Durante el seminario web estarán presentes líderes indígenas del continente, parte del jurado y expertos internacionales para analizar la situación actual.

Archie Fire, lakota, se dirige al IV Tribunal Russell. De izquierda a derecha: primera fila: John Mohawk, Nilo Cayuqueo y José Barreiro. Foto: Jan Stegeman.

 

Histórica foto del IV Tribunal Russell donde aparecen prestigiosas personalidades de las ciencias sociales como: Eduardo Galeano, Bonfil Batalla, Stefano Varese, Darcy Ribeiro, Robert Jaulin entre otros.

El histórico y pionero Tribunal Beltran Russell de 1980 dedicado a los Derechos de los Pueblos Indígenas de las Américas recibirá un extraordinario tributo con motivo de sus cuarenta años de realización.

El seminario web público de tributo se realizará el 24, 25 y 30 de noviembre –fechas que coinciden con los días originales en que se realizó– con la participación de representantes de diversos países del Abya Yala.

Cabe recordar que el IV Tribunal Beltran Russell de 1980 se realizó en Rotterdam, en los Países Bajos, y congregó a más de doscientos delegados y testigos de los pueblos indígenas, en su mayoría provenientes de las Américas.

Llegaron a la ciudad de Rotterdam para dar sus testimonios presenciales y a través de documentos, sobre las flagrantes violaciones cometidas en contra de sus derechos humanos.

El jurado estuvo integrado por prestigiosas personalidades de las ciencias sociales como: Eduardo Galeano, Bonfil Batalla, Stefano Varese, Darcy Ribeiro, Robert Jaulin entre otros.

Entre los asesores y expertos internacionales se nombraron a Noam Chomsky y otros.

 

El Tribunal Russell

El Tribunal Russell, también conocido con el nombre de Tribunal Internacional sobre Crímenes de Guerra o Tribunal Russell-Sartre, fue un tribunal de opinión internacional e independiente, establecido en 1966 por el filósofo y matemático británico Bertrand Russell y el intelectual francés Jean-Paul Sartre para investigar y evaluar la intervención de Estados Unidos en Vietnam.

Posteriormente se establecieron varios tribunales de opinión siguiendo el modelo y tomando el nombre del Tribunal Russell:

  • Tribunal Russell II sobre Derechos Humanos bajo las dictaduras en América Latina (Roma y Bruselas, 1974-1976),​ Tribunal Russell sobre los Derechos Humanos en Psiquiatría (Berlín, 2001),
  • Tribunal Russell III sobre Derechos Humanos en la República Federal de Alemania (Fráncfort y Colonia, 1978-1979)
  • Tribunal Russell IV sobre el Etnocidio de los Pueblos Amerindios (Rotterdam, 1980).

 

Programa

Primer día: 24 de noviembre

  • Bienvenida por Leo van der Vlist, director del NCIV de los Paises Bajos.
  • Video de Acción de Gracias de Loran Thompson, pueblo Iroques.
  • Sherrill Elizabeth Tekatsitsiakawa “Katsi” Cook Mohawk.
  • Discurso de apertuta de apertura Oren Lyons, Haudinoshauni.
  • José Barreiro, Taino, Islas de las Antillas.
  • Nilo Cayuqueo, pueblo mapuche.
  • Winona La Duke, pueblo anishanabe, USA.
  • Sarah James, pueblo whichin. Alaska.
  • Elies Miller del Comité Organizador, homenaje a Fons Eickholt.
  • Frank van Vree sobre los medios del IV Tribunal Russell y los medios de hoy.
  • Martha Sánchez Nestor, pueblo amusgo, México.
  • Carmen Yamberla, quichua, Ecuador.
  • Palabras de clausura de Nilo Cayuqueo y Winona la Duke.

Segundo día: 25 de noviembre

  • Juan León Alvarado, maya d Guatemala, abre la sesión con oración. Material de archivo del caso de Guatemala del CTR, (Cuarto Tribunal Russell).
  • Jorge Agurto, Servindi (moderador) Perú.
  • Stefano Varese, jurado del CTR 1980.
  • Cosmovisión Maya (video).
  • Serv de Holand memorias de CTR, grupos de apoyo en Europa a los Pueblos Indigenas.
  • Archivo sobre Bill Means, lider iakota.
  • Imágenes audiovisuales sobre Phyllis y Tipiziwin.
  • Patricia Gualinga, quichua, Ecuador .
  • Material de archivo, Guillermo Bonfil Batalla, jurado en 1980.
  • Paloma Bonfil Sánchez, México.
  • Visual de archivo sobre Stefano Varese.
  • Stefano Varese y discusión de un panel con Juan Leon, Patricia Gualinga y Paloma Bonfil.
  • Palabras de clausura Juan León.

Tercer día: 30 de noviembre

  • Imágenes del CTR (Mario Juruna, Xavante).
  • Leonor Zalabata Torres (por confirmar).
  • Apertura por Ailton Lacerda Krenak, Brasil.
  • Francisco Cali Tzay (por confirmar) relator de las NN. UU. sobre los PP.II.
  • Dalee Sambo Dorough, Alaska (por confirmar).
  • Sharon Venne, pueblo creek, Canadá.
  • Leonor Zalabata, presenta a Theo y Tony.
  • Entrevista en video al profesor Theo van Boven, director de D H.
  • Tony Simpson – Fundación Russell Peace.
  • Hortensia Hidalgo, aymara  Chile.
  • Nick Tilson.
  • Oren Lyons – mantenedor de la fe, de los iroqueses – discurso de clausura.
  • Oración final de Ailton Krenak.
  • Segunda parte del documental sobre CTR.

Las conclusiones del IV Tribunal fueron concluyentes. Se probó y condenó las violaciones cometidas por gobiernos a través de las fuerzas armadas, policías y otros grupos armados que respondían a poderosos intereses.

Conozca el informe del IV Tribunal Russell con un clic en el siguiente enlace: https://documentacao.socioambiental.org/documentos/I5D00026.pdf

 

El IV Tribunal Russell tuvo mucha repercusión en la prensa internacional, sobre todo europea, pero también en parte en los Estados Unidos y Latinoamérica.

El citado tribunal fue un elemento catalizador hacia el fortalecimiento del movimiento indígena internacional y al proceso donde en las Naciones Unidas se creará el Grupo de Trabajo sobre las Poblaciones Indígenas en 1982.

A pesar de su enorme importancia y trascendencia el IV Tribunal Russell es poco conocido a nivel internacional y por las nuevas generaciones de líderes indígenas y defensores de los derechos humanos.

Durante el seminario web estarán presentes líderes indígenas del continente, parte del jurado y expertos internacionales para analizar la situación actual.

El contexto actual se muestra marcado por la pandemia, la crisis climática, la crisis civilizatoria y el debate de nuevos paradigmas para el futuro, con el aporte de las cosmovisiones indígenas.

[Fuente: http://www.servindi.org]

Ancien feuilletoniste du Monde, auteur du Pays de la littérature(Seuil, 2003) Pierre Lepape entreprend dans un bref livre de retracer son chemin de lecteur. Il inscrit son parcours sous le signe des ruines du Havre, sa ville natale, retrouvée bombardée en 1945. On peut être né dans la même ville et ne pas partager cette noirceur.

Pierre Lepape, Ruines. Verdier, 140 p., 14,50 €

Écrit par Marc Lebiez

Le 5 septembre 1944, les bombardiers anglo-américains ont anéanti une grande partie de la ville du Havre, tuant plusieurs milliers de civils en une nuit tout en évitant soigneusement d’atteindre les casernes occupées par les soldats allemands, lesquels n’ont pas eu de pertes à déplorer. Pierre Lepape avait quatre ans en 1945, quand ses parents sont revenus au Havre ; son enfance aura été marquée par cette image de désolation. Dans un vaste rectangle, tous les bâtiments avaient été détruits, plus un mur n’était debout. Il fallut une bonne quinzaine d’années pour que la ville fût à peu près reconstruite, tandis qu’en banlieue les baraquements de plusieurs camps de réfugiés restaient encore occupés. Décrivant la manière dont il eut à « construire sa jeune vie face au désastre », Pierre Lepape revient sur cette image des ruines qui lui paraît une métaphore adéquate pour analyser l’histoire littéraire contemporaine. Cette subjectivité n’a rien d’illégitime, quoique l’on puisse s’interroger sur le lien ainsi établi entre les ruines du Havre et celles de la littérature.

Je suis moi-même né au Havre, assez longtemps après Pierre Lepape pour que mon image de la ville soit tout à fait différente – et donc, peut-être, aussi celle de la littérature. Sauf la vie, mes grands-parents ont tout perdu lors de ces bombardements. Ils n’ont retrouvé un véritable logement qu’à la fin des années 1950. Dans ma famille, tout était neuf, postérieur à septembre 1944. Les plus anciens meubles et couvertures avaient été donnés par le Secours national, l’organe humanitaire collaborationniste de l’époque. Mes parents étaient adolescents pendant la guerre et aucun objet de leur enfance n’a été conservé. Cette coupure totale avec le passé faisait partie de ma légende familiale, comme de celle de la plupart des petits Havrais de ma génération.

Mais je n’ai jamais vu les ruines. J’ai connu une ville toute neuve, hormis dans les zones que les bombardiers n’avaient pas reçu mission d’anéantir. Deux ailes du lycée avaient été détruites mais le reste avait été épargné, si bien que les arcades de la cour d’honneur étaient encore comme du temps de Sartre. Restait aussi la mémoire de ces vieux professeurs qui avaient été ses élèves et en demeuraient éblouis.

Là où Pierre Lepape n’a vu que des ruines, j’ai connu une ville toute neuve, que ses habitants n’aimaient guère, précisément parce qu’elle était trop neuve et que, sous le même nom, les rues qu’ils avaient aimées n’avaient plus rien de commun avec le souvenir qu’ils en avaient conservé. C’était à nos yeux une attitude de vieux, comme de refuser la Maison de la culture fondée par Malraux, dont la survie était l’enjeu des élections municipales. La modernité ne nous faisait pas peur, elle était la réalité explicite de cette ville et notre valeur.

Le traumatisme des bombardements fait que les Havrais peinent à voir leur ville comme le berceau de grands écrivains qu’elle aura pourtant été, depuis Madeleine de Scudéry dont la vie occupe la totalité du XVIIe siècle et Bernardin de Saint-Pierre. Ils citent volontiers Armand Salacrou – un autre nonagénaire – et Raymond Queneau, son compère de l’Académie Goncourt. Le premier à cause de sa belle Villa Maritime dominant la plage, le second du fait de son œuvre même, dont l’importance est peut-être plus estimée aujourd’hui que de son vivant. Outre Salacrou et Queneau, l’unique lycée de l’époque accueillit, en même temps qu’eux, Georges Limbour, Jean Piel, Jean Dubuffet… Et aussi, une dizaine d’années auparavant, Martial Guéroult, successeur d’Étienne Gilson au Collège de France et autorité incontestée pour l’étude de la philosophie classique. S’ils ignorent ces noms, les Havrais savent en revanche que Sartre enseigna dans leur lycée, de 1931 à 1937, remplacé par Raymond Aron pendant son année berlinoise. Il écrivit La nausée à sa table du « Guillaume Tell », proche de l’hôtel de ville. Cette brasserie a brûlé le 5 septembre, tout comme le marronnier du square Jean-Jaurès, replanté après la guerre avec la bénédiction de saint Roch. En revanche, la bibliothèque municipale est longtemps restée en l’état, avec le même poêle, dans les mêmes locaux, une aile non bombardée du lycée.

Mais Pierre Lepape n’a vu que des ruines et le critique littéraire qu’il fut persiste à ne voir qu’un champ de ruines dans la littérature vivante. Évoquant sa jeunesse dans les années 1950, il ne retient que les événements désolants de la guerre froide, et réduit l’action de la municipalité communiste à ce qu’eut de pire la propagande stalinienne. Portant un regard rétrospectif sur l’Occupation – qu’il n’a vécue que durant sa toute petite enfance –, il décrit un milieu éditorial tellement obsédé par les luttes d’influence que les uns et les autres rivalisaient dans la compromission, certains par conviction antisémite, beaucoup par opportunisme. Drieu la Rochelle serait la figure par excellence de l’époque, avec la complicité d’un Paulhan présenté comme jouant sur les deux tableaux à la fois.

Pour une fois, l’action de Sartre pendant la guerre n’est pas ridiculisée. Lepape insiste sur ses efforts pour rallier les grands écrivains à « Socialisme et liberté » mais Gide est frappé de mutisme, Malraux « croit impossible une résistance efficace » et s’occupe de son bébé dont le parrain est Drieu. Paulhan propose de coopter l’auteur de La nausée au Comité national des écrivains (CNE) et aux Lettres françaises ; les communistes refusent absolument la présence de cet ami de Paul Nizan ; Sartre, alors, se réfugie dans l’écriture. C’est seulement début 1943 que Moscou consentira « à lui ouvrir la porte des Lettres françaises et du Comité national des écrivains ».

Pierre Lepape a conservé la nostalgie de cette « littérature de résistance » qui « témoigne d’abord pour l’importance de la littérature, c’est-à-dire de l’action effective du symbolique sur le réel ». Il apprécie que ces écrivains du CNE aient mis « leurs rivalités en berne pour célébrer le rôle irremplaçable, vital, de l’acte littéraire. Mauriac avec Sartre, Raymond Queneau avec Gabriel Marcel, Michel Leiris avec Jean Guéhenno, Aragon avec Pierre Emmanuel ». On ne contestera pas cette appréciation, sinon sur le point de savoir s’il faut vraiment connaître des conditions comme l’Occupation pour que l’acte littéraire ait ce poids. Il n’est pas sûr que la nostalgie soit bonne conseillère.

Le lycéen de 1956 est sensible à ce qui se passe à Budapest, à Suez, en Algérie. Il concède que paraissent cette année-là des livres « importants » et il cite Le roman inachevé d’un Aragon « au sommet de son art poétique ; L’emploi du temps de Michel Butor, Le balcon de Jean Genet ou La chute d’Albert Camus ». Mais c’est pour dire qu’aucun de ces textes ne lui paraît « faire corps avec [sa] vie, [ses] interrogations, [son] besoin de savoir ». Et ensuite, ce sera pire encore quand tout se proclamera « nouveau » : Nouvelle Vague, Nouvelle Gauche, Nouveau Roman, Nouvelle Critique, Nouvelle République, jusqu’aux Lettres Nouvelles de Maurice Nadeau. Dans ce « prurit de la nouveauté », il ne voit « qu’un avatar de la société de consommation ». Ce que c’était sans doute pour partie, mais pas seulement. Il a vingt ans et l’enthousiasme de la modernité lui échappe : de tout ce qui importe il ne reste que des ruines. Le Havre aussi était désormais « nouvelle », elle était reconstruite.

Le dernier chapitre, qui représente à lui seul le tiers du livre et fait pendant à l’évocation de la ville en ruines, décrit une littérature en ruines. La concurrence des écrans fait que plus personne ne lit ; la conversion des éditeurs à la seule logique capitalistique les amène à ne plus publier que des produits formatés ; la hiérarchie des valeurs intellectuelles disparaît dans le chaudron de la supposée « culture » à laquelle Malraux a consacré des « Maisons » trop tolérantes. Dans ce champ de ruines où même les orties ne poussent plus, les rares revues qui semblent subsister ne vivotent que par la grâce des abonnements institutionnels car elles n’ont plus de lecteurs.

Lorsque disparaissent à la fois Les Temps modernesLe DébatPoétique et La Recherche, il y a effectivement lieu de s’inquiéter. Mais de quoi cette concomitance est-elle le symptôme ? Pas assurément d’une disparition de tous les lecteurs comme le déclare le directeur du Débat. Avec la mort de Gérard Genette et celle de Claude Lanzmann, l’effet générationnel a pu jouer dans la décision de fermeture prise par de grands éditeurs, et une de ses contreparties est la vitalité de petites revues. Pierre Lepape fait l’éloge des Lettres Nouvelles de Maurice Nadeau, publication dont il déplore la disparition qui serait « un des symptômes de l’affaiblissement de la littérature ». C’est vouloir ignorer que l’aventure a continué, sous la forme de La Quinzaine littéraire puis d’En attendant Nadeau.

Même si les écrivains veulent encore croire qu’ils seront lus, ils ne peuvent, dit-il, se masquer la baisse des tirages de ceux que les médias de masse n’auront pas adoubés. Il est tentant de lui opposer une page du Journal de Gide écrite il y a un siècle. Celui qui était déjà le « contemporain capital » y raconte une conversation avec Henri de Régnier concernant leurs tirages respectifs. Ceux de Gide atteignent le nombre faramineux de sept mille, soit dix fois moins que ceux de son interlocuteur. Lepape lui-même cite un échange de lettres entre Flaubert et une George Sand qui avoue ne pas monter aussi haut que lui dans son ambition. Elle ne se croit pas de « premier ordre » et veut seulement « agir sur [ses] contemporains », quitte à être « dans cinquante ans […] parfaitement oubliée et peut-être durement méconnue ». Comment, sachant cela, le feuilletoniste du Monde peut-il s’accrocher à cette vision de ruines en ne voulant rien voir de ce que la modernité littéraire peut offrir d’enthousiasmant ? La ville détruite a été reconstruite, sa modernité n’est pas sans beauté. Faut-il vraiment piétiner dans les décombres ?

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

 

Oscuro deseo y objeto

 

Escrito por Federico Karstulovich

Hay, a lo largo de la intensa obra borgeana, una serie de caminos laterales, ciegos, que conducen menos a una identidad previsible y estable para la escritura (el Borges de los temas característicos: la eternidad, el tiempo, el heroísmo, la repetición, la falsificación, entre tantos) que a callejones sin salida aparente, o en todo caso, a espacios de retroalimentación fascinada. Esa retroalimentación compulsiva viene directamente acompañada de una experiencia que en Borges produce un efecto de fascinación, porque en tanto ex-periculum (etimológicamente, algo que ha cesado de ser peligroso y por ende puede ser narrado) lo confronta con un mundo ajeno y propio a la vez.

El mundo ajeno y propio (que podremos definir por medio de la figura de la distancia-afección) en Borges es el cine. El cine como espectador-crítico (“me considero un mejor lector que escritor”, dirá JLB en diversas ocasiones… y le creemos) pero también el cine como ejercicio escriturario (el cine como gestor de argumentos potenciales, así como de guiones definidos, fundamentalmente en colaboraciones y llevados al cine por Hugo Santiago, director borgeano si los hay).

En este escritor cosmopolita por excelencia (en Borges hay tanta localía porteña como de cualquier otra capital grande del mundo: es una escritura que borra las fronteras) lo cinematográfico ocupa un espacio de pérdida. Y no porque se trate de un interés menor o lateral. O una mera circunstancia laboral (Borges debió gestar un ingreso a lo largo de algunos años de su adultez, pero sin que ese dinero fuera verdaderamente significativo para su supervivencia: de Crítica a Sur y de ahí a los artículos en la revista El hogar) sino porque se trata de un medio que lo deja desamparado frente a su propia ignorancia de un medio que le resulta violentamente extraterrestre.

El cine en la obra de Borges es pérdida porque es el espacio del reconocimiento de los temas y obsesiones personales, pero a través de un medio que no se maneja (ya sea como crítico, así como guionista: al menos en el lapso que va de inicios de la década del 30 hasta mediados de la década del 50). Esa relación, en la que Borges se identifica y se desindividualiza (porque se entrega a lo desconocido, acaso como si se tratara de una orilla conceptual) es fascinante porque da cuenta de un vacío irrecuperable, en donde el dominio enciclopédico de la cultura cosmopolita es un saber inútil y el control de la situación frente al acto cinematográfico queda vacante. La admiración critica que directores como Von Sternberg y Welles generan en Borges, por lo tanto, tiene la doble adscripción de quien reconoce un mundo ideal común a la vez que lo experimenta con el temor del extranjero en tierra extraña (y sin mapas).

Distinto, valga aclarar, es el caso del Borges-punto de partida, que es la zona de confort en donde la literatura propia es el instrumento de base para las adaptaciones cinematográficas perpetradas por terceros (sostengo la expresión criminal de “perpetrar”, ya que el escritor porteño que aquí nos convoca supo tener muy mala suerte en las adaptaciones cinematográficas de su obra: acaso Días de odio adaptando “Emma Sunz” y La estrategia de la araña adaptando “Historia del traidor y del héroe” sean las dos grandes excepciones), precisamente porque lo literario siempre fue un ejercicio de control, de dominio de los saberes. El cine, entonces, provee elementos para el reingreso del cosmopolitismo, pero como “experiencia material y de lenguaje”. O para decirlo de otro modo: el cine supone el acto de volver a aprender un lenguaje para expresar un mundo propio con medios alienados (etimológicamente, extraños, ajenos).

Ese acto de confrontación virginal supone un ejercicio autorreferencial como pocos: cuando el escritor debe afrontar mundos como el de Dreyer con La pasión de Juana de Arco, como el del Eisenstein de El acorazado Potemkin o, sin ir más lejos, el universo del Chaplin de Luces de ciudad, el efecto no puede ser sino decepcionante: se muestra (y nos muestra como lectores) desinteresado, molesto, irritable frente a un cine que cuando no describe como formalista o pretencioso directamente lo pulveriza por sensiblero. Por el contrario, en el aliento épico, en el culto heroico, en la vindicación de las acciones por sobre la psicología profunda o la sociología de barricada del cine político de vanguardia es en donde más cómodo se lo encuentra al autor de Ficciones. En esa dirección abraza efusivamente a directores como Buster Keaton y King Vidor, además de los ya mencionados. Comprende que son autores que actualizan un mundo de posibilidades. Es así que el cine clásico estadounidense y su sólido (hoy para nosotros, pero en aquel entonces en plena formación) verosímil resultaban la perfecta masa moldeable para un imaginario cosmopolita como el de nuestro autor.

Pero… ¿de qué posibilidades hablamos cuando pensamos en el cine clásico? Acaso el imaginario del cine clásico proveía la posibilidad de proyectar fuera del universo personal (del de Borges) aquello que durante años el autor experimientó como íntimo: la genesis de una épica (y una ética asociada a la misma). El cine clásico reescribía por otros medios aquello que Borges había sabido adoptar de la literatura universal (aunque fundamentalmete cosmopolita y occidental). Ese ejercicio de lo propio en lo ajeno lo fascinaba (en buena medida, parte de las descripciones de los espacios, situaciones y personajes urbanos que reconocemos en Historia universal de la infamiaFicciones y El aleph deben mucho, muchísimo a la cosmovisión del cine de Von Sternberg). Borges, quizás, reconocía en el rescate del lenguaje clásico de un medio que desconocía técnicamente la posibilidad de fundar una paradoja galopante: que el cine fuera una vanguardia formal a la vez que una retaguardia en relación a los contenidos narrados. O si lo queremos expresar más simplemente: el cine como un medio novedoso para contar las mismas historias de siempre (esa paradoja que Beatriz Sarlo ha dado en llamar “el ejercicio de una modernidad periférica”, ejercicio que influyó tanto en Torre Nilson y en Glauber Rocha como en Bertolucci y hasta Pasolini). Es decir: el cine como recreador de mundos míticos (y productor de fantasías e imaginarios propios que lancen vasos comunicantes con ese universe cultural previo) o el cine como un mero producto subliterario, en caso de no lograr el objetivo.

La autorreferencialidad o la nada. Borges adelantándose a Sartre. El espacio de la ciudad, por tanto, configura en el autor una vía indirecta de representar las tensiones del espacio clásico: el cine como un arte moral (que no moralista) por excelencia, el estilo narrativo del clasicismo como un medio para exponer una reevaluación mítica del mundo a través de la codificación que provee el sistema de géneros y el lenguaje audiovisual como un medio ajeno que pueda exorcizar la experiencia ausente (del espectador: un voyeur, del escritor sedentario: un cobarde ratón de biblioteca). De ahí la excelsa fascinación que en Borges causaban dos géneros surcados por la figura icónica de la ciudad: el western y el policial (el noir, en particular). Pero así como reconocemos la proyección del mundo personal del Borges lector hacia el cine que lo hace sentirse “en zona segura” hay también un inevitable proceso de retroalimentación en donde el escritor argentino se ve atravesado por ese “lenguaje extraño”, que poco a poco determina con obsesiva precisión la notable capacidad para dar cuenta de los detalles, manejar ritmos, alternar puntos de vista, construir geométricamente los espacios, como si el cine también hubiera logrado moldear la literatura borgeana a pura cincelada sobre el monocorde mundo del poeta ultraísta de finales de la década del ’20.

El cine como renovación, proyección, influencia y confirmación (de un mundo personal e intransferible): pensemos en cuentos perfectos como «El jardín de senderos que se bifurcan» o el de «El milagro secreto» como construcciones ineludiblemente cinematográficas. Una irónica paradoja se produce en la posterior formación cinéfila de Borges: el escritor comienza a acelerar el proceso de ceguera y limitaciones visuales. Este impedimento lo limitará a la hora de acceder a las nuevas formas estilísticas del cine de posguerra (neorrealismo italiano, nouvelle vague francesa, Nuevo cine americano, Nuevo cine alemán, cines contraculturales de la década del 60, etc), como si el proceso dialógico del mismo Borges no se permitiera nuevas adquisiciones y/o influencias. No obstante esa admiración por un lenguaje desconocido (el de la gramática audiovisual) terminaría rindiendo sus frutos cuando Borges decidiera hacer el salto cualitativo hacia el mundo ajeno de las imágenes, ya no como espectador sino como productor de las mismas, a través del ejercicio del guion. Inicialmente a través de la composición de argumentos que luego serían guiones (Los orilleros –con una versión cinematográfica poco feliz- y El paraíso de los creyentes) y luego sí, los guiones para Hugo Santiago: la mítica y seminal Invasión y la desconocida Les autres.

Los dos filmes coescritos con Bioy Casares y Hugo Santiago no solo contemplarían la exposición de las obsesiones personales y literarias de toda una vida sino también (acaso por mediar el espíritu de colaboración en las películas en cuestión) la comprobación del lenguaje adquirido, tardío pero conquistador: el cine hablando a la literatura y viceversa, como si se perdieran los límites entre una y otra, como si en ese salto final a lo desconocido de lo propio/ajeno del cine (en la plena ceguera) se produjera un acto liberador, un duelo final con lo otro, con lo temido, acaso dominado al final de la propia vida. No les quito espacio de lectura sobre ellos: indaguen y busquen en internet de qué se tratan esas dos obras maestras.

La década del 70 llegaría con sus dos libros de relatos menos queridos por la crítica (aunque sí queridos por Borges): El informe de Brodie (1970) y El libro de arena (1975), quizás dos de los textos más libres de ataduras con respecto al mundo personal que hizo de Borges una marca literaria registrada. A algunos (a quienes adoramos al cine) nos gusta pensar la idea de ese arte como una secreta influencia, como una solapada tradición en este escritor fundamental. Y acaso el cine pueda pensarse (si es que en definitiva no fue) como el principal responsable de la liberación final de ese insoportable laberinto llamado autor.

 

[Fuente: http://www.perroblanco.net]

Un novo libro que reúne 284 misivas enviadas pola escritora ucraíno-brasileira guinda nova luz sobre catro décadas de creación, entre os anos 40 e 70 do século XX

La escritora ucraniano-brasileña Clarice Lispector, retratada en torno a 1964

A escritora ucraíno-brasileira Clarice Lispector, retratada ao redor de 1964.

Por CARLOS A. MORENO

Un libro con 284 cartas enviadas por Clarice Lispector (1920-1977) a familiares e amigos lanzado este mes en Brasil explora, no ano do centenario da autora, a rica traxectoria literaria da escritora ucraíno-brasileira, considerada como unha das máis voces femininas máis importantes do século XX.

Todas as cartas, que a editora Rocco distribuíu nas librerías esta semana, seleccionou as misivas -delas, case medio centenar inéditas- que permiten entender a transformación como escritora de Lispector, procedente dunha familia xudía ucraína que emigrou a Brasil fuxindo da guerra civil que estalou polo triunfo dos bolxeviques.

A obra da escritora gañou nos últimos anos unha nova lectura nas redes sociais, nas que frases dos seus libros suman millóns de intercambios.

O novo libro, publicado como un das homenaxes no ano en que a escritora nada o 10 de decembro de 1920 cumpriría 100 anos, reúne cartas que a autora de novelas como A paixón segundo G. H.A hora da estrela e Preto do corazón salvaxe enviou ao comezo da súa carreira a xa recoñecidos escritores e as que, nos seus últimos anos, intercambiou con aspirantes a autores.

«Todas as cartas ofrece unha síntese do percorrido literario e biográfico da escritora», explica a profesora Teresa Montero, unha das principais biógrafas de Lispector e que foi responsable polos comentarios incluídos no novo libro.

Segundo a especialista, a obra é un marco na bibliografía de Lispector xa que repasa catro décadas da súa vida literaria, entre os anos 40 e os 70, e reflectir as ideas que intercambiaba con varios dos principais escritores brasileiros da súa época, como Joãou Cabral de Melo Neto, Rubem Braga, Lygia Fagundes Teles, Nélida Piñon, Otto Lara Resende, Ledo Ivo e Óscar Mendes, entre outros.

«A súa xenerosidade cos novos escritores está rexistrada nas cartas inéditas a Mora Fuentes e a Augusto Ferraz. Nunha das cartas a este último revélase como foi convencida viaxar a Recife (a cidade da súa infancia) en 1976, un ano antes de morrer. Esa viaxe de regreso á súa infancia foi fundamental para motivala a escribir A Hora dá Estrela», un das súas principais obras, explicou.

Familiares e biógrafos axudaron a seleccionar as cartas

As cartas que axudan a entender a traxectoria literaria de Lispector foron froito dunha longa investigación da xornalista Larissa Vaz, que recibiu a axuda para a selección tanto dos biógrafos como da familia da escritora.

Gran parte das cartas corresponde ao período de dúas décadas en que a escritora viviu no estranxeiro como cónxuxe dun diplomático brasileiro.

«Entre as misivas escritas en Berna (Suíza), por exemplo, destácanse as cartas inéditas que lle enviou a Joãou Cabral de Melo Neto. Ambos comparten impresións sobre o oficio literario, as angustias, as procuras e a admiración mutua», explica Montero, autora de obras como Eu sou uma pergunta: Uma biografia de Clarice Lispector e O Rio de Clarice.

A maior parte das cartas seleccionadas, unhas 150, son as que intercambiou son as súas irmás, «que son as que a conectan con Brasil e cuxa presencia é fundamental para axudarlle a soportar o exilio» voluntario de 16 anos, agregou.

Todas as cartas, segundo a biógrafa, tamén é o testemuño dunha muller que enfrontou moitas dificultades para converterse en escritora, algo fóra do común no Brasil de entón. «Ela tivo que romper esa barreira. Unha muller traballando na redacción dunha revista na época era moi raro. Clarice foi unha muller moderna no sentido de que cursou Dereito nunha universidade en que a maioría dos alumnos eran homes, e circulou por ambientes predominantemente masculinos, incluso o diplomático, xa que o seu marido era embaixador», lembra.

Unha misiva sobre as dificultades das escritoras

«Nunha das cartas que escribiu a Lydia Fagundes Telles, Clarice explica moi ben como ela e as demais escritoras sentíanse nun mundo literario feito por homes», subliña Monteiro, quen sinala que a Academia Brasileira das Letras (ABL) admitiu á primeira muller como membro tan só en 1977, o ano da morte de Lispector.

A enorme e rica correspondencia de a autora xa nutrira outros tres libros: «Cartas perto do coraçãou (2001), organizada polo escritor e amigo Fernando Sabino, Correspondências (2002) e Minhas queridas (2007), estas dúas últimas organizadas por Montero.

Estatua de Clarice Lispector no paseo da praia de Leme en Río de Janeiro MARCELO SAYÃOU | EFE

 

Bautizada como Haia Pinkhasovna nunha Ucraína en guerra, Lispector chegou a Brasil con 2 anos pola decisión da súa familia de fuxir da persecución aos xudeus e é considerada por algúns críticos como a principal escritora xudía desde Franz Kafka.

O seu primeiro libro, Preto do corazón salvaxe (1943), anticipou unha carreira en ascenso na que ofreceu desde novelas moi introspectivas, como A paixón segundo G. H., ata obras máis dinámicas e que gañaron versión cinematográfica, como A hora da estrela.

Pero nos textos nos que máis reflexa a súa personalidade son os seus contos, como A procura da dignidade e A imitación da rosa, todos protagonizados por mulleres domesticadas.

A pesar de que morreu prematuramente un día antes de cumprir 57 anos (9 de decembro de 1977) vítima de cancro de ovario, e a que é comparada a grandes figuras do século XX como Virginia Woolf, Jean-Paul Sartre ou James Joyce, a súa obra gañou un novo impulso e novas lecturas no século XXI grazas á difusión en Internet.

Unha simple procura en Google permite contar referencias a preto de sete millóns de páxinas na Rede, na maioría con citas retiradas da súa obra e compartidas por internautas.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

A cantante e actriz francesa falece aos 93 anos

La cantante y actriz Juliette Gréco

A cantante e actriz Juliette Gréco

Por MARTA GARDE

No universo da chanson française, unha muller ostentaba como ningunha o apelativo de icona: Juliette Gréco, falecida este mércores aos 93 anos, e cuxa amizade con filósofos e poetas valeulle ser considerada tamén musa dos existencialistas».

Naceu en Montpellier, no sur de Francia, o 7 de febreiro de 1927, pero a súa vida despegou en verdade en París: nos bares de Saint-Germain coñeceu a Jean-Paul Sartre e a Simone de Beauvoir, e coincidiu con grandes da escena como o pianista e compositor de jazz estadounidense Duke Ellington. O cine, o teatro, a música e o cabaré forxaron a súa traxectoria artística. Unha traxectoria na que se mantivo activa ata o 2015, ano en que lanzou a súa xira de despedida, Merci, consciente dun probable final próximo que quería que a pillase «de pé, coa maior elegancia posible».

De Gréco transcenderon títulos como Lles feuilles mortes (1951) e A Javanaise (1963), con letra de Jacques Prévert e Serge Gainsbourg, ou Je hais lles dimanches (1951) e Déshabillez-moi (1967), escritas por Charles Aznavour e Robert Nyel. A súa infancia foi solitaria, segundo lembrou Le Monde, cunha relación «caótica» coa súa nai e un pai ausente, e estivo marcada pola Segunda Guerra Mundial (1939-1945), pola que a súa nai e a súa irmá, integrantes da Resistencia francesa, foron deportadas ao campo de concentración de Ravensbrück e ela mesma encarcerada durante tres semanas.

Pero a mocidade pilloulle xa nun París liberado. O escritor Boris Vian e Sartre foron algunhas das súas amizades, e este último, filósofo, escribiu na súa honra en 1944, cando a súa traxectoria aínda estaba a despegar, a canción La rue des Blancs-Manteaux. Gréco foi figura do cabaré Lle Tabou, onde coñeceu ao compositor e trompetista estadounidense Miles Davis. Ela tiña 22 anos e el 23, e foron amantes durante anos. O pai da súa única filla, no entanto, foi o actor Philippe Lemaire, co que estivo casada de 1953 a 1956. O seu seguinte marido, de 1966 a 1977, foi o tamén actor Michel Piccoli, e a súa terceira e última unión, co pianista francés Gérard Jouannest, durou 30 anos, de 1988 ao 2018.

Gravou o seu primeiro disco, Je suis comme je suis, en 1951, e a súa consagración chegou en 1954, cando puxo pé por primeira vez na sala parisiense Olympia. Gréco, que recoñecía ter sido unha muller «adiantada ao seu tempo», aínda que intentou fuxir do escándalo, deixouse tentar polo cine a ambos os dous lados do Atlántico. Púxose ás ordes de Jean Cocteau en 1950 con Orphée e de Jean Renoir en 1955 con Elena et les hommes, e en Hollywood traballou igualmente con outros grandes da sétima arte, como Henry King (The sun also rises, 1957) ou John Huston (The roots of heaven, 1958), ademais de compartir cartel con Orson Welles en Crack in the Mirror (1960).

«Non tiven para nada unha vida normal», recoñecía no 2016 nunha entrevista no semanario cultural Télérama. Para entón estaba a piques de cumprir 89 anos e, con todo, dicía non ser consciente do paso do tempo. «¡Non teño tempo de verme envellecer! Son moi orgullosa, pero non teño vaidade. Subín ao escenario empuxada por outros, cantei coma se actuase, converteuse nunha razón de vida, e paseime a vida facendo progresos. Tiven unha sorte tola e unha existencia moi particular», aseguraba.

 

[Imaxe: TINO VIZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

El otoño del patriarcado en el rubro parece estar confirmado por dos hechos que sucedieron hace pocos días: por un lado, la muerte de la última esposa de Gabriel García Márquez, y, por otro, se abrió en Europa un intenso debate sobre la « corrección retrospectiva » en nuevas ediciones de autoras que firmaron originalmente con pseudónimos masculinos.

Gabriel García Márquez y Mercedes Barcha, quien murió recientemente.

Gabriel García Márquez y Mercedes Barcha, quien murió recientemente.

Escrito por Carlos Daniel Aletto

El otoño del patriarcado en la literatura parece estar confirmado por dos hechos que sucedieron hace pocos días: por un lado, la muerte de la última esposa de un escritor reconocido, Mercedes Barcha, « la mujer de Gabriel García Márquez », quien ha cumplido un papel de compañera o de musa, en el mejor de los casos, y por otro, se abrió en Europa un intenso debate sobre la « corrección retrospectiva » en nuevas ediciones de autoras que firmaron originalmente con pseudónimos masculinos.

El mundo de la literatura no está ajeno a los momentos históricos que se están viviendo. La historia de la humanidad (con todo lo grandilocuente que esto suena) está teniendo importantes transformaciones entre los géneros, con una tendencia a poner finalmente en igualdad de condiciones a mujeres y hombres. Muestra de cómo la literatura refleja lo que sucede en la sociedad se dio esta semana cuando una voz « no binaria », Marieke Lucas Rijneveld, ganó el prestigioso Premio Booker Internacional 2020. Todo indica que los logros en igualdad de género e incluso en la flexibilización de las categorías binarias seguirán consolidándose.

El canon occidental de la literatura está construido -solo basta revisar el libro de Harold Bloom- de varones, aunque sin embargo se destacan algunas escritoras. Entre ellas, la poeta griega Safo (su esposo era el poeta poco conocido Alceo de Mitilene), la escritora y religiosa alemana Roswitha de Gandersheim, la veneciana Christine de Pisán (quien tuvo un matrimonio feliz con el secretario de la corte Étienne du Castel, pero quedó viuda a los 25 años, a cargo de tres niños, su madre y una sobrina); las escritoras españolas Santa Teresa de Jesús y María de Zayas, la mexicana Sor Juana Inés de la Cruz, la francesa Madame de Sevigné (su esposo Henri de Sévigné, se batió en duelo y murió por una amante), las novelistas británicas Ann Radcliffe (su apellido de nacida era Ward y adoptó el de su marido el periodista y dueño del English Chronicle, William Radcliffe) y la novelista británica Jane Austen.

Salvo estas excepciones, tanto en la literatura como en la sociedad las mujeres debieron ocupar por los siglos de los siglos un segundo plano a la sombra de sus esposos.

En las notas sobre la muerte de Mercedes Barcha Pardo (« la Gaba »), que ocurrió el pasado 16 de agosto, se replicaban sin ningún pudor los comentarios periodísticos sobre la « compañera incondicional durante 56 años » de García Márquez, con las aposiciones de « musa inspiradora », « cómplice indiscutible », « mítica esposa », « mujer esencial en la vida y en la obra del nobel colombiano » y otras por el estilo. Barcha es acaso la última de su especie. Finaliza con su muerte ese papel « decoroso » de esposa y musa inspiradora del escritor.

Juan Ramón Jiménez y Zenobia Camprubí

El tópico de la mujer postergada que acompaña al « talentoso » escritor es también el tema la película « The Wife » (2018), dirigida por Björn Runge y basada en la novela homónima de Meg Wolitzer. Joe y Joan Castleman son dos personajes de ficción. Un matrimonio de cuarenta años de casados: él escritor y ella « la mujer ». Durante el viaje y la estadía en Estocolmo para la entrega del Premio Nobel de Literatura sale a la superficie la historia secreta del éxito literario de Joe.

Como siempre la ficción, de alguna forma refleja un imaginario de la sociedad. Rosa Montero en « Historias de mujeres » cuenta que « la leyenda rosa de la historia de amor » entre el Premio Nobel de Literatura Juan Ramón Jiménez y Zenobia Camprubí se terminó cuando en 1991 se publica el diario de la « esposa ejemplar ». Zenobia en las distintas entradas diarias se lamenta, entre muchas otras cosas, de que él no le permita operarse un lipoma, ni viajar a visitar a su familia en Estados Unidos. Tras una agonía de cinco años, Zenobia muere en 1956, dos días después de que Juan Ramón recibiera el Nobel. Él nunca más volvió a escribir, concluye Montero.

Vera Nabokov era una sobresaliente licenciada en Lenguas Modernas en la Sorbona, muy culta, quien abandonó su carrera para convertirse por 52 años en la mecanógrafa, secretaria, lectora, choferesa y editora de Vladimir Nabokov. La escritora y fotógrafa Sofía Behrs copió siete veces el manuscrito de « Guerra y paz », escribió el diario de su esposo y tuvo trece hijos con Leon Tolstoi. Ella murió diez días después que el escritor. Anna Snítkina era la joven taquígrafa, secretaria y pareja de Fiódor Dostoievski. Olivia Langdon fue la editora, correctora de los libros y de la obra periodística de su esposo, Samuel Clemens, más conocido como Mark Twain.

Vladimir Nabokov y su esposa Vera

Para terminar con esta lista incompleta, pero representativa de este modelo de mujer, el escritor Hermann Hesse (reconocido misógino) tuvo tres esposas: la primera, la pianista y fotógrafa Suiza María Bernoulli, cocinaba y pasaba en limpio los manuscritos del escritor; la segunda, Ruth Wenger, declaró « Hesse ordenaba y yo obedecía »; y la tercera, Ninon Dolbin, fue la encargada del legado literario del narrador.

A lo largo del siglo XX hubo otro tipo relaciones de pareja más independientes, por ejemplo, la que mantuvieron Jean-Paul Sartre con Simone de Beauvoir.

Casos significativos de escritoras unidas con escritores de la actualidad son la novelista, ensayista y poeta Siri Hustvedt, en pareja con Paul Auster. Autora de siete libros de ficción, dos de poesía y seis ensayos. El autor de « La música del azar » tuvo una extensa relación con otra escritora, Lydia Davis, novelista, ensayista y escritora de relatos cortos y traductora de francés.

La escritora Tabitha Jane Spruce (conocida como Tabhita King) tiene más de quince libros editados y es una reconocida activista humanitaria, independientemente de ser « la mujer de » Stephen King, de quien lleva su apellido.

Virginia Woolf y Leonard, su esposo. Foto de Gisele Freund.

Virginia Woolf y Leonard, su esposo. Foto de Gisele Freund

Lo mismo ocurrió con la célebre Virginia Woolf. El apellido de la escritora inglesa era Stephen hasta que se casó con el escritor y editor Leonard Woolf. La narradora escribe en « Un cuarto propio » (1929), libro que tradujo Borges y trata, básicamente, de la relación entre la condición femenina y la literatura: « Hace siglos que las mujeres han servido de espejos dotados de la virtud mágica y deliciosa de reflejar la figura del hombre, dos veces agrandada ».

Su esposo Leonard la apoyó incondicionalmente, de tal forma que Virginia antes de arrojarse al río Ouse con los bolsillos de su abrigo lleno de piedras le dejó una nota: « Quiero decirlo -todo el mundo lo sabe. Si alguien podía haberme salvado habrías sido tú. Todo lo he perdido excepto la certeza de tu bondad. No puedo seguir arruinando tu vida durante más tiempo. No creo que dos personas pudieran ser más felices de lo que hemos sido tú y yo ».

Tanto Virginia Woolf a comienzo del siglo XX como Tabhita King en el siglo XXI, son conocidas por los apellidos de casadas, una marca del patriarcado que se suma a la transmisión generacional del apellido paterno.

Un debate más profundo se abrió este año con respeto a los pseudónimos masculinos con los que firmaban las autoras sus obras, como una segunda señal de la caída del imperio patriarcal en la literatura. En el 25 aniversario de su creación, el Women’s Prize for Fiction -premio del Reino Unido a la mejor novela en inglés escrita por una mujer de cualquier nacionalidad- reedita por primera vez con nombres « reales » o sin seudónimos una colección de veinticinco novelas cuyas autoras fueron publicadas originalmente bajo seudónimos masculinos.

El proyecto, que se llama « Reclaim Her Name », ha tenido sus críticas, sobre todo de parte de la reconocida editora inglesa Catherine Taylor desde el semanario TLS (The Times Literary Supplement). El argumento central de Taylor es que por más « bien intencionado y loable que sea este objetivo » pierde sentido la idea del autor con seudónimo que quiere marcar la diferencia entre lo público y lo privado del escritor, además de la cuestión de la autoidentificación.

George Eliot

George Eliot

La biografía que se incluye en « Reclaim Her Name » afirma que George Eliot se vio « obligada a usar un seudónimo masculino », como si fuera incapaz de tomar sus propias decisiones. Taylor asegura que « George Eliot » era la imagen pública de Evans, « sin necesidad de una corrección retrospectiva », ya que cuando se publica « Middlemarch » los lectores eran conscientes de la verdadera identidad de su autor. Además, destaca que en 1871/72, cuando « Middlemarch » apareció por primera vez en entregas, el nombre por el que era conocida era Marian Evans Lewes, como la esposa de hecho de su socio George Henry Lewes.

Para la editora tampoco es necesario restaurar el nombre de la novelista francesa del siglo XIX George Sand por el de Amantine Aurore Dupin, ya que el seudónimo formaba parte de su imagen tanto como la ropa de hombre que vestía y el tabaco que fumaba abiertamente. Sand era la escritora más popular en Europa de cualquier género a la edad de veintisiete años, y gozó de mayor popularidad en Inglaterra durante las décadas de 1830 y 40 que sus compañeros franceses. Los novelistas Honoré du Balzac o Victor Hugo, el último de los cuales, en su elogio fúnebre por ella en 1876, comentó: « George Sand fue una idea. Ella tiene un lugar único en nuestra época ». Y, sin embargo, « Reclaim Her Name » la resume con la frase: « Sus romances eran conocidos en todo el mundo. Es hora de que su nombre también lo sea ».

De la misma forma, Taylor cuestiona el nombre de la escritora « lesbiana y feminista » Vernon Lee, autora de la novela de terror gótico « The Phantom Lover » reeditada como Violet Paget. La editora menciona un par de casos más de los veinticinco nombres restituidos y se preocupa por que « los seudónimos no siempre tratan de ajustarse a estándares patriarcales ». Y destaca la obsesión actual de querer « desenmascarar » a la escritora que se hace llamar Elena Ferrante, autora de la tetralogía napolitana: « La amiga estupenda », « Un mal nombre », « Las deudas del cuerpo » y « La niña perdida ».

Taylor sostiene que « existe el peligro de ser ahistórico en lugar de históricamente exacto ». Y destaca que en los siglos XVIII y XIX, los escritores también usaban nombres de mujeres para publicar ciertos tipos de ficción que se consideraban, bueno, poco masculinos.

George Sand

George Sand

La primera edición de « Frankenstein » en 1818 se publicó de forma anónima, y el nombre de Mary Shelley apareció por primera vez en la segunda edición de 1821). Finaliza Taylor señalando que « es indiscutible que las escritoras fueron frecuentemente marginadas, patrocinadas y descartadas como frívolas, y por esa razón, pero no solo esa razón -eligieron un seudónimo masculino.

Los tiempos de los apogeos o las decadencias de los imperios o de modelos culturales varían según el poderío de las fuerzas en pugna. Solo por ahora podemos leer la tendencia en una dirección en la que se vislumbra el otoño del patriarcado en la literatura, aunque determinar si será una estación corta o larga se verá recién con el tiempo.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Mulheres defendem legalização do aborto (Fernando Frazão/Agência Brasil)

Mulheres defendem legalização do aborto. Foto: Fernando Frazão/Agência Brasil

« Eu fiz um aborto ».

Esta frase deliberadamente chocante era o título da capa da revista Le Nouvel Observateur, de 5 de abril de 1971 (« Je me suis fait avorter », em francês).

A matéria era um manifesto, escrito pela filósofa Simone de Beauvoir, que defendia o direito ao aborto legal. Na França, em plena década de 1970 do século XX, os tribunais ainda julgavam mulheres pelo delito de aborto, o que parecia um anacronismo total. Obviamente, nem todas eram levadas à justiça : todo ano um milhão de francesas recorriam ao aborto.

“Ser feminista é lutar pelo aborto livre e gratuito”, dizia o texto.

Aquele seria apenas mais um manifesto que passaria despercebido se não tivesse uma mensagem poderosa, que respondia a um desejo profundo de metade da população.

Assinavam o texto 343 mulheres, suficientemente corajosas para se expor ao julgamento de uma sociedade conservadora e preconceituosa, que penalizava o aborto.

Algumas das maiores escritoras e atrizes da época se expuseram publicamente : Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau, Delphine Seyrig, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Françoise Sagan, Agnès Varda, Nadine Trintignant, Marina Vlady, Micheline Presle, Marie-France Pisier e Gisèle Halimi, advogada de Jean-Paul Sartre.

O manifesto provocou um eletrochoque na França pós-Maio de 68.

O semanário satírico « Charlie Hebdo » achou imediatamente um apelido com uma tonalidade machista : « Manifesto das 343 vadias ».

Feminista desde a juventude, leitora precoce da bíblia do feminismo, « O segundo sexo », de Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi ficara conhecida na França ao defender presos políticos da Guerra da Argélia (1954-1962). Djamila Boupacha, militante da Frente de Libertação Nacional argelina, acusada de colocar uma bomba em Argel, foi o que teve maior repercussão entre os processos políticos.

Simone de Beauvoir e Gisèle Halimi com Jean-Paul Sartre, em Paris, 1970 (Jean-Pierre Le Dantec/AFP/Getty)

A jovem revolucionária fora torturada e estuprada na prisão por militares franceses, que introduziram o gargalo de uma garrafa em sua vagina. Halimi foi ver pessoalmente o general Massu, autoridade máxima da repressão na Argélia, defensor assumido da tortura. O encontro e o diálogo foram reproduzidos em livro da advogada. Condenada à morte, Djamila Boupacha foi agraciada depois dos acordos de Évian, que puseram fim à guerra, em 1962.

O processo do aborto

Anos depois, em 1972, o « processo de Bobigny » marcou a opinião pública francesa pela defesa brilhante que Gisèle Halimi fez do direito das mulheres de dispor de seus corpos e de suas vidas.

« Mon corps m’appartient » (Meu corpo me pertence) se tornou o slogan do movimento feminista francês. O processo e a libertação da acusada acelerou o avanço da luta feminista e da descriminalização do aborto, um cavalo de batalha dos regimes reacionários no mundo todo.

No processo de Bobigny, Halimi defendia Michèle Chevalier e sua filha Marie-Claire, de 16 anos. A adolescente fora estuprada e era acusada de um aborto clandestino. A mãe era considerada cúmplice, com outras quatro mulheres.

O processo se tornou um acontecimento político ao transformar o tribunal em palanque de uma causa incendiária. Fora do tribunal, a multidão de feministas, liderada pela atriz Delphine Seyrig, gritava: “Libertem Marie-Claire, todas nós abortamos ».

Gisèle Halimi criou com Simone de Beauvoir o movimento e a revista « Choisir la cause des femmes » que durante a década de 1970 foi um farol do feminismo francês. A lei Simone Veil (ministra da Saúde no governo Giscard d’Estaing), de 1975, também conhecida como lei da IVG (Interruption volontaire de grossesse) foi aprovada no Parlamento graças à midiatização do processo da jovem de 16 anos defendida por Halimi, em 1972.

Religião e controle do corpo feminino

Por que os homens precisam controlar o corpo das mulheres e submetê-las ao jugo patriarcal? Simone de Beauvoir responde a estas e outras questões no « Segundo Sexo », pedra fundamental do feminismo francês (e mundial).

« Os homens que julgariam Marie-Claire não sabem nada da vida de uma mulher », declarou Halimi no ano passado ao « Le Monde », em entrevista de duas páginas. Ela morreu em julho passado, aos 93 anos.

A misoginia é um ponto comum das três religiões monoteístas em suas formas fundamentalistas. Na igreja católica, os religiosos são eunucos por opção e representam o pensamento reacionário do Vaticano. A demonização das mulheres que aponta as « filhas de Eva » como responsáveis pela libido incontrolável dos machos que as estupram é quase uma unanimidade entre os conservadores católicos, bem como nas correntes neopentecostais do Brasil.

A lógica interiorizada pelo machismo quer que mesmo uma criança de seis anos seja culpada pelo estupro de que é vítima.

Um padre chegou a fazer um twitter culpando a menina pelo fato de ter sido estuprada pelo tio. Nenhuma palavra de compaixão.

Nos países de tradição católica, os religiosos continuam a exercer pressões para que seja restaurada a proibição do aborto, como é o caso da Polônia. Dos 27 países da União Europeia, 23 autorizam o aborto sem condições, variando apenas o número de semanas em que ele pode ser feito.

Na França, a lei Veil permite que toda mulher possa interromper no sistema público de saúde uma gravidez não desejada. E mais : a IVG é um direito que não pode ser entravado por nenhuma campanha de desinformação. Uma lei foi votada pelo Parlamento, em 2017, para penalizar os sites de « desinformação », que tentam induzir as mulheres a desistir do aborto com dados falsos ou preconceituosos.

Uma pitada de crueldade

No Brasil, o aborto nunca chegou a ser permitido legalmente, senão em casos extraordinários.

Influenciando governos, que se dizem laicos, religiosos católicos e neopentecostais impedem o aborto legalizado e seguro para todas as mulheres que não desejam (ou não podem) ter um filho.

Transformam, assim, uma questão de política de saúde em debate moral, impregnado de preconceitos medievais. A proibição não impede, contudo, que milhões de mulheres brasileiras se submetam a um aborto seguro em clínicas privadas. Mas como essa cirurgia custa caro, as que não têm recursos se arriscam a morrer (e milhares morrem por ano) na tentativa de interromper a gravidez.

A conta bancária é que vai decidir quem sobrevive e quem se lança numa aventura arriscada.

Mas os hipócritas que lutam contra a lei do aborto continuam alardeando a « defesa da vida ».

Há poucos dias, acrescentando uma pitada de crueldade ao tratamento dado às mulheres estupradas e que pela lei atual têm direito a fazer um aborto legal no Brasil, uma portaria do ministro-general interino da Saúde determinou a transferência do direito ao aborto para a área policial.

Tudo é feito para dificultar o procedimento de interrupção da gravidez, seja nos prazos seja no tratamento da paciente.

Abismo entre o Brasil e a França

Em 1975, ao fazer um teste para gravidez no Hospital Rothschild, pude constatar o abismo existente entre o Brasil e a França. Diante do resultado positivo, um médico do hospital me perguntou se eu queria ter o bebê.

A pergunta que ele me fez – « Voulez-vous garder le bébé ? » – era a prova na vida real de que as mulheres francesas eram donas de seu corpo e de suas decisões. Desde o início de 1975, quando a lei da IVG entrou em vigor, elas não precisavam mais recorrer a abortos ilegais e perigosos. Se fosse meu desejo, o médico me encaminharia para um aborto no próprio hospital público.

Em Paris, de 1975 a 1978, além de ler Beauvoir, descobri a escritora feminista Benoîte Groult, que lançou em 1975 « Ainsi soit-elle », no qual, entre outras coisas, comenta a abjeta tradição da excisão em alguns países africanos. Ela consiste em cortar o clitóris das meninas para que não sintam desejo sexual. Detalhe: a cirurgia é feita sem nenhuma anestesia.

Dilma Rousseff em cena de  »O Processo », documentário que trata do desenrolar dos fatos, em Brasília, que resultaram no golpe que culminou com o seu impedimento e a cassação de seu mandato, em 31 de agosto de 2016

Esse costume bárbaro é hoje punido pela lei francesa, pois continuava sendo praticado clandestinamente por populações vindas de alguns países da África. Segundo a tradição patriarcal que sustenta essa prática, a excisão « acalma as mulheres ».

Misoginia na política

Num país atrasado, dominado pelo machismo da extrema-direita, onde o feminicídio é um flagelo abominável, a candidata Dilma Rousseff não pôde, por pressões políticas, defender a legalização do aborto. Antes da campanha para presidente, ela se tinha declarado a favor do aborto seguro, garantido pelo Estado, deixando claro que é um absurdo sua criminalização.

Foi obrigada a piruetas verbais para não perder a eleição.

A misoginia que explodiu nos machos brancos neofascistas contra Dilma Rousseff apontou o caminho que o Brasil iria percorrer. Em plena campanha de ódio, foram capazes de inventar uma caricatura da presidente, de pernas abertas para colar em tanques de gasolina de automóveis. Alguém imagina algo parecido num país civilizado?

A primeira mulher a presidir este país patriarcal, racista, homofóbico e misógino também não foi perdoada pelos militares nostálgicos da ditadura por sua audácia de instituir a Comissão Nacional da Verdade.

Penso, como alguns intelectuais, que os militares decidiram afastá-la do poder no dia em que a Comissão Nacional da Verdade foi instalada. Eles precisam manter os torturadores protegidos pela Lei de Anistia, feita sob medida para que militares que implantaram o terrorismo de Estado em 1964 nunca sejam julgados.

[Fonte: http://www.cartamaior.com.br]

 

J.O. 1972 : la tragédie de Munich (Black September. The True Story of the Munich Massacre, 2006) est un documentaire de Sebastian Dehnhardt, Uli Weidenbach et Manfred Oldenburg. L’histoire de la prise d’otages et de l’assassinat de 11 athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich (ancienne République fédérale allemande, actuelle Allemagne) par les terroristes du mouvement arabe palestinien Septembre Noir. Et ce qu’elle révèle sur la détermination et le courage des athlètes et politiciens juifs israéliens, ainsi que la lâcheté et l’incompétence de dirigeants politiques et sportifs européens, la cruauté lâche des terroristes arabes palestiniens antisémites, dont Abu  Mazen (Mahmoud Abbas), et l’alliance remontant au grand mufti de Jérusalem al-Husseini entre ces derniers et les (néo-)nazis allemands. 

Publié par Véronique Chemla 

Après la guerre d’Indépendance (1948), la (Trans)Jordanie a accueilli un grand nombre de réfugiés arabes palestiniens, et occupe la Judée et la Samarie.

Dirigée par Yasser Arafat, l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), notamment le Fatah, utilise le royaume hachémite comme base militaire à ses attaques terroristes contre l’État d’Israël. Elle tente aussi des putschs contre le pouvoir jordanien.

Lors de la Guerre des Six-Jours (1967), l’armée israélienne conquiert la Judée et la Samarie.

En septembre 1970, le roi Hussein de Jordanie réprime durement l’un de ces putschs visant à le détrôner ou/et à le tuer pour instituer un État-terroriste palestinien. Un accord est signé entre la Jordanie et Arafat, mais celui-ci n’en respecte pas les stipulations.

En 1971, le roi de Jordanie ramène l’ordre dans son royaume en luttant victorieusement contre les fédayins palestiniens qui fuient, en préférant parfois se rendre aux soldats israéliens, ou qui sont expulsés du royaume.

La même année, le Fatah crée le groupe terroriste arabe palestinien Black September (Septembre Noir) qui assassine en novembre 1971 le Premier ministre jordanien Wasfi al-Tal.

Onze athlètes israéliens Juifs tués 

À l’aube du 5 septembre 1972, lors des Jeux Olympiques (JO) d’été à Munich (alors en RFA), un commando lourdement armé de terroristes arabes palestiniens de Septembre Noir pénètre aisément dans le village olympique. Arborant des vêtements sportifs, il se dirige vers l’immeuble où demeure l’équipe israélienne.

Malgré la courageuse résistance d’athlètes israéliens, il kidnappe neuf athlètes de cette équipe ; les autres athlètes israéliens sont tués par les terroristes ou parviennent à fuir. Il formule alors ses exigences aux autorités allemandes : la libération de terroristes détenus en Israël et leur transfert en Israël, et celle de deux gauchistes allemands de la Faction armée rouge (RAF), Ulrike Meinhof et Andreas Baader, en Allemagne. Refus israélien. Les terroristes jettent par-dessus le balcon de l’immeuble un athlète israélien assassiné, Moshe Weinberg.

Malgré la demande israélienne, les autorités politiques allemandes et le Comité olympique refusent d’interrompre les J.O. dont les épreuves sportives, transmises à la télévision, se déroulent parallèlement aux négociations avec les terroristes.

Écartant les offres d’argent des autorités ouest-allemandes, les terroristes reportent leur ultimatum et exigent un avion pour aller au Caire (Égypte). Ils prennent un bus avec leur otage jusqu’à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck de l’OTAN.

Là, des forces de l’ordre allemandes tentent une vaine opération pour mettre un terme à la prise d’otages. Alors que des athlètes israéliens étaient parvenus à rompre des liens autour de leurs poignets, tous les athlètes israéliens sont tués lors de l’intervention allemande.

Le bilan est lourd : onze athlètes juifs de l’équipe olympique israélienne – David Mark Berger (28 ans, haltérophile), Zeev Friedman (28 ans, haltérophile), Yosef Gottfreund (40 ans, arbitre de lutte), Eliezaar Halfen (24 ans, lutteur), Yosef Romano (32 ans, haltérophile), Amitzur Shapira (40 ans, entraîneur de l’équipe d’athlétisme), Mark Slavin (18 ans, lutteur), Andre Spitzer (27 ans, arbitre d’escrime), Yakov Springer (50 ans, entraîneur de l’équipe d’haltérophilie), Kehat Schor (53 ans, entraîneur de l’équipe de tir), Moshe Weinberg (32 ans, entraîneur de l’équipe de lutte) – et un policier ouest-allemand décédés.

Lors de l’opération allemande, cinq des huit terroristes sont tués, et trois interpellés.

Le 6 septembre 2012, Avery Brundage, président du Comité olympique, omet dans son discours d’évoquer les athlètes israéliens assassinés : « The Games must go on… » (Les Jeux doivent continuer). Ancien athlète ayant concouru aux J.O. en 1912, Avery Brundage avait dirigé des organisations sportives américaines et s’était élevé contre le boycott des J.O. de Berlin, dans l’Allemagne nazie, en 1936.

Cet « événement caractérise la naissance du terrorisme moderne ». Le communiqué de la chaîne Paris Première omet curieusement de le qualifier d’islamiste.

Il a eu de nombreuses conséquences : création par la RFA d’une cellule de lutte contre le terrorisme, bombardement de bases de l’OLP en Syrie et au Liban, détournement moins de deux mois plus tard d’un avion de la Lufthansa, libération le 29 octobre 1972 par la RFA de trois preneurs d’otages survivants.

Le gouvernement de Golda Méïr décide de venger les victimes, et d’agir pour prévenir toute reproduction de cette tragédie. La traque des terroristes par le Mossad s’étale sur plus d’une décennie. Elle vise à éliminer les responsables de cette tragédie – Abdel Wael Zwaiter, Mahmoud Hamchari, Hussein al Bachir, Abou Youssouf, Mohamed Boudia, Ali Hassan Salameh -, dont l’un des maîtres d’œuvre est l’Arabe palestinien Mahmoud Abbas (Abu Mazen). Par erreur, le Mossad tue Ahmed Bouchiki à Lillehammer.

En 1977, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, la France a expulsé Abou Daoud, terroriste du Fatah responsable de la prise d’otages des athlètes israéliens par le commando Septembre Noir aux J.O. de Munich, vers Alger où Abou Daoud a pu librement rejoindre le lieu de son choix. Et ce, malgré la demande d’extradition de la RFA et de l’État d’Israël. Abou Daoud témoigne dans ce documentaire dont les auteurs ont interviewé aussi des proches des victimes israéliennes, des responsables israéliens, tel Ehud Barak, et allemands.

Le 17 juin 2012, le journal allemand Der Spiegel révèle, en se fondant sur le rapport du Service fédéral de renseignement, que deux néo-nazis, Willi Pohl et Wolfgang Abramowski, ont aidé les terroristes de Septembre Noir, dont Abou Daoud (sous le nom de Saad Walli), chef du commando, dans la logistique de cette prise d’otages des athlètes israéliens. L’un des deux néo-nazis était chargé par l’OLP de commettre des attentats et de prendre des otages en particulier à la cathédrale de Cologne, ceci pour venger des arabes palestiniens tués par des policiers allemands. Willi Pohl, « aujourd’hui repenti de son passé nazi et devenu auteur pour la série télévisée à succès Tatort », a assisté à la rencontre entre Abou Daoud et des « Arabes portant costume et cravate », des diplomates syriens selon lui. Pohl et son complice « ont été arrêtés à Munich en octobre 1972 en possession d’armes automatiques, de grenades et d’une lettre de menace signée « Septembre noir » adressée à un juge chargé de l’instruction d’une enquête sur les membres du commando qui avaient survécu. Le commando s’était servi des mêmes grenades, de fabrication belge avec un explosif d’origine suédoise, pour tuer les otages israéliens ». En 1974, Pohl a été condamné à deux ans d’emprisonnement pour possession illégale d’armes.

Le 23 juillet 2012, ce journal allemand révélait que des alertes sur la tragédie à venir lors de ces J.O. avait été alors exprimées.

Le 26 août 2012, le Spiegel révélait que, craignant d’autres attentats, la RFA a collaboré officieusement, comme l’Italie, avec l’OLP peu après cet assassinat. Plusieurs mois après cet attentat, Walter Scheel, ministre allemand des Affaires étrangères, a rencontré secrètement plusieurs terroristes de Septembre Noir pour « reconstruire la confiance ». Ces terroristes ont réclamé le soutien allemand à l’OLP en échange de l’arrêt des attentats terroristes palestiniens. Et l’ont obtenu. La RDA a mis un terme à son enquête.

Le 29 août 2012, des archives israéliennes déclassifiées révèlent combien les Israéliens déploraient cette tentative de sauvetage « mal organisée et ratée. [Les Allemands ont] tout fait pour en finir avec cette histoire, à n’importe quel prix afin de ne pas perturber les Jeux Olympiques… Ils n’ont même pas fait un effort minimal pour sauver des vies, ils n’ont pas pris le moindre risque pour sauver les gens, ni les leurs ni les nôtres », selon Zvi Zamir, alors chef du Mossad. Selon le Premier ministre Golda Méïr, l’État d’Israël n’avait pas reçu d’alerte concernant une menace visant l’équipe nationale aux J.O. de Munich. Golda Méïr avait exhorté à ne pas rendre responsable de cette tragédie les services de renseignements israéliens.

Le 5 septembre 2012, lors d’une cérémonie à la mémoire des victimes israéliennes à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck, Ankie Spitzer, veuve d’Andrei Spitzer, entraineur de l’équipe israélienne d’escrime, a déploré la « tentative de sauvetage désastreuse » des forces de sécurité allemandes. Elle a fustigé « l’incompétence, la stupidité et l’arrogance » des autorités allemandes en 1972, et l’interdiction pour les familles des victimes d’accès aux documents officiels sur cette tragédie. Elle a réclamé « une nouvelle enquête » sur cet échec. Lors d’une conférence de presse, elle a insisté pour que les autorités allemandes « ouvrent tout », car c’était son droit de savoir ce qui s’était passé. Président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Dieter Graumann a dénoncé le « dilettantisme désastreux et inimaginable des forces de sécurité allemandes », et la « négligence » et la « légèreté » des dirigeants sportifs. « Aucun être humain ne peut comprendre » que les Jeux n’aient pas été interrompus immédiatement, a-t-il constaté. « Avons-nous été trop naïfs ? Avons-nous sous-estimé la menace terroriste ? Ces questions demeurent », a reconnu le ministre allemand de l’Intérieur, Hans-Pieter Friedrich. Silvan Shalom, vice-Premier ministre israélien, a qualifié le 5 septembre 1972 d’un «  des jours les plus tragiques du jeune État d’Israël ». Il a considéré «  tout à fait légitimes » les demandes des proches des victimes et estimé qu’il était « peut-être temps » que l’Allemagne déclassifie les documents concernant cette tragédie.

Honte au Comité d’organisation olympique 

La campagne JustOneMinute –pétition lancée par Ankie Spitzer – a visé à faire respecter une minute de silence, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Londres (27 juillet-12 août 2012) à la mémoire des onze athlètes juifs israéliens assassinés.

Lancée à cette fin, une pétition sur Internet a recueilli 111 753 signatures en août 2012.

Cette demande est refusée par les organisateurs des JO, dont Jacques Rogge, l’actuel président du Comité d’organisation des JO, et Sebastian Coe, responsable du Comité d’organisation des JO à Londres, en alléguant que les J.O. seraient apolitiques et qu’une minute de silence serait inappropriée lors de la cérémonie d’ouverture des J.O.

Pourtant, en 1996, la guerre dans les Balkans a été évoquée lors de la cérémonie d’ouverture des JO. En 2002, une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001. En 2010, une minute de silence a été respectée à la mémoire du lugeur géorgien Nodar David Kumaritashvili, décédé lors d’un entrainement.

En fait, ces dirigeants craignent la réaction, et l’éventuel refus ou retrait des pays arabes.

La campagne JustOneMinute est soutenue par des politiciens israéliens, américains (Congrès), australiens, canadiens, italiens, français (Claude Goasguen), les gouvernements d’Israël, des États-Unis, d’Allemagne et d’Australie, ainsi que par des communautés juives dans le monde et des responsables chrétiens.

Le 25 juillet 2012, Ilana Romano, veuve de l’haltérophile israélien Yosef Romano, a demandé à ce que les spectateurs de la cérémonie d’ouverture des JO observent une minute de silence lorsque Jacques Rogge, qui a participé aux JO de Munich en tant que sportif, débutera son discours. La Chambre italienne des députés a observé une minute de silence.

En vain.

Le 25 juillet 2012, Al-Hayat Al-Jadida, quotidien de l’Autorité palestinienne, a titré : « Le sport est fait pour la paix, pas pour le racisme ». Il a fait état de la lettre du président du Comité olympique palestinien, Jibril Rajoub, à Jacques Rogge. Jibril Rajouby a exprimé à Jacques Rogge son appréciation de son opposition à la demande d’une minute de silence à la mémoire des athlètes juifs israéliens assassinés. Il a rappelé que « le sport en Palestine est moyen de réaliser les objectifs nationaux » et « un instrument de lutte pour présenter la cause palestinienne ». Le 25 juillet 2012, le quotidien palestinien al-Hayat a qualifié d’« opération » cet attentat terroriste palestinien et a cité Jibril Rajoub alléguant que cette minute serait « une cause de division et diffuserait le racisme parmi les nations ».

Le 25 juillet 2012, en réponse à une lettre de la députée et vice-présidente du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des députés Fiamma Nirenstein, le président de cette Chambre, Gianfranco Fini, a fait observer une minute de silence par les membres de cette Assemblée. « Notre parlement a aujourd’hui condamné l’acte de violence le plus vile – le terrorisme – qui a frappé tant de fois Israël au fil des années, causant des dommages à des vies de civils innocents. Le dernier tragique attentat à Burgas contre des touristes israéliens, comme celui de Munich en 1972, exprime le désir de tuer la démocratie vibrante d’Israël », a déclaré Fiamma Nirenstein, en désignant « l’organisation palestinienne terroriste Septembre Noir ».

Le 29 juillet 2012, l’équipe olympique et des diplomates israéliens ont respecté une minute de silence lors de la cérémonie organisée devant leur pavillon du village olympique. Une trentaine d’athlètes de l’équipe italienne olympique, ainsi que le ministre italien des Sports, Piero Gnudi, s’est jointe à eux.

Le 6 août 2012, une cérémonie à la mémoire des athlètes israéliens assassinés a été organisée par la communauté britannique juive et l’ambassade d’Israël en Grande-Bretagne. Environ mille personnes y ont assisté, dont des responsables communautaires, Boris Johnson, maire de Londres, David Cameron, Premier ministre britannique, Jacques Rogge, Sebastian Coe, président du Comité d’organisation de ces Jeux 2012. « Même après 40 ans, c’est douloureux de revivre les moments les plus douloureux du mouvement olympique », a indiqué Jacques Rogge. « Honte à vous, parce que vous avez oublié onze membres de la famille olympique. Vous les discriminez pour la seule raison qu’ils sont Israéliens et Juifs », a déclaré Ankie Spitzer, veuve d’Andrei Spitzer, entraineur de l’équipe israélienne olympique d’escrime, aux dirigeants dudit Comité. Une déclaration accueillie par une standing ovation réservée aussi à Ilana Romano, qui a déploré que Jacques Rogge « se soit soumis au terrorisme. Votre nom sera écrit sur les pages de l’histoire comme un ancien athlète devenu le président qui a violé la charte olympique qui appelle à la fraternité, l’amitié et la paix ».

Malgré la demande d’Irwin Cotler, ancien ministre canadien de la Justice, aucune minute de silence n’est observée non plus lors de la cérémonie de clôture.

Médaillée olympique américaine juive de gymnastique, Aly Raisman a déclaré le 8 août 2012 qu’elle aurait observé cette minute de silence à la mémoire des athlètes israéliens tués.

Un CRIF « palestiniennement correct »

Le 5 septembre 2012, date commémorant les 40 ans de l’attentat perpétré contre des athlètes israéliens aux J.O de Munich, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) organise à 19 h, au siège du Comité national olympique à Paris, « lieu où l’olympisme fut créé », une cérémonie en présence de Valérie Fourneyron, ministre des Sports, du président du Comité national olympique et sportif français, Denis Masseglia, de l’ambassadeur d’Israël en France, S.E. Yossi Gal, de représentants de fédérations sportives, des associations de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, des hauts responsables de la justice antiterroriste, afin de rappeler le souvenir de cet événement. Rappelons que, député socialisteValérie Fourneyron avait interrogé le 24 mai 2011 le ministre français des Affaires étrangères et européennes pour savoir « si la France soutiendra la soumission officielle du rapport Goldstone au conseil de sécurité en vue d’une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale ».

Parmi l’assistance : l’ambassadeur des États-Unis en France Charles Rivkin, l’ambassadeur des États-Unis à l’UNESCO, David Killion, l’ambassadeur d’Allemagne en France, Suzanne Wasum-Rainer, Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, Pierre Schapira, adjoint au maire chargé des relations internationales, le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, Rogel Nahum, athlète délégué par le Comité Olympique israélien, Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat, Marc Trévidic, juge d’instruction, Alain Arvin-Berod, administrateur du think tank « Sports et citoyenneté », Muriel Schor, nièce de Kehat Schor, victime de l’attentat, des associations de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, parmi lesquelles SOS Racisme, le Mouvement pour la paix contre le terrorisme (MPCT), la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs. Rappelons que Bariza Khiari, sénatrice, comparait le 14 janvier 2009 la bande de Gaza à une « prison à ciel ouvert » et est membre du Comité de parrainage de Salah Hamouriterroriste ayant reconnu sa responsabilité dans les préparatifs de l’assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.

Horaire tardif ? Pas une image sur cette cérémonie au JT de 20 h de France 2.

Est-ce un hasard si aucun sportif, ministre ou diplomate français ne s’est joint à la cérémonie à Londres le 29 juillet 2012 et si la France du président Nicolas Sarkozy ou du président François Hollande, des Premiers ministres François Fillon, puis Jean-Marc Ayrault ne s’est pas jointe à la campagne pour une minute officielle de silence aux J.O. de Londres en 2012 ? Rappelons le « vote décisif » de la France en faveur de l’inscription de l’église de la Nativité à Bethléem, « en urgence », malgré l’opposition des responsables chrétiens de ce site et au titre de la « Palestine » dans la liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO (Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture) le 29 juin 2012, et  en faveur de l’admission de la « Palestine » à l’UNESCO le 31 octobre 2011. Bref, cette cérémonie organisée par le CRIF s’apparente à une session de rattrapage pour la France.

Est-ce un hasard si aucun responsable musulman ou/et arabe n’est annoncé à ces évènements ? Et la présence de l’imam de Drancy, Hassan Chalghoumi, souligne l’absence de tous les autres dirigeants des instances musulmanes françaises. Partout dans le monde, la ligne de partage entre juifs et musulmans passe par l’État d’Israël, le refus du monde musulman d’un État non-musulman, juif ou chrétien.

« Les athlètes assassinés étaient juifs, trente-six ans auparavant, les jeux de Berlin avaient été utilisés pour glorifier le nazisme et pour banaliser l’exclusion des juifs et cela avait été fait avec la complaisance de certains dirigeants du sport international qui se trouvaient encore aux commandes lors des jeux de Munich. Chacun connaît la trêve olympique sur laquelle d’ailleurs l’histoire nous dit finalement peu de choses précises. Mais l’utopie de Pierre de Coubertin est un magnifique objectif. Je suis sûr que les athlètes israéliens assassinés en étaient pénétrés. Je suis moins sûr, et je parle ici par litote, que tous aujourd’hui partagent cette utopie et que tous les athlètes en soient les porteurs. Des États qui refusent que leur équipe rencontre une équipe israélienne, des athlètes qui préfèrent être disqualifiés et revenir en héros dans leur patrie, plutôt que d’affronter des concurrents israéliens, des chaines de télévision qui coupent la transmission de leur reportage au moment où défile l’équipe israélienne », a déclaré Richard Prasquier, président du CRIF. 

Est-ce un hasard si le discours de Richard Prasquier lors de cette cérémonie et le compte-rendu rédigé par Eve Gani de cet événement – un résumé publié sur le site Internet du CRIF,  mal titré, évoquant une « cérémonie contre le terrorisme » (et pas à la mémoire des onze victimes juives israéliennes de cet attentat terroriste palestinien ?)  –  ne qualifient curieusement pas ce terrorisme de « palestinien ». Richard Prasquier omet aussi de nommer le mouvement terroriste Septembre Noir ou les États, arabes ou/et musulmans, qui refusent toute rencontre entre leurs sportifs et leurs homologues de l’État juif. Comme Richard Prasquier l’a alors si bien déclaré : « On ne bâtit rien sans le socle de la mémoire« . Ni sans l’Histoire. Curieusement, sur la photo illustrant ce compte-rendu, le sourire éclairant certains visages de personnalités – le sourire le plus patent semble celui de Pierre Besnainou, président du FSJU (Fonds social juif unifié) et de l’AUJF (Appel unifié juif de France) -, surprend et contraste avec la gravité du visage de Richard Prasquier. D’autant que ces personnalités communautaires et politiques posent devant l’affiche des onze victimes israéliennes de ces J.O.

Est-ce un hasard si ce passionnant et bouleversant documentaire est diffusé non par une chaine du service public français, mais par une télévision privée ?

Futur Mémorial 

Le 4 septembre 2013, lors de la cérémonie marquant le 41e anniversaire de cet attentat terroriste palestinien, Ludwig Spaenle, ministre bavarois de l’Éducation et des Affaires culturelles, a annoncé l’édification d’un Mémorial à Munich en mémoire des onze athlètes israéliens et du policier allemand tués en 1972.

Coûtant 1,7 millions d’euros, ce mémorial sera construit près du site munichois ayant accueilli les J.O. Il est l’aboutissement d’une réflexion commune dudit ministère bavarois et du ministère bavarois pour l’Éducation politique, des familles des victimes, du musée Juif de Munich, du consul d’Israël et du Mémorial du camp de concentration de Flossenbürg. Il sera inauguré en 2016.

Une cérémonie à la mémoire des 11 athlètes israéliens tués par des terroristes palestiniens lors des Jeux olympiques de Munich (1972) a eu lieu lors des Jeux olympiques d’hiver de 2014, ou XXIIes Jeux olympiques d’hiver (7-23 février 2014) à Sotchi, cité balnéaire bordée par la mer Noire (Russie).

L’implication d’Abbas/Mazen 

Le 2 décembre 2014, le Mouvement des étudiants pour Israël a écrit au ministre israélien de la Défense afin que soit reconnue la responsabilité de Mahmoud Abbas (Abu Mazen) qualifié de « ministre des finances du terrorisme » lors de ces Jeux olympiques en 1972.

« Après ce terrible massacre des onze athlètes à Munich, le gouvernement israélien dirigé par Golda Méïr s’est voué pour que tous ceux impliqués dans ces faits rendent des comptes et a adopté des mesures pour que soient jugés les terroristes impliqués dans l’organisation et la réalisation de l’attentat. Cependant, pour des raisons politiques, le responsable du financement de ce massacre, Abu Mazen, n’a pas été officiellement reconnu par l’État d’Israël comme un de ceux impliqués dans la promotion du massacre« , a déclaré Eliyahu Nissim, président de ce Mouvement.

Et d’ajouter : « Depuis quelques mois, nous avons réuni les preuves indubitables de l’implication d’Abbas dans ce terrible massacre qui a été effectué par l’organisation Septembre Noir, créée à l’initiative du Fatah d’Arafat, et Abbas a assuré le financement. En fait, l’implication d’Abbas dans cet attentat terroriste est bien connue du public et des familles des victimes. Voici quelques années, Ilana Romano, veuve de Yosef Romano, un des onze qui ont été assassiné à Munich, a dit lors d’une interview au Yediot Aharonot qu’elle détenait une cassette dans laquelle Abbas admet son implication dans le meurtre des athlètes. Après plusieurs années de suivi, nous savons qu’Abbas était le ministre des finances du meurtre de Munich et celui qui a amené l’argent de l’Arabie saoudite pour financer cette opération. Si le ministre de la Défense a le moindre doute sur l’implication d’Abbas dans le massacre des athlètes israéliens, nous devons saisir la chance de la prouver de de présenter les preuves. Même s’il y avait des doutes dans le passé, ceux-ci ont disparu au fil des années quand des détails sur ce massacre et ceux qui y étaient impliqués ont commencé à s’accumuler jusqu’à fournir une image très claire de l’histoire vraie. Maintenant, nous demandons seulement une reconnaissance formelle de ce qui est connu et clair pour tous… Il n’est jamais trop tard pour la justice… Abbas continue d’inciter au terrorisme et de le financer de manière régulière, notamment via des salaires et des bonus pour les terroristes assassins emprisonnés en Israël. Malheureusement, le gouvernement israélien lui permet de porter un chapeau différent chaque jour, comme il le veut – un jour le chapeau du terroriste, un autre jour celui du modéré. Il est temps de voir la réalité en face et de se souvenir qu’Abbas n’est pas seulement impliqué dans le terroriste et le financement de ce dernier actuels, mais aussi depuis 45 ans… Nous envisageons aussi la possibilité de saisir la Haute Cour et de lui présenter les preuves de l’implication d’Abbas dans le massacre de Munich« .

Au cours des dernières années, les liens étroits entre Abbas et Abu Daoud, « cerveau » de cet attentat terroriste palestinien ont été soulignés. En 2010, Abbas a loué Abu Daoud : « Il était l’une des figures leaders du Fatah et a consacré sa vie à la résistance, à un travail sincère, et au sacrifice physique pour les justes causes de son peuple ».

Directrice du Shurat Hadin Israel Law Center, l’avocate Nitsana Darshan-Leitner a montré comment Abbas a fourni le financement de cet attentat à Munich.

Le 2 décembre 2014, des étudiants israéliens ont écrit au ministre israélien de la Défense afin que soit reconnue la responsabilité de Mahmoud Abbas (Abu Mazen) qualifié de « ministre des finances du terrorisme » lors de ces Jeux olympiques en 1972.

Munich, de Spielberg

Ciné + Emotion diffusa les 10, 13 et 18 juin 2015 Munichde Steven Spielberg (2005). « À Munich, en 1972, un commando de terroristes palestiniens affilié au groupe «Septembre noir» prend en otages des athlètes israéliens. L’opération tourne au carnage. Aussitôt, Golda Méïr, Premier ministre israélien, prend la décision de répliquer. Avner, un jeune agent du Mossad, reçoit l’ordre de retrouver et d’éliminer les membres de « Septembre noir » qui sont considérés comme les commanditaires de l’attentat. Il change d’identité et quitte Tel Aviv en laissant sa femme enceinte. Arrivé en Europe avec un commando de quatre hommes, il tente d’entrer en contact avec le mystérieux « Papa », qui devrait lui permettre de localiser les terroristes… »

Athlètes torturés et mutilés 

Le 1er décembre 2015, le New York Times a révélé les tortures et castration infligées aux otages juifs israéliens par ces terroristes. Veuves de deux athlètes otages, Ankie Spitzer et Ilana Romano ont révélé ces actes barbares au documentaire Munich 1972 & Beyond, de Stephen Crisman. Né en 1940 à Benghazi (Libye), Yossef Romano, haltérophile et décorateur d’intérieur, a été blessé au début de la prise d’otages, alors qu’il tentait de combattre les terroristes. Il a été castré et abusé sexuellement devant ses camarades, ligotés. Les autres otages ont été battus, leurs os cassés. Deux otages, dont Yossef Romano, sont morts dans le village olympique. « Les terroristes ont toujours allégué qu’ils n’étaient pas venus pour tuer quiconque et qu’ils voulaient seulement libérer leurs amis emprisonnés en Israël. Ils disaient qu’ils ont tué le reste des otages du fait de l’opération de sauvetage à l’aéroport. Mais ce n’est pas vrai. Ils étaient venus pour blesser des gens. Ils étaient venus pour tuer ».

Les familles des otages ont toujours demandé des informations sur ce qui s’était passé, mais elles se heurtaient au déni de l’Allemagne. En 1992, Ankie Spitzer a fait part de sa frustration à un documentariste pour le 20e anniversaire de cette tragédie. Elle a été contactée par un individu qui lui a donné 80 pages, notamment d’un rapport de la police, sur ces faits. Les proches des otages ont donc sollicité de nouveau les autorités allemandes, et obtenu des documents et photographies sur les tortures subies par des athlètes. Ils ont alors promis de ne pas divulguer ces informations qu’ils ont rendues finalement publiques pour que les athlètes reçoivent à titre posthume une reconnaissance publique et officielle.

Nouveau président du Comité olympique international (IOC), Thomas Bach a exprimé son accord pour un moment de souvenir de tous les athlètes morts lors des J.O. durant les ceux à Rio en 2016. Ankie Spitzer et Ilana Romano œuvrent à ce que le souvenir des athlètes israéliens tués à Munich soit distinct de celui des autres athlètes, car leur mort a résulté d’un attentat terroriste. L’IOC est d’accord pour contribuer au financement d’un mémorial aux athlètes israéliens tués à Munich.

Dubaï Film Market


Dans le cadre du Marché du film à Cannes et de Dubai Goes to Cannes, le Dubaï Film Market (DFM) a présenté le 16 janvier 2016, de 16 h à 18 h, des extraits de quatre films dont Munich: A Palestinian Story, documentaire biaisé de Najib Hajjaj : « ‘Munich: A Palestinian Story’ tells the story of the hostage situation that took place at the 1972 Munich Olympics. It is the first time an Arab filmmaker has tackled the event. The films is directed by Palestinian filmmaker Nasri Hajjaj who was childhood friends with one of the Fidayeen group members who carried out and was killed during the hostage-taking incident. Years later, Hajjaj meets Jamal, one of the two surviving members of the group. The film is an attempt to present different views – irrespective of the support for or condemnation of the events in Munich in 1972″. Ilana Romano a refusé de témoigner dans ce documentaire partial qui désigne les terroristes islamistes palestiniens en « combattants de la liberté« . Lors de cette projection interdite à la presse, le réalisateur britannique Ken Loach était un des rares spectateurs.

J.O. Rio 2016


Les Jeux olympiques se déroulent à Rio de Janeiro du 5 au 21 août 2016.

Le 3 août 2016, dans le village olympique de Rio de Janeiro (Brésil), a été inauguré un mémorial en hommage aux athlètes décédés lors des Jeux olympiques.

Le « monument, qui contient une pierre du site d’Olympie, berceau des Jeux antiques en Grèce, est dédié notamment à la mémoire des victimes de l’attaque perpétrée par le groupe palestinien Septembre noir contre le pavillon où résidaient les membres de l’équipe d’Israël à Munich ».

En présence d’athlètes israéliens et allemands ainsi que des deux veuves de victimes israéliennes de Munich, Thomas Bach, président du Comité international olympique et champion olympique d’escrime en 1976 à Montréal (Canada) avec l’équipe d’escrime de la République fédérale d’Allemagne (RFA), a déclaré : « Les Jeux olympiques ont toujours été une affirmation de la vie. Que cette commémoration soit une affirmation de leurs vies ». Il a lu les noms des onze otages israéliens assassinés en 1972 et celui de Nodar Kumaritashvili, lugeur géorgien décédé accidentellement durant une descente d’entraînement la veille des JO d’hiver de Vancouver en 2010.

« C’est un moment incroyablement important. Nous avons attendu 44 ans pour ce moment. Nous nous sommes battus pour leur mémoire et la reconnaissance que nos êtres chers brutalement tués à Munich appartiennent vraiment à la famille olympique. Le président Bach a prononcé leurs noms et observé cette minute de silence, je ne peux pas décrire mon émotion », a confié Ankie Spitzer, veuve de l’entraîneur de l’équipe israélienne d’escrime à Munich, Andre Spitzer.

« C’est un moment historique pour lequel je remercie le président Bach », a témoigné Ilana Morano, veuve de l’haltérophile Yossef Moreno, un des premiers otages tués.

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé qu’un site de deuil – Place of Mourning – constitué en particulier de deux pierres de l’Olympie antique encastrés dans du verre, situé dans la partie arborée du village des athlètes, se trouvera dans chaque village olympique et sera lié à une minute de silence à la mémoire des victimes du terrorisme palestinien.

Le 14 août 2016, à l’hôtel de ville de Rio de Janeiro, une cérémonie a rendu hommage aux 11 athlètes israéliens assassinés lors des Jeux olympiques de Munich de 1972 en présence de responsables olympiques, dont Thomas Bach, israéliens, dont Miri Regev, et brésiliens.

“Entendre enfin les noms des onze athlètes israéliens assassinés prononcés à voix haute à l’intérieur de votre village olympique, et voir une minute de silence être observée, ont été l’aboutissement de notre lutte pour que nos proches soient reconnus en tant que membres de la grande famille olympique”, a déclaré Ankie Spitzer.

Ministre israélienne des Sports et de la Culture, Miri Regev a demandé qu’une telle cérémonie ait lieu à chaque cérémonie d’ouverture des Jeux olympique. Elle a dit au Comité international olympique qu’un « drapeau noir » flottera toujours sur son événement sportif. « Notre bon ami, Thomas Bach a été le premier à comprendre l’obligation du CIO de marquer cette tragédie. Cependant, cette cérémonie n’est pas suffisante. Le chagrin pour les athlètes tués à Munich n’appartient pas seulement à leurs familles, pas seulement à l’État d’Israël, pas seulement au peuple juif. C’est une tragédie aussi pour le CIO qui aura un drapeau noir flottant. Cela doit devenir une partie intégrale de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques afin de rappeler au monde libre ce qui peut arriver quand on baisse sa garde. Espérons que vous, notre ami Thomas Bach, introduirez ce droit aux prochaines Olympiades à Tokyo », a déclaré Miri Regev.

Le 22 mars 2017,  à 22 h 32, Paramount Channel diffusa Munichde Steven Spielberg (États-Unis – Canada – France, 2005, avec Eric Bana, Daniel Craig, Ciarán Hinds, Mathieu Kassovitz, Hanns Zichler, Ayelet Zurer, Geoffrey Rush, Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Lynn Cohen, Yvan Attal, Gila Almagor. « À Munich, en 1972, un commando de terroristes palestiniens affilié au groupe « Septembre noir » prend en otages des athlètes israéliens. L’opération tourne au carnage. Aussitôt, Golda Méïr, Premier ministre israélien, prend la décision de répliquer. Avner, un jeune agent du Mossad, reçoit l’ordre de retrouver et d’éliminer les membres de « Septembre noir » qui sont considérés comme les commanditaires de l’attentat. Il change d’identité et quitte Tel Aviv en laissant sa femme enceinte. Arrivé en Europe avec un commando de quatre hommes, il tente d’entrer en contact avec le mystérieux « Papa », qui devrait lui permettre de localiser les terroristes… »

Nouveau mémorial

Le 6 septembre 2017, un nouveau Mémorial en mémoire des victimes a été inauguré à Munich en présence du président israélien Réouven Rivlin, du président allemand Frank-Walter Steinmaier et des représentants des familles des victimes israéliennes du terrorisme palestinien. Une minute de silence a été observée par l’assistance à la mémoire de ces victimes.

Le président Reouven Rivlin a déclaré : “Nous remercions le Premier ministre de Bavière Horst Seehofer pour cette initiative et pour sa sollicitude envers l’État d’Israël et le peuple juif”. Lors de son intervention, le président israélien a également rappelé que 45 ans après ce massacre, le terrorisme international continue à frapper et à menacer des innocents à travers le monde: “Il y a même des endroits où ces attentats sont présentés comme des actes de bravoure. Le Fatah a célébré récemment cet attentat comme un modèle à suivre. L’inauguration de ce mémorial doit donc être un message adressé à toute la planète: il ne faut en aucun cas être indulgent avec le terrorisme. Le terrorisme doit être dénoncé et combattu en tout endroit, à Barcelone comme à Londres, à Paris comme à Berlin ou à Jérusalem. Nous devons tous nous unir contre ce fléau”.

Ilana Romano, « veuve de l’haltérophile Yossef Romano hy”d, a exprimé sa grande émotion et estimé que ce mémorial constituait une dette morale envers les onze victimes. Elle a souligné que la présence des présidents allemand et israélien donnait plus de poids et de symbole à cette cérémonie ».

Le 18 février 2018, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est recueilli avec son épouse et le ministre de l’Education et de la Culture, devant ce Mémorial. Le Premier ministre israélien s’est rendu en Allemagne pour participer à la Munich Security Conference au cours de laquelle il a insisté sur la détermination de l’État juif à refuser toute menace visant sa sécurité.

Benjamin Netanyahu a lié la Shoah et l’assassinat des athlètes israéliens, en soulignant la grande différence constituée en l’existence de l’existence de l’État d’Israël qui agit contre le terrorisme : « There is significance that we are standing at the place where 11 Israeli athletes were murdered just because they were Jewish and Israeli. At this place, millions were massacred just because they were Jewish. The big difference is that we have a state, and the state acted, and is currently acting against terror and those who came to destroy us. Because of that we are here representing our proud state, that promises the future of our nation ».

La délégation israélienne a chanté la Hatikvah, hymne national israélien.

 

Daoud à Prague

En septembre 20107, des photos publiées ont montré la vie des terroristes Abou Daoud, dénommé Rak, et de Carlos à Prague, alors en Tchécoslovaquie, dans les années 1970 et 1980. Tous deux étaient espionnés par la police secrète tchécoslovaque, la StB. Des documents déclassifiés par le gouvernement tchèque évoquent Abou Daoud, soûl. Le comportement des deux terroristes inspiraient à la Tchécoslovaquie des craintes croissantes. En 1982, Abou Daoud a été interpellé par les services de sécurité tchécoslovaques alertés par la proximité d’un attentat terroriste en Europe occidentale et a été contraint de quitter ce pays. Il est mort en 2010 en Syrie.

« In 1982, possibly alerted to an impending new attack in western Europe, state security services detained Abu Daoud, the commander of Black September, and ordered him to leave, circulating reports of his sex life to other Eastern bloc spy agencies. He would die of kidney failure in 2010 in Syria. “I will never come back to Czechoslovakia,” he fumed to a hotel employee in the lift after a four-hour StB interrogation. “And I will also tell all my friends and acquaintances to look for another state to operate in. I am a decent person and I have never experienced such treatment anywhere in the world.”

Edwy Plenel

Le 2 avril 2018, interpellé par Me Gilles-William Goldnadel pour TV France Libre, Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde (1996-2004), président et cofondateur du site Mediapart, a reconnu avoir écrit sous le pseudonyme de Joseph Krasny, un article publié dans le journal trotskiste Rouge et exhortant à « défendre inconditionnellement » les terroristes palestiniens ayant commis cet attentat à Munich :

“L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) À Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage”.

Le  2 avril 2018, le CheckNews de Libération a rappelé : « En 2008 dans Enquête sur Edwy Plenel, écrit par le journaliste Laurent Huberson, [ces écrits] sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l’anticolonialisme, l’antiracisme, et l’antisionisme radical du jeune militant Plenel. C’est dans ces pages que sont retranscrites ces  lignes ».

Edwy Plenel a déclaré CheckNews :
“Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’État d’Israël”.

Malgré cette révélation, le président de la République Emmanuel Macron a maintenu Edwy Plenel comme journaliste l’interviewant le 15 avril 2018. Et ce, malgré de nombreuses demandes sur les réseaux sociaux en ce sens.

Le 18 avril 2018, Causeur a publié la tribune « Massacre de Munich: Plenel m’indigne » de Me Gilles-William Goldnadel :

« Dans le Médiapart du 10 avril, Edwy Plenel suggère que j’aurais « publicisé » son approbation du massacre des athlètes israéliens par le groupe terroriste palestinien Septembre Noir en raison de l’enquête de son journal concernant l’affaire libyenne mettant en cause Nicolas Sarkozy…

J’espérais qu’il était de la faculté de mes pires contempteurs de ne pas sous-estimer mon attachement au peuple israélien sans avoir à me prêter des arrière-pensées subalternes. À moins qu’Edwy Plenel pense qu’il vaut mieux rabaisser les motivations de ses contradicteurs, dans la pure tradition de combat d’un trotskisme culturel qu’il ne récuse pas.Mais trêve de querelle personnelle, le propos de cette chronique étant d’analyser les explications idéologiques livrées par Plenel à Libération à la suite de la polémique liée à ces révélations.Encore faut-il grandement relativiser le mot « révélations », puisque l’approbation par le directeur de Médiapart du massacre de Munich était connue de quelques initiés, figurait dans la biographie Wikipédia de l’intéressé et avait été, pour le coup, « révélée » par la grâce d’un livre écrit par Laurent Huberson : Enquête sur Edwy Plenel, en 2008.

Hier encore, j’avais 20 ans…

Dès lors, force est de constater qu’il aura fallu une décennie pour que cette révélation passe le barrage de la résistance médiatique, moins en raison de l’industrie de l’auteur du présent article que du fait que l’étoile de la star journalistique avait déjà pâli.

Depuis que l’intéressé, après avoir couvert d’une discrétion inaccoutumée les viols reprochés à Tariq Ramadan et avoir été brocardé pour cela par Charlie hebdo, avait répliqué en affirmant que le journal martyr prenait part à une campagne « générale » de « guerre aux musulmans », celui-ci n’inspire plus la crainte révérencieuse d’antan. Mais avant cette période fatale, il n’était pas question de poser la question. À côté de l’interminable immunité du journaliste-militant, apparaît également cette indulgence toujours coupable et parfois connivente qu’inspirent au monde médiatique les insanités de l’extrême gauche que je dénonce à longueur de chroniques.En matière d’insanités, celles dont fut capable le jeune Plenel en 1972 lorsqu’il se faisait appeler « Joseph Krasny », écrivait dans Rouge et qu’il récuse 46 ans plus tard avec une touchante spontanéité lorsqu’on lui met sous le nez, ne sont pas très ragoûtantes : « L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël. (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation. » (Rouge, numéro 171).Il en faut de la haine, lorsqu’on a 20 ans, pour écrire de telles lignes et approuver le massacre de sportifs innocents. Comme l’écrit très bien le député LR Jean-Charles Taugourdeau : « En 1972, vous aviez 20 ans… J’en avais 19… Et contrairement à vous, je n’ai jamais écrit, ni même pensé une once de ce que vous avez pu écrire au sujet de l’assassinat des athlètes israéliens. Non, moi j’en ai pleuré. Et 46 ans après, je suis toujours très fier d’avoir pleuré ».

J’étais pas le seul, m’sieur !

J’en viens à présent aux deux justifications apportées par Plenel à Libération.

La première est de faire observer qu’à cette époque lointaine, à l’extrême gauche, une telle approbation du terrorisme palestinien était monnaie courante. L’argument relève lui de la fausse monnaie et est caractéristique de cette faculté de l’extrême gauche de vouloir s’exonérer à bon marché de tous ses péchés.Il est vrai que la faute est ancienne. Encore faut-il relativiser l’ancienneté. Et l’extrême gauche est bien mal placée en matière de pardon des péchés. Il n’y a pas plus hyper-mnésique ou anachronique qu’un militant trotskiste ou communiste. Il est capable de reprocher à un homme de droite de 2018 l’attitude d’un Croix-de-Feu en 1934 ou d’un collaborateur en 1940. Ou à un résistant héroïque contre les nazis d’avoir été pour l’Algérie française et d’être ainsi déchu de tout droit à une rue.

Plenel et ses amis ont la rancune aussi tenace que sélective.

Il est vrai également que l’extrême gauche en 1972 était fort bienveillante à l’égard du terrorisme palestinien aveugle. Plenel a parfaitement raison. Sauf que je passe encore aujourd’hui une bonne partie de ma vie intellectuelle à continuer à lui reprocher de continuer. Je mets au défi Plenel de me mettre sous les yeux un article dans lequel il condamnerait avec la vigueur dont il sait être capable le terrorisme du Hamas. Il fut au contraire le thuriféraire le plus exalté de Stéphane Hessel à qui j’ai reproché (dans Le vieil homme m’indigne) ses faiblesses insignes pour le mouvement islamiste.

Quelques mois après les attentats terroristes antijuifs à Paris, je reprochais aux Insoumis leur intention funeste d’avoir voulu rendre visite dans sa prison en Israël à un terroriste palestinien coupable d’attentat contre des civils. Je n’aurais pas assez d’un livre en dix volumes pour consigner à gauche cette complaisance extrême pour la violence contre les innocents qui transcende largement le conflit israélo-palestinien. Dois-je rappeler la complaisance des camarades de Mélenchon pour Fidel Castro, Guevara ou Robespierre ? Dois-je rappeler enfin que j’attends qu’ils reconnaissent le génocide vendéen ?

Edwy « Zola » Plenel

Seconde observation d’Edwy Plenel : « J’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’État d’Israël ».
La véracité contenue dans la première partie de l’argument ne me saute pas aux yeux.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, son long flirt avec Ramadan, sa complaisance à l’égard des Frères musulmans et ses sympathies pour Mehdi Meklat ne m’incitent pas à le ranger dans le même Panthéon qu’Émile Zola.Mais trêve de persiflage, j’en viens à ce refus offusqué du chantage à l’antisémitisme qui relève chez Plenel et ses amis du mantra. Sorte d’amulette magique, d’eau bénite, de gousse d’ail protectrice à brandir lorsqu’un vampire sioniste tente de mordre le cou d’anti-israéliens radicaux.Ils voudraient que tout adversaire d’Israël, même le plus violent, se voit ipso facto et de plein droit, décerné un certificat de non-antisémitisme. Glissons sur ce sophisme ou cette perversion intellectuelle.J’ai toujours refusé d’utiliser l’argument antisémite pour reprocher à un anti-Israélien pathologique ou seulement injuste ce que je considère, à tort ou à raison, comme une attitude excessive.Encore que je conçoive aisément qu’on puisse être à la fois antisémite et anti-Israélien, il ne m’apparaît pas que ce soit en toutes circonstances l’explication causale. Et je ne place pas non plus forcément l’antisémitisme au sommet de la hiérarchie maléfique. L’ignorance, la sottise, la méchanceté, le goût pour la provocation, la jalousie -encore qu’ils ne soient pas incompatibles avec la haine des Juifs – me paraissant largement aussi redoutables.

Plenel ou le philosémitisme schizophrénique

Je reviens, pour terminer, vers M. Plenel. J’écris ici que je ne le crois pas un seul instant antisémite. J’écris encore que je le crois plutôt philosémite. Mais de ce philosémitisme névrotique que j’ai passé une bonne partie de ma vie intellectuelle à étudier et à combattre (Le Nouveau Breviaire de la Haine, Ramsay, 2001). M. Plenel en est même une des incarnations les plus dangereusement emblématiques.

M. Plenel, hanté et fasciné par la Shoah, adore le juif en pyjama rayé mais il l’abhorre en uniforme kaki. Au sein de sa religion athée post-chrétienne, il le vénère, christique et décharné quand il ne se défend pas. Mais il considère que le juif vivant violent est son nouveau Judas.

Voilà pourquoi, dans son inconscient tourmenté, M. Plenel considère que le musulman, victime du nouveau juif vivant, est devenu son nouveau juif rêvé. Et tant pis si son fantasme tourne le dos à la réalité. Voilà pourquoi, sans doute, Plenel jeune comme Plenel l’ancien, quoique hantés tous deux par la Shoah, sont incapables de ressentir combien assassiner des juifs musclés mais innocents à quelques kilomètres de Dachau demeure une ignominie toute particulière. »

Veuve du philosophe Benny Lévy, Léo Lévy a écrit dans La Règle du jeu (23 avril 2018) : « Le conformisme, la paresse de pensée ont laissé, en maintes occasions, advenir des catastrophes. Monsieur Plenel cite un article écrit par Sartre dans La Cause du Peuple, journal dont il était le directeur, soutenant l’action des terroristes. La Cause du Peuple était le journal de la Gauche Prolétarienne, organisation révolutionnaire maoïste, selon la terminologie de l’époque. Ses directeurs, l’un après l’autre, avaient été emprisonnés. Ayant accepté le titre de directeur, Sartre protégeait le journal grâce à sa notoriété, mais n’était pas à l’origine de ses positions. Paraît un texte condamnant sans ambiguïté l’action du commando, émanant de la direction de la Gauche prolétarienne. C’est à cette condamnation que l’article de Sartre répond. Il n’y avait donc pas une pensée unique de l’extrême gauche et Sartre n’en était pas l’expression, ni ne souhaitait l’être ».

« Black September. The True Story of the Munich Massacre » de Sebastian Dehnhardt, Uli Weidenbach et Manfred Oldenburg

ZDF, 2006, 1 h 30

Diffusions notamment sur la chaine Histoire les :

– 5 septembre 2012 à 20 h 35, 7 septembre 2012 à 8 h 55 ; 9 septembre 2012 à 14 h 20 ; 15 octobre 2012 à 11 h 15 ; 12 mars 2013 à 20 h 35.

– 03/07/2013 à 9 h 50, 09/07/2013 à 9 h 20, 19/07/2013 à 2 h 40, 15 septembre à 3 h 05, 25 septembre 2013 à 20 h 40 et 27 septembre 2013.

Le 5 septembre 2012 à 19h

Au Comité national olympique

1, avenue Pierre de Coubertin – 75013 Paris

 

Publié les 5 septembre 2012, les 11 mars et 7 septembre 2013, 10 février et 4 décembre 2014, 8 juin et 3 décembre 2015, 16 mai et 10 août 2016, 21 mars et 7 septembre 2017, 19 février et 3 mai 2018, cet article a été actualisé le 3 mai 2018.

[Source : www.veroniquechemla.info]

O escritor e jornalista, falecido em julho aos 96 anos, é autor do «Dicionário amoroso do Brasil» que tira a máscara da democracia racial

Escrito por Leneide Duarte-Plon 
O Brasil de Gilles Lapouge é um país de contrastes. Cruel e cordial. Que valoriza a pele branca mas quer parecer o paraíso da miscigenação, um país sem racismo. Em 2011, o jornalista e escritor lançou, em Paris, aos 85 anos, com grande sucesso de crítica, o «Dictionnaire amoureux du Brésil», (editora Plon, 659 páginas). Bernard Pivot, um dos mais respeitados críticos franceses, não poupou elogios: «Entre os quase cinquenta dicionários amorosos, esse é o mais exótico, o mais romanesco, o mais encantador, o mais cativante, em suma, o melhor».

Os 70 verbetes são variados e surpreendentes. Vão de abelhas a Aleijadinho, passando por Jorge Amado, Claude Lévi-Strauss, pau-brasil, saudade, chuva de Belém, Proust nas favelas, peles, pecado da carne, Palmares até chegar a Verger, Pierre. Obviamente, há uma entrada «São Paulo» e outra «Capitais: Salvador, Rio e Brasília».

Lapouge observa sem « parti pris » um país fascinante. O distanciamento crítico do autor permite assertivas duras e sem condescendência. Mas isso não significa frieza, indiferença. Gilles era fascinado pelo Brasil.

Na entrevista exclusiva que fiz com o escritor, em 2011, para a revista Carta Capital, no restaurante Le Sélect, em Montparnasse, e que continuou em seu escritório-biblioteca, Lapouge fez uma declaração de amor ao Brasil, que conhecia há 60 anos:

«É um país que adoro. Claro que há coisas que detesto no Brasil, mas aqui também há e muito mais. O Brasil me deu tudo, não somente meu metier, não apenas o conhecimento do país, ele me inventou».

Antes de começar a ler a entrevista, convido o leitor a entrar em contato com o escritor premiado que também foi Gilles Lapouge, no verbete Cruauté (crueldade) que traduzi, assim como os dois outros no fim da entrevista:

Cruauté (crueldade)

«Tanto pior para Stefan Zweig e os adeptos da «cordialidade». O Brasil é um país violento. Em assassinatos, não tem rival. Ele produz mais mortes por balas, facas ou facões do que qualquer outro país. Ele mata por atacado ou a varejo e, de bom grado, por acaso. A leitura do livro de Paulo Lins, Cidade de Deus, dá náusea. (…)

O Rio de Janeiro aparece no alto desses hit-parades. O Rio assassina desde a manhã até a noite, vinte e três cadáveres em média por dia, mas as outras cidades não fazem por menos. São Paulo a iguala, muitas vezes a supera. Bahia de Todos os Santos, Campinas ou mesmo Porto Alegre matam. Em Recife, os jornalistas de polícia, enojados pela litania de sangue, colocaram no coração da cidade, na Rua Joaquim Nabuco, um pêndulo gigante que não dá a hora mas o número de assassinatos, como se o tempo, nessas cidades fosse medido não pelo movimento do cosmos ou pelas taxas do dólar ou do yuan, mas pelo dos massacres. Nas favelas, jovens com ar embrutecido passeiam com seus cães. Todos são armadas. O destino deles ziguezagueia entre a prisão, a droga e o cemitério.» (P. 187)

A seguir, a conversa com Lapouge, que foi articulista do jornal O Estado de São Paulo, em Paris, por mais de 50 anos:

LDP: Você descobriu o Brasil há 60 anos. Seu «Dictionnaire amoureux du Brésil» é muito crítico mas ao mesmo tempo justo, critica diversos aspectos do país e elogia outros. Foi difícil escolher os verbetes e decidir o tom ?

Gilles Lapouge: Para os verbetes, me guiei pela regra dos dicionários da coleção. Acho que fui o mais fiel, pois o dicionário amoroso não deve ser exaustivo, deve apresentar o que se aprecia ou não, sem regras pré-fixadas. Não fiz nenhum plano prévio, vinha ao escritório, pensava no Brasil e escrevia.

LDP: O distanciamento critico é um tanto difícil, não?

Gilles Lapouge: Sou muito crítico quanto ao problema da violência, mas mesmo o mais patriota dos brasileiros não pode negar que o Brasil é um país muito violento, às vezes. Equilibro essa crítica com um verbete sobre a cordialidade. Poderia ter feito um só e dizer «eles são cordiais mas cruéis». Preferi fazer dois artigos que são como duas peças de um díptico: é preciso ler um e outro. O brasileiro é muito cruel por muitas razões (históricas, sociológicas etc), e formidavelmente acolhedor, terno.

LDP: São dois verbetes muito justos, que revelam o fino observador. Em «cordialidade», você desmonta o mito do «homem cordial» de Sérgio Buarque de Holanda, demonstrando «porque Stefan Zweig não compreendeu nada do Brasil». O brasileiro não seria um povo esquizofrênico, entre a cordialidade e a crueldade?

Gilles Lapouge: Não sei se esquizofrênico, há uma conotação de doente na palavra, acho que não é isso. O que é terrível no Brasil, mas fascinante também, é que ele me parece, às vezes, para além do princípio de contradição, isto é, os brasileiros são capazes de ser ao mesmo tempo cruéis, felizmente não com frequência, e muito gentis. Mas mesmo as pessoas cruéis no Brasil podem ser gentis de certa forma. O que acho bastante fora do comum. Aqui na França temos os marginais, pessoas terríveis, e temos as pessoas gentis. Mas são separados. No Brasil, existe uma espécie de mistura muito especial, os contrários podem coabitar e, neste caso, especialmente.

LDP: Sobre Lévi-Strauss você diz: «O Brasil foi a chance de Lévi-Strauss, a porta de entrada de seu destino». Isso é válido para você também, não?

Gilles Lapouge: Exatamente. Meu destino foi o Brasil e não somente pelo tempo que vivo com ele, mas pelo que o Brasil me trouxe como inteligência, gentileza. É um país que adoro. Você diz que há um tom crítico no dicionário, mas é porque amo o Brasil. Penso que os brasileiros entendem isso. Claro que há coisas que detesto no Brasil, mas aqui há muito mais. O Brasil me deu tudo, não somente meu metier, não apenas o conhecimento do país, ele me inventou.

LDP: Sobre Lévi-Strauss você escreve: «Um dia ela me confessou que era polígamo, mas por causa das leis francesas, em vez de juntar todas as mulheres no mesmo momento, ele as desfiava ao longo do tempo, «como as pérolas de um colar». Você revela um Lévi-Strauss dom Juan com um colar no lugar da famosa lista?

Gilles Lapouge: Ele não tinha nenhum ar de dom Juan quando o víamos. Deve ter sido interessante quando jovem, mas não era um Dominique Strauss-Kahn na maneira de agir. Era frio, um pouco irônico. Ele se interessava pelas mulheres, teve quatro mulheres, é bastante. Sua primeira mulher era conhecida por ser bastante feminina, muito interessada pelos homens. Pelo menos foi a lembrança que ela deixou nas pessoas que fizeram a expedição de Mato Grosso. Era uma mulher que gostava de despertar interesse.

LéviStrauss não era muito simpático, mas também não era antipático. Era frio, com uma inteligência um tanto inquietante de tão perfeita. Era mais inteligente que sensível. Tinha um discurso bem organizado. Ouvia uma pergunta, qualquer que fosse, refletia alguns segundos e a resposta caía como uma guilhotina, implacável, perfeita. Não havia erro, ele não tinha dúvidas também. Ele sabia.

LDP: Você escreve: «Amei muito tempo o Brasil e ainda o amo… Ele dizia que era o paraíso mas era um paraíso estranho, formado com injustiças, miséria e sombras». Para um francês de esquerda, as desigualdades são a coisa mais chocante no Brasil?

Gilles Lapouge: Claro. Elas são talvez mais visíveis, serão mais terríveis que em outros países ? Não sei. Na França, por exemplo, as desigualdades são abomináveis. Mas acho que são mais escondidas aqui, porque as pessoas são muito hipócritas, não existe talvez uma exibição tão insolente das fortunas. Aqui, eles estão dentro de castelos, escondidos dentro de florestas e tudo é um pouco assim, meio dissimulado. No Brasil, eles se exibem, até porque se vive mais no exterior, as pessoas ricas são vaidosas, têm orgulho de mostrar que têm dinheiro. Aqui também, mas um pouco menos.

LDP: Mas há no Brasil um abismo muito maior entre ricos e pobres…

Gilles Lapouge: Há um abismo muito maior, imagino que por razões históricas. A França e a Europa em geral fizeram uma redistribuição de rendas que data de um século e meio. Tivemos tempo, portanto, aqui e na Alemanha, por exemplo. São países ricos há muito mais tempo. O Brasil está tornando-se um país muito menos pobre, mas é recente.

LDP: Os ricos brasileiros são exibicionistas?

Gilles Lapouge: Eles são muito exibicionistas, eles se mostram. Mas talvez o clima explique, tudo é mais vivido do lado de fora.

LDP: Eles não têm consciência pesada ao exibir a riqueza…

Gilles Lapouge: De forma alguma. Eles não têm consciência pesada, simplesmente obedecem a pulsões. Por isso é que o pobre Stefan Zweig me parece ter sido muito ingênuo porque viu as pessoas na rua muito gentis. Eles são gentis no Brasil, enquanto aqui são mais rudes. Mesmo numa metrópole como São Paulo, as pessoas param para lhe responder, prestam atenção. Os negros e os brancos vivem juntos, então o pobre Stefan Zweig não entendeu nada, pensou que era a verdade do Brasil, mas era apenas a vitrine. Temos de ser indulgentes com ele, estava idoso, depois se suicidou…

LDP: Zweig não teve tempo de conhecer bem o país…

Gilles Lapouge: Quando Bernanos foi ao Brasil, durante a guerra, se instalou no interior de Minas, com camponeses, depois em Barbacena, com o povo, trabalhou, se comunicou. O outro era um judeu muito europeu, muito assimilado e que adorava os Habsbourg. Adorava a Áustria, muito justamente, pois Hitler tinha destruído o império. Mas para onde ele vai? Para Petrópolis, a cidade dos Habsbourg, a cidade de Pedro II. Ele não viajou, Pedro II é um Habsbourg pela linhagem dos Bragança.

LDP: Você diz que Zweig não entendeu nada do Brasil. Você escreve: «O Brasil é conhecido por ser um dos únicos lugares do mundo com a receita para que os homens de todas as cores se amem em vez de se odiarem. Essa reputação é um blefe. O cândido Stefan Zweig acreditou que o racismo acabava misteriosamente na fronteira do Brasil». O Brasil construiu o mito de uma «democracia racial» ou foi o olhar míope de pessoas como Zweig que espalhou essa lenda?

Gilles Lapouge: O Brasil gosta de se ver assim e como ele tem o segredo de parecer assim, o racismo é menos visível lá. Me irrita ouvir que os outros países são racistas e o Brasil não.

LDP: Os brasileiros não conseguem assumir que são racistas…

Gilles Lapouge: Existe uma espécie de jeito brasileiro para não parecer racista, mesmo sendo. Isso é ruim. Eles não são piores que os outros. Dizer que os americanos são racistas e os brasileiros não são é inexato. Alguém observou que o racismo mais evidente dos americanos permitiu que uma contrassociedade se desenvolvesse nos Estados Unidos com negros que se tornam presidente da República, chefe do Estado-Maior como Colin Powell, grandes advogados. No Brasil é mais raro… Os obstáculos não são visíveis, mas no fundo são mais perigosos, perniciosos. Acho que existe um gênio português da mestiçagem. Fiquei impressionado em Moçambique. Era a mesma coisa, antes do fim do salazarismo. Eles se abraçavam. Negros, brancos, mulatos, todos eram amigos, como no Brasil. Mas na realidade, os brancos eram os colonizadores, estavam no topo da pirâmide e os negros não tinham acesso nunca. Penso que é o gênio português cujo resultado me parece muitas vezes pernicioso, mas é um gênio de bondade, de certa forma.

LDP: Você se mostra impressionado com as 136 cores de pele recenseadas no Brasil. O verbete «peau» é delicioso… Na França qualquer estatística étnica é formalmente proibida. Como você vê essas cores de pele?

Gilles Lapouge: Isso é incrível. Foi um órgão oficial, o IBGE, que recenseou 136 cores de pele! Descobrimos 12 cores de negro, com brancos de todas as nuances e a cor «em vias de se tornar branco», o que mostra que evidentemente o ideal é ser branco. E o mais incrível, a «cor de burro quando foge». Isso mostra um desejo de verdade e ao mesmo tempo, uma total confusão. É um país maravilhoso com muitas nuances de cor, mas daí a catalogar as cores… Não vejo o interesso senão para mostrar a pele branca como objeto de todos os desejos. É terrível pôr as pessoas em categorias, em vez de dissolvê-las.

LDP: De Jorge Amado, de quem você foi amigo, você diz que ele era pouco considerado por intelectuais do Rio e de São Paulo e reproduz trecho da crítica entusiasta feita por Albert Camus do livro «Bahia de todos os Santos» (Jubiabá). Como ele vivia a glória e a esnobação de certo meio intelectual brasileiro?

Gilles Lapouge: Costumava vê-lo na Bahia e em Paris, onde ele comprou um apartamento no pior bairro, Bercy, o mais frio, o mais americano. Perguntei-lhe o motivo e ele disse que foi de propósito pois era o contrário da Bahia, onde ele não podia andar sem ser parado nas ruas. Em Paris, ele dizia, ninguém o reconhecia e ele era obrigado a trabalhar. Conhecia bem Paris, tinha sido exilado e não queria viver no Quartier Latin para não encontrar turistas brasileiros nem se distrair em bairros que conhecia bem. Ele tinha a glória e acho que não se importava com o respeito dos intelectuais brasileiros. Ele dizia: «Tenho horror de falar de literatura, o que me interessa é a vida».

LDP: Você viajou muito pelo Brasil, pela Amazônia, Nordeste. Quando se lê o verbete «São Paulo», nota-se que você a prefere ao Rio, «cidade desfigurada e deteriorada» pois «o empilhamento das misérias nas favelas fez do Rio de Janeiro uma das cidades mais perigosas do mundo». Pode comentar?

Gilles Lapouge: São Paulo é minha cidade. Eu me apropriei de São Paulo. Os franceses não gostam de São Paulo, eu a amo.

LDP: Você acha que alguém pode se apropriar de São Paulo? Ela não escapa sempre, não é fugidia com seu gigantismo?

Gilles Lapouge: Mesmo excetuando-se a violência que agravou o caso do Rio, sempre preferi São Paulo porque é uma cidade de grande imaginação, de trabalho, de paixões fortes, enquanto o Rio para mim é uma cidade unicamente de sensualidade, de prazeres, de preguiça, de boas tiradas. Eles são engraçados… Tenho a impressão de que o Rio é uma cidade que dorme e adormece as pessoas. Eu me sinto adormecer quando estou no Rio. Evidentemente, há Copacabana, as moças, tudo isso é interessante, mas aquelas moças não me interessam…

LDP: Copacabana tornou-se vulgar. Mas o Rio tem Leblon, Ipanema…

Gilles Lapouge: Não faço um julgamento global. O que me comove no Rio é a decadência. Essa espécie de cidade que está, não morrendo, mas esgotando-se um pouco desde que deixou de ser a capital. O que me agrada é o lado decadente do Rio. Isso me dá tesão.

LDP: E o que mais lhe agrada em São Paulo?

Gilles Lapouge: A energia. A inteligência. É uma das cidades mais inteligentes que conheço. O Rio também é uma cidade inteligente porque existe a ironia, uma espécie de ironia decadente, um pouco cética. Mas prefiro a inteligência forte do inventor, do engenheiro, do poeta. Fico muito contente de saber que o único francófono que ama São Paulo é o poeta Blaise Cendrars, que cito em dois poemas sobre São Paulo. Estou em boa companhia.

VERBETES DO “DICIONÁRIO AMOROSO DO BRASIL”

Amado, Jorge

«A partir de 1948, Amado passa longas temporadas em Paris (…) e se torna a coqueluche dos escritores e artistas comunistas, Pablo Picasso, Paul Éluard, Louis Aragon, Georges Sadoul. O casal Joliot-Curie torna-se amigo de Zélia e Jorge. Mas Jorge e a maravilhosa Zélia se divertem também nas boates da Rive Gauche, admiram Miles Davis, Duke Ellington e Louis Armstrong. Cada vez que um amigo sul-americano tem problemas com a polícia, Jorge e Zelia correm na casa de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou François Mauriac e conseguem uma intervenção em favor de Pablo Neruda, Asturias, Alfredo Varela, Guillen». (P. 36)

Péché de chair (pecado da carne)

«Os portugueses suprimiram um pecado. Um dos mais irritantes. Tendo aportado na Terra de Vera Cruz, em 1500, eles decidiram que o pecado da carne não existia no hemisfério sul. Como essa reforma é agradável mas surpreendente a ponto de ser incrível, eles despenderam grande energia para torná-la válida, entregando-se a trabalhos práticos. Os soldados, os colonos, os padres consagraram suas noites, madrugadas e tardes a confirmar que de fato as leis da moral se transformavam na «passagem da linha do Equador». Caspar Van Barleus, capitão de Maurício de Nassau, o governador de Recife no tempo da ocupação holandesa (1630-1654), resumiu o caso: «Ultra aequinoctialem non peccavi». Os portugueses dizem: «Pecado aquém do mar dos Sargassos, candura além». (P. 511)

Leneide Duarte-Plon é coautora, com Clarisse Meireles, de «Um homem torturado, nos passos de frei Tito de Alencar» (Editora Civilização Brasileira, 2014). Em 2016, pela mesma editora, a autora lançou «A tortura como arma de guerra-Da Argélia ao Brasil: Como os militares franceses exportaram os esquadrões da morte e o terrorismo de Estado». Ambos foram finalistas do Prêmio Jabuti. O segundo foi também finalista do Prêmio Biblioteca Nacional.

[Foto: Jerôme/Mathilde Garro Lapouge – fonte: http://www.cartamaior.com.br]

El « dont’t try » (« No intentes ») colocado en la lápida bajo su nombre, Henry Charles Bukowski Jr. « Hank », y por encima del número del año de su nacimiento, 1920, sintetizan de alguna forma la vida de ese escritor que dio una pelea con su escritura contra una realidad que le jugaba sucio, como lo manifiestan cuatro escritores argentinos en este recuerdo de su vida y su obra.

Una lápida que sintetiza la vida de un escritor que dio una pelea contra una realidad que le jugaba sucio

Escrito por Carlos Daniel Aletto

El “dont’t try” (« No intentes ») colocado en la lápida bajo su nombre, Henry Charles Bukowski Jr. “Hank”, y por encima del número del año de su nacimiento, 1920 -que aparece separado de 1994, el año de su muerte, con la figura de un boxeador en guardia en lugar de un guion-, sintetizan de alguna forma la vida de ese escritor que nació hace cien años y que dio una pelea con su escritura contra una realidad que le jugaba sucio, como lo manifiestan cuatro escritores argentinos en este recuerdo del autor de « Factotum ».

Nacido en Andermach, Alemania, el 16 de agosto de 1920, Charles Bukowski se ha convertido en una marca literaria muy fuerte. Su nombre de por sí solo evoca al « realismo sucio », a las drogas, al sexo, a las peleas callejeras de borrachos provocadores, al linaje de perdedores, de los « losers ». Toda persona que lee mínimamente (que es lector) lo conoce o ha escuchado su nombre. Los escritores argentinos que tienen alguna similitud literaria en el uso del lenguaje, en los climas marginales urbanos, en la historia del antihéroe derrotado una y otra vez niegan su influencia e, incluso, su lectura. Casi todos aseguran que han leído a Bukowski de manera salteada y superficial. A nadie le gustó, o su lectura solo fue iniciática. Salvo algunas excepciones, como siempre.

Lo extraño es que en los finales de la dictadura, en los ochenta y hasta incluso al comienzo del nuevo siglo sus libros « La máquina de follar, » « Escritos de un viejo indecente, » « Se busca una mujer, » « Factotum », ocupaban lugares centrales en las ventas y un espacio preponderante en los medios culturales o « paraculturales ».

El escritor y periodista Juan Carlos Kreimer (Buenos Aires, 1944) es quien introduce la figura de Bukowski en la Argentina.

Escribe en la revista Humor en febrero de 1983, en el coletazo todavía letal de la última dictadura militar, bajo el título « Viejo Punk », un perfil certero del escritor: « El tipo no solo es mujeriego, bebedor, burrero, desocupado y despreocupado del mundo. Además lo ostenta como bastión de vida. Cínico, desesperanzado, pornográfico, monotemático, degenerado… ningún calificativo cubre la rudeza de su ser. Ni la comedia de sus vidas, real y literaria. Lo que lo distingue por igual de un vago cualquiera y de un escritor de éxito ».

Quien tiene recuerdo de esa primera nota en la Argentina es el editor de Radar Libros, Claudio Zeiger (Buenos Aires, 1964), quien además asegura que los textos de Bukowski en esa época circulaban de forma casi clandestina, en fotocopias de relatos sueltos o de « esas novelas que eran como cuentos hilvanados todos respondiendo al mismo personaje, a la misma autobiografía ».

Luego del perfil publicado en Humor, en la segunda mitad de la década del ochenta la revista Crisis (Nº 50, enero de 1987) le dedica cinco páginas a un relato, a algunos poemas inéditos en español y a una entrevista realizada por el escritor chileno Poli Délano (Madrid, 1936-Santiago de Chile, 2017). La crítica resalta que el escritor está « entre los cuentistas norteamericanos más significativos, merced a un estilo directo, despojado, que martilla donde más duele: la descomposición social ».

La revista Fin de Siglo de Vicente Zito Lema (Nº 17, noviembre 1988) publica la entrevista « Un tipo rudo escribe poesía » realizada por el joven actor y « poeta » Sean Penn (California, 1960), poco después de que se rodara la película (y todavía no estrenada en la Argentina) « Barfly » con la recordada actuación de Mickey Rourke en el papel de Bukowski. Este número resalta que tanto Genet como Sartre lo llamaron « el mejor poeta americano », elogios que distintos medios americanos prestigiosos, como Los Angeles Times, habían tomado como ciertos de una gacetilla apócrifa. Ambas aclamaciones se repetían en la Argentina de boca en boca como ciertas.

La revista Fin de Siglo, publica la entrevista "Un tipo rudo escribe poesía" por el joven actor y "poeta" Sean Penn

La revista Fin de Siglo, publica la entrevista « Un tipo rudo escribe poesía » por el joven actor y « poeta » Sean Penn

Incluso en septiembre de 1987 Diario de Poesía (Año 2. Nº 6) publica algunos poemas de Bukowski, bajo el título « La ciudad sin nostalgias », con la traducción y nota de Nina Gerassi (Nueva York, 1959) y Jorge Fondebrider (Buenos Aires, 1956), destacando que « Charles Bukowski es un poeta de largo aliento en la veta whitmaniana, quien confiesa que « la poesía siempre es lo más fácil de escribir, porque se puede escribir cuando uno está completamente borracho o completamente feliz o completamente desgraciado. Siempre se puede escribir un poema. Así que un poema es algo muy cómodo, es una expresión emotiva que salta afuera ».

El escritor Rodrigo Fresán (Buenos Aires, 1963) recuerda que el primer libro que leyó del narrador fue el mejor: « En mi caso fue, durante mi adolescencia (porque Bukowski es un escritor siempre juvenil, uno que abre puertas para salir a jugar con otros escritores) fue ‘Factotum’ en la ya legendaria colección Contraseñas de « Anagrama », evoca en diálogo con Télam.

La experiencia que relata el autor de « El fondo del cielo » y « La velocidad de las cosas » marca el clima cultural de época: « Me acuerdo de comprarlo, en plena dictadura, en esa librería especializada en celuloide/psicoanálisis/cómics y otras perversiones, en esa galería con cine en sótano que cruzaba de Corrientes a Diagonal Norte antes de llegar a Cerrito. Me acuerdo, también, que te lo vendían casi por debajo del mostrador », agrega.

« Y, sobre todo, me acuerdo de esa portada: un hombre de espaldas, frente a una ventana de la noche, junto a una máquina de escribir y a una botella medio llena o medio vacía. Uno quería ser exactamente ‘así’, como Henry Chinaski, role-model que -seguramente- no es de los más políticamente correctos en los tiempos que corren y se tropiezan y caen. En cualquier caso -para bien o para mal o para mejor- al poco tiempo se te pasaba », destaca Fresán.

Ya entrado en los noventa, en la misma revista “Diario de Poesía” (Nº 28, primavera de 1993) publica una reseña con el título « Elija su Bukowski » del libro « 100 poemas » de Charles Bukowski con la traducción y selección de Federico Ludueña y prólogo de Enrique Symns. La escribe el poeta Daniel Freidemberg, quien le da una paliza de esas que tanto le gustaban recibir el norteamericano como el director de Cerdo y Peces: a Symns lo llama « veterano profesional de la « transgresión ».

Su crítica es lapidaria, pero resalta la belleza de ciertos poemas. Freidemberg hace una reflexión muy lúcida: pregunta si hay que leer al Bukowski de la contratapa o al que Fito Páez homenajea en una canción, refiriéndose a “Polaroid de locura ordinaria” basada en el relato “La chica más guapa de la ciudad”. Bukowski también llegaba a los jóvenes a través del rock nacional, quienes muchos se sentían o querían ser Henry Chinaski, el protagonista (y alter ego) de los relatos de Bukowski. Un poco después “V de Vian. Una revista casi de literatura” (Año IV. Nº 14. Marzo-abril de 1994) publica “Le gustaba rascarse los sobacos” con nota y traducción de Federico Ludueña.

« Si se piensa en términos de influencia uno tiene que pensar en Fito Páez, ahí uno encuentra justamente la influencia y hasta el deslumbramiento con la figura, no solo con las historias como “ordinaria locura” que “hacen espejo entre texto y personaje,” reflexiona Zeiger.

El periodista encuentra una lógica convincente para explicar lo que pasó con la obra de Bukowski. “De ese segmento de la narrativa norteamericana que se fue descubriendo en ese momento, quedó Carver, después de él vino una relectura de John Cheever y eso, de alguna manera, opacó la idea de que Bukowski era una influencia más allá del impacto que puede producir su literatura y su figura.” Y concluye: “en Carver muchos escritores encontramos un modelo más interesante, ya que cuando se nos pasó un poco la borrachera quisimos hacer algo más creativo.”

Por su parte, el escritor y periodista Sebastián Basualdo resalta que el autor de « Cartero » y « Pulp » era « esencialmente un poeta; en ese género su literatura era mucho más elevada que sus cuentos o novelas que no dejan de estar respaldada por una vida destrozada ».

 Charles Bukowski, nacido en Andermach, Alemania, el 16 de agosto de 1920

Charles Bukowski, nacido en Andermach, Alemania, el 16 de agosto de 1920

“Hay una extraña moral que pesa actualmente sobre la literatura y otras artes que básicamente consiste en confundir la obra con quien la lleva a cabo. De atenernos a ese orden no podríamos ya casi leer a nadie. La vida destrozada de Bukowski no es una novedad para nadie, lo curioso es que se espere otra clase de literatura de un hombre así », dice Basualdo. Y también deja en claro que Bukowski es un escritor que lo llevó a otras lecturas: “lo leí en la adolescencia y de ahí me fui a Henry Miller, John Fante a Louis-Ferdinand Céline, Blaise Cendrars y Jack Kerouac, por nombrar solo algunos, ¿qué más se le puede pedir a un hombre que escribe?”, pregunta enfáticamente.

Por último, el escritor Luis Mey (Buenos Aires, 1979) es contundente: “Bukowski logró que la gente en zapatillas con ganas de escribir viera que no es necesario el abuso de ornamentos que ocultasen el sentido más terrible de las cosas, aquellas que avasallan al hombre común. En tiempos del héroe de la clase trabajadora, él fue némesis hasta de eso: un culto a la procrastinación tras cualquier mínimo logro”.

El aniversario de los cien años de su nacimiento nos ayuda a recorrer la fuerte presencia de la obra y la figura de Bukowski en la cultura argentina y como esos borrachos que solo se levantan del piso para volver a caer, parece haber perdido la dura pelea contra la permanencia en la literatura.

Como le escribió a su amigo, el poeta William Packard, poco años antes de dejar la síntesis en su epitafio: “Trabajamos demasiado duro, lo intentamos demasiado. No lo intentes (don’t try), no trabajes. Está ahí. Mirándonos fijamente, deseando salir a patadas del útero cerrado.”

Quizá esta derrota solo se trate, como una paradoja más de su vida, de fortalecer la esencia “loser” de su obra y su figura.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Roman condamné à l’oubli au moment même de sa création, au titre incertain et absurde comme la vie peut l’être et l’était dans la Tchécoslovaquie des années 1940, Mendelssohn est sur le toit de l’écrivain juif de langue tchèque Jiří Weil (1900-1959) reparaît en français, deux décennies après l’introduction de son auteur en France avec Vivre avec une étoile (publié à Prague en 1949, traduit aux éditions Denoël en 1992). Mendelssohn est sur le toit avait déjà été publié dans la même traduction, en 1993 (Denoël) puis en 1997 (10/18), mais cette nouvelle édition est remarquable par l’élargissement du texte, grâce à la fois à l’ajout de la Complainte pour 77 297 victimes et à l’inclusion de quelques pages ne figurant pas dans les publications précédentes, y compris en tchèque.

Jiří Weil, Mendelssohn est sur le toit précédé de Complainte pour 77 297 victimes. Trad. du tchèque par Erika Abrams. Le Nouvel Attila, 300 p., 20 €

Écrit par Jovanka Šotolová (iLiteratura)

Mendelssohn est sur le toit germait au lendemain de la guerre, en 1946, et fut retravaillé par l’auteur en 1958, pour être temporairement interdit par la censure avant de paraître en 1960. Attaqué par la critique marxiste qui lui reprochait « de ne pas avoir mis suffisamment en relief le rôle de la résistance communiste et les victoires de l’Armée rouge, comme dix ans plus tôt [elle] fustigeait le défaitisme du premier roman reflétant […] l’Occupation, Vivre avec une étoile », comme nous l’indique la préface soigneusement documentée d’Erika Abrams, le roman resta interdit de publication et même de prêt dans les bibliothèques. Néanmoins, quatre éditions tchèques existent – en 1960 et 1965 chez Československý spisovatel, en 1999 chez NLN et en 2013 chez Garamond –, ce qui malheureusement n’a pas assuré la gloire à l’auteur. Car, depuis les débuts de sa vie d’écrivain, Jiří Weil, avec son parcours spécifique, est resté à la marge de la littérature comme elle se faisait. Les raisons de son éloignement du devant de la scène étaient politiques, mais aussi artistiques : la voix de Weil reste singulière.

L’époque et toutes ses absurdités trouvent un reflet invraisemblable dans les méandres de son destin. Admirateur fervent de l’idéologie soviétique et de son nouveau modèle de vie, communiste enthousiaste, dans les années 1920, Jiří Weil est journaliste, critique et traducteur. Érudit, grand connaisseur de la culture du pays de ses rêves, ami des gens de lettres de là-bas (parmi lesquels Roman Jakobson et Vladimir Maïakovski), il présente les poètes et les écrivains russes et soviétiques au public tchèque. Il publie des traductions, en tant qu’éditeur responsable, il dirige une collection, il prépare un recueil de poésie, il donne des conférences. Encore étudiant, il travaille à l’ambassade soviétique à Prague. À plusieurs reprises, il voyage à Moscou où il est employé en 1933 comme traducteur de textes marxistes-léninistes. Suite à un procès, victime des purges staliniennes, il est exclu du Parti en 1935 et envoyé en « rééducation » au Kazakhstan pour plusieurs mois.

La période nazie de l’Histoire tchèque frappe gravement cet écrivain juif débutant. Ses parents et sa sœur sont déportés, son frère sera abattu à la libération de Prague, en 1945. Jiří Weil a pu échapper à l’extermination, d’abord protégé par son mariage mixte, trouvant un refuge clandestin à l’hôpital juif, puis se cachant, employé alors au Musée juif de Prague de 1943 à 1945 – une période qui a inspiré plusieurs pages du roman. En février 1945, il feint un suicide en sautant dans le fleuve Vltava pour éviter la déportation. Même après la guerre, sa vie ne sera pas facile. Il est de nouveau employé au Musée juif de Prague de 1950 à 1958, après son exclusion de l’Union des écrivains.

Jiří Weil, Mendelssohn est sur le toit

L’œuvre de Jiří Weil reste intéressante du point de vue de la spécificité de sa langue, de son style et de sa structure, cherchant toujours à adapter la forme, à donner une voix adéquate aux atrocités dans l’écoulement du temps. En même temps, elle nous permet de découvrir les détails un peu oubliés ou inimaginables de l’Histoire tchèque : la vie quotidienne à l’époque du protectorat de Böhmen und Mähren (Bohême-Moravie) à partir de 1939, la découverte personnelle de l’Union soviétique des années 1920 et 1930, qui pourra être confrontée avec le point de vue d’un André Gide sur le même sujet.

Mendelssohn est sur le toit prend la forme d’un collage fortuit de divers épisodes, avec des retours en arrière pour compléter l’histoire de l’un ou l’autre personnage. Des anecdotes, des glissements vers la forme de courtes nouvelles apparaissent sans toutefois se poursuivre. Parmi elles, il y a le récit d’une statue qui, sur ordre du « vice-gouverneur » nazi Reinhard Heydrich, doit disparaître, indigne qu’elle est de décorer ce que ce personnage prend pour le siège et le berceau de la musique allemande, le Rudolfinum, devenu Maison de l’art allemand. Le pauvre musicien Mendelssohn-Bartholdy est « dénoncé » puis minutieusement « cherché », découvert et finalement « sauvé » par un des philistins tchèques qui décide de ne plus prendre soin de la statue gênante et d’abandonner Mendelssohn gisant sur le toit.

Mais, comme nous découvrons en Jiří Weil un grand admirateur du formalisme russe des années 1920, un critique littéraire fervent et propagateur consciencieux de tout ce qui était l’art des avant-gardes et le modernisme en littérature, il nous faut regarder la structure du roman avec les yeux du lecteur de l’époque. Weil cherche les moyens de parler de la guerre, de la Shoah, de l’héroïsme et de la lâcheté… et de la mort. Il le fait indépendamment de ce que font un Orwell ou un Sartre, un Camus ou, un peu plus tard, un Robbe-Grillet et des dizaines d’autres presque en même temps partout en Europe. Il trouve sa propre conception d’une littérature de l’absurde et traite les questions dont l’existentialisme s’est déjà saisi ou se saisira. Il écrit un roman à la limite du reportage, du témoignage et de la fiction. Oubliant la tradition de son époque, il renonce à la beauté du style rhétorique et poétique pour proposer un texte sobre et discret, d’une simplicité et d’une objectivité toute journalistique.

De courts épisodes, de petites aventures, présentent parfois des histoires banales, quotidiennes, et parfois des moments cruciaux, fatals, les deux sans distinction. Comme si l’importance de ces deux sortes d’événements était égale. Par cette mosaïque, Jiří Weil décrit le riche paysage d’un lieu donné – la ville de Prague – à un moment donné – les quelques mois autour de l’assassinat, le 27 mai 1942, de Reinhard Heydrich, chargé de réaliser la « solution finale » dans le protectorat de Bohême-Moravie. On se trouve de plain-pied à l’époque des déportations vers la forteresse de Theresienstadt, le camp-ghetto de Terezín, à 60 km au nord de Prague, transformée en « camp modèle ». En réalité, il s’agissait d’un lieu d’attente pour les camps d’extermination – Terezín devenant au fur et à mesure un lieu d’exécution.

Ce sont les personnages qui font le ciment de ces histoires un peu disparates : leurs destins ne sont pas décrits en entier, juste rappelés par fragments pour être oubliés un certain temps et parfois même disparaître du texte. Le lien entre eux n’est pas forcément familial, relationnel ou collégial, il faut le voir en un temps et un lieu donnés, dans l’Histoire, dans leur position à l’égard de ce qui les entoure. La plupart sont juifs, tchèques. Il y a aussi les adversaires, des personnages allemands et nazis, mais – comme l’Histoire est à l’arrière-plan de tout ce témoignage – nombreux sont malheureusement les Tchèques chantant leur chanson, jouant leur jeu. Jiří Weil raconte cet univers sans le juger, sans tâcher de le comprendre ou de l’expliquer. Il l’observe, souvent bouche-bée. L’univers vu et décrit par lui est triste, souvent absurde. La mort court après tout le monde et finalement c’est elle qui gagne. Il n’y aura pas de rescapés.

Jiří Weil

Comme le titre du roman l’indique, le véritable ciment de ce texte sera la statue, et pas seulement celle de Mendelssohn. S’il s’agit d’un motif omniprésent, il reste assez discret. Néanmoins, sa métamorphose est remarquable et profonde : la statue qui représente l’homme célèbre après sa mort, la statue muette qu’on croise sur un des ponts pragois, ou celle qui nous regarde et suit nos actes du haut d’un bâtiment. La statue inébranlable, symbole de l’héroïsme, de la possibilité de l’intemporalité, de la victoire, est aussi une masse lourde, stagnante. Et chez Weil, conséquence des événements, il arrive souvent aux personnages de se pétrifier, de devenir statue eux-mêmes. Leur cœur peut rester impassible, être de pierre. Et les temps difficiles créent une voûte trouble, une cloche en pierre lourde qui gêne, qui pèse, qui asphyxie, prête à anéantir chacun de ceux qui se trouvent dessous.

C’est de la statue, et de la mort, que parle l’extrait du treizième chapitre inclus à la fin du volume. Coupé par la censure tchèque en 1959, il fut publié dans une revue littéraire seulement en 1990. Découvert par la théoricienne de la littérature Alice Jedlickova, ce passage ne figure dans aucune des versions du livre publiées en tchèque. Le lecteur français aura donc la chance d’avoir en main une clé importante facilitant l’interprétation de l’œuvre, accentuant les motifs et les liens qui ne sont pas toujours montrés si nettement.

Jiří Weil raconte sa vie, réécrit son autobiographie. Il pose les questions qui le tourmentèrent tout au long des années, questions sans réponse, qu’on est obligé de poser et qui planent au-dessus de son texte : qui est un héros, qui est un lâche ? Qu’est-ce que l’héroïsme, la vaillance ? Qui peut devenir un héros, si cela implique de mettre en danger d’autres personnes, sa famille ? Est-il légitime et moral de prendre ces arguments en considération ? Qu’est-ce que l’humanité, combien de facettes a-t-elle, quand et pour qui le geste d’aider, même un inconnu, devient-il une obligation ? Pour épargner le pire, pour échapper à un danger, peut-on devenir lâche, et même violent ? Pourquoi les bourreaux sont-ils plus cruels que nécessaire ? Quel rapport établir entre souffrir d’une maladie grave, inguérissable, et vivre sous le joug nazi ? Qu’est-ce que la mort, faut-il s’opposer à elle ? Beaucoup de ces questions ne seront pas résolues, ni posées explicitement, simplement sous-entendues, implicites.

Ce volume en français s’ouvre sur un autre texte, Complainte pour 77 297 victimes, publié en tchèque alors que Jiří Weil reprenait le travail sur Mendelssohn est sur le toit, œuvre ébauchée à la fin de la guerre. Le chiffre fait allusion aux 77 297 noms inscrits entre 1954 et 1959 sur les murs intérieurs de la synagogue Pinkas de Prague – les noms de personnes mortes ou disparues, qui parfois réussirent à sauver leur vie. La synagogue fut érigée en mémoire des victimes tchèques de la Shoah, après avoir servi sous l’Occupation d’entrepôt pour le musée qu’on croise dans Mendelssohn est sur le toit, là même où Weil a travaillé. À l’opposé du roman qui le suit, la Complainte est un texte poétique, bâti par croisement de citations bibliques et d’une certaine litanie, lamentation qui mêle l’imagination et l’expression d’un pur lyrisme à des formules presque banales, sauvages, violentes. Tout cela entouré de fragments documentaires rappelant la vie quotidienne des victimes.

Jiří Weil, Mendelssohn est sur le toit

L’opéra de Prague, où commence « Mendelssohn est sur le toit » – source : Getty Images

L’opéra de Prague, où commence « Mendelssohn est sur le toit » © Getty Images

Pour combler les lacunes éventuelles du public français dans la connaissance de l’Histoire tchèque et tchécoslovaque, la traductrice passe en revue les moments essentiels de l’époque en récapitulant les dates, les noms, les chiffres qui documentent les coulisses des deux œuvres et en facilitent la lecture. En France, Laurent Binet est revenu récemment sur les faits décrits par Jiří Weil, dans son roman HHhH (Grasset, 2010), adapté au cinéma en 2016 par Cédric Jimenez. On peut comparer cette adaptation au film célèbre du scénariste tchèque Jiří Sequens, Atentát, disponible sur Youtube, reflétant l’époque avec un recul moins grand, d’une vingtaine d’années.

Une des caractéristiques primordiales du texte est la simplicité apparente du style liée à l’intention d’écrire sans fioritures. D’un côté, ce procédé crée l’impression de lire un reportage ou un roman proche de la littérature populaire, et de l’autre la forme utilisée ajoute au texte l’empreinte d’une certaine authenticité, de la véridicité. Tout cela trouve son écho dans la traduction. Sous la plume d’Erika Abrams, qui a traduit une vingtaine d’auteurs tchèques en français, et parmi eux les plus grands, le ton de l’œuvre reste sec, laconique, fragmenté – et d’une rudesse délibérée.

Si les détails historiques et culturels, souvent oubliés et inconnus même du lecteur tchèque d’aujourd’hui, sont transposés avec une connaissance approfondie, un trait important s’est évaporé – mais la traductrice n’y est pour rien. Il s’agit des nombreux germanismes, ajoutant au texte tchèque un effet d’authenticité par leur ancrage dans le parler de l’époque. Cette langue est un mélange de tchèque « standard » et d’allemand « de cuisine », où les mots allemands sont repris et lexicalisés, parfois sous leur forme correcte et parfois sous des formes adaptées phonétiquement et morphologiquement. Ce jargon tombe dans l’oubli de nos jours, c’est un témoin du temps jadis. Saluons donc les éditions du Nouvel Attila (qui ont publié le roman Les cobayes de Ludvík Vaculík en 2013) pour leur introduction en français d’œuvres tchèques ne datant pas forcément des jours présents.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Cuatro claretianos españoles ayudaron a salvar entre 1940 y 1944 en París a un centenar y medio de judíos, la mayoría sefardíes, de la persecución nazi. Un bautismo falso proporcionaba la oportunidad de escapar del horror y huir de Francia. Una historia de solidaridad que ha permanecido en el más absoluto secreto. Hasta ahora.

 

Escrito por Julio Núñez

La pequeña comunidad española de misioneros claretianos en París selló sus labios durante 80 años y guardó un secreto que ayudó a salvar la vida de 155 personas durante la ocupación nazi de Francia entre 1940 y 1944. Ubicada en la estrecha calle de la Pompe, número 51 bis, a media hora a pie de la Torre Eiffel, la iglesia de la Misión Católica Española atesora en un minúsculo armario centenares de partidas de bautismo falsas que cuatro sacerdotes de la orden escribieron y firmaron para evitar que el Gobierno de Vichy arrestase a decenas de familias judías. Impregnados con un intenso olor a polvo y abandono, esos tomos son una prueba de cómo Gilberto Valtierra, Joaquín Aller, Emilio Martín e Ignacio Turrillas pusieron en peligro sus vidas tras acoger a esas personas y facilitar que, con esos nuevos documentos, pudiesen huir del país o garantizarles cierta protección ante las frecuentes deportaciones a campos de concentración y exterminio. Ocho décadas después, el secreto de los falsificadores de Dios rompe las cadenas del silencio y ve por fin la luz.

Testigos de lo ocurrido solo quedan los muros de piedra de la iglesia y los intrincados pasillos que todavía conectan la parroquia con el convento. Cuando uno pasea por aquel lugar, atraviesa la amplia nave de la parroquia, observa la estatua de san Juan de la Cruz o rebusca en los libros de la biblioteca, no puede evitar imaginar el recorrido que estas familias judías tuvieron que realizar junto a estos curas para conseguir un papel que les sirviera de escudo ante las persecuciones. ¿Entraban por la pequeña puerta verde lateral de la fachada que da directamente con el convento? ¿Lo hacían de noche? ¿Firmaban las partidas en la gran mesa de madera que hay en la sacristía? ¿O por el contrario, se escondían en la capilla de la cripta para hacerlo? Cuando se pregunta a los que habitan hoy la misión, la respuesta se repite: “No lo sabemos. Todos los de aquella época ya murieron”. ¿Cómo consiguió entonces despertar esta historia del olvido?

Fue una pequeña confesión en una cafetería del centro parisiense en 2018 lo que llevó a un historiador de 26 años, Santiago López Rodríguez, a tirar de un fino hilo y rebuscar en el pasado para saber qué pasó en realidad en aquella iglesia de curas españoles. “Estaba investigando para mi tesis doctoral la labor de la diplomacia española durante el Holocausto en el archivo del consulado y haciendo entrevistas a supervivientes y familiares de víctimas del exterminio nazi. Mientras tomaba un café con Alain de Toledo, hijo de un deportado del campo de Royallieu-Compiègne, este me contó que a sus padres les falsificaron unas partidas de bautismo en una iglesia española en París para ayudarlos a huir a España”, explica López, profesor de la Universidad de Extremadura. De Toledo no le especificó nada más y, hambriento de curiosidad, el historiador se dirigió a la Rue de la Pompe.

En primer lugar, detalle de las partidas de bautismo falsas de la familia Saporta; Tobes, junto al historiador Santiago López, observa la única fotografía en la que aparecen juntos los falsificadores de Dios. Debajo, un registro de dichas partidas.

Tras llamar a la puerta de la misión, un claretiano con acento burgalés, Carlos Tobes Arrabal, condujo a López por el pasillo que flanquea el patio de los geranios hasta la pequeña alacena donde descansan dichas partidas de bautismo. En un despacho adyacente, a la luz de un flexo y custodiado por una talla de la Virgen de Fátima, López inspeccionó página por página los certificados de bautismo registrados entre 1940 y 1944. Allí estaban, anotados con tinta azul y negra, decenas de nombres de personas con apellidos judíos, de edad adulta y nacidos en el extranjero, la mayoría en Salónica (Grecia) y Estambul (Turquía). “Se ve claramente cómo en ese periodo de tiempo los bautismos crecieron hasta un 200% en esta parroquia. Se hicieron conversiones a familias enteras en el mismo día, incluso en algunos casos, también se falsificó a la vez el certificado matrimonial [22 en total]”, subraya López mientras señala con su dedo índice las pruebas. Las 155 falsificaciones se distribuyen a lo largo de cinco años, entre el 3 de octubre de 1940 y el 12 de julio de 1944. Repartidas semanalmente, encontramos 4 en 1940, 68 en 1941, 30 en 1942, 45 en 1943 y, ya al final de la ocupación nazi, 8 en 1944.

Tras desempolvar los tomos y descifrar la letra de todos los firmantes, cruzó los datos de la misión con los que encontró en otros archivos franceses y encontró que hasta 60 de estas partidas correspondían a judíos inscritos como españoles y a 19 protegidos, es decir, personas que contaban con el amparo del consulado. Este descubrimiento forma parte de El Servicio Exterior de España durante el Holocausto en la Francia ocupada (1940-1944), tesis doctoral que espera hacer pública en los próximos meses.

La familia de los Modiano fue la primera en ser bautizada. Mauricio Modiano, de 65 años; su esposa, Eda María, de 51; su hijo René, de 20, y su sobrina María Francisca Hasson, de 9, vivían en el número 134 de la Avenue de Malakoff. Salvo la pequeña María Francisca, todos nacieron en Salónica (Grecia). No hay evidencias de si el padre Valtierra, el cura que firmó la partida, dejó caer sobre sus cabezas el agua bautismal o si simplemente los llevó a un despacho a firmar los documentos. Lo que sí aparece marcado en sus fichas es la fecha del 3 de octubre de 1940, el mismo día que entró en vigor el Estatuto de los Judíos, las leyes antisemitas firmadas por el mariscal Philippe Pétain que desembocaron en la creación de un censo de judíos y, posteriormente, en las conocidas deportaciones a campos de concentración y exterminio. Se estima que más de 75.000 personas murieron. “Estas falsificaciones servían para convertirse aparentemente en católicos y tener la posibilidad de engañar a los perseguidores”, afirma López.

Con una letra clara, los curas se alternaban para falsificar los documentos. En dichos registros anotaron datos relevantes que, analizados hoy, nos permiten vislumbrar cómo eran los bautizados. La gran mayoría eran sefardíes y la edad media era de 33 años: el más joven solo tenía unos pocos meses de vida, y el mayor, 75 años. A casi todos se les castellanizó el nombre con el objetivo de que, cuando presentasen toda la documentación a las autoridades francesas para huir a España, no se los vinculase con su posible registro en el censo judío. Así, Levy se convirtió en Luis, Jacobo en Jaime y Moisés en Mauricio.

También es relevante ver cómo algunos de ellos, semanas después de aparecer en los tomos como bautizados, aparecen en las fichas de otros judíos como padrinos. El matrimonio de los Modiano, por ejemplo, figura con esta categoría en la partida de bautismo de Víctor Gomerzano, de 20 años y natural de Constantinopla (la actual Estambul). Lo que cabe pensar es que, en muchos casos, los inscritos estaban relacionados entre sí y utilizaban el boca a boca y las relaciones familiares para enterarse de la posibilidad de ayuda que brindaban los misioneros españoles.

Cuatro sacerdotes contra las leyes antisemitas

En aquellos años, colaborar con estas personas suponía un delito grave, especialmente si se falsificaba documentación relevante, como visados, pasaportes y partidas de bautismo. “Estos sacerdotes no solo estaban infringiendo la ley eclesiástica haciendo conversiones falsas, sino que se enfrentaban al Estado francés. Si esto se hubiera destapado, podría haber supuesto, sin duda, su expulsión de Francia y un gran perjuicio para la diplomacia española”, comenta López mientras revisa el archivo claretiano en busca de algún papel que arroje más luz sobre lo sucedido. Pero ¿quiénes eran estos cuatro curas y cómo lograron construir esta red de salvamiento?

De ellos queda únicamente una decena de fotografías guardadas en una caja de cartón en la misión de la Rue de la Pompe. Unos pocos recuerdan de oídas qué fue de sus vidas. Por aquel entonces, estos sacerdotes vivían en la misión junto con otra decena de claretianos, y todo apunta a que su relevancia tuvo que ser notable. En el fresco del retablo que corona el altar de la parroquia aparece retratado un sacerdote que, tras comparar su rostro con otras pinturas de la época y corroborarlo con el padre Tobes, representa al padre Joaquín Aller. Nacido en 1897 en Campo de Villavidel (León), Aller fue por entonces superior de los claretianos. La prensa local asturiana de la época informó de que había colaborado con un comunista asturiano exiliado para devolver a Asturias la talla de la Virgen de Covadonga, que pasó parte de la Guerra Civil en la Embajada española de París. Murió en Bilbao en 1964.

1: Joaquín Aller – 2: Ignacio Turrillas – 3: Emilio Martín – 4: Gilberto Valtierra

Poco más se sabe del resto. Gilberto Valtierra nació en 1889 en San Martín de Humada (Burgos, 22 habitantes) en una familia de cinco hermanos, tres de los cuales se convirtieron en claretianos. Allí sigue viviendo un sobrino nieto suyo, Luis Porras Valtierra. “¿Pero qué dice usted? ¿Eso pasó? La verdad es que era un hombre bueno. Recuerdo que alguna vez vino al pueblo a ver a mi madre. Pero, que yo sepa, aquí nunca dijo nada sobre esto que usted me cuenta”, dice Peñas por teléfono tras conocer la labor secreta de su tío. No obstante, subraya, el día de su muerte la tiene grabada a fuego en su memoria. “Fue el 1 de noviembre de 1953. Pocos días después recibimos una carta de Francia. En ella, una familia que no conocíamos nos decía: ‘Los pobres de París lloran ante la tumba del padre Valtierra’. Eso no se me olvida”, cuenta con emoción.

Emilio Martín fue uno de los padres fundadores de la misión claretiana. Llegó allá por 1913 con el objetivo de ayudar a los inmigrantes españoles que vivían con dificultades. Nacido en Segovia en 1869, Martín enseñó y dirigió a los claretianos que pasaron por la Rue de la Pompe hasta su muerte, en 1951. Todavía hoy, antes de entrar en la sacristía de la iglesia, a mano izquierda, está colgado un retrato suyo realizado con carboncillo.

Tobes, superior y actual director de la misión, solo conoció a Ignacio Turrillas (nacido en Monreal, Navarra, en 1897), al que cuidó durante sus últimos años de vida. “Era el que quedaba vivo de los cuatro y murió en mis brazos en 1979. Jamás me contó nada de esto. Pero un día, años después de su muerte, allá por 2008, llegó una mujer a la puerta diciendo: ‘Vengo a daros las gracias. Salvasteis la vida de mis padres’. Nadie sabía a qué se refería y la llevamos ante el padre Miguel Ángel Chueca, nuestro superior por entonces”, relata Tobes sentado en el umbral de la puerta del convento. Cuando la mujer se marchó, prosigue, Chueca contó toda la historia al resto de los misioneros, sin muchos detalles, y les pidió que guardaran silencio.

“Creo que fue una historia que la orden vivió en su intimidad. Ahora, al saber más sobre lo que hicieron nuestros hermanos, nos llena de orgullo y felicidad”, afirma apasionadamente el actual superior. Más de un siglo después de su inauguración, la misión sigue dedicándose a ayudar a los más necesitados: imparten clases de francés a inmigrantes de lengua castellana y ofrecen gratis los servicios de una educadora social, entre otras labores de caridad. Pero son pocos. De la veintena de claretianos que había en los pasados años cuarenta ya solo quedan tres. Junto al superior está el padre Tomás Tobes Agraz y el padre Arturo Pinacho. “La vocación nunca se va. Hay que servir porque mucha gente lo necesita”, explica sonriente el padre Tomás, de 81 años, sentado a la mesa. Mientras comen un humilde estofado y beben agua con un chorro de vino de tetrabrik, conversan sobre las grandes carencias que siguen sufriendo muchas personas.

El retablo mayor de la iglesia de la misiónbclaretiana, donde se cree que aparece, en el centro a la derecha de la Virgen, retratado el padre Joaquín Aller, uno de los falsificadores de Dios.

El retablo mayor de la iglesia de la misión claretiana, donde se cree que aparece, en el centro a la derecha de la Virgen, retratado el padre Joaquín Aller, uno de los falsificadores de Dios.

La ayuda del cónsul Bernardo Rolland

Nadie sabe aún por qué el padre Chueca era reacio a hacer público tal descubrimiento. A De Toledo también le insistió en que no quería que se diera a conocer la historia cuando fue en busca de los documentos que demostraban que sus padres habían sido bautizados allí. “No me dio razones. Me hubiera gustado honrar a la misión, pero él no quería”, cuenta De Toledo. El secreto de los claretianos también fue respetado por la mayoría de los inscritos. A De Toledo, por ejemplo, sus padres jamás le contaron nada. La noticia le llegó mientras investigaba cómo el por entonces cónsul general de España en París, Bernardo Rolland, conocido por salvar secretamente a más de 80 judíos, liberó a su padre del campo de Royallieu-Compiègne en 1942 y luego ayudó a sus progenitores a huir a España en 1943. “Un primo de mi madre, Enrique Saporta y Beja, conocía muy bien al cónsul. Este le había prestado una oficina en el consulado para ayudar a los sefardíes. Él me contó que Rolland fue el que aconsejó a estos judíos que fueran a ver a los sacerdotes [para falsificar las partidas]”, revela en una entrevista por correo electrónico.

La figura de Rolland como nexo entre los perseguidos y los sacerdotes, hasta ahora desconocida, demuestra que participó en la salvación de un centenar de personas más y que posiblemente involucró a trabajadores de la Cámara Oficial de Comercio en París, que figuran en algunas partidas falsas como padrinos. “Sin su acción, mis padres no habrían sobrevivido y yo no habría nacido. Por esta razón llevo 15 años intentando conseguir que le concedan la medalla de Justo entre las Naciones. Pero para mí, con o sin ella, es un Justo”, escribe De Toledo, también presidente de la asociación Muestros Dezaparecidos (Nuestros Desaparecidos, en ladino), que trabaja en la recuperación de la memoria de los sefardíes españoles deportados en Francia.

Preguntas abiertas

Cuando uno revisa la historia de los falsificadores de Dios, surge una duda: ¿no sospechaban las autoridades francesas al ver en estos documentos apellidos judíos y fechas tardías de conversión? ¿Realmente estos bautismos ayudaron a salvar la vida de la mayoría de estas familias? López no duda de ello. “Estos documentos eran una herramienta perfecta para ocultar su fe y dar más credibilidad a los certificados de nacionalidad española u otros papeles expedidos por Rolland”, puntualiza el investigador. Por un lado, estos documentos acreditados por la Iglesia les podían liberar de figurar en el censo de judíos que posteriormente las autoridades utilizaron para localizar y arrestar a miles de ellos y deportarlos a campos de concentración y exterminio. Y por otro, según apunta el historiador, con estos documentos las probabilidades de conseguir un visado para salir de Francia aumentaban. Además, aunque la falsificación para salvar judíos no fue muy común, hubo episodios similares probados que libraron a miles de personas de ser asesinadas por los nazis. Un ejemplo fue la Operación Bautismo, en la que el cardenal Angelo Giuseppe Roncalli, futuro papa Juan XXIII, falsificó durante la Segunda Guerra Mundial partidas de bautismo para salvar a 24.000 judíos desde Estambul (Turquía).

No obstante, no se puede acreditar que la salvación de estas familias se deba exclusivamente a la acción de los claretianos. Lo que sí está comprobado es que durante toda la ocupación nazi los sacerdotes siguieron firmando partidas. El falso bautismo no fue suficiente para salvar de la muerte en los campos de concentración al pequeño de ocho años Rogelio Samuel Benarrosch y a otros 16 inscritos. Pero el resto, 138 personas, sí consiguieron burlar a los nazis.

Fachada de la iglesia de la Misión Católica de París, ubicada en el 51 bis de la Rue de la Pompe.

Fachada de la iglesia de la Misión Católica de París, ubicada en el 51 bis de la Rue de la Pompe.

En algunas ocasiones, los movimientos de los falsificadores de Dios despertaron la inquietud de la jerarquía eclesiástica francesa. En una correspondencia localizada a raíz de este reportaje entre el arzobispo de París Emmanuel Suhard y el superior de los claretianos, el primero pedía al director que se presentase en la sede episcopal para que le informase sobre dichos bautismos. En una carta fechada el 12 de febrero de 1942, Suhard le insistía: “Le dije, la última vez que le vi, que el Consejo del Arzobispo necesitaba una explicación sobre otro converso israelí de quien no nos ha llegado la documentación. Se trata de la señorita (Mme.) Saporta [y Beja], que habría sido bautizada y casada fugazmente en la capilla española. Le agradecería que viniera a verme el sábado por la mañana, 14 de febrero a las 10 en punto, y me diera cualquier documentación que haya reunido”.

Es conocida la oposición del arzobispado de París al Gobierno de Vichy y a las deportaciones, por lo que cabe pensar que estas misivas tenían como objetivo pedir prudencia a la misión y entregar algún tipo de documentación que argumentase la urgencia de dichas conversiones para no levantar sospechas dentro de la Iglesia francesa que apoyaba a Hitler. No obstante, no se han encontrado pruebas de cuál era la postura del arzobispo ante estas falsificaciones. Los actuales superiores de la orden en España, que también desconocían la historia, afirman que con toda probabilidad las falsificaciones se hicieron guardando toda clase de cautelas. “Los años han pasado y es probable que si otros hermanos nuestros, o los superiores de la congregación, supieron de esas acciones, murieran sin comentarlas”, cuenta un portavoz en Madrid.

Entre los papeles de color pajizo que la misión aún conserva de aquella época, aparece una copia de otra carta que el padre Valtierra escribió para justificar el bautismo de la familia Sevi, compuesta por Alberto, Matilde y los niños Jacqueline y Claudio. “No tengo motivos para dudar de la buena fe del señor Sevi sobre su conversión. Ahora se comporta como un cristiano, viene todos los domingos a misa (…)”, escribió el sacerdote.

Claramente Valtierra mintió para proteger a dichas personas. La prueba de ello se encuentra en el archivo de Yad Vashem, la institución oficial israelí en memoria de las víctimas del Holocausto. Allí se recoge que, años después de ser bautizados, los Sevi entregaron su hija a sus vecinos, los Saulnier, un matrimonio católico, para que la protegieran. “No tenían miedo de los bombardeos, sino de ser arrestados y deportados porque eran judíos”, asevera el texto. Afortunadamente, conocemos que la pequeña se reunió con sus padres tras la guerra.

Más de 100 nombres, más de 100 historias

Encontrar y entrevistar a los protagonistas de esta historia es muy complejo, especialmente porque ha pasado tanto tiempo que es difícil que alguien siga vivo. Tras una búsqueda intensiva en blogs familiares y árboles genealógicos, además de más de medio millar de llamadas, se ha podido localizar a una veintena de descendientes. Curiosamente, ninguno sabía nada de esta historia.

“Se me está poniendo la piel de gallina. No puedo creerlo. Es como si me estuviera hablando de alguien que no conozco. No entiendo por qué nunca me dijeron nada”, cuenta conmovida Karine Saporta, hija, sobrina y nieta de bautizados. Conoció la noticia después de devolver una llamada perdida a su móvil de este periodista. “Pensaba que era una broma”, relata. El caso de los Saporta sobresale del resto por sus protagonistas. El benjamín de la familia se llamaba Raimundo, tenía 16 años y se convirtió décadas después en el vicepresidente del Real Madrid, mano derecha de Santiago Bernabéu y artífice, entre otras cosas, de que el jugador Alfredo Di Stéfano acabara vistiendo la camiseta blanca de por vida. Una figura relevante de España, vinculado también a la dirección de la Federación Internacional de Baloncesto.

Los falsificadores de Dios

«No puedo imaginarme el sufrimiento por el que tuvo que pasar mi familia. Es una historia que debe conocerse.» Karine Saporta, hija, sobrina y nieta de bautizados, al conocer la historia de mano del autor de este reportaje.

Su hermano, padre de Karine, se llamaba Marcelo, tenía 19 años cuando la partida de bautismo falsa le ayudó a exiliarse a Madrid con toda su familia. Tras la contienda, cambió su nombre por Marc y volvió a París. Su nombre cobró relevancia como traductor, editor e íntimo amigo de Jean-Paul Sartre. Todos, al igual que muchos bautizados, ocultaron lo sucedido a sus familiares y se llevaron el secreto de los claretianos a la tumba.

Un año después de colgar el teléfono, Karine visita la misión parisiense para ver los famosos tomos. Temblorosa y aparentemente incrédula, sube acompañada del padre Tobes las escaleras de madera que llevan a la biblioteca, en lo alto del convento. Entre dos paredes forradas con libros y alguna que otra trampa para ratones, una mesa la espera con un libro abierto. Cuando leyó los nombres de sus padres, cogió una bocanada de aire. “Aquí están”, dijo.

Allí supo que sus padres, en 1949, también se casaron. El padre Valtierra, el mismo que firmó su certificado falso, fue el cura que ofició la celebración. “No puedo imaginarme el sufrimiento por el que tuvo que pasar mi familia. Es una historia que debe conocerse. Que debe salir a la luz”, cuenta la hija de Marc emocionada mientras fija su mirada en el padre Tobes.

Los sefardíes del Expediente de Toledo

Para Eliazer Carasso; su esposa, Matilde Amarigio, y su hija Alegra, la huida de los nazis no terminó con su salida de Francia. El viaje hasta su nuevo hogar, Casablanca (Marruecos), se demoraría casi un año más. Como a tantos repatriados judíos, las autoridades franquistas los repartieron por ciudades españolas, en su caso Toledo, a la espera de entregarles los respectivos visados. Junto a ellos, arribaron a la capital castellano-manchega otros seis judíos, entre ellos Edith María Esther Nahamías, también bautizada. Los pasos de su odisea están recogidos en un expediente policial en el Archivo Histórico Provincial de Toledo.

Los documentos, escritos a máquina y anotados a bolígrafo por el gobernador civil de la provincia de Toledo, informan de las residencias que ocuparían los repatriados desde agosto de 1943 hasta su marcha, finalmente en diciembre de ese mismo año. Los Carasso convivieron junto a vecinos toledanos en la calle de la Escalerilla de la Magdalena, número 2. Justa Córdoba, por entonces con 13 años, aún los recuerda como “gente educada”, “bien vestida” y que “solo hablaban entre ellos”. Los años han pasado y para Córdoba, ahora nonagenaria, le resulta difícil hacer memoria. “Era muy pequeña. En el barrio se decía que eran judíos que Franco había acogido como refugiados”, cuenta por teléfono.

Telegrama del gobernador civil de Toledo al comisario jefe de la ciudad en el que le informa de que nueve sefardíes, entre ellos varios de los « bautizados », han salido de Francia el 14 de agosto de 1943 con destino a la ciudad castellanomanchega. ARCHIVO HISTÓRICO PROVINCIAL DE TOLEDO

Lo que pasó con ellos después de salir de España no está del todo claro. Los Carasso consiguieron embarcar en diciembre desde Málaga hacia Casablanca. Un mes antes, Nahamías logró un salvoconducto hacia Barcelona para encontrarse con su marido, Jacob Faraggi. Poco después se establecieron en Madrid, donde abrieron una boutique de moda cerca de la plaza de la Independencia. Anne-Marie Rychner Faraggi, familiar de ambos, cuenta que en 1945 regresaron al país galo. “Volvieron a Francia tras la Segunda Guerra Mundial. En la familia no sabemos mucho más sobre ellos”, explica Rychner.

La búsqueda de cada uno de los nombres lleva a descubrir múltiples historias que arrojan luz a una de las páginas más negras del siglo XX: la guerra y el Holocausto. Pese a haber despertado del olvido, el caso de los falsificadores de Dios está compuesto por fragmentos que siguen sin resolverse con claridad. ¿Tomaron ellos la iniciativa de salvar a esta gente o fue el cónsul el que llamó a su puerta pidiendo ayuda? ¿El obispado apoyaba sus actos o simplemente desconocía la realidad del asunto? Y más importante, ¿fueron las falsificaciones de los claretianos la clave para que la mayoría de los bautizados no muriera a manos de los nazis?

Tras analizar una y otra vez las partidas, las cartas y el resto de informes, no hay duda de que los misioneros españoles de la Rue de la Pompe se expusieron ante las autoridades nazis. Como demuestra su certera caligrafía, no les tembló el pulso al firmar aquel centenar y medio de conversiones falsas para intentar salvarles la vida a estas personas.

La lista de los falsificadores de Dios

Esta es la lista de las 155 personas que intentaron escapar de los nazis con la ayuda de los falsificadores de Dios. Si usted es un familiar o un conocido de una de estas personas y quiere contactar con nosotros, puede escribirnos a elpaissemanal@elpais.es.

 

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[Fotos y vídeo: Juan Millás – fuente: http://www.elpais.com]

 

« Ocorre que a identificação pela arte vem com uma boa dose de idealização que sempre acoberta e aplaina a contraditoriedade da pessoa por trás do artista. Como pode quem cantou « Sentinela » com « Milton Nascimento » apoiar o obscurantismo e a violência das classes dominantes? »

Escrito por Mauro Luis Iasi

“Morte vela sentinela sou

Do corpo desse meu irmão que já se foi

Revejo nessa hora tudo que aprendi, memória não morrerá

Longe, longe, ouço essa voz

Que o tempo não vai levar”

Fernando Brant/Milton Nascimento

“Tempo, espaço,vida nem morte é a resposta.E de homens procurando o bem,Fazendo o mal.”

Erza Pound

No coração destes tempos sombrios somos acometidos por um fenômeno arrasador: alguns artistas que nos são muito caros fazem declarações desconcertantes a favor do fascista bufão na presidência somando-se à lama fétida da barbárie. O caráter desconcertante de tais atos se dá, em parte, pela importância que este ou aquele artista teve na construção de nossa consciência e nossa sensibilidade, que nos leva exatamente no sentido oposto. Daí o estranhamento e a sensação de traição.

A lista não é pequena e não é minha intensão enumerar estes personagens, mas, apenas como exemplo, podemos falar de Fagner, Samuel Rosa, Lobão, Djavan e, mais recentemente Nana Caymmi, que de maneira grosseira e vulgar criticou Caetano, Gil e Chico, declarando sua confiança no miliciano a serviço das forças do mal.

Nossa primeira reação é, compreensivelmente, a raiva, seguida da vontade de retirá-los imediatamente de nossas playlists. Ainda que compreenda esta reação, vamos nos propor a refletir um pouco mais sobre o assunto.

O que é falso? Aquele momento de sensibilidade que nos tocou? A manifestação brutal de apoio a uma personagem que declara seu amor à ditadura e a tortura? Devemos começar por dizer que ambas são partes constituintes da verdade e revelam aspectos da personalidade e consciência destes artistas. Ocorre que a identificação pela arte vem com uma boa dose de idealização que sempre acoberta e aplaina a contraditoriedade da pessoa por trás do artista. Como pode quem cantou Sentinela com Milton Nascimento apoiar o obscurantismo e a violência das classes dominantes?

Podemos somar este estranhamento à muitos casos. Como pode quem cantou como cantou em seus poemas, a vida e a luta, acabar miseravelmente apoiando os tucanos degenerados como fez Ferreira Gullar? Um dos mais belos poemas sobre os desaparecidos é do poeta Affonso Romano de Sant’Anna, quem em 1990 aceitou presidir a Fundação Biblioteca Nacional a convite do governo Collor. Até Drummond, nosso querido poeta, aceitou emprestar seu prestígio ao ministro Capanema quando no governo Vargas tentava atrair a intelectualidade.

Analisando o fazer poético, que podemos estender para outras formas artísticas, Haroldo de Campos nos diz que o poeta lança metade da laranja em sua obra, a outra metade guarda com ele. Quando lemos o poema e nos identificamos é porque somamos à metade de nossa própria laranja. Para que isso ocorra a obra artística tem que se desprender da particularidade de seu autor, alcançar uma certa genericidade. Lukács está convencido de que a arte é uma daquelas mediações que trás a possibilidade de se elevar do cotidiano expressando uma manifestação universal. Ora, esta abstração, exatamente pelo seu potencial universal, não pode carregar inteira a laranja do seu criador.

Acreditamos de forma precária que as manifestações da consciência de um artista, quando, por exemplo, nos tocam por uma sensibilidade humanista ou um compromisso com os que são explorados, são expressão de um compromisso de classe que pode não existir no criador. Sabemos que não há uma conexão mecânica entre a posição de classe e a consciência e isso é fundamental no fenômeno que analisamos. Diz Lukács:

Por mais que o artista, como todo homem, seja determinado ideologicamente pela base econômica própria de sua classe, ele também pode, como todo homem, em termos abstratos, voltar-se contra ela. (Lukács, G. A ontologia do ser social II. São Paulo: Boitempo, 2013, p.773-774)

Esta possibilidade, que de certa maneira é um desenvolvimento interessante no pensamento do marxista húngaro se considerarmos o acalorado debate com Sartre, leva a probabilidade do “apelo figurado do homem que busca ultrapassar a sua própria particularidade” possa através da arte, dependendo das circunstâncias, “tornar-se pioneira da generidade para si”, relativizando as pressões ideológicas de sua condição de classe (idem, p. 774). Mais claramente ainda o autor afirma em seguida: “a possibilidade de uma exteriorização ideológica significativa que contradiz estritamente a direção ideológica fundamental da classe a que pertence o seu autor” (idem, ibidem).

De modo geral os artistas ocupam os segmentos médios da sociedade, uns com origens mais populares, outros com laços com classes dominantes. É característico dos segmentos médios a oscilação entre os universos valorativos das camadas proletárias e das classes dominantes, fazendo com sua consciência seja, via de regra, um ser compósito e bizarro. O elevar-se em direção à universalidade, tornado possível na exteriorização da obra artística, não apaga seu pertencimento de classe, abrindo a possibilidade de contradições compreensíveis.

Compreender estas determinações não significa desautorizar nossa indignação, mas pode nos abrir uma possibilidade interessante. Estamos falando da alienação e, como sabemos, a alienação tem várias dimensões. Ela é externação (Entäusserung) que se manifesta em um processo de objetivação (Vergegenständigung), abrindo a possibilidade de um distanciamento (Distanzierung). Ora, o obra artística é a externação da subjetividade do artista, mas ela é a objetivação em algo que dele se distancia, sem o que a possibilidade de universalidade, própria de toda arte verdadeira, poderia se dar. No interior deste movimento, o que fica abstraído é a particularidade do sujeito, ainda que traços essenciais de sua subjetividade migrem para a objetivação artística.

Quando a metade da laranja encontra a nossa subjetividade, produz uma nova síntese e, de certa maneira, permite o nosso elevar-se em direção ao genérico. Isso significa que a base da identificação é o potencial de generidade do artista que encontra a nossa possibilidade. A verdade da laranja não esta nele ou em nós, mas acima de nós, na dimensão abstrata da universalidade humana.

Um exemplo. Minha geração viveu o final da ditadura ouvindo Chico Buarque, Vandré, mas também Caetano. Para minha consciência em formação foi tão importante o “ Para não dizer que não falei em flores” (Vandré), o “Funeral de um lavrador” (Chico Buarque sobre a letra de João Cabral) como “Alegria, alegria” de Caetano. Aí vem Roberto Schwarz com sua crítica arrasadora, acompanhado do incrível Henfil descascando o comportamento “odára” do baiano. Que devia fazer? Fazer de conta que os versos e o comportamento do compositor baiano não me tocavam na dimensão mais universal, inclusive servindo decisivamente a minha rebeldia e compromisso político? Seria possível amar Caetano e Belchior? Se para o ofício dos críticos isso era tarefa difícil (e eu respeito profundamente este ofício), quero dizer que para nós… não. Caminhávamos contra o vento, sem lenço e sem documento, vivendo nossas alucinações nas coisas reais, caminhando e cantando e lutando contra a ditadura, porque tudo que se elevava ao humana se choca contra o que é anti-humano.

Teria dúvida em guiar meu posicionamento político pelo julgamento de Caetano, mas não hesitaria um segundo em abraçá-lo em profunda gratidão pelos bordados costurados em minha alma pela agulha fina de sua voz e sua poesia. Se enquanto pessoa ele briga com Belchior (ou Belchior com ele), na dimensão da humanidade que me compõe se encontram e riem destas pequenas desavenças.

Mart’nália pediu, com razão, para alguém mandar a Nana calar a boca. Certo, ouvindo o que ele disse, posso cumprir esta missão. Mas, como poderia mandar que se cale a voz que cantou Cais? Ocorre que não preciso, aquela voz e a música que a carrega não pertence mais totalmente à pessoa, alienou-se, objetivou-se, vive numa outra dimensão acima dos direitos autorias e da propriedade das coisas, alojou-se na universalidade possível nestes tempos de barbárie.

Em certos momentos em que nos sentimos muito sozinhos, com medo, quando os fantasmas do destino nos procuram, vozes invisíveis nos salvam, cantarolando em nossos ouvidos: “pode ser a depressão… mas não tente se matar, pelo menos esta noite não”.

Veja, Lobão é uma expressão evidente de decadência e degeneração, mas seus versos e sua voz se projetam para além dele. Talvez, o que tenhamos dificuldade em aceitar, é que mesmo os mais babacas têm um lado humano, assim como aqueles que julgávamos mais humanos tem seu lado babaca. Como nós. Há exceções, evidentemente, como o Roger que é quase um babaca perfeito.

A segunda epígrafe é de Erza Pound, que nasceu nos EUA e viveu na Itália, que como dizia era poeta, por isso “bebia da vida como homens menores bebem vinho”, que por seu ódio contra a arrogância estadunidense acabou apoiando o fascismo italiano na Segunda Guerra. No final de sua vida disse: “minhas intensões eram boas, mas enganei-me na maneira de alcançá-las. Fui um estúpido. Conhecimento me chegou tarde demais”. Por conta de suas transmissões radiofônicas contra os EUA na guerra, foi preso, considerado insano e internado em um hospício. Seus poemas vão muito além de seu destino trágico ou suas lamentáveis escolhas políticas. “Vinde minhas canções”, disse ele em um poema, “vamos arranjar bastantes desafetos”(…) “armemo-nos contra este mar de vulgaridades”. Não se pode separar o poema do poeta, mas é possível gostar do poema sem gostar das escolhas pessoais dos poetas, pois, como disse Chico Buarque:

“Mesmo que os cantores sejam falsos como eu
Serão bonitas, não importa
São bonitas as canções
Mesmo miseráveis os poetas
Os seus versos serão bons”

[Fonte: blogdaboitempo.com.br]

La corrección política condiciona el catálogo de muchos sellos, que tratan de encauzar la ficción con criterios morales ajenos a la literatura

Hace dos días, un escritor prestigioso, oculto al final de un pasillo en su escritorio de una calle popular en París (popular, ese eufemismo) contó algo para lo que pidió total discreción sobre su identidad, su editorial y su libro, antes de la salida. Así que esta nota será sobre autores, editoriales y editores camuflados, enmascarados, qué problema habrá, a tono con la época. Ese escritor, escritor X, contó que hizo diez versiones del libro que saldrá pronto, y que en cada versión lo que tuvo que hacer es atenuar, bajarle el tono a la discusión sobre ese asunto ideológico de turno, racismo, antisemitismo, inmigrantes, da igual, todos los temas están sometidos al mismo esquema. Después, el editor, un hombre muy culto, y refinado (y de izquierda),  increpó varias de las frases, conceptos y títulos que habían quedado a pesar de esas diez versiones anteriores. Esto, ¿hace falta?, aquello otro, ¿te parece, no despertará  rencores, odios, no avivará tensiones? Como un cirujano incansable, sádico sobre el cuerpo de un paciente ya sin fuerzas, obstinado en extirpar un órgano, el editor corrige, ¿pero qué corrige? Corrige con la mente de un alto mando pensando en sus adversarios y también en sus superiores o en el partido, corrige para negociar.  Si la historia terminara ahí, se podría hacer la biografía de todo lo que el libro publicado podría haber sido yendo hacia atrás, desmontando el camino de las correcciones y versiones. O en búsqueda del libro perdido. Pero no termina ahí, falta la lectura del abogado. Por contrato los abogados leen la versión final del manuscrito y auscultan qué palabra, qué giro, qué metáfora, qué uso indebido es susceptible de querella judicial, y en ese caso, la detectan, como perros de elite en las estaciones de tren en el verano europeo. Acto seguido el autor debe corregir lo señalado, caso contrario, el editor no imprime el libro, y el libro no sale. Así de simple.

¿Cuáles son las concesiones que debe hacer un escritor profesional en esta época? ¿Qué demagogias, qué agenda, qué ideología debe sostener, disimular o adherir? ¿Serán todavía más duras en el mundo d´après?

En 1959, Carlos Correas publica en la revista del Centro de estudiantes de la facultad de filosofía y letras de Buenos Aires el inolvidable cuento: ‘La narración de la Historia’. Correas tenía 28 años. El cuento es un cuento de amor, pero fue leído entonces solo por su “contenido homosexual”; algo que también es justo, de hecho fue “el primer” cuento que presentaba en Argentina un encuentro erótico entre dos hombres. Un fiscal sometió a Correas a un proceso judicial del cual fue condenado a seis meses de prisión en suspenso. Y también hubo condenas para el editor de la revista. Eso a Correas le costó más de veinte años de silencio, un silencio autoimpuesto, hecho de culpa, desconcierto y miedo. Volvió a publicar recién en 1984. Pero no hubo ninguna concesión, ningún “arrepentimiento”, y el cuento quedó así para siempre, hasta que lo rescatara, primero Ricardo Piglia para una antología, y después, ya con la muerte de Correas, fuera una pieza fundamental de ese autor maldito y extraordinario, que reunía dosis parejas de Sartre y Genet. Entonces, ¿tal vez los escritores –y los editores– deban escribir y editar lo que deban y después atenerse a las consecuencias con valentía? Eso hizo Correas, pero también eso hizo, lo sabemos, Nabokov, Flaubert o Baudelaire.

Pero volviendo al presente. En otro lugar de Francia, con una autora latinoamericana que llamaremos para no ser querellados, autora X2, se escucha la misma historia: sus novelas no entran en determinados catálogos porque su personaje femenino goza con su torturador o tiene inclinaciones fascistoides o, francamente, es un personaje no ecologista. Catálogos enteros, editoriales como paquetes ideológicos donde de lo que se trata en verdad, es de que el libro, el diseño del libro, la escritura, el autor (y el lector) se sometan a un corset, a un corral político. No importa si ese personaje histórico es Evita, Mata Hari o Dolores Ibárruri, tienen que entrar en la lógica del mercado, perdón, tiene que obedecer al catálogo, a su diseño político. Así que, si alguna de esas mujeres fue una espía, estuvo casada con un fascista o apoyó crímenes comunistas, habrá que ver si pueden entrar, si pasarán, parafraseando a Ibárruri.

La masiva y elegante plataforma Mubi nos avisa cuáles escenas en las películas de James Bond hoy estarían prohibidas. Es curiosa la lectura, porque en realidad lo que habría que destacar es “cómo han cambiado los tiempos” o incluso, cómo han mejorado para algunas injusticias o inequidades. No que la mejora sea el avance de tal o cual represión o prohibición. Pero quizá se trate de un tiempo donde la cultura, como en el Medioevo, vuelve a apostar por la represión y la propaganda. La Historia no conoce progresos y sabemos que lo que ayer fue tragedia mañana será farsa. Que lo que hoy es escándalo mañana será mainstream, y lo que fue vanguardia será demodé o el centro mismo del canon. Hoy las buenas conciencias leerán entonces textos reprimidos, infames y candorosos. Textos que digan lo que ya se dice, lo que se quiere escuchar, sin disidencias ni contradicciones, textos celebratorios del discurso de época. Y si bien desde siempre los autores han enfrentado procesos por sus escritos, este será quizás el siglo donde no hará falta alguna, pueden descansar los jueces. La autocensura ha ganado terreno, el síndrome SMA: síndrome del miedo adquirido. Lo dijo en confianza un agente literario, el año que viene postcrisis del Covid, las editoriales, ¿todas?, las independientes, las más combativas, las más osadas, las más pro diversidad cultural, pro defensa de las culturas minoritarias, todas solo querrán best-sellers, lecturas sobre la arena. Best-sellers o nada. Aunque esos best-sellers estén disfrazados, como lo anuncian varios editores y editoras, de libros revolucionarios y transgresores. Varios autores ya venden sus libros como historias con pandemia, ecología y feminismo incluido. Porque como siempre el as de espadas sirve al as de oro, y todas las consignas morales progresistas, oh casualidad, tributan al ideario de las diferentes industrias reconvirtiéndose.

Ariana Harwicz y Edgardo Scott son escritores argentinos.

[Fuente: http://www.elpais.com]

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Escrito por Julián Schvindlerman

A fines de los años 50 del siglo pasado, el mundo árabe era uno de los espacios más receptivos al existencialismo fuera de . Jean-Paul Sartre era un nombre conocido en los ámbitos intelectuales de la región. Con la sola excepción de Karl Marx, era el intelectual occidental más leído, traducido, debatido y admirado. El autor egipcio Ahmad Abás Salih lo expresó con precisión en una carta pública que dirigió al filósofo francés:

Tu influencia en esta región es más profunda y amplia que la de cualquier otro escritor. Eres el único escritor occidental al que todos los diarios árabes siguen de cerca.

En su magistral No Exit: Arab Existentialism, Jean-Paul Sartre, and Decolonization (Sin salida: el existencialismo árabe, Jean-Paul Sartre y la descolonización), el académico Yoav Di-Capua aborda la relación de amor y odio que unió a los árabes con este pensador francés.

En su búsqueda del hombre nuevo árabe en un Medio Oriente poscolonial, una pléyade de intelectuales árabes vieron en Sartre un héroe, un modelo, un guía. Su antiimperialismo, antiamericanismo y anticolonialismo, junto a su filotercermundismo, sedujeron intensamente a la intelligentsia mesoriental, la cual expresó su apego al existencialismo sartreano en multitud de ensayos, cuentos, novelas, poemas, obras de teatro, críticas literarias y reseñas culturales. Entre sus adeptos más destacados cabe mencionar a la pareja libanesa conformada por el escritor Suhayl Idris y la traductora Aida Matraji, al intelectual-activista palestino Fayiz Saygh, a la autora feminista Layla Baalbaki, al novelista sirio Hani al Rahib, al poeta iraquí Husayn Mardan y, en Egipto, al matrimonio conformado por Liliane y Lufti al Khuli, al filósofo Abd al Rahmán Badawi, al crítico literario Mahmud Amín al Alim y al introductor de Sartre en las letras árabes, Taha Husayn. Sartre los reciprocó estableciendo conexiones intelectuales y vínculos personales con varios de ellos.

El iconoclasta pensador francés se había ganado los corazones de buena parte de la intelectualidad tercermundista con su polémico prefacio al icónico libro Los condenados de la Tierra, del escritor revolucionario caribeño Frantz Fanon, en el cual defendía a la insurgencia argelina contra  en términos muy violentos. “Matar a un europeo es matar dos pájaros de un tiro, suprimir a la vez a un opresor y a un oprimido”, decía allí; “quedan un hombre muerto y un hombre libre”. Su desprecio por el colonialismo europeo le llevó a criticar la política británica antisionista en Palestina. Declaró en 1947: “No podemos desvincularnos de la causa de los hebreos”, y al año siguiente definió como “un luchador por la libertad” a un militante de la Banda Stern que había sido atrapado con explosivos.

Enseguida se mostró ambivalente en torno a la cuestión israelo-palestina. Celebró el establecimiento del Estado de  como “uno de los acontecimientos más importantes de nuestra era, uno de los pocos que nos permiten conservar la esperanza”, y a la vez apoyó el derecho de los palestinos a retornar a los hogares que dejaron atrás en la guerra de 1948; lo que estaba en las antípodas de su respaldo a la existencia de . Tal como dijo su discípulo israelí Ely Ben Gal: “Sartre era muy proisraelí y también muy propalestino”.

Cuando visitó Egipto e , a principios de 1967, esa contradicción eclosionó. Su intento de mantener la neutralidad respecto del conflicto árabe-israelí lo empujó hacia la incongruencia intelectual. Como resultado de ese viaje, Sartre perdió su estatus de figura reverenciada en el mundo árabe. Di-Capua detalla el intenso y escandaloso periplo.

En febrero de aquel año, Sartre arribó a Egipto en compañía de Simone de Beauvoir y Claude Lanzmann. La liberalidad del trío de amantes (la célebre feminista era pareja del filósofo y había sido amante del cineasta) era muy extraña para el conservadurismo local. Sartre saludó a sus anfitriones por medio de una carta abierta en árabe: “Desde hace mucho tiempo, y especialmente desde la guerra de liberación argelina, nos unen lazos de fraternidad”. La revista popular Al Hilal los recibió con fotos de Sartre, Beauvoir e –inesperadamente– una semidesnuda Brigitte Bardot en la portada y la contratapa. Asimismo, el filósofo se sorprendió al toparse con la edición árabe de su obra El existencialismo es humanismo y ver que la tapa llevaba una mujer desnuda.

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Mantuvieron una reunión de tres horas con el presidente egipcio Gamal Abdel Naser, quien les causó una excelente impresión. La pareja francesa dio dos conferencias en la Universidad del Cairo. Sartre parece no haber impresionado demasiado con su ponencia sobre el papel del intelectual en la sociedad contemporánea (un extranjero presente dijo que fue “un pedazo de mierda”), mientras que Beauvoir electrizó a la audiencia con un alegato feminista y antipatriarcal. Durante una visita a dos campamentos de refugiados palestinos en Gaza, Sartre respaldó el derecho al retorno palestino: “Reconozco por completo el derecho nacional de los refugiados palestinos a regresar a su país”. La pareja quedó impresionada por las paupérrimas condiciones de vida en los campamentos, de las que responsabilizaron a las naciones árabes.

Esa visita concluyó caóticamente cuando una muchedumbre quiso evitar que Lanzmann arrebatara el rollo a un fotógrafo que había captado a Sartre junto a un niño con la bandera palestina. Epítetos antijudíos acompañaron la escena. Una cena con el titular de la OLP, Ahmad Shuqayri, también causó decepción. El filósofo francés favorecía tanto el derecho a la existencia de  como el derecho de los palestinos al retorno; “pero”, según recordó luego Beauvoir, “los palestinos insistieron en que los judíos debían ser expulsados de la Palestina ocupada”.

El trío llegó a  a mediados de marzo. Muchos israelíes veían esa visita con suspicacia. El recuerdo no muy lejano de otra visita polémica –la de Hannah Arendt, para cubrir el juicio contra Eichmann– y la superposición del arribo del escritor Günter Grass –que había criticado a  por el acuerdo de reparaciones con Alemania– puso las sensibilidades a flor de piel. La dinámica interna del grupo de intelectuales venía agitada, al punto de que Lanzmann, fastidiado por lo que consideraba una actitud prejuiciosa de Sartre hacia los israelíes, abandonó el tour y regresó a París. Sartre se reunió con el líder socialista Meir Yaari (con quien tuvo una tensa conversación sobre el retorno palestino), con el ministro laborista y exgeneral Yigal Alón (“el fascista más simpático que jamás he conocido”), con el titular de la Confederación General de Trabajadores (“su Histadrut es un monstruo sagrado”) y con el primer ministro, el presidente y otras autoridades oficiales. Rehusó visitar una base militar (sí lo hizo en Egipto) y canceló un encuentro pautado con Isaac Rabín, entonces jefe del ejército (“vine a reunirme con el pueblo, la izquierda y la sociedad civil, no con los militares”). También dejó sin efecto reuniones con parlamentarios de centro y derecha, con editores de izquierda y, controversialmente, con David ben Gurión. Mantuvo las reuniones previstas con unos ciudadanos árabes-israelíes, con miembros del Partido Comunista israelí, con activistas opuestos a la guerra de Vietnam, con  y con el prominente académico Gershon Scholem. Cerró su viaje con una conferencia de prensa en Tel Aviv, tras la cual Le Monde le atribuyó una frase amable sobre Theodor Herzl, padre del sionismo político, lo cual provocó una reacción airada en la prensa árabe y forzó al filósofo francés a publicar una aclaración en la que reiteraba su postura favorable a la existencia y soberanía de Israel y contraria a la idea de que todos los judíos del mundo debieran emigrar allí.

Así sintetiza Di-Capua la visita de Sartre al país hebreo:

Aunque se esforzó en no decir ni escribir nada concluyente, sus gestos, lenguaje corporal y actitud general condescendiente mostraron una aversión profunda al sionismo. Deploró el militarismo y rechazó cualquier cosa identificada con el Estado israelí, sus símbolos, rituales y narrativas.    

Sartre se guardaba un as en la manga, no obstante. A fines de mayo, con la posteriormente conocida como Guerra de los Seis Días precipitándose, destacados artistas, escritores, periodistas y profesores, entre los que se contaban Arthur Koestler, Pablo Picasso, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir y Jean-Paul Sartre, publicaron una declaración en Le Monde en la que se leía:

Los abajo firmantes, intelectuales franceses, (…) afirmamos que el Estado de Israel está mostrando un claro deseo de calma y paz (…) Israel es el único país cuya mera existencia está en juego.

Este pronunciamiento marcó la ruptura definitiva entre Sartre y sus admiradores árabes. Previamente incómodos con su ambigüedad política, ahora estaban decididamente irritados. En Irak prohibieron sus obras (y las de Beauvoir). En Argelia se quemaron sus libros. En Egipto, un grupo de intelectuales lo condenó con vehemencia y la revista Al Hilal vaticinó una era postsartreana en la región. En un gesto cargado de dramatismo, la viuda de Frantz Fanon, Josie, pidió a la editorial de su difunto marido que removiera el famoso prefacio del pensador francés a Los condenados de la Tierra, a lo que la editorial se avino en la siguiente edición. En el año 2000, el intelectual palestino Edward Said dirá que Sartre fue “una decepción amarga para todo árabe (no argelino) que lo hubiera admirado”.

Sin embargo, Sartre nunca abandonó del todo su zigzagueo moral. Cuando unos terroristas palestinos masacraron a once deportistas israelíes en las Olimpíadas de Múnich de 1972, justificó la acción como una forma de resistencia legítima. En 1974 se sumó a otros intelectuales que protestaron contra la decisión de la Unesco de boicotear a Israel. Dos años después aceptaba un doctorado honoris causa de la Universidad Hebrea de Jerusalém, lo cual fue singularmente interesante, dado su repudio al Premio Nobel de  en 1964.

Andando el tiempo, un segmento de la intelectualidad árabe hizo las paces con el existencialista francés. En 1980, con motivo de su muerte, Suhayl Idris publicó una edición especial, titulada La ausencia de Sartre, dedicada a sus posturas políticas ambivalentes, con estudios académicos sobre sus teorías, traducciones de sus artículos sobre Argelia, Cuba y el colonialismo, su prefacio al libro de Fanon y varios obituarios sobre su persona.

Di-Capua nos regala una perla final. Un vestigio curioso de la era del existencialismo en el Medio Oriente se encuentra en un barrio de El Cairo: un almacén llamado El Ser y la Nada (Al Wujud wal Adam). Sartre podría, pues, hallar consuelo en el hecho de que, cuarenta años después de su muerte, su legado en el mundo árabe no ha sido del todo descartado.

 

[Fuente: elmed.io]

 

 

 

Por CARLOS G. REIGOSA

Un dos mitos máis sostidos e mellor alimentados do boom latinoamericano foi o de que todos os escritores que o compoñían levábanse moi ben entre eles e compartían relacións fraternais. Mais isto non era certo, non o foi nunca, aínda que sí había autores que mantiñan relacións moi entrañables. Os exemplos que ilustran esta realidade son moi numerosos, pero non estou en condicións de expoñelos aquí en detalle porque esta columna non dá para tanto.

Se comezásemos por México, veríamos que a figura cultural preponderante foi Octavio Paz, un xigante literario que empezou na revolución mexicana representando en Estados Unidos ó guerrilleiro Emiliano Zapata. Paz naceu en 1914 e despregou desde moi novo unha gran actividade política e cultural. De certo, converteuse moi axiña nun «guerrilleiro da poesía» e o poeta español Rafael Alberti elevouno coma un verdadeiro revolucionario «porque ti tratas de cambiar a linguaxe e eles (os outros) simplemente fan xornalismo político». Nesta condición asistiu ó Congreso de Escritores Antifascistas que se celebrou en Valencia en 1937, é dicir, en plena Guerra Civil Española. E alí foi a esperalo e recibilo o grande Pablo Neruda.

Mais, a medida que os recoñecementos a Octavio Paz medraban, tamén aumentaban as reticencias dos que o percibían subido a un pedestal demasiado alto. Así, o prohome mexicano empezou a ser visto con receo por outros, na medida en que máis se elevaba e máis grande se cría. Escribiu libros moi valiosos, certo, pero quizais se vangloriou da súa propia grandeza. E se cadra quen mellor definiu a situación foi o gran novelista Juan Rulfo, autor de Pedro Páramo e O chairo en chamas, que ironizaba: «En México a cultura descansa en Paz».

E así acabou sendo en boa medida. Octavio Paz converteuse nun xigante cun gran recoñecemento internacional. Non en van foi o home que se enfrontou a Sartre e que se pronunciou a favor de Camus, e era amigo de André Bretón e de Luis Buñuel. Foi máis internacional que latinoamericano. E quizais a soberbia non lle foi algo alleo. Finou en 1998.

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]