Archives des articles tagués Langues régionales

La sénatrice Marie-Claude Varaillas a dû s’expliquer face aux occitanistes sur son vote lors du débat relatif au projet de loi voulant protéger les langues régionales.

Dordogne : polémique autour du vote d’une loi sur les langues régionales

Marie-Claude Varaillas rappelle qu’elle est très attachée à l’occitan.

Écrit par Hervé Chassain

Marie-Claude Varaillas est très en colère. La sénatrice communiste de Dordogne s’est fait attaquer par des défenseurs de la langue d’oc. Ils l’accusent d’avoir refusé de voter en faveur d’une loi protégeant les langues régionales.

Un communiqué signé par Jean-Louis Lévêque, administrateur de la Maison occitane du Périgord, a déploré que son groupe ait voté contre ce projet de loi relatif à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion.

« Faux et injuste »

« C’est faux et injuste, se défend Marie-Claude Varaillas. Notre groupe s’est seulement abstenu en raison d’un amendement déposé en séance par la droite qui dénaturait le texte initial pour lequel nous devions voter. »

Elle rappelle que cet amendement, lié à la loi Carle, oblige les communes à prendre en charge les dépenses de fonctionnement d’écoles privées d’une autre commune au motif qu’un enfant de de leur secteur y est scolarisé. Ce serait le cas pour les établissements proposant l’enseignement de langues régionales.

Les communistes et écologistes refusent « de favoriser le secteur privé de l’Éducation nationale au détriment des établissements publics ». La sénatrice assure que le texte, qui va passer à l’Assemblée nationale avant de revenir au Sénat, sera voté une fois débarrassé de son amendement controversé.

Les défenseurs des langues régionales comme Jean-Louis Lévêque déplorent « l’hostilité dont font encore preuve certains élus à l’égard du plurilinguisme dans notre pays ». Il a ainsi relayé le « vif mécontentement ressenti par les structures qui se battent au quotidien pour que vive l’occitan dans notre département ».

Marie-Claude Varaillas, qui rappelle qu’elle parle occitan depuis son enfance et qu’elle y est très attachée, assure qu’elle fera tout pour le défendre et encourager son enseignement. Elle a déjà écrit dans ce sens aux représentants du monde occitan, ainsi que sur sa page Facebook :

 

[Photo :  Philippe Greiller – source : http://www.sudouest.fr]

Desapareixeran les faltes sobre els noms, imposades per l’Estat

Segons informa la Clau, el Senat francès aprova la llei que autoritza els accents catalans als noms: í, ó, ò i ú ja no estan prohibits.

Després de l’Assemblea Nacional, el Senat va aprovar, dijous 10 de desembre, la « llei relativa a la protecció del patrimoni de les llengües regionals i la seva promoció ». Aquest text tolera la inclusió al codi civil dels accents de les vocals i altres signes que no existeixen en francès, és a dir, í, ó, ò, ú i l·l. Un nou examen a l’Assemblea estatal hauria de validar definitivament aquesta mesura.

Aquest progrés posa fi a rebuigs i contradiccions, ja que els accents de certes llengües estrangeres ja eren acceptats pels serveis d’estat civil dels ajuntaments. En alguns casos, s’ha necessitat la intervenció dels tribunals per assegurar-se que els noms catalans s’escrivissin sense errors. Tècnicament, l’article 9 de la llei estableix que “els diacrítics de les llengües regionals estan permesos en els documents d’estat civil”.

 

[Foto: Elisenda Rosanas (ACN) – font: http://www.racocatala.cat]

Le député autonomiste breton du Morbihan Paul Molac a fait de la protection et de la promotion des langues dites régionales un de ses chevaux de bataille politique. C’est grâce à lui que la loi sur les langues régionales portée par le groupe Écologie-Solidarité-Territoires dont il fait partie, a été adoptée jeudi 10 décembre au Sénat. 

« C’est une victoire qui vient récompenser des années d’efforts conjoints, menés par les associations et certains élus, pour permettre la sauvegarde, mais également la promotion de nos langues », déclare Paul Molac.

Le député du Morbihan se réjouit que les sénateurs soient allés « encore plus loin que la rédaction du texte qui avait été voté en février dernier en première lecture à l’Assemblée nationale. Celui-ci avait été en partie vidé de sa substance ».

Le Parti de la Nation Occitane lui rend hommage et lui donne la parole :

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 La loi sur les langues régionales adoptée au Sénat !

Reprise dans la niche parlementaire du groupe Écologiste-Solidarité et Territoires, la proposition de loi sur les langues régionales dont je suis l’auteur, et initialement inscrite à l’Assemblée nationale par mon groupe « Libertés et Territoires » a été adoptée aujourd’hui 10 décembre par les sénateurs. C’est une victoire qui vient récompenser des années d’efforts conjoints, menés par les associations et certains élus, pour permettre la sauvegarde, mais également la promotion de nos langues.

Mieux, les sénateurs sont allés encore plus loin que la rédaction du texte qui avait été voté en février dernier en première lecture à l’Assemblée nationale. Celui-ci avait été en partie vidé de sa substance. Je me réjouis ainsi qu’ait été rétabli l’article relatif à la généralisation de la proposition d’enseignement en langue régionale, sur le modèle développé en Corse depuis vingt ans, et qui porte ses fruits sur l’île. Par ailleurs, le rétablissement d’un forfait scolaire effectif permettra de sécuriser le financement des écoles immersives sous statut associatif, dont fait notamment partie les réseaux Calandretas, Diwan, etc… Il s’agissait d’une demande importante pour la pérennité de ces réseaux. La survie de nos langues passe nécessairement par l’éducation. Enfin, l’intégration par les sénateurs de la reconnaissance de l’enseignement en immersion à l’école constitue un apport sans précédent en la matière.

Autre motif de satisfaction, les articles issus du texte de l’Assemblée nationale ont été votés conformes par le Sénat. La signalétique bilingue sera désormais reconnue dans la loi, et l’article 9 autorise désormais les signes diacritiques en langue régionale dans les actes d’état civil. C’est une nouvelle victoire pour le petit Fañch !

Je tiens à remercier chaleureusement le groupe Écologie-Solidarité-Territoires d’avoir repris ma loi dans sa niche parlementaire, et je salue le travail remarquable mené par la rapporteure Monique de Marco, sénatrice de Gironde et les chefs de file des six groupes parlementaires qui ont soutenu la loi et œuvré pour enrichir le texte.

La loi étant agrémentée de nouvelles dispositions, une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale est nécessaire afin d’obtenir un vote définitif sur l’ensemble du texte. La prochaine niche parlementaire de mon groupe Libertés et Territoires en avril prochain en sera une opportunité. Je m’attellerai à faire tout ce qu’il est possible pour convaincre mes collègues députés de tous les bancs de voter en faveur des ajouts des sénateurs, dans l’intérêt de nos langues.

Communiqué de Paul Molac, député breton. 

 

Paul Molac

Paul Molac

 

[Source : lo-lugarn-pno.over-blog.org]

 

L’APLEC demana als senadors catalans que votin a favor de la Llei de Llengües Regionals

[Font: http://www.racocatala.cat]

Les langues régionales sont quasiment exclues des grands médias. Y compris sur le réseau France Bleu censé pourtant « contribuer à leur expression ».

Écrit par Michel Feltin-Palas

C’est une histoire tristement symbolique que je vais vous raconter cette semaine. Le récit d’une microdécision, prise sans doute sans vraiment penser à mal, mais qui, ajoutée à d’autres allant dans le même sens, ruine progressivement notre patrimoine linguistique.
France Bleu Occitanie, qui émet pour l’essentiel dans les contours de l’ancienne Région Midi-Pyrénées, a récemment procédé à différentes modifications dans sa grille, dont deux en particulier nous intéressent ici. La première a trait à la chronique de Géraud Delbès, « Les mots d’oc », qui présente en français et en oc la richesse linguistique occitane. Alors qu’elle était programmée en semaine à 6 h 10 et à 7 h 40, cette seconde diffusion – bénéficiant de la meilleure écoute – a été supprimée (1). La seconde concerne l’émission Conta Monde, officiellement consacrée à l’actualité culturelle occitane. C’est bien simple : il est désormais interdit d’y diffuser… des chansons en occitan, sauf dans le cas – rare – où l’invité est un artiste utilisant cette langue (et encore : à une seule reprise). Le 22 novembre dernier, les auditeurs ont par exemple eu droit à… Phil Collins, Angèle et Louane, dont l’engagement en faveur des langues régionales n’a pas pour le moment marqué les esprits.
La raison ? Je l’ai demandée au directeur des programmes et de la musique du réseau France Bleu, qui a procédé à ces changements – en accord avec la direction de la station. « En raison de la période exceptionnelle que nous traversons, nous avons décidé de créer de nouvelles rubriques pour soutenir les commerçants et l’économie locale, m’a expliqué Frédéric Jouve. Pour cela, il fallait trouver de la place à l’antenne. C’est tout. Il n’y a aucune volonté de notre part de nous attaquer aux langues régionales. » Quand je lui ai fait remarquer que, comme par hasard, le couperet était tombé sur les émissions en occitan, il a ajouté ceci. « D’une part, les émissions en langues régionales réalisent moins d’audience que la moyenne. D’autre part, malgré ces modifications, je continue de respecter les obligations légales qui me sont fixées. »
Sur ce dernier point, il a parfaitement raison. L’article 6 du « cahier de mission et des charges » de Radio France prévoit en effet que « la société veille à ce que les stations locales contribuent à l’expression des langues régionales ». Or, stricto sensu, la part de l’occitan sur France Bleu Occitanie vient d’être réduite à la portion congrue, mais elle n’a pas totalement disparu. Le « cahier des missions » est donc toujours honoré…
La faille, on le voit, est dans le flou dudit cahier. Se contenter d’indiquer que les stations doivent « contribuer à l’expression en langues régionales », sans dire comment ni à quelle hauteur, c’est ouvrir la voie à leur marginalisation. Il n’en est heureusement pas de même pour la langue française. Pour ce qui la concerne, les médias audiovisuels sont soumis à des quotas rigoureux, que précise le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) : « 40 % d’œuvres musicales d’expression française ou interprétées dans une langue régionale en usage en France sur les radios privées ; proportion qui doit atteindre une « place majoritaire » à Radio France
(elle s’élève à 60 % sur France Bleu). C’est grâce à ce dispositif que les artistes francophones parviennent vaille que vaille à résister au rouleau compresseur anglo-saxon.
J’ai évidemment demandé à Frédéric Jouve s’il serait favorable à ce que le cahier de mission de Radio France prévoie également des quotas en faveur des langues régionales. « Ce n’est pas à moi de me prononcer », m’a-t-il prudemment répondu. J’ai sans doute l’esprit mal tourné, mais j’ai cru comprendre que cela voulait dire « non »…
Soyons précis. Selon les chiffres que Frédéric Jouve m’a fournis, le réseau France Bleu propose chaque semaine 49 heures d’émissions en corse, en breton, en basque, en alsacien, etc. Ce n’est pas rien, a-t-il insisté, d’autant que celles-ci ne sont pas reléguées à trois heures du matin mais diffusées le plus souvent entre 6 heures et 9 heures et entre 16 heures et 20 heures, soit de bonnes tranches horaires. C’est une manière de voir les choses.
Il en est une autre. Sachant que l’antenne est ouverte sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre et que le réseau compte 44 radios, une petite règle de trois permet d’aboutir au résultat suivant : la part réservée aux langues régionales sur France Bleu s’élève à… 0,6 %. Soyons large et, pour tenir compte de la poignée de créateurs qui peuvent avoir accès à d’autres émissions, arrondissons à 1 %. Cela suffit-il pour donner à ces langues l’exposition qui permettra de les valoriser et de faire vivre les artistes qui les utilisent ? Posons la question différemment : le français aurait-il la moindre chance de résister à l’anglais s’il « bénéficiait » d’un pourcentage aussi dérisoire ?
Ne soyons pas trop cruels, pourtant, avec France Bleu. Au moins les radios locales de Radio France font-elles entendre de temps à autre à leurs auditeurs l’occitan, le breton, l’alsacien ou le catalan, ce qui n’est quasiment jamais le cas de France Inter, d’Europe 1, de RTL et des autres. De fait, en leur consacrant 1 % de son temps d’antenne, France Bleu peut revendiquer le titre de plus grand défenseur des langues minoritaires parmi les grandes radios.
C’est bien le problème.

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Los autors, lingüistas e antropològs, son de mai d’una origina, entre las qualas de regions occitanas

Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement es un obratge collectiu coordenat per Martine Boudet amb la participacion de la DGLFLF (Delegacion Generala a la Lenga francesa e a Las lengas de França, Ministèri de la Cultura) e del Cairefòrc Cultural Naut Bernat (Tolosa). Los autors, lingüistas e antropològs, son de mai d’una origina, entre las qualas de regions occitanas[1].

Los objectius d’aquela publicacion son, principalament, de religar:

— d’òbras academicas sus las lengas e las culturas,

— las problematicas de divèrsas lengas-culturas minoritàrias,

— los objectius ciutadans de democracia e de desvolopament, sus aquestas basas.

Un contèxte educatiu dangierós per las lengas regionalas

Aquela situacion es mesa en evidéncia pel collectiu interorganizacional Per que viscan nòstras lengas. Per quant a lor ensenhament, l’Associacion de las Regions de Françs (ARF), citada dins l’obratge, contèsta tanben la legitimitat e la pertinéncia de la reforma del licèu e del bachelierat:

Las regions membres de la Comission Lengas regionalas de Regions de França demandan al ministèri d’emendar la reforma del licèu e del bachelierat per tal qu’aquesta constituisca pas una reculada de la diversitat lingüistica en França.

D’efièch, dins l’estat, la reforma desvaloriza l’ensenhament bilingüe e l’ensenhament extensiu de las lengas regionalas, subretot pel jòc dels coeficients e per una mesa en concurréncia sistematica amb las lengas estrangièras e las autras disciplinas. Es malconéisser los objectius meteisses de l’ensenhament bilingüe e de l’ensenhament de las lengas regionalas, que cèrcan non sonque de preparar a un cursus pòstbac en lenga regionala, mas tanben de formar fins al bachelierat de joves que seràn aptes a estudiar, trabalhar, viure dins un contèxt bilingüe, quins que sián los estudis o los mestièrs a los quals se destinan.

La Comission pòt pas acceptar aquela mesa en perilh de l’ensenhament de las lengas regionalas e de las seccions bilinguas e demanda instantament que d’ajustaments sián operats a la reforma per tal que las disposicions de l’article L312-10 del Còde de l’Educacion sián respectadas[2].» (trach del comunicat citat p. 59)

Tocant l’ensenhament en collègi, Philippe Blanchet explica dins l’obratge que: “s’una plaça es possibla per l’ensenhament deis LR dins los 4 nivèls dau collègi, 6n compresa, aquela plaça es ges assegurada. Leis LR son mai encara plaçadas en concurréncia d’autreis ensenhaments complementaris, dins l’encastre de dotacions oràrias estrechas e non extensiblas. Vista l’ideologia lingüistica dominanta en França, es ges segur que lei còlas pedagogicas fagan una plaça ais LR en 6a e dins leis Ensenhaments Pedagogics Interdisciplinaris”. (p. 51-52)

La situacion d’autres ensenhaments de lengas

Al nom d’una logica budgetària d’austeritat, la fin de las opcions en lenga viva 3 italian, portugués, rus… en licèu general, a sonat los classes, en 2009, d’una diversitat pr’aquò necessària a l’ora de la bastison d’Euròpa. Per quant a las lengas ancianas, lor minoracion dins la reforma dels collègis aviá provocat de debats al motiu del manten del país coma “nacion culturala”. L’ensenhament de l’arabi, e mai del berbèr, es tanben tròp marginalizat de cara al nombre de locutors: l’arabi es la segonda lenga parlada dins lo país, particularament dins los quartièrs populars que patisson una manca de reconeissença culturala. L’ensenhament del francés lenga mairala/FLM clau, de son costat, un cicle d’aculturacion que sa deriva es l’assimilacion. La disciplina coneis un replec patrimonial e mai un apauriment de sos ensenhaments fauta de pro de dobertura sus d’autras lengas-culturas —lengas regionalas compresas— que compensariá la concurréncia de l’angloamerican.

En aval, pr’amor que son fragilizats pels objectius de competitivitat e de rendabilitat immediata, l’avenidor dels departaments universitaris de lengas minoritàrias es tanben una question que pòrta de pensaments: per las meteissas rasons antan foguèt barrat lo departament de lengas ancianas de l’Universitat de Lemòtges.

Es qu’aquela tendéncia pesuga molarà o, al contrari, lo sistèma valorizarà puslèu l’ensenhament del francés e de l’anglés, ja dominants, amb en rèireplan una tecnosciéncia arrapada a d’objectius de creissença puslèu mercantils?

Quinas preconizacions?

La còla de l’obratge fa l’escomesa d’una evolucion pus armoniosa, particularament dins lo sector de las lengas regionalas. La promocion de la diversitat es una de las responsas. Es çò que fa lo Forum de las Lengas del Mond organizat cada an pel Caireforc cultural Naut Bernat (Tolosa). Avèm aquí un recors de cara al desvolopament dels nacionalismes, de las xenofobias, del terrorisme religiós, de la glotofobia…

Entremièg aquelas preconizacions, podèm citar la promocion:

— al plan institucional, de la defensa juridica de las lengas, d’una francofonia inclusiva, d’un alterdesvolopament que passe per las lengas autoctònas…

— al plan academic, de l’interdisciplinaritat (geopolitica, lingüistica del desvolopament, antropologia culturala, macroeconomia),

— d’un punt de vista metodologic, del plurilingüisme, del comparatisme, de l’intercultural, de l’intercompreneson.

— al plan educatiu, de l’ensenhament de las lengas minorizadas, en particular lo de las lengas regionalas.

— al plan ciutadan, de l’engatjament associatiu per tal d’aver de relèvas dins l’opinion e los mejans de comunicacion, e mai al prèp dels poders publics.

Jean Sibille
Encargat de recèrca HDR
Laboratòri CLLE-ERSS (UMR 5263)
CNRS / Universitat de Tolosa – Joan Jaurés


[1] Entremièg los autors, podèm citar Giovanni Agresti especialista de literatura occitana, Philippe Blanchet especialista del provençal, Martine Boudet especialista d’antropologia culturala, Gilbert Dalgalian especialista del plurilingüisme, Gaid Evenou encargada de mission a la DGLFLF, Giovanni Poggeschi especialista de l’estatut de las lengas europèas, Claude Sicre président del Carrefour culturel Arnaud Bernard (Toulouse).
[2] Commission Langues Régionales, Association des Régions de France, « Réforme du lycée et du baccalauréat: l’enseignement des langues régionales en danger » (15 de febrièr de 2019)

BOUDET, Martine (dir.). Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement, Paris, Ed. du Croquant, 2019.

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

Estats com França o Itàlia ni tan sols l’han ratificat

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L’Estat espanyol incompleix sistemàticament la Carta europea de les llengües regionals o minoritàries que va aprovar el Consell d’Europa ara fa 28 anys, el 5 de novembre de 1992. França i Itàlia, tot i llur signatura, no l’han ratificada respectivament, al·legant la incompatibilitat amb les seves constitucions nacionals. Espanya sí que la va ratificar l’any 2001.

Els incompliments d’Espanya són en l’àmbit de la Justícia, les administracions públiques de l’estat, la reciprocitat de mitjans i durant la gestió de la pandèmia de la Covid-19

Aquest novembre també farà un any de les recomanacions del Consell de Ministres del Consell d’Europa que acompanyaven l’informe del Comitè d’Experts sobre el compliment de la CELROM d’Espanya. En efecte, l’informe del Comitè d’Experts demana a l’Aragó que inclogui el català al seu estatut, com també que el català sigui reconegut com a riquesa cultural a la Regió de Múrcia.

L’informe del Comitè d’Experts reclamava que, amb caràcter urgent, es millorés la situació del català en l’àmbit de la Justícia i de les administracions públiques de l’estat espanyol. El 2019, el Consell de Ministres recomanava que es modifiqués, també amb caràcter urgent, la Llei orgànica del poder judicial, perquè asseguri l’ús del català en procediments judicials si ho demana una de les parts, un fet que actualment no sempre acaba sent possible. Aquesta recomanació és reiterada, però cap estament legislatiu espanyol n’ha impulsat la modificació legal pertinent. Els experts europeus tornaven a demanar com a recomanació d’aplicació immediata que l’Administració de l’Estat a Catalunya, el País Valencià i les Illes Balears utilitzi el català. En aquest sentit, la Plataforma per la Llengua reclama a les Corts espanyoles una reforma legislativa que reguli que els treballadors públics de l’Administració General de l’Estat als territoris de parla catalana hagin de tenir una capacitació lingüística en català (així com ja se’ls exigeix que la tinguin en castellà) suficient per al seu lloc de treball. L’ONG del català també demana que tots els tràmits administratius que s’hagin de fer als portals web de l’Administració de l’Estat puguin fer-se en català.

La Plataforma per la Llengua considera preocupant el sistemàtic incompliment de la reciprocitat audiovisual, que no permet la llibertat de circulació dels productes audiovisuals ni entre països ni entre territoris dins de l’estat espanyol. La reciprocitat parcial de les emissions de ràdio i de televisió en català entre els diversos territoris del domini lingüístic catalanoparlant impliquen un atac frontal als drets lingüístics de més de 10 milions de ciutadans europeus. Aquesta restricció injustificada en la recepció dels mitjans de comunicació audiovisuals implica el menyspreu continuat dels estats espanyol, francès i italià cap a la CELRoM en un àmbit més.

L’exemple més recent d’incompliment de la CELRoM ha estat arran de la pandèmia de la Covid-19. El passat mes de març, el Consell d’Europa va criticar que alguns estats, com Espanya, « no comparteixen la informació, instruccions, directrius o recomanacions en altres llengües que no siguin la llengua oficial del país ». En una nota, l’organització encarregada del seguiment de la Carta Europea de les Llengües Regionals o Minoritàries exposava que « la comunicació de recomanacions rellevants no només en una llengua és de gran importància per al benestar dels parlants de llengües regionals o minoritàries ». Aquesta mala notícia per als usuaris dels serveis de salut queda ratificada pel fet que el Consell d’Europa va determinar que el compromís de garantir l’atenció en català a la sanitat catalana (en aquest cas competència de la Generalitat de Catalunya) no es compleix plenament. La qualificació de l’informe emès el 2019 pel Comitè d’experts del Consell d’Europa, que fa el seguiment de la CELROM, va rebaixar la qualificació d’aquest compromís de « complert » a « parcialment complert ».

El passat març, el Consell d’Europa expressava la seva disconformitat perquè considerava que era un acte « discriminatori » i « contrari a la Carta europea » el fet que els estats que opten per l’ensenyament per mitjà de la televisió « es limiti a la llengua oficial sense tenir en compte les necessitats dels alumnes acostumats a rebre formació en llengües cooficials ». La Plataforma per la Llengua assenyala el Govern espanyol com un mal exemple d’aquesta uniformitat lingüística a l’hora d’expressar les recomanacions a la ciutadania. En efecte, el govern de Pedro Sánchez emet totes les seves comunicacions a les pàgines oficials i a les xarxes socials, així com a les conferències de premsa, exclusivament en llengua castellana. L’ONG del català també constata que els programes educatius que el Ministeri d’Educació va oferir durant l’etapa de tancament de les escoles el 2020 a Televisió Espanyola eren emesos exclusivament en llengua castellana.

Els casos francès i italià

En l’aniversari de la signatura de la CELRoM per part dels estats, la Plataforma per la Llengua vol posar l’accent en l’actitud de França i Itàlia: dos països que continuen sense ratificar la carta, fet que reflecteix una total despreocupació per una comunitat lingüística que veu la seva llengua amenaçada de desaparició en aquests dos estats. El maig de 2017, l’ONG del català ja va demanar a qui acabava d’esdevenir president de la República francesa, Emmanuel Macron, que impulsés els tràmits necessaris per ratificar-la, promesa que va fer durant la campanya electoral. La ratificació de la CELRoM havia de comportar el reconeixement de tota una sèrie de drets per a les llengües minoritzades per la República francesa, entre les quals es troba el català.

En aquest sentit, la carta havia de reconèixer als habitants de la Catalunya del Nord el dret d’aprendre català a l’escola i permetre, segons el grau de compromís que adquirís l’estat francès, la traducció de documents i lleis al català o, fins i tot, la possibilitat de tramitar procediments judicials en aquesta llengua. A més, la ratificació de la Carta també havia de promoure la producció d’obres culturals en català, n’havia de garantir l’emissió audiovisual regular i no impedir-ne l’ús en les relacions laborals. La Plataforma per la Llengua recorda que « és especialment important el compromís expressat respecte de l’ensenyament en català, atès que, segons la darrera Enquesta d’usos lingüístics a la Catalunya del Nord, el 80,3 % de la població nord-catalana ha expressat ser favorable a l’ensenyament del català com a disciplina o assignatura i el 76,1 % desitjaria tenir una educació bilingüe ». El compromís del president Macron amb la ratificació de la CELRoM va ser expressat a propòsit d’una enquesta feta entre els candidats a la presidència per la xarxa lingüística europea ELEN, de la qual és membre la Plataforma per la Llengua.

L’agost passat, en una sessió de compareixença en seu parlamentària del Govern francès, el diputat del departament de l’Aude feia a la ministra de Cultura gal·la, Roselyne Bachelot, una pregunta escrita demanant per què l’estat francès no ratificava la Carta. El ministeri de Cultura va respondre que França, tot i l’absència de ratificació, compleix amb 39 compromisos de la carta –el mínim són 35. A banda, si bé és cert que l’executiu Macron ha emprès mesures de protecció del català, com ara la creació de l’Oficina Pública de la Llengua Catalana (oficina amb una dotació pressupostària inicial molt baixa), l’ONG del català veu important que els estats acompanyin les mesures amb una ratificació de la Carta que permeti que siguin auditats pel Comitè d’experts internacionals encarregat del seguiment de la mateixa Carta, així com dotar d’eficàcia les mesures als territoris on la substitució lingüística del català és més avançada i, per tant, les mesures són més urgents. Cal destacar, per exemple, que només 1 de cada 4 joves nord-catalans té accés a algun tipus d’ensenyament del català i només el 0,7% de les parelles joves parlen català amb els fills. En dades globals, només el 5,7% de la població parla habitualment la llengua catalana.

A Itàlia, la ratificació de la Carta podria estar més a prop de ser una realitat, fet que afectaria plenament les possibilitats dels parlants de català a l’Alguer de poder dotar-se d’eines per garantir la continuïtat de la seva llengua. Quatre senadors han proposat textos que han de permetre la ratificació de la Carta, un cop consensuïn un únic text. El ministre d’Afers Regionals i Autonomies, Francesco Boccia, va participar en un acte al Senat organitzat per la senadora ladina Elena Testor, durant el qual li va manifestar la determinació del Govern amb la protecció de les minories i va agrair els treballs parlamentaris. La senadora Testor, una de les quatre que ha fet una proposta de llei -que ara mateix és a les comissions 1 i 3 del Senat-, es mostra confiada que aquesta vegada sí que sigui la bona.

La ratificació de la CELROM donaria una empenta més a l’ensenyament del català a l’Alguer, gràcies a la recent aprovació d’una llei pel Parlament sard que l’habilita. A més, la CELROM permetria als algueresos emprar el català en les seves relacions amb les administracions públiques de l’Alguer, fet que es podria concretar de diverses maneres, segons el grau de compromís adquirit.

La Plataforma per la Llengua considera que, mentre no es facin aquestes reformes, els parlants de català estan exposats a la discriminació lingüística i són tractats com a ciutadans de segona, atès que tenen menys drets. De fet, però, les autoritats espanyoles encara no han estat capaces de complir amb els mínims establerts a la CELROM, la carta que avui fa 28 anys i que està pensada per protegir parlants de llengües de mida molt més reduïda que el català a l’estat espanyol.

[Illustració: amena_31 – font: http://www.racocatala.cat]

 

 

O músico navarro, de 91 anos, era un dos grandes mestres

Pedro Iturralde, saxofonista, clarinetista y compositor.

Pedro Iturralde, saxofonista, clarinetista e compositor

Por IÑAKI ESTEBAN

O saxofonista, clarinetista e compositor navarro Pedro Iturralde faleceu onte aos 91 anos de idade. Natural de Falces, iniciouse no saxo moi pronto para consolarse do seu exilio do «paraíso», que para el estaba no muíño do seu pai —saxofonista como el— e do seu avó, en Vergalijo, situado xunto ao río Arga. A aquela época dedicou unha das súas composicións máis coñecidas, que aínda seguía tocando, O muíño e o río. Considerado xunto a Tete Montoliú, un dos históricos valedores do jazz español, Iturralde foi profesor do Conservatorio de Madrid e colaborador da Orquestra Sinfónica de RTVE. En 1967, gravou o disco Jazz Flamenco, no que colaborou co guitarrista Paco de Lucía; e en 1968 colaborou co pianista Hawpton Hawes para gravar, xunto ao seu cuarteto, Pedro Iturralde Quartet Featuring Hawpton Hawes. En 1972 trasladouse a Estados Unidos para estudar no Berklee College of Music, de Boston, polo que foi bolseiro.

Nese mesmo ano foille concedido o primeiro premio nun concurso de composición na cidade de Mónaco, coa peza Like Coltrane. En 1978 gañou de novo un premio, esta vez o segundo premio de composición, no Festival de Mónaco, coa composición ToyTamén destacou o seu labor como compositor de bandas sonoras de películas, entre as cales podemos apuntar a súa dirección musical e composición na viaxe a ningunha parte de Fernando Fernán Gómez.

Iturralde atribuía a súa boa saúde a que só bebía un pouco de Cointreau porque lle viña ben para a garganta. Polo demais, nin tabaco nin drogas nin abuso dos licores, ao contrario que a imaxe do mito romántico do jazzman construído a partir das adiccións de Charlie Parker e Chet Baker. Iso fíxolle tocar ata ben pouco no seu querido club Bogui Jazz de Madrid. «É que tocando, entre a xente, é como mellor me atopo», confesaba.

A partir daquelas primeiras notas dadas con 9 anos, na Banda Municipal de Falces, o saxofonista máis soado que deu o jazz español foise facendo o seu propio camiño co empuxe da súa tenacidade e do seu talento innato. Paso a paso ata chegar aos concertos internacionais, a ser o xefe da banda de músicos do Hotel Praza de Madrid, cando na Gran Vía abundaban os locais dedicados ás big bands. Co saxofón chegou á mestría. Con todo, defendía o clarinete. «Gústame. Soa moi ben. Ten un timbre moi diferente ao saxo, e o timbre no jazz é algo fundamental. Sérveme tamén para lembrar no escenario o vello dixieland. Nos concertos adoito tocar standards, por exemplo de Sonny Rollins, que ten a mesma idade que eu, ademais do meu repertorio».

Conexión con Paco de Lucía

Unha estancia dun ano en Atenas, de 1958 a 1959, serviulle de inspiración para compor a súa Suite Hellenique. En 1966, Joachim E. Berendt, decatado dos experimentos de Iturralde coas músicas populares gregas e o jazz, proponlle actuar no Festival de Jazz de Berlín incorporando unha guitarra flamenca ao seu entón quinteto. Así o fixo e á hora de gravar esa nova fusión de estilos pensou primeiro en Paco de Antequera. Como non podía, porque tiña compromisos con outras discográficas, substituíulle Paco de Lucía, co pseudónimo de Paco de Alxeciras. Destas sesións, gravadas en Alemaña en 1967 e 1968, edítanse varios discos baixo o título de Jazz Flamenco. En España non sairían ata 1974. O estilo aínda segue vivo en músicos como Jorge Pardo.

«Coñecía ben aos clásicos como Falla, Granados e Turina da miña época na banda de Falces, cando tocaba polos pobos. Cando acababamos de tocar, quedaba eu só no kiosko e empezaba a improvisar», lembraba o mestre, que, entre outras moitas cousas, aprendeu ao longo da vida grego, inglés e francés, pero morreu co desexo pendente de ter aprendido a súa lingua, o eúscaro. «Amo o País Vasco. O meu apelido significa ‘á beira da fonte’, e o segundo, Ochoa, ‘lobo’» confesaba.

[Imaxe: ÓSCAR VÁZQUEZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es ]

A rede ‘diwan’ está composta por medio cento de centros. 
Diwan escolas bretón bretaña breizh (Diwan)

Unha aula nunha diwan

Diwan’, semente en bretón, é a rede de escolas de ensino con inmersión lingüística en bretón. A primeira abriu en maio de 1977 con 5 alumnos. Foi en Gwitalmeze, unha pequena vila mariñeira de pouco máis de 6.000 habitantes, situada no departamento do Fisterre. Hoxe son medio cento de centros por toda Bretaña e camiñan cara aos 5.000 alumnos e alumnas.

A pandemia do coronavirus está a bater con dureza en iniciativas como diwan, que teñen nas achegas populares boa parte do seu financiamento. Un diñeiro que conseguen a través de actividades como concertos, xantares populares, festivais, ou mesmo a Redadeg, a carreira pola lingua bretoa, adiada para 2021.

Porén, os ingresos diminúen mais seguen presentes gastos para estas escolas asociadas onde a educación se imparte en lingua bretoa: alugueres, salarios do persoal….

O resultado, indican desde ‘Nacións’: necesítanse 530.000 euros para completar o orzamento da rede este ano, segundo explica Lena Louarn, vicepresidenta da Bretaña encargada de lingua. Por iso, o Consello Rexional anuncia axudas excepcionais: 200.000 euros para axudar á rede Diwan.

O inicio desta rede está nun grupo de persoas comprometidas co idioma. Nunha reportaxe de Le Telegramme, unha desas pioneiras, Anna Vari Chapalain, explica que cando tiveron a idea de crear escolas en bretón o primeiro foi mirar o que se facía noutros sitos, como Euskal Herria e Gales.

Apostaron polo proxecto “con moitas gañas” malia que, lembra, entre os partidarios do bretón “non todos estaban de acordo con nós, crían que para impulsar unha escola así a lingua debía estar nunha mellor situación”.

Porén, explica Chapalain, “Nós opinabamos o contrario: a lingua precisaba dos máis novos para avanzar”. E iso, superando dificultades materiais, económicas e da propia lexislación francesa. “Loitamos moito tempo pola obtención dun recoñecemento”.

En 2001, o Consello de Estado bloqueou o proceso de integración destas escolas apelando a unha lei de 1994 na que se establecía que “o francés é a lingua da educación”. A pesar disto, as diwan non perden folgos nin enerxía e seguen adiante.

 

[Imaxe: Diwan – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Les dictionnaires Larousse et Robert publient deux livres sur les régionalismes.

 

Deux livres pour deux dictionnaires. Aujourd’hui est un jour faste: Le Larousse sort Le français, une si fabuleuse histoire du journaliste Michel Feltin-Palas, et Le Robert, Comme on dit chez nous, le grand livre du français de nos régions, du linguiste Mathieu Avanzi. Deux façons de parler de la même langue et de ses variations, dans le temps et dans l’espace.

«Mon intérêt vient des langues régionales. Et très vite j’ai vu que je ne les comprendrais pas si je ne comprenais pas la langue française et son histoire», souligne Michel Feltin-Palas, qui parle «un peu» béarnais, et se passionne pour le destin de toutes les langues du pays.

Synthétique et d’un style léger, l’ouvrage raconte le processus très long par lequel «un vague idiome pratiqué pendant le haut Moyen Âge par quelques dizaines de milliers de personnes dispersées le long de la Seine et de l’Oise», a conquis tout le territoire. L’auteur est fasciné par le fait qu’à l’origine, en France, «il n’y a rien de commun entre par exemple un Breton, un Languedocien et un Mosellan. La langue le montre bien. Pourtant ils finissent par parler la même.»

Une cité internationale de la Francophonie en Picardie

La fameuse ordonnance de Villers-Coterêts (en 1539), ville de Picardie où le président Emmanuel Macron compte installer la Cité internationale de la francophonie, y est pour quelque chose. «Il y a un cliché, repris par le président, qui veut que cette ordonnance ait imposé le français. C’est faux: elle dit que la Justice doit s’adresser à tous en «langage maternel francois». Or sous François Ier, 90% des Français parlent une autre langue que le français. Donc ça peut être en occitan, en normand, en bourguignon… Tout sauf en latin», souligne Michel Feltin-Palas.

Le français «ne s’est vraiment imposé qu’au XXe siècle», en étant la langue de l’instruction obligatoire. Et de nos jours, relève l’auteur, «il existe plusieurs français»: non seulement selon les régions, mais aussi selon les générations, selon les classes sociales, et selon le contexte, oral ou écrit. «C’est le signe de la vitalité d’une langue. La façon dont on la parle au quotidien ne peut pas être figée», ajoute-t-il.

Les régionalismes, une fierté

Mathieu Avanzi, maître de conférences en linguistique française à la Sorbonne, détaille des expressions représentatives de la variété géographique de notre langue. Depuis les «carabistouilles» («propos grossièrement faux ou exagérés», un terme qu’avait employé Emmanuel Macron) qu’on se raconte dans le Nord, qui se répandent dans le «tiékar» (quartier) en région parisienne, et qui peuvent amener des «cagades» (erreurs monumentales) dans le Sud.

«Les régionalismes sont devenus un étendard, une fierté. Ils font même vendre! Ils ne sont pas près de disparaître», s’exclame le professeur. D’après lui, «c’est relativement nouveau: il y a eu un tournant à l’époque du Comité de défense de la chocolatine, dont on a parlé quand Jean-François Copé a commis sa bourde sur le prix du pain au chocolat» (en 2016). Il observe qu’il y a «une vingtaine d’années, on n’aurait jamais imaginé que les Marseillaises achètent un t-shirt avec écrit: Je suis une cagole».

Crayon de bois ou crayon à papier?

Cet atlas condensé, avec son humour et ses couleurs, a des fondations scientifiques solides. Il a été «construit sur la base d’enquêtes auxquelles des milliers de francophones ont participé», explique le linguiste.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux l’aident énormément dans son travail, pour repérer l’évolution des usages, et faire passer des questionnaires. L’idée de ce livre est née d’une colonie de vacances très loin de chez Mathieu Avanzi, dans les Landes, où il avait croisé des enfants d’autres régions: «Quelqu’un avait dit crayon de bois, et j’avais pensé: on dit crayon à papier! Alors que que l’on peut dire les deux, ou celui que l’on veut».

 

[Photo : 119319814/alexkich – stock.adobe.com – source : http://www.lefigaro.fr]

L’actuel Premier ministre est un amoureux sincère de la langue catalane, mais il n’a jamais soutenu la cause indépendantiste. Néanmoins, il a voté une motion dénonçant « les violences policières » de Madrid lors du référendum du 1er octobre 2017.
Écrit par Michel Feltin-Palas
C’est étrange : entre 2014 et 2020, la France aura eu deux Premiers ministres parlant catalan. Rien à voir pourtant entre les deux intéressés. Autant Manuel Valls passait pour un jacobin invétéré, soupçonnant derrière tout locuteur d’une langue régionale un séparatiste en puissance, autant Jean Castex apparaît comme un véritable amoureux des langues minoritaires.
Commençons par la langue. Bien que né en Gascogne, l’actuel locataire de Matignon maîtrise le catalan, une langue qu’il a perfectionnée notamment auprès de son épouse Sandra, elle-même catalanophone, qu’il a rencontrée dans son village de Valcebollère, où, enfant, il venait soigner son asthme.
Mieux : à Prades, la commune des Pyrénées-Orientales dont il a longtemps été maire, Jean Castex a toujours favorisé la langue catalane. Soutenant le milieu associatif, notamment l’association Casal del Conflent, qu’il a par exemple aidée à trouver un local suffisamment haut de plafond pour réaliser les fameuses pyramides humaines typiques de la région, dénommées castells (châteaux). Côté enseignement, sa commune accueille une bressola, c’est-à-dire un établissement où tous les cours se déroulent en catalan. « La ville apporte son soutien à cette école, comme aux autres écoles du territoire, via l’entretien des locaux scolaires. La commune prend notamment à sa charge les personnes qui interviennent dans les classes », explique à L’Express Yves Delcor, qui lui a succédé à l’hôtel de ville.
Jean Castex a également fait en sorte que les habitants de sa commune puissent capter les chaînes de télévision de la Catalogne « sud ». Enfin, il a régulièrement participé à l’université catalane d’été, qui se déroule à Prades depuis cinquante-deux ans et dont toutes les conférences ont lieu en catalan. En tant que puissance accueillante, c’est même lui qui prononce le discours d’ouverture – en catalan, cela va de soi. « Et c’est lui qui l’écrit », précise Raymond Gual, le trésorier de ladite université.
La culture est une chose, la politique en est une autre. « Il est essentiel de dissiper un amalgame entre défense de la culture catalane et indépendantisme catalan, insiste auprès de L’Express Yves Delcor. Jean Castex, en tant que maire de Prades, a toujours été très attaché à la culture catalane, mais n’a jamais montré la moindre ambiguïté dans son opposition à l’indépendance de la Catalogne. Il n’a signé aucun manifeste concernant la situation politique en Catalogne espagnole. » Une position que l’on confirme à l’hôtel Matignon.
La vérité est toutefois un peu différente. Certes, l’actuel Premier ministre a refusé à deux reprises de s’associer aux manifestes lancés le 4 avril 2018 et le 7 octobre 2019 par des maires des Pyrénées-Orientales. Des textes qui ne prenaient pas ouvertement parti en faveur de l’indépendance, mais dont le second demandait la libération des « prisonniers politiques » – expression lourde de sens. En revanche, il a approuvé en 2017 une motion votée à l’unanimité par la communauté de communes Conflent Canigó, qu’il présidait. Adoptée au lendemain du référendum – jugé illégal par Madrid – celle-ci stipule que les élus « s’indignent des violences policières contre les électeurs catalans », « demandent que ces violences cessent car elles sont indignes d’une démocratie » et « expriment leur solidarité avec les élus et le peuple catalan avec lesquels ils partagent une histoire, une culture et une langue ». Une tonalité assez différente de celle d’Emmanuel Macron qui, à l’époque, avait pris soin de ne jamais employer l’expression « violences policières », comme on le confirme à l’Elysée. Au contraire, le chef de l’État avait apporté un soutien total à Madrid en déclarant : « Il y a un État de droit en Espagne avec des règles constitutionnelles, il [le Premier ministre Mariano Rajoy] veut les faire respecter et il a mon plein soutien », avait par exemple déclaré le chef de l’État le 27 octobre 2017.
Pas d’ambiguïté, cependant : si le Premier ministre apprécie la culture catalane, il s’est bel et bien toujours opposé aux séparatistes. « Il n’a jamais soutenu le mouvement indépendantiste, indique Jordi Vera, coordonnateur du parti autonomiste « Oui au Pays catalan ». En revanche, il considère qu’un arrangement peut être trouvé avec Madrid si le gouvernement espagnol fait preuve de bonne volonté, que les Catalans ont le droit de voter et que personne ne doit être mis en prison dès lors qu’il ne recourt pas à la violence. » Claude Ferrer, maire de Prats-de-Mollo-la-Preste, très investi lui aussi dans la « cause catalane », corrobore cette analyse : « Il aime notre culture et souhaite que la démocratie puisse s’exprimer en Catalogne Sud, mais c’est d’abord un serviteur de la République française. »
Interprétation confirmée à Paris. Sans même évoquer le sujet sensible de l’indépendantisme catalan, Matignon indique ainsi que le Premier ministre ne prépare aucun projet de loi sur les langues régionales, pourtant en grandes difficultés. Mieux – ou pire, selon les points de vue – le chef du gouvernement apporte son plein soutien à la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer, laquelle a pourtant conduit à une baisse sensible des effectifs en diminuant les coefficients attribués à ces matières.
Conclusion ? Jean Castex est sans aucun doute un amoureux sincère de la langue catalane, mais il entend avant tout être un défenseur de l’État central.
[Source : http://www.lexpress.fr]
Notre pays dispose de la plus grande richesse linguistique d’Europe ; il est aussi celui qui la gère le plus mal. La preuve avec le remarquable numéro que la revue en ligne Glottopol consacre au rapport Cerquiglini qui, pour la première fois, établissait voilà vingt ans la liste des « langues de France ».
Écrit par Michel Feltin-Palas
Basque, flamand, corse, occitan, normand, gallo, lorrain, créole martiniquais, créole réunionnais, wayana, drubéa, futunien… C’était il y a vingt ans. Pour la première fois, la France élaborait une liste officielle des langues parlées sur son territoire, en métropole comme outre-mer. Une nouveauté dans un pays qui s’employait depuis des lustres à faire croire qu’il n’existait qu’un idiome digne de ce nom, le français. Vingt ans plus tard, il est l’heure de dresser le bilan de cette liste Cerquiglini, ce que vient de réaliser un ouvrage remarquable qui rassemble plusieurs contributions de haut niveau à ce sujet, sous la coordination du linguiste Christian Lagarde (1). Pour le dire d’une phrase : c’est ce que j’ai lu de plus complet et de plus intelligent sur ce sujet depuis longtemps.
Rappelons le contexte. En 1999, cet inventaire est élaboré en vue de la ratification par la France de la Charte européenne des langues minoritaires, souhaitée par le gouvernement Jospin comme par le candidat Chirac lors de sa campagne présidentielle (ce dernier changera d’avis une fois élu). Encore faut-il les définir : c’est l’objet du rapport Cerquiglini.
Côté positif ? Pour la première fois, ce rapport montre la richesse linguistique de la France en listant pas moins de 75 langues (pour la plupart situées outre-mer). Ce faisant, il rompt avec la vision qui prévaut dans les cerveaux de la majorité des intellectuels, des politiques et des journalistes, éduqués dans le mythe d’un pays monolingue. Symboliquement, il contribuera à modifier en 2001 l’intitulé de la direction du ministère de la Culture chargée du sujet : la délégation générale à la langue française s’occupe depuis lors aussi des « langues de France » : « siglement » parlant, la DGLF est devenue la DGLFLF. Ouf !
Ce n’est pas rien. Est-ce suffisant ? Non. Car, dans les faits, et malgré l’engagement sincère des fonctionnaires de ladite direction, la situation des langues minoritaires en France ne s’est pas vraiment améliorée depuis lors. Pour des raisons administratives : le ministère de la Culture est le seul à s’occuper d’elles, ce qui ne suffit évidemment pas. A fortiori quand le très puissant ministère de l’Éducation s’emploie à freiner autant qu’il le peut leur enseignement, dont dépend leur avenir. Pour être efficace, cette direction devrait être rattachée à Matignon ; elle ne l’est pas.
Ajoutons à cela une maladresse de forme : le rapport Cerquiglini a inclus dans sa liste des langues issues de l’immigration comme l’arabe dialectal et le berbère. Un brouillage qui a contribué à soulever de fortes oppositions et affaibli un peu plus la cause des langues régionales qu’il entendait défendre.
Il y a pire. Malgré ce fameux rapport, la philosophie de l’État, au fond, n’a pas changé. Les gouvernements continuent à réduire ces fichues langues qui s’acharnent à ne pas mourir à un simple élément du « patrimoine » (c’est sous ce terme qu’elles ont fini par être introduites dans la Constitution, en 2008). En clair : un vague élément du passé, qu’on époussette de temps en temps en attendant que le temps en vienne à bout et que l’on continue de mépriser. Emmanuel Macron vient encore d’illustrer cette philosophie. Dans un discours par ailleurs de bonne tenue, prononcé ce 4 septembre au Panthéon à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la République, le chef de l’État a en effet présenté le français – seul – comme « l’idiome de la liberté ». Ce qui est stupide : le français a certes été la langue de la Révolution, mais il était aussi celle de l’Ancien régime. Et ce qui laisse entendre que tel ne serait pas le cas des autres langues de France, lesquelles seraient par nature incapables de défendre la liberté, affirmation parfaitement gratuite, selon tous les linguistes. De manière significative, le chef de l’État a d’ailleurs rendu hommage sans aucune nécessité à l’abbé Grégoire, auteur pourtant d’un sinistre rapport sur « la nécessité d’anéantir les patois ».
Comme le reconnaît Bernard Cerquiglini dans l’entretien qu’il a accordé à Glottopol : « Nous rêvions d’une politique linguistique d’inspiration globale ». Nous en rêvons encore. Oh, ce n’est pas que la DGLFLF soit inactive, mais elle n’a pas la main sur l’essentiel. Son actuel délégué général, le très sincère Paul de Sinety, en convient dans le même numéro : « Les réformes du lycée et du baccalauréat mises en place suscitent l’inquiétude (…). Pour les médias, il y a encore des progrès à faire. » Écrivons noir sur blanc ce que ce haut fonctionnaire ne peut dire lui-même : officiellement, l’État affiche son amour des langues régionales ; dans les faits, il les laisse mourir. Cette affirmation choquera peut-être certains d’entre vous et j’en suis désolé. Mais comment dire les choses autrement quand on constate que, sur ce sujet, « il n’y a jamais eu de projet de loi déposé par quelque gouvernement que ce soit », comme le relèvent les universitaires Philippe Martel et Marie-Jeanne Verny ?
À cette logique s’en oppose une autre : la dévolution de véritables droits aux locuteurs du breton, du picard, de l’occitan ou de l’alsacien, conformément à la déclaration des droits linguistiques de Barcelone. Ce serait là la seule voie qui permettrait à la France de s’afficher comme « le pays des droits de l’homme » qu’elle prétend être. Une noble ambition qui, rappelons-le, suppose notamment le respect des droits culturels des minorités
(1) Les « langues de France » », vingt ans après, Glottopol n° 34, sous la direction de Christian Lagarde.
[Source : www.lexpress.fr]

Publié le mercredi 19 août 2020 par Elsa Zotian

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le Nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales qui permettront de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous espérons, avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.), que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

ANNONCE

Argumentaire

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales réunissant des chercheurs de plusieurs spécialités : linguistique historique, humanités classiques et médiévales, histoire, archéologie, anthropologie, génétique des populations. Le colloque de cette année (décembre 2020) aura lieu en région parisienne. Celui de l’année prochaine dans une université ou un centre de recherche établi à l’étranger. Ce qui permettra de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous l’espérons, ce sera avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.) que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

Rappelons qu’il y n’y a pas si longtemps, où rares les chercheurs berbèrisants, qui pouvaient s’investir à plein temps dans la thématique de l’histoire de la langue berbère, quelle qu’elle en soit l’approche. Aujourd’hui, ce qui est nouveau est que ce thème particulier commence à avoir un regain d’intérêt. Par exemple, l’on constate qu’année après année, certains historiens, antiquisants et médiévistes, viennent jeter quelque lueur dans la compréhension de certains phénomènes, comme la latinisation et le christianisme dans l’Antiquité et, au Moyen Âge, les questions d’islamisation et d’arabisation des régions d’Afrique du Nord, surtout là où les sources font défaut ou quand les documents disponibles posent un problème d’interprétation. D’autres investigations de ces dernières années, qui portent sur les sources médiévales de langue arabe, ont permis de documenter un peu plus des pans de l’histoire du berbère.

Pour revenir à notre propos initial, l’une des problématiques, qui est posée, se situe au-delà de la question de l’origine des langues. Il y a lieu plutôt de voir comment la langue berbère (et ses variétés) dans le nord-ouest africain (Maghreb et Sahara) a pu se maintenir et se pérenniser pendant des siècles, voire des millénaires. Cette langue fut attestée probablement dans la haute Antiquité, depuis le Nouvel Empire égyptien, pratiquée par des populations venues de l’ouest du Nil, qui finirent par s’installer dans la vallée en Égypte – un ensemble que les égyptologues désignent traditionnellement comme les « Libyens ». D’autres témoignages qui sont venus après, allant des documents grecs, puniques, néo-puniques, latins, hébraïques, jusqu’aux écrits de langue arabe, sont vecteurs de nombreuses données. Depuis le XIXe siècle, la découverte par des scientifiques de documents dus à des Berbères eux-mêmes, nous restitue des textes originaux, berbères ou arabo-berbères, de plusieurs époques.

Autant de sources qui vont nous renseigner aisément sur des états de la langue, dont les textes sont issus de plusieurs types de supports : énoncés épigraphiques, œuvres des humanités classiques, textes originaux nord-africains pourvoyeurs de la langue berbère à travers des manuscrits. Il est évident que lorsque l’on travaille sur une langue ancienne et quand on cherche à rendre compte de l’évolution d’un phénomène linguistique on doit avoir à sa disposition des énoncés attestés. C’est dire que la question des corpus et des textes revêt ici toute son importance.

Pour approfondir l’aspect historique de la langue, on peut envisager trois types d’approche, simultanément ou de manière indépendante :

(1) L’exploitation de sources pourvoyeuses de témoignages sociolinguistiques et de données directes sur la langue (et ses variétés), qu’il s’agisse d’onomastique, toponymes et anthroponymes, de vocables ordinaires, de phrases, voire de textes plus ou moins longs. L’on pourra convoquer à cet égard l’épigraphie, la littérature historico-géographique (grecque, latine, arabe, …) ancienne et moins ancienne, sans oublier des textes écrits directement en berbère et produits depuis le Moyen Âge par des rédacteurs natifs.

(2) La méthode génétique ou typologique, mais aussi la linguistique historique, notamment la méthode comparative et la reconstruction interne, qui permettent de déceler certains aspects d’une langue ancienne à partir des langues et des parlers qui en descendent. La combinaison de ces méthodes avec l’étude du contact linguistique permet d’identifier les traces qu’a laissées une telle langue chez ses voisins, et d’analyser le contexte culturel dans lequel des vocables ont été empruntés, suivant le modèle Wörter und Sachen.

(3) La mise à profit de sciences auxiliaires, comme l’archéologie, l’anthropologie et la génétique des populations.

Autant cette approche constitue un des biais ou des méthodes indirectes, autant les deux premières sont au cœur même de la problématique dans la mesure où elles touchent directement aux données du langage. Tous ces points on va les retrouver dans les axes qui vont suivre. Les acteurs du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche sont invités à faire des propositions parmi ces onze axes de recherche :

  1. Les anciens Libyens et leur langue à travers les documents égyptiens : textes monumentaux, inscriptions privées, papyrus.

  2. Le libyque de l’Antiquité classique à travers diverses sources : humanités gréco-latines, épigraphie libyco-berbère, punique, grecque, latine, …

  3. Le berbère médiéval et précolonial, tel qu’il nous est parvenu, à travers la littérature de langue arabe : textes géographiques, historiques, juridiques, hagiographiques, didactiques, inscriptions funéraires, graffiti…

  4. Le berbère du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle A.D. à travers des œuvres écrites directement en berbère, notamment les manuscrits en caractères arabes telles qu’on les découvre de plus en plus, et les inscriptions sahariennes prémodernes qui constituent un lien peu étudié entre la tradition libyque antique et le tifinagh des Touaregs de nos jours.

  5. Le berbère entre le XVIe et le XIXe siècle A.D. à travers des ouvrages de voyageurs européens. À cet égard, le berbère des îles Canaries constitue un cas d’école.

  6. Dans cette histoire longue, le berbère en relation avec les langues voisines et les langues apparentées : ses affiliations génétiques et typologiques, et les effets de contact lexicaux et structuraux ; l’hypothèse afroasiatique et la position du berbère au sein de cette famille ; les possibles substrats (langues « méditerranéennes », « euro-sahariennes », ou autres) …

  7. Toutes questions inhérentes au rapport langue et société, où l’on considère le langage comme un fait social : approches anthropologiques et sociolinguistiques des usages linguistiques.

  8. La linguistique diachronique qui a pour corollaire les différentes méthodes de reconstruction (méthode historico-comparative, comparaisons interdialectales …) ; elle serait susceptible d’œuvrer à la compréhension de certains phénomènes, comme l’homogénéité / stabilité et évolution / variations du berbère. Une question non des moindres, celle de la reconstruction du « proto-berbère » ou les arguments allant à l’encontre de son existence …

  9. Les études onomastiques nord-africaines comme moyen d’éclairage de certains faits linguistiques.

  10. La question épigraphique : les inscriptions libyco-berbères dans toutes leurs déclinaisons (monumentales et funéraires libyques, inscriptions rupestres du Maghreb du Nord et du Sahara, inscriptions canariennes).

  11. Le berbère à la croisée de l’histoire ancienne, de l’archéologie, de l’anthropologie et de la génétique des populations.

Il n’est pas exclu d’avoir des propositions inter-axes. Elles sont toutes les bienvenues, les unes et les autres, de même celles qui explorent des données empiriques ou celles qui s’appuient sur des approches théoriques à même de penser et analyser certains changements linguistiques. Aussi des études qui exposeront des faits inédits ou qui renouvelleront l’approche de certains phénomènes sont-elles très appréciées.

Dernière disposition, parallèlement à ce colloque thématique et tout à fait vers la fin, sont prévus deux ou trois ateliers dédiés à la langue et aux discours berbères contemporains.

Page internet de la manifestation : https://www.mshparisnord.fr/event/langue-berbere/

Conditions de soumission

Les propositions de communication sont à envoyer

dès maintenant et avant le 5 octobre 2020

aux responsables de l’organisation du colloque :

  • Ouahmi Ould-Brahanm (ouahmi.ould-braham@mshparisnord.fr) ;
  • Mehdi Ghouirgate (mehdi.ghouirgate@gmail.com)
  • et Lameen Souag (lameen@gmail.com).

Les propositions devront s’inscrire dans l’un des onze axes définis ci-dessus. Elles feront obligatoirement apparaître : l’axe dans lequel se situe la proposition, le nom de l’auteur, son établissement, ses fonctions et coordonnées, le titre de la contribution, le résumé (moins de 10 lignes), 4 mots clés.

Chaque proposition sera évaluée et les avis d’acceptation seront envoyés aux auteurs à partir du 12 octobre 2020.

La durée prévue des communications est de 20 minutes.

Les textes complets, longs de 25 000 signes au maximum (espaces compris), doivent parvenir avant le 15 novembre 2020 pour être inclus dans les Actes. Ils devront être accompagnés d’un résumé (moins de 1 000 signes) en français.

Calendrier

  • 5 octobre 2020 : Date limite de réception des propositions (résumé et CV) pour évaluation.

  • 12 octobre 2020 : Début des notifications et retour des expertises à tous les auteurs.
  • 15 novembre 2020 : Date limite de réception des versions corrigées et définitives des textes acceptés.
  • 20 novembre 2020 : Date limite d’inscription au colloque pour au moins l’un des auteurs.
  • 17/18/19 décembre : tenue du colloque

Comité d’organisation

  • Ramdane Boukherrouf (Université Mouloud Mammeri, Tizi-Ouzou, Algérie).
  • Mehdi Ghouirgate (Bordeaux 3 Michel Montaigne, France).
  • Nadia Kaaouas (Université Hassan II, Casablanca, Maroc).
  • Ouahmi Ould-braham (MSH Paris Nord, La Plaine Saint-Denis, France).
  • Valentina Schiattarella (ʿL’Orientaleʾ, Università degli studi di Napoli, Italie).
  • Lameen Souag (Lacito, UMR 7107 : CNRS / Paris 3 – Sorbonne Nouvelle / Inalco, France).

Comité scientifique

  • Abdelaziz Allati (Université de Tétouan-Tanger, Maroc).
  • Gabriel Bergounioux (Université d’Orléans, France).
  • Fatima Boukhris (Université Mohamed V, Rabat, Maroc).
  • Ahmed Boukous (Institut Royal de la Culture Amazighe, Rabat, Maroc).
  • Pascal Buresi (École des Hautes Études en Sciences sociales, Paris, France).
  • Frédéric Colin (Université de Strasbourg, Institut d’Égyptologie, France).
  • Anna Maria Di Tolla (Université « Orientale » de Naples, Italie).
  • Elizabeth Fentress (University College London, Royaume-Uni).
  • Mansour Ghaki (Institut National du Patrimoine, Tunis, Tunisie).
  • Malika Hachid (CNRPAH, Parc national du Tassili, Djanet, Algérie).
  • Jean-Marie Hombert (CNRS, équipe HELAN « Histoire et écologie du langage et des langues », France).
  • Farid Kherbouche (Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques, Alger, Algérie).
  • Bernard Laks (Paris 10-Nanterre et Observatoire des pratiques linguistiques, DGLFLF, France).
  • Alexander Militarev (Russian State University for the Humanities, Moskow, Fédération de Russie).

LIEUX

  • 4eme étage – MSH Paris Nord, 20 Avenue George Sand
    Saint-Denis, France (93)

DATES

  • lundi 05 octobre 2020

MOTS-CLÉS

  • linguistique historique, langue berbère, sciences auxiliaires, textes, corpus

CONTACTS

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr
  • Valentina Schiattarella
    courriel : vale [dot] schiattarella [at] gmail [dot] com
  • Lameen Souag
    courriel : lameen [at] gmail [dot] com

URLS DE RÉFÉRENCE

SOURCE DE L’INFORMATION

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr

POUR CITER CETTE ANNONCE

« Approches pour l’histoire de la langue berbère », Appel à contributionCalenda, Publié le mercredi 19 août 2020, https://calenda.org/794721

Lo libre de Pierre-Marie Mallégol conta coma un roman l’istòria de la creacion de la primièra escòla immersiva en breton

1977 foguèt una annada importanta pels bretons car en aquela annada foguèt creat Diwan, las escolas en lenga bretona per immersion. Al començament, i aviá pas gaire de mond d’acòrdi amb aquel procediment, en vertat. Demest lo mond de Leon —l’encontrada del nòrd-oèst de Bretanha ont foguèt creada la primièra classa— avián paur que los dròlles saupèsse pas parlar lo francés; mas tanben dins lo movement breton: Diwan èra una escola privada e aquò agradava pas a totòm dins un movement breton majoritàriament d’esquèrra e puslèu laïcard. D’aquel temps, l’UDB èra contra la creacion de Diwan, per exemple.

Mas los militants de Leon sostenguts per de militants de Kemper tenguèron còp e finiguèron que convenquèron lo cònsol de Lambaol-Gwitalmeze, Yves Morel, que lor loguèsse una petita sala tocant l’ostal de la comuna. E al comencament èra pas encara question d’escola mairala mas d’una… gardariá en breton pels manets. Tanqu’al jorn de la rintrada, la dobertura foguèt incèrta. Dos jorns abans lo grand jorn la regenta prevista foguèt quitament engatjada per l’Educacion Nacionala! Es un jove musicaire, estudiant e garçon de “bezhiner” (amassaire de lapon) de Leon que la remplaçarà sul pic. Per l’eternitat, Denez Abernot serà lo primièr mestre d’escòla de Diwan, en mai d’essèr lo creator del primièr grop de rock en breton: Storlock!

Lo libre de Pierre-Marie Mallégol conta aquela istòria coma un roman. L’autor foguèt lo segond parent Diwan, lo primièr era Reun L’Hostis que lancèt l’idèa de Diwan. Amb d’autras tres familhas creèron “Skol Diwan Lambaol-Gwitalmeze” (l’escòla Diwan de Lambaol-Gwitalmeze) que lo libre ne narra l’istòria. Es una escritura simpla, sincèra que conta las dificultats, petitas o grandas, de familhas pionièras. Es un libre important a legir per comprene çò qu’es evident e acceptat per la majoritat anuèit: la necessitat de far viure e ensenhar las nòstras lengas èra pas gaire evidenta fa 40 ans d’aquò, quitament dins lo Leon britofòn. Doas annadas puèi, serà lo torn dels occitans amb la primièra calandreta a Pau. Mas aquò es una autra istòria… L’avètz escricha?

Fabien Lecuyer

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

“Lo jornalisme professional basco a drech d’aver un govèrn que parle basco. Los ciutadans an drech d’aver un govèrn que parle basco”, çò recòrda lo manifèst qu’an publicat

Lo manifèst se presentèt dijòus. Lo legiguèron ensems Martxelo Otamendi e l’animatritz de ràdio Maite Artola

Un grop de 325 jornalistas bascos an publicat un manifèst ont demandan al govèrn regional d’Euskadi que los conselhièrs l’executiu sàpian parlar basco per garentir que los jornalistas pòsca trabalhar e assabentar en la lenga del país. Remembran que los representants politics an l’obligacion de comunicar e respondre a de questions en lenga basca, e apondon que, amb aquela reclamacion, vòlon “corregir un deficit d’egalitat”: “Los jornalistas que trabalham en basco o fasèm dins una situacion d’inegalitat que dura dempuèi fòrça annadas”, çò planhon.

“N’i a pas pro amb d’expressions legidas en basco o far que los pòrtavoses en basco sián los representants amb mens de responsabilitats”, çò diguèt lo director de Berria, Martxelo Otamendi, en tot remarcar que normalizar completament la lenga basca es un dever de totes los ciutadans, mas sustot de las institucions e dels qu’assumisson de responsabilitats politicas. Tanben an revendicat l’importància de poder comunicar en la lenga del país per que l’informacion siá rigorosa e sonhada, mai que mai se prenèm en compte l’importància qu’an los mèdias pertocant la normalizacion de la lenga. “Es l’obligacion del jornalista de pausar de questions, del temps qu’es la responsabilitat dels responsables politics d’i respondre. Tanben en basco”, çò an avertit.

Los jornalistas bascos considèran que, trenta uèch ans après l’aprobacion de la lei basica de normalizacion de l’usatge de la lenga basca, lo president del govèrn autonòm deu formar un executiu que lo parle: “Lo jornalisme professional basco a drech d’aver un govèrn que parle basco. Los ciutadans an drech d’aver un govèrn que parle basco”.

Lo manifèst se presentèt dijòus. Lo legiguèron ensems Martxelo Otamendi e l’animatritz de ràdio Maite Artola. An jonch lo manifèst de nombroses mèdias coma ArgiaJakinGara, Hamaika Telebista, NaizGaztezuloElhuyar, Euskal Telebista, Euskadi Irratia, Eitb.eus, El Diario Vasco, Radio Euskadi, Naiz Irratia, Pikara Magazine e Eldiario.es.

 

[Imatge: Berria – poblejat dins http://www.jornalet.com]

La programacion començarà dins l’auton que ven amb 100 oras de programacion de ràdio e 22 de television

SardoRai1

Manifestacion pel sarde a la television publica a Casteddu en agost de 2015

La RAI parlarà en lenga sarda. La television publica d’Itàlia a signat un acòrdi amb las administracions italiana e sarda après un long combat del president de Sardenha, Christian Solinas, amb las institucions de l’estat peninsular, çò rapòrta Ansa. Èra un projècte que s’esperava dempuèi de decennis: de programas en sarde suls canals de ràdio e television publics de l’illa.

La programacion començarà dins la tardor que ven amb 100 oras de programacion de ràdio e 22 de television sus la cultura, l’actualitat, l’informacion e lo divertiment. Lo projècte serà constantament susvelhat per un comitat compausada del govèrn italian, del govèrn sarde e de la RAI.

“Es un enjòc istoric, qu’avèm perseguit dempuèi lo començament de la legislatura per mejan d’un combat dobèrt e constant amb lo govèrn e l’entrepresa”, çò a dich Solinas. “Portar la lenga sarda a la RAI, dins sas divèrsas expressions, es una prestigiosa conquista e representa una nauta reconeissença de la valor e de la dignitat de nòstra identitat culturala. Volèm que la programacion radiofonica e televisiva en sarde venga una veirina liura, que pòsca exprimir de la melhora manièra la produccion jornalistica, literària, artistica, etnografica, que done d’espaci a totas sas expressions dins sa nauta valor”.

De son caire, lo president de la RAI a dich que se sent “fièr d’acuhir la lenga sarda dins sas pròprias programacions” e manifèsta “la sensibilitat de l’entrepresa envèrs totas las expressions e las identitats de la cultura del pòble italian”. Dins aquel sens a precisat que promòure la difusion d’aquelas lengas es una de las tòcas de la RAI. De veire quora arribarà lo moment per l’occitan dins las Valadas e la Gàrdia.

 

[Imatge: http://www.sardegnadies.it – poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

 

Es mòrt d’un càncer de la mesolha qu’el meteis aviá restacat amb las torturas patidas après lo barrament d’Euskaldunon Egunkaria

 

La lenga e la cultura bascas son en dòl. Es defuntat a 77 ans Joan Mari Torrealdai, un dels pus grands intellectuals e activistas de la lenga basca, çò rapòrta Berria. Demest sos projèctes cal soslinhar lo quite Berria, eiretièr de l’Euskaldunon Egunkaria, injustament tampat per las autoritats espanhòlas.

Passèt los darrièrs ans de sa vida a luchar contra un càncer de la mesolha qu’el meteis aviá restacat amb las torturas patidas al comissariat de la Gàrdia Civila après lo barrament del jornal Euskaldunon Egunkaria. “Me diguèron que m’avián fach mal a la mesolha ossosa. E lo càncer apareguèt a la mesolha ossosa”, çò assolidèt el meteis. Moriguèt divendres dins son ostal, acompanhat de sos amics e parents.

A la fin dels ans 1980, Torrealdai avièt un projècte d’iniciativa populara, Euskaldunon Egunkaria. Èra lo primièr quotidian en papièr que se publicava en lenga basca e el faguèt lo trabalh diplomatic “d’explicar la natura del projècte a las institucions e als agents socials”. Foguèt pas aisit: i aviá “fòrça mesfisança”, “fòrça denóncias implicitas”. Lo numèro un d’Euskaldunon Egunkaria foguèt publicat lo 6 de decembre de 1990, e Torrealdai èra lo president del conselh d’administracion. Torrealdai disiá alavetz que “l’impossible èra vengut realitat”.

L’injust barrament de l’Euskaldunon Egunkaria

Euskaldunon Egunkaria foguèt un jornal plan reüssit e dels mai objectius de l’epòca. Ça que la, en 2003 la Gàrdia Civila lo tampèt e ne detenguèt la còla en seguida dels òrdres dels jutges de Madrid. Los jutges se volián assegurar que lo jornal fasiá pas partida de las societats que finançavan ÈTA. Lor calguèt onze ans de fòrça patiment infligit per descobrir que non. Los detenguts denoncièron de torturas. Torrealdai deguèt passar cinc annadas de tractaments e suènhs per n’eliminar la dolor.

Onze ans après lo barrament del jornal, après una seguida de longs jutjaments e encarceracions, los acusats foguèron relaxats e l’afar foguèt classat. Mas lo jornal aviá desaparegut.

Torrealdai denoncièt que l’avián “massacrat”. Li tornèron la documentacion desordenada e en un marrit estat. “T’escafan la memòria pr’amor que sabon que la fòrça de qualqu’un coma ieu es dins los dorsièrs.  Dempuèi alavetz ai pas pus pogut entamenar cap de trabalh basat sus mas recèrcas d’informacion”, çò explicava.

Las autoritats judiciàrias espanhòlas avián tampat injustament un jornal en encarcerant la còla que foguèt torturada. Onze ans puèi, los acusats èran relaxats. Divendres, podiam legir dins las paginas de Jornalet que la justícia espanhòla anullava formalament la senténcia contra Arnaldo Otegi e los autres basquistas de l’afar Bateragune, mentre qu’an ja complit integralament una pena injusta de sieis ans de preson. Se passarà parièr amb los presonièrs politics catalans? Sembla que la reaccion de la Cort Europèa dels Dreches Umans arriba totjorn tard.

[Imatge: Jon Urbe / Foku / Berria – poblejat dins http://www.jornalet.com]

Fernand de Varennes, relator especial sobre qüestions de les minories del Consell de Drets Humans de l’ONU ha denunciat amb contundència l’actitud de l’Estat espanyol envers el català en l’informe de la seva visita a Espanya. Per a l’elaboració de l’informe, Varennes es va entrevistar a Barcelona, el gener del 2019, amb la directora general de Política Lingüística, Ester Franquesa, que li va exposar la situació lingüística a Catalunya i les línies generals de la política i la legislació lingüístiques respecte al català, l’occità i la llengua de signes catalana. També li va desgranar els principals incompliments de la Carta europea de les llengües regionals o minoritàries per part de les institucions de l’Estat espanyol i li va oferir informació sobre la llengua de signes catalana, les llengües de les persones immigrants i les mesures en favor del col·lectiu gitano.

Varennes ha expressat en l’informe preocupació per la desconnexió entre la condició de llengües cooficials i el grau real d’ús oficial i ha posat com a exemple que els jutges i els agents de l’ordre o la policia nacional no estan subjectes a cap requisit de coneixement d’un idioma cooficial, ni tan sols quan exerceixen les funcions en una comunitat autònoma en la qual es parla aquesta llengua oficial. Per a Varennes, això genera un nombre considerable de queixes i la frustració en algunes d’aquestes comunitats, condueix a desafortunats malentesos i fins i tot a la denegació de l’accés als serveis públics o a la discriminació en aquest accés.

En matèria de llengua i educació, Varennes ha explicat la preocupació existent a Catalunya i les Illes Balears per l’erosió gradual dels models d’immersió no segregats, que han aconseguit fins ara un domini efectiu de les dues llengües per part dels alumnes, sovint per sobre de la mitjana estatal pel que fa al castellà. Per a Varennes, l’Estat espanyol té l’obligació de recollir dades del conjunt de l’Estat sobre les repercussions dels diversos models educatius per dissipar qualsevol preocupació sobre l’efecte en l’aprenentatge fluid del castellà en els models d’ensenyament en les comunitats en llengües cooficials, cosa que no fa des de 2010.

La denúncia de Varennes coincideix amb els plantejaments que va formular el Consell d’Europa en la darrera recomanació als estats a propòsit del cinquè informe sobre la Carta Europea de les Llengües Regionals i Minoritàries.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Lo rectorat de Bordèu invòca la Constitucion francesa per s’opausar a un projècte de classa immersiva demandat pels parents

La rectritz de l’acadèmia de Bordèu (circonscripcion escolara que pertòca tanben lo Bascoat Nòrd) s’es opausada a la dobertura d’una classa immersiva en basco a Sent Pèr d’Irúber (en basco Hiriburu). Lo president de l’Ofici Public de la Lenga Basca (OPLB), Beñat Arrabit, a manifestat als mèdias son “incompreneson” e son “indignacion”. La decision academia daissa 18 joves del vilatge de petita e mejana seccions sens escolarizacion en lor lenga. Aquel tipe d’ensenhament se realiza ja dins 38 escòlas publicas e privadas del costat nòrd del Bascoat.

La rectritz s’es opausada al projècte en invocant la lei del 26 de julhet de 2019 “per una escòla de la fisança” que rend l’institucion obligatòria dempuèi l’edat de 3 ans e en i associant lo fach que “la Constitucion de 1958 prevei dins son article que l’instruccion obligatòria es dispensada en francés «lenga de la Republica»“. Per aquelas rasons, lo rectorat a dich que “pòt pas pus autorizar de nòvas experimentacions”.

La reaccion de l’OPLB es estada ferma. D’un caire, meton en question que la Constitucion francesa diga que “la lenga d’instruccion” siá lo francés. D’autre caire, jutjan “brutalas ”la decision e son argumentacion,  e remembran que la classa es una iniciativa dels parents d’escolans del public.

 

 

[Imatge: Bob EDME – poblejat dins http://www.jornalet.com]

Revue consacrée aux pratiques linguistiques en Bretagne

La Bretagne Linguistique

Publiée depuis 1985 par le Centre de recherche bretonne et celtique, la revue La Bretagne Linguistique rassemble notamment les articles issus du séminaire de recherche éponyme organisé par le « Groupe de recherche sur l’économie linguistique de la Bretagne » (GRELB).

La revue permet de diffuser les échanges de chercheurs se réunissant pour débattre des pratiques et des représentations linguistiques en Bretagne. Si cet espace dʼéchange porte principalement sur la langue bretonne (linguistique, sociolinguistique, dialectologie, toponymie, littérature, littérature orale, histoire), il sʼintéresse aussi, dʼune part, aux autres langues pratiquées en Bretagne et, dʼautre part, aux autres langues celtiques modernes ou anciennes, ainsi quʼaux autres langues régionales de France, dʼEurope ou du monde qui permettent dʼéclairer la situation linguistique bretonne.

 

[Source : http://www.openedition.org]