Archives des articles tagués Langues régionales

Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

É

La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

Alors qu’il s’agit de la même langue, son avenir semble mieux assuré au sud des Pyrénées qu’au nord. Un écart qui ne doit rien au hasard.

Écrit par Michel Feltin-Palas

En France, on croit parfois que le déclin des langues régionales s’expliquerait par une sorte de fatalité. Adaptés à un pays rural, le picard, le breton, l’alsacien et les autres auraient simplement été vaincus par la modernité. Autrement dit, on n’y peut rien. Ce raisonnement a le mérite d’être séduisant. Il n’a qu’un léger défaut : il est entièrement faux.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer ce qu’il se passe lorsqu’une langue de France est également pratiquée dans un autre pays. Pour cela, prenons, pas tout à fait au hasard, l’exemple du catalan. En commençant par observer les réponses à ces trois questions (1) :
· « Comprend le catalan » : 94% en Espagne, 61% en France.
· « Sait parler catalan » : 80% en Espagne, 35% en France.
· « L’utilise dans la vie quotidienne » : 36% en Espagne, 8% en France.
Dès lors, de deux choses l’une. Soit le catalan serait adapté à la modernité côté espagnol, mais pas côté français, et j’attends avec gourmandise que l’on m’en donne la raison. Soit cette situation est la conséquence de deux politiques linguistiques différentes. Je ne ferai tomber personne de l’armoire en indiquant que cette seconde explication est la plus convaincante.
Depuis la chute de Franco, le catalan bénéficie en effet dans la région de Barcelone de mesures très favorables. Les administrations utilisent en priorité la langue régionale, tout comme les télévisions et les radios publiques. Mais la disposition la plus décisive concerne l’enseignement. « Les matières fondamentales sont partout enseignées en catalan à l’école primaire, à l’exception naturellement des nombreuses heures dévolues au castillan. La règle est globalement la même dans le secondaire. Quant au supérieur, l’enseignant choisit la langue dans laquelle il est le plus à l’aise », précise l’anthropologue Dominique Blanc. L’objectif est clair : à la fin de sa scolarité, tout élève doit maîtriser le catalan ET l’espagnol. Et c’est ce que l’on observe dans l’immense majorité des cas.
Reste maintenant à comprendre pourquoi ce qui est réalisé en Espagne semble impossible en France. Plusieurs facteurs se conjuguent.
· Une scolarisation plus tardive en Espagne. La généralisation du français a commencé dès le XIXe siècle, alors que celle du castillan est intervenue beaucoup plus tardivement. Lors du retour de la démocratie, le catalan partait donc de moins loin au sud des Pyrénées.
· Des connotations positives en Espagne, négatives en France. C’est Franco qui a imposé le castillan (la langue de la région de Madrid) à l’école. Résultat ? Le catalan (comme le basque ou le galicien dans d’autres régions de la Péninsule) symbolise la résistance à la dictature. Rien de tel en France où, à partir de la Révolution, le français a été présenté comme « la langue de la liberté » alors que les langues régionales ont été associées à l’Ancien Régime.
· Le rôle de la bourgeoisie. En France, les « élites » ont été les premières à passer au français – un moyen pour elles d’accéder aux meilleures places et de se distinguer du peuple. Rien de tel à Barcelone où, au contraire, la bourgeoisie locale, fière de sa culture, a toujours pratiqué et défendu le catalan.
· Un sentiment national plus intense en France. Au cours de l’Histoire, la France a souvent été en conflit avec d’autres puissances européennes, ce qui a eu pour effet de forger un sentiment d’unité nationale. L’Espagne, elle, a connu davantage de guerres civiles. Le sentiment national y est moins puissant qu’en France.
· Un État plus centralisé en France. Si un Andalou diffère d’un Aragonais et d’un Galicien, la diversité culturelle est plus marquée encore en France quand on compare un Alsacien, un Corse, un Breton et un Aveyronnais – sans même évoquer le cas particulier de l’outre-mer. C’est pour faire tenir ensemble des populations que rien ne prédisposait à partager un destin commun que la France s’est dotée au fil des siècles d’un État très centralisé. Et pour la même raison que ledit Etat a cherché à substituer le français aux langues régionales. Le phénomène est beaucoup moins marqué en Espagne.
L’exemple du catalan est d’autant plus intéressant qu’au sud des Pyrénées, la défense de la langue alimente en partie le sentiment séparatiste – je suis sûr que vous pensiez à m’opposer cet argument depuis le début de cet article. Ces événements, cela se comprend, suscitent en France des réticences vis-à-vis des langues régionales de la part de ceux qui sont légitimement attachés à l’indivisibilité de la République.
Et pourtant, unité nationale et respect des langues minoritaires ne sont en rien incompatibles. J’en veux pour preuve qu’il existe dans le monde environ 6000 langues pour 200 États : le multilinguisme est donc la norme, non l’exception. À Barcelone, il a d’ailleurs fallu l’annulation, en 2010, du statut d’autonomie adopté en 2006 pour voir le vote indépendantiste décoller véritablement. Paradoxalement, c’est le raidissement décidé par Madrid qui a dopé la tentation sécessionniste. Une partie de l’opinion a alors basculé, sur le mode : « Puisque l’autonomie est impossible, alors je choisis l’indépendance. » On observe la situation inverse en Suisse, qui reconnaît quatre langues officielles et qui, à moins que quelque chose ne m’ait échappé, ne connaît pas de menace séparatiste.
Il est donc deux voies pour faire vivre ensemble des populations différentes. L’uniformisation autoritaire, d’une part ; le respect de la diversité et des droits culturels des minorités, d’autre part. Seule la seconde est compatible avec l’ambition de la France d’être le pays des droits de l’Homme.
(1) Etude de 2015 sur les usages linguistiques du catalan en « Catalogne Nord » menée par la Generalitat de Catalunya, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l’Institut franco-catalan transfrontalier (IFCT) de l’Université de Perpignan. Les chiffres concernant la « Catalogne Sud » proviennent de la plataforma per la llengua 2018 et de Quim Nadal, ancien rapporteur de la loi de politique linguistique en Catalogne.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Los elegits se demandan se las escòlas immersivas poiriàn dobrir a la rintrada e se los enfants sonats Fañch, Jòrdi o Núria seràn pas pus considerats coma “franceses”

Paul Molac

La censura de la Lei Molac, de proteccion de las lengas del país en França, inquieta un nombre considerable d’elegits. 140 parlamentaris an mandat al president Emmanuel Macron una letra dobèrta ont sollicitan de cambiar la Constitucion.

Demest d’autres afars, los signataris se mòstran inquiets de la menaça que los 160 centres educatius en immersion pòscan pas dobrir a la rintrada, e mai qualques unes foncionen dempuèi aperaquí 50 ans. Dins aquel sens, vòlon  saber se Macron s’assegurarà a la rintrada del respècte de las condicions pedagogicas d’aqueles establiments, dont las calandretas, après la decision del Conselh Constitucional sus la Lei Molac.

Per quant a la mesa en causa dels caractèrs tipografics inexistents en lenga francesa pels rèirenoms, los signants comprenon “pas que, uèi, la libertat de causida dels rèirenoms pels enfants de nòstre país pòsca èsser remesa en causa” e se demandan s’aqueles enfants seràn considerats coma “franceses”.

En consequéncia, sollicitan del president qu’engatge lèu-lèu una revision constitucionala que permeta al poder public “de protegir e promòure las lengas regionalas”.

 

Per mai d’informacion:

— Libération 17.06.2021: Langues régionales: 140 parlementaires veulent changer la Constitution
— Letra dobèrta dels parlamentaris al president Emmanuel Macron
[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Educació avala l’ensenyament en cors i dona esperances a les altres llengües de l’Estat francès

La immersió lingüística en llengua corsa es mantindrà durant el proper curs escolar, tot i la decisió del Consell Constitucional de prohibir aquest tipus d’ensenyament que havia avalat la Llei de Protecció patrimonial i promoció de les llengües regionals aprovada l’abril passat a l’Assemblea Nacional. Així ho ha anunciat aquest dimecres Saveriu Luciani, conseller executiu responsable de la llengua corsa, arran dels contactes mantinguts amb la màxima responsable del Ministeri d’Educació a Còrsega, Julie Benetti, que ha confirmat el manteniment de l’ensenyament immersiu en llengua corsa en les sis escoles de primària on ja es fa i que acullen 320 alumnes.

Luciani, que ha celebrat que “no hi hagi cap canvi en les escoles en la tornada al setembre del 2021”, ha explicat que tampoc no hi haurà “cap problema” a autoritzar la immersió lingüística en cors en altres escoles. L’únic que hauran de fer serà complir els requeriments pedagògics i administratius, com feien fins ara.

L’exemple de Còrsega suposa un motiu d’esperança per a tots els centres d’immersió en llengües dites regionals de l’Estat francès, que havien rebut amb molta satisfacció la “històrica” llei de llengües aprovada per l’Assemblea Nacional que, amb la mutilació del Consell Constitucional posa en perill la tasca de moltes escoles.

Els responsables polítics dels territoris afectats pels vetos a la coneguda com a Llei Molac (pel seu impulsor, el diputat bretó Paul Molac) pressionen el govern francès i el president, Emmanuel Macron, perquè deixi la resolució del Constitucional sense efectes pràctics o els minimitzi. Els presidents de les tretze regions de l’Estat han adreçat una carta conjunta a Macron en què li expressen la voluntat de treballar amb l’Estat per trobar la manera de garantir l’ensenyament immersiu de les “llengües regionals”, així com la presència de les grafies d’idiomes diferents del francès, també prohibides pel Consell Constitucional. Els tretze responsables polítics remarquen el rebuig que ha causat la resolució judicial als seus territoris, expressat en les manifestacions del dissabte passat, i recorden que hi ha molts estudis que demostren que la immersió no suposa cap escull per a l’aprenentatge del francès.

Per mirar de resoldre el conflicte, el primer ministre francès, Jean Castex, ha encarregat a dos diputats la missió de fer un informe sobre la immersió lingüística i actuar en conseqüència un cop se’n sàpiguen els resultats. Macron ha demanat que no es posin traves a l’ensenyament immersiu de les llengües minoritzades, que va qualificar de “tresor nacional”.

 

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Desenes de milers de persones es manifesten contra una decisió del Consell Constitucional que considera la immersió a l’escola pública contrària a la Carta Magna · Les escoles immersives associatives temen pel seu futur

Manifestació a Baiona (País Basc), 29 de maig de 2021.

 

El que havia de ser una “llei històrica” ha deixat pas a una amenaça de present i futur. Així ho han entès les desenes de milers de persones que aquest 29 de maig s’han manifestat per les ciutats de diverses nacions sense estat de França, en defensa de la immersió en llengües minoritzades: una metodologia que té un avenir incert després de la declaració d’inconstitucionalitat de dos articles de l’anomenada Llei Molac.

Perpinyà, Albi, Carcassona, Bastia, Baiona, Lilla, Guingamp o Baiona han estat algunes de les viles que han concentrat les protestes, convocades per les organitzacions del col·lectiu Perquè Visquin les Nostres Llengües, entre les quals la majoria d’escoles immersives associatives com La Bressola, Calandretas, Diwan, Seaska o ABCM. Notables han estat, sobretot, les manifestacions del País Basc (Baiona) i Bretanya (Guingamp), les dues que, segons l’organització, han reunit al voltant de 10.000 persones cadascuna.

Des del País Basc, la federació d’escoles Seaska té clar que la immersió està ara “en perill” després que el Consell Constitucional hagi decidit que l’article 4 de la Llei Molac “ignora” l’article 2 de la Constitució francesa, el qual recull que “la llengua de la república és el francès”. “Per tant, [l’article] és contrari a la Constitució”, diu la decisió de la màxima autoritat constitucional de França.

La Llei Molac va ser aprovada per l’Assemblea Nacional francesa el 8 d’abril. Oferia tres grans novetats: la possibilitat d’usar la metodologia immersiva a les escoles públiques, un millor finançament per a les escoles immersives associatives i l’autorització de l’ús de signes diacrítics propis de llengües minoritzades (com ara la “ñ” del bretó) en els actes d’estat civil.

El 22 d’abril, però, 60 diputats de la majoria governamental van presentar un recurs contra la Llei Molac davant del Consell Constitucional, que el 21 de maig va determinar la inconstitucionalitat de la immersió i també de l’ús dels diacrítics.

En tots dos casos, hi ha una qüestió fonamental, segons el Consell: a França, la legislació no reconeix a ningú el dret d’usar una llengua que no sigui la francesa en les seves relacions amb l’administració o els serveis públics. Segons el Consell, la immersió i els diacrítics superen aquesta barrera.

Canviar la Constitució o provar de resistir?
Davant d’aquesta lògica, són diverses les veus que demanen de modificar la Constitució perquè aquesta incompatibilitat desaparegui. És la posició del col·lectiu Perquè Visquin les Nostres Llengües. Considera que seria inútil intentar aprovar una altra llei similar a la Llei Molac i opina que caldria modificar l’article 2 de la Constitució directament. També l’alcalde de Pau, François Bayrou, entén que és necessària una esmena constitucional.

El 2008, quan es va introduir la menció a les “llengües regionals” a la Constitució, es va parlar de fer-ho en l’article 1. Les reaccions del nacionalisme francès i de diverses instàncies oficials van ser irades i finalment els idiomes minoritzats van ser relegats a l’article 75.

Mentrestant, les possibilitats que obre la decisió del Consell Constitucional inquieten a moltes organitzacions que treballen a favor de les llengües minoritzades. No és ja que no es podrà introduir la immersió als centres públics, sinó que es genera incertesa respecte del futur de les escoles immersives associatives. El ministre d’Educació del govern francès, Jean-Michel Blanquer, ha avisat que la decisió “conduirà cap a algunes evolucions” en escoles com les Diwan.

A propòsit d’això, aquestes escoles immersives bretones han reconegut que “a partir d’ara, ens trobem en terreny desconegut en matèria jurídica, financera i operativa”. És la incertesa de fins a quin punt la decisió del Consell tindrà efectes, també, sobre les escoles immersives associatives.

Mentre, Seaska apunta que Blanquer té un “somni”: eliminar totalment el model immersiu, també a les escoles associatives, i substituir-lo pel “sistema bilingüe, que no crea parlants complets, de manera que les nostres llengües desapareguin”. La federació basca opina que les negociacions futures amb les autoritats franceses seran més complicades a causa de la decisió del Constitucional.

En un comunicat aquest 26 de maig, el president de França, Emmanuel Macron, ha dit que havia demanat al govern francès i al Parlament que “trobin els mitjans de garantir la transmissió” de la diversitat lingüística, respectant “els marcs pedagògics àmpliament reconeguts des de fa mig segle”.

 

[Imatge: : Euskaltzaleen Topagunea – font: http://www.nationalia.cat]

Un recensement national à venir en Pologne va laisser la possibilité aux minorités nationales d’exprimer leur appartenance culturelle et identitaire. En Silésie, région du sud-ouest du pays, une forte identité régionale demeure. Comment la nouvelle génération de Silésiens vit-elle son héritage ?

Image for En Silésie, que reste-t-il de l'identité régionale chez les jeunes ?

 

Écrit par Thomas Laffitte

« Dans une famille, on dit souvent que la deuxième génération s’intéresse de près à ses origines. Pour notre génération de Silésiens, c’est pareil ». Pour Mateusz, originaire de la région et vivant à Rybnik, non loin de la frontière tchèque, cela ne fait aucun doute : les jeunes silésiens s’intéressent à leurs origines. Même si les jeunes générations ne maîtrisent plus aussi bien le silésien que leurs aînés, la question de l’identité régionale a persisté, et refait aujourd’hui surface. La Silésie est non seulement la région la plus riche du pays après celle de Varsovie, mais c’est également la plus peuplée, avec un taux d’urbanisation très élevé (78% d’urbains).

Mateusz et sa compagne sont finalement revenus vivre en Silésie, après avoir voyagé à Cracovie, Munich et New York. « On travaille entièrement à distance, à mi-temps pour une boîte basée à Varsovie, à mi-temps en tant qu’entrepreneurs et activistes ». Cet activisme prend la forme d’un site web dédié à la Silésie. « Nous sommes des patriotes locaux qui utilisent leur temps libre et leurs ressources pour apprendre à mieux connaître la Silésie, la promouvoir, préserver sa langue et sa « conscience régionale » ». Ce jeune couple poste donc régulièrement du contenu sur les principales attractions touristiques de la région, tout en proposant des « guides touristiques, des articles en langue silésienne, des podcasts, des vidéos».

Pour ces patriotes, l’année 2021 pourrait peut-être marquer une étape importante dans la reconnaissance de cette identité. À partir du 1er avril, un recensement d’échelle nationale aura lieu en Pologne, et s’étalera jusqu’à fin septembre. Dans le formulaire obligatoire à remplir en ligne, en plus des questions administratives classiques, les citoyens polonais vont devoir répondre à des questions portant sur la religion ou leur nationalité. Sur cet aspect, les habitants de la Silésie pourront décider de déclarer (ou non) leur identité silésienne et le cas échéant, d’indiquer s’ils utilisent le silésien comme langue du quotidien.

D’un pays à l’autre, une histoire de frontières

Pour l’eurodéputé polonais Łukasz Kohut, pleinement engagé dans la reconnaissance de la Silésie en tant que région autonome, le recensement à venir est crucial. « Ma principale mission est de combattre pour le droit des citoyens à exprimer librement leur affiliation ethnique et linguistique », nous explique-t-il. L’évocation d’un combat n’est pas étonnante quand on connaît l’histoire de la région. Historiquement, la Silésie se trouve au carrefour – d’aucuns diraient « coincée » – entre la Pologne, l’Allemagne et la Tchéquie (historiquement la Bohême). Pour M. Kohut, cette histoire mouvementée est au cœur de la définition de l’identité silésienne, alors que « les Silésiens ont été divisés par des frontières imposées par les États-nations voisins, eux-mêmes hostiles les uns envers les autres ».

Durant l’entre-deux-guerres, la Silésie a disposé d’un parlement régional (en polonais sejm, de 1920 à 1945), qui a accordé une certaine autonomie à ses minorités. L’expérience fut toutefois de courte durée, car après la Seconde Guerre mondiale, le régime communiste en place pendant près de cinquante ans ne laissait aucune place à l’expression des identités régionales. Malgré la transition vers un régime démocratique au début des années 1990, M. Kohut explique que « la politique de l’État polonais dans les dernières décennies a été de nier les régionalismes ». Il ajoute même que « le gouvernement actuel, avec son obsession nationaliste, est de loin le pire depuis 1989 ». Il croit cependant à la possibilité d’un changement. « Je crois qu’avec le temps et avec un changement politique, la situation pourrait changer. Je vois beaucoup de jeunes politiciens démocrates, qu’ils soient de gauche ou centriste, comprendre et soutenir notre cause ».

Le destin bien connu d’une langue régionale

Asia, bientôt la vingtaine, est partie étudier en Grande-Bretagne après avoir joué pendant plus de 10 ans dans la troupe du théâtre Naumiony. Selon elle, « l’identité silésienne est inséparable de son dialecte. La manière dont vous parlez, l’intonation, la force du dialecte sont inséparables de l’histoire et des traditions de la Silésie ». Lors du recensement de 2002, un peu plus de 50 000 personnes de Haute-Silésie avaient déclaré parler la langue. Cela dit, ces chiffres ne couvrent pas la totalité de la région. Pour Mikołaj, 25 ans, lui aussi étudiant au Royaume-Uni, le lien avec la langue n’est plus si évident. « Même si c’est une part essentielle de la culture, personnellement, je ne pense pas que l’identité silésienne soit liée à la langue. Je sais que certains jeunes silésiens très engagés apprennent la langue, mais il n’y a pas de possibilités de le faire à l’école ». Il ne constate pas de réelle réappropriation de la langue par la jeune génération.

Qui plus est, comme toute langue régionale, le silésien fait face à la question de son statut. Asia préfère par exemple parler de dialecte. « Malheureusement, ça n’est pas une langue, mais j’espère que ça le sera un jour ! ». Comme c’est souvent le cas des langues régionales qui ne vivent qu’à travers le quotidien de ses locuteurs, elles souffrent d’un manque de standardisation. Maciej, la vingtaine, nous explique qu’« il n’y a pas une seule langue silésienne. C’est comme un pantalon troué : il y a beaucoup de choses similaires, mais il y a aussi des ajouts différents ». Le Silésien souffre également d’un héritage difficile. « Pour certains d’entre nous, on nous a enseigné que c’était très mal vu de parler silésien. C’était d’ailleurs une idée très répandue auparavant, auprès des anciennes générations, pour qui ça pouvait être juste naze de le parler », explique Maciej. Situation dont Asia se désole largement : « j’entends dire que le silésien sonne ‘primitif’, ça me rend si triste ! Les connotations autour du dialecte silésien sont déplorables ». Enfin, la question linguistique se heurte également à un autre obstacle, à l’heure où l’apprentissage des langues est souvent envisagé d’un point de vue utilitariste. Aussi, pour Stanisław, qui vient d’avoir 18 ans, « on n’a pas vraiment l’impression que le silésien serait utile pour notre futur, qu’on imagine le plus souvent hors de Silésie ».

Une jeunesse très pragmatique

En vue du recensement à venir, Stanislaw ne compte pas « exprimer quoique ce soit en lien avec la Silésie ». Les questions identitaires et linguistiques sont souvent secondaires auprès d’une jeunesse très européenne, mobile et prête à saisir des opportunités à l’étranger. Stanisław l’affirme d’ailleurs sans détour : « l’identité silésienne n’a jamais été quelque chose de très important pour moi ». Maciej abonde, même s’il a entendu parler du recensement, lui non plus ne prévoit pas de renseigner quoi que ce soit de particulier en lien avec la Silésie, « du moins, rien d’extra. S’il y a une question au sujet de ‘l’ethnicité’, alors je répondrai, mais sinon je ne ressens pas le besoin de montrer mes origines ». Ces jeunes adultes ne manquent pas de souligner qu’ils ne sont pas forcément très intéressés par la politique, ou alors qu’ils ne sont pas bien renseignés sur ces sujets-là. Pourtant, un certain pragmatisme se dégage de cette jeunesse qui, si elle semble peu intéressée à l’idée de défendre le régionalisme silésien, a toutefois un certain nombre d’idées bien claires, notamment quant à la nécessité de sortir de l’industrie du charbon.

« La Silésie ne serait pas devenue ce qu’elle est aujourd’hui sans les mines de charbon », avance Asia, qui explique que les mines « font partie du paysage, elles sont partout ». De même, Stanisław souligne qu’ « un grand nombre de Silésiens pensent que le charbon est notre trésor ». Cette industrie, qui remonte au XVIIIe siècle, est la principale source d’emploi dans la région, avec près de 100 000 employés en 2015. Cela fait de la Silésie la région de la Pologne la plus dépendante à l’exploitation du charbon. Malgré cela, les jeunes sont unanimes : les mines doivent fermer. « Elles ne seront pas oubliées, au contraire, mais elles doivent être fermées le plus vite possible », explique Maciej. La plupart d’entre eux considèrent qu’une transition vers les énergies renouvelables est tout à fait possible dans un futur proche. « On peut tout à fait – et même, on doit vivre sans elles ! », affirme Asia. « On pourrait laisser l’identité industrielle rester prédominante, mais en utilisant d’autres types d’industrie, comme les énergies vertes », nous dit Stanisław. Qui plus est, « c’est possible d’avoir une institution défunte qui fonctionne toujours comme une part importante de notre culture », souligne Mikolaj.

L’horizon européen

L’autre sujet qui semble faire consensus auprès de la jeunesse silésienne est l’attachement à l’Union européenne. Stanisław compte même souligner sa qualité de « citoyen européen » lors du prochain recensement. « Je suis très attaché à la vision d’une Europe unie », nous dit-il. Au-delà du seul attachement à l’Europe, cette jeunesse semble espérer un approfondissement de l’intégration, dans une perspective fédérale. Si l’UE plaît autant, c’est aussi parce qu’elle semble représenter une solution politique moins envisageable au sein de l’État-nation polonais. Pour Mateusz, « s’il ne s’agissait que de l’UE, je serais calme et me sentirais en sécurité vis-à-vis de mon héritage silésien. Il y a clairement de la place pour les minorités au sein de l’UE, et c’est ça qui la rend si attractive et puissante ».

Les idées sécessionnistes ou séparatistes sont loin d’être la préoccupation de cette jeune génération. Mikołaj, qui compte bien mentionner son identité silésienne lors du prochain recensement, regrette que la Pologne soit si centralisée et aimerait voir plus de pouvoirs dévolus aux régions. « Évidemment, le rêve serait d’élire des eurodéputés au sein de régions qui transcendent les frontières, mais je comprends bien qu’en l’état actuel des choses, ça n’est pas à l’ordre du jour », ajoute-t-il. Un rêve à l’heure actuelle, mais peut-être une réalité quand cette génération se trouvera aux commandes.


Cet article a été réalisé en partenariat avec le Courrier d’Europe Centrale.

[Photo : Musée de Silésie à Katowice, sur le site d’une ancienne mine © Patrice Sénécal – source : http://www.cafebabel.com]

Denúnciao A Mesa pola Normalización Lingüística.

DNI

Desde decembro de 2001, vai para 20 anos, o documento de identidade (DNI) estaba, ademais de en castelán, no idioma propio de cada un dos territorios con esta lingua: galego, euskera e catalán.

Dábase así cumprimento a unha decisión nada a partir dunha proposta non de lei impulsada non por ningunha organización nacionalista, independentista ou “enemiga de la unidad de España” senón polo PP de Catalunya.

Mais agora, case 20 anos despois, dese paso, o novo documento de identidade xa non estará nin en galego (na Galiza), nin en vasco (en Euskal Herria) nin en catalán. Seguirá a estar en castelán e, a partir de agora, tamén en inglés. Mais xa non en ningunha das linguas cooficiais.

Isto é o que A Mesa pola Normalización Lingüística vén de denunciar nas redes sociais.

Con palabras en inglés, obrigatorio desde o 2 de agosto (levarán ese formato os que se tramiten a partir desa data) e que deixará obsoleto o actual DNI en 2031. Esta semana presentouse o novo DNI europeo, un documento que introducirá novidades na documentación dos cidadáns do Estado para partir do verán e que incorpora novas medidas de seguridade para cumprir co Regulamento UE 2019/1157 do Parlamento Europeo e do Consello do 20 de xuño de 2019, de obrigado cumprimento para todos os Estados da UE desde este verán.

Desta maneira, o Estado español adapta o DNI á lexislación da UE sobre identidade dixital.

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

« De l’esperança a l’indignació ». El 29 de maig Perpinyà clamarà a favor de l’ensenyament en català

Cartell de la convocatòria a favor de la immersió educativa del 29 de maig a Perpinyà el

Cartell de la convocatòria a favor de la immersió educativa del 29 de maig a Perpinyà.

La sentència del Consell Constitucional francès barrant el pas a l’ensenyament immersiu del català ha provocat molt malestar a la comunitat educativa i a la societat de la Catalunya del Nord. L’anomenada ‘llei Molac’, elaborada pel diputat bretó Paul Molac pretenia defensar la protecció del patrimoni de les llengües regionals i la seva promoció, per primera vegada en diverses dècades.

Tot i això, la immersió lingüística en català i altres llengües regionals ha estat tombada perquè « la llengua de la República és el francès ». La prohibició pot afectar escoles que imparteixin classes en bretó, basc, català o occità.

Des de les Escoles Bressola s’ha resumit molt bé el trànsit que s’ha viscut entre l’aprovació de la llei i la seva derogació pel part del Constitucional: « Amb poques setmanes de diferència hem passat de l’esperança a la indignació ». Aquesta indignació és el sentiment que marca el comunicat que han emès per valorar la sentència i convocar una manifestació a favor del sistema immersió pel pròxim dissabte 29 de maig a les 15h a la Plaça Catalunya de Perpinyà.

La sentència no només reafirma la supremacia del francès respecte totes les llengües de l’Estat, sinó que posa en risc el model educatiu de la Bressola, perquè, segons la sentència, seria « il·legal » ensenyar en català.

Cartell de la convocatòria de la manifestació a favor de l’educació immersiva. 

 

 

[Imatge: La Bressola – font: http://www.racocatala.cat]

Écrit par Michel Feltin-Palas

On aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. Le 21 mai correspondait, selon l’ONU, à la Journée mondiale de la diversité culturelle. Et c’est ce jour qu’a choisi le Conseil constitutionnel pour signer ce qui ressemble à l’arrêt de mort des langues dites régionales (1) en censurant l’essentiel de la loi Molac dans des conditions on ne peut plus troubles. Vous pensez que j’exagère ? Alors lisez ceci.
· Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission dans les familles s’interrompe (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs. Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale. Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : ikastolak au Pays basque, diwan en Bretagne, calendretas en Occitanie, bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée.
· Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales« , assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Éducation nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs.
· La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dis ans – ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre).
· Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer – il l’a reconnu – a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires – étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues !
· À l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’État pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le… 22 avril à 18 heures.
· Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées.
· Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme il le fait d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution.
· Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ». Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre… l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque (voir « Lire aussi »). Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires.
· Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction. « En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste.
Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régionales, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » – sans e – et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français.
Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer.
(1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Il n’y a pas meilleur que lui pour faire se rencontrer la tradition celtique et la modernité. Le chanteur breton Denez Prigent vient de publier un nouvel album, Stur an Avel/Le Gouvernail du vent. Un disque envoûtant comme la potion d’un druide contemporain, où les instruments acoustiques fusionnent avec l’électronique. La liberté, l’amour, la mort : les 14 chansons en langue bretonne touchent à l’universel.

Le chanteur breton Denez Prigent revient avec l’album « Stur an Avel/Le Gouvernail du vent ».

Écrit par Sébastien Jédor

RFI Musique : Sur ce disque Stur an Avel/Le Gouvernail du vent, bombardes et cornemuses se frottent au qanûn turc et au duduk arménien. Mais votre méthode de travail reste la même…
Denez Prigent :
 J’ai une marque de fabrique, effectivement. Je viens du chant a cappella et pour moi, il est tout naturel, quand je travaille sur un nouvel album, d’enregistrer d’abord ma voix seule, pour garder intacte l’émotion et l’énergie du chant. Ensuite, j’habille ce corps de textures musicales différentes : traditionnelles et conventionnelles avec des instruments acoustiques ou plus modernes et avant-gardistes avec des sonorités électroniques.
Cette méthode me permet de ne pas perdre l’essentiel : le chant avant tout. Si je porte trop de vêtements, en quelque sorte, dans une chanson, je le sais tout de suite, parce que j’ai en tête le chant d’origine a cappella. Les musiciens qui m’entourent savent également que l’axe principal de mon travail, c’est le chant : ils ne viennent pas le vampiriser, mais le sublimer.

Mais de cette manière, vous n’êtes jamais certain de la forme que va prendre un morceau ?
Ça dépend. Pour En avel a-benn/Dans le vent contraire, le titre qui ouvre l’album, j’ai tout de suite pensé à faire appel à un bagad [formation bretonne traditionnelle avec cornemuse, bombarde et percussion, ndlr]. Mais en général, pour moi, peu importe que les instruments soient bretons ou pas. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment d’instruments bretons. Il y des instruments qui sont devenus bretons. L’origine de la musique bretonne, c’est le chant a cappella, et cela remonte très loin, au Ve siècle, avec les premières gwerz, les premiers « récits ». Ce chant produit une mélodie non tempérée, arythmique. Plus tard, est venue la harpe, pour l’accompagner. Mais la bombarde, que l’on considère aujourd’hui comme un emblème de la musique bretonne, nous vient des croisades. C’est un instrument oriental à l’origine, adapté aux mélodies chantées… et qui est devenu breton à part entière !
C’est la même chose aujourd’hui. J’ai dans ma palette sonore des instruments qui ne sont pas bretons, mais qui le deviennent parce qu’ils accompagnent un chant en breton. C’est le cas du qanûn turc, que vous évoquiez, et dont joue Maëlle Vallet, une harpiste de formation qui a étudié auprès d’un grand maître en Turquie. Elle parvient parfaitement à se glisser dans toutes les nuances de la gwerz… Et le qanûn devient breton !

La gwerz, justement, est un style de chant que vous affectionnez beaucoup. Pourquoi ?
Oui, parce que si la chanson est une expérience individuelle, la gwerz, elle, est un chant qui touche presque au sacré. Il relate un évènement qui touche une large communauté : naufrage, épidémie, meurtre… Des faits tragiques… Ceux qui composent la gwerz sont souvent des contemporains de l’évènement, voire des témoins ou des protagonistes, comme des soldats ou des marins rescapés d’un naufrage par exemple. La poésie de la gwerz est époustouflante. Elle est le fruit de la rencontre des bardes gallois exilés en Bretagne et des bardes armoricains, au Ve siècle.
Ces gwerz ont été rassemblées au XIXe siècle et, pour certaines, traduites. George Sand, par exemple, considérait que la Gwerz du tribut de Nominoë [poème sur la vie d’un roi breton, NDLR], surpassait L’Iliade et l’Odyssée d’Homère. Le récit de Tristan et Iseult trouve, lui, son origine dans la Gwerz de Bran. Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux, s’y est aussi intéressé. Il possédait un recueil de gwerz et il s’est inspiré de l’un de ces récits anciens pour un roman.
Quant à moi, la première fois que j’ai écouté une gwerz, j’ai ressenti comme une épiphanie… Cette émotion très forte ne m’a jamais quitté. C’était comme si toutes les cellules de mon corps s’étaient réveillées d’un coup. J’ai su que ce chant allait occuper une très grande place dans ma vie.

Que vous chantiez l’amour, la liberté ou de grandes épopées, c’est souvent la mélancolie qui domine. La mort n’est jamais loin. À quoi cela tient-il ? 
Le Breton est mélancolique. Il garde une nostalgie du temps passé et se méfie des grands changements présentés comme des « progrès ». Et s’il adopte finalement ces évolutions, il conserve précieusement ses racines, pour ne pas perdre l’essentiel. C’est mon cas aussi. J’habille mes textes de musique électronique, mais j’enregistre le chant a cappella avant tout, comme le veut la tradition, ainsi que je vous l’expliquais.
En Bretagne, la mort ne nous fait pas peur. Aujourd’hui, on cache les morts, on ne leur parle pas. Mais pendant très longtemps, en Bretagne, les morts ont vécu avec nous. Par exemple, le titre Pennoù kelc’hiet /Têtes auréolées m’a été inspiré par la vision d’un crâne dans un ossuaire. L’ossuaire est une chapelle funéraire située dans l’enceinte d’un cimetière, autour d’une église. Tous les cinq ans, tous les os des défunts étaient placés là, à la vue de tous, selon un rite bien précis. Les crânes étaient installés dans des châsses avec une épitaphe… Les enfants pouvaient dialoguer avec leurs aïeux.
Tout cela pour vous dire que le rapport du Breton à la mort ne relève pas d’une tristesse négative ! Le chant, même triste, est vécu comme un exutoire. Il nous libère et nous purifie des peurs et des angoisses liées à la mort ou à la maladie. Un chant breton comme la gwerz a des vertus thérapeutiques !

Denez Prigent Stur an Avel / Le Gouvernail du Vent (Coop Breizh) 2021
Site officiel / Facebook 

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[Photo : Emmanuel Pain – source : http://www.rfi.fr]

Denez (Prigent) chante – en breton – sur tous les continents, mais ne passe quasiment jamais à la télévision dans son propre pays. « Je n’ai rien contre le français, explique-t-il. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. » Entretien.

 

Écrit par Michel Feltin-Palas

Chanter en langue régionale n’est pas l’idéal pour faire carrière, sauf, apparemment, quand on a le talent de Denez. Cet artiste étonnant parvient à donner – en breton – des concerts à Paris, en Écosse, en Espagne, en Allemagne, au Québec, au Kazakhstan, en Chine… L’un de ses titres a même été repris par le réalisateur Ridley Scott (Alien, Blade Runner…) dans son film La chute du faucon noir.
Denez a sorti ce 16 avril son onzième album (1), mêlant chant d’inspiration traditionnelle, trame électro, musique acoustique, musiciens solistes, percussionnistes et sonneurs de bagad. Des compositions originales, souvent envoûtantes, dominées par sa voix singulière, qui contribuent à redonner ses lettres de noblesse à une culture souvent méprisée. Une fois n’est pas coutume : c’est sous forme d’entretien que se présente donc cette semaine cette lettre d’information. Pour laisser la parole à un homme rare.
Le breton est-il votre langue maternelle ?
Presque. Mes parents m’ont éduqué en français, mais je passais beaucoup de temps chez ma grand-mère, dans une petite ville du Léon où 95 % de la population parlaient breton. Je ressentais un lien entre cette langue que j’entendais, la force du vent et la beauté des paysages alentour. J’étais fasciné. À 10-12 ans, je parlais les deux langues.
Pourquoi chantez-vous en breton ?
Il n’y a qu’en France que ce genre de situations étonne… Si j’étais né au Tibet, je chanterais en tibétain ; Je suis né en Bretagne, il me paraît naturel de parler breton. Le français est une très belle langue, mais chaque langue a sa beauté. Je me souviens d’avoir été invité à une émission de radio avec un homme qui avait réalisé le tour du monde pour écrire un livre sur les odeurs. Je lui ai expliqué qu’en breton, on ne « respire » pas un parfum de fleurs mais qu’on « l’entend ». Il n’en revenait pas. « Je n’ai rencontré cela nulle part ailleurs », m’a-t-il dit, en avouant ne pas avoir enquêté en Bretagne. C’est typique : les Français ne savent pas voir l’étrangeté dans leur propre pays.
Votre carrière a-t-elle pâti du choix de cette langue ?
Sans doute. On m’a souvent dit : « Avec ta voix, si tu chantais en français, tu aurais beaucoup plus de succès. » J’ai toujours refusé car ce n’est pas dans mon ADN. Je n’ai rien contre le français. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. Le breton est ma langue de cœur.
Tout de même : cela ne vous ferme-t-il pas certaines portes ?
C’est certain. Mes disques ne passent en général que sur les radios bretonnes. Dans les télévisions et les radios nationales, on me dit : « C’est en breton ? Alors pas question : les gens ne comprendront pas. » Je leur demande alors pourquoi ils passent des chansons en anglais.
Et que vous répond-on ?
Rien. Ils se retrouvent face à leurs contradictions.
Sur votre dernier disque, l’un des titres est en trois langues : breton, français et anglais. Pourquoi ce choix ?
Je ne me suis pas posé la question. L’idée était simplement de réunir autour d’un style musical qui ne leur était pas familier trois artistes différents : Aziliz Manrow, qui vient de la country ; Oxmo Puccino, issu du rap français, et moi-même, habitué au chant en langue bretonne.
Vous replier sur le breton n’est-il pas une forme de communautarisme ?
Cet argument est incroyable ! En France, une petite caste parisienne a imposé sa culture à toutes les autres régions et c’est moi, qui suis bilingue, que l’on accuse de repli ! En réalité, les communautaristes, ce sont les partisans de la langue unique. Pour moi, la France est une grande prairie où s’épanouissent des fleurs différentes. La Bretagne est l’une de ses fleurs, le Pays basque une autre, l’Alsace une troisième, etc. Là est notre richesse. Et au lieu de s’émerveiller devant cette beauté, Paris veut transformer cette prairie en un champ de blé avec des épis identiques et tous alignés ! Pourquoi la France s’émerveille-t-elle de sa diversité dans la gastronomie et dans les paysages, et pas dans la culture ? La vie, c’est la différence !
Comment envisagez-vous l’avenir du breton ?
Avec pessimisme. L’Unesco le classe parmi les langues « sérieusement en danger » et c’est hélas la réalité. La plupart des locuteurs sont âgés et ne sont pas remplacés par les jeunes. Il y a encore un espoir, bien sûr, mais si l’on ne change rien à la politique linguistique actuelle, cela ne suffira pas. Or le breton n’est pas un patrimoine « régional », mais un patrimoine universel. C’est la seule langue présente sur notre territoire qui nous rattache à notre passé gaulois ! Laisser dépérir la langue bretonne n’est pas seulement un crime contre la Bretagne : c’est un crime contre la France !
Que faudrait-il faire ?
Il y a une mesure simple à prendre : généraliser dans toutes les écoles de la Bretagne bretonnante l’enseignement du breton – au côté du français. C’est la seule mesure efficace pour former de nouveaux locuteurs. Et c’est aussi une mesure de justice.
En quoi ?
Cette région a vécu un traumatisme. Pendant des décennies, on a interdit aux élèves de parler à l’école la langue qu’ils avaient entendue dans le ventre de leur mère et qu’ils entendaient dans leur famille. Pire : on les a punis à coups de règles en leur posant un objet humiliant autour du cou dont ils ne pouvaient se débarrasser qu’en dénonçant un autre enfant « coupable » de parler breton. Voilà comment on a convaincu les Bretons de « choisir » le français. Le retour au bilinguisme est le seul moyen de réparer ce qu’il convient d’appeler un crime contre l’humanité.
Vous n’exagérez pas un peu ? La France n’est tout de même pas l’URSS …
Non, mais il existe plusieurs formes de dictature. On peut tuer un peuple par des méthodes brutales – comme a tenté de faire Staline en russifiant les pays baltes. On peut aussi le tuer à petit feu, c’est la méthode française. C’est une dictature un peu sourde, mais c’est une dictature.
Avec un tel discours, n’êtes-vous pas tenté de vous impliquer en politique ?
Non. Ma vocation reste le chant. Beaucoup de gens me disent qu’ils se sont mis à apprendre le breton après m’avoir entendu. Certains d’entre eux l’enseignent aujourd’hui. C’est peut-être ma manière de faire de la politique.

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Un desenat de familhas l’an ja demandat, e desenant se prepausarà a totes los nòus maridatges

Doas familhas de Biàrritz an recebut lo primièr libret de familha bilingüe, que sas lengas son lo francés e lo basco. La consolessa màger de la vila del Bas Ador, Maider Arosteguy, vòl atal “aubrir ua nava èra a Biàrritz en tot despartimentar la lenga basca”, çò rapòrta Mediabask.

Lo document l’an revisat d’especialistas de l’Ofici Public de la Lenga Basca, en collaboracion amb de professors de drech de l’Universitat del Bascoat, per tal que la terminologia administrativa e legislativa siá exacta. Tanben s’es volgut que de bon completar pels oficièrs de l’estat civil non bascofòns.

Après un trabalh de sièis meses, lo document bilingüe es disponible e, après una comunicacion de la comuna dins la revista muncipala, i a mai de dètz familhas de la vila que l’an demandat. A mai, se prepausarà lo document a totes los maridatges que se celebraràn desenant. Arosteguy encoratja d’autras comunas que prepausen aquel “dispositiu simbolic”.

Los librets de familha bilingües francés-breton an ben capitat dins fòrça comunas de Bretanha. Seriá plan que las administracions occitanas o prepausèsson tanben en occitan, e que se faguèsse de versions en gascon dins las comunas del Bas Ador per qual o desirariá tanplan en la lenga nòstra.

[Imatge: Ville de Biàrritz – poblejat dins http://www.jornalet.com

L’Assemblea Nacional francesa ha aprovat una proposició de llei que obre la porta a la immersió en les llengües minoritzades de França i que permetrà un finançament millor de les escoles immersives associatives. L’aprovació ha estat qualificada “d’històrica” per diverses entitats que treballen a favor d’aquestes llengües.

El moment de l’aprovació de la llei a l’Assemblea.

La proposició de llei de protecció i promoció de les llengües regionals ha rebut el suport de 247 diputats, amb 76 vots en contra i 19 abstencions. Ha estat presentada per Paul Molac, un militant històric per la defensa de la llengua i la cultura bretones que, des de 2012, és diputat a l’Assemblea Nacional. L’octubre de 2018, Molac va constituir el Grup Llibertat i Territoris (LT) a la cambra baixa del Parlament francès. En formen part 18 diputats, entre els quals diversos de bretons, corsos, alsacians i occitans.

A la sortida de la sessió, Molac i altres representants bretons han cantat l’himne nacional de Bretanya, el Bro Gozh.

“És una victòria col·lectiva, amb suports del conjunt dels grups parlamentaris. El teixit associatiu s’ha mobilitzat molt, i també es tracta de la seva victòria”, ha declarat el diputat bretó.

Quins són els punts més destacats de la llei?

Durant el debat d’aquesta llei s’han destacat, sobretot, tres grans aspectes.

El primer és el fet que la llei permetrà que les escoles públiques puguin emprar la pedagogia de la immersió lingüística. És a dir: podran oferir la majoria de les assignatures en una de les llengües minoritzades tradicionals —bretó, català, occità, basc, cors… Fins ara, el màxim que podia oferir una escola pública era un ensenyament paritari (50%) francès-llengua minoritzada. Sí que podien emprar la immersió les escoles associatives immersives, com Diwan a Bretanya, Bressola a la Catalunya del Nord o Calandreta a Occitània, entre altres.

El segon és que aquestes escoles associatives podran rebre fons dels municipis on resideixen els seus alumnes, encara que no es tractin del municipi on està situat físicament el centre escolar. Fins ara, aquesta possibilitat només existia per a l’escola pública.

El tercer és que la llei autoritza l’ús de “signes diacrítics de les llengües regionals” en els actes d’estat civil. Per exemple, un nadó podrà ser inscrit oficialment amb un nom que incorpori un diacrític encara que aquest no estigui present en la llengua francesa. Va ser sonat el cas, el 2017, del tribunal que va prohibir la inscripció d’un nen amb el nom bretó “Fañch” perquè la lletra “ñ” no era admissible. Tot i que finalment l’infant va poder ser inscrit amb aquest nom, el cas va evidenciar la desprotecció dels pares i mares a l’hora de posar nom als seus nadons. Amb l’aprovació de la llei, no s’hauria de repetir un altre cas Fañch.

Un trajecte de més d’un any

La llei havia estat aprovada en primera lectura per l’Assemblea Nacional el febrer de 2020, però rebaixada respecte de la proposta inicial de Molac. Per contra, el Senat, en una votació el desembre del mateix any, va recuperar les parts que havien estat tallades a l’Assemblea.

Després de l’aprovació del Senat, calia que l’Assemblea aprovés de nou la llei en segona lectura, que és la que ha fet avui. El text és el mateix que va votar el Senat, de manera que la cambra alta no haurà de tornar a pronunciar-s’hi.

En tot cas, el Consell Constitucional encara podria revisar la constitucionalitat de la llei, abans que aquesta sigui promulgada. Alguns diputats de la majoria governamental opinen que la immersió a les escoles públiques no s’hauria d’haver aprovat perquè va en contra de l’article 2 de la Constitució, que reconeix el francès com “la llengua de la República”.

Molac ha replicat que la llei aprovada no obliga cap escola a oferir una línia educativa immersiva ni a cap alumne a seguir-la, amb la qual cosa, segons el seu parer, no es pot argumentar que atempti contra l’article 2.

 

[Foto: Twitter @LCP account screenshot – font: http://www.nationalia.cat]

L’Assemblea nacional votarà una PNL que garanteix la protecció de les llengües regionals

L’Assemblea Nacional francesa votarà el pròxim 8 d’abril una proposició de llei per « la protecció patrimonial de les llengües regionals i llur promoció ».

El text presentat pel diputat bretó Paul Molac i sostingut per un ample ventall d’associacions i elegits i pels 13 presidents de les regions de la França metropolitana, entre altres, ha de constituir un primer gest perquè l’Estat Francès « se reconciliï per fi amb les seues llengües » i posi en adequació la seua legislació amb la reconeixença patrimonial de les llengües regionals inscrita dins la Constitució (article 75-1) des de 2008.

De fet, el 74,7% dels habitants del Departament se declaren favorables o molt favorables al vot d’una llei de llengües regionals (enquesta UL-CN 2015).

L’Associació per a l’ensenyament del català (L’APLEC), a través de la Fédération pour les Langues Régionales dans l’enseignement public (FLAREP) i amb les associacions de les altres llengües, ha enviat als parlamentaris nord-catalans, occitans, bascos, bretons, corsos i normands un argumentari precís sobre la qüestió. Des de l’APLEC, es considera que « el català en particular té menester de textos clars i d’un quadre legislatiu actualitzat davant de les amenaces qui pesen sobre el seu ensenyament, i més precisament al liceu objecte de totes les pressions ».

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Les entitats en defensa de la llengua reclamen la signatura d’un conveni per a impulsar-la a les aules

Entre 3.000 i 5.000 persones es van manifestar dissabte 13 a Kemper (Quimper) per a reclamar la signatura d’un conveni entre els governs francès i bretó que impulsi l’ensenyament de la llengua bretona. Les negociacions per al conveni actualment es troben aturades.

Les entitats convocants de la manifestació van publicar un manifest de deu punts en què demanen, entre altres mesures, que el futur conveni faciliti l’obertura de noves classes bilingües o immersives en bretó a primària i secundària, la capacitació de professorat o l’oferiment, a tot l’alumnat de Bretanya, de classes d’iniciació a la llengua i la cultura bretones.

El conveni se signa per períodes quinquennals. El darrer va exhaurir-se el 2020 i encara no se n’ha signat un de nou. El president de Bretanya, Loïg Chesnais-Girard, afirma que hi ha “un blocatge de fons” sobre aquesta qüestió, i en fa responsable el ministeri d’Educació francès.

[Imatge: Ai’ta! Breizh – font: http://www.nationalia.cat]
On le sait peu, mais imposer à un individu un changement de langue – ou d’accent – peut provoquer de graves traumatismes psychiques.
Écrit par Michel Feltin-Palas
J’entends souvent cette réflexion : « Oui, on a obligé les Corses, les Bretons, les Auvergnats et les autres à parler français. Et alors ? » Et alors ? On peut opposer de nombreuses objections à cet « argument », mais j’aimerais cette semaine m’arrêter sur celle qui est sans doute la moins connue : les maladies psychiques que cette politique a entraînées. Je m’appuie pour cela sur les travaux d’un médecin de Montpellier, le docteur Pierre Boquel, qui mène des recherches sur ce thème depuis le centre de psychosomatique relationnelle de Montpellier, le Cresmep. Les conclusions auxquelles il est arrivé sont saisissantes. Je les résume ici :
1) La langue maternelle représente l’un des fondements de l’identité de chacun d’entre nous. C’est en effet par le langage qu’enfant, nous construisons notre relation aux autres, exprimons nos premières émotions, recevons des informations sur le monde qui nous entoure, nous construisons affectivement… Cet élément est « de la même importance que le sexe, le visage ou le nom », écrit Pierre Boquel.
2) Ce fondement se trouve fragilisé si l’on nous impose un autre idiome, supposé plus « noble ». Car il va de soi que si cette nouvelle langue est présentée comme « haute », c’est que la nôtre est « basse »… Apparaît peu à peu un sentiment appelé « honte de soi » (ou auto-odi), sachant que ce n’est pas seulement notre langue qui est dévalorisée, mais, à travers elle, notre lignée, notre région et notre culture.
3) Ce conflit entre « langue haute » et « langue basse » (les linguistes parlent de « diglossie ») provoque une redoutable tension chez la personne concernée. « Son identité profonde, attachée à sa langue maternelle, s’oppose à l’identité sociale qu’elle a dû se construire en adoptant la langue dominante et en se forgeant une « néo-identité » », précise Pierre Boquel. Il en découle un conflit intérieur où se mêlent angoisse de dépersonnalisation, perte du sentiment d’appartenance et refoulement des émotions.
4) Certaines personnes surmontent assez bien cette discordance, d’autres non. « Toute action qui fait « agir les unes contre les autres différentes aires de sa personnalité tend à rendre fou (c’est-à-dire schizophrène) », écrit Pierre Boquel en citant Searles, l’un des psychanalystes auxquels il se réfère. Dans cette situation, le « paradoxe identitaire » peut être corrélé à des pathologiques mentales.
5) Dans les cas les plus graves, ces tensions psychologiques provoquent même des maladies organiques, notamment des cancers de la face – le visage étant le siège de l’identité.
6) Ce qui est vrai des langues l’est aussi des accents, comme Pierre Boquel me l’a confirmé lorsque je l’ai interrogé pour le livre que j’ai coécrit sur ce sujet (1). Présenter une manière de parler comme ridicule en comparaison d’une prononciation standard a des conséquences délétères sur l’estime de soi des individus concernés.
Certains se rassureront à bon compte en moquant la théorie délirante d’un médecin marginal. Ils se trompent. Le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik, par exemple, ne dit pas autre chose. La langue, explique-t-il, dans Mourir de dire – la honte (Odile Jacob), compose « une représentation cohérente de soi parmi les siens », une « sorte de base de sécurité ». Tout refoulement de la langue maternelle, ajoute-t-il, entame cette « base de sécurité ».
Ces raisonnements scientifiques sont par ailleurs confirmés par les études de terrain. Jean-Jacques Kress, psychiatre au CHU de Brest, s’est penché sur le cas de la Bretagne. Sachant que diplôme et santé publique vont de pair, les habitants de cette région devraient afficher d’excellents indicateurs en matière de morbidité puisque le niveau d’études y est l’un des meilleurs du pays. Or on y enregistre au contraire des taux alarmants de dépression, de suicide et d’alcoolisme. Et l’on n’a trouvé qu’une explication à ce paradoxe : la « perte d’identité linguistique » puisque, en deux générations, 80 % de la population a dû abandonner le breton et le gallo, les deux langues historiques de ce territoire.
La Bretagne n’est pas un cas isolé. Au Canada, les communautés ayant perdu leur langue se suicident en moyenne 6 fois plus que celles qui les parlent encore. Il en va de même des aborigènes d’Australie, des Amérindiens du Canada et des Maoris de Nouvelle-Zélande. Pour ces peuples malmenés par l’Histoire, le Congrès mondial pour la santé publique a délivré en 2017 une ordonnance aussi simple que radicale : le « renforcement de la culture autochtone ». Une prescription que l’on ne saurait trop recommander aussi en France.
(1) J’ai un accent. Et alors ?, Jean-Michel Aphatie et Michel Feltin-Palas, Michel Lafon

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

A emenda demanda « respecto real » baseado no dereito de uso e no deber de coñecemento, o que abre o camiño para a igualdade xurídica plena das linguas

O Congreso na sesión de onte, nunha imaxe insólita ante a escasa presenza de membros pola situación de emerxencia sanitaria (Imaxe: Pool)

A Mesa pola Normalización Lingüística considera « un pequeno paso cara á igualdade » que o Congreso español aprobase esta mañá parte da Proposición non de lei (PNL) rexistrada por BNG, Compromís, PNV, EH Bildu, JxCat, PDCAT, ERC, CUP, Más Madrid e Podemos co obxectivo de garantir o uso da lingua propia a toda a cidadanía.

A emenda aprobada recoñece a necesidade de oficializar linguas como o galego en territorios pertencentes a Asturias e Castela-León, acepta permitir a validez recíproca de documentos escritos en galego e portugués -que forman parte do mesmo sistema lingüístico- e a reciprocidade na recepción de radio e televisión e, por último, demanda « respecto real » baseado no dereito de uso e no deber de coñecemento, o que abre o camiño para a igualdade xurídica plena das linguas. Este punto foi aprobado cos votos a favor de todos os partidos políticos agás VOX.

O presidente da Mesa, Marcos Maceira, valora esta votación como « positiva », na medida en que « abre espazo para que A Mesa e outras entidades continúen traballando a prol do obxectivo da proposta orixinal, que é que o recoñecemento das linguas se concrete en garantías de igualdade real para toda a cidadanía. » Maceira recorda, tamén, despois da postura amosada polo PP no Congreso español, que « o PPdeG ten deberes que facer en Galiza: sentarse, falar e executar os acordos acadados ».

« Os axentes sociais definimos o camiño e conseguimos que se foran adherindo os axentes políticos », recorda Maceira. « Nesta ocasión non saíu adiante a totalidade do proposto, mais si unha parte moi importante », puntualiza, « a porta está aberta e temos a determinación de volver pór o tema sobre a mesa, porque, coas linguas, estamos a falar de democracia, liberdade e igualdade. Hai moito en xogo e  nós seguiremos traballando ».

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

Estación de metro Alisher Navoiy en Taskent, decorada con motivos que evocan la cultura del poeta del siglo XV. Foto del autor.

 

Escrito por Filip Noubel y Shokhrukh Usmonov – traducido por Eva Gonzalez

El 9 de febrero se cumplen 580 años del nacimiento de Alisher Navoiy, poeta, lingüista y pensador del siglo XV que ha desempeñado un papel fundamental en el proceso de construcción nacional de Uzbekistán.

El concepto de nación es relativamente reciente en Asia Central, región que durante siglos se articuló más en torno a la religión, los centros urbanos importantes y el idioma. La gente se definía como suní, chiíta, judía, o como procedente de las zonas que gravitaban alrededor de ciudades destacadas como Bujara, Samarcanda, Kokand, Gulja o Kasgar, que concentraban el poder político y militar local.

En Asia Central, zona de gran heterogeneidad lingüística, coexisten dos grandes familias de lenguas: la persa y la túrquica. Las lenguas túrquicas cuentan con cientos de palabras de origen persa, el idioma de la corte, la literatura y la filosofía. Actualmente muchos habitantes de Asia Central hablan con la misma fluidez tayiko o darí, que pertenecen al grupo de lenguas iranias, o uzbeko, turcomano o kirguiso, por ejemplo.

El árabe también desempeñó un papel clave en la religión, la educación y el conocimiento, mientras que el ruso hizo su aparición en el siglo XIX como idioma colonial.

Por su parte, las lenguas túrquicas dieron lugar con el tiempo a diferentes idiomas modernos, denominados hoy en día karakalpako, kazajo, kirguiso, tártaro, turcomano, uigur o uzbeko, y todos compartían un mismo idioma literario: el چغتای o chagatai [1], escrito en alfabeto árabe y usado entre los siglos XV y XX.

Navoiy como símbolo de la lengua uzbeka

Alisher Navoiy [2] fue un poeta y pensador a quien se recuerda en Uzbekistán sobre todo por su defensa del uso del chagatai, que es la base del uzbeko moderno, tanto literario como coloquial.

Como era habitual en Asia Central, la vida de Navoiy transcurrió entre distintas regiones, culturas e idiomas. Nació en 1441 en Herat (actual Afganistán), estudió en Mashad [3] (ciudad de Irán) y Samarcanda (situada en Uzbekistán), y murió en Herat, donde está enterrado. Sabía de muchas disciplinas, construyó edificios, trabajó con los políticos locales y escribió en tres idiomas (chagatai, persa y árabe), sobre todo poesía. Una de sus obras más conocidas es el Muhakamat al-Lughatayn [4] (La prueba de las dos lenguas), tratado que compara el persa y el chagatai, y determina la superioridad de este último.

En aquella época, una afirmación así era poco frecuente, por decir lo menos, dado el prestigio del persa y la relativa escasez de textos escritos en chagatai. Por ese motivo en el mundo túrquico, especialmente en Uzbekistán, se considera que Navoiy es el padre de la literatura uzbeka. Su seudónimo proviene de la palabra navo (‘melodía’ [5]), ideal poético que se refleja en sus gazales [6], poemas árabes breves inspirados en buena medida en la imaginería sufí. Entre sus obras más famosas se encuentran Xamsa (El quíntuplo), colección de cinco poemas épicos que incluye historias de amor de culto como Farhad y Shirin [7] o Layli y Majnun [8], y el Lison ut-Tayr (El idioma de los pájaros). También redactó tratados para ayudar a otros poetas a escribir en chagatai y adoptar el patrimonio cultural túrquico.

Алишер Навои (Alisher Navoiy), película soviética de 1947 del director tayiko Kamil Yarmatov disponible en uzbeko y en ruso, presenta a Navoiy como una figura fundamental en el proceso de construcción nacional de una identidad soviética y uzbeka a la vez. Esta obra, objeto de culto en la Unión Soviética, incluye una parte, en el minuto 21, en que Navoiy defiende la importancia de un “idioma túrquico que puede unir a la gente”:

¿A quién le pertenece Navoiy en el Uzbekistán actual? 

Una de las prioridades de las autoridades uzbekas desde la muerte de Islam Karimov [9], que gobernó con mano dura desde finales del periodo soviético hasta 2016, ha sido cambiar la imagen del país y destacar el potencial turístico de la Ruta de la Seda. El actual presidente, Shavkat Mirziyoyev [10], pone mucho énfasis en el uso de símbolos culturales para presentar a su país como un destino turístico y de negocios atractivo. Por eso se le ha prestado especial atención a la celebración de los 580 años del nacimiento de Navoiy, con actividades dentro y fuera del país. El poeta ya está muy presente, con estatuas, calles, una universidad, una beca, una estación de metro y un teatro [11] con su nombre en la capital, Taskent, así como innumerables libros y un lugar en el currículo escolar. Este video, que lleva la etiqueta #NavoiyIftiXorim en uzbeko [Navoiy, mi orgullo], muestra imágenes de lugares y monumentos importantes relacionados con el poeta, acompañadas por una lectura de sus poesías:

Son celebraciones oficiales, muy controladas por el Gobierno, como en la época soviética, y hay quien pide más diversidad en las conmemoraciones en honor de Navoiy.

A’zam Obidov, poeta, traductor literario y activista cultural que vive en Taskent y fundó Uzbekistan’s Literature and Art Bridge (Puente Literario y Artístico de Uzbekistán), declaró a Global Voices:

“В Узбекистане не существует хотя бы маленького международного фестиваля поэзии, международного фестиваля писателей. Мои многочисленные обращения о создании института Наваи за рубежом просто игнорируются. Нет прайвит-паблик партнершип в сфере искусства, культуры и литературы. Эти сферы, если хотят развиваться, должны быть независимыми, то есть полностью негосударственными, как в Европе. Для этого нужны нормальные законы. Например, если предприниматель, филантроп или какая-та организация поддерживает литературу или искусства, то, автоматически им предоставляется льгота по налогу.

En Uzbekistán no hay pequeños festivales internacionales de poesía, o escritores. Mis numerosas llamadas a la creación de un Instituto Navoiy en el extranjero no han tenido eco. No hay colaboración público-privada en el rubro de las artes, la cultura y la literatura. Para que esos ámbitos se desarrollen, deben ser independientes, estar totalmente al margen del Estado, como en Europa y Estados Unidos. Para ello, también necesitamos leyes normales; por ejemplo, que el apoyo de las artes o la literatura por parte de un empresario, un filántropo o una organización conlleve automáticamente un beneficio fiscal.

Buena parte de la obra de Navoiy se ha traducido al ruso, pero hay pocas traducciones al inglés [7], se lamenta Obidov, que pide más fondos y más atención a este tema por parte del Gobierno. Mientras, él mismo ha hecho algunas traducciones [12] que muestran la sofisticación y la complejidad del lenguaje y la imaginería de Navoiy. Espera que otros traductores encuentren así inspiración para trasladar la obra de Navoiy a sus propios idiomas.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2021/02/28/a-casi-seis-siglos-de-su-nacimiento-a-quien-pertenece-alisher-navoiy-padre-de-la-literatura-uzbeka/

URLs en este posteo:

[1] chagatai: https://es.wikipedia.org/wiki/Idioma_chagatai

[2] Alisher Navoiy: https://es.wikipedia.org/wiki/Ali-Shir_Nava%27i

[3] Mashad: https://es.wikipedia.org/wiki/Mashhad

[4] Muhakamat al-Lughatayn: https://en.wikipedia.org/wiki/Muhakamat_al-Lughatayn

[5] ‘melodía’: https://oxussociety.org/four-poems-from-a-new-diwan-h-t-alisher-navoiy/

[6] gazales: https://es.wikipedia.org/wiki/Gazal

[7]  Farhad y Shirinhttp://www.uzdaily.com/en/post/54192

[8] Layli y Majnunhttps://es.wikipedia.org/wiki/Layla_y_Majn%C3%BAn

[9] Islam Karimov: https://es.wikipedia.org/wiki/Islom_Karimov

[10] Shavkat Mirziyoyev: https://es.wikipedia.org/wiki/Shavkat_Mirziyoyev

[11] un teatro: https://es.globalvoices.org/2019/11/25/teatro-de-tashkent-ofrece-vistazo-a-confinamiento-japones-tras-la-segunda-guerra-mundial/

[12] algunas traducciones: http://azamabidov.uz/?p=1813&fbclid=IwAR2xAfcKr87sUVrZAAcaHjTxE5YZF22KoamtZ0tY6OrsDCTgQgEGrsWUdcM

Primera documentació: 11/09/1991

Tipus manlleu del francès
Contextos
Per l’expressió totalment despectiva de patois es referia a totes les llengües (bretó, català, fràncic, alsacià, basc, cors, flamenc, occità) parlades dins l’Estat francès. [Avui, 5/04/1995]
Repeteixo: potser no hi ha res a fer i el català s’ha d’anar galleguitzant irreversiblement cap a un patois del castellà. [Avui, 11/08/2020]
Observacions
A l’Estat francès sovint s’ha fet servir el terme patois per designar qualsevol llengua que no és el francès. Així, aquesta expressió servia per denominar l’occità, el bretó, el basc, el català, etc., tal com il·lustra el primer context. Es tracta, per tant, d’un terme despectiu que respon a una política lingüística centralista per part de la República francesa, que únicament ha promogut el francès, l’única llengua oficial de l’Estat. L’ús d’aquest mot ha transcendit el francès i també s’ha usat en altres llengües, com en català, fins al punt que és un terme força usat en sociolingüística, però sempre amb connotacions negatives.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Una analisi de la distància entre los neolocutors militants e los natius, e dels problèmas d’estandardizacion e d’ensenhament

Las politicas lingüisticas de l’estat francés an ben capitat a far venir gaireben inexistenta la transmission intergeneracionala de l’occitan e de las autras lengas territorialas franc del francés. Pasmens, aquela transmission se contunha de far per mejan de l’educacion, de l’ensenhament associatiu, d’iniciativas individualas de reapropriacion, e tanben per transmission familiala dins las familhas militantas.

Foguèt publicat en decembre passat lo libre Entre francizacion e demarcacion qu’analisa, en francés, las problematicas dels diches neolocutors en relacion sustot amb las questions d’ensenhament e d’estandardizacion tant del ponch de vista de la lingüística descriptiva coma de la sociolingüistica. L’òbra detalha lo pauc de contacte entre los locutors qu’an popat la lenga al brèç e los neolocutors militants, a causa de la situacion sociolingüistica del país, e lo sentiment de rompedura que pòt existir entre las doas comunautats.


BANEGAS SAORIN, Mercedes e SIBILLE, Jean. Entre francisation et démarcation. Usages hérités et usages renaissantistes des langues régionales de France. L’Harmattan, 2020. 234 paginas. 25 èuros.

 

[Imatge: Guilhèm Sevilha – poblejat dins http://www.jornalet.com]