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Prezentado por Silvyo OVADYA

La semana pasada el prezidente de la Munisipalidad de Edirne kon los responsables de los echos de la kultura i del turismo vinyeron a vijitarmos a Estanbol. Ande vinieron? En primero a muestro Muzeo Djudio ke se topa al lado de la Sinagoga Neve Shalom. I ay anyos ke el Sinyor Recep Gürkan keriya vijitar muestro muzeo i la publikasyon de los livros sovre las komidas djudias de Edirne fue una okazyon. Izimos en primero el torno del muzeo, i Nisya Allovi i yo dimos eksplikasyones durante una ora i medya. I despues mos asentimos avlando de diferentes sujetos. El prezidente mos prezento los muevos livros. El livro “Komidas djudias de Edirne” publikado en tres diferentes linguas: en judeo-espanyol (ladino); en turko i en inglez. Kero felisitarlos por este esforso. Despues vijitimos endjuntos el Hahambashi İzak Haleva en el Gran Rabinato.

El livro en turko fue eskrito por Aydemir Ay i Yılmaz Seçim. Aydemir Ay kon su mujer gizaron en kaza todas las komidas ke se topan en el livro. Es Forti Barokas ke izo la traduksyon del livro al judeo-espanyol. Vos djuro ke lo traduizo en unos kuantos dias. Ma despues yo me meti a meldar i troki syertas kozas. Despues ke eskapi dishe a Karen: « Hanum deves de meldar este livro para ke no se tope yerros de lingua i yerros tipografikos. Para syertos byervos Forti empleo los byervos espanyoles; ma yo para kada byervo demandi a muestro grupo lo ke se deve emplear para kada palavra ke no estava siguro. I a la fin kreo ke reushimos a tener un livro de komidas en judeo-espanyol. No se si es el primero en esta lingua, ma se ke es el primero en Turkiya.

En primero kuando eskaparon el livro syertos amigos disheron ke este livro no esta muy djusto. Kualo keresh hanumas? Azeremos una seduta en el Muzeo Djudio? Me disheron si, i arekojimos munchas dammas, mizmo Hayim Hason ke tyene sus avuelos de Edirne i se entyende de gizar, vino a esta seduta i mos dyo un alay de konsejos i de ideas asta ke le dishimos: “Ya basta pasha”. Esta seduta fue mizmo filmada por los enteresados de Edirne. I a la fin eskaparon de eskrivir el livro. Karen komo es perfeksyonista les disho ke kere ver la version en inglez i empeso a meldar. Eskapo en eskrivyendo kaji todo de muevo. I en el livro en inglez se topa su nombre para el “editing”.

En primero el muzeo i despues muestro Sentro Sefaradi empesaron a presentar estos livros en la media elektronika i kon esta Corona ande es muy difisil de salir a la kaye devemos de embiyar serka de sinkuenta livros en diferentes linguas. Embiyar para presentar el livro, o para afrontar las vendidades.

No vos avli de lo ke se topa en el livro. Ya puedesh topar komidas kon mása: komo boyos, borekitas, frojalda, bulemas, empanadas, tapadas… komidas de zarzavat, komo almodrote, endjinaras, kalavasucho, komida de sevoya, sfongos…  komidas de peshkado, komo agristada de peshkado… Komidas de karne, komo agristada de koftes, takayut, koftes de prasa, dolmas de espinaka, merendjena asada kon gayna, dolmayikas frenkes, komida de sevoya kon ligado… i dulsuryas komo biskochos de anason, masapan, dulse blanko, tezpishti, tejadikas, dulse de igo, de roza, de vishna i halva de semola.

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue français. Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, il a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation. Il a tenu des propos anti-israéliens. Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian. À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla. 

Publié par Véronique Chemla

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue et philosophe français, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères.

Dans sa bibliographie pluridisciplinaire souvent traduite : Le Cinéma ou l’homme imaginaire (Éditions de Minuit, 1956), Les Stars (1957), Autocritique, (Le Seuil, 1959)L’Esprit du temps (1960), L’esprit du temps. Essai sur la culture de masse (1962), Mai 68, La Brèche (avec Claude Lefort et Cornelius Castoriadis) édité par Fayard (1968), Journal de Californie (Le Seuil, 1970), De la nature de l’URSS (1983), Les Fratricides : Yougoslavie-Bosnie (1991-1995) publié par Arléa (1995), Pour une politique de civilisation (Arléa, 2002), La Méthode en six volumes (Le Seuil, 2008), Le Monde moderne et la question juive (Le Seuil, 2006 ; réédition, Le Seuil, 2012).

En 1989, est publié « Vidal et les siens » d’Edgar Morin avec Véronique Grappe-Nahoum et Haïm Vidal Séphiha (Le Seuil). « Avec Vidal Nahoum mourut en 1984 l’un des survivants du monde englouti de la Salonique séfarade où il était né en 1894. Son grand-père venait de Toscane et parlait italien, sa langue maternelle était l’espagnol du XVe siècle, mais, tout jeune, il sut s’exprimer en français et en allemand. Naïf et malin, animé d’un optimisme et d’une gaieté sans faille, d’un sens de la famille quasi religieux et d’un goût inépuisable pour la nourriture, il traversa les guerres balkaniques, l’écroulement de l’Empire ottoman et les deux guerres mondiales. À partir de documents historiques et personnels, Edgar Morin, son fils, restitue ici son histoire irremplaçable, celle des hommes et femmes de sa famille, celle d’un XXe siècle marqué par la complexité des relations entre l’Orient et l’Occident. »

Dans La Rumeur d’Orléans (1969), Edgar Morin et son équipe analysent une rumeur antisémite dans une ville de province française. « Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d’essayage de commerçants juifs) s’est répandue, sans qu’il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l’équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l’enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ? Des questions se posent : un antisémitisme jusqu’alors latent s’est-il à nouveau éveillé ? N’y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Âge qui ne demande qu’à surgir à tout moment ? »

Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, Edgar Morin a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation.
En 1960, Edgar Morin et Jean Rouch réalisent « Chronique d’un été », qui a contribué au cinéma-vérité. Intéressés par l’idée du bonheur, ils suivent des jeunes alors inconnus et de tous horizons – étudiants, ouvriers, etc. – durant l’été 1960 : Marceline Loridan-Ivens, Régis Debray, Marilù Parolini…

En 1963, Edgar Morin et le réalisateur Henri Calef coécrivent le scénario de L’Heure de la vérité. « Un ancien officier SS, Hans Wernert, a pris l’identité d’un juif allemand liquidé, Jonathan Strauss, et a trouvé refuge en Israël où il s’est intégré dans la vie quotidienne. Mais survient un jeune étudiant américain qui enquête sur le camp dont l’imposteur serait le seul survivant… » Le tournage se déroule en Israël, avec Karlheinz Böhm, Daniel Gélin et Corinne Marchand. Des dissensions surgissent entre Henri Calef et Edgar Morin qui apparait au générique sous le pseudonyme de Beressi, nom de jeune fille de sa mère. Le film n’est pas distribué en France car les producteurs font faillite.

En 1946, il se marie avec la philosophe Violette Chapellaubeau. Le couple a deux filles, Irène Nahoum et Véronique, anthropologue. En 1970, Edgar Morin épouse Johanne Harelle. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace. Veuf en 2008, il se remarie en 2012 avec la sociologue Sabah Abouessalam. Tous deux sont les auteurs du livre « L’homme est faible devant la femme » (Presses de la Renaissance, 2013), et « Changeons de voie – Les leçons du coronavirus » (Denoël, 2020).

Edgar Morin a tenu des propos anti-israéliens durant la deuxième Intifada déclenchée par Yasser Arafat. Le 4 juin 2002, le quotidien Le Monde, la tribune partiale « Israël-Palestine : le cancer » signée par Edgar Morin, Danièle Sallenave et Sami Naïr. Ces derniers écrient notamment que « ce cancer israélo-palestinien s’est formé, d’une part, en se nourrissant de l’angoisse historique d’un peuple persécuté par le passé et de son insécurité géographique ; d’autre part, du malheur d’un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique ».
Les auteurs fustigent « l’unilatéralisme » de la vision israélienne. « C’est la conscience d’avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d’Amérique) devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid et d’une ghettoïsation pour les Palestiniens ».
France-Israël et Avocats sans frontières poursuivent judiciairement les auteurs pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme ». Relaxés en première instance en 2004, condamnés par la Cour d’appel de Versailles en 2005, les auteurs sont relaxés en 2006 par la Cour de cassation : « Les propos poursuivis, isolés au sein d’un article critiquant la politique menée par le gouvernement d’Israël à l’égard des Palestiniens, n’imputent aucun fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de la communauté juive dans son ensemble en raison de son appartenance à une nation ou à une religion, mais sont l’expression d’une opinion qui relève du seul débat d’idées, la cour d’appel a violé les textes susvisés. » Une procédure judiciaire d’une rare rapidité.
« Je suis juif par le sentiment de fidélité à tous ceux qui dans le passé ont été persécutés en tant que Juifs. Je suis juif en tant que membre du peuple maudit. Je refuse d’être du peuple élu », a déclaré Edgar Morin au Journal du Dimanche (4 juillet 2021).
« Edgar Morin, journal d’une vie »

Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » (Ein Philosoph mit Einfluss: Edgar Morin) de Jean-Michel Djian.

« Embrassant les disciplines académiques, le sociologue Edgar Morin, né en 1921, a traversé son siècle en observateur éclairé et en chercheur indiscipliné. Jean-Michel Djian lui consacre un lumineux portrait, tissé de ses interviews passées et récentes. »
« Philosophe de la complexité, sociologue des pratiques culturelles et pourfendeur de l’incurie de l’enseignement de la pensée, Edgar Morin a renouvelé, avec autant de rigueur que de conviction, la figure de l’intellectuel ».
« Au seuil des années 1980, il figure parmi les premiers à pressentir les ravages de la « mondialisation techno-économique » sur notre fragile Terre-Patrie (titre de l’un de ses ouvrages) et les désastres dont elle menace l’humanité ».
« Né Edgar Nahoum à Paris, en 1921, dans une famille de commerçants juifs originaire de Salonique, il rejoint encore adolescent le courant pacifiste et antifasciste ».
« La guerre venue, tout juste diplômé en histoire et en droit, il s’engage à Toulouse, en 1942, dans les rangs de la Résistance communiste, où il adopte le pseudonyme de Morin dont il ne s’est plus départi ».
« Auteur d’une centaine d’ouvrages, docteur honoris causa d’une quarantaine d’universités dans le monde, Edgar Morin n’a eu de cesse de s’interroger et d’interroger ses contemporains afin de donner du sens à la fraternité qui nous fait tenir ensemble, malgré l’adversité. »
« Comment esquisser les grandes lignes d’une vie aussi féconde, tout entière dédiée à la pensée et à l’engagement humaniste ? »
« Suivant un fil chronologique, du Paris de l’avant-guerre à son refuge sur les rives de la Méditerranée d’aujourd’hui, en passant par son incursion au californien Salk Institute, où directeur de recherche du CNRS il posa un temps ses valises, ce portrait retrace ses compagnonnages intellectuels (avec le philosophe Régis Debray, les idéaux du communisme), ses fidélités indéfectibles (avec le couple Duras-Antelme) comme les rares frictions avec ses pairs, notamment Pierre Bourdieu ».
« Alors qu’Edgar Morin fête ce 8 juillet son centième anniversaire, Jean-Michel Djian, en tissant ensemble un choix éclairant d’archives filmées, de ses interviews, passées et récentes, et de ceux qui l’ont côtoyé, donne à entendre la voix de l’un de nos plus vaillants résistants au conformisme des idées ».
Conférence de presse
Lors de la 75e édition du Festival d’Avignon (5-25 juillet 2021), aura lieu le 13 juillet 2021 à 12 h 30 une conférence de presse avec Eva Doumbia, Victoria Duhamel, Théo Mercier, Edgar Morin et Nicolas Truong.
« Se souvenir de l’avenir »

À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla.

« Le 13 juillet dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon, à travers l’évocation de ses souvenirs les plus marquants, Edgar Morin lancera, en compagnie d’invités inspirés par ses idées, quelques salves d’avenir afin de dessiner une nouvelle voie pour notre temps. »
« VERBATIM »
 
« On est à nouveau dans une époque barbare, où barbarie et civilisation se mêlent étroitement mais où, de plus, on se rend compte que nous sommes sur une planète totalement rétrécie, mais en même temps entièrement déchirée, incapable de résoudre ses problèmes et livrée à des monstres paranoïdes que sont les États-nations modernes. »
« Dans les processus dominants, on ne peut qu’être inquiet. Que ce soit la dissémination nucléaire, les périls sur la biosphère, le dérèglement économique, la démographie galopante, la marche incontrôlée de la technique et de la science… Tous ces processus semblent aller probablement vers on ne sait quelle catastrophe. Or, dans l’histoire, le probable n’arrive pas toujours. Et souvent, l’improbable heureux arrive. »
« Le fait de vivre aujourd’hui comme j’ai toujours vécu, et d’une façon même exceptionnelle à mon âge, en ayant les mêmes sentiments juvéniles que je peux avoir pour mon épouse, et ou bien pour mes amis, c’est quelque chose qui fait que je ne me laisse jamais submerger par la nostalgie. »
 
« Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian
France, 2021, 54 mn
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici Méditerranée, Les Films d’Ici, INA
Sur Arte le 8 juillet 2021 à 23 h 55
Disponible sur Arte.tv du 01/07/2021 au 05/09/2021
Visuels :
Edgar Morin en 1968
© Michèle Bancilhon / AFP
Edgar Morin
Les Films d’Ici Méditerranée
Edgar Morin à la Seyne-sur-mer en 2020
© Les Films d’ Ici Méditerrané
« Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin » réalisé par Stéphane Pinot
Production : La Compagnie des Indes/Gildas le Roux – – Festival d’Avignon avec la participation d’Arte (1h)
Avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla

 

 

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

 

El treball de final de grau de Cenk Bonfil (Istanbul, 1996) va ser el documental Sefarad Müziği: Otantik Şarkılardan Kayıt ve Aranjmanlara”, que explica la presència de la cultura i la música sefardita en judeocastellà a Istanbul. Diuen que una llengua en una comunitat de diàspora només perdura quatre generacions, però el judeocastellà el continuen parlant les famílies sefardites que van ser expulsades de la península Ibèrica fa més de 500 anys. Tot i això, cada cop el seu ús és més minoritari: “Ara, si els meus avis o jo parléssim judeocastellà al carrer, molta gent no sabria ni que és judeocastellà, pensarien que parlem castellà i que no som de Turquia”.

Bonfil al pati de la sinagoga Beth Yaakov, a Kuzguncuk (Istanbul).

Bonfil al pati de la sinagoga Beth Yaakov, a Kuzguncuk (Istanbul).

Escrit per ANNA MONTRAVETA RIU

Fill d’una família sefardita per part materna i paterna, és un dels 15.000 jueus que es calcula que viuen a Turquia: un 0,02% de la població, tot i que el càlcul no és precís, ja que no hi ha un cens oficial que els comptabilitzi, sinó que ells mateixos s’encarreguen de comunicar de forma voluntària al rabinat els casaments, naixements o defuncions.

Bonfil estudia música i composició a la Universitat Tècnica d’Istanbul. Està orgullós de formar part de la comunitat jueva d’Istanbul, i no se n’amaga perquè diu que està fart dels kayades. A la vegada, però, defensa una postura crítica sobre la gestió de la comunitat. Els jueus a Istanbul són considerats una de les minories religioses del país, com va determinar el Tractat de Lausana (1923), però hi ha hagut diversos episodis d’antisemitisme a Turquia que encara es consideren un problema greu en la societat turca.

Nationalia: Com s’ha preservat la llengua i la cultura a la teva família?

Cenk Bonfil: Jo no parlo judeocastellà, però els meus avis sí. Els pares l’entenen i el parlen una mica només. Com que a l’institut jueu fèiem classes de castellà (tot i que no de judeocastellà) vaig tenir eines per a poder entendre més els avis. La meva experiència més gran amb el judeocastellà va ser al cor infantil que apareix al documental, les Estreyikas d’Estambol, on vaig cantar de nen. Per tant, conec les cançons tradicionals sefardites en judeocastellà. Quan cantava al cor, ni jo ni cap altre infant no les enteníem, només les memoritzàvem. Tot i així, el director de la coral, Izzet Bana, intentava explicar-nos-en el significat i ens ensenyava a fer gestos quan cantàvem perquè n’entenguéssim la lletra.

N: Per què no et parlaven en judeocastellà a casa?

C. B.: Tant de bo me n’haguessin ensenyat. Però pels meus avis o pels meus pares, el judeocastellà és la llengua que parlaven quan no volien que jo, de nen, entengués el que deien. Per mi ha estat sempre la llengua dels adults. No sé si se’n penedeixen a casa meva, potser ara la gent és més conscient que s’hauria d’haver ensenyat a les noves generacions, però de forma natural s’ha anat perdent. De totes maneres, els meus pares no tenen el nivell per poder-me’n ensenyar perquè els meus avis mai no van utilitzar el judeocastellà per comunicar-s’hi.

El motiu és històric. Amb la fundació de la República de Turquia per Mustafa Kemal Atatürk (1923) es volia que la gent parlés turc, hi va haver una revolució en la qual es va canviar de l’alfabet àrab al llatí i hi va haver una gran alfabetització de la societat. Un dels eslògans principals de la República era “Vatandaş, Türkçe konuş!” que significa “Ciutadà, parla turc!”, així que tothom que parlava un altre idioma se n’avergonyia i se n’amagava. Quan dos jueus es trobaven al carrer i n’hi havia un que començava a parlar judeocastellà, l’altre li deia: “Kayades”. És a dir, que no parlés tan alt. Per això el judeocastellà va anar desapareixent. Després, durant la generació dels meus pares estava socialment més acceptat parlar-lo al carrer, tot i que ja era indiferent perquè molt poca gent el sabia.

N: Des del Centre Sefardita a Istanbul, creat el 2003, s’han fet accions per mantenir viu el judeocastellà. Però tu, en una entrevista que et van fer al diari Shalom, dius que el que s’hauria de fer és institucionalitzar la llengua. Què proposes?

C. B.: Considero que la feina que estan fent des del centre és genial, però no n’hi ha prou. No vull jutjar-los perquè no sé què poden fer i què no, però tant de bo que el judeocastellà es pogués potenciar d’una forma més professional. Sí que la Karen Gerson hi treballa, parla i ensenya judeocastellà, perquè és lingüista, però la majoria que formen part del centre ho fan de manera voluntària. De forma més professional em refereixo, per exemple, a través de col·laboracions amb universitats o amb acadèmics, o també es podrien fer gravacions de la llengua per poder-la estudiar.

N: Com has conegut la teva herència cultural?

C. B. De nen, fins que vaig començar la universitat, vaig créixer en un ambient jueu. Al sisè curs vaig començar a anar a l’Escola Jueva d’Ulus, fins que vaig acabar l’institut. Per tant, estava envoltat de jueus. A l’escola celebràvem els dies festius jueus i les celebracions tradicionals, i també fèiem classes d’hebreu. A més, anava als clubs de joves, on es feien esdeveniments i se celebraven les festes jueves. A casa, tot i no ser una família religiosa, celebrem les festes. Els divendres al vespre fem el Shabbat, i també celebrem el Péssah o el Iom Kippur. Quan formes part d’una minoria, tot i que la família sigui més aviat laica ho celebres, no necessàriament des d’una vessant religiosa sinó perquè és una tradició i manté la comunitat unida.

N: Així, consideres que la sefardita és més una comunitat ètnica o religiosa?

C. B. És més una comunitat religiosa, oficialment comptem com a minoria religiosa. A Turquia oficialment només es compten com a minories les religioses. És a dir, minories musulmanes com la kurda o l’aleví no s’entenen com a minories. Tot i comptar-nos com a minoria religiosa, et pots definir alhora com a ateu i jueu. D’altra banda, els casaments mixtos han augmentat durant els últims anys: molts jueus s’han casat amb no jueus. Objectivament això és un problema per la comunitat, perquè cada cop és més petita, i per tant, els que gestionen la comunitat ens animen a casar-nos entre nosaltres, però personalment considero que els casaments mixtos són inevitables i forma part d’un procés natural.

N: Com s’organitza i es finança la comunitat?

C. B. El rabí és el màxim representant religiós i el president de la comunitat és el màxim representant davant les altres comunitats o les institucions turques. Jo sempre he conegut el mateix rabí, İsak Haleva, tot i que hi va haver eleccions quan estava a l’institut, però va sortir elegit ell mateix per davant d’un altre únic opositor. En el cas del president, és el comitè que gestiona el rabinat qui l’elegeix i la seva feina és voluntària. Actualment hi ha una copresidència entre İshak İbrahimzadeh i Erol Kohen. Hi ha diferents serveis de la comunitat per tot Istanbul: sinagogues, dos clubs de joves, un hospital, una escola, una guarderia, residències i cases de la caritat. Tot això està connectat amb el rabinat. També tenim un diari oficial de la comunitat, el Shalom. Existeix també lAmaneser, l’únic diari íntegrament en judeocastellà del món [vegeu-ne la fotografia]. El major ingrés que té el rabinat és la kisba, una donació voluntària que paguem els que en formem part. Altres ingressos provenen de l’escola, l’hospital o la residència, que són privats i, per tant, has de pagar per utilitzar-ne els serveis. Les institucions tenen també els seus ingressos com els esdeveniments que organitzen o el suport que reben de comunitats jueves d’altres països.

N: Per què estàs orgullós de mostrar la teva identitat?

C. B. No ho sé, suposo que estic intentant trencar aquesta norma. La norma de “kayades”. Penso que si sobrevivim, és així com ho farem. No ens podem amagar, no hauríem de fer-ho. Puc entendre per què la gent prefereix amagar la seva identitat —jo tampoc em sento còmode cridant que sóc jueu a tot arreu—, però hauríem de ser més coratjosos i dir: “Som jueus i existim, vivim aquí i hi hem viscut durant segles, som aquí i hem de conviure junts, no hi ha altra opció”. Per tant, estic intentant no amagar-me i informar la gent sobre com vivim i què fem i hi ha gent que s’interessa i m’ho demana.

N: Creus que els jueus que viuen a Turquia no volen mostrar la seva identitat perquè tenen por?

C. B.: Sí, aquesta n’és la raó. Fins i tot els estudiants que van a l’escola jueva i agafen un taxi per anar de casa a l’escola no diuen que van a l’escola jueva, diuen que van a algun altre lloc, i si el taxista els pregunta a quina escola van, s’ho inventen. També he vist jueus que, anant al Starbucks, en lloc de dir el seu nom real n’utilitzen un de turc.

N: Amaguen la seva identitat perquè viuen a Turquia o perquè són jueus?

C. B. Pels dos motius. L’antisemitisme és un problema greu a Turquia. Segurament hi ha antisemitisme als països europeus també, però allà he vist jueus sentint-se còmodes passejant pel carrer amb kippah. Segurament hi ha llocs on han d’amagar la seva identitat, però no crec que tant com a Turquia. Després dels atemptats a dues sinagogues d’Istanbul el 2003, s’han augmentat molt les mesures de seguretat als espais de la comunitat com les sinagogues, els clubs de joves o l’escola. No és permès d’entrar-hi si no formés part de la comunitat. Les úniques maneres de fer-ho si no en formés part és demanant una cita i un permís, o que et convidin a algun esdeveniment. L’únic que pots visitar amb facilitat és el Museu Jueu que hi ha dins la sinagoga Neve Shalom.

N: Hi ha hagut mai representació sefardita en la política turca? Quines opcions teniu que defensin els vostres interessos?

C. B.: Només hi ha hagut un representant jueu al Parlament turc. Ara no n’hi ha cap. Les persones jueves votem però no hi ha cap partit en concret que defensi els nostres interessos i pel qual votem majoritàriament els membres de la comunitat.

N: Afecten a la comunitat les relacions polítiques entre Turquia i Israel?

C. B.: Desafortunadament hi afecten. Tot i que no hauria de ser així, la gent confon els jueus amb Israel i quan hi ha tensions entre Israel i Turquia el públic es gira contra la comunitat jueva de Turquia, cosa que no té sentit. No rebem cap tipus de suport del govern israelià com a comunitat. La gent espera que la comunitat jueva de Turquia es posicioni públicament contra les polítiques d’Israel, però nosaltres no tenim res a veure amb el govern d’Israel, així que per què hem de demostrar que estem en contra d’Israel? Cadascú pot estar-hi a favor o no. En altres casos no demanen l’opinió a altres comunitats. Som aquí, vivim aquí i votem aquí, per tant, no tenim res a veure amb les relacions polítiques entre els països.

N: Tot i així, hi ha hagut onades migratòries cap a Israel causades per episodis antisemites de la història de Turquia.

C. B.: Sí, ha passat molt. No puc assegurar-te si específicament després dels atemptats del 2003, però sí per exemple després dels esdeveniments de Tràcia, a la dècada de 1930, quan hi va haver un pogrom al voltant de la ciutat d’Edirne i altres. La gent va sortir al carrer i van atacar cases i botigues de gent jueva. Després d’aquest episodi molta gent va emigrar cap a Istanbul i cap a Israel. Un altre exemple és el 6 i 7 de setembre del 1955, quan es es van filtrar unes notícies falses a la premsa que deien que la casa d’Atatürk a Salònica havia estat atacada. Com a conseqüència hi va haver actes de vandalisme a les cases de les minories religioses turques: jueves i cristianes armènies i gregues. Durant els dos dies següents van cremar cases i botigues, va haver-hi segrestos… va ser horrible. Això va causar una altra onada migratòria cap a Israel. Durant els últims 10 o 20 anys també hi ha hagut gent que hi ha emigrat per raons econòmiques, perquè Israel posa moltes facilitats si ets jueu i vols emigrar: per exemple, t’exclou de pagar alguns impostos.

N: De 2015 a 2019 el govern espanyol va donar l’oportunitat a les persones de la comunitat sefardita d’aconseguir la nacionalitat espanyola si superaven un examen de castellà i un examen sobre la cultura espanyola i la Constitució.

C. B.: Per molta gent va ser vist com una oportunitat d’esdevenir ciutadà de la Unió Europea, una oportunitat molt gran si ets de Turquia. Per aconseguir-la havies de demostrar que eres sefardita. El rabinat comprovava a quina sinagoga s’havien casat els teus pares i avis i si havien fet un casament sefardita. D’aquesta manera podies justificar-ho, ja que ningú coneix exactament d’on van venir els seus avantpassats. Al principi Espanya no demanava passar aquests exàmens, segurament esperaven que la gent hi emigrés, i no va ser així. En general la gent només veu el passaport com una oportunitat per viatjar més fàcilment i més econòmicament. Així que Espanya va decidir posar-ho més difícil i va establir aquests exàmens. Això va fer enfadar a molta gent d’aquí, perquè Espanya havia promocionat aquesta política com una manera de demanar perdó a la comunitat sefardita i la gent va començar a reaccionar dient: “Un examen, de veritat? Així és com demaneu perdó?”. També podem demanar la nacionalitat portuguesa, que és la que tinc jo, només demostrant que ets sefardita i pagant —menys que per obtenir l’espanyola.

N: En el cas de la teva família, en coneixes els orígens? Part dels sefardites que es van establir arreu de la Mediterrània eren provinents de territoris de llengua catalana i, de fet, consta que van mantenir l’ús del judeocatalà durant molt de temps. Creus que el teu cognom, Bonfil, podria ser d’origen català?

C. B.: Sincerament, ho desconec. Formo part d’una família sefardita jueva total, tant per part de la família materna com de la paterna. Desconec l’origen del meu cognom, però és un de molt poc comú entre els jueus a Turquia. Pel que sé, hi ha tres famílies que responen a aquest cognom: dues a Istanbul i una a Esmirna. Alguns amics francòfons em van dir que significava “bon noi” en francès. És l’únic que sé. No sé si és català o francès, i de fet no sabia que podria ser català, però té sentit —potser més sentit que d’origen francès.

N: Vas participar en unes trobades organitzades pel World Ort enfocades a formar nous líders per mantenir vives les comunitats jueves. Quines són les teves propostes?

Això va ser quan estava a l’institut. Més que un líder, m’agradaria estar més involucrat a la comunitat, però crec que és difícil. Segur que estarien molt contents que més gent jove s’involucrés, però crec que xocaríem. La comunitat s’està fent vella, i amb ella, la manera com està gestionada. A més, molta gent jove està marxant de Turquia. M’agradaria poder promoure la comunitat més enllà d’ella mateixa. Sé que és difícil, sobretot en l’ambient polític i econòmic actual. Penso que la comunitat ha d’enfrontar-se als problemes i actuar. Cada cop som una minoria més petita, la població està disminuint, hi ha molts casaments mixtos… això són realitats. No pots gestionar la comunitat amb la mentalitat de fa 40 anys si tens aquesta realitat. Hi continua havent antisemitisme, i molt, però no vivim als anys de 1940; per tant, potser no hauríem de dir més “kayades”.

Sé que és difícil, però hi ha moltes coses que es podrien fer. Per exemple, m’agradaria que hi haguessin més esdeveniments a l’aire lliure. Recordo que quan era petit hi havia una diada internacional, el Dia Europeu de la Cultura Jueva, en què es feien esdeveniments per tot Europa per posar en valor la cultura jueva de cada país. Quan era petit, per celebrar aquest dia a Istanbul recordo que s’organitzaven moltes activitats al carrer, com un concert sota la torre de Gàlata. Era un esdeveniment jueu, s’hi cantaven cançons jueves, i tothom hi podia assistir. Durant tot el dia s’organitzaven més actes tant en llocs propis de la comunitat com en espais públics. Era molt bonic. Penso que va ser a finals del 2000, quan les relacions entre Turquia i Israel van fer-se més tenses, que l’antisemitisme va augmentar i es van deixar de fer aquest tipus de celebracions. L’únic que es conserva és una representació teatral a la sinagoga Neve Shalom que escenifica un casament jueu. Tant de bo hi haguessin més esdeveniments oberts al públic. Ens hauríem de promocionar més, hem de reivindicar que som aquí, que vivim aquí: doncs coneguem-nos.

 

 

[Font: http://www.nationalia.cat]

Contemplar, honrar y celebrar el Mes de la Herencia Judía Estadounidense más allá de los Estados Unidos

Mayo fue proclamado el Mes de la Herencia Judía Estadounidense por el presidente George W. Bush en 2006, en parte para reconocer y celebrar más de 350 años de historia judía estadounidense. Es un período de tiempo designado que se reserva anualmente para reconocer y honrar los logros de los judíos estadounidenses y sus contribuciones al tejido de la sociedad en los Estados Unidos. También es un momento para reflexionar sobre la presencia histórica y el reciente resurgimiento del antisemitismo virulento en ese país y en otras partes del mundo como un fenómeno global y para oponerse a él y a todas las manifestaciones de odio.

Además, es una oportunidad para pensar en lo que significa « judío estadounidense », o también podría significar. Ser judío abarca múltiples componentes de identidad que incluyen facetas religiosas, étnicas, culturales y lingüísticas que pueden ser variadas y bastante diversas. Del mismo modo, « estadounidense » no significa lo mismo para todos. Fuera de los Estados Unidos – y más ampliamente, el mundo de habla inglesa – América se entiende como el continente americano, a veces referido en plural como las Américas; en países de habla hispana y portuguesa, América o las / as Américas .

Página final de la autobiografía de Carvajal

Página final de la autobiografía de Carvajal. (1596)

Las personas fuera de América Latina suelen reaccionar con sorpresa al saber que hay judíos latinoamericanos en las Américas que constituyen una parte significativa de la (s) diáspora (s) judía (s) global (es). El encuentro con el Nuevo Mundo llevó a muchos judíos a lo que se conocería como el continente americano. Muchos de ellos eran conversos sefardíes o criptojudíos que, tras la expulsión de judíos y musulmanes de España, buscaron un lugar lejos del alcance de la Inquisición. Desafortunadamente, la Inquisición pronto los siguió y se estableció en las colonias españolas y portuguesas de América Latina. Uno de los criptojudíos más famosos del Nuevo Mundo fue Luis de Carvajal, el Mozo (1567-1596), cuya historia, y la de su familia, está bien conservada en los documentos históricos de la Inquisición española en México. Fue acusado y juzgado por judaizar (practicar judaísmo) en dos ocasiones. Más tarde fue sometido a tortura y obligado a revelar los nombres de más de 100 judaizantes, incluidos los miembros de su propia familia. El 8 de diciembre de 1596 fue quemado en la hoguera en un auto de fe junto a su madre Francisca de Carvajal, y sus hermanas Leonor, Isabel y Catalina. Esta escena está claramente representada en el mural de Diego Rivera “Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central” (Sueño de una tarde dominical en el parque de la Alameda [1946-47]) como uno de los momentos clave de la historia de México. Luis de Carvajal dejó un registro de su vida y práctica religiosa en el México del siglo XVI, conocido simplemente como Vida, escrito entre 1592 y el momento de su muerte.

La primera sinagoga en las Américas , Kahal Zur , se estableció en Recife, Brasil en 1636. En 1642, tenía su propio rabino, Isaac Aboab da Fonseca, y floreció a mediados del siglo XVII cuando esta parte del noreste de Brasil fue controlada por los holandeses. La sinagoga original ya no existe, pero hay un museo en el sitio original. La sinagoga Mikvé -Emanuel en Willemstad, Curazao, fue establecida en la década de 1650 por judíos sefardíes y es la sinagoga más antigua que sobrevive y funciona continuamente en las Américas. Se conoce localmente como Snoa, una forma abreviada de la palabra esnoga, en judeoespañol, o ladino, palabra que significa sinagoga.

Portada del primer día brasileño y sello conmemorativo de la primera sinagoga de las Américas, Kahal Zur Israel

Sobre y sello del primer día brasileño que conmemora la primera sinagoga de las Américas, Kahal Zur .

Dada esta historia colonial temprana, uno de los principales conceptos erróneos sobre la judería latinoamericana es que está compuesta principalmente por descendientes de los primeros judíos sefardíes. Sin embargo, la gran mayoría de los judíos latinoamericanos son asquenazíes (judíos de Rusia y Europa del Este) que llegaron a América Latina a finales del siglo XIX y principios del XX. En 1891, el filántropo judío-alemán barón Maurice de Hirsch formó la Asociación de Colonización Judía y compró miles de hectáreas de tierra principalmente en Argentina (pero también en Brasil) con el propósito de reasentar a los judíos rusos y de Europa del Este perseguidos en colonias agrícolas. Entre 1891 y 1932, se establecieron más de una docena de colonias y miles de judíos asquenazíes emigraron a la Tierra Prometida de Argentina. En un momento a principios del siglo XX, Argentina albergaba la quinta población judía más grande del mundo. Hoy en día, sigue siendo el hogar de la población judía más grande de América Latina, aunque también existen comunidades importantes en Brasil, México, Uruguay y Chile, junto con prácticamente todos los demás países de América Latina. La mayoría de los países albergan comunidades judías sefardíes, asquenazíes y mizraje (Oriente Medio). Algo único en la Ciudad de México son sus grandes comunidades de judíos halabi (Aleppan) y shami (damasceno) que emigraron de Siria a México en las décadas de 1920 y 1930. Comunidades judías asquenazíes y mizraje.

Página del diario Di Idishe tsayṭung (El Diario Judío) Buenos Aires

Página del diario Di Idishe tsayṭung (El diario judío) Buenos Aires

Buenos Aires, al igual que Nueva York, tenía un vibrante componente judío con varios periódicos en yiddish y una próspera escena teatral en yiddish. Los primeros escritores en producir relatos literarios de la inmigración judía a Argentina escribieron en yiddish, algunos más tarde hicieron la transición al español para convertirse en figuras importantes de la literatura argentina. El yiddish también prevaleció en México, tanto en forma de periódicos como de literatura. Uno de los primeros y más renombrados poetas yiddish en México fue Isaac (Yizhak) Berliner, cuyos poemas aparecieron por primera vez en el diario yiddish Der Veg, que luego publicó su principal obra de poesía en forma de libro bajo el título Shtot fun Palatsn (1936; Ciudad de los Palacios). Fue un esfuerzo de colaboración con Diego Rivera, quien ilustró el volumen con sus bocetos. Shtot fun Palatsn fue traducido al inglés en 1996 como Ciudad de los Palacios, en una edición que también contiene los dibujos de Rivera.

La literatura ha sido tradicionalmente una expresión importante de la experiencia e identidad judía latinoamericana. Hay aproximadamente 1,000 autores judíos que han contribuido y continúan contribuyendo a la literatura latinoamericana. El siglo XXI ha sido testigo del florecimiento del cine judío latinoamericano con películas como Esperando al mesías (Waiting for the Messiah, 2000) y Judíos en el espacio (o por qué es diferente esta noche a las demás noches (Is this Night Different of All Other Nights, 2005) de Argentina; Morirse está en hebreo (My Mexican Shivah, 2007) y Cinco días sin Nora (Nora’s Will, 2008) de México; O ano em que meus pais saíram de férias (El año en que mis padres se fueron de vacaciones, 2006), Brasil; y Sr. Kaplan (2014), Uruguay, basado en una novela del autor judío colombiano Azriel Bibliowicz.

Para terminar, mientras contemplamos, honramos y celebramos el Mes de la Herencia Judía Estadounidense, exploremos y pensemos en la variedad, diversidad y profundidad de la herencia judía en un sentido mucho más amplio en las Américas y no solo en los Estados Unidos.

[Publicado originalmente en Nevada Today – reproducido en http://www.diariojudio.com]

Traduksyon del livro “Le Petit Prince” de Saint-Exupery

Prezentado por Klara PERAHYA

Es kon el korason ke se ve byen.

Lo ke es esensyal es invizivle a los ojos:

Antoine de Saint Exupery

La semana pasada muestro grande amigo Jean Carasso, fundador de la tan interesante revista “Lettre sépharade”, ke malorozamente interrumpyo su aktividad jurnalistika ma ke syempre kontinuo su partisipasyon dinamika a la promulgasyon de muestra lingua etnika, me mando (regalo ke me izo kaji yorar de alegria) la traduksyon en ebreo i djudeo-espanyol del maraviyozo livo de St. Exupery “Le Petit Prince”, traduksyon echa por Avner Perez i Gladys Pimienta, kon la mizma sensibilidad ke karakteriza esta ovra unika en su djenero.

Esto me permetyo de realizar de muevo el kamino ke fue echo en el esforso para la ekspansyon de muestra lingua ansestral, lingua ke fue un tyempo menospresyada i ke un prejuisyo estupido, vazio de kualkyer lojika, konsidero komo moribunda, kapavle unikamente de kontar chikas anekdotas o de azer “shakaikas” popularyas.

“Le Petit Prince de Saint Exupery” es una ovra muy difisil a traduzir, una ovra de una maraviyoza simplisidad, echa de poezia i de simbolos filozofikos, ande kada alegoria mos mete delantre una verdad i una refleksyon.

El sujeto es muy simple: el enkontro del narrador, un aviador pedrido en el dezyerto, kon un ninyo ke kere no solo deskuvrir el mundo, ma vizyonarlo a su manera kon sus propyas intuisyones i valores, su propya persepsyon de las kozas i su propyo sonyo.

El fakto de tresladar un semejante lavoro ande todo es “subtilidad” i “pensamyento profundo ekspresado kon kandor por la boka de un ninyo” es (a el solo) la afirmasyon ke muestra lingua es un dialekto kon el kual todo puede ser ekspresado. Gladys Pimienta i Avner Perez lo izyeron kon una grande delikadeza.

Komo fue dicho mas arriva, este livro pudo ser editado grasyas al ayudo finansyero de la “Lettre séfarade”, lo ke una vez mas mos prova ke (malgrado la interrumpsyon de su aktividad jurnalistika) Jean Carasso es syempre fidel al esforso de no deshar murir el patrimonyo kultural de muestros ansestros i de azer kontinualmente “un paso dirijido verso el futuro”.

Por seguro ke el lavoro echo aktualmente en varias universidades, kon el objektivo espesyal de rekojer i konservar la erensya intelektual de muestros antepasados, es de una valor primordyal, “No se puede nada krear sovre nada” i la grande baza del sefaradizmo es por seguro echa de los vyejos tekstos, romansas, proverbyos, dichas, kuentos ets… eyos aseguran la perenidad de muestra kultura….. ma, para ke eya kontinue a bivir, kale dirijirmos tambyen verso los tyempos prezentes, adjuntar, syempre adjuntar; sin nunka nada nyegar.

Komo se save byen, detras de kada lingua ay una sivilizasyon i sovre todo una sensivilidad ke deve ser ekspresa a ke nivel ke sea.

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

La filóloga y escritora Paloma Díaz-Mas, elegida para ocupar la silla «i» de la Real Academia Española.

Esta autora es especialista en estudios sefardíes, en particular en literatura en judeoespañol, y novelista.

El Pleno de la Real Academia Española (RAE) ha elegido en su sesión del pasado jueves, 22 de abril, a la filóloga y escritora Paloma Díaz-Mas (Madrid, 1954) para ocupar la silla i, vacante desde el fallecimiento de Margarita Salas el 7 de noviembre de 2019.

Puede consultar la obra incluida en la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes en este enlace.

 

 

[Fuente: blog.cervantesvirtual.com]

Lo del titular no son erratas. Está escrito en ladino. Esta vieja ‘lingua’ está viviendo una segunda juventud. Aún evoluciona y se esparce por el mundo a través de internet. La comunidad judía sefardí habla, conserva y difunde el español heredado de sus antepasados medievales

Escrito por Lucía Mos

Liliana Benveniste bromea al otro lado del teléfono: de haber existido Twitter en el siglo XV, los españoles de la época chuchulearían sus ocurrencias en lugar de tuitearlas. Esta argentina riega de vocablos arcaicos la conversación transoceánica que mantiene vía Whatsapp. El ladino está mayor, pero viaja rápido con una buena conexión wifi.

Allá por 1492, los tatarabuelos de Liliana fueron obligados a marcharse de España. Los Reyes Católicos ordenaron la expulsión de los judíos con la firma del Edicto de Granada; de modo que la comunidad judeoespañola se dispersó para asentarse en otros rincones del planeta. Con el tiempo, el ladino, el español que hablaban los judíos, evolucionó por su cuenta y dejó de parecerse a la lengua que se quedó en la península.

Liliana dedica su carrera a insuflar vida a ese español que suena raro pero extrañamente familiar a los hispanohablantes del siglo XXI. Y no es la única: la comunidad sefardí se afana en reanimar su antigua lingua con el empuje digital y el alcance infinito de las redes sociales.

La gramática del ladino es fácil de descifrar por un hispanohablante actual: entra por los ojos como una lengua medieval que parece haber colisionado con la grafía clásica de los pokeros contemporáneos

ESTA FRAZA NO TIENE DINGUN YERRO: ESTA ESKRITA EN LADINO

La base lingüística española y hebrea del ladino, también conocido como sefardí y judeoespañol, queda patente incluso en el nombre del idioma. La palabra sefardí procede de Sefarad, que es el topónimo con el que se conoce a España en el Antiguo Testamento; y ladino viene de ladinar, la acción de traducir textos semíticos al castellano.

La gramática del ladino es fácil de descifrar por un hispanohablante actual: entra por los ojos como una lengua medieval que parece haber colisionado con la grafía clásica de los pokeros contemporáneos, con su abundancia de kas, la alternancia de bes y uves y de eses y ces, y una característica omnipresencia de la i latina.

Tanto es así que medio Twitter puso el grito en el cielo cuando la Embajada de España en Turquía compartió una serie de mensajes por el Día Internacional del Ladino, celebrado en este país cada 21 de febrero. Donde los puristas lingüísticos de la red social creyeron ver faltas de ortografía en realidad había un español de hace 500 años que, a día de hoy, todavía podemos entender sin apenas esfuerzo.

EL LADINO KONTINUA A VIVIR EN INTERNET

Los arcaísmos tan notorios del ladino dan la sensación de que es una lengua estancada en el tiempo, pero ni mucho menos. El judeoespañol se salpicó de francés, italiano, holandés, griego y turco cuando los sefardíes abandonaron España, y sigue en una continua actualización para adaptarse a los tiempos que corren.

Prueba de ello son los chuchuleos de los que habla Liliana, que es la copropietaria y editora del portal eSefarad, dedicado a las noticias de la comunidad sefardí. Además, organiza espectáculos, da clases de ladino y canta en la lengua que escuchaba en casa de sus abuelos, judíos procedentes de Turquía, cuando era pequeña.

La argentina forma parte de Erensya, la plataforma online del Centro Sefarad-Israel que aúna proyectos internacionales destinados a difundir el ladino. También es miembro Karen Gerson, directora del Centro Sefardí de Estambul desde 2003 y responsable de El Amaneser, el único periódico publicado enteramente en judeoespañol en todo el mundo. El diario ladino tiene una tirada de 4.000 ejemplares en papel y cuenta con una edición online.

Karen ha publicado libros, música, diccionarios, compilatorios de dichos y proverbios y es la cantante solista del grupo Los Pasharos Sefaradis. Según dice, cientos de personas se conectan a sus clases y actividades en torno al judeoespañol impartidas por Zoom.

Lo cierto es que no escasean las iniciativas que promueven el ladino desde distintos países: hay grupos (como la Ladinokomunita), foros, encuentros, conferencias, clases, vídeos, canciones, programas en la Radio Exterior de España y hasta un Centro de Estudios Sefardíes en la Universidad de Washington. El español más antiguo pervive en las páginas webs, Twitter y YouTube.

Aitor García Moreno: «Esta lengua está y estará seriamente amenazada siempre que no sea útil su uso. Si no sirve en la vida diaria, no será una lengua viva»

ESTA EL LADINO EN RIZGO DE MURIR?

Del número total de hablantes del ladino en la actualidad solo se conocen estimaciones. Se calcula que unas 150.000 personas lo hablan en todo el mundo, aunque «los niveles de competencia lingüística pueden variar muchísimo de unos hablantes a otros», afirma Aitor García Moreno, investigador distinguido del departamento de Estudios Judíos e Islámicos del Instituto de Lenguas y Culturas del Mediterráneo y Oriente Próximo.

El experto explica a Yorokobu que hay quienes solo conocen palabras sueltas o hablan de temas concretos, de tipo biográfico o del ámbito doméstico. «Esta lengua está y estará seriamente amenazada siempre que no sea útil su uso», advierte. «Si no sirve en la vida diaria, no será una lengua viva, como apenas lo es hoy en día. Otra cosa es su preservación y estudio, que puede (y debe) acrecentarse».

La Autoridad Nasionala del Ladino de Israel, creado en 1997, y la Academia Nasionala del Ladino, organismo fundado por la RAE en 2019, también con sede en Israel, son las instituciones lingüísticas oficiales que tratan de proteger y regular un idioma que se ha desarrollado sin la pauta de una norma común.

El Gobierno de España aprobó en 2015 una ley para devolver la nacionalidad española a los descendientes de los judíos desterrados por los Reyes Católicos. A Liliana, que recuerda el anhelo de los sefardíes por regresar a su hogar, le concedieron la suya en 2017.

Una de sus palabras favoritas es ambezar, que puede significar aprender o enseñar en función del contexto. Mientras los lingüistas se ponen de acuerdo, el ladino evoluciona a su aire, como siempre lo ha hecho.

 

[Fuente: http://www.yorokobu.es]

     

Por Mohorte / Magnet

Un mensaje de la embajada española en Turquía fue suficiente para desatar la tormenta: « Keridos amigos i amigas de la Komunidad Sefaradi. Para mi es una grande onor i un privilejio de pueder adresarme a vozotros en una data tan importante komo la de oy ». La confusa grafía generó toda suerte de chanzas y preguntas. ¿Habían abrazado las instituciones públicas la venerable lengua « hoygan », la variante castellana del badspellingen el que la ortografía de cada palabra se retuerce con propósitos cómicos?

No. Había abrazado el judeoespanyol.

La explicación. Ante el revuelo montado la propia embajada se vio en la obligación de aclararlo poco después: « Hoy hemos celebrado en Turquía el día del judeoespanyol, la lengua de la comunidad sefardí, y nuestro embajador se ha dirigido a ella en su lengua ». En efecto, no se trataba de una burda equivocación ortográfica, sino de un idioma que ha pervivido en los márgenes durante más de cinco siglos, y cuyo origen se remonta a la comunidad de judíos ibérica expulsada de los reinos cristianos en 1492.

La marcha. La expulsión de los judíos es uno de los episodios más controvertidos de la historia de España y ha rellenado toneladas de páginas en la historiografía. Reducido a su interpretación más simple, el interés de los reyes católicos por homogeneizar sus estados en la recta final del siglo XV condujo a una persecución sostenida de la comunidad judía en la península, largamente asentada, concluida en o bien conversiones forzosas o bien el exilio para quien se negara a abandonar su fe.

Se calcula que unos 100.000 judíos abandonaron España en 1492. Fue el último episodio de un largo historial de antisemitismo y fricciones con las poblaciones cristianas dominantes que encuentra en los pogromos y exterminios de 1391 su episodio más negro y funesto.

El contexto. La ascendencia de la población hebrea en los territorios ibéricos se remontaba siglos atrás. La monarquía española no fue una excepción en su persecución de los judíos. Si acaso llegó más tarde. Francia había concluido su proceso de expulsión en 1394; Inglaterra había emitido su edicto mucho antes, en 1290; Austria institucionaliza su persecución y exilio forzoso en 1421; y una miríada de estados centroeuropeos hacen lo propio durante el siglo XV, punto culminante de las desavenencias cultivadas durante años por los cristianos europeos.

En el exilio, judeoespanyol. Sobre los porqués también hay infinidad de análisis y estudios. La baja Edad Media supone un cambio en las actitudes (políticas, sociales, económicas) de Europa occidental, disparando los episodios de antisemitismo y las persecuciones hacia los judíos. Lo que nos interesa para el caso que nos ocupa es el arrastre que aquellos judíos hicieron con sus costumbres, hábitos, prácticas culturales e idiomas. La población hebrea española era… Tan española como la cristiana. Y cuando se marcharon (forzosamente) se llevaron su cultura con ellos.

Entre ella, la lengua. El judeoespanyol.

Un romance. Si las palabras escritas por la embajada nos resultan tan familiares, si bien impactantes, es porque el judeoespanyol es una lengua romance. Una derivación del latín vulgar que adaptó los dejes de la comunidad hebrea (con sus formas, acentos y variedad léxica). Hoy su esqueleto más básico se compone del castellano antiguo hablado en la España peninsular de la Edad Media, complementado por una miríada de particularidades deudoras del turco y de varias lenguas semíticas (entre ellas, obvio, el hebreo). Un proceso calcado al del yiddish, lengua germánica.

Las lenguas que pueblan hoy la península y que todos conocemos (español, catalán, gallego, portugués; a sumar al asturiano y al aragonés, hoy en peligro) no son las únicas que lo hicieron en el pasado. El judeoespanyol corrió mejor suerte que el mozárabe, el idioma de los cristianos residentes en territorios musulmanes extinto, en parte por el exilio y por la más compleja asimilación de la población hebrea. Durante siglos, los judíos sefardíes mantuvieron viva su lengua, siempre en los márgenes de los estados, a menudo perseguidos, lejos de los centros de poder.

A día de hoy. La perseverancia del judeoespanyol quinientos años después sólo puede ser motivo de admiración y respeto. Es parte de la cultura española. Hoy cuenta con 500.000 hablantes, la mayoría de ellos residentes en Israel. Es allí donde en diciembre se inauguró la Real Academia del judeoespanyol, auspiciada por la RAE, cuyo reconocimiento de la lengua se remonta a 2015. Otras comunidades numerosas se cuentan en Turquía, Marruecos o Bosnia-Herzegovina, donde tiene cuenta con cierto reconocimiento oficial. Testigos todos ellos de la larga diáspora sefardí.

España lleva cierto tiempo reparando el calamitoso (a nivel humano, pero también social y económico) edicto de expulsión de 1492. Desde principios del siglo XX los judíos sefardíes cuentan con la posibilidad de compaginar su nacionalidad con la española sin mayores trabas. Y de ahí los mensajes de la embajada española en Turquía. Mensajes que contribuyen a mantener viva una lengua siempre al borde de la extinción (cuenta con su propia placa en Auschwitz) y siempre superviviente.

[Fuente: magnet.xataka.com]
Uno de los livros mas populares del Premio Nobel de Literatura, Elias Canetti, ke agorananyo kumplieron los 100 anyos de su nasimiento, es ‘Die Gerrettete Zunge”, el primer tomo de su auto-biografia, publikado en traduksion al espanyol en 1980, por la Kaza de Edisiones Muchnik, kon el titolo de “Lengua Absuelta”.
 
Canetti ke eskrivio todos sus livros en alman toka en ”La Lengua Absuelta” al lugar ke djugo en su chikez el ladino avlado por los sefaradis de su sivdad natala, Ruschuk. Aki abasho traemos, en traduksion al ladino, los paragrafos de este livro ke se referan a esta lengua de la kuala el autor se akodra kon nostaljia. 
Los sefaradis se konsideravan djudios espesiales, lo ke estava estrechamente atado a sus tradision espanyola. En el korso de los siglos el espanyol ke avlavan desde sus ekspulsion avia evolusionado muy poko. Avian adoptado algunas palavras turkas ma eyas eran rekonosidas komo viniendo del turko i kaje siempre tenian palavras ekivalentes en espanyol. Las primeras kantigas ke oyi eran viejas romansas espanyolas. 
Mi padre i mi madre avlavan entre eyos en alman, lengua ke no devia entender. A parientes i amigos ansi komo a mozotros los chikos, mos avlavan en ladino. Esta era la lengua vernakula, de kada dia, un kastiliano antiguo; mas tadre lo oyi frekuentamente i nunka me lo olvidi. Las kazalinas ke lavoravan en muestra kaza avlavan en bulgaro i fundamentalmente duvi averlo embezado kon eyas, ma nunka fui a una eskola bulgara i despues ke partimos de Ruschuk, kuando tenia 6 anyos, lo olvidi rapidamente. Todos los akontesimientos de akeyos primeros anyos fueron en ladino i en bulgaro. Despues me se trezladaron, en sus mayor parte, al alman. Solo los akontesimientos espesialmente dramatikos, muertes i matansas ansi ke los peores terrores, me se gravaron en ladino, de manera exakta, ke no puede ser efasada.
Despues de la deskripsion del eskandalo ke ezbrocho kuando kanto un kante de amor a Mary, una chika eleva en la eskola onde estudiava, en Manchester, despues ke su padre fue a lavorar ayi, el eskrive:
Ni mi padre savia kuanta razon tuvo al sospechar ke todo akeyo era atado direktamente a las karikas koloradas de la ninia. Mas tadre pensi a este amor infantil i un dia me vino a la memoria la primera kantiga en ladino ke oyi en Bulgaria. 
Ainda me yevavan en brasos kuando alguna mujer se aserko de mi i empeso a kantar: “Mansanikas koloradas las ke vienen de Stambol”; i entonses aserkando su dedo a mi kara lo undio en eya. Yo griti de plazer, eya me tomo en sus brasos i me bezo. Esto se repeto tantas vezes ke en fin embezi a kantar esta kantiga yo mizmo. Desde entonses los ke kerian azerme kantar djugavan ansi kon mi.


[Orijin: http://www.diariojudio.com]

Escrito por Sophie Goldberg

Viernes 19 de agosto de 1994. El periódico Reforma, en su sección de Cultura, con tipografía de 120 puntos o más, anunciaba la muerte de Elias Canetti. “Muere el 14 de agosto el escritor de origen búlgaro, ganador del Premio Nobel de Literatura en 1981. Dejó inconclusa su autobiografía. Sus restos descansan en Zúrich, Suiza, junto a los de James Joyce”. Yo sabía perfectamente quién era Canetti, sin embargo desconocía que era de Bulgaria. Ese día, muy temprano, recibí la llamada tradicional de mis padres, era mi cumpleaños. Después de las cálidas felicitaciones, le pregunté a mi papá si ya había leído la noticia y comenté que me llamó la atención que el célebre escritor fuera búlgaro, como él.

—¡Claro, Elias era de Rustschuk, como tu abuela Sofía; de hecho, eran primos! —me respondió con naturalidad.

—¿Quééé? —vociferé. ¿Me estás diciendo que Elias Canetti era de nuestra familia, que era tu tío y, más importante aún, que era, de alguna manera, mi tío abuelo?

De momento fue tal la magnitud de la sorpresa que hice un largo silencio para poner la información en orden. Para cuando pude colocar la mandíbula de regreso en su lugar, el enojo ya había surgido.

—¡Papá, cómo nunca me dijiste! Me has platicado tu vida entera en Bulgaria, la de tus padres y abuelos. Conozco las penas, las anécdotas, el dolor de las separaciones forzosas y las carencias que pasaste como niño durante la Segunda Guerra Mundial y este dato no me lo habías compartido.

—Bueno, no pensé que fuera tan relevante para ti. Mi abuela Raquel Cappón y la tía Mathilde Arditti, la mamá de Elias, vivieron desde muy jovencitas en la misma calle, eran primas y vecinas, una casa en frente de la otra. Conocida como la Pequeña Viena, Rustschuk fue apodada así por haber sido un centro de celebraciones y fiestas de los turcos en tiempos del Imperio. Ahí, en su Pequeña Viena, mi madre —tu abuela Sofía— y sus hermanos gozaban de los largos veranos junto a sus primos, los Canetti —agregó.

Cuando mi padre me dijo esto, me imaginé a las dos familias paseando por los márgenes del Dunav, de ese Danubio que nace en la Selva Negra de Alemania, y que, en su curso, va acariciando las costas austriacas y húngaras, las de Croacia y Serbia, para después morir con una entrada triunfal en el mar Negro de Rumania. Ese Danubio, inspiración de músicos y poetas, ese que es musa y voz, que es soplo y arrebato, que incita a la furia creadora. Danubius, veterana corriente, aguas que danzan en el azul de Strauss, que se dibujan en los paisajes de Albrecht Altdorfer y en los grabados del gran Cranach.

—Las primas se reunían, además, todos los viernes en la sinagoga de la calle de Aksakov para celebrar el sabbat. Eran muy cercanas: cuando los Canetti se mudaron a Manchester las misivas de un lado para el otro no cesaban; pero después de unos años, cuando el padre de Elias murió, la tía Mathilde se trasladó con sus hijos a Viena. Perdieron poco a poco la comunicación que era, de por sí, muy difícil en ese entonces. Luego llegó la guerra y pues menos —dijo papá, como exculpándose.

Tomé nuevamente el periódico y releí el artículo, ahora con otros ojos, ahora con otra emoción. “Descendiente de judíos sefarditas”, “novelista, dramaturgo, curioso de todo, políglota y viajero; Canetti hablaba el español antiguo de su familia”. Como mi abuela, pensé. Como yo, que lo heredé en lo oral y en escritura. De haberlo contactado o haber tenido un encuentro, hubiéramos podido comunicarnos perfectamente en ese ladino o judeoespañol que los sefarditas llevamos en el alma y a través del cual mantenemos nuestras primeras aproximaciones con la literatura, con refranes, con canciones infantiles, con romances españoles y con nuestro pasado.

¡Qué desperdicio, qué coraje enterarme hasta ahora! No haber podido preguntarle qué le hacía sentir esa peculiar fascinación de todo lo que representaba Karl Kraus, el polémico personaje a quien siguió y reconoció como maestro. Qué era lo que le obsesionaba tanto respecto a la muerte, de la que escribió como tarea de vida. Qué pensaba de la guerra, dado que dijo que la palabra, capaz de llevarnos a la discordia, debiera ser capaz también de lo contrario, de evitarla. Me imagino que precisamente por esta preocupación habrá escrito el magnífico libro La conciencia de las palabras; la sola oración como título da para pensar y analizar sin siquiera leer la obra. Hubiera querido preguntarle qué opinaba sobre la ética de la escritura, ahora que yo soy escritora también y una enamorada de la palabra como lo fue él. Hablar de cómo debe haber sido crecer en el ambiente de Rustschuk, con su multiculturalidad de una Babel de diversidad idiomática que seguramente estimuló sus metáforas, su prosa y su meticulosidad; primero en La lengua absuelta, un autorretrato de su infancia en el que habla de nuestra familia al referirse a primos, tíos y demás parientes en aquel barrio sefardí, y en el resto de su magnífica e intensísima obra. Su madre, la prima de mi abuela, le alimentó la pasión por la lectura, por el saber, por los conceptos y la expansión intelectual que para él no tuvo finitud. El recuerdo de sus años de niñez, de su vida familiar y del ladino sería indeleble en sus escritos. De ese paraíso en el que vivió también mi abuela Sofía, Canetti dijo: “Todo lo que viví después, ya había ocurrido alguna vez en Rustschuk”.

Me hubiera gustado interrogarle acerca de sus sentimientos tras el desprecio racista que sufrió por ser judío. Preguntarle acerca de su visión única de la Viena de entreguerras que produjo una de las concentraciones de talento y de creatividad más extensa que hayamos conocido. Un despliegue de figuras de primera línea en todos los campos de las artes en donde figura él, que fue testigo prácticamente de todo el siglo XX, él y su prosa que ofrece uno de los testimonios más genuinos. Imagino que me cuenta acerca de sus amistades y tertulias con Alban Berg, Alma Mahler, Hermann Scherchen, Hermann Broch, Isaak Bábel o Bertolt Brecht. Qué ganas de haber tenido esta charla, de saber de qué platicaban entre dramaturgos, músicos e intelectuales; si se interrumpían unos a otros por su prisa de expresar una nueva idea, si llegaban puntuales a la cita, si eran reuniones en las que lo cotidiano tuviera un espacio o si todo lo que ahí se trataba era profundo y elevado. Si en algún momento se hablaba del amor o si existían relaciones amorosas en ese selecto ambiente. No faltó quien calificara a Elias de esquivo, difícil y cascarrabias; todos esos adjetivos en una sola palabra para los búlgaros sefardíes se conoce como “axí”. Los búlgaros son de esa manera: malhumorados, irritables y gruñones; coraza que usan para defender su buen corazón, si lo sabré yo, que viví toda mi infancia y adolescencia con uno, mi padre.

Sus agudas observaciones sobre el lenguaje en frases como: “Enmudeció por miedo a los adjetivos” o “Hay que abusar de una palabra, para descubrirla”, me han sido de suma valía en mis textos. Yo también considero a la palabra sagrada y a la palabra escrita, aún más. Yo también me detengo a desmenuzar cada vocablo antes de entregarlo a mis lectores. Busco el término idóneo, la expresión que haga magia, la metáfora que asombre, el lenguaje magnético. En mi más reciente novela, El Jardín del Mar, relato precisamente el extraordinario periplo de los judíos de Bulgaria y de mi propio padre durante la Segunda Guerra Mundial. Acontecimientos que muestran valor, piedad y hermandad de un pueblo que se atrevió a ir a contracorriente de lo exigido para salvar a sus ciudadanos de los campos de exterminio. Este extraordinario episodio es poco conocido en los anales de la historia universal, ya que el comunismo mantuvo el suceso en secreto hasta 1991, pero es mi historia familiar, por lo que yo he tenido conocimiento de los hechos desde siempre. La narración comienza justamente en Rustschuk con la familia de mi abuela.

Hasta antes de ese 19 de agosto de 1994, mis lecturas de la obra de Elias Canetti habían sido objetivas, espontáneas y, debo decirlo, por momentos difíciles en su comprensión; pero después de mi descubrimiento tardío de nuestra relación familiar, lo comencé a leer poniendo especial atención en sus obsesiones, en su escritura multigénero, ya que escribió novela, ensayo, apuntes, aforismos, en fin, combina su capacidad de concentración con la avidez insaciable de aprender. Me hubiese gustado agradecerle el haber calibrado, medido y sopesado cada palabra publicada. El haber avalado cada vocablo en la medida en que tomaba responsabilidad al pronunciarlo, y más aún, al escribirlo. Por algo se tardó treinta años en escribir su gran obra Masa y poder. Un tema candente en la época, tema que lo marcó al ser testigo de varias protestas y de las formaciones de las masas tratando de entender el concepto desde la antropología, no desde la política. Para mí, Elias Canetti representa la profesión del escritor, un legado que acabará de ser descubierto en el 2024, cuando se saquen de una bodega en la biblioteca de Zúrich los manuscritos de diarios que bajo sus estrictas órdenes permanecerán sellados hasta que llegue la fecha indicada.

Su idea de que el hombre tiene el poder de la metamorfosis le hacía aseverar que en el ser polifacético reside el don que constituye la verdadera singularidad del ser humano. Estaba seguro de que todos poseemos diferentes dotes y que podríamos vivir a fondo nuestras distintas inclinaciones. Este es un reflejo de su propia avidez por cumplir sus múltiples facetas. Canetti decía que el escritor se caracteriza por dos cosas: porque usa la palabra para enfrentarse a la muerte y atrapar la vida y porque el escritor es el custodio de las metamorfosis; es el hombre capaz de vivir muchas vidas y de dar vida a sus personajes. Así, se puede volver una y otra vez a su obra y encontrar cosas nuevas dentro de una calidad de lengua y de pensamiento de “un clásico”, como lo calificó Ignacio Echevarría, filólogo, editor y crítico, en la conferencia que dictó a principios del 2020 para la Fundación Juan March en Madrid.

Me quedo con las ganas de haberle preguntado, de haber discutido, de haber hablado en judezmo, su primera lengua, y de haber descubierto bajo la máscara del escritor al ser humano: al que añoraba a su padre, al que sufría la profunda tristeza del emigrado, al que le era importante ser reconocido, al que perseguían sombras que lo acompañaron hasta la muerte. Me quedo con las ganas de que, quizá, él hubiese leído mis escritos, de que me hubiera corregido una palabra o hubiera sugerido un símil, de que me firmara un libro, de que tomáramos un café, de prepararle un tradicional gyuvech búlgaro con mucha berenjena, mucha okra y la sazón de los Balcanes. Seguramente hubiese gozado hasta chuparse los dedos porque mi receta es la de nuestra familia, la que llevamos en el paladar. Me quedo con las ganas de que me hubiera conocido, y yo a él; de que me hubiera visto como una manifestación más de la diversidad de la vida, porque las personas éramos su materia prima para hacer sus observaciones más penetrantes. Me quedo con sus interrogaciones, con el sentido de su obra, con la bilis de sus textos autobiográficos. Me quedo con una de sus muchas frases: “Nadie es más solitario que aquel que nunca ha recibido una carta”. Me quedo con esa solitud, porque nunca recibí una carta suya.

Sophie Goldberg es escritora. Entre sus libros: Lunas de Estambul y Vida y pasiones.

[Ilustración: David Peón – fuente: http://www.nexos.com.mx]

 

Le ladino, ou judéo-espagnol, est une langue historiquement parlée par les Séfarades de la péninsule Ibérique et de l’Empire ottoman. Naguère en danger de disparition, l’idiome est désormais remis au goût du jour par des apprenants venus renouer avec leurs racines ou découvrir une nouvelle culture.

Des touristes visitent la synagogue historique de Tolède, érigée au XIIe siècle (et transformée en église catholique, Santa María la Blanca, au XVe siècle). Les Juifs séfarades expulsés de la péninsule Ibérique à la fin du XVe siècle se retrouvent pour une partie dans l’Empire ottoman. La langue judéo-espagnole qui y prospérait a connu un fort déclin, avant, aujourd’hui, d’attirer de nouveau de nombreux apprenants. (Espagne, 13 avril 2006.)

Écrit par Kenan Cruz Çilli

On le disait sur le point de disparaître, mais voilà qu’aujourd’hui le ladino suscite un engouement surprenant. Derrière le regain d’intérêt mondial pour cette langue se cache un événement pourtant peu exaltant : l’épidémie de Covid-19. L’une des conséquences inattendues de la pandémie est l’augmentation significative de la pratique du ladino… en ligne. Cette langue est en plein essor, comme en témoignent les nombreux cours et les conférences internationales hebdomadaires organisés sur Zoom ainsi que la multiplication des publications en ladino. Résultat : de nombreux spécialistes réajustent leurs prédictions pessimistes sur la vitalité de cet idiome.

Le phénomène ne se résume pas à l’augmentation du nombre de locuteurs et d’apprenants : les confinements successifs et le développement des activités en ligne ont également contribué à resserrer les liens de communautés séparées par des milliers de kilomètres, redonnant ainsi un second souffle à leur langue commune.

Une histoire méditerranéenne

Il suffit de jeter un œil à El Amaneser, un mensuel d’Istanbul exclusivement rédigé en ladino qui paraît depuis 2005, pour constater la forte hausse mondiale des activités liées à cette langue. En réaction à la demande florissante, le journal a décidé de publier chaque mois plusieurs pages d’articles écrits par des lecteurs, juifs ou non, qui apprennent le ladino en ligne. Ces étudiants, d’âges et d’horizons divers, contribuent à bousculer l’idée que cette langue, à l’écrit ou à l’oral, est réservée aux personnes d’un certain âge.

Avant la pandémie, les estimations du nombre de locuteurs du ladino, également connu sous le nom de judéo-espagnol, judesmo, spanyolit et djidio (en Bosnie-Herzégovine), oscillaient entre 60 000 et 400 000 individus. La base de données Ethnologue, qui recense toutes les langues…

[photo : REUTERS/Victor Fraile – lisez l’intégralité de ce billet sur http://www.haaretz.com : https://bit.ly/3kaAyGJ%5D

 

 


Isacco Hazan
Ed. Divit
ISBN: 978-2-9544562-0-1

Uno de los prinsipales obstakolos al estudio del ladino, durante largos anyos fue la falta de diksionarios. Grasias al Dio, la situasion en este kampo se mijoro muncho ultimamente i ya tenemos agora una media dozena de diksionarios (del ladino al ebreo, al inglez, fransez i turko) lo ke permete a la mayoria de los ke keren estudiar esta lengua de konoser la sinyifikasion de las miliarias de palavras ke forman el vokabulario djudeo-espanyol.

A estos diksionarios viene de djuntarse agora uno mas: el « Dictionnaire Illustré du Judėo-Espagnol de Turquie » de Isacco Hazan, publikado por la Kaza de Edisiones Divit.

Segun se puede ver del titolo de este diksionario, el reflekta el ladino de los djudios de Turkia, paiz ande nasieron los djenitores del autor ke se embezo de eyos a avlar en esta lengua.

En desparte del karakter autentiko de este diksionario, bazado sovre una buena konosensia de la lengua i de sus ekspresiones, el se distinge tambien por las numerozas illustrasiones i las informasiones ke las akompanyan, lo ke da a esta ovra una dimension kulturala muy apresiable.

 

[Orijin: http://www.akiyerushalayim.com]

Tenía los 77 años. Fue autor de grandes obras literarias, editor y exdirector de la Biblioteca San Martín.

https://elsol-compress-release.s3-accelerate.amazonaws.com/images/large/1608917002584Carlos_Levy_-_foto_de_Camila_Toledo.jpg

El escritor y poeta mendocino Carlos Jacobo Levy murió este viernes, a los 77 años. La noticia se dio a conocer cuando varios de los referentes culturales de la provincia lo despidieron en sus redes sociales este mediodía.

El escritor y poeta mendocino fue un referente de las letras y la cultura de la provincia por más de 50 años. Fue director de la Biblioteca Pública General San Martín y de Radio Nacional Mendoza, miembro del grupo Aleph y recibió la Orden Mercedes de San Martín en los 50 años que lleva trabajando por la cultura mendocina.

Incluso, durante el gobierno de Francisco Pérez, fue nombrado embajador cultural de Mendoza, en el marco del Ciclo de Reconocimientos a Artistas Mendocinos.

Trabajó infatigablemente por la cultura de la provincia. Maestro de nuevas generaciones y librero.

Su vida

Levy nación en 1942 en Tunuyán. Durante su juventud entabló grandes amistades con personalidades del arte y las letras de la época como Víctor Hugo Cúneo, Fernando Lorenzo y el artista plástico Ricardo Embrioni. Incluso llegó a conocer a Armando Tejada Gómez.

En la década del 60 se mudó a Buenos Aires con el objetivo de dedicarse de lleno a la escritura. Su primer libro, Inmensamente ciudadano, se publicó en 1967. Allí dejó entrever su eterna preocupación por la « cuestión judía ».

Diecisiete años pasarían para su regreso a Mendoza. A partir de allí se dedicaría a varios oficios, entre ellos la venta de libros. Y durante la década del 90 también trabajó como editor. Llegó a ser director de Radio Nacional y de la emblemática Biblioteca San Martín.

También abrió su propia biblioteca, La Anticuaria, que primero funcionó en Galería Bamac y luego se trasladó a la galería Tonsa.

En el año 2005 publicó la traducción al judeoespañol (sefardí) del Martín Fierro, de José Hernández, experiencia que le valió numerosos elogios. Diez años después el entonces gobernador Pérez lo nombró embajador cultural de Mendoza.

Luego de hacerse cargo de las diversas Ferias del Libro realizadas en el Espacio Le Parc, le vendría un retiro efectivo de la actividad pública.

[Fuente: http://www.elsol.com.ar]

Chers amis et adhérents,

Nous sommes très heureux de partager avec vous un nouveau trésor, «The Ladino Ladies’ Club», un film entièrement parlé et chanté en judéo-espagnol réalisé par le directeur de l’Institut Centropa, Edward Serotta. Pour cette occasion, le réalisateur a réuni huit dames judéo-espagnoles de Bulgarie qui évoquent leurs souvenirs et chantent les airs qui leur tiennent à cœur. Derrière l’amitié et la complicité se révèlent des portraits exceptionnels de femmes ayant réalisé des carrières scientifiques, artistiques ou pédagogiques de haut niveau.

L’Institut Centropa, fondé à Vienne en 2000 par le journaliste et réalisateur Edward Serotta, s’est fixé pour mission de recueillir les témoignages de la vie juive dans les pays d’Europe centrale et orientale, jusqu’aux Balkans et à la mer Égée. Depuis l’an 2000, 1200 entretiens ont été conduits de façon méthodique permettant de constituer une base de données remarquable, notamment du point de vue photographique. De nombreux Judéo-espagnols de Grèce, de Turquie, d’ex-Yougoslavie et de Bulgarie ont contribué à ces recherches. Elles sont aujourd’hui diffusées sous la forme d’expositions, de films et d’activités pédagogiques. L’ensemble des témoignages est consultable sur le site Centropa.

Nous vous proposerons ultérieurement une sélection des films réalisés par Centropa sur des thèmes judéo-espagnols.

https://youtu.be/SN8piaBBiqM

[Source : http://www.sefaradinfo.org]

Por Un diván en la luna, luná

Un día me crucé en el Instituto Cervantes de Sofía con un señor mayor y empezamos a hablar. Me dijo que había escrito un libro sobre los búlgaros sefardíes y que quería presentarlo en el Instituto. Hablábamos en búlgaro, pero en un momento me preguntó muy educadamente: ¿le gustaría oírme hablar en ladino? Por supuesto, le dije. Y proseguimos hablando, pero en vez de hacerlo en búlgaro, lo hicimos en dos variantes del castellano separadas por nada menos que unos cinco siglos, con las diferencias léxicas, gramaticales y fonéticas que conlleva.

Por un instante me sentí como si viajara en el tiempo. Fue increíble la sensación de oír hablar a una persona lo más parecido a la versión medieval de mi propia lengua materna. Si bien el ladino o judeoespañol es lo más cercano al castellano medieval, es cierto que, en cada territorio donde es hablado, presenta sus peculiaridades. Por los siglos de convivencia y la influencia de la lengua local, el ladino que se habla en cada territorio (Bulgaria, Serbia, Croacia, Bosnia, Israel, Turquía, etc.) tiene sus propias características. Esta es, precisamente, la riqueza de este idioma.

La conversación con aquel señor mayor fue, a mi pesar, bastante breve. Pero fue una experiencia enriquecedora que me recordó que tenía pendiente investigar más sobre este curioso idioma y sus hablantes. Lamentablemente, perdí la ocasión de llegar a visitar el Club Ladino de Sofía, al que mencionaré más adelante.

¿Por qué emigraron judíos españoles a los Balcanes?

Como ya mencionamos en nuestro artículo 110 años más tarde: una entrevista con Rumen Stoyánov, las relaciones entre la actual España y Bulgaria empezaron justamente con la llegada de judíos sefardíes de territorios de la Península Ibérica a los Balcanes.

Con el decreto de la Alhambra de 1492, a los judíos se les daba dos opciones: convertirse al cristianismo o que abandonaran el territorio antes de agosto de ese año.

Muchos judíos emigraron a África, al reino de Portugal y al de Navarra. Pero una parte importante emigró hacia los territorios del Imperio Otomano, sobre todo en los Balcanes. Es por esta razón por la que a día de hoy existen en Bulgaria personas de origen judeoespañol que han mantenido su lengua y su cultura.

 

 

¿Cómo es el ladino que se habla en Bulgaria?

Por desgracia, la presencia del ladino en Bulgaria es cada vez menor. Actualmente, apenas lo hablan un grupo de abuelas que se reúnen cada dos semanas en el Club Ladino de Sofía para cantar canciones y narrar cuentos populares y folclóricos.

Por suerte podemos deleitarnos escuchando a personas que han tenido el ladino como lengua materna. A continuación podéis ver el documental Ladino Ladies’ Club, que apenas dura 26 minutos.

También os invito a escuchar esta historia que cuenta Sofi Danon, una de las principales representantes de la comunidad ladina de Bulgaria.

Una de las influencias de la lengua local que podemos apreciar en su discurso y en el de los hablantes de ladino de Bulgaria es el empleo de la palabra ama, que en turco y en búlgaro coloquial significa pero.

El ladino y la música

El ladino no sería nada hoy en día si no fuera por el folclore popular y la música. Pero, ¿hay artistas búlgaros que canten en este idioma?

Eva Volitzer es una cantante y actriz de Bulgaria. En 1996 publicó su primer álbum con canciones en ladino, gracias al apoyo de la Embajada Española en Sofía. Años más tarde una discográfica inglesa que se dedicaba a la música popular lo comercializó por todo el mundo.

 

El disco, que fue reeditado en 2013, puede escucharse en las plataformas digitales, incluida Spotify y Youtube:

De Toledo a Plovdiv

Sobre el proyecto De Toledo a Plovdiv. El camino de la canción judía sefardí, Eva Volitzer nos cuenta: “Nada más enterarme de que había salido una convocatoria para el programa de Plovdiv como Capital Europea de la Cultura en 2019 para proyectos relacionados con la variedad étnica y cultural de la ciudad, presenté el mío y conseguí la financiación. Reuní músicos magníficos y creé un espectáculo con música y coreografía. A lo largo de 2019 tuvimos diez conciertos: el estreno en el Teatro Universitario de la New Bulgarian University, cuatro conciertos en diferentes salas de Plovdiv, uno en Varna y en Burgás, así como uno en Viena, en una sala del Instituto Cervantes. En todos los conciertos se completó el aforo”.

 

Marco Vidal González (Sanlúcar de Barrameda, 1995) es un friki de las tortugas. Le gusta la dialectología y leer poesía, así como escribirla y traducirla. Es uno de los redactores de la revista búlgara Нова социална поезия (Nueva Poesía Social). No puede parar de escuchar Boards of Canada. Puedes seguirlo en La Tortuga Búlgara.

 

[Fuente: http://www.fronterad.com]

Placa en el edificio administrativo de la comunidad karaim de Trakai (Lituania) con inscripciones en karaim (arriba) y lituano (abajo), y el escudo de armas de los karaim. Foto del autor

 

Escrito por Filip Noubel  – traducido por Gabriela Garcia Calderon Orbe

Se estima que los idiomas turcos [1] tienen unos 200 millones de hablantes en países y territorios que se extienden desde Siberia, China, Asia Central hasta Turquía, el Oriente Medio y los Balcanes.

Pero quizás sorprendentemente, hay uno que vive en el corazón de Europa. El karaim todavía se habla en pequeñas comunidades de Lituania, Polonia y Ucrania, pero por poco tiempo. Según Ethnologue [2], tal vez hay menos de cien hablantes de karaim en todo el mundo.

Históricamente, la lengua karaim era la lengua vernácula del pueblo karaim, grupo etnorreligioso que practica una variante del karaísmo [3], una fe cercana pero distinta de las formas principales del judaísmo. Los orígenes del pueblo karaim son ampliamente debatidos; a principios del siglo XX, su líder, Seraya Shapshal [4], propuso la teoría de que los karaim eran de origen turco. En parte sobre esta base, los karaim se salvaron del destino de sus vecinos judíos durante la ocupación nazi de Lituania.

Para hacer esta historia aún más compleja, no todos los que practican el judaísmo karaíta son de origen étnico karaim, ni son hablantes de karaim. En este sentido, el karaim es sociolingüísticamente similar a las lenguas judías como el ladino [5], el judeo-tayiko [6] y el yiddish [7], que contienen muchas palabras hebreas pero no forman parte de la familia de las lenguas semíticas.

Lituania alberga una de las mayores comunidades de karaims, cuyo nombre significa “los que leen [8]“. Se estima que unos 300 karaims se han establecido aquí desde el siglo XIII [9], muchos en la antigua ciudad fortaleza de Trakai. Actualmente se les reconoce como una de las minorías nacionales [10] de Lituania.

Para saber más sobre el estado actual del karaim y sus posibilidades de supervivencia, hablé con Romuald Čaprockij, uno de los pocos hablantes nativos de karaim que quedan. Čaprockij, sinólogo, lingüista y traductor, tiene su sede en la capital lituana de Vilnius.

Romuald Čaprockij (derecha) en Trakai, Lituania. Foto del autor

Filip Noubel (FN): ¿Puedes explicar el origen del karaim? 

Ромас Чапроцкис (РЧ): Караимский язык (къарай, карай тили; karaj tili) – относится к кыпчакско-половецкой подгруппе тюркских языков. Исторически караимский язык использовался носителями на Украине – в Луцке, в Галиче Львовской области и в Крыму,  в Литве (Вильнюс, Паневижис, Тракай) и в Польше. Генетически связывают караимов с той частью тюркоязычных хазар, которые исповедовали иудаизм караитского толка. 

Караимский язык имеет три диалекта: крымский, который полностью совпадает со средним (орта йолакъ) диалектом крымскотатарского языка, за исключением иудаизмов, тракайский (диалект литовских караимов) и галицко-луцкий (галичский).

Все диалекты караимского языка использовались в трёх регистрах: 1) разговорный язык; 2) литературный язык; 3) книжный язык — язык переводов Библии [11]. Библия переводилась на караимский язык до 19 в., а печатный перевод Танаха [12] появился впервые в 1841 г. в Гезлёве (Евпатория [13]). На всех диалектах караимского языка имеется обширная литература, включая периодические издания. Караимский язык ранее пользовался еврейским алфавитом [14], затем — латинским. В последние столетия (в русскоязычных изданиях) использовался русский алфавит.

Караимский язык содержит значительное количество слов, характерных только для древних тюркских языков. Поэтому, для обогащения словарного запаса турецкого языка в 1924 г. по инициативе президента Турции Мустафы Кемаля Ататюрка специально созданная комиссия, Türk Dil Kurumu, прибыла в Тракай, а результатом работы данной комиссии было введение 330 караимских слов в турецкий академический словарь.

Первые знания о караимском языке появились в Европе в XVII веке. Уже на рубеже XVI-XVII веков немецкий востоковед пастор Буксторф впервые сообщил, что крымские караимы читали Ветхий Завет на тюркском языке.

Romuald Čaprockij (RČ): El karaim, llamado къарай, карай тили o karaj tili en karaim es un idioma turco del subgrupo kipchak-polovets. Históricamente, se hablaba en Lutsk y Galich en la región de Lviv de Ucrania, en la península de Crimea, en Lituania (en las ciudades de Vilnius, Panevėžys y Trakai) y en Polonia. Genéticamente, los karaim están conectados con kazares de habla turca que practicaban el judaísmo karaíta.

Hay tres dialectos karaim: el de Crimea, que es similar al dialecto medio de la lengua tártara de Crimea, excepto por las palabras relacionadas con el judaísmo; el dialecto trakai (tal como lo hablan los karaim lituanos), y el dialecto karaim gallego.

Todos los dialectos karaim se han utilizado en tres registros diferentes: como lengua hablada, como lengua literaria y como lengua religiosa para la traducción de la Biblia. En el siglo XIX la Biblia ya había sido traducida al karaim, mientras que la primera traducción de la Biblia [11] en tanakh [12] o hebreo se hizo en 1841 en Yevpatoria [13], Crimea. Se puede encontrar una gran cantidad de literatura impresa en todos los dialectos de karaim, incluidas publicaciones periódicas. Antes, el karaim utilizaba el alfabeto hebreo [15], y luego el latino. En el último siglo, el cirílico también se usó para el contenido impreso en Rusia.

El karaim contiene una cantidad significativa de palabras que son típicas de los antiguos idiomas turcos. Por eso, cuando en 1924 el presidente turco Mustafa Kemal Atatürk fundó la comisión Türk Dil Kurumu para enriquecer el vocabulario de la nueva lengua turca, sus especialistas visitaron Trakai y terminaron añadiendo 330 palabras karaim al diccionario académico de turco.

Las primeras menciones del karaim aparecieron en Europa en el siglo XVII. A finales del siglo XVI y principios del XVII, el pastor y orientalista alemán Johannes Buxtorf [16] fue el primero en señalar que los karaim de Crimea leían el Antiguo Testamento en un idioma turco.

Este video en ruso detalla la herencia cultural de los karaim de Crimea, incluida su vestimenta, arquitectura y comida:

FN: ¿Cuál es la situación actual del karaim en Lituania? ¿Qué esfuerzos se están haciendo para salvar el karaim?

РЧ: С 2002 года традиционно в июне или в июле проводится летняя школа караимского языка и культуры в Тракай. На школу собираются караимы не только из Литвы, но и представители из других стран Европы, главным образом из Польши, Украины, России. Караимскому языку уделяется очень мало внимания и времени. Отсутствие надлежащих пособий, методов преподавания и другие причины, полнейшая немотивированность – не дали ощутимых результатов по развитию и сохранению караимского языка. На сегодняшний день живым считается тракайский диалект на котором и ведутся занятия по языку во время летней школы. Примечательно и то, что с конца 80-х и начала 90-х годов попытки организовывать воскресные школы или же индивидуальные занятия с носителем языка не увенчались успехом. В настоящее время отмечено немногим более 20 носителей родного языка в разной мере или по уровню владения в Литве. Язык не сохраняется, и  никакие меры ни кем не принимаются. Язык не исследуется, а состояние дел с К.Я. Вообще не обсуждается общиной. Одной из последних работ по караимскому языку является учебник караимского языка “Mien karajče ürianiam”, изданный в 1996 году и составленный покойным председателем литовской караимской общины Миколасом Фирковичюсом. Недавно также перевели Маленького Принца Антуана де Сент-Экзюпери на караимский язык. [17]

Конечно на караимском языке всё ещё ведутся богослужения в Кенасах в Тракай либо в Вильнюсе где читаются молитвы. Но понимающих суть слов увы можно сосчитать на пальцах, так как молитвенный язык имеет его литургическое содержание, а не разговорную речь.

: Cada junio y julio desde 2002, se ha realizado en Trakai una escuela de verano de lengua y cultura karaim. Asisten karaims de Lituania, Polonia, Ucrania, Rusia y otros países europeos. Pero se dedica poco tiempo al karaim. La falta de material didáctico y de motivación tiene resultados visibles cuando se trata del desarrollo y la protección del idioma karaim. Hoy en día el dialecto vivo es el de Trakai, que se utiliza durante la escuela de verano. Es interesante observar que los intentos que se remontan a finales de la década de 1980 y principios de la década de 1990 de organizar escuelas dominicales o clases individuales con hablantes nativos han fracasado. Hoy en día quedan unos 20 hablantes nativos en Lituania. La lengua no se mantiene y no se toman medidas [para preservarla]. No se está investigando y la comunidad no discute el estado de la lengua. Uno de los últimos trabajos sobre el karaim es un manual de la lengua llamado “Mien karajče ürianiam”, publicado en 1996 por el difunto líder espiritual de la comunidad karaim de Lituania, Mikolas Firkovičius. Más recientemente, El Principito de Antoine de Saint-Exupéry también se tradujo al karaim [17].

Por supuesto, el karaim todavía se usa durante las oraciones en las kenasas [casas de oración caraíticas] en Trakai y Vilnius. Pero se puede contar con los dedos de una mano cuántos realmente entienden las palabras, ya que el lenguaje de las oraciones es principalmente litúrgico y tiene menos en común con el lenguaje hablado.

Sin embargo, ha habido un resurgimiento del interés por el karaim entre algunos artistas y estudiosos de Europa Central y Oriental. Este año, la cantante y compositora polaca Karolina Cicha, cuya obra rinde homenaje a las minorías étnicas de Polonia, publicó un álbum virtual [18] de canciones tradicionales en karaim. Esta es una canción tradicional de banquetes karaim:

FN: ¿Cómo describirías tus experiencias como uno de los últimos hablantes de karaim?

РЧ: Родился я в Паневежисе в караимской семье. С малых лет слышал родную речь не только дома, но и во время посещений караимами из местной общины нашей семьи, или приезжающих из др. городов Литвы родственников или земляков. Так как все они были старше меня или пожилого возраста, то все владели родным языком. По свидетельству и рассказу моей же матери, когда меня отдали в детский сад, то воспитатель спросила у моей мамы – а ребёнок он у вас не литовец? он разговаривал на непонятном нам языке. Ответ матери был – да он не литовец, он – караим.
До конца 90-х лично ещё мог разговаривать на родном со старшими родственниками и соплеменниками. Сейчас почти такой возможности почти не имею. Факт личного интереса тюркскими языками и вместе с тем родным – не даёт в сознании предать забвению тувгъан тиль (родной язык).  в настоящее время начиная с лета 2020 г. по инициативе активистов веду он-лайн уроки Тракайского диалекта на английском языке.

: Nací en una familia karaim en Panevėžys, Lituania. Desde muy niño escuché karaim en casa, y durante las visitas de los miembros de nuestra comunidad local karaim y de los de otras ciudades de Lituania. Como todos eran mayores que yo o ya eran mayores, todos hablaban en su lengua materna. Según mi madre, cuando me enviaron a la guardería, la maestra le preguntó: “¿Su hijo no es lituano? Hablaba en un idioma que no podíamos entender”. Mi madre respondió: “En verdad, no es lituano, es karaim”.

Hasta finales de la década de 1990, podía hablar karaim con mis familiares mayores y la comunidad. Ahora casi no tengo esa oportunidad. Pero como me interesan personalmente las lenguas turcas y el karaim, no puedo traicionar тувгъан тиль [tuvgan til’] – mi lengua materna. A mediados de este año, empecé a enseñar la versión del dialecto trakai del idioma en línea en inglés, gracias a una iniciativa lanzada por activistas.

FN: ¿Dónde puede encontrar recursos en línea de karaim?

РЧ: На данный момент никаких цифровых платформ по караимскому языку как таковых не существует кроме как на странице [19] общины польских караимов и на странице караимско-русского словаря [20].

: Por ahora, no hay plataformas en línea para [aprender[ karaim, salvo la página de la comunidad de polacos karaims [19] y dos páginas  [21] de un diccionario karaim-ruso [20].

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2020/11/21/en-el-corazon-de-europa-hay-una-lengua-turca-en-peligro-de-extincion/

URLs en este posteo:

[1] idiomas turcos: https://es.wikipedia.org/wiki/Lenguas_t%C3%BArquicas

[2] Ethnologue: https://www.ethnologue.com/18/language/kdr/

[3] karaísmo: https://es.wikipedia.org/wiki/Cara%C3%ADsmo

[4] Seraya Shapshal: https://en.wikipedia.org/wiki/Seraya_Shapshal

[5] ladino: https://es.wikipedia.org/wiki/Idioma_judeoespa%C3%B1ol

[6] judeo-tayiko: https://www.jewishlanguages.org/judeo-tajik

[7] yiddish: https://es.wikipedia.org/wiki/Yidis

[8] los que leen: https://eleven.co.il/judaism-trends/karaites-medieval-sects/11972/

[9] desde el siglo XIII: https://en.wikipedia.org/wiki/Crimean_Karaites#Grand_Duchy_of_Lithuania_and_Polish%E2%80%93Lithuanian_Commonwealth

[10] minorías nacionales: https://lrkm.lrv.lt/en/activities/national-minorities#:~:text=National%20minorities%20in%20Lithuania&text=Lithuanians%20made%20up%2084.2%20per,per%20cent%20(19.3%20thousand).

[11] переводов Библии: https://eleven.co.il/bible/general-information/15447/#02

[12] Танаха: https://eleven.co.il/bible/general-information/14033/

[13] Евпатория: https://eleven.co.il/diaspora/communities/11500/

[14] еврейским алфавитом: https://eleven.co.il/jewish-languages/general-info/10169/

[15] alfabeto hebreo: https://es.wikipedia.org/wiki/Alfabeto_hebreo

[16] Johannes Buxtorf: https://en.wikipedia.org/wiki/Johannes_Buxtorf

[17] на караимский язык.: http://www.verlag-tintenfass.de/HTM/281%20Der%20Kleine%20Prinz%20Karaim.html

[18] publicó un álbum virtual: https://muzykoholicy.com/karolina-cicha-odkrywa-kulture-karaimow-mapa-muzyczna-najmniejszej-mniejszosci-w-polsce/

[19] на странице: https://e-tilimiz.karaimi.org/

[20] караимско-русского словаря: https://www.dnathan.com/language/karaim/dic/karaim-russian/index.html

[21] páginas : https://kdr_rus.academic.ru/

Prezentado por Silvyo OVADYA

La semana pasada un amigo Ermeni, ke es el prezidente de una fondasyon de una eglisia en un kazal del Bosfor; de la eglisia de Boyacıköy, me telefono demandandome la traduksyon de un teksto en judeo-espanyol. No se si esta eglisia tyene munchos adeptos ma la fondasyon es muy emportante porke tiene un prezidente muy kapache. El ke tiene una botika ande vende todo modo de djoyas en oro en el Merkado de las Episias (Mısır Çarşısı) pasa buen karar de tyempo para realizar prodjektos sovre los Ermenis i las minoridades ke biven en Estambol i en muestro payis. Esta realizando estos prodjektos resivyendo fones de la Union Evropea. Reelmente es un ombre muy kapache. Es el primer ke reusho a resivir moneda kon un prodjekto ke fue achetado.

I kuando me bushko la semana pasada me demando si puediyan transladar un teksto en turko, en judeo-espanyol?

Pensi dos puntos i le dishe kon grande plazer SI. I en  unos kuantos puntos embiyi un whatsapp al grupo de la asosyasyon del Sentro Sefardi. I en dyes puntos la mas manseva de este grupo, Selin Toledo, embiyo un mesaj ande eskrivyo ke puediya realizar esto. Sin pensar un punto, acheti i dishe al sinyor Nazar lo ke deviya de pagar.

Esta noche (noche de lunes) el echo se eskapo i esto muy kontente de ver ke una manseva realizo un echo asemejante. (Selin bivyo unos kuantos anyos en la Espanya)

Es esta semana ke meldi en un artikolo (me parese en uno de los grupos) ke dainda en el mundo se topan serka de 100.000 judeo-espanyol avlantes. No se lo ke deve de sinyifikar, ma dainda es emportante de ver una populasyon asemejante ke avla muestra lingua. Kreo ke la mas grande partida de esta populasyon moran en Israel. Malorozamente esto konstatando ke malgrado ke Israel no es dirijida por los Ashkenazes, los Sefarades no son bastante poderozos para fortifikar sus kultura. Si un governo no toma esta responsabilidad, no puedemos adelantar esta lingua i kultura. Mozotros, una dizena de personas, kualo es lo ke puedemos azer?

En el muzeo djudio de Estambol estamos lavorando para realizar una seria de demonstrasyon de filmos sovre los Djudios Turkanos, sovre muestra kultura, sovre faktos politikos i istorikos konsernando muestra istoria i kultura. Esta noche en muestra seduta se propozaron mas de 25 filmos. Reelmente estava muy kontente de ver esto todo.

Keridos lektores de las kuatros partes del mundo, si tenesh la posibilidad de propozarmos syertos filmos, estamos prontos a sintir i eskuchar vuestras propozisyones.

Ya puedesh eskrivir estas propozisyones al mail: info@muze500.com

 

[Orijin: salom.com.tr]

Plaque accrochée sur la façade du bâtiment administratif destiné à la communauté karaïme de Trakai (Lituanie), figurant leur blason accompagné d’inscriptions en karaïm (au-dessus) et lituanien (en dessous). Photo de l’auteur

 

Écrit par Filip Noubel – traduit par François Noverraz

[Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages web en français]

On estime que près de 200 millions de personnes parlent une langue turcique [1], réparties sur un territoire allant de la Turquie, du Moyen-Orient et des Balkans jusqu’en Asie centrale, en Chine et en Sibérie.

Mais l’une de ces langues vit, étonnamment peut-être, au cœur de l’Europe. Le karaïm est en effet encore présent dans de petites communautés de Lituanie, de Pologne et d’Ukraine, bien qu’il ne soit plus guère parlé. Selon le site Ethnologue [2] [en] [lien payant, ndt], il compterait actuellement moins d’une centaine de locuteurs et locutrices dans le monde.

Historiquement, le karaïm est la langue vernaculaire des Karaïmes, un groupe ethnoreligieux pratiquant une variante du karaïsme [3], une foi proche mais néanmoins distincte des formes judaïques plus conventionnelles. L’origine des Karaïmes est sujette à controverse. Au début du siècle dernier, leur dirigeant religieux, Sheraya Szapszal [4]a avancé la théorie selon laquelle ils seraient d’origine turcique. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi ce peuple a échappé au sort de leurs voisins juifs lorsque la Lituanie a été occupée par les Nazis.

Pour ne pas simplifier les choses, les personnes qui pratiquent le karaïsme ne sont pas toutes et tous d’origine karaïme ni ne parlent toutes et tous cette langue. Sociolinguistiquement, on peut dire que cette dernière s’apparente aux langues juives, comme le ladino [5], le judéo-tadjik [6] [en] et le yiddish [7], qui comprennent de nombreux termes hébraïques sans toutefois appartenir à la famille des langues sémites.

La Lituanie est la patrie de l’une des plus grandes communautés karaïmes, dont le nom signifie « ceux et celles qui lisent [8] » [ru]On estime qu’environ trois cents Karaïmes s’y sont installé·es depuis le XIIIe siècle [9], principalement dans la vieille ville fortifiée de Trakai. Cette communauté est désormais comptée parmi les minorités nationales [10][en].

Afin de mieux comprendre le statut actuel de la langue karaïme et ses chances de survie, je me suis entretenu avec l’un des rares locuteurs natifs restants, Romuald Čaprockij, sinologue, linguiste et traducteur établi dans la capitale lituanienne de Vilnius.

Romuald Čaprockij (à droite) à Trakai, en Lituanie.

Filip Noubel (FN) : Pouvez-vous expliciter les origines de la langue karaïme ?

Ромас Чапроцкис (РЧ): Караимский язык (къарай, карай тили; karaj tili) – относится к кыпчакско-половецкой подгруппе тюркских языков. Исторически караимский язык использовался носителями на Украине – в Луцке, в Галиче Львовской области и в Крыму,  в Литве (Вильнюс, Паневижис, Тракай) и в Польше. Генетически связывают караимов с той частью тюркоязычных хазар, которые исповедовали иудаизм караитского толка. 

Караимский язык имеет три диалекта: крымский, который полностью совпадает со средним (орта йолакъ) диалектом крымскотатарского языка, за исключением иудаизмов, тракайский (диалект литовских караимов) и галицко-луцкий (галичский).

Все диалекты караимского языка использовались в трёх регистрах: 1) разговорный язык; 2) литературный язык; 3) книжный язык — язык переводов Библии [11]. Библия переводилась на караимский язык до 19 в., а печатный перевод Танаха [12] появился впервые в 1841 г. в Гезлёве (Евпатория [13]). На всех диалектах караимского языка имеется обширная литература, включая периодические издания. Караимский язык ранее пользовался еврейским алфавитом [14], затем — латинским. В последние столетия (в русскоязычных изданиях) использовался русский алфавит.

Караимский язык содержит значительное количество слов, характерных только для древних тюркских языков. Поэтому, для обогащения словарного запаса турецкого языка в 1924 г. по инициативе президента Турции Мустафы Кемаля Ататюрка специально созданная комиссия, Türk Dil Kurumu, прибыла в Тракай, а результатом работы данной комиссии было введение 330 караимских слов в турецкий академический словарь.

Первые знания о караимском языке появились в Европе в XVII веке. Уже на рубеже XVI-XVII веков немецкий востоковед пастор Буксторф впервые сообщил, что крымские караимы читали Ветхий Завет на тюркском языке.

Romuald Pibrock (RČ) : Le karaïm, appelé karaj tili dans cette langue, ou encore къарай ou карай тили, est une langue turcique faisant partie de la sous-branche kipchak. Historiquement, elle était parlée dans la région ukrainienne de Lviv (à Lutsk et à Galich), dans la péninsule de Crimée, en Pologne et en Lituanie (dans les villes de Trakai, Panevėžys et Vilnius). Génétiquement, le peuple karaïme est lié aux Khazars, qui parlaient une langue turcique et pratiquaient le judaïsme karaïte.
On distingue trois dialectes karaïmes : celui de Trakai (parlé par les Karaïmes de Lituanie), le dialecte galicien, et le criméen. Ce dernier est semblable au dialecte central parlé par les Tatars de Crimée, à l’exception du vocabulaire judaïque.
Tous ces dialectes ont un triple usage : à la fois langue de communication, langue littéraire et langue religieuse (dans la Bible traduite). Les traductions de la Tanakh [15] et de la Bible hébraïque ont été réalisées à Yevpatoria [16] (Crimée) en 1847, alors que la Bible était déjà traduite [11] [ru] depuis la fin du siècle précédent. De nombreux ouvrages, dont des magazines, ont été imprimés dans chaque dialecte. Le karaïm s’écrivait auparavant avec l’alphabet hébreu [17], puis latin. Mais au siècle dernier, le cyrillique a aussi été employé dans des ouvrages imprimés en Russie.
La langue karaïme a intégré un nombre important de mots caractéristiques des anciennes langues turciques. Quand le président turc Mustafa Kemal Atatürk a mis en place, en 1924, la Türk Dil Kurumu (institut de la langue turque), une association chargée d’enrichir le lexique de la nouvelle langue turque, ses linguistes ont visité Trakai et ont donc incorporé trois cent trente mots karaïms au dictionnaire académique de la langue turque.
Le karaïm est mentionné en Europe pour la première fois au XVIIe siècle. Le pasteur allemand et orientaliste Johannes Buxtorf [18] a été le premier, fin XVIe début XVIIe, à remarquer que les Karaïmes de Crimée lisaient l’Ancien Testament dans une langue turcique.

Cette vidéo russe sur l’héritage culturel des Karaïmes de Crimée en détaille plusieurs éléments, telles les tenues, l’architecture et la nourriture :

FN : De nos jours, quelle est la situation du karaïm en Lituanie ? Quels efforts sont faits pour le préserver ?

РЧ: С 2002 года традиционно в июне или в июле проводится летняя школа караимского языка и культуры в Тракай. На школу собираются караимы не только из Литвы, но и представители из других стран Европы, главным образом из Польши, Украины, России. Караимскому языку уделяется очень мало внимания и времени. Отсутствие надлежащих пособий, методов преподавания и другие причины, полнейшая немотивированность – не дали ощутимых результатов по развитию и сохранению караимского языка. На сегодняшний день живым считается тракайский диалект на котором и ведутся занятия по языку во время летней школы. Примечательно и то, что с конца 80-х и начала 90-х годов попытки организовывать воскресные школы или же индивидуальные занятия с носителем языка не увенчались успехом. В настоящее время отмечено немногим более 20 носителей родного языка в разной мере или по уровню владения в Литве. Язык не сохраняется, и  никакие меры ни кем не принимаются. Язык не исследуется, а состояние дел с К.Я. Вообще не обсуждается общиной. Одной из последних работ по караимскому языку является учебник караимского языка “Mien karajče ürianiam”, изданный в 1996 году и составленный покойным председателем литовской караимской общины Миколасом Фирковичюсом. Недавно также перевели Маленького Принца Антуана де Сент-Экзюпери на караимский язык. [19]

Конечно на караимском языке всё ещё ведутся богослужения в Кенасах в Тракай либо в Вильнюсе где читаются молитвы. Но понимающих суть слов увы можно сосчитать на пальцах, так как молитвенный язык имеет его литургическое содержание, а не разговорную речь.

RČ : Chaque été depuis 2002, en juin-juillet, des stages de langue et culture karaïmes sont donnés à Trakai. Ils sont suivis par des Karaïmes qui viennent de Lituanie, Pologne, Ukraine, Russie ou encore d’autres pays européens. Mais peu d’heures sont consacrées à la langue. Le manque de motivation et de matériel pédagogique a des conséquences évidentes sur la préservation et le développement du karaïm. Le seul dialecte encore vivant actuellement est celui parlé à Trakai, enseigné pendant le stage estival. Il est intéressant de constater que les tentatives visant à mettre en place des cours individuels ou dominicaux en compagnie de locutrices et locuteurs natif·ves, dont les premières remontent à la fin des années quatre-vingts / début des années quatre-vingt-dix, ont échoué. Il ne reste aujourd’hui qu’une vingtaine de locutrices et locuteurs natif·ves en Lituanie. La langue n’est pas défendue et aucune mesure n’est prise [pour la préserver]. Elle ne fait pas l’objet d’études et sa situation est passée sous silence au sein de la communauté. L’un des derniers travaux sur le karaïm est un manuel de langue intitulé Mien karajče ürianiam, publié en 1996 par Mikolas Firkovičius, qui était de son vivant le chef spirituel de la communauté karaïme lituanienne. Plus récemment, le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a aussi été traduit en karaïm [19] [kaa].

Cette langue est bien sûr toujours entonnée lors des litanies dans les Kenasas [lieux de prières karaïtes] de Trakai ou de Vilnius. Mais le nombre de personnes comprenant réellement ces mots se compte sur les doigts d’une main, puisque le vocabulaire de ces prières est surtout liturgique et n’a que peu à voir avec la langue parlée.

Il y a néanmoins eu un regain d’intérêt pour cette langue parmi certain·es artistes et chercheur·es d’Europe centrale et de l’Est. La chanteuse et compositrice polonaise Karolina Cicha, dont les œuvres rendent hommage aux minorités ethniques de son pays, a sorti cette année un album en ligne [20] [pl] de chansons traditionnelles en karaïm. En voici une, entonnée lors de banquets :

FN : Pourriez-vous raconter votre parcours, vous qui êtes l’un des derniers locuteurs natifs du karaïm ?

РЧ: Родился я в Паневежисе в караимской семье. С малых лет слышал родную речь не только дома, но и во время посещений караимами из местной общины нашей семьи, или приезжающих из др. городов Литвы родственников или земляков. Так как все они были старше меня или пожилого возраста, то все владели родным языком. По свидетельству и рассказу моей же матери, когда меня отдали в детский сад, то воспитатель спросила у моей мамы – а ребёнок он у вас не литовец? он разговаривал на непонятном нам языке. Ответ матери был – да он не литовец, он – караим.
До конца 90-х лично ещё мог разговаривать на родном со старшими родственниками и соплеменниками. Сейчас почти такой возможности почти не имею. Факт личного интереса тюркскими языками и вместе с тем родным – не даёт в сознании предать забвению тувгъан тиль (родной язык).  в настоящее время начиная с лета 2020 г. по инициативе активистов веду он-лайн уроки Тракайского диалекта на английском языке.

RČ : Je suis né dans une famille karaïme à Panevėžys, en Lituanie. Dès mon plus jeune âge, j’ai entendu cette langue non seulement dans ma famille, mais aussi lorsque des membres de la communauté locale karaïme ou d’autres villes lituaniennes nous rendaient visite. Toutes et tous étaient mes aîné·es, parfois même d’un certain âge, et employaient donc leur langue maternelle. Ma mère m’a raconté que, quand j’avais été envoyé à l’école maternelle, l’instituteur·trice lui avait demandé si j’étais lituanien, car je parlais une langue qu’à l’école on ne pouvait comprendre. Elle lui avait alors répondu qu’effectivement, je n’étais pas lituanien, mais karaïme.

Jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, je pouvais parler karaïm avec les membres plus âgés de ma famille et de la communauté. Mais je n’en ai désormais quasiment plus l’occasion. Toutefois, comme je m’intéresse personnellement aux langues turciques et au karaïm, je ne peux renier le тувгъан тиль [tuvgan til’], ma langue maternelle. Cet été, j’ai commencé à enseigner en anglais le dialecte de Trakai sur internet, grâce à un projet élaboré par des activistes.

FN : Où peut-on trouver des ressources en ligne sur le karaïm ?

РЧ: На данный момент никаких цифровых платформ по караимскому языку как таковых не существует кроме как на странице [21] общины польских караимов и на странице караимско-русского словаря [22].

RČ : Il n’y a pour le moment aucune plateforme d’apprentissage, exception faite du site de la communauté karaïme polonaise [21] [pl] et de deux pages [23] [ru] d’un dictionnaire karaïm-russe [22].

 

Photos de l’auteur

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2020/12/08/259118/

URLs dans ce post :

[1] langue turcique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_turques

[2] Ethnologue: https://www.ethnologue.com/18/language/kdr/

[3] karaïsme: https://fr.wikipedia.org/wiki/Kara%C3%AFsme

[4] Sheraya Szapszal: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sheraya_Szapszal

[5] ladino: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jud%C3%A9o-espagnol

[6] judéo-tadjik: https://www.jewishlanguages.org/judeo-tajik

[7] yiddish: https://fr.wikipedia.org/wiki/Yiddish

[8] ceux et celles qui lisent: https://eleven.co.il/judaism-trends/karaites-medieval-sects/11972/

[9] depuis le XIIIe siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Kara%C3%AFmes#De_l

[10] minorités nationales : https://lrkm.lrv.lt/en/activities/national-minorities#:~:text=National%20minorities%20in%20Lithuania&text=Lithuanians%20made%20up%2084.2%20per,per%20cent%20(19.3%20thousand).

[11] переводов Библии: https://eleven.co.il/bible/general-information/15447/#02

[12] Танаха: https://eleven.co.il/bible/general-information/14033/

[13] Евпатория: https://eleven.co.il/diaspora/communities/11500/

[14] еврейским алфавитом: https://eleven.co.il/jewish-languages/general-info/10169/

[15] Tanakh: https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanakh

[16] Yevpatoria: https://fr.wikipedia.org/wiki/Eupatoria

[17] alphabet hébreu: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_h%C3%A9breu

[18] Johannes Buxtorf: https://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Buxtorf

[19] на караимский язык.: http://www.verlag-tintenfass.de/HTM/281%20Der%20Kleine%20Prinz%20Karaim.html

[20] un album en ligne: https://muzykoholicy.com/karolina-cicha-odkrywa-kulture-karaimow-mapa-muzyczna-najmniejszej-mniejszosci-w-polsce/

[21] на странице: https://e-tilimiz.karaimi.org/

[22] караимско-русского словаря: https://www.dnathan.com/language/karaim/dic/karaim-russian/index.html

[23] deux pages: https://kdr_rus.academic.ru/

 

Avec « Cantique des cantiques (Songes de Leonard Cohen) », le groupe Odradeck, formé autour de Zéno Bianu et Laurent Cohen, célèbre le génial Canadien.

À Stockholm, en 1972.

Écrit par Jean Morel

« À quoi bon des poètes en temps de détresse ?», demandait Hölderlin au détour d’une de ses élégies. Deux siècles plus tard, la détresse a fait d’énormes progrès, et les «esprits forts», les ricaneurs cyniques qui prospèrent aujourd’hui ont tendance à réduire la question à sa première partie: «À quoi bon des poètes ?» De leur point de vue, ils n’ont pas tort. Quand on a pour dieu unique l’argent-roi, ce Moloch pour qui «tout doit disparaître» sauf lui (ça vient, un peu de patience), alors, effectivement, un poète ne sert pas à grand-chose.

Scandale suprême : ce qu’il écrit ne rapporte rien, des clopinettes. Ce qui les embête, nos comptables, c’est ça: que la poésie n’ait pas de prix. En conséquence de quoi, tout le monde s’en fout. Sauf quelques âmes qui ne lâchent pas l’affaire, et ont un besoin vital de ces opérations alchimiques qu’on appelle poèmes pour tenir debout face aux vents mauvais qui ravagent le monde.

On vient d’en croiser quelques-unes, regroupées sous le nom d’Odradeck, malicieusement emprunté à Kafka. Le « c » en moins, cet ovni fait son apparition dans «le Souci du père de famille», un des «Récits et fragments narratifs» de Franz K.  Comme la poésie, Odrade(c)k est –c’est heureux – difficilement définissable:

Au premier abord, écrit l’auteur du « Procès », on dirait une bobine de fil plate et en forme d’étoile, et il semble bien en effet qu’il soit entouré de fil ; ce pourrait être, il est vrai, que de vieux bouts de fil cassé de toutes qualités et de toutes couleurs, noués bout à bout et embrouillés.»

Le premier fil qui a relié les conspirateurs d’Odradeck, c’est évidemment un amour partagé pour la poésie sous toutes ses formes, qu’elle passe par le texte, la musique et l’image. Le deuxième est une passion commune pour Leonard Cohen, qu’ils vont célébrer par une série de concerts à travers la France et l’Europe, dont le premier aura lieu ce dimanche à Paris à l’Espace Rachi, et l’édition prochaine d’un livre-CD de toute beauté (Editions de L’Improbable, 06.85.64.11.23).

Ce jour-là, dans l’appartement d’un d’entre eux, ils répètent une fois encore leur spectacle intitulé «Cantique des cantiques. (Songes de Leonard Cohen)» – allusion transparente au mythique premier album du barde canadien, «Songs of Leonard Cohen» –, titre de la suite poétique écrite pour l’occasion par Zéno Bianu, poète, auteur de dizaines de recueils (par ailleurs éditeur de nombreuses anthologies dans la collection Poésie/Gallimard). Un texte-gigogne qui fait entrer en résonance le Cantique des cantiques, le plus sublime poème de la Bible hébraïque, incomparable chant d’amour et de désir, avec l’imaginaire de Leonard Cohen qui n’a cessé de méditer ce texte pour en nourrir sa propre poésie, toujours tendue entre aspirations mystiques et passions charnelles.

Alors comment s’étonner que dans ces Songes rêvés pour lui par Zéno Bianu, si profondément marqué par la Beat Generation, on croise Janis Joplin comme Rabbi Na’hman, une chambre du Chelsea Hotel et le Temple de Salomon? Autour de Zéno Bianu, récitant, font cercle les musiciens: Sandrine Saporta est aux claviers électroniques, Laurent Cohen (par ailleurs écrivain et traducteur) tient la guitare, mais est aussi le compositeur de toutes les musiques, d’un grand raffinement, de cette œuvre collective. Quant à Annie Lulu, elle joue également de la guitare, de la basse et des percussions, mais surtout, en chantant mezzo voce et en six langues (anglais, hébreu, espagnol, ladino, rromani, roumain !), elle offre un contre-point idéal et rêveur aux récitatifs de Zeno Bianu.

Dans un coin de la pièce, un homme silencieux, membre du groupe à part entière, écoute attentivement ce qui se déploie devant nous. C’est l’homme des visuels du spectacle, Didier Ben Loulou, bien connu des amateurs de photographie, virtuose de la couleur, dont les clichés, projetés sur scène, illustreront évidemment le livre-CD à paraître dans peu de temps. À bon entendeur.

 

[Photo : Weine Lexius/EXP/AFP – source : http://www.nouvelobs.com]