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Publié le mercredi 19 août 2020 par Elsa Zotian

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le Nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales qui permettront de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous espérons, avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.), que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

ANNONCE

Argumentaire

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales réunissant des chercheurs de plusieurs spécialités : linguistique historique, humanités classiques et médiévales, histoire, archéologie, anthropologie, génétique des populations. Le colloque de cette année (décembre 2020) aura lieu en région parisienne. Celui de l’année prochaine dans une université ou un centre de recherche établi à l’étranger. Ce qui permettra de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous l’espérons, ce sera avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.) que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

Rappelons qu’il y n’y a pas si longtemps, où rares les chercheurs berbèrisants, qui pouvaient s’investir à plein temps dans la thématique de l’histoire de la langue berbère, quelle qu’elle en soit l’approche. Aujourd’hui, ce qui est nouveau est que ce thème particulier commence à avoir un regain d’intérêt. Par exemple, l’on constate qu’année après année, certains historiens, antiquisants et médiévistes, viennent jeter quelque lueur dans la compréhension de certains phénomènes, comme la latinisation et le christianisme dans l’Antiquité et, au Moyen Âge, les questions d’islamisation et d’arabisation des régions d’Afrique du Nord, surtout là où les sources font défaut ou quand les documents disponibles posent un problème d’interprétation. D’autres investigations de ces dernières années, qui portent sur les sources médiévales de langue arabe, ont permis de documenter un peu plus des pans de l’histoire du berbère.

Pour revenir à notre propos initial, l’une des problématiques, qui est posée, se situe au-delà de la question de l’origine des langues. Il y a lieu plutôt de voir comment la langue berbère (et ses variétés) dans le nord-ouest africain (Maghreb et Sahara) a pu se maintenir et se pérenniser pendant des siècles, voire des millénaires. Cette langue fut attestée probablement dans la haute Antiquité, depuis le Nouvel Empire égyptien, pratiquée par des populations venues de l’ouest du Nil, qui finirent par s’installer dans la vallée en Égypte – un ensemble que les égyptologues désignent traditionnellement comme les « Libyens ». D’autres témoignages qui sont venus après, allant des documents grecs, puniques, néo-puniques, latins, hébraïques, jusqu’aux écrits de langue arabe, sont vecteurs de nombreuses données. Depuis le XIXe siècle, la découverte par des scientifiques de documents dus à des Berbères eux-mêmes, nous restitue des textes originaux, berbères ou arabo-berbères, de plusieurs époques.

Autant de sources qui vont nous renseigner aisément sur des états de la langue, dont les textes sont issus de plusieurs types de supports : énoncés épigraphiques, œuvres des humanités classiques, textes originaux nord-africains pourvoyeurs de la langue berbère à travers des manuscrits. Il est évident que lorsque l’on travaille sur une langue ancienne et quand on cherche à rendre compte de l’évolution d’un phénomène linguistique on doit avoir à sa disposition des énoncés attestés. C’est dire que la question des corpus et des textes revêt ici toute son importance.

Pour approfondir l’aspect historique de la langue, on peut envisager trois types d’approche, simultanément ou de manière indépendante :

(1) L’exploitation de sources pourvoyeuses de témoignages sociolinguistiques et de données directes sur la langue (et ses variétés), qu’il s’agisse d’onomastique, toponymes et anthroponymes, de vocables ordinaires, de phrases, voire de textes plus ou moins longs. L’on pourra convoquer à cet égard l’épigraphie, la littérature historico-géographique (grecque, latine, arabe, …) ancienne et moins ancienne, sans oublier des textes écrits directement en berbère et produits depuis le Moyen Âge par des rédacteurs natifs.

(2) La méthode génétique ou typologique, mais aussi la linguistique historique, notamment la méthode comparative et la reconstruction interne, qui permettent de déceler certains aspects d’une langue ancienne à partir des langues et des parlers qui en descendent. La combinaison de ces méthodes avec l’étude du contact linguistique permet d’identifier les traces qu’a laissées une telle langue chez ses voisins, et d’analyser le contexte culturel dans lequel des vocables ont été empruntés, suivant le modèle Wörter und Sachen.

(3) La mise à profit de sciences auxiliaires, comme l’archéologie, l’anthropologie et la génétique des populations.

Autant cette approche constitue un des biais ou des méthodes indirectes, autant les deux premières sont au cœur même de la problématique dans la mesure où elles touchent directement aux données du langage. Tous ces points on va les retrouver dans les axes qui vont suivre. Les acteurs du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche sont invités à faire des propositions parmi ces onze axes de recherche :

  1. Les anciens Libyens et leur langue à travers les documents égyptiens : textes monumentaux, inscriptions privées, papyrus.

  2. Le libyque de l’Antiquité classique à travers diverses sources : humanités gréco-latines, épigraphie libyco-berbère, punique, grecque, latine, …

  3. Le berbère médiéval et précolonial, tel qu’il nous est parvenu, à travers la littérature de langue arabe : textes géographiques, historiques, juridiques, hagiographiques, didactiques, inscriptions funéraires, graffiti…

  4. Le berbère du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle A.D. à travers des œuvres écrites directement en berbère, notamment les manuscrits en caractères arabes telles qu’on les découvre de plus en plus, et les inscriptions sahariennes prémodernes qui constituent un lien peu étudié entre la tradition libyque antique et le tifinagh des Touaregs de nos jours.

  5. Le berbère entre le XVIe et le XIXe siècle A.D. à travers des ouvrages de voyageurs européens. À cet égard, le berbère des îles Canaries constitue un cas d’école.

  6. Dans cette histoire longue, le berbère en relation avec les langues voisines et les langues apparentées : ses affiliations génétiques et typologiques, et les effets de contact lexicaux et structuraux ; l’hypothèse afroasiatique et la position du berbère au sein de cette famille ; les possibles substrats (langues « méditerranéennes », « euro-sahariennes », ou autres) …

  7. Toutes questions inhérentes au rapport langue et société, où l’on considère le langage comme un fait social : approches anthropologiques et sociolinguistiques des usages linguistiques.

  8. La linguistique diachronique qui a pour corollaire les différentes méthodes de reconstruction (méthode historico-comparative, comparaisons interdialectales …) ; elle serait susceptible d’œuvrer à la compréhension de certains phénomènes, comme l’homogénéité / stabilité et évolution / variations du berbère. Une question non des moindres, celle de la reconstruction du « proto-berbère » ou les arguments allant à l’encontre de son existence …

  9. Les études onomastiques nord-africaines comme moyen d’éclairage de certains faits linguistiques.

  10. La question épigraphique : les inscriptions libyco-berbères dans toutes leurs déclinaisons (monumentales et funéraires libyques, inscriptions rupestres du Maghreb du Nord et du Sahara, inscriptions canariennes).

  11. Le berbère à la croisée de l’histoire ancienne, de l’archéologie, de l’anthropologie et de la génétique des populations.

Il n’est pas exclu d’avoir des propositions inter-axes. Elles sont toutes les bienvenues, les unes et les autres, de même celles qui explorent des données empiriques ou celles qui s’appuient sur des approches théoriques à même de penser et analyser certains changements linguistiques. Aussi des études qui exposeront des faits inédits ou qui renouvelleront l’approche de certains phénomènes sont-elles très appréciées.

Dernière disposition, parallèlement à ce colloque thématique et tout à fait vers la fin, sont prévus deux ou trois ateliers dédiés à la langue et aux discours berbères contemporains.

Page internet de la manifestation : https://www.mshparisnord.fr/event/langue-berbere/

Conditions de soumission

Les propositions de communication sont à envoyer

dès maintenant et avant le 5 octobre 2020

aux responsables de l’organisation du colloque :

  • Ouahmi Ould-Brahanm (ouahmi.ould-braham@mshparisnord.fr) ;
  • Mehdi Ghouirgate (mehdi.ghouirgate@gmail.com)
  • et Lameen Souag (lameen@gmail.com).

Les propositions devront s’inscrire dans l’un des onze axes définis ci-dessus. Elles feront obligatoirement apparaître : l’axe dans lequel se situe la proposition, le nom de l’auteur, son établissement, ses fonctions et coordonnées, le titre de la contribution, le résumé (moins de 10 lignes), 4 mots clés.

Chaque proposition sera évaluée et les avis d’acceptation seront envoyés aux auteurs à partir du 12 octobre 2020.

La durée prévue des communications est de 20 minutes.

Les textes complets, longs de 25 000 signes au maximum (espaces compris), doivent parvenir avant le 15 novembre 2020 pour être inclus dans les Actes. Ils devront être accompagnés d’un résumé (moins de 1 000 signes) en français.

Calendrier

  • 5 octobre 2020 : Date limite de réception des propositions (résumé et CV) pour évaluation.

  • 12 octobre 2020 : Début des notifications et retour des expertises à tous les auteurs.
  • 15 novembre 2020 : Date limite de réception des versions corrigées et définitives des textes acceptés.
  • 20 novembre 2020 : Date limite d’inscription au colloque pour au moins l’un des auteurs.
  • 17/18/19 décembre : tenue du colloque

Comité d’organisation

  • Ramdane Boukherrouf (Université Mouloud Mammeri, Tizi-Ouzou, Algérie).
  • Mehdi Ghouirgate (Bordeaux 3 Michel Montaigne, France).
  • Nadia Kaaouas (Université Hassan II, Casablanca, Maroc).
  • Ouahmi Ould-braham (MSH Paris Nord, La Plaine Saint-Denis, France).
  • Valentina Schiattarella (ʿL’Orientaleʾ, Università degli studi di Napoli, Italie).
  • Lameen Souag (Lacito, UMR 7107 : CNRS / Paris 3 – Sorbonne Nouvelle / Inalco, France).

Comité scientifique

  • Abdelaziz Allati (Université de Tétouan-Tanger, Maroc).
  • Gabriel Bergounioux (Université d’Orléans, France).
  • Fatima Boukhris (Université Mohamed V, Rabat, Maroc).
  • Ahmed Boukous (Institut Royal de la Culture Amazighe, Rabat, Maroc).
  • Pascal Buresi (École des Hautes Études en Sciences sociales, Paris, France).
  • Frédéric Colin (Université de Strasbourg, Institut d’Égyptologie, France).
  • Anna Maria Di Tolla (Université « Orientale » de Naples, Italie).
  • Elizabeth Fentress (University College London, Royaume-Uni).
  • Mansour Ghaki (Institut National du Patrimoine, Tunis, Tunisie).
  • Malika Hachid (CNRPAH, Parc national du Tassili, Djanet, Algérie).
  • Jean-Marie Hombert (CNRS, équipe HELAN « Histoire et écologie du langage et des langues », France).
  • Farid Kherbouche (Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques, Alger, Algérie).
  • Bernard Laks (Paris 10-Nanterre et Observatoire des pratiques linguistiques, DGLFLF, France).
  • Alexander Militarev (Russian State University for the Humanities, Moskow, Fédération de Russie).

LIEUX

  • 4eme étage – MSH Paris Nord, 20 Avenue George Sand
    Saint-Denis, France (93)

DATES

  • lundi 05 octobre 2020

MOTS-CLÉS

  • linguistique historique, langue berbère, sciences auxiliaires, textes, corpus

CONTACTS

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr
  • Valentina Schiattarella
    courriel : vale [dot] schiattarella [at] gmail [dot] com
  • Lameen Souag
    courriel : lameen [at] gmail [dot] com

URLS DE RÉFÉRENCE

SOURCE DE L’INFORMATION

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr

POUR CITER CETTE ANNONCE

« Approches pour l’histoire de la langue berbère », Appel à contributionCalenda, Publié le mercredi 19 août 2020, https://calenda.org/794721

Lo libre de Pierre-Marie Mallégol conta coma un roman l’istòria de la creacion de la primièra escòla immersiva en breton

1977 foguèt una annada importanta pels bretons car en aquela annada foguèt creat Diwan, las escolas en lenga bretona per immersion. Al començament, i aviá pas gaire de mond d’acòrdi amb aquel procediment, en vertat. Demest lo mond de Leon —l’encontrada del nòrd-oèst de Bretanha ont foguèt creada la primièra classa— avián paur que los dròlles saupèsse pas parlar lo francés; mas tanben dins lo movement breton: Diwan èra una escola privada e aquò agradava pas a totòm dins un movement breton majoritàriament d’esquèrra e puslèu laïcard. D’aquel temps, l’UDB èra contra la creacion de Diwan, per exemple.

Mas los militants de Leon sostenguts per de militants de Kemper tenguèron còp e finiguèron que convenquèron lo cònsol de Lambaol-Gwitalmeze, Yves Morel, que lor loguèsse una petita sala tocant l’ostal de la comuna. E al comencament èra pas encara question d’escola mairala mas d’una… gardariá en breton pels manets. Tanqu’al jorn de la rintrada, la dobertura foguèt incèrta. Dos jorns abans lo grand jorn la regenta prevista foguèt quitament engatjada per l’Educacion Nacionala! Es un jove musicaire, estudiant e garçon de “bezhiner” (amassaire de lapon) de Leon que la remplaçarà sul pic. Per l’eternitat, Denez Abernot serà lo primièr mestre d’escòla de Diwan, en mai d’essèr lo creator del primièr grop de rock en breton: Storlock!

Lo libre de Pierre-Marie Mallégol conta aquela istòria coma un roman. L’autor foguèt lo segond parent Diwan, lo primièr era Reun L’Hostis que lancèt l’idèa de Diwan. Amb d’autras tres familhas creèron “Skol Diwan Lambaol-Gwitalmeze” (l’escòla Diwan de Lambaol-Gwitalmeze) que lo libre ne narra l’istòria. Es una escritura simpla, sincèra que conta las dificultats, petitas o grandas, de familhas pionièras. Es un libre important a legir per comprene çò qu’es evident e acceptat per la majoritat anuèit: la necessitat de far viure e ensenhar las nòstras lengas èra pas gaire evidenta fa 40 ans d’aquò, quitament dins lo Leon britofòn. Doas annadas puèi, serà lo torn dels occitans amb la primièra calandreta a Pau. Mas aquò es una autra istòria… L’avètz escricha?

Fabien Lecuyer

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

“Lo jornalisme professional basco a drech d’aver un govèrn que parle basco. Los ciutadans an drech d’aver un govèrn que parle basco”, çò recòrda lo manifèst qu’an publicat

Lo manifèst se presentèt dijòus. Lo legiguèron ensems Martxelo Otamendi e l’animatritz de ràdio Maite Artola

Un grop de 325 jornalistas bascos an publicat un manifèst ont demandan al govèrn regional d’Euskadi que los conselhièrs l’executiu sàpian parlar basco per garentir que los jornalistas pòsca trabalhar e assabentar en la lenga del país. Remembran que los representants politics an l’obligacion de comunicar e respondre a de questions en lenga basca, e apondon que, amb aquela reclamacion, vòlon “corregir un deficit d’egalitat”: “Los jornalistas que trabalham en basco o fasèm dins una situacion d’inegalitat que dura dempuèi fòrça annadas”, çò planhon.

“N’i a pas pro amb d’expressions legidas en basco o far que los pòrtavoses en basco sián los representants amb mens de responsabilitats”, çò diguèt lo director de Berria, Martxelo Otamendi, en tot remarcar que normalizar completament la lenga basca es un dever de totes los ciutadans, mas sustot de las institucions e dels qu’assumisson de responsabilitats politicas. Tanben an revendicat l’importància de poder comunicar en la lenga del país per que l’informacion siá rigorosa e sonhada, mai que mai se prenèm en compte l’importància qu’an los mèdias pertocant la normalizacion de la lenga. “Es l’obligacion del jornalista de pausar de questions, del temps qu’es la responsabilitat dels responsables politics d’i respondre. Tanben en basco”, çò an avertit.

Los jornalistas bascos considèran que, trenta uèch ans après l’aprobacion de la lei basica de normalizacion de l’usatge de la lenga basca, lo president del govèrn autonòm deu formar un executiu que lo parle: “Lo jornalisme professional basco a drech d’aver un govèrn que parle basco. Los ciutadans an drech d’aver un govèrn que parle basco”.

Lo manifèst se presentèt dijòus. Lo legiguèron ensems Martxelo Otamendi e l’animatritz de ràdio Maite Artola. An jonch lo manifèst de nombroses mèdias coma ArgiaJakinGara, Hamaika Telebista, NaizGaztezuloElhuyar, Euskal Telebista, Euskadi Irratia, Eitb.eus, El Diario Vasco, Radio Euskadi, Naiz Irratia, Pikara Magazine e Eldiario.es.

 

[Imatge: Berria – poblejat dins http://www.jornalet.com]

La programacion començarà dins l’auton que ven amb 100 oras de programacion de ràdio e 22 de television

SardoRai1

Manifestacion pel sarde a la television publica a Casteddu en agost de 2015

La RAI parlarà en lenga sarda. La television publica d’Itàlia a signat un acòrdi amb las administracions italiana e sarda après un long combat del president de Sardenha, Christian Solinas, amb las institucions de l’estat peninsular, çò rapòrta Ansa. Èra un projècte que s’esperava dempuèi de decennis: de programas en sarde suls canals de ràdio e television publics de l’illa.

La programacion començarà dins la tardor que ven amb 100 oras de programacion de ràdio e 22 de television sus la cultura, l’actualitat, l’informacion e lo divertiment. Lo projècte serà constantament susvelhat per un comitat compausada del govèrn italian, del govèrn sarde e de la RAI.

“Es un enjòc istoric, qu’avèm perseguit dempuèi lo començament de la legislatura per mejan d’un combat dobèrt e constant amb lo govèrn e l’entrepresa”, çò a dich Solinas. “Portar la lenga sarda a la RAI, dins sas divèrsas expressions, es una prestigiosa conquista e representa una nauta reconeissença de la valor e de la dignitat de nòstra identitat culturala. Volèm que la programacion radiofonica e televisiva en sarde venga una veirina liura, que pòsca exprimir de la melhora manièra la produccion jornalistica, literària, artistica, etnografica, que done d’espaci a totas sas expressions dins sa nauta valor”.

De son caire, lo president de la RAI a dich que se sent “fièr d’acuhir la lenga sarda dins sas pròprias programacions” e manifèsta “la sensibilitat de l’entrepresa envèrs totas las expressions e las identitats de la cultura del pòble italian”. Dins aquel sens a precisat que promòure la difusion d’aquelas lengas es una de las tòcas de la RAI. De veire quora arribarà lo moment per l’occitan dins las Valadas e la Gàrdia.

 

[Imatge: http://www.sardegnadies.it – poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

 

Es mòrt d’un càncer de la mesolha qu’el meteis aviá restacat amb las torturas patidas après lo barrament d’Euskaldunon Egunkaria

 

La lenga e la cultura bascas son en dòl. Es defuntat a 77 ans Joan Mari Torrealdai, un dels pus grands intellectuals e activistas de la lenga basca, çò rapòrta Berria. Demest sos projèctes cal soslinhar lo quite Berria, eiretièr de l’Euskaldunon Egunkaria, injustament tampat per las autoritats espanhòlas.

Passèt los darrièrs ans de sa vida a luchar contra un càncer de la mesolha qu’el meteis aviá restacat amb las torturas patidas al comissariat de la Gàrdia Civila après lo barrament del jornal Euskaldunon Egunkaria. “Me diguèron que m’avián fach mal a la mesolha ossosa. E lo càncer apareguèt a la mesolha ossosa”, çò assolidèt el meteis. Moriguèt divendres dins son ostal, acompanhat de sos amics e parents.

A la fin dels ans 1980, Torrealdai avièt un projècte d’iniciativa populara, Euskaldunon Egunkaria. Èra lo primièr quotidian en papièr que se publicava en lenga basca e el faguèt lo trabalh diplomatic “d’explicar la natura del projècte a las institucions e als agents socials”. Foguèt pas aisit: i aviá “fòrça mesfisança”, “fòrça denóncias implicitas”. Lo numèro un d’Euskaldunon Egunkaria foguèt publicat lo 6 de decembre de 1990, e Torrealdai èra lo president del conselh d’administracion. Torrealdai disiá alavetz que “l’impossible èra vengut realitat”.

L’injust barrament de l’Euskaldunon Egunkaria

Euskaldunon Egunkaria foguèt un jornal plan reüssit e dels mai objectius de l’epòca. Ça que la, en 2003 la Gàrdia Civila lo tampèt e ne detenguèt la còla en seguida dels òrdres dels jutges de Madrid. Los jutges se volián assegurar que lo jornal fasiá pas partida de las societats que finançavan ÈTA. Lor calguèt onze ans de fòrça patiment infligit per descobrir que non. Los detenguts denoncièron de torturas. Torrealdai deguèt passar cinc annadas de tractaments e suènhs per n’eliminar la dolor.

Onze ans après lo barrament del jornal, après una seguida de longs jutjaments e encarceracions, los acusats foguèron relaxats e l’afar foguèt classat. Mas lo jornal aviá desaparegut.

Torrealdai denoncièt que l’avián “massacrat”. Li tornèron la documentacion desordenada e en un marrit estat. “T’escafan la memòria pr’amor que sabon que la fòrça de qualqu’un coma ieu es dins los dorsièrs.  Dempuèi alavetz ai pas pus pogut entamenar cap de trabalh basat sus mas recèrcas d’informacion”, çò explicava.

Las autoritats judiciàrias espanhòlas avián tampat injustament un jornal en encarcerant la còla que foguèt torturada. Onze ans puèi, los acusats èran relaxats. Divendres, podiam legir dins las paginas de Jornalet que la justícia espanhòla anullava formalament la senténcia contra Arnaldo Otegi e los autres basquistas de l’afar Bateragune, mentre qu’an ja complit integralament una pena injusta de sieis ans de preson. Se passarà parièr amb los presonièrs politics catalans? Sembla que la reaccion de la Cort Europèa dels Dreches Umans arriba totjorn tard.

[Imatge: Jon Urbe / Foku / Berria – poblejat dins http://www.jornalet.com]

Fernand de Varennes, relator especial sobre qüestions de les minories del Consell de Drets Humans de l’ONU ha denunciat amb contundència l’actitud de l’Estat espanyol envers el català en l’informe de la seva visita a Espanya. Per a l’elaboració de l’informe, Varennes es va entrevistar a Barcelona, el gener del 2019, amb la directora general de Política Lingüística, Ester Franquesa, que li va exposar la situació lingüística a Catalunya i les línies generals de la política i la legislació lingüístiques respecte al català, l’occità i la llengua de signes catalana. També li va desgranar els principals incompliments de la Carta europea de les llengües regionals o minoritàries per part de les institucions de l’Estat espanyol i li va oferir informació sobre la llengua de signes catalana, les llengües de les persones immigrants i les mesures en favor del col·lectiu gitano.

Varennes ha expressat en l’informe preocupació per la desconnexió entre la condició de llengües cooficials i el grau real d’ús oficial i ha posat com a exemple que els jutges i els agents de l’ordre o la policia nacional no estan subjectes a cap requisit de coneixement d’un idioma cooficial, ni tan sols quan exerceixen les funcions en una comunitat autònoma en la qual es parla aquesta llengua oficial. Per a Varennes, això genera un nombre considerable de queixes i la frustració en algunes d’aquestes comunitats, condueix a desafortunats malentesos i fins i tot a la denegació de l’accés als serveis públics o a la discriminació en aquest accés.

En matèria de llengua i educació, Varennes ha explicat la preocupació existent a Catalunya i les Illes Balears per l’erosió gradual dels models d’immersió no segregats, que han aconseguit fins ara un domini efectiu de les dues llengües per part dels alumnes, sovint per sobre de la mitjana estatal pel que fa al castellà. Per a Varennes, l’Estat espanyol té l’obligació de recollir dades del conjunt de l’Estat sobre les repercussions dels diversos models educatius per dissipar qualsevol preocupació sobre l’efecte en l’aprenentatge fluid del castellà en els models d’ensenyament en les comunitats en llengües cooficials, cosa que no fa des de 2010.

La denúncia de Varennes coincideix amb els plantejaments que va formular el Consell d’Europa en la darrera recomanació als estats a propòsit del cinquè informe sobre la Carta Europea de les Llengües Regionals i Minoritàries.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Lo rectorat de Bordèu invòca la Constitucion francesa per s’opausar a un projècte de classa immersiva demandat pels parents

La rectritz de l’acadèmia de Bordèu (circonscripcion escolara que pertòca tanben lo Bascoat Nòrd) s’es opausada a la dobertura d’una classa immersiva en basco a Sent Pèr d’Irúber (en basco Hiriburu). Lo president de l’Ofici Public de la Lenga Basca (OPLB), Beñat Arrabit, a manifestat als mèdias son “incompreneson” e son “indignacion”. La decision academia daissa 18 joves del vilatge de petita e mejana seccions sens escolarizacion en lor lenga. Aquel tipe d’ensenhament se realiza ja dins 38 escòlas publicas e privadas del costat nòrd del Bascoat.

La rectritz s’es opausada al projècte en invocant la lei del 26 de julhet de 2019 “per una escòla de la fisança” que rend l’institucion obligatòria dempuèi l’edat de 3 ans e en i associant lo fach que “la Constitucion de 1958 prevei dins son article que l’instruccion obligatòria es dispensada en francés «lenga de la Republica»“. Per aquelas rasons, lo rectorat a dich que “pòt pas pus autorizar de nòvas experimentacions”.

La reaccion de l’OPLB es estada ferma. D’un caire, meton en question que la Constitucion francesa diga que “la lenga d’instruccion” siá lo francés. D’autre caire, jutjan “brutalas ”la decision e son argumentacion,  e remembran que la classa es una iniciativa dels parents d’escolans del public.

 

 

[Imatge: Bob EDME – poblejat dins http://www.jornalet.com]

Revue consacrée aux pratiques linguistiques en Bretagne

La Bretagne Linguistique

Publiée depuis 1985 par le Centre de recherche bretonne et celtique, la revue La Bretagne Linguistique rassemble notamment les articles issus du séminaire de recherche éponyme organisé par le « Groupe de recherche sur l’économie linguistique de la Bretagne » (GRELB).

La revue permet de diffuser les échanges de chercheurs se réunissant pour débattre des pratiques et des représentations linguistiques en Bretagne. Si cet espace dʼéchange porte principalement sur la langue bretonne (linguistique, sociolinguistique, dialectologie, toponymie, littérature, littérature orale, histoire), il sʼintéresse aussi, dʼune part, aux autres langues pratiquées en Bretagne et, dʼautre part, aux autres langues celtiques modernes ou anciennes, ainsi quʼaux autres langues régionales de France, dʼEurope ou du monde qui permettent dʼéclairer la situation linguistique bretonne.

 

[Source : http://www.openedition.org]

Hòrt atendut, lo tribalh de Joan Roux es pareishut. Atau, las atrunas toponimicas, lentament, s’apielan. Que’us cau saber utilizar per contunhar las recèrcas e socializar la lenga nòsta

Lo maine occidentau de l’Occitània
lingüistica (Gasconha e regions
vesinas) qu’an adara un bèra garba
de diccionaris toponimics
© JJF

De véder lo son tribalh enfin publicat, que seré estat urós, lo “Janton”. Atau, qu’èra amistosament aperat Joan Roux, desapareishut en deceme de 2016, a 86 ans.

En efèit, lo son Diccionari toponimic de las comunas de Peiregòrd (Dictionnaire toponymique des comunes de Dordogne) es enfin publicat. L’obratge (735 paginas) es coeditat per Novelum (seccion 24 de l’Institut d’Estudis Occitans) e preu Congrès Permanent de la Lenga Occitana. Que’s plaça dens la draia de la colleccion deus diccionaris toponimics de las comunas aviada deu temps deu defunt Institut Occitan de Pau. Atau, que dispausam de l’obratge precursor de Miquèu Grosclaude sus las comunas de Bearn e deus tres diccionaris establits per B. Boyrie-Fénié (Lanas e Baish Ador, Gironda, mei lo d’Òlt e Garona). L’Aquitània d’un cop èra (a cinc departaments) es adara bien esquipada. Per la partida lemosina de la regionassa Navèra Aquitània, ne cau pas tanpauc oblidar los sabents e arremirables tribalhs d’Ives Lavalada.
 
Pr’amor de quauques contingéncias barrejadas, aqueth tribalh de hons deu professor de Rabeirac n’avè pas podut sortir deu son vivent. Totun, qu’avè pres ua grana part, dab quauques valents e valentas, tà hargar la mapa interactiva deus noms occitans de las comunas de Peiregòrd on entenen la prononciacion exacta e veden la grafia que rebat l’etimologia de las anticas parròpias de la tèrra deus Petrocores. Joan Roux, qui longtemps ensenhèt e las “Beras Letras” e la lenga d’òc au licèu Arnaut Danièl (lo trobador) a Rabeirac, avè pro estudiat los tèxtes ancians, especiaument los pergamins deus archius medievaus de Peireguers dont sabè tirar la mèu shucosa e instructiva, e atau explicar pro de noms celèbres mes a priòri estranhs.
 
Per hargar aquera soma (d’Ajac de Bandiat a Vitrac, Dordonha compta oficiaument 505 comunas, shens parlar de las comunas o parròpias restacadas dens los decennis precedents o quitament au sègle XIXu), ua comission a foncionat, de 2002 a 2016, per discutir e aportar utils complements au toponimista. Qu’èra compausada de Michèu Chapduèlh, Daniel Chavaroche, Joan-Claudi Dugros, B. Boyrie-Fénié, Bernat Lasfargas, Joan-Loís Levêque (coordinator dab Estève Roux), Joan-Pèire Reydi e Joan Rigosta. La región Navèra Aquitània e lo Conselh departamentau Dordonha-Peiregòrd (qui es dotat d’ua “mission lenga e cultura occitanas”) qu’an ajudat e sostienut aqueth pesuc obratge, tant atendut per las gents estacadas au nòste patrimòni lingüistic. D’autant que serà bien evidentament ua maneita de las bonas pertot lo tribalh de recèrca e susquetot de restitucion e de senhalizacion de la lenga nòsta.
 
Dens la soa presentacion, cada ficha de comuna es sòbria: prononciacion locau, formas ancianas atestadas, discussion scientifica s’ic cau, forma en grafia normalizada de la lenga d’òc en arrespectar lo mei qui’s posqui la prononciacion locau. Un petit exemple per compréner. Perqué trobam “Sent Micheu de Dobla” (dens la grana seuva entre Moissídan e Rabeirac) e “Sent Miquèu de Montanha” on se quilha lo castèth deu celèbre autor deus Essais? Pr’amor que la permèira comuna es dens lo maine deus parlars occitans lemosins e l’aute a proximitat deus parlars gascons on disen normaument “Miquèu”. Efectivament, Dordonha que’s partatja entre, a bisa, ua varianta nòrd-occitana o lemosina, e —au mijorn— la zòna lengadociana que costeja en partida lo gascon de l’Entre Duas Mars. Au començament de l’obratge, quauques paginas explican d’alhors aqueras nuanças qui explican ua bona part de las subtilitats deus noms de lòcs deu “País de l’Òmi”.
 
Aquò dit, ne sabem pas exactament com parlava a las Aisiás (reünidas dab Siruèlh adara) l’òmi deu Cròs Manhon…
 
 
 
Joan-Jacmes Fénié
 
  


ROUX, Jean. Dictionnaire toponymique des communes de Dordogne. Novelum-IEO, Lo Congrès. 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]


Rebutja el parer del tribunal de la manca de validesa jurídica del concepte ‘àmbit lingüístic

La Institució de les Lletres Catalanes (ILC) ha denunciat que la sentència del Tribunal Suprem que prohibeix a la Generalitat Valenciana utilitzar el valencià per comunicar-se amb les administracions catalana i balear per entendre que en els tres àmbits es parlen llengües diferents “vulnera” la Carta Europea de les Llengües Regionals o Minoritàries “signada i ratificada per l’estat espanyol”. La ILC “no comparteix” l’argumentació que utilitza el tribunal referida a la falta de validesa jurídica del concepte ‘àmbit lingüístic’. En aquest sentit recorda que aquest concepte, així com el de ‘domini lingüístic’ tenen una “llarga tradició” en l’ordenament jurídic català i constitueixen “una de les raons de ser” d’aquesta institució.

Davant d’aquesta situació, la ILC ha volgut manifestar que, d’acord amb el seu mandat “fundacional, històric i jurídic, tal com ja va fer entre 1937 i 1939 i, novament, des de 1987 ençà”, continuarà treballant per promoure la presència pública, el coneixement i la difusió de la literatura “escrita en la llengua pròpia de la ciutat sarda de l’Alguer, de les Illes Balears, del País Valencià, de la Franja de Ponent, del Principat de Catalunya, del Principat d’Andorra, de les comarques de la Catalunya Nord i dels municipis de Iecla, Jumella i Favanella, al Carxe”.

[Font: http://www.racocatala.cat]

La Cort Suprèma espanhòla ven de forçar que las administracions dels tres païses catalonfòns comuniquen entre ellas exclusivament en lenga castelhana

Los govèrns del País Valencian e de las Illas Balearas e la Generalitat de Catalonha an mostrat lor complicitat après la senténcia de la Cort Suprèma espanhòla qu’obliga las administracions valenciana, catalana e baleara de comunicar entre elas exclusivament en castelhan. O an fach amb un gèst sus Twitter, un gèst pichonet mas poderós: se son desirats mutualament lo bon jorn en catalan.
 
De son compte de Twitter estant, lo departament de l’educacion de la Generalitat Valenciana saludèt aqueste dimècres amb un simple “bon dia”. Sul pic, lo departament de la cultura de la Generalitat de Catalonha li repondèt “bon dia”. Enfin, tanben lo govèrn de las illas Balearas i reagiguèt amb un autre “bon dia”.

Après aquela saludacion entre los tres comptes oficials de Twitter, fòrça mond an jonch aquel “bon dia”.

De remembrar que la Cort Suprèma espanhòla ven d’obligar que las administracions del País Valencian, Catalonha e las Illas Balearas comuniquen entre ellas exclusivament en espanhòl. Aquela cort, situada a la cima de l’organizacion del poder judiciari en Espanha, confirma aital una senténcia de la Cort de Justícia del País Valencian que respondiá a una demanda de l’avocat general de l’estat espanhòl en novembre passat. Lo govèrn espanhòl, d’efièch, considèra que lo govèrn valencian deu comunicar en espanhòl amb los govèrns balear e catalan, çò que lo poder judiciari ven de confirmar. A mai, la supression de la posicion del catalan coma lenga d’usatge preferencial dins l’administracion valenciana viòla lo decret sus l’usatge de las lengas oficialas al País Valencian aprovat pel govèrn regional.

Bon dia.

— GVA Educació (@GVAeducacio) June 17, 2020

#BonDia! https://t.co/f4OZhRJ22A

— Quim Torra i Pla (@QuimTorraiPla) June 17, 2020

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Prêtresse au temple d’Ọ̀ṣun, dans le sud-ouest du Nigeria. 15 novembre 2018. Image de Carsten ten Brink [1], sous licence CC BY-NC-ND 2.0 [2].

Écrit par Adéṣínà Ọmọ Yoòbá – traduit par Dorothée Manteau 

Note du rédacteur : Cet essai personnel a été écrit à la suite d’une campagne Twitter [3] organisée par la rédaction régionale de Global Voices couvrant l’Afrique subsaharienne et par Rising Voices. Chaque semaine, un·e activiste linguistique différent·e partage son point de vue sur l’intersection des droits numériques et des langues africaines dans le cadre du projet « Matrice d’identité : Contrôle par les plateformes des menaces pesant sur la liberté d’expression en Afrique ».

[Sauf mention contraire, tous les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

Tout groupe de personnes dans le monde s’identifie à une culture unique et possède une identité singulière. Malheureusement, l’incursion coloniale en Afrique a entaché la fierté que la plupart des Africain·e·s ressentent pour leur identité culturelle. L’une de ces ruptures trouve son origine dans le récit erroné d’une histoire africaine qui ne commencerait [4] qu’après l’intrusion des explorateurs européens. 

Ce discours n’a plus sa place grâce au travail novateur d’historien·ne·s africain·e·s, comme Kenneth Dike, qui utilisent des récits oraux [5] de nos cultures au lieu d’histoires écrites. En outre, la codification de la littérature yorùbá [6] dans les livres imprimés et numériques renforce l’historicité de la langue. 

Le yorùbá, qui est une langue tonale, est parlé [7]par quelque 30 millions de personnes dans le sud-ouest du Nigeria, ainsi que dans les pays voisins, le Bénin, le Togo et la Sierra Leone. Cette langue compte environ 100 000 locuteurs et locutrices au Royaume-Uni [8] et quelque 190 000 aux États-Unis [9]

Le yorùbá ne figure pas parmi [10] les langues menacées d’extinction, mais la langue et la culture yorùbá sont-elles hors de danger ? La génération à venir s’identifiera-t-elle à la culture yorùbá et tout simplement parlera-t-elle la langue dans 100 ans ?

Ces questions m’ont encouragé à créer le collectif Patrimoine Culturel de Yobamoodua [11], une organisation de défense des droits axée sur la renaissance et la documentation de la langue yorùbá dans les espaces numériques.

L’importance de la diversité linguistique en ligne

« Aucun homme n’est une île » — ou n’a le monopole de la connaissance. Mon peuple a une maxime ibi tí ọgbọ́n ẹnìkan pin sí ni ti ẹlòmìíràn ti bẹ̀rẹ̀ (« Là où s’arrête la sagesse d’une personne commence la sagesse d’une autre. »). 

Pour que notre monde progresse, nous devons collecter des connaissances diverses présentes dans différentes régions du monde, tout comme le adẹ́mu (le récolteur de vin de palme) collecte la sève du palmier pour la consommation du groupe. De plus, il y a différentes façons de faire les choses. Nous disons kò sí ibi tí a ì í kó ẹdìẹ alẹ́, omi ọbẹ̀ ló dùn ju ara wọn lọ (« Nous cuisinons des ragoûts partout, mais certains sont plus appétissants que d’autres. »).

Les valeurs culturelles sont des principes et des idéaux fondamentaux sur lesquels se base toute communauté, ce qui inclut la vision du monde d’un peuple : les coutumes, composées de traditions et de rituels ; les valeurs ou croyances ; et la culture ou les valeurs guidant le groupe. Les éléments culturels comprennent la gastronomie, les contes populaires, la mode, la philosophie, la médecine, la musique, les concepts, etc. 

La langue a été décrite comme le vecteur de transmission culturelle par excellence. Èdè ẹni ni ìdánimọ̀ ẹni (« La langue est l’identité d’un individu.»). L’identité est ancrée dans la culture : c’est l’expression créative à travers laquelle nous racontons nos histoires, qui nous permet de nous souvenir du passé et d’imaginer l’avenir.

Hélas, la langue yorùbá est reléguée à l’arrière-plan sur Internet et est souvent bafouée ou ignorée. 

Par exemple, ne vous attendez pas à recevoir une réponse à un tweet écrit en yorùbá mentionnant un organisme gouvernemental ou un représentant politique d’origine yorùbá.  La rare réponse s’accompagne souvent d’une directive : « S’il vous plaît tweetez en anglais. » Quand cela se produit, je me trouve ridicule de tweeter dans ma propre langue, comme si je communiquais dans une langue étrangère que personne n’est prêt à entendre. 

Et qu’en est-il des discours de haine tacites ou plutôt de la « haine linguistique » qui anime l’Internet nigérian ? Je me souviens d’avoir envoyé un message direct à un influenceur qui se trouve être un homme yorùbá qui écrit son nom en yorùbá avec les diacritiques. Pourtant, il a décidé d’ignorer mes questions sincères, peut-être parce que j’ai choisi d’écrire dans la langue yorùbá !

Mais ces déboires ne m’empêcheront pas d’utiliser ma langue — un réservoir d’expériences qui doivent être préservées sur Internet — parce que ‘ẹnìkan kì í pa ohùn mọ́ agogo lẹ́nu’ (« Personne n’ose faire taire le son du gong. »). Toute personne qui s’essaie à m’empêcher de communiquer dans ma lingua franca natale, tente [en réalité] d’arrêter la diffusion de ma culture, et une telle personne entrave mon droit à la liberté d’expression.

La culture est un ciment qui rassemble les gens, crée une solidarité et dynamise une communauté. De plus, les avantages pécuniers tirés des connaissances culturelles et de la créativité soutiennent des économies prospères. 

Et la culture est un droit — à la fois hors ligne et en ligne.

Le collectif Patrimoine Culturel de Yobamoodua cherche à manifester le droit d’utiliser la langue yorùbá pour diffuser le patrimoine culturel qui lui est associé, le droit d’accéder à des informations sur Internet dans la langue du Ọmọ Káàárọ̀-o-ò-jí-ire (peuple yorùbá, en référence à la culture des salutations), et le droit d’utiliser la langue yorùbá sur toutes les plateformes numériques.

Ouvrir les espaces numériques à toutes les langues

Mes tweets de la semaine ont porté sur les Indicateurs de l’universalité de l’Internet [12] et ses principes fondamentaux promus par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) : les droits humains, l’ouverture, l’accessibilité et la participation de multiples acteurs (résumés en un acronyme : DOAM). Ces quatre pôles permettent d’établir une mesure de la conformité de l’Internet au regard des normes d’universalité.

J’ai mis en avant le fait que les Objectifs de développement durable (ODD) [13] [fr], le programme d’action des Nations unies pour « un avenir meilleur et plus soutenable pour tous », ne seraient couronnés de succès que si l’Internet était ouvert à tous et toutes.

Chaque langue et culture a le droit d’être librement et facilement accessible en ligne. Néanmoins, cela n’est pas le cas actuellement. La langue anglaise représente [14] près de 50 % du contenu en ligne.  

La plupart des langues, comme le yorùbá, ne sont pas facilement accessibles en ligne en raison d’une fracture numérique exacerbée par un accès à Internet lent et coûteux en Afrique.

Malheureusement, cela a également entravé la participation à la promotion de la diversité culturelle et linguistique en ligne.

For four days, I have been tweeting about the Yorùbá language & its Rights on the Internet. I’ve presented background info on the development of the Yorùbá orthography, its acceptance & how we have been employing tools on the digital space for advocacy. #IdentityMatrix [15] #Yoruba [16]

— GV SSAfrica (@gvssafrica) May 15, 2020 [17]

Pendant quatre jours, j’ai tweeté sur la langue yorùbá et ses droits sur Internet. J’ai présenté des informations générales sur le développement de la forme écrite du yorùbá, son acceptation et comment nous avons utilisé des outils sur l’espace numérique pour sa promotion. #IdentityMatrix #Yoruba

Le manque de soutien adéquat de la part des agences gouvernementales et d’autres organisations n’encourage pas les efforts de relance des défenseurs de la langue et du patrimoine culturel. La plupart des possibilités de financement ne sont disponibles que par des organismes et agences de subvention externes — peu viennent du continent. 

De même, il n’y a pas de politique gouvernementale au Nigeria pour faire avancer les activités de revitalisation linguistique et les militant·e·s sont souvent seul·e·s à porter ce fardeau. 

Sur mon compte Twitter (@yobamoodua [18]), je partage les connaissances ancestrales des miens pour éduquer et motiver mes followers à préserver notre précieux patrimoine culturel. Je dédie généralement les mercredis à un quizz dont le gagnant reçoit comme prix symbolique un forfait de données pour l’Internet mobile.  

Afin de rendre disponibles des termes spécialisés qui n’ont jamais existé en yorùbá, Yobamoodua [19] crée un nouveau vocabulaire scientifique et technologique. Pour faire avancer cette initiative, je prévois d’organiser le premier sommet sur les métalangues yorùbá avant la fin de l’année 2020.

La connaissance du monde a besoin de circuler, c’est pourquoi j’ai également créé des ressources pédagogiques en yorùbá sur le changement climatique [20][yo].

Pour atteindre les ODD, nous devons créer un environnement propice à l’épanouissement des langues autochtones. Notre monde avancera lorsque Internet accueillera de multiples langues. Avec un sentiment d’appartenance et de fierté, les locuteurs et locutrices du yorùbá comme moi sentiront que leur culture et leur identité seront protégées en ligne pour les générations futures. 

Ce projet est financé par le Fonds africain pour les droits numériques  [21]de la Collaboration sur la politique internationale des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique orientale et australe (CIPESA [22]).

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2020/06/02/251425/ 

URLs dans ce post :

[1] Carsten ten Brink: https://www.flickr.com/photos/carsten_tb/48870172228/

[2] CC BY-NC-ND 2.0: https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/

[3] campagne Twitter: https://globalvoices.org/2020/04/13/identitymatrix-a-twitter-conversation-on-identity-and-digital-rights-in-africa/

[4] commencerait: http://rjh.ub.rug.nl/index.php/groniek/article/viewFile/16429/13919

[5] récits oraux: https://trafo.hypotheses.org/11518

[6]  littérature yorùbá: https://blogs.bl.uk/asian-and-african/2019/12/the-yoru%CC%80ba%CC%81-example.html

[7] est parlé : http://www.africa.uga.edu/Yoruba/yorubabout.html

[8] Royaume-Uni: https://joshuaproject.net/people_groups/16057/UK

[9] États-Unis: https://joshuaproject.net/people_groups/16057/US

[10] parmi: https://en.wikipedia.org/wiki/Lists_of_endangered_languages

[11] Patrimoine Culturel de Yobamoodua: https://www.facebook.com/pages/category/Cause/Yobamoodua-Cultural-Heritage-245694516120640/

[12] Indicateurs de l’universalité de l’Internet: https://en.unesco.org/internet-universality-indicators

[13] Objectifs de développement durable (ODD): https://fr.wikipedia.org/wiki/Objectifs_de_d%C3%A9veloppement_durable

[14] représente: https://qz.com/96054/english-is-no-longer-the-language-of-the-web/

[15] #IdentityMatrix: https://twitter.com/hashtag/IdentityMatrix?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[16] #Yoruba: https://twitter.com/hashtag/Yoruba?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[17] May 15, 2020: https://twitter.com/gvssafrica/status/1261256341152284672?ref_src=twsrc%5Etfw

[18] @yobamoodua: https://twitter.com/yobamoodua

[19] Yobamoodua: http://www.yobamoodua.org

[20] changement climatique : https://www.yobamoodua.org/ayipada-oju-ojo/

[21] Fonds africain pour les droits numériques https://cipesa.org/2019/07/inaugural-winners-of-the-africa-digital-rights-fund-announced/

[22] CIPESAhttps://cipesa.org/

Em maio de 2019, o Jornal Oficial da União Europeia publicou um documento titulado “Recomendação do Conselho relativa a uma abordagem global de ensino e aprendizagem de línguas”. O Conselho da União Europeia estima que é essencial que os cidadãos europeus saibam, pelo menos, duas línguas estrangeiras além da sua língua materna.

Escrito por Jacopo OttavianiInternazionale (Roma)

Em maio de 2019, o Jornal Oficial da União Europeia publicou um documento de sete páginas titulado “Recomendação do Conselho relativa a uma abordagem global de ensino e aprendizagem de línguas”. O objetivo do Conselho da União Europeia é bastante simples, mas impressionante e ambicioso: é essencial que os cidadãos da UE saibam, pelo menos, duas línguas estrangeiras além da sua língua materna.

Na época da Comunidade Europeia do Carvão e do Aço, criada em 1951, o italiano, o francês, o alemão e o neerlandês já eram reconhecidas como as quatro línguas oficiais dos seis países fundadores – a Itália, a França, a Alemanha, a Bélgica, os Países Baixos e o Luxemburgo. Após a adesão de novos Estados-membros à Comunidade Europeia, o número de línguas oficiais aumentou. Primeiro em 1973, com a adição do inglês e do dinamarquês, seguindo-se o grego, o espanhol e o português na década de oitenta. Ao longo do tempo, foram adicionadas outras línguas à lista, paralelamente à criação e ao alargamento da União Europeia, até um total de vinte e quatro línguas oficiais e mais de sessenta línguas minoritárias e regionais.

O multilinguismo, um dos princípios fundadores da UE, é considerado pelas instituições europeias não só como a capacidade de uma pessoa se exprimir em várias línguas (o que é definido como “plurilinguismo”), mas também como a coexistência de várias comunidades linguísticas numa determinada zona geográfica. Além dos claros benefícios comerciais e industriais, a promoção da aprendizagem de línguas fomenta a compreensão mútua entre pessoas de diferentes culturas, facilita o debate público transnacional e reforça a identidade europeia. Por outras palavras, o multilinguismo tem uma dimensão estratégica para a Europa e, segundo as palavras do Conselho da União Europeia, “as competências multilingues estão no cerne da visão de um espaço europeu de aprendizagem”.

Nesta fase, a aprendizagem de línguas pelos cidadãos europeus continua a ser apenas um projeto no papel. Se observarmos os dados publicados pelo Eurostat, pouco mais de metade dos cidadãos europeus afirma ser capaz de manter uma conversa numa segunda língua. Apenas um em cada cinco cidadãos consegue falar duas línguas além da sua língua materna, enquanto menos de uma em cada dez pessoas domina mais do que três línguas. A percentagem varia naturalmente de um país para outro, bem como de acordo com a faixa etária e a situação profissional de cada cidadão (não há, além disso, grandes diferenças a assinalar entre homens e mulheres). Por exemplo, enquanto quase 73% dos cidadãos entre 25-34 anos falam pelo menos uma língua estrangeira, esta taxa diminui gradualmente para cada faixa etária sucessiva, atingindo finalmente os 55% entre os cidadãos entre 55-64 anos.

De acordo com o Eurostat, o inglês é a língua estrangeira mais conhecida e falada na União Europeia, o que não é surpresa. É a língua mais estudada no ensino primário e secundário (por cerca de 98% dos alunos). O francês vem em segundo lugar (33% dos estudantes), seguido do alemão (23%) e do espanhol (17%).

Está agora a começar a ser ensinada uma terceira língua em muitos países, incluindo na Itália. O francês é estudado como terceira língua por mais de 50% dos estudantes do ensino secundário na Irlanda, Itália, Países Baixos, Roménia e Portugal. O alemão é estudado como terceira língua por mais da metade dos estudantes na Dinamarca e na Polónia, enquanto quase metade dos estudantes franceses estudam espanhol. O italiano é estudado por 57 por cento dos alunos malteses, 10 por cento dos alunos croatas e 4 por cento dos alunos franceses.

Mas para além da percentagem de alunos que fazem cursos de línguas estrangeiras, é necessário saber quantos deles serão realmente capazes de as assimilar e ter a oportunidade de as praticar. Na verdade, embora os dados oficiais sobre a idade de aprendizagem de línguas estrangeiras sejam encorajadores, outras pesquisas sobre o domínio de línguas estrangeiras revelam diferenças significativas entre estudantes de diferentes países europeus. O primeiro estudo comparativo sobre a eficácia da aprendizagem de línguas estrangeiras, publicado em junho de 2012, destacou o facto de que os resultados variam consideravelmente de um país europeu para outro. Por exemplo, 82% dos alunos suecos são proficientes em inglês, em comparação com 27% dos alunos espanhóis e 29% dos alunos polacos. Alguns países, como a Itália, não estão incluídos neste estudo (mas farão parte da próxima edição dentro de alguns anos).

##Um mosaico complexo

Segundo Nathalie Baïdak, responsável pela análise e investigação da Agência de Execução relativa à Educação, ao Audiovisual e à Cultura (EACEA) encarregada de programas e atividades em nome da Comissão Europeia, a realidade dos factos mostra que estamos perante um mosaico complexo. “Por um lado, é encorajador ver que hoje em dia as crianças começam a estudar línguas estrangeiras cada vez mais cedo: entre os 6 e 8 anos de idade em quase todos os países da União Europeia.

Há vinte anos, só por volta dos 10-11 anos é que começavam a aprender línguas estrangeiras”, explica Nathalie Baïdak. “Por outro lado, olhando melhor para os números, há enormes diferenças entre os países e ainda há muito a ser feito para melhorar o estudo da segunda língua estrangeira.”

Segundo ela, o sucesso da aprendizagem de línguas estrangeiras depende essencialmente de dois fatores: a eficácia do ensino das línguas no sistema escolar e a exposição às línguas no ambiente em que se vive. Portanto, convém reforçar não só o papel das escolas (por exemplo, investindo na formação de professores e garantindo uma melhor continuidade entre as escolas primárias e secundárias), mas também aumentar a exposição das crianças a línguas estrangeiras, nomeadamente ao privilegiar a exibição de filmes com legendas e sem dobragem, como é o caso dos países do norte da Europa. Neste sentido, a implantação da Internet e do vídeo a pedido contribuíram fortemente para a aprendizagem de línguas, especialmente do inglês.

Os mais recentes [estudos da Eurydice](http://eurydice.indire.it/), a rede europeia de informações sobre educação, cujo objetivo é fornecer aos decisores políticos dos Estados-membros informações atualizadas e fiáveis que sirvam de base às reformas educativas, mostram a necessidade de uma abordagem ad hoc ao ensino das línguas numa Europa multifacetada.

Neste sentido, o relatório da Eurydice titulado “Números-Chave sobre o Ensino das Línguas nas Escolas da Europa” analisa 60 indicadores relacionados com a aprendizagem de línguas, tendo em conta variáveis como a oferta de línguas nos programas de ensino obrigatório, o número de horas dedicadas integralmente ao ensino das línguas, a mobilidade transnacional de professores e estudantes e as medidas de apoio linguístico para os alunos migrantes recém-chegados.

Simona Baggiani, analista dos sistemas e políticas educativas europeias no serviço italiano da Eurydice e membro da agência Erasmus+/INDIRE, diz que “neste aspeto, a Itália está a dar sinais de melhoria. Em 2003, por exemplo, o ensino obrigatório da língua inglesa foi introduzido a partir do primeiro ano da escola primária. Além disso, os estudantes italianos, como cerca de 60% dos estudantes europeus, começam a aprender uma segunda língua estrangeira logo no ensino secundário”.

Mas na Itália, como em toda a Europa, a aprendizagem de línguas varia de região para região. No relatório Invalsi de 2019, os alunos do norte da Itália têm os melhores resultados médios em termos de audição e compreensão do inglês, em comparação com os alunos do centro e do sul da Itália.

Isto é semelhante à situação constatada no inquérito internacional PISA (Programa Internacional de Avaliação de Alunos), onde os resultados, superiores à média da OCDE no norte, diminuem à medida que se avança para o sul, acabando por ficar abaixo da média da OCDE.

Devem também ser implementados outros meios importantes para assegurar a aprendizagem eficaz de línguas estrangeiras na escola. “Na vanguarda destes meios estão o programa Erasmus+ e todos os incentivos para a mobilidade transnacional dos estudantes (não só universitários, mas também do ensino secundário) disponibilizados pela União Europeia”, diz Simona Baggiani. A mobilidade dos estudantes desempenha um papel crucial na aquisição de melhores competências linguísticas. Como tal, a União Europeia comprometeu-se a investir até 30 mil milhões entre 2021 e 2027 para tornar o programa mais inclusivo. Mas serão necessários mais esforços para que mais cidadãos falem várias línguas, como preconizado pelo Conselho da União Europeia.

[Ilustração: Ramiro Zardoya | Cartoon Movement – fonte: http://www.voxeurop.eu]

En 1980, lo primièr longmetratge del peiregòrd Jean-Pierre Denis èra guierdonat per la critica per son filme en lemosin Histoire d’Adrien. Uèi lo jorn es complicat de ne seguir l’impacte

En circonstàncias normalas, uèi dimars auriá començat la 73a edicion del festenal de cinèma de Canas. Fa 40 ans, en 1980, se tenguèt una edicion clau per la lenga occitana.

Una annada potenta
 
Après emportar quatre Oscars amb All That Jazz, Bob Fosse obteniá un ex aequo a la Palma d’Aur amb Akira Kurosawa, que i presentava Kagemusha. Anouk Aimée e Michel Piccoli ganhèron los prèmis de l’interpretacion coma partida de Salto nel vuoto de Marco Bellocchio. Los critics e la jurada, dirigida per Kirk Douglas, èran entosiasmats amb lo darrièr filme d’Alain Resnais, Mon Oncle d’Amérique, que los transportava per l’evidéncia del títol devèrs los classics de Tati.
 
E demest la cordelada de títols, de projeccions comercialas d’Stalker de Tarkovsky, o la de Jean Luc Godard amb Isabelle Huppert, l’astre volguèt que la majoritat de critics de cinèma se prononcièsson en favor d’un umil filme autofinançat: Histoire d’Adrien, en li autrejant la Camèra d’Aur.
 
De Borron a la Croseta
 
L’Histoire d’Adrien se situa abans la Primièra Guèrra Mondiala, a Borron (Peiregòrd Central), un filh bastard fugís lo domicili, ont regnan de valors subretradicionalas, per cercar son amorosa Marguerite…
 
A mai, l’Histoire d’Adrien foguèt rodada a un 75% en occitan e a un 25% en francés, çò que s’opausa a la causida de l’annada precedenta, quand presentèron en francés Le Cheval d’orgueil, un filme breton que se debana al país de Bro-Vigoudenn dins lo meteis periòde.

 “Sens la lenga, ‘queu filme seriá pas la meitat de çò qu’es. E Denis o sap ben que vòu pas auvir parlar d’una version francesa. En francés, Histoire d’Adrien seriá estat «regionalista» o «provinciau». En occitan, es universau. Miquèu Chapduèlh[1]

Jos lo pretèxt del naturalisme, tant l’Histoire d’Adrien coma Malaterra de Philippe Carrese fòrça ans pus tard, mostravan una fidelitat a las rasics.

Los que l’an vist, lo descrivon coma un filme fòrça equilibrat: “Los dialògs son bruts de descofratge, simples, reactius, credibles. L’ensemble fonciona, capta l’atencion entrò la fin. L’istòria oscilla entre rudesa e frescor, revòlta e jòia, sens èsser ni superficiala, ni purament naturalista.”[2]

Una istòria abandonada

Ai passat fòrça jorns a redescobrir la subtila traça que demòra sus Internet d’aquel filme, per saber se se remembran d’el. Sabi que l’an recuperat a l’Ostau dau País Marselhés e a l’IEO Lemosin, ont lo projectèron lo 23 e lo 30 de novembre de 2017 respectivament. Los VHS s’agotèron a la primièra edicion e se’n faguèt pas cap d’autra distribucion, los dreches de distribucion son atrapats dempuèi d’annadas en Luxemborg.

Voliái basar ma recèrca sus l’abséncia, car la violéncia institucionala es una sòrta de negligéncia e d’abandon. Per aquesta rason, me sembla interessant de remarcar que, dos dels tres còps que los critics ensajan de parlar de l’Histoire d’Adrien pendent lo debat televisat a prepaus dels ganhants del festenal, son interromputs, lo primièr còp per una dobtosa aparicion “non planificada” de Kurosawa per son entrevista e lo segond còp per manca de temps.

https://fresques.ina.fr/festival-de-cannes-en/export/player/Cannes00213/wide?isAmalia=1

Mas soi optimista. Segon Ciné-Ressources, fòrça jornals ne parlèron mai d’un còp dins los ans 1980 e 1981: France-SoirLe FigaroLe MatinLiberatión (4 còps), Le MondeLe Quotidien de París. Lo filme aviá sa primièra comerciala lo 14 de genièr de 1981, en aquel temps Volèm Viure al País èra una formacion politica activa, e lo 14 de març François Mitterrand reclamava un estatut de reconeissença de las lenguas e culturas de França, mai que mai dins l’espaci de radiodifusion:
 “Lo temps es vengut d’un estatut de las lengas e culturas de França que lor reconesca una existéncia reala. Lo temps es vengut de lor dobrir grandas las pòrtas de l’escòla, de crear las societats regionalas de ràdio e television que permetan lor difusion, de lor acordar tota la plaça que meritan dins la vida publica”. 
I a una entrevista geniala de Jean Pierre Denis dins Sud-Ouest a prepaus del filme. Es la sola entrevista sus Internet sus aqueste subjècte, es pro recenta e inclutz d’extraches dels jornals de l’epòca. Mas m’es estat de tot en tot impossible de saber fins a quin ponch lo mond coneisson lo filme.

Tanpauc se sap pas res de la darrièra idèa de Jean-Pierre Denis, qu’en 2013 anonciava son intencion de far un filme sus la batalha de Murèth.

Zep Armentano


[1]SensCritique (2017)[2] “Un grand filme occitan: ‘Histoire d’Adrien’” publicat dins lo n°9 de la revista Òc.

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

O deputado Rafael Palacios considera que o galego-asturiano debe formar parte do proceso de « reconstrución » de Asturias.

O deputado de Podemos Asturies, Rafael Palacios, en rolda de prensa.

O deputado de Podemos na Xunta Xeral do Principado de Asturias (JGPA), Rafael Palacios, aproveitou a xornada previa ao Día de les Lletres para insistir na necesidade de abrir a reforma do Estatuto de Autonomía do Principado de Asturias para declarar a oficialidade da lingua asturiana.

« A nova normalidade ten que ser a oficialidade », dixo o parlamentario que considera que o asturiano e o galego-asturiano teñen que formar parte do proceso de ‘reconstrución’ de Asturias.

Este venres 8 de maio ía celebrarse a tradicional manifestación con motivo do Día das Letras Asturianas. Palacios animou á cidadanía a participar e apoiar a campaña da Xunta pola Defensa da Llingua para apoiar a oficialidade.

[Imaxe: Europa Press – fonte: http://www.galiciaconfidencial.com]

Souvent considéré comme une simple déformation du français, le picard est une vraie langue, jugée longtemps comme supérieure du point de vue littéraire au « françois » du roi.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Ceux qui sont abonnés à cette lettre le savent : j’ai un faible pour les langues escagassées, celles pour qui l’Histoire ne s’est pas montrée tendre et qui, l’ignorance aidant, sont tombées dans une forme d’oubli et de désintérêt. Aussi est-ce un morceau de choix que je vous présente cette semaine car le picard, on l’ignore souvent, est non seulement une langue de France, reconnue comme telle par l’État, mais fut aussi une langue administrative, et surtout une grande langue littéraire.C’est bien simple : à la fin du Moyen Âge, beaucoup la jugent supérieure aux autres dialectes d’oïl, et notamment à celui du roi. « Dialecte employé dans la littérature, le droit, l’économie et la diplomatie, le picard n’est pas une simple variation géographique et régionale, mais une des formes du français fondamentale dans les actes publics écrits », écrivent ainsi Joëlle Ducos et Olivier Sutet dans leur « Que sais-je ? » consacré à l’ancien français. C’est en picard qu’Adam de la Halle, Jean Froissart, Jehan Bodel composent de grands textes, encore lus aujourd’hui. Seulement voilà : dans les manuels scolaires, on n’apprend pas ces choses-là. Ou alors on signale que leurs œuvres sont écrites en « ancien français », sans jamais préciser leur origine régionale.

Comme toute langue, le picard se distingue par certaines caractéristiques. Ainsi, alors que les mots latins commençant par le son [k] suivi de [a] se prononcent désormais ch en français, le picard, lui, n’a pas suivi cette voie. Cantare, par exemple, a donné chanter en français, mais canter en picard. Nulle « déformation du français », ici, mais une évolution différente du latin, comme pour l’italien, le portugais, le catalan ou le roumain.Autre différence : alors que [k] + [i] latin produit en français le son [s], il a abouti à ch- en picard : l’ancien « cestui » du français, devenu celui, correspond à « chti » en picard. C’est là d’ailleurs, l’origine du fameux « chti », sachant que, contrairement à ce que l’on croit parfois, le ch’ti n’est pas une langue différente, mais la dénomination courante du picard dans le nord de la région. «  »Le territoire de cette langue correspond à la région Hauts-de-France, à l’exception du sud de l’Oise et de l’Aisne et de l’arrondissement de Dunkerque, ainsi qu’à la plus grande partie de la province de Hainaut en Belgique », précise le linguiste Alain Dawson, spécialiste du sujet.

Proximité géographique oblige, le picard a fourni un certain nombre de mots à la langue française comme cabaret, quai ou encore rescapé, qui a remplacé l’ancien réchappé, à la suite d’une d’un coup de grisou dans une mine du Pas-de-Calais, qui avait causé la mort de 1100 personnes en 1906. Dans leurs articles, les envoyés spéciaux de la presse parisienne ont utilisé la forme picarde, qui a fini par s’imposer. Le picard, malheureusement, est aujourd’hui mal en point, et même qualifié de « sérieusement en danger » par l’Unesco. Combien compte-t-il de locuteurs ? Personne n’en sait rien. L’État, qui préfère ne pas chiffrer les effets de sa politique dans ce domaine, n’a pas diligenté d’enquête sur le sujet depuis… 1999. À l’époque, les personnes capables de parler ou de comprendre la langue étaient plusieurs centaines de milliers, mais le plus souvent âgées. Or, dès lors que parler picard « ne sert à rien » pour réussir ses études ou trouver un travail, la transmission dans les familles s’étiole.

Et, on l’a dit, l’Éducation nationale refuse de l’enseigner.

De quoi se montrer pessimiste ? Évidemment. À ceci près qu’un certain renouveau se fait jour. Le premier album des aventures d’Astérix en picard a ainsi dépassé les 100 000 exemplaires », tout comme les différentes éditions de la méthode Assimil. « Les spectacles de théâtre, de contes et de chansons en picard sont nombreux et font salle comble, complète Olivier Engelaere, directeur de l’agence régionale de langue picarde, qui soutient activement tous ces artistes. Et il ne s’agit pas seulement de reprises d’œuvres du passé : une nouvelle vague d’auteurs contemporains fournit chaque année de nouveaux textes, qui trouvent leur public, y compris en littérature.

« Un travail scientifique est également engagé. Une commission de néologie et de terminologie a été créée ; une grammaire est en préparation ; la culture picarde s’enseigne à l’université, à Amiens comme à Lille et, comme un symbole, un premier Dictionnaire du picard fondamental va sortir ce 25 mai (sous la direction d’Alain Dawson et de Liudmila Smirnova). Tout cela constitue les bases pour passer à l’étape suivante : créer et multiplier des cours de langue, que ce soit pour les enfants ou les adultes. À condition, bien sûr, de disposer d’un minimum de moyens. Pour le moment, l’agence régionale de la langue picarde ne fonctionne qu’avec trois équivalents temps plein, financés à 90 % par les collectivités locales, au premier rang desquelles la région Hauts-de-France de Xavier Bertrand. L’État, lui, offre royalement 20 000 euros.

Avec ça, pas de doute, le picard est sauvé.

[Source : http://www.lexpress.fr]

Escrich per Domergue Sumien

La crisi de l’occitanisme non coneish pas nat limit
 
Lo darrèr editoriau de Jornalet que denóncia aqueths tèrmes e concèptes qui desvalorizan la nòsta lenga occitana: bilingüisme, lenga regionala patés. L’editoriau que deplora que quauques occitanistas e contunhen d’acceptar aqueths tèrmes infamants.
 
L’error que la hascoc recentament lo Congrès Permanent de la Lenga Occitana quan aprovèc, sens nada critica, que TF1 e parlèsse de “patés provençau”. Aquò non èra pas de créser e totun qu’ei arribat. La crisi de l’occitanisme non coneish pas nat limit.
 
 
Tèrmes despassats
 
Dempuish quauques ans, ja qu’èi explicat en public lo caractèr retrograd deus tèrmes de bilingüisme (per exemple dens Jornalet aquí e aquí) e de lenga regionala (per exemple dens Jornalet aquí).
 
Lo “bilingüisme” qu’amaga la dominacion sociala d’ua lenga sus l’auta.
 
Ua “lenga regionala” qu’ei forçadament mens elevada qu’ua lenga nacionala.
 
Que son concèptes inacceptables.
 
En díser aquò, non hèi pas nat integrisme ni tissa personala, qu’expausi simplament la posicion classica de la sociolingüistica internacionala. En Catalonha e au Bascoat non ei pas mei possible de revendicar seriosament aqueths tèrmes inferiorizants dempuish quaranta ans. Mes en Occitània qu’ei encara possible en 2020.
 
Tròp d’occitanistas tienent cargas importantas qu’insistishen a díser lenga regionala. E tots que revendican tanben lo concèpte problemetic de bilingüisme: qu’ei devengut un mantra repetitiu de l’IEO, de Calandreta e de la FÈLCO. Totun non pòden pas ignorar que son tèrmes impresentables dens lo païsatge intellectuau. Non pòden pas preténder que non ac saben pas.
 
Aqueras personas non pòden pas ignorar la votz prestigiosa de Robèrt Lafont qui ja condemnava las inèpcias de bilingüismelenga regionala e patés dempuish lo departament d’occitan de l’Universitat Pau Valèri de Montpelhièr, tre los ans 1970. Non pòden pas ignorar tanpauc que l’IEO e l’Universitat Occitana d’Estiu, vèrs 1978 o 1979, e hascón una campanha entà har reconéisher l’occitan coma “lenga nacionala” e non “regionala”.
 
L’obstinacion a utilizar tèrmes desvalorizants qu’illustra la crisi de l’occitanisme, l’amnesia autoinfligida, l’oblit de las idèas clau… e bensèi ua regression intellectuala, voluda, confortabla, mens riscada.
 
Au nivèu personau non èi pas nat problèma dab los gavidaires de l’IEO, de la FÈLCO e, en generau, de Calandreta. Que reconeishi l’importància deus lors engatjaments. Que son gents de grana valor. Mes los lors concèptes despassats que son en contradiccion dab lo lor desir sincèr d’elevar l’occitan.
 
 
Pragmatisme e negociacion non ns’obligan pas de renonciar
 
Quauques personas que’ns disen que non ei pas possible de tiéner un discors maximalista, que non ei pas possible “de’s har plaser” dens lo dialòg dab l’estat francés. Que pensan que lo rapòrt de fòrça no’ns permet pas de díser tot çò qui volèm. Aqueth argument no’m convenç pas.
 — Primèr, quan èm obligats de tiéner un lengatge diplomatic dab l’estat (e jo que sostieni la diplomacia), degun non ns’obliga pas de díser bilingüisme e lenga regionala. Que podèm utilizar autes tèrmes, plan mei objectius e hèra acceptats, coma poliglotisme e lenga minorizada.
(Coma professor d’occitan pagat per l’estat francés, jo que parli tanben dab aquera medisha ierarquia francesa, cada dia; que’u pòdi parlar cortesament; que’u presenti a còps las revendicacions de la FÈLCO; totun non èi pas jamèi agut nada obligacion de prononciar ni bilingüisme, ni lenga regionala.) 
— Segond, lo principi de la negociacion, en se, non a pas jamèi interdit d’exprimir revendicacions avançadas. Los ensenhaires e universitaris de la lenga còrsa qu’an un discors mei pròche deu maximalisme e, totun, eths, si que negòcian dab l’estat francés. Lo mesprètz de París entà lo còrs e l’occitan que demòra absoludament identic, estructurau, fixe. Aqueth mesprètz non càmbia pas segon lo nivèu de la revendicacion. Un discors minimalista e autocensurat non a pas jamèi garentit ua eficacitat melhora. L’eradicacion de l’ensenhament public de l’occitan, uei, qu’ac pròva. 

Complements
 — RUIZ I SAN PASCUAL Francesc, & SANZ I RIBELLES Rosa, & SOLÉ I CAMARDONS Jordi (2001) Diccionari de sociolingüística, coll. Diccionaris temàtics, Barcelona: Enciclopèdia catalana

— D. Sumien, “Per n’acabar amb lo «bilingüisme»”Jornalet, 22.10.2012

— D. Sumien, “L’occitan primiera lenga, amb una dobertura vèrs la diversitat (ni bilingüisme, ni monolingüisme, ni unilingüisme)”Jornalet, 29.10.2012

— D. Sumien, “L’occitan es pas una lenga regionala”Jornalet, 22.6.2015

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

La iniciativa Euskaraldia proposa vídeos i missatges per a reflexionar des de casa sobre l’ús de l’idioma i impulsar-lo

Dues setmanes per a reflexionar sobre l’ús del basc a casa, amb l’objectiu d’emprar-lo més. És el que proposa la iniciativa Etxealditik Euskaraldira al País Basc per aprofitar el temps de confinament obligat per la lluita contra la pandèmia de la covid-19. Cada dia entre el 21 d’abril i el 3 de maig, els impulsors de la iniciativa aniran publicant vídeos i missatges amb reflexions a fer i propostes per incrementar l’ús de l’idioma.

Els materials es poden trobar a la pàgina de Facebook d’Euskaraldia i també als seus comptes de Twitter i Instagram.

Els organitzadors han demanat a les persones participants que pengin un punt de colors als seus balcons o finestres, com a mostra de la seva participació a la proposta des del confinament.

Euskaraldia, un “exercici social”

Etxealdik Euskaraldira és una proposta que forma part d’una iniciativa més àmplia, Euskaraldia, que va ser impulsada el 2018 des de diverses associacions i institucions basques, definida com un “exercici social” per a augmentar l’ús social de l’èuscar —per a parlar-lo “més, amb més gent i en més ocasions”, segons el seu lema— a través del canvi dels hàbits lingüístics. La iniciativa vol fomentar la reflexió individual sobre aquests hàbits i, a partir d’aquí, facilitar la incorporació de noves pràctiques que desemboquin en un ús més ampli de l’idioma.

La primera edició —presencial— de l’Euskaraldia va tenir lloc durant onze dies dels mesos de novembre i desembre de 2018. Hi van participar unes 200.000 persones i 85 entitats de més de 400 municipis dels set territoris històrics bascos.

Per aquesta tardor, i sempre que l’evolució de la pandèmia ho permeti, està prevista la segona edició presencial de l’Euskaraldia.

[Font: http://www.nationalia.cat]

Escrich per Domergue Sumien

Camogli, Ligúria

Dos idiòmas ben diferents pòrtan lo meteis nom de ligur.
 
D’un caire, lo ligur antic (o simplament ligur) es la lenga anciana dau pòble antic dei ligurs. Se parlava pendent l’Auta Edat Antica dins un territòri que s’espandissiá de Provença fins a la region modèrna de Ligúria en cobrissent leis Aups meridionaus e lo Piemont meridionau. Benlèu se parlava dins un territòri pus grand a una epòca pus reculada. Es una lenga pauc documentada. A recebut d’ipotèsis contradictòrias tocant la classificacion. Ara, l’ipotèsi mai solida es qu’èra una lenga indoeuropèa, intermediària entre lei lengas celticas e italicas. En Provença, lo ligur antic subiguèt una concurréncia tardiva dau gallés (una lenga celtica) e, donc, i aguèt de populacions dichas “celtoliguras”. Après lei conquistas romanas, lo ligur despareguèt completament davant lo latin, tre l’Edat Antica.
 
D’autre caire, lo ligur romanic o ligur modèrne (o simplament ligur) es un dialècte de l’ensemble nòrd-italian o padan. Aquel idiòma descend dau latin e se parla dempuei l’Edat Mejana. Se parla essencialament en Itàlia, dins la region actuala de Ligúria, de Ventemilha fins a La Spezia, en passant per Gènoa. Coneis tanben d’enclavas en defòra de Ligúria, en particular a Mónegue, ont lo ligur se parla au costat de l’occitan. Lo parlar locau de Gènoa a influenciat leis autrei parlars ligurs, tant que, de còps, lei gents dison genoés en luòc de ligur. L’anciana Republica de Gènoa possedissiá l’ensemble de Ligúria.
 
L’estatut exacte dau ligur romanic, dins lei lengas romanicas, fa pas consens.
 — La posicion dominanta, en lingüistica romanica, vei lo ligur coma un dialècte de l’ensemble nòrd-italian o italian septentrionau, e aquel ensemble se restaca a son torn a la lenga italiana.

— Una posicion pus minoritària dins la recèrca vei lo ligur coma un dialècte de l’ensemble nòrd-italian (o padan), mai considèra lo nòrd-italian coma una lenga distinta de l’italian.

— Una posicion marginala, dau ponch de vista de la recèrca, veiriá lo ligur coma una lenga romanica completament independenta. Aquò me sembla pas defensable. 
Coma lo nom de ligur designa dos idiòmas ben diferents, apertenent a d’epòcas totalament distintas, i a pauc de risc de confondre lei dos idiòmas. Lo contèxt permet de comprene sens dificultat de quin “ligur” se parla. Parlam rarament dei dos “ligurs” a l’encòp. Lo ligur antic moriguèt ben lòngtemps abans que nasquèsse lo ligur romanic. Quand es indispensable de distinguir lei dos “ligurs”, basta d’apondre un adjectiu, ligur antic e ligur romanic. Totei lei lengas romanicas se’n sòrton en disent coma aquò.
 — En ligur romanic se ditz lìgure per lei dos idiòmas.

— En italian se ditz ligure (accentuatz lìgure) per lei dos idiòmas. Per exemple dins lo diccionari Treccani.

— En francés tradicionau se ditz ligure e pus rarament ligurien sens distincion de sens. Per exemple dins lo grand diccionari francés TLF (aquí e aquí).

— En catalan se ditz lígur per lei dos idiòmas. Per exemple dins lo diccionari GDLC.

— En occitan se ditz basicament ligur (au femenin ligura), sens far de distincion explicita entre lei dos idiòmas, se ne cresèm lo diccionari niçard tradicionau de Castelana (e segon la recomandacion dau CLO). Podèm trobar de formas addicionalas en occitan coma liguro (‘ligurou’) en parlar mentonasc e ligor (‘ligour’) o ligorian (‘ligourian’) dins Mistral, mai me semblan artificialas. En tot cas, elei tanpauc fan pas de distincion de sens. 
Ara: es verai que i a una proposicion de distinguir lei dos idiòmas mejançant de mots diferents. Mai aquò se fa sonque en lenga francesa e dins lo mitan ultraspecializat de certaneis universitaris. Aquelei personas dison le ligure per lo ligur antic e le ligurien per lo ligur romanic. Per exemple es l’usatge dau lingüista Joan Felip Dalbera (que repause en patz). Aquò correspònd pas a l’usatge corrent dau francés qu’ignòra completament aquela distincion.

Aquò me fa pensar a d’autrei distincions de la meteissa traca que se son totjorn limitadas a de tecnolèctes francés e qu’an jamai reüssit en francés corrent.
 — Certanei francofòns an temptat de distinguir les Finnois (lei finés o lei finlandés per la cultura) e les Finlandais (lei finés o lei finlandés coma ciutadans de l’estat de Finlàndia). Lo francés corrent fa pas de distincion de sens entre Finnois Finlandais.

— Lei tecnicians de l’ÒSCE an prepausat de distinguir en francés les Bosniaques, les Bosniens le bosnien quand lo francés corrent coneis solament bosniaque
En lenga occitana, es completament van e illusòri de creire que farem una distincion de sens entre lo ligur e lo ligurian*, coma d’unei o prepausan. Lei rasons ne son evidentas.
 — La distincion de sens en francés, entre le ligure e le ligurien, a jamai foncionat en francés corrent. E mai de lingüistas francofòns l’utilizan pas. I a pas de rason de pensar qu’una distincion analòga aurà de succès en occitan.

— En occitan la forma ligurian* es inatestada, inventada. Es un calc non necessari de la forma francesa ligurien. Trobam en occitan la forma ligorian dins Mistral (non pas ligurian*). Mai la forma ligorian sembla completament inconeguda en niçard e en mentonasc que son totun lei parlars occitans mai pròches de Ligúria. Donc l’autenticitat de ligorian es dobtosa. En mai d’aquò, Mistral illustra lo mot ligorian per parlar de la populacion antica, mentre que lo mot francés ligurien lo voudrián reservar a la realitat modèrna. Vesèm qu’es insoluble. 
En disent simplament ligur ~ ligura, coma o vòu l’atestacion mai solida dau diccionari niçard de Castelana, ja se’n sortirem fòrça ben. Lei distincions de sens se faràn en apondent d’adjectius en cas de necessitat. Leis autrei lengas romanicas i arriban ansin.

[Fòto: Anna Hang de Pixabay – poblejat dins http://www.jornalet.com]