Archives des articles tagués Liberté d'expression

Le portail à l'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau avec l'inscription en fer forgé "Arbeut Macht Frei".

[1] La phrase cynique et tristement célèbre “Arbeit macht frei” [2] (“Le travail rend libre” en allemand) à l’entrée du camp de concentration d’Auschwitz à Oświęcim en Pologne. Ce panneau est aujourd’hui conservé au Musée National Auschwitz-Birkenau. [3] Photo : Meta.mk/Bojan Blazhevski

É

L’article d’origine [4] a été publié en anglais le 13 octobre 2020 sur Meta.mk. Une version éditée est republiée ici dans le cadre d’un accord de partage de contenu entre Global Voices et Metamorphis Foundation.

Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais.

Facebook est en train de changer ses règles pour inclure le négationnisme dans sa définition du discours haineux. Cela fait suite aux critiques essuyées par le réseau social pour son inaction concernant ce genre de désinformation.

Monika Bickert, vice-présidente de la politique sur le contenu, a publié un billet de blog le 12 octobre pour annoncer [5] que le réseau social le plus puissant de la planète était en train de mettre à jour sa définition du discours haineux « pour interdire tout contenu niant l’Holocauste ou déformant les faits à ce propos ».

Facebook fonde sa décision sur le niveau accru d’attaques en ligne à l’encontre de nombreux groupes dans le monde, de la part d’individus et d’organisations qui prônent le sectarisme et le racisme. L’entreprise a déjà « banni plus de 250 organisations de suprémacistes blancs » et supprimé de sa plateforme 22,5 millions de publications contenant des discours haineux au cours du deuxième trimestre 2020.

Bickert a aussi précisé que Facebook avait pris en compte un récent sondage [6] de l’ONG Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference) qui montre que les jeunes aux États-Unis savent très peu de choses sur l’histoire relative à l’Holocauste, et qu’ils détiennent des informations manifestement inexactes véhiculées par la propagande néonazie depuis des années.

Considérant qu’enseigner la vérité sur l’Holocauste est la clé pour éviter différentes formes de racismes, y compris l’antisémitisme, Bickert a annoncé que cette interdiction serait accompagnée d’efforts pour permettre aux utilisateurs de Facebook d’avoir accès à des informations vérifiées en fournissant des liens vers des sources historiques crédibles en dehors de Facebook dans les résultats de recherche.

En septembre, Meta.mk a annoncé [7] que des défenseurs des droits humains avaient demandé à Facebook de considérer le négationnisme comme un discours de haine et de l’inclure dans sa politique de modération des contenus. Par exemple, en juillet 2020, la Claims Conference a débuté une campagne en ligne de vidéos courtes réalisées par des survivants de l’Holocauste adressant un message à Mark Zuckerberg pour lui expliquer pourquoi il était important de modifier ces règles.

#75e jour de la campagne #ImpossibleDeLeNier
et Mark Zuckerberg n’a pas rencontré les survivants.
Laissons-les expliquer pourquoi Facebook doit bannir le négationnisme
Nous savons qu’il est très occupé
Mais le temps des survivants est aussi précieux

Regardez et partagez cette compilation des messages des survivants à Mark Zuckerberg SVP

Le négationnisme est considéré comme un crime [14] dans de nombreux pays du monde, notamment en Allemagne, en France et en Russie. Les lois de nombreux autres pays, comme le Code pénal de la Macédoine du Nord, considèrent que l’utilisation de systèmes d’informations pour nier, minimiser, approuver ou justifier publiquement toute forme de génocide ou de crimes de guerre est un délit grave.

L’Union européenne a aussi promulgué des politiques et règlements contre les discours de haine [15] [fr] qui incluent la coopération avec les réseaux sociaux internationaux.

Cependant, les États-Unis, juridiction dont dépend Facebook, ne disposent pas de lois fédérales qui interdisent les discours de haine.

En 2018, le fondateur de Facebook, Mark Zukenberg, a déclaré que [16]même si le négationnisme était odieux à ses yeux, il ne considérait pas (à cette époque) que la société devait promulguer de nouvelles règles pour l’interdire sous toutes ses formes parce qu’il était « difficile dans beaucoup de ces cas de contester et de comprendre l’intention ».

Deux ans plus tard, il a expliqué son changement de position dans une publication Facebook [17] datée du 12 octobre :

J’ai été pris entre deux feux : défendre la liberté d’expression ou éradiquer le mal causé par le fait de minimiser ou de nier les horreurs de l’Holocauste. Mon opinion a évolué car j’ai vu des données montrant l’augmentation des violences antisémites. Nos politiques sur les discours haineux ont aussi évolué. Il n’est pas simple de jauger la limite entre les discours acceptables et ceux qui ne le sont pas, mais vu l’état actuel du monde, je crois que c’est le juste équilibre.

En juillet 2020, la Ligue anti-Diffamation (ADL), une importante organisation internationale juive basée à New York, a débuté une campagne de boycott intitulée #StopHateForProfit [18] (« Arrêtez la haine pour le profit ») soutenue par plus de 1200 entreprises à but non lucratif qui appelaient au boycott des publicités sur Facebook. Le but de la campagne était de forcer Facebook à s’attaquer aux groupes et forums qui publiaient en toute impunité d’énormes quantités de contenus niant l’Holocauste et faisant la promotion du sectarisme, du racisme et de la désinformation.

Jonathan A. Greenblatt, le directeur général d’ADL a déclaré [19]: « Mon organisation est soulagée que Facebook ait finalement pris les mesures que nous demandions depuis presque une décennie : considérer le négationnisme et la déformation de l’Holocauste comme des “discours haineux” et les supprimer de leur plateforme. L’Holocauste, le meurtre systématique d’environ six millions de juifs et de plusieurs millions d’autres individus pendant la Seconde Guerre mondiale est l’un des génocides les mieux documentés et les mieux étudiés de l’histoire. »

Selon Greenblatt, Facebook doit à présent montrer comment ses engagements se concrétisent en publiant notamment un rapport de suivi sur les mesures mises en place.

Nous nous réjouissons de la nouvelle, mais nous tenons également à souligner que les décisions de cette nature prises par les plateformes n’ont de sens que si elles sont appliquées. Le réseau social doit maintenant donner des garanties à la communauté internationale qu’il prend des mesures significatives et concrètes pour s’assurer que ceux qui nient l’Holocauste ne profitent plus des différentes plateformes de Facebook pour répandre l’antisémitisme et la haine. On espère que Facebook continuera sur cette lancée en fournissant régulièrement des rapports d’avancement par le biais de documents qui prouvent que des mesures sont prises pour s’assurer que le négationnisme et la déformation sont définitivement bannis de leur plateforme.

Le Congrès juif mondial [20], une organisation internationale qui représente les communautés et organisations juives dans 100 pays du monde, et les organisations locales de la société civile comme l’Association des Juifs de Bulgarie (« Shalom »),  a aussi exprimé son soutien [21] au changement des politiques de Facebook concernant le négationnisme et la déformation des faits relatifs à l’Holocauste.

L’évolution de Facebook sur la question a reçu l’approbation d’institutions académiques qui œuvrent à la préservation de la mémoire de ces massacres passés pour empêcher les génocides à l’avenir. Le musée de l’Holocauste de l’Illinois a publié cette publication sur Twitter :

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/03/23/259730/

URLs dans ce post :

[1] Image: https://globalvoices.org/wp-content/uploads/2020/09/ausvic-111.jpg

[2] “Arbeit macht frei”: https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbeit_macht_frei

[3] Musée National Auschwitz-Birkenau.: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_national_Auschwitz-Birkenau

[4] L’article d’origine: https://meta.mk/en/facebook-to-include-holocaust-denial-in-its-definition-of-banned-hate-speech/

[5] pour annoncer: https://about.fb.com/news/2020/10/removing-holocaust-denial-content/

[6] récent sondage: http://www.claimscon.org/millennial-study/

[7] a annoncé: https://meta.mk/en/holocaust-denial-should-be-considered-hate-speech-survivors-demand-of-facebook/

[8] #75ème jour: https://twitter.com/hashtag/Day75?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[9] #NoDenyingIt: https://twitter.com/hashtag/NoDenyingIt?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[10] #Facebook: https://twitter.com/hashtag/Facebook?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[11] #négationnisme: https://twitter.com/hashtag/Holocaust?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[12] pic.twitter.com/WplTr5mVp2: https://t.co/WplTr5mVp2

[13] 20 Octobre 2020: https://twitter.com/ClaimsCon/status/1315423180287209473?ref_src=twsrc%5Etfw

[14] crime: https://en.wikipedia.org/wiki/Legality_of_Holocaust_denial

[15] des politiques et règlements contre les discours de haine: https://fr.globalvoices.org/2020/10/19/257371/

[16] a déclaré que : https://money.cnn.com/2018/07/18/technology/zuckerberg-recode-holocaust/index.html

[17] publication Facebook: https://www.facebook.com/4/posts/10112455086578451

[18] #StopHateForProfit: https://www.stophateforprofit.org/

[19] a déclaré : https://www.adl.org/news/press-releases/after-long-fight-adl-is-relieved-at-facebook-announcement-that-it-will-remove

[20] Le Congrès juif mondial: https://www.worldjewishcongress.org/en/news/facebook-to-remove-holocaust-denial-10-0-2020

[21] exprimé son soutien: https://sofiaglobe.com/2020/10/12/bulgarian-jews-welcome-facebooks-decision-to-prohibit-holocaust-denial-and-distortion/

[22] @ClaimsCon: https://twitter.com/ClaimsCon?ref_src=twsrc%5Etfw

[23] @YahooNews: https://twitter.com/YahooNews?ref_src=twsrc%5Etfw

[24] https://t.co/n8yrS5caLS: https://t.co/n8yrS5caLS

[25] October 12, 2020: https://twitter.com/ihmec/status/1315714777713344513?ref_src=twsrc%5Etfw

La demanda a Xavier Marabout fue realizada el 8 de marzo en un tribunal francés en Rennes por la empresa Moulinsart -que gestiona los derechos del personaje de Hergé-, por « aprovecharse de la reputación de un personaje para sumergirlo en un universo erótico, que no tiene nada que ver con el humor ».

La demanda comenzó formalmente en 2017 por "falsificación" y "ataque al derecho moral" y el juicio tendrá lugar en mayo.

La demanda comenzó formalmente en 2017 por « falsificación » y « ataque al derecho moral » y el juicio tendrá lugar en mayo.

Los herederos del creador de Tintín demandarán al artista francés Xavier Marabout, al que acusan de utilizar al célebre personaje para su beneficio con obras intervenidas en las que se muestra al joven protagonista de la historieta en versión « erotizada » e inserto en un cuadro de Edward Hopper, siendo que el belga Hergé no caricaturizó mujeres y que al mismo tiempo se infringen derechos de autor.
La demanda fue realizada el pasado 8 de marzo en un tribunal francés en Rennes por la empresa Moulinsart -que gestiona los derechos del personaje de Hergé-, por « aprovecharse de la reputación de un personaje para sumergirlo en un universo erótico, que no tiene nada que ver con el humor », según el periódico The Guardian.

Por otro lado, acusan a Marabout de reproducir el mundo de Tintín sin tener el consentimiento para ello, y aclaran que Hergé (1907-1983) eligió no caricaturizar a las mujeres, « porque consideró que rara vez son elementos cómicos », según el letrado de Moulinsart.

La empresa reclama una indemnización de 12.500 euros, a la vez que destaca lo irrisorio del monto ante la comercialización de la tapa del cómic « Lotus Azul », que fue vendido en 3,2 millones de euros en enero pasado, una suma récord para este tipo de obra.

La demanda comenzó formalmente en 2017 por « falsificación » y « ataque al derecho moral » y el juicio tendrá lugar en mayo de este año.

En el cuadro « Taxi pour noctambules » (2014) de Xavier Marabout, este artista bretón recrea « Noctámbulos » (1942), del estadounidense Edward Hopper (1882-1967) -el artista perteneciente al nuevo realismo que reflejó la soledad del hombre contemporáneo- con un Tintín romántico acompañado por una sensual mujer.

En esta serie el célebre reportero aparece pintado en distintas situaciones en obras que a su vez remiten a las de Hopper: en « Road and Houses » rascándose la cabeza mientras saluda a una mujer en un coche, con aspecto disgustado en una versión de « Cape Cod Evening (1939), y besando a una chica en un en la recreación de « Queensborough Bridge » (1913).
Con la técnica de mashups aplicada a sus cuadros, Marabout « toma prestados los cómics de su infancia y la pintura de los grandes maestros » para desarrollar una obra « paródica omnipresente », según se describe en su página web.

Sobre la serie dedicada a Hergé – Hopper, implementa la mirada voyeurista del pintor estadounidense para imaginar una vida sentimental y tumultuosa para Tintín, « porque, francamente, el universo de Hergé es terriblemente viril y las mujeres están completamente ausentes », según asegura Marabout a The Guardian.

El cuestionado artista sostiene que su trabajo se hace eco en la idea del historiador Christian Jacob sobre que « no hay transmisión cultural sin reapropiación ». Y aclara al medio británico que defiende su derecho a la parodia « que forma parte de la libertad de expresión », lo que « es un derecho fundamental en nuestra democracia », mientras espera que la justicia le dé la razón, aunque manifiesta su « preocupación porque atravesamos un periodo difícil en el que las libertades disminuyen cada día ».

Para su abogado, los cuadros son una parodia y se trata de un « conflicto entre los derechos de autor y la libertad de expresión y creación », a la vez que se pregunta sobre el derecho del artista a « preguntarse por la vida sexual de Tintin » y sobre « la libertad artística ».

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Il faut déboulonner le « New York Times »

Pour le quotidien américain, « les institutions françaises devraient prêter plus d’attention à l’histoire de l’esclavage du pays, au lieu d’honorer une icône de la suprématie blanche ».


Le journal américain qui a la prétention de se considérer comme LE quotidien de référence, est surtout devenu l’organe officiel de l’intolérance des prétendus progressistes de l’idéologie victimaire « woke ».

Sacrés Français!

Ne tirant aucune leçon des démissions l’an passé de son rédacteur en chef de la rubrique d’opinions James Bennet et de sa journaliste vedette Bari Weiss, le petit télégraphiste de la pensée unique qu’est devenu le New York Times ne ménage particulièrement pas ses efforts pour s’attaquer à la France et aux Français, ces « mauvais élèves de l’Empire du Bien », comme l’écrivait Philippe Muray.

Les « éveillés » du New York Times, adeptes des purges par l’effacement et le bannissement (la cancel culture) s’en prennent cette fois dans l’édition du 18 mars à Napoléon Bonaparte qui ne serait pas « un héros à célébrer ».

Aucune nuance ni mise en perspective historique

Ressassant l’argument du rétablissement de l’esclavagisme dans les colonies en 1802 (oubliant au passage le contexte historique de cette décision, les regrets de l’Empereur et l’abolition de la traite négrière pendant les Cent jours en 1815), Napoléon est considéré comme « le plus grand des tyrans, une icône de la suprématie blanche »… Sans aucune nuance ni mise en perspective, l’auteure de la tribune oublie la leçon de Marc Bloch sur le rôle de l’Histoire: comprendre et ne pas juger car « à force de juger, on finit presque fatalement, par perdre jusqu’au goût d’expliquer ».

Pire, elle fantasme l’organisation par l’État français (notamment à l’école) d’une ignorance officielle des sujets qui fâchent concernant Napoléon. C’est bien sûr faux, puisque le rétablissement de l’esclavagisme n’a jamais été nié en France et la polémique vient d’ailleurs et surtout depuis quelques années de certains Français eux-mêmes, adeptes de la repentance et du rejet de tout ce qui symbolise et doit représenter pourtant  – en bloc – avec ses lumières et ses ombres, notre histoire nationale.

Les éditorialistes américains sont à l’ouest

Si malheureusement certains Français dénigrent notre passé, comment font-ils pour ne pas être révoltés par les attaques subies par notre pays suite à la décapitation de Samuel Paty devant le collège où il enseignait, après avoir été menacé pour avoir montré les caricatures de Charlie Hebdo dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression ?

L’annonce des mesures contre le séparatisme islamiste par Emmanuel Macron a conduit l’automne dernier à un déchaînement de la presse anglo-saxonne : pour le Financial Times  « la guerre de Macron contre le séparatisme islamiste ne fait qu’accroître les divisions en France »; Politico titre sur « la laïcité, dangereuse religion française »; pour le Washington Post: « au lieu de s’attaquer au racisme systémique, la France veut réformer l’Islam »; et enfin le New York Times pose la question « la France alimente-t-elle le terrorisme en essayant de l’éradiquer ? ».

Pour cette presse, c’est donc un peu notre faute si nous sommes visés par des attaques terroristes et si un professeur d’Histoire se fait décapiter… Ce qui fait dire au président français dans sa réponse au New York Times« Quand je vois, dans ce contexte, de nombreux journaux qui je pense viennent de pays qui partagent nos valeurs, qui écrivent dans un pays qui est l’enfant naturel des Lumières et de la Révolution française, et qui légitiment ces violences, qui disent que le cœur du problème, c’est que la France est raciste et islamophobe, je dis : les fondamentaux sont perdus ».

Mais que peut-on espérer d’une presse libérale américaine qui n’est plus du tout « Charlie »? Le New York Times a d’ailleurs décidé fort peu courageusement il y a quelques années de supprimer toutes les caricatures dessinées de ses pages pour éviter de froisser les sensibilités…

Il est peut-être temps de déboulonner la statue du New York Times ?

Suprémacistes

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[Illustration : Pacific Press/SIPA – numéro de reportage : 01003059_00001 – source : http://www.causeur.fr]

Escrito por Sofía Taboada Rodríguez

A entrada en prisión de Pablo Hasél, condenado por inxurias á coroa, enaltecemento do terrorismo e inxurias ás institucións do Estado, volve a poñer en tela de xuízo a lexislación existente no Estado español sobor da cuestión da liberdade de expresión. Estas acusacións remóntanse aos albores da formación do proceso democrático, é posíbel atopar exemplos como este que poñen de manifesto unha serie de carencias democráticas. Nas seguintes liñas pretendemos dar unha breve explicación de por que se condenaron e se seguen a condenar actos de liberdade de expresión a través da comparativa co caso de Suso Vaamonde, hai 40 anos.

O caso de Suso Vaamonde

A 2 de xuño de 1979, a Transición española estaba practicamente consolidada e o paso dun réxime ditatorial a un democrático acababa de cimentarse tras a promulgación da primeira constitución da democracia un ano antes. Tres anos despois, o PSOE de Felipe González gañaba as eleccións, sendo así a primeira vez que un goberno de esquerdas accedía ao poder dende o remate da Guerra Civil. É importante entender que a censura e posterior represión a Vaamonde sucede fóra do marco estrito da consolidación da Transición: non é posíbel ampararse en que o proceso de cambio non chegara aínda á súa fin porque, aínda que entendamos o ano 1982 como un punto e final á Transición -existen certas disensións sobre a temporalidade do proceso– en 1979, que é cando todo isto sucede, atopámonos cun proceso xa finalizado dende a aprobación da Constitución.

Neste contexto de aparente progreso ten lugar a detención do artista Suso Vaamonde na praza da Ferreiría (Pontevedra). Os sucesos deben entenderse no contexto dun festival anti-OTAN no cal Vaamonde é invitado a actuar. Tras interpretar o famoso tema ¡Uah!, é denunciado por un dos asistentes, militar de carreira que defende que o artista vigués engadiu ao tema a estrofa: cando me falan de España / sempre teño unha disputa /que se España é miña nai / eu son un fillo de puta.

Por este motivo é acusado de “inxurias á patria con publicidade”, e segundo recolle o artigo 123 do Código Penal, los ultrajes a la Nación española o al sentimiento de su unidad, al Estado o su forma política, así como a sus símbolos y emblemas, se castigarán con la pena de prisión menor, y si tuvieren lugar con publicidad, con la de prisión mayor. De pouco serviu que Suso Vaamonde afirmase que se trataba dun tema popular e non de autoría propia, ou que nin sequera chegou a cantar esa estrofa, senón que foi completada polo público. Menos relevante sequera resultaba o feito de que o delito, dentro do Código Penal como de “traición”, proceda da Lei de Seguridade do Estado de marzo de 1944. A través deste caso é posíbel percibir a fractura entre a propaganda de cambio e renovación da Transición e a realidade. Realidade que, para Suso Vaamonde, se traduciu nun exilio primeiro en Londres e logo en Caracas, onde estivo até 1984, convertíndose así no primeiro exiliado da democracia, para volver por Ourense e permanecer un mes e medio na cadea antes de ser indultado. O fallo do tribunal foi finalmente de seis anos e un día, aínda que ben podía ter ascendido a 12 e as mostras de solidariedade co autor foron deliberadamente ignoradas1.

Antoloxía da censura en democracia

O caso de Vaamonde non é un suceso illado e as formas de censura xa no período democrático abarcaban diferentes accións. No caso dos cantautores, estes seguen a ser os grandes censurados – válido para a actualidade – unha das formas máis “sutís” é a invisibilización. Un exemplo disto sería a difusión comercial: nin as cancións de Vaamonde nin as de Voces Ceibes serían radiadas cara o panorama nacional. Ocorre o mesmo con Hasél ou Valtónyc, pois a máxima expresión da canción protesta debe entenderse nun tempo pretérito e na actualidade non conta cunha difusión ampla. A marxinalización destas formas de protesta pode actuar como un agravante para seren criminalizadas, pois en principio terán menos apoios e serán menos cuestionadas que se se trata de personalidades recoñecidas e apoiadas masivamente. O apoio institucional tamén xoga parte importante neste tipo de accións: tamén o tema Libertad sin ira, de Jarcha, foi censurado en 1976 mais cando Diario 16 lle prestou o seu apoio converteuse practicamente nun himno en plena Transición.

Por outra banda, no ano 1986, cando o felipismo acadara o poder, Javier Krahe e Joaquín Sabina serían censurados por TVE tras cantar, dirixíndose subliminalmente a Felipe González aquilo de hombre blanco hablar con lengua de serpiente; unha alusión aos bandazos políticos que este estaba a dar respecto da entrada de España na OTAN. Mais instalándonos na actualidade, a década pasada é o momento no cal este tipo de censuras sofren unha repunta. Alén dos xa mencionados Hasél e Valtònyc, cuxas causas permanecen abertas dende o 2014 e 2017 respectivamente, recollemos a continuación algúns exemplos representativos.

En 2017 o cantante do grupo Def con Dos, César Strawbery, é condenado a un ano de prisión e seis meses de inhabilitación absoluta por enaltecemento do terrorismo tras publicar tuits referentes a Ortega Lara ou aos GRAPO. No ano seguinte, en 2018, será detido logo dun concerto en Jerez de la Frontera o cantante Evaristo Páramos por dedicar unha jota á policía. Neste mesmo ano, o artista Santiago Sierra é censurado na feira ARCO pola súa obra Presos políticos en la España contemporánea, na cal se mostraban os rostros pixelados dalgúns dos acusados no 1-O.

“Presos políticos en la España Contemporánea”, Santiago Sierra, 2018, CCCB. Fonte: http://www.cccb.org/es/exposiciones/ficha/instalacion-presos-politicos-en-la-espana-contemporanea-de-santiago-sierra/229071

Conclusións

O feito de que a Transición se leve a cabo dende as elites – os partidos – e non dende as bases sega o cambio que debería realizarse, xa que non prima para a construción desta a vontade do pobo, senón a dunha clase política. Esta é a razón de toparnos cunha Transición pactista, reformista pero non rupturista que consensúa un modelo de Estado cunhas políticas e un sistema xudicial herdeiros do franquismo. Guillem Martínez teoriza sobre as formas de represión analizadas neste artigo, na obra CT o la cultura de la transición: Crítica a 35 años de cultura española (2012), explicando como se establecen os límites da cultura na crítica ao sistema dominante.

Así, o marco existente para a liberdade de expresión é tremendamente axustado, creándose unha diferenciación de cara ás masas que distingue entre aquilo que se pode dicir e aquilo que non. Isto da lugar a unha cultura hexemónica, na cal só teñen cabida temas que non entrañen un conflito social. Así, cuestións como o cuestionamento da monarquía española, as leis de memoria histórica ou o terrorismo convértense en temas practicamente censurados. Entroncando con este derradeiro tema, é posíbel entender o funcionamento dun sistema democrático que se pon en entredito a través das sucesivas e sistemáticas condenas cara unha cultura crítica levada a cabo a través da música ou do humor.

Concentración en Madrid en apoio a Pablo Hasél, 2021. Foto: Chema Barroso. Fonte: Madridiario

 

Bibliografía

Alexandre FELIPE FIUZA: “La censura musical en las décadas de 1960 y 1970 durante la dictadura franquista: un examen de la documentación del MIT”, en Alejandra IBARRA AGUIRREGABIRIA, A. (coord.): No es país para jóvenes, Araba, Instituto Valentín Foronda, 2012, pp. 1-16.

Carme MOLINERO e Pere YSÀS: “Un proceso policéntrico. La transición de la dictadura a la democracia en España”, Avances del Cesor, (Vol. 12), pp. 189-207, 2015.

Daniel CANALES CIUDAD: “El relato canónico de la Transición. El uso del pasado como guía para el presente”, El Futuro del pasado, (Vol. 4), pp. 513-532, 2013

Guillem MARTÍNEZ et. al.: CT o la cultura de la transición: Crítica a 35 años de cultura española, Barcelona, Debolsillo, 2012.

Gutmaro GÓMEZ BRAVO: “La amenaza de la violencia: conflicto y violencia en la Transición” en Gutmaro GÓMEZ BRAVO (coord.): Conflicto y consenso en la transición española, Madrid, Editorial Pablo Iglesias, 2009, pp.7-21.

Manuel ORTIZ HERAS: “Nuevos y viejos discursos de la Transición. La nostalgia del consenso”, Historia Contemporánea, (Vol. 44), pp. 337-367, 2010.

Miguel BOÓ: Suso Vaamonde, voz de trebón. Vigo, Grupo de Comunicación Galicia en el Mundo, 2019.

Santos JULIÁ: Transición. Historia de una política española (1937-2017). Barcelona, Editorial Galaxia Gutenberg, 2017.

Notas ao pé

 

  1. Previo xuízo, a xustiza rexeitou preto de 20.000 firmas presentadas conforme á defensa do dereito de liberdade de expresión e os antidisturbios estiveron presentes para desaloxar protestas enfronte dos xulgados. Unha vez que se coñeceu o fallo, as forzas políticas AN-PG, o PCG e o MCG consideraron que se trataba dun abuso de autoridade e polo tanto, pronunciáronse en contra de dita sentenza; e durante os anos de exilio, Vaamonde contaría cun apoio explícito na forma de eventos e recitais por parte de compañeiros de profesión []

[Foto de portada: Suso Vaamonde na década dos 70. Fonte: www.susovaamonde.com– artigo publicado en http://www.mazarelos.gal]

La Guàrdia Civil va discriminar Paula Rotger en un control de seguretat a l’Aeroport de Palma

Paula Rotger, la treballadora de Son Sant Joan que va denunciar que va ser discriminada per la Guàrdia Civil en un control de seguretat de l’aeroport després d’adreçar-se a un agent en llengua catalana, ha formalitzat una denúncia contra l’Estat espanyol davant el Tribunal Europeu de Drets Humans, segons explica Última Hora.

El cas, que ha estat desestimat un jutjat de guàrdia, l’Audiència Provincial i el Tribunal Constitucional, arriba ara a Europa de la mà de l’advocat Jaume Alonso-Cuevillas. Segons la denúncia, s’haurien vulnerat quatre articles de l’Conveni per a la Protecció dels Drets Humans i les Llibertats Fonamentals.

A l’escrit consta que els drets vulnerat són a un procés judicial equitatiu, a la llibertat de pensament, a un recurs efectiu i la prohibició de discriminació. Rotger va ser discriminada per parlar en català, el seu cas no es va investigar com es devia i no va tenir un procés judicial equitatiu.

L’incident va succeir el 25 de juny de 2019. Un guàrdia civil en un control de seguretat li va recriminar a Rotger que « a l’autoritat se li parla en espanyol, o no s’entra », després que aquesta li hagués donat les « gràcies » en català control de seguretat. La víctima li va recordar el seu dret a parlar en la llengua que volgués, mentre el policia li va etzibar un « en espanyol o no entra », la va retenir i amenaçar en denunciar-la per posar en « perill la seguretat aèria ».

Posteriorment, Rotger i una amiga va ser agredides per un fill de guàrdia civil que els hi va rebentar el vidre del cotxe on elles viatjaven.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Escrito por Lois Alcayde Dans

A fin dunha democracia non é ser unha democracia triste. A normalización da tristeza, das luces omnipresentes dos coches de policía ou da violencia nas rúas non poden ser aquilo ao que aspire unha democracia que se considere plena. Nunha democracia triste sería lóxico, entón, que un dos seus poderes -neste caso, o xudicial- tomase cartas no asunto para meter en prisión a un home que, xunto con outros delitos, se lle engade un delito de inxurias á Coroa. A frase “inxurias á Coroa” ben pode incluírse nunha democracia triste que teme o poder do pequeno contra o grande. Non deixa de ser un paradoxo que a lei, que na súa vocación está para garantir a equidade, para protexer ao pequeno do grande e garantir igualdade, cubra ao poderoso cun escudo oficial. O sentido social da lei non era socializar o medo e privatizar a expresión só para aqueles que teñan cartos para selo permitir. A mesma democracia triste que precisa pedir silencio á crítica ás institucións e apoio continúo e protección dos que deberían ser protexidos aos protectores, da cidadanía á policía e non ao revés. Unha inverosimilitude. Pero insisto, serían cousas dunha democracia triste. Non creo que a nosa democracia deba ser triste, creo que a nosa democracia debe ser perfectible.

Democracia perfectible: Aquela que recoñece que a democracia que se mira ao espello e se ve perfecta é unha hipocrisía. A democracia que é autocrítica, que sabe que pode mellorar, que é xenerosa e escoita tampouco será perfecta pero será honesta.

Ningunha democracia pode considerarse plena ao igual que ningunha persoa pode considerarse perfecta. O que ideamos como perfecto como grupo cambia os seus estándares ao longo dos anos, é o paso do tempo o que afasta ese concepto de nós, do presente, para poñelo nun futuro máis próspero, mellor e máis feliz. Pásanos como individuos e pásanos como sociedade. O que era o modelo ideal de sociedade nos anos dez do século pasado ampliouse e elevouse a máis altas cotas de dignidade e utopía nos nosos días grazas ao traballo, pensamento e logros de xeracións de traballadoras e traballadores. É absurdo, entón, escoitar ás máis altas dignidades do Estado poñer na súa boca e fachendar dunha democracia plena que arribou ao Edén do paraíso político terreal, dende o presidente do Goberno -“somos a esquerda que cre que o paraíso está na terra”, estivo ben aí Iván Redondo- ata a ministra de Defensa. Mil palabras de declaracións e faladoiros non poden agochar a evidencia de que nos queda moito por avanzar, de que aquel que considere que a perfección está alcanzada está errado, xa que evidenciará que leva moito tempo na longa decadencia do que durme plácido nos loureiros da inopia.

Non podo concibir nos nosos días unha democracia triste que se di plena e normaliza as cargas, a violencia sistemática e o estado de excepción na rúa. Non podo concibir unha democracia triste que responsabiliza a unha mocidade indignada das consecuencias desa indignación. Cantas veces se repetirá nos medios de comunicación que a violencia non é o camiño? Iso xa o sabemos. Non precisamos máis altofalantes mediáticos que nos repitan dende o púlpito anoxado que o xentío alborotado con lapas na man e pedras tiradas aos escaparates son propostas de futuro. Claro que queimar unha papeleira ou saquear unha tenda non son propostas de futuro, non son un modelo a elixir, non son algo sobre o que construír dignidade, mais son un síntoma da falta dun proxecto público que vehicule de xeito pacífico e político o anterior. Non é o debate ese. Deberíamos falar do que hai detrás da pancarta, máis aló de Hasél. Falar da indignación, das sucesivas crises económicas que mallan nas mesmas persoas, da falta de decoro no cumio do Estado. Unha democracia triste é tamén aquela que teme a caída da xefatura do Estado por un inoportuno rótulo na televisión pública que noutros lugares sería considerado polos máis simpáticos como unha broma, polos máis serios como unha falta de seriedade no traballo xornalístico, mais non como unha afronta ao Estado ou un intento de manipulación. O medo dunha democracia triste amósase cando o león non só quere comer a mosca, senón que a mata a canonazos.

Deberíamos ser, entón, unha democracia perfectible. Mais vivimos na (re)evolución do desastre do 98. 1898. Un grande imperio con barcos afundidos. Un sistema con costuras dadas de si que presume de alta costura democrática. A indignación pola violencia non pode invisibilizar no debate público a necesidade de reforma e dignidade. Falamos da indignidade dunha papeleira queimada e dun escaparate roto e non falamos dos cristais rotos da nosa propia democracia. Ensinamos no debates pola televisión un mar de dous centímetros de profundidade. O venres 19 de febreiro o programa Al Rojo Vivo de La Sexta, tras levar varias horas cubrindo os disturbios en Madrid e, sobre todo, Barcelona, non abriu debate sobre o delito de inxurias á Coroa e sobre se ese delito era xusto ou non, non abriu debate sobre o estado de cousas, preferiu amosarnos a nós, o público, unha serie de declaracións polémicas -e moitas delas, execrables- do rapeiro sobre a súa percepción da convivencia, do estado e da xente que non pensa como el e de todo.

A inferencia, gran ferramenta de comunicación, dános a entender que Hasél ten máis méritos para entrar en prisión ca outro cidadán corrente polo feito de que as súas opinións poden ser execrables. Vaia, que se un vai provocando por aí dicindo barbaridades -aínda que esas barbaridades non estean penadas- ten que acabar si ou si na cadea. O significante Hasél xa vai asociado a “criminal”, se falas como Hasél es un criminal. Que inferencia tan terrible. Que ocorre, que aínda que Hasél non mereza estar na cadea por inxurias si o merece por bocazas? Os dereitos non son inherentes, entón, senón que se gañan a pulso dependendo do xuízo mediático? Non é así. Hasél ten tanto dereito a ver preservados os seus dereitos como o pode ter García Ferreras ou Margarita Robles. Os dereitos conquístanse día a día e asúmense polos Estados, non se debaten dependendo de quen sexa o cidadán ou se ponderan como máis ou menos punibles segundo o teu grao de deslinguado ou obsceno.

No mesmo programa a homologación entre os termos “antifascismo” e “violencia” foi patente. O centro do debate foi un chío do portavoz de Unidas Podemos no Congreso dos Deputados, Pablo Echenique.

Podemos debater sobre a oportunidade ou non do chío, sobre a necesidade dunha matización máis forte na mensaxe para non dar lugar a equívocos e distanciarse da violencia, mais non podemos construír como medios de comunicación unha relación de mesmo significado entre apoiar ao antifascismo e apoiar os disturbios. Os delincuentes que ocasionan queimas e danos son minoría, unha minoría enchida de ruído, pero minoría.

Unha democracia perfectible é unha democracia xenerosa. Unha democracia xenerosa nace do antifascismo, do traballo a favor da construción e a integración e non do sinalamento e a destrución intelectual e física do opoñente político ou do que se considere “estranxeiro” ou “inferior”. O antifascismo é a raíz das democracias europeas despois de 1945. O antifascismo non implica violencia, o antifascismo nace contra a violencia estrutural que o fascismo empregou no Estado. Mesturar ambas cousas coma un único significante (antifascismo=violencia) é un erro.

 

[Foto: mural en favor da liberdade de Pablo Hasél, feito por Cinta Vidal en Cardeceu (Vallès Oriental), o día antes do seu ingreso na cadea – fonte: http://www.mazarelos.gal]

Defender la libertad de expresión y agredir a un cámara es defender la libertad de agredir a un cámara

Una mujer protesta en Barcelona por la detención del rapero Pablo Hasél en Barcelona, el 16 de febrero.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

La polisemia de las palabras, su proximidad o su antinomia nos pueden servir para crear juegos y paradojas verbales como la vida misma.

♦ Qué tiempos estos, en los que dar positivo es negativo.

♦ Algunos cargos de la Iglesia católica que se han saltado la cola han metido a las vacunaciones en un obispero.

♦ En Australia han vencido al virus porque sus políticos están en las antípodas de los nuestros.

♦ La principal tentación para desescalar con rapidez es despeñarse.

♦ En este Gobierno, las leyes de igualdad producen diferencias.

♦ Sólo se considera barones de los partidos a los varones de los partidos.

♦ Presumir de un máster falso no es delito. Es delito falsificar un máster para que alguien presuma de un máster falso.

♦ El pasado del Partido Popular fue cosa del Partido Impopular. No hace falta cambiar el nombre actual, sino el de entonces.

♦ Si se extiende el ejemplo de vender la sede tras una derrota, el mercado inmobiliario se va a llenar de estadios.

♦ Desde que se fue Cristiano, el Real Madrid no está muy católico.

♦ Defender la libertad de expresión y agredir a un cámara es defender la libertad de agredir a un cámara.

♦ Los grupos antisistema actúan de manera sistemática.

♦ Entre partidos democráticos, los cordones sanitarios son insanos.

♦ Illa significa “isla” en catalán. Cuando el independentismo aísla al exministro de Sanidad, aïlla a Illa.

♦ La auto-determinación empieza por comprarse uno su propio coche.

♦ Menos mal que los temporales de nieve son temporales.

♦ Los bancos salen de nuestros barrios para meterse en nuestros móviles.

♦ Sembrar la alarma gratuita favorece instalar la alarma de pago.

♦ Los políticos consiguen a menudo que los periodistas comulguen con ruedas sin preguntas.

♦ La llamaron “covid” para evitar su vinculación con China, y ahora hay variante británica, variante sudafricana y variante brasileña. El objetivo inicial se sigue cumpliendo.

♦ En WhatsApp, la mayoría de las fotos de perfil están tomadas de frente.

♦ Los terraplanistas no terminan de ofrecer ningún argumento redondo.

♦ Ya se puede llamar a la anterior propiedad de los Franco “el pazo de Meirás y no volverás”.

♦ Los emigrantes españoles ruegan que su voto no sea un voto rogado.

♦ Hace falta cambiar el clima de la política para que no cambie el clima del planeta.

♦ El Supremo ha dictaminado que la pretensión de los toreros sobre la propiedad intelectual de sus faenas no tiene un pase.

♦ Las cosas se hacen bien, mal o irregular.

♦ En el diccionario de la política española actual, el verbo “pactar” significa “repartirse”.

♦ Parece que Maduro no se cae de sí mismo.

[Foto: NACHO DOCE / REUTERS – fuente: http://www.elpais.com]

La publicación, en San Francisco, de una plaquette que incluía Howl, de Allen Ginsberg (Newark, 1926- 1997), en 1956, dio a conocer al mundo occidental tanto al autor como al editor, Lawrence Ferlinghetti (Yonkers, 1919 – 2021), quien dos años después del escándalo causado por aquel, daría a la imprenta su libro más conocido: A Coney Island of the Mind (1958), que, traducido a varios idiomas, vendió más de un millón de copias. 

 

Escrito por Harold Alvarado Tenorio

Ginsberg y Ferlinghetti se habían conocido, durante los años cuarenta, en la Universidad de Columbia, donde hicieron una licenciatura el primero y una maestría en literatura el segundo. En San Francisco volvieron a encontrarse a comienzo de los cincuenta, cuando Ferlinghetti creó, con un estudiante amigo y 500 dólares, una librería y una casa editorial llamada City Lights, como el filme de Charles Chaplin, en North Beach, un barrio bohemio situado al noreste de la ciudad, cerca de Chinatown, una suerte de Little Italy sanfransiscana plagada de putas y putos.
He visto los mejores cerebros de mi generación
destruidos por la locura, famélicos, histéricos, desnudos,
arrastrándose por las calles en busca de un colérico picotazo,
cabezas de ángeles consumiéndose en la conexión
celestial con la estrellada maquinaria de la noche, que,
símbolo de la pobreza ceñida de harapos, drogados
y con vacías miradas, velan, fumando en la oscuridad
los pisos de agua helada sobre las crestas de la ciudad…
Así comienza el Aullido de Ginsberg que llevó a la cárcel a Ferlinghetti y Shig Murao, gerente de City Lights, acusados de publicar obscenidades y pagar por ello. Fue secuestrado por la policía por orden judicial porque Ginsberg no solo denunciaba “las destructivas fuerzas del capitalismo y el conformismo norteamericano”, sino que describía actos sexuales heteros y homos, en un momento cuando la sodomía era considerada un crimen en todos los estados de la unión. El poema describe sus fornicaciones con numerosos machos, incluido su amante de siempre, Peter Orlovsky. Tanto autor como editor argumentaron que el secuestro y la amenaza de condena era un atentado contra la Primera Enmienda, tesis aceptada por el juez de la causa, que consideró, el poema no era sicalíptico porque siendo arte era liberador, preguntándose: “¿Habría libertad de prensa o expresión si uno tuviera que reducir siempre su vocabulario a eufemismos insípidos e inocuos?”
A finales de los años cincuenta, nadie habría imaginado que el último y quinto hijo de un emigrante italiano que había levantado un pequeño negocio de venta de inmuebles en un pueblito a tres kilómetros de Manhattan, en una de las orillas del Hudson, habría de convertirse, en San Francisco, en el promotor de la generación de escritores más iconoclastas de los Estados Unidos: The Beat Generation, con escritores como Kerouac, Kenneth Rexroth, Ginsberg, Paul Bowles, Denise Levertov, Gary Snyder o Gregory Corso. 
Nativo de Brescia, el padre de Ferlinghetti murió de un ataque al corazón antes de su nacimiento. Su madre, una sefardita, enferma mental recluida en un hospicio, entregó sus hijos a una de sus hermanas, que se trasladó con el pequeño a Estrasburgo, donde Ferlinghetti aprendió francés como primera lengua. Al regresar a los Estados Unidos, fue recluido en un orfanato hasta que su tía encontró un empleo como institutriz de los hijos de una pareja de millonarios de Brownsville, en cuya biblioteca leyó en numerosos libros de autores clásicos, al tiempo que sus benefactores le pagaban con dólares de plata por recitar extensos trozos de poemas épicos. Arrestado por robar en una tienda, le enviaron a una severa escuela privada de Massachusetts, donde terminó el bachillerato, siendo admitido en la Universidad de Chapel Hill en Carolina del Norte para estudiar Periodismo. Trabajó entonces escribiendo sobre deportes en un periódico local y publicó sus primeras narraciones.
Durante la Segunda Guerra Mundial fue marinero de un submarino que cazaba naves alemanas en el Atlántico Norte. Su tesis de maestría en Columbia versó sobre John Ruskin, uno de los maestros de la prosa inglesa del XIX y su relación con el “pintor de la luz”, el paisajista considerado un “pintor de historia“, William Turner, uno de los artistas que sin duda más influyeron en el estilo poético de Ferlinghetti. De New York fue a Paris en un barco donde conoció a su primera esposa, una nieta de Edmund Kirby, que había participado en la guerra y expolio de México y el Ejército Confederado durante la Guerra Civil, donde fue promovido a general. En la Sorbona hizo un doctorado en Literatura Comparada con una disertación sobre la ciudad como símbolo de la poesía moderna.
Ferlinghetti nunca se consideró parte de la Beat Generation, aunque publicara a muchos de sus poetas y algunos de ellos le consideraran parte de la pandilla. Así lo dejó certificado en un documental sobre su persona, de 2013: “No me llamen poeta beat. Nunca fui uno de ellos”. “Quizás he sido el primero de los bohemios y el último de los beats”. Hacia años había declarado que lo único que en verdad le interesaba era abrir la librería y recorrer los paseos cercanos a El Embarcadero, donde los ancianos pasan las tardes esperando la muerte. En su poema de 1976 Los viejos italianos están muriendo retrata el paisaje y sus personajes:
Mira los que alimentan las palomas
cortando el pan duro con sus navajas,
y a los que tienen relojes de bolsillo,
los de manos nudosas y cejas salvajes,
que llevan pantalones holgados
con un cinturón y tirantes;
los bebedores de grappa
y sus inmensos dientes,
el piamontés, el genovés, el siciliano
que huele a ajo y pimientos;
aquellos que amaron a Mussolini,
viejos fachos,
aquellos que amaron a Garibaldi,
viejos anarquistas que todavía leen en
L´Umanita Nova,
y amaron a Sacco y Vanzetti,
todos se han ido.
Algunos ahora esperan su turno
y toman el sol frente a la iglesia
en cuyas puertas está inscrita
una frase sin terminar
de El Paradiso de Dante
sobre la gloria del Aquel
que todo mueve…
Un buen número de sus poemas iniciales imitaba el tono, pero no los asuntos de la poesía de T. S. Eliot. Todo lo que escribía entonces sonaba a él. Sus apegos por la pintura y la música también invadieron buena parte de sus textos, sobre todo el jazz y las acuarelas de Turner, tratando de capturar, con sus versos libres, la espontaneidad y la improvisación, descendiendo también hacia un populismo literario que le hacía comparar el oficio del poeta con el de un trapecista de circo y otras veces, en una suerte de Charlot, donde el poeta es mimo, un imitador, y el poema pantomima, una parodia.
Lo cierto es que la mayoría de sus poemas son más visuales que rítmicos, contando cortas historias, “retratos” coloridos que capturan la vida norteamericana de la clase media, como en aquel donde una pareja cruza un parque y él va del brazo de su esposa y el poeta apenas recuerda el color verde de sus tirantes y de ella, el racimo de uvas que lleva en las manos. Así también en otro dedicado a refrescarnos las imágenes que Goya imprimió en sus grabados o pesadillas sobre el hombre. Goya hace evidente el sufrimiento de la humanidad; Ferlinghetti, al recrear a Goya nos ofrece unos norteamericanos que hundidos en el materialismo del capitalismo en una inmensa autopista llena de avisos publicitarios reciben ilusorios mensajes de la felicidad en este mundo.
Cuando abandonó a Eliot, se acogió al estilo de su mentor, el médico casi dominicano William Carlos Williams, uno de los más feroces impulsores del habla coloquial en la poesía, a partir de sus habilidades auditivas para romper con la métrica que dominaba la lírica inglesa desde el Renacimiento. Alejado de los simbolismos y el arte metafórico, quería que las cosas fueran las cosas mismas, así como surgían cada día y cada noche en el habla cotidiana.  Ferlinghetti adoptó esos comportamientos, acercándose al “pueblo” y enfatizando que el arte debía ser asequible a todo el mundo, no solo a los ilustrados. Olvidando, Ferlinghetti, que cada estrato social tiene su propio arte, sus propias invenciones, sus propios niveles de gozo o padecimiento, que sobreviven o perecen de acuerdo con las necesidades de quien adquiere poder e impone sus gustos. Así lo dejó escrito en su poema noveno de Pictures of the Gone World, donde recita:
« La verdad
no es asunto de unos pocos.
Quizás creas que es cierto,
por la forma en que ciertos archiveros
y emisarios de la cultura
y regentes de museos
se comportan.”
Ferlinghetti invitaba a los creadores, como quería, en otros sentidos, Confucio, con los nombres, a rectificar el papel del arte y los artistas. Y como Mao, instaba a los poetas a participar en la vida política y cultural de sus países. “Salgan de sus encierros, abran sus puertas, la poesía debe llevar la gente a otros lugares, a sitios más altos.”, decía.
Viajero incansable y partidario de las rebeliones contra los establecimientos del capitalismo, Ferlinghetti estuvo en Chile, Cuba, Nicaragua, México y casi todos los países europeos y de la Cortina de Hierro, leyendo sus poemas. Siempre hablando duro a favor de la Revolución Cubana y Fidel Castro, las organizaciones de campesinos, la guerra del Vietnam y el viejo Ho, los sandinistas, los zapatistas y los palestinos. Creo que nunca oyó hablar de las FARC y su viejo líder Tirofijo. No aparecen por ninguna parte de su obra.
Como pintor hizo exhibiciones en numerosos sitios, y también recibió profusas condecoraciones y premios. Cuando cumplió 100 años, el alcalde de San Francisco proclamó el día de su nacimiento como el Lawrence Ferlinghetti Day. Ese mismo año, uno de sus seguidores colombianos, dijo que el día del nacimiento de otro poeta, que lo malquería, debía ser el Dia del HP. La peste de ahora le obligó a cerrar su librería, pero sus admiradores iniciaron una colecta que alcanzó casi el medio millón de dólares en cuatro días.
Murió de una enfermedad respiratoria en los intersticios costales, en su casa de San Francisco. Iba a cumplir 102 años.
EN LAS PINTURAS DE GOYA VEMOS
Cuando miramos en Goya
parece que viéramos a los hombres
en el mismo momento que reciben
el rótulo de humanidad sufriente.
La adversidad con furor les retuerce,
apiñados, gimen con niños y bayonetas
bajo cielos de cemento
en un paisaje de árboles volando,
estatuas retorcidas,
alas y picos de vampiros,
horcas corredizas,
cadáveres y gallos carniceros
y todos los vociferantes monstros
son tan reales
como si de verdad existieran.
.
Y existen.
Solo el paisaje ha cambiado.
.
Están alineados en las carreteras
plagadas de soldados,
falsos molinos de viento y gallos locos
Son la misma gente,
solo que alejadas de casa,
en las autopistas de cincuenta carriles
en un continente de cemento
con grandes avisos que anuncian
imbéciles ilusiones de felicidad.
.
El escenario tiene pocos carromatos
pero muchos seres mutilados
en autos pintados
que tienen extrañas matrículas
y motores
que se engullen a América.
―Lawrence Ferlinghetti
Versión de Harold Alvarado Tenorio
_____
*Harold Alvarado Tenorio. Poeta y editor de la revista de poesía Arquitrave. Este texto se reproduce con autorización del autor.
[Imagen: Ferlinghetti frente a su librería en San Francisco – fuente: http://www.revistacoronica.com]

O escritor, falecido aos 101 anos, fundou City Lights, un foco cultural aínda en activo

Ferlinghetti, ante su librería de San Francisco en 1998

Ferlinghetti, ante a súa librería de San Francisco en 1998.

O poeta estadounidense Lawrence Ferlinghetti, propietario da librería de San Francisco na que se considera que se forxou a Xeración Beat na década de 1950, faleceu o luns aos 101 anos de idade, segundo informou este martes a familia e recolle Efe. Ademais de crear a súa propia obra poética, Ferlinghetti cofundó en 1953 a librería City Lights (Luces da cidade) en North Beach, o barrio italiano de San Francisco, un local que segue operando a día de hoxe e que se converteu nun polo de atracción turística na cidade. Ao pouco de ser fundada, City Lights converteuse en lugar de encontro de artistas bohemios, entre eles varios dos que conformaron a bautizada como xeración Beat como Allen Ginsberg, Gregory Corso e Michael McClure, con quen Ferlinghetti trabó unha forte amizade.

«A mellor poesía na lírica en si mesma. O noso poeta e heroe, Lawrence Ferlinghetti, faleceu o luns pola noite. Amámosche, Lawrence», publicou a conta de Twitter da librería este martes, que pechou as súas portas durante a mañá en homenaxe ao seu cofundador. O poeta e libreiro faleceu por mor dunha enfermidade pulmonar na súa residencia do barrio de North Beach, onde viviu durante os últimos corenta anos. Como autor, Ferlinghetti publicou varias decenas de libros, entre eles A Coney Island of the Mind, que desde que foi publicado en 1958 vendeu un millón de copias en todo o mundo e foi traducido a doce idiomas. O poeta e libreiro tamén exerceu de editor e publicou varias obras dos autores da Xeración Beat, entre eles o controvertido Howl de Allen Ginsberg en 1956, feito polo que foi arrestado e levado a xuízo por cargos de obscenidade. Ferlinghetti baseou o seu defensa no dereito á liberdade de expresión e publicación e finalmente foi absolto.

 

[Imaxe: STRINGER/REUTERS – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Resulta preocupante que nos últimos ano varias persoas tiveran que afrontar procedementos penais por facer crítica, denuncia ou humor sobre a relixión, a monarquía, Carrero Blanco, ETA… E aínda máis preocupante resulta comprobar que a xente de esquerdas parece querer utilizar eses mesmos instrumentos, precisamente, para defender a liberdade.

Escrito por Celia Balboa

1 Por que a vía penal? Ante todo temos que partir de que o dereito penal, a grandes liñas, é un sector do ordenamento xurídico que inclúe ese conxunto de normas que tipifican as condutas consideradas delituosas, establecendo o seu castigo no caso de as contravir. Estamos a falar dese conxunto de normas das que se dota unha comunidade para garantir a súa convivencia e protección, pero tamén a protección do Estado mesmo e os seus órganos de goberno. É un instrumento de control social en todos os sentidos. E isto é algo que a esquerda parece esquecer ás veces.

Tamén cabe destacar que un dos principios inspiradores do dereito penal é que debe ser a ultima ratio, é dicir, a sanción punitiva penal debe ser o último ao que acudir para reparar ou sancionar. Por iso, e para garantir a seguridade xurídica, a redacción da norma penal debe ser clara e precisa, sen ambigüidades nin imprecisións que permitan interpretacións diversas. Igualmente o principio de intervención mínima debe entenderse dentro dun contexto social cambiante que pode descriminalizar certos actos, porque o ben xurídico protexido deixa de ser importante, pero que tamén pode pasar a criminalizar outros pola mutación deses valores.

2 Por que é tan importante a tipificación delituosa? Á marxe do estritamente xurídico, hai que salientar outro papel importante da norma penal: a contribución na creación dos valores que deben inspirar a convivencia ou as liberdades sociais —a tipificación dos delitos e a súa pena conforman o universo do permitido e do prohibido— por iso o Código Penal soe ser un bo indicador da liberdade e democracia dunha sociedade.

Por exemplo, unha das maiores loitas do movemento feminista foi lograr a tipificación penal da violencia de xénero. O avance neste sentido é innegable. Creo que hoxe ninguén pode permitirse publicamente dicir frivolidades sobre a violencia de xénero sen facerse merecedor do rexeitamento público, cando menos. E iso é un avance moi valioso. Cuestión distinta é se o instrumento penal é o único axeitado.

3 Como se crea un ambiente favorable á lexislación máis represiva? Cando acontecen condenas como as que acabamos de coñecer: Pablo Hasél, os tuits de Casandra, de César Strawberry, a denuncia en relación ao cartel de entroido da Coruña, etc… Cómpre reflexionar: quen e en que contexto se promulgou a norma que sanciona? Cal é o ben xurídico que protexe? Que valor social configura?

Por iso convén analizar as grandes reformas do Código Penal que se fixeron a partir do ano 2000. Ese ano, coincidindo coa segunda lexislatura de José María Aznar, desa volta con maioría absoluta, e dentro do que se deu en chamar «novas formas de loita contra ETA e a súa contorna», o Código Penal sofre unha importante modificación coa Lei 7/2000, texto ambiguo e de difícil comprensión onde os haxa, que dá entrada a determinados delitos cualificando como actos terroristas condutas antes tipificadas como lesións, danos ou estragos, máis ou menos graves, sempre que se produzan co ánimo de «subverter» a orde constitucional, alterando a denominada «paz social». O problema reside en que debemos entender por «paz social» ou «orde constitucional». Acaso con semellantes expresións ambiguas e grandilocuentes non se busca en realidade a criminalización da protesta social?

4 Que pasa co denominado enaltecemento do terrorismo? Esa reforma, acolle esta figura agravada que, se pode entender, contribúe a buscar unha represión innecesaria, máxime cando xa existía o delito de apoloxía do terrorismo ou o de inxurias graves na protección da honra, por exemplo, das vítimas do terrorismo.

No ano 2015, na primeira lexislatura con maioría absoluta de Rajoy, unha nova reforma do Código Penal concede a entrada no noso dereito á denominada prisión permanente revisable, unha pena que é a introdución da cadea perpetua. Ese mesmo ano apróbase a nova Lei de Seguridade Cidadá e, por último, refórmase a Lei de Axuizamento Criminal concedendo ao Ministerio Fiscal moitas máis facultades para intervir na duración dos procesos. En definitiva: un trípode que como xa se denunciara podía resultar moi perigoso.

5 Cal foi o resultado desa reforma? Condenas limitando a liberdade de expresión e manifestación, constantes limitacións que pretenden xustificarse por supostos «valores e esixencias sociais», por exemplo: loita contra o terrorismo, mantemento da seguridade e orde pública, mantemento das Institucións, respecto a sentimentos relixiosos.

A agravación da norma penal permite esa censura ou limitación á liberdade de expresión, cando no fondo non e máis que a imposición dunhas normas que transgriden as liberdades e dereitos fundamentais das persoas. Normativa máis propia de Estados autoritarios que conculcan a liberdade e a crítica en favor dun suposto interese xeral.

6 Que pasa cos delitos contra os sentimentos relixiosos? Os delitos contra os sentimentos relixiosos xa estaban regulados no Código Penal do ano 1973. Naquela redacción o artigo 209 recollía o delito de escarnio a unha confesión relixiosa ou a aldraxe aos seus dogmas ou ritos, con pena agravada se se facía en acto ou lugar de culto.

Case que a mesma tipificación do delito se mantivo no Código Penal do año 1995, mais parece esquecerse que non foi ata o ano 1988 cando se derrogou o denominado delito de blasfemia que, tipificado no artigo 239, sancionaba a blasfemia por escrito e con publicidade.

Polo tanto, non pode dicirse que os sentimentos e as prácticas relixiosas non estivesen protexidas. Por que agora esta criminalización de determinas protestas que non buscan a aldraxe senón a denuncia? Tan só se pode explicar dentro deste clima represivo que estamos a vivir. Unha situación realmente triste se pensamos que unha das mellores características da cultura europea clásica foi ser quen de facer mofa e rir dos seus propios deuses.

7 Como é a redacción do delito de odio? Os chamados delitos de odio son especialmente perturbadores dentro do Código Penal. Xa o do ano 1995 recoñecía os denominados delitos de odio no artigo 510, recollendo e sancionando a provocación á discriminación, odio ou violencia por motivos racistas antisemitas ou referentes á ideoloxía, relixión, etnia ou raza, orientación sexual, etc. Castigaba igualmente a información inxuriosa sobre grupos ou asociacións. A reforma do ano 2015 introduce un novo texto pouco claro que pode levar a non saber realmente se o que se di é delito. Recolle e penaliza condutas non vinculadas nin á causación dun mal, nin á creación dun perigo. Tal e como está redactado o texto, poderá acusarse de delito de odio a expresión de ideas ou opinións contrarias ao sistema de valores do grupo acusador, e esa é unha deriva moi perigosa.

Opinións homófobas, sexistas, racistas, de supremacía, etc, deben confrontarse no debate público coa crítica constante, deben vencerse coa educación e dentro da liberdade, nunca mediante a prohibición ou a censura. A democracia obriga á tolerancia e á liberdade. Como dicía Noam Chomsky: «Se non cremos na liberdade de expresión para a xente que desprezamos, non cremos na liberdade de expresión».

 

[Fonte: http://www.luzes.gal]

 

 

 

Entitats i col·lectius clamen contra l’empresonament de Pablo Hasél i alerten del retrocés del dret fonamental a expressar-se lliurement a Espanya.

L’empresonament de Pablo Hasél ha reavivat el debat de la llibertat d’expressió a Espanya. Font: Jove (llicència CC).

Escrit per Dani Sorolla

L’empresonament del raper lleidatà Pablo Hasél ha provocat una forta resposta al carrer i ha tornat a posar sobre la taula un debat que cou i incomoda a Espanya sobre els límits de la llibertat d’expressió. Tant és així que, per parar el cop, el Govern espanyol ha anunciat a correcuita la seva intenció de reformar el codi penal per despenalitzar els delictes d’opinió i protegir la llibertat d’expressió.

Pablo Hasél va ser detingut el dimarts passat a la Universitat de Lleida i ja ha ingressat a la presó de Ponent per complir una pena de presó de 9 mesos, que s’ampliarà per les multes econòmiques que el raper s’ha negat a pagar, pels delictes d’enaltiment del terrorisme i injuries a la Corona i a les forces de seguretat en diversos missatges que va difondre a les xarxes.

Les entitats alerten que el dret a la llibertat d’expressió retrocedeix a Espanya. Font: Pixabay (llicència CC).

“L’entrada a la presó de Hasél és injusta i desproporcionada, ningú hauria de ser processat penalment per expressar-se en xarxes socials o cantar coses que es puguin considerar desagradables o escandaloses”, explica el Dani Vilaró, portaveu d’Amnistia Internacional Catalunya (AI), sobre l’empresonament del raper, que ja va ser condemnat per fets similars anteriorment.

Una posició que comparteixen bona part d’entitats, com l’Acadèmia Catalana de la Música, que ha impulsat un manifest amb més de 65 organitzacions del sector cultural per demanar la l’indult i llibertat del músic lleidatà. “El que ha passat amb Hasél és una profunda injustícia i ens sembla un retrocés increïble en un dret tan fonamental com és la llibertat d’expressió en una democràcia que s’autoafirma com a modèlica, és molt preocupant”, subratlla Natxo Tarrés, vocal de la junta de l’Acadèmia.

Condemnes per delictes d’opinió a Espanya: Plou sobre mullat

I és que, el de Hasél no és un cas aïllat, ben al contrari, és l’últim d’una llarga llista d’activistes, periodistes, tuitaires, músics i creadors que han tingut problemes amb la justícia per les seves opinions o manifestacions. El raper mallorquí Valtonyc, exiliat a Bèlgica, els músics del grup La Insurgencia o la tuitera Cassandra Vera, entre molts altres, en són exemples.

Tot plegat evidencia que Espanya té un problema amb la llibertat d’expressió, que s’acarnissa especialment amb la creació artística. En aquest sentit, un informe de l’ONG danesa Freemuse situa Espanya com l’Estat amb més artistes empresonats -un total de 14– el 2019.

“És vergonyós que Espanya encapçali aquesta llista per davant de països com Turquia o l’Iràn, avui és Hasél però demà pot ser qualsevol de nosaltres”, lamenta l’Esteban Marín, de la Fundació Contorno Urbano, una entitat cultural vinculada a l’art a l’espai públic, l’educació i la creativitat urbana. Precisament, en l’àmbit del muralisme va esclatar una altra polèmica fa un parell de setmanes després que l’Ajuntament esborrés un mural de l’artista Rock Blackbloc a favor de Hasél i contra el rei emèrit Joan Carles I.

L’entrada a la presó de Hasél ha tingut una resposta al carrer. Font: Carlos Delgado (llicència CC).

Aquests fets posen en relleu un excessiu zel punitiu a Espanya en la persecució dels anomenats delictes d’opinió, molt més accentuat que en països del seu entorn. “Hi ha una deriva regressiva pel que fa als drets i una desproporció clara en l’aplicació del codi penal, hauria de ser l’última ràtio i aquí s’està aplicant com la primera mesura”, alerta David Bondia, president de l’Institut de Drets Humans de Catalunya (IDHC).

A banda, el país acumula diverses sentències condemnatòries per part del Tribunal Europeu dels Drets Humans (TEDH) amb relació als delictes d’opinió. “El problema és que el codi penal, sobretot arran de la reforma del 2015, on es va modificar el delicte d’enaltiment del terrorisme, està penalitzant expressions que no inciten d’una manera clara i directa a la violència i està coartant la llibertat d’expressió en molts sentits”, afirma el portaveu d’AIDani Vilaró.

L’organització internacional fa cinc anys que clama contra aquesta restricció excessiva del dret a l’expressió emparat per “lleis injustes”, en què també inclouen la controvertida Llei de Seguretat Nacional, coneguda com a llei mordassa. Una llei que, tot sigui dit, el Govern de PSOE i Podem es va comprometre a derogar, però que encara no n’ha revocat ni una coma, com s’encarrega de recordar l’Esteban Marín de Contorno Urbano.

El problema, però, no és només la llei o el codi penal, sinó l’aplicació que se’n fa, explica David Bondia: “S’està interpretant i aplicant la llei de la manera més dràstica, com han demostrat les sentències contràries a Espanya per part del TEDH, és una deriva molt perillosa”.

“Les dades objectives que ens faciliten les entitats internacionals i les condemnes a l’Estat demostren que la llibertat d’expressió retrocedeix i cada cop va a pitjor”, adverteix Natxo Tarrés, que recorda l’explosió creativa de la dècada dels 80, uns anys en què “tothom expressava el que volia i no hi havia aquesta sensació”.

Una persecució que abona l’autocensura

I és que, com diu Tarrés, una de les conseqüències més preocupants és l’efecte dissuasiu que pot generar a l’hora d’expressar-se o crear lliurement. “Hi ha una sèrie de lleis pensades per inhibir la crítica o l’expressió d’una dissidència política, hi ha gent que té por a tuitar o cantar segons què per les conseqüències penals que pugui comportar”, alerta Vilaró sobre aquesta espasa de Dàmocles que penja sobre la llibertat d’expressió.

“És absolutament així”, convé Tarrés, que creu que en el moment que una persona es planteja si una acció o manifestació artística pot portar-li problemes legals, això està condicionant el seu dret a la lliure expressió. “En aquest sentit, el Pablo Hasél és només un cap de turc d’una situació que afecta moltes persones i artistes, per això demanem que tota la societat s’impliqui a tots nivells, més enllà de si li agrada o no el que diu o canta el Pablo”, remata el vocal de l’Acadèmia.

Els membres de la Fundació Contorno Urbano ho saben de primera mà, però això no farà que s’aturin. Aquest diumenge participaran en una àmplia convocatòria de diverses entitats per pintar murals a qualsevol espai habilitat per fer-ho, a Barcelona i al conjunt de Catalunya i de l’Estat. “Estem segurs que hi haurà problemes i identificacions per part de la policia, per si després hi ha alguna denúncia”, sosté l’Esteban Marín.

Un dret amb límits

Tanmateix, la denúncia del retrocés de la llibertat d’expressió a Espanya no significa que aquest dret no hagi de tenir límits, convenen les entitats. “La llibertat d’expressió no és un dret absolut i té límits fixats per la legislació internacional, quan es creua la frontera entre el que és expressar una opinió i fer apologia de l’odi, per exemple a determinats col·lectius o persones, sí que s’han d’establir límits. Ara bé, han de ser proporcionals i no atacar la mateixa llibertat d’expressió, que és el que està passant a Espanya”, opina Vilaró.

Una postura que comparteixen des de l’IDHC i recorden que el TEDH ha manifestat que no és el mateix manifestar-se sobre persones privades o públiques, on l’àmbit per a la crítica és molt més ampli, “i això no s’està aplicant a l’Estat espanyol”, conclou Bondia.

 

[Font: http://www.xarxanet.org]

 

 

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Constitucional

Os ministros do STF decidirão na primeira sessão judiciária deste ano, na quarta-feira (3), se, no Brasil, existe o direito ao esquecimento. Apesar de tratar-se de uma disputa sobre a transmissão de um programa da TV Globo a respeito de um crime ocorrido na década de 1950, o julgamento tem contornos diferentes e mais extensos do que aparentam à primeira vista.

O conceito de direito ao esquecimento não é previsto na legislação brasileira, mas tem sido discutido nas instâncias inferiores por meio dos inúmeros pedidos de remoção de conteúdo que chegam aos tribunais. A controvérsia coloca, de um lado, a liberdade de expressão e informação e, de outro, direitos à honra, intimidade, privacidade e ressocialização.

Dois casos: um espanhol, um brasileiro

A expressão foi importada da Europa. Ela ganhou destaque a partir de uma ação envolvendo o Google na Espanha, julgado pelo Tribunal de Justiça da União Europeia em maio de 2014. Depois de deixar de pagar dívidas com a seguridade social, o imóvel do advogado Mario Costeja González foi levado a leilão, conforme noticiou no jornal La Vanguardia, em 1998.

A dívida, no entanto, foi paga, e a venda judicial suspensa. A partir de 2009, o advogado passou a buscar a desindexação de seu nome das ferramentas de busca.

O recurso extraordinário que chegou ao STF é anterior ao caso espanhol. De início, não mencionava o termo e o conceito, mas eles passaram a ser suscitados pela defesa dos familiares de Aída Curi, que foi assassinada em 14 de julho de 1958. O crime foi relembrado pelo programa Linha Direta, da TV Globo, o que desagradou a família de Curi.

Como o recurso extraordinário teve repercussão geral reconhecida, estudiosos, empresas e setores da sociedade civil que trabalham com liberdade de expressão têm o receio de que o debate possa limitar a liberdade de expressão e a atuação de empresas e jornais na internet. De acordo com o Google, por exemplo, “o Brasil é um dos países do mundo onde a empresa mais registra pedidos de remoção de conteúdo”.

Aida Curi, jovem que foi estuprada e assassinada em 1958 no Rio de Janeiro, contra a TV Globo. Os familiares relatam que o crime foi alvo de cobertura intensa da imprensa à época e protestam que, quase 50 anos depois, a história tenha voltado aos holofotes no programa « Linha Direta Justiça » em 2004.

Os familiares lutam « pelo reconhecimento do seu direito de esquecer esta tragédia » e resgatam uma tese reconhecida e defendida na Alemanha e em casos isolados no Brasil. Um deles diz respeito a uma promotora que venceu no STJ em 2018, uma quizila judicial para ter seu nome desassociado de notícias de uma suposta fraude em um concurso por vaga no TJ do Rio de Janeiro.

A defesa da Globo

A TV Globo defende que a veiculação do programa tinha como finalidade o relato de acontecimentos históricos, de interesse público, « relacionados a crimes de grande repercussão e seus respectivos julgamentos pelo poder Judiciário ». A emissora argumenta que os direitos à intimidade e imagem de Aida Curi e seus familiares não se sobrepõem ao interesse da sociedade em ter o acesso às informações sobre um fato histórico.

A empresa venceu o caso no STJ, que considerou que não era possível tratar do acontecimento de uma forma jornalística sem mencionar o nome de Aida Curi, logo não existia a possibilidade de esquecimento.

Como a família levou o processo para o STF, que reconheceu a repercussão geral no tema e viu a oportunidade de analisar se o direito ao esquecimento pode ser aplicado na esfera civil, o Google entrou no processo como uma das partes interessadas que farão colaborações ao julgamento.

Também participarão com o mesmo papel a Abraji (Associação Brasileira de Jornalismo Investigativo), o ITS-Rio (Instituto de Tecnologia e Sociedade do Rio de Janeiro), a Artigo 19, o IBDCIVIL (Instituto Brasileiro de Direito Civil), o Instituo Palavra Aberta, o Instituto de Direito Partidário e Político/PLURIS e a Yahoo! do Brasil. (RE nº 1.010.606).

Direitos de respostas

As garantias constitucionais da liberdade de expressão e acesso à informação são pauta também das ações que tratam de direito de respostas, que estão na pauta para pouco mais de um mês depois – no dia 10 de março. A Associação Nacional dos Jornais (ANJ) questiona cinco dos 12 artigos da Lei nº 13.188/2015, que “dispõe sobre o direito de resposta ou retificação do ofendido em matéria divulgada, publicada ou transmitida por veículos de comunicação social”. A OAB e a ABI também apresentaram ações sobre o tema.

O ministro Dias Toffoli é o relator de todas as ações. De acordo com a ANJ, “a norma, a pretexto de imprimir celeridade ao exercício do direito de resposta, afronta diversas garantias constitucionais que são caras ao Estado Democrático de Direito, a exemplo do devido processo legal, do contraditório e da ampla defesa, do princípio da isonomia e da inafastabilidade do controle jurisdicional, além do princípio da proporcionalidade”. (ADI nº 5.436).

[Ilustração de Eduardo Pedro – Google Imagens – fonte: http://www.espacovital.com.br]

Suite à la polémique liée au dessin de Xavier Gorce publié dans Le Monde, la sociologue et chercheuse au CNRS Nathalie Heinich s’interroge au micro de Marie Sorbier sur la capacité de notre société contemporaine à tolérer l’ironie.

Marche des libertés contre les lois liberticides, à Paris le 28 novembre 2020.

Marche des libertés contre les lois liberticides, à Paris le 28 novembre 2020.• Source : Le Pictorium – Maxppp

Suite à la parution du dessin de Xavier Gorce dans Le Monde et la polémique qu’il a engendré, Nathalie Heinich, sociologue et directrice de recherche au CNRS, s’interroge au micro de Marie Sorbier sur la place de l’ironie dans notre société actuelle. Si une des caractéristiques du dessin de presse, ainsi que de l’art, est d’opérer un décalage, de manier l’ambiguïté et, plus généralement, l’ironie, sommes-nous encore capable de l’accepter ?

Ne pas intégrer l’ironie dans notre culture commune. Nous assistons à l’importation en France, via les milieux universitaire, culturel et militant, d’un mode de rapport à la représentation qui a été et est toujours extrêmement puissant aux États-Unis.
Nathalie Heinich

L’école américaine

Ce mode de rapport à la représentation, Nathalie Heinich l’avait observé dès les années 1990 en enquêtant sur les rejets de l’art contemporain aux États-Unis, enquête qui a donné lieu à son livre Guerre culturelle et art contemporain. Une comparaison franco-américaine, paru en 2010 aux éditions Hermann. La sociologue constate une grande différence entre les rejets français et américain face à toute forme de représentation artistique. Les rejets aux États-Unis étaient pour la plupart fondés sur un refus de la dimension imaginaire et représentationnelle des images, interprétées uniquement de façon littérale. Elle rapporte pour exemple le cas où des parents d’élève avaient demandé qu’une reproduction de La Maja nue de Goya soit retirée du mur d’une classe d’école car une femme nue n’y a pas sa place, même via une image artistique.

Il s’agit d’un rabattement systématique de la dimension imaginaire sur la dimension réelle. Et en même temps, ce qui est assez troublant pour nous, une sur-symbolisation : un cas unique devient un symbole de la catégorie. L’image de La Maja nue sera interprétée comme le symbole de l’oppression faite aux femmes et fera immédiatement l’objet d’une mobilisation au nom du droit des femmes.
Nathalie Heinich

"La Maja nue", du peintre espagnol Francisco de Goya, exposée au Musée du Prado, à Madrid.

« La Maja nue », du peintre espagnol Francisco de Goya, exposée au Musée du Prado, à Madrid.• Source : Wikipédia

Pour la sociologue, en appliquant ce mode de perception des images à la caricature de Xavier Gorce, la question de l’inceste n’est pas vue au prisme d’un dessin volontairement parodique jouant sur le second degré et le sous-entendu, mais comme un discours littéral qui amène à relativiser les crimes subis par les victimes d’inceste.

Ce serait alors un symbole des maux infligés à l’ensemble des victimes d’inceste, et du même coup, on en fait un motif de mobilisation. C’est une mentalité normale aux États-Unis. Si elle est bizarre pour nous en France, elle est néanmoins en train d’arriver. La vitesse avec laquelle ce type de mobilisation se produit en France est stupéfiante, et est énormément renforcée par les réseaux sociaux. Ce qui auparavant exigeait une mobilisation via des associations, partis et manifestations est aujourd’hui quasiment instantané, se diffuse à des foules qui réagissent dans l’indignation et se mobilisent de façon immédiate.
Nathalie Heinich

Cancel culture

Cette réaction instantanée, diffuse et indignée, revendiquant la suppression de l’objet de cette indignation, s’inscrit dans la cancel culture, que Nathalie Heinich définit comme la conséquence immédiate du contrôle de la vie collective et de l’ordre moral consistant à ne pas tolérer l’expression de points de vue qui divergent de ceux que certains tiennent pour norme. Selon la sociologue, préférer la suppression à la discussion relève totalement de la culture américaine car la constitution des États-Unis empêche que le gouvernement puisse limiter la liberté d’expression. Cette régulation est donc prise en charge par des mobilisations citoyennes, et non pas par la loi. En France, le système juridique permet au contraire de porter plainte pour diffamation, insulte et incitation à la haine raciale.

Dans le système américain, on assiste à la normalisation d’une censure sauvage imposée par le premier citoyen venu.
Nathalie Heinich

Selon la sociologue, dans un monde influencé par la montée en puissance des réseaux sociaux, il en revient aux médias de lutter contre la cancel culture, d’affirmer et de faire exister la liberté de la liberté d’expression. A cette liberté, elle oppose la pression exercée par les réseaux sociaux qu’elle considère comme une pression dépourvue de toute légitimité démocratique.

Si le dessin de Xavier Gorce avait été considéré comme attentatoire, il aurait fallu porter plainte. Le dessin de presse est protégé par la loi en France, ce qui donne lieu à une confrontation de deux cultures juridiques et de deux cultures morales extrêmement différentes.
Nathalie Heinich

L’importation via les réseaux sociaux de formes d’indignation considérées comme normales aux États-Unis donnent lieu à des frictions dont la polémique liée au dessin de Xavier Gorce est un révélateur. La sociologue voit dans ces mobilisations des individus qui s’autoproclament représentants d’une communauté, au nom du fait qu’ils se sentent blessés dans leur identité, ou bien au nom des droits de cette communauté.

En quoi un sentiment de blessure peut-il créer un droit ? En quoi quelqu’un qui n’est pas content peut s’instituer comme représentation d’une communauté, alors qu’il n’a pas été élu de façon démocratique ? Comment est-ce que l’indignation peut être considérée comme une forme de légitimation ? Ce n’est pas parce qu’on est indigné que l’on a forcément raison de vouloir supprimer les discours et actes problématiques pour nous.
Nathalie Heinich

Décriant une normalisation de ces représentants autoproclamés en France, Nathalie Heinich considère que cette tendance s’inscrit également dans un phénomène de lutte contre l’appropriation culturelle. Elle définit ce mouvement particulièrement présent en Amérique du Nord comme composé de représentants autoproclamés d’une communauté, qui ne sont pas des représentants élus et qui refusent que l’on puisse utiliser les éléments culturels de la communauté en question hors de cette communauté.

On assiste à des phénomènes d’importation via les réseaux sociaux de formes de culture communautaristes, identitaristes, qui mettent au premier plan de la définition des individus l’affirmation par eux-mêmes de leur appartenance à une communauté, ce qui n’est pas du tout dans l’esprit de ce qu’on appelle en France l’universalisme républicain. Il y a vraiment un clash des cultures.
Nathalie Heinich

L’écrivain Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq s’étonnaient, le 21 janvier dans Les Matins de France Culture, de ce qu’ils estiment être une incompréhension de l’ironie. De même, Plantu revenait dans la Question du jour du 22 janvier sur l’importance du décalage inhérent au dessin de presse, y compris face à des thématiques graves.

 

 

[Source : http://www.franceculture.fr]

Foto

En la talaia dels anys, en aquella edat en què la llibertat d’expressió no només és un privilegi sinó també una necessitat que a vegades pren forma de testament vital, La meva llengua, la meva vida, de Teresa Costa-Gramunt, és una resposta tan valenta com reflexiva a un tema candent: la llengua catalana en perill. Perquè «cada dia s’encenen llums vermells d’alarma respecte del català. És per aquest motiu que comprometre’s amb la llengua catalana no és només parlar-la, escriure-la i fomentar-ne l’ús, sinó també defensar-la de tantes voracitats i malvestats com l’assalten», escriu l’autora en primera persona en aquest llibre que és un llibre d’assaig alhora que un testimoni personal en diversos capítols biogràfics.

Escriure per a mi –diu l’autora– és una forma de respondre a un requeriment, a una qüestió, com també és una forma de responsabilitat a la qual es referia l’escriptora Karen Blixen en les seves memòries quan va adoptar el lema «Jo respondré». Així ha començat a escriure’s La meva llengua, la meva vida, un conjunt de reflexions i testimonis personals sobre la llengua catalana. La meva llengua: la llengua que m’interroga i em demana resposta.»

Biografia de l’autora

Teresa Costa-Gramunt (Barcelona, 1951). Des de 1993 viu a Vilanova i la Geltrú. Formació artística i humanista en diverses disciplines: disseny gràfic, psicologia, grafologia, italià, cultures orientals i simbolisme. Dissenyadora gràfica, és fundadora i vicepresidenta de l’Associació Catalana d’Exlibristes. Des de 1990 es dedica intensament a la creació literària. Des d’aleshores ha publicat una quarantena de llibres entre assaigs, narracions, biografíes, llibres de viatges, poemes i prosa poètica i memorialística. Col·labora amb textos i articles literaris i d’opinió en diversos mitjans de comunicació. Actualment a: Eix Diari, El 3 de Vuit, La Fura, Núvol i Catorze14. Ha guanyat diversos premis literaris. Ha traduït diversos llibres del català al castellà, i a la inversa. Poemes seus formen part de diverses antologies. En el camp de l’assaig ha publicat: Flor a l’ombra i Dona i art o la dansa de Lilâ (reculls d’articles amb la dona com a subjecte d’investigació), Llibre de l’Amic, El Carnaval i les seves figures i Arguments escrits.

Títol: La meva llengua, la meva vida
Autor: Teresa Costa-Gramunt
Editorial: Voliana Edicions
Pàgines: 137
ISBN: 978-8412185263

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Protestas en Plaza Dignidad (Santiago, Chile), 2020. Foto de Paulo Slachevsky, con licencia CC BY-NC-SA 2.0 [1]

Escrito por Eddie Galdamez, Anette Eklund, Joel Herrera, Romina Navarro, Janine Mendes Franco, Emma Lewis, Fabiola Gutiérrez, Gabriela Mesones Rojo, Fernanda Canofre, Duzka Ortiz, Jermani Ojeda, Carlos Flores, Juan Manuel Montoro, Belen Febres, Lully, Ricardo Diaz

En Latinoamérica y el Caribe, los feminismos, los movimientos sociales y los cambios políticos marcaron el 2020, a pesar de que la pandemia de covid-19 acaparaba la atención de todo el mundo y se volvía una prioridad global.

En México, Argentina y en el Caribe, el año 2020 se tiñó de morado y verde por las múltiples protestas feministas [2]. En México, por ejemplo, a pesar de la pandemia, las controversias del avión presidencial [3] y la despenalización de la marihuana [4], el protagonista fue el feminismo, o más bien, el antifeminismo [5] del gobierno mexicano.

En marzo hubo una mega marcha en México para exigir justicia ante el promedio de 10,5 femicidios [6] registrados por día, seguida de otras marchas por casos específicos, como el de Ingrid [7]Fátima [8] y Jessica [9].

Pese a la represión policial [10], la lucha dio frutos: La Ley Olimpia [11] contra el acoso digital, la Ley Ingrid [12] contra la filtración de material sensible, el registro público de agresores sexuales [13] en la capital mexicana, y la amnistía por aborto [14].

Te puede interesar nuestra cobertura especial: ¿Cómo luchan las mujeres contra la violencia de género en América Latina? [15]

En Argentina se multiplicaron las denuncias por violencia de género [16] y grooming [17]. El proyecto de ley de aborto voluntario [18], que el Gobierno había prometido presentar [19] en marzo de 2020, quedó en suspenso y, finalmente, se presentó en noviembre [20], para tratarlo durante diciembre [21].

Ante estos retrocesos, las redes sociales fueron claves para fortalecer las redes de ayuda feministas. Así se organizaron protestas [22] contra el alarmante aumento de los femicidios en pandemia, tuitazos de Ni Una Menos [23] y un pañuelazo virtual [24] para exigir al Gobierno argentino que tratara con urgencia la ley del aborto voluntario.

Por su parte, las feministas venezolanas usaron WhatsApp [25] para seguir apoyando a las mujeres y dar charlas virtuales; y en Nicaragua, las organizaciones feministas [26] denunciaron el desamparo y ausencia de justicia para las víctimas y sus familiares.

En enero, antes de que llegara el coronavirus a Trinidad y Tobago, se celebró un acto público de conmemoración [27] a las víctimas de femicidio, donde la ciudadanía exigió al Estado medidas eficaces para proteger a mujeres y niñas. En marzo, después de otro femicidio, el debate en línea se centró en el vínculo [28] entre la violencia de género y el abuso infantil, especialmente cuando las restricciones por el covid-19 fueron acompañadas [29] de un aumento de la violencia doméstica.

En diciembre, cuando los titulares informaban los femicidios de una joven madre [30] y una adolescente [31], en las redes sociales se expresó el hartazgo por la narrativa de que las mujeres “debían cuidarse”, y que se debía quitar el foco de las mujeres y redirigirlo [32] hacia quien correspondía, los hombres.

Montaje de imágenes del “Día Naranja” contra la violencia machista en Puerto Príncipe, 25 de enero de 2020. Fotos: Womantra

Movimientos políticos en Uruguay, Bolivia, Perú y Chile

Se podría argumentar que el mayor cambio en Uruguay se dio en el mapa político, con la salida del Frente Amplio (izquierda) y la vuelta al gobierno del Partido Nacional (derecha) después de treinta años, ahora en una “coalición multicolor [33]”. La oposición y otras asociaciones critican al gobierno por la ley de urgente consideración [34], que perciben como un retroceso en la libertad de expresión. No obstante, la exitosa gestión de la primera ola del covid-19 dejó apenas algunas decenas de muertos y posicionó al país como referente en la gestión de la crisis [35].

En Bolivia, tras un año de polarización [36], racismo exacerbado, ataques [37]heridos y asesinatos [38], la población acudió pacíficamente a las urnas [39] en octubre, y 55% de los votantes eligieron a la dupla de Luis Arce y David Choquehuana [40], del partido Movimiento al Socialismo (MAS) [41]. La polarización, en menor medida, ahora se enfoca en las elecciones subnacionales del 7 de marzo de 2021.

La elección de Luis Arce se festejó en distintos centros urbanos del mundo [42]. En sus manos está la conciliación de un país profundamente dividido y enfrentado con su historia.

Desde el exterior [44], quizá se subestimó la importancia de las protestas de la generación del bicentenario [45] en Perú, un país atribulado por la vacancia del presidente Martín Vizcarra [46], la renuncia del ilegítimo gobierno de Manuel Merino [47] y el nombramiento de Francisco Sagasti [48] como presidente interino [49]. Sin embargo, tanto Merino [50] como Sagasti [51] utilizaron la represión policial [52] excesiva, y este último mantiene en tensa calma la institucionalidad del país. A este caótico contexto se sumaron la crisis sanitaria del covid-19 y las políticas extractivistas [53] en territorios indígenas a favor de las grandes empresas [54].

Por otra parte, la pandemia no impidió que Chile llevara a cabo un referéndum histórico, donde se aprobó por abrumadora mayoría [55] cambiar la Constitución promulgada por el ex dictador Augusto Pinochet [56] en 1980 y considerada “la madre de las desigualdades de Chile [57]“. El plebiscito, llevado a cabo el 25 de octubre, fue el principal reclamo que impulsó el estallido social [58] de octubre de 2019, al que el gobierno respondió con represión [59], arrestos y numerosas violaciones a los derechos humanos.

Violencia, autoritarismo, desinformación y protestas de norte a sur

En Colombia, además de la preocupación por la pandemia y las más de 40.000 muertes por covid-19, se destacó la baja aceptación del Gobierno y el descontento de los colombianos ante la ausencia de soluciones efectivas contra tanta violencia [61]. Sin embargo, el presidente Duque insiste en negar la gravedad del registros de asesinatos, que incluye ochenta masacres [62].

Fue especialmente inquietante cómo aumentaron los asesinatos [63] de líderes sociales y defensores de derechos humanos, y se reveló que la policía estuvo involucrada [64] en el asesinato del Abogado Javier Ordóñez, hecho que originó protestas [65] seguidas de represión y la consecuente muerte de al menos diez personas, junto con múltiples heridos.

Las amenazas de muerte [66], asesinatos, acosos, abusos y censura contra periodistas y activistas fueron constantes, pero también motivaron el surgimiento de medios [67] alternativos.

En Venezuela, tras un año de relativa normalización económica, pese a la hiperinflación y la amplificación de la emergencia humanitaria [68], la pandemia se tradujo en un recrudecimiento [69] de las medidas autoritarias del Gobierno. La mayor militarización, el control de instituciones estatales [70] y la persecución política [71] a periodistas, activistas humanitarios y disidentes caracterizaron la políticas públicas desde la llegada de la pandemia, con el agregado de que el gobierno de Nicolás Maduro desplazó totalmente la representación política disidente a través de unas cuestionables elecciones parlamentarias [72].

La crisis migratoria venezolana, la más grave de la región con 5,4 millones de venezolanos fuera del país [73], se agudizó [74] con la pandemia y afectó la vida de esta comunidad vulnerable en los países de acogida [75].

En Jamaica, el caos y el miedo abrumó a los ciudadanos. Si bien la pandemia de covid-19 encabezó la lista de preocupaciones, una encuesta informal en Twitter reveló que la seguía de cerca el temor ante un posible aumento de la criminalidad, a pesar de que la Policía de Jamaica informó una leve reducción [76] de los delitos violentos en comparación con 2019.

Por otra parte, los toques de queda nocturnos durante la pandemia no parecen haber impedido cientos de fiestas ilegales y actividades sociales [77], algunas de las cuales (organizadas por personas con vínculos delictivos) resultaron en hechos de violencia.

En Nicaragua, la ciudadanía ha sufrido una mezcla de emociones negativas. A la crisis de salud pública por el covid-19 y la gestión del Estado se sumaron el impacto [78] de los huracanes IOTA [79] y ETA [80], y las perspectivas ante las elecciones de 2021 en un país donde impera la represión policial [81], la nula libertad de prensa [82] y de expresión y las constantes violaciones a los derechos humanos [83].

Tras la oleada de protestas de 2018, unas cien mil personas [84] huyeron del país, pero muchos nicaragüenses en el exilio se organizaron para seguir involucrados en el activismo político [85] desde el exterior. Mientras tanto, el gobierno de Daniel Ortega impulsa una triada de leyes [86] para reforzar su aparato de control sobre la población y evitar cualquier intento de oposición orgánica.

Así, Nicaragua cierra el año con una escalada de violencia sistémica, una falsa calma y dudas en torno a los datos sobre el covid-19 [87], un Estado blindado contra las protestas y, sobre todo, incertidumbre por lo que pasará en 2021.

Más al norte, en El Salvador, el 2020 fue de mucho conflicto político. El presidente Bukele se enfrenta constantemente a los otros órganos del Estado: la Asamblea Legislativa y la Sala de lo Constitucional, y se refirió [88] a los diputados y magistrados como “corruptos, criminales y ladrones”. Para muchos, su estilo agresivo revela un plan político para controlar al país. Con todo, mantiene una tasa de aprobación superior a 75% [89] pese a las acusaciones contra él de corrupción [90], negociación con pandillas [91] y ataques a la prensa [92].

Cuando Bukele soltó un trino en Twitter sobre el impacto de la pandemia en Ecuador [93], el gobierno ecuatoriano lo desmintió [94]. Pronto, el contenido que circulaba en redes sociales [95] ocupó los titulares del mundo: Cuerpos que nadie recogía [96], familias buscando el cuerpo de un ser querido y supuestas incineraciones de cadáveres en las calles.

La narrativa de la desinformación no bastó al Gobierno de Ecuador para explicar lo que vivió Guayaquil. Ante una realidad desbordada, se creó una Fuerza de Tarea Conjunta [97] para sepultar los cadáveres. La propia alcaldía de Guayaquil tuvo que entregar ataúdes de cartón [98] a las familias. Frente este panorama, los pueblos indígenas de la región se organizaron [99] para protegerse del coronavirus.

En resumen, la pandemia sorprendió a una región que ya estaba muy golpeada, pero también puso a prueba la resiliencia de los movimientos sociales, que no se detuvieron ante nada para reclamar sus derechos.

Así, se destacaron algunas buenas noticias en materia de género en la región: Ecuador tuvo su primera marcha trans [101], el Gobierno argentino aprobó el cupo laboral trans travesti [102] en el sector público, Bolivia reconoció la unión libre entre personas del mismo sexo [103], al igual que el estado de Puebla [104], México.

Te invitamos a ver esta edición especial [105] de “Voces de Latinoamérica”, del medio digital La Lupa [106], donde algunos de nuestros autores de Bolivia, Uruguay y México analizan los acontecimientos claves en sus regiones:

 

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2020/12/22/2020-un-ano-de-luchas-feministas-y-resistencias-politicas-en-america-latina/

URLs en este posteo:

[1] CC BY-NC-SA 2.0: https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/

[2] múltiples protestas feministas: https://www.milenio.com/politica/comunidad/marchas-feministas-mexico-2020-grito-impotencia

[3] avión presidencial: https://www.nytimes.com/es/2020/09/14/espanol/america-latina/rifa-avion-amlo.html

[4] despenalización de la marihuana: https://elpais.com/tag/c/7d3085d0587b7f0a3495ab0152cf17f0

[5] antifeminismo: https://globalvoices.org/2020/03/10/the-anti-feminism-of-mexican-president-lopez-obrador/

[6] 10,5 femicidios: https://www.infobae.com/america/mexico/2020/08/26/fueron-asesinadas-2240-mujeres-en-mexico-en-los-primeros-siete-meses-de-2020-de-acuerdo-con-cifras-oficiales/

[7] Ingrid: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-51518716

[8] Fátima: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-51554011

[9] Jessica: https://www.sinembargo.mx/07-10-2020/3872386

[10] represión policial: https://www.animalpolitico.com/2020/11/encapsulan-feministas-cdmx-represion-cancun/

[11] Ley Olimpia: https://aristeguinoticias.com/0312/mexico/aprueban-ley-olimpia-en-la-cdmx/

[12] Ley Ingrid: https://www.eluniversal.com.mx/metropoli/cdmx/godoy-plantea-iniciativa-de-ley-para-castigar-filtracion-de-imagenes

[13] registro público de agresores sexuales: https://mujeresseguras.cdmx.gob.mx/registro-publico-de-agresores-sexuales/

[14] amnistía por aborto: http://www.eligered.org/perdonadas-por-abortar-la-ley-de-amnistia-y-los-derechos-sexuales-de-las-mujeres/

[15] ¿Cómo luchan las mujeres contra la violencia de género en América Latina?https://es.globalvoices.org/cobertura-especial/como-luchan-las-mujeres-contra-la-violencia-de-genero-en-america-latina/

[16] violencia de género: https://www.cronista.com/economiapolitica/Durante-la-cuarentena-aumentaron-50-los-llamados-por-violencia-de-genero-en-la-Ciudad-20200706-0061.html

[17] grooming: https://www.clarin.com/sociedad/coronavirus-argentina-aumentaron-30-denuncias-grooming-cuarentena_0_OGlNIY8yY.html

[18] proyecto de ley de aborto voluntario: https://es.globalvoices.org/2020/03/08/en-argentina-mujeres-retoman-la-lucha-por-el-abortolegal2020/

[19] prometido presentar: https://www.infobae.com/sociedad/2020/03/01/por-primera-vez-un-presidente-enviara-un-proyecto-al-congreso-para-legalizar-el-aborto/

[20] se presentó en noviembre: https://www.telam.com.ar/notas/202011/535488-camara-de-diputados-ingreso-proyectos-legalizacion-del-aborto-plan-de-los-1000-dias.html

[21] diciembre: https://www.cronista.com/economiapolitica/Diputados-arranca-hoy-el-debate-en-comision-por-la-legalizacion-del-aborto-20201201-0018.html

[22] protestas: https://es.globalvoices.org/2020/04/01/bajo-cuarentena-argentinas-protestan-desde-los-balcones-contra-alza-de-femicidios/

[23] Ni Una Menos: https://www.pagina12.com.ar/269899-unidas-tambien-en-la-pandemia

[24] pañuelazo virtual: https://www.telam.com.ar/notas/202009/519114-actividades-y-reclamos-por-el-aborto-legal-en-el-dia-de-la-lucha-por-la-despenalizacion.html

[25] usaron WhatsApp: https://es.globalvoices.org/2020/10/02/whatsapp-es-la-nueva-herramienta-para-feministas-venezolanas-durante-la-pandemia/

[26] organizaciones feministas: https://www.eldiario.es/politica/nicaragua-luto-69-victimas-feminicidios-ano_1_6460899.html

[27] acto público de conmemoración: https://es.globalvoices.org/2020/02/13/homenaje-a-victimas-de-feminicidio-en-trinidad-y-tobago-aumenta-la-conciencia-sobre-la-violencia-machista/

[28] vínculo: https://es.globalvoices.org/2020/03/10/el-vinculo-entre-la-violencia-de-genero-y-el-maltrato-infantil-en-trinidad-y-tobago/

[29] acompañadas: https://es.globalvoices.org/2020/04/17/orden-de-cuarentena-viene-acompanada-de-aumento-de-violencia-domestica-en-trinidad-y-tobago/

[30] joven madre: https://www.looptt.com/content/missing-womans-vehicle-found-toco-shorefront

[31] adolescente: https://globalvoices.org/2020/12/07/calls-to-legislate-private-hire-vehicles-and-stop-victim-blaming-as-another-woman-is-murdered-in-trinidad-tobago/

[32] redirigirlo: https://www.facebook.com/georgia.popplewell/posts/10102940345311247

[33] coalición multicolor: https://www.enperspectiva.net/en-perspectiva-programa/la-mesa/fin-del-ciclo-electoral-2019-2020-queda-parada-la-coalicion-multicolor/

[34] ley de urgente consideración: https://es.globalvoices.org/2020/12/09/nuevo-gobierno-en-uruguay-prioriza-la-seguridad-a-costa-de-la-libertad-de-expresion/

[35] posicionó al país como referente en la gestión de la crisis: https://www.dw.com/en/uruguay-wages-successful-fight-against-covid-19/a-54659839

[36] polarización: https://es.globalvoices.org/2019/11/01/bolivia-dividida-y-enfrentada-fuentes-sugeridas-para-comprender-mejor-el-conflicto/

[37] ataques: https://anp-bolivia.com/76-periodistas-y-14-medios-fueron-afectados-en-29-dias-de-conflicto/

[38] heridos y asesinatos: https://www.opinion.com.bo/articulo/pais/anuario-hechos-violencia-enlutaron-bolivia-2019/20191223093236742554.html

[39] pacíficamente a las urnas: https://eldeber.com.bo/edicion-impresa/los-ciudadanos-brillan-al-convivir-con-la-sensibilidad-democratica_205657

[40] eligieron a la dupla de Luis Arce y David Choquehuana: https://www.oep.org.bo/wp-content/uploads/2020/10/Separata_Resultados_EG_2020.pdf

[41] Movimiento al Socialismo (MAS): https://es.wikipedia.org/wiki/Movimiento_al_Socialismo_(Bolivia)

[42] del mundo: https://es.globalvoices.org/2020/10/27/bajo-los-cielos-grises-de-amsterdam-bolivianos-saludan-victoria-presidencial-de-luis-arce/

[43] A post shared by Daphne Palza Alemán (@daph.palza.aleman): https://www.instagram.com/p/CHs7gZEhfmV/?utm_source=ig_embed&utm_campaign=loading

[44] el exterior: https://es.globalvoices.org/2020/12/03/lo-que-la-prensa-internacional-no-entendio-de-las-manifestaciones-de-peru/

[45] generación del bicentenario: https://es.globalvoices.org/2020/11/25/que-paso-en-peru-el-despertar-de-la-generacion-del-bicentenario/

[46] vacancia del presidente Martín Vizcarra: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-54882941

[47] ilegítimo gobierno de Manuel Merino: https://larepublica.pe/politica/2020/11/13/jorge-munoz-el-gobierno-de-manuel-merino-es-legal-pero-no-legitimo/

[48] Francisco Sagasti: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-54965252

[49] presidente interino: https://www.infobae.com/america/america-latina/2020/11/17/francisco-sagasti-juro-como-presidente-interino-de-peru/

[50] Merino: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-54960439

[51] Sagasti: https://elpais.com/internacional/2020-12-03/un-trabajador-agrario-muere-por-un-disparo-en-una-protesta-por-los-derechos-laborales-en-peru.html

[52] represión policial: https://www.elcomercio.com/actualidad/policia-peru-represion-manifestantes-muerto.html

[53] políticas extractivistas: https://www.servindi.org/actualidad-opinion/04/12/2020/pluspetrol-defensores-y-debida-diligencia

[54] grandes empresas: https://www.servindi.org/actualidad-noticias/02/12/2020/revelan-imagenes-satelitales-sobre-deforestacion-en-amazonia-peruana

[55] se aprobó por abrumadora mayoría: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-54686919

[56] Augusto Pinochet: https://es.wikipedia.org/wiki/Augusto_Pinochet

[57] la madre de las desigualdades de Chile: https://www.ambito.com/mundo/chile/en-un-plebiscito-historico-voto-amplia-mayoria-favor-redactar-nueva-constitucion-y-dejar-atras-la-pinochet-n5142902

[58] estallido social: https://www.lavanguardia.com/internacional/20191028/471227853898/chile-protestas-pinera-manifestaciones.html

[59] respondió con represión: https://es.globalvoices.org/2019/12/06/que-esta-pasando-en-chile-hashtags-de-una-inesperada-movilizacion-social-en-america-latina/

[60] A post shared by Territorio Fotográfico Chile (@territoriofotograficochile): https://www.instagram.com/p/CHwTtnRpxaL/?utm_source=ig_embed&utm_campaign=loading

[61] violencia: https://www.hrw.org/es/americas/colombia

[62] ochenta masacres: http://www.indepaz.org.co/informe-de-masacres-en-colombia-durante-el-2020/

[63] aumentaron los asesinatos: https://drive.google.com/file/d/10mIBUmA8mJiST4vetJExo948MJIXkUmP/view

[64] policía estuvo involucrada: https://www.es.amnesty.org/en-que-estamos/noticias/noticia/articulo/colombia-tortura-y-el-uso-excesivo-de-la-fuerza-por-parte-de-la-policia/

[65] originó protestas: https://es.globalvoices.org/2020/07/15/indigenas-y-afrodescendientes-en-colombia-se-movilizan-contra-ola-de-asesinatos-de-lideres-sociales/

[66] amenazas de muerte: https://rsf.org/es/colombia

[67] medios: https://es.globalvoices.org/2020/11/03/cinco-nuevos-medios-digitales-de-colombia-que-dan-noticias-sin-censura/

[68] emergencia humanitaria: https://www.unfpa.org/es/news/la-pandemia-complica-la-crisis-humanitaria-en-venezuela-y-los-pa%C3%ADses-vecinos

[69] recrudecimiento: https://www.cinco8.com/periodismo/el-coronavirus-nueva-oportunidad-de-abuso-y-control/

[70] el control de instituciones estatales: https://nuso.org/articulo/venezuela-2020-autoritarismo-politico-y-pragmatismo-economico/

[71] persecución política: https://cepaz.org/articulos/venezuela-censurada-frente-al-covid-19/

[72] cuestionables elecciones parlamentarias: https://www.hrw.org/es/news/2017/10/23/cuestionables-elecciones-en-venezuela

[73] con 5,4 millones de venezolanos fuera del país: https://www.cinco8.com/periodismo/54-millones-de-venezolanos-fuera-del-pais/

[74] agudizó: https://es.globalvoices.org/2020/08/27/gobierno-de-venezuela-estigmatiza-y-culpa-a-migrantes-que-regresan-por-propagacion-del-covid-19/

[75] comunidad vulnerable en los países de acogida: https://news.un.org/es/story/2020/05/1474222

[76] informó una leve reducción: https://www.iriefm.net/latest-crime-figures-show-reduction-in-murders-up-to-saturday/

[77] cientos de fiestas ilegales y actividades sociales: http://jamaica-gleaner.com/article/news/20201208/mckenzie-says-more-300-illegal-events-being-held-weekly

[78] impacto: https://www.lavanguardia.com/politica/20201209/6107877/director-regional-pma-visita-nicaragua-valorar-impacto-eta-e-iota.html

[79] IOTA: https://www.lavanguardia.com/vida/20201117/49525809584/iota-deja-destruccion-en-el-caribe-de-nicaragua-e-inundaciones-en-el-pacifico.html

[80] ETA: https://www.voanoticias.com/episode/sin-viviendas-ni-alimentos-devastacion-huracan-eta-nicaragua-258801

[81] represión policial: https://www.laprensa.com.ni/2020/12/08/politica/2758150-relatora-de-la-cidh-denuncia-intensificacion-de-la-represion-policial-contra-liderazgos-politicos-en-nicaragua

[82] prensa: https://www.lavanguardia.com/politica/20201113/49427632681/octubre-pasado-fue-funesto-para-libertad-de-prensa-en-nicaragua-segun-ong.html

[83] violaciones a los derechos humanos: https://es.noticias.yahoo.com/ortega-rebas%C3%B3-l%C3%ADmites-violaciones-dd-161614056.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&guce_referrer_sig=AQAAAIQpipyoSSG8QZdOygkrI_-Qx4ph_0sh4kakL1GjlYG8nZcmUf0Dv-yy68eapVmi1z6ojsyaw0UPaIWJXfJYnADyUI6kqfcmRdHSsSKQcXNSLixEm3aNlwrFRVAJ6bdYt3oeaYaiFanhmQXYAowDe9aMWLIZcimigBZP36XxPDCG

[84] cien mil personas: https://confidencial.com.ni/people-of-the-year-nicaraguan-exiles/

[85] activismo político: https://www.facebook.com/UnidadExiliadosUEN/

[86] triada de leyes: https://cnnespanol.cnn.com/2020/11/10/asamblea-nacional-de-nicaragua-aprueba-reforma-constitucional-que-impone-cadena-perpetua-por-delitos-de-odio/

[87] datos sobre el covid-19: https://es.globalvoices.org/2020/08/31/ataque-informatico-de-anonymous-revela-datos-ocultos-del-gobierno-sobre-casos-de-covid-19-en-nicaragua/

[88] refirió: https://www.elmundo.cr/mundo/nayib-bukele-llama-delincuentes-ladrones-y-corruptos-a-diputados-y-magistrados/

[89] superior a 75%: https://elsalvadorinfo.net/nayib-bukele-approval-rate/

[90] corrupción: https://www.elsalvador.com/eldiariodehoy/lucha-contra-la-corrupcion-ministerio-de-salud-fiscal-general-republica/779089/2020/

[91] pandillas: https://elfaro.net/es/202009/el_salvador/24781/Gobierno-de-Bukele-lleva-un-a%C3%B1o-negociando-con-la-MS-13-reducci%C3%B3n-de-homicidios-y-apoyo-electoral.htm

[92] prensa: https://www.efe.com/efe/america/sociedad/el-gobierno-de-bukele-ataca-a-periodistas-con-red-troles-segun-la-sip/20000013-4373750

[93] el impacto de la pandemia en Ecuador: https://twitter.com/nayibbukele/status/1245267021551538176?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1245267021551538176%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.eluniverso.com%2Fnoticias%2F2020%2F04%2F01%2Fnota%2F7801863%2Fnayib-bukele-coronavirus-salvador-ecuador

[94] desmintió: https://www.eluniverso.com/noticias/2020/04/01/nota/7802154/lenin-moreno-bukele-noticias-falsas-coronavirus

[95] circulaba en redes sociales: https://twitter.com/siempreenlinea7/status/1245433040043683842

[96] Cuerpos que nadie recogía: https://albertonews.com/internacionales/escenas-de-terror-hay-unos-450-cuerpos-por-recoger-en-las-calles-y-casas-de-guayaquil/

[97] Fuerza de Tarea Conjunta: https://www.elcomercio.com/actualidad/cadaveres-guayaquil-coronavirus-emergencia-ecuador.html

[98] ataúdes de cartón: https://cnnespanol.cnn.com/2020/04/06/en-ecuador-reparten-ataudes-de-carton-ante-la-escasez-de-los-de-madera/

[99] se organizaron: https://es.globalvoices.org/2020/09/24/como-los-pueblos-indigenas-resisten-al-covid-19-en-sudamerica/

[100] Pueblos amazónicos en Ecuador crean su propio monitoreo en internet para conocer el avance del covid-19: https://es.globalvoices.org/2020/08/10/pueblos-amazonicos-en-ecuador-crean-su-proprio-monitoreo-en-internet-para-conocer-el-avance-de-covid-19-en-sus-pueblos/

[101] primera marcha trans: https://es.globalvoices.org/2020/12/08/personas-trans-organizan-su-primera-marcha-en-ecuador/

[102] cupo laboral trans travesti: https://www.argentina.gob.ar/noticias/el-presidente-de-la-nacion-decreto-el-cupo-laboral-travesti-trans-en-el-sector-publico

[103] unión libre entre personas del mismo sexo: https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-55283423

[104] el estado de Puebla: https://es.globalvoices.org/2020/11/05/legisladores-mexicanos-aprueban-matrimonio-del-mismo-sexo-en-el-estado-de-puebla/

[105] edición especial: https://www.youtube.com/watch?v=LXVo5qQtHWw&feature=emb_title

[106] La Lupa: https://lalupa.press/

À l’heure où les 88 pays membres de la francophonie célèbrent leurs 50 ans d’existence, chacun peut aussi observer la multiplication des anglicismes dans nos échanges quotidiens.

Depuis le milieu des années 2010, les consommateurs français ont découvert les opérations commerciales du « Black Friday » (vendredi noir) qui, aux États-Unis, lancent chaque année fin novembre la période des achats de fin d’année (ici, dans les rues de Rennes).

Écrit par Jean-Michel DJIAN

La langue de Molière a du souci à se faire. Pas une année ne se passe sans que de nouveaux anglicismes surgissent dans notre vocabulaire commun ; pas un jour sans que des animateurs du petit écran ou des réseaux sociaux ne s’en fassent les praticiens zélés pour dire dans un « globish » très tendance ce que nous pourrions exprimer en français : « cluster », « click and collect », « food trucks », « black friday », « crowfunding »… Et c’est sans compter sur le PDG de la SNCF qui surprend ses interlocuteurs en déclarant à la radio attendre le « go sanitaire » du gouvernement avant d’avoir à décider de la reprise normale du trafic ferroviaire.

Que cache notre propension naturelle à emprunter à l’anglo-américain des mots qui semblent résonner mieux que les nôtres dans l’usage quotidien ? Une question à laquelle bien peu de responsables politiques se sentent à l’aise pour répondre. Et pour cause, ils sont les premiers à penser que leur non-emploi les pénalise s’ils veulent être entendus. Est-ce parce que l’anglo-américain fait toujours moderne et branché, jeune et universel ; qu’il répond à une exigence sonore ou musicale simplificatrice ou qu’il fleure bon le raccourci ou l’onomatopée ? Toujours est-il que, pour de bon, le pli est pris.

Il fut pourtant un temps où défendre la langue française était une affaire d’État. Pour faire barrage à l’anglais ou contenir les résurgences de langues régionales effervescentes une disposition fut même ajoutée en 1992 dans la Constitution pour rappeler que « la langue de la république est le français » (article 2). Une loi complémentaire, dite loi Toubon, votée le 4 août 1994, fut même votée dans la foulée pour protéger le patrimoine linguistique français mais surtout créer l’obligation d’utiliser le français dans l’usage commun.

Éternelle opposition

C’était sans compter sur Google qui allait, quelques années plus tard, accélérer le phénomène, mais surtout sur le Conseil constitutionnel qui avait, à juste titre, estimé que la liberté de pensée et d’expression inscrite à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen s’opposait à ce que la loi fixe la terminologie précise à employer (hormis celle intéressant directement le service public). Comment dépasser l’éternelle opposition entre une langue qui entend toujours cultiver son génie national tout en protégeant son lexique, et la même qui prend le risque de mourir en se fermant à la créativité langagière de celles et ceux qui la pratiquent ?

À l’heure où, dans la plus grande indifférence, les 88 pays membres de la Francophonie célèbrent cette année leurs 50 ans d’existence, personne n’a de réponse. Et probablement que plus personne n’en aura, tellement toute réglementation ou menace en la matière a désormais quelque chose de surréaliste. Vouloir, par exemple, imposer dans une terminologie officielle « syndrome d’épuisement professionnel » en lieu et place de « burn out » semble linguistiquement logique, mais qui peut encore dire que la traduction anglaise doit répondre à ce même critère, surtout si sa consonance vocale fait la différence ? D’ailleurs notre ministre de la Culture Roselyne Bachelot l’a compris, qui préfère installer sur son bureau un petit cochon rose en guise de tirelire pour pénaliser symboliquement tous ses visiteurs en flagrant délit d’usage intempestif d’anglicismes.

Heureusement qu’en France ou en Angleterre il reste l’humour pour botter en touche quand des mots, dussent-ils être français, ne suffisent plus à dire les choses ou se raconter.

 

 

[Photo : MARC OLLIVIER – source : http://www.ouest-france.fr]

Les mesures adoptées lors du deuxième confinement, visant à préserver au maximum l’activité économique, ont pesé sur le moral de la population française.

La fin de l’année 2020 aura été marquée par des règles sanitaires interdisant à peu près toute activité autre que le travail. Une situation qui déséquilibre les individus.

L’année 2020 aura vu bon nombre de tendances s’accélérer dans un certain nombre de domaines : économiques, technologiques, sociales, géopolitiques, etc. Comme tout va de plus en plus vite, nous vous proposons de prendre le temps, en compagnie du philosophe Laurent Bibard (ESSEC), de revenir sur cette année si particulière et de tenter de dresser des perspectives pour 2021 à travers l’étude de 4 accélérations, dans le travail, la technologie, la post-vérité et la liberté d’expression, puis de réfléchir aux moyens de retrouver de la joie.

[Photo : Philippe Lopez / AFP – source : http://www.theconversation.com]

Tandis qu’en Europe de l’Est le sexe est redevenu une marchandise et que la situation des femmes est à nouveau fragilisée, l’anthropologue américaine Kristen Ghodsee, spécialiste du monde communiste est-européen où elle a longtemps séjourné, montre que, s’il est un domaine dans lequel l’expérience communiste a fait ses preuves, c’est assurément le projet visant à l’indépendance économique des femmes et, jusqu’à un certain point, à la parité avec les hommes. Cette politique aurait été à la source de leur bonheur sexuel, dont plusieurs recherches ont fait état.


Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme. Plaidoyer pour l’indépendance économique. Trad. de l’anglais par Charlotte Nordmann et Laura Raim. Lux, 278 p., 20 €

Écrit par Sonia Combe

Kristen Ghodsee rend son étude d’autant plus convaincante qu’elle introduit la comparaison avec l’expérience des femmes américaines, lesquelles jouissent d’une bien moindre indépendance économique que les Européennes. Raison pour laquelle, selon elle, le divorce reste aux États-Unis largement subordonné à des considérations d’ordre matériel. Qu’en est-il dès lors d’une sexualité qui ne serait pas libérée des contraintes économiques ?

Pour étayer sa thèse de la supériorité du modèle communiste en la matière, Kristen Ghodsee part du socle théorique classique composé des travaux de Friedrich Engels (L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, 1884) et d’un August Bebel (La femme et le socialisme, 1891) résolument en avance sur son temps. Ce dernier, nous rappelle-t-elle au passage, fut également le premier à défendre les droits des homosexuels – un point sur lequel il n’aura pas été aussi bien suivi.

Mais avant eux les saint-simoniens, Charles Fourier et « la fascinante » Flora Tristan, théoricienne socialiste française du XIXe siècle, avaient préparé le terrain : « Le féminisme et le socialisme constituaient ainsi des mouvements mutuellement dépendants qui feraient advenir une transformation totale de la société française. » Vinrent, plus tard, les positions de la révolutionnaire russe Alexandra Kollontaï, avec sa conception de l’amour libre et sa théorie de l’amour-amitié. Staline se débarrassera d’elle en l’envoyant comme ambassadrice – elle sera ainsi la première femme à avoir ce titre – en Suède.

Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme. Plaidoyer pour l’indépendance économique

Dessin de Heinz Bormann paru dans « Das Magazin », magazine est-allemand qui publiait des enquêtes sur la sexualité (mars 1959).

Chaque chapitre du livre est dédié à l’une de ces militantes « féministes », un qualificatif que réprouvait Kollontaï car son usage aurait traduit le remplacement de la lutte des classes par celle des femmes contre les hommes. Ainsi seront rappelées à notre mémoire Flora Tristan, bien sûr, mais aussi Inès Armand, la Bolchévique franco-russe qui, après 1917, s’efforça de mettre en place des foyers d’enfants et des laveries publiques, Clara Zetkin, instigatrice de la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars et députée sous la république de Weimar, Elena Lagadinova, docteure en agrobiologie et qui fut, en 1975, à la tête de la délégation bulgare lors de la première conférence mondiale des Nations Unies sur le statut des femmes, Valentina Terechkova, également à la tête de la délégation soviétique à la même conférence et qui, elle, fut la première femme à voyager dans l’espace. Sans oublier les plus connues, comme Rosa Luxemburg et Nadejda Kroupskaïa, la compagne de Lénine qui fut à l’origine de la création du système éducatif soviétique et du vaste réseau des bibliothèques – la lutte contre l’illettrisme étant elle aussi à mettre au crédit de l’expérience communiste.

À l’origine de sa recherche, raconte Kristen Ghodsee, il y eut un documentaire réalisé en 2006, « Liebte der Osten anders ? » (« Aimait-on différemment à l’Est ? »), qui explorait les différences en matière de satisfaction sexuelle entre les femmes des deux Allemagnes au cours des quarante ans où elles furent séparées. Le documentaire laissait entendre que les Allemandes de l’Est avaient eu une vie sexuelle bien plus libre et plus épanouie que les femmes de l’Ouest. (Si je peux me permettre de glisser ici mon témoignage personnel, à défaut de liberté d’expression, il me semblait effectivement régner en RDA où je me suis souvent rendue dans les années 1980 une grande liberté de mœurs ; je n’en suis pas aussi certaine pour l’URSS que je visitais souvent, également. Ce point de vue, biaisé, j’en conviens, par mon parti pris féministe, est peut-être à l’origine de mon sentiment – étayé malgré tout par des recherches – selon lequel c’est probablement dans la pas si austère RDA que le projet socialiste a été le moins malmené. Que les dissidents, victimes d’un régime sans pitié pour « ceux qui pensaient autrement », me pardonnent !)

Kristen Ghodsee avait déjà abordé la question frontalement dans un livre sur l’héritage du communisme (Red Hangover: Legacies of Twentieth-Century Communism, Duke University Press, 2017), notamment dans son chapitre « Gross Domestic Orgasms » (« Orgasme national brut ») où elle avait voulu inscrire le débat « dans le contexte plus large de la recherche anthropologique et sociale sur la sexualité derrière le rideau de fer ». Encouragée par un éditeur new-yorkais et exaspérée par celui qu’elle appelle le « twitter en chef » qui se vantait « d’attraper les femmes par la chatte », elle décida de développer son argumentation dans le présent livre, un peu plus grand public, sur le lien entre la satisfaction sexuelle et l’indépendance économique des femmes. Un livre salutaire dans une Amérique empreinte d’un violent anticommunisme et qui a détruit son service de santé publique, de sorte que ses citoyens y jouissent d’encore moins de protection sociale qu’en Bulgarie, État le plus pauvre de l’Union européenne. Si deux idées socialistes méritent d’être sauvées, affirme Kristen Ghodsee, ce sont l’indépendance économique des femmes et « le principe selon lequel les relations intimes doivent être exemptes de toute considération financière ».

Partant de l’hypothèse que, jusqu’à l’effondrement du monde soviétique, les pays capitalistes se devaient de rivaliser en matière de protection sociale avec les principes du socialisme d’État, Kristen Ghodsee date de la fameuse « fin de l’histoire », en 1989, la mise au rancart des idées socialistes. La menace d’une superpuissance rivale ayant disparu, les trente dernières années de néolibéralisme mondial ont eu pour objectif le démantèlement rapide des programmes sociaux. Les nouvelles démocraties, à l’Est, qui n’avaient plus rien de « populaire » (même si elles ne l’étaient guère avant) emboitèrent le pas : fini les queues pour le papier hygiénique, vive la liberté de choix entre 32 marques de shampoing ! L’introduction du libre marché sur les cendres de l’économie planifiée fit de l’ancien monde soviétique un « laboratoire idéal pour étudier les effets du capitalisme sur la vie des femmes » et pour comparer avec le temps d’avant.

Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme. Plaidoyer pour l’indépendance économique

« Bucheinband, Reuter, Läuschen un Rimels » par le dessinateur est-allemand Heinz Bormann, Hinstorff Verlag Rostock (1961).

Désormais, il existe à Saint-Pétersbourg des instituts de formation pour femmes à la recherche du mari ou de l’amant riche ; Prague est un des foyers de l’industrie porno en Europe, et des trafiquants d’êtres humains sillonnent les anciens pays de l’Est à la recherche de jeunes filles pauvres rêvant d’Occident. Dans toute la région, les sondages indiquent que beaucoup de citoyens estiment qu’ils vivaient mieux avant 1989. « Même si ces sondages, concède Kristen Ghodsee, expriment peut-être davantage une déception vis-à-vis du présent que le caractère désirable du passé, ils viennent compliquer le récit totalitaire. » Comme on l’entend souvent dire aujourd’hui en Europe de l’Est, « tout ce qu’ils nous disaient du communisme était un mensonge, mais tout ce qu’ils nous disaient du capitalisme était vrai »…

Après 1989, en Europe centrale, avec la fermeture des entreprises ou leur rachat par des investisseurs, il y eut très vite trop de travailleurs pour trop peu d’emplois. En même temps, les garderies et jardins d’enfants cessèrent d’être subventionnés. Beaucoup de femmes ont été alors expulsées du marché du travail. Le taux de natalité a brusquement chuté. Après 1989, en ex-Allemagne de l’Est, en l’espace de cinq ans, il a dégringolé de 60 %. Il devenait de plus en plus difficile de combiner travail et maternité, à l’instar de ce qui se passe encore et depuis toujours aux États-Unis. Kristen Ghodsee rappelle qu’en 1971 le président Richard Nixon s’opposa au projet de financement d’un système national de garderies. Il craignait qu’un tel dispositif « fragilise » la famille. Les femmes continuèrent de mettre leur carrière en suspens et il n’est pas rare de rencontrer des femmes américaines ou ouest-allemandes diplômées – elles sont bien moins nombreuses pour l’heure encore dans les pays scandinaves et en France – qui n’ont repris une activité professionnelle qu’après une interruption de plusieurs années pour s’occuper de leurs enfants.

L’émancipation des femmes a de tout temps été dans le champ de vision du communisme et elle avait pour corollaire l’idée de la parité politique qui remonte d’ailleurs au socialisme des années 1820 et 1830, dans la France d’après la Révolution. Prosper Enfantin ne proposa-t-il pas de partager son statut de « pape » de sa communauté avec une « papesse » ? Là encore, si elle ne parvint pas à être atteinte, la parité effectua à l’Est des progrès incomparables par rapport à l’Occident. Au cours des 105 heures d’entretiens réalisées entre 2010 et 2017 avec Elena Lagadinova, Kristen Ghodsee note toutefois la déception de la présidente du Comité des femmes bulgares : le socialisme n’aurait pas eu le temps d’abolir l’idée séculaire selon laquelle les dirigeants doivent être des hommes. La culture patriarcale des Balkans dans un État dirigé durant trente-cinq ans par le même homme aurait freiné les femmes. Pour autant, en Bulgarie comme dans les autres pays communistes, des quotas avaient été introduits au Parlement qui dépassèrent ceux de la plupart des démocraties.

Mais c’est surtout dans les postes de direction et dans les secteurs des sciences fondamentales, de l’ingénierie et de la technologie, que la différence avec l’Occident est frappante. Héritage de l’époque soviétique ? Selon le Financial Times du 8 mars 2018, sur les dix pays européens comptant le plus de femmes dans la haute technologie, huit sont en Europe de l’Est, où les femmes avaient été encouragées à poursuivre ces carrières. D’autre part, le large éventail de dispositifs destinés à favoriser l’indépendance économique des femmes aurait eu pour conséquence que les hommes et les femmes s’étaient mis à considérer la sexualité féminine comme quelque chose à partager plutôt qu’à échanger contre des ressources.

Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme. Plaidoyer pour l’indépendance économique

L’Allemagne de l’Est présente l’exemple le plus achevé de politique volontariste en matière d’égalité des sexes et d’indépendance économique. D’après l’universitaire britannique Ingrid Sharp, citée par Ghodsee, elle aurait garanti aux femmes « une autonomie qui incitait leurs partenaires à être plus généreux [sic !] au lit ». Divorcer en RDA était facile et, le plus souvent, c’étaient les femmes qui en prenaient l’initiative. Le Parti, toujours d’après Ingrid Sharp, y voyait une preuve de leur émancipation. Des chercheurs est-allemands avaient mené des études empiriques sur la satisfaction sexuelle afin de démontrer la supériorité du socialisme. Le célèbre ouvrage de Kurt Starke et Walter Friedrich, Amour et sexualité jusqu’à 30 ans (1984), rapportait que les deux tiers des femmes atteignaient presque toujours l’orgasme, 18 % disant l’atteindre toujours. (Pour avoir lu cet ouvrage à l’époque, je vois que Sharp a la charité de ne pas mentionner que les auteurs faisaient de l’appartenance au Parti un autre facteur d’épanouissement sexuel…) À nouveau, des études comparatives menées après la réunification entre l’Est et l’Ouest devaient révéler un taux de plaisir plus élevé chez les Allemandes de l’Est.

Kristen Ghodsee n’est pas la seule à avoir été intriguée par ce constat. Elle cite les travaux de Paul Betts (Within Walls: Private Life in German Democratic Republic, Oxford University Press, 2013) et de Josie McLellan (Love in the Time of Communism, Cambridge University Press, 2011), qui entrevoient comme explication le fait que le régime est-allemand aurait incité les gens à s’épanouir dans leur vie sexuelle pour leur faire oublier la monotonie, les privations matérielles et les restrictions de voyage… En bref, plus on s’ennuie, plus on ferait l’amour ? Peut-être, mais il demeure que le taux de satisfaction sexuelle en RDA aurait dépassé celui atteint par les autres pays de l’Est placés pourtant dans les mêmes conditions. Eux-mêmes n’étaient pas trop en reste du point de vue de la liberté sexuelle, notamment en Hongrie si l’on en croit les recherches menées sur le sujet.

Partout l’État socialiste avait subventionné la sexologie. Cette discipline avait eu très tôt droit de cité dans l’Europe communiste ici étudiée (RDA, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie), bien avant qu’elle ait été reconnue par le monde de la recherche occidental. Dès 1961, des sexologues tchécoslovaques avaient organisé une conférence axée sur le plaisir sexuel des femmes. Ils étaient arrivés à la conclusion que les femmes ne pouvaient pleinement apprécier le sexe que si elles n’étaient plus économiquement dépendantes des hommes. Le manuel d’éducation sexuelle du psychologue est-allemand Siegfried Schnabl, Frau und Mann intim (« La femme et l’homme dans l’intimité »), publié en 1979, connut une diffusion massive et fut traduit dans plusieurs langues de l’Est. Selon l’écrivain bulgare Guéorgui Gospodínov, il devint un bestseller en Bulgarie, où on le trouvait dans presque tous les foyers, caché malgré tout derrière d’autres livres (ce succès n’empêcha pas le psychologue d’être surveillé et menacé par la Stasi, ainsi que le révèle son dossier que j’ai analysé dans mon ouvrage Une société sous surveillance. Les intellectuels et la Stasi, Albin Michel, 1999).

Dans ce livre sympathiquement engagé, Kristen Ghodsee démontre donc que, contrairement au système capitaliste, le cahier des charges du socialisme intégrait l’émancipation sexuelle, et elle estime qu’il ne faudrait pas que le récit des atrocités commises au nom d’un idéal dévoyé conduise à jeter le bébé avec l’eau du bain. Elle voit dans la dissociation de l’amour et du sexe de toute considération économique une caractéristique propre au socialisme dont il conviendrait de s’inspirer. Sans doute existe-t-il d’autres facteurs pouvant contribuer au bonheur sexuel, mais là ne semble pas être son propos et, prenant appui sur l’expérience est-européenne, elle en aura assurément mis en évidence le facteur préalable.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

La Bibliothèque nationale de France (BNF) a présenté l’exposition Le monde selon Topor. Un hommage à Roland Topor (1938-1997), né dans une famille juive polonaise, « artiste hors-norme, au génie graphique, à l’homme d’esprit à l’humour subversif, au dessinateur génial, à l’écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre… toujours empreint d’un humour grinçant et d’une certaine mélancolie ». Une exploration de « l’univers créatif de Topor, le dessinateur et l’écrivain, des années 60 jusqu’à sa mort en 1997 ». Un artiste prolifique inscrit dans la lignée de célèbres illustrateurs du XIXe siècle. La galerie Anne Barrault présente l’exposition « Topor n’est pas mort« .
 
 
 
Publié par Véronique Chemla
 
« On n’est pas né pour faire une chose. Si on a la possibilité d’en faire plusieurs, on s’ennuie moins », a déclaré Roland Topor (1938-1997) qui trouvait « exaltante » la révolte du ghetto de Varsovie, ville originaire de son père Abram, né en 1903.

 

Roland Topor était né dans une famille juive polonaise à Paris. Ses parents, Abram et Zlata, s’étaient installés en France au début des années 1930. Abram Topor avait peint en artiste amateur de remarquables tableaux.
« Artiste inclassable, Topor est aujourd’hui considéré comme l’un des grands dessinateurs du XXe siècle. Créateur insatiable, il mit son crayon au service d’un imaginaire débridé : dessins d’humour, illustrations pour la presse et l’édition, affiches, films d’animation, émissions de télévision, décors et costumes de théâtre ». C’était aussi un rire énorme qui cachait une sensibilité extrême, une mélancolie.
« C’est par ses dessins d’humour parus dans les journaux dès la fin des années 50 que Roland Topor se fit connaître. Il participa ensuite à l’aventure d’Hara-Kiri entre 1961 et 1966. Ses dessins sont présents dans de nombreuses publications, grand public ou confidentielles ».
« Fort d’une reconnaissance rapidement acquise, Topor fut sollicité par des éditeurs pour illustrer des livres. Lecteur infatigable et curieux, il eut à cœur de mettre en images les textes d’auteurs avec lesquels il partageait une certaine affinité d’esprit, tels Jacques Sternberg, Boris Vian ou Marcel Aymé ».
« Artiste du livre, on trouve aussi Topor dans le sillage des avant-gardes artistiques de son temps : en 1962, il créa avec Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky « le Panique », un mouvement dérisoire en réaction au groupe surréaliste vieillissant et pontifiant ».

« Topor mit son talent au service du monde du spectacle dès les années 60. Il collabora avec des cinéastes par divers biais : création de dessins pour des films d’animation, de génériques, d’affiches ».

En 1973, Roland Topor « révolutionne avec son complice Laloux le monde de l’animation et la France se met à rêver de La Planète sauvage sur grand écran.
Avec le réalisateur Henri Xhonneux, Roland Topor « conçut Téléchat, une parodie de journal télévisé pour enfants, diffusée en France à partir de 1983 : les marionnettes originales de l’émission seront présentées dans l’exposition ».
Topor « fut en outre l’auteur de romans, notamment Le Locataire chimérique, adapté au cinéma par Roman Polanski, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons, et de scénarii de films ».
« Caustique, absurde et poétique l’univers de Roland Topor, Mi-fugue, Mi-raisin a mis Des Papous dans la tête aux auditeurs des années 70-80 ».
De Téléchat à Merci Bernard, c’est toute une génération qui cultive l’humour décalé, alors que Tac au Tac renouvelle pour la télévision le cadavre exquis cher aux surréalistes. Avec son complice Jean-Michel Ribes, Roland Topor conçut des sketchs pour les émissions humoristiques Merci Bernard et Palace, diffusées à la télévision au milieu et à la fin des années 1980 ».
« Artiste polyvalent, Topor développa, à travers ses dessins et ses écrits, un style et une vision du monde que l’on qualifie souvent de « panique ». « Je suis paniqué et je me marre », disait-il.
Son « œuvre lui ressemble : prolifique, polymorphe, polytechnique, cosmopolite, humaniste, nourrie à diverses sources de l’art, de la littérature, du passé et de son temps, angoissée et joyeuse. Intellectuelle, l’œuvre de Topor n’en fut pas moins populaire. L’artiste ne souhaitait pas réserver ses créations aux seuls amateurs d’art mais visait tous les publics pour en être reconnu et ne rester prisonnier d’aucun. Il passait d’un champ créatif à l’autre, d’un médium à l’autre, d’un mode de diffusion à l’autre le plus librement possible ».

La « liberté de Topor se conjugue avec la multiplicité de sa création. Certaines devinrent des succès populaires : « Le poing dans la gueule » et « Le coup de marteau », des symboles dénonçant la liberté d’expression bafouée, La Planète sauvage, un chef-d’œuvre international du film d’animation, Téléchat, un ovni de créativité télévisuelle, Merci Bernard et Palace, deux souvenirs impérissables de l’humour noir au petit écran, l’affiche du film Le Tambour, son roman Le Locataire chimérique adapté au cinéma par Roman Polanski… les images et les écrits de Topor ont marqué les esprits. Derrière les œuvres connues, il y a l’œuvre de Topor, dans toute sa beauté, sa diversité, sa virtuosité, sa complexité, son génie. L’intérêt pour son œuvre littéraire continue de croître auprès de publics variés ».

La Bibliothèque nationale de France (BnF) « conserve le fonds le plus important de publications, d’estampes et de livres de Topor, grâce au dépôt légal et à une donation consentie par Nicolas Topor, le fils de l’artiste ». « Il m’a transmis un état d’esprit de curiosité, la liberté de pouvoir créer sans se mettre de barrières, sans autocensure », constate Nicolas Topor, artiste peintre.

« Vingt ans après sa disparition, la BnF consacre une exposition rétrospective à Roland Topor (1938-1997) en partenariat avec le Théâtre du Rond-Point, dans le cadre de Art Paris Art Fair 2017 et Drawing Now Paris / Le Parcours. Le commissariat est assuré par Céline Chicha-Castex, conservateur au département des Estampes et de la photographie de la BnF Alexandre Devaux, historien d’art, spécialiste de Topor ».

La Bibliothèque rend hommage à l’artiste hors-norme, au génie graphique et à l’homme d’esprit à l’humour subversif que fut Roland Topor ».
Le monde selon Topor « dévoile de multiples facettes de l’œuvre de cet artiste hors du commun, l’un des plus marquants et prolifiques de la fin du XXe siècle ». L’exposition « met en lumière son travail d’auteur, le littéraire et le graphique, étant chez Topor deux écritures intimement mêlées. Du dessin à l’écriture, l’œuvre de Topor est principalement une œuvre de papier. Environ 300 pièces révèlent « la variété de la production artistique de Topor », la pureté de la ligne, l’efficacité du dessin.
Articulée autour de quatre sections thématiques, cette exposition « met en vis-à-vis un grand nombre de dessins originaux, provenant essentiellement de collections privées, et des éditions conservées dans les fonds de la BnF ». Les deux premières parties « abordent les dessins de Topor pour la presse et ceux d’illustration. Dans la 3e partie, sont montrées différentes contributions de Topor au monde du spectacle, qu’il s’agisse de ses dessins pour le cinéma, la télévision, le théâtre ou l’opéra. La 4e partie aborde l’œuvre de Topor en tant qu’artiste, écrivain et concepteur ou performeur de livres ».

Le parcours se déroule « sous une forme « labyrinthique » avec un espace central consacré au spectacle (projection d’extraits de La Planète sauvage et des Escargots). L’espace dédié aux marionnettes originales de la série Téléchat constitue un temps fort du parcours. Les cimaises sont dessinées avec des terminaisons en biseaux ouvertes comme si elles avaient été tranchées, ménageant des effets de perspectives sur le reste de l’exposition. Les surfaces biseautées des cloisons sont habillées de citations visuelles des dessins de Topor. Ces zooms cadrés font écho aux dessins originaux de chaque section ».

Les « textes de salle et les cartels sont imprimés sur un papier Velin. Faisant écho au grain, à la fragilité du dessin, il souligne l’importance de ce medium dans le travail de Topor. Chaque section se distingue par une couleur spécifique, dans une gamme douce, tons gris/pastel extraits des œuvres de Topor ».

« Certaines œuvres sont rapprochées dans des vitrines verticales feuilletées, nichées dans les cimaises pour mettre en valeur des séries partageant la même thématique. Les focus se distinguent par un réchampi, peinture en bande continue sur le mur ».
Autour de l’exposition, ont eu lieu la conférence « Roland Topor, l’œuvre audiovisuelle », la journée d’étude « Topor, artiste multimédia » conçue par Céline Chicha et Alexandre Devaux, avec Bertrand Tillier, professeur d’Histoire contemporaine et des médias, et un après-midi d’hommage conçu par Jean-Michel Ribes, « ami, compagnon de rire et de création de Roland Topor, et entremêlant lectures, saynètes et images d’archives, reflétant fidèlement l’imaginaire foisonnant de cet artiste inclassable ».
Topor et la presse
« Séduit par l’effet choc des dessins de Siné, Topor, encore étudiant aux Beaux-arts, renonça à s’isoler dans un travail laborieux de peintre d’atelier devant attendre longtemps une hypothétique reconnaissance, pour se lancer dans le dessin d’humour ».
« Il présenta ses dessins à Bizarre, une revue empreinte de l’héritage Dada et surréaliste, adepte d’humour noir, dirigée par Jean-Jacques Pauvert : son premier dessin y fut publié en juillet 1958 ».
« Noir, sans légende, intellectuel, elliptique, psychologique, violent, l’humour de Topor gagna rapidement les faveurs d’un public d’amateurs éclairés ».
« Dans ses premiers dessins, Topor mit en scène de manière récurrente un personnage type, un homme en costume et chapeau melon, rappelant aussi bien le personnage de Charlot que les figures de Magritte ».

Il « participa ainsi à l’éclosion d’une nouvelle vague du dessin d’humour qui trouva un aboutissement dans les pages d’Hara-Kiri. De 1961 à 1966, Topor participa à l’aventure d’Hara-Kiri, journal satirique créé en 1960 par François Cavanna et Georges Bernier, dit le Professeur Choron. Avec les dessinateurs Reiser, Fred, Lob, Cabu, Gébé et Wolinski, Hara-Kiri partait « joyeusement en guerre contre les monstres Bêtise, Mensonge, Futilité, Injustice, Conformisme », selon Cavanna. Les premiers dessins de Topor publiés furent une série de « gueules malmenées ». Certaines d’entre elles servirent de visuels pour la première campagne d’affichage en kiosque du journal, dont le célèbre « coup de poing dans la gueule ». Au gré des numéros, on voit son petit bonhomme « abandonner la scie, le marteau et les clous du sadisme au premier degré et se projeter dans des cauchemars ou des délires de plus en plus extravagants, de plus en plus personnels. » (J. Sternberg) ».

Topor « ne se considérait pas comme un véritable dessinateur de presse, même s’il dessinait pour la presse : hormis quelques contributions comme celles, violemment contestataires, parues dans L’Enragé et Action en 1968, ou d’autres plus tardives dans Libération, ses interventions graphiques étaient généralement détachées de l’actualité. Son humour met à distance le fait et révèle, souvent, le drame psychologique qui se joue en coulisse du banal quotidien ».
De Bizarre au quotidien Le Monde, via Hara-Kiri, l’hebdomadaire ELLE, Le Canard enchainé, le New York Times, Libération, Le Journal du Dimanche, Sciences et Avenir, London Magazine, Die Zeit et « de nombreuses publications, petites ou grandes, généralistes ou spécialisées, françaises ou étrangères, Topor a entretenu une fidélité constante à ce mode de diffusion. Tout en ayant le souci de porter son œuvre (dessins et textes) à l’appréciation du plus grand nombre par ce biais, il a toujours su imposer l’originalité de ses idées et de son style aux différentes rédactions ».
« Bien qu’il n’ait pas manifesté de goût pour le dessin d’actualité, Topor n’était pas pour autant indifférent à la marche du monde. Il a maintes fois prêté son concours à des causes humanitaires ».

En 1976, Amnesty international « lança une campagne médiatique pour dénoncer la torture dont étaient victimes les prisonniers politiques et sollicita d’une quinzaine d’artistes le don d’une œuvre originale. Topor offrit un dessin évoquant la liberté d’expression opprimée : un visage de profil, dont la mâchoire inférieure est décrochée par un coup de marteau. L’idée était reprise d’un dessin paru dans Hara-Kiri dix ans plus tôt et dans le journal hollandais God, Nederland & Oranje en mars 1967. Topor avait déjà redessiné ce motif pour une lithographie de l’album Cosy Corner en 1972, et le réutilisa pour la couverture du numéro 1 de la revue Mépris en 1973. C’est cette dernière version qui servit pour l’affiche d’Amnesty. Cet exemple permet d’évoquer les multiples destinations des images de Topor qui ne se laisse pas enfermer dans un domaine particulier. Il ne souhaite pas assigner une image à une fonction ou à un sens unique ».

Topor illustrateur

« Fort d’une reconnaissance rapidement acquise dans la presse », Topor « fut sollicité par des éditeurs pour illustrer des livres. Ses « premières illustrations furent créées dans le sillage de ses collaborations aux revues Bizarre et Hara-Kiri ».

« La renommée de Topor croissant, les commandes d’autres éditeurs se multiplièrent. Topor a ainsi illustré plus de cent livres. De la simple couverture commandée pour l’édition de poche d’un roman à gros tirage à l’extrême préciosité de certains ouvrages réservés aux bibliophiles, il a affirmé son talent à marier ses images, pourtant si singulières, à des classiques de la littérature française et étrangère et à des textes d’amis ».
Topor « était un amoureux des livres. Sa curiosité insatiable l’amena dès son enfance à explorer les écrits de différents auteurs. Si Alexandre Dumas, Alfred Jarry, Robert-Louis Stevenson, Lewis Carroll, Jack London et Edgar Poe suscitèrent ses plus durables émois littéraires, il dévora avec la même gourmandise les polars, les romans de science-fiction, les livres d’humour, de poésie, d’images ».

Il « eut à cœur d’illustrer les textes d’auteurs anciens ou contemporains avec lesquels il partageait une certaine affinité d’esprit, tels Charles Perrault, Marcel Aymé, Félix Fénéon, Emmanuel Bove, Boris Vian, et ses amis Jacques Sternberg, André Ruellan, Marcel Moreau, Freddy de Vree… Ses cent-vingt dessins pour les Œuvres complètes de Marcel Aymé (Flammarion, 1977), comptent parmi ses créations majeures ».

Les illustrations de Topor « suivent la progression générale de son œuvre : aux premiers dessins en noir et blanc où le style est rudimentaire, concis et elliptique, succédèrent, dès le milieu des années 1960, des images plus élaborées, où l’atmosphère et les compositions se densifient, notamment par les variations rythmiques de ses hachures. Puis, dans les années 1970, une grâce nouvelle surgit par l’apport de la couleur et l’usage du crayon de couleur et de l’aquarelle mêlés à l’encre de Chine ».
« Au gré des commandes, Topor joua à faire entrer son univers en résonance avec celui des auteurs qu’il illustra, sans jamais le trahir ni celui de l’écrivain. Il apporta un grand soin à ces travaux d’enluminure de textes sans affadir ses visions ; l’imaginaire d’un autre devenait au contraire un stimulant pour creuser et développer le sien. Son dessin agit souvent comme le révélateur d’un contenu latent dans le texte. Mais il n’explique rien : il ouvre sur le merveilleux et l’inconscient ».
Topor et le spectacle
Topor « mit son talent au service du monde du spectacle dès les années 1960 ».
« Comme dessinateur, il conçut des génériques pour Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein et Viva la Muerte de Fernando Arrabal, des dessins pour la séquence de « La Lanterne magique » du film Casanova de Federico Fellini, des affiches de films et de spectacles : celle qu’il créa pour le film Le Tambour de Volker Schlöndorff en 1978 est l’une de ses images les plus connues ».
« Comme écrivain, il participa à l’écriture de films de Pierre Richard (Les Malheurs d’Alfred coécrit avec André Ruellan, 1972), Bob Swaim (L’Autoportrait d’un pornographe, 1972), Peter Fleischmann (La Maladie de Hambourg, 1979), Jean-Michel Ribes (La Galette du roi, 1986) ».
Il « fit aussi quelques apparitions comme acteur dans les films de ses amis William Klein, Raoul Ruiz, Werner Herzog, Pascal Thomas, Jérôme Savary, Volker Schlöndorff ».
Dans son court métrage Les Temps morts (1964), des dessins de Topor sont mêlés à des images documentaires, à quelques essais de papiers découpés ».
Topor « perfectionna sa technique dans Les Escargots, film en couleurs qu’il réalisa avec Laloux en 1966 : l’histoire, naturaliste et fantastique, est celle d’escargots mangeurs de salades devenues géantes à force d’être arrosées par les larmes de leur cultivateur. Devenus monstrueux eux-mêmes, ils attaquent une ville dont les habitants sont saisis de panique ».
Sortie en 1973, l’œuvre cinématographique la plus remarquée demeure La Planète sauvage, film d’animation réalisé par René Laloux. Débuté dès 1966, ce long métrage est distinguée par le Prix spécial du jury au Festival de Cannes l’année de son exploitation en salles. « L’histoire, adaptée par Topor et Laloux du roman Oms en série de Stefan Wul, raconte le conflit entre les Draags, humanoïdes éclairés mais despotiques vivant sur la planète Ygam, et les Oms de la planète Terra, humains à l’état sauvage. Par le prêt d’un ensemble de dessins préparatoires au film, l’exposition montre le travail de Topor pour la conception des images du film ».
« Avec Henri Xhonneux, Topor réalisa en 1989 le film Marquis, un sulfureux hommage à Sade ».
Topor « travailla aussi pour la télévision : dès 1967, sollicité par Daisy de Galard, il devint un collaborateur régulier de l’émission Dim Dam Dom. Son esprit, caustique et joyeux, sa verve et son rire contribuèrent à faire de lui un invité apprécié des plateaux de télévision ».

« Avec le réalisateur belge Henri Xhonneux et le producteur Eric Van Beuren, il conçut Téléchat, une série télévisée pour enfants de 234 épisodes diffusée en France dans l’émission Récré A2 sur Antenne 2 et en Belgique à partir de 1983. Téléchat parodie le journal télévisé des adultes. Il est présenté par des marionnettes : une autruche, Lola, et un chat, Groucha. Interviennent dans l’émission Micmac, le micro de Groucha, Albert le dictionnaire, Durallô, le téléphone du studio, Duramou, un fer à repasser huissier de justice, le singe Pub-pub et divers personnages loufoques. Les gluons qui sont interviewés ou apparaissent dans des reportages, font parler la matière des objets. L’émission démarre invariablement par l’objet fêté du jour. Après le générique de fin, on revoit Groucha et Lola discuter après le travail au café, le Milk Bar. Les marionnettes de l’émission conservées au Centre de la Marionnette de Tournai sont présentées dans l’exposition ».

Le « succès fut aussi au rendez-vous des émissions humoristiques conçues avec Jean-Michel Ribes, Merci Bernard (1982-1984) et Palace (1988), pour lesquelles Topor rédigea des sketches ».

« Durant les années 1990, toujours actif sur de nombreux fronts artistiques, Topor s’adonna à la création de costumes et de décors pour des mises en scène au théâtre et à l’opéra, en France et à l’étranger : La Flûte enchantée à Essen, Ubu Rex à Munich. Lui-même mit en scène Ubu Roi au Palais de Chaillot en 1992 et sa pièce L’Hiver sous la table en 1996 ».

Ses « pièces furent et continuent à être jouées aux quatre coins du monde ».
Topor artiste et écrivain
« Dans son désir de ne pas rester limité aux seules possibilités que lui offraient la presse ou l’édition littéraire, Topor souhaita se frotter au monde de l’art contemporain ».

« Contrairement à la plupart des dessinateurs d’humour qui se considéraient comme journalistes, il assuma d’emblée sa vocation d’artiste, non sans ironie. Ses dessins de presse, tout comme ses illustrations, ses dessins pour l’animation et ses estampes pouvaient être accrochés à côté de dessins spécifiquement préparés pour l’exposition ».

« Tout faisait œuvre : le petit dessin-gag en noir et blanc rapidement exécuté aussi bien que les œuvres en couleurs, de plus grand format, patiemment élaborées, dans lesquelles il laissait briller son imaginaire insolite et sa virtuosité. Topor aimait jouer le jeu de la confusion des valeurs, de la contestation des hiérarchies. Doué d’un formidable esprit de conceptualisation, il s’amusa à transgresser les frontières définies par le marché de l’art, les institutions, les critiques, les historiens et les artistes eux-mêmes. Il souhaita s’affranchir du sens unique, du conformisme, de la sclérose ».

Il « débute sa carrière comme dessinateur d’humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C’est par l’intermédiaire de Hara-Kiri qu’il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d’autres artistes rencontrés lors de ses études à l’École des beaux-arts de Paris dont Jodorowsky, ils fondent en 1962 le groupe « Panique », mouvement artistique dérisoire, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d’une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres ».

Ce « mouvement artistique dérisoire » vise « à se moquer du groupe surréaliste et surtout de son chef André Breton. Ayant rencontré ce dernier lors d’une réunion protocolaire, Topor avait jugé dérisoire l’autorité dont le pape des surréalistes faisait encore la démonstration ».

En outre, ces « jeunes artistes souhaitaient se démarquer de ce qui existait déjà. Le Café de la Paix, place de l’Opéra, devint le lieu de réunion du nouveau groupe Panique. Le Panique n’était pas une école artistique régie par un manifeste, mais une réunion d’amis n’ayant pas une conception dogmatique de l’art, dans un esprit bannissant toute idée de sérieux, de hiérarchie et de genre ».

« Outre ses fondateurs, le groupe Panique réunit anarchiquement de 1962 à la fin des années 1990 plusieurs artistes plasticiens et écrivains dont Olivier O. Olivier, Christian Zeimert, Michel Parré, Sam Szafran, Abel Ogier, Gironella, Oscar de Witt, Diego Bardon, André Ruellan, Jacques Sternberg, Copi, Jérôme Savary et Roman Cieslewicz. »

« À la même époque, Topor se rapprocha de ceux qu’il percevait comme sa « famille » artistique : Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Robert Filliou, Pol Bury, Erik Dietman, tous héritiers de Duchamp ».

Topor « a néanmoins toujours souhaité rester libre de tout courant artistique ».
Dès 1966, « l’atelier de lithographie de Peter Bramsen devint pour lui un lieu où il côtoyait différents artistes d’avant-garde, et se lia d’amitié avec plusieurs d’entre eux, dont Pierre Alechinsky. Sur les conseils de Peter Bramsen, il aborda la technique de la linogravure au moyen de laquelle il conçut des images percutantes dont plusieurs furent reproduites dans la presse et servirent à faire des affiches ».

Topor « aborda le livre comme objet de diffusion et de création. Le livre permet en premier lieu de réunir les dessins et les textes dispersés dans la presse ; il pérennise ainsi sa production, autrement promise à la vie éphémère des périodiques (Les Masochistes, Dessins Panique, Four Roses for Lucienne…) ».

Topor « joua avec le livre sous différentes coutures. Le livre, comme tout chez Topor, ne doit pas être réduit à une fonction unique. Écrivain, il est l’auteur de roman dont La Princesse Angine et Le Locataire chimérique, adapté au cinéma par Roman Polanski, de nouvelles, de pièces de théâtre (Le Bébé de Monsieur Laurent, Vinci avait raison, L’Hiver sous la table), de chansons. Vecteur et outil de diffusion, le livre est aussi un objet artistique en soi, conceptualisable à l’envi ».

« Parce que la Bibliothèque nationale de France est avant tout le lieu de la mémoire imprimée, il est important de montrer l’étonnante création livresque de Topor. Plusieurs types de livres sont ainsi présentés en vitrine parfois accompagnés de dessins originaux et de manuscrits, comme les premières pages du Locataire chimérique ».

« Parmi les variations conceptuelles autour du livre, Topor créa les curieux jeux de société : L’étrange cas de Sherlock Holmes et Le Topsychopor, et des livres pastiches (Le Bateau ivre, Les photographies conceptuelles d’Erwahn Ehrlich), de livres-gags (Le livre à boutons, La Vérité sur Max Lampin), et des curiosités, plus ou moins rares, devenues la visée d’amateurs bibliophiles (Le Tachier de l’amateur, L’Epikon, Laid Poulet, Le Grouilloucouillou, Cons de fées…) »

Les 10, 11, 12, 13, 14, 15, 17 et 19 octobre 2017, Toute l’Histoire diffusa Roland Topor, songes, mensonges, panique et déconnade. « Artiste protéiforme, Roland Topor aura travaillé à opposer le plus de surfaces possibles à l’avancement, cherchant sans doute en cela à retenir la vie par tous les moyens. Découverte d’un homme aux multiples talents ».

Le 21 mars 2018, à 20 h, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris présente à la Salle de Cinéma Une soirée avec Roland  Topor. L’exposition « Le continent belge ! 20 ans d’Art BUL et quelques… présente les œuvres de plus de soixante-dix artistes belges et internationaux, dont Roland Topor. Cette soirée permet de mieux le découvrir à travers deux documentaires, en présence de Serge Sarfati, Nicolas Topor, Alexandre Devaux, le producteur Eric van Beuren et Yves de Bruyn, commissaire de l’exposition : « Roland Topor, Songes, Mensonges, Panique et Déconnade », un film de Serge Sarfati, Nicolas Topor et Alexandre Devaux, réalisé par Serge Sarfati (France/Belgique, Prismedia, YC Aligator Film, RTBF, avec la participation de AB Thématiques pour Toute l’Histoire, Mirabelle TV, du CNC. Avec le soutien de l’Angoa et de la Procirep, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, du Farband (Union des sociétés juives de France) – 2017 – 52 min.) – dessinateur, romancier, chansonnier, parolier, scénariste, créateur de décor et auteur de pièces, de nouvelles et d’œuvres cinématographiques… Roland Topor aura travaillé à opposer le plus de surfaces possibles à ce qu’il appelait « Le style lisse », cherchant sans doute en cela à retenir la vie par tous les moyens. Une vie intensément vécue – intensément consacrée à extraire de chaque instant une émotion, une expérience, l’expression, par tant de supports possibles, d’un imaginaire débordant – au point, paradoxalement, d’en accélérer le terme par ses excès d’existence ». Ce film sera suivi par « Topor, Père et fils » de Henri Xhonneux (Belgique, YC Aligator Film, Triangle 7, RTBF – 1989 – 26 min.). « Le cinéaste belge Henri Xhonneux (1945-1995) a beaucoup œuvré  en collaboration avec le dessinateur et scénariste Roland Topor. Ensemble, ils ont créé la série télévisée Téléchat (de 1983 à 1985). En 1989, il réalise Marquis, sur un scénario de Roland Topor librement inspiré de la vie du Marquis de Sade enbastillé. Dans ce document, Henri Xhonneux filme Roland Topor qui s’entretient avec son père ».

« Panoptikum » au Museum Folkwang 

À Essen, le Museum Folkwang proposa l’exposition « Panoptikum ». « In der französischen Kunst und Kultur der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts ist Roland Topor eine Ausnahmeerscheinung. Niemand sonst betätigte sich im Laufe seines Lebens auf so vielen Feldern kreativen Schaffens wie er. Topor war ein unermüdlicher Zeichner und Illustrator, aber auch der Autor einer Fülle von Romanen, Kurzgeschichten und Bühnenstücken. Darüber hinaus schrieb er Drehbücher und trat in Filmen auf, führte im Theater Regie, entwarf Bühnenbilder und Kostüme und schuf nicht zuletzt über einhundert Plakate. Verbindendes Element dieser breit gefächerten Aktivitäten ist Topors Faszination für die Absurditäten und Unzulänglichkeiten des Daseins. Mit besonderer Vorliebe blickt er in die Abgründe des menschlichen Miteinanders, wie sie sich vor allem – aber nicht nur – im Verhältnis zwischen Mann und Frau auftun. Doch auch das Individuum mit seinen Ängsten und Obsessionen, Leidenschaften und Begehrlichkeiten ist ein bevorzugtes Studienobjekt. Topors Beobachtungen fließen in surreale Szenen ein, die zwischen Witz und Schrecken changieren und im Idealfall beim Betrachter, Leser oder Zuschauer einen Moment der Erkenntnis stiften.  Topor, der bereits 1997 verstarb, wäre 2018 achtzig Jahre alt geworden. Aus diesem Anlass widmet ihm das Museum  Folkwang eine Ausstellung, die sein vielfältiges Schaffen anhand von mehr als 200 Exponaten vorstellt: Neben satirischen Tuschzeichnungen für Zeitungen und Zeitschriften der 1960er Jahre wird das reiche illustrative Werk Topors anhand von Zeichnungen und Büchern aus mehr als drei Jahrzehnten präsentiert. Darüber hinaus sind wichtige Beispiele seiner Druckgrafik, eine repräsentative Auswahl von Plakaten sowie Trickfilme nach Vorlagen Topors zu sehen. Seine Verbindung zum Theater veranschaulichen einige Originalkostüme aus der Inszenierung von Mozarts Zauberflöte am Essener Aalto-Theater (1990), die erstmals gemeinsam mit den Zeichnungen Topors ausgestellt werden, nach denen sie geschneidert wurden. Das Veranstaltungsangebot zur Ausstellung finden Sie hier… Gefördert durch »

 

« Roland Topor (1938–1997) – cartoonist and illustrator, author, filmmaker and actor, costume and set designer – is one of the most remarkable figures of the French art and literary scenes of the second half of the 20th century. In his eclectic, often surreal work, he reflected upon the absurdities and incomprehensible contradictions of human existence. His motifs alternate between wit and horror, while always providing moments of epiphany. Roland Topor, who died in 1997, would have turned 80 in 2018. To commemorate this, from 29 June to 30 September 2018, Museum Folkwang will show Panoptikum, an exhibition that celebrates his multifaceted oeuvre. In six sections, the exhibition presents over 200 works by Roland Topor from various creative periods and artistic genres. His early drawings in ink start the exhibition with a crisp stroke and an imaginative range of subject matter. Topor began to regularly publish his drawings in magazines in 1958, to begin with primarily in French satirical magazines, and later in newspapers such as The New York Times. A selection of his illustrations will also be exhibited. Publishers often like to dip into the rich reserves of Roland Topor’s extraordinary inventiveness. While initially he remained staunchly committed to the  black and white of his drawings in ink, over the years Topor increasingly turned to colour to intensify the effect of his works. His illustrations for Carlo Collodi’s Pinocchio from 1995 represent a high point in this development.  »

 

« Topor also developed his narrative imagery independently from literary texts, both in his drawing and printmaking. This exhibition features a significant group of these stand-alone works, with an emphasis on the 1970s. The fact that Topor’s drawing of a man whose chin is being smashed off by a hammer was used five years later by Amnesty International for a poster illustrates how open his depictions are to a range of interpretations and readings.  »

« Topor’s linocuts, created in the late 1970s, comprise a separate group within the exhibition. In the characteristic black and white of this technique, he produced memorable images, with a particular focus on the relationship between men and women. »

 

« Another section is dedicated to Topor’s extensive film work. The focus is on his collaboration with the French cartoon director René Laloux. The early short films Les temps morts (Dead Times, 1964) and Les escargots (The Snails, 1965) are presented in a separate screening space, as is an excerpt from the feature-length animated film La planète sauvage (Fantastic Planet, 1973), which won a special jury prize at the 1973 Cannes Film Festival. Also on display is a selection of coloured drawings with grotesque erotic motifs that Topor produced for a scene in Federico Fellini’s Casanova (1975). Roland Topor’s deep connection with the stage and theatre is illustrated in the exhibition through his involvement in the production of Mozart’s The Magic Flute at the Aalto-Theater in Essen in 1990. Topor designed both the sumptuous costumes and the sets. A group of his colourful designs will be presented together with original costumes that have been preserved to this day in the props department of the opera house. The poster for the Essen performance also came from Topor, who created more than 100 posters for theatre and film over the course of his life. Reason enough to dedicate an entire section of the exhibition to this important area of his visual production. »

« Topor n’est pas mort »

La galerie Anne Barrault présente l’exposition « Topor n’est pas mort« , exposition collective réunissant des œuvres de Killoffer, Guillaume Pinard, Daniel Spoerri, Roland Topor, Guillaume Bruère, Nina Childress, Olivia Clavel, Bertrand Dezoteux, Julie Doucet, Paul van der Eerden, Steve Gianakos, Killoffer, Mirka Lugosi, Bertrand Mandico, Antoine Marquis, Guillaume Pinard, Hugues Reip, Jean-Xavier Renaud, Elsa Sahal, Dasha Shishkin, Taroop & Glabel, Daniel Spoerri, Nicolas Topor, Henk Visch, Willem, et Roland Topor.

Roland Topor « était un créateur insatiable. Il se définissait simplement comme « un travailleur du papier », mais son œuvre est impressionnante et protéiforme : dessins, romans, films, pièces de théâtre, émissions de télévision. Son esprit carnavalesque, sa dérision cruelle, son rire tonitruant ont infusé en nous. Son premier dessin est publié dans la revue Bizarre en 1958, et son premier recueil de dessins datant de 1960 a pour titre « Les masochistes ».

« En 1962, Roland Topor continue à s’amuser et à nous captiver. Il fonde le groupe Panique avec ses amis Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky. Panique est un hommage à Pan, le dieu de l’amour et de la fornication, de l’humour et de la confusion. Panique est né en réaction au dogmatisme d’André Breton, qui n’aimait ni le rock, ni la science-fiction ni la pornographie. »

« En 1964, est publié son livre « Le locataire chimérique », qui sera adapté au cinéma, quelques années plus tard, par Roman Polanski. Et son film d’animation « La planète Sauvage » réalisé avec René Laloux, obtient le prix spécial du jury au festival de Cannes 1973. »

« Dès le début des années 1970, Topor expose régulièrement dans les galeries. Aujourd’hui il est considéré comme l’un des dessinateurs les plus importants du 20ème siècle. Lors d’un entretien mené par Eddy Devolder en 1994, Roland Topor disait « Je rigole du tragique, la réalité me donne de l’asthme. Je suis comme un gosse à l’école qui écrit et qui dessine, cela fait partie des possibilités humaines de salir du papier. J’aime l’art car c’est une manière d’évacuer la culpabilité et de ne garder que le plaisir ».

« Cette exposition n’est pas un hommage à proprement parler. Les artistes invités n’ont pas réalisé de nouvelles œuvres pour l’occasion. Le jeu a simplement consisté à sélectionner des dessins, peintures, et films, par affinité élective, et à faire advenir des connivences. Topor expliquait que s’il dessinait ou s’il écrivait, c’était pour trouver des alliés. C’est là tout simplement le projet de cette exposition : retrouver dans ces alliés l’esprit de Topor. Cette exposition se veut généreuse et foisonnante, à son image, l’occasion de découvrir les œuvres de 21 artistes, ainsi qu’un ensemble de dessins de Roland Topor. »

Repères biographiques
« 7 janvier 1938. Naissance de Roland Topor à Paris. Ses parents Abram et Zlata, juifs polonais, s’y sont établis au début des années 1930.
1941-1945. Traquée par la police de Vichy, la famille Topor se réfugie en Savoie.
1955. Topor s’inscrit à l’école des Beaux-arts de Paris.
1958. Premier dessin publié : couverture de la revue Bizarre.
1960. Illustre L’Architecte de Jacques Sternberg. Première exposition à la Maison des Beaux-arts. Les Masochistes, premier livre de dessins, chez E. Losfeld. Première nouvelle, « L’amour fou », dans Fiction, une revue qui le publie dès lors régulièrement.
1961. Entre au journal Hara-Kiri où il publie jusqu’en 1966.
Prix de l’humour noir pour son livre de dessins Anthologie paru chez J.-J. Pauvert.
1962. Création du groupe Panique avec Arrabal et Jodorowsky. Premières publications étrangères : revue S.NOB (Mexique), Cartoon 62, Diogenes (Suisse). Entre au magazine ELLE, engagé par Peter Knapp, il y fait la connaissance de Roman Cieslewicz.
1963. Illustre le Manuel du savoir-mourir d’André Ruellan (Prix de l’humour noir).
1964Le Locataire chimérique, premier roman, chez Buchet Chastel. Participe au Gag Festival organisé à Berlin par Daniel Spoerri. 1963. Naissance de Nicolas Topor.
1965. Acteur et dessinateur du générique final du film de William Klein Qui êtes-vous Polly Maggoo ? 
Cinq éphémères paniques, avec Arrabal et Jodorowsky au Centre culturel américain de Paris. 1966. Création du film d’animation Les Escargots, avec René Laloux.
1968. Participe aux journaux L’Enragé (de Siné), Le Pavé (de Lebel), Action (de Schalit, Cieslewicz est à la maquette).

1969. Prix des Deux-Magots pour son roman Joko fête son anniversaire.

1971. Débute au New York Times.
Générique dessiné du film Viva la Muerte d’Arrabal.
1972. Participe à 1960-72, Douze ans d’art contemporain en France, au Grand Palais.
1973. La Planète sauvage, film d’animation, avec René Laloux. Prix spécial du jury au Festival de Cannes.
1975. Première rétrospective institutionnelle : Panic, The Golden years, au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Dessins de « La Lanterne magique » pour le film Casanova de Federico Fellini.
1976. Affiche pour Amnesty international.
1977. 120 illustrations pour les Œuvres romanesques de Marcel Aymé.
1978. Son affiche pour le film Le Tambour de Volker Schlöndorff est diffusée dans le monde entier.
Décors et costumes pour l’opéra Le Grand Macabre de Georg Ligeti à Bologne.
1981. Premières peintures à la bombe. Grand Prix national des arts graphiques du Ministère de la Culture.
1982. Coauteur pour Merci Bernard de Jean-Michel Ribes.
1983. Cocréation de Téléchat avec Henri Xhonneux.
1985. Exposition itinérante du Stadtmuseum de Munich jusqu’aux Beaux-arts de Paris.
1989. Film Marquis (scénario, dialogues et co-direction artistique).
1990. Grand Prix des arts de la Ville de Paris.  

1991. Décors et costumes pour l’opéra Ubu Rex de Kristof Penderecki à Munich.

1992. Monte Ubu Roi d’Alfred Jarry au Théâtre national de Chaillot.
16 Avril 1997. Mort de Roland Topor ».
Du 7 septembre – 26 octobre 2019
À la galerie Anne Barrault
51 rue des Archives – 75003 Paris
Tél. 33 (0)9 51 70 02 43
Du mardi au samedi, de 11 h à 19 h

Du 29 juin au 30 septembre 2018
Au Museum Folkwang 
Museumsplatz 1. 45128 Essen
Tel. : +49 201 8845 000
Mardi, mercredi, samedi et dimanche de 10 h à 18 h. Jeudi et vendredi de 10 h à 20 h

Visuels :
Roland Topor
L’Emigrant, 1972
© VG Bild-Kunst, Bonn 2018Roland Topor
Ohne Titel, 1965 (veröffentlicht)
Tuschfeder, 60 x 50 cm
Sammlung Jakob und Philipp Keel
© VG Bild-Kunst, Bonn 2018


Du 28 mars au 16 juillet 2017 

À la BnF I François-Mitterrand 
Quai François Mauriac, Paris XIIIe
Tél. : 01 53 79 49 49
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h. Dimanche de 13 h à 19 h
Visuels
Affiche
Roland Topor, À gorge déployée, 1975 – encre de Chine et crayon de couleur
Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Adagp, Paris, 2016
Roland Topor, affiche promotionnelle pour le journal Hara-Kiri, 1961
BnF, estampes et photographie © Adagp, Paris, 2016Roland Topor, Les fruits de la Passion, 1981 – encre et pastel BnF, estampes et photographie
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Next, 1979
Linogravure, 48 x 38 cm
BnF, estampes et photographie
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Malin comme 3 singes, Paris, 1972 – sérigraphie en couleurs BnF, estampes et photographie. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, A gorge déployée, 1975 – encre de Chine et crayon de couleur
Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, maquette de décor pour Ubu Roi d’Alfred Jarry : Cracovie insurgée, 1992
Costumes, décors et mise en scène, Palais de Chaillot, Paris
Encre et crayons de couleur
Collection particulière Cliché Bertrand Huet
© Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour La Planète sauvage, 1970-1972 – collection particulière © Adagp, Paris, 2016 Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, dessin pour Hara-Kiri n° 27, avril 1963. Encre de Chine. Jakob & Philipp Keel Collection. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, Marteau pilon poil au menton. Planche extraite de l’album Cosy Corner, © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour la couverture de Histoires comme si, 1975. Encre et crayons de couleur. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016
Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, dessin pour La Jument verte de Marcel Aymé, vers 1975. Encre, crayons et aquarelle sur papier. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, dessin pour le personnage de Groucha pour la série télévisée Téléchat, 1980-1981. Feutre. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016

Roland Topor, maquette de costume pour Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, costumes, décors et mise en scène de Topor, Staatstheater de Kassel,1989. Encre et crayons de couleurs. Collection particulière. © Adagp, Paris, 2016. Cliché Bertrand Huet

Roland Topor, affiche pour Le mois de l’Estampe à Paris, 1997. Lithographie en couleurs. BnF, Estampes et photographie. © Adagp, Paris, 2016

 

 
 
Les citations sir le documentaire sont de la BNF. Cet article a été publié le 12 juillet 2017, puis le 10 octobre 2017, 21 mars et 29 septembre 2018.

 

[Source : www.veroniquechemla.info]