Archives des articles tagués Mario Vargas Llosa

Dans son dernier roman, le Colombien Juan Gabriel Vásquez retrace la vie du cinéaste Sergio Cabrera, sa formation politique, militaire mais aussi artistique, en l’inscrivant plus largement dans la trajectoire de sa famille : ses grands-parents, républicains espagnols exilés en République dominicaine puis au Venezuela, et en Colombie ; et son père, militant maoïste qui entraïna sa famille dans la Chine de la Révolution culturelle. 


Juan Gabriel Vásquez, Une rétrospective. Trad. de l’espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon. Seuil, 464 p., 23 €


Écrit par Florence Olivier

« Être colombien est un acte de foi. » Qui n’a entendu cette réplique d’un personnage de Borges dans la bouche de tel ou tel intellectuel colombien ? Détournée de son sens premier – la mise à nu de tout sentiment national –, elle résume, non sans une salutaire dérision, la déception voire le désarroi du discoureur face à la persistance de la violence politico-militaire ou de celle du narcotrafic dans l’histoire colombienne. Si Juan Gabriel Vásquez ne reprend pas ce lieu commun, il tient à rappeler que, né en 1973, il n’a jamais connu de période de paix dans son pays. Ferme partisan de l’application des accords de paix de 2016, âprement négociés entre le gouvernement et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l’écrivain entend apporter dans Une rétrospective des éclairages aussi crus que nuancés sur divers pans de ce passé toujours brûlant. Hanté par les métamorphoses de la violence politique qu’a connue la Colombie depuis le XIXe siècle, Juan Gabriel Vásquez renchérit dans ce dernier roman sur plusieurs de ses paris coutumiers : narrer l’incidence de l’histoire sur les vies privées des citoyens ; manier la relation entre père et fils comme métaphore du conflit historique ; mener son récit à la manière d’une enquête mémorielle ; façonner une fine marqueterie entre fiction et faits réels recueillis auprès de témoins. Le tout avec un talent de conteur qui tient son lecteur en haleine.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Éditions Alfaguara

Une rétrospective, titre qui transpose éloquemment celui de la version originale – Volver la vista atrás est un vers d’Antonio Machado –, se veut une fiction fondée uniquement sur des faits réels, survenus dans la vie du cinéaste colombien Sergio Cabrera. À l’exacte façon du Limonov d’Emmanuel Carrère ? On suivra plutôt Juan Gabriel Vásquez, qui, dans une « Note de l’auteur », précise l’acception qu’il retient ici du verbe « feindre » : « Modeler, concevoir, donner forme à quelque chose ; a) pour désigner des objets physiques tels que des sculptures et objets similaires, tailler. »

C’est, en effet, dans la surabondance des péripéties d’une vie exceptionnelle qu’il lui aura fallu tailler son récit. Inséparable de l’histoire de sa famille, l’expérience de Sergio Cabrera est non moins inséparable de l’histoire colombienne et de celle, internationale, de la gauche révolutionnaire. Une geste tumultueuse et tout à la fois une vie picaresque dont les souvenirs, longtemps tus, occultés ou perçus de biais par celui-là même qui aura vécu ces événements, s’assemblent enfin pour trouver un sens. L’intime réconciliation du cinéaste avec son passé, et donc avec sa capacité de créer et d’aimer au présent, met en anamorphose celle qui pourrait advenir dans l’histoire colombienne et que l’auteur, tout comme le personnage de Sergio Cabrera, appelle ardemment de ses vœux.

Passé et présent du cinéaste se percutent violemment en 2016 tandis qu’à la Cinémathèque de Barcelone se déroule une rétrospective de l’œuvre de Sergio Cabrera. L’application des accords de paix vient d’être rejetée, lors d’un référendum, par une courte majorité de citoyens colombiens. Le cinéaste traverse une grave crise existentielle : en manque d’inspiration, en butte aux reproches de ses producteurs, il vit en Colombie tandis que sa dernière femme, portugaise, s’est réinstallée au Portugal, y emmenant leur fille de cinq ans. Lorsqu’à Lisbonne, sur le chemin de Barcelone, Sergio apprend la mort de son père, il décide, sans plus d’explications, de ne pas rentrer à Bogota pour assister aux obsèques de Fausto Cabrera. Dès cet instant, la rétrospective de son œuvre cinématographique se double d’une rétrospective intime qui, à travers les souvenirs du père, ramène Sergio à ceux de sa propre vie. Tel est le principe temporel que suit le récit d’Une rétrospective. Crise du personnage et crise nationale coïncident dans le temps, et il n’échappera à nul lecteur que le roman de Juan Gabriel Vásquez sonde le passé du premier pour rouvrir puis panser les plaies d’un pays qui les a laissées à vif.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Affiche de « La stratégie de l’escargot » de Sergio Cabrera (1993)

Si le suspense de l’enquête mémorielle que le romancier manie en virtuose dans Le bruit des choses qui tombent (2012) est moindre dans cette chronique biographique, l’habile effet d’aller-retour entre présent et passé y supplée. Les lieux que traverse ou qu’aura habités Sergio Cabrera – mais aussi son père, Fausto, son grand-oncle, Felipe, son grand-père, Domingo, sa mère, Luz Elena, sa sœur, Marianella – ne jouent pas un rôle mineur dans l’afflux et l’ajustement de ses souvenirs sous un nouveau jour. Comme souvent chez Juan Gabriel Vásquez, une cartographie mémorielle surgit de la forme d’une ville ou d’une région, voire de celle d’un pays tout entier, car tout lieu, hanté, est lieu de mémoire.

Les trois longues parties de ce roman biographique embrassent l’histoire de trois générations de Cabrera, depuis les années qui ont précédé la guerre civile espagnole jusqu’en cette année 2016 où Barcelone accueille et célèbre le cinéma de Sergio Cabrera. C’est cette même ville qu’avaient dû fuir, peu avant qu’elle ne tombât aux mains des troupes franquistes, les républicains Felipe, officier et combattant héroïque de l’armée de l’air catalane, son beau-frère et garde du corps Domingo, les deux fils de ce dernier, Fausto et son frère Mauro. De cette histoire de lutte, de défaite et d’exil, nul membre de la famille, descendants y compris, ne pourra se dépêtrer avant bien longtemps. Les Cabrera exilés vivront une vie picaresque dans la République dominicaine du dictateur Trujillo, puis au Venezuela, enfin en Colombie, où ils se fixeront.

La vocation d’acteur du jeune Fausto – née de l’indéfectible alliance entre les idéaux de la République espagnole, côté communiste, et l’amour de la poésie que cultive sa famille – fera de lui une indispensable figure d’avant-garde dans les milieux du théâtre puis du théâtre télévisé en Colombie. C’est cet homme, fantasque et dogmatique, enjôleur et autoritaire, qui, convaincu d’œuvrer pour le bien de tous, façonnera les destins de ses enfants, Sergio et Marianella, qu’il ralliera à la cause de la révolution internationale à l’heure du maoïsme. Lui-même n’était-il pas fasciné, donc façonné, par l’image héroïque de son oncle Felipe ? Voici donc, illustrée à la perfection, l’une des approches de l’histoire que privilégie le romancier Juan Gabriel Vásquez : l’entrelacs indémêlable entre histoire individuelle et histoire collective. L’expérience de vie de Sergio Cabrera aura été modelée par celles de son père, de son grand-oncle, de son grand-père ; elle trouve son origine et sa couleur dans l’idéologie de la gauche internationale des années 1930 et dans la culture républicaine espagnole où art et politique se fondaient l’un dans l’autre. Et quelle expérience !

C’est dans la Chine de la Révolution culturelle, où Fausto a été recruté en tant qu’expert par l’Institut des langues étrangères de Pékin, que Sergio et sa sœur se formeront dans leur adolescence. De l’implacable solidité de cette formation font foi nombre de documents éloquents dans la deuxième partie et jusque dans l’épilogue du roman : des photographies, des extraits du journal de Marianella écrit en chinois ou des passages d’une fort longue lettre du père qui tient lieu de bréviaire ou de manuel de survie pour ses enfants restés seuls en Chine. Au lecteur de juger sur pièces. Portés par l’enthousiasme paternel pour le régime de la Chine populaire, endoctrinés, Sergio et Marianella ne cessent de solliciter de nouvelles tâches militantes : travail dans une commune à la campagne puis en usine, engagement dans des groupes de Gardes rouges, enfin, ultime privilège, entraînement militaire. C’est qu’ils doivent parfaire leur formation avant de rejoindre leurs parents, repartis sans eux en Colombie, pour s’engager à leur tour dans la lutte de la guérilla maoïste.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Le récit de cette dernière période de leur jeunesse fait la matière de la troisième partie du roman. Et il serait bien court de dire que c’est celui d’un désenchantement. L’absurdité, l’égarement au sens propre comme au sens figuré, la folie, la violence meurtrière, y sont associés à la guérilla tout comme à la forêt tropicale où évoluent les troupes. On y lit un juste hommage à la tradition latino-américaine du roman de la selva, dont La Voragine (1924) du Colombien José Eustasio Rivera est l’une des illustrations magnifiques. Aliénés, les jeunes gens et leurs parents parviendront, au terme de rudes péripéties, à quitter la guérilla colombienne sans abjurer la cause maoïste. Sergio, Fausto et Luz Elena repartiront en Chine populaire.

Une rétrospective peut être lu comme un roman de (dé-)formation conté à rebours mais aussi comme un roman d’artiste. Car, au récit de l’initiation politique et militaire de Sergio Cabrera, se mêle celui de son précoce apprentissage artistique d’acteur puis de photographe aux côtés de son talentueux père. Plus tard, le jeune militant maoïste vole des instants à ses devoirs de révolutionnaire pour voir des films dès qu’il en trouve l’occasion. Tout comme Fausto avait su braver les obstacles de sa condition d’exilé pour devenir acteur, Sergio saura trouver dans sa vocation de cinéaste la force d’échapper à l’emprise de ce père tant aimé et tant admiré. Loyal, il fera jouer Fausto dans la plupart de ses films. Les chapitres consacrés à la rétrospective barcelonaise de 2016 revisitent avec acuité l’œuvre du cinéaste, politique et parodique tout à la fois. Où l’on voit qu’Une rétrospective propose une vision de l’engagement artistique qui, précisément, permettrait de libérer l’art de l’emprise de l’idéologie ou, mieux encore, d’user du premier comme d’un antidote contre la seconde.

L’épilogue du roman fait coïncider avec la rétrospective cinématographique de Barcelone l’ultime émancipation de Sergio Cabrera, tourné non plus vers le passé mais vers l’avenir, non plus vers son seul père défunt mais aussi vers son fils de dix-huit ans. À ce dernier, il aura transmis son histoire, enfin revue jusque dans ses recoins les plus sombres, ainsi que celle, inoubliable, de Fausto et de la famille Cabrera. L’art d’hériter sans soumission et l’art de transmettre, tels sont les épineux défis que relèvent et le personnage de Sergio Cabrera et le romancier Juan Gabriel Vásquez. Car on ne verra nul hasard dans le prix biennal de roman Vargas Llosa qu’a reçu, en 2021, Une rétrospective. Parmi les maîtres latino-américains de l’écrivain se côtoient en effet, réconciliés par leur libre héritier malgré leurs différends idéologiques, le Péruvien Mario Vargas Llosa et le Colombien Gabriel García Márquez. Négociateur hors pair, Juan Gabriel Vásquez sait confronter sans ciller les versions en conflit du passé politique et littéraire colombien, latino-américain, mondial. Être romancier est un acte de foi.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

A horas de elegir entre aprobar o rechazar la propuesta de nueva Constitución, el país oscila entre la rabia y la esperanza

Manifestantes durante un mitin en favor del referéndum constitucional de Chile, en septiembre de 2022.

Escrito por

A pocas horas de conocer el resultado de las elecciones sobre aprobar o rechazar la propuesta de una nueva constitución, Chile vive o sufre una experiencia que oscila entre la rabia y la esperanza. Rabia para quienes piensan que se trata de un documento maximalista e incoherente que nos enredará en una maraña de disputas ideológicas e identitarias que nos alejan de lo que le preocupa a la población: seguridad, pensiones, costos de salud, educación y vivienda. Esperanza para quienes piensan que ha llegado el momento de salir de la camisa de fuerza que nos impuso la dictadura con la constitución de 1980, y de inaugurar una nueva era en donde la carta fundamental ha sido redactada en democracia y por constituyentes que representan a la sociedad y no a los desprestigiados partidos políticos u obsoletas instituciones. Se trata de sentimientos, rabia y esperanza, que polarizan a la población y crispan el ambiente. Cuál sentimiento prevalecerá es la gran incógnita que se revelará en algunas horas.

Pase lo que pase, la dirección va por los cambios. Si gana el apruebo, no hay forma de que la propuesta de constitución se pueda implementar sin cambios, sobre todo al reducirse el quorum de dos tercios a cuatro séptimos para aprobar los diferentes elementos del borrador constitucional en el Congreso. La apuesta, si es que ha sido pensada en esos términos, es exigir lo máximo para después negociar. Si gana el rechazo, comienza la discusión sobre cómo redactar un nuevo documento, si con otra constituyente, posiblemente sin listas de independientes (de los partidos políticos) y con escaños reservados más proporcionales a la votación de la población indígena. Para ambas opciones el camino es largo. El actual Gobierno, inaugurado en marzo de 2022, tendrá que lidiar con ambos escenarios de triunfo, lo que dominará la agenda política en los cortos cuatro años que tiene por delante. Esto, en un contexto de pandemia, inmigración que desborda a las actuales instituciones, violencia en la macrozona sur mezclada con la temática indígena, reformas tributarias, inflación, caída de la inversión interna y externa, y crisis global. Chile está simplemente agobiado.

¿Respirará de alivio el país luego de estas elecciones? Quizás. Mucho depende de la proporción del voto, digamos 48 contra 52% para cualquiera de las opciones. Pero si es entre el 56-58 % contra 42-44% para las mismas estaremos en una situación de ganadores y perdedores, con la soberbia o el resentimiento que conllevan. Si gana el apruebo por el número mayor, tendrá todavía las cortapisas del Congreso, pero con la legitimidad de las mayorías. Si gana el rechazo, la centroderecha liberal podrá declararse victoriosa, pero se empoderará a la derecha más radical que no quiere saber nada de paridad, plurinacionalidad o inmigración a la que asocia con el narco y el crimen organizado. Es la derecha “cavernaria” que denunció Mario Vargas Llosa.

Volvamos a los sentimientos a horas de los resultados. La tensión que vive el país es enorme. Las encuestas están suspendidas, de modo que cada cual debe decidir, en el mejor de los casos, de acuerdo a su conciencia o, en el peor, orientándose por las propagandas electorales de último minuto, o por tendencias puramente viscerales. Quizás en el interior de cada persona exista un nivel de convicción respecto de cómo votar en el momento de acercarse a las urnas, pero persiste un clima, llamémoslo existencial, en donde la preferencia sería la de no tener que enfrentar elecciones en donde todo es incierto.

Es un país en suspenso, con deseos de irse a la cama, agotado y nervioso, y despertar con ánimo para enfrentar lo que viene.

Es hora “del pensar profundo” diría Andrés Bello. Cualquiera sea el resultado, mañana es otro día.

Iván Jaksic es historiador y Premio Nacional de Historia 2020.

[Foto: ALEJANDRO OLIVARES (BLOOMBERG) – fuente: http://www.elpais.com]

Antoine Gallimard

 

Escrito por Alejandro Luque

Más que un hombre de libros, a primera vista Antoine Gallimard (París, 1947) parece una figura cinematográfica. Tal vez un personaje de la nouvelle vague. Elegante, de ojos pequeños y vivos y con una sonrisa amable dibujada en el rostro, este editor que pasea tranquilamente por el hotel Barceló Renacimiento de Sevilla es el heredero de una editorial, Gallimard, que tiene ya un siglo y sigue estando a la cabeza del sector en Francia —junto a las poderosas Hachette y Editis— con más de cuarenta mil títulos. En su catálogo figuran desde los grandes nombres de la literatura francesa (Marcel ProustJules SupervielleAndré MalrauxAntoine de Saint-Exupéry) a un buen montón de premios Nobel de todo el mundo, incluidos algunos en español como Octavio Paz o Mario Vargas Llosa

Se dice que fue el favorito de su abuelo, el legendario Gaston Gallimard, fundador de la casa, pero lo cierto es que llegó a dirigir la empresa familiar después de sonadas disputas entre los herederos de aquel, hasta imponer la paz social. Invitado por las Converses de Formentor, Antoine Gallimard accede a conversar con Jot Down en un espacio reservado, inundado por el potente sol del mediodía sevillano. Comparece escoltado por Gustavo Guerrero, uno de sus hombres de confianza para el mundo hispano, que se limitará a apuntarle algún nombre. Y, a pesar del calor que pronto empezará a hacer en la sala, no se quita en ningún momento la chaqueta. 

Antes de empezar la entrevista, ¿hay alguna pregunta sobre su editorial que preferiría que no le hiciera?

Es una buena pregunta [deja una larga pausa]. Es a la vez una pregunta que me hago y que no me he hecho lo suficiente… Diría que, en mi vida, por amor a mi abuelo, a mi familia, he peleado para conservar la independencia de mi editorial familiar. Me ha gustado hacerla crecer para protegerme frente a las grandes potencias financieras, frente a los grandes grupos empresariales. He luchado por mantener esa editorial, y ha sido difícil a veces. Ahora mi madre me dice que tengo que retirarme, que hay que pensar en la siguiente generación. Esa sería una buena pregunta, pero me resulta difícil hacérmela…

Era la pregunta que tenía reservada para el final.

Es verdad que no es porque yo sea editor, mi padre lo era, mi abuelo lo era y montó esta editorial, pero un colega alemán, [Heinrich Maria] Ledig-Rowohlt, afirmaba que hacen falta al menos cuarenta años para convertirse en editor. Creo que, en efecto, se necesita tiempo. Porque hace falta que uno entienda su época, no necesariamente adaptarse a ella, pero sí seguirla, comprenderla. Y está bien coger siempre lo mejor de la generación anterior, comprender los fracasos, los éxitos… Es todo un bagaje. Está muy bien ser un joven editor loco, pero los viejos editores también tienen su calidad.

¿Cuál es la condición esencial para que una editorial perdure cien años?

Lo esencial es no ser víctima de las emociones. Saber casar de forma inteligente los libros exitosos y los fallidos, los que no tienen éxito. Tener pasión. Creer en el oficio. Cuando se publica a algún buen autor y no funciona en el mercado, hay que seguir publicándolo. Y eso es muy difícil hoy en día, cuando todo es tan precipitado. Una editorial publicaba a Faulkner durante años y no se vendía, hasta que empezó a tener éxito en Francia. Publicar a autores que no son necesariamente un éxito en el primer momento, pero que finalmente acaban leyéndose: de eso se trata. Creo que es cuestión de paciencia. Y de perseverancia. También de curiosidad.

¿Esa es otra clave, la curiosidad?

Es clave. Hay que leer revistas, leer más, ir al cine, ir al teatro, ver a los amigos y también a los enemigos.

Antoine Gallimard

Usted salvó una editorial que se hallaba en dificultades por un conflicto familiar. ¿Qué supo hacer usted que sus predecesores no supieron hacer?

Seguro que supieron hacer otras cosas… [reflexiona] Mi padre, la segunda generación, Claude Gallimard, estaba compitiendo con su primo, Michel Gallimard, que se mató junto a Camus en 1960. Creo que sufrió por esa competición. En la familia siempre hay cierta competición, y es verdad que eso hace sufrir. Al mismo tiempo… Es siempre complicado… Nada es fácil, nada es simple, sea una pelea familiar o entre amigos. Tal vez no se puedan evitar los conflictos. ¿Sabe lo que dice Lao-Tse? «Solo el ejército victorioso está triste por haber librado batalla». Yo he librado batallas con mi hermano. Me puso triste, prefería haberlo evitado. Me habría gustado más estar con los autores. Pensaba que mi editorial no debía seguir ese modelo del gran lobo que domina la distribución, los mercados, que está en todas partes, de la distribución al marketing. Yo tenía el idealismo o la inocencia de pensar que se pueden producir libros de calidad y tener éxito. Bien. No siempre. Se ven pequeñas editoriales que no han tenido éxito y que yo puedo reflotar, una editorial pequeña como P.O.L. Pienso que existe una cierta realidad y que al mismo tiempo no se debe ser demasiado prisionero de ella, que hay que hacer también cosas que acaben en fracaso. Los hombres de negocios deberían tener más fracasos de los que tienen hoy. El dinero hoy es, en exceso, la expresión de un éxito un poco vano… Es verdad, están los mercados, ¡los mercados! Hoy en Francia, creo que también en España, las librerías funcionan bien; en Francia hay nuevas librerías pequeñas. Este año han abierto sesenta. Es fantástico.

Usted se siente cercano a su abuelo, Gaston Gallimard. ¿Cuán a menudo se acuerda de él? ¿Qué rasgo de su personalidad evoca mejor?

Siempre tenía una sonrisa en los labios. Podía ser duro, podía montar en cólera, pero tenía humor. Era travieso, podía burlarse de la gente, se podía burlar de mí, que era muy joven, y al mismo tiempo era sensible al matiz, sensible a la personalidad, a la música que cada cual tocara… Tenía algo que hoy es mucho menos corriente: la capacidad para detectar que cada ser tiene su singularidad. No había redes sociales. Había combates políticos; le había marcado mucho en Francia el asunto Dreyfus, de eso me hablaba a menudo. A mí me marcó Mayo del 68, soy de esa generación. Me decía: «Tú hablas del 68, pero el asunto Dreyfus era igual de importante que el 68». Lo interesante es el momento en el que se rompe una sociedad, eso ocurrió en 1968, y con el asunto Dreyfus también. Y eso lo marcó.

¿Lo marcó también como editor?

Él tenía una enorme curiosidad. Él siempre me preguntaba qué leía, si leía a los de mi generación. Era el único que me lo preguntaba. Se pregunta poco a los jóvenes de veinte o veinticinco años qué leen. Hoy se lee menos. También es verdad que su época era muy literaria. Los escritores tenían una fama extraordinaria e influían en la vida política. Hoy lo que influye en la vida política son las redes sociales, ya no son los escritores, lamentablemente. Por eso es importante mantener revistas como Jot Down, pequeños contrafuegos. Pequeños contrafuegos, eso es. Me gusta mucho esa idea de pequeñas agrupaciones, pequeñas redes de resistencia que no dan su nombre. Todos tenemos necesidad unos de otros frente a la falta de educación, al analfabetismo funcional, esa ley del mercado que es demasiado fuerte. Y es un poco ridículo que lo diga yo, que hoy tengo una gran editorial exitosa. Pero puedo sufrir también bajo el mercado. Junto con Gustavo Guerrero, hemos elegido autores por lo que son, y no necesariamente pensando en el dinero. Cuando fichamos a Manuel Rivas o Javier Marías es porque realmente creemos en ellos. Cuando fichamos a Karina Sainz Borgo, también.

Incluso si un editor acierta mucho, siempre se recuerdan sus errores, ¿no? En el caso de Gallimard, cuando André Gide rechazó a Marcel Proust…

Voy a decir una cosa: cuando usted tiene cierta fama, es algo un poco pesado para los demás. La reputación no debe ocupar demasiado espacio: eso crea celos, envidias, y se vuelve insoportable. Es normal que pueda haber errores. Creo que la gran fuerza de la editorial no es haber cometido esos errores, sino haber sido capaz de corregirlos y de reconocerlos. Mi abuelo, Gaston, cuando se dio cuenta de que había rechazado En busca del tiempo perdido, se fue él mismo, con una carretilla, a buscar los ejemplares publicados por Marcel Proust a cuenta de autor, es decir, pagando el autor, en Grasset, los buscó y se los llevó a casa para destruirlos y editar el libro él mismo [risas]. Sí, sí, él mismo. Vale, hubo errores, pero la gran suerte de la editorial era poder corregirlos. Y a los colegas de la profesión no les gustaba la editorial Gallimard precisamente por tener esa fuerza, a la par que esa seducción, esa perseverancia para fichar a Giono, a André Malraux… Ficharon a mucha gente, también en el extranjero. Publicaron a Faulkner, por ejemplo. Claro que no están todos: no tuvimos a Beckett. Pero hoy en día, cuando tengo la oportunidad de adquirir editoriales pequeñas, compré Les Éditions de Minuit y metí a Beckett en la colección La Pléiade. Es un trabajo de no ser pretencioso, de modestia, de tomarse uno su tiempo para saber lo que hace. Hay que reflexionar juntos, con un juicio, con un gusto… Uno se puede equivocar en una cosa y acertar en otra. Hoy se mezcla todo eso, hay una precipitación. El inglés domina mucho hoy en día, y aplasta a las otras lenguas, el francés, el alemán, el italiano. Al español no, porque es la segunda lengua [mundial]. Yo intento evitar que el inglés esté en todas partes. En lugar de la concentración hay que ir a la literatura que sufre un poco, darle el sitio que se le puede ofrecer en difusión y distribución. Es un trabajo permanente.

Antoine Gallimard

Se dice que Gallimard monopolizaba los premios Goncourt. ¿Cree que su abuelo controlaba de veras el jurado?

[Risas] Sabe, creo que las redes de influencia de la época consistían en tener amigos, buenos amigos. Se hablaba de eso, se decía que había que poner fin a las redes de influencia, se acusaba de comprar al jurado, etcétera… Pero él hacía eso con su encanto. Había otras editoriales, como Grasset, que hacían mucho. También estaba el dinero. Conozco a un editor que le pagaba obras a alguien… [risas] Todo eso ha terminado, pero nada impide que haya amistades, relaciones interesadas o no, como todo en la vida. Pienso que la editorial publica mucho, se escoge bien, y es también un poco la herencia de este éxito. Respecto al premio, a nivel internacional es verdad que los jurados se han renovado, hay jurados populares. También los hay en Francia, de una radio, de la televisión, son todo jurados populares. Queda el Goncourt, que representa un gran éxito, porque se ha establecido así, pero a la vez también es una especie de símbolo, el hecho de que haya influencias a todos los niveles, quizá eso también contribuya a que sea el Goncourt. Porque no se trata de elegir un buen libro. La televisión está ahí, y no es todo tan simple. Hoy, las cosas son más claras. La influencia de los editores sigue ahí, pero mucho menos que antes.

De todas formas, su editorial acapara el mismo número de premios Nobel que de Goncourt. ¿También tiene comprada la Academia Sueca?

¿Ve? Ahí tampoco se puede decir, es imposible. Y este año, si yo fuera un poco más influyente, le habría dado el Nobel a Annie Ernaux.

Caerá el año que viene…

[Risas] Es terrible el Nobel, porque cuenta más que el Goncourt, es mundial. Michel Tournier se fue a vivir a Estocolmo para conseguirlo, para hacerle la corte al jurado. Octavio Paz lo consiguió, pero Carlos Fuentes no. Es terrible, todos los que no lo obtuvieron…

Hay cuarenta premios Nobel en el catálogo de Gallimard, ¿no?

Correcto, y con el Goncourt una cifra similar. Pero al mismo tiempo es terrible, porque se nos mira mal. Con el Nobel, vale, pero con el Goncourt es complicado, porque la editorial tiene demasiados autores que lo han recibido. Y hay quien dice: «Basta ya de Gallimard», «Gallimard y sus trucos, basta ya», «No queremos más Gallimard». Quizá me debería exiliar [risas].

¿Siente usted celos o envidia de otras editoriales? ¿Qué autores le habría gustado tener en el catálogo, sin conseguirlo?

Los celos y la envidia siempre son muy fuertes, sí, también en mi caso. Se dice a menudo que la primera generación crea, la segunda conserva y la tercera destruye la empresa. Yo soy la tercera generación, y no ha ocurrido. Y eso es insoportable para algunos. Debería haber ocurrido, y eso le molesta a mucha gente. De la cuarta generación ni hablamos [risas]. Creo que hay celos, pero, el día que yo ya no esté, la gente me echará un poquito de menos. Eso es lo que uno siempre quiere pensar, que empiecen a apreciarte entonces.

Pero estábamos hablando de autores…

Los autores que me habría gustado tener y que se nos han escapado: en su época era Beckett, no es mi generación, pero estoy muy contento de haberlo conseguido finalmente. Tengo un instrumento de seducción importante que es La Pléiade. Me habría gustado haber tenido a García Márquez, quizá a más latinoamericanos. Y contemporáneos… hay muchos. Nos gusta acompañar a los autores. Hemos acompañado a Mario Vargas Llosa toda su vida, a Octavio Paz, a Neruda. Me encanta Neruda, me habría gustado conocerlo mejor, un hombre y una obra tan fuerte. Pero los que me habría gustado tener y no hemos conseguido… En Francia sería Emmanuel Carrère, que está en P.O.L. Y Houellebecq, pero está en Flammarion [ambas editoriales compradas recientemente por Gallimard].

En el prólogo de la biografía de su abuelo escrita por Pierre Assouline, Rafael Conte, célebre crítico español, preguntaba por qué en La Pléiade no hay mucha literatura en español. Desde aquí hay mucho interés por la literatura francesa, pero no parece que sea algo mutuo, ¿no?

Están los latinoamericanos, está Borges, está Paz… Es que La Pléiade ha sido una colección que durante mucho tiempo se interesó más por las obras clásicas; contemporáneas, pero antiguas. No había, como hoy, una búsqueda del talento emergente.

Durante la Segunda Guerra Mundial, Gallimard siguió una línea ambigua respecto a la ocupación alemana. ¿Cree que era la única manera posible de actuar?

No voy a juzgarlo, porque para juzgar hay que estar en esa misma situación. Su preocupación era que la editorial no cerrase y no colaborar con los alemanes. Publicaba libros alemanes, pero clásicos, no contemporáneos. En esa época no publicaba a Céline; era Denoël quien publicaba a Céline. Fichó a Céline en la posguerra, cuando Denoël dejó de hacerlo. Tenía miedo por su editorial, no quería que se la cerrasen. Tenía un colaborador, [Jean] Paulhan, que era conocido como miembro de la resistencia y él mismo publicaba a autores como Camus o Malraux, que no era algo obvio en esa época. Es verdad que la revista NRF la dirigía Drieu la Rochelle, y se puede pensar que eso era colaborar, pero nunca publicó textos hitlerianos o pronazis, para nada. Gallimard no estaba nada en ese bando, no colaboraba, protegía sobre todo su editorial, y publicaba, pese a todo, a Malraux y Camus, e incluso textos de Saint-Exupéry. Es complejo, pero el hecho de no cerrar su editorial no convierte a un editor en colaboracionista.

Antoine Gallimard

¿Qué libros favoritos tiene, hoy en día, la extrema derecha francesa? Es más: ¿leen?

La cultura en Francia no es el estandarte solo de la izquierda, también lo es de la derecha. Hoy en día, la izquierda y la derecha se borran un poco dando lugar más a una rivalidad entre comunidades, entre intelectuales, por las redes sociales, lo que moviliza a la gente son las historias alrededor del racismo, del sexismo, los trans, las redes LGBT… En mi época era más sobre el colonialismo, la salida de las colonias, el capitalismo salvaje, el comunismo excesivo, el colectivismo… Hoy existe menos esa frontera liberal/antiliberal, y más de temas que vienen especialmente de Estados Unidos, donde se considera que para traducir un poema de un black hay que ser black. No se puede traducir la biografía de Philip Roth porque el traductor habría cometido tocamientos sexuales a una chica… Es absurdo. Tal vez exista lo mismo en España con los autonomistas, independentistas o nacionalistas. Es una especie de mal contemporáneo que afecta a toda Europa, no solo Francia o España, y me parece muy peligroso porque inyecta mucha violencia en el debate sobre las diferencias ideológicas, la posición en la sociedad, su estilo de vida.

Usted tenía doce años cuando tuvo lugar la muerte trágica de su tío Michel con Albert Camus en accidente de coche, en 1960. ¿Cómo se ha recordado este hecho en su familia?

Camus era un trueno. Un terremoto. Albert Camus era muy cercano a mi familia, muy cercano a Gaston Gallimard, mi abuelo, de Michel, de Claude, quizá un poco más de Michel que de Claude. Fue una gran pérdida. Michel Gallimard, el editor, y el autor que se muere, Camus, eran esenciales para la editorial, porque representaban esa nueva generación, con una moralidad legendaria, un estilo maravilloso. Camus era a la vez editor y autor, llevaba a cuestas el peso de la empresa para darle la mayor fuerza intelectual posible, y tenía mucha carrera por delante, estaba cambiando, acababa de terminar El primer hombre. Fue sumamente triste, una tragedia. La editorial estuvo de luto durante años por esa desaparición trágica, de una manera tan brutal como ocurrió; era muy duro. Pero la editorial se recuperó, y hoy en día Camus es el autor más leído del catálogo, pero la tragedia sigue ahí y pensamos mucho en ella.

Es uno de los autores que todavía hablan al lector de hoy, ¿verdad?

Sí, a toda una generación, por su simplicidad, por esa especie de gran claridad que da a todo, llega a ligar la poesía, la moral, una filosofía, un realismo. Es una especie de triángulo filosófico, están los tres aspectos: la muerte, la vida, la esperanza. Se le lee mucho tanto en Francia como en el extranjero.

El debate sobre el colonialismo sigue siendo fuerte en Francia, ¿no?

Todavía, sí. En Francia, lamentablemente, tenemos un poco de retraso respecto a otros países para los temas sensibles. Los políticos hacen declaraciones, pero ¡cuánto ha hecho falta para que nos diéramos cuenta de la existencia de campos de concentración en Francia! Tardamos mucho más que Alemania. Hoy la herida argelina sigue abierta, hay excusas, hay que tener compasión con todo el mundo. Y vamos con retraso para reconocerlo. Francia se siente mal con su historia. Era más fácil la descolonización de Indochina. Marruecos y Túnez han tenido éxito, sin heridas especiales, pero Argelia, sí, eso sigue siendo muy fuerte. Es tan fuerte, que hasta Argelia ha tenido dificultad para construirse. Presos entre el yihadismo y los militares, tienen dificultad de encontrar un referente democrático, un camino.

¿Es Amazon el coco para los editores, el lobo feroz?

Amazon no es el lobo feroz, porque lobos feroces hay todo el tiempo, por todas partes. Para nosotros, el lobo es el analfabetismo, el analfabetismo funcional, la falta de lectura, la falta de curiosidad. El lobo es nuestra época, que es más peligrosa que Amazon. Amazon hace su trabajo, que es la distribución, y se ha convertido en el rey de la distribución, que es lo que controla. ¿Sabe? En Francia, la gente tenía miedo a la instalación del ferrocarril porque todo el mundo iba a coger el tren para comprar libros a París y no se venderían más libros en la provincia. Cuando llega la radio, la gente tiene miedo porque se dejará de leer. Cuando llega la televisión, tienen miedo a que ya no habrá ni radio ni libros. Cuando aparece lo digital, dicen que los libros en papel se habrán terminado. Hoy, todo eso nos hace sonreír, pero era un miedo real. Amazon es un lobo feroz, pero no será tan feroz si se le puede controlar. No hay que ir a cenar con él, hay que desconfiar, tener cuidado. Tenemos cuidado de controlar lo digital. Hay competencia, claro, es ley de vida, y hay que encontrar otro sistema para satisfacer a la gente, una distribución de librerías que les lleve libros a domicilio. Amazon es glotón, efectivamente se quiere comer todo, como un cocodrilo: la autoedición, la edición, están dispuestos a todo. Son muy fuertes, venden desde parafarmacia hasta pañales, todo. Es una especie de gran tienda general, pero no está especializada en libros. Las librerías deben modernizarse con el clic & collect. Durante el confinamiento, las librerías francesas no querían hacerlo, porque era peligroso, porque iba a ser caro. Amazon no duda en invertir mucho y en perder dinero con su circuito, y nosotros dudamos ante el clic & collect… Es realmente una pena. El clic & collect se expande, es evidente. La librería debe modernizarse si quiere resistir a Amazon. Pienso que la respuesta a Amazon es que se debe ser moderno y rápido, con una distribución rápida, siempre al servicio del cliente.

Llegamos a la última pregunta, la que le anuncié al principio. ¿Continuará otro siglo la saga Gallimard? ¿Hay futuros jefes para la editorial en la familia?

Eso es difícil de contestar porque, si eso se sabe desde antes, trae mala suerte. Yo tuve suerte, porque en mi familia somos cuatro, dos chicos y dos chicas, yo soy el tercero, y no estar necesariamente designado como sucesor era una verdadera suerte porque no atrae los celos, puedes hacer tu vida con tranquilidad y no tienes presión. Creo que hay que evitar la presión. Yo tengo cuatro hijas, la que quiera… [se encoge de hombros] Pero espero que todas amen esta editorial y estén orgullosas de su pasado, es como una cátedra, magnífica. Espero que haya una sucesión para la cuarta generación, pero si designo a alguien hoy, tengo la impresión, no tanto de firmar mi condena a muerte, pero quizá sí de colocar un peso sobre esta persona. Siempre he vivido la editorial como una especie de suerte, nunca me ha pesado. Sí hay que estar muy atento, y la siento siempre como un riesgo, entre grandes potencias, grandes concentraciones. Si designo hoy a alguien, tengo la impresión de tener que explicarlo a mis hermanos y hermanas. Una editorial no es un castillo en el campo, no es un palacio, no puedo decir: «Yo me quedo con el ala derecha, tú te quedas la izquierda». No funciona así, obviamente. Está La Pléiade, el libro de bolsillo, la literatura infantil y juvenil, que se vende muy bien, aunque no sean superventas. Las cosas se hacen como se tienen que hacer, y luego se verá. Es importante gestionar los problemas financieros, las donaciones, los impuestos. Todo eso lo puedo hacer y lo he hecho. Luego, la sucesión… [silencio]. No lo tengo decidido. Es complejo [risas].

Antoine Gallimard

 

[Fotos: Ángel L. Fernández – fuente: http://www.jotdown.es]

De la nobleza polaca, aunque « más mexicana que el mole », la autora, Premio Cervantes 2013 y cronista deslumbrante, examina con inteligencia el mundo; del feminismo a los estudiantes desaparecidos.

Poniatowska

Publicado por Laura Ventura
Después de que hubiese amamantado a su hijo recién nacido, a las 7 de la mañana, dejaba el bebé en la cuna al cuidado de su marido y salía a la calle a buscar testimonios. Del refugio de su hogar a la intemperie del horror; del calor de lo doméstico al frío de la incertidumbre; del instinto maternal a la experiencia que da el oficio. Era 1968, año clave para el movimiento estudiantil en todo el planeta, y en el DF mexicano una masacre, cuyo número de víctimas aún hoy se desconoce, ocurría en la Plaza de las Tres Culturas. Elena Poniatowska recogía voces anónimas en los hospitales, en las esquinas y en las cárceles, y las convertía en almas concretas, con nombre y apellido, piezas de un mosaico que construyó en La noche de Tlatelolco, uno de los textos más perfectos del llamado « nuevo periodismo ». « ¿Importa cómo me llamo? Póngame Juan », le decían a la reportera.
De aquella paleta de distintos matices y de ese mural coherente y poroso con el que construye su técnica a la deconstrucción de su vida en retazos y en instantáneas que su memoria rescata. Pasaron ya 46 años y aquel bebé, Felipe Haro, la mira con sus mismos ojos azules mientras ella encanta a desconocidos con sus relatos.
Hace algunos meses, la ganadora en 2013 del Premio Cervantes, máxima distinción para las letras en castellano, recibió un llamado de su amiga Paula Mónaco, periodista argentina, que la ponía al tanto de otro hecho atroz que involucraba estudiantes: los 43 normalistas de Ayotzinapa. « Vivos se los llevaron, vivos los queremos. Vamos a seguir indignados », dice con un tono cordial y sereno en la Universidad Complutense de Madrid, donde acaba de ser distinguida con el doctorado honoris causa. En esa aula elude halagos y agradece la oportunidad para referirse a sus compatriotas, a esos chavos. « No quiero hablar de masacre, no quiero usar esa palabra hasta que no se sepa la verdad. La desaparición es una nueva forma de tortura en mi país. »
Fiel a su estilo, la denuncia no se expone en forma de alarido, sino de arrullo. Su modo de confrontarse con el poder y de clamar justicia se manifiesta con una pluma exquisita, con la claridad y economía de expresión de quien domina la lengua, con el poder de hipnotizar auditorios con su cadencia, con la sabiduría de quien advierte que la masa está constituida por individualidades. En un reciente discurso en el Zócalo se tomó su tiempo para nombrar uno por uno a cada uno de estos estudiantes (« muchos de ellos tan chaparritos como yo ») con sus pasiones y sus sueños particulares.
« Pensábamos que con Tlatelolco ya era la última vez, pero no. Estamos aterrados con lo que sucedió. Ellos eran muchachos muy pobres que dormían en cartones. No tenían sitio donde poner sus cosas. Comían frijoles y arroz. Es incluso un crimen de racismo porque se trata de gente sin oportunidades, cuya única salida era ingresar en los normalistas [convertirse en maestro]. Los estudiantes están dispuestos a mantener vivo este reclamo. Lo que hicieron en Internet ha sido un ejemplo para la ciudadanía. Hay una acción espontánea que busca la verdad. ¿Quién nos cuida? No hay lazo entre los mexicanos y su gobierno. Cada uno que llega al poder lo usa como si fuese rancho de su propiedad », dice frente a un auditorio integrado por estudiantes españoles y por miembros de la prensa de habla hispana, todos ellos conocedores -y muchos también admiradores- de esta revolucionaria de la crónica.
¿Era consciente del texto que creaba cuando escribía La noche de Tlatelolco(1971)?
 
-A mí, por entonces, me dictaba la indignación. Tenía tal cantidad de material que demoré mucho; empecé a cortar las repeticiones y así nació. Mi marido [Guillermo Haro, fundador de la astronomía moderna en México, cuya biografía escribe Poniatowska en El universo o nada] me decía que no aguantaba escuchar todas esas voces.
-¿Considera que la no ficción debería considerarse un género literario en sí mismo?
 
-No. Pienso que todo el mundo, incluso los que dicen que escriben ficción, escriben su propia realidad. Carlos Fuentes escribió Cambio de piel, donde el personaje se separa de su mujer y como tiene gastritis anda con un frasco de leche rarísima. Esa novela la escribe en un momento en que se había separado de Rita Macedo. Hacía era un diario de su vida en ese momento.
-Usted dijo que las crónicas no deben dar respuestas.
 
-Sí. Ese fue mi intento, documentar sin dar respuestas. Además, soy muy insegura y todavía tengo mucho miedo de equivocarme, aunque hay que vencerlo. Pero también, cuando uno está muy seguro de sí mismo, mete la pata, se equivoca.
-¿Y tuvo alguna vez miedo del poder?
 
-Nunca, porque no personalizo tanto. No pienso que algo me puede pasar. Tengo una capacidad de inconsciencia inmensa desde niña.
-¿Es posible lograr la objetividad en un texto de no ficción, a pesar de que utilicen documentos y fuentes como estrategia para alcanzar verosimilitud?
 
-Nunca un texto es exactamente la realidad. Se construye. ¿Ves ese cuadro? [señala a un monarca con la banda de la familia Bordón]. Desde aquí veo una mano, pero tú ves la otra. El periodista puede ver cosas que el otro no ve o eso en lo que otro no se fijaría nunca. Son pareceres, todo depende del color con el que se mire algo.
-Y para usted la observación es fundamental.
 
-Sí. Mis preguntas parten siempre de ahí y de una gran ingenuidad. Cuando lo conocí a Diego Rivera no había visto sus murales, no sabía quién era. Me impresionaron sus dientes tan chiquitos en ese hombre tan grande y le pregunté si eran de leche: « Sí, para comerme polaquitas preguntonas », me dijo.
-¿Usted se considera periodista antes que escritora?
 
-Es que todo se lo debo al periodismo. Fue un aprendizaje de vida. Nunca podría haberme acercado a tanta gente y tener el privilegio de preguntar. La literatura exige tranquilidad, manos muy quietas, no las zozobras del periodismo, donde te das cuenta una vez publicada la historia de que podría estar mejor.
-Laura Restrepo escribió que usted « podría haber sido parte del boom« , pero que no se la incluyó por ser mujer y porque además estaba escribiendo un texto de « supervanguardia » cuando se producía la eclosión.
 
-Laura es una gran amiga y entiendo que ella señala que no hubo mujeres en el boom. Allí deberían haber estado Elena Garro, la primera mujer de Octavio Paz; Rosario Castellanos, porque para leer a Chiapas hay que leerla a ella, y María Luisa Puga. Yo no tendría por qué estar allí, por ser más joven además, si bien Vargas Llosa es parte del boom y tenemos casi la misma edad. Por entonces estaba en otra cosa.
-Esa otra cosa es Hasta no verte Jesús mío, la biografía de una mujer común, una lavandera.
 
-Sí. No pude poner su nombre verdadero. Iba los miércoles a verla y no me dejaba grabarla porque me decía que le robaba la luz. Por entonces mi grabador era una caja grandotota que necesitaba enchufarse.
-¿Se considera feminista?
 
-Sí. Somos muy olvidadas las mujeres. Nos sacan afuera. Esto no pasa solo en México, sino en América latina. Las mujeres que hacen algo son solteras o suicidadas, como Alfonsina Storni, Alejandra Pizarnik o Antonieta Rivas Mercado.
-Pero su caso es una excepción, formó una gran familia?
 
-Soy apenas una « pinche periodista ».
Así la llamaba su tía Guadalupe Amor para denostarla, celosa de su talento. Lupe era artista y había posado desnuda para Diego Rivera, pero era su sobrina quien estaba destinada a pasar a la historia por su osadía. « Sí, soy una pinche periodista, pero una periodista con suerte », retruca. Y, además, habría que agregar que es una periodista cuyos textos se estudian en las universidades.
Hace 82, hija de un príncipe, descendiente del último rey de Polonia, nacía en Francia Hélène Elizabeth Louise Amélie Paula Dolores Poniatowska Amor. « Mi origen polaco es relativo, está solo en el apellido. Soy más mexicana que el mole. » De esa infancia que califica como privilegiada y de una educación a la jeanette [el equivalente femenino de los boy scouts de la época], cuando su padre partió a la guerra, su madre regresó a su patria con sus dos hijas. « No lo vimos por muchos años a mi padre. Él vio Auschwitz y quedó dañado para siempre. »
De la racionalidad de la arquitectura francesa y la patisserie parisina a las ruinas prehispánicas y los sabores picantes, un nuevo mundo se abrió para la pequeña de 10 años. « En París nunca había visto gente descalza ni personas que se replegaran en las paredes a tu paso para no estorbar. Ese fue mi inicio, el interés por escribir sobre personas que nunca te van a leer, gente que no lee el periódico, cuyas vidas no son nada. » Ese poder de hacer visibles a los olvidados la condujo a bucear en personajes que no aparecen en los libros de historia, pero que fueron clave en la configuración de su país.
Sin el respaldo de una superficie sólida, en el reverso de hojas que contienen texto impreso, Poniatowska toma nota con una letra muy redonda. Sentada en la primera fila escucha con atención a un grupo de académicos que analiza su obra. Sin la monotonía de los renglones, con una diagramación más parecida a un cuadro sinóptico, escribe. Su secreto fue -y sigue siendo- saber escuchar a los demás. Una periodista se acerca a ella emocionada, le hace una pregunta y en lugar de dar espacio para una respuesta comienza a hacer gala de su erudición. Sus colegas se inquietan, pero la escritora la escucha azorada por esa verborragia que no respeta ninguna sintaxis. Gracias a esa paciencia y oído fino pudo « aprender el español en las calles con los gritos de los pregoneros » cuando llegó a México.
Esa abuela de diez nietos, diminuta y de contextura frágil, desterró de su boca el « había una vez » de los cuentos de hadas. Lo suyo no es la ficción. Hay un volcán de picardía en cada anécdota que la lleva a reproducir la frase perfecta de los encuentros más eclécticos que le ha tocado presenciar o protagonizar. Quizás uno de las más recientes sea la de su nieta menor con el rey Juan Carlos, en 2013, cuando toda su familia la acompañó a España para recibir la máxima distinción de las letras en castellano.
-¿Y tu corona?
 
-La tengo guardada en el bolsillo -respondió el monarca.
-¿Es bonito ser rey?
 
-A veces.
Y al relato polifónico le aporta sin moraleja un final. « Se ve que por entonces ya estaba pensando en dejarlo », resume.
No hay resentimiento en el discurso de Poniatowska. Es hábil para codearse con monarcas, analfabetos, sindicalistas, trabajadores y estudiantes, distintas generaciones y clases sociales. De un seno aristocrático, y con una educación que completó en los Estados Unidos, les dio voz a muchos librepensadores (y otros no tan anónimos) de izquierda.
-¿Tuvo enfrentamientos con su familia por sus ideas o textos?
 
-No. Mi madre era una mujer inteligente. A ella, por ejemplo, no le gustaba Tina Modotti [la autora escribió su biografía, Tinísima], la odiaba con toda su alma, porque le parecía horrible que una mujer posara desnuda en una azotea [hay una foto famosa donde se puede ver a la fotógrafa italiana], y porque era comunista. Mi mamá, en cambio, era muy religiosa, algo que la ayudó a aguantar la muerte de mi hermano menor, quien murió a los 21 años. Cuando me encontró que estaba haciendo un texto para una exposición de Tina me retó en perfecto francés, le parecía horrible que le dedicara tiempo a una mujer como esa. La ironía es que esa novela se la dediqué a mi madre.
-¿Le gustaría escribir su autobiografía?
 
-No sé si tenga tiempo. No es algo que se me antoje. A veces he escrito diarios y cuando los he encontrado y releído me he aburrido. De todos modos, creo que uno mete mucho de uno mismo en todo lo que escribe.
-Por ejemplo, hay algo de Leonora Carrington que se asemeja a su vida, tuvo una educación parecida a la de la pintora [Poniatowska escribió su biografía].
-Sí, fuimos el mismo tipo de niña, de esas a las que les enseñaban a tocar el piano y a montar a caballo, a amar el campo, la adoración por las verduras, las frutas y todo lo verde.
-Pero su vejez, con respecto a la de la pintora, es muy distinta.
 
-La vejez te aísla porque la gente te va abandonando.
-Algo que a usted no le ocurre.
 
-Es así. Pero por las dudas, toco madera (y lo hace).
Lleva un traje azul y sobre sus hombros un chal de reciente adquisición, aunque no flamante. Para protegerla del frío y como gesto de respeto, una desconocida con la que apenas había cruzado unas palabras se lo quitó y regaló la noche anterior. Esa mujer ahora regresa a la universidad con su marido y se emociona al ver a Poniatowska cubierta con aquel pañuelo.
« Es justo aclararle hoy a mi nieta que soy una evangelista después de Cristo, que pertenezco a México y a una vida nacional que se escribe todos los días y todos los días se borra porque las hojas de papel de un periódico duran un día. Se las lleva el viento, terminan en la basura o empolvadas en las hemerotecas », pronunciaba en su discurso de aceptación del Premio Cervantes. Pero Poniatowska no se pierde entre la tropa de narradores que escriben el presente y así se ubica como exponente de una estirpe, ajena a esa que posee con sus gotas de sangre noble. De aquel pasado que procuró convertirla en una elegante jinete en París habla de una imagen y de un idioma que la identifica mucho más: « la Sancho Panza femenina ». Es ella una de las herederas de la tradición de cronistas de las Indias que describieron los escenarios y habitantes de América latina, esta vez, sin que su pluma sirviera a ninguna corona o iglesia. Rebelde y temeraria, Poniatowska se niega a conformarse con el hecho de que la historia la escriben los que ganan. A quien están siendo derrotados, a ellos, rescata del olvido.
[Fuente: http://www.lanacion.com.ar]

Jorge Eduardo Benavides ganador del XXV Premio de novela Torrente Ballester y del XIX Premio Unicaja Fernando Quiñones de novela, todo un experto en ganar premios literarios, recrea en « Volver a Shangri-La » con enorme sensibilidad e inteligencia la nostalgia y el dolor que causan el amor, y el exilio, la renuncia y la fortaleza de las madres, los roles sociales que mutilan la creatividad femenina, la erosión de la vida en pareja, y el lastre de los matrimonios fallidos, temas que indagan en el universo femenino tanto actual como de otras épocas.

Volver a Shangri-La
Escrito por EVARISTO AGUADO

A partir de una caja de fotos familiares, Mariana le cuenta la historia de su vida a su hija, para justificar la manera en que repetimos ciertas conductas, muchas veces a nuestro pesar.

Detalla cada una de esas imágenes, y se detiene en ellas para recuperar un pasado elusivo, esa infancia limeña que existe simplemente como algo destinado a añorarse, un paisaje que vibra de fugacidad antes de desaparecer por completo, igual que un espejismo en el calor del desierto. Los retratos no mienten para quien sabe mirar y desenmascarar la fragilidad de las poses.

Jorge Eduardo Benavides (1964, Arequipa, Perú) es un escritor peruano perteneciente a la generación de narradores del país de fines del siglo XX y principios del siglo XXI, y cuyos cuentos se mueven entre el realismo urbano (ambientados en los difíciles años de fines de los ’80 en Lima, época en que empezó su carrera literaria y que marcó su obra) e incursiones en asuntos fantásticos, denotando la impronta de Julio Cortázar, reconocida por el mismo autor.

Su obra novelística está marcada, en cierta forma, por la influencia del manejo técnico de las novelas del también escritor peruano Mario Vargas Llosa.
[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Recuperan as novelas do gran autor arxentino, de raíces galegas, no 90.º aniversario do seu nacemento

Retrato de Manuel Puig que ilustra la portada de la biografía «Manuel Puig y la mujer araña», escrita por su amiga la poeta Suzanne Jill Levine y publicada por Seix Barral en el año 2002.

Retrato de Manuel Puig que ilustra a portada da biografía «Manuel Puig e a muller rabuña», escrita pola súa amiga a poeta Suzanne Jill Levine e publicada por Seix Barral no ano 2002.

Por H.J.P.

«Non creo que teña habido outro escritor que lle dedicou tanto —tanto amor, tanto traballo, tanta sutileza— á insatisfacción feminina. Leo Cae a noite tropical como unha auténtica homenaxe ás insatisfeitas». Isto di a escritora e xornalista arxentina Tamara Tenenbaum no prólogo que preparou para a reedición da que foi a última novela do seu paisano Manuel Puig (Xeneral Villegas, 1932-Cuernavaca, 1990) e que chegará ás librerías a mediados de setembro. E é que o selo Seix Barral prepara, ao longo deste ano, a recuperación de todas as novelas do autor que creceu practicamente parello ao bum latinoamericano pero alleo a el. É máis, sacou adiante a súa obra coa súa hostilidade. Ese rexeitamento mesmo impediu en 1965 que levase o premio Biblioteca Breve coa traizón de Rita Hayworth, que acabou sucumbindo tras chegar empatado ao final con Últimas tardes con Teresa, de Juan Marsé.

Fronte á defensa que de Puig fixo Luis Goytisolo, Vargas Llosa plantouse con rotundidade, puxo en dúbida os seus valores literarios e mesmo ridiculizó ao autor ao comparalo con Corín Tellado. Goytisolo abandonou a deliberación. Pero aquilo non foi algo circunstancial. No 2001 Vargas Llosa volveu sobre as súas razóns e reafirmouse ao clasificar a literatura de Puig como light, «máis enxeñosa e brillante que profunda». Tampouco Borges tivo piedade, e, segundo Guillermo Cabrera Infante —uno dos valedores de Puig—, tachou a súa obra de «literatura Max Factor».

Precisamente, este camiño de desgustos e marxinación recólleo o investigador madrileño Manuel Guedán no seu ensaio Literatura Max Factor: Manuel Puig e os escritores corruptos latinoamericanos (Punto de Vista, 2018). O aludido tomáballo con ironía e chanceaba con que os señores do bum estaban anticuados e resultábanlle aburridos. Así, arrimábase a outras vítimas —como ela— da homofobia como José Lezama Lima, o propio Cabrera Infante e Severo Sarduy, e apelaba a clásicos alternativos como Roberto Arlt e José Bianco.

Fronte ao novo establishment, Puig opuña uns referentes formativos e emocionais situados na cultura popular, especialmente no cine, o radioteatro, a televisión, o cancionero e ata as revistas de actualidade. De feito, empezou escribindo guións que acabaron tornándose novelas. Como nunha xogada de azar e xustiza poética, a adaptación do bico da muller rabuña (1985) protagonizada por William Hurt e Raúl Julia catapultó a popularidade dos seus libros.

Aproveitando que en decembro se cumprirá o centenario do nacemento deste escritor neto de emigrantes españois (o seu avó, catalán; a súa avoa, galega), Seix Barral iniciou o rescate das súas novelas en novas edicións: O bico da muller rabuña (con prólogo de Antonio Muñoz Molina); A traizón de Rita Hayworth (Bob Pop); Pube anxelical (Camila Eslamiada); Boquitas pintadas (María Dueñas); e The Buenos Aires Affair (Mario Mendoza). A elas sumará en setembro Cae a noite tropical (Tamara Tenenbaum); Maldición eterna a quen lea estas páxinas (Claudia Piñeiro, outra neta da emigración galega); e Sangue de amor correspondido (Paulina Flores).

Un verdadeiro festín literario.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

De visita en España, donde recoge el Premio Formentor, y publica ‘La ola que lee’, un recopilatorio de sus ácidas y lúcidas críticas, habla con El Cultural

Publicado por Andrés Seoane

Inteligente y socarrón, irreverente y heterodoxo, el argentino César Aira (Coronel Pringles, 1949) destila en las entrevistas muchas de las claves de su literatura, como el gusto por el juego y la improvisación, que puntea la conversación de reformulaciones y frases sardónicas, o su manifiesto desdén por todos esos aparatajes que alejan la literatura del puro acto de escribir. Dueño de una obra que rebasa el centenar de volúmenes —sobre todo novelas cortas, a las que define como “cuentos de hadas dadaístas” o “juguetes literarios para adultos” y algunos ensayos—, repartida en multitud de editoriales, algunas minúsculas y ya desaparecidas y otras tan potentes como Penguin Random House, que cuenta con la Biblioteca César Aira, el escritor suele ser refractario a hablar con la prensa. “Tendría que repetirme… no soy Borges, para dar a cada tanto epigramas felices; yo estaría todo el día balbuceando tonterías”, bromea.

No obstante, se aviene a conversar con El Cultural sobre la radical originalidad de su idea y su uso de la literatura, recientemente reconocida por el Premio Formentor, que recibe mañana en Sevilla. “Este premio es el segundo que me dan, el primero fue el Manuel Rojas, en Chile. Creo que con estos dos puedo darme por satisfecho y cerrar el capítulo premios. A mi edad ya no los necesito, y en realidad no quiero, algo que puede hacer tan feliz a un joven escritor”, asegura. “Cuando tuve que pensar el discurso que no puede faltar en estas ocasiones, y que a mí me da más trabajo que escribir tres novelas, recurrí a un tema sobre el que había estado escribiendo unos relatos: la Educación Defectuosa que me propiné y que marcó mi vida”.

A pesar del revuelo levantado por el galardón —que ya llega tarde a la profecía que hizo Carlos Fuentes de que Aira ganaría el Nobel en 2020—, el escritor, que se mueve muy feliz en su lugar de escritor de culto, afirma no sentirse preocupado por el peligro de volverse todavía más conocido e incluso de acumular hordas de lectores. “Nunca tendré muchos lectores, porque lo que escribo es literario, metaliterario, hiperliterario… y la literatura es una actividad sumamente minoritaria”.

Ordenar la realidad

Pregunta. Sus novelas son definidas con toda clase de adjetivos casi antagónicos, ¿qué es lo que más le molesta de lo que se dice de su obra?

Respuesta. No me gusta que se hable de “delirio” refiriéndose a mis libros. No soy un delirante, ni en la vida ni en lo que escribo. El delirio es caos, y mi trabajo es crear un orden. El cuidado que pongo en resguardar lo verosímil debería demostrar cuánto uso hago de la razón. Y no intento huir de la realidad. Al contrario, querría llegar a ella, lo que no es tan fácil como parece darlo por sentado todo el mundo.

P. También se dice que su obra muestra una intención de sabotaje a la literatura o, al menos, a la idea convencional de literatura. ¿Está de acuerdo?

R. Venero a la Literatura, la reina de las artes, la más difícil, la más completa. Jamás haría nada para sabotearla o burlarme de ella. Y no hay idea convencional de la literatura. Si es convencional no es literatura, porque la literatura, tal como la entiendo yo, está ahí para desplazar las convenciones del lenguaje.

Si algo es convencional no es literatura. La literatura, tal y como la entiendo yo, está ahí para desplazar las convenciones del lenguaje

P. “La literatura no sirve para nada que no sea ofrecer el placer que produce”, ha asegurado. ¿Es un error que el escritor adopte cualquier tipo de compromiso?

R. No me parece afortunada esa frase que dije. Porque despejando la formulación por la negativa, termina diciendo que la literatura sirve a algo, y a algo tan poco presentable como el “placer”, que es un dispositivo burgués. No obstante, sí creo que la literatura como arte no tiene utilidad social, si alguien usa la literatura como vehículo para transmitir ideologías le está haciendo un disfavor. Los únicos libros que pueden enseñar algo son los best sellers, que están llenos de información, pero una buena novela no sirve para nada más que para disfrutar.

Buenas novelas son para Aira, claro, las de Balzac y Dostoyevski o las de ProustKafka Joyce, pero además rescata de la tradición argentina a autores como Osvaldo Lamborghini, a quien ha declarado su maestro, Manuel Puig, Juan José Saer y Roberto Arlt. Y por supuesto, a Borges, del que ha afirmado que “el día de su muerte fue como si se apagara una luz”. También se confiesa lector de novela policiaca, especialmente la inglesa clásica. “Eran escritores sutiles, inteligentísimos: Dorothy Sayers, Edmund Wilson… son fantásticos, gente con una gran ironía”.

No leer más de dos páginas

Menos entusiasta se muestra con la literatura contemporánea. “Hay mucho escritor joven que considera que sus opiniones, sus gustos, sus amores, son lo suficientemente interesantes como para ponerlos por escrito”, critica aludiendo a la autoficción. “Pero me mantengo bastante al tanto de lo que se escribe hoy, para lo cual no es necesario leer mucho, al contrario. Leo muchas dos primeras páginas, y estoy seguro de que cuando aparezca alguien de verdad bueno me voy a enterar”.

P. Y más allá de la tradición argentina y de literatura británica clásica, ¿qué lee con pasión César Aira?

R. El grueso de lo que leo es poesía. Les tengo poca paciencia a las novelas. Y he abandonado definitivamente todo intento de leer filosofía, divulgación científica o teoría postestructuralista, con las que perdí tanto tiempo (aunque el tiempo perdido es el más útil para los escritores).

« La imaginación está sobrevalorada, nunca genera nada nuevo. lo nuevo es producto del arte no de ningún tejemaneje psicológico« 

P. El jurado del Formentor le ha concedido el premio por “hacer algo que hasta ahora no había sido hecho y por la ironía lúdica de su impaciente imaginación”. ¿Está de acuerdo?

R. Es cierto que, a mi modo he sido un innovador. Mirándolo con retrospectiva veo que aporté algo distinto, pero nunca me lo propuse como un deber. Sobre la imaginación, creo que está sobrevalorada. Uno no puede imaginarse más que lo que ya tiene en la cabeza, en todo caso recombinando piezas, nada radicalmente nuevo. Lo nuevo es producto del arte, no de la imaginación ni de ningún otro tejemaneje psicológico.

Ser un escritor privado

P. Ha asegurado que se siente como Stendhal: “Me van a entender dentro de 50 años”. ¿Qué impide a la industria editorial, al grueso de lectores, entender su manera de vivir la literatura?

R. Le respondo con otra frase de Stendhal, la que habla de “el placer denso y profundo de escribir”. Los que hemos experimentado esa densidad y esa profundidad, que es en realidad lo que a mí me lleva a escribir por encima de todo, ya hemos saltado por encima de los cincuenta años, y de los cien y los mil. A mí ya no me preocupa, nunca lo hizo mucho realmente, la industria editorial ni el lector, sino escribir mi paginita diaria, a veces más, o un poco menos. Me gusta escribir muy despacito, pensándolo bien.

P. En este sentido, ha clamado muchas veces contra la pérdida de esa concepción dramática del artista, tan decimonónica. ¿Cuándo se convirtió el escritor en un opinador profesional?

Seguro que Proust o Kafka tenían opiniones y anécdotas, pero por fortuna su época no les ofreció medios para ventilarlas

R. El cambio es bastante reciente y me parece que ver a esos señores tan aburguesados, tan banales, opinando en televisión puede matar muchas vocaciones. Y eso es dramático, porque yo pienso que la literatura en todo su poder solo puede ejercerla un joven muy joven, un adolescente. Supongo que se debe a que hay más plataformas de emisión. Seguro que Proust o Kafka tenían opiniones políticas, comidas preferidas, y anécdotas divertidas, pero afortunadamente su época no les ofreció medios donde ventilarlas.

A este respecto se despacha a gusto Aira en sus críticas, que estos mismos días ha publicado Literatura Random House bajo el título La ola que lee. Artículos y reseñas (1981-2010). En la pieza “Simulacros literarios del boom” se despacha contra los García MárquezVargas Llosa y Carlos Fuentes, diciendo: “Lo malo es que un escritor importante deja de ser un escritor para transformarse en un funcionario del sentido común”. Sin embargo, Aira, en su línea reconoce que “no estoy muy orgulloso de mis intervenciones críticas. Las hice para probar, o probarme, que yo también podía hacerlo, pero nunca me comprometí sinceramente con mis opiniones”.

Mejor pluma que pincel

Otro mundo en el que no se siente cómodo actuando es el del arte, a pesar de ser difícil hallar un escritor cuya literatura esté tan conectada con el arte contemporáneo. “Las artes plásticas son un estímulo para mí, una referencia, un desafío. Muchas veces he querido hacer algo en ese campo, pero en el último momento, cuando ya estoy con el pincel en la mano, me doy cuenta de que escribiendo lo puedo hacer mejor”, explica el autor. Sin embargo, sí alude con frecuencia a la pintura para desarrollar conceptos.

Por ejemplo, para explicar su manera de escribir, ese ir hilando un acontecimiento tras otro hasta que el libro termina, muchas veces sin un final claro. “Supongo que la disyuntiva se da entre una composición armónica, como en los cuadros de Poussin, y el all-over de Pollock. Yo nado entre dos aguas. Creo que mi preferencia va a Poussin, pero me aburro pronto y lo dejo sin terminar. Y la mitad de abajo o arriba, de un Poussin puede parecer tan insensato como un Pollock”.

P. Se habla mucho del humor en su obra, pero es otra aseveración que no le gusta mucho. ¿Por qué?

R. En realidad nunca pretendo hacer humor. Puedo equivocarme, pero creo que lo que parece humor en mis libros es resultado de un cierto distanciamiento irónico del discurso realista. Cuando la gente ve que alguien no se toma en serio lo que ellos siempre se han tomado en serio, se alarma y pone la palabra Humor como escudo.

Nunca hago humor. Cuando la gente ve que alguien no se toma en serio lo que ellos sí, se alarma y usa la palabra humor como escudo

P. Lo que sí destaca en sus textos es que salta sin complejos de las referencias cultas a las populares. ¿Ya no hay fronteras entre alta y baja cultura?

R. Creo que la frontera sigue vigente. La alta y la baja cultura no se definen por los materiales puestos en juego sino por la actitud del jugador. En mi caso, todo es alta cultura. Los elementos televisivos, o populares en general, que suelo injertar en lo que escribo quedan como un collage, nunca se integran realmente.

P. Podría pensarse que más de cien libros son suficientes para dejar de escribir. ¿No se plantea abandonar la literatura o, si acaso, la publicación?

R. Bueno, mis libros se han ido haciendo más y más delgados con el tiempo. Hasta hace poco me costaba pasar de las cien páginas, pero ahora ya me cuesta pasar de las veinte. Se parece a una extinción natural, ¿no?

[Fuente: http://www.elespanol.com]

Derian Passaglia escribe sobre Diccionario de autores latinoamericanos, un libro de César Aira donde se consignan entradas biográficas de diferentes escritores, y donde lejos de la neutralidad el autor realiza valoraciones sobre cada uno de ellos.

Cuando andaba en pleno descubrimiento de la literatura, en la adolescencia, me encantaba entrar a una página que nunca actualizó su diseño, y permanece inalterable en el tiempo instantáneo de internet, con su fondo gris y su apariencia de museo. Pasaba horas sentado recorriendo El Poder de la Palabra, así se llama, leyendo biografías de escritores, paseando por los países y los premios de todo el mundo, mirando las fotos, chusmeando las obras. Ese fue mi pre Wikipedia, mi Enciclopedia Britannica borgeana. Hay una foto que encontré en el verano, cuando volví a casa de mi mamá y me puse a revolver cajas: estoy en mi pieza, en pijama, los cachetes inflados y granos, el pelo sucio, abrazando a la computadora que está prendida y en la que se ve la página El poder de la palabra y la biografía de Eugene Ionesco.

Hace poco me pasaron por Whatsapp el libro Diccionario de autores latinoamericanos (Emecé, 2001) de César Aira. El libro, de más de seiscientas páginas, no es más que eso: entradas de escritores latinoamericanos ordenados alfabéticamente. Cada biografía, según la importancia de cada escritor, no ocupa más que media página, y aparenta dos elementos que en realidad no tiene: exhaustividad y objetividad. Estos dos elementos que le faltan al diccionario en realidad son sus virtudes.

Por debajo de esa prosa informativa, que a Aira tanto encanto le produce a la hora de narrar, están las opiniones del propio escritor. Según parece, Aira estuvo un año entero encerrado en la biblioteca leyendo todos los autores que aparecen en el Diccionario (¿es cierto, leyó todos?), que fue un encargo editorial. Mito o realidad, el dato sirve a la construcción de la figura del propio Aira como un escritor erudito (justamente él, que fue acusado por Pigla de “nerd”), enciclopédico, archivista, punto de contacto con Borges; le sirve también para desmitificar la sentencia maliciosa del propio Piglia.

El Diccionario se puede leer por cualquier lado, como Rayuela. Yo hice mi propio recorrido. ¿Qué pensará Aira del realismo mágico?, me dije, más allá de las declaraciones que pueda haber hecho a algún periodista siempre a la pesca del título amarillista. Los recorridos son múltiples, y dependen de la inventiva de cada lector. Se podría buscar, por ejemplo, cómo ve Aira a la literatura chilena buscando los escritores que compiló, o dónde fecha su comienzo y hasta dónde llega la literatura latinoamericana, cuáles son las ausencias y cuáles aquellos a los que dedica más espacio.

De García Márquez, la máxima figura del realismo mágico, dice que es un “colosal éxito de crítica y ventas”. Señala, entre comillas, su “‘latinoamericanismo’ programático”, como la marca que encontró García Márquez para vender sus productos literarios. De otro nobel del realismo mágico, el peruano Vargas Llosa, afirma que “es uno de los más exitosos novelistas del mundo contemporáneo”, anteponiendo el éxito a cualquier otra valoración literaria. En menos de una oración desarma su estructura narrativa: “[En La ciudad y los perros] luce ya la técnica, que luego el autor perfeccionaría, de una narración en varios planos simultáneos, formando un puzzle a cuyo desciframiento el lector no tarda en habituarse; pero es preciso aclarar que una vez rearmados esos elementos, la narrativa de Vargas Llosa es estrictamente realista”. Como García Márquez, Vargas Llosa no es más que un escritor ingenioso, un puro técnico que no experimenta con las formas sino que apenas las desordena.

A Cortázar le dedica casi una página y media. Parecen gustarle sus primeros cuentos, en especial su primer libro, Bestiario (1951), del que dice que vuelve a repetir con otros temas en sus cuentos de madurez. Califica su militancia política de “izquierdismo romántico ejercido con ardor y lealtad adolescentes”. Para Aira, Cortázar nunca maduró. De manera subrepticia y sutil, lo llama mediocre: “Con sus altos y sus bajos (nunca llegan a los extremos de lo uno o lo otro)…”

De Carlos Fuentes asegura que es “uno de los más leídos y celebrados” de Latinoamérica. Leídas a día de hoy, las experimentaciones con el tiempo y las personas gramaticales de los escritores del boom parecen ingenuas; las multiplicaciones de planos, los “puzzles”, las distintas formas de quebrar la cronología -esfuerzos que se notan-, Aira las califica como “densas” en la entrada del escritor mexicano. Rescata una novela, que curiosamente tiene el mismo título que una de sus mejores obras, Cumpleaños (1969), y que elogia con un “indiscutible encanto borgeano”.

Roa Bastos, la máxima figura del escritor en Paraguay,  es de un “denso barroquismo”, aunque habla bien de Yo, el Supremo (1974) por encima de otras novelas de la época: “una de las pocas realmente buenas de las incluidas en el ‘boom’ de la novela latinoamericana”, que lleva a su culminación el género “novela de dictador”.

“Escritura, ensoñación y fracaso”, tres características que da de Onetti. Quizá el autor del realismo mágico que le gusta de verdad, ya que dice que es “magistral” tanto en sus cuentos como en sus novelas. De los autores del realismo mágico que compila, precisamente Onetti es el más denso y de prosa envejecida, un Saer rioplatense igual de pretencioso.

Antes que escritor, al chileno José Donoso lo califica como “profesor”, título que también le dio a Piglia cuando lo llamó nerd. Dice que demuestra un “límpido oficio”, pero se nota su desprecio cuando afirma que sus estructuras narrativas son “acertijos sociales”.

 

[Fuente: http://www.eltrueno.com.py]

 

 

 

Ascot expresó su rechazo a lo dicho por el Nobel de Literatura sobre el idioma español como salvador de la ‘barbarie’ que había en la región antes de la colonización.

“El multilingüismo no ha sido ni es obstáculo entre los pueblos; antes bien, favorece dinámicas interlingüísticas probablemente censuradas por ciertos discursos ultraconservadores cada vez menos en boga”.

Así lo señaló la Asociación de Correctores de Textos del Perú (Ascot), en respuesta a las cuestionadas declaraciones de Mario Vargas Llosa sobre las lenguas originarias y el papel ‘salvador’ del español.

Cabe recordar que, en una entrevista con La Tercera, el novelista indicó que “en el pasado había 1.500 lenguas en América y como en ese entonces no se entendían, entonces se mataban. El español vino a resolver ese problema”.

Discursos anacrónicos

A través de un pronunciamiento, Ascot indicó que las respuestas dadas por el escritor al diario chileno siguen a las ideologías que tiene en torno a las lenguas originarias.

“Desde la perspectiva del escribidor la lengua tanto de Cervantes como de Pizarro vino a salvarnos de matanzas injustificables por una supuesta imposibilidad de comunicación”, señala el comunicado.

Teniendo en cuenta que “las lenguas son expresiones legítimas de identidad”, la asociación también recuerda que, discursos como el de Vargas Llosa forman parte de “discursos anacrónicos puristas que ya ni la Real Academia Española esboza”.

“Resulta dramático que el escritor enarbole sistemáticamente el discurso del español como crisol de los «verdaderos» valores que debe asumir el mundo civilizado, el culto, el moderno, en desmedro de los «falsos» valores del mundo bárbaro, ignorante, casi prehistórico”, se sostiene.

En ese sentido, lamentan las expresiones del nobel de Literatura y llaman a que se establezcan, en un marco de respeto a la diversidad, actitudes más críticas sobre el fenómeno lingüístico.

Sesgos expuestos

Como se recuerda, las declaraciones de Mario Vargas Llosa fueron publicadas en una entrevista del 17 de abril para el diario chileno La Tercera, donde, entre otros aspectos, le consultaron sobre el fortalecimiento de los movimientos indígenas.

Dentro de su discurso de progreso, Vargas Llosa señaló que el ‘reforzamiento de movimientos indigenistas’ en la región y en el caso específico de Chile “es un fenómeno que está mirando hacia el pasado”.

Así, remarcando la idea de América Latina como una región “subdesarrollada”, el novelista señaló que “no tiene sentido mirar al pasado”.

Además, indicó que el idioma español “integró a América Latina”, por lo que “tenemos que agradecerle mucho a los españoles porque sentaron las bases de una comunidad”.

En la misma entrevista, habló sobre los nacionalismos, las divisiones, la “ausencia de una cultura democrática” en América Latina.

Al referirse a la situación del Perú, también ofreció unas declaraciones poco afortunadas sobre el actual presidente Pedro Castillo, a cuyo gobierno equiparó con el de Venezuela, Nicaragua y Cuba.

“El Perú no sale adelante, está entrampado, por haber elegido mal, por haber elegido un presidente que es absolutamente un analfabeto”, señaló Vargas Llosa, quien agregó los cuestionamientos de corrupción y mal manejo del gobierno.

A pesar de la dirección de sus cuestionamientos, las declaraciones del escritor peruano nacionalizado español terminaron por despertar críticas contra él mismo, en otro lamentable episodio que suma Vargas Llosa a su reciente historial.

 

[Fuente: http://www.servindi.org]

Extraía frases e ideas que lle chamaron a súa atención ou expresaba a súa opinión sobre o contido e escribíaas en pequenos papeis que logo metía entre as páxinas dos libros unha vez lidos

Mario Benedetti en el año 2003

Mario Benedetti no ano 2003

 

Escrito por GUZMÁN ROBADOR

A biblioteca persoal madrileña do uruguaio universal Mario Benedetti, integrada por máis de 6.000 exemplares e depositada nas instalacións do Centro de Estudos Literarios Iberoamericanos que leva o seu nome (CeMaB), na Universidade de Alacante (UA), atesoura entre as páxinas dos libros que a conforman anotacións manuscritas do autor da tregua que revelan a súa faceta tanto de lector como de crítico literario.

Mario Benedetti (1920-2009), quen viviu parte do seu exilio na capital de España, doou en 2006 á UA, coa que mantiña un estreito vínculo, esta biblioteca que alberga, dentro do seu abundante material, obras de escritores coetáneos, moitos deles amigos seus: Juan Gelman, Gonzalo Vermellas, Roberto Fernández, José Luis Sampedro, Gabriel García Márquez, Julio Cortázar ou Mario Vargas Llosa, entre outros.

Da lectura deses e outros autores extraía frases e ideas que lle chamaron a súa atención ou expresaba a súa opinión sobre o contido e escribíaas en pequenos papeis que logo metía entre as páxinas dos libros unha vez lidos, segundo explicaron, nunha entrevista a EFE, a directora e a secretaria académica do CeMaB, as profesoras da UA Beatriz Aracil Home e Mónica Ruiz Bañuls, respectivamente.

Estas anotacións, que agora están a ser catalogadas e dixitalizadas para que sexan obxecto de investigación, desvelan «o Benedetti lector-crítico da obra doutros autores», sobre todo dese «grupo de amigos que escribían cunhas inquietudes semellantes e que estaban explorando unha forma de escritura que a un lector externo pódelle parecer moi sinxela, pero que no fondo tiña un traballo enorme de reflexión e depuración», subliñou Aracil Home.

Como botón de mostra, expuxeron Aracil Home e Ruiz Bañuls, hai anotacións de Benedetti sobre o libro «Se dulcemente», de Juan Gelman, conservadas dentro do exemplar. Ademais deses apuntamentos, nos que destacaba que versos interesábanlle especialmente, introduciu nas súas páxinas dous recortes de xornal sobre esta obra: unha recensión redactada polo propio poeta uruguaio e un artigo alleo publicado nun diario da época.

Comprometido coa súa época

A súa fonda visión reflexiva plásmase igualmente noutros dos volumes que forman parte da súa biblioteca madrileña, a do exilio, como, por exemplo, os apuntamentos atopados en dous libros de Gonzalo Vermellas, un dos seus «moi queridos» autores, As fermosas. Poesía de amor e Materia de testamento; os gardados en Poesía, hoxe, de Gabriel Celaya, representativo dun estilo poético como «arma de combate».

Tamén, os achados na encrucillada salvadoreña, de Claribel Alegría, nos que incorpora a morte do arcebispo de San Salvador Óscar Arnulfo Romero, asasinado en 1980 mentres celebraba misa.

Mesmo as súas inquietudes, de amplo espectro e diversidade temática, céntranse tamén nunha das súas grandes afeccións, o fútbol, xa que apareceron anotacións escritas por Benedetti sobre o libro «Os silencios do traveseiro», de José Ramón da Morena, dentro do exemplar da súa biblioteca.

Todos os breves manuscritos recompilados por CeMaB reflicten «o Benedetti lector» que despois envorcaba parte das reflexións xurdidas tras a lectura dos libros na súa propia creación literaria e, ao mesmo tempo, fálannos dos intereses literarios e culturais do momento e del mesmo, un poeta perfeccionista coa súa obra ao máximo e un intelectual comprometido coa súa época: defensor da liberdade de expresión, apoiou a revolución cubana de Fidel Castro como parte dunha utopía política e cultural.

O CeMaB está realizando agora a catalogación e dixitalización de todas estas anotacións do autor uruguaio sobre as obras destes literatos que forman parte da súa «viva» biblioteca co obxectivo de que sirvan de material de estudo para investigadoras e investigadores de España e outros países, unha tarefa que podería estar rematada nun ano e medio.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

El escritor hispano-peruano Mario Vargas Llosa ha presentado en el Ateneo madrileño, no hay lugar más galdosiano en Madrid que dicha institución, su nuevo libro “La mirada quieta (de Pérez Galdós)”, un pormenorizado estudio de todas las obras de teatro y de las novelas del genial escritor canario, aunque algunos no lo reconozcan así, ya al que la Iglesia católica le hurtó un merecidísimo premio Nobel de Literatura. Nunca le perdonaron obras suyas como “Electra” o “Tormento”.

Mario Vargas Llosa

Presentación del libro La mirada quieta (de Pérez Galdós)

Escrito por JAVIER VELASCO OLIAGA

Para el autor galardonado con el Nobel de Literatura, “el libro es el resultado de la pandemia. Quise leer toda la obra narrativa de Pérez Galdós durante ese tiempo, que en un principio iba a durar unos pocos días y que se demoraron hasta los 18 meses que estuvimos casi encerrados. En ese tiempo, pude leer toda su producción teatral y todas sus novelas, incluidos los Episodios Nacionales, y también parte de su producción periodística”. Hay que recordar que don Benito comenzó su carrera como periodista en diversos periódicos, llegando a realizar numerosas crónicas parlamentarias, algunas de las cuales las escribió cuando fue diputado en Cortes durante tres legislaturas.

“Benito Pérez Galdós presenta en los Episodios Nacionales una historia ligera, cómoda y simpática de los principales episodios del siglo XIX. Su gran valor es que está muy documentada y buscó siempre la objetividad. Dio una visión como novelista más que como historiador. Lamentablemente, no llegó a concluir los Episodios tal y como había planificado. Su éxito en el teatro le distrajo de ese proyecto”, recordó Mario Vargas Llosa en la rueda de prensa en la que estuvo acompañado por la editora Pilar Reyes.

Vargas Llosa hizo algunas declaraciones un tanto provocativas sobre el escritor canario. “Fue un escritor muy irregular, alternando obras maestras con otras más fáciles de leer, y no fue tan moderno como Clarín. Se ha hablado mucho sobre la influencia de Flaubert en su obra, pero no se parecían en mucho”, sostuvo el escritor que para él sus mejores obras son “Fortunata y Jacinta” y “Misericordia”, obviando las cuatro novelas de Torquemada, sin duda su obra cumbre.

“Pérez Galdós fue muy crítico con la Iglesia católica, sobre todo con la presencia de la Iglesia en la vida de las personas”, señaló Vargas Llosa. Esa inquina que tuvo el escritor canario le costó el galardón del Premio Nobel de 1912, cuando casi lo tenía ganado y la Iglesia católica maniobró para desprestigiarlo. Nunca le perdonaron que escribiese obras como las reseñadas anteriormente. La Iglesia avaló a Marcelino Menéndez Pelayo como candidato al Nobel, y la Academia sueca al ver la disparidad de criterios que se propugnaba desde España optó por concedérselo al poeta y novelista polaco Gerhart Hauptmann.

“Pérez Galdós fue muy crítico con la Iglesia católica”

Para el nobel, “Galdós hizo un esfuerzo de objetividad en los Episodios Nacionales yendo en contra de sus propias convicciones políticas”. Los episodios que más le han gustado han sido todos aquellos que tienen que ver con el levantamiento contra los franceses protagonizados por las clases populares. “Todos los que tratan a las guerrillas están excelentemente bien narrados”, afirmó rotundo. Para posteriormente decir que “Galdós fue un personaje contradictorio y muy mal humorado”. Otro de los episodios que le ha apasionado fue el del asesinato de Prim.

Mario Vargas Llosa ha creado un perfil completo, personal y sugerente del escritor español. Nadie como el nobel peruano es capaz de analizar con tal lucidez la obra de un creador. En palabras suyas, «Galdós hizo lo que Balzac, Zola y Dickens hicieron en sus respectivas naciones: contar en novelas la historia y la realidad social de su país. Con sus Episodios estuvo en la línea de aquellos, convirtiendo en materia literaria el pasado vivido, poniendo al alcance del gran público una versión amena, animada, bien escrita, con personajes vivos y documentación solvente, de un siglo decisivo de la historia española».

“Hoy nos parece increíble la hostilidad que despertó Pérez Galdós en su propio país, en aquellos años en que escribía sus novelas, sus obras de teatro y los Episodios nacionales. Tenía sus partidarios, por supuesto, pero me temo que sus adversarios fueran más numerosos. Como revela Francisco Cánovas Sánchez en su ensayo, se decía de él que sus libros apestaban «a cocido», que escribía con vulgaridad, sin elegancia, y es famoso el insulto que le dedicó Valle-Inclán en Luces de Bohemia llamándolo «garbancero», un apodo que nunca se pudo quitar de encima. Se vio, sobre todo, cuando hubo un movimiento espontáneo de sus admiradores; unos quinientos escritores, periodistas y artistas pidieron para él el Premio Nobel de Literatura en 1912, cuando el autor tenía sesenta y nueve años. Al parecer, la Academia sueca recibió listas de firmas de España combatiendo esa idea que superaban en número a las que respaldaban su candidatura, objeciones que procedían de círculos católicos ultras que lo consideraban un librepensador extremista. Nadie es profeta en su tierra y en la España de Pérez Galdós, todavía impregnada entonces de un catolicismo estrecho y sectario, se lo tenía injustamente por un «liberal» comecuras, aunque nunca lo fuera: su liberalismo y republicanismo fueron discretos y, sobre todo, tolerantes. Con razón y la claridad que lo caracteriza, el escritor y poeta Andrés Trapiello dijo de aquella operación sueca contra Galdós: «Fue el triunfo de la roña y la sarna españolas frente a los principios liberales”, escribe Vargas Llosa en el prólogo de su nuevo libro.

Para finalizar, el premio nobel sostuvo que “Galdós conoció de primera mano las enormes diferencias sociales que había en el Madrid de su época. La miseria extrema de algunos de sus barrios y lo narró de forma trágica, aunque siempre con destacando la alegría de vivir y el humor que tenían los madrileños, siempre riéndose de sí mismos y contando chistes”. Para el escritor, “Galdós no estaba considerado como un estilista refinado sino que se le consideraba vulgar y demasiado popular”, concluyó. Lo que demuestra la poca o nula sensibilidad literaria de muchos críticos literarios.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Les prix et distinctions littéraires sont-ils compatibles avec toutes les convictions politiques ? En 1971, les membres de l’Académie suédoise, institution qui décerne le Prix Nobel de littérature, se posaient déjà la question. À l’idée de remettre la récompense au Chilien Pablo Neruda, un des membres évoquait, comme un obstacle, « la tendance communiste de plus en plus prégnante dans sa poésie ».

ActuaLitté

Publié par Antoine Oury

L’entrée de Mario Vargas Llosa sous la Coupole, après son élection à l’Académie française, avait soulevé des interrogations : un soutien déclaré de candidats réactionnaires et d’extrême droite — doublé de soupçons d’évasion fiscale — pouvait-il « défendre la langue française » ?

L’habituelle question — faut-il séparer l’homme de l’œuvre ? – revient lorsque l’on évoque Roman Polanski ou Louis-Ferdinand Céline. Des membres de l’Académie suédoise se la posaient déjà au début des années 1970. Chargés de décerner le Prix Nobel de Littérature, qui consacre l’Œuvre d’un auteur, ils hésitaient en 1971 entre plusieurs personnalités : WH Auden, James Baldwin, Philip Larkin, Jorge Luis Borges, André Malraux — et une seule femme, Marie Under.

Pablo Neruda sera finalement le lauréat de cette année 1971, mais sa nomination fut précédée d’intenses débats, comme le révèlent des archives récemment rendues publiques en Suède. Kaj Schueler, journaliste, a eu accès à des documents qui retracent les discussions de cette année-là, au sein du comité derrière le Nobel de Littérature.

Les engagements et opinions politiques de Neruda y sont longuement évoqués, notamment par l’écrivain suédois Anders Österling (1884-1981), entré à l’Académie suédoise en 1919.

Les “hymnes à Staline” de Neruda

Österling salue ainsi le « pouvoir naturel de la poésie [de Neruda] ainsi que sa dynamique vitalité », mais s’inquiète de savoir si « la tendance communiste de plus en plus prégnante dans sa poésie est compatible avec l’esprit du Prix Nobel ».

Selon le testament du chimiste Alfred Nobel (1833-1896), à l’origine des récompenses qui portent son nom, les Prix Nobel sont décernés à des personnalités qui ont « fait la preuve d’un puissant idéal ». L’idéal communiste n’était visiblement pas du goût d’Österling, qui s’était aussi, par le passé, opposé au nihilisme de Samuel Beckett.

Dès 1963, plusieurs années avant le débat autour de l’élection de 1971, Österling avait manifesté des réserves vis-à-vis du candidat Neruda, notamment en raison de textes dédiés à Staline. « La pensée d’un écrivain — qu’il soit marxiste, syndicaliste, anarchiste ou autre — relève de sa liberté. Toutefois, Neruda est totalement engagé politiquement, que ce soit par ses hymnes à Staline ou ces autres travaux de propagande. Considérant ceci, j’ai des réserves sur sa candidature, sans toutefois la rejeter par avance », soulignait-il.

Chant à Stalingrad (1942) ou Nouveau chant d’amour à Stalingrad (1943) constituent des exemples de textes tournés vers Staline, qui jouit alors d’un prestige international en raison de la contribution de l’URSS à la défaite de l’Allemagne nazie, suite à la rupture du pacte germano-soviétique en 1941.

Soutien de Salvador Allende, président du Chili à partir de 1970 et jusqu’au coup d’État fasciste d’Augusto Pinochet, en 1973, Neruda avait trouvé la mort peu après cet événement, dans des circonstances encore floues. En 2017, il avait été révélé que son certificat de décès, qui mentionnait un cancer, était un faux, relançant les hypothèses autour d’un assassinat de l’auteur en raison de son soutien à Allende.

En 1971, Österling fut finalement convaincu par ses collègues, puisque Neruda devient cette année-là le second auteur chilien récompensé, après l’autrice Gabriela Mistral, en 1945.

 

[Photos : à gauche, Pablo Neruda en 1963 ; à droite, Anders Österling au début du XXe siècle – source : actualitte.com]

Los dictadores

Escrito por Mario Vargas LLosa

He renunciado a encontrar el periódico francés que publicó el texto de los cinco profesores que protestaron contra mi elección a la Academia Francesa, pero reconozco que esa protesta era legítima. No así, sin embargo, que, según los periódicos peruanos, esos profesores me tacharan de “pinochetista”. Nunca lo fui. El mismo día del golpe de Pinochet, en 1973, lo ataqué duramente en la televisión francesa y debo haber firmado, además, cerca de 20 manifiestos protestando contra los crímenes cometidos por la dictadura chilena, a la que incluso fui a criticar a Santiago de Chile y a solidarizarme con sus adversarios.

Tengo, desde niño, una aversión visceral contra todos los dictadores que han ensombrecido la historia política de América Latina e impedido que el sueño de Bolívar —una unidad continental a la manera de EE UU— se realizara.

Yo no tenía siquiera el uso de la razón, y ya en mi familia éramos enemigos de los dictadores. El dictador de turno en el Perú, el general Odría, había depuesto mediante un golpe militar al Dr. José Luis Bustamante y Rivero, pariente de mi abuelo materno.

Había en la familia un culto heroico por José Luis Bustamante y Rivero. Por lo elegante y bien hablado que era, como buen arequipeño, por lo bien que se vestía y el cuidado que tenía con las palabras que decía también, y con las erres arequipeñas que no podía pronunciar jamás ningún limeño. Yo lo había visto y hasta hablado con él, aquella vez que José Luis estaba de embajador del Perú en La Paz y había venido a alojarse en nuestra casa, en Cochabamba, donde mi abuelo era cónsul del Perú. Siempre recordaba la buena propina que había deslizado en mis manos cuando José Luis partió, con su sombrerito y sus anteojos que imponían tanto respeto como sus espléndidos discursos.

Él habría sido un lujo de presidente, aunque el patán de Odría, y sus tanques solo le permitieran ejercer la presidencia del Perú que había ganado en comicios legítimos tres de los cinco años para los que lo eligieron los peruanos.

Yo crecí odiando a Odría, como toda mi familia materna, y de ahí me venía el rechazo a esa especie horrenda: los dictadores que, en ese tiempo (ahora vuelven de nuevo), eran la peste de América Latina. Yo no había leído aún a Jan Valtin que sería mi primer guía político, pero ya detestaba a esos generales que se creían que la presidencia del país era lo que les correspondía luego del generalato y para eso, tenían los tanques.

Los dictadores me alejaron del partido comunista, en el que milité en el primer año de la Universidad de San Marcos, y de Cuba, pese a las muchas réplicas que recibí defendiendo las elecciones libres y el derecho de cada pueblo de elegir a sus gobernantes en comicios legítimos.

Ese ha sido un eterno malentendido con los militantes de la extrema izquierda: su convicción de que había dictadores “buenos”, como Stalin o Fidel Castro. Yo creo, y es una de las convicciones a la que he sido fiel en mi vida política, que todos los dictadores, sean de derechas o de izquierdas, son malísimos, autores de todos los atropellos y robos, y que los países que han alcanzado la civilización política no eligen a ningún dictador, sino permiten que el pueblo elija a sus presidentes en elecciones libres y auténticas.

Desde luego que los pueblos pueden equivocarse, como ha ocurrido en Venezuela o en Cuba, y elegir mal, errores que suelen traer nefastas consecuencias a sus pueblos y que demoran muchos años en corregirlas.

Los regímenes democráticos se pueden equivocar, y el ejemplo que acaban de dar los peruanos es más que suficiente. Los peruanos han elegido, y con mis propios votos, a muchos ladrones, creyéndoles honrados. Pero esos errores pueden corregirse a tiempo y se han corregido o se van a corregir en tanto que una dictadura es mucho más difícil de rectificar pues cuenta con esos convencidos de que la justicia social pasa por un régimen autoritario, aunque nunca se haya conseguido semejante demostración.

Por eso prefiero los regímenes democráticos a las dictaduras, de derechas o de izquierdas, que se confunden y confunden a sus víctimas. Las mediocres democracias son preferibles, aunque ellas acusen muchas deficiencias, entre las que prevalecen, en el mundo subdesarrollado sobre todo, las manos largas de los gobernantes elegidos o por elegir. Hay más ocasiones de mandarlos a la cárcel en esos regímenes débiles que en los solemnes y secretos que guardan sus vergüenzas para ciertas ocasiones. Y, como los ejemplos son innumerables, para cuando los dictadores ya estén muertos o enterrados.

La más mediocre democracia es preferible a la más perfecta dictadura, estén a la cabeza de ella Pinochet o Fidel Castro. Esta es mi divisa y por eso defiendo a las imperfectas democracias frente a todas las dictaduras sin excepción. Esta es una elección muy simple y quienes me juzgan políticamente deben tenerlo en cuenta sin equivocación.

Ahora acaba Chile de celebrar elecciones y no hay duda, para mí, en el momento presente, que el grueso de los electores chilenos ha cometido una grave equivocación. Chile ha sido, para los liberales del mundo entero, un ejemplo. Por eso nos ha sorprendido tanto la violencia de las manifestaciones en las que una muchedumbre quemó edificios y estaciones de metro. Nada parecía indicar que esta sería la respuesta popular a una economía ascendente, en la que todas las fuerzas políticas, sin excepción, parecían estar de acuerdo. Sin embargo, no era así, lo que sorprendió a todo el mundo. ¿Qué había ocurrido para que el país que parecía privilegiado en América Latina, mostrara una cara tan distinta y tan feroz? Yo apoyé a Kast, que me parecía representar una continuación sensata de la política económica que había llevado a Chile casi a alcanzar a ciertos países europeos y a distanciarse mucho del resto de América Latina. Pienso, por eso, que los chilenos, dándole la sólida victoria a Boric, se han equivocado. Pero su derecho a equivocarse debe ser tenido en cuenta y respetado. Algo debía de andar mal allí cuando Boric ha obtenido una victoria tan inequívoca y clara. Sobre todo, teniendo en cuenta, que las críticas de Boric han afectado a la política económica, en primer lugar, en lo que al electorado chileno parece haberle dado la razón. Es muy desconcertante, sin duda, que un país rechazara de manera tan evidente lo que parecía traerle beneficios múltiples. Pero así son las cosas de la vida política: algo tan inesperado y sorprendente como lo ocurrido en este país. En cualquier caso, esta nueva política, que corrige a la otra, debe ser puesta en marcha aunque tenga consecuencias muy negativas para el país que parecía crecer de manera sistemática en los últimos años. Ya tendrá tiempo Chile de corregir su error, si lo fue, y mantener los logros que alcanzó con la política que ahora ha rechazado.

Estas son mis convicciones. Puedo equivocarme, pero, en todo caso, mis errores responden a una idea que, me parece, es profundamente democrática: los pueblos tienen derecho a equivocarse. En una democracia, estos errores pueden ser rectificados y enmendados.

 

[Ilustración: FERNANDO VICENTE – fuente: http://www.elpais.com]

Un grupo de intelectuales franceses mostró el jueves (9.12.2021) su rechazo al ingreso del hispano-peruano Mario Vargas Llosa en la Academia Francesa de la lengua, a causa de sus tomas de posición política cercanas a la extrema derecha. En una tribuna publicada en el diario Libération, los firmantes expresan su « estupefacción » por la inclusión del nobel de Literatura de 2010 en el selecto grupo de « los inmortales », que deben velar por el lenguaje francés. « Esta decisión presenta graves problemas éticos », indican los cinco intelectuales, que recuerdan el reciente apoyo de Vargas Llosa al candidato de extrema derecha a la presidencia de Chile, José Antonio Kast, a quien definen como « nostálgico defensor de la dictadura militar de Pinochet ».

Señalan también su apoyo al actual presidente de Colombia, Iván Duque, que « acabó con los acuerdos de paz firmados en 2016 » con la guerrilla de las FARC y que disuelve manifestaciones « a disparo limpio ». Los firmantes también rememoran su apoyo a la candidata a la presidencia Keiko Fujimori en abril pasado, que no acepta el resultado de los comicios y niega la legitimidad del ganador, Pedro Castillo.

« Mancilla la imagen de Francia en América Latina »

Fujimori « hace campaña por la destitución del nuevo presidente. Grupos de ultraderecha atacan físicamente a personalidades políticas de centro izquierda y centro derecha. Algunos piden un golpe de Estado. Vargas Llosa ha jugado un papel activo en la llegada de este caos a Perú haciendo una campaña sin reservas en favor de Keiko Fujimori, a la que presenta como último obstáculo contra el comunismo », escriben. Finalmente, hacen notar que Vargas Llosa pidió en 1995 « enterrar el pasado » en Argentina, en referencia a los crímenes cometidos por la dictadura en ese país.

Los intelectuales apuntan su implicación en los llamados « Pandora papers », donde se reveló que tenía sociedades en paraísos fiscales para evadir impuestos. Los firmantes consideran que incluirlo en la Academia « mancilla la imagen de Francia en América Latina, donde sus posturas extremistas son bien conocidas y suscitan un fuerte rechazo ».

Su ingreso entre los defensores de la lengua « amenaza con legitimar posturas que pisotean los valores de la democracia a los que Francia quiere asociarse, como la libertad de expresión, la aceptación de resultados de sufragios y el derecho a defender causas sin arriesgarse a perder la vida », agregan. Los firmantes son el profesor universitario César Itier, la directora de investigaciones del Instituto de Investigaciones para el Desarrollo (IRD) Evelyne Mesclier, la profesora de la Universidad de París Valérie Robin Azevedo, la investigadora Sylvie Taussig y el antropólogo Pablo del Valle.(efe)

 

[Fuente: http://www.dw.com]

 

Jeune académicien, l’écrivain Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature 2010, n’hésite pas à mettre sa notoriété au service de telle ou telle cause politique. Quelques mois après son soutien déclaré pour une candidate de la droite populiste au Pérou, Vargas Llosa s’affiche désormais aux côtés de José Antonio Kast, candidat de l’extrême droite au Chili qui se revendiquait héritier de la dictature de Pinochet…

Publié par Antoine Oury

Arrivé en tête du premier tour des élections présidentielles chiliennes, le 21 novembre dernier, José Antonio Kast, candidat de l’extrême droite, et son Parti républicain ont obtenu le soutien de Mario Vargas Llosa, déclaré au cours d’un entretien mené en visioconférence entre les deux hommes.

« Ce qui se passe au Chili est absolument fondamental pour toute l’Amérique latine », a souligné Mario Vargas Llosa auprès de son interlocuteur, rapporte La Tercera. « Les yeux de l’Amérique latine sont tournés vers le Chili. Il n’y a aucune autre alternative possible à une victoire aux élections. »

Poursuivant son analyse, Vargas Llosa assure qu’une victoire de José Antonio Kast permettrait « au Chili de reprendre la tête et de montrer ce qu’est le centre droit, la liberté, le soutien aux entrepreneurs, l’ouverture aux investissements étrangers ».

L’entretien, enregistré, est diffusé sur la chaîne YouTube officielle du candidat.

Du communisme à l’évasion fiscale

Communiste partisan de la révolution populaire au Pérou comme à Cuba dans sa jeunesse, Mario Vargas Llosa s’est rapidement détourné de ses convictions politiques pour se tourner vers un courant de pensée radicalement opposé, le libéralisme. D’abord motivé par la lutte contre les régimes autoritaires communistes d’Europe de l’Est, il embrasse finalement les théories économiques libérales.

Candidat aux élections présidentielles péruviennes de 1990, sous l’étiquette centre droit, Mario Vargas Llosa avait alors été battu au second tour par Alberto Fujimori. Il s’était alors exilé en Espagne, demandant quelques années plus tard la nationalité espagnole.

Depuis, il soutient régulièrement les candidats étiquetés à droite dans les élections sud-américaines. En mai dernier, il avait ainsi défendu la fille de son adversaire du passé, Keiko Fujimori, face au candidat de la gauche radicale, Pedro Castillo. Ce dernier a finalement remporté les élections, avec 50,13 % des voix.

Cette fois, pour les élections chiliennes, Mario Vargas Llosa affiche sa préférence pour Kast face à Gabriel Boric, représentant de la gauche radicale. Face à la flambée des prix et à un coût de la vie prohibitif, Kast, comme d’autres populistes de droite, semble avoir convaincu des électeurs, mais les réformes sociales de Boric séduisent également. À l’issue du premier tour, Kast a obtenu 27,91 % des voix et Boric 25,83 %.

Jeune académicien, Mario Vargas Llosa semble plutôt cohérent avec ses engagements, puisqu’il s’est récemment distingué par une citation dans l’affaire des Pandora Papers, pour un probable cas d’évasion fiscale…

 

[Photo : RAE, CC BY-NC-ND 2.0 – source : http://www.actualitte.com]

Gabriela Wiener (Lima, 1975) es una de las narradoras peruanas más propositivas, dueña de una pluma versátil. Ha exhibido la violencia de género, la discriminación y hurga en historias de sus ancestros —como es el caso de Huaco retrato, en donde escudriña la figura de Charles Wiener, su tatarabuelo, un saqueador de piezas prehispánicas—. En un primer momento recibió la invitación del Ministerio de Cultura de Perú para participar en la FIL de este año, pero luego la eliminaron de la lista de autores convocados. Si existe una palabra que define a su libro más reciente es “descolonización”.

 

Escrito por Mary Carmen Sánchez Ambriz

Descolonizar es una de las acciones más complejas que existen. Hay estudios, planes y hasta tratados para lograr esta encomienda, pero no siempre se obtienen buenos resultados. Gabriela Wiener tiene muy claro a dónde quiere llegar en esta exploración narrativa o cartografía de la memoria ancestral, álbum de familia, recorrido interior, viaje a la semilla, que es Huaco retrato (Penguin Random House, México, 2021).

Al parecer los hechos se dan de manera fortuita, la historia se presenta de una forma indescifrable, casi amorfa y se requiere de suma habilidad para exponer los hilos de un tapiz desdibujado, la tristeza de un pueblo violentado y las similitudes con la historia familiar. Gabriela Wiener es una peruana que lleva más de dos décadas viviendo en España, ejerce el periodismo y escribe libros de ensayo personal que colindan con la crónica. En México algunos de sus artículos pueden leerse en la Revista de la Universidad.

El apellido Wiener posee una historia de claroscuros. En París, el 9 de julio de 1875, se le confió a Charles Wiener, quien en esa época era profesor de alemán en un liceo parisino, una misión arqueológica y etnográfica en Perú y Bolivia. Dos años después, Wiener retornó como un intrépido explorador, repleto de honores y elogios que lo colocaron en un lugar privilegiado dentro de la sociedad científica. Lo veían como un talentoso expedicionario que vino a exhibir rasgos exóticos. En el Musée du Quai Branly es posible admirar una gran colección de arte no occidental de América, Asia, África y Oceanía. Charles Wiener trajo una gran cantidad de piezas de arte precolombino, figurillas antropomorfas y zoomorfas con miles de años de antigüedad. En la ficha correspondiente se lee: “Mission de M. Wiener”. ¿Héroe o villano?

La escritora rememora que Vargas Llosa en El hablador se refiere a Wiener como un explorador francés que en “1880 se encontró con dos cadáveres machiguenga, abandonados ritualmente en el río, a los que decapitó y agregó a su colección de curiosidades recolectadas en la selva peruana”.

***

¿Qué es un huaquero? La palabra posee varias connotaciones. Gabriela Wiener explica que así le llaman en los Andes a los lugares sagrados que ahora son sitios arqueológicos. Los huaqueros eran un grupo de personas que invadían zonas arqueológicas para llevarse consigo objetos únicos, valiosos. “De ahí que huaquear sea una forma de violencia: convierte fragmentos de historia en propiedad privada para el atrezo y decoración de un ego. […] Wiener, sin ir más lejos, ha pasado a la posteridad no solo como estudioso, sino como ‘autor’ de esta colección de obras, borrando a sus autores reales y anónimos, arropado por la coartada de la ciencia y el dinero de un gobierno imperialista. En aquella época a mover un poco de tierra lo llamaban arqueología”.

A la narradora le provoca indignación cuando advierte, en medio de las vitrinas de piezas saqueadas, un espacio dedicado a la momia de un niño, pero la pieza solo se menciona y no aparece ahí. Se especula con la idea de un robo, una mudanza o una repatriación en todo caso. No obstante, reflexiona: “Si no fuera porque vengo de un territorio de desapariciones forzadas, en el que se desentierra pero sobre todo se entierra en la clandestinidad, tal vez esa tumba invisible detrás del cristal no me diría nada. Pero algo insiste dentro de mí, quizá porque ahí dice que el niño de la momia ausente era de la Costa Central, de Chancay, del departamento de Lima, la ciudad donde nací. Mi cabeza deambula entre pequeñas fosas imaginarias, cavadas en la superficie, encajo la pala en el hueco de la irrealidad y retiro el polvo”.

Hay cierto sector de la familia de los Wiener que cree que el nombre de Charles Wiener está relacionado con hazañas; sin embargo, su nieta lo ve como alguien fraudulento y mentiroso que quiso venir a imponer una visión racista, clasista y discriminatoria. Y cada vez es más fuerte el rumor en un sector del mundo académico: “Hay quien sostiene que Wiener es un farsante, un impostor”. Estas últimas palabras funcionan como un detonante o, acaso, como un presagio de lo que va a ocurrir en esta crónica-ensayo-guía de forasteros en encuentros y desencuentros sexuales.

Si su tatarabuelo Charles Wiener era un embustero que despojaba a los indígenas de sus pertenencias, incluso de uno de sus hijos como sucedió con el niño Juan, su padre hereda la actitud deshonesta de su ancestro. La escritora, angustiada por un cáncer terminal que aqueja a su padre, viaja a Lima a reunirse con su familia; ahí la esperan su madre y su hermana, con quienes se turna para aligerar la carga de cuidados y atenciones que requiere el enfermo. Cuando él se debate entre la vida y la muerte, ella ingresa a su computadora personal y descubre que su padre ha llevado una relación paralela a su matrimonio. Su padre usa un parche en el ojo, a modo de disfraz, en los momentos que está con la otra mujer con quien tiene una hija.

Para Gabriela Wiener es evidente el enredo: una mujer, su esposa, la madre de ella, quiere ser la amante del señor Wiener; la otra mujer, su amante, anhela ser la esposa. Y desde esa necesidad de roles, las dos asumen su papel en la vida de su compañero.

El día que falleció el señor Wiener sus cenizas se dividieron en tres porciones equivalentes: una para su esposa, otra para la amante y, la última parte, para la hija primogénita que reside al otro lado del Atlántico, la escritora.

***

Existe otro significado de la palabra huaco y se refiere a una pieza de cerámica prehispánica, hecha a mano, de formas y estilos diversos. De estos objetos, indica la narradora, el más valioso es el huaco retrato o una especie de carné de identidad indígena. La cerámica favorita de Gabriela Wiener es la mochica, “capaz de hilar un retrato como un comic tridimensional de esculturas cuadro por cuadro. […] La especialidad de los moches son las esculturas de dioses degolladores y los huacos eróticos son su cine porno, el kamasutra andino”. Gabriela Wiener le muestra a Roci, su novia española, la serie de figurillas huacos de mujeres que “tragan penes más grandes que sus cuerpos, gozan a cuatro patas y paren niños”. La española cree ver a Gabriela en los rostros de las mujeres andinas de esa colección que trajo, a París, Charles Wiener en el siglo XIX.

Durante su estancia en Lima, descubre que la excusa perfecta de su padre siempre fue su salud, los problemas que debía solucionar y eso, de algún modo, hacía verosímiles sus ausencias. Entre este último argumento y su trabajo como periodista, se las arregló para llevar a cabo un estilo de vida con dos mujeres en la misma ciudad, dos familias.

La primogénita se encuentra con la otra mujer que no es su madre y conoce más de la vida oculta de su padre. No obstante, de manera inconsciente, ella sigue los pasos de su padre: la ruta hacia la infidelidad. Gabriela conoce a un chico y olvida lo mucho que está interesada en su relación poliamorosa —con Roci y Jaime en Madrid—, y sin pensarlo repite el patrón de conducta paterno. Aunque no se trata de una relación alterna, seria, Wiener actúa y luego se reprocha, en medio de la culpa y sentimientos encontrados. “Mientras más predico la sinceridad amorosa con los otros dos, más les miento”, confiesa. Siente que nunca ha estado más cerca de encarnar este verso de Sharon Olds: “Me he convertido en mi padre”.

La voz narrativa se sincera a cada paso y entonces la figura del señor Wiener ya no es juzgada con tanta severidad como antes. La carne es frágil. Así como la necesidad de tener sexo en Lima, a miles de kilómetros de Madrid. “Soy la versión posmoderna de mi padre”, exclama al tiempo que no deja de preguntarse cómo va a contarles que su corazón ya no está dividido en dos sino en tres. “El troll se alimenta de miedo y yo soy mi propio troll”.

***

En Bolivia la palabra huaco remite a la hendidura que se hace en la tierra con el arado, es una fisura o grieta en la tierra para que la semilla germine. Es posible que esa connotación también haya sido considerada para elaborar este ejercicio de descolonización, de exploración en las raíces, en su propia tierra.

En la genealogía de la escritora están presentes los apellidos Wiener y Bravo. Los Wiener son mestizos que acostumbraban casarse con mujeres mestizas, blancas, con excepción del padre de Gabriela que desposó a una chola. Durante sus años de niña y adolescente, la ensayista quiso sentirse más Wiener que Bravo; sin embargo, cuando llegó a España le recordaron que el color marrón de su piel la acerca más a los indios del Perú, a los sudacas que miran con desprecio. También en Perú le dijeron que por su “color puerta” era más cercana a los Bravo que a los Wiener. El asunto racial queda acentuado en la historia. No solo cree necesario desmarcarse de la actitud de su tatarabuelo Charles Wierner, de los engaños de su padre, sino también de la manera en que los colonizadores les enseñaron a los indígenas a despreciar sus raíces, su color, su vida misma.

¿Cómo ser una mujer chola en Madrid? Con frecuencia le preguntan si conoce a otras mujeres sudacas para que hagan el aseo de una casa o la observan y piden referencias sobre ella para ver si pueden darle empleo como trabajadora del hogar, sin que ella lo solicite. En el parque la ven cuidando a alguno de sus hijos y creen que ella es la nana, no la madre de ellos. Y todo por su tono de piel, por esa herencia que le ocasiona que duden de su honorabilidad o que en el metro las personas sujeten sus bolsos, a manera de precaución, para evitar ser asaltados. Son los prejuicios con los que debe luchar día tras día, pero que —de forma ineludible—terminan por desvirtuar el amor propio.

Para aceptar sus señas de identidad ingresó a un taller de descolonización, en donde aprendió a asimilar sus raíces, su color de piel, sus olores, su cuerpo que no corresponde a los cánones de belleza impuestos por Occidente. Así como Juan Goytisolo se considera un meteco y ese rasgo de extranjería lo explota muy bien en su narrativa y en distintas urbes de Europa y África; Wiener, por su parte, se observa y asume como chola.

La literatura vista como reflejo nítido de una vida, de una deconstrucción sin estereotipos. Es la mujer que quiere desmarcarse del ultraje cometido por Charles Wiener. En este acertado ejercicio ostenta sólidas reflexiones sobre el colonialismo en diversos matices. Leerla es hallar ecos de aquel cuarto propio que proclamara Virginia Woolf, aires del feminismo poliamoroso de Simone de Beauvoir, de la manera de confeccionar el ensayo-crónica como Sergio González Rodríguez, del diletantismo de Oscar Wilde al amar a personas de su propio sexo, del feminismo posmoderno de Virginie Despentes y la manera de abordar la crónica con rasgos literarios como suele hacerlo Cristina Rivera Garza en varios de sus libros, ya sea que busque a Rulfo, a Revueltas, a sus abuelos o a su hermana Liliana.

Gabriela Wiener depositó las cenizas de su padre en Madrid, en un árbol que florece con hojas en forma de corazón. Su madre cree que cuando brotan las flores es porque su padre la protege y está con ella.

Es lamentable que Gabriela Wierner haya sido invitada y luego desinvitada a la FIL este año por parte del Ministerio de Cultura de Perú, porque es una de las voces con más fuerza narrativa de América Latina. Descolonizar es una de las acciones más complejas que existen y ella lo logra con óptimos resultados.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Sans trop de surprise, le candidat Mario Vargas Llosa aura attiré les votes des Académiciens. L’auteur péruvien naturalisé espagnol siègera au fauteuil 18, précédemment occupé par Michel Serres. La nouvelle a été annoncée par Álvaro Vargas Llosa, le fils aîné de l’écrivain.

ActuaLitté

Publié par Antoine Oury

Mario Vargas Llosa devient donc le plus récent Académicien, après un vote sous la Coupole. Avant lui, Pascal Ory avait été élu en 2021, au fauteuil de François Weyergans.

Le fils aîné de Mario Vargas Llosa, Álvaro Vargas Llosa, s’est réservé l’annonce de la nouvelle, sur Twitter.

Rappelons que la nationalité française, pour siéger parmi les Immortels, n’est pas requise : l’Américain Julien Green, admis à l’Académie en 1971, en fut le premier membre étranger. D’autres auteurs, Joseph Kessel ou Eugène Ionesco, avaient obtenu la nationalité française avant leur élection.

L’âge de Vargas Llosa — 85 ans — a agité le petit milieu des amateurs de l’Académie, puisque cette dernière n’est pas censée accepter les candidatures des personnes âgées de plus de 75 ans.

L’implication de Mario Vargas Llosa dans les Pandora Papers, avec l’association de son nom à une société off-shore, n’aura pas non plus bouleversé les pronostics. L’intéressé avait démenti tous les documents portant malgré tout sa signature, assurant qu’il s’agissait de « faux ».

Face à la candidature de Mario Vargas Llosa, on trouvait un certain nombre d’habitués, à savoir Emmanuel Cruvelier, Michel Carassou, Yves-Denis Delaporte, Éric Dubois, Eduardo Pisani et Frédéric Vignale, mais aussi Jean-Yves Gerlat, George James Cliff, Nicolas Grenier et Carolina Steiner.

L’Académie compte désormais 6 femmes et 30 hommes, avec 5 fauteuils encore vacants, c’est-à-dire ceux occupés précédemment par Marc Fumaroli, Valéry Giscard d’Estaing, Jean-Loup Dabadie, Yves Pouliquen et Jean-Denis Bredin, décédé en septembre dernier.

 

[Photo : RAE, CC BY-NC-ND 2.0 – source : http://www.actualitte.com]

À la question récurrente « Pourquoi êtes-vous resté à Cuba ? », Leonardo Padura répond à chaque fois sans hésitation aucune : « Je reste ici parce c’est mon pays, je suis arrivé d’abord, avant le régime au pouvoir. Je suis cubain jusqu’à la moelle. Et cette réalité m’est indispensable pour écrire. » Poussière dans le vent, son nouveau roman, explore de manière obsédante ce dilemme douloureux auquel se trouve confronté le peuple cubain depuis plusieurs décennies : rester et s’exposer à la répression, la misère, à un avenir sans perspectives, ou bien partir et risquer de ne pas trouver un ancrage ailleurs, de se perdre dans l’anonymat et la solitude.

Leonardo Padura (2014)


Leonardo Padura, Poussière dans le vent. Trad. de l’espagnol (Cuba) par René Solis. Métailié, 640 p., 24,20 €

Écrit par Melina Balcázar

Ce dilemme une fois résumé, donnant aux vies racontées ici une dimension tragique, « toutes les raisons pour sortir de Cuba sont valables et toutes les raisons pour rester aussi ». Poussière dans le vent est peut-être l’un des livres les plus personnels de Padura, dans lequel sa vision du Cuba post-révolutionnaire s’exprime le plus clairement : « c’est un livre très viscéral, déclare-t-il dans un entretienj’y ai versé ce que j’avais à l’intérieur de moi non seulement par rapport à l’exil mais surtout par rapport au sort de ma génération, prise entre fidélité et trahison, sentiment d’appartenance et déracinement, ce déchirement de se séparer d’une partie de soi ».

D’où sans doute l’étendue et la complexité de Poussière dans le vent, comme une manière d’interroger, voire de conjurer le poids de cet exil sans fin : plus de six cents pages pour suivre le destin d’une vingtaine de personnages, réunis autour d’un groupe d’amis, le Clan. Née autour de 1959, année de l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, cette génération a grandi – comme Leonardo Padura – avec la révolution, et est passée de la confiance dans l’utopie d’un monde nouveau au désespoir et à la désillusion de son impuissance. Une « fatigue historique », comme il qualifie cet état d’esprit qui imprègne désormais l’île, pousse aujourd’hui les jeunes à la quitter. Une « hémorragie », même, que rien ne semble pouvoir arrêter et dont les conséquences seront lourdes, comme le laisse pressentir le roman. Car tous ces jeunes, la plupart diplômés, « se sont tirés de Cuba parce qu’ils ne supportaient plus de vivre dans un pays dont même Dieu ne sait pas quand la situation va s’arranger et d’où les gens se barrent même par les fenêtres parce que, là-bas, ils s’obstinent à arranger les choses avec ces mêmes solutions qui n’ont jamais fonctionné ».

L’exil traverse l’œuvre de Leonardo Padura, notamment dans Le roman de ma vie (2002), où le destin du poète José-Maria de Heredia le montre paradoxalement constitutif de la cubanía, donc inséparable de la lutte pour l’indépendance et la définition de l’âme cubaine. Mais c’est bien dans Poussière dans le vent qu’il aborde la question jusqu’à l’épuisement. Et pour cela il s’appuie sur de constants allers et retours entre présent et passé, une structure qu’il affectionne et qu’il a utilisée auparavant dans d’autres romans (L’homme qui aimait les chiensLa transparence du tempsHérétiques, la série consacrée au détective Mario Conde), manière de traiter l’Histoire qui s’impose comme l’une de ses obsessions. Padura s’efforce ainsi de mettre en évidence les faiblesses du récit historique, nourri de souvenirs forcément fragmentaires, sélectifs, instables. Son écriture cherche à s’opposer à la volonté d’effacement, par la mémoire officielle, de certains personnages ou évènements : « se souvenir sera toujours mieux qu’oublier, même si c’est un processus douloureux », affirme-t-il.

Dans Poussière dans le vent, deux dates articulent le récit, épisodes marquants où tout bascule pour les membres du Clan : 1990, année du trentième anniversaire de Clara, personnage central au sein du groupe, dernière occasion où ils seront tous réunis ; et 2016, date où leurs différents parcours dans l’exil se trouvent affectés par la révélation de secrets sur leur passé commun. À cet enchevêtrement temporel s’ajoute l’éclatement géographique propre à la diaspora que ce groupe d’amis finira par incarner : Miami, New York, Tacoma, Porto Rico, Madrid, Barcelone, Buenos Aires, Toulouse.

Une longue amitié de jeunesse lie en effet ces personnages, dont la mission de vie était d’être « l’illustration obéissante de l’Homme Nouveau, et donc d’aller au bout de leurs études – le diplôme universitaire – sans cesser de participer à des activités politiques, au travail volontaire, aux manifestations, pour être plus tard de bons professionnels dans leur domaine ». Mais la situation de plus en plus critique dans l’île, qui aboutira à la « Période spéciale » après la chute de l’Union soviétique, alors son principal soutien financier, et la lecture clandestine d’un ouvrage interdit à l’époque – 1984 de George Orwell – mineront leur foi dans le projet d’avenir prôné par le régime.

Poussière dans le vent, de Leonardo Padura : ce que brisa Cuba

La lecture de ce livre subversif est un de ces épisodes-clé dans l’histoire du groupe, tout comme le seront la disparition et la mort mystérieuses de deux de ses membres. Peu à peu, chacun d’eux quittera le pays. Seule Clara restera, fidèle à ses souvenirs et profondément attachée à la maison de son enfance, protagoniste isolée qui regarde le monde et à laquelle Padura dit qu’il s’identifie le plus. Cette mélancolie qui imprègne son œuvre, celle aussi du regard désabusé de son personnage Mario Conde, est encore plus intense ici.

Comme un écho à cette phrase qui ouvre Conversation à La Cathédrale de Mario Vargas Llosa (1969) – « À quel moment le Pérou avait-il été foutu ? » –, une question lancinante revient tout au long du roman : « Qu’est-ce qui leur était arrivé ? » À cette interrogation, chacun des personnages donnera une réponse différente. Leurs points de vue diffèrent sans cesse, multipliant les hypothèses et les explications sur la situation de leur pays. Chacun vit aussi l’exil à sa manière : insoutenable pour Irving, heureux pour Darío, maladif pour Elisa, sans espoir pour Lubia et Fabio… mais tous font le triste constat des effets néfastes de « tous les exils ».

Cette dense polyphonie, qui est une des grandes forces de Poussière dans le vent, sorte de comédie humaine cubaine, soulève une autre question : une réconciliation, après tant de haine et de souffrance cumulées, est-elle possible ? Leonardo Padura porte un regard extrêmement critique sur l’histoire du régime castriste et sur les changements qui se préparent, ce qui réfute d’ailleurs les accusations à son égard de complicité avec le pouvoir. Car le régime en place a fini par briser quelque chose de précieux : la solidarité, le désir de construire un projet commun, l’espoir dans un avenir meilleur. « Tous ceux qui le pouvaient volaient. Ceux qui avaient de l’argent achetaient. Ceux qui ne pouvaient ni voler ni avoir d’argent restaient dans la merde. Clara avait le cœur brisé en voyant ceux qui fouillaient dans les poubelles pour en tirer quelque chose, n’importe quoi, dans un pays où personne ne jetait rien qui ne soit déjà un vrai rebut. » Seule semble ainsi pouvoir subsister l’amitié – un sujet fort chez Leonardo Padura –, éclaircie dont l’énergie, la force politique potentielle, parvient encore à tisser des liens, au-delà des idéologies et des distances.

 

[Photo : Jean-Luc Bertini – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

El Partido Maorí de Nueva Zelanda anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa.

Escrito por Pierre Dumas

Aunque parezcan hechas para durar eternamente, las fronteras de los países son movedizas, como sucede después de guerras y movimientos independentistas, pero lo más curioso es cuando cambian de nombre. Al igual que los humanos que los crearon, los países también están sujetos a la problemática de la identidad, muchas veces simplificada en los colores de una bandera. El caso más conocido es el de Holanda, que actualmente se llama Países Bajos, pero hay muchos otros casos. Como el pequeño país del sur africano que hasta hace poco era conocido como Swazilandia. Es una curiosidad geográfica, etnológica e histórica. Además de tener la población más homogénea del continente, es la última monarquía absolutista del mundo junto con la de Arabia Saudita. Es justamente este rey de poderes infinitos quien decidió rebautizar su país con el nombre que tenía antes de la tutela británica: Eswatini.

El controvertido rey Mswati III de Eswatini, previamente conocido como Swazilandia, impulsor del cambio

El controvertido rey Mswati III de Eswatini, previamente conocido como Swazilandia, impulsor del cambio. Gobierno de Eswatini

El curioso caso de la FYROM

Hasta antes de la pandemia, en 2019, era el nombre de un pequeño país del sur de los Balcanes. No había que buscar el significado en antiguos manuales de etimología eslava: se trataba en realidad de una abreviatura que reflejaba la traducción al inglés del acuerdo entre Grecia y ese territorio, surgido del colapso de la ex Yugoslavia. La Former Yugoslavian Republic of Macedonia es ahora la República de Macedonia del Norte. Ese nombre, que suele designar en los menús una mezcla de frutas o verduras, fue el eje de una seria disputa entre la nueva nación y su vecina del sur, para el cual Macedonia es históricamente una región de lengua y cultura griega y no podía designar entonces a un país de cultura y lengua eslava. Identidad, identidad… Para los griegos se trataba de un reclamo que tenía fundamentos arraigados en la Antigüedad misma, ya que uno de los griegos más importantes de todos los tiempos, Alejandro Magno, era macedonio. El acuerdo votado y ratificado por los parlamentos de los dos Estados vecinos le dio finalmente un verdadero nombre a la FYROM, pero deja bien en claro que si hay una Macedonia del Norte, existe otra en el sur, bien griega: es la región de Μακεδονία, cuya capital es Tesalónica. Allí se habla griego, mientras en el norte el idioma oficial es de origen eslavo y utiliza el alfabeto cirílico, al igual que en Serbia y en Bulgaria, dos países que integraron fragmentos de territorios de la histórica Macedonia.

Kosovo y Sudán del Sur: los niños del planeta

El caso de la ex FYROM es muy ilustrativo de la importancia de la identidad. Los europeos lo saben bien y a lo largo de los siglos pasados lucharon muchas veces por esa causa. La última de tales guerras ocurrió hace no tantos años, entre dos vecinos de Macedonia del Norte, cuando Serbia tuvo que separarse dolorosamente de Kosovo, una región mayoritariamente poblada por albaneses, pero a la que considera como la cuna de su gesta nacional. Kosovo es actualmente el Estado más joven de Europa, pero varios países se guardan de reconocerlo (como España, que tiene sus propios problemas internos de identidad, como lo demostró el intento de independencia catalán en 2017).

Peć, que también es conocida como Pejë, es una población que esta ubicada en el noroccidente de Kosovo, el Estado más joven de Europa

Peć, que también es conocida como Pejë, es una población que está ubicada en el noroccidente de Kosovo, el Estado más joven de Europa.

Kosovo no tiene todavía 15 años de existencia y ya parece grande al lado del Estado más joven del mundo: se trata del Sudán del Sur, que ganó su independencia hace solo diez años, luego de décadas de guerra civil contra el norte del país, de confesión musulmana. Las identidades étnicas se superpusieron a las religiosas dentro de una construcción política artificial heredada del periodo colonial, como ocurrió en la enorme mayoría de los países africanos. El conflicto entre los dos Sudán no está del todo resuelto y su frontera común es objeto de tensiones y reclamos.

Las fronteras en América Latina

Es una problemática bien conocida en América Latina, donde el problema de los límites surgió de nuevo hace algunas semanas entre la Argentina y Chile, y donde Perú y Ecuador pasaron de las amenazas a los actos en 1995, en un conflicto que el premio Nobel de Literatura Mario Vargas Llosa calificó de “absurdo”. El tema de las identidades está claro entre las naciones del continente, aunque el resto del mundo -que ve a las antiguas colonias españolas como una región muy homogénea- no siempre lo percibe de la misma manera. El derrumbe del imperio español engendró múltiples fronteras, frutos de la geografía más que de irredentismos o identidades lingüísticas. La identidad va siempre de la mano con el territorio, y los emperadores austríacos -aquellos de abundante pilosidad y miradas austeras- lo supieron bien. Su imperio, que era un melting pot mucho antes de que Estados Unidos inventara el término, vivió numerosas convulsiones identitarias que terminaron por hacerlo implosionar. Al igual que el español, generó muchas fronteras. Algunas correspondían a aspiraciones de pueblos y otras fueron compromisos como Yugoslavia -el país de los eslavos del sur- que a su vez también estallaría en varios pedazos, décadas más tarde.

Sudán del Sur es el país más joven del mundo luego de décadas de guerra civil contra el norte del país

Sudán del Sur es el país más joven del mundo luego de décadas de guerra civil contra el norte del país – BBC / Getty Images

Cuestiones de nombre

Hay momentos de la historia en los que hay que reimprimir mapas con mayor frecuencia. Así fue a principios de los años 50 y 60, con el fin de los imperios coloniales, y a principios del 1990 con el derrumbe del “segundo mundo”. El fin del comunismo en Europa reavivó viejas cuestiones identitarias. En algunos casos se trató de un divorcio de mutuo acuerdo, como ocurrió entre la República Checa y Eslovaquia, que se separaron como lo hacen las parejas amablemente distanciadas. Otras soluciones fueron mucho más sangrientas, como el final anunciado de Yugoslavia o el retiro del oso ruso de la pólvora del Cáucaso. En cada caso, se redibujaron mapas, se crearon nuevos Estados, se concretaron nuevos espacios para identidades reprimidas. Sus nombres fueron cuidadosamente elegidos, para que el mundo entero no tenga dudas sobre ellas. Hubo casos sencillos cuando solo había que recuperar denominaciones ya utilizadas en el pasado (fue el caso de las repúblicas bálticas) y hubo otros que generaron intensas negociaciones, como Macedonia del Norte. Y están también los que tuvieron la suerte de poder elegir entre varios nombres, como los sudaneses del sur, que tuvieron distintas opciones: entre ellas la República del Nilo, el Nuevo Sudán, Equatoria (en referencia a la antigua provincia colonial británica) o Kush (en recuerdo del antiguo reino faraónico del mismo nombre). Optaron al final por lo menos original, pero la más cercana a su verdadera identidad. Y lo mismo hicieron los rebeldes de la antigua colonia portuguesa de Timor, invadida por Indonesia y asimilada por la fuerza de manera brutal durante décadas. Al momento de conseguir por fin su independencia, bautizaron su flamante país Timor Leste, que quiere decir Timor Oriental en portugués. Con la única salvación que Timur ya quería decir esto en el idioma local. Este nuevo Estado es entonces algo así como el Este del Este…

Los cambios que se vienen

El acceso a la independencia generó muchos cambios de nombres, sin que haya necesariamente relación con un acontecimiento bélico. La mayor cantidad de emancipaciones tuvo lugar en los años 60, principalmente en África, Asia y el Pacífico. Pero esta ola de libertad llegó también a las Américas y uno de los países más jóvenes del hemisferio cambió de nombre para borrar huellas coloniales: se trata del actual Belice, la ex Honduras Británica. La mayor cantidad de cambios de denominación tuvo lugar en África en las décadas del 60 y del 70. Allá las cuestiones de identidad son más complejas que en el resto del mundo, ya que las fronteras fueron trazadas por las potencias coloniales sin tomar en cuenta las realidades étnicas y lingüísticas.

Alto Volta sorteó el problema con astucia y decidió hacerse llamar Burkina Faso, el país de los hombres íntegros, una cualidad que ponía de acuerdo a todos los integrantes de las más de 60 etnias distintas que conviven en ese país. El caso del Congo también es interesante. Al igual que Níger y Sudán, es un nombre compartido por un par de países distintos. En este caso había que hacer la diferencia entre el Congo-Brazzaville (por el nombre de su capital, una excolonia francesa) y el Congo belga. Este último se transformó en Zaire durante un poco más de un cuarto de siglo hasta cambiar nuevamente de nombre y de identidad, por razones ideológicas esta vez. Es la actual República Democrática del Congo.

Zaire se transformó en la actual República Democrática del Congo

Zaire se transformó en la actual República Democrática del Congo – Shutterstock

El mismo proceso hizo Camboya durante la macabra dictadura de los Khmers Rojos. Durante algunos años el país figuró en los mapas como Kampuchea Democrática, aunque tenía muy poco de democrático y rompió todos los récords de violencias y de muerte. Mientras tanto otros países también cambiaban, sin lechos de rosas, desde la antigua isla de Ceylan -que se reconvirtió en Sri Lanka– a Pakistán Oriental (Bangladesh) o la Birmania (Myanmar).

En Nueva Zelanda el Partido Maorí anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa, que ya convive con la heredada del poder colonial

La lista de cambios de nombres no termina aquí.

En este mismo momento hay un par en gestación, por suerte de manera totalmente pacífica. Es el caso de las Islas Cook, un archipiélago de quince islas en el Pacífico Sur. Lleva el nombre del explorador y marino inglés James Cook y sus habitantes quieren adoptar un nombre más acorde con su identidad polinesia. Se llamó a una consulta popular y esta micronación está lanzada en un proceso de cambio que seguramente terminará con la adopción del nombre Avaiki Nui, que parece ser el que tiene el mayor consenso en la actualidad.

Holanda adoptó el nombre de Países Bajos para representar a todas las zonas del país

Holanda adoptó el nombre de Países Bajos para representar a todas las zonas del país. BBC

El mismo camino quieren iniciar algunos en Nueva Zelanda: hace pocos días, el Partido Maorí anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa, que ya convive con la heredada del poder colonial. “Somos un país polinesio, somos Aotearoa”, dice el lema de la campaña, de resultado aún incierto.

El otro caso es el del país de los pólderes, de los tulipanes, de los molinos de viento, pero también de las grandes multinacionales y de las tecnologías de punta. Se lo conoce históricamente como Holanda, pero se trata solo del nombre de dos de sus provincias (Holanda del Norte y Holanda del Sur), donde se encuentran las ciudades de Ámsterdam, Róterdam y La Haya, entre otras. El Reino de Holanda fue creado por Napoleón y suplantó la República Bátava: sin embargo, desde el año 2020 el gobierno “holandés” decidió muy oficialmente poner fin a la confusión y no permitir más que una parte llame al conjunto. En las documentaciones oficiales y a nivel internacional, prefiere que se use de ahora en adelante Países Bajos, la traducción de Nederland en el idioma local. Una vez más se trata de identidad. Los vecinos de Frisia, de Brabante, de Limburgo o de Zelanda sentirán con alivio que a partir de ahora su país es mucho más inclusivo…

                      El escritor Javier Marías vuelve a las quinielas del Nobel. J.P, GANDUL

El escritor Javier Marías vuelve a las quinielas del Nobel.

El Premio Nobel de Literatura 2021 será anunciado el jueves y, al igual que el año pasado, el ganador o la ganadora recibirá el galardón en su país de residencia debido a la pandemia del coronavirus, según informó la Academia Sueca que entrega el máximo premio de la literatura. Según las casas de apuestas británicas, el principal candidato para ganar el Nobel es el escritor japonés Haruki Murakami. Muy cerca entre los candidatos están también otros escritores reconocidos, como la canadiense Margaret Atwood, o la poeta Anne Carson. También entre los favoritos aparece el keniata Ngugi wa Thiong’o.

Un poco más atrás entre los más apostados figuran otros autores de best sellers, como Don DeLillo, Joyce Carol Oates, Thomas Pynchon, y Michelle Houellebecq. Entre las escritoras que podrían sorprender aparecen Elena Ferrante, J.K. Rowling (autora de la saga Harry Potter), y dos artistas más vinculadas a la música: Joni Mitchell y Patti Smith. El último escritor hispanoamericano premiado fue Mario Vargas Llosa, en 2010. A tres días de la entrega del premio, por ahora aparecen pocos candidatos que escriban en español en las casas de apuestas. Solo figura el español Javier Marías. En las últimas ediciones se mencionó al escritor argentino César Aira como uno de los candidatos, pero hasta el momento su nombres no figura en las casas de apuestas.

 

[Foto:  J.P, GANDUL – fuente: http://www.diariodeleon.es]