Archives des articles tagués Marcel Proust

C’était «l’éléphant dans la pièce». Bernard Henri Lévy met les pieds dans le plat. Et Éric Zemmour perd ses nerfs.

Portait d'Éric Zemmour s'exprime entouré par des journalistes.

Éric Zemmour à Toulon, le 17 septembre 2021.

 

Écrit par Bernard-Henri Lévy

Chacun y pense.

Mais personne ne semble décider à en parler.

Zemmour est juif.

Et, parmi les questions posées par sa candidature, il y a ce qu’elle implique quant au destin de l’être juif en France.

La matière est délicate.

Et je ne voudrais pas qu’elle dissuade de s’interroger : ni sur ce que le phénomène révèle d’un système politique à bout de souffle ; ni sur l’atomisation par le pugiliste de ce qui reste, en France, de droite républicaine ; ni sur le remake en gestation du fameux « appel des 43 » qui siphonna, en 1974, l’électorat de Chaban-Delmas et qui permettrait de faire main basse, en 2021, sur le trésor de guerre des Républicains ; ni, enfin, sur les idées qu’il brasse, les infamies qu’il profère ou la piteuse idée de la France qu’il promeut quand il affirme qu’elle n’a « rien à faire » du sort des femmes afghanes, qu’elle « ne saura jamais » la vérité sur l’affaire Dreyfus ou qu’elle réprouve les petits anges assassinés par Mohamed Merah dont les parents ont « inhumé les os » à Jérusalem.

Sur chacune de ces vilenies, je m’exprimerai si nécessaire.

Et, ayant eu l’occasion d’en débattre quand il n’était encore, comme le premier Mussolini, qu’un journaliste ivre de lui-même, je connais assez ses ficelles pour y revenir, le moment venu, si la bulle tarde à se dégonfler.

Aujourd’hui, c’est cette autre question que je veux poser.

Celle de ce que M. Zemmour fait, qu’il le veuille ou non, au nom juif.

Et je souhaite y réfléchir posément, froidement.

On notera, si l’on est optimiste, que c’est l’électorat, non de Mme Pécresse, mais de Mme Le Pen qu’il a commencé par atomiser et que cela, quarante ans après l’apparition du Front national, n’est pas forcément une mauvaise chose.

On trouvera plaisante, si on a l’humeur à sourire, l’ironie, la ruse ou le piège de l’Histoire qui font que la vieille extrême droite antisémite se donne un champion répondant à un type d’homme qui n’était pas précisément son genre.

Peut-être se trouvera-t-il même des amateurs de romanesque pour s’émerveiller qu’une fable pareille, il n’y avait, pour l’inventer, qu’un Philip Roth (celui d’Opération Shylock) ou un Romain Gary (celui qui, dans La Danse de Gengis Cohn, imaginait un ancien nazi habité, ventriloqué, dibboukisé par un petit juif rescapé de la Shoah).

Il y aura, à l’inverse, les pessimistes qui, voyant cet homme chevaucher les pires obsessions de l’ultra-droite, craindront que cette identification n’alimente, en réaction, un antisémitisme d’ultra-gauche qui ne demandait qu’à prospérer et dont il sera d’ailleurs, lui, Zemmour, l’une des victimes.

Et sans doute y aura-t-il, un jour, des historiens pour voir dans cette affaire un cas extrême de la mécanique décrite par Hannah Arendt : on vit bien des « israélites » si éperdument épris de francité qu’ils en nourrirent, comme le Bloch de Proust, une définitive honte de soi ! des juifs allemands ressortant du placard leur casque à pointe de la guerre de 14 quand les nazis vinrent, en 1933, les chercher pour les mener au Lager ! pourquoi pas un Zemmour dont les parents furent, comme les miens, déchus de leur nationalité par Vichy et qui vocifère sur les plateaux que Pétain les a protégés ?

Mais la question la plus brûlante est encore ailleurs.

J’observe sa rage à embrasser la rhétorique barrésienne et maurrassienne la plus criminelle comme s’il voulait arracher les yeux de la synagogue sur le fronton martyrisé de Notre-Dame.

Je regarde sa façon de s’engager dans la zone marécageuse, fangeuse, du fascisme français et, tantôt d’y barboter comme un poisson dans l’eau, tantôt d’y caracoler comme un Bonaparte de carnaval au pont d’Arcole.

Je le vois piétiner tout ce qui, dans le legs juif à la France, relève de la morale, de la responsabilité pour autrui ou de cet ancien et beau geste qui dessina, jadis, la lumineuse figure de l’étranger sur la terre et qui devrait nous inspirer dans notre hospitalité face aux migrants.

Et il y a, dans cette transgression, quelque chose qui glace les sangs.

Je l’ai dit, il y a cinq ans, aux juifs américains tentés par le trumpisme : faire alliance avec cela, abdiquer son jugement devant tant de vulgarité, s’incliner face à un mauvais berger qui ne respectait que la puissance, l’argent, les stucs et les ors de ses palais, pouvait s’apparenter à un suicide.

Eh bien je le dis aux juifs de France tentés de se reconnaître dans le simplisme funeste d’Éric Zemmour : cette hubris nationaliste et raciste, cette cruauté, ce renoncement à la générosité juive, à la fragilité juive, à l’humanité et à l’étrangeté juives, cette ignorance, non des fiches de lecture dont il s’est gavé, mais de la vraie science, inscrite en lettres de sang dans les mémoires familiales et qui implique une réserve face aux tornades de l’Histoire et aux jets d’acide de la persécution, tout cela est une offense au nom juif que tout juif porte en lui tant qu’il ne s’en est pas explicitement déchargé.

M. Zemmour n’est certes pas le premier à donner à penser que l’on puisse être juif et ultrapopuliste.

Et il restera toujours, heureusement, des juifs d’affirmation pour lui opposer que choisir entre Claudel et le Talmud, Claudel ne l’eût pas souhaité.

Reste que l’ampleur de la vague, l’engouement, l’obscure jubilation à voir cet homme, non seulement profaner son nom, mais devenir le porte-glaive de ce que l’espérance juive a combattu depuis des millénaires, est d’une obscénité insupportable.

Désastre politique en vue.

Mais aussi péril en la demeure métaphysique qui abrite, depuis la nuit des temps, un peu du sens de l’humain et de la France.

 

[Photo : Eric Gaillard/REUTERS – source : http://www.laregledujeu.org]

Hasta sus 42 años se lo consideraba un diletante. En el final de su vida, urgido por la enfermedad, se embarcó en la escritura de “En busca del tiempo perdido”, obra monumental que anuncia modos de concebir el arte y las relaciones sociales y sexuales aún vigentes. Retrato de un escritor clave y una guía para “proustómanos”

Manifestaciones en Birmania en homenaje a históricas marchas de 1962 contra la primera junta - Infobae

 

Escrito por Santiago Llach

A 150 años de su nacimiento y 99 de su muerte, Marcel Proust está vivo. En abril de este 2021, la editorial Gallimard publicó Les soixante-quinze feuillets, el Santo Grial de Proust: setenta y cinco páginas de un manuscrito que estuvo perdido durante cincuenta años y que se considera la semilla de À la recherche du temps perdu (En busca del tiempo perdido). En mayo, las filiales de Penguin Random en español publicaron El remitente misterioso, la primera traducción de unos relatos también inéditos que fueron dados a conocer en francés en 2019. Casi todos los meses, sobre todo en este año de aniversarios redondos, se publican libros sobre Proust: en la Argentina acaba de salir por Cactus un libro del escritor y artista Pierre Klossowski.

La obra de Proust es un virus, un campo magnético pregnante, un modo contagioso de mirar el mundo, un texto en movimiento, nunca definitivo, siempre abierto al goce y a la interpretación. Es célebre la extensión de su novela en siete volúmenes En busca del tiempo perdido, como también la extensión arborescente de sus oraciones. ¿Es un documento legible en esta época de lectura breve y a los saltos? ¿Qué tiene para decirnos hoy? ¿Quién fue su autor?

En Busca Del Tiempo Perdido I Por La Parte De Swann | Marcel Proust - LibreriadelaU

La respuesta, rápida, es que sí, que sin duda vale la pena leerla hoy. Proust inaugura modos de narrar, de pensar y de vivir. Su obra es un exhibit sobre la libertad sexual y la neurosis, una investigación monstruosa y morbosa sobre la identidad, sobre el yo y el otro yo, sobre los códigos sutiles de la sociabilidad y los mecanismos de la movilidad social, un museo del chisme como mecanismo de la reproducción socialun testamento sobre los celos, el homoerotismo y lo que hoy se llama identidad de género, sobre la aspiración estética como sustituto del éxtasis religioso, una historia del fin de la Belle Époque y una novela sobre la guerra y la paz.

Marcel Proust nació el 10 de julio de 1871 en Auteuil, una zona al Oeste de París que había sido residencia de descanso de reyes. Su padre, Adrien Proust, fue un epidemiólogo reconocido, y su madre, descendiente de una familia judía rica de Alsacia, le inculcó el amor por la literatura y -uno de muchos parecidos de la vida de Proust con la de Borges- lo ayudó a traducir del inglés la obra del crítico de arte John Ruskin, en la que Proust se detuvo largamente para macerar su obra maestra.

Desde niño, Marcel tuvo problemas de asma, y los problemas de salud lo acompañarían durante los escasos cincuenta y un años de su vida. La sexualidad de Proust es objeto de discusión de sus biógrafos, que generalmente dan por sentada su homosexualidad, aunque subrayan que tuvo también relaciones con mujeres, y hay quien no se priva de señalar que llegaba al orgasmo haciendo que unas ratas pelearan en su presencia. Se conoce la identidad de varios de sus amores, pero el más famoso de todos ellos es Alfred Agostinelli, un joven taxista a quien Proust le regaló un avión en cuyo fuselaje hizo pintar unos versos de Mallarmé. Agostinelli (¿hay una muerte más romántica?) cayó al Mediterráneo en ese avión, y Proust lo tomó de modelo para construir el personaje de Albertine, una de las protagonistas de la Recherche.

De joven, Proust era visto como un diletante y un advenedizo, y su obsesión por convertirse en escritor reconocido se topaba con su falta de disciplina y su mente y su estilo digresivos. Proust no reparaba en convenciones en sus intentos por lograr establecerse como escritor: está probado que más de una vez intentó sobornar a críticos literarios. Según confesión del propio André Gide, el escritor y editor de las ediciones de la Nouvelle Revue Française -denominada más tarde Gallimard-, la mala fama personal de Proust influyó para que le fuera rechazado el manuscrito de Por el camino de Swann, el primer volumen del libro que todo proustiano avezado llama simplemente la Recherche. Hasta la publicación de ese volumen en 1913, solo había publicado un libro, Los placeres y los días, en 1896, que apenas si había llamado la atención.

En 1903 murió el padre de Proust y en 1905 la madre. Le dejaron una fortuna considerable. Proust era hasta entonces un escritor inconcluso. Hacia 1906 se embarcó en la escritura de la Recherche, que le demoraría dieciséis años, hasta pocos meses antes de su muerte, el 18 de noviembre de 1922. En vida de Proust se publicó hasta el cuarto volumen de su gran obra, el escandaloso Sodoma y GomorraA la sombra de las muchachas en flor, el segundo, se publicó en 1919 sí en Gallimard, gracias a la insistencia de un André Gide ahora suplicante, y obtuvo el premio Goncourt. La saga de la Recherche terminaría de publicarse recién en 1927, al cuidado de Robert, hermano de Marcel. Proust no llegó a corregir los últimos tomos, por lo que se puede decir que nunca dejó de ser un escritor inconcluso. Su obra maestra comenzó a hacerse famosa hacia el final de su vida; Proust pasó sus últimos años encerrado en una habitación recubierta de corcho, corriendo una carrera contra la enfermedad para poder terminarla.

Marcel Proust, en una imagen de alrededor de 1910. (Foto: Hulton Archive/Getty Images)

La historia que cuenta la Recherche es la de un hombre que quiere hacerse escritor. Desde un presente acerca del cual se nos dice muy poco hasta casi el final, el hombre ya maduro recuerda su vida en orden cronológico. Ese hombre, al que críticos y lectores suelen llamar el Narrador aun cuando en dos ocasiones se nos dice que se llama Marcel, es un niño sensible y enfermizo, dependiente de su madre, que a medida que crece se enamora dos veces de manera obsesiva y celosa, se hace amigos y sobre todo se integra a la sociabilidad de las clases altas parisinas. Al mismo tiempo, cultiva su sensibilidad estética, y sus seres queridos poco a poco irán muriendo. En la novela no pasa mucho, y Proust es capaz de detenerse doscientas páginas en la detallada descripción de una reunión social.

Lo que más conocen de la obra quienes no la han leído es la escena de la magdalena que el Narrador moja en un té y cuyo sabor lo lleva a una epifanía relacionada con haber sentido ese mismo sabor en la infancia, a partir de la cual desarrolla por primera vez la teoría de la memoria involuntaria. Esa teoría, que es a la vez una teoría sobre la percepción y sobre el arte, sostiene que la recuperación de los recuerdos (y también una obra literaria que la lleve a cabo, que es, nos iremos dando cuenta, la que estamos leyendo) no puede ser parte de un plan deliberado.

Proust, de vacaciones en familia, circa 1892. (Foto: adoc-photos/Corbis via Getty Images)

Era el dilema que padecía el propio Proust. Por un lado, antes de embarcarse en la escritura de la Recherche lo que hizo fue practicar su voz, su tono, su estilo. Una de las maneras de practicarlo fueron sus famosos pastiches, textos en los que parodiaba el estilo de escritores franceses del siglo XIX como Flaubert o Balzac. Ese ejercicio de construcción de su estilo en réplica consciente del estilo de sus predecesores es un buen ejemplo de lo que el crítico norteamericano Harold Bloom llamó “la ansiedad de la influencia”: un escritor construye su identidad de autor en combate con sus precursores. El estilo profuso al que arriba Proust en la Recherche, “el Nilo del lenguaje”, tal como lo llama Walter Benjamin, es un estilo que va contra la norma, que extiende las concatenaciones de la sintaxis más allá del límite de lo aceptable, sin por eso renunciar a la elegancia, la persuasión ni la legibilidad, por más esforzada que esta deba ser.

“Esta idea de que hay una lengua francesa al margen de los escritores y que uno protege”, dice Proust en Contra Saint-Beuve, “es inaudita. Todo escritor está obligado a construirse su propia lengua. La única manera de defender la lengua francesa es atacándola.” La Recherche es una obra contra la norma que presta atención plena al lenguaje, y es una bomba estilística que recrea el lenguaje francés. El citado Contra Saint-Beuve es otro libro inconcluso. Hacia 1908, cuando ya había empezado a tomar apuntes para la Recherche, Proust empezó a planificar un libro, y dudaba si sería un ensayo o una narración. El título de ese libro prometía una invectiva contra el famoso crítico Charles Augustin Saint-Beuve, es decir que podía llegar a ser una novela en contra de un crítico literario. Esa hibridez entre el ensayo y la narración sobrevuela también la Recherche. Como dijo el crítico George Steiner, la mente de Proust se halla “entre las más analíticas e informadas de las que tenemos constancia”. Cuando uno lee la Recherche, siente que está ante un psicólogo y un sociólogo impresionista capaz de desarrollos más profundos sobre el género humano que cualquier cientista social. Otra vez igual que Borges, Proust es un narrador/crítico literario, y su influencia será duradera en ese sentido: la obra de Roland Barthes, y de la gran crítica y filosofía francesas del siglo XX, parecen erigirse a la sombra de ese Proust lector.

Una edición de la « Recherche », de Proust, en ruso

Tras encontrar su voz a lo largo de décadas de minuciosa disputa con sus precursores y rivales, Proust vence finalmente sus inseguridades de escritor y se embarca en el armado de la trama narrativa. La fineza del tejido de personajes es notable en la Recherche; ese es el punto donde la voluntad de control le gana a la memoria involuntaria. Hay algunos personajes que desaparecen durante dos tomos y vuelven a aparecer, siempre convertidos en otra cosa (porque uno de los rasgos principales del modo narrativo de la novela es que nada es lo que parece, que siempre hay capas y capas de impresiones sucesivas producidas por cosas y personas).

Proust da en la Recherche un giro perdurable, al que podemos llamar el giro autobiográfico. Por supuesto que Proust es un hijo de su tiempo, y su obra maestra forma parte de una serie de exploraciones literarias monumentales de la subjetividad, como el Ulysses de Joyce, la obra de Kafka (sobre la cual también sobrevuela lo inconcluso), la de Virginia Woolf y la de William Faulkner, entre otras. La de Proust, sin embargo, es en algún sentido la más sutil en la ruptura con la novela realista de narrador omnisciente tan característica del siglo XIX. La obra de Proust recoge las ambiciones sociológicas de Balzac o de Tolstoi, y por momentos (la segunda parte de Por el camino de Swann) la voz del Narrador se torna casi omnisciente, como fuera de la acción, en un ejercicio en el que Proust parece seguir apropiándose del gran recurso decimonónico del “Dios de la narración”.

Pero, como señala Gilles Deleuze, la Recherche no es solamente una exploración de la memoria, sino sobre todo una investigación (“recherche” puede traducirse también como “investigación”): una investigación sobre el yo o, como diría el propio Proust, sobre el yo oculto, que es otro que el yo social. “Una enfermedad inusual, una riqueza poco común y un talento anormal” hicieron posible la Recherche, dice Walter Benjamin, que ve en ella “la profundidad del místico, el arte del prosista, el entusiasmo del satírico, el conocimiento del sabio y la obsesión del monomaníaco convergiendo en una obra autobiográfica”.

Proust adolescente (1871-1922), fotografiado por Paul Nadar en 1887 (Apic/Getty Images)

Esa investigación sobre el yo oculto, ese aprendizaje del escritor, se apoya de manera crucial en la pintura y en la música. Proust se detiene morosamente en la contemplación y el análisis de obras, reales e inventadas, por parte del Narrador. El impresionismo y otros movimientos influyen decisiva e íntimamente en la configuración de la sensibilidad del protagonista: se puede decir que la Recherche es una novela impresionista. Algo parecido pasa con la música, cuya composición e interpretación juega un papel también crucial en la novela. El Narrador es un esteta nervioso, y su modo de vivir el arte es casi místico.

Hemingway dijo de un cuento suyo, “El gran río de dos corazones”, que era un cuento sobre la guerra que en ningún momento mencionaba la guerra. Algo parecido, con matices, puede decirse de la Recherche en tanto obra sociológico-histórica. El tiempo narrado va casi desde la guerra franco-prusiana de 1870 hasta el final de la Primera Guerra Mundial en 1918, pero si bien los hechos bélicos tienen una influencia decisiva en la vida de los personajes, a diferencia de las famosas recreaciones de la batalla de Waterloo por Stendhal en La cartuja de Parma o de la batalla de Borodino por Tolstoi en Guerra y paz, nada es contado en el frente, sino que solo le llegan las noticias a ese objetor de conciencia de la masculinidad fuerte que es el Narrador.

Proust en su lecho de muerte en París, noviembre de 1922. (Foto del Hulton Archive/Getty Images)

Los ruidos de la guerra y de política se escuchan y se narran desde la perspectiva ociosa de los salones (casi nadie trabaja en la novela de Proust). Además de Combray, el pueblo al que va de vacaciones en la infancia, y Balbec, un balneario (objetos ambos de impresionantes descripciones de escenarios naturales), la gran locación de la Recherche es el salón, y las grandes heroínas de la novela son las damas de alta sociedad, cuya sociabilidad ociosa teje la trama de la vida en común. La Recherche es una épica de la intimidad. Hay tres grandes salones y tres grandes damas –una antigua prostituta, una burguesa y otra aristócrata–, y por dos de ellas el Narrador siente en distintos momentos una fascinación que se parece al amor pero también a la identificación. Proust se sumerge en ese mundo frívolo y snob y saca de él pepitas de oro de sociología cualitativa y humanidad desnuda, y recoge con precisión barroca los códigos de la movilidad social.

En ese mundo en el que el Narrador (un advenedizo, un trepador social) se introduce como un moscardón apreciado sobrevuelan dos elementos: el caso Dreyfus y las sexualidades “invertidas”, dos temas en los que Proust sin duda ponía en juego su ascendencia judía y sus propias preferencias sexuales.

 

El caso Dreyfus (la falsa acusación a un oficial judío francés de espionaje en favor de Alemania) dividió a la sociedad francesa durante una década larga, y las observaciones de Proust sobre esa división y sobre las relaciones entre intimidad, clase e ideología resuenan en nuestra época de politización intensa.

En cuanto a la sexualidad, el Narrador va descubriendo y develando las sexualidades en el closet de varios de sus personajes. Roland Barthes (que además caracteriza a la Recherche como “un proyecto atlético, una energía descifradora, una búsqueda de esencia”) llama a este movimiento de develación sexual que tiene lugar en la novela “la pandemia de la inversión”. Proust toma los términos con que el positivismo designaba a la homosexualidad (“inversión”, principalmente, pero también “vicio”) y él mismo, como hace con tantos otros términos, los somete a una torsión, a una inversión. Proust nos deja el chiste póstumo de que este Narrador tan parecido a él es casi el único personaje que resiste esta imantación de lo homo.

La Recherche cuenta una época de libertad sexual y artística en los márgenes que vino a instaurar formas de ver el mundo que todavía perduran. En esos salones parisinos ardientes de frivolidad Proust encontró el núcleo original de un gran cambio en las mentalidades.

La Recherche es la Novela Total contada en un Estilo Total. Es una novela de una ambición desmedida que sin embargo cumple con lo que se propone: dar cuenta de la complejidad de lo real, de los infinitos matices de la relación entre una subjetividad y el mundo, y de las sutilezas de un largo período histórico.

Las traducciones al español

El carácter inconcluso de la obra de Proust parece acompañar a las primeras traducciones al español. La del poeta español Pedro Salinas y la de la escritora argentina Estela Canto no fueron terminadas, y las completaron otras personas. En tiempos más recientes, cuando los derechos de las obras pasaron al dominio público, dos traductores españoles (Carlos Manzano Mauro Armiño) publicaron sus traducciones. Es difícil establecer cuál traducción es mejor. Los cuatro son esfuerzos monumentales y aventuras personales de los ejecutores; sería interesante un estudio acerca de las decisiones tomadas por cada uno, las similitudes y las diferencias. Las de Salinas y Canto se basan en versiones de la Recherche anteriores a las más recientes ediciones profesionales, pero tienen el encanto de ser la voz de Proust a la que nos acostumbramos muchos lectores en castellano. La edición en tres tomos de Valdemar que publica la traducción de Armiño trae un cuerpo de notas y dos diccionarios de personas y personajes del mundo Proust que son realmente útiles.

Aquí, el comienzo de la Recherche en cuatro traducciones

“Mucho tiempo me acosté temprano. A veces, nada más apagada la vela, mis ojos se cerraban tan deprisa que no tenía tiempo de decirme: ‘Estoy durmiéndome’.” (Mauro Armiño, editorial Valdemar)

“Durante mucho tiempo me acosté temprano. A veces, cuando había apagado la bujía, los ojos se me cerraban tan pronto que no tenía tiempo de decirme: ‘Me estoy durmiendo’.” (Estela Canto, Losada)

“Durante mucho tiempo, me acosté temprano. A veces, nada más apagar la vela, los ojos se me cerraban tan de prisa, que no tenía tiempo de decirme: ‘Me duermo’.” (Carlos Manzano, Lumen)

“Mucho tiempo he estado acostándome temprano. A veces, apenas había apagado la bujía, cerrábanse mis ojos tan presto, que ni tiempo tenía para decirme: ‘Ya me duermo’.” (Pedro Salinas, Alianza)

 

Así escribía Marcel Proust

“En cuanto a mí, era algo muy distinto lo que tenía que escribir, más largo, y para más de una persona. Largo de escribir. De día, a lo sumo podría intentar dormir. Si trabajaba, solo sería de noche. Pero necesitaría muchas noches, quizás cien, quizás mil. Y viviría en la ansiedad de no saber si el Amo de mi destino, menos indulgente que el sultán Sheriar, cuando por la mañana interrumpiera yo mi relato, querría sobreseer mi sentencia de muerte y me permitiría reanudar su hilo la noche siguiente. No es que pretendiese rehacer, en el aspecto que fuera, Las Mil y una noches, ni tampoco las Memorias de Saint-Simon, escritas también de noche, ni tampoco ninguno de los libros que había amado en mi ingenuidad de niño, supersticiosamente vinculado a ellos como a mis amores, incapaz de imaginar sin horror una obra que sería diferente a ellos. Pero, como Elstir con Chardin, solo se puede rehacer lo que se ama renunciando a ellos. Desde luego, también mis libros, como mi ser de carne, acabarían un día por morir. Pero hay que resignarse a morir. Se acepta la idea de que dentro de diez años uno mismo, de cien años sus libros, ya no existirán. La duración eterna no está más prometida a las obras que a los hombres.”

(De El tiempo recobrado, trad. Mauro Armiño, ed. Valdemar

 

Proustómanos: libros, películas y eventos recientes

*Anne CarsonAlbertine. Rutina de ejercicios (Vasos Rotos Ediciones, 2015). 59 fragmentos sobre una de las protagonistas de la Recherche, por esta poeta canadiense experta en lengua griega clásica, autora de una de las obras literarias más secretamente potentes de la actualidad.

*María AlvarezEl tiempo perdido (2020). Este documental registra a un grupo de personas, muchas de ellas adultos mayores, que se reúnen hace dieciocho años para leer una y otra vez la Recherche. En este link está el trailer y aquí los protagonistas conversan sobre su experiencia. Es un maravilloso registro sobre la experiencia de la lectura.

*À la recherche du temps perdu. La Comédie-Française lanzó en noviembre de 2020 esta serie de videos en los que distintos actores de la compañía estatal de teatro leen, en francés, En busca del tiempo perdido. Cada video dura alrededor de una hora, y al 10 de julio va por el episodio 140, ya pasada la mitad del último tomo, El tiempo recobrado.

*Roman PolanskiJ’Acusse (2019). Este drama histórico dirigido por el controvertido realizador franco-polaco es muy útil para entender el Affaire Dreyfus, la falsa acusación a un capitán judío del ejército francés que dividió de manera duradera a la sociedad francesa y vuelve como una sombra a cada rato en la Recherche.

*Clive JamesGate of Lilacs (Portón de lilas). (2016). Clive James fue un famoso crítico de televisión que tuvo su propio programa en la televisión británica. Leyó la Recherche en francés sin saber francés, y luego la leyó consecutivamente cinco veces más, en francés y en distintas traducciones al inglés. Esta experiencia se convirtió en este hermoso ejercicio de comentario en verso de la obra de Proust.

Marcel Proust en una fotografía de 1891 o 1892 (Apic/Getty Images)

*Rubén GalloLos latinoamericanos de Proust (Sexto Piso, 2016). Este académico, director del Programa de Estudios Latinoamericanos de la Universidad de Princeton, escribió este libro que aborda de manera genialmente lateral la obra de Proust, a través de su amante venezolano (el compositor Reinaldo Hahn), un dandy argentino, un poeta cubano y un pintor y un crítico literario mexicanos a quienes Proust conoció de cerca.

*Józef CzapskiProust contra la decadencia (Siruela, 2012). De memoria, sin tener los ejemplares de En busca del tiempo perdido, este escritor polaco pronunció estas conferencias sobre Proust en un campo de prisioneros soviético durante la Segunda Guerra Mundial. Un testimonio conmovedor de fe en el humanismo literario.

*Eric KarpelesPaintings in Proust (Thames & Hudson, 2012). El mejor regalo para un fanático de Proust: un libro bellamente editado que contiene simplemente una reproducción cuidada de cada cuadro citado por Proust y el fragmento correspondiente de la Recherche.

Proust, siempre vigente (The Print Collector/Print Collector/Getty Images)

*Karl Ove KnausgårdMi lucha (Anagrama, 2009-2011). Quizás el Proust contemporáneo, por una idea de la literatura como experimento extenuante con bases autobiográficas.

*Marcel ProustLes soixante-quinze feuillets. Et autres manuscrits inédits (2021). Desde que el editor Bernard de Fallois anunció su existencia en 1954 y hasta su hallazgo en una carpeta en 2017, estas 75 páginas manuscritas en 2008 que son la base de la Recherche estuvieron perdidas. Gallimard las publicó este año.

 

 

[Fuente: http://www.infobae.com]

 

José Donoso durante su época de estudiante en Princeton.

Escrito por Antonio Díaz Oliva

“Nana”.

Nunca he preguntado por qué, pero a mi abuela, a mi abuela materna, le decimos Nana. En verdad su nombre es María Angélica, pero siempre le hemos dicho así: la Nana, con mayúscula. Cuento esto para narrar una anécdota relacionada con José Donoso. O con la forma en que leo a Donoso.

Hace tiempo, mucho tiempo, mi familia materna tuvo una casa en Las Cruces. Y alguna vez hablando con la Nana, no sé de qué, me contó sobre sus veraneos cuando joven. En verdad, no recuerdo si era en Las Cruces o Cartagena, pero bueno. Entonces Chile no era muy distinto al de ahora: las elites se juntaban en un balneario y sus hijos se relacionaban entre sí. No es mucho lo que la Nana me cuenta. José Donoso era parte de ese ambiente. Y ella era menor, pero aun así lo recuerda. Hablaba mucho, se veía bastante lampiño con el traje de baño y era hijo del médico José Donoso Henríquez. Y punto. Y así, cada vez que he intentado sacarle más información al respecto, repite lo de arriba o vuelve a una anécdota que a estas alturas he escuchado un millón de veces. Resulta que, durante gran parte de su infancia y juventud, la Nana fue gorda. Gorda-gorda. Y así pasó su adolescencia con vergüenza, traumatizada y atacada por la timidez. Cuando se iban de vacaciones, por ejemplo, no se atrevía a bañarse y se resguardaba bajo un quitasol, con capas de ropa sobre el cuerpo, mientras Donoso y los otros jóvenes, probablemente, se bañaban.

Mucho tiempo después, a principio de los noventa, cuando Donoso era Donoso, en la época de sus talleres en Galvarino Gallardo y todo eso, la Nana se acercó a hablarle durante una feria del libro. Entonces mi abuela había perdido mucho peso. Estaba flaca. De hecho, en todas las fotos que conozco de ella se ve flaca, como si su gordura fuera una mentira con la que intentaba convencerme de que no comiera tanta comida chatarra cuando chico (aunque ese es otro tema). Pero volvamos a la Estación Mapocho. Imaginemos la situación: José Donoso en el stand de Planeta, una fila no tan numerosa, pero sí una buena línea de gente detrás de ella, mientras la Nana se acerca con su copia de Casa de campo. A Donoso, se sabe, le gustaba hablar con la gente en las ferias de libros, hacer preguntas, comentar, reírse, etcétera, así que me imagino que, como acostumbraba, en aquella ocasión se tomó su tiempo con cada persona. Hasta que llegó el turno de mi abuela.

—¡María Angélica! –le dijo Donoso apenas la vio.

—Pepe –le respondió mi abuela–, ¿te acuerdas de mí? Pensé que iba a tener que recordarte quién soy.

—Pero claro que me acuerdo de ti, mujer. Cómo te voy a olvidar si eras tan gorda cuando éramos jóvenes.

El comentario de Donoso no ayudó mucho. Al contrario. Revivió el trauma juvenil de la Nana. Y esa copia de Casa de campo –que ahora está en algún lugar de mi biblioteca en Santiago–, no tiene ninguna firma, ni dedicatoria.

*    *    *

No mucho tiempo después de esos veranos, en 1949, luego de casi tres años en el pedagógico de la Universidad de Chile –infelices años, al parecer–, José Donoso viajó a Estados Unidos para terminar sus estudios de pregrado en la Universidad de Princeton. El sistema universitario estadounidense dicta que los estudiantes de primer año son freshman, en el segundo sophomore, después junior y por último senior. Donoso, a los 25, era junior, algo extraño frente a la realidad del resto de sus compañeros: la mayoría con suerte alcanzaba los 21 años. Y no solo eso: el escritor chileno ya tenía ciertas experiencias de vida que asombraban a los otros estudiantes –la mayoría ni siquiera había salido de Estados Unidos–, como el trabajo que hizo de ovejero en Magallanes o su viaje por Argentina donde conoció a Borges.

Es inevitable vincular a Donoso con los temas de su obra (que él mismo instauró y se hizo cargo), como las casonas, las abuelas moribundas, lo monstruoso y el ocaso de un Chile decimonónico. Lo atípico es hablar de un Donoso joven. Casi nadie habla, o ahonda, en el Donoso de formación, el viajero empedernido, el que intentaba encontrarse a sí mismo. Puede ser porque he escuchado tantas veces esa anécdota familiar, es decir, me he imaginado tantas veces a Donoso con traje de baño (y a la Nana gorda), que aquello es lo que primero aparece, en mi cabeza, al abrir cualquiera de sus libros. O porque mi lectura no está distorsionada por las lecturas educacionales obligatorias (fui a un colegio waldorf y me salvé de leerlo a la fuerza). Como sea, es a partir de esa anécdota familiar, y pese a que sus libros parecen ir en contra de esta idea, que me imagino a un Donoso joven. A ese Donoso que durante sus veintitantos viajó por el sur de Estados Unidos y México a dedo (un par de años antes que Kerouac y compañía). O el que le puso a su segundo libro de cuentos El Charlestón, un título energético y muy en sintonía con Francis Scott Fitzgerald, el autor estadounidense que escribió en A este lado del paraíso, su novela de iniciación sobre un joven con aspiraciones literarias que estudia en Princeton: “No quiero repetir mi inocencia. Quiero perderla de nuevo”.

*    *    *

Más de sesenta años después, Princeton parece haberse congelado. No solo por el duro invierno del hemisferio norte que no quiere irse; también porque sus edificios lucen intactos desde hace siglos. Caminar por Princeton es como caminar por Hogwarts, la escuela de Harry Potter. Acá los estudiantes no usan varitas, pero puede ser por el espíritu ivy league, o porque todo está nevado y hay chimeneas humeando, que todos parecen jóvenes magos. Es una escena muy propia de esta área de Estados Unidos que parece siempre estar en otoño o celebrando navidad. El mismo Donoso, en una crónica que publicó en El Sol de México (‘Breves encuentros con la fama’), narra algo similar al recordar el ambiente de la universidad durante invierno: “Los edificios neogóticos cubiertos de nieve. Garrafas de sidra que dejábamos para que se enfriaran en los alféizares de nuestras ventanas, de modo que a la luz de la tarde se veían como glóbulos de ámbar suspendidos en las fachadas de nuestros colegios. Ardillas. Muchachos embozados en larguísimas bufandas de franjas negras y naranja transitando por el paisaje cuya blancura absorbía los sonidos”.

Fue gracias a una beca de la Fundación Doherty que Donoso pudo ingresar a Princeton. Muchos pintores y artistas visuales chilenos obtuvieron u obtendrían la beca (Carlos Faz, Pablo Burchard Aguayo y Nemesio Antúnez). Y si bien lo oficial es que Donoso partió a Estados Unidos gracias al dinero de la fundación Doherty, ya en Princeton el escritor se encargó de correr un rumor diferente. Robert Keeley, uno de sus compañeros y amigos durante esos dos años, recuerda en MSS revisited, un librito autopublicado por él sobre sus recuerdos de esos años: “Contó que era un destacado estudiante de una universidad en Santiago, y que obtuvo una beca que una mujer millonaria la cual se había casado con un prominente chileno. La beca consistía en dos años de estudio en cualquier universidad estadounidense”.

Más allá de las posibles exageraciones, lo cierto es que, según el mismo Donoso, algo de ayuda económica recibió de Inés Momo del Río, la famosa mecenas y protectora de variados artistas y literatos chilenos. Lo divertido, finalmente, es que en gestos como estos se nota que Donoso entendió que la mejor forma de convertirse en escritor era crear un mito alrededor suyo. Desde su primer día de clases Donoso se presentó como un ser extravagante, ayudado por el hecho de ser mayor, de venir de un país tan lejano y desconocido como Chile y de, pese a tener un manejo del inglés impecable (obra de sus años como estudiante en el Grange), su particular acento. Sobre su padre se remitió a decir que era médico. Pero sobre su madre elaboró un poco más: “Su madre era una formidable mujer que alguna vez pensó en postularse como alcalde de Santiago, o tal vez así lo hizo. Cuando me contó sobre este gesto, José lo atribuyó a la menopausia”, escribe Keeley, quien dice haber escuchado a Donoso en variadas ocasiones rememorar sus meses en Magallanes cuidando ovejas y leyendo y releyendo En busca del tiempo perdido de Marcel Proust (en francés). “Aprendí a apreciar las historias de José”, dice Keeley, “aunque nunca las creí enteramente”.

*    *    *

Donoso vivía en una pieza el Edwards Hall, un edificio/dormitorio para estudiantes construido en 1879 y con fama de ser un lugar oscuro y excéntrico. Antes de entrar a la biblioteca y encerrarme un día entero para revisar papeles y manuscritos, me detengo en este edificio. Sin identificación de estudiante no se puede entrar, por lo que espero que salga alguien para colarme. Así sucede y, ya adentro, subo por las escaleras hasta la parte sur, habitación 24, donde Donoso y Keeley se conocieron. En este sitio empezaría una amistad literaria. Tanto el chileno como el estadounidense habían escogido literatura como área de estudio, pero en el fondo querían ser escritores. Por un momento, incluso, planearon una novela a cuatro manos sobre el dorm en que vivían, aunque la idea no prosperó. El título sería Edwards Hall y la idea consistía en crear un fresco narrativo sobre los personajes que entraban y salían de este dormitorio, una serie de sketches acerca de “la amplia gama de excéntricos, neuróticos y primitivos que habitaban este edificio”.

Lo que sí prosperó fue MSS, la revista literaria en la que Donoso debutó como escritor. Y en inglés.

En ese entonces existían varias revistas literarias en Princeton. La más famosa era el Nassau Literary Magazine, con una larga historia detrás. MSS, a su vez, llevaba poco tiempo, apenas un número. A Robert Keeley le ofrecieron ser director de la revista. Y lo primero que hizo fue poner a Donoso como su brazo derecho para pensar en qué cambios hacer y a quiénes les gustaría publicar. Sin embargo, prontamente tuvieron que interrumpir sus planes: el semestre se acababa y la mayoría de los estudiantes regresaba a sus hogares por el verano. Keeley pasó junio, julio y parte de agosto en Martha’s Vineyard, una isla situada en la costa este. Donoso, a su vez, partió a México, siguiendo su espíritu trotamundos. A su regreso, meses más tarde, cuando cruzaba la frontera en Texas, se dio cuenta de que había olvidado sus documentos en su pieza, en el Edwards Hall. Por poco no consigue volver a Princeton y, de hecho, se hizo pasar por ciudadano estadounidense para no tener problemas más serios, como que le quitaran la visa y lo mandaran de vuelta a Chile.

De vuelta en la universidad, Keeley se sorprendió al ver a Donoso instalado afuera del gimnasio, con una mesa, ofreciendo suscripciones. El plan consistía en asegurar económicamente la revista antes de editar el segundo número. La meta era vender 400 suscripciones. Sin mucho éxito, decidieron ir de puerta en puerta, a través de los edificios de estudiantes y profesores. Donoso resultó ser el mejor vendedor. Además de su acento y apariencia llamativa, el escritor chileno usaba un argumento infalible: presentarse como un empobrecido estudiante de un país tan remoto como Chile. Por último, le aseguraba a los posibles suscriptores que los escritores que MSS publicaba, sin duda, serían famosos. Keeley: “Pero el elemento más efectivo de su capacidad de venta era su persistencia, su habilidad para convencer a cautelosos estudiantes de años superiores que cometerían un grave error si es que lo rechazaban. Generalmente Donoso se autoinvitaba a la pieza, sin siquiera preguntar, tomaba posición de algún asiento desocupado, y daba la impresión de que no podía irse de la residencia hasta que le colaboraran. “Un dólar no es tanto dinero cuando se necesita para conseguir paz y calma. De esa forma José vendió más de 200 suscripciones, mucho más que los otros miembros de MSS juntos. Alcanzamos un total de 350 y decidimos continuar con el primer número”.

*    *    *

Hay algo fronterizo en la forma en que Donoso escribe en inglés. No usa un inglés americano, sino uno cercano a la tradición inglesa de fin de siglo. Nada raro: estos son años de descubrimientos literarios. En Princeton Donoso lee en profundidad a Henry James, algo que se nota en la prosa de sus dos primeros cuentos, tanto en el constante el uso de la coma, como en las frases intercaladas, la figura de los padres y los espacios físicos de las casas.

Con fecha de noviembre, 1950, en el segundo número de MSS, ‘The Blue Woman’ es el primero de los dos relatos que Donoso publicó en Princeton. Cuenta la historia de Myra, una frágil mujer en sus cuarenta que trabaja en una agencia de publicidad en Nueva York. Sin pareja ni familia, y apenas un par de amigos que visita de vez en cuando, Myra pasa sus fines de semana en un estado de bovarismo: con frecuencia asiste a las funciones dobles del cine para evadir la realidad. Entonces, aburrida de su vida y de su apariencia, decide operarse su nariz. Su cambio facial, una noche que conoce a un par de extraños en un bar, comienza a aterrorizarla; en diversos espejos y vidrios ve una mujer azul que le recuerda su rostro anterior.

El hecho de que el primer relato que Donoso publicó tuviera a una mujer de protagonista es clave. “José estaba enamorado de las novelistas mujeres. Tenía planeado escribir su tesis sobre Jane Austen”, escribe Keeley. Antes que Austen, eso sí, Donoso manejaba la idea de investigar la obra de Virginia Woolf, otra de sus escritoras favoritas, y a quien, él mismo reconoció en muchas entrevistas posteriores, le robó técnicas narrativas como el monólogo interior. Pero cuando pidió permiso para trabajar sobre Woolf, su guía de estudios se lo negó rotundamente: “No existe un corpus crítico serio sobre su obra”, le dijo. Finalmente el autor chileno escribió sobre Jane Austen: The Elegance of Mind of Jane Austen. An Interpretation of Her Novels Through the Attitudes of Heroines.

*    *    *

Princeton, como la mayoría de los pueblos universitarios en Estados Unidos, es un territorio finito. Solo en una tarde es posible recorrer las calles comerciales y ya sentirse en un estado de déjà vu turístico. Empiezo en la tienda oficial de la universidad, donde venden merchandising de Princeton. Veo varias copias de A este lado del paraíso y de El Gran Gatsby, libros de Einstein, quien enseñó acá, y un volumen donde se destacan los alumnos famosos que han pasado por Princeton: no aparece Donoso. A un par de cuadras está Labyrinth Books, la mejor librería en toda el área. Voy a la D y encuentro algunos pocos libros de Donoso. Son solo traducciones al inglés: Curfew, The Garden Next Door, Taratuta and Still Life with Pipe: Two Novellas. Abro los libros y veo que son viejos y con sellos que han empezado a desvanecerse, probablemente de colecciones de profesores. En las contraportadas hay blurbs de John Barth, Kurt Vonnegut y Robert Coover.

A una cuadra doy con la calle Witherspoon donde, según Keeley, lavaban ropa: “Un día noté que había una larga pila de camisas sucias en una de las esquinas de la pieza de José. Cada vez que necesitaba una camisa limpia, José iba a la tienda de la universidad y compraba una nueva. Luego de decirle que eso era estúpido y una pérdida de dinero, le presenté a la señora que me lavaba la ropa, una italiana inmigrante que vivía en Witherspoon Street”.

*    *    *

Se ha creado un mito en torno a los papeles y manuscritos de Donoso. Años atrás, cuando su colección se abrió al público general, algunas revistas y diarios chilenos publicaron artículos enfatizando su homosexualidad (o bisexualidad). La mitad de esos papeles hoy está en Iowa, donde Donoso enseñó escritura creativa, y el resto en esta universidad. Me paso dos días buscando sobre su relación con Princeton; cartas a amigos que conoció acá, apuntes y otros textos. Pero en el camino me entretengo y divago. Entrar en la vida personal de Donoso es entrar en la historia de la literatura latinoamericana reciente. Así que lo obvio sería buscar su correspondencia con los otros autores del Boom: García Márquez, Vargas Llosa, Fuentes y Cortázar. Son sus amigos y colegas de los años en que Donoso y su esposa, María Pilar Serrano, vivían en España, principalmente en Barcelona, donde escribió muchas de sus obras más famosas. Sin embargo, en vez de eso me pongo a buscar sus vínculos con las generaciones posteriores.

Encuentro cartas de Alberto Fuguet y Edmundo Paz Soldán, dos autores del McOndo, ese movimiento o antología que suplantaba el realismo mágico por un realismo moderno y urbano. Ambos, sin embargo, se muestran cercanos a la obra y la sensibilidad de Donoso. Fuguet escribe desde Iowa, donde fue invitado al famoso International Workshop. “Todos tienen los mejores recuerdos de usted. En este sentido, el solo decir que fui estudiante suyo me sube de estatus. Lógicamente, me aprovecho de ello aunque sé que no lo merezco”, escribe Fuguet en 1994. Paz Soldán había conocido a Donoso en Buenos Aires, a fines de los años 80, en una feria del libro. Y poco después de ese encuentro el escritor boliviano se instaló en Alabama, donde fue a la universidad. “Recuerdo las charlas que tuve con usted, sus consejos, y sé que esos encuentros, por más pequeños que hayan sido, marcan un hilo fundamental en mi vida literaria, es decir en mi vida”.

También encuentro una carta de César Aira en la que el escritor argentino se queja de una visita cancelada a Buenos Aires: “¡Qué bajón inmenso que no venga a la Feria del Libro! Me había hecho la ilusión de verlo, y como me tomo tan en serio mis ilusiones, realmente lo vi por anticipado, y estuvimos charlando… Cuando me dijeron que no vendría fue como si me expropiaran, y me hirvió la sangre. No me adapto a cosas así”.

Asimismo un mensaje de la profesora estrella de NYU, Diamela Eltit, quien en el 92 era agregada cultural en México y se quejaba del mundillo literario local: “Me repuse ya del impacto de estar en Chile y ver que ahora: espejito, espejito, el que más vende es el más bonito. Yo pues ni modo (a la mexicana) quedé abajo de la pasarela por tonta y desubicada”.

Y me encuentro con varias y muy largas cartas de una inspirada Isabel Allende, mucho antes de La casa de los espíritus. “Siempre pensé que las personas famosas vivían rodeadas de admiradores respetuosos, preparando conferencias o aisladas en el silencio y la soledad de su escritorio”, le escribe en 1971, un año después de que se publicara la novela más celebrada de Donoso, El obsceno pájaro de la noche. “Tu carta, sin embargo, es la de un hombre tranquilo y sencillo, que mira mucho, habla poco, escucha y existe honestamente en un precioso lugar de España donde nadie habla de política y donde no hay smog. En resumen: algo muy cercano al Paraíso”.

Me detengo en una carpeta que contiene los originales de los dos relatos publicados en MSS, ‘The Blue Woman’ y ‘The Poisoned Pastries’. También dos traducciones de estos, aunque al parecer no se publicaron. Los autores son María y Hugo Achar, el segundo un académico uruguayo. En la misma carpeta se encuentra la única reimpresión, hasta la fecha, de estos relatos (Chasqui, la revista de estudios latinoamericanos de la Universidad de Wisconsin, Madison). Así, los cuentos permanecen inéditos en español. Esto porque Donoso nunca se sintió muy cómodo con ellos. En una nota al final, de hecho, se ve un comentario al respecto, con una letra apenas legible: “Profundizar más la armonía de la prosa”.

Además de papeles hay una carpeta llena de fotos. Muchas fotos. Parto con las del Boom: Donoso con Fuentes, Vargas Llosa y García Márquez en distintas situaciones, todos sonrientes y abrazados. Encuentro cinco imágenes de su tiempo como estudiante en Princeton. En una está sentado en el borde de una ventana, lleva el corte de pelo que esta universidad hizo famoso (the Princeton haircut), camisa blanca, corbata oscura, sin zapatos y de brazos cruzados alrededor de las rodillas. Mira a la cámara, pero sus lentes –ya gruesos en ese entonces– no dejan ver sus ojos. Atrás dice: Princeton 1949. Otra imagen de la misma serie lo presenta con una pipa, en un salón de la universidad, también descalzo. Donoso parece un personaje de un relato de John Cheever antes que un futuro escritor de casas señoriales. Hay una más de esos años; sentado con una camiseta blanca y un gorro de safari. El lugar podría perfectamente ser México; tal vez un pueblo de clima árido. Y hay, al final, una foto de una foto. Es de José Donoso y su madre, Alicia Yáñez. Fecha: 1926. Donoso tiene el pelo rubio y ruliento (a lo “príncipe valiente”) y está de blanco. Parece una niña. Le toma la mano a su mamá, y ella, sonriente, lo mira.

*    *    *

Fabián Casas lo dijo: “Las parejas y las revistas literarias duran casi siempre dos números”. En el tiempo que Donoso estuvo en Princeton, MSS tuvo tres ediciones. Dos con relatos del escritor chileno. ‘The Poisoned Pastries’ fue incluido en la edición de mayo, 1951. ‘The Poisoned Pastries’ parte con un hombre rememorando su infancia y las pesadillas surrealistas que tenía con su padre (un sueño recurrente en el que el narrador se hincha como un gigante globo rosado hasta reventar, lo que hace que desde su interior una moneda caiga al pavimento). Le sigue a esto la aparición de una extraña señora que le ofrece unos pasteles al niño y a su hermana, quienes se niegan a probarlos. En ‘The Poisoned Pastries’ hay varios elementos que adelantan pistas de por donde avanzará la narrativa de Donoso, como el personaje de la abuela religiosa y enferma que el narrador y su hermana deben visitar cada noche, y la presencia/ausencia de los padres. Incluso en esta etapa inicial Donoso es donosiano. Según Keeley, el escritor chileno le comentó que se había inspirado en un episodio de su niñez.

“Es una historia bien planeada, pero el escritor ha tenido dificultad en desarrollarla, la clásica dificultad de intensificar una anécdota y hacerse cargo de ese tono de reminiscencia con que se presentan a los personajes. Cuesta evocar a la repelente y patética mujer”, escribió Robert Fitzgerald, profesor de la universidad, al reseñar el número de MSS para el periódico de Princeton. Aunque a Donoso no le dolió tanto la crítica: “Por lo menos no dijo que estaba imitando a otro escritor”, le comentó a Keeley.

*    *    *

El autor de Coronación nunca fue un estudiante ejemplar. Ni en el colegio, ni en el pedagógico, ni menos en Princeton (“resulté ser un alumno deplorable”). Siempre estuvo más interesado en vivir que en estudiar. O en leer. Ahora, además, tenía a su disposición todos los autores que siempre había querido y en su idioma original. De ahí que su paso por Princeton lo ayudara a confirmar que como estudiante era irregular y su condición de escritor. En uno de los archivos que hay en Princeton, una autobiografía, Donoso recuerda al respecto lo siguiente:

“Mi guía de estudios me preguntó sobre mis calificaciones malas. Le respondí que estaba enamorado. Protestó que sin duda yo no era el único princetoniano enamorado. Cuando respondí a su protesta con un ‘pero señor, comprenda, yo soy latino’. Me hizo salir, seguramente, para reír”.

De todas maneras, el sistema de universidades estadounidenses daba libertad a sus estudiantes. Muchos exámenes y evaluaciones eran bastante autónomos. En enero de 1951, iniciando su último semestre en Princeton, le escribe a la Momo:

“Yo cada día más interesado por la pintura. Tengo ahora el curso más maravilloso del mundo, que se llama ‘The Northern Rennaissance’. Tres clases y una discusión cada semana. El examen final es lo siguiente: nos dan la quotation de Eckhardt ‘What is man that thou art mindful of him?’, y uno puede hacer lo que se le dé la real gana con ella. Un amigo mío escribió solo un soneto; otro, un cuento de cuarenta mil páginas; Waring Bidle hizo un film; John Elliot pintó un tríptico moderno; Bob Belknap escribió una cosa que él llama ‘Interplanetary Pastiral’, totalmente genial e insano; Tony Devereux, un diálogo entre él y Lutero; Art Windels, un diálogo entre tres bolas de billar blancas, etc. Yo escribí una cosa larguísima llamada ‘The Private Collection of J. M. Donoso’, en la que hago con palabras un grupo de diez pinturas imaginarias, por pintores del renacimiento”.

Y luego narra la recepción de su proyecto en clase:

“Tuvo un success feroz, pues en el estilo de inglés traté de imitar el estilo de pintura, y las ideas eran siempre las mías, no las del pintor; tratando de poner cada cuento –es en realidad una serie de diez cuentecitos de más o menos cuatro páginas de largo cada uno– fuera del tiempo”.

*    *    *

El fin de paso de Donoso por Princeton coincidió con el matrimonio de su amigo Robert Keely. Apenas terminó el último día de clase, el escritor chileno tomó un tren a Nueva York. Su plan era ir a la mayor cantidad de museos, librerías o simplemente recorrer las avenidas y parques.

“Llegó tarde, justo para la cena”, escribe Keeley sobre el día del matrimonio y la aparición de Donoso. “Le trajo a la novia un regalo en la bolsa de la tienda donde la había comprado, ya que no tuvo tiempo de envolverlo. Era un recipiente de aluminio rojo para poner hielo con la forma de una manzana gigante”. Adentro tenía una tarjeta con la siguiente inscripción: “Para Eva de la serpiente”.

Esa noche Donoso no prestó atención a las atractivas mujeres que bailaban y buscaban compañía. En vez de eso estuvo con la madrastra de Keeley, entonces en sus treinta años. Conversaron largamente y brindaron un par de veces. “Típico de José”, recuerda Keeley ya que Donoso, en esos dos años, tenía un historial al respecto. “Le gustaban las mujeres en general. Pero José no salía en citas durante sus años de estudiante. No lo necesitaba. Tenía dos amigas en el pueblo, aunque no eran chicas. Eran mujeres. Una era una viuda en sus cuarenta, la secretaria de uno de los departamentos académicos. La otra era la esposa de un doctor, un psiquiatra en verdad, en sus treinta. José regular y seriamente dormía con ambas mujeres, en las camas de ellas, nunca en su dormitorio. Cuando le pregunté por qué le atraían las mujeres ‘adultas’, me explicó que tenían tres ventajas. La primera es que eran ‘serias’. Segundo, eran ‘experimentadas’. Y más importante, eran muy ‘agradecidas’”.

Si lo que Keeley asegura es cierto, puede ser entonces que Donoso frecuentaba a la mujer de un matrimonio que vivía en el pueblo de Princeton. Un matrimonio de amigos que había conocido en la universidad y que lo recibieron en una navidad. En el artículo ‘Breves encuentros con la fama’, el escritor chileno lo recuerda: “Yo me había hecho amigo, entretanto, de un médico y su mujer que vivían en Princeton. Esa Navidad, cuando la mayoría de los estudiantes partieron a sus hogares, yo permanecí en la universidad y el doctor Howland y su mujer me invitaron a pasar la víspera en su casa. Oiría o podría tomar parte, me dijeron, de un concierto de flautas verticales. Alrededor del fuego y del ponche se reunió un grupo de grandes y niños tocando las viejas melodías de esas latitudes”.

*    *    *

La noche del matrimonio el alcohol corrió y se bailó mucho. Horas más tarde Donoso apenas caminaba. El mismo Keeley se encargó de llevarlo al hotel y registrarlo en el lobby. Cuando terminó, vio que el futuro escritor chileno dormía en un de los sillones.

Luego de esa noche, y con el tiempo contra (su visa expiraría pronto), Donoso comenzó su retorno. Tenía 26 años.

“Al terminar mis estudios en Princeton emprendí mi regreso a Chile en autostop cruzando lentamente el sur de Estados Unidos y México, donde permanecí varios meses. Partí desde Washington, donde fui a despedirme de don Juan Ramón Jiménez, a quien veía con cierta frecuencia. Vivía en una de esas casitas horribles y oscuras, por no decir sórdidas, que los escritores españoles en el exilio tienen ese don especial para encontrar”.

Pero no solo pretendía despedirse del poeta español, también quería pedirle una carta de recomendación. El plan de Donoso era ir a México, a Xalapa, donde Gabriela Mistral vivía. Jiménez, a regañadientes, le escribió una carta. Y así, meses más tarde, el autor chileno se presentó frente a la poeta y premio Nobel en tierras mexicanas: “Le conté mi procedencia princetoniana y mi obligado regreso a Chile. Le relaté mis peripecias mexicanas, donde vivía hace casi un mes sin dinero, manteniéndome con un ‘trabajo’ insólito: flaquísimo (entonces), con crew cut y bermuda shorts, casi negro de tanto estar al sol, me iba en las mañanas al castillo de Chapultepec a esperar que llegaran los autobuses llenos de turistas norteamericanos. Me acercaba a alguna dama de aspecto crédulo y con mi más culto acento inglés le decía que yo era estudiante de psicología (falso) en Princeton y que me hallaba capacitado para hacer un estudio de su carácter por las líneas de sus manos”.

Luego de unos días junto a Gabriela Mistral (se negó a que ese parlanchín joven chileno le leyera la mano), Donoso siguió su recorrido por América Latina. La llegada a Santiago sería un golpe duro. Luego de estos dos años en el extranjero, sintió que el país, más que nunca, se estrechaba y lo asfixiaba. En Princeton se sentía al otro lado del paraíso. Pero ahora le tocaba retornar. “Mi regreso a Chile marcó el comienzo de años áridos para mí, duros, sin dirección, insatisfactorios, prolongadísimos, en que iba a escribir y no escribía, en que enseñaba y no me gustaba enseñar, en que pensaba volver al extranjero sin lograr emprender el viaje, recordando con nostalgia Princeton, o a Gabriela Mistral en Xalapa”.

*    *    *

Pese a los viajes, el paso del tiempo y los libros publicados, Donoso nunca perdió contacto con Princeton y sus compañeros. A lo largo de los años intercambió cartas con Robert Keeley, quien se convirtió en diplomático, viajó por diversos países y terminó viviendo en Washington DC; se alojó con John Elliot en Nueva York reiteradas veces; y Walter Clemons Jr, otro compañero que no escribió ficción, aunque sí desarrolló carrera como periodista y reseñó El obsceno pájaro de la noche para Newsweek (“con este libro se ha transformado en un novelista de categoría mundial”).

En 1973, Donoso le escribió a Keeley desde Calaceite, España, donde mantenía a su familia con 300 dólares al mes. La vida en la costa catalana no era cara. Pero Donoso se lamentaba no ofrecerle a su familia estabilidad financiera. Especialmente ahora que Pilar, su hija, cumplía seis años:

“No quiero dejar esta simple y sencilla vida para conseguir un trabajo en Madison Avenue. Aunque me gustaría pasar un año en una universidad estadounidense, pero ya veremos. Estoy hablando con tu hermano, y me dijo que le escribiera el año entrante, pero Dios sabe qué sucederá. Es difícil dejar esta solitaria, simple vida por algo que uno no está seguro de que le gustará. Aunque Princeton, especialmente Princeton, es tentador. ¿Ha cambiado mucho?”.

Así fue como Donoso regresó a Princeton de profesor invitado durante los años 74/75, gracias a la gestión de Edmund Keeley, el hermano de Robert. Ya tenía camino recorrido: en Iowa había sido profesor de varias generaciones de jóvenes escritores norteamericanos, entre los cuales se cuenta a John Irving, además de entablar amistad con Kurt Vonnegut. Su regreso a Princeton también sería tiempo de saldar deudas. Pese a la beca de la fundación Doherty y las ayudas de la Momo, Donoso se graduó y dejó una deuda de varios dólares con Princeton. Ya reconocido un escritor internacional, llegó a un acuerdo: ceder papeles y manuscritos para no seguir moroso.

*    *    *

Le escribo un correo electrónico a mi madre mientras espero el tren de regreso a Nueva York. En el mensaje adjunto las fotos de las fotos de Donoso que saqué en la biblioteca. “Tal vez se las puedes mostrar a la Nana”, le digo, “si es que la vas a ver pronto”. Luego reviso mis apuntes y transcripciones. Me quedo pegado en un texto de Donoso sobre su infancia y juventud. No hay mucha información sobre dónde se publicó.

“Princeton me dejó marcado cosas importantes, tales como el hecho de que la literatura no estaba desprovista de encantos, ni tampoco era la fuente culpabilidad y miseria como me había advertido mi padre diciéndome que me convertiría en paria, sino, por el contrario, me di cuenta de que para mí, por lo menos, encerraba un gran placer”.

El texto continúa con un tono nostálgico. Donoso recuerda a sus profesores, compañeros y el ambiente cultural de la universidad; sus fines de semana en Nueva York y sus visitas a museos; y repite que fue un pésimo estudiante, pero eso, aclara, no importa. Fueron años decisivos no solo porque lo pusieron en contacto con escritores fundamentales para su futura obra, también porque se mantuvo vital; viajando, leyendo y escribiendo.

“Allí se me dio a conocer las grandes obras del arte universal, con las cuales siempre había anhelado tomar contacto. Esas obras las vi en compañía de amigos nuevos e interesantes, en nuestros viajes de fin de semana a Nueva York. Durante las vacaciones me dediqué a hacer un viaje por México a pie, publiqué los primeros cuentos y me di cuenta de que, para bien o para mal, era escritor”.

Este texto fue publicado anteriormente en la web LALT (Latin American Literature Today)

[Fuente: http://www.fronterad.com]

Escrito por Carlos Surghi

A comienzo de los años setenta Pierre Klossowski es invitado por la televisión francesa a un programa especial sobre Marcel Proust. Fiel a la reticencia y la distancia que ya lo caracterizaban, su participación se limita a un ensayo y una entrevista que más que una revisión, parece un primer encuentro. Antes, Deleuze había escrito su Proust y los signos, y mucho antes André Maurois y George Painter sus correspondientes biografías; Gide se había arrepentido en su momento de no editar el primer tomo de En busca del tiempo perdido y el Nouveau Roman leía esa aventura con interés creciente. ¿Qué podía aportar entonces de nuevo el autor de Roberte, esta noche? ¿Sería Sade o Nietzsche el reverso de Proust? ¿Sería la memoria una versión acorde a nuestros días para el tiempo que se pierde en todo simulacro?

Klossowski se interesa por los sentidos, por la materialidad que sirve a la memoria para ir de las sensaciones a las cosas, de lo indiviso a una silueta, de la vacilación a la vocación. Por caso, en su lectura el objeto deseado, que es inconmensurable, y que es la distinción proustiana, encuentra su forma sabiendo que “un objeto solo existe descomponiéndose en una sucesión de metáforas”, en un estilo identificable por su ritmo; de ahí entonces que Odette, Albertine, Charlus y a veces el mar pintado por Wistler, o los acordes de una sonata, cuando no unos campanarios a la distancia o el aroma de un espino blanco en la noche —todas ellas figuras de ese yo que crece y desaparece página tras página— sean simples lugares de reposo para la agitación del deseo. Klossowski nos devuelve así el Proust de la mirada contemplativa, el que funda hoy una imposible moral individualista; Klossowski sabe que el mejor Proust es el de la única versión posible de la realidad, la versión retrospectiva del instante pasado, la que solo puede gestarse en la soledad de una habitación donde el mundo, la mano que corrige huyendo de la muerte, ya forma parte de la obra.

Sin embargo, el Proust que Klossowski nos presenta, antes que un autor del pasado, es el prójimo del presente. En su obra sufre y se deleita, recuerda lo perdido y entrevé la vocación futura que le demandará el último esfuerzo; y para ello, crea de una vez y para siempre la figura del escritor recluso, aquel que solo goza de vitalidad cuanto más se enferma de sí mismo al buscar una frase, un ritmo, la respiración de una imagen en el vacío. ¿Pero adónde concluye todo esto? Indudablemente, la virtud de Proust es más terapéutica que literaria y se aplica al orden de la vida antes que a la discusión académica. En este punto es donde la confluencia con Nietzsche es inobjetable; uno y otro son para Klossowski enfermos saludables, afectos gustosos de la disolución; en ambos “el arte es una fisiología aplicada, una ciencia que tiene por objeto la vida real”. ¿Pero qué vida no es real? Justamente la que no se disuelve, la que permanece siempre igual, la que teme a la risa dichosa, la que no se pierde tras la escritura de la obra. Quienes habíamos leído a Klossowski en sus secretas novelas y en sus solitarios ensayos sabíamos de esa vocación finisecular que aún permanecía intacta: el arte es ya una cosa del pasado; y este ensayo recobrado, junto a un posfacio más que admirable de Gustavo Simona —en donde Schopenhauer es otro de los nombres convocados al círculo vicioso—, no hace más que corroborar la profundidad de todo reverso: como Proust persiguiera a su Albertine, Klossowski lo hace con Roberte; como Proust entreviera el éxtasis del movimiento en un vestido, Klossowski lo entrevé en sus desnudos.

Es un alto mérito de la editorial Cactus ponerlo a nuestra disposición; tal vez la ley de la hospitalidad permanezca aún intacta.

 

Pierre Klossowski, Sobre Proust, traducción de Pablo Ires, posfacio de Gustavo Simona, Cactus, 2021, 96 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

Escrito por  MAURIZIO BAGATIN

Un caminar rimbaudiano o aquel de Ceronetti, reviviendo las horas de Leopold Bloom. El viaje de Roberto Calasso inicia en el vientre de su madre, en donde ya estaba leyendo los mitos que al hombre siguen siendo necesarios. Útiles. Donde sea, el hombre de ellos se ha nutrido.

Salen frases cortas y silenciosas, un barco que recorre toda la Mitteleuropa, el Edipo de Freud y la poesía de Wisława Szymborska, los elzevirios de Karl Kraus; siguiendo el eco de una voz trágica, el coro de la tragedia griega, el idealismo en la música y en la filosofía, el pragmatismo en el derecho y en la racionalidad, amar Atenas y Roma, sobre todo Grecia. Y, luego proseguir el camino, las huellas de los pasos del Magno Alejandro hasta la orilla del Ganges, un Nirvana, Gilgamesh, más allá el misterioso poder del Shangri-La.

El viaje de Roberto Calasso es el viaje de Bobi Bazlen, los libros de los demás, los libros que nunca fueron escritos, los nunca leídos, la palabra aún ausente, y la última. El libro de todos los libros. Sentándose en el paraíso de Borges, en la Babel de un imposible esperanto, dialogan el filósofo de una teología escandalosa y el gnóstico tenaz; el pensamiento que no derrotó Auschwitz y el Ecce Homo. Seguimos andando, en el silencio de oro miramos la biblioteca de Alejandría, toda aquella belleza que es el decurso de la ética, un cuadro de Tiépolo, los sueños, las alegorías, los símbolos de Kafka, todo su misterio aún intacto. Miles y miles de leyendas hasta la noche de la sola leyenda.

Es Cioran, Naipaul, Valéry, pero también Pollan, Morselli y Giordano Bruno, Roberto Calasso fue el editor del buen gusto, desafiando todas las modas. Como un perro que huele las trufas en los bosques, el ratón de biblioteca que evitó al topo de Marx, andando siempre en dirección obstinada y contraria, en los momentos muertos de un día de canícula del verano o frente a una ardiente chimenea en el profundo invierno, agarrando un libro y viajando, encontrando lo que otros no encontraron, no quisieron encontrar y ni siquiera olieron o vieron de lejos.

Adelphi, es muerte y renacimiento, es el color pastel y la gráfica del voluptuoso Aubrey Vincent Beardsley, una escena de La grande belleza, otro papel. Desde su inicio, la fábula fueron eros y psique, el abrazo del logos con el mythos. Roberto Calasso nos invitó en ordenar los libros por nuestro amor a los libros… todos sus misteriosos personajes, que eran nuestras necesidades, las efímeras y las empíricas, las estéticas o las hedonísticas, iban a salir de a poco a poco, así un revés de Thomas Bernhard, una multitud de Pessoa o un epígrafe de Canetti… por la cultura, ofrecer y ofrecerse, un darse siempre, contar y contarse sentados como Flaubert, caminando como Nietzsche.

Tengo un retrato silencioso de él, del silencio de oro que tanto amaba; a los 13 años ya había leído toda le Recherche de Proust, y enamorarse del olor de un libro recién salido de la imprenta, que necesita al lector, igual que el pan recién salido del horno necesita del hambre. El conocimiento y el estómago, la mente y el cuerpo… mientras en la brousse africana me deleitaba leyendo Ka

 

 

[Fuente: sugieroleer.blogspot.com]

E se, um dia, pudéssemos reconfigurar a vida como faz a literatura? A grande utopia da literatura proustiana esconde, para quem sabe procurar, uma outra, que é a da própria sociedade tornada senhora de si mesma. Essa conjunção inspira um dos momentos mais luminosos da obra de Benjamin.

Escrito por Bruna Della Torre

Comemora-se neste mês de julho a efeméride de 150 anos do nascimento de Marcel Proust. Detratado por seus admiradores como um escritor “sofisticado” e “hermético” e por seus críticos como um representante do “subjetivismo” na literatura, Proust é assombrado pelo esnobismo que investigou de forma minuciosa. A descrição, em À la recherche du temps perdu, dos salões, da arte na Terceira República, da aristocracia e da alta burguesia, bem como a inserção do escritor nesses círculos, tornou seu legado suspeito diante de uma recepção mais à esquerda. Proust foi tomado por um mundano amador e esnobe, superficial, moralista e representante de um classicismo envelhecido. Até hoje seu memorialismo é visto como exercício literário apolítico por alguns críticos marxistas. Vale lembrar o escândalo em torno de sua vitória, em 1919, do prêmio Goncourt, por A l’ombre des jeunes filles en fleur. Com uma viagem à praia, um grupo de moças bonitas e um rapaz apaixonado, Proust ofuscava os heróis do front retratados em Les Croix de bois, de Roland Dorgelès, o favorito ao prêmio, no desfecho da Primeira Guerra Mundial, que tinha limado precocemente quase um milhão e meio de vidas. Apesar de sua postura em relação ao caso Dreyfus, ele entrava para a história como o oposto do intelectual engajado, cujo modelo era Émile Zola.

Walter Benjamin leu Proust como um contemporâneo. Além de leitor, foi tradutor e crítico de sua obra e reconheceu nele, desde o início, um autor subversivo. “A imagem de Proust”, texto que escreveu a partir do trabalho de tradução e que foi publicado em 1929 no Literarische Welt, pode ser lido como uma recomendação de leitura. Nesse ensaio, Benjamin combate, de um lado, as interpretações predominantes na França na época, centradas na questão “psicológica” e, de outro lado, a antipatia de parte da esquerda alemã à descrição proustiana do esnobismo.

No que se refere à recepção alemã, Benjamin afirma, numa carta a Max Rychner de 15 de janeiro de 1929, que a publicação de volumes avulsos na Alemanha dificultou muito sua recepção no país. A obra de Proust, especialmente sua figuração do esnobismo, só poderia ser compreendida a partir da leitura completa do romance. Como muitos autores modernistas, Proust teve sua obra, inicialmente planejada em 3 volumes, interrompida pela guerra, que a transformou e expandiu. Os primeiros volumes, ambientados nas paisagens bucólicas de Combray e Balbec e nos salões mais badalados de Paris, regados a chás, sorvetes e madeleines, cedem lugar, no último livro, a uma cidade sob cerco, bombardeada por aviões alemães, paisagem que acolhe uma visita do barão do Charlus a um bordel de quinta categoria, os debates sobre a guerra e sobre as estratégias militares napoleônicas de Paul von Hindenburg, e uma festa decadente no salão reconfigurado dos Guermantes. O romance se inscreve na encruzilhada entre os séculos XIX e XX e configura a passagem da Belle Époque para uma modernidade parida dolosamente pela guerra, que Proust estudou com afinco ao longo dos anos e que aparece como um tema subterrâneo do romance. Conforme ressalta Benjamin, o que era antes de Proust “uma simples época, desprovida de tensões, converteu-se num campo de forças, no qual surgiram as mais variadas correntes, representadas por autores subsequentes” (BENJAMIN, 1994, p. 40). No último livro, editado postumamente por Robert Proust a partir dos cadernos do irmão, vemos os personagens que nos acompanharam desde o início envelhecer. A senilidade do barão de Charlus, a máscara ossificada de Berma, as bolsas vermelhas que cobrem as faces do Sr. de Cambremer, não são apenas marcas que o tempo inscreveu nos corpos e nos rostos que nos eram familiares, mas sinais da caduquice e da decrepitude de uma época e da classe que a dominou. É também neste último livro que Proust trata da assimilação da burguesia pela nobreza que antes a desprezava e nos choca com o último casamento da ridícula madame Verdurin, que finalmente lhe confere o sobrenome Guermantes. Nessa festa macabra, as origens dos velhos sobrenomes se confundem e se dissipam, os turbantes substituem os penteados estruturados, os antissemitas são agora dreyfusards e as cortesãs tornam-se convidadas de honra. Aquilo que pode parecer superação da ordem é, na verdade, a sobrevivência reconfigurada da velha dominação. Conforme ressalta Benjamin, Proust trata da constituição de uma classe que só demonstrará sua verdadeira fisionomia na luta final. É na mimese das classes altas, no retrato de sua “vida vegetativa”, no estudo do alpinismo social burguês e dos códigos de dominação da nobreza, na descrição fiel de seus gestos – de fazer sociólogos como Bourdieu roerem-se de inveja – que consistiria, alega Benjamin, o ponto alto da crítica social proustiana. O esnobismo, como aspiração burguesa ou forma de vida aristocrática, apresenta-se assim como atitude do “puro consumidor” que encobre a existência real dessa classe, a da “pura exploração”. Sua atitude “feudal”, que nada mais é do que uma tentativa de fuga em direção ao passado, não tem significação econômica correspondente. Por isso, diz Benjamin, Proust não está a serviço das classes que descreve: “um clã de criminosos”, “uma quadrilha de conspiradores”, “a camorra dos consumidores” (BENJAMIN, 1994, p. 44).

Se Proust não é um esnobe, tampouco é, na leitura de Benjamin, um romancista do inconsciente, como quis parte de sua recepção francesa. O conhecido e quase desgastado episódio da madeleine levou a uma hipóstase da mémoire involontaire que dominou por muito tempo a leitura do romance. Mesmo outros episódios similares são menos comentados. Há uma passagem muito bonita, em Sodome et Gomorrhe, na qual o narrador retorna à Balbec após um ano do enterro de sua avó. Ao abaixar-se para retirar os sapatos, é assaltado por uma perturbação. Ressurge a imagem de sua avó, que abria com a sua presença espaços infinitos quando o narrador tinha medo de adormecer num quarto estranho. Ela lhe tirara as botas quando visitara pela primeira vez aquela cidade. O instante no qual se entrecruzam a morte da avó e a dor de sua perda, finalmente sentida, apaga o ano que percorrera entre um e outro. Proust mostra que o luto, assim como os sonhos, muitas vezes se realiza quando não mais o esperamos. É certo que todo mundo é capaz de se reconhecer no episódio do bolinho que, molhado no chá, traz consigo uma teia de lembranças e sensações, bem como em outros momentos semelhantes. O que é feito disso, no entanto, é outra história. A força rejuvenescedora da mémoire involontaire não reside na mera possibilidade de experimentá-la, mas no ímpeto de apreendê-la e de capturar, com ela, o passado cristalizado no instante. Quando o assunto é Proust, a única vida realmente vivida é a literatura. É ela que permite o reencontro com o tempo, a redenção dos momentos de felicidade não aproveitados, o vislumbre do desejo não reconhecido e a vitória sobre a morte. A literatura não se detém “lá onde a vida empareda” (PROUST, 2013, p. 250), onde os caminhos se estreitam e os sonhos se desfazem. Ao erigir-se a partir deles, ela é capaz de redimir o sofrimento e a infelicidade. Somente ela pode descobrir a vida, torná-la clara. O artista, conquistador sem-par da experiência que é também a nossa, oferece a utopia de um passado que nos cabe em sua inteireza, do tempo redescoberto. Mas, para capturar o passado, é preciso uma certa disposição. Conforme afirma Benjamin em outro texto, é preciso “compreender a língua na qual a sorte faz seu acordo conosco” (BENJAMIN, 2000, p. 190). A madeleine é apenas a primeira irrupção da mémoire involontaire que percorre todo o livro, muitas outras se seguem a ela e a própria narrativa, de uma forma ou de outra, resulta da apreensão consciente desses múltiplos instantes pelo narrador. Não é por outra razão que Benjamin afirma que Proust busca “galvanizar toda uma vida humana com o máximo de consciência” (BENJAMIN, 1994, p. 46). Uma irrupção do passado no presente não apreendida é, por isso, uma oportunidade perdida de capturar o passado. Para alguém que olha para a vida dessa forma, as marcas do envelhecimento, “as rugas e dobras do rosto são as inscrições deixadas pelas grandes paixões, pelos vícios, pelas intuições que nos falaram, sem que nada percebêssemos, porque nós, os proprietários, não estávamos em casa” (BENJAMIN, 1994, p. 46).

Tudo isso pode soar idealista. Mas, e se, um dia, pudéssemos reconfigurar a vida como faz a literatura? Ouvir a voz que nos desafia: “Agarra-me quando eu passar, se tens força para tanto, e procura resolver o enigma de felicidade que te proponho” (PROUST, 2004, p. 662). Nesse dia, Marx e Proust se reuniriam. A grande utopia da literatura proustiana esconde, para quem sabe procurar, uma outra, que é a da própria sociedade tornada senhora de si mesma. Essa conjunção inspira um dos momentos mais luminosos da obra de Benjamin.

Suas teses “Sobre o conceito de história” estão impregnadas de Proust. Escritas em 1940, à luz do pacto Molotov–Ribbentrop e da derrota da social-democracia alemã, as teses foram salvas por Hannah Arendt e entregues a Theodor W. Adorno para posterior publicação. Benjamin cometeria suicídio pouco tempo depois, após uma fuga malsucedida das forças colaboracionistas francesas. Conforme destaca Michael Löwy em seu comentário sobre as teses, Benjamin se opõe, de um lado, a uma perspectiva progressiva da história sustentada pela social-democracia, que via a revolução como resultado inevitável do desdobramento da contradição entre as forças produtivas e as relações de produção capitalistas; e, de outro lado, à perspectiva positivista da historiografia burguesa que produz uma história cuja base é a identificação com os vencedores e o apagamento e a aniquilação dos oprimidos, inclusive daqueles que já estão mortos.

Alguns anos antes, numa carta a Scholem, de 21 de julho de 1925, Benjamin ressaltava quão próxima a perspectiva filosófica proustiana era da sua, o que transparece nas teses. Seu conceito de história envolve justamente a ideia de que é possível transformar o passado, se reapropriar dele por meio da rememoração. Conforme sublinhou Jeanne-Marie Gagnebin, aquilo que Benjamin defende neste texto como o “método do historiador materialista” deve muito à “estética proustiana” (GAGNEBIN, 1994, p. 16), este método é o método da “história aberta”, que permite salvar o passado do esquecimento e realizar aquilo que nele estava contido como promessa. Mas não se trata apenas de uma concepção de história. O que está em jogo nas teses é uma concepção de revolução.

Na tese V, Benjamin afirma: “A verdadeira imagem do passado passa célere e furtiva. É somente como imagem que lampeja justamente no instante de sua recognoscibilidade, para nunca mais ser vista, que o passado tem de ser capturado. […] pois é uma imagem irrestituível do passado que ameaça desaparecer com cada presente que não se reconhece nela visado” (BENJAMIN, 2005, p. 62). Mas como captar “uma imagem do passado como ela inesperadamente se coloca para o sujeito histórico no instante do perigo” (BENJAMIN, 2005: 65), como Benjamin propõe na tese VI? Na tese XVIIa, encontramos a resposta. O que confere à memória involuntária, ao lampejo, o seu “poder-chave” para abrir um compartimento antes fechado da história é a ação política. Benjamin transplanta o movimento da obra proustiana para sua teoria da revolução, conferindo-lhe um caráter coletivo. Nada mais natural para um escritor que queria transformar arte em arquitetura, romance em catedral, ter como seu maior crítico alguém que queria transformar literatura em revolução. Para Benjamin, o mesmo ímpeto que permite a configuração estética em Proust, a decifração do enigma da memória involuntária, deve guiar a consciência/ação coletiva na revolução. Por essa razão, como em Proust, devemos evitar ler em sua obra uma hipóstase do momento de lampejo. Benjamin busca na postura ativa e não conformista presente na obra proustiana um modelo para o marxismo, o que não deixa de ser extremamente atual num momento no qual, talvez mais do que se quer admitir, a crença no progresso, na solidez da democracia burguesa e na vitória da longa marcha através das instituições permitiu que forças fascistas avançassem mais uma vez em diversas partes do mundo.

Para além das afinidades entre a estética proustiana e a concepção benjaminiana de revolução, Proust é evocado para nos lembrar de que a revolução deve ser feita também em nome da felicidade. De acordo com Benjamin, este impulso – pouco notado por seus leitores – atravessa a obra proustiana de modo explosivo e dilacerante. Theodor W. Adorno dizia de Proust que este era um mártir da felicidade. Na tese IV, Benjamin afirma que embora a luta de classes seja uma luta pelas coisas “brutas e materiais”, também estão presentes nela as “coisas finas e espirituais”, como a confiança, o humor, a tenacidade. Uma imagem da felicidade é transmitida, junto com a luta de classes, de uma geração a outra. Benjamin afirma na tese II que há um encontro marcado entre as gerações passadas e a nossa. “Não nos afaga, pois”, diz Benjamin, “levemente um sopro de ar que envolveu os que nos precederam? Não ressoa nas vozes a que damos ouvido um eco das que estão, agora, caladas? E as mulheres que cortejamos não têm irmãs que jamais conheceram?” (BENJAMIN, 2005, p. 48). Assim como o amor de Marcel por Gilberte e Albertine já estava inscrito no amor de Swann por Odette, a imagem da felicidade é o elo que liga uma geração a outra. Esse impulso da obra proustiana não é um dado menor. Hoje, mais do que nunca, está claro que a infelicidade da qual padecemos é socialmente produzida. Ela tem nome e endereço. Combatê-la é nosso dever político com a nossa e com as gerações passadas. Benjamin nada tem de pessimista. A ele se aplica o mesmo que disse sobre Proust: a felicidade está presente em sua obra como elegia.

Finalmente, vale dizer mais uma palavra sobre o conceito benjaminiano de experiência [Erfahrung], no qual se reúnem também Proust e Marx. Ela é a substância da narrativa, entendida por ele como práxis coletiva de transmissão da sabedoria de uma geração à outra. O historiador, diz Benjamin, escreve a história, o cronista a narra. Este último não diferencia os grandes acontecimentos dos pequenos, perdidos para a História. Seguindo o comentário de Max Unold, Benjamin sublinha que Proust foi ele próprio um cronista, pois tornou interessante “histórias de cocheiro”. Sua erudição, seu sarcasmo, sua filosofia, seu memorialismo, estão a serviço dessa tentativa de recuperar a experiência e uma narrativa que não é mais possível. Por isso, Benjamin diz que sua obra está “no centro e ao mesmo tempo no ponto de indiferença de todos os perigos” (BENJAMIN, 1994, p. 36). Ela sacrifica o seu gênero, o romance, para preservar a sua substância, a experiência em vias de dissolução. Benjamin faz o mesmo. Sua escrita borra e reúne as fronteiras da arte, da história, da política e da crítica. Ele sacrifica a filosofia para preservá-la.

Nossa atmosfera, hoje, é a mesma de Proust: permeada e assombrada pela morte, pela falta de ar e pela destruição em massa da experiência. Também se assemelha à de Benjamin, diante do fascismo. As obras de ambos os autores, contudo, mostram que essas forças encontram de outro lado adversários bem-dispostos e, senão fortes, tenazes. Como escreveu certa vez Virginia Woolf, a obra de Proust combina “a firmeza de uma corda de tripa” e “a fugacidade do florescer de uma borboleta” (WOOLF, 1981, p. 168). Está aí uma disposição para tomarmos de exemplo. Longa vida a Proust.


Referências bibliográficas
BENJAMIN, Walter. Sobre o conceito de história. In: LÖW, Michael. Walter Benjamin: aviso de incêndio. São Paulo: Boitempo, 2005.
BENJAMIN , Walter. A imagem de Proust. In: BENJAMIN , Walter. Magia, técnica, arte e política: ensaios sobre literatura e história da cultura. São Paulo: Brasiliense, 1994.
BENJAMIN , Walter. Imagens do pensamento. In: BENJAMIN , Walter. Rua de mão única. São Paulo: Brasiliense, 2000.
GAGNEBIN, Jeanne-Marie. Walter Benjamin ou a história aberta. In: BENJAMIN , Walter. Magia, técnica, arte e política: ensaios sobre literatura e história da cultura. São Paulo: Brasiliense, 1994.
PROUST, Marcel. O tempo recuperado. Rio de Janeiro: Ediouro, 2004.
PROUST, Marcel. O tempo redescoberto. São Paulo: Globo, 2013.
WOOLF, Virginia. A Writer’s Diary: Being Extracts from the Diary of Virginia Woolf. London/New York: Houghton Mifflin Harcourt, 1981.


Bruna Della Torre é pós-doutoranda no Departamento de Sociologia da Unicamp, onde estuda indústria cultural e agitação fascista no Brasil. Editora executiva da revista Crítica Marxista, pesquisadora associada ao Laboratório de Estudos de Teoria e Mudança Social (Labemus) e membro fundador da coletiva Marxismo Feminista. Realizou pós-doutorado no Departamento de Teoria Literária e Literatura Comparada, doutorado em Sociologia (bolsista Capes) e mestrado em Ciência Social (bolsista Fapesp), todos na Universidade de São Paulo. Escreve para o Blog da Boitempo mensalmente.

[Fonte: blogdaboitempo.com.br]

Según prometió la Sociedad de Amigos de Proust, este año y el próximo serán « de intensa celebración » porque hoy se cumple siglo y medio de su nacimiento y en 2022 se recordará el siglo de su fallecimiento.

Proust nació el 10 de julio de 1871 en Auteuil, al Oeste de París.

Con lecturas y conferencias en el pueblo que lo inspiró, muestras en París y la reedición de textos inéditos, el mundo de la literatura celebra hoy el 150 aniversario del nacimiento de Marcel Proust, el ensayista, crítico y novelista francés fundamental de la primera mitad del siglo XX y autor de « En busca del tiempo perdido », la novela de siete partes y con más de tres mil páginas que influenció el campo de la literatura, la filosofía y el arte.

Según prometió la Sociedad de Amigos de Proust, este año y el próximo serán « de intensa celebración » porque hoy se cumple siglo y medio de su nacimiento y en 2022 se recordará el siglo de su fallecimiento.

En la catedral del pueblo francés de Illiers-Combray, de solo 3.400 habitantes y a 30 kilómetros al sur de Chartres, se celebrará con lecturas y charlas a la figura de Marcel Proust (1871-1922), quien si bien nació y murió en París, pasó su infancia en aquel lugar que inspiró y ambientó su obra cumbre, « En busca del tiempo perdido ».

Aquella pequeña localidad rural se llamaba originalmente « Illiers », pero tras ser glorificada por el escritor en su obra, la la Sociedad de Amigos del escritor, que aún funciona, logró en 1971 que fuera renombrada como « Illiers-Combray » en honor a la ficción de Proust.

Los encuentros de este fin de semana también fueron organizados por la Sociedad, cuyo presidente, Jérôme Bastianelli, definió al autor durante la inauguración como « el escritor francés más conocido en el mundo y muy leído, aún hoy en día » y anunció que los festejos se extenderán hasta 2022 para que más visitantes puedan celebrar la obra en un clima de postpandemia.

La casa de la tía Léonie, de fachada arabesca y jardín florido, es hoy uno de los lugares del pueblo más visitados por los admiradores, tal vez porque allí nació la mítica escena en la que el narrador de « Por el camino de Swann », el primero de los siete tomos de su gran novela, se transportaba a su infancia en Combray al mojar una magdalena en un té.

Los festejos por el aniversario trascienden los límites de Illiers-Combray. Para el año próximo, la Biblioteca Nacional de Francia montará una gran exposición, el Museo de Carnavalet, que reabrió sus puertas con una restauración de su habitación en París, le dedicará una exposición y habrá otra instalación en el Museo de Arte e Historia del Judaísmo también en París.

En abril, la editorial Gallimard publicó « Las setenta y cinco hojas y otros manuscritos inéditos », redactados entre 1907 y 1908, que reúne textos inéditos entre los que hay borradores preparatorios de « En busca del tiempo perdido ». Estos documentos fueron donados a la Biblioteca Nacional de Francia por el coleccionista y editor Bernard de Fallois.

En 2019, se conocieron otros textos inéditos del escritor publicados como « El remitente misterioso y otros relatos inéditos », que en su día habían sido descartados por el autor tras la salida de su obra « Los placeres y los días », en 1895.

Estos materiales que fueron traducidos por el escritor argentino Alan Pauls, constituyen una serie de esbozos, narraciones interrumpidas o cuentos donde también se advierte que las formas y las ideas aún no han alcanzado la madurez, pero que anticipan la trayectoria ascendente de Proust.

« Leemos a Proust porque es nuestro contemporáneo », dice en el prólogo el escritor argentino, para quien el conjunto no es « un agujero negro absoluto », sino « una formidable fuerza centrífuga » que nos depara de vez en cuando una preciosa « astilla ».

Proust nació el 10 de julio de 1871 en Auteuil, al Oeste de París. Su padre, Adrien, fue un epidemiólogo reconocido, y su madre, descendiente de una familia judía rica de Alsacia de quien heredó el gusto por la literatura.

Asmático, profesaba un amor patológico por su madre, abandonó la carrera de Abogacía y durante años fue un aficionado a la literatura que vivió sin la necesidad de trabajar gracias a la buena posición económica de la familia.

Proust comenzó a escribir « En busca del tiempo perdido » en 1907, cuando tenía 36 años y tras la muerte de sus padres. Ambientada en la sociedad francesa de finales del siglo XIX, la novela se vale de la memoria del narrador y de la evocación de los claroscuros de los vínculos para contar tres historias de amor y celos. Un joven burgués quiere ser escritor y recupera y cuenta en primera persona los recuerdos extraviados de una vida. Y aunque las tentaciones lo desvían de su meta, la enfermedad y la guerra lo hacen tomar conciencia de su capacidad para escribir y así recuperar el tiempo perdido.

El autor murió víctima de una neumonía el 18 de noviembre de 1922 y cuatro de los siete volúmenes de « En busca del tiempo perdido » se publicaron póstumamente.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Sautez dans le bain. Qu’avez-vous à y perdre?

La dernière page du manuscrit d'À la recherche du temps perdu. | Zyephyrus via Wikimedia

La dernière page du manuscrit d’À la recherche du temps perdu. | Zyephyrus via Wikimedia

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d’autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour«Comment aborder l’intimidant Proust?»

La réponse de Nelson Pollet:

Un ami m’a dit un jour: «Je pense qu’il faut posséder un bon niveau en littérature pour lire Proust!» Pensez-vous qu’il faille étudier l’histoire de l’art pendant des années pour être sensible, ému, touché par un tableau de Rembrandt? Pensez-vous qu’il faille étudier la musicologie pour pleurer ou se réjouir sur les notes de Vivaldi ou de Satie? La littérature est un art qui comporte mille compositions auxquelles nous sommes ou non sensibles, il me semble que ce n’est pas plus complexe que cela.

Bien évidemment, les auteurs et les autrices souffrent parfois d’idées reçues, de clichés ou d’a priori qui les desservent quelque peu –Marcel Proust ne fait pas exception. L’élément qui me revient le plus fréquemment aux oreilles est la longueur de ses phrases. Je ne peux pas le nier: Proust est un auteur qui prend son temps et qui développe au maximum les phrases qu’il compose, ce qui peut impressionner, intimider voire effrayer le potentiel lectorat.

Il est tout de même amusant de souligner que La Recherche commence avec une phrase courte et construite simplement: «Longtemps, je me suis couché de bonne heure.»

Aie confiance

Lorsque l’on veut lire Proust –mais cela vaut pour n’importe quel auteur ou autrice–, il me semble important de se mettre en tête qu’il s’agit d’une lecture qui exige de prendre son temps. Pour suivre le rythme des phrases. Pour apprécier les descriptions. Pour pouvoir être complètement transporté à une époque et dans une société très différentes des nôtres.

La question qualifie Proust d’intimidant, mais j’ai la sensation que le lectorat, surtout les lecteurs occasionnels, trouvent intimidant l’ensemble des auteurs et autrices que l’on qualifie de «classiques», qu’il s’agisse de la littérature française ou étrangère.

La difficulté avec la littérature, quelle que soit sa nationalité ou sa langue, est qu’elle sollicite principalement notre sensibilité, laquelle évolue incessamment tout au long de notre vie. Par exemple, lorsque j’avais 14 ou 15 ans j’étais très peu sensible à Voltaire. Puis, le temps passant et la philosophie étant passée par là, j’ai appris à l’apprécier et à en percevoir toute la richesse. Il en va de même pour Proust.

La littérature est une affaire de rencontres: parfois on lit un auteur ou une autrice que l’on adore à 15 ans, que l’on déteste à 30 et que l’on redécouvre avec plaisir à 60. C’est ce qui, selon moi, en fait l’une de ses beautés: nos lectures et notre rapport à la littérature s’enrichissent de nos expériences vécues.

Prendre le temps d’aimer Swann

Comment aborder Marcel Proust? Oui, je mets de côté l’aspect «intimidant»: pour écrire ce que je dis souvent à quelques personnes avec lesquelles je parle de littérature, les auteurs et autrices sont des hommes et des femmes comme nous qui ont exprimé une expérience singulière à travers leurs œuvres mais qui peut créer un écho dans l’universel puisque «je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger» pour citer encore et toujours ce cher Térence.

Au risque de vous décevoir, je ne possède pas la recette miracle pour répondre à cette question. Par ailleurs, j’aime assez les propositions faites par Jean-Pascal Mouton tout en étant d’accord avec le commentaire de Franck Antoni laissé sous la réponse du premier utilisateur que j’ai évoqué.

Il est souvent conseillé aux lecteurs et lectrices qui n’ont jamais lu une ligne de Proust de débuter leur découverte grâce à «Un amour de Swann».

Il est souvent conseillé aux lecteurs et lectrices qui n’ont jamais lu une ligne de Proust de débuter leur découverte grâce à Un amour de Swann qui est la deuxième partie du volume intitulé Du côté de chez Swann. En effet, cette partie peut largement être lue sans connaître l’intégralité de l’œuvre, mais également parce qu’il s’agit d’une histoire d’amour –cela plaît à une majorité du lectorat. En outre le style n’est pas inaccessible –sincèrement, je ne doute pas que le style de Proust soit inaccessible, mais j’estime qu’il faut se donner le temps (encore lui) de s’habituer à la musicalité des phrases de l’auteur (ce qui est vrai pour tous les autres).

Voulez-vous savoir comment Proust est arrivé sur mon chemin de lecteur? Il me semble avoir entendu le nom de Proust pour la toute première fois au lycée: notre professeur de première nous avait invité à remplir le fameux questionnaire de Proust. Ensuite, j’ai dû lire en classe le fameux passage des Petites Madeleines –ô combien célèbre! La madeleine de Proust. Qui ne la connaît pas, ne serait-ce qu’à travers l’expression que l’on utilise ou que l’on entend dans notre quotidien?

Le temps a passé et me voilà étudiant en première année de classe préparatoire littéraire –non, Proust n’était pas du tout au programme de littérature française. En revanche, ma professeure de littérature nous en parlait ponctuellement: pour donner des exemples au sein des dissertations, pour établir des liens au sein des commentaires composés ou linéaires ou tout simplement pour nourrir notre culture générale. Elle nous disait souvent (j’exagère, elle l’a peut-être évoqué deux ou trois fois sur l’ensemble de l’année): «Quand j’ai vu que Proust figurait parmi les auteurs du programme de l’agrégation lorsque je l’ai passée, je me suis dit: “Pourquoi est-ce tombé sur moi?” quelque peu dépitée. Maintenant, c’est l’un de mes auteurs de chevet.»

Puisqu’il y avait beaucoup de travail cette année-là, j’avais laissé Proust dans un coin de ma tête pour décider d’en entreprendre la lecture durant la période estivale avec ceci à l’esprit: «Ce Proust doit vraiment valoir que l’on s’y intéresse. Je vais essayer.» Déterminé, je me suis procuré Un amour de Swann et je l’ai lu avec plasir, gourmandise, délice, fascination pour un style qui me touchait –et me touche encore– énormément. Marcel Proust était devenu dans ce temps de lecture très court l’un de mes auteurs favoris, intégrant un petit Panthéon personnel qui évolue au fil du temps.

Une révélation

Je n’aime pas Marcel Proust pour «faire bien», pour «avoir l’air cultivé» ou autre balivernes semblables. J’aime Proust parce que le lire fut une révélation, une célébration de la langue française et de son vocabulaire si riche, si nuancé, si poétique. L’impression que tout est sublimé sous la plume de cet auteur me plaît beaucoup et d’ailleurs j’aime ressentir cela sous la plume de nombreux auteurs car non, je n’aime pas que Proust. Mon cœur littéraire a de la place pour tous les auteurs et toutes les autrices qui veulent y entrer. À chaque page de La Recherche –que je n’ai d’ailleurs pas encore lue en intégralité– c’est l’émerveillement qui nous saisit: tout est ciselé, tout est travaillé avec précision, avec sensibilité et avec délicatesse.

Ce qui m’enthousiasme est également de me plonger dans les coulisses, si j’ose dire, de la création de cette œuvre «cathédrale» –pour reprendre une formule de Jean-Yves Tadié, spécialiste de l’auteur et de toujours découvrir de nouveaux éléments, en continuant de m’enchanter sur le résultat: À la recherche du temps perdu.

Que dire aux lecteurs et lectrices néophytes sinon: «Allez-y! Sautez dans le bain! Qu’avez-vous à perdre? Rien. Peut-être que vous aimerez, peut-être pas. Peu importe. Au moins, vous aurez tenté l’expérience.»

[Source : http://www.slate.fr]

Para arquitetar obra vanguardista e crítica sobre arrogância das elites, da qual fazia parte, escritor francês precisou enclausurar-se. Vasculhou, então, arte, inconsciente e memória para recuperar, de forma profana e revolucionária, o tempo perdido

Escrito por Ronaldo Tadeu de Souza

Walter Benjamin afirmava em seu ensaio A imagem de Proust que o escritor francês autor do Em busca do tempo perdido havia demonstrado com sua nova forma de romance qual era o sentido do esnobismo da burguesia francesa de então e intuía que Marcel Proust e sua monumental obra só seriam compreendidos no momento da luta final em que a burguesia expressaria toda sua disposição distintiva de classe. O real produto estético que, eventualmente, emerge da narrativa de Proust é a percepção de que para melhor desenvolver uma análise sobre um conjunto de fenômenos sociais e de que criam impressões negativas e positivas na estrutura sensitiva e psíquica dos indivíduos-personagens seria um procedimento balizado por uma temporalidade histórica descontínua e feita por rupturas – as construções da memória e da imaginação, que surgem no momento das contingências, em Proust vistas com o “objetivo” de permitir a figuração deste “método” de interpretação. Algo deste estilo foi iniciado pelo romance histórico e a vida de Honoré de Balzac. A comédia humana é a primeira tentativa de construir uma forma de “análise” (e explicitação só social e da cultura) a partir de certas descontinuidades histórico-existenciais. Como o balzaquianismo opera? Comecemos brevemente por ele e passemos depois para o método proustiano de crítica social.

O vigor literário da obra de Balzac está em: possuir uma estrutura narrativa de deslocamento – em linguagem dialética, uma abstração razoável – das circunstâncias imediatas para realizar seu enredo literário de crítica da sociedade francesa da época da restauração – e fornecer para as humanidades uma das formas mais heterodoxas de compreensão sociohistórica até hoje constituída na modernidade. Balzac permanece na esfera cultural do que era originário da aristocracia francesa, e não desce ao complexo mundo em ascensão da moderna sociedade burguesa. Nestes termos, ele não postula através da sua narrativa uma linearidade, intransigentemente contínua. Seu andaime literário é o reverso do de Sófocles, na medida em que como convencionalmente se dirá que para compreender o mundo antigo e sua arquitetura moral ele, em suas tragédias, lançou-se no sentir a plenitude a vivência limitada do homem grego tendo enquanto corolário estético obras literárias que compunham um sistema-explicação socioestético e sociomoral1 histórico da angústia do homem da ática enredado no cosmo compacto do ser2 (Allan, 2014). Na Comédia humana também está ausente a experiência de entendimento típica da Idade Média, na chave ainda do “aprisionamento” convencional. Pois a única disposição explicativa do sistema feudal fechado e modelado pela hierarquizada conceituação aristotélica era a existência orgânico-transcendente neste mundo – ensinada nas universidades, escola de doutrinação teológica e mosteiros, ao qual a presença de Tomas de Aquino, professor nas instituições de ensino no período do Medievo não só confirma a assertiva enquanto tal, como explicita o principal âmbito interpretativo do mundo da Idade Média e da teologia cristã. Não é o procedimento balzaquiano.

A despeito de ser um frequentador da sociedade aristocrata, as formulações de Balzac, críticas (e revolucionárias) do novo mundo em surgimento, só são possíveis porque na literatura do francês não existe espelhamento e muito menos uma plasmação direta e fidedigna da tessitura cultural. Isto é factível porque Balzac está desprendido (alteridade da experiência) do movimento real-objetivo, cognitivamente, na medida em que conjura contra a nova classe ainda na esfera estético-social da classe derrotada, de tal modo que sua visão sarcástica se amplia sobremaneira. Honoré de Balzac não está entrelaçado nas tramas e emulações do mundo social burguês; a posição aristocrática (que ainda “subsistia” nele e no seu contexto) configura, portanto e concernente a um método literário-crítico – uma temporalidade histórica descontínua. Assim, podemos observar em As ilusões perdidas Balzac narrar:

Hoje ele nos mata, assim como nos salvava há alguns meses enviando-nos as primícias de seu ganho! – respondeu o bom David, que teve ao bom-senso de compreender que o desespero levava sua mulher além dos limites e que ela em pouco tempo retornaria a seu amor por Luciano. Mercier dizia em seu Quadro de Paris, há cinquenta anos, que a literatura, a poesia, as letras e a ciência, criações do cérebro jamais dariam de comer um homem; e Luciano; na sua qualidade de poeta, não acreditou na experiência de cinco séculos (1994, p. 511).

Esta síntese polêmica sobre sua sociedade implica dois momentos: primeiro, a visão “pessimista” da aristocracia quanto aos desenlaces da moderna sociedade burguesa – a crítica revolucionária da escrita balzaquiana (contraditoriamente) faz-se neste quadro referencial; segundo, a configuração literária contida na obra de Balzac são os primeiros germes da vanguarda estética que se ira efetivar em Baudelaire e na construção da obra de arte (autônoma) como ideia de felicidade. Deste modo, a alteridade da escrita de Balzac tem como alicerce sua posição na esfera aristocrática, ferida pelas confabulações ardilosas da nova classe3.

Todo isso para dizermos que Proust intensifica a capacidade de alteridade literária contida em Balzac e realiza um verdadeiro salto estético na constituição estrutural de uma crítica ao esnobismo de classe vigente na França de então. Com efeito, a postulação estética proustiana conforma-se por meio da temporalidade histórica que irrompe – o complexo arcabouço literário de Em busca do tempo perdido é, nas mais variadas experiências sensitivas, a corroboração de um método crítico de vanguarda das coisas mundanas, posto em movimento por um indivíduo que passou momentos significativos de sua vida “enclausurado” (tentando proteger-se dos infortúnios e infelicidades compulsórias pela realidade esnobista da sociedade francesa do fim do século XIX e do entre guerras). Como Marcel Proust constrói a temporalidade narrativa intermitente (seu “método” crítico)?

Enquanto tal, seu “enclausuramento” é o primeiro momento estético formulado que torna possível a estrutura literária intermitente. Pode-se dizer que os outros elementos compositivos que Proust recorre para arquitetar as rupturas críticas do enredo do Em busca… e as descontinuidades vanguardistas ali presentes são: a obra de arte, o inconsciente e a memória. Quais são os motivos que fazem Proust agir literariamente mobilizando dicções inconstantes? E qual é sua explicação estética?

Excurso
Marx analisando a arte e em especial a arte grega argumentava que; “em relação à arte, sabe-se que certas épocas do florescimento artístico não estão de modo algum em conformidade com o desenvolvimento geral da sociedade, nem por conseguinte, com a base material que é, de certo modo, a ossatura da sua organização. Por exemplo, os gregos comparados aos modernos ou ainda Shakespeare. Em relação a certas formas de arte, a epopeia, por exemplo, até mesmo se admite que não poderiam ter sido produzidas na forma clássica em que fizeram época, quando a produção artística se manifesta como tal; que, portanto, no domínio da própria arte, certas de suas figuras importantes só são possíveis num estágio inferior do desenvolvimento artístico. Se este é o caso em relação aos diferentes gêneros artísticos no interior do domínio da própria arte, é já menos surpreendente que seja igualmente o caso em relação a todo domínio artístico no desenvolvimento geral da sociedade. A dificuldade reside apenas na maneira geral de apreender estas contradições. Uma vez especificadas, só por isso estão explicadas. [Karl Marx – Introdução à Crítica da Economia Política. Várias edições]”

Proust vivencia em seu tempo, como muitos outros intelectuais e escritores, o caso Dreyfus e toma partido na polêmica política que dividiu a França ao lado do dreyfusismo; significativamente este momento na sociedade francesa não é em absoluto harmônico, ou seja, o mundo francês está tensionado. Para realizar o empreendimento literário e crítico Proust tinha duas alternativas: ou lançar-se na cotidianeidade perversa (comprometendo sua intermitência narrativa vanguardista), ou “enclausurar-se” para realizar seu projeto-romance de crítica ao esnobismo (burguês). Proust opta incontestavelmente pelo segundo procedimento. Deste modo, no quadro de referência no qual excursionamos acima, Proust e sua obra não estão em conformidade com o desenvolvimento geral da sociedade francesa (e europeia de então) – há uma dialética no Em busca… na qual seu empuxo narrativo-crítico é intuído por uma aufhebung literária do cotidiano esnobista presente na sociabilidade aristocrático-burguesa dos salões e palácios na França e Europa na ocasião. O andamento do método proustiano (a não conformidade) na crítica ao esnobismo se dá no recurso de recorrer à obra de arte, ao inconsciente e à memória, como já dissemos. Mas é preciso insistir neste ponto para tornar mais claro o argumento ensaiado. Estas impressões subjetivas formam uma dimensão imagética, ocasionando forçosamente em Proust e sua obra um deslocamento crítico na linearidade e semelhança social, o que permite na narrativa e na estruturação do enredo tecer amplas articulações literárias de recusa à sociedade esnobe. Deste modo, quando Proust faz encadear suas descrições sobre as paisagens francesas, monumentos históricos, esculturas e a obra de arte (e os produtores dessas) com o espaço textual mesmo do romance, ele cria um núcleo de subjetividade que está além do mundanismo burguês. Isto é plausível, na medida em que a obra de arte (seja a de Elstir, a de Bergotte e de Vinteuil) é o desejo de felicidade (Baudelaire) na qual está inscrita a viabilidade da fruição prazerosa negada pela realidade objetiva de classe e a luva de ferro (Conceição Evaristo) da similitude social. Assim, podemos encontrar no Em busca… a seguinte passagem4:

Quando meu pai resolveu, um ano, que fôssemos passar as férias da páscoa em Florença e em Veneza, não tendo como fazer entrar no nome de Florença os elementos que habitualmente compõem as cidades, fui obrigado a tirar uma cidade sobrenatural da fecundação, por certos aromas primaveris, do que eu supunha constituir, em essência, o gênio de Giotto. Em suma – e visto que não se pode fazer com que caiba em um nome muito mais duração que espaço –, como em certos quadros de Giotto que apresentam em dois momentos diversos da ação um mesmo personagem, aqui deitado no leito, ali preparando-se para montar o cavalo, o nome de Florença achava-se dividido em dois compartimentos. Num deles, sob um dossel arquitetônico, eu contemplava um afresco […] no outro atravessava eu rapidamente – para acorrer mais depressa ao almoço que me esperava com frutas e vinho de Chianti – [a] Ponte-Vecchio entulha[da] de junquilhos, narcisos e anêmonas (2008, p. 465).

Fica evidenciado o arroubo de prazer – uma configuração emocional “descomprometida” com a realidade deletéria do esnobismo, de tal modo que o andamento estético proustiano inaugura uma esfera crítica para além do paradigma concreto da ordem estabelecida; tendo de recorrer a seu instrumento fruidor (a autodescrição de si travejada por impressões proposta pela arte de Giotto) Proust estabelece para si (e para as humanidades) uma imagem-método na consecução crítico-analítica da sociedade burguesa em que vivia.

A outra coordenada que Proust utiliza na feitura de sua descontinuidade histórico-narrativa como crítica ao esnobismo, é lançar-se no seu inconsciente vasculhando os movimentos contraditórios em relação à tessitura das relações subjetivas entre os indivíduos – preservação e proteção são dois sentimentos encontrados no procedimento proustiano de inserção no inconsciente tentando encontrar aí um nicho de felicidade não proposto pelas circunstâncias (eternamente) limitadoras de qualquer possibilidade de visão perspectiva prazerosa ente as pessoas. Com efeito, diz Proust:

De nada adiantou verificar-me de que aqueles rapazes que todas os dias cavalgavam à frente do hotel eram filhos do não muito considerado proprietário de um magazine de novidades e que meu pai jamais consentiria em os conhecer; a vida na praia os realçava a meus olhos, convertia-os em estátuas equestres de semideuses, e o mais que podia esperar era que nunca dirigissem o olhar sobre o pobre rapaz que eu era (1992, p. 230).

Notemos a vivência do pai de Proust (Marcel) colocada em suspensão subjetiva (põe-se aqui a ruptura do tempo linear) para em seguida (um salto vertiginoso no inconsciente – o irromper descontínuo do eu crítico do esnobismo) deliciar-se com os corpos de “estátua equestre de semideuses”: uma existência possível somente no enredo do inconsciente crítico. A inversão de Marcel [sabemos que Marcel Proust era homossexual], sua fragilidade diante da convivência linear e comprimida pela mundanidade de classe o jogou na mais rica e fértil narrativa do inconsciente – ao esnobismo da burguesia, demonstrado no caso Dreyfus e na Primeira Guerra Mundial o arroubo fruidor de Marcel oferece o fato metódico-compreensivo proporcionado pelo inconsciente enquanto tal.

Por fim a memória é a última e mais importante coordenada na constituição do método proustiano de crítica à violência esnobista. A reconstrução da memória, sem dúvida, é o principal artifício literário na obra de Marcel Proust objetivando a temporalidade histórica descontínua. Aqui o tempo é fundamentalmente simbolizado através de impressões variadas (algumas prazerosas outras de angústia e sofrimento e outras ainda eivadas de esteticidade) vividas em circunstâncias que “não volta[m] mais”, de tal maneira que a contrapartida – a presentificação lembrada dos outros momentos – formada ao longo dos fios da vida de então é que nos faz escapar de nosso convívio cercado de esnobismo (de classe). Voltar a tais feixes densos de existência através da memória involuntária é uma das mais geniais críticas ao esnobismo das classes dominantes que lutam com violência extrema contra as Françoises e os Jupiens, que são o sujeito primeiro (o eixo impulsionador) da emancipação material ou o tempo perdido que deve ser (profana e revolucionariamente) recuperado. Assim, a busca de tal tempo (nas palavras de Walter Benjamin um salto de tigre na história) é o método de que Proust se valeu para derrogar o esnobismo da classe à qual “pertencia”; seu viés insubmisso e profano pode ser sentido em duas passagens esfuziantes do Em busca do tempo perdido, nelas encontramos Marcel dizendo a si mesmo e à outridade:

Somos apenas aquilo que possuímos, não possuímos senão o que nos está realmente presente, e tantas de nossas recordações, de nossas humores, de nossas ideias partem para viagens longe de nós mesmos em os perdemos de vista […] [por isso] somos todos obrigados para tornar a realidade suportável a imaginar dentro de nós algumas pequenas loucuras (1995, p. 69).

Proust deve ser sempre lembrado nas batalhas pela emancipação social e, sobretudo como disse Benjamin, no dia do conflito derradeiro contra o esnobismo de classe. Eis aí o seu e o nosso método.


1 Ver Friedrich Nietzsche – Introdução à tragédia de Sófocles. Martins Fontes, 2014.

2 Ver William Allan – Epic heroes in tragedy: genre, ethics, and the fifth-century comunity. In: Gêneros Poéticos na Grécia Antiga: confluências e fronteiras (Org. Christian Werner, Breno B. Sebastini, Antonio Dourado-Lopes). Humanitas, 2014.

3 Ver sobre essa argumentação acerca de Balzac, George Lukács – Balzac: Lês Illusions Perdue. Ensaios sobre Literatura. Civilização Brasileira, 1965 e Herbert Marcuse – A Dimensão Estética. Edições 70, 2007.

4 Essa, e as demais passagens, podem ser consultadas nas várias traduções e edições do Em Busca do Tempo Perdido de Proust publicadas no Brasil. Aqui utilizo a edição da editora Globo.

 

[Ilustração: Antonello Silverini – fonte: http://www.outraspalavras.net]

Escrito por MAURIZIO BAGATIN

“No hay puertas, hay espejos” – Octavio Paz

Me dejé guiar por el intenso aroma a cannabis hasta el bloque número 6, allí la tumba de Jim Morrison está siempre rodeada de rebeldes con sus causas generacionales, fumando y bebiendo todos los riders on the storm posibles; en la esquina Rodolphe Kreutzer sigue su sonata para violines dedicada a lo absoluto de Beethoven; el inigualable laberinto dedálico de Père Lachaise me atrae hacia el frente, en el bloque 17 todo el positivismo que generó Monsieur Teste está ahí, Auguste Comte firme, disciplinado y austero, dos ciencias abrazándose al infinito… y luego siguiendo a la derecha, un hilo de Ariadna sin fin conduce, no sin haber pensado a un nuevo invento, a una nueva forma de comunicación, hasta Claude Chappe, la ilusión óptica abrió caminos a Alexandre Dumas, y a la posibilidad de soborno de su Conde de Montecristo. Me doy la vuelta, los dramas abren sus cortinas, un Barbero de Sevilla ya está abofeteando al Bartolo de turno y -como un seguir dramático, un Fígaro ya se perfila en esposo- Beaumarchais está presente, sus comedias no caducan; Rossini, Minotauro permitiendo, sigue componiendo desde el bloque número 4, siguiendo tout droite desde la avenida principal veo dirigiendo el trafico al barón Hausmann, ya no hay salidas, la modernité parisina está en el alma de este laberinto, recorro a un fabulista, a Jean de La Fontaine, sueños fantásticos hasta el bloque 97 adonde Paul Éluard casi se excusa de haber adherido al comunismo, el surrealismo de este movimiento no podía ser artístico. Me perdí un rato, tal vez desde sus molinos Daudet extraña su Provenza natal y a su héroe Tartarín de Tarascón… el laberinto se hace un marasmo, Gay-Lussac mide el grado alcohólico de nuestras bebidas, Molière denuncia todos los hipocondriacos y Gustave Doré quiere grabar la Comedia Humana de Balzac, y él casi en plena soledad, desde el bloque 48, espía burgueses apresurados de ayer y turistas mochileros de hoy, deja abierto el camino a que sea Géricault en ofrecer una balsa de salvación y a Delacroix que la libertad nos guie…

En este laberinto, que no es lo de Creta y que ni Borges reconocería, si me introduzco siguiendo la Avenue Saint-Morys me encuentro justo frente a la Chapelle con Thiers, tres repúblicas francesas narradas siempre por los ganadores, si vuelto a la izquierda el fundador de Il Giorno, Cino del Duca me reconduce a las provincias italianas, a su Ascoli Piceno, y Gustave Caillebotte me deslumbra con sus cepilladores de parqué, realismo que solo Félix Nadar se permitió retratar en vivo así tan auténticamente. En el bloque 87 vibra aún el canto altísimo de María Callas, mientras el surrealismo de Max Ernst inspira a una Isadora Duncan encantadora, poesía de Esenin en un baile posmoderno sui generis; frente a ella Simone Signoret recita desde su cumbre, allí la acompaña su inseparable Yves Montand. De lejos, desde una esquina esquiva su descubridora, Edith Piaf, canta La vie en rose, Ícaro sin plumas ya no está aquí.

Moverse, entre árboles que han abandonado a su destino hojas multicolores, en otoño, mientras un Georges Bizet enamorado de su gitana y de las obsesiones de Nietzsche, se postula como un maudit suplicado por los dioses a recitar una poesía de Pallanda.

Y poesía es la de Apollinaire, casi solo en el bloque 86, poesía es el grito de Jules Vallès, que mira aquellos puntos de Seurat transformarse en imágenes llenas de colores y de nostalgias, nostalgias de una amante como fue María Walewska, amante de Napoleón Bonaparte. Me miro alrededor, Colette y sus gatos, sus amantes y sus elegantes extravagancias conspiran con el amor apasionado de un de Musset aún sofocado por George Sand. Lastricados caminos, Teseo irreconocible, Minos enclaustrado en su poder, Miguel Ángel Asturias con su presidente, y muy cerca el piano de Chopin -imaginando entre teclas el retorno de George Sand- que busca las sonatas de Kreutzer, laberínticas imaginaciones para un recital de Sarah Bernhardt en convulsa con el dandy por excelencia, Oscar Wilde, allá arriba hacia el Jardin de Souvenir.

Reencontré el tiempo, Marcel Proust con todas sus madeleine, haciendo introspecciones con su esnobismo tout court… y me reconduzco al camino -abandoné lo de Swann- y como en una alquimia me dejo seducir: academia de Ingres (del cual Degas no admitía discusiones) y encantos de Corot, la pureza y la originalidad al tramonto. ¿Cómo no intentar una evasión? Me dirijo lentamente hacia el bloque 96, busco un asiento y abro un cuaderno, en él me había anotado una de las rocambolescas aventuras de Amedeo Modigliani, el linaje de su familia alcanza al filósofo holandés del siglo XVII, Baruch Spinoza, y no encuentro la nota; en la tapa del cuaderno hay un epígrafe: “Todos sois una generación perdida”, es de Gertrude Stein, ella está en el bloque 94, no muy lejos de donde me encuentro, Scott Fitzgerald y Hemingway fueron icono de esta generación… París su alcoba en los años veinte.

Me duelen las piernas, mi aliento está en débito, aquí si no fumas Gauloises fumas Gitanes, en un tacho de basura hay botellas de Pernod y de pastis vacías, en otras rosas secas, rosas rojas escarlatas como el amor escandaloso de Raymond Radiguet, su presencia en el bloque 56 me tranquiliza aún más, una estremecedora Medea compuesta por Luigi Cherubini e interpretada por María Callas invade el bloque 11, armonía y pulcritud antes de dirigirme hacia el misterio: en el bloque 49 está Gérard de Nerval, todas las inquietudes del alma humana. Me alejo de ahí. Sully Proudhomme, el parnasiano que defendió a Dreyfus está, con su estética poética-filosófica, en el bloque 44. Me quedo un rato más y cruzando la Avenue Tranversale nº 1 alcanzo el bloque 52, tomando un callejón no tan ancho, Maurice Merleau-Ponty no admite exclusiones, toda su fenomenología de la percepción es una pincelada hacia el amor por el arte, por el amor a la belleza… así un toque poético de jazz del maestro Michel Petrucciani, cerca de Chopin reviven todas las melodías imaginada y forjada en su piano, soñando Nápoles y su Ellington… mientras el patafísico George Perec sigue inspirando escritores y cineastas.

Miro el reloj de una chica, pálida, triste y solitaria, sentada frente a mí, ya son las 5 de la tarde, es otoño, las nubes forman figuras de cuervos, de dragones, de animales imaginarios, no sé si Allan Kardek sigue aquí, del espiritista en la librería del cementerio podemos encontrar todos sus libros, pero no hay La fiesta del chivo de Vargas Llosa, Leónidas Trujillo está ahí muy cerca, y no muy lejos está el cuñado de Napoleón Bonaparte, aquel Joaquín Murat que fue rey de Nápoles, mientras su esposa se hizo nombrar duquesa de Lipona (el anagrama de Napoli, ciudad que la fulguró).

Me voy hacia la salida y el aroma a cannabis sigue envolviendo este laberinto sin soledades y con mucha vidas… me compro una guía para no perderme, en el caso volviera otra vez, con el hilo de Ariadna no me encontré muy bien, sigo mareado… y me marché hacia el Métro, otro increíble laberinto… del cual hablaremos luego, Minotauro permitiendo.

_____

[Imagen: Jerry Di Falco/Pere Lachaise Cemetery in Paris at Night, 2012 – fuente: sugieroleer.blogspot.com]

Fernando Arrabal raconte la fascinante vie du philosophe qui a été le précurseur de l’écologie. Il est notamment l’ auteur de «Walden, ou la vie dans les bois».

Par Fernando Arrabal

En lutte contre les brutalités d’une langue radicalement étrangère, Mohandas Karamchand Gandhi, dans sa prison de Mumbay (ex-Bombay), avait toujours à la main le texte de la conférence prononcée par le philosophe H D Thoreau. Conversation accueillie avec des sentiments mitigés, en 1846, et éditée trois ans plus tard ; ne méritant pas d’autre honneur ou épitaphe que le silence et l’oubli. Désobéissance civile se dit en sanskrit ahimsā : Gandhi allait répandre ce terme avec vénération.

Thoreau se refusa à collaborer avec un État en guerre contre son Mexique bien-aimé autant qu’inconnu ; en outre, il n’appréciait pas de voir ce même État maintenir un régime esclavagiste. C’est pourquoi, en simple citoyen, il refusa de payer ses impôts. Ce qui permit aux autorités de comprendre combien il se montrait fermement vertueux et radical dans ses fruits, ses branches et son tronc. Sans prendre plaisir aux douceurs de la tolérance, elles le mirent en prison, car, selon elles, le plus sûr était de ne pas réveiller un dormeur, quand le philosophe osa dire que l’arbre au plus noble sommet a des sabots aux pieds. Henry Miller a déclaré que Thoreau est ce qu’on peut trouver de plus rare sur la croûte terrestre. Le philosophe soutenait avec mesure et droiture : nous sommes des individus d’abord et seulement ensuite des citoyens. Il révéla le secret de la véhémence de ses opinions et de son extrême libéralisme en affirmant : Tout homme qui a davantage raison que ses voisins constitue une majorité d’UN. Il n’a jamais rien exigé de personne et était encore moins tenté par l’anarchie. Il n’a jamais demandé qu’il n’y ait pas de gouvernement mais un meilleur gouvernement. Sans mépris de sa condition (la plus obscure), il a déclaré qu’un État libre ne pourra jamais exister tant qu’il n’acceptera pas de reconnaître l’individu comme une puissance supérieure, seule source de son pouvoir et de son autorité.

Il était comme un Indien marchant vers sa destination dans un Far West de cowboys ; c’était le Spinoza de l’industrialisation, pensant son existence et vivant ses idées. Son journal était son examen de conscience quotidien alors qu’il décrivait le cosmos et l’univers à partir de sa Voie Lactée. Il ne s’est jamais départi de son éthique existentielle individuelle et radicale avec Schopenhauer, Stirner, Spinoza. C’était, sans prêcher, le contrepoint individualiste aux solutions et aux utopies.

Une photo et des dessins en hommage au philosophe Thoreau.

Montage de photo et dessins de Fernando Arrabal en hommage au philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau.

Ni embusqué ni camouflé, observant sa conscience, il s’inspirait d’évidences telles que l’homme est riche en proportion de la quantité de choses dont il peut se passer. Il faisait don du fruit de son travail et de son adresse : chez moi il y avait trois chaises : une pour la solitude, la deuxième pour l’amitié, et la troisième pour la société. Il ne s’est pas laissé submerger par les incohérences ni par la colère de ses auditeurs et lecteurs les plus radicaux. Il affirmait que la bonté est le seul investissement qui ne déçoit jamais.

Il a pu écrire sur ce que presque personne ne songeait à faire : par exemple, sur la succession des arbres dans la forêt, les teintes de l’automne, les pommes sauvages, la lumière de la lune, les temps de maturation des fruits, la profondeur des étangs, ou les jours où les oiseaux migrent. Il a été le piéton-poète diverti par son penchant pour les libertés et les délices illicites. Ce fut le philosophe qui étudia scrupuleusement les phénomènes naturels et, amassant une foule d’exceptions et de confusions, est devenu un scientifique. Thoreau, et non seulement à cause de la nouvelle race de braillards, était et est considéré comme un homme des cavernes arriéré, un original réactionnaire, un provincial grincheux hostile à tout progrès matériel, un ultra qui tourne le dos à toute idée de progrès. On a prétendu qu’il s’aliénait le « positivisme scientifique ». Il y avait même ceux qui le taxaient de très mauvais, très mauvais, très mauvais… et en outre d’être un bigot ne cherchant qu’à conduire l’homme à une vie animale et dégradante. Au contraire, Jean Giono s’est inspiré de ses concepts philosophiques pour écrire son Refus d’Obéissance, Romain Rolland a qualifié ses écrits de Bible du grand individualisme et Marcel Proust, Léon Tolstoï Martin Luther ont tiré beaucoup de profit de sa lecture ; comme Ernest Hemingway ou Bernard Shaw. Thoreau a tenté de rencontrer Walt Whitman en parcourant 347,8 km : la distance entre son village et la mère du poète.

Henry David Thoreau est né le 12 juillet 1817 dans un petit bourg du Massachusetts : Concord, comme son élève, la romancière des Quatre filles du docteur March (« Little Women »). Son grand-père paternel d’origine anglaise était venu au Nouveau Monde sur un navire corsaire. Pendant la majeure partie de sa vie d’adulte, Thoreau a fabriqué des crayons comme son père et sa famille, et il les faisait à merveille ! Il a découvert le processus de fabrication de bons crayons avec du graphite de qualité inférieure. Il étudia à Harvard entre 1833 et 1837. Son grand-père maternel Asa Dunbar avait joui aussi d’une certaine notoriété en prenant la tête, en 1766 – précisément à Harvard – de la révolte du beurre : la première contestation étudiante. Les diplômes universitaires – droit, église, commerce, médecine – ne l’intéressaient pas. Il enseigna alors à l’école publique, mais il démissionna bientôt pour ne pas avoir à administrer les châtiments corporels obligatoires. Il refusa de payer les frais de cinq dollars par diplôme. Il dit à l’administration qu’il préférait que chaque mouton garde sa propre peau – à son époque, des rouleaux de peau de mouton étaient utilisés pour les diplômes.

Le 4 juillet 1845, son ami intime Ellery Channing [poète  « transcendentaliste », mais pas encore « satrape »] le recommandait : « Allez, construisez une cabane et commencez le grand processus de vous dévorer ». Thoreau éleva de ses mains une hutte au milieu de la forêt, dont aujourd’hui une réplique est visitée : à 2 km et demi de sa maison natale. C’était un endroit mystérieux pour lui. Une place murée (que voulait-il dire par un tel mot ?). Il connaissait bien l’étang (son lac) depuis son enfance. La construction de la hutte, décrite en détail, est une métaphore qui illustre la construction de l’âme. Il a essayé de disparaître temporairement de la vie, de rejeter l’existence occupée uniquement à la poursuite de la subsistance quotidienne, pervertissant de facto la liberté dans le désespoir. Il ne s’agit pas d’une évasion ou d’un refuge d’ermite, puisque l’écrivain revenait souvent voir ses amis, mais cela rappelle l’expérience de Jean-Jacques Rousseau dans la forêt d’Ermenonville. Thoreau en mouvement et en « inter-action » avec son environnement naturel et social offre toujours des découvertes, même avec ses promenades. Il fut le premier randonneur et un canoéiste de championnat. Il observe en détail la nature, ses concitoyens, son domaine, enregistre et note avec des observations de plus en plus détaillées « Ma vie est le poème que j’aurais aimé écrire puisque vivre est mon métier pour m’émerveiller de ce qui m’entoure ».

Dans la cabane, il a vécu en autarcie. Pour ce faire, il a planté un hectare de pommes de terre, haricots, blé, maïs, etc. Le lieu s’est fait connaître grâce à son livre Walden ou la vie dans la forêt : Une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité et de confiance. Thoreau a donné à ses contemporains l’exemple d’une relation active avec la nature, le concept de « simplicité volontaire ». André Gide disait de Walden : Ce n’est ni un roman ni une véritable autobiographie, mais une critique du monde occidental, l’histoire d’un voyageur immobile qui narre sa révolte solitaire.

Thoreau contracta la tuberculose, ravivée par l’air chargé de poussière de graphite comme Spinoza frottant ses lunettes. Il continua à écrire des lettres et à tenir un journal jusqu’à ce qu’il se trouve trop frêle pour tenir un stylo. On était étonné de sa calme acceptation de la mort. Il s’est occulté le 6 mai 1862 dans son village non loin de son Wallden, à l’âge de 44 ans. Quelques jours avant que sa tante Louisa lui demande s’il avait fait la paix avec Dieu, Thoreau a répondu : « Je ne savais pas que nous nous disputions ».

John Updike m’a dit il y a une vingtaine d’années au restaurant Sardi’s à NY : « Walden est devenu un totem en un peu plus d’un siècle, le totem du retour à la nature ! Il a vécu, si authentiquement, en ermite, que son livre est en danger, comme la Bible, d’être acheté mais pas lu. »

 

[Source :  http://www.laregledujeu.org]

 

El 28 de agosto de 1947, Witold Gombrowicz dio una conferencia en Buenos Aires que nos puede servir de base para discutir algunas características de lo que llamamos « el espacio del lector ». La conferencia es ahora un texto célebre, « Contra los poetas », y Gombrowicz la incluyó, años después, como apéndice en su Diario.

Escrito por Ricardo Piglia 

Gombrowicz era un completo desconocido en aquel entonces. Vivía, pobremente, en oscuras piezas de pensión. Había llegado a la Argentina casi por casualidad, en 1939, y lo sorprendió la guerra y ya no se fue. En verdad, los años de Gombrowicz en la Argentina son una alegoría del artista tan extraña como la alegoría de los manuscritos salvados de Kafka. Luego de unos primeros meses dificilísimos, de los que casi no se sabe nada, Gombrowicz va entrando de a poco en circulación en Buenos Aires. Su centro de operaciones es la confitería Rex, en lo alto de un cine, en la calle Corrientes, donde juega al ajedrez y va ganando un grupo de iniciados y de adeptos, entre ellos al poeta Carlos Mastronardi y al gran Virgilio Piñera. Ha empezado a anunciar a quienes puedan oírlo que es un escritor del nivel de Kafka, pero, por supuesto, todo el mundo piensa que es un farsante: nadie lo conoce, nadie lo leyó. Además sostiene que es un conde, que su familia es aristocrática, aunque vive en la indigencia. Borges, con su malicia habitual, lo cristalizará, años después, con esta imagen:

A ese hombre, Gombrowicz, lo vi una sola vez. Él vivía muy modestamente y tenía que compartir la pieza, una azotea, con otras tres personas y entre ellas tenían que repartirse la limpieza del cubículo. El les hizo creer que era conde y utilizó el siguiente argumento: los condes somos muy sucios, con esa argucia consiguió que los demás limpiaran por él.

Entonces, en 1947 Gombrowicz sale a la superficie. Estaba por ahogarse, pero logra salir a flote, aunque volvió a hundirse varias veces después. Ese año aparece la traducción al castellano de Ferdydurke , y se publica, también en español, su obra de teatro El matrimonio . Pero, como sabemos, esas obras no tienen la menor repercusión. Son pequeñas ediciones que nadie lee, aunque quienes las leen nunca lo olvidan. La conferencia está ligada a la aparición de esos textos. Es un intento de hacerse ver, el inicio de una campaña de larga duración. Cualquiera que lee los testimonios o la correspondencia de esos años, lo ve a Gombrowicz intrigando y armando redes y conspiraciones microscópicas. Redes de amigos, de jóvenes, que intentan dar a conocer su obra.

Cómo llegó a dar esa conferencia, quién la organizó, cuántos asistieron, es algo que no sabemos bien. Solo sabemos que fue en la librería Fray Mocho, en la calle Sarmiento, casi Callao, en el centro de Buenos Aires. Una librería pequeña, muy buena. Se trataba de un lugar ajeno a los circuitos prestigiosos de las conferencias de aquellos años, como el Colegio Libre de Estudios Superiores, donde Borges empezó a dictar sus conferencias en 1946, o el Centro de Amigos del Arte, donde Ortega y Gasset daba sus multitudinarias conferencias en esa época.

El 28 de agosto de 1947, entonces. Las siete de la tarde, esa es la hora de las conferencias, la hora del crepúsculo. Pleno invierno en Buenos Aires. Gente con sobretodo, con abrigos, mujeres con tapados de piel quizá. Gombrowicz con su impermeable gris y su sombrero, el conde como pordiosero elegante.

Hay un primer dato que nos interesa especialmente. Gombrowicz da esa conferencia en castellano, en ese castellano áspero, de gramática incierta, que hablará siempre. No da la conferencia en francés, lengua que conocía y hablaba fluidamente, como era habitual en Buenos Aires. Victoria Ocampo daba sus conferencias en francés, y también lo hacía, con gran éxito, Roger Caillois, otro europeo en Buenos Aires. Una conferencia dicha en castellano, entonces, por un escritor polaco desconocido, en una oscura librería de Buenos Aires.

El castellano de Gombrowicz es el idioma de la desposesión. Nada que ver con el inglés de Nabokov, aprendido de chico con las institutrices inglesas. Gombrowicz aprende el castellano en Retiro, en los bares del puerto, con los muchachos, con los obreros, los marineros que frecuentaba; una lengua que está cerca de la circulación sexual y del intercambio con desconocidos. Retiro, con ese nombre tan significativo, es la zona del Bajo, del llamado Paseo de Julio, la zona por donde va a vagar Emma Zunz, la Recova, los bares de mala vida, los piringundines. El español aparece ligado a los espacios secretos y a ciertas formas bajas de la vida social.

Desde luego, Gombrowicz lo vive como una iniciación cultural, como una contraeducación. « Me bastaba con unirme espiritualmente por un momento con Retiro para que el lenguaje de la Cultura empezara a sonarme falso y vacío », escribe. Y de eso trata la conferencia: una crítica al lenguaje estereotipado, cristalizado en la poesía. Una crítica a la sociabilidad implícita en esos lenguajes falsamente cultivados.

Por su lado, Gombrowicz elige la inferioridad, la carencia, como condición de la enunciación. Y a eso se refiere de entrada en la conferencia. Cito la versión original conservada por Nicolás Espino, que no aparece luego en la edición del texto en su Diario :

Sería más razonable de mi parte no meterme en temas drásticos porque me encuentro en desventaja. Soy un forastero totalmente desconocido, carezco de autoridad y mi castellano es un niño de pocos años que apenas sabe hablar. No puedo hacer frases potentes, ni ágiles, ni distinguidas ni finas, pero ¿quién sabe si esta dieta obligatoria no resultará buena para la salud? A veces me gustaría mandar a todos los escritores al extranjero, fuera de su propio idioma y fuera de todo ornamento y filigrana verbales para comprobar qué quedará de ellos entonces.

El escritor siempre habla en una lengua extranjera, decía Proust, y sobre esa frase Deleuze ha construido su admirable teoría de la literatura menor referida al alemán de Kafka. Pero la posición Gombrowicz me parece más tajante. Lo inferior, lo inmaduro, se cristaliza en esa lengua en la que se ve obligado a hablar como un niño. Desde su primer libro, los cuentos que llamó Memoria de la inmadurez, Gombrowicz se colocó en esa posición. Y la inmadurez será el centro de Ferdydurke: el adulto que a los treinta años debe volver a la escuela, infantilizado.

Pero ¿una lengua menor para decir qué? Quizá, como escribe Gombrowicz el 30 de octubre de 1966 en su Diario, viviendo ya en Europa como un escritor consagrado, « el escándalo es que no tenemos todavía una lengua para expresar nuestra ignorancia ». En Buenos Aires ha encontrado ese lenguaje. La lengua como expresión de una forma de vida. La pobreza de la lengua duplica la falta de dinero, la precariedad en la que vive. El conde como pordiosero es simétrico del gran estilista que no sabe hablar. La desposesión como condición de la gran literatura. La opción Beckett, Céline, Néstor Sánchez; el escritor como clochard, el escritor que balbucea.

Gombrowicz está siempre cerca de la afasia. Mejor sería decir, Gombrowicz trabaja sobre la afasia como condición del estilo. El afásico es un infante crónico. Estamos otra vez en Ferdydurke.

Gombrowicz hace de la inferioridad, del anonimato, de la carencia, una ventaja y una posibilidad. No sé hablar, hablo como un chico y me refiero por eso a la más alta expresión del lenguaje: la poesía. Y sé lo que digo porque soy un gran artista.

Segunda cuestión, el castellano como lengua perdida de la cultura. El castellano como una lengua menor en la circulación cultural a mediados del siglo XX (y no solo del siglo XX). Circuitos débiles de la influencia y la difusión literarias. Gombrowicz tiene muy claros los efectos retrasados, la marcha lenta. Y a la vez los desvíos. Y las sorpresas. Porque Gombrowicz tiene mucho que agradecerle al castellano.

En principio, a la lectura de Ferdydurke que hace François Bondy, el director de la revista Preuves, el primer gran difusor de Gombrowicz en Francia. « En 1952 leí Ferdydurke en español », ha contado Bondy. Fue a partir de esa lectura que se interesó por él y lo hizo traducir al francés. Una lectura que le va a cambiar la vida a Gombrowicz. Porque Bondy es quien le consigue la invitación a Berlín en 1963, que va a permitir el regreso de Gombrowicz a Europa y su triunfo final.

Cómo le llegó a Bondy ese libro en español es una intriga. Un ejemplar de Ferdydurke en castellano, editado en Buenos Aires, llega a París. Cuando Gombrowicz conoce personalmente a Bondy en 1960 en Buenos Aires, durante un congreso del PEN Club, lo primero que quiere saber es en qué circunstancias ha llegado a leer Ferdydurke en castellano.

Los libros recorren grandes distancias. Hay una cuestión geográfica en la circulación de la literatura, una cuestión de mapas y de fronteras, de ciertas rutas que lleva tiempo recorrer. Y quizá algo de la calidad de los textos tiene que ver con esa lentitud para llegar a destino. Por ejemplo, la conferencia de Gombrowicz es contemporánea del texto de Sartre ¿Qué es la literatura? Los dos son de 1947. Los dos se plantean la misma pregunta y sus respuestas son simétricas y antagónicas. Y los dos tienen en común ser panfletos contra el arte (contra cierta noción espiritualizada del arte y contra su ilusión de autonomía). Y podemos decir que la conferencia de Gombrowicz, como síntesis de su poética, tiene hoy tanta (o mayor) influencia que la intervención de Sartre. (Y sería interesante comparar las dos concepciones de la poesía que están en juego en esos textos, porque para Sartre la poesía no se puede comprometer.)

Lenguas, tiempos, espacios. Puntos ciegos de la lógica literaria, inversiones. Del polaco al francés pasando por el español: otro circuito de difusión. Habría que hacer una historia de la lengua española y de las circulaciones culturales. El castellano no suele estar en esa red, pero Gombrowicz lo pone en una red central.

Por eso la conferencia en castellano dicha por Gombrowicz en Buenos Aires debe ser vista como un gran acontecimiento, casi invisible pero extraordinario. Uno de los grandes acontecimientos de nuestra historia cultural. Un gran paso adelante en la historia de la crítica literaria.

Y para seguir con la relación de Gombrowicz con el castellano hay otra escena que me gustaría recordar. Es otra vez una escena lateral, menor, que sin embargo condensa redes múltiples de la cultura argentina, y no solo de la cultura argentina.

En 1960, Gombrowicz tiene una entrevista con Jacobo Muchnik, uno de los grandes editores en la Argentina, el director de Fabril Editora, que publicó lo más interesante de la literatura europea y norteamericana de esos años, como El cazador oculto de Salinger o La modificación de Butor y también El astillero de Onetti. Entonces, por recomendación de Ernesto Sabato, que iba a publicar Sobre héroes y tumbas en esa editora, Muchnik recibe a Gombrowicz y le propone publicar Ferdydurke, que no se había reeditado desde 1947, en Los Libros del Mirasol, una de las primeras colecciones de libros de bolsillo en América latina, una colección popular muy buena, donde entre otras cosas habían aparecido El sonido y la furia de Faulkner y El largo de adiós de Chandler. Muchnik, que cuenta esta historia con mucha sinceridad en sus recuerdos de Gombrowicz, le propone hacer una edición de 10.000 ejemplares y le ofrece como anticipo un tercio de los derechos. « Eso es lo de menos », le contesta Gombrowicz. « Yo estoy dispuesto a autorizarle esa edición, si usted se compromete a editar otro libro muy importante que estoy escribiendo. Ustedes me hacen un contrato de edición del Diario argentino, y yo les autorizo a editar Ferdydurke. » Muchnik le responde que no puede comprometerse sin haber leído el libro. Y entonces, cuenta Muchnik, « sin quitarme los ojos de encima, Gombrowicz se llevó las manos al bolsillo del saco, extrajo un par de páginas escritas a máquina y me las alcanzó por encima de mi escritorio ». Muchnik le sugiere que se las deje para leer. « No », insiste cortante Gombrowicz. « Dos páginas se leen en un momento, léalas ahora, yo espero. » Entonces Muchnik se pone a leer, con Gombrowicz delante, « y ese texto », dice Muchnik, « me atrapó desde la primera frase. Pero cuando terminé de leerlo le dije, bueno, es extraordinario, pero no puedo comprometerme a publicarlo sin conocer todo el libro. Gombrowicz no me respondió, se puso de pie. Por encima del escritorio me quitó sus dos hojas, murmuró algo que no sé si fue un insulto o un saludo de despedida, y sin más giró sobre sus talones y se fue ».

Prefirió no reeditar Ferdydurke, no recibir el dinero del anticipo que seguro necesitaba porque quería ver publicado el Diario argentino. Y están esas dos páginas escritas en castellano. Un pequeño enigma: ¿qué páginas eran esas, quién las había traducido?, ¿Gombrowicz las escribió directamente en castellano?

Algo de la ética de nuestra literatura está en esa escena. Y algo que nos incumbe a todos nosotros y a nuestra tradición literaria está en la historia de la relación de Gombrowicz con la lengua argentina.

 

[Fuente: http://www.lanacion.com.ar]

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

Actus Livres - Radio Marseillette

Publié par Nicolas Gary

En se penchant sur Proust, il découvre un « bon candidat : son style est reconnaissable, et l’on dispose d’énormément de textes – tous dans le domaine public ». Comprendre : librement réutilisables. Il décide alors de puiser dans les romans de Marcel, pour former sa machine.

« Les nouveaux outils de génération de texte s’appuient sur de l’apprentissage profond par “réseaux de neurones” : ils ne lisent pas seulement des mots en vrac comme on le fait traditionnellement, mais sont capables de déceler des relations syntaxiques, sémantiques et stylistiques entre les mots. Nous avons là des outils assez souples, en mesure d’apprendre et de monter en abstraction par rapport au texte de départ en nous immergeant dans une esthétique précise (par exemple le style d’un auteur ou d’un genre), voire dans une société ou une époque en faisant des références précises à des noms de personnes, des pratiques sociales ou des usages culturels. »

Mais il faut partir d’un support : la machine n’a pas de connexion directe avec des Muses 2.0. « Cet ensemble de documents va être fourni, pour définir des réglages — dont le taux d’apprentissage. Or, de même que l’on peut ajouter des couches de savoir, de même, il est possible d’effacer une mémoire antérieure, pour laisser place à un nouveau corpus. Plus le taux d’apprentissage est élevé et plus GPT-2 va se focaliser sur les nouveaux textes fournis. »

GProusT-2

Par de délicieuses méthodes de calcul, la machine ingérer les textes et délivrera un fichier, baptisé modèle. Ce dernier présente plusieurs paramètres, intégrant les probabilités de présence de mots, les combinaisons entre les mots et les combinaisons de combinaisons. « Pour faire écrire de la science-fiction à Proust, rien de plus simple, si je peux dire : on fournit un corpus Proust et on ajoute un roman de SF. La machine aura deux entraînements successifs, et il suffit ensuite de contrôler la température. »

Pas question ici de chaleur thermique : la température désigne le niveau de créativité concédé à la machine. Suivant le curseur que l’on pousse, on aura une ambiance proustienne, dans le style, avec un sens totalement délirant, ou bien un vocabulaire proustien, s’inscrivant dans un monde de SF. Et ainsi de suite. Voilà ce que cela donne :

Je vivais depuis plusieurs années sur la planète Mars et je me demandais à voir les vals; je me donnais la carte d’argent pour vouloir porter sur moi un poisson de voyage. Aussi je n’en gardai plus ce morceau. De mon état de méfération faisait une saine. Sa maison, au milieu de cela, était un des plus simples éléments d’un grand plaisir mais, le pire des milliers, je montai en voiture et m’habillais avant le dîner; la ville, où la promenade des gambins sur l’intérieur est assez nouveau, me semblait que ma maison était là

– GPT-2 d’après Marcel Proust 

GPT-2, décrié par son fondateur même, a d’ailleurs donné vie à un nouvel entrant : GPT-3. « Plus puissant, avec énormément de mémoire, il est capable de prouesses techniques dingues », s’enthousiasme Pierre-Carl. Avec le début d’un roman du XIXe siècle, la machine serait en mesure de concevoir toute une écriture sur le même principe. Elle gère également des transitions de langue, de l’anglais au français, par exemple, et bien plus. Voici, par exemple, une extrapolation réalisée à partir du style de Michel Foucault.

« Si je fournis un patron Pokemon, associé aux textes de Balzac, la machine me sortira des fiches Pokemon Balzac avec les personnages de la Comédie humaine. » Impressionnant, certes… mais à quoi bon ? « L’objectif de ces outils est vague », reconnaît le chercheur. « L’assistance à l’écriture est l’un des éléments affichés, et d’ici un à deux ans, ils fonctionneront plutôt bien. Aujourd’hui ils arrivent déjà à rédiger des dépêches et des articles journalistiques crédibles avec des sources, des citations, des références, mais… entièrement inventé. Avec, si l’objet se généralise, un véritable risque de créations de fake news généralisé. »

Et plus encore : pour l’heure, les robots sont certes en mesure d’avoir des conversations raisonnées… mais absolument pas raisonnables. « Ils racontent absolument ce qu’ils veulent, et personne n’a de maîtrise, on l’avait vu avec le cas Microsoft. Politiquement, les IA sont des machines incontrôlables, mais… d’excellentes stylistes. »

Fin de la page blanche

Le style ? Mais quid du droit d’auteur sur les textes créés ? « C’est une question… embarrassante pour les concepteurs de ces machines. Aujourd’hui, les IA écrivent à partir du style d’un auteur spécifique : elles reprennent donc “à la manière de”. Prenons le cas d’un auteur de polar avec des personnages récurrents : la machine pourrait organiser des séquences, pour décharger le créateur de passages spécifiques. Mais entre-t-on dans le droit des marques ou celui du droit d’auteur ? L’IA capitalise sur l’image et un style propre à l’auteur… »

À ce titre, on retrouvera la délicieuse plaisanterie d’Alexandre Gefen, réalisée en avril 2020, le 1er, qui revendiquait un poème « quasi inédit de Mallarmé, d’avril 1874, retranscrit au mieux d’après le scan de la lettre manuscrite transmise par mon ami Pierre-Carl Langlais ». L’exercice est bluffant de mallarmisme…

Les robots pourraient donc écrire le prochain roman de Michael Connelly ? « Nous n’y sommes pas, pas du tout. Si les modèles sont opérationnels, c’est à l’échelle d’une page, uniquement. À cette heure, l’IA n’a aucune notion de schéma narratif. Concrètement, on pourrait remplacer une écurie entière de scénaristes par l’IA, mais il faudrait un chef d’orchestre pour tout harmoniser : l’intrigue serait totalement à revoir dans le cadre d’un roman. »

En revanche, la littérature expérimentale, elle, fonctionne plus que bien, comme le montre le cas Mallarmé. À ce titre, l’IA repousse les limites connues de la stylistique, ou même de la poétique.

En ce jour d’avril inattendu
Je goûte au plaisir du temps suspendu
De naître à quelque lieu de mai
Au cours de la tribu s’enroulant

Sens, son courage n’endort bientôt
La pourpre de l’œil inscrit
Qu’échappe au pli qu’une allée s’y mêle
Surgit après les épaves

Surgi le glaive inscrit
Surgi le repousset assourdi
Tous, vils et frémi
Pour la même allocution

Qui le maintient, ô l’air effarouché
Toutes dans un mouvement
Ne puisse à l’abandon surpriant
S’ensurre de la désuétude

– Mallarmé, d’après GPT-2

« Si dans les réglages, je choisis de la dispenser de sens, elle peut produire des résultats hallucinants. Et qui contestent la notion universitaire même de style, de création. La dimension artistique, c’est ce qui était sensé échapper à la machine, or ici, pas du tout », relève Pierre-Carl Langlais. « Un style s’identifie par un ensemble de critères connus. Or, ces outils font la même chose : ils exercent une analyse, avec un véritable raisonnement, pas simplement en perroquets numériques. »

Les dangers du DeepFake en littérature

De quoi bouleverser bien des préconçus. « Qui parle, c’est la première question des cours de français au lycée : identifier le narrateur. Ici, l’idée d’un narrateur devient passablement inconfortable, au point de bouleverser l’idée même d’une école de littérature, parce que les mécanismes à l’œuvre sont chamboulés. » Chamboulés, certes, mais également découverts, mis à nu, comme jamais. Parce qu’en interconnectant les textes, les époques, les machines parviennent à produire une histoire de la littérature jamais vue.

« Prenons le cas des romans-feuilletons du XIXe siècle. Une masse significative de cette littérature n’a jamais été diffusée. Or, par son fonctionnement, le DeepLearning met en place des relations, à mesure de ses fouilles. Il agit comme un archéologue. C’est ainsi que l’on découvre, juste en intégrant les corpus, que la figure du gentleman cambrioleur est apparue dans les années 1840, dans la presse, jusqu’à donner progressivement vie à Arsène Lupin. »

Cette capacité, découlant du text and data mining, pourrait changer notre perception de la littérature, des courants et des influences… pour ne pas dire des cas de plagiat jusqu’à lors inconnus. « Je reprends le cas du roman-feuilleton : à l’époque, pas de gestion des droits d’auteurs. On assiste à une multiplication des rééditions, des réécritures… bref, on s’inspire sans trop le dire. Ici, l’IA est en mesure d’observer, d’analyser et de faire les rapprochements entre les textes, sans peine. » Donc, de confondre un pirate…

Reste à comprendre cette alchimie numérique, « et il faut reconnaître que pour l’heure, elle nous échappe totalement, autant qu’elle peut échapper à ses créateurs ». Frankenstein, sors de ce corps… « On ignore bien des choses sur la manière dont GPT-3 a été alimenté. Ce manque de transparence a été amplement reproché à Elon Musk et OpenAI… et l’on n’en sait toujours pas plus. » Certainement des contenus qui ne relèvent pas que du domaine public — et selon certains, le procès Google Books, en comparaison, ressemblerait à une gentille plaisanterie…

Alors quoi ? On aurait scanné tout internet, récupéré toutes les bases de données de Google Books ? « On l’ignore, mais il y a des quantités d’archives impressionnantes. » D’ailleurs, pourquoi Google ne s’intéresse pas à cette solution ? « OpenAI avait d’abord hésité à sortir GPT-2 en jugeant l’outil trop dangereux avant de finalement monétiser sa version plus puissante GPT-3. Google a déjà produit son outil, mais se trouve confronté aux mêmes problématiques : qui assumerait d’avoir fourni à la planète un puissant — trop puissant, trop convaincant ? – générateur de Fake News ? Ou un bot chargé de conseiller des personnes, qui finit par proposer de se suicider ? »

Pour aboutir à des résultats semblables, nul besoin de science-fiction. En revanche, travailler sur des ensembles de corpus permettrait d’affiner les constructions de machines. « Améliorer la documentation, cela implique d’avoir une certaine compétence en littérature, peut-être en sciences sociales : tout cela est un enjeu pour l’avenir de ces outils et leur perfectionnement. »

D’autant que d’ici à quelques années, outre la capacité de GPT-3 (dont la proximité avec le Geppetto, le menuisier qui donnera forme à Pinocchio reste troublant) s’affinera plus encore. À cette heure, l’outil est en mesure, au-delà des éléments stylistiques, d’ajouter un certain savoir local, voire historique. « On peut imaginer qu’il intégrerait des éléments de vécu liés à un auteur — comme des biographies. Non pas pour en calquer et reproduire le style, mais pour assimiler les éléments comme constitutifs de la personne dont l’IA a avalé le corpus. »

Mais d’ici là, quelques recherches sont à mener : « Aujourd’hui, il faut l’avouer, même les spécialistes ne comprennent pas encore le fonctionnement heuristique de ces machines. Mais comme on peut faire évoluer un texte dans un contexte historique — celui de Proust, de Mallarmé, qu’importe —, il suffirait de trouver comment procéder aux branchements pour que cela fonctionne. »

[Illustration : Alexander Andrews/ Unsplash ; OpenClipart-Vectors CC0 ; Andy Kelly/ Unsplash – source : http://www.actualitte.com]

C’est en observant la faune de l’établissement que l’écrivain, arpenteur de restaurants chics à Paris, a meublé son œuvre.

À la manière d’un chercheur de scoops, Proust voulait de l’inédit, de l’énorme, de la vérité… | Jacques-Émile Blanche via Wikimedia Commons

Écrit par Nicolas de Rabaudy 

On célèbre en 2021 le 150e anniversaire de la naissance du grand écrivain (1871-1922) dont À la recherche du temps perdu reste une œuvre majeure du XXe siècle publiée dans la Pléiade en 1954 puis chez Gallimard en 1999.

Le 1er juin 1898, il pleut sur Paris. Marie-Louise et César Ritz, citoyens suisses, inaugurent en grandes pompes l’Hôtel Ritz, place Vendôme. Marcel Proust, invité, regarde tout ce beau monde qui se presse dans le salon Psyché au rez-de-chaussée. Les personnages d’À la recherche du temps perdu (sept tomes) sont ici en habits (le smoking n’existe pas encore) et robes du soir, heureux d’être là. Des privilégiés de la haute dont certains membres seront des habitués du bar aux cocktails inédits, du restaurant au plafond bleuté et des chambres et suites au mobilier de style Louis XV: les suites les plus demandées donnent sur la place Vendôme, celle du prince de Galles, grand client, est dotée d’une salle de bains, la première de la grande hôtellerie de luxe en Europe.

Marcel Proust en 1895. | Otto Wegener via Wikicommons

Qui sont ces gens? Pour la plupart, ce sont des aristocrates ou des rich and famous, aguichés par l’événement parisien arrosé du champagne de la Veuve Clicquot servi dans des coupes de cristal: Boni de Castellane, la comtesse de Pourtalès, la princesse Lucien Murat, le grand-duc de Russie, Calouste Gulbenkian magnat du pétrole, les Gould, les Vanderbilt, les Morgon, la duchesse d’Uzès, le duc et la duchesse de Morny, la princesse de Fürstenberg et l’Aga Khan, fier de se proclamer premier client du Ritz. Que du beau monde, titré ou non.

Les hommes, ducs, princes et fortunés de la vie ont l’œil sur Liane de Pougy, Émilienne d’Alençon, la Belle Otero. Ces créatures de plaisirs, «les horizontales», sont attendues chez Maxim’s pour la fin de la nuit.

La clientèle huppée, souvent bien née, les plus fameuses personnalités du gotha français, anglo-saxon et d’ailleurs, ont répondu présent, ce qui pour les propriétaires, sur le qui-vive, sera un gage de succès. Il s’agit de lancer le palace «à l’allure meringuée» qui provoque chez Jean-Paul Enthoven, auteur avec son fils du Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, (Plon) «le plus authentique des frissons».

Le «petit loup»

Dans Le Figaro du lendemain, on pouvait lire: «Le Ritz est-il un hôtel à voyageurs? N’est-ce pas plutôt la maison d’un grand seigneur dans le quartier de Paris où il y a le plus de monde et le moins de bruit? Une grande maison alors.»

Le Ritz de Paris, en dépit de la profusion de beaux hôtels à venir dans la capitale (Le Meurice, Le Grand Hôtel place de l’Opéra, Le Plaza Athénée), n’aura jamais de rival car les propriétaires, les personnels (de 300 à 500 employés) et les résidents, ont bâti avec le temps une légende dorée quasi mythologique, unique dans la collection des palaces cinq étoiles de la Ville lumière. Si quelqu’un vous dit: je vis au Ritz côté Vendôme, c’est le nec plus ultra, le choix suprême. Il n’y a rien de plus chic, de plus désirable dans le monde des voyages en Europe.

Marcel Proust a été avec Ernest Hemingway et quelques autres (Jean Cocteau, Gabrielle Chanel, le grand photographe Robert Capa) l’un des atouts de cette position dominante à Paris, «la gloire» écrit l’historienne américaine Tilar Mazzeo dans son livre 15 place Vendôme.

D’ailleurs, le «petit loup» (Marcel Proust), le voilà en cette première soirée de mondanités… proustiennes, place Vendôme. Ce ne sera pas la dernière. Maîtresse de maison omniprésente, Marie-Louise Ritz a noté la présence de Marcel, «petit ténébreux, nerveux, s’effaçant derrière je ne sais quel personnage considéré comme le plus important».

Marcel Proust, l’écrivain solitaire, fuit son appartement au 102 boulevard Haussmann puis celui de la rue Hamelin (75016) pour les salons du Ritz. Il arrive très tard le soir vers minuit et il soupe dans un cabinet particulier avec Paul Morand, qui admire le style de «la Recherche».

Son mentor et ami Olivier Dabescat, né dans le pays basque, occupe la fonction en vue de premier maître d’hôtel qui connaît et cajole le petit monde du Ritz. Il a été débauché par César Ritz lui-même du grand restaurant Paillard près de l’Opéra, et grâce à son entregent, à son œil, à sa prestance, il est devenu l’un des piliers du palace, un professionnel façon Brummell, rompu aux bonnes manières, incontournable à l’accueil et au restaurant décoré de tentures lourdes et de fauteuils profonds.

César Ritz. | unbekannt via Wikimedia Commons

Le diabolique Olivier a mis au point l’art de faire croire à chacun de ses clients qu’il était son préféré: «J’ai la meilleure table pour vous ce soir.» Même si c’était du baratin, il s’arrangera vaille que vaille.

Arpenteur de restaurants chics à Paris, Marcel Proust a abandonné Larue, place de la Madeleine (qui a fermé ses portes en 1954) et Prunier rue Duphot, ses courants d’air (incroyable scène où Saint-Loup marche sur les tables), ses poissons ou crustacés livrés en camion réfrigéré des ports bretons pour la table très élégante du Ritz. Dans les salons, il y a un feu de bois. Proust souffre d’asthme, il est frileux et de santé fragile.

«Le personnel du Ritz est si obligeant que je me sens chez moi et que je suis moins fatigué ici», écrit-il à son ami le duc de Guiche. Et puis l’écrivain du souvenir s’entend bien avec Olivier, on les voit souvent à deux parcourir les allées du bois de Boulogne.

Le maître d’hôtel à l’œil exercé raconte à Proust ce qu’il a vu et observé des manies, des obsessions, des manières de la clientèle des beautiful people qui hantent le Ritz: ce sera la matière vivante de la fabuleuse Recherche –1.230.000 mots d’après les Enthoven, biographes de l’écrivain.

Marcel Proust se nourrit de plats simplissimes, poulet rôti, sole nature au citron, bœuf mode de Céleste Albaret, glaces au chocolat et à la framboise, il raffole de la bière glacée du Ritz qu’Olivier, dévoué, fera livrer chez lui. L’écrivain donne des repas dans les salons privés du palace.

Le salon Proust | Le Ritz Paris

Le 1er juillet 1907, il convie à dîner Gaston Calmette, directeur du Figaro, admirateur de l’écrivain, Gabriel Fauré son musicien préféré, Anna de Noailles, les Clermont-Tonnerre, Henri Béraud l’écrivain, et d’autres membres de la cafe society du Ritz. Voici le menu d’un dîner Proust des débuts du XXsiècle, recettes d’Auguste Escoffier, chef prestigieux du palace, en 1900:

  • Caviar et champagnes Clicquot et Krug
  • Consommé Viveni
  • Mousseline de sole au vin du Rhin
  • Queues d’écrevisses à l’américaine
  • Escalope de ris de veau favorite
  • Perdreaux truffés, salade
  • Asperges vertes en branches
  • Coupe aux marrons, friandises

Marcel Proust, un soir, veut laisser 300 francs de pourboire, ce que ses invités trouve excessif. L’écrivain généreux donne plus.

Dîner dehors est une innovation pour la caste des nantis qui ont un chef à demeure (comme André Guillot, chef de l’écrivain Raymond Roussel) ou une cuisinière venue de sa province recrutée par la maîtresse de maison. On reçoit chez soi, c’est l’usage.

Conçu par Auguste Escoffier, roi des cuisiniers de l’époque, le restaurant du Ritz a été lancé par César Ritz et ce chef de génie, inventeur de la cuisine des produits, des apprêts et des sauces. C’est lui qui a imaginé la brigade des cuisiniers, des entremettiers, garde-manger, pâtissiers… Parti à Londres ouvrir Le Savoy, Escoffier a confié la composition et l’ordonnancement des menus au chef Georges Gimon, que les Ritz ont promu et soutenu.

Pour ses repas, Proust s’en remet aux conseils d’Olivier, qui a la charge de faire livrer chez l’écrivain des plats du jour servis chez lui par des demi-maîtres d’hôtel, repérés par Proust lui-même. Ainsi, l’un d’eux, Henri Rochat, valet de pied, obtint un job en Amérique grâce à une recommandation de Proust qui avait du cœur, de l’affection et plus pour ces garçons élevés dans le culte du service.

D’après André Maurois, romancier, essayiste, élu à l’Académie française en 1938, les invitations de l’auteur de Jean Santeuil étaient destinées à lui procurer des informations sur l’ennemi, c’est-à-dire le monde extérieur –avec l’âge, Proust sortait de moins en moins. Pour Jean-François Revel, Proust «dîne en ville, mais ne mange jamais». Mais l’écrivain solitaire écrit un billet à sa cuisinière en 1909: «Je voudrais que mon style soit aussi brillant, aussi clair que votre gelée.»

Le célèbre guide Baedeker 1908 écrit que «le restaurant du Ritz, L’Espadon tient une position exceptionnelle dans le monde parisien de la restauration, César Ritz aimait les poissons. L’Hôtel Ritz n’est pas grand, mais la table est d’une taille agréable, ce qui fait que le grand hôtel est avant tout un bon restaurant et ensuite un palace. C’est le restaurant des étrangers les plus chics de Paris et le nombre d’Anglais, d’Américains, de Russes et d’Espagnols dînant ici dépasse toujours grandement celui des Français».

Salle du restaurant L’Espadon à l’Hôtel Ritz. | Capture d’écran Isabelle Weber via YouTube

Afin d’égayer la clientèle oisive –les résidents qui n’ont pas d’occupations en France, ils veulent jouir de la vie parisienne– les propriétaires familiers des rich and famous ont organisé au Ritz en janvier des soirées à thèmes distrayants, dépaysants, «de l’Équateur au Pôle Nord et retour au Ritz, voici de la glace partout, une forêt de palmiers comme sous les Tropiques et une ambiance de pays polaire».

Un renseignement «capitalissime»

Un grand hôtel, oui bien sûr. Au début du XXe siècle, on compte 100 chambres, 70 salles de bains, 230 euros la nuit, 300 euros avec bain, petit déjeuner à 34 euros, déjeuner et dîner à la carte, pas de menu. Dîner privé, menu spécial de 500 à 1.000 euros par personne. Pour César Ritz, ardent pêcheur à la ligne même dans sa chambre sous les combles, c’était «la petite maison à laquelle il était fier d’attacher son nom».

À l’Hôtel Ritz, la suite Marcel Proust | Vincent Leroux

Que fait l’auteur d’À la recherche dans les murs du Ritz? Il meuble son œuvre, il observe, il se renseigne sur la faune ritzienne. L’écrivain a tissé un réseau d’espions, d’agents bien dressés, rétribués, au premier rang desquels Olivier Dabescat et son adjoint Camille Wixler, un fin limier qui a remarqué que le duc de Lévis-Mirepoix a osé boire du porto avant 18 heures ou que la princesse Van Reeth portait des escarpins rouges avec une robe myosotis.

L’infatigable Wixler envoyé par le petit Marcel ira sur les marchés parisiens afin de noter les cris et boniments des camelots («merlans à frire»«à la bonne crevette»«de la raie toute en vie»).

Quand il a besoin d’un renseignement «capitalissime» (la couleur d’une étoffe, un secret sexuel, un détail généalogique), Proust accepte les invitations de la princesse Soutzo, l’épouse de Paul Morand dont les dîners regorgent de bavards qui savent ou croient savoir ce dont les journaux ne parlent jamais. Proust devient alors, selon le mot de la fidèle Céleste Albaret, «le pèlerin de ses personnages».

«Parfois, il rentre bredouille et il est furieux. Deux heures trente de perdues, chère Céleste, vous vous rendez compte…», racontent les Enthoven, père et fils. Il déplore l’absence du valet de pied qui justement était le seul à savoir si…

Proust soupçonne Paul Morand d’avoir monopolisé la conversation avec Jean-Louis Vaudoyer, futur académicien, dont il espérait obtenir quelques détails sur la technique «Vermeer». À la manière d’un chercheur de scoops, Proust veut de l’inédit, de l’énorme, de la vérité. «Est-ce que le duc de Clermont-Tonnerre descend de Charlemagne et Albert Le Cuziat du valet de chambre du prince Radziwill, dit-il en rapportant la devise princière: parler femmes est incivil chez Constantin Radziwill. Céleste qui le détestait le comparait à un drôle de potage, réplique de femme aux fourneaux.»

Comme Olivier, le pilier du grand hôtel sait tout sinon il invente, le Ritz demeure son quartier général d’enquêteur et écrivain, les détails accumulés par le créateur de Madame Verdurin font sourire –c’est son miel.

«Est-ce que la princesse Metternich a bu du champagne ou du vermouth avec sa sole, et Diaghilev a-t-il effectué un entrechat après son dîner avec un grand duc de ses relations?»«Olivier Dabescat s’est laissé capturer dans les filets de la prose proustienne», écrivent les Enthoven. «Le petit Marcel fit-il une bonne pêche ce soir-là? Passe-t-il un bon moment sous le plafond horriblement comique du restaurant?», questionne Olivier, inquiet.

À coup sûr, car le Ritz qu’il décrivait grâce à ses espions comme «une oasis d’horreur dans un désert d’ennui a été l’endroit du monde où il se sentait de plus en plus à l’aise», notent les Enthoven quasiment entrés dans le cerveau du petit Marcel.

Reprenant une réflexion de Truman Capote, auteur de Prières exaucées, les Enthoven père et fils en viennent à conclure à propos de la faune du Ritz stigmatisée par le génial écrivain d’À la recherche lançant à Olivier: «Croyaient-ils donc que je les voyais par plaisir tous ces gens?»

Marcel Proust nourrissait son œuvre mémorielle dans les salons du palace.

Dictionnaire amoureux de Marcel Proust

Jean-Paul et Raphaël Enthoven

Éditions Plon
736 pages

24,50 euros

5 place Vendôme, Le Ritz sous l’occupation

Tilar Mazzeo

Éditions Vuibert
298 pages
20,90 euros

[Source : http://www.slate.fr]

À l’occasion du bicentenaire de la mort de l’empereur, un historien publie un livre décrivant entre autres ses habitudes alimentaires et les dîners qu’il donnait.

Caricature de Napoléon Bonaparte et sa seconde épouse, Marie-Louise d’Autriche, par Thomas Rowlandson (1810). | AndreasPraefcke via Wikimedia Commons

Écrit par Nicolas de Rabaudy

«C’est le mangeur le plus rapide de l’histoire», indique l’historien Philippe Costamagna, directeur du musée des Beaux-Arts d’Ajaccio chargé d’ouvrir pour 2024 le premier musée Napoléon dans la même ville.

Spécialiste de la saga de l’empereur, l’auteur a livré début mars une biographie détaillée du très fameux Corse où il aborde «le nez et la bouche» de Napoléon, le contraire d’un gastronome.

«Si l’ascension de Napoléon vers le pouvoir semble rapide, ce n’est rien en comparaison de ses repas pris à une allure qui étourdirait un habitué de la restauration rapide», écrit ainsi Philippe Costamagna.

Philippe Costamagna | JF Paga Grasset

L’empereur est aussi impétueux devant une assiette que sur les champs de bataille. Si les dîners ordinaires avec l’impératrice n’excèdent jamais vingt minutes (pour Charles de Gaulle quarante-cinq minutes), c’est parce que le premier des Français mange peu, avec précipitation, «avalant en poste», comme dit Joséphine, c’est-à-dire en mâchant mal de grandes bouchées sans ordre et sans peur de se salir –ce qui arrive fréquemment.

Alors qu’il est très soucieux de sa propreté, Napoléon couvre la nappe de taches sans complexe, puise souvent dans les plats avec ses doigts, y compris dans les sauces et les jus, ce qui contraste avec le cérémonial de mise de table des plus solennels.

Dans sa précipitation, il mange parfois le sucré avant le salé. Il ne s’interrompt que pour se rafraîchir d’une rasade d’eau glacée ou de son légendaire Chambertin coupé d’eau sur la recommandation de son médecin Jean-Nicolas Corvisart.

L’ex-Bonaparte n’a aucune connaissance en œnologie, ne possède pas de cave dans ses palais et sourit quand d’aventure on lui dit qu’il y a de meilleurs vins que ceux servis chez lui.

«Si on reste plus longtemps à table, c’est le début de la corruption du pouvoir», disait-il. Tout plutôt que de perdre son temps. Et malheur à ceux qui prennent le leur!

Lors de repas protocolaires moins précipités, l’empereur ne tolère aucune attente. Il ne faut ni trop rire ni trop parler, plus d’un convive a eu la mauvaise surprise de se voir retirer son assiette pleine sous son nez.

Napoléon par Jacques-Louis David. | Achim55  via Wikimedia Commons

Quand l’empereur se lève, c’est fini. Les maîtres d’hôtel débarrassent tout et les invités n’ont plus qu’à repartir avec leur faim. S’il est en retard, on met en place un système pour maintenir chauds les plats jusqu’à son arrivée.

Un soir, Joséphine l’attend le ventre vide durant des heures tandis qu’en cuisine on rôtit plus de vingt poulets afin que l’empereur en trouve un tout juste sorti du four en s’asseyant.

«Son palais est peu raffiné»

Son minimalisme alimentaire ne tient pas seulement à son éternelle impatience. Il ne veut que deux plats, ce qui convient à son emploi du temps et à son programme diététique. Cette frugalité entraîne des économies, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il s’en amuse: «Si vous êtes petit mangeur, venez chez moi.»

Même si les repas servis à table sont une corvée, il lui arrive de renvoyer une banale infusion qui lui paraît mal réalisée ou suspecte. L’empereur redoute les empoisonnements. Un plat de mauvais goût suscite cette remarque bien à lui: «On essaye de m’empoisonner!» Une phobie totale.

Il a le goût des choses simples qui ne doivent pas le décontenancer. Des haricots verts filandreux où il croit trouver des cheveux, il interdit qu’on les lui serve mais la chair qu’il préfère est celle du poulet présenté rôti, en quenelle, à la provençale, à l’italienne, en fricassée.

Le veau Marengo, recette napoléonienne par excellence, était d’ailleurs un poulet Marengo déglacé à l’huile et au cognac avec des oignons et des champignons: un des plats préférés de l’empereur.

De la viande rouge saignante, jamais: il exige le morceau le plus cuit. Chez le boucher, pas de bœuf gras, de porc ni de gibier, il lui faut du mouton, côtelettes ou poitrine accompagnées de féculents: lentilles, haricots blancs, pommes de terre et macaronis au parmesan. Et du pot-au-feu ainsi qu’une feuille de chou farcie d’épinards, de laitue, de farine et de lard: voilà ce qui lui arrache des félicitations.

Citons également les lasagnes de sa mère. Hormis l’ail qu’il ne supporte pas, Napoléon apprécie une cuisine d’inspiration méditerranéenne: c’est son enfance à table. En bon Corse, il apprécie les rougets grillés qu’il entend faire goûter à ses proches.

«Son palais est peu raffiné, le mode de vie militaire le rend amateur d’œufs en omelette, au plat, à la coque tant en campagne que sous les ors de Fontainebleau», note l’historien. Une entrevue entre l’empereur et Goethe se fait autour d’un plat d’œufs au miroir.

Un jour, il tente de réaliser une omelette sautée qui finira sur le plancher. Du lait et des œufs: ce sont les madeleines de Proust du souverain à l’appétit d’écolier, confesse-t-il à Marguerite, la cuisinière de son enfance qu’il récompensera d’une bourse pleine d’or.

Le contenant plutôt que le contenu

L’empereur dans ses appartements est partout maître de maison. Il est de plus en plus absorbé par sa fonction. Plus le temps passe, plus les repas sont brefs: moins de dix minutes.

À table, il reçoit une foule d’invités avec lesquels il s’attarde jusqu’au service du café en vermeil.

Il bombarde ses officiers de maison, Daru, Duroc, Ségur, de questions sur les achats, les dépenses ordinaires, et le train de vie massif de la maison impériale. C’est l’occasion pour l’économe, fils de Letizia, de se plaindre des dépenses gonflées par son statut d’empereur.

Le contenant plutôt que le contenu, la passion de l’empereur pour la porcelaine de Sèvres est réelle. Il a des idées sur tout et exige de la Manufacture de Sèvres des productions à sa gloire et à celle de la France: c’est le seul attrait des repas officiels. Voici les services en or et décorations en camée dont il fait présent au roi de Wurtemberg en 1809 et au tsar lors de la signature du traité de Tilsit: pas de femmes nues ni de nymphes sur les créations artistiques ornant ses palais.

Durant les voyages dans l’Empire, la voiture impériale abrite les provisions et des bataillons de cuisiniers, commis, arpètes prêts à dresser tables, rôtissoires, argenterie et porcelaines en moins d’une demi-heure. Parfois l’empereur décrète qu’il n’a pas faim, sans certitude d’avoir à ressortir les matériels, meubles, tentes une heure plus tard si son appétit se réveille.

L’origine du chocolat de Dantzig

Après la prise de Dantzig, le maréchal Lefebvre, artisan de la victoire, est convié à la table de l’empereur. Il est estomaqué: devant lui se dresse un majestueux pâté représentant la ville de Dantzig, une maquette comestible.

«On ne pouvait donner à ce pâté une forme qui me plaît davantage. Attaquez-le Monsieur le duc, voilà votre conquête», dit l’empereur, amusé.

Napoléon va jusqu’à cuisiner le dessert au chocolat, mais ce qui met en joie le duc de Dantzig, c’est le petit paquet préparé par le souverain: des billets de banque pour cent mille écus. Voilà la recette du désormais célèbre chocolat de Dantzig.

La friandise préférée de Napoléon, c’est la réglisse anisée qu’il grignotait toute la journée, sa seule confiserie en dehors de sa passion pour les glaces et les dattes.

En fait, le pâtissier Hubert Lebeau accumule les frustrations au service de Napoléon. Il s’ingénie à ériger de magnifiques pièces montées où les choux et la crème, figures en sucre et biscuits, rendent hommage aux victorieux du pont d’Arcole, du pont de Lodi ou du passage du Tagliamento, sans que les saveurs des pièces soient sacrifiées à l’esthétique. Et ces diaporamas de sucre sont rapportés inentamés en cuisine.

Napoléon à la bataille de Lodi par Louis-François, Baron Lejeune. | ANGELUS via Wikimedia Commons

L’attitude de l’empereur à table détonne d’autant plus que le début du XIXe siècle est le moment de la naissance de la gastronomie française. Le vocable est forgé en 1801 par Joseph Berchoux dans son poème célèbre: La gastronomie, ou l’homme des champs à table. Anthelme Brillat-Savarin, génial auteur de la Physiologie du goût (1825) le dit bien: «Si Napoléon employait son génie à faire de la cuisine, l’humanité serait plus heureuse.» Cela posé, l’empereur des Français savait fort bien que c’est à table que l’on gouverne, dixit Bossuet.

Les restaurants de Paris sous Napoléon

Ce fut à l’origine, avant la Révolution, un bouillon appelé restaurant. Un certain Boulanger, cafetier rue des Poulies (ancienne voie publique du IVe arrondissement), eut l’idée de servir à ses clients un bouillon copieux pouvant tenir lieu de dîner puis un pot-au-feu. Denis Diderot écrit à Sophie Volland en 1767 qu’il s’y sent bien, mais chèrement traité.

Le Procope fondé en 1686, tout près de l’Odéon, où Voltaire avait son couvert demeure le premier café-restaurant de la capitale. C’était un établissement emblématique de l’histoire de France. Les plus grands écrivains et intellectuels s’y réunissaient dont Montesquieu, Rousseau, Diderot, Verlaine… et pendant la Révolution française, Danton, Marat, Robespierre y ont organisé leurs réunions politiques.

L’entrée du restaurant Le Procope | CafeLeProcope

Grimod de La Reynière indique qu’il y avait de nombreux restaurants sous le Directoire: Beauvilliers où officie un ancien chef de la maison royale, Méot très cher du nom de son fondateur, ancien cuisiner du prince de Condé, les Trois Frères Provençaux, le Café de Foy, le Café Hardy puis Maison Dorée où fut inventée la grillade et la timbale d’écrevisses Nantua. Flaubert l’évoque dans L’Éducation sentimentale. En voici les spécialités: une hure d’esturgeon au champagne et un vol-au-vent sauce béchamel. Il faut être hardi, disait-on, pour déjeuner au Café Hardy car l’addition était salée.

Au Café de Chartres (1785) qui deviendra Le Véfour en 1830, du nom de son propriétaire Jean Véfour, Bonaparte se nourrit du menu: vermicelles, mouton, les sautés, la fricassée de poulet Marengo et une rare mayonnaise de volaille. On s’y presse aux deux repas.

Le Café Very, dans le jardin des Tuileries, a été le premier établissement à appliquer un prix fixe, les vins sont de bonne qualité. Pour La Reynière, voilà l’une des meilleures tables de Paris.

C’est dans ces murs que Raymond Oliver inventa en 1950 les œufs au plat aux lobes de cervelle servis mousseux et poivrés.

La salle du restaurant Le Grand Véfour | lesrestos.com

Le Grand Véfour est aujourd’hui la propriété du chef savoyard Guy Martin, ex-trois étoiles, non étoilé en 2021 car en passe de changer de style de repas: «plus décomplexé», écrit le Michelin.

Les goûts de Napoléon

Philippe Costamagna

Éditions Grasset

Paru le 3 mars 2021

304 pages

20,90 euros

 

[Source : http://www.slate.fr]

 

 

Dos estudiosos de su obra que advirtieron que un amigo del escritor francés podría haber inspirado el personaje de Charles Swann, uno de los protagonistas de su obra maestra « En busca del tiempo perdido ».

Si bien pocos autores han sido tan profunda y severamente estudiados como el escritor francés Marcel Proust todavía quedan intrigas por develar, como la que identificaron dos estudiosos de su obra que advirtieron que un amigo del escritor francés podría haber inspirado el personaje de Charles Swann, uno de los protagonistas de su obra maestra « En busca del tiempo perdido ».

El nombre Willie Heath es fácilmente reconocido por lectores y estudiosos proustianos. De hecho, es el primero en aparecer en cualquiera de sus escritos. En la dedicatoria a su primer libro de relatos, reflexiones y poemas « Los placeres y los días » de 1896 se puede leer: « Para mi amigo Willie Heath / Murió en París el 3 de octubre de 1893 ».

A pesar de esta fuerte presencia hasta el momento nadie había relacionado ese nombre con el del protagonista de « En busca del tiempo perdido » cuyo primer volumen se titula « Por el camino de Swan » (famosa y citada incluso por quienes no la leyeron por un episodio en el que el narrador come una magdalena mojada en té y eso desata los recuerdos de su infancia) y donde el narrador-protagonista (sin nombre) es un flâneur que se pasea por una elegante sociedad parisina y narra las frecuentes apariciones de Charles Swann, quien rompe los hábitos familiares.

Según informó AFP, Thierry Laget y Pyra Wise son los dos expertos en la obra de Proust que, al rastrear los antecedentes de Heath, encontraron un vínculo cuando desenterraron el certificado de nacimiento de Heath y descubrieron que su madre era Elisabeth Bond Swan. « Swan, como en Swann … Pyra (Wise) y yo tocamos el cielo con las manos cuando vimos eso », dijo Laget, autor de « Proust, Premio Goncourt » publicado en 2019 por « Ediciones del Subsuelo ».

Algunos críticos sostenían que Heath era un invento de Proust, creado como excusa para escribir una dedicatoria conmovedora, que se convierte en una especie de introducción a la novela con el verso: « Desde el regazo de Dios en el que descansas… revélame esas verdades que conquistan la muerte ».

Pero esto también era un error porque Willie Heath nació en Queens, Nueva York en 1869, dos años antes que Proust y murió de una inflamación del intestino delgado a los 24 años y está enterrado en Brooklyn.

Heath vivía cerca de los Campos Elíseos en París después de que su padre magnate huyera de un escándalo de fraude financiero en su país. « Me asombró que supiéramos tan poco sobre Willie Heath en comparación con otros amigos de Proust, ya que me pareció una figura tan importante », dijo Wise, quien trabaja en el Centro Nacional Francés de Investigación Científica París.

Laget fue el primero en revelar sus hallazgos en la revista en línea Proustonomics a principios de este mes . Al leer este artículo es donde Wise vio que otra persona había llegado a la misma conclusión que ella, y el artículo se actualizó esta semana para agregar su nombre.

« Los personajes de ‘En busca del tiempo perdido’ provienen de múltiples fuentes y siempre contienen un poco del propio Marcel », dijo Wise a la Agence France-Presse. « Este elemento biográfico no revoluciona nuestra comprensión del trabajo, pero agrega algo de conocimiento, algo de ambiente », agregó.

Willie Heath estaba en el mismo círculo que Proust, el de los adinerados apasionados por el arte, y que visitaban el Museo de Louvre todos los días. Eran jóvenes amigos reunidos por la cultura, y tal vez más que eso (quizá eran amantes), pero nunca lo sabremos con certeza », agrega Laget.

Pero agregó: « Creo que fue más que eso, de lo contrario Proust no le habría dedicado su primer libro con palabras tan tiernas. También sabemos que mantuvo muy cerca su foto. Son signos de una larga fidelidad a, nos atrevemos a decirlo, un joven amor « .

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Proust es un escritor impresionista, y la materia de su arte es el tiempo y el pasado, que vuelve a él a través de sensaciones a las que les da palabras.

Escrito por Derian Passaglia

Marcel Proust no es solamente uno de los mejores escritores del siglo XX, también es uno de los ensayistas más intuitivos y sensibles. El ensayo no se asocia a la sensibilidad, sino a la inteligencia, a la habilidad para argumentar. Proust cambia el paradigma, y dice que no es necesaria la inteligencia a la hora de escribir: “Cada día me doy cuenta de que solo fuera de ella puede volver a captar el escritor algo de nuestras impresiones, es decir, alcanzar algo de sí mismo y de la materia única del arte”. Antes que razonamiento, el arte exige de nosotros algo que escapa a toda comprensión, y que es posible cuando dejamos de lado la lógica y la inteligencia y nos aproximamos a los sentimientos y las impresiones. Proust es un escritor impresionista, y la materia de su arte es el tiempo y el pasado, que vuelve a él a través de sensaciones a las que les da palabras. Cada hora de nuestra vida, piensa Proust, se encarna y se oculta en cuanto muere en algún objeto material. Por eso los objetos son importantes en su literatura, y de hecho los siete tomos de En busca del tiempo perdido nacen de una taza de té.

Cuando Proust tiene que hablar sobre Balzac lo hace a través de las lecturas de las personas que lo rodeaban: condesas, mesdames y señores distinguidos de la alta sociedad francesa del siglo XIX. En esto se parece un poco a Manuel Puig, salvando las distancias, quien hace de los lenguajes de tías, abuelas y madres de pueblos del interior de provincia una forma literaria. César Aira dijo que escribía novelas convencionales para señoras burguesas. Hay una potencia vanguardista en utilizar registros orales que pertenecen a sectores considerados conservadores, el lenguaje de la clase media vuelto forma literaria. Proust, en cambio, es un señorito bien, delicado y distinguido, que supo mirar el universo de su clase social para transformar la gran novela del siglo XIX en tiempo, subjetividad, impresiones y pasado.

Para Proust, Balzac es un historiador. Le parece vulgar y grasa, pero igual lo quiere, porque escribe sin medir sus palabras, con la fuerza de un estilo que le nace de adentro: “De Balzac sabemos todas sus vulgaridades, que al principio nos han repelido; luego se empieza a gustar de él, se sonríe ante todas esas simplezas que tan suyas son, y se gusta de él con un poquitín de ironía mezclada con ternura; conocemos sus defectos, sus mezquindades, y las apreciamos porque constituyen su más acusada característica”. A Proust le llama la atención cómo Balzac considera sus personajes como personas reales de carne y hueso, una diferencia que para Proust será fundamental para renovar el arte literario. Balzac muestra tantos y tantos detalles reales que se termina convirtiendo en arte, al exponer en sus novelas un documento de época. Proust lee a Balzac como si lo diseccionara en sus diferentes elementos, y viera en la composición de sus “exteriores”, es decir, la vestimenta, los palacios, los modos y registros de sus personajes, como pertenecientes a un determinado momento del desarrollo de la historia. Una novela es así un testimonio del tiempo antes que una narración.

El principal enemigo de Proust en sus ensayos es Sainte-Beuve, uno de los críticos más famosos del siglo XIX. Al día de hoy, el método de lectura de Sainte-Beuve suena ridículo, y consiste en que para conocer en profundidad una obra debemos conocer todo sobre el autor, hablar con las personas que lo frecuentan, conocer sus gustos, lo que desayuna a la mañana, lo que merienda y cena, sus manías, su personalidad, etcétera. De esta manera, Sainte-Beuve creía que era posible comprender una novela. Proust se indigna. “Este método -dice Proust- desconoce lo que un contacto más profundo con nosotros mismos nos enseña: que un libro es el producto de otro yo distinto al que expresamos a través de nuestras costumbres, en sociedad, en nuestros vicios. Si queremos intentar comprender ese yo, como podemos lograrlo es yendo hasta el fondo de nosotros mismos”. Proust fue uno de los primeros escritores que intuyó que una cosa es el yo real, el que escribe, y otra muy distinta el yo que crea la escritura, una diferencia que parece evidente y que no lo es.

Marcel Proust hizo de la sensibilidad una forma y transformó los sentidos en palabras. Es increíble cuando habla de la vieja arquitectura de Combray, y de cómo se superpone el tiempo en un mismo espacio, siglos y siglos apilados en antiguos monumentos que sobreviven en el presente: “Lo que hay de bello en Guermantes es que los siglos que ya no existen luchan por perdurar todavía; el tiempo ha adoptado la forma del espacio, pero no se le confunde (…) Se cruzan los tiempos, como cuando un recuerdo antiguo nos viene a la memoria. Esto no ocurre ya en la memoria de nuestra vida, sino en la de los siglos. (…) Y si Guermantes no decepciona, como todas las cosas de la imaginación cuando se convierten en algo real, es sin duda porque en ningún momento constituye algo real, pues incluso cuando uno se pasea, se siente que las cosas que hay allí no son más que la envoltura de otras, que la realidad no está allí sino muy lejos, que esas cosas con las que se ha tomado contacto no son más que una encarnación del Tiempo, y la imaginación trabaja sobre el Guermantes visto, como sobre el Guermantes leído, porque todas esas cosas no son todavía más que palabras, palabras llenas de magníficas imágenes y que significan otra cosa”.

 

[Fuente: http://www.eltrueno.com.py]

Écrit par Jean Lacroix

 

Musique des salons de ProustReynaldo Hahn (1874-1947) : Variations chantantes sur un air ancien, pour violoncelle et pianoGabriel Faure (1845-1924) : Romance op. 69, pour violoncelle et piano ; Élégie op. 24, pour violoncelle et pianoCamille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate pour violoncelle et piano n° 1 op. 32Henri Duparc (1848-1933) Sonate pour violoncelle et piano : LamentoAugusta Holmes (1847-1903) La Vision de la Reinecantate : Récitatif et Chant, arrangement pour violoncelle par Steven IsserlisCésar Franck (1822-1890) : Sonate pour violoncelle et piano, arrangement par Jules Delsart. Steven Isserlis, violoncelle ; Connie Shih, piano. 2019. Livret en anglais, en allemand et en français. 83.17. SACD BIS-2522.

Faut-il rappeler que la musique a tenu une place très importante dans la vie et l’œuvre de Marcel Proust ? Il fréquentait les salles de concert et l’opéra, ainsi que les salons parisiens. Sa santé fragile le décida en 1911 à prendre un abonnement au théâtrophone, système qui permettait de demeurer chez soi tout en écoutant de la musique par téléphone, grâce à des micros installés sur la scène de l’Opéra Garnier. Nanti de ce procédé technique étonnant, l’écrivain ne se priva pas de Wagner qu’il adulait, ni du Pelléas de Debussy. Relire A la recherche du temps perdu, c’est accomplir aussi un voyage au cœur de la musique. Proust y fait tellement allusion qu’il plonge le lecteur dans une atmosphère qui est celle de la communication des âmes à laquelle il fait écho lorsqu’il écrit dans La Prisonnière, tome V de son monumental ouvrage, que la musique aurait pu en être l’exemple unique si le langage n’avait pas été inventé. Les salons privés étaient fréquentés par du beau monde à la Belle Époque ; aristocrates et artistes s’y côtoyaient. Des espaces de luxe, comme le casino-restaurant du Bois de Boulogne, Le Pré Catelan, représenté en couverture de la pochette par une peinture d’Henri Gervex, disposaient aussi de salons, que l’on pouvait réserver à des fins culturelles. Le présent enregistrement est une belle illustration de ce que ces lieux raffinés représentaient pour les créateurs au temps de Proust.

C’est dans l’un de ces salons choisis que l’écrivain fait la connaissance de Reynaldo Hahn en mai 1894. Le jeune compositeur venu du Venezuela a 19 ans, Proust est son aîné de trois ans. Ils vont devenir amants pendant quelques mois, relation qui se transformera en une amitié durable. Les Variations chantantes de 1905, inscrites par la famille Tchalik sur un récent album Hahn (Alkonost) que nous avons commenté dans ces colonnes, sont une élégante page d’un peu moins de cinq minutes. Il s’agit d’un arrangement d’un air de l’opéra Xerse de Cavalli, qui ouvre avec distinction et noblesse un programme dédié au duo violoncelle-piano, composé de pièces de courte durée et de deux sonates importantes. Gabriel Fauré était très apprécié par Proust. La notice, que signe le violoncelliste Steven Isserlis, cite une lettre de l’écrivain où celui-ci fait état de son admiration, allant jusqu’à ajouter : Je connais votre œuvre à écrire un volume de 300 pages dessus. L’Élégie de 1880, à l’expressivité pathétique, et la brève Romance intime de 1894, ont sans doute charmé et touché Proust. Steven Isserlis joue le Stradivarius de 1726 « Marquis de Corberon », au son chaud et enveloppant, prêté par la Royal Academy of Music de Londres. On sait combien ce virtuose déploie un phrasé généreux et engagé, et à quel point l’art de la déclamation lui est familier. Il s’investit dans ces deux morceaux, ainsi que dans les variations de Hahn, avec ce sens de la mélodie qui le caractérise et avec une émotion contrôlée, sans emphase. Le très bref Lamento extrait d’une sonate de jeunesse d’Henri Duparc porte bien l’indication de sa désolation. La découverte d’un arrangement par Isserlis de quelques passages d’une cantate d’Augusta Holmès, La vision de la reine (1895), est bienvenue. L’œuvre était destinée à deux voix solistes, un chœur féminin, un piano et une harpe. Cette compositrice d’origine anglaise fit tourner bien des têtes et elle eut une liaison de plusieurs années avec l’écrivain Catulle Mendès. Son catalogue fourni recèle des partitions en tous genres de grande qualité ; c’était aussi une chanteuse de talent, qui a notamment créé la version originale vocale de la Danse macabre de Saint-Saëns. Le choix d’Isserlis se justifie tout-à-fait en raison de la personnalité d’Augusta Holmès, qui tenait elle-même un salon à Versailles. Proust semble l’avoir appréciée avec réserve, mais elle comptait dans le paysage parisien. L’arrangement tient compte de la présence d’un violoncelle solo dans la version originale de la cantate, où il joue le rôle du ménestrel invoqué par la reine pour que son enfant soit protégé par les anges. Isserlis cisèle cette évocation avec beaucoup de suave délicatesse.

Les deux pièces maîtresses de l’album sont signées Saint-Saëns et Franck. La Sonate n° 1 du premier nommé, l’opus 32 de 1872, année de la création de La Princesse jaune à l’Opéra-Comique, serait un hommage dédié par le compositeur à sa grand-tante, récemment décédée, à laquelle il était très attaché. Dramatique et traversée par des accents violents et sombres, cette œuvre est servie par Isserlis avec fougue et un geste ample. Le soliste souligne les aspérités comme les élans douloureux de l’Allegro initial, la cantilène de rythme répétitif inspirée par une improvisation à l’orgue de l’Andante tranquillo sostenuto, dans une atmosphère où la sérénité domine, et l’Allegro moderato final, qui peut vite sombrer dans la virtuosité. Steven Isserlis y trouve un bel équilibre avec sa partenaire, dont la partie de piano est résolument dynamique. Au clavier, la Canadienne Connie Shih, qui a étudié à Philadelphie et à Londres, et joue régulièrement en duo avec Isserlis, se révèle attentive à assurer la complicité nécessaire, comme elle l’avait déjà montré avec lui dans un autre enregistrement BIS intitulé The Cello in War Time. Elle aborde avec facilité les arabesques et les traits semés par Saint-Saëns tout au long d’une partition qui se révèle puissante et souvent amère. L’album propose dans la foulée la première version du final de la sonate, remanié, selon Isserlis, par Saint-Saëns sur les conseils de sa mère : il se révèle moins véhément, mais permet de considérer le travail en évolution d’un créateur qui n’était pas parmi les favoris de Proust mais était apprécié dans les salons.

La Sonate pour violoncelle et piano de Franck était incontournable dans l’élaboration de ce programme. La notice rappelle que Proust aimait à ce point le compositeur qu’il engagea un jour le Quatuor Poulet pour venir jouer à son domicile en pleine nuit, écoutant la prestation d’un air extatique et réclamant une seconde exécution. Prévue pour violon et piano, souvent avancée comme inspiratrice de « la sonate de Vinteuil » qui apparaît dans Du côté de chez Swann, la partition a fait l’objet d’une transcription pour violoncelle par Jules Delsart, avec l’accord de Franck. Ici, le partenariat Isserlis/Shih se révèle tout aussi convaincant. Les quatre mouvements sont pris dans un climat très lyrique et une sonorité large, mais vivante, avec une expressivité qui répond bien aux intentions d’Isserlis lorsqu’il évoque lui-même un vaste et magnifique voyage qui inclut des interrogations existentielles, des mers déchaînées, une méditation tragique et, finalement, une épiphanie triomphante. Le duo apporte à cette superbe partition son poids de noblesse et générosité.

Tout au long de ce parcours évocateur, Steven Isserlis et Connie Shih ressuscitent l’atmosphère d’un passé révolu à travers le prisme de regards contemporains. L’ambiance prête à la reconstitution imaginaire. Leur entente se manifeste aussi bien dans les pages courtes que dans les deux sonates-piliers de l’édifice. Dans cet enregistrement réalisé en octobre 2019 dans le Suffolk anglais, Connie Shih apporte à Steven Isserlis sa spontanéité et sa souplesse ; la générosité de l’écoute mutuelle, qui culmine dans le final de la sonate de Franck, l’Allegretto poco mosso, répond bien au projet mis en place. On peut considérer que Proust, dont le portrait racé réalisé par Jacques-Emile Blanche est à admirer sur la quatrième de couverture du livret, aurait cautionné l’initiative.

Son : 9    Livret : 9    Répertoire : 9    Interprétation : 10

[Source : http://www.crescendo-magazine.be]