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La femme de 29 ans, qui officiera à l’Union juive libérale de Strasbourg, devient la cinquième femme rabbin en exercice dans l’Hexagone.

 

A 29 ans, Iris Ferreira deviendra, dimanche 4 juillet, la première femme rabbin à être ordonnée en France, rapporte à l’Agence France-Presse (AFP) le mouvement du judaïsme libéral. Elle va aller officier à l’Union juive libérale de Strasbourg (UJLS), « une communauté qui n’a actuellement pas de rabbin libéral ».

Elle devient la cinquième femme rabbin en exercice dans l’Hexagone, après Pauline Bebe, Delphine Horvilleur, Floriane Chinsky et Danièla Touati, qui avaient toutes été ordonnées à l’étranger.

Etienne Kerber, un homme de 36 ans de la tendance libérale du judaïsme, sera ordonné rabbin en même temps qu’elle. Tous deux recevront la « semikha » (la transmission d’autorité d’un rabbin à un autre) des rabbins Tom Cohen et Pauline Bebe, dans leur communauté respective, à Paris. Un tel événement n’avait pas eu lieu dans l’Hexagone depuis 53 ans.

Le mouvement libéral, largement dominant dans le monde anglo-saxon, mais minoritaire en France, est partisan d’une vision ouverte du judaïsme. Contrairement aux traditionalistes et orthodoxes qui considèrent que confier le rabbinat à une femme n’est pas conforme à la loi juive, la halakha, les juifs libéraux estiment que les femmes ont autant de droits que les hommes dans tous les domaines.

« Un tournant de la vie juive »

Après quatre années de médecine, une licence d’hébreu, Iris Ferreira était allée étudier à Londres au Leo Baeck College, pour cinq ans, aucune formation rabbinique n’existant alors en France pour le mouvement libéral.

Celle qui a d’abord fréquenté des communautés du judaïsme orthodoxe dans l’ouest de la France dit avoir découvert dans le mouvement libéral « une ouverture qui permet à chacun de faire son chemin dans un contexte plus libre », affirme-t-elle à l’AFP.

« On est à un tournant de la vie juive. J’espère que cela permettra de mieux répondre à un besoin de la communauté », ajoute-t-elle, alors que plusieurs autres femmes actuellement en formation vont devenir rabbins dans les quatre ou cinq ans.

Attiré par le rabbinat « dès l’adolescence », Etienne Kerber, a étudié la littérature anglaise et américaine. Lui aussi formé au Leo Baeck College, il officiera à la Communauté juive libérale de Paris, aux côtés de Pauline Bebe. Par ailleurs, tous deux enseigneront à la rentrée à l’Ecole rabbinique de Paris, qui avait ouvert ses portes en septembre 2019 et forme une dizaine de rabbins libéraux.

Un millier de femmes rabbins dans le monde

La cérémonie dimanche, organisée par le Leo Baeck College, concernera aussi deux autres rabbins, ordonnés même temps à Cambridge et Amsterdam.

En juin 2019, une rencontre internationale de femmes rabbins ou enseignantes, venues des États-Unis, d’Israël, de France, avait eu lieu à Troyes, une première en France. La question d’une plus grande place, pour ces femmes, dans le judaïsme a été au cœur des discussions.

On compte en tout environ un millier de femmes rabbins dans le monde. Quelque 800 exercent aux États-Unis, une cinquantaine en Europe, le reste en Israël. Une dizaine de rabbins libéraux (hommes et femmes) exercent aujourd’hui dans l’Hexagone.

Malgré le risque d’accoutumance, en Europe, les médecins persistent à prescrire anxiolytiques, somnifères et antidépresseurs sur des longues périodes. Un problème amplifié par le sous-investissement dans les soins psychologiques.

 

Écrit par Eva Belmonte, Ángela Bernardo, Antonio Cerrillo, Carmen Torrecillas – CIVIO (Madrid)

Traduit par Céline Michaud

 

Des milliers de personnes subissent quotidiennement des états d’anxiété, de dépression, et d’insomnie. Ainsi témoigne Maria, une patiente roumaine qui a souhaité que son nom soit modifié : “sans traitement, je pense que je ne m’en serais pas sortie.” Chaque année, de plus en plus d’européens ont recours aux antidépresseurs. L’Espagne, l’Italie, la Croatie et la Slovaquie font partie des pays dans lesquels se développe la prise d’anxiolytiques tels que le diazépam ou le lorazépam, mieux connus sous leurs noms de marque Valium et Orfidal.

Depuis 2010, la consommation d’antidépresseurs ne cesse d’augmenter, au moment où les diagnostics d’anxiété et de dépression se multiplient. En 2017, bien avant la pandémie de COVID-19, plus de 100 doses quotidiennes pour 1 000 habitants ont été prescrites au Royaume-Uni et au Portugal, où la consommation d’antidépresseurs est particulièrement élevée. Dans la revue scientifique International Journal of Environmental Research and Public Health, Marta Estrela, chercheuse en sciences biomédicales, et ses coauteurs affirment que “ce phénomène peut être expliqué par plusieurs facteurs : l’augmentation de la prévalence des troubles mentaux communs, la tendance à prescrire des antidépresseurs plutôt que des thérapies non-médicamenteuses, la facilité d’accès aux antidépresseurs, ou encore le manque d’investissement dans l’innovation thérapeutique”.

Cependant, si la prise d’antidépresseurs est à surveiller, les anxiolytiques génèrent encore plus d’inquiétude parmi les professionnels de santé mentale. Le Portugal se positionne à nouveau en tête des prescripteurs de ce type de traitement. L’Espagne et la Croatie le suivent de près. Par exemple, le diazépam était le septième médicament le plus consommé en Croatie en 2019, devant l’ibuprofène qui était à la neuvième place. Les anxiolytiques sont souvent prescrits pour traiter les problèmes d’insomnie et d’anxiété, mais le corps médical recommande d’en limiter la consommation afin d’éviter une accoutumance. Les données montrent que de nombreuses personnes ignorent ce conseil. Marta Estrela et ses collègues suggèrent que ces chiffres élevés peuvent être liés à un “effet cumulatif qui révèle l’existence d’utilisateurs prenant des anxiolytiques au-delà de la durée de prescription.”

Anxiolytiques
Dose quotidienne/1000 habitants

Abus de benzodiazépines

Les benzodiazépines sont les anxiolytiques générant le plus d’accoutumance. “Il est conseillé de ne pas prolonger la durée de prescription au-delà de trois semaines, mais certaines personnes prennent ces comprimés pendant trois mois, voire dix ans : il s’agit de l’un des médicaments les plus consommés. Il serait préférable de prendre des antidépresseurs, mais il existe une stigmatisation qui pousse les individus à refuser les antidépresseurs, bien que ces derniers les aideraient davantage”, déclare Antonio Cano Vindel, professeur de psychologie à l’université Complutense de Madrid, et président de la Société espagnole d’étude de l’anxiété et du stress.

L’Organe international de contrôle des stupéfiants désigne l’Espagne comme étant le pays affichant la plus forte consommation légale de benzodiazépines au monde. En 2017, les benzodiazépines étaient le troisième médicament le plus vendu en Espagne. Le lorazépam, qui est une molécule de la classe des benzodiazépines, figurait à la septième place, tout comme en Croatie.

D’après une étude conduite dans la province de Lérida entre 2002 et 2015, les femmes de plus de 65 ans font partie des plus grands consommateurs de benzodiazépines. Une autre analyse réalisée dans cinq pays européens a tiré une conclusion similaire : le nombre de prescriptions de benzodiazépines augmente avec l’âge des patients, en particulier chez les femmes. Bien que cette prescription soit répandue, elle n’est pas appropriée pour autant. La consommation de benzodiazépines par des sujets de plus de 65 ans “comporte des risques évitables de détérioration cognitive, et augmente la mortalité liée aux chutes”, selon le département de la santé du gouvernement de Catalogne.

En 2009, les Pays-Bas ont adopté des mesures drastiques pour limiter la consommation au long cours de benzodiazépines : ils les ont retirés de la liste des médicaments remboursables. Ainsi, les Néerlandais doivent payer les comprimés de benzodiazépine de leur poche. Selon l’OMS, cette mesure a conduit à une “réduction modérée du nombre de nouveaux diagnostics, et à une réduction des amorces thérapeutiques basées sur les benzodiazépines chez des patients souffrant de troubles de l’anxiété ou du sommeil nouvellement diagnostiqués.”

Antidépresseurs
Dose journalière/1000 habitants

Pas de thérapie, mais des médicaments…

Marta Estrela et ses coauteurs notent que “la prescription de ces anxiolytiques se fait essentiellement dans le cadre des soins de santé primaires.” De nombreux cas d’anxiété et de dépression sont traités par des médecins de famille qui constituent un maillon essentiel dans les parcours de soins de santé mentale. Les médecins de premier recours ont alerté depuis des années sur l’augmentation de la consommation de benzodiazépines. Ils ont donc un rôle primordial à jouer pour réduire la prise de ces anxiolytiques en communiquant avec les patients, ainsi que l’indique une récente recherche.

La prescription fréquente de médicaments pour le traitement de l’anxiété et de la dépression est probablement liée à un manque d’accès aux soins psychologiques. Marta Estrela et ses coauteurs remarquent que, dans le cas du Portugal, “les fortes consommations d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, de sédatifs et d’hypnotiques peuvent s’expliquer par un faible accès aux traitements non-médicamenteux dans le cadre du [système de santé national]. Le manque d’investissement chronique dans le secteur de la santé, particulièrement de la santé mentale, en est une cause probable.”

Selon de récentes recommandations, les systèmes de santé nationaux devraient disposer de 20 psychologues pour 100 000 habitants. La plupart des pays de l’UE n’atteignent pas ce quota. Les pays de la péninsule ibérique ont moins de 10 psychologues pour 100 000 habitants et moins de 14 psychiatres pour 100 000 habitants.

Les traitements médicamenteux restent prédominants. Néanmoins, une étude récente du professeur en psychologie Antonio Cano-Vindel et de ses coauteurs a montré que les soins psychologiques dispensés dans le cadre des soins de santé primaires sont efficaces pour les individus souffrant d’anxiété et de dépression. Antonio Cano-Vindel affirme que “si l’on compare les antidépresseurs avec [des soins basés sur] l’information et l’entraînement à la régulation émotionnelle, l’information et l’entraînement psychologique l’emportent.”

La pandémie n’a pas aidé

Marcin Rodzinka, porte-parole de l’organisation Mental Health Europe (une ONG travaillant sur la santé mentale en Europe), estime que “d’après les expériences et les récits que nous avons rassemblés dans différents pays, il y a une tendance à prescrire davantage de médicaments, souvent avec de bonnes intentions, en raison du manque de temps et de ressources.” La pandémie a initié une situation sans précédent pour les systèmes de soins de santé mentale. De nombreuses personnes suivies par des psychiatres ou des psychologues ont interrompu leurs consultations, ou bien les ont poursuivies par téléconsultation qui n’est pas une solution accessible à tous. En Angleterre, on a relevé une baisse de 235 000 consultations psychologiques entre mars et août 2020 par rapport à la même période en 2019, selon le service de santé britannique. Les médecins anglais ont prescrit 4 millions d’antidépresseurs de plus en 2020 qu’en 2019.

Depuis le début de la pandémie, les prescriptions de médicaments, en particulier de benzodiazépines, ont augmenté dans toute l’Europe, d’après l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction) : “ce phénomène peut s’expliquer en partie par le besoin de lutter contre l’anxiété générée par la pandémie de COVID-19 et par les mesures de confinement.


Méthodologie

Les données relatives à la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques proviennent de la base de données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec quelques nuances. Dans le cas de la consommation d’anxiolytiques en Italie, les chiffres de l’OCDE sont anormalement bas. Nous avons donc cherché à confirmer ces données auprès de l’Agence italienne du médicament dont les chiffres se sont révélés différents de ceux de l’OCDE. Nous avons donc procédé au remplacement de ces données dans notre analyse. Par ailleurs, nous avons également choisi d’inclure le Royaume-Uni car nos données s’arrêtent en 2018, c’est-à-dire bien avant le Brexit.

Enfin, toutes les valeurs de notre base de données sont exprimées en dose thérapeutique quotidienne (Defined Daily DoseDDD) pour 1 000 habitants. Cette mesure est celle qui est recommandée par l’OMS dans ce contexte. Les données utilisées dans le présent reportage peuvent être téléchargées ici pour les antidépresseurs, et ici pour les anxiolytiques. Si vous notez la moindre erreur, contactez-nous à : contacto@civio.es.

Ainsi que l’explique l’OCDE dans la description de sa méthodologie, il est difficile de comparer les données de différents pays. En effet, chaque pays possède son propre système de santé ainsi qu’une procédure spécifique de collecte de données. Par exemple, la Belgique et la Hongrie ne disposent pas de données sur la consommation d’anxiolytiques car ces derniers ne font pas partie des médicaments remboursés. En ce qui concerne la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques en Allemagne, seules sont incluses les données relatives à l’assurance maladie obligatoire. Enfin, en Suède et en République Tchèque, les données tiennent également compte de la consommation en hôpital et des médicaments payés de la poche des patients.

Nous avons également recherché des données relatives aux pays de l’UE ne faisant pas partie de l’OCDE. La seule base de données que nous avons trouvée est celle de l’Agence des médicaments et des dispositifs médicaux de Croatie.

[Illustration : Miguel Morales Madrigal | Cartoon movement – source : http://www.voxeurop.eu]

 

Conservée depuis 130 ans par la famille du médecin de l’artiste, une rare scène d’hôpital est mise ce mardi aux enchères par la maison Artcurial entre 600 000 et 900 000 euros.

Écrit par Arthur Frydman

Témoin incontournable et lucide de son temps, Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) peignait la vie pour « faire vrai et non idéal », comme il s’adonnait à le dire. Brossant la fresque d’une époque frivole, l’artiste est surtout connu pour ses scènes de fêtes et bals parisiens du quartier de Montmartre et les portraits de « ses dames » de la rue Joubert à celle d’Ambroise, en passant par la rue des Moulins, qui, outre ses partenaires d’une nuit, étaient par ailleurs ses muses de prédilection.

Art ©  Artcurial

Détail de l’œuvre – Artcurial

Les femmes – et l’alcool – étaient, en effet, une consolation pour cet homme tourmenté et de petite taille, qui ne dépassa jamais 1,52 m en raison d’une croissance stoppée, conséquence de deux fractures du fémur à l’adolescence et d’une maladie incurable qui l’emporta à 37 ans, le même âge que son ami Van Gogh. Peu importe, Toulouse-Lautrec l’aristocrate – il descend d’une lignée de comtes toulousains qui remonte aux Carolingiens – ne se laissa pas abattre et s’affirma à travers l’art. On connaît la suite…
Mais moins connu et plus surprenant était son intérêt pour le milieu hospitalier, qu’il fréquenta depuis son plus jeune âge, souffrant de multiples pathologies. « Si je n’étais pas peintre, j’aimerais être médecin », a-t-il affirmé. Il commença alors à s’infiltrer dans les salles des blocs opératoires des hôpitaux parisiens, croquant ici ou là et sur le vif diverses interventions chirurgicales. L’une d’entre elles, intitulée Une opération par le Dr Péan à l’Hôpital international, est mise à l’encan aujourd’hui par la maison Artcurial dans le cadre de ses grandes ventes d’art impressionniste et moderne du soir. Cette peinture à l’essence sur carton, datant de 1891 – Lautrec a alors 27 ans –, est estimée entre 600 000 et 900 000 euros. Les enchères devraient s’envoler du fait du caractère inédit du sujet et de l’œuvre elle-même, estimée prudemment par rapport au prix record de l’artiste, établi en 2005 chez Christie’s pour sa toile La Blanchisseuse (1886-1887), adjugée à plus de 20 millions d’euros.

La dernière scène d’hôpital de l’artiste en mains privées

« Ce qui fait toute la rareté du tableau est qu’il est quasi inconnu sur le marché mais surtout dans l’histoire de l’art », commente Bruno Jaubert, le directeur du département d’art impressionniste et moderne chez Artcurial. « On connaît seulement deux autres peintures figurant le domaine hospitalier dans l’œuvre de Toulouse-Lautrec : un autre portrait du docteur Péan effectuant une trachéotomie, également exécuté en 1891 et conservé au Clark Art Institute de Williamstown aux États-Unis et Examen à la faculté de médecine de Paris, réalisé en 1901 et exposé au musée Toulouse-Lautrec à Albi. Notre toile est donc la seule sur ce sujet encore en mains privées à ce jour », ajoute le spécialiste, qui précise par ailleurs que « l’œuvre n’a été exposée qu’une seule fois au public. C’était en 1914, à la galerie Manzi-Joyant à Paris ». C’est donc une belle redécouverte pour le marché de l’art, la toile étant restée au sein d’une même famille de collectionneurs pendant plus de cent trente ans.

art ©  Artcurial

Détail de l’œuvre – Artcurial

Cette famille, c’est celle des Baumgarten. En 1891, année au cours de laquelle l’artiste peint Une opération par le Dr Péan à l’Hôpital international, Toulouse-Lautrec est suivi par un médecin de l’hôpital Saint-Louis à Paris, le docteur Frédéric Baumgarten. Celui-ci possédait quatre œuvres du peintre, dont une toile de 1893, La Macarona en costume de jockey, conservée un temps dans la collection de l’Art Institute de Chicago, La Goulue et Femme de maison, aujourd’hui dans des collections privées. La quatrième est celle mise aux enchères aujourd’hui et que Baumgarten reçut en cadeau de son patient en guise de reconnaissance de son travail et en hommage au corps médical. Grâce à son médecin mais également à son cousin, Gabriel Tapié de Celeyran, interne de médecine à Paris, Toulouse-Lautrec est introduit dans le milieu médical. Cela lui permet d’entrer dans les salles d’opération et d’assister aux interventions chirurgicales afin d’y saisir, en direct, les moments et les scènes qui se déroulent sous ses yeux.

tableau ©  académiemédecine.fr

Rembrandt, Leçon d’anatomie du Dr Tulp (Mauritshuis, La Haye) – académiemédecine.fr

Un sujet dont Toulouse-Lautrec n’est pas le chef de file, s’étant inspiré de ses pairs par le passé. On pense ainsi aux peintres néerlandais du XVIIsiècle tels qu’Adriaen Brouwer et sa représentation réaliste et grotesque d’une opération de pied (Städel Museum, Francfort) et Rembrandt, dans un style plus grave et solennel avec sa célèbre Leçon d’anatomie du Dr Tulp (Mauritshuis, La Haye) datée de 1632 ou, 80 ans plus tard, La leçon d’anatomie du docteur Deyman (Rijksmuseum, Amsterdam), à la vision plus macabre de la dissection d’un crâne.

La scène proposée par Artcurial est quant à elle fidèle à l’art et au trait de Toulouse-Lautrec. « Une œuvre au style abouti, à la palette colorée et à l’écriture vive et hâtive comme si le spectateur vivait l’instant en même temps que le peintre. Tout est en place, mais la composition finale reste à l’état d’esquisse, comme à l’accoutumée chez le peintre », souligne Bruno Jaubert. Le tableau représente une intervention du docteur Péan, un chirurgien en vue dans le monde médical de l’époque, représenté d’ailleurs en 1887 dans la célèbre toile Le docteur Péan enseignant à l’hôpital Saint-Louis sa découverte du pincement des vaisseaux d’Henri Gervex, conservée au musée d’Orsay. Dans l’œuvre de Toulouse-Lautrec figure au premier plan un infirmier, de dos, qui accompagne un patient allongé sur un brancard. Au second plan, le peintre plonge dans l’opération avec au centre le docteur Péan, en noir, debout et de dos, en train d’opérer, tandis qu’au fond de la toile, au dernier plan, l’artiste apporte de la lumière à la salle avec de grandes fenêtres et représente Frédéric Baumgarten, qui assiste à la séance. Ce dernier est peint debout et de face. Il s’agit du seul visage réalisé nettement, de façon à ce qu’on le reconnaisse tel un petit clin d’œil du peintre à son ami et médecin.

[Source : http://www.lepoint.fr]

El escritor italiano Valerio Magrelli ofrece una crónica en la que reflexiona sobre lo que rodea a la vacunación contra el covid-19

Escrito por Valerio Magrelli 

Por fin me he vacunado. Incluido como profesor en las listas redactadas por la universidad, llegué a la estructura que instalaron frente a la estación Termini de Roma. La organización resultó impecable, con personal preparado y amable, esperas mínimas, filas bien distribuidas, locales amplios e higiénicos: no pudo ir mejor. Debemos sentirnos orgullosos de lo que hemos logrado. Lo cual es no es poca cosa, ya que se han vacunado unos 30 millones de ciudadanos.

De camino a casa, recordé un viejo suceso de hace más de veinte años. Mientras enseñaba en un aula con una veintena de estudiantes, se me ocurrió mencionar la cicatriz circular que  permanece en mi hombro izquierdo (seguramente hablaba de historia de la medicina). Semejante al rosetón místico de una catedral, esta huella es el resultado de una vacuna que compartí con mi generación como un auténtico ritual de la infancia. Pues bien, curiosamente mi confesión resultó inaudita para muchos estudiantes que han pasado ilesos a través de las más variadas modificaciones corporales: tatuajes de distintas disposiciones, colores y tamaños, multitud de aretes, piercings en todas partes y quizá hasta brandings (una alteración de la piel entre marca de fuego y cicatrización, semejante a las que practican algunas tribus africanas o amerindias).

Veía miradas atónitas, en busca de una explicación. Simplemente no comprendían mi insignia en la piel. ¡Ellos, los Grabados, los Cuadros, los Decorados! “Pero nosotros nos vacunamos por vía oral, ¿no lo sabe?”. No, no lo sabía. Efectivamente, los jóvenes que asistieron a la universidad en los años noventa ignoraban completamente la punción que los de la generación de 1957, y de todos los años anteriores, habían padecido durante la escuela primaria o secundaria.

El intruso

Pensaba en esto, camino a casa. Pero después, de repente, tuve un sobresalto, mientras en mi cabeza irrumpió violentamente el título de un ensayo de Jean-Luc Nancy, El intruso. En efecto, me pregunté, ¿qué había hecho sino dejarme inyectar algo extraño, extraño y peligroso, es decir, el enemigo que va segando víctimas en el mundo hasta llegar a los 3.8 millones de muertos? No soy un antivacunas, como se ha visto, pero esta vez el encuentro con el Otro, o sea con la Enfermedad, con el Mal en persona, me impresionó. Poliomielitis, viruela, etcétera, obviamente no son enfermedades menos graves, pero su vacuna, durante mi juventud, formaba parte de lo cotidiano. Además, esas patologías ya habían sido erradicadas y, por decirlo así, jubiladas. Acá no. Aquí se trata de inyectarse a un predador en plena actividad, inoculándonos el virus que se sigue extendiendo por todo el planeta. Así que fui a releer a Nancy…

En 1990 el filósofo francés tuvo un trasplante urgente de corazón, y poco después fue atacado por un tumor, probablemente generado por los medicamentos inmunosupresores. Por lo tanto, explicó Andrea Cortellessa, en esta historia clínica la presencia del intruso es triple: órgano ajeno tomado de otro cuerpo y colocado en el paciente, y un medicamento que, según la ambigüedad etimológica, cura y al mismo tiempo envenena: intruso que altera la vida de las células. Solo nueve años después de la operación, Nancy redactó un ensayo que se titula El intruso (traducido por Valeria Piazza en el año 2000 para Cronopio). Lo hizo por invitación de la revista Dédale, para un número titulado La llegada del extranjero. Esto para decir que, aunque el texto nunca toca temas explícitamente políticos, la política permanece cercana al pensamiento del autor, a la par del concepto de lo extraño.

Ahora volvamos a la vacunación de los italianos. Con respecto a la imagen del trasplante-tumor en Nancy, surge de inmediato una diferencia que, de hecho, podemos leer al principio del texto: “El intruso se introduce por fuerza, por sorpresa o por astucia; en todo caso, sin derecho y sin haber sido admitido de antemano”. Cortellessa comenta el pasaje subrayando otra ambivalencia etimológica, relativa esta vez al término “huésped”: “L’hospes [amigo, extranjero] coexiste con el l’hostis [enemigo], y el huésped, figura híbrida –activa-pasiva–, lleva en sí alojado, también, al que es hostil y pragmático, que se confronta con el primero”.

Liberado del círculo

Pero regreso al tema de la vacunación. No hace falta decir que la vacuna AstraZeneca, a diferencia de lo que sucedió a Nancy, no se introdujo en mi organismo por la fuerza, con la sorpresa o la astucia. Al contrario, yo la busqué ávidamente, y la invité con entusiasmo, pidiéndole que se sentara en mi casa como lo hace un personaje famoso, admirado. Un poco avergonzado, siento como si, para cenar con un VIP, no dudara en pagar sumas exorbitantes (aunque, por suerte, la obtuvimos gratis). Porque lo admito, pagaría tranquilamente, y no poco, para salir de este… cómo llamarlo, ¿delirio, pesadilla, molestia?

Será porque en casa, sin hacer nada, me congelo, pero se me ocurrió la imagen de un período glaciar. Me doy cuenta, sin embargo, de que esto es algo totalmente equivocado, ya que nuestro planeta –sobrecalentado– se derrite; de hecho, debería llamarse “incendiado”, toda vez que ha sido reducido a un enfermo grave por causa de los daños que todos conocemos (sobrepoblación descontrolada, deforestación, derrames petroleros) y que por desgracia son las mismas fuentes del covid. Si tuviera que elegir otra definición, tal vez al final optaría por “anillo”. Me gusta la palabra porque evoca una hermosa película paradigmática de la situación actual. Melania Mazzucco ya lo mencionó, pero quiero repetirlo: nuestras vidas parecen imitar El día de la marmota (Groundhog Day) que da el título a una película de 1993. En ella el héroe, Bill Murray, se ve prisionero dentro de una forma atroz del “eterno retorno”, obligado a repetir el mismo día una y otra vez. Esto también nos sucede a nosotros en este anillo agotador, que en inglés significa “círculo”, e indica objetos y estructuras formadas por líneas cerradas o en anillos. Si digo esto es porque, además de salvadora, la AstraZeneca me parece precisamente una vacuna anticírculo, una sustancia mágica; todavía mejor: el Príncipe Azul que inyecta al enemigo, pero para expulsarlo y romper el hechizo de la repetición.

El principio de los similares

Y aquí debo rendir homenaje a mi madre, una pediatra homeópata con la que discutí ferozmente, convirtiéndome a la alopatía después de renegar de la medicina casera. Lo confieso, estoy haciendo un mea culpa familiar. Me explico. Después del final de la Segunda Guerra mi madre abrazó esta extraña disciplina, heterodoxa, hereje, muy ilustre, ya que representa uno de los productos más afortunados de la ciencia romántica. Fundada por Samuel Hahnemann (1755-1843), y retomada en Italia por su heredero Antonio Negro (1908-2010), la homeopatía sigue el “principio de los similares”, es decir, una terapia contraintuitiva según la cual las enfermedades se curan con su semejantes (hay que ver, por ejemplo, los antídotos), en lugar de sus opuestos: Similia similibus curenter.

Está claro que este tipo de procedimientos pertenecen a la historia de la medicina y, con Hipócrates, preceden a Hahnemann dos milenios. Pero me gusta imaginar que, en el siglo XIX, la homeopatía fue la que retomó un proceso de tan difícil comprensión, sugiriendo a Pasteur la idea de la vacuna. De hecho, ¿qué es más contraintuitivo? ¡Me inyecté el mismo virus que durante un año, con tanto cuidado, traté de evitar! ¡Meses y meses evadiendo el peligro y luego poniéndomelo en el cuerpo, abriéndole la casa! Hice bien, desde luego, pero es bastante extraño saber que está aquí, dentro de mí.

Sin duda recordaré este día, a la espera de la segunda dosis, teniendo presente, como se nos advirtió, que este anhelo parece escasear. Quisiera concluir mi crónica invitando a escuchar un video que acaba de salir y que es muy instructivo sobre la cuestión de las vacunas contra el covid-19. Se trata de cuatro minutos en los cuales Manon Aubry, diputada del Parlamento Europeo, acusa a la Unión Europea de estar en contra de la vacuna patentada por Big Pharma. Me quedé impresionado, debo admitirlo. Ahora, como vacunado, puedo decirlo: chapeau! 

Traducción del italiano de Roberto Bernal

 

[Foto: Mufid Majnun en Unsplash – fuente: http://www.latempestad.mx]

Numa proeza técnica, ‘A Bela e os Cães’ usa nove planos sem cortes para narrar o desamparo de uma vítima de estupro na Tunísia

(Divulgação)

Escrito por Carlos Alberto Mattos

[Fonte: www.cartamaior.com.br]

https://youtu.be/6wA2EkhkpC4

 

 

“Tratamento precoce”, cloroquina, ivermectina: parte dos médicos insistem em basear-se em vivências pessoais e fundamentalismos, como se dava há dois séculos. Má qualidade da formação científica dos profissionais pode estar por trás do problema

Escrito por Cátia Guimarães

Cloroquina, ivermectina, antibiótico preventivo, tratamento precoce… A tensa relação entre conduta profissional e conhecimento científico tem feito dos médicos um capítulo à parte na história da pandemia. Em entrevista para outra reportagem da Poli, na edição nº 73, a professora e médica sanitarista Ligia Bahia, representando a Sociedade Brasileira pelo Progresso da Ciência (SBPC), destacou a carência de base científica na formação dos médicos no Brasil como uma das explicações para esse comportamento. Já José Ricardo Ayres acredita que é preciso um “estudo mais cuidadoso” para se afirmar que “haja de fato um déficit de formação científica nas escolas médicas de maneira geral”. Ele justifica a ‘hesitação’: “Especialmente nas grandes escolas de medicina no país, há uma ênfase crescente na chamada medicina baseada em evidências”.

Ayres se refere a um ‘movimento’ que nasceu no final do século 19 a partir da crítica à forma como os médicos tomavam suas decisões clínicas. A percepção era de que essas medidas eram influenciadas principalmente pela vivência pessoal. “E muitas vezes a experiência daquele médico era particular, carregada de preconceitos e concepções enviesadas e não levava às melhores práticas”, explica.

Para solucionar esse problema, começou-se a mapear tudo que se fazia em termos de diagnóstico, prevenção, tratamento e prescrição e a classificar de acordo com as evidências comprovadas na produção científica disponível. “Por exemplo, fazer screening para câncer de próstata é eficaz? Compensa? [Para responder], faz-se a análise de uma série de estudos”, ilustra o professor, explicando que há “uma certa hierarquização” do que se considera cientificamente válido: enquanto os ensaios clínicos randomizados duplo cego são considerados de alto valor do ponto de vista científico, um relato de caso enviado por médicos é sistematizado, mas reconhecido como de baixa evidência. A partir dessa gradação, as práticas são organizadas desde o ‘altamente recomendável’ até o ‘altamente não recomendável’.

Desde o final do século passado, no entanto, essa “adesão quase religiosa” à medicina baseada em evidências vem sendo questionada. “Na saúde coletiva foi muito comum a crítica a esse cientificismo, que muitas vezes perdia de vista o que se obtém com uma interação mais empática com os pacientes, de compreender o que está acontecendo, e não se guiar tanto por princípios gerais e abstratos”, argumenta Ayres, que completa: “A gente tem de atingir o equilíbrio entre uma formação que valoriza a ciência – porque ela é um legado importante para as decisões, para que a gente tenha referências sobre o real e algum grau de possibilidade de crítica intersubjetiva e aceitação racional de uma proposição –, mas não pode endeusar isso como se fosse a única coisa que contasse”.

O professor da USP, no entanto, reconhece que “esse equilíbrio está difícil”. “Na atual conjuntura, a gente vê discursos que questionam a cientificidade, mas não como crítica ao cientificismo, ao contrário: como uma forma de justificar certos fundamentalismos que a gente também tem de afastar”, alerta.

E como o comportamento anticientífico de parte da comunidade médica em meio à pandemia se encaixa nesse desenho? “No cotidiano, o médico é obrigado a resolver situações práticas, ele é treinado para dar resposta. E as condições de práticas muitas vezes fazem com que essa resposta mais pragmática ocorra num ambiente de incerteza muito grande”, contextualiza Ayres. Ele exemplifica: um paciente com febre e dor de garganta pode estar com uma amigdalite viral ou bacteriana. O ideal é aguardar e pedir para o usuário voltar para se ter certeza do diagnóstico mas, se não tem condições de fazer isso, seja pelo excesso de demanda, seja porque sabe que há chances de ele não retornar à unidade de saúde, o médico acaba prescrevendo um antibiótico. “Essa pressão de fazer alguma coisa muitas vezes leva o profissional de saúde, mesmo tendo uma base científica, a precipitar uma atitude pragmática para cercar as possibilidades de ter algum tipo de efetividade garantida”, explica. Mas pondera: “O que não justifica o uso de qualquer medicamento em qualquer circunstância. Especialmente quando há evidências de que não funciona, e pior, quando há evidências de que pode trazer outros efeitos”.

A isso somam-se, na avaliação do professor, as inseguranças e incertezas trazidas pela pandemia e a influência do “ambiente político”. E ele acredita que todo esse coquetel, muitas vezes, atropela o que foi aprendido durante a formação.

De acordo com o estudo ‘Demografia Médica 2020’, da USP com o CFM, 25,8% das vagas de cursos de medicina hoje são oferecidas em instituições públicas, contra 74,2% em privadas. A significativa expansão de estudantes de medicina nos últimos anos deu-se sobre as mesmas bases: segundo a pesquisa, entre 2011 e 2020, 84% dessas novas vagas foram de instituições particulares. “A intensificação da abertura de cursos e vagas privadas deve ser acompanhada, considerando seus eventuais efeitos na qualidade da formação, no perfil e na trajetória profissional dos egressos”, recomenda o relatório.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

El olvido que seremos
Héctor Abad Faciolince
Alfaguara, Barcelona, 2017. 319 p.
[Edición original, Colombia, 2006. Primera edición en España, Seix Barral, Barcelona, 2007].

El olvido que seremos. Colombia, 2020
Director: Fernando Trueba
Guion: David Trueba
Intérpretes: Javier Cámara, Aída Morales, Patricia Tamayo, Juan Pablo Urrego, Sebastián Giraldo, Whit Stillman. Caracol Televisión, Dago García Producciones. 136 min.

Escrito por Rafael Núñez Florencio

El anuncio del estreno de la última película de Fernando Trueba, una producción íntegramente colombiana en la que sobresalen tres nombres españoles (el del director, su hermano David como guionista y el intérprete principal, Javier Cámara), me sorprendió por varios motivos: el primero y más obvio, como acabo de apuntar, la inserción de esa exigua nómina de profesionales españoles -en roles, sin embargo, tan relevantes- en un proyecto no solo ajeno a las coordenadas hispanas sino de raíces profundamente colombianas, tanto en el decisivo ambiente familiar como en el contexto sociopolítico. Segundo, para los cinéfilos que nos habíamos desentendido de la trayectoria última del director español, por considerarla en franca decadencia, suponía también una extrañeza, tanto por el giro temático como por el notorio desafío que implicaba la adaptación del libro de Abad Faciolince. En tercer lugar, la sorpresa se extendía al hecho mismo de que fuera Javier Cámara el actor designado para encarnar en la pantalla el papel del paterfamilias, que constituye no solo el centro gravitatorio de la narración sino una presencia ubicua en la adaptación cinematográfica (¿cómo se iban a resolver, sin ir más lejos, los problema del acento, los modismos o los gestos culturales, tan diferenciados de los nuestros?)

Espoleado por esas incógnitas y decidido a despejarlas in situ, me acerqué a la película de Fernando Trueba con una mezcla de escepticismo y aprensión. (Dicho sea de paso y entre paréntesis, volver a las salas cinematográficas –las pocas que quedan- en esta época de crisis sanitaria es una experiencia deprimente. Heridas de muerte por la competencia de las nuevas plataformas audiovisuales, la cuestión es simplemente cuánto podrán aguantar). Pero, en fin, volviendo a la línea argumental, les confesaba dos sentimientos complementarios: el primero, el escepticismo, porque tenía serias dudas acerca de las posibilidades de que el cineasta español y su actor protagonista salieran airosos de los retos mencionados. La segunda, la aprensión, porque conservaba un recuerdo tan grato como punzante del libro que daba lugar al filme y temía, como suele suceder en estos casos, que la decepción fuera inevitable. Leí El olvido que seremos hace ya algunos años, no sabría precisar cuántos. No puedo decir obviamente que me acordaba de todo su desarrollo pero, al contrario de otros muchos libros leídos antes y después de él, conservaba nítidas sus líneas esenciales y, por encima de todo, el tono del autor al evocar la figura del padre, eje que vertebra toda la historia y da carácter a la narración. Tomé el volumen de uno de los estantes de mi biblioteca y al abrirlo, comprobé, como sospechaba, que sus páginas presentaban múltiples subrayados. Esas anotaciones me sirven ahora para rememorar pasajes olvidados y, por supuesto, para pergeñar estas líneas.

Al abrir el libro, lo primero que causa una impresión ambivalente al lector español no familiarizado con los modismos americanos, es el uso generalizado, más allá del ámbito estrictamente familiar, del término papá en lugar de padre. Aunque lejos de la rigidez anglosajona, buena parte de los españoles se muestran pudorosos en las efusiones sentimentales y, a veces, hasta en las pequeñas muestras públicas de cariño. Quizá por eso en España los adultos no decimos «mi papá» hablando con desconocidos o, mucho menos, cuando nos dirigimos a un auditorio extenso. Algo que, por el contrario, es usual oír en muchas zonas de la América española. En este caso, además, el autor potencia la dimensión afectiva del término, y con ella la vinculación filial, hasta registros hiperbólicos: «Un día tuve que escoger entre Dios y mi papá, y escogí a mi papá». El planteamiento se repetirá luego con leves variaciones: «No. Yo ya no me quiero ir para el Cielo. A mí no me gusta el Cielo sin mi papá. Prefiero irme para el Infierno con él» (frase, por cierto, que se recoge en la película de modo casi literal, al igual que muchas otras del libro). Podría pensarse desde una perspectiva distanciada que se trata de una mera ocurrencia infantil, sin más recorrido. No hay tal. El autor es muy explícito al respecto: «Mi papá y yo nos teníamos un afecto mutuo (y físico, además) que para muchos de nuestros allegados era un escándalo que limitaba con la enfermedad». La educación sentimental se orienta hacia una estrechísima correlación emocional que se manifiesta sin pudor, como al «llorar en silencio mientras pensaba en mi papá con una melancolía que me inundaba todo el cuerpo». El niño -como luego el adolescente- se reconoce sin rebozo en esa dependencia: «A mí la única persona que me hacía falta en la vida, hasta hacerme llorar en esos largos y tristes crepúsculos de La Inés, era mi papá».

Sabemos desde el principio, antes incluso de abrir el volumen, porque así se nos informa desde la contraportada y la promoción editorial, que «el 25 de agosto de 1987 Héctor Abad Gómez, médico y activista en pro de los derechos humanos, es asesinado en Medellín por los paramilitares». Abad Gómez era, como bien pueden suponer, el padre del autor del libro. Por eso, las confesiones anteriores acerca de la devoción filial se insertan en un cuadro trágico. Abad Faciolince, el hijo, habla –o escribe, más bien- desde la atalaya de la ausencia, la vivencia de la pérdida, para la que no hay consuelo posible. Las muestras de afecto filial que he reproducido -de cuando era niño- se entreveran con las sensaciones de orfandad que experimenta el adulto, paradoja no difícil de explicar porque el tiempo y la edad no constituyen atenuantes: «Casi todo lo que he escrito lo he escrito para alguien que no puede leerme, y este mismo libro no es otra cosa que la carta a una sombra». Más aún, aquella muerte sigue gravitando de modo insoportable: «han pasado casi veinte años desde que lo mataron, y durante estos veinte años, cada mes, cada semana, yo he sentido que tenía el deber ineludible, no digo de vengar su muerte, pero sí, al menos, de contarla». El libro aparece, así, como una especie de pacífico ajuste de cuentas, una confesión, un testimonio, un desahogo y un canto de amor, todo a la vez, que solo es posible cuando, aun quemando el rescoldo del recuerdo, se han secado las lágrimas, atemperado la ira y contenido el arrebato emocional. «Si recordar es pasar otra vez por el corazón, siempre lo he recordado. No he escrito en tantos años por un motivo muy simple: su recuerdo me conmovía demasiado para poder escribirlo. Las veces innumerables en que lo intenté, las palabras me salían húmedas, untadas de lamentable materia lacrimosa, y siempre he preferido una escritura más seca, más controlada, más distante».

Con todo, este ejercicio de distanciamiento que proclama el autor es muy relativo. Es verdad que en algunos pasajes se manifiesta esa voluntad de contención, pero ello no hace más que convertir en más impresionante la irrupción de la muerte, la gran protagonista de estas páginas por su sombra o por su abrupta presencia. Así, por ejemplo, en las páginas iniciales, se nos presenta a la secretaria del profesor Abad Gómez, una chica llamada Gilma Eusse, que «sonreía, sonreía, con la cara más alegre y cordial que uno se pudiera imaginar. Parecía la mujer más feliz del mundo hasta que un día, sin dejar de sonreír, se pegó un tiro en el paladar, y nadie supo por qué». Luego llega el impresionante episodio de la muerte de su hermana a causa de un melanoma (en mi opinión, el horror del lance queda atenuado en el filme de Trueba). El impacto en la familia es devastador, pero el autor se centra en el sufrido por su padre: «Oía sus sollozos, sus gritos de desesperación, y maldecía el cielo, y se maldecía a sí mismo, por bruto, por inútil, por no haberle sacado a tiempo todos los lunares del cuerpo, por dejarla broncear en Cartagena, por no haber estudiado más medicina, por lo que fuera, detrás de la puerta cerrada con seguro, descargaba toda su impotencia y todo su dolor, sin poder aguantar lo que veía, la niña de sus ojos que se le iba esfumando entre sus manos mismas de médico, sin poder hacer nada por evitarlo, sólo intentando con mil chuzones de morfina aliviar al menos su conciencia de la muerte, de la decadencia definitiva del cuerpo, y del dolor».

Un suceso así marca un antes y un después: «La vida, después de casos como este, no es otra cosa que una absurda tragedia sin sentido para la que no vale ningún consuelo». El dolor se convierte en obsesión y en un pozo sin fondo, «el único consuelo que se siente en la tristeza (…) es el de hundirse más en la tristeza, hasta ya no poderla soportar». Desde ese momento «ya no fue posible para nadie volver a ser plenamente feliz, ni siquiera por momentos, porque en el mismo instante en el que nos mirábamos en un rato de felicidad, sabíamos que alguien faltaba». El autor nos acerca incluso a los detalles más íntimos y reveladores: «Supe años después que desde esa fecha mi papá y mi mamá no volvieron nunca más a hacer el amor». Pero para el doctor Abad Gómez la muerte de su hija fue importante por otro motivo y, de modo entonces insospechado para él, marcaría una nueva etapa en su vida y constituiría el principio del fin. En el libro se explicita con la elegancia que constituye la característica señera de la narración: «Cuando uno lleva por dentro una tristeza sin límites, morirse ya no es grave. Aunque uno no se quiera suicidar, o no sea capaz de levantar la mano contra sí mismo, la opción de hacerse matar por otro, y por una causa justa, se vuelve más atractiva si se ha perdido la alegría de vivir». Más adelante precisa: «Su amor excesivo por los hijos, su mismo amor exagerado por mí, lo llevaron, algunos años después de la muerte de mi hermana, a comprometerse hasta la locura con batallas imposibles, con causas desesperadas».

Héctor Abad Faciolince

Héctor Abad Faciolince

En la película el planteamiento es bastante más abrupto y tiene lugar en una tensa escena que a punto está de terminar en accidente de automóvil. Mientras conduce de modo muy nervioso, el hijo reprocha abiertamente al padre en una acre discusión que haya postergado a la familia por un ideal político. No recuerdo una censura tan tajante en las páginas del volumen. Lo peor que dice de él es que «un papá tan perfecto puede llegar a ser insoportable». Pero, en fin, de modo sutil o descarnado, lo que no ofrece lugar a dudas es que en la vida del doctor Abad Gómez se produce un giro que será crucial tanto para él como para la familia. Por decirlo sin ambages, el progenitor se entregó en cuerpo y alma a unas causas sociales y políticas que conllevaban un riesgo extremo en la Colombia de su tiempo, los años ochenta del siglo pasado (aunque me temo que hoy en día, aunque algo haya mejorado, no sea muy distinto). Acusado de agitador, marxista o comunista, o todo a la vez, el buen doctor estaba sentenciado por una oligarquía que no toleraba el compromiso político con las capas más miserables de la población. La sentencia de muerte estaba pronunciada. Ejecutarla de una u otra forma solo era cuestión de tiempo. De poco tiempo. Podía haber sido un coche bomba o, como realmente fue, un tiroteo perpetrado por un par de sicarios.

En este punto se puede plantear una cuestión controvertida, derivada en cierta manera de la dispar exigencia del lenguaje escrito y cinematográfico. Trueba impregna su filme de un marcado carácter social y político que, desde mi punto de vista, no está en el libro o, para ser más exactos, no está tan presente en el libro. Este es por encima de todo una demostración de amor filial, un canto apasionado al padre, una confesión del dolor que deja la pérdida. La película, aunque refleja bien todo esto, trueca este planteamiento personal e íntimo por una perspectiva más objetiva. En el libro vemos en todo momento al padre con los ojos del hijo, pero en la pantalla el padre se encarna en un personaje de carne y hueso, tiene vida propia y, en función de ella, se inserta en una realidad. Y, para ser más precisos, no se trata de una mera inserción sino de una actividad por momentos frenética, cuyo objetivo último es la transformación de la misma desde el punto de vista de la salud pública: potabilización del agua, alcantarillado, medidas higiénicas, vacunas, alimentación, mejoras sociales, profilaxis en general. Luego, en el último tramo, la campaña política que le costará la vida. De este modo, el personaje que nos dibuja Trueba y que encarna Cámara es un hombre bueno con su familia, sus vecinos y sus conciudadanos y, a fuer de ello, comprometido con su país y con una causa política; mientras que Abad Faciolinde, sin dejar de resaltar esos rasgos, se propone por encima de todo expresar su amor y admiración por su papá.

De la ética a la estética. Tanto el matiz predominante en la película, la bondad, como el aspecto determinante en la obra escrita, el amor filial, suponen un innegable desafío para sus autores respectivos. Por más incongruente que resulte con nuestra escala de valores, lo cierto es que, mientras que los aspectos más tenebrosos de la naturaleza humana se benefician de un halo atractivo en la literatura y el cine, a las cualidades positivas –empezando simplemente por la bonhomía que antes citaba- les sucede exactamente lo contrario. Por decirlo en los términos usuales, no hay cosa que despierte más apatía, o simplemente tedio, que el buenismo. Aunque en el cine hay buenos memorables –desde el George Bailey (James Stewart) de ¡Qué bello es vivir! al Fred Rogers (Tom Hanks) de Un amigo extraordinario, pasando por el Atticus Finch (Gregory Peck) de Matar un ruiseñor– forzoso es reconocer que son excepciones en el océano de esos sádicos despiadados, convertidos en iconos memorables, de filmes clásicos precisamente por ellos, como La naranja mecánica o El silencio de los corderos. Pues bien, lo cierto en este caso que nos ocupa es que tanto Abad Faciolince en su declaración de amor filial como Fernando Trueba en su plasmación del humanista comprometido salen airosos del empeño. El olvido que seremos (libro) es, aparte de una conmovedora confesión, una impactante biografía y autobiografía (me resisto a llamarle novela: me parece una muestra de pereza mental). El olvido que seremos (filme), gracias a un excelente guion de David Trueba -que adapta pero no traiciona el espíritu del libro-, una inspirada dirección de su hermano Fernando y, sobre todo, una portentosa interpretación de Javier Cámara, termina siendo, pese a todo, un hermoso canto a la vida.

Me interesa detenerme en este último aspecto, ya para terminar. Deslicé antes que la muerte era la gran protagonista de ambas obras y así es en la medida en que ella determina el curso de los acontecimientos de forma contumaz, como he tratado de explicar. Pero eso no significa que la Parca tenga la última palabra. Por el contrario, lo que engrandece el relato de Abad Faciolince –y del filme, en la medida en que le es fiel- es la rebelión contra la muerte auténtica, que es el olvido. Tomando como referencia unos versos atribuidos a Borges -«Ya somos el olvido que seremos»-, el escritor trasciende la muerte física, el asesinato de su padre, para establecer, más allá de la rabia y la impotencia, la dimensión específicamente humana, que no es –no puede ser- la negación del deceso pero sí el testimonio imperecedero –al menos, mientras haya hombres o conciencia humana- de una vida que ha servido para algo. Confieso que he vivido, decía Neruda. «Los tristes asesinos que le robaron a él la vida y a nosotros, por muchísimos años, la felicidad e incluso la cordura, no nos van a ganar, porque el amor a la vida y a la alegría (lo que él nos enseñó) es mucho más fuerte que su inclinación a la muerte». Es verdad que, al final, en términos absolutos, el olvido nos tragará a todos, porque decir humano es decir finito. Pero hasta que llegue esa consumación definitiva, el propio esfuerzo de perdurar es lo que nos da sentido: «Este olvido que seremos puede postergarse por un instante más». De este modo sobrevivimos «por unos frágiles años, todavía, después de muertos, en la memoria de otros, pero también esa memoria personal, con cada instante que pasa, está siempre más cerca de desaparecer». Aunque no nos hagamos falsas ilusiones, las palabras sirven:  «los propios libros son un simulacro de recuerdo, una prótesis para recordar, un intento desesperado por hacer un poco más perdurable lo que es irremediablemente finito».

 

[Fuente: http://www.revistadelibros.com]

Em plena pandemia, o Conselho de Medicina barrou mais de 200 ações judiciais para validar diplomas estrangeiros, posterga a 2ª etapa do Revalida 2020 e comemora restrições à atuação de 2,4 mil profissionais de Saúde no país

Escrito por Thais Lazzeri

Na semana em que o Brasil chegou perto de 400 mil pessoas mortas por covid-19 e a CPI da Covid foi aberta para investigar a conduta do governo no enfrentamento à pandemia, o Conselho Federal de Medicina celebrava uma conquista: desde 2020, o CFM barrou na justiça mais de 200 ações que permitiriam a contratação de médicos formados no exterior. No pior momento da pandemia, a entidade escolheu comemorar o impedimento de que mais profissionais de saúde pudessem trabalhar no Brasil.

Manifestações como esta, publicada em 27 de abril no Twitter, são comuns em todas as redes sociais da entidade. Elas demonstram quais discussões mobilizam o CFM durante a maior crise sanitária da história do Brasil.

Para clinicar no país, profissionais formados no exterior, estrangeiros ou não, precisam fazer uma prova, o Revalida. A última vez que o governo revalidou diplomas foi em 2017.

No ano passado, a primeira etapa do exame foi realizada, e 2.402 médicos foram aprovados. A segunda etapa, no entanto, não avançou. Sem poder regularizar seus diplomas, os profissionais formados no exterior esperam pela oportunidade de trabalhar.

Dada a gravidade da pandemia e o colapso do sistema de saúde, ações emergenciais individuais e coletivas foram movidas na justiça pedindo a desobrigação do Revalida e a contratação desses médicos.

Intercept contatou todas as unidades do Ministério Público Federal no Brasil e mapeou casos assim no Amazonas, no Pará, no Acre, no Sergipe e em Santa Catarina, além de um pedido coletivo de governadores do Nordeste.

O Inep, responsável pela aplicação da prova, disse ao que está “engajado na realização da segunda etapa do exame” e alegou que a pandemia dificulta a execução do Revalida, que tradicionalmente acontece em ambulatórios hospitalares.

A autarquia federal vinculada ao Ministério da Educação não deu prazo para o novo exame, mas informou que o “edital da segunda etapa do Revalida será divulgado tão logo sejam definidos os dias e locais de prova que atendam aos protocolos de segurança sanitária emitidos pelo Ministério da Saúde”. O Inep ainda acrescentou que cogitou fazer o exame até em hotéis para evitar aglomerações em hospitais.

Pressão política

O CFM mobilizou, em abril deste ano, médicos para vetar qualquer flexibilização no Revalida. “Dois PLs que tramitam na Câmara dos Deputados podem permitir que portadores de diplomas obtidos no exterior possam atuar como médicos no Brasil SEM PASSAREM NO REVALIDA”, diz o texto de uma plataforma online criada para disparo direto de mensagens para contas de deputados federais.

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Em 2019, o órgão já havia feito o mesmo para vetar trechos da Medida Provisória 890 – um deles, sobre a flexibilização do Revalida. E aí até a sociedade civil foi chamada a participar.

“Os 475 mil médicos inscritos nos CRMs [conselhos regionais de medicina] receberam nesta segunda-feira (21) um e-mail [do CFM] pedindo que acessem uma plataforma especialmente criada para permitir o envio de mensagens aos políticos”, diz um texto publicado no site da Sociedade Brasileira de Pediatria em 22 de outubro de 2019.

Quem se cadastrou na plataforma, médico ou não podia enviar a seguinte mensagem ao presidente Jair Bolsonaro, a fim de que se manifestasse “A FAVOR do veto que impede a realização do Revalida em escolas privadas, mantendo esse processo sob responsabilidade do Estado”.

O Conselho Federal de Medicina disse que norteia as suas posições segundo os critérios do Revalida e da lei 13.959/2019. Sancionada por Bolsonaro, a regra instituiu o Revalida “com a finalidade de incrementar a prestação de serviços médicos no território nacional e garantir a regularidade da revalidação de diplomas médicos expedidos por instituição de educação superior estrangeira e o acesso a ela”.

Em condição de anonimato, um médico membro da entidade desabafou com a reportagem. “Se eles estivessem preocupados com quem frequenta o SUS, já se tinham posicionado para que o exame de revalidação acontecesse. Mas a campanha é para não revalidar, e isso diz tudo”, disse.

Questionado sobre a relação da instituição com o Congresso Nacional, o CFM afirmou que “acompanha a tramitação de projetos de interesse da medicina, da saúde e dos pacientes”.

Em 8 de outubro de 2019, a médica e conselheira do CFM pelo estado do Piauí, Yascara Pinheiro Lages Pinto, usou o Facebook para enaltecer a articulação do conselho no Congresso Nacional. Já naquele ano, a entidade tentava barrar tanto o trabalho de médicos sem registro no Brasil quanto projetos de lei que apontavam novos caminhos para a revalidação do diploma.

Ela chegou a encontrar-se com a ministra da Mulher, da Família e dos Direitos Humanos, Damares Alves, para debater o tema. Em outra ocasião, no final daquele ano, esteve com a senadora e advogada Soraya Thronicke, do PSL do Mato Grosso do Sul, para “impedir atuação de quem não faz revalidação de diploma para obter CRM [o registro profissional da categoria médica no Brasil]”.

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Conselheira do CFM reúne-se com senadora para fazer lobby pelo impedimento da atuação de médicos formados no exterior. Imagem: reprodução/Facebook

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A médica manifesta apoio público ao falso tratamento precoce, composto por medicamentos comprovadamente ineficazes para covid-19. Imagem: reprodução/Facebook

Pinto é defensora do tratamento precoce e da autonomia médica, termo que vem sendo usado pelo conselho para defender profissionais que receitam remédios comprovadamente ineficazes para a covid-19. Por liberar médicos para prescrever remédios sem eficácia, o CFM pode ser investigado pela CPI da Covid.

Sobre o tratamento precoce contra a covid-19, o Conselho Federal de Medicina segue defendendo a prescrição, que não é recomendada pela Organização Mundial de Saúde, a OMS.

“Até o momento, não há estudos científicos, com metodologia inconteste, que comprovem o efeito de medicamentos na fase inicial da covid-19, antes da manifestação de sintomas graves da doença”, afirmou à reportagem.

Baseado nisso e no parecer 04/2020 da instituição, o CFM “entende que o médico na ponta e o paciente, mediante Termo de Consentimento Livre e Esclarecido, têm autonomia, de forma conjunta, para decidirem qual é a melhor opção terapêutica para tratar os casos diagnosticados”.

“É impressionante como as lideranças do CFM gastam tempo discutindo como defender abertamente o tratamento precoce, que não tem base científica, mas não agem para ajudar na pandemia. É um ultraje”, disse o médico, ainda em condição de anonimato.

Em seu site, o CFM também deixa claras suas prioridades. Em um levantamento realizado pelo Intercept, entre 2020 e 2021, foram publicados 50 posts sobre o Revalida e sete sobre a liberdade para receitar cloroquina e hidroxicloroquina. No mesmo período, não houve nenhum post em defesa do lockdown.

“Existe um trabalho muito forte da cúpula do CFM para barrar tudo, como posicionamentos contrários ao governo. O CFM sempre foi muito conservador, nunca foi a favor de políticas públicas, de minorias, da defesa do SUS. Mas nunca tivemos um CFM fascista como agora”, disse outro médico integrante da entidade. À reportagem, ele pediu para não ser identificado.

Em 2019, o site da instituição noticiou: “a pedido do CFM, presidente Jair Bolsonaro veta realização do Revalida em faculdades privadas”.

Em uma live promovida em janeiro de 2020 pelo Conselho Regional de Medicina da Bahia, o Cremeb, o então vice-presidente da entidade e conselheiro do CFM Júlio Cesar Vieira Braga mostrou a capilaridade das ações do CFM para impedir outras saídas à revalidação do diploma, em universidades, procuradorias e entidades como a Associação Brasileira de Educação Médica, a Abem.

Alternativas são barradas

O Conselho Federal de Medicina defende o Revalida, prova realizada pelo Inep, como única opção para profissionais formados no exterior.

Em uma parceria entre os ministérios da Educação e da Saúde, o Revalida foi criado em 2011 para “simplificar” o processo de aferição da equivalência curricular e a aptidão para o exercício profissional da medicina no Brasil daqueles que se formam no exterior.

Até aquele momento, as universidades públicas eram as únicas aptas a revalidar diplomas. Cada instituição elaborava a própria prova e escolhia a banca. O processo para participar do exame também era diferente. Do candidato, exigiam-se mais documentos, o que mitigava possíveis fraudes, segundo o Instituto Nacional de Convalidação do Ensino Estrangeiro, o Icespe.

Hoje, o candidato precisa estar em situação legal no país, ter CPF, enviar imagem do diploma (frente e verso) e ter o diploma expedido e autenticado por universidade estrangeira reconhecida no país de origem, de acordo com o Gov.br.

Segundo um levantamento do Icespe, até 2012, eram 88 instituições aptas a realizar o exame, mas apenas em quatro ele era oferecido anualmente – duas no Nordeste: Universidade Federal do Rio Grande do Norte e Universidade Federal da Paraíba; uma no Centro-Oeste: Universidade Federal do Mato Grosso; e uma no Sudeste: Universidade Federal de Minas Gerais.

“As universidades mantiveram-se inertes durante muito tempo, e o Inep apareceu”, disse o advogado Emídio Ferrão, presidente do Icespe. “[O Revalida] foi uma boa tentativa de agilizar, porque a revalidação da prova precisa ser feita, mas a ineficiência do serviço público não permitiu”, analisou.

Desde então, o Inep realizou sete edições do Revalida, ou uma prova anual, até 2017. No ano passado, aplicou a primeira fase do exame de 2020.

De acordo com um documento judicial obtido pelo Intercept, o Inep afirmou que, na prova de 2017, houve muita judicialização de participantes sem diploma. Por isso, o resultado do Revalida daquele ano só foi publicado dois anos depois.

No mesmo documento, o Inep menciona a escalada de inscrições para justificar atrasos. Entre 2011 e 2017, o número de inscritos saltou 1.183%, de 677 para 8.015 inscritos. Foram 24.327 inscrições no total – alguns tentaram realizar a prova sete vezes, segundo o Inep. Desses, 18,4% foram aprovados.

“Com isso, o Inep deparou-se com o desafio de atender ao crescente quantitativo de participantes em um prazo adequado à finalidade de criação do Revalida, considerando os recursos humanos disponíveis”, lê-se no documento.

“O Revalida é um teste e uma das maneiras de revalidar o diploma, não a única. E essa é a minha tarefa árdua”, explicou Ferrão. Com mais de três décadas de experiência em direito público, ele crê que as universidades poderiam retomar a revalidação.

Por isso, o Icespe fez uma proposta a elas durante o terceiro trimestre do ano passado: que cada uma realizasse sua prova de revalidação de diploma, com uma banca de profissionais selecionados por elas e que os custos ficassem a cargo com o próprio Icespe. Segundo Ferrão, a entidade é mantida por mais de 1.300 membros associados e recebe doações.

Dezoito universidades demonstraram interesse, mas depois alegaram ter parceria com o Revalida.

“Sem opções de trabalhar, o candidato vai judicializar. É isso se torna um ciclo sem fim”, avaliou o presidente do Icespe. Depois da proposta da entidade de Ferrão, o CFM e o Inep ajuizaram ações questionando a legitimidade do Icespe para realizar provas em universidades federais.

Mais uma vez, a revalidação do diploma encalhou. Mais uma vitória do Conselho Federal de Medicina nesta pandemia.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Les faces nocturnes de l’âme (Allemagne, 1500-1800)

Entre 1500 et 1800, la définition du rêve fut âprement discutée. Elle touchait à des savoirs en profond renouvellement (en médecine et en théologie notamment), voire naissants (psychologie et anthropologie) et à des pratiques difficilement contrôlables (prophétie, oniromancie).

L’étude du songe renvoyait donc à une intense interrogation sur l’être humain, mais les termes en changèrent foncièrement : le rêve subit un complexe processus de psychologisation. À terme, ce livre montre que C. G. Jung fut un intense lecteur de l’onirologie du XVIe au XVIIIe siècle.

Avec une préface de Jacqueline Carroy.

Avec le soutien de l’université de Fribourg.

2021

Claire Gantet

Domaine : histoire | histoire moderne

Collection : Histoire

Format : 15,5 x 24 cm
Nombre de pages : 326 p.

Illustrations : N & B

ISBN : 978-2-7535-8164-7

Disponibilité : en librairie
Prix : 25,00 €

Sommaire

Savoirs alternatifs, XVIe-XVIIe siècles

  • Les humanistes, les réformateurs et le cauchemar. Transferts, collisions, apories
  • À la recherche de la confessionnalisation. Imagination, diableries, hétérodoxie
  • L’altérité onirique. Images et langages

Dédoublements : conter le rêve

  • L’opacité des corps
  • Rêves autobiographiques
  • Savants et amateurs de rêves

Entre jeu, science et création

  • Prédiction, jeu, bricolage. Les clés des songes
  • Rêves et sciences de l’âme
  • Une onirologie romantique ?

Auteure :

Claire Gantet est professeure d’histoire moderne à l’université de Fribourg (Suisse) et présidente de la Société suisse pour l’étude du XVIIIe siècle.

[Source : http://www.pur-editions.fr]

La crise sanitaire place les professionnels de santé en première ligne, mais, paradoxalement, les tient aussi à distance d’une grande partie de leur patientèle. Un chercheur en médecine palliative de l’université d’Édimbourg recommande aux professionnels de santé de lire et relire Shakespeare, dont les textes auraient la capacité d’affûter l’empathie…

ActuaLitté

 

Publié par Antoine Oury

Publié dans la revue de la Société royale de médecine britannique, l’article de David Ian Jeffrey part d’un postulat devenu assez commun, avec les années : la littérature et la lecture permettraient, d’une manière générale, de renforcer l’empathie, la capacité à se mettre à la place de quelqu’un d’autre.

Dans une période où les consultations à distance, le port du masque et les gestes-barrières compliquent aussi les relations entre les médecins et leurs patients, Jeffrey affirme que la lecture et l’étude des pièces de William Shakespeare offriraient un supplément d’empathie bienvenu.

La variété des personnages de ses pièces, dans une diversité de caractères et de comportements, serait exemplaire en la matière : « Shakespeare décrit le monde de différents points de vue, en relayant les opinions des personnages, d’une part, mais aussi leurs émotions et leur perspective morale, encourageant ainsi le public à entrer en empathie avec les héros comme les antihéros ».

Oh ! que j’ai souffert — avec ceux que j’ai vus souffrir !

Miranda dans La Tempête (traduction de François-Victor Hugo, 1865)

Les personnages des pièces eux-mêmes font l’expérience de cette salvatrice empathie : Prospero, le héros de La Tempête, « manque d’empathie dans la manière dont il considère très durement Ariel et Caliban, mais, à mesure que le temps passe, il parvient presque à s’identifier à ses ennemis », indique David Ian Jeffrey.

David Ian Jeffrey recommande ainsi aux professionnels de santé de ne pas ignorer leurs émotions, un outil supplémentaire dans la prise de décisions. « Ressentir des émotions permet aux docteurs de se concentrer sur leur tâche et peut guider leurs réponses dans certains contextes. Dans une relation de confiance, le docteur ressent la douleur du patient tout en restant conscient des limites. » Selon Jeffrey, un mélange subtil d’écoute, de réflexion et d’interprétation doit déboucher sur la « distanciation » médicale idéale.

Le contexte de la pandémie mondiale justifierait aussi une attention particulière portée aux textes de Shakespeare, selon le chercheur. En effet, au moment de l’écriture des pièces, la peste frappait régulièrement les villes, notamment les plus grandes, conduisant à des périodes de confinement plus ou moins longues. Or, Shakespeare développait malgré tout des relations de travail et une œuvre fortement marquée par les émotions et les relations, faisant ainsi preuve d’une résilience certaine.

L’article intégral est accessible à cette adresse.

 

[Illustration : CC BY SA 2.0 – source : actualitte.com]

Une histoire sociale et culturelle de la magie dans le monde arabe médiéval

 

Écrit par Florian BESSON

Comme l’auteur le souligne dans son introduction, l’Orient, tel qu’il est ré-imaginé par l’Occident à partir du XVIIIe siècle, est une terre de magie : de Baudelaire à Disney en passant par Lovecraft, de nombreuses œuvres mettent en scènes lampes, génies, grimoires oubliés et cités mystérieuses enfouies dans le sable. Mais comment la magie est-elle pensée et pratiquée en terre d’Islam au Moyen Âge ?

La sorcière et le faux prophète

La magie en terre d’islam au Moyen Âge –  Jean-Charles Coulon 2017                      Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS)         350 pages

Le terme arabe que l’on traduit par magie est sihr. Dans le Coran, il désigne les techniques employées par des anges déchus pour diviser des époux. Son participe actif (sâhir, magicien) qualifie quant à lui les magiciens de Pharaon qui transforment leurs bâtons en serpents pour défier Moïse. Ou du moins, qui donnent l’impression de l’avoir fait, car la magie est avant tout la science des illusions, l’art de faire croire. D’où une place assez ambivalente dans les textes littéraires. Plusieurs figures semblent exprimer un rejet, voire une condamnation de la magie : sont décrits comme des magiciens des faux prophètes et des rebelles, des sorcières, des suppôts du diable. Un hadith prescrit de tuer les sorciers. Mais, dans le même temps, des pratiques magiques sont associées à de grandes figures de l’islam, notamment Salomon, très tôt décrit comme le maître des djinns, ces esprits du feu qui donneront le mot « génie ».

L’invention d’une magie savante

L’auteur en vient ensuite à aborder la construction d’une magie savante, qui intègre les héritages grecs et indiens. Dans la Bagdad abbasside du IXe siècle, la Maison de la Sagesse (bayt al-Hikma) accueille scientifiques, médecins, traducteurs, alchimistes. La magie participe pleinement de ce paysage intellectuel et est l’une des composantes du savoir de l’époque. La culture indienne nourrit notamment les connaissances astrologiques, mais aussi un ensemble de pratiques incantatoires ; des Grecs, et notamment de la tradition pythagoricienne, les auteurs musulmans reprennent les jeux sur les nombres, dotés d’une signification symbolique. Ils reprennent également un ensemble de figures plus ou moins historiques, vues comme de grands magiciens, tels Hermès Trismégiste, Balînâs, maître des talismans (version arabe d’Apollonius de Tyane), Aristote ou Platon.

Comme le rappelle finement Jean-Charles Coulon dans ce qui fait partie des meilleures pages de l’ouvrage, la magie est alors totalement liée à la médecine. Les pratiques incantatoires visant à exorciser les personnes possédées par des djinns sont ainsi pleinement vues comme des pratiques médicales. Il n’existe au fond pas de réelle différence, du point de vue épistémologique, entre le fait de prescrire une tisane de plantes pour guérir d’une maladie et le fait de dessiner un carré magique sur la cuisse d’une femme en train d’accoucher pour garantir une naissance paisible : dans les deux cas, il s’agit bien de trouver un moyen matériel d’agir sur le corps humain, en exploitant une connaissance poussée des lois naturelles qui gouvernent le cosmos. Il y a donc une grande perméabilité entre deux domaines que nous serions aujourd’hui prompts à opposer. L’auteur rappelle dès lors qu’il est anachronique de distinguer magie et médecine en fonction des critères de validité scientifique contemporains : pour les auteurs médiévaux, un talisman apposé sur une porte pour chasser les maladies d’une ville a la même force opératoire qu’une cure alimentaire ou qu’un remède à base de plantes.

La magie apparaît alors comme une discipline qui naît du croisement d’autres branches du savoir : la médecine, on l’a dit, la pharmacologie, la minéralogie, mais aussi les mathématiques, la cryptologie, l’astrologie, la chimie et l’alchimie (elle-même une discipline pleinement scientifique malgré son caractère ésotérique). Se cristallisent progressivement entre le IXe et le XIe siècle des corpus magiques, nourris par les écrits de grands auteurs : Ja’far al-Sadiq, Jabir ibn Hayyan, ibn Wahsiyya, traducteur d’ouvrages nabatéens, etc. Au fil de ces textes, la magie ne cesse d’évoluer, comme un objet particulièrement mouvant. En fonction des auteurs, l’utilisation des poisons peut en faire partie, tandis que d’autres en détachent l’art des talismans. Certains distinguent une magie vraie et une magie fausse, produisant uniquement des illusions ; d’autres une magie interdite et une magie licite (halal), reposant sur l’invocation de Dieu. Et l’on retrouve toujours cette imbrication entre plusieurs disciplines : ibn Washiyya propose ainsi plusieurs magies permettant de tuer des souris, soit avec des poisons, soit avec un tambour orienté vers Saturne dont le son tuera immédiatement tous les rongeurs qui l’entendent. D’autres auteurs rappellent que l’éloquence, capable de changer un ennemi en ami, est une puissante magie ; tout comme l’amour et la haine, à mêmes de changer l’âme des hommes. L’étude de la magie est en tout cas une véritable discipline scientifique, dont la légitimité est clairement revendiquée par plusieurs auteurs, notamment al-Razi : il en propose même une légitimation religieuse, en soulignant que la connaissance de la magie est nécessaire pour faire la différence entre magie et miracles, et donc pour reconnaître les prophètes.

La magie des lettres

Dans le même temps se développe également une exégèse mystique et ésotérique du texte coranique, en lien avec le soufisme. Ce courant nourrit la mise en place d’une magie des lettres, qui, à la différence de la précédente, ne se présente plus comme l’héritière du savoir antique des Grecs, des Égyptiens ou des Chaldéens mais comme une science proprement islamique. Celle-ci trouve son apogée chez al-Bûnî, savant andalou mort vers 1225. Parmi ses nombreuses œuvres, l’une des plus influentes est Le soleil de la connaissance. Al-Bûnî y propose une nouvelle vision de la magie, désormais vue comme la science des lettres, des mots et des noms : les noms de Dieu, très nombreux, sont vus comme les clefs de secrets mystiques permettant de progresser spirituellement ; chaque lettre est associée à une saison et à plusieurs éléments astrologiques, leur combinaison permettant de réaliser des effets sur le monde.

 

Dans les deux derniers chapitres, l’auteur revient sur la postérité mouvementée d’al-Bûnî, tantôt loué comme un grand savant et tantôt critiqué comme un mystique obscur, voire comme un adorateur du diable.

La magie et les raisons humaines

L’ouvrage, parfois un peu touffu, est très bien écrit, intelligent, richement documenté. Un glossaire, une riche bibliographie finale ainsi qu’un index très utile complètent l’ouvrage. Les deux annexes finales sont un peu moins convaincantes et on ne voit pas très bien pourquoi elles n’ont pas tout simplement été intégrées au texte en lui-même. Un seul petit manque : on aurait aimé une comparaison approfondie avec d’autres magies médiévales, en particulier la magie occidentale, bien étudiée depuis quelques années par Julien Véronèse ou Nicolas Weill-Parot, la magie juive – les pages sur la magie des lettres font irrésistiblement penser à la Kabbale – mais pourquoi pas également la magie indienne, chinoise, voire les pratiques magiques du monde turco-mongol des steppes. S’il est tout à fait évident que, comme l’auteur le rappelle à la fin de la deuxième annexe, précisément consacrée à l’historiographie de la magie, les différences majeures entre l’Occident et l’Orient empêchent de transposer au second des modèles d’analyses élaborés pour le premier, reste qu’une telle approche comparatiste aurait permis de mettre en contexte la magie du monde musulman, mais également d’en dégager toute l’originalité. L’auteur a du reste bien conscience de cette limite : en conclusion, il propose de revenir dans des travaux ultérieurs sur les magies antiques, en particulier l’égyptienne, et sur leurs réinterprétations dans le monde musulman médiéval.

Pour focalisé qu’il soit sur le Dar al-Islam, l’ouvrage n’en reste pas moins utile pour repenser l’histoire de la magie. L’auteur réussit à en faire une histoire culturelle, en soulignant l’évolution permanente des savoirs et de leurs hiérarchisations au fil des siècles. Cette évolution a des conséquences sociales : la promotion de la magie des lettres répond ainsi étroitement à la diffusion du soufisme, qui elle-même a pour conséquence de faire des mystiques les nouvelles incarnations de l’autorité savante, au détriment des érudits (ouléma). L’histoire culturelle du savoir magique devient alors également une histoire sociale des savants magiciens. Tout l’intérêt du livre est là, dans ce dialogue constamment maintenu entre les savoirs et les pouvoirs.

En outre, comme le souligne le fait qu’elle soit imbriquée avec la médecine ou l’astrologie, travailler sur la magie permet d’étudier d’autres modes de rationalité, d’autres chaînes de causalité, qui forcent à se défaire des perceptions contemporaines. Il serait trop facile de rejeter ces pratiques dans un obscurantisme médiéval : l’auteur ressuscite au contraire une époque dans laquelle ne pas croire à la magie était vu comme une preuve d’ignorance, tandis que l’élite lettrée, cultivée et nourrie des textes antiques, se vantait fièrement de maîtriser les secrets de la sagesse magique. Ainsi pensée, la magie n’est pas une discipline occulte et complexe, reléguée dans le flou des superstitions, mais au contraire une voie d’accès lumineuse vers la façon dont une société donnée pense le monde et la place que l’homme y occupe.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Escrito por ANA GÓMEZ

El resveratrol (3,5,4′-trihidroxi-trans-estilbeno) pertenece al grupo de los estilbenos de los polifenoles. Es un polifenol natural, conocido por las buenísimas propiedades que posee.

Se encuentra en más de 70 tipos de plantas, especialmente en las semillas de la uva y en la piel (en mayor concentración en variedades tintas).

¿Cómo actúa el resveratrol?

Se han realizado numerosos estudios en los cuales se ha demostrado el alto poder antioxidante que posee este compuesto, además de actuar contra agentes patógenos como hongos y bacterias.

Entre las propiedades del resveratrol está su capacidad antitumoral, para el tratamiento y prevención de varios tipos de cáncer.

También se han descrito efectos antiinflamatorios, cardioprotectores, vasorrelajantes, fitoestrógenos y neuroprotectores.

Sin embargo, la aplicación del resveratrol sigue siendo un gran reto para la industria farmacéutica, debido a su escasa solubilidad y biodisponibilidad, así como a sus efectos adversos.

¿Cómo es su estructura química?

El resveratrol es un polifenol estilbenoide que posee dos anillos de fenol unidos entre sí por un puente de etileno.

La estructura química del resveratrol (trans-3,5,4′-trihidroxiestilbeno) se identifica en dos formas isoméricas, cis- y trans-resveratrol.

La forma trans es dominante en términos de su prevalencia y se le atribuyen diferentes actividades biológicas, como por ejemplo, la actividad antitumoral.

¿Cuándo se aisló por primera vez el resveratrol?

El resveratrol se aisló por primera vez de las raíces del eléboro blanco (Veratrum grandiflorum O. Loes) en 1940, y después de las raíces de Polygonum cuspidatum en 1963, una planta utilizada en la medicina tradicional china y japonesa como agente antiinflamatorio y antiagregante plaquetario.

En las uvas se encuentran altas concentraciones, posiblemente debido a la respuesta de Vitis vinifera a la infección por hongos.

La mejor propiedad del resveratrol, es su capacidad antioxidante

Este compuesto biológico protege a las células del estrés oxidativo. Se han hecho diversos estudios en los que el resveratrol promovió la supervivencia celular y la protección contra la muerte celular inducida por la radiación UV.

El resveratrol, además de las actividades biológicas descritas anteriormente, se ha estudiado por su capacidad para inhibir el crecimiento de algunos microorganismos patógenos, como las bacterias Gram-positivas y Gram-negativas y los hongos.

Además de los efectos cardioprotectores, antioxidantes, anticancerígenos, neuroprotectores, antiinflamatorios, antidislipidémicos y antidiabéticos del resveratrol, también presenta efectos antiproliferativos y de reducción de andrógenos en las células teca-intersticiales del ovario. Además, ejerce un efecto citostático pero no citotóxico en las células de la granulosa, al tiempo que inhibe la aromatización y la expresión del factor de crecimiento endotelial vascular (VEGF).

Estas acciones pueden ser de relevancia clínica en condiciones asociadas con el exceso de andrógenos y la angiogénesis anormal, como el síndrome de ovario poliquístico. Además, el resveratrol puede aumentar la reserva folicular ovárica y prolongar la vida del ovario, sirviendo como un potencial agente antienvejecimiento.

¿Si tiene tantas propiedades beneficiosas, por qué puede es un arma de doble filo?

A pesar de poseer tantos efectos beneficiosos, se han realizado estudios en los que se observa que el resveratrol puede comportarse como un agente pro-oxidante y tener implicación en el desarrollo de ciertas enfermedades. En casos excepcionales.

En un estudio muy curioso realizado con ratones, se administró resveratrol en el corazón, riñón e hígado con ciclos de luz ( 12 horas de luz, 12 horas a oscuras).

Se observó que el resveratrol se comportó como antioxidante en el periodo de oscuridad y como pro-oxidante en el periodo de luz. Todo antioxidante es un agente redox, de modo que puede convertirse en un pro-oxidante produciendo daños en el ADN en condiciones especiales.

Se ha informado de que el resveratrol reduce tanto el crecimiento celular como induce la apoptosis en células normales (muerte celular), cuando se administra en dosis altas, lo que confirma sus efectos bifásicos en un espectro de concentraciones de bajas a altas.

Además, el consumo de resveratrol en dosis moderadas produce un aumento de un año en la vida de los ratones.

Sin embargo, cuando los ratones consumen dosis mayores de resveratrol (1800 mg/kg), se demostró que los animales morían en 3-4 meses.

Los efectos perjudiciales, dependen de la dosis de resveratrol que consumamos, cómo con cualquier compuesto. Es un compuesto con increíbles propiedades beneficiosas que se sigue estudiando para poder utilizarlo farmacológicamente.

¿Cuál es la conclusión? ¿Bueno o malo?

Cómo hemos visto en este artículo, tiene muchas propiedades beneficiosas para nuestra salud, siempre tomándolo con moderación.

De modo que es uno de los compuestos más prometedores en la formulación de fármacos terapéuticos.

Muchos motivos para seguir disfrutando de una copa de vino de vez en cuando.

¡Salud!

 

[Fuente: http://www.vinetur.compor ej]

 

A primera vista, suena extraño. Normalmente los trasplantados no son los individuos sino los órganos

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

El orden para las vacunaciones marca prioridades, entre ellas “los trasplantados”. Hace años esta expresión nos sonaba extraña, porque “los trasplantados” no son los individuos, sino los órganos. O sea, se trasplantan el hígado, el corazón, los pulmones…: los realmente “trasplantados”. Y por eso procurábamos escribir “personas con trasplante”, pues en puridad una persona trasplantada debería ser aquella a la que en el hospital han cambiado de una planta a otra.

Pero si nos detenemos un poco más en el funcionamiento de la lengua, se verá que disponemos de algunos participios de doble función: que operan como formas verbales o como adjetivos según les apetezca.

Por ejemplo, podemos decir “este es un libro muy leído”, entendiendo que la acción de leer recae sobre el libro y la ejercen los lectores, que son quienes lo leen a cascoporro para que así sea un libro muy leído. Pero también decimos “es una persona muy leída”, y eso no significa necesariamente que lleve siempre camisetas con interesantes textos, sino que estamos ante alguien con muchas lecturas y a quien eso se le nota por su cultura y sus argumentos. Por tanto, la palabra “leída” no significa siempre lo mismo en estructuras aparentemente iguales como “es una autora muy leída” y “es una estudiante muy leída”.

Ese valor de adjetivo que se produce en un aparente participio viene funcionando cada vez que oímos a alguien decir “estoy comido” para significar que se ha alimentado divinamente (muy diferente de “estoy comido por la envidia”, por ejemplo). O “Anastasio está bebido” (en México y Centroamérica, “está tomado”), lo cual no significa que alguien se haya tragado a Anastasio sorbo a sorbo sino que fue Anastasio quien se liquidó un par de botellas de whisky, lo cual tuvo sus consecuencias en la manera de andar de Anastasio.

Algo semejante vemos en esta época con el participio “inyectados”. En realidad, son inyectados los viales, las vacunas, los fármacos… No las personas. Pero se habla de que millones de personas “han sido inyectadas” con AstraZeneca o Pfizer.

Incluso verbos intransitivos como “viajar” (uno viaja a su pueblo, pero no es viajado a él: por eso es intransitivo) forman adjetivos de apariencia transitiva. Por ejemplo, en “Es una arquitecta muy viajada”; o sea, que ha viajado mucho (incluso gestionando por sí misma sus desplazamientos; sin ser viajada por otros).

Si afirmamos que “Afrodisia es entretenida”, con ello se puede entender, en función del contexto, que alguien está entreteniendo a Afrodisia… o que ella entretiene a los demás, gracias a su talento y donosura.

Lo mismo pasa con “llorar”, intransitivo cuando significa “derramar lágrimas”: “El niño lloró enseguida”, “la niña lloró después”. Lo cual no impide que digamos correctamente “aquí hay que venir llorado”.

Pues bien, “trasplantado” parece haberse incorporado a esta relación de adjetivos con ropa de participio. La mayoría de ellos admiten adverbios como “muy” o “bastante”: está muy bebido, es bastante leído, es un periodista muy viajado… y muy entretenido.

Quizás también digamos algún día “es una persona muy trasplantada” en el caso de que haya recibido donaciones de corazón, riñón, hígado y pulmones, por ejemplo. Los avances de la medicina propiciarán que se consolide esa fórmula gramatical, y con ello veremos una vez más que la realidad opera cambios en el sistema lingüístico de manera espontánea; porque resulta más fácil que un cambio en la realidad modifique la manera de hablar que conseguir que la manera de hablar modifique de pronto la realidad.

[Foto: CAPUSKI/GETTY IMAGE – fuente: http://www.elpais.com]

Escrito por Rafael Narbona

«Hay que ser un héroe para no seguir la moralidad de tu tiempo», escribió Michel Foucault. ¿Se trata de una reflexión autobiográfica o una declaración filosófica? Foucault fue una de las primeras víctimas ilustres del SIDA. Falleció en 1984 en París, con cincuenta y ocho años. Desde entonces, se le ha acusado de perverso, pedófilo, sadomasoquista. Sinceramente, su vida privada no me interesa y no seré yo quien emita un juicio condenatorio. Cada uno es muy libre de organizar su vida sexual como le parezca, siempre y cuando no lesione derechos ajenos. Los juicios moralistas son insoportablemente miserables. Si, además, se realizan sobre un difunto, incurren en la obscenidad. Foucault me parece un embaucador, pero no por sus pasiones íntimas, sino por sus ideas, tan equivocadas y dañinas como las de Sartre, un sofista con un indudable genio para la polémica y la argumentación. El autor de Las palabras y las cosas también era un hábil urdidor de hipótesis. ¿En qué consistía su pensamiento?

Foucault escribió sobre sexualidad, psiquiatría, sociología, instituciones penitenciarias, literatura, medicina. Desde su punto de vista, el saber no es simple erudición, sino una mirada penetrante que destruye mitos y prejuicios, invitando al ser humano a recuperar la inocencia de la niñez, cuando la conciencia -«una vidriera superficial»- aún no se ha convertido en la cárcel del pensamiento. Foucault sostenía que hay una profundidad oculta donde discurren las motivaciones reales de nuestra vida psíquica. Esa convicción le empujó a escribir tres obras sobre la aparición de la psiquiatría en el mundo occidental: Enfermedad mental y psicologíaHistoria de la locura en la edad clásica y Nacimiento de la clínica. El loco ha ocupado el lugar del leproso. En el siglo XVIII, aparecen los primeros manicomios, cuya función es esencialmente represiva. No se busca curar, sino apartar, segregar, excluir. No es casual que en esas mismas fechas surjan las primeras escuelas obligatorias y las prisiones mejoren sus métodos de vigilancia mediante el panóptico, una estructura arquitectónica ideada por el filósofo utilitarista Jeremy Bentham. Gracias al panóptico, es posible vigilar a todos los reclusos desde una torre central, sin que ellos puedan advertirlo: «Las cárceles, los hospitales y las escuelas presentan similitudes porque sirven para la intención primera de la civilización: la coacción». La tarima del maestro y la torre de vigilancia provocan una poderosa intimidación, actuando como un gigantesco ojo que capta y escruta cualquier movimiento. La sensación es tan abrumadora que se interioriza y automatiza la sumisión, reprimiendo cualquier gesto o idea que cuestione el orden establecido. En el caso del enfermo mental, la coacción es más compleja, pues su mente es particularmente rebelde. Por eso, se recurre a supuestas terapias con un alto grado de violencia física y psíquica. Además, se asocia la locura al crimen, el libertinaje y la inmoralidad. El objetivo último no es tan solo alienar al enfermo mental de la sociedad, sino recluir en manicomios a rebeldes, extravagantes e inadaptados. Las reflexiones de Foucault servirán de apoyo a la antipsiquiatría, proporcionando argumentos psicológicos, filosóficos e históricos para cuestionar la psiquiatría tradicional.

Para Foucault, el manicomio y la enseñanza reglada no existirían sin un discurso dominante. El poder necesita controlar las ideas, monopolizar el saber, imponer su visión del ser humano y la realidad. El poder real no se ejerce solo desde las instituciones. El filósofo francés habla de «microfísica del poder» para explicar que el poder configura aspectos básicos de nuestra vida cotidiana, indicándonos cómo debemos vivir nuestra sexualidad, qué podemos comer o cuál es la forma correcta de vestirse. A partir del siglo XVIII, se invoca la Razón para radicalizar el sacramento católico de la confesión, convirtiendo la minuciosa expiación de los pecados en una experiencia terrorífica. Al igual que el panóptico, el confesionario somete al individuo violando su intimidad. «En Occidente –escribe Foucault- el hombre se ha convertido en una bestia de confesión». Se bendice el sexo reproductivo, pero se persigue implacablemente a «la mujer histérica, el niño masturbador y el adulto perverso». El deseo sexual de las mujeres se interpreta como un desarreglo neurótico. La exploración del propio cuerpo se prohíbe de forma tajante, especialmente durante la pubertad. Las fantasías sexuales se consideran aberrantes, pues incumplen la expectativa de procrear.

En Las palabras y las cosas, Foucault sustituye el concepto de época por el de episteme. Cada etapa histórica se desarrolla de acuerdo con un paradigma o modelo. El pensador francés divide la historia de la humanidad en tres epistemes: renacentista, clásica, moderna. Cada una representa una ruptura con la mentalidad anterior. Nuestra época se caracteriza –entre otras cosas-  por la medicalización del comportamiento humano. La medicina no cura, sino que vigila, clasifica y castiga. Al igual que el maestro o el policía, el médico ejerce una estrecha vigilancia sobre el individuo, reprimiendo cualquier conducta que se desvíe de la norma. Los manicomios no son centros de salud mental, sino espacios de reclusión con diferentes tipos de castigo: electrochoque, camisas de fuerza, internamiento indefinido, un arsenal farmacológico que colapsa la mente y el cuerpo. Michel Foucault llama «bipolítica» a la alianza entre la medicina y el poder: «El control de la sociedad sobre los individuos no solo se efectúa mediante la conciencia, sino también en el cuerpo y con el cuerpo. El cuerpo es una entidad biopolítica, la medicina es una estrategia política». La sobremedicación y la psiquiatriazación del comportamiento son mecanismos para desactivar cualquier forma de resistencia o rebeldía.

¿Es cierto que la psiquiatría no busca curar, sino apartar, segregar, excluir, y que la medicina se ha aliado con el poder político para controlarnos y narcotizarnos, anulando nuestro espíritu crítico mediante la sobremedicación? Casi da vergüenza responder a esta pregunta, pues no parece una tesis filosófica, sino una hipótesis extravagante gestada en un blog sobre conspiraciones y tramas ocultas. Las enfermedades mentales son reales y, gracias a los psicofármacos, el pronóstico de patologías como la esquizofrenia y la psicosis maníaco-depresiva ha mejorado sensiblemente. En cuanto a la alianza entre los médicos y el poder político, quizás hubo algo de eso en la Alemania nazi, pero actualmente nadie puede tomarse esta acusación en serio. No parece menos insensato afirmar que la cárcel, la escuela y los hospitales desempeñan una función similar, «normalizando» a los ciudadanos mediante la coacción. Es un argumento con la misma consistencia que la teoría de que la covid-19 es un invento de Bill Gates para dominar el mundo. Tampoco creo que se haya declarado la guerra a la mujer histérica, el niño masturbador y el adulto perverso. Salvo en el caso de la última figura, los prejuicios se diluyeron hace mucho tiempo. Es cierto que pervive el machismo, pero las mujeres cada vez gozan de más influencia, desempeñando las más altas responsabilidades en la política, la economía, la ciencia, el derecho, la medicina, la educación, el periodismo y las actividades creativas, como la literatura, el arte o el cine. En cuanto al adulto perverso, puede consumar todas sus fantasías, excepto cuando atentan contra los derechos de los demás, especialmente si son menores. Si queremos encontrar sistemas políticos que ejercen una coacción que no discrimina entre público y privado, el cuerpo y la mente tendremos que hacerlo en regímenes enemistados con la democracia occidental, como la Corea del Norte de Kim Jong-un, donde se han prohibido los comentarios sarcásticos sobre el gobierno, el alcohol los días de diario, las decadentes películas extranjeras, los jeans, la publicidad comercial (no la ideológica, que salpica muros, carteles y escaparates), internet, los piercings.

En Occidente, el ser humano ya no es un animal confesante, sino un animal autocomplaciente. Se ha perdido la costumbre de hacer examen de conciencia. La búsqueda del placer inmediato ha inhibido los escrúpulos. El sentido de culpabilidad, necesario para superar los errores, se ha esfumado, pues se estima que conspira contra la libertad. Se olvida que no experimentar remordimientos no constituye una victoria moral, sino un retroceso hacia la irresponsabilidad infantil, donde el otro solo es un estorbo. Para Foucault, las normas de la sociedad burguesa nacen de un error: creer que la verdad existe. La verdad es una invención, no un valor objetivo e independiente, y siempre está al servicio del poder dominante. El filósofo francés pasa por alto una objeción elemental. Si no hay verdad, si solo se suceden las interpretaciones y las expresiones de poder, ¿cómo demostrar la validez de cualquier argumento? Foucault habla como un profeta, siguiendo la estela de Nietzsche, no como un pensador o un científico.

Es indiscutible que los locos siguen sufriendo un injusto estigma social, pero describir sus delirios como una visión alternativa constituye una frivolidad. Solo el que conoce la enfermedad mental por los libros puede atreverse a sostener algo así. Los delirios no son interpretaciones, sino distorsiones de la realidad que desarticulan al individuo, colapsando su libertad y destruyendo su proyecto vital. Para Foucault, el cuerdo es el verdadero alienado, pues ha interiorizado la represión imperante. Afortunadamente han surgido disidentes, mentes de gran clarividencia, como las de Sade, Nietzsche y Artaud. Sus transgresiones son gestos de rebeldía. ¿Se refiere Foucault al gabinete de Sade, donde los cuerpos son humillados, degradados y martirizados? Cagar en la boca de una doncella, una de las grandes pasiones del divino marqués, ¿constituye un gesto liberador? Foucault responsabiliza a la burguesía de todos los males y presume que solo hay un camino para instaurar una sociedad nueva: «la supresión radical del aparato judicial, de todo lo que pueda reintroducir el aparato penal». Hay que erradicar los tribunales y los procesos judiciales. Foucault no explica cómo se protegería entonces la vida, la propiedad o la libertad. ¿Cree que un cambio político puede extirpar definitivamente los impulsos antisociales? ¿Piensa en el advenimiento de un paraíso donde no habrá crímenes, robos, violaciones ni abusos, porque imperarán nuevos valores? No hace falta ser una autoridad en política o historia para señalar que Foucault habla como un visionario o un adolescente.

Cuando enfermó de SIDA, el filósofo francés ingresó discretamente en el Hospital de la Pitié-Salpêtrière, que había sido un psiquiátrico. Allí, lejos de «normalizarlo» mediante la coacción, le atendieron con respeto y humanidad. Como señala Roger Scruton en Pensadores de la nueva izquierda, le asaltó la realidad y «maduró». El embaucador, el mago que seducía con las palabras, fue desenmascarado por la enfermedad, que le obligó a reconocer que pese a sus imperfecciones, «la única cosa que tenemos precisamente es la normalidad», tal como señala Scruton. El médico, el juez, el maestro, no son nuestros verdugos, sino los que nos cuidan, nos protegen y nos enseñan.

 

 

[Fuente: http://www.revistadelibros.com]

Bien que ne comptant que 145 000 personnes, la minorité druze joue un rôle significatif dans les secteurs de la politique, de l’armée, de la médecine, des arts, des sports et dans le monde universitaire.

Le professeur Salman Zarka, par exemple, est le premier Druze israélien dirigeant un établissement hospitalier. Après 25 ans de service dans l’armée qu’il a quittée avec le rang de colonel, le professeur Zarka, âgé de 56 ans, a pris la direction du centre médical Ziv à Safed. Quant à Fatma Shanan, originaire de la ville druze de Julis, elle a opté pour un métier encore plus rare pour cette minorité : elle est devenue peintre. Le succès remarquable de ses expositions à New York, Berlin, Tel-Aviv et Jérusalem montre qu’il est possible à une femme druze d’emprunter des voies inhabituelles. Ses œuvres, souvent inspirées de photographies, se penchent sur le rapport entre l’individu et le collectif.

Aiman Amer est lui certainement l’un des plus importants fondateurs de start up de la communauté druze. En 2017, avec un partenaire juif, il a créé un moteur de recherche pour RH nommé Skillinn. Entre- temps, ce moteur de recherche est non seulement utilisé en Israël mais également en Judée Samarie, en Jordanie et il va être bientôt également utilisé à Dubaï.

Bien que les Druzes soient d’une loyauté absolue envers l’État d’Israël, ils constituent une société relativement fermée et très traditionaliste. Les membres de cette communauté se marient généralement jeunes et uniquement entre eux. C’est pourquoi la plupart des Druzes israéliens ne vivent que dans des villes druzes.

Autres informations :
Liste de Druzes ayant réussi en Israël (en anglais), Israel21c
https://www.israel21c.org/meet-6-druze-leaders-changing-israel-for-the-better/
Fatma Shanan sur Instagram (en anglais)
https://www.instagram.com/fatmashanan/

 

[Source : http://www.israelentreleslignes.com]

O manual faz parte do treinamento em pesquisa e intercâmbio de conhecimentos em etnobotânica com povos indígenas da região do Alto Rio Negro, na Amazônia

A natureza possui muitas das respostas que procuramos no mundo material, e ninguém melhor para conhecer os potenciais curativos das plantas e vegetais do que os indígenas.

Pensando em democratizar esse conhecimento e valorizar a sabedora ancestral indígena, o ISA (Instituto Socioambiental), em parceria com o Jardim Botânico do Rio de Janeiro, acaba de lançar o “Manual de Etnobotânica – Plantas, Artefatos e Conhecimentos Indígenas“.

O material reúne os conhecimentos indígenas às informações científicas sobre as plantas e seus usos – medicinais ou não. Para quem busca uma vida mais equilibrada e conectada com o potencial dos elementos naturais, esta aí uma ótima alternativa.

A publicação baseia-se em um longo programa de colaboração entre o ISA e pesquisadores indígenas na região do Tiquié, no Amazonas, iniciado em 2005, que resultou numa ampla gama de publicações e materiais educacionais relacionados ao manejo ambiental, gestão territorial, cultura, história e tecnologia.

O manual oferece uma possibilidade de se aproximar do conhecimento sobre as plantas amazônicas e seus usos.

O manual faz parte do treinamento em pesquisa e intercâmbio de conhecimentos em etnobotânica com povos indígenas da região do Alto Rio Negro, no noroeste amazônico, realizado em 2016, e tem o objetivo de apoiar a pesquisa indígena colaborativa, intercultural e interdisciplinar.

O material apresenta, entre outros tópicos, a etnoecologia, a etnobotânica e a biodiversidade do noroeste amazônico, e ensina a coletar amostras, reconhecer espécies, classificá-las e cultivá-las.

O “Manual de Etnobotânica – Plantas, Artefatos e Conhecimentos Indígenas” está disponível para download gratuito. Baixe o seu!

[Fonte: http://www.lunetas.com.br]

Arte diffusera le 17 février 2021 « Un coupable parfait – L’affaire Bruno Lüdke » (Die Erfindung eines Mörders – Der Fall Bruno Lüdke) de Dominik Wessely et Jens Becker. « Considéré comme le pire tueur en série d’Allemagne, puis assassiné par les nazis, Bruno Lüdke était innocent. Commentée par Mario Adorf, qui avait joué son rôle au cinéma en 1957, une captivante contre-enquête ».

Publié par Véronique Chemla

Durant la Deuxième Guerre mondiale, sous le IIIe Reich, « en 1943, Bruno Lüdke, un simple d’esprit, avoue à la police le meurtre d’une femme commis à Berlin ». Né en 1908, il était surnommé « Bruno le dingue » (der doofe Bruno).

« Au fil des interrogatoires, il va se dire coupable de plus de 80 meurtres en série, recensés dans toute l’Allemagne depuis 1928 ».

« Il sera alors stérilisé de force avant de devenir un objet d’étude pour une clinique viennoise, où il sera assassiné en 1944 par les nazis. » Un Institut de médecine criminologique dirigé par les SS. Autre hypothèse expliquant le décès : Bruno Lüdke serait mort lors d’une expérience qui aurait échoué.

« Longtemps considéré comme le plus grand tueur en série que l’Allemagne ait connu, Bruno Lüdke a inspiré en 1957 au cinéaste Robert Siodmak le film « Les SS frappent la nuit », qui le présentait comme un monstre ».

« Son interprète, le comédien Mario Adorf, évoque son trouble quand l’anthropologue Susanne Regener et l’historien Axel Doßmann, à l’issue de recherches dans les archives de la police berlinoise, ont démontré son innocence ».

« Ce documentaire en forme de contre-enquête reconstitue la chronologie des faits et met en évidence la complicité de l’administration judiciaire de l’époque dans les crimes nazis ».

« Un coupable parfait – L’affaire Bruno Lüdke » de Dominik Wessely et Jens Becker

Allemagne, Coin Film/RBB, en association avec ARTE, 2020, 51 minutes
Sur Arte le 17 février 2021 à 23 h 45
Disponible du 17/02/2021 au 23/02/2021
Visuels : © RBB

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

 

 

Clara Romero, autoridad espiritual, territorial y política del pueblo indígena qom, en Argentina, comenta sobre los retos de su pueblo y la relación con el Estado.

lara Romero, cacique del pueblo indígena qom

Clara Romero, cacique del pueblo indígena qom, recuerda que la conquista española “hizo estragos en los pueblos indígenas” en América, quienes “fueron subyugados, muchos por el hambre y otros por las armas”.

En una reciente entrevista para la cadena alemana Deutsche Welle, Romero también comenta que el pueblo qom es un pueblo-nación,  incluso desde antes de la Conquista.

“Tenemos todo lo que se necesita para serlo: territorio y lengua propios, estructura social y política, cultura y habitantes”, resalta.

En este contexto, resalta las lenguas propias del continente, inclusive el “Abya Yala”, el nombre con el que los pueblos indígenas denominaron a lo que hoy se conoce como América.

Para Clara Romero, Argentina como Estado no cuenta con una lengua propia, sino impuesta. “Y las lenguas que subyacen son las de los pueblos indígenas”, comenta.

Además, refiere que los indígenas se diferencian de los occidentales porque los primeros respetan a los niños “porque tienen toda una vida por vivir, y por los ancianos, porque tienen toda una vida vivida. La cultura occidental inventó el geriátrico”.

“Nosotros somos parte de la naturaleza. Y no se trata de que a la Madre Tierra le voy a sacar todo el jugo que pueda, sino de tratarla con respeto”, destaca.

Logros de su comunidad

Clara Romero, quien actualmente vive en la localidad de San Pedro, en la provincia argentina de Buenos Aires, donde tienen el Centro de Interpretación Indígena “que funciona como un museo vivo”.

“Queremos mostrar al pueblo indígena con todas las cosas que tenían ancestralmente, pero también vivo”, señala.

“Además de eso, quisimos hacer algo para que los niños qom no pierdan su cultura, fundamentalmente la lengua, porque pensamos que el mayor símbolo de resistencia es la lengua”, agrega.

Asimismo, debido a que el Estado no cumple con el derecho a una educación intercultural bilingüe, el pueblo qom elaboró el « Participación intercultural bilingüe” aplicada en todas las escuelas.

“(…) en cada una de las materias ofrecemos la mirada de los pueblos indígenas, fundamentalmente en construcción ciudadana e historia”, señala.

Romero también comenta que cuentan con un centro de salud intercultural donde atienden médicos y miembros del pueblo qom y se usan las dos medicinas.

 

 

[Foto: Deutsche Welle – fuente: http://www.servindi.org]