Archives des articles tagués Leonard Cohen

C’était il y a un an. Avec la chanson À nous, sortie durant les premiers jours du confinement, le chanteur et auteur compositeur belge Noé Preszow se faisait connaître en France. Son premier album, engagé et poétique, porte comme un étendard le titre de cette chanson dont les paroles célèbrent les anonymes et prônent la solidarité.

L’artiste belge Noé Preszow publie l’album « À nous ».

 

Écrit par Marjorie Bertin

Noé Preszow, jeune Bruxellois de 26 ans, a des racines multiples. Son nom (qui se prononce Prèchof) est polonais tout en étant le nom d’une ville en Slovaquie, mais vient peut-être de Moldavie… Il nous explique aussi qu’outre ses origines grecques, sa grand-mère est née en Palestine.

Quant à son prénom, Noé, c’est celui de l’un des plus célèbres prophètes de la Bible, célèbre pour sa traversée des mers… Il l’évoque sur le très dansant Les armes que j’ai« J’ai les armes que j’ai, l’ivresse des souvenirs, l’ivresse des bords de mer, quand le jour se retire ».

Et c’est vrai qu’avec un tel passé il y a de quoi construire toute une mythologie pour âmes romanesques. Pourtant, son album, plein de poésie et d’influences– de Léo Ferré à Daft Punk, en passant par Barbara et Renaud– est également très ancré dans notre époque. Musicalement car son phrasé et son sens du rythme souvent pulsionnel évoquent parfois le rap.

Noé Preszow s’enflamme lorsqu’il en parle. « Pour moi, IAM c’est de la poésie. MC Solaar ou Kery James aussi. Ce sont des gens qui inventent une langue ». Thématiquement aussi Noé Preszow est bien de son époque. Car dans ses textes, il est aussi bien question des séries télévisées que des gilets jaunes qui l’ont profondément marqué.

Pour autant, le jeune homme ne veut pas faire dans l’air du temps. Ainsi nous explique-t-il que S’il faut ça, écrite le premier jour du confinement, n’a pas été retenue sur l’album. « Je la trouvais trop proche de nous. Elle sortira plus tard. J’ai aussi enlevé des chansons pour avoir un disque cohérent, j’essaie d’aller à l’os et de garder l’énergie du premier jet ». Cette énergie parcourt tout le disque. Que les chansons soient gaies ou mélancoliques, Noé Preszow y chante ses doutes, ses colères et ses rêves, intacts, malgré les déluges.

Une enfance contestataire

Noé Preszow est le fils d’une mère musicienne et d’un père passionné d’art brut auquel il consacre des films documentaires. Toute son enfance, Noé rencontre des artistes et accompagne ses parents et leurs amis « utopistes et progressistes dans l’âme » à des manifestations. Il lui en restera une conscience politique vive, un amour pour la musique (il commence le violon à 3 ans) et le sentiment d’avoir une mission à accomplir à travers cet art. « C’est le mot que je porte et que j’assume. C’est ma vie. Ma parole, c’est d’être fidèle au monde, à mon enfance, à ma peur de la police quand j’avais dix ans et que j’étais à une manifestation de soutien aux sans-papiers », nous explique-t-il. Des souvenirs que l’on retrouve dans À nous, Les poches vides (célébration du Nord à la guitare, où la folk de Leonard Cohen semble rencontrer la prose de Jacques Brel) mais aussi sur Le monde à l’envers qui raconte deux jeunes gens frappés injustement par la police : à l’issue d’une manifestation « les fringues arrachées, l’espoir qui dégringole poussés dans le fourgon, les poignets défoncés ».

L’injustice, Noé Preszow la chante aussi avec l’émouvant Exils, un morceau émouvant où il est accompagné au piano. Un homme y parle de son fils qu’il n’a pas pu voir grandir à cause de l’exil. Des paroles inspirées par une rencontre avec un homme qui téléphonait « au pays » depuis un cyber café.

Pour Noé Preszow, elles résonnent aussi avec ses ancêtres. « L’absurdité des frontières me bouleverse. L’exil et la guerre ont été vécus par mes grands-parents, qui ont dû se cacher parce qu’ils étaient juifs. Ce sont exactement les mêmes questions aujourd’hui ».

À nous est aussi traversée par des chansons moins graves comme Que tout s’danse qui invite à prendre de la hauteur en toutes circonstances : « Tout s’danse la solitude, l’état de siège, l’état d’urgence ». Ou encore Faire les choses bien. La plume de Noé Preszow s’y fait acide pour mettre en garde contre la tendance contemporaine à « ramollir nos âmes », en s’enfuyant des heures durant devant des séries sur internet…

Mais le quotidien peut aussi sourire comme dans La vie courante qui chante l’amour heureux avec fièvre et exaltation. Deux adjectifs qui correspondent bien à ce premier disque qui se veut donc « À nous ».

Noé Preszow À nous (Tôt ou tard) 2021
Facebook / Instagram / YouTube

 

https://www.deezer.com/track/1192757572

 

 

[Photo : Victor Pattyn – source : http://www.rfi.fr]

BANDES DESSINEES – Suzanne, Marianne, Jean Yanne… cherchez l’intrus. En effet, le troisième n’a jamais été un succès musical de Leonard Cohen. Pas certain que les deux hommes n’auraient pas trouvé une voix (une voie ?) pour s’entendre. Pour autant, Philippe Girard a décidé de consacrer une bande dessinée au chanteur canadien, mort en novembre 2016. Leonard Cohen. Sur un fil, nous raconte la musique, la poésie, les drogues, les femmes… et la dépression chronique. Mais le talent avant tout.

ActuaLitté

Publié par Florent D.

On parle de ligne claire pour désigner, globalement, l’œuvre d’Hergé, devenue symbolique du style — sans en être l’unique ni le créateur. Ces dessins au trait limpide, sans fioritures, ont donné à Philippe Girard une piste sombre et crue pour tracer l’histoire de Leonard Cohen. Tout commence à Montréal, avec le jeune Leonard, dont le père est décédé quand il n’avait que neuf ans. Dans une ambiance francophone fondamentale, la famille Cohen assiste aux premières lubies de l’adolescent.

La poésie, qui démarrera avec Federico Garcia Lorca, le guidera vers l’écriture. Avec une guitare, convaincu de pouvoir séduire des filles, il s’improvisera dans une carrière de musicien, avec des amis étudiants. Mais c’est bien par ses poèmes qu’il sera remarqué, avec la parution en 1956 de son premier recueil. Trois ans plus tard, l’étudiant boursier partira pour Londres, où il s’achètera un imperméable chez Burberry et une Olivetti, machine à écrire mythique. Et tout démarre.

La vie de Leonard Cohen, pour qui l’ignore, est ici retracée avec des retours plongeant dans les dernières années de l’artiste : ce sont ces séquences qui en réalité rythment le récit, entrecoupé de flash-back qui retracent la vie heureuse, déprimante, pleine de rebondissements, de l’auteur. Et c’est presque à regret que l’on tenterait de la résumer ici.

Depuis le premier grand voyage en Angleterre, jusqu’à l’exil temporaire en Grèce, où il achètera une maison qu’il conservera une quarantaine d’années.

Évidemment, écrire l’histoire d’une figure comme Cohen donne une impression de facilité malgré l’adversité. C’est la trahison de la biographie qui s’exerce : plus le récit avance, plus l’histoire nous captive. C’est aussi le propre des grandes et puissantes trajectoires, celles qui traversent l’existence avec une aisance déconcertante.

Chaque pas de Cohen dans le monde l’entraîne vers des rencontres incroyables, d’artistes tout aussi puissants : on pense à Janis Joplin, Lou Reed, Phil Spector. Et d’autres. Et ses propres écueils, personnels, la vie de famille toujours chaotique, la recherche des mots justes, le travail des textes… Cohen ressemble à Samuel Beckett — « Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. » — les drogues, les pilules et l’alcool en plus.

Cette patience obstinée, cet entêtement à trouver la voix juste — parfois, être escroqué et tout perdre, pour reprendre la guitare sur les routes et tout recommencer. Cohen, un Sisyphe à la voix devenue internationale.

Alors, cette biographie… eh bien, dès les premières pages, on la parcourt avec l’envie de réécouter quelques-uns des titres les plus connus de Cohen. On arrive jusqu’à I’m your man — cet album illustré avec un Cohen mangeant une banane ! — et on se dit qu’il y en a tant à encore redécouvrir. Suzanne, oui, Marianne, bien entendu, mais toutes les autres, qui n’ont pas autant rayonné.

L’album de Philippe Girard donne l’envie profonde, viscérale, de relire, réécouter, redécouvrir l’œuvre de Cohen. Avec un trait qui produit une ambiance tout à la fois poétique, baroque et magique. So long, Leo. Et merci, Philippe.

Plus encore pour cette couverture, où l’on retrouve la nonchalance, la désinvolture et la détermination d’un homme, guitare en main, cigarette à la bouche, parti pour conquérir un monde, pas forcément prêt pour lui…

En voici les premières pages. Gare à ne pas tomber du lit…

 

Philippe Girard – Leonard Cohen, sur un fil – Casterman – 9782203203976 – 20 €

[Photo : Roland Godefroy, CC BY SA 2.0 – source : http://www.actualitte.com]

Nico en 1984

Publicado por Ignacio Julià

I

«Ya no volveré a acostarme con judíos», soltó con infinita displicencia la rubia Nico al entrar Lou Reed en la Factory —estudio y razón social del artista pop Andy Warhol— dispuesto a ensayar junto a ella y The Velvet Underground. Lou la había saludado con un «hola»; ella, como solía, tardó unos infinitamente dilatados segundos de silencio en soltar su carga de profundidad. Así pasaba página, una vez más, en una larga lista de amantes que, hasta la fecha, 1966, había incluido a John CaleBob DylanBrian Jones o Alain Delon, de quien tuvo un hijo nunca reconocido, y continuaría en el futuro con Jim MorrisonLeonard CohenIggy Pop, a quien enseñó la práctica del cunilingo, y su alma gemela durante años, el cineasta Philippe Garrel. Era de la opinión de que, al llegar a un lugar, basta conocer a algunos miembros ilustres para conquistarlo.

Christa Päffgen (Colonia, 1938) quedó huérfana al morir su padre en un campo de concentración. El final de la guerra la contempla junto a su madre en el sector estadounidense de Berlín. Llamada a ser modelo por su esbelto físico —un metro setenta y ocho centímetros de altivez— y su rostro cincelado en mármol teutón, en un viaje de trabajo a Ibiza, el fotógrafo contratado la bautizará Nico, por un hombre del que está perdidamente enamorado. En España será inmortalizada por el fotógrafo Leopoldo Pomés y aparecerá en la publicidad del brandi jerezano Terry. Antes había debutado en el cine italiano, formando parte en 1960 del elenco coral de La dolce vita de Fellini. Tres años después rueda en París Strip-Tease, curiosa inmersión en la vida bohemia con música de Serge Gainsbourg y Juliette Gréco.

En 1965, graba en Londres su primer single, auspiciado por el mánager de los Rolling StonesAndrew Loog Oldham, que pasa sin pena ni gloria. No importa, ella ya está volando rumbo a Nueva York, donde Andy Warhol, a quien ha conocido en París, insistirá, para fastidio del cuarteto, en que sea la vocalista de los Velvets. Apadrinados por Warhol, Lou Reed y John Cale, deben aceptarla en el seno del grupo, aunque insistirán en mofarse de su profunda voz y su germánica pronunciación, haciéndole todas las trastadas posibles —desconectarle el micrófono, por ejemplo— durante las sesiones de grabación o en las actuaciones del espectáculo multimedia ideado por Warhol, el estroboscópico The Exploding Plastic Inevitable. Ella no se inmuta y su presencia dará un toque de chic glacial a uno de los clásicos de la música pop, The Velvet Underground & Nico, publicado en 1967.

Con Warhol forma una sólida pareja, inefable en la sesión fotográfica en la que ella es Batman y él Robin. Congenian al verse reflejados el uno en el otro: ambos acarrean un aura que camufla a la persona real, ambos se expresan en su propia e intransferible jerga, repleta de brillantes obviedades, frívolos embustes. Aparece en sus filmes, especialmente en Chelsea Girls (1966), y al despedir los Velvets a su vocalista invitada —cuya voz había sido comparada a «un ordenador IBM con el acento de la Garbo»— ella inicia carrera en solitario actuando acompañada a la guitarra, según la noche, por Lou Reed, Sterling MorrisonTim Buckley o un jovencísimo Jackson Browne. El anuncio en el semanario Village Voice promete: «La diosa lunar celebra ceremonias nocturnas en el club Steve Paul’s Scene».

Un primer álbum, Chelsea Girl (1967), distorsiona la inflexible personalidad de la nombrada Miss Pop 1966, vistiéndola como cualquier otra cantautora de la época, con trasfondo orquestal. Poco después hace el descubrimiento musical de su vida al comprarle a un hippy un órgano hindú —no un armonio, como siempre repetía— y plasmar en él sus primeras canciones. Aconsejada por el propagador del free jazz Ornette Coleman, quien le explica los manejos de su sistema «harmelodics», Nico invierte la convención del teclado —los graves se pulsan a la izquierda, la melodía a la derecha—, y al hacerlo da con un sonido ululante, hierático, lúgubre, sexy por omisión. Decía ella del trasto, activado con un pedal, que era como una orquesta.

En septiembre de 1968, un nuevo contrato con el sello Elektra, hogar de folkies e inclasificables, envía a Los Ángeles a Nico y a John Cale, arreglista y único instrumentista junto a la impávida nibelunga en unas sesiones plagadas por la heroína. Cale levanta un decorado tridimensional hecho de viola eléctrica, piano, bajo, guitarra o glockenspiel alrededor de la voz y el solemne instrumento. La transmutación de una vida intoxicada a una inédita y singular expresión artística hace de The Marble Index, álbum que ella comparaba a una película sin imágenes, una experiencia única. Nos recuerda también que jamás revisitará tan altas cotas y se irá perdiendo en la indigna existencia de la heroína. «Tenía esa capacidad para crear drama allí donde fuera —ha explicado Cale—. Convirtió su vida en un escenario. Era algo instintivo, parte de ella misma, pero podía hacer de ello una ventaja. Su verdadero talento fue, sin duda, la determinación».

Sin esa tozuda defensa de la propia enajenación, del yo impermeable al mundo exterior, no se manifiestan obras como The Marble Index, que invito encarecidamente al lector a descubrir o revisitar. Si se supera la gélida antesala que es «Lawns of Dawns», uno se ve arrastrado a una dimensión de absortos paisajes, belleza fantasmal y ecos de una distópica calamidad. En esa otra dimensión, que es la de una artista comprometida únicamente con su instinto poético, se vislumbran las rojizas llanuras sin vida de Marte o la agónica Alemania bombardeada hasta la ruina total, viéndose uno atrapado en angustioso tormento o elevado a una inédita percepción sensorial. «No One Is There» y su candor trovadoresco, la maternal «Ari’s Song», dedicada a su hijo, «Facing the Wind» y su inmersión en la nada mas absoluta, el perfil histórico sui generis «Julius Caesar (Memento Hodie)» y la inolvidable «Frozen Warnings» transcurren con cadencias ajenas al tiempo real, conduciéndonos hacia una chirriante conclusión, la sobrecogedora «Evening of Light».

II

«Yo era la única hippy en el grupo. Visto una túnica y llevo un fular alrededor del cuello: fui la primera y soy la última hippy», me dijo Nico —que en los sesenta aborrecía a los hippies— en agosto de 1978, a su paso por Barcelona para actuar en el histórico festival Canet Rock, donde fue echada del escenario por celebrar una de sus «misas rock», como bromeaban sus detractores. Descendió llorosa y se encerró en su caravana a meterse un pico. Era la Nico yonqui que atravesaría los años ochenta en una brumosa odisea de cambalaches en busca de la próxima dosis y ensimismadas grabaciones, viviendo más del mito que de una música obviamente minoritaria.

Noches antes habíamos cenado juntos, con su pareja Philippe Garrel, en los alrededores de la Plaça Reial, en una de cuyas pensiones se habían instalado. Y, aunque al principio se mostró distante, de una impostada frialdad acorde con la leyenda, a la que empecé a mentar a Lou Reed y mostré mi entusiasmo de fan veinteañero por los Velvets, su vidriosa mirada se iluminó y brotaron mil y una historias sobre los plateados días neoyorquinos. Recuerdo que, mientras paseábamos hacia las Ramblas tras habernos tomado unas copas, sacó del bolso una pequeña fotografía en blanco y negro de sus días con Warhol y la banda, uno de aquellos severos retratos grupales que, en una época que ni siquiera imaginaba la actual saturación icónica de lo virtual, tuvieron tanto impacto en la conciencia colectiva del rock como las canciones.

Nico había conocido a Garrel, hijo del afamado actor Maurice Garrel, en París, cuando este iniciaba una trayectoria como cineasta inclasificable que sigue activa. Lo llevó a Nueva York y le presentó a Warhol, que visionó enmudecido su película El lecho de la virgen (1970). De regreso en París, no solo comparten una vida de austeridad bohemia y marginalidad artística, se hunden abrazados en los abismos de la heroína. Recuerdo haber visitado a Garrel en París para entrevistarlo, un año antes de su visita barcelonesa, y quedar pasmado por la miseria que presidía su señorial domicilio, que imaginé decimonónica propiedad familiar legada al hijo pródigo. Totalmente vacío y de amplísimas estancias, en el centro de un salón se erguía un montículo de cenizas producto de alguna fogata donde habían crepitado restos del mobiliario para combatir el inclemente invierno parisino.

En la habitación de Nico, ausente en aquel momento, había solo un catre y un viejo colchón, una caja a modo de mesita de noche con un cirio y, en la pared, el título de una película de Philippe, L’enfant secret (1979). «Las velas convierten la luz en estrellas», afirma ella, citada por Richard Witts en la biografía Nico: The Life and Times of an Icon (1993). «Toda habitación es un universo. Desde él veo el mundo a distancia, microscópico. Las velas son mis estrellas».

En Europa había grabado otro álbum supervisado por Cale, Desertshore (1970), cuya portada muestra una imagen de la más deslumbrante película de Garrel, La cicatriz interior, una serie de hipnóticos, dramáticos retablos en movimiento, planos secuencia rodados en exteriores de Islandia, Egipto y Nuevo México. Los arreglos y la producción de Cale conjuran aspereza y ternura en «Janitor of Lunacy» —inspirada en Brian Jones—, la siniestra y lacerada por la viola «Abschied», o en «Afraid», versionada por Antony en sus conciertos, reflejando asimismo los lazos familiares rotos en «My Only Child» —su amado Ari, que es ya la viva imagen de un joven Delon— y la añoranza materna en «Mutterlein». La medieval «All That Is My Own» cerraba un álbum quizás más accesible, igualmente estremecedor. Tras haberse ganado la vida como modelo, actriz y cantante, Nico deviene creadora insobornable, habitante de mundos que solo ella transita, fuera de su época o de cualquier otra. Una elegía por los vencidos años sesenta.

«Siempre eres lo que es tu arte, ni siquiera vale la pena discutir la faceta personal», me espetó durante nuestra charla. Hoy la frase suena a excusa perfecta para lo que vino a continuación, en los años ochenta: su destierro al Manchester posindustrial retratado por Joy Division, donde es acogida como madrina gótica y suprema oficiante de la liturgia de la hipodérmica y los opiáceos. Allí, la respaldarán en sus actuaciones y giras jóvenes músicos; llegan intimidados por la leyenda, pronto padecen la incomunicación con la diva, que olvida letras y orden del repertorio. Ella habita su leyenda apócrifa, adulada por figuras clónicas que la siguen a todas partes, le remiten luctuosos poemas y hacen murmurantes llamadas de madrugada.

De esta época son sus dos últimas obras reseñables. El proyecto iniciado como antología de héroes históricos, Drama of Exile (1981), incluye los temas «Gengis Khan» o «Henry Hudson», siguiendo la idea original, pero también las memorables «One More Chance» o «Sixty-Forty», además de versiones de Lou Reed («I’m Waiting for the Man») y David Bowie («Heroes», por supuesto). Camera Obscura (1983), última grabación con John Cale —a quien no perdonó las mezclas del álbum The End (1973), donde grabó el tema homónimo de The Doors y epató cantando el infame himno «Deutschland über Alles»—, abre las ventanas a un universo sonoro en que Nico parece invitada más que protagonista. Resaltan en su última declaración «My Heart Is Empty», «Das Lied vom einsamen Mädchen» o una afín versión de «My Funny Valentine», clásica balada que parece compuesta en diferido pensando en ella.

III

«Nunca miró atrás», me dijo John Cale, sentado a la mesa de un restaurante italiano en el Village, en el verano de 1988. «“Disfruta de tu hija, John, la vida sigue”, me decía… Una persona asombrosa. Alguien que era mandona y a la vez una señora. Debería haber dejado la bicicleta. No sales a pasear en bici bajo el sol de una tarde de verano en Ibiza, ¿verdad? Especialmente envuelta en esos ropajes tan ajustados». Nico había fallecido semanas antes en Ibiza —a donde había ido para tratar de estabilizar la recuperada relación con su hijo Ari— al sufrir un ictus mientras pedaleaba desde la casa que había alquilado rumbo a la ciudad para pillar marihuana. Llevada por un taxista al único hospital que aceptó ingresarla pese a ser extranjera, se le diagnosticó una simple insolación. Murió al día siguiente, desatendida. Contaba cuarenta y nueve años.

Se iba una mujer irrepetible, un ser sin verdaderos amigos, egoísta y al tiempo víctima de egoísmos ajenos, un espíritu fascinado por las tinieblas y la muerte, un lienzo en blanco en quien Warhol, Reed o Garrel proyectaron sus deseos e invenciones, una madre que —dicen— calmaba a su bebé con heroína y le inyectó su primera dosis a los veintidós años. Arquetípico producto de su época, atraída por la brujería del mismo modo que le atraían The Anarchist Cookbook o el Kama Sutra, fue la arquetípica «progre» ataviada con túnica y botas, en el sentido bohemio más que político, pues por sus intempestivas declaraciones la acusaron de filonazi, racista y antisemita. «Soy una nazi secreta —me dijo—. Porque mi padre nunca aprendió a ser un nazi y quise saber cómo era serlo».

Nico jamás se plegó a las convenciones sociales ni a las expectativas ajenas, hasta el punto de que no abrió una cuenta corriente hasta un año antes de su muerte, quizás para recuperar totalmente al hijo abandonado, a quien habían criado los abuelos paternos. Una artista, en definitiva, que —parafraseando a Warhol— siempre que veía aproximarse el éxito se iba por la tangente ofreciendo su más siniestra o árida visión artística. Heredera de Edgar Allan Poe o Lord Tennyson y admiradora de Lenny Bruce; oyente de Stravinski y Carl Orff, más que de Lennon y McCartney. Solía decir que los años setenta no habían ocurrido, que los sesenta saltaron directamente a los ochenta. Cosas de la toxicomanía, también de la idiosincrasia.

«No sé si estaba tomando algo —respondió Cale a mi pregunta—. Creo que intentaba dejarlo. Pero yo no estaba cerca cuando aparecía el terror, ya sabes. Había estado junto a ella cuando de repente la situación se desbocaba. Si las cosas se ponían feas, temía no recuperarse. Cuando empezaban a derrumbarse las paredes, se enfurecía con cualquiera que estuviese cerca. Tenías que andarte con cuidado».

La hermosa criatura que detestaba el cuerpo y el rostro adjudicados por la naturaleza mentía más que hablaba, siempre engrandeciendo su pasado, sus flirteos con figuras mitológicas. Dylan escribió «I’ll Keep It with Mine» para ella y Jim Morrison la animó a crear letras a partir de sus sueños. «Nos complementamos, tenemos mucho en común musicalmente hablando. Es el que más me influyó», me confesó. Lou Reed le cedió «I’ll Be Your Mirror», «Femme Fatale» y la majestuosa «All Tomorrow’s Parties», tonadas por la que se la recordará, aunque ninguna tratase de ella sino de otras mujeres en la estela warholiana. Kevin Ayers, otro que desperdició su genio, le dedicó una canción. La tituló «Decadence». Sabía de lo que hablaba.

«La razón por la que todavía no me he pegado un tiro es porque sé que soy única», alardeaba en 1978. Diez años después ya solo era una figura trágica. Esa voz grave, monótona, sepulcral, y aun así frágil. Un espectro de otro mundo que pasó brevemente por el nuestro.

 

 

[Foto: Getty – fuente: http://www.jotdown.es]

Foto

El Chelsea Hotel de Nova York és un dels hotels que més històries podria explicar. Per les seves habitacions hi van passar Bob Dylan, Dylan Thomas, Leonard Cohen, Janis Joplin, Jim Morrison i molts altres músics i intel·lectuals. S’hi van escriure novel·les, s’hi van rodar escenes de pel·lícules, s’hi van viure nits de passió i també s’hi van cometre assassinats. Tot un entramat d’històries que han forjat la llegenda d’aquest mític hotel novaiorquès.

Títol: 121 cançons i 1 hotel. Històries de la banda sonora de la nostra vida
Autor: Olga Suanya
Editorial: Símbol Editorial
Pàgines: 300
ISBN: 978-8415315957

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Hoje lançado de surpresa, o novo trabalho de Nick Cave foi composto e gravado durante o confinamento e é o primeiro assinado a meias com o companheiro de longa data Warren Ellis.

Cave e Ellis durante as gravações

 

Escrito por Miguel Judas

Há muito que o estatuto de Nick Cave foi elevado a uma espécie de santidade, levando-o a ocupar no Olimpo da música popular e por direito próprio, sublinhe-se, o lugar deixado vago por nomes como Leonard Cohen ou Lou Reed. Um percurso redentor, tão do agrado da mitologia do rock and roll, iniciado nos sujos tempos do punk e da heroína, quando esse mesmo rock and roll ainda era mesmo sujo e perigoso, com várias subidas ao céu e outras tantas descidas ao inferno, exemplarmente condensadas na sua música, entretanto transformada em salmos por uma cada vez maior multidão de fãs, como a que, em 2018, debaixo de uma tempestade, assistiu, comovida e ensopada, à última liturgia em Portugal do pregador australiano, no festival Primavera Sound do Porto. Não é portanto de estranhar que o lançamento surpresa de Carnage, dado esta quinta-feira a conhecer ao mundo, possa ser já considerado um dos acontecimentos do ano em termos de edições discográficas – por tudo isto, mas especialmente pelas canções.

Composto e gravado em apenas semanas, Carnage é descrito pelo próprio Nick Cave como « um disco brutal, assente numa catástrofe comunitária », a pandemia, « mas ao mesmo tempo também belo ». É também o primeiro álbum a meias com Warren Ellis, companheiro de longa data nos Bad Seeds e nos Grinderman, com quem já assinara diversas bandas sonoras para teatro e cinema. A ideia, quando se juntaram, em pleno confinamento, para umas sessões de estúdio, não passava por fazer um disco, mas apenas por tocarem juntos, para ajudar a passar o tempo. « Foi um processo acelerado de intensa criatividade », afirma Ellis, revelando que as oito músicas que compõem o disco surgiram logo « nos primeiros dois dias e meio », levando-os, logo aí, a tomar a decisão de gravar um álbum. « Foi um presente caído do céu », concorda Cave.

Segundo os autores, Carnage representa assim uma continuação do processo de trabalho, também ele muito baseado no elemento-surpresa de duas pessoas a improvisar em estúdio, já usado no álbum anterior de Nick Cave and the Bad Seeds, Ghosteen, editado em 2019, ainda na ressaca da morte do filho do cantor, Arthur, em 2015, com apenas 15 anos, na sequência de uma queda junto a um penhasco. O luto encontra-se agora muito mais diluído, num disco em que as letras têm muito mais a ver com a própria pandemia, ainda que indiretamente. Os primeiros esboços começaram a tomar forma logo no início do primeiro confinamento, que Cave passou « a ler e a escrever compulsivamente, sentado na varanda, a pensar nas coisas » – a varanda é aliás mencionada de forma recorrente em Carnage, cuja última faixa tem precisamente o título de Balcony Man. O resultado disto tudo é um álbum « mais inquieto e virado para fora », em que cada canção parece querer alargar ainda mais as fronteiras musicais do já si tão expandido universo caveiano.

'Carnage', a banda sonora perfeita de Nick Cave para uma "catástrofe coletiva"

Aos primeiros acordes, Hand of God, a faixa que abre o disco, soa a uma típica canção de Nick Cave, com o a voz, apenas acompanhada ao piano, a declamar um verso de cariz algo religioso (« There are some people trying to find out who, There are some people trying to find out why, There are some people aren »t trying to find anything but that kingdom in the sky« ). Quase de imediato, porém, a introdução de uma rápida batida eletrónica cria um elemento estranho, enviando a música numa direção contrária ao esperado, criando uma sensação de desespero contido, sublinhada pelos coros de Warren Ellis.

A mesma eletrónica, cada vez mais negra, volta a marcar o ritmo de Old Times, uma canção circular, hipnótica e urgente, que fala de tempos passados, agora de novo regressados, de sonhos desfeitos e separações por entre enviesadas declarações de amor – « Like the old days i »m not coming back this time, Like the old times, Like old times, Wherever you are, darling, I »m not that far behind« .

Segue-se a melancólica Carnage, uma quase redenção sob a forma de uma canção de amor, talvez autobiográfica, com um disfarçado sentido de esperança: « it »s only love with a little bit of rain and i hope to see you again ».

Já o tema seguinte, White Elephanté talvez o mais identificável com os estranhos tempos atuais, por entre referências a « manifestantes ajoelhados no pescoço de uma estátua », ameaças de tiros na cara, conspirações e outras tiradas menos literais, numa aparente raiva, inicialmente contida, mas depois sempre em crescendo, que no final se acaba por transformar num hino religioso, no qual é retomado o conceito inicial: « Don »t ask who, Don »t ask why, There »s a kingdom in the sky, We »re all coming home for a while« .

Em Alburqueque volta a revelar-se o bom velho Nick Cave de outros tempos, com uma balada clássica, embalada pelo piano, pelas cordas e pelos coros, cuja letra soa também como uma metáfora sobre as consequências da pandemia: « And we won »t get to anywhere, darling, anytime this year. And we won »t get to anywhere, baby, unless I dream you there« .

Igualmente clássica é a contemplativa e nostálgica Lavender Fields, outra letra plena de metáforas pessoais, regressando, nos coros, quase como um mantra, a mesma ideia anterior: « Where did they go? Where did they hide? We don »t ask who, we don »t ask why, there is a kingdom in the sky« .

Com o aproximar do fim do álbum, Shattered Ground dá lugar a uma melancolia só possível de alcançar através do amor entre duas pessoas apaixonadas, numa canção de esperança, apesar do desencanto, das despedidas, da solidão e do inevitável adeus. A mesma esperança, agora cada vez mais óbvia, apesar de embrulhada num sem fim de metáforas, que se volta a sentir em Balcony Man, a última faixa de Carnage, novamente por entre piano e cordas e coros angelicais, porque, afinal, « o que não te mata apenas te torna mais louco » – e, no caso de Nick Cave, certamente também genial.

 

 

[Foto: Joel Ryan – fonte: http://www.dn.pt]

Aunque parezca mentira, las grandes religiones tanto monoteístas como politeístas han influido en la música de grandes figuras del rock. Algunos de las más grandes estrellas del pop-rock han estado influidas por religiones como el cristianismo o el Islam, el hunduismo o el budismo. Alberto Manzano nos los cuenta en su nuevo libro « Aleluya ».

Escrito por IZARO SANFLORENTINO

La espiritualidad y las grandes religiones han influido en numerosos músicos a lo largo de la historia del rock. Entre ellos, destacan los cuatro artistas que conforman los pilares de este libro, y cuyas obras agrupan las cuatro grandes religiones: hinduismo —reflejado en la obra de George Harrison—, cristianismo-judaísmo —que forma el sustrato de numerosas canciones de Bob Dylan—, islam —representado por Cat Stevens—, y budismo-zen —cuya influencia es fundamental en la obra de Leonard Cohen—.

Alberto Manzano analiza figuras como George Harrison, Bob Dylan, Leonard Cohen, Cat Stevens, Suzanne Vega, Nick Cave, Sinéad O’Connor, Johnny Cash, Patti Smith o Van Morrison, para entender su música según el propio prisma religioso de cada uno de ellos.

« Aunque los primeros rastros de carácter religioso hallados dentro de la música en el siglo XX — particularmente, del cristianismo— se perciben con absoluta claridad en los primigenios géneros musicales dotados de raíces negras —góspel, blues, soul—, es a partir de los años sesenta, coincidiendo con el inicio de la revolución contracultural en Estados Unidos, cuando un contingente de cantantes y poetas —estos últimos integrados mayormente en la generación beat: Allen Ginsberg, Gary Snyder, William Burroughs—, inequívocamente influidos, a su vez, por el trascendentalismo y realismo filosófico del poeta Walt Whitman (1819-1892) —que llegó a ser proclamado «sustrato de la nueva generación de cantautores poéticos»: Bob Dylan, Joni Mitchell, David Crosby, Laura Nyro, etcétera— muestran un desaforado interés por las religiones orientales, cuyas semillas acaban de ser trasplantadas en el Nuevo Mundo, particularmente en California, por gurús y maestros espirituales procedentes de la India y del Japón, y, desde ese momento, van a impregnar las obras de estos músicos visionarios, bohemios y «vagabundos del dharma», de un profundo calado espiritual », nos cuenta el autor de « Aleluya« .

 

Alberto Manzano es poeta, traductor, biógrafo y ensayista. Ha publicado más de quince libros en torno a la obra de Leonard Cohen entre las que destacan Leonard Cohen (Cúpula, 2009), y Leonard Cohen y el zen (Luciérnaga) y ha adaptado al castellano numerosas canciones del bardo canadiense para ser interpretadas por Enrique Morente, Duquende, Argentina, Mayte Martín, Rocío Segura, etc. En los discos “Omega”, “como un Corazón” y “Acordes con Leonard Cohen”. Como poeta, tiene cuatro libros publicados (El reino de la pobreza, Hiperión, 2016, es su último poemario), a la vez que, en el ámbito de la traducción, ha trabajado en más de un centenar de libros (Bukowstki, Rumi, Basho, Rimbaud, D.H. Laurence, Bob Dylan, Jim Morrison, Suzanne Vega, Patti Smith, Tom Waits, etc.). Fue amigo personal de Leonard Cohen desde 1980 hasta su fallecimiento.

 

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

« Chelsea Hotel » es una obra de la joven autora Anisley Fernández Díaz, recreada a partir de un romance entre Janis Joplin y Leonard Cohen. “Tiene implícita una experiencia vital que atesoro. Con “Back to same” algo se movió en Mí. Viví el poema y la música de Leonard Cohen, como también me interesé por la biografía y trayectoria de Janis Joplin”, explica la autora.

Anisley Fernández Díaz

Anisley Fernández Díaz

Esta escritora de origen cubano se dirige mediante las páginas de su obra, a sus maestros y referencias. “Va dirigido a mis maestros de luz literaria, a mis maestros de fe, a sus antepasados y a los míos, los artistas que nunca pasará de moda, a los amigos que confiaron en mí, a mi familia, a mi hijo, a mi ciudad de mar tan amada, Cienfuegos”, comenta a la vez que reconoce haberse inspirado en su sed de “transgredir límites”

Publicada en Círculo Rojo Grupo Editorial, el lector va a encontrar una pare del alma de su autora, con la que pretende acercarnos su propia visión del arte.

Chelsea Hotel es la entrega de una historia en versos libres, recreada a par­tir de la presunción de un romance entre Janis Joplin y Leonard Cohen en el edificio considerado uno de los más representativos de New York por las visitas de innumerables artistas de todo el mundo. Desde la atracción entre ambos personajes, la personalidad ruda y psicodélica de Joplin, el placer car­nal, los elementos musicales y de la religión budista que enmarcan a Cohen, los semblantes del rock y otras visualizaciones idealizadas del hotel, como una ventana, un salón, llaves, la noche, el frío…, se trenza una trama en la que el dolor y el desgarramiento espiritual de la autora toman preeminencia. Así lo realza a ratos con cierta ironía, pero como experiencia vivida lo entrega en frases desgajadas del egoísmo y los estereotipos, cuando supone: «Si no fuera por la música, mis drogas, por las pequeñas luces tintineando…». Al segundo poema, Back to samele fue otorgado en la ciudad de Cienfuegos (Cuba) el Premio «Poesía de Amor, 2018».

Anisley Fernández Díaz (1992, Cienfuegos, Cuba). Graduada en Medicina por la Universi­dad de Ciencias Médicas en 2018. Premio Poe­sía de Amor, 2018. Ha colaborado con la Revista Cultural argentina El Viento, donde fueron publi­cados tres de sus poemas en mayo de 2019. Par­ticipó en lecturas de poesía para festivales y otras actividades por la Feria Internacional de Libro.

Resultó finalista en la doceava edición del Concurso Internacional de Poesía “El mundo lleva alas” (2020) convocado por la Editorial Voces de Hoy.

 

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Escrito por Joseph Hodara

«La libertad llegará pronto. Entonces volveremos de las sombras…» Frases que compone El Partisano, canción que Leonard Cohen difundió en múltiples escenarios; y son palabras que cabe recordar en estos días. Poeta, novelista y cantautor, Cohen confesó en alguna oportunidad: » Qué bueno saber que mis canciones han durado treinta años como si fueran un automóvil Volvo…» Pícara pero impuntual ironía, pues las voces de su trayectoria se escucharán un largo tiempo si nuestra sensibilidad y el buen gusto no se rinden a la gris rutina.

Al lado de sus padres y abuelos, con la asistencia de un rabino y de sus familiares cercanos, Leonard fue enterrado en el cementerio Shaar Hashamaim en Montreal, Canadá.  En dicho país nació en 1934, hijo de un padre polaco y de una madre lituana que como muchos judíos de Europa oriental buscaron nuevo hogar en el joven país. De su abuelo, rabino por formación y ministerio, recibió temas y motivos que se repetirán en sus canciones, desde el Rey David a Jesús, desde el Alleluya a los versos en Marianne.

Junto con Bob Dylan, pero con singular voz y sonidos, Cohen se insertó en los nuevos ritmos que singularizaron a la década norteamericana de los setenta. Pero se distanció de ellos aportando una forma de vida y de versificación singulares. Para descubrirse a si mismo buscó y encontró refugio en la isla griega de Hidra, propensión reflexiva que se repetirá más tarde conduciéndole a aislarse durante cuatro años en un templo budista-zen en Los Ángeles, una tregua que renovó su capacidad creativa.

Con grave voz, con estrofas que parecen divorciarse entre si, Cohen canta y recita palabras que inducen reflexión y serena melancolía. En pájaro en el cable, por ejemplo, se confiesa:  » como un niño aún no nacido, como una bestia con su cuerno, he destrozado a quien se acercó a mí…» Y en otro ensamble dice: «Creo que te lo dije todo en los días del Viet Nam…» Sugerencias apenas que se ondulan en el espacio y que invitan a quien le escucha a reinsertarlas en su propia experiencia vital.

La influencia de Federico García Lorca se hace oír de múltiples maneras. A su hija le dará el nombre del poeta granadino, y en Suzanne inserta palabras y escenas que recuerdan el romancero gitano:  « …. Suzanne te lleva abajo a su sitio junto al río….Y ahora te toma de la mano y te conduce al río…» Y allí se prometen y buscan el íntimo diálogo.

En los días ingratos de la Guerra de Yom Kipur (1973), Leonard Cohen llegó a Israel.  Se unió a los soldados que luchaban en el Sinaí, y en los momentos de calma cantó para y con ellos. Expresión solidaria que quedó en la memoria de amplias audiencias. Varios años más tarde, en 2009, apareció en noche memorable en el estadio de Ramat Gan. El multitudinario público le aplaudió repetidamente conmovido por las plegarias que enhebró en hebreo.

El discurso que pronunció en España al recibir el Premio Príncipe de Asturias en octubre 2011 – homenaje que You tube reprodujo traducido al castellano – Cohen reconoce su deuda no solo con Lorca. Recuerda que en sus años de adolescencia conoció en las calles de Montreal a un español que le impresionó por su puntual instrumentación de la guitarra. Le pidió clases particulares, y así se inició en el ritmo gitano. Pocos días después supo del suicidio de su maestro; el motivo y su nombre quedaron en el silencio. Pero su imagen se le clavó en la memoria.

Para resumir el carácter y la evolución de su vida, uno de sus mejores amigos le sugirió esta definición: » Eres un narcisista que se odia...» Retrato que a Cohen le pareció acertado. Y al sentirse abrumado por un impío cáncer compuso una de sus últimas canciones susurrando: » Ya estoy listo- mi Dios…»  El arte le ayudó a morir, y por su arte quedará entre nosotros.

 

[Fuente: http://www.diariojudio.com]

L’histoire des Juifs de Tunisie durant la Deuxième Guerre mondiale est méconnue, voire ignorée. Pourtant, ils étaient visés par la Shoah, et ont subi l’occupation allemande nazie : rafle à Tunis par les SS le 9 décembre 1942, déportation, etc. Lpogrom commis par des Arabes à Gabès (Tunisie) est survenu le 20 mai 1941 ; sept Juifs ont été assassinés sur la place de la synagogue. Sur cette rafle à Tunis, deux évènements sont proposés : le 6 décembre 2020, de 10 h 45 à midi, au Monument du souvenir de la Grande Synagogue de Paris, sur inscription en ligne ou à contact@shjt.fr, à l’initiative de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie et d’Afrique du Nord (SHJTAN), en partenariat avec le Mémorial de la Shoah,  une cérémonie en hommage aux victimes de la rafle des Juifs de Tunis par les SS, le 9 décembre 1942, et le 9 décembre 2020 de 19 h 30 à 23 h, le Centre français du judaïsme tunisien (CFJT) organise un Facebook Live : la conférence de Claude Nataf, président fondateur et ancien président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie. La Claims Conference alloue un supplément d’aide financière aux rescapés de la Shoah en cette période de coronavirus.

Publié par Véronique Chemla

Le sort des Juifs de Tunisie pendant la Deuxième Guerre mondiale est peu connu.

Il présente une double singularité.

À la différence du Maroc et de l’Algérie, la Tunisie, alors protectorat français, a été occupée par les Nazis (novembre 1942-avril 1943).

De plus, des Juifs ont aussi été déportés de ce pays « vers les camps de concentration en… avion », a précisé Serge Klarsfeld, président des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF). 

Le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) avait accueilli en 2002 l’exposition éponyme de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT). Avec la cérémonie commémorative à la Mairie du IVe arrondissement et le colloque à l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, cet événement avait commémoré le 60e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis le 9 décembre 1942.

Cette exposition actualisée, intéressante et didactique « Les juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale (octobre 1940-mai 1943). Régime de Vichy et six mois d’occupation nazie », est présentée à la Mairie du IVe arrondissement de Paris. « Du 7 au 17 mai 2019, découvrez une exposition à la mairie du 4e qui rend hommage à la mémoire des victimes de Tunisie tuées parce que juives, sous le régime de Vichy et six mois d’occupation nazie, d’octobre 1940 à mai 1943. En partenariat avec le Mémorial de la Shoah et le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, la SHJT a présenté pour la première fois en 2002, cette exposition fondée sur des documents d’archives publiques et privées, relatant la situation des Juifs de Tunisie sous le Régime de Vichy et la période d’occupation allemande. L’ouverture de nouvelles archives publiques, appuyée sur quelques fonds de journaux privés ont permis d’actualiser cette exposition. Elle apparaît à la fois informative et historique. Hommage à la mémoire des victimes de Tunisie tuées parce que juives. Respect et volonté de ne pas oublier et de transmettre. »

On ne peut que regretter que cette exposition claire, didactique, intéressante, soit « islamiquement et arabiquement correcte » : elle présente la dhimmitude, statut cruel et humiliant infligé aux non-musulmans (juifs, chrétiens, etc.) comme la tolérance du judaïsme !? Elle omet l’enthousiasme de nombreux Tunisiens musulmans à l’égard du nazisme, des victoires militaires du IIIe Reich, etc. Quid de la lenteur de la France à indemniser les Juifs tunisiens spoliés ? C’est d’autant plus surprenant que nombre de livres et documents ont évoqué ces thématiques.

Les commissaires de l’exposition sont Claude Nataf et Claire Rubinstein-Cohen, respectivement président et vice-présidente de la SHJT.

Entre engagements et persécutions

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Parmi eux, « une minorité italienne, importante par son poids économique et ses rapports avec l’Europe. Frappés dès 1938 par le statut des Juifs en Italie, les Juifs italiens sont en Tunisie considérés comme ennemis par le gouvernement français lors de l’entrée en guerre de l’Italie ».

« En novembre 1940, l’amiral Esteva, résident général de France en Tunisie, édicte un statut applicable aux 69 500 Juifs. Discriminatoire, il diffère un peu de celui de Vichy », a indiqué Claude Nataf, président de la SHJT.

Mais la situation des Juifs empire vite. Éviction de la Fonction publique et d’activités libérales, numerus clausus, aryanisation des affaires, rackets par les Nazis, prises de notables en otages, camps d’internements, constitution d’un fichier juif sous l’impulsion du colonel Hayaux du Tilly, action du colonel Rauff, chef de la SS, etc.

La liste est longue des souffrances des Juifs de Tunisie dont l’espoir de s’engager dans l’Armée française a été déçu par le gouvernement de la IIIe République et par le Comité de Libération nationale, comme l’a révélé l’historien Philippe Landau.

Le pogrom commis par des Arabes à Gabès (Tunisie) est survenu le 20 mai 1941 ; sept Juifs ont été assassinés par des musulmans sur la place de la synagogue. Un gendarme a aussi été tué. Le site Harissa présente des témoignages bouleversants de ce pogrom.

Le 9 novembre 1942, les nazis envahissent la Tunisie. Ils « organisent des rafles dont la plus importante se déroule à Tunis.  Au total, près de 5 000 Juifs sont envoyés dans des camps de travaux forcés. À partir d’avril 1943, commenceront les premières déportations vers les camps en Europe ».

Après « l’invasion germano-italienne de 1942 », les Juifs italiens « subissent la persécution antisémite des occupants. La victoire alliée de mai 1943 ne met pas fin à leur situation ».

Dans cette histoire douloureuse, il convient de relever l’action de Justes, tels ces Tunisiens musulmans qui ont hébergé à Mahdia la famille de l’actuel ambassadeur d’Israël, S.E. Nissim Zvili, qui, âgé d’un an, a porté l’étoile jaune.

Et comme le souligne Avraham Benabou, conseiller à l’ambassade d’Israël, il importe de mettre un visage derrière des chiffres, de décrire la vie des Juifs persécutés parce que Juifs, et non pour une quelconque revendication politique.

C’est ce que fait cette exposition claire qui se fonde sur des archives françaises, tunisiennes et allemandes, publiques et privées, et souvent inédites.

Ainsi sont présentées des figures de cette communauté, dont Moïse Borgel, son président.

C’est en hommage à ces Juifs persécutés que le rabbin Amos Haddad a récité les prières le 8 décembre 2002, lors d’une cérémonie particulièrement émouvante en présence de M. Zvili, Ridha Zguidane, conseiller à l’ambassade de Tunisie, d’élus et de représentants d’associations juives.

Ignorance du sort des Juifs en Afrique du nord pendant la Deuxième Guerre mondiale ? Absence de prise de conscience que leur sort était lié à celui de leurs coreligionnaires en Europe continentale ? Indifférence pour le sort des Juifs sépharades ? Jusqu’au milieu des années 2000, la cérémonie en hommage aux Juifs raflés se déroulait non pas au Mémorial de la Shoah, qui pourtant accueillait une cérémonie en hommage aux combattants juifs du ghetto de Varsovie, mais par exemple à la Mairie du IVe arrondissement de Paris.

À quand une exposition au Mémorial de la Shoah sur la situation des Juifs dans l’Empire français, dans les empires coloniaux de puissances européennes – France, Italie, Pays-Bas, etc. -, en Afrique et en Asie, et sur le grand mufti de Jérusalem al-Husseini ?

Addendum

Claire Rubinstein-Cohen a publié « Portrait de la communauté juive de Sousse (Tunisie). De l’Orientalité à l’Occidentalisation. Un siècle d’histoire (1857-1957)« (Edilivre, 2011). « La communauté juive de Sousse constituée de 1500 personnes en 1857 était soumise au statut de la Dhimma, tolérance accordée par les Musulmans aux Gens du Livre, (Ahl el kittab), Juifs et Chrétiens. Le 10 septembre 1857, Mohamed Pacha Bey promulgua une constitution réformiste, le Pacte fondamental, qui introduisit l’égalité entre tous les groupes confessionnels. Le Protectorat français fut établi sur la Régence de Tunis, par le Traité du Bardo, le 12 mai 1881, et fut assorti de la Convention de la Marsa le 8 juin 1883. Il prit fin avec l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956. La République tunisienne fut proclamée le 25 juillet 1957. De 1857 à 1957, la communauté juive a présenté un fort enracinement en terre d’Islam, et a vécu ensuite dans le contexte colonial. Comment, cette communauté, liée à une culture séculaire, a-t-elle pu basculer d’un univers arabophone, immergé dans l’orientalité, vers une nouvelle culture tournée vers l’occident, en un siècle, de 1857 à 1957 ? L’étude de la communauté juive de Sousse de 1857 à 1957 montrera le passage de la tradition orientale à l’acculturation et à l’occidentalisation, à travers trois divisions majeures : la première partie (1857-1881) présente un portrait de la communauté juive de Sousse, composée de Juifs autochtones, les Swâsä et de Juifs ibéro-italiens les Grânä, de son orientalité ainsi que de son début d’ouverture face aux incitations venues d’Europe, depuis le Pacte fondamental de 1857, jusqu’à l’établissement du Protectorat français (1881). La deuxième partie (1881-1939) est consacrée à l’analyse des vecteurs sociaux, économiques, culturels et politiques, qui ont entraîné des mutations structurelles, poussant les Juifs de Sousse à délaisser une identité orientale encore très présente, pour une marche vers l’occidentalisation, au cours de la période 1881-1939, liée aux évènements internationaux, qui accentuent les clivages entre tradition orientale et modernité. Dans le même temps, le sionisme, nationalisme juif laïc d’Europe centrale, réclamait avec Théodore Herzl, (1860-1904), le retour du peuple juif en Palestine. Ce courant eut une influence constante sur les Juifs de Sousse. La troisième partie (1939-1957) précise le poids des mesures infligées à la communauté juive, pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de l’instauration du Statut des Juifs en Tunisie, de l’occupation de Sousse par les troupes italo-allemandes, et des conséquences de la politique raciale nazie appliquée en Tunisie de novembre 1942 à avril 1943. Après la Seconde Guerre mondiale, l’ébranlement des valeurs traditionnelles en Europe et dans le monde secoue la population de Sousse. Le mouvement d’occidentalisation continue cependant dans la communauté juive de Sousse qui se compose, en 1953, de 4 415 personnes. Les Juifs du Sahel forment un groupe de 6 000 personnes. Les départs pour Israël entraînent une première rupture de cette communauté. L’autonomie interne en 1954, l’indépendance en 1956 et la proclamation de la République tunisienne en 1957 transforment la situation des Juifs de Sousse et éveillent des inquiétudes, provoquant une fragilisation identitaire. Projetés dans l’histoire de la décolonisation, et dans le conflit israélo-palestinien en 1956, les Juifs de Sousse devront, comme l’ensemble des juifs de Tunisie, faire face à trois options en 1957 : Israël, la France, ou la nouvelle République tunisienne dirigée par Habib Bourguiba. »

La Société d’histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) et l’Alliance israélite universelle (AIU) projetteront Histoire des Juifs d’Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondialedocumentaire d’Antoine Casubolo Ferro (2014)le 16 février 2014, à 16 h, à la Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild – 6 bis rue Michel-Ange, 75016 Paris -. Un débat suivra la projection.

La Société d’histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) a commémoré le 7 décembre 2014, à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah.

Le 17 juin 2015, à 11 h, la Mairie du IVe arrondissement de Paris a accueilli, dans le cadre du Festival des Cultures Juives, la conférence de Jean-Pierre Allali, historien, ancien rédacteur en chef de Tribune Juive, auteur de Les Juifs de Tunisie sous la botte allemande. Chronique d’un drame méconnupréfacé par Élie Wiesel (Éditions Glyphe, 2014): Juifs de Tunisie : liberté retrouvée, liberté enlevée, liberté sous contrôle. La conférence était suivie d’une visite guidée de l’exposition de photos Les Juifs de Tunisie, de la dhimmitude à la liberté, dans cette Mairie.

À l’initiative de la SHJT, la cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis, a eu lieu le dimanche 4 décembre 2016 à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffroy l’Asnier – Paris IVe, en présence de différentes personnalités civiles, militaires et religieuses. La lecture des noms des Juifs déportés de Tunisie et des victimes de la barbarie nazie décédés dans les camps de travail en Tunisie sera suivie de la récitation des prières d’usage. Heure limite d’arrivée : 10 h 40″.

Le 10 décembre 2017, à 10h45, au Mémorial de la Shoah à Paris, la  Société d’histoire des Juifs de Tunisie organise, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, une cérémonie en hommage aux victimes de la rafle des Juifs de Tunis par les SS le 9 décembre 1942.

« À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Entre novembre 1942 et mai 1943, le pays fut occupé par les forces de l’Axe. Les Juifs connurent alors « l’angoisse, les rançons, les pillages, les souffrances du travail forcé et des dizaines de morts » (Serge Klarsfled). L’action anti-juive était dirigée par le colonel SS Walter Rauff. Ce dernier avait été responsable de la mort de centaines de milliers de Juifs, assassinés dans des camions à gaz (ancêtres des chambres à gaz) des pays baltes à la Yougoslavie. En Tunisie, l’objectif était également de mettre en œuvre la « Solution finale ». Quelques personnes furent ainsi déportées vers l’Europe. L’avancée des Alliés et leur domination militaire ont heureusement contrarié les plans nazis ».

15 décembre 2017, à la Bibliothèque nationale de Tunis, « alors que la police était présente dans l’établissement public relevant du ministère de la Culture », une exposition sur la Shoah a été vandalisée. « Habib Kazdaghli, historien et universitaire tunisien, qui est chargé de la coordination de cette exposition, a été jeté dehors de la salle par un groupe d’antisémites fanatiques de la cause palestinienne. Cette exposition est le fruit de deux ans et demi de travail, et d’un investissement 35 000 euros de fonds européens et de l’UNESCO. L’idée était de faire venir des jeunes pour qu’ils voient ce qu’est le traumatisme de la Shoah. Les visiteurs sont invités à découvrir les moyens de propagande qui ont amené à un crime unique dans l’histoire en raison de sa particularité et de la façon dont il a été mené ».

Le 20 décembre à 20 h, la loge George Gershwin du B’nai B’rith a organisé une soirée exceptionnelle autour du thème « Les Juifs de Tunisie sous le joug hitlérien », avec les témoignages de Jean-Pierre Allali, Frédéric Gasquet et Jacques Zérah. Dédicace des livres consacrés à cette époque accompagnée d’un buffet tunisien.

Le 9 décembre 2018, à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah, a eu lieu la cérémonie coorganisée par la Société d’histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) en souvenir de la rafle antijuive de Tunis.

2019
Le 8 décembre 2019, à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah, Paris, la « Société d’histoire des Juifs de Tunisie et d’Afrique du Nord organisa, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, une cérémonie en hommage aux victimes de la rafle des Juifs de Tunis par les SS, le 9 décembre 1942. « Sous l’autorité du Colonel S.S. Walter Rauff, l’inventeur des camions à gaz (chambres à gaz mobiles utilisées sur le front de l’Est), les nazis ont en effet persécuté la population juive de Tunisie de novembre 1942 à la libération de Tunis par les Forces alliées, le 8 mai 1943. Serge Klarsfeld prendra la parole lors de la commémoration du 77e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis et de l’instauration de camps de travail sur le territoire tunisien ». La cérémonie s’est tenue « sous la présidence du Grand rabbin de France, Haïm Korsia et il a été donné lecture des noms des Juifs de Tunisie morts au champ d’Honneur, des déportés non revenus des camps d’Europe et de ceux assassinés dans les camps de travail institués sur le sol tunisien par les nazis. »

2020

La Claims Conference alloue un supplément d’aide financière aux rescapés de la Shoah en cette période de coronavirus.

Le 6 décembre 2020, de 10 h 45 à midi, en comité restreint en raison de la situation sanitaire au Monument du souvenir de la Grande Synagogue de Paris, et non dans la crypte du Mémorial de la Shoah, et sur inscription en ligne et à contact@shjt.fr, la Société d’histoire des Juifs de Tunisie et d’Afrique du Nord (SHJTAN) organisa, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, une cérémonie en hommage aux victimes de la rafle des Juifs de Tunis par les SS, le 9 décembre 1942. C’est la cérémonie commémorative du 78e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis par les S.S. (survenue le 9 décembre 1942) et de l’instauration de camps de travail sur le territoire tunisien jusqu’à sa libération par les Forces alliées le 8 mai 1943.

« La cérémonie annuelle de commémoration s’est tenue ces dernières années au Mémorial de la Shoah à Paris, en présence de représentants du gouvernement, de représentants diplomatiques de Tunisie, d’Allemagne et d’Israël en France, et de différentes personnalités religieuses, civiles et militaires. Diverses personnalités publiques ont été invitées à la cérémonie de cette année, notamment Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, et Anne Hidalgo, maire de Paris. Les noms des Juifs de Tunisie morts au champ d’Honneur, des déportés non revenus des camps d’Europe et de ceux assassinés dans les camps de travail institués sur le sol tunisien seront lus. »

« L’évènement a pour but de « faire connaître un épisode peu connu de la Shoah qui éclaire le dessein des nazis et son caractère planétaire et non pas seulement limité à l’Europe » et « permettre que le souvenir des victimes des nazis sur le territoire tunisien perdure au-delà de la dispersion d’une large partie de la communauté juive de ce pays après la décolonisation. Il s’adresse à « tous les originaires de Tunisie, mais également l’ensemble des membres de la communauté juive et de la communauté nationale ».

Des bougies ont été allumées à la mémoire des victimes, en particuliers celles juives en Tunisie, par diverses personnalités, dont le grand rabbin de France Haïm Korsia et l’historienne Mireille Hadas-Lebel et Noémie Madar, présidente de l’UEJF.

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a fait part de ses « deux sentiments très violents. Cette synagogue a une tradition ashkénaze, et deux autres offices : tunisien et égyptien… Lisez « La société des belles personnes » de Tobie Natan [sur le rôle de Nazis dans l’exil des Juifs d’Égypte]… La semaine dernière, dans la Paracha, une maman Rébecca n’arrive pas à comprendre ce qui se passe… Je lis le livre du rabbin Klein, grand-père de Leonard Cohen… Anne Hidalgo va dénommer un gymnase Young Perez, honneur de la France et du Judaïsme ».

La cérémonie s’est poursuivie par la lecture des noms des juifs tunisiens déportés et morts dans les camps de travail, et close par la prière pour la République française.

Le 9 décembre 2020 de 19 h 30 à 23 h, le Centre français du judaïsme tunisien (CFJT) organise un Facebook Live : la conférence de Claude Nataf, président fondateur et ancien président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie, sur cette triste journée du 9 décembre 1942 à Tunis marquée par la profanation de la Grande Synagogue et la rafle des jeunes juifs pour les enfermer dans des camps de travail sur la ligne du front. « Il y a 78 ans à Paris on raflait les Juifs et on les enfermait provisoirement au « Vel d’Hiver « avant Drancy puis Auschwitz. Il y a 78 ans à Tunis, le 9 décembre 1942, on raflait les Juifs avant de les envoyer dans des camps de travail, prélude à une élimination physique programmée. Il y a 78 ans en Tunisie, des Juifs ont été déportés, assassinés, fusillés, parce qu’ils étaient Juifs. »

Cérémonie le 6 décembre 2020 

Au Monument du souvenir de la Grande Synagogue de Paris

44, rue de la Victoire 75009 Paris

Cérémonie le 8 décembre 2019 à 10 h 45 
Au Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier. 75004 Paris

Du 7 au 17 mai 2019
À la Mairie du IVe arrondissement 
2, place Baudoyer, 75004 Paris
Tél. : 01 44 54 75 04
Entrée libre du lundi au vendredi de 11 h à 17 h

Cet article a été publié dans cette version plus concise par Actualité juive. Il a été republié dans ce blog le 6 décembre 2012 et le :
– 8 décembre 2013 à l’approche du 70e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis, le 9 décembre 1942 dont le souvenir sera rappelé lors de la cérémonie du 9 décembre 2013, à 10h45, dans la crypte du Mémorial de la Shoah, et lors de rencontre et projection l’après-midi ;
– 15 février et 6 décembre 2014, 17 juin et 6 décembre 2015, 3 décembre 2016, 8 décembre 2017, 22 mai et 8 décembre 2018, 12 mai et 6 décembre 2019. Des liens renvoient vers des articles nuançant le rôle de dirigeants communautaires tunisiens.

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Avec « Cantique des cantiques (Songes de Leonard Cohen) », le groupe Odradeck, formé autour de Zéno Bianu et Laurent Cohen, célèbre le génial Canadien.

À Stockholm, en 1972.

Écrit par Jean Morel

« À quoi bon des poètes en temps de détresse ?», demandait Hölderlin au détour d’une de ses élégies. Deux siècles plus tard, la détresse a fait d’énormes progrès, et les «esprits forts», les ricaneurs cyniques qui prospèrent aujourd’hui ont tendance à réduire la question à sa première partie: «À quoi bon des poètes ?» De leur point de vue, ils n’ont pas tort. Quand on a pour dieu unique l’argent-roi, ce Moloch pour qui «tout doit disparaître» sauf lui (ça vient, un peu de patience), alors, effectivement, un poète ne sert pas à grand-chose.

Scandale suprême : ce qu’il écrit ne rapporte rien, des clopinettes. Ce qui les embête, nos comptables, c’est ça: que la poésie n’ait pas de prix. En conséquence de quoi, tout le monde s’en fout. Sauf quelques âmes qui ne lâchent pas l’affaire, et ont un besoin vital de ces opérations alchimiques qu’on appelle poèmes pour tenir debout face aux vents mauvais qui ravagent le monde.

On vient d’en croiser quelques-unes, regroupées sous le nom d’Odradeck, malicieusement emprunté à Kafka. Le « c » en moins, cet ovni fait son apparition dans «le Souci du père de famille», un des «Récits et fragments narratifs» de Franz K.  Comme la poésie, Odrade(c)k est –c’est heureux – difficilement définissable:

Au premier abord, écrit l’auteur du « Procès », on dirait une bobine de fil plate et en forme d’étoile, et il semble bien en effet qu’il soit entouré de fil ; ce pourrait être, il est vrai, que de vieux bouts de fil cassé de toutes qualités et de toutes couleurs, noués bout à bout et embrouillés.»

Le premier fil qui a relié les conspirateurs d’Odradeck, c’est évidemment un amour partagé pour la poésie sous toutes ses formes, qu’elle passe par le texte, la musique et l’image. Le deuxième est une passion commune pour Leonard Cohen, qu’ils vont célébrer par une série de concerts à travers la France et l’Europe, dont le premier aura lieu ce dimanche à Paris à l’Espace Rachi, et l’édition prochaine d’un livre-CD de toute beauté (Editions de L’Improbable, 06.85.64.11.23).

Ce jour-là, dans l’appartement d’un d’entre eux, ils répètent une fois encore leur spectacle intitulé «Cantique des cantiques. (Songes de Leonard Cohen)» – allusion transparente au mythique premier album du barde canadien, «Songs of Leonard Cohen» –, titre de la suite poétique écrite pour l’occasion par Zéno Bianu, poète, auteur de dizaines de recueils (par ailleurs éditeur de nombreuses anthologies dans la collection Poésie/Gallimard). Un texte-gigogne qui fait entrer en résonance le Cantique des cantiques, le plus sublime poème de la Bible hébraïque, incomparable chant d’amour et de désir, avec l’imaginaire de Leonard Cohen qui n’a cessé de méditer ce texte pour en nourrir sa propre poésie, toujours tendue entre aspirations mystiques et passions charnelles.

Alors comment s’étonner que dans ces Songes rêvés pour lui par Zéno Bianu, si profondément marqué par la Beat Generation, on croise Janis Joplin comme Rabbi Na’hman, une chambre du Chelsea Hotel et le Temple de Salomon? Autour de Zéno Bianu, récitant, font cercle les musiciens: Sandrine Saporta est aux claviers électroniques, Laurent Cohen (par ailleurs écrivain et traducteur) tient la guitare, mais est aussi le compositeur de toutes les musiques, d’un grand raffinement, de cette œuvre collective. Quant à Annie Lulu, elle joue également de la guitare, de la basse et des percussions, mais surtout, en chantant mezzo voce et en six langues (anglais, hébreu, espagnol, ladino, rromani, roumain !), elle offre un contre-point idéal et rêveur aux récitatifs de Zeno Bianu.

Dans un coin de la pièce, un homme silencieux, membre du groupe à part entière, écoute attentivement ce qui se déploie devant nous. C’est l’homme des visuels du spectacle, Didier Ben Loulou, bien connu des amateurs de photographie, virtuose de la couleur, dont les clichés, projetés sur scène, illustreront évidemment le livre-CD à paraître dans peu de temps. À bon entendeur.

 

[Photo : Weine Lexius/EXP/AFP – source : http://www.nouvelobs.com]

Paranaländer reseña el libro El hielo, de Vladimir Sorokin (1955), escritor posmoderno ruso ganador del premio literario Andreï Biély, cuya obra suele provocar polémica en Rusia pues aborda temáticas como el totalitarismo, las adicciones y el sexo. El hielo, publicado en 2011 por Alfaguara, es catalogado como un libro de terror e intriga y forma parte de una trilogía.

Por Paranaländer

Hoy les revelo otro libro de cabecera: El hielo, Vladimir Sorokin (2011, Alfaguara), que en realidad es parte de la Trilogía del hielo (Hielo, 2002; Bro, 2004 y 23000, 2005; no traducida, como siempre, de forma completa en este idioma de cuarta, el español), que se puede disfrutar en inglés en descarga free.

En ella aparece “Lara Croft desnuda y con dos pistolas, Marilyn Mason crucificado tal que un cristo”, se hace uso de la jerga skaz, ya utilizada por el contrautópico Zamiatin a comienzos del siglo 20, “¿has oído hablar de B’nai B’rith?, es la logia oficial judeomasónica en Moscú, todos son de ojos azules, se tiran el rollo de que toda la gente duerme, no sé qué puñetas de letargo colectivo y tal, y que hay que despertar, nacer de nuevo”, se habla de «El fantasma de la ópera» de Darío Argento, de Cronenberg,  Lucio Fulci, de “los cerebros de los chechenos muertos, como el queso suizo, llenos de agujeros”, de un omnipresente martillo o hacha de hielo, fragmento del misterioso meteorito bautizado como Tungussky que cayó en 1908 cerca del río Podkamenaya en Tunguska, se oye «Suzanne» de Leonard Cohen, se lee un librito de relatos de Borges, a alguien tarareando Darling, stop confusing me with your…, o el poema de Brodsky «Fin de una época maravillosa», se fuma cigarrillos Bogatyr, se bebe whisky Famous Grouse o vodka Yuri Dolgoruki, se menciona el logotipo del club de futbol Zenit, los libros El caballito mágicoMoscú SoviéticaEl panecillo, el lobo y las siete cabritas, “Escucha, al principio solo había la Luz Eviterna. Y la luz resplandecía en el Vacío Absoluto. Y la luz brillaba por y para Sí misma. La Luz se componía de veintitrés mil rayos luminosos. Y estos éramos nosotros, para quienes no existía el tiempo, solo la Eternidad. Y en ese Eterno Vacío resplandecíamos. Y engendrábamos los mundos. Mundos que iban llenando el Vacío. Así nacía y crecía el Universo (…)”, “¿qué es el hielo?, Es la sustancia cósmica ideal engendrada por la Luz Eviterna, suena en él la Música de la Luz, al golpearlo contra nuestro pecho, el hielo vibra”, obra alimentada de un mesianismo gótico, de un arianismo paranoico-apocalíptico fascinante, donde bulle la idea de una reconciliación hegeliana en clave mistérica-esotérica, acicateada por una secta -con sus miembros de divinos miocardios- no entrópica en la que la multiplicidad-la división debe y será reparada en la Unidad, vemos aún una parodia de las grotescas máquinas deseantes deleuzianas en las máquinas carnosas, totalmente muertas, de la página 260, no falta el contraespionaje japonés, toda esta mística del hielo en el fondo muy rusa, boreal, chamánica, música de la infinita Siberia, cábala cataclísmica, que reniega de la carne y el pan, ¿“qué puede ser peor que el pan, ese escarnio del cereal?, solo la carne”, obsesión que reencarna en otros cuerpos, cuasi vampiros alienígenas, saturada del férreo antiintelectualismo ruso, “por alguna razón donde más suerte teníamos era en las bibliotecas, allí siempre se sentaban miles de máquinas carnales dedicadas a la locura silenciosa de pasar hojas de papel cubiertas de letras”, al final la novela parece un videojuego que te droga con su luz sintetizada con hielo espacial, es decir, te mata, para el traslado a otros mundos, riendo con los actores cómicos rusos Zhenia Morgunov, Mister Pitkin, Yuri Nikulin, Georgi Vitsin, Arcadi Raikin, Etush…

Esta reconstrucción de la historia a partir de un elemento exógeno, el hielo místico en este caso, recuerda mucho a Las partículas elementales de Houellebecq y al Murena de Homo atomicus.

Vladimir Sorokin nació en un pueblito a las afueras de Moscú en 1955. Se formó como ingeniero en Instituto de Petróleo y Gas de Moscú, pero se dedicó al arte y la escritura, convirtiéndose en una presencia importante en el Metro de Moscú de la década de 1980. Su obra fue prohibida en la Unión Soviética y su primera novela, The Queue (La cola), fue publicada por el afamado disidente emigrado Andrei Sinyavsky en Francia en 1983. En 1992, Collected Stories de Sorokin fue nominado para el Premio Booker de Rusia; en 1999, la publicación de la controvertida novela Blue Lard (Manteca azul), que incluía una escena de sexo entre clones de Stalin y Khrushchev, llevaron a manifestaciones públicas contra el libro y a demandas de que Sorokin fuera procesado como pornógrafo; en 2001, recibió el premio Andrei Biely. Es también el autor de guiones de películas y del libreto de la primera ópera nueva encargada por el Teatro Bolshoi desde la década de 1970. Entre sus más recientes libros está El Día del Oprichnik. Vive en Moscú. Tiene dos hijas.

 

[Fuente: http://www.eltrueno.com.py]

Por Nick Cave

West Country Girl

With a crooked smile and a heart-shaped face
Comes from the West Country where the birds sing bass
She’s got a house-big heart where we all live
And plead and counsel and forgive
Her widow’s peak, her lips I’ve kissed
Her glove of bones at her wrist
That I have held in my hand
Her Spanish fly and her monkey gland
Her Godly body and its fourteen stations
That I have embraced, her palpitations
Her unborn baby crying, ‘Mummy’
Amongst the rubble of her body
Her lovely lidded eyes I’ve sipped
Her fingernails, all pink and chipped
Her accent which I’m told is ‘broad’
That I have heard and has been poured
Into my human heart and filled me
With love, up to the brim, and killed me
And rebuilt me back anew
With something to look forward to
Well, who could ask much more than that?
A West Country girl with a big fat cat
That looks into her eyes of green
And meows, ‘He loves you,’ then meows again

Chica del oeste

Con su sonrisa torva y su faz de corazón
Viene del oeste donde los pájaros trinan graves
Su gran corazón a todos nos hospeda
Allí se implora, perdona y aconseja
Su despejada frente, los labios besados
Su muñeca enguantada de hueso
Que he sostenido en mi mano
Sus afrodisíacos y afeites
El cuerpo divino y su vía crucis
Que recorrí, sus palpitaciones
Su bebé nonato que llora “mami”
Entre los despojos de su cuerpo
Sus ojos-párpados adorables que sorbí
Sus uñas rosas rotas
Su acento “arrastrado” según dicen
Que yo escuché, que se vertió
En mi corazón y me rebosó
De amor, y me mató
Pero me rehízo
Con algo a lo que aspirar
¿Se puede pedir más?
Una chica del oeste con su gato gordo
Que mira sus ojos verdes
Y maúlla, “Te quiere”, y maúlla otra vez

Esto que acaban de escuchar es una canción llamada ‘West Country Girl’. Es una Canción de Amor. Arrancó, en su más tierna inocencia, como un poema, escrito hará cosa de dos años en Australia, donde siempre brilla el sol. Lo escribí con el corazón abriéndose paso entre mis fauces, consignando, a modo de inventario, el inconmensurable repertorio de matices físicos que me atrajo de una persona en particular… Chica del oeste. Me ayudó a esbozar mis propios criterios estéticos sobre la belleza, mi particular verdad sobre la belleza; pese a cuán oblicua, cruel y empobrecida pudiera antojarse. Una lista de cosas que amaba, y, en verdad, un desacomplejado ejercicio de adulación, urdido para conquistarla. Y, a decir verdad, funcionó y no funcionó. Pero la magia peculiar de la Canción de Amor, si alma tiene para tal propósito, es que perdura hasta donde el objeto de la canción no alcanza. Se adhiere a ti y te acompaña en el tiempo. Pero hace más que eso, porque, así como es tarea nuestra avanzar, desechar nuestro pasado, para cambiar y crecer –en resumen, para perdonarnos a nosotros mismos y al prójimo–, la Canción de Amor atesora en sus entrañas una inteligencia misteriosa que le es propia; y le permite reinventar el pasado y ponerlo a los pies del presente.

‘West Country Girl’ vino a mí con inocencia y a pleno sol, como un poema sobre una joven. Pero ha conseguido lo que toda canción de amor que se precie debe hacer para sobrevivir, ha reclamado su derecho a existir con identidad propia, su propia vida, su propia verdad. La he visto crecer y mutar con el tiempo. Se presenta ahora como una advertencia con moraleja, una receta con los ingredientes para una pócima de brujas, se lee como la autopsia de un forense, o un mensaje estampado en un letrero de caballete colgante a hombros de un tipo con los ojos desorbitados anunciando: “El fin del mundo está a vuestro alcance”. Una voz ronca que en la oscuridad croa, “Cuidado… tengan cuidado… tengan cuidado”. De todos modos, me estoy adelantando. Me llamo Nick Cave y tengo algunas cosas que contarles.

People Ain’t No Good

People just ain’t no good
I think that’s well understood
You can see it everywhere you look
People just ain’t no good

We were married under cherry tres
Under blossom we made our vows
All the blossoms come sailing down
Through the streets and through the playgrounds

The sun would stream on the sheets
Awoken by the morning bird
We’d buy the Sunday newspapers
And never read a single word

People they ain’t no good
People they ain’t no good
People they ain’t no good

Seasons came, seasons went
The winter stripped the blossoms bare
A different tree now lines the streets
Shaking its fists in the air

The winter slammed us like a fist
The windows rattling in the gales
To which she drew the curtains
Made out of her wedding veils

People they ain’t no good
People they ain’t no good
People they ain’t no good

To our love send a dozen white lilies
To our love send a coffin of wood
To our love let all the pink-eyed pigeons coo
That people they just ain’t no good
To our love send back all the letters
To our love a valentine of blood
To our love let all the jilted lovers cry
That people they just ain’t no good

It ain’t that in their hearts they’re bad
They can comfort you, some even try
They nurse you when you’re ill of health
They bury you when you go and die
It ain’t that in their hearts they’re bad
They’d stick by you if they could
But that’s just bullshit, baby
People just ain’t no good
People they ain’t no good
People they ain’t no good
People they ain’t no good
People they ain’t no good

La gente no mola

La gente no mola
Hay poco más que decir
Se ve donde quiera que mires
La gente no mola

Nos casamos bajo los cerezos
Bajo las flores nos prometimos
Y nos llovieron flores a mares
Por las calles y los parques

El sol se vertía en las sábanas
Despiertos por el pájaro de la mañana
Comprábamos los diarios del domingo
Sin leer una palabra

La gente no mola
La gente no mola
La gente no mola

Las estaciones van y vienen
El invierno desnudó las ramas
Y otros árboles bordean las calles
Sacudiendo sus puños al aire
El invierno nos sacudió como un puño
Y los vientos azotaron las ventanas
Ella corrió los visillos
Hechos de sus velos nupciales
La gente no mola
La gente no mola
La gente no mola

A nuestro amor manda doce lirios blancos
A nuestro amor manda un ataúd de madera
Que nuestro amor las palomas de ojo rosa arrullen:
“La gente no mola”
A nuestro amor devuelve todas las cartas
A nuestro amor manda una ofrenda de sangre
Que nuestro amor lloren los amantes dolidos
Lloren la gente no mola

No es que sean malos con ganas
Hasta pueden consolarte, y lo intenta
Te atienden si tu salud se resiente
Te entierran si vas y te mueres
No es que sean malos adrede
Si pudieran te harían compañía
Pero, nena, todo eso son boludeces

La gente no mola
La gente no mola
La gente no mola
La gente no mola
La gente no mola

Di una versión anterior, sin tanta pompa, y con menos medios a mi alcance, de esta misma conferencia en la Academia de Poesía de Viena el año pasado. Fui invitado a desplazarme allí a fin de compartir a un grupo de estudiantes adultos los arcanos rudimentos que, presuntamente, asisten todo el que hace de la composición de canciones su oficio. No sin antes, así expresamente lo requirieron, dar una conferencia. El tema que elegí fue la Canción de Amor, y al hacerlo –es decir, al plantarme frente a una gran audiencia para impartir y compartir cuanto tuviera que revelarles–, me embargó un torbellino de sentimientos encontrados. El más intenso, acaso el más insistente de ellos, me atrevería a afirmar que fue terror en estado puro. Terror porque mi difunto padre era profesor de literatura inglesa en la escuela secundaria a la que asistí en Australia –ya saben, donde siempre brilla el sol–. Conservo muy nítidos recuerdos de cuando contaba unos doce años, sentado, como ustedes ahora, en clase o en una sala de conferencias, contemplando a mi padre, que estaría de pie, aquí arriba, tieso cual servidor, y pensando para mis adentros, sombría y miserablemente –porque, en honor a la verdad, era un chico con una existencia sombría y miserable–. “Realmente poco importa lo que sea que haga con mi vida mientras no termine como mi padre”. Ahora, a los cuarenta y un años, diríase que lo que a buen seguro experimentó durante su cometido como docente no dista mucho de cuanto me dispongo a hacer. A los cuarenta y un años me he convertido en mi padre, y aquí me tienen, damas y caballeros, enseñando.

En retrospectiva, podría alegarse que, a lo largo de estos últimos veinte años, se ha mantenido cierta coherencia en mi discurso. En medio de la locura y el caos, parecería como si hubiera estado aporreando un solo tambor. Puedo constatar, sin ruborizarme, cómo mi vida artística se ha centrado en el afán por articular la crónica de una sensación de pérdida casi palpable que, para colmo, parecía reclamar mi propia vida. La inesperada muerte de mi padre iba a dejar un gran vacío en mi mundo cuando apenas contaba diecinueve años. Lo único que fui capaz de urdir para llenar este agujero, este vacío, fue ponerme a escribir. Mi padre me adiestró a tal efecto como si con ello pretendiera ya prepararme para su marcha. La escritura fue el salvoconducto para acceder a mi imaginación, a la inspiración y, en última instancia, a Dios. Descubrí que a través del uso del lenguaje estaba dirigiéndome a un dios de carne y hueso. El lenguaje se convirtió en el manto que arrojé sobre el hombre invisible, lo que le confirió forma y fondo. La transubstanciación de Dios a través de la Canción de Amor sigue siendo mi principal motivación como artista. Caí en la cuenta de que el lenguaje se había convertido en el mejor bálsamo para aliviar el trauma sufrido con la muerte de mi padre. El lenguaje se convirtió en ungüento para la añoranza.

La pérdida de mi padre dejó en mi vida un vacío, un espacio por el que mis palabras comenzaron a flotar y a compilar y encontrar su propósito. El gran W. H. Auden dijo: “la por muchos llamada experiencia traumática no es un accidente, sino la oportunidad que el niño ha estado aguardando pacientemente; de no haber sido esta, habría encontrado otra para que su vida se convirtiera en un asunto serio”. La muerte de mi padre fue, no cabe duda, la “experiencia traumática” de la que Auden nos habla, la que dejó el vacío que solo Dios podía llenar. Cuán hermosa es la noción de que nosotros mismos alumbramos nuestras propias catástrofes personales y que nuestras propias fuerzas creativas son, a su vez, de instrumental importancia para que así sea. Nuestros impulsos creativos permanecen en los flancos de nuestras vidas, prestos para tendernos una emboscada, dispuestos a asaltarnos y plantar pica en escena perforando nuestra conciencia –abriendo brechas a través de las cuales puede surgir la inspiración–. Cada uno de nosotros tiene la necesidad de crear, y la asimilación del dolor es, en sí misma, un acto creativo.

Aunque la Canción de Amor se manifiesta de muchas y muy variopintas formas –canciones de exaltación y alabanza, de rabia y desesperación, eróticas, de abandono y pérdida– en todas ellas se invoca al Creador, pues es en la embrujadora premisa del anhelo donde la verdadera Canción de Amor habita. Es un aullido en el vacío que clama al cielo amor y consuelo, y pervive en los labios del niño que llora a su madre. Es la canción del amante que se desespera por su ser querido, el delirio del lunático suplicante invocando a su dios. Es el desgarrador lamento del que, encadenado a la tierra, anhela alzar el vuelo, el vuelo hacia la inspiración, la imaginación y la divinidad.

La Canción de Amor sería, por tanto, la materialización de nuestros vanos esfuerzos por convertirnos en seres divinos, para elevarnos por encima de lo terrenal y de lo banal. Creo que la Canción de Amor es, por definición –y por antonomasia–, la canción de la tristeza, el sonido verdadero de la pena.

Todos experimentamos en lo más hondo de nuestro ser lo que los portugueses felizmente dieron en denominar saudade, término que se traduce como una suerte de anhelo inexplicable, la innombrable y enigmática ansia que anida en el alma, y es este sentimiento el que vive en los reinos de la imaginación y la inspiración; y es, a su vez, el caldo de cultivo del que emerge la canción de la tristeza, la Canción de Amor. Saudade es el deseo de ser transportado de la oscuridad a la luz, de ser acariciado por lo que no es de este mundo. La Canción de Amor es la luz divina, desde lo más profundo de nuestras entrañas, estallando a través de nuestras heridas.

En su brillante conferencia titulada Juego y teoría del duende, Federico García Lorca se apresta a esbozar una plausible explicación sobre la extraña e inexplicable tristeza que anida en el corazón de ciertas obras de arte. “Todo lo que tiene sonidos oscuros tiene duende”, para, acto seguido, añadir, “ese misterioso poder que todos sienten, pero el filósofo no puede explicar”. En la música rock contemporánea, inframundo en el que me gano el sustento, la música parece menos inclinada a cobijar en su alma, inquieta y temerosa, la tristeza de la que nos habla Lorca. Emoción, a menudo; ira, no pocas veces, pero la verdadera tristeza escasea. Bob Dylan siempre la padeció. Leonard Cohen se centra, específicamente, en su tratamiento. Persigue a Van Morrison como un perro rabioso y, aunque lo intenta, no puede sustraerse a su sombra. Tom Waits y Neil Young pueden, en ocasiones, invocarla. Mis amigos The Dirty lo cargan a granel pero, a modo de epitafio, podría aventurarse que el duende se antoja demasiado frágil para sobrevivir a la modernidad compulsiva de la industria discográfica. En la tecnocracia histérica de la música moderna, se obliga a la pena a hacinarse en la última fila del aula, donde toma asiento, meándose de terror en sus pantalones. La tristeza o duende necesita espacio para respirar. La melancolía detesta el apremio y flota en silencio. Siento pena por la tristeza, mientras saltamos por todas partes, negándole su voz y tratando de verbalizarla e impulsarla hacia otros confines. No es de extrañar que la tristeza no sonría a menudo. Tampoco es de extrañar que la tristeza siga tan triste. Todas las Canciones de Amor tienen que tener duende porque la Canción de Amor nunca es, sencilla y llanamente, felicidad. Primero debe hacer suyo el potencial para expresar el dolor. Esas canciones que hablan de amor, sin tener entre sus versos un lamento o una sola lágrima, no son Canciones de Amor en absoluto, sino más bien Canciones de Odio disfrazadas de Canciones de Amor y no merecen, siquiera, nuestra más mínima atención. Estas canciones nos despojan de nuestra humanidad y de nuestro derecho, por Dios concedido, a estar –y a sentirnos– tristes, y las ondas están infestadas de ellas. La Canción de Amor debe resonar con los susurros de la tristeza y los ecos del dolor. El escritor que se niega a explorar las regiones más oscuras del corazón jamás podrá escribir convincentemente sobre el poder del encantamiento, la magia y la alegría del amor, pues al igual que no puede confiarse en el bien a menos que haya respirado el mismo aire que el mal –la metáfora del Unigénito crucificado entre dos criminales viene aquí a mi mente–, en la estructura de la Canción de Amor, en su melodía, en la letra, debe uno sentir que ha saboreado la capacidad de sufrimiento.

Sad Waters

Down the road I look and there runs
Mary Hair of gold and lips like cherries
We go down to the river where the willows weep
Take a naked root for a lovers’ seat
That rose out of the bitten soil
But bound to the ground by creeping ivy coils
O Mary you have seduced my soul
Forever a hostage of your child’s world

And then I ran my tin-cup heart alone
The prison of her ribs
And with a toss of her curls
That little girl goes wading in
Rolling her dress up past her knee
Turning these waters into wine
Then she plaited all the willow vines

Mary in the shallows laughing
Over where the carp dart
Spooked by the new shadows that she cast
Across these sad waters and across my heart

Aguas apenadas

Miro por el camino y ahí va
Mary Cabellos de oro y labios de cereza
Bajamos al río donde los sauces lloran
Una raíz es nuestro sillón de amor
Que emergió de la tierra hollada
Aunque sepulta por yedra enroscada
Ay, Mary, me cautivaste el alma
Eterno rehén de tu mundo infantil

Y luego repaso mi corazón de latón
Por los barrotes de sus costillas
Y agitando sus rizos
La chiquilla vadea el río
Remangándose sobre la rodilla
Convirtiendo estas aguas en vino
Luego trenzando las fibrosas ramas

Mary en el bajío se ríe
Allí donde resbalan las carpas
Asustadas por su mera sombra
Que oscurece mi corazón y estas aguas

 

Extracto de La vida secreta de la canción de amor, texto que se presentó, a modo de conferencia, en el South Bank Centre, Londres, en 1999.

Estos fragmentos pertenecen al libro Obra lírica completa (1978-2019) que, con traducción de Miquel Izquierdo, acaba de publicar Libros del Kultrum.

 

[Fuente: http://www.fronterad.com]

 

Apenas despuntando el año 2010 la magnífica cantante méxico-estadounidense perdió la batalla contra un cancer de seno. 10 años después sigue muy presente.

El año 2010 comenzó con una pésima noticia: la muerte de la magnífica Lhasa de Sela A los 37 años un cáncer de seno acabó con la vida de una de las cantantes más auténticas y emotivas de nuestro tiempo. Apenas despuntaban las primeras horas del año.

Lejos de las bambalinas y los grandes focos de la fama, ella supo granjearse un sitio privilegiado en el corazón de muchos amantes de la música verdadera y honesta, la que se canta desde el fondo del alma sin artificios ni falsas posturas.

Dejó tres fabulosos discos llenos de canciones dolorosas, tristes y nostálgicas, cantados con su inolvidable voz de terciopelo. Imposible olvidarla y necesario recordarla.

Juan Carlos Ballesta

“He venido al desierto para reírme de tu amor. Que el desierto es más tierno y la espina besa mejor. He venido a este centro de la nada para gritar”, cantaba Lhasa de Sela en “El Desierto”, con el dolor propio de cualquier bolero, representativa pieza incluida en La Llorona (1997), un sorprendente disco debut que mezclaba la herencia musical mexicana, el blues, el folk sureño, la chanson y cierta estética pop.

La hibridación cultural presente en la propuesta de Lhasa siempre estuvo ligada con el devenir de su vida. Nacida cerca de Woodstock, hija de un profesor mexicano que dictaba clases de español en Nueva York y de la actriz y fotógrafa norteamericana Alexandra Karam -quien le puso el nombre de la capital del Tibet-, desde muy niña se acostumbró a la vida nómada.

Parte de la numerosa familia, que incluye nueve hermanos de los tres distintos matrimonios de sus padres, viajó durante ocho años por el sur de Estados Unidos y el norte de México en un pequeño autobús escolar reconvertido, hasta radicarse finalmente en San Francisco.

Un período repleto de arte, libros, cartas y mucha música, sin la influencia de la TV, sin luz eléctrica ni agua corriente. Su banda sonora: Violeta Parra, Chavela Vargas, Billie Holiday, Amalia Rodrigues, Maria Callas, Nico, Marianne Faithfull, Tom Waits, Leonard Cohen…

En 1992, con 19 años, decide mudarse a Montreal y conoce al músico Yves Desrosiers (exguitarrista de Jean Leloup) con quien desarrolló un fructífero trabajo que desembocó en el aclamado trabajo La Llorona (1997), bautizado a partir de la figura femenina de la mitología azteca que seducía a los hombres con cantos de sirena para luego maltratarlos.

Gracias a piezas como “De Cara a la Pared”, “El Desierto”, “Por eso me quedo”, la tradicional “El payande”, “Floricanto” o “El pájaro”, este disco obtuvo varios premios y el inmediato reconocimiento de varios círculos de seguidores de la “world music”.

A pesar de estar cantado enteramente en español, este disco penetró el difícil mercado francófilo.

Tras la extensa gira que siguió el lanzamiento de La LloronaLhasa decide moverse a Francia para unirse al circo itinerante manejado por tres de sus hermanas. Con ellas viaja por toda Europa, absorbiendo las influencias eurocéntricas, cíngaras, gitanas y mediterráneas que servirían de alimento para su segundo disco The Living Road (2003).

Tras colaborar con el francés Arthur H y la banda británica Tindersticks, regresó a Montreal llena de nuevas ideas para juntarse de nuevo con Desrosiers. Con la adición de los instrumentistas y productores Francis Lalonde y Jean Massicotte, Lhasa le dio vida a doce sensacionales canciones, cantando en francés, inglés y español y ampliando la paleta sonora del debut con marimbas, acordeones, violines, theremin y trompetas, todos unidos en un ritual de gran sensualidad que conmueve al extremo.

En 2005, Lhasa de Sela fue galardonada como mejor artista de las Américas en los Awards for World Music de la BBC.

Su producción no fue prolífica. Cada uno de sus tres discos, espaciados en el tiempo, dejó reflejada su emotividad, su dolor y gran capacidad para estremecer. Así, en el 2009 editó un homónimo disco -cantado todo en inglés-, doloroso como la circunstancia que sufría desde el 2008.

No pudo realizar la extensa gira que tenía preparada. Un cáncer de seno acabó con su vida a los 37 años. Nos quedaron sus canciones, no demasiadas, pero todas imprescinibles.

Escribía Jaime Álvarez en la edición impresa #4 de Ladosis sobre su tercer álbum: “Son canciones devenidas en dolores en suspenso y recuerdos borrosos, como Lhasa, como su voz herida e inolvidable rostro”.

Ella sabe que nunca dejaremos de escucharla.

[Fuente: http://www.revistaladosis.com]

Érudit polyglotte germanophone né en 1894 à Rzeszów (alors austro-hongroise et polonaise en 1918), Zvi (Hirsch Simcha) Koretz, « rabbin adjoint de la synagogue de Charlottenburg, la plus chic de Berlin », devient en 1933, peu après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, grand rabbin de Salonique (Grèce), ville ottomane jusqu’en novembre 1912, puis devenue grecque. Son action lors de l’occupation nazie en fait un personnage controversé. Arte diffuse sur son site Internet « L’héritage juif de Salonique » (Thessalonikis jüdisches Erbe) par Cordula Echterhoff. Le 30 juin 2020 à 19 h, Yad Vashem propose la conférence en ligne « La Shoah en Grèce : les déportations tardives à partir des îles grecques  (Corfou, Crète, Rhodes et Kos)« , avec Léa Micha, directrice du bureau des pays des Balkans du Département européen de l’École internationale pour l’enseignement de la Shoah de Yad Vashem. Le2 juillet 2020 à 18 h, Valiske Assoc organise l’événement en ligne « Sur les traces des Juifs de Grèce« , par Anastasio Karababas, enseignant à l’Alliance israélite universelle (AIU), guide-conférencier au Mémorial de la Shoah de Paris et auteur de “La Shoah – L’obsession de l’antisémitisme depuis le XIXe siècle” (Bréal, 2017). 

Publié par Véronique Chemla  

Cette « Jérusalem des Balkans » a été en partie détruite par l’incendie de 1917 – le 18 août 1917 un incendie a ravagé Thessalonique (autre appellation de Salonique), a laissé sans domicile 70 000 personnes, dont 53 000 Juifs – suivi d’un exil de nombreux Juifs en particulier vers la Palestine mandataire et les États-Unis. Elle n’a pas enrayé son déclin. Diverse, sa communauté juive de plus de 50 000 membres, parlant le judéo-espagnol (judesmo), demeure divisée.

Zvi Koretz renforce ses relations avec les autorités politiques grecques, et gagne l’estime, mais non l’amour de ses coreligionnaires saloniciens. Son contrat de grand rabbin est renouvelé en 1938.

En avril 1941, l’Allemagne nazie occupe la Grèce. Sous l’autorité d’Adolf Eichmann, Hauptsturmführer Aloïs Brunner et Dieter Wisliceny organisent dès février 1943 la déportation des Juifs saloniciens. Ils s’appuient sur un Judenrat dirigé par Zvi Koretz, chef spirituel et président de la communauté, devenu un maillon dans l’engrenage qui a mené en quelques mois au départ de la quasi-totalité des Juifs saloniciens, par wagons, vers Auschwitz.

Le 2 août 1943, Zvi Koretz est déporté avec son épouse Gita et leurs deux enfants, Léo et Lili, vers Bergen-Belsen, puis en avril 1945 à Theresienstadt. Le 3 juin 1945, il meurt à Tröbitz et est enterré dans le cimetière juif de cette ville allemande.

Le 2 juillet 1946, s’ouvre en Grèce le procès des « collaborateurs qui avaient trahi leurs frères de Salonique », dont Zvi Koretz, Jacques Albala et Vital Hasson.

Ce roman historique de Michèle Kahn comprend deux éléments fictifs gênants : la rencontre à Vienne en 1941 d’Aloïs Brunner et Zvi Koretz, et le dialogue entre celui-ci et l’auteur.

Il décrit le même processus observable dans d’autres villes occupées par les Nazis : ghettoïsation dans des conditions déplorables, rackets systématiques et spoliations généralisées des Juifs, Judenrat avec une spécificité salonicienne – le président en est le grand rabbin, chef spirituel -, établissement de listes de Juifs, port de l’étoile jaune, travaux forcés pour les jeunes juifs, départs des convois vers un ailleurs inconnu, aveuglement d’élites juives, rares justes, etc.

Avec empathie, Michèle Kahn portraiture Zvi Koretz, intelligent, mais vaniteux et naïf.

Un grand rabbin que certains considèrent comme « irrémédiablement terni » par sa stratégie d’obéissance aux ordres des Nazis et son long aveuglement, et silence, quant à leur dessein.

ADDENDUM :Le 26 décembre 2012, 668 pierres tombales en marbre de Juifs de Salonique, détruites par les Nazis, ont été découvertes à Thessalonique (Grèce). 

Heinz Kounio, alors jeune Juif déporté dans le premier train de déportés juifs quittant le 15 mars 1943 Salonique, dans le nord de la Grèce, pour le camp d’Auschwitz-Birkenau, est l’un des derniers survivants juifs grecs de la Shoah. Âgé de 85 ans, M. Kounio a témoigné en mars 2013 devant des dirigeants communautaires de divers pays, à Thessalonique (autre appellation de Salonique), « inquiets de l’émergence de partis néonazis en Grèce et dans le reste d’une Europe affaiblie et divisée par la crise économique et financière à Thessalonique (Grèce)« . Des 46 091 Juifs déportés de Salonique vers les camps nazis d’extermination, 1 950 ont survécu en 1945. 

Le 1er décembre 2013, à 15 h le Mémorial de la Shoah étudie la destruction des Juifs de Salonique. La ville de Salonique, dénommée actuellement Thessalonique, « abritait la plus importante communauté juive de Grèce jusqu’en mars 1943. En quelques mois, la quasi-totalité (85 %) des Juifs de cette ville est assassinée dans les camps nazis ».

Le 20 décembre 2013, Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, a annoncé la future construction d’un musée de la Shoah  dans cette deuxième ville de Grèce. Il a déclaré : « Ainsi, Thessalonique va remplir son devoir d’Histoire ». Ce monument sera dédié à la mémoire des plus de 46 000 Juifs qui en ont été déportés vers le camp nazi d’Auschwitz (Pologne) pendant la Deuxième Guerre mondiale. D’une superficie d’un hectare, ce musée sera édifié d’ici à 2020 à l’emplacement de l’ancienne gare d’où les trains sont partis pour ce camp nazi dès 15 mars 1943 : d’environ 50 000 personnes à l’époque, la population juive de cette « ville multiculturelle, sorte de pont entre l’Orient et les Balkans, est tombée à un millier environ aujourd’hui ».

« L’héritage juif de Salonique »
Arte diffuse sur son site Internet « L’héritage juif de Salonique » (Thessalonikis jüdisches Erbe) par Cordula Echterhoff. « Thessalonique, deuxième ville grecque en nombre d’habitants, a une histoire mouvementée. Les troupes allemandes qui occupèrent la ville d’avril 1941 à l’automne 1944 ont décimé la communauté israélite installée sur place depuis des siècles. »

« La Shoah en Grèce : les déportations tardives à partir des îles grecques »

Le 30 juin 2020 à 19 h, Yad Vashem propose la conférence en ligne « La Shoah en Grèce : les déportations tardives à partir des îles grecques  (Corfou, Crète, Rhodes et Kos)« , avec Léa Micha, directrice du bureau des pays des Balkans du Département européen de l’École internationale pour l’enseignement de la Shoah de Yad Vashem. Rencontre animée par Eliad Moreh Rosenberg, conservatrice du Musée d’art de la Shoah et directrice du département artistique de la division des musées de Yad Vashem, et Arièle Nahmias, directrice du bureau francophone du département européen de l’École internationale pour l’enseignement de la Shoah de Yad Vashem. « Yad Vashem, institut de premier plan sur la scène internationale de la mémoire, vous propose de réfléchir ensemble autour de différents sujets. il lui parait opportun de resserrer les liens avec nos amis de par le monde, de nous unir pour lutter contre l’obscurantisme et l’ignorance trop souvent sources de maux et de menaces et ainsi, façonner à la génération de demain un avenir prometteur, ancré dans une compréhension humaniste du passé. Tous les mardis, Yad Vashem vous propose une rencontre hebdomadaire, à distance, via la plateforme numérique Zoom. Chaque semaine, une conférence en français sera organisée sur des thèmes liés à la Shoah. Avec pour intervenants des experts francophones de Yad Vashem, mais aussi des rescapés de la Shoah ou des intervenants extérieurs.

« Sur les traces des Juifs de Grèce »

Le 2 juillet 2020 à 18 h, Valiske Assoc organise l’événement en ligne « Sur les traces des Juifs de Grèce« , par Anastasio Karababas, enseignant à l’Alliance Israélite Universelle (AIU), guide-conférencier au Mémorial de la Shoah de Paris et auteur de “La Shoah – L’obsession de l’antisémitisme depuis le XIXe siècle” (Bréal, 2017). 
Sur Zoom : 
ID de réunion : 948 5403 0609
Mot de passe : 354007

Anastasio Karababas a rédigé cette présentation concise « Les Juifs de Grèce : une histoire méconnue« . « En 2019, il publie une étude intitulée Sur les traces des Juifs de Grèce, disponible sur https://www.mededition.fr/ et sur http://www.crif.org/fr/etudesducrif/crif-etude-du-crif-ndeg51-sur-les-traces-des-juifs-de-grece. De nombreuses conférences sont réalisées à travers la France afin de faire connaître cette riche histoire.

Qui sont ces Juifs ?
• La Grèce est un pays qui fascine. Les livres nous parlent des découvertes et réflexions des grands savants de l’Antiquité. Mais qui connaît vraiment l’histoire des Juifs de Grèce et leur apport à la culture hellène ?

La plus vieille communauté juive d’Europe est présente sur le territoire depuis la période d’Alexandre le Grand. À travers les siècles, elle va tenter de s’intégrer et de s’adapter aux nombreux envahisseurs : Romains, Byzantins, Vénitiens, Ottomans, Français, Anglais, Italiens ou Allemands. Les Romaniotes, nom donné aux premiers Juifs de Grèce, les Ashkénazes d’Europe de l’Est qui fuient les massacres perpétrés par les croisés entre le XIème et le XIIIème siècle, ainsi que les Séfarades de la péninsule ibérique chassés par Isabelle la Catholique, vont former un judaïsme grec pluriel et dynamique. La diversité religieuse, culturelle, intellectuelle va permettre à certaines villes comme Thessalonique, appelée par les Turcs Selanik, de connaître la prospérité. Malgré un antijudaïsme (l’Église orthodoxe véhicule l’idée que les Juifs ont trahi et assassiné Jésus) et un antisémitisme latents depuis le Moyen-Age, artistes, penseurs, rabbins et hommes d’affaires participent pleinement à la vie du pays. 

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, environ 75.000 Juifs vivent en Grèce sur un pays de plus de 7 millions d’habitants. 54.000 sont à Thessalonique, surnommée la « Jérusalem des Balkans ». La Shoah vient effacer plusieurs siècles d’histoire. Synagogues, cimetières et écoles disparaissent. Entre 1941 et 1944, les Juifs subissent spoliations, humiliations et déportations vers les camps de la mort. 60.000 à 67.000 personnes (les chiffres font encore l’objet de débats parmi les historiens) seront exterminés, soit près de 90% de la communauté juive. Proportionnellement à la population, c’est le chiffre le plus élevé d’Europe après la Pologne et la Lituanie. Environ 10.000 rescapés des camps ou cachés dans tout le pays tentent de reprendre une vie normale. Mais c’est presque impossible. Le pays, traumatisé par l’occupation, se déchire dans une guerre civile qui dure jusqu’en 1949. Puis, l’antisémitisme n’a toujours pas disparu. Nombreux sont ceux qui vont partir vers l’Europe de l’Ouest, les États-Unis et surtout le futur État d’Israël. Aujourd’hui, sur 11 millions de Grecs il n’existe plus que 5. 000 Juifs.

75 ans après la guerre, le pays, secoué par dix ans de crise économique sans précédent, commence à faire face à son passé. Le réveil mémoriel émerge progressivement.

• Des témoins

Des 60.000 à 67.000 Juifs déportés de Grèce, environ 2.000 sont revenus des camps de la mort. Quelques décennies après la Shoah, certains vont entreprendre une lourde tâche : mettre par écrit leur vécu. Parmi eux Shlomo Venezia, déporté de Thessalonique, qui publie en 2007 Sonderkommando – Dans l’enfer des chambres à gaz (Albin Michel).

Un an après, le livre est également traduit en grec. Un autre rescapé salonicien est le judéo-espagnol Jacques Stroumsa, connu sous le nom de « violoniste d’Auschwitz ». Il publie en 1997 en grec Διάλεξα τη ζωή…Από τη Θεσσαλονίκη στο Άουσβιτς (« Dialexa tin zoi…Apo tin Thessaloniki sto Aousvits » ; Traduction : J’ai choisi la vie…De Thessalonique à Auschwitz). En 1998, le livre paraît en langue française avec une préface de Beate Klarsfeld. Le titre est désormais Tu choisiras la vie : violoniste à Auschwitz (Cerf). C’est le père Patrick Desbois qui lui a conseillé ce nouveau titre, inspiré de la Bible, afin de mettre en avant une sorte de mission divine. Ce prêtre est l’un des acteurs les plus importants du dialogue entre l’Église catholique et le Judaïsme. Il est président de Yahad In-Unum, association qui parcourt l’Europe de l’Est afin de mettre en lumière les crimes des Einsatzgruppen (« groupes d’intervention » chargés de fusiller les Juifs dans les forêts).

Jacques Stroumsa décrit sa déportation à Birkenau le 29 avril 1943: « Ma famille et moi-même avons fait partie du convoi numéro 16, composé de 2500 personnes au départ [Le train arrivera 10 jours après]. Sur ce total, 568 hommes et 247 femmes ont reçu un numéro de tatouage, soit 215 personnes au total. Les autres, soit 1685 personnes, ont disparu dès l’arrivée (chambre à gaz et crématorium)».

Sa femme Nora, enceinte de huit mois, ainsi que le reste de sa famille ne sont pas sélectionnés pour le travail. Il ne les reverra plus jamais, sauf sa petite sœur Bella. À Auschwitz, il porte dans sa peau le numéro 121.097. Le soir de son arrivée dans le camp, le Blockältester (responsable du Block, c’est-à-dire du baraquement) réunit les internés dont il a la charge : « Quand nous fûmes réunis autour de lui, il nous demanda : Y a-t-il parmi vous des « Häftlinge » (prisonniers) qui savent bien jouer de la musique ? Cette question, formulée brutalement, nous surprit un peu : après tout ce qu’on avait déjà enduré depuis notre arrivée, il fallait encore savoir jouer d’un instrument musical ! Personne ne dit rien ; mais mes nombreux camarades qui me connaissaient de Salonique se tournèrent instinctivement vers moi pour me désigner. « Puédé séré és buéno para todos » (C’est peut-être bien pour nous tous »). Devant cette pression amicale, je fis un pas en avant en disant, en allemand : « Je joue du violon, mais ce n’est pas ma profession »… Effectivement, quelques minutes plus tard, le « Stubedienst » (l’assistant du chef de bloc) me mit dans les mains un violon et un archet. Je demande naïvement : « Que voulez-vous entendre ? Mozart, Beethoven, Haydn ? Concerto, sonates ? – Ce que tu veux », me dit-il… j’ai commencé à jouer, pendant une vingtaine de minutes… Nous étions tous brisés d’émotion. Chacun de nous se rappelait sa vie d’homme libre à Salonique…C’est ainsi que, durant tout un mois, j’ai exercé les fonctions de violon solo à l’orchestre de Birkenau».

Engagé donc comme premier violon à Auschwitz, il raconte en quoi consiste son « travail » : « Après l’appel matinal, qui souvent durait une, deux heures ou plus, et pendant lequel le froid ou la pluie fine qui tombait nous faisait claquer des dents, chaque « Kommando » s’organisait pour être prêt à partir pour le travail. Nous, les musiciens de l’orchestre, devions courir à notre baraque, prendre nos instruments et aller vite sur l’estrade située devant la sortie principale du camp. Dès que le coup de sifflet retentissait, l’orchestre, sous la baguette du chef, se mettait à jouer, pendant que le défilé des prisonniers-esclaves commençait ».

Il restera dans le plus grand camp d’extermination pendant presque deux ans. Le 18 janvier 1945, il subit les marches de la mort. Jacques est libéré au camp de concentration de Mauthausen le 8 mai 1945. Après la guerre, il passe quelques années de sa vie en France, se remarie puis s’installe en Israël en 1967. Il décède en 2010. Le compositeur et interprète Leonard Cohen s’est inspiré de son histoire pour écrire en 1984 la chanson « Dance me to the end of love ».

« L’héritage juif de Salonique » de Cordula Echterhoff
Auteur : Cordula Echterhoff
Chargé(e) de programme :
Barbara Brückner, WDR
Allemagne, 2019, 14 min
Disponible du 05/12/2019 au 06/06/2023

Michèle KahnLe rabbin de Salonique. Editions du Rocher. 560 pages. 19,90 €. ISBN : 978-2-268-07032-2 

Cet article a été publié dans le n° 633 de février 2011 de L’Arche et sur ce blog le 26 février 2011, puis les :

– 26 décembre 2012 alors que 668 pierres tombales en marbre de Juifs de Salonique, détruites par les Nazis, ont été découvertes à Thessalonique (Grèce), les 18 mars et 19 août 2013, et le 1er décembre 2013 ;

– 1er décembre 2013.

 [Source : http://www.veroniquechemla.info]

Escrito por Claudio Ferrufino-Coqueugniot

Sobre los barandales internos del Hotel Chelsea cuelgan cuadros de José Luis Cuevas y los cuerpos desarreglados de Sid y Nancy. Los creadores crean. Cohen y Dylan, cada uno en lo suyo. Los asesinos asesinan en las calles del NY de los noventa, mientras los hombres aman a pelirrojas de largos cabellos que rememoran una Janis que no conocí pero que percibo en las corvas de movimiento pausado, en la sonrisa pelirroja, el sexo pelirrojo, vellos desarreglados como los muertos puestos a secar. No solo en las caderas, en la sonrisa, la voz que imita a la diva, la tristeza que emana de la eyaculación: la sima después de la cumbre.

Me dormí. Le debo treinta años al sueño. No me preocupa, porque se lo pagaré con creces cuando no despierte. Igual a mi padre, digo: no me traigan curas. Pero pónganme a Palestrina, o misas antiguas, que las notas sacras me tocan igual a las calladas iglesias. Me escondo detrás de un poste y miro hermosas ortodoxas con el cabello cubierto besar los pies de los iconos, besarles las manos en devoción.

Quería tocar Hotel Chelsea, de Leonard Cohen, y me quedo con el Wild Cat Blues de Clarence Williams, con Sidney Bechet. Janis no tengo acá. Hay orfandad también en la calle Clarkson. Espacios vacíos rebalsan de fantasmas: litografías de peces, una fotografía de mi amigo Milan Gonzales, la imagen de soldado de papá.

Pink Cadillac, Mercedes Benz. Nubes que se enroscan y tuercen como en Van Gogh o sicodelia. Delirios de viajes de los que me habla Daniel. En el sótano, el Arcángel está creciendo hongos alucinógenos. Estarán listos en dos semanas. Es un proceso arduo que incluye calor, humedad, cuidado de orfebre y de enfermero. Pregunto si son buenos para la cópula y Omar y Gabriel me descalifican diciendo que no son para coger, que se trata de un viaje espiritual. Les digo que no tengo las maletas listas pero que los probaré; me interesa el concepto de los indios papagos sobre el peyote, el de los tarahumaras. Viajes. Quizá, por ahí, me acerque a Janis, la visite en la tumba del aire donde quedamos todos, en noche de luna, desnudos. Con pelos, los hombres lobo no necesitan prendas. Tal vez allí contradiga a los espíritus y exista un resquicio de amor físico, porque para conocerme tuve sesenta años sin lograrlo y no me interesa más saber si soy o no soy, si fui o no, si seré o non seré. Tal vez, como en los sueños de Jim Morrison, me encuentre con mis razas americanas y conjugue lo que los blancos se empeñan en separar.

Para colmo, Maurizio me envía una foto tuya, Janis, y ya me pierdo. Trastabillo en guardar el delicado piave veneciano que me va creando adicción. Los “honguitos” crecen en el sótano como musgo blanco. Escucho a los vecinos; huelo mota. El mundo de las 6:52 de la tarde, sábado, con King Oliver ahora.

Jazz viejo y amor joven. Irreverentes vellos pelirrojos pintan la tarde del Chelsea. Parece Día de los Muertos nuyorquino y famoso.

[Fuente: lecoqenfer.blogspot.com]

Para ponerle el broche final a esta sección tan longeva, operativa desde la fundación de Efe Eme en 1998, acudimos a Javier de Diego Romero y su análisis de La question, cima artística de Françoise Hardy e integrante incuestionable del canon discográfico del pop francés.

Françoise Hardy
La question
SONOPRESSE, 1971


Autor: Javier De Diego Romero

1971 fue, bien puede sostenerse, el año más deslumbrante de la historia del pop galo, el más pródigo en obras maestras. Hablamos, para empezar, del año de Histoire de Melody Nelson, de Serge Gainsbourg, un fascinante ciclo de canciones inspirado en la novela de Nabokov Lolita, donde el legado clásico de Debussy y Fauré convive con asombrosa naturalidad con el latido del funk contemporáneo. No menos brillante es Polnareff’s, pop psicodélico de altos vuelos, un álbum deliciosamente excesivo y ampuloso que mostró a Michel Polnareff en la plenitud de sus facultades creativas. Y fue también, en fin, el año de La question, el trabajo con el que Françoise Hardy terminó de decir adiós a su época de ídolo yeyé, su gran disco de afirmación artística, el que muchos consideran (consideramos) como el pináculo de sus casi seis decenios de trayectoria.

Todo comenzó a cambiar en la carrera de la cantante parisina a la altura de 1967, un lustro después de aparecer en escena con la memorable “Tous les garçons et les filles”. Deseosa de tomar el control de sus finanzas, creó su propia compañía de producción, Asparagus, para disgusto de Vogue, su casa de discos. Las incesantes giras la agotaban, le dejaban el ánimo por los suelos, y en 1968 decidió abandonarlas, lo que agriaría más aún sus relaciones con la discográfica. Hardy terminó rompiendo amarras con Vogue y firmando por Sonopresse, sello en el que publicaría, además de La questionSoleil (1970) y Et si je m’en vais avant toi (1972). Por otro lado, después de verse obligada a liquidar Asparagus de resultas del conflicto con Vogue, en 1970 fundó una nueva productora, Hypopotam: salvaguardar su libertad artística se había convertido en su máxima prioridad. Hardy mostraba así, en fin, un carácter independiente y díscolo difícil de imaginar en la chica yeyé que había encandilado al mundo en los años anteriores. Una actitud de la cual también se distanciaría, por lo demás, en virtud de sus crecientes inquietudes literarias: empezó a leer a Proust, Céline e Ionesco; en el elepé Comment te dire adieu? (1968) versionó a Leonard Cohen (“Suzanne”) y a Phil Ochs (“There but for fortune”, adaptada al francés como “Où va la chance?”); el novelista Patrick Modiano —por entonces en sus comienzos; en 2014 sería galardonado con el Nobel— le escribió la letra de varias canciones.

Reivindicarse como artista

A inicios de la década de los setenta, a Françoise Hardy se le antojaba fundamental reivindicarse como artista, aunque ello implicara —como de hecho ocurriría— que su repercusión comercial fuera mucho menor que la que había logrado con el contagioso pop de pitiminí de sus años en Vogue. Un propósito que consiguió sobradamente con La question, para el que contó con una aliada singular: Valeniza Zagni da Silva, de nombre artístico Tuca, una cantante y guitarrista brasileña que le había maravillado en una de sus actuaciones en el restaurante parisino La Feijoada. Fue en el otoño de 1970, poco después de regresar del Festival Internacional de la Canción de Río de Janeiro, al que había sido invitada como miembro del jurado, cuando le propuso grabar un disco juntas. Un disco que incorporara los sonidos dulces y lánguidos de la bossa nova, en los que había profundizado durante su estancia en Río, y que Tuca moldeaba con primor; sonidos que, ciertamente, parecen hechos a medida para la más melancólica de las chansonnières. A diferencia del ritmo vertiginoso que le habían impuesto en sus álbumes previos, Hardy pudo trabajar con calma en el material que le ofreció la brasileña: ensayó todos los temas con ella a diario durante un mes antes de entrar en el estudio. Allí se les unirían Guy Pedersen, un avezado contrabajista de jazz; y Francis Moze, bajista del grupo de rock progresivo Magma. Interpretados por la Orquesta de París, los arreglos de cuerda son obra de Raymond Donnez —que posteriormente descollaría como una de las grandes figuras del eurodisco— y de la propia Tuca. En el apartado literario encontramos a Hardy como firmante de casi la mitad de los textos, y a un puñado de letristas de renombre en la escena local, entre los que sobresale Frank Gérald.

Atmósferas espaciosas de iluminación tenue, guitarras acústicas que se mecen al compás de la brisa carioca, esbeltas orquestaciones que envuelven tersamente, la voz aterciopelada y susurrante de Hardy. Estamos ante un disco austero, intimista, pero no tan sereno como podría parecer. Lo subraya Keren Ann, una de las más brillantes herederas de Hardy en el siglo XXI: «Es un álbum de ambiente reposado, pero que expresa un verdadero tormento». El tormento que comportaba la relación sentimental de Françoise con el cantante Jacques Dutronc, su «pregunta sin respuesta», como canta en “La question”, el amado elusivo, inaprensible, de quien espera incesantemente una señal. Acerca de esta espera versan, además del tema titular, la tierna y encantadora “Même sous la pluie”, la canción de Tuca que condujo a la parisina a querer colaborar con ella; “Si mi caballero”, un tema de aroma medieval en el que la interacción entre el piano y la guitarra acústica musica a la perfección la acendrada melancolía de la cantante; y “Bâti mon nid”, la más vivaz y pegadiza del lote. La narradora de “Mer” llega a fantasear con la posibilidad de suicidarse ahogándose en el mar, un mar tan inquietante como acogedor, que imaginamos con nitidez merced al flujo y reflujo de las cuerdas. En La question el amor aflige y puede causar la propia destrucción, pero, al mismo tiempo, también redime, tensión que evocan subyugadoramente las cuerdas agitadas, febriles, de “Viens”, un arreglo soberbio que bien podría haber dibujado la batuta del gran Jean-Claude Vannier.

La question alberga un tema compuesto en solitario por Hardy, “Doigts”, el placer sensual sublimado en menos de dos minutos de gloria bendita. Pero si quieren derretirse por completo, escúchenla tararear y gemir en el éxtasis plácido de “Chanson d’O”, así titulada en referencia a la célebre novela de Dominique Aury Historia de O.

Nostalgia y ciencia ficción

Alejada de la temática amorosa predominante en el elepé, “La maison” trajo de vuelta a la Hardy nostálgica que años atrás había cantado “Ma jeunesse fout le camp” (“Mi juventud se desvanece”) y “La maison où j’ai grandi” (“La casa en la que crecí”). Es con la segunda con la que entronca más directamente esta hermosa pieza, en la que Françoise alterna las partes cantadas con el spoken word. Su protagonista ensueña con tristeza el hogar de su infancia, que ha marchitado tanto como él mismo, sus puertas perladas se han ajado con el tiempo, el paraíso originario al que daban acceso se ha perdido para siempre: saudade de alta costura. En “Le martien”, folk onírico reminiscente de “Space oddity” (David Bowie) y “Starsailor” (Tim Buckley), Hardy encarna a una chica de vida gris que, admirada y anhelante, contempla cómo un extraterrestre desciende del cielo para pedirle la mano y rescatarla del tedio; su particular incursión en la ciencia ficción, la cual, en los años subsiguientes al alunizaje del Apolo 11, invadía la música popular, del glam de Ziggy Stardust al afrofuturismo de George Clinton, pasando por las fantasías espaciales del rock progresivo.

Qué mejor manera de dar cierre a un disco tan ensoñador como La question que con un corte titulado “Rêve” (“Sueño”), versión de “A transa”, un tema del cantante brasileño Taiguara. Hardy sustituyó el texto original de esta canción de ingrávida belleza por uno propio, cuatro versos que encapsulan ese doble rostro del amor romántico al que aludíamos anteriormente: «Me maravillas como un sueño / que por fin se ha hecho realidad, / y me haces daño como un sueño / del que pronto tendré que despertar». Se corre así la cortina de un álbum magnífico, un fecundo maridaje de chanson y bossa nova que descubrió a una intérprete madura y consumada y, en fin, a una artista dispuesta a seguir a su musa a dondequiera que la llevara, ajena a las consideraciones comerciales. Imprescindible.

[Fuente: http://www.efeeme.com]

J’ai été pris dans l’avalanche
J’y ai perdu mon âme
Quand je ne suis plus ce monstre qui te fascine
Je vis sous l’or des collines
Toi qui veux vaincre la douleur
Tu dois apprendre à me servir

Le hasard t’a conduit vers moi
Pauvre chercheur d’or
Mais ce monstre que tu as recueilli
Ignore la faim, ignore le froid
Il ne recherche pas ta compagnie
Même ici au cœur au cœur du monde

Si je suis sur un piédestal
Je le gravis seul
Tes lois ne m’obligent à rien
Ni fessée ni prière
Je suis moi-même le piédestal
Par cette marque hideuse qui te fascine

Tu ne pourras vaincre la douleur
Sans être généreuse
Ces miettes que tu m’offres amour
Ne sont que les restes de mes festins
Ta douleur ici ne vaut rien
Ce n’est que l’ombre, l’ombre de ma blessure

Pourtant vois comme je te désire
Moi qui n’ai plus d’envie
Vois comme partout je te chante
Moi qui n’ai plus de désirs
Tu penses m’avoir abandonné
Mais je frémis encore quand tu soupires

Ne mets pas ces haillons pour moi
Je sais que tu es riche
Ne m’aime pas aussi férocement
Si tu ne sais plus ce qu’est l’amour
À toi de jouer, allez, viens
Regarde j’ai revêtu ta chair

Compositeur : Leonard Cohen

Interprète : Jean-Louis Murat

Album :  I’m Your Fan (1991)

Asaf Avidan est un dessinateur israélien devenu songwriter, ayant un « lien très sentimental avec Leonard Cohen et Bob Dylan » et ayant choisi l’Italie pour se « reposer entre deux tournées » et enregistrer. Arte rediffusera le 12 mai 2020 « Asaf Avidan – ARTE Sessions@Château d’Hérouville » par Julien Faustino.

Publié par Véronique Chemla

« J’associe thérapie et songwriting. Écoutez les premières paroles de Different Pulses [2012] : « My life is like a wound I scratch so I can bleed, Regurgitate my words, I write so I can feed… » [« Ma vie est comme une blessure que je gratte pour pouvoir saigner/Régurgiter mes mots, j’écris pour pouvoir me nourrir... »]. Ce processus est douloureux et effrayant. Autodestructeur d’une certaine façon. Mais selon moi, il est tout aussi destructeur de négliger ses peines et ses peurs. Nous avançons tous dans la vie avec ses souffrances. Chacun gère à sa manière l’absurdité de la vie. Chaque voie est aussi légitime qu’une autre. Celle d’un fanatique religieux, d’un bouddhiste végétarien, d’un activiste de la cause animal, d’un businessman… Je ne juge pas les décisions des autres. Nous essayons tous de trouver un sens là où il n’y en a pas. C’est à la fois pathétique et magnifique », a confié Asaf Avidan à L’Express (3 novembre 2017).      

Ruptures

Né en 1980 à Jérusalem (Israël) dans une famille de diplomates, Asaf Avidan  passe plusieurs années en Jamaïque.

En raison de problèmes de santé, il n’effectue que dix mois de service militaire.

Il étudie le cinéma d’animation à la Bezalel Academy of Arts and Design de la capitale israélienne.

Find Love Now, le court métrage qu’il réalise au terme de sa formation, est primé au festival du film de Haïfa.

Asaf Avidan vit et travaille comme animateur en free lance à Tel Aviv. Une rupture amoureuse l’incite à démissionner, retourner à Jérusalem et à devenir un auteur-compositeur-interprète, pianiste et guitariste, mêlant dans ses compositions folk, rock et blues.

À l’âge de 21 ans, il est soigné pour un lymphome, un cancer. Un traitement d’un an qui l’incite à consulter un psy. Il garde un souvenir ému du « parfum d’orange amère du shampooing d’une chambre de l’hôtel de Kauai Island, où j’ai séjourné après avoir été très malade. Souffrant d’un lymphome, j’avais été soigné par chimiothérapie, ce qui m’avait privé de l’odorat pendant toute une année. Et ce parfum magnifique m’a fait recouvrer ce sens. Ce fut alors comme renaître… »

En 2006, il produit Now That You Are Leaving, un EP (Extended Play) qui réunit six chansons sur ses histoires d’amour. Un succès critique.

Asaf Avidan fonde le groupe Asaf Avidan and the Mojos, qui rassemble Ran Nir – basse, Yoni Sheleg – batterie, Roi Peled – guitare, Hadas Kleinman – violoncelle.

Avec son frère Roie Avidan, il crée le label Talmavar Records qui produit The Reckoning (2008). Un succès commercial renforcé par le clip de Weak, extrait de l’album. Une chanson choisie par la réalisatrice Julie Bertuccelli pour son film L’Arbre qui a clôt le Festival international de Cannes 2010.

En 2009, Telmavar Records conclut un contrat avec Sony Columbia Europe alors que The Reckoning poursuit sa carrière en Europe. Le deuxième album Poor Boy / Lucky Man sort, accueilli par des louanges de critiques en et hors d’Israël.

Le public acclame le groupe en Israël, aux États-Unis, au Canada, en Chine, en Inde.

Le chanteur Asaf Avidan en concert

Les organisateurs de manifestations majeures, sportives ou culturelles, choisissent Asaf Avidan and the Mojos.

En 2010, Through The Gale est le troisième album, album-concept, du groupe. Une réflexion sur le sens de l’existence.

« Depuis qu’il a quitté son groupe The Mojos en 2011 » pour une « pause créative indéfinie », Asaf Avidan « mène une carrière solo fructueuse, avec deux albums au succès public et critique enviable » : Different Pulses (2013) et Gold Shadow (2015).

C’est dans le Nord Pas-de-Calais, en France, que Asaf Avidan enregistre 14 titres en 2016.

2017 marque la sortie du nouvel album solo The Study on Falling.

« Mais c’est surtout sur scène qu’Asaf Avidan parvient à fidéliser ses fans, grâce à sa personnalité marquante et son timbre unique ».

« Asaf Avidan – ARTE Sessions@Château d’Hérouville » 

Le chanteur Asaf Avidan en concert

Arte diffusa le 2 décembre 2017 « Asaf Avidan – ARTE Sessions@Château d’Hérouville » par Julien Faustino.

« Après avoir accueilli Gregory Porter et Metronomy, ARTE poursuit l’aventure du studio d’Hérouville, dans le Val-d’Oise, avec l’auteur, compositeur et interprète israélien Asaf Avidan ».

Le chanteur Asaf Avidan en concert

« À la faveur de la sortie, ce 3 novembre, de son troisième album, « The Study on Falling », enregistré à la Chartreuse de Neuville, il investit le château d’Hérouville pour évoquer son parcours musical, ses expériences en studio d’enregistrement, ses influences et inspirations et, bien entendu, jouer sa musique ! »

« La quête d’un moment de vérité »

Lors de sa tournée estivale, Asaf Avidan s’est produit à Paris le 5 juillet 2018, à 20 h 10, sur la scène du Parvis. « La quête d’un moment de vérité ». C’est par ces mots qu’Asaf Avidan décrit son envie de poursuivre sa route en solo le temps d’un été. Lui, l’artiste à la voix hors du commun qui navigue de disques d’or en disques de platine, de concerts à guichets fermés en succès internationaux. Retrouver la magie et l’honnêteté de ses débuts, aux confins du blues et de la folk, ce territoire précieux et désarmant où les âmes se soignent et s’élèvent. Plus qu’une posture scénique, un manifeste ». « L’album «The Study On Falling» est le sixième album du singer-songwriter Asaf Avidan, en comptant les trois enregistrés avec son groupe les Mojos. Grand amateur de folk-rock et d’Americana, c’est à LA qu’il est parti enregistré ce nouvel opus. L’album a été réalisé par Mark Howard, à qui l’on doit entre autres l’enregistrement de l’album de Bob Dylan Time Out of Mind et le Orphans de Tom Waits. Parmi les musiciens qui ont joué sur l’album, on compte notamment Jim Keltner (John Lennon, Elvis Presley) et Larry Taylor (Canned Heat, The Monkeys, Jerry Lee Louis) ». 

« Asaf Avidan – ARTE Sessions@Château d’Hérouville  » par Julien Faustino

France, 2017

Sur Arte les 2 décembre 2017 à 0 h 40 et 12 mai 2020 à 5 h
Visuels :

Le chanteur Asaf Avidan en concert

© Rémy Grandroques 2017

Les citations sur le concert sont d’Arte. Article publié le 30 novembre 2017, puis le 4 juillet 2018.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]