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Marc Dugain réussit, avec une économie de moyens, une admirable et crépusculaire adaptation du roman de Balzac. Olivier Gourmet et Joséphine Japy composent, avec subtilité, deux magnifiques personnages, autour de la soif de possession et du désir d’émancipation.

« Eugénie Grandet », le lent poison de l’avarice

Écrit par Jean-Claude Raspiengeas

Quoi de neuf ? Balzac ! En moins d’un mois, deux films passionnants atterrissent sur grand écran, deux belles adaptations du romancier de La Comédie Humaine. Le 20 octobre, Illusions perdues, de Xavier Giannoli, et cette semaine, Eugénie Grandet, de Marc Dugain. Deux visions et deux mises en scène radicalement différentes. Grand spectacle pour le Giannoli ; économie de moyens et sobriété pour le Dugain. L’un et l’autre dans un style conforme à leur sujet.

Dans le riche et foisonnant univers de Balzac, le père Grandet, ancien tonnelier, ancien révolutionnaire, ancien maire de Saumur, personnifie l’avarice obsessionnelle, la spéculation opportuniste, le patriarcat étouffant. Pour ne point dépenser, il condamne à la réclusion domestique sa servante, sa femme et sa fille, Eugénie, beau parti à marier que convoitent deux familles aisées de la ville. Il lui a constitué une dot enviable et, roué, laisse les prétendants s’enliser dans une espérance sans cesse déçue, tout en s’ingéniant à faire habilement monter les enchères. Tout, chez Grandet, n’est que ruse et brutalité, froideur et dissimulation. Il n’a pour religion que celle de l’argent. D’Eugénie, à sa main, il n’escompte que le retour sur investissement que constituera son mariage.

L’oppression permanente de l’avaricieux

Enfermée, écrit Balzac, dans « une maison sans soleil, sans chaleur, sans cesse ombragée et mélancolique », Eugénie, qui s’en ouvre à son confesseur, rêve de l’amour. Ce sentiment, qu’elle imagine libérateur, croît à la faveur de quelques promenades dans la campagne, quand elle accompagne son père qui ne s’y rend que pour échafauder les moyens d’augmenter ses profits. Intransigeant, il ne desserre qu’avec parcimonie les cordons de sa bourse et maintient sa famille dans cette oppression permanente. « Son esprit de despotisme avait grandi en proportion de son avarice », écrit Balzac.

Grand amateur d’Histoire, Marc Dugain, scénariste, réalisateur et coproducteur, s’engouffre dans ce tableau de la vie provinciale que vient troubler l’arrivée inopinée du neveu de Grandet, dépêché de Paris. Son frère, ruiné, vient de se suicider. Le gandin mesure l’écart entre les élégances parisiennes et l’étroitesse de ces existences que le père Grandet obscurcit par la rudesse de ses manières. La présence de ce beau jeune homme, si différent, venu d’ailleurs, ne peut que troubler le cœur solitaire d’Eugénie…

Fidèle à l’environnement, aux vêtements, aux mœurs de l’époque, scrupuleux sur les détails et les atmosphères, Marc Dugain modernise le roman, lui insuffle, par petites touches, des accents très actuels, avec une coloration romantique et féministe. Ce film à costumes, tourné dans les décors naturels et les intérieurs sombres que décrit Balzac, baigne dans une symphonie de clairs-obscurs d’automne, de teintes d’enfermement, que rehausse le travail sur les lumières, très pictural, de Gilles Porte, le chef opérateur.

Un art de la suggestion

Cet art de la suggestion se retrouve dans le jeu magistral, tout en retenue, d’Olivier Gourmet, imposant, solide et stable, contenant sous un grand calme apparent une fureur épidermique. Il se détourne de la figure habituelle de l’avare pour composer un caractère subtil et complexe dévoré par la folie de la possession, l’or autant que les êtres.

Prisonnier de sa névrose, il ne raisonne et n’agit qu’en termes de force et de calculs, indifférent aux effets dévastateurs de ses compulsions. La pureté du visage de Joséphine Japy, dans ses attentes comme dans ses désillusions, illumine, merveilleux contrepoint d’ouverture, ce drame social et sentimental. Autour de ces deux comédiens gravitent les autres personnages servis par une distribution exemplaire : Valérie Bonneton, Nathalie Bécue, François Marthouret, Bruno Raffaelli, César Domboy.

Dans sa propre étude de mœurs, Marc Dugain s’éloigne de la conclusion du roman. Il offre à Eugénie Grandet, trahie et abandonnée, condamnée par Balzac à la résignation, une évasion, une émancipation, une liberté souveraine, aux résonances très contemporaines, qui l’arrachent à l’asservissement de son père, de ses origines, et de sa condition de femme.

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Marc Dugain, écrivain et cinéaste à succès

♦ Romancier, auteur d’une quinzaine de livres, dont :
2001. La Chambre des officiers, plus de vingt prix littéraires, dont le prix Roger-Nimier, adapté au cinéma par François Dupeyron
2002. Heureux comme Dieu en France
2005. La Malédiction d’Edgar
2007. Une Exécution ordinaire (grand prix RTL Lire)
2010. L’Insomnie des étoiles
2012. Avenue des géants
2014-2015-2016. L’Emprise (trilogie)
2017. Ils vont tuer Robert Kennedy
2021. La Volonté

♦ Réalisateur
2010. Une exécution ordinaire
2011. La Bonté des femmes
2013. La Malédiction d’Edgar
2018. L’Échange des princesses

 

[Source : http://www.la-croix.com]

 

Après trois romans, Clarisse Gorokhoff a changé de genre en même temps qu’une nouvelle fois d’éditeur. Malgré la mention «roman» sur ce dernier opus, Défaire l’amour s’apparente plus à la forme en vogue de la narrative non-fiction. Pour quelle réussite?

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Dans ce récit, l’auteure revient sur ses années d’effervescence et d’ébullition stambouliotes, qui auront fait éclater des interrogations existentielles la tenaillant encore une décennie plus tard. C’est là tout le propos de la collection «Confessions»: chaque écrivain est amené à se livrer à une introspection et à raconter une période charnière de sa vie, où celle-ci a basculé. Clarisse Gorokhoff se replonge dans le tumulte de ses 20 ans pour questionner ses fêlures d’alors à la lumière de ses doutes d’aujourd’hui.

Désirs en désordre

Défaire l’amour est un récit extrêmement personnel qui dénoue les non-dits et les silences pour tout exposer à la surface de la feuille granuleuse. Clarisse Gorokhoff choisit de n’éluder aucune zone d’intimité, ou presque: elle revient sur son arrivée à Istanbul (pour un séjour Erasmus, prolongé ensuite), son désir avide de liberté et de séduction, son goût pour les tentations et leurs précipices, sa rencontre avec son amoureux de l’époque, mais aussi sur son enfance zébrée par la disparition de sa mère. Elle promène la loupe sur ses années passées, une question systématique comme jalon: d’où lui vient ce besoin impérieux de dynamiter le bonheur?

«La Clarisse d’avant, qui s’envoyait en l’air avec le premier mâle attirant, qui noyait son romantisme viscéral dans des bulles à douze degrés. Persuadée que ce qui rend aveugle, c’est de s’asperger les rétines d’acide citrique, ou de se les crever avec des pics à glace. Mais certainement pas l’amour.»

De ce récit, on peut dégager trois grandes parties: la volonté d’exploration des sens et des corps, la découverte de la vie de couple et l’impression de finitude, avec comme point de bascule la rencontre avec Onur, son compagnon d’alors. La Clarisse d’avant, qui a  vu «le petit diable qui était en [elle] mener la danse», se laisser gagner par la sensation étrange de la vie à deux et ce qui ressemble à une stabilité, quoique précaire. Mais plus les jours passent, plus la relation avec Onur s’ancre dans le quotidien et plus la narratrice s’aperçoit être tenaillée par ses vieux démons: elle ressent à nouveau la nécessité de se faire désirer par tous les hommes.

De façon tout à fait lucide, Clarisse Gorokhoff s’interroge sur son impossibilité à aimer «socialement» et de vivre en couple, tout en se désespérant de ce constat. En comparant son existence à une fuite perpétuelle, Clarisse Gorokhoff se demande ce qui l’a poussée à croire qu’elle pouvait colmater les fissures de l’enfance avec la perdition adulte.

Le chaos intérieur mis à nu

Construit comme une longue rétrospective où les souvenirs conduisent l’auteure à des réflexions actuelles sur les notions de désir et de couple, Défaire l’amour n’est toutefois pas un récit psychologisant: Clarisse Gorokhoff ne cherche pas à expliquer la source de chacun de ses actes pulsionnels et pour citer une formulation aussi répandue qu’insupportable, ne tente pas à tout prix de «mettre des mots sur des maux». Elle laisse au contraire libre cours à ses doutes et ses incertitudes, à sa puissance d’évocation et ses images détonantes. À l’aide d’une écriture incisive, Clarisse Gorokhoff sonde et décortique son chaos intérieur, en portant un regard mordant et désabusé sur sa propre histoire. Le style est travaillé, les tournures sont pleines de malice et le ton souvent très drôle: Défaire l’amour est bien loin d’être un lamento ou un récit psychanalytique larmoyant.

«Les papillons dans le ventre. L’onde de bien-être qui envahit le corps. Le cocktail hormonal de gaieté et de confiance… J’ai connu tout ça. J’ai aussi connu les pensées, obsessionnelles, qui convergent vers le même visage, le même nom, la même odeur. Ce long soupir intérieur. La joie de le voir, chaque matin, en ouvrant les paupières. De le sentir sous mes mains, contre mes lèvres, à même ma chair; à l’intérieur de moi comme, dans un coquillage, le bruit de la mer. Cette joie pleine d’aplomb et d’orgueil. Si intense qu’elle en devient douloureuse. Si douloureuse qu’elle en devient délicieuse. Et qui se transforme en peur. Peur de perdre, lui, “ça”. Peur que tout n’ait été qu’une illusion. Un mirage nourri par deux êtres au cœur d’un désert. Une chimère caniculaire.»

Cependant, malgré d’indéniables qualités stylistiques, l’aspect très intimiste du livre laisse à quelques reprises le lecteur en marge. En racontant cette histoire d’amour au travers de souvenirs, de sensations et de ressentis, sans ajouter de distance ni de paravent, Clarisse Gorokhoff a cherché à emmener le lecteur au creux de sa chair. Au risque qu’il devienne voyeur.

 

Clarisse Gorokhoff
Défaire l’amour 
Robert Laffont
Collection Confessions
2023
274 pages 

 

[Photo de l’auteur – source : http://www.leregardlibre.com]

Compartieron el nombre y la vocación por el arte, pero brillaron en distintas disciplinas. Este año se cumple medio siglo de la muerte del pintor Pablo Picasso, el poeta Pablo Neruda y el músico Pablo Casals. 

Pablo Picasso

Pablo Picasso

Escrito por JULIETA GROSSO

A lo largo del 2023, en abril, septiembre y octubre, se evocarán con distintos homenajes los 50 años de la muerte de los tres Pablos más decisivos del siglo XX para el universo artístico: Picasso, Casals y Neruda, hombres que compartieron nombre y nunca se encontraron juntos los tres, pero en cuyas vidas y trayectorias públicas es posible descubrir conexiones y similitudes como el talento disruptivo, el compromiso social que los convirtió en antena de los peores horrores de la época y algunos comportamientos -sobre todo en el caso del pintor y del poeta- que a la luz del presente los colocan en lugares problemáticos y cuestionables en tiempos de cancelación.

« Eran tres y se fueron los tres…/ nos quedamos sin Pablos en el mundo/ y lo bello, sin ellos, moribundo…/ ¡qué va a ser de nosotros… qué va a ser! », cantaba el argentino Aberto Cortez en torno a estas tres figuras cuyas vidas fueron interceptadas por un tiempo histórico que los envolvió en el horror de la guerra y los totalitarismos. Los tres devolvieron respuestas similares al siglo que les dio vuelta la cara con sus feroces atrocidades, marchando firmes contra el nazismo y el fascismo, y tendiéndoles la mano a los sublevados y a los exiliados.

En una época sin la masividad garantizada de las redes sociales, ellos supieron volverse virales a su manera y legaron obras que además de ponerle voz a una época expresan el compromiso del arte en la búsqueda de la paz: el « Guernica » de Picasso, el « Canto general » de Neruda y el « Himno para las Naciones Unidas » compuesto por Casals.

Más allá del impacto que tuvieron los fascismos en sus vidas, la guerra civil española fue un hecho determinante en la vida de los tres: para Casals y Picasso significó el exilio definitivo, mientras que para Neruda el abandono forzado de su puesto como cónsul en Barcelona y Madrid.

Pablo Picasso, una obra innovadora y monumental que desluce con la fama de misoginia

 Los aniversarios redondos son muchas veces la excusa para evocar y resignificar vidas o trayectorias que han tallado una época y siguen proyectando su espectro sobre el presente. Hasta hace algunos años, esta recuperación transcurría sin sombras en un clima celebratorio que reforzaba la épica y el legado de la figura exaltada, pero hoy el signo de época insta a matizar los tributos, destacando los aportes de una obra o creador sin licuar los aspectos problemáticos de su personalidad.

Picasso tan genial como cruel con las mujeres

Picasso, tan genial como cruel con las mujeres.

Si hay una figura que absorbe los mayores dilemas en torno a esa discusión tan fogoneada en tiempos de cancelación sobre la posibilidad o pertinencia de disociar a una obra de las acciones de su creador es Pablo Picasso, el artista español incuestionable por su pericia para iluminar un cambio de rumbo decisivo en la historia del arte pero acusado de misógino y maltratador por su trato cruel hacia las mujeres que lo acompañaron, un rasgo que hechiza sutilmente el medio centenar de homenajes que se proyectan este 2023 por los 50 años de su muerte bajo el lema « Celebración Picasso 1973-2023 ».

En sus siete décadas de prolífica actividad, Picasso introdujo nuevas formas de percepción y reflexión del arte a través de los trazos novedosos del cubismo que pusieron en crisis el relato hasta entonces monolítico de la pintura figurativa pero también dio cuenta de su compromiso social a través de una de las composiciones más estremecedoras sobre la impiedad de la guerra con el « Guernica », un cuadro que pintó como reacción al bombardeo nazi de la ciudad vasca en el norte de España.

La vida creativa de Picasso se puede dividir en varios períodos: el Azul (1901-1904) metaboliza en la gama de este color la tristeza por el suicidio de un amigo, el poeta español Carles Casagemas. Luego el Rosa (1904-1906), donde predominan los colores rosa, azul claro y naranja, una paleta que encuentra su apogeo en la obra « Retrato de Gertrude Stein ». En esta etapa, la más luminosa del artista, conoce a Fernande Olivier, una artista francesa que luego se convirtió en su inspiración y amante.

Bajo ese influjo pinta entre 1906 y 1907 una de sus óleos más icónicos, « Las señoritas de Aviñón », en el que la extraña distorsión de las formas del cuerpo femenino acaba con todas las nociones anteriores de perspectiva y se convierte en la obra pionera del cubismo. Sus creaciones durante este período incluyen « Muchacha con mandolina » (1910) y « Bodegón con botella todaclase de ron » (1911).

Picasso creó miles de pinturas y esculturas y sigue siendo uno de los nombres más cotizados en las subastas mundiales: su obra « Mujer sentada junto a una ventana » se vendió por 98 millones de euros en Christie’s en Nueva York en 2021, mientras que « Mujeres de Argel » fue adjudicada por 179 millones de dólares en 2015.

Durante mucho tiempo, el artista fue la encarnación más emblemática del concepto de genio, aunque hoy esa adjetivación ya no aparece asociada a su figura porque su comportamiento fuera del proceso creativo ha generado manifestaciones de colectivos feministas en muchos de los espacios donde se montan sus obras y a la luz del proceso de despatriarcalización que encaran muchas instituciones, la noción de genialidad comienza a estar impregnada de estos debates.

Picasso ha sido caracterizado como un misógino que ponía a ‘sus’ mujeres en un pedestal para luego derribarlas, un hombre que temía, además de desear, el cuerpo femenino y que era un marido o amante exigente y narcisista. « Para mí solo hay dos tipos de mujeres: diosas y felpudos », dijo alguna vez el hombre que tuvo dos esposas formales y seis parejas estables, de las cuales dos de ellas, Marie-Thérese Walter y Jacqueline Roque se suicidaron, años después de la muerte del pintor.

« Las sometía a su sexualidad animal, las domesticaba, las hechizaba, las devoraba y las aplastaba en sus lienzos. Después de pasar muchas noches extrayendo su esencia, una vez desangradas, se deshacía de ellas », cuenta en sus memorias Marina Picasso, la nieta del pintor.

Los últimos años artísticos de Picasso se vieron marcados por su obsesión del artista con el erotismo y la muerte: en 1972 creó una serie de retratos con apariencia de calavera, quizá preanunciando su propia muerte, que tuvo lugar un año después, el 8 de abril, en Mougins, cerca de Cannes. Este año se celebrará el 50 aniversario de ese suceso con un programa cultural internacional que bajo el lema « Celebración Picasso 1973-2023 » ofrecerá medio centenar de exposiciones y eventos en toda Europa y Estados Unidos que ponen de relevancia la influencia del artista en todo el siglo XX y su continua referencia para los artistas del siglo XXI.

Esta nueva conmemoración de su muerte está salpicada por la relectura feminista de su obra. Hay voces, las más radicales, que piden la cancelación, que los cuadros de Picasso pasen directamente de las paredes a los depósitos de los museos. « Picasso es un hombre del sur de España, nacido en Málaga a finales del siglo XIX y que por tanto proviene de una tradición patriarcal », matiza en su defensa Cécile Debray, presidenta del Museo Picasso de París, convencida de que no tiene sentido juzgar con parámetros del presente a una figura incrustada en un pasado con otros parámetros culturales.

Pablo Neruda, un poeta atrapado entre el amor y el compromiso politico

Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, mejor conocido como Pablo Neruda, nació el 12 de julio de 1904 y pese a que tuvo un perfil político que desplegó en paralelo a la literatura -fue embajador en Francia, senador, miembro del Comité Central del Partido Comunista (PC) y precandidato presidencial- ganó popularidad como uno de los grandes poetas del amor, título que empezó a ganarse ya desde muy joven, cuando publicó una obra que se ha convertido en tan inmortal cono resistida: « Veinte poemas de amor y una canción desesperada.

Neruda un poeta revolucionario

Neruda, un poeta revolucionario.

« Neruda nos devolvía a lo nuestro, nos arrancaba de la vaga teoría de las amadas y las musas europeas para echarnos en los brazos a una mujer inmediata y tangible, para enseñarnos que un amor de poeta latinoamericano podía darse y escribirse hic et nunc, con las simples palabras del día », lo definió alguna vez Julio Cortázar.

Bisagra en su devenir político fue la guerra civil española, que lo impulsó a militar en el partido comunista, al que perteneció hasta el final de su vida en 1973, pocos días después de la muerte de Salvador Allende, que marcó el final del gobierno progresista chileno.

En 1945, Neruda fue galardonado con el Premio Nacional de Literatura de Chile. Pero las cosas se complicaron para el poeta cuando hizo pública su enérgica protesta por la persecución del entonces presidente Gabriel González Videla a los sindicatos. Valiéndose de su cargo de senador, Neruda hizo gala de su oratoria para denunciar dichos abusos, lo que provocó la persecución gubernamental y su posterior exilio en Argentina.

Tras su paso por Argentina, el poeta marchó a México y más tarde viajó a la URSS, China y otros países de la Europa del Este. Durante su periplo, escribió una serie de poemas propagandísticos que le valieron el Premio Lenin de la Paz. De nuevo en Chile, su poesía adquirió una gran intensidad lírica y un tono general de serenidad. La obra central de esa época fue « Odas elementales », escrita entre 1954 y 1957. En 1956 se separó de su segunda esposa, Delia del Carril, para unirse a Matilde Urrutia, que sería su compañera de viaje hasta el final de sus días.

Si « Veinte poemas de amor y una canción desesperada » fue un canto de amor juvenil, sus siguientes obras van mostrando su evolución y capacidad para tomar lo mejor de cada movimiento literario y para dar vuelta a un enorme potencial que vuelca en potentes imágenes como las que retrata en « Residencia en la tierra » (1933-1935), donde traslada la amargura del hombre sumergido en un mundo caótico. Un libro que sitúa a Neruda –junto a César Vallejo– en la cumbre del vanguardismo.

En 1971 Neruda recibió el Premio Nobel de Literatura. La academia sueca, entre sus fundamentos para otorgarle el máximo galardón de la literatura mundial, sostuvo que escribía “una poesía que con la acción de una fuerza elemental da vida al destino y los sueños de un continente”.

La figura de Neruda se volvió controvertida a partir de un breve tramo de su autobiografía, « Confieso que he vivido », en el que el autor evoca un « encuentro » en su pasado como joven diplomático en Ceilán (actualmente Sri Lanka) con una mujer pobre y paria cuyo trabajo era asear el sitio donde él se encontraba. « Una mañana, decidido a todo, la tomé fuertemente de la muñeca y la miré cara a cara. No había idioma alguno en que pudiera hablarle. Se dejó conducir por mí sin una sonrisa y pronto estuvo desnuda sobre mi cama », narra. Y concluye: « El encuentro fue el de un hombre con una estatua. Permaneció todo el tiempo con sus ojos abiertos, impasible. Hacía bien en despreciarme. No se repitió la experiencia ».

Desde entonces, distintos colectivos feministas han salido a repudiar al poeta por este comportamiento que puede ser considerado una violación. También le cuestionan otro hecho: la actitud desaprensiva hacia su hija, Malva Marina, que murió de hidrocefalia a los 8 años cuando estaba al cuidado de unos amigos de la madre a los ocho años. Una de las pocas menciones de Neruda hacia la menor es una carta que envía a unos amigos en Argentina, un testimonio que se ha vuelto a citar nuevamente por estos días. « Mi hija, o lo que yo denomino así, es un ser perfectamente ridículo, una especie de punto y coma, una vampiresa de tres kilos », le cuenta a su amiga Sara Tornú.

Tras la muerte de Neruda, el 23 de septiembre de 1973, su cuerpo fue enterrado en el mausoleo de una familia amiga, después sus restos se trasladaron a un nicho del módulo México hasta que, al fin, en 1992, fueron exhumado junto a los de Matilde Urrutia y enterrados en el patio de su casa en Isla Negra.

Pablo Casals, la música no es más importante que la conciencia social

Pablo Casals, nacido el el 29 de diciembre de 1876 en Vendrell, pequeña localidad catalana situada a unos 70 kilómetros al oeste de Barcelona, fue el más longevo de los Pablos ilustres del siglo XX. La música fue el elemento central de su vida desde muy temprano: a los cinco años ingresa como segundo soprano en el coro de la iglesia, al mismo tiempo que estudia piano con su padre y aprende los rudimentos del violín. Luego llegaría el acceso el violoncello, el instrumento que sella su historia de genialidad artística.

Pau Casals, o Pablo, como se le conocía fuera del territorio catalán, fue el primer concertista profesional del violoncello de la historia, un eminente director de orquesta y también compositor, todo de manera casi autodidacta. Pero además, con una nítida conciencia social, se preocupó de llevar la música clásica de calidad a los sectores más humildes, creando y financiando su propia orquesta en Barcelona. Fue el primero en grabar las Seis Suites para violoncello solo de Johann Sebastian Bach, y el primero también en registrar una obra completa de tal envergadura.

El artista revolucionó todas las técnicas de ejecución del violoncello, transformándolo en un instrumento popular, por sus condiciones artísticas. Sin embargo, podía relegar su arte a segundo plano cuando el contexto social le imponía un posicionamiento urgente. « Hay cosas más importantes que la música », decía para justificar su negativa a tocar en público y su decisión de ayudar a los exiliados que durante la guerra civil española huyeron a Francia sin saber que, años más tarde, muchos de ellos sufrirían el encierro en campos de concentración.

Los fascismos lo rebelaban: en 1933 se había negado a tocar en Alemania por el ascenso de Adolf Hit­ler al poder. Dos años más tarde adoptaría la misma actitud respecto a la Italia fascista y lo mismo haría con Rusia tras la Revolución del año 1917 y la implantación del comunismo. Cuando estalló la guerra civil española, Casals daría su total apoyo a la República, ofreciendo diversos conciertos en Barcelona y en el extranjero a beneficio de los damnificados y de los niños exiliados. Tras la victoria de Francisco Franco, decidió marcharse a Francia, donde prestó ayuda a los republicanos presos en campos de concentración. Como los otros dos Pablos, conocía la capital francesa de estancias anteriores, sobre todo en su juventud.

Decepcionado por la falta de apoyo internacional para derrocar al régimen franquista, en un acto de protesta que tuvo lugar en 1945, el músico decidió que no volvería a tocar más en público y se negó a aceptar cualquier invitación para hacerlo mientras no se estableciera en España un régimen que respetara las libertades. Murió el 22 de octubre de 1973 en el Hospital Auxilio Mutuo de San Juan de Puerto Rico, a la edad de 96 años, como consecuencia de las complicaciones derivadas de un infarto. Tres años después, en 1976, cuando en España había ya un régimen democrático, fue honrado de manera póstuma por el Gobierno español, que emitió un sello postal conmemorativo que honraba al músico en el centenario de su nacimiento.

El único punto que podría generar alguna discordancia en la actualidad fue la contundente diferencia de edad con la puertorriqueña Marta Montañez, a la que conoció cuando ella tenía 17 años de edad y él, 77.  Se casaron tres años después, ella con 20 y el con 80, unos 60 años de diferencia. Pero la relación se sostuvo y estuvieron juntos 16 años hasta la muerte del músico.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

La liberté pédagogique l’emportera sur cet épisode de l’Histoire, a tranché le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Sollicité par le député Patrick Hetzel (Les Républicains – Bas-Rhin), fin octobre, le ministre répond sur le devenir des « Malgré nous » .

Publié par Victor De Sepausy

Incorporés contre leur gré durant la Première, et surtout, la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de milliers de civils d’Alsace et de Moselle servirent les forces allemandes. Hors de ces départements, le sort de ces populations reste méconnu, pointait le député — qui a fait de cette cause un combat depuis 2016.

Les chiffres font frémir : « Trois départements de l’Est ont été annexés à l’Allemagne nazie après l’armistice du 22 juin 1940. Cela a conduit à l’enrôlement de force de 130.000 hommes dans la Wehrmacht et les WaffenSS et 15.000 femmes astreintes au Reichsarbeitsdienst et au Hielfskriegsdienst. »

Alors, comment leur rendre justice, sinon en leur octroyant une place dans les manuels scolaires ? Pour le ministère, pas question d’aller trop loin : cet « épisode singulier et important de l’histoire de la France durant la Seconde Guerre mondiale » a toute sa place dans les ouvrages. D’autant qu’il « permet de rendre compte des conséquences lourdes de la défaite et de l’armistice de juin 1940, ainsi que de la complexité des parcours individuels en temps de guerre ».

Toutefois, il revient aux enseignants de s’en emparer, en regard des outils pédagogiques à leur disposition. Et suivant le niveau de leurs élèves. Pour exemple, les classes de 3e peuvent y être sensibilisées « dans le cadre du thème consacré à “L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945)” ».

Idem pour les CAP ou encore dans les classes de cycle terminal : les occasions d’évoquer cette période et les victimes ne manqueraient pas.

Mais pas question d’outrepasser les rôles de chacun. « Concernant les manuels scolaires, le principe de liberté éditoriale ne permet pas au ministère d’imposer à un éditeur de manuel, qui est libre de ses choix tant qu’ils ne contreviennent pas au texte des programmes ou aux lois de la République, de traiter l’histoire des incorporés de force alsaciens et mosellans », conclut le ministre.

 

[Photo : ministère des Armées – source : http://www.actualitte.com ]

Le roman érotique français le plus célèbre au monde va connaître une nouvelle adaptation au cinéma. Après le succès du film Emmanuelle avec Sylvia Kristel en 1974, Audrey Diwan, auréolée d’un Lion d’or à la Mostra de Venise pour L’Événement, réalisera un film avec Léa Seydoux dans le rôle-titre. 

Écrit par Chloé Bergeret et Violaine Schütz

Léa Seydoux en Emmanuelle

C’est l’une des actrices les plus bankable du cinéma français. Et elle a réussi à séduire également l’étranger. Après avoir été vue dans Les crimes du Futur (2022) de David Cronenberg et Un beau matin (2022) de Mia Hansen-LøveLéa Seydoux se prépare à interpréter Emmanuelle, la célèbre héroïne du roman du même nom, paru en 1967. Publié sous le nom de plume d’Emmanuelle Arsan, Emmanuelle est l’un des romans érotiques modernes les plus célèbres de France, aux côtés d’Histoire d’O, de Dominique Aury. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui se lance dans une série d’aventures sexuelles avec plusieurs hommes et femmes sur fond de vie d’expatriée à Bangkok. Suscitant un scandale à sa publication mais une fascination immédiate, le roman s’est vu adapté de nombreuses fois, que ce soit au cinéma par Just Jaeckin en 1974, mais aussi à la télévision par Alain Siritzky dans les années 80 et 90.

Emmanuelle vue par Audrey Diwan

Et ce sera la réalisatrice française Audrey Diwan qui signera la nouvelle adaptation de ce roman dont le tournage débutera dans quelques mois. L’ex-journaliste a réalisé en 2019 L’Événement, tiré de l’ouvrage d’Annie Ernaux, film choc qui retrace le parcours du combattant des femmes qui voulaient avorter avant la légalisation de l’IVG en 1975. C’est une nouvelle fois une oeuvre écrite par une femme qu’elle a décidé de porter à l’écran, accompagnée dans l’adaptation du scénario de la réalisatrice française Rebecca Zlotowski. Si en 1974, le film avec Sylvia Kristel était en français, c’est une Emmanuelle en anglais qui devrait voir le jour. Interviewée par le Journal de Montréal le 16 janvier 2023, lors d’un événement Unifrance dédié à la promotion des films français, Léa Seydoux a déclaré que le long-métrage ne ressemblerait pas aux autres adaptations du livre d’Emmanuelle Arsan. Elle explique en effet : « Ce sera très différent et ça n’aura rien à voir avec les films Emmanuelle qui ont été faits dans le passé. Ce sera vraiment une Emmanuelle de 2023. Il y aura de l’érotisme mais ce sera abordé à travers un prisme féminin et à partir de son regard à elle. »

L’influence d’Emmanuelle dans la pop culture

L’influence du film Emmanuelle (qui avait réuni neuf millions de spectateurs dans les salles françaises à sa sortie en 1974) n’est plus à prouver et son impact dans la pop culture témoigne de la modernité du long-métrage. Une femme qui exprime son désir, l’assume et surtout le vit comme elle l’entend : un sacré choc pour la société des années 70. Malgré l’ouverture d’esprit à l’œuvre au moment de la sortie du film –  l’année 1974 est celle du remboursement de la pilule par la Sécurité sociale, et la promulgation de la loi Veil sur le droit à l’avortement date de janvier 1975 –Emmanuelle de Just Jaeckin porte encore les traces du male gaze et les influences d’une société patriarcale qui empêche les femmes de disposer de leur corps comme elles l’entendent. Espérons que l’adaptation d’Audrey Diwan offre enfin à l’héroïne Emmanuelle toute la liberté qu’elle mérite.

L’adaptation d’Emmanuelle par Audrey Diwan n’a pas encore de date de sortie mais devrait sortir au cinéma en 2024.

 

 

[Source : http://www.numero.com]

El 6 de enero de 1641, la corona española firmó el Pacto de Quillín, por el cual acordó la paz con los mapuches, a quienes reconocía su soberanía sobre territorios que después serían de Chile y Argentina. Hoy habrá un banderazo mapuche para recordar el episodio.

Escrito por Darío Aranda

La Wenufoye, bandera del pueblo mapuche, flameará hoy en cientos de comunidades y miles de viviendas de Wallmapu (territorio indígena de ambos lados de la Cordillera). Se conmemora un nuevo aniversario del Pacto de Quillín, cuando España firmó la paz con el pueblo mapuche y le reconoció la independencia en los territorios que siglos después serían Chile y Argentina. En Bariloche habrá un acto recordatorio de la represión en Pu Lof en Resistencia de Cushamen y se pedirá justicia por Santiago Maldonado y Rafael Nahuel.

“Mapuche ñi antü kom Wallmapu mew”, señala la convocatoria en mapuzungun, que significa “Día nacional mapuche, sacá tu bandera”. Refiere al 6 de enero de 1641, cuando luego de un siglo de guerra, con intentos de doblegar al pueblo mapuche, la corona española suscribió el “Pacto de Quillín”. Francisco López de Zúñiga, gobernador de Chile, firmó con lonkos (autoridades) mapuches la paz a orillas del río Quillén (actual provincia de Cautín, Chile). Entre los puntos principales se estableció como límite el río Biobío (a la altura de Chos Malal, en Neuquén), y se reconoció la soberanía e independencia mapuche al sur del río. Las autoridades originarias presentes fueron Lonkopichun, Butapichun, Tinaqueaü, Chicaguala y Cheuquenahuel, entre otros.

El imperio español, que había vencido y masacrado a decenas de pueblos indígenas de América, reconoció la autonomía y libertad de los mapuches. El acuerdo, del que solo existen registros de la época escritos por el lado español, estableció que los indígenas liberarían a los cautivos, dejarían ingresar a religiosos cristianos, y se comprometían a ser aliados de España ante cualquier enemigo extranjero.

Carlos Contreras Painemal es investigador, antropólogo y autor de “Los Tratados celebrados por los Mapuche con la Corona Española, la República de Chile y la República de Argentina”, rigurosa obra de 355 páginas que detalla, en base documental, los acuerdos entre 1592 y 1878. “El parlamento de Quillín se constituirá en un acto jurídico de enorme importancia. Desde allí se abrirá un periodo en donde la Corona Española buscará consolidar su poder, lo cual estará determinado por negociaciones etnopolíticas que se traducirán en tratados”, explica Contreras Painemal en su escrito.

Contreras Painemal resalta que el tratado fue reconocido por el rey Felipe IV, por Real Cédula del 29 de abril de 1643, “lo que convierte en un instrumento jurídico de carácter internacional”. En base a documentos de la época, afirma que el acuerdo fue precedido por batallas “en donde los españoles conocieron en varias ocasiones el sabor amargo de la derrota”. El investigador marca contrapuntos al relato oficial (español): “La administración española intentó minimizar su posición de pactar, intentando hacerla ver como una piadosa concesión por parte de la Corona. Sin embargo para los mapuches estaba claro de que si los españoles proponían la paz era por temor”.

Adrián Moyano es investigador y periodista, autor de “Crónicas de la resistencia mapuche” e “Inakayal” (entre otros libros sobre el pueblo originario), aportó un dato central: “España reconoció la soberanía mapuche al sur del Biobío pero ese acuerdo también es de interés para argentinos porque hubo una concurrida delegación puelche (mapuches al Este de la Cordillera) que al día siguiente del acontecimiento central celebró el mismo tratado con el gobernador español. De manera que aquel reconocimiento trascendió la Cordillera de los Andes y se extendió a la actual jurisdicción argentina. Nótese la fecha, 1641. No, los mapuches no vinieron de Chile. En aquellos tiempos, la Argentina no estaban en los planes de nadie”.

La wenufoye (de color azul, verde y rojo, con símbolos mapuches amarillos, negros y rojos) flameará en ciudades y parajes de Río Negro, Neuquén, Chubut, La Pampa, Mendoza y Buenos Aires. En Bariloche habrá un “trawutuaiñ” (encuentro para encontrarnos), el miércoles 10 en el Centro Cívico. Repudiarán el primer aniversario de la represión de Gendarmería Nacional y la Policía de Chubut sobre el Pu Lof en Resistencia de Cushamen, considerada el “primer capítulo de una nueva ofensiva general contra todo el pueblo mapuche”.

Durante 2017 hubo una veintena de represiones sobre las comunidades mapuches de Río Negro, Neuquén y Chubut. Los casos más graves fueron la desaparición y muerte de Santiago Maldonado y el asesinato por la espalda de Rafael Nahuel.

La ministra de Seguridad, Patricia Bullrich, lanzó un “comando unificado” (juntos a los gobiernos patagónicos) para avanzar contra la organización Resistencia Ancestral Mapuche (RAM). Ninguna comunidad indígena reconoció ser parte de la RAM, incluso la sindican de ser una creación de los servicios de inteligencia. Las comunidades afirman que la estrategia del gobierno es usar a la RAM para avanzar contra el pueblo mapuche.

A 377 años del Pacto de Quillín, el pueblo mapuche izará su bandera, recordará la gesta, reclamará el cumplimiento de sus derechos, justicia por los asesinatos y exigirá el respeto de los territorios indígenas.

 

 

[Fuente: http://www.pagina12.com.ar]

 

Escrito por Rui Martins

https://www.observatoriodaimprensa.com.br/wp-content/uploads/2023/01/disturbios_antidemocraticos_supremo_tribunal_federal_vac_abr_1001233738-300x225.jpg

Onde está o ovo da serpente responsável por essas violências em Brasília, praticadas com tanto ódio à democracia e feitas com o uso indevido da nossa bandeira e da camiseta da seleção canarinho? Onde foi fecundada a semente do mal, onde ela germinou discretamente e cresceu, até chegar ao quebra-quebra da versão brasileira do Capitólio norte americano?

Houve quase uma coincidência de datas entre os dois ataques golpistas: os extremistas trumpistas atacaram, há dois anos, o Capitólio em Washington, no dia 6 de janeiro, enquanto o ataque dos extremistas bolsonaristas ocorreu no dia 8 de janeiro, felizmente sem mortes, mas com alguns feridos.

Toda imprensa internacional comentava, na TV e nos onlines, no domingo, a tentativa de putsch ou golpe de bolsonaristas, com a invasão e atos de depredação em Brasília dos prédios da Presidência, do Congresso Nacional, do Supremo Tribunal e da Esplanada dos ministérios, felizmente vazios com o recesso parlamentar e com a viagem de Lula a Araraquara.

Na segunda-feira, 9 de janeiro, o ataque dos golpistas ocupava as manchetes e as principais páginas dos jornais impressos em todo mundo, com declarações de apoio de políticos e governantes ao presidente democraticamente eleito Lula, cogitando a ONU em Genebra, por proposta latinoamericana, aprovar um postulado mundial em favor do respeito à democracia.

O Brasil não precisava dessa propaganda negativa deflagrada por um bando de bolsonaristas vândalos, movidos pelo ódio e pelas teorias golpistas. Mas esse ataque vinha sendo minuciosamente preparado, embora seu incitador não esteja mais no Brasil e tenha fugido há alguns dias apenas para Orlando, na Flórida, nos EUA. Isso também está contando a imprensa internacional.

A ideia de golpe vinha sendo lançada e alimentada há quatro anos – e isso poucas pessoas alertaram – por pastores nos púlpitos, nas congregações ou tendas evangélicas, agindo junto a pessoas simples crédulas e sem cultura, chamadas geralmente de massa de manobra. Uma grande maioria dos dirigentes protestantes, agora também conhecidos como evangélicos, aceitaram aderir à extrema-direita fascista bolsonarista para ter acesso ao Poder político. É o exemplo da conhecida ex-ministra Damares Alves e do ex-ministro Milton Ribeiro.

A evangelização deixou de ser voltada exclusivamente para Cristo e passou também a ser utilizada para endeusar o candidato e depois presidente Messias Bolsonaro, em troca de ministérios, cargos no governo e possibilidade de agir nos setores formadores da opinião como escolas, controle do ensino, intervindo também na deformação da cultura brasileira. Era o toma lá dá cá.

As igrejas com cultos duas vezes por semana, escolas dominicais, reuniões semanais de jovens e idosos são hoje o setor mais politizado do país, um verdadeiro viveiro ou berçário de ideias, onde se cultivam as vertentes fundamentalistas de extrema-direita vindas dos Estados Unidos, porém de maneira discreta, mesmo imperceptível para os profanos. A grande imprensa leiga, que não frequenta os evangélicos, desconhece esses lugares onde se abastecem os cérebros do gado bolsonarista.

Foram elas, as igrejas, com seu proselitismo a base da vitória de Bolsonaro de 2018. A senadora Damares Alves, exploradora desse filão, eleita com mais de novecentos mil votos é uma prova. “Santa” Michelle uma versão evangélica da católica Maria, poderá ser uma ameaça, caso o marido se torne inelegível.

Qual o segredo do rápido crescimento político do evangelismo? Não há necessidade de uma plataforma de promessas econômicas, salariais, profissionais, de saúde, nada disso. Cria-se um clima de comunidade na qual os pastores prometem o céu e as pessoas simples aceitam, serão felizes depois da morte. O investimento é quase zero, os chamados pastores não fazem curso de teologia, muitos mal frequentaram o curso primário, basta distribuírem-se algumas Bíblias, ter alguns bancos cadeiras e principalmente ter lábia de vendedor, sem esquecer de ameaçar com o inferno quem não se converter.

Mas, além das igrejas, há as redes sociais misturando o reino dos céus com o perigo do comunismo, a receita infalível! Ninguém viu o reino dos céus, ninguém sabe o que é o comunismo, exceto ser vermelho, mas a pregação dá resultado. O comunismo aqui na vida terrena e o inferno no além assustam e dão calafrios, que só passam com muita oração! Os evangélicos eram 5% nos anos 1960, e hoje já são mais de 35%, dos quais cerca de 30% rezam ou oram segundo o rito bolsonarista.

Não podemos esquecer o efeito das pregações e os gritos golpistas de Silas Malafaia, os apelos golpistas de Cláudio Duarte e de outros pastores usando sem vergonha a Bíblia para justificar suas falas antidemocráticas em favor de uma ditadura teocrática bolsonarista. Em Brasília, havia, sem dúvida, seguidores de Malafaia e Duarte.

E quando não são os pastores são os chamados jornalistas formadores de opinião da Jovem Pan ou da Record e deve haver outras rádios e jornais e redes sociais na mesma linha. Há mesmo gente falando dos EUA, onde se sentem seguros para pregar o golpe. Ainda agora, descrevendo as invasões em Brasília, Jovem Pan e Record chamavam os vândalos criminosos de manifestantes e não de golpistas.

Para eles, tudo é permitido em nome da liberdade, inclusive pregar um golpe de Estado, querer fechar o STF e depredar os prédios dos três poderes em Brasília. Pouco antes dos ataques, circulavam vídeos pela Internet falando da criação de uma Ditadura do PT em Brasília, como o vídeo de Carla Ceccato, contra as intenções do novo governo de acabar com os acampamentos e fechamento de redes sociais golpistas. Eles acreditam, como acreditava o ministro José Múcio, ser uma simples questão de liberdade de expressão pedir golpe e pregar a destruição do STF com o ministro Moraes dentro.

Lembram-se do quebra-quebra em Brasília, no 12 de dezembro, dia da diplomação de Lula como presidente, quando incendiaram carros e ônibus? Com a maior cara de pau e o maior cinismo, falavam terem sido petistas infiltrados os autores das depredações e, agora, devem estar falando a mesma coisa… Não é, Rodrigo Constantino e Roberto Motta? Mas há outros, que se dizem jornalistas…

E falar em Distrito Federal ou Brasília, no 12 de dezembro, a polícia do governador Ibaneis Rocha não prendeu ninguém! Verdade, não houve prisões, e ficou por isso mesmo. Essa cegueira era meio difícil de engolir, mas o presidente ainda era o Bolsonaro e ficou por isso mesmo.

Ainda agora, no começo da tarde do domingo 8 de janeiro, quando centenas de bolsonaristas invadiram a Esplanada e iam chegando ao Palácio do Planalto, ao Congresso e ao STF, não havia reforço policial e provavelmente também não haveria prisões, se não houvesse a intervenção federal no Distrito Federal.

E diante dos estragos feitos, inclusive em obras de arte depois dos ataques dos golpistas, o que fez Rocha? Escreveu uma carta de desculpas ao presidente Lula. Ora, deveria ter apresentado sua demissão, embora seja agora provável que ela ocorra depois de processo por imprevidência, conluio ou cumplicidade com os golpistas. O ministro Alexandre de Moraes do STF quer saber por que Ibaneis não agiu contra os golpistas e aplicou-lhe uma suspensão do cargo por três meses.

Mas não foram só falsos jornalistas, mentores de redes sociais, pastores e governadores que vinham preparando o golpe na água morna, nestes quatro anos, havia parlamentares como Carla Zambelli, PMs de Brasília tomando água de coco enquanto se quebravam as portas do Palácio do Congresso ou do STF. Outros conduzindo mesmo os golpistas aos seus alvos.

Tudo isso poderia ter sido evitado se o procurador geral da República, Augusto Aras, ou sua substituta, Lindora Araújo, tivessem aplicado a lei. Por que não aplicaram? Devem ter razões bem fortes… logo iremos saber. Renan Calheiros e outros querem também saber!

E o responsável por tudo isso já foi para bem longe, de onde agora será difícil de voltar. Jair Bolsonaro o presidente instigador do golpe, que negociou o apoio com os pastores evangélicos, pensava ir pedir a nacionalidade italiana, que lhe daria imunidade na Itália, mas a chefe do governo italiano Giorgia Meloni, embora sendo também de extrema-direita, já criticou os ataques em Brasília, juntando-se na condenação aos golpistas feita também por Emmanuel Macron, Joe Biden e outros. Vai ser difícil para Bolsonaro tornar-se italiano para escapar de uma condenação no Brasil e será também difícil renovar o visto de sua presença em Orlando, nos EUA. Joe Biden cuidará disso…

[Foto: Valter Campanato/Agência Brasil – fonte: http://www.observatoriodaimprensa.com.br]

Holy Spider

 

Escrit per Esteve Plantada

Meixad és una de les ciutats santes de l’islam i és l’indret on, entre els anys 2000 i 2001, un home, Saeed Hanaei, va assassinar setze prostitutes que contactava al carrer i que considerava moralment corruptes. Vet-ho aquí un dels quids de la pel·lícula: a ulls dels seus conciutadans, Saeed és un justicier o un assassí? Un psicòpata o algú que se sacrifica per complir un deure? El director danès d’origen iranià Ali Abbasi s’inspira en aquests fets a Holy Spider, obra que arriba quatre anys després de la sorprenent Border, on portava l’espectador a repensar els límits —i la percepció— d’allò que ens determina com a humans.

Abbasi va viure de primera mà els cas, quan estudiava a la universitat de Teheran. I tot plegat el va impactar, especialment la reacció de part de la població, expressada en manifestacions que reclamaven la llibertat de l’assassí. És la mostra d’una societat fracturada entre qui volia l’obertura i qui volia el tancament, emparat en la fe i la integritat religiosa. Els fets passen l’any 2001, però sonen rotundament oportuns i actuals, amb tot el que ha passat a l’Iràn al llarg dels darrers mesos i la reivindicació de les dones que es treuen el vel, en un passat que explica el present, excel·lentment relatat pel director de principi a fi, amb tots els matisos i ambigüitats necessàries. Tal com veiem ben clarament a l’inici, quan Rahimi, la periodista que s’infiltrarà per investigar el cas, arriba a l’hotel on ha reservat una habitació i no la volen acceptar perquè va sola i no és casada. La interpretació de Zar Amir-Ebrahimi li va valer el premi a Millor actriu a l’últim festival de Canes.

Coproduïda entre Dinamarca, Alemanya, Suècia i França, i rodada en persa, Holy Spider és una barreja de thriller, drama judicial i retrat social on llueix la misògina i el fanatisme en pro d’un suposat bé regulador. També mostra un sistema judicial corrupte, símptoma d’una justícia —i d’un estament policial que tampoc no en surt immune— que vol amagar la psicopatia d’un home que utilitza la religió com a excusa per saciar les ganes de matar. Per a molta gent, Saeed és qui ha deslliurat del pecat les prostitutes que “embrutaven” els carrers. Però també, és cert, encara hi ha qui se subleva per la igualtat i la llibertat, per tenir el dret a alçar la veu i exposar la injustícia que viu instal·lada als fonaments d’algunes societats que justifiquen l’injustificable.


Holy Spider

Direcció: Ali Abbasi

Guió: Ali Abbasi i Afshin Kamran Bahrami

 

[Font: http://www.eltemps.cat]


128. A NÃO BANALIDADE E A SOLIDÃO NOS HOMENS DE BEM

Não se adequa aos parâmetros tradicionais quem resiste a saber poder ser vítima de violência extrema, não hesitando, mesmo assim, em salvar do sofrimento ou morte pessoas de ideologias, religiões, etnias e nacionalidades diferentes, entrando em rutura com o regime estabelecido, de que foi, por vezes, seu seguidor.

Recusando-se a obedecer a ordens que pressupunham o abandono dos mais vulneráveis a um fim que se sabia ter como destino a morte, houve os que, em tais circunstâncias optaram, em consciência, pelo bem, repudiando o mal, a indiferença e o medo da maioria, sendo tidos por “Justos”, muitos por “Justos entre as nações”.

São pessoas de rutura e de solidão que não encaixam na disciplina então e ora vigente, provando haver em cada ser humano uma consciência que incomoda e questiona a nossa capacidade de autoquestionamento a qual, se anulada ou proibida, conduz à alienação da liberdade. Se esta alienação é comum à maioria, não o é com todos.

Uma minoria de homens e mulheres, à revelia do “espírito e lei da época”, soube distinguir entre o bem e o mal e o agir em conformidade. Em tempos negros e sombrios de escuridão, tiveram liberdade de pensar e de julgar, sem se agarrarem a ideologias, comodismos e medos pessoais, numa atitude muito difícil, corajosamente ousada e humana, num ato de enorme e terrível solidão, mas de vital necessidade, sabendo resistir e dizer não.

Há quatro portugueses reconhecidos como “Justos entre as nações”: Aristides de Sousa Mendes, Carlos Garrido Sampaio, Joaquim Carreira e José Brito Mendes.

Os pressupostos para receber tal título são: “envolvimento ativo no salvamento de um ou mais judeus da ameaça de deportação para campos de concentração ou morte; risco para a vida, liberdade ou posição do salvador; motivação inicial ser ajudar judeus perseguidos, isto é, sem pagamento ou outra recompensa; a existência de testemunho de quem foi ajudado ou documentação inequívoca estabelecendo a natureza do salvamento e as suas circunstâncias”, recebendo os agraciados uma medalha e um certificado de honra, estando o seu nome inscrito no muro de honra do Jardim dos Justos do Yad Vashem, em Jerusalém.

O português mais conhecido é Aristides de Sousa Mendes, que desobedecendo a Salazar, de quem fora servidor, entra em rutura com tudo aquilo que foi o seu mundo, salvando ou ajudando a salvar vários milhares de pessoas, sem a solidariedade do Estado Novo e seus apoios, incluindo a Igreja, nem opositores, da esquerda à direita, a movimentos antifascistas ou tidos por progressistas, sendo a voz de um homem só, pois nenhuma outra se ouviu ou levantou para o defender, pela coragem e humilhação que sofreu ao seguir a sua consciência.

Não obstante, desde sempre, ser um herói para Israel, onde recentemente foi inaugurada oficialmente uma praça com o seu nome (em Jerusalém), persistem vozes que condenam a sua reabilitação, tendo-o como a invenção de um mito, que nunca salvou ninguém, nem foi perseguido por Salazar, deturpando-se e ocultando-se factos históricos, a começar pelos testemunhos de quem salvou, a favor de teses que sustentam o revisionismo e negacionismo do Holocausto. O que reforça a ideia de que para além de homem bom, de bem e justo, é um homem só, que não se enquadra na norma dos    cânones usuais e do politicamente correto, com que entrou e continua em rutura.

Urge ainda lembrar nomes como Oskar Schindler, Irena Sendler, Corrie Tem Boom, Franz Jagerstatter, Bernhard Lichtenberg, entre outros, que não aceitaram a sua morte ética e moral, contrária ao mandamento cristão de amar o próximo, como justificativa para a participação em atos criminosos, mesmo sabendo que as sociedades se regem pela lei e esta pode estar do lado errado da História.

O que fizeram em benefício da não banalidade do bem e em solidão extrema.


02.12.22
Joaquim M. M. Patrício

 

[Fonte: e-cultura.blogs.sapo.pt]

Fatos indicam: fascistas tentaram no Brasil um Capitólio aperfeiçoado, mas faltou-lhes mobilização. Apoio empresarial e militar precisa ser cortado. Mas para dissipar a ameaça falta uma democracia vibrante, que se estenda às maiorias e as acolha.

Escrito por Boaventura de Sousa Santos

Ocorreu em Brasília no dia 8 deste mês, uma semana depois da tomada de posse do presidente Lula, um acontecimento que só tomou de surpresa quem não quis ou não se pôde informar sobre os seus preparativos amplamente difundidos nas redes sociais. A ocupação violenta dos edifícios dos poderes legislativo, executivo e judiciário e dos espaços circundantes, bem como a depredação de bens públicos existentes nestes edifícios por parte de manifestantes de extrema-direita, configuram actos de terrorismo planeados e minuciosamente organizados pelos seus cabecilhas. Trata-se, pois, de um acontecimento que põe seriamente em causa a sobrevivência da democracia brasileira e que, pelo modo como ocorreu, pode amanhã ameaçar outras democracias no continente e no mundo. Convém, pois, analisá-lo à luz da importância que tem. As características e as lições principais são as seguintes:

  1. O movimento de extrema-direita é global e as suas ações a nível nacional beneficiam das experiências antidemocráticas estrangeiras e muitas vezes agem em aliança com elas. É notória a articulação da extrema-direita brasileira com a extrema-direita norte-americana. O conhecido porta-voz desta, Steve Bannon, é amigo pessoal da família Bolsonaro e tem sido uma figura tutelar da extrema-direita brasileira desde 2013. Além das alianças, as experiências de um país servem de referência a outro país e constituem uma aprendizagem. A invasão da Praça dos Três Poderes em Brasília é um copia “melhorada” da invasão do Capitólio em Washington em 6 de janeiro de 2020, aprendeu com esta e tentou fazer melhor. Foi organizada com mais detalhes, procurou trazer muito mais gente a Brasília, e utilizou várias estratégias para que a segurança pública democrática se sentisse tranquilizada de que nada anormal aconteceria. Os cabecilhas tinham por objetivo ocupar Brasília com pelo menos um milhão de pessoas, criar o caos e permanecer o tempo necessário para permitir a intervenção militar que pusesse fim às instituições democráticas.
  2. Pretende-se fazer acreditar que se trata de movimentos espontâneos. Pelo contrário, são organizados e com capilaridade profunda na sociedade. No caso brasileiro, a invasão de Brasília foi organizada a partir de diferentes cidades e regiões do país, e em cada uma delas havia líderes identificados com número de telefone para poderem ser contactados pelos aderentes. A participação podia ter várias formas. Quem não pudesse viajar para Brasília tinha missões a cumprir nos seus locais, bloqueando a circulação de combustíveis e do abastecimento dos supermercados. O objetivo era criar o caos pela carência de produtos essenciais. Alguns se lembrarão das greves de caminhoneiros dos combustíveis que precipitaram a queda de Salvador Allende e o fim da democracia chilena em setembro de 1973. Por sua vez o caos em Brasília tinha objetivos precisos. Foi invadida a sala de estratégia do Gabinete de Segurança Institucional, situada no porão do Palácio do Planalto, de onde foram furtados documentos sigilosos e armamento ultratecnológico, o que demonstra que havia treinamento e espionagem. Também foram encontradas cinco granadas no Supremo Tribunal Federal e Congresso Nacional.
  3. Em países democráticos, a estratégia da extrema-direita assenta em dois pilares: (1) Investir fortemente nas redes sociais para ganhar as eleições com o objetivo de, se as ganhar, não usar o poder democraticamente nem sair do poder democraticamente. Foi assim com Donald Trump e com Jair Bolsonaro enquanto presidentes. (2) No caso de não ganhar, começar desde cedo a questionar a validade das eleições e declarar que não aceita outro resultado senão a sua vitória. O programa mínimo é perder por pequena margem para tornar mais crível a ideia da fraude eleitoral. Foi assim nas últimas eleições nos EUA e no Brasil.
  4. Para ter êxito, este ataque frontal à democracia necessita de ter o apoio de aliados estratégicos, quer nacionais, quer estrangeiros. No caso dos apoios nacionais, os aliados são forças antidemocráticas, tanto civis como militares, instaladas no aparato do governo e da administração pública que, por ação ou por omissão, facilitam as ações dos revoltosos. No caso brasileiro, é particularmente clamorosa a conivência, passividade e se não mesmo cumplicidade das forças de segurança do Distrito Federal de Brasília e dos seus dirigentes. Com a agravante de que esta região administrativa, por ser a sede do poder político, recebe receitas federais avultadíssimas com o específico propósito de defender as instituições. No caso brasileiro, é também escandaloso que as Forças Armadas se tenham mantido em silêncio, sobretudo quando era conhecido o propósito dos organizadores de criar o caos para provocar a sua intervenção. Por outro lado, as Forças Armadas toleraram que se instalassem acampamentos de manifestantes em frente aos quartéis, uma área de segurança militar, e aí permanecessem durante dois meses. Foi assim que a ideia do golpe prosperou nas redes sociais. Neste caso, o contraste com os EUA é gritante. Quando foi da invasão do Capitólio, os chefes militares norte-americanos fizeram questão de vincar a sua defesa da democracia. Neste sentido, a nomeação do novo ministro da DefesaJosé Múcio Monteiro, que parece apostado num bom e reverencial relacionamento com os militares, não augura nada de bom. É um ministro problemático depois de tudo o que se passou. O Brasil está pagando um preço alto por não ter punido os crimes e os criminosos da ditadura militar (1964-1985), sendo certo que alguns crimes nem sequer prescreveram. Foi isso que permitiu ao ex-presidente Bolsonaro elogiar a ditadura, prestar honras aos torturadores militares e nomear militares, alguns fortemente comprometidos com a ditadura, para cargos importantes de um governo civil e democrático. Só assim se explica que se fale hoje de perigo de golpe militar no Brasil, mas não no Chile ou na Argentina. Como se sabe, nestes dois países os responsáveis pelos crimes da ditadura militar foram julgados e punidos.

  5. Para além dos aliados nacionais, são cruciais os aliados estrangeiros. Tragicamente, no continente latino-americano, os EUA têm sido tradicionalmente o grande aliado de ditadores, quando não mesmo o instigador dos golpes contra a democracia. Acontece que, desta vez, os EUA estiveram do lado da democracia e isso fez toda a diferença no caso do Brasil. Estou convencido de que se os EUA tivessem dado os habituais sinais de encorajamento aos candidatos a ditadores, estaríamos hoje perante um golpe consumado. Infelizmente, e à luz de uma história de mais de cem anos, esta posição dos EUA não se deve a um repentino zelo da defesa internacionalista da democracia. A posição dos EUA foi estritamente determinada por razões internas. Apoiar o bolsonarismo de extrema-direita no Brasil era dar força à extrema-direita trumpista norte-americana que continua a acreditar que a eleição de Joe Biden foi o resultado de fraude eleitoral e que Donald Trump será o próximo presidente dos EUA. Aliás prevejo que manter uma forte extrema-direita no Brasil seja importante para os desígnios da extrema-direita norte-americana nas eleições de 2024. É de prever que se pretenda criar uma situação de ingovernabilidade que dificulte ao máximo a atuação do presidente Lula nos próximos anos. Para que isso não aconteça é necessário que os golpistas e depredadores sejam duramente punidos. E não só eles, mas também os seus mandantes e financiadores.

  6. Para garantir a sustentabilidade da extrema-direita é necessário ter uma base social, dispor de financiadores-organizadores e de uma ideologia suficientemente forte para criar uma realidade paralela. No caso do Brasil, a base social é ampla, dado o caráter excludente da democracia brasileira que faz com que largos setores da sociedade se sintam abandonados pelos políticos democráticos. O Brasil é uma sociedade com grande desigualdade socioeconómica agravada pela discriminação racial e sexual. O sistema democrático potencia tudo isso ao ponto de o Congresso brasileiro ser mais uma caricatura cruel do que uma representação fiel do povo brasileiro. Se não for objeto de profunda reforma política, irá tornar-se totalmente disfuncional. Nestas condições, há um amplo campo de recrutamento para mobilizações de extrema-direita. Obviamente que a grande maioria que delas participa não é fascista. Apenas quer viver com dignidade e desacreditou que isso seja possível em democracia.

Os financiadores-organizadores parecem ser, no caso do brasileiro, setores do baixo capital industrial, agrário, armamentista e de serviços que foram beneficiados pela (des) governação bolsonarista ou com cuja ideologia mais se identificam. No que respeita à ideologia, ela parece assentar em três pilares principais. Em primeiro lugar, a reciclagem da velha ideologia fascista, ou seja, a leitura reacionária dos valores de DeusPátria e Família, a que juntam agora a Liberdade. Trata-se sobretudo de defender incondicionalmente a propriedade privada para com isso (1) poder invadir e ocupar a propriedade pública ou comunitária (territórios indígenas), (2) defender eficazmente a propriedade, o que implica armar as classes proprietárias, (3) ter legitimidade para rejeitar qualquer política ambiental e (4) rejeitar os direitos reprodutivos e das sexualidades, em particular o direito ao aborto e os direitos da população LGBTIQ+.

Em segundo lugar, a ideologia implica a necessidade de criar inimigos a destruir. Os inimigos têm várias escalas, mas a mais global (e abstrata) é o comunismo. Quarenta anos depois de, pelo menos no hemisfério ocidental, terem desaparecido os regimes e os partidos que defendam a implantação de sociedades comunistas, este continua a ser o fantasma contraditoriamente mais abstrato e mais real. Para entender isso é preciso entrar em linha de conta com o terceiro pilar da ideologia de extrema-direita: a criação incessante e capilarizada no tecido social de uma realidade paralela, imune à confrontação com a realidade real, levada a cabo pelas redes sociais e pelas religiões reacionárias (igrejas evangélicas neopentecostais e católicas antipapa Francisco) que com facilidade ligam comunismo e aborto e assim instigam o medo abissal nas populações indefesas, tudo facilitado por estas há muito terem perdido a esperança de ter uma vida digna.

A tentativa de golpe no Brasil é um aviso à navegação. Os democratas brasileiros, latino-americanos, norte-americanos e, afinal, de todo o mundo devem levar muito a sério este aviso. Se o não fizerem, amanhã os fascistas não se limitarão a bater à porta. Certamente a arrombarão sem cerimónia para entrar.

 

[Fonte: http://www.ihu.unisinos.br]

El director del biopic sobre Edith Piaf (‘La vida en rosa’) y Gracia de Mónaco rinde tributo a Simone Veil, que después de sobrevivir a Auschwitz tuvo un papel central en la reconciliación de la memoria y los pueblos de Europa

https://s1.eestatic.com/2022/12/08/el-cultural/cine/724437893_229339818_1706x960.jpg

Olivier Dahan. Foto: Georges Biard

Escrito por Juan Sardá

La mujer del siglo se titula este biopic de Simone Veil y, en este caso, puede decirse que no hay exceso de entusiasmo en tan desaforado adjetivo. Hija de una familia de judíos conservadores con un padre de derechas, Veil nació en 1927 y antes de cumplir la mayoría de edad dio con sus huesos en el infierno de Auschwitz. Milagrosamente, ella y su hermana sobrevivieron, no así su madre, su padre y su hermano.

Veil se quedó en Francia, ya que se consideraba francesa a todos los efectos. Lejos de derrumbarse o envilecerse después de una experiencia casi indescriptible en su horror, convirtió su dolor en fortaleza y desarrolló una casi inhumana compasión y empatía. El director del filme, Olivier Dahan (La Ciotat, 1967), no oculta la importancia del momento en el que rueda esta película: “De alguna manera”, dice muy crítico en general con su país, “da la impresión de que los franceses quieren un gobierno de extrema derecha. Creo que sucederá”.

Frente al auge del totalitarismo, Veil es una heroína de la democracia liberal. Lo hizo todo, o casi: reformó el sistema de prisiones para hacerlo más humano, defendió los derechos de los argelinos que luchaban por su libertad en tiempo del colonialismo, logró que se aprobara en los años 70 la ley que permitió a las mujeres abortar de manera legal, se desvivió por los enfermos de SIDA cuando la enfermedad aniquiló a cientos de personas en los años 80 y se consideraba vergonzosa. Además, fue la primera mujer que presidió el Parlamento Europeo en 1979. Como ministra, colaboró siempre con gobiernos conservadores, ya que nunca perdió las raíces políticas de su padre.

Por si todo esto fuera poco para una sola vida, como nos recuerda la película, Veil también rompió con el pacto de silencio sobre el Holocausto utilizando su prestigio y su celebridad para que muchos conocieran la verdadera dimensión de la brutalidad y la tragedia. Finalizada la II Guerra Mundial, el genocidio judío fue, durante décadas, un tema tabú que un continente cubierto por la vergüenza prefería enterrar. Según Dahan, no solo en este asunto, el país vecino tiene “problemas para asumir la verdad de su historia”.

Esta peripecia vital la cuenta el cineasta en una película melodramática e incluso sentimental, con un tono que ya vimos en la célebre La vida en rosa (2007), biopic de la cantante Edith Piaf que le dio un Oscar a Marion Cotillard. Dahan dice que quiere “conmover para desarmar”.

Aficionado a retratar a mujeres históricas, también consiguió el éxito con Grace de Mónaco (2014). El director, que pasaba de niño todos los veranos en la Costa Brava catalana y dice tener un enorme afecto por nuestro país, nos cuenta entre muchas otras cosas por qué considera sus biopics películas de ficción con personajes reales o las raíces de su peculiar feminismo, basado en la frustración por la tortuosa relación con su madre.

Pregunta. ¿Fue Simone Veil una verdadera heroína?

Respuesta. Fue una persona excepcional sin lugar a dudas, no hay muchas como ella. En la política francesa ha habido pocos casos o ninguno de tanta exigencia personal y de respeto por la gente. No creo que fuera una política, más bien era una persona que utilizaba la política para avanzar las cosas, pero no como una política convencional. Hago una diferencia entre hacer política y utilizarla como instrumento para alcanzar un fin colectivo. Da igual que sea de derechas o de izquierdas, es una política en el orden de lo humano, lo más humano posible, con unas convicciones muy fuertes. Eso hizo que fuera muy tenaz, nunca intentó escalar en los peldaños del poder; cuando se comprometía con una causa, no tenía miedo de perder su puesto. Iba hasta el final de lo que había decidido hacer. Eso no lo hacen los políticos.

P. ¿El horror de Auschwitz le hizo desarrollar una gran capacidad de empatía?

R. Lo que trato de mostrar en esta película sobre todo es esa capacidad de empatía. Es cierto que tiene un lado frío y distante pero comprende muy bien lo humano, hay una gran identificación con el sufrimiento de los demás. Aplicó esa humanidad, esa verdadera humanidad, a las leyes, a los textos, es extraordinario. Hizo todo tipo de cosas para mejorar la vida de las mujeres, no solo la ley del aborto. Avances que cambiaron de una manera real y significativa la vida corriente de la gente. Tenía una fuerza impresionante. Era una persona que no tenía miedo a batirse en una época muy distinta a la nuestra, donde la política era totalmente masculina. Eso fue una lucha enorme porque esos hombres imponían esas ideas por la fuerza.

« La extrema derecha siempre ha tenido un papel importante en Francia desde el final de la II Guerra Mundial« 

P. Veil explica sin tapujos el horror de los campos de exterminio, también la colaboración de franceses en el mismo. ¿Rompió un tabú?

R. Francia ha tenido con frecuencia un problema para reconocer su historia, no solo en este caso. Efectivamente, después de la Shoa en Francia estaba mal visto hablar sobre eso y duró mucho tiempo. El silencio estaba impuesto por la política, por el Estado y la propia sociedad. Esta situación, no poder hablar de lo que pasó en la guerra, incluso hoy sigue vigente de alguna manera, no es algo que está resuelto. En Francia hay un gran problema para enfrentarse a la verdad de la historia, ya sea el Holocausto y la colaboración francesa como la guerra en Argelia como muestro en la película. Son asuntos que no han sido digeridos.

P. Veil recibe constantes ataques de la extrema derecha. ¿Ya tenía un papel importante el partido de Le Pen padre en esa época?

R. La extrema derecha siempre ha tenido un papel importante. Nunca ha dejado de tenerlo después del fin de la guerra. En España habéis conocido la dictadura, eso en Francia no ha sucedido, pero en todo momento ha habido y sigue existiendo una tentación totalitaria.

P. ¿Quería hablar ahora para contrarrestar de alguna manera ese ascenso del Frente Nacional?

R. Sí, por supuesto, Francia juega con fuego y no creo que sea lejano el día en que la extrema derecha gobierne en Francia. De alguna manera, sinceramente pienso que es lo que los franceses quieren. Vamos adelante y atrás, así todo el rato, pero siempre en torno a esta tentación francesa de reensayar la extrema derecha. Por eso el Frente Nacional no ha hecho más que mejorar sus resultados de elección en elección.

« No utilizo las emociones para hacer llorar, sino para desarmar al espectador« 

P. En una vida tan rica y compleja, ¿cómo escoge qué partes quiere mostrar?

R. Quería mostrar lo que me interesaba. Yo comunico a través de Veil cosas que me emocionan. Es una selección muy subjetiva. Quería hablar de la guerra de Argelia. Y quería que se vieran los campos de concentración en todo su horror pensando sobre todo en los jóvenes, quienes ahora tienen entre quince y veinte años y quizá tienen un conocimiento más lejano.

P. En su visita a Israel, Veil lo deja claro, ella es francesa. ¿Supuso un ejemplo que decidiera no abandonar el país a pesar de los muchos motivos para el rencor que podría haber tenido?

R. Ella tiene una cultura judía pero no es una persona religiosa, es laica. El laicismo en Francia significa que cada uno tiene sus propias convicciones, pero a nivel de grupo hay unos valores comunes que son laicos. La laicidad es algo que tiene que ver con lo colectivo y la religión con lo personal.

P. Sorprende un poco que la mujer que legalizó el aborto en Francia o defendió a los combatientes argelinos, llamados terroristas por gran parte de la sociedad, trabajara siempre con gobiernos de derechas. Su propio marido era un miembro del partido conservador. ¿El problema son nuestros prejuicios?

R. Veil creció en una familia en la que su padre era de derechas y su madre de izquierdas. Creo que cogió lo mejor de ambos mundos. Comenzó como magistrada y cuando empezó en política fue en un gobierno de derechas. Es una opción muy pragmática también porque; como he dicho antes, ella utiliza la política para hacer avanzar las cosas. Simone Veil buscaba resultados en la vida cotidiana.

Simone Veil hacia finales de los años 70 del siglo XX. Foto: Pietro Naj-Oleari / Parlamento Europeo

Simone Veil hacia finales de los años 70 del siglo XX. Foto: Pietro Naj-Oleari / Parlamento Europeo

P. ¿Por qué opta por un tono de melodrama?

R. He querido ser lo más orgánico posible. Hay una especie de melodrama, efectivamente, pero no utilizo las emociones para hacer llorar sino para desarmar al espectador y hacer que el mensaje pase mejor. Todo aquello que sea conmovedor no es gratuito, yo quiero conmover para desarmar.

P. Casi todas sus películas tienen como protagonistas a mujeres. ¿Se considera un director feminista?

R. Eso viene de mi relación con mi madre. Era una mujer complicada, no tuve una infancia fácil, y creo que tiene que ver más con mi curiosidad por saber cómo son las mujeres que puro feminismo. En mi experiencia personal hubo una incomprensión respecto a ella que me ha llevado a reflexionar a fondo sobre esa naturaleza femenina. Desde luego hay un lado feminista, hoy en día no se puede ser otra cosa que feminista. Hay una desigualdad evidente y una explotación de las mujeres que es real. Pero en mi caso ese feminismo también viene de esa frustración respecto a mi madre en mi infancia, con lo cual surge de algo doloroso.

>>No creo que sea, por tanto, un feminismo que en su punto de partida sea político. Hablando de las mujeres indago en mí mismo. Con mis películas, sobre todo me pregunto si no fue ese sistema machista que no dejaba respirar a las mujeres ni desarrollarse como personas lo que hizo que mi madre fuera como fue. Es una reflexión feminista, pero el arranque es una frustración.

« Hay muchas chicas jóvenes en Francia que utilizan TikTok para hablar de Simone Veil« 

P. A la hora de abordar personajes históricos, ¿busca ser lo más fiel posible a la realidad o crear su propia versión?

R. Es un pretexto. Cuando hago una película con un personaje que ha existido es ficción. Cojo a un personaje que todo el mundo conoce y hago una ficción, aunque los hechos que narro sean reales. Yo no conocí a Edith Piaf, ni a Gracia de Mónaco, ni a Simone Veil. Son arquetipos de los que me sirvo de una manera ficcional. A través de ellas trato de decir algo que para mí es importante.

P. ¿Permanece en Francia el recuerdo de Simone Veil?

R. Ahora mismo sucede una cosa muy curiosa y es que hay muchas chicas jóvenes que utilizan TikTok para hablar de Simone Veil y la película. Se ha convertido en viral y es fantástico ver cómo descubren el feminismo y la historia del siglo XX gracias a ella. Para mí es una satisfacción, porque cuando hice esta película sobre todo estaba pensando en la gente joven. La película está funcionando muy bien en Francia y me hace muy feliz.

[Fuente: http://www.elespanol.com]

Biden signa dues lleis per dotar de més recursos als idiomes nadius del país

El president dels Estats Units, Joe Biden, ha signat dues lleis destinades a impulsar l’educació en les llengües autòctones del país. Es tracta de la Llei del Centre de Recursos de Llengües Nadiues Americanes, que preveu l’establiment de centres de recursos arreu dels EUA que donin suport financer a les entitats que donen suport als idiomes autòctons; i la Llei Durbin Feeling de Llengües Nadiues Americanes que té com a propòsit revisar els ajuts oferts per les agències federals i coordinar les polítiques de suport a les llengües autòctones.

“Com hem vist a Hawaii, els programes de promoció de les llengües nadiues han demostrat que la instrucció basada en la cultura és clau per revitalitzar i mantenir el coneixement i les tradicions indígenes”, va dir el senador Brian Schatz, president del Comitè del Senat sobre Afers Indis.

La nova legislació dona suport a l’educació en llengües autòctones com a llengua d’ensenyament a les escoles i ofereix recursos als docents per a l’ús de la tecnologia.

Als Estats Units s’hi parlen més d’un centenar de llengües autòctones. Les dues amb més parlants són el navajo, amb prop de 170.000, segons el cens de l’any 2000; i el cherokee, que, segons Ethnologue, era parlat per 1.520 persones d’una comunitat nacional de 376.000 el 2018. Les dues llengües estan experimentant els darrers anys un interès creixent per aprendre-les de les seves comunitats.

El govern nord-americà ha augmentat la despesa per a la protecció de la riquesa lingüística del país i el novembre de l’any 2021 va posar en marxa, en la Cimera de les Nacions Tribals, una iniciativa per preservar, protegir i promoure els drets i les llibertats dels pobles autòctons i promoure l’ús de les seves llengües.

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Los jóvenes contraculturales de la Cataluña de los 70 revitalizaron el movimiento libertario en los estertores del franquismo y trataron de ensamblar el ‘underground’ y la tradición anarquista. Una exposición recuerda su legado

Cartel promocional de la exposición Underground y contracultura en la Cataluña de los 70.

Escrito por César G. Calero

Una multitud desfiló por las calles de Barcelona a finales de noviembre de 1936 para despedir a Buenaventura Durruti, el carismático dirigente anarquista caído en Madrid. El corto verano del anarquismo daba paso a la triste realidad de una contienda que se antojaba larga. La posguerra enterraría el sueño de una nueva sociedad. Pero el surco libertario, aquel que habían comenzado a labrar un puñado de obreros y artesanos a finales del siglo XIX bajo el influjo de Bakunin y Fanelli, no desapareció. La utopía ácrata recobró vida en el tardofranquismo y prendió su mecha de nuevo en Cataluña al calor de los nuevos tiempos. Vientos de cambio que llegaban de California, de Londres, de Ámsterdam, del Mayo francés. Los jóvenes contestatarios devoraban el California Trip de María José Ragué y el Durruti de Julio C. Acerete mientras fumaban marihuana o emprendían un viaje lisérgico. La banda sonora también había cambiado. En los bares del Barrio Chino, Las Ramblas o el Born no sonaban los acordes de Hijos del Pueblo sino la distorsión del Purple Haze de Jimmy Hendrix o la psicodelia envolvente del Epitaph de King Crimson. La CNT y el underground, aunque con cierto recelo, se daban la mano. Federica Montseny regresaba a una Barcelona abarrotada de banderas rojinegras en Montjuic, la misma ciudad por donde Ocaña paseaba su inconformismo radical. Nacía el teatro independiente de Comediants, la música layetana de Pau Riba, Jaume Sisa y Gato Pérez, el cómic sacrílego de Nazario y Pepichek, el periodismo contracultural de Ajoblanco que se atrevía con todo: feminismo, ecologismo, antimilitarismo, homosexualidad, antipsiquiatría… Eran los años 70 y Barcelona se iluminaba de nuevo.

La exposición “Underground y contracultura en la Cataluña de los 70”, comisariada por Pepe Ribas, fundador de la revista Ajoblanco y autor de Los 70 a destajo, refleja de manera muy ilustrativa esa efervescencia cultural, social y política que experimentó Cataluña en la década del 70. La muestra, en la que Ribas ha contado con la colaboración de Canti Casanovas (creador de la web sense nom) y el arquitecto y diseñador Dani Freixes, puede verse en CentroCentro (Ayuntamiento de Madrid) hasta el 12 de febrero tras su presentación hace un año en el Palau Robert de Barcelona.

Fue un tiempo acelerado en el que miles de jóvenes desafiaron los últimos vestigios de la dictadura

Aquella revolución cultural que había comenzado tímidamente a finales de los años sesenta eclosionó a mediados de los setenta y se difuminó antes de que concluyera esa década. Fue un tiempo acelerado en el que miles de jóvenes desafiaron los últimos vestigios de la dictadura y se propusieron cambiar los modos de vida franquistas. El rock se coló por la rendija del aperturismo económico y el incipiente turismo. Y junto a la música anglosajona llegaron también las influencias del esoterismo oriental, el LSD y los libros de autores foráneos que publicaba la editorial Kairós (Aldous Huxley, Jack Kerouac, Erich Fromm, Paul Goodman, Murray Bookchin, Alan Watts…). Esa editorial, fundada por el filósofo Salvador Pániker, sacó a la luz California Trip, de María José Ragué, una obra capital en los inicios de la contracultura catalana. Durante su estancia en la cuna del movimiento hippy norteamericano, Ragué recogió testimonios como el del poeta Allen Ginsberg, figura señera de la generación beat: “Nuestra percepción, nuestros sentidos, están bloqueados. Estamos condicionados por un círculo de ‘dinero-máquina-coche-banco-tv-familia-oficina-avión’ que no nos deja ver el circuito de la existencia”.

Los jóvenes contraculturales transforman en esos años todas las disciplinas artísticas. El rock psicodélico y progresivo se mezcla con el folclore nacional. Pau Riba, el primer hippy catalán, publica Dioptría en 1970. Jaume Sisa, la Companyia Elèctrica Dharma y Gato Pérez experimentan con diferentes ritmos en el templo musical de la contracultura: la sala Zeleste. En bares como el London, el Ascensor y el Cafè de l’Òpera se citan estudiantes, macarras y libertarios. Toda transgresión es bienvenida. Aparece un poeta en cada esquina de Las Ramblas y del Barrio Chino (el Raval actual). Pau Maragall, más conocido como Pau Malvido, hace un recuento de su generación en Nosotros, los malditos. Nace la Asamblea de Actores y Directores que organiza el Festival Grec en el verano del 76 y, en noviembre de ese año, la Asociación de Trabajadores del Espectáculo (ADTE), de tendencia anarquista, lleva a escena el Don Juan Tenorio de El Born en el mercado abandonado del barrio. “Aparecían en escena quince Doña Inés y nueve Don Juan, actuando desde diferentes puntos y bajo la dirección de varias personas”, destacaba la crónica del diario El País. Las influencias del Living Theatre de Julian Beck se pasan por la batidora mediterránea de los pasacalles y la fiesta pagana. El cómic rompe todos los esquemas de lo políticamente correcto con publicaciones como El Rrollo Enmascarado. Las autoridades franquistas se llevan las manos a la cabeza con La Divina Piraña, de Nazario Luque, o Pauperrimus comix, de Pepichek (pseudónimo de Josep Farriol).

Toda esa explosión creativa tiene que lidiar con la España de los tricornios y las sotanas. La represión estatal no frena a una generación que apuesta decididamente por la libertad

La censura cae sobre estos autores que hacen bandera de la irreverencia. Toda esa explosión creativa tiene que lidiar con la España de los tricornios y las sotanas. Pero la represión estatal no frena a una generación que apuesta decididamente por la libertad. Músicos y dibujantes, letraheridos y pasotas, se juntan en comunas y pisos donde todo se comparte. Pau Riba (fallecido en marzo de 2022) ya había fundado en 1968 una comuna en el Tibidabo junto a su pareja, Mercè Pastor. Cuando fueron desalojados de allí se instalan en Formentera. Riba dirá entonces: “Huí del cementerio de un lugar burgués y cristiano para inventarme una nueva forma de vida”.

Las revistas alternativas son en esos años fuente de comunicación y debate de esa nueva forma de vida. Star, dirigido por Juanjo Fernández, o el Ajoblanco de Ribas, Toni Puig y Fernando Mir, se constituyen en una suerte de redes sociales de papel y tinta. Ambas publicaciones sufrirán la censura de una dictadura agonizante. El primer número de Ajoblanco sale a la calle en octubre de 1974. En el momento de su máximo esplendor la revista vende cien mil ejemplares. Con sus monográficos sobre feminismo, ecología o antipsiquiatría genera una gigantesca comunidad de lectores y se erige como puente de confluencia entre el viejo anarquismo y los nuevos movimientos sociales hasta su cierre en 1980. La revista se reeditaría entre 1987 y 1999 y tendría una fugaz resurrección en 2017.

Fuera del sistema

“La contracultura –explica Ribas– implica vivir fuera del sistema. En aquella época esto solo se podía hacer en Barcelona porque había barrios en los que la policía no entraba. Hubo una ruptura con la moral franquista pero también con la moral victoriana europea. Y con el marxismo. Los grupos marxistas-leninistas, trotskistas o maoístas trataban mal a los homosexuales porque decían que eran gente débil que podía cantar la Traviata ante la policía. Y a las mujeres las usaban de secretarias. Nosotros, los contraculturales, no éramos machistas. El trato era de tú a tú en las comunas. La identidad sexual no estaba clara, había mucha gente bisexual. Se trataba de vivir al margen del sistema”.

La militancia se llevaba mejor si, como recuerda Ribas, uno salía de casa después de haber escuchado algo de rock. O se dejaba caer por un concierto, como los que ofreció King Crimson en el Palacio de Deportes de Granollers en noviembre de 1973 (durante dos jornadas). Hubo sus más y sus menos con la policía. Pero lo importante era flipar un rato mientras sonaban In the Court of the Crimson King y otros himnos de la banda de Robert Fripp. La ceremonia de los conciertos de rock no había hecho más que empezar. Cataluña tendrá pronto su particular Woodstock con el primer Canet Rock celebrado en julio de 1975 (con Pau Riba, Sisa, María del Mar Bonet y la Orquesta Platería, entre otros artistas).

En los años 70 proliferan también en Cataluña las comunas, rurales o urbanas, en las que los sentimientos colectivos priman sobre los impulsos individuales. Canti Casanovas tenía poco más de 20 años cuando alquiló una casa cerca de Igualada a la que se fueron a vivir varios amigos durante cinco años: “Teníamos reuniones para saber cómo debíamos plantar las lechugas y qué tipo de huerto nos interesaba más”. Casanovas había visitado una de las comunas del sur de Francia que había creado el filósofo y poeta Lanza del Vasto, un discípulo de Gandhi de origen italiano: “Tanto en las comunas como en los pisos de talleres de dibujantes se compartía todo, había dinero en común, nos conformábamos con comer arroz integral y salsa de soja”. El fenómeno de los neorrurales que prende a partir de los años 80 y llega hasta nuestros días debe mucho a esas primeras experiencias de vida compartida en el campo.

La contracultura catalana de los 70 ha sido silenciada a lo largo de los años, pero aquellos jóvenes rompieron tabúes y dogmas y se atrevieron a reivindicar derechos civiles de los que hoy disfrutamos

La contracultura catalana de los 70 ha sido silenciada a lo largo de los años como si nunca hubiera existido, pero aquellos jóvenes rompieron tabúes y dogmas y se atrevieron a reivindicar derechos civiles de los que hoy disfrutamos: la libertad sexual, los derechos de los homosexuales, el feminismo, el ecologismo, el antimilitarismo… Algunos se dejaron la vida en ello. Otros acabaron marginados por el sistema o absorbidos por las instituciones. Esa juventud rupturista exploraba nuevas formas de acción y protesta, alejadas del dogmatismo de las organizaciones marxistas. La vieja acracia exiliada o reprimida en las cárceles se encontraba con los jóvenes melenudos atraídos tanto por la pulsión libertaria como por el rock psicodélico. Pese a las diferencias generacionales y a algunas reticencias, la CNT y los movimientos sociales emergentes estaban condenados a entenderse: eran parte de la misma lucha antipactista. El sindicato anarcosindicalista mostró su pujanza en el mitin del 2 de julio de 1977. Unas 250.000 personas se congregan ese día en Montjuic, mucha más gente que en cualquier otro acto de masas de la izquierda. El surco sigue abriéndose. A finales de ese mes de julio llega el momento dorado de aquel renacimiento libertario. Los anarquistas toman Barcelona durante las Jornadas Libertarias organizadas por el Sindicato del Espectáculo de la CNT con la colaboración de Ajoblanco y otros colectivos.

Barcelona rojinegra

Entre el 22 y el 25 de julio Barcelona es una fiesta revolucionaria en la que no faltan los debates y las reivindicaciones políticas y sociales. Hubo música y baile en el Parque Güell, marchas a la cárcel Modelo para reclamar la libertad de los presos políticos y sesudos debates en el Saló Diana. Allí, ante la mirada de los cenetistas más veteranos, un joven Jordi Alemany, de la revista ecologista Alfalfa (financiada por Ajoblanco), criticó los sectarismos que impedían la unidad de acción: “Nadie tiene la exclusividad de un tipo de lucha”, proclamó. La cultura de masas obligaba a una reinvención del movimiento libertario que fuera capaz de superar los esquemas y estrategias tradicionales del anarcosindicalismo basados en las relaciones laborales y la producción. Las actividades de las jornadas quedaban consignadas diariamente en Barcelona Libertaria, cuaderno de bitácora que distribuía 40.000 ejemplares. En el número dos podía leerse: “De lo que se trata es de abrir las puertas al Comunismo Libertario, proyecto de futuro que se forja en nuestras manos (…) El anarquismo es la afirmación de un individuo y de una sociedad solidaria, sin clases ni patronos ni poderes”. Y se informaba del motín de 400 presos en la cárcel Modelo. Unos 40 reclusos lograron ocupar la cúpula del edificio. Era el primer motín –señalaba el diario– en que por primera vez los llamados presos comunes y presos políticos luchaban unidos ante la injusticia y la represión. Las reivindicaciones políticas se mezclaban esos días con las ganas de diversión y de liberación sin límites. El artista-activista Pepe Ocaña y Nazario lo entendieron muy bien cuando se subieron un día al escenario en el que tocaba un grupo de rock. Acompañados de un amigo y con su atrevidísimo look travesti, improvisaron una performance que entusiasmó a la entregada parroquia. Ocaña entonó un pasodoble y luego exclamó: “No soy gitana pura, soy gitana libertaria, por eso pido la amnistía para todas las mariquitas”.

“Creo que las Jornadas Libertarias, en las que participó medio millón de personas, fueron prematuras –asegura Ribas–. Se tenía que haber esperado más tiempo porque asustamos a los poderes; vieron que la acracia había resucitado y que no iba a pactar. Esto era muy peligroso en aquella situación, sobre todo para la socialdemocracia. Se creó un relato que no tiene nada que ver con lo que sucedió. Esta exposición, de alguna forma, pone de manifiesto lo que pasó, porque la gente se emocionaba y se reencontraba a sí misma (…) El encuentro de la cultura underground con el mundo de la CNT fue muy rápido, explosivo. El tiempo transcurrió demasiado deprisa. Los cuadros del sindicato estaban saliendo de la cárcel (aquellos que tenían 35 o 40 años) o habían estado en el exilio durante 40 años. Los exiliados eran mayores y se habían ido de España de una determinada manera y volvían a un país completamente distinto y que no comprendían. En muy poco tiempo –1977– la CNT alcanzó los ciento y pico mil militantes. Una locura. Por otro lado, la gente joven estaba inmersa en un proceso muy acelerado de cambio de costumbres, de huida de la casa y de la influencia del paterfamilias. Mi conclusión es que no hubo tiempo suficiente para que el movimiento libertario se articulara con la CNT tradicional”.

La decadencia

El fervor libertario del verano del 77 duraría poco. Seis meses después, en enero de 1978, el “caso Scala” reventaría las costuras de la renacida CNT. Se responsabilizó al sindicato por el incendio de la sala de fiestas y la muerte de cuatro trabajadores al término de una manifestación contra los Pactos de la Moncloa. Años después se sabría que todo fue orquestado por los aparatos policiales de un Estado que veía con extrema preocupación el auge del movimiento libertario. El acoso y derribo a la CNT coincidió con la aprobación de esos pactos entre los partidos políticos tradicionales. El régimen del 78 iba tomando forma y acabaría imponiendo su relato de la Transición.

En las barriadas más desfavorecidas de Barcelona irrumpía el punk, un movimiento nihilista pero no contestatario que atrapó a una juventud sin trabajo y sin futuro en un contexto de crisis económica. Ribas subraya que ese periodo coincide con la debacle del movimiento libertario: “Los partidos de extrema izquierda que no entraron en el Parlamento en el 77 se introdujeron en los movimientos sociales libertarios y comenzaron los enfrentamientos y las pugnas. Algunos de los que habían coordinado esos movimientos acabaron integrándose en las áreas de Juventud y Cultura de los nuevos ayuntamientos. Empezaba la cultura de la subvención”. En aquella época vertiginosa asoma también como actor destacado el nacionalismo. Casanovas siempre ha abogado por una mayor defensa del catalán, su lengua materna, pero rechaza la manera en que el pujolismo impuso el catalanismo como una cultura basada en símbolos nacionales: la sardana y los castells, Tàpies y Miró: “Yo quería dar una visión más amplia al crear la web sense nom (dedicada al periodo contracultural de los 70). El nacionalismo lo entiendo como opuesto a la contracultura, es la unidad en torno a elementos como la lengua o la bandera”.

Los jóvenes contraculturales no solo pretendían erradicar los modos de vida franquistas. Buscaban una transformación social de arriba abajo

El nuevo escenario sociopolítico y la crisis económica de finales de los 70 aceleran la decadencia de la contracultura catalana. El capitalismo inaugura una nueva fase especulativa, la carestía de la vida golpea a las familias más vulnerables y los barrios marginales se descomponen con el desembarco de la heroína, una droga de efectos devastadores que sustituye a ese “sacramento” de la espiritualidad que había sido el LSD. La era del nosotros y la solidaridad se apaga y surge la cultura del yo y la sublimación del dinero.

Los jóvenes contraculturales no solo pretendían erradicar los modos de vida franquistas. Su aliento iba más lejos. Buscaban una transformación social de arriba abajo. O, para ser exactos, de abajo arriba. “Queríamos una revolución cultural y nos quedamos a la mitad –reconoce Ribas–. Se impuso la cultura del mercado, el mundo de la estética, y se anuló el mundo de la ética y el pensamiento. Hoy hay poca libertad mental, estamos adocenados, muy instrumentalizados. Pero nos queda lo que hicimos. De todo aquello quedan las libertades civiles, el antimilitarismo, la laicidad, el feminismo… La huella está ahí y creo que en los márgenes de la sociedad todavía hay contracultura”.

 

[Fuente: http://www.ctxt.es]

Cet ouvrage aurait dû s’appeler La Poétesse et non Miss Islande. Mais c’est bien là le cœur du propos. Dans cette Islande des sixties, l’héroïne veut devenir écrivaine. Et pourtant, son être est systématiquement réduit à son corps. Un roman doucement combatif.

Écrit par Diana-Alice Ramsauer

Elle porte le nom d’un volcan, l’héroïne: Hekla. Lave qui bouillonne dans cette Islande des années soixante. L’une des montagnes les plus actives de l’île. Lorsque la jeune femme part pour Reykjavik, depuis sa petite ferme, c’est avec une idée claire en tête: gagner un peu d’argent, écrire et rejoindre le Mokka, le quartier général des poètes de la capitale.

Elle a une vingtaine d’années et pour se faire un petit pactole, on lui propose rapidement de tenter l’aventure en tant que Miss Islande. Il faut dire qu’Hekla semble briller par sa beauté. Mais elle refuse. Elle déniche alors facilement un emploi en tant que serveuse à l’hôtel Borg. Là encore, elle doit faire face à l’objectivation sexuelle de son être.

«Vous devriez remonter un peu votre jupe, c’est un péché de cacher de si jolis genoux. Il faut savoir mettre ses atouts en valeur, crie [un client] dans mon dos.»

Un marin féru de mode

Après le travail, elle écrit sur sa Remington. Elle habite d’abord chez son ami d’enfance David Jòn John Johnsson. Un curieux jeune homme, homosexuel, avide de liberté, passionné de stylisme et périodiquement enfermé sur un bateau pendant plusieurs jours lors des campagnes de pêches. Ils se comprennent, tous deux engoncés dans des rôles qui restreignent leurs ambitions: lui dans la mode, elle dans l’écriture. Si DJ Johnsson souffre particulièrement de sa situation et des moqueries qui vont avec, Hekla semble, elle, avoir admis les codes, tout en réussissant à s’en détacher suffisamment pour tracer sa route sans déranger.

C’est comme ça qu’elle rencontre un homme. Un bibliothécaire. Un poète. Starkadur participe aux assemblées des jeunesses socialistes, essaie d’écrire (n’y arrive pas vraiment) et considère Hekla comme la serveuse la plus lettrée de la région. Ils décident d’habiter ensemble. Pourtant, durant les mois qu’ils se côtoient, Starkadur ignore qu’Hekla écrit – et qu’elle est même publiée (sous pseudonyme). Hekla n’ose pas le lui dire. Et lui ne pose pas la question.

Sexiste avant l’invention du terme

Sans penser à mal, le jeune homme enchaîne les gestes que l’on considérerait comme sexistes, aujourd’hui. Alors qu’il se rend régulièrement dans le quartier Mokka, il n’imagine pas qu’Hekla pourrait aimer y boire un verre, arguant d’ailleurs que les petites copines ne viennent jamais. Il préfère lui offrir l’ouvrage J’apprends à cuisiner de la directrice de l’École ménagère d’Islande, alors qu’il sait bien qu’Hekla aime la littérature des poétesses et la philosophie des auteures telles que Simone de Beauvoir.

Impossible d’oublier de citer également la meilleure amie de l’héroïne: Ísley. Une jeune maman, tombée enceinte très rapidement. Trop? Du moins, sa vie de famille est désormais au centre de ses préoccupations. Et entre deux, elle écrit. Un journal, des histoires farfelues et les mots qui ne sont jamais prononcés dans son couple. Elle non plus n’en parle pas à son mari. Elle garde ses peurs pour elles et ses cauchemars la rattrapent: ceux représentants d’autres grossesses et d’autres enfants.

«C’est tellement prenant d’être seule avec un enfant, Hekla. Nous sommes ensemble toute la semaine, nuit et jour, pendant que Lýdur travaille sur des chantiers routiers dans l’Est. Je n’imaginais pas à quel point c’était merveilleux d’être mère. Avoir un enfant est ce qui m’est arrivé de plus beau. Je suis tellement heureuse. Je ne manque absolument de rien. Tes lettres m’ont maintenue en vie. Je me sens tellement seule.»

La lave sous la glace

Si les exemples empilés dans ce court papier pourraient donner une image caricaturale du propos développé par Auður Ava Ólafsdóttir dans Miss Islande, ce n’est pourtant pas le cas. Bien au contraire. Les situations sont décrites avec une sorte de détachement, comme si l’on observait les actions avec un pas de recul, sans être impliqués. Les tout petits chapitres de ce livre – allant de une à trois pages – permettent de changer rapidement de lieu et de perspective sans donner d’explications larmoyantes. Presque une écriture un peu froide.

Hekla avance d’ailleurs sans lever son poing. Elle ne se plaint pas. Elle ne s’énerve pas. Elle ne revendique rien. Elle reste à sa place. Elle pose simplement ses limites et définit son objectif: écrire. En somme, c’est la trajectoire d’un féminisme individuel. Une lave intime prête à jaillir alors qu’au centre de l’Europe continentale, les pays amorcent un grand mouvement de libération collective.

 

Auður Ava Ólafsdóttir
Miss Islande
Traduction d’Eric Boury
Zulma, coll. Za poche
Octobre 2022 [2018]
224 pages

 

[Illustration de couverture : le volcan Hekla, entouré d’un champ et d’une clôture © Sverrir Thorolfsson – source : http://www.leregardlibre.com]

伏尔泰很有深度的十句话,洞见人生大智慧,字字千金,值得珍藏_启蒙

Escrit per Jordi Galves

Un dels millors contes de Voltaire (1694–1778) és la Història de Jenni o el savi i l’ateu, escrit poc abans de morir, en 1775. La peripècia que s’hi explica s’esdevé a la torturada Barcelona dels setges, concretament durant l’anterior al de 1714, el de 1705, del tot invers i paradoxal. Els de dins de la ciutat són aleshores els borbònics encastellats i els que volen prendre-la són austriacistes i patriotes catalans. Les tropes de l’arxiduc assalten Montjuïc i acaben derrotant els enemics, però el príncep Jordi de Darmstadt, el líder més estimat dels barcelonins, hi deixa la pell. És un moment triomfant per a Catalunya i Voltaire se’n felicita i somriu. No és la primera vegada que demostra vivent simpatia pels nostres. Al llibre El segle de Lluís XIV (1751) ens ha dedicat elogis eficaços i desperts (“els catalans, nació bel·licosa i obstinada”“Catalunya és un dels països més fèrtils de la terra… Catalunya, pot sortir-se’n sense comptar amb l’univers, però els seus veïns no se’n poden sortir sense Catalunya”).

I és que quan era jove l’escriptor treballà com a secretari de l’ambaixador francès a Holanda, on s’entusiasma per la guerra dels catalans, pels diminuts i heroics lluitadors de la llibertat enfront de la cobdícia de França. És des d’aquesta amistosa perspectiva que Voltaire no s’està, però, de criticar l’obsessió malaltissa dels catalans per la religió. I és que per la Rambla, per les tavernes de la Ribera, comencen a conviure, a dialogar, els soldats anglesos expedicionaris amb els natius. Tots fanàticament catòlics, apostòlics i romans, tots involucionistes i sectaris, idèntics els del bàndol dels botiflers com els irreductibles. Encara que Voltaire admira aquells catalans desbocats, aquells insurrectes que corren a l’encalç del “fantasma de la llibertat”, constata que la religió els ha entelat el seny. Per tot Barcelona, a cada pas, es veuen sacerdots i monjos “com si es tractés d’una guerra de religió”. Catalunya somnia que podrà ser algun dia una república burgesa com Holanda, però té les cames massa curtes per la constant manipulació del clero, per la bogeria col·lectiva en què es transforma qualsevol guerra. Quan un soldat anglès mira de dialogar sobre religió constata que està envoltat de pocs sants i massa bojos. Els arguments dels creients són lapidaris però ridículs perquè no saben pensar. “A la Royal Society no es raona així” els diu, en referència a la institució científica, avui la més antiga del planeta.

Voltaire sap perfectament que, al capdavall, les coses són com són i no com ens agradarien que fossin. De jove havia dedicat grans esforços a impressionar el personal, a escriure grans obres sàvies com La HenriadeMérope Zaïre. Però s’ha acabat rendint a l’evidència, els contes inofensius, les narracions que semblen intranscendents, tenen la requesta del públic. Els lectors sempre preferiran buscar la intel·ligència de Swift als Viatges de Gulliver que la intel·ligència  de Descartes al Discurs del mètode. Quan ja és gran, en 1759, és quan Voltaire escriu el Càndid, la novel·leta que el fa famós arreu d’Europa perquè s’hi burla de l’optimisme absurd del filòsof Leibniz. Efectivament, Voltaire és una altra mena de filòsof. Fins al punt d’encarnar el que serà, a partir d’aleshores, l’autèntic filòsof, l’escriptor engagé que influeix en l’opinió pública. El periodista autèntic, el periodista modern. Voltaire, com tots els grans escriptors, és també un perfecte farsant, un gran mentider, diu que li molestaria molt passar a la història com l’autor de Zadig, però el cert és que sap que ell passarà a la immortalitat, mentre que la resta dels seus contemporanis quedaran sovint en l’oblit. També menysprea públicament L’ingenu, la seva altra petita obra mestra de la narrativa popular. Totes aquestes obres les considera “mes coÿonades”, però no para d’escriure’n.

Voltaire és el gran sociòleg, psicòleg, escriptor incomparable, el gran murri, l’irreverent, el savi complet i atent, viu com la fam. És el primer que ens explicarà en què consisteix el periodisme. Per descomptat que el periodisme no està fet de notícies, ni d’actualitat, sinó d’interès. El periodisme no s’ocupa d’allò que passa, ni del que està passant, sinó del que interessa. I el que interessa, amics, al capdavall, ho determina sempre el bon periodista. El periodista és qui ha de seduir el públic i dur-lo de la mà. Adaptant-se sempre als seus gustos i prejudicis. Almenys al principi. Posant-se sempre en el lloc del lector i servint-lo amb respecte, sense abusar-ne. En una deliciosa carta de Voltaire a Jean Le Rond D’Alembert, de 1766, expressa nítidament la seva opinió: “Amb vint volums no faran mai la revolució; són els llibrets de butxaca que costen 30 sous els que són temibles. Si l’Evangeli hagués costat 1.200 sestercis, el cristianisme no hauria triomfat”.

 

[Font: http://www.elnacional.cat]

Escrito por Paul Guillibert 

La articulación de la lucha de clases y del antirracismo divide el bando progresista. Para algunos, la clase constituye el elemento determinante de todas las relaciones de dominación. Para otros, las formas contemporáneas de racismo son el resultado de una cultura, es decir, de representaciones por las cuales una comunidad define su identidad y el individuo su pertenencia al grupo. La mayoría de las veces, el debate reactiva una controversia estéril que enfrenta a los partidarios de un “enfoque económico” y a los partidarios de un “enfoque cultural”, como si la noción de clase incumbiera en exclusiva al universo económico y la de raza a la esfera cultural. Este debate omite a menudo la historia del marxismo en contexto colonial. Entre los pensadores que han estudiado las condiciones económicas de la dominación racial y las condiciones culturales de la dominación de clase se destaca una de las figuras revolucionarias más importantes del continente sudamericano: José Carlos Mariátegui (1894-1930) (1)

En su obra más acabada, Siete ensayos de interpretación de la realidad peruana, publicada en 1928, Mariátegui elabora su intuición fundamental: en los países antiguamente colonizados de América Latina, la comprensión de la historia en términos de lucha de clases debe atender a la especificidad de las sociedades campesinas e indígenas. Desde un punto de vista general, anuncia entonces un gran movimiento de traducción y de adaptación del marxismo a los mundos no europeos en vías de descolonización, que encontraremos con otras modalidades en los años 1950-1960 en Frantz Fanon, Amílcar Cabral u Ho Chi Minh, por ejemplo.

Fundador del Partido Socialista obrero y campesino en 1928, y luego del Partido Comunista Peruano en 1930, Mariátegui rechaza todo análisis sociológico de la joven república que prescinda del hecho colonial. La colonización produjo una sociedad donde las jerarquías raciales entre blancos, criollos, indios y negros determinan las posiciones de clase. Para el revolucionario peruano, el racismo poscolonial no es entonces un problema moral (como lo sugieren las tradiciones humanitarias o filantrópicas), sino político: el de la distribución de la propiedad. “No nos contentamos con reivindicar el derecho del indio a la educación, a la cultura, al progreso, al amor y al cielo. Comenzamos por reivindicar, categóricamente, su derecho a la tierra. Esta reivindicación perfectamente materialista debería bastar para que no se nos confundiese con los herederos o repetidores del gran fraile español [Bartolomé de Las Casas], a quien, de otra parte, tanto materialismo no nos impide estimar fervorosamente”.(2)

Los negros –esclavos provenientes de la trata– se extenúan en las minas, los indios oprimidos se agotan en las grandes propiedades (latifundios), los blancos y los criollos dirigen las instituciones del poder y del comercio. Para Mariátegui, la relación con la tierra y la división del trabajo son las que condicionan la posición en las jerarquías raciales y las que explican por qué los indios quechuas o aymaras ven en el mestizo y en el blanco la figura del opresor. Mariátegui busca demostrar, a la vez, contra los liberales y los católicos, la dimensión económica del imperialismo y, en contra de la visión dominante en el seno de la Internacional Comunista, que el racismo antiindígena no podrá resolverse en el seno de repúblicas independientes y racialmente homogéneas. En su discurso en el Primer Congreso de la Internacional Comunista en América Latina en 1929, titulado “El problema de las razas en América Latina”, Mariátegui escribe que “entre el ‘señor’ o el burgués criollo y sus peones de color no hay nada de común. La solidaridad de clase se suma a la solidaridad de raza (y de prejuicio) para hacer de las burguesías nacionales instrumentos dóciles del imperialismo yanqui o británico”.(3)

El camino del inca

Por un lado, Mariátegui subraya el rol determinante de las jerarquías raciales en la pertenencia de clase; por el otro, considera que estas son producidas por relaciones de propiedad, es decir que tienen un fundamento económico (y no solamente cultural), que favorece el desarrollo del imperialismo estadounidense. Es el acceso y el control de los medios de subsistencia, empezando por la tierra, lo que garantiza la reproducción del poder blanco e imperialista. Esta lectura económica del racismo condujo a una estrategia revolucionaria y anticolonial: las recuperaciones de tierra.

“Es lógico afirmar que sus reivindicaciones naturales [las de los indígenas] consisten en exigir la devolución de toda la tierra que puedan cultivar”.(4) Mariátegui se muestra mesurado: menciona la devolución solamente de las tierras que los indios tienen la capacidad de cultivar. La revolución agraria supone entonces una transición política que transfiera poco a poco la propiedad a los indios adaptándose a sus necesidades y a sus medios. Si bien habla de una “devolución de las tierras”, la política comunista que él defiende no tiene como ambición copiar de forma idéntica la existencia de una comunidad originaria. Por el contrario, la reapropiación colectiva de una tierra que provee los medios de subsistencia de la comunidad supone reinventar una forma antigua en una sociedad de un tipo nuevo. Basada en una red de ayllus (un término quechua que se refiere a comunidades rurales colectivizadas), la tierra debe proveer los medios para liberarse de la dependencia política de la burguesía colonial y de la dependencia económica respecto del mercado. Aquellas y aquellos que no dependen de ningún amo para su subsistencia pueden decidir libremente sobre su futuro político. Reapropiarse de la tierra no es solo darse los medios de subsistencia material, es también ganar autonomía política respecto del poder blanco y capitalista.

Mito de base

Mariátegui agrega que la transformación política del mundo económico exige una adhesión a mitos revolucionarios. Al contrario de la idea llamada “científica”, según la cual el comunismo habría roto con el utopismo de los primeros pensamientos socialistas, el pensador peruano considera que toda revolución supone una forma de fe. Se trata a la vez de una tesis general sobre la historia de los pueblos y de un intento de dar a la política peruana su mito fundador: el “comunismo inca”.

Para el intelectual peruano, el concepto designa la existencia de un comunismo precolonial organizado según una estructura jerárquica: las comunas agrarias rurales basadas en una repartición de la tierra y en la ausencia de propiedad privada son coordinadas por el Inca Supremo y por el poder religioso, que recaudan impuestos y tributos para asegurar cierto número de grandes obras, en particular de irrigación. La mayor parte de los comentaristas y de los historiadores han criticado el carácter anacrónico de la calificación de comunismo para una sociedad donde una parte de la riqueza producida por los campesinos es extraída por una clase política y religiosa, sea por intermedio del impuesto, sea por un sistema de servidumbre. Dado que efectivamente parece existir en el seno del Imperio Inca una clase explotadora y una clase explotada, ¿cómo ver allí una forma de comunismo?

Por empezar, los ayllus son un régimen de propiedad de la tierra en el que las tierras comunales son repartidas de manera periódica entre cada familia, pero explotadas de forma colectiva. Para Mariátegui, esta estructura social es testimonio de un “comunismo indígena”, incluso de una “mentalidad comunista”, que se inscribe en la tradición comunitaria de una tierra sin propietario privado y explotada de modo colectivo. Pero su tesis resulta más provocadora aun cuando sostiene que el gobierno autoritario de los incas constituía la única forma de comunismo conveniente para esta época y esta sociedad. Podríamos, es evidente, ver allí una justificación del estalinismo en vías de constituirse en Rusia. Pero Mariátegui defiende en realidad una forma de “relativismo histórico” (5): no existiría un modelo político del comunismo; el término se referiría solo a una organización de las relaciones sociales basada en la ausencia de propiedad privada, pero que podría presentarse según una multiplicidad de formas de gobierno.

Marxismo poscolonial

El rechazo de un modelo histórico único permite criticar las visiones etnocentristas de la historia, transmitidas en particular por la Internacional Comunista en América Latina (y según la cual los grupos sociales llamados “atrasados” deberían seguir la vía de los grupos avanzados). Es imposible “consustanciar la idea abstracta de la libertad con las imágenes concretas de una libertad con gorro frigio –hija del protestantismo y del Renacimiento y de la Revolución Francesa–”, añade. Para Mariátegui, la idea de libertad humana no se resume en su manifestación europea moderna, basada en los derechos humanos burgueses y su iconografía. Se expresa en singularidades concretas. Las formas de gobierno emergen de las sociedades que las han visto nacer. Es también la razón por la cual el comunismo moderno no puede desarrollarse sin tener en cuenta esta característica de la época que es el individualismo liberal y el derecho de los sujetos a hacer reconocer su particularidad.

Pero hacen falta mitos, incluso religiosos, para suscitar la reflexión y movilizar. Para él, el mito se refiere a la dimensión afectiva de representaciones, cuya fuerza es capaz de transformar la conciencia. Es en este punto que la distancia con el marxismo ortodoxo es la más importante. Para el socialista andino, la religión moderna es la institución que se hizo cargo de la fuerza afectiva de los mitos antiguos. La crítica de las religiones en sí es una “diversión burguesa y liberal”,(6) porque “la fuerza de los revolucionarios no está en su ciencia; está en su fe, en su pasión, en su voluntad. Es una fuerza religiosa, mística, espiritual”.(7) La convicción según la cual la revolución debe ser fundada sobre el mito hace de él uno de los precursores de la teología de la liberación, que confiere a la fe cristiana una fuerza emancipadora contra la modernidad capitalista.

Durante todo el siglo XX las luchas anticoloniales y antirracistas han renovado las categorías marxistas para pensar las relaciones entre clase y raza. En 1944, en Capitalismo y esclavitud, Eric Williams, pensador marxista de Trinidad y Tobago, citaba por ejemplo esta frase de un cronista inglés: “Ni un solo ladrillo de la ciudad de Bristol fue fabricado sin la sangre de un esclavo”. El debate entre clase y raza –que se empobrece generalmente en una controversia sobre la economía o la cultura– pasa por alto toda la historia del “marxismo negro” y del “marxismo poscolonial”, desde José Carlos Mariátegui hasta C.L.R. James, desde Eric Williams hasta Cedric Robinson.

Todos, a su manera, demuestran que el marxismo debe renovarse para existir políticamente: “No queremos, ciertamente, que el socialismo sea en América calco y copia. Debe ser creación heroica. Tenemos que dar vida, con nuestra propia realidad, en nuestro propio lenguaje, al socialismo indoamericano”.(8)

Notas

1) Véase, en particular, Michaël Löwy, “L’indigénisme marxiste de José Carlos Mariátegui”, Actuel Marx, París, Vol. 2, Nº 56, 2014.

2) José Carlos Mariátegui, Siete ensayos de interpretación de la realidad peruana, múltiples ediciones.

3) José Carlos Mariátegui, “El problema de las razas en la América Latina”, en Ideología y política. Biblioteca Amauta. Ediciones populares de las obras completas de José Carlos Mariátegui, Lima, Amauta, 1969.

4) Ibid.

5) José Carlos Mariátegui, _Siete ensayos de interpretación de la realidad peruana, op. cit.

6) José Carlos Mariátegui, _Siete ensayos de interpretación de la realidad peruana, op. cit.

7) osé Carlos Mariátegui, “El hombre y el mito”, en El alma matinal y otras estaciones del hombre de hoy. Obras completas, Biblioteca Amauta, Lima, Vol. 3/20.

8) José Carlos Mariátegui, “Aniversario y Balance (1928)”, op. cit.

 

Paul Guillibert es el autor de Terre et capital. Pour un communisme du vivant, Amsterdam, París, 2021.

[ Traducción: Micaela Houston – fuente: https://ladiaria.com.uy/le-monde-diplomatique – reproducido en sinpermiso.info]

 

Au plus proche du travail d’Isabelle Huppert puis de Fabrice Luchini, préparant tous deux leur entrée en scène, Benoît Jacquot révèle une aventure aux multiples échos.

Isabelle Huppert, en route pour affronter sur scène le texte qui lui échappe.

Écrit par Jean-Michel Frodon — Édité par Natacha Zimmermann 

Il est mort il y a bien longtemps –cent-dix-huit ans–, celui qui a écrit: «Le malheur me paraît tellement invraisemblable que j’en viens même à ne plus savoir que penser, je m’y perds.» Elle est intensément vivante, celle qui dit et ne dit pas cette phrase, la triture, la mâchonne, la murmure, la digère, la métabolise. Et bloque. Encore. Et encore.

C’est très bizarre, presque burlesque, ou un peu malsain, ce rapport obsessionnel d’Isabelle Huppert à une seule phrase, une réplique de La Cerisaie d’Anton Tchekhov, qu’elle va jouer le soir même sur une des scènes les plus célèbres du monde, celle du Palais des papes, en ouverture du Festival d’Avignon.

Problème trivial? Anecdotique? Chacun peut à bon droit le penser tant qu’il n’a pas vu ces séquences –dans le jardin, dans la voiture, dans la loge, sur le plateau pendant la dernière répétition. Parce que ce qu’on voit, ce qu’on perçoit, est à la fois bouleversant et infiniment troublant. Ce qui s’éprouve là, presque indépendamment d’à propos de quoi cela s’éprouve (jouer une pièce de Tchekhov), concerne la peur et le courage. Ce qui se ressent est au croisement d’un acte de passion au-delà de la raison et, du même mouvement, le travail. Le travail comme un acte qui engage tout entier.

Il n’est peut-être rien de plus émouvant au cinéma que, lorsqu’elles sont bien filmées (c’est rare), des personnes qui travaillent. Cela vaut pour un boulanger faisant des croissants ou un conducteur de RER, comme pour Mick Jagger on stage chantant «Satisfaction» pour la quatorze millième fois. Lorsque la caméra sait voir et faire voir l’investissement de toutes les facultés du corps et de l’esprit pour que quelque chose se fasse, que quelque chose existe, que quelque chose arrive. Pas comme un exploit unique, hors norme, mais comme un accomplissement quotidien, qui agit dans le monde et définit, au moins en partie, celui ou celle qui l’exécute.

Isabelle Huppert est une immense artiste. Au moment où Benoît Jacquot la filme, cela lui complique un peu plus la tâche qu’elle a à surmonter. Cette unique phrase de Tchekhov est-elle vraiment si cruciale pour elle, ou en fait-elle une manière de s’accrocher à quelque chose pour mieux prendre en charge l’ensemble du rôle de Lioubov? On ne le saura jamais. On ne peut pas le savoir. Sans doute elle-même ne le sait-elle pas.

L’inverse radical de la communication

Ce qu’elle sait, et que grâce au film nous voyons avec une intensité exceptionnelle qu’elle sait, est que «ça» passe par là. Ça quoi? Va savoir, disait Jacques Rivette, en titre d’un autre beau film où le cinéma se donne pour tâche d’approcher, avec ses moyens à lui –la caméra, le montage (qui consiste aussi à ne pas couper), la présence de traces du monde dans le cadre– ce qui s’active dans le théâtre.

En répétition sur le plateau de La Cerisaie, magnifiquement mise en scène par Tiago Rodrigues, au Palais des papes.

Benoît Jacquot est, avec Jean Renoir et Jacques Rivette, un de ceux qui se seront le plus et le mieux passionnés par ces enjeux. On se souvient de son Elvire-Jouvet 40, ou de La Fausse Suivante tourné dans un théâtre. Mais cette recherche attentionnée court tout au long de sa filmographie, de façon plus ou moins explicite, jusqu’à la récente et magnifique mise en écran de la pièce de Marguerite Duras, Suzanna Andler.

Au-delà du raisonnable

Au cours du film, la partie Luchini ne s’oppose pas tant à la partie Huppert, elles se stimulent l’une l’autre, par tout ce qui y contraste comme par tout ce qui s’y fait écho. L’immersion de l’actrice dans le matériau même de la langue, qui suscitait aussi tant de questions quant aux processus de la mémoire, résonne mieux encore avec l’exhaustion du texte et de lui-même que pratique Luchini, expliquant et discutant à haute voix ce qu’il cherche à faire.

C’est drôle, c’est fulgurant d’intelligence, c’est énervant, et au bout de cette traversée réinventée sur les traces de Nietzche, commencée en répétition et poursuivie devant les spectateurs, c’est très, très beau. Ces deux-là, Huppert et Luchini –et d’ailleurs aussi Jacquot, auquel il convient d’adjoindre les deux femmes à la caméra, Caroline Champetier et Inès Tabarin– sont folle et fou.

Ce qu’ils cherchent et leur manière de chercher va très loin au-delà du sens commun et des comportements raisonnables. Mais là, justement là, s’active quelque chose qui concerne non seulement les deux interprètes, les textes majeurs auxquels on les voit se consacrer et, au-delà, le travail d’acteur. À sa façon faussement minimaliste, Par cœurs met en lumière et en émotion ce qui rend humains les humains, et la promesse de renouveler ce qu’ils ont à partager. Cela, le vent ne l’emportera pas.

  

Par cœurs de Benoît Jacquot

avec Isabelle Huppert, Fabrice Luchini

Durée: 1h16

Séances

Sortie le 28 décembre 2022

 

[Photos : | Les Films du Losange- source : http://www.slate.fr]

En plus de 40 ans de carrière, Vivienne Westwood a su se réinventer et surprendre constamment. Vincent Darré rend hommage à la grande styliste qui s’est éteinte jeudi à Londres, à l’âge de 81 ans.

Vivienne Westwood, lors de l’un de ses défilés.

Écrit par Vincent Darré

En 2022, deux reines ont disparu : Elizabeth II et Vivienne Westwood. La première a défendu la couronne britannique ; la deuxième, l’irrévérence anglaise.

Avec un style choc et des coupes provoc’, ses vêtements transpiraient la rage. Déchirés et traversés d’épingles à nourrice, ils incarnaient la colère d’un pays nécrosé par la récession. De ce désenchantement est né le punk. Ce mouvement contestataire rassemblait les parias de toutes les classes sociales qui hurlaient leur rejet des valeurs établies et trouvaient refuge dans les créations de Vivienne Westwood, anticonformistes et révolutionnaires.

Il y a quelques jours, à Marrakech, je regardais les adolescents ouvrir leurs cadeaux sous le sapin de Noël. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que leur marque favorite n’était ni Gucci, ni Saint Laurent, ni Chanel, mais bien, Vivienne Westwood. Devant mon étonnement, la créatrice Vanessa Seward, qui se trouvait à mes côtés, me fit part de l’intérêt de la jeune génération pour la marque anglaise. Des mots qui m’ont profondément ému. Vivienne Westwood semblait immortelle.

Peu de temps après, le 29 décembre, nous apprenions sa mort. Sur Instagram, je voyais s’abattre une avalanche d’images représentant ses performances vestimentaires, plus folles les unes que les autres. Son effigie apparaissait sous toutes les formes.

Je me suis alors souvenu de mon premier voyage à Londres avec Christian Louboutin, en 1980. Grâce à lui, j’ai découvert l’underground anglais, de l’artiste Andrew Logan à Zandra Rhodes. Avec Christian, nous allions à Worlds End, la boutique légendaire de Vivienne Westwood, située au 430 Kings Road à Londres, plus connue sous le nom de SEX. J’étais fasciné par le plancher en pente et l’horloge géante de la façade avec ses aiguilles qui tournaient à l’envers.

Je me suis aussi souvenu des défilés de Vivienne Westwood que je courais avec Paquita Paquin pour Les Matins de Paris. Elle écrivait, je dessinais. Je garde en tête la collection « Pirate » et ses silhouettes à la Boy George qui défilaient dans la cour carrée du Louvre. Sur le podium, les modèles fumaient des joints et gesticulaient comme des épouvantails. Le désordre était total. Vivienne Westwood, c’est 40 ans d’un style unique, immédiatement reconnaissable. Avec ses looks victoriens et décadents, elle était la mère spirituelle de John Galliano et d’Alexander McQueen. Une Schiaparelli des temps modernes, dépassant la mode par des messages politiques. Avec Vivienne Westwood, la femme était scandaleuse, libre.

Il est rare qu’un créateur reste si longtemps à la tête d’une maison. À l’époque où la mode est devenue un business gigantesque, tombé dans les mains de grands groupes, Vivienne Westwood avait réussi l’exploit de rester indépendante, à l’instar de Rei Kawakubo, la styliste de Comme des Garçons qui a bouleversé l’allure dans les années 1980, ou l’italienne Miuccia Prada qui, dans les années 1990, a réinventé la mode industrielle. Avant elles, Coco Chanel avait construit son empire dans un milieu dominé par les hommes, marquant, par son style, des générations de femmes.

Dans mon cœur, Vivienne Westwood restera la punk révoltée, excentrique, qui n’a jamais cessé de dénoncer les injustices. La créatrice était une rebelle, oui, mais jamais sans cause. La mode lui permettait de soutenir ses idéaux. Au centre de ses combats : les inégalités sociales et l’écologie. En plus de 40 ans de carrière, elle a su se réinventer et surprendre constamment. Avec elle, ne disparaît pas seulement une icône de la mode, mais aussi un esprit de liberté si rare dans ce temps gangrené par la pensée correcte. GOD SAVE THE QUEEN !

 

[Source : http://www.laregledujeu.org]

 

ENTRETIEN – Le tutoiement spontané semble s’imposer dans les discussions. Jean Pruvost, linguiste et auteur de La Politesse. Au fil des mots et de l’histoire, analyse la richesse du vouvoiement.

«Quai d’Orsay», film de Bertrand Tavernier (2013)

Propos recueillis par Victoire Lemoigne

Vais-je paraître trop distant? Trop familier? C’est un tâtonnement fréquent dans les rapports sociaux. Et aucune règle fixe ne semble résoudre définitivement ce balancement entre vouvoiement et tutoiement. Si bien que dans certains milieux professionnels, le tutoiement s’impose désormais. Que faut-il en penser? Le linguiste Jean Pruvost analyse cette particularité française.

LE FIGARO. – D’où vient cette différence entre tutoiement et vouvoiement?

Jean PRUVOST. – L’origine est romaine, latine. Elle remonte à la division par l’empereur Dioclétien au IIIe siècle de l’Empire Romain entre Orient et Occident. Chacun des deux nouveaux Auguste, c’est-à-dire des empereurs, est alors assisté d’un César. La légende raconte que lorsque l’un des quatre souverains s’adresse à l’empire, il parle au nom des trois autres en disant «nous». On y répond en disant «vous». Le vouvoiement de politesse, ou du moins de respect, s’est alors progressivement développé. Il valorise l’interlocuteur.

Pensez-vous que le tutoiement soit une marque d’affection?

Pas forcément. On peut aimer profondément quelqu’un que l’on vouvoie. On estime qu’aujourd’hui 200 000 personnes se vouvoient en étant mariées. En lisant par exemple Arrière-Pays, un roman de Daniel Rondeau, je me suis rendu compte progressivement qu’un couple très harmonieux se vouvoie tout au long du roman: «Vous allez bien, ma chérie?» Il en va de même dans la biographie magnifique de Dominique Bona, Divine Jacqueline, où Madame de Ribe et son mari se vouvoient toute une vie, très amoureusement. Dans les rapports familiaux, plus de 80% des Français vouvoient également leurs beaux-parents.

Le tutoiement dépend-il du statut de la personne ou bien des circonstances?

Il peut représenter un «tu» d’égalité ou alors de hiérarchie, dans l’ordre du savoir, des responsabilités, par exemple. Il est inimaginable qu’un enfant d’école élémentaire du second degré tutoie son enseignant, alors qu’il est relativement fréquent que ce dernier tutoie ses élèves. Mais cela dépend aussi des circonstances, plus qu’on ne se l’imagine. Quand j’étais inspecteur de l’Éducation nationale, on se tutoyait rapidement entre collègues. Pour se vouvoyer dès que l’on se trouvait devant les professeurs et les syndicats. Même chose à la radio. Hors antenne, je vais tutoyer l’animateur que je connais depuis dix ans. Mais quand le micro s’ouvre, je le vouvoie sans même avoir à y réfléchir. C’est une politesse consistant à ne pas exclure les auditeurs qui peuvent être choqués d’une complicité dont ils seraient exclus.

« L’académicien Frédéric Vitoux évoque le ‘‘tutoielitarisme’’, cette obligation du tutoiement qui a bien quelque chose du totalitarisme

Car le tutoiement peut exclure autant qu’il intègre. Il peut arriver que le tutoiement puisse être une marque indirecte de supériorité méprisante. Il y a une anecdote célèbre quant à l’évolution hiérarchique. Quand François Mitterrand est élu secrétaire général du parti socialiste, un de ses militants de la première heure qui le tutoyait lui a demandé s’il pouvait continuer ainsi. Et le futur président de la République de répondre: «Si vous voulez!» 

Faut-il encourager le tutoiement?

L’important est qu’il ne soit pas imposé. Au Québec dans les années -60, on a obligé à un moment les enfants à tutoyer leurs enseignants, et réciproquement. Denise Bombardier raconte dans son Dictionnaire amoureux du Québec (Plon, 2014) avoir été convoquée par le directeur de l’école qui cherchait à comprendre pourquoi son enfant se refusait à tutoyer son professeur. Ce tutoiement a aussi été imposé pendant la Révolution Française. C’était supposé illustrer une égalité parfaite entre tous, mais c’était en réalité un appauvrissement voire un avilissement de la relation. L’académicien Frédéric Vitoux évoquait dans une conférence de manière très judicieuse le «tutoielitarisme», cette obligation du tutoiement qui, imposé, a quelque chose de totalitaire.

Qu’en est-il du tutoiement automatique?

Il se développe du côté des jeux, du côté des réseaux, entre jeunes. Parfois, il est très inconscient et on ne se pose même pas la question. Quand on est chrétien, dans les prières on vouvoie la Vierge Marie, «Je vous salue Marie», et on tutoie Dieu en disant «Notre Père qui es aux cieux». En novembre 2021, quand Emmanuel Macron est allé voir le pape François, le tutoiement a surpris. Mais c’est la tradition papale. Aujourd’hui, le tutoiement spontané existe très facilement dans le monde de la radio ou de la télévision. Il vient d’ailleurs peut-être d’une précaution qu’on prend en se rapprochant les uns des autres le plus possible, en tentant de créer une amitié prudente dans un monde en fait très cruel. Les milieux professionnels ont leurs habitudes et leurs pratiques. 

Pourquoi faudrait-il préserver le tutoiement et le vouvoiement?

Le balancement ou le choix avisé entre les deux constituent une richesse de la langue et en rien une pauvreté. C’est une nuance supplémentaire et merveilleuse de notre langue. Il y a un art français consistant à jouer du double système avec élégance. On peut aussi en jouer plaisamment comme en témoigne un dessin de Pascal Gros à propos de l’ouvrage Le Tu et le Vous. L’art de compliquer les choses, (Flammarion), d’Étienne Kern. On y voit un patron avec sa cravate dire à son associé: «Tu es viré», ou «enfin…vous êtes licencié si tu préfères!» Préservons cette liberté et ce jeu du tutoiement et du vouvoiement. Surtout rien d’imposé et à nous de jouer…

 

[Photo : George Etienne/Bridgeman Images – source : http://www.lefigaro.fr]