Archives des articles tagués Llengües minoritàries

L’administració ha aprovat el finançament de set projectes en alguerès a primària i secundària

El Comú de l’Alguer ha fet una crida a les famílies a tenir present que els seus fills poden escollir el català com a llengua d’ensenyament en la preinscripció per a les escoles de primària i de secundària que es fa aquest mes.

L’administració municipal recorda que s’ha aprovat finançar els projectes en català de set centres de l’Alguer d’acord amb el que preveu la Llei regional que regula la política lingüística en l’ensenyament de les llengües minoritàries històriques, entre els quals hi ha l’alguerès, aprovada el 2018.

“Les possibilitats que ofereix l’instrument legislatiu representen un pas endavant per conscienciar-se més del valor de la llengua com a patrimoni cultural inestimable de la comunitat, el futur de la qual podrà garantir-se a través de l’ensenyament a les noves generacions”, assenyala en un comunicat el Comú de l’Alguer, que recorda que perquè es pugui posar en marxa l’ensenyament en alguerès, cal que les famílies triïn l’opció de l’ensenyament de la llengua en el moment de la inscripció en línia en els primers cursos de primària i secundària.

L’administració municipal remarca que “s’han realitzat importants avenços en l’aplicació de la llei” gràcies a la tasca del Servei de Política Lingüística, a les entitats i a la Consulta de la Cívica per a les Polítiques Lingüístiques del Català de l’Alguer.

Les entitats en defensa del català han denunciat els darrers mesos les traves burocràtiques de l’administració, ja que el web d’inscripció escolar no preveu, de forma explícita, l’ensenyament en alguerès i els pares ho han de demanar expressament.

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Le pays compte en son sein de nombreuses minorités, qui tentent de trouver leur place dans un ensemble dominé par les Russes ethniques.

Vladimir Poutine salue les représentants des nombreuses confessions religieuses présentes en Russie, sur la place Rouge à Moscou, le 4 novembre 2019, jour de l'Unité nationale. | Evgenia Novozhenina / AFP

Vladimir Poutine salue les représentants des nombreuses confessions religieuses présentes en Russie, sur la place Rouge à Moscou, le 4 novembre 2019, jour de l’Unité nationale. | Evgenia Novozhenina / AFP

Écrit par Sergei Fediunin 

Ce mois de décembre marque le trentième anniversaire d’un événement d’envergure mondiale: la dislocation de l’URSS. Parmi les quinze États qui en sont issus, la Fédération de Russie reste à bien des égards une exception, au-delà de sa superficie, de son poids démographique ou de son influence politique dans la région. En effet, sa trajectoire sociopolitique unique distingue également la Russie des autres ex-républiques soviétiques.

Existe-t-il une identité nationale russe? Les politiques mises en œuvre depuis trente ans n’ont pas permis d’apporter de réponse claire à cette question –particulièrement complexe dans ce pays d’une grande diversité ethnique et culturelle, et cultivant un rapport pour le moins ambigu au passé soviétique et impérial.

Un passé soviétique toujours présent

Contrairement à l’Ukraine voisine, le passé soviétique continue de fournir un ancrage identitaire fort à l’État russe. Tout comme la Biélorussie avec laquelle elle poursuit depuis vingt ans l’édification d’un «État d’union», la Russie n’a pas glorifié la sortie de la période soviétique en tant que mythe de fondation ou de renaissance nationale.

La Grande Victoire du 9 mai 1945 y est commémorée comme le principal évènement rassembleur, qui tient lieu de fête nationale, bien plus que la journée de la Russie, célébrée depuis 1992 en mémoire de l’adoption de la déclaration de souveraineté de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) le 12 juin 1990, ou la journée de l’Unité nationale (ou populaire). Cette dernière est célébrée le 4 novembre depuis 2005 pour commémorer la libération en 1612, par les milices populaires, de Moscou occupée par des troupes polonaises, et la fin du Temps des troubles avec l’élection ultérieure du premier tsar de la dynastie des Romanov.

Les dirigeants actuels de la Russie, nés dans les années 1950 et 1960, ont progressivement élevé la mémoire de la période soviétique tardive –les années Brejnev (1964-1982)– au rang d’idéal normatif, celui de la «bonne» Union soviétique [khorochiï Sovetskiï Soïouz]. Pour le politologue Vladimir Gelman, il s’agit d’une image embellie du système soviétique dépourvu de ses défauts inhérents, comme les pénuries ou la violation systémique des libertés civiles. En invoquant la nostalgie de cet «âge d’or» soviétique, Vladimir Poutine et son entourage ne cessent de qualifier l’effondrement de l’URSS de «tragédie» et de «catastrophe».

Plus encore, l’Union soviétique symbolise, aux yeux des autorités russes, la puissance géopolitique d’antan que Moscou exerça sur une partie du monde de l’après-Seconde Guerre mondiale. Des références publiques à l’URSS permettent ainsi à la Russie contemporaine de justifier ses ambitions actuelles, tout en préservant son aura de grande puissance, attestée notamment par le statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Cet état d’esprit, porté par le Kremlin depuis des années, fut consacré sur le plan juridique à l’occasion de la révision de la Constitution russe, en 2020, son article 67.1 stipulant désormais que la Fédération de Russie est l’«héritière», ou le «successeur en droit» [pravopreemnik], de l’Union soviétique.

La fin d’un Empire?

Contrairement aux récits historiques mis en œuvre par les autres pays postsoviétiques, la nouvelle Russie entretient un rapport ambigu à son histoire impériale. Trente ans après la chute de l’URSS et plus d’un siècle après celle de l’Empire des Romanov, la question «où s’arrête l’empire et où commence la nation?» demeure sans réponse définitive dans les débats russes. Les dirigeants de la Russie postsoviétique ont favorisé la promotion d’une lecture continuiste de l’histoire nationale, qui relie l’époque contemporaine au tsarisme et au communisme au nom du maintien d’un État fort et pérenne dans un vaste espace eurasien.

Il n’en est pas moins vrai que, même aujourd’hui, la Russie constitue un État de la taille d’un empire, quoique «diminué», qui englobe des régions autrefois réunies par conquête ou par consentement plus ou moins volontaire. Ces régions, ayant bénéficié du statut de territoires autonomes aux débuts de l’époque soviétique et appelées depuis «républiques» [respoubliki], sont des foyers à forte concentration de communautés ethniques avec leurs langues, leurs cultures et leurs mœurs, différentes de celles de la majorité ethnique du pays. Les relations entre les chefs locaux et le Kremlin évoquent le système de gouvernement impérial plutôt que fédéral, dans la mesure où l’exercice du pouvoir sans partage par ces chefs est conditionné par la déclaration d’une loyauté pleine et entière, sinon de la soumission, vis-à-vis du chef suprême: Vladimir Poutine.

Le maintien de cet espace mosaïque, qualifié par le président d’ «acte héroïque» [podvig] des Russes, représente une importante source de légitimité pour le régime politique en place. C’est au moment de la «deuxième guerre de Tchétchénie» que Poutine, fraîchement nommé Premier ministre avant de succéder à Boris Eltsine à la tête de l’État, jette les bases de son image d’homme fort capable d’endiguer la menace séparatiste et de garantir l’ordre et la sécurité pour tous. Par la suite, les dérives autoritaires du régime sont justifiées par cette stabilisation, dont l’un des objectifs serait d’éviter une nouvelle phase de désintégration du pays.

Vladimir Poutine, alors Premier ministre, et Akhmad Kadyrov, grand mufti de Tchétchénie devenu l’homme lige de Moscou dans la république à partir de 2000. Après son assassinat en 2004, son fils Ramzan Kadyrov lui succède. Il se trouve toujours à la tête de la Tchétchénie aujourd’hui et se pose en « premier parmi les poutiniens ». Itar-Tass/AFP

Toutefois, on a vu cette peur d’une dislocation de l’État s’estomper au fil des années, l’intégrité territoriale du pays «coûte que coûte» étant progressivement devenue sujet à controverse. Songeons au slogan «Arrêtons de nourrir le Caucase», lancé par des nationalistes russes au début des années 2010 et soutenu par l’opposant Alexeï Navalny pour protester contre les transferts budgétaires, jugés disproportionnés, que reçoivent les républiques musulmanes du Nord-Caucase. Un autre exemple, plus récent: le vif échange entre Vladimir Poutine et le cinéaste Alexandre Sokourov, membre du Conseil présidentiel russe pour les droits humains, qui a proposé de «laisser partir» les territoires «ne souhaitant plus vivre avec nous dans le même État» et selon les mêmes lois fédérales. Dans sa réponse, le président russe a mis en garde contre la reproduction du «scénario yougoslave» en Russie, faisant référence aux guerres ethniques qui se sont déroulées sur le territoire de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Une diversité intrinsèque

Si la construction nationale en Russie reste profondément marquée par le passé impérial du pays, les autorités cherchent à mobiliser des valeurs censées rassembler le plus grand nombre. Ce sont les valeurs patriotiques et conservatrices, ou «traditionnelles», promues par l’État et les acteurs paraétatiques, dont l’opposition parlementaire loyale au Kremlin, l’Église orthodoxe russe ou les autorités spirituelles musulmanes. Ce supposé consensus conservateur n’est pourtant pas la baguette magique qui permettrait d’outrepasser les divisions internes.

L’une d’elles est symbolisée par un écart persistant entre ethnos et demos, la communauté ethnoculturelle et la communauté de citoyens. Cette distinction est d’abord terminologique: ce qui est «russe» [rousskiï, l’adjectif relatif à la langue, à la culture et à l’ethnicité] n’est pas égal à ce qui est «de Russie» [rossiïskiï, l’adjectif relatif à l’État et au domaine public]. Mais elle reflète aussi une réalité tangible: sur près de 146 millions d’habitants du pays, trente millions environ appartiennent à des groupes ethniques (ou «nationalités») minoritaires. Une bonne partie de ces groupes se désignent comme des nations et peuvent, à certains égards, être décrits comme tels.

La diversité intrinsèque au contexte russe s’exprime également sur le plan religieux. Aux côtés d’une grande majorité de citoyens –jusqu’à 70%, soit cent millions de personnes– se déclarant comme chrétiens orthodoxes (bien qu’il s’agisse d’une identification culturelle plutôt que religieuse), 20 millions d’habitants de la Russie sont de culture ou de religion musulmane. La proportion de ces populations musulmanes est d’ailleurs susceptible de s’accroître dans les prochaines décennies, en raison des tendances démographiques et du facteur migratoire, ce qui aura des conséquences majeures sur les débats identitaires dans le pays.

La promotion de l’appartenance à une communauté des citoyens de Russie pourrait permettre de transcender ces différences ethnoculturelles. Or, en pratique, elle se heurte à la persistance d’une xénophobie «diffuse» qui vise les minorités dites visibles et couramment appelées «personnes d’apparence non slave».

Cette xénophobie n’épargne pas les citoyens de Russie ethniquement non russes, dont les représentants font systématiquement l’objet de stigmatisation et de discrimination. Les minorités, qu’elles soient autochtones ou issues de l’immigration récente (par exemple, des pays d’Asie centrale), sont les cibles d’émeutes ethniques ou raciales, comme ce fut le cas à Kondopoga, en Carélie, en 2006, ou à Biriouliovo, banlieue du sud-ouest de Moscou, en 2013.

Il est par ailleurs difficile de parler d’une communauté nationale qui adhère consciemment à l’État et à ses lois, pour reprendre la définition classique de la nation proposée par Marcel Mauss, dans un contexte où de nombreux Russes accordent une faible confiance aux institutions publiques. Ainsi, plus de 50% des interrogés ne font pas confiance à la police, aux pouvoirs régionaux et locaux, tandis que le taux de méfiance envers le gouvernement, le Parlement et les partis politiques dépasse, lui, les 60%.

Les choix ambigus des autorités russes

Ces dynamiques discordantes trouvent un écho dans l’ambiguïté des stratégies adoptées par les autorités russes pour y faire face.

D’abord, les autorités russes condamnent publiquement toute expression de xénophobie, mais contribuent en pratique à la légitimation des attitudes xénophobes via l’usage de notions comme «criminalité ethnique» ou le déploiement d’un discours anti-immigration. Par exemple, le maire de Moscou Sergueï Sobianine considère la «criminalité ethnique» comme «l’un des principaux problèmes» de la capitale russe et souhaite remplacer des travailleurs migrants sur les chantiers par des gens «d’une qualité supérieure», c’est-à-dire des citoyens de Russie issus des régions avoisinantes de Moscou.

Toutefois, depuis le début des années 2010, les autorités russes ont réprimé les groupuscules ultranationalistes et cherchent, dans le nouveau contexte géopolitique marqué par une confrontation aiguë entre la Russie et l’Occident, à canaliser la haine éprouvée par de nombreux habitants à l’égard des migrants et des minorités ethniques pour la projeter sur les pays occidentaux. En effet, l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a provoqué une baisse significative de la xénophobie interne, celle-ci ayant été partiellement redirigée vers les États-Unis et l’Ukraine.

Ensuite, les dirigeants russes mettent systématiquement en valeur le discours sur la Russie en tant qu’État «pluriethnique et multiconfessionnel», en insistant sur l’égalité des citoyens d’appartenances ethniques ou religieuses diverses. Mais en même temps, aujourd’hui ils s’investissent davantage dans la promotion du terme rousskiï, et non rossiïskiï, dans l’objectif de renforcer leur politique d’influence vis-à-vis de la diaspora russe dans l’espace de l’ex-URSS, et au-delà. La décision de Vladimir Poutine de mettre fin à l’apprentissage obligatoire des langues minoritaires dans les écoles publiques situées sur le territoire des républiques autonomes contredit ce discours officiel et sème les germes de conflits futurs.

Enfin, la crise ukrainienne, dont l’issue reste indéterminée, a mis un terme définitif à l’idée d’un éventuel projet d’intégration nationale entre la Russie et l’Ukraine. La seconde s’émancipe de la première, que ce soit sur un plan politique, économique, culturel ou même spirituel –avec la création de l’Église orthodoxe d’Ukraine, en décembre 2018, rattachée au Patriarcat de Constantinople. Cette séparation de deux pays historiquement et culturellement proches pourrait donner un nouvel élan à la construction nationale en Russie, comme c’est déjà le cas en Ukraine. Cependant, depuis l’annexion de la Crimée, la Fédération de Russie se retrouve dans la situation d’un État dont les frontières sont, et resteront, contestées depuis l’extérieur du pays.

Aussi peut-on remarquer que, trente ans après la fin de l’URSS, les structures identitaires de la société russe demeurent indéfinies, et les obstacles à la consolidation nationale encore nombreux.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Segundo a directora do jornal, Catarina Carvalho, este projecto “representa uma homenagem a essa cidade misturada”, Lisboa, “porto de tantas comunidades, que a Mensagem descobre todos os dias”. Dino d’Santiago é o padrinho da iniciativa. 

Lisboa passa a ter um jornal escrito em crioulo, a partir desta semana, uma iniciativa do projecto digital Mensagem, que ganhou uma bolsa de jornalismo europeu para línguas minoritárias, anunciou a directora do jornal.

O jornal digital Mensagem de Lisboa vai passar a publicar no site e a difundir através das redes sociais artigos jornalísticos escritos em crioulo. Segundo a directora do jornal, Catarina Carvalho, este projecto “representa uma homenagem a essa cidade misturada, porto de tantas comunidades, que a Mensagem descobre todos os dias”.

O cantor português de ascendência cabo-verdiana Dino d’Santiago é o padrinho da iniciativa, numa parceria com a sua plataforma Lisboa Criola, enquanto Karyna Gomes, jornalista de origem cabo-verdiana e guineense, assume o papel de coordenadora deste projecto, que ganhou uma bolsa do programa europeu NewsSpectrum.

Cantora e jornalista guineense de mãe cabo-verdiana, Karyna Gomes escolheu Lisboa para viver desde 2011, tendo estudado jornalismo em São Paulo, no Brasil, e trabalhado em vários órgãos de comunicação, como RTP, rádios locais na Guiné-Bissau, A Semana, em Cabo Verde, e a Associated Press.

Os trabalhos serão apresentados em crioulo e em português, para serem acessíveis a todos, esclarece a directora, acrescentando que “são histórias que interessam a toda a Lisboa” e que o objectivo “é juntar, dar visibilidade”, mas também responder ao desafio de conhecer melhor “esta cidade multicultural”.

“Ao nascer esta fusão entre a Mensagem e esta Lisboa Criola finalmente vai materializar-se um projecto que sinto que é um grande passo para a humanidade. Espero que essa crioulização se replique com as culturas anglo-saxónicas, com as francófonas, e com as hispânicas, e venham mais mensagens para esta nobre nação que sempre existiu mas acho que finalmente consegue reclamar o seu lugar”, defende, por sua vez, Dino d’Santiago.

Ao todo, foram atribuídas 12 bolsas pelo programa europeu NewsSpectrum, que tem como objectivo “apoiar a sustentabilidade de línguas minoritárias na UE”. Um júri composto por nove especialistas fez a escolha em 11 países e 14 línguas.

Este projecto é organizado e gerido pelo International Press Institute (IPI) de Viena, Áustria, em colaboração com a European Association of Daily Newspapers in Minority and Regional Languages (MIDAS) e a European Roma Institute for Arts and Culture (ERIAC).

 

Si elle permet notamment de transmettre une information et de trouver un emploi, toute langue est aussi et avant tout un objet de culture et un moyen de penser différemment.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Vous le savez sans doute : la France – c’est l’une de nos fiertés – produit encore de grands mathématiciens. Mais en connaissez-vous la raison ? « Ce n’est pas parce que l’école de mathématiques française est influente qu’elle peut encore publier en français ; c’est parce qu’elle publie en français qu’elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents », souligne l’un de ses plus éminents représentants, Laurent Lafforgue. Ce qui fait dire au célèbre linguiste Claude Hagège : « Certains croient qu’on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c’est aussi imposer sa manière de penser. »
C’est là l’un des éléments essentiels qu’oublient ceux qui ne voient pas l’intérêt de sauver le tariana (Amazonie), le thouktche (Sibérie) ou le poitevin saintongeais : une langue ne permet pas seulement de transmettre une information ou de trouver du travail. Elle remplit d’autres fonctions, qu’il n’est pas inutile de rappeler ici.
· Commençons par le plus important, qu’illustre la réussite de l’école de mathématiques française : en parlant différemment, nous pensons différemment. En movima, une langue bolivienne, l’article devant le nom est différent si l’objet ou l’individu considéré est présent physiquement ou s’il est absent. En breton, il existe ainsi plusieurs manières de dire une phrase aussi banale que je mange du pain selon que l’on souhaite insister sur ce que l’on mange, sur qui mange ou sur l’action de manger. L’on pourrait multiplier les exemples.
· Le bilinguisme favorise la réussite scolaire. On a longtemps cru que, pour les aider à mieux maîtriser le français, il fallait empêcher les petits Flamands de parler flamand, les petits Catalans de parler catalan, les petits Martiniquais de parler créole, et ainsi de suite. Grave erreur : on sait aujourd’hui que le bilinguisme précoce est un avantage pour tous les apprentissages. C’est donc en parlant – aussi – flamand, catalan ou créole que l’on forme de meilleurs francophones.
· Une langue permet de mieux comprendre son environnement. Prenons l’exemple que je connais le mieux – celui de la langue d’oc (ou des langues d’oc, selon les points de vue). Quand on parle cette langue, on sait que La Madrague, la villa de Brigitte Bardot, à Saint-Tropez, désigne une madraga, un filet de pêche – et par extension un lieu de pêche. Que la gare de Matabiau, à Toulouse, provient d’un ancien abattoir (de matar : « tuer », et bueu : « bœuf »). Que Vieux-Boucau, dans les Landes, désigne l’ancienne embouchure (boca : « bouche » ; bocau : « embouchure », en gascon) de l’Adour. L’on pourrait d’ailleurs en dire autant des noms de famille. Christophe Hondelatte ? La fontaine large. Pierre Soulages ? Un terrain boueux. Martin Bouygues ? Une terre en friches. Et ainsi de suite (1).
· Parler une langue, cela sert à être soi-même. Notre langue maternelle est un élément essentiel de notre personnalité, au même titre que la forme de notre visage ou notre nom de famille. C’est en effet par le langage qu’un jeune enfant reçoit ses premières informations, exprime ses émotions, découvre le monde qui l’entoure. C’est pourquoi imposer par la suite à un individu une autre langue, plus « noble », c’est ipso facto présenter la sienne comme ignoble. C’est aussi dévaloriser sa famille, sa région, sa culture, donc son être profond. Les médecins l’ont montré : cette discrimination peut engendrer des problèmes psychologiques, voire des maladies organiques, comme des cancers de la face – le visage étant le siège de l’identité. (2)
· Mais une langue n’est pas tenue de servir à quelque chose pour mériter de vivre. Et cela pour une raison simple : toute langue est une oeuvre du génie humain. Il est aussi stupide de se débarrasser de l’alsacien, du shimaoré (l’une des langues de Mayotte) ou du normand parce que nous parlons français que de supprimer le pont du Gard, le château de Chambord ou la cathédrale de Reims sous prétexte que ces monuments se situent en dehors de l’Île-de-France. Parler une langue régionale « ne sert à rien » ? Ni plus ni moins que de réciter un poème, se recueillir dans une chapelle romane, écouter le chant des oiseaux ou admirer un tableau de Rembrandt.
Je le dis, je l’écris, je le crie comme je le pense : toute langue est une richesse et toute standardisation culturelle une régression. C’est pourquoi je préviens ceux de mes amis qui se réjouissent de voir le français supplanter peu à peu les langues minoritaires de notre pays. Parler notre idiome national est plus « utile » pour trouver du travail que de maîtriser l’arpitan ou le franc-comtois ? Sans doute. Mais la suite de ce beau raisonnement est évidente : si nous n’y prenons garde et ne jugeons les langues qu’à l’aune de « l’utilité », nous finirons tous par parler anglais. Ce jour-là, les partisans du tout-français percevront mieux ce qu’est la diversité culturelle. Mais il sera trop tard.
(1) Les termes en langue d’oc sont ici écrits en graphie dite classique.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Després de quatre dècades de reivindicar-la, el moviment a favor de l’asturià veu més a prop l’oficialitat de la llengua. El procés actual de reforma de l’Estatut d’Autonomia d’Astúries pot desembocar en un reconeixement que, tot just fa deu anys, semblava ben poc probable. La manifestació del cap de setmana passat, amb desenes de milers de persones reclamant l’oficialitat als carrers d’Oviedo, és mostra del suport popular que té la demanda. Com de segur és que aquesta hagi estat la darrera manifestació per l’oficialitat, com diu l’entitat convocant, la Xunta pola Defensa de la Llingua Asturiana? Quins partits hi  donen suport? Quines reaccions —algunes, virulentes— està suscitant entre els contraris? En parlem amb Xosé Candel, portaveu de la Xunta, i Inaciu Galán, portaveu d’Iniciativa pol Asturianu.

La manifestació del 16 d'octubre de 2021.

La manifestació del 16 d’octubre de 2021.

Escrit per DAVID FORNIÈS

Quin canvi demanen els manifestants?

Volen que la reforma de l’Estatut d’Autonomia reconegui l’asturià i el gallec-asturià —ens referirem més endavant a aquesta segona llengua— com a idiomes oficials d’Astúries, juntament amb el castellà. Actualment, l’Estatut només recull que l’asturià gaudirà “de protecció” i, a més, hi apareix esmentat amb el nom no acadèmic de “bable”.

Segons la Xunta, un model adequat seria l’Estatut de la veïna Galícia, que fa oficials el gallec i el castellà, dóna als ciutadans “el dret de conèixer-los i usar-los” i preveu que “els poders públics de Galícia” en garanteixin “l’ús normal i oficial”. En el document de treball sobre la reforma de l’Estatut que el govern asturià ha distribuït als grups polítics es pren el model gallec com a base.

Pel que fa al suport social, un estudi de 2017 elaborat per l’equip d’Euskobarómetro apuntava que vuit de cada deu asturians volen que la llengua tingui el mateix tracte que el català, el basc o el gallec. Quan es demanava específicament sobre la noció de l’oficialitat, el 53% hi estava a favor, el 20% hi era indiferent i el 25% hi estava en desacord.

Èxit de participació

Candel i Galán coincideixen a assenyalar que la manifestació del 16 d’octubre ha estat un gran èxit. “I, aquest cop, amb molta més gent jove”, apunta Candel. Tots dos opinen que servirà per a influir a favor de l’oficialitat en els partits polítics. “Els més moderats han de veure que els seus votants hi són, com els socialistes”, diu el portaveu de la Xunta. “La manifestació demostra, a més, que per a la gent és un tema important i que hi ha pressa perquè es produeixi el canvi”, valora Galán.

Les manifestacions per l’oficialitat s’han celebrat des de la dècada de 1980. En ocasions, només hi han participat un miler de persones. La xifra d’enguany (entre 30.000 i 50.000, segons diversos recomptes) és de les més altes. “Penseu que 30.000 persones a Oviedo són com un milió a Madrid o Barcelona”, compara Candel.

Per què ara és possible l’oficialitat de l’asturià?

Perquè per primera vegada hi ha la majoria necessària a la Junta General, el Parlament asturià. Per a modificar l’Estatut cal el vot favorable de tres cinquenes parts dels diputats, és a dir 27 de 45. Són precisament 27 els diputats que ara mateix votarien a favor de l’oficialitat: els 20 del PSOE, els quatre de Podem, els dos d’Esquerra Unida i un dels dos elegits a les llistes del Foro Asturias: el seu secretari general, Adrián Pumares. Tornarem més endavant al cas d’aquest diputat. La dreta en bloc s’oposa a l’oficialitat —PP, Ciutadans, Vox i l’altre diputat elegit a les llistes del Foro, Pedro Leal, que va ser expulsat del partit fa més d’un any.

Els socialistes asturians havien estat històricament contraris a l’oficialitat, però van canviar de posició el 2017, coincidint amb la renovació de l’executiva del partit. La Federació Socialista Asturiana “va ser molt bel·ligerant contra l’oficialitat en temps dels presidents Vicente Álvarez Areces i Javier Fernández”, recorda Candel, “i fins i tot el PP hi tenia una posició més favorable. Però hi ha hagut un canvi generacional”. El president asturià actual, el socialista Adrián Barbón, “és un dels diputats més joves. És d’una generació que ha crescut en democràcia i amb l’asturià a l’escola, encara que fos com a assignatura optativa. Tenen més cultura sobre què significa saber asturià i hi posen una mica de normalitat”.

Després d’aprovar-se a Astúries, cosa que podria ocórrer cap a la primavera de 2022, l’Estatut haurà de passar per les Corts espanyoles. Tant Candel com Galán apunten que ara hi ha una majoria que en possibilitarà l’aprovació, però ambdós avisen que en aquest punt és on hi ha el màxim perill: que el tràmit es dilati —Galán recorda que una modificació de l’Estatut de Cantàbria va tardar dos anys a tirar endavant— i que la legislatura espanyola s’acabi abans que el procés es completi. “No sabem què podria passar després”, diu el portaveu d’Iniciativa, “i per això animem els partits favorables a l’oficialitat —PSOE, Podem i IU— a accelerar”. Diverses enquestes apunten que, si hi hagués eleccions al Congrés, la dreta hi assoliria la majoria absoluta.

Insults i assetjament de l’extrema dreta

“Estem sota un assetjament continuat de l’extrema dreta en xarxes socials, amb tota mena d’insults personals, així com als mitjans de comunicació i al Parlament.” Així resumeix Galán el clima que els ultradretans estan intentant instaurar a Astúries contra les persones, entitats i partits favorables a l’oficialitat. “Des que Vox és al Parlament estan enardits, també perquè s’adonen que el procés és imparable”, continua. Segons Candel, “és un virus de la intolerància creat a les cuines de l’extrema dreta. No sabem com pot estendre’s”. Galán diu que no té “por, perquè la societat està responent-hi i [els extremistes] estan aconseguint el contrari del que busquen: gent que no tenia una postura gaire clara ara s’està posant a favor de l’oficialitat, en veure les tècniques que està utilitzant l’extrema dreta, tècniques que ja coneixem d’altres moments històrics”.

Un dels blancs d’aquesta campanya ultradretana és el diputat Adrián Pumares, a qui ens hem referit abans. “Una persona que sempre ha demostrat el seu compromís amb la llengua asturiana”, valora el portaveu d’Iniciativa. Potser per això, i perquè el seu vot és decisiu, Vox ha signat una tanca publicitària on apareix la cara del diputat amb una creu sobre la seva boca i l’acusació de voler “imposar a un milió d’asturians una llengua que no és la seva”. Anteriorment havien circulat adhesius pràcticament idèntics, sense signar. “És una coacció molt virulenta, penso que denunciable”, diu Candel. “Una infàmia”, ho ha qualificat Barbón.

L’asturià a l’escola

Un dels grans cavalls de batalla, si l’oficialitat acaba tirant endavant, serà la manera com s’introduirà l’ensenyament de (o en) asturià a les escoles. La Xunta i Iniciativa no renuncien a res —ni tan sols a les metodologies immersives— però són conscients que els sectors contraris, amb l’extrema dreta al capdavant, presentaran qualsevol avanç com una “imposició”. El president Barbón diu que l’oficialitat que volen els socialistes és “amable” i que l’asturià no serà “vehicular” a les escoles. Se sobreentén així que l’asturià passaria a ser, només, una assignatura obligatòria: és “el mínim” perquè es respecti “el dret de les persones a conèixer-lo i a usar-lo”, diu Candel. Actualment, l’asturià és assignatura optativa, i tot i així “cada any hem de denunciar que hi ha escoles on no es pot aprendre encara que hi hagi demanda”, lamenta Galán.

Candel i Galán apunten que la qüestió s’haurà de dilucidar en una futura Llei de normalització, que substitueixi la Llei d’ús i promoció de 1998. “Si hi haurà una assignatura o immersió és un debat prematur”, considera el portaveu de la Xunta, “i de fet, podrien conviure diferents models, com ha estat el cas d’Euskadi”. Els dos activistes esmenten que cinc escoles han implantat els darrers anys una prova pilot d’ensenyament en asturià que ha donat “resultats molt positius, tant de coneixement de la llengua com acadèmics de la resta d’assignatures”.

I el gallec-asturià?

La manifestació també reclamava l’oficialitat del gallec-asturià. Amb aquesta denominació es coneix la llengua que es parla a l’occident d’Astúries. El nom i la filiació de la llengua són motiu de controvèrsia. La Reial Acadèmia Gallega considera que es tracta d’un dialecte del gallec, comú amb municipis de l’orient de Galícia. La Xunta defensa la denominació de “gallec-asturià” i que sigui considerada una llengua singular, tot i que Candel —com apunten la majoria de lingüistes— admet que s’adscriu al “tronc gallegoportuguès”. A la comarca de l’Eo-Navia, on s’usa, l’associació Xeira empra la denominació de “gallec-asturià” mentre que l’associació Abertal s’hi refereix com a “gallec d’Astúries”.

Sigui com sigui, la Xunta i Iniciativa reclamen que la reforma de l’Estatut inclogui l’oficialitat d’aquest idioma, “com l’aranès a Catalunya”, diu Candel. “Sembla que a alguns això els incomoda, però per a nosaltres és motiu d’orgull”. L’associació Xeira ha lamentat que, en el primer document del govern, l’oficialitat del gallec-asturià quedi restringida geogràficament. Opinen que és una “discriminació” que pot obrir la porta al fet que les institucions autonòmiques no l’emprin al mateix nivell que l’asturià.

Esperances de futur

Tant per la Xunta com per Iniciativa, l’oficialitat significa obrir portes al futur de l’asturià. “Veiem amb molta enveja l’oficialitat del català, del gallec i del basc”, explica Candel, “i pensem en el temps que hem perdut els darrers 40 anys per a mirar d’assegurar la transmissió intergeneracional. Però d’altra banda, també pensem que en aquests idiomes tenim bons miralls on podem veure quines coses bones es poden fer per la llengua”. Candel i Galán esperen que, d’aquí a uns anys, Astúries també pugui esdevenir referència per a altres territoris on es parla l’idioma i tampoc no és oficial, com Lleó.

“Fa tants anys que la reclamem”, reflexiona Galán, “que gairebé sembla que l’oficialitat arreglarà tots els problemes. I és clar que no serà així. La regressió de l’asturià va començar fa segles. Però som optimistes, perquè tanmateix la societat ha mantingut la llengua. I si això ha estat possible en un marc tan hostil —fins i tot prohibint que les empreses puguin retolar els seus productes en asturià—, creiem que el nou context pot obrir moltes oportunitats”.

“La gent més gran encara té un cert autoodi amb la llengua”, explica Candel, “potser com a defensa per les burles que van patir de joves. Però amb la gent jove això ha canviat”. “Serà la societat qui tindrà a les seves mans salvar l’idioma”, continua Galán, “i l’oficialitat no és el final del camí, sinó el principi. L’idioma encara té una certa vitalitat, fins i tot a les ciutats. Gràcies a l’oficialitat pot recuperar espais perduts o ocupar-ne d’altres que li han estat negats”.

[Foto: Xunta pola Defensa de la Llingua Asturiana – font: http://www.nationalia.cat]

 

 

Certains méprisent les langues régionales sous prétexte qu’elles connaissent des différences d’un lieu à l’autre. A ceci près que l’on observe le même phénomène pour les « grandes » langues…
Écrit par Michel Feltin-Palas
Parmi les nombreux arguments tendant à dévaloriser les langues dites régionales, celui-ci est l’un des plus fréquemment utilisés : « Ce ne sont pas de vraies langues puisqu’elles varient d’un endroit à l’autre », d’où le terme péjoratif de « patois » qui leur est souvent associé. Or ce raisonnement, pardonnez-moi de l’écrire un peu brutalement, est le signe d’une quadruple ignorance. Voici pourquoi.
1. Le propre de toutes les langues vivantes est de se différencier. Pensez par exemple au latin, qu’avaient en commun sous l’Antiquité tous les peuples de l’Empire romain. Deux mille ans plus tard, il a donné naissance à l’italien, au français, à l’espagnol, au portugais, au roumain, pour ne citer que les plus connues. Faut-il en déduire que toutes ces langues ne seraient que des « patois » – y compris le français ? Évidemment non. Ce sont simplement des évolutions différentes du latin.
2. Le français lui-même varie d’un endroit à l’autre. Croit-on sérieusement qu’un avocat du XVIe arrondissement parle le même français qu’un ouvrier d’une cité de Seine-Saint-Denis ? Qu’une personne ayant vu le jour dans les années 1940 s’exprime comme un lycéen de 2021 ? Qu’un Marseillais recourt aux mêmes formulations qu’un Alsacien ? Je pourrais poursuivre cette énumération encore longtemps, mais vous m’avez compris : notre idiome national varie lui aussi et c’est bien normal puisqu’il s’agit d’une langue vivante. J’ajoute qu’avant de devenir une langue morte, le latin lui-même connaissait de grandes différenciations selon les territoires. Que penseriez-vous d’une personne qui en tirerait argument pour le qualifier de « patois »?
3. Le mot « patois » est systématiquement réservé aux langues régionales. La langue la plus utilisée au monde est aujourd’hui l’anglais. Or celui-ci connaît lui aussi de grandes variations entre l’Angleterre, l’Écosse, les États-Unis, le Kenya, l’Australie, la Jamaïque, l’Inde, tous territoires où il dispose pourtant d’un statut de langue officielle… Or, curieusement, il ne vient à l’idée de personne de déclarer que Boris Johnson s’exprime en « patois britannique » et Joe Biden en « patois américain ». Non, seules les langues minoritaires « bénéficient » de ce qualificatif, ce qui est évidemment très révélateur.
4. Les langues non enseignées varient davantage encore. Quand bien même l’occitan, l’alsacien, le flamand ou le créole réunionnais varieraient davantage que le français, cela serait tout à fait naturel. Si toute langue laissée « libre » fluctue spontanément, comme je viens de le souligner, elle fluctue moins à partir du moment où elle devient la langue de l’école. Pourquoi ? Tout simplement parce que son enseignement suppose de fixer une norme – que l’on va tenter d’inculquer à tous les enfants d’un pays. Or, si cette pression exercée par le système éducatif est effective pour le français, tel n’est pas le cas pour les langues dites régionales, lesquelles ne sont pas enseignées de manière massive.
Alors, oui : l’arpitan, le poitevin saintongeais, le corse, le bourguignon, le tahitien et tous les autres connaissent des variations selon les lieux. Cela ne fait aucunement d’eux de quelconques « patois », mais des langues minoritaires, voire minorisées. Ce qui, on en conviendra, n’est pas exactement la même chose.

[Source : http://www.lexpress.fr]

La situació de l’irlandès a peu de carrer es podria llegir com un preludi de l’esdevenidor del català, en cas que es mantinguin els indicadors sociolingüístics actuals

Cartell monolingüe a An Spidéal

 

Escrit per Marc Gandarillas

Filòleg i lingüista. Universitat de Florida (EUA). Membre del Grup de Lingüistes per la Diversitat (GLiDi)

Avui voldria rescatar dues perles de la sociolingüística documental a peu de carrer que, malgrat el pas del temps, semblen adquirir cada vegada més actualitat: d’una banda, la sèrie documental irlandesa No Béarla, títol que, si fa no fa, podríem traduir com a ‘sense anglès’; de l’altra, la catalana Són bojos, aquests catalans!?, a càrrec dels lingüistes Alina Moser, companya del Grup de Lingüistes per la Diversitat (GLiDi), i David Valls.

En capítols de molt bon pair en termes de durada (un xic més indigestos, però, quant a la realitat sociolingüística que s’hi mostra) i accessibilitat (van subtitulats a l’anglès), a No Béarla l’escriptor i presentador irlandès Manchán Magan va apamant la geografia irlandesa (incloent-hi Irlanda del Nord) mentre incorre en la “temeritat” lingüística que ja palesa el títol: comunicar-se exclusivament en irlandès, sense fer ús de l’anglès en cap moment. Amb aquesta intenció, en Manchán va demanant a cada nou interlocutor potencial si aquest, literalment, encara “té” irlandès (en irlandès, an bhfuil Gaedhilg(e) agat?). Tot i que més endavant en parlarem, ja us puc avançar (a tall d’espòiler) que sembla que, a hores d’ara, en queden pocs que en tinguin, d’irlandès.

I què en podem dir, de la situació del català? No és pas comparable a la de l’irlandès, oi? El català, com tot sovint s’acostuma a dir, té una “mala salut de ferro”. Sembla que, malgrat tot, no hagi de desaparèixer mai: s’ensenya a l’escola i a la universitat (o potser no tant com ens pensem), és la llengua de l’administració i gaudeix de prestigi en alguns àmbits. L’irlandès és cooficial amb l’anglès arreu del domini lingüístic (incloent-hi Irlanda del Nord), si bé això no sembla garantir, de cap manera, l’ús que els irlandesos en fan diàriament. A casa nostra, tot i que el català acostuma a rebre un cert suport a escala institucional i popular, cal tenir en compte que la supervivència d’una llengua (ja sigui l’irlandès, el català o qualsevol altra) a llarg termini tan sols l’assegura l’ús que se’n faci al carrer i, arran d’això, la utilitat i el prestigi que els parlants en perceben.

Són bojos, aquests catalans!? (així com, també, la seqüela Què ens passa, valencians!?) indaga en algunes d’aquestes actituds sociolingüístiques generalitzades entre els catalanoparlants que, en cas que no canviïn substancialment, abans que no ens pensem es podrien traduir en una radiografia semblant a la que No Béarla mostra per a l’irlandès. En concret, l’Alina i en David informen els espectadors que, al Principat, “el 77% dels catalanoparlants canvien al castellà quan parlen amb castellanoparlants”, malgrat que “la majoria dels residents a Catalunya [94%] entenen el català”. Tot prenent com a base aquesta contradicció aparent, el documental etziba una pregunta que, si més no, convida a la reflexió: “Per què [tenint en compte que gairebé tothom entén el català] canviem de llengua tan sovint?”. Aquestes dades fan pensar que, en un futur no gaire llunyà, el contingut d’una nova edició de Són bojos, aquests catalans!? es podria assemblar perillosament al de No Béarla, com ja vam poder comprovar per a la Catalunya del Nord en un documental recent, a càrrec de l’Eugeni Casanova i en David Valls.

Pub amb el lema de Guinness en irlandès a An Spidéal

 

Hi ha qui diu que no es pot predir, del cert, el futur d’una llengua. En sentit estricte (noteu l’ús de la cursiva en la locució del cert), de raó, no els en falta: contínuament succeeixen esdeveniments que ningú no havia previst i ens enxampen per sorpresa (només cal pensar en la pandèmia actual). No obstant això, també cal tenir en compte que, en qualsevol àmbit, podem trobar evidències o tendències clares que ens donen una idea de com podrien anar les coses en el futur en cas que aquestes tendències es mantinguin (el canvi climàtic, posem per cas). La mort de les llengües és un fenomen sistemàtic (no pas fruit de l’atzar) que s’ha estudiat a bastament des de la teoria lingüística (molts ja deveu conèixer obres com ara Vida i mort de les llengües, de Carme Junyent; o potser heu tingut ocasió de llegir alguna de les anàlisis i reflexions del Grup d’Estudi de Llengües Amenaçades (GELA) que publica periòdicament el diari Vilaweb).

Molts sociolingüistes destaquen l’existència d’indicadors d’aquell terme calvetià tan gràfic conegut com a glotofàgia (o, per mantenir el poder suggeridor de l’etimologia, el procés pel qual una llengua grossa se n’acaba cruspint una de petita). Quan ja feia un parell d’anys que em dedicava a l’ensenyament, recordo una observació que, mig en broma, em va fer una companya veterana: “T’has adonat que cada curs escolar és el mateix? A totes les classes hi ha ‘el llest de la classe’, ‘el graciós’, ‘el presumit’, ‘el xerraire’, ‘el pilota’, etc.”. Les llengües, com les personalitats, no són tan úniques com ens agradaria pensar, i, per això, el català, com l’irlandès, no té la supervivència garantida (dit altrament, és possible emmirallar-se en llengües minoritàries o minoritzades com l’irlandès per copsar què se’n farà, del català, en cas que els indicadors sociolingüístics d’ambdues llengües acabin confluint en el futur). Com les persones, les llengües també emmalalteixen i, més sovint que no ens pensem, moren (o, més acuradament, les matem els parlants mateixos).

Mapa dels ‘Gaeltachtaí‘, o reductes actuals de l’irlandès. | Angr/Wikimedia Commons/CC-BY-SA 3.0

En mirar els capítols de No Béarla i contrastar-los amb les actituds que es mostren a Són bojos, aquests catalans!?, em va venir al cap una distopia gens encoratjadora de com podria ser el futur del català d’aquí a uns anys: un parlant de català enmig d’una plaça atapeïda de gent, tot cridant “Que algú (encara) té català?”, sense rebre cap resposta verbal… i, alhora, rebent-ne massa de no verbals. A No Béarla, aquesta és precisament la realitat d’en Manchán: mentre que alguns interlocutors i vianants se’l miren amb l’encuriosiment de qui contempla una bestiola exòtica, altres rostres mostren el menyspreu de qui es pensava que aquella espècie empipadora ja era morta i enterrada i, per tant, no entén com és que aquell home cridaner no deixa descansar en pau els presumptes morts. Entre les innombrables humiliacions que viu en Manchán al llarg de la sèrie, se’m va gravar a la retina el moment en què el presentador es palplanta al bell mig d’una plaça dublinesa concorreguda i crida, repetidament, en irlandès: “Que algú té irlandès? Que algú té irlandès?”. No res: cares de desconcert absolut, neguit o ignorància. És aleshores que en Manchán es juga l’última carta (“això sí que no fallarà”, hom pot intuir-lo rumiant en els moments previs): “Si hi ha algú aquí que tingui irlandès, aquest bitllet que tinc a la mà és seu”. Sant tornem-hi: una vegada més, expressions dolorosament evidents de “què s’empatolla, aquest boig?”. Bé, no cal ser malpensat: “Potser tota aquesta gent vivia en zones on fa dècades que no es parla irlandès”. Cert. Precisament per això, aquesta no va ser, ni de bon tros, l’experiència lingüística més humiliant que va viure el presentador al llarg del seu periple.

Cartells bilingües a An Spidéal

Cartells bilingües a An Spidéal

Arreu de la geografia irlandesa, trobem uns reductes (o “reserves”) lingüístics d’irlandès coneguts com a Gaeltachtaí (plural de Gaeltacht). Es tracta de zones més aviat rurals, situades especialment al llarg de la costa occidental d’Irlanda, i d’un abast geogràfic minso quan es compara aquest amb l’extensió total de l’illa. Mentre que en els primers capítols en Manchán recorria carrers de localitats que ja no “tenen” irlandès fa molt de temps, els darrers capítols sí que es dediquen al territori dels Gaeltachtaí. I què s’hi troba, en Manchán, en aquestes contrades on l’imaginari col·lectiu hiberni pressuposa una presència abassegadora de la llengua pròpia? No en donaré gaires detalls (per no fer-me llarg), però amb una escena trobo que en tindreu ben bé prou. El presentador entra en una botiga i, és clar, s’adreça a la dependenta en irlandès. Després d’uns segons de calma tensa, la dependenta respon en un irlandès que, des del meu desconeixement, sembla fluid i impecable; ben bé el d’un parlant nadiu. Després d’un intercanvi d’allò més natural, en Manchán se’n torna cap al carrer, però el càmera s’endarrereix expressament. Quan es pensa que el client ja ha marxat, la dependenta es mira la companya de reüll i esclata a riure, com si li acabessin de fer la innocentada més grossa de tots els temps. Potser aquí em falla el sentit de l’humor, però, em demano, què hi ha de tan divertit en el fet que un client entri en una botiga a comprar un mapa? Segons les tendències que el 2013 mostrava Són bojos, aquests catalans!?, serà còmic parlar català en el futur? O potser ja ho és?

 

[Fotos: Víctor Bargiela – font: http://www.nuvol.com]

Banda musical romaní Bengas. Foto de Jiří Bernovský, usada con autorización de Migel Milan Horvát.

 

Aunque los gitanos son la mayor minoría étnica de Chequia, con un 2,2 % de su población, se les considera una de las minorías más estigmatizadas y discriminadas del país. Hasta con la discriminación y los estereotipos indebidos, el pueblo romaní sigue teniendo un enorme impacto social y destaca mucho en la escena musical checa.

Conversamos con representantes de la comunidad musical romaní checa sobre los prejuicios y la discriminación que enfrentan, las últimas noticias sobre la opresión de los romaníes y la naturaleza sin fronteras de la música.

Minoría romaní y su exclusión social

La discriminación contra los romaníes tomó notoriedad en junio tras la muerte de un romaní [1] a manos de la policía el 19 de junio. La muerte desencadenó una ola de disturbios y protestas en la comunidad romaní, ya que algunos medios romaníes compararon el conflicto con el asesinato de George Floyd en Estados Unidos. Aunque los tribunales checos dictaminaron que la policía no fue responsable de la muerte del hombre, el caso llamó la atención sobre las tensiones entre la mayoría checa y la minoría nacional y étnica romaní.

Estas tensiones no son nuevas, sobre todo cuando se trata de la dinámica social y cultural de Chequia. Por ejemplo, el Consejo de Europa señaló recientemente que muchos programas escolares europeos no reconocen al pueblo romaní en sus planes de estudio y que muchos relatos históricos relacionados con los romaníes son poco objetivos o incompletos [2] y caen en los estereotipos.

En su informe de 2020 [3], el Consejo de Europa recomendó a República Checa que abordara la discriminación y los prejuicios contra los romaníes, incluida su historia en los libros de texto y abordara la cuestión de la propaganda y la información falsa sobre los romaníes en internet y redes sociales. También advirtieron a Chequia [4] sobre la falta de avances en sus programas de lengua romaní, pues escuelas primarias y secundarias debían ofrecer clases de lengua romaní. Estas iniciativas forman parte de un plan de 20 años para proteger a los romaníes y nómadas [5], y luchar contra el racismo, la intolerancia y la exclusión social.

Los resultados de una encuesta de junio de 2021 mostraron que el 70 % de los encuestados en Chequia expresaron antipatía por los romaníes [6].

Músicos romaníes y su inclusión social

El grupo musical gitano Kale. Foto usada con autorización de Emil “Pupa” Miko

A pesar de la impopularidad y la exclusión social de los romaníes como pueblo, la opinión pública predominante los considera una nación muy musical.

Así lo explica Migel Milan Horvát, del grupo Bengas [7]:

We are six musicians. We have no problem with fusion, the whole family plays some instrument. We play not only Romani-Gypsy folklore, but also a lot of Latin music, Balkan music (Kusturica or Bregovič), Russian Gypsy music, Polish songs, funk, soul, and of course such evergreens as Bésame Mucho [8].

Somos seis músicos. No tenemos problemas de fusión, toda la familia toca algún instrumento. No solo tocamos el folclore gitano-romaní, sino también mucha música latina, música balcánica (Kusturica o Bregovič), música gitana rusa, canciones polacas, funk, soul y, por supuesto, temas de siempre, como Bésame mucho [9].

La música romaní es la favorita del público en general, y compositores clásicos checos de fama mundial, como Karel Bendl [10] o Antonín Dvořák [11] incluyen a menudo melodías romaníes en sus obras. En los últimos años, la música romaní puede encontrarse en casi todas las emisoras de radio, debido a la popularidad de los franceses Gypsy Kings [12] o la banda checo-estadounidense N.O.H.A. [13], famosos por su estilo romaní-latino.

En la escena checa de la música pop hay bastantes músicos de origen romaní, pero en su mayoría cantan melodías convencionales.

Horvát explica:

Czechs are a rock nation. Chinaski, Kabát — these are the leading Czech musicians, which is listened to by almost every Czech. Jan Bendig, musician of Roma origin, is probably the only one who has established himself out of many Roma people.

Los checos son una nación de rock. Chinaski, Kabát… son los principales músicos checos, que escuchan casi todos los checos. Jan Bendig, músico de origen romaní, es probablemente el único que se ha consolidado entre muchos gitanos.

Emil “Pupa” Miko, músico romaní y antiguo integrante de las bandas Věra Bílá [14] y Kale [15], discrepa:

…on the Czech scene you can hear and see musicians of Roma origin, but they do not sing Roma music, but they rather are musically assimilated with Czech music or taste.

…en la escena checa se pueden escuchar y ver músicos de origen romaní, pero no cantan música romaní, sino que están asimilados musicalmente con la música o el gusto checo.

Aunque los festivales en vivo de todo el país suelen contar con la participación de músicos romaníes o gitanos, no aparecen en muchos de los canales convencionales.

Miko reflexionó al respecto:

We have been officially playing since 1996, when we released our first CD. Since then, we have played not only in the Czech Republic but also abroad, we have toured 36-37 countries. We play our universal music, it’s Roma music, positive, dance, that everyone likes.

Czechs perceive our songs positively, they even sing our songs along with us in our concerts…

However, when we tried to promote our music on radio, even through commercial channels, they refused to play “black music”, due the fear of losing their listeners… In fact, since then did not changed much, they play old songs, for example of Antonin Gondola, or our old songs only if there is some “great” occasion.

Llevamos tocando oficialmente desde 1996, cuando publicamos nuestro primer CD. Desde entonces, hemos tocado en la República Checa, y también en el extranjero, hemos hecho giras por 36-37 países. Tocamos nuestra música universal, es música romaní, positiva, bailable, que gusta a todos.

Los checos perciben nuestras canciones positivamente, incluso cantan nuestras canciones con nosotros en nuestros conciertos…

Sin embargo, cuando intentamos promocionar nuestra música en la radio, incluso a través de canales comerciales, se negaron a poner “música negra”, por miedo a perder sus oyentes… Es más, desde entonces no ha cambiado mucho, tocan canciones antiguas, por ejemplo de Antonin Gondola, o nuestras canciones antiguas solo si hay alguna “gran” ocasión.

Horvát expresó una opinión similar:

The Roma are a musical nation, we have a musical tradition for centuries… Our group is called Bengas, translated from Romani as “devils”, since we play such energetic things and as fast as devils…

Czech people invite us a lot, but privately, to their celebrations. We also play a lot at festivals. The Czechs like the way we play, it won’t take even 5 minutes before someone dances. Although, we are called as the “band on which you dance”, however, on the Czech market, in larger scale it is hard to get, and I know it is on the basis of the nationality. Couple of times we were giving an interview to the Czech TV and radio, but none released our music, and they didn’t want to promote us in any way…

Los romaníes somos una nación musical, tenemos una tradición musical desde hace siglos… Nuestro grupo se llama Bengas, traducido del romaní como “diablos”, ya que tocamos cosas tan enérgicas y tan rápidas como los diablos…

Los checos nos invitan mucho, pero en privado, a sus celebraciones. También tocamos mucho en festivales. A los checos les gusta cómo tocamos, no pasan ni cinco minutos y ya hay alguien bailando. Aunque nos llaman “la banda que baila”, en el mercado checo, en mayor escala es difícil de conseguir, y sé que es por la nacionalidad. Algunas veces estuvimos dando una entrevista a televisión y radio checas, pero ninguna difundió nuestra música, y no quisieron promocionarnos de ninguna manera…

Ambos abordan la cuestión de un fenómeno como la música romaní del mundo, y señalan que el reciente punto álgido de aceptación y reconocimiento de esta música en Chequia se produjo cerca de a 2004, lo que estuvo relacionado con la visita al país de la mundialmente famosa banda Gypsy Kings.

Horvát recordó que su banda actuó como telonera en el concierto de Gypsy Kings en el estadio T-Mobile de Praga:

We also travel a lot in Europe. There are only 4–5 of us such Roma bands that travel around Europe. We lived in France for a while. Although, we try to avoid the negative thoughts, but when we compare the attitude, in Czechia, at the official level, there is a different relationship with the Roma than, for example, in France or even in neighboring Slovakia. Privately, Czechs, individuals, love us. But political discourse does not always benefit society.

También viajamos mucho por Europa. Somos cuatro o cinco bandas romaníes que viajamos por Europa. Vivimos en Francia durante un tiempo. Aunque intentamos evitar los pensamientos negativos, si comparamos la actitud, en Chequia, a nivel oficial hay una relación diferente con los romaníes a lo que hay, por ejemplo, en Francia y hasta en la vecina Eslovaquia. En privado, los checos, las personas, nos quieren. Pero el discurso político no siempre beneficia a la sociedad.

Aunque ambos músicos compartieron experiencias ampliamente positivas de aceptación por parte del pueblo checo a título individual, ambos coinciden en que a nivel más amplio existe discriminación, incluida discriminación en los medios, prejuicios y dificultad para encontrar vivienda para ellos o trabajo para sus familiares.

A la pregunta de qué necesitan los músicos romaníes para conseguir igualdad en Chequia, Emil “Pupa” Miko respondió:

I think it would take time to change that mood, the mentality and the way people with different skin colors are perceived, as it is in the USA now.

Creo que se necesitaría tiempo para cambiar ese estado de ánimo, la mentalidad y la forma en que se percibe a las personas con diferentes colores de piel, como ocurre ahora en Estados Unidos.

Migel Milan Horvát concluyó:

I believe, the future is in the hands of children… What I am most interested in, when we play, is the reactions of the children. If the child is interested in something, it is immediately recognizable. Adults can lie, but children will not. I know that. We played for over 10 years in orphanages. Plus, we’re all in the band around 50 years old now. It is important to stay positive, and Roma music is positive.

Creo que el futuro está en manos de los niños… Lo que más me interesa, cuando jugamos, son las reacciones de los niños. Si el niño está interesado en algo, se reconoce inmediatamente. Los adultos pueden mentir, pero los niños no. Yo lo sé. Hemos tocado durante más de diez años en orfanatos. Además, todos los miembros de la banda tenemos alrededor de 50 años. Es importante ser positivo, y la música romaní lo es.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2021/07/10/musicos-romanies-hablan-de-inclusion-en-la-comunidad-checa-en-general/

URLs en este posteo:

[1] romaní: https://amp-theguardian-com.cdn.ampproject.org/c/s/amp.theguardian.com/global-development/2021/jun/22/death-of-romany-man-knelt-on-by-czech-police-compared-to-george-floyd?fbclid=IwAR23w4aOlBLrq1cTDMyfKssq5kGg_8ROWO_jiFopc-JGBf09bYJX1KgSsRI

[2] poco objetivos o incompletos: https://www.pf.jcu.cz/stru/katedry/pgps/ikvz/podkapitoly/d01kapitoly.pdf

[3] informe de 2020: https://www.coe.int/en/web/portal/-/schools-should-include-roma-and-traveller-history-in-teaching-curricula

[4] advirtieron a Chequia: https://www.lidovky.cz/domov/rada-evropy-vyzvala-cr-aby-rozsirila-vyuku-romstiny-na-skolach.A200923_135808_ln_domov_libsm

[5] romaníes y nómadas: https://www.coe.int/en/web/roma-and-travellers

[6] antipatía por los romaníes: https://www.avcr.cz/cs/veda-a-vyzkum/socialne-ekonomicke-vedy/Jak-se-Romove-citi-ve-vetsinove-spolecnosti-Vedce-zajima-romska-perspektiva/

[7] grupo Bengas: http://www.bengas.net/o-bengas.php

[8] Bésame Mucho: https://en.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9same_Mucho

[9] Bésame mucho: https://es.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9same_mucho

[10] Karel Bendl: https://es.wikipedia.org/wiki/Karel_Bendl

[11] Antonín Dvořák: https://es.wikipedia.org/wiki/Anton%C3%ADn_Dvo%C5%99%C3%A1k

[12] Gypsy Kings: https://www.youtube.com/watch?v=qmbx4_TQbkA

[13] N.O.H.A.: https://www.youtube.com/watch?v=xi20Si3jRIo

[14] Věra Bílá: https://es.wikipedia.org/wiki/V%C4%9Bra_B%C3%ADl%C3%A1

[15] Kale: https://bandzone.cz/kale

Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

É

La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

El escritor rumano-nerlandeés Stefan Popa captura al pueblo arrumano olvidado en la literatura en « Si la adelfa sobrevive al invierno », quizás justo antes de que desaparezca para siempre.
Escrito por EVARISTO AGUADO

Una gran epopeya europea sobre la vulnerabilidad de los pueblos pequeños en un mundo en expansión Pitu se está muriendo. Y, sin embargo, tiene mucho por lo que vivir. Su hija, Samarina. Su pueblo, Crushuva, en las cimas de las montañas más altas y hermosas de Macedonia. Y su comunidad, los arrumanos, con su propia lengua —parecida al rumano con in!uencias griegas— que todavía es hablada por una gran minoría en toda la región. Hasta ahora, al menos. Todo el mundo los ha olvidado, aunque ellos fueron los que hicieron los Balcanes. Ellos son los Balcanes.

Si la adelfa sobrevive al invierno es una historia inolvidable y conmovedora de un hombre que está a punto de morir y un pueblo que está desapareciendo del mapa. Un libro sobre la identidad y su transitoriedad y sobre una pequeña comunidad de personas en una Europa en constante expansión. Con su libro, Stefan Popa captura al pueblo arrumano, olvidado en la literatura, justo antes de que se desvanezca para siempre.

Stefan Popa (Vleuten-De Meern,1989) es escritor y periodista independiente. De origen mitad holandés, mitad rumano, es también un experto en los Balcanes y a menudo es contratado por emisoras de radio y televisión para informar o reflexionar sobre la actualidad balcánica. Autor de multitud de relatos inéditos y cuatro novelas publicadas, su estilo de escritura ha sido descrito como lírico, poético, sin una palabra fuera de lugar. Este autor joven y comprometido tiene un enorme potencial aún por revelar fuera de los Países Bajos.

 

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

La pressió del mercat sobre les llengües minoritàries genera cada cop més moviments de protecció

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Escrit per RUDOLF ORTEGA
El moviment globalitzador dels darrers anys, a cavall d’un liberalisme desacomplexat, ha definit un nou marc de relacions entre llengües que ha servit, sobretot, per fer que les llengües grans siguin encara més grans i que les petites, en un horitzó de mitjà o llarg termini, es vegin abocades a la desaparició; ja no ens sorprenen les projeccions que diuen que al llarg del segle XXI desapareixerà el 95% de la diversitat lingüística mundial. L’expansió d’internet des de primers de segle i la democratització del turisme han estès encara més les llengües de privilegi —aquelles que compten amb desenes de milions de parlants, que tenen una sòlida presència al mercat i capacitat d’irradiació fora del seu domini lingüístic com a llengua estrangera—, fins al punt que possiblement, avui, seria difícil trobar al món un percentatge de població significatiu que no parlés una d’aquestes llengües, ni que fos a un nivell bàsic. Ens referim per descomptat a anglès, castellà, francès, alemany, italià, portuguès, rus, àrab, urdú, xinès, japonès, i potser alguna altra.

El mercat és implacable i no té gaires manies a escombrar el que no es pot vendre de manera massiva. I les llengües minoritàries no són precisament gaire atractives en aquest sentit. Ja ens hem acostumat a trobar paquets de galetes etiquetats no ja en més d’una llengua de l’estat, cosa que reflectiria una determinada realitat sociocultural —i política—, sinó directament en castellà i portuguès, cosa que reflecteix la prevalença dels interessos logístics i la distribució a gran escala. Com ens hem acostumat a servir els turistes que ens visiten en la més variada poliglòssia però amagant la llengua d’aquí, fet que desemboca en la paradoxa de voler donar a conèixer el país com si estigués mancat de llengua pròpia.

El panorama, doncs, no és especialment encoratjador, però cal destacar els moviments de flux contrari, que en percebre la pressió de les llengües hegemòniques estan construint un nou relat de defensa de les llengües petites al voltant de la idea de revolta. Així com, des del privilegi, el fet de parlar una llengua no hegemònica ha estat sempre malvist com un acte de provincianisme, d’incultura o de curtesa de mires, avui ja són molts els parlants d’aquestes llengües que n’entenen l’ús com un acte antisistema, com una espurna de rebel·lia, com un defecte a Matrix que pot fer petar el sistema. Tant pot ser pujar a un taxi i engegar d’entrada un ‘bon dia’ com fer sistemàticament les cerques a internet en català tot qüestionant les previsions dels algoritmes.

Potser el pes abassegador del mercat ha acabat provocant la necessitat d’agafar-se a elements que proporcionin, encara, un mínim de pertinença en un entorn en què la globalització ha difuminat els límits de les identitats conegudes. I no és estrany que en els marges del corró de les llengües hegemòniques apareguin resistències a la uniformitat. A Aragó, per exemple, algú com Jorge Pueyo s’ha servit de les eines de la globalització per donar a conèixer una llengua que deien que només parlaven la gent gran, i buscant-los als pobles. A França ja hem vist com les gasta d’estat per tirar enrere una llei que consagrava l’ensenyament en les llengües pròpies, però en lloc de tancar el tema ara s’han trobat les demandes de canviar fins i tot la constitució. I a Irlanda del Nord el Sinn Féin va bloquejar la formació del nou executiu autonòmic fins que els unionistes no tiressin endavant la llengua que hi protegeix l’irlandès, cosa que aquests no han fet i que ha provocat la intervenció de Londres. Fins i tot algunes comunitats indígenes nord-americanes van veure en la vacunació de la covid una manera de protegir els seus parlants de més edat.

És clar que no està tot perdut per a la diversitat, però les mesures que es prenguin des de les llengües petites les han de prendre els seus usuaris mateixos. Ningú des del privilegi mourà un dit per apuntalar el que pretén allisar.

[Imatge: ALBERT GARCIA – font: http://www.elpais.com]

Escrito por Margarita Correia

Prometido é devido e eu, mulher de palavra(s), aqui trago o Roteiro para a língua mirandesa, publicado pela Associaçon de Lhéngua i Cultura Mirandesa (ALCM), no Dia de la Lhéngua, disponível em https://lhengua.org/roteiro/, com versões em mirandês, português e inglês; reportar-me-ei à versão portuguesa.

Além de uma síntese da situação atual e visão estratégica (ponto 1 do documento), e de uma caracterização da ALCM (4.), o Roteiro apresenta dois tópicos centrais: o Roteiro propriamente dito (2.), que « delineia um roteiro para a proteção e o desenvolvimento do mirandês a longo prazo », e um Plano de Desenvolvimento (3.), que « identifica e descreve os projetos mais urgentes e exequíveis ».

O Roteiro define quatro linhas estratégicas, a saber: documentar e estudar o mirandês (2.1.); aumentar o número de falantes ativos (2.2.); aumentar a visibilidade da língua e da cultura mirandesas (2.3.); e criar emprego no contexto das língua e cultura (2.4.). Documentar o mirandês (registar, de modo extenso e sistemático, exemplos do seu uso nos mais variados contextos culturais e sociais, visando a criação de acervos digitais sustentáveis) reveste-se de extraordinária importância e urgência, dada a idade avançada da população que usa a língua no quotidiano, em contextos diversificados. Aumentar o número de falantes ativos, especialmente jovens, é crucial para a sobrevivência de qualquer língua.

Para evitar que a língua mirandesa passe despercebida ao visitante inadvertido da Terra de Miranda, urge aumentar a sua visibilidade, e.g., tornando-a presente na paisagem linguística local. A criação de emprego no contexto da língua e da cultura potenciará o aumento do número de falantes ativos, a fixação dos mais jovens no território e, evidentemente, o crescimento económico da região.

São também quatro os projetos identificados pela ACLM, passíveis de ser executados em três a cinco anos, encontrados os fundos e os parceiros certos para a sua execução: um Centro de Documentação (3.1.), i.e., um arquivo moderno da língua mirandesa e da cultura da Terra de Miranda, que permita documentar, publicar e propiciar acesso ao conhecimento; a Casa de la Lhéngua Digital (3.2.), plataforma virtual que centralizará informação e recursos sobre a língua e a cultura da região; Casa de la Lhéngua – Centro de Interpretação da Língua Mirandesa (3.3.), projeto a ser desenvolvido em parceria com o Museu da Terra de Miranda; um programa de publicações (3.4.) com garantia de venda prévia de exemplares, de modo a viabilizar a edição de obras essenciais, organizadas em quatro coleções – Lhéngua (trabalhos em ou sobre a língua mirandesa), Tierra (traduções ou edições bilingues de obras relevantes, não apenas da literatura local), Medrar (livros dirigidos ao público infantojuvenil) e uma coleção ainda sem nome que incluirá livros e autores inéditos premiados em concursos literários previstos.

Os Carreirones pa la nuossa lhéngua, que aqui tentei sintetizar, constituem um projeto global e exemplar de planificação linguística, raro na sociedade portuguesa, visando a preservação e desenvolvimento de uma língua ameaçada. Acompanha o que de mais recente e cientificamente fundamentado se faz a nível internacional. Estão, portanto, de parabéns os mirandeses e a sua Associaçon, a quem não escasseiam o saber e a vontade. Assim consigam encontrar parceiros empenhados e responsáveis, que vão além das promessas, e os ajudem a pôr em prática este Roteiro.

A bem de todos!

Professora e investigadora, coordenadora do Portal da Língua Portuguesa

 

[Fonte: http://www.dn.pt]

 

https://www.cm-mdouro.pt/pages/246?poi_id=206

Alors qu’il s’agit de la même langue, son avenir semble mieux assuré au sud des Pyrénées qu’au nord. Un écart qui ne doit rien au hasard.

Écrit par Michel Feltin-Palas

En France, on croit parfois que le déclin des langues régionales s’expliquerait par une sorte de fatalité. Adaptés à un pays rural, le picard, le breton, l’alsacien et les autres auraient simplement été vaincus par la modernité. Autrement dit, on n’y peut rien. Ce raisonnement a le mérite d’être séduisant. Il n’a qu’un léger défaut : il est entièrement faux.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer ce qu’il se passe lorsqu’une langue de France est également pratiquée dans un autre pays. Pour cela, prenons, pas tout à fait au hasard, l’exemple du catalan. En commençant par observer les réponses à ces trois questions (1) :
· « Comprend le catalan » : 94% en Espagne, 61% en France.
· « Sait parler catalan » : 80% en Espagne, 35% en France.
· « L’utilise dans la vie quotidienne » : 36% en Espagne, 8% en France.
Dès lors, de deux choses l’une. Soit le catalan serait adapté à la modernité côté espagnol, mais pas côté français, et j’attends avec gourmandise que l’on m’en donne la raison. Soit cette situation est la conséquence de deux politiques linguistiques différentes. Je ne ferai tomber personne de l’armoire en indiquant que cette seconde explication est la plus convaincante.
Depuis la chute de Franco, le catalan bénéficie en effet dans la région de Barcelone de mesures très favorables. Les administrations utilisent en priorité la langue régionale, tout comme les télévisions et les radios publiques. Mais la disposition la plus décisive concerne l’enseignement. « Les matières fondamentales sont partout enseignées en catalan à l’école primaire, à l’exception naturellement des nombreuses heures dévolues au castillan. La règle est globalement la même dans le secondaire. Quant au supérieur, l’enseignant choisit la langue dans laquelle il est le plus à l’aise », précise l’anthropologue Dominique Blanc. L’objectif est clair : à la fin de sa scolarité, tout élève doit maîtriser le catalan ET l’espagnol. Et c’est ce que l’on observe dans l’immense majorité des cas.
Reste maintenant à comprendre pourquoi ce qui est réalisé en Espagne semble impossible en France. Plusieurs facteurs se conjuguent.
· Une scolarisation plus tardive en Espagne. La généralisation du français a commencé dès le XIXe siècle, alors que celle du castillan est intervenue beaucoup plus tardivement. Lors du retour de la démocratie, le catalan partait donc de moins loin au sud des Pyrénées.
· Des connotations positives en Espagne, négatives en France. C’est Franco qui a imposé le castillan (la langue de la région de Madrid) à l’école. Résultat ? Le catalan (comme le basque ou le galicien dans d’autres régions de la Péninsule) symbolise la résistance à la dictature. Rien de tel en France où, à partir de la Révolution, le français a été présenté comme « la langue de la liberté » alors que les langues régionales ont été associées à l’Ancien Régime.
· Le rôle de la bourgeoisie. En France, les « élites » ont été les premières à passer au français – un moyen pour elles d’accéder aux meilleures places et de se distinguer du peuple. Rien de tel à Barcelone où, au contraire, la bourgeoisie locale, fière de sa culture, a toujours pratiqué et défendu le catalan.
· Un sentiment national plus intense en France. Au cours de l’Histoire, la France a souvent été en conflit avec d’autres puissances européennes, ce qui a eu pour effet de forger un sentiment d’unité nationale. L’Espagne, elle, a connu davantage de guerres civiles. Le sentiment national y est moins puissant qu’en France.
· Un État plus centralisé en France. Si un Andalou diffère d’un Aragonais et d’un Galicien, la diversité culturelle est plus marquée encore en France quand on compare un Alsacien, un Corse, un Breton et un Aveyronnais – sans même évoquer le cas particulier de l’outre-mer. C’est pour faire tenir ensemble des populations que rien ne prédisposait à partager un destin commun que la France s’est dotée au fil des siècles d’un État très centralisé. Et pour la même raison que ledit Etat a cherché à substituer le français aux langues régionales. Le phénomène est beaucoup moins marqué en Espagne.
L’exemple du catalan est d’autant plus intéressant qu’au sud des Pyrénées, la défense de la langue alimente en partie le sentiment séparatiste – je suis sûr que vous pensiez à m’opposer cet argument depuis le début de cet article. Ces événements, cela se comprend, suscitent en France des réticences vis-à-vis des langues régionales de la part de ceux qui sont légitimement attachés à l’indivisibilité de la République.
Et pourtant, unité nationale et respect des langues minoritaires ne sont en rien incompatibles. J’en veux pour preuve qu’il existe dans le monde environ 6000 langues pour 200 États : le multilinguisme est donc la norme, non l’exception. À Barcelone, il a d’ailleurs fallu l’annulation, en 2010, du statut d’autonomie adopté en 2006 pour voir le vote indépendantiste décoller véritablement. Paradoxalement, c’est le raidissement décidé par Madrid qui a dopé la tentation sécessionniste. Une partie de l’opinion a alors basculé, sur le mode : « Puisque l’autonomie est impossible, alors je choisis l’indépendance. » On observe la situation inverse en Suisse, qui reconnaît quatre langues officielles et qui, à moins que quelque chose ne m’ait échappé, ne connaît pas de menace séparatiste.
Il est donc deux voies pour faire vivre ensemble des populations différentes. L’uniformisation autoritaire, d’une part ; le respect de la diversité et des droits culturels des minorités, d’autre part. Seule la seconde est compatible avec l’ambition de la France d’être le pays des droits de l’Homme.
(1) Etude de 2015 sur les usages linguistiques du catalan en « Catalogne Nord » menée par la Generalitat de Catalunya, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l’Institut franco-catalan transfrontalier (IFCT) de l’Université de Perpignan. Les chiffres concernant la « Catalogne Sud » proviennent de la plataforma per la llengua 2018 et de Quim Nadal, ancien rapporteur de la loi de politique linguistique en Catalogne.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Écrit par Michel Feltin-Palas

On aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. Le 21 mai correspondait, selon l’ONU, à la Journée mondiale de la diversité culturelle. Et c’est ce jour qu’a choisi le Conseil constitutionnel pour signer ce qui ressemble à l’arrêt de mort des langues dites régionales (1) en censurant l’essentiel de la loi Molac dans des conditions on ne peut plus troubles. Vous pensez que j’exagère ? Alors lisez ceci.
· Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission dans les familles s’interrompe (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs. Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale. Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : ikastolak au Pays basque, diwan en Bretagne, calendretas en Occitanie, bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée.
· Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales« , assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Éducation nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs.
· La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dis ans – ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre).
· Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer – il l’a reconnu – a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires – étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues !
· À l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’État pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le… 22 avril à 18 heures.
· Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées.
· Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme il le fait d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution.
· Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ». Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre… l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque (voir « Lire aussi »). Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires.
· Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction. « En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste.
Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régionales, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » – sans e – et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français.
Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer.
(1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

El libro más reciente de la lingüísta Yásnaya Elena Aguilar Gil nos recuerda el destino de discriminación que han sufrido las lenguas indígenas en México. No se trata, como nos aclara esta reseña, de sopesar que algunas lenguas son mejores que otras, sino de exigir que la sociedad valore la diversidad lingüística y su presencia como eje fundamental en la educación.

 


Sacrificamos México en aras de crear la idea de México
—Yásnaya Elena Aguilar Gil

 

Escrito por Patricia Córdova

La experiencia está siempre al servicio de la conciencia y de la imaginación; para no sucumbir ante el caos de la existencia, el ser humano acota ambas con relatos y moralejas de todo tipo.  Nuestras vidas —hemos aprendido— transcurren según la estructura de una narración: planteamiento, causas, consecuencias, nudos y desenlaces. Por ello, el sentido de lo vivido es  tan limitado como las historias y argumentos que interiorizamos.

Escribimos la historia de nuestra vida —e interpretamos la de los otros— al seleccionar los nudos con los que explicamos lo que acontece a nuestro alrededor. El sentido es siempre una selección que pone en evidencia nuestros alcances y nuestras limitaciones. Este sutil, pero poderoso hecho, propicia la madre de todas las batallas: la de las narrativas.

§

No ha habido inocencia en la expansión del español en la propia península ibérica ni en América. Desde Antonio de Nebrija, el andaluz que escribió la primera gramática del español en 1492, quedó claro que si la publicaba y la dedicaba a la reina Isabel la Católica era porque “siempre la lengua fue compañera del imperio”. En las primeras páginas de Gramática de la lengua castellana, Nebrija explica la importancia histórica de lenguas como el hebreo, griego y latín y argumenta que la lengua es una pieza clave para extender la fe religiosa.

La primera gramática del español es un nudo lingüístico y político con el que España define una expansión económica, religiosa y sociocultural que marcó la historia de su colonia,  la posterior América Latina. Sin embargo, el proceso de evangelización y dominio que se extendió a lo largo de trescientos años de colonia llevó también a la escritura de las lenguas originarias, a la confección de sus gramáticas (artes de las lenguas primigenias) y al inventario de vocabularios concebidos de acuerdo a lo que los líderes religiosos y nuevos gobernantes necesitaban que nombraran los recién conquistados.

En 1820, justo antes de la consumación de la Independencia de México, el 65% de la población eran hablantes de alguna lengua indígena. Hoy solo el 6.5% de la población habla una de las 68 lenguas indígenas que existen en el país. La Independencia destituyó a los españoles, pero a la vez revictimizó a las comunidades indígenas. Fueron sometidas a un proyecto de nación en el cual se condicionó su existencia a la negación de sus lenguas, de sus territorios y de una autonomía política que ya había sido arrebatada. Este es el antecedente histórico y la situación glotopolítica que Yásnaya Elena Aguilar Gil aborda en Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística (Almadía, 2020).

§

Desde el primer texto, “Ser o no ser: bilingüismos”, Yásnaya imprime su particular estilo: una mirada aguda sobre la política lingüística que se ha aplicado a las lenguas originarias, a partir del análisis de experiencias cotidianas. El contraste entre el bilingüismo en su comunidad Ayutla, Oaxaca, y en Ciudad de México, marcó su manera de narrar el mundo. Dos cosas sorprenden a la autora: en Ayutla se desdeña la educación bilingüe y se prefiere la “formal” (monolingüe en español) y en Ciudad de México se pondera el bilingüismo (no español-náhuatl, sino español-inglés). Su cierre es auténtico y espontáneamente irónico: “Entendí, en pocas palabras, que no es lo mismo ser bilingüe que ser bilingüe”.

Yásnaya es ayuujk jä’äy, mixe, y muestra una singular y permanente disposición al cuestionamiento. Le seduce pensar en la existencia de la lengua, la diversidad y la injusticia. La génesis de su lucidez y lucha las presenta, claramente, en Un nosotrxs sin Estado (Ona Ediciones, 2020). A Yásnaya la educaron con una disciplina rigurosa en la lectura de los clásicos. De niña sus tíos la hacían leer en voz alta, cada día, para que adquiriera un español sin acento. El libro rojo de Mao Tse-Tung, Los vedas, el PanchatantraLas mil y una noches, la Ilíada y la Odisea de Homero, las obras de Amado Nervo, Manuel José Othon, Sor Juana Inés de la Cruz, Alexander Pushkin, Ánton Chéjov, Fiódor Dostoievski, Walt Whitman y Lev Tolstói —el nombre de Yásnaya es, de hecho, un homenaje a este autor—, fueron lecturas, “edificios sonoros”, cuyo significado ignoraba, y que más tarde se iluminaron a la luz de sus estudios de preparatoria, licenciatura y posgrado en Ciudad de México.

Los textos que componen Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística son una compilación de ensayos breves publicados en la revista Este país entre 2011 y 2015. Los compiladores —Ana Aguilar Guevara,  Julia Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez— también han incluido  tuits y entradas de Facebook de la lingüista que aluden a los temas de tales ensayos.

El libro es evidencia del sincretismo lingüístico y cultural que ha sucedido a lo largo de 500 años, pero tiene el gran mérito de ser el primero escrito en su género por una mujer, una ayuujk jä’äy, y por alguien cuya agudeza analítica le permite exponer, de forma clara, las diversas aristas del asunto. Su empatía por el mundo la lleva a aprender de todo y de todos. De una amiga japonesa, compañera universitaria, aprende que es mejor sentirse contenta y no orgullosa de hablar una lengua, y sentencia: “El orgullo puede estrechar lazos con la dignidad pero también con la soberbia o, en el peor de los casos, se utiliza como un parche emotivo que cubre una herida amplia y profunda. Un relleno que trata de compensar una carencia”.

La dificultad de la convivencia entre lenguas que gozan con un mayor o menor prestigio también la lleva a anotar que para una niña que habla italiano, inglés y español en casa lo extraño es un entorno monolingüe, prebabélico. La también maestra en lingüística hispánica, Yásnaya Elena —cuya madre, por cierto, se llama Eneida— evoca, en otro ejemplo, el rechazo que provoca hablar español en ciertos contextos en Estados Unidos, de la misma manera en que han sido denostadas las lenguas originarias en México. Su conclusión es que no existen lenguas minoritarias, sino minimizadas al extremo de crear familias que rechazan que sus hijos sean educados en armonía con su lengua materna, sea esta una lengua originaria o el español hablado en México.

La censura sistemática, algunas veces casi invisible, con que se ha tratado a las lenguas originarias se manifiesta en la ignorancia y desprecio que despiertan más allá de los círculos de lingüistas cuyo interés no rebasa, en ocasiones, la obsesión por partículas morfológicas o por la construcción y crítica de una gramática. “¿Por qué la diversidad cultural y lingüística no es un eje temático importante en los contenidos educativos?”, pregunta la autora. En su histórico discurso “México. El agua y la palabra”, pronunciado en la Cámara de Diputados el 26 de febrero de 2019 y que forma parte del libro, la lingüista recuerda que, en promedio, una lengua muere cada tres meses. En un centenar de años se habrán extinguido la mitad de las lenguas del planeta. Causa pudor que no se sepa nombrar las lenguas habladas en México, causa desconcierto que se haga tan poco para preservar las del mundo. Con ello se niega el derecho a una vida propia y digna de estas comunidades. El monolingüismo, además, adelgaza la inteligencia, pues nos alejamos de la complejidad creativa y cognitiva que cada lengua entraña al nombrar el mundo. Aprender que en ayuujk el azul y el verde se mezclan en una sola palabra  —tsujxk—advierte que los colores pueden ser percibidos en un continuo cromático, sin las divisiones con que otras lenguas los definen. Asimismo, saber que täay puede significar “ser chistoso” en el mixe de Ayutla, pero “mentir” en el mixe de Tlahuitoltepec, puede disparar la creatividad si se imaginan los enredos comunicativos que dicha variante puede causar. Yásnaya Aguilar convive, precisamente, en ambas comunidades.

Los conflictos lingüísticos se convierten en conflictos identitarios, pero la seriedad con que Yásnaya los aborda no necesariamente implican una renuncia a su particular humor: “En Europa fui mexicana, en México soy oaxaqueña, en Oaxaca estoy siendo mixe, en la sierra suelo ser de Ayutla. En algún punto soy indígena, pero eso me lo dijeron o lo intuí en el contraste antes de que llegara el nombre. Durante un ataque de fuerzas extraterrestres seguro que seré terrícola, y lo seré con pasión.” La conciencia de esta multirreferencialidad contrasta con la sencilla elegancia con que en ayuujk se nombra a todo aquel que no sea mixe: akäts. La visión del mundo mixe se simplifica en este aspecto, así como en Harry Potter a todos aquellos que no pueden hacer magia se les llama muggles.

La fascinación que suscita conocer nuevas lenguas, sin embargo, no puede ser un hecho si el fomento de la diversidad no cuenta con el apoyo de un gobierno y de sus instituciones. Cuando la lingüista afirma: “Hay tantas razones para querer aprender nuevas lenguas, pero solo  una para querer dejar de hablarlas”, se refiere al racismo, maltrato y negación a que los pueblos originarios han sido sometidos a lo largo del tiempo.

§

El proyecto de nación mexicana, que tuvo su origen a partir de la consumación de la Independencia en 1821, ha sido también el proyecto de la negación de los pueblos indígenas y su pluralidad. Una negación no sólo del reconocimiento de las lenguas, sino del derecho a las tierras, al agua, a los recursos naturales y a gobiernos autónomos: “La pérdida de una lengua no es un proceso pacífico en el que los hablantes abandonan una lengua por otra, es un proceso en el que median castigos, menosprecios y en la mayoría de los casos, colonialismo contra los pueblos que la hablan”. Llegada la discusión a este punto, la lingüista Yásnaya Elena Aguilar Gil se torna activista. No son solo lenguas las que se ignoran, sufren segregación y mueren, son naciones indígenas. En un tuit de 2017 apunta: “Nación mapuche dividida en dos Estados: Argentina y Chile; nación sami dividida en cuatro Estados: Suecia, Noruega, Finlandia y Rusia; nación cucapá dividida en dos Estados: México y Estados Unidos”.

En defensa de los pueblos originarios, Yásnaya parece recuperar la etimología de la palabra nación: del latín natio -ōnis, es decir,“lugar de nacimiento” -“pueblo”. Hablar desde la cultura mixe, desde su lengua materna de la familia otomangue, la coloca en un territorio discursivo que es también tierra, organización política y social, conocimiento y mitología ancestral, costumbres familiares y culinarias concretas. El ayuujk encarna el nacimiento, desarrollo y consolidación de un pueblo que sigue luchando por ser respetado y reconocido. Inspirada en el periodista mapuche Pedro Cayuqueo, Yásnaya Elena plantea, en su libro Un nosotrxs sin estado, que México es un Estado plurinacional y no una nación multicultural; critica la educación indígena impartida en español, los hospitales y juzgados sin intérpretes que conozcan la lengua de cada región. La idea de mexicanidad —reclama— los ha ignorado: “No hay penacho de Moctezuma ni mariachi ni huapango de Moncayo ni china poblana que pueda borrar ese hecho. La multiculturalidad niega la idea de nación tal y como fue pensada en sus inicios por los que la proclamaron”.

Si se ha construido una nación unívoca que niega la diversidad, solo hay una aparente salida para la autora: la conformación de un Estado plurinacional en el que se reconozca a las comunidades indígenas como naciones con derecho a la autodeterminación social, económica, lingüística y política. La idea es una seductora utopía. Sin embargo, el lector no puede dejar de preguntarse cómo, en un entorno global que encarna la competencia permanente, se podría legitimar geopolíticamente la existencia de 68 naciones bajo el lema de un país llamado México.

Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística pone sobre la mesa un conflicto social que cobró fuerza política, en 1994, con el levantamiento zapatista y, más tarde, en 1995, con los Acuerdos de San Andrés Larraínzar. A 25 años, el despojo de tierras y la extracción de recursos naturales a las comunidades indígenas sigue sucediendo. El Estado mexicano no ha incorporado un modelo que respete la riqueza cultural y geográfica del territorio. En la narrativa nacionalista promovida desde el Estado, la diversidad cultural de México no ha sido efectiva ni equitativamente incorporada. El sistema de castas se ha superado porque ya no se obliga a escribir la etnia o grado de pureza de la sangre en un acta de nacimiento. No obstante, como afirma la autora, aún existe el gesto disuasorio en los registros civiles para no darles a los recién nacidos nombres que no provengan del español o del inglés; aún se escriben notas periodísticas en que un problema judicial, de salud o de autoridad, se reporta como un problema originado por no saber hablar español. Si bien es cierto que el español mexicano hace tiempo que dejó de ser colonizante, en el sentido de que no representa valores y variantes de un lugar lejano llamado España, y en el sentido de que el español de México es ya patrimonio cultural del país, también es un hecho que las instituciones gubernamentales y la educación pública siguen aplicando prácticas colonizantes en los servicios institucionales que ofrecen a comunidades indomexicanas. De ahí el valor de Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística de Aguilar Gil, un libro que pone en evidencia las prácticas insuficientes e injustas con que se incorpora a estas comunidades y el discurso nacionalista que afirma lo contrario.

§

En La vida contada por un sapiens a un neandertal (Alfaguara, 2020), el paleoantropólogo Juan Luis Arsuaga se esfuerza por explicarle al escritor Juan José Millás la razón por la cual los australopitecos se desplazan de la selva tropical a la pradera: buscan la luz. Al ver una frutería —porque la conversación ocurre en una caminata por el mercado—, Arsuaga rectifica y decide hablar mejor del Homo erectus. Seguramente, por su capacidad de coleccionar frutas. Millás expresa que así habrá más orden en la exposición. La indignación del paleontólogo es más que sugestiva: “–Oye, qué es eso del orden. Esto no es un cuento. Si quieres un cuento, te lees el Génesis. La evolución no tiene la estructura de un relato. No hay planteamiento, nudo ni desenlace. La evolución es el mundo del caos”.

El pasaje me hizo reflexionar en las anotaciones que hice al principio de este texto. La exuberancia de la existencia es, al margen de nuestro pensamiento, siempre caótica. Somos nosotros quienes, acorralados por la conciencia y la angustia connatural que esta desata, nos vemos en la necesidad de construir relatos sobre los hechos que experimentamos o de los cuales tenemos noticias. Los hechos están ahí, sueltos. Cada día salimos a la calle, o al espacio digital, a encontrarnos con los otros. Cada uno hilvana con palabras la historia que es capaz de construir. La madre de todas las batallas es la lucha entre estas narrativas porque ahí se define quién entra o quién sale de la escena; quién tiene derecho o quién no. Arsuaga sabe que los hechos pueden significar por un instante y en un contexto reducido, para luego seguir suspendidos en el espacio de lo no explicable o a merced de narrativas diversas.

En Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística se construye una narrativa sobre la historia indígena de México y de sus lenguas. ¿Fueron los indígenas de la era de la domesticación del maíz, hace 9000 años, los mismos sometidos durante 300 años por los españoles? ¿Es el mexicano una invención ilegítima del proyecto nacional de 1821? ¿Cómo integrar la existencia del español de México (la lengua) con la existencia de las lenguas originarias? Construir un territorio narrativo para luchar por una nación, o por un ideal social, tiene mucho más peso que la narrativa con la que recordamos nuestras vivencias cada noche. Sin embargo, ambas narrativas son brújulas capaces de guiar individuos y legiones. La narrativa de una nación y los hechos en que se fundamenta tendrán que ser siempre inclusivos, sin prejuicio de ningún grupo humano, o entidad natural que habita el territorio. Cuando Yásnaya Aguilar Gil analiza la coexistencia de las lenguas y de las culturas parece saber esto último. La narrativa de los ensayos que componen este libro es una defensa de las lenguas originarias de México y de los pueblos indígenas que las hablan. También es una genuina invitación a que dichas lenguas se incorporen al horizonte sociopolítico de los hablantes nativos del español de México.

• Yásnaya Elena  A. Gil, Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística, Ana Aguilar Guevara, Julio Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez (comps.), México, Almadía, 2020.

Patricia Córdova es profesora investigadora de Lingüística Hispánica y directora de la División de Estudios Históricos y Humanos de la Universidad de Guadalajara.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Los estudis comprendràn de corses de lenga, d’istòria, de cultura, d’organizacion e gestion d’eveniments, de musica e d’etnomusicologia

La Nòva Escòcia es una província maritima de Canadà ont, delà l’ultramajoritari anglés e lo francés, se parla, entre tant, la lenga mik’mag e lo gaelic escocés. Ara, son primièr ministre, Iain Rankin, a anonciat un investiment d’1,92 milion de dolars (aperaquí 1,25 milion d’èuros) per renovelar un ancian convent e i crear un campus universitari del Collègi Gaelic ont se fa d’estudis superiors del gaelic escocés, ço rapòrta Nova Scotia.

“Aquel investiment ajudarà a promòure, preservar e perpetuar la lenga, la cultura e l’identitat del gaelic”, çò diguèt Rankin en remarcant l’importància de l’educacion e de las comunautats pel mantenement e per la promocion de la lenga.

Los estudis comprendràn de corses de lenga, istòria e cultura gaelicas, un certificat executiu en organizacions culturalas e gestion d’eveniments e un autre certificat executiu en musica e etnomusicologia.

[Imatge: Colaisde na Gàidhlig / The Gaelic College – poblejat dins http://www.jornalet.com]

La joven no duda de su identidad y está orgullosa de la misma.

Por Luis Alberto Laborda

Meztli Henriquez es una joven canadiense hija de un matrimonio compuesto por una integrante de los pueblos originarios de Canadá y un inmigrante latinoamericano.

Nacida y criada en un hogar compuesto por dos universos culturales aparentemente distantes, la joven sintió desde pequeña que tenía que relacionarse, mantener y fomentar las múltiples influencias que significa su doble raíz.

A lo largo de su vida ha experimentado en carne propia las complicaciones de lo que significa el multiculturalismo, cuando sus allegados, amigos y compañeros de la escuela le decían que no era latina, indígena ni canadiense.

Muchas personas me decían que yo no soy ni salvadoreña ni dené. Para mí, eso era algo difícil de comprender… ¿Qué soy entonces? Meztli Henriquez.

Mientras crecía en su Saskatchewan natal, pronto se vio inmersa en un mundo donde el idioma que prevalecía era el inglés, y creció sin aprender la lengua indígena materna.

El lenguaje es el principal instrumento que los humanos tenemos para comunicarnos con los demás. Sin él, estamos aislados, solos. Meztli Henriquez.

Lejos de desanimarse, comenzó a estudiar el dene suliné por su cuenta.  Se trata de una lengua que se usa en la región central de Canadá y que en la actualidad es hablada por 12.000 personas, aproximadamente.

La joven creció en un hogar de madre indígena dene y padre salvadoreño.

Su interés por las lenguas llevó a Meztli a presentar un trabajo en el marco de sus estudios universitarios, en el que aborda la problemática de la preservación de los idiomas minoritarios en Canadá, principalmente los de raíz indígena.

El documento fue saludado con elogios por uno de los responsables del departamento de lingüística de la Universidad de Saskatchewan, quien no solo resaltó la preocupación de la estudiante por la preservación de la cultura de los pueblos originarios, sino que sostuvo que se trata de un aporte valioso para de comprender la relación estrecha que existe entre el idioma y el bienestar de las personas.

Por su trabajo, Henriquez fue galardonada recientemente en el marco de la Semana de los Logros Indígenas, que se propone reconocer los esfuerzos de los estudiantes mestizos, inuits y de las primeras naciones.

La joven se propone la ambiciosa meta de convertirse en impulsora de un programa de revitalización de la lengua dene suliné, para evitar que otras personas repitan su experiencia y puedan caminar por la vida conscientes de sus raíces y en contacto fluido con las mismas.

Muchos de los jóvenes de la comunidad dene no conocen el idioma de sus mayores, porque se expresan principalmente en inglés. Es necesario aumentar su número de hablantes. Meztli Henriquez.

Pero a esta inquietud, nuestra entrevistada suma otra, que es la de propiciar las instancias y multiplicar las ocasiones para que las personas mayores sigan su formación.

Henriquez quiere crear un programa de revitalización lingüística y cultural.

Meztli considera un error suponer que la educación, la instrucción y la actualización de conocimientos deben estar reservadas a los jóvenes.  Los adultos mayores, en algunos casos, viven la situación inversa, se expresan mayoritaria o exclusivamente en su idioma ancestral y, en consecuencia, cuentan cada vez con menos medios para mantenerse informados, para saber lo que sucede fuera de su entorno más cercano… Se trata de personas esenciales para mantener el dele suliné con vida…

La experiencia y anhelos de una joven que muestra con orgullo que la multiplicidad de raíces es un tesoro que vale la pena preservar y que los idiomas son parte indispensable en la tarea.

Meztli Henriquez no brinda más detalles en entrevista con Radio Canadá Internacional.

 

[ Fotos: Meztli Henriquez – fuente: http://www.rcinet.ca]

Un poster compare les trois systèmes d'écriture du sora.

[1] L’alphabet sora (saura), le Sorang Sompeng, et ses caractères équivalents en latin et en odia. Image de Wikipedia par Hpsatapathy [1], sous licence CC BY-SA 4.0.

Écrit par Subhashish Panigrahi – traduit par Méli Vcnt

[L’article d’origine [2] a été publié en anglais le 3 novembre 2020. Sauf mention contraire, tous les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

La créatrice indienne de polices de caractères, Sony Salma, a mis au point une nouvelle police pour l’alphabet Sorang Sompeng [3] qui est utilisé dans la transcription du sora [4], une langue parlée en Inde.

D’après le recensement indien de 2011, le sora (également connu sous le nom de saura) est une langue autochtone parlée par près de 409 549 personnes localisées dans certaines régions de l’état d’Odisha [5], situé à l’est de l’Inde, et dans son état voisin, l’Andhra Pradesh [6]. L’alphabet latin et l’alphasyllabaire odia sont exploités pour le sora, de même que le Sorang Sompeng dont l’usage restreint s’explique en partie par la concurrence avec ces deux systèmes d’écriture majeurs.

L’alphabet Sorang Sompeng – ou Sora Sompeng – a été initialement inventé par Malia Gomango en 1936. Son gendre Mangei Gomango [7] a joué un rôle important dans la promotion de cet alphabet en établissant une typographie qui a été utilisée dans différents livres.

Cet alphabet a été employé tout d’abord dans des contextes religieux, et les pratiquants de la religion traditionnelle sora l’utilisent toujours. Mais comme de nombreux locuteurs du sora se sont au fil du temps convertis au christianisme et à l’hindouisme, la Bible et d’autres textes religieux ont été traduits à l’aide des caractères latins et odia ; le Sorang Sompeng a ainsi été laissé pour compte [8].

En 2012, le Sorang Sompeng a été redynamisé par son intégration dans le système Unicode [9] [pdf], un standard d’encodage universel, qui permet une utilisation continue et multiplateforme (contrairement aux standards qui l’ont précédé, tels que ASCII [10]).

Toujours en 2012, Sony Salma a inventé sa première police de caractères pour le Sorang Sompeng, dont l’utilisation se répand désormais dans la presse écrite et dans les médias numériques, et ce malgré son emploi limité à grande échelle.

Sony Salma espère que sa nouvelle police d’écriture, disponible en novembre 2020, relancera davantage l’usage de cet alphabet par les locuteurs natifs du sora.

La plupart des communautés autochtones telles que les Sora manquent de ressources financières. Rares sont celles qui peuvent compter sur des spécialistes tels que Sony Salma. Des initiatives comme la sienne aident ces communautés à préserver sous forme écrite leurs traditions orales et à utiliser Internet dans le but d’échanger des connaissances dans leurs propres langues.

J’ai interviewé Sony Salma, pour Rising Voices, de façon à en apprendre plus sur son travail et sur son soutien envers la communauté sora.

Subhashish Panigrahi (SP) : Pourriez-vous nous en dire plus sur votre projet de création de la police Sorang Sompeng ?

Sony Salma (SS) : Tout d’abord, je fais partie de la communauté Kondha [11] d’Odisha et le sora n’est pas ma langue maternelle. J’ai été curieuse de connaître l’alphabet Sorang Sompeng et j’ai lancé la création de caractères spéciaux en décembre 2012. C’est sans expérience préalable et sans aucun contact avec d’autres créateurs de polices que j’ai fait ma propre recherche documentaire en ligne pour connaître les bases de ce système d’écriture. J’ai mis cela à profit et je me suis inspirée d’un livre sora imprimé. J’ai esquissé le style visuel des caractères et je les ai intégrés à un format de police numérique OpenType Font [12] (OTF) en remplaçant les glyphes [13] déjà existants. La police a ensuite été mappée par le code américain normalisé de l’échange d’information (American Standard Code for Information Interchange,ASCII), un système d’encodage de ce qui est de nos jours obsolète. Ces huit dernières années, la police de caractères a été utilisée par les Sora afin d’imprimer des livres, des calendriers et des cartes d’invitations.

En tant qu’étudiante en Master de Design à l’Institut indien de technologie (Indian Institute of Technology, IIT) de Bombay, j’ai eu l’opportunité de travailler avec un typographe renommé, qui mène également des recherches dans le domaine du design typographique, le professeur Girish Dalvi. Je travaille en ce moment-même sur une version plus récente de mon ancienne police sous sa direction.

Un ordinateur avec des caractères sora

[14] Un clavier d’ordinateur doté de touches sur lesquelles sont placées des vignettes représentant les caractères sora. Le traitement de texte est ainsi facilité. Image de Sony Salma, sous licence CC-BY-SA 4.0. [15]

SP : Pourriez-vous nous en dire davantage sur les outils et les autres ressources utilisées dans l’écriture du Sorang Sompeng ?

SS : De nombreuses personnes utilisent sur leurs ordinateurs la typographie que j’ai relancée en 2012. Cette dernière intègre actuellement une famille de caractères libres publiée par Google, le Noto Sans Sora [16] , et les outils de saisie multilingue déjà existants tels que le Sora Basic keyboard [17] pourront servir au traitement de texte en sora. En attendant, j’ai demandé à des experts d’examiner ma nouvelle typographie qui devrait bientôt être disponible. Les Sora auront donc prochainement accès à de multiples polices modernes, de bonne qualité et compatibles avec Unicode.

Comme la plupart des utilisateurs de smartphones sont sur Android, l’inclusion du sora dans la célèbre application Gboard [18] devrait augmenter l’usage du sora sur mobile, notamment chez les locuteurs les plus jeunes. Beaucoup d’utilisateurs trouvent son téléchargement complexe du fait d’un trop grand nombre d’étapes au cours du processus d’installation.

Le groupe se tient debout, posant devant un mur où figure un poster de l'alphabet odia. Tous sont des hommes, sauf Sony Salma.

[19] Une rencontre récente organisée par Sony Salma afin de récolter les premières impressions concernant sa nouvelle police de caractères, qui sera bientôt disponible. Image de Sony Salma, sous licence CC-BY-SA 4.0 [15].

SP:  Pourriez-vous nous expliquer comment sont prises les décisions concernant la langue sora et son système d’écriture ?

SS : Bien qu’il soit compliqué de parler d’un pouvoir décisionnel centralisé ou décentralisé, il existe de nombreuses organisations qui contribuent au développement de la langue et de son système d’écriture. D’ailleurs, l’une d’entre elles, Matarvanam Vigyan Prachar Ashramn, est dirigée par Dinansmi Gomango qui n’est autre que le fils de Mangei Gomango. Il y a très probablement d’autres actions menées par la communauté sora en Andhra Pradesh.

SP :  Comment cette langue est-elle enseignée ? Quels sont les enjeux de sa promotion ? Comment améliorer son développement ?

SS :  Les rares personnes et associations qui mettent en œuvre l’essentiel des opérations afin de promouvoir la lecture et l’écriture du sora, manquent de ressources financières et ont un faible débit Internet.  Ces acteurs ont conçu des livres qui permettent de découvrir l’alphabet Sorang Sompeng, son système de numération, son histoire mais également quelques poèmes. Certains professeurs de sora essaient d’enseigner cette langue aux jeunes locuteurs en dehors du programme scolaire.

Les résultats seraient encore plus impressionnants si les différentes actions bénéficiaient d’un appui politique comme la récente National Education Policy 2020 [20]. Cette politique prône la pratique de la langue maternelle ou de la langue locale comme langue d’instruction jusqu’à l’âge de onze ans, voire jusqu’au collège et au-delà.

Des outils éducatifs et performants, tels que des documents imprimés, des supports audio-visuels, seront nécessaires afin de mettre en œuvre cette politique. Cela demande une collaboration des responsables politiques, des éducateurs, des designers et même des organisations moins formelles comme Anganwadi [21].

SP : Quels sont vos futurs projets en collaboration avec la communauté sora ?

SS :  La simple numérisation de l’écrit ne suffit pas. C’est pourquoi j’ai voulu aider les Sora à créer des archives concernant leur propre culture et leurs pratiques traditionnelles – y compris l’usage de plantes dans les médicaments, dans les recettes – et sur leur système d’agriculture. Je désire réaliser ou explorer une plateforme afin de recueillir des informations sur la communauté sora. J’aimerais également que ces données soient collectées par les membres de cette communauté. Enfin, je serais enchantée de pouvoir étudier ces données et de les exploiter afin de tester les modèles d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle, l’objectif étant de développer des outils linguistiques sophistiqués.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/01/31/258601/

URLs dans ce post :

[1] Image: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Saura_Script_invented_by_Mangei_Gomango.jpg

[2] article d’origine: https://globalvoices.org/2020/11/03/sora-an-indigenous-language-from-india-is-getting-a-new-typeface/

[3] Sorang Sompeng: https://en.wikipedia.org/wiki/Sorang_Sompeng_script

[4] transcription du sora: https://en.wikipedia.org/wiki/Sora_language

[5] l’État d’Odisha: https://en.wikipedia.org/wiki/Odisha

[6] l’Andhra Pradesh: https://en.wikipedia.org/wiki/Andhra_Pradesh

[7] Mangei Gomango: https://en.wikipedia.org/wiki/Mangei_Gomango

[8] laissé pour compte: https://www.endangeredalphabets.net/alphabets/sorang-sompeng/

[9] le système Unicode: http://std.dkuug.dk/jtc1/sc2/wg2/docs/n3647.pdf

[10] tels que ASCII: https://en.wikipedia.org/wiki/ASCII

[11] Kondha: https://en.wikipedia.org/wiki/Khonds

[12] OpenType Font: https://en.wikipedia.org/wiki/OpenType

[13] glyphes: https://en.wikipedia.org/wiki/Glyph

[14] Image: https://globalvoices.org/wp-content/uploads/2020/10/SoraSompengOnDesktop3.jpg

[15]  CC-BY-SA 4.0.: https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

[16] Noto Sans Sora: https://github.com/googlefonts/noto-fonts/tree/master/hinted/ttf/NotoSansSoraSompeng

[17] Sora Basic keyboard: https://keyman.com/keyboards/basic_kbdsora

[18] Gboard: https://play.google.com/store/apps/details?id=com.google.android.inputmethod.latin&hl=en_US&gl=US

[19] Image: https://globalvoices.org/wp-content/uploads/2020/10/SoraSompengFeedbackMeeting7-1.jpg

[20] National Education Policy 2020: https://www.thequint.com/news/education/emphasis-on-mother-tongue-as-medium-of-instruction-till-5th-nep

[21] Anganwadi: https://en.wikipedia.org/wiki/Anganwadi

 

S’il est parfois employé sans mauvaise intention, ce terme sert principalement à discréditer les langues privées de statut officiel. Mieux vaut pour cette raison ne pas l’utiliser.
Écrit par Michel Feltin-Palas
On le sait notamment depuis George Orwell et son célèbre roman 1984 : qui veut contrôler la pensée contrôle d’abord les mots servant à l’exprimer. Aussi est-il utile de se pencher sur un terme qui a joué un rôle décisif dans le sort des langues régionales en France : patois.
Commençons par l’étymologie. Selon le très sérieux Dictionnaire historique de la langue française des éditions Le Robert, celui-ci trouverait son origine dans l’ancien français patoier « agiter les mains, gesticuler (pour se faire comprendre comme les sourds-muets) ». Une autre hypothèse a été avancée par le grammairien du XVIIe siècle Gilles Ménage. Lui renvoyait à la formule latine patrius sermo, soit « la langue des pères », celle que l’on apprend oralement en famille, mais que l’on n’écrit pas. Patrius aurait ensuite évolué en patrois, puis en patois.
Une chose est certaine : ce vocable n’a rien de neutre. « Au Moyen Age, patois désignait toutes les autres langues. C’est à partir de la fin du XVIe siècle qu’il va se spécialiser. Alors que les idiomes des pays étrangers sont désignés par leur nom – l’italien, l’anglais, l’allemand – on réserve patois aux langues des Provinciaux », souligne Gilles Couffignal, maître de conférences en histoire de la langue à la Sorbonne. Dans la première édition de son Dictionnaire, en 1694, l’Académie française écrit ainsi : « Langage rustique, grossier comme est celuy d’un païsan, ou du bas peuple. » Même a priori chez Diderot, dans l’Encyclopédie, où l’on peut lire : « Patois. Langage corrompu tel qu’il se parle presque dans toutes les provinces : chacune a son patois […]. On ne parle la langue que dans la capitale. »
Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que cette vision commence à être remise en cause. Après avoir étudié le sujet avec un peu de rigueur, les linguistes en arrivent à une conclusion implacable : il est scientifiquement impossible d’utiliser le même mot pour désigner des langues d’origine celtique (le breton), germanique (le flamand, le platt), latine (le picard, le gallo, le gascon, le provençal, le catalan, le corse, etc) sans oublier le basque, que l’on ne peut rattacher à aucune de ces familles.
Les prétendus patois seraient donc de véritables langues n’ayant simplement pas la chance de bénéficier d’un statut officiel ? L’argument ne plaît pas à tout le monde. Soucieux de justifier l’unité du pays et la prééminence du français à l’école, un autre groupe de linguistes aux penchants nationalistes allume un contre-feu. Parmi eux : « Gaston Paris et Paul Meyer, définissent alors les patois comme les « évolutions naturelles du latin » », indique Gilles Couffignal. Une théorie qui se heurte toutefois à deux nouvelles difficultés. La première est qu’elle ne résout pas la question des langues de France non issues du latin. La seconde est qu’elle conduit en bonne logique à classer le français comme l’un de ces patois, puisque lui-même est issu du latin. Pensée sacrilège !
Gaston Paris (le bien nommé) sort alors de son chapeau le « francien », prétendu dialecte parlé anciennement en Ile-de-France, lequel, dit-il, aurait fini par l’emporter sur les autres langues d’oïl. Pur artifice, là encore. « Qu’est-ce qui a présidé à l’invention du francien ? C’est le fait de grammairiens républicains ou proches de la République, et jacobins, souligne le linguiste Bernard Cerquiglini. Leur vision est celle d’un pouvoir central fort qui, par le moyen de l’école, diffuse sa langue comme l’idéal républicain dans les provinces, voire les colonies. »
Malgré la faiblesse de son argumentation, Gaston Paris parvient pourtant à imposer ses vues. Il faudra attendre la montée des revendications régionalistes, dans la seconde partie du XXe siècle, pour qu’un autre discours émerge peu à peu. Les défenseurs des langues minoritaires refusent l’étiquette infamante de « patois » et finissent par obtenir gain de cause. Très symboliquement, depuis 2001, une délégation du ministère de la Culture s’occupe du français et des « langues de France ».
Hélas… Chassé des textes officiels, le mot reste en usage dans les représentations collectives, y compris chez certains locuteurs, qui reprennent à leur compte le terme dont les représentants de l’État – notamment les instituteurs – ont toujours désigné leur langue. « Pour eux, patois renvoie à leur manière intime de s’exprimer, à la langue des sentiments profonds », relève Gilles Couffignal. Il ne s’agit surtout pas de les en blâmer, mais cette attitude relève typiquement du « complexe du colonisé », c’est-à-dire une situation où les dominés adoptent les codes du dominant, faute de « conscientisation », comme on disait naguère.
Soyons honnêtes. Il existe une dernière acception de ce terme. Purement technique, elle consiste à décrire la variation locale d’une langue, sans connotation péjorative aucune. « Un patois, écrit ainsi la linguiste Henriette Walter, est une langue à part entière, qui se parle dans une aire géographique limitée et qui a connu une évolution légèrement différente de celle des patois voisins. »
Cette approche ne m’a cependant jamais convaincu pour une raison très simple : si l’on adopte cette terminologie, l’on devrait, en toute rigueur, l’appliquer à tous les idiomes de la planète qui diffèrent peu les uns des autres. Évoquer par exemple les patois français de Belgique, du Québec ou… de Paris; ou encore affirmer que Shakespeare utilisait le patois britannique de l’anglais tandis que Faulkner écrivait en patois américain. Or il se trouve qu’on ne le fait jamais, ce vocable étant exclusivement réservé à nos pauvres langues régionales. Conclusion ? Patois est à langue ce que « youpin » est à juif ou « pédale » à homosexuel : un terme dont la vocation est de rejoindre le cimetière des mots à bannir de l’usage courant.
[Source : http://www.lexpress.fr]
Dans un pays historiquement multilingue, il paraîtrait logique d’écrire les noms de lieux en catalan, en basque ou en breton. Mais on est en France…

Écrit par Michel Feltin-Palas

Je ne prends pas grand risque en en faisant le pari : la plupart d’entre vous ne connaissez pas Treis-Sants-en-Ouche« commune nouvelle » d’environ 1400 habitants située dans l’Eure, regroupant les anciennes localités de Saint-Aubin-le-VertueuxSaint-Clair-d’Arcey et Saint-Quentin-des-Isles. Pourquoi ai-je décidé de vous en parler cette semaine ? Parce que l’appellation de cette nouvelle collectivité, qui signifie littéralement « Trois saints du pays d’Ouche », est écrite en normand et que cet exemple permet de poser concrètement la question de la langue utilisée en France pour désigner les noms de lieux.
Au départ, une idée simple : « Nous avons fait ce choix parce que ce sont nos racines, notre culture », explique Marc Descamp, le premier magistrat de la localité. Seulement voilà, on est en France et, en France, on n’utilise pas n’importe quelle langue dans l’espace public. En la matière, des préconisations ont été fixées par la commission nationale de toponymie – une instance interministérielle. En substance : le français s’impose pour les noms des circonscriptions administratives – « région », « département », « commune », etc. -, ainsi que pour la partie générique des artères : « rue », « avenue », « boulevard », etc. En revanche, pour le reste, les langues régionales retrouvent droit de cité (c’est le cas de le dire), du moins là où elles sont ou ont été en usage. En Languedoc, rien n’interdit par exemple d’évoquer la « rue du Marcat » (rue du Marché). « Cette position nous paraît conforme à l’article 2 de la Constitution, qui indique que « la langue de la République est le français », et à son article 75-1, qui prévoit que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » », souligne Pierre Jaillard, le président de la commission. Dans ce cadre, la formule « commune nouvelle de Treis-Sants-en-Ouche », avec un nom générique en français et une partie spécifique en normand, ne pose aucun problème.
Cette position est cependant jugée beaucoup trop tolérante par le ministère de l’Intérieur. D’ailleurs, dans un premier temps, le préfet du département de l’Eure s’était opposé à cette appellation. « Heureusement, le sous-préfet de Bernay nous a soutenus et a réussi à convaincre son supérieur », se souvient Marc Descamps. Qu’à cela ne tienne, ledit ministère – qui a refusé de répondre à L’Express – voit d’un mauvais œil la valorisation des langues régionales, perçues comme un ferment de séparatisme. Et si l’existence d’un mouvement d’indépendance normand vous a échappé, rassurez-vous : ni Gérald Darmanin ni ses équipes ne l’ont repéré. Non, ce qu’ils redoutent, c’est que Treis-Sants-en-Ouche ne donne des idées à d’autres. Qu’en Corse, Ajaccio – à la française – ne soit rebaptisée Aiacciu, pour prendre un exemple qui ne doit rien au hasard. Car derrière la langue, il y a la culture, l’identité, le sentiment d’appartenir à un groupe. Et cela, au ministère de l’Intérieur, on n’apprécie pas vraiment.
C’est pourquoi sa direction générale des collectivités locales a fait pression pour que toute allusion aux langues régionales soit retirée des documents diffusés par la commission nationale de toponymiecomme en témoigne le compte rendu de la réunion qui s’est tenue sur le sujet. Dans ses « amendements au considérant 15 », il est spécifié : « si Ajaccio créait une commune nouvelle avec une commune voisine, la nouvelle entité ne devrait pas s’appeler Aiacciu, mais soit Ajaccio, soit un nom vraiment nouveau. » Pour plus de sûreté, la discrétion est clairement préconisée : « Le considérant 15, même ainsi amendé, ne sera pas cité dans le Guide pratique à l’usage des élus. »
Pour autant, il serait abusif de considérer qu’il y a eu en France une volonté systématique de franciser des noms de lieux. En Bretagne, en Corse, en Provence, au Pays basque, en Provence, on trouve ainsi à foison des appellations qui témoignent de l’histoire linguistique de ces territoires. Il y a à cela une raison simple : pendant longtemps, l’État s’est totalement désintéressé de cette question (1). C’est seulement après-guerre, avec la création d’organismes comme l’Insee ou de l’Institut Géographique National (IGN), qu’il a entrepris de fixer des règles. Encore l’approche était-elle avant tout pragmatique : pour l’essentiel, on cherchait à mettre un terme à l’anarchie qui régnait en matière d’accents ou de traits d’union, afin d’améliorer l’efficacité des recensements.
Cela ne veut pas dire que l’État soit resté neutre en la matière. Dans les faits, d’innombrables noms de lieux ont bel et bien été francisés, souvent avec un total amateurisme, comme on peut le constater en lisant l’ouvrage 20 000 lieux sous la loupe, qu’Yves Lavalade a consacré à la région du Limousin (1). À Vitrac-sur-Montane (Corrèze) Las Peiruças – les sols caillouteux – sont ainsi devenus… Les Perruches ! À Lignac (Indre), Los Caraudis – les touffes de noisetiers – ont été transformés en Les Cœurs-Dits tandis qu’à Juillaguet (Charente) Los defens – parcelles interdites à la pâture – ont été traduits par Les Défunts. Une démarche tristement révélatrice de l’ignorance de Paris à l’égard des langues minoritaires.
Certains diront qu’il y a des malheurs plus grands dans le vaste monde et ils n’auront pas tort. J’aimerais toutefois connaître leur réaction le jour où, à Dieu ne plaise, une Europe anglophile adopterait la même démarche et rebaptiserait Bordeaux « Waterfront« , Tours « Towers » et Paris « Bets« . Ce jour-là, peut-être comprendraient-ils ce que ressentent leurs compatriotes attachés à l’histoire et à la culture de leur région.
(1) 20 000 lieux sous la loupe, Yves Lavalade (illustrations de Jean-Louis Savignac), Éditions Le Puy Fraud.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]