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Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

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La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

El escritor rumano-nerlandeés Stefan Popa captura al pueblo arrumano olvidado en la literatura en « Si la adelfa sobrevive al invierno », quizás justo antes de que desaparezca para siempre.
Escrito por EVARISTO AGUADO

Una gran epopeya europea sobre la vulnerabilidad de los pueblos pequeños en un mundo en expansión Pitu se está muriendo. Y, sin embargo, tiene mucho por lo que vivir. Su hija, Samarina. Su pueblo, Crushuva, en las cimas de las montañas más altas y hermosas de Macedonia. Y su comunidad, los arrumanos, con su propia lengua —parecida al rumano con in!uencias griegas— que todavía es hablada por una gran minoría en toda la región. Hasta ahora, al menos. Todo el mundo los ha olvidado, aunque ellos fueron los que hicieron los Balcanes. Ellos son los Balcanes.

Si la adelfa sobrevive al invierno es una historia inolvidable y conmovedora de un hombre que está a punto de morir y un pueblo que está desapareciendo del mapa. Un libro sobre la identidad y su transitoriedad y sobre una pequeña comunidad de personas en una Europa en constante expansión. Con su libro, Stefan Popa captura al pueblo arrumano, olvidado en la literatura, justo antes de que se desvanezca para siempre.

Stefan Popa (Vleuten-De Meern,1989) es escritor y periodista independiente. De origen mitad holandés, mitad rumano, es también un experto en los Balcanes y a menudo es contratado por emisoras de radio y televisión para informar o reflexionar sobre la actualidad balcánica. Autor de multitud de relatos inéditos y cuatro novelas publicadas, su estilo de escritura ha sido descrito como lírico, poético, sin una palabra fuera de lugar. Este autor joven y comprometido tiene un enorme potencial aún por revelar fuera de los Países Bajos.

 

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

La pressió del mercat sobre les llengües minoritàries genera cada cop més moviments de protecció

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Escrit per RUDOLF ORTEGA
El moviment globalitzador dels darrers anys, a cavall d’un liberalisme desacomplexat, ha definit un nou marc de relacions entre llengües que ha servit, sobretot, per fer que les llengües grans siguin encara més grans i que les petites, en un horitzó de mitjà o llarg termini, es vegin abocades a la desaparició; ja no ens sorprenen les projeccions que diuen que al llarg del segle XXI desapareixerà el 95% de la diversitat lingüística mundial. L’expansió d’internet des de primers de segle i la democratització del turisme han estès encara més les llengües de privilegi —aquelles que compten amb desenes de milions de parlants, que tenen una sòlida presència al mercat i capacitat d’irradiació fora del seu domini lingüístic com a llengua estrangera—, fins al punt que possiblement, avui, seria difícil trobar al món un percentatge de població significatiu que no parlés una d’aquestes llengües, ni que fos a un nivell bàsic. Ens referim per descomptat a anglès, castellà, francès, alemany, italià, portuguès, rus, àrab, urdú, xinès, japonès, i potser alguna altra.

El mercat és implacable i no té gaires manies a escombrar el que no es pot vendre de manera massiva. I les llengües minoritàries no són precisament gaire atractives en aquest sentit. Ja ens hem acostumat a trobar paquets de galetes etiquetats no ja en més d’una llengua de l’estat, cosa que reflectiria una determinada realitat sociocultural —i política—, sinó directament en castellà i portuguès, cosa que reflecteix la prevalença dels interessos logístics i la distribució a gran escala. Com ens hem acostumat a servir els turistes que ens visiten en la més variada poliglòssia però amagant la llengua d’aquí, fet que desemboca en la paradoxa de voler donar a conèixer el país com si estigués mancat de llengua pròpia.

El panorama, doncs, no és especialment encoratjador, però cal destacar els moviments de flux contrari, que en percebre la pressió de les llengües hegemòniques estan construint un nou relat de defensa de les llengües petites al voltant de la idea de revolta. Així com, des del privilegi, el fet de parlar una llengua no hegemònica ha estat sempre malvist com un acte de provincianisme, d’incultura o de curtesa de mires, avui ja són molts els parlants d’aquestes llengües que n’entenen l’ús com un acte antisistema, com una espurna de rebel·lia, com un defecte a Matrix que pot fer petar el sistema. Tant pot ser pujar a un taxi i engegar d’entrada un ‘bon dia’ com fer sistemàticament les cerques a internet en català tot qüestionant les previsions dels algoritmes.

Potser el pes abassegador del mercat ha acabat provocant la necessitat d’agafar-se a elements que proporcionin, encara, un mínim de pertinença en un entorn en què la globalització ha difuminat els límits de les identitats conegudes. I no és estrany que en els marges del corró de les llengües hegemòniques apareguin resistències a la uniformitat. A Aragó, per exemple, algú com Jorge Pueyo s’ha servit de les eines de la globalització per donar a conèixer una llengua que deien que només parlaven la gent gran, i buscant-los als pobles. A França ja hem vist com les gasta d’estat per tirar enrere una llei que consagrava l’ensenyament en les llengües pròpies, però en lloc de tancar el tema ara s’han trobat les demandes de canviar fins i tot la constitució. I a Irlanda del Nord el Sinn Féin va bloquejar la formació del nou executiu autonòmic fins que els unionistes no tiressin endavant la llengua que hi protegeix l’irlandès, cosa que aquests no han fet i que ha provocat la intervenció de Londres. Fins i tot algunes comunitats indígenes nord-americanes van veure en la vacunació de la covid una manera de protegir els seus parlants de més edat.

És clar que no està tot perdut per a la diversitat, però les mesures que es prenguin des de les llengües petites les han de prendre els seus usuaris mateixos. Ningú des del privilegi mourà un dit per apuntalar el que pretén allisar.

[Imatge: ALBERT GARCIA – font: http://www.elpais.com]

Escrito por Margarita Correia

Prometido é devido e eu, mulher de palavra(s), aqui trago o Roteiro para a língua mirandesa, publicado pela Associaçon de Lhéngua i Cultura Mirandesa (ALCM), no Dia de la Lhéngua, disponível em https://lhengua.org/roteiro/, com versões em mirandês, português e inglês; reportar-me-ei à versão portuguesa.

Além de uma síntese da situação atual e visão estratégica (ponto 1 do documento), e de uma caracterização da ALCM (4.), o Roteiro apresenta dois tópicos centrais: o Roteiro propriamente dito (2.), que « delineia um roteiro para a proteção e o desenvolvimento do mirandês a longo prazo », e um Plano de Desenvolvimento (3.), que « identifica e descreve os projetos mais urgentes e exequíveis ».

O Roteiro define quatro linhas estratégicas, a saber: documentar e estudar o mirandês (2.1.); aumentar o número de falantes ativos (2.2.); aumentar a visibilidade da língua e da cultura mirandesas (2.3.); e criar emprego no contexto das língua e cultura (2.4.). Documentar o mirandês (registar, de modo extenso e sistemático, exemplos do seu uso nos mais variados contextos culturais e sociais, visando a criação de acervos digitais sustentáveis) reveste-se de extraordinária importância e urgência, dada a idade avançada da população que usa a língua no quotidiano, em contextos diversificados. Aumentar o número de falantes ativos, especialmente jovens, é crucial para a sobrevivência de qualquer língua.

Para evitar que a língua mirandesa passe despercebida ao visitante inadvertido da Terra de Miranda, urge aumentar a sua visibilidade, e.g., tornando-a presente na paisagem linguística local. A criação de emprego no contexto da língua e da cultura potenciará o aumento do número de falantes ativos, a fixação dos mais jovens no território e, evidentemente, o crescimento económico da região.

São também quatro os projetos identificados pela ACLM, passíveis de ser executados em três a cinco anos, encontrados os fundos e os parceiros certos para a sua execução: um Centro de Documentação (3.1.), i.e., um arquivo moderno da língua mirandesa e da cultura da Terra de Miranda, que permita documentar, publicar e propiciar acesso ao conhecimento; a Casa de la Lhéngua Digital (3.2.), plataforma virtual que centralizará informação e recursos sobre a língua e a cultura da região; Casa de la Lhéngua – Centro de Interpretação da Língua Mirandesa (3.3.), projeto a ser desenvolvido em parceria com o Museu da Terra de Miranda; um programa de publicações (3.4.) com garantia de venda prévia de exemplares, de modo a viabilizar a edição de obras essenciais, organizadas em quatro coleções – Lhéngua (trabalhos em ou sobre a língua mirandesa), Tierra (traduções ou edições bilingues de obras relevantes, não apenas da literatura local), Medrar (livros dirigidos ao público infantojuvenil) e uma coleção ainda sem nome que incluirá livros e autores inéditos premiados em concursos literários previstos.

Os Carreirones pa la nuossa lhéngua, que aqui tentei sintetizar, constituem um projeto global e exemplar de planificação linguística, raro na sociedade portuguesa, visando a preservação e desenvolvimento de uma língua ameaçada. Acompanha o que de mais recente e cientificamente fundamentado se faz a nível internacional. Estão, portanto, de parabéns os mirandeses e a sua Associaçon, a quem não escasseiam o saber e a vontade. Assim consigam encontrar parceiros empenhados e responsáveis, que vão além das promessas, e os ajudem a pôr em prática este Roteiro.

A bem de todos!

Professora e investigadora, coordenadora do Portal da Língua Portuguesa

 

[Fonte: http://www.dn.pt]

 

https://www.cm-mdouro.pt/pages/246?poi_id=206

Alors qu’il s’agit de la même langue, son avenir semble mieux assuré au sud des Pyrénées qu’au nord. Un écart qui ne doit rien au hasard.

Écrit par Michel Feltin-Palas

En France, on croit parfois que le déclin des langues régionales s’expliquerait par une sorte de fatalité. Adaptés à un pays rural, le picard, le breton, l’alsacien et les autres auraient simplement été vaincus par la modernité. Autrement dit, on n’y peut rien. Ce raisonnement a le mérite d’être séduisant. Il n’a qu’un léger défaut : il est entièrement faux.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer ce qu’il se passe lorsqu’une langue de France est également pratiquée dans un autre pays. Pour cela, prenons, pas tout à fait au hasard, l’exemple du catalan. En commençant par observer les réponses à ces trois questions (1) :
· « Comprend le catalan » : 94% en Espagne, 61% en France.
· « Sait parler catalan » : 80% en Espagne, 35% en France.
· « L’utilise dans la vie quotidienne » : 36% en Espagne, 8% en France.
Dès lors, de deux choses l’une. Soit le catalan serait adapté à la modernité côté espagnol, mais pas côté français, et j’attends avec gourmandise que l’on m’en donne la raison. Soit cette situation est la conséquence de deux politiques linguistiques différentes. Je ne ferai tomber personne de l’armoire en indiquant que cette seconde explication est la plus convaincante.
Depuis la chute de Franco, le catalan bénéficie en effet dans la région de Barcelone de mesures très favorables. Les administrations utilisent en priorité la langue régionale, tout comme les télévisions et les radios publiques. Mais la disposition la plus décisive concerne l’enseignement. « Les matières fondamentales sont partout enseignées en catalan à l’école primaire, à l’exception naturellement des nombreuses heures dévolues au castillan. La règle est globalement la même dans le secondaire. Quant au supérieur, l’enseignant choisit la langue dans laquelle il est le plus à l’aise », précise l’anthropologue Dominique Blanc. L’objectif est clair : à la fin de sa scolarité, tout élève doit maîtriser le catalan ET l’espagnol. Et c’est ce que l’on observe dans l’immense majorité des cas.
Reste maintenant à comprendre pourquoi ce qui est réalisé en Espagne semble impossible en France. Plusieurs facteurs se conjuguent.
· Une scolarisation plus tardive en Espagne. La généralisation du français a commencé dès le XIXe siècle, alors que celle du castillan est intervenue beaucoup plus tardivement. Lors du retour de la démocratie, le catalan partait donc de moins loin au sud des Pyrénées.
· Des connotations positives en Espagne, négatives en France. C’est Franco qui a imposé le castillan (la langue de la région de Madrid) à l’école. Résultat ? Le catalan (comme le basque ou le galicien dans d’autres régions de la Péninsule) symbolise la résistance à la dictature. Rien de tel en France où, à partir de la Révolution, le français a été présenté comme « la langue de la liberté » alors que les langues régionales ont été associées à l’Ancien Régime.
· Le rôle de la bourgeoisie. En France, les « élites » ont été les premières à passer au français – un moyen pour elles d’accéder aux meilleures places et de se distinguer du peuple. Rien de tel à Barcelone où, au contraire, la bourgeoisie locale, fière de sa culture, a toujours pratiqué et défendu le catalan.
· Un sentiment national plus intense en France. Au cours de l’Histoire, la France a souvent été en conflit avec d’autres puissances européennes, ce qui a eu pour effet de forger un sentiment d’unité nationale. L’Espagne, elle, a connu davantage de guerres civiles. Le sentiment national y est moins puissant qu’en France.
· Un État plus centralisé en France. Si un Andalou diffère d’un Aragonais et d’un Galicien, la diversité culturelle est plus marquée encore en France quand on compare un Alsacien, un Corse, un Breton et un Aveyronnais – sans même évoquer le cas particulier de l’outre-mer. C’est pour faire tenir ensemble des populations que rien ne prédisposait à partager un destin commun que la France s’est dotée au fil des siècles d’un État très centralisé. Et pour la même raison que ledit Etat a cherché à substituer le français aux langues régionales. Le phénomène est beaucoup moins marqué en Espagne.
L’exemple du catalan est d’autant plus intéressant qu’au sud des Pyrénées, la défense de la langue alimente en partie le sentiment séparatiste – je suis sûr que vous pensiez à m’opposer cet argument depuis le début de cet article. Ces événements, cela se comprend, suscitent en France des réticences vis-à-vis des langues régionales de la part de ceux qui sont légitimement attachés à l’indivisibilité de la République.
Et pourtant, unité nationale et respect des langues minoritaires ne sont en rien incompatibles. J’en veux pour preuve qu’il existe dans le monde environ 6000 langues pour 200 États : le multilinguisme est donc la norme, non l’exception. À Barcelone, il a d’ailleurs fallu l’annulation, en 2010, du statut d’autonomie adopté en 2006 pour voir le vote indépendantiste décoller véritablement. Paradoxalement, c’est le raidissement décidé par Madrid qui a dopé la tentation sécessionniste. Une partie de l’opinion a alors basculé, sur le mode : « Puisque l’autonomie est impossible, alors je choisis l’indépendance. » On observe la situation inverse en Suisse, qui reconnaît quatre langues officielles et qui, à moins que quelque chose ne m’ait échappé, ne connaît pas de menace séparatiste.
Il est donc deux voies pour faire vivre ensemble des populations différentes. L’uniformisation autoritaire, d’une part ; le respect de la diversité et des droits culturels des minorités, d’autre part. Seule la seconde est compatible avec l’ambition de la France d’être le pays des droits de l’Homme.
(1) Etude de 2015 sur les usages linguistiques du catalan en « Catalogne Nord » menée par la Generalitat de Catalunya, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l’Institut franco-catalan transfrontalier (IFCT) de l’Université de Perpignan. Les chiffres concernant la « Catalogne Sud » proviennent de la plataforma per la llengua 2018 et de Quim Nadal, ancien rapporteur de la loi de politique linguistique en Catalogne.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Écrit par Michel Feltin-Palas

On aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. Le 21 mai correspondait, selon l’ONU, à la Journée mondiale de la diversité culturelle. Et c’est ce jour qu’a choisi le Conseil constitutionnel pour signer ce qui ressemble à l’arrêt de mort des langues dites régionales (1) en censurant l’essentiel de la loi Molac dans des conditions on ne peut plus troubles. Vous pensez que j’exagère ? Alors lisez ceci.
· Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission dans les familles s’interrompe (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs. Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale. Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : ikastolak au Pays basque, diwan en Bretagne, calendretas en Occitanie, bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée.
· Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales« , assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Éducation nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs.
· La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dis ans – ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre).
· Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer – il l’a reconnu – a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires – étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues !
· À l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’État pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le… 22 avril à 18 heures.
· Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées.
· Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme il le fait d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution.
· Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ». Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre… l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque (voir « Lire aussi »). Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires.
· Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction. « En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste.
Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régionales, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » – sans e – et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français.
Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer.
(1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

El libro más reciente de la lingüísta Yásnaya Elena Aguilar Gil nos recuerda el destino de discriminación que han sufrido las lenguas indígenas en México. No se trata, como nos aclara esta reseña, de sopesar que algunas lenguas son mejores que otras, sino de exigir que la sociedad valore la diversidad lingüística y su presencia como eje fundamental en la educación.

 


Sacrificamos México en aras de crear la idea de México
—Yásnaya Elena Aguilar Gil

 

Escrito por Patricia Córdova

La experiencia está siempre al servicio de la conciencia y de la imaginación; para no sucumbir ante el caos de la existencia, el ser humano acota ambas con relatos y moralejas de todo tipo.  Nuestras vidas —hemos aprendido— transcurren según la estructura de una narración: planteamiento, causas, consecuencias, nudos y desenlaces. Por ello, el sentido de lo vivido es  tan limitado como las historias y argumentos que interiorizamos.

Escribimos la historia de nuestra vida —e interpretamos la de los otros— al seleccionar los nudos con los que explicamos lo que acontece a nuestro alrededor. El sentido es siempre una selección que pone en evidencia nuestros alcances y nuestras limitaciones. Este sutil, pero poderoso hecho, propicia la madre de todas las batallas: la de las narrativas.

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No ha habido inocencia en la expansión del español en la propia península ibérica ni en América. Desde Antonio de Nebrija, el andaluz que escribió la primera gramática del español en 1492, quedó claro que si la publicaba y la dedicaba a la reina Isabel la Católica era porque “siempre la lengua fue compañera del imperio”. En las primeras páginas de Gramática de la lengua castellana, Nebrija explica la importancia histórica de lenguas como el hebreo, griego y latín y argumenta que la lengua es una pieza clave para extender la fe religiosa.

La primera gramática del español es un nudo lingüístico y político con el que España define una expansión económica, religiosa y sociocultural que marcó la historia de su colonia,  la posterior América Latina. Sin embargo, el proceso de evangelización y dominio que se extendió a lo largo de trescientos años de colonia llevó también a la escritura de las lenguas originarias, a la confección de sus gramáticas (artes de las lenguas primigenias) y al inventario de vocabularios concebidos de acuerdo a lo que los líderes religiosos y nuevos gobernantes necesitaban que nombraran los recién conquistados.

En 1820, justo antes de la consumación de la Independencia de México, el 65% de la población eran hablantes de alguna lengua indígena. Hoy solo el 6.5% de la población habla una de las 68 lenguas indígenas que existen en el país. La Independencia destituyó a los españoles, pero a la vez revictimizó a las comunidades indígenas. Fueron sometidas a un proyecto de nación en el cual se condicionó su existencia a la negación de sus lenguas, de sus territorios y de una autonomía política que ya había sido arrebatada. Este es el antecedente histórico y la situación glotopolítica que Yásnaya Elena Aguilar Gil aborda en Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística (Almadía, 2020).

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Desde el primer texto, “Ser o no ser: bilingüismos”, Yásnaya imprime su particular estilo: una mirada aguda sobre la política lingüística que se ha aplicado a las lenguas originarias, a partir del análisis de experiencias cotidianas. El contraste entre el bilingüismo en su comunidad Ayutla, Oaxaca, y en Ciudad de México, marcó su manera de narrar el mundo. Dos cosas sorprenden a la autora: en Ayutla se desdeña la educación bilingüe y se prefiere la “formal” (monolingüe en español) y en Ciudad de México se pondera el bilingüismo (no español-náhuatl, sino español-inglés). Su cierre es auténtico y espontáneamente irónico: “Entendí, en pocas palabras, que no es lo mismo ser bilingüe que ser bilingüe”.

Yásnaya es ayuujk jä’äy, mixe, y muestra una singular y permanente disposición al cuestionamiento. Le seduce pensar en la existencia de la lengua, la diversidad y la injusticia. La génesis de su lucidez y lucha las presenta, claramente, en Un nosotrxs sin Estado (Ona Ediciones, 2020). A Yásnaya la educaron con una disciplina rigurosa en la lectura de los clásicos. De niña sus tíos la hacían leer en voz alta, cada día, para que adquiriera un español sin acento. El libro rojo de Mao Tse-Tung, Los vedas, el PanchatantraLas mil y una noches, la Ilíada y la Odisea de Homero, las obras de Amado Nervo, Manuel José Othon, Sor Juana Inés de la Cruz, Alexander Pushkin, Ánton Chéjov, Fiódor Dostoievski, Walt Whitman y Lev Tolstói —el nombre de Yásnaya es, de hecho, un homenaje a este autor—, fueron lecturas, “edificios sonoros”, cuyo significado ignoraba, y que más tarde se iluminaron a la luz de sus estudios de preparatoria, licenciatura y posgrado en Ciudad de México.

Los textos que componen Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística son una compilación de ensayos breves publicados en la revista Este país entre 2011 y 2015. Los compiladores —Ana Aguilar Guevara,  Julia Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez— también han incluido  tuits y entradas de Facebook de la lingüista que aluden a los temas de tales ensayos.

El libro es evidencia del sincretismo lingüístico y cultural que ha sucedido a lo largo de 500 años, pero tiene el gran mérito de ser el primero escrito en su género por una mujer, una ayuujk jä’äy, y por alguien cuya agudeza analítica le permite exponer, de forma clara, las diversas aristas del asunto. Su empatía por el mundo la lleva a aprender de todo y de todos. De una amiga japonesa, compañera universitaria, aprende que es mejor sentirse contenta y no orgullosa de hablar una lengua, y sentencia: “El orgullo puede estrechar lazos con la dignidad pero también con la soberbia o, en el peor de los casos, se utiliza como un parche emotivo que cubre una herida amplia y profunda. Un relleno que trata de compensar una carencia”.

La dificultad de la convivencia entre lenguas que gozan con un mayor o menor prestigio también la lleva a anotar que para una niña que habla italiano, inglés y español en casa lo extraño es un entorno monolingüe, prebabélico. La también maestra en lingüística hispánica, Yásnaya Elena —cuya madre, por cierto, se llama Eneida— evoca, en otro ejemplo, el rechazo que provoca hablar español en ciertos contextos en Estados Unidos, de la misma manera en que han sido denostadas las lenguas originarias en México. Su conclusión es que no existen lenguas minoritarias, sino minimizadas al extremo de crear familias que rechazan que sus hijos sean educados en armonía con su lengua materna, sea esta una lengua originaria o el español hablado en México.

La censura sistemática, algunas veces casi invisible, con que se ha tratado a las lenguas originarias se manifiesta en la ignorancia y desprecio que despiertan más allá de los círculos de lingüistas cuyo interés no rebasa, en ocasiones, la obsesión por partículas morfológicas o por la construcción y crítica de una gramática. “¿Por qué la diversidad cultural y lingüística no es un eje temático importante en los contenidos educativos?”, pregunta la autora. En su histórico discurso “México. El agua y la palabra”, pronunciado en la Cámara de Diputados el 26 de febrero de 2019 y que forma parte del libro, la lingüista recuerda que, en promedio, una lengua muere cada tres meses. En un centenar de años se habrán extinguido la mitad de las lenguas del planeta. Causa pudor que no se sepa nombrar las lenguas habladas en México, causa desconcierto que se haga tan poco para preservar las del mundo. Con ello se niega el derecho a una vida propia y digna de estas comunidades. El monolingüismo, además, adelgaza la inteligencia, pues nos alejamos de la complejidad creativa y cognitiva que cada lengua entraña al nombrar el mundo. Aprender que en ayuujk el azul y el verde se mezclan en una sola palabra  —tsujxk—advierte que los colores pueden ser percibidos en un continuo cromático, sin las divisiones con que otras lenguas los definen. Asimismo, saber que täay puede significar “ser chistoso” en el mixe de Ayutla, pero “mentir” en el mixe de Tlahuitoltepec, puede disparar la creatividad si se imaginan los enredos comunicativos que dicha variante puede causar. Yásnaya Aguilar convive, precisamente, en ambas comunidades.

Los conflictos lingüísticos se convierten en conflictos identitarios, pero la seriedad con que Yásnaya los aborda no necesariamente implican una renuncia a su particular humor: “En Europa fui mexicana, en México soy oaxaqueña, en Oaxaca estoy siendo mixe, en la sierra suelo ser de Ayutla. En algún punto soy indígena, pero eso me lo dijeron o lo intuí en el contraste antes de que llegara el nombre. Durante un ataque de fuerzas extraterrestres seguro que seré terrícola, y lo seré con pasión.” La conciencia de esta multirreferencialidad contrasta con la sencilla elegancia con que en ayuujk se nombra a todo aquel que no sea mixe: akäts. La visión del mundo mixe se simplifica en este aspecto, así como en Harry Potter a todos aquellos que no pueden hacer magia se les llama muggles.

La fascinación que suscita conocer nuevas lenguas, sin embargo, no puede ser un hecho si el fomento de la diversidad no cuenta con el apoyo de un gobierno y de sus instituciones. Cuando la lingüista afirma: “Hay tantas razones para querer aprender nuevas lenguas, pero solo  una para querer dejar de hablarlas”, se refiere al racismo, maltrato y negación a que los pueblos originarios han sido sometidos a lo largo del tiempo.

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El proyecto de nación mexicana, que tuvo su origen a partir de la consumación de la Independencia en 1821, ha sido también el proyecto de la negación de los pueblos indígenas y su pluralidad. Una negación no sólo del reconocimiento de las lenguas, sino del derecho a las tierras, al agua, a los recursos naturales y a gobiernos autónomos: “La pérdida de una lengua no es un proceso pacífico en el que los hablantes abandonan una lengua por otra, es un proceso en el que median castigos, menosprecios y en la mayoría de los casos, colonialismo contra los pueblos que la hablan”. Llegada la discusión a este punto, la lingüista Yásnaya Elena Aguilar Gil se torna activista. No son solo lenguas las que se ignoran, sufren segregación y mueren, son naciones indígenas. En un tuit de 2017 apunta: “Nación mapuche dividida en dos Estados: Argentina y Chile; nación sami dividida en cuatro Estados: Suecia, Noruega, Finlandia y Rusia; nación cucapá dividida en dos Estados: México y Estados Unidos”.

En defensa de los pueblos originarios, Yásnaya parece recuperar la etimología de la palabra nación: del latín natio -ōnis, es decir,“lugar de nacimiento” -“pueblo”. Hablar desde la cultura mixe, desde su lengua materna de la familia otomangue, la coloca en un territorio discursivo que es también tierra, organización política y social, conocimiento y mitología ancestral, costumbres familiares y culinarias concretas. El ayuujk encarna el nacimiento, desarrollo y consolidación de un pueblo que sigue luchando por ser respetado y reconocido. Inspirada en el periodista mapuche Pedro Cayuqueo, Yásnaya Elena plantea, en su libro Un nosotrxs sin estado, que México es un Estado plurinacional y no una nación multicultural; critica la educación indígena impartida en español, los hospitales y juzgados sin intérpretes que conozcan la lengua de cada región. La idea de mexicanidad —reclama— los ha ignorado: “No hay penacho de Moctezuma ni mariachi ni huapango de Moncayo ni china poblana que pueda borrar ese hecho. La multiculturalidad niega la idea de nación tal y como fue pensada en sus inicios por los que la proclamaron”.

Si se ha construido una nación unívoca que niega la diversidad, solo hay una aparente salida para la autora: la conformación de un Estado plurinacional en el que se reconozca a las comunidades indígenas como naciones con derecho a la autodeterminación social, económica, lingüística y política. La idea es una seductora utopía. Sin embargo, el lector no puede dejar de preguntarse cómo, en un entorno global que encarna la competencia permanente, se podría legitimar geopolíticamente la existencia de 68 naciones bajo el lema de un país llamado México.

Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística pone sobre la mesa un conflicto social que cobró fuerza política, en 1994, con el levantamiento zapatista y, más tarde, en 1995, con los Acuerdos de San Andrés Larraínzar. A 25 años, el despojo de tierras y la extracción de recursos naturales a las comunidades indígenas sigue sucediendo. El Estado mexicano no ha incorporado un modelo que respete la riqueza cultural y geográfica del territorio. En la narrativa nacionalista promovida desde el Estado, la diversidad cultural de México no ha sido efectiva ni equitativamente incorporada. El sistema de castas se ha superado porque ya no se obliga a escribir la etnia o grado de pureza de la sangre en un acta de nacimiento. No obstante, como afirma la autora, aún existe el gesto disuasorio en los registros civiles para no darles a los recién nacidos nombres que no provengan del español o del inglés; aún se escriben notas periodísticas en que un problema judicial, de salud o de autoridad, se reporta como un problema originado por no saber hablar español. Si bien es cierto que el español mexicano hace tiempo que dejó de ser colonizante, en el sentido de que no representa valores y variantes de un lugar lejano llamado España, y en el sentido de que el español de México es ya patrimonio cultural del país, también es un hecho que las instituciones gubernamentales y la educación pública siguen aplicando prácticas colonizantes en los servicios institucionales que ofrecen a comunidades indomexicanas. De ahí el valor de Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística de Aguilar Gil, un libro que pone en evidencia las prácticas insuficientes e injustas con que se incorpora a estas comunidades y el discurso nacionalista que afirma lo contrario.

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En La vida contada por un sapiens a un neandertal (Alfaguara, 2020), el paleoantropólogo Juan Luis Arsuaga se esfuerza por explicarle al escritor Juan José Millás la razón por la cual los australopitecos se desplazan de la selva tropical a la pradera: buscan la luz. Al ver una frutería —porque la conversación ocurre en una caminata por el mercado—, Arsuaga rectifica y decide hablar mejor del Homo erectus. Seguramente, por su capacidad de coleccionar frutas. Millás expresa que así habrá más orden en la exposición. La indignación del paleontólogo es más que sugestiva: “–Oye, qué es eso del orden. Esto no es un cuento. Si quieres un cuento, te lees el Génesis. La evolución no tiene la estructura de un relato. No hay planteamiento, nudo ni desenlace. La evolución es el mundo del caos”.

El pasaje me hizo reflexionar en las anotaciones que hice al principio de este texto. La exuberancia de la existencia es, al margen de nuestro pensamiento, siempre caótica. Somos nosotros quienes, acorralados por la conciencia y la angustia connatural que esta desata, nos vemos en la necesidad de construir relatos sobre los hechos que experimentamos o de los cuales tenemos noticias. Los hechos están ahí, sueltos. Cada día salimos a la calle, o al espacio digital, a encontrarnos con los otros. Cada uno hilvana con palabras la historia que es capaz de construir. La madre de todas las batallas es la lucha entre estas narrativas porque ahí se define quién entra o quién sale de la escena; quién tiene derecho o quién no. Arsuaga sabe que los hechos pueden significar por un instante y en un contexto reducido, para luego seguir suspendidos en el espacio de lo no explicable o a merced de narrativas diversas.

En Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística se construye una narrativa sobre la historia indígena de México y de sus lenguas. ¿Fueron los indígenas de la era de la domesticación del maíz, hace 9000 años, los mismos sometidos durante 300 años por los españoles? ¿Es el mexicano una invención ilegítima del proyecto nacional de 1821? ¿Cómo integrar la existencia del español de México (la lengua) con la existencia de las lenguas originarias? Construir un territorio narrativo para luchar por una nación, o por un ideal social, tiene mucho más peso que la narrativa con la que recordamos nuestras vivencias cada noche. Sin embargo, ambas narrativas son brújulas capaces de guiar individuos y legiones. La narrativa de una nación y los hechos en que se fundamenta tendrán que ser siempre inclusivos, sin prejuicio de ningún grupo humano, o entidad natural que habita el territorio. Cuando Yásnaya Aguilar Gil analiza la coexistencia de las lenguas y de las culturas parece saber esto último. La narrativa de los ensayos que componen este libro es una defensa de las lenguas originarias de México y de los pueblos indígenas que las hablan. También es una genuina invitación a que dichas lenguas se incorporen al horizonte sociopolítico de los hablantes nativos del español de México.

• Yásnaya Elena  A. Gil, Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística, Ana Aguilar Guevara, Julio Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez (comps.), México, Almadía, 2020.

Patricia Córdova es profesora investigadora de Lingüística Hispánica y directora de la División de Estudios Históricos y Humanos de la Universidad de Guadalajara.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Los estudis comprendràn de corses de lenga, d’istòria, de cultura, d’organizacion e gestion d’eveniments, de musica e d’etnomusicologia

La Nòva Escòcia es una província maritima de Canadà ont, delà l’ultramajoritari anglés e lo francés, se parla, entre tant, la lenga mik’mag e lo gaelic escocés. Ara, son primièr ministre, Iain Rankin, a anonciat un investiment d’1,92 milion de dolars (aperaquí 1,25 milion d’èuros) per renovelar un ancian convent e i crear un campus universitari del Collègi Gaelic ont se fa d’estudis superiors del gaelic escocés, ço rapòrta Nova Scotia.

“Aquel investiment ajudarà a promòure, preservar e perpetuar la lenga, la cultura e l’identitat del gaelic”, çò diguèt Rankin en remarcant l’importància de l’educacion e de las comunautats pel mantenement e per la promocion de la lenga.

Los estudis comprendràn de corses de lenga, istòria e cultura gaelicas, un certificat executiu en organizacions culturalas e gestion d’eveniments e un autre certificat executiu en musica e etnomusicologia.

[Imatge: Colaisde na Gàidhlig / The Gaelic College – poblejat dins http://www.jornalet.com]

La joven no duda de su identidad y está orgullosa de la misma.

Por Luis Alberto Laborda

Meztli Henriquez es una joven canadiense hija de un matrimonio compuesto por una integrante de los pueblos originarios de Canadá y un inmigrante latinoamericano.

Nacida y criada en un hogar compuesto por dos universos culturales aparentemente distantes, la joven sintió desde pequeña que tenía que relacionarse, mantener y fomentar las múltiples influencias que significa su doble raíz.

A lo largo de su vida ha experimentado en carne propia las complicaciones de lo que significa el multiculturalismo, cuando sus allegados, amigos y compañeros de la escuela le decían que no era latina, indígena ni canadiense.

Muchas personas me decían que yo no soy ni salvadoreña ni dené. Para mí, eso era algo difícil de comprender… ¿Qué soy entonces? Meztli Henriquez.

Mientras crecía en su Saskatchewan natal, pronto se vio inmersa en un mundo donde el idioma que prevalecía era el inglés, y creció sin aprender la lengua indígena materna.

El lenguaje es el principal instrumento que los humanos tenemos para comunicarnos con los demás. Sin él, estamos aislados, solos. Meztli Henriquez.

Lejos de desanimarse, comenzó a estudiar el dene suliné por su cuenta.  Se trata de una lengua que se usa en la región central de Canadá y que en la actualidad es hablada por 12.000 personas, aproximadamente.

La joven creció en un hogar de madre indígena dene y padre salvadoreño.

Su interés por las lenguas llevó a Meztli a presentar un trabajo en el marco de sus estudios universitarios, en el que aborda la problemática de la preservación de los idiomas minoritarios en Canadá, principalmente los de raíz indígena.

El documento fue saludado con elogios por uno de los responsables del departamento de lingüística de la Universidad de Saskatchewan, quien no solo resaltó la preocupación de la estudiante por la preservación de la cultura de los pueblos originarios, sino que sostuvo que se trata de un aporte valioso para de comprender la relación estrecha que existe entre el idioma y el bienestar de las personas.

Por su trabajo, Henriquez fue galardonada recientemente en el marco de la Semana de los Logros Indígenas, que se propone reconocer los esfuerzos de los estudiantes mestizos, inuits y de las primeras naciones.

La joven se propone la ambiciosa meta de convertirse en impulsora de un programa de revitalización de la lengua dene suliné, para evitar que otras personas repitan su experiencia y puedan caminar por la vida conscientes de sus raíces y en contacto fluido con las mismas.

Muchos de los jóvenes de la comunidad dene no conocen el idioma de sus mayores, porque se expresan principalmente en inglés. Es necesario aumentar su número de hablantes. Meztli Henriquez.

Pero a esta inquietud, nuestra entrevistada suma otra, que es la de propiciar las instancias y multiplicar las ocasiones para que las personas mayores sigan su formación.

Henriquez quiere crear un programa de revitalización lingüística y cultural.

Meztli considera un error suponer que la educación, la instrucción y la actualización de conocimientos deben estar reservadas a los jóvenes.  Los adultos mayores, en algunos casos, viven la situación inversa, se expresan mayoritaria o exclusivamente en su idioma ancestral y, en consecuencia, cuentan cada vez con menos medios para mantenerse informados, para saber lo que sucede fuera de su entorno más cercano… Se trata de personas esenciales para mantener el dele suliné con vida…

La experiencia y anhelos de una joven que muestra con orgullo que la multiplicidad de raíces es un tesoro que vale la pena preservar y que los idiomas son parte indispensable en la tarea.

Meztli Henriquez no brinda más detalles en entrevista con Radio Canadá Internacional.

 

[ Fotos: Meztli Henriquez – fuente: http://www.rcinet.ca]

Un poster compare les trois systèmes d'écriture du sora.

[1] L’alphabet sora (saura), le Sorang Sompeng, et ses caractères équivalents en latin et en odia. Image de Wikipedia par Hpsatapathy [1], sous licence CC BY-SA 4.0.

Écrit par Subhashish Panigrahi – traduit par Méli Vcnt

[L’article d’origine [2] a été publié en anglais le 3 novembre 2020. Sauf mention contraire, tous les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

La créatrice indienne de polices de caractères, Sony Salma, a mis au point une nouvelle police pour l’alphabet Sorang Sompeng [3] qui est utilisé dans la transcription du sora [4], une langue parlée en Inde.

D’après le recensement indien de 2011, le sora (également connu sous le nom de saura) est une langue autochtone parlée par près de 409 549 personnes localisées dans certaines régions de l’état d’Odisha [5], situé à l’est de l’Inde, et dans son état voisin, l’Andhra Pradesh [6]. L’alphabet latin et l’alphasyllabaire odia sont exploités pour le sora, de même que le Sorang Sompeng dont l’usage restreint s’explique en partie par la concurrence avec ces deux systèmes d’écriture majeurs.

L’alphabet Sorang Sompeng – ou Sora Sompeng – a été initialement inventé par Malia Gomango en 1936. Son gendre Mangei Gomango [7] a joué un rôle important dans la promotion de cet alphabet en établissant une typographie qui a été utilisée dans différents livres.

Cet alphabet a été employé tout d’abord dans des contextes religieux, et les pratiquants de la religion traditionnelle sora l’utilisent toujours. Mais comme de nombreux locuteurs du sora se sont au fil du temps convertis au christianisme et à l’hindouisme, la Bible et d’autres textes religieux ont été traduits à l’aide des caractères latins et odia ; le Sorang Sompeng a ainsi été laissé pour compte [8].

En 2012, le Sorang Sompeng a été redynamisé par son intégration dans le système Unicode [9] [pdf], un standard d’encodage universel, qui permet une utilisation continue et multiplateforme (contrairement aux standards qui l’ont précédé, tels que ASCII [10]).

Toujours en 2012, Sony Salma a inventé sa première police de caractères pour le Sorang Sompeng, dont l’utilisation se répand désormais dans la presse écrite et dans les médias numériques, et ce malgré son emploi limité à grande échelle.

Sony Salma espère que sa nouvelle police d’écriture, disponible en novembre 2020, relancera davantage l’usage de cet alphabet par les locuteurs natifs du sora.

La plupart des communautés autochtones telles que les Sora manquent de ressources financières. Rares sont celles qui peuvent compter sur des spécialistes tels que Sony Salma. Des initiatives comme la sienne aident ces communautés à préserver sous forme écrite leurs traditions orales et à utiliser Internet dans le but d’échanger des connaissances dans leurs propres langues.

J’ai interviewé Sony Salma, pour Rising Voices, de façon à en apprendre plus sur son travail et sur son soutien envers la communauté sora.

Subhashish Panigrahi (SP) : Pourriez-vous nous en dire plus sur votre projet de création de la police Sorang Sompeng ?

Sony Salma (SS) : Tout d’abord, je fais partie de la communauté Kondha [11] d’Odisha et le sora n’est pas ma langue maternelle. J’ai été curieuse de connaître l’alphabet Sorang Sompeng et j’ai lancé la création de caractères spéciaux en décembre 2012. C’est sans expérience préalable et sans aucun contact avec d’autres créateurs de polices que j’ai fait ma propre recherche documentaire en ligne pour connaître les bases de ce système d’écriture. J’ai mis cela à profit et je me suis inspirée d’un livre sora imprimé. J’ai esquissé le style visuel des caractères et je les ai intégrés à un format de police numérique OpenType Font [12] (OTF) en remplaçant les glyphes [13] déjà existants. La police a ensuite été mappée par le code américain normalisé de l’échange d’information (American Standard Code for Information Interchange,ASCII), un système d’encodage de ce qui est de nos jours obsolète. Ces huit dernières années, la police de caractères a été utilisée par les Sora afin d’imprimer des livres, des calendriers et des cartes d’invitations.

En tant qu’étudiante en Master de Design à l’Institut indien de technologie (Indian Institute of Technology, IIT) de Bombay, j’ai eu l’opportunité de travailler avec un typographe renommé, qui mène également des recherches dans le domaine du design typographique, le professeur Girish Dalvi. Je travaille en ce moment-même sur une version plus récente de mon ancienne police sous sa direction.

Un ordinateur avec des caractères sora

[14] Un clavier d’ordinateur doté de touches sur lesquelles sont placées des vignettes représentant les caractères sora. Le traitement de texte est ainsi facilité. Image de Sony Salma, sous licence CC-BY-SA 4.0. [15]

SP : Pourriez-vous nous en dire davantage sur les outils et les autres ressources utilisées dans l’écriture du Sorang Sompeng ?

SS : De nombreuses personnes utilisent sur leurs ordinateurs la typographie que j’ai relancée en 2012. Cette dernière intègre actuellement une famille de caractères libres publiée par Google, le Noto Sans Sora [16] , et les outils de saisie multilingue déjà existants tels que le Sora Basic keyboard [17] pourront servir au traitement de texte en sora. En attendant, j’ai demandé à des experts d’examiner ma nouvelle typographie qui devrait bientôt être disponible. Les Sora auront donc prochainement accès à de multiples polices modernes, de bonne qualité et compatibles avec Unicode.

Comme la plupart des utilisateurs de smartphones sont sur Android, l’inclusion du sora dans la célèbre application Gboard [18] devrait augmenter l’usage du sora sur mobile, notamment chez les locuteurs les plus jeunes. Beaucoup d’utilisateurs trouvent son téléchargement complexe du fait d’un trop grand nombre d’étapes au cours du processus d’installation.

Le groupe se tient debout, posant devant un mur où figure un poster de l'alphabet odia. Tous sont des hommes, sauf Sony Salma.

[19] Une rencontre récente organisée par Sony Salma afin de récolter les premières impressions concernant sa nouvelle police de caractères, qui sera bientôt disponible. Image de Sony Salma, sous licence CC-BY-SA 4.0 [15].

SP:  Pourriez-vous nous expliquer comment sont prises les décisions concernant la langue sora et son système d’écriture ?

SS : Bien qu’il soit compliqué de parler d’un pouvoir décisionnel centralisé ou décentralisé, il existe de nombreuses organisations qui contribuent au développement de la langue et de son système d’écriture. D’ailleurs, l’une d’entre elles, Matarvanam Vigyan Prachar Ashramn, est dirigée par Dinansmi Gomango qui n’est autre que le fils de Mangei Gomango. Il y a très probablement d’autres actions menées par la communauté sora en Andhra Pradesh.

SP :  Comment cette langue est-elle enseignée ? Quels sont les enjeux de sa promotion ? Comment améliorer son développement ?

SS :  Les rares personnes et associations qui mettent en œuvre l’essentiel des opérations afin de promouvoir la lecture et l’écriture du sora, manquent de ressources financières et ont un faible débit Internet.  Ces acteurs ont conçu des livres qui permettent de découvrir l’alphabet Sorang Sompeng, son système de numération, son histoire mais également quelques poèmes. Certains professeurs de sora essaient d’enseigner cette langue aux jeunes locuteurs en dehors du programme scolaire.

Les résultats seraient encore plus impressionnants si les différentes actions bénéficiaient d’un appui politique comme la récente National Education Policy 2020 [20]. Cette politique prône la pratique de la langue maternelle ou de la langue locale comme langue d’instruction jusqu’à l’âge de onze ans, voire jusqu’au collège et au-delà.

Des outils éducatifs et performants, tels que des documents imprimés, des supports audio-visuels, seront nécessaires afin de mettre en œuvre cette politique. Cela demande une collaboration des responsables politiques, des éducateurs, des designers et même des organisations moins formelles comme Anganwadi [21].

SP : Quels sont vos futurs projets en collaboration avec la communauté sora ?

SS :  La simple numérisation de l’écrit ne suffit pas. C’est pourquoi j’ai voulu aider les Sora à créer des archives concernant leur propre culture et leurs pratiques traditionnelles – y compris l’usage de plantes dans les médicaments, dans les recettes – et sur leur système d’agriculture. Je désire réaliser ou explorer une plateforme afin de recueillir des informations sur la communauté sora. J’aimerais également que ces données soient collectées par les membres de cette communauté. Enfin, je serais enchantée de pouvoir étudier ces données et de les exploiter afin de tester les modèles d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle, l’objectif étant de développer des outils linguistiques sophistiqués.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/01/31/258601/

URLs dans ce post :

[1] Image: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Saura_Script_invented_by_Mangei_Gomango.jpg

[2] article d’origine: https://globalvoices.org/2020/11/03/sora-an-indigenous-language-from-india-is-getting-a-new-typeface/

[3] Sorang Sompeng: https://en.wikipedia.org/wiki/Sorang_Sompeng_script

[4] transcription du sora: https://en.wikipedia.org/wiki/Sora_language

[5] l’État d’Odisha: https://en.wikipedia.org/wiki/Odisha

[6] l’Andhra Pradesh: https://en.wikipedia.org/wiki/Andhra_Pradesh

[7] Mangei Gomango: https://en.wikipedia.org/wiki/Mangei_Gomango

[8] laissé pour compte: https://www.endangeredalphabets.net/alphabets/sorang-sompeng/

[9] le système Unicode: http://std.dkuug.dk/jtc1/sc2/wg2/docs/n3647.pdf

[10] tels que ASCII: https://en.wikipedia.org/wiki/ASCII

[11] Kondha: https://en.wikipedia.org/wiki/Khonds

[12] OpenType Font: https://en.wikipedia.org/wiki/OpenType

[13] glyphes: https://en.wikipedia.org/wiki/Glyph

[14] Image: https://globalvoices.org/wp-content/uploads/2020/10/SoraSompengOnDesktop3.jpg

[15]  CC-BY-SA 4.0.: https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

[16] Noto Sans Sora: https://github.com/googlefonts/noto-fonts/tree/master/hinted/ttf/NotoSansSoraSompeng

[17] Sora Basic keyboard: https://keyman.com/keyboards/basic_kbdsora

[18] Gboard: https://play.google.com/store/apps/details?id=com.google.android.inputmethod.latin&hl=en_US&gl=US

[19] Image: https://globalvoices.org/wp-content/uploads/2020/10/SoraSompengFeedbackMeeting7-1.jpg

[20] National Education Policy 2020: https://www.thequint.com/news/education/emphasis-on-mother-tongue-as-medium-of-instruction-till-5th-nep

[21] Anganwadi: https://en.wikipedia.org/wiki/Anganwadi

 

S’il est parfois employé sans mauvaise intention, ce terme sert principalement à discréditer les langues privées de statut officiel. Mieux vaut pour cette raison ne pas l’utiliser.
Écrit par Michel Feltin-Palas
On le sait notamment depuis George Orwell et son célèbre roman 1984 : qui veut contrôler la pensée contrôle d’abord les mots servant à l’exprimer. Aussi est-il utile de se pencher sur un terme qui a joué un rôle décisif dans le sort des langues régionales en France : patois.
Commençons par l’étymologie. Selon le très sérieux Dictionnaire historique de la langue française des éditions Le Robert, celui-ci trouverait son origine dans l’ancien français patoier « agiter les mains, gesticuler (pour se faire comprendre comme les sourds-muets) ». Une autre hypothèse a été avancée par le grammairien du XVIIe siècle Gilles Ménage. Lui renvoyait à la formule latine patrius sermo, soit « la langue des pères », celle que l’on apprend oralement en famille, mais que l’on n’écrit pas. Patrius aurait ensuite évolué en patrois, puis en patois.
Une chose est certaine : ce vocable n’a rien de neutre. « Au Moyen Age, patois désignait toutes les autres langues. C’est à partir de la fin du XVIe siècle qu’il va se spécialiser. Alors que les idiomes des pays étrangers sont désignés par leur nom – l’italien, l’anglais, l’allemand – on réserve patois aux langues des Provinciaux », souligne Gilles Couffignal, maître de conférences en histoire de la langue à la Sorbonne. Dans la première édition de son Dictionnaire, en 1694, l’Académie française écrit ainsi : « Langage rustique, grossier comme est celuy d’un païsan, ou du bas peuple. » Même a priori chez Diderot, dans l’Encyclopédie, où l’on peut lire : « Patois. Langage corrompu tel qu’il se parle presque dans toutes les provinces : chacune a son patois […]. On ne parle la langue que dans la capitale. »
Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que cette vision commence à être remise en cause. Après avoir étudié le sujet avec un peu de rigueur, les linguistes en arrivent à une conclusion implacable : il est scientifiquement impossible d’utiliser le même mot pour désigner des langues d’origine celtique (le breton), germanique (le flamand, le platt), latine (le picard, le gallo, le gascon, le provençal, le catalan, le corse, etc) sans oublier le basque, que l’on ne peut rattacher à aucune de ces familles.
Les prétendus patois seraient donc de véritables langues n’ayant simplement pas la chance de bénéficier d’un statut officiel ? L’argument ne plaît pas à tout le monde. Soucieux de justifier l’unité du pays et la prééminence du français à l’école, un autre groupe de linguistes aux penchants nationalistes allume un contre-feu. Parmi eux : « Gaston Paris et Paul Meyer, définissent alors les patois comme les « évolutions naturelles du latin » », indique Gilles Couffignal. Une théorie qui se heurte toutefois à deux nouvelles difficultés. La première est qu’elle ne résout pas la question des langues de France non issues du latin. La seconde est qu’elle conduit en bonne logique à classer le français comme l’un de ces patois, puisque lui-même est issu du latin. Pensée sacrilège !
Gaston Paris (le bien nommé) sort alors de son chapeau le « francien », prétendu dialecte parlé anciennement en Ile-de-France, lequel, dit-il, aurait fini par l’emporter sur les autres langues d’oïl. Pur artifice, là encore. « Qu’est-ce qui a présidé à l’invention du francien ? C’est le fait de grammairiens républicains ou proches de la République, et jacobins, souligne le linguiste Bernard Cerquiglini. Leur vision est celle d’un pouvoir central fort qui, par le moyen de l’école, diffuse sa langue comme l’idéal républicain dans les provinces, voire les colonies. »
Malgré la faiblesse de son argumentation, Gaston Paris parvient pourtant à imposer ses vues. Il faudra attendre la montée des revendications régionalistes, dans la seconde partie du XXe siècle, pour qu’un autre discours émerge peu à peu. Les défenseurs des langues minoritaires refusent l’étiquette infamante de « patois » et finissent par obtenir gain de cause. Très symboliquement, depuis 2001, une délégation du ministère de la Culture s’occupe du français et des « langues de France ».
Hélas… Chassé des textes officiels, le mot reste en usage dans les représentations collectives, y compris chez certains locuteurs, qui reprennent à leur compte le terme dont les représentants de l’État – notamment les instituteurs – ont toujours désigné leur langue. « Pour eux, patois renvoie à leur manière intime de s’exprimer, à la langue des sentiments profonds », relève Gilles Couffignal. Il ne s’agit surtout pas de les en blâmer, mais cette attitude relève typiquement du « complexe du colonisé », c’est-à-dire une situation où les dominés adoptent les codes du dominant, faute de « conscientisation », comme on disait naguère.
Soyons honnêtes. Il existe une dernière acception de ce terme. Purement technique, elle consiste à décrire la variation locale d’une langue, sans connotation péjorative aucune. « Un patois, écrit ainsi la linguiste Henriette Walter, est une langue à part entière, qui se parle dans une aire géographique limitée et qui a connu une évolution légèrement différente de celle des patois voisins. »
Cette approche ne m’a cependant jamais convaincu pour une raison très simple : si l’on adopte cette terminologie, l’on devrait, en toute rigueur, l’appliquer à tous les idiomes de la planète qui diffèrent peu les uns des autres. Évoquer par exemple les patois français de Belgique, du Québec ou… de Paris; ou encore affirmer que Shakespeare utilisait le patois britannique de l’anglais tandis que Faulkner écrivait en patois américain. Or il se trouve qu’on ne le fait jamais, ce vocable étant exclusivement réservé à nos pauvres langues régionales. Conclusion ? Patois est à langue ce que « youpin » est à juif ou « pédale » à homosexuel : un terme dont la vocation est de rejoindre le cimetière des mots à bannir de l’usage courant.
[Source : http://www.lexpress.fr]
Dans un pays historiquement multilingue, il paraîtrait logique d’écrire les noms de lieux en catalan, en basque ou en breton. Mais on est en France…

Écrit par Michel Feltin-Palas

Je ne prends pas grand risque en en faisant le pari : la plupart d’entre vous ne connaissez pas Treis-Sants-en-Ouche« commune nouvelle » d’environ 1400 habitants située dans l’Eure, regroupant les anciennes localités de Saint-Aubin-le-VertueuxSaint-Clair-d’Arcey et Saint-Quentin-des-Isles. Pourquoi ai-je décidé de vous en parler cette semaine ? Parce que l’appellation de cette nouvelle collectivité, qui signifie littéralement « Trois saints du pays d’Ouche », est écrite en normand et que cet exemple permet de poser concrètement la question de la langue utilisée en France pour désigner les noms de lieux.
Au départ, une idée simple : « Nous avons fait ce choix parce que ce sont nos racines, notre culture », explique Marc Descamp, le premier magistrat de la localité. Seulement voilà, on est en France et, en France, on n’utilise pas n’importe quelle langue dans l’espace public. En la matière, des préconisations ont été fixées par la commission nationale de toponymie – une instance interministérielle. En substance : le français s’impose pour les noms des circonscriptions administratives – « région », « département », « commune », etc. -, ainsi que pour la partie générique des artères : « rue », « avenue », « boulevard », etc. En revanche, pour le reste, les langues régionales retrouvent droit de cité (c’est le cas de le dire), du moins là où elles sont ou ont été en usage. En Languedoc, rien n’interdit par exemple d’évoquer la « rue du Marcat » (rue du Marché). « Cette position nous paraît conforme à l’article 2 de la Constitution, qui indique que « la langue de la République est le français », et à son article 75-1, qui prévoit que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » », souligne Pierre Jaillard, le président de la commission. Dans ce cadre, la formule « commune nouvelle de Treis-Sants-en-Ouche », avec un nom générique en français et une partie spécifique en normand, ne pose aucun problème.
Cette position est cependant jugée beaucoup trop tolérante par le ministère de l’Intérieur. D’ailleurs, dans un premier temps, le préfet du département de l’Eure s’était opposé à cette appellation. « Heureusement, le sous-préfet de Bernay nous a soutenus et a réussi à convaincre son supérieur », se souvient Marc Descamps. Qu’à cela ne tienne, ledit ministère – qui a refusé de répondre à L’Express – voit d’un mauvais œil la valorisation des langues régionales, perçues comme un ferment de séparatisme. Et si l’existence d’un mouvement d’indépendance normand vous a échappé, rassurez-vous : ni Gérald Darmanin ni ses équipes ne l’ont repéré. Non, ce qu’ils redoutent, c’est que Treis-Sants-en-Ouche ne donne des idées à d’autres. Qu’en Corse, Ajaccio – à la française – ne soit rebaptisée Aiacciu, pour prendre un exemple qui ne doit rien au hasard. Car derrière la langue, il y a la culture, l’identité, le sentiment d’appartenir à un groupe. Et cela, au ministère de l’Intérieur, on n’apprécie pas vraiment.
C’est pourquoi sa direction générale des collectivités locales a fait pression pour que toute allusion aux langues régionales soit retirée des documents diffusés par la commission nationale de toponymiecomme en témoigne le compte rendu de la réunion qui s’est tenue sur le sujet. Dans ses « amendements au considérant 15 », il est spécifié : « si Ajaccio créait une commune nouvelle avec une commune voisine, la nouvelle entité ne devrait pas s’appeler Aiacciu, mais soit Ajaccio, soit un nom vraiment nouveau. » Pour plus de sûreté, la discrétion est clairement préconisée : « Le considérant 15, même ainsi amendé, ne sera pas cité dans le Guide pratique à l’usage des élus. »
Pour autant, il serait abusif de considérer qu’il y a eu en France une volonté systématique de franciser des noms de lieux. En Bretagne, en Corse, en Provence, au Pays basque, en Provence, on trouve ainsi à foison des appellations qui témoignent de l’histoire linguistique de ces territoires. Il y a à cela une raison simple : pendant longtemps, l’État s’est totalement désintéressé de cette question (1). C’est seulement après-guerre, avec la création d’organismes comme l’Insee ou de l’Institut Géographique National (IGN), qu’il a entrepris de fixer des règles. Encore l’approche était-elle avant tout pragmatique : pour l’essentiel, on cherchait à mettre un terme à l’anarchie qui régnait en matière d’accents ou de traits d’union, afin d’améliorer l’efficacité des recensements.
Cela ne veut pas dire que l’État soit resté neutre en la matière. Dans les faits, d’innombrables noms de lieux ont bel et bien été francisés, souvent avec un total amateurisme, comme on peut le constater en lisant l’ouvrage 20 000 lieux sous la loupe, qu’Yves Lavalade a consacré à la région du Limousin (1). À Vitrac-sur-Montane (Corrèze) Las Peiruças – les sols caillouteux – sont ainsi devenus… Les Perruches ! À Lignac (Indre), Los Caraudis – les touffes de noisetiers – ont été transformés en Les Cœurs-Dits tandis qu’à Juillaguet (Charente) Los defens – parcelles interdites à la pâture – ont été traduits par Les Défunts. Une démarche tristement révélatrice de l’ignorance de Paris à l’égard des langues minoritaires.
Certains diront qu’il y a des malheurs plus grands dans le vaste monde et ils n’auront pas tort. J’aimerais toutefois connaître leur réaction le jour où, à Dieu ne plaise, une Europe anglophile adopterait la même démarche et rebaptiserait Bordeaux « Waterfront« , Tours « Towers » et Paris « Bets« . Ce jour-là, peut-être comprendraient-ils ce que ressentent leurs compatriotes attachés à l’histoire et à la culture de leur région.
(1) 20 000 lieux sous la loupe, Yves Lavalade (illustrations de Jean-Louis Savignac), Éditions Le Puy Fraud.

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Illustration de First Draft News

Écrit par First Draft News – traduit par Marie Kéïta

[Sauf mention contraire, tous les articles renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

Les langues que nous parlons déterminent largement notre accès aux informations crédibles et aux vérifications qui réfutent des semi-vérités ou de fausses affirmations. Un récent webinaire organisé par First Draft [2] et Global Voices se penche sur la manière dont les minorités linguistiques peuvent surmonter cette inégalité en matière d’information.

2020 nous a appris que pratiquement toutes les communautés luttent contre les effets de la désinformation. Tandis que celles et ceux qui parlent des langues majoritaires ont accès à la vérification des faits et des informations dans leurs langues maternelles, il n’en va pas toujours de même pour les autres communautés. Les plateformes ainsi que les organisations de vérification des faits investissent souvent trop peu dans les langues minoritaires, ce qui rend difficile la lutte contre la désinformation ainsi que le renforcement de l’éducation aux médias au sein de ces communautés.

Dans le cadre de son initiative Rising Voices [3], Eddie Avila de Global Voices [4] [fr] et Marie Bohner [5]de First Draft se sont entretenu·e·s avec des expert·e·s du monde entier afin de voir comment les communautés locales font face à la menace de la désinformation dans leurs langues maternelles. Parmi elles/eux, Rahul Namboori de Fact Crescendo [6] (Inde), Endalkachew Chala, [7] de l’Université Hamline (États-Unis) et Kpenahi Traoré de RFI [8] (Burkina Faso), qui ont partagé leurs points de vue sur la manière de relever ce défi unique.

L’Inde compte 22 langues officielles [9] [fr] en dehors de l’anglais, et au moins 500 langues non officielles, ce qui complique particulièrement la tâche des personnes chargées de vérifier les faits, des journalistes et des éducateur·trice·s qui doivent s’assurer que tout le monde a accès à des informations fiables. La diffusion de fausses informations a eu des conséquences particulièrement dangereuses dans le pays, puisque les rumeurs ont provoqué des attaques [10] et des émeutes contre les minorités ethniques et religieuses [11], faisant des dizaines de morts ces dernières années.

C’est dans ce contexte que Fact Crescendo [6] combat la désinformation, explique monsieur Namboori. Avec l’aide d’équipes locales, cette organisation vérifie les informations dans sept langues régionales, en plus de l’anglais et le hindi, pour trouver les rumeurs et éviter leur diffusion. Les équipes régionales de Fact Crescendo sont composées de journalistes locaux et locales qui parlent la langue de la région et comprennent l’environnement culturel et politique unique dans lequel ils/elles opèrent. Grâce à des outils tels que CrowdTangle de Facebook, les équipes surveillent des centaines de groupes et de comptes sur les réseaux sociaux pour suivre les informations fausses et trompeuses. Fact Crescendo utilise également WhatsApp, via des numéros de recueil de renseignements et des groupes, pour que ses enquêteurs puissent communiquer directement avec les communautés locales et leur fournir des informations fiables dans leur propre langue.

Il ne s’agit pas uniquement de la circulation de fausses informations dans les langues principalement parlées en Inde telles que l’anglais et le hindi, mais également de la manière dont les mauvaises informations provenant de l’étranger font leur chemin dans le pays. Des déclarations mensongères sur le coronavirus en provenance d’Italie ou d’Espagne sont passées de l’espagnol et de l’italien à l’anglais et à l’hindi, avant de faire leur apparition dans les langues régionales, a déclaré M. Namboori. Une dose de contexte adaptée à l’audience visée est ajoutée à chaque passage, ce qui rend la fausse information d’autant plus crédible et lui permet d’avoir un impact dans les communautés linguistiques qui n’ont pas ou peu accès à des informations fiables.

L’Éthiopie présente une diversité similaire en matière de langues, avec trois langues principales et 86 autres parlées dans ce pays d’Afrique de l’Est. « La plupart de ces langues manquent de ressources, et les faits ne sont pas vérifiés dans ces langues », a déclaré Endalkachew Chala, d’Éthiopie. Même si plusieurs d’entre elles sont très utilisées sur les réseaux sociaux, leurs locuteurs n’ont pas facilement accès à des informations vérifiées ou fiables.

Dernièrement, les coupures d’accès à internet dans la région septentrionale du Tigré, en raison des conflits dans le pays, ont aggravé la problématique des langues sous-financées et insuffisamment outillées. Cela a contribué à créer deux univers de l’information dans lequel les personnes vivant dans la région du Tigré ne savent pas ce qui se passe dans le monde, a déclaré monsieur Chala. Les habitant·e·s ont uniquement accès aux informations diffusées dans les médias locaux, ce qui a conduit à une compréhension « incohérente » de la situation puisque les personnes vivant dans le Tigré ont une perspective différente de celles et ceux qui habitent à l’extérieur, a ajouté monsieur Chala.

Monsieur Chala a également vu des fausses informations relatives à la santé proliférer dans toute l’Éthiopie. Des fausses déclarations à propos de la pandémie de Covid-19 ont fait le tour de l’Éthiopie dans plusieurs langues, se propageant à la fois au sein des communautés linguistiques et au-delà.

À travers le pays, il existe des personnes disposées à vérifier la véracité des faits, a déclaré monsieur Chala, mais les financements étrangers vont presque toujours à ceux qui disposent des connexions politiques ou ceux qui parlent les langues dominantes dans les centres urbains. Il a ajouté que les plateformes et les entreprises étrangères devaient embaucher des locuteur·trice·s natifs/natives de langues minoritaires pour contribuer à la vérification des informations pour ces communautés afin de ne pas dépendre de personnes non-natives.

Dans d’autres pays d’Afrique, les locuteur·trice·s du bambara, une langue minoritaire de l’ouest du continent, font également face aux mêmes problèmes de financements. Bien que les membres de la communauté bambara reçoivent les informations des médias locaux à la télévision et à la radio, et puissent ainsi éviter la vague de fausses informations en ligne, ils dépendent aussi entièrement des médias traditionnels, a déclaré Kpenahi Traoré. La responsabilité de ces médias de rapporter des informations factuelles est par conséquent d’autant plus grande, car souvent, les communautés bambara n’ont pas accès à internet pour vérifier ce qu’elles entendent. D’après Mme. Traoré, même si les organisations locales ne disposent pas des ressources nécessaires pour diffuser des informations factuelles à leurs communautés, il existe des organisations étrangères comme RFI Mandenkan, qui vérifient les informations en bambara et dans d’autres langues locales.

En Amazonie, où les communautés communiquent principalement à l’oral, il a été crucial que les ressources — particulièrement celles concernant le coronavirus — soient elles aussi « adaptées au contexte local », a déclaré monsieur Avila à Global Voices. « Les personnes en qui l’on peut avoir confiance ou les choses qui semblent crédibles dans une culture, peuvent être différentes dans une autre, c’est pourquoi il est très important d’en tenir compte dans le genre de contenu que nous voyons en ligne. »

Tandis que des individus et certaines organisations s’efforcent de fournir aux locuteur.trice.s de langues sous-financées des informations factuelles, les populations des minorités linguistiques sont toujours nettement désavantagées par rapport à celles qui parlent les langues dominantes. Même si le monde s’est davantage internationalisé sur internet, les personnes avec une moindre connectivité ou qui communiquent différemment sont laissées pour compte. Les médias et les plateformes de réseaux sociaux peuvent investir dans ces communautés locales pour développer l’éducation aux médias, afin qu’elles puissent accéder, de la même manière que les autres, aux informations vérifiées dans leurs langues.

Pourtant, ces exemples mondiaux soulignent également la nécessité d’aborder des questions plus larges telles que les taux d’alphabétisation ou la connectivité à l’internet lors de la conception de solutions visant à contrer le problème de la désinformation dans les langues minoritaires. Il est essentiel de comprendre comment les communautés linguistiques communiquent pour mettre en place l’infrastructure nécessaire à l’amélioration de l’éducation aux médias.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2020/12/29/260046/

URLs dans ce post :

[1] initialement publié : https://firstdraftnews.org/latest/combating-misinformation-in-under-resourced-languages-lessons-from-around-the-world/

[2] First Draft : https://firstdraftnews.org/

[3] Rising Voices : https://rising.globalvoices.org/

[4] Global Voices : https://fr.globalvoices.org/

[5] Marie Bohner : https://twitter.com/MarieBohner

[6] Fact Crescendo : https://www.factcrescendo.com/

[7] Endalkachew Chala : https://www.hamline.edu/faculty-staff/endalkachew-chala/

[8] RFI : https://www.rfi.fr/en/

[9] 22 langues officielles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_en_Inde

[10] attaques : https://www.bbc.com/news/world-asia-india-44856910

[11] minorités ethniques et religieuses : https://www.wired.com/story/how-whatsapp-fuels-fake-news-and-violence-in-india/

« A crise da vivenda rural ameaza o noso futuro », advirten nunha carta conxunta organizacións de defensa da lingua en Irlanda, Escocia e Gales. 

Unha lingua non pode existir sen unha comunidade de falantes. E se os territorios onde habitan eses falantes son obxecto de presión por parte do mercado inmobiliario, o delicado ecosistema lingüístico que hai nelas, periga.

« A crise da vivenda rural ameaza o noso futuro », din activistas das linguas celtas de Escocia, Irlanda, Gales, a illa de Man e Cornualles que se sumaron a unha petición transfronteiriza sobre a supervivencia destes idioma, como recollen nacions.blogspot.com.

Nun chamamento ás autoridades de cada un destes países, os grupos de defensa da lingua afirman que as presións do mercado inmobiliario e a ausencia de políticas públicas acaídas están a poñer en xogo as súas linguas: gaélico escocés, irlandés, galés, manx.

« Dereito á vivenda »

Elaboraron unha carta que reivindica un « dereito á vivenda » para os falantes destas linguas nas súas áreas xeográficas. Advirten que os altos custos e a proliferación das casas de vacacións nas zonas rurais fan que as súas propias linguas poidan ser expulsadas destas zonas en breve.

A carta – Cairt taigheadais Cheilteach en gaélico e Siarter Tai Celtaidd en galés – é unha colaboración entre os grupos Misneachd de Escocia, o seu equivalente irlandés Misneach e Cymdeithas yr Iaith Gymraeg de Gales. Inclúe achegas de Mebyon Kernow, de Cornualles

O texto inclúe 11 demandas diferentes, incluída a introdución dun « imposto punitivo » sobre as vivendas usadas para alugamento de Airbnb, un límite legal na proporción de segundas residencias ou casas de vacacións dentro desas comunidades, xestión de rendas para igualar os ingresos locais e « axudas específicas para que os falantes de linguas minoritarias permanezan nas súas comunidades ».

« Este tema nunca foi máis importante que agora para a supervivencia das comunidades gaélicas », dixo o arquitecto, Martainn Mac A’Bhaillidh, de Misneachd. “Nenos que falan gaélico con pouca esperanza de poder vivir na comunidade onde creceron. É unha situación totalmente insostíbel « , indica, apuntando a que a marcha destas implica que esa persoa mude de lingua.

« Ao bordo do colapso »

Unha investigación da Universidade das Highlands advertía que o gaélico escocés estaba « ao bordo do colapso », co que podía desaparecer en só unha década como resultado de factores diversos, tamén o « social e económico ».

Segundo a carta, trátase de cuestións que atinxen a estes países: « Nós, como organizacións que representan as linguas minoritarias das nacións celtas, declaramos que é necesaria unha acción urxente. O dano causado ás nosas linguas e ás súas comunidades debe pararse”..

« A falta de vivenda está en aumento e cada vez son máis as persoas que non poden permitirse vivir nas súas zonas nativas. Lamentamos que este sexa o resultado das políticas dos gobernos rexionais e estatais. Incluída austeridade e décadas de desigualdade económica que desfavorecen ás nosas comunidades rurais.  » Iso, pedimos aos nosos gobernos que adopten unha serie de políticas para garantir que as persoas que viven e traballan aquí … poidan permitirse o luxo de permanecer nas súas comunidades ».

Bethan Roberts, de Cymdeithas, di que algúns partidos progresistas xa declararon que implementarán algunhas das propostas nos seus programas para as eleccións ao parlamento galés.

Mac A’Bhaillidh espera que suceda o mesmo, pero di que xa se perderon as posibilidades, como as restricións de Airbnb propostas polo responsábel de Economía dos Verdes, Andy Wightman.

« As linguas non sobreviven sen unha comunidade ao seu redor »

« As linguas non sobreviven sen unha comunidade ao seu redor », di. « Simplemente non o fan ». « Hai moi poucas evidencias de que as linguas sobreviven máis dunha ou dúas xeracións neste contexto. Había 100.000 falantes de irlandés en Glasgow. Onde están agora? », pregunta. « Millóns de falantes de irlandés emigraron a Nova York, onde está hoxe alí o gaélico? Sempre que xorde este debate sobre a vivenda, hai moitos inconvenientes: « Que podemos facer? »

“Nas Illas do Canal, en Cornualles, en Noruega e Nova Zelandia, vemos que se están tomando medidas para limitar e establecer regras sobre quen pode comprar unha casa e onde. Non é que non se poida facer, é que non hai vontade « .

Un voceiro do goberno escocés dixo: « Recoñecemos a importancia da vivenda nas áreas de lingua gaélica e o papel das asociacións de vivendas no apoio a estas comunidades. O goberno escocés está disposto a traballar con todas as partes para para apoiar estas comunidades ».

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

Los autors, lingüistas e antropològs, son de mai d’una origina, entre las qualas de regions occitanas

Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement es un obratge collectiu coordenat per Martine Boudet amb la participacion de la DGLFLF (Delegacion Generala a la Lenga francesa e a Las lengas de França, Ministèri de la Cultura) e del Cairefòrc Cultural Naut Bernat (Tolosa). Los autors, lingüistas e antropològs, son de mai d’una origina, entre las qualas de regions occitanas[1].

Los objectius d’aquela publicacion son, principalament, de religar:

— d’òbras academicas sus las lengas e las culturas,

— las problematicas de divèrsas lengas-culturas minoritàrias,

— los objectius ciutadans de democracia e de desvolopament, sus aquestas basas.

Un contèxte educatiu dangierós per las lengas regionalas

Aquela situacion es mesa en evidéncia pel collectiu interorganizacional Per que viscan nòstras lengas. Per quant a lor ensenhament, l’Associacion de las Regions de Françs (ARF), citada dins l’obratge, contèsta tanben la legitimitat e la pertinéncia de la reforma del licèu e del bachelierat:

Las regions membres de la Comission Lengas regionalas de Regions de França demandan al ministèri d’emendar la reforma del licèu e del bachelierat per tal qu’aquesta constituisca pas una reculada de la diversitat lingüistica en França.

D’efièch, dins l’estat, la reforma desvaloriza l’ensenhament bilingüe e l’ensenhament extensiu de las lengas regionalas, subretot pel jòc dels coeficients e per una mesa en concurréncia sistematica amb las lengas estrangièras e las autras disciplinas. Es malconéisser los objectius meteisses de l’ensenhament bilingüe e de l’ensenhament de las lengas regionalas, que cèrcan non sonque de preparar a un cursus pòstbac en lenga regionala, mas tanben de formar fins al bachelierat de joves que seràn aptes a estudiar, trabalhar, viure dins un contèxt bilingüe, quins que sián los estudis o los mestièrs a los quals se destinan.

La Comission pòt pas acceptar aquela mesa en perilh de l’ensenhament de las lengas regionalas e de las seccions bilinguas e demanda instantament que d’ajustaments sián operats a la reforma per tal que las disposicions de l’article L312-10 del Còde de l’Educacion sián respectadas[2].» (trach del comunicat citat p. 59)

Tocant l’ensenhament en collègi, Philippe Blanchet explica dins l’obratge que: “s’una plaça es possibla per l’ensenhament deis LR dins los 4 nivèls dau collègi, 6n compresa, aquela plaça es ges assegurada. Leis LR son mai encara plaçadas en concurréncia d’autreis ensenhaments complementaris, dins l’encastre de dotacions oràrias estrechas e non extensiblas. Vista l’ideologia lingüistica dominanta en França, es ges segur que lei còlas pedagogicas fagan una plaça ais LR en 6a e dins leis Ensenhaments Pedagogics Interdisciplinaris”. (p. 51-52)

La situacion d’autres ensenhaments de lengas

Al nom d’una logica budgetària d’austeritat, la fin de las opcions en lenga viva 3 italian, portugués, rus… en licèu general, a sonat los classes, en 2009, d’una diversitat pr’aquò necessària a l’ora de la bastison d’Euròpa. Per quant a las lengas ancianas, lor minoracion dins la reforma dels collègis aviá provocat de debats al motiu del manten del país coma “nacion culturala”. L’ensenhament de l’arabi, e mai del berbèr, es tanben tròp marginalizat de cara al nombre de locutors: l’arabi es la segonda lenga parlada dins lo país, particularament dins los quartièrs populars que patisson una manca de reconeissença culturala. L’ensenhament del francés lenga mairala/FLM clau, de son costat, un cicle d’aculturacion que sa deriva es l’assimilacion. La disciplina coneis un replec patrimonial e mai un apauriment de sos ensenhaments fauta de pro de dobertura sus d’autras lengas-culturas —lengas regionalas compresas— que compensariá la concurréncia de l’angloamerican.

En aval, pr’amor que son fragilizats pels objectius de competitivitat e de rendabilitat immediata, l’avenidor dels departaments universitaris de lengas minoritàrias es tanben una question que pòrta de pensaments: per las meteissas rasons antan foguèt barrat lo departament de lengas ancianas de l’Universitat de Lemòtges.

Es qu’aquela tendéncia pesuga molarà o, al contrari, lo sistèma valorizarà puslèu l’ensenhament del francés e de l’anglés, ja dominants, amb en rèireplan una tecnosciéncia arrapada a d’objectius de creissença puslèu mercantils?

Quinas preconizacions?

La còla de l’obratge fa l’escomesa d’una evolucion pus armoniosa, particularament dins lo sector de las lengas regionalas. La promocion de la diversitat es una de las responsas. Es çò que fa lo Forum de las Lengas del Mond organizat cada an pel Caireforc cultural Naut Bernat (Tolosa). Avèm aquí un recors de cara al desvolopament dels nacionalismes, de las xenofobias, del terrorisme religiós, de la glotofobia…

Entremièg aquelas preconizacions, podèm citar la promocion:

— al plan institucional, de la defensa juridica de las lengas, d’una francofonia inclusiva, d’un alterdesvolopament que passe per las lengas autoctònas…

— al plan academic, de l’interdisciplinaritat (geopolitica, lingüistica del desvolopament, antropologia culturala, macroeconomia),

— d’un punt de vista metodologic, del plurilingüisme, del comparatisme, de l’intercultural, de l’intercompreneson.

— al plan educatiu, de l’ensenhament de las lengas minorizadas, en particular lo de las lengas regionalas.

— al plan ciutadan, de l’engatjament associatiu per tal d’aver de relèvas dins l’opinion e los mejans de comunicacion, e mai al prèp dels poders publics.

Jean Sibille
Encargat de recèrca HDR
Laboratòri CLLE-ERSS (UMR 5263)
CNRS / Universitat de Tolosa – Joan Jaurés


[1] Entremièg los autors, podèm citar Giovanni Agresti especialista de literatura occitana, Philippe Blanchet especialista del provençal, Martine Boudet especialista d’antropologia culturala, Gilbert Dalgalian especialista del plurilingüisme, Gaid Evenou encargada de mission a la DGLFLF, Giovanni Poggeschi especialista de l’estatut de las lengas europèas, Claude Sicre président del Carrefour culturel Arnaud Bernard (Toulouse).
[2] Commission Langues Régionales, Association des Régions de France, « Réforme du lycée et du baccalauréat: l’enseignement des langues régionales en danger » (15 de febrièr de 2019)

BOUDET, Martine (dir.). Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement, Paris, Ed. du Croquant, 2019.

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

Estats com França o Itàlia ni tan sols l’han ratificat

amena_31

L’Estat espanyol incompleix sistemàticament la Carta europea de les llengües regionals o minoritàries que va aprovar el Consell d’Europa ara fa 28 anys, el 5 de novembre de 1992. França i Itàlia, tot i llur signatura, no l’han ratificada respectivament, al·legant la incompatibilitat amb les seves constitucions nacionals. Espanya sí que la va ratificar l’any 2001.

Els incompliments d’Espanya són en l’àmbit de la Justícia, les administracions públiques de l’estat, la reciprocitat de mitjans i durant la gestió de la pandèmia de la Covid-19

Aquest novembre també farà un any de les recomanacions del Consell de Ministres del Consell d’Europa que acompanyaven l’informe del Comitè d’Experts sobre el compliment de la CELROM d’Espanya. En efecte, l’informe del Comitè d’Experts demana a l’Aragó que inclogui el català al seu estatut, com també que el català sigui reconegut com a riquesa cultural a la Regió de Múrcia.

L’informe del Comitè d’Experts reclamava que, amb caràcter urgent, es millorés la situació del català en l’àmbit de la Justícia i de les administracions públiques de l’estat espanyol. El 2019, el Consell de Ministres recomanava que es modifiqués, també amb caràcter urgent, la Llei orgànica del poder judicial, perquè asseguri l’ús del català en procediments judicials si ho demana una de les parts, un fet que actualment no sempre acaba sent possible. Aquesta recomanació és reiterada, però cap estament legislatiu espanyol n’ha impulsat la modificació legal pertinent. Els experts europeus tornaven a demanar com a recomanació d’aplicació immediata que l’Administració de l’Estat a Catalunya, el País Valencià i les Illes Balears utilitzi el català. En aquest sentit, la Plataforma per la Llengua reclama a les Corts espanyoles una reforma legislativa que reguli que els treballadors públics de l’Administració General de l’Estat als territoris de parla catalana hagin de tenir una capacitació lingüística en català (així com ja se’ls exigeix que la tinguin en castellà) suficient per al seu lloc de treball. L’ONG del català també demana que tots els tràmits administratius que s’hagin de fer als portals web de l’Administració de l’Estat puguin fer-se en català.

La Plataforma per la Llengua considera preocupant el sistemàtic incompliment de la reciprocitat audiovisual, que no permet la llibertat de circulació dels productes audiovisuals ni entre països ni entre territoris dins de l’estat espanyol. La reciprocitat parcial de les emissions de ràdio i de televisió en català entre els diversos territoris del domini lingüístic catalanoparlant impliquen un atac frontal als drets lingüístics de més de 10 milions de ciutadans europeus. Aquesta restricció injustificada en la recepció dels mitjans de comunicació audiovisuals implica el menyspreu continuat dels estats espanyol, francès i italià cap a la CELRoM en un àmbit més.

L’exemple més recent d’incompliment de la CELRoM ha estat arran de la pandèmia de la Covid-19. El passat mes de març, el Consell d’Europa va criticar que alguns estats, com Espanya, « no comparteixen la informació, instruccions, directrius o recomanacions en altres llengües que no siguin la llengua oficial del país ». En una nota, l’organització encarregada del seguiment de la Carta Europea de les Llengües Regionals o Minoritàries exposava que « la comunicació de recomanacions rellevants no només en una llengua és de gran importància per al benestar dels parlants de llengües regionals o minoritàries ». Aquesta mala notícia per als usuaris dels serveis de salut queda ratificada pel fet que el Consell d’Europa va determinar que el compromís de garantir l’atenció en català a la sanitat catalana (en aquest cas competència de la Generalitat de Catalunya) no es compleix plenament. La qualificació de l’informe emès el 2019 pel Comitè d’experts del Consell d’Europa, que fa el seguiment de la CELROM, va rebaixar la qualificació d’aquest compromís de « complert » a « parcialment complert ».

El passat març, el Consell d’Europa expressava la seva disconformitat perquè considerava que era un acte « discriminatori » i « contrari a la Carta europea » el fet que els estats que opten per l’ensenyament per mitjà de la televisió « es limiti a la llengua oficial sense tenir en compte les necessitats dels alumnes acostumats a rebre formació en llengües cooficials ». La Plataforma per la Llengua assenyala el Govern espanyol com un mal exemple d’aquesta uniformitat lingüística a l’hora d’expressar les recomanacions a la ciutadania. En efecte, el govern de Pedro Sánchez emet totes les seves comunicacions a les pàgines oficials i a les xarxes socials, així com a les conferències de premsa, exclusivament en llengua castellana. L’ONG del català també constata que els programes educatius que el Ministeri d’Educació va oferir durant l’etapa de tancament de les escoles el 2020 a Televisió Espanyola eren emesos exclusivament en llengua castellana.

Els casos francès i italià

En l’aniversari de la signatura de la CELRoM per part dels estats, la Plataforma per la Llengua vol posar l’accent en l’actitud de França i Itàlia: dos països que continuen sense ratificar la carta, fet que reflecteix una total despreocupació per una comunitat lingüística que veu la seva llengua amenaçada de desaparició en aquests dos estats. El maig de 2017, l’ONG del català ja va demanar a qui acabava d’esdevenir president de la República francesa, Emmanuel Macron, que impulsés els tràmits necessaris per ratificar-la, promesa que va fer durant la campanya electoral. La ratificació de la CELRoM havia de comportar el reconeixement de tota una sèrie de drets per a les llengües minoritzades per la República francesa, entre les quals es troba el català.

En aquest sentit, la carta havia de reconèixer als habitants de la Catalunya del Nord el dret d’aprendre català a l’escola i permetre, segons el grau de compromís que adquirís l’estat francès, la traducció de documents i lleis al català o, fins i tot, la possibilitat de tramitar procediments judicials en aquesta llengua. A més, la ratificació de la Carta també havia de promoure la producció d’obres culturals en català, n’havia de garantir l’emissió audiovisual regular i no impedir-ne l’ús en les relacions laborals. La Plataforma per la Llengua recorda que « és especialment important el compromís expressat respecte de l’ensenyament en català, atès que, segons la darrera Enquesta d’usos lingüístics a la Catalunya del Nord, el 80,3 % de la població nord-catalana ha expressat ser favorable a l’ensenyament del català com a disciplina o assignatura i el 76,1 % desitjaria tenir una educació bilingüe ». El compromís del president Macron amb la ratificació de la CELRoM va ser expressat a propòsit d’una enquesta feta entre els candidats a la presidència per la xarxa lingüística europea ELEN, de la qual és membre la Plataforma per la Llengua.

L’agost passat, en una sessió de compareixença en seu parlamentària del Govern francès, el diputat del departament de l’Aude feia a la ministra de Cultura gal·la, Roselyne Bachelot, una pregunta escrita demanant per què l’estat francès no ratificava la Carta. El ministeri de Cultura va respondre que França, tot i l’absència de ratificació, compleix amb 39 compromisos de la carta –el mínim són 35. A banda, si bé és cert que l’executiu Macron ha emprès mesures de protecció del català, com ara la creació de l’Oficina Pública de la Llengua Catalana (oficina amb una dotació pressupostària inicial molt baixa), l’ONG del català veu important que els estats acompanyin les mesures amb una ratificació de la Carta que permeti que siguin auditats pel Comitè d’experts internacionals encarregat del seguiment de la mateixa Carta, així com dotar d’eficàcia les mesures als territoris on la substitució lingüística del català és més avançada i, per tant, les mesures són més urgents. Cal destacar, per exemple, que només 1 de cada 4 joves nord-catalans té accés a algun tipus d’ensenyament del català i només el 0,7% de les parelles joves parlen català amb els fills. En dades globals, només el 5,7% de la població parla habitualment la llengua catalana.

A Itàlia, la ratificació de la Carta podria estar més a prop de ser una realitat, fet que afectaria plenament les possibilitats dels parlants de català a l’Alguer de poder dotar-se d’eines per garantir la continuïtat de la seva llengua. Quatre senadors han proposat textos que han de permetre la ratificació de la Carta, un cop consensuïn un únic text. El ministre d’Afers Regionals i Autonomies, Francesco Boccia, va participar en un acte al Senat organitzat per la senadora ladina Elena Testor, durant el qual li va manifestar la determinació del Govern amb la protecció de les minories i va agrair els treballs parlamentaris. La senadora Testor, una de les quatre que ha fet una proposta de llei -que ara mateix és a les comissions 1 i 3 del Senat-, es mostra confiada que aquesta vegada sí que sigui la bona.

La ratificació de la CELROM donaria una empenta més a l’ensenyament del català a l’Alguer, gràcies a la recent aprovació d’una llei pel Parlament sard que l’habilita. A més, la CELROM permetria als algueresos emprar el català en les seves relacions amb les administracions públiques de l’Alguer, fet que es podria concretar de diverses maneres, segons el grau de compromís adquirit.

La Plataforma per la Llengua considera que, mentre no es facin aquestes reformes, els parlants de català estan exposats a la discriminació lingüística i són tractats com a ciutadans de segona, atès que tenen menys drets. De fet, però, les autoritats espanyoles encara no han estat capaces de complir amb els mínims establerts a la CELROM, la carta que avui fa 28 anys i que està pensada per protegir parlants de llengües de mida molt més reduïda que el català a l’estat espanyol.

[Illustració: amena_31 – font: http://www.racocatala.cat]

 

 

Ville Ropponen en Kolima [1], región en el extremo este ruso

Escrito por Filip Noubel – traducido por Gabriela Garcia Calderon Orbe

La diversidad lingüística de Rusia es tan expansiva como el propio país.

Un grupo lingüístico representada en Rusia son las lenguas urálicas, cuyo nombre viene de los montes Urales [2], ubicados en el centro de Rusia en la frontera geográfica entre Europa y Asia. Incluyen 38 lenguas [3], la mayoría se habla en la región que lleva su nombre. Hay cerca de 25 millones de hablantes de lenguas urálicas en todo el mundo. Sin embargo, hay amplias diferencias en su condición.

Tres lenguas urálicas se benefician de protección estatal pues son oficiales, y las lenguas predominantes en sus respectivos países: estonio, finés y húngaro (este último goza de protección oficial en los países vecinos de Hungría). Los demás los hablan comunidades mucho más pequeñas que viven sobre todo en Rusia, y también en Letonia, Noruega y Suecia. Mientras algunas lenguas urálicas, como el mari o el udmurto [4], tienen entre 500 000 y 300 000 hablantes, otras tienen cerca de 30 000 hablantes, como las lenguas sámi [5]. Se cree que otras, como nganasan [6], tienen menos de cien hablantes. En Rusia, aunque las lenguas urálicas tienen reconocimiento oficial en la Constitución y en teoría tienen algunos derechos culturales, nueves leyes han amenazado la transmisión de lenguas minoritarias a la siguiente generación de hablantes.

La condición de lenguas urálicas más pequeñas es de gran interés para fineses, húngaros y estonios. Para ellos, el mari, udmurto, komi y erzya son primos lejanos, y en peligro. Por ejemplo, el finés Ville Ropponen es viajero y escritor de no ficción, poeta y crítico literario. Ha mucho visitado las comunidades urálicas de Rusia por años, y en 2012 publicó Uralilainen ikkuna (“La ventana de los Urales”), colección de ensayos de lenguas y viaje.

Ropponen contó lo que piensa del pasado, presente e incierto futuro de las lenguas urálicas y sus hablantes. La entrevista se editó por motivos brevedad y estilo. Se agregan enlaces y notas en las citas para para dar más contexto.

Filip Noubel (FN): ¿Cómo empezaste a participar en el campo como finés que habla una lengua urálica y decidiste viajar a Rusia donde viven la mayoría de pueblos urálicos?

Ville Ropponen (VR):>As I described in my book of essays ”The Window of the Ural”, I first got involved with Uralic languages and people from the Finno-Ugric territories of Russia when I studied in Estonia as an exchange student at the beginning of the 2000s. After that I made several trips to Finno-Ugric areas, the regions of Mari El [7]Udmurtia [8] and Mordovia [9] [in the Russian Federation], and in 2005 a longer journey which included areas in Siberia to gather information and material. I wanted to write more deeply about the Finno-Ugric languages, cultures and peoples in Russia today. Of course for a Finn, the Volga River and Ural mountains are half-mythological places, where you imagine your ancestors once lived before they decided to rush to the West.

In the 19th century many Finnish scholars travelled to Russia to research the languages and cultures of the Uralic peoples. It was also connected to the rise of Finnish cultural nationalism. Before and after Finnish independence [from Imperial Russia] of 1917, there were many connections between Finland and Russia, among cultural circles that sometimes included Udmurts and other Finno-Ugric nations. But Stalinist purges during the 1930s ended this and all connections between [us] were lost for decades.

In my book of essays I also try to imagine what it is to be a representative of a small linguistic minority in the era of globalisation, global warming and ecological crises, and once again, rising nationalism and imperialism. Of course today the rights of indigenous and minority peoples are more widely discussed at the national and international level.

Ville Ropponen (VR): Como describo en mi libro de ensayos “La ventana de los Urales”, empecé a conocer las lenguas y pueblos urálicos de los territorios finoúgricos de Rusia cuando estudiaba en Estonia como estudiante de intercambio a inicios de los años 2000. Después, viajé varias veces a zonas finoúgricas, las regiones de Mari El [10]Udmurtia [11] y Mordovia [12] [en la Federación Rusa], y en 2005 hice un viaje más largo que incluyó zonas en Siberia para reunir información y material. Quería escribir con mayor profundidad sobre las lenguas culturas y pueblos finoúgricos en Rusia hoy. Por supuesto, para un finés, el río Volga y los montes Urales son lugares semimitológicos, donde imaginas que tu ancestros vivieron antes de decidir irse al Oeste.

En el siglo XIX, muchos académicos fineses viajaron a Rusia para investigar las lenguas y culturas de los pueblos urálicos. También se relaciona con el auge del nacionalismo cultural finlandés. Antes y después de la independencia finlandesa [de la Rusia Imperial] en 1917, había muchas conexiones entre Finlandia y Rusia, entre círculos culturales que a veces incluían udmurtos y otras naciones finoúgricas. Pero las purgas estalinistas en la década de 1930 terminaron con esto, y todas las conexiones entre nosotros se perdieron durante décadas.

En mi libro de ensayos también trato de imaginar cómo es ser representar una pequeña minoría lingüística en la era de la globalización, calentamiento global y crisis ecológicas, y de nuevo, creciente nacionalismo y imperialismo. Por supuesto, ahora se habla más ampliamente de los derechos de pueblos indígenas y minoritarios a nivel nacional e internacional.

FN: ¿Hay una identidad urálica común? En tus ensayos, usas los términos de poscolonialismo y etnofuturismo para abordar este asunto. ¿Puedes explicar?

VR: At this moment, there is no common Uralic identity. Or if there is, it is only constructed and shared by the Finno-Ugric intelligentsia the way Benedict Anderson [13] describes the notion of ”imagined community”.

Ethnofuturism is an artistic movement which began in Estonia 1989 as a form of postmodernist and nonconformist thinking and as a postcolonial movement. One of its goals is to combine local as well as national cultural tradition with international cultural influences, the world of internet and robotics, together with the world of rituals, myth and ancient customs. During the 1990s, ethnofuturism became widely popular in Finno-Ugric areas of Russia. That was understandable, because both Tsarist Russia and the Soviet Union were empires, based on the rule of Russian language, of Russian and Slavic people. During the 1990, the minorities of Russia succeeded to improve their cultural and linguistic rights. But unfortunately during the Putin era, thus since the year 2000, almost all of these rights and autonomy have been lost.

Decentralisation, the deconstruction of hierarchy and the dissolution of binary opposites are important factors in the philosophy of ethnofuturism. The idea is to move the cultural focus from the center of empires to the outskirts, the wilderness, liminal points between civilisations. Ethnofuturists want to learn from aboriginal cultures and thinking, while maintaining a connection to the postmodern world.

VR: Actualmente, no hay una identidad urálica común. Si la hay, está solamente elaborada y compartida por la intelecutalidad finoúgrica como Benedict Anderson [14] describe la noción de ”comunidad imaginada”.

El futurismo es un movimiento artístico que empezó en Estonia en 1989 como forma de pensamiento postmodernista y no conformista, y como movimiento poscolonial. Uno de sus objetivos es combinar tradición artística local con influencias culturales internacionales, el mundo de internet y robótica, con el mundo de rituales, mito y costumbres antiguas. En la década de 1990, el etnofuturismo se volvió muy popular en las zonas finoúgricas de Rusia. Era comprensible, porque la Rusia zarista y la Unión Soviética eran imperios, basados en el ruso, de pueblos rusos y eslávicos. En la década de 1990, las minorías de Rusia lograron mejorar sus derechos culturales. Pero lamentablemente en la era de Putin, desde el año 2000, se han perdido casi todos estos derechos y autonomía.

La descentralización, la deconstrucción de jerarquías y la disolución de opuestos binarios son factores importantes en la filosofía del etnofuturismo. La idea es mover la atención cultural del centro de los imperios a la periferia, las zonas silvestres, puntos liminales entre civilizaciones. Los etnofuturistas quieren aprender de las culturas y el pensamiento originario, mientras mantienen una conexión con el mundo posmoderno.

FN: ¿Qué hay de la política en torno a las lenguas urálicas? Hace poco, Rusia aprobó una ley por la cual aprender lenguas minoritarias ya no es obligatorio en escuelas de zonas con significativa cantidad de hablantes de lenguas minoritarias. ¿Por qué es esto tan delicado en Rusia, dados los tan pocos hablantes de lenguas urálicas?

VR: After the collapse of Soviet Union, there was much hope in Russia about democracy, multiculturalism and a pluralistic society. But especially since the 2010s ”thaw” ended, everything which is independent, even in the slightest form, and is not mainstream is considered a threat. As always, it is a question of money and power.

I have been denied a visa once, that was in 2005. The official reason of denial was that we didn’t “register our visas properly”, which was of course a false reason. Russian security service officials interrogated us after a visit to the Mari El Republic, where we had interviewed cultural activists and people who had been politically oppressed. During that time the Mari El Republic was one of the first Russian regions to witness such state-sponsored harassment of ethnic minorities.

Unfortunately Russia is falling back to becoming an authoritarian empire, and today some scholars are even speaking about fascism. This is very sad. Russia and its people deserve better.

VR: Tras el colapso de la Unión Soviética, había mucha esperanza en Rusia sobre la democracia, el multiculturalismo y una sociedad pluralista. Pero sobre todo desde que terminó el “deshielo” de la década de 2010, todo lo que es independiente, hasta en su forma más mínima y no es corriente, se considera amenaza. Como siempre, es una cuestión de dinero y poder.

Me han negado la visa una vez, en 2005. La razón oficial de la denegación fue que no “registramos nuestros visas correctamente”, lo que por supuesto era una razón falsa. Los funcionarios de los servicios de seguridad rusos nos interrogaron después de una visita a la República de Mari El, donde entrevistamos a activistas culturales y personas que habían sido políticamente oprimidas. Durante ese tiempo, la República de Mari El fue una de las primeras regiones rusas en ver ese acoso patrocinado por el Estado a las minorías étnicas.

Desafortunadamente, Rusia está volviendo a convertirse en un imperio autoritario, y hoy en día algunos estudiosos hablan de fascismo. Esto es muy triste. Rusia y su pueblo merecen algo mejor.

FN: ¿Cuál es tu opinión sobre la sobrevivencia y futuro de esas lenguas? ¿Se están digitalizando y se pueden salvar, algunas al menos? ¿O hay otras formas más efectivas?

VR: I think they will survive. One hundred years ago, we asked the same questions: ”Will these small languages survive?”. They still do. But of course today there are more threats to minority languages, because the volume and power of big majority languages, which are sometimes called ”killer languages” is so huge. Digitalisation and the internet have helped some languages, for example Mordvian or Udmurt. There is a project to make Wikipedia pages in Mordovian languages (in both Erzya and Moksha). And in Udmurtia, there are many interesting linguistic projects, which try to improve the language’s situation using the internet.

What is to to be done? That is a difficult question, because it is a political one. For example, these kind of laws you mentioned are very bad for minorities. Over the last 20 years, Russian law has been constantly changed to the detriment of minorities. But we have to hope for the better. Maybe there will be a change in Russia, who knows, maybe quite soon, and Russian politics will again take a more democratic and pluralistic direction.

VR: Creo que sobrevivirán. Hace cien años, nos hicimos las mismas preguntas: “¿Sobrevivirán estas pequeñas lenguas?”. Todavía sobreviven. Pero, por supuesto, hoy en día hay más amenazas para las lenguas minoritarias, porque el volumen y el poder de las lenguas de las grandes mayorías, que a veces se llaman “lenguas asesinas” es muy grande. La digitalización e internet han ayudado a algunas lenguas, por ejemplo, el mordiano o el udmurto. Hay un proyecto para hacer páginas de Wikipedia en lenguas mordias (en Erzya y Moksha). Y en Udmurtia, hay muchos proyectos lingüísticos interesantes, que intentan mejorar la situación de la lengua con internet.

¿Qué hay que hacer? Es una pregunta difícil, porque es una pregunta política. Por ejemplo, estas leyes que mencionas son muy malas para las minorías. En los últimos 20 años, la legislación rusa ha sido constantemente modificada en detrimento de las minorías. Pero tenemos que esperar lo mejor. Tal vez haya un cambio en Rusia, quién sabe, tal vez muy pronto, y la política rusa vuelva a tomar una dirección más democrática y pluralista.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

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[1] Kolima: https://es.wikipedia.org/wiki/Kolim%C3%A1_(regi%C3%B3n)

[2] montes Urales: https://es.wikipedia.org/wiki/Montes_Urales

[3] 38 lenguas: https://es.wikipedia.org/wiki/Lenguas_ur%C3%A1licas

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[5] sámi: https://es.wikipedia.org/wiki/Lenguas_sami

[6] nganasan: https://es.wikipedia.org/wiki/Idioma_nganasan

[7] Mari El: https://en.wikipedia.org/wiki/Mari_El

[8] Udmurtia: https://en.wikipedia.org/wiki/Udmurtia

[9] Mordovia: https://en.wikipedia.org/wiki/Mordovia

[10] Mari El: https://es.wikipedia.org/wiki/Rep%C3%BAblica_de_Mari-El

[11] Udmurtia: https://es.wikipedia.org/wiki/Rep%C3%BAblica_de_Udmurtia

[12] Mordovia: https://es.wikipedia.org/wiki/Rep%C3%BAblica_de_Mordovia

[13] Benedict Anderson: https://en.wikipedia.org/wiki/Benedict_Anderson

[14] Benedict Anderson: https://es.wikipedia.org/wiki/Benedict_Anderson

 

Se vòl obténer que l’UE reconesca e sostenga “las regions que presentan de caracteristicas nacionalas, etnicas, culturalas, religiosas o lingüisticas diferentas” de las oficialas

Una iniciativa ciutadana europèa se bat per “l’egalitat de las regions e la sostenibilitat de las culturas regionalas”. Sa tòca es de demanar a l’Union Europèa qu’acòrde una atencion particulara a “las regions que presentan de caracteristicas nacionalas, etnicas, culturalas, religiosas o lingüisticas que son diferentas de las de la regions de l’entorn”. Cèrcan un milion de signaturas per registrar lor iniciativa ciutadana a la Comission Europèa. Per ara, solament Eslovaquia, Ongria e Romania an atench lo nombre de signaturas necessàrias del temps que los estats que pertòcan Occitània son luènh d’aquel lindal (França: un 3,2%, Espanha: un 7,81%, Itàlia un 1,73%). Se pòt signar per sosténer l’iniciativa sus aqueste ligam.

“Ensems sèm una fòrça formidabla”

Demest d’autras revendicacions, lo projècte demanda la reconeissença dels territòris nacionals, dont los Païses Catalans o Occitània (la nacion, non pas la region). L’iniciativa recep lo sosten e l’engatjament de fòrça collectius e elegits ongreses de Transilvània e d’endacòm mai, e tanben de collectius bascos e catalans. Son pòrtavotz es l’ongrés Attila Dabis, que Vilaweb ne publica una entrevista fòrça interessanta. Per Dabis, en Euròpa i a environ cinquanta milions de personas que fan partida d’aquelas minoritats nacionalas que “ensems sèm una fòrça formidabla”.

[Imatge: Guilhèm Sevilha – poblejat dins http://www.jornalet.com]

L’actuel Premier ministre est un amoureux sincère de la langue catalane, mais il n’a jamais soutenu la cause indépendantiste. Néanmoins, il a voté une motion dénonçant « les violences policières » de Madrid lors du référendum du 1er octobre 2017.
Écrit par Michel Feltin-Palas
C’est étrange : entre 2014 et 2020, la France aura eu deux Premiers ministres parlant catalan. Rien à voir pourtant entre les deux intéressés. Autant Manuel Valls passait pour un jacobin invétéré, soupçonnant derrière tout locuteur d’une langue régionale un séparatiste en puissance, autant Jean Castex apparaît comme un véritable amoureux des langues minoritaires.
Commençons par la langue. Bien que né en Gascogne, l’actuel locataire de Matignon maîtrise le catalan, une langue qu’il a perfectionnée notamment auprès de son épouse Sandra, elle-même catalanophone, qu’il a rencontrée dans son village de Valcebollère, où, enfant, il venait soigner son asthme.
Mieux : à Prades, la commune des Pyrénées-Orientales dont il a longtemps été maire, Jean Castex a toujours favorisé la langue catalane. Soutenant le milieu associatif, notamment l’association Casal del Conflent, qu’il a par exemple aidée à trouver un local suffisamment haut de plafond pour réaliser les fameuses pyramides humaines typiques de la région, dénommées castells (châteaux). Côté enseignement, sa commune accueille une bressola, c’est-à-dire un établissement où tous les cours se déroulent en catalan. « La ville apporte son soutien à cette école, comme aux autres écoles du territoire, via l’entretien des locaux scolaires. La commune prend notamment à sa charge les personnes qui interviennent dans les classes », explique à L’Express Yves Delcor, qui lui a succédé à l’hôtel de ville.
Jean Castex a également fait en sorte que les habitants de sa commune puissent capter les chaînes de télévision de la Catalogne « sud ». Enfin, il a régulièrement participé à l’université catalane d’été, qui se déroule à Prades depuis cinquante-deux ans et dont toutes les conférences ont lieu en catalan. En tant que puissance accueillante, c’est même lui qui prononce le discours d’ouverture – en catalan, cela va de soi. « Et c’est lui qui l’écrit », précise Raymond Gual, le trésorier de ladite université.
La culture est une chose, la politique en est une autre. « Il est essentiel de dissiper un amalgame entre défense de la culture catalane et indépendantisme catalan, insiste auprès de L’Express Yves Delcor. Jean Castex, en tant que maire de Prades, a toujours été très attaché à la culture catalane, mais n’a jamais montré la moindre ambiguïté dans son opposition à l’indépendance de la Catalogne. Il n’a signé aucun manifeste concernant la situation politique en Catalogne espagnole. » Une position que l’on confirme à l’hôtel Matignon.
La vérité est toutefois un peu différente. Certes, l’actuel Premier ministre a refusé à deux reprises de s’associer aux manifestes lancés le 4 avril 2018 et le 7 octobre 2019 par des maires des Pyrénées-Orientales. Des textes qui ne prenaient pas ouvertement parti en faveur de l’indépendance, mais dont le second demandait la libération des « prisonniers politiques » – expression lourde de sens. En revanche, il a approuvé en 2017 une motion votée à l’unanimité par la communauté de communes Conflent Canigó, qu’il présidait. Adoptée au lendemain du référendum – jugé illégal par Madrid – celle-ci stipule que les élus « s’indignent des violences policières contre les électeurs catalans », « demandent que ces violences cessent car elles sont indignes d’une démocratie » et « expriment leur solidarité avec les élus et le peuple catalan avec lesquels ils partagent une histoire, une culture et une langue ». Une tonalité assez différente de celle d’Emmanuel Macron qui, à l’époque, avait pris soin de ne jamais employer l’expression « violences policières », comme on le confirme à l’Elysée. Au contraire, le chef de l’État avait apporté un soutien total à Madrid en déclarant : « Il y a un État de droit en Espagne avec des règles constitutionnelles, il [le Premier ministre Mariano Rajoy] veut les faire respecter et il a mon plein soutien », avait par exemple déclaré le chef de l’État le 27 octobre 2017.
Pas d’ambiguïté, cependant : si le Premier ministre apprécie la culture catalane, il s’est bel et bien toujours opposé aux séparatistes. « Il n’a jamais soutenu le mouvement indépendantiste, indique Jordi Vera, coordonnateur du parti autonomiste « Oui au Pays catalan ». En revanche, il considère qu’un arrangement peut être trouvé avec Madrid si le gouvernement espagnol fait preuve de bonne volonté, que les Catalans ont le droit de voter et que personne ne doit être mis en prison dès lors qu’il ne recourt pas à la violence. » Claude Ferrer, maire de Prats-de-Mollo-la-Preste, très investi lui aussi dans la « cause catalane », corrobore cette analyse : « Il aime notre culture et souhaite que la démocratie puisse s’exprimer en Catalogne Sud, mais c’est d’abord un serviteur de la République française. »
Interprétation confirmée à Paris. Sans même évoquer le sujet sensible de l’indépendantisme catalan, Matignon indique ainsi que le Premier ministre ne prépare aucun projet de loi sur les langues régionales, pourtant en grandes difficultés. Mieux – ou pire, selon les points de vue – le chef du gouvernement apporte son plein soutien à la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer, laquelle a pourtant conduit à une baisse sensible des effectifs en diminuant les coefficients attribués à ces matières.
Conclusion ? Jean Castex est sans aucun doute un amoureux sincère de la langue catalane, mais il entend avant tout être un défenseur de l’État central.
[Source : http://www.lexpress.fr]

Es sortit, finalament! Es la revirada de Le petit prince de Antoine Saint-Exupéry, en occitan alpin

Diego Corraine, de Papiros, un jorn a Ostana, m’aviá demandat se fasio la revirada en occitan alpin, dal moment que l’aviá já publicaa en tantas lengas emergentas, decò en francoprovençal, e que lhi a ben de monde que fai la colleccion de las diferentas versions. Ai dich de òc, abo plaser. Mas ai emplegat pro de temps.

Aüra es sortit, l’ai terminat! Vos asseguro qu’es pas estat talament simple, pròpi pas un juec. Vos cònto qualqua ren de mai sus l’òbra.

Derant tot, m’a chalgut chausir quala “lenga” adobrar. Alora, coma orientament, es la varietat de las Valadas alpinas centralas, mas qualqui bòts la lhi a decò de paraulas diferentas que me semelhava que rendèsson mielhs la situacion. La forma vòl èsser una forma modèrna, mai simpla per qui vòl s’avesinar a la lenga. Per aquò ai adobrat, per exemple, lhi pronoms clítics masque ente l’èra indispensable e pas tuchi lhi bòts que lhi butèm dins lo parlar.

Ai fach de chausias que pòlon èsser contestaas, totun revirar per mi vòl decò dir interpretar, viure lo tèxt e cèrchar de l’adaptar a d’expressions mai da pè a nòstra experiéncia.

Vosautri vos demandaretz segur lo perqué de far de traduccions dins una lenga de minorança.

Es una bèla question.

Me poleriá passar per la ment de vos dir simplament “perqué pas?”

Mas es un argument interessant.

Quand la se fai una traduccion, sobretot d’un libre important, se demanda a la lenga de se butar en juec, de jónher lo passat e lo present, d’abandonar las causas mai conoissuas per s’aventurar, qualqui bòts, dins un mond novèl e desconoissut.

E per una lenga de minorança, per tanti ans esquasi masque orala, es una gròssa esfida demostrar que ilh s’adapta perfèctament a que se sie argument, que transmet de sentiments, d’emocions, que pòl revirar decò de clàssics. Donc, ilh es una lenga coma las autras, coma aquelas dominantas.

La traduccion dona importància a las lengas, lor dona una valor diferenta e ajua a las far conóisser e divulgar. Aquesta me semelha una bòna rason per revirar de libres dins nòstra lenga.

Coma vos ai dich derant, aquesta revirada es pas estaa simpla, m’a donat ben da far.

Mi aviu já fach de reviradas, de pichòts tòcs, de cóntias, de paraulas per lhi diccionaris, e fin finala, dal libre de J. Giono “L’òme que plantava d’àrbols”, mas ai esquasi totjorn trabalhat abo Dario Anghilante.

Aqueste bòt ai chausit de trabalhar soleta, mas quand me siu trobaa un pauc desperaa, ai demandat l’ajua e la consulença de Dario e de Luca Quaglia e ai consultat recèrchas d’autri linguistas.

Me chal dir que revirar a quatre mans m’agrada de mai perqué nais un confront sus la lenga ben productiu e amusant. Totun decò se butar en juec solets, l’es pas mal!

Corraine m’a demandat darrierament en quala revirada me camparai aüra, mas lhi ai respondut que me repauso un pauc.

Donc, vaquí Lo Principet, un libre famós, un pauc complicat, sobretot perqué tot bastit sus lhi dialògs, un messatge fòrt e actual, un’invitacion a pensar a las causas fondamentalas, a çò que la lhi a de mai important dins la vita.

E alora vos laisso a las paraulas de la volp.

Vaquí lo miu secret. L’es simple: se vei ben masque abo lo còr. Aquò mai essencial es pas visible abo lhi uelhs.”

Gianna Bianco
Publicat sus Nòvas d’Occitània num 201


SAINT EXUPÉRY, Antoine. Lo Principet (traduccion de Gianna Bianco en occitan alpin). Papiros, 2020. 10 èuros.

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]